LA GRANDE EPIDEMIE - Dernier acte

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 LA GRANDE EPIDEMIE - Dernier acte

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MessageSujet: LA GRANDE EPIDEMIE - Dernier acte   Lun 4 Mar - 23:01



La nouvelle est parvenue jusqu'aux oreilles du Régent Fanel, celle de la découverte d'un remède. Bien qu'il n'en est pas encore pris possession, ce dernier a annoncé que dans son immense générosité, il ferait en sorte d'en faire parvenir pour toutes les familles touchées, et en offriraient même aux plus pauvres. Cette annonce n'avait pour but que de calmer les esprits et les tensions naissantes au cœur de la population, toutefois, il ne relâcha pas la mise en quarantaine (afin de ne pas propager la maladie, puisque cela demanderait encore plus de remèdes et donc d'argent...). En attendant, la garde de la quarantaine assouplit ses mesures et se montra plus facilement corruptible à laisser sortir ou entrer quelques personnes entre les murs condamnés....

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Personnes présentent dans ce lieu :
Jonas Mitsgun

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But :
Le quartier de mise en quarantaine est toujours censé être bouclés, mais les soldats qui en occupent la sécurité se montrent moins prudents et plus corruptibles à une possible échappée ou entrée dans la zone barricadée. De plus, le calme semble être revenu depuis l'annonce de Fanel de l'arrivée prochaine d'un remède. Toutefois, de nombreuses familles ne bénéficieront pas de ce miracle, soit parce qu'elles sont trop affaiblis, soit parce qu'elles ont déjà quittés ce monde. Si vous êtes une personne peu scrupuleuse, vous aurez la chance de pouvoir profiter de ce que ces pauvres damnés ont laissés derrière eux.... Le Pillage est ouvert.

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_ Vous devez poster au moins 3 messages.
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MessageSujet: Re: LA GRANDE EPIDEMIE - Dernier acte   Ven 29 Mar - 6:06

Le temple était déjà loin. Pourtant, même ici, caché dans l’ombre, il était toujours aussi présent dans mon esprit.
J’articulais mes mains encore et encore, faisant jouer mes doigts et leurs articulations pour chercher à voir ce qui n’allait pas. Mais tout allait. C’était ça qui me perturbait. Revenir de cet état de pierre et de l’attente interminable de finir poussière… Tout ça avait été si soudain. Et si brutale aussi.
La douleur…
Elle était toujours là, celle qui avait surpassé en tout ce que les cachots d’Hespéria m’avaient fait connaître. Les crises de douleurs durant la propagation de la Sarnahroa n’avaient rien eu de comparable non plus. Guérir de cette lèpre était pire que d’en mourir.

Mais j’étais vivant. Encore une fois, j’avais échappé à la pierre. Étrange sensation que de se sentir renaître. On se sent revigorer, à nouveau prêt à conquérir le monde. Comme si la mort ne pouvait plus vous toucher. Comme si on l’avait vaincue. N’était-ce pas ça d’une certaine manière ? Par deux fois, j’avais échappé à la lame aiguisée de la mort, celle-là même que je maniais si souvent.
En serais-je devenu maître ?
Pas à mon sens.
Chaque fois, je n’avais pas réchappé de ses griffes seul. On m’avait aidé dans la caverne des montagnes et on m’avait aidé au temple.
Et même si les manières utilisées cette dernière fois me laissaient un goût amer…
La pression des sangles autour de mes membres et de mon corps semblaient souvent renaître et me compresser, m’oppresser. Me masser et toucher ces endroits n’y changeait rien mais j’aimais à me rassurer, constater qu’elles n’étaient pas revenues physiquement.

Rien ne m’obnubilait plus que ma liberté. J’étais libre de mes choix, libre de vie, libre de mort et libre d’esprit comme de corps.
J’en voulais à cette prêtresse de Kesha tout autant que je me savais débiteur d’une vie auprès d’elle. Nous serons amenés à nous revoir, j’en étais sûr. D’autant plus que je sentais un vide en moi depuis mon passage dans ce temple. Un manque physique.
Mon passé m’avait confronté à la dure dépendance à divers substance. J’étais même encore plus qu’un buveur occasionnel. Ma nature lhurgoyf me permettait de résister en partie aux méfaits de ces addictifs mais j’avais déjà sombré à force de découragement et de désespoirs lorsque j’avais douté un jour retrouver ma sœur. Les substances qu’on m’avait administrées au temple avaient réveillé en mois des soifs depuis longtemps révoquées pourtant.
Il fallait que je sache ce que j’avais absorbé et en quelle quantité. Il fallait que je m’en débarrasse. Je ne pouvais pas redevenir le faible dépendant que j’avais été. Mais d’abord, j’avais un besoin plus fort, une soif charnel de retrouver les miens. Je sentais que cette épidémie n’aurait pas épargné le clan.
J’avais dupliqué la recette de l’antidote avant de partir. Horace saurait quoi en faire.

Mais aussi, avant de rentrer, je ne voulais pas passer à côté de la manne de pierre de Sphène qui s’était créée. J’avais entendu dire qu’il y avait un endroit plus que les autres qui était à l’abandon et particulièrement propice à ma petite collecte.

De l’autre côté de cette fenêtre, encore bien des demeures n’étaient plus habitées que par des sculptures de pierre ou des tas de poussière. Tant de vies s’étaient figées, concentrées dans une simple pierre massive à la place d’un organe jadis en perpétuel mouvement.
Et dire que mes cinq cent ans d’existence auraient pu se terminer dans une de ces pierres.
Plus je regardais celle-ci et plus je croyais voir des images à travers quelques-unes de ses facettes les plus lisses. Peut-être mon imagination me jouait-elle des tours. Peut-être étais-je encore fatigué par la maladie dont je venais à peine de guérir quelques jours auparavant.
Ou peut-être était-ce réellement quelques brides de la vie de cette personne que j’entrapercevais…

La pierre de sphène brillant à peine d’une douce lumière verdâtre s’engouffra dans le sigil que je venais de tracer, happée par cette lueur rouge. Toute la pièce retomba dans les ténèbres et je vis le tas de poussière dont j’avais extirpé le trésor s’effondrer sous un mouvement d’air : on venait d’ouvrir une porte quelque part dans la demeure et des voix autoritaires communiquaient entre elles, progressant rapidement dans la demeure.


Migdas Polovich,
Chroniqueur officiel du second loup des Nerozias.
Collecte fructueuse
*

La brave dame au service des occupants de cette maison n’avait jamais été des plus rationnelles en réalité. Mais depuis la mise en quarantaine, elle priait d’avantage encore tous les dieux qu’elle connaissait, les majeurs comme les mineurs, de bien vouloir protéger ses maîtres et elle aussi accessoirement. Pourtant, quelques jours plus tard, la lèpre de pierre avait atteint les trois membres de la famille : le père, la mère et l’enfant ne semblaient pas être protégés des dieux contrairement à elle qui ne se sentait pas malade. Elle servait la lignée de cette famille depuis des générations. Une gorgoroth de maison comme on n’en fait plus ! Elle n’avait jamais eu peur d’essayer de se tuer à la tâche, toujours sans succès mais avec moult résultats ménagers !

Ainsi donc, ce soir, cette fidèle compagne se retrouvait la dernière en vie -ou plutôt animée- dans cette vaste demeure. Elle était un peu désemparée maintenant qu’elle avait veillé ses maîtres en cours de pétrification jusqu’à leur dernier souffle. Elle ne savait que faire de son existence et resterait cette nuit encore à garder une maison résolument trop vide, bien qu’elle sache qu’ils ne pouvaient revenir, qu’ils n’auraient pas la chance dont elle avait profité.

Pourtant, lorsqu’elle entendit ce bruit à l’étage, elle y crut. Et bien qu’elle hésitât à aller voir ce qui avait bien pu bouger dans ce qui était désormais un caveau richement décoré, lorsqu’un nouveau son se fit entendre, elle s’empressa d’aller voir si son emploi était vraiment tout à fait perdu finalement.

Mais lorsqu’elle pénétra avec frénésie dans la chambre d’enfant, elle ne trouva qu’une fenêtre ouverte légèrement remuée par la brise nocturne. Elle avança avec son chandelier et inonda la pièce de lumière, vérifiant chaque recoin, croyant devenir folle. Mais bien vite, elle remarqua le lit, bien que vide, encore poussiéreux. Son petit maître s’en été allé. Mais ce n’était pas lui qui avait ouvert cette fenêtre, celle-là même qui avait laissé le vent emporter les restes de son corps. Sinon, où serait passé son cœur, celui qui devrait scintiller au milieu de ces draps plein de poussière ?

Lorsqu’elle alla voir la chambre des parents, l’empreinte de leur corps était toujours là, grossièrement dessinée par l’amoncellement de poudre grise. On devinait encore qu’ils s’étaient tenu la main jusqu’au dernier moment. Mais là encore, pas une trace de leur cœur. C’était évident, cette demeure avait été dévalisée mais rien d’autre n’avait bougé.

Toutes ces années de bons et loyaux services, elle n’avait jamais fait un faux pas. Elle était la servante parfaite. Et aujourd’hui, lorsqu’on lui confiait pour la dernière fois une mission : garder la maison en leur absence ; elle échouait enfin. Mais ils n’étaient plus là pour lui en vouloir.

Elle sourit et prit conscience qu’elle était libre mais sans emploi. Alors elle s’approcha de la fenêtre et observa le quartier sous les lunes. Partout où elle pouvait poser son regard, il y avait sans doute d’autre maisons désertes, emplies de poussière et du souvenir de leurs occupants finalement disparus dans la souffrance et la pierre. Mais il y avait aussi quelqu’un, ou quelque chose qui s’intéressait à ce qu’ils avaient laissé d’autre : leurs cœurs. Et cette chose, elle la vit. Là-bas, perchée sur une cheminée, la créature la regardait, ramassée sur elle-même. Ses jambes trop grandes et trop fines pour le reste de son corps trapu lui donnaient une allure démoniaque. Alors, la domestique prit conscience de toutes ces fenêtres ouvertes alentours et donc du nombre impressionnant de cœur que la bête avait déjà dérobés.

Seule la fenêtre d’en face était allumée. Des ombres y passaient et repassaient. Elle se colla au carreau et constata la présence de gardes dans la rue, armés de torches, visiblement à la recherche de quelque chose. Et ça ne pouvait être autre que la créature là-bas !

Mais lorsqu’elle la chercha à nouveau des yeux, elle ne la vit nulle part. Mais elle entendit un bruit derrière elle et on souffla sur ses bougies. Avant qu’elle ait pu réagir, on la ceintura et lui couvrit la bouche pour ne pas qu’elle hurle.


Migdas Polovich,
témoignages recueillis auprès de Martha Pennyworth
*

J’entendais déjà les bruits de pas en bas. J’ouvris la fenêtre et montai sur le rebord. Là, loin de la poussière contaminée, je retirais mes bottes et laissais les sabots d’airain apparaître.
C’était si bon de se sentir à nouveau libre d’user de ses pouvoirs sans plus avoir la douleur de la pierre rongeant votre peau, sans plus craindre que ce soit la dernière fois.

Mes pattes se déplièrent subitement et je me sentis propulsé dans les airs pour atterrir sur la maison d’en face. Un regard derrière moi m’informa que des gardes fouillaient la maison.
J’avais déjà trop traîné dans ce secteur. On avait dû me repérer. Le quartier de la quarantaine était grand, je trouverai bien d’autres demeures à fouiller loin de cette agitation.

Pour mieux cibler mon prochain saut, je bondis sur une cheminée et cherchai un nouveau point à atteindre. C’est alors que je vis une lueur derrière une fenêtre en face, de l’autre côté de la maison que je venais de quitter. Juste à ma hauteur, une silhouette derrière une vitre me fixait.
J’avais décidément perdu quelques réflexes pour me faire repérer si facilement. Mais qu’importe. Que pourrait-elle dire de moi en m’ayant vu à cette distance ? Deux rues nous séparaient. Je n’étais qu’une ombre sur un toit dans le ghetto d’une ville abandonnée par son régent. Je me demandais d’ailleurs pourquoi ces gardes s’étaient aventurés jusqu’ici.

C’est ainsi que j’allais partir, lorsque je vis de l’agitation dans les étages inférieurs de la demeure de mon admiratrice. Elle n’était pas seule dans cette grande maison. La fenêtre ouverte me rappela que je l’avais moi-même visitée et qu’elle m’avait semblée déserte alors.
Celle qui m’avait vu semblait être la seule porteuse de bougie. Les autres silhouettes progressaient dans le noir. Quelque chose n’allait pas. Ce n’était pas normal.

Deux bonds me permirent de me poser sur le toit de cette haute habitation. Juste le temps de remettre mes bottes en tissus et je descendais jusqu’à la fenêtre ouverte, pénétrant sans bruit dans les ténèbres poussiéreux. La chambre d’enfant était déserte mais des bruits étouffés provenaient de la pièce voisine.

À pas feutré, je décidai d’aller voir de plus près ce que ceci cachait. Mon but était purement intéressé : j’étais sur le territoire des Ladrinis et bien que ma dernière tentative d’entrer en contact avec leur dirigeant fut annulé à cause de bien des choses, je ne renonçais pas.

Soudain, les bruits étouffés se révélèrent rapidement à mon oreille comme dus à une lutte silencieuse. J’arrivai sur le pas de la porte quand je vis plusieurs hommes autour d’une jeune femme qui se débattait. Leurs sourires carnassiers ne me disaient rien qui vaille.
Mais je n’étais pas justicier. De plus, ce que les lois ladrinis autorisaient m’était inconnu. Et si un comportement devait m’être rapporté à propos de mes hommes ou de membres du clan, je trouverais cela intolérable. Mais pour le cas présent, je n’avais aucun droit de regard sur les agissements de nos potentiels alliés et ce tant qu’aucun accord ne serait convenu entre nos deux organisations.


« Z’êtes Ladrinis ? »

Tout le monde se figea et me regarda, stupéfait. La demoiselle fit de même. Ses yeux bleus avaient un étrange éclat terne et je compris qu’elle était gorgoroth instantanément. Sa tenue légèrement dé braillé à cause de la lutte la désignait parfaitement comme une domestique et elle avait sur le visage une sorte d’expression de détresse. Détresse à laquelle je demeurais insensible. Encore une fois, je n’étais pas là pour ça. De plus, il aurait été déplacé de ma part de donner des leçons, moi, pilleur de cadavre cette nuit, assassin sans scrupule d’habitude.

« Qu’est-ce que tu fous là, le nain ?
-T’as vu ces fringues ?
-Qu’est-ce tu veux ? »

La jeune fille toujours fermement maintenu par un grand gaillard hurla quelque chose à travers la main plaquée sur son visage. Sans hésitation, je m’en détournais et détaillais mes cinq ambassadeurs potentiels, doutant petit à petit de la confiance que je pourrais avoir en eux.
Je remarquai le sac de toile rapiécé et élimé de l’un des trois. Ils étaient habillés de couleurs sombres, sales, le visage usé. C’étaient des vagabonds pour sûr. Dans ce sac, un petit trou laissait échapper un faible rayonnement. Ainsi je n’étais pas le seul à avoir eu cette idée. Dans ce cas, ils étaient des concurrents. Et de catégorie inférieure apparemment. Et je comprenais une chose bien dérangeante :


« C’ vous qu’ les gard’s cherchent. Vous m’ gênez les tocards. Cassez-vous et laissez-moi bosser tranquille.
-Heu l’autre ! Comment i’ nous cause !
-Tu vas te calmer tout de suite, nabot !
-Bouge pas toi. »

D’un coup de gourdin, le détracteur assomma la demoiselle et s’avança vers moi d’un pas déterminé.
Son premier coup fut de tenter de m’assommer à mon tour. Il n’y en eut pas de second. En trois mouvement, je parai, le désarmai et enfonçai son plexus solaire. Il tituba. Je le suivis. Et quand il vacilla, son gourdin, guidé par ma main, faucha une de ses jambes et percuta son crâne en l’air avant qu’il ne retombe comme un sac de sable, inerte. Les quatre autres déguerpirent mais j’en bloquai un en me plaçant entre lui et la porte.


« Z’êtes ladrinis ?
-Non ! Pitié ! »

Sans regret alors. Je m’écartai et le laissai filer, attrapant son sac de pierres au passage. Il ne se retourna pas pour le récupérer.

Une seconde, je posai le regard sur la demoiselle endormie qui par chance avait échappé à un sale moment. Qu’aurais-je fait en réalité s’ils avaient été ladrinis et ne m’avaient pas gêné ? J’eus presque un sourire lorsque je me réconfortais en me disant que je serais certainement parti plutôt que de les avoir rejoints ou regardés faire. En réalité, je n’avais qu’une envie depuis que je les avais surpris : les dérouiller.

Soudain, une violente douleur me vrilla le bras et je lâchai le sac, saisissant mon poignet. Je pouvais sentir mon pouls à travers la douleur lancinante. Et puis ce fut l’œil qui m’irradia d’une douleur aigüe, cet œil caché derrière le tissu d’un bandage noir comme tout le reste de mes vêtements. Seul l’un de mes yeux était encore visible et celui-ci était plissé avec force.

La douleur de la Sarnahroa ne voulait pas partir bien que la maladie avait été chassée.

Depuis mon départ du temple, ce n’était pas la première fois que cela m’arrivait. Des douleurs inexpliquées que mon corps croyait subir bien qu’il n’y ait plus rien...

Car j’étais guéri ! Guéri !

Je ne voulais pas croire que des séquelles pouvaient encore subsister alors que la pierre n’avait fait que recouvrir l’extérieur de mon corps. J’étais guéri, un point c’est tout ! Ces douleurs n’étaient que les hallucinations d’un organisme fatigué.

J’avais pris toutes les protections possibles pour venir dans ce foyer contagieux, gants, bottes, collant sur le bas du visage et sur le nez, turban sur la tête et l’œil à la cicatrice encore fraiche, vêtements serrés et ceinture par-dessus ma chemise pour éviter que de la poussière puisse venir s’engouffrer…
Pourtant, ce fléau trouvait encore le moyen de m’atteindre, rongeant mon être de l’intérieur grâce à ce qu’il avait laissé malgré son éradication : son empreinte. Et elle avait profondément impacté mon mental qui refusait de se croire délivrer si facilement. Il s’infligeait lui-même des douleurs fantômes pour s'assurer de n'être pas encore mort.

Après un long moment qui me sembla une éternité, où je souffrais et gémissais en faiblement, la douleur passa et je pus commencer à reprendre mon souffle. Épuisé, je tendis mollement la main vers le sac et regardais ce que j’avais volé à ces voleurs. Une demi-douzaine de cœurs cristallisés luisaient mollement.

Toujours haletant, mon doigt dessina une étoile à cinq branches dans les airs, juste devant moi. La lumière rouge finit de dessiner le sigil sans moi et je jetai au centre des cinq branches l’une des pierres avant que le sigle disparaisse. Je réitérai cette action une fois, puis deux et la demoiselle bougea. Sans m’arrêter, je la regardai, la tête s’inclinant doucement sur le côté, comme si je regardais quelque chose de peu commun. Finalement, je me dis qu’il fallait que je parle mais je ne trouvais rien à dire. Alors je me contentai, la dernière pierre disparaissant dans le pentacle, de simplement m’assoir contre le mur un peu plus loin de l’endroit où elle se trouvait.

Et puis l’inspiration me vint lorsque mon œil bleu ténébreux se posa sur le lit en face où je voyais le tas de cendre.


« Si t’ trimais pour eux, va falloir chercher un nouveau turbin. Et quitter l’ quartier aussi. S’rai pas toujours là pour sauver tes miches. »

Difficile de deviner quel était l’expression de mon visage sous tous ces tissus recouvrant mon crâne mais j’avais un sourire naissant. Même si cela était plutôt rare, je pouvais faire preuve d’un certain humour. Peut-être mauvais cela dit... Le manque de pratique sûrement.

Je jetai le sac vide sur le clochard avec un geste las. Cette nouvelle crise m’avait vidé et mes petites invocations de la fissure m’avaient achevé. Finalement, j’avais déjà un bon nombre de pierres de bonne taille. Le clan pourrait en tirer assez de catalyseur pour renflouer nos stocks.

Juste le temps de reprendre un peu de force. Dans cet état je ne pourrai pas utiliser les sabots d’airain et donc la fuite par les toits ne serait pas envisageable tout de suite. J’étais bloqué ici jusqu’à ce que la milice se lasse de tourner dans la rue ou jusqu’à ce que je puisse à nouveau utiliser mon pouvoir. Car je n’avais plus de catalyseur : ceux de Or et Xy s’étant vidés durant mes dernières missions avant l’épisode du comptoir médicinal de Thémisto, avant cette lèpre de pierre.


Migdas Polovich,
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