[QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]



 
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 [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]

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MessageSujet: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Dim 31 Aoû - 3:58

Attention:
 



Thémisto, la cité noire.

Une ville sommes toutes assez agréable, si l'on aimait la pourriture, la pauvreté, la misère et la violence. La "capitale de Phelgra" disait-on, le continent sombre et mal aimé d'Isthéria. Tout y était de noir et de peur, depuis les bâtiments gigantesques et poussiéreux qui tombaient en ruines décatis sous les assauts lents et insatiables du temps, aux égouts putrides et souterrains, véritables boyaux gigantesques qui traversait les villes de part en part dans un immense dédale lugubre où proliférait la vermine et le chancre de l'humanité. Une ville taillée dans le désespoir de ceux qui y étaient retenus prisonniers à jamais par un destin trop cruel, ils erraient dans les rues comme des spectres vidés de toute lumière et arpentaient les rues mal éclairé de la cité. Aujourd'hui et à jamais, car ne disait-on pas "Qui naît à Thémisto, meurt à Thémisto" ? C'était un lieu où la seule loi qui avait encore de la valeur était la loi du plus fort. Et ici, la loi c'était les Cavalier de Sharna qui la faisait. Ni les maires stupides ou les chefs de la pègre. Ah les cavaliers de Sharna ... De belles bêtes hein ? Si violents, mauvais, et promptes à semer la discorde en l'honneur de leur dieu, ou en l'honneur d'eux même ! Quoi qu'en ce moment ils étaient plutôt calme, trop calme. Quel dommage, il faudrait y remédier, mais plus tard. Cela pouvait attendre. Il les avait déjà vus à l'œuvre. Il avait même déjà provoqué leurs "investissements" dans certaines affaires, mais ça c'était une autre histoire : eux n'avait sans doute encore jamais entendu parler de lui. Comme la plupart des Isthérien.

Pour l'instant.

Un éclair déchira les cieux torturés qui pleuraient doucement sur le Cimetière des Condamnés, comme une énorme balafre aveuglante. Il révéla un cours instant les murs poussiéreux dévorés par les ombres et le temps, laissant tomber de leurs pans des morceaux entier de pierres fissurés et vieillis. Il révéla dans un flash les grandes grilles rouillées et tordues qui grinçaient comme des dents trop vielles d'un animal mourant, le sol de fange putride parcouru de racines séchées et de branches cassantes, les arbres squelettiques semblable à des gardiens figés projetant furtivement leurs ombres menaçante sur les milliers de tombes mal entretenues qui se dressaient maladroitement au dessus de la boues, comme autant de mains pétrifiées à jamais, tentant de sortir de terre et d'agripper vainement d'énormes morceaux de ciel avec la rage du désespoir. Une rage éteinte depuis longtemps. Tétanisée à jamais. Pas âme qui vive dans ce cimetière, il ne semblait être qu'un tableau morne et sombre : il était lui même un cadavre qui gardait des cadavres. Une parfaite représentation de Kron en somme, Dieu des morts. Un lieu vide de tout qui se faisait lentement grignoter par les ténèbres.

Vide  ?

Non, pas vraiment. La lumière maladive et éphémère révéla autre chose dans ce lieu maudit : un sourire. Un sourire étrange sur deux lèvres gercés, entres deux fines bandelettes de lins. Il était venu cette nuit là, et les dieux seuls savaient ce que cela pouvait présager. Tel une gargouille de mauvais augure, il se tenait accroupi, immobile sur un des piliers qui encadraient la grille d'entré, contemplant de ses yeux cendrés le cimetières qui s'étendait dans l'obscurité sans lune. Il ne bougeait pas, ne semblait pas même respirer, et à le voir dans les ombres on aurait put le confondre avec une statue de pierre taillée pour effrayer les inconnus et les passants perdus. Il attendait tranquillement dans la nuit, sous la fine pluie qui tombait doucement, seulement quelques goûtes de ci de là qui venait donner au lieu, en plus de l'apparence, la moiteur d'un cadavre moisie. Il avait ... Des choses à faire ici : une vieille amie à revoir, une tombe à profaner, un objet qui lui revenait. Tout un programme ! En tout cas, il était sûr de bien s'amuser ce soir là, la simple poésie du lieu emplissant son cœur d'une gaieté enfantine. Une petite promenade de santé avec une amie meurtrière dans un endroit mort en pleine décomposition, que demander de plus ?
Un mois tôt il était allé rendre visite à l'autre qui ne tarderait maintenant plus à venir le rejoindre. Comme à son habitude, il s'était incrusté dans son bureau au nez et à la barbe de tous. Elle, ça ne l'avait pas surprise plus que ça, il se connaissait depuis quelques temps, et elle connaissait son talent pour l'imprévisible. Là bas, il lui avait fait une proposition. Il avait besoin d'elle, et elle avait besoin de ses services : comme d'habitude entre eux, c'était des échanges de bon procédés, et surtout un jeu parfois un peu fou. Bien évidemment, l'autre avait accepté. Après tout, ce n'était qu'une tombe ! Pourquoi la momie voulait la profaner, elle l'ignorait, et ce n'était pas le plus important. Mais cette dernière l'avait prévenue : contrairement à la plupart de leurs autres acquisitions, celle-ci ne resterait qu'à lui exclusivement : il en aurait grand besoin à l'avenir. Cela la surpris, elle n'avait pas l'habitude de le voir si matérialiste. Mais elle accepta tout de même. Alors il l'avait quitté - en passant par la fenêtre bien évidemment - et il s'était donné rendez vous là, devant le vieux cimetière, comme le ferait deux simples adolescents en mal d'aventure. Deux adolescents aux hobbies bien sombres et dont les plans pourraient bien, l'un comme l'autre, changer la face d'Isthéria. A jamais.

Et maintenant ? Il n'avait plus qu'à attendre. Comme toujours. En haut de son perchoir à scruter, à sentir les ténèbres qui bougeaient au gré de la brise monotone. Calme, serein, il attendait patiemment sans se soucier du froid et de l'humidité. Attendre, ça ne l'avait jamais dérangé ... De toute façon, il savait qu'il ne pouvait pas échouer. Non pas qu'il était trop sur de lui, simplement que s'il échouait ici, il reviendrait tôt ou tard et il recommencerait. Toujours. Le monde est ainsi fait que lorsqu'il a un but, un rêve, rien ne peu l’empêcher de s'en rapprocher. Les mortels ne peuvent que retarder l’inévitable, encore et toujours, vainement. Mais cela ne servait à rien, tôt ou tard ce qui devait arriver, arrivera. A quelque exception près sans doutes ... Car le monde n'avait pas d'emprise sur ce qui ne lui appartenait pas, ce qui ne faisait pas parti de lui ... Et lui ? Il avait toute l'éternité devant lui. Une éternité à rire, jouer, apprendre et danser. Et bientôt, plus encore.
Enfin, son attention évasive fut attiré par quelque chose à l'extérieur du cimetière. Il la sentait bouger dans l'ombre, se mouvoir avec élégance et grâce comme à son habitude. Elle était enfin là, sa belle petite lune. Les choses allaient devenir plus intéressantes ; non pas que la simple observation des lieux et la méditation le dérangeait, mais la seule pensée ne changeait pas un monde, pas vrai ? Il fallait du mouvement dans la mécanique, et maintenant le doux mouvement s’enclenchait. Le compte-à-rebours était arrivé à son terme et maintenant, les pièces se réarrangeait d'elle même. C'était d'une précision mathématique, comme une vaste horlogerie ou chaque rouage avait sa place, son mouvement, sa position. Et où le hasard venait mettre son grain de sel parfois. Maintenant, le temps était venu d'avancer, d'agir. De placer d'autre pièce, d'en prendre, et de lancer des mouvement. Il était tant de bouger un peu. Son sourire si caractéristique se fit plus large, dévoilant de profil une rangé de dents carnassières dans un croissant de lune qu'il adressa au ciel au dessus de lui - aux dieux peut être, ou au monde lui même. Il posa son regard cendreux et amusé, faussement supérieur et hautain, sur l'individu qui s'avançait vers le portail, comme un juge démoniaque observerait l'accusée qui se préparait à entrer dans le royaume souterrain.

Une voix profonde, sombre, presque théâtrale s'échappa des lèvres gercées de la momie suspendue, et sembla résonner dans l'obscurité autour de l'entrée du cimetière.

- "Te voici arrivé au vestibule de l'enfer, mon amie. Toi qui pénètre en ces lieux morts, abandonne tout espoir." Dit Torenheim, citant un poète ancien et peu connu.

Nouvel éclair dans cette nuit sombre et sans lune, sous les nuages torturés qui roulaient haut dans le ciel de Phelgra, spectateurs impuissants de la tragédie qui se préparait. Ou bien était-ce de la comédie ? Tout dépendait du point de vue. Première scène d'un nouvel acte grandiose dans cette pièce de théâtre magnifique que l'on nommait le Destin.
Même acteurs. Même intrigue. Même théâtre. Même Farce.
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Mar 2 Sep - 3:20

Shell s'ennuyait. Cela devenait de plus en plus constant ; cela la chagrinait outre mesure. Et s'il y avait bien une chose qu'elle détestait par dessus tout, c'était de s'emmerder ferme ! Heureusement, un mois plus tôt, une petite voix s'était glissée dans son bureau, de son domaine Samarcande, où elle résidait le plus clair de son temps. Cette petite voix s'était extirpée d'entre les ombres pour s'avancer silencieusement vers le bureau, un sourire roublard qui dansait de gaieté toujours inlassablement sur ses lèvres.

- « La sécurité laisse à désirer, Mademoiselle. »

Qu'elle l'aimait ce sourire, un sourire tout aussi délectable que carnassier. Dommage qu'il fut affublé d'un pareil accoutrement. A le regarder de la tête aux pieds, ne voir qu'une capuche ample pour mieux dissimuler son visage, un manteau tout aussi large et tombant, à faire pâlir les fantômes tant il était usé, tout cela, couronné de bandelettes éparses et disparates, lui conférait une atmosphère si... Miteuse. Un mendiant, un péon dans son bureau, par n'importe-laquelle de toutes les divinités ! encore heureux que personne ne l'avait vu ici ! S'il commençait à se savoir que le château de Samarcande recevait n'importe quel pignouf... Il faudrait vraiment qu'un jour celui-ci pense à s'habiller ne serait-ce convenablement, il y avait des vêtements amples tout aussi efficaces pour dissimuler son apparence et bien plus élégant que ces guenilles. Et qui sait, il avait de l'allure, une frimousse d'ange ! Il aurait sans doute pu devenir chou, après tout.

Rashell, à l'arrivée de son comparse, était installée dans le fauteuil de son grand bureau, calé tout au fond. Au pied du fauteuil était entortillé un long serpent blanc qui fixait le nouvel arrivait avec des yeux pers. C'était amusant, ses yeux étaient tout aussi voraces que ceux qu'il fixait. Les jambes croisées sur le bureau, posée sur celui-ci une tasse de thé fumante qui provenait des confins de Cimmerium, la propriétaire de la demeure lisait un ouvrage reposant sur son bas-ventre, habillée d'une nuisette en soieries blanches à dentelles qui reposait jusqu'en haut de ses cuisses...

Les visites de Torenheim avaient beau être impromptues, quand c'était pour lui donner de l'occupation, elle y prêtait attention.

Tout de même, cavaler pendant plus de trois jours, en passant une nuit à Umbriel, (charmante ville d'ailleurs, tout aussi puante que Ridolbar), cela juste pour de la distraction avec son cher ami, elle espérait fortement que l'expédition en valait la chandelle. Shell était arrivée à Themisto dans l'après-midi, avant réservé un endroit, le plus calme possible qu'elle ait trouvé, pour mettre Luna à l'abri ; elle en avait profité pour se procurer une carte de la ville afin de trouver aisément le cimetière. Elle l'aurait bien demandé, mais ne sachant pas ce que les deux tourtereaux allaient faire là-bas, s'il arrivait quelque chose à cet endroit, il valait mieux que personne ne sache qu'elle s'y trouvait... Dans les rues sombres de la cité, la féline Lhurgoyf se mouvait avec discrétion, longeant les murs ; profitant de la nuit noire pour avancer rapidement. Arrivant au portail du lieu de rendez-vous ; elle sonda l'endroit d'un regard à 180 degrés. Elle ne tarda pas à repérer son cavalier d'un soir aux faveurs d'un éclair, accroupi en haut d'un pilier de l'entrée; telle une gargouille, arborant ces mêmes loques, à quelques choses près ; sa garde-robe n'avait donc pas été refaite depuis, quelle déception. Shell, quant à elle, qui prenait grand soin de son apparence, s'était parée d'un haut gris, à décolleté drapé qui laissait à vue le haut de son buste ; elle portait aussi une veste ample aux couleurs pourpres et aux manches qui lui arrivaient jusqu'aux coudes. Les pans intérieurs de celle-ci étaient ornés de boutonnières dorées. Son pantalon était gris aussi lui aussi, ceint par une sangle de tissu bordeaux, et surmonté de cuissardes noires à revers. Ses cheveux ramenés en une longue queue de cheval, laissait son visage dégagé, hormis pour quelques mèches délicates qui venaient presser amoureusement l'arrondi de ses joues.

A l'accueil de son 'ami', Shell lâcha un sourire amusé :

- « Pas besoin d'espoir quand on ne sait pas ce que l'on vient chercher, mon cher. Mais surprends-moi donc. »

Dans la pénombre, Shell quitta la momie grimpante pour franchir la grille de ses yeux et essayer de distinguer le vaste cimetière de Thémisto. Une infinité de tombes, de caveaux étaient dressés vers le ciel obscurci par la nuit. Si ça se trouve au fil des siècles, Shell avait perdu des occasions de venir faire des choses intéressantes ici, c'était dommage.

- « Mon chou, ce n'est pas très romantique comme lieu de rendez-vous tu sais. »


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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Sam 6 Sep - 1:55

Le fin sourire de Torenheim s'élargit alors que ces yeux gris se posaient sur la silhouette de celle qu'il attendait ici. Il restait là haut, perché comme à son habitude en haut des lieux les plus improbables, à regarder plus bas la Lhurgoyfs qui s'avançait avec grâce et légèreté dans la nuit profonde et obscure. Un rayon de lune perça l'épais linceul de nuage qui cessait de pleuvoir, comme pour la saluer, et fit briller sa chevelure d'argent d'un éclat cristallin, presque surnaturel. Toujours aussi élégante, hein ? Même à ce genre d'occasion, Rashell accordait toujours une grande importance à son apparence, ce qui ne manquait jamais de faire sourire la momie d'un amusement pour le moins taquin. Après tout, chacun avait sa vision des choses ! Elle se moquait de son accoutrement inchangé depuis des lustres sur lequel le temps avait dut faire ses griffes, et lui se riait de sa futilité et de son matérialisme. Mais cela ne l'avait jamais dérangé, ce n'était qu'histoire de rire un peu. Si la Lhurgoyfs prenait plaisir à voir son image élégante en toute circonstance, qui était-il pour la blâmer ? Chacun prenait son plaisir où il pouvait ! A défaut de trouver un sens à sa vie, autant lui donner du goût. Enfin ... Ils verraient bien, après cette douce nuit, si sa tenue sera toujours aussi impeccable. Avouons que le contraire serait plutôt cocasse.
À la vue de son visage levé vers lui, marqué de ce sourire en coin qui se dessinait sur ses lèvres comme pour répondre au sien, Torenheim - dont seule la silhouette étrange et accroupie était visible dans ces ténèbres obscures, ainsi que les deux points lumineux à l'emplacement de ses yeux - attendit la réponse de son invitée sans bouger d'un seul centimètre, à tel point qu'on aurait put le confondre avec une statue menaçante si sa cape ne bougeait pas derrière lui au gré de la brise nocturne. Sans réagir une seule seconde, il écouta la demoiselle répondre à son accueil. Une fois qu'elle eut terminé, les lèvres de la momie s'étirèrent entre ses bandelettes, dévoilant sous la lumière lunaire sa dentition prédatrices dans un sourire narquois alors qu'un léger ricanement s'échappa d'entre elles. Il répondit tranquillement, sans bouger d'avantage, les yeux toujours posé sur sa chère Miss Samarcande.

- N'es-tu pas au moins venu dans l'idée de chasser l'ennui ? Je pense que si tu ne nourrissait aucunement ce désir, et si tu n'avais pas au fond de toi l'espoir de le réaliser, alors tu ne serais certainement pas là devant moi ce soir. Mais ne t'en fais pas ... Avec la grâce d'un félin et sans un bruit, il se laissa tomber de son perchoir, entre Rashell et la grande grille rouillée du cimetière, sans que ses pieds ne soulèvent la poussière. Le regard se plongeant dans celui de son interlocutrice, il acheva tranquillement avec la même légèreté et le même amusement qu'à son habitude, presque chantonnant. Je suis sûr que l'on va bien s'amuser !

Torenheim continuait d'écouter d'un air tranquil son invitée qui semblait déçue de la destination de son voyage. Mais alors qu'elle faisait par de son désappointement, la légèreté souriante de ses traits laissa place à une profonde consternation, bien évidemment surjoué. Contrairement à ce à quoi l'on aurait put s'attendre, ce n'était pas la familiarité singulière  de la Lhurgoyfs qui frappait Torenheim de stupeur - elle était de toute façon devenu, plus qu'une habitude, un jeu entre ces deux curieux personnages habitués depuis longtemps à ce côtoyer - en fait, ce qui étonnait autant la momie était plutôt ...

- "Pas assez romantique" ? Répéta-t-il incrédule. Mais Rashell, tu plaisantes ! Regardes un peu mieux autour de toi et ouvre les yeux. Torenheim écartait les bras, désignant tout autour les lieux enténébrées à l'entrée du Cimetière des condamnés, posant son regard sur chaque arbre mort, chaque pierre. Je te concède qu'à première vu, il ne paye pas de mine. Mais ça, c'est si tu t'arrête bêtement aux apparence, si tu refuses de voir "avec d'autre yeux". Attends encore un peu, que la lune vienne promener timidement le bout de son nez dans les allées froides et mornes de ce pauvre cimetière abandonnée ; simplement qu'elle foule de son pas dansant la boue et la poussière qui réside ici bas. Alors, sa lumière chassera les ombres et les mensonges enracinés dans ce vieux monde depuis des lustres, et nous révélera le chemin oublié vers des trésors insoupçonnés de tous, et pourtant cachés, juste là, sous la laide moisissure que personne ne veux regarder. Il redirigea son regard vers la Lhurgoyfs, plongeant dans ses yeux. Tu devrais savoir mieux que quiconque qu'il ne faut pas se fier aux apparences, Rashell. Elles ne sont que des mensonges. Ce soir, l'astre lunaire va promener sa chevelure d'argent sur la carcasse maudite que tu vois ici, elle dissipera alors le voile et elle ouvrira la voie. Et au fin fond des ténèbres oubliés que personne ne regarde, elle nous permettra de trouver la Vérité.

Le regard de la vieille momie brilla un instant à ce mot si important, puis il reprit sa légèreté habituelle en observant Rashell en face de lui.
Les allusions, les doubles sens et les métaphores étaient monnaie-courante dans les conversation que menait Torenheim, chez qui la plus innocente des formules pouvait cacher des implications généralement insoupçonnées, la plupart du temps à bien sombre connotations. Mais depuis le temps, Rashell devait s'être habituée à la "langue à double tranchant" que la momie utilisait si souvent. Ces histoire de claire de lune, de cimetière semblable à un cadavre pourrie, ces superbes trésors cachés à la vue de tous les Isthériens, juste là dans les ombres et les "mensonges", et surtout  cette mention semblant si importante à une vérité dissimulée : chaque mot, si anodin qu'il puisse paraître, était en réalité soigneusement choisie, et pétrie de connotations et de sens cachés, pour dépeindre sous les apparences cette fameuse vérité bien plus profonde encore que tout ce que l'on pourrait imaginer. Cette dualité à laquelle faisait si souvent appel la momie, le mensonge et la vérité, la superficialité et la profondeur, l'ombre et la lumière, elle semblait largement ancrée et dans ses discours, et dans son esprit. Car après tout, le concept pouvait s'élargir et tout pouvait être compris dans ces quelques mots paraissant pourtant si anodins et ... Innocent.
Il y avait toujours le sens premier, certes : le cimetière, la lune, les ombres, etc. Mais à bien y réfléchir, chaque terme pouvait, selon une optique différente, être rattaché à un objet ou une idée bien éloignée de ce que l'on pourrait penser. Ni l'une ni l'autre n'était fausse, il s'agissait simplement de la dualité dont Torenheim raffolait tant. Seule le terme "vérité" semblait ne vouloir se raccrocher à rien de concret. De quelle vérité voulait parler Torenheim, à ça, seule la nuit pourrait apporter une réponse.

La momie s'approcha doucement de son invité, les mains croisées dans le dos.

- Vu sous cet angle, cette sortie ne te parait-elle pas bien plus "romantique", petite lune ? Il leva son visage couvert de bandelettes vers celui de Rashell, lui adressant un large sourire chargé d'amusement et de sous-entendu narquois, alors qu'il plongeait de plus près son regard cendré et étrange dans celui de la Lhurgoyfs.

Il resta une seconde à la regarder dans les yeux sans ciller ni sourciller, laissant planer un silence entre eux deux. Puis soudain il tourna les talons dans un courant d'air et parti d'un pas léger, presque sautillant, vers l'entrée du cimetière qui les attendait. Comme si de rien n'était. A le voir bouger ainsi, il donnait l'impression que tout allez pour le mieux dans le meilleur des mondes, et que rien ne pouvait briser sans candide joie de vivre. Après tout, c'était peut être vrai. On aurait presque put l'entendre chantonner au clair de lune un air guilleret et mélodieux.
"Nous cherchons un dénommé Barthendalus !" Précisa la momie. "Ou tout du moins, ce qu'il en reste. Un vieux confrère d'une autre époque, mort pour avoir trop chercher. Il a ... Quelque chose dont j'ai besoin." Il avança donc clopin-clopant sur le sol sale et terreux et se plaça devant la serrure énorme qui maintenait les grilles fermées. D'un geste de la main, il utilisa son pouvoir sur les ombres, les faisant se mouvoir à l'intérieur, pour déverrouiller le vieux mécanisme  qui retenait les portes dans un "clac" sonore. ""Mais nous avons ... Toute la nuit pour discuter, n'est-ce pas ?" précisa-t-il en même temps. Puis il tourna son visage vers Rashell, avec toujours ce même sourire roublart aux lèvres. Il était clair cependant qu'il ne prenait pas l'affaire totalement à la légère, ce qui était particulièrement rare, car malgré son rictus permanent, ses yeux semblaient pétiller d'une étrange excitations. Lentement, il poussa la porte déjà entre-ouverte sur le sombre cimetière alors que celle-ci grinça sinistrement dans la nuit, comme l'ultime plainte d'un mourant dans quelque caniveau. Il se décala et laissa à sa très chère amie la place de passer, s'inclinant respectueusement devant elle, à la manière d'un major d'homme.

- Si mademoiselle veut bien se donner la peine, le destin n'attend pas ...
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Dim 7 Sep - 1:37

Si Torenheim avait invité Shell à le rejoindre dans cet endroit perdu, dans ce cimetière désolé, c'est qu'il avait une idée précise en tête. Soit, elle savait qu'il avait toujours une idée en tête, quelles que soient les circonstances. Il avait beau avoir un minois des plus charmants, elle savait pertinemment qu'il était dangereux, sans doute était-il l'un des hommes les plus dangereux qu'elle ait connu en plus de huit siècles d'existence ; c'était dire. Mais heureusement, dès le début de leur relation, une espèce d'entente tacite s'était glissée entre eux deux, similaire, peut-être, à un pacte fraternel mêlant à la fois rivalité et complicité. Leur relation s'était tissée dans une sorte de jeux gigantesque, à l'échelle d'Isthéria, dans une sorte de macrocosme, mais aussi à l'échelle microcosmique, entre eux-deux seulement. Ils étaient deux compères en constante rivalité, et en constante coopération, et le monde était leur terrain de jeu.

A la première réponse, et une fois qu'il fut descendu de son perchoir sépulcral, elle lui répondit ces mots :

« Malheureusement, tu as raison, l'ennui me pèse... Et c'est bien pour cela que je suis venue me divertir auprès de toi, mon prince des nuits », acheva-t-elle, la lèvre espiègle.

Ensuite, elle écouta avec attention la longue déclaration de son ami, se délecta de chaque mot avec un regard brillant, plongé dans celui de Torenheim. Le regard que lui lançait aussi le Terran était pénétrant d'une lueur vive et mutine. Tout près d'elle, elle ne put s'empêcher de placer un index sous le menton de celui-ci, de rapprocher son visage très près du sien, et de lui offrir un large sourire comblé de narquoiseries, :

- « Sous cet angle-ci, oui. L'angle est très important, tu le sais très bien, mon cher. » s'amusa-t-elle à affirmer avec une voix ferme, mais celle-ci adopta ensuite une tessiture mielleuse : «  Puis, avec toi, tout devient tellement plus... Excitant.... C'est cela le remède à l'ennui. » souffla-t-elle à quelques millimètres, ses yeux d'émeraude amarrés à ceux de son comparse.

Puis elle écouta la suite de la mission avec intérêt, c'était la clef qui allait ouvrir la porte ; la porte de l'ennui, et aujourd'hui, la porte contre l'ennui s'avérait être la grille d'un cimetière ; fascinant.

- « Oh mais mon Tendre, nous avons bien plus que la nuit pour discuter. » expira-t-elle avant que Torenheim n'ouvre le portail. Elle ne savait comment un portail pouvait être excitant en lui-même, mais elle le traversa. Singeant le cérémonial de bienséance, elle fit une profonde révérence, la notion de folie s'était peinte sur son visage, elle dépassa un peu son cher et tendre, et l'attendant, elle lui tendit son bras afin qu'il puisse la mener et se promener dans le cimetière, comme s'il s'agissait d'une balade vespérale des plus saines et revigorantes.

- « En effet, le destin n'attend pas, alors allons donc nous amuser de lui, avant qu'il ne s'ennuie à son tour... » ricana-t-elle.

Les deux compères s’avancèrent dans les allées de tombes et de sépulcres, au clair de lune ; les nuages sombres s'étaient en majorité dissous, pour laisser à la lune elle aussi la possibilité de sourire à cette promenade joviale. Shell était aux anges, elle scrutait les caveaux, les stèles, lisait chaque nom, à la manière d'une promenade en forêt, comme si elle s'était penchée sur chaque fleur pour sentir leur doux parfum, sur chaque branche comme sur chaque pierre, pour en caresser les bourgeons. Ce soir, Shell était aussi excitée qu'une pucelle à son premier rendez-vous à l'idée d'explorer ce cimetière. Ah, cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas amusée, son exaltation luisait dans ses yeux d'absinthe, soutenus par l'éclat de la lune.

Soudain, se trouvant tous deux dans une sorte de place au beau milieu du cimetière, dans son euphorie, Shell lâcha le bras du Terran, s'avança de deux pas et se retourna fiévreusement vers lui, elle lui tendit un bras, la paume ouverte vers lui. Ses yeux étaient embrasés, luisants comme les iris d'un félin à l'affût sous le halo lunaire :

- « Dis-moi. N'as-tu jamais dansé avec le Diable au clair de Lune ? Ça te dit ? Car celui-ci t'attend. »


Dernière édition par Rashell Samarcande le Sam 13 Déc - 17:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Lun 17 Nov - 1:32


Dans la noirceur d'un lieu bien longtemps délaissé, de sinistres desseins, lentement, se formaient. Sous un clair de lune dissipant les ténèbres, l'Histoire connaissait un tournant bien funèbre, alors que dans la nuit, innocents et tranquilles, la momie et sa muse s'avançaient dans les ombres. Le temps qui suis son cours, l'harmonie tient à un fil. Et le destin, lui chante des promesses bien sombres : car si l'avenir était de doutes et d'espoirs, c'était au présent le changement s'écrivait. Dans les ténèbres d'un cimetière, un soir, le sort d'Isthéria allait être joué.

Avançant sans se presser dans les allées obscures, écoutant les douces paroles de son amie, Torenheim laissait glisser son pas léger sur le sol humide, la guidant dans cette escapade nocturne à travers l'inconnu. Ah ! L'inconnu. Peut être l'un des meilleur remède contre l'ennui ! L'aventure, la soif de mouvement, capable de faire basculer le cours de l'histoire. Il sourit à cette pensée, alors que Rashell le tenait par le bras. Il se délecta de la cocasserie de la scène où la momie et le monstre se baladaient comme deux amants dans un bois champêtre dans une journée printanière. Il se voyait eux, comme deux enfants bravant l'interdit avec insouciance, gaieté au cœur sous le ciel sombre. Le paradoxe ironique était en tout point merveilleux, c'était une chose à la quelle la momie était particulièrement sensible. La compagnie de Rashell lui plaisait, elle était divertissante et jouissait d'une longue expérience : un aubaine pour Torenheim dont la curiosité n'avait d'égale que le détachement et le mépris pour la vie. Les deux comparse se connaissait depuis longtemps, et ils n'avaient jamais manqué de s'amuser ensemble, lui la tirant de son ennui tandis qu'elle le rejoignait dans ses jeux étranges. Torenheim adorait jouer, à toute sorte de jeu. Les jeux de hasard, de logique, de rôle et de pouvoir. Sa vie entière était un jeu, alors il passait son temps à s'amuser, comme un enfant. Vraiment, il était sans doute la créature le plus innocence d'Isthéria ...
Torenheim continuait d'avancer avec gaieté, son sourire inexpugnable sur ses lèvres entre les fines bandelettes de lins. Chaque mot de la Lhurgoyfs l'amusait d'avantage, tandis que la douce flamme qui couvait dans son regard chromé n'avait pas cessé de scintiller. Tout ce sur quoi il posait les yeux le ravissait, et plus que tout il sentait autour de lui le Destin qui se mettait en place. Et cette sensation le faisait jubiler.

- Un remède à l'ennui, dis tu ? Il sourit à la dame aux cheveux d'argent. Tu sais quelle est le meilleur remède contre l'ennui Rashell ? Le Changement. Et rien au monde ne me ravit d'avantage que cela. Le sourire de la momie se fit plus large encore alors qu'il reportait son regard sur ce qui l'entourait.

Oui ... le Changement, voilà ce qui donnait du goût à l'existence étrange de Torenheim. Ce qui lui permettait de tourner avec l'Histoire. Plus que la curiosité ou l'amusement que lui procurait la vie, les deux y étant de toute façon lié. Le monde n'était que changement, d'un bout à l'autre de la carte, à toutes les échelles le changement opérait. Il faisait les rois, les nations et les cultes, les familles et les guerres, les civilisations et les arts. Il façonnait l'histoire, il faisait le monde entier. Malheureusement, les Hommes, trop lâches, l'entravaient et le freinaient, empêchant le monde de tourner correctement. Ils le tuaient doucement ce pauvre monde, et le laissaient se nécroser dans ses propres déjections, agonisant sous la masse de déchet qu'il avait accumulait alors que le changement ne pouvait plus dispenser ses bienfaits sur la terre. Était-ce triste ? Non. Torenheim s'en moquait éperdument, mais pour lui c'était pire encore : c'était ennuyeux. Bien sûr, cela ne durerait pas, il pouvait en être sûr. Et parfois, le changement lui même a besoin d'un petit coup de pouce. Alors les fondations si solides que les hommes avaient désespérément tenté de créer, toutes ses vanités hypocrites et absurdes, tout cela retournerait à la poussière dans un grand fracas. Alors le monde pourrait à nouveau tourner librement ... Emportant dans son élan les rêves, les haines et les espoirs pour les dispenser aux quatre vents ! Et lui, il pourrait à nouveau observer et s'amuser, jusqu'au prochains changement, jusqu'au prochaines fondations, jusqu'au prochain fracas ...
Ils arrivèrent donc sur la place abandonné quelque part dans le Cimetière des condamnés : la lune était au rendez-vous. La Lhurgoyfs s'élança alors de quelques pas tendant sa main à la momie intrigué. A sa demande, celle ci lui adressa un large sourire alors que son regard se tinta de narquoiserie. Il s'avança doucement, ses bras enrubannés légèrement ouvert alors qu'un petit rire s'échappa de sa bouche entre-ouverte.
- Ma douce petite lune, je le fais chaque jours ... ! Je ne vis que dans ce but : danser pour l'éternité avec les diables et les dieux. Il prit la main de la Lhurgoyfs, et avec la plus grande délicatesse il s'inclina devant elle, ses manières dignes de celle d'un gentleman contrastant de façon flagrante avec son accoutrement pour le moins original. Il releva ses yeux brillant vers elle, un rictus amusé au coin des lèvres. Le changement vous va à ravir. D'un mouvement agile, il la fit basculer pour la soutenir à bout de bras, plongeant son regard froid et semblant vide d'âme dans le siens. Malheureusement, vous l'avez dit vous même : "Le destin n'attend pas."


Il l'aida à se redresser, puis passa entre deux mausolée qui tombait en ruine. Il regardait de l'autre coté, puis se retourna et sourit à sa mie.
- Par ici, je te promet que tu ne sera pas dessus du voyage.
Il leva les yeux vers la lune d'argent, pensant aux dieux qui devaient regarder la scène et à toutes ses âmes ignorantes qui dormaient paisiblement sur Isthéria. Et ce chant continuait de résonner à ses oreilles ... Ce son mélodieux, entraînant, entêtant ... Ce son qui lui avait tant manqué.

Ce soir, le changement était en marche.

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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Sam 13 Déc - 18:25

Quelle déception, elle qui avait, certes, insidieusement forcé le pas à Torenheim, n'avait reçu qu'une pâle esquive à deux dias. Le destin n'attend pas, certes, mais il n'était pas pressé non plus. Elle suivit le Terran entre les mausolées, boudant quelque peu son plaisir dans l'ombre de ceux-ci, effritant négligemment quelques pierres au passage. Cette marche dans le cimetière dura un petit moment, ils cherchaient la sépulture de Barthendalus. Pour plus d'efficacité, Rashell proposa à son compère de se séparer afin de localiser la tombe ; ce qu'ils firent sans hésiter. La Lhurgoyf suivit quelques rangées de tombes, scrutait les inscriptions sur chacune, à la faveur de la lune qui daignait éclairer les lettres de son doux halo d'opale. La cimetière était immense, et la recherche commençait à se faire lassante, si ce n'est qu'à un moment Rashell entendit des voix, elle se cacha derrière un mur, accroupie, et écouta, perplexe de cette intervention ; une voix, plus graveleuse et âgée, semblait commander les autres, sans aucune hésitation :

- « Dépêchez-vous un peu, il faut nous rendre sur le Mausolée de Barthendalus, ça ne saurait attendre !
- C'est bon, c'est pas comme si on était pressé, elle ne va pas s'enfuir !
- La vision que m'a transmise Kron était sans appel, quelqu'un qu'il n'apprécie pas va venir souiller le Mausolée !
- Bon bon... »

A en juger par les pas et les grommellements des hommes, il devait être une demi-douzaine. A cet instant, Rashell ne pensa qu'à une chose, rejoindre Torenheim ; non pas qu'elle n'avait pas envie de leur foutre une rouste maison pour en finir de suite, mais parce qu'elle ne savait absolument pas quel était le but de Torenheim, hormis récupérer quelque chose dont il avait besoin, cela restait très flou. Grâce à son don de reconnaissance d'aura, elle localisa rapidement Torenheim et en quelques minutes de course furtive ; elle le rejoignit dans une allée ; celui-ci avait l'air de flâner entre les morts.

Elle s'arrêta devant lui, une ombre extrêmement malicieuse dansait sur son sourire :

- « Je pense que tu t'en doutais, mais on a de la visite de ce côté-ci du cimetière » dit-elle en pointant du pouce derrière elle l'endroit d'où elle venait. « Si l'on voulait trouver la tombe de celui que tu veux dépouiller, je pense que sans se fatiguer, on peut les suivre. Tu en dis quoi ? ».

Sans perdre de temps, Rashell traqua leurs traces grâce à son pouvoir, et dans le noir de la nuit, deux ombres traquaient des prêtres de Kron. Une fois qu'elle les eut retrouvée, ils étaient debout devant un grand Mausolée, si grand qu'elle se demandait comment elle avait fait pour ne pas le trouver avant eux. Trois d'entre eux étaient assis sur les marches au pas de la sépulture, trois autres discutaient sur le chemin de leur présence ici, et de la vision que Kron avait envoyé. Caché dans l'ombre d'un grand platane, le couple des ombres les scrutaient avec attention ; ils avaient été utile pour trouver l'objectif, à présent ils n'étaient qu'un obstacle qu'il fallait supprimer. Et à voir dans les yeux lumineux de Torenheim, tel un vautour sur sa proie, Shell ne douta pas une seconde que l'idée de liquider un prêtre de Kron lui titiller les tripes.
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Dim 28 Déc - 6:03


Au cœur du cimetière sinistre il sentait le monde tourner. Immobile comme une statue, accroupie là au sommet d'une sorte d'obélisque en ruine, il attendait patiemment les yeux fermés. Serein et tranquille, le sourire aux lèvres et la lune dans le dos, il restait sans bouger dans la lueur fantomatique, accentuant encore d'avantage ses airs de revenant ou d'esprit égaré. Drôle de manière de chercher me diriez vous ? Il ne bouge pas, il ne regarde pas, il reste là sans rien faire. Un drôle de gentleman ! Son amie s'acharne a scruter chaque tombe, lire chaque inscription, à se démener dans la poussière et la mort pour trouver un sépulcre dont jusqu'alors elle ignorait même l'existence, tandis que la momie s'est assise et semble rêver ailleurs, dans son monde étranger. Il sait bien qu'observer chaque stèle prendrait un temps fou, y compris avec son pouvoir sur les ombres, mais Torenheim ne baillait pas au corneille : il cherchait lui aussi, mais ailleurs.
Dans sa mémoire.
Fouillant dans l'immense bibliothèque de souvenirs accumulés aux fils des années, Torenheim cherchait dans cette myriade d'information des plans de constructions qu'il avait surement déjà vu quelque part de ce cimetière, ou des brides de discussion parlant de la dite sépulture. Dans son esprit, le dédale d'allés que formait les lieux s'agençait en zone de probabilité et en horizon connus annotés de ci de là de ce qu'il savait. Se formant alors l'image d'un rubik's cube géant avec lequel la momie s'amusait à tracer l'itinéraire le plus certain vers son bût. Il s'amusait comme un petit fou, la machinerie de son cerveau turbinant tranquillement à l'intérieur de son crâne. Mais alors qu'il s’apprêtait à trouver une solution convaincante, un son attira son attention. Il ouvrit les yeux, laissant de coté son casse-tête intérieur, et posa son regard calme sur la Lhurgoyfs qui était venu le retrouver. Pas par hasard bien entendu, elle aurait sut qu'il se trouvait là avec son don de reconnaissance d'aura et aurait cherché ailleurs. A sa proposition, les lèvres gercées du Terran s'écartèrent pour laisser voir son sourire carnassier. Intéressant ... Très intéressant ce petit "cadeau du monde". Il aurait put s'en douter, mais voilà qui leur facilitait grandement la tâche. Aussi accepta-t-il sans discuter.

Et quel ne fut pas la joie du petit Terran ... Kron. Dieu des morts et des condamnés. Voilà qu'il se décidait enfin à agir en personne pour entraver le parcours trop serein de la momie trop ancienne pour être simplement humaine. Torenheim observait depuis les ombres les pauvres prêtres indolents protégeant l'entrer de ce qui devait être la tombe - ou plutôt le mausolée - de ce cher Barthendalus. Il souriait à pleine dent, contemplant ses pauvres créatures stupides aux esprits trop lents et étriqués par leurs croyances ridicules. Il restait calme, patient comme à son habitude. Il réfléchissait. Quel serait le moyen le plus amusant de "régler" ce problème ? Plusieurs possibilités s'offraient à lui, mais il était d'humeur taquine, joueuse, il n'avait pas vraiment envie de les supprimer rapidement en un claquement de doigts. Car il était vrai que, contrairement aux idées reçu : tuer était un jeu d'enfant. Rien n'était plus fragile que le lien qui unissait le corps à la vie. Et un simple vacillement pouvait éteindre à jamais la flammèche si petite. Oh non, il voulait envoyer ce message à Kron ... Qu'en plus de se jouer de la mort il pouvait se jouer de ses moyens, de ces actions ridicules, que même un dieu ne pouvait rien contre lui, pauvre "mortel". C'était une sorte de "gag de récurrence" chez lui, Kron avait toujours été son dindon de la farce préféré. Et comme l'avait si bien deviner sa chère Rashell, l'idée de laisser ce petit message à son dieu favoris émoustillait le coté enfantin de Torenheim.
A peine une demi-douzaine ? Voilà qui était presque vexant. En réalité, Torenheim n'était pas sensible à ce genre de pensée, il était seulement attristé de ne pouvoir s'amuser d'avantage ... Une demi-douzaine de corps, cela lui laisserait tout de même matière à laisser parler son tempérament artistique. Il avait de toute façon toujours de quoi faire, là dans sa petite sacoche sous sa cape... Mais ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. C'était encore la partie la plus intéressante ...
Sans la regarder, Torenheim s'adressa a sa compagne d'un soir, les yeux rivé sur le futur repas, le sourire toujours aux lèvres.

- "Je t’aurais bien laissé ouvrir la danse ma chère Rashell … Mais nous avons à faire à des suppôts de Kron lui-même, je ne peux décemment pas résister à l’envie de leur faire honneur. A défaut de te laisser le premier sang, je te laisserai les projecteurs." Les idées se bousculaient dans son esprit : il pourrait commencer par dévorer leur essence divine pour la faire sienne ? Seulement il risquait de toucher Rashell. Peut être les éliminer un par un, à l'ancienne ? Trop peu imaginatif. Les faire s'étouffer ou éventrer par les ombres ? C’était un idée. Torenheim n’avait jamais pris particulièrement plaisir à tuer ses victimes ou malmener leurs chairs. En revanche, lorsqu’il s’agit de leurs esprits, il trouvait cela bien plus délectable ... Peut être était-ce une manière de s'assurer une certaines supériorité face à ce qu'il considérer n'être que des animaux, mais il était bien incapable de le certifier. Il aimait jouer avec ses victimes, ni par cruauté ni par plaisir de domination, simplement par jeu et par curiosité.
Le sourire de la momie s'élargit, puis il sembla se calmer, et ferma les yeux comme pour se concentrer. Les ombres recouvrirent son corps et il disparut comme s'il n'avait jamais exister. Rashell pouvait toutefois toujours ressentir son aura, quelque mètre plus loin, de l'autre coté du groupe, derrière le mausolée. Soudain, sans un bruit, le cultiste le plus isolé sembla disparaître dans les ombres, comme s'il avait été happé par celles-ci. Une silhouette encapuchonné derrière quelques tombes adressa alors un signe discret de la tête dans la direction de la Lhurgoyfs. Signe signifiant bien entendu que la momie laissait tout le loisir à sa petite Lune d’agir comme elle le souhaitait. L'un de prêtre sembla se mettre sur ses gardes.
- "Attendez ... J'ai cru entendre quelque chose. Restez sur vos gardes."
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Mar 24 Fév - 0:11

Rashell regardait Torenheim, impassible, scrutant ses proies d'un flegme saisissant ; mais elle pouvait lire dans ses yeux l'excitation, la réflexion du travail à bien réaliser, des choses bien faites dans les règles de l'art. Elle le lisait dans ses yeux, il scrutait chaque détail, chaque personne présente, il analysait la scène, mais aussi les âmes des serviteurs de Kron, il les examinait, les étudiait sous toutes les coutures. A le regarder elle-même, elle s'exaltait de tant de froideur ardente. Elle écouta ses douces paroles, et répliqua de façon assez succincte et suave :

- « Ne t'en fais donc pas, montre moi ton art, je m'en délecterai. »

Il pouvait tous les liquider, elle aurait pris autant de plaisir à regarder un professionnel à l’œuvre tout en gardant les mains propres.
Tout à coup un sourire bélzébuthique illumina le visage du Terran tout à fait spécial. Ça y est, ses méninges avaient fait leur office. Il disparut dans l'ombre, se mélangea avec les ténèbres pour ne plus faire qu'un avec la nuit ; mais Rashell continuait de sentir sa présence, elle le sentait se mouvoir dans l'humidité de l'obscurité. Son don était si abouti que, finalement, elle le voyait presque, comme si une aura avait recouvert le corps de son compère.
Ah, il avait commencé par celui du fond, le plus fragile, le plus esseulé.  D'un coup d'un seul, il avait rejoint Torenheim parmi les ombres. En quelque sorte, Torenheim était un passeur, un passeur fantôme, un Charon bénévole, nocher qui ne demande pas une seule obole pour quitter un monde au détriment d'un autre et qui ne demande même pas de monter dans son embarcation spectrale, qui se voulait le capitaine des âmes.

Ah, une légère bévue, l'action s'était entendue. Ah, mais était-ce vraiment une bévue ? L'attention de tous s'était fixée vers l'arrière du Mausolée. Tous dos à Rashell... Oh que c'était tentant de fondre dans la masse, de planter un styler dans la nuque de chacun, balayant ainsi les corps d'un coup vif et précis, fatal. Cela aurait été trop facile, et utopique sans doute ; il s'agissait de serviteur de Kron, ce n'était sans doute pas des bleus. Il était déjà (seulement) six, c'était bien peu pour protéger une relique sacrée, alors autant que chacun d'eux ait une force, une spécificité, quelque chose qui le rende unique, qu'elle pourrait découvrir, ou au mieux, dérober ; plus tard. C'était presque affligeant, l'efficacité de  Torenheim n'avait pas laissé s'exprimer l'art de l'un d'entre eux, il aurait peut-être été amusant de le voir à l’œuvre lui aussi, mais bon, ainsi soit-il, le nocher des ombres l'avait déjà emporté.
Au tour de Shell à présent, le spectacle avait commencé, elle se doutait que les prêtres étaient sur qui-vive, elle mettrait même sa main à couper -il n'y avait pas grand mal à parier là dessus, un bras si vous le souhaitez- que l'un des prêtres avait un pouvoir de protection ; une espèce de bulle, de bouclier... Si ce n'était pas le cas c'était décevant.
Elle devait donc s'en assurer ; elle balaya sa longue queue de cheval pour se préparer à l'assaut ; puis au revers du pli de son veste, elle sortit deux stylets, de l'endroit où elle était elle lança mollement mais précisément l'arme de jet sur la cible la plus proche, et partit aussitôt dans une autre direction, s'appuyant d'une leste enjambée sur une tombe elle s'élança sur le toit d'un sépulcre pour atteindre la première cible par le dessus ; approche somme toute inattendue ; mais elle aimait les airs. Le premier trait avait effectivement été stoppé par un bouclier magique qu'elle discerna un court instant et dont elle perçu la limite, à savoir le dessus ; elle fondit alors sur sa cible alors surprise par le trait qui avait résonné derrière elle et enfonça promptement et proprement son second stylet à l'arrière de la nuque à l'orée de la seconde cervicale.

L'un des serviteurs de Kron se retourna alors vers elle, brandissant un bras dans sa direction ; Shell ne prit même pas le temps de se demander quel pouvoir il pouvait détenir et agrippa le prêtre le plus proche par le bras, lui fit un clef dans le dos en plaçant précisément sa dague sous sa gorge à l'exact endroit de la carotide. Les yeux émeraude de la Lhurgoyf flamboyaient d'une lueur agressive, comme un chat prêt à bondir au moindre mouvement, scrutant le moindre geste.


Dernière édition par Rashell Samarcande le Sam 7 Mar - 21:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Jeu 26 Fév - 3:04



Toujours tapis dans l'obscurité comme un prédateur malveillant, Torenheim observait avec délice la scène se déroulant sous ses yeux. Quelle grâce, quelle habilité ! Il avait toujours appréciait voir les talents meurtriers de son amie à l'oeuvre. Une acrobatie sous le clair de lune, les prêtres n'avaient pas eut le temps de comprendre ce qu'il leur arrivait que déjà une nuque fut tranchée sans plus de cérémonie, crachant une effusion d'hémoglobine qui sembla s'élever dans les airs avec une lenteur infinie avant d'asperger le sol, sous les yeux effarés des cultistes et le sourires carnassier de la momie. Mais ces derniers se reprirent rapidement, s’apprêtant à contre-attaquer en hâte. Rashell eut pour réflexe de prendre en otage l'un des hommes, pointant sa lame sous sa gorge et s'en servant comme bouclier humain. Un instant d'hésitation, un seul, les hommes en proie au dilemme éternel de la raison qui les aurait fait attaquer, et de leurs sentiments qui les poussaient à ne pas prendre le risque de blesser leur frère, qui tremblotait sur ses jambes. Un dilemme trop souvent mortel même s'il ne durait qu'une seconde. Une dilemme que Torenheim n'avait jamais connu.
Pendant le court instant de cet enchaînement d'actions, il n'était pas resté immobile. Se déplaçant parmi les ombres où il était maître autour du gibier encore surpris, il pris position derrière la troupe, en haut d'une stèle de granit à moitié en ruine.

- Allez vous en, hérétique ordonna l'un des prêtre qui invoqua des flammes recouvrant ses bras d'un manteau ardent, vous ne savez pas ce que vos actions ici pourraient provoquer !

Un sourire narquois passa sur les lèvres gercé de la momie, et d'un bond elle agile, il percuta le dos du jeune homme qui, pris par surprise, tomba sur le sol. Torenheim l'attrapa par les cheveux et susurra à son oreille : Au contraire, pauvre ignorant. Nous savons parfaitement ce que cela va provoquer ... ♪ Il attrapa la dague qui reposait à la ceinture du prêtre et s’apprêta à lui planter dans le dos quand il fut propulsé sur le coté par une force invisible. Ses réflexes lui permirent de s'en tirer s'en problème, se roulant en boule avant de reprendre appuis sur ses pieds. Il se redressa et regarda dans la direction de l'onde, et vit le doyen, main tendu vers lui, la détermination brillant dans son regard. De la télékinésie. Torenheim souriait d'avantage, voilà qui devenait intéressant.
Le jeune prêtre se releva en vitesse, se tenant en garde en faisant réapparaître ses flammes, prêt à en découdre. Ah la fougue de la jeunesse, hein ? Torenheim se redressa tranquillement en époussetant les pans de son manteau.

- Que voulez-vous, étrangers ? tonna leur chef d'une voix forte, imposant le respect. La voix d'un homme qui a l'habitude d'être écouté.
L'étrange momie lui adressa un sourire mauvais et répondu d'une voix railleuse : Seulement récupérer ce qui me revient de droit. Et d'un geste de la main soulevant légèrement sa cape, quelque chose surgit des ténèbres sous son manteau, qui brilla sous l'éclat de la lune et fonça droit sur le flambeur. Le jeune homme, non rompu à l'art du combat n'eut pas les réflexes nécessaire pour éviter le coup si rapide et inattendu que même le vieillard ne put le parer. Et Ouroboros se planta droit dans sa poitrine, lui perforant le poumon. Il s'effondra sur le sol, se noyant dans son propre sang. La chaîne se rétracta aussi vivement qu'elle avait surgit et s'engouffra à nouveau dans la cape. Le flambeur était cuit, il n'aurait pas de problème avec les ombres. Question de prévention.
L'effet de surprise avait plutôt bien marché, presque la moitié des prêtres étaient hors d'état de nuire : un mort, un mourant, un otage. Les prêtres restants c'était mis en garde, face d'un coté à Rashell, de l'autre à Torenheim. D'un mouvement de la tête, Toren' fit comprendre à sa petite lune qu'elle pouvait écourter la vie de son camarade de jeu, celui ci n'étant plus d'aucune utilité. Un silence s’abattit alors sur le cimetière, les adversaires prêt à en découdre dans un combat à mort. Ils se regardaient droit dans les yeux, immobiles, tendues comme des arcs. Les plus jeunes semblaient inquiets, le doyen lui restait impassible, tandis que face à eux, n'ayant pas encore dévoilé toute ses cartes et les pièges qui restaient dans l'obscurité, l'Ombre souriait prêt à renvoyer ces petits prêtres de Kron vers leur dieu tant aimé.

Les prêtres avaient l'avantages, leurs formations défensives leurs permettaient de tenir à distance les deux comparses qui ne pouvaient se permettre de blessures trop graves. S'ils avaient attaqué plus tôt, ils auraient put forcer les deux profanateurs à fuir, mais Torenheim avait plus d'un tour dans son sac. Une fois de plus, le sourire de la momie s'élargit dans le noir, et dans le silence profond de la nuit, il claqua simplement des doigts. Alors un cri d'épouvante déchira l'atmosphère, et surgissant des tombes derrière les prêtres, la première "victime" de Torenheim s'élança en braillant vers les siens, agitant ses bras désarticulés comme un pantin fou. Son visage avait disparu, ne laissant place qu'à une masse de muscles et de chairs sanguinolentes aux yeux révulsés, une véritable tête de mort sculptée pour inspirer la peur. Le pauvre homme sous hypnose était persuadé que d'innombrables insectes rongeaient son corps alors que celui ci, à demi mis à nu, n'avait été que parsemé de coup de couteau maîtrisés et non mortels, ainsi que mutilé à certaines endroit. Sa douleur était tel qu'il en perdait la raison et ne cessait d'implorer pour qu'on l'achève, ses larmes se mêlant au sang dans un voile qui masquait sa vu.
Cette vision d'horreur n'ébranla que les prêtres les plus sensibles, mais elle suffit à tous les choquer et au moins attirer leur attention. C'était précisément ce que voulait Torenheim, qui profita de la diversion pour fondre sur ses proies, glissant sur les ombres, sortant ses deux dagues empoisonnés pour attaquer de plein fouet.

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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Dim 8 Mar - 23:20

Shell n'avait pas tellement l'habitude de se cacher derrière un bouclier humain. Sans être des plus téméraires, elle faisait partie des gens qui manigancent dans l'ombre, rarement à découvert. Il y avait selon elle plusieurs arguments en cette faveur : préserver son intégrité physique, il ne fallait pour rien au monde intenter à son radieux physique. Elle possédait un don pour régénérer ses cellules et membres, mais il ne fallait pas pousser ! Shell ne bougea pas, gardant son otage sous le coude, prête à l'occasion à fendre une carotide et bondir ailleurs si le besoin s'en faisait sentir.

En attendant, un des jeunes prêtre leur intima de quitter les lieux, prétextant leur ignorance de ce que leur présence ici pourrait provoquer... Effectivement, oui, Shell ne savait pas. Elle avait répondu à l'invitation sans savoir ; non pas qu'elle était naïve et insouciante, et loin de là car elle se méfiait de tout -si sa propre mère était encore vivante elle s'en méfierait sans doute-, mais elle voulait se laisser surprendre. Et Torenheim, il fallait le dire, avait l'art de surprendre. Cependant, la Lhurgoyf ne répondit rien à cette pathétique mise en garde ; s'il était là, c'était bien pour une raison ; certes, certaines personnes étaient ineptes de naissance et on n'y pouvait rien, mais venir au fin fond d'un cimetière perdu de Thémisto, ni la chance ni le hasard ne pouvait vous mener là, tout de même...

Le Roi des Ombres s'occupa de relancer les hostilités. Une lame ténébreuse et fulgurante se dirigea droit vers le torse de la jeune recrue pyromancienne.

Les deux profanateurs avaient mine de rien, et malgré leur infériorité numérique, l'avantage du terrain : ils avaient prise en tenaille leurs proies qui ne savaient où regarder.

Puis, clou du spectacle jusqu'à présent, comme un art de nécromancie lui même sorti d'outre-tombe, un art à faire pâlir les morts eux-mêmes ; un pantin de chair se releva péniblement et criait à qui pourrait écourter sa torture, joignant des hurlements terribles à un rugissement rauque de désespoir. Il s'agissait de l'une des plus belles diversions qui fût, une diversion au cœur même des insurgés.
Rashell, quant à elle, profita de la débâcle des âmes pour fendre la carotide et se déplacer dans la foule, pourtant elle trébucha sans s'y attendre, un filet de lianes s'étaient entourées entre ses chevilles pendant le laps de temps ; elle précipita la lame de son stylet sur les plantes pour les délier quand l'un des jeunes prêtres, saisissant une occasion inouïe s'abattit sur elle en courant, davantage sous l'effet de l'adrénaline et de l'affolement que par une quelconque pensée raisonnable. Malheureusement pour lui, en deux coups secs et précis les lianes avaient libérées ses chevilles et la Lhurgoyf évita l'assaut, tandis que l'attaquant était rejoint de son dernier comparse qui profita de l'esquive de Rashell pour lui asséner une violente bourrasque qui l'envoya une dizaine de mètres plus loin, stoppé brutalement contre le mur d'un mausolée. Assommée par le choc, Shell mit quelque second à retrouver ses esprits à travers le nuage de poussière qu'avait produit l'impact.
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Dim 15 Mar - 23:29



Le choc fut brutal et tout se passa très vite lorsque la momie, glissant sur un manteau d'ombre, percuta de plein fouet le groupe de prêtre et s'enfonça dans la mêlée sans leur laisser le temps de réagir, un large sourire affiché sur ses lèvres fines. Il tournoya sur lui même en brandissant ses deux dagues envenimées, comme les crocs d'un serpent vif prêt à frapper, et les éclairs d'argents qui en résultèrent tranchèrent la gorge d'un des prêtres, et blessa le patriarche au niveau du bras. Du coin de l’œil, Torenheim aperçue la chair autour de l'entaille sur la gorge du prêtre virer au noir et se gangrener sous l'effet du poison, offrant au jeune homme un délicieux mélange de douleur et de peur alors que les griffes de la mort venaient le prendre pour le ramener vers son divin maître. Qu'ils soient heureux ses pauvres fous, ce soir ils seront au banquet de Kron.
Continuant dans sa danse macabre, alors que le premier mort n'avait pas encore touché le sol, Torenheim continua de tourner comme un artiste d'opéra dans une chorégraphie gracieuse. Il se baissa pour éviter le coup maladroit d'un des prêtres et en profita pour le faire tomber au sol d'un simple croche-pied. Il ne lui laissa pas le temps de se relever qu'il lui perça le crane d'un coup assuré de son poignard. Il vit dans le reflet de la lame l'assaut que s'apprêtait à donner l'un des prêtres, aussi tenta-t-il d'esquiver le coup mais il fut bloquer par quelque chose : des racines avait prit ses mains et les avaient empêtrés ensembles. La lame fonça sur son dos avec rage, prête à pourfendre l'hérétique. Mais sans que son manieur ne s'y attende, le métal ricocha sur la cape de la momie comme s'il y avait une plaque de métal dessous. Profitant de cette nouvelle distraction, Torenheim invoqua une petite lame d'ombre qu'il fit tourner entre ses mains pour trancher les lianes. D'un geste vif il esquiva un deuxième assaut du prêtre en roulant sur le coté. Il ne voulait pas en finir trop vite, il commençait tout juste à s'amuser. Des sept prêtres qui étaient venus les arrêter, il n'y en avait plus que deux debout. Les autres avaient déjà rejoins Kron, ou du moins ne tarderait pas à le faire
Il jeta un œil vers Rashell qui se reprenait de son choc : « Eh bien ma chère, on se permet de faire un petit somme ? Je sais que ces adversaires sont ridicules, mais prenez au moins la peine de vous joindre à la danse ! »Il rit doucement alors que le végétomancien et le maître barbu l'attaquaient de concert armés de leurs épées. Il se contentait d'esquiver les coups en leur riant au nez.« Il semblerait que vos années de servitudes n'ait rouillé vos capacité à servir votre dieu autrement qu'un priant mes amis ! » Il continuait de les narguer puis et fut projeter en l'air par une nouvelle onde de choc psychique. « Ferme cette bouche insolente, monstre !" Torenheim ne put s’empêcher de rire d'avantage dans les airs, d'un geste de la main il bougea à nouveau sa cape, projetant une pluie de pique d'ombre vers les deux hommes qui esquivèrent sur le coté, tandis que Torenheim se réceptionna avec agilité en haut d'un obélisque. Le prêtre barbu se tourna vers son ami : « Froy ! Transforme-toi, et occupe-toi de sa complice ! »
L'ainsi dénommé se retourna alors vers la Lhurgoyfs alors que ses yeux viraient au rouge. Il fut pris de spasme alors que son corps se changeait violemment : sa masse musculaire augmentait soudainement jusqu'à déchirer sa tunique, de large défense sortir de sa bouche et un pelage d'un brun sale épousa sa peau. Ses mains étaient terminées par des griffes acérées et des piques osseux sortirent de son dos et de ses coudes. La bête bardée de muscles à l'haleine brûlante émit un beuglement et chargea sur la "jeune" femme, emplit de la rage d'avoir vu ses compagnon mourir les uns après les autres.

Torenheim redescendit de son obélisque, se plaçant devant son adversaire, un large sourire aux lèvres. L'homme le regarda droit dans les yeux, son visage froid et dur comme le marbre et entre les deux protagonistes la tension était palpable. La momie, elle, restait calme et détendu, se balançant presque d'un pied sur l'autre en le narguant.

- « Dites moi très cher, pourquoi être venu ici en cette douce et belle nuit plutôt que de rester devant votre autel à louer les bienfaits de votre dieu cadavre ? » Un rictus de mépris s'afficha sur les lèvres de l'homme et sa poigne se sera autour de son arme. Dans son regard, les flammes de la colère couvaient doucement. Quelle joie pour Torenheim de pouvoir les contempler ...

- «  C'est Kron lui même qui m'envoie. Il m'a confié la mission de venir ici protéger une de Ses anciennes relique. Une relique puissante qui ne devait surtout pas tomber entre de mauvaises mains. Comme les votre par exemple. » Le sourire de l'hérétique s'élargit encore d'avantage alors qu'il considérait le pauvre petit prêtre avec un dédain palpable.

- « Moi ? De mauvaises mains ? Allons, cher prêtre ! Je suis certainement la créature la plus innocente d'Isthéria. » Il fit une expression presque candide avant de lui adresser un nouveau rictus plein de narquoiserie. Le prêtre devant lui commençait à se sentir mal, il chancela une seconde avant de se reprendre. Sa température augmentait et sa tête le faisait souffrir sans qu'il ne comprenne pourquoi. « Et alors monsieur le religieux ? On se sent flancher ? La fatigue vous prend déjà ? Qu'il est triste de vieillir ! Pourtant regardez-moi, je suis certainement bien plus vieux que vous et je suis toujours en pleine forme ! Il faut croire que prier n'est pas aussi bon pour la santé qu'on le dit ... » Chaque mot que prononçait l'hérétique en face de lui ne faisait qu’accroître sa migraine et son malaise, bientôt son corps fut parcouru de fourmillement. Il mit une main sur sa tête, tentant de se reprendre.

- « Silence ! » Ordonna-t-il d'une voix forte et haineuse. Torenheim rit à gorge déployée, s'amusant de la souffrance et de la rage du prêtre qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait. « Hahaha ! Et bien mon ami, on aurait peut être dut rester au temple cette nuit, non ? Pourquoi vouloir toujours faire passer les hommes après les Dieux ? Qui vous a donc appris cela ? Oh ... Les divins peut-être ? Cela ne m'étonne pas. Vous savez, le pouvoir est ce qu'il est : une addiction maladive qui vous corromps si vous n’y prenez pas garde. Plus on en possède, et plus on en veut. Cela s'applique aussi pour nos douces divinités.» S'en était trop, le prêtre chargea sur Torenheim. Il ne savait pas ce qu'il lui arrivait, il ne savait pas d'où venait ce mal qui lui rongeait l'esprit. Mais il savait une chose : cet individu en était la source, et le tuer serait le seul moyen se libérer. Une seule idée avait pris son esprit, une seule volonté le guidait. Le faire taire ... le faire taire à jamais. Fermer cette bouche enrubannée et faire disparaître à jamais ces propos blasphématoire. Transperçait son corps de sa lame et voir la mort dans ses yeux. Il ne pensait même plus à utiliser ses pouvoirs, il voulait juste le faire taire. C'était tout ce qui le motivait, il oubliait peu à peu le reste. Et encore une fois, c'était ce que voulait Torenheim. Ce que le prêtre ignorait, c'était que si les deux dagues qu'il avait utilisé étaient empoisonnées, elles ne contenaient pas le même poison, et celle qui avait touché le vieillard se trouvait être la même qui fut imbiber de venin de Nahagyl, un puissant psychotrope.
Et alors que le prêtre s’apprêtait à frapper l'individu qui attendait patiemment le coup à venir sans lâcher son sourire insolent, son épée percuta la pierre dure de l'obélisque. Il écarquilla les yeux de surprise sans comprendre ce qui venait de se passer et regarda autour de lui. Il regarda sur l'obélisque, à ses pieds. Il utilisa ses pouvoirs. Sa cible avait purement et simplement disparue.
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Sam 20 Juin - 0:36


Sous le choc de l'impact, Shell mit quelques secondes à retrouver ses esprits. Immobile, sa tête s'inclina sur le côté dans un bruit sec, sa nuque craqua. Comme une poupée de porcelaine que l'on avait lancé contre un mur, dans le bruits des briques et cailloux qui tombaient, on aurait cru sur ses membres se rompaient un à un dans un son claquant. Lors de l'éveil de la poupée, la remarque que fit Torenheim ne reçut qu'un lugubre écroulement de caillasses et de poussières. La Lhurgoyf se releva d'entre elles, le visage assombri autant par la fumée que par son humeur. Pour le coup, elle ne dénia même pas passer son regard sur Torenheim. On ne disposait pas tous de pouvoirs surnaturels dépassant l'entendement, et on ne jouait pas tous avec des ombres comme un bambin s'amusait avec des roulettes. Les pupilles étrécies de Rashell trouvèrent enfin où se poser lorsque le prêtre ordonna à un certain 'Froy' de s'occuper d'elle. S'il en était ainsi. Elle pencha la tête et regarda.

Le Froy en question ne conserva pas la même apparence, son air se renfrogna, comme qui dirait. Ses yeux s'injectèrent tout d'abord d'un sang pourpre, tandis que ses membres se déformaient monstrueusement, saisis par des convulsions abruptes.
Shell, pour sa part, soupira, elle renversa la tête en arrière, et secoua ses cheveux. Sans plus de manières que cela, elle retira sa veste qu'elle déposa au sol.
Les os du prêtre, d'une taille d'une personne normale s'écharnèrent un instant pour gagner en volume et déchirer ses vêtements. Sa transformation se ponctuait de gémissements rauques et effrayants.
La Lhurgoyf avait déjà ôté son haut gris, son pantalon, et déchaussé ses cuissardes noires. Son corps à nu, sa peau était fraîche et étonnamment lisse.
D'épaisses défenses venaient percer l'extrémité des lèvres du serviteur de Kron pendant que sa peau, devenue cuir, se noircissait d'une pelage démesurément laid.
Les yeux de Shell n'exprimait que l'exaspération, grands et attendant le moment opportun, d'un vert émeraude comme ceux d'une sylve au corps pur. Ses sourcils se froncèrent, brisant ce tableau de parfaite accalmie. Ses yeux scintillèrent un cours instant ; elle tiqua un peu de l’œil, réprimant les convulsions qui commençaient à saisir son corps. Son dos opalin s'arrondit doucement, laissant y germer une fourrure blanche surmontée d'une crinière d'azur qui habillait à présent le long de son corps. Son buste ainsi que sa poitrine, jusqu'à l'aine, se parsemèrent de fines écailles. Ses bras se posèrent à terre et se métamorphosèrent en serres. Son visage, déformé, s'allongea, abandonna ses fines pommettes pour arborer deux longues et fines moustaches à l'avant, et deux cornes sur le haut du front. Son buste s'était allongé au profit d'écailles, mais de tout cela, sa gueule, cernée de crocs, dessinait toujours un sourire narquoisement sensuel, et ses yeux serpentaires un éclat de malice.
Pour finir de l'autre côté, des griffes acérées et de larges piques osseuses venaient parfaire ses doigts et ses vertèbres. La bête, demi-ours, demi-phacochère, se rua ensuite vers Shell.

- Eurk, t'as pas été gâté toi. ponctua-t-elle, comme seule et unique réplique avant le duel, en langue rauque de Goyfar.

A en voir par la capacité de chacun de se transformer, Rashell maîtrisait davantage son côté Lhurgoyf. Aussi bien physiquement que psychologiquement. Luisaient déjà dans les pupilles dilatées de son adversaire la haine et le goût du sang ; certes, ce prêtre depuis le début était malmené et avait vu ses coreligionnaires tomber les uns après les autres ; mais il avait laissé le côté monstrueux s'emparer de lui, et bien qu'en tant que prêtre, Rashell se demandait s'il était judicieux d'incorporer un Lhurgoyf dans son équipe, ou du moins un qui sache se tenir, dirons-nous, c'était un élément trop imprévisible à son goût.

Le dragon d'opale et de turquoise s'envola de quelques mètres, et dans la ruée de son adversaire, lui infligea un violent coup de queue qui claqua comme un coup de fouet. A ce premier coup donné, une vague de sang reflua dans les membres du monstre de Ridolbar et son cœur la propulsait de nouveau, de plus en plus fort, comme une flamme battante entraînée sans cesse par la saccade ardente d'un soufflet en action. La lu
tte ne faisait que commencer, mais son esprit la poussait plus ardemment à l'assouvir, et violemment. Elle voulut frapper de nouveau, mais la créature religieuse rabattit son coup avec une force hors-norme, et par la puissance de celui-ci l'entraîna vers le sol pour lui faire perdre l'avantage des airs. Rashell, sous sa forme serpentine de Lhurgoyf s'écrasa violemment contre le sol, happa par la même occasion quelques tombes. Le dragon se ressaisit et face aux phacochères géants, se dressa légèrement, ses longues moustaches blanches frémirent un instant, et suite à une profonde inspiration pour calmer la rage qui grondait au fond de son être, elle fondit à une vitesse phénoménale sur son adversaire et lui assena un puissant coup de queue qui lui lacéra le poitrail.
Ce genre de lutte, pour Shell, n'avait aucun intérêt en soi, et ne recourrait à quasi-aucune stratégie, hormis à celui qui taperait le plus fort. Et à ce jeu, malgré son expérience accrue de Lhurgoyf, ce n'était pas dit qu'elle prenne l'avantage. C'est pour cela que sans tarder, volant à raz le sol, elle se précipita sur son ennemi, mais celui-ci la frappa, la saisissant et la projettant plus loin, sur le champs de bataille de Torenheim. Sans prendre gare, en se rattrapant dans les airs, Shell balaya violemment la momie de sa queue ; sans même s'en rendre compte. Sans perdre de temps, elle s'élança corps au sol, vers son adversaire entre les tombes et les gravats, et s'élanca subitement contre lui, et le saisit à bras le corps, enroulant son long corps sur sa peau et à travers ses piques, afin d'entraver principalement ses membres et surtout de nuer son cou massif. Ainsi positionnée, elle se jeta au sol avec lui pour qu'il ne puisse se libérer plus facilement, et resserra sa prise comme un serpent étouffe sa proie. Le corps de Shell tremblait, résistant au mieux à la pression forcenée de l'opposant qui se débattait autant qu'il le pouvait. Plus l'enlacement durait, plus Shell sentait en elle se débattre une pulsion de rage, mais la pression constante qu'elle imprimait sur la jugulaire et sur le corps de la chimère arrivait à calmer ses ardeurs monstrueuses.
Puis, la force colossale qu'elle devait réprimée diminua, encore et encore, petit à petit, et par méfiance, plus elle diminuait, plus elle resserrait le corps mortifié du monstre, pour l'achever dans ses derniers efforts vains.
Alors enfin, elle relâcha tout, et s'écroula au sol, se dégageant au mieux de la dépouille. Son souffle profond exhalait la fatigue tandis que ses muscles fins mais arqués se délaissaient. A ce moment, elle arriva à calmer son feu intérieur, sa pensée revenait davantage à la normale, imaginant presque pour se calmer un bon bain d'eau chaude, avec un sindarin ronchon derrière elle pour la masser. Une telle idée la satisfaisait.
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Sam 27 Juin - 0:56



Vanité.

Le monde était vanité. Tant de masques pour autant d'acteurs sur les planches du destin. Tant de masques pour autant de visages factices si réalistes qu'on en viendrait presque à les confondre avec la réalité. Des mensonges, de beaux mensonges qui rassurent, qui paient et qui réchauffent. Des mensonges qui empoisonnent et qui brûlent délicieusement, desquels on ne peut plus se détacher. On les ingère jour après jour, nous les assimilons à ce que nous sommes : ils se mêlent aux fibres de nos muscles, à la toile de notre peau. Nous les consommons sans modération, comme une drogue nous aura rendu addict et qui aurait pris le contrôle de nos êtres. Ils se mélangent aux lueurs de notre regard et se fondent dans les souffles de nos voix, déformant encore et toujours ce qu'ils touchent, ce qu'ils caressent. Les mensonges ont si longtemps fermenté dans l'âme humaine qu'à présent ils en sont une composante à part entière, peut-être l'une des plus massives. Des paroles, de belles paroles auxquelles on s'accroche pour ne pas sombrer dans un vide si profond et sombre qu'il aurait pu engloutir l'humanité tout entière dans un trou noir de possibilité et de questions sans réponses. Des paroles auxquelles on croit.
Car le monde n'était peut être que cela, des croyances : que l'on place sa foi dans les divins, dans le pouvoir, dans la misanthropie ou dans tant d'autres idées abstraites, tout cela n'était que croyance faites pour nous rassurer et survivre. Tout cela n'était que vanité stérile, sans avenir si ce n'était une course éternelle vers l'illusion. En quoi la momie avait-elle décidé de croire ? Elle pensait simplement que, vanité pour vanité, mieux valait encore se distraire comme on le pouvait et apprendre le plus possible. Après tout l'éternité avait quelque chose de long, surtout si l'on ne faisait que regarder le temps qui passe. Ce n'était pas son cas, elle accompagnait le temps lui tenant la main comme un simple enfant, souriant à la vie, sans se soucier de ce que les remous de ces mouvements dans le bain de possible pouvait provoquer. Un enfant innocent d'Isthéria, mère de toutes choses, et de toutes vanités. Une magnifique tapisserie. Ce prêtre.par exemple, qu'était-il d'autre qu'un pauvre petit tas de mensonges ? Des mensonges à l'autre, des mensonges à lui-même, des mensonges au monde entier. Sa si précieuse foi ne le sauverai pas aujourd'hui, pas plus que son dieu cadavre avachis sur son trône d'os. Il était à présent seul, horriblement seul. Perdu sur un champs de bataille que, malgré l'âge et l'expérience, il ne parvenait pas à comprendre. Non pas par stupidité bien sur, le bonhomme était un sage. Mais plutôt par cécité. Cécité terrible qui cette nuit lui coûterait la vie.

Car peu importait que les masques tombent, la pièce elle devait continuer à tout prix.

Alors que ce dernier se débattait sans relâche, pris au piège d'un monde illusoire qui ne lui appartenait pas prenant seulement siège dans le maelström qu'était devenu son cerveau, Torenheim observait calmement la créature terrifiée. L'esprit humain était une chose bien fragile, il l'avait appris depuis longtemps à présent. Et lorsque l'on savait parler à son tutoiement le plus intime alors la langue devenait la clé d'un nouvel horizon, un abîme profond d'idées et de passions, de peurs et d'envie. Il suffisait de parler la même langue que l'esprit pour que peu à peu celui ci laisse glisser ses portes, ouvrant un passage de plus en plus profondément au cœur de l'être. Et une fois à l'intérieur, le chemin des possibles se divisait en une si vaste multitude qu'il aurait fallut plusieurs éternités pour tous les parcourir ! Heureusement pour lui, Torenheim avait tout son temps. Il observait les yeux vide du vieillard dont les veines et la cervelle imbibées du venin faisaient une proie facile tandis qu'il jouait avec sa perception du monde ainsi que son introspection. Il le regardait presque avec tendresse alors que lui ne le voyait pas. Il souriait, profitant du temps offert pour consumer un peu de son essence divine, la faisant sienne. Il ne prenait là aucun plaisir sadique, à dire vrai la souffrance des autres lui était aussi égale que leur plaisir et leur bonheur. Ce qui lui importait seulement c'était de … Voir à travers d'autres yeux que les siens. Car à lui aussi, ses iris monochromes étaient aveugles ...
Tournant autour de l'homme mis à nu, il s'apprêtait à continuer, tandis que son amie Lhurgoyfs s'occupait de piteux et bruyant macaque. Quelle grâce, quelle splendeur elle avait sous cette forme ! Son pelage argenté étincelant sous les rayons lunaires avait quelque chose de féerique. Son rictus sauvage aurait eut de quoi en faire frémir plus d'un, et sans parler de son regard si profond, si vrai. Sa véritable forme était tout bonnement magnifique, il lui avait été rarement donné de voir si gracieuse créature. Toutefois, bien qu'il admirait la poésie de sa petite lune, il n'avait jamais demandé à la voir … D'aussi près. Et surtout aussi vite. Avant qu'il ne puisse réagir, la masse imposante de grâce s’abattit sur lui, l'envoyant valdinguer plus loin et arrachant ses griffe spectrale du crâne de l'autre vieil homme. Pour amortir sa chute il condensa les ombres sous ses vêtements, roulant sur la poussière, faisant plusieurs tours sur lui même. Au dépit de quelques bosses et bleus, il se releva doucement, reprenant ses esprits, sourires aux lèvres.

- Et bien, ma chère, si en plus de veiller sur nos camarades je dois aussi surveiller mes arrières en cas de chutes de Lhurgoyfs inopinées ... ! Bien que l'idée d'une proximité entre nous ne me sois pas désagréable, j'aurai aimé, si possible, qu'elle se fasse dans d'autres circonstances.

Après avoir adressé à la Lhurgoyfs son sourire emplit de narquoiserie et d'amusement étrange, il se redirigea calmement vers le prêtre qui reprenait difficilement ses esprit, perdu dans une brume épaisse. Il tenta de se relever, tenant difficilement ses jambes flageolantes, une main posée sur sa tempe nimbée de sueur froide. Le poison faisait encore son effet, mais la dose trop diluée ne suffirait sans doute pas à le tuer. Et même dans l'hypothèse où cela aurait été le cas, Torenheim n'aurait pas prit la peine d'attendre de le savoir. Après tout, il avait mieux à faire. Aussi s'avança-t-il jusqu'à lui, sortant sa dague d'argent de son fourreau. Le vieil homme tenta de se défendre mais entre son esprit affaiblie et son essence divine partiellement dévoré, il ne pouvait rien faire. La momie s'accroupie à son niveau, lui adressant un sourire emplit de compassion tandis qu'il plaçait le poignard sous sa gorge et le tenant par les cheveux, plongeant son regard monochrome d'une stoïcité imperturbable dans celui de l'autre à l'iris tremblante. Sa voix était douce, calme et légère.

- Croyez bien que j'aimerai ... Sincèrement compatir à votre peine. Lui susurra-t-il entre ses lèvres gercés. Adressez mes salutations à votre dieu, et priez le d'excuser de mon retard : la vie me sied bien mieux pour l'instant. Elle est plus distrayante.

- Vous ne savez pas ... Ce que vous faites ... lacha-t-il dans un souffle rauque. Il n'arracha qu'à l'étrange personnage qu'un énième sourire, un sourire presque tendre qui contrastait de manière flagrante avec son regard terriblement vide. Il passa lentement ses doigts sur sa joue couverte d'une barbe grise, la caressant comme on caresse la joue d'un enfant avant que celui-ci ne s'endorme. Et d'une voix encore plus basse il lui murmura :

- Au contraire mon ami : je vais simplement libérer Isthéria.

Sa lame traça un sillon rouge sur la gorge du prêtre, laissant couler le liquide pourpre sur sa bure formant une tâche sombre et ce dernier s'effondra lourdement, soulevant et retournant à la poussière qui l'avait vu naître.
Torenheim se redressa calmement après avoir essuyé la dague sur le vêtement imbibé. Il se retourna vers Rashell qui venait de défaire son adversaire et qui reprenait son souffle à présent. Envoyer une telle "résistance" contre eux, il y avait de quoi être vexé ! Mais cela n'avait de toute façon plus aucune importance. Ça n'en avait jamais eut en fait. Il rangea donc sa dague dans l'obscurité entre ses vêtements, soupirant légèrement en observant le ciel sombre dans lequel roulaient encore quelques nuages, éclairés par l'astre lunaire. Puis il se dirigea vers l’endroit où sa compagne d'arme avait pris soin de laisser ses effets pour ne pas les tailler en pièces. Il se baissa et les ramassa donc, époussetant la poussière qui les avait marqué de quelques coup de paume, puis les rangea dans sa sacoche en silence, avec soin. Se redirigeant vers leur propriétaire, il posa son regard de platine dans ces yeux vert si brillant, lui adressant ce sourire sans chaleur qui lui été coutumier.

- Si Madame veut bien me suivre. L'appela-t-il avec cet air taquin et narquois auquel était habituée Rashell, connaissant son goût pour changer de rôle par simple jeu. Il la quitta des yeux et en profita pour regarder autour d'eux. Les prêtres morts n'opposerait plus de problèmes, à moins que Kron en personne ne se charge de les réanimer. Le mausolée de Bathendalus trônait à quelques pas, très vieille structure à moitié en ruine ne témoignant pas d'une grande richesse. Il était extrêmement sobre, mis à part deux statues de pierre aux traits chevaleresques qui en gardaient l'entrée. Une porte faites d'un bois sombre dévorée par les mites interdisait l'accès aux visiteurs. Elle devait certainement être bloquée de l'autre coté par quelque poutre. Torenheim posa les poings sur les hanches et s'en approcha tranquillement.

- A votre avis très cher, manière douce ou manière forte ?

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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Dim 26 Juil - 18:35

Au milieu de décombres, de dalles, pierres, stèles funéraires en lambeaux et briques de mausolées effondrés, la Lhurgoyf serpentine s'ébroua, évacuant toute la poussière morbide de ce lieux de ses écailles. Elle expirait encore profondément essayant d'apaiser ses nerfs, et de ralentir le tempo monstrueux du flux de sang qui lui rossait les tempes. Prenant le temps d'examiner l'endroit, elle remarqua que celui-ci ne ressemblait plus guère qu'à un champs de bataille saccagé ; deux monstres s'y étaient combattus et avaient tout ravagé en somme. Elle posa ses yeux d'herbe printanière sur les corps des prêtres sur le sol, les uns transpirant de sang, les autres monstrueusement inertes, au beau milieu des débris.

Puis son regard tomba sur Torenheim, emmitouflé comme à son habitude dans ses guêtres ; elle le fixa un instant avec insistance de façon imperceptiblement compréhensible, ç'aurait très bien pu être comme un albatros qui regarde une coque de moule vide avec hébétement sur le bord d'une grève, ou bien comme deux prunelles carnassières qui tombent sur un quelque chose de vivant qui gesticulait un peu, là, quelque peu immobile et qui n'était pleinement là que dans le but de servir d'amuse-gueule pour des crocs laiteux et salivant à l'idée de happer à toute hâte un quelque chose de chaud et potentiellement sanguinolent entre ses crocs.

Ce quelque chose justement s'approcha de ses crocs, lui demandant de le suivre, puis à sa voix, elle se rappela qu'elle le connaissait, mais à savoir ce qu'elle faisait là avec lui... Elle y réfléchit un instant et s'ébroua en remarquant qu'elle ne savait de fait absolument pas ce qu'elle faisait ici depuis son arrivée.

D'une voix pleine, basse, dure et décidée dans la langue de Goyfar, que peu pouvaient comprendre, une voix qui exigeait qu'on l'écoutât et qui ne tolérait aucune objection, Rashell se mit à insulter son acolyte, se rappelant qu'elle ne savait toujours rien du pourquoi et du comment. Se redressant de toute sa fureur et de toute sa longueur, elle l'injuria par des termes spécifiquement Goyfar et intraduisibles en langue commune ; face à elle, il pouvait facilement ressembler à un moucheron, tant sa forme monstrueuse était longue et massive, le broyer, entre les vertèbres de sa longue queue ou entre ses crocs d'un coup de mâchoire, aurait été un jeu d'enfant. Son attitude laissait paraître sans hésitation qu'elle voulait savoir ce qu'il était venu chercher de si important pour que des Prêtres de Kron en personne ne se déplaçassent jusqu'ici, et qu'elle aient dû se résoudre à en tuer sans en connaître la raison.

Non pas que Shell ne sache pas contrôler sa forme de Lhurgoyf, mais lors de la transformation en monstre, toutes les pensées de celui-ci ne se voulaient plus raisonnées, mais spontanées, dominées par des pulsions ; et malgré son contrôle d'elle-même, Shell ne pouvait passer outre, si sa raison s'amusait depuis le début du mystère qui se faisait sur le cimetière qu'ils visitaient en couple, son subconscient voulait le savoir, et quoi de mieux qu'une forme primitive et originelle de Lhurgoyf pour le faire revenir au premier plan. Sa longue queue d’aiguë marine fouettait l'air violemment et vint s'écraser contre une stèle de pierre qu'elle réduisit en lambeaux.
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Lun 10 Aoû - 21:05



C'était vrai, Torenheim faisait bien figure de petit moucheron face à tant de majesté et de puissance animale brute. Vraiment, n'importe qui aurait pu parier, si duel s'était enclenché, sur la victoire écrasante et humiliante de l'énorme bête sur le petit bout d'homme qui lui faisait face. La différence de taille était affligeante et tout le monde savait bien que la force brute l'emportait toujours sur le reste. Non ? Sérieusement, quelles auraient étés les chances de la momie de l'emporter dans pareil affrontement ? La question ne se posait pas, car affrontement il n'y aurait pas. Il n'y avait aucune raison qu'il y en est : la fureur primale et les instincts féroces de Rashell sous cette forme, sa "parade nuptiale" primaire n'ayant pour seul but d'intimider maladroitement un adversaire qui de toute façon ne la craignait pas plus que la mort - comme si elle ne le savait pas - tout cela ne justifiait en rien que l'un ou l'autre s'engage dans combat. Après tout ... Torenheim aurait été bien attristé de devoir abimer ou pire, tuer une créature aussi magnifique ... Enfin, à bien y réfléchir non, pas attristé. Il n'était pas de ce genre : il aurait été simplement ennuyé.
Face à ce déchainement soudain de violence et d'agressivité, le pauvre petit Terran resta parfaitement silencieux, observant sans bouger un cil la bête qui s'agitait. Les lèvres closes, son regard plongé droit dans les émeraudes qui le toisaient froidement, un regard innocent et curieux semblable à celui d'un enfant si ce n'avait été pour la lueur malsaine et tamisée de folie qui brillait tout au fond. Pour une fois, il était bon de le noter tant cela pouvait être rare, son sourire avait disparu, ne laissant qu'une mine surprise qui ne lâcha pas Rashell des yeux durant tout son monologue, pas même quand la queue puissante vint réduire la pierre en poussière aussi facilement qu'on broie de gros morceaux de sucre. Il était là, immobile, l'observant avec un calme olympien, sans sembler craindre un revers de sa colère : un enfant, vraiment, face à un gros serpent venimeux, inconscient du danger qui le guettait. Inconscient, ou peut-être insouciant. Il comprenait, en bonne partie du moins, les dire de la Lhurgoyf. Le goyfar était une langue bien peu mélodieuse mais dont les échos avaient un charme primitif et "naturel" que pouvait apprécier la momie.
Et quand la dame blanche finie enfin d'insulter copieusement son acolyte indolent, il y eut un silence. Un silence d'une minute à peine alors que la poussière retombait sur le sol. Puis, dans un froissement de bandelette, un éclat vint refléter le clair de lune : un large sourire, montant d'une oreille à l'autre qui fit plisser ses yeux, faisant briller plus intensément encore ces deux petits points d'insanité lugubre sous son linceul obscure. Un sourire joyeux, joueur, fou sans doute, qu'il adressait impunément à la créature ronchonne. Il tâcha de détendre ses zygomatiques, le temps d'articuler sa réponse dans un souffle à sa chère petite lune :

- Ta forme primaire est proprement merveilleuse, Rashell ...

Loin d'être une raillerie, Torenheim avait été parfaitement sincère. Il avait toujours trouvé la véritable forme des Lhurgoyfs bien plus vivante, radieuse, naturelle que leur pâle simulacre d'enveloppe humaine. Cette force de la nature, cette violence incontrôlable, toute cette puissance dans chaque muscle, et surtout ce regard ... Ce regard prédateur, carnassier dans lequel ne siégeait que l'instinct de la chasse et le gout du sang. Vraiment, c'était pour lui un spectacle qui lui faisait toujours son petit effet. C'était peut-être cela que l'étrange personnage entendait par "libérer" Isthéria ... Mais nul ne pouvait l'affirmer. Tout ceux qui avait tenté de franchir les limites de son esprit s'étaient perdu dans un océan sombre dont les vagues cruelles et les lames de fonds leurs arrachaient le cerveau jusqu'à ne plus laisser de leur santé mentale qu'une pâle épave sombrant rapidement au fond de l'eau.
Après cette réponse pour le moins caractéristique de la momie, il laissa planer un nouveau silence, suite à quoi il baissa légèrement le visage. Ses épaules se secouèrent d'elles-mêmes tandis que quelques échos de son rire se mirent à résonner sur ce qu'il restait de tombes autour d'eux. Puis les échos se firent éclats, son visage bascula en arrière tandis qu'il tenait son ventre contorsionné par son hilarité. La scène était vraiment trop belle, sa sensibilité à ce genre de cocasserie ne lui laissait aucun espoir de rester de marbre. Il était vrai que le scénario était pour le moins bancale : un terran guidant une Lhurgoyfs plusieurs fois centenaire dans un cimetière gardé par des prêtres de Kron en personne qu'ils avaient dû tuer, et surtout sans que l'une d'entre eux ne sachent même pourquoi ils étaient là, et qui maintenant se mettait à menacer son gai luron d'acolyte alors qu'elle savait très bien que tout cela était parfaitement vain, et lui qui ne pouvait rien faire d'autre que rire. Oh, il aurait bien voulu ressentir la peur, il ne ressentit pourtant qu'amusement face à l'absurdité, et plaisir face à la beauté. Il en avait presque la larme à l'oeil. Doucement, très doucement, il parvenait à reprendre son soufle. Il passa un doigt sous ses cils pour essuyer l'eau salée qui en coulait, puis il reprit :

- Allons Rashell, allons ! Je t'ai connu plus joueuse que ça ! Tu manques cruellement d'humour quand tu laisses ta véritable forme prendre le dessus. Je pensais que tu appréciais ce genre de petite escapade au clair de lune, où est passé ton âme aventureuse ? Il reprit le contrôle de son diaphragme et écarta les bras de pars en pars de son corps frêle, avançant calmement vers la Lhurgoyfs en la regardant dans les yeux. Toujours cette même lueur dans le regard, toujours ce sourire qui maintenant se montrait presque charmeur tant il était enthousiaste. Il utilisa doucement son pouvoir d'hypnose pour adoucir l'humeur de la créature farouche qui lui faisait face. Je ne te dirais pas ce que nous sommes venus chercher, très chère, cela gâcherait toute la surprise ce qui serait fort dommage ... Mais je suis par nature joueur, alors voilà ce que je peux te proposer : si tu me bas en combat singulier, je consentirais à te donner un indice sur la raison de notre venu ici. Après tout, c'est toi qui voulais danser il me semble, et bien que je n'apprécie pas particulièrement "l'art du duel", il était fort impolie de ma part de refuser une telle demande à une dame ... Il lui adressa une révérence fort bien maîtrisée avant de relever les yeux vers elle, ce sourire figé sur ses lèvres gercées. "Fais-moi confiance quant à notre petite visite, tu me connais tout de même !" Le pauvre petit Terran se redressa et plongea son regard droit dans celui de la Lhurgoyfs. Il n'y avait plus d'hilarité, plus d'innocence, plus de curiosité. Simplement les éclats sombres de sa folie, et encore plus au fond, condensé, la sureté d'une détermination sans faille. Il murmura alors qu'il se trouvait juste sous son nez, les yeux dans les yeux : "Ai-je une seule fois osé te décevoir ?" Et son sourire s'élargit encore.

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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Mar 25 Aoû - 19:09

Son ton stoïque, son amusement placide qui regardait tout de haut, sa stature fière et moqueuse. La forme de Lhurgoyf s'en contre-foutait. Un enfant, s'il avait vraiment été un enfant, devant un tel être et devant une telle violence aurait eu peur, se serait enfui en courant, ou aurait éclaté en sanglot, rien d'autre. Et un enfant, quel qu'il soit, n'aurait jamais souri à un moment si critique.
Le compliment de l'acolyte des ombres aurait pu être des plus touchants, s'il n'était pas tombé dans l'oreille d'un Lhurgoyf sous forme monstrueuse qui n'en fut même pas touché.
Par contre, ce qui l'irrita aussitôt, ce fut l'éclat de rire qui trouva son écho sur chacune des stèles funéraires du cimetière. Si elle l'avait accompagné, c'était certes pour sortir de son Manoir et de son ennui, mais elle se disait qu'au moins elle apprendrait quelque chose de cette sortie au fur et à mesure, néanmoins Torenheim n'avait pas daigné lui donné d'éléments, soit, ça l'avait agacé. Mais une fois que l'on tue des gens, et pas n'importe qui, c'est à dire des Prêtres de Kron ; ne semble-t-il pas raisonnable de savoir pour quelle raison on a versé du sang. Soit, ça l'avait énervé.

Elle lui répondit d'un ton toujours aussi catégorique, qui exigeait qu'on l'écoutât et qui ne tolérait aucune objection :

- « Effectivement, j'aime les escapades, mais il faut avouer qu'à un certain point de non retour ; il faut cesser de se révéler obstinément crétin ! Je viens de tuer des Prêtres de Kron pour ton escapade ; encore heureux, et je l'espère, que ça ne se saura pas. Mais à un moment, toute plaisanteries a une fin. » Plus elle parlait et plus sa colère montait.

Puis la Momie lui adressa un deal, le deal d'un indice contre sa victoire. Un indice, seulement, il se voulait joueur mais il ne se trempait pas plus que cela, finalement. Ce duel, sur le coup, lui sembla risible. Les yeux serpentins et verts de Lhurgoyf prirent une teinte d'exaspération à toute épreuve. Mais elle l'écouta jusqu'au bout, se retenant de le frapper une bonne fois pour toute et de s'envoler.

- «  Quand on parle de confiance, il faut aussi faire preuve de vérité. Et sache que pour l'instant, ce manque de sincérité m'irrite fortement. Et je vais faire preuve de sincérité avec toi, après ce qui s'est passé, j'en a assez d'être traînée comme un gentil toutou derrière toi à te suivre, on m'appelle pas pour faire le ménage sans me donner d'autres motifs que celui de l'humour ! » Shell s'était un peu élevée du sol, ses membres virevoltaient de manière menaçante tandis que ses yeux semblaient briller d'une lueur inquiétante. « C'est juste l'occasion d'une pure transparence, soyons à égalité sur le même terrain ! » répondit-elle crânement.

Les yeux de l'homme qui se trouvaient en face d'elle n'avaient plus aucun sens, vide de raison ; elle se demanda presque pourquoi elle lui avait trouvé une certaine curiosité. Irritée, elle releva le défi en redressant la tête de dignité ; mais à coup sûr, il ne serait pas question d'un duel, mais d'une boucherie. Il était devant elle, inconscient, à lui faire une belle révérence, et à sourire, ce sourire qui l’agaçait de plus en plus et qui, apparu une fois de trop, l'énerva.

Comme point de départ au duel elle brandit sa queue serpentine et l'abattit sous le coup de la colère sur l'être qui était sous ses yeux, celui-ci s'évapora ; sa queue s'effondra au sol dans un grondement titanesque parmi le pavé. Ah, une illusion. Levant ses yeux reptiliens elle repéra l'original un peu plus loin, et sans se déplacer plus que de mesure, elle frappa une stèle encore intacte de toutes ses forces, l'action avait été rapide, la pierre perça les airs et vint percuter de plein fouet l'Ombre Souriante.
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Sam 29 Aoû - 21:29



L'ennui avec les Lhurgoyfs, c'est que ce que leur transformation gagne en majesté et en grandeur, elle le perd trop souvent en finesse d'esprit. Les mots et les colères de Rashell digne d'une femme connaissant ses menstruations n'arrachèrent que quelques sourires navrés à la momie. Oh ... Ce n'était pas très fin ça comme comparaison, se dit-il en souriant davantage. Il haussa imperceptiblement les épaules. Tant pis, il s'en contenterait ! Après tout, son invitée semblait avoir perdu tout sens de la subtilité. Quel dommage ! Au moins cela ne retirait rien au spectacle féroce auquel il pouvait assister, et quel spectacle ! Tant de force brute, tant de puissance dans chaque muscle, chaque poil. Un beau bestiaux.
Crétin ? Oh ... Elle était rude. S'il avait pu, l'étrange personnage aurait ressenti un pincement au cœur. A défaut de cela, il ne put que le feindre grossièrement, se tenant la poitrine en mimant le choc qu'une telle insulte avait produit dans son "amour-propre". Et quoi, pour de pauvres petits prêtres de Kron ? C'était risible, toute plaisanterie ne connait pas forcément une fin. La preuve, la plus longue de toute continuait en ce moment même d'être joué. Mais il garda cette pensée pour lui. Il doutait sincèrement de la capacité de la Lhurgoyfs transformée à apprécier un peu de philosophie.

- « Tu t'inquiètes pour ta réputation Rashell ? Cela ne me surprend pas. Il est vrai que pour toi les apparences ont toujours été primordiales ... » Il rit légèrement en levant un peu les yeux au ciel avant de reprendre calmement : « Mais ne t'en fais pas, plus personne ne vient dans cette partie du cimetière, et vu leurs accoutrements, ces prêtres n'étaient pas bien hauts placés. La maigre "dommage collatérale" qu'ils forment ne viendra pas entacher ta soierie si ... "immaculée". »

Il prêta une oreille plus attentive à la suite de son discours. Son sourire s'envola alors qu'il considérait les arguments de la lhurgoyfs irritée. Elle n'avait pas complètement tord, il s'était montré pour le moins irrévérencieux envers sa compagnie, il pouvait au moins l'admettre. La sincérité n'avait jamais été son fort. Il imaginait bien que l'orgueil démesuré de la créature devait être outré par le comportement de son hôte, après tout sans doute aurait-il aussi cherché des réponses à sa place. Non pas par une passion de fierté qu'il ne connaissait pas, mais par simple curiosité. Chacun ses démons, pensa-t-il. La pauvre Rashell avait perdu son âme d'enfant et, l'espace d'un instant, il se demanda pourquoi il avait fait appel à elle plutôt qu'à une autre. Puis il se rappela, ce qui arracha un nouveau sourire à ces lèvres noircies.
Alors qu'il s'apprêtait à présenter ses excuses et reconnaître son manque de savoir vivre, un bruit sourd l'arrêta sur place tandis que Rashell venait d'écraser violemment sa queue musculeuse sur le sol, croyant attaquer ce qui n'était qu'une affabulation de son esprit. Se redressant, un rictus amusé sur le visage, il observait la lhurgoyfs d'un peu plus loin. Oh elle avait finalement décidé d'attaquer ? Soit. Un lourd morceau de pierre brisée fut ainsi projeter vers lui, ne tentant pas de l'éviter il fut projeté un peu plus loin. Il survécu sans trop de peine grâce aux ombres qu'il avait solidifié sous ses vêtements, ses tissus et ses bandelettes, néanmoins un fin filet écarlate perlait de la commissure de la bouche alors qu'il adressé à Rashell un nouveau regard narquois. Il essuya le sang qui perlait d'un revers de son poigné, le gout de l'hémoglobine dans sa bouche lui avait quelque peu manqué. Il soupira quelque peu, évitant avec agilité les éventuelles nouveaux assauts de son adversaire de fortune.

- « Et bien ma chère, tu marques un point : je ne m'étais pas rendu compte combien mon comportement pouvait t'apparaître irrespectueux. Crois bien que ce n'était pas une volonté de ma part, tu sais combien je peux me montrer malhabile avec les ... relations humaines. » Il se redressa donc, lui adressant une nouvelle révérence, sans sourire cette fois, les yeux clos et sa voix enivrante semblait insidieusement caresser l'esprit de Rashell. « Je te présente donc mes plus plates excuses, tes arguments ont touché juste. Pas ceux, ridicules, concernant les prêtres que personne ne trouvera - rien ne nous empêche de cacher les cadavres si cela peut vous rassurer, toi et ton brillant avenir - mais ceux concernant mon comportement. Navré d'avoir autant mis à mal ton tendre orgueil et de m'être comporté comme un goujat. » Il avait donc décidé de changer de masque, de changer de rôle. Ce n'était pas les assauts de Rashell qui l'avait motivé, ni même sa vanité outré qui n'avait fait que le divertir davantage - vanité qui avait quelque chose de particulièrement dérisoire chez une créature telle qu'une Lhurgoyfs, se dit-il alors qu'un coin de sa lèvre remonta dans l'obscurité. Enfin, chacun avait son lot de pathétique et il n'y faisait pas exception. Il releva les yeux vers la créature, lui adressant un air tranquille, doux, presque inoffensif tandis que sa voix se fit plus profonde et assurée. « Je veux bien te dire pourquoi nous sommes venus, mais économise tes forces et range tes si jolis crocs, tu vas en avoir besoin : nous ne sommes pas au bout de nos surprise, et j'aimerais éviter de gaspiller des ressources en te mettant au seuil de la mort. »
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Lun 31 Aoû - 16:23

L'Orgueil. Oui Rashell en était faite de la pointe des pieds jusqu'à la pointe de ses cheveux. Mais quoi de plus normal quand on a de l'ambition, que l'on a vu des siècles et des siècles s'écouler devant ses yeux, que l'on a vu la chute de Taulmaril ? Il ne faut pas toucher à l'orgueil de Rashell, c'est le sujet épineux ; si vous ne voulez pas vous attirer ses foudres passez votre chemin à ce sujet.

Et oui, le monde était un monde d'apparence, à qui savait se mettre sous son plus beau jour, savait se faire bien voir, savait donner une image attrayante de lui ; car qu'est ce que le monde si ce n'est la scène d'un théâtre où chacun revêt un masque et le montre aux personnes qu'il a spécialement choisi.

La queue de Rashell vibrait dans les aies, elle écouta les paroles attentivement, tentant de ne pas tiquer sur la pique que lui lança Torenheim. Et puis, oui, évidemment que les cadavres, ça se supprime d'une manière ou d'une autre, elle ne les comptait plus, ce ne serait ni les premiers ni les derniers. Mais Torenheim avait touché juste, oui, il s'agissait bien d'orgueil ; et pas des moindres ; et Shell ne s'en offusquait pas le moins du monde, bien au contraire, elle le savait pertinemment ; mais son orgueil démesuré faisait d'elle ce qu'elle était, et ce qu'elle avait réussi à faire. Rashell était gonflée d'elle-même et regardait souvent les autres avec un air supérieur, sans le montrer ; c'est pourquoi des fois elle regardait avec curiosité, la plupart du temps des Terrans, des fourmis curieuses, tout comme Torenheim. Les Terrans avait pour force de se multiplier comme des lapins. Il passe leur temps à forniquer. Or ce monde appartient à celui qui sait le mieux fracasser le crâne des autres et engrosser le plus vite les femelles. Et quand il s’agit de tuerie
et de fornication, il est difficile de concurrencer les Terrans. Car sinon, qu'avait-il vraiment pour eux. La Lhurgoyf cessa d'y réfléchir et se posa au sol, délicatement. Toutes ces pensées l'apaisèrent après les excuses de Torenheim, elle avait eu ce qu'elle souhaitait ; et la haine monstrueuse qui avait trouvé refuge en son sein.

Dans la pénombre des rares nuages qui couvraient le cimetière, la créature s'amincit, perdit ses écailles dures comme l'acier, son pelage immaculé sur le dos, au profit d'une femme, dans son plus simple appareil. Elle s'approche de Torenheim doucement, comme si de rien n'était, se fige devant lui et lui pose une main fraîche sur la joue, presque dans un geste maternel et de son pouce lui essuie le filet de sang qui perlait de nouveau à la commissure de ses lèvres.

« J'accepte tes excuses, qu'on n'y passe pas toute la nuit non plus » elle lui tapota sur la joue espièglement, comme rassérénée de la forme monstrueuse qu'elle avait adoptée un long moment. Et pour simple réponse à « te mettre au seuil de la mort », elle ricana crânement, sans autre forme de procédure.

Enfin, elle lui tendit la main, paume ouverte ; à l'évidence elle attendait quelque chose, pas plus gênée de sa nudité qu'autre chose, mais elle scrutait les environs, comme si elle s'assurait que personne ne traînait dans le coin. En une inspiration, elle activa son pouvoir, et ne sentit rien de suspect, rien dans les parages. Après un moment de silence, elle se permit de clarifier tout de même la situation :

« - Dis-moi, tu aurais ta sacoche ? Que je m'habille le temps que tu me racontes tout. »
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MessageSujet: Re: [QUÊTE] Le Menuet de l'Ombre [PV : Rashell Samarcande]   Mar 6 Oct - 15:20



Oh oui, le monde était bien fait et tout y avait sa place : de la créature la plus majestueuse à la fourmi la plus insignifiante. Chaque détail de l'œuvre, chaque coup de pinceau du hasard et du destin combiné valait qu'on s'y attarde un instant, si ce n'était pour le comprendre, au moins pour l'admirer. Et tout un chacun avait une existence aussi absurde que les autres, de la fourmi la plus ridicule à la Lhurgoyfs la plus orgueilleuse. Pas de faux semblant lorsque l'on parlait de nature profonde, pas de masque, pas de scène, mais seulement une vérité absolue qui à elle seule pourrait bien coordonner l'entièreté du monde qui les entourait. Une vérité, unique, pour toutes les autres. Qu'était donc un homme si ce ne fut qu'un petit tas de passions ? Chacun son lot d'humanité, fusse-t-il si petit que celui de Torenheim. Chacun son lot de dessein et d'ambition, de désir et de volonté, personne n'échappait à la règle et en cela tout le monde était au même niveau. Pourquoi vouloir créer les plus grandes cathédrale si tout retourne à la poussière ? À quoi sert d'écrire l'histoire si celle-ci est inscrite sur le sable ? Le vent emporte tout dans ce bas monde, les rêves, les espoirs, les peurs, les vies. Et de sa brise il sème les graines des générations futures pour que le cycle recommence sans fin, sans qu'une étape soit plus importante qu'une autre. Sans qu'un facteur ne soit plus décisif que le prochain ou le précédent, car après tout, qui pouvait décider de la bonne tournure que le destin devait prendre ? En quoi un chemin valait-il mieux qu'un autre ? En rien. Et c'était peut-être cela qui était proprement merveilleux ainsi que délicieusement risible. Et sous ce jour ci, les ambitions les plus fantasque et les désirs les plus profonds n'étaient pas bien plus majestueux que les petites fourmis qui faisaient vivre la fourmilière du monde.


Tout n'était qu'une question de point de vu.


Cela aurait pu être triste si ce n'avait pas été aussi cocasse. Au final, la momie comme la Lhurgoyfs était tout à fait semblable à deux enfants, l'un capricieux, l'autre curieux. Y avait-il seulement une différence, si l'on regardait au plus profond ? Sans doute, car après tout, seulement l'un d'entre eux ne perdait jamais réellement le sourire.
Il l'observa donc redescendre de son piédestal improvisé, patientant simplement que madame ne calme ses ardeurs offusquées. Elle perdit donc ses écailles et sa fourrure se trouvant - une fois n'était pas coutume - dans son plus simple apparat. Quelle forme était plus proche de la réalité que l'autre ? À cette question, il n'aurait qu'une seule réponse à donner, la même qu'à chaque fois : question de point de vue. Et de son point de vue actuelle, il trouvait la forme actuelle de Rashell bien plus approprié à sa ... personnalité. Il sourit simplement lorsqu'elle vint essuyer le sang qui coulait encore de la commissure de ses lèvres, ne s'offusquant pas le moins du monde de sa proximité, cela lui faisant autant d'effet que s'il avait été un cadavre. La comparaison n'était peut-être pas si déplacée. Il la regardait dans les yeux, de ce regard si particulièrement vide qu'était le siens. Pas de flamme, pas d'émotion. Le visage, certes, simulait les effets des passions et des ressentiments, mais les yeux eux étaient aussi étrangement inerte que deux miroirs sans bords. Le ricanement cristallin de sa compagne d'un soir arracha un sourire plus large à la momie, dévoilant sa dentition sous ses lèvres gercées. Il gardait son regard vide profondément ancré dans le siens, contemplant les multiples idées et sensations qui évoluaient dans son esprit, ne pouvant réellement les atteindre derrière ce rempart d'émeraude. Pendant un instant, il songea à les lui arracher, juste pour connaître sa réaction, entendre son cri, saisir sa rage et voir comme elle se débrouillerait si son si joli petit orgueil venait à se faire réduire en poussière.


Cette idée ne lui laissa qu'un silence et un sourire rêveur. Ils avaient mieux à faire et il allait encore avoir besoin de la belle. Ou la bête. Il bascula légèrement son visage sur le côté, roulant des yeux vers un point quelconque de l'espace, laissa s'échapper de sa bouche un soupir léger qui vint se perdre dans l'atmosphère. Un simple soupire langoureux, paresseux. Puis, à sa demande, il ouvrit sa sacoche en toile pour fouiller à l'intérieur avec négligence, entre les babioles, les serpents et boîtes à musiques. Il sortit donc les vêtements de la dame et lui tendit gracilement, toujours ce même sourire aux lèvres.


«- Madame. » Il attendit qu'elle saisisse son dû avant de prendre une posture plus droite, de se racler la gorge comme au théâtre puis, tête haute, de réciter sa leçon sagement apprise : « Comme je te l'ai dit, nous sommes ici en quête d'un certain Barthendalus dont les restes doivent se trouver juste derrière moi, dans ce mausolée il y a peu gardé par quelques ... malheureux contretemps. » Affichant une mine désolée, il marqua une pause d'une demi-seconde, avant de reprendre avec le sourire : « Barthendalus était un chercheur peu reconnu, et pour cause son domaine était jugé impie : le bougre avait jeté son dévolu sur les mystère de l'âme et son lien à l'essence divine. Il fut une première fois condamné à l'errance dans le labyrinthe de Zaléra dont il s'échappa miraculeusement. N'ayant pas retenu la leçon, il continua ses recherches jusqu'à ce qu'un groupe fanatique obscurantiste ne lui mette la main dessus, le liquide puis tente de détruire ses travaux. Malheureusement pour eux, un unique ouvrage survécu à leur autodafé, un ouvrage regroupant les recherches de feux le bon vieux savant. Si mes sources sont exactes, cet ouvrage fut enseveli avec lui dans le dit mausolée par les restes de sa famille qui avait choisi Phelgra comme dernière terre pour lui, car quel autre continent aurait bien voulus de sa carcasse sur son sol ? Délaissé par l'histoire, enterré sous d'épaisses couches de mensonges et de mystères, ne reste plus de son épopée exemplaire que l'exemplaire dont je suis en quête, quête à laquelle je t'ai convié pour m'aider à trouver ce savoir ancien oublié de tous, ou presque. » Finissant son discours, il s'inclina quelque peu face à elle, toujours le même rictus sur les lèvres.


Il se redressa ensuite, avec ce même air sur son visage enrubanné. Il indiqua à son invité la porte scellée du mausolée poussiéreux, et l'invita simplement en ces termes
:


«- Maintenant, chère amie, si nous levions, comme promis, un des multiples voiles dissimulant le passé ? Qui sait, peut être que je trouverais dans ce livre quelque chose qui pourrait satisfaire tes rêves les plus fous ? »
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