[Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]



 
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 [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]

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Aliénor Isil

MessageSujet: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mar 2 Aoû - 21:34



Il fallut près d'un moi aux deux aventurières pour atteindre la cité d'Hellas. Le voyage avait commencé sans encombres, de Tyrhénium jusqu'à Dalma et les journées se succédaient dans un même rite. Elles se levaient à l'aube pour prendre la route, s'arrêtaient une heure à midi pour manger, tandis que la Rôdeuse préparait une réserve de viande sèche, et reprenait leur chemin jusqu'à tard le soir... Mais pas une seule fois l'Eryllis s'était adressée à la violoniste. Elle gardait un silence éternel et les seuls mots qu'elle prononçait étaient destinés à Fenrir. Voilà des année qu'elle voyageait seul en compagnie du loup Blanc. Elle ne prononçait pas un seul mot durant ses aventures, alors pourquoi allait-elle changer ses habitudes ? Et quand Sytrinn lui posait d'éventuelles questions, elle gardait le silence et continuait sa route...

Ainsi, le voyage fut paisible... Avant qu'elles atteignent les frontières qui menaient à Cimmeria. Leur rite quotidien fut alors complètement ébranlé. La neige était apparut et les deux aventurières virent leur cadence ralentirent d'un seul coup. Cette masse opaque était comparable à un sable mouvant : les corps des deux jeunes femmes s'enfoncèrent jusqu'aux dessus des genoux rendant la marche des plus périlleuse. Les efforts pour avancer ne serais-ce quelques kilomètres étaient considérable, brûlant vos muscles jusqu'à l'articulation de vos os. Les vêtements se mouillaient très vites et ce qui donnait l'occasion au froid de se jeter sur les deux Terrannes. Et le froid ! Jamais Aliénor n'avait sentit pareille étreinte glacées et des morsure si douloureuses dans la chaire. Les rumeurs étaient donc fondées : une baisse de température anormal avait frappé le pays des glaces.

La Rôdeuse prit alors la décision de multiplier les pauses. La vague de froid et la fatigue qui poursuivaient sans cesse les deux aventurières pour traverser cette mer de neige faisaient d'elle des proies faciles pour le Dieu Kron. Aliénor se devait d’économiser leurs forces si elle ne voulait pas tomber dans un sommeil éternel ou être poignardée par une maladie ou pire, perdre l'usage d'un membre. Et comme si cela ne suffisait pas, les bêtes sauvages se mirent eux aussi de la partie. La Rôdeuse avait repéré durant leur voyage des traces de Cerfélis et de Bufflons. Elle dut alors redoubler de vigilance et elle ne dormait qu'un seul oeil la nuit en veillant que le feu ne s'éteignent pas et surtout, en veillant que son groupe n'était pas pris en chasse par une meute de Cerfelis. Et puis, le gibier manquait aussi. Mais heureusement, Aliénor avait fait une réserve de viandes sèches à Eridania. Dès qu'elle s'était rapprochée des terres un peu plus herbacées et dégagées, l'Eryllis et Fenrir n'avaient pas hésité à abattre un Bubo qui s'était sacrifié pour permettre à sa petite famille de s'enfuir. Cela pinçait quelque peu le coeur de la jeune femme, mais grâce à sa viande cela permettaient d'augmenter leurs chances de survie. Et puis, ses viandes sèches ne permettaient pas de nourrir des bouches de plus... C'était dans ces moment comme ça qu'elle maudissait Sytrinn et son renard qui changeaient littéralement les habitudes de la Rôdeuse. La mort de ce Bubo n'aurait était pas nécessaire si elle avait voyagé seul avec Fenrir.

Enfin... Ce fut un voyage éprouvant qui mit les nerfs et le physique des deux jeunes femme à dure épreuve. Et en ce jour, Aliénor vit au loin une citée blanche. Un sourire de soulagement s'étira enfin sur ses lèvres bleutées et gelées. Elles avaient atteint leurs bute. Et alors qu'elle se rapprochait d'Hellas, la jeune femme ne put s'empêcher que ça s'est tout de même bien passé. Elle avait vu pire dans ce pays enneigé, comme la fois où elle et son maître étaient pris dans une tempêtes de neige et ont dut s’abriter pendant plusieurs jours dans une grotte sans le moindre feu et la pauvre jeune fille redoutait de ne plus se réveiller si elle s'endormait. Ou encore la fois ou Fenrir et elle ont été pris en chasse durant plusieurs heures par une meute de Cerfelis. Mon Dieu, elle avait l'impression que son coeur allait s'échapper de sa poitrine tellement elle avait eu peur... Étrangement, en se remémorant de ses moments, un sourire amusé s'étira sur les lèvres tandis qu'elle se disait que c'était tout de même de merveilleux souvenirs qu'elle avait gardé dans sa mémoire...

Les deux aventurières avaient atteint les grandes portes de la cité. Les gardes les laissèrent passer en dévisageant d'un oeil méfiant les inconnus. D'ailleurs, ils devinèrent facilement, par leur accoutrement, qu'elles n'étaient pas du pays. Les deux jeunes femmes croisèrent enfin de la civilisation tandis qu'Aliénor admira au loin le Temple de Kesha se dressait de toute sa splendeur.

- Bienvenu dans la cité d'Hellas, Sytrinn... Lâcha-t-elle d'une voix chaude et posée.

Tiens, c'était la première fois depuis plus d'un moi qu'elle s'adressait à la violoniste...
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Ven 5 Aoû - 0:40

Le quotidien avec Aliénor était réglé, rythmé, routinier, mais certainement pas reposant. Surtout que pendant plus d'un mois la rôdeuse n'avait pas prononcé un mot, si ce n'est à Fenrir de temps à autre. Lorsqu'elle parlait à ce dernier, se disant qu'elle sortait peut-être de son mutisme, Sytrinn tentait de lui poser une question, mais la nomade l'ignorait royalement. Cette réaction arrachait systématiquement un sourire amusé à la ladrini, si bien qu'elle finit par poser volontairement des questions qui n'auraient jamais leurs réponses, simplement pour voir le menton de la rôdeuse se lever de manière hautaine. On se divertissait comme on pouvait...

En prévision de la difficulté à se nourrir dans les contrées glacées, Aliénor avait souhaité faire une réserve de viande sèche alors qu'elles se trouvaient encore dans un milieu où le climat était froid mais supportable. La rôdeuse avait repéré un groupe de Bubos et avec l'aide de Fenrir, elle réussit à en abattre un, le plus imposant. Sytrinn avait lu des documents à propos de ce genre de hibou à taille humaine ; si leur famille était en danger, l'un d'eux n'hésiterait pas à se sacrifier pour la survie des siens. Aliénor avait dû tuer la mère qui s'était donnée en pâture pour sauver ses petits. La violoniste qui avait assisté de loin à cette chasse – elle avait proposé son aide à la rôdeuse qui une fois n'est pas coutume, ne lui répondit pas – éprouva un peu de peine pour cet animal, mais se dit que cela était nécessaire à leur survie, et puis, chez les ladrinis le mot « pitié » était à éviter...
Suite à cet événement, la chasseuse semblait en vouloir d'autant plus à Sytrinn... le mot « pitié », elle, elle connaissait...

Jusqu'à Dalma, le temps avait été clément et la petite troupe marchait d'un bon pas. Arrivée au village, Sytrinn en profita pour revêtir une chemise plus épaisse et un gilet sans manche de velours brun doublé de laine mérinos. Elle sortit également de son sac une autre cape brune, doublée de fourrure, qu'elle changea contre sa cape légère qu'elle portait jusqu'à présent.
Quand elles atteignirent le continent de Cimmeria, la ladrini ne fut pas mécontente de l'utilité de ses vêtements chauds. Néanmoins elle fut surprise par le froid extrême qui régnait en ces lieux, jamais de sa vie elle n'avait tremblé autant. Au Poisson Fringant elle avait ouïe dire qu'un froid sans précédent s'était abattu sur le continent. Ainsi, au bout de quelques heures de marche dans la région gelée, les deux jeunes femmes furent considérablement ralenties par la couche de neige leur arrivant à la moitié des cuisses. Leurs bottes ne montaient pas assez haut pour les protéger, si bien que le froid de la neige fondue s'infiltrait sournoisement à travers leur pantalon et paralysait les muscles de leurs jambes. De par le climat impitoyable et leur laborieuse avancée, la rôdeuse décida de faire des pauses plus régulièrement.

Sytrinn, une novice en matière de conditions extrêmes, ne se plaignit pas une seule fois et s'étonna elle-même de son endurance physique et nerveuse. Pourtant elle souffrait, jamais elle n'avait repoussé si loin ses limites. Mais celui qui supportait le moins le froid était Falko. Durant le jour, alors que la troupe progressait péniblement, la ladrini le mettait dans son sac de voyage au milieu de ses vêtements afin de le protéger du blizzard. Une heure sur deux elle grimpait sur Amadeus, plaçait Falko tout contre elle l'enveloppant dans sa cape, puis elle se concentrait sur la chaleur de son corps pour la faire augmenter. Ainsi, elle réchauffait son petit compagnon qui tremblait comme une feuille. Seulement, au bout d'une heure d'utilisation de son pouvoir, elle s'épuisait considérablement et commençait, elle, à être sérieusement frigorifiée Alors elle replaçait Falko dans son sac, descendait de cheval et se faisait violence pour marcher d'un bon pas et ainsi recréer de la chaleur. Pendant des semaines, tous les jours, elle veillait ainsi à la survie de son ami, elle n'aurait jamais cru que ce voyage serait si pénible. Heureusement qu'Amadeus tenait le coup. En effet le frison était originaire du nord et sa race était capable de supporter de grands froids comme celui là.

Outre les conditions climatiques et l'épuisement, l'insécurité était importante le jour comme la nuit. Sytrinn dormait très peu et était constamment sur ses gardes. Plusieurs fois Aliénor et elle repérèrent cerfélis, bufflons et autres créatures dangereuses, peuplant le territoire enneigé. La ladrini avait lu et entendu nombre d'histoires à propos de ces bêtes sauvages, et sont cœur tambourinait dans sa poitrine dès qu'elle en apercevait et tant qu'elle ne les avait pas vu s'éloigner. La vie d'aventurier était vraiment pleines de rebondissements et d'inquiétudes. Elle devait avouer qu'elle admirait Aliénor d'être aussi forte et courageuse pour affronter ces dangers toute seule avec Fenrir. Plusieurs fois durant le voyage, la violoniste s'était imaginée la rôdeuse face à l'une de ces créatures, la peur de mourir dévorée et surtout, l'angoisse de voir son compagnon blessé ou pire... Sytrinn eut un frisson en pensant à Falko.

Après plus d'un mois, le groupe toucha enfin au but : Hellas. La ladrini détailla avec émerveillement la tenue et l'équipement impressionnants des gardes surveillant l'entrée de la cité. En revanche elle se sentit quelque peu misérable quand ces derniers les dévisagèrent avec désolement en constatant leurs tenues inadaptées au climat.

- Bienvenue dans la cité de Hellas, Sytrinn... fit la rôdeuse.

Sytrinn ne réalisa pas tout de suite que c'était à elle qu'Aliénor s'adressait. La ladrini tourna la tête en direction de sa camarade en levant un sourcil étonné. Tiens, elle s'était enfin décidée à ouvrir la bouche ? A force de silence, elle avait finit par croire que la langue de la nomade s'était nécrosée avec le froid...
Mais pour le moment, la violoniste ne pensait qu'à passer une bonne nuit de sommeil, au chaud si possible, afin d'être en pleine forme pour mener à bien sa mission.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 7 Aoû - 4:44

Aliénor observa pendant un moment les alentours. Les gens les dévisageaient avec méfiance, l'atmosphère était plutôt lourde, beaucoup moins accueillante que Tyrhénium. La vie manquait dans les rues, il régnait une tranquillité singulière. L'Eryllis se souvint alors que beaucoup de gens partaient dans Cimmeria pour s'éloigner de la civilisation grouillante et bruyante... C'était une idée comme une autre. Mais la Rôdeuse ne put s'empêcher de penser qu'ils étaient tout de même un peu fou de vouloir habiter dans un pays où le climat était des plus rude. Il y avait pas à dire, la jeune femme préférait de loin sa vie plaisante à Noathis en compagnie de ses soeurs au milieu de la forêt de Sphène.

Finalement, elle se retourna vers les grandes portes de la Cité, gardée par quelques soldats. Dehors, c'était le monde sauvage, le froid, le manque de nourriture, les escales dans la neige qui vous arrachaient des gémissements de douleurs tellement vos muscles brûlaient sous les efforts... Aliénor frissonna quelque peu et se soulagea d'être arrivée à Hellas, à l'abri de ces terres impitoyables. Au moins, on se sentait quelques peu en sécurité ici. Mais il y avait un problème qui tracassait beaucoup la Rôdeuse... C'était Fenrir. Ce dernier était dans ses jambes, lâchant des regards inquiets, méfiants, hautains, meurtrier aux alentours. Aussitôt, la jeune femme l'accompagna jusqu'aux portes, sous le regard interrogateur des soldats et de Sytrinn. Le loup blanc partit, allant à une centaine de mètres de l'entrée de Hellas. Aliénor l'avait accompagné un moment, laissant la violoniste à l'intérieur de la Citée. Quand ils furent assez éloigné, Fenrir s'arrêta et s'assit dans la neige. Sa compagne le regarda droit dans les yeux, pas tout à fait rassurée. Pourquoi a-t-elle fait sortit son loup, loin des fortifications d'Hellas ? Eh bien, c'était pour le bien du peuple, mais aussi pour Fenrir. Ce dernier n'a jamais appréciait la présence d'êtres humains, surtout dans les Citées. Il pouvait très vite perdre son sang froid et s'attaquer à des innocents sous le coup d'une impulsion. Voilà pourquoi elle devait le "chasser " d'Hellas. Mais l'Eryllis n'était pas tranquille en laissant son compagnon, seul, dans les terres sauvages de Cimmeria... Et si il ne trouvait pas de la nourriture ? Et si il tombait nez à nez avec des Cerfelis ? Et si il se faisait piéger par une tempête de neige ? Mais avant même qu'Aliénor put faire par de ses craintes à son ami, ce dernier avait prit sa forme de géant et s'était approché de la Terranne. Il lui lécha doucement la joue et sans se retourner, partit en courant vers l'horizon, laissant seule la Rôdeuse au milieu de la plaine. Cette dernière s'attrista de le voir s'éloigner, mais il lui avait bien fait comprendre qu'il pouvait se débrouiller sans elle et qu'elle ne devrait pas se faire du mauvais sang. Elle caressa délicatement sa joue imprégnée de la salive du Loup, et fit demi tour en direction des portes de la Citée.

Quand elle les atteignit, elle remarqua aussitôt que Sytrinn l'avait attendu... Aliénor lâcha un long soupir, il ne manquait plus que ça... Elle croyait pourtant s'être débarrassée d'elle car après tout, elle avait remplit sa part du contrat : elle l'avait guidé jusqu'à Cimmeria. Alors que faisait-elle encore à ses jambes ? L'Eryllis devra mettre les choses au point avec elle. Alors qu'elle passait devant les soldats, qui n'avait pas cessé de la suivre du regard depuis qu'elle avait quitté la Cité avec le loup blanc, Aliénor s'adressa aux gardes :

- Veuillez m'excuser, messieurs, du dérangement que je vous occasionne, mais j'ai besoin de votre aide... Je ne demande qu'une chambre, un bon feu et un repas bien chaud après avoir parcourut un si long et si rude acheminement. Mais comme vous vous en doutiez, je ne suis qu'une étrangère pour ce pays, et je ne connait guère les lieux... Auriez-vous, je vous en supplie, l'amabilité de m'indiquer une auberge ?

Elle avait parlé d'une voix douce, mais brisée par le froid qui agressait violemment sa gorge. Son sourire semblait illuminer son visage caché dans son capuchon, mais ses lèvres bleutées et gercées retiraient toute la splendeur de son sourire... Les gardes avouèrent qu'elle avait tout de même une affreuse mine et faisant preuve de générosité à une inconnue perdue dans leur grande Citée, ils lui répondirent qu'il y avait bien un endroit où elle pouvait se reposer. Une petite auberge, à quelques pas d'ici.

- Merci pour votre aide et pour votre générosité, lâcha Aliénor en s'inclinant humblement.

Ses informateurs lui rendirent son salue et la jeune femme s'en alla rejoindre Sytrinn. Ce qui était étonnant chez la Rôdeuse, c'était la franchise qu'elle avait dans ses paroles. Bien qu'elle était de nature froide et méfiante, elle faisait toujours preuve d'empathie et de respect quand elle s'adressait à quelqu'un. Cela ne ressemblait nullement à des paroles qui avaient pour bute de duper les gardes, mais simplement à des simples mots, montrant une certaine éducation et de respect à son interlocuteur. Même le fait qu'elle s'était inclinée avait l'air franc, et non pas exagéré...

Quoi qu'il en soit, la jeune femme rejoignit Sytrinn à ses côtés. Elle n'avait pas l'intention de la garder infiniment auprès d'elle, elle devait simplement l'emmenait jusqu'à Hellas pour qu'elle accomplisse sa mission. Mais quelque chose lui disait que la violoniste attendait encore quelques choses de sa part. La jeune fille n'allait tout de même pas croire qu'elle va l'aider dans sa mission ? Enfin, il faudra qu'elle lui rappelle clairement que leurs chemins se séparaient et qu'elle devra se débrouiller toute seule... Mais avant tout, l'Eryllis voulait tout de même l'amener jusqu'à l'auberge pour qu'elle se repose et qu'elle reprenne ses forces. Aliénor n'était pas du genre à laisser la citadine dans le brouillard, sans lui donner le chemin qui la mènera jusqu'à une bonne chambre et un bon dîner bien chaud.

- Les gardes m'ont dit qu'il y aurait une auberge dans les ruelles de l'Ouest, à quelques pas d'ici... Dit-elle d'une voix posée. Allons-y, nous aurons enfin de quoi reprendre nos forces avec un bain bien chaud, un repas bien rempli et un bon lit bien moelleux et une couverture bien chaude.

Elle avait accompagné ses quelques mots par un charmant sourire, remplit de malice et de douceur. Elle savait que l'auberge était un sujet sensible et que Sytrinn n'attendait que ça... Cette dernière avait l'air éreinté, dépourvu de forces... Tout comme Aliénor. Mais c'était ça d'un côté la vie d'un aventurier.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 7 Aoû - 19:56

Une fois les portes de la cité franchies, Sytrinn sortit Falko de son sac et le prit tout contre elle, sous sa cape, ne laissant dépasser que sa tête. La jeune femme balaya la ville du regard. Pour une ville, elle était sacrément inanimée ! Ses yeux s'ouvrirent grands lorsqu'elle aperçut un magnifique temple se dressant sur les hauteurs de la cité. « Le temple de Kesha », pensa t-elle. La ladrini avait beaucoup lu à son sujet, mais cette somptueuse vision surpassait largement toutes les pages d'un millier de livres. La demoiselle poussa un soupir, quel bonheur d'être enfin arrivée ! Puis elle déposa un baiser entre les oreilles de son renard blottit contre elle.

Sytrinn sentait que quelque chose n'allait pas du côté de sa camarade, et posa instinctivement son regard sur Fenrir. Ce dernier n'était pas à l'aise et semblait agité. Aliénor fit demi-tour et l'entraîna avec elle en dehors de la cité, à une centaine de mètres, sous le regard interrogateur des gardes. La violoniste observa leurs adieux avec un sincère pincement au cœur.
Durant tout le voyage, le loup blanc n'avait cessé de montrer une certaine hostilité à l'égard de la ladrini. Mais malgré tout, Sytrinn n'avait pu s'empêcher de s'attacher quelque peu à lui car il l'amusait tout autant que son amie. Leurs airs offensés avaient le don d'arracher systématiquement un sourire à la jeune femme. Ces deux là étaient vraiment fait pour s'entendre.

Quand la rôdeuse revint, après que son compagnon se soit éloigné, elle s'approcha des gardes et leur parla. Une fois auprès de Sytrinn, elle lui dit ces paroles magiques : auberge, bain chaud, repas, lit moelleux... et sous son capuchon, le sourire bleuté de la violoniste s'élargit douloureusement à cause des gerçures. Les deux aventurières parcoururent une petite distance vers l'ouest de la ville et arrivèrent devant l'auberge dont de la fumée s'échappait de la cheminée sur le toit. La ladrini eut soudain plus d'admiration pour cet établissement que pour le beau temple de Kesha. Elle se tourna alors vers Aliénor. Sytrinn savait que leur séparation était proche maintenant qu'elle l'avait accompagnée jusqu'à Hellas. Elle eut à nouveau un pincement au cœur, qu'elle s'empressa de refouler. Elle avait une mission à accomplir, pas le temps d'écouter son cœur lui souffler des âneries ! Elle se racla la gorge.

- Aliénor, j'imagine parfaitement les nombreuses raisons qui ont pu causer votre mécontentement au sujet de ma compagnie et de celle de mes amis. Aussi je voulais vous remercier pour votre aide et votre patience. J'ai beaucoup appris grâce à vous. Termina Sytrinn en souriant.

La ladrini avait parlé sincèrement. Elle saisit les rênes d'Amadeus et le laissa dans un des box prévus à cet effet sur le côté de l'auberge, contenant deux belles bottes de foin. Elle caressa l'encolure du frison.

- C'est bien mon grand, je suis fière de toi, murmura t-elle. Bon appétit ! Tu l'as bien mérité. Dit-elle, un sourire aux lèvres.

Lorsque Sytrinn poussa la porte de l'établissement et retira son capuchon, une vague de chaleur l'enveloppa entièrement, ce bien être était tellement inespéré qu'il en était presque douloureux. Sa camarade se trouvait déjà à l'intérieur, au comptoir, en train de régler sa chambre. La ladrini s'approcha, attendit qu'Aliénor eut terminé et réserva elle aussi une chambre simple. Elle fit glisser les dix dias sur le comptoir, ainsi que huit de plus pour le box et le foin de son cheval. Tout en payant elle s'adressa à l'aubergiste, une femme, bonne vivante aux joues rougies.

- Pardonnez-moi madame, auriez-vous l'obligeance de m'indiquer l'heure s'il vous plaît ? Nous avons perdu toute notion de temps durant notre périple. Fit poliment Sytrinn.
- Il est bientôt cinq heure du soir mademoiselle, répondit la femme en lui montrant l'horloge dans le coin de la pièce.

Sytrinn était tellement épuisée, qu'elle n'avait même pas remarqué la présence de cette horloge qui émettait pourtant un bruyant tic-tac. La ladrini se força alors à jeter un coup d’œil autour d'elle et posa son regard sur une pancarte indiquant les heures de service. Les commandes pour le dîner pourraient être prises à partir de dix-neuf heures, ce qui lui laissait deux heures devant elle.

- Madame, j'aurais encore besoin d'une information.
- Bien sûr, à quel propos ?
- Sauriez-vous où demeure une jeune femme du nom de Lela Magdala ?
- Oh ! Vous voulez parler de cette jeune prêtresse ? Attendez.

L'aubergiste prit sa plume et la trempa dans l'encrier avant de griffonner quelque chose sur un morceau de papier.

- Tenez, mademoiselle, je vous ai tracé le chemin qui vous mènera facilement jusqu'à chez elle. Fit la femme avec un sourire chaleureux.
- Je vous remercie pour votre aide, madame, répondit Sytrinn souriante, en inclinant la tête tout en s'emparant du plan et des clés de la chambre.

Décidément, le climat glacé qui régnait sur ce territoire n'influençait en rien la générosité et l'accueil chaleureux de ses habitants. Sur ce, suivie de Falko, la jeune femme monta à l'étage où se trouvait sa chambre. Une fois à l'intérieur, elle poussa un long soupir, laissa tomber son sac sur le sol et se dirigea dans la salle de bain. Cette dernière contenait des toilettes, une vieille baignoire sur pieds, un lavabo tout craquelé avec au-dessus, un miroir aux angles brisés. Une bassine en bois était également disposée là, afin de pouvoir laver quelques affaires. Sytrinn s'en saisit et la remplit d'eau chaude, puis regagna la chambre. Elle se résumait à un lit simple, une couverture et une table de nuit, mais pour la ladrini, c'était le paradis. Elle résista à la tentation de s'affaler sur le matelas, elle avait encore quelque chose à faire avant de se reposer. La violoniste remit son capuchon et se dirigea vers la porte. C'est alors qu'elle se retourna vers Falko.

- Une petite surprise t'attend dans la salle de bain. Fit-elle d'une voix malicieuse avant de refermer la porte derrière elle.

Le renard resta planté là, abasourdi. La jeune femme remit son capuchon, sortit de l'auberge et le froid l'étreignit à nouveau lui arrachant un petit gémissement. Elle sortit de sa poche le plan fait par l'aubergiste et suivit le tracé. La demeure de la jeune bourgeoise se trouvait au Nord -Est de la cité, autrement dit, à l'autre bout de la ville... Tant mieux, elle prendrait ainsi ses repères dans Hellas. Malgré la fatigue qui s'abattait de minute en minute davantage sur la jeune femme, elle se fit violence pour marcher d'un bon pas.
Au détours des ruelles elle croisa quelques passants qui la dévisageaient, intrigués par cette
inconnue encapuchonnée et surpris par sa tenue inadéquate au climat. Finalement, elle arriva à destination plus vite qu'elle ne l'aurait cru. Lorsqu'elle frappa chez la jeune prêtresse, une vieille domestique lui ouvrit. La jeune femme déclina son identité et ses intentions, que la servante répéta consciencieusement à la petite bourgeoise. Sytrinn entra dans la charmante maison et Dame Lela Magdala la pria de s'asseoir dans un petit salon mignonnement décoré. Elle parue immédiatement rassurée de voir que l'inconnue était une jeune femme à peine plus âgée qu'elle. La violoniste, malgré les cernes sous ses yeux s'accordant avec le léger bleuté de ses lèvres, inspirait confiance à la jeune fille de par son attitude courtoise et sympathique. La ladrini ne s'éternisa pas, elle demanda à ce que la prêtresse lui décrive la dague et le voleur.

- Cette dague est très ancienne, dit la petite bourgeoise, on me l'avait confiée afin que je la lustre. La lame est faite d'argent et le manche est incrusté de saphirs, d'aigues-marines et d'émeraudes. J'aurais dû mieux la cacher, fit-elle en sanglotant. Il y a plus d'un mois maintenant qu'elle a été volée, mais je sais que le brigand est resté en ville car je l'ai vu encore récemment alors que j'allais au temple. Il porte toujours la même cape lie de vin à capuchon, avec une tache plus sombre sur le bord en bas à gauche. Je n'ai jamais pu voir son visage, car il est caché par un épais foulard sombre. Elle sécha ses larmes. Mais j'ai entendu dire que d'autres habitants s'étaient fait voler des bijoux précieux et d'après leur description du voleur, cela correspondrait à notre homme.

- Uniquement des bijoux ? Demanda Sytrinn en profitant d'un silence.

- Oui, des bijoux, de l'or et de l'argent.

La ladrini sentait que ce brigand ne faisait pas partie de sa caste, il n'était pas assez discret. Et elle avait déjà son avis sur sa façon de faire. Il ne s'intéressait pas particulièrement aux armes, mais plutôt aux pierres et métaux précieux. Il devait certainement les revendre... Malheureusement, depuis plus d'un mois, il y avaient de grandes chances qu'il ait démantibulé la dague et fait sauter toutes les pierreries.
Sytrinn remercia Dame Lela pour son accueil et ses renseignements, et lui promis de faire tout ce qui serait en son pouvoir pour récupérer la dague. De toute évidence cette jeune fille, bien qu'elle soit tout à fait gentille, n'était pas très futée...
La violoniste retraversa la cité et arriva à l'auberge plus exténuée que jamais. Elle regarda l'horloge qui indiquait presque dix-huit heures et monta dans sa chambre. A peine eut elle claquée la porte de cette dernière, qu'elle commença à retirer sa cape, sa ceinture et à déboutonner son gilet de velours. Elle entra dans la salle de bain et eut la vision la plus attendrissante de sa vie : Falko avait apparemment trouvé la surprise à son goût. Il baignait dans l'eau chaude, sa tête seulement dépassait de l'eau et était posée sur le rebord de la bassine en bois. Il s'était endormi et arborait un léger sourire de bien être tout en émettant un léger ronflement. Sytrinn, les yeux pétillants de tendresse, resta là à l'observer quelques secondes avant de faire couler de l'eau chaude dans la baignoire. Une fois sont bain prêt, elle se déchaussa, retira sa chemise et son pantalon encore trempé à cause de la neige fondue, ce qui maintenait la jeune femme glacée. Désormais nue, la ladrini se plongea doucement dans l'eau chaude et fixa le plafond. Malgré la fatigue et la vapeur, Sytrinn ne s'endormit pas, elle était victime d'un mal de tête atroce, sûrement dû à la différence soudaine de température. Une chose était sûre, elle se souviendrait éternellement de cette aventure. Au bout d'une demi-heure, un bâillement se fit entendre.

- Bien dormi, Falko ? Fit Sytrinn amusée en se redressant et posant le menton sur ses bras croisés sur le rebord de la baignoire.
- Génial ! Répondit le renard en s'ébrouant. Puis il approcha son museau de celui de son amie, et plaqua sa truffe contre son nez en faisant pétiller son regard. Merci Sytrinn !

La jeune femme partit d'un rire cristallin devant l'attitude à croquer de son compagnon. Elle prit une serviette dont elle entoura sa poitrine et sortit de la salle de bain. Puis elle se sécha et s'habilla avant de vider la bassine et la baignoire. Il était l'heure de se mettre à table, la demoiselle et le renard sortirent de la chambre et descendirent les escaliers pour se diriger dans le hall de l'auberge.


Dernière édition par Sytrinn Sandström le Dim 21 Aoû - 4:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Lun 8 Aoû - 5:13

Silencieusement, Aliénor marchait dans les ruelles situées à l'Ouest de la citée. Elle rencontra très peu d'habitants en chemin et ceux qui croisaient leur route les regarder curieusement et avec méfiance. Mais la Rôdeuse n'en avait que faire, l'important était de trouver cette auberge le plus vite. Elle donnerait n'importe quoi pour se retrouver dans un bon bain bien chaud pour réchauffer ses membres gelés et détendre ses muscles engourdis. Rien qu'à cette idée, ses pas se firent inconsciemment plus pressants. Et c'est au bout d'un moment qu'elle vit au loin son salut où une fumée voluptueuse s'échappait de la cheminé. Aliénor sentit une fébrilité s'emparer de son corps en voyant cet établissement.

Mais alors qu'elle s'apprêtait à rentrer à l'intérieur, Sytrinn s'adressa à elle. Elle lui remercia de l'avoir prit avec elle et de l'avoir guidé jusqu'à la Citée et que, grâce à elle, elle avait apprit beaucoup de chose. A ces mots, elle s'en alla à l'écurie déposer son cheval et Aliénor ne put s'empêcher de lâcher un long soupir de soulagement. Bien, la Sytrinn avait comprit. Elle n'aura pas finalement la jeune fille dans ses pattes durant tout son séjour, voilà qui était soulageant. Et sans plus attendre, elle poussa la porte de l'auberge. La chaleur des lieux l’accueillit violemment, faisant frissonner de plaisir la jeune femme. Qu'il était bon de rentrer dans une salle où le feu veillait au bien être des clients !

- Bienvenu ! Lança l'aubergiste chaleureusement.

Aliénor lui répondit par un magnifique sourire et se dirigea vers son hôte. Elle s'installa au comptoir et la remercia d'un geste de tête pour son accueil.

- Alors ? Que puis-je faire pour vous ? Demanda la bonne femme en se penchant vers la nouvelle arrivante.
- Une chambre simple me comblerait de joie, souffla la rôdeuse d'une voix moqueuse.
- Aucun problème, c'est 10 Dias la nuit.

Aliénor fouilla dans sa bourse le montant nécessaire, tandis qu'une nouvelle arrivante fit son entrée. D'un regard sur le côté, l'Eryllis identifia très vite l'inconnue qui n’était autre que Sytrinn et sans y prêter attention, elle sortit 10 Dias qu'elle les déposa au comptoir.

- Est-il possible de me préparer un bain ? Demanda alors Aliénor d'une voix presque suppliante.
- Bien sûr ! On vous apportera l'eau chaude sur l'heure.

La Rôdeuse la remercia humblement et partit sans se presser vers les escaliers. Mais avant de rejoindre l'étage supérieur, elle eut le temps d'écouter quelques mots venant de Sytrinn. Après avoir demandé l'heure, elle questionna la gérante sur le lieu de la résidence de la Prêtresse qui s'est fait voler la dague sacrificielle... Apparemment, elle avait prit en main la mission, ce qui fit plaisir la jeune femme encapuchonnée. Quand cette dernière entra dans sa chambre, elle sentit qu'un poids lourd s'était évaporé sur ses épaules, comme si on lui avait retiré une épine dans le pied. Quel soulagement ! Une chambre avec un lit ! Fini le froid et la neige ! Rien qu'à cette idée, Aliénor lâcha un soupir de soulagement. Enfin, elle va pouvoir se reposer.

Elle commença alors à s'installer. Elle déposa ses affaires aux pieds du lit ainsi que son carquois remplit de ses vingt-quatre flèches. Elle se sépara de son arc et y retira la corde avant de déposer son arme près du lit. Cela ressemblait maintenant à un simple bout de bois recourbé qui était adossé contre le mur et elle rangea ensuite la corde dans le tiroir de la petite table de chevet. C'est alors que quelqu'un frappa à la porte et d'une voix forte et ferme, la jeune femme ordonna d'entrer. Les nouveaux arrivants étaient des jeunes servantes qui portaient avec elle des sceaux remplit d'eau chaude. Aliénor les accueillit avec un grand sourire reconnaissant et les domestiques s'empressèrent de remplir la baignoire.

Quand tout cela fut fini, les servantes laissèrent la Rôdeuse seule, qui les remercia humblement pour leur gratitude. Elle put alors se déshabiller et elle rangea ses affaires sur le lit. Et si quelqu'un était à ce moment là avec elle, il aurait vu l'Eryllis complètement nue et le visage à découvert. C'était là un spectacle dont seul Fenrir avait le droit d'y assister quand sa compagne se baignait dans les rivières. Le corps de la jeune femme était en harmonie, forgée par un entrainement rude pour devenir Rôdeuse. Elle avait des formes généreuses qui montraient que la demoiselle n'était plus une enfant. Mais la chose la plus captivante chez elle était son visage. Seule quatre personnes ont put voir son minois, ni plus, ni moins. Ses longs cheveux bruns ondulés, qu'elle avait l'habitude de les dissimuler dans son capuchon, tombaient en cascade dans son dos, caressant doucement et avec perversité sa peau. Ses sourcils foncés qui étaient ni trop fins, ni trop épais, surplombaient ses magnifiques yeux marrons qui rappelaient la couleur des écorces. Quand on croisait son regard perçant comme celui du faucon, on avait l'impression de plonger dans un gouffre sans fond où une lueur de douceur et de sagesse illuminait ses iris. Ses lèvres gercées n'avaient rien de séduisant et pourtant, nombreux étaient les hommes qui voulaient réparer ses plaies par la magie d'un baiser dévorant. Quand à son visage, il était ovale et fin, ce qui mit fin au mystère du minois dissimulé de la Rôdeuse.

D'ailleurs cette dernière entra dans le bain et dès qu'elle y mit le pied, des frissons lui parcourut l'échine. Le reste du corps suivit et la jeune femme frissonna de plaisir. Tout ses membres se réchauffèrent instantanément et ses muscles se détendirent enfin après un long voyage des plus éprouvant. La vapeur embaumait la pièce, la chaleur y était étouffante et Aliénor ferma les yeux, décidée à s’abandonner au royaume des songes.

Ce n'est que deux heures plus tard quand elle décida enfin à les ouvrir. L'eau s'était refroidi et Aliénor avait l'impression de ne pas s'être reposée, au contraire, elle avait le sentiment qu'elle avait fermé les yeux que quelques minutes... Décidément, elle pourra se reposer que ce soir dans son lit bien chaud. Elle sortit du bain à regret et enfila une tenue de rechange avant de reprendre sa cape. Elle abattit son capuchon quand elle sortit de sa chambre. Elle entendit des bruits de pas et ce n'est qu'en descendant des escaliers qu'elle remarqua que Sytrinn s'avançait vers le comptoir. Apparemment, elles mangeront en même temps. Aliénor la rejoignit.

- Alors, qu'est-ce que je vous sers ? Demanda l'aubergiste à l'intention de ses deux clientes.

A ce moment précis, la Rôdeuse enviait la bonne humeur de la gérante. Elle se sentait si exténuée, qu'elle serait capable de s'en dormir sur le comptoir. Si son ventre ne criait pas famine, elle serait déjà au lit en train de récupérer ses heures perdues.

- Un potage du jour... Commença Aliénor d'une voix brisé par la fatigue.
- ... avec du pain et du Fromage... Termina alors Sytrinn sur le même ton.

Sur le coup de la fatigue, Aliénor n'avait même pas réagit quand la violoniste avait terminé la commande pour elle... Enfin, plutôt pour eux deux ! C'était tout simplement instinctif et les deux jeunes femmes avaient fait leur commande ensembles, comme si c'était tout naturel... Ce qui troubla quelque peu l'aubergiste sur le coup, avant d'aborder un sourire d'amusement.

- Et comme boisson ? Demanda alors toujours avec gaieté.
- Liqueurs des Galciers... Lâcha soudain les deux jeunes femmes d'une même voix d'endormis.

Sur le coup, la gérante écarquilla les yeux, avant d'éclater de rire. Décidément, leur cohabitation temporaire dans les terres sauvages a porté leurs fruits. C'est à ce moment là qu'Aliénor, dont le cerveau marchait au ralentit à cause de la fatigue, capta qu'elles avaient parlaient en même temps et qu'elles avaient élaborés ensemble leur commandes. Alors un sourire amusé se dessina sur ses lèvres, tandis qu'elle gloussait à timbre bas en secouant la tête. Elles avaient fait fort ce coup si. L'aubergiste leur donna la commande et Aliénor se saisit de son assiette ainsi que de sa choppe. Le bon potager fumant aux odeurs qui tordaient l'estomac de la Rôdeuse lui donna affreusement envie et elle lui tardait de pouvoir en faire qu'une bouchée. Elle quitta le comptoir et alla s'installer dans une table, devant le feu de cheminer pour profiter de sa chaleur et de la danse des flammes. Quand elle fut assise, Sytrinn était en train de s'installer dans la même table, juste en face d'elle. Cependant, Aliénor ne disait rien, et attendait presque par réflexe que la violoniste s'installe.

Et quand cela fut arrivée, et que les deux jeunes femmes se dévisagèrent un moment autour du bon feu de cheminé avec un regard douloureux maquillé de jolies cernes, l'Eryllis finit par sourire à Sytrinn et leva son verre pour trinquer avec elle.

C'était leur dernière soirée ensemble.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mar 9 Aoû - 16:37

Suivie d'un Falko alerte, Sytrinn s'avança vers le comptoir telle une somnambule. Désormais, les douleurs dues au froid avaient quasiment disparues, et seul pesait sur ses épaules son lourd fardeau de fatigue. Le bain chaud l'avait revigorée un instant, pour l’assommée davantage au bout de quelques minutes. Les lèvres de la jeune femme avaient retrouvé une couleur rosée et ses joues étaient toutes rougies pas la chaleur du bain. Son joli minois était marqué de deux cernes violacées qui contrastait avec ses prunelles incandescentes, lui donnant un petit air de gorgoroth. Tout en soupirant, la violoniste s'accouda au comptoir et posa son menton dans sa main. Elle sentit une présence à coté d'elle mais n'eut pas la force de tourner la tête pour identifier la personne. C'est alors que l'aubergiste leur demanda gaiement de passer leur commande.

- Un potage du jour... fit la personne assise à coté d'elle.
- … avec du pain et du fromage... continua faiblement Sytrinn, pensant que c'était elle même qui avait énoncé la première partie de la commande.

Lorsque la ladrini sortit de son état second, elle regarda autour d'elle comme si elle venait de se réveiller. Falko la fixait avec de grands yeux ébahis, l'aubergiste regardait tour à tour ses clientes. Ses clientes ? Hein ? La jeune femme secoua la tête et se remémora la voix qui avait parlé en premier, avant de réaliser que ce n'était pas la sienne mais celle de... Elle sursauta en découvrant la rôdeuse à côté d'elle. Sa surprise s'évapora instantanément pour laisser place à une nouvelle vague de fatigue. C'est alors que l'aubergiste, avec son inébranlable bonne humeur, leur demanda ce qu'elles désiraient boire.

- Liqueur des Glaciers... lâchèrent en même temps les deux jeunes femmes, d'une voix d'outre-tombe comme s'il s'agissait leur dernière requête avant de rendre l'âme.

L'aubergiste éclata d'un rire franc et sonore qui eut pour effet de faire sursauter à nouveau la violoniste, dont le coude dérapa du comptoir et tomba dans le vide. Ainsi secouée, Sytrinn se ressaisit, cligna des yeux et analysa ce qui venait de se passer. Aliénor et elle venaient de passer leur commande avec une synchronisation parfaite et quelque peu... soporifique. Devant le phénomène, Falko avait la mâchoire inférieure qui semblait être disloquée par la béatitude.
L'aubergiste déposa leur commande sur le comptoir, la ladrini s'en saisit et suivit instinctivement sa camarade qui s'installa à une table devant la cheminée. Une fois assises, les deux jeunes femmes se regardèrent et ce fut la rôdeuse qui esquissa en premier un signe de vie. Elle sourit à la violoniste et leva sa choppe. Sytrinn cligna des yeux, lui rendit son sourire et trinqua volontiers. Leur long voyage à l'atmosphère tendue et glaciale se terminait finalement sur une note chaleureuse de bonne humeur.

Elle prirent une rasade de liqueur et le passage de l'alcool laissa une traînée brûlante sur leur palais jusque dans l'œsophage. Cette sensation réveilla immédiatement la ladrini qui se mit à engloutir son potage fumant à grands coups de cuillère à soupe. Puis la jeune femme but une deuxième gorgée de liqueur avant de s'attaquer au pain et au fromage. Quand l'aubergiste vint les voir en leur demandant si tout se passait bien, elle en profita pour commander de la viande fumée pour Falko.
Sytrinn ayant finit de manger, regarda sa chope à moitié pleine, s'en saisit et bu trois gorgées. Grâce aux réceptions auxquelles la noble demoiselle étaient invitée, elle était habituée à boire du vin. Mais cette liqueur était particulièrement forte et la ladrini ne tarda pas à en ressentir les effets. Ses pommettes rougirent et elle s'avachit sur le dossier de sa chaise. C'est à ce moment que la flûtiste eut la mauvaise idée de lui adresser la parole.

- Alors, Sytrinn, que comptes-tu faire demain ?
- Retrouver cette foutue dague, lâcha Sytrinn, suivit d'un hoquet.

La jeune femme avait parlé familièrement, ce qui ne lui ressemblait pas et surprit quelque peu son interlocutrice. Cette dernière poursuivit néanmoins.

- Et tu as pu avoir des renseignements à ce sujet ?
- Oui, la prêtresse m'a dit qu'il y avait des saphirs et tutti quanti dessus... Non, mais franchement, comme si on avait besoin de pierreries pour sacrifier des bestioles ! Et le voleur, ah ! Bonjour la discrétion ! Ricana t-elle. Il est encore en ville et il continu de piller les gens depuis plus d'un mois. Celui-là c'est pas un ladrini, c'est moi qui vous le dis !

Elle partit à rire et porta à nouveau la chope à ses lèvres, mais il ne restait plus une goutte.

- Fichtre ! Dit-elle d'un voix aiguë en parodiant l'aristocrate qu'elle était. En tout cas, ce repas était divin, ne trouvez-vous pas très chère ? Fit-elle, souriante, en plantant son regard vague dans les yeux de sa camarade.

Seulement elle ne lui laissa pas l'opportunité de répondre. Elle tapa du poing sur la table, ouvrit la main et laissa s'échapper quinze dias. Les pièces roulèrent et tourbillonnèrent avant de s'immobiliser. Sytrinn se leva ensuite en s'appuyant sur le dossier de sa chaise.

- Je crois que je vais piquer un petit somme, hein ! Dit elle en ricanant.

A peine eut-elle esquissé un pas qu'elle perdit l'équilibre et se rattrapa sur l'épaule de la rôdeuse. La ladrini regarda un instant Aliénor et se mit à parler d'une voix oscillante.

- Vous êtes si jolie, pourquoi vous cachez vous toujours sous ce...

Elle tendit lentement une main qui retomba aussitôt lamentablement avant d'avoir pu atteindre le capuchon de la rôdeuse. Sytrinn ferma les yeux et laissa son front basculer contre l'épaule de sa camarade. La suite fut des plus troubles pour la jeune femme. Elle se souvenait à peine d'avoir marché, lorsqu'elle se retrouva dans sa chambre, mollement assise sur le rebord de son lit, les yeux dans le vague. Puis elle distingua une forme sombre sortir de la pièce et bredouilla un « merci, mademoiselle ». Quand sa vue s'éclaircit, Falko se trouvait là, devant elle, la fixant avec un regard noir.

- Tu es complètement irresponsable, ma fille. Dit-il d'une voix grave.

Le renard lui donnait toujours des petits noms, mais celui-ci eut l'effet d'une claque sur la jeune femme. Elle avait eut l'impression d'entendre son père. Soudain, l'alcool se fit plus triste, et la demoiselle baissa la tête.

- Tiens, prépares-toi et vas te coucher, fit Falko en lui lançant sa chemise de nuit au visage.

Sytrinn obéit. Elle se déshabilla et enfila ce que lui avait lancé son compagnon : une nuisette longue en lin blanc, à fines bretelles et épousant parfaitement les courbes de la jeune femme. La violoniste se mit ensuite au lit et enveloppa son corps dans la couverture. Une seconde plus tard, elle dormait.

Le lendemain matin, Sytrinn ouvrit les yeux, réveillée par des voix venant de dehors. Elle ne bougea pas, elle ne savait plus où elle était, tout était noir. Soudain, elle se débattit et réussit à sortir la tête du cocon qu'elle avait formé avec sa couverture. Falko qui était déjà debout, la regarda et pouffa de rire. Toute décoiffée, la ladrini souffla sur une mèche de cheveux qui lui cachait les yeux et finit de s'extirper de sa prison de laine. La jeune femme se leva et s'étira en étouffant un bâillement. Alors qu'elle titubait en direction de la salle de bain, sa chemise de nuit flottait gracieusement et révélait parfois les ondulations sensuelles et maladroites de son corps. Les yeux mi-clos, Sytrinn se planta devant le vieux miroir et remit de l'ordre dans ses cheveux, puis elle s'aspergea la figure avec de l'eau pour se réveiller. De retour dans la chambre, elle retira ses vêtements de nuit pour revêtir ceux de travail, puis enserra sa taille de la ceinture où étaient accrochées ses armes. Une fois ses bottes enfilées et son sac bouclé, elle sortit de la chambre avec Falko, sa cape sur l'épaule. Lorsqu'elle traversa l'auberge, elle vit que la rôdeuse était déjà en train de déjeuner. La ladrini lui sourit et inclina la tête pour la saluer, puis gagna le comptoir où elle posa les clés de sa chambre. L'aubergiste lui demanda ce qu'elle désirait pour le petit-déjeuner.

- Une décoction anti-gueule de bois je vous prie, fit la violoniste avec un sourire gêné.
- Très bien, répondit la femme avec un petit rire, et pour manger ?
- Une galette de froment, s'il vous plaît, termina la jeune femme en déposant treize dias sur le comptoir.

Sa commande à la main, elle se dirigea ensuite vers la table de la rôdeuse où elle s'installa.

- Bien dormi ? Fit-elle avec un sourire amical. Décoction..., ajouta t-elle comme une fatalité en désignant son verre. Je suis vraiment navrée pour hier soir, termina t-elle piteusement en baissant les yeux.
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Aliénor Isil

MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mer 24 Aoû - 5:44

Le bruit des deux choppes s'entrechoquant résonna dans la taverne et Aliénor prit aussitôt une gorgée. La liqueur des Glaciers coula dans la gorge comme de la lave en éruption avant de brûler l'estomac de la Rôdeuse. Reposant bruyamment son verre sur la table, la jeune femme lâcha un soupir bruyant accompagné d'un sourire malicieux. " Ça fait du bien où ça passe ! " se disait-elle en s'essuyant la bouche d'un revers de main. On pouvait dire que cette liqueur arrachait la gueule, mais de vous à moi, elle a connu pire. Mais c'était déjà beaucoup plus fort qu'une choppe de la bière...

Quoi qu'il en soit, elle entama son repas doucement, en remuant sa soupe chaude d'un mouvement lasse. Ce qui était bien contradictoire par rapport à la jeune Sytrinn qui dévorait son repas comme un loup affamé. C'est sûr que ça changeait de l'eau glacée et de la viande séchée. Alors, tout en buvant goulûment sa soupe, elle s'amusa à observer la violoniste manger comme un Zélo. Aliénor tenait sa soupe chaude bien aux creux de ses mains ce qui avait dont de lui procurer des frissons de plaisirs. Qu'il était bon d'avoir un bol fumant qui réchauffait vos doigts glacés ! Quant au breuvage, il semblerait que ça ne soit qu'une simple soupe au légumes. Mais cela ne dérangeait pas la jeune femme qui par ailleurs se délectait de son arôme et de la traîner brûlante que laissait cette soupe à chaque gorgée. Et pour faire durer le plaisir, elle prenait tout son temps, contrairement à Sytrinn.

Le repas se fit donc en silence. Chose que la Rôdeuse brisa quand elle eut terminé son fromage et son pain. Elle était tout de même curieuse de savoir ce que la jeune fille va faire durant son absence. Alors, tout en buvant doucement sa liqueur des Glaciers, elle lui demanda :

- Alors, Sytrinn, que comptes-tu faire demain ?

La réponse fusa rapidement. Mais à la plus grande surprise d'Aliénor, le ton et les mots différaient des paroles habituelles de Sytrinn. Elle avait parlait familièrement et il était aisé de deviner que la jeune fille était à l'évidence sous l'emprise de l'alcool. Ce détail fit particulièrement sourire la jeune femme qui avait une mauvaise idée en tête : elle voulait jouer. Il est amusant de voir ce qu'une personne peut cracher sous l'emprise de l'alcool comme par exemple des secrets jamais avoués, un passé lugubre, enfin, des informations fort utiles. Et il s'avère qu'Aliénor ne connaissait en rien cette jeune fille, peut-être était-ce le moment d'en profiter... Mais il fallait tout d'abord tourner autour du pot si elle ne voulait pas réveiller des soupsons :

- Et tu as pu avoir des renseignements à ce sujet ?

Elle écouta la violoniste complètement ivre lui expliquer que cette dague était incrustée de pierres précieuses et son voleur séjournait encore en ville.

- Celui-là c'est pas un ladrini, c'est moi qui vous le dis ! Lâcha alors Sytrinn avec désinvolte.

Aussitôt, Aliénor fronça gravement les sourcils à l'écoute de cette simple phrase, pourtant lourde de sens. La jeune fille aurait-elle fait allusion qu'elle appartenait à la caste des Ladrinis ? Le regard méfiant, elle dévisageait cette fois sa compagne d'un tout autre regard. Elle avait déjà tenté de duper la Rôdeuse en jouant la comédienne et tout comme elle, elle récoltait des informations dans les tavernes. Il était difficile de cerner son caractère car la jeune fille détenait deux facettes bien distinctes, comme si elle jouait un Rôle... Plus la Rôdeuse réfléchissait, plus elle se disait que la personne qui se tenait devant elle travailler pour les Ladrinis. Caressant doucement ses lèvres d'un air anxieux, elle s’apprêtait à lui poser un peu plus de questions mais la violoniste la devança en lui demandant si elle n'était pas d'accord sur la qualité du repas.

Aliénor se secoua légèrement la tête comme pour s'obliger à sortir de ses songes. Mais avant même qu'elle put offrir une réponse à sa camarade, cette dernière frappa violemment la table et y déposa quelques Dias pour payer le dîner. Il semblerait que ça soit l'heure pour la jeune fille de rejoindre le Royaume des Songes ! C'est avec un regard inquiet qu'elle vit sa coéquipière se relever péniblement. Ce qui était sûr, c'est qu'elle n'arrivera jamais à monter les escaliers ! Et encore moins marcher... D'ailleurs, elle perdit l'équilibre à peine avait-elle fait un pas en avant. Aliénor eu alors comme réflexe de se relever, ce qui permit à Sytrinn de se rattraper sur son épaule. Sous l'ivresse, l'ivrogne flatta alors la Rôdeuse de sa beauté et lui demanda pourquoi elle se cachait sous ce capuchon. D'ailleurs, elle tenta de le lui retirer et la femme encapuchonnée eut comme réflexe d'avoir un mouvement violent de tête. On ne touche pas à la capuche d'Aliénor ! Fort heureusement, l'impétueuse perdit toute ses forces avant qu'elle put atteindre son but.

La Rôdeuse observa cette jeune fille complètement ivre d'un regard lamentable et lourd de reproches. Elle secoua la tête avec exaspération avant de lâcher un long soupir de découragement. Elle était pas belle à voir dans cet état... La prochaine fois, elle devra s'abstenir sur les alcools qui ne sont pas " de son âge ". N'ayant plus trop le choix, Aliénor l'aida à marcher et à grimper les escaliers. Heureusement qu'elle n'était pas lourde ! Elle l’emmena ensuite dans sa chambre et ouvrit sans plus tarder la porte d'un grand coup de pied. Oui, elle ne faisait pas dans la fine dentelle... Elle déposa son fardeau sur le rebord du lit et lança un regard vers le renard qui était tout aussi exaspéré que la jeune femme. Il n'avait pas l'air content de la voir dans cet état. Elle lui donna alors un sourire d'encouragement et partit dans la pièce, tandis que Sytrinn la remerciait de sa petite voix.

La porte fermée, Aliénor lâcha un long soupir avant de repartir vers le hall. Si le soirée était terminée pour sa coéquipière, elle ne l'était pas pour la Rôdeuse. Cette dernière voulait la prolonger en restant seule, dans le calme, au coin du feu. C'est ce qu'elle fit en descendant les escaliers. Prenant place devant la cheminée, sous le regard soulager de la gérante qui revit la cliente qui n'avait pas payer sa part, elle sortit sa pipe, l'alluma et tira une bouffée.

Elle resta ainsi un long moment, à fumer et à observer les flammes d'un air pensif. La tavernière l'avertit, alors que l'horloge sonnait minuit, qu'elle allait fermer. Aliénor éteignit alors à regret sa pipe et monta dans sa chambre, en n'oubliant pas de payer la gérante pour son repas. Dans sa chambre, elle se déshabilla avec lenteur, sentant qu'elle n'avait plus pour longtemps. Elle en avait fait assez pour aujourd'hui et son corps ne réclamait que le repos qui lui était du. Habillée d'une fine chemise de nuit, elle rentra dans son lit bien chaud avec un soupir de soulagement, et s'abandonna au Royaume des Songes quelques instants plus tard...

*~*~*

Ce fut les lueurs du soleil matinal qui réveilla la Rôdeuse. Gémissant de désarroi, elle tenta de replonger à nouveau dans son sommeil, en vain. Elle maudit alors les volets cassés qui permirent à la lumière de s’infiltrer dans sa chambre et chatouiller le nez de la dormeuse. N'ayant plus le choix, elle s'assit péniblement sur son lit, restant un moment ainsi, le regard dans le vide, avant de se frotter le visage. Elle avait beau avoir l'habitude de se réveiller à l'aube, elle avait toujours quelques difficultés quand il s'agissait de se lever.

Et d'une démarche maladroite et titubante, elle s'avança jusqu'à la salle de bain où elle plongea son visage dans l'eau glacée. La morsure du froid sur sa peau permit à Aliénor de reprendre tout ses esprits et de la pousser à entamer cette nouvelle journée qui commençait. Mais avant, elle s'habilla et rangea ses affaires car elle n'avait pas l'intention de dormir une deuxième nuit ici. Elle remit son arc en place, prit ses deux dagues, porta son sac et abaissa son capuchon sur son visage. C'était bon, elle était prête. Elle quitta alors sa chambre et alla dans le hall où la gérante était déjà debout. Cette dernière demanda aussitôt sa commande pour le petit déjeuné et la Rôdeuse lui commanda une bonne tasse de thé avec du pain et du beurre. Elle paya sa commande et partit avec vers une table, toujours au coin du feu.

Avec appétit, elle entama son petit déjeuné. Mais à peine avait-elle prit quelques gorgées de son thé que Sytrinn fit son apparition. Le premier réflexe d'Aliénor était de vérifier si la jeune fille avait la gueule de bois et, effectivement, elle l'avait, ce qui fit ricaner la Rôdeuse. La violoniste la salua d'un mouvement de tête et la jeune femme le lui rendit poliment. Elle se doutait bien qu'elle allait partager son petit déjeune avec elle car après tout, elle avait souper ensemble la veille... C'est alors sans surprise qu'elle vit Sytrinn s'asseoir dans la chaise d'en face avec un étrange breuvage dans la main et une galette. Elle lui demanda alors si elle avait bien dormit et elle lui dévoila l'identité de son mystérieux breuvage. " Je veux même pas savoir ce qu'il y a dedans " pensa Aliénor en relevant un sourcil d’appréhension. Mais sa contemplation fut troublée par la voix fluette de sa compagne qui voulait s'excuser pour le veille. A ces mots, la Rôdeuse ne put s'empêcher de sourire avant de lui déclarer :

- Oui, j'ai bien dormi... Mais je te retourne la question. Tu n'avais pas l'air très en forme hier... Plaisanta-t-elle en lançant un regard de complice à Falko. Mais tu n'as pas à t'excuser pour hier. Après tout, cela arrive à tout le monde...

Elle termina sa dernière tartine au beurre et avala le restant de son thé. Ayant terminé de déjeuner, elle se leva et prit son sac. Elle allait partir, il n'y avait plus rien qui lui rattachait à cette auberge. Elle avait payé, elle avait mangé, elle avait dormit, elle pouvait à présent reprendre sa route. Se tournant vers les deux amis qui lui ont servit de compagnon de route durant plus d'un moi, elle fit ses adieux :

- Adieu Sytrinn, peut-être nous reverrons-nous à Tyrhénium. D'ici là, je te souhait bonne chance pour ta mission et bon vent ma fille ! N'oublies pas de suivre ta route et poursuivre tes rêves.

Elle avait dit ses paroles avec un magnifique sourire qui rayonnait sur son visage sombre. Elle lui avait offert sa bénédiction, puisse les Dieux veillaient sur elle sur sa Destinée... Elle se pencha ensuite sur Falko et attrapa son menton de renard avant de déposer un baiser sur sa truffe.

- Au revoir mon petit Falko, tu me manqueras ! Lâcha-t-elle en lui ébouriffant doucement son pelage.

Sans plus tarder, elle traversa le hall de l'auberge, salua une dernière fois la tavernière et poussa la porte de l'établissement sans jeter le moindre regard derrière son épaule. Sa silhouette disparut, tout comme le bruit de sa cape qui claquait au vent...
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Lun 29 Aoû - 2:39

La rôdeuse fit la grimace en découvrant la décoction que Sytrinn avait en main. Cette dernière fit d'ailleurs de même après avoir prit une gorgée. « Beurk ! La liqueur était meilleure ! » pensa-t- elle. Aussi, elle bu tout d'un trait, histoire de faire passer au plus vite ce calvaire gustatif. Alors qu'elle avalait la dernière goutte de ce breuvage amer, Aliénor, ironique, lui demanda si elle aussi avait passé une bonne nuit. La ladrini posa tranquillement son verre sur la table tout en observant son renard et sa camarade qui échangeaient un regard complice. Elle haussa alors les épaules et croqua dans sa galette de froment en croisant les doigts pour qu'elle masque le goût atroce de la décoction. Sans succès. Sytrinn enveloppa la galette dans sa serviette et la fourra dans son sac, la boisson lui avait coupé l'appétit.

Après quelques minutes de somnolence, le visage de la violoniste se para à nouveau de son rayonnement habituel. Elle se sentit soudain revitalisée, comme si les heures de sommeil passées agissaient à retardement sur son organisme. Ses yeux se posèrent malicieusement sur son verre vide avant de remonter vers la rôdeuse qui s'était levée. C'est alors que cette dernière lui fit ses adieux, espérant la revoir à Tyrhénium et lui souhaitant bonne chance. Sytrinn lui rendit un sourire franc et amical qui signifiait beaucoup plus que de simple paroles, exprimant toute sa gratitude. Puis, Aliénor approcha son visage de celui du renard avant de lui donner un baiser, et sur ce, elle se dirigea vers la sortie en saluant l'aubergiste. La ladrini resta là quelques secondes, un imperceptible sourire sur les lèvres, les yeux dans le vague, elle se remémorait leur rencontre, leur périple... Enfin, elle se leva vivement, pris la vaisselle sur la table et la déposa sur le comptoir avant de s'adresser à l'aubergiste.

- Votre décoction fut aussi efficace que dégoûtante ! Fit-elle en plaisantant. Vous avez accompli un miracle, je me sens revigorée !

La femme éclata de rire et la ladrini fit de même. Puis elle retourna à sa table pour récupérer son sac et lança un regard moqueur à Falko, sont les yeux pétillaient et dont le museau arborait un sourire idiot. Sytrinn jeta son sac par-dessus son épaule, rabattit le capuchon de sa cape sur sa tête et se mit à avancer en lançant à son compagnon :

- Redescend sur terre, joli cœur, elle est trop vieille pour toi ! Dit-elle d'un ton neutre avant de reprendre avec impatience. En avant mon ami !

L'animal secoua la tête et trottina derrière elle d'un pas décidé. Lorsque Sytrinn passa près du comptoir elle sourit poliment à l'aubergiste.

- Je viendrai chercher mon cheval en fin de journée. Merci pour votre accueil, mon séjour dans votre établissement fut des plus agréables. Termina-t-elle en s'inclinant.
- Je vous en prie mademoiselle. Bonne journée dans notre cité, profitez-en, la température est meilleure aujourd'hui et le marché vous offrira de quoi vous occuper et vous divertir. Fit l'aubergiste avec son éternelle bonne humeur.
- Adieu chère madame !

La porte s'ouvrit sur un brouhaha joyeux dans la rue. Sytrinn ne savait où donner de la tête, tous ces étalages de nourriture, de poteries, de breloques en tout genre ! Elle déposa d'abord son sac dans le box d'Amadeus puis, emmitouflée dans sa cape brune, dissimulant sa rapière et sa dague, la jeune femme se laissa distraire par la profusion de spécialités de la ville glacée. Les marchands, ravis de voir une inconnue dont l'apparence solaire leur apportait un peu de chaleur d'Eridania, et qui semblait fascinée par les produits de la région, lui adressaient volontiers la parole et lui contaient parfois anecdotes et légendes. Au bout d'une heure la ladrini secoua la tête, se souvenant qu'elle n'était pas là pour faire du tourisme. Elle siffla en direction de Falko qui se faisait harceler par des commerçants : « Goûte moi ça mon petit, tu m'en diras des nouvelles ! », et le renard, le ventre plein, se prêtait au jeu en donnant son avis sur chaque met qui venait à lui. A présent qu'il était à nouveau sur les talons de son amie, tous deux ne jetaient plus que des coups d’œil languissants sur les étalages. Néanmoins Sytrinn restait concentrée et veillait à scruter les alentours en quête de l'homme à la dague, ce qui fut soudain difficile car une marée humaine s'abattit sur la jeune femme. « C'est l'heure de pointe », pensa-t-elle. La violoniste se tourna, inquiète, vers son petit compagnon qui peinait à éviter les piétinements. Mais lorsqu'elle se retourna pour aller de l'avant, son nez vint s'écraser sur une masse. Ses paupières s'ouvrirent faiblement sur du tissu sombre, rougeâtre qui dans un mouvement brusque dévoila une arme brillante, parsemée de bleu, de vert... Les yeux Sytrinn brillèrent de surprise : la dague ! Cet instant avait duré une demie seconde. Le tissus lie de vin bougea à nouveau heurtant volontairement et avec violence la jeune femme, qui fut propulsée sur le côté, lançant dans sa chute un rapide regard à son renard pour s'assurer qu'il avait compris. En voyant le sol s'approcher fatalement, elle ferma les yeux avant de les rouvrir immédiatement, ne sentant plus la gravité s'acharner sur elle. Son poignet gauche venait d'être saisit et se trouvait à présent en l'air, tandis qu'un bras enserrait sa taille et que sa tête résonnait cette fois ci sur une plaque.

- Tout va bien mademoiselle ? Fit une voix masculine.

Sytrinn se remit sur pieds alors que les mains de l'homme agrippaient désormais ses épaules. Quand elle releva la tête ses prunelles dorées découvrirent un beau visage tout près du sien, percé de deux yeux bleus, au sourire rassurant, et encadré de cheveux blonds mi-longs. La ladrini reconnu l'armure que portaient les gardes à l'entrée de la cité.

- Mademoiselle ?
- Je vous prie de m'excuser, merci beaucoup ! Fit-elle en se dégageant et le laissant coi.

Falko se tenait à quelques mètres de là, il lui indiqua que leur homme était parti dans une grande rue à droite elle aussi encombrée par la foule et les étalages. La jeune femme s'y engagea et repéra presque immédiatement le voleur dont le capuchon lie de vin dépassait à moitié de la masse de gens agglutinée là. Elle le suivit quelques minutes, à vingts mètres de lui, faisant mine de faire ses courses. Tout à coup l'homme tourna dans une ruelle sur la gauche sur le mur de laquelle était plaqué un écriteau fléché « Armurerie », Sytrinn accéléra le pas et passa perpendiculairement à cette rue en prenant soin de noter qu'il avait à nouveau tourné à gauche. La violoniste fit demi-tour et prit la ruelle déserte avant de tourner à gauche comme l'avait fait le brigand. Il s'agissait d'un cul de sac, idéal pour le coincer. La ladrini approcha de la vitrine de l'armurerie et observa l'intérieur. Le commerçant était chétif et inoffensif pour un armurier, petit, dégarni, pas du tout impressionnant. Elle remarqua à peine qu'une autre personne se trouvait aussi dans le magasin, car ses yeux étaient rivés sur le voleur qui s'approchait du comptoir. Sytrinn se décida à entrer sans que personne ne la remarque afin d'entendre leur conversation. La jeune femme utilisa sa télékinésie sur la clochette à l'entrée afin de ne pas la faire tinter lorsqu'elle ouvrirait la porte. Sur ce, elle entra sans bruit et se cacha derrière un rayon d'étagères où étaient entreposées diverses armes blanches. De là elle voyait tout sans être vue, mise à part de... cette cape sombre mouchetée de bleue, serait-ce...? Aliénor l'avait déjà repérée et Sytrinn lui fit signe de se taire. Elle observèrent la scène.

- Combien pour cette dague ? Fit l'homme à la cape rougeâtre.

Le vendeur chaussa ses lunettes pour analyser plus précisément l'objet, avant d'ouvrir de grands yeux d'étonnement et d'esquisser un mouvement de recul.

- Par Kesha ! S'agirait-il de la dague sacrée ?! C'est donc vous qui l'avez volée. Non, je ne peux pas faire affaire avec vous, je... je vais aller chercher un garde... Dit l'armurier d'une voix tremblante.

« Quel imbécile ! », pensa Sytrinn, « Est-il suicidaire pour dire des choses aussi risquées face à un tel individu ? ». Le voleur, rangea la dague à sa ceinture avant d'empoigner le bras du pauvre marchand.

- Vous n'irez nulle part, dit le brigand en brandissant une autre dague au-dessus de sa victime.

Tout à coup la capuche de ce dernier retomba rapidement, comme si quelqu'un s'en était saisit, laissant son crâne rasé à découvert. La ladrini qui avait encore fait des siennes, fit comprendre à la rôdeuse qu'elle devait sortir en lui lançant des coups d’œil insistants vers la porte. Elle avait un plan, Aliénor devait sortir, la vie de ce marchand en dépendait...
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Jeu 1 Sep - 3:32

A peine avait-elle fermé la porte qu'elle sentit le froid s'engouffrer dans sa cape, lui procurant des frissons. Le vent frais de Cimmeria lui caressa la joue tandis qu'une certaine cacophonie agressait ses oreilles. Pour une Rôdeuse ayant parcourut des kilomètres et visitée nombreuses citées, il était facile pour elle de reconnaître la symphonie du jour du marché. Alors un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres et enfoui dans sa cape grise mouchetée de bleue, elle suivit les bruits. Quelques pas suffit pour atteindre les ruelles commerçantes et atteindre cette vague d'habitants qui déferlaient devant les stands. Aliénor observa un moment ce spectacle avec un sourire aux lèvres. Le seul moment où on pouvait croiser des gens, plonger dans une agitation des plus saisissante ou sentir la chaleureusité des habitants de la Cité de Hellas, c'est bien durant le jour du marché. Qu'il était bon de voir que cette ville sobre et froide s'animait ainsi comme une fourmilière ! Cela donné le sourire à Aliénor qui connaissait les difficultés du pays.

Prenant une grande inspiration, elle se laissa emporter par le torrent. Les stands défilaient, offrant comme marchandises des merveilles pour les yeux comme pour les papilles. Il y avait des spécialités de la région, des objets qu'on ne trouvait nul part ailleurs, des grigris en tout genres... Les marchands criaient, attiraient par tout les moyens de nouveaux clients. Aliénor regardait ce qu'ils vendaient, essayait, touchait, sentait, tout était possible. Elle n'hésitait pas à engager la conversation, soustrayant des informations, des rumeurs, mais aussi des histoires, des souvenirs, des petits secrets... C'est ce qu'elle aimait faire le jour du marché. Avoir des contacts avec les étrangers, c'est comme ça qu'on apprenait certaine chose.

La Rôdeuse traversa ainsi les ruelles, abordant avec les marchands et admirant ce qu'ils avaient à vendre. Mais alors qu'elle tentait de se frayer un chemin, elle remarqua à sa gauche une ruelle déserte. Curieuse, elle y entra et sentit qu'elle respirait à nouveau à l'absence de passants. Continuant son chemin seule, elle tourna à nouveau à gauche et se retrouva nez à nez avec une armurerie. Alors un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres : elle avait trouvé son petit bonheur. Et sans plus tarder, elle poussa la porte tandis qu'une clochette retentit pour annoncer sa venue au vendeur. Ce dernier, penché derrière son comptoir, se releva promptement. Le commerçant semblé avoir un âge avancé et n'avait guère avoir une allure de grand guerrier. Pourtant, Aliénor savait que les apparences pouvait être trompeuse et elle ne doutait pas une seule seconde que cet homme était un connaisseur en arme.

- Bien le bonjour, demoiselle ! Déclara-t-il chaleureusement.
- Bonjour, messire, fit-elle avec un beau sourire.
- Soyez la bienvenue dans mon armurerie ! Vous trouverez ici tout ce dont vous aurez besoin ! N'hésitez pas à me poser des questions si vous voulez des renseignement, je me ferais un plaisir d'apporter vos réponses ! Et euh... Cherchez-vous quelque chose en particulier ?
- Non, rien pour l'instant. Je suis juste là pour jeter un coup d'oeil... et un endroit aussi pour respirer, ajouta-t-elle avec amusement.
- Je vois que vous veniez du marché, lâcha-t-il avec un sourire, mais faîtes donc comme chez-vous ! Quand c'est le marché, mon magasin est tristement vide.
- J'en suis désolée...
- Oh vous en faites pas, ça me donne au moins le temps de faire quelques rangements ! Mais je vous en prit, je vous fait perdre votre temps... Je vous laisse à vos admirations !
- Merci, messire... Finit-elle par dire reconnaissante.

Laissant le marchand seul, Aliénor commença à observer les étagères où disposaient diverses armes et armures. Elle avait les yeux qui brillaient de malice, comme une enfant devant un magasin de jouets. Les armes et la Rôdeuse, c'était une grande histoire d'amour... Elle monta les escaliers qui menaient à l'étage supérieur qui était découvert, ce qui permettait d'avoir une vue d'ensemble du magasin. Avec curiosité, elle alla se pencher discrètement à la rempart, juste au dessus du commerçant afin de voir ce qu'il faisait. Il semblerait qu'il fasse les comptes, rien d’intéressant pour la jeune femme. Elle alla alors observer les armes dans un coin, et soudain, la clochette retentit. Curieuse, Aliénor voulut voir qui était le nouveau arrivant, mais par habitude, elle préféra rester cachée aux yeux de tous. C'est donc avec discrétion qu'elle sortit de son coin pour observer ce qu'il se passait en bas. L'inconnu semblait un personnage des plus curieux, il cherchait du regard si il n'y avait pas quelqu'un d'autre dans l'établissement et quand elle sentit qu'il allait lever les yeux à l'étage supérieur, la Rôdeuse eut comme réflexe de se retourner et de se cacher derrière l'étagère. Ses instincts de Rôdeuse fut aussitôt en alertes, cet homme ne lui inspirait pas confiance.

La jeune femme jeta un regard par dessus son épaule et tandis que le commerçant fit ses salutations, une autre personne vint dans l'armurerie mais étrangement, la clochette ne retentit pas. Quelle fut la surprise d'Aliénor en voyant que c'était Sytrinn ! Cette dernière vint aussitôt se cacher derrière une étagère et ceci suffit à l'Eryllis pour identifier l'inconnu : le voleur de la dague sacrificielle. Dans la plus grande discrétion et dans un silence de plomb, la Rôdeuse observa la scène.

L'homme présenta la dague au commerçant, voulant savoir combien pouvait-il en tirer. Le vendeur identifia aussitôt la dague volée, sans étonnement pour l'Eryllis qui se doutait bien qu'il était un connaisseur d'armes, et le vieil homme le menaça d'appeler un garde... Grossière erreur. Le voleur répliqua au quart de tour et menaça cette fois le commerçant de lui trancher la gorge ! Avant même qu'Aliénor put répliquer pour aller au secours du vieil homme, elle sentit que Sytrinn lui lançait des regards insistants, surtout en direction de la porte... " Elle veut tout de même pas que je m'en aille ? " pensa-t-elle en fronçant des sourcils " Ça c'est la meilleure ! " En guise de réponse, elle leva les yeux au ciel, l'air désespéré et se retourna dans les étagères. Sans la moindre hésitations, elle prit dans ses mains un casque. Elle testa sa lourdeur en le faisant voler dans sa main et quand elle fut satisfaite, elle hocha doucement la tête.

Aussitôt, elle sortit des étagères et se plaça au milieu de l'étage. Le voleur fut aussitôt en alerte et leva les yeux... Pour ne plus rien voir. Un bruit répercutant résonna dans la salle tandis qu'il lâcha un grognement sonore. Le casque roula à terre tandis qu'il se tenait le front avec une grimace de douleur... La Rôdeuse venait de lui lancer le casque en pleine poire. Cette dernière profita de cet instant pour sauter de la rempart et atterrir sur le comptoir du commerçant. Aux alertes, le voleur leva la tête... Avant de prendre un coup de botte dans la face. Le coup fut tel qu'on pouvait entendre les os de son nez se craquer et perdant l'équilibre, l'homme fit quelques mouvement de recule en tenant son nez en sang. Quand il ouvrit à nouveau les yeux et qu'il posa son regard à nouveau sur le commerçant, il vit une femme encapuchonnée, habillée d'une cape grise mouchetée de bleue, au sourire des plus moqueurs et des plus malicieux, se dressait avec fierté sur le comptoir. Aliénor, se payait de sa tête.

- Sale catin ! Tu vas me le payer ! Lâcha-t-il en se rapprochant dangereusement d'elle avec son arme à la main.
- A terre... Ordonna Aliénor à l'intention du commerçant.

Ce dernier ne se fit pas prier, et se cacha aussitôt derrière le comptoir. Quand à la Rôdeuse, elle dégaina ses dagues et le son métallique de ses lames retentit dans la salle. L'atmosphère devint soudain lourde et oppressante, les deux adversaires se dévisageait avec hautin. Prenant soudain de l'élan, le voleur se jeta sur la Rôdeuse en hurlant. La jeune femme évita le coup en faisant un saut sur le côté et la lame de son adversaire ne toucha que le bois du comptoir. Atterrissant sur le sol froid et dure, Aliénor eut tout juste le temps de poser ses dagues en " x " devant son visage pour contrer le coup du voleur qui était déjà sur elle. L'Eryllis répliqua aussitôt en donnant un coup de botte dans l'estomac pour le faire reculer, chose qu'il fit en perdant son souffle. Sur pieds, la femme encapuchonnée grimpa les escaliers, poursuivit par l'étranger et à peine elle atteignit l'étage qu'elle fit volte face pour stopper le coup qu'aller lui portait son adversaire derrière son dos.

- Tsss ! On t'a jamais dis que c'était lâche de donner un coup de dague dans le dos ? Cracha-t-elle en utilisant toutes ses forces pour empêcher que la lame du voleur l'atteigne.
- Je suis un voleur ! Je ne fait pas dans la bretelle ! Lâcha-t-il avec amusement.

Il fit un pas en arrière, libérant l'emprise de leurs armes. Les dagues toujours en mains, les deux Terrans se dévisageaient avec hautain. ils se tournaient autours, attendant que l'autre réplique. Tout deux avaient un sourire moqueur sur leurs lèvres, provoquant l'autre et au fond, tout deux s'amusaient de cette situation. Voilà longtemps qu'ils n'avaient pas croisé le fer avec un adversaire digne de ce nom. Mais qui sortira vainqueur de ce duel ?

- Finit de jouer, catin ! Déclara le voleur faisant tourner sa dague dans sa main, montre moi ce que tu as dans le ventre !
- Mais je t'en pris ! Je ne faisais que commencer ! Persifla-t-elle avec un sourire malsain.

Les deux Terrans se jetèrent dans la mêlé et le fracas de leurs armes se répercutait dans l'armurerie.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 18 Sep - 2:25

La ladrini ne fut que peu étonnée de voir qu'Aliénor, pour toute réponse à ses regards lourds de sens, fit une moue exaspérée avant de se retourner vers les étagères. Les yeux de Sytrinn naviguaient rapidement du marchand en danger à la rôdeuse désobéissante, pour finalement s'arrêter avec béatitude sur celle ci, tenant un casque entre les mains. "Non..." se lamenta intérieurement l'espionne. Un bruit de métal résonna dans l'armurerie, le casque venait de rebondir sur le crâne chauve du voleur, avant de tomber avec fracas sur le sol. L'homme n'eut même pas le temps de se remettre de sa surprise que déjà son nez craquait bruyamment et laissait s'échapper un filet de sang. Aliénor était fièrement postée sur le comptoir, visiblement ravie du coup de pied qu'elle venait d'asséner au brigand. Après que le pauvre armurier se vit recevoir l'ordre de se mettre à terre, il s'exécuta tout tremblant, alors que le combat débutait. La rôdeuse avait dégainé ses dagues jumelles, et désormais, les adversaires se dévisageaient avec insolence et fierté. Puis ce fut une véritable symphonie, pour ne pas dire cacophonie, de bruits de lames s'entrechoquant, de glissements de bottes sur le sol, ponctués par un dialogue hautain et menaçant entre les combattants. Les insultes fusaient, les capes claquaient, les souffles s'accéléraient. Mais le plus dépitant pour la ladrini était les sourires malicieux et malsains des opposants qui indiquaient que ceux-ci s'amusaient, chacun ravi de faire face à un adversaire de taille.

Sytrinn restait coite devant la théâtralité presque exagérée de la scène. Elle laissa sa cape tomber sur le sol avant de se précipiter derrière le comptoir. Là, elle empoigna fermement le bras du commerçant, puis jeta le pauvre homme dans le débarras dont elle venait d'enfoncer la porte.

- Navrée, monsieur. Pour votre sécurité veuillez ne pas crier. J'ai seulement une petite affaire à régler, priez pour que Kesha soit avec nous !

Sur ce elle claqua la porte du local et la bloqua avec une épée bâtarde qui se trouvait à proximité, laissant le marchand dans la pénombre. Le brouhaha métallique se poursuivait à l'étage. La jeune femme grimpa quatre à quatre les escaliers, et, ne préférant pas faire usages des ses armes, elle s'accroupit furtivement derrière le voleur en dessinant un arc de cercle avec sa jambe tendue balayant ainsi celles de l'ennemi qui s'écroula.

- J'aurais préféré que cela ne se passe pas ici, confia d'un air sérieux Sytrinn à sa camarade.

L'homme s'était relevé et se tenait dans le dos de la ladrini, prêt à l'attaque. Un frisson parcourut l'échine de cette dernière qui exécuta un coup de pied retourné qui percuta l'arme du brigand. Sachant que celui-ci attaquerait immédiatement derechef, Sytrinn se jeta sur la rôdeuse qui aurait été transpercée si Sytrinn ne s'était contentée que d'esquiver le coup d'estoc. Désormais à terre, la violoniste affalée sur sa camarade se retourna vivement en prévision d'une nouvelle attaque de la part de son adversaire. Mais quelle fut sa surprise et son mépris lorsqu'elle vit le bougre s'apprêtant à prendre la fuite ! Avec haine, elle fonça vers lui afin de lui administrer un coup violent sur la nuque, mais soudain, le géant se retourna, s'empara du poignet attaquant de la jeune femme et la fit basculer par-dessus la rambarde alors que le bruit d'une arme sortie de son fourreau se faisait entendre et résonnait dans le magasin. La demoiselle se réceptionna sans aucun mal au rez-de-chaussez et brandit la dague sacrificielle qu'elle avait subtilisé dans sa chute, pour appâter son ennemi. Ce dernier se trouvant enfin en bas des escaliers, ne manqua pas de fondre sur Sytrinn tandis qu'elle lançait précisément la précieuse arme blanche en direction de l'étage. La lame tourbillonnante vint se planter dans une étagère non loin d'Aliénor.

Le bandit qui comptait fuir, avait rangé son arme. « Parfait, je n'aurai donc pas à me servir des miennes », pensa Sytrinn. L'ogre, fonçant toujours avec hargne et idiotie sur elle, se trouva bête quand elle l'esquiva rapidement pour venir se poster derrière lui. Lorsque le benêt se retourna, le plat des mains de la ladrini s’abattit sèchement sur ses oreilles afin de le désorienter. L'homme tenta alors un crochet de panique qu'elle contra par un blocage du coude, tandis qu'elle en profitait pour lui donner un coup aux côtes. Elle bloqua à nouveau l'attaque du gauche de son ennemi et lui asséna un premier coup de coude dans la mâchoire afin de la fragiliser, puis un second pour la fracturer. Son poing droit percuta ses côtes fêlées pour les briser, son poing gauche défonça son plexus solaire, puis de nouveau son poing droit termina la dislocation de la mâchoire du bougre. La jeune femme conclut le tout par un coup de talon au diaphragme. Le géant s'affala en arrière deux mètres plus loin, en se tordant de douleur, le corps à corps avait toujours été le fort de Sytrinn qui n'appréciait guère devoir se servir de ses armes.
Elle approcha du voleur, essoufflée, et le débarrassa de ses armes qu'elle vint planter aux quatre coins de sa cape pour le maintenir prisonnier du sol. La ladrini balaya ensuite le magasin du regard, quelques étagères avaient été dérangées, quelques armes gisaient par terre, peu de dégâts en somme... Néanmoins, elle entreprit de ranger le léger désordre par télékinésie, le tour fut joué en moins d'une minute. La violoniste récupéra sa cape avant de la placer sur ses épaules.

- Tout ceci est terminé, souffla Sytrinn en souriant à la rôdeuse. Merci pour votre aide. Je dois maintenant rapporter la dague à la jeune prêtresse, termina-t-elle en se saisissant de l'arme sacrée que tenait Aliénor. Elle se dirigea vers la sortie, puis se retourna précipitamment pour reprendre : Ah ! Et l'armurier se trouve dans le local derrière le comptoir, je compte sur vous pour le rassurer, fit-elle en souriant. Falko ira chercher un garde, je vous retrouverai tous les deux plus tard.

Sur ce, elle sortit de l'armurerie, regagna la rue principale qui s'était quelque peu désengorgée, et croisa le regard bleu du garde cimmérien qu'elle avait rencont... percuté un peu plus tôt. Sytrinn fit un signe de tête à son renard qui se dirigea vers le jeune homme en armure, quant à elle, elle partit dans la direction opposée, vers la maison de Dame Lela.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mer 21 Sep - 0:35

A l'étage supérieur, tandis que Sytrinn était occupée par ses affaires, les deux adversaires se battaient. Danse endiablée, rythmée par la symphonie des lames qui s’entrechoquaient avec violence, leurs mouvements étaient d'une précision effarantes. Chaque coups portés avaient un but précis qui était d'arracher les lambeaux de chairs de l'adversaire et chaque coup étaient interceptés avec autant de fluidité que de brutalité. Leurs corps s’effleuraient, se touchaient et leurs souffles se rejoignirent en un seul. Leurs regards se croisèrent, brillant de défi et brûlant de malices. Les deux ennemis dansaient, jouaient, se défiaient et ils prenaient beaucoup de plaisirs.

Et alors que le voleur contra un coup, il lui lâcha d'une voix mielleuse :

- C'est tout ce que tu peux faire, ma jolie...
- Déçue ?


Aliénor fit un pas en arrière pour éviter l'arc de cercle que dessinait la dague de son ennemi et contra un autre coup. Cette fois, l'homme était sur elle, le visage près du siens... Si près qu'elle pouvait sentir son souffle sur sa joue. Ses yeux brûlant était plongé dans les siens et abordant un sourire moqueur et charmant, il lâcha dans un souffle :

- Pas vraiment...

La Rôdeuse aborda à son tour un sourire moqueur et d'un coup brutal, elle écarta son adversaire. Et alors qu'elle allait lui assigner d'un coup, le voleur tomba violemment à terre, surprenant à la même occasion la jeune femme. Cette dernière vit alors la silhouette de Sytrinn se dressait derrière lui et elle lui confia que cette situation n'était pas plaisante et qu'elle aurait voulu que les choses se passent autrement. Cette remarque ne fit ni chaud, ni froid à l'Eryllis qui hocha les épaules. On ne pouvait pas tout avoir dans la vie. Mais alors que le voleur se releva de sa chute, la violoniste eut comme réflexe de se jeter sur elle qui, cette dernière, n'eut pas le temps d'anticiper le moindre geste. C'est donc avec douleur qu'elle sentit le sol froid lui fouettait le dos.

Avec mécontentement, elle aida Sytrinn à se relever mais à peine la jeune fille sur pied qu'elle se précipitait déjà sur le fuyard qui tentait de prendre la fuite. Cette fois, Aliénor ne suivit pas la violoniste, elle préférait rester à l'étage. Elle lâcha un long soupir découragé par le comportement de sa compagne qui avait interrompu son combat fort divertissant avec le voleur. Pour une fois qu'elle s'amusait... Tiens, Sytrinn venait de passer par dessus de la balustrade ! Curieuse, la Rôdeuse se précipita si elle avait bien atterrit sur ses pattes. Un sourire apparut sur ses lèvres quand elle vit la jeune fille se dressait dans le Hall. " Elle n'a plus besoin de moi maintenant, elle peut terminer le travail " pensa-t-elle en s'adossant contre le mur près des étagères.

Rangeant ses deux dagues et prenant place contre le mur, elle croisa les bras et elle comptait observer attentivement le spectacle qui se déroulait à contre bas. Tiens, une dague d'or et de pierres précieuses vola dans la pièce pour allait se planter contre l'étagère d'à côté. Aliénor la reconnu comme étant la dague sacrificielle et c'est presque avec nonchalance qu'elle alla la récupérer. Finalement, son intention se porta, non pas au combat qui opposé Sytrinn et le voleur, mais par cet étrange objet. La tournant dans tout les sens, l'Eryllis trouvait réellement ridicule d'habillé cette lame par telles fantaisies. Rien n'était plus beau qu'un belle arme forgée par le fer et non pas par un bout d'or et quelques pierres brillants parsemés dans le manche. " Les gens ne savent pas comment aimer les choses à leurs justes valeur " se lamenta-t-elle en secouant doucement la tête.

Finalement c'est quelques complaintes sourdes qui sortit la jeune femme de sa rêverie. Levant la tête, elle fut étonnée de voir que le brigand était à terre, accroché par quatre dagues sur sa cape, et se pliant de douleurs. Sytrinn avait fait son bouleau. D'ailleurs cette dernière s'était empressée de récupérer la dague sacrificielle des mains d'Aliénor en lui donnant quelques indications que la Rôdeuse fit à peine attention. En gros, elle partait et lui laissait toute la seule besogne. " C'est gentil ça... " pensa-t-elle en lâchant un long soupir.

Elle attendit que Sytrinn parte de l'armurerie pour descendre des escaliers et se diriger vers le local où était caché la vendeur. Toquant à la porte, elle déclara d'une voix autoritaire que le vieil homme pouvait sortir.

- C'est fini ? Demanda-t-il d'une petite voix effrayée.
- Oui, c'est fini... Le brigand est à terre et la dague volée va retourner chez son propriétaire. Les Gardes vont arriver d'une minute à l'autre et votre magasin est rangé maintenant...

Pourtant, il ne voulait pas sortir, pas tant que les gardes ne soient pas arrivé.

- C'est comme vous voulez... Lâcha la jeune femme en haussant des épaules.

Quoi qu'il en soit, elle alla rejoindre le brigand toujours à terre et se lamentant de son sort. D'une voix mielleuse et moqueuse, Aliénor lui demanda :

- Ça fait quoi de se faire battre par une gamine ?
- La ferme !
- Oui, très mal, j'imagine...


C'est alors que les Gardes rentrèrent dans le magasin suivit du petit Falco. Le chef questionna aussitôt la Rôdeuse qui s'empressa de lui résumer la situation. Certains soldats partirent voir le vendeur qui s'est enfermé pour le faire sortir, tandis que d'autres détachèrent les dagues pour empoigner le voleur.

- Je vous remercie de l'aide dont vous nous avez apporté... Lâcha le chef aux yeux étonnement bleus.
- Que Kesha veille sur vous, mes braves... Dit-elle d'une voix douce et sereine.

Le garde la remercia d'un geste de la tête. Il lança ensuite quelques ordres à ses camarades, mais Aliénor ne put savoir de quoi il s'agissait car déjà la porte de l'armurerie se refermait sur elle. Elle était à présent dans la ruelle déserte et l'air qui remplissait ses poumons lui fit un grand bien.

- Quel journée mais Aïeux ! Déclara-t-elle en fixant le ciel recouvert, comme si elle s'adressait aux Dieux.
- N'est-ce pas ?

Surprise d'entendre une voix si familière, elle se retourna vivement, faisant claquer sa cape au vent, et fit face à un petit renard qui trottait jusqu'à elle.

- Falco... Souffla-t-elle avec douceur.

Quand ce dernier arriva au pieds de la jeune femme, Aliénor le prit délicatement dans les bras. Refermant son emprise sur lui, sa cape s’abattit sur lui comme les deux grandes ailes d'un ange noirs. Le tenant fermement au chaud, ou seul son museau sortait de la cape, l'Eryllis lui offrit un baiser sur sa truffe et l'enlaça avec un tendre sourire.

- Heureuse de te revoir mon petit Falco... Serais-tu où se trouve ton amie ?
- Ou... Oui. Dit-il en bégayant.

Affichant un radieux sourire, la Rôdeuse reprit la route dans le froid. Bientôt, sa silhouette se fondit dans la foule et le brouhaha du quartier commerçant.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mer 28 Sep - 20:22

Sytrinn, impatiente d'en finir avec cette histoire de dague, marchait d'un pas rapide. Mais bientôt, elle se laissa porter par ses pensées et ralenti instinctivement la cadence tout en serrant dans sa main l'attache de sa cape. Ce geste futile, étant donné la nette amélioration de la température depuis la veille, était tout simplement un réflexe acquit au cours du long périple qu'elle avait accompli avec Aliénor.
La ladrini eut un petit rire moqueur agitant légèrement la cascade de cheveux dorés qui dévalaient dans son dos. Aliénor... cette fille mystérieuse que le destin avait placé sur sa route et qui faisait en sorte qu'elle y demeure. Dès leur première rencontre, une aura de défi s'était mise à planer au-dessus de leur tête. Se dévisageant et testant les limites de chacune, les deux musiciennes étaient comme chien et chat, diamétralement opposées de quelque manière que ce soit. Pourtant, la haine ne tenait aucune place dans leurs relations, malgré des tensions occasionnelles. La plus réticente restait tout de même la rôdeuse, car elle vivait toujours en nomade solitaire, et Sytrinn était venue chambouler ses habitudes en lui demandant de la guider jusqu'à Hellas. Non, Aliénor ne la détestait pas... Sytrinn le sentait bien. Apprécier serait trop optimiste, disons que la rôdeuse la tolérait. Elle la tolérait comme une gamine écervelée qui avait fait un caprice pour qu'elle l'accompagne. La ladrini avait en effet tout fait pour paraître ainsi, et désormais ce rôle lui collait à la peau pour devenir l'image que sa camarade aurait toujours d'elle. Habituellement cela n'aurait pas gêné la jeune femme, mais quelque chose lui disait que cette fois ci, cela lui causerait du tort. Pas plus tard que ce matin, elle avait sentit un frisson désagréable lorsqu'Aliénor l'avait regardée avec amusement en constatant sa gueule de bois. Une gueule de bois surjouée, une fois de plus... Sytrinn utilisais paradoxalement sa force de caractère pour entrer dans un rôle qui la faisait paraître, d'une façon ou d'une autre, inférieure ou immature. Agir ainsi face à d'autres personnes était naturel pour elle, mais étrangement, face à Aliénor son cœur lui soufflait d'être elle-même. Néanmoins, la raison l'emportait toujours. Seulement aujourd'hui, la violoniste n'avait eu d'autre choix que de manquer à son rôle d'écervelée, pour endosser le costume de ladrini. Ainsi elle se félicita de ne pas avoir tué le voleur de sang froid, car cela aurait certainement dérangé sa camarade et lui aurait insufflé quelques doutes.

Sytrinn arriva devant la maison de dame Lela, fit craquer bruyamment ses doigts et frappa à la porte. La vieille servante eut à peine le temps d'annoncer son nom, la jeune prêtresse accourait déjà en s'écriant :

- Mademoiselle Sandström ? Mademoiselle Sandström ! Est-ce que...
- La voici, la coupa calmement Sytrinn en lui tendant la dague, un sourire paisible sur les lèvres.
- Oh merci ! Merci mademoiselle ! Je suis restée des heures durant au temple, afin de prier Kesha pour qu'elle vous protège. Mes prières ont donc été entendues !
- Grand bien me fasse ! Ironisa gentiment la ladrini, ce qui lui attira le regard foudroyant de la servante.
- Tenez, votre récompense, fit la petite bourgeoise en lui tendant une bourse. Mais je vous en prie entrez, entrez !

Les demoiselles s'installèrent confortablement dans le petit salon coquet et Sytrinn prévint son hôte qu'elle ne pourrait rester que quelques minutes en sa compagnie. Durant leur discussion la ladrini lui assura que la récupération de la dague s'était déroulée en toute discrétion et s'était terminée par l'arrestation sans violence du voleur.

Après moult remerciements, la prêtresse la laissa enfin reprendre sa route. De son côté, Aliénor ne devrait plus en avoir pour longtemps à discuter avec les gardes, aussi, la jeune femme décida de rejoindre l'auberge au pas de course afin de récupérer Amadeus. A peine la vit-il arriver, que déjà le frison hennissait joyeusement, rassuré de la voir saine et sauve. Sytrinn le scella, l'arnacha puis grimpa sur son dos avant de partir au trot en direction de l'armurerie qui se trouvait non loin de là. En franchissant l'entrée du magasin, elle découvrit que Falko et Aliénor avaient disparu. Elle voulut alors faire demi-tour pour ne pas croiser...

- Mademoiselle !

*Trop tard...*
Elle se retourna vers le garde aux yeux azurs en arborant un sourire innocent.

- Veuillez m'excuser, je ne voulais pas vous déranger en plein travail, fit-elle en désignant le voleur des yeux.
- Mais vous n'avez pas à vous excuser. Je tenais d'ailleurs à vous remercier pour votre aide, votre amie m'a tout raconté, dit le jeune homme en souriant.
- Hum... justement, savez-vous où pourrais-je la trouver ? Je suis pressée.
- Non, mais elle est partie il y a cinq minutes, certainement à votre recherche.
- Très bien, merci à vous. Messieurs, salua-t-elle noblement, en laissant une fois de plus, le jeune garde en suspend.

Elle tourna les talons et la porte de l'armurerie se referma sur un « mademoiselle » étouffé du garde blond. Sytrinn s'empressa de grimper sur Amadeus et partit au galop. Au bout de quelques minutes, elle vit une silhouette ample et sombre, de dos, encapuchonnée et marchant dans une ruelle. La ladrini arriva au trot et vint se poster devant elle avant de descendre de sa monture. C'est alors qu'elle remarqua avec amusement le museau roux qui émergeait de la cape d'Aliénor. Sytrinn s'approcha de la jeune femme et lui tendit la bourse de dame Lela.

- Tenez, mademoiselle, c'est à vous que revient cette récompense, merci pour tout, fit-elle, un sourire reconnaissant sur le visage. Puis son expression devint rieuse. J'imagine que vous allez refuser et une fois de plus m'envoyer sur les roses...

La ladrini se fit soudain plus sérieuse. Elle savait très bien la chance qu'elle avait eu de voyager avec la rôdeuse. Cette dernière avait pris sur elle durant tout le périple, ravalant son exaspération et acceptant de partager quotidien, table et nourriture. Lorsque Sytrinn la vit ce matin dans l'armurerie, elle ne put s'empêcher de se sentir coupable et d'en vouloir au destin d'impliquer sa camarade dans ses affaires. Aujourd'hui encore, la patience d'Aliénor avait été mise à rude épreuve.
La violoniste ne voulait pas terminer sur une fausse note, elle planta son regard doré dans les tréfonds obscurs du capuchon de la rôdeuse.

- Aliénor, je pars tout à l'heure à destination de Noathis. J'ai cru comprendre qu'il s'agissait de votre prochaine escale, aussi, ne voulant pas vous importuner davantage, je vous propose la moitié de la récompense afin de financer vos provisions pour le voyage.

Sytrinn avait parlé froidement pour dissimuler son émotion à l'évocation de Noathis. Il y a plus d'un mois, elle quittait son manoir soudainement pour partir à l'aventure. Elle avait hésité jusqu'au dernier moment, s'inquiétant quant à la réaction qu'aurait sa soeur, pesant le pour et le contre, et puis... Dans sa précipitation, elle avait croisé le regard bienveillant de son père, dont le portrait trônait parmi tant d'autres dans le salon. Alors il lui sembla entendre son assentiment et elle put ainsi partir l'esprit léger. Sur le chemin alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre Aliénor dans Tyrhénium, elle s'était remémoré les longues promenades dans les jardins de son manoir. Son père lui faisait part de son amour des plantes et de la vie. Ces enseignements empreints de philosophie étaient gravés dans la mémoire de la jeune femme, tout comme le nom de... Délil, dieu de la flore et de la vie, dieu que priait son père, Roderik. Ce dernier n'avait jamais poussé ses enfants vers la religion. Mais Sytrinn avait naturellement éprouvé une préférence envers Délil, de par l'amour que lui portait Roderik. La ladrini s'était donc promis de se rendre dans la forêt de Sphène et d'aller au temple de Délil en hommage à son père.
Reprenant son sourire, la violoniste s'adressa de nouveau à Aliénor.

- Puis-je au moins vous proposer un dernier repas en ma compagnie ?
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Sam 15 Oct - 1:12

Aliénor tenait fermement dans ses bras la boule de poil orangée prénommée Falko. Non seulement il lui procurait de la chaleur sous sa cape rabattue sur le renard, mais il était aussi d'une agréable compagnie. Depuis qu'elle avait quitté l'armurerie, elle se faisait guider par l'animale pour rejoindre Sytrinn chez la prêtresse qui avait la charge de cette fameuse dague sacrificielle. Mais très vite, emportée par les passants et l'ambiance du marché, la Rôdeuse oublia son objectif qui était de rejoindre la violoniste. Maintenant qu'elle y pensait, elle n'était pas la bonne à tout faire de la jeune fille impétueuse et elle n'allait surement pas gâcher sa promenade pour ses beaux yeux ! Alors, même si Falko n'était pas consentant car il aurait préféré rejoindre sa tendre compagne, elle décida de prendre tout son temps pour observer les marchandises et discuter avec les vendeurs. Pour changer les idées du renard, elle l'interpella pour savoir son avis sur tel objet ou tel nourriture. Il semblerait qu'il s'y prêta au jeu au bout d'un moment.

Ce que Aliénor appréciait dans les marchés, c'était de sentir tout les parfums qu'il en dégageait, écouter les paroles des gens emportées par le vent et surtout, admirer ce que proposaient les échoppes. Les armes étaient son domaine préféré, pouvant rester des heures à dévorer du regard ces objets dangereux et poser des questions aux forgerons et aux vendeurs. Les habits ne l’intéressaient guère mais la nourriture lui mettait l'eau à la bouche. C'était aussi ça les petits plaisirs du marché : on avait certaines fois la possibilité de goûter certains délices pour mieux se faire piéger par le vendeur qui usait tant de stratagèmes pour faire vendre leurs produits. C'était donc toujours un plaisir pour la jeune femme, et pour Falko apparemment, de goûter aux dégustations, voir les spécialités des régions, mais rare quand elle décidait d'acheter le produit... Autre chose dont la jeune femme adorait : les livres ! Bien qu'il y ait peu d'échoppe sur les ouvrages, dès qu'elle en trouvait, elle s'y précipitait et restait un long moment le nez dans le bouquin... Oubliant qu'elle avait une boule de poile dans sa cape. D'ailleurs, elle venait tout juste de fermer un ouvrage quand elle vit une impressionnante monture se dressait devant elle. Levant les yeux au ciel, elle distingua une silhouette fort familière : Sytrinn.

Cette dernière descendit à cheval sous le regard exaspérée de la Rôdeuse qui sentit que sa promenade en solitaire prenait fin. Décidément, elle avait hâte de retrouver sa vie de nomade avec pour seule compagnie son tendre compagnon... Elle aurait au moins plus de violoniste dans ses pattes qui ébranlerait ses petits moments de solitudes à tout bout de champ ! Et pourquoi elle lui tendait une bourse ? La récompense pour cette mission ? Ah non, elle n'en voulait pas ! D'ailleurs, Aliénor n'eut même pas eu le temps de répliquer car Sytrinn lui coupa tout élan en interceptant les pensées de la jeune femme. Cette dernière eut un sourire moqueur sur ses lèvres, la violoniste finissait pas la connaitre à force de la côtoyer durant un bon mois.

Après quoi, la jeune fille lui annonça avec sérieux qu'elle allait se rendre à Noathis. A ces mots, la Rôdeuse grinça des dents, redoutant le pire. " Ô Fen ! Faîtes que ceci n'était pas une nuance pour que je l'accompagne jusqu'à sa nouvelle destination ! J'ai accepté de l’emmener, à contre-coeur, jusqu'à Hellas. Mais par pitié, ne me mettez pas encore à l'épreuve ! Ma fidélité pour Solitude s'ébranlera à nouveau et je ne sais si mon coeur le supportera... " pensa Aliénor qui s'élançait dans un monologue intérieur. Mais, il semblerait que Sytrinn voulait juste lui proposer de payer ses dépenses pour les préparatifs de son prochain voyage, chose qu'Aliénor répliqua aussitôt :

- Désolée Sytrinn, mais je vais incliner ton offre...

Même si elle lui en avait fait baver durant tout son voyage, même si elle aurait préféré voyage seule que en sa compagnie et même si elle avait beaucoup de mal à ressentir de l'empathie à cette mystérieuse bout de femme, il était hors de question pour Aliénor d'accepter son argent, même pour payer son apprivoisement. C'était ainsi, elle avait été élevé ainsi.

Alors la jeune fille proposa à la Rôdeuse de la rejoindre pour un dernier repas en sa compagnie et Aliénor eut un frisson de déplaisir. Non pas qu'elle ne voulait pas être en sa compagnie... Enfin, si ! En réalité elle ne voulait pas manger en sa compagnie. Solitude lui manque, elle donnerait tout pour rejoindre ses bras et s'y blottir. Et voilà que Sytrinn lui faisait durer son supplice ! Elle lui avait déjà accordé son dernier repas, ne se rappelait-elle pas ? La veille au soir, dans l'auberge. Et même ce matin au petit déjeuné ! Cela ne lui était pas suffisant ? Elle voulait encore la revoir une énième fois ? " Mais quelle sangsue... " ne put s'empêcher la jeune femme qui sentait que la mauvaise humeur prenait possession de son corps. Entre ce mois de voyage et ce matin à l’armurerie, la Rôdeuse avait vraiment de quoi être en rogne ! Mais par pure gentillesse et parce que elle était trop aimable avec autrui, Aliénor murmura d'une voix douce et sombre, en usant toute ses forces pour ne pas lâcher un long soupir :

- Pourquoi pas...
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 16 Oct - 0:54

- Pourquoi pas...

La réponse s'était faite attendre. Sytrinn soupira brièvement et baissa les yeux un instant, avant de les replonger dans ceux de la rôdeuse. La ladrini arborait un sourire consterné, pâle reflet de ce qu'elle ressentait à cet instant. De nouveau face à un dilemme intérieur, elle fronça légèrement les sourcils. En effet, la jeune femme ressentait une sorte d'agacement...
En premier lieu il lui avait semblé que c'était envers Aliénor. Depuis leur rencontre, cette dernière semblait contrariée par la simple présence de Sytrinn. « Mais quoi ! Supporte-t-elle seulement la compagnie de qui que ce soit ?! », s'emportait intérieurement la ladrini. La rôdeuse lui reprochait sa fourberie, mais laquelle faisait vraiment preuve d'un manque de sincérité ? « Si elle m'apprécie si peu, alors qu'elle m'envoie paître une bonne fois pour toute ! ».

Mais bientôt, elle réalisa que la haine qu'elle ressentait était en fait tournée contre elle-même. Après tout c'était elle qui avait quitté Tyrhénium sur un coup de tête et qui avait faussement supplié Aliénor de la guider, alors qu'elle aurait été parfaitement capable de se rendre à Hellas toute seule. Mais alors, pourquoi s'être donné autant de mal ? Pourquoi avoir insisté pour partir soudainement avec une inconnue, rencontrée par hasard dans une taverne ? Pourquoi se heurtait-elle au mépris que cette femme avait pour elle ? Sa haine redoubla d'intensité. Il s'agissait d'une haine de frustration face à l'incompréhension... Tant de questions auxquelles elle seule pouvait répondre !

Sytrinn croyait au destin, cette force du temps qui vous aspire inévitablement dans une voie planifiée, impossible à faire dévier. Une dimension insaisissable dont on doute l'existence mais qui parfois, devant un fait inexplicable, nous semble être une réalité, l'unique réponse plausible à cet événement insensé. Était-ce alors le destin qui avait poussé la ladrini à suivre Aliénor, à remplir sans raison une mission dans une contrée glacée et qui désormais, voulait l'entraîner à Noathis ?
« C'est la vie... il doit en être ainsi, il faut l'accepter », trancha intérieurement Sytrinn. La vie ne nous fait pas toujours prendre les chemins les plus logiques. Dans quel but ? Peut être pour nous en faire apprendre davantage sur nous-même, pour nous forger une expérience, nous en faire tirer des leçons...

Le passé de chacun est tâché de secrets, de douleurs... Certains le faisaient éclater au grand jour, tantôt pour soulager leur conscience, tantôt pour se victimiser et en tirer avantage. D'autres se taisaient, revêtaient un capuchon sombre et isolant ou bien un masque multiple et pesant. Sytrinn ne pouvait pas en vouloir à Aliénor de ne pas supporter sa présence, la solitude était un moyen pour elle de se préserver. Alors la violoniste décida, de son côté, de tenter l'expérience : ... Être. Peut-être que la rôdeuse lui serait moins hostile si elle agissait spontanément, qui sait ? Mais c'était avant tout pour essayer d'éclaircir sa propre situation, non pour espérer faire amie-amie avec la flûtiste.

Sytrinn, sortit de sa réflexion et arbora un sourire en coin, avant de s'approcher tout près d'Aliénor et de se baisser au niveau de la frimousse rousse de son renard qui dépassait de sa cape.

- Eh bien Monsieur, je vois que vous me faites des infidélités ! Est-ce là la nouvelle dame de vos pensées ? Fit-elle moqueuse, avant de délibérément humer l'air près du museau de Falko. Pâté, charcuterie... Dites-moi, vous n'auriez pas fait le tour des stands de spécialités du coin sans moi par hasard ? Dit Sytrinn en tapant du pied, les poings sur les hanches.

Le visage de la ladrini se fit soudain plus sérieux, elle fit un pas en arrière pour s'adresser à la rôdeuse.

- Aliénor, je ne vous oblige à rien, vous pouvez décliner mon invitation si l'envie d'être seule vous étreint. Votre politesse est toute à votre honneur, mais je ne souhaite aucunement vous importuner davantage ni en minutes, ni en heures.

Sytrinn lâcha un soupir, grimpa sur sa monture et tendit les bras en direction de la femme encapuchonnée, afin de récupérer Falko.

- J'imagine qu'après votre séance de dégustation vous ne devez pas avoir très faim, fit la ladrini avec un sourire amusé. Nous nous rendons à l'auberge, faites comme il vous plaira, le choix vous appartient. Rejoignez nous seulement si le cœur vous en dit... Termina Sytrinn sur un ton amical, non sans être empreint de sérieux.

Sur ce, elle fit claquer les rênes et partit en direction de l'auberge. Une fois Falko et elle à l'intérieur de l'établissement, l'aubergiste s'adressa à eux :

- Déjà de retour ? Votre matinée au marché s'est-elle bien déroulée ? Fit-elle tout en essuyant habilement un verre à l'aide d'un chiffon.
- Très bien, très bien... Tellement bien que je meurs de faim ! Dit Sytrinn avec un sourire jovial.
- Parfait ! Je vous en prie installez vous, nous allons prendre votre commande.

Quelques minutes plus tard l'aubergiste vint déposer le plat sur la table de la violoniste : un délicieux lapin sauté au romarin. La jeune femme entama son repas, savourant chaque bouchée, tandis que Falko soupirait tout en regardant par la fenêtre.

- Eh bien Falko, tu ne manges pas ta viande séchée ? Fit Sytrinn d'une voix neutre, en sachant éperdument la raison de son manque d'appétit.
- Tu crois qu'elle viendra ? Demanda-t-il en plantant ses grand yeux suppliants dans ceux de son amie.

Sytrinn déposa sa fourchette et sa main vint se placer sous le menton du renard.

- Je ne sais pas... Je pense que nous l'avons assez importunée comme ça.

Falko se dégagea et regarda à nouveau à travers les carreaux. La ladrini eut un pincement au cœur en le voyant ainsi. Au fond, Falko était en quelque sorte un enfant.

- S'il s'avérait qu'elle vienne, ce ne serait que pour toi...

Sytrinn arbora un sourire rassurant et elle vit une lueur d'espoir au fond des yeux de son compagnon. La vérité était qu'elle ne s'attendait pas à revoir la rôdeuse de si tôt.


Dernière édition par Sytrinn Sandström le Jeu 2 Fév - 19:57, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 30 Oct - 21:48

La réponse d'Aliénor toucha apparemment Sytrinn. Elle soupira, détourna son regard un instant avant de revenir en direction de la capuche de la Rôdeuse. Cette dernière l'observait en silence. Sous ses yeux, elle vit les traits du visage de la jeune fille littéralement changer. Elle semblait crispée, pâle, et elle abordait un sourire désolé. Ses yeux, clef de la vérité et de l'âme, luisaient de découragement et de tristesse. Sytrinn était affligée et Aliénor savait qu'elle en était la cause. Elle n'avait pas vraiment tenté de cacher à la violoniste que cela l'agaçait d'être à nouveau en sa compagnie. Si ses yeux pouvait être cachés aux yeux de tous pour que personne ne puisse la lire comme un livre ouvert, sa voix par contre pouvait toujours trahir ses pensées. Oui, elle aurait put le dire d'une façon plus direct, mais Aliénor craignait que cela aurait été plus douloureux pour Sytrinn. Cette dernière n'était pas au moins niaise, elle avait réussit à comprendre le sous entendu. La Rôdeuse était-elle une sans coeur ? Pas vraiment, ça peut se discuter.

Un lourd silence pesait entre les deux aventurière et cela contrastait terriblement avec le brouhaha du marché. Aliénor oublia même tout ce qui l'entourait tellement l'ambiance était tendu. Les gens passaient à côté d'elle, la bousculaient certaine fois, mais la Rôdeuse resta impassible, droite et ne quitta pas du regard son interlocutrice. Elle attendait patiemment une réponse de la part de Sytrinn. Non, l'Eryllis n'avait pas réellement de remord. Cette sale journée lui avait assez irritée comme ça, cette même irritation qui l'aveuglait en ce moment même et étouffait sa bonne conscience... Tout ce qu'elle voulait, c'était de retrouver sa vie de nomade solitaire.

Sytrinn s'avança vers la Rôdeuse pour parler à son compagnon à quatre pattes qui était toujours blottit dans la cape d'Aliénor. Elle l'aborda avec un ton moqueur, faisant allusion qu'il lui faisait une infidélité en restant avec l'Eryllis à goûter les spécialités du marché. La nomade ne réagit pas à cette boutade, elle n'avait pas le coeur à sourire. Elle préférait observer la violoniste qui s'adressa à elle d'un air sérieux. Cette dernière lui disait qu'elle n'était pas obliger d'accepter par pure politesse son invitation et qu'elle comprendrait son refus car elle ne voulait plus l'importuner d'avantage. Elle rajouta de plus, en grimpant sur son cheval, que si jamais elle changerait d'avis, elle pourrait les rejoindre dans l'auberge. Aliénor se promit en s'en fort intérieur d'en prendre note et remis à Sytrinn, presque à contre coeur, le petit Falko. L'Eryllis n'avait dit guère un seul mot de tout l'entretien et garda toujours le silence quand la violoniste partit au galop... Alors, la Terranne lâcha un long soupir, se sentant soulager de s'être débarrasser d'eux. Mais quelque chose lui tracassait, comme si les paroles de la jeune fille lui avait réveillé quelque chose en elle et petit à petit naquit au plus profond de la jeune femme comme un sentiment de culpabilité. Enfin, ce n'était pas sûr. Se sentant soudain oppressé par toute cette foule, Aliénor se hâta de sortir de ce marché pour rejoindre une ruelle tranquille et paisible. Elle continua son chemin, s'éloignant à grand pas du brouhaha. Au bout de quelques minutes, elle cessa de marcher et s'assit dans un banc. L'agitation du marché n'était plus qu'un murmure et cachée dans un labyrinthe de petites ruelle et de passages déserts, elle trouva un coin tranquille pour pouvoir remettre ses idées en place.

Aliénor sortit de sa sacoche sa pipe et la fourra d'herbes avant de l'allumer. Elle la porta à bouche et prit une grande inspiration. Elle dégusta ainsi l'arrière goût du tabac au fond de sa gorge qui commençait à lui brûler. Peu à peu, elle se détendit et observa d'un air innocent la fumée voluptueuse s'échapper de ses lèvres gercées. Elle observa... et ferma les yeux.

*~*~*

- Ne fait pas la sourde oreille Aliénor... Je sais très bien que tu ne dors pas.

Le feu crépitait doucement et éclaira faiblement la clairière. Les trois lunes trônaient dans le ciel étoilée et un silence apaisant régnait. Seul le chant des hiboux et le bruissement du zéphyr osaient perturber cette tranquillité. Grim buvait goulûment son thé en gardant un oeil sur son apprentie. Cette dernière, roulait dans sa couverture près du feu de camp, ne voulait pas entendre son sermon et fit mine de dormir. Lâchant un long soupir, le Rôdeur déposa sa tasse et se leva. La fillette, qui avait entendu son maître se lever, se mit en boule, sentant qu'il allait la chercher de force. Et plus les pas se rapprochèrent, plus ses muscles se crispèrent et un frisson s'échappa de son échine quand elle entendit qu'il s'était arrêté. Aussitôt, elle sentit des bras fort l'attraper par la taille et Aliénor, qui fut tout aussi effrayée que surprise, lâcha un petit cri. Elle se débattit alors dans ses bras, encore enroulée dans sa couverture, faisant rire son maître qui trouvait cette situation des plus amusantes.

- Grim ! Lâches moi ! Je veux pas...
- Ce n'est pas toi qui décides, jeune fille...


A ces mots, il s'assit par terre et lâcha sa protégée qui se trouva sur ses fesses, entre les jambes de son maître et la couverture sur la tête. Alors que ce dernier prit à nouveau sa tasse de thé pour boire une gorgée, Aliénor tenta de prendre la fuite mais elle sentit aussitôt une poigne de fer attraper son épaule. Elle fut alors repoussé en arrière et son dos rencontra violemment le torse du Rôdeur.

- Où crois tu aller comme ça ? J'ai deux ou trois mots à te dire et tu retourneras au lit après que tu m'aies écouté.

La fautive baissa alors la tête, sentant qu'elle ne pourra pas y échapper. Son maître lâcha un long soupir découragé et doucement, il reprit la couverture d'Aliénor pour la couvrir correctement.

- Aliénor, ton comportement a été honteux aujourd'hui... Quand quelqu'un fait appelle aux Rôdeurs, le minimum que tu dois faire est de montrée du respect et non autant d’agressivité !
- Mais, Grim ! Cet homme ne m'inspirait pas confiance et tu m'as toujours dit qu'il fallait être sur ses gardes avec les autres car les apparences pouvaient être trompeuses !
Se défendit aussitôt la fillette.

L'apprentie croisa les bras et tourna la tête. On pouvait lire sur son visage une certaine déception, de la tristesse et de l’incompréhension... Non, elle ne comprenait pas pourquoi son maître lui remontait ainsi les bretelles. Elle avait pourtant suivit ses conseilles ! Alors qu'elle reniflait en essuyant ses yeux mouillés avec sa couverture, Aliénor sentit quelque chose se faufilait autour de taille. Grim l'a prit dans ses bras tandis qu'il se mettait en tailleur avant de reposer sa protégée sur ses genoux croisés. Il enlaça ensuite son apprentie et se pencha jusqu'à ses oreilles pour lui murmurer :

- Écoutes moi Aliénor, tu ne peux mélanger agressivité et méfiance. Ce sont deux choses bien différentes et si tu n'arrives pas à les différencier, je crains que tu ne rencontres que des ennemis sur ta route... Je t'ai dis d'être méfiante, certes, mais pas agressive. Si tu veux t'assurer qu'une personne peut-être réellement de confiance, fais en sorte de t'approcher d'elle même si tu te méfies d'elle. C'est ainsi, Aliénor, que tu te feras des alliés qui sauront à tes cotés durant une impasse ou au bord du gouffre... N'oublies jamais ça, d'accord ?

La jeune fille, touchée par ses paroles et qui avait écouté son maître avec de grands yeux innocents, se réfugia dans ses bras, cachant son minois en larmes dans un plie de sa tunique. Grim sourit tendrement et caressa avec douceur ses doux cheveux bruns. Il alla déposer un baiser sur le front d'Aliénor avant de se pencher à nouveau à son oreille pour lui murmurer d'une voix aussi douce qu'un zéphyr :

- N'oublies pas que les apparences peuvent être trompeuses... C'est en m'approchant d'une fillette qui faisait les poches d’innocents et à l'allure déplaisante que j'ai pu t'avoir à mes côtés, ma petite Aliénor...


*~*~*

L'Eryllis ouvrit les yeux tandis qu'une larme perlait sa joue glacée. Des souvenirs, voilà tout ce qui reste de lui... Et le plus étrange, c'est que ces souvenirs revenaient toujours au bon moment, quand elle s'interroge et doute d'elle même. C'est comme si Grim continuait à veiller sur elle, même au-delà de la mort...

Des petites boules blanches firent leur apparition dans le ciel couvert de gris. Cessant de fumer un moment, Aliénor observa les flocons de neige d'un regard émerveillé et innocent... La neige, quel magnifique spectacle ! Il y avait quelque chose de singulier quand il neige, n'avait vous jamais remarquez qu'il règne un silence des plus troublant tandis que ces tout petits flocons volaient et se laissaient emporter par le vent ? Pas un seul bruit, omis les zéphyrs. Replongeant dans l'enfance, la Rôdeuse admira ce phénomène avec un doux sourire. Si ça ne tenait qu'à elle, elle serait resté des heures à observer la tombée de la neige, mais elle avait un voyage à préparer...

Se levant de son banc, elle se mit en marche vers la taverne, continuant à fumer de sa pipe. Ce souvenir résonnait dans son esprit et la jeune femme se mit à réfléchir au sujet de la relation qu'elle avait avec Sytrinn. Était-elle trop dure avec elle ? Mélangeait-elle comme par le passé agressivité et méfiance ? Maintenant qu'elle y pensait et que son hardeur était calmé, peut-être n'avait-elle pas été juste avec la jeune fille. Elle a laissé son agressivité l'emporter parce que elle savait que cette jeune fille cachait quelque chose à Aliénor. En plus, comme si cela ne suffisait pas, la violoniste a tenté de la duper. Sytrinn avait commencé très mal leur relation, cette faute est impardonnable et cela fit naître une certaine méfiance chez la jeune femme, si bien, qu'elle n'a pas sut différencier agressivité et méfiance... Une faute que lui aurait reproché Grim de son vivant. Pour s'assurer que la jeune fille était de confiance, Aliénor devra s'approcher d'elle, même si cette idée ne lui plaisait pas particulièrement. La Rôdeuse sait qu'elle devra faire des efforts si elle veut mettre à nue la violoniste... Et peut-être lui donner une deuxième chance...

Elle arriva devant la taverne et poussa la porte. Dehors, la neige était tombé et de ce fait, la cape de la Rôdeuse était recouverte d'une fine couche blanche. Elle secoua légèrement sa cape, faisant ainsi tomber le plus possible de neige, mais ne retira nullement sa capuche. D'une geste fluide, elle retira sa pipe de ses lèvres et lâcha une voluptueuse fumée. Aliénor appréciait fumer quand il faisait froid ou quand il neige.

- Oh ! Vous êtes de retour madame ? S'exclama l'aubergiste qui rangeait des verres.
- Pour très peu de temps, hélas, répondit-elle en s'approchant du comptoir. J'ai un long voyage qui m'attend et je voudrais prendre des provisions, si vous acceptez.
- Bien volontiers ! Voulez-vous avec ceci prendre un repas ? Il serait préférable de partir avec le ventre plein pour commencer votre voyage, non ?

Aliénor sourit, et accepta ce conseil. Ainsi, elle commanda comme rations pour son voyage, du pain, du fromages et de la viande fumée. Pour le repas, elle prit à nouveau du fromage, du pain, un potage et de l'Eaux-de-vie de Kesha. L'aubergiste la remercia, et lui conseilla de s'installer à une table le temps de préparer sa commande. La Rôdeuse ne se priva pas, et tandis qu'elle aspirait profondément une bonne bouffée de tabac, elle se dirigea vers Sytrinn et Falko qu'elle les avaient repéré en rentrant. S'asseyant à leur table, elle souffla. Une fumée opaque et voluptueuse s'échappa de ses lèvres, plongeant un instant le visage d'Aliénor dans un brouillard épais.

- Sytrinn, pourquoi veux-tu aller à Noathis ? Demanda-t-elle d'une voix sombre.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mar 1 Nov - 20:41

La neige avait commencé à tomber. Dehors, le froid contrastait avec la chaleur ambiante de l'auberge si bien que de la buée s'était formée sur les carreaux de la fenêtre et rendait la vision de l'extérieur impossible. Falko qui s'était enfin décidé à entamer sa viande fumée, mâchouillait tristement, le regard dans le vague. Quant à sa compagne, elle mangeait lentement, dégustant chaque bouchée de ce lapin délicieusement bien cuisiné. Sytrinn jetait de temps à autre un coup d’œil à son renard, en se disant qu'il faudrait bien que son chagrin cesse car ils n'étaient pas près de revoir la rôdeuse.

La ladrini posa sa fourchette, mit ses coudes sur la table et appuya son menton sur ses mains jointes. Elle ne pouvait s'empêcher de se poser des tas de questions, des questions toujours portées sur des faits difficilement explicables, évidemment, et dont personne à part elle-même n'avait la réponse. Alors, comme de coutume, elle reportait la cause de ces faits sur le destin. Car il y avait des choses qui ne s'expliquaient pas, comme ce soir au Poisson Fringant... Il suffisait d'une soirée, d'une inconnue et votre vie était chamboulée pendant des mois. Sytrinn pinça les lèvres et refoula un sanglot à la vue de compagnon. Si la vie de la jeune femme avait pris une trajectoire inattendue, elle aurait dû laisser Falko en dehors de ça. La violoniste se sentait horriblement égoïste en repensant au petit renard grelottant de froid dans ses bras, au milieu du désert de glace. Il n'avait pas à subir ça. En étant son ami, Falko était irrémédiablement lié à Sytrinn et à sa vie tourmentée.
La ladrini se remémora les atrocités qui avait marqué son passé, ces épisodes de sa vie avaient tous été écrits...

Sa fourchette vint se planter violemment dans un bout de viande qu'elle porta rageusement à sa bouche. « Foutu destin ! ».
Un courant d'air glacial s'engouffra dans l'auberge et un pressentiment figea la jeune femme sur sa chaise. Lorsqu'elle tourna la tête elle ne fut donc qu'à moitié surprise de voir la cape sombre mouchetée de bleu s'avancer au comptoir. Falko, les yeux brillants et grands ouverts, ne pipait mot. Sytrinn qui s'était calmée, s'en retourna à son assiette, quelque peu blasée et amusée. « Sacré destin... ».

La jeune femme entendit la rôdeuse commander ses provisions et son repas. Puis le son de ses pas se fit de plus en plus proche de la table où la ladrini et son renard étaient installés. Les pieds de la chaise vide à côté d'eux grincèrent sur le sol, et bientôt l'odeur de tabac se mêla à celle du romarin présent dans le plat de la violoniste. Aliénor s'assit tranquillement et des volutes de fumée blanche s'échappèrent des ténèbres de son capuchon, accompagnée de quelques paroles.

- Sytrinn, pourquoi veux-tu aller à Noathis ?

La ladrini qui depuis le début fixait sévèrement le contenu de son assiette, s'arrêta soudainement de mâcher pour finalement déglutir une seconde plus tard. Elle encaissait la question de la rôdeuse et sentait la chaleur fourmiller dans ses tempes. Où voulait-elle en venir ?
Le regard de la jeune femme se perdit dans le léger brouillard de fumée émis par son interlocutrice.

Elle se souvint alors de Tyrhénium, du manoir, du jardin de son père Roderik et de ces longues promenades en sa compagnie, promesses de bien des enseignements. Roderik avait toujours espéré pour ses enfants, un futur dans la caste des Eclaris. Mais l'aînée, Rebecka, avait fuit cette éducation en vagabondant dans la jungle citadine et en rejoignant les Ladrinis, quant au fils, Ulrich, il disparut tragiquement sous les yeux de sa cadette, Sytrinn. Cette dernière qui s'était remise tant bien que mal de ce traumatisme, restait le seul espoir de son père, quant à devenir une Eclari. En effet, elle avait toujours été la plus curieuse et la plus avide de connaissances des trois enfants Sandström, sa culture s'étalait donc sur nombre de domaines. Mais Roderik désirait particulièrement développer la sensibilité, l'intelligence émotionnelle de la jeune fille. Ainsi, au cours de ces longues promenades, il lui inculquait des valeurs, l'honneur et surtout la vie et ses enseignements au travers de métaphores sur la nature. Car pour lui, la nature illustrait la vie.

Sytrinn se souvint du temps où, enfant, elle s'allongeait à plat ventre devant la grande cheminée avec son frère et sa sœur. Roderik, assis dans un fauteuil, fumait sa pipe et leur racontait des histoires. Bien vite, Rebecka s'endormait, suivie de près par son frère ; Sytrinn, quant à elle, faisait mine de dormir et vivait les histoires au travers des flammes du foyer. Son père savait éperdument que la cadette était éveillée, aussi poursuivait-il ses contes jusqu'à la fin, en les ponctuant de métaphores sur les plantes et les animaux. Mais il y avait une métaphore que Sytrinn n'avait jamais su décrypter, jusqu'au jour où...

Peu de temps avant la mort de son père qu'elle pensait toujours être son oncle, la jeune fille qui venait d'avoir dix-sept ans, se trouva un soir dans le salon avec lui, auprès de la cheminée. Alors que Sytrinn regardait les flammes danser dans l'antre de pierres, Roderik qui fumait sa pipe prit la parole.

- Sytrinn, tu souviens-tu de cette histoire que je vous racontais autrefois ? Avait-il dit pensivement.
- Laquelle, mon oncle ? Demanda la jeune fille ne cessant de contempler le feu.
- Celle du botaniste et de ses trois fleurs secrètes cachées dans le jardin.

Sytrinn sentit un frisson le long de son échine, peut être allait-elle obtenir une explication ? Depuis que toute petite elle avait entendu ce conte, elle s'était imaginée que son oncle avait dissimulé trois fleurs d'une grande rareté dans le jardin. Et alors que Rebecka comptait jusqu'à cent durant ces belles après-midi d'Enkilil, Sytrinn se mettait à courir dans les allées de fleurs, suivie désespérément par son cousin.

- Sytrinn ! Sytrinn, attends ! Criait-il tout essoufflé.
- Shut ! Moins fort, tête de linotte, elle va nous repérer ! Lui répondait-elle en riant.

Et Sytrinn ralentissait, saisissait fermement la petite main d'Ulrich, avant de repartir de plus belle. Au bout de quelques instants, elle s'arrêtait à un endroit précis du jardin, jamais le même, toujours au moment où Rebecka avait finit de compter. Alors, sans lâcher la main de son cousin, elle crapahutait dans les buissons à la recherche d'une fleur secrète.

- Mais enfin Sytrinn, qu'est ce que tu fais ? Lui disait son aîné.
- Je suis sûre que je vais en trouver une aujourd'hui, ces buissons sont la cachette idéale !
- Attention, j'arrive ! Criait Rebecka à l'autre bout du jardin.
- Oh non, pas encore ces histoires de fleurs ! Je te rappelle que c'est nous qui sommes censés nous cacher, reprocha Ulrich en tirant sur le bras de sa cousine.
- Laisses-moi ! Rétorqua-t-elle en tirant son bras vers elle.
- J'en ai assez, à cause de toi je perds toujours au jeu de cache-cache ! Il tira à nouveau sur la manche de sa cadette.
- Où êtes-vous ? Ulrich, je te vois..... Là ! Ah non, il n'y a personne...
- Si tu n'es pas content, tu n'as qu'à pas me suivre, Ulrich ! Fit Sytrinn en poussant l'épaule du garçon.
- C'est faux, je ne te suis pas, Sytrinn ! Il la bouscula en retour.
- Menteur, Ulrich !
- Toi-même, Sytrinn !
- Je vais vous trouver !
- Non c'est toi le menteur, Ulrich ! Aïe ! Il tombèrent dans la terre. Ah ben c'est malin, on est couvert de boue maintenant, fit-elle en riant et se mettant à plat ventre.
- C'est de ta faute, répondit son cousin en prenant son exemple.
- Où êtes-vous ? C'est pas drôle à la fin !
- Shut, Ulrich ! Elle est tout près ! Chuchota Sytrinn en plaquant ses doigts sur la bouche de son cousin, qui la contemplait de ses grands yeux turquoises.
- Tu as la main si douce, murmura-t-il.
- Tais-toi, gros bêta !
- Trouvés !

Toujours le regard perdu dans les flammes, Sytrinn sentit une vague de chagrin l'envahir après ce souvenir.

- Oui, mon oncle. Je me souviens de cette histoire.
- Mystérieuse, n'est ce pas ? Dit-il en laissant s'échapper de la fumée blanche de ses lèvres. Tu en as toujours cherché la signification. A l'époque, je passais mes journées à vous regarder jouer dans le jardin, mes fleurs...

Sytrinn sentit une larme perler sur sa joue.

- Les trois fleurs secrètes...
- Mes enfants, vous êtes mes trois fleurs secrètes.
- … que le botaniste s'était juré de chérir et de protéger.
- Je m'étais juré de vous chérir et de vous... Sa voix s'éteignit, submergée par la tristesse.
- Oh, mon oncle... !

Sytrinn, les yeux baignés de larmes, le corps secoué par les sanglots, se jeta dans ses bras. Cela faisait maintenant deux ans qu'Ulrich avait été assassiné...
Les bras de la jeune fille enserraient Roderik et ses mains agrippaient avec force les vêtements de l'homme. Puis dans un sanglot, elle approcha son visage de l'oreille de son oncle.

- C'était de
ma faute... fit-elle dans un murmure.
- Sytr...
- C'était de
MA faute ! Hurla-t-elle en s'enfuyant.

Roderik la rattrapa par le poignet et l'attira contre lui en l'emprisonnant de ses bras.

- Ulrich est mort par ma faute ! Par ma faute ! Répétait-elle, hystérique, en se débattant et pleurant toutes les larmes de son corps.

Une fois qu'elle fut calmée, son oncle l'entraîna dans le jardin. Il faisait nuit et les lucioles voletaient parmi les fleurs, leur donnant une dimension surnaturelle.

- Observes, Sytrinn... Dit Roderik en chuchotant comme pour ne pas gâcher la magnificence de ce qui se dressait devant eux. Toutes les histoires que je vous ai raconté viennent d'ici.
- Du jardin ?
- Non, pas seulement du jardin, fit-il avec amusement. De la nature, de chaque plante, de chaque arbre, de chaque rocher, de chaque montagne...
- De Délil... Poursuivit Sytrinn.
- Tu n'es pas forcée d'y croire...
- Pourquoi y croyez-vous ?
- Avant de me marier, j'ai parcouru tout Isthéria. J'avais beaucoup étudié durant mon enfance et je voulais voir de mes propres yeux ce qui était écrit dans les livres. Durant mon voyage en solitaire, plusieurs fois, j'ai cru que j'allais mourir dévoré ou au fond d'un précipice. La flore a alors été pour moi une lueur d'espoir dans chaque moment difficile, mon seul lien vers la vie. C'est ainsi que ma passion pour les plantes est née. Chaque jour je remerciais Délil d'avoir créer ces merveilles, et puis un matin, à Noathis, j'ai eu l'occasion de voir sa demeure. Le jour se levait à peine et quelques rayons de soleil perçaient au travers des feuillages, seul dans la forêt de Sphène, je reproduisait les plantes environnantes sur mon petit calepin quand tout à coup, mieux qu'une pierre de sphène, je découvris le temple de Délil. Je suis resté trois jours là bas, afin de rendre hommage à ce dieu qui m'avait apporté plus que ce que je ne l'aurais imaginé, durant ce périple. Et en guise d'offrande, je lui ai laissé mon petit calepin à dessins, c'était le seul objet de valeur que j'avais sur moi.
Toute ma vie j'ai été reconnaissant envers Délil. Et lorsque je vous voyais rire, courir et danser, je le remerciais d'être à l'origine de chacun de vos battements de cœur.


Les volutes de fumées émises par la pipe d'Aliénor se dissipèrent, et la ladrini cligna des yeux. Cette vague de souvenirs l'avait frappée en à peine quelques secondes, le temps pour la rôdeuse de cracher une nouvelle bouffée de fumée. Elle attendait une réponse. Sytrinn n'allait évidemment pas lui dire la vérité... Mais elle ne lui mentirait pas non plus.

- Je vais à Noathis, dans la forêt de sphène, pour voir le temple de Délil, dit-elle d'une voix neutre. Mais je vous retourne la question : pourquoi voulez-vous allez à Noathis ? Demanda-t-elle finalement avec un sourire espiègle.
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Aliénor Isil

MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mer 9 Nov - 22:34

Sa question resta un certain temps dans le silence, plongeant Sytrinn dans une certaine torpeur. Peut-être avait-elle surprit la jeune fille ? A moins qu'un lointain souvenir ait prit possession de son esprit ? Aliénor ne cherchait pas à savoir, ce qui importait était sa réponse qui allait déterminer les actes à venir de la Rôdeuse. Mais que cherchait-elle à se mêler dans les histoires de la violoniste ? Allait savoir, elle avait peut-être une idée derrière la tête, mais avec ce capuchon qui voilait son visage, il était difficile de deviner ses intentions, bonnes ou mauvaises... Quoi qu'il en soit, la jeune femme attendit patiemment que Sytrinn lui réponde et en profita pour tirer une énième fois sa pipe. Il en sortit alors de ses lèvres rosées une fumée voluptueuse qui dansait dans les airs. Le brouillard se dissipa tout comme la torpeur de la violoniste qui se décida enfin de lui donner sa réponse. Une réponse simple qui ne satisfaisait nullement Aliénior ; elle voulait aller au temple de Délil. La Rôdeuse sentit bien qu'elle lui cachait quelque chose mais elle préféra garder le silence, ne voulant pas rendre plus méfiante sa compagne qu'elle ne l'était déjà. Il va falloir s'approcher d'elle prudemment...

C'est alors que Sytrinn retourna la question à la femme encapuchonnée. Cette dernière s'y était attendu et afficha un sourire en coin. C'était en quelques sortes du " donnant-donnant ", " je te donne ma réponse si tu m'offre la tienne ". Aliénor allait donc lui répondre, mais elle fut coupée par la tavernière qui lui apporta son repas. La Rôdeuse la remercia et prit dans ses mains le bol fumant dont une délicieuse odeur de légumes chatouillait les narines de la jeune femme. Elle approcha alors la soupe de son visage, profitant alors de sa chaleur. Qu'il était bon d'avoir un potage bien chaud par ce temps glacial. Et c'est le regard perdu dans son breuvage qu'Aliénor répondit d'une voix douce et chaude :

- Vois-tu Sytrinn, je n'ai jamais eu de chez moi. Je n'ai pas eu la chance d'avoir un toit, une cheminée, un lit ou même une miche de pain. A dire vrai, je n'ai jamais connu la chaleur réconfortante d'une famille. Depuis mon premier souffle, je me suis retrouvée orpheline et abandonnée à mon propre sort. Ma mère mourut à ma naissance et mon père était surement un homme qu'elle avait rencontré un soir... Je suis, en quelques sorte, le fruit d'une catin et d'un sale ivrogne...

Cette phrase... Dieu sait à quel point elle était difficile à avaler. Pourtant, la jeune femme assumait entièrement l'origine de son sang même si cette réalité pouvait être douloureuse.

- Je suis donc une bâtarde... Et pourtant, cela n'a pas empêché un homme de me prendre sous son aile. Il s'appelait Grim et c'était mon maître ainsi celui que je considérais comme mon père... C'est lui qui m'a fait Rôdeuse... Et en tant que Rôdeurs, nous n'avons pas réellement de chez sois à proprement dit. Grim avait bien une petite maisonnette à Eridania, mais rare sont les fois où nous y allons... Nous sommes nomades. Ainsi, nous voyageons à travers Istheria. J'y ai fait des rencontres fabuleuses et des découvertes que tu ne pourrais même pas imaginer. Notre lit était la terre, notre cheminée le feu, notre musique le vent soufflant dans les arbres et nos gardiens étaient Maraa, Ignia et Talum... Voilà ce qui étaient pour nous notre chez sois. Mais jamais nous nous sommes sentit aussi bien qu'à Noathis. Aucune maison, aucune taverne, aucune chambre était à la hauteur de ce pays. Ainsi, Grim et moi campions beaucoup dans ce lieux qui a nourrit toute mon enfance de merveilleux souvenirs... Oh mais bien sûr, ce n'est pas un endroit très fréquentable où nombreuses bêtes plus effrayantes et plus dangereuses les unes que les autres pouvaient à tout moment nous bondir dessus pour nous égorger. Mais qu'importe, mon maître et moi aimions vivre dans cette nature hostile, bien plus que l'ambiance étouffante d'une cité, et c'est pourquoi nous avons passé une grande partie de notre vie à Noathis... Voilà pourquoi j'y retourne fréquemment. Je n'ai pas de maison, pas de famille... Et la seule chose qui me reste sont mes douloureux souvenirs et cet endroit enchanteresse que je considère à présent comme mon seul refuge.

Un lourd silence régna dans la taverne. Reprenant son souffle, Aliénor but une gorgée de sa soupe aux légumes. Elle sentit aussitôt une vive chaleur passer dans sa gorge avant de descendre jusqu'à son estomac et cette délicieuse sensation la fit frissonner de plaisir. Elle posa ensuite son bol sur la table, et reprit d'une voix toujours aussi douce :

- Si tu acceptes, je t’accompagnerai jusqu'au temple de Délil. La forêt de Sphène n'est pas endroit sûr... Je connais ces lieux et je ne peux te laisser y aller. Dans cette forêt, les animaux ne seront pas tes ennemis, il y a bien pire qu'une bête sauvages...

Elle se pencha ensuite doucement vers Sytrinn, l'air soudain grave. Et dans un murmure aussi glaciale que les blizards d'Hérias, elle lâcha à mi-voix dans un timbre fatale :

- Les Eryllis...
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 13 Nov - 19:55

Dans les ténèbres du capuchon, seules les lèvres de la rôdeuses apparaissaient à la faible lumière du jour et un sourire en coin naquit sur celles-ci en guise de réponse à l'espièglerie de sa compagne. Ce fut à cet instant qu'arriva l'aubergiste. Elle arborait son éternelle expression joviale et maternelle tout en tendant un bol de soupe à la flûtiste. Une fois les aventurières à nouveau seules, Aliénor huma tranquillement le contenu du bol avant de le porter à ses lèvres. Sytrinn la regardait, impassible. Comprenant qu'elle n'aurait aucune réponse, elle détourna le regard vers Falko qui mâchouillait gaiement à présent et qui s'arrêta aussi soudainement, que son amie tourna la tête vers la rôdeuse. En effet, cette dernière parla. Non, pas parler comme lorsqu'on dit : « Bonjour, comment allez vous ? » ou « Je suis allée au marché aujourd'hui et j'ai suivie un voleur de dague jusque dans une armurerie pour finalement lui régler son compte... ». Elle parla d'elle.

- Vois-tu Sytrinn, je n'ai jamais eu de chez moi.

La phrase était tombée comme une pierre dans l'eau limpide, les mots faisant écho dans l'esprit de la ladrini telles les ondes de choc brisant l'immobilité de la surface aquatique. Sytrinn, baissa les yeux. Elle fixait le bois de la table et les images comparatives de sa vie, mêlée à celle d'Aliénor, défilaient dans son imagination à mesure que sa compagne poursuivait ses confidences.

- Je n'ai pas eu la chance d'avoir un toit, une cheminée, un lit ou même une miche de pain. A dire vrai, je n'ai jamais connu la chaleur réconfortante d'une famille. 

Sytrinn avait eu un toit, une cheminée, un lit et de bons repas. Elle avait eu la chaleur d'une famille restreinte, certes, mais unie et bienveillante. Ses yeux détaillant toujours les cernes du bois, n'exprimaient aucune culpabilité. Elle n'avait pas honte d'être noble. Si il y avait bien une chose qu'elle se refusait de faire c'était de s'apitoyer sur le sort des autres et encore plus sur le sien. Aliénor était le fruit d'une union d'un soir ? Sytrinn aussi. « La fille d'une catin et d'un sale ivrogne » ? Sytrinn était l'enfant d'un amour pur et sincère entre deux jeunes gens de bonne famille. Peu importe, il s'agissait bien dans les deux cas d'un terran et d'une terrane. La rôdeuse assumait ses origines et la ladrini également, seulement l'une avait vécu dans la misère et l'autre dans le confort. Bien sûr, matériellement, Aliénor avait manqué, à la différence de Sytrinn. Mais ce n'était pas pour autant que la ladrini allait la mépriser ou l'admirer. Si les vies des deux aventurières étaient opposées par le milieu social, elles n'en restaient pas moins similaires d'une certaine façon, et l'une comme l'autre étaient dignes de respect. Leurs passés étaient remplis de joies et de peines, il en était ainsi, nous ne naissions pas tous égaux mais Sytrinn était sûre d'une chose : face à l'inégalité de la naissance, la vie répartissait équitablement les souffrances et la mort était le destin de tous.

- Il s'appelait Grim et c'était mon maître ainsi celui que je considérais comme mon père...

Elle avait parlé au passé... La ladrini comprit que le Rôdeur n'était plus de ce monde. Roderik aussi avait été celui que la violoniste avait considéré comme son père, même si elle découvrit qu'il l'était véritablement que trop tard. Les deux jeunes femmes avaient plusieurs points commun après tout. L'image de l'homme protecteur enseignant à la fille, créature si frêle, les valeurs de la vie et ses dangers. L'image de cet homme si bienveillant, semblant immortel, mais qui un triste jour, se voit retirer le cadeau de Délil, laissant sa fleur un peu plus épineuse qu'avant, livrée à ce jardin terrifiant qu'est le monde. Un jardin rempli de prédateurs, des hommes eux aussi... Aliénor et Sytrinn avaient perdu les hommes qui les protégeaient, qui avaient donné leur vie pour elles. Désormais, elles devaient se protéger, seules, de ceux qui en voulaient à la leur.

La rôdeuse lui conta sa vie de jeune nomade, libre au sein de la nature, ayant pour lieu de ressource : Noathis, sa faune et sa flore belles et dangereuses. A ce moment là, la ladrini avait fixé le sombre capuchon avec des yeux d'enfants émerveillés par l'aventure et à la fois nostalgiques devant ce temps révolu et douloureux du passé de la flûtiste.
Cette dernière s'en retourna quelques instants à sa soupe, le temps pour Sytrinn de réaliser ce qu'elle venait d'entendre... Était-ce réel ? Aliénor s'était-elle vraiment confiée à elle ? Elle regarda Falko avec une lueur d'alarme dans les yeux. Elle n'arrivait pas à y croire, mais pourquoi ? Pourquoi lui avait-elle raconté tout cela ? Ce qui était sûr c'est que la jeune femme n'était pas du genre à lui raconter sa vie en retour, comme ça, de but en blanc.

- Si tu acceptes, je t’accompagnerai jusqu'au temple de Délil.

La violoniste se raidit sur sa chaise, son expression devait être la plus comique qui soit à ce moment. Son sourcil droit n'avait jamais dû se lever si haut sur son front, ses prunelles dorées n'avaient jamais dû autant briller de surprise et sa bouche n'avait jamais dû être autant déformée par la béatitude. Falko, quant à lui, s'étouffait avec un bout de viande fumée. Machinalement, la ladrini, sans détacher le regard de sa camarade, tapa trois coups secs dans le dos du renard qui parvint à déglutir bruyamment.

- Il y a bien pire qu'une bête sauvage...

Sytrinn se pencha également vers Aliénor, qui murmurait froidement.

- Les Eryllis...

Sytrinn, qui avait retrouvé son calme, se recula tranquillement.

- Et alors ? Dit-elle tout naturellement. Beaucoup de personnes pensent qu'il s'agit d'un mythe, vous savez ?... Mais je n'en fais pas partie, continua-t-elle avec un sourire malicieux. Je crois en l'existence de ces femmes et je n'en ai pas peur. Ceux qui en sont effrayés sont ceux qui n'osent y croire entièrement. Pour ma part, c'est avec les meilleures intentions que je me rends dans la Forêt de Sphène, par conséquent, je n'ai aucune raison de les craindre.

Elle planta sa fourchette dans un morceau de viande et le porta à sa bouche. Bon sang, ce lapin était vraiment délicieux, il faudra qu'elle pense à transmettre ses compliment au chef ! Puis, affichant une expression amicale mais emplie de sérieux, Sytrinn poursuivit :

- Je ne sais pas pourquoi vous m'avez livré votre passé, et j'avoue que la confiance que vous m'accordez soudainement, me surprend quelque peu. Mais malgré ce mystère qui vient éveiller mon étonnement et alimenter ma curiosité, j'accepte volontiers votre proposition et vous en remercie, fit-elle en inclinant respectueusement la tête.

Falko était aux anges. Cette femme devait être vraiment spéciale pour qu'il s'y soit attaché aussi facilement. Il avait toujours eu un certain don pour repérer les gens indignes de confiance. Son instinct animal et sa qualité de renard le menait rarement à l'erreur et avait évité bien des pièges à son amie alors qu'elle débutait dans la caste des ladrinis. Sytrinn savait donc qu'il y avait de faibles chances pour qu'Aliénor lui veuille du mal.
Elle reprit alors avec un peu plus de décontraction.

- Pourquoi me parlez-vous des Eryllis ? En avez-vous déjà rencontré ? Je dois vous avouer que je leur porte une certaine admiration et que j'aimerais beaucoup rencontrer l'une d'entre elles, fit-elle avec un sourire radieux.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Jeu 1 Déc - 1:40

S'adossant contre sa chaise, Aliénor écouta d'une oreille distraite les paroles de Sytrinn tout en continuant à savourer son repas. Elle prit un morceau de pain qu'elle trempa dans sa soupe chaude avant de gober le tout en une seule bouchée. La Rôdeuse savoura alors ce goût des légumes qui avait imprimé le pain et elle s'empressa de recommencer l'opération à plusieurs reprises. Entre deux bouchés, elle porta sa choppe d'Eau-de-vie de Kesha à ses lèvres et but cette boisson typique de Cimmeria à petite gorgée. Cet alcool était tout de même assez fort et descendre cet élixir de feu avec peu de délicatesse et sans prendre le temps de déguster pouvaient plonger le buveur dans une ivresse incontrôlable. Sauf si ce buveur était un pochetron, chose dont n'était pas la jeune femme. Cette dernière était certes habituée aux boisson fortes, mais elle n'était tout de même pas immunisée.

Quoi qu'il en soit, elle savoura son soupé tout en avalant les paroles de sa campagne. D'ailleurs, l'avait-elle écouté ? De vous à moi, pas vraiment, seulement quelques bribes. C'est qu'Aliénor était concentrée sur sa soupe. Voilà ce dont elle avait comprit : Sytrinn croyait en l'existence des Eryllis, mais en avait nullement peur. A dire vrai, elle vouait un grande admiration envers ces femmes et souhaiterait même en rencontrer. Pour ce qui était de sa proposition, elle acceptait, bien qu'elle ne comprenait pas la soudaine confession de la Rôdeuse. Cette dernière, avalant une énième gorgée de son Eau-de-vie, essuya ses lèvres d'un revers de manches et déclara :

- Mon passé n'est pas un secret. Comme tu peux le voir, il se tient en quelques lignes et n'est guère intéressant. Je ne vois donc rien de mal à te le conter, je n'ai rien à cacher, ce n'est que des souvenirs d'une orpheline et je ne vois vraiment pas en quoi cela pourrait se retourner sur moi en me confiant à toi... (Elle sourit malicieusement). Tu m'avais posé une question, non ? Tu voulais savoir pourquoi je voulais aller à Noathis ? Eh bien, je t'ai répondu ; Noathis appartiens à mon passé et à mes souvenirs dont je me rattache désespérément.

Aliénor mangea un morceau de fromage qu'elle mâcha avec un bout de pain. Après quoi, elle descendit le tout avec une bonne gorgée de potage. Elle voulait mettre les choses au clair avec cette jeune fille : elle avait simplement répondu à sa question, cette confession ne relevait en rien de la confiance. Mais peut-être, qu'avec le temps et de l'expérience, elle le lui offrira. Mais bon, au moins elle avait accepté son offre, c'était déjà un premier pas de fait pour les deux aventurières. Peut-être était-ce là le début d'une longue amitié ? D'un rapprochement plausible entre ces deux jeunes femmes dont tout opposent ? Allait savoir...

Prenant en main sa soupe chaude, elle plongea ses yeux sombres dans le regard de la violoniste, avant de déclarer d'une voix douce et sage :

- Si je parle des Eryllis c'est parce que tout comme toi, je crois en leur existence. Il est dit que ces femmes légendaires seraient les Gardiennes de Noathis, particulièrement de la Forêt de Sphène. (Elle fit une pause, le temps de prendre une gorgée). Nombreux aventuriers, ayant mit le pied en ces terres, ne sont jamais revenus de leurs périples. Comprends le, Sytrinn, nous allons rentrer dans leur Sanctuaire dès lors nous ne seront plus seuls et il faudra être particulièrement sur nos gardes ; le moindre faux pas pourrait nous être fatal... Je veux juste que tu sois prudente et qu'il ne t'arrive rien...

Sa dernière phrase était remplie de sincérité. Après tout, c'est d'un côté pour cela qu'elle avait prit la décision de l'accompagner. Noathis n'était pas un endroit sûr, regorgeant de maintes bêtes féroces et de nombreux dangers. Au fond, l'Eryllis ne serait pas partie sereine si elle avait laissé la jeune fille à son propre sort dans cet univers forestier. Au moins, elle était sûr qu'elle arrivera au temple de Délil à bonne destination et la présence d'Aliénor dissuadera ses soeurs d'armes de laisser Sytrinn en paix.

La Rôdeuse but ce qu'il restait de sa soupe et déposa brutalement le bol sur la table. D'un geste vif, elle plongea sa main dans sa sacoche et sortit quelques secondes plus tard un vieux parchemin qu'elle déposa délicatement sur le bois. Aussitôt, d'un mouvement fluide et gracieux, sous les regards questionneurs de ces compagnons, elle le déplia et le contenu se dévoila à leurs yeux. Aussitôt, Aliénor prit la parole :

- Voici une carte d'Istheria et nous sommes actuellement ici. Afin d'atteindre la Forêt de Sphène, deux chemins nous offrent à nous. Il est possible de passer par la Cascade Nébuleuse, par le Marais Brumeux et enfin la Vallée d'Hillem avant de déboucher sur la Forêt. C'est un itinéraire qui pourrait te faire voir du pays, mais il est hélas bien trop dangereux et bien trop long. Nous allons donc passer les Gorges de Paramis et Canopée, la Cité Forestière. Tu verras, c'est des endroits prestigieux et nous pourrons faire hâte à Canopée pour nous réapprovisionner, mais pas longtemps. Peut-être qu'un jour je te montrerai les richesses de Cebrenia, mais pour l'heure, notre objectif reste Noathis. Si tout se passe bien, nous atteindrons la Forêt de Sphène en moins de temps qu'il a fallut pour Hellas...

Elle referma délicatement la carte avant de la ranger dans sa sacoche. Le regard de la Rôdeuse se fit alors plus sévère et d'une voix à la fois chaude, autoritaire, et légèrement malicieux, elle lâcha :

- Bien, à présent, termine ton repas et presse toi de commander les rations pour toi et Falko pour ce long voyage qui nous attend...

Cet ordre résonnait alors comme un souvenir qui devrait rappeler à Sytrinn leur long périple jusqu'à Hellas. Cela sonnait comme le bon vieux temps : le moment où les deux aventurières se réunissaient pour une toute nouvelle aventure.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Lun 12 Déc - 0:18

Aliénor ne semblait pas très attentive aux paroles de la ladrini, préférant savourer pleinement son repas. Cette attitude en aurait offensé plus d'un, mais Sytrinn s'y était habituée, voire s'en amusait. Lorsque la rôdeuse se décida enfin à répondre, ses paroles aussi froides et sèches qu'à l'accoutumée, claquèrent dans l'air comme pour rappeler la violoniste à l'ordre sur leurs relations. Ses mots eurent pour effet d'étirer un sourire narquois sur les lèvres de la demoiselle, qui répondit tranquillement :

- Je vous remercie d'avoir répondu à ma question, je n'en attendais pas tant de votre part. Bien entendu, je ne poserai aucun jugement sur votre passé, et ne vois pas en quoi il me serait utile de le retourner contre vous. Aliénor, vous pensez votre histoire inintéressante et pourtant vous me la contez alors que la réponse à ma question aurait pu tenir en une phrase...


Sytrinn enfourna le dernier morceau de viande dans sa bouche, bu une gorgée d'eau et tamponna délicatement le coin de ses lèvres avec sa serviette qu'elle replaça ensuite sur ses genoux. Puis, plaçant ses coudes sur la table, elle joignit nonchalamment ses mains au dessous de son menton et fixa les carreaux embués en plissant les yeux, peut être à cause de la forte lumière blanche venant du dehors qui était accentuée par l'opacité du verre, ou peut être pensait-elle, tout simplement.

- J'ai peut être mal choisi mes mots, dit-elle comme parlant pour elle même.

Elle ferma les yeux tel qu'elle l'aurait fait pour profiter du soleil, son visage n'affichant qu'un imperceptible sourire.

- Confiance... Murmura-t-elle.

Puis ses paupières s'ouvrirent soudainement, offrant à l'intense lumière blanche de la fenêtre ses prunelles dont l'or s'embrasait étrangement, brillants d'une lueur irréelle. Elle resta ainsi quelques secondes puis détourna ses yeux vers Falko dont elle sentait le regard posé sur elle. Un frisson parcouru l'échine de l'animal ; parfois sa compagne avait des comportements qui pouvaient susciter le doute sur sa santé mentale. Bien qu'avec le temps il s'était habitué, l'inquiétude se faisait toujours sentir, comme si la jeune femme perdait toute notion de la réalité et allait s'évaporer d'une minute à l'autre. Mais bientôt, elle le rassura d'un sourire paisible et bienveillant.

Confiance... Un mot qui sonnait apparemment de manière malheureuse aux oreilles de la Rôdeuse. Sytrinn marqua une pause dans sa réflexion avant de sourire intérieurement. Elle se permettait d'employer ce mot alors qu'elle ne l'accordait, à ce jour, à aucun individu. La ladrini pensa à sa sœur, son absence qui s'éternisait, les doutes qui s’immisçaient en elle remettaient quelque part en cause la confiance qu'elle lui accordait, ne tarissant en rien l'amour sans faille qu'elle lui portait. A l'heure qu'il était, peut être que Rebecka n'avait toujours pas lu la lettre de sa cadette, partie à l'aventure avec une inconnue...
Une inconnue ? Plus tellement à vrai dire... Aliénor et elle avaient passé plus d'un mois ensembles, parfois dans des conditions extrêmes, et les voilà qui s'apprêtaient à partager à nouveau le même chemin. Qui sait ? Leur histoire était tellement intrigante et imprévisible qu'après tout, la naissance d'une amitié n'était plus à placer dans le domaine de l'impossible...

Son bol entre les mains, la flûtiste reprit la parole pour revenir au sujet des Eryllis. Sytrinn, adossée au dossier de sa chaise, détaillait les gouttelettes d'eau sur la vitre, son visage n'arborait aucune expression. Néanmoins, malgré les apparences, elle écoutait sa camarade. Le fait était qu'elle ne voyait pas l'intérêt de porter une attention visuelle à quelqu'un dont on ne pouvait distinguer les yeux... En vérité, son humeur jouait beaucoup et parfois elle ne regardait pas les gens dans les yeux, comme perdue dans un mutisme, déstabilisant pour son interlocuteur.

- Je veux juste que tu sois prudente et qu'il ne t'arrive rien...

Les paroles d'Aliénor étaient cousues de sincérité. Mais contre toute attente, la ladrini ne sourit pas, sa seule réaction fut un léger plissement d'yeux. Falko émit un raclement de gorge, mécontent de l'ingrate attitude de son amie face aux efforts que faisait la nomade. Sytrinn était simplement en train de méditer, comme souvent. Depuis quand la Rôdeuse lui portait-elle un quelconque intérêt ? Depuis à peine quelques minutes qu'elle était arrivée, elle s'était plus rapprochée de Sytrinn que ce qu'elle n'avait fait en un mois. Sytrinn lâcha un léger soupir et ses yeux qui jusqu'alors étaient figés, reprirent une mobilité normale. La ladrini tourna la tête vers son renard qui la fixait avec un regard noir, et elle réalisa son absence passagère. Elle se retourna donc tout sourire vers Aliénor.

- Je vous remercie de votre bienveillance à mon égard, dit-elle enfin.

Falko émit un soupir désespéré et leva les yeux au ciel. Le bruit du bol de la Rôdeuse, posé avec force sur la table, effaça net le sourire de la violoniste. Non pas qu'elle était vexée, Aliénor fouilla dans son sac et en sortit un parchemin qu'elle coucha sur la table, offrant à la vue des compagnons une carte d'Isthéria, dont la propriétaire expliqua l'itinéraire qu'elle avait choisi pour se rendre à Noathis. Les Gorges de Paramis ? Canopée ? La ladrini sentit l'exitation fourmiller dans son ventre.

- Peut-être qu'un jour je te montrerai les richesses de Cebrenia...

Sytrinn eut un choc en entendant cette phrase, perdue au milieu des explications de sa camarade. Comment ? Elle émettait vraiment l'hypothèse de repartir à l'aventure avec elle ? Aucun doute, le changement radical d'attitude de la flûtiste était sûrement à l'origine de la chute de neige... Tout à coup la demoiselle fut de nouveau interrompue dans sa réflexion, mais de façon plus sévère cette fois. Et suite aux instructions de la Rôdeuse, elle se leva promptement et fit un salut militaire.

- Bien mon Capitaine, dit-elle avec amusement.

La jeune femme empila la vaisselle de sa compagne sur la sienne et emmena le tout au comptoir, sous le regard reconnaissant de l'aubergiste.

- Madame, permettez moi de vous dire que le lapin fut divinement bien cuisiné, mes compliments au chef !
- Ah ! Tu entends ça Gaspard ? Cria la tavernière en direction de la cuisine, située derrière elle. Tes petits plats font un malheur auprès des demoiselles ! Mais, enfin ne fais pas de mauvaises manières, viens dire bonjour !

Un vieux monsieur joufflu à la moustache blanche fit son apparition, le teint rougi d'avoir été depuis longtemps au-dessus des fourneaux. Il semblait si calme et si gentil que Sytrinn ne put s'empêcher de le regarder avec tendresse, en pensant qu'il aurait pu être son grand-père.

- Bonjour... hum, et merci mademoiselle, dit-il doucement.
- Oh, mon petit mari n'est pas très bavard, vous savez ! Dit l'aubergiste en saisissant l'homme par les épaules. Vous désirez peut-être autre chose ?

Sytrinn commanda ses rations pour le voyage et versa une poignée de dias sur le comptoir afin de les payer, ainsi que son repas et le box pour Amadeus.

- Je vous remercie infiniment pour votre accueil si chaleureux, grâce à vous mon séjour à Hellas n'aura été que plus plaisant ! Monsieur, dit-elle en serrant la main timide du cuisinier. Madame, termina-t-elle en se faisant secouer comme un prunier par la poigne de fer de l'aubergiste.

Sytrinn se couvrit de sa cape et fourra les rations dans son sac, qu'elle jeta par dessus son épaule. Fin prête, la ladrini lança un regard amical et déterminé à Aliénor.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Ven 6 Jan - 1:28

Comme à l'habitude, Sytrinn prit cet ordre à la rigolade et sans même qu'elle puisse ouvrir la bouche, elle avait prit son bol et sa choppe pour les apporter sur le comptoir. Il semblerait qu'elle soit heureuse de reprendre l'aventure avec Aliénor... Mais qu'en était-il de cette dernière ? En réalité, la jeune femme n'avait pas l'esprit tranquille et si ça ne tenait qu'à elle, elle aurait crié dans la taverne que finalement elle ne voulait plus de la violoniste. Non, elle voudrait être seule et reprendre le voyage avec Fenrir. Mais n'était-ce pas immature de sa part ? N'était-ce pas idiot de faire la sourde oreille et de s'en aller sachant qu'elles allaient prendre la même direction ? Avec beaucoup de chances, elles se seraient à toutes heures croisées... Et qu'allait-elle faire ensuite ? L'ignorer ? Immature, enfantin... Il n'y avait pas d'autres mots pour qualifier ce comportement. De plus, elle devait faire des efforts avec Sytrinn, c'est vrai qu'elle ne se montrait pas des plus sympathiques. Mais elle ne pouvait rien y faire, elle était ainsi : méfiante et froide avec ceux dont elle n'arrivait pas à cerner.

Aliénor lâcha un long soupir exaspéré, sentant que ce voyage va être encore bien long. Attrapant sa bourse d'un geste vif, elle plongea sa main à l’intérieur pour payer son repas. D'ailleurs, elle devrait faire attention avec son argent, ses économies disparaissaient à vue d'oeil. " Va falloir que j'arrête de manger dans des auberges " pensa-t-elle en fixant ses dias avec un sourire au coin de ses lèvres. Enfin, Sytrinn était prête pour entamer le voyage, dressée fièrement sur ses jambes avec son sac de voyage sur ses épaules, elle n'attendait plus que la Rôdeuse. Celle-ci se leva, accrochant sa bourse sur sa ceinture, et se dirigea vers le comptoir dans une démarche féline. Elle déposa l'argent, sans un mot, et les remercia de ce repas d'un simple signe de tête. Oui, c'était bien différent de la gaieté de la violoniste et sans plus tarder, Aliénor quitta l'auberge dans un silence religieux, seule sa cape émettait des claquements sinistres.

Dehors, elle retrouva l'air frais de Cimmeria et ce paysage blanc si connu de ce pays. Si la neige paressait bien belle et si paisible, l'Eryllis savait que tout ceci n'allait pas durer et que les deux aventurières vont à nouveau vivre un véritable cauchemars quand cette couche épaisse immaculée va leur arriver jusqu'aux genoux et limiter le plus possible leur vues quand une tempête se déchaînera. Et ce froid ! Des plus insupportable... " Vivement qu'on atteigne Noathis " songea Aliénor en lâchant un long soupir.

Sytrinn sortit à son tour de l'auberge avec son cheval et aussitôt la jeune femme se mit en marche. Comme à son habitude, elle ne regardait pas derrière son épaule pour voir si la violoniste la suivait, marchant d'un pas rapide et traversant les ruelles la tête quasi-baissée. Quelques minutes plus tard, elles atteignirent enfin l'entrée de la cité d'Hellas dont plusieurs gardes étaient postés, surveillant les personnes qui empruntaient ce passage. D'ailleurs, Aliénor sentit plusieurs regard se braquer sur elle et sans fléchir elle passa près des vigiles en lâchant :

- Que Kesha veille sur vous en cette journée bien fraîche, gare à la grippe, messieurs...

Si cette remarque arracha un léger sourire pour certains, d'autres la fusillèrent du regard comme si elle avait prononcer un blasphème. Décidément, ces gardes étaient bien méfiants et vigilants.

L'Eryllis continua sa route, s'éloignant au fil des minutes de cette cité somptueuse ; le brouhaha fut balayait au vent et bientôt Hellas ne fut qu'un minuscule point parmi cet océan immaculé. C'est seulement à ce moment qu'Aliénor cessa de marcher mais ce n'était guère pour faire une pause. Fouillant dans son sac, elle en sortit une flûte traversière en bois, que Sytrinn connaissait bien. Non, non, elle n'allait pas en jouer. Prenant une grande respiration, elle souffla ensuite sur l'instrument dont un son bien grave en sortit. Cette note bien étrange fut transportée par le vent, loin, très loin des deux aventurières. La jeune femme, satisfaite, rangea la flûte et sans attendre elle reprit sa route après avoir lancé un regard derrière son épaule pour voir si Sytrinn était toujours là. Elle avança ainsi, dans le silence et sans faiblir sa cadence.

C'est alors qu'au bout de quelques minutes, elle cessa subitement de marcher et dressa un bras pour signaler à sa compagne de ne plus faire le moindre geste. Aliénor avait vu quelques choses bouger, au loin, elle n'en était pas sûr mais peut-être que ça pouvait être... D'un regard insistant, elle demanda à Sytrinn de rester là où elle était tandis que la jeune femme s'avançait d'un pas vigilant. Elle se rapprocha du sommet d'une dune de neige, ses jambes s'enfoncèrent profondément dans la neige et elle dut user beaucoup de force pour pouvoir s'avancer. Elle en était sûr, la chose était au contre bas de la dune et il fallait qu'elle en est le coeur net.

Elle fit encore quelques pas, avant d'atteindre le sommet. Mais à peine était-elle arrivée qu'une chose effroyable bondit sur la Terranne. Celle-ci eut tout juste le temps de voir deux yeux gris avant de s'écrouler au sol par cette masse inconnue. Estomaquée, elle n'avait même pas eu le temps de hurler et quand elle leva la tête elle sentit quelque chose d'humide sur son visage. Ça, elle pouvait reconnaître cette chose entre mille...

- Sâle cabot ! Fenrir ! Je vais te tuer !

Et oui, l'être qu'elle avait cru voir se mouvoir au loin et qui lui avait écrasé de tout son poids n'était autre que le loup sous sa taille normal. Celui-ci semblait afficher un sourire malsain dans ses babines.

- Cesse de t'amuser au Loup avec moi, un jour je vais finir par te blesser par m'égard ! Lâcha-t-elle en s'extirpant de ses pattes.

Oui, il avait cette fâcheuse manie de s'amuser à la surprendre. Enfin, au moins il avait entendu le signal, c'était l'essentiel. Se mettant sur pieds, Aliénor retira la neige de sa cape en expliquant la situation à son compagnon qui lançait un regard meurtrier sur Sytrinn. C'est sûr, il ne s'attendait pas à reprendre le voyage avec la Terranne. Le poil hérissé, Fenrir lâcha un sourd grognement, montrant bien que ce plan ne lui plaisait guère. L'Eryllis tenta de le calmer en lui murmurant à l'oreille des mots et doucement, sans faire le moindre geste vif, elle enjamba le loup qui par réflexe se transforma sous sa forme géante. Bien installée sur son dos, Aliénor continuait à lui caresser la tête tout en lui suppliant de reprendre le voyage sans se soucier de la présence de la jeune fille. A force de caresses et de supplications, il finit par tourner les talents et sous un élan de colère il se mit à courir à grande enjambées. La jeune femme eut tout juste le temps de s'accrocher à son pelage et s'assura que Sytrinn avait bien mit son cheval au galop. Au fond, Aliénor ne pouvait pas en vouloir à son compagnon ; ils étaient si semblable : froid, méfiant et solitaire... Si elle devait lui faire un sermon, cela aurait été comme si elle s'en faisait un pour elle.

Levant les yeux au ciel, un sourire figée sur ses lèvres, la Rôdeuse respira l'air de la liberté qui lui avait guidé ses pas depuis toute petite. Elle allait enfin rentrer chez elle et une vague de bonheur déferla dans son coeur...
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Jeu 12 Jan - 2:23

Pour toute réponse à son entrain, Sytrinn accueillit le soupir agacé de la rôdeuse avec une certaine amertume. Elle leva les yeux au ciel avant de les laisser retomber sur Falko. Ce dernier la foudroya du regard, comme pour lui intimer de se tenir à carreaux avec Aliénor. Mais contre toute attente, la ladrini ne se dérida pas ; elle jeta un dernier coup d’œil à sa camarade qui payait son repas, puis tourna les talons et sortit de l'auberge afin de récupérer son cheval. Tout en sanglant ses affaires sur Amadeus, ses sourcils se fronçaient, la jeune femme était à nouveau perdue dans ses pensées. Son renard qui observait sa moue renfrognée, tentait de trouver une explication à ce soudain changement d'humeur.

Sytrinn était quelqu'un qui semblait immunisé par une aura positive. Patiente, tenace, dénuée de susceptibilité, elle avait encaissé les attitudes de la rôdeuse armée de son inébranlable sourire. Oh, souvent elle avait été sincèrement amusée par l'humeur grincheuse d'Aliénor... Le problème était désormais qu'elle s'était promise de faire preuve de plus de spontanéité. Ainsi, en temps normal, son sourire aurait persisté, insensible aux humeurs de la rôdeuse. Cependant, si Sytrinn se laissait aller à sa vraie nature et réduisait le contrôle qu'elle avait sur elle même, son charmant sourire risquait de se moduler sournoisement. Les membres de la noblesse en avaient d'ailleurs souvent fait les frais. Ce milieu l'amusait un temps, pour ensuite l'étouffer. Si Sytrinn se rabaissait volontiers afin d'arrondir les angles et amadouer autrui en jouant les innocentes, à être trop prise haut, une folie douce et inquiétante s'emparait d'elle sans crier gare. Si par malheur la patience de la jeune femme venait à céder, dans un calme nerveux terrifiant, elle pouvait laisser filtrer les remarques les plus acerbes qui soit.

Toujours perdue dans son mutisme, la ladrini faisait les dernières vérifications et tirait sur les sangles. Son compagnon était conscient que s'il voulait s'adressait à elle maintenant, il lui faudrait y aller avec des pincettes.

- Ma belle, parles-moi, quel est ton tourment ? Dit-il d'une voix de miel.

La jeune femme laissa son geste en suspend et regarda son ami en levant un sourcil blasé. Falko décida d'oublier les pincettes... Son attitude mielleuse avait été démasquée.

- Que t'as-t-elle fait, au juste ? Renchérit-il agacé.

Sytrinn émit un petit rire grave.

- Qu'il est mignon... lâcha-t-elle tout en continuant de vaquer à ses occupations.

Ce qu'elle lui avait fait ? Oh, rien de bien méchant. Elle lui proposait de l'accompagner et quelques secondes plus tard elle poussait un soupir, exaspérée de devoir se coltiner à nouveau la ladrini. Trois pas en avant, deux pas en arrière... Et après elle venait lui rabattre les oreilles avec sa sincérité ! Sytrinn expira bruyamment. Elle devait retrouver son calme et garder sa patience, sinon elle allait faire brûler l'écurie. Alors, elle tenta de se raisonner en se disant qu'elles avaient eu une journée mouvementée et que peut être qu'Aliénor aussi ne savait plus trop où elle en était.
La violoniste était fin prête, tout était en place, ils pouvaient partir. Néanmoins, Falko qui se faisait toujours du soucis à propos de la mauvaise humeur de son amie, reprit la parole avec un soupçon de panique dans la voix.

- Mais bon sang, Sytrinn, tu ne vas pas tout gâcher pour... pour quoi en fait ? Tu ne me réponds même pas ! Quoi qu'il en soit, Aliénor fait des efforts, alors tâches d'en...

Sytrinn se saisit du petit renard qui se lamentait et le plaça à hauteur de son visage.

- Ne fais pas d'histoires, lâcha-t-elle d'un ton neutre.
Puis elle plaça l'animal dans son sac de voyage afin de le protéger du froid. Ce dernier grommela et se débattit, pour finalement sortir sa tête du sac.

- Tu es folle, affirma-t-il à l'intention de sa compagne.

La ladrini lui fit un sourire en coin satisfait tout en rabattant sa capuche sur sa tête. Elle se saisit des rênes d'Amadeus et sortit de l'écurie en marchant d'un pas tranquille pour retrouver Aliénor. Sytrinn était maintenant plus sereine, l'orage était passé mais les barrières joyeuses et insouciantes de la jeune femme menaçaient de s'effondrer à tout moment, et cette aventure allait les mettre à rude épreuve...
A peine Sytrinn arriva-t-elle à la hauteur de la Rôdeuse, que celle-ci se mit en marche sans même lui adresser un regard. La petite troupe se déplaçait à bonne allure parmi les rues où les planches des étalages s'entassaient et des fruits en bouillie jonchaient le sol, vestiges du champ de bataille suite aux piétinements de la foule et aux cris des marchands. Malgré un séjour plutôt bref, la demoiselle garderait un agréable souvenir de Hellas.

Bientôt, le groupe atteignit l'entrée de la cité, dont le passage était comme à l'accoutumée, surveillé par ces gardes aux armures admirables et qui suscitait la jalousie de la jeune femme aux vues de l'aventure glacée qui l'attendait. Une fois de plus, les regards posés sur elle mirent Sytrinn dans l'embarras du fait de son accoutrement inadapté au climat.

- Que Kesha veille sur vous en cette journée bien fraîche, gare à la grippe, messieurs... dit Aliénor à l'intention de gardes.

Si certains avaient pris cette boutade de travers, d'autres eurent la même réaction que la violoniste qui ne put retenir le sourire immaculé qui lui barrait le visage.

- Je n'aurais pas dit mieux, bonne journée messieurs ! Fit Sytrinn en accompagnant ses paroles d'un signe de tête.

Quand la cité fut loin derrière elles et que l'étendue blanche s'étalait à perte de vue, la Rôdeuse s'arrêta, sortit sa flûte et joua une note grave et continue qui brisa le silence de glace pour disparaître dans le vent comme un voile de velours. Puis la troupe reprit sa route sur quelques mètres pour s'immobiliser de nouveau au signal autoritaire d'Aliénor, en contrebas d'une dune. La flûtiste s'avança jusqu'au sommet de celle-ci, sur ses gardes. Quant à Sytrinn, qui s'était vue donner l'ordre de ne pas bouger, elle resta vigilante et ne quittait pas sa camarade des yeux, tout en frôlant la garde de sa rapière de ses doigts fins. Soudain, une forme blanche vint s'abattre de tout son poids sur la jeune femme et la Ladrini dégaina de moitié son arme, pour la ranger aussitôt en reconnaissant Fenrir. Le loup farceur semblait vraiment heureux de revoir son amie qui se débattait et protestait en le sermonnant sur son imprudence. Une expression attendrie se dessina sur le visage de la violoniste, face à ces retrouvailles de « gros durs au cœur tendre ». A la vue des accompagnateurs de la Rôdeuse, Fenrir montra des crocs désapprobateurs. Sytrinn lui rendit un sourire désolé et mit le pied à l'étrier avant de se jucher sur Amadeus et caler Falko tout contre elle. Le loup blanc reprit sa taille immense, Aliénor sur son dos, et partit sans plus attendre. La Ladrini fit alors claquer les rênes du frison noir et partit au galop à la suite du duo solitaire.

Dans la course, le vent froid souleva le capuchon de la jeune femme, afin de se mêler aux ondulations dorés de ses cheveux, unique couleur dénotant dans ce paysage blanc. L'euphorie de découvrir enfin des terres qu'elles n'avait vu qu'au travers de pages jaunies et des paroles de son père, s'empara d'elle alors que la bise gelée embrassait son visage. Elle espérait que cet engouement soit partagé... et que pour la suite de cette aventure, le destin lui réserve les surprises les meilleures possibles.


Dernière édition par Sytrinn Sandström le Lun 13 Fév - 23:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 15 Jan - 2:47

MISSION ACCOMPLIE

Dame Lela fut soulagée de récupérer le trésor des prêtresses, son honneur est sauf.
En raison de cela, la jeune femme se montra plus généreuse que prévue, et offrit aux deux jeunes femmes 250 dias chacune, en juste récompense.
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   

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