Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]



 
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 Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]

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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Dim 11 Jan - 0:17



Dernière édition par Kohâ le Dim 25 Jan - 14:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Ven 16 Jan - 21:12



Réveil à l'aube d'une nouvelle vie

Kohâ . Irina

Flashback.

Douze jours. Cela faisait très exactement douze jours qu’Irina avait accouché d’un petit garçon. Un enfant frêle mais en bonne santé qui avait le même visage que sa mère. Ses yeux d’un vert bleuté semblaient déjà pleins de vie, illuminant son visage fin couronné d’une épaisse tignasse corbeau. C’était lui qui avait tenu Irina enfermée chez elle, à l’écart de tout et de tous, nappée de sa solitude et de la tendresse née en même temps que son amour maternel. Guère accompagnée si ce n’est pas les nombreuses visites ponctuelles de différentes connaissances plus ou moins opportunistes, la jeune femme avait fait en sorte de rester en marge de ces ébauches solennelles de meilleurs vœux, et autres cadeaux tout aussi suspects. Quitte à endurer cette épreuve, elle estimait normal de vouloir avoir la paix et profiter de cette maigre période de calme en compagnie d’un cercle très restreint.

Et pourtant il semblait impossible de maintenir ce cocon protecteur très longtemps. Cela faisait déjà un mois que les mesures de sécurité avaient été renforcées, la garde ayant du mal à se remettre de l’échec qui avait conduit à une attaque par un groupe armé à presque assassiner Irina. Fort heureusement avec l’aide de Marcus Archéon elle avait réussi à prendre la fuite et essuyer le gros de la tempête, après un long et éprouvant voyage jusqu’en Argyrei. Seulement ce souvenir amer n’était le point final de ce chapitre encore en cours. Il y a presque deux semaines maintenant la Force Écarlate -désormais intégrée à Nivéria- avait intercepté un homme blessé, un guerrier à la peau sombre et au regard d’un bleu acier. Ses blessures étaient sérieuses et la fièvre qui l’avait dévoré l’avait fait délirer longtemps, consumé par les effets du poison qui l’avait touché. Or ce poison n’était utilisé que par certains membres d’élite de cette force militaire nouvelle, ce qui indiquait qu’il était très probablement un de ceux qui avaient participé à l’assaut. Pour lui, c’était porteur de bonnes et de mauvaises nouvelles. Car certes en tant que prisonnier détenteur d’informations il serait soigné et maintenu en vie à tout prix, néanmoins cette même vie ne tiendrait qu’à un fil… celui de sa coopération.

Suite à cette découverte et au rapport méthodique que lui avait fourni Leto -le capitaine de Nivéria- Irina avait décidé de maintenir l’étranger sous surveillance dans une des chambres de la caserne, ce qui le gardait à distance en des conditions relativement correctes. Tout au plus pourrait-il se plaindre des installations spartiates, mais au moins il avait des soins et des vivres… ce qui n’était pas si mal. En fait c’était plutôt luxueux pour un espion entre les mains de l’ennemi. Bon le fait qu’il s’agisse surtout de l’option pragmatique, étant donné que les nouvelles geôles du domaine étaient encore en cours de construction… c’était un détail tout à fait secondaire, et sans importance. En attendant celui qui avait été identifié comme un Yorka avait été enfermé et enchaîné afin d’éviter toute tentative d’évasion ou de rébellion, plusieurs soldats faisant des rondes en permanence au cas où il se réveillerait. Et justement l’un deux avait rapidement fait passer le mot au manoir, prévenant la serpentine qui n’avait pas tardé à faire le déplacement en compagnie de Leto, qui avait insisté pour l’escorter. D’ailleurs tandis qu’ils approchaient tous deux de la caserne, en se faisant saluer par la plupart des présents -cessant leurs activités et planquant les jeux de cartes et de dés- ils continuaient de discuter à voix basse, bien qu’en parfait désaccord.

« Ma dame, ce n’est pas une bonne idée d’interroger cet homme dans l’immédiat. Il est confus suite à son récent réveil et il pourrait se montrer agressif à votre égard. »
« Je me doute que vous vous inquiétez, mais je vous répète que c’est inutile. Je ne suis plus enceinte et donc selon vos standards de mâle chevaleresque, je ne suis plus en cristal. Donc maintenant si vous le voulez bien, vous allez me laisser faire et arrêter de me traîner dans les pattes. » Le ton était cassant et l’expression peu encourageante, même si ça ne semblait pas troubler le grand colosse blond qui la suivait de près.
« Ce n’est pas raisonnable. Laissez-moi quelques heures. Je vais lui parler et voir ce que je peux en tirer. S’il est apte à vous révéler ce qu’il sait, alors vous aurez tout le temps du monde de l’interroger. » Son regard insistant et inquiet ne cédait pas d’un pouce même s’il était toujours aussi ferme, ses prunelles claires s’obstinant à plaider sa cause.
« Et bien vous serez ravi d’apprendre que j’ai mené les interrogatoires au nom du temple pendant bien des années, alors sans vouloir vous vexer, je pense que je suis largement rompue en la matière. Sans doute autant que vous êtes versé dans l’art de repousser vos soupirantes tout en ménageant leurs amours éperdus. » Une étincelle de taquinerie mauvaise glissa dans son sourire satisfait, surtout lorsqu’elle vit Leto ouvrir et refermer la bouche sans savoir quoi répondre, comme un poisson hors de l’eau.

D’ailleurs il sembla perdre se perdre en cours de réflexion, puisqu’il la suivit dans un cliquetis métallique causé par son armure, à vive allure afin de suivre le pas pressé de sa supérieure. Il savait sans doute déjà qu’il n’aurait pas le dernier mot, mais il s’évertuait à faire de son mieux quand même. Irina le regarda en coin. Un brave type, ce Leto. Un peu coincé et il pêchait sûrement pour son excès de zèle, mais au moins il était compétent et avait de l’assurance à en revendre. Irina parcourut le couloir, bien contente d’avoir enfilé un pantalon d’équitation pour la peine. Sa chemise en lin blanc par contre, risquait d’en prendre un coup… surtout si elle devait utiliser des méthodes un peu plus sévères. Enfin elle espérait quand même ne pas devoir en arriver là.
La rouquine écouta les précisions du garde qui se tenait devant la porte avec sérénité, bien qu’elle ne prenne pas vraiment cela très au sérieux. Le poison avait affaibli leur cher invité, qui bien que partiellement remis de la fièvre et soigné suite à l’administration de l’antidote, mettrait quelques temps avant de complètement retrouver la forme. Et puis de la méditation ? Quel genre de gusse elle avait encore repêché ? D’après sa nudité et sa coiffure pour le moins originale, il était difficile de ne pas imaginer tout et son contraire. Toutefois Irina n’avait aperçu l’inconnu que très rapidement, car la faiblesse et surtout l’approche de la naissance d’Aemyn l’avaient tenue loin des formalités qui le concernaient. C’était Alix, son apprentie, qui avait pris soin de l’homme au mohawk, ce qui laissait planer dans l’air une odeur de mystère concernant les vraies circonstances de sa blessure.

« Ne me regardez pas comme un gamin qui monte sur son cheval pour la première fois de sa vie. Ça ira… Et s’il crie un peu trop fort, vous pourrez toujours le calmer par la force. Ça vous va ? » Aucune réponse. Et ce n’était pas plus mal. Le garde ouvrit la porte qui bascula sans un bruit, laissant la lumière entrer dans la pièce qui commençait à sentir le fauve et le refermé. Un charmant premier contact. Irina s’appuya négligemment sur le battant, les sens un peu étourdis par la brume rougeâtre qui planait dans son champ de vision. C’était comme un myste, en plus compact et plus inoffensif. La pièce était vide en apparence, mais cette manifestation qu’elle était la seule à voir trahissait la présence du Yorka. Il suintait la peur, la panique causée par une menace certaine qui le faisait agir d’instinct plutôt que de raison. Elle soupira, fit signe à Leto de lui passer un vieux tabouret qui traînait dans le tiroir, et évalua du regard la longueur de la chaine qui vibrait à demi tendue, jusqu’en dessous du lit.

« Je ne veux pas vous faire de mal. On vous a attaché pour être sûrs que vous n’agresseriez personne à votre réveil. Il faut qu’on parle. Je veux savoir ce que vous faites là. »

Elle entra alors dans la pièce et prit place sur son siège, s’installant en plein milieu dans le rayon d’action du félin. Sa décision était néanmoins volontaire et consciente, ce qui ne manqua pas de déplaire à Leto, qui grinça des dents pour ne pas interrompre le contact et tout compromettre. Néanmoins comme il ne pouvait obtenir gain de cause il maintint la porte grande ouverte, se tenant simplement près de l’entrebâillement au cas où son intervention était nécessaire. Ce qui ne serait sans doute pas le cas, à en juger par la posture calme mais faussement négligente de la prêtresse. Son corps était détendu mais ses sens étaient aux aguets, son pouvoir crépitant presque dans l’air en un avertissement silencieux. Ce ne serait pas judicieux du tout de prendre une vipère à rebrousse écaille…




« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Dim 25 Jan - 14:58

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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Ven 6 Fév - 23:29


Réveil à l'aube d'une nouvelle vie

Koha . Irina

L’attitude d’Irina paraissait d’une insouciance frisant le défi, d’une arrogance imbue d’aristocratie capable de leurrer un œil étranger et hâtif. Pourtant dans le regard verdoyant qu’elle fixa sous le lit, il n’y avait qu’une quiétude et un sérieux inflexibles. Elle savait où se trouvait le prisonnier et elle attendait tranquillement qu’il daigne montrer le bout de ses moustaches. La présence d’un faucon posé devant la fenêtre ouverte et parcourue de barreaux avait de quoi troubler les présents, qui n’avaient pas manqué de dévisager l’oiseau avec des mines sceptiques. Néanmoins vu qu’il était à l’extérieur il ne représentait pas une menace directe, d’autant plus qu’il n’avait jusque-là pas montré signe d’hostilité. Étrange pour un oiseau de proie, d’ailleurs. Par mesure de précaution et parce que tout cela sentait la magie à plein nez, Irina murmura quand même aux hommes de surveiller l’extérieur de la caserne, avant d’en revenir à nouveau à son invité de marque.
De fait elle se demandait pourquoi ce dernier s’en remettait à sa forme animale dans une situation aussi peu avantageuse. Était-il rassuré par cette apparence qui le renvoyait à ses instincts primitifs, plus rapides et marqués que sous forme humaine ? Ou alors comptait-il attendre le moment propice pour user de sa force physique et de sa vitesse féline pour s’échapper ? C’étaient autant de raisons probables et pourtant tout cela ne lui paraissait pas vraiment lucide. Sous forme animale il était incapable de réfléchir pleinement, ce qui non seulement l’amènerait à commettre des erreurs qui pourraient lui être fatales, mais entraverait également toute négociation. Après tout les feulements ce n’était pas vraiment dans les connaissances linguistiques de la prêtresse, et elle n’aurait pas la patience de le manipuler pendant des heures jusqu’à en obtenir quelques bribes d’information. Alors autant en venir aux faits et abuser de la bête qui était en lui, en tirant parti des principes basiques qui dictaient son comportement.

Et c’était exactement pour cette raison que la jeune femme s’était installée au milieu de la pièce, dos à la porte, incitant implicitement le prédateur à se battre pour sa vie. Il lui suffirait de tuer une femme maigre et sans armes pour se frayer un chemin… Si simple en apparence, si difficile en réalité. Le serpent était tapi en attente, guettant silencieusement l’erreur de ce chat affaibli qui se pensait sur le point d’achever sa proie. Les sens en alerte Irina posa les mains sur ses genoux, croisant une jambe sur l’autre dans une posture négligente. Ses yeux perçants cherchaient les joyaux azur du Yorka sans montrer le moindre signe d’une peur qu’elle ne pouvait de toute façon pas ressentir. L’appât était posé, il n’y avait plus qu’à attendre. Ainsi elle tenta d’établir une conversation pour attirer son attention, ignorant les cris étranges de l’oiseau qui continuait de s’égosiller désagréablement. S’il ne la fermait pas, elle ouvrirait la chasse un peu plus tôt que prévu. Ne détournant pas le regard de la source du danger potentiel, Irina fronça les sourcils. C’était pour bientôt. Sa peur suintait de plus en plus fort, nourrissant son envie de l’écraser dans la paume de sa main.
Un froissement, une inspiration, et il sauta. Puissamment propulsé par les muscles de ses pattes arrière, il s’élança en direction de sa gorge. Dans ses yeux brillants il n’y avait plus d’hésitation, la peur s’étant mue en détermination à défendre sa vie. On dit souvent que la meilleure défense c’est l’attaque… Ce n’est pas toujours vrai pour autant. Irina s’était préparée à l’accueillir, son corps entier semblant tendu pour encaisser. Néanmoins bien qu’elle ait poussé cette attaque à sa façon, elle fut partiellement surprise par la vitesse du guépard. Son bras droit s’était déjà dressé pour le repousser, luttant avec la brutalité de ses griffes, qui éraflèrent profondément son épaule sans s’y cramponner pour de bon. Sa télékinésie explosa au contact de l’ennemi et le repoussa violemment contre le mur, tandis que sa chemise blanche se tâchait de rouge. Grognant tout bas sur le coup de la douleur, la prêtresse regretta de ne pas y avoir mis plus de force. Il devait être sonné, mais rien ne garantissait qu’il ne recommence pas. Tâtonnant le tissu en partie déchiré, elle sentit la blessure se refermer presque immédiatement. Serrant les dents elle se força à garder le même rictus revanchard. Il était hors de question de se faire interrompre par l’excès de zèle de Leto.


« Ma patience a des limites et il faudra plus qu’une vulgaire paire de crocs pour me tuer. Je vous conseille de faire preuve de bon sens tant que vous le pouvez encore. Je ne le dirai pas deux fois. » Elle se leva d’un coup, repoussant le tabouret d’un coup de pied agacé. Puis elle posa une main sur une petite pochette attachée à sa cuisse, avant d’en extirper des billes de métal qui se mirent à briller faiblement dans sa main. Elle les fit nonchalamment rouler entre ses doigts, avant d’en projeter une contre le mur, juste au-dessus de la tête de Koha. La petite balle fusa dans l’air avec un bref sifflement, avant de se figer de plusieurs centimètres dans la pierre. Un coup d’avertissement.

« Qui vous a engagé pour me tuer, vous et les autres guignols ? » Ses yeux exigeaient des réponses sans tarder. Et le silence du nérozia commençait à avoir raison de ses bonnes résolutions. Seulement ce n’était pas son premier interrogatoire, et ce ne serait pas non plus le dernier. Elle fit brusquement exploser la bille qu’elle venait de lancer, espérant bousiller les tympans du félin au passage. S’approchant de lui à nouveau, elle le dominait de sa stature bien qu’il soit bien plus grand qu’elle sous forme humaine. « Au cas où vous vous posez la question, ils sont tous morts. Et le même sort vous attend si vous ne me donnez pas une bonne raison de vous garder en vie. » Les autres billes se mirent à briller dans sa main, en une menace latente. Elle pourrait le tuer sans le toucher, cela au moins, avait été laissé très clair. « Si j’étais vous je me mettrais à table. Je n’ai pas toute la journée. »





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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Mer 12 Aoû - 21:40

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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Sam 22 Aoû - 18:57


Réveil à l’aube d’une nouvelle vie

Kohâ . Irina



Irina n’avait jamais été une femme de patience et encore moins une de ces religieuses douces et aimantes qu’on prêtait au temple de Kesha. C’était une personne aussi dure et impitoyable que la vie qu’elle avait menée. La politique et les manigances, elle ne les avait pas choisis. On pouvait bien sûr débattre sur le fait qu’elle les ait tout de même embrassés au final, mais il était difficile d’argumenter face à son dégoût de la chose. En dépit des différentes opinions que l’on pouvait avoir, la rétrospective des sacrifices convenus pour survivre et progresser était accablante. C’était un tsunami dans une coupe déjà pleine depuis longtemps. Tout cela lui était insupportable et pourtant il fallait qu’elle gère les groupies hystériques d’Elerinna en plus de leurs foutus mercenaires au savoir-faire totalement aléatoire. Elle en avait assez oui, elle ne digérait toujours pas d’avoir dû fuir son propre domaine pour ne pas exposer les civils à des ennuis qui ne les regardaient pas. Comme si ce n’était pas suffisant, elle avait aussi été contrainte de faire appel à des lames indépendantes pour se protéger, avec les risques et les ennuis prévisibles dans une telle situation.
Malgré la violence de l’assaut sur Nivéria il y a à peu près un mois, Irina n’avait pas eu d’autre choix que de se replier, se défendre et se mettre à l’abri en la période compliquée qu’était sa fin de grossesse. Ils s’en étaient sortis en dépit des pertes, et maintenant qu’Aemyn respirait par ses propres poumons, elle pouvait enfin reprendre des forces et penser à l’avenir. Les commanditaires de l’attaque -que ce soit Elerinna ou un de chers amis- devaient être furieux à l’heure qu’il était. Payer entre vingt et trente personnes pour en arriver à un fiasco ça avait dû être un coup au moral, et un sacré trou dans leurs finances. Quoi qu’il en soit Irina comptait bien creuser un gouffre sur leurs fronts et leurs poitrines pour les remercier de s’être donnés autant de mal.

Or si elle voulait garder espoir de retrouver ces personnes, il lui fallait traiter ce Yorka comme une agrume juteuse qu’il fallait presser méthodiquement afin d’en exploiter tout le contenu. Elle porta une main entre les plis déchirés de sa chemise, qu’elle écarta pour vérifier sa blessure. Elle s’était refermée bien plus vite qu’elle ne l’aurait cru, ce qui confirma ce qu’elle soupçonnait déjà. Aemyn avait profondément puisé dans ses réserves magiques -par sa croissance comme par sa nature peu commune- telle une bride permanente de sa puissance. Ce qui signifiait que petit à petit ces dernières allaient revenir à l’état d’origine et lui laisser plus de marge d’action. Enfin une bonne nouvelle. Les yeux fixés sur le félin, la prêtresse se promit de ne plus se laisser distraire. Après tout il lui faudrait redoubler de vigilance pour ne pas se faire dépasser par la vitesse de l’assassin.

Les billes de métal continuèrent de rouler dans sa main pâle, jouets macabres d’une grande enfant prête à presser la détente. Et à ce sujet devoir attendre que lumière se fasse dans la tête de l’animal était plutôt éprouvant. L’espace d’un instant elle se demanda s’il comprenait ce qu’elle lui avait demandé, et réfléchit à des méthodes alternatives de le faire prendre forme humaine. Irina plia plusieurs fois les doigts de sa main libre, contrôlant la pulsion de passer à la vitesse supérieure. Pas trop vite. Pas trop vite où il prendrait trop peur pour parler. Mais soudain, alors que ses pensées s’envolaient sur le son que ferait le sifflement de ses billes, la peur qu’elle avait sentie grandissante chez le prisonnier s’évanouit tout à coup. Son sourcil se haussa de lui-même tandis qu’elle le voyait sous un jour nouveau, tout particulièrement après l’initiative de sa transformation éclair. L’impulsion lui fit presque tirer par réflexe préventif, et ce fut par pure chance qu’elle ne le tua pas sur le coup de la surprise.
C’était la première fois qu’elle voyait cela de ses propres yeux. Tous les Yorkas qu’elle avait croisés étaient capables de se contrôler, et d’ordinaire ils préféraient ne pas montrer le processus à des inconnus, un peu comme on change d’abord de tenue avant de revenir en public. Jusque-là elle avait interprété ça comme une forme de pudeur, un sentiment qu’elle pouvait aisément comprendre. D’ailleurs en voyant une peau hâlée remplacer la fourrure tachetée, Irina détourna le regard vers le haut et le braqua dans ses yeux, aussi bleus qu’avant. La diction de l’homme qui lui faisait face et la dépassait d’une bonne tête et demi était bien plus claire et soignée qu’elle ne l’aurait imaginé. Il avait des manières bien civilisées pour quelqu’un qui donnait une impression d’animal sauvage, même sur deux jambes.


« Votre nom ? » Elle voulait en venir à des faits concrets, mais au lieu de ça il lui servit un calme provocateur qui ne lui plut pas. « Être torturé, ça vous excite ? » Elle roula des yeux, exaspérée d’encore tomber sur un obsédé avec une case en moins. Franchement c’était à se demander comment elle faisait pour toujours tomber sur le numéro gagnant. Surtout que n’était pas du tout le genre de la maison d’être attirée par leurs plans foireux, leur humour douteux et leurs mœurs bizarres. Et en plus de ça il lui servait cette histoire à dormir debout, visiblement convaincu qu’elle ne remettrait rien en doute.
« Attendez, vous voulez me faire croire que vous avez perdu la mémoire ? » Soit c’était faux et il était un menteur audacieux doublé d’un suicidaire, soit c’était vrai et tout cela n’allait pas lui faciliter la tâche. Il lui fallait des informations et sa seule source ne désirait visiblement pas coopérer. En plus de ça la voix masculine et le bruit du tabouret que la jeune femme avait envoyé valser avaient inquiété Leto et les gardes, qui essayèrent d’entrer par la porte entrouverte. Néanmoins Irina la fit claquer avec sa télékinésie, leur répétant des instructions afin qu’ils restent en dehors de ça. Ce greffier n’allait pas s’en tirer comme ça, il cracherait ce qu’elle voulait savoir, même si elle devait lui arracher les moustaches une par une.

Elle fit un pas en avant avec la ferme intention de passer à l’acte, mais il s’assit sur la paillasse le plus calmement du monde. Cette attitude plus que ses explications brouillonnes la désarçonnèrent. Il n’agissait pas comme quelqu’un qui guette le bon moment pour attaquer, mais pour une raison qui lui échappait, elle n’arrivait pas à baisser sa garde d’un seul cran. Et puis il venait de tirer la langue, révélant un tatouage singulier, un tatouage dont il ne connaissait visiblement pas l’existence. S’arrêtant tout à coup, Irina le dévisagea très sérieusement. S’il se foutait d’elle et s’amusait du trouble qu’il semait dans son esprit, il était très fort. Néanmoins il ne présentait aucune trace de peur, ce qui signifiait qu’il ne craignait pas sa réaction face à ce geste, ni ne craignait d’être percé à jour. La probabilité qu’il puisse artificiellement contrôler ses émotions frisait le zéro, elle l’avait déjà vu traversé de panique face à son coup de semonce.... ce qui ne laissait qu’une possibilité. Il ne mentait pas. Un Nérozia. Un putain de Néro. Des souvenirs de temps reculés où elle leur avait tenu tête et exécuté des contrats juste sous leur nez lui revinrent nettement. Ils avaient sûrement de bonnes raisons de lui en vouloir en ce qui concernait les affaires, mais elle doutait fortement que ce soit la raison de tout ce merdier, pas après autant d’années. En outre connaissant ce dont ils étaient capables pour se venger, si son identité avait été compromise elle risquerait bien pire que des tentatives de meurtre.

Elle jura, alors que les pièces du puzzle se mettaient enfin en place. Elle aurait dû se douter que tôt ou tard ses ennemis finiraient par faire appel à de vrais professionnels. Et ça expliquait aussi que la garde de Nivéria ait connu des pertes face au groupe d’attaquants organisés. Même Kallen avait été sérieusement blessé, empoisonné par des flèches qui avaient finalement eu raison de sa résistance. Fort heureusement il avait rapidement bu un antidote de sa composition, ce qui lui avait évité des séquelles graves... mais l’écartait du service pour un petit moment. Irina se reprit enfin, poings serrés et mâchoire crispée, dans une posture rigide qui trahissait une rage sourde à deux doigts d’exploser. Cependant elle ne souffla mot concernant la carrière sanglante de l’inconnu, testant ainsi ses réactions. Il se savait assassin mais ignorait qu’il était Nérozia. Si elle en savait plus sur lui qu’il n’en savait lui-même cela pourrait être un avantage, un des rares dont elle bénéficiait.


« Irina Dranis. » Et un tas d’autres choses qu’un nom n’évoquerait pas, des choses qu’il n’apprendrait jamais. Elle lui offrit un rictus qui ne présageait rien de bon et s’appuya sur le rebord de fenêtre. « Écoutez. Vos p’tits potes sont tous morts ou faits prisonniers. Personne ne rentrera à la maison, et que ça vienne de vous ou d’ailleurs, j’aurai ce que je veux. » Comme toujours, ni plus ni moins. « Qui plus est j’ignore vos méthodes, mais vos camarades m’ont suppliée de les tuer. Ils ont dit que le sort qui les attendait ne pourrait être que pire s’ils venaient à être punis pour leur échec. »

Elle sourit le plus paisiblement du monde, sans la moindre sympathie pour ces types qui en plus d’avoir essayé de la tuer, étaient assez stupides pour se faire prendre. Tout ça était une affaire close. Regardant Koha dans les yeux, elle établit le contact petit à petit. Elle ne pouvait pas accéder à ses souvenirs, mais elle pouvait toujours explorer toutes les traces de peur qu’il éprouvait au moment présent ou bien avait éprouvées par le passé. Tandis qu’elle parlait, elle explorait les recoins se sa conscience, étudiant la brume qui floutait son esprit presque aussi vide qu’une page blanche. Néanmoins ce fut avec subtilité que la jeune femme établit touche par touche les fondations stables de l’information qu’elle venait de lui révéler, de façon à ce qu’il intègre cela comme une réalité pressante et non plus comme une vague éventualité.
Ses employeurs l’avaient laissé pour mort. Une partie des assassins avaient voulu fuir en laissant leurs frères d’armes face à une garde mieux armée et plus entraînée que ce que leur avaient annoncé leurs rapports. Les gens qui étaient avec lui s’étaient débinés et avaient fini par être rapidement rattrapés et tués. Il avait été abandonné par les siens et ironiquement c’était son ennemi, celle qu’il était venu tuer, qui lui avait permis de vivre. Il avait été vaincu, et ses employeurs -ignorant que ses souvenirs étaient perdus- viendraient le tuer pour éliminer toute trace compromettante. Sa seule chance... c’était de négocier.


« L’homme qui vous a arrêté est toujours vivant. L’officier Thelanor a été affaibli par le poison de vos flèches, et c’est grâce à ce combat inégal que vous êtes encore là aujourd’hui. Il est fort, grâce à mes soins il survivra. » Elle gardait toujours une rancune tenace, et rien ne l’apaiserait. Des gens étaient morts, beaucoup trop de gens. « Un soldat. Un seul de mes soldats a eu raison de vous, fier assassin que vous étiez. » Maintenant il n’était plus rien. Plus rien qu’un prisonnier qui danserait sur la musique qu’elle lui dicterait. « Vous voulez une chance de rembourser votre dette et retrouver votre honneur guerrier ? Ou plus concrètement, une chance de rester en vie ? Il y a une solution. » Elle battit des cils et sourit doucement, substituant le regard métallique de de Vipère par une expression plus douce, plus féminine. Les deux étaient aussi réels l’un que l’autre, dans cette dualité complexe que beaucoup n’appréhendait pas. Une main de fer dans un gant de velours... Ou une main de velours dans un gant de fer. À lui de choisir. « Travaillez pour moi et je vous rendrai tout cela, ainsi que votre mémoire. »




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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Mar 1 Sep - 1:37

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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Jeu 10 Sep - 22:30


Réveil à l’aube d’une nouvelle vie

Kohâ . Irina

Il avait été beaucoup plus facile que prévu d’amener son invité surprise là où elle voulait, bien qu’il ne possède pas les ressources dont elle avait urgemment besoin. C’était contrariant pour elle de ne pas obtenir ce qu’elle voulait, de l’huile sur le feu de sa soif de vengeance, en plus de cette attitude de défiance qu’il gardait avec obstination. Une vaine et risible tentative de protéger une fierté piétinée par la défaite, une contradiction de l’instinct de survie qui caractérisait les Yorkas et le bon sens de tout être humain dont la vie ne tiendrait qu’à un fil. N’importe qui l’aurait fermée pour augmenter ses chances de vivre, mais pas lui. Lui il devait l’ouvrir quand il n’avait rien de déterminant à dire, jouer aux devinettes avec des bribes d’interprétations fausses et surtout en faire des tas. Irina soupira.
Sa locution et ses tournures de phrase étaient suffisantes pour en dire long sur sa personnalité, à défaut de l’éclairer sur son passé. Un langage soutenu et déférent bourré de provocations à peine voilées, c’était un mélange de spontanéité décalée en leurs temps. Il savait parler. Et une grande partie de ceux qui savaient parler, il aimait ça. Une passion qu’Irina ne partageait pas. En fait tourner autour du pot l’agaçait au plus haut point et si elle s’y conformait par nécessité, à l’heure actuelle elle n’y était absolument pas contrainte. Les dieux soient loués. Les bras croisés, la jeune femme le regardait dans le fond des yeux et jouait toujours avec les billes métalliques dans sa main, considérant l’hypothèse de s’en servir pour voir s’il gardait encore le même discours de naufragé qui s’accroche à une esquisse de ‘courage’.

Et en voyant la réaction étrange de l’intrus, elle faillit céder à la tentation, dans un calme qui était bien plus inquiétant que la rage.Le rire artificiel de Koha cascada contre les murs de la petite pièce et lui revint en échos courts... mais ne récolta aucune réaction. Ni peur, ni surprise, ni intérêt. Juste une indifférence froide et implacable, et un cliquetis de balle qui s’arrête de bouger.


« Là où menace n’a pas d’emprise, la coercition prend le relais... mon cher. » L’ironie perçait dans ces mots emplis d’acidité. « J’ai fait ma bonne action de la journée en vous donnant une chance plutôt que de frapper et poser des questions ensuite, mais je peux réviser mon ordre d’action. » Elle haussa les épaules. « Vous faites comme vous voulez. Ce serait juste dommage que votre main directrice finisse comme ce morceau de mur, pas vrai ? Alors vous comprenez les enjeux. » Elle s’approcha de lui et malgré la différence de taille elle dominait la salle de sa présence. Son aura alourdissait sensiblement l’atmosphère, de sorte que même l’oxygène semblait se faire rare. Doucement elle glissa des images de morts lentes et douloureuses dans la tête du prisonnier. Une balle fusa en direction du visage du Yorka. « J’ai pour principe de ne jamais bluffer. »
Elle le dévisagea d’un rictus méprisant. Il s’étonnait qu’elle ne se décompose pas ni ne crie à l’attentat à la pudeur parce qu’il était nu à sa transformation. Oui et alors ? C’était un homme et il avait tous ses attributs, c’était censé faire une différence ? C’était un captif, pas un gigolo qu’elle choisirait parmi d’autres. Elle ne releva pas la pique immature mais son regard en disait long sur son dépit. Et puis ‘Petite Dame’ ? Sérieusement, il pensait parler à sa grand mère ?

« Il y a une chose que vous ne semblez pas comprendre. Vous n’êtes rien, ici... Rien d’autre que ce que j’aurai décidé que vous êtes. Je dicte les règles... Oh et suis-je censée me soucier de votre opinion ou de votre volonté ? » Il n’avait rien compris. Il n’y avait pas de place pour ses exigences désolantes ou cette idéalisation débile des Nérozias. À l’entendre ils étaient les paladins des temps modernes, des guerriers de l’ombre, les chevaliers persécutés par la justice. Oui et elle était la cousine germaine de Sharna, aussi. « Épargnez-moi ces conneries sur les Nérozias. Ce sont des êtes humains eux aussi, et en tant que tel ils sont aussi pourris et lâches que le reste, ni plus, ni moins. Et si vous continuez à maintenir le contraire alors que vous ne savez même pas de quoi vous parlez, c’est que vous avez raté une marche au réveil. »

Elle leva les yeux au ciel, comme fatiguée par le manque de logique de cet homme à la peau sombre comme un berbère. Voilà que maintenant il se mettait en tête de la servir -fidèlement à l’entendre- parce qu’une ‘cause supérieure’ l’y poussait. Par Kesha, quelle détestait ce genre de formulations bateau ! Irina grimaça. Il disait ne se souvenir de rien et pourtant de temps à autres il lui balançait des bribes d’éléments à la figure. Un solitaire oui, mais un solitaire qui avait opéré en groupe quoi qu’il puisse en dire. C’était navrant. Navrant qu’il continue de défendre des pseudos valeurs des anarchistes, alors que d’après les rapports il avait été le seul à rester après la mise en déroute de ses pairs. Plusieurs d’entre eux avaient été éventrés par une panthère. Le reste avait cédé face à la garde et aux mercenaires. Une poignée avait tenté de s’enfuir, et s’était fait prendre. Le plus moche dans tout cela, c’est qu’elle n’avait pas menti. De la main elle balaya cette solennité stupide, coupant court à son nom.

« Koha. J’ai dit que mon officier avait été affaibli par vos flèches, je n’ai jamais dit que vous étiez celui qui les avait décochées. Il a combattu un certain nombre d’assassins, lui aussi. On m’a aussi raconté qu’il vous a vaincu en combat singulier... Son épée à deux mains contre votre faux. » Un élément qui lui indiquerait certainement qu’elle disait vrai, après tout deviner qu’il utilisait une arme aussi singulière tiendrait de l’impossible.
De son côté Irina ne digérait toujours pas cette idée reçue affirmant que le seul combat noble était celui à la loyale. Quel combat pouvait se targuer d’être loyal, alors que l’issue était toujours identique ? Il s’agissait de tuer ou d’être tué, de chasser ou être chassé. Tout ça lui était incompréhensible. Il fallait décidément être un abruti fini pour s’encombrer de scrupules pareils lorsqu’il était question de vie ou de mort. Dodelinant de la tête d’un soupir, elle se força à garder pour elle des répliques tranchantes qui lui feraient seulement gaspiller sa salive dans un débat stérile.

Adossée aux barreaux de la fenêtre qui laissait à peine filtrer la lumière du soleil, Irina se redressa soudainement par réflexe. Il aurait dû être incapable d’utiliser la magie après ce qu’il avait subi, et pourtant il avait été capable d’invoquer deux armes. Sa réaction fut immédiate. Les billes se mirent à flotter dans l’air, comme de multiples canons noirs pointés vers lui. Ce ne fut que lorsqu’il lui tendit ses armes volumineuses en une cérémonieuse posture génuflexion qu’Irina baissa un peu sa garde, et les projectiles par la même occasion. C’était... dur à croire. Elle avait proposé qu’il travaille pour elle, qu’il devienne son espion en somme ; pas qu’il se fasse adouber en récompense d’une tentative d’assassinat foirée. En définitive ce type devait avoir un je ne sais quoi de folie des grandeurs.


« Premièrement, arrêtez de parler comme si vous aviez bouffé un dictionnaire au petit déjeuner, ça me donne mal à la tête. » Son expression était lasse, faisant peu fi de cet apparat dérangeant. « Deuxièmement, je vous donnerai une mission. Accomplissez-la et vous ferez peut-être vos preuves à mes yeux. Trahissez-moi et vous ne vivez pas assez longtemps pour me maudire. » Elle se redressa et lui fit signe de rembarrer son attirail d’armes, de toute façon inutiles dans un espace aussi restreint. La prêtresse reprit ses billes et fourra les mains encore pleines dans ses poches. Elle se retourna vers la sortie et ouvrit la porte d’un geste brusque de la main, sans la franchir. Les sens aux aguets, il serait une erreur de croire qu’elle était sans défense seulement parce qu’elle lui tournait le dos. Sa voix était calme mais terriblement sérieuse. La tempête n’était clairement pas passée, seulement maintenue derrière d’épais nuages. « Oh, et appelez-moi Mère encore une fois et je vous découpe du menton aux valseuses, avant de donner les morceaux à manger aux corbeaux. Pigé ? »




« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Jeu 24 Sep - 1:44

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MessageSujet: Re: Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]   Jeu 22 Oct - 19:01


Réveil à l’aube d’une nouvelle vie

Kohâ . Irina

Le regard froid d’Irina ne quittait pas l’assassin d’une semelle, qu’il se présente sous forme humaine ou animale. Son visage était figé et dur comme les traits d’une statue, bien que dans sa poigne il reste toujours cette étincelle de vie qui rendait le tableau encore plus inquiétant. Sa main et sa volonté ne tremblaient pas, au contraire elles ne faisaient qu’être renforcées face à la nonchalance clairsemée de crainte du félin. D’ailleurs la prêtresse ne sourcilla même pas face à la blessure qu’elle avait causée, et au lieu de ça elle se contenta d’attendre de voir la réaction de son prisonnier avant de décider ce qu’il était possible d’en tirer. Il était résistant et malgré la peur vive qu’il exhalait, il se forçait à tenir bon. Au moins pouvait-on admirer sa détermination, à défaut de croire à cette pathétique tentative de faire illusion.
Seulement Irina refusait de se laisser aller à de l’empathie envers un étranger, ou même à perdre son temps à parlementer avec un homme qui pour l’heure n’avait pas d’autre choix que d’obtempérer s’il ne voulait pas être exécuté. D’une expression ennuyée elle l’écouta bavasser encore et encore, peu convaincue qu’il soit vraiment nécessaire d’en faire des caisses. Néanmoins cette solennité et ces manières à outrance semblaient être son image de marque. Sceptique, elle pensait plus à voix haute qu’elle ne lui répondait.

« La patience n’a jamais été mon fort, et ne le sera sans doute jamais. » Il aurait bien tort de croire qu’elle serait qui devrait s’adapter dans cette situation, d’autant plus qu’il aurait besoin de faire ses preuves et montrer que cela valait la peine de le garder en vie. D’un geste négligent de la main elle balaya les milles justifications qu’il lui servait, et passa la tête de l’autre côté de la porte, donnant des instructions de façon à ce qu’il entende aussi. « Libérez-le. Il vient avec moi le temps de recevoir des instructions. Il dormira avec vous à la caserne. Traitez-le comme s’il était une nouvelle recrue, mais gardez-le sous surveillance. À la moindre incartade ou le moindre geste agressif, vous avez l’autorisation de l’abattre. » La porte s’ouvrit et deux gardes firent tomber les chaînes métalliques qui l’avaient retenu jusque là, tandis qu’Irina attendait dehors. « Je vous fais la grâce de vous donner une chance, tachez de ne pas me faire le regretter. Dans votre cas la liberté se mérite. » Elle haussa un sourcil et pondéra l’idée de le soigner, mais finit par ne rien en faire. Il était bon qu’il garde bien à l’esprit ce qu’il risquait, et la douleur serait le meilleur des rappels. « J’ai des plans pour vous. Vous partirez en mission dans deux jours. » Et Kallen serait ravi de le suivre à la trace afin de s’assurer que celui qui avait failli le tuer ne prenne pas la tangente. Entre ces deux-là ça allait devenir personnel... et Irina saurait en tirer le meilleur.




Over pour moi =)





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Réveil à l'aube d'une nouvelle vie. [pv Irina Dranis]
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