LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1

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Sur Istheria, RPG heroic-fantasy issus d'un univers original où de multiples aventures vous attendent.

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Effectifs

• Eryllis: 3
• Ladrinis: 3
• Eclaris: 1
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 5
• Nérozias: 3
• Gélovigiens: 6
• Ascans: 2
• Marins de N.: 2
• Civils: 10

Temps actuel

An 1305 de l'ère obscure

Saison:Riguear Mois:Gexon
[Novembre/Décembre en temps réel]

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 LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1

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:: The Boss ::

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:: The Boss ::
Le Messager
MessageSujet: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Ven 16 Nov - 18:25



Délil, le dieu de la vie. Il est celui versqui l'on se tourne parfois lorsque l'on est désespéré, lorsque l'on s'accroche à son existence et que l'on tient à ce que son souffle continue à être envoyé sur vous. Depuis que l'épidémie a gagné de l'ampleur, le temple a vu son activité à la hausse, et de nombreux prêcheurs viennent pour prier. Seulement, pour s'y rendre, il faut traverser les contrées qui sont sous la surveillance des Eryllis. Si les religieux ont jusque là une bonne entente avec ces dernières, cette haute fréquentation pourrait peut-être changer la donne, surtout si les lieux venaient à être souillés. Après tout, beaucoup de désespérés se rendent dans ce lieu, et ceux qui n'espèrent plus rien peuvent être dangereux...

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Personnes présentent dans ce lieu :
Sighild (altruiste, contaminé)
Irina Dranis (altruiste)
Démégor (radical)
Havelle Veto (altruiste, contaminé)
Xakta Selk (dévoué, contaminé)
Raven (altruiste)
Svana Oona (altruiste)
Othello Lehoia (dévoué)
Zaou Hsing Hsing (indifférent)

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But :
Les Eryllis présentes, vous surveillez principalement que tout ce beau monde qui traverse votre pays respecte l'endroit. Mais vous pouvez tout aussi bien venir en aide aux malades.
Les altruistes en général, vous êtes là pour soigner les contaminés, mais vous pouvez vous heurter à ceux qui refusent d'être soignés en pensant qu'il s'agit d'un châtiment des dieux. Il est fort possible que certains fanatiques viennent vous agacer ou convaincre vos malades de ne pas vous écouter.
Les dévoués, vous êtes venus pour prier dans le temple, mais aussi pour les prêcheurs malades. Il se peut que vous deviez tempérer les esprits vis à vis des fanatiques et des non religieux altruistes.
Démégor, tu as déjà envoyé de nombreux cavaliers un peu partout pour surveiller l'étendue de la maladie, tu es venu en personne ici pour savoir ce qu'il en était... ou bien d'autres affaires, incognito ou non.

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Règles :
_ Vous devez poster au moins 3 messages.
_ Il n'y a pas d'ordre de postage afin de ne bloquer personne.
_ Vous avez trois semaines pour poster vos 3 messages, soit jusqu'au 7 Décembre.






Dernière édition par Le Messager le Lun 7 Jan - 14:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Sam 17 Nov - 13:45

Le monde avait toujours été troublé depuis sa création et avait manqué de devenir un véritable brasier par maintes reprises à cause d’une poignée d’êtres avec un soupçon de pouvoir. Autrefois les hommes pensaient que les guerres étaient le plus grand fléau de ce monde, le plus gros problème dont chaque personne portait l’étincelle au plus profond de soi car chaque être humain avait la domination et la violence dans le sang…était-ce toujours le cas ? Pour certains oui, mais depuis quelques temps la grande majorité de la population mondiale avait été confrontée à un tout nouveau genre de fléau que les rois et les chefs de guerre ne pouvaient résoudre avec épées et boucliers, avec leur volonté et leur armée aussi imposante soit-elle.

Un fléau s’était répandu comme une traînée de poudre à travers le monde, faisant s’ébranler ses fondations en un instant et révélant au monde la visage véritable de l’humanité. Pensiez-vous réellement que dans cette crise internationale les peuples allaient s’unir et s’entraider pour lutter contre cette peste jusqu’à ce qu’ils réussissent à trouver un remède ? Non, la réconciliation, la pitié et la solidarité en temps de crise n’était qu’un conte que l’on racontait pour les enfants afin de les faire échapper à la réalité de la vie, à la cruauté du monde…à la cruauté de l’espèce humaine.
Là où certains voyaient dans cette épidémie pétrificatrice une épreuve divine d’autres y voyaient une simple maladie venue des coins les plus reculés et inhabités de ce monde, là où certains y voyaient une punition divine pour punir les péchés de l’humanité restés impunis depuis bien trop longtemps d’autres y voyaient une attaque d’un ennemi invisible et sans visage. Les opportunistes se mêlaient aux fanatiques, les altruistes croisaient les radicaux…bref, cette épidémie avait chamboulé le monde et tous essayaient, dans leur coin, de s’en sortir comme ils pouvaient en évitant de se faire contaminer ou en essayant de survivre s’ils avaient été touchés.


Le territoire de Démégor n’avait pas été épargné et bientôt les cas d’infection augmentèrent drastiquement, manquant de contaminer entièrement la cité si Démégor n’avait pas agi avec sa poigne habituelle. Pas de compassion, pas de traitement de faveur, pas de prise de risque inconsidéré : le leader des cavaliers affecta un quartier de sa cité à l’accueil et au traitement de tous les infectés jusqu’à ce qu’ils n’aient plus la place d’en accueillir davantage…les autres devraient se diriger vers les autres cités de la région, il ne prendrait aucun risque. Oui il était radical et avait immédiatement ordonné la quarantaine pour les contaminés mais il n’était pas radical au point d’ordonner l’exécution de tous par simple mesure de sécurité…continueraient-ils à le suivre en sachant qu’il n’hésiterait pas à les tuer à la moindre faiblesse ou maladie ? Non, il était peut-être trop ferme mais il n’avait jamais été inutilement cruel.
Les sains n’avaient pas à pâtir de cette maladie s’ils n’étaient pas infectés, il s’était trop battu pour arriver ici pour laisser cette infection s’étendre à toute sa cité. Il devait à tout prix trouver l’origine de ce fléau et trouver un antidote ou, à défaut, détruire la source de l’infection pour qu’elle ne se propage plus jamais. Sur son ordre tous ses cavaliers en état s’étaient rassemblés, les meilleurs guerriers du monde avaient en commun la volonté de faire cesser cette maladie et, sur son ordre, les meilleurs des meilleurs chevauchèrent aux quatre vents pour fouiller les moindres recoins de ce monde en quête de réponses, tandis que les autres resteraient garder cette cité et veiller à sa sécurité pendant qu’il partirait lui-même chercher des réponses.

Oui, celui le pris quelques jours mais il arriva enfin devant ce qui semblait être le temple de Dieu de la vie…trouvez-vous cela étrange de voir un serviteur d’une divinité de la guerre se rendre là où on vénérait la vie avant toute chose ? Mais c’était ici que les gens venaient prier, pleurer, demander le pardon, chercher des réponses ou tout simplement se reposer en espérant que Délil les délivre de leur tourment…en vain bien évidemment, mais c’était l’intention qui comptait plus que tout. Lentement mais sûrement, un pas après l’autre, il s’avança vers l’entrée du temple, vêtu de son habituelle armure. Il voulait voir ce que les guérisseur d’ici savaient sur cette maladie, il voulait des réponses et il les aurait.

Nul besoin d'armes ici, la vérité était la seule chose nécessaire.
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 :: Vipère Ecarlate ::

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:: Vipère Ecarlate ::
Irina Dranis
MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Lun 19 Nov - 18:36

Dans sa condition fragilisée, Irina n'avait pas planifié de devoir se déplacer aussi loin en si peu de temps. Seulement l'état d'urgence avait été déclaré, et étant données les circonstances, elle n'avait pu ignorer la missive qui lui avait été adressée. Des paysans de Hellas ayant été touchés par les prémices de l'épidémie l'informaient de leur désir de quitter la cité avec leur petit garçon afin de ne pas contaminer leurs semblables. Une décision aussi courageuse qu'inutile, car à l'heure qu'il était le virus avait sûrement déjà progressé. Les mesures de rétention n'avaient malheureusement été prises que bien tard, car le Maire, si soucieux des apparences avait rechigné à « provoquer la panique pour une vulgaire grippe ». Le résultat en était que malgré la réaction rapide des prêtresses qui avaient identifié un mal nouveau, Hellas avait vu le nombre de malades se multiplier très vite. Trop vite.
C'est pourquoi malgré ses réticences à laisser les rênes à la Grande Prêtresse, Irina avait décidé de suivre le pèlerinage de quelques uns de ses compatriotes pour se rendre au temple de Delil. Elle y trouverait sûrement plus de réponses qu'entre les cadavres des fosses communes... Et surtout elle pourrait tester d'autres méthodes et d'autres remèdes avec les plantes de la région de Noathis. Ces dernières seraient peut être plus efficaces contre cette mystérieuse maladie, d'autant plus que les médicaments habituels s'étaient avérés inefficaces. De plus ici les médecins n'étaient pas légion et les gens y avaient également besoin de soins. En ce sens elle fit rapidement mander une de ses consœurs, Othello Lehoia, afin qu'elle la seconde dans ses recherches. Il s'agissait de sauver ses gens et trouver une cure, mais également de s'affranchir des influences politiques qui essayaient de s'attirer gloire et mérite.

Ses quartiers étaient ici étaient sommaires, et la forêt était relativement préservée étant donné le faible nombre d'habitants. C'était un endroit isolé qu'elle ne connaissait que très mal, mais c'était l'occasion ou jamais d'y remédier. Cela pouvait même être intéressant, si elle ne mourrait pas avant. Jusque là son état de santé était précaire... mais cela n'avait rien à voir avec la maladie. C'était autre chose qui la rongeait, plus profond et plus noir... Le port d'Exanimis n'aidant pas en cela. Cependant cet anneau semblait la conforter, lui donner une certaine force mentale qui lui faisait tenir le coup, peu importent les obstacles. Désormais attaché en pendentif, il était serré contre son cœur et bien dissimulé sous ses amples vêtements, afin de ne pas la gêner lors de ses tâches. Leur lien quant à lui était toujours aussi indéfectible.
Enfilant à nouveau ses gants et le voile qui lui couvrait en grande partie le visage, la rouquine se dirigea vers l'entrée du temple avec un air sérieux. Il ne s'agissait pas de jouer avec la vie des gens, bien qu'elle n’hésiterait pas à en sacrifier si cela permettait de sauver un plus grand nombre. La vie de Prêtresse de Premier Rang était pleine de contradictions après tout... Une expression morose mais inébranlable sur le visage, la demoiselle parcourut les visages présents du regard, scrutant les signes de pétrification. Certains rechercheraient forcément à dissimuler leurs symptômes et mentir sur leur état, seulement elle n'était pas née de la dernière pluie. Après le nombre de malades qu'elle avait inspecté et vu mourir, elle pouvait désormais les reconnaître. Mais autant commencer en douceur et appeler les gens raisonnables en premier, car elle ne se sentait pas d'humeur à plaisanter. Montant sur les marches du temple pour prendre de la hauteur, elle éleva la voix afin de se faire entendre du nouvel arrivage de personnes.


« A tous les présents, sains ou malades, veuillez m'accorder quelques minutes de votre attention ! Que vous soyez venus en quête d'aide, d'espoir ou de prière peu importe. Je vous demanderai de respecter les règles qui sont affichées à l'entrée des lieux. Pas de contact physique. Les malades sont invités à spontanément se présenter auprès des médecins et des religieux, actuellement dirigés par moi-même. Veuillez vous déplacer dans le calme et respecter le silence à l'intérieur de ces murs autant que faire se peut. Vous êtes autorisés à établir un campement non loin à condition bien sûr de préserver la forêt. Puisse votre recueillement auprès de Delil faciliter votre guérison, que Kesha vous protège. »

Redescendant gracieusement les marches, Irina s'avança calmement vers la foule qui s'entassait, se demandant quel genre de personnes étaient venues. Autres que les fidèles, elle n'était toujours pas à l'abri des gens intéressés. Reconnaissant néanmoins quelques visages, Irina fronça les sourcils. Cet homme en armure... Il était au procès de Torenheim. Mauvais signe. Avec une longue inspiration, elle leva les yeux au ciel et se demanda pourquoi même là, si loin de tout, elle continuait de plonger dans les ennuis la tête la première.



« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Mar 20 Nov - 4:19

Veto fixait son reflet dans le miroir, l’air pensif. Sur son bureau, l’encyclopédie sylphide était ouverte à la page où il avait trouvé cette fleur séchée il y avait plusieurs mois déjà. Elle était entre deux pages faisant mention d’elle, étonnement. Parmi les diverses lignes sinueuses d’écriture alambiquée, il avait sans mal assimilé toutes les propriétés de cette plante qui s’était trouvé dans ce grimoire comme par magie. Salutis sanitis était-elle appelée par certains érudits. Ses propriétés les plus connus étaient la guérison de n’importe quelle poison. Sur sa corolle, on devinait que deux pétales avait disparus.

Veto soupira à nouveau profondément, fixant toujours son torse dans la glace sous sa chemise ouverte.
Il tendit machinalement la main vers le verre posé sur le bureau, ne pouvant détacher son regard de l’objet de son tourment. La mixture glissa dans sa bouche et descendit dans sa gorge. Il ne fit pas de grimace face au goût amer qu’il connaissait désormais et auquel il s’attendait. Il prenait un verre quotidiennement de cette mixture.

Il reposa le gobelet à côté de la grande déjà bien entamée.
Ses yeux se tournèrent vers le grimoire et les trois pétales restant puis revint vers son reflet. Il porta ses doigts à son torse et tâta doucement la tâche grisâtre, dure et rugueuse. Elle était apparue il y a une quinzaine de jours. D’abord pas plus grosse qu’un grain de beauté, il ne s’en était pas soucié. Mais il avait vite compris, le nombre de cas se multipliant, qu’il fallait qu’il fasse quelque chose. Mais la honte l’avait pris. La honte et la peur d’être jugé inapte à assurer ses fonctions. Après une semaine, elle avait atteint à peu près cette superficie. Il avait alors avalait la préparation d’un pétal entier en une fois. La tâche ne s’était pas résorbé mais avait cessé toute expansion… Jusqu’à la fin de la semaine où elle avait grossi de plus belle.
Alors il avait eu l’idée d’en faire un traitement journalier. Il avait presqu’enrayé sa progression. Presque… Et ça ne durerait pas éternellement. De plus, dans un mois, deux, maximum, il serait à cours de pétale.
Il fallait qu’il trouve une vraie solution. Malheureusement, le temps qu’il se décide à parler, la seule personne à qui il faisait désormais confiance était partie pour Noathis. À qui d’autre s’adresser dans cette cité ? Depuis peu, il prenait conscience que des manigances et les réseaux d’informations, les hommes de confiances et les espions, grouillaient à l’intérieur de ces murs qu’il avait jadis pris pour un rempart entre le monde dangereux de l’extérieur et cette cité aussi pure que la glace.

Foutaises… Il fallait qu’il grandisse, qu’il devienne un homme et qu’il le fasse pour ceux qui comptaient sur lui. Son père, Ision Lorindiar, dont il rêvé d’être un jour digne, ainsi que la mère de l’enfant qu’il avait juré de protéger, Irina Dranis,… Qui d’autre ? Ces engagements n’étaient-ils pas déjà assez lourds de conséquences pour qu’il n’ait pas besoin d’en chercher d’autres ? Il fallait croire que le jeune Havelle aurait encore besoin de découvrir bien des choses avant de perdre définitivement sa foi en l’humanité et qu’il cesse de dispenser sa dévotion…

On tambourina à la porte.


« Caporal-chef ! Votre monture est prête. Caporal-chef ?
-J’arrive. Que tout soit prêt quand je descendrai.
-Bien, mon Caporal-chef. »

Veto termina de reboutonner sa chemise rapidement, enfila son armure de cuir et ceignit ses armes. Une besace sur l’épaule, il rejoignit la cour, son manteau recouvrant l’intégralité de son corps, ce corps si traitre…

Il glissa son encyclopédie dans un sac de selle et pris place dans le convoi, son nouvel écu accroché dans le dos. Le symbole de Kesha rutilait plus que jamais, poli et verni fraichement.


« Mes Dames, mes Sieurs, la route jusqu’au temple de Fen sera longue mais vous n’aurez rien à craindre tant que la garde Cimmérienne veillera sur vous. Votre sécurité est entre nos mains et je vous assure que nous nous montrerons dignes de votre confiance. Cependant, vous êtes tenus de suivre mes instructions afin de faciliter le voyage et de le rendre aussi agréable que nous pourrons le faire rapide. Maintenant, en avant. »

Pour se rattraper de son manque de mobilisation du début de l’épidémie, la mairie était heureuse de mandater un nouveau convoi pour permettre à ceux qui le désiraient de suivre les traces des premiers partis. De plus, ce que personne n’osait dire tout haut, c’est que le conseil municipal était bien content de vider encore un peu la cité de tous ces contaminés.

*

Capuche et écharpe bien tirées, Veto arriva en tête du convoi des nouveaux arrivants dans la forêt, seuls ses deux yeux bleus et profonds apparent entre le tissu azur. Maclov marchait, aussi harassé par le voyage que son cavalier.
Le caporal-chef était aussi couvert par ses vêtements que lorsqu’ils avaient traversé le désert de glace. Il n’était d’ailleurs pas le seul à l’avoir fait, la plupart des gardes veillant à se prémunir de tout contact avec les contaminés.
Dans le cas précis de Veto, c’était sa propre contagion qu’il espérait limiter. La chaleur et la transpiration qui l’éprouvaient, étaient, elles, la punition de sa faiblesse.

Leur arrivée fut accueillie par celle qu’il aurait reconnu entre toutes. Son cœur se réchauffa un peu à la voir ainsi sûre d’elle, égale à son habitude, semblant en forme. Pourtant, le sourire né sous son cache nez disparu alors qu’il se remémorait leurs problèmes respectifs. Il se souvint alors qu’elle n’affichait certainement encore qu’une façade et que lui ne pourrait pas reporter indéfiniment le moment où il devrait lui demander de l’aide. Et cette fatalité le peinait grandement, lui qui avait si solennellement juré qu’elle pourrait se reposer sur lui.

D’un signe de tête, il fit comprendre à ses hommes de confirmer et répéter les instructions de la prêtresses aux inattentifs. Pour sa part, il guida son cheval vers la lisière de la forêt pour inspecter un endroit adéquat pour monter le dit campement.
Il trouva un espace assez grand, d’après lui, pour accueillir le nouvel arrivage et le fit savoir.

Il avait presque terminé de monter sa tante lorsqu’il se tourna vers la lisière, la main sur sa dague et le regard dur. Un bruit dans les taillis l’avait surpris. La capuche et l’écharpe finalement tirées, n’en pouvant plus de la chaleur, il refusait tout de même de retirer son manteau ou même ses gants. N’apparaissait ainsi que sa tête blonde aux cheveux humides de transpiration et son visage rougi par la chaleur.
Il s’approcha de Maclov accroché à un arbre près des fougères et fixa l’obscurité du sous-bois par-dessus la selle. L’animal n’était pas tout à fait tranquille. C’est pourquoi, les doigts de Veto quittèrent la dague pour venir effleurer le glaive et le bouclier porté par le destrier.

Ils étaient en territoire plus ou moins inconnu. Veto avait d’ailleurs décroché cette mission grâce à « l’expérience » qu’il avait des lieux. Même si celle-ci était minime, elle était toujours supérieure à celle de bon nombre d’autres militaire. Mais ce qui avait peut-être le plus joué en sa faveur était que lui était volontaire.
Mais Veto savait que cette forêt cachait bien des choses. Et les plus dangereuses étaient certainement déjà en train de les observer depuis l’arrivée des premiers malades.
Irina s’était dite aux commandes de ce rassemblement. Comment celles qui se revendiquaient gardiennes des lieux accueillaient-elles cette nouvelle ?

Malgré son obstination, Veto ne distingua que des ombres dans les taillis et resta incapable de dire ce qu’elles représentaient, alors il continua de les fixer, guettant la moindre menace, oubliant le reste, se perdant lentement dans l’obscurité et l’angoisse.
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:: L'Eryl ::

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Sighild
MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Mer 21 Nov - 15:48



    Quel étrange jeu du destin? N'était-il pas ironique que la maladie venait à la toucher maintenant qu'elle avait réussi à adopter une vie saine? N'était-il pas étrange que jusque là, les dieux l'avaient épargné? Elle qui avait survécu au coup du sort, à la maltraitance, à la famine, à la guerre, se retrouvait atteinte par un mal inconnu contre lequel il n'existait aucun remède. Plusieurs siècles d'existence, menés de manière dissolus, et voilà qu'aujourd'hui que tout ce à quoi elle tenait pouvait s'évaporer dans la poussière. Sighild n'était pas de ces femmes qui estimaient avoir accompli grand chose, elle n'était même pas de celles qui laisseraient son emprunte sur le monde car elle n'en possédait pas la moindre prétention. Elle ne pouvait même se juger d'avoir pris ne serait-ce qu'une fois une bonne décision. L'amazone avait toujours agi selon sa conscience, mais elle ne pouvait dire que ces choix étaient bons ou mauvais. Néanmoins, on pouvait certes lui faire bon nombre de reproches, toutefois, on ne pouvait nier qu'elle n'agissait jamais en contradiction avec ses idéaux. C'était pour cette raison, malgré sa situation et son état de contaminé, que la jeune femme n'avait pas oublié son rôle de gardienne.

    Au niveau de sa santé, tout paraissait aller pour le mieux, du moins, dans les apparences. Elle était d'ailleurs la mieux placer pour jouer de cela. Il y avait quelques jours maintenant, elle avait choisi d'avouer à ses consœurs que la sarnahroa avait décidé de mordre ses chairs. Certaines s'en étaient montrées inquiètes, d'autres terrifiées. L'Eryllis avait même annoncé qu'elle serait prête à quitter le village si elle représentait un quelconque danger, mais que dans l'immédiat, elle ne souhaitait pas se retirer tant qu'elle pouvait mener ses fonctions avec lucidité. Mais le temps viendrait où malheureusement, elle devrait prendre un autre chemin. En ce qui concernait les symptômes à proprement parlé, c'était sa jambe qui était touchée. La plaie de sa cuisse s'était légèrement étendue, tiraillant alors sa peau et raidissant un peu ses pas et sa course. Toutefois, bien que cela était un handicap, elle agissait comme si elle n'éprouvait aucune difficulté. Par fierté? Non. Uniquement pour n'inquiéter personne. Cependant, elle savait qu'elle ne trompait personne, car plus le temps passait, plus le bandage qu'elle mettait pour cacher son mal prenait plus de place. Présentement, il dépassait même ses jupons. Pourtant, Sighild ne se plaignait guère et se savait assez chanceuse. Contrairement à certains cas, la maladie ne s'étendait pas rapidement et elle n'avait noté sur son corps aucune autre marque que celle de sa jambe. Peut-être que les dieux veillaient sur elle... mais faudrait-il seulement qu'elle croit en eux.

    En attendant, l'épidémie entrainait, au delà des angoisses, un curieux engouement en direction des temples. Sachant que Noathis en possédait deux, cela signifiait des surveillances accrues de la part des gardiennes de la forêt. Il était impressionnant de noter que dès qu'il s'agissait de sauver son existence, le désespoir poussait les individus à se tourner vers la religion. Sighild avait toujours trouvé cela ironique. Mais qu'importait... Recrutant alors deux de ces consœurs, Raven et Svana, qu'elle avait prié de la rejoindre dès que possible, l'amazone s'en était allée vers le temple de Délil. C'était là bas qu'elle avait noté la plus grande activité humaine... et elle ne fut pas déçue lorsqu'elle arriva.

    Silencieuse, la jeune femme s'était tenue à l'écart pour observer les fidèles qui s'avançaient. Il y avait bien évidemment des malades mais beaucoup de désespérés, sans nul doute des familles qui venaient prier le salut de leur proche. Mais parmi la foule, un homme l'intrigua de part sa venue : Démégor. Voilà bien le dernier endroit où elle pensait le rencontrer à nouveau... mais elle avait cessé d'essayer de comprendre son raisonnement. Cela la dépassait. Perchée dans les cimes d'un arbre, ses yeux dorés furent alors attirés par la silhouette d'une prêtresse qui affirmait diriger le temple pour le moment. Que cela était intéressant...

    Mais brusquement, une étrange fatigue se saisit de Sighild, un léger malaise. Rien de grave cependant, si ce n'était le trouble qui l'habita quelques secondes. Sentant qu'il lui était nécessaire de redescendre, il lui paraissait alors plus raisonnable d'essayer de se mêler à la foule... bien que le terme était un peu fort. Elle préfèrerait rester à l'écart de toutes manières, par sécurité - vis à vis de son état - mais aussi pour observer. Ses pieds touchèrent alors le sol, plus lourdement que d'habitude, peut-être parce qu'elle évitait d'utiliser la moindre magie. Restant jusque là dans l'ombre, il finit alors par sortir des buissons... et s'étonna de croiser le regard d'un soldat. Là, de loin, son visage, encadré par des mèches cendrées, resta impassible. Elle reconnut le blason de Cimmeria et ne chercha pas à entamer la moindre conversation. Jaugeant qu'il ne représentait pas un danger, son regard se tourna vers le temple, prenant appui sur un arbre, elle ne put que soupirer. De sombres pressentiments lui oppressaient le cœur...
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::  Infante de Kesha ::

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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Mer 21 Nov - 23:54

Les bois craquaient, les branchages tremblaient au dessus de leurs têtes, les feuilles tombaient inlassablement sur le chemin bossu qui conduisait au temple, emmenant le sordide cortège de malades vers le temple de Delil. La masse purulente sentait la sueur, suintait la faim, la peur, alors que les bruits de toux se faisaient toujours plus gras, toujours plus lourds. Les gens s’étaient déplacés par groupes, des familles entières avaient pris la peine de faire ce long et éprouvant voyage, quittant les terres arides et gelées de Cimmeria pour la forêt fertile de Sphène, au nom ô combien approprié. Leurs pas étaient imprégnés d’un mal nouveau, puaient la maladie et le chagrin. Les vapeurs des corps qui devenaient cristaux s’élevaient de terre dans un commun effort pour former entre les arbres un nuage infecte. Gênée par autant de végétation, les narines dilatées par une telle fragrance, la prêtresse blanche avancée rapidement son fragile corps recouvert d’une longue cape de velours bleuté aux couleurs de son ordre. Ses pas étaient rapides, hésitant, brusques, essayant de se faufiler entre cette océan de corps malades ou pressés, tâchant de ne pas perdre la jolie crinière rousse de sa supérieur. Ses souliers bancs s’enfonçaient dans la terre humide. La sirène se perdait dans la masse, les mots se gravant encore et toujours dans sa mémoire…

Encore à Cimmeria, dans le temple de la Très-Haute, les malades ne cessaient de s’entasser. L’infirmerie étaient pourtant grande: elle était presque comble. Othello passait des heures, chaque jour, au chevet des souffrants, apportant bénédictions, sacrements, répondant à toujours plus d’appel. Pourtant, son cœur de givre avait d’abord songé à prendre les éprouvettes et à rejoindre le rang des chercheurs, amenant sa connaissance des plantes marines et de fonds marins aux médecins pour essayer de trouver un remède. Mais elle était avant out une femme d’Eglise… Alors que le temps était plein, que les mourants croissaient toujours un peu plus, sa voix divine semblait prendre le dessus sur son « moi » médical qui finit par s’effacer entièrement pour laisser parler la sœur. Passant son temps entre les rangées de lit, guidant vers les pauvre ères un visage doux et serein qu’elle fabriquait pour eux, elle fut bientôt débordée par la situation. Là, elle tenait la main d’une vieille dame, une main dure comme de la pierre, tellement crispée que tentait de l’ouvrir aurait casser ses doigts. Ici, elle était au chevet d’un homme jeune, un voleur, de qui elle récoltait les dernières confessions. Là encore, elle regardait un jeune homme prit de brûlante fièvre…

Le grand mal était partout. Même dans l’âme de ses supérieurs. Alors que la ville semblait paralysée devant ce que toutes pensaient être une maladie nouvelle, on lui fit porter le message qu’Irina, la prêtresse de premier ordre, l’avait appelé afin de l’assister. Le but: rejoindre le temple de Delil lors d’un pèlerinage au Dieu de la vie. La sirène dévisagea longuement la jeune femme, sa figure vide de tout sentiment. Elle accueillit la nouvelle simplement. Après tout, elle avait déjà fait de longs voyages auparavant…

Cependant, la prêtresse ne s’attendit pas à être aussi mal à l’aise que piégée entre ces rangées d’arbre. La zone était terriblement humide - ce qui habituellement aurait du la combler - mais elle craignait que cela n’empire la maladie environnent. Mais la jeune femme avait aussi entendu plusieurs rumeurs concernant la zone où elle mettait les pieds… Le pays serait régis par une caste exclusivement féminine, des amazones entraînées qui hanteraient les bois et arrêteraient les passants. Leur présence ne lui faisait pas particulièrement peur, et elle ne leur en était aucunement hostile. Mais elle ignorait tout du peuple qu’elle accompagnait, et ne saurait réagir si l’un d’entre eux venait à déclencher une bataille qu’il n’était pas sûr de pouvoir gagner… Elles devaient certainement être plus nombreuses qu’eux, ou plus puissantes. Une dispute déclenchée serait la certitude d’une défaite et de nombreuses pertes. Pourtant, par ces temps de mort, peut-être la clémence toucherait-elle les deux camps? Eh puis, Othello n’était pas d’humeur à ce battre elle-même…

Bientôt le temps était en vue. Plusieurs personnes l’avaient déjà atteintes avant elle. La queue des habitants de la citée blanche était longue, et elle devait bien se l’avouer, mais elle s’était perdue en route. Arrivant près des marches du bâtiment encastré dans la végétation elle-même, la sirène pu se rendre compte de l’ampleur de la bâtisse. Un endroit immense, caché dans la forêt. C’était le lieu de culte le plus étrange qu’elle n’ait jamais vu, aussi discret qu’imposant, honorant un Dieu aussi majestueux que l’édifice lui-même. Une voix survola la foule puissamment, se faisant apaisante mais décisive, comme elle le savait si bien faire. Irina, certainement. La dame blanche n’eut qu’à tourner légèrement son visage pour voir la prêtresse s’adresser directement à la foule, leur expliquant la marche à suivre. Othello bénît instantanément sa présence: elle n’aurait jamais eut suffisamment d’assurance pour s’adresser à une si grande foule. Se fabriquer une émotion pour parler à un mourant ou voler des informations était une chose; pouvoir parler à tout un peuple en était une autre. Une tâche pure et puissante qu’elle ne maîtrisait pas du tout.

Finalement, après quelques secondes, elle choisit de se placer non loin de la flamboyante, non loin de son peuple, de façon à être visible. Ainsi pourrait-elle montrer son appartenance à sa communauté, et montrer au monde l’entourant qu’il pouvait la quérir. Car de tous les visages présents, peu d’entre eux lui étaient familiers. La sirène soupira profondément, animant un peu son visage impassible. Elle était prête à remplir sa mission en tant que sœur… Son cœur, quant à lui, était plein d’amertume devant tous ses gens touchés. Baissant sa capuche, elle regardait la foule, prête à disparaitre dans le temps au moindre moment. La température autour d’elle avait déjà baissé.
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Irina Dranis
MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Jeu 22 Nov - 9:43

En ces temps obscurcis par une préoccupation plus grande que la survie égoïste de chacun, il était important que les gens qui en avaient la force prennent des décisions. C'est pour cela qu'Irina avait pris les choses en main, quitte à passer outre les détails. Elle n'était certes en rien la responsable officielle de l'accueil des pèlerins, mais après tout elle était une religieuse, et personne d'autre ne semblait prendre les rênes. Alors une entorse sur le protocole, même colossale, c'était le cadet de ses soucis en ce moment. Les prêtres et prêtresses, déjà très peu nombreux, étaient censés être les piliers des temples quels qu'ils soient. Ils étaient en ce temps critique le havre de paix que recherchaient les malades. Et aussi froide que la rouquine se prétende, elle ne pouvait ignorer la souffrance du peuple.
Ces gens étaient tous venus à la recherche de quelque chose, même si cela variait certainement selon les personnes. Tous voulaient des réponses à leurs questions, tous espéraient un avenir meilleur en venant ici, que ce soit pour se recueillir, pour fuir la maladie ou accompagner un proche dans ses derniers instants. Le moins qu'elle puisse faire c'était d'être là et de faire de son mieux, même si cela signifiait affaiblir son corps déjà malmené par l'enfant qu'elle portait. Car quitte à être atteinte par la Sarnahroa et en mourir, autant que ce soit dans l'exercice de ses fonctions. En fait tout comme un vrai guerrier ne trouvait honneur qu'à périr sur le champ de bataille, un médecin ne trouvait le sien qu'en sauvant des vies. La peur était un sentiment inconnu, alors ce genre d'émotions ne l'atteignait pas. C'est donc inébranlable et avec une expression presque concentrée qu'elle sillonnait la foule, serpentant entre la masse de gens sans se soucier des conséquences. Si ses gants et son voile ne la protégeaient pas, alors rien ne le pourrait.


« Couvrez-vous s'il vous plaît. Oui je sais qu'il fait bien plus chaud qu'à Hellas, mais c'est le seul moyen d'éviter une contagion fulgurante. »

Avait-elle dit à l'encontre d'un jeune couple qui s'était approché pour lui demander conseil. Les gens n'arrêtaient pas d'arriver, et à ce train là le temple serait aussi saturé que ne l'étaient les grandes villes. Tous n'étaient certes pas contaminés, mais cela ne tarderait pas si les gens s'obstinaient à ne pas prendre de précautions. Se dirigeant rapidement vers les quelques religieux, Irina leur donna des instructions précises afin que chacun se voit attribuer un rôle. Il n'était pas question de rester à ne rien faire, et hiérarchie ou non, elle n'admettrait ni oisiveté ni incompétence. Son ton en leur parlant avait d'ailleurs été courtois et franc mais autoritaire, le ton de quelqu'un habitué à commander sans être questionné. Lorsqu'elle arriva à hauteur d'Othello, elle lui parla comme aux autres, d'égal à égal. Il n'était pas question de revendiquer une place ou d'attirer les regards volontairement.

« Ma sœur j'aurais besoin de vous pour quelque chose de différent, et tout aussi important que le soin des souffrants. Je n'ai guère eu le temps d'aborder les autorités locales, ou du moins ce qui s'en rapproche. Auriez vu aperçu l'une de ces guerrières dont tout le monde parle ? Si oui alors s'il vous plaît faites la venir et questionnez la sur leur chef. Peut être que cette dernière a des informations intéressantes sur la faune et flore locale. » Elle soupira, s'appuyant sur son bâton de cérémonie. « Je n'ai pas encore abandonné l'espoir de trouver un remède... Et cette femme, qui qu'elle soit, peut peut être nous en dire plus. »

Sur ses mots elle sourit légèrement à Othello, se voulant encourageante envers cette jeune femme qui paraissait assez timide. Puis sans plus de préambules elle la laissa vaquer à ses occupations et reprit son observation de la foule, profitant de ce qui paraissait un moment d'accalmie. Montant sur un rocher en bas des marches en remerciant le ciel d'avoir pris ses meilleures bottes de cuir, Irina compensait ainsi sa petite taille. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant parmi les soldats aux écus familiers le visage de Veto Havelle, encore une fois. Elle avait déjà eu la conviction intime que leurs destins étaient liés, mais plus le temps passait, et plus son pressentiment était confirmé.
Soupirant avec une mine mélancolique, elle ne sut qu'en penser. Il lui semblait déplacé de se préoccuper d'affaires personnelles en pareilles circonstances, d'autant plus que le premier concerné n'avait pas pu la manquer. Il viendrait donc la trouver de lui-même lorsqu'il le jugerait opportun... Ce qui lui laissait la responsabilité de prendre ce choix. Et c'était très bien comme ça. Cherchant donc à se distraire de ce fait, la Serpentine fit demi-tour et se dirigea vers la première personne attirant son attention, et ses yeux ne tardèrent pas à se poser sur une silhouette imposante dissimulée par une armure. Fronçant les sourcils au départ, elle se reprit rapidement, redevenant neutre. Bien sûr cette stature avait de quoi rendre méfiant même les plus candides, mais il n'était pas sage de le montrer ouvertement. On gagnait toujours plus à se faire passer pour sot, qu'à se montrer clairement hostile. L'abordant donc avec son expression la plus aimable, Irina apostropha le cavalier de Sharna qu'elle avait vu au procès.


« Et vous monsieur, avez vous besoin de soins ? Est-ce parce que vous êtes malade que vous vous dissimulez sous cette lourde cuirasse ? »



« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Ven 23 Nov - 2:51

La Sarnahroa… Une maladie, un mal, une plaie, une malédiction sans précédent… La lèpre semblait presque être guère plus virulente qu’un mauvais rhume en comparaison… Il avait suffit d’un temps record pour que le monde dans sa quasi intégralité se retrouve sans dessus dessous. La folie, la peur, la souffrance, la panique était maintenant les maîtres mots et le pain quotidien de toutes âmes qui vivent sur les terres d’Istheria.

Il était claire qu’elle n’avait pas vraiment la tête à faire dans l’humanitaire, elle était en colère, et pour plus d’une chose. La première était dut à l’importante concentration de pèlerins en quête de miracles. Quelle stupidité d’ainsi se tourner vers un dieu en qui personne ne croyait il y a de ça quelque temps. Si la déesse était vraiment de leurs côtés, si elle leur avait vraiment accordé sa bénédiction, elle les aurait protégés de la Sarnarhoa au lieu de les faire inutilement souffrir. Enfin, ils n’étaient pas tous dans ce cas là, mais la majorité oui. Pourquoi Délil irait donc leurs accorder sa grâce avec le respect qu’on lui portait ?
Ce qui la rendait le plus en colère était la situation dramatique dans laquelle Sighild se trouvait. Clairement, Raven avait peur… elle avait peur de se retrouver à la tête des Erillys, peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas arriver à gérer les crises, peur de décevoir Sighild, et par-dessus tout elle avait peur la perdre elle. Elle avait peur de se retrouver à nouveau toute seule, de perdre la personne qu’elle estimait plus que toutes les autres, la seule personne qu’elle aimait vraiment. Mais bon les temps n’était pas à la complainte… elle devait faire ce pour quoi elle se trouvait en ce moment en ces lieux avec celle qui occupait maintenant la grande majorité de ses pensées. C'est-à-dire surveiller le secteur et s’assurer qu’il n’y ait point de débordement.

C’était perché au sommet de son arbre, que la terrane s’adonnait à sa mission de surveillance. Il se situait à quelques dizaines de mètres derrière le temple de Délil et était parmi les plus touffus qui peuplaient la forêt si bien qu’il lui aurait été impossible de voir quoi que ce soit de ce qui se passait autour d’elle, ainsi que dans le temple mais c’était bel et bien là tout l’intérêt de la chose. Elle était assise en tailleur sur une branche formant un V les mains jointes, et respirait profondément, se forçant à faire le calme intérieur.


*Avec un peu de chance… j’arriverai à entendre quelque chose concernant un remède…*

Hormis la grande quantité de suppliant, de souffrant, ou encore de guérisseur qui peuplaient ces quatre larges murs, elle parvenait à déceler quelques activités bien particulières. La présence d’un homme en épaisse armure… une femme s’était auto proclamée en charge du bon déroulement de la situation… Un homme s’était légèrement isolé plus loin dans les bois et avait commencé à vouloir bâtir un campement, ce dernier semblait néanmoins nerveux, comme s’il se sentait épié… ce qui n’était point complètement faux. Raven se dit qu’elle irait probablement lui prêter assistance si elle estimait que la situation le lui permettait un pareil écart. Elle put entendre Sighild descendre de son perchoir, sa réception fut plus lourde qu’à l’accoutumé, la terrane eut un haut le cœur, son état était-il devenu si grave ? La maladie avait-elle à ce point progressé ? Non, il ne fallait pas qu’elle panique inutilement. Il fallait qu’elle reste concentrée, pour son bien, même si elle n’aimait l’idée de la savoir perdu dans une telle foule de contaminée. Qui sait si cela ne faciliterait pas la propagation du mal au sein de son propre corps ? Peu après elle put constater que la none faisait son travail comme il se devait, guidant les âmes en peine et confiant à l’une de ses sœurs, la tâche de venir à la rencontre d’une des Erillys afin de recueillir quelques informations concernant un éventuel remède ou même sur la faune et la flore locale. Elle précisa aussi qu’elle aurait aimé parler à Sighild elle-même…

Seulement voilà, Sighild était maintenant fondue dans la masse et tant qu’elle n’ouvrait pas la bouche, Raven ne pourrait pas la repérer… donc il lui était impossible de lui transmettre cette information vu les circonstances actuelles… elle n’allait pas prendre le risque de se faire contaminer pour rien… Du moins pas pour l’instant.

Tant pis… pour l’instant, les choses se déroulaient dans le calme et il ne semblait point y avoir de conflit. Raven entreprit donc de se rapprocher de l’homme isolé dans les bois. Elle commença donc un petit pèlerinage, restant toujours très haut dans les arbres, sautant de branche en branche. Elle était encore relativement loin de lui, à moins qu’il ne jouisse de donc similaires aux siens, il n’aurait pas du l’entendre approcher. Elle se laissa alors glisser le long d’un arbre et vint poser pied à terre, sur un sol parsemé de feuilles mortes encore humide la rosée matinale. Elle continua alors sa route vers l’homme, gardant toujours une oreille bien ouverte en direction du temple de Délil.
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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Ven 23 Nov - 17:06


Ses yeux bruns de perdaient dans le néant de la masse… Autant de gens, peut-être malade… La sirène se noya bien vite dans ses pensées, ne remarquant même pas que sa supérieur était partie sillonner le champ contagieux de corps en détresse. Ils ne savait rien de la maladie. Simplement les premiers effets, et l’aboutissement inévitable: la disparition du patient, sa transformation lente et douloureuse en une simple pierre magique, un catalyseur. Une pierre de sphène. Ses oreilles poisseuses s’agitèrent légèrement à cette idée. Comment un être vivant aurait pu devenir un objet minérale? Cette maladie n’avait en elle-même aucun sens. Il fallait bien que ce soit une volonté de Dieu, une volonté maudite, qui l’ait engendrée, l’ait élevé, fait grandir, l’ait poussé à la maturité, avant de la jeter dans l’arène folle et sanguinaire qu’était devenu leur vie. Un pincement saisit son cœur aqueux où se mélangé amertume, responsabilité et appréhension. Elle n’avait jamais été très impressionnée par la mort. Du moins, elle ne l’était plus depuis son entrée chez les prêtresse de Cimmeria. Son cœur s’était depuis longtemps durcit, était devenu plus sauvage. Alors, en voyant ce peuple souffrir, elle n’avait pas peur devant l’issu fatal. Elle souhaitait seulement en voir survivre le plus grand nombre.

Le visage concentré de la flamboyante la sortit de ses pensées. Avec ses mots élégants et son ton aussi posé qu’autoritaire, elle lui confia une nouvelle mission, qu’elle allait bien évidemment accepté. C’était un message simple et claire, une tâche directement confiée par sa supérieur, celle qui l’avait emmenée dans ce voyage. Othello avait toujours eut une certaine facilité avec le règlement, elle était une femme de l’ombre, de celles qui exécutent. Elle ne quitta à aucun moment la flamboyante des yeux, fixant la mécanique de son visage alors qu’elle jouait à merveille son rôle de prêtresse, où chaque engrenage créait un mouvement particulier dans la communication de son message. Quand elle eut finit, elle adressa à la yorka une léger sourire auquel elle répondit immédiatement, essayant de lui renvoyer les mêmes traits pour la rassurer également. Elle n’avait beau ne rien ressentir, un peu de chaleur humaine, de compassion entres les peuples était primordial en ces temps sombres…

Gardienne d’une nouvelle tâche, le fantôme fragile du corps blanc de la sirène se remit en marche… Les Eryllis. Les protectrices de Noathis… Il était impossible qu’elles ne soient pas autour d’eux, qu’aucune d’entre elle ne les ait vu, eux, cette troupe burlesque venant des terres gelés, habillés étrangement, toussant ou pleurant, s’adaptant mal au climat de la forêt humide. Peut-être les observaient-elles déjà, quelque part, dissimulées entre les troncs, entre les feuillages, ou bien alors s’étaient-elles fondu dans la masse… La jeune femme haussa légèrement ses sourcils d’argent. Il n’y avait encore eut aucun incident en ces lieux. Peut-être ne leur étaient-elles pas hostiles? La foule devant ses yeux n’était devenu qu’un épais nid de chair et de cri, des âmes entassées par dizaines, en familles ou alors de simples inconnus rencontrés pendant le voyage, un méli-mélo grossier et difforme. Depuis son arrivée, Othello n’avait encore jamais parlé, et intérieurement elle se souffla que tout cela était bien chaotique. Rester ainsi à découvert n’était pas sain… Mais elle se rendit bien compte que cela dépassait les frontières de sa juridiction, lui rappelant sa place bien effacée. Elle devait se mettre à sa recherche. Toujours perchée sur les hautes marches du temple, elle couvrit tout ce qu’elle pu de sa peau blanche et s’engouffra dans un passage discret entre la foule et le néant végétal.

La jeune femme commença sa vadrouille entre la masse difforme des pèlerins, et l’immense forêt, gardant une oreille tournée vers le brouhaha humain et une autre dirigée vers le calme tortueux des bois. Elle ne savait presque rien des Eryllis, rien de leurs méthodes ni même de leurs actions. Se fondaient-elles dans la masse? Préféraient-elles rester à l’abri dans la grande canope, les observant de loin? Les étudiaient-elles masquées par les épais buissons?… Ce jeu idiot était un vrai piège dans lequel elle s’était jeté, une trappe immense et lourde qui s‘était refermée sur elle. C’était similaire à essayer de trouver une aiguille dans une botte de foin. Mais après tout, toute recherche doit bien commencer quelque part, et son rôle était de s’affranchir de cette mission. Si une de ses mains était encore couverte de sa cape, se cachant de ses semblables, la seconde caressait doucement la rangée de feuille qui se présentait à elle. Faites qu’elles ne soient pas trop dure à trouver….

La sirène blanche tâchait tant bien que mal de se faufiler entre les originaux qui avaient choisis de ses séparer du plus grand groupe, et des enfants qui couraient… Ses longs cheveux blancs avaient été rabattus devant ses épaules, alors que sa cape cachait sa tenue d’un blanc pure. La plupart des parcelles de sa peau qui étaient épargnées par le tissu immaculée étaient protégés par un voile fin et translucide. Cela et toutes les précautions qu’elle prenait pour ne pas entrer en contact direct avec le peuple lui permettrait peut-être d’éviter la contamination. Et sinon… Il se serait ainsi.
Bientôt, alors qu’elle avait prit la décision de s’avancer un peu plus dans le tas difforme des Cimmeriens entassés à l’entrée du temple, elle aperçut une silhouette inconnue qui lui sembla se détacher un peu plus des autres. Elle avait peu avant commencé à interroger les personnes alentours concernant la présence des amazones, s’étant même reporté vers les gardes, leur demandant de l’informer si l’une d’entre elle était aperçut autour des lieux. Mais celle-ci, contrairement au gens, collés en groupes, ou même les uns contre les autres, était isolée, adossée à un arbre, l’air pensif et fatiguée.

Mettant sa mission de côté, Othello décida de la rejoindre, constatant que sa santé n’était pas à son zénith. De plus, ses vêtements ne ressemblaient pas à ceux que l’on portait sur ses terres. Peut-être pourrait-elle la renseigner sur les amazones habitant ses bois? S’approchant calmement d’elle, elle lui tendit un drap qu’elle gardait avec elle qu’elle puisse l’appliquer sur son visage. Regardant ensuite ses yeux dorés cachées par quelques mèches d’un blanc si pure qu’on aurait juré de la neige, elle lui souffla le plus doucement possible:


« - Puisse cela vous être utile, Madame. Vous paraissez fatiguée, peut-être puis-je vous aider? » Puis elle enchaîna calmement, la guidant du regard vers la fièvre de la foule. « Nous venons de Cimmeria, certains de nos malades voulaient se recueillir ici, espérant que le temple du grand Délil pourrait nous accueillir. J’ai été chargée par une de mes sœurs de rencontrer nos hôtes silencieuses, les Eryllis. Peut-être en connaîtriez vous une? »

La sirène regarda une fois de plus la femme qu’elle avait devant elle, espérant qu’elle pourrait lui répondre. Au moins, elle l’aurait aider, la délivrant peut-être de ses soupirs.
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Ven 23 Nov - 20:33

« Je ne suis pas infecté »

Evidemment la plupart des gens qui cachaient leurs visages ou leurs corps derrières d’amples et sombres vêtements ne le faisaient pas par laideur mais bien parce qu’ils étaient infectés, à plus ou moins grande échelle, et avaient trop honte pour afficher l’ampleur de leur infection au grand jour. C’était d’ailleurs tout à fait compréhensible. Mais pourquoi mentirait-il ? Pourquoi prétendrait-il être infecté de quelque façon que ce soit puisque la seule chose qu’il retirerait de ce mensonge serait la pitié mal placée des personnes présentes ? Du fait de ses convictions il n’était pas homme à accepter la pitié quelle qu’elle soit, et il n’appréciait encore moins de la recevoir d’autrui. Non, il avait eu la chance d’avoir été épargné par la maladie, peut-être parce que généralement les maladies ne s’attaquaient qu’aux êtres vivants et pas aux cadavres quels qu’ils soient, car c’était bien là ce qu’étaient réellement les Gorgoroth. Si c’était le cas, ce serait sans doute la première fois qu’il apprécierait réellement le fait d’être déjà mort une fois et d’y trouver un quelconque avantage.

Partout où il regardait dans ce temple il ne voyait qu’une foule d’anonymes désorientés, désespérés et apeurés face à cette menace inconnue et invaincue jusqu’à maintenant. Pourquoi avaient-ils peur d’une simple maladie me direz-vous ? Parce qu’elle était nouvelle et que l’être humain avait toujours craint ce qu’il ne connaissait pas, parce qu’ils étaient plongés dans un monde de chaos où l’égoïsme faisait surface, parce qu’ils étaient isolés…parce qu’ils étaient faibles tout simplement. Que pouvaient-ils faire pour vaincre l’inconnu ? Rien, et une fois encore ils s’étaient tournés vers une force invisible et potentiellement inexistante, vers une puissance supérieur qui était sensée les aider et les soutenir en ce temps de doute et de peur…c’est ce qu’étaient censés faire les dieux, c’est ce pourquoi ils avaient été imaginés et créés.

Mais peu importe, il n’était pas là pour juger les croyances des uns et des autres, il était là car ses citoyens et ses frères d’armes avaient besoin de lui et avaient besoin de solutions. D’où venait cette maladie ? Aucune idée. Pourquoi venait-il de surgir subitement maintenant ? Aucun indice. Y avait-il un moyen d’inverser ses effets et de la combattre ? Nul ne le savait pour le moment et seuls quelques braves avaient le courage de chercher une solution au milieu de cette tourmente.

« Par simple curiosité, avez-vous trouvé un moyen de juguler ou ralentir sa progression ? »

Bien que jolie la demoiselle qui s’adressait au leader des cavaliers était avant tout brave et courageuse. Auriez-vous le cran suffisant pour soigner quelqu’un malade de la peste en sachant que vous auriez une chance sur deux d’être à votre tour infecté en tentant de soigner cette personne ? Non, bien sûr que non, mais cette personne et d’autres comme elles avaient ce courage et ce dévouement que peu possédaient. Démégor ne le cachait pas, il ne serait jamais capable d’une telle abnégation, d’une part parce qu’il n’avait aucune compétence dans le domaine médical mais également car ses mains étaient faites pour supprimer des vies et non pour les sauver. A chacun son métier.

Peut-être ne trouverait-il rien ici, peut-être un de ses frères serait bien plus chanceux que lui à l’autre bout du monde et toucherait le jackpot ou aurait au moins un début de piste. Cela importait peu, chacun d’entre eux avait un rôle à jouer, c’était leur devoir et leur mission, leur but et la preuve qu’ils continuaient de mériter le titre donc Démégor les avaient honoré. Qu’en était-il de ce temple dédié à Dieu de la vie ? La demoiselle avait-il une piste elle aussi, un début d’idée, ou bien était-elle dans le flou comme tous les autres ? Y avait-il quelqu’un d’autre ici qui en sache un peu plus que le néant général sur la source de ce mal sans visage ? Il était là pour cela, il était là pour surpasser l’inconnu et pour aider ses citoyens à combattre cette infection.

Comment se débrouillaient-ils là-bas sans lui d’ailleurs ? Bien qu’il leur faisait confiance, des têtes seraient arrachées, à son retour, s’il avait le malheur d’apprendre que les choses n’avaient fait qu’empirer depuis qu’il était partit : le pardon n’était pas dans ses habitudes, tout comme la pitié. Attendant une réponse de la part de sa charmante interlocutrice, l’homme croisa ses bras contre le plastron de son armure et balaya les environs en attendant. De tristes inconnus continuaient de déferler vers le temple tandis que d’autres sortaient de la foule pour aider certains autres…combien de temps pourraient-ils tenir à ce rythme ? Si l’infection ne cessait pas de se propager les croyants ne cesseraient de se diriger vers des temples comme celui-ci pour y trouver sécurité et réconfort.

Les ennuis ne faisaient que commencer.
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Lun 26 Nov - 15:24

Veto était resté un long moment figé à fixer les taillis, convaincu d’avoir entendu quelque chose. Mais ce n’est qu’au moment où son assurance flanchait qu’elle atterrit là, de l’autre côté de Maclov, cette femme tombé du ciel. Il faillit tirer son glaive et son écu avant de la reconnaître. Il l’avait déjà vue et la reconnut à ses traits magnifiques.
Alors il se détendit. Il voyait bien qu’elle se désintéressait de lui et qu’elle n’avait aucune intention belliqueuse. Leur présence était provocante pour les amazones dont chacun connaissait la politique territoriale. Il ne ferait pas le premier faux pas que beaucoup craignaient imminent et qui aurait certainement pu mettre le feu aux poudres d’un moment à l’autre.
De la selle de son destrier, le cavalier ne prit donc que son glaive qu’il ceignit rapidement avant de s’affairer à desseller l’animal. Pendant son activité, il lança poliment quelques mots à la sauvageonne, dans le seul but de la retenir le temps qu’il termine ce qu’il avait en cours.


« Bonjour, noble Eryllis. Ce temple se révèle bien populaire en ces temps de désastre, n’est-ce pas ? J’espère que vous pardonnerez notre incursion sur votre territoire : elle ne devrait être que temporaire… »

Il finissait à peine sa phrase et de ranger tout son équipement à la va-vite dans sa tente dont il planta le dernier croché. C’est alors que surgit immédiatement, comme venue de nulle part, une prêtresse qui s’approcha de l’amazone et la pris à parti. Voilà qu’il se faisait voler son interlocutrice.

Il eut un petit sourire à cette pensée, s’avança tout de même et fut intéressé par ce qui se dit. Le militaire se manifesta alors avec le profond respect qu’il avait pour ces femmes de l’ordre, venant encore plus près et posant une main sur son cœur avant de se pencher.


« Vénérable prêtresse, permettez-moi d’intervenir. Je crois pouvoir vous informer qu’une partie de votre quête est à son terme. Il me semble pouvoir affirmer que cette femme est Eryllis. »

Il se tourna à nouveau vers la femme des bois et s’inclina à nouveau respectueusement.

« Je me trompe peut-être en poussant mes affirmations plus avant, mais je crois également que vous êtes importante au sein de votre ordre, noble inconnue. Du moins, vous le sembliez cas aux yeux de la jeune femme au côté de laquelle j’ai combattu ce monstre dans la vallée d’Hillem il y a quelques temps… Je n’avais alors pas pu vous dire comme j’avais été impressionné par votre intervention, ni vous remercier de nous avoir sauvé. Je suis le Caporal-chef Havelle Veto. »

Il inclina encore une fois légèrement la tête, sa main gantée sur le pommeau de son arme dépassant à peine de sous son manteau réajusté pour cacher la majorité de son corps.
Distraitement, il regarda alentour, jetant un rapide coup d’œil au campement qui se montait doucement.


« Je suis responsable de la sécurité de ce pèlerinage, qu’elle concerne nos concitoyens ou le lieu de leur rassemblement. Nous veillerons à préserver le plus possible votre territoire idyllique. »

Son visage était plutôt fermé désormais. Il n’avait pas de grande notion de diplomatie et choisissait donc soigneusement ses mots. C’était un rude effort de concentration, même si vivre longtemps parmi les Sylphides dans leur cité lui avait permis d’acquérir un profond sens de la politesse et du respect.


Dernière édition par Veto Havelle le Mer 28 Nov - 22:05, édité 1 fois
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Sighild
MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Lun 26 Nov - 18:00

    Sighild venait à peine de poser ses pieds à terre qu'elle s'étonna que le soldat de Cimmeria vint à lui parler. Qui était-il? Elle le connaissait de vue, bien que les traits de son visage lui semblèrent plus familiers qu'elle ne l'aurait cru, maintenant qu'elle était libre de le contempler avec un peu plus d'attention, et sans que son regard fut voiler par le sang d'un homme mis cruellement à mort. Ce n'était peut-être qu'il y a quelques mois, mais elle se souvenait de lui, notamment par les faits d'armes qui furent les siens dans cette forêt. Aliénor, sa précieuse camarade, lui avait parlé de lui en des termes qui faisaient éloges à ses talents de combattants, qu'il était un homme assez noble pour chercher à protéger ceux qui étaient autour de lui. Est-ce que cela lui suffisait pour avoir une bonne opinion de lui? Avec une femme comme Sighild qui ne faisait confiance qu'à bien peu de personne, cela serait une chose bien difficile à dire.

    " Temporaire? Vous êtes un homme bien optimiste. "

    Le ton de la jeune femme était plutôt froid, mais il n'y avait aucun jugement derrière ces mots, mais presque une forme de lassitude. Sighild ne partageait que peu l'avis du soldat, à ses yeux, cette situation n'était peut-être pas destinée à être si éphémère. Pourquoi? Elle savait que les gélovigiens profiteraient de cette situation, malgré sa gravité, pour relancer la foi dans les cœurs perdus ou les plus faibles. Si cela venait à se vérifier, alors les temples se verraient bien plus fréquentés... et Noathis inéluctablement. Et d'un simple évènement qui pouvait être toléré, les autres qui s'enchaineraient le deviendraient beaucoup moins, notamment quand de nombreux opportunistes pointeraient le bout de leur nez.

    Ce fut alors que l'attention de l'Eryllis fut soudainement happer par une jeune prêtresse. Frêle et délicate, cette dernière semblait avoir noté la faiblesse qui la touchait. Etait-il donc si visible qu'elle fusse... fatiguée? En un sens, cela la gênait presque... que pouvait-elle face à l’œil aguerrie d'une femme qui avait voué son existence au soin des autres? En attendant, elle se saisit du tissus qui lui fut tendue, faisant attention à ce qu'il n'y ait aucun contact entre elle - même si elle portait des gants, elle préférait en prendre l'habitude - et elle acquiesça simplement en guise de remerciement.

    Pour ce qui était des interrogations de la Yorka, l'amazone n'eut pas le temps de répondre par elle-même, que le jeune soldat impétueux le fit pour elle. Si elle avait décidé de conserver l'anonymat, c'était raté, et le regard agacé qu'elle lança au jeune homme signifiait qu'il aurait pu gardé sa langue dans sa bouche. Néanmoins, puisque les choses étaient ainsi énoncées...

    " Il semble que l'intuition des soldats de Cimmeria ne leur fait défaut... mais en ce qui concerne leur imprudence, je ne pourrais en dire autant. Cependant, je ne pourrais nier que je suis ce que vous désirez... bien que je ne sais en quoi nous pourrions vous être utile... Mademoiselle. "

    Si l'amazone avait été mauvaise langue, elle aurait sans nul doute pu rajouter : votre foi ne vous suffit-elle pas? N'était-elle pas capable de soigner tous les maux? Mais elle ne savait que trop qu'il aurait été déplacé de débattre à ce sujet... et puis, malgré les apparences, elle avait du respect pour certains croyants. Toutefois, Sighild était assez honnête pour ne pas cacher qu'elle était une impie pour eux.

    Reportant alors son attention vers le jeune soldat, elle reconnaissait que ce dernier avait du flair. Il était plus malin que la plupart des bougres en armure qu'elle avait pu rencontré, toutefois, elle ne souhaitait pas lui donner toutes les clefs aussi aisément.

    " Je ne suis qu'une femme de la forêt comme une autre. Je ne me distingue d'aucune façon particulière parmi mes sœurs. Nous nous protégeons toutes mutuellement. Quant à mon intervention, veuillez m'excuser mais je ne souhaite pas être félicitée ou remerciée pour avoir tué un homme dans les circonstances qui l'ont conduit à sa fin. Et puis... je ne vous ai pas sauvé, Caporal-Chef. Mon intention première était de protéger Noathis... et ma congénère. "

    Les choses étaient au moins dites. Toutefois, il y avait plusieurs petits mensonges dans ces propos : sa position au sein des amazones; le fait qu'en réalité, elle n'avait pas honte - du moins pas assez - d'avoir tué le syliméa aussi brutalement qu'elle avait fait, et enfin, qu'elle n'avait souhaité protéger que son amie et la forêt. Croyez-le ou non, mais l'idée d'être considérée comme une femme altruiste ne plaisait pas à la lhurgoyf, notamment parce qu'elle estimait qu'elle ne méritait pas d'être considérée comme telle.

    " Il semblerait que nous ayons alors les mêmes ordres... Caporal-Chef. Soyez donc prévenu que le temple est aussi sous la surveille des Eryllis... et que si quelque chose devait déraper..."

    Ce n'était pas une menace, mais un avertissement. Bien que tous ceux qui traversaient la forêt savaient au fond d'eux qu'ils pouvaient tomber sur une amazone, pour le meilleur ou pour le pire, Sighild pensait bon de rappeler qu'elles n'étaient pas un mythe et que contrairement à Cimmeria, elles ne dépendaient d'aucun gouvernement et que leurs lois n'étaient pas les leurs...
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Mer 28 Nov - 18:26

[Désolé, post de meublage mais j’ai pas grand-chose à raconter pour le coup]

Alors qu’elle était toujours appuyée contre son arbre, d’une main leste elle dégageait les quelques feuilles mortes encore collées à ses guêtres. Redressant la tête en direction du campement elle chercha à entendre comment la situation avait évolué… Et flûte elle avait évolué et pas qu’un peu. Surprenant d’ailleurs, la terrane poussa un soupire d’exaspération, avec une pointe de frustration. Elle devait vraiment être distraite, certes elle était préoccupée par Sighild , elle ne le cachait pas, elle y pensait tout le temps… peut être trop…

Elle n’avait pas remarqué que Sighild et la jeune prêtresse s’y trouvait déjà, quelle étourdie, il lui était dès lors inutile de se rendre elle aussi dans cet endroit, aussi elle préféra tourner les talons et reprit sa route en sens inverse, préférant toujours la cime des arbres au plancher des vaches. Elle changea alors ses mains en métal et remonta sur son perchoir avant de reprendre sa course vers le temple de Délil, prenant soin de cueillir quelques fruits sur sa route. Elle se repositionna dans un arbre feuillu, bien en hauteur, et à l’abri des regards et se reconcentra sur ses oreilles, prenant soin de suivre de près la conversation entre Sighild et… celui qui s’était présenté comme étant le caporal Veto Havelle.

La jeune terrane poussa un petit soupir, l’ennui la gagnait quelque peu, elle parcouru alors de la main la branche située près de sa tête, à tâtons, dans l’espoir de trouver un appuie profitable, histoire de changer de pose, elle commençait à avoir mal aux jambes. Elle tâta un des fruits, mûr, une pomme, elle senti et porta à ses lèvres… avant d’en arracher la chaire d’un geste rapide.

*Bon… toujours rien d’intéressant à raconter mes agneaux ?*
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Irina Dranis
MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Mer 28 Nov - 20:18

La présence de pèlerins étrangers sur ces terres ressemblait certainement à une offense aux yeux des Eryllis. C'est exactement pour cette raison qu'Irina avait préféré envoyer Othello afin qu'elle parlemente avec ces dernières, plutôt que d'y aller elle-même. La jeune yorkas possédait davantage de finesse et de diplomatie qu'elle n'aurait jamais, ce qui la rendait plus apte à obtenir des résultats acceptables. C'est donc avec confiance que la rouquine l'avait regardée s'éloigner, persuadée d'avoir fait un bon choix. Ses sautes d'humeur auraient ruiné toutes ses chances de se faire entendre. Observant toutefois sa consœur de loin tant que cela lui était possible, Irina veillait sur elle. Contrairement à sa rivale, elle ne voyait pas ses alliés comme de la chair à canon, quand bien même elle soit consciente du fait que les pertes étaient inévitables en certaines circonstances.

Lorsque son regard de jade se posa sur le chevalier en armure, cela lui parut d'autant plus vrai. Quelque chose chez lui la dérangeait profondément même si elle ne saurait dire quoi. De plus ce sentiment ne pouvait se manifester que sous forme de méfiance silencieuse, la peur lui étant inconnue. La réponse de l'homme lui fit pourtant froncer les sourcils avec désapprobation, se demandant comment il pouvait être si sûr de son coup. Regardant vers son visage avec une lueur de franchise teintée de défi, Irina affichait clairement son doute. Ce n'était pas pour autant qu'il pourrait deviner qu'il s'agissait de plus que l'esprit sceptique d'une femme médecin.
L'espace d'un instant la prêtresse se demanda comment répondre à sa question pourtant naturelle. Tous ici brûlaient de savoir si il y avait une cure, mais d'un autre côté ils seraient les premiers au courant si un tel remède existait. Néanmoins la façon abrupte qu'il avait eu de la questionner l'intriguait et lui plaisait à la fois. Elle n'aimait pas les petits jeux stupides et les faux semblants... C'est donc tout aussi abruptement qu'elle lui répondit, sans justifications pathétiques ou entre-deux.


« Oui, nous parvenons à ralentir minimement la progression de la maladie moyennant des soins constants et un repos total du patient. L'interdiction d'utilisation de l'essence divine semble également favoriser la stabilisation de leur état. Cependant aucune cure n'est encore connue, hélas. Mais si vous n'êtes point infecté, pourquoi vous intéresser de si près à la Sarnahroa ? »

Il n'avait pas l'air compatissant envers les autres malades et il se présentait seul. Il lui semblait donc improbable qu'il veuille chercher un remède pour un proche... Un rictus aux lèvres et les yeux braqués sur son interlocuteur, Irina laissa les racines de folie qui l'habitaient réapparaître doucement, comme si les nuages qui voilent la lune viennent parfois à se dissiper.



« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »
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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Sam 1 Déc - 21:24

Peu de temps après que le voile eut quitté sa main pour disparaître dans la paume de l’inconnu, un nouveau protagoniste fit irruption – ou plutôt revint, Othello remarquant avec honte qu’elle venait en réalité de s’inclure dans une conversation déjà entamée. Alors qu’elle attrapa le fragment de l’acquiescement discret de la femme adossée, son regard fut capturé par l’allure d’un guerrier dont le visage lui rappelait vaguement quelque chose. Un simple coup d’œil vers le symbole de la blanche cité de Cimmeria lui permit de comprendre qu’il s’agissait d’un des gardes de la Glaciale qui gisait à présent déchargé d’une partie de ses habitants. Ses mèches cendrées glissaient, éparses, sur son front marqué d’une étrange cicatrice. Mais son discours prit bientôt le pas sur son apparence, lui apprenant ce qui sonnait comme une bonne nouvelle : le morceau de tissu avait bien disparut dans la main d’une des Eryllis qui surveillaient le temple. Mais elle semblait pourtant bien fatiguée… Envoyant un hochement reconnaissant de tête vers le garde attentif, elle n’eut d’autre choix que de se mêler à la conversation acérée qui eut ensuite lieux sous ses yeux dilatés de créature marine.

La suite prit bien vite des traits tumultueux. Alors que le discours du jeune homme était des plus chevaliers envers la gardienne des bois devant eux, l’amazone choisit ses mots dans la méfiance et la responsabilité qu’un tel événement devait apporter. Très vite, la sirène s’enferma dans un mutisme de respect, signant un accord avec sa personne pour ne pas troubler le dialogue qui eut lieux. Alors que les mots fusaient, des informations tenant du secret ainsi que des expressions aiguisées comme des lames de rasoir furent échangés. Etonnement, ce n’était pas la première rencontre entre la guerrière sylvestre et le protecteur cimmérien… Jonglant habilement avec ses regards entre eux, la Blanche ne put s’empêcher de se poser quelques questions sur cet évènement, même si sa pudeur la rattrapa bien vite, taisant à jamais ce sujet dans son esprit. Apparemment, c’était un désir partagé avec l’Eryllis qui eut bien vite refermé le mystère à jamais, se défendant en lionne acharnée, enterrant définitivement l’évènement par un plaidoyer irrévocable. Cela évoqua pourtant chez la demoiselle une nouvelle question qu’elle garda pour elle, toujours enfermée sous les voiles de la discrétion. Si elle avait bien tué si facilement, alors ses pouvoirs, ou au moins sa force ne devait en aucun cas être pris à la légère… Qui qu’elle soit, elle ne devait pas être sous-estimée.

Une fois cette note prise, la prêtresse observa ce qui semblait être l’ultime joute de cette bataille de verbe où l’Eryllis avait clairement montré ses intentions et ses désirs, bien qu’elle n’ait pas pour autant dévoilé tout son jeu. Sa dernière phrase inachevée eut l’efficacité d’une menace dite clairement, écrite même, les avertissant qu’ils n’étaient pas en leur pouvoir d’être une gêne à la paix du lieux. Ce semi-blâme fit plonger le regard de la prêtresse au sol quelques instants avant de se redresser promptement. En tant que prêtresse et représentante des factions envahissant les lieux, elle choisit le chemin de la diplomatie et de la finesse, ignorant la pente dangereuse sur laquelle elle venait peut-être de poser le pied. Il fallait qu’elle convint leur hôte que la garde Cimmérienne et que les prêtresses n’étaient pas des menaces mais des passants infortunés. Balançant une dernière fois ses yeux entre les deux protagonistes, elle finit par souffler calmement en direction de l’amazone :


« - Soyez assurée que nous veillerons sur nos pèlerins avec la plus grande attention. Ces hommes sont vaillants et servent notre cité avec courage et bravoure : ils n’échoueront pas à la tâche. De même, notre ordre saura veiller sur les tourmentés les plus audacieux. Notre but n’était pas de troubler ce lieu… Comprenez bien qu’une parole de votre part nous ferait retrousser chemin. »

Il n’y avait dans sa voix ni menace, ni trouble. Du mieux qu’elle pu, elle la fit sonner apaisante et respectueuse, de façon à correspondre aux deux partis l’entourant, ainsi qu’au sien qu’elle représentait. Il était évident que la tâche imposée par un tel convoi n’était pas une mince affaire, loin de là. Tant de monde dans un lieu aussi reculé et si sauvage que le temple de Delil était dangereux, et une épidémie aussi pathogène que celle qu’ils avaient sur les bras n’arrangeait certainement pas les choses. Ce voyage en lui-même était risqué. Transporter un tel nombre de contaminés mettait en danger toutes les vies présentes, et ce pèlerinage pouvait à tout moment basculer et devenir un ultime périple pour tous les hardis et désespérés qui l’avaient entrepris, transformant ce lieu sublime en une tombe silencieuse, une mine presque intarissable de pierre de sphène. C’était ironique… L’âme dénuée de sentiment de la statue de givre s’agita légèrement devant le sarcasme de la chose avant de retrouver une nouvelle fois son objectivité dévorante. Abaissant la capuche qui recouvrait son crâne, elle laissa ses oreilles en pointes se déployer, dans un optique plus confortable, avant de détourner le sujet de la conversation qui semblait sujet aux tumultes.

Cette jeune femme pouvait certainement les aider… Au moins, elle pourrait la mettre sur la piste de l’Amazone qui dirigeait les lieux. Elle essaya de réfléchir une demie seconde à une technique d’approche, mais elle balaya bien vite l’idée. A quoi bon essayer de camoufler ses actions ? La vérité était la seule chose qu’elle avait à cet instant, elle et ses mots. Eh puis, en ces temps, il n’y avait plus aucun intérêt à manigancer. C’est sa mission entière qu’elle dévoilerait, celle qu’elle était à découvert. Sans s’en apercevoir, la mécanique cachée sous sa peau fonctionna légèrement, courbant adroitement ses lèvres et glissant dans le noir de ses yeux une inquiétude et un espoir nouveau.


« - Pour tout vous dire, ma sœur supérieur, une prêtresse de premier ordre, avait pour espoir de rencontrer la représentante de votre faction. Elle est une docteur talentueuse et persévérante, et ses connaissance de notre flore seules de suffisent pas à mener à bien ses expériences. Il me semble qu’elle nourrit le désire de rencontrer votre plus haute gardienne afin de pouvoir s’entretenir avec elle des plantes poussant ici. Peut-être peuvent-elles trouver ensemble un remède au fléau qui nous touche. »

Emmêlant ses doigts devant elle, Othello garda le regard droit, se plongeant dans le même silence respectueux qui l’avait tenue plus tôt. Ignorant si la tension ambiante s’était finalement dissipée ou si au contraire elle s’était épaissie, elle continuait à espérer que cette jeune femme pourrait l’aider. Telle une statue au visage de marbre, elle restait attentive à tous ce qui allait arrivé, se préparant à être renvoyée sur le champ comme à recevoir un fragment d’assistance. Ô combien elle enviait le calme des fonds marins en un tel instant…
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Dim 2 Déc - 14:40

Comme tout grand leader l’homme qui était dans cette armure n’agissait jamais par simple bonté d’âme, chose totalement étrangère pour lui, mais il avait bien sûr toujours quelque chose derrière la tête en prenant des décisions. Alors quel était son intérêt ici ? Pourquoi aider les plus faibles et les plus malchanceux à combattre une infection qui, de toute façon, ne pourrait jamais l’atteindre ? Il aurait pu laisser le monde entier mourir de cette infection et seuls les Gorgoroths seraient restés en vie à la fin. Alors pourquoi ? Depuis toujours il avait fait de la loi du plus fort et de la méritocratie sa bannière, son but, sa raison de se battre et de vivre chaque jour. Pour lui la seule façon de pouvoir réellement accéder à quelque chose, qu’elle soit insignifiante ou primordiale, serait de se battre jusqu’à réellement mériter de pouvoir l’obtenir. Pourquoi les puissants auraient tous les pouvoirs par le fait d’avoir le même sang que les leaders les ayant précédés ? Pourquoi le pouvoir du sang et d’une lignée royale devrait prévaloir sur le courage, la volonté, l’abnégation et les épreuves endurées jusqu’à pouvoir mériter un tel pouvoir ?

Le pouvoir de la famille n’était rien, seule comptait réellement les convictions et la force de les poursuivre jusqu’au bout.

Alors pourquoi aider une masse anonyme alors qu’il n’avait rien à y gagner ? Pour le pouvoir évidemment, pour le contrôler et le pouvoir accordés grâce à cette masse venue vivre à la cité noire. Le pouvoir de tout pays venait bien de son peuple et non de son gouvernement, alors pourquoi un peuple devrait-il rester sous le joug d’un gouvernement ne faisant rien pour eux même en temps de grande crise ? Si certains devaient se battre pour obtenir du pouvoir, il fallait impérativement se battre pour le garder et continuer de le mériter, c’était une lutte de tous les instants.

« Parce que d’autres le sont, et il est de ma responsabilité de les aider. »

Il n’était plus un simple mort revenu à la vie, il n’était plu un simple guerrier anonyme au milieu d’un monde sauvage et brutal. A la force de ses bras il était devenu le leader de l’ordre guerrier le plus craint et respecté au monde. Il avait un devoir envers ses frères d’armes mais aussi envers son peuple, mêmes si ces gens n’étaient pas des plus respectables ils étaient venus vers lui avec un désir de protection et de sécurité. Allait-il les regarder mourir à petit feu ? Hors de question !!

Croisant les bras devant sa poitrine, le jeune homme balaya les environs de son regard à la recherche d’une réponse, d’un indice, de n’importe quoi lui prouvant qu’il n’était pas venu pour rien.

« Mais pour le moment personne ne semble avoir de piste plausible. Je pensais qu’ici j’aurais peut-être plus de chance. »

Quel était l’endroit le plus susceptible de trouver des réponses que le temple du dieu de la vie ? Où aurait-il dû chercher ? Il ne le savait pas et ne craignait pas d’avouer qu’il avançait totalement à l’aveugle sans savoir où il allait et comment cela allait se terminer. Il espérait juste que cela se terminerait avant qu’il n’y ai eu trop de pertes.
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Lun 3 Déc - 19:28

Les propos de la sauvageonne manquèrent de faire sourire le militaire, mais par sens du protocole il parvint à se retenir et se concentra si nécessaire sur une tente s’érigeant sans pour autant paraître discourtois ou peu attentif à ses locutrices. Simplement, il était un homme à responsabilités désormais. On avait mis plusieurs hommes sous ses ordres et ce, dans l’unique but de préserver la sécurité de bien d’autres encore.

La situation hors-la-loi des Eryllis n’était pas inconnue au militaire. Il ne le savait que trop bien, mais celles qu’il avait rencontré jusqu’à présent ne lui donnait pas envie d’appliquer cette loi. Peut-être un jour devrait-il pourtant se plier à un ordre direct, mais jusqu’à présent, les Eryllis étaient surtout une tare pour Eridania. Elles avaient peu à voir avec le royaume des glaces et Cimmeria avec elles.
Si Veto s’était permis de révélé la véritable appartenance de cette femme à sa caste, c’était parce qu’une prêtresse semblait s’y intéresser. Et ce qu’elle demandait aurait dû suffire à forcer un peu la main à cette mystérieuse femme à secret. Non seulement il était loyal envers les prêtresses, mais il ne laisserait pas passer une occasion de trouver un remède à la maladie qui le rongeait comme tant d’autres.

Les deux jeunes femmes ayant été placé sur un pied qui lui semblait d’égalité, le garde s’inclina légèrement.


« Veuillez m’excuser mes Dames mais le devoir m’appelle. Puisque tout le monde ici semble d’accord sur le fait que la sécurité des pèlerins va de pair avec celle de ce lieu cher au croyant comme aux autochtones, je vais de ce pas mettre un peu d’ordre dans ce campement. Je vous salue. »

Le garde salua à nouveau et alla récupérer son bouclier. Ce faisant, il aperçut son encyclopédie dans les affaires entasser sous le toit de toile et il se dit qu’il avait peut-être découvert quelque chose qui pourrait intéresser Irina.

« Avant de partir… J’aurais une requête. Connaîtriez-vous la Salutis sanitis ? C’est une plante que l’on appelle aussi, il me semble, la Panacée à cinq pétales. Je crois que Dame Dranis devrait également s’y intéresser. On m'a rapporter un effet inhibiteur léger d'une décoction à base des pétales de cette plante. »

Sans rien ajouter de plus, le garde eut un léger sourire, s’inclina encore, toujours empli de cette humilité qui lui était cher, et s’en alla vers ses hommes.

Il ne tarda pas à retrouver les deux autres caporaux-chefs qui l’accompagnaient. Ils étaient comme lui deux nouveaux promus mais le jeune Havelle avait été désigné comme responsable pour avoir déjà opéré dans la région (et parce qu’il avait eu de meilleurs résultats que ses deux pairs). Les deux gradés étaient de braves gardes et il n’avait pas à se plaindre de devoir travailler avec eux.

Il leur exposa comment il envisageait le contrôle de la sécurité du campement et ils approuvèrent : il serait formée une demi-douzaine de binômes qui effectueraient des rondes autour du campement, veillant à ce que personne ne dégrade la flore forestière et limite le franchissement de la lisière pour ne pas que les cimmériens soient exposés aux dangers de la forêt. Trois autres arpenteraient le vaste campement en long, en large et en travers pour s’assurer que celui-ci ne soit pas trop désorganisé, que la circulation soit possible et assez aisé, en particulier sur un axe menant du temple à l’entrée de la clairière. Ils aideraient également les prêtresses à faire respecter les normes d’hygiène et de précaution. Quatre autres militaires monteraient la garde à l’entrée de cette vaste clairière et expliqueraient à tout arrivant la situation, les règles sanitaires…

Il leur recommanda aussi de bien faire comprendre et d'inciter à faire passer un message à leurs hommes cependant : Ils n’étaient pas en terre cimmérienne, et en aucun cas il ne serait question de s’approprier ce lieu.

Suite à ce petit « état-major », il s’en retourna à la recherche de ses hommes, dispenser ces consignes et organiser le camp comme il en avait eu l’idée, donc.

Tout déplacement au milieu de cette foule et de ces tipis ou yourtes à l’architecture plus ou moins avenante l’amenait à une gymnastique étrange que plusieurs personne avait déjà adopté également. Le jeu consisté à éviter tout contact, à s’arrêter même de respirer lorsqu’on croisait quelqu’un, à s’emmitoufler dans des vêtements épais et conçus pour le nord.
Autant dire que l’exercice était peu agréable sous ces soleils et dans cette atmosphère humide de la forêt luxuriante. Perdu dans la masse, il lui arrivait pourtant de revenir à la lisière des arbres, surveillant les fourrés. Peut-être y cherchait-il inconsciemment un regard approbateur de la part d’yeux féminins, à moins qu’il ne craigne l’apparition de quelques monstres de la région que l’on disait incroyable. Après tout, le dernier qu'il ai trouvé par ici avait de quoi traumatiser.

Essoufflé par son affairement et par cet environnement étranger, le caporal-chef s'arrêta enfin un instant, appuyé contre un pilier du temple. Il regarda deux de ses hommes s'éloigner pour effectuer une ronde autour du camp. La machinerie était lancée et devrait rester bien huilée un moment.

Instinctivement, son esprit s'évadant vers les divers points qu'il irait inspecter dans un instant, sa main vint se placer sur son torse et frotta doucement le tissu contre la zone insensibilisé de sa peau. Elle resta de marbre, si tant est que l'on puisse goûter de cette plaisanterie en pareil circonstance.
Le regard perdu, il resta un instant ainsi, à l'écart, et pourtant si semblable à cette masse d'êtres désespérés, craignant leur fin trop proche.
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Sighild
MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Mar 4 Déc - 21:26

    Est-ce que Sighild avait une dent particulière contre les prêtresses de Cimmeria ou même tous individus provenant du continent gelé? Non. Bien entendu que non. L'Eryllis paraissait sévère et froide avec quiconque s'entretenait avec elle, avec toute personne dont elle ne pouvait faire confiance. Même si ces jeunes femmes religieuses avaient une réputation de sainte, la lhurgoyf ne basait jamais son opinion sur ce que pensait la majorité. Néanmoins, peut-être reconnaitrait-elle avoir été un peu sèche? Ou était-ce seulement une autorité nécessaire? Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la position de la dirigeante des Eryllis était épineuse à bien des points, à la fois parce qu'elle vouait à présent son existence à la protection de l'écosystème de Noathis et sa préservation, mais aussi à la sécurité des jeunes femmes de ce monde qui avaient été rejetée par un lourd système mené par des hommes peu scrupuleux.

    Portant alors ses yeux félins en direction de la prêtresse, Sighild donna l'impression de l'observer de haut. Pourtant, il n'y avait rien de condescendant dans son attitude, même si parfois on pouvait l’interpréter de cette façon. Comment buvait-elle les paroles de la jeune yorka? Le plus simplement du monde. Elle ne doutait pas de la sincérité qui était celle de la prêtresse, mais à ses yeux, il ne s'agissait que de promesses. Il n'y avait aucune véritable garantie... et elle devrait malheureusement se contenter de cela... Parce qu'au delà de ce fait, les Eryllis ne pouvaient aussi se montrer au grand jour. N'oublions pas que leur tête était mise à prix, et qu'importe la nation, l'appât du gain pouvait animer n'importe qui. Pour cela, elle devait se montrer prudente à tout instant.

    " Qu'importe vos paroles... à mes yeux, elles sont vaines. Toutefois, nous respectons les pénitents qui souhaitent se rendre ici. Nous ne ferons pas l'insulte de chasser les désespérés... Respecter Noathis, et nous en ferons de même avec vous. C'est l'unique parole qui sera la nôtre. "

    Sighild pouvait paraître bien cruelle, peu altruiste dans son comportement, mais elle portait sur elle un bien lourd fardeau, et ses responsabilités l'obligeaient à avoir ses propres priorités. Malheureusement pour le peuple de Cimmeria, il n'était pas le sien.
    Ce fut alors que quelques minutes après, la jeune femme qui désirait rencontrer une Eryllis, donna enfin la véritable raison de son désir. C'était celui de l'une de ses supérieures. Voilà qui semblait alors éclairer un peu ces lanternes. Toutefois, elle ne pourrait accéder à sa demande, non pas parce qu'elle s'y refusait, mais parce qu'elle ne le pourrait pas. D'une part, à cause de la maladie qui grandissait inexorablement sur ses chairs, d'autre part, parce qu'elle n'était pas plus indiquée qu'une autre pour l'aider à cette tâche.

    " J'ai malheureusement le regret de vous dire que notre dirigeante ne pourra pas vous aider dans votre tâche. Elle n'est pas disponible... mais je l'informerais de votre présence et de votre recherche. Il ne vous sera fait aucun mal si vous vous aventurez dans la forêt.... et le seul conseil que je pourrais vous donner serait de chercher dans les méandres de la vallée. La flore y est plus diversifiée... mais la faune aussi. "

    Mais alors que les deux jeunes femmes échangèrent ces quelques mots, le jeune caporal annonça qu'il devrait prendre congé et se plier à ses tâches. Mais avant de se faire, le jeune homme parla d'une certaine plante. A son appellation, le visage de Sighild tiqua. Elle connaissait cette fleur mais elle était plutôt rare. Elle ne pouvait être cultivée et il était nécessaire de la cueillir fraîchement... la coïncidence faisait qu'il en existait dans la vallée... mais dans une zone particulièrement hostile, la plus dense de Hillem, là où l'on pouvait croiser le genre de créature qu'on priait de ne jamais rencontrer.

    " Cette fleur est rare et elle ne peut être cultivée. Si vous souhaitez la trouver, il faudrait vous enfoncer dans les endroits les plus sombres et reculer de Hillem... sur le territoire de nombreux Carnéas. Si vous lancez une expédition là bas, je vous conseille d'être lourdement armé si vous désirez en revenir. "

    La jeune femme avait-elle à peine terminer sa phrase que quelque chose semblait l'interpeler. Toujours appuyée contre son arbre, un bruissement dans les buissons se fit entendre. Deux prunelles se mirent alors subitement à briller et un loup apparut dans l'ombre. Il s'agissait de Zordiark, le familier de l'Eryllis. Ce dernier était censé l'attendre dans le village mais il semblait en avoir décidé autrement... ou peut-être voulait-il l'alerter sur quelque chose d'autres? Sans aucune explication, elle reporta son attention vers la prêtresse.

    " Je vais devoir vous laisser.... j'ai bien peur de ne pas pouvoir vous aider plus. Mais sachez que de nombreuses Eryllis se dissimulent ici... au moindre faux pas, elles interviendront... et si vous veniez à avoir besoin de l'un de leurs conseils, elles viendront à vous également si elles considèrent que cela est sage. Que vos dieux vous protègent. "

    Ce fut alors les dernières paroles de Sighild... mais avant de s'en aller, elle regarda la serviette que lui avait tendu la prêtresse, et il lui convint qu'il était plus aimable de lui rendre. La lhurgoyf la remercia alors d'un geste de la tête, amical et solennel, puis lui tourna simplement le dos, emboîtant le pas souffle de son familier, jusqu'à ce qu'elle disparut dans les ombres... il était temps pour elle de rentrer au village, et de prendre un peu de repos...
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Irina Dranis
MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Mer 5 Déc - 13:11

Les civils étaient des gens méfiants sur certaines choses, et pourtant ils se méprenaient régulièrement sur une chose. Les prêtresses, aussi mystiques soient-elles souffraient des mêmes forces et des mêmes faiblesses que le commun des mortels. Par contre, bien que la plupart des servantes de Kesha telles que Othello, soient animées par des intentions honorables, il y en avaient d'autres qui n'étaient pas aussi pures. Irina était de celles-là, et c'est aussi pourquoi elle était à leur tête, en l'absence d'une Grande Prêtresse digne de ce nom. Elerinna était seulement préoccupée par la richesse et le pouvoir, trop occupée à conspirer pour suivre ses fidèles en pélerinage.

D'un autre côté, Irina n'était certes pas foncièrement mauvaise mais une chose était sûre : elle n'hésiterait pas à se salir les mains pour défendre son peuple si c'était nécessaire. En tant que guide elle ouvrirait la voie quoi qu'il en coûte, même si cela devait l'engager sur le chemin du pêché. Ses mains étaient déjà entachées de sang depuis longtemps de toute façon, alors à quoi bon ?
Regardant dans les yeux du cavalier -ou le casque en l'occurence- avec une franchise inhabituelle pour une religieuse, elle lui laissait bien clair qu'elle n'était pas n'importe qui. Cela n'avait pourtant rien à voir avec sa position dont de toute façon elle n'attendait rien. Seulement en tant qu'inconnu il était une menace potentielle, et elle ne savait rien de lui. Avec Sighild elle partageait une conviction... Celle de protéger et se porter garante de /son/ peuple. Hors il n'était pas de Cimméria, tout comme une partie des autres présents. Bien sûr si les circonstances l'exigeaient, la jeune femme les soignerait de la même façon... Mais il y aurait toujours entre eux une abîme infranchissable de suspicion.


« Bien. Si vous êtes avide de participer, alors pourquoi ne pas coopérer à la protection du campement ? Je suis sûre que les soldats seront ravis d'avoir une paire de bras en plus. »

Irina connaissait la possibilité qu'une expédition soit organisée afin d'explorer les environs et de chercher une cure... Mais elle ne tenait pas à ce qu'il soit de la partie. Certes cet homme avait l'air sincère en parlant de responsabilité, comme si il était en charge de plusieurs personnes. Peut être dirigeait-il un bataillon ou quelque chose du genre. Son attitude était celle de l'attente, et pourtant il ne faisait rien pour s'impliquer dans les différentes activités du camp qui maintenant fourmillait ici et là.

« A quels endroits avez-vous cherché en vain pour être aussi pessimiste ? » Ses prunelles de jade étaient animées d'une lumière étrange. Sa communion avec Kesha étaient renforcée depuis plusieurs mois. Une lueur émanait de ses yeux qui emplissaient son visage d'une grâce inexpliquée. Peut être celle qui selon les écrits avait permis à la déesse de subjuguer ses semblables, dont même Sharna. « Tout n'est pas perdu. On ne possède aucune chance de gagner tant que l'on n'engage pas enfin le combat. »

Ces mots étaient destinés à insuffler du courage à l'étranger, dont elle apaisa les peurs grâce à son pouvoir inné. Peut être qu'ainsi il finirait par rebondir et leur être utile, qui sait. En attendant cela ne lui ferait aucun mal de voir les choses avec plus d'espoir. Et dans le cas ou cela ne marcherait pas du tout, au moins cela le ferait peut être réagir enfin. Sur ces mots la demoiselle s'inclina et prit congé sans attendre, estimant qu'elle avait suffisamment donné de son temps. D'autres occupations l'attendaient, et les gens comptaient sur elle pour les aider. Si d'autres présents souhaitaient lui parler, ils n'avaient qu'à venir la trouver.
Levant les yeux pour chercher Othello du regard, elle se demanda où en était sa protégée. Avait-elle finalement récolté des informations qui leur permettraient d'avancer dans leur quête ? C'était ce qu'elle espérait de tout cœur. Porter les premiers secours ne lui suffisait pas, car son but était bien plus ambitieux. Il fallait enrayer la maladie rapidement avant qu'il ne reste que des pierres de sphène pour raconter l'histoire.

Se promettant d'étudier ces dernières avec attention dès que l'occasion se présenterait, la prêtresse se présenta au chevet de plusieurs malades pour vérifier leur état. Ses pas l'amenèrent par conséquent de retour vers le temple, là où les patients dans l'état les plus graves avaient été installés. Malgré son expression figée, Irina pensait à ces personnes qui malheureusement avaient survécu de justesse au rude voyage depuis Hellas, qui les avait éreintés. Le changement de climat et leur fatigue aurait très bientôt raison de leur foi et de leur organisme. Alors qu'elle se dirigeait vers l'aile du temple, elle fut arrêtée dans sa marche par un enfant d'environs 7 ans qui la percuta de plein fouet, se jetant contre ses genoux. La rouquine faillit finir par terre, mais se rattrapa de justesse à un pilier contre lequel était adossé un homme. Marmonnant des excuses elle fut coupée par le petit garçon qui clopinait, une jambe visiblement affectée par la maladie.


« Madame, Madame z'êtes là! J'vous croyais partie ! J'leur avais bien dit, que vous n'laisseriez pas ! »

Un sourire se dessina sur les lèvres la jeune femme, qui posa une main sur la tête de celui qui était un petit voleur réputé à Hellas. Il était habituellement surnommé Mains-Lestes, étant donné qu'il n'avait jamais eu de famille et encore moins de nom. Pourtant c'est avec une tendresse maternelle qu'on ne lui aurait pas soupçonnée que la Vipérine avait étreint l'enfant, ne se souciant nullement du fait qu'elle puisse être contaminée. Elle qui était mal à l'aise avec le contact physique n'avait même pas protesté.

« Rentre te coucher, tu veux. Je ne veux pas que ton état s'empire et si tu veux continuer de battre les gardes à la course, tu as intérêt à faire ce que je te dis. Allez file, je viens te voir dès que j'ai fini ici, d'accord ? »
« Mais j'm'ennuieeeee ! Bon heu... Seulement si vous m'racontez encore l'histoire du rubis. » Il se tourna soudainement vers la gauche, et vers l'homme qui était assis là, accessoirement un garde cimmérien qu'il avait déjà aperçu. « Et toi, qu'est ce qu'tu mattes ? T'veux qu'elle t'raconte une histoire 'ssi, p'têt ? »



« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Jeu 6 Déc - 17:29

C’était presque d’un ennui mortel, se tenir ainsi au dessus de la foule n’avait rien d’enviable… et pour plusieurs raisons. Pour le coup, la jeune terrane était presque heureuse de ne plus jouir de la vue, au moins ça lui évitait d’être agressé sur un plan supplémentaire.

Bien que ce lieu fut censé être un lieu de culte, cela n’empêchait pas la populace d’y être bruyante, gênante même. Tous ces cris et ces pleurs étaient certes tragiques, et pour cela l’avis de Raven était légèrement attendri, mais guère au-delà. Entre toutes la marmaille, les désespérés, les fous, et ceux qui tentaient vainement de maintenir un semblant d’ordre, les tympans de l’Erillys étaient agressés à un degré certain. C’était en partie de sa faute certes, car elle avait besoin de recourir à ses dons pour suivre au mieux ce qui se déroulait entre ces quatre murs… Mais elle entrevoyait déjà le mal de crâne qu’elle allait devoir se taper dans la soirée.
On y pense pas forcément à chaque fois, mais les odeurs aussi peuvent jouer. C’était triste là aussi mais même si Raven comprenait, son odorat là encore supérieur à la normal devenait une contrainte… des plus contraignante pardonnez moi l’expression. Certains pauvre bougre avait tellement peur d’être atteint qu’il se refusait à se laver dans la même source d’eau qu’une personne atteinte. D’autre encore, qui eux étaient atteints, était terrifié à l’idée que l’eau ne fasse se briser la roche qui les constituait de façon instantané. Bref nombre de personnes ici présentes vivaient dans un niveau d’insalubrité croissant. Elle réfrénait néanmoins ce don un minimum, elle savait que ce n’était pas avec cela qu’elle pourrait percevoir un quelconque débordement, néanmoins il lui servait à savoir si quelques monstres sauvages s’approchaient du temple.

Pour faire néanmoins le point sur les découvertes de Raven au sujet de la Sarnahroa, hé bien c’était la panne sèche. Visiblement aucune des personnes présentes dans le temple ne savait quoi que ce soit, ni l’homme en armure, ni la femme qui lui parlait. La seule réelle piste qu’elle avait était en fin de compte incertaine. La Salutis Sanits. Allait-elle devoir se risquer à la chercher ? Ne serait-ce que pour Sighild… Oui elle le ferait, mais elle n’y arriverait pas toute seule, pas avec les Carnéas…
Pendant qu’elle réfléchissait à cela, le soldat s’en retournait à ses devoirs, Sighild reparait en direction de Samhach… la timide prêtresse s’en retournait à sa supérieure…

Puis survint un incident qui fit tiquer Hittomi. Alors qu’elle s’en retournait à ses obligations, la prêtresse en chef se fit heurter par un enfant au pas dissonants… l’un léger l’autre lourd… et il était aisé pour la chasseresse de reconnaitre le son de la pierre.


« Puisse les dieux en qui tu crois avoir pitié de toi… prêtresse… »
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Mar 18 Déc - 13:44

Veto regardait le ciel avec lassitude en caressant doucement sa poitrine à travers son vêtement quand des éclats de voix attirèrent son attention. Il ne reconnut pas tout de suite la silhouette qui enlaçait le petit garçon mais lorsqu’il aperçut ses yeux, une explosion dans son esprit le tétanisa. Une portion de peau de la jambe figée du garçon était visible au-dessus de sa chaussure. Cet enfant était contaminé et plutôt sévèrement. Et la prêtresse établissait un contact physique bien trop dangereux et inutile à ses yeux.
L’interrogatoire du garçon le ramena à la réalité.


« Ma Dame ! Mais pourquoi ? »

Il avait fait un pas ou deux dans leur direction et il sentit son vêtement frotter sur la roche de son sternum. Quel grand cœur elle avait. Trop grand. * Dame Dranis, la maternité vous va aussi bien que l’insouciance. * pensa-t-il en silence, un sourire se dessinant sur ses lèvres.

« Qu’est-ce que t’as ? »

Veto regarda le chenapan qu’il avait déjà pris en flagrant délit plusieurs fois et relâché après l’avoir fait rendre son butin ou en partie. Il tira son écharpe de devant son visage et retira sa capuche.

« Toujours aussi poli, Mains-Lestes !
-Ha ! C’est le garde dont la Pie parle tout l’ temps ! »

Veto haussa un sourcil. La Pie. Ce nom lui disait quelque chose. Sûrement un jeune délinquant comme celui-ci auquel le garde avait déjà eu affaire…

« Bon ! Et c’t’histoire ?
-J’avoue que son intitulé m’a laissé curieux. Un rubis ? »

Veto pouvait bien s’accorder une pause. Il l’avait bien mérité après tout ce temps à courir partout pour organiser le camp. Son regard était tourné vers la prêtresse. Il aurait bien une occasion de lui dire ce qui le rongeait dans tous les sens du terme et alors il y serait bien obligé, même si cela était loin de l’enchanter…
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Mar 18 Déc - 19:36

Irina n'était pas imbue de perfection, et n'était même pas emplie de la sainteté qui émanait naturellement de certaines prêtresses. Elle n'était pas quelqu'un qui savait réconforter, elle ne savait pas manifester d'empathie ni de pitié. Sa sensibilité ne l'étouffait pas et bien qu'elle ne soit pas malveillante gratuitement, ce n'était pas quelqu'un de très altruiste. Mais pour ce qui était des enfants les choses étaient différentes, et cela n'avait rien à voir avec son état actuel. La jeune femme avait toujours eu un faible pour les plus jeunes, surtout parce qu'elle savait que leurs moyens de se défendre étaient limités. Beaucoup étaient abandonnés à leur propre sort, comme c'était le cas pour Mains-Lestes. Alors plutôt que de leur donner de l'argent avec lequel ils ne sauraient que faire, elle leur donnait souvent de la nourriture en cachette, la faisant distribuer par des commerçants qu'elle savait honnêtes.
C'est dans ce genre d'initiatives qu'elle dilapidait l'argent des bénéfices des quelques herboristeries qu'elle avait ouvert à Hellas. Au final elle était à perte de temps en temps, mais cela ne l'inquiétait pas. L'argent n'était pas sa motivation. Elle était née pauvre et mourrait tout aussi pauvre. C'est donc très spontanément qu'elle avait serré le petit garçon contre elle sans se soucier des conséquences. Lorsque celui qu'elle reconnut comme Veto l'interrogea, elle articula sans parler tout haut afin que le gamin ne l'entende pas.


- Ce n'est qu'un enfant. Il n'a personne d'autre. -

Main-Lestes était trop fier pour entendre ce genre de choses qui serait vues comme des mièvreries et il risquait de mal le prendre. Et si le contrarier lui importait peu, elle savait que ce genre de choses ne servirait qu'à le braquer et le rendre plus méfiant. Il n'était pas question qu'elle perde sa confiance après avoir tant travaillé à la gagner. Et puis l'attitude de la rouquine, bien que peu professionnelle, ne faisait que refléter son insouciance et son peu d'inquiétude envers l'avenir. Si son destin était de périr ici, alors peu importait qu'elle se voile de la tête aux pieds ou non.

« J'ai survécu à la peste une fois, alors je survivrai quoi qu'il arrive. »

Restait à savoir si elle était trop sûre d'elle ou bien si l'idée de mourir lui indifférait. Irina ne ressentait pas la peur, elle ne le pourrait pas même si elle le voulait car elle la connaissait trop bien. Son corps était fort malgré sa maigreur et sa pâleur, et il saurait éviter de tomber malade au moins pour l'instant. Avec un peu de chance toutes les maladies qu'elle avait déjà contractées en soignant ses patients avaient renforcé ses défenses, ou du moins elle l'espérait, car ce coup-ci aucun miracle ne serait suffisant à la sauver.

« Qu'est-ce que t'as ? »
« Il est juste jaloux... » Elle rit, ne croyant pas à ce qu'elle venait de dire, mais se sentant obligée de dédramatiser quelque peu. Il y avait suffisamment de tragédie en ce temple pour en rajouter. De plus, ne parler que de mort dans le temple de la vie serait irrespectueux. Mais alors voleur et soldat se liguèrent contre elle, réclamant une histoire. Irina haussa un sourcil d'étonnement. Si elle s'était préparée à ce que le petit le fasse, elle était surprise que Veto s'y intéresse aussi. Voyant que l'un comme l'autre ne la quittaient pas des yeux, attendant apparemment qu'elle commence son récit, elle soupira résignée et s'assit sur les marches du temple, Main-Lestes se tenant aussi près que possible sans la toucher.

« C'est l'histoire d'Idrenn, une danseuse du quartier Nivéal, à Hellas. C'était une fillette sans foyer ni parents qui dansait pour gagner quelques pièces. Cette année là l'hiver avait été rude et les gens bien que toujours émus par son talent, n'avaient plus grand chose à lui donner. Même la nourriture se faisait rare, et son ventre ne tarda pas à crier famine. Elle fut alors contrainte de voler ce qu'elle trouvait, des quignons de pain du boulanger en passant par quelques bourses ou autres petits objets qu'elle pouvait revendre aisément. » Irina s'arrêta un moment pour regarder son public, découvrant l'enfant les yeux braqués sur elle avec admiration alors qu'il avait pourtant déjà entendu cette histoire de nombreuses fois. Son regard de jade se fit rêveur.

« Mais un jour où le soleil brillait timidement, au début du printemps, elle fit une série de rencontres qui allaient changer sa vie. Ce jour là elle se promenait au marché, le ventre vide. Son regard se perdait tantôt sur les fruits appétissants, tantôt sur les gâteaux qu'elle ne pouvait s'offrir. Les nobles eux se pavanaient fièrement en groupe, venant acheter de l'encens,des bougies pour la cérémonie de l'année nouvelle, et des victuailles pour la grande fête qui allait avoir lieu. Tout le monde était déjà sur son trente et un, se promenant avec ses plus beaux vêtements et bijoux. » Elle sourit, comme si elle vivait cette histoire au fur et à mesure. « Ce fut alors qu'elle la vit. Une pierre carmin magnifique. Si brillante qu'elle éclipsait la laideur de celui qui la portait encastrée dans une broche pendue à sa poitrine. C'était un rubis gros comme un poing, et tout de suite elle sut qu'il valait une bourse pleine de dias, même si elle ne savait pas de quelle pierre il s'agissait au juste. Son cœur battait la chamade rien que de le voir, et ses yeux se mirent à briller d'envie. Avec ça elle pourrait manger pendant des mois et même s'acheter des vêtements pour la saison froide. » Irina caressa distraitement les cheveux du petit garçon, les yeux posés quelque part au loin, son autre main posée sur son ventre dissimulé par les vêtements amples.

« Rapide comme l'éclair, elle se faufila parmi la foule, profitant de sa petite taille pour passer inaperçue. Les riches aristocrates étaient trop occupés à étaler leur richesse et leur puissance pour se méfier d'une enfant si jeune. Ce n'est que trop tard que sa victime se rendit compte que plus rien ne brillait au niveau de son torse, quelqu'un avait pris le fruit de sa fierté. Ses cris scandalisés retentirent dans tout le marché, alertant immédiatement les gardes qui se mirent en chasse. Idrenn courut, courut, courut. Jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus et que ses poumons menacent d'exploser. Mais les soldats étaient nombreux et pouvaient la retrouver à tout moment. La petite fille s'engouffra donc dans le dédale de ruelles et se cacha dans un panier vide près d'un étal qu'elle connaissait bien. » Un sourire passa sur ses lèvres et ses joues rosirent légèrement. Mains-Lestes buvait ses paroles. Il aimait toutes ses histoires, mais celle-ci était sa préférée. Probablement parce que l'héroïne était une voleuse des rues elle aussi.  « Tremblante de peur elle était recroquevillée, priant les dieux pour que l'on ne la trouve pas. Le rubis était serré contre son cœur avec tant de force que ses mains lui faisaient mal, mais elle n'osait pas respirer trop fort de peur d'attirer l'attention. Pendant des minutes qui lui semblèrent une éternité, elle attendit en silence... Jusqu'à ce que le couvercle du panier soit soudainement soulevé. » En bonne raconteuse d'histoires, Irina prit son temps pour laisser le suspense faire son travail.

« Ce ne furent pas les soldats, mais une dame habillée de blanc de la tête aux pieds qui la trouva, et qui la retira de là par la peau du cou. Elle la sermonna longuement et l'emmena dans une maison pour l'éloigner du danger. Cependant elle promit de ne pas la dénoncer si elle faisait le serment de payer sa dette. Toutes les deux elles discutèrent jusque tard, apprenant à se connaître et donnant naissance à une belle amitié. Finalement après moult négociations elle parvinrent à un accord. Idrenn ne volerait plus et rejoindrait l'ordre de Cimméria pour soigner tous les habitants sans rien leur demander en retour, et échange elle pourrait vendre son rubis et vivre confortablement. Alana lui acheta alors son rubis en argent sonnant et trébuchant, afin de pouvoir secrètement le rendre à son propriétaire et leur éviter les soucis avec la justice. » Elle sourit à l'évocation d'Alana, regardant Veto du coin de l’œil. Ferait-il le rapprochement de cette histoire et de son passé ? Idrenn n'était après tout que le nom de sa mère, un pseudonyme qui évitait que les enfants ne comprennent la vérité et ne lui posent des questions gênantes.

« Depuis ce jour, Idrenn suivit donc sa bienfaitrice, se gardant de voler quoi que ce soit à quiconque. S'écartant de ses débuts de criminelle, elle trouva finalement une maison et une famille au sein des prêtresses de Cimméria. » Tapotant la tête du petit elle était amusée. « Je te l'ai toujours dit. Voler peut être nécessaire pour survivre, mais dans l'absolu cela ne paye pas. Nos actes finissent toujours par nous rattraper. »

« Mais j'suis un garçon. J'peux pas faire com' elle. » Il avait les sourcils froncés, énonçant ce qui lui paraissait une évidence.
« Bien sûr tu as raison. Mais tu peux aider les gens d'une autre façon. Peut être en devenant garde, qui sait ? » Hilare, elle regarda en direction de Veto, imaginant le fil à retordre que lui donnerait quelqu'un comme Main-Lestes.



« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - acte 1   Jeu 20 Déc - 1:44

Veto appuya son épaule contre une colonne et écouta l’histoire, un peu en retrait. D’autres enfants qui passaient par-là firent de même de l’autre côté et puis vinrent s’assoir.
Le garde, les bras croisés, perdit son sourire en voyant la dame -sa Dame- entourée d’enfants. Elle souriait et avait des gestes affectueux pour le garnement. Le visage du militaire, dépossédé de son sourire ne s’était pas assombri pour autant, il avait simplement pris une expression subjuguée. Cette femme était la représentante parfaite de Kesha.
Lentement, il se demandait s’il ne pourrait pas devenir croyant en cette divinité à mesure du contact qu’il avait avec cette messie de la féminité. Car, qu’est-ce qu’est l’apogée de la femme, si ce n’est la mère ? Dans l’esprit du jeune adulte, telles étaient les choses en tout cas. Il ressentait pour Irina avec le temps passé à ses côtés, une réelle adoration.

Soudain, revenant à l’histoire contait, il tiqua sur l’entrée en scène d’une femme tout de blanc vêtue. Son identité ne tarda pas à être révélée et alors, Veto commença à se demander si cette narration n’était pas une autobiographie.

Mais ce fut l’incitation au garçon à rejoindre la garde qui redonna un grand sourire à Veto. Il se retenait de rire en se redressant et s’approchant.


« Ah ! Ma foi, je ne vois là aucun sujet à moquerie. Ce me semble une bonne idée, pour ma part. Nombreux sont les novices rejoignant notre armée à être d’extraction miséreuse et…
-Dis… On comprend rien quand tu causes… C’est normal ? »

Veto s’était arrêté sur la syllabe sur laquelle on l’avait coupé avec une moue étrange. Il se ressaisit et se teint droit, les bras croisé, l’air faussement sévère.

« Chenapan ! Comment oses-tu m’interrompre en pleine tirade verbeuse ! Je vais…
-On comprend toujours rien ! Tu parles comme les vieux sur le marché... Mais en pire… »

Veto éclata de rire et s’approcha.

« Très bien ! C’est bon. Je m’avoue vaincu face à tant de franchise. Comment dire les choses donc… Beaucoup de nos jeunes recrues sont… Viennent des bas-quartier; voilà ! Et la garde est une profession honnête et honorable. Je l’ai moi-même rejointe pour remercier les prêtresses de m’avoir sauvé après ma traversé du désert de glace et les aider au service du peuple cimmérien !
-Mouais… En attendant, tu nous cours surtout après pour nous donner du bâton quand on vole des trucs pour manger !
-T’en ai-je jamais donné ? Ah ! Allez ! Disparaissaient-tous, bande de chenapan, avant que cela change ! »

Avec un grand sourire, le garde ramassa un bout de bois au sol. Mais à peine s’était-il relevé que les bambins avaient déjà tous disparus dans des cris de gaité et de jeu.
Il fixa un instant la foule, son amusement retombant doucement. Mais bientôt, il remarqua les gens boitant ou portant d’une main un bras figé. Des visages balafrés par une raie de pierre voguaient dans un océan de mines tristes et inquiètes. La mort planait au-dessus de son émissaire, la sarnahroa gardait un bien piteux troupeau de brebis perdues, venu chercher un berger dans un temple lointain, abandonnant une ville soi-disant sous la protection de la divinité de la médecine. Ces gens étaient-ils encore seulement croyant ou au bord du désespoir, cherchant les derniers recours semblant encore possible.

Sous sa chemise, une pointe de douleur piqua son sternum et il y porta sa main, doucement. Après un instant, il tourna sa tête pour voir Irina dans son dos et le jeune homme eut un regard triste. Il sourit pourtant encore une fois et lâcha son bâton.


« Il faut qu’on discute, Ma Dame. »

Il n’osa plus la regarder après ce demi-aveu et se retourna vers la foule. À mi-voix, il prononça avec peine et un visage contrit : « J’ai un nouvel échec à confesser ».
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