Au coin du feu [Privé]

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Sur Istheria, RPG heroic-fantasy issus d'un univers original où de multiples aventures vous attendent.

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Effectifs

• Eryllis: 3
• Ladrinis: 6
• Eclaris: 8
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 5
• Nérozias: 2
• Gélovigiens: 3
• Ascans: 1
• Marins de N.: 4
• Civils: 11

Temps actuel

An 1305 de l'ère obscure

Saison:Niveria Mois:Famael
[Juillet/Août en temps réel]

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Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
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 Au coin du feu [Privé]

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Anonymous Invité
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MessageSujet: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeMer 20 Juin - 15:49

Si chaque être humain est aussi différent de ses congénères que possible, nous pouvons tous nous accorder pour dire que chacun dans sa vie, qu’elle soit merveilleuse ou misérable, est à la recherche d’une certaine forme de bonheur ou d’accomplissement qui pourrait finalement donner un sens à sa vie et lui prouver qu’il n’avait pas cherché pendant aussi longtemps pour des prunes. Mais au final, qu’est-ce que le bonheur ? Comment définir quelque chose d’aussi subjectif ? Pour certaines personnes le bonheur se limiterait à une belle vie dans une charmante chaumière bâtie de ses propres mains, avec pour seule compagnie sa femme et ses enfants. Pour d’autres personnes moins simples le bonheur sera de faire un travail qu’ils aiment, ou bien encore d’être puissant, respecté ou riche mais néanmoins de vivre une vie belle et facile. Même si la conception du bonheur est aussi différente qu’il y a d’êtres humains sur cette terre, nous pouvons en conclure que le bonheur réside dans les choses simples et ce bonheur se construit petit à petit, jour après jour. Alors que peut espérer un adorateur du dieu de la guerre ? Que peut-il désirer comme forme de bonheur ? Certains d’entre eux se satisfont de la vie qu’ils mènent actuellement et des privilèges accordés à leur rang, tandis que d’autres, plus simples, trouvent le bonheur dans leur vie dédiée au combat et ne se sentent jamais plus vivent qu’au cœur d’une bataille lorsque leur vie est remise en cause à chaque seconde qui passe, et peut s’éteindre à chaque instant comme une flamme vacillante.
Durant des années beaucoup ont perdu leur temps à essayer de se demander ce qui faisait marcher l’impérial, ce qui le faisait avancer jour après jour et si, comme certains de ses camarades, ce n’était que l’amour du combat qui le tenait en vie une journée de plus. Mais non…il était un être bien plus complexe que cela, au-delà de toute logique rationnelle et nul ne savait, encore aujourd’hui, pourquoi et comment il faisait tout ça et continuait inlassablement à tenir son poste.
Jour après jour il se tenait sur son trône, silencieux comme la mort, tenait dans ses puissantes mains l’avenir d’une nation toute entière sans jamais demander de l’aide à quiconque car tel était son rôle, telle était la voie qu’il avait choisis en défiant et vainquant son prédécesseur…il le faisait car tel était son devoir, car tel avait été son choix, car personne d’autre n’était aujourd’hui en mesure de le faire aussi bien que lui. Etait-ce réellement du bonheur qu’il ressentait en enfilant son rôle du leader chaque matin ? Nul ne le savait.

Mais au fond de cet être insondable, sous cette carapace de métal et de chair résidait encore une part de l’être qui était mort ce jour-là, sous cet amoncellement de gravas, et cette part de lui murmurait sans cesse, lui hurlait en permanence qu’il devait à tout prix chercher une source de bonheur, aussi fugace soit-elle, car la vie qu’il menait était remplie de devoir, pouvoir et puissance mais qu’elle ne voyait là aucune espèce de joie. Comment mener une vie si on n’y trouve aucun plaisir ? Démégor avait essayé de faire taire ce résidu du passé, mais il avait vite apprit à faire avec en sachant qu’il ne pourrait jamais s’en aller, comme une vieille blessure à la jambe dont vous ressentez encore la douleur aujourd’hui à chaque fois que vous vous appuyez un peu trop sur cette jambe. C’était un rappel du passé, un rappel de celui qu’il avait été et celui qu’il pouvait peut être encore être aujourd’hui…mais en se rappelant de son passé, de la douleur qu’il avait engendré, et de la souffrance qu’il avait provoqué auprès des personnes qui lui étaient chères, il s’était vite rendu compte qu’il ne voulait pas redevenir cet être-là.

Il était très bien comme cela et même si cette vie n’était pas pleine de bonheur, de joie et de rigolades, c’était une vie pour laquelle il s’était battu pendant bien trop longtemps pour l’abandonner maintenant. Il était l’un des rares à avoir eu la chance d’obtenir une seconde chance, de peut-être racheter ses fautes passées, ou tout du moins de faire table rase et de tout recommencer pour faire quelque chose de mieux…et ce mieux serait le changement en profondeur de ce monde.
Mais aujourd’hui, comme rares sont les fois où il l’avait fait auparavant, Démégor était partit parcourir le monde sans revêtir son armure, car pour lui le bonheur était synonyme de liberté et il ne se sentait jamais plus vivant, et jamais moins important, que quand il n’était qu’un anonyme au milieu d’une foule d’inconnus, là où personne ne le reconnaitrait, là où personne ne désirerait savoir qui il était et ce qu’il faisait bien là. C’était d’ailleurs le principal atout de cette armure : sans elle, personne ne le reconnaissait, et c’était bien là l’essentiel.

Aujourd’hui Démégor était donc arrivé jusqu’au village Dalma, chevauchant un cheval blanc qu’il avait pris aux écuries de sa cité, et recherchait juste un peu de chaleur. Cela faisait quelques dizaines de minutes maintenant qu’un puissant vent glacial s’était levé et balayait depuis toute la vallée…et même s’il ressentait moins certaines sensations, ce vent était si glacial qu’il ne pouvait faire comme s’il ne ressentait rien…c’était comme le souffle froid de la mort remontant le long de sa colonne vertébrale et se répandant dans tout son corps. Aussi désagréable que cela puisse être, c’était ce genre de sensation qui le faisait sentir vivant malgré le fait qu’il ne le soit plus vraiment…mais après plusieurs heures il décida qu’il était temps de s’arrêter au village le plus proche car le nuit tomberait d’ici peu.
Laissant son cheval aux écuries, le jeune mercenaire errant pour lequel se faisait passer Démégor se dirigea vers l’auberge la plus proche pour profiter d’un bon feu et d’un bon lit peut être ; Zargan à son flanc gauche et sa lame courte à son flanc droit, toutes deux accrochées à sa ceinture, Démégor poussa donc la porte de l’auberge qui claqua derrière son passage, comme violemment fermée par le vent qui soufflait dehors.

Cette auberge était petite, et peu fréquentée, mais les seules personnes présentes ne manquèrent pas de se retourner et de fixer le jeune homme qui venait de rentrer. Le fixaient-ils parce que les étrangers étaient rares ici, ou bien était-ce à cause de sa sublime beauté ? Bien qu’ayant un teint un peu pâle qui lui donnait tout son charme, il avait gardé tous les aspects physiques d’un Lhurgoyfs qui lui valaient aujourd’hui tous ces regards auxquels il ne prêtait pas la moindre attention…il n’était malheureusement pas là pour ça, juste pour se reposer un peu avant de reprendre la route à la première heure demain.
C’est dans un silence de mort qu’il alla s’assoir à la table positionnée devant la cheminée dans laquelle brûlaient quelques buches, le feu faisait écho au son du craquement du bois sous l’effet d’une telle chaleur. S’asseillant dos au feu, il tourna sa chaise à 90 degrés pour avoir le feu à sa droite. Non, il n’allait pas commander à boire tout de suite, il n’en avait pas encore envie, il voulait juste brandir ses deux blanches mains vers ce feu envoûtant afin d’en ressentir toute la vie, toute la chaleur pour voir si son corps refroidi depuis trop longtemps pouvait être réchauffé. Ce feu l’apaisait, il resterait donc ainsi, emmitouflé dans ses chauds vêtements noirs jusqu’à ce que l’envie lui prenne de commander quelque chose ou d’aller dormir…à moins qu’une autre personne ne désire, elle aussi, se blottir près du feu.
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Anonymous Invité
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeJeu 21 Juin - 20:58

    - Nos chemins se séparent...

    Ainsi furent les mots de la jeune femme à l'entrée du village de Dalma. Le corps de l'Eryllis, couché sur le dos de son loup géant, était aussi tendu qu'un arc alors qu'elle cherchait désespérément de la chaleur qui pouvait émaner de la fourrure blanche de son ami. Oui, elle avait froid, depuis un moment déjà. Un vent fougueux et glacial régnait sournoisement dans l'air, sûrement l'un des derniers vents de Nivéria. Or, Aliénor n'était pas aussi chaudement habillée qu'elle le fut durant ces derniers mois. A dire vrai, elle ne portait qu'un pantalon en cuir qui soulignait sa silhouette féminine et un bustier en cuir qui mettait en avant ses formes généreuses qui faisaient d'elle une femme. Sa tenu de voyage, idéal pour se déplacer et qui n'encombrait pas durant les combats, contrairement à ses robes sombres et sobres. Mais cela n'apportait qu'une maigre chaleur et seule sa cape lui permettait de combattre ce temps capricieux. Elle aurait peut-être du garder un vêtement chaud par précautions...

    Alors, quand elle vit au loin se dessinait le village de Dalma, elle ne put y résister de rejoindre une bonne taverne qui pourrait lui servir un bon thé bien chaud le temps que le temps se calme où bien, que Fenrir termine sa chasse. Oui, l'animal avait faim et Aliénor trancha : elle allait se reposer au village, pendant que lui se remplirait la panse, et ils se rejoindraient plus tard dans la soiré. Non, la jeune femme ne voulait pas laisser son ami seul pour la nuit, elle préférait dormir avec lui, même sous ce temps hargneux.

    - Va ! Et sois prudent...

    L'Eryllis embrassa l'animal sur son front qui prit aussitôt la fuite. La Rôdeuse l'observa un moment disparaître dans les sous-bois avant de faire demi tour et de rentrer au village. Direction, une bonne auberge et vite ! Ce vent sournois s'introduisait sous sa cape pour venir mordre perversement la chaire de la nomade qui ne pouvait s'empêcher de frissonner. Ah ! Saleté de vent ! Dieu sait qu'elle aimait cet élément, mais il y avait des moments comme ça où elle avait envie de le cracher au visage comme le faux frère qu'il pouvait être...

    Quoi qu'il en soit, elle trouva vite son salut et se hâta de s'introduire à l'intérieur. Aussitôt, un souffle chaud fouetta son pauvre corps engourdie ce qui lui fit naître un frisson le long de son échine. Ah, qu'il était bon... Mais son entré n'était pas passé inaperçu. En effet, le désavantage dans une auberge d'un village est que tout le monde se connait et les habitants ne manquaient pas de vous dévisager avec un regard suspect dès que votre visage leur était inconnu ou bien encore, si vous émanez quelque chose de suspect. A l’occurrence, ce fut les deux pour Aliénor. Cette dernière n'a jamais inspirait confiance de par son physique, bien au contraire, elle avait une allure sinistre et à la fois mystérieuse. Portant une cape noir moucheté de bleu, elle n’abaissait jamais sa capuche qui laissait entrevoir que des lèvres gourmandes. Ses bottes retentissait dans la salle, accompagné du claquement sinistre de sa cape. Ses deux dagues positionnées sur chacun côté de sa taille, elle portait aussi derrières son dos un arc et un carquois contenant au total vingts-quatre vies d'hommes. Ah, elle le sentait cette chaleur sur sa nuque ! Ces regards perçants qui suivaient le moindre de ses mouvements. Une chaleur dont elle s'était vite habitué au fil des ans...

    Allait-elle commander de quoi se remplir la panse ? Plus tard, plus tard ! Ce qu'elle voulait avant tout c'était se réchauffer et quand elle sera bien à son aise, alors oui, elle commandera. Chaque chose à son temps, elle n'était pas pressée de toute façon... Mais voilà, quelqu'un avait déjà prit possession de la meilleur place, la table près du bon feu de cheminé. Autant vous dire qu'elle chouinait au fond d'elle, comme une enfant dont en lui aurait privé son petit plaisir. Cependant, ce n'était pas ça qui allait l'arrêter, oh non ! Elle voulait son beau feu, quitte à le partager avec un inconnu. Voilà pourquoi elle se dirigeait vers lui tandis que ses pas résonnaient.

    - Puis-je me joindre à vous ? Demanda-t-elle d'une voix aussi douce et calme comme un zéphyr.

    Non, elle n'allait pas mordre, ou plutôt, pas cette fois. Il y avait des jours comme ça, où elle appréciait partager une compagnie. Et oui, la solitude pouvait certaine fois peser sur les épaules de cette jeune femme. Elle n'était pas quelqu'un d'insociable, elle aimait partager des moments avec des inconnus, les rencontres lui faisait toujours plaisirs. Mais il faut avant tout que cette rencontre passe au delà de la barrière de la méfiance... Voilà pourquoi elle n'avait pas hésité à voir ce Lhurgoyf. Il y avait quelque chose d'apaisant dans son regard d'un or orangé, semblable aux lueurs des trois soleils couchants. Et il était vrai qu'il détenait un physique tout à fait charmant qui ne laissait pas indifférent la jeune femme... Surtout son visage aux traits fins dont cette sérénité qui adoucissait la sauvagerie de cette Rôdeuse. Mais n'oubliez pas, Aliénor restait tout de même une louve solitaire qui montrait ses dents au moindre geste brusque !
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Anonymous Invité
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeVen 22 Juin - 12:51

Combien de temps ? Depuis combien de temps, justement, n’avait-il pas prit le temps tout simplement ? Pris le temps de se détendre, pris le temps de se reposer ainsi sans penser à rien de particulier, pris le temps de réfléchir en toute simplicité sans que personne ne vienne le presser ou l’interpeler de quelque façon que ce soit…avec le temps il avait complètement oublié de se souvenir s’il avait l’habitude de prendre le temps de faire les choses sans se soucier. Que ce soit dans cette vie ou dans la précédente il ne se souvenait pas avoir jamais plusieurs heures comme il s’apprêtait à en passer ici, à simplement fixer un feu, cherchant à s’y réchauffer, sans que quiconque vienne l’interrompre ou le gêner d’une façon ou d’une autre. Et, lentement mais sûrement, il commençait à se rappeler ce qu’était le vrai calme et la vraie sérénité.
Son regard jaune orangé aux couleurs d’un coucher de soleil avait beau transpirer le calme et le bien être en permanence, parce que c’était ce que son visage tout entier montrait aux autres, ce qui pouvait se passer dans sa tête au même moment était complètement différent….certains disent que les yeux sont les miroirs de l’âme, mais certains arrivent, à force d’expérience, à changer l’image que reflètent ces miroirs. A force d’expérience il était devenu un acteur né, simuler n’importe quelle émotion, extérieurement, sans que son esprit ne soit perturbé une seule seconde était devenu un jeu d’enfant pour lui et vous vous doutez bien que cela pouvait lui être extrêmement utile lorsque revêtait l’armure qu’il portait depuis de nombreuses années déjà.

Mais aujourd’hui était un jour totalement différent, aujourd’hui il était un jeune guerrier lhurgoyf errant, offrant ses services aux plus offrants et s’était simplement arrêté pour la nuit car sa monture ne pouvait supporter plus longtemps un froid aussi glacial. Il était un être humain parmi tant d’autres aujourd’hui et ce n’étaient pas les regards persistants des habitués de l’auberge, ni leurs murmures incessants suintants la suspicion qui allaient l’aider à rentrer dans ce personnage…fort heureusement il n’avait aucun mal à rentrer dans la peau de ce personnage car, par certains côtés, il ressemblait à une partie de ce qu’il avait peut-être pu être lors de sa première vie. En quoi lui ressemblait-il ? Vous croyez sérieusement que j’allais vous dévoiler la personnalité de qui il était, il y a des dizaines d’années de cela, voire plus, si tôt que cela dans l’évolution de ce personnage ? Vous rêvez les yeux ouverts !

Mais aujourd’hui il était bien, assis sur sa chaises et ses mains légèrement tendues en avant pour que la chaleur des flammes irradie et réchauffe son corps puisque c’était finalement ce qu’il était venu chercher ainsi. A la cité noire, pour tout vous dire, les soirées au coin du feu n’étaient pas une spécialité des cavaliers qui préféraient, d’ordinaire, s’entraîner et combattre dans ces conditions météorologiques difficiles, afin de tester et éprouver leurs capacités physiques. En période de grand froid, les serviteurs s’affairaient à ce que toutes les cheminées du manoir aient un feu vif pour toute la nuit…c’était là leur principale tâche et, il fallait bien le reconnaître, ils excellaient dans ce genre de tâche cruciale pour le confort des cavaliers, ou tout du moins ceux des serviteurs n’ayant pas encore été tués du fait de leur incompétence.

Essayant d’oublier les murmures incessants, le jeune homme qu’il prétendait être plongea ses yeux dans les flammes et y trouva ce qu’il s’attendait à trouver : des bribes de son passé. Oh non, détrompez-vous, il ne trouva pas des souvenirs de lui et sa famille devant un feu comme aujourd’hui, mais des souvenirs des batailles menées au milieu de flammes semblant être tout droit sorties de la bouche des enfers. A combien de batailles interminables avait-il participé, dans sa précédente vie ? Il ne s’en rappelait pas, mais à mesure que son regard plongeait dans le brasier devant lui, des souvenirs d’affreuses batailles, un à un, lui revenaient en pleine face comme une violente claque. Mais il savait…peu importe les bonnes actions qu’il pourrait faire, dès qu’il avait choisis la voie des armes il su qu’il ne dormir plus jamais d’un sommeil sans cauchemar, il ne serait plus jamais en paix avec lui et avec les autres…et plus que tout : il savait qu’il ne mourrait pas de sa belle mort. Que soit la première ou la seconde fois, en supposant que quelqu’un puisse le tuer au jour d’aujourd’hui.

Accaparé par le spectacle mémoriel qui se jouait devant lui, le jeune guerrier errant n’entendit par le vent faisant claquer la porte derrière la personne venant de rentrer, il n’entendit pas non plus ses bottes claquant sur le bois composant le plancher. Ce fut seulement la belle voie de son interlocutrice qui arriva enfin à l’extirper de ses sombres pensées et le ramener au moment présent. C’est sans même se redresser de sa chaise que le jeune guerrier tourna légèrement sa tête à gauche pour dévisager celle qui avait réussi à le sortit de son tourbillon de sombres souvenirs. Oh il était inutile de dire que, malgré sa capuche, elle était belle de corps et de visage…ses vêtements mettaient en avant les courbes alléchantes de son corps et sa capuche, ne laissant apparaître que le bas de son visage, laissant planer le mystère et l’envie de connaître ce visage en son entier. Mais beaucoup de gens, comme elle et Démégor, décidaient de cacher leur visage pour diverses raisons. Certains le faisaient parce qu’ils n’aimaient pas leur visage et se trouvaient moches, d’autres avaient été défigurés par un feu par exemple et décidaient de demeurer à jamais cachés derrière un visage de substitution. Cette charmante personne était-elle moche ou défigurée ? Non, rien de tout cela, elle était très belle…peut-être, comme Démégor, cherchait-elle simplement à masquer son identité aux yeux de tous. Peut-être le jeune homme arriverait-il à en reconnaître la raison.

« Je vous en prie. »

Lui adressant un sourire assez discret, le jeune homme tendit sa main gauche, ouverte, en direction de la chaise à sa droite, ainsi elle n’aurait qu’à légèrement décaler et tourner cette chaise pour se retrouver face au feu et profiter de ses bienfaits. Que faisait-elle ici Etait-elle aussi gênée par le vent glacial ? Hypothèse la plus probable effectivement. Tournant légèrement la tête vers la gauche, Démégor se rendit compte que désormais les murmures et regards ne lui étaient plus uniquement adressés, la charmante demoiselle était elle-aussi la cible du communautarisme de ces habitués qui préféraient se réchauffer à coup d’alcool qu’avec ce feu.
« Il semblerait que vous non plus ne soyez pas d’ici. Je me trompe ? »

Devait-il se présenter, décliner son identité et faire un baisemain à la demoiselle comme la politesse et l’étiquette lui ordonnaient de le faire ? Non, pas tout de suite, quand elle se serait installée et serait prête à se présenter alors oui il en ferait de même et la saluerait comme tout homme bien éduqué se devait de saluer une dame. Mais pour le moment ils n’étaient que deux inconnus venus se réchauffer au coin du feu pour oublier la rigueur du monde extérieur.
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Anonymous Invité
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeMer 27 Juin - 2:10

    Cet inconnu était bien aimable d'accepter la compagnie d'une étrangère à l'allure sinistre, ce n'était pas tout le monde qui aurait cette sympathie et Aliénor ne manqua pas de le remercier d'un hochement de tête accompagné d'un charmant sourire. Ainsi, elle prit place à sa table, ne pouvant s'empêcher de lâcher un soupir de soulagement quand elle fut assise. Elle allait pouvoir souffler un peu après ce long voyage. Certes, elle faisait fréquemment des poses et elle profitait, quand son compagnon le voulait, du dos de son loup pour continuer son cheminement, mais c'était toujours un plaisir de pouvoir s'affaler sur une chaise !

    Avec des gestes gracieux, la Rôdeuse retira son carquois pour le poser à ses côtés, tout comme son arc. Elle en fit de même avec sa sacoche dont elle ne manqua pas de se masser l'épaule. Elle va finir par croire que la lanière s'était incrustée dans la peau de la jeune femme et encore, elle n'avait porté que le strict minimum ! Alors, quand elle posa à terre son sac de voyage, se fut un réel soulagement, bougeant doucement son épaule droite pour dégourdir son membre engourdis. Et cette chaleur, quel régal ! Dressant ses mains dans la direction de ce feu ardent, un léger sourire de soulagement naquit dans ses lèvres tandis que, d'une oreille assez distraite, elle écouta la question de son compagnon de table. Mais elle ne répondit pas tout de suite. Aliénor frictionnait ses mains avant de les porter à sa bouche pour les insuffler un souffle chaud. D'ailleurs, on pouvait dire que la Terranne n'avait pas des mains semblables à ceux d'une femme de bonne famille. Non, elles se rapprochaient plus de celles d'un travailleur, marquées par des années d'entraînements et le quotidien d'une vie sauvage et vagabonde. Alors, posant ses mains sur ses genoux, elle tourna légèrement la tête vers cet inconnu et lui répondit d'un ton amical :

    - Non, vous avez juste... En réalité, je suis de nulle part, étrangère dans les quatre coins d'Istheria tout comme une habituée de chaque contrées. Disons alors, que je n'ai pas d'attache dans ce village, ni dans aucunes cités par ailleurs. Cependant, je n'échangerais ma vie de nomade pour rien au monde...

    Un doux sourire se dessina sur ses lèvres, reposant son regard à nouveau dans le brasier qui enlaçait de sa chaleur, tel comme un amant d'une nuit, le corps de la jeune femme. Son corps tout entier fut pris d'un frisson délectable, faisant naître la chaire de poule sur sa peau. Ah ! C'est qu'elle serait capable de s'endormir face à cette cheminée ! Mais elle passerait à côté d'une agréable compagnie, ça serait dommage, non ? D'ailleurs, fixant toujours d'un air rêveur ce feu chaleureux, elle demanda à son compagnon de table, d'une voix posée et taquine :

    - Et à qui dois-je remercier de m'avoir prêté humblement sa compagnie ?

    Soudain, un bruit singulier à peine audible sortit de l'estomac d'Aliénor qui se hâta d'enlacer son ventre en rougissant de gêne. Ah... C'est vrai qu'elle n'avait pas mangé depuis un certain temps et tout ce voyage lui avait bien ouvert l'appétit tout comme l'odeur qui sortait des cuisines. Mais elle aurait tout de même voulut que cet appétit se manifeste d'une manière plus discrète...
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeMer 27 Juin - 14:57

Oh oui, même s’il le faisait assez naturellement, Démégor était en train de jouer un rôle assez différence de celui qu’il jouait depuis plusieurs années en tant que chef des cavaliers de Sharna…mais au fond, ne jouons-nous tous pas un rôle chaque jour ? Bien évidemment la plupart des individus se contentent d’être « eux-mêmes » et de ne jouer qu’un seul et même rôle, celui qu’ils ont toujours joué depuis leur naissance, que ce soit en privé ou en public. D’autres personnes, quant à elles, arrivent à jouer deux rôles bien distincts, à savoir qu’ils agissent de façon différente en public et en privé en arrivant à séparer ces deux personnalités sans jamais rencontrer le moindre soucis. Et vous, en êtes-vous capables ? Êtes-vous capables de cacher à votre famille proche ce que vous êtes, ce que vous faites au grand jour ? Êtes-vous à même de cacher au public, et à votre collaborateur qui vous-êtes, ou du moins qui vous devenez quand il n’y a personne pour le voir ? Si vous arrivez à séparer vie privée et vie publique d’une façon aussi drastique et étrange, alors je vous tire mon chapeau car peu de personnes arrivent encore à le faire de nos jours…certains vivent leur simple vie et s’en contentent parfaitement sans jamais jouer plus que le rôle qu’on leur a donné à la naissance.
Et Démégor ? Oh non…l’impérial est d’un tout autre niveau. Acteur né il est arrivé, au jour d’aujourd’hui, à jouer pas moins de trois rôles complètements différents sans rencontrer la moindre espèce de difficulté. Simuler des émotions ? Jouer la comédie ? Se jouer des autres ? C’était ce qu’on appelle de la politique et il en était assez sensible depuis qu’il était montré sur le trône des cavaliers et il avait montré un certain talent pour ce genre de comédie. Mais n’était-ce pas épuisant de faire semblant d’être quelqu’un d’autre en permanence ? De cacher son moi véritable au plus profond de son armure ? De tenter d’effacer de sa mémoire tout ce qui faisait de lui celui qu’il était avant d’être enseveli sous toutes ces ruines ? Si, et si cela n’avait pas été lui, quiconque dans sa position aurait cessé de jouer depuis longtemps déjà…mais lui était différent, il n’était personne et à ce titre il pensait pouvoir être qui il voulait…après tout, tous connaissaient l’armure mais personne ne savait ce qui se cachait en-dessous, et à ce titre il pourrait se présenter devant n’importe quel cavalier, sans son armure, et ils ne le reconnaitraient pas pour autant. Tous connaissaient l’armure, personne ne cherchais au-delà.

Bientôt le jeune homme qu’il prétendait être sortit de ses pensées lorsque la demoiselle lui parla de sa vie de nomades et de sa volonté de n’avoir aucun port d’attache et Démégor aurait bien voulu lui tirer son chapeau en l’apprenant car rares étaient ceux qui pensaient encore ainsi aujourd’hui. Rares étaient ceux n’ayant aucun foyer, aucune ville d’attache, aucun lien les rattachant à une région en particulier…c’était admirable de pouvoir se détacher ainsi et de se rapprocher de la vraie liberté aussi aisément. Que pouvait-il dire ? Démégor était attaché à sa cité et à sa nation, mais qu’en était-il de l’autre ?

« Nous avons donc quelque chose en commun »

La liberté est tout ce que l’on peut rechercher dans la vie : vivre où on veut, se lever quand on veut, rencontrer des gens différents, observer des paysages époustouflants et complètement différents du soir au matin. Mais la recherche de cette liberté nécessite de ne pas être ancré à une seule ville, une seule région ou une seule nation : comment pouvoir voyager totalement librement si vous savez que quelqu’un vous attend dans une maison, tous les soirs, et se fait du souci pour vous si elle ne vous voit pas rentrer ? Ceux qui n’ont pas de famille deviennent libres bien plus facilement. Beaucoup de gens craignent la liberté et préfèrent une vie de sédentaire…il faut du courage pour tout abandonner pour le seule plaisir de la liberté…c’est en cela que cette demoiselle était admirable, elle forçait le respect de Démégor. Bientôt il fut rappelé à l’ordre car il avait oublié de se présenter et, comme prévu, il tendit sa main à la demoiselle, paume vers le haut afin d’accueillir la sienne et d’y déposer un baiser comme le voulait la tradition. Attendant de voir si la demoiselle lui ferait ce plaisir, il entreprit de répondre :

« Oh, navré. Il semblerait que cette solitude ai fait de moi un rustre. Les gens m’appellent Lorn. Enchanté, mademoiselle… ? »

Bien sûr que non il n’avait pas oublié, c’est juste que comme Démégor il n’avait pas autant que ça l’occasion de pratiquer le baisemain car rares étaient les visiteurs importants venant lui rendre visite…car étaient ceux qui s’aventurer sur son territoire, sans crainte, pour venir rencontrer le leader de l’ordre guerrier le plus craint et détesté du monde. Il avait fini par oublier l’étiquette, la politesse et ce genre de chose. Mais bien vite ces histoires de politesse s’envolèrent lorsque le bruit du bois craquant sous l’effet de la chaleur fut dépassé par le bruit de l’estomac de la demoiselle qui criait famine. La jeune homme ne fut s’empêcher de sourire et de lâcher un petit rire discret car la situation s’y prêtait terriblement. Remarquer la gêne de la demoiselle, l’homme mis deux doigts dans sa bouche et siffla, formant un bruit strident qui imposa le calme dans l’auberge et attira l’attention de tout le monde. Levant sa main il appela la serveuse d’un simple mouvement de ses doigts puis se retourna vers son interlocutrice :

« Une boisson favorite ? Un plat préféré ? «

Non il n’avait nullement besoin de boire, manger ou dormir mais c’était peut-être un peu de nostalgie qui le poussait à le faire malgré son état physique. Il ressentait encore la chaleur de la nourriture ou d’un alcool se déversant dans son corps…il ne ressentait plus la nécessité d’en consommer, mais cela pouvait être relaxant par moment…et il espérait que cela le soit aujourd’hui.
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Anonymous Invité
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeDim 8 Juil - 19:27

    La situation était des plus gênante... Les joues teintaient d'un jolie rouge pivoine, Aliénor aurait voulu se faire toute petite. Sa gêne ne fit que s'accentuer quand son compagnon de table exprima son amusement par un petit rire qui fit roussir encore plus le visage de la jeune femme. Étrange, elle avait bien chaud tout d'un coup, bien que la présence du feu de cheminé aurait put en être la cause. Le plus étonnant dans tout ça, c'est de voir ces rougeurs sur son minois. Elle pourtant si froide et distante, présentait là une coloration assez contradictoire avec son aspect bien austère. Mais il ne fallait pas oublier que l'Eryllis restait avant tout une femme qui peut facilement perdre son sang-froid quand la situation s'y prêtait et parfois en présence de la gente masculine qui n'inspirait pas de la méfiance.

    Mais elle fut soudain extirpée de sa torpeur par un sifflement strident qui fit naître un frisson dans son échine. Quelque peu surprise et les oreilles qui sifflent, la jeune femme remarqua alors que son geste avait attiré toute l'intention de l'auberge. Ce n'était pas vraiment ce qu'il fallait faire pour passer une soirée discrète sans attirer de mauvais regards. En y observant bien, Aliénor voyait là un geste qui pouvait trahir le rang social de son compagnon de table. Ce geste, assez présomptueux dans un sens, pouvait très bien traduire une vie dans les hautes sphère de la noblesse. Après tout, n'est-ce pas ainsi que les nobles appelaient leurs serviteur traités comme de vulgaire toutous obéissant à leurs maîtres au doigt et à l'oeil ? A moins que Lorn n'était tout simplement qu'un simple voyageur extravagant... C'était possible. Mais comment savoir ? L'Eryllis préférait au fond ignorer l'interprétation de son geste, ça ne lui faisait que la plonger dans une réflexion qui ne méritait pas une certaine intention pour y délaisser sa compagnie de beuverie.

    Ce dernier, justement, lui demanda ce qu'elle voulait pour souper, chose qui laissa quelque peu au dépourvue Aliénor qui le fixa avec une once d'étonnement. Il était décidément bien rare de rencontrer des gens si avenant et charmant, surtout avec la Rôdeuse. Elle en fut, en quelques sortes, touchée par cette petite attention et, affichant un tendre sourire aux lèvres, elle se retourna vers la serveuse :

    - Je prendrais un potage accompagné d'un ragoût de sanglier. Comme boisson... Une simple cervoise pour aujourd'hui. Je souhaiterais aussi quand mon prépare des rations de voyage ; du pains, du fromages et de la viandes fumées.

    La serveuse hocha plusieurs fois la tête et annonça à sa cliente que les rations de voyage seront prêtes dans la soiré et la Terranne approuva. L'avantage pour elle quand elle s'arrête dans une auberge est qu'elle peut se réapprovisionner. C'était dans un sens assez important pour la nomade qu'elle était. Il est vrai qu'elle peut se nourrir de ce que Délil et Fen pourraient lui offrir. Mais au bout d'un moment, manger constamment la même chose pouvait être lassant. Un simple morceau de fromage pouvait alors devenir la chose la plus merveilleuse pour votre palais et aussi pour votre estomac quand vous faites que vous nourrir de viande à chaque repas durant plus d'un mois... Aliénor aimait donc se faire plaisir de temps en temps.

    Enfin, quoi qu'il en soit, l'Eryllis se tourna ensuite vers son compagnon de table, affichant un sourire charmant et lâchant d'une voix aussi agréable qu'un zéphyr :

    - J'espère avoir le plaisirs de partager mon repas avec vous...

    En effet, elle ne voudrait pas souper toute seule, surtout en de si bonne compagnie. Elle attendit alors qu'il passe sa commande et que la serveuse s'en aille de leur table pour l’interroger :

    - Et vous, Lorn, d'où venez-vous ?
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeLun 16 Juil - 0:21

Aussi loin qu’il s’en souvienne le jeune homme avait toujours manié les armes avec une facilité inhumaine. Et aussi loin qu’il s’en souvienne, dès qu’il eut l’âge de manier une arme, le jeune homme ici présent n’avait cessé de se battre jusqu’à ce que cela le mène…vous savez où. Pourquoi se battre ? Pourquoi quelqu’un voudrait apprendre à manier un instrument de mort si ce n’est pour détruire son prochain et imposer sa domination à ce dernier ? Seul un être mentalement instable choisirait volontairement de suivre la voie des armes et de la destruction pour le simple plaisir du goût de la puissance, pour ce fugace instant de plaisir précédent une mise à mort…lorsque vous pouvez voir et vous repaître de la terreur dans le regard de celui que vous vous apprêtez à faucher. Voilà ce que se disent la plupart des gens : peu importent les raisons, il faut être un malade mental pour choisir volontairement et aimer le maniement des armes car elles n’apportent que la destruction. Et c’est là où la naïveté et la stupidité humaine l’emportent haut la main face à la raison et à la logique.

Il existe autant de raisons de vouloir devenir plus fort, autant de raisons de choisir la voie des armes qu’il y a d’êtres humains sur cette terre sombre et corrompu. Et c’est justement parce que ce monde est tel que l’humain l’a fait que ce dernier peut choisir de prendre les armes pour tuer…mais aussi pour défendre. Car si une hache à deux mains peut être utilisée pour séparer la tête du corps de votre ennemi, elle peut être utilisée pour des causes plus louables comme protéger votre progéniture ou sauver la femme que vous aimez plus que tout au monde. Vous saisissez où je veux en venir ? Saisissez-vous toute la subtilité de la chose ? Croyez-vous que tous les guerriers rassemblés à Phelgra, et louant Sharna, ont choisi la voie des armes par pure sadisme ou haine de leur prochain ? Non, tous avaient leur raisons aussi mystérieuses soient-elles, tous avaient eu à prendre les armes, certains très jeunes, et n’avaient pas cessé de se battre… comme Démégor en son temps. S’il existait au sein des cavaliers des êtres violents et foncièrement mauvais, bon à enfermer, ce serait un raccourci bien trop facile que de dire que tous étaient ainsi et que l’ordre des cavaliers de Sharna tout entier était bon à enfermer.

Ils avaient des motivations différentes mais un but commun.

Quand avait-il pris réellement les armes pour la première fois ? A quand remontait la première fois où sa main s’était refermée autour du manche d’une épée ? Il ne s’en souvenait plus et avait l’impression d’avoir toujours été une arme à la main…non pas pour détruire mais pour défendre…pour défendre la seule famille qu’il avait. Et aujourd’hui il se retrouvait à côté d’une charmante demoiselle qui allait probablement vouloir savoir ce qu’il faisait dans la vie…que pourrait-il lui répondre ? Je suis le leader des cavaliers de Sharna et je détruirai bientôt ce monde afin d’en reforger un meilleur ? Belle introduction quoiqu’un peu effrayante pour le commun des mortels.

« Même chose pour moi, mais du vin au lieu de la cervoise »
Certes le vin d’ici ne vaudrait pas ce qu’il avait au manoir mais c’était un met que sa perte de sensations n’avait pas encore altéré, il pouvait donc encore se délecter de la chaleur remplissant sa gorge à mesure que ce doux nectar coulait en lui.
« Je viens de Phelgra. Et vous ? Dans quel endroit avait-vous pu bien naître pour que vous ayez choisie une vie de nomade ? »
Bien vite la serveuse arriva et disposa plats et boissons sur la table pour le plus grand plaisir des deux clients toujours tournés vers le feu. Démégor prit même la peine de rajouter une buche dans le feu avant de se tourner et se servir un verre de vin. Posant son nez au-dessus du liquide, il remarqua une certaine perte d’odorat qui rendait l’odeur de ce vin vaguement supportable…mais fort heureusement le goût était toujours là. Il prit alors une gorgée de ce nectar et laissa le liquide couler lentement pour en savourer tout l’arôme…et la seule chose qu’il pu dire après avoir bu son verre fut :
« Pas mauvais. J'espère que vous apprécierez votre repas pendant que je profite du plaisir de votre compagnie/ »

Ce n’était pas de toute première qualité mais il s’en contenterait pour le moment. Il espérait que la demoiselle apprécie elle aussi sa boisson ainsi que son plat. Se tournant vers elle, il lui adressa un signe de tête discret afin de l’inciter à commencer à manger avec lui car il ne se sentait pas trop d’attaque pour manger tout seul, surtout lorsque l’on sait qu’il n’en avait absolument plus besoin. Il faisait cela par simple politesse et soucis des apparences…il n’avait ni faim ni soif mais juste une vague sensation de froid que le feu avait fait depuis longtemps disparaître.

C’était cela le destin des morts. Ne presque plus rien ressentir.
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeMer 25 Juil - 13:27

    - Phelgra...? Murmura Aliénor à l'intention de son compagnon de table.

    Phelgra, le continent sombre... Rien qu'à l'écoute, ce nom pouvait vous procurer la chair de poule. Un endroit malfamé où la loi du plus fort régnait en maître. Ah... ce n'est pas un endroit qu'on espèrait séjourner pour prendre l'air, pour sûr. Tout n'était que famine et hécatombes, là où le meurtre et le commerce illégale étaient quasi Rois. Oh bien sûr, vous pouviez sûrement trouver votre petit bonheur dans ce commerce : esclaves, armes illégaux, objets rares... C'était aussi là où séjournait les plus grands criminels d'Istheria, comme ce Torenheim...

    Et comment prononcer le nom de " Phelgra " sans avoir une pensé pour les Cavaliers de Sharna ? Qui étaient-ils vraiment ? Quels étaient leurs véritables intentions ? Nul ne savait, mais ce qui était sûr, c'était qu'une grande majorité des membres n'étaient pas des tendres, loin de là. Et puis, Démégor... Elle se souvenait de l'avoir croisé au tribunal, c'était la première fois qu'elle le voyait dans toute sa splendeur, orné de sa fameuse armure... Comment était-il de l'intérieur, d'un point de vue physique comme psychisme ? Il dirigeait ce pays d'une main de fer avec un but bien en tête, mais Aliénor ne pourrait dire si tout ceci était pour de bonnes ou mauvaises intentions, bien que sa méfiance lui soufflait qu'il était un ennemi potentiel...

    Aliénor ne se rendit pas compte qu'elle était plongée dans ses pensées, se remémorant de ses voyages passés dans ce pays. Ce fut la serveuse qui la fit extraire de sa rêverie quand celle-ci apporta leur commande et la jeune femme s'empressa de la remercier d'un mouvement de tête. Elle se tourna ensuite vers son compagnon de table, gênée de l'avoir laissé dans le silence et sans réponse. La Rôdeuse l'observa inspecter le vin, une boisson qu'appréciait Aliénor quand le coeur y était, mais elle n'était pas une grande adepte comme semblait être Lorn. La seule chose qui put dire par la suite fit naître un doux sourire sur les lèvres de l'Eryllis :

    - Hélas, une piètre compagnie qui s'absente bien trop souvent dans ses pensées en vous manquant de respect, Messire...

    A l'invitation de Lorn, Aliénor commença à prendre une bouchée qu'elle dégusta lentement. Voilà enfin un peu d'originalité dans ses repas composés uniquement de viande sec, elle pouvait sentir différentes saveurs dans son palais qui se mariaient à merveille avec le sanglier. Enfin de quoi éveiller ses papilles gustatives ! Et au moins, elle aura l'estomac assez rempli jusqu'à demain midi, parce qu'il fallait avouer que le Ragoût de Sanglier n'était pas un repas des plus léger... Avalant goulûment, elle reprit là où ils s'étaient arrêtés :

    - Je vis le jour dans la ville de Tyrhénium... Mais jusqu'à dire que j'ai une attache dans cette ville serait mensonge, je n'y ais passé que mes six premières années de ma vie.

    Enfin, elle pensait... La vérité est qu'elle avait pratiquement perdu tout ses souvenirs datant de cette période de sa vie. Cela lui arrivait de voir quelques bribes de souvenirs bien éphémères, des odeurs familières, des voix lointaines ... Dans un sens, c'était assez frustrant de ne pas se remémorer, mais pour se rassurer, elle se disait que sa vie d'autrefois n'avait sûrement pas une réelle importance pour qu'elle ait fini par l'oublier au fil des années...

    Prenant sa cervoise en main, elle rapprocha son verre de ses lèvres avant de demander à son compagnon de table :

    - Et comment vont les Cavaliers de Sharna ?

    Soudain, il eut comme cette impression que les voix des autres clients baissèrent le ton, tandis que la Rôdeuse pouvait sentir de lourds regards lui brûler la nuque. Et pourtant, un léger sourire planer sur ses lèvres. Fermant les yeux, elle but sa cervoise en silence. Elle avait le droit de pendre de leurs nouvelles, non ?
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeJeu 26 Juil - 1:48

Peu importe le nombre de mois, d’années et de siècles que ce prétendu jeune homme avait passé sur cette terre maudite, peu importe le nombre de saisons qu’il avait vu passer…aussi loin qu’il s’en souvienne il avait toujours vécu à Phelgra et n’avait connu aucune autre nation qu’il pourrait appeler « maison ». Mais là où il voyait une maison chaleureuse lui ayant permis de s’épanouir pour devenir le guerrier implacable qu’il était aujourd’hui…d’autres y voyaient une nation corrompue où rien de beau ne subsistait et où ne vivaient désormais que brigands et violeurs. Cela en était presque pathétique de voir à quel point les gens les plus faibles et ignorants sont les plus prompts à juger ce qu’ils ne connaissent pas…car il est dans la nature humaine que de craindre ce que l’on ne connait pas. Mais au fond sa maison avait-elle réellement une quelconque importance ? Il aurait, à l’époque, considéré n’importe quel endroit comme sa propre maison du moment qu’il y était avec sa famille…rien d’autre ne comptait alors.
Mais aujourd’hui les choses avaient drastiquement changé. Sa famille ? Disparu en quasi-totalité. Son innocence ? Envolée depuis le jour où il avait décidé de prendre les armes, disparue le jour où il avait fait couler le sang pour la première fois en perforant le torse d’un soldat de sa lame…et depuis ce jour il avait répété ces gestes tellement de fois qu’il ne subsistait désormais en lui plus une once de générosité, plus un soupçon de compassion et d’empathie…ces émotions s’étaient envolées et leurs dernières traces avaient péri avec lui ce jour fatidique.

Que restait-il désormais ? Plus qu’une épave froide et vide incapable de ressentir toute pitié, incapable de profiter des caresses d’une femme comme avant : plus qu’une épave qui ne faisait que simuler les émotions qu’elle avait eu naguère...ou du moins c’est ce que toute personne externe devrait se dire, mais la vérité était bien plus complexe que cela, et profondément cachée dans les tréfonds de son âme gelée.

Qui était donc cette douce créature qui se présentait à lui en cette situation pour le moins précaire ? Qui était cette inconnue désireuse de partager son feu ? Quelle était son histoire ? Quelles péripéties avaient bien pu l’amener dans cette région par un temps aussi chaotique que celui-ci ? Tellement de questions et si peu de réponses. Mais c’était le jeu, après tout, que de chercher à pousser l’autre à se dévoiler.

Bien sûr la demoiselle fut surprise de savoir que Lorn était originaire de Phelgra, cependant elle n’eut pas la réaction de mépris et de dégoût qu’on la plupart des gens se disant civilisés en apprenant que leur interlocuteur viens de cette « antre de la débauche et des ténèbres ». Il avait vu ce regard méprisant et suffisant tellement de fois qu’il pouvait prédire si quelqu’un allait lui jeter un tel regard bien avant lui avoir dit d’où il venait…c’était tellement évident que ce jeu de devinette n’en était plus vraiment un.
Cette douce créature rêvait, elle se remémorait sans doute une période plus heureuse de sa vie à laquelle elle pourrait se raccrocher pour oublier sa situation actuelle, pour oublier la tempête qui faisait rage dehors…pour oublier les gens qui peuplaient cette auberge. Mais pourquoi s’en excusait-elle ? Tout être vivant avait le droit à un jardin secret, avait le droit de se retrouver seul avec ses pensées pour tenter de trouver un semblant de calme et de sérénité dans les moments les âpres et désespérés…pour quelle raison s’excusait-elle ? Etait son éducation qui la poussait à agir ainsi ? Fort possible.

« Vous m’êtes de bien meilleur compagnie que vous ne pouvez le soupçonner. Ne vous excusez pas de chercher un peu de réconfort dans vos pensées, c’est tout à fait naturel. Par ailleurs, il est inutile de m’appeler messire, je ne mérite pas une telle appellation…mon prénom fera amplement l’affaire. »

Messire était généralement l’appellation donnée aux hommes ayant un peu de sang noble en eux, pas aux bâtards nés de père et de mère inconnus. Il n’était pas noble, ne désirait pas l’être et ne pouvait pas prétendre à l’être…une telle appellation était donc superflue. Bien vite la demoiselle mis sur la table un sujet qui, comme d’habitude, attira crainte et curiosité parmi les gens de cette auberge assez proche pour avoir entendu cette question. Les cavaliers, même dans un trou paumé comme celui-ci, semblaient craints et cette idée ne pouvait que plaire à Démégor. Mais, tandis qu’il finissait son verre de vin et attaquait son plat, il senti de l’agitation au fond de la salle…alcool, dispute, ou était-ce le sujet des cavaliers qui avait lancé la chose ? Il ne savait pas et s’en fichait complètement. Il n’avait à cœur que de répondre à la demoiselle :

« Aux dernières nouvelles ils restent assez calmes ces derniers temps, bien que cela fasse plusieurs mois que je n’ai pas mis les pieds à Thémisto. Mon travail et mon style de vie m’emmènent généralement loin de cette contrée.»

Il se resservit alors un second verre de vin et le leva vers la demoiselle afin de trinquer avec elle…tradition futile et inutile, il désirait tout de même paraître assez normal. Après tout trinquer n’avait pas pour but de rassembler, de se souhaiter bonne chance et tout plein de bonnes choses pour l’avenir ? C’était tout ce qu’il pouvait souhaiter à la demoiselle…et tout ce qu’il pouvait se souhaiter à lui-même.

"Santé"
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeMar 7 Aoû - 19:03

    Mais qui était cet homme ? Mystérieux inconnu dont la hasard a voulu que la jeune femme le rencontre en cette soirée où le vent était à vous glacer le sang. Étrange Lhurgoyf aux yeux perçants dont les paroles au timbre mystique enivrait Aliénor... Qui était-il réellement ? Plus le temps passait, plus il attisait la curiosité de l'Eryllis. Il y avait quelque chose en lui d'indescriptible, insaisissable et singulier. Bien entendu, ils venaient tout juste de se rencontrer, mais pourquoi tant de mystère dans ses paroles ? Il lui rappelait dans un sens Sighild, était-ce une caractéristique de cette race ? Cumuler tant de mystères, de secrets, et e les garder jalousement au plus profond de sois ? Leurs passés semblent les avoir imprimé d'une certaine sagesse ou plutôt de l'expérience, influençant grandement leurs paroles et leurs discours...

    Aliénor n'arrivait tout simplement pas à s'approcher de cet homme, peut-être était-ce parce qu'ils étaient tout deux trop différents, issus de deux mondes distincts... Ou bien était-ce parce son compagnon de table ne lui en donner pas vraiment l'occasion ? Oui, elle avait l'impression qu'il se réservait, mais n'était-ce pas tout simplement normal ? Après tout, ils étaient tout deux de parfaits inconnus et aller jusqu'à confier leurs problèmes, leurs vies, leurs secrets, seraient vraiment des plus saugrenus... De mauvaise compagnie ? Oh non, non ! La jeune femme appréciait sincèrement cette compagnie bien que ce Lhurgoyf lui semblait tout aussi distant que galant. Peut-être un passé sombre, des agissements vils ou un coeur assoiffé de sang se cachait derrière ses yeux envoûtants. Mais en réalité, l'Eryllis ne voulait pas trop y penser de peur que sa soirée soit perturbée et chassa toute ses idées d'un battement de cils. Qu'importe à ce moment précis ce qu'il était réellement ou ce qu'il cachait à la jeune femme, il était simplement là, lui offrant gracieusement son temps et sa présence à la jeune femme. C'était tout ce qui importait à Aliénor qui voulait profiter de son compagnon de table avant que leurs obligations et leurs destinées les fassent séparer...

    Au fond, cela enchantait Aliénor -dont un timide sourire venait de naître sur ses lèvres-, que Lorn appréciait sa compagnie, c'était rare, il fallait l'avouer. Le côté austère et sombre de la Rôdeuse avaient fait fuir plus d'un. Oh, mais s'ils savaient ce qu'il se cachait sous cette capuche qui laissait entrevoir des lèvres rosées et un petit nez... Oui, s'il savait tous le véritable visage de ce bout de femme. Mais ça, seuls Fenrir et Sighild avaient ce privilège. Qui sait, un jour les masques tomberont et l'Eryllis osera enfin se dévoiler aux yeux d'Istheria... Mais ça, ce n'était pas pour tout de suite.

    Prenant son potage entre ses mains, elle souffla la surface du breuvage afin de le refroidir un peu tandis qu'elle sentait de l'agitation naître dans la taverne et que Lorn lui résumait les dernières nouvelles au sujet des Cavaliers de Sharna. Ah ? Quel métier pouvait-il bien faire pour s'éloigner à ce point de cette contrée ? Non, elle n'allait pas lui demander tout de suite, peut-être qu'il voulait garder ça pour lui. Ou bien, elle attendra en fin de soirée, laissant le loup s'approcher un peu plus d'elle, pour avoir quelques informations de plus sur lui, si le loup n'en venait pas à lui mordre la main...

    Fermant les yeux, Aliénor porta la soupe à ses lèvres et laissa le liquide allait au fond de sa gorge dont l'exquis goût des légumes mijotées à la marmite lui arracha un petit frisson. Qu'il était bon de goûter un peu de légumes dans ce bas monde ! Oui, ça pouvait être idiot sur le coup, mais n'oubliez pas que la nomade n'en avait pas souvent l'occasion d'y déguster... Le bruit d'un breuvage qu'on versait à nouveau dans un récipient lui arracha de sa rêverie et la Rôdeuse reposa son bol sur la table tandis qu'elle passa sa langue sur ses lèvres. Elle ne put s'empêcher de pencher la tête sur le côté -un petit geste qui était devenu un tic pour la jeune femme- quand son compagnon de table leva son verre. A quand remontait la dernière fois qu'elle avait trinqué avec un parfait inconnu ? Trop longtemps, hélas ! Mais cette petite intention lui arracha un petit sourire et l'Eryllis l'accompagna en levant son verre avec lui en plongeant son regard dans ses yeux d'or, comme le voulait la tradition :

    - Santé...

    Elle but une bonne gorgée de cervoise, sans détourner ses yeux de ceux de son interlocuteur avant de finalement reposer sa choppe. Trinquer... voilà une chose assez singulier dans un sens pour souhaiter la réussite de l'autre. Et pourtant, Dieu sait qu'elle en aura besoin avec les sombres jours à venir. Sous ordre du Roi, les Eryllis étaient devenus des hors-la-loi, la chasse a été ouverte, sa tête mise à prix pour 1 000 Dias... Elle allait devoir être bien plus prudente qu'elle ne l'était jusqu'à lors ; ce n'était plus vivre à présent, mais survivre ! Aliénor reprit une bonne gorgée de cervoise -si vous vous posiez la question, oui, Aliénor tenait très bien l'alcool- pour noyer toutes ses sombres idées et releva la tête vers son compagnon de table :

    - Et qu'allez-vous devenir, Lorn, quand l'aube sera levé ?

    Elle lui demanda par simple curiosité. Leurs chemins se sont croisés en cette nuit, par la main du hasard ou du destin, mais ils devront tôt ou tard se séparer. La jeune femme reprendra sa vie de nomade, profitant de chaque instants avant que les Dieux aient décidé de lui jouer un mauvais tour... Mais Lorn, qu'allait-il faire par la suite ?
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeJeu 9 Aoû - 0:35

« J'irais là où mon….activité me mènera. Qui sait de quoi demain sera fait?»

Evidemment tous ses pas le mèneraient immanquablement vers Phelgra, il avait sur ces terres de trop grandes responsabilités pour avoir le luxe de s’y absenter bien trop longtemps. S’il pouvait abandonner ses obligations pour une courte période, de temps à autres, il n’abandonnerait certainement pas la position pour laquelle il s’était battu avec tellement d’acharnement. Décidemment il respectait profondément ceux qui n’avaient aucune attache et qui pouvaient vivre de leurs passions et passer leur vie toute entière à ne rien faire d’autre que de voyager, à vivre au jour le jour sans savoir de quoi pourrait être fait le jour suivant. C’était une vie dangereuse et pleine de défis, c’est en cela que l’impérial admirait ceux qui choisissaient volontairement de plonger dans ce genre de vie…ceux pour qui le choix avait été fait pour eux, ça c’était une toute autre histoire.

Il n’avait même pas besoin de regarder cette déesse pour savoir que sous cette capuche se cachait un regard qui brûlait d’envie de savoir ce qui se cacher dans les tréfonds de son âme, quels noirs secrets l’impérial pouvait bien cacher aux yeux du monde entier : qui pourrait l’en blâmer ? Non, c’était évidemment hors de propos d’envisager de lui révéler quel autre rôle il jouait en permanence, mais il pouvait néanmoins répondre à une question de moindre importance mais qui devait quand même trouver une réponse. Elle désirait savoir ce qu’il faisait dans la vie, c’était une question que tous voulaient savoir lorsqu’ils finissaient par partager un feu et un repas avec un parfait inconnu, elle voulait en savoir tellement plus sur lui et tout ce qu’il représentait dans ce monde sans oser ouvrir la bouche pour prononcer les mots magiques. Il lui avait même tendu une perche en évoquant son travail et son style de vie ; mais par timidité, par pudeur ou pas respect elle n’avait pas osé prendre cette perche et s’était abstenue de poser la question.
Empoignant le manche du couteau qui lui avait servi avec son repas, le jeune homme qu’il était commença à faire glisser le couteau entre ses doigts comme un artiste jonglerait avec n’importe quel objet. Aussi loin qu’il s’en souvienne il avait toujours eu une arme entre les mains, et après des siècles d’existence il pouvait transformer n’importe quel objet en arme mortelle si la situation l’exigeait. Lames courtes, lames longues, épées à deux mains, dagues, poignards…aucune arme blanche n’avait de secret pour lui et désormais il faisait passer ce couteau tranchant entre ses doigts avec une aisance surhumaine.
De la façon dont il maniait ce banal couteau on aurait pu voir en lui un enfant jouant avec un jouet tout ce qu’il y avait de plus inoffensif…la danse de ce couteau dura plusieurs dizaines de secondes jusqu’à ce que Lorn décide d’y mettre un terme en le plantant verticalement dans la table en bois, juste devant son repas. Le reprenant en l’arrachant de la table d’un coup sec, le jeune homme tapota ensuite de la lame de ce banal couteau le fourreau qui pendait à droite de sa ceinture puisque de là où elle était, c’était le seul que la demoiselle puisse voir.

« Je vis par les armes...pour ainsi dire. »

Quand quelqu’un dit qu’il vit par les armes on imagine toujours une brute de deux mètres de haut assoiffée de sang et pourvue d’une haine et d’un sadisme hors normes. Un raccourci un peu trop rapide, ne trouvez-vous pas ? Car comme dit précédemment il y a autant de raisons de prendre les armes qu’il y a de personnes décidant un jour d’empoigner une lame pour une raison qui leur est propre. Les plus nobles des personnes sont celles qui ne prennent pas les armes pour ôter des vies mais pour en sauver….pour en protéger. Dans quelle catégorie se plaçait-il donc ? Aucune, ou du moins il n’appréciait pas l’idée d’être jugé et casé dans une catégorie car il était un être fait de complexité et de mystère : nul être n’était à même de le cerner.

« Moi qui pensais qu’avec un temps pareil j’allais perdre ma soirée, vous rencontrer est finalement ce qui pouvait m’arriver de mieux. Je remercie le hasard pour cette rencontre. »

La conversation repris de plus belle mais fut rapidement interrompue lorsque le porte de l’auberge fut brusquement ouverte par une violente bourrasque de vent alors que le soleil avait désormais laissé place, petit à petit, à la nuit qui approchait. Les deux personnes les plus proches de la porte se levèrent et, de concert, poussèrent la porte pour la fermer sèchement comme elle aurait dû l’être. Avec la nuit qui approchait à grand pas il semblerait que le vent ait décidé de rappeler à tous qu’il était là et qu’il n’était pas prêt de se calmer. Soupirant discrètement, le jeune guerrier ajouta :

« Et en parlant de temps justement, vu la tempête qui redouble d’intensité je vais finalement peut-être rester ici pour la nuit. Qu’en est-il de vous ? Resterez-vous ici vous reposer ?»

Non il n’y avait ici aucune insinuation lubrique de sa part, quoique se réveiller aux côtés d’une telle beauté aurait été une idée des plus agréables. Il n’aimait simplement pas se réveiller dans une auberge ou tout autre bâtiment en ne reconnaissant aucun village familier, et il aimait également prendre son petit déjeuner en bonne compagnie…ou du moins c’était ce dont il avait l’habitude lorsqu’il était encore en vie. Prendrait-elle cela comme une invitation coquine ou comme un simple renseignement ? Cela ne tenait qu’à elle.
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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeLun 17 Sep - 21:25

    Une simple réponse... Et pourtant la jeune femme voyait là comme un nouveau voile de mystère se déposer sur le visage de ce singulier Lhurgoyf. Que voulait-il dire par là ? On pourrait croire aux premiers abords que son " activité " n'était pas des plus saint. Mais était-ce réellement étonnant venant de la part d'une personne de Phelgra ? Sans doutes que non, mais n'oublions pas qu'Aliénor s'était promise de ne pas tirer de conclusions trop hâtives. Elle n'avait aucune preuve, elle ne pouvait donc le pointer du doigt. Mais dans un sens cela ne ressemblait pas à l'Eryllis ; elle qui était si méfiante avec les étrangers, elle baissait un peu trop vite sa garde en ce jour, allant jusqu'à fermer les yeux sur la moindre contrariété... Pourquoi ? Aucune idée, peut-être parce les yeux de son compagnon de table l’envoûtaient, ses manières, le timbre de sa voix... Sa présence était en réalité reposante, comme une douce brise dans une après-midi d'Enkilil. Oui, elle se sentait détendue à ses côtés, adoucie et beaucoup plus calme. Cela changeait d'habitude et elle ne semblait pas se plaindre de cette situation, mais encore faut-il qu'elle remarque ce changement d'attitude !

    Aliénor reprit son repas avec envie, terminant son ragoût de sanglier. Il n'y avait pas à dire, ça faisait du bien par là où ça passait ! Et rien de telle pour passer tout ça avec une bonne soupe ! Prenant le bol dans ses mains, l'Eryllis prit tout son temps pour terminer le potage, petite gorgée par petite gorgée... Mais elle dut s'arrêter de boire, sans déposer son bol sur la table, car Lorn venait de capter toute son attention par le bais d'un geste singulier. Il avait prit le manche d'un couteau, vulgaire petite chose à peine utile pour couper la viande. Peut-être pour tuer l'ennuie, il fit tournoyer cette vulgaire lame entre ses doigts, comme n'importe quelle personne aurait pu le faire pour passer le temps et peut-être faire son intéressant. Et pourtant... Si ça avait été réellement le cas, Aliénor aurait détourné son regard d'un air désintéressé, mais ce ne fut pas le cas. Car il y avait quelque chose qui faisait que la jeune femme l'observait attentivement et dans un silence quasi apaisant ; elle était tout simplement envoûtée par cette jonglerie si élégante. Non, non, elle n'était pas folle, mais comprenait bien qu'elle discernait dans ce geste particulièrement banal les mouvements d'un maître d'armes. Oui, au vu de cette déroutante facilité à manier cette lame, Aliénor était convaincue de faire face à un homme ayant donné sa vie pour les armes. Cela a pourtant duré quelques secondes, une durée si infime qui prit fin, presque à regret, par un geste vif qui aura pour but de planter le couteau dans la bois tendre.

    L'Eryllis était figée sur place, telle une élégante statue, fixant intensément ce couteau qui fut arraché de la table pour venir tapoter le fourreau qui pendait à la ceinture de Lorn. Pour " ainsi dire ", celui-ci vivait pour les armes ? A cette parole, la jeune femme le fixa droit dans les yeux, plongeant dans les méandres de son énigmatique regard... Avant de replonger à sa soupe et de la terminer cul sec. Non, non, elle n'allait rien dire sur cette déclaration à double sens. Elle pourrait très bien dire qu'elle aussi elle vivait pour les armes, dans un sens, étant une amoureuse des lames. Tout comme cet homme peut laisser sous-entendre que c'est un guerrier, ou bien un trafiquant d'armes... Difficile de savoir avec ce Lhurgoyf si mystérieux qui semble se voler la face. Mais pour quelle raison ? Mystère...

    Aliénor fit signe à la serveuse de venir à leur table et lui quémanda de lui apporter du thé blanc, chose qu'elle s'empressa de lui préparer. Ben oui, rien de tel qu'un bon petit thé pour faire passer ce dîner copieux - même si ce n'était qu'une banale excuse, si ça tenait qu'à elle, elle en prendrait à n'importe quelle heure...- . Le calme s'était installé à nouveau entre les deux voyageurs, jusqu'à que son compagnon de table prit la parole, faisant à nouveau apparaître un sourire gênée sur les lèvres de le visage austère d'Aliénor. Cependant, elle s'empressa de répondre, dans un ton des plus moqueur :

    - Je suis sûr que vous devez narrer de tel propos à chacune de vos rencontres...

    Elle ne savait pas si il le pensait réellement, mais généralement ce sont les coureurs de jupons qui prononçaient de telles paroles pour attirer leur victime jusqu'à leur couche. Aliénor n'était pas du genre à se laisser facilement caresser par d’allégresses compliments, mais elle restait tout de même une jeune femme... Elle ne restait pas pour autant insensible si ces paroles sont prononcées par une personne tout à fait sérieuse et sympathique.

    Mais la discussion n'alla pas plus loin, car le vent décida de faire des siennes et de gâcher ce moment par sa présence des plus déroutante. En effet, voilà que ce dernier s'incrustait dans l'auberge, ouvrant avec grand fracas cette porte qui fut aussitôt refermée pour ne pas laisser entrer cet air indésirable. Aliénor ne put s'empêcher de frissonner, alors que la chair de poule parsemait sa peau laiteuse et elle chercha à retrouver de la chaleur en se frictionnant les bras. Ah... Saleté de vent ! Il semblerait que cela a eu don de modifier les projets de Lorn ; il restera pour prendre une chambre et se protéger du froid... Et pour l'Eryllis ? Elle lui souriait, avec douceur, quand le Lhurgoyf voulu savoir si elle en ferait de même. Mais...

    - Ça aurait été un plaisirs de rallonger cette soirée en votre compagnie... Cependant, j'ai promis à mon compagnon de le rejoindre durant la nuit, et je n'ai qu'une seule parole. Et puis, j'ai appris qu'il ne fallait jamais décevoir un loup rancunier.

    Elle avait rajouté ces derniers paroles par un ton moqueur. Oh oui... Fenrir avait un caractère de cochon -bien pire que celui de sa maîtresse-. Rancunier, il pouvait se montrer invivable quand on lui manquait de respect - plus c'est vieux, et plus c'est teigneux... - . Et puis, cela ne plaisait pas à Aliénor de lui poser un lapin ainsi, elle lui avait promis de passer la nuit avec la nuit et comme elle l'avait dit, elle était une femme de parole qui tentera le tout pour ne jamais briser une de ses promesses. Mais il était vrai qu'il était dommage qu'elle ne puisse pas profiter de la présence de Lorn.

    La serveuse arriva avec son thé et Aliénor s'empressa de la remercier d'un mouvement de tête et fit une chose pour le moins curieuse : elle prit la tasse entre ses deux mains et remonta ses jambes contre elle, les pieds posés sur le bord de la chaise. Elle était en boule, une position inconfortable pour certain, mais qui ne dérangeait guère la jeune femme, ayant un corps souple. De plus, cette position dévoilait bien là une vie de nomade, car elle se mettait ainsi, quand elle se préparait du thé, le dos contre Fenrir, afin de récupérer le peu de chaleur qui émanait de cette boisson. C'était donc devenu une habitude de le boire ainsi, bien qu'elle ne faisait ça chez un hôte par pur politesse, mais au vu de son aise qu'elle ressentait à ce moment là, elle ne s'était pas privée...

    - Et puis... J'ai des... vieilles connaissances à revoir, et je souhaiterai m'y rendre au plus vite, rajouta-t-elle en murmurant.

    Evidemment, ses " veilles connaissances " n'étaient autres que ses soeurs Eryllis... Elle commença à boire une gorgée, dégustant la sensation de chaleurs que cela lui procurait le long de sa gorge et il semblerait qu'un doux sourire de jouissance planait sur ses lèvres.

    - Mais, maintenant que j'y pense, pourquoi êtes-vous si loin de vos terres, Lorn ?

    Elle plongea dans son regard doré avec plaisirs. Et Aliénor ne put s'empêcher de se demander si Lorn allait répondre à nouveau par énigmes...



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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeMar 18 Sep - 18:00

« On pourrait croire que c’est le cas….mais non. Là où mes pas me mènent je trouve très rarement une aussi charmante compagnie. »


Evidemment Démégor, derrière son armure, n’était pas vraiment la proie des femmes les plus belles qui soient, car qui voudrait d’un guerrier dont personne ne connaissait l’apparence ? L’ennui avec ce style de vie, c’est que tout le monde peut être porté à croire que la personne qui se cache le fait parce qu’elle est laide. Mais il aimait bien ça, le mystère, les soupçons et questionnement incessants : c’était un tout autre style de vie, une façon différente d’aborder les choses.
« Il est vrai que certains animaux ont la rancune tenace. »

Non il n’était pas spécialement un ami des bêtes, si ce n’est de son fidèle destrier, mais il était de notoriété publique que les animaux avaient la dent dure lorsqu’il s’agissait de trahison…sauf peut-être les chiens.
«Cela fait du bien parfois de s’éloigner de tout pour pouvoir se ressourcer. J’espérais pouvoir retrouver la paix ici, mais il semble que le temps ne soit pas de cet avis. C’est peut-être un signe, le signal me disant que les vacances sont terminées. »

Non bien sûr que non il n’était pas de ceux qui désiraient trouver la paix intérieur pour pouvoir vivre paisiblement et en harmonie avec eux-mêmes ; il n’était pas de ceux ayant besoin de s’isoler à mille lieux de chez eux pour pouvoir se retrouver et se détendre. En empoignant une arme la première fois, et en fauchant la vie de son premier adversaire, aussi jeune fut-il à l’époque, il avait dès lors accepté de mener une vie chaotique et misérable, une vie de tourments et de douleur. Pensez-vous qu’il espérait vivre éternellement, ou presque, et mourir de sa belle mort un jour en s’endormant dans son lit pour ne plus jamais se réveiller ? Non bien sûr, la paix de l’esprit lui était interdite depuis qu’il avait fauché la vie d’autrui, il ne pouvait prétendre à vivre en paix avec lui-même alors que, par sa faute, de nombreuses vies s’étaient terminées bien plus tôt qu’elles ne l’auraient dû.
Il le savait depuis toujours, il était mort une première fois sur le champ de bataille et sa seconde mort, définitive cette-fois, ne serait guère différente de la première. Pourquoi le serait-elle ? Il avait enfilé le rôle d’un être que l’on ne pouvait que craindre, pour certains, et haïr pour d’autre. Partant de ce point, il ne pouvait être que la cible d’attaques de toutes parts et viendrait forcément un jour où un de ses adversaires arriverait finalement à percer ses défenses et à lui ôter la vie avec autant de violence que Démégor en avait fauché des centaines et centaines d’autres depuis qu’il avait vu le jour. Sa première naissance, je précise.
Parfait cela lui convenait très bien ainsi, mieux valait une vie risquée et passionnante qu’une éternité passée à se cacher de tout et de tous ; ne trouvez pas cela plus passionnant de vivre sans savoir quand le couperet tombera ? Lui oui en tout cas, mais accepter la mort tout en vendant très chèrement sa peau le moment venu, cela n’était pas un sujet de conversation particulièrement plaisant à aborder en compagnie d’un membre de la gente féminine…exception faite de celles ayant choisies de rejoindre les cavaliers, car il y en avait bien quelques-unes.

Moins elle en savait sur lui, mieux elle ne portait. Et lui ? Que voulez-vous qui lui arrive ? Sa précédente vie n’était pas assez secrète et mystérieuse pour qu’elle recèle de secrets interdits. Ce qui lui restait de famille le croyait mort sur le champ de bataille, et c’était bien mieux ainsi, bien mieux pour tout le monde.

Oui, comme les autres elle le regardait avec insistance alors qu’elle ne le connaissait que depuis quelques minutes. Ce n’était pas lui en soit, mais son regard semblable à deux petits soleils luisants…soleils pouvant virer à l’orange selon ses humeurs. Depuis toujours ce regard avait fasciné car il était assez rare pour un être comme lui : était-ce un signe d’une grande destiné ? Certains pourraient le penser, mais il n’était pas superstitieux pour deux sous. Pouvait-il en dire autant d’elle ? Il aurait bien aimé mais il semblerait qu’elle souhaite toujours garder son visage caché sous cette capuche et qu’elle ne soit pas encore prête à le lui révéler. Parfait, chaque chose en son temps.
Au final les responsabilités de la demoiselle allaient la rappeler hors de cette taverne, et Démégor savait bien qu’il ne pourrait pas rester absent comme ceci bien longtemps. Soin devoir allait le rappeler très bientôt, c’est pour cela qu’il profitait autant que possible de ce moment au coin du feu, en charmante compagnie. Non, personne ne le viendrait ici mais il ne pouvait désormais plus agir comme bon lui semble, des gens dépendaient de lui et c’était son rôle de veiller au bien être de son peuple. Bientôt lui aussi repartirait, bientôt il retournerait chez lui, dans la cité noire.




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MessageSujet: Re: Au coin du feu [Privé]   Au coin du feu [Privé] Icon_minitimeSam 3 Nov - 20:50

    Elle aurait voulu que ce moment puisse durer encore quelques instants où au moins jusqu'à l'aube. Mais Aliénor n'avait pas prévu qu'elle trouverait dans cette taverne une si bonne compagnie. Le moment était compté, quand la dernière goutte de cette tasse de thé sera dans le gosier de la Rôdeuse, cette soirée prendra fin dans un claquement de cape. Elle devra partir de cette taverne et reprendre sa vie là où elle l'avait laissé. C'est pour ça qu'elle essayait de profiter de ses derniers instants en compagnie de Lorn et qu'elle buvait bien lentement son thé bien chaud. Elle écoutait une dernière fois les mots de ce Lhurgoyfs aux paroles mystiques. Lui aussi, à l'entendre, devait reprendre sa vie là où il l'avait laissé et reprendre son chemin vers sa destiné.

    La Terranne ne savait pas pourquoi, mais durant cette soirée à essayer de décrypter son compagnon de table, elle avait comme cette étrange impression que l'homme qui lui faisait face était une âme errante. Cette impression aussi qu'il portait quelque chose de bien lourd sur ses épaules... Tenterait-il de se soulager de ce poids ? Ou au contraire s'était-il décidé à avancer en assumant son fardeau ? Peut-être ne le saura-t-elle jamais. Et puis, il y a des secrets qui ne faudrait peut-être pas déterrer... Mais difficile de suivre cette règle quand on est aussi curieuse et aventurière que la jeune femme.

    C'en était fini de cette soirée ; les dernières goûtes du thé d'Aliénor trouvèrent son chemin au fond de sa gorge. A la suite de quoi, elle tapota nerveusement la tasse en lâchant un soupir attristé. Allez, autant en finir le plus vite possible... D'un signe de main, elle appela la serveuse en lui montrant un geste discret sa bourse accrochée à sa ceinture pour lui signaler qu'il était temps de payer. La serveuse hocha la tête et finit de servir un de ses clients avant d'aller chercher la commande d'Aliénor : les rations de voyages. En attendant, la Rôdeuse plongea son regard sombre à nouveau dans ceux de l'énigmatique Lhurgoyf :

    - C'est ici que nos chemins se séparent, Lorn... Votre compagnie fut des plus plaisante et j'espère que j'aurais l'honneur et le mérite que nos chemins se recroiseront à nouveau...

    Sa voix était douce et ponctuée de sincérité et l'Eryllis fit quelque chose de bien étonnant venant d'une femme aussi austère qu'elle ; elle lui présenta une de ses mains avec un doux sourire sur ses lèvres, afin de lui autoriser de lui faire une baisemain. C'était en quelque sorte une manière de se faire pardonner de tout à l'heure quand son appétit coupa l'élan de galanterie de son compagnon de table, lui donnant l'occasion de reprendre là où il fut interrompu. Quand cela fut fait, la serveuse se présenta à ses deux clients et Aliénor paya ce qu'elle devait, attendant que la serveuse soit satisfaite du compte. Après quoi, la Rôdeuse se releva gracieusement et reprit son sac de voyage - où elle rangea soigneusement ses rations - son arc et ses flèches.

    Sans jeter le moindre regard à Lorn, elle quitta la table et se dirigea vers la sortie. Mais au milieu du chemin, elle s'arrêta et regarda derrière son épaule pour plonger une toute dernière fois dans les magnifiques yeux du Lhurgoyf avant d'ajouter d'un sourire malicieux :

    - Car il faudra bien que nous nous recroisions si un jour vous voulez savoir mon nom...

    Eh oui, Lorn ne savait toujours pas son nom ayant habilement réussis à ne pas lui donner. Pourquoi ne le donnait-elle pas tout de suite ? Peut-être pour donner une raison aux Dieux qu'il fallait que leurs destins se recroisent ou bien était-ce une mesquine envie de le taquiner ? Peut-être bien les deux, peut-être que le Lhurgoyf ne le sera jamais. Mais ce furent en tout cas les dernière paroles de l'Eryllis en marchant d'une démarche féline vers la sortie. Sans attendre, elle empoigna la porte et aussitôt un vent glacial s'engouffra en ce lieu, arrachant ainsi des complaintes et des grognements sourds à ces pauvres lurons et ivrognes qui souhaitaient se soûler en paix. L'avantage au moins c'était que cette satanée porte se referma très vite alors qu'Aliénor disparaissait dans un claquement de cape sinistre...


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