Premier Jour d'une nouvelle vie

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 Premier Jour d'une nouvelle vie

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MessageSujet: Premier Jour d'une nouvelle vie   Premier Jour d'une nouvelle vie Icon_minitimeSam 31 Mai - 16:11

Ce fut avec un soulagement non dissimulé qu'Eshyr descendit de son cheval, fatigué par son trop long voyage. Il était partit un peu précipitamment. Dans sa hâte de rencontrer une personne qui avait peut être le pouvoir de lui rendre la mémoire, il avait oublié pas mal de choses. Comme par exemple que c'était la première fois depuis son amnésie qu'il mettait le pied sur le continent. Il lui avait été difficile de se repérer, mais le duché de Nivéria semblait être un endroit suffisamment connu pour qu'on lui indique sans trop de soucis. Ou peut être qu'il était juste vraiment maladroit. Quoi qu'il en soit, le pied à terre, le petit duché lui sembla agréable et convivial. Irina avait écrit dans sa lettre qu'elle résidait au manoir, et qu'il lui suffirait de s'y rendre. Le jeune brun n'était pas coutumier des politesses et autres traditions de la société. Sur l'île, tous connaissait son côté enfantin et curieux, et personne ne s'était jamais étonné de son manque de tact ou de formes. Il n'avait jamais eu à se poser la question. Mais soudain, dans cet endroit qui lui semblait si serein, il était effrayé. Effrayé qu'on puisse se moquer de lui ou le renvoyer sans même lui laisser une chance de s'expliquer. Comme à chaque fois, il trouverait sûrement un moyen de s'en sortir, de retomber sur ses pattes. Mais ça ne l'empêchait pas d'être nerveux. Et si les choses ne se déroulaient pas comme prévues ? Et si en fait, tout cela était vain ? Il n'en savait rien, et au fond, n'était pas vraiment certain de vouloir se poser la question.

A peine eut-il mentionné le nom d'Irina que les gens du coin lui pointèrent avec gentillesse une direction, qu'il suivit à pied, Chiswe à ses côtés, tenu par la bride. L'animal d'un blanc immaculé ne semblait pas déranger par l'agitation et la foule, ce qui le soulageait d'un poids. Le jeune homme savait que si on lui avait confié ce cheval là, c'était précisément parce qu'il était docile et très calme. Cela lui permettait d'avoir au moins une personne sur qui compter en toutes circonstances. Enfin, s'il fallait courir, quoi. Le manoir d'Irina ne ressemblait à rien de ce qu'il avait vu jusque là. Pas très difficile en même temps, certes, mais tout de même impressionnant. Ça ressemblait à un château, pour lui. Tout blanc, deux étages, et dans une matière pierreuse... Du marbre ? Est-ce qu'il s'agissait là d'une maison normale pour quelqu'un, ou bien était-ce réellement une demeure de noble, auquel cas Irina devait être bien plus importante qu'il ne l'avait pensé. Personne ne lui demanda quoi que ce soit jusqu'à son arrivée à la porte. Chiswe resta paisiblement à l'endroit accordés aux chevaux, tandis qu'il devait à présent faire face seul à cette agitation interne.

Il suivit donc sans broncher ce qui devait être un domestique, retenant sur sa langue mille et une questions. Il aurait tout le loisir de les poser à la maîtresse de maison, n'est-ce pas ? On le mena jusqu'à une pièce qu'il aurait qualifiée de superbe, et observa la jeune femme qui s'y trouvait. Donc c'était elle. Comparé à la demoiselle qu'elle était, de quoi avait-il l'air, au juste ? D'un petit guerrier en papier, sans doute. Cette remarque intérieure lui fit esquisser un sourire. Si tout le duché était ravissant et charmant, cela n'avait d'égal avec la sa propriétaire. Il hésita un instant sur les manières dont il devait faire preuve, et opta finalement pour une brève révérence, avant de redresser la tête pour la fixer de ses yeux gris clairs. Ces derniers fixèrent avec obstination le visage de son hôte, alors qu'il déclamait d'un ton poli :
« Bonjour à vous. Je me nomme Eshyr Pardus, et je viens ici suite à ma demande par lettre,  pour mon amnésie. Navré de m'imposer de la sorte. »
Le manque d'aplomb dont il avait fait preuve en entrant sur ces terres avait disparu. Plus sûr de lui, Eshyr sentit néanmoins ses oreilles s'agiter légèrement, alors qu'il s'efforçait de les terrer dans ses cheveux. Il n'était plus question de reculer ou d'hésiter, mais de trouver et de répondre aux questions qu'il se posait sur sa mémoire. Et si elle, avec ses capacités de médecine, pouvait l'aider, alors il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour la convaincre. Et peut être si elle pouvait satisfaire sa curiosité, aussi. Toutes ces maisons, toutes ces matières, ces pièces, ces environs ! Une petite flamme le titilla avidement dans sa tête et son cœur, et il la regarda, dans l'attente d'une réponse.
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MessageSujet: Re: Premier Jour d'une nouvelle vie   Premier Jour d'une nouvelle vie Icon_minitimeSam 31 Mai - 19:05

Nivéria était un domaine à l'ambiance de grand village plutôt convivial et tranquille, ou tous les habitants se connaissaient depuis toujours. Pourtant en réalité rien n'était moins vrai. Ce domaine laissé à l'abandon il y a à peu près deux ans avait été déserté de ses gens en même temps que de ses biens, et seule la terre avait continué de donner ses fruits en leur absence. Les hectares de terre fertile qui l'entouraient avaient bien failli dépérir eux aussi, la jachère trop longue ayant raison de beaucoup de pousses. C'était avec le changement de propriétaire qu'avait opéré le renouveau, et l'investissement à long terme nourrissant cet enfant laissé orphelin. Paradoxalement c'était grâce aux conséquences désastreuses de l'épidémie de la Sarnahroa que Nivéria avait à nouveau été habité pour de bon. En plus des quelques travailleurs saisonniers payés par Irina, les réfugiés et sans terre de Hellas s'étaient vus offrir un toit et un travail en échange de leur pleine coopération à la reconstruction.
La plupart d'entre eux n'avait jamais eu ce genre de chance en terres nordiques, et après leur exil forcé plus personne ne désirait retourner dans le froid mordant de Cimméria. Ils étaient passés de mendiants et pestiférés à des gens respectables qui avaient un pied à terre. Au milieu de cette tourmente, comme pendant cette deuxième naissance, Irina était la seule figure d'autorité qui se soit battue pour eux, allant jusqu'à quitter la ville avec eux bien qu'elle ne soit pas malade. Que la deuxième plus importante prêtresse de l'Ordre aille jusqu'à s'exiler avec les badauds avait fait grand bruit, à défaut d'avoir pu changer quelque chose. Mais surtout leur pèlerinage jusqu'au temple de Delil le dieu de la Vie avait marqué le tournant d'une quasi tragédie. Avec l'aide de soldats cimmériens et quelques autres électrons libres, Irina et son apprentie Othello avaient réussi à produire un remède à l'épidémie destructrice qui ravageait le monde.

Depuis la prêtresse était hissée au rang de reine parmi cette petite communauté, bien qu'elle ait toujours vivement rejeté les titres et les cadeaux. D'ailleurs personne n'osait l'appeler Duchesse de peur de s'attirer ses foudres... Ce qui expliquait que tous l'appelle simplement Dame Dranis, comme ils l'avaient toujours fait. La seule chose qu'elle désirait c'était un lieu calme et prospère où se reposer pour fuir les intrigues et les dangers de sa ville d'origine. Un endroit reposant où élever seule son enfant et le voir grandir en sécurité. Ce qui était presque le cas. Des troupes de la force écarlate gardaient le manoir en permanence afin de tenir une menace potentielle en respect, et ils patrouillaient également dans la ville afin de maintenir l'ordre. Car si le domaine était jusque là plutôt sans histoires, la criminalité étant assez basse pour se résumer à quelques larcins par ci par là, l'arrivée de nouveaux réfugiés à leurs portes compliquait un peu la donne.
D'ailleurs Irina avait été obligée d'encadrer tout cela en donnant des laisser-passer à une minorité désabusée afin de contrôler leur nombre toujours grandissant. Les gens qui fuyaient la capitale et le myste qui la recouvrait trouvaient refuge où ils pouvaient, paniqués à l'idée de ne plus pouvoir utiliser la magie. Les petits domaines florissant dans la région étaient donc des cibles toutes choisies, quand bien même ils n'avaient pas toujours la capacité d'accueillir autant de monde. L'arrivée d'Eshyr passa donc totalement inaperçue, d'autant plus que les commerces et le marché étaient noirs de monde. Heureusement la production de vivres du duché était bien plus importante que sa consommation, ce qui permettait de dépanner les affamés... du moins pour l'instant.

Eshyr fut reçu dans le hall du manoir, une grande salle avec des dalles brillantes et un double escalier de marbre menant au deuxième étage. Une servante aux longs cheveux noirs -se présentant comme Juniel- s'approcha alors de lui pour l'interroger sur les raisons de sa venue. D'elle se dégageait une grande douceur, mais aussi une fermeté protectrice. Il était clair qu'elle recevait beaucoup de monde tous les jours, et qu'elle les renvoyait avec politesse et sourire, avec l'art de quelqu'un qui sait parler. Néanmoins lorsque Eshyr déclina son identité son sourire monta jusqu'à ses yeux, avant qu'elle ne s'incline pour l'inviter à entrer. Le menant à travers les couleurs de l'aile est, elle le mena jusqu'à une grande salle du rez de chaussée. Toquant à la porte, elle l'invita à entrer dans la bibliothèque.
C'était une pièce chaude et accueillante, d'une longueur qui semblait interminable, et pavée d'étagères qui allaient du sol jusqu'au plafond. C'était un des rares luxes qu'Irina se soit accordés lors de la reconstruction... Une réserve d'ouvrages de tous sujets on ne peut plus enviable. Le rayon de médecine prenait environs la moitié des lieux à lui tout seul, mais dans un coin qui n'était pas illuminé par les grandes fenêtres se trouvait la réserve avec ses ouvrages rares et anciens. Ceci dit Eshyr avait été accueilli dans une sorte d'antichambre qui servait de salle de lecture. Il y avait un petit bureau dans un coin, ainsi que plusieurs canapés devant un feu de cheminée où crépitaient de petites braises d'un bleu surnaturel. C'était le feu artificiel créé par Irina pour des raisons de sécurité, un feu qui éclairait sans brûler.

La maîtresse de maison se leva de son canapé et reposa son livre sur la table basse avant de se diriger vers son invité. D'elle ne se dégageait ni faste ni noblesse, et même sa tenue quand bien même élégante, n'avait rien de luxueux ou de princier. C'était une robe cintrée d'un sobre vert pâle dans la même teinte que ses yeux, subtilement brodée de blanc au niveau des manches longues. Le tout était discret et près du corps mais n'affichait pas de décolleté ni autre fioriture. Seul son port de tête altier et sa peau pâle pouvaient éventuellement faire penser à quelque chose d'aristocratique, bien que ce soit loin du compte en vérité. Un léger sourire se dessinait sur ses lèvres. Elle ne connaissait pas l'inconnu qui lui faisait face, mais son nom ne lui était évidemment pas étranger. Son cas était assez particulier pour qu'elle l'ait convié à venir la voir en personne, et l'avait intriguée suffisamment pour qu'elle prenne la peine de s'en occuper en personne plutôt que de le rediriger vers un confrère.

« Soyez le bienvenu à Nivéria. C'est moi qui m'excuse, je n'ai pas pu m'apprêter comme il se doit car je ne vous attendais pas de sitôt. Vous avez fait un long chemin en très peu de temps vous devez être fatigué. » Ce n'était pas son genre de perdre son temps en frivolités, mais bien recevoir c'était un minimum auquel elle ne dérogerait pas. Surtout qu'elle ne recevait pas souvent de visites extérieures... Alors que ce soit un potentiel patient lui était bien égal. « Installez-vous, je vous en prie. Juniel va nous préparer quelques rafraîchissements en attendant que vous preniez place. Enfin je ne veux pas vous brusquer mais je pense que vous devez être impatient de me parler, tout comme je le suis. » La rouquine glissa une œillade vers sa servante de plus d'une décennie, sans parler plus. Néanmoins cette dernière la comprit sans mal et s'effaça en s'inclinant gracieusement pour s'exécuter.

« Je vous écoute. » Irina avait parlé d'une voix douce mais ferme, décidément curieuse de connaître les tenants et aboutissants de l'histoire du jeune homme. Son attention lui était d'ailleurs toute acquise, si ce n'est peut-être des regards réguliers mais brefs qu'elle glissait vers un coin de la pièce, où trônait un minuscule lit de bois, recouvert d'un baldaquin blanc.


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MessageSujet: Re: Premier Jour d'une nouvelle vie   Premier Jour d'une nouvelle vie Icon_minitimeSam 31 Mai - 20:21

Il se sentait déjà nettement plus rassuré devant l'attitude professionnelle et agréable de la jeune femme. La servante repartit à vive allure aussitôt qu'Irina lui lança une œillade, et bien malgré lui, il comprit qu'elle devait être à son service depuis longtemps. Il s'installa en dévisageant plus longuement la pièce, et presque prêt à bondir sur les livres. N'ayant aucune connaissance du monde, les livres étaient pour Eshyr une source inépuisable de connaissances qui pouvait temporairement rassasier sa curiosité. Le jeune brun était parfois surpris de tomber sur des choses qu'il connaissait, devinant qu'il avait dû les apprendre avant son accident. Bien qu'il fut d'un naturel curieux et joueur, il lui arrivait parfois de sentir une profonde mélancolie, une certaine tristesse. Comme s'il avait porté le poids du monde sur ses épaules. Comme si ses yeux si clairs et emplis de pureté avaient vu les atrocités et les souillures du monde. Comme s'il n'y avait pas qu'une blessure physique, tout simplement. Il ignorait ce qui avait pu lui arriver, d'où lui venait cette gigantesque lacération qui avait failli l'emporter. Prenant sa respiration, il commença son récit.

« Je suis arrivé sur l'île d'El Bahari grièvement blessé. On m'a retrouvé avec une grande lacération de l'épaule droite jusqu'au ventre. Vu qu'on m'a trouvé sur la plage, j'ai dû faire naufrage. Il a fallu de longs soins prolongés pour me permettre de me rétablir, et j'en garde encore la cicatrice. Mais je ne me souvenais de rien. Ni de qui j'avais été, ni d'où je venais. Les Ascans m'ont alors pris en charge et accueillis, et j'ai découvert le monde au travers d'eux. »

Il marqua une brève pause, hésitant sur ses mots. Dans une inspiration, il reprit, plus lentement :

« On m'a très vite découvert une habileté au combat toute particulière, sans que l'on ne m'apprenne quoi que ce soit, jusqu'à même me qualifier de fine lame. Les gestes me paraissent naturels, presque comme s'ils étaient inscrits en moi. Généralement, quand je me bats, j'acquiers un calme et une concentration difficile à briser. J'imagine que je devais être un combattant... Mais pour qui ? Pour quoi ? Rien ne m'est jamais revenu depuis ma reprise de conscience. Cela fait plusieurs années, maintenant. Je ne sais même pas donner mon âge. Les médecins disent que je dois avoir à peu près vingt-cinq ans... »

Le jeune homme parut troublé, se pinçant la lèvre inférieure. A son tour, il jeta un regard à l'unique lit en bois de la pièce, celui d'un bambin. Un fils. Peut être même était-elle mariée.  Une nouvelle vague de questions le saisit, mais il la retint. Pour l'instant, se concentrer sur lui. Plus détendu, il lança un regard désolé à la jeune femme, souriant avec douceur.
« Ma curiosité n'est jamais satisfaite. Je ressens le besoin de comprendre ce qui m'est arrivé, qui j'étais. Plus j'en apprends sur le monde, plus je me dis que j'avais peut être quelque chose d'important à faire. Que j'ai peut être laissé des gens souffrir. Des gens que j'aimais, même si aujourd'hui, je ne les reconnaîtrais même pas. Cela me pèse, au fond. »

Ses oreilles se dressèrent doucement alors qu'il soupirait. Voilà qu'il laissait tomber la face qu'il montrait à ses confrères. Il avait pourtant décidé de leur sourire et d'être heureux avec eux. Cela aurait pu lui suffire, pourtant. On l'avait accueilli, aimé et protégé. Pourquoi penser à ce passé qui n'existait plus ? Rongé par une culpabilité stupide et manquant cruellement de sens. Sauf que ce petit et si... qui traînait dans sa tête était de plus en plus insupportable et difficile à cacher. Mais ça irait. Elle était médecin après tout, elle comprendrait. Il n'avait pas à se cacher devant elle. Le garçon expliqua alors ses origines :

« Il est apparu au bout de quelques semaines que je pouvais me transformer en panthère. Je veux dire, cela se voit, bien sûr, mais je ne savais pas ce qu'était un Yorka à ce moment-là. Ça me paraissait tout à fait normal, les oreilles, les crocs... Enfin, bref. Ma première transformation s'est effectuée très naturellement. En fait... Je ne m'en suis rendu compte qu'une fois le danger passé. J'ai eu besoin de courir le plus vite possible, pour sauver quelqu'un. Je l'ai attrapé au vol sous cette forme. Il m'a fallu plus de temps pour m'habituer à me rendre compte que je changeais qu'autre chose, à vrai dire... »

Il parut gêné et contempla les murs. Ce souvenir lui rappelait pas mal de petites gaffes en tout genre, dû à sa nouvelle curiosité en tant qu'animal. Combien de fois il avait fallu aller le chercher, fourrés dans ses ennuis ? En même temps, comment aurait-il pu deviner toutes ces choses, hein ?! Par contre, l'Ascan n'avait jamais eu aucun souci avec la maîtrise de son corps animal. Il avait même été surpris de connaître avec précision la portée de ses sauts ou sa vitesse de pointe. Jamais il n'avais été surpris par son poids, ses tournants ou ses gestes. L'homme eut un regard tourné vers Irina, ayant terminé son histoire, attendant de sa part le moindre geste. Chaque son, chaque mouvement dans l'air lui semblait pouvoir être perçu d'une manière ou d'une autre. Ses yeux d'argents coulèrent vers chaque recoin, prenant note de la matière, de la décoration et des potentiels livres qu'il pourrait lire. En fait, il était malgré lui très attiré par cet enfant dans la pièce. A quoi ressemblait-il, lui, petit ? N'était-il pas un peu enfant à cause de son amnésie ? Il redressa ses oreilles, à l'écoute de son hôte.
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MessageSujet: Re: Premier Jour d'une nouvelle vie   Premier Jour d'une nouvelle vie Icon_minitimeMer 4 Juin - 0:43

Irina ne manqua pas de noter les regards curieux que le jeune homme jetait autour de lui, découvrant les lieux en même temps qu'il prenait place. Ce n'était guère étonnant qu'il soit curieux puisqu'il venait de très loin, surtout que El Bahari n'avait pas grand chose en commun avec le continent. Pour sa part elle n'y avait jamais mis pied, mais elle avait suffisamment étudié cette civilisation pour connaître les rudiments de grandes lignes. Néanmoins elle se trouvait presque amusée par l'étincelle d'innocence que dégageait son visiteur, ce qui loin de le rendre agaçant, le faisait plus sympathique. Il était clairement perdu... Et ce n'était pas étonnant au vu de sa précaire situation. Quoi qu'il en soit il entama les explications d'un ton calme et posé, ce qui la surprit agréablement. Il semblait plutôt mature et bien qu'il ne se complaise évidemment pas de son amnésie, il avait choisi d'agir plutôt que de fermer les yeux. Cela poussait à l'admiration, remarque. Cela devait être on ne peut plus effrayant de perdre ses souvenirs, ainsi que tout point de repère. Ne pas savoir dans quel monde on vit ni qui on est... elle avait du mal à imaginer une souffrance psychologique plus atroce.  

« J'aimerais voir cette cicatrice, si cela ne vous dérange pas. Mais je vous en prie, continuez. »

La prêtresse ne cherchait pas à l'interrompre, surtout que les informations qu'il lui donnait étaient importantes pour qu'elle puisse comprendre ce qui se passait vraiment. Car malheureusement s'il voulait retrouver son passé, il devrait y fouiller activement, quitte à y trouver des choses qu'il ne voulait pas. C'était le risque avec les cas d'amnésie, des cas délicats où la stabilité émotionnelle jouait un rôle important dans la rémission. Pensive, Irina jeta un autre regard vers le lit de bois. Ses yeux se perdirent alors dans la gravure stylisée dans le bois... Aemyn. Et si du jour au lendemain elle oubliait tout, jusqu'à l'existence de son propre fils ? Elle réprima un frisson en même temps que cette idée stupide. Agitant la tête ainsi que quelques mèches rouges au passage, elle chercha à rassurer Eshyr.

« Chaque cas d'amnésie est différente et unique, d'après ce que j'ai pu constater. Les sources de l'oubli sont diverses, même si c'est souvent un fort coup sur la tête qui en est la cause. Les cas provoqués par un choc émotionnel existent aussi bien sûr, mais cela ne représente qu'une minorité. En ce qui nous concerne si vous avez été trouvé sur la plage, il est en effet fort probable que les suites du naufrage vous aient fait perdre la mémoire. Enfin jusque là je ne suis pas d'un grand secours, vous le savez sans doute déjà. Au passage, avez-vous développé une phobie de l'eau, ou de prendre le bateau ? »

La question pouvait paraître saugrenue au prime abord, seulement c'était loin d'être anodin. Irina cherchait simplement à délimiter les dégâts émotionnels qu'il avait subi, afin de mieux cerner son champ d'action. Par ailleurs il lui fallait un vecteur vers ce qui s'était passé avant le naufrage, et la peur en était un. Ce serait un moyen très efficace d'arriver à remonter dans le temps, seulement ce n'était pas sans conséquences. Le jeune homme qui paraissait plutôt émotif, en détresse par le vide qui le suivait comme une ombre, aurait-il les épaules pour assumer son choix ? Jusqu'où serait-il prêt à aller pour parvenir à ses fins ? Telles étaient les questions. Enfin, ils n'en étaient pas encore là et il était prématuré de penser à une solution alors qu'elle prenait à peine connaissance de l'ampleur du problème. Continuant de lui répondre de temps à autres par de petites remarques, la rouquine lui montrait implicitement qu'elle l'écoutait.

« Vingt-cinq ans ce n'est qu'une estimation. Les Yorkas ne vieillissent pas forcément de la même façon que nous les Terrans. Selon leur partie animale ils ont tendance à paraître plus jeunes ou plus vieux qu'ils ne le sont en réalité. D'ailleurs quelle est la vôtre ? »

C'était une question plutôt indiscrète si l'on peut dire, seulement ce n'était que la première de ce qui serait sans doute une longue série. Dans son regard émeraude il n'y avait pourtant pas de jugement facile ni de dédain. Elle avait côtoyé suffisamment de Yorkas -dans le domaine privé comme professionnel- pour ne pas s'encombrer d'hésitations ou de faux semblants. À en juger par sa démarche légère et les oreilles un peu hyperactives du jeune homme, il y avait fort à parier qu'il soit affilié à quelque chose de gracieux et agile... comme un félin. Mais lequel, elle ne saurait le dire. Il avait décidément quelques mimiques en commun avec Koha, bien que leurs caractères soient quand à eux diamétralement opposés. Et heureusement... Un seul chat de gouttière suffisait amplement. Souriant à cette pensée humoristique, elle toussota de sa propre bêtise.

« Je vois. En réalité je ne suis pas choquée le moins du monde par cette annonce. La plupart des Yorkas considère que sa partie animale est dominante sur la partie humaine. Ils jugent que leur forme bestiale est celle où ils se sentent le plus épanouis, les plus complets, les plus entiers. Cela expliquerait pourquoi vous avez retrouvé vos marques en tant que panthère encore plus vite que vous ne vous êtes souvenu comment vous comporter en société, ou comment manier une épée. Par ailleurs sous forme féline votre instinct doit être d'autant plus développé, et il va de même pour vos réflexes. Il y a probablement moins de place pour le questionnement permanent qui vous anime désormais. Vous réagissez plus que vous ne pensez, ce qui fait naturellement resurgir des comportements dont vous n'avez pas souvenir. En ce sens je pense que côtoyer d'autres Yorkas pourrait vous être bénéfique, car ils sauront sans nul doute vous expliquer mieux que moi les subtilités de la transformation, ainsi que ses secrets. »

Juniel frappa à la porte et entra après qu'Irina lui ait donné son approbation. Finalement la jeune brune déposa un grand plateau sur la table basse, avant de s'éclipser rapidement. Une délicieuse odeur de thé envahit la pièce, charriée par la fumée qui s'envolait de la théière de porcelaine. Plusieurs assiettes chargées de pain frais, de petits gâteaux au miel, au gingembre et à la cannelle constellaient la table. Il y avait aussi du beurre, de la confiture et des fruits frais, le tout étant produit et cueilli sur les terres de Nivéria. De quoi nourrir un bataillon en réalité. Ceci dit malgré la nourriture appétissante, la vipérine se contenta de servir les deux tasses de thé, avant de prendre la sienne entre ses mains, l'air un peu absent. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'elle ne brise le silence d'airain, à peine ponctué par la petite respiration régulière d'Aemyn.

« Avez-vous des impressions de déjà-vu ou déjà vécu parfois ? Et si oui, lesquelles ? Je sais que ce n'est pas évident, mais il nous faut trouver un point de départ nous menant à ce dont vous ne vous souvenez plus. »


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MessageSujet: Re: Premier Jour d'une nouvelle vie   Premier Jour d'une nouvelle vie Icon_minitimeMer 4 Juin - 1:12

A peine la servante entra-t-elle avec un plateau bien garni qu'une petite lueur admirative se profila dans les yeux du garçon. Tant de nourriture ! Il saisit poliment et aussi un peu maladroitement la tasse de thé que son hôte lui avait servi, et dès la première gorgée, ses papilles se mirent à essayer d'identifier l'origine de la chose. C'était chaud, sucré, doux... Avec curiosité, il y goûta une deuxième fois dans l'espoir d'obtenir plus de renseignements. Il se saisit d'un petit gâteau, et une expression adorablement enfantine se peignit sur son visage. C'était si bon ! Un vrai délice ! Oh, mince, il serait bien resté ici toute sa vie rien que pour la nourriture ! Des étoiles dans les yeux, il commença à se demander s'il aurait assez de place dans son estomac pour goûter à tout, et complimenter ensuite son hôte pour... Ses manières. Oh, ses manières. Une rougeur légère s'installa sur ses joues, alors qu'il baissait les oreilles, penaud. Un vrai gamin. Qu'allait-elle penser de lui ?! Il était adulte, il était, certes, complètement ignorant de ce genre de choses, mais il se devait d'avoir la raison nécessaire pour garder un contrôle certain ! Il eut un léger soupir, déçu de sa propre faiblesse. A nouveau, il se concentra alors sur la discussion, en tâchant d'être le plus précis possible.

« Je n'irais pas jusqu'à dire une phobie. J'étais mal à l'aise lorsque j'ai pris le bateau, mais plutôt comme quelqu'un de tendu et d'à l'affût. J'en devenais paranoïaque. Il m'est aussi arrivé très fréquemment d'identifier le moindre bruit, sans même forcément posséder des connaissances poussés sur les navires. »

Ensuite, il dû faire un terrible effort pour tenter de se souvenir de moments où il avait eut une impression de déjà-vu poussée. C'était arrivé plusieurs fois, et il n'était pas parvenu à établir de liens logiques entre ces moments. Des déjà vus visuels, mais aussi de goûts et d'odeurs.

« Il m'est arrivé d'avoir une sensation de déjà vu, notamment quand je marchais derrière quelqu'un de plus grand que moi. En fait, en général, dès que je prend un peu de hauteur ou la constate, j'ai la sensation que le paysage ne m'est pas inconnu. Après mon amnésie, j'ai également tout de suite reconnu certains aliments, à leur goût ou leur aspect. Plutôt des choses salées, et très consistantes. Puis, j'éprouve toujours une mélancolie que je ne comprends pas quand je sens une odeur de bois légèrement brûlé. Je la trouve agréable... »

Il songea également au fait qu'il pourrait effectivement se mêler à d'autres Yorka. Mais il n'était pas vraiment sûr de la réaction de ceux-ci, ni même de comment il devait se comporter avec eux. C'était comme s'il n'était qu'un nouveau-né, qui devait tout apprendre de leurs idées. Après tout, s'il avait bien intégré les Ascans, pourquoi ne pourrait-il pas se mêler à ceux de sa race ? Ses pensées restaient confuses et anxieuses, mais il s'efforça de les chasser rapidement. Elle voulait voir sa cicatrice. Il prit un peu de temps à enlever ses effets, puis enleva son haut, dévoilant la marque qui s'étendait. Une large balafre blanchâtre qui dévorait la partie droite de son corps, pour ensuite traverser une partie de son ventre, dans un arc de cercle très léger. Elle se détachait nettement du reste de son corps, le rendant soudainement beaucoup plus vieux et beaucoup plus dur. Il n'avait plus rien d'un enfant, avec cette expression distante et ce corps d'homme blessé. Il ajouta, légèrement amer :

« Elle était assez profonde, de ce que j'ai compris. Mes connaissances en médecine sont quasi inexistante, mais elle aurait pu être mortelle si on ne m'avait pas rapidement trouvé. Ironiquement, le sel de la mer a aussi en partie désinfecté la plaie, ce qui a sans doute augmenté mon espérance de vie de quelques temps. Suffisamment pour qu'on puisse me retrouver en vie, en tout cas. Je ne ressens plus grand chose à cet endroit. »

Il la regarda, curieux de connaître ses idées et son diagnostic. Il n'était nullement gêné qu'elle le voit ainsi. Sur l'île, beaucoup l'avait déjà vu. Quelle différence cela faisait ?
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Irina Dranis

MessageSujet: Re: Premier Jour d'une nouvelle vie   Premier Jour d'une nouvelle vie Icon_minitimeDim 8 Juin - 14:29

Irina avait été plutôt surprise de la spontanéité de son invité, qui sans s'en apercevoir laissait s'échapper quelques petits bruits de contentement. Il semblait se délecter des plaisirs les plus simples comme la nourriture, ce qui était tout à son honneur. Le monde manquait d'esprits innocents et qui s'attachaient à l'éphémère. Après tout rien n'était éternel... ou presque. Dans tous les cas il était d'une transparence touchante et pleine de fraîcheur. C'était une bouffée d'air frais à lui tout seul, bien qu'évidemment les raisons de sa présence n'aient aucun rapport avec une visite de courtoisie. D'ailleurs les réactions du jeune homme ne provoquèrent rien de plus qu'un sourire amusé au coin des lèvres. Elle avait grandi dans les rues, là où les seules manières étaient la loi de la survie. Courir plus vite, être plus rusé et meilleur menteur, savoir passer inaperçu, et avoir de la chance. Les commandements de meilleurs voleurs et autres ladrinis, bien qu'elle ne se soit jamais engagée dans cette voie. Cela aurait pu, remarque... ce serait même sûrement devenu son métier si elle n'avait jamais rencontré Alana, sa mentor.

« Paranoïaque ? À quel sujet ? »

S'il parlait toujours de l'eau, il n'y avait en réalité rien de plus légitime. C'était le cas de dire que panthère échaudée craint l'eau froide... Mauvais jeux de mots à part. D'autre part cette réponse ne l'arrangeait pas du tout. Certes pour son diagnostic c'était encourageant de savoir qu'il n'avait pas gardé des séquelles psychiques, cependant l'absence de phobies ne facilitait pas la création d'un vecteur débouchant sur ses souvenirs. En outre les informations qu'il lui donnait étaient loin d'être inutiles ; même si à ce stade ils en étaient réduits à de simples suppositions. Difficile de vérifier quoi que ce soit à cette distance, surtout qu'Irina était mal placée pour jouer aux devinettes.

« Il n'est pas improbable que vous ayez fait partie d'un équipage quelconque, que vous ayez vécu longtemps à bord d'un des nombreux navires écumant les mers du sud, sans être marin. M'est avis que c'est la seule explication plausible, si l'on se base sur ce que vous m'avez raconté. Et lorsque les Ascans vous ont trouvé, aviez-vous des effets personnels ? »

Un objet unique et personnel pourrait leur donner quelques indices, à défaut de leur révéler ce qu'ils voulaient savoir. Savoir ce qu'il portait au moment de l'incident pouvait également être une grande aide, pour peu qu'il s'en souvienne bien sûr. D'un autre côté l'odeur de bois légèrement brûlé ne lui évoquait rien de particulier. Son imagination débordante avait du mal à visualiser autre chose qu'un combat naval comme on en racontait si souvent dans les livres, soit des abordages pirates qui faisaient les délices des rats de bibliothèque. C'est pour cette même raison qu'Irina se forçait à se fixer sur les informations objectives avant tout, afin de ne pas laisser les détails obscurcir sa raison.
S'approchant donc pour la première fois, elle vint regarder par elle même la trace cicatricielle laissée par la 'deuxième naissance' d'Eshyr. Une drôle de façon de commencer son existence, en effet. D'un toucher ferme mais léger, elle tâta les plaies. Cette blessure était plutôt impressionnante, les sillons clairs traversant la peau de son torse. C'était une trace régulière et plutôt droite, ce qui laissait présager que dans la mesure du possible, il avait été soigné correctement. Quand à l'origine possible de la balafre, c'était plutôt dur à déterminer. À priori elle serait tentée de supposer que cela avait été causé par une arme blanche, mais ce n'était pas suffisamment caractéristique pour qu'elle puisse l'affirmer. Son regard s'était fait neutre et pénétrant, comme si elle pouvait voir à travers le puits des yeux clairs du Yorkas.

« Plus grand chose, vous voulez dire que vous n'avez plus mal, ou bien que vous avez développé une certaine forme d'insensibilité ? Oh, et puis-je savoir depuis combien de temps vous avez été accueilli par les Ascans ? »

Pour l'instant elle n'avait pas plus de questions, car elle n'en savait pas suffisamment. D'autre part c'était plutôt rassurant de voir qu'Eshyr n'avait aucun symptome alarmant, qu'ils soient psychologiques ou physiques. Pas de blessures sérieuses, pas de séquelles, pas de troubles de la personnalité apparents, en bref rien de préoccupant, au moins à première vue. Ceci dit ce jeune homme avait le don de l'intriguer malgré tout. Il avait des mimiques d'enfant paumé et un minois de jeune éphèbe, de quoi en troubler plus d'un, en réalité. En plus de ça il avait l'air plutôt perspicace et curieux, ses yeux trahissant une vive intelligence. C'était sûrement quelqu'un de débrouillard, ce qui laisser deviner qu'il avait sûrement un plan de secours au cas où elle n'avait pas les solutions qu'il cherchait.

« À moins que nous ne fassions une découverte au cours de nos conversations, je doute pouvoir vous rendre la mémoire dans l'immédiat. Ceci dit je mènerai des recherches à ce sujet pour voir ce que je peux faire. Quoi qu'il en soit, il ne faut surtout pas que vous cessiez de vivre pour autant. Je comprends que perdre son identité soit douloureux, cependant je ne crois pas que la retrouver vous rende plus heureux. Il serait plus sain de trouver une nouvelle voie, une voie en accord avec ce que vous avez bâti depuis que vous avez repris conscience. D'ailleurs... vous comptez rentrer immédiatement à El Bahari ? »


Premier Jour d'une nouvelle vie 14xgirr
« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »
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MessageSujet: Re: Premier Jour d'une nouvelle vie   Premier Jour d'une nouvelle vie Icon_minitimeMer 11 Juin - 17:38

Le corps tout entier du jeune homme se tendit. Plus heureux ? Là n'était pas la question. Ça n'avait rien à voir avec sa vie, avec les choix qu'il avait fait depuis lors. Cette autre partie de lui était morte au moment où il avait repris conscience, sans souvenirs, comme un être nouveau. Ce n'était pas une question de bonheur ou de vie. Il avait besoin de savoir ce qui était mort en même temps pour permettre sa naissance. Ça n'était pas douloureux. Si ça l'avait été, il en aurait sûrement payé le prix. Mais comment pouvait-il penser être plus heureux ainsi, ou même à sa douleur ? Le monde entier semblait penser qu'il n'était qu'un pauvre garçon, un amnésique qu'il fallait aider. La pitié. Il ne voulait pas de ça. Au plus profond de lui-même, il ressentait qu'il pouvait être fort, même qu'il devait l'être. Il n'était pas question d'abandonner ou de tourner la page. Il avait essayé, pendant des années. Ou cela l'avait-il mené ? A cette vie paisible et agréable sur l'île. Mais son corps se souvenait. Cette entaille lui rappelait chaque jour qu'il n'était pas en sécurité, qu'il y avait des choses à faire, importantes. Il s'efforça néanmoins de garder cette colère d'incompréhension en lui, pour répondre le plus calmement possible à Irina.

« Paranoïaque dans le sens où j'en viens à voir des choses irréelles. Sur le bateau, je n'ai cessé d'être à deux doigts de dégainer au moindre pas vers moi. Comme si je redoutais une attaque. Lorsqu'on m'a trouvé, la seule chose que j'avais sur moi, qu'il me reste de tout ça, c'était une toute petite bille de verre. »

Pour illustrer son propos, il sortit la minuscule chose de sa poche, la posant soigneusement sur le plateau. L'objet roula, dans un sens puis un autre, jusqu'à rencontrer un bord et s'arrêter. Parfaitement transparente et d'une rondeur impeccable, la bille ne présentait rien de particulier à première vue. En y regardant de plus près, on pouvait remarquer un léger renforcement qui traçait une gravure, un symbole. Le jeune homme avait bien sûr essayé de savoir d'où il venait, mais sans succès. Peut être qu'une personne du continent saurait d'où venait cet objet, ou même à qui il appartenait réellement ? Ses pistes étaient maigres, et il lui semblait que personne ne pouvait comprendre ce désir ardent qu'il ressentait. Lui faudrait-il s'expliquer ? Probablement.

« Les deux. Je n'ai plus mal, et je suis insensible tout le long de ma plaie. De plus, cela fait environ trois ans. J'ai été très bien accueilli et on ne m'a jamais empêché de me renseigner sur quoi que ce soit si cela pouvait m'aider. Au bout de plusieurs mois, ils se sont accordés à penser que je ne retrouverais probablement jamais la mémoire, et m'ont accepté comme un membre à part entière de la communauté. »

Une légère impulsion sur ses doigts se fit sentir, et il serra le poing bien malgré lui. Ses oreilles se rabaissèrent tandis qu'il saisissait son haut, dans l'optique de le remettre. Il s'arrêta dans son geste, sourcils froncés et lèvres pincés, comme embêté. Au bout d'une seconde qui lui parut une éternité, il se redressa et se rapprocha de son hôte. Il ne souriait plus, et son visage semblait s'être incroyablement durci. Son regard était fixe, fier et empli d'une certaine vigueur.  Il n'arborait pas non plus un air hostile, juste un sérieux et un calme inhabituel de sa part. Il n'y avait plus ni joie ni quelconque forme de naïveté ou curiosité. Il se sentit obligé d'expliquer à cette dame ce qu'il ressentait.

« Poursuivre ma vie ou profiter de la chance qui m'est donné n'est pas la question. Cette vie passée n'est plus la mienne, comme si j'étais mort une première fois. Effectivement, ça ne m'apportera ni le bonheur ni le réconfort. Je pourrais très bien être la pire des ordures, un tueur ou un pirate, avoir provoqué le désespoir de nombres de personnes. Mais je veux le savoir. Je veux savoir ce à quoi j'ai échappé, ceux à qui j'ai causé du tort pour mon propre intérêt. Je n'arriverais jamais à avancer, parce qu'à choisir entre une vie où tout m'est possible et où je ne suis que gentillesse et bonté, et une vie dont j'ignore tout, je crois préférer celle dont j'ignore tout. Ne trouvez-vous pas qu'il n'y a rien de plus frustrant que d'avoir un destin tout tracé ? De devoir se conformer aux attentes des autres sans savoir ce qui nous plairait vraiment ? J'ai appris, pendant trois ans, à aimer, à rire, à faire abstractions de tristesse ou de souffrances. La joie de vivre est un sentiment contagieux, quand on sait le partager. Mais il y a une tâche, dans le décor. Il y a cette lacération qui me crie que ça n'a pas toujours été le cas. Ça n'a jamais été douloureux pour moi. Je ne sais pas ce qu'est la douleur, je ne suis qu'une pauvre lavette qui fuit aveuglément. Pourtant, je sens qu'il y a quelque chose. Quelque chose de très important, que je ne peux pas me permettre d'oublier, qu'importe ce que je ressens. Je dois le retrouver, même si ça doit me coûter tout ce que j'ai, quitte à mourir une seconde fois. Vivre sans passé, vivre sans le poids de souffrances. Nombre de personnes m'ont déjà dit que j'avais de la chance, que je pouvais être heureux. Il y a juste un truc avec le bonheur. »

Comme s'il s'agissait là d'une fatalité, il détourna le regard, comme profondément blessé par ses propres mots.

« On ne sait qu'il est là que lorsqu'on a déjà souffert. Être seul au monde peut ne jamais déranger personne. S'ils ne savent pas ce que ça fait d'être ensemble. C'est la même chose. Je peux très bien être heureux. Ça continuera encore et toujours. Mais je ne saurais jamais ce que ça fait vraiment, parce que je n'ai pas la notion de souffrance. Comment voulez vous éprouver du soulagement, de la joie, si vous ne savez pas d'où vous revenez ? Je n'ai rien à bâtir ; on a déjà tout pensé, tout prévu. Je pourrais m'en satisfaire. Je pourrais. Mais je ne le veux tout simplement pas. Je ne veux pas être une conséquence, une chose qui n'a qu'à regarder son présent défiler et sourire. Je veux être une personne à part entière. »

Le jeune homme se retourna finalement, pour faire dos à son hôte. Personne ne comprenait. Même lui n'était pas tout à fait certain d'avoir utilisé les bon mots pour décrire ce qu'il ressentait. Il ne comprenait pas vraiment. Et mince. Il avait déballé des choses, des idées, dont il n'avait aucune certitude du fondement à un médecin, qui l'accueillait gentiment. Une vive rougeur se forma sur ses joues tandis que ses oreilles se collèrent davantage à sa tête, mort de honte. Oh là là. Qu'est-ce qu'il faisait ? Il serait bien parti en courant devant sa propre attitude, ridicule et puérile. Elle allait le prendre pour un fou, un demeuré qui ferait mieux de rester tranquillement sur son île. Une petite voix lui informa qu'il n'avait pas répondu à la dernière question de son hôte, et il lui fallut faire un effort incroyable pour parler.

« Heu, non... Je... Je n'y ai pas vraiment réfléchi. »

De mieux en mieux. Voilà qu'il balbutiait, sur une voix timide et presque enfantine. Du nerf ! Était il oui ou non un homme ? Bien sûr, bien sûr ! Voilà à quoi ça l'avançait de ne pas voir plus loin que le bout de son nez ! Des ennuis, des gens furieux, et des bêtises dans tous les sens ! Quand saurait-il enfin rester à sa place et se contenter de ce qu'on lui donnait, au lieu d'aller regarder ailleurs par curiosité ? Qu'il se mette une bonne fois pour toute dans le crâne ses responsabilités ! Mais ce n'était juste pas son truc... Il voulait savoir, c'était plus fort que lui. Plus fort que tout son être. Oh là là. Pourquoi ne pouvait-il pas se cacher sous terre ? Creuser et ne jamais ressortir. Bonne idée. Il restait là, comme un imbécile, complètement figé et dans l'attente d'une réaction de la dame. Bonne ou mauvaise ? A vrai dire il n'était pas vraiment sûr... Se moquer de lui, lui faire comprendre une certaine colère, le jeter à la porte...? La prochaine fois, essayer d'être courtois et aimable avec quelqu'un qui pouvait potentiellement l'aider !
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MessageSujet: Re: Premier Jour d'une nouvelle vie   Premier Jour d'une nouvelle vie Icon_minitimeMer 18 Juin - 17:29

Bien des théories voyaient le jour dans un coin de son esprit serpentin, lui soufflant des idées concernant ce qui avait pu causer les événements liés à la perte de mémoire de son patient. Bien des possibilités, plus ou moins cohérentes et probables qui pouvaient contenir des morceaux épars de vérité. Or ce n’était pas de fragments douteux qu’Eshyr avait besoin, mais de la Vérité pleine et entière, dure et inflexible. Irina pouvait  le comprendre. Il faisait preuve d’un grand courage -couplé à une grande obstination et pas mal de masochisme- en voulant chercher dans les ténèbres de son passé. Néanmoins il n’avait rien d’autre, alors c’était compréhensible qu’il persiste encore et toujours. Ce n’était en effet pas cet entêtement qui perturbait Irina, mais le désespoir qui émanait de lui. Il serait relativement facile de trouver une explication à ce qui avait pu se passer en se basant sur les informations qu’il lui avait données. Elle aurait pu cimenter sa théorie avec des faits réels et le manipuler afin qu’il croie chacune de ses paroles. Il lui aurait même été possible de prétendre qu’elle avait des visions, ou une autre bêtise du genre. Mais elle ne le ferait pas, parce que cela reviendrait à lui mentir honteusement et piétiner ses espoirs de retrouver celui qu’il avait jadis été. Cela n’arrangerait rien à sa situation, tout simplement.

« Il est fort probable que vous ayez connu des abordages par le passé. Même si évidemment je ne saurais vous dire si vous en avez été la victime, ou le meneur. Je ne suis pas du tout experte des us du sud, mais j’ai ouï dire que la piraterie a toujours été au goût du jour. Enfin dans tous les cas je ne saurais me prononcer sur vos origines en fonction de votre morphologie. Vous me paraissez sans doute pas assez bronzé pour être d’El Bahari, mais vous ne possédez pas non plus la pâleur du nord. Hum. Peut-être d’Eridania ou Cebrenia. »

Irina considérait les différentes possibilités. Argyrei était une région peu peuplée alors les chances qu’il vienne de là-bas étaient plutôt minces. Ensuite il restait bien Phelgra et ses cités sombres et malfamées, mais quelque chose lui disait que ce jeune homme n’était pas vraiment familiarisé avec les milieux urbains. Sa condition de Yorkas la poussait à dire qu’il appréciait les milieux dégagés et la vie au grand air, cette même vie qu’il semblait apprécier auprès des Ascans, malgré ses frustrations. Selon son expérience, ce genre d’habitudes n’était jamais amené à changer, qu’importent les pertes de mémoire. La prêtresse soupira, sirotant son thé avec un calme surprenant. Elle écoutait toujours attentivement ce que lui racontait son invité, se limitant à demander quelques précisions de temps à autres. D’ailleurs elle ne tarda pas à prendre la petite bille de verre dans sa main, afin de l’observer de plus près.
Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas vu un tel objet. En soi il n’y avait rien de spécial, car ce genre de petites billes, souvent colorées, étaient un jouet fort populaire il y a quelques décennies, parmi les enfants les plus aisés. Désormais elles étaient un peu tombées dans l’oubli, car d’autres jouets plus à la mode avaient pris le relais. Des chevaux de bois, des bilboquets, des figurines, des peluches et des petits charriots… Il y en avait bien d’autres qui s’imposaient plus facilement, et la tendance était à la complexité. Irina fit rouler la petite boule entre ses doigts, appréciant l’éclat qui la traversait sous la lumière. Elle n’avait jamais possédé une telle chose, mais elle se souvenait parfaitement d’avoir essayé plusieurs fois d’en subtiliser à de enfants nobles. Cela l’avait toujours frustrée de les voir se pavaner dans les rues de la ville, des jouets sous le bras et des sacoches pleines de billes arc-en-ciel…

« Je ne connais pas ce symbole… Mais il est possible que l’artisan qui a fabriqué ceci ait retranscrit l’écusson ou le symbole d’une maison aristocratique, avec plus ou moins de succès. Dans tous les cas cela pourrait être une première piste, aussi maigre et hasardeuse soit-elle. »

Posant sa tasse sur la table basse, Irina réfléchissait, pondérait de nombreuses éventualités. Elle n’était pas vraiment calée en jouets et encore moins en commerçants qui en vendraient, mais en usant de ses contacts il devrait lui être possible de trouver quelques noms, ou à défaut des adresses de magasins. La rouquine passait en revue l’éventail de gens qui pourrait éclairer sa lanterne lorsqu’Eshyr se rapprocha tout d’un coup. Instinctivement elle se redressa dans une posture un peu rigide, n’appréciant clairement pas l’invasion de son espace vital. Pourtant elle le regarda sans trembler, un sourcil haussé. Il avait visiblement des choses à dire, alors inutile de l’interrompre. De toute façon il ne s’arrêterait probablement pas avant d’avoir terminé. Mettant sa contrariété de côté pour le moment, Irina le laissa s’expliquer, avant de le recadrer au sujet de ses paroles.

« Je ne vous ai pas dit d’oublier cette quête de vous-même, je vous ai rappelé qu’il faut tout de même continuer à vivre, sous peine de gâcher cette deuxième vie qui vous est offerte. Beaucoup n’ont pas cette chance, alors d’une façon ou d’une autre, saisissez-la. »

Les mots prononcés par le jeune homme ne tombèrent pas pour autant dans les oreilles d’une sourde. Il n’avait pas tort, et ce qu’il disait lui paraissait vrai, même si c’était sans doute discutable à bien des égards. Il prétendait ne jamais avoir souffert, et pourtant son regard, ses poings serrés et son désarroi suintant à chaque phrase lui hurlaient le contraire. Ce n’était pas qu’il n’avait pas souffert, c’est plutôt qu’il était engourdi par cette souffrance sans même s’en rendre compte. Irina lui sourit tristement, comme si elle venait de réaliser quelque chose qu’il était trop jeune pour comprendre. Sa voix se nappa de mélancolie bien malgré elle, comme  si elle abordait un sujet qui la touchait sans pour autant être prête à donner des détails.

« Parfois vivre seul est aussi douloureux que de vivre en groupe, si on ne se sent pas intégré. Parfois vivre en groupe est insuffisant, quand quelque chose d’autre nous manque. La solitude est un fardeau aussi libérateur que vénimeux. Il  n’appartient qu’à vous, sans attaches et sans limitations, de vous battre pour retrouver ce qui vous appartient, retrouver cette chose si importante dont vous ne vous souvenez plus. Je n’essaie pas de vous en détourner. En réalité je vous aiderai si c’est à ma portée, mais il vous faudra probablement remettre votre retour aux îles pendant une durée indéterminée. Êtes-vous prêt à cela ?»

Son calme restait inchangé malgré la proximité du jeune homme, duquel elle n’avait perçu aucune agressivité. C’était d’ailleurs la seule raison qui expliquait qu’elle l’ait tolérée sans se sentir obligée de le recadrer dans l’immédiat. Ceci dit il n’était jamais trop tard pour rectifier le tir s’il se faisait trop insistant… Et sa main tendue pourrait tout autant devenir un poing fermé à son encontre. Le regardant de ses yeux perçants, Irina ne bougeait pas d’un poil, espérant qu’il finirait par comprendre de lui-même qu’il ne servait à rien de s’exalter.


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« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
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