Discussion d'avenir sous les lunes



 
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 Discussion d'avenir sous les lunes

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Jonas Mitsgun

MessageSujet: Discussion d'avenir sous les lunes   Ven 24 Mai - 2:52

Encore une nuit insupportable.

Dehors, le ciel noir jetait ses trois faisceaux lumineux sur le sol rocailleux du parapet naturel qui longeait la falaise jusqu’à mes appartements troglodytes.
Impossible de trouver le sommeil. Mon passé était revenu me hanter. J’avais travaillé sur mes rapports de mission quelques heures et puis l’envie de prendre l’air avait été trop forte. Le besoin même. Même plongé dans les actions et les intrigues de mes contrats récents, les boucheries et les cicatrices du passés n’avaient cessé de me harceler. Ma sœur, Écho, Malburn, la Sarnahroa…

Comme souvent dans ces moments-là, je m’étais assis sur le muret donnant sur la cour intérieure de Kodolm. Adossé à la paroi rocheuse, un pied ballant dans le vide, je scrutais l’obscurité, les doigts massant doucement mon œil mort pour calmer la douleur fantôme lancinante qui me tenaillait si souvent.
La nuit, l’obscurité… C’était mon domaine, si vaste et si dangereux ; celui où j’étais mortel et enfermé. Une ombre enchainée aux ténèbres.
Emprisonné par les drames de mon passé dans une souffrance indélébile, je continuais d’avancer pourtant depuis tous ces siècles. Laissant dans mon sillage toujours plus de mort et de tristesse. C’était ma voie, celle que je continuais de tracer après que la vie m’y ait violemment engagé.

Mon œil bleu parcouraient les hauteurs des falaises entourant la ville cachée, notant çà et là les quelques veilleurs du Scorpion Noir, parcoururent la tour du Roselium, l’arène et les divers autres structures construites dans cette étroite vallée encaissée, clairière de pierre dans une forêt compacte de roche abruptes.
Le Lièvre avait réellement fait du beau travail de son temps. Cela faisait des lustres que je ne l’avais plus revu, Horace Kaloxine… Il était l’architecte de cette cité et des pièges qui la protégeaient des curieux. Ainsi, mon regard se porta à quelques entrées secrètes que j’avais explorées à mes risques et périls du temps où je n’avais pas encore confiance en ses pièges redoutables. J’en avais réchappé de peu.

Mais bien vite, mon attention retomba sur ces maisons creusées dans les flancs des falaises ou aménagées dans des cavernes déjà existantes. J’en savais bon nombre inhabitées. Si la Sarnahroa avait fait bien du mal au monde entier, elle avait eu sur notre petite communauté un effet dévastateur. Je repensais à notre chef disparue, aux conseillers perdus… À toutes les épines que la rose avait perdu… Il faudrait du temps pour la réarmer, lui redonner de sa prestance, de sa dangerosité, de sa grandeur.

Il y avait encore quelques chandelles pour éclairés des fenêtres ici et là malgré l’heure tardive. Preuve que notre clan n’était pas mort ou que je n’étais pas le seul à avoir de la paperasse en retard.

Enfin une pensée plus légère. Elle me décrocha un semblant de sourire et je décidais de m’y accrocher. Nérozias n’était pas morte. J’avais encore un lien avec ce monde.

Mon doigt s’éleva dans la nuit sombre et commença à dessiner une étoile à cinq branches dans les airs. Son tracé s’allumait d’une lumière rouge sang au fur et à mesure du mouvement empreint d’aisance et d’une dextérité plusieurs fois centenaire.
Le signe terminé, un cercle apparut autour et des symboles ornèrent ce sigil alors que son centre brillait plus fortement et laissait sortir une flute de pan.

Le symbole disparut, son œuvre accomplie et mon œil se ferma alors que mes lèvres s’approchaient de l’instrument pour entonner une mélodie qui avait déjà retenti dans ce lieu deux ou trois fois depuis que j’étais dans le clan.



Non, je n’étais pas un musicien aguerri, non je ne jouais pas souvent mais je maîtrisais parfaitement cet air. De mon passé, il était l’égérie de quelques rares bons souvenirs, il les aidait à ressurgir.

Écho… Cet instrument porte ton nom. Écho du temps passé ensemble, cette mélodie me rappelle le goût de la liberté à laquelle tu m’as fait goûter, celui de sa source, celui de la simplicité, seulement de sa simplicité.
Triste pour certains, pour moi, ce morceau n’était que nostalgie.

Tout en jouant, j’avais rouvert mon œil après un long moment à me remémorer ma vie pastorale de jadis, perdu dans des montagnes lointaines en compagnie de la plus belle des femmes.
L’iris à nouveau ouvert sur le présent, mon regard tomba sur la petite aire dégagée devant l’entrée principale. L’architecture de la cité avait voulu que la vaste pièce qui me servait à la fois de logement et de bureau et que j’avais moi-même choisie, se trouve au bout d’un sentier à l’étroit entre un rebord abrupt et la falaise escarpée. J’étais relativement isolé et depuis ma fenêtre, comme depuis mon perchoir actuel, je pouvais voir l’abouchement de cet étroit défilé, seul accès sûr pour pénétrer dans la cité, gardé jour et nuit, agrémenté de traquenards que seuls les passeurs connaissaient par cœur.

Une jeune femme était arrivée. Le passeur la laissa là et retourna à son poste de l’autre côté des portes qui se refermèrent lentement.

Je mis un moment à identifier qui elle pouvait bien être. Et puis je reconnus une de nos initiés dont j’avais parlé avec notre cher Lion et désormais chef du Rosélium. Il avait eu affaire à elle par le passé durant une mission qu’il avait gardé vague… Depuis que j’avais intégré dans mon nouveau département les agents du vol organisé, son curriculum vitae m’était passé entre les mains. Ses compétences d’espionnes la laissaient pourtant flotter entre deux eaux et il avait été question de savoir si elle devait intégrer mes rangs ou ceux de Némésis, aux renseignements. En tant qu’initié, la question ne se posait pas vraiment. Il arrivait souvent que la bleusaille transite d’un département à un autre pour les missions de seconde main. Mais elle devrait faire un choix si un jour elle devait prendre du galon.

Ça faisait un petit moment que je l’avais repéré sans trouver le temps de l’aborder à ce sujet.
Comme le sommeil ne me gagnait toujours pas et que pour une fois je n’avais rien à faire, je laissai ma flute sur un rocher, attrapai la couverture posée non loin et sautai le parapet.

Durant la chute, mes jambes se métamorphosèrent pour laisser apparaître des pattes puissantes, agiles et élancées, qui amortirent sans mal les atterrissages successifs que mes sabots d’airain négocièrent parfaitement d’une corniche à une autre.

Une descente de vingt mètres effectuée en quelques secondes à peine. J’aimais mes pouvoirs.
Pourvu d’un corps de nouveau tout à fait normal, je jetai ma couverture sur mes épaules comme une cape trop courte et m’approchai d’elle. Nul doute qu’elle avait dû me remarquer.
Qui ne verrait pas un petit homme tomber d’une falaise et s’approcher d’un pas décidé ?

Deux torchères à l’entrée du passage et un brasero étaient les seules sources de lumières. Je devais avoir l’air bien ridicule, les pieds nus, vêtu uniquement d’un pantalon ample en toile de jute et ce petit plaid ridicule sur le dos. Mais je n’étais pas homme à me démonté pour si peu. Elle verrait les marques de lointaines tortures mais le principale était qu’elle ne verrait pas les deux dont j’avais réellement honte : mon œil et ma bouche.


« Apparemment, ch’uis pas l’ seul qui sorgue en blanc c’ soir… Kalysta, c’est ça ? Faut qu’on se cause. T’as une minute ou deux ? »

Migdas Polovich,
Chroniqueur officiel du second loup des Nerozias.
Entretien professionnel.

*
On m’avait dit qu’il était revenu mais je ne l’avais pas vu et aucun autre passeur non plus. Sans doute avait-il encore pris l’un de ces passages condamnés. On dit qu’il aime défier les pièges du chef de la scientifique.

J’avais un peu trainé après avoir raccompagné une initiée au paraître très plaisant. Et puis il était arrivé. Ma vision de Sindarin doublée d’un pouvoir de nyctalopie me permit de voir comme il avait dû souffrir depuis la dernière fois où je l’avais croisé ici. Sa peau avait changé de couleur. Elle semblait toute entière n’être plus qu’une grande brûlure cicatrisée, rosée et lisse. À certains endroits, elle avait réellement perdu de son élasticité et s’étirait comme la peau d’un tambour.
Ses cheveux étaient beaucoup plus courts qu’avant et avait pris une teinte peroxydée, comme ses cils et sourcils.
Tout le monde disait qu’il ne sortait plus sans son masque et un cache-œil. Le fait est que le bas de son visage et toute sa moitié gauche était désormais caché sous le cuir noir.

Je me permis de continué de les observer un moment, poussé par une étrange curiosité mais son œil bleu se fixa sur moi. Il m’avait repéré dans l’embrasure de la porte. Je la refermai délicatement, me leurrant encore et me disant que peut-être je n'étais pas passé pour un curieux.

Toujours est-il que j'avais encore avéré une rumeur comme fondée : lorsque ses iris vous fixe, vous avez l’impression d’une brûlure et que le monde se glace autour de vous. Je n’avais pu empêcher mon don de focaliser ma vue sur ce détail. Les pigments bleus de son œil semblaient dessiner des formes flamboyantes d’une couleur glaciale.

C’était un regard dur, profond, très ancien, insondable. Je l’avoue, il m’a fait peur. Mais qui n’est pas effrayé par le maître assassin de notre clan ? Lorsqu’on connaît sa réputation et toutes les rumeurs qui circulent sur lui… Les Luhrgoyfs sont réellement des créatures terrifiantes.


Témoignage recueilli par Migdas Polovich,
Chroniqueur officiel du second loup des Nerozias.
___________________

Lexique des mots d'argot :
Sorguer en blanc : veiller inutilement


Thème musical Trouvé par Illumina
Pour que la rose bourgeonne dessous les cendres, brûlons encore un peu de ce monde suicidaire.
Quand la corolle s'ouvrira là-haut dans les airs, nous y repenserons, voyant la paix descendre.

>Nostalgie à la flute de Pan de Jonas<
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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Ven 24 Mai - 18:58

Home sweet home… Du moins en quelque sorte. La relation qu'elle entretenait avec Koldom était un peu particulière après tout. C'était le siège des nérozias, un refuge pour la plupart d'entre eux, un endroit où chacun d'eux avait une maison, un toit bien à soit qui faisait office de refuge. Le seul endroit où l'on pouvait laisser tomber les masques, ne plus cacher ce que l'on est vraiment. Un membre d'une caste qui pouvait potentiellement rendre riche le plus petit chasseur de tête du pays. C'était ce que l'on devait ressentir en arrivant enfin dans la cité. Certainement. Probablement. Normalement?

Cela avait beau faire quelques mois déjà, la jeune femme n'en était pas à ressentir cela. Bien loin s'en fallait… Peut-être parce qu'il ne lui serait jamais permis de se laisser aller, de baisser ses défenses et d'être elle-même. Sauf si elle voulait passer un très mauvais moment, sachant qu'elle n'était pas encore trop certaine si elle finirait disséquée par la section scientifique ou purement et simplement annihilée… Merci au fabuleux sens des relations publiques de leur ancien leader… Ici… Elle n'était pas chez elle. Pas vraiment. Jamais complètement. Elle n'avait personne à qui parler, personne qui ne l'attendait. La petite maison troglodyte qu'elle occupait maintenant n'avait rien d'exceptionnel ou de personnel, ses possessions étant plus que limitées. Le seul intérêt des lieux était qu'elle savait qu'elle n'avait pas à craindre un chasseur de prime. La jeune femme pourrait se reposer une poignée de jours, prendre de nouveaux ordres ou rassurer ses chefs sur sa loyautés puis elle repartirait. Elle reprendrait la route car c'était encore là qu'elle se sentait le mieux…

Kalysta avait essayé d'offrir un sourire rassurant et chaleureux au passeur qui l'avait guidée jusqu'à l'entrée de la cité… Pourtant Dieu seul, un dans le lot s'ils existaient vraiment, savait à quel point elle était fatiguée et n'aimait pas passer par ces zones vicieusement piégées. Elle comprenait parfaitement l'utilité de telles précautions, vraiment. Mais de son coté, elle avait parfois l'impression qu'elle était aussi piégée à l'intérieur. Tout le monde ne pouvait pas entrer mais cela voulait aussi dire que l'on ne pouvait pas sortir aussi librement qu'on le désirait. C'était le prix à payer pour la sécurité. Et cela permettait aussi à leurs dirigeants de garder la piétaille comme elle à l'œil. Du moins était-ce ainsi qu'elle le voyait…

Présentement, pour une fois, elle n'était pas trop dérangée par la chose. La menace permanente de ces pièges la mettait mal à l'aise, comme à chaque fois, mais cette fois-ci elle était trop fatiguée pour se sentir complètement piégée. Elle avait profondément besoin de rejoindre ses quartiers, de s'effondrer sur son lit et de dormir plusieurs heures d'affilé. Pour ne pas dire plusieurs jours. Il fallait qu'elle se purge de ses dernières expériences dans un endroit où elle ne craignait pas trop pour sa sécurité. Cette foutue maladie, déjà, qui l'avait marquée plus qu'elle n'oserait jamais le dire alors qu'elle n'en avait même pas été une victime directe. Le petit incident aux colonnes ensuite… Celui-là avait laissé une sensation beaucoup plus désagréable et elle avait remarqué qu'elle venait d'hériter d'une bien mauvaise manie… Il n'était pas rare qu'elle se surprenne à porter la main à sa poitrine comme si elle vérifiait inconsciemment que son torse était encore intact. Et c'était sans parler des cauchemars récurrents…

Si la jeune femme n'était pas aussi têtue, elle aurait peut-être regretté son choix de s'incarner…Mais il n'en était rien. Elle avait particulièrement conscience que le jeu en valait largement la chandelle. Et elle avait encore trop faim d'expériences pour pleurer sur ses trop longues années sous forme de "luciole". Des expériences comme être accueillie par une musique étrange et mélancolique alors qu'elle rentrait "chez elle" par exemple. Personnellement, la syliméa n'avait encore jamais entendu pareille chose et elle dut faire appel aux souvenirs qu'elle avait assimilé de son hôte pour vaguement identifier la source de ce son. Une flûte. Ou quelque chose du genre. Elle n'en aurait pas mis sa main à couper pour autant, son hôte n'ayant pas été un grand mélomane. C'était beau et triste à la fois, réveillant quelque chose chez elle sans qu'elle puisse l'identifier… Et le regard interrogatif qu'elle jeta à son passeur ne l'aida pas des masses.

L'instant d'après elle était seule et la musique avait cessé. Etrange… Immobile, la jeune femme essaya de voir d'où avait pu provenir la mélodie malgré le peu de lumière et sa vue bien classique. Peut-être n'aurait-elle rien vu si elle n'avait pas agit ainsi plutôt que de se diriger directement vers chez elle, le regard rivé au sol. La chute la prit de court et elle produit une sorte de son étranglé alors qu'elle retenait brusquement sa respiration, attendant le bruit sourd que ce genre d'action entraînait habituellement. Sauf que la personne se dirigea vers elle en toute simplicité et visiblement en bonne santé… Kalysta relâcha la respiration qu'elle avait retenu se demandant qui pouvait bien agir ainsi.

Quelqu'un qui en avait la capacité, probablement. Il aurait pu avoir l'air ridicule ainsi vêtu, peut-être dans un autre contexte par contre. Parce qu'il venait de faire son apparition en réalisant un tour de force. Parce que la lumière dispensée par les torchères laissait deviner des traces affirmant que cet homme avait survécu à bien des choses. Parce que son regard vous clouait sur place. Kalysté n'était personne. Vraiment personne, tout juste une paire de bras supplémentaires. Et si elle avait reçu des ordres, ce n'était que via des intermédiaires, d'un grade tout juste supérieur à elle. Sa rencontre avec Dolan tenait du pur et simple hasard, on ne parlait pas aussi facilement à la personne à la tête des Nérozias normalement. Pour autant, elle n'était pas sourde. Elle entendait ce qui se disait sur leurs supérieurs, les rumeurs, les "contes". Oui, il aurait pu être ridicule, mais aux yeux de la syliméa il était juste inquiétant. Parce qu'elle savait de qui il s'agissait…

Le corps de la syliméa réagit instinctivement à la présence de son chef, car c'était ce qu'il était non? Ou quasiment… Elle n'était pas encore assez "qualifiée" pour appartenir véritablement à une section bien précise. La jeune femme se redressa imperceptiblement, épaules droites, comme un bon petit soldat. Imperceptiblement seulement car la fatigue de la route et des récents événements avaient tendance à peser un peu trop lourd sur ses épaules. Sa main vint attraper les pans de sa cape, la resserrant autour d'elle comme si elle cherchait à se protéger d'un froid quelconque. Avec un peu de chance il n'allait pas remarqué l'état de sa tenue… La demoiselle n'avait pas spécialement envie d'expliquer pourquoi ses vêtements portaient les traces de blessures potentiellement mortelles alors qu'elle se tenait encore fermement sur ses deux jambes. Jamais elle n'avait autant apprécié de s'habiller de couleur sombre d'ailleurs… Elle hocha juste de la tête pour signaler qu'il était tombé juste pour son nom, évitant d'un peu trop le détailler du regard même si elle mourrait de curiosité.


-Je… Heu, oui, je suppose…?

Personne ne l'attendait de toute façon, non? Hormis son lit. Et un baquet d'eau. Chaude de préférence. Kalysta était visiblement décontenancée par contre. Parce qu'elle ne s'attendait pas à être accueillie par Jonas déjà. Ensuite parce qu'elle était en train de furieusement fouiller sa mémoire à la recherche de ce qu'elle avait pu faire de mal pour attirer ainsi l'attention sur elle, et Dieu savait ô combien elle n'aimait pas cela. Et pour finir parce qu'elle ne s'était pas attendue à sa façon de parler, sans compter sa tenue. Un peu comme si cela dénotait complètement par rapport à l'image fantasmée qu'elle avait pu construire lorsque l'on parlait de lui. Surtout qu'elle n'avait encore jamais entendu une expression du genre "sorguer en blanc". Mais elle aimait bien. Ca sonnait bien…





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Jonas Mitsgun

MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Mar 28 Mai - 23:00

« T’ rentrais t’ pieuter, j’ suppose ? J’ t’accompagne. »

La nuit en Argyrei pouvait être extrêmement froide, dans le désert surtout. Cependant, depuis la tombée de la nuit, un doux vent tiède soufflait depuis le large sur les côtes et imprégnait la ville cachée.
Je la laissai me montrer la direction en lui faisant un signe de la main. Je n’avais aucune idée de son lieu de résidence, si elle habitait sur les hauteurs comme moi ou plutôt dans l’un de ces dortoirs souterrains.


« T’ as pas l’air en forme alors j’ vais pas t’ tenir l’ crachoir cent sept ans. Voilà : t’ sais qu’on a perdu pas mal de monde avec c’te saloperie de Sarnahroa. Évidemment, on avait plus de bleusaille que d’ gars qualifiés, alors du coup… On regarde chez ceux qui commencent à avoir un peu d’ bouteille s’ils seraient pas prêts à passer la barre au-d’ssus. »

Tout en parlant, je lui jetais un œil curieux pour voir comment elle réagissait et jaugé si cette conversation méritait de continuer ou non.

« L’emmerdement c’est qu’ tu vas pas pouvoir becter à tous les râteliers ad patres. Surtout si tu passes chez moi. J’ai besoin de gars stables. » Je tapai du dos de la main dans la paume de l’autre pour montrer comme je tenais à cela. « Et va falloir trimer pour atteindre le niveau et… »

Je m’emballais. Une profonde inspiration, un regard à la lune de sang et je tentai de reprendre mon calme, remettre mes idées en ordre. Je n’étais pas particulièrement loquace d’habitude. De fait, lorsque j’étais amené à discourir, le manque de pratique impliquait ce verbiage et cette accaparation du temps de parole. De plus, je ne me présentais pas tel que j’étais réellement, ce qui pourrait fausser son jugement. Mais ça, je n’y pouvais rien. Je n’étais et ne serai jamais le même à « la parlote » qu’à « l’escarpe ».
Le Jonas confronté aux difficultés administratives n’avait jamais réellement été le même que le chef de la troupe d’assassins plus que qualifiés ou le loup solitaire du terrain.


« Mais avant de barguigner… Ça te dit de prendre du Galon, oui ou non ? »

À cette dernière question, je m’arrêter de marcher, mal conscient de là ou nous en étions arrivé. Trouver mes mots était déjà bien assez complexe comme cela. Tout ce que je savais c’est qu’il y avait une torche accrochée un peu plus loin et muret sur lequel je m’appuyai, croisant les bras et posant sur elle un œil inquisiteur.

J’en profitais pour détailler son tatouage. C’était ce qui attirait tout de suite le regard : cet étrange motif.
L’art des dessins corporels m’avait toujours attiré pour une raison que j’ignorais totalement et celui-ci était plutôt joli et intéressant de précision… Pourtant, il en fallait beaucoup pour me déconcentrer et je ne pus m’empêcher bien longtemps de revenir à ce qui m’intéressait en premier lieu.

On dit que les yeux sont les miroirs de l’âme. Je voulais voir la sienne et malgré la pénombre, quelque chose me sembla captivant dans ces deux yeux méconnus.


Migdas Polovich,
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Lexique des mots d'argot :
Se pieuter : se coucher
Tenir le crachoir : discourir sans vraiment laisser la parole
Avoir de la bouteille : être expérimenté
Becter : manger
Manger à tous les râteliers : plaire à tout le monde par intérêt
Trimer : travailler
Barguigner : discuter, marchander, ne pas être direct
Prendre du galon : recevoir une promotion


Thème musical Trouvé par Illumina
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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Jeu 30 Mai - 19:06

Kalysta dut faire appel à toute la force de sa volonté pour ne pas rire, passant une main sur son visage pour se masser l'arrête du nez en hochant légèrement la tête. Elle eut tout de même une sorte de soupire étranglé, échos d'un éclat de rire nerveux réprimé, qui passerait probablement pour un soupire de lassitude et de fatigue. Peut-être… Enfin elle espérait vivement… Parce que si ce n'était pas une réelle trace d'humour chez le chef des assassins, elle se voyait mal expliquer pourquoi sa proposition de l'accompagner se "pieuter" provoquait ainsi son hilarité. Sa sensibilité sur les doubles sens devait être exacerbée par la fatigue. Ses nerfs parlaient en somme…

Consciente qu'elle devait se reprendre quelque peu, elle se redressa en resserrant encore sa cape autour de ses épaules et ouvrit la marche. Sa maison n'était pas spécialement loin en fait et elle avait la chance de ne pas résider dans les dortoirs souterrains… Enfin… Ils avaient essayé de la loger là initialement mais l'expérience s'était révélée particulièrement désastreuse à cause de sa phobie de l'enfermement. Lassés de ses cauchemars incessants et de ses crises d'angoisse, ses petits camarades avaient largement appuyé sa demande pour son logement extérieur… Maintenant tout le monde était content.

Pendant qu'ils faisaient route vers les hauteurs, la jeune femme écoutait attentivement Jonas, le remerciant silencieusement d'avoir noté qu'elle était fatiguée finalement… Le lhurgoyf put noter sans mal que les épaules de sa subordonnée s'était légèrement détendue, ayant comprit qu'il n'était pas là pour la réprimander au sujet d'événements qu'elle ne parvenait pas à situer. Mais elle ne semblait pas à l'aise pour autant, ce qui était probablement à mettre sur le coup de son manque d'habitude quand il était question de côtoyer ses supérieurs. Comme beaucoup d'autres…

Il put même sentir qu'elle se crispait légèrement quand il commença à parler de la prendre dans sa section. A moins que ce ne soit le sujet de la stabilité qui l'inquiète? Il était certain, pour elle, qu'elle n'était pas très stable. La jeune femme ne se connaissait pas encore assez bien, comme un enfant qui doit faire encore certaines expériences pour pouvoir jauger ses propres réactions. Sans compter ses origines qui pouvaient très bien la pousser à prendre la fuite brusquement en changeant d'identité. D'un autre coté elle n'aurait qu'à "tuer Kalysta"… Ce qui la dérangeait plus c'était le département même de Jonas… Elle avait du tuer pour s'incarner. Elle sentait parfois certaines pulsions plus sanguinaires que d'autres… Mais elle n'aimait pas spécialement tuer sans bonne raison.


-Chez vous… Ca correspond à quoi exactement maintenant?

Effectivement, depuis la maladie, il y avait eu de grandes refontes. Des personnes importantes pour les nérozias n'avaient pas survécu et ils avaient du s'adapter en conséquence. N'étant qu'une subordonnée, toujours à droite et à gauche de surcroît, elle n'était pas certaine de tout appréhender de cette nouvelle organisation. Il était donc préférable qu'elle demande confirmation…

Sa maison ne payait pas vraiment de mine et était particulièrement petite mais elle était située à un endroit suffisamment en hauteur pour ne pas se sentir écraser par les montagnes environnantes. Et elle disposait aussi de balcon étrangement large par rapport au reste. Probablement parce qu'elle devait finir ses nuits ici si les murs devenaient trop présents… Elle ouvrit la porte, toujours pensive, et invita Jonas à entrer d'un geste de la main. Sauf qu'ils se retrouvèrent étrangement figés, lui parce qu'il attendait une réponse en cherchant à capter son regard, elle parce qu'elle ne savait pas quoi répondre à cette question…


-Prendre du galon?

Elle n'aimait pas jouer au perroquet mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Un peu comme si elle voulait confirmer qu'elle avait bien entendu la question malgré son silence. Et cela lui évitait aussi de rester la bouche ouverte comme un poisson hors de l'eau. En fait, elle ne s'y attendait pas… Forcément, ce genre de propositions ne pouvaient que flatter l'ego en montrant qu'on reconnaissait ses compétences. Mais d'un autre coté, la jeune femme n'aimait pas se faire remarquer. Elle pouvait difficilement se mettre sur le devant de la scène. Ou avoir des responsabilités…

Perdue dans ses pensées, elle baissa très légèrement sa garde. Suffisamment pour qu'elle ne rompe pas le contact visuel entre eux, comme elle le faisait habituellement. Ils ne restèrent pas figés, les yeux dans l'œil, pendant de longues minutes. Juste une grosse poignée de secondes. Une poignée de secondes durant lesquelles ses yeux s'assombrirent considérablement. Parce qu'elle était troublée? A cause de la luminosité…? Réalisant ce qu'il se passait, la jeune femme s'ébroua, baissant les yeux avant de finalement rentrer chez elle, laissant sa porte ouverte en guise d'invitation.

Bientôt une petite lampe à huile brillait au centre d'une petite table flanquée de deux chaises… Kaly fronça les sourcils, elle n'avait rien à offrir à son hôte… Toujours enroulée dans sa cape, elle s'appuya sur la table, tête baissée alors qu'elle observait le bout de ses bottes. Pour cacher ses yeux. Ou parce qu'il lui était plus facile de s'exprimer comme cela. Probablement…


-Honnêtement? Je n'ai aucune envie de monter de grade, je n'en ai ni les épaules ni les… Comment dire? Je n'ai rien fait de plus que mon voisin de gauche ou de droite… Par contre si vous me demandez si je veux plus m'investir et aider d'autant plus le Rosélium, la réponse est oui…





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Jonas Mitsgun

MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Mar 4 Juin - 1:51

Lorsqu’on dispense la mort comme une catin le plaisir, à force d’expérience, des choses ne peuvent plus vous échapper. Que ce soit la peur dans l’œil de celui dont on tient la vie au bout de son arme, que ce soit la surprise de celui qu’on réveille dans son lit pour le plonger dans le sommeil éternel, la résignation de celui qui sait avoir joué le jeu jusqu’au bout de ses cartes,… Et en pataugeant dans la fange de l’humanité, je connaissais aussi le mensonge, les lâchetés et le secret.
Au fil des siècles, confronté aux pires –comme aux meilleurs parfois– des sentiments des mortels, j’avais acquis une certaine aisance à lire sur les visages ce que les gens ne voulaient pas dire tout haut.

Nos visage parlent, que nous gardions le silence ou non. Notre corps aussi. Kalysta était perdue et n’avait jamais cherché à être promue. Nulle joie intérieure après la surprise de l’annonce passée. Aussi, avant qu’elle n’ouvre la bouche, je savais que je devrais la convaincre. Mais après, je sus qu’elle était certainement faite pour cela : elle savait réfléchir et ne pas foncer sans savoir vers quoi…

Je ne répondis pas à sa première question, continuant de détailler ses réactions. Et je fis bien. Quelque chose dans son regard fit froncer le dernier de mes sourcils et tout mon être se figea. L’œil dans les siens, nous restâmes à nous fixer un temps qui me parut infini avant qu’elle ne se détourne et disparaisse chez elle sans pour autant vraiment me fuir : en effet, elle laissait la porte ouverte pour que je la rejoigne.
Pourtant, je ne le fis pas tout de suite.
J’avais besoin d’un instant pour comprendre ce qu’il venait de se passer. Qu’avais-je réellement vu ? Je crois simplement que je n’avais qu’une chose à comprendre lorsque nos regard c’était croisés : elle avait quelque chose de spécial et mon être intérieur, celui qui se cachait sous ces fripes de chaires condensées et qui pulsait de bestialité et de sauvagerie bouillait à son contact.

Je ne saurais dire ce que je vis dans ce regard, mais une chose était sûr, j’étais plus encore décidé à la convaincre de rallier mon département et la garder à l’œil.

Après un petit moment resté dehors, mon corps s’ébranla et mon regard sortit du vide où il s’était perdu pour s’intéressait aux alentours.
Je jetais un regard à l’extérieur : le chemin parcouru le long de la paroi rocheuse, les corniches au-dessus, le sol par-dessus le parapet… Je vérifiais les environs d’un œil avisé (déformation professionnelle) avant de me décider à suivre la lueur émanant désormais de l’intérieur. Dès le seuil passé, je fermais la porte et tirai le verrou (toujours d’un geste machinal et professionnel). Espions, assassins, chasseur de prime,… Je vivais dans ce monde. C’était mon univers. Je savais être prudent. J’avais pris l’habitude de faire attention aux détails. C’était pour cela que je vivais encore. Et bientôt, j’en étais sûr, elle aussi.

Je pénétrais une petite pièce dont l’obscurité aurait pu paraître oppressante à d’autres. Encore une fois, je ne percevais plus la chose comme le commun des mortels. J’étais un assassin, un faucheur de vie. Les ténèbres étaient encore l’endroit où je me sentais le mieux.
Je m’arrêtai un peu en retrait du cercle de lumière, m’appuyant contre le chambranle de la porte. À nouveau les bras croisés, les jambes aussi désormais, je recommençais mon observation.

Elle ne faisait que confirmer ce que j’avais compris. Modeste et pourtant volontaire, humble et discrète.


« T’as d’mandé c’qu’on f’sait maintenant chez moi… » Je fis une pause, cherchant mes mots, un exercice fatiguant à m’en tirer un soupire… « On apprend à ne plus exister. On doit être les meilleurs escarpeurs et voltigeurs d’Istheria… Heu… « assassins et voleurs haudassieux »… » Ma main fit un drôle de geste, manifestant que ces appellations me semblaient inappropriées ou bien insultantes.

J’eus un nouveau soupire sous mon masque avant de reprendre.

« Invisibles… Imprévisibles… Et surtout efficaces ! On a perdu plus de la moitié de tes « voisins » comme tu dis. Ouais, y en avait des très bons. Meilleurs que toi probablement… Pour le moment du moins. » Mon œil était braqué sur elle, trop isolé surement du reste de mon visage pour qu’elle comprenne que ce regard était empli d’espoir.

Après cette nouvelle pause, je repris.


« C’est chez Aliore et moi qu’il y a eu le plus de contaminés et de pertes. On était sur le terrain. On l’est presque tout l’ temps… » Je fis une pause, hésitant à dire ce à quoi je pensais. « Tu sais… La Sarnahroa… Elle te bouffe petit à petit… T’ sens pas grand-chose… Au contraire… La sensation que les parties de ton corps existent disparaît pendant que cette saloperie se répand et ronge encore un peu plus de ta carcasse… » Mon regard s’était perdu vers la lampe à pétrole. Je m’étais laissé emporter dans cette confession oubliant un instant où je voulais en venir. Mais je revins à moi et la fixai à nouveau, reprenant. « C’est horrible. Dans not’ métier, tu t’ prépares toute ta vie à te prendre un coup de couteau dans l’ dos. T’ fais gaffe à tous les recoins, les angles de mur… Tu dors jamais qu' d’un œil… Et puis arrive cette saloperie et t’as beau avoir évité toutes les lames jusqu’à maintenant, t’as plus qu’à attendre la fin ou qu’on trouve un putain de remède… C’était long putain… Pour nous, c’était clair qu’on d’vait clamser vite… C’est comme ça dans le métier… Et là, c’était trop long… »

J’avais fini par me dégreffer du montant de porte et par tirer la chaise. Mes gestes étaient devenus lents. Soudain, toute la fatigue des derniers mois m’avait rattrapé et je me laissais tomber sur la chaise avec un long soupire. Il y eut un moment de battement, où je fixais le vide d’un mur, sans lui accordé le moindre regard. J’étais toujours perdu dans mes pensées.

« On doit disparaître. C’est notre métier. On n’est pas censé faire de vieux os. » Un nouveau silence pesant… « J’étais pas avec mes hommes. On était tous dispersés. On s’est terré dans nos coins à attendre cette mort dégueulasse… J’avais envie que ça finisse vite, t’sais… »

Alors mon œil se porta vers elle et la dévisagea un instant.

« Tu t’demandes pourquoi j’te dis tout ça, hein ? » J’eus un sursaut de raillerie pour moi-même en me tournant vers le plafond. « Belle gloire… En plus d’être un estropié, me v’là à me lamenter maintenant… » Nouveau souffle amusé et triste. « Faut que tu comprennes qu’on est dans le purin, ma belle. J’ai perdu mes meilleurs gars… Parce qu’ils ont suivi les ordres… Comme moi… Sauf que eux, ils ont pas eu ma… « chance »… Maintenant, y doit m’ rester une demi-douzaine de gars qui tiennent la route… »

Je me relevai toujours aussi lentement, harassé par ma propre carcasse.

« On peut plus se permettre de laisser des éléments prometteurs croupir au bas d’ l’échelle. C’est en haut qu’on a besoin de chair fraiche. Maintenant, j’t’ai pas menti, t’as vu ? C’est pas une vie que j’ t’offre. Mais putain, ça en vaut la peine ! T’hésites et je comprends. Mais viens pas me dire que t’as pas les épaules. J’ai lu tes rapports de missions. Vite-fait, mais j’les ai lu. »

Après avoir fait quelques allers et retours devant elle, le ton de ma voix avait presque pris celui des réprimandes. Je m’adossai soudain au mur, les bras croisés.

« Parle-moi de Kelmor. Comment ça s’est passé exactement ? »

Migdas Polovich,
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Lexique des mots d'argot :
clamser : mourir
faire des vieux os : vieillir
croupir : rester dans une même situation et y perdre son temps.


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Pour que la rose bourgeonne dessous les cendres, brûlons encore un peu de ce monde suicidaire.
Quand la corolle s'ouvrira là-haut dans les airs, nous y repenserons, voyant la paix descendre.

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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Jeu 6 Juin - 19:35

La jeune femme sentait une petite boule d'angoisse naître au fond de son ventre… La fatigue aidant, elle avait fait une erreur, laissant son regard accrocher celui de quelqu'un d'autre plus de quelques secondes. C'était quelque chose qu'elle prenait soin de bannir de son langage corporel habituellement, la seule chose à laquelle elle devait faire vraiment, et constamment malheureusement, attention. Et là, parce qu'elle avait été prise au dépourvue, parce qu'il faisait nuit et parce qu'elle estimait que cette "maison" restait encore l'endroit le plus sûr pour elle, elle s'était juste un peu laissée aller. Et elle avait fit une erreur. Elle avait laissé libre accès à l'une des très rares choses qui pouvaient la trahir. Difficile de savoir si c'était le cas d'ailleurs… Ces changements de couleurs intempestifs de son iris étaient complètement involontaires, voir passifs. Si elle en avait conscience c'était même par un pur hasard, lorsqu'elle avait découvert son corps durant les premiers jours, grâce en soit louée du miroir présent dans la chambre ce jour là… La syliméa avait rapidement comprit que l coté kaléidoscope n'avait rien de naturel pour les isthériens. Et de là…

Et comme elle n'aimait pas faire les choses à moitié, elle avait fait une seconde erreur. Beaucoup moins involontaire cette fois-ci… La jeune femme n'avait pas pris la tangente, pire, elle avait invité Jonas à rentrer chez elle pour parler. Dans un endroit certainement plus confiné que la rue ce qui risquait de lui causer de sérieux ennuis si les choses dégénéraient. Mieux encore, elle était plus proche de lui si l'envie sotte et grenue de l'observer de plus prêt le prenait tout à coup. Un mouvement tactique de grand maître, vraiment… La nérozia dut prendre une grande bouffée d'air pour repousser vaillament au fond de son cerveau la sensation d'être brusquement piégée dans sa propre maison. Parce que cette seconde erreur était partiellement volontaire…

Les nérozias étaient ce qui s'apparentaient le plus à une famille pour elle… Peut-être pas dans le sens chaleureux et plein d'amour mais plus pour la structure et l'entraide. Et les idéaux en grande partie. Car elle se retrouvait un peu chez eux. D'où sa réponse… Si elle n'avait aucune envie de se mettre sur le devant de la scène, elle avait réellement le désir d'aider le rosélium pour qu'il parvienne à ses fins. Si leurs méthodes n'étaient peut-être pas vraiment légales ou bien vues, ce qu'ils cherchaient à faire avait le mérite d'être juste. La jeune femme releva un peu la tête pour écouter la réponse de Jonas et son langage fleurit. Ces expressions en devenaient presque fascinantes… Il fallait absolument qu'elle les garde en mémoire !

Comment lui expliquer qu'elle n'aimait pas tuer parce qu'elle estimait cela "risqué"? Parce que c'était dangereusement naturel chez les gens comme elle…? Parce qu'elle était l'une des rares personnes de ces lieux à pouvoir se "targuer" d'avoir dévoré quelqu'un pour le plaisir de pouvoir marcher, parler, ressentir les choses? Parce que quoi qu'il arrive, il y avait toujours quelque chose, ou quelqu'un, pour lui rappeler qu'elle était normalement un prédateur? Ce qui lui faisait toujours peur c'était de perdre le contrôle un jour… Et qu'elle devienne une menace telle que leur ancien leader… Une bien mauvaise image à donner aux syliméas en somme. Même si elle avait pertinemment conscience que d'autres représentants d'autres races pouvaient très bien se montrer assoiffés de sang et certainement pire qu'eux. Mais ils ne commençaient pas "perdant" comme eux…

Kalysta garda pourtant le silence… Tout simplement parce qu'elle sentait que Jonas n'en avait pas finit et qu'il avait encore quelque chose à dire. Elle ne s'attendait juste pas à ce que cela se révèle autant personnel. A un moment donné, sans qu'elle ne sache pourquoi, la discussion semblait avoir basculé dans un répertoire bien moins professionnel, le chef de la section d'élite s'ouvrant à elle. Sans forcément s'en rendre au compte au début. C'était un équilibre instable, un moment presque volé et si la nérozia ne savait pas pourquoi c'était à elle qu'il se livrait ainsi, elle sentait instinctivement qu'il devait avoir besoin que cela sorte. Ce qu'elle pouvait comprendre… Elle avait eu la chance de ne pas tomber malade mais elle avait côtoyé la maladie de près… Elle avait vu ses ravages et comment certaines personnes l'avaient subie.

La jeune femme avait vécu cet épisode dans la crainte constante de tomber malade car elle aurait perçu cela comme une terrible injustice. Cela aurait été un terrible coup du sort après être enfin sortie de son enfermement !! Mais elle comprenait combien une telle fin aurait pu être frustrante pour des gens habitués à se battre pour leur vie. Quand on choisissait de faire partie du rosélium, on s'attendait rarement à mourir de vieillesse au fond de son lit. Elle-même en avait parfaitement conscience. Cela faisait partie du "jeu" en quelque sorte et si elle devait mourir, et cela finirait par arriver, elle n'en avait pas le moindre doute, elle espérait elle aussi que ce ne serait pas inutilement ou sans bonne raison. Cela ne faisait que renforcer son désir féroce de reporter au maximum l'échéance…


-Ne plus exister…

Elle eut un sourire en coin, peut-être un peu désabusé avant de se passer la main sur le visage pour regagner un peu de contenance. La jeune femme l'avait laissé parler jusqu'à la fin et se garda bien de commenter son ressenti sur la maladie. Il n'y avait pas grand chose à dire… Jonas n'était probablement pas le genre d'homme a apprécier la pitié, sans compter qu'il n'avait certainement pas prévu de dire ce genre de choses à une gamine qu'il connaissait à peine. Même s'il cherchait à la recruter pour sa section. C'était la meilleure chose qu'elle pouvait lui offrir, un accord tacite, l'absence de réactions dignes d'une mère poule qu'elle n'était pas. Sans dire un mot, elle comprenait ce qu'il avait dit sans s'appesantir dessus.

-C'est sûr que je suis pas la meilleure… Mais correctement superviser je suppose qu'on devrait parvenir à me rendre utile… Et puis si j'avais voulu une "vie" bien rangée dans une gentilhommière dans un coin envahie de petits oiseaux je suppose que je ne serai pas venue m'enrôler, non?

C'est pas comme si elle avait pas pris plusieurs mois pour faire ses choix de vie justement… Elle lui lança un regard teinté d'un humour qu'elle ne laissait pas forcément voir avant de fermer quelques secondes les yeux, comme si elle essayait de se rassembler. Elle eut un léger soupir avant de reprendre la parole, signe qu'elle s'était probablement remis les idées en place en se souvenant au mieux de ce qu'elle avait pu mettre dans le rapport qu'elle avait fourni…

-Kelmor donc… Les dernières informations qu'on avait à son sujet laissaient entendre qu'il s'était établi un pied à terre au niveau des ruines de Taulmaril. C'était avant…

La jeune femme eut une sorte e grimace avant d'avoir un geste de la main un peu vague comme si elle sous-entendait que Jonas savait de quoi elle voulait parler en le désignant ainsi.

-Bref, c'était avant les récents événements… Si j'y suis allée seule, à la base, c'était pour repérer les lieux et confirmer l'information. Je suis tombée sur une sindarine, membre de la guilde des aventuriers, qui avait à peu près le même objectif que moi. Disons que ce fut une fructueuse collaboration… Il avait un petit groupe d'hommes avec lui mais il a suffit d'un peu d'organisation et de discrétion pour retourner l'avantage. On a fait en sorte d'y aller petit à petit en commençant par l'extérieur avant de profiter de leur panique… L'intérieur de la bâtisse qu'ils occupaient offrait un intéressant terrain de jeu en terme de pièges improvisés et de guérilla, ça nous a permis de diminuer drastiquement son nombre d'alliés quand nous nous sommes retrouvés face à face… Ensuite… Ma foi, il n'était plus vraiment temps de faire dans la délicatesse.

Jonas n'avait pas vraiment besoin de savoir qu'elle s'était liée d'amitié avec Illumina ce jour-là et qu'elle en avait profité pour lui laisser faire le sale travail. Kaly aussi avait eu sa part de sang versé mais elle avait l'adversaire le plus dangereux à plus expérimenté qu'elle en présentant cela comme un honneur. Au final, elle avait obtenu le résultat escompté puisqu'il était hors d'état de nuire. Définitivement. Normalement…

-Maintenant c'est le résumé d'une énième mission réalisée par un obscure membre du rosélium. Je suis à peu près sure que votre bureau est submergé par ce genre de rapport… Vous voulez peut-être savoir quelque chose de bien précis?





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MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Mar 11 Juin - 21:59

Je restais là, impassible. Plongé dans mes réflexions et écoutant attentivement sa narration. En effet, la mission s’était plutôt bien passée. Et l’aide inattendue de cette aventurière avait joué en sa faveur… dans un sens…

« Ouais… Mais j’ai aussi plusieurs avis d’ décès sur c’ bureau. T’sais ? Vous r’venez pas tous… »

Je pris un instant pour réfléchir.

« Comment ça s’est passé… Les détails techniques j’ les ai d’jà lus. Ce que je veux savoir c’est comment tu l’as ressentie cette mission. C' que ça t'as fait au fond du bide. Tu l’as vu passer Kelmor ! Alors ?Tu t’es sentie comment ? Et tous ces mecs que t’as dégommés, tu le vis bien ? T’en as éventré combien ? Une bonne vingtaine… Plus ? Pas mal d’ailleurs pour une bleue… »

Mon œil la fixait, un peu inquisiteur. Ne venait-elle pas de m’affirmer qu’elle n’était rien comparée à mes autres recrues ? Certes, j’avais encore bien un homme ou deux capables de nettoyer un entrepôt gardé sans plus laisser que des corps inanimés qui ne se seraient pas plus aperçu de la disparition des marchandise que de celle de leur vie.
Mais quoi qu’elle dise, elle n’était pas si inexpérimentée, ni incapable qu’elle voulait le laisser croire. Pourquoi tant de réticence à reconnaître son mérite ? Cherchait-elle à se faire encenser ? Fuyait-elle vraiment les responsabilités ? Ou était-elle réellement timide et discrète ?
Seule cette dernière version m’aurait convenue. Assassins et voleurs n’ont rien de fanfarons. Meilleurs sont les muets.


« Et pour la sindarine… C’est bien aussi d’ savoir rester à l’écart et d’ laisser faire le boulot par les autres. Pas de « m’as-tu-vu » chez nous… Personne coure après la gloire dans l’ombre, simplement après des résultats. »

J’eus une nouvelle hésitation.

« J’ crois pas qu’on t’ai dit pourquoi qu’il devait crever ce type… Une idée ? »

À nouveau ce regard inquisiteur. Elle était clairement en pleine évaluation. Et ce n’était qu’un début.

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MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Jeu 13 Juin - 18:43

La jeune femme roula un peu des épaules, comme si elle cherchait à faire fuir la fatigue ou le malaise. Oui, tous ne revenaient pas… Et pas besoin d'une épidémie vicieuse pour cela. Le genre de missions qu'on leur confiait n'étaient absolument pas dénuées de risques, bien au contraire. Pour quelqu'un d'aussi jeune et attaché à la vie qu'elle, c'était d'ailleurs un étrange choix de carrière. Mais elle s'était sentie attirée par les idéaux u rosélium, y voyant une forme d'espoir pour l'intégration des siens… Mourir pour une bonne cause était sensiblement différent que mourir bêtement. Ou à cause d'un délit de sale gueule…

-Je n'aime pas tuer. Du moins pas sans bonnes raisons… J'ai fait ce qui était nécessaire pour assurer la réussite de ma mission. Et de ce que j'ai pu voir, les hommes de Kelmor n'étaient certainement pas de bons samaritains. Si j'aurai aimé en éliminer moins c'est juste parce que cela aurait signifié une discrétion plus "accrue"…

Une ombre passa sur son visage, la jeune femme semblant véritablement perdue dans ses pensées. Qu'avait-elle ressenti? Que ressentait-elle à ce jour? Sur place il n'y avait eu que l'adrénaline chantant à ses oreilles, la nécessité d'agir vite, efficacement, précisément. Il n'y avait pas eu de place pour l'hésitation ou les questions existentielles, pas si elle voulait s'en sortir. Pourtant, elle avait ressenti quelque chose de plus sombre remuer en elle, quelque chose d'affamé. Comme un prédateur prenant plaisir à chasser sa proie. On ne pouvait pas décemment parler de faim dans cette situation, non? C'était quelque chose de terriblement déstabilisant et elle craignait que ce sentiment la submerge un jour. Et qu'elle se transforme en ce croque-mitaine qui faisait tant peur…

-J'avais besoin de frapper vite et précisément, j'ai essayé de ne pas me laisser submerger par autre chose. Ce n'est qu'après que j'ai vraiment réalisé ce qu'il s'était passé. Ou cherché à compter les morts. Et j'étais soulagée de constater que nous étions encore en vie à la fin…

Y'avait-il vraiment de bonne réponse? La jeune femme n'en avait fichtrement aucune idée. Mais elle avait dans l'idée que quelqu'un s'oubliant dans une fièvre de sang ne serait jamais utile à qui que ce soit, juste une menace de plus à gérer. Accessoirement, elle n'avait jamais été du genre à chercher la reconnaissance, même pour une travail bien fait, surtout quand il était question de tuer une ou plusieurs personnes… Elle ne voyait pas ce qu'il y avait de si exceptionnel pour justifier un rire gras, une grande claque dans le dos et une fête.

-Mais j'ai conscience d'avoir eu de la chance et l'appui d'un allié de poids. Les choses auraient probablement été différentes si j'avais été seule, je n'aurai probablement pas privilégié une attaque de front…

Et c'était vrai. Elle était encore tellement jeune, contrairement à ce qu'elle laissait voir. Chance, alliés et un solide instinct de survie… Si elle avait été seule, elle se serait probablement débrouillée pour empoisonner leur puits, s'assurant ainsi un minimum de résistance. Kalysta eut un rapide sourire en entendant sa remarque sur la discrétion… Pas de risques de ce coté là, elle n'avait aucune velléité de se faire ainsi connaître. Miss Elyomar resterait une messagère, parfois maladroite, franchement paranoïaque, un peu bizarre et s'attirant potentiellement quelques ennuis. Pas un danger de mort. Jamais. Surtout pas.

-De ce que je sais, Kelmor et sa bande imposaient un règne de terreur sur les routes de la région, volant et tuant sans la moindre mesure. Ni considération pour ses victimes…

Oui, eux aussi volaient et tuaient mais ils avaient des cibles bien déterminées. Jamais les malheureux qui suaient sang et eau pour gagner maigrement leurs vies. Ces gens que Kelmor avaient terrorisés durant trop longtemps…





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MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Sam 27 Juil - 23:46


[HRP]Plus d'un mois de retard... Mes plus plates excuses...[HRP]


Elle me plaisait. Son fond était de ceux que j’appréciais. Elle semblait réellement humble, prête à ne pas recevoir de lauriers pour des tâches souvent plus complexes que nos paires des autres départements qui eux restent sur le devant de la scène. Leur scène. Nous ne jouons pas sur le même plan et elle semblait le comprendre et l’accepter.

De-là à dire que je serais heureux de l’avoir dans mes rangs… Je n’étais pas encore fixé. Il me manquait encore des éléments de réponses. Deux éléments.


« J' vois… »

Mon corps se déracina du mur où il était resté appuyé trop longtemps. Je fis quelques pas vers la porte de cette salle sombre. Ma tête était basse, mes épaules également. Je semblais réellement en pleine réflexion. Soudain, ma main se posa sur le montant de bois brut et mon regard avec.

« Tu nous prends pour des justiciers ? »

Après une légère pause, je me retournais lascivement, croisant les bras, pour lui faire face. C’est avec un léger soupir que j’expliquai mon embarras.

« Si t’as un nobliau à refroidir, tu fais comment avec ses gardes ? On peut pas toujours les contourner, crois-moi. Ils ont rien demandé ceux-là ? Ils ont rien à voir souvent avec nos affaires… Et leurs matrones ? Et leurs chiards ? Et les larbins qui déboulent quand on est en pleine action ? On en fait quoi d’ ces pauv’es gus ? Et quand on pille un entrepôt, qu’un commerçant véreux fait faillite… On en laisse combien sur le carreau de ces braves gens ? »

Je la toisais du regard, détaillant ses réactions à la vraie question : était-elle vraiment consciente de ce que notre clan prévoyait et ce que ses agissements impliquaient ? Deux éléments : « était-elle prête ? » et « le voulait-elle vraiment ? »...

« C’est tout le système qu’on veut démonter pour créer un ordre nouveau. Et ça, ça va pas se faire sans collatéraux. T’es prête à revenir ici, dans ton petit chez toi, un soir par mois, te taper les visages de tous ceux que t’auras butés, « gentils » comme « méchants », et à repartir pour quelques contrats de plus encore ? Comment tu gères la culpabilité ? »

Rien qu’en l’espace d’une tirade, d’innombrables visages m’avaient assailli, gémissant, suppliant, se tordant de douleur, me fusillant d’un regard de haine, de mépris… Combien de morts jalonnaient le sillage de sang que j’avais tracé ?
Pourtant, je ne cillais pas. Les regrets m’enveloppaient sans plus m’étouffer. Ma conscience et moi avions trouvé l’arrangement qu’il me fallait. Nous devions tous en faire autant.

Chacun de nous a ses raisons de faire ce qu’il fait. Il nous faut les trouver.


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MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Jeu 8 Aoû - 20:25

(HRP: pas de soucis ^^)

-Il y a une différence entre faire un vrai massacre et remplir un contrat soigneusement préparé…

Le ton de la jeune femme était descendu d'un petit degré bien qu'elle soit restée respectueuse et relativement neutre… Elle n'aimait pas tuer inutilement, cela n'allait pas changer du jour au lendemain. Elle faisait donc de son mieux pour limiter les dits dommages collatéraux justement. Qu'est-ce qui empêchait d'incapacité des gardes plutôt que de les tuer? Tout était une question de préparation et d'adaptation. Recourir au meurtre des éléments collatéraux était juste la solution la plus rapide et la plus facile…

-J'ai parfaitement conscience de la notion de "victimes collatérales". Je fais en sorte de limiter leur nombre au maximum. Parce qu'un puissant somnifère sera tout aussi efficace sur des gardes qu'une larme au travers de la gorge. Parce qu'une montagne de cadavres attirera toujours plus l'attention sur nous qu'autre chose. Nous voulons peut-être reconstruire sur des bases bien plus seines mais si plus des trois quarts de la population nous voit comme des montres le message passera aux oubliettes. Et tout les sacrifices et les efforts consentis l'auront été pour rien.

La jeune femme eut un léger soupir alors qu'elle regardait ses pieds, bras croisés sur la poitrine. Coté culpabilité, elle connaissait déjà pas mal le sujet. Et Jonas n'avait pas à vivre avec les souvenirs d'un autre dans sa tête, ni le fantôme de son goût au fond de la gorge.

-C'est parce que je crois en ce que vous cherchez à faire que je suis là. Que je suis prête à me salir les mains. C'est parce que j'estime que vous n'êtes pas simplement des meurtriers assoiffés de sang et d'un pouvoir égoïste que je suis là. Parce que j'ai bien conscience qu'il faut parfois tremper ses mains dans le sang pour donner un espoir de bases solides à l'Avenir.

La syliméa avait relevé la tête en disant cela, profitant du faible éclairage des lieux pour pouvoir un peu mieux parler à son supérieur face à face plutôt que de perpétuellement cacher son regard. Ce n'était pas le moment d'avoir le regard fuyant même si elle savait que lui parler yeux dans les yeux était un luxe qu'elle ne pourrait jamais risquer… Un léger sourire en coin, un peu cryptique, se dessina sur ses lèvres.

-Je vous rassure, je ne me fais pas trop de grandes illusions. Malgré un certain code moral, une conscience plus ou moins torturée, nous serons les croque-mitaines. Les méchants monstres à rapidement cacher dans un placard une fois que leur utilité ne sera justifiée. A "éliminer" au pire des cas… Un mal nécessaire à l'heure actuelle…

Il était toujours bon de pouvoir parler à haute voix avec quelqu'un. Quelqu'un qui vous force à mettre vos idées bien à plat… Ce faisant, Kaly réalisait combien elle reconnaissait la situation de son peuple dans sa position actuelle. Mais il persistait des différences d'importance. Il n'était pas question du bien-être d'une seule race égoïste qui en exploitait une autre sans réfléchir ni leur laisser de choix… Non, les idéaux des nérozias étaient plus grands. Et elle avait encore son libre arbitre.

Au final cela revenait peut-être à accepter son rôle de grand vilain croque-mitaine dans ce nouveau monde? Mais en jouant selon ses propres règles… Elle ne savait rien de ce que serait l'avenir. Elle finirait probablement plus jeune qu'elle ne l'aurait du. Mais pas pour rien. C'était déjà beaucoup mieux que ce que la plupart des membres de sa race avaient eu.


-Et vous comment vous faites pour gérer la culpabilité?

La façon dont elle posa la question était tout à fait innocente, comme une enfant demandant à un adulte comment il faisait dans un monde plein de désillusions, de responsabilités, toutes ces notions que les plus jeunes ne comprennent pas encore. Et c'était encore ce qu'elle était par certains aspects. Son intérêt était réel et sans arrière-pensées…





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MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Jeu 15 Aoû - 20:49

Je ne m’étais pas trompé. Son dossier ne la faisait pas figurer dans ceux que l’on appelle les anciens. Bien au contraire. Et pourtant, malgré sa fraîcheur, elle ne manquait ni d’expérience, ni de maturité. Aurais-je pressentis un jeune prodige ? L’avenir me le dirait bientôt.

Quoi qu’il en soit, si sa vision de notre cause était en parfaite accord avec la mienne, celle de notre travail différait partiellement. Là où je voyais la destruction tout obstacle comme une nécessité, elle se targuait de pouvoir l’éviter. Me serais-je, au fil des siècles, laissé griser et empreindre de cette nature profonde dangereuse pour autrui ? Me serais-je doucement rapproché de ce que je suis au plus profond de mon être ? Auraient-ils donc réussi, tous, à force de lacérer ma vie, à aiguiser la mienne pour qu’elle ne puisse plus croiser celle de quiconque sans que l’une ou l’autre ne cède ?

Était-ce parce que mon passé n’était que chaos que je voulais ainsi mon présent et mon futur ?

J’étais figé, là, à la regarder, mon œil unique brillant à la lumière de cette bougie qui plongeait son visage dans l’ombre. Elle me perturbait à me toiser ainsi. Je voyais dans son regard ce que j’avais été. Le jeune louveteau recueilli par le premier loup. Celui qui refusait de tuer encore. Celui pour qui la mort était devenue insoutenable, invivable.

La culpabilité… Quel grand mot. Mon œil se ferma et derrière le masque, elle put entendre un léger soupir amusé.

« Quand t’ hais la vie… Celle des autres compte moins, ma grande… »

Je réajustai la serviette sur mes épaules et elle dévoila une ou deux cicatrices de plus alors qu’elle en cachait d’autres.

« Ai d’jà bien trop à r’gretter pour m’en faire pour les faibles et les idiots qui viennent se j’ter dans mes pattes. »

Tout mon corps s’ébroua et fit demi-tour, se dirigeant vers la sortie alors que mon esprit s’envolait déjà lentement vers les souvenirs noirs d’où je m’étais extirpé avant de la voir arriver par la grande porte. Mon passé me rattrapait déjà : il était temps pour moi de mettre fin à cette parenthèse dans ma nuit de regrets.

« T’ auras pas de mission pendant un p’tit moment. Profites-en pour pioncer tout ton sou. Quand j’ reviendrai frapper à c’tte porte, on s’occupera de cette histoire de galon. »

L’espace de ces dernières recommandation, j’avais déjà atteint la porte d’entrée et posé la main sur le verrou.

« Des questions ? »

Mon regard se porta par-dessus mon épaule, vérifiant qu’elle pensait elle aussi notre conversation terminée. J’avais la réponse que j’étais venu chercher : elle était prête et comme je l’avais imaginée.
J’en avais fini avec elle.
Pour ce soir…


Thème musical Trouvé par Illumina
Pour que la rose bourgeonne dessous les cendres, brûlons encore un peu de ce monde suicidaire.
Quand la corolle s'ouvrira là-haut dans les airs, nous y repenserons, voyant la paix descendre.

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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Discussion d'avenir sous les lunes   Dim 19 Jan - 14:02

Jamais Kalysta n'avait autant joué avec le feu... Malgré sa jeunesse, la jeune syliméa avait pleinement conscience d'un élément terriblement important dans sa vie, elle ne devait pas se faire remarquer. Quitte à faire, il serait même préférable qu'elle se fasse complètement oubliée par le reste des êtres vivants, bipèdes et pensants. Et que faisait-elle aujourd'hui? Elle avait rejoint un groupe, une institution presque, qui lui semblait posséder une partie de ses principes. Pire, elle était désormais dans la difficile position que son nom était connu par au moins une personne haut placée dans la hiérarchie. Cela aurait pu être flatteur, si on veut, Kalysta réalisait juste que cela pouvait tout aussi bien signer son arrêt de mort si les choses tournaient mal. Pour l'instant sa bonne étoile n'en avait pas encore totalement marre d'elle et Jonas semblait ne pas faire partie des vieux superstitieux. Ou il n'avait rien remarqué de bizarre chez elle. Mieux, et elle s'accrochait sauvagement à cet espoir, il préférait juste se baser sur les actions plutôt que sur les comptes de grands-mères...

Le dirigeant était fascinant en soit et elle avait conscience qu'il possédait une expérience certainement plus grande qu'elle. Un vieux loup en effet... Et cette fascination, ce désir de comprendre, d'apprendre même, avait tendance à lui faire baisser la garde dangereusement. A lui faire oublier qu'elle n'était justement pas certaine de ses réactions si quelque chose sur ses origines transpirait soudainement... Le soupir amusé eut le mérite de la sortir de sa réflexion et elle détourna légèrement le regard, son attitude devenant probablement un peu moins défiante. Ce qu'elle vit alors la priva d'air.

Franchement, que pensait-elle? Qu'elle était la seule à avoir un lourd passé? Pendant quelques instants la jeune femme se demanda si Jonas et elle ne partageaient pas une base commune en quelque sorte. Celle des asservis et des maîtres cruels... Peut-être... Cela la mena vers une question tout à fait légitime... Deviendrait-elle un jour comme Jonas? Etait-elle en train de contempler l'un de ses possibles avenir? Kalysta n'en avait pas la moindre idée et elle n'allait certainement pas lui poser la question de façon aussi cavalière. Ce n'était pas sa place et elle doutait que le dirigeant était du genre à se confier ainsi. S'il l'avait laissée voir ces marques c'était dans un but bien précis, par pour échanger des expériences traumatisantes... C'était pour la forcer à réfléchir. En tous cas il avait réussi son coups et la demoiselle prit sur elle pour regagner un minimum de contenance alors qu'il se dirigeait vers la porte.


-A vos ordres Monsieur.

Elle accompagna sa réponse, bien formelle, par un mouvement du chef qui faisait office de salut. Il n'y avait rien d'ironique dans sa façon de faire et le sarcasme en était totalement absent. C'était sa façon de répondre. Qu'elle lui faisait suffisamment confiance pour se mettre sous ses ordres. Qu'elle le respectait suffisamment pour jouer avec le feu encore un peu avec lui. Elle restait une sale gosse mais elle avait peut-être bien trouvé en Jonas un exemple, quelqu'un dont elle pouvait apprendre... Plus que le pauvre bougre qui lui avait permis de prendre une forme plus charnelle.

-Pas encore Monsieur. Bonne nuit à vous...

Car elle se poserait toujours des questions, le léger sourire en coin qu'elle affichait le criait presque haut et fort. Elle était encore une gamine en plein apprentissage de la vie, c'était donc un peu normal. Et puis elle avait beau le respecter et estimer qu'elle pouvait lui faire un minimum confiance, elle ne serait certainement jamais un bon soldat qui fonçait tête baissée sans jamais réfléchir... Mais pour ce soir elle avait bien assez d'éléments à digérer. La fatigue commençait à réclamer son dû et elle n'était pas certaine que cela risquait pas de la mettre dans une position difficile vis à vis de Jonas.

Pour ce soir ils pouvaient retourner dans leur coin du ring... Elle se demandait bien quelles conclusions il avait pu tirer à son sujet... Il en avait fini avec elle... Pour l'instant...





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