[Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]



 
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 [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]

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Aliénor Isil

MessageSujet: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mar 2 Aoû - 21:34



Il fallut près d'un moi aux deux aventurières pour atteindre la cité d'Hellas. Le voyage avait commencé sans encombres, de Tyrhénium jusqu'à Dalma et les journées se succédaient dans un même rite. Elles se levaient à l'aube pour prendre la route, s'arrêtaient une heure à midi pour manger, tandis que la Rôdeuse préparait une réserve de viande sèche, et reprenait leur chemin jusqu'à tard le soir... Mais pas une seule fois l'Eryllis s'était adressée à la violoniste. Elle gardait un silence éternel et les seuls mots qu'elle prononçait étaient destinés à Fenrir. Voilà des année qu'elle voyageait seul en compagnie du loup Blanc. Elle ne prononçait pas un seul mot durant ses aventures, alors pourquoi allait-elle changer ses habitudes ? Et quand Sytrinn lui posait d'éventuelles questions, elle gardait le silence et continuait sa route...

Ainsi, le voyage fut paisible... Avant qu'elles atteignent les frontières qui menaient à Cimmeria. Leur rite quotidien fut alors complètement ébranlé. La neige était apparut et les deux aventurières virent leur cadence ralentirent d'un seul coup. Cette masse opaque était comparable à un sable mouvant : les corps des deux jeunes femmes s'enfoncèrent jusqu'aux dessus des genoux rendant la marche des plus périlleuse. Les efforts pour avancer ne serais-ce quelques kilomètres étaient considérable, brûlant vos muscles jusqu'à l'articulation de vos os. Les vêtements se mouillaient très vites et ce qui donnait l'occasion au froid de se jeter sur les deux Terrannes. Et le froid ! Jamais Aliénor n'avait sentit pareille étreinte glacées et des morsure si douloureuses dans la chaire. Les rumeurs étaient donc fondées : une baisse de température anormal avait frappé le pays des glaces.

La Rôdeuse prit alors la décision de multiplier les pauses. La vague de froid et la fatigue qui poursuivaient sans cesse les deux aventurières pour traverser cette mer de neige faisaient d'elle des proies faciles pour le Dieu Kron. Aliénor se devait d’économiser leurs forces si elle ne voulait pas tomber dans un sommeil éternel ou être poignardée par une maladie ou pire, perdre l'usage d'un membre. Et comme si cela ne suffisait pas, les bêtes sauvages se mirent eux aussi de la partie. La Rôdeuse avait repéré durant leur voyage des traces de Cerfélis et de Bufflons. Elle dut alors redoubler de vigilance et elle ne dormait qu'un seul oeil la nuit en veillant que le feu ne s'éteignent pas et surtout, en veillant que son groupe n'était pas pris en chasse par une meute de Cerfelis. Et puis, le gibier manquait aussi. Mais heureusement, Aliénor avait fait une réserve de viandes sèches à Eridania. Dès qu'elle s'était rapprochée des terres un peu plus herbacées et dégagées, l'Eryllis et Fenrir n'avaient pas hésité à abattre un Bubo qui s'était sacrifié pour permettre à sa petite famille de s'enfuir. Cela pinçait quelque peu le coeur de la jeune femme, mais grâce à sa viande cela permettaient d'augmenter leurs chances de survie. Et puis, ses viandes sèches ne permettaient pas de nourrir des bouches de plus... C'était dans ces moment comme ça qu'elle maudissait Sytrinn et son renard qui changeaient littéralement les habitudes de la Rôdeuse. La mort de ce Bubo n'aurait était pas nécessaire si elle avait voyagé seul avec Fenrir.

Enfin... Ce fut un voyage éprouvant qui mit les nerfs et le physique des deux jeunes femme à dure épreuve. Et en ce jour, Aliénor vit au loin une citée blanche. Un sourire de soulagement s'étira enfin sur ses lèvres bleutées et gelées. Elles avaient atteint leurs bute. Et alors qu'elle se rapprochait d'Hellas, la jeune femme ne put s'empêcher que ça s'est tout de même bien passé. Elle avait vu pire dans ce pays enneigé, comme la fois où elle et son maître étaient pris dans une tempêtes de neige et ont dut s’abriter pendant plusieurs jours dans une grotte sans le moindre feu et la pauvre jeune fille redoutait de ne plus se réveiller si elle s'endormait. Ou encore la fois ou Fenrir et elle ont été pris en chasse durant plusieurs heures par une meute de Cerfelis. Mon Dieu, elle avait l'impression que son coeur allait s'échapper de sa poitrine tellement elle avait eu peur... Étrangement, en se remémorant de ses moments, un sourire amusé s'étira sur les lèvres tandis qu'elle se disait que c'était tout de même de merveilleux souvenirs qu'elle avait gardé dans sa mémoire...

Les deux aventurières avaient atteint les grandes portes de la cité. Les gardes les laissèrent passer en dévisageant d'un oeil méfiant les inconnus. D'ailleurs, ils devinèrent facilement, par leur accoutrement, qu'elles n'étaient pas du pays. Les deux jeunes femmes croisèrent enfin de la civilisation tandis qu'Aliénor admira au loin le Temple de Kesha se dressait de toute sa splendeur.

- Bienvenu dans la cité d'Hellas, Sytrinn... Lâcha-t-elle d'une voix chaude et posée.

Tiens, c'était la première fois depuis plus d'un moi qu'elle s'adressait à la violoniste...


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Ven 5 Aoû - 0:40

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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 7 Aoû - 4:44

Aliénor observa pendant un moment les alentours. Les gens les dévisageaient avec méfiance, l'atmosphère était plutôt lourde, beaucoup moins accueillante que Tyrhénium. La vie manquait dans les rues, il régnait une tranquillité singulière. L'Eryllis se souvint alors que beaucoup de gens partaient dans Cimmeria pour s'éloigner de la civilisation grouillante et bruyante... C'était une idée comme une autre. Mais la Rôdeuse ne put s'empêcher de penser qu'ils étaient tout de même un peu fou de vouloir habiter dans un pays où le climat était des plus rude. Il y avait pas à dire, la jeune femme préférait de loin sa vie plaisante à Noathis en compagnie de ses soeurs au milieu de la forêt de Sphène.

Finalement, elle se retourna vers les grandes portes de la Cité, gardée par quelques soldats. Dehors, c'était le monde sauvage, le froid, le manque de nourriture, les escales dans la neige qui vous arrachaient des gémissements de douleurs tellement vos muscles brûlaient sous les efforts... Aliénor frissonna quelque peu et se soulagea d'être arrivée à Hellas, à l'abri de ces terres impitoyables. Au moins, on se sentait quelques peu en sécurité ici. Mais il y avait un problème qui tracassait beaucoup la Rôdeuse... C'était Fenrir. Ce dernier était dans ses jambes, lâchant des regards inquiets, méfiants, hautains, meurtrier aux alentours. Aussitôt, la jeune femme l'accompagna jusqu'aux portes, sous le regard interrogateur des soldats et de Sytrinn. Le loup blanc partit, allant à une centaine de mètres de l'entrée de Hellas. Aliénor l'avait accompagné un moment, laissant la violoniste à l'intérieur de la Citée. Quand ils furent assez éloigné, Fenrir s'arrêta et s'assit dans la neige. Sa compagne le regarda droit dans les yeux, pas tout à fait rassurée. Pourquoi a-t-elle fait sortit son loup, loin des fortifications d'Hellas ? Eh bien, c'était pour le bien du peuple, mais aussi pour Fenrir. Ce dernier n'a jamais appréciait la présence d'êtres humains, surtout dans les Citées. Il pouvait très vite perdre son sang froid et s'attaquer à des innocents sous le coup d'une impulsion. Voilà pourquoi elle devait le "chasser " d'Hellas. Mais l'Eryllis n'était pas tranquille en laissant son compagnon, seul, dans les terres sauvages de Cimmeria... Et si il ne trouvait pas de la nourriture ? Et si il tombait nez à nez avec des Cerfelis ? Et si il se faisait piéger par une tempête de neige ? Mais avant même qu'Aliénor put faire par de ses craintes à son ami, ce dernier avait prit sa forme de géant et s'était approché de la Terranne. Il lui lécha doucement la joue et sans se retourner, partit en courant vers l'horizon, laissant seule la Rôdeuse au milieu de la plaine. Cette dernière s'attrista de le voir s'éloigner, mais il lui avait bien fait comprendre qu'il pouvait se débrouiller sans elle et qu'elle ne devrait pas se faire du mauvais sang. Elle caressa délicatement sa joue imprégnée de la salive du Loup, et fit demi tour en direction des portes de la Citée.

Quand elle les atteignit, elle remarqua aussitôt que Sytrinn l'avait attendu... Aliénor lâcha un long soupir, il ne manquait plus que ça... Elle croyait pourtant s'être débarrassée d'elle car après tout, elle avait remplit sa part du contrat : elle l'avait guidé jusqu'à Cimmeria. Alors que faisait-elle encore à ses jambes ? L'Eryllis devra mettre les choses au point avec elle. Alors qu'elle passait devant les soldats, qui n'avait pas cessé de la suivre du regard depuis qu'elle avait quitté la Cité avec le loup blanc, Aliénor s'adressa aux gardes :

- Veuillez m'excuser, messieurs, du dérangement que je vous occasionne, mais j'ai besoin de votre aide... Je ne demande qu'une chambre, un bon feu et un repas bien chaud après avoir parcourut un si long et si rude acheminement. Mais comme vous vous en doutiez, je ne suis qu'une étrangère pour ce pays, et je ne connait guère les lieux... Auriez-vous, je vous en supplie, l'amabilité de m'indiquer une auberge ?

Elle avait parlé d'une voix douce, mais brisée par le froid qui agressait violemment sa gorge. Son sourire semblait illuminer son visage caché dans son capuchon, mais ses lèvres bleutées et gercées retiraient toute la splendeur de son sourire... Les gardes avouèrent qu'elle avait tout de même une affreuse mine et faisant preuve de générosité à une inconnue perdue dans leur grande Citée, ils lui répondirent qu'il y avait bien un endroit où elle pouvait se reposer. Une petite auberge, à quelques pas d'ici.

- Merci pour votre aide et pour votre générosité, lâcha Aliénor en s'inclinant humblement.

Ses informateurs lui rendirent son salue et la jeune femme s'en alla rejoindre Sytrinn. Ce qui était étonnant chez la Rôdeuse, c'était la franchise qu'elle avait dans ses paroles. Bien qu'elle était de nature froide et méfiante, elle faisait toujours preuve d'empathie et de respect quand elle s'adressait à quelqu'un. Cela ne ressemblait nullement à des paroles qui avaient pour bute de duper les gardes, mais simplement à des simples mots, montrant une certaine éducation et de respect à son interlocuteur. Même le fait qu'elle s'était inclinée avait l'air franc, et non pas exagéré...

Quoi qu'il en soit, la jeune femme rejoignit Sytrinn à ses côtés. Elle n'avait pas l'intention de la garder infiniment auprès d'elle, elle devait simplement l'emmenait jusqu'à Hellas pour qu'elle accomplisse sa mission. Mais quelque chose lui disait que la violoniste attendait encore quelques choses de sa part. La jeune fille n'allait tout de même pas croire qu'elle va l'aider dans sa mission ? Enfin, il faudra qu'elle lui rappelle clairement que leurs chemins se séparaient et qu'elle devra se débrouiller toute seule... Mais avant tout, l'Eryllis voulait tout de même l'amener jusqu'à l'auberge pour qu'elle se repose et qu'elle reprenne ses forces. Aliénor n'était pas du genre à laisser la citadine dans le brouillard, sans lui donner le chemin qui la mènera jusqu'à une bonne chambre et un bon dîner bien chaud.

- Les gardes m'ont dit qu'il y aurait une auberge dans les ruelles de l'Ouest, à quelques pas d'ici... Dit-elle d'une voix posée. Allons-y, nous aurons enfin de quoi reprendre nos forces avec un bain bien chaud, un repas bien rempli et un bon lit bien moelleux et une couverture bien chaude.

Elle avait accompagné ses quelques mots par un charmant sourire, remplit de malice et de douceur. Elle savait que l'auberge était un sujet sensible et que Sytrinn n'attendait que ça... Cette dernière avait l'air éreinté, dépourvu de forces... Tout comme Aliénor. Mais c'était ça d'un côté la vie d'un aventurier.


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 7 Aoû - 19:56



Dernière édition par Sytrinn Sandström le Dim 21 Aoû - 4:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Lun 8 Aoû - 5:13

Silencieusement, Aliénor marchait dans les ruelles situées à l'Ouest de la citée. Elle rencontra très peu d'habitants en chemin et ceux qui croisaient leur route les regarder curieusement et avec méfiance. Mais la Rôdeuse n'en avait que faire, l'important était de trouver cette auberge le plus vite. Elle donnerait n'importe quoi pour se retrouver dans un bon bain bien chaud pour réchauffer ses membres gelés et détendre ses muscles engourdis. Rien qu'à cette idée, ses pas se firent inconsciemment plus pressants. Et c'est au bout d'un moment qu'elle vit au loin son salut où une fumée voluptueuse s'échappait de la cheminé. Aliénor sentit une fébrilité s'emparer de son corps en voyant cet établissement.

Mais alors qu'elle s'apprêtait à rentrer à l'intérieur, Sytrinn s'adressa à elle. Elle lui remercia de l'avoir prit avec elle et de l'avoir guidé jusqu'à la Citée et que, grâce à elle, elle avait apprit beaucoup de chose. A ces mots, elle s'en alla à l'écurie déposer son cheval et Aliénor ne put s'empêcher de lâcher un long soupir de soulagement. Bien, la Sytrinn avait comprit. Elle n'aura pas finalement la jeune fille dans ses pattes durant tout son séjour, voilà qui était soulageant. Et sans plus attendre, elle poussa la porte de l'auberge. La chaleur des lieux l’accueillit violemment, faisant frissonner de plaisir la jeune femme. Qu'il était bon de rentrer dans une salle où le feu veillait au bien être des clients !

- Bienvenu ! Lança l'aubergiste chaleureusement.

Aliénor lui répondit par un magnifique sourire et se dirigea vers son hôte. Elle s'installa au comptoir et la remercia d'un geste de tête pour son accueil.

- Alors ? Que puis-je faire pour vous ? Demanda la bonne femme en se penchant vers la nouvelle arrivante.
- Une chambre simple me comblerait de joie, souffla la rôdeuse d'une voix moqueuse.
- Aucun problème, c'est 10 Dias la nuit.

Aliénor fouilla dans sa bourse le montant nécessaire, tandis qu'une nouvelle arrivante fit son entrée. D'un regard sur le côté, l'Eryllis identifia très vite l'inconnue qui n’était autre que Sytrinn et sans y prêter attention, elle sortit 10 Dias qu'elle les déposa au comptoir.

- Est-il possible de me préparer un bain ? Demanda alors Aliénor d'une voix presque suppliante.
- Bien sûr ! On vous apportera l'eau chaude sur l'heure.

La Rôdeuse la remercia humblement et partit sans se presser vers les escaliers. Mais avant de rejoindre l'étage supérieur, elle eut le temps d'écouter quelques mots venant de Sytrinn. Après avoir demandé l'heure, elle questionna la gérante sur le lieu de la résidence de la Prêtresse qui s'est fait voler la dague sacrificielle... Apparemment, elle avait prit en main la mission, ce qui fit plaisir la jeune femme encapuchonnée. Quand cette dernière entra dans sa chambre, elle sentit qu'un poids lourd s'était évaporé sur ses épaules, comme si on lui avait retiré une épine dans le pied. Quel soulagement ! Une chambre avec un lit ! Fini le froid et la neige ! Rien qu'à cette idée, Aliénor lâcha un soupir de soulagement. Enfin, elle va pouvoir se reposer.

Elle commença alors à s'installer. Elle déposa ses affaires aux pieds du lit ainsi que son carquois remplit de ses vingt-quatre flèches. Elle se sépara de son arc et y retira la corde avant de déposer son arme près du lit. Cela ressemblait maintenant à un simple bout de bois recourbé qui était adossé contre le mur et elle rangea ensuite la corde dans le tiroir de la petite table de chevet. C'est alors que quelqu'un frappa à la porte et d'une voix forte et ferme, la jeune femme ordonna d'entrer. Les nouveaux arrivants étaient des jeunes servantes qui portaient avec elle des sceaux remplit d'eau chaude. Aliénor les accueillit avec un grand sourire reconnaissant et les domestiques s'empressèrent de remplir la baignoire.

Quand tout cela fut fini, les servantes laissèrent la Rôdeuse seule, qui les remercia humblement pour leur gratitude. Elle put alors se déshabiller et elle rangea ses affaires sur le lit. Et si quelqu'un était à ce moment là avec elle, il aurait vu l'Eryllis complètement nue et le visage à découvert. C'était là un spectacle dont seul Fenrir avait le droit d'y assister quand sa compagne se baignait dans les rivières. Le corps de la jeune femme était en harmonie, forgée par un entrainement rude pour devenir Rôdeuse. Elle avait des formes généreuses qui montraient que la demoiselle n'était plus une enfant. Mais la chose la plus captivante chez elle était son visage. Seule quatre personnes ont put voir son minois, ni plus, ni moins. Ses longs cheveux bruns ondulés, qu'elle avait l'habitude de les dissimuler dans son capuchon, tombaient en cascade dans son dos, caressant doucement et avec perversité sa peau. Ses sourcils foncés qui étaient ni trop fins, ni trop épais, surplombaient ses magnifiques yeux marrons qui rappelaient la couleur des écorces. Quand on croisait son regard perçant comme celui du faucon, on avait l'impression de plonger dans un gouffre sans fond où une lueur de douceur et de sagesse illuminait ses iris. Ses lèvres gercées n'avaient rien de séduisant et pourtant, nombreux étaient les hommes qui voulaient réparer ses plaies par la magie d'un baiser dévorant. Quand à son visage, il était ovale et fin, ce qui mit fin au mystère du minois dissimulé de la Rôdeuse.

D'ailleurs cette dernière entra dans le bain et dès qu'elle y mit le pied, des frissons lui parcourut l'échine. Le reste du corps suivit et la jeune femme frissonna de plaisir. Tout ses membres se réchauffèrent instantanément et ses muscles se détendirent enfin après un long voyage des plus éprouvant. La vapeur embaumait la pièce, la chaleur y était étouffante et Aliénor ferma les yeux, décidée à s’abandonner au royaume des songes.

Ce n'est que deux heures plus tard quand elle décida enfin à les ouvrir. L'eau s'était refroidi et Aliénor avait l'impression de ne pas s'être reposée, au contraire, elle avait le sentiment qu'elle avait fermé les yeux que quelques minutes... Décidément, elle pourra se reposer que ce soir dans son lit bien chaud. Elle sortit du bain à regret et enfila une tenue de rechange avant de reprendre sa cape. Elle abattit son capuchon quand elle sortit de sa chambre. Elle entendit des bruits de pas et ce n'est qu'en descendant des escaliers qu'elle remarqua que Sytrinn s'avançait vers le comptoir. Apparemment, elles mangeront en même temps. Aliénor la rejoignit.

- Alors, qu'est-ce que je vous sers ? Demanda l'aubergiste à l'intention de ses deux clientes.

A ce moment précis, la Rôdeuse enviait la bonne humeur de la gérante. Elle se sentait si exténuée, qu'elle serait capable de s'en dormir sur le comptoir. Si son ventre ne criait pas famine, elle serait déjà au lit en train de récupérer ses heures perdues.

- Un potage du jour... Commença Aliénor d'une voix brisé par la fatigue.
- ... avec du pain et du Fromage... Termina alors Sytrinn sur le même ton.

Sur le coup de la fatigue, Aliénor n'avait même pas réagit quand la violoniste avait terminé la commande pour elle... Enfin, plutôt pour eux deux ! C'était tout simplement instinctif et les deux jeunes femmes avaient fait leur commande ensembles, comme si c'était tout naturel... Ce qui troubla quelque peu l'aubergiste sur le coup, avant d'aborder un sourire d'amusement.

- Et comme boisson ? Demanda alors toujours avec gaieté.
- Liqueurs des Galciers... Lâcha soudain les deux jeunes femmes d'une même voix d'endormis.

Sur le coup, la gérante écarquilla les yeux, avant d'éclater de rire. Décidément, leur cohabitation temporaire dans les terres sauvages a porté leurs fruits. C'est à ce moment là qu'Aliénor, dont le cerveau marchait au ralentit à cause de la fatigue, capta qu'elles avaient parlaient en même temps et qu'elles avaient élaborés ensemble leur commandes. Alors un sourire amusé se dessina sur ses lèvres, tandis qu'elle gloussait à timbre bas en secouant la tête. Elles avaient fait fort ce coup si. L'aubergiste leur donna la commande et Aliénor se saisit de son assiette ainsi que de sa choppe. Le bon potager fumant aux odeurs qui tordaient l'estomac de la Rôdeuse lui donna affreusement envie et elle lui tardait de pouvoir en faire qu'une bouchée. Elle quitta le comptoir et alla s'installer dans une table, devant le feu de cheminer pour profiter de sa chaleur et de la danse des flammes. Quand elle fut assise, Sytrinn était en train de s'installer dans la même table, juste en face d'elle. Cependant, Aliénor ne disait rien, et attendait presque par réflexe que la violoniste s'installe.

Et quand cela fut arrivée, et que les deux jeunes femmes se dévisagèrent un moment autour du bon feu de cheminé avec un regard douloureux maquillé de jolies cernes, l'Eryllis finit par sourire à Sytrinn et leva son verre pour trinquer avec elle.

C'était leur dernière soirée ensemble.


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mar 9 Aoû - 16:37

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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mer 24 Aoû - 5:44

Le bruit des deux choppes s'entrechoquant résonna dans la taverne et Aliénor prit aussitôt une gorgée. La liqueur des Glaciers coula dans la gorge comme de la lave en éruption avant de brûler l'estomac de la Rôdeuse. Reposant bruyamment son verre sur la table, la jeune femme lâcha un soupir bruyant accompagné d'un sourire malicieux. " Ça fait du bien où ça passe ! " se disait-elle en s'essuyant la bouche d'un revers de main. On pouvait dire que cette liqueur arrachait la gueule, mais de vous à moi, elle a connu pire. Mais c'était déjà beaucoup plus fort qu'une choppe de la bière...

Quoi qu'il en soit, elle entama son repas doucement, en remuant sa soupe chaude d'un mouvement lasse. Ce qui était bien contradictoire par rapport à la jeune Sytrinn qui dévorait son repas comme un loup affamé. C'est sûr que ça changeait de l'eau glacée et de la viande séchée. Alors, tout en buvant goulûment sa soupe, elle s'amusa à observer la violoniste manger comme un Zélo. Aliénor tenait sa soupe chaude bien aux creux de ses mains ce qui avait dont de lui procurer des frissons de plaisirs. Qu'il était bon d'avoir un bol fumant qui réchauffait vos doigts glacés ! Quant au breuvage, il semblerait que ça ne soit qu'une simple soupe au légumes. Mais cela ne dérangeait pas la jeune femme qui par ailleurs se délectait de son arôme et de la traîner brûlante que laissait cette soupe à chaque gorgée. Et pour faire durer le plaisir, elle prenait tout son temps, contrairement à Sytrinn.

Le repas se fit donc en silence. Chose que la Rôdeuse brisa quand elle eut terminé son fromage et son pain. Elle était tout de même curieuse de savoir ce que la jeune fille va faire durant son absence. Alors, tout en buvant doucement sa liqueur des Glaciers, elle lui demanda :

- Alors, Sytrinn, que comptes-tu faire demain ?

La réponse fusa rapidement. Mais à la plus grande surprise d'Aliénor, le ton et les mots différaient des paroles habituelles de Sytrinn. Elle avait parlait familièrement et il était aisé de deviner que la jeune fille était à l'évidence sous l'emprise de l'alcool. Ce détail fit particulièrement sourire la jeune femme qui avait une mauvaise idée en tête : elle voulait jouer. Il est amusant de voir ce qu'une personne peut cracher sous l'emprise de l'alcool comme par exemple des secrets jamais avoués, un passé lugubre, enfin, des informations fort utiles. Et il s'avère qu'Aliénor ne connaissait en rien cette jeune fille, peut-être était-ce le moment d'en profiter... Mais il fallait tout d'abord tourner autour du pot si elle ne voulait pas réveiller des soupsons :

- Et tu as pu avoir des renseignements à ce sujet ?

Elle écouta la violoniste complètement ivre lui expliquer que cette dague était incrustée de pierres précieuses et son voleur séjournait encore en ville.

- Celui-là c'est pas un ladrini, c'est moi qui vous le dis ! Lâcha alors Sytrinn avec désinvolte.

Aussitôt, Aliénor fronça gravement les sourcils à l'écoute de cette simple phrase, pourtant lourde de sens. La jeune fille aurait-elle fait allusion qu'elle appartenait à la caste des Ladrinis ? Le regard méfiant, elle dévisageait cette fois sa compagne d'un tout autre regard. Elle avait déjà tenté de duper la Rôdeuse en jouant la comédienne et tout comme elle, elle récoltait des informations dans les tavernes. Il était difficile de cerner son caractère car la jeune fille détenait deux facettes bien distinctes, comme si elle jouait un Rôle... Plus la Rôdeuse réfléchissait, plus elle se disait que la personne qui se tenait devant elle travailler pour les Ladrinis. Caressant doucement ses lèvres d'un air anxieux, elle s’apprêtait à lui poser un peu plus de questions mais la violoniste la devança en lui demandant si elle n'était pas d'accord sur la qualité du repas.

Aliénor se secoua légèrement la tête comme pour s'obliger à sortir de ses songes. Mais avant même qu'elle put offrir une réponse à sa camarade, cette dernière frappa violemment la table et y déposa quelques Dias pour payer le dîner. Il semblerait que ça soit l'heure pour la jeune fille de rejoindre le Royaume des Songes ! C'est avec un regard inquiet qu'elle vit sa coéquipière se relever péniblement. Ce qui était sûr, c'est qu'elle n'arrivera jamais à monter les escaliers ! Et encore moins marcher... D'ailleurs, elle perdit l'équilibre à peine avait-elle fait un pas en avant. Aliénor eu alors comme réflexe de se relever, ce qui permit à Sytrinn de se rattraper sur son épaule. Sous l'ivresse, l'ivrogne flatta alors la Rôdeuse de sa beauté et lui demanda pourquoi elle se cachait sous ce capuchon. D'ailleurs, elle tenta de le lui retirer et la femme encapuchonnée eut comme réflexe d'avoir un mouvement violent de tête. On ne touche pas à la capuche d'Aliénor ! Fort heureusement, l'impétueuse perdit toute ses forces avant qu'elle put atteindre son but.

La Rôdeuse observa cette jeune fille complètement ivre d'un regard lamentable et lourd de reproches. Elle secoua la tête avec exaspération avant de lâcher un long soupir de découragement. Elle était pas belle à voir dans cet état... La prochaine fois, elle devra s'abstenir sur les alcools qui ne sont pas " de son âge ". N'ayant plus trop le choix, Aliénor l'aida à marcher et à grimper les escaliers. Heureusement qu'elle n'était pas lourde ! Elle l’emmena ensuite dans sa chambre et ouvrit sans plus tarder la porte d'un grand coup de pied. Oui, elle ne faisait pas dans la fine dentelle... Elle déposa son fardeau sur le rebord du lit et lança un regard vers le renard qui était tout aussi exaspéré que la jeune femme. Il n'avait pas l'air content de la voir dans cet état. Elle lui donna alors un sourire d'encouragement et partit dans la pièce, tandis que Sytrinn la remerciait de sa petite voix.

La porte fermée, Aliénor lâcha un long soupir avant de repartir vers le hall. Si le soirée était terminée pour sa coéquipière, elle ne l'était pas pour la Rôdeuse. Cette dernière voulait la prolonger en restant seule, dans le calme, au coin du feu. C'est ce qu'elle fit en descendant les escaliers. Prenant place devant la cheminée, sous le regard soulager de la gérante qui revit la cliente qui n'avait pas payer sa part, elle sortit sa pipe, l'alluma et tira une bouffée.

Elle resta ainsi un long moment, à fumer et à observer les flammes d'un air pensif. La tavernière l'avertit, alors que l'horloge sonnait minuit, qu'elle allait fermer. Aliénor éteignit alors à regret sa pipe et monta dans sa chambre, en n'oubliant pas de payer la gérante pour son repas. Dans sa chambre, elle se déshabilla avec lenteur, sentant qu'elle n'avait plus pour longtemps. Elle en avait fait assez pour aujourd'hui et son corps ne réclamait que le repos qui lui était du. Habillée d'une fine chemise de nuit, elle rentra dans son lit bien chaud avec un soupir de soulagement, et s'abandonna au Royaume des Songes quelques instants plus tard...

*~*~*

Ce fut les lueurs du soleil matinal qui réveilla la Rôdeuse. Gémissant de désarroi, elle tenta de replonger à nouveau dans son sommeil, en vain. Elle maudit alors les volets cassés qui permirent à la lumière de s’infiltrer dans sa chambre et chatouiller le nez de la dormeuse. N'ayant plus le choix, elle s'assit péniblement sur son lit, restant un moment ainsi, le regard dans le vide, avant de se frotter le visage. Elle avait beau avoir l'habitude de se réveiller à l'aube, elle avait toujours quelques difficultés quand il s'agissait de se lever.

Et d'une démarche maladroite et titubante, elle s'avança jusqu'à la salle de bain où elle plongea son visage dans l'eau glacée. La morsure du froid sur sa peau permit à Aliénor de reprendre tout ses esprits et de la pousser à entamer cette nouvelle journée qui commençait. Mais avant, elle s'habilla et rangea ses affaires car elle n'avait pas l'intention de dormir une deuxième nuit ici. Elle remit son arc en place, prit ses deux dagues, porta son sac et abaissa son capuchon sur son visage. C'était bon, elle était prête. Elle quitta alors sa chambre et alla dans le hall où la gérante était déjà debout. Cette dernière demanda aussitôt sa commande pour le petit déjeuné et la Rôdeuse lui commanda une bonne tasse de thé avec du pain et du beurre. Elle paya sa commande et partit avec vers une table, toujours au coin du feu.

Avec appétit, elle entama son petit déjeuné. Mais à peine avait-elle prit quelques gorgées de son thé que Sytrinn fit son apparition. Le premier réflexe d'Aliénor était de vérifier si la jeune fille avait la gueule de bois et, effectivement, elle l'avait, ce qui fit ricaner la Rôdeuse. La violoniste la salua d'un mouvement de tête et la jeune femme le lui rendit poliment. Elle se doutait bien qu'elle allait partager son petit déjeune avec elle car après tout, elle avait souper ensemble la veille... C'est alors sans surprise qu'elle vit Sytrinn s'asseoir dans la chaise d'en face avec un étrange breuvage dans la main et une galette. Elle lui demanda alors si elle avait bien dormit et elle lui dévoila l'identité de son mystérieux breuvage. " Je veux même pas savoir ce qu'il y a dedans " pensa Aliénor en relevant un sourcil d’appréhension. Mais sa contemplation fut troublée par la voix fluette de sa compagne qui voulait s'excuser pour le veille. A ces mots, la Rôdeuse ne put s'empêcher de sourire avant de lui déclarer :

- Oui, j'ai bien dormi... Mais je te retourne la question. Tu n'avais pas l'air très en forme hier... Plaisanta-t-elle en lançant un regard de complice à Falko. Mais tu n'as pas à t'excuser pour hier. Après tout, cela arrive à tout le monde...

Elle termina sa dernière tartine au beurre et avala le restant de son thé. Ayant terminé de déjeuner, elle se leva et prit son sac. Elle allait partir, il n'y avait plus rien qui lui rattachait à cette auberge. Elle avait payé, elle avait mangé, elle avait dormit, elle pouvait à présent reprendre sa route. Se tournant vers les deux amis qui lui ont servit de compagnon de route durant plus d'un moi, elle fit ses adieux :

- Adieu Sytrinn, peut-être nous reverrons-nous à Tyrhénium. D'ici là, je te souhait bonne chance pour ta mission et bon vent ma fille ! N'oublies pas de suivre ta route et poursuivre tes rêves.

Elle avait dit ses paroles avec un magnifique sourire qui rayonnait sur son visage sombre. Elle lui avait offert sa bénédiction, puisse les Dieux veillaient sur elle sur sa Destinée... Elle se pencha ensuite sur Falko et attrapa son menton de renard avant de déposer un baiser sur sa truffe.

- Au revoir mon petit Falko, tu me manqueras ! Lâcha-t-elle en lui ébouriffant doucement son pelage.

Sans plus tarder, elle traversa le hall de l'auberge, salua une dernière fois la tavernière et poussa la porte de l'établissement sans jeter le moindre regard derrière son épaule. Sa silhouette disparut, tout comme le bruit de sa cape qui claquait au vent...


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Lun 29 Aoû - 2:39

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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Jeu 1 Sep - 3:32

A peine avait-elle fermé la porte qu'elle sentit le froid s'engouffrer dans sa cape, lui procurant des frissons. Le vent frais de Cimmeria lui caressa la joue tandis qu'une certaine cacophonie agressait ses oreilles. Pour une Rôdeuse ayant parcourut des kilomètres et visitée nombreuses citées, il était facile pour elle de reconnaître la symphonie du jour du marché. Alors un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres et enfoui dans sa cape grise mouchetée de bleue, elle suivit les bruits. Quelques pas suffit pour atteindre les ruelles commerçantes et atteindre cette vague d'habitants qui déferlaient devant les stands. Aliénor observa un moment ce spectacle avec un sourire aux lèvres. Le seul moment où on pouvait croiser des gens, plonger dans une agitation des plus saisissante ou sentir la chaleureusité des habitants de la Cité de Hellas, c'est bien durant le jour du marché. Qu'il était bon de voir que cette ville sobre et froide s'animait ainsi comme une fourmilière ! Cela donné le sourire à Aliénor qui connaissait les difficultés du pays.

Prenant une grande inspiration, elle se laissa emporter par le torrent. Les stands défilaient, offrant comme marchandises des merveilles pour les yeux comme pour les papilles. Il y avait des spécialités de la région, des objets qu'on ne trouvait nul part ailleurs, des grigris en tout genres... Les marchands criaient, attiraient par tout les moyens de nouveaux clients. Aliénor regardait ce qu'ils vendaient, essayait, touchait, sentait, tout était possible. Elle n'hésitait pas à engager la conversation, soustrayant des informations, des rumeurs, mais aussi des histoires, des souvenirs, des petits secrets... C'est ce qu'elle aimait faire le jour du marché. Avoir des contacts avec les étrangers, c'est comme ça qu'on apprenait certaine chose.

La Rôdeuse traversa ainsi les ruelles, abordant avec les marchands et admirant ce qu'ils avaient à vendre. Mais alors qu'elle tentait de se frayer un chemin, elle remarqua à sa gauche une ruelle déserte. Curieuse, elle y entra et sentit qu'elle respirait à nouveau à l'absence de passants. Continuant son chemin seule, elle tourna à nouveau à gauche et se retrouva nez à nez avec une armurerie. Alors un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres : elle avait trouvé son petit bonheur. Et sans plus tarder, elle poussa la porte tandis qu'une clochette retentit pour annoncer sa venue au vendeur. Ce dernier, penché derrière son comptoir, se releva promptement. Le commerçant semblé avoir un âge avancé et n'avait guère avoir une allure de grand guerrier. Pourtant, Aliénor savait que les apparences pouvait être trompeuse et elle ne doutait pas une seule seconde que cet homme était un connaisseur en arme.

- Bien le bonjour, demoiselle ! Déclara-t-il chaleureusement.
- Bonjour, messire, fit-elle avec un beau sourire.
- Soyez la bienvenue dans mon armurerie ! Vous trouverez ici tout ce dont vous aurez besoin ! N'hésitez pas à me poser des questions si vous voulez des renseignement, je me ferais un plaisir d'apporter vos réponses ! Et euh... Cherchez-vous quelque chose en particulier ?
- Non, rien pour l'instant. Je suis juste là pour jeter un coup d'oeil... et un endroit aussi pour respirer, ajouta-t-elle avec amusement.
- Je vois que vous veniez du marché, lâcha-t-il avec un sourire, mais faîtes donc comme chez-vous ! Quand c'est le marché, mon magasin est tristement vide.
- J'en suis désolée...
- Oh vous en faites pas, ça me donne au moins le temps de faire quelques rangements ! Mais je vous en prit, je vous fait perdre votre temps... Je vous laisse à vos admirations !
- Merci, messire... Finit-elle par dire reconnaissante.

Laissant le marchand seul, Aliénor commença à observer les étagères où disposaient diverses armes et armures. Elle avait les yeux qui brillaient de malice, comme une enfant devant un magasin de jouets. Les armes et la Rôdeuse, c'était une grande histoire d'amour... Elle monta les escaliers qui menaient à l'étage supérieur qui était découvert, ce qui permettait d'avoir une vue d'ensemble du magasin. Avec curiosité, elle alla se pencher discrètement à la rempart, juste au dessus du commerçant afin de voir ce qu'il faisait. Il semblerait qu'il fasse les comptes, rien d’intéressant pour la jeune femme. Elle alla alors observer les armes dans un coin, et soudain, la clochette retentit. Curieuse, Aliénor voulut voir qui était le nouveau arrivant, mais par habitude, elle préféra rester cachée aux yeux de tous. C'est donc avec discrétion qu'elle sortit de son coin pour observer ce qu'il se passait en bas. L'inconnu semblait un personnage des plus curieux, il cherchait du regard si il n'y avait pas quelqu'un d'autre dans l'établissement et quand elle sentit qu'il allait lever les yeux à l'étage supérieur, la Rôdeuse eut comme réflexe de se retourner et de se cacher derrière l'étagère. Ses instincts de Rôdeuse fut aussitôt en alertes, cet homme ne lui inspirait pas confiance.

La jeune femme jeta un regard par dessus son épaule et tandis que le commerçant fit ses salutations, une autre personne vint dans l'armurerie mais étrangement, la clochette ne retentit pas. Quelle fut la surprise d'Aliénor en voyant que c'était Sytrinn ! Cette dernière vint aussitôt se cacher derrière une étagère et ceci suffit à l'Eryllis pour identifier l'inconnu : le voleur de la dague sacrificielle. Dans la plus grande discrétion et dans un silence de plomb, la Rôdeuse observa la scène.

L'homme présenta la dague au commerçant, voulant savoir combien pouvait-il en tirer. Le vendeur identifia aussitôt la dague volée, sans étonnement pour l'Eryllis qui se doutait bien qu'il était un connaisseur d'armes, et le vieil homme le menaça d'appeler un garde... Grossière erreur. Le voleur répliqua au quart de tour et menaça cette fois le commerçant de lui trancher la gorge ! Avant même qu'Aliénor put répliquer pour aller au secours du vieil homme, elle sentit que Sytrinn lui lançait des regards insistants, surtout en direction de la porte... " Elle veut tout de même pas que je m'en aille ? " pensa-t-elle en fronçant des sourcils " Ça c'est la meilleure ! " En guise de réponse, elle leva les yeux au ciel, l'air désespéré et se retourna dans les étagères. Sans la moindre hésitations, elle prit dans ses mains un casque. Elle testa sa lourdeur en le faisant voler dans sa main et quand elle fut satisfaite, elle hocha doucement la tête.

Aussitôt, elle sortit des étagères et se plaça au milieu de l'étage. Le voleur fut aussitôt en alerte et leva les yeux... Pour ne plus rien voir. Un bruit répercutant résonna dans la salle tandis qu'il lâcha un grognement sonore. Le casque roula à terre tandis qu'il se tenait le front avec une grimace de douleur... La Rôdeuse venait de lui lancer le casque en pleine poire. Cette dernière profita de cet instant pour sauter de la rempart et atterrir sur le comptoir du commerçant. Aux alertes, le voleur leva la tête... Avant de prendre un coup de botte dans la face. Le coup fut tel qu'on pouvait entendre les os de son nez se craquer et perdant l'équilibre, l'homme fit quelques mouvement de recule en tenant son nez en sang. Quand il ouvrit à nouveau les yeux et qu'il posa son regard à nouveau sur le commerçant, il vit une femme encapuchonnée, habillée d'une cape grise mouchetée de bleue, au sourire des plus moqueurs et des plus malicieux, se dressait avec fierté sur le comptoir. Aliénor, se payait de sa tête.

- Sale catin ! Tu vas me le payer ! Lâcha-t-il en se rapprochant dangereusement d'elle avec son arme à la main.
- A terre... Ordonna Aliénor à l'intention du commerçant.

Ce dernier ne se fit pas prier, et se cacha aussitôt derrière le comptoir. Quand à la Rôdeuse, elle dégaina ses dagues et le son métallique de ses lames retentit dans la salle. L'atmosphère devint soudain lourde et oppressante, les deux adversaires se dévisageait avec hautin. Prenant soudain de l'élan, le voleur se jeta sur la Rôdeuse en hurlant. La jeune femme évita le coup en faisant un saut sur le côté et la lame de son adversaire ne toucha que le bois du comptoir. Atterrissant sur le sol froid et dure, Aliénor eut tout juste le temps de poser ses dagues en " x " devant son visage pour contrer le coup du voleur qui était déjà sur elle. L'Eryllis répliqua aussitôt en donnant un coup de botte dans l'estomac pour le faire reculer, chose qu'il fit en perdant son souffle. Sur pieds, la femme encapuchonnée grimpa les escaliers, poursuivit par l'étranger et à peine elle atteignit l'étage qu'elle fit volte face pour stopper le coup qu'aller lui portait son adversaire derrière son dos.

- Tsss ! On t'a jamais dis que c'était lâche de donner un coup de dague dans le dos ? Cracha-t-elle en utilisant toutes ses forces pour empêcher que la lame du voleur l'atteigne.
- Je suis un voleur ! Je ne fait pas dans la bretelle ! Lâcha-t-il avec amusement.

Il fit un pas en arrière, libérant l'emprise de leurs armes. Les dagues toujours en mains, les deux Terrans se dévisageaient avec hautain. ils se tournaient autours, attendant que l'autre réplique. Tout deux avaient un sourire moqueur sur leurs lèvres, provoquant l'autre et au fond, tout deux s'amusaient de cette situation. Voilà longtemps qu'ils n'avaient pas croisé le fer avec un adversaire digne de ce nom. Mais qui sortira vainqueur de ce duel ?

- Finit de jouer, catin ! Déclara le voleur faisant tourner sa dague dans sa main, montre moi ce que tu as dans le ventre !
- Mais je t'en pris ! Je ne faisais que commencer ! Persifla-t-elle avec un sourire malsain.

Les deux Terrans se jetèrent dans la mêlé et le fracas de leurs armes se répercutait dans l'armurerie.


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 18 Sep - 2:25

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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mer 21 Sep - 0:35

A l'étage supérieur, tandis que Sytrinn était occupée par ses affaires, les deux adversaires se battaient. Danse endiablée, rythmée par la symphonie des lames qui s’entrechoquaient avec violence, leurs mouvements étaient d'une précision effarantes. Chaque coups portés avaient un but précis qui était d'arracher les lambeaux de chairs de l'adversaire et chaque coup étaient interceptés avec autant de fluidité que de brutalité. Leurs corps s’effleuraient, se touchaient et leurs souffles se rejoignirent en un seul. Leurs regards se croisèrent, brillant de défi et brûlant de malices. Les deux ennemis dansaient, jouaient, se défiaient et ils prenaient beaucoup de plaisirs.

Et alors que le voleur contra un coup, il lui lâcha d'une voix mielleuse :

- C'est tout ce que tu peux faire, ma jolie...
- Déçue ?


Aliénor fit un pas en arrière pour éviter l'arc de cercle que dessinait la dague de son ennemi et contra un autre coup. Cette fois, l'homme était sur elle, le visage près du siens... Si près qu'elle pouvait sentir son souffle sur sa joue. Ses yeux brûlant était plongé dans les siens et abordant un sourire moqueur et charmant, il lâcha dans un souffle :

- Pas vraiment...

La Rôdeuse aborda à son tour un sourire moqueur et d'un coup brutal, elle écarta son adversaire. Et alors qu'elle allait lui assigner d'un coup, le voleur tomba violemment à terre, surprenant à la même occasion la jeune femme. Cette dernière vit alors la silhouette de Sytrinn se dressait derrière lui et elle lui confia que cette situation n'était pas plaisante et qu'elle aurait voulu que les choses se passent autrement. Cette remarque ne fit ni chaud, ni froid à l'Eryllis qui hocha les épaules. On ne pouvait pas tout avoir dans la vie. Mais alors que le voleur se releva de sa chute, la violoniste eut comme réflexe de se jeter sur elle qui, cette dernière, n'eut pas le temps d'anticiper le moindre geste. C'est donc avec douleur qu'elle sentit le sol froid lui fouettait le dos.

Avec mécontentement, elle aida Sytrinn à se relever mais à peine la jeune fille sur pied qu'elle se précipitait déjà sur le fuyard qui tentait de prendre la fuite. Cette fois, Aliénor ne suivit pas la violoniste, elle préférait rester à l'étage. Elle lâcha un long soupir découragé par le comportement de sa compagne qui avait interrompu son combat fort divertissant avec le voleur. Pour une fois qu'elle s'amusait... Tiens, Sytrinn venait de passer par dessus de la balustrade ! Curieuse, la Rôdeuse se précipita si elle avait bien atterrit sur ses pattes. Un sourire apparut sur ses lèvres quand elle vit la jeune fille se dressait dans le Hall. " Elle n'a plus besoin de moi maintenant, elle peut terminer le travail " pensa-t-elle en s'adossant contre le mur près des étagères.

Rangeant ses deux dagues et prenant place contre le mur, elle croisa les bras et elle comptait observer attentivement le spectacle qui se déroulait à contre bas. Tiens, une dague d'or et de pierres précieuses vola dans la pièce pour allait se planter contre l'étagère d'à côté. Aliénor la reconnu comme étant la dague sacrificielle et c'est presque avec nonchalance qu'elle alla la récupérer. Finalement, son intention se porta, non pas au combat qui opposé Sytrinn et le voleur, mais par cet étrange objet. La tournant dans tout les sens, l'Eryllis trouvait réellement ridicule d'habillé cette lame par telles fantaisies. Rien n'était plus beau qu'un belle arme forgée par le fer et non pas par un bout d'or et quelques pierres brillants parsemés dans le manche. " Les gens ne savent pas comment aimer les choses à leurs justes valeur " se lamenta-t-elle en secouant doucement la tête.

Finalement c'est quelques complaintes sourdes qui sortit la jeune femme de sa rêverie. Levant la tête, elle fut étonnée de voir que le brigand était à terre, accroché par quatre dagues sur sa cape, et se pliant de douleurs. Sytrinn avait fait son bouleau. D'ailleurs cette dernière s'était empressée de récupérer la dague sacrificielle des mains d'Aliénor en lui donnant quelques indications que la Rôdeuse fit à peine attention. En gros, elle partait et lui laissait toute la seule besogne. " C'est gentil ça... " pensa-t-elle en lâchant un long soupir.

Elle attendit que Sytrinn parte de l'armurerie pour descendre des escaliers et se diriger vers le local où était caché la vendeur. Toquant à la porte, elle déclara d'une voix autoritaire que le vieil homme pouvait sortir.

- C'est fini ? Demanda-t-il d'une petite voix effrayée.
- Oui, c'est fini... Le brigand est à terre et la dague volée va retourner chez son propriétaire. Les Gardes vont arriver d'une minute à l'autre et votre magasin est rangé maintenant...

Pourtant, il ne voulait pas sortir, pas tant que les gardes ne soient pas arrivé.

- C'est comme vous voulez... Lâcha la jeune femme en haussant des épaules.

Quoi qu'il en soit, elle alla rejoindre le brigand toujours à terre et se lamentant de son sort. D'une voix mielleuse et moqueuse, Aliénor lui demanda :

- Ça fait quoi de se faire battre par une gamine ?
- La ferme !
- Oui, très mal, j'imagine...


C'est alors que les Gardes rentrèrent dans le magasin suivit du petit Falco. Le chef questionna aussitôt la Rôdeuse qui s'empressa de lui résumer la situation. Certains soldats partirent voir le vendeur qui s'est enfermé pour le faire sortir, tandis que d'autres détachèrent les dagues pour empoigner le voleur.

- Je vous remercie de l'aide dont vous nous avez apporté... Lâcha le chef aux yeux étonnement bleus.
- Que Kesha veille sur vous, mes braves... Dit-elle d'une voix douce et sereine.

Le garde la remercia d'un geste de la tête. Il lança ensuite quelques ordres à ses camarades, mais Aliénor ne put savoir de quoi il s'agissait car déjà la porte de l'armurerie se refermait sur elle. Elle était à présent dans la ruelle déserte et l'air qui remplissait ses poumons lui fit un grand bien.

- Quel journée mais Aïeux ! Déclara-t-elle en fixant le ciel recouvert, comme si elle s'adressait aux Dieux.
- N'est-ce pas ?

Surprise d'entendre une voix si familière, elle se retourna vivement, faisant claquer sa cape au vent, et fit face à un petit renard qui trottait jusqu'à elle.

- Falco... Souffla-t-elle avec douceur.

Quand ce dernier arriva au pieds de la jeune femme, Aliénor le prit délicatement dans les bras. Refermant son emprise sur lui, sa cape s’abattit sur lui comme les deux grandes ailes d'un ange noirs. Le tenant fermement au chaud, ou seul son museau sortait de la cape, l'Eryllis lui offrit un baiser sur sa truffe et l'enlaça avec un tendre sourire.

- Heureuse de te revoir mon petit Falco... Serais-tu où se trouve ton amie ?
- Ou... Oui. Dit-il en bégayant.

Affichant un radieux sourire, la Rôdeuse reprit la route dans le froid. Bientôt, sa silhouette se fondit dans la foule et le brouhaha du quartier commerçant.


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mer 28 Sep - 20:22

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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Sam 15 Oct - 1:12

Aliénor tenait fermement dans ses bras la boule de poil orangée prénommée Falko. Non seulement il lui procurait de la chaleur sous sa cape rabattue sur le renard, mais il était aussi d'une agréable compagnie. Depuis qu'elle avait quitté l'armurerie, elle se faisait guider par l'animale pour rejoindre Sytrinn chez la prêtresse qui avait la charge de cette fameuse dague sacrificielle. Mais très vite, emportée par les passants et l'ambiance du marché, la Rôdeuse oublia son objectif qui était de rejoindre la violoniste. Maintenant qu'elle y pensait, elle n'était pas la bonne à tout faire de la jeune fille impétueuse et elle n'allait surement pas gâcher sa promenade pour ses beaux yeux ! Alors, même si Falko n'était pas consentant car il aurait préféré rejoindre sa tendre compagne, elle décida de prendre tout son temps pour observer les marchandises et discuter avec les vendeurs. Pour changer les idées du renard, elle l'interpella pour savoir son avis sur tel objet ou tel nourriture. Il semblerait qu'il s'y prêta au jeu au bout d'un moment.

Ce que Aliénor appréciait dans les marchés, c'était de sentir tout les parfums qu'il en dégageait, écouter les paroles des gens emportées par le vent et surtout, admirer ce que proposaient les échoppes. Les armes étaient son domaine préféré, pouvant rester des heures à dévorer du regard ces objets dangereux et poser des questions aux forgerons et aux vendeurs. Les habits ne l’intéressaient guère mais la nourriture lui mettait l'eau à la bouche. C'était aussi ça les petits plaisirs du marché : on avait certaines fois la possibilité de goûter certains délices pour mieux se faire piéger par le vendeur qui usait tant de stratagèmes pour faire vendre leurs produits. C'était donc toujours un plaisir pour la jeune femme, et pour Falko apparemment, de goûter aux dégustations, voir les spécialités des régions, mais rare quand elle décidait d'acheter le produit... Autre chose dont la jeune femme adorait : les livres ! Bien qu'il y ait peu d'échoppe sur les ouvrages, dès qu'elle en trouvait, elle s'y précipitait et restait un long moment le nez dans le bouquin... Oubliant qu'elle avait une boule de poile dans sa cape. D'ailleurs, elle venait tout juste de fermer un ouvrage quand elle vit une impressionnante monture se dressait devant elle. Levant les yeux au ciel, elle distingua une silhouette fort familière : Sytrinn.

Cette dernière descendit à cheval sous le regard exaspérée de la Rôdeuse qui sentit que sa promenade en solitaire prenait fin. Décidément, elle avait hâte de retrouver sa vie de nomade avec pour seule compagnie son tendre compagnon... Elle aurait au moins plus de violoniste dans ses pattes qui ébranlerait ses petits moments de solitudes à tout bout de champ ! Et pourquoi elle lui tendait une bourse ? La récompense pour cette mission ? Ah non, elle n'en voulait pas ! D'ailleurs, Aliénor n'eut même pas eu le temps de répliquer car Sytrinn lui coupa tout élan en interceptant les pensées de la jeune femme. Cette dernière eut un sourire moqueur sur ses lèvres, la violoniste finissait pas la connaitre à force de la côtoyer durant un bon mois.

Après quoi, la jeune fille lui annonça avec sérieux qu'elle allait se rendre à Noathis. A ces mots, la Rôdeuse grinça des dents, redoutant le pire. " Ô Fen ! Faîtes que ceci n'était pas une nuance pour que je l'accompagne jusqu'à sa nouvelle destination ! J'ai accepté de l’emmener, à contre-coeur, jusqu'à Hellas. Mais par pitié, ne me mettez pas encore à l'épreuve ! Ma fidélité pour Solitude s'ébranlera à nouveau et je ne sais si mon coeur le supportera... " pensa Aliénor qui s'élançait dans un monologue intérieur. Mais, il semblerait que Sytrinn voulait juste lui proposer de payer ses dépenses pour les préparatifs de son prochain voyage, chose qu'Aliénor répliqua aussitôt :

- Désolée Sytrinn, mais je vais incliner ton offre...

Même si elle lui en avait fait baver durant tout son voyage, même si elle aurait préféré voyage seule que en sa compagnie et même si elle avait beaucoup de mal à ressentir de l'empathie à cette mystérieuse bout de femme, il était hors de question pour Aliénor d'accepter son argent, même pour payer son apprivoisement. C'était ainsi, elle avait été élevé ainsi.

Alors la jeune fille proposa à la Rôdeuse de la rejoindre pour un dernier repas en sa compagnie et Aliénor eut un frisson de déplaisir. Non pas qu'elle ne voulait pas être en sa compagnie... Enfin, si ! En réalité elle ne voulait pas manger en sa compagnie. Solitude lui manque, elle donnerait tout pour rejoindre ses bras et s'y blottir. Et voilà que Sytrinn lui faisait durer son supplice ! Elle lui avait déjà accordé son dernier repas, ne se rappelait-elle pas ? La veille au soir, dans l'auberge. Et même ce matin au petit déjeuné ! Cela ne lui était pas suffisant ? Elle voulait encore la revoir une énième fois ? " Mais quelle sangsue... " ne put s'empêcher la jeune femme qui sentait que la mauvaise humeur prenait possession de son corps. Entre ce mois de voyage et ce matin à l’armurerie, la Rôdeuse avait vraiment de quoi être en rogne ! Mais par pure gentillesse et parce que elle était trop aimable avec autrui, Aliénor murmura d'une voix douce et sombre, en usant toute ses forces pour ne pas lâcher un long soupir :

- Pourquoi pas...


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 16 Oct - 0:54



Dernière édition par Sytrinn Sandström le Jeu 2 Fév - 19:57, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 30 Oct - 21:48

La réponse d'Aliénor toucha apparemment Sytrinn. Elle soupira, détourna son regard un instant avant de revenir en direction de la capuche de la Rôdeuse. Cette dernière l'observait en silence. Sous ses yeux, elle vit les traits du visage de la jeune fille littéralement changer. Elle semblait crispée, pâle, et elle abordait un sourire désolé. Ses yeux, clef de la vérité et de l'âme, luisaient de découragement et de tristesse. Sytrinn était affligée et Aliénor savait qu'elle en était la cause. Elle n'avait pas vraiment tenté de cacher à la violoniste que cela l'agaçait d'être à nouveau en sa compagnie. Si ses yeux pouvait être cachés aux yeux de tous pour que personne ne puisse la lire comme un livre ouvert, sa voix par contre pouvait toujours trahir ses pensées. Oui, elle aurait put le dire d'une façon plus direct, mais Aliénor craignait que cela aurait été plus douloureux pour Sytrinn. Cette dernière n'était pas au moins niaise, elle avait réussit à comprendre le sous entendu. La Rôdeuse était-elle une sans coeur ? Pas vraiment, ça peut se discuter.

Un lourd silence pesait entre les deux aventurière et cela contrastait terriblement avec le brouhaha du marché. Aliénor oublia même tout ce qui l'entourait tellement l'ambiance était tendu. Les gens passaient à côté d'elle, la bousculaient certaine fois, mais la Rôdeuse resta impassible, droite et ne quitta pas du regard son interlocutrice. Elle attendait patiemment une réponse de la part de Sytrinn. Non, l'Eryllis n'avait pas réellement de remord. Cette sale journée lui avait assez irritée comme ça, cette même irritation qui l'aveuglait en ce moment même et étouffait sa bonne conscience... Tout ce qu'elle voulait, c'était de retrouver sa vie de nomade solitaire.

Sytrinn s'avança vers la Rôdeuse pour parler à son compagnon à quatre pattes qui était toujours blottit dans la cape d'Aliénor. Elle l'aborda avec un ton moqueur, faisant allusion qu'il lui faisait une infidélité en restant avec l'Eryllis à goûter les spécialités du marché. La nomade ne réagit pas à cette boutade, elle n'avait pas le coeur à sourire. Elle préférait observer la violoniste qui s'adressa à elle d'un air sérieux. Cette dernière lui disait qu'elle n'était pas obliger d'accepter par pure politesse son invitation et qu'elle comprendrait son refus car elle ne voulait plus l'importuner d'avantage. Elle rajouta de plus, en grimpant sur son cheval, que si jamais elle changerait d'avis, elle pourrait les rejoindre dans l'auberge. Aliénor se promit en s'en fort intérieur d'en prendre note et remis à Sytrinn, presque à contre coeur, le petit Falko. L'Eryllis n'avait dit guère un seul mot de tout l'entretien et garda toujours le silence quand la violoniste partit au galop... Alors, la Terranne lâcha un long soupir, se sentant soulager de s'être débarrasser d'eux. Mais quelque chose lui tracassait, comme si les paroles de la jeune fille lui avait réveillé quelque chose en elle et petit à petit naquit au plus profond de la jeune femme comme un sentiment de culpabilité. Enfin, ce n'était pas sûr. Se sentant soudain oppressé par toute cette foule, Aliénor se hâta de sortir de ce marché pour rejoindre une ruelle tranquille et paisible. Elle continua son chemin, s'éloignant à grand pas du brouhaha. Au bout de quelques minutes, elle cessa de marcher et s'assit dans un banc. L'agitation du marché n'était plus qu'un murmure et cachée dans un labyrinthe de petites ruelle et de passages déserts, elle trouva un coin tranquille pour pouvoir remettre ses idées en place.

Aliénor sortit de sa sacoche sa pipe et la fourra d'herbes avant de l'allumer. Elle la porta à bouche et prit une grande inspiration. Elle dégusta ainsi l'arrière goût du tabac au fond de sa gorge qui commençait à lui brûler. Peu à peu, elle se détendit et observa d'un air innocent la fumée voluptueuse s'échapper de ses lèvres gercées. Elle observa... et ferma les yeux.

*~*~*

- Ne fait pas la sourde oreille Aliénor... Je sais très bien que tu ne dors pas.

Le feu crépitait doucement et éclaira faiblement la clairière. Les trois lunes trônaient dans le ciel étoilée et un silence apaisant régnait. Seul le chant des hiboux et le bruissement du zéphyr osaient perturber cette tranquillité. Grim buvait goulûment son thé en gardant un oeil sur son apprentie. Cette dernière, roulait dans sa couverture près du feu de camp, ne voulait pas entendre son sermon et fit mine de dormir. Lâchant un long soupir, le Rôdeur déposa sa tasse et se leva. La fillette, qui avait entendu son maître se lever, se mit en boule, sentant qu'il allait la chercher de force. Et plus les pas se rapprochèrent, plus ses muscles se crispèrent et un frisson s'échappa de son échine quand elle entendit qu'il s'était arrêté. Aussitôt, elle sentit des bras fort l'attraper par la taille et Aliénor, qui fut tout aussi effrayée que surprise, lâcha un petit cri. Elle se débattit alors dans ses bras, encore enroulée dans sa couverture, faisant rire son maître qui trouvait cette situation des plus amusantes.

- Grim ! Lâches moi ! Je veux pas...
- Ce n'est pas toi qui décides, jeune fille...


A ces mots, il s'assit par terre et lâcha sa protégée qui se trouva sur ses fesses, entre les jambes de son maître et la couverture sur la tête. Alors que ce dernier prit à nouveau sa tasse de thé pour boire une gorgée, Aliénor tenta de prendre la fuite mais elle sentit aussitôt une poigne de fer attraper son épaule. Elle fut alors repoussé en arrière et son dos rencontra violemment le torse du Rôdeur.

- Où crois tu aller comme ça ? J'ai deux ou trois mots à te dire et tu retourneras au lit après que tu m'aies écouté.

La fautive baissa alors la tête, sentant qu'elle ne pourra pas y échapper. Son maître lâcha un long soupir découragé et doucement, il reprit la couverture d'Aliénor pour la couvrir correctement.

- Aliénor, ton comportement a été honteux aujourd'hui... Quand quelqu'un fait appelle aux Rôdeurs, le minimum que tu dois faire est de montrée du respect et non autant d’agressivité !
- Mais, Grim ! Cet homme ne m'inspirait pas confiance et tu m'as toujours dit qu'il fallait être sur ses gardes avec les autres car les apparences pouvaient être trompeuses !
Se défendit aussitôt la fillette.

L'apprentie croisa les bras et tourna la tête. On pouvait lire sur son visage une certaine déception, de la tristesse et de l’incompréhension... Non, elle ne comprenait pas pourquoi son maître lui remontait ainsi les bretelles. Elle avait pourtant suivit ses conseilles ! Alors qu'elle reniflait en essuyant ses yeux mouillés avec sa couverture, Aliénor sentit quelque chose se faufilait autour de taille. Grim l'a prit dans ses bras tandis qu'il se mettait en tailleur avant de reposer sa protégée sur ses genoux croisés. Il enlaça ensuite son apprentie et se pencha jusqu'à ses oreilles pour lui murmurer :

- Écoutes moi Aliénor, tu ne peux mélanger agressivité et méfiance. Ce sont deux choses bien différentes et si tu n'arrives pas à les différencier, je crains que tu ne rencontres que des ennemis sur ta route... Je t'ai dis d'être méfiante, certes, mais pas agressive. Si tu veux t'assurer qu'une personne peut-être réellement de confiance, fais en sorte de t'approcher d'elle même si tu te méfies d'elle. C'est ainsi, Aliénor, que tu te feras des alliés qui sauront à tes cotés durant une impasse ou au bord du gouffre... N'oublies jamais ça, d'accord ?

La jeune fille, touchée par ses paroles et qui avait écouté son maître avec de grands yeux innocents, se réfugia dans ses bras, cachant son minois en larmes dans un plie de sa tunique. Grim sourit tendrement et caressa avec douceur ses doux cheveux bruns. Il alla déposer un baiser sur le front d'Aliénor avant de se pencher à nouveau à son oreille pour lui murmurer d'une voix aussi douce qu'un zéphyr :

- N'oublies pas que les apparences peuvent être trompeuses... C'est en m'approchant d'une fillette qui faisait les poches d’innocents et à l'allure déplaisante que j'ai pu t'avoir à mes côtés, ma petite Aliénor...


*~*~*

L'Eryllis ouvrit les yeux tandis qu'une larme perlait sa joue glacée. Des souvenirs, voilà tout ce qui reste de lui... Et le plus étrange, c'est que ces souvenirs revenaient toujours au bon moment, quand elle s'interroge et doute d'elle même. C'est comme si Grim continuait à veiller sur elle, même au-delà de la mort...

Des petites boules blanches firent leur apparition dans le ciel couvert de gris. Cessant de fumer un moment, Aliénor observa les flocons de neige d'un regard émerveillé et innocent... La neige, quel magnifique spectacle ! Il y avait quelque chose de singulier quand il neige, n'avait vous jamais remarquez qu'il règne un silence des plus troublant tandis que ces tout petits flocons volaient et se laissaient emporter par le vent ? Pas un seul bruit, omis les zéphyrs. Replongeant dans l'enfance, la Rôdeuse admira ce phénomène avec un doux sourire. Si ça ne tenait qu'à elle, elle serait resté des heures à observer la tombée de la neige, mais elle avait un voyage à préparer...

Se levant de son banc, elle se mit en marche vers la taverne, continuant à fumer de sa pipe. Ce souvenir résonnait dans son esprit et la jeune femme se mit à réfléchir au sujet de la relation qu'elle avait avec Sytrinn. Était-elle trop dure avec elle ? Mélangeait-elle comme par le passé agressivité et méfiance ? Maintenant qu'elle y pensait et que son hardeur était calmé, peut-être n'avait-elle pas été juste avec la jeune fille. Elle a laissé son agressivité l'emporter parce que elle savait que cette jeune fille cachait quelque chose à Aliénor. En plus, comme si cela ne suffisait pas, la violoniste a tenté de la duper. Sytrinn avait commencé très mal leur relation, cette faute est impardonnable et cela fit naître une certaine méfiance chez la jeune femme, si bien, qu'elle n'a pas sut différencier agressivité et méfiance... Une faute que lui aurait reproché Grim de son vivant. Pour s'assurer que la jeune fille était de confiance, Aliénor devra s'approcher d'elle, même si cette idée ne lui plaisait pas particulièrement. La Rôdeuse sait qu'elle devra faire des efforts si elle veut mettre à nue la violoniste... Et peut-être lui donner une deuxième chance...

Elle arriva devant la taverne et poussa la porte. Dehors, la neige était tombé et de ce fait, la cape de la Rôdeuse était recouverte d'une fine couche blanche. Elle secoua légèrement sa cape, faisant ainsi tomber le plus possible de neige, mais ne retira nullement sa capuche. D'une geste fluide, elle retira sa pipe de ses lèvres et lâcha une voluptueuse fumée. Aliénor appréciait fumer quand il faisait froid ou quand il neige.

- Oh ! Vous êtes de retour madame ? S'exclama l'aubergiste qui rangeait des verres.
- Pour très peu de temps, hélas, répondit-elle en s'approchant du comptoir. J'ai un long voyage qui m'attend et je voudrais prendre des provisions, si vous acceptez.
- Bien volontiers ! Voulez-vous avec ceci prendre un repas ? Il serait préférable de partir avec le ventre plein pour commencer votre voyage, non ?

Aliénor sourit, et accepta ce conseil. Ainsi, elle commanda comme rations pour son voyage, du pain, du fromages et de la viande fumée. Pour le repas, elle prit à nouveau du fromage, du pain, un potage et de l'Eaux-de-vie de Kesha. L'aubergiste la remercia, et lui conseilla de s'installer à une table le temps de préparer sa commande. La Rôdeuse ne se priva pas, et tandis qu'elle aspirait profondément une bonne bouffée de tabac, elle se dirigea vers Sytrinn et Falko qu'elle les avaient repéré en rentrant. S'asseyant à leur table, elle souffla. Une fumée opaque et voluptueuse s'échappa de ses lèvres, plongeant un instant le visage d'Aliénor dans un brouillard épais.

- Sytrinn, pourquoi veux-tu aller à Noathis ? Demanda-t-elle d'une voix sombre.


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mar 1 Nov - 20:41

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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Mer 9 Nov - 22:34

Sa question resta un certain temps dans le silence, plongeant Sytrinn dans une certaine torpeur. Peut-être avait-elle surprit la jeune fille ? A moins qu'un lointain souvenir ait prit possession de son esprit ? Aliénor ne cherchait pas à savoir, ce qui importait était sa réponse qui allait déterminer les actes à venir de la Rôdeuse. Mais que cherchait-elle à se mêler dans les histoires de la violoniste ? Allait savoir, elle avait peut-être une idée derrière la tête, mais avec ce capuchon qui voilait son visage, il était difficile de deviner ses intentions, bonnes ou mauvaises... Quoi qu'il en soit, la jeune femme attendit patiemment que Sytrinn lui réponde et en profita pour tirer une énième fois sa pipe. Il en sortit alors de ses lèvres rosées une fumée voluptueuse qui dansait dans les airs. Le brouillard se dissipa tout comme la torpeur de la violoniste qui se décida enfin de lui donner sa réponse. Une réponse simple qui ne satisfaisait nullement Aliénior ; elle voulait aller au temple de Délil. La Rôdeuse sentit bien qu'elle lui cachait quelque chose mais elle préféra garder le silence, ne voulant pas rendre plus méfiante sa compagne qu'elle ne l'était déjà. Il va falloir s'approcher d'elle prudemment...

C'est alors que Sytrinn retourna la question à la femme encapuchonnée. Cette dernière s'y était attendu et afficha un sourire en coin. C'était en quelques sortes du " donnant-donnant ", " je te donne ma réponse si tu m'offre la tienne ". Aliénor allait donc lui répondre, mais elle fut coupée par la tavernière qui lui apporta son repas. La Rôdeuse la remercia et prit dans ses mains le bol fumant dont une délicieuse odeur de légumes chatouillait les narines de la jeune femme. Elle approcha alors la soupe de son visage, profitant alors de sa chaleur. Qu'il était bon d'avoir un potage bien chaud par ce temps glacial. Et c'est le regard perdu dans son breuvage qu'Aliénor répondit d'une voix douce et chaude :

- Vois-tu Sytrinn, je n'ai jamais eu de chez moi. Je n'ai pas eu la chance d'avoir un toit, une cheminée, un lit ou même une miche de pain. A dire vrai, je n'ai jamais connu la chaleur réconfortante d'une famille. Depuis mon premier souffle, je me suis retrouvée orpheline et abandonnée à mon propre sort. Ma mère mourut à ma naissance et mon père était surement un homme qu'elle avait rencontré un soir... Je suis, en quelques sorte, le fruit d'une catin et d'un sale ivrogne...

Cette phrase... Dieu sait à quel point elle était difficile à avaler. Pourtant, la jeune femme assumait entièrement l'origine de son sang même si cette réalité pouvait être douloureuse.

- Je suis donc une bâtarde... Et pourtant, cela n'a pas empêché un homme de me prendre sous son aile. Il s'appelait Grim et c'était mon maître ainsi celui que je considérais comme mon père... C'est lui qui m'a fait Rôdeuse... Et en tant que Rôdeurs, nous n'avons pas réellement de chez sois à proprement dit. Grim avait bien une petite maisonnette à Eridania, mais rare sont les fois où nous y allons... Nous sommes nomades. Ainsi, nous voyageons à travers Istheria. J'y ai fait des rencontres fabuleuses et des découvertes que tu ne pourrais même pas imaginer. Notre lit était la terre, notre cheminée le feu, notre musique le vent soufflant dans les arbres et nos gardiens étaient Maraa, Ignia et Talum... Voilà ce qui étaient pour nous notre chez sois. Mais jamais nous nous sommes sentit aussi bien qu'à Noathis. Aucune maison, aucune taverne, aucune chambre était à la hauteur de ce pays. Ainsi, Grim et moi campions beaucoup dans ce lieux qui a nourrit toute mon enfance de merveilleux souvenirs... Oh mais bien sûr, ce n'est pas un endroit très fréquentable où nombreuses bêtes plus effrayantes et plus dangereuses les unes que les autres pouvaient à tout moment nous bondir dessus pour nous égorger. Mais qu'importe, mon maître et moi aimions vivre dans cette nature hostile, bien plus que l'ambiance étouffante d'une cité, et c'est pourquoi nous avons passé une grande partie de notre vie à Noathis... Voilà pourquoi j'y retourne fréquemment. Je n'ai pas de maison, pas de famille... Et la seule chose qui me reste sont mes douloureux souvenirs et cet endroit enchanteresse que je considère à présent comme mon seul refuge.

Un lourd silence régna dans la taverne. Reprenant son souffle, Aliénor but une gorgée de sa soupe aux légumes. Elle sentit aussitôt une vive chaleur passer dans sa gorge avant de descendre jusqu'à son estomac et cette délicieuse sensation la fit frissonner de plaisir. Elle posa ensuite son bol sur la table, et reprit d'une voix toujours aussi douce :

- Si tu acceptes, je t’accompagnerai jusqu'au temple de Délil. La forêt de Sphène n'est pas endroit sûr... Je connais ces lieux et je ne peux te laisser y aller. Dans cette forêt, les animaux ne seront pas tes ennemis, il y a bien pire qu'une bête sauvages...

Elle se pencha ensuite doucement vers Sytrinn, l'air soudain grave. Et dans un murmure aussi glaciale que les blizards d'Hérias, elle lâcha à mi-voix dans un timbre fatale :

- Les Eryllis...


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 13 Nov - 19:55

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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Jeu 1 Déc - 1:40

S'adossant contre sa chaise, Aliénor écouta d'une oreille distraite les paroles de Sytrinn tout en continuant à savourer son repas. Elle prit un morceau de pain qu'elle trempa dans sa soupe chaude avant de gober le tout en une seule bouchée. La Rôdeuse savoura alors ce goût des légumes qui avait imprimé le pain et elle s'empressa de recommencer l'opération à plusieurs reprises. Entre deux bouchés, elle porta sa choppe d'Eau-de-vie de Kesha à ses lèvres et but cette boisson typique de Cimmeria à petite gorgée. Cet alcool était tout de même assez fort et descendre cet élixir de feu avec peu de délicatesse et sans prendre le temps de déguster pouvaient plonger le buveur dans une ivresse incontrôlable. Sauf si ce buveur était un pochetron, chose dont n'était pas la jeune femme. Cette dernière était certes habituée aux boisson fortes, mais elle n'était tout de même pas immunisée.

Quoi qu'il en soit, elle savoura son soupé tout en avalant les paroles de sa campagne. D'ailleurs, l'avait-elle écouté ? De vous à moi, pas vraiment, seulement quelques bribes. C'est qu'Aliénor était concentrée sur sa soupe. Voilà ce dont elle avait comprit : Sytrinn croyait en l'existence des Eryllis, mais en avait nullement peur. A dire vrai, elle vouait un grande admiration envers ces femmes et souhaiterait même en rencontrer. Pour ce qui était de sa proposition, elle acceptait, bien qu'elle ne comprenait pas la soudaine confession de la Rôdeuse. Cette dernière, avalant une énième gorgée de son Eau-de-vie, essuya ses lèvres d'un revers de manches et déclara :

- Mon passé n'est pas un secret. Comme tu peux le voir, il se tient en quelques lignes et n'est guère intéressant. Je ne vois donc rien de mal à te le conter, je n'ai rien à cacher, ce n'est que des souvenirs d'une orpheline et je ne vois vraiment pas en quoi cela pourrait se retourner sur moi en me confiant à toi... (Elle sourit malicieusement). Tu m'avais posé une question, non ? Tu voulais savoir pourquoi je voulais aller à Noathis ? Eh bien, je t'ai répondu ; Noathis appartiens à mon passé et à mes souvenirs dont je me rattache désespérément.

Aliénor mangea un morceau de fromage qu'elle mâcha avec un bout de pain. Après quoi, elle descendit le tout avec une bonne gorgée de potage. Elle voulait mettre les choses au clair avec cette jeune fille : elle avait simplement répondu à sa question, cette confession ne relevait en rien de la confiance. Mais peut-être, qu'avec le temps et de l'expérience, elle le lui offrira. Mais bon, au moins elle avait accepté son offre, c'était déjà un premier pas de fait pour les deux aventurières. Peut-être était-ce là le début d'une longue amitié ? D'un rapprochement plausible entre ces deux jeunes femmes dont tout opposent ? Allait savoir...

Prenant en main sa soupe chaude, elle plongea ses yeux sombres dans le regard de la violoniste, avant de déclarer d'une voix douce et sage :

- Si je parle des Eryllis c'est parce que tout comme toi, je crois en leur existence. Il est dit que ces femmes légendaires seraient les Gardiennes de Noathis, particulièrement de la Forêt de Sphène. (Elle fit une pause, le temps de prendre une gorgée). Nombreux aventuriers, ayant mit le pied en ces terres, ne sont jamais revenus de leurs périples. Comprends le, Sytrinn, nous allons rentrer dans leur Sanctuaire dès lors nous ne seront plus seuls et il faudra être particulièrement sur nos gardes ; le moindre faux pas pourrait nous être fatal... Je veux juste que tu sois prudente et qu'il ne t'arrive rien...

Sa dernière phrase était remplie de sincérité. Après tout, c'est d'un côté pour cela qu'elle avait prit la décision de l'accompagner. Noathis n'était pas un endroit sûr, regorgeant de maintes bêtes féroces et de nombreux dangers. Au fond, l'Eryllis ne serait pas partie sereine si elle avait laissé la jeune fille à son propre sort dans cet univers forestier. Au moins, elle était sûr qu'elle arrivera au temple de Délil à bonne destination et la présence d'Aliénor dissuadera ses soeurs d'armes de laisser Sytrinn en paix.

La Rôdeuse but ce qu'il restait de sa soupe et déposa brutalement le bol sur la table. D'un geste vif, elle plongea sa main dans sa sacoche et sortit quelques secondes plus tard un vieux parchemin qu'elle déposa délicatement sur le bois. Aussitôt, d'un mouvement fluide et gracieux, sous les regards questionneurs de ces compagnons, elle le déplia et le contenu se dévoila à leurs yeux. Aussitôt, Aliénor prit la parole :

- Voici une carte d'Istheria et nous sommes actuellement ici. Afin d'atteindre la Forêt de Sphène, deux chemins nous offrent à nous. Il est possible de passer par la Cascade Nébuleuse, par le Marais Brumeux et enfin la Vallée d'Hillem avant de déboucher sur la Forêt. C'est un itinéraire qui pourrait te faire voir du pays, mais il est hélas bien trop dangereux et bien trop long. Nous allons donc passer les Gorges de Paramis et Canopée, la Cité Forestière. Tu verras, c'est des endroits prestigieux et nous pourrons faire hâte à Canopée pour nous réapprovisionner, mais pas longtemps. Peut-être qu'un jour je te montrerai les richesses de Cebrenia, mais pour l'heure, notre objectif reste Noathis. Si tout se passe bien, nous atteindrons la Forêt de Sphène en moins de temps qu'il a fallut pour Hellas...

Elle referma délicatement la carte avant de la ranger dans sa sacoche. Le regard de la Rôdeuse se fit alors plus sévère et d'une voix à la fois chaude, autoritaire, et légèrement malicieux, elle lâcha :

- Bien, à présent, termine ton repas et presse toi de commander les rations pour toi et Falko pour ce long voyage qui nous attend...

Cet ordre résonnait alors comme un souvenir qui devrait rappeler à Sytrinn leur long périple jusqu'à Hellas. Cela sonnait comme le bon vieux temps : le moment où les deux aventurières se réunissaient pour une toute nouvelle aventure.


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Lun 12 Déc - 0:18

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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Ven 6 Jan - 1:28

Comme à l'habitude, Sytrinn prit cet ordre à la rigolade et sans même qu'elle puisse ouvrir la bouche, elle avait prit son bol et sa choppe pour les apporter sur le comptoir. Il semblerait qu'elle soit heureuse de reprendre l'aventure avec Aliénor... Mais qu'en était-il de cette dernière ? En réalité, la jeune femme n'avait pas l'esprit tranquille et si ça ne tenait qu'à elle, elle aurait crié dans la taverne que finalement elle ne voulait plus de la violoniste. Non, elle voudrait être seule et reprendre le voyage avec Fenrir. Mais n'était-ce pas immature de sa part ? N'était-ce pas idiot de faire la sourde oreille et de s'en aller sachant qu'elles allaient prendre la même direction ? Avec beaucoup de chances, elles se seraient à toutes heures croisées... Et qu'allait-elle faire ensuite ? L'ignorer ? Immature, enfantin... Il n'y avait pas d'autres mots pour qualifier ce comportement. De plus, elle devait faire des efforts avec Sytrinn, c'est vrai qu'elle ne se montrait pas des plus sympathiques. Mais elle ne pouvait rien y faire, elle était ainsi : méfiante et froide avec ceux dont elle n'arrivait pas à cerner.

Aliénor lâcha un long soupir exaspéré, sentant que ce voyage va être encore bien long. Attrapant sa bourse d'un geste vif, elle plongea sa main à l’intérieur pour payer son repas. D'ailleurs, elle devrait faire attention avec son argent, ses économies disparaissaient à vue d'oeil. " Va falloir que j'arrête de manger dans des auberges " pensa-t-elle en fixant ses dias avec un sourire au coin de ses lèvres. Enfin, Sytrinn était prête pour entamer le voyage, dressée fièrement sur ses jambes avec son sac de voyage sur ses épaules, elle n'attendait plus que la Rôdeuse. Celle-ci se leva, accrochant sa bourse sur sa ceinture, et se dirigea vers le comptoir dans une démarche féline. Elle déposa l'argent, sans un mot, et les remercia de ce repas d'un simple signe de tête. Oui, c'était bien différent de la gaieté de la violoniste et sans plus tarder, Aliénor quitta l'auberge dans un silence religieux, seule sa cape émettait des claquements sinistres.

Dehors, elle retrouva l'air frais de Cimmeria et ce paysage blanc si connu de ce pays. Si la neige paressait bien belle et si paisible, l'Eryllis savait que tout ceci n'allait pas durer et que les deux aventurières vont à nouveau vivre un véritable cauchemars quand cette couche épaisse immaculée va leur arriver jusqu'aux genoux et limiter le plus possible leur vues quand une tempête se déchaînera. Et ce froid ! Des plus insupportable... " Vivement qu'on atteigne Noathis " songea Aliénor en lâchant un long soupir.

Sytrinn sortit à son tour de l'auberge avec son cheval et aussitôt la jeune femme se mit en marche. Comme à son habitude, elle ne regardait pas derrière son épaule pour voir si la violoniste la suivait, marchant d'un pas rapide et traversant les ruelles la tête quasi-baissée. Quelques minutes plus tard, elles atteignirent enfin l'entrée de la cité d'Hellas dont plusieurs gardes étaient postés, surveillant les personnes qui empruntaient ce passage. D'ailleurs, Aliénor sentit plusieurs regard se braquer sur elle et sans fléchir elle passa près des vigiles en lâchant :

- Que Kesha veille sur vous en cette journée bien fraîche, gare à la grippe, messieurs...

Si cette remarque arracha un léger sourire pour certains, d'autres la fusillèrent du regard comme si elle avait prononcer un blasphème. Décidément, ces gardes étaient bien méfiants et vigilants.

L'Eryllis continua sa route, s'éloignant au fil des minutes de cette cité somptueuse ; le brouhaha fut balayait au vent et bientôt Hellas ne fut qu'un minuscule point parmi cet océan immaculé. C'est seulement à ce moment qu'Aliénor cessa de marcher mais ce n'était guère pour faire une pause. Fouillant dans son sac, elle en sortit une flûte traversière en bois, que Sytrinn connaissait bien. Non, non, elle n'allait pas en jouer. Prenant une grande respiration, elle souffla ensuite sur l'instrument dont un son bien grave en sortit. Cette note bien étrange fut transportée par le vent, loin, très loin des deux aventurières. La jeune femme, satisfaite, rangea la flûte et sans attendre elle reprit sa route après avoir lancé un regard derrière son épaule pour voir si Sytrinn était toujours là. Elle avança ainsi, dans le silence et sans faiblir sa cadence.

C'est alors qu'au bout de quelques minutes, elle cessa subitement de marcher et dressa un bras pour signaler à sa compagne de ne plus faire le moindre geste. Aliénor avait vu quelques choses bouger, au loin, elle n'en était pas sûr mais peut-être que ça pouvait être... D'un regard insistant, elle demanda à Sytrinn de rester là où elle était tandis que la jeune femme s'avançait d'un pas vigilant. Elle se rapprocha du sommet d'une dune de neige, ses jambes s'enfoncèrent profondément dans la neige et elle dut user beaucoup de force pour pouvoir s'avancer. Elle en était sûr, la chose était au contre bas de la dune et il fallait qu'elle en est le coeur net.

Elle fit encore quelques pas, avant d'atteindre le sommet. Mais à peine était-elle arrivée qu'une chose effroyable bondit sur la Terranne. Celle-ci eut tout juste le temps de voir deux yeux gris avant de s'écrouler au sol par cette masse inconnue. Estomaquée, elle n'avait même pas eu le temps de hurler et quand elle leva la tête elle sentit quelque chose d'humide sur son visage. Ça, elle pouvait reconnaître cette chose entre mille...

- Sâle cabot ! Fenrir ! Je vais te tuer !

Et oui, l'être qu'elle avait cru voir se mouvoir au loin et qui lui avait écrasé de tout son poids n'était autre que le loup sous sa taille normal. Celui-ci semblait afficher un sourire malsain dans ses babines.

- Cesse de t'amuser au Loup avec moi, un jour je vais finir par te blesser par m'égard ! Lâcha-t-elle en s'extirpant de ses pattes.

Oui, il avait cette fâcheuse manie de s'amuser à la surprendre. Enfin, au moins il avait entendu le signal, c'était l'essentiel. Se mettant sur pieds, Aliénor retira la neige de sa cape en expliquant la situation à son compagnon qui lançait un regard meurtrier sur Sytrinn. C'est sûr, il ne s'attendait pas à reprendre le voyage avec la Terranne. Le poil hérissé, Fenrir lâcha un sourd grognement, montrant bien que ce plan ne lui plaisait guère. L'Eryllis tenta de le calmer en lui murmurant à l'oreille des mots et doucement, sans faire le moindre geste vif, elle enjamba le loup qui par réflexe se transforma sous sa forme géante. Bien installée sur son dos, Aliénor continuait à lui caresser la tête tout en lui suppliant de reprendre le voyage sans se soucier de la présence de la jeune fille. A force de caresses et de supplications, il finit par tourner les talents et sous un élan de colère il se mit à courir à grande enjambées. La jeune femme eut tout juste le temps de s'accrocher à son pelage et s'assura que Sytrinn avait bien mit son cheval au galop. Au fond, Aliénor ne pouvait pas en vouloir à son compagnon ; ils étaient si semblable : froid, méfiant et solitaire... Si elle devait lui faire un sermon, cela aurait été comme si elle s'en faisait un pour elle.

Levant les yeux au ciel, un sourire figée sur ses lèvres, la Rôdeuse respira l'air de la liberté qui lui avait guidé ses pas depuis toute petite. Elle allait enfin rentrer chez elle et une vague de bonheur déferla dans son coeur...


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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Jeu 12 Jan - 2:23



Dernière édition par Sytrinn Sandström le Lun 13 Fév - 23:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] La Dague sacrificielle [PV : Sytrinn Sandström]   Dim 15 Jan - 2:47

MISSION ACCOMPLIE

Dame Lela fut soulagée de récupérer le trésor des prêtresses, son honneur est sauf.
En raison de cela, la jeune femme se montra plus généreuse que prévue, et offrit aux deux jeunes femmes 250 dias chacune, en juste récompense.
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