Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]



 
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 Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]

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MessageSujet: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Dim 11 Jan - 0:17


(Askook et Tatanka KOHANA)

« Nous avons les souvenirs que nous méritons,
un homme sans souvenirs est un homme perdu. »



Une petite secousse, un drap qui se lève comme par magie et un baiser déposé sur le front, une voix féminine naissait soudainement. Mélodieuse, douce et enjouée, suintant d'une tendresse maternelle d'une rare intensité, la jeune femme s'adressait à sa progéniture.

« Tĥatĥanka ! »

De petits yeux s'ouvraient en guise de réponse. D'un bleu azuré d'une intensité singulière, ils se refermaient quasi instantanément devant l'avancée de deux petits poings qui venaient en frotter les paupières avec peu de force de conviction. Un bâillement plus félin qu'humain, la petite créature, après avoir dévoilé une dentition bien étrange pour un enfant puisqu'elle était celle d'un félin, à première vue, s'était redressée sur ses avant-bras. D'abord hagard, il se mit à sourire lorsque son regard avait croisé celui de la magnifique jeune femme qui l'observait avec amour, bienveillance et amusement. Après un bref instant, elle s'était jetée sur lui, le chatouillant sans retenue pendant que son cher fils se débattait en rigolant à gorge déployée. Un rituel. La journée avait merveilleusement débuté, comme à  l'accoutumée. Le soleil brillait haut dans le ciel, laissant présager de bonnes choses. Si seulement...

Exercice du jour, le jeune Yorka avait dû aller chasser tout seul. Cela faisait partie d'un programme d'entraînement établi par les bons soins de sa mère. L'objectif du jour était d'aller chasser des serpents parmi les plus venimeux que l'on puisse trouver dans les environs et du continent entier et ce, le plus rapidement possible, avant l'heure du repas. Total, une dizaine. Stipulations spéciales, aucunes armes, aucune magie, seule la transformation animale était autorisée et pas le droit de revenir, sous aucun prétexte, non aucun, tant que le compte n'y serait pas. Pas le temps de petit-déjeuner que le petit garnement avait disparu. Son repas, il le prendrait au cours de se chasse.

~ -_- - -°- - -_- ~

De massifs et longs nuages gris s'étaient emparés du ciel. Tapi là où il l'était, le jeune humanoïde félin sentit soudain un pincement au cœur. De mauvais présages, de bien sombres présages.  Il aurait voulu rebrousser chemin, toute son âme lui hurlait de retourner auprès de sa mère, en sécurité, loin du danger que pressentait son instinct. Une petite voix l'en abstint pourtant. Les clauses étaient ainsi établies. Elles avaient valeur de loi absolue et ne pouvaient être transgressées. Cela faisait partie de l'entraînement et s'il n'obéissait pas, la mort elle même n'aurait été qu'une douce sucrerie comparée à ce qui l'attendrait lorsqu'il ferait face à sa mère. Pour se consoler, il se dit qu'il ne lui restait plus qu'une proie à capturer, une seule et unique proie. Il n'avait donc plus qu'à s'acquitter de sa tâche le plus rapidement possible sans commettre la moindre erreur.

Il devait être aux environs de midi lorsque le petit garçon fit son retour dans les rues de la cité d'Elusia, transportant fièrement ses trophées de chasse. Il n'était plus qu'à quelques mètres de son point de destination lorsqu'il fut alerté par des cris, des rires et tout un tas d'éclats de voix plus qu'inhabituels et tous provenaient de l'endroit vers lequel il se dirigeait. Sans prendre le temps de la réflexion, suivant ce que lui dictait son instinct animal, il s'était mis en planque, s'emparant d'un point de vue qui le protégeait de la vue de quiconque, mais duquel, lui, avait une vision parfaite sur la scène. Sa mère, sa précieuse mère, sa seule attache, son seul et unique point d'ancrage dans cet univers si étrangement hostile, le seul être qu'il ait toujours connu depuis sa naissance, la personne qu'il n'avait jamais quitté plus d'une demi-journée, était en fâcheuse posture. Là, devant leur demeure, devant la devanture  de sa boutique, elle était en train de se faire lyncher par un groupe d'homme qu'il ne connaissait ni de Fen, ni de [...].  Un, deux, quatre, huit... Dix. Ils étaient dix. Sortant de sa cachette, le pas félin, il agissait comme un guépard le ferait en situation de chasse. Après tout, c'était un jeune guépard qui venait de faire son entrée sur le plateau de jeu et non plus un petit garçon. Mètre après mètre, lentement mais sûrement, il réduisait la distance qui les séparaient. Il était désormais à portée. Se dressant de tout son long, les yeux rivés sur sa cible toute désignée, il s'apprêtait à déclencher sa course, à lancer la chasse. Ses muscles se bandèrent, ses griffes pénétrèrent profondément le sol, il était paré. Rien plus rien ne semblait pouvoir le détourner de son but, rien ou presque.  En effet, un sifflement bien particulier fit frémir ses tympans et aussitôt, il se figea, centrant son attention sur celle qui en était la source. Sa mère. Visiblement, lui seul l'avait entendu car aucun des hommes n'avait réagi. Leurs yeux se croisèrent, les regards s'entremêlèrent et un dialogue silencieux s'établit, bref et concis. Les ordres étaient clairs et comme pour pallier à toute rébellion, ce fut le son si distinctif de la sonnette du crotale qui lui intima le repli, ce qu'il fit.

Malgré tout, il n'avait pu se résoudre à l'abandonner ainsi. Son heure était venue ? Balivernes ! Ils ne s'étaient même pas encore battus, il n'y avait aucune raison de baisser les bras si vite. Un des hommes avait noté le regard de la jeune femme et s'était retourné, mais il ne vit rien. Le jeune guépard avait disparu. Passant par une entrée secrète, il avait rejoint la boutique. Là, il allait assister à la chose qui le traumatiserait pour toujours, le marquant à jamais. Alors qu'elle tentait de se défendre devant ce qui ressemblait à un ultime assaut, le jeune femme venait de se faire désarmer. A cours de solutions, elle avait entrepris de se transformer en crotales des prairies, mais elle n'en avait pas eu le temps. Sa tête venait de se décrocher de son socle, ironiquement coupée par sa propre lame qui lui avait été ôtée quelques secondes auparavant, puis elle avait roulé pour finir sa course entre les pattes du jeune guépard.

« Tatanka ! Tu... tu m'as abandonné Tatanka, c'est de ta faute ! Tu es un mauvais, un très mauvais fils Tatanka !!!!  »

« INA ! Ina ceki ye ! Hanhon, HANHOOOON !  » (MERE ! Mère je t'en supplie ! Non, NOOOOOOON !)

~ -_- - -°- - -_- ~

« INA !!!  »

Ma voix avait tonné, forte et puissante. Ouvrant les yeux brusquement, j'avais été oublié par la lumière qui s'infiltrait par la fenêtre ouverte qui se situait pile face à moi. Mes yeux me brûlaient, mon souffle étaient court, j'haletais, transpirant, mon cœur tambourinant dans ma poitrine et mes oreilles tel un tambour de guerre. Il me fallut un certain temps pour parvenir à me calmer et retrouver une certaine contenance.  Petit à petit, mes esprits me revenaient. M'acclimatant lentement mais sûrement à mon  nouvel environnement, j'essayais de rationaliser la situation. Un mauvais rêve, voilà ce que c'était. Je venais de faire un cauchemar, un douloureux cauchemar.  Tout n'était pas exactement comme dans la réalité, mais pour sûr, il s'agissait bien là d'un des passages les plus troubles de ma vie. Un fluide me chatouillait les joues. Je pleurais ? Aussitôt, j'essuyais mes larmes, réprimant celles à venir.  Après quelques instants de lutte intérieure, je m'étais mis à balayer la zone du regard. Ce lieu, cette pièce, à en juger par sa décoration et son ameublement, il s'agissait d'une chambre, mais clairement pas une de celles dans lesquelles on vivait, ni une de celles dans lesquelles nous recevions des invités. Elle était bien trop impersonnelle, bien trop vétuste, bien trop austère. Une geôle ? Non, je ne le pensais pas, d'autant plus que la fenêtre, la seule et unique ouverture autre que la porte, était grande ouverte. Parlant de la porte, elle était également  ouverte, pour ne pas dire entre-ouverte. Je poussais donc un petit soupire de soulagement. Je n'étais pas prisonnier, même s'il était plus qu'évident que je ne connaissais pas cet endroit. Je n'y étais pas en confiance, mais j'avais toujours la possibilité de m'en échapper au moindre danger.

Mon ventre gargouillait, et ma bouche était pâteuse. J'avais faim, terriblement faim et soif. Me levant, je tentais de me rapprocher de la porte, encore un peu sonné. Je ne pus toutefois pas l'atteindre. Je réalisais enfin que ce bruit métallique que j'entendais depuis que j'avais décidé de me relever, n'était autre que celui d'une chaîne qui me reliait au lit sur lequel j'étais préalablement allongé.  La panique commençait à s'emparer de moi, mais je l'étouffais. Je m'étais assis sur le matelas, en tailleur et avais entrepris une méditation de crise. Il me fallait faire le point. J'essayais de rassembler le plus d'informations possibles, faisant pour cela appel à mes souvenirs, ma mémoire, mais je n'y parvenais pas. Tout était flou, fugace. J'vais l'impression que mon esprit était un long désert et que les souvenirs auxquels j'avais encore accès, n'étaient qu'un village perdu au milieu de tout cela et là, j'en étais à la limite. A chaque fois que je pensais mettre la main sur un souvenir, il s'estompait, disparaissait subitement, pareil à un mirage.  Je ne me souvenais parfaitement plus que de ma vie jusqu'à l'épisode de mon cauchemar.  Ensuite, je savais qu'au milieu de cette étendue désertique, il y avait d'autres campement qui étaient des épisodes de ma vie qui avaient eu lieu suite à cet épisode lugubre. Il s'agissait des mises à mort des bourreaux. Et ça et là, les cactus ou autres éléments du décor, étaient d'autant de petits détails qui me parvenaient sans pour autant pouvoir les relier entre eux. Des noms, des mots, des images... Je n'en saisissais pas les sens.  Qenhia, Kitoko, Damga, Niama, amis, sécurité, famille, Gourmet, étaient d'autant de termes qui sonnaient encore et encore dans mon esprit.  Ajoutées à ces scènes qui se jouaient dans ma tête, j'avais là la totalité de ma vie, la totalité de ce dont je me souvenais, soit plus des deux tiers qui me manquaient.  Un cri perçant retentit dans le lointain, se rapprochant à grande vitesse de ma direction. Un faucon venait de se poser devant moi.

"Qenhia heureuse, Qenhia heureuse. Tatanka  sauf, Tatanka sauf. Qenhia dire à Damga, Qenhia dire à Damga."

Le rapace piaillait, sautant de manière énergétique ça et là devant moi, battant frénétiquement des ailes, visiblement excité. La faim me tenaillant, j'avais tout d'abord tenté de m'en emparer, mais il m'avait esquivé avec aisance pour se poser sur le bord de la fenêtre. Il m'avait alors lancé un petit regard en coin.

" Tatanka pas manger Qenhia, non pas manger ! Qenhia amie ! Qenhia précieuse et Damga aussi. Nous famille ! Ca pas oublier ! Non jamais ! "

Ses mots je les avais compris. Il avait piaillé et j'avais tout compris la première fois, mais là, il n'avait pas ouvert le bec et pourtant, j'avais tout saisi aussi parfaitement que si une personne m'avait parlé avec une certaine proximité. Sa voix avait raisonné dans mon esprit. Mes yeux s'écarquillèrent. Pas le temps de parler, l'oiseau avait repris son envol. Une fois de plus, je me retrouvais seul, avec une tornade de sable dans l'esprit. Qenhia ? Était-ce bien là ce qu'il avait prononcé ? L'image s'associait au mot et des souvenir éparses me revinrent, accompagné de ceux de Damga et de certains autres mots liés à des passage de ma vie.

« Famille ! A-mis...  »  avais-je balbutié.

Je me rappelais d'eux. Mes compagnons de route, ceux qui avaient partagés ce fameux quotidien dont je ne parvenais à me remémorer.  Pourquoi n'étais-je pas capable de me rappeler du pourquoi je me trouvais ici ? Cela m'échappait et avait le dont de m'agacer. Je notais enfin que j'étais tout nu, mais cela ne me posait aucun problème, j'y étais habitué.  Ce qui me chiffonnait, c'était cette chaîne qui m'entravait le cou. Nul doute qu'elle était prévue pour me retenir même sous forme animale.  J'eus alors l'idée de tenter de faire appel à la magie, mais je n'arrivais plus à me souvenir d'un sort d'une quelconque utilité. J'avais l'impression d'être un novice, alors qu'une partie de mon âme se souvenait vaguement d'un sentiment de puissance, de réelle puissance. Pourtant, je ne pouvais y faire appel.  Avais-je même oublié jusqu'à ça ? Un miroir me renvoya mon reflet. Mes yeux... Et ces tatouages. Ces deux pouvoirs, ils étaient toujours là.  Soupirant de nouveau, résigné, je baissais la tête, n'ayant plus qu'à subir. Des bruits de pas se firent bientôt entendre en provenance du couloir.

« Madame, nous vous attendions.   Sur vos recommandations, nous avons veillé jour et nuit sur le captif et nous vous avons fait appeler aussitôt qu'il y aurait un changement notable dans sa situation et tel est désormais le cas. La dernière fois que nous l'avons vu, il était en pleine méditation, assis sur le lit. Désirez-vous que nous vous escortions à l'intérieur ? »

Je n'attendis pas plus longtemps. Si j'avais une chance de m'échapper de là, c'était peut être ma seule et unique chance surtout qu'il était à présent totalement évident que je n'étais pas un captif de moindre importance. Deux gardes qui se relayaient jour et nuit devant ma porte ? Voilà qui n'était pas banal, je devais avoir fait forte impression... Nul doute qu'ils devaient être armés jusqu'aux dents. Il me fallait donc agir au plus vite. Ni une ni deux, j'étais devenu un guépard. La pièce ne m'offrait aucune cachette alors je dus me contenter de la seule possible. Me terrant sous le lit, je restais immobile, les yeux rivés sur l'entrée dont, depuis mon point de vue, je ne voyais que le tiers inférieur. Pas à mon avantage, mais je devais m'en contenter. Tapi dans ma cachette de fortune, silencieux, j'étais aux aguets, à l'affût du moment opportun pour passer à l'action.


Dernière édition par Kohâ le Dim 25 Jan - 14:53, édité 1 fois
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Irina Dranis

MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Ven 16 Jan - 21:12



Réveil à l'aube d'une nouvelle vie

Kohâ . Irina

Flashback.

Douze jours. Cela faisait très exactement douze jours qu’Irina avait accouché d’un petit garçon. Un enfant frêle mais en bonne santé qui avait le même visage que sa mère. Ses yeux d’un vert bleuté semblaient déjà pleins de vie, illuminant son visage fin couronné d’une épaisse tignasse corbeau. C’était lui qui avait tenu Irina enfermée chez elle, à l’écart de tout et de tous, nappée de sa solitude et de la tendresse née en même temps que son amour maternel. Guère accompagnée si ce n’est pas les nombreuses visites ponctuelles de différentes connaissances plus ou moins opportunistes, la jeune femme avait fait en sorte de rester en marge de ces ébauches solennelles de meilleurs vœux, et autres cadeaux tout aussi suspects. Quitte à endurer cette épreuve, elle estimait normal de vouloir avoir la paix et profiter de cette maigre période de calme en compagnie d’un cercle très restreint.

Et pourtant il semblait impossible de maintenir ce cocon protecteur très longtemps. Cela faisait déjà un mois que les mesures de sécurité avaient été renforcées, la garde ayant du mal à se remettre de l’échec qui avait conduit à une attaque par un groupe armé à presque assassiner Irina. Fort heureusement avec l’aide de Marcus Archéon elle avait réussi à prendre la fuite et essuyer le gros de la tempête, après un long et éprouvant voyage jusqu’en Argyrei. Seulement ce souvenir amer n’était le point final de ce chapitre encore en cours. Il y a presque deux semaines maintenant la Force Écarlate -désormais intégrée à Nivéria- avait intercepté un homme blessé, un guerrier à la peau sombre et au regard d’un bleu acier. Ses blessures étaient sérieuses et la fièvre qui l’avait dévoré l’avait fait délirer longtemps, consumé par les effets du poison qui l’avait touché. Or ce poison n’était utilisé que par certains membres d’élite de cette force militaire nouvelle, ce qui indiquait qu’il était très probablement un de ceux qui avaient participé à l’assaut. Pour lui, c’était porteur de bonnes et de mauvaises nouvelles. Car certes en tant que prisonnier détenteur d’informations il serait soigné et maintenu en vie à tout prix, néanmoins cette même vie ne tiendrait qu’à un fil… celui de sa coopération.

Suite à cette découverte et au rapport méthodique que lui avait fourni Leto -le capitaine de Nivéria- Irina avait décidé de maintenir l’étranger sous surveillance dans une des chambres de la caserne, ce qui le gardait à distance en des conditions relativement correctes. Tout au plus pourrait-il se plaindre des installations spartiates, mais au moins il avait des soins et des vivres… ce qui n’était pas si mal. En fait c’était plutôt luxueux pour un espion entre les mains de l’ennemi. Bon le fait qu’il s’agisse surtout de l’option pragmatique, étant donné que les nouvelles geôles du domaine étaient encore en cours de construction… c’était un détail tout à fait secondaire, et sans importance. En attendant celui qui avait été identifié comme un Yorka avait été enfermé et enchaîné afin d’éviter toute tentative d’évasion ou de rébellion, plusieurs soldats faisant des rondes en permanence au cas où il se réveillerait. Et justement l’un deux avait rapidement fait passer le mot au manoir, prévenant la serpentine qui n’avait pas tardé à faire le déplacement en compagnie de Leto, qui avait insisté pour l’escorter. D’ailleurs tandis qu’ils approchaient tous deux de la caserne, en se faisant saluer par la plupart des présents -cessant leurs activités et planquant les jeux de cartes et de dés- ils continuaient de discuter à voix basse, bien qu’en parfait désaccord.

« Ma dame, ce n’est pas une bonne idée d’interroger cet homme dans l’immédiat. Il est confus suite à son récent réveil et il pourrait se montrer agressif à votre égard. »
« Je me doute que vous vous inquiétez, mais je vous répète que c’est inutile. Je ne suis plus enceinte et donc selon vos standards de mâle chevaleresque, je ne suis plus en cristal. Donc maintenant si vous le voulez bien, vous allez me laisser faire et arrêter de me traîner dans les pattes. » Le ton était cassant et l’expression peu encourageante, même si ça ne semblait pas troubler le grand colosse blond qui la suivait de près.
« Ce n’est pas raisonnable. Laissez-moi quelques heures. Je vais lui parler et voir ce que je peux en tirer. S’il est apte à vous révéler ce qu’il sait, alors vous aurez tout le temps du monde de l’interroger. » Son regard insistant et inquiet ne cédait pas d’un pouce même s’il était toujours aussi ferme, ses prunelles claires s’obstinant à plaider sa cause.
« Et bien vous serez ravi d’apprendre que j’ai mené les interrogatoires au nom du temple pendant bien des années, alors sans vouloir vous vexer, je pense que je suis largement rompue en la matière. Sans doute autant que vous êtes versé dans l’art de repousser vos soupirantes tout en ménageant leurs amours éperdus. » Une étincelle de taquinerie mauvaise glissa dans son sourire satisfait, surtout lorsqu’elle vit Leto ouvrir et refermer la bouche sans savoir quoi répondre, comme un poisson hors de l’eau.

D’ailleurs il sembla perdre se perdre en cours de réflexion, puisqu’il la suivit dans un cliquetis métallique causé par son armure, à vive allure afin de suivre le pas pressé de sa supérieure. Il savait sans doute déjà qu’il n’aurait pas le dernier mot, mais il s’évertuait à faire de son mieux quand même. Irina le regarda en coin. Un brave type, ce Leto. Un peu coincé et il pêchait sûrement pour son excès de zèle, mais au moins il était compétent et avait de l’assurance à en revendre. Irina parcourut le couloir, bien contente d’avoir enfilé un pantalon d’équitation pour la peine. Sa chemise en lin blanc par contre, risquait d’en prendre un coup… surtout si elle devait utiliser des méthodes un peu plus sévères. Enfin elle espérait quand même ne pas devoir en arriver là.
La rouquine écouta les précisions du garde qui se tenait devant la porte avec sérénité, bien qu’elle ne prenne pas vraiment cela très au sérieux. Le poison avait affaibli leur cher invité, qui bien que partiellement remis de la fièvre et soigné suite à l’administration de l’antidote, mettrait quelques temps avant de complètement retrouver la forme. Et puis de la méditation ? Quel genre de gusse elle avait encore repêché ? D’après sa nudité et sa coiffure pour le moins originale, il était difficile de ne pas imaginer tout et son contraire. Toutefois Irina n’avait aperçu l’inconnu que très rapidement, car la faiblesse et surtout l’approche de la naissance d’Aemyn l’avaient tenue loin des formalités qui le concernaient. C’était Alix, son apprentie, qui avait pris soin de l’homme au mohawk, ce qui laissait planer dans l’air une odeur de mystère concernant les vraies circonstances de sa blessure.

« Ne me regardez pas comme un gamin qui monte sur son cheval pour la première fois de sa vie. Ça ira… Et s’il crie un peu trop fort, vous pourrez toujours le calmer par la force. Ça vous va ? » Aucune réponse. Et ce n’était pas plus mal. Le garde ouvrit la porte qui bascula sans un bruit, laissant la lumière entrer dans la pièce qui commençait à sentir le fauve et le refermé. Un charmant premier contact. Irina s’appuya négligemment sur le battant, les sens un peu étourdis par la brume rougeâtre qui planait dans son champ de vision. C’était comme un myste, en plus compact et plus inoffensif. La pièce était vide en apparence, mais cette manifestation qu’elle était la seule à voir trahissait la présence du Yorka. Il suintait la peur, la panique causée par une menace certaine qui le faisait agir d’instinct plutôt que de raison. Elle soupira, fit signe à Leto de lui passer un vieux tabouret qui traînait dans le tiroir, et évalua du regard la longueur de la chaine qui vibrait à demi tendue, jusqu’en dessous du lit.

« Je ne veux pas vous faire de mal. On vous a attaché pour être sûrs que vous n’agresseriez personne à votre réveil. Il faut qu’on parle. Je veux savoir ce que vous faites là. »

Elle entra alors dans la pièce et prit place sur son siège, s’installant en plein milieu dans le rayon d’action du félin. Sa décision était néanmoins volontaire et consciente, ce qui ne manqua pas de déplaire à Leto, qui grinça des dents pour ne pas interrompre le contact et tout compromettre. Néanmoins comme il ne pouvait obtenir gain de cause il maintint la porte grande ouverte, se tenant simplement près de l’entrebâillement au cas où son intervention était nécessaire. Ce qui ne serait sans doute pas le cas, à en juger par la posture calme mais faussement négligente de la prêtresse. Son corps était détendu mais ses sens étaient aux aguets, son pouvoir crépitant presque dans l’air en un avertissement silencieux. Ce ne serait pas judicieux du tout de prendre une vipère à rebrousse écaille…




« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »
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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Dim 25 Jan - 14:58

Silencieux, parfaitement immobile, la tête tournée dans l'axe de l'entrée et les yeux grands ouverts, sans ciller. Seules la chaine tendue et reliées à mon cou, ainsi que mes yeux irradiant  légèrement d'un bleu azuré, trahissaient ma présence en cet endroit, du moins, c'était là ce que je pensais. A dire vrai, j'étais encore quelque peu patraque et mon intellect en semblait grandement affecté. Ajouté à cela, le fait que plus de la moitié de ma vie m'avait été enlevée, ayant tout bonnement disparue de ma mémoire jusqu'à mon présent réveil et quel réveil ! Nu et enchainé par le cou comme une vulgaire bête de somme dans une chambre que je ne connaissais pas et hautement surveillée de surcroit, il y avait bien mieux non ? Seule consolation ? Me dire que j'avais une importance quelconque pour susciter tant d'intérêt. Avec ce peu d'informations que je pouvais assembler, j'en étais arrivé à la conclusion unique qu'il devait y avoir quelque chose que je savais ou que je devais posséder, qui était important pour mes geôliers, sinon, quelle raison auraient -ils de me garder ? Une monnaie d'échange ? J'en doutais, j'étais un solitaire, je le sentais, le savais, toute mon âme le hurlait. Il m'était évident que personne ne paierait pour moi, même la seule qui aurait pu le faire, était déjà morte et ne se serait jamais laissée extorquer le moindre sous, préférant venir me délivrer et infliger une punition de premier choix à mes ravisseurs afin de faire exemple au cas ou d'autres impudents aient la même idée.

Les voix s'étaient tues dans le couloir, sans que je puisse totalement parvenir à discerner la conversation qu'elles avaient colportée.  La porte venait de s'ouvrir en grand. Une deux, trois, quatre ?  Il y avait là quatre paires de jambes, donc quatre personnes, peut être même plus cachées derrière le mur, mais j'en doutais. Tel quel, je n'étais pas une menace réelle, pas besoin de gaspiller davantage de ressources humaines. Des hommes et une femme, j'étais formel. Deux étaient les gardes de ma porte, l'autre devait être arrivé avec la femme. A ses pas, il était évident que c'était un mâle du type dominant, mais qu'il devait être à la botte de la femme. Le fait qu'il l'ait laissé entrer en premier n'était clairement pas de la galanterie, mais bien la manifestation d'une quelconque soumission. Pourtant, je pouvais d'instinct, assurer qu'il n'était pas un homme à prendre à la légère. Il avait une certaine aura. La femme, quant à elle, avait un pas souple mais assurée. Toutefois, il y avait quelque chose qui ne trompait pas. Je le sentais, je le percevais, elle n'était pas totalement en possession de ses capacités. Je n'aurais pu définir clairement quel était son degré d'amoindrissement capacitaire, mais c'était un fait avéré. Ma nature de prédateur félin ne pouvait me tromper. Repérer des brebis galleuses était inscrit en nous,  c'était notre spécialité de détecter ce genre de chose car sans cela, il nous serait presque impossible de subsister. En tout cas, c'était bien vrai pour les guépards. Des grands félins, nous étions les plus faibles. En combat en un contre un, nous n'avions pas de grandes chances de survie, préférant la fuite à la confrontation, car c'était aussi inscrit en nous, guépard blessé était égale à guépard mort. C'était de même pour les proies. S'attaquer à une cible faible amoindrissait ses chances de s'échapper, mais surtout, les chances de se blesser suite à une contre-attaque.

Sans la moindre hésitation, elle s'était avancée jusqu'au centre de la pièce, se faisant même apporter une assise par son homme de main. Cela confirma mes impressions.  Ce dernier s'en était retourné près de l'embrasure de la porte. Il devait me garder à l'œil, protégeant sa maitresse. Quelle charmante attention. Je dardais mes prunelles sur la folle qui s'était assise en plein dans mon champ d'action, évaluant les différentes distances entre elle et moi, son homme de main, les gardes et moi ainsi que d'eux à elle. Avec ma vélocité, nul doute que je serai celui qui avait l'avantage. Il était clair que je ne pourrais pas les abattre ni même tous les battre, mais il y avait une petite chance que je puisse m'en tirer et j'allais la saisir. C'était tout simple. Il me suffisait de me bondir sur cette femme et d'en faire ma captive et monnaie d'échange. Si elle avait les clés, c'était le jackpot assuré, sinon, je n'avais qu'à demander ma libération à ces badauds en échange de sa vie. Quoi de plus simple ? Simpliste ? Fort probable, mais comme je vous l'ai déjà dit un peu plus tôt, mes capacités cognitives étaient réellement affectées par je ne savais trop quoi. Poison ? Drogue ? Je ne savais pas du tout ce qu'il en était, je n'avais pas la moindre idée de ce qui m'avait été administré, ni quand, ni comment. C'était donc là tout ce que j'étais capable de pondre comme plan chiadé, -si vous m'en permettez le qualificatif-, en l'état actuel des choses. Si en temps normal, j'y aurais vu un foutu piège à attardés, présentement, j'étais ce fameux attardé qui se faisait piéger, ne voyant là qu'une simple ouverture créée par la stupidité de ces humains.

« Je ne veux pas vous faire de mal. On vous a attaché pour être sûrs que vous n’agresseriez personne à votre réveil. Il faut qu’on parle. Je veux savoir ce que vous faites là. »

Ces mots me trottaient dans la tête encore et encore, mais je n'y prêtais pas attention. J'étais déjà bien trop déterminé et résolu à agir comme je l'avais décidé. Je ne pouvais agir comme bon me semblait en partant de là où j'étais, aussi devais-je adopter une posture plus adaptée à la chasse, me mettre dans les conditions optimales pour pouvoir m'élancer vers ma proie toute désignée du moment. Rampant lentement, ventre à terre, je m'extirpais de ma cachette de fortune. Une fois mon corps entier sorti, je me stoppais un instant, les observant tous, puis je me redressais pour rester une fois de plus, un bref instant immobile, guettant une quelconque réaction de leur part.  Quelques pas, voilà ce qu'il m'avait fallu accomplir pour m'éloigner du lit et me mettre face à la femme assise et avoir tout les facteurs pouvant influer sur mon entreprise, dans mon  champ de vision. Là, je me figeais, les fixant tour à tour, puis je me mis à faire les quatre cent pas tel un lion en cage longeant les barreaux de sa cage qui le séparaient du public, levant de temps à autre la tête, la baissant de temps à autre.  Tout semblait silencieux et personne ne semblait désireux de briser ce silence. Une question m'avait été posée et visiblement, ma réponse était attendue.  Ma gueule était ouverte, mais nulle parole autre que de petits cris n'en sortirent durant mon petit manège. Instinctivement, je marquais mon territoire, ou plutôt, leur signifiait la limite à ne pas franchir.  Je me stoppais enfin, me plaçant net dans l'axe de la jeune femme. Les conditions étaient optimales. Je pouvais m'élancer lorsque bon me semblait et l'issue en était toute définie.

J'étais sur le point de passer à l'action lorsque mon instinct se mit à hurler. La rousse me fixait,  mais ce n'était pas ce qui me dérangeait le plus. Tous faisaient de même après tout. Ce qui me taraudait, c'était cette aura malsaine et plutôt affable que je percevais. Menace silencieuse, promesse de mort certaine, je n'avais pas ressenti  cela depuis la mort de ma mère. C'était bien cela, oui, j'avais le sentiment d'être entré dans le champ d'action d'un serpent, un serpent réellement dangereux que même avec tout l'entrainement que j'avais subi, je ne pouvais pas attraper sans danger, le seul serpent qui m'avait toujours grandement  effrayé mais  ô combien fasciné : ma mère, yorka crotale des prairies. Ce ne pouvait être elle, elle était morte et qui plus était, elle n'était pas rousse et ne pouvait absolument pas être aussi jeune. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de trembler. J'hésitais.

Un faucon venait de se poser sur le rebord de la fenêtre ouverte. Qenhia. Elle était de retour et son arrivée couplée à son petit cri perçant de rapace avaient eus pour mérité de détourner quelques attentions de moi, sauf celle de ma proie, mais qu'importait. C'était là ma chance, une chance en or. Oubliant toute peur tout autant que toute prudence, je bandais mes muscles.

" Tatanka pas faire ça, non pas faire ça ! Qenhia dire non ! Humains sauver toi ! Eux prendre soin de nous ! Eux amis Qenhia et Damga. Tatanka ami aussi. Eux pas nous tuer. Si Tatanka faire ça, nous tous mourir, ça probable. Non ! Pas vouloir ça, pas vouloir ça, non ! "

Trop tard ! La rage d'avoir été effrayé par  une maudite terrane, peut être la peur de la captivité et bien d'autres choses encore, me rendaient sourd et imperméable à tout avertissement. Tous mes muscles explosèrent, je m'étais élancé vers ma proie, bondissant sur elle, la gueule grande ouverte, mes crocs promettant à sa gorge d'être la dernière parure qui la décorerait, mes pattes avant aux griffes non rétractiles parées à se cramponner à elle et ainsi assurer ma prise totale. Ses épaules étaient visées, le but, la renverser et la plaquer au sol.

*Tu es à moi petite conne prétentieuse de Terrane ! *



HRP :
 
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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Ven 6 Fév - 23:29


Réveil à l'aube d'une nouvelle vie

Koha . Irina

L’attitude d’Irina paraissait d’une insouciance frisant le défi, d’une arrogance imbue d’aristocratie capable de leurrer un œil étranger et hâtif. Pourtant dans le regard verdoyant qu’elle fixa sous le lit, il n’y avait qu’une quiétude et un sérieux inflexibles. Elle savait où se trouvait le prisonnier et elle attendait tranquillement qu’il daigne montrer le bout de ses moustaches. La présence d’un faucon posé devant la fenêtre ouverte et parcourue de barreaux avait de quoi troubler les présents, qui n’avaient pas manqué de dévisager l’oiseau avec des mines sceptiques. Néanmoins vu qu’il était à l’extérieur il ne représentait pas une menace directe, d’autant plus qu’il n’avait jusque-là pas montré signe d’hostilité. Étrange pour un oiseau de proie, d’ailleurs. Par mesure de précaution et parce que tout cela sentait la magie à plein nez, Irina murmura quand même aux hommes de surveiller l’extérieur de la caserne, avant d’en revenir à nouveau à son invité de marque.
De fait elle se demandait pourquoi ce dernier s’en remettait à sa forme animale dans une situation aussi peu avantageuse. Était-il rassuré par cette apparence qui le renvoyait à ses instincts primitifs, plus rapides et marqués que sous forme humaine ? Ou alors comptait-il attendre le moment propice pour user de sa force physique et de sa vitesse féline pour s’échapper ? C’étaient autant de raisons probables et pourtant tout cela ne lui paraissait pas vraiment lucide. Sous forme animale il était incapable de réfléchir pleinement, ce qui non seulement l’amènerait à commettre des erreurs qui pourraient lui être fatales, mais entraverait également toute négociation. Après tout les feulements ce n’était pas vraiment dans les connaissances linguistiques de la prêtresse, et elle n’aurait pas la patience de le manipuler pendant des heures jusqu’à en obtenir quelques bribes d’information. Alors autant en venir aux faits et abuser de la bête qui était en lui, en tirant parti des principes basiques qui dictaient son comportement.

Et c’était exactement pour cette raison que la jeune femme s’était installée au milieu de la pièce, dos à la porte, incitant implicitement le prédateur à se battre pour sa vie. Il lui suffirait de tuer une femme maigre et sans armes pour se frayer un chemin… Si simple en apparence, si difficile en réalité. Le serpent était tapi en attente, guettant silencieusement l’erreur de ce chat affaibli qui se pensait sur le point d’achever sa proie. Les sens en alerte Irina posa les mains sur ses genoux, croisant une jambe sur l’autre dans une posture négligente. Ses yeux perçants cherchaient les joyaux azur du Yorka sans montrer le moindre signe d’une peur qu’elle ne pouvait de toute façon pas ressentir. L’appât était posé, il n’y avait plus qu’à attendre. Ainsi elle tenta d’établir une conversation pour attirer son attention, ignorant les cris étranges de l’oiseau qui continuait de s’égosiller désagréablement. S’il ne la fermait pas, elle ouvrirait la chasse un peu plus tôt que prévu. Ne détournant pas le regard de la source du danger potentiel, Irina fronça les sourcils. C’était pour bientôt. Sa peur suintait de plus en plus fort, nourrissant son envie de l’écraser dans la paume de sa main.
Un froissement, une inspiration, et il sauta. Puissamment propulsé par les muscles de ses pattes arrière, il s’élança en direction de sa gorge. Dans ses yeux brillants il n’y avait plus d’hésitation, la peur s’étant mue en détermination à défendre sa vie. On dit souvent que la meilleure défense c’est l’attaque… Ce n’est pas toujours vrai pour autant. Irina s’était préparée à l’accueillir, son corps entier semblant tendu pour encaisser. Néanmoins bien qu’elle ait poussé cette attaque à sa façon, elle fut partiellement surprise par la vitesse du guépard. Son bras droit s’était déjà dressé pour le repousser, luttant avec la brutalité de ses griffes, qui éraflèrent profondément son épaule sans s’y cramponner pour de bon. Sa télékinésie explosa au contact de l’ennemi et le repoussa violemment contre le mur, tandis que sa chemise blanche se tâchait de rouge. Grognant tout bas sur le coup de la douleur, la prêtresse regretta de ne pas y avoir mis plus de force. Il devait être sonné, mais rien ne garantissait qu’il ne recommence pas. Tâtonnant le tissu en partie déchiré, elle sentit la blessure se refermer presque immédiatement. Serrant les dents elle se força à garder le même rictus revanchard. Il était hors de question de se faire interrompre par l’excès de zèle de Leto.


« Ma patience a des limites et il faudra plus qu’une vulgaire paire de crocs pour me tuer. Je vous conseille de faire preuve de bon sens tant que vous le pouvez encore. Je ne le dirai pas deux fois. » Elle se leva d’un coup, repoussant le tabouret d’un coup de pied agacé. Puis elle posa une main sur une petite pochette attachée à sa cuisse, avant d’en extirper des billes de métal qui se mirent à briller faiblement dans sa main. Elle les fit nonchalamment rouler entre ses doigts, avant d’en projeter une contre le mur, juste au-dessus de la tête de Koha. La petite balle fusa dans l’air avec un bref sifflement, avant de se figer de plusieurs centimètres dans la pierre. Un coup d’avertissement.

« Qui vous a engagé pour me tuer, vous et les autres guignols ? » Ses yeux exigeaient des réponses sans tarder. Et le silence du nérozia commençait à avoir raison de ses bonnes résolutions. Seulement ce n’était pas son premier interrogatoire, et ce ne serait pas non plus le dernier. Elle fit brusquement exploser la bille qu’elle venait de lancer, espérant bousiller les tympans du félin au passage. S’approchant de lui à nouveau, elle le dominait de sa stature bien qu’il soit bien plus grand qu’elle sous forme humaine. « Au cas où vous vous posez la question, ils sont tous morts. Et le même sort vous attend si vous ne me donnez pas une bonne raison de vous garder en vie. » Les autres billes se mirent à briller dans sa main, en une menace latente. Elle pourrait le tuer sans le toucher, cela au moins, avait été laissé très clair. « Si j’étais vous je me mettrais à table. Je n’ai pas toute la journée. »





« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Mer 12 Aoû - 21:40

J'avais lancé l'offensive, sûr de moi et définitivement résolu à en découdre, ayant même oublié mon idée première de ne simplement capturer cette étrange femme. Son arrogance et sa nonchalance avaient eu raison du peu de bon sens qui m'habitait encore, me faisant fulminer d'une rage aveuglante au point où j'en avais même perdu tout instinct de préservation de soi, de survie. Oui, cela avait été presque hypnotique, comme si elle avait fait de moi sa marionnette, tirant les ficelles avec sournoiserie et machiavélisme.
Plus que quelques millimètres et ma gueule lui servirait de collier tandis que les griffes de ma patte droite se plantèrent dans son épaule, mais y glissèrent sans parvenir à s'y accrocher. Alors que je m'apprêtais à refermer avec force ma mâchoire carnassière, je sentis une étrange force, comme un poing gigantesque et puissant, mais tout à fait invisible, me percuter avec violence pour m'envoyer paître contre le mur, le long duquel je glissais pour finalement choir sur le sol, sonné.

" Tatanka réellement devenir idiot ! Qenhia dire non mais lui foncer alors que humains sauver toi. Toi pas recommencer, comprendre ça ? "

Le faucon pèlerin venait de me parler une fois de plus, me picorant copieusement le crâne. Fort désagréable ! Il, ou plutôt elle, me sermonnait ? Je devais donc être bien pathétique et avoir profondément mal agi, manquant sans nul doute possible et bon sens et de discernement. Intérieurement, je me mis à sourire alors que je me redressais péniblement. Cet oiseau devait savoir de nombreuses choses à mon sujet et il me faudrait très probablement l'interroger à un moment donné car elle pourrait très certainement éclairer ma lanterne, faisant la lumière sur ces moments troubles ou disparus de ma vie. Je venais à peine de me rétablir sur mes coussinets qu'un projectile siffla et vint se ficher quelque part derrière moi, profondément dans le mur, passant de justesse au dessus de ma tête. Quelle puissance ! M'avait-on raté ? Non, il s'agissait là à n'en point douter d'un coup de semonce et de cette femme. Télékinésie ? Je tremblais comme une feuille, sentant des sueurs froides couler le long de mon échine. Ma cervelle aurait aisément pu se répandre se le mur derrière moi sans même que je puisse comprendre que j'étais déjà mort...

« Qui vous a engagé pour me tuer, vous et les autres guignols ? »

La tuer ? J'avais tenté de la tuer ? Toujours tremblant, je tentais de rassembler mes esprits et de me refaire le film de ma vie mais seules quelques images me parvinrent, confuses et lointaines. Quenia me lâcha de nouveau quelques mots et j'eus un petit déclic, minime certes, mais ô combien important pour moi qui ne pouvais plus m'accrocher à grand chose tant mon âme semblait vide et légère. Alors que la femme me parlait, me stipulant que j'étais le seul survivant de l'assaut, je prenais conscience de la proximité de nos êtres, ce qui accentua ma terreur, me faisant même m'asseoir comme un vulgaire chien juste par simple contact de nos prunelles.

" Tatanka normalement pas si faible, lui fort ! Qenhia pas reconnaître grand guerrier courage qui rire devant mort. Elle pas vouloir voir ça et puis être heure de manger. "

Alors qu'elle s'envolait pour la chasse, je prenais de nouveau conscience de moi. Oui, elle avait raison, je n'étais pas un faible, même si actuellement je ne pouvais pas faire grand chose. Ma nature profonde était certes prudente, mais pas peureuse. Je n'étais pas un dominé, mais un dominant, mais qui ne se soumettait que par bon vouloir pour des raisons qui m'étaient propres. Oui, quelque chose en moi me l'indiquait, me stipulant que ce que j'étais à présent était un outrage majeur à mon existence passée. Mes tremblement cessèrent et mon regard s'ancra dans celui de mon bourreau. Même si je sentais qu'elle me surpassait amplement et que ma vie ne dépendait plus que d'elle, je n'éprouvais plus aucune peur, la défiant même presque d'abréger ma vie de la manière dont il lui conviendrait.
Toutefois, il y avait une énorme curiosité en moi qui se devait d'être étanchée et pour une raison assez mystérieuse, cette rousse me fascinait. Pourquoi sentait-elle pareil que ma mère ? J'inclinais alors la tête sur le côté, pareil à un petit chaton jouant avec son maître. Reprenant alors forme humanoïde, je me levais alors, lui faisant face de toute ma stature sans pour autant en jouer. L'intimider ? Non, je n'en avais pas la prétention ni même l'intention. Je le toisais quelque peu, la détaillant de haut en bas et inversement, puis je hochais de la tête avant de me la gratter en soupirant.

" Tous morts hein ? Eh bien ma foi... Il semblerait que vous soyez une adversaire des plus redoutables et moi des plus chanceux ou des plus faibles, selon le point de vue, à moins que j'ai disposé d'assez de force pour m'en tirer en vie... " J'affichais un sourire narquois, usant d'un ton quelque peu provocateur. " Malheureusement, je crois que vous devrez abréger mon existence au plus vite car la torture ne vous fera perdre que plus de temps et à défaut de me soutirer des informations intéressantes, vous m'exciterez probablement plus que raison. Je n'ai plus possession de tous mes souvenirs. Pour être plus précis, je ne me souviens parfaitement de ma vie que jusqu'à mon enfance et au delà, que des bribes éparses et diffuses... Je ne vous sers donc à rien ! "

Je lui tirais alors la langue, de manière toujours aussi provocatrice, ce qui sembla faire réagir les gardes sans pour autant que j'y prête attention. Toute ma verve, disparut instantanément, emportant avec elle mon arrogance malsaine et ma mine ainsi que mon ton se firent plus graves. Nu comme un ver, je me dirigeais vers mon lit sur lequel je m'assis en tailleur, fermant les yeux un temps avant de les rouvrir.

" Toutefois, même si je n'ai pas peut de mourir, je ne veux pas encore rejoindre mes ancêtres, pour une raison que je n'arrive pas encore à saisir. De plus, vous m'avez vaincu et de par respect pour la guerrière que vous êtes, selon mon code d'honneur, je me dois d'accéder à certaines de vos requêtes alors je vais vous répondre de ce que je sais. A la question qui était de savoir qui m'a engagé, je n'en sais rien, je ne m'en rappelle pas. Je me rappelle vaguement une voix masculine, un homme encapuchonné de manière riche et tapageuse. Je me souviens également d'un assaut, d'un bain de sang et d'une déroute. J'ai pour souvenir une traque, un désert, puis le combat avec un homme armé, un valeureux guerrier. L'affrontement fut intense mais je me souviens qu'il m'a blessé et je crois l'avoir blessé également, si ce n'est l'avoir tué, puis plus rien jusqu'à mon réveil ici." Je poussais un profond soupir. Je ne pouvais réellement rien voir de plus. " J'ai bien conscience de la maigreur de cette offrande, mais même avec toute ma bonne volonté, je ne puis plus. Tout ce que je pourrais ajouter, si vous me le permettez, c'est qu'il m'est avis que ce commanditaire vous voulez réellement morte car il me semble qu'il ait fait appel à d’autant de mercenaires que d'assassins de qualité, mais visiblement, cela n'était pas encore suffisant... En tout cas, dans tout ça, je comprends mieux ma condition actuelle. Je suis donc un assassin... Cela ne m'étonne pas que j'ai suivi son chemin au final car après tout, elle était mon modèle. " J'éclatais alors de rire avant de reprendre. " Je vous ai dit tout ce que je sais pour le moment donc disposez de moi à votre guise, je ne montrerai aucune résistance ma noble dame, mais me feriez-vous l'honneur, je vous en prie, de bien vouloir m'indiquer qui vous êtes ? Votre odeur m'est familière, tout autant qu'une des auras qui émane de vous, mais votre visage, lui, m'est totalement inconnu. "

Mes prunelles azurées s'étaient une nouvelle fois dardées sur l'inconnue, mais à présent, seule de la curiosité y filtrait. Je ne pouvais m'empêcher de la dévisager, faisant fi de ses subordonnés. Mon ventre gargouilla et gêné, je détournais vivement la tête, baissant les yeux comme un enfant pris en faute.
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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Sam 22 Aoû - 18:57


Réveil à l’aube d’une nouvelle vie

Kohâ . Irina



Irina n’avait jamais été une femme de patience et encore moins une de ces religieuses douces et aimantes qu’on prêtait au temple de Kesha. C’était une personne aussi dure et impitoyable que la vie qu’elle avait menée. La politique et les manigances, elle ne les avait pas choisis. On pouvait bien sûr débattre sur le fait qu’elle les ait tout de même embrassés au final, mais il était difficile d’argumenter face à son dégoût de la chose. En dépit des différentes opinions que l’on pouvait avoir, la rétrospective des sacrifices convenus pour survivre et progresser était accablante. C’était un tsunami dans une coupe déjà pleine depuis longtemps. Tout cela lui était insupportable et pourtant il fallait qu’elle gère les groupies hystériques d’Elerinna en plus de leurs foutus mercenaires au savoir-faire totalement aléatoire. Elle en avait assez oui, elle ne digérait toujours pas d’avoir dû fuir son propre domaine pour ne pas exposer les civils à des ennuis qui ne les regardaient pas. Comme si ce n’était pas suffisant, elle avait aussi été contrainte de faire appel à des lames indépendantes pour se protéger, avec les risques et les ennuis prévisibles dans une telle situation.
Malgré la violence de l’assaut sur Nivéria il y a à peu près un mois, Irina n’avait pas eu d’autre choix que de se replier, se défendre et se mettre à l’abri en la période compliquée qu’était sa fin de grossesse. Ils s’en étaient sortis en dépit des pertes, et maintenant qu’Aemyn respirait par ses propres poumons, elle pouvait enfin reprendre des forces et penser à l’avenir. Les commanditaires de l’attaque -que ce soit Elerinna ou un de chers amis- devaient être furieux à l’heure qu’il était. Payer entre vingt et trente personnes pour en arriver à un fiasco ça avait dû être un coup au moral, et un sacré trou dans leurs finances. Quoi qu’il en soit Irina comptait bien creuser un gouffre sur leurs fronts et leurs poitrines pour les remercier de s’être donnés autant de mal.

Or si elle voulait garder espoir de retrouver ces personnes, il lui fallait traiter ce Yorka comme une agrume juteuse qu’il fallait presser méthodiquement afin d’en exploiter tout le contenu. Elle porta une main entre les plis déchirés de sa chemise, qu’elle écarta pour vérifier sa blessure. Elle s’était refermée bien plus vite qu’elle ne l’aurait cru, ce qui confirma ce qu’elle soupçonnait déjà. Aemyn avait profondément puisé dans ses réserves magiques -par sa croissance comme par sa nature peu commune- telle une bride permanente de sa puissance. Ce qui signifiait que petit à petit ces dernières allaient revenir à l’état d’origine et lui laisser plus de marge d’action. Enfin une bonne nouvelle. Les yeux fixés sur le félin, la prêtresse se promit de ne plus se laisser distraire. Après tout il lui faudrait redoubler de vigilance pour ne pas se faire dépasser par la vitesse de l’assassin.

Les billes de métal continuèrent de rouler dans sa main pâle, jouets macabres d’une grande enfant prête à presser la détente. Et à ce sujet devoir attendre que lumière se fasse dans la tête de l’animal était plutôt éprouvant. L’espace d’un instant elle se demanda s’il comprenait ce qu’elle lui avait demandé, et réfléchit à des méthodes alternatives de le faire prendre forme humaine. Irina plia plusieurs fois les doigts de sa main libre, contrôlant la pulsion de passer à la vitesse supérieure. Pas trop vite. Pas trop vite où il prendrait trop peur pour parler. Mais soudain, alors que ses pensées s’envolaient sur le son que ferait le sifflement de ses billes, la peur qu’elle avait sentie grandissante chez le prisonnier s’évanouit tout à coup. Son sourcil se haussa de lui-même tandis qu’elle le voyait sous un jour nouveau, tout particulièrement après l’initiative de sa transformation éclair. L’impulsion lui fit presque tirer par réflexe préventif, et ce fut par pure chance qu’elle ne le tua pas sur le coup de la surprise.
C’était la première fois qu’elle voyait cela de ses propres yeux. Tous les Yorkas qu’elle avait croisés étaient capables de se contrôler, et d’ordinaire ils préféraient ne pas montrer le processus à des inconnus, un peu comme on change d’abord de tenue avant de revenir en public. Jusque-là elle avait interprété ça comme une forme de pudeur, un sentiment qu’elle pouvait aisément comprendre. D’ailleurs en voyant une peau hâlée remplacer la fourrure tachetée, Irina détourna le regard vers le haut et le braqua dans ses yeux, aussi bleus qu’avant. La diction de l’homme qui lui faisait face et la dépassait d’une bonne tête et demi était bien plus claire et soignée qu’elle ne l’aurait imaginé. Il avait des manières bien civilisées pour quelqu’un qui donnait une impression d’animal sauvage, même sur deux jambes.


« Votre nom ? » Elle voulait en venir à des faits concrets, mais au lieu de ça il lui servit un calme provocateur qui ne lui plut pas. « Être torturé, ça vous excite ? » Elle roula des yeux, exaspérée d’encore tomber sur un obsédé avec une case en moins. Franchement c’était à se demander comment elle faisait pour toujours tomber sur le numéro gagnant. Surtout que n’était pas du tout le genre de la maison d’être attirée par leurs plans foireux, leur humour douteux et leurs mœurs bizarres. Et en plus de ça il lui servait cette histoire à dormir debout, visiblement convaincu qu’elle ne remettrait rien en doute.
« Attendez, vous voulez me faire croire que vous avez perdu la mémoire ? » Soit c’était faux et il était un menteur audacieux doublé d’un suicidaire, soit c’était vrai et tout cela n’allait pas lui faciliter la tâche. Il lui fallait des informations et sa seule source ne désirait visiblement pas coopérer. En plus de ça la voix masculine et le bruit du tabouret que la jeune femme avait envoyé valser avaient inquiété Leto et les gardes, qui essayèrent d’entrer par la porte entrouverte. Néanmoins Irina la fit claquer avec sa télékinésie, leur répétant des instructions afin qu’ils restent en dehors de ça. Ce greffier n’allait pas s’en tirer comme ça, il cracherait ce qu’elle voulait savoir, même si elle devait lui arracher les moustaches une par une.

Elle fit un pas en avant avec la ferme intention de passer à l’acte, mais il s’assit sur la paillasse le plus calmement du monde. Cette attitude plus que ses explications brouillonnes la désarçonnèrent. Il n’agissait pas comme quelqu’un qui guette le bon moment pour attaquer, mais pour une raison qui lui échappait, elle n’arrivait pas à baisser sa garde d’un seul cran. Et puis il venait de tirer la langue, révélant un tatouage singulier, un tatouage dont il ne connaissait visiblement pas l’existence. S’arrêtant tout à coup, Irina le dévisagea très sérieusement. S’il se foutait d’elle et s’amusait du trouble qu’il semait dans son esprit, il était très fort. Néanmoins il ne présentait aucune trace de peur, ce qui signifiait qu’il ne craignait pas sa réaction face à ce geste, ni ne craignait d’être percé à jour. La probabilité qu’il puisse artificiellement contrôler ses émotions frisait le zéro, elle l’avait déjà vu traversé de panique face à son coup de semonce.... ce qui ne laissait qu’une possibilité. Il ne mentait pas. Un Nérozia. Un putain de Néro. Des souvenirs de temps reculés où elle leur avait tenu tête et exécuté des contrats juste sous leur nez lui revinrent nettement. Ils avaient sûrement de bonnes raisons de lui en vouloir en ce qui concernait les affaires, mais elle doutait fortement que ce soit la raison de tout ce merdier, pas après autant d’années. En outre connaissant ce dont ils étaient capables pour se venger, si son identité avait été compromise elle risquerait bien pire que des tentatives de meurtre.

Elle jura, alors que les pièces du puzzle se mettaient enfin en place. Elle aurait dû se douter que tôt ou tard ses ennemis finiraient par faire appel à de vrais professionnels. Et ça expliquait aussi que la garde de Nivéria ait connu des pertes face au groupe d’attaquants organisés. Même Kallen avait été sérieusement blessé, empoisonné par des flèches qui avaient finalement eu raison de sa résistance. Fort heureusement il avait rapidement bu un antidote de sa composition, ce qui lui avait évité des séquelles graves... mais l’écartait du service pour un petit moment. Irina se reprit enfin, poings serrés et mâchoire crispée, dans une posture rigide qui trahissait une rage sourde à deux doigts d’exploser. Cependant elle ne souffla mot concernant la carrière sanglante de l’inconnu, testant ainsi ses réactions. Il se savait assassin mais ignorait qu’il était Nérozia. Si elle en savait plus sur lui qu’il n’en savait lui-même cela pourrait être un avantage, un des rares dont elle bénéficiait.


« Irina Dranis. » Et un tas d’autres choses qu’un nom n’évoquerait pas, des choses qu’il n’apprendrait jamais. Elle lui offrit un rictus qui ne présageait rien de bon et s’appuya sur le rebord de fenêtre. « Écoutez. Vos p’tits potes sont tous morts ou faits prisonniers. Personne ne rentrera à la maison, et que ça vienne de vous ou d’ailleurs, j’aurai ce que je veux. » Comme toujours, ni plus ni moins. « Qui plus est j’ignore vos méthodes, mais vos camarades m’ont suppliée de les tuer. Ils ont dit que le sort qui les attendait ne pourrait être que pire s’ils venaient à être punis pour leur échec. »

Elle sourit le plus paisiblement du monde, sans la moindre sympathie pour ces types qui en plus d’avoir essayé de la tuer, étaient assez stupides pour se faire prendre. Tout ça était une affaire close. Regardant Koha dans les yeux, elle établit le contact petit à petit. Elle ne pouvait pas accéder à ses souvenirs, mais elle pouvait toujours explorer toutes les traces de peur qu’il éprouvait au moment présent ou bien avait éprouvées par le passé. Tandis qu’elle parlait, elle explorait les recoins se sa conscience, étudiant la brume qui floutait son esprit presque aussi vide qu’une page blanche. Néanmoins ce fut avec subtilité que la jeune femme établit touche par touche les fondations stables de l’information qu’elle venait de lui révéler, de façon à ce qu’il intègre cela comme une réalité pressante et non plus comme une vague éventualité.
Ses employeurs l’avaient laissé pour mort. Une partie des assassins avaient voulu fuir en laissant leurs frères d’armes face à une garde mieux armée et plus entraînée que ce que leur avaient annoncé leurs rapports. Les gens qui étaient avec lui s’étaient débinés et avaient fini par être rapidement rattrapés et tués. Il avait été abandonné par les siens et ironiquement c’était son ennemi, celle qu’il était venu tuer, qui lui avait permis de vivre. Il avait été vaincu, et ses employeurs -ignorant que ses souvenirs étaient perdus- viendraient le tuer pour éliminer toute trace compromettante. Sa seule chance... c’était de négocier.


« L’homme qui vous a arrêté est toujours vivant. L’officier Thelanor a été affaibli par le poison de vos flèches, et c’est grâce à ce combat inégal que vous êtes encore là aujourd’hui. Il est fort, grâce à mes soins il survivra. » Elle gardait toujours une rancune tenace, et rien ne l’apaiserait. Des gens étaient morts, beaucoup trop de gens. « Un soldat. Un seul de mes soldats a eu raison de vous, fier assassin que vous étiez. » Maintenant il n’était plus rien. Plus rien qu’un prisonnier qui danserait sur la musique qu’elle lui dicterait. « Vous voulez une chance de rembourser votre dette et retrouver votre honneur guerrier ? Ou plus concrètement, une chance de rester en vie ? Il y a une solution. » Elle battit des cils et sourit doucement, substituant le regard métallique de de Vipère par une expression plus douce, plus féminine. Les deux étaient aussi réels l’un que l’autre, dans cette dualité complexe que beaucoup n’appréhendait pas. Une main de fer dans un gant de velours... Ou une main de velours dans un gant de fer. À lui de choisir. « Travaillez pour moi et je vous rendrai tout cela, ainsi que votre mémoire. »




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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Mar 1 Sep - 1:37

Mon attention était entièrement accaparée par cette présence féminine maîtresse de contraires. Mes yeux de prédateurs ne pouvaient se détacher d'elle, à moins que ce ne fut-ce moi-même qui les y contraignaient. En effet, je ne parvenais nullement à la déchiffrer, la percer à jour. Si elle semblait fragile, douce et peu assurée, entre autre choses, l'inverse était tout aussi vrai voir plus encore. Alors que mon regard épousa les courbes de son épaule, guidé par mon estomac qui se tortillais infatigablement et aguiché par ce liquide vitale rougeâtre, je constatais, avec surprise, qu'il n'y avait plus aucune trace du passage de mes griffes félines. A quelle vitesse exactement avait-elle bien pu se régénérer ? Était-elle une humaine normale ? Et si tel était le cas, quel pouvait bien être son niveau de magie ? Elle devait être sacrément puissante, ou à défaut, rudement vieille. J'inclinais comiquement et mécaniquement la tête vers la droite, pareillement à un animal essayant de comprendre son maître gesticulant. De là, une flopée d'autres questionnements plus malsains assaillirent mon esprit encore faible. Par exemple ? Disons qu'il m'avait alors traversé l'esprit à un moment donné, quelque chose comme une envie de la démembrer ou de lui arracher la tête juste pour tester les limites de son pouvoir. Toutefois, en mode observateur tel que je l'étais, j'accordais de l'importance à chaque détail et là, en l’occurrence, celui qui me permit de ne point décoller tout en gardant parfaitement les pieds sur le plancher des vaches, c'était celui du mouvement passablement dangereux de sa main triturant quelques boules métallisées comme celles avec lesquelles elles m'avait préalablement tenu en respect. Rien qu'à imaginer l'effet que cela produirait sur mon corps après avoir vu les impacts sur le mur.
Un petit sourire que je ne pus réprimer se dessina sur mon visage. Un rictus quelque peu crispé, un sourire d'enfant aimant venant de se faire gronder mais qui sait que tout ceci a été fait à contrecœur pour son bien être. Cette femme, aussi rousse et blanche fusse-t'elle, me rappelait ma mère. Oui, tout en elle me ramenait vers elle. Sa posture, sa façon de parler, de raisonner, ses agissement, son insolente confiance en elle, la mesure de ses actes et de ses propos, son pseudo calme apparent ? Elle avait vraiment l'air d'un serpent, un des plus dangereux qui soit, prêt à vous aider à trouver le repos éternel en une fraction de seconde. Elle me tenait en respect comme le ferait n'importe quel serpent avec bon nombre de félins, gérant sans aucun mal cette impériosité caractéristique de ma race.  A n'en point douter, on aurait réellement pu penser, pour l'avoir un temps soit peu connue, qu'elle était la réincarnation de ma précieuse mère. Même si je ne croyais pas spécialement à ce genre de chose, cette idée ne voulait pas me quitter. Toutefois, m'était fortement avis que nos chemins ne se croisaient pas pour rien. J'avais certainement une mission à accomplir, pour elle ? Pour ma mère ? Pour moi ? Peu m'importait en fait et puis je n'en savais rien, mais pour ce qui était de devoirs auprès d'elle, j'en étais convaincu. La destinée et sa Grande Causalité en avaient décidé ainsi et je comptais bien m'en acquitter en découvrant le fin mot de l'histoire.

Alors que je songeais, la femme à la chevelure délicatement flamboyante avait pris la parole, mais ce qui me ramena présentement à notre affaire, ce fut un duo de mots, à savoir "Irina Dranis". C'était donc ainsi qu'elle s'appelait ? Définitivement rien à voir avec ma mère, mais aucunement surprenant en y réfléchissant bien. J'eus beau retourner l'information dans ma tête, la tourner, retourner, étirer, triturer, déformer, reformer, etc, rien n'en naquit. Je devais donc me rendre à l'évidence, elle était pour moi une parfaite inconnue et de ce côté là, je ne pouvais rien tirer, tout autant qu'elle en fin de compte. Pourquoi devais-je la tuer ? Qui l'avait commanditer ? Aucune idée. Je n'y voyais rien au plus profond de mon âme et il était évident que forcer ne mènerait nulle part. Seule option qui me semblait la plus plausible ? Patienter jusqu'à ce que le tout me revienne, en espérant que ce jour arrive bel et bien, tôt ou tard.

Tandis que sur les propos de la prénommée Irina je me focalisais, un nouveau sourire s'ancra sur mon faciès hybride, dévoilant une dentition des plus carnassière, tout autant qu'un masque emprunt d'amusement certain bien arrimé à mon visage. Quelques instants auparavant, j'étais le seul survivant et à présent, j'étais simplement un individu parmi tant d'autres ? Mon esprit ne devait clairement pas très affûté, mais assurément, il n'était pas mort non plus. S'il était vrai qu'en forme animale, mon jugement était malencontreusement et irrémédiablement altéré par mon instinct, sous cette forme, il était bien plus vif, même si je ne me targuais pas d'être le génie suprême de ce monde. Malgré tout, je n'étais pas à sous-estimer. Les Yorkas n'étaient pas aussi idiots que l'on voulait bien le prétendre et ma personne en était une bonne illustration. Sans fausse modestie bien entendu. A présent, c'était un sourire qu'elle affichait, mais pas de ceux que l'on se plait à longuement contempler, loin de là. Le sien était terne et quelque peu affable pour tout œil avertit qui savait où se poser. S'il pouvait duper les masses, dans ce cadre si particuliers, -pour ne pas dire hui-clos-, il en était tout autre. En dépit de mes observations, il n'en perdait pas de ses effets et pour sûr, un malaise s'empara quelque peu de moi. Elle me tenait dans le creux de sa paume comme c'était le cas avec ma mère autrefois. Je dansais selon son rythme et peu importait mes incartades, en bon chef d'orchestre, elle me guiderait sans faillir, aillant sans doute étudié bon nombre de paramètres possibles. Malgré tout, je ne baisserais pas les bras, lui signifiant que je n'étais pas une sous-merde comme ce qu'elle décrivait et qu'il fallait compter avec ma personne ou m'achever à défaut de mieux. Je n'étais pas une entité soumissible et cela ne changerait pour rien au monde. On pouvait m'apprivoiser, au mieux, mais rien de plus car après tout, j'étais et demeurais un guépard, un prédateur, un animal sauvage et fier.
Jouant inconsciemment du bout des doigts avec la queue qui prolongeait ma colonne vertébrale, j'avais écouté de manière monacale ses paroles d'un bout à l'autre de sa tirade. Après avoir laissé s'installer un bref instant le silence, je le rompis en éclatant d'un rire volontairement forcé, exagérant mon amusement, me pinçant l'arrête du nez  de mon pouce et mon annulaire, ce qui me donnait un air de sadique totalement dérangé ou autre sociopathe. En fin de compte, je stoppais brutalement le tout, laissant ma tête retomber sur le côté droit, ma main s'ôtant de son perchoir improvisé. A présent, l'agacement et le défi se lisaient sur mon visage hybride. Je me passais la main dans les cheveux, me rendant ainsi compte que mes plumes n'étaient plus, à cela ne tienne ! Les yeux rivés dans les siens, je n'affichais plus aucune sympathie à son égard, laissant presque parler ma bestialité. L'intimider ? Non, pas vraiment, juste l'avertir et lui montrer la réalité de mon être.

" Ai-je vraiment l'air si stupide que cela ma chère petite dame ? Nous autres Yorkas ne sommes pas aussi décérébrés que le veut la légende urbaine, mais ça je pense que vous le savez. Soit vous avez l'habitude de côtoyer les miens, soit, vous êtes médecin, soit... Bref ! Votre aisance à vous bien tenir devant ma naturelle mais expressément insolente nudité n'est pas commune. Toujours est-il que je comprends plus ou moins la situation et depuis votre intervention, j'entrevois les options qui s'offrent à moi. Toutefois, sachez que la menace n'a pas d'emprise sur moi. Si vous attendez quelque chose de moi, demandez le moi simplement et parlez-moi sans détour.  Ne me comparez pas à ces mécréants qui pourrissent votre demeure je vous prie, vous me vexez profondément. S'ils vous ont suppliés, assassins qu'ils étaient ou sont toujours, ils ne sont pas digne de leur rang et à coup sûr, ce ne sont pas des nérozias car ils mourraient avec panache et dignité !"

Me caressant le dos de la main, mon regard s'y perdit un long moment. Je n'en étais donc pas un... Je n'avais donc pas pu réussir à les intégrer. La déception s'empara de moi, mais je la chassais aussi bien de mon visage et mes yeux, que de mon âme et chaque parcelle de mon être. Tant que je vivrais, je pourrais honorer cette promesse tacite passée entre  une mère et  son fils, un maître et son disciple.

" Moi ? Abandonné ? Je ne crains que ce ne soit pas possible car pour cela, il faudrait avoir des compagnons et ceux dont vous faites mention en sont bien loin. Seuls ma jument et mon faucon méritent l'appellation mais ils sont bien plus que cela, ils sont ma... Famille... Nous sommes inséparables. Je suis un solitaire et je n'ai pas pour habitude de m'attacher à qui que ce soit. Mais passons ! Mon choix est déjà fait depuis bien longtemps, avant même que vous n'ouvriez la bouche. Une force qui nous dépasse me pousse vers vous et si j'en ignore la cause, je veux l'élucider à vos côtés. Après tout, si je ne suis pas parvenu à vous tuer et que j'ai survécu pour que nous finissions par nous retrouver en pareille situation, c'est que les dieux l'ont voulu. J'étais donc déjà résolu à être un des vôtres ou à périr. Vous m'avez sauvé la vie  et d'autant que je sache, il me semble pouvoir en disposer comme bon me semble alors celle-ci, je vous l'offre de bon cœur jusqu'à ce  que ma dette soit effacée ou autre fin éventuelle. "

Un véritable sourie chaleureux et enfantin s'était dessiné sur mon visage et l'instant d'après, je me trouvais debout sur le lit, face à la Dame Dranis. M'inclinant avec déférence, je repris la parole.

" Tatanka Kohana, mais Tatonga semble plus simple à prononcer pour le monde alors à votre convenance bonne maitresse. Je vous confie  ma mémoire et mon honneur et mets mes armes à votre service. Rassurez-vous, je ne suis pas adepte de masochisme, juste que j'ai la fâcheuse tendance de titiller les gens, mais je saurai rester à ma place. Je suppose que vous gardez mes armes et mes effets personnels en lieu sûrs, mais sachez que ces précautions ne valent pas grand chose avec moi. Toutefois, je vois là l'occasion de vous prouver ma bonne foi et de signer ce pacte par la présente. Oh ! Et au fait... Bien tenté une fois de plus, mais je n'utilise pas d'arc donc les flèches ne viennent pas de moi car je préfère la proximité et la noblesse de ses combats au style à distance... Et le poison ne ferait pas partie de mon domaine, j'en suis certain car pour moi, il est sacré et ne sied pas à identité. Un félin empoisonneur... Bref, trève de bavardages !  "

Fermant les yeux, je me concentrais un instant, faisant appel à toute la magie que je pouvais rassembler. Ouvrant brusquement les yeux, je frappais dans mes mains et quelques uns de mes sceaux tatouages de mirent à irradier d'une lumière au halo bleuté.  Quelques secondes plus tard, des plumes avaient pris place dans ma chevelure iroquoise, une boucle d'oreille de même consistance pendait à mon lobe gauche, ainsi que tout mon accoutrement qui pouvait et à juste titre, sembler primitif.  Sans nul autre effort que celui-ci, moi qui quelques instants auparavant était encore nu comme un vers, me retrouvait totalement apprêté. Descendant du lit, je restais cependant face à mon interlocutrice et tortionnaire.  Tendant les bras vers elle, mes paumes tatouées bien visibles et faces à elle, j'y concentrais mon énergie magique afin d'y activer les sceaux présents.  De ma main droite sortit un naginata tandis que de la gauche, une faux que je lui présentaient en posant genou à terre devant elle, essoufflé et transpirant.

" J'ai bien peur que ce ne soit tout ce que je puisse faire pour l'heure, ayant vraisemblablement outrepassé les limites de ce fébrile corps avec cette démonstration quelque peu tapageuse mais qui me semble pourtant être une formalité.  Une fois de plus Mère, je m'incline devant vous et vous promet de suivre vos pas en veillant sur vous et vos intérêts du mieux que je le pourrai."
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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Jeu 10 Sep - 22:30


Réveil à l’aube d’une nouvelle vie

Kohâ . Irina

Il avait été beaucoup plus facile que prévu d’amener son invité surprise là où elle voulait, bien qu’il ne possède pas les ressources dont elle avait urgemment besoin. C’était contrariant pour elle de ne pas obtenir ce qu’elle voulait, de l’huile sur le feu de sa soif de vengeance, en plus de cette attitude de défiance qu’il gardait avec obstination. Une vaine et risible tentative de protéger une fierté piétinée par la défaite, une contradiction de l’instinct de survie qui caractérisait les Yorkas et le bon sens de tout être humain dont la vie ne tiendrait qu’à un fil. N’importe qui l’aurait fermée pour augmenter ses chances de vivre, mais pas lui. Lui il devait l’ouvrir quand il n’avait rien de déterminant à dire, jouer aux devinettes avec des bribes d’interprétations fausses et surtout en faire des tas. Irina soupira.
Sa locution et ses tournures de phrase étaient suffisantes pour en dire long sur sa personnalité, à défaut de l’éclairer sur son passé. Un langage soutenu et déférent bourré de provocations à peine voilées, c’était un mélange de spontanéité décalée en leurs temps. Il savait parler. Et une grande partie de ceux qui savaient parler, il aimait ça. Une passion qu’Irina ne partageait pas. En fait tourner autour du pot l’agaçait au plus haut point et si elle s’y conformait par nécessité, à l’heure actuelle elle n’y était absolument pas contrainte. Les dieux soient loués. Les bras croisés, la jeune femme le regardait dans le fond des yeux et jouait toujours avec les billes métalliques dans sa main, considérant l’hypothèse de s’en servir pour voir s’il gardait encore le même discours de naufragé qui s’accroche à une esquisse de ‘courage’.

Et en voyant la réaction étrange de l’intrus, elle faillit céder à la tentation, dans un calme qui était bien plus inquiétant que la rage.Le rire artificiel de Koha cascada contre les murs de la petite pièce et lui revint en échos courts... mais ne récolta aucune réaction. Ni peur, ni surprise, ni intérêt. Juste une indifférence froide et implacable, et un cliquetis de balle qui s’arrête de bouger.


« Là où menace n’a pas d’emprise, la coercition prend le relais... mon cher. » L’ironie perçait dans ces mots emplis d’acidité. « J’ai fait ma bonne action de la journée en vous donnant une chance plutôt que de frapper et poser des questions ensuite, mais je peux réviser mon ordre d’action. » Elle haussa les épaules. « Vous faites comme vous voulez. Ce serait juste dommage que votre main directrice finisse comme ce morceau de mur, pas vrai ? Alors vous comprenez les enjeux. » Elle s’approcha de lui et malgré la différence de taille elle dominait la salle de sa présence. Son aura alourdissait sensiblement l’atmosphère, de sorte que même l’oxygène semblait se faire rare. Doucement elle glissa des images de morts lentes et douloureuses dans la tête du prisonnier. Une balle fusa en direction du visage du Yorka. « J’ai pour principe de ne jamais bluffer. »
Elle le dévisagea d’un rictus méprisant. Il s’étonnait qu’elle ne se décompose pas ni ne crie à l’attentat à la pudeur parce qu’il était nu à sa transformation. Oui et alors ? C’était un homme et il avait tous ses attributs, c’était censé faire une différence ? C’était un captif, pas un gigolo qu’elle choisirait parmi d’autres. Elle ne releva pas la pique immature mais son regard en disait long sur son dépit. Et puis ‘Petite Dame’ ? Sérieusement, il pensait parler à sa grand mère ?

« Il y a une chose que vous ne semblez pas comprendre. Vous n’êtes rien, ici... Rien d’autre que ce que j’aurai décidé que vous êtes. Je dicte les règles... Oh et suis-je censée me soucier de votre opinion ou de votre volonté ? » Il n’avait rien compris. Il n’y avait pas de place pour ses exigences désolantes ou cette idéalisation débile des Nérozias. À l’entendre ils étaient les paladins des temps modernes, des guerriers de l’ombre, les chevaliers persécutés par la justice. Oui et elle était la cousine germaine de Sharna, aussi. « Épargnez-moi ces conneries sur les Nérozias. Ce sont des êtes humains eux aussi, et en tant que tel ils sont aussi pourris et lâches que le reste, ni plus, ni moins. Et si vous continuez à maintenir le contraire alors que vous ne savez même pas de quoi vous parlez, c’est que vous avez raté une marche au réveil. »

Elle leva les yeux au ciel, comme fatiguée par le manque de logique de cet homme à la peau sombre comme un berbère. Voilà que maintenant il se mettait en tête de la servir -fidèlement à l’entendre- parce qu’une ‘cause supérieure’ l’y poussait. Par Kesha, quelle détestait ce genre de formulations bateau ! Irina grimaça. Il disait ne se souvenir de rien et pourtant de temps à autres il lui balançait des bribes d’éléments à la figure. Un solitaire oui, mais un solitaire qui avait opéré en groupe quoi qu’il puisse en dire. C’était navrant. Navrant qu’il continue de défendre des pseudos valeurs des anarchistes, alors que d’après les rapports il avait été le seul à rester après la mise en déroute de ses pairs. Plusieurs d’entre eux avaient été éventrés par une panthère. Le reste avait cédé face à la garde et aux mercenaires. Une poignée avait tenté de s’enfuir, et s’était fait prendre. Le plus moche dans tout cela, c’est qu’elle n’avait pas menti. De la main elle balaya cette solennité stupide, coupant court à son nom.

« Koha. J’ai dit que mon officier avait été affaibli par vos flèches, je n’ai jamais dit que vous étiez celui qui les avait décochées. Il a combattu un certain nombre d’assassins, lui aussi. On m’a aussi raconté qu’il vous a vaincu en combat singulier... Son épée à deux mains contre votre faux. » Un élément qui lui indiquerait certainement qu’elle disait vrai, après tout deviner qu’il utilisait une arme aussi singulière tiendrait de l’impossible.
De son côté Irina ne digérait toujours pas cette idée reçue affirmant que le seul combat noble était celui à la loyale. Quel combat pouvait se targuer d’être loyal, alors que l’issue était toujours identique ? Il s’agissait de tuer ou d’être tué, de chasser ou être chassé. Tout ça lui était incompréhensible. Il fallait décidément être un abruti fini pour s’encombrer de scrupules pareils lorsqu’il était question de vie ou de mort. Dodelinant de la tête d’un soupir, elle se força à garder pour elle des répliques tranchantes qui lui feraient seulement gaspiller sa salive dans un débat stérile.

Adossée aux barreaux de la fenêtre qui laissait à peine filtrer la lumière du soleil, Irina se redressa soudainement par réflexe. Il aurait dû être incapable d’utiliser la magie après ce qu’il avait subi, et pourtant il avait été capable d’invoquer deux armes. Sa réaction fut immédiate. Les billes se mirent à flotter dans l’air, comme de multiples canons noirs pointés vers lui. Ce ne fut que lorsqu’il lui tendit ses armes volumineuses en une cérémonieuse posture génuflexion qu’Irina baissa un peu sa garde, et les projectiles par la même occasion. C’était... dur à croire. Elle avait proposé qu’il travaille pour elle, qu’il devienne son espion en somme ; pas qu’il se fasse adouber en récompense d’une tentative d’assassinat foirée. En définitive ce type devait avoir un je ne sais quoi de folie des grandeurs.


« Premièrement, arrêtez de parler comme si vous aviez bouffé un dictionnaire au petit déjeuner, ça me donne mal à la tête. » Son expression était lasse, faisant peu fi de cet apparat dérangeant. « Deuxièmement, je vous donnerai une mission. Accomplissez-la et vous ferez peut-être vos preuves à mes yeux. Trahissez-moi et vous ne vivez pas assez longtemps pour me maudire. » Elle se redressa et lui fit signe de rembarrer son attirail d’armes, de toute façon inutiles dans un espace aussi restreint. La prêtresse reprit ses billes et fourra les mains encore pleines dans ses poches. Elle se retourna vers la sortie et ouvrit la porte d’un geste brusque de la main, sans la franchir. Les sens aux aguets, il serait une erreur de croire qu’elle était sans défense seulement parce qu’elle lui tournait le dos. Sa voix était calme mais terriblement sérieuse. La tempête n’était clairement pas passée, seulement maintenue derrière d’épais nuages. « Oh, et appelez-moi Mère encore une fois et je vous découpe du menton aux valseuses, avant de donner les morceaux à manger aux corbeaux. Pigé ? »




« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »
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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Jeu 24 Sep - 1:44

Alors que j'étais toujours dans la même posture respectueusement soumise, un genou à terre et la tête baissée, je vis entrer dans mon champ de vision ses petits pieds. Tandis que j'entamais une levée de tête, quelque peu surpris, je vous le concède, le mouvement fut arrêté net par une main invisible qui me contraignit à faire le cheminement inverse, comme si elle s'était appuyée de tout son poids sur mon crâne. Cette main intangible n'était autre que l'aura des plus étrange de la jeune femme. La décrire ? Non, je ne le pouvais pas à ce moment précis de l'histoire. De mon point de vue, m'en remettant à mes sens ainsi qu'à mon instinct animal, tout ce que j'étais en mesure d'affirmer, c'était qu'elle n'était pas une aura quelconque, pas une de terran conventionnelle. Certes, on sentait aisément sa magie dedans, menaçante de puissance, une puissance qui me semblait tellement titanesque que je me sentais semblable à un nouveau né à son contact, toutefois, il y avait quelque chose de bien plus sinistre, là, quelque part. Comment pouvais-je en être si sûr vu que je n'avais pas de prédispositions particulières afin de déterminer ce genre de choses ? Eh bien simplement du vécu, un sentiment de vécu, mais avant tout mon instinct animal. En temps que guépard, j'étais déjà prédisposé à lire le monde d'une certaine manière et c'était là ce que je faisais. Ne jamais attaquer plus fort que soi inutilement et privilégier son propre bien être afin d'assurer sa propre survie était la base, notre règle tacite numéro une. Si en temps normal, j'aurais certainement fait profil bas, il était cependant autrement à l'heure actuelle. Plus proche de l'adolescent que j'étais que de l'adulte que je devais probablement être avant ma perte de mémoire, il m'était impossible de m'auto-modérer et la provocation irréfléchie, le défi stupide et autres choses du même acabit, me menaient tels des marionnettistes aguerris. L'effet ? J'avais une mordante envie de lui répondre, de la piquer, la faire sortir de ses gonds, mais pourquoi ? Pour le plaisir ? Parce que je ne voulais tellement pas me soumettre que je préférais mourir plutôt que d'être privé de ma liberté ? Non, je ne le devais pas, j'avais encore des choses à accomplir et pourtant, je ne parvenais que de peu à me contenir, mais elle m'y contreignit sans pitié, d'une de ces billes de mort directement dans la jointure de ma mâchoire.

*feulement*

Je m'étais instantanément changé en guépard, par reflexe, avant de reprendre forme humaine afin de pouvoir me frictionner comme il se devait la partie touchée. La puissance du choc avait été d'une rare violence et je m'étonnais que rien ne soit cassé. Fêlé, peut être, mais pas cassé. Je m'étais alors mis à la fixer sans ne plus pouvoir détacher les yeux d'elle. Mais qui était-elle vraiment ? Si on m'avait réellement envoyé la tuer, pourquoi n'avais-je pas gardé mes distances, pourquoi m'étais-je fait capturer aussi stupidement ? Avais-je pu être à ce moment là, le genre d'idiot qui passait outre son instinct par fanfaronnade orgueilleuse ? J'étais tellement absorbé par mes pensées confuses que je n'avais qu'à peine tressailli lorsqu'elle m'avait appelé Koha. De toute manière, avec une douleur aussi virulente et une mâchoire groggy et presque paralysée, je ne pouvais nullement parler. M'était à parier qu'elle l'avait sciemment prévu. Elle avait frappé avec une précision chirurgicale, j'étais sûr qu'elle aurait pu me la casser, l'exploser ou simplement me tuer. Si elle cherchait à m'impressionner, m'était force d'admettre qu'elle avait réussi. Elle avait fait naître une peur en moi que je ne serai pas prêt d'oublier de si tôt, en même temps qu'elle m'avait calmé. Mais ce n'était pas là tout ce qu'elle avait accompli de ce simple geste. A présent, j'étais redevenu plus ou moins maître de moi-même et mon raisonnement semblait plus mâture.

Je pris une profonde inspiration. Trois, deux, un... Je me risquais à forcer sur cette mâchoire ouverte qui était restée figée, la sensation qu'elle allait se disloquer ou s'effriter incessamment sous peu, m'ayant jusqu'à peu, conforté dans le choix de ne pas tenter le diable. Essai gagnant, j'y parvins, mais avec douleur. Malgré tout, c'était pour moi une victoire. Alors que la rouquine me tournait le dos, je fermais les yeux instant, en proie à une brève méditation qui se termina au moment même où mes yeux se dardèrent sur elle. Empoignant mes armes fermement, je fis un pas en avant, mais au second, elles avaient disparues et au troisième, je m'étais stoppé.

" Qenhia être fière de Tatanka, lui pas être devenu complètement idiot ! Si lui mourir bêtement, Qenhia lui d'abord crever les yeux et lui faire perdre sa chose... "

Je sursautais alors, me centrant sur la fenêtre, mais la petite rapace n'y était pas, ni nulle part ailleurs. Instinctivement, j'avais les yeux au ciel, comme si j'avais pu la voir au travers du plafond de la pièce.

" Eh oui, Qenhia en haut, mais Qenhia toujours pouvoir t'entendre parler ou penser, Qenhia tout suivre alors toi être sage, mais toi pas avoir peur, toi pas seul. "

Mots étranges, tout autant que sa manière de parler, mais pour une certaine raison, ils eurent un effet positif sur moi. Malgré la situation, j'avais le sentiment d'être enveloppé d'un amour maternel, ou plutôt fraternel. Cette intervention m'avait alors tiré un sourire amusé et quelque peu reconnaissant. Je fis un nouveau pas en avant.

" Ainsi soit-il Dame Dranis, je veillerai à ne plus vous appeler ainsi. Je suis confus que cela vous froisse car ce n'était qu'une marque de respect pour ma part, que je comprends déplacée pour vous. En ce qui concerne ma manière de parler, je n'en connais nulle autre actuellement, mon éducation maternelle y est pour quelque chose. Si je vous parlais avec un autre langage, m'est avis que vous penseriez que je me fiche de vous tellement cela sonnerait faux. Si vous voulez bien faire preuve de patience à mon égard, je tâcherai de remédier à cela dans les plus brefs délais."

Je me frictionnais alors la joue, massant ma mâchoire qui me lançait toujours.

" Merci pour ce coup qui a eu son petit effet. Je suis sincèrement désolé, j'ai outrepassé mes droits et franchis quelques limites que je n'aurais pas dû et qui ne seront plus franchies à l'avenir. Mon esprit est encore embrumé, mon résonnement hasardeux et ma raison quelque peu perturbée. J'ai trop d'informations à emmagasiner tout en réalisant qu'il y a tout un tas de choses de ma vie qui semblent disparues. Je sais que je suis adulte, mais mes souvenirs ne dépassent pas l'adolescence et mon comportement semble tendre plus vers celui que j'étais alors... J'ai conscience que vous auriez pu me tuer à maintes reprises et je vous prie de bien vouloir pardonner mes écarts. Si vous m'avez gardé en vie, c'est bien que vous avez de quelconques desseins en tête à mon sujet alors je ferai en sorte de vous aider à les accomplir au mieux et ne vous trahirai aucunement. Pour ce qu'elle vaut pour vous, ceci est ma parole. J'ai eu un aperçu de ce que vous pourriez me faire et vos visions me travaillent encore. Je vous suivrai donc dès à présent.  Mais avant toute chose, pourriez-vous faire quelque chose à ce sujet s'il vous plait ? "

J'avais alors enserré le collier de mon poing, mes doigts pouvant de justesse passer entre mon cou et l'objet métallique. De l'autre main, j'avais tiré sur la chaîne, deux ou trois fois, provoquant un cliquetis qui me fit se dresser les poils tant il m'agaçait. Le son de l'entrave à ma liberté physique. Mes orbes d'azur s'étaient de nouveau posées sur l'effrayante dame frêle et visuellement parlant, douce. Si ces chaînes étaient entraves physiques, mentalement, Irina en était l'équivalent, mais pour une raison quelconque, je pensais que je pouvais tout à fait m'en accommoder. De toute manière, je préférais être attaché à elle par un lien psychologique qu'à un mur ou autre objet, par cette entrave métallique froide et dénuée de vie.
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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Jeu 22 Oct - 19:01


Réveil à l’aube d’une nouvelle vie

Kohâ . Irina

Le regard froid d’Irina ne quittait pas l’assassin d’une semelle, qu’il se présente sous forme humaine ou animale. Son visage était figé et dur comme les traits d’une statue, bien que dans sa poigne il reste toujours cette étincelle de vie qui rendait le tableau encore plus inquiétant. Sa main et sa volonté ne tremblaient pas, au contraire elles ne faisaient qu’être renforcées face à la nonchalance clairsemée de crainte du félin. D’ailleurs la prêtresse ne sourcilla même pas face à la blessure qu’elle avait causée, et au lieu de ça elle se contenta d’attendre de voir la réaction de son prisonnier avant de décider ce qu’il était possible d’en tirer. Il était résistant et malgré la peur vive qu’il exhalait, il se forçait à tenir bon. Au moins pouvait-on admirer sa détermination, à défaut de croire à cette pathétique tentative de faire illusion.
Seulement Irina refusait de se laisser aller à de l’empathie envers un étranger, ou même à perdre son temps à parlementer avec un homme qui pour l’heure n’avait pas d’autre choix que d’obtempérer s’il ne voulait pas être exécuté. D’une expression ennuyée elle l’écouta bavasser encore et encore, peu convaincue qu’il soit vraiment nécessaire d’en faire des caisses. Néanmoins cette solennité et ces manières à outrance semblaient être son image de marque. Sceptique, elle pensait plus à voix haute qu’elle ne lui répondait.

« La patience n’a jamais été mon fort, et ne le sera sans doute jamais. » Il aurait bien tort de croire qu’elle serait qui devrait s’adapter dans cette situation, d’autant plus qu’il aurait besoin de faire ses preuves et montrer que cela valait la peine de le garder en vie. D’un geste négligent de la main elle balaya les milles justifications qu’il lui servait, et passa la tête de l’autre côté de la porte, donnant des instructions de façon à ce qu’il entende aussi. « Libérez-le. Il vient avec moi le temps de recevoir des instructions. Il dormira avec vous à la caserne. Traitez-le comme s’il était une nouvelle recrue, mais gardez-le sous surveillance. À la moindre incartade ou le moindre geste agressif, vous avez l’autorisation de l’abattre. » La porte s’ouvrit et deux gardes firent tomber les chaînes métalliques qui l’avaient retenu jusque là, tandis qu’Irina attendait dehors. « Je vous fais la grâce de vous donner une chance, tachez de ne pas me faire le regretter. Dans votre cas la liberté se mérite. » Elle haussa un sourcil et pondéra l’idée de le soigner, mais finit par ne rien en faire. Il était bon qu’il garde bien à l’esprit ce qu’il risquait, et la douleur serait le meilleur des rappels. « J’ai des plans pour vous. Vous partirez en mission dans deux jours. » Et Kallen serait ravi de le suivre à la trace afin de s’assurer que celui qui avait failli le tuer ne prenne pas la tangente. Entre ces deux-là ça allait devenir personnel... et Irina saurait en tirer le meilleur.




Over pour moi =)





« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »
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Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]
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