[Terminer] Les mots de verre



 
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 [Terminer] Les mots de verre

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::  Haute-Prêtresse de Kesha ::

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Othello Lehoia

MessageSujet: [Terminer] Les mots de verre    Dim 8 Fév - 1:39

La neige était si tendre, et l’air épais et humide en était presque irrespirable. Il existait sur la ville de froid une atmosphère des plus pesantes, un voile morbide qui recouvrait tristement les toits blancs et pointus. Il était presque midi. Et pourtant, les rues étaient désespérément vides, les ruelles étaient désertes, et le silence qui s’était emparé de la cité de glace semblait vouloir l’étouffer. Parfois on entendait un craquement, d’une empreinte déposée sur la neige croustillante, mais c’était celle d’un chat ou d’un chien errant, et guère celle d’un passant égaré. Les rumeurs s’étaient diffusées. Les mots avaient filés comme des notes flutées, rependues comme l’eau coule d’une rivière, coule du toit du monde pour inonder les bas-fonds : la guerre était aux portes de Hellas. Une guerre froide, certes de peu d’ampleur, mais qui était dans le cœur de chacun des habitants le signe d’une révolution en marche. Tout le monde savait qu’un coup allait bientôt être porté au pouvoir. Que les choses allaient changées. Et vite…

Une petite main fluette balaya d’un geste une rangée de petits poissons séchés, accrochés par la queue à une rangée de ficelle. Ils répandirent à son passage une odeur forte de sel et d’algue, propre aux fonds des abysses, et qui pouvait paraître des plus désagréables aux nez néophytes qui oseraient aspirer cette aigre fragrance. Hasardeuse, hésitante entre deux spécimens noircies par le temps, elle finit par en attraper un petit hérissé de petites épines, qu’elle décrocha habilement de sa balançoire de pendue.
La pauvre victime plongea alors dans une petite marmite d’étain pour y rencontrer son fatal destin : l’immolation brûlante dans un liquide opaque et brunâtre. Celui-ci dégageait une odeur certainement aussi répugnante que celle des poissons morts, et rappelaient les barriques de fruits de mer fermentés qui hantaient souvent les ports. S’affairant au-dessus de ce gouge comme si de rien n’était, habillée d’une belle robe blanche, comme faite d’une seule pièce, une demoiselle pâle tournait sans conviction une cuillère en bois dans le liquide. Othello avait nouée ses cheveux en une longue natte épaisse, comme elle le faisait souvent quand elle travaillait. Mais apparemment, quelque chose d’autre que sa recette d’onguent occupait son esprit.

Une fois n’était pas coutume, un air soucieux s’était fébrilement logé sur son visage. Ses sourcils blancs étaient légèrement froncés, ses lèvres pincés d’un rictus nerveux. Et son regard absent semblait vouloir, inlassablement, retournait au même point dans la pièce…. Une curieuse petite enveloppe posée sur la table non loin de son établi. Un morceau de parchemin, très proprement coupé, où figuraient, en belles lettres courbées, des mots écrits à l’encre mauve. Ca et là, des soupirs s’échappaient de sa gorge qu’elle raclait tout aussi souvent. Et son dos était tendu, même noué par endroit, crispé… Par des temps si durs, elle se sentait honteuse d’être aussi distraite. Car ce n’était pas la bataille à venir qui hantait son esprit. Non, ce n’était pas les manigances des pouvoirs qui l’inquiétaient… Mais la sensation que d’autres mains s’apprêtaient à l’attraper, et à l’étouffer jusqu’à l’effroi. Une mécanique froide s’était mise en marche, et elle se sentait inexorablement attirée par la machine. Le nouveau lien de marionnette s’élevait de ses mains, un destin glacé qui risquait de…

Une goutte brûlante tomba sur sa main blanche. Othello se mordit la lèvre sous la douleur de la petite perle acide qu’elle ébouriffa d’un geste. Elle ouvrit soudain de grands yeux vers son brouillon de potion, qui avait à présent une teinte noire et brûlée. C’était un véritable désastre. Eteignant aussi vivement le feu, elle écarta la marmite de son support puis se retourna vers sa main, observant attentivement la carnation laiteuse pour repérer la zone brûlée, qui se résorba par magie sous ses yeux. Un sursaut la traversa. Lentement, elle retourna sa main à moitié fermée vers elle, très lentement, trop lentement pour l’ouvrir doucement, avec une précaution extrême. La sirène était morte de peur… Quand finalement elle l’ouvrit, elle tomba une fois de plus avec la sombre marque de Kron qui tâchait sa paume. Souvent, elle se prenait à rêver qu’elle pourrait s’envoler comme ça, sans raisons, pour la libérer de cet étrange fardeau. Ce jour n’était apparemment pas arrivé… Elle referma sa main, comme si de rien était. Il fallait refaire cette potion.

Comme un spectre, la fantôme s’éloigna vers l’arrière-boutique, flottant comme un nuage sur le parquet noir et abîmé. La missive avait du arriver à bon port, non ? Peut-être que dans les prochains jours, il franchirait finalement sa porte. Ses cheveux blancs auront sûrement poussés, ses yeux rouges auront sûrement mûris. Un poids plongea sur sa poitrine… Qu’avait-elle fait depuis tout se temps pour ainsi le délaissé ? La sirène déglutit silencieusement. Ô, qu’elle avait besoin de lui, peut-être le seul ami en qui elle avait pleinement confiance.

Dans la boutique, maintenant, l’odeur de brûlé se mélangeait à l’odeur de la peur. Tout n’était plus que peur à Hellas.





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Dernière édition par Othello Lehoia le Ven 8 Juil - 0:43, édité 1 fois
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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Dim 8 Fév - 14:32

Cela faisait quelque temps, que cette maison n'avait plus de vie. Les déplacements incessants de son propriétaire durant toute la saison froide on fait que vider cette pièce plus qu'elle était vide de présence. Le seul habitant encore en vie semblait se délaisser. Pourtant, un signe de vie se présentait depuis des semaines Sans compter le hasard de revenir pour diverses raisons comment le manque de nourriture pour ses déplacements.
Des préparatifs semblaient agiter un peu la demeure. Dans un calme sans nom, ses affaires étaient rassemblées après quelques jours de repos. Ses voyages aussi longs soit-il était fatigant, car il ne fallait pas oublier qu'il buvait pour deux et mangeait très peu. Partiellement amaigris, l'albinos ne semblait guère mal se porter.
La cape bleue qui le protégeait était posé sur le pied du lit, son épée non loin de la porte de sortie, mais une chose peu ordinaire à peine visible était posé sur le bureau de sa chambre, un bureau normalement réserver au courrier dont il répondait parfois de clients qui avaient besoin de remèdes. Une lettre, petite et blanche, dont l'enveloppe était déjà ouverte et le contenu déjà lu.
Il semblait étrange, qu'une simple lettre lui fait faire de tels préparatifs pour un voyage imminent. Généralement, il en suit une préparation de remède ou simplement un passage à son herboristerie au rez-de-chaussée pour en prendre de déjà prêt. Ici, ce n'était qu'un déplacement tout ce qu'il y a de plus normal, d'un point A à un point B sans artifice.
La plupart de ses vêtements de voyage semblait être prêt à être mis au corps. Duscisio, lui était en train de réfléchir dans un bain le regard complètement vide, fixant un point sur le mur de la pièce, le bras gauche posé sur le rebord de manière à ce que son bracelet ne soit pas dans l'eau, le bras droit le long du corps. L'eau s'était refroidit depuis un petit moment déjà. La crasse flottait sur l'eau comme un marais alors que ses cheveux argentés arrivant aujourd'hui en bas de ses épaules était encore en train de sécher.
Il mit quelques heures à rester ainsi, comme si un manque de détermination l'empêchait de bouger. Le soir venait à tomber et Duscisio se leva de son bain d'une lenteur extrême, l'eau ruisselant sur sa peau blanche pour en prendre un grand morceau de tissu qui lui retira le reste l'empêchant ainsi d'attraper froid. La serviette autour de la taille, prenant la chemise qu'il avait laissée sur le paravent de la salle de bain, il se dirigea lentement vers sa chambre où la nuit fut particulièrement longue, sans aucun sommeil durant les premières heures. Fixant le plafond, le silence sans fin d'une nuit froide vint finalement à endormir un jeune homme tourmenté.

Le lendemain matin, Duscisio semblait prêt à partir. Rapidement habillé, un sac en bandoulière sur l'épaule, la cape de Bor et le manteau-bouclier sur les épaules. Avant de quitter la chambre, il regarda la lettre, quelques minutes, ses lèvres semblaient prononcées un nom qui n'était que l'expéditeur. Il était temps de partir. Très bien équiper pour ce qui l'attendait, Duscisio prit en chemin l'épée noire toujours posée sur le côté de la porte de sortie de l'étage, puis l'escalier et enfin passant par la boutique qu'il ferma à clef derrière lui, était partis pour plusieurs jours de voyage où une démarche plus rapide que d'habitude et son incroyable sans de l'orientation lui raccourcissait le voyage d'une journée entière. Quatre jours à marcher d'un pas rapide, dont une nuit complète n'avais pas été passé à se reposer pour continuer son voyage. La dernière étape du désert de glace lui fut pris l'obligation de se reposer puis, la traverser se fit d'un convois qu'il prit en route pour accélérer les choses. Pas un seul mot fut prononcé, malgré ses interlocuteurs qui semblaient le reconnaître, il ne répondait à aucune question. Bien qu'il se déplace vite, il ne pouvait se débarrasser de ce regard vide d'incertitude qui l'envahissait.

L'arrivée à Hellas semblait le surprendre. En aucune manière il n'avait vu de contrôle obligatoire. Que se passait-il dans ce pays ? Les mois dans la nature verte semblait lui avoir échappé quelques informations, qu'il récupéra sur l'un des soldats qui voulut bien lui expliquer quelques points. Une guerre. Qui veut la guerre aujourd'hui ? Qui contre qui ? Bah. Cela lui importait peu. Après le contrôle - son nom ne fit guère un barrage - le maître herboriste se déplaçait dans les rues vides de la ville de glace. Des animaux craquant la neige sous leur pas vint soudainement celle d'un jeune homme devant la porte d'une herboristerie. Il hésitait à frapper. La tête recouverte par la capuche afin de le protéger du vent, il était peu reconnaissable au premier coup d'oeil. Si on devait compter le temps à la lettre de venir et au temps du voyage, il devait être passé deux bonnes semaines sans aucune nouvelle. Il n'était plus temps de faire attendre la personne qui l'attendait, car des mois ont passé. Décrochant de sa ceinture l'épée rengainer dans son fourreau, il frappa trois fois avec la paume du manche. Il se retourna, ne laissant que visible au premier coup d'oeil son épée reconnaissable entre toute, la silhouette sous les multiples capes qui le protégeait aussi bien du froid que les autres agressions d'extérieur.
Quand la porte s'ouvrit, il restait immobile quelques instants, puis il se retourna pour garder son interlocutrice dans les yeux, un petit sourire aux lèvres lançant un simple message : « Je suis là ».
Ne trouvant pas les mots, il se tut et restait planter comme un piquet devant la porte en attendant l'invitation d'entrer dans la demeure.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Sam 14 Fév - 21:47

Il régnait un silence des plus froids, et des plus pesants dans cette étrange petite boutique. Rien ne semblait ordinaire dans ce magasin atypique, ce pays des merveilles de toutes les curiosités. Si du plafond pendaient toutes sortes de poissons morts, il s’alignait sur une dizaine de planches, astucieusement posées contre les murs, des rangées de bocaux remplis jusqu’aux rebords d’herbes et d’algues, qui dégageaient une forte odeur de plantes et de sable – sable ? Oui, certains pots en contenaient. Personnes ne voulaient vraiment connaître la raison de leur présence, ni même celle des quelques récipients en verre où grouillaient des insectes encore vivants, soigneusement entretenus. Les remèdes étant efficaces, le mystère de la présence de ces intrus restaient un secret entre tous, et jamais la question n’avait été évoquée, un accord tacite et mutuel s’était installé entre les clients naguères et la petite vendeuse. Tant que le résultat était là : inutile d’en dire plus. Du reste, la pièce était dans son ensemble bien vide, et l’on noté n’étrangeté de la chance : aucunes fioles n’étaient présentées au publique. Il n’y avait donc pas de vente directe ?
C’était une des particularités du « système Lehoia », maladroitement mis au point par la susnommée. Dans sa boutique, il n’y avait aucun produit à vendre, ni aucun remède en stock. Ses obligations au temple ne lui permettaient pas de s’occuper pleinement de la dur tâche qu’est la gestion d’un inventaire, et la concoction de masse. Quiconque voulait voir un commerçant pour une potion disponible de suite pouvait aller voir un autre commerçant, ou même un revendeur. Ce genre de commerce ne manquait pas dans la ville. Cependant, vous étiez garantis de trouver chez la yorka un diagnostic de qualité, et le remède qu’il vous fallait, correspondant parfaitement à vos critères, au dosage près. « Chaque client est unique », disait-elle toujours. Car avant d’être une herboriste, la dame était aussi médecin. Son travail se faisait donc sur commande, proposant à la fois sa sagesse de soignante, et à la fois l’ordonnance au remède. Mais ses derniers temps, un autre type de patient avait commencé à fréquenté sa boutique. Les blessés ouverts. Toute commerçante était-elle, elle n’avait néanmoins pas prit l’habitude de faire payer sa magie de soin, et elle dispensait alors cette capacité gratuitement au pauvre.

La potion brunâtre avait à présent pris une belle teinte indigo, laissant flotter çà et là de bels irisation violettes qui ornaient la potion ça et là, donnant l’impression de flammes améthyste dans le flacon de verre. De la taille d’une main, une petite étiquette écrite à la main sur le devant, la fiole, d’une simplicité ravageuse, était posée sur le massif comptoir de bois sombre qui était situé dans l’entrée, à côté de la porte d’entrée. Le client qui lui avait commandé ne devait pas tarder à arriver. Othello, assise sur un grand tabouret, avait la tête concentrée et les traits songeurs, alors qu’une grande plume d’oie s’agitait au-dessus d’un grand livre de compte. Plutôt que de se préoccupé l’esprit avec la lettre de l’héritière Durgas, elle avait opté pour la comptabilité – plus agaçant, certes, mais au moins son cerveau serait occupé par autre chose que par le…

Le grincement fébrile de la porte s’éleva dans la boutique fraîche. S’attendant à son client, Othello leva promptement la tête. S’était une habitude, chez elle. Toujours lever le visage pour rencontrer celui du visiteur. C’était à ce moment-là que le charme opérait : selon celui qui frappait à sa porte, la mécanicienne pouvait savamment construire son faciès, transformant ses lèvres en sourires, donner de la vie et de l’enthousiasme dans son regard, ou un respect et un éclat commerçant. Sans cet exercice, son visage restait irrémédiablement figé dans ses courbes angéliques et innocentes. Mais contre toute attente, elle ne bougea pas dans les premières secondes, pétrifiée de surprise. Ses yeux s’agrandirent, ses lèvres s’entrouvrirent.
Il était loin d’être celui qu’elle avait quitté il y avait de cela de bien longs mois. Même si ses cheveux avaient un peu poussés, la première chose qui attira son attention était sa maigreur, presque cadavérique, et qui lui donnait l’air d’un fantôme, d’un homme famélique aux arabesques maladives. Elle leva subitement ses mains devant sa bouche, prise de peur devant le spectre de l’herboriste Balibe. Etait-ce un esprit qui venait lui rendre visite ?! Quand il parla, elle comprit que non. Et soudain, elle se surprit à se lever, à se précipiter vers lui, en s’arrêtant à quelques centimètres de lui pour tendre une main tremblante vers son visage, les yeux morts d’inquiétude. Il semblait rongé par le mal, souffrant, et elle aurait voulu le soigner. Sa bouche s’entrouvrit pour laisser passer quelques paroles, sans que les mots ne puissent sortir, le visage désolé, et toute sa robe enrobée de l’épaisse couche de cheveux qu’elle portait. Mais avant que sa main ne puisse atteindre sa peau laiteuse – qui semblait si froide – elle fut arrêté par un nouveau bruit de grincement, et elle baissa presque immédiatement son bras.

Cette fois-ci, ce devait bien être son client. L’homme, d’une cinquantaine d’année à la mine goguenarde s’avança, levant alors les yeux vers les deux oiseaux, s’arrêtant brusquement dans son action. Son visage indiquait l’étonnement autant que l’incrédulité, et la ferme idée d’avoir interrompu quelque chose. Il dévisagea alors Duscisio avec des yeux interrogatifs – un habitant de Hellas sait reconnaître un étranger - et il ôta alors son chapeau, s’inclinant légèrement devant le jeune homme puis devant la vendeuse à qui il s’adressa.


« - Je vous d’mande pardon, Dame Lehoia. Je n’avais pas vu que vous aviez déjà un client… »

Othello, piégée entre deux feux, du prendre quelques secondes de réflexion, retrouvant tant bien que mal ses instincts humains. Elle construisit alors un visage doux et bienveillant, et s’approcha du grand client, un habitué du commerce, pour lui serrer respectueusement la main, lançant à Duscisio un regard un peu paniqué pour lui signaler l’imprévu, priant pour sa patience.

« - Ne vous inquiétez pas, monsieur De Grivf. Votre remède est prêt, comme convenu. »

En quelques phrases et quelques mots de plus, l’achat était conclu et la fiole violacée était subtilisée. La demoiselle du se conformer aux quelques formalités de plus, prenant des nouvelles de son patient, et en lui souhaitant gentiment le revoir, avant de le reconduire jusqu’à la grande porte qu’il ferma derrière lui, laissant entrer une troisième fois un courant d’air froid dans la petite pièce, permettant de donner un peu de fraîcheur aux parfums si marins et si entêtants. La demoiselle laissa la main sur la poignée, laissant le silence s’installer quelques secondes. L’homme qu’il restait ici était-il bien Duscisio ? Othello était tenté de le soigner, de lui offrir un bon et riche repas pour lui insuffler un peu de force et de vie sur ce visage si creux. Puis elle relâcha la poignée. Une pensée la heurta alors. Il semblait vide. Comme une coquille, une statue d’argile. Que lui était-il arrivé ces derniers mois pour qu’il devienne ainsi, elle qui l’avait quitté en homme ?
Finalement, elle se retourna vers lui, laissant flotter un peu le silence et le mystère, essayant de combler l’inquiétude qu’elle éprouvait à présent, avec la joie de le revoir, qui s’éveillait peu à peu, à mesure qu’elle retrouvait dans son visage des traits familiers, bien qu’abîmer. Il était le même, au fond. S’approchant à petit pas, elle lui saisit la main gentiment de ses dix doigts, l’enfouissant dans une lumière opaline soudaine : les flammes de Kesha avait germé dans ses paumes et les embrasaient d’un magnifique feu blanc, répendant sa paix et son apaisement vers le jeune homme. La jeune hybride sourit alors sincèrement, de son visage pur et candide.

« - Vous êtes enfin ici. Bienvenu, Duscisio. Excusez ce contretemps… Je suis heureuse de vous revoir.» Dit-elle en souriant. Son visage s’effaça alors, un peu. Elle n’aborderait pas encore son état. Mais elle comptait bien savoir ce qu’il lui était arrivé pour devenir à ce point le fantôme du puissant albinos qu’il était jadis.





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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Dim 15 Fév - 3:37

Son entrée après avoir frappé à la porte, sa manière de se tourner vers la jeune femme. La politesse qu'il eut de découvrir sa tête pour que tous les traits de son visage plus vieux que d'une année seulement ne se voyait que par la longueur de ses cheveux argentés. Son regard affirmé d'un trait noir au milieu d'un cercle rouge - comme s'il perçait votre âme - figeait la demoiselle qui semblait voir un fantôme. Il restait immobile de sa lancé plus fine qu'avant : il avait maigris. Ses mois à se soumettre des recherches et celle à subsister avec une entité improbable, son appétit diminué, après une dizaine de mois vient deux mois à trouver un repos qu'il n'a pas encore pu acquérir.
Aujourd'hui épuisé par le voyage, il marqua un sourire accueillant comme si une joie cachée se révélait, une joie de se trouver ici après tant de temps, qui aurait pu paraître une éternité.
Comme si le Souffle de pierre l'avait entièrement recouverte, elle ne bougeait plus. Pétrifiée, expressive, surprise, aucun mot ne semblait suffire pour décrire sa réaction. Ne pouvant y croire et pourtant elle lui avait envoyé une lettre, comme d'un rendez-vous. Mais la non-réponse aurait pu la faire croire qu'il n'était plus de ce monde durant deux longues semaines. Se bouchant le seul moyen de communication par deux mains, muette. On aurait dit qu'elle voyait un fantôme. Ses propres paroles étaient la preuve qu'il était bien présent, la voix reconnaissable entre toute, la fit lever soudainement pour s'approcher à tout allure à quelques centimètres.

Duscisio était en train de la fixé sans dire un mot de plus. Son silence semblait volontaire, mais lui non plus ne savait quoi dire maintenant qu'il se trouvait là. « Cela fait longtemps que l'on ne s'était pas vu » ou encore « ravi de te revoir » mais rien n'était prononcé. Silence total comme si les cordes vocales avaient été coupés. Que dire, que faire alors que sa main se levait doucement vers lui. Fallait-il qu'il réagisse ? Qu'il lui prenne la main ?
Oui.
Alors que sa propre main gauche allait toucher l'élégante main de la dame, un client d'un demi-siècle entra dans l'herboristerie. Son geste fut immédiatement annulé retournant le long de son corps, la salutation du vieil homme lui donna réponse du jeune albinos qui inclina légèrement la tête toujours sans prononcer un mot. Duscisio lui lança un regard compréhensif. Un client se trouvait ici il était donc naturel d'éviter de le faire attendre. Et puis Duscisio pouvait bien attendre quelques minutes après les mois qu'il avait passés sans sa présence : elle lui avait manquée. Son visage ne semblait guère avoir changé, pour lui elle semblait toujours aussi belle. Il était parsemé de doutes qu'il n'avait aucune intention de montrer en sa présence.

Othello détourna son attention à la perfection, laissant la surprise à un trait qu'il reconnaissait bien. Sa gentillesse était restée intacte c'est avec un léger sourire qu'il la laissa partir quelques instants pour satisfaire le client venu réclamer sa commande.
Alors, Duscisio attendit encore un peu, se préparant mentalement à ce qui allait suivre, il fit demi-tour vers l'entrée pour observer le silence extérieur, la neige blanche et le vide des ruelles d'Hellas. Que qu'était devenue la ville glaciale, mais animée d'antan ?
L'herboriste détourna le regard de l'entrée en fermant les yeux. Il ne devait pas se poser ce genre de question. La raison de son déplacement était uniquement la jeune femme, il n'était pas question de se poser des questions en dehors de ce qui la concernait. Qu'était-elle devenue ses derniers temps ? Qu'avait-elle fait depuis ? Comment se portait-elle ?
Voici les questions qu'il devait se poser. Oublier les malheurs extérieurs, ses propres souffrances dût à la Pistilose et bien diverses choses qui lui traversaient l'esprit. Tourmenté, il attendit à nouveau que le client passe en possession de son remède, passant la porte et quittant les lieux afin de laisser Othello avec Duscisio en tête-à-tête.

Je suis heureux de vous revoir aussi, très chère. Mais c'est à moi de m'excuser. J'ai quelques jours de retard dût à mes... Affaires actuelles.

Loin de savoir mentir, il changea de vocabulaire pour détourner ses réels problèmes. Dans un sourire presque forcé pour éviter de lui faire de la peine, l'albinos s'inclina pour approfondir son excuse, une petite révérence. La raison de sa venue lui fit alors continuer sur quelques points de la lettre qu'elle lui avait envoyée.

Comme je suis resté loin de tout durant quelques semaines, je n'ai guère compris ce pourquoi vous m'aviez demandé, si ce n'est que d'avoir de mes nouvelles.

Un point en effet qui semblait l'inquiéter, sans compter qu'elle avait l'air d'avoir lieu dans la cité même d'Hellas. Lui qui habitait à Hespéria, loin de cela et n'ayant fait que rester loin de toutes civilisations, il ne pouvait connaître ce qu'il s'était passé durant deux mois entiers

Mais avant de parler de cette guerre et des nouvelles que vous avez à m'apprendre, j'aurai aimer savoir comment vous vous portez
Et aussi, comment va cette boule de poil, Drasha ? L'un comme l'autre, vous m'avez manqué durant tout ce temps, vous ne pouvez imaginer à quel point.


Manquant une pause, dans un sourire autant que dans l'inquiétude. Othello se trouvait en face de lui, à en juger son attitude tout avait l'air de bien se passer. Son familier devait dormir dans la demeure pendant que sa maîtresse travaillait.
Il lui prit la main en lui montrant toute une affection dans les siennes, la fixant du regard comme d'une impatience présente dans sa voix.

JJe suis désolé de ne pas avoir donner de nouvelles... Durant ses derniers mois, j'ai fais preuve d'un incommensurable égoïsme.

Il en avait honte. Des mois inutiles à vouloir se débarasser de la pistilose. Il dit la vérité contre son gré, le contact d'Othello ne semblait pouvoir le faire mentir, comme d'une échec de volonté à vouloir la laisser ignorante des dangers qu'il a pu affronter, de la mise en danger d'autrui de lui-même. Sa mine s'assombrit d'un sourir triste. La seule chose qui avait changé aujourd'hui était le bracelet de Baria à son poignet gauche, mais le premier regard que l'on pouvait y poser ne semblait que montrer un bijou parmi tant d'autres...


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Lun 2 Mar - 17:04

L’atmosphère était étrange. Particulièrement étrange. Cela mis rapidement la jeune femme dans un état presque confus, ne comprenant pas immédiatement cette situation de distance. Où était passé son ami ? Cet homme avec qui elle avait été si proche ? Il lui semblait avoir en face d’elle une simple connaissance, un client même. L’herboriste avait-il dépassé l’humain ? Son attitude était étrange. Il parlait avec un ton dépassé, et las, et un semblant de maladresse qui indiquait qu’il n’était pas sincère. Quelque chose le retenait. Il lui avait semblé qu’ils avaient presque atteint ensembles le sommet de l’union… Pourquoi, qu’est-ce qui avait fait qu’il soit maintenant si loin ? Son sourire était forcé, ses gestes mécaniques… Un ennui qui transpirait de sa peau. La sirène en était dépassée, reculant doucement. Ses yeux avaient été entraînés pour reconnaitre les gens, et sa mécanique était irréprochable, comprenant immédiatement le langage corporel de la personne qu’elle avait sous les yeux. Et elle pouvait en mettre sa main à couper : il n’était pas franc, plus franc envers elle.

Ses flammes s’éteignirent quelques secondes. Elle s’éteignit également, écoutant sa voix monotone et fatiguée sans vraiment l’entendre, se contentant de l’observer avec autant de distance que lui. Elle ne comprenait pas. Tout cela la dépasser complètement. Et elle voyait son ami, son meilleur ami lui parler comme si il récitait une lettre, un texte de théâtre, elle ne comprenait plus rien. Elle le regarda comme elle observait une pièce, un acteur.
Il finit par lui saisir les mains, retrouvant un peu de l’homme qu’elle avait connu, ce qui la fit sourire légèrement. Mais il restait trop loin pour qu’elle puisse l’atteindre. La yorka eut rapidement fait d’enflammer de nouveau ses mains. Elle savait que ce pouvoir connaissait deux tranchants, l’un lumineux, et l’un plus sombre que le palais de Kron. Le pouvoir de donner la vérité, de l’imposer à quiconque était proche de ces flammes blanches, comme les cheveux de Kesha qui coulaient de ces mains. Pendant un instant, elle les laissa soupirer jusqu’à ce qu’il eut finit de parler, et qu’elle comprenne qu’il lui cachait bien quelque chose.

C’est alors qu’elle prit conscience de la vérité. De l’horrible vérité des choses. Le fantôme blanc était dans une forme respectable, et malgré ses aventures, elle n’avait rien connu d’étrange. Seule la guerre imminente l’affectait, et pouvait avoir de l’effet sur elle. Duscisio, lui, semblait affaibli. Fatigué. Malade et amaigri, et surtout secret. Ses mèches argentées cachaient ses yeux creusés et cernés, et il lui sembla même que le rouge de ses pupilles s’était un peu terni.
Et si il voulait ainsi se cacher, c’est que la raison de cet état était sombre. Il ne voulait apparemment pas le lui révéler. Pourquoi devrait-elle l’ignorer ? Ses derniers mots la peinèrent, effectivement. Son visage se baissa tristement et elle regarda alors dehors avec lassitude. Mais cela réveilla aussi en elle un violent besoin de sincérité et un sentiment de culpabilité. Elle avait failli dans sa tâche d’amie, dans sa présence, et elle n’avait jamais était là pour lui. Dans un geste froid, elle prit une profonde inspiration, et se releva, détendant son dos. Ses vertèbres craquèrent dans un claquement sordide, alors qu’elle se rapprocha de lui d’un pas décidé. Il lui fallait savoir. Connaître le pourquoi, connaître la raison qui l’éloignait d’elle à ce point, et qui l’avait conduit jusqu’au plus profond des ténèbres. Quitte à lui imposer cet aveu… Quitte à aller à l’encontre de sa volonté.

Bientôt, elle fut de nouveau face à lui, les mains tremblantes, énervée par ce jeu de faux-semblant qu’il essayait de lui faire avaler. Son air forcé ne franchissait nullement sa gorge. Elle luttait fébrilement pour essayer de le croire, finalement, en vain. Un sourire triste anima alors son visage, et elle parla à son tour comme si elle était également animée par ce sentiment de distance qu’il témoignait depuis son arrivée.


« - Vous avez raison, Drasha se repose non loin de nous. Mais il n’est plus seul à présent. Nous avons récemment rencontré une petite féline, une jeune léopard, Jehyel. Elle dort également avec lui. » Elle déglutit alors, tentant de rester de marbre, même si elle contenait à peine son trouble.

Pourquoi n’arrivait-elle pas à le croire ? Pourquoi lui avait-on rendu le fantôme de son ami ? Elle qui pensait le retrouver heureux et content de les revoir, elle le voyait triste et oppressé, exténué, même. Un mélange de culpabilité et d’amertume la saisit alors, du haut de sa petite taille, l’avalant soudain dans un bouche énorme et noire de brutalité et de monstruosité. Si elle avait été là, si elle avait écrit plus tôt… Que se serait-il passé ?... Un poids se posa sur sa poitrine, alors qu’elle alluma simultanément ses deux mais, qu’elle avança tristement vers le jeune homme. Tout ce qu’elle voulait maintenant, c’était la vérité. La connaissance. Savoir ce qu’il avait fait, ce qui l’avait retenu et l’avait transformé, l’avait changé durant les derniers mois au point d’en être méconnaissable et transformé. Au point d’en être… Distant, lointain. Un fantôme…


« - N’ayez crainte Duscisio, soyez apaisé. » Othello pesa chacune de ses paroles avec un calme apaisant. « Vous m’avez manqué également, énormément, sans que je ne puisse vous le dire par les mots. Mais vous n’être plus le même, mon ami. » Dit elle en resserrant ses mains autour des siennes. « Racontez-moi tout. Dites-moi ce qui vous a conduit à être égoïste. Ce qui vous est arrivé. Ce qu’il vous est arrivé depuis ces derniers mois… Racontez-moi.»

Les flammes de Kesha sont un atout paradoxales. L’un étant en sa présence est sommé de ne plus mentir, est tenu à la vérité par des chaînes. Mais cette contrainte absurde lui sera aussi adoucit par l’autre tranchant de cette lame : il sera béni de la chaleur de Kesha, et verra ses douleurs dissipées, et son esprit apaisé. La vérité forcé n’apporte que paix et douceur… C’était le dernier recours qu’elle avait pour retrouver son herboriste, l’albinos droit et intègre qu’elle connaissait. Qu’il puisse trouver son salut par ce feu… Et qu’elle puisse enfin connaître le fin mot de cette histoire. La sienne ne valait même pas la peine d’être dite si il avait passé ses mois à souffrir. Etreinte par la culpabilité, elle le laissa alors parlé, sachant qu’elle n’entendrait que le vrai, le fin mot de ses actes.






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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Mar 3 Mar - 15:51


Faisant preuve d'une immense maladresse en voulant la laisser ignorante de ce qui a pu se passer ses derniers mois, le jeune homme semblait honteux à un niveau qui semblait le déprimer. Elle lui avait manqué, par contre c'était un fait indéniable. L'envie de la revoir était chaque jour dans son esprit. En voulant la revoir, il devait faire aussi un choix qui fut particulièrement difficile qui fut pris le jour où elle lui rendit visite : il fallait tuer la Pistilose.
Mais comment tuer une plante dont on ne sait rien, sans en tuer l'hôte qui n'était que sa propre personne ?
Alors, des mois durant, en parallèle avec son travail, il cherchait une solution. Tous une plus dangereuse que les autres. Une femme qui est maintenant son apprentie avait même soumis l'idée de mourir pour renaître. Mais c'était impossible.
Alors, la mort fut un fait dont il en goutta l'amertume.

Sa demande de nouvelle passa avant. Drasha dormait en effet et sans compter qu'un léopard l'accompagnait maintenant. Encore un sourire forcé de sa part. Pourquoi avait-il tant à cacher ? En plus de faire mal à celle qu'il semblait toujours aimer, il souffrait silencieusement au plus profond de son coeur. Il voulait la protéger. Ne pas l'inquiéter, la laisse en dehors de sa souffrance. Alors, on se rend compte que son incommensurable égoïsme n'était dû qu'à cette volonté de vouloir l'éloigner de tout ça. Par où commencer s'il fallait parler de ce qui lui serait le coeur ?
Pour laisser passer cela il ne fit qu'une simple réponse... Celle-ci semblait tout aussi douloureuse.

J'en conclus que vous avez de la compagnie dans vos moments de solitude.

Aie. Bien qu'il n'était plus seul aujourd'hui, la solitude lui rappela aussi que c'est elle qui lui a permis de ne faire de mal à personne. Il y a deux ou trois mois maintenant, il avait mis en danger une personne qu'Othello connaissait en danger. Il avait besoin d'aide en urgence ce jour- là. C'est d'ailleurs ici que se présente la partie la plus difficile.
Tout raconter à la jeune femme allait autant l'a rapprochée que lui donner une inquiétude, mais dans cette histoire sa présence ici signifiait aussi qu'elle s'est bien terminer, qu'il en a survécu. Comme d'une envie de lui dire la vérité il commença à lui raconter, cherchant du regard un endroit où s'asseoir.

Après votre visite dans ma demeure, je me suis juré de faire disparaître la Pistilose. Quand j'ai vu les séquelles que cela a apporté autant à vous qu'à moi, je me suis juré qu'elle ne fera plus de mal à personne. Alors, des mois de recherches ont commencé à me prendre plus de la moitié de mon temps à la boutique, à en passer jour et nuit par moment.

Quand il continua son récit après avoir pris place sur une chaise, une mine désolée, il précisa comment ses recherches vint une obsession. Restant enfermer dans son herboristerie, ne sortant qu'en de rare occasion. Ses sorties restaient une priorité sur des plantes qu'il lui manquait pour tester une nouvelle solution. Encore et encore, toujours plus, sans s'arrêter sans oublier qu'il avait quelques clients à satisfaire. Il arrivait quelques semaines où il arrêtait d'y penser, épuisé de ne rien trouver.

Puis, quand je pensais avoir trouvé une solution j'ai pu voir la mort en face.

Alors qu'il ne voulait plus faire de mal à qui que ce soit, il fut obligé ce jour-là d'appeler de l'aide. Afin de la tenir éloigner, il envoya une lettre à Irina, mais avant de recevoir une quelconque réponse, il vécut l'enfer.
Ses pensées les plus profondes semblait être sûr de lui. Comme si la Pistilose avait sentis cela, elle était devenue comme folle.

Quand la recrudescence commença, un signe que j'avais déjà vécu avant. La douleur, la première douleur que j'ai vécu pour débuter une osmose contre nature. Sachant parfaitement ce qui allait se passer j'ai envoyé alors une lettre à Irina. Elle se trouvait la plus près de chez moi et je lui faisais confiance.

Il continua son récit par l'enfer qu'il avait vécu. Les points habituels où poussait les ronces en dehors de son corps devinrent brutaux au point d'en déchirer sa peau et ses muscles, les racines à l'intérieur bougeait avec anarchie, le tout se faisait en provoquant plusieurs hémorragies et son essence divine était puisée à la source. Le résultat après plusieurs heures d'agonie, les ronces avaient poussé un peu partout dans l'atelier accompagner de plusieurs dizaines de roses blanches. Ne pouvant puiser davantage de ressource magique, la Pistilose s'arrêta de pousser. Et Irina arriva.
Son visage s'assombrit quand il raconta ce qu'il se passait, comment sa recrudescence avait mis en danger la jeune femme accompagnée d'un homme qu'il n'avait vu qu'une ou deux fois. Son désir de laisser Othello en dehors de tout ça.
À la fin de son récit, Duscisio semblait aussi honteux que désolé. Ne pouvant pas regarder la jeune femme en face, il baissa les yeux et serrait ses mains l'une contre l'autre.
Il avait autant peur de mourir que faire du mal à ceux qu'il connaissait. Alors, il lui montra son dernier recours pour que cela ne se reproduise pas : le bracelet qu'il avait au poignet gauche.
Ce bracelet lui scellait ses pouvoirs, mais il lui garantissait aussi que la Pistilose ne recommencera plus la même histoire qu'il venait de lui compter.

Baissant encore la tête, il s'excusa...


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Lun 20 Avr - 14:30

Le liquide opaque commençait à bouillonner. Le bourdonnement ronronnant des bulles qui remontaient inlassablement à la surface devint bientôt le seul son qui hanta l’air de la boutique, qui semblait s’être refroidis à vu d’œil. Sous son col blanc et clair, une lueur bleutée s’échappait du tissu. Le froid n’était pas d’origine naturelle, évidement. C’était le fruit d’une seule et même personne, qui se tenait dans la pièce, aussi abattue que consternée, ne sachant plus que faire ni que dire. Cela lui rappela de lointains et étranges souvenirs, des ruelles enneigées de Cimméria jusqu’aux arcades du temple et jusqu’aux cellules exiguës qui le composaient. La température était définitivement tombée jusqu’au même gouffre… A peine plus que dehors, sûrement, tant et si bien que la buée qui maculait quelques vitres avaient complètement disparues. Et bientôt, même les bulles de la potion s’était arrêtée, figée par le froid qui battait le feu, celui-ci s’affaiblissant de seconde en seconde… Jusqu’à ce que la vague de froid ne cesse complètement.
Dans un mouvement nerveux, la sirène s’était calmée, comprenant l’idiotie de ses réflexes. Cette situation la rendait plus tendue qu’elle ne l’aurait voulu, ramenant vers elle ses anciens instincts de princesse des glaces. Etait-ce à mettre sur le compte de l’animal ? Certainement.

Finalement, elle se retourna et retourna vers sa potion, dans un silence de tombe injuste, pour continuer de remuer le liquide avec une cuillère en bois usée qui traînait depuis de longues années sa bosse de mêlasse en mêlasse… L’odeur avait légèrement changé. Pendant des minutes qui parurent pesantes, elle s’emmura dans un réel mutisme, restant impassible à tous… Voir même grave. Elle ne voulait pas parler, ni même faire la conversation, ni même en savoir plus, comme si elle était maintenant l’accusée sur un banc, attendant son procès. La vérité était plutôt que la blanche n’avait pas la maturité pour comprendre cette histoire qui lui emblait encore flou par moment. Et elle ne comprenait pas pourquoi, non plus, elle se sentait si en colère de le voir désolé et penaud, là, au milieu de sa boutique. Où était sa force et sa chaleur ? Le climat Cimmérien l’avait-il chassé ? Non, sa colère était injustifié… Elle devait se calmer, reprendre le contrôle de cette masse floue qui hantait son cœur et que l’on nommait émotion, et excuser cet homme aux traits épuisés.

Reprenant sur elle, elle poussa alors sommairement les affaires qui traînaient sur son établis pour en dégager une place, et retira de même la demi-douzaine de viole vide et la poignée d’algue séchée qui traînait sur un tabouret. Cela lui remit les idées en place. Il n’était pas dans ces états par obligation, ni parce qu’il la regardait de haut – c’était d’ailleurs idiot qu’elle ait senti dans son attitude une sorte d’arrogance pointue qui l’avait piqué au sang. Pourtant, il n’en était rien. Il était plutôt comme un jeune loup désolé et troublé, apeuré d’être puni après avoir fait une bêtise. Et elle avait été incapable de le comprendre. Seulement l’avait-elle vu troublé et fuyant, ce qui l’avait poussé à croire qu’il n’avait aucune envie de venir, et que tout ce qu’il voulait était de retrouver des terres plus clémentes.
Comment pouvait-elle le blâmer, après tout. Cimméria n’était plus un de ces lieux agréables et chaleureux comme il l’était autrefois. Le moindre lopin de terre gelé était vicié et corrompu par la peur et la crainte. Par le sang de la guerre qui coulait à présent aux remparts de la cité, dans un champ de bataille choisi par les combattants et où régnait à présent la peur et la crainte. Oui, la ville était morte… Espérons que cela mène à une nouvelle Cimméria, plus forte et plus unie… Sinon la guerre n’aurait servi à rien, rien d’autre qu’à un gâchis de vie et d’armes, laissant Kesha pleurer le sang de ses enfants pendant encore des années.

Kesha… Un pincement écrasa son cœur quelques secondes, avant qu’elle ne revienne auprès de l’herboriste. Etait-elle bien l’infante que Kesha attendait… Pourtant, Irina remplissait si bien cette fonction. En rangeant la table, la petite sirène avait habilement caché le document aux lettres pourpres. Il y avait des sujets plus urgents que celui-là. Attrapant l’herboriste par le bras, elle le mena jusqu’au petit séant, et lui imposa de s’asseoir dessus, face à la table dérangée, partiellement vide en face de lui. Un instant, elle disparue dans l’arrière boutique, retrouvant ses deux félins en pleine sieste, dormant à point fermé depuis une bonne heure déjà. C’était fascinant de constater la quantité de sommeil que ces deux êtres représentés. Le petit plus que le grand, amusement. Jehyel avait bien grandi depuis ses premiers pas ici. Elle était à deux doigts d’être un léopard adulte, maintenant, et traînait sa grande queue tâchetée derrière elle, comme la traîne d’une reine majestueuse au milieu de la neige. Dans une grande étagère noire étaient posées des dizaines de fioles pleines, remplies pour la très grande majorité. Elle en saisit une méticuleusement, vérifia l’étiquette écrit avec soin, et la rapporta au jeune homme assis.


« - Tenez, » lui dit-elle gentiment, un sourire revenu aux lèvres « ça vous fera du bien. » puis elle s’empressa d’ajouter au cas ou il aurait eut quelques doutes sur la mixture : « c’est un fortifiant, il vous redonnera des forces. Vous ne risquez rien. »

Cependant, elle attendit qu’il commence à boire pour ajouter un coupable :

« - … Faites attention ceci dit. C’est très amer. »

Une fois qu’il eut à peu près fini, elle reprit doucement, posant sa main sur la sienne.

« - Vous n’avez aucune excuse à fournir pour avant. Irina est une femme exceptionnelle et une excellente médecin. Votre choix a été le meilleur. » Puis elle dit, désignant la fiole presque vide. « Qu’en pensez-vous ? Je serais curieuse d’entendre votre avis d’expert sur la question. »

En quelques pas, elle alla trouver près de son comptoir une vieille chaise vacante, qu’elle tira d’un geste vers le bureau, glissant de nouveau vers la porte pour en fermer le loquet, soufflant sur une bougie à côté de celle-ci. Cette chandelle était visible depuis la rue, et était le symbole de l’ouverture du commerce. Bizarrement, seuls les clients habitués l’avaient compris, nombre étaient ceux qui tambourinaient sur la porte, même quand la bougie était éteinte. Finalement, elle repartit vers Duscisio, soucieuse de son diagnostic et de connaître les effets. En général, cela étaient plutôt rapides. C’était du à un poisson séché exotique, qui avait cette étrange vertu de diffuser dans l’organisme de petites vagues de chaleurs apaisantes et vivifiantes – cela, elle l’avait appris sur le terrain.
Assise à côté de lui, elle attendit sa réponse, son visage se perdant dans les grandes boucles de ses cheveux.






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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Jeu 23 Avr - 12:53

Le froid. Il n'y a rien de pire que le froid.
Celui-ci est dangereux, car il se trouve aussi bien dans la nature que dans le coeur des hommes. Ce froid gèle tant la volonté que la force de la victime. Dans son esprit, le froid a le don d'abaisser le moral, mais quand celui-ci se trouve dans son coeur alors il n'y a que peu de choses à faire. Un coeur refroidit met tant de temps à se réchauffer.
Quand celui-ci mets plusieurs mois à refroidir, il y a que très peu d'espoir. Et quand celui-ci se mêle à la peur ou la terreur ?
L'hésitation à venir voir Othello n'était dû qu'à la crainte immense que ça recommence. Restant tout aussi calme qu'il le peut, une crainte pourtant atténuer par le bracelet qu'il porte, elle reste à l'état de terreur. Il ne pourrait jamais se le pardonner si cela recommençait, jamais. Ainsi il traîne une fiole dans son sac, à usage unique comme toutes les fioles, mais ceci était dans le sens propre du terme. Quelque chose qui va l'empêcher de nuire à quiconque se trouve en danger par sa faute. Mais la peur de l'utiliser est aussi très présente. Il ne veut pas que cela arrive. Il a beaucoup à faire, beaucoup à voir et surtout.... beaucoup à protéger.

La sirène vint à lui présenter une chaise et une table qu'elle avait partiellement libérée pour qu'il prenne place et conte ce qu'il devait raconter. Son histoire avait sans doute une grande importance pour connaître son état actuel. Il était terrifié c'était un fait. S'excuser pour ses fautes passées et peut-être futures ne semble pas lui suffire. Tout est confus, pourtant il réussit tant bien que mal à raconter toute l'histoire de A à Z. Il se sentait tellement coupable. Sa main serra son coeur de toutes les forces qu'il pouvait passer à son bras. Ses yeux inspiraient la culpabilité comme jamais auparavant. Irina lui avait un peu dit aussi... Othello aurait été mieux placer pour l'aider ce jour-là. Elle le connaissait, elle savait plus ou moins quoi faire, mais il refusait cette aide. À cause de cela, il mit Irina dans une mauvaise situation sans qu'il ne le veuille. Avec ou sans l'avertissement de Léogan, il ne regardera plus Irina en face. Connaître la même chose avec Othello serait un vrai calvaire. Une seconde preuve qu'il ne peut rester avec quelqu'un sans avoir la preuve qu'il ne puisse lui faire de mal. Voici sa terreur quotidienne.

Son récit terminé, il prit la fiole qui fut posée sur la table. Reprendre des forces ? Il en avait besoin. Il posa son regard sur la fiole tirant toujours la même expression désolée et fatiguée. Quand il retira le bouchon l'avertissement de l'amertume ne semblait guère lui donner de l'importance. Il savait qu'aujourd'hui un bon remède n'avait pas forcément bon goût. Dans sa boutique même, il n'avait plus raison de donner l'information du mauvais goût du produit. Sa renommée lui donnait la confiance de ses clients sur l'efficacité sauf ordre contraire. Bon nombre d'arnaques ont quelques manies de vendre des produits au bon goût pour en dire qu'il était efficace. Des placebos.
Ne dégageant pas d'odeur particulière à l'approche de la fiole devant son nez, il la but d'une seule traite. La tête fut un peu plus moche quand le produit passa la gorge. Les yeux plissés à l'extrême, les lèvres montrant bien le dégoût de l'amertume, la première gorgée fut difficile et le reste passa plus facilement.

Citer Irina pour ce qu'elle était ne semblait pas rassurer le jeune homme. Ce qu'il s'était passé dans sa boutique ce jour-là restera sa hantise pendant encore de bons mois. Blesser quelqu'un que l'on estime où que l'on aime est une responsabilité dure à porter. Blesser et mettre en danger cette femme avait déjà apporté beaucoup à ses peurs. Il ne sait ce que cela pourrait donner si cela se passerait pour la sirène. Sa peur va au-delà de tout ce que l'on peut ressentir et puis il y a aussi le fait de savoir sur quel point il l'aime. Tout s'entremêle et se mélange comme on concocte un remède, le résultat est à la mesure des ingrédients que l'on utilise. Quand Othello posa la main sur celle de son invité, pouvait-elle ressentir ce qu'il ressentait ? Il était froid, gelé, cela n'avait rien à voir avec le climat d'Hellas. La mort envahissait son esprit comme la Pistilose avait failli lui donner des mois auparavant. La donner à quelqu'un qu'il apprécie le condamnerai aussitôt par la gestion du poison contenu dans la fiole qu'il cachait dans son sac, la fiole dont le contenu vert sombre ne pouvait qu'être celle de la fin de vie associé à l'étiquette coller dessus. Le seul poison qu'il est volontairement fait de ses mains était pour protéger les personnes qui lui sont importantes.

Sa torpeur lui fut arrêtée, ses tremblements avaient été soudainement réduit quand elle lui demanda son avis sur la potion, il répondit machinalement d'une voix tremblante, ne sachant plus trop ce qu'il avait avalé.

C'est très amer.

Le constat immédiat pouvait paraitre grossier, mais les tremblements de sa main ne voulaient pas s'arrêter. Il profita qu'elle se lève pour souffler une bougie pour prendre cette main contre l'autre pour en cacher ses frissons.
Les effets de la potion étaient plutôt rapides. De la chaleur envahissait son corps mais celui-ci en restait néanmoins froid par ce qui le tourmentait. Cette fois, il jouait un peu la comédie pour éviter de l'inquiéter de trop, bien que rien n'y paraissait sur son visage. Laissant sa voix paraître un peu plus calme.

L'effet quasi-immédiat est impressionnant. Il y a de l'algue non ? Il y en a une dans les côtes de Pharis qui a ce même goût très amer.

C'est une algue qu'il continue de temps à autre à aller chercher, les côtes de Pharis sont plutôt éloignées mais l'ingrédient en valait la peine pour ses propriétés nourrissant.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Jeu 14 Mai - 17:06

« - Nombre de mes remèdes sont à base d’algue – celui y compris. » Dit-elle gentiment en indiquant la fiole. « Mais elles ne servent qu’à la base ici. L’ingrédient clé est un poisson qu’on ne trouve qu’ici, dans les profondeurs. Il est plutôt rares à pêcher mais disons que… » Elle sourit malicieusement. « Je sais m’y prendre pour mettre la main sur eux. »

D’un geste, elle subtilisa la fiole vidée. C’était rare que quelqu’un parvienne à la boire d’une seule traite, habituellement il fallait aux pauvres clients plusieurs minutes pour arriver à faire fi de tout de liquide – ce qui était un exploit en soit – quand ils ne choisissaient pas d’en laisser une partie de côté pour la ‘finir’ une fois chez eux. Cependant, Othello était fine calculatrice : la quantité de liquide ne relevait pas du hasard, et correspondait parfaitement pour déployer les effets de la potion de façon optimale. Duscisio avait peut-être fait une grimace particulièrement déplaisante, mais il irait bientôt beaucoup mieux. Nul doute qu’il devait déjà sentir le poisson agir dans son ventre. Il avait déjà l’air plus serein, plus calme, son air douloureux semblait s’être un peu dissipé.

Mais malgré tout, il persistait à arborer un air soucieux, fatigué. Et, du haut de sa pâleur spectrale, Othello était dans le plus profond des dépourvu. Une fois que le liquide aurait fait pleinement effet, peut-être qu’il serait finalement plus à l’aise, et plus heureux.


« - Vous semblez toujours soucieux. Cela ne fait pas de doute que quelque chose pèse sur votre esprit. »

Son ton se voulait rassurant. Il y avait certaine chose qu’il ne lui disait pas, et elle ignorait dans quel but il choisissait de garder le silence. Cela n’avait que peu de sens pour elle qui ne comprenait pas cette volonté de mutisme. Quoiqu’il voulait lui cacher, elle se sentait capable de l’entendre. Elle qui avait tué, avait menti, espionné, bravé jusqu’à la mort, ne pouvait entendre ses pensées ? Cela lui paraissait complètement absurde. Ils avaient vécu la pire des situations, et il en savait plus sur elle que n’importe qui. Alors pourquoi s’obstiner a garder le mutisme, comme cela ?
Finalement, elle préféra ne pas le pousser. Il avait bien le droit à son jardin secret, et chaque chose arrive en son temps. Et il devait certainement avoir besoin de délicatesse plus que de pression, aussi rajouta-t-elle bien vite :


« - Ne faites pas attention à ce que je viens de vous dire. Avez-vous fait bon voyage ? J’espère que vous n’avez rencontré aucun problème sur la route qui vous a mené ici. Vous aurez compris que la ville fait face à… Quelques tensions.»

La neige tombait calmement à l’extérieur, alors qu’au loin, bien plus loin que les remparts de la ville, le sang devait se répandre. Cette pensée lui glaça le sang qui ne fit qu’un tour dans ses veines déjà froides. La guerre. Plus elle y pensait, plus elle trouvait la chose stupide. Surtout pour des raisons de vengeance aussi ridicules. Son regard resta captif de la neige quelques secondes, attendant d’entendre plus de Duscisio, et de savoir comment s’était passé son voyage. Ses mains s’étaient jointes, et elle avait croisé élégamment ses jambes.

« - J’espère que le conflit ne vous a pas posé trop de problème. Comment vont les choses par chez vous ? Nous sommes tous coupés du monde, ici. Il est dur de sortir, et de vivre. Nous ne recevons plus aucunes nouvelles du reste d’Histeria. Que Kesha veille sur eux… » dit-elle finalement dans un rictus inquiet. « - désirez-vous quelque chose pour vous restaurer, quelque chose à boire ? » ajoute-t-elle, consciente qu’il aimerait peut-être se rincer la bouche après avoir bu quelque chose d’aussi aigre.

Cela faisait plusieurs semaine que le conflit avait débuté, et cela avait jeté sur toute la ville blanche une ombre titanesque et effrayante. Elle n’avait pas la moindre idée de comment il se terminerait, elle savait simplement qu’elle servirait Irina jusqu’au bout, et qu’elle l’assisterait dans ses nouvelles fonctions du mieux qu’elle pouvait. Une boule se noua dans sa gorge. Les choses étaient allées si vite, s’en était effrayant. Et à présent, elle doutait de tout – de tous plutôt. Seul une poignée de personne avait tant son respect que sa confiance. Duscisio en faisait partie évidement. Quelques autres aussi. Mais ils pouvaient se compter sur une main.
Regardant silencieusement le jeune homme, elle attendit son récit de voyage, inquiète au fond d’elle de son état, du spectre tremblant que le droit jeune homme était devenu.





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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Ven 15 Mai - 11:03

Le palais expérimenté de Duscisio semblait avoir raison. De l'algue se trouve dans la potion, comme base confirmait-elle, pour toutes ses potions même. La jeune femme avait bel et bien trouver sa manière de faire en matière d'herboristerie. Celle-ci s'était bien spécialisée sur tout ce qui venait de la mer en termes de plantes. S'en était impressionnant ce que l'on pouvait avoir autant sur terre que dans les océans glacés de la région. Elle utilise également la faune. Peut-on parler alors d'herboristerie maintenant ? Une apothicaire serait plus approprié pour la demoiselle. Elle sait y faire avec les poissons, Duscisio prit un petit rire en coin qui cachait parfaitement ses peurs, d'une petite plaisanterie qui lui venait en tête dès l'instant où elle se mit à sourire.

Une sirène telle que vous, aurai juste besoin de chanter pour attirer n'importe quel spécimen.

Cela avait quelque chose de flatteur à son égard. L'albinos semblait toujours attiré par cette femme mais quelques choses l'attachent éloigné d'elle. Une chaîne sylvestre faisant partie intégrante de son être. Quant au compliment, il voulait toujours souligner à quel point il aimait la regarder. La voir sourire était le plus beau des tableaux que l'on pouvait lui montrer. Si seulement il pouvait la toucher sans avoir la peur de lui faire du mal. Il souffre de cette situation. L'amertume de la potion était égale à tout ce qu'il pouvait ressentir au plus profond de lui.

Son sourire s'effaça et son regard se baissait soudainement vers ses mains posées contre son estomac. Othello le voyait soucieux de choses qui lui pèsent dans son esprit. Elle avait vu juste. Cela se voyait à ce point sur son visage ? Un long silence pesa. Pouvait-elle entendre toute la vérité sur sa personne ? Il le voulait, mais il ne pouvait pas. La peur de perdre quelqu'un pour une vérité est une chose tellement horrifiante que la partager le déchirerai une bonne fois pour toute. Le changement de sujet était une bonne chose. Oublier ce qu'elle venait de dire allait être difficile, mais la situation qui touche Hellas semblait grandement l'intéresser. Quelques tentions ? Il n'était pas au courant. Seule chose à notifier était la garde à l'entrée de la ville qui se sentait plus présente qu'avant. Un contrôle à son égard fut même nécessaire. Son épée était la seule chose qui lui avait donnée du fils à retordre, mais avec quelques phrases habiles, il passa. Le conflit. Le regard de l'albinos vint tout aussi interrogateur qu'inquiet. Othello semblait y être touchée par les maigres phrases qu'elle pouvait énoncer dans cette ambiance déjà glacée. Alors, quand elle demanda des nouvelles de l'extérieur, il ne pouvait répondre pour quelques raisons.

De l'eau suffira...

Il mangeait peu. Ses pensées et cauchemars lui coupaient l'appétit. Ce qui concernait la boisson, il avalait plusieurs litres d'eau par jour, raison simple que la Pistilose lui en volait une certaine quantité pour subsister. Il continua.

Je suis resté plusieurs mois isolé dans la forêt après l'incident... C'est pour cette raison que j'ai mie du temps à venir vous revoir.

Ainsi donc, il la laissera sans histoire à raconter. L'errance ses derniers temps l'avait laissé ignorant de tout. L'errance qu'il s'était imposé pour ne faire de mal à personne comme le jour de la recrudescence. Une peur qu'il gardera encore un moment.

De ce fait, je ne suis pas au courant de l'origine de ses tumultes. De rien du tout même. Je pensais que vous pouviez m'éclairer, un peu.

Et ainsi donc, c'était à Othello de raconter une histoire la première. Connaître ce qu'il avait raté le mettrait dans une certaine connaissance de la situation du monde. La surprise d'une action d'un des royaumes sur cette guerre dont il ne savait absolument rien. Qui l'avait déclenché ? Pour quel but ? Qui y participait ? Et puis, si l'herboriste pouvait mettre son épée au service de quelqu'un dans cette guerre ?


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Lun 25 Mai - 22:05

Un sourire touché se dessina sur son visage de lys. Pour une raison inconnue, elle s’amusa que l’heboriste, sous sa peau diaphane, veuille encore la flatter. Un peu timide, elle baissa les yeux vers la table, murmurant un « merci » reconnaissant et sincère…
Ce merci emmena avec lui le bruit et leurs voix. Pendant de longs instants qui lui parurent un éternité, Duscisio se tu, l’air coupable et dur, les mains occupés à quelque chose, et complètement perdu dans ses pensées. Après quelques minutes à le regarder, à essayer vainement de récupérer son regard en le cherchant avec ses yeux, elle arrêta toute tentative et se commua avec lui dans ce long silence, lourd, grave, et si froid qu’il lui gelait même le sang. Pendant ces quelques instants, la jeune femme s’adossa contre son comptoir, sans grande ambition, attendant que quelque chose, vienne briser ce mutisme pesant qui régnait entre ces deux êtres : l’un voulant tout savoir, et l’autre refusant de parler, de confier ses secrets, ses pensées, en chaînés à la peur par des mailles végétales et invisibles.

Non, décidément, ça ne servirait à rien de s’entêter dans cette direction. Othello croisa ses doigts. Si elle persistait, il se renfrognerait probablement encore plus. Et dans le cas contraire, il parlerait peut-être mais contre son grès, et elle ne le voulait pas… Finalement, elle pourrait toujours user de ses pouvoirs pour lui imposer la vérité. Mais si elle usait de ce stratagème, elle savait qu’il serait dur de se regarder encore dans un miroir. Non, la seule chose à faire maintenant, c’était attendre… Attendre qu’il soit prêt, enfin, à lui faire confiance pour finalement se confier et enfin libérer le poids qui écrasait sa poitrine. Elle le regarda encore quelques secondes : pourquoi ne pouvait-il plus se confier à elle ? Lui qui avait toute sa confiance, à quel instant avait-elle perdu la sienne… ?
Finalement, il lui parla de nouveau. De l’eau donc… ça ne serait pas compliqué à lui procurer. Et ne pas en trouver dans un pays de glace, ce serait ironique de ne pas pouvoir mettre la main dessus. Mais elle fut surpris qu’il ne veuille rien avaler. Sil ne tenait qu’à elle, il serait déjà assis en face d’un bon dîner pour recouvrir quelques forces. Sa minceur était tel qu’elle avait du mal à le reconnaître, avec ses joues creusées et ses poignées d’une finesse extrême. Elle aurait pu en faire le tour avec ses doigts, et ils se seraient peut-être chevauchés, même… Lui qui était si bien portant, qui faisait attention à sa santé pour prendre soin de celle de ses clients.

Quelques secondes plus tard, elle revint avec un verre d’eau et une cruche fournie, qu’elle déposa devant l’albinos encore silencieux.  Après lui avoir expliqué en quelques mots son histoire, il s’inquiéta  alors des tensions qu’il y avait dans la ville… Et du pourquoi de cette guerre. Othello se retourna vers lui. C’était une question qu’elle attendait. Cette guerre venait à peine de débuter. Mais lui qui tenait ce sujet à cœur – du moins, lors de leur dernière discussion – elle pensa qu’il était important qu’il soit au courant.
Doucement, elle partit dans son arrière-boutique récupérer un deuxième tabouret qu’elle traîna jusqu’à la table, pour s’assoir à côté du jeune homme. L’histoire était complexe, mais racontée avec un peu de clarté, il pourrait la comprendre aisément. Il serait peut-être heureux, même, de l’apprendre.


« - C’est une longue histoire… Arrêtez-moi si vous ne souhaitez plus l’entendre. » Aucune haine, aucune méchanceté dans ses paroles, seul une sincérité amicale et candide. « Il y a quelques temps de cela, Irina a mis la main sur des informations concernant Elerinna. » Volontairement, elle cacha le fait qu’elle avait aidé à les récupérer, aider de Veto Havelle, un jeune soldat pour qui elle avait maintenant beaucoup d’estime. « Un procès eut lieux par la suite. Le conseil des prêtresses fut réunis, et Elerinna fut jugée par ses paires pour trahison et bon nombre d'autre chefs, notamment pour l'inertie dont elle a fait preuve lors du drame de la sarnahroa, ses manigances, et ce qu'Irina avait appris sur elle… Enfin, elle fut reconnue coupable. » Sa voix était un peu tremblante. Elle se rappelait des instants où la sentence avait été prononcée, éveillant en elle d’amers souvenirs.

Pendant plusieurs minutes, elle poursuivit son récit. Comment, Lyrië avait été élue grande-prêtresse de l’ordre, avant de confier ce poste à Irina, sans passer par les voies classiques. Comment celle-ci avait été envoyée en missions diplomatiques, pour contacter Viwien de Canopée, et qu'elle prenait donc toutes les fonctions qu'incombaient son nouveau titre. Et puis, le reste des tensions, comment les armées avaient tenté d'assiéger la ville pendant le procés avant de se replier vers un petit village non loin de la frontière, avant la mort d'Elerinna... Tuée d'une façon ou d'une autre, elle n'en avait eut vent. Cela avait conduit l'armée en déroute, et à présent ils faisaient flots vers Phelgra, aux dernières nouvelles.


« - Aujourd’hui, les forces du temple essayent toujours de se battre contre l’armée sindarine des Lanetae - on est en droit d'attendre, tôt ou tard, une riposte de leur part pour la mort de la marionnettiste. Mais nos hommes sont peu nombreux… Entraînés, forts, et fidèles, mais peu nombreux. » Une peine profonde s’était saisi de sa voix, et elle tremblait doucement en regardant vers la fenêtre, songeuse de leurs avenirs à tous. Avait-elle un rôle à jouer, dans tout ça ? Ou resterait-elle à jamais un pion aux mains du pouvoir ?...

« - Mais je suis heureuse de constater que le conflit n’a pour l’instant que peu d’ampleur, et que seul quelques personnes en souffrent. J’ai foi que Kesha nous viendra bientôt en aide, et ouvrira les yeux des décideurs de cette guerre idiote… Nous vivons tous dans la peur, à présent. » Elle conclut finalement. « - La bataille avait pris place à quelques lieux de la ville, dans une plaine enneigée. Je m’y étais déjà rendue à l’occasion d’une veille pour soigner les blessés… Je hais la guerre… »

Ses dernières paroles tenaient plus d’un murmure, d’un aveu profond et viscéral du malaise qui régnait en elle. Depuis plusieurs mois, elle se trouvait à rêver aux jours où elle rêvait d’un avenir meilleur pour les prêtresses, que les choses pourraient évoluer pour le mieux… A présent, elle souhaitait même ne jamais avoir fait ce vœu. Mais elle savait bien que, dans en cas ou dans l’autre, les choses auraient probablement aboutis à la même folie. Elle avait seulement aidé à appuyer sur la gâchette.





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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Mar 26 Mai - 15:26

Son sourire était la plus belle chose qu'il pouvait regarder indéfiniment. Ce masque de givre se fissurant soudainement pour montrer une féminité pure, comparable à celle de Kesha. Sa main qui tient l'estomac noué aurait tant voulu toucher cette peau si douce au regard de sang du jeune homme. De sang. Le sang qu'il n'aimerai jamais voir couler est bien celui qui se trouve à ses côtés. La potion lui donnant un peu de vigueur il n'en restait pas moins fermer sur lui-même.

L'autre main touchait le bracelet de Baria et son relief métallique. La pierre scellait sa propre essence divine de son corps pour limiter l'utilisation de la Pistilose. Le centre de tous ses problèmes venait uniquement de cette plante rare qui se trouvait à l'intérieur de lui. Rien n'a pût être fait pour la neutraliser, le dernier essai ayant échoué, le choix du fardeau était donc tout ce qui lui restait. Et c'est un prix très fort à payer. L'inconnu maintenant était la reaction du parasite végétale si elle venait à avoir libre arbitre. Un bourgeon à chaque poignet soigneusement cacher par les manches étaient les plus faciles à voir. Les autres étant derrière ses épaules, sur ses hanches et ses chevilles on ne penserait jamais à regarder à ses endroits alors qu'il est encore habillé. De la taille d'une noisette, elles étaient la meilleure solution pour éviter les douleurs de sortie quand une ronce poussait. Pour ce qui était de l'intérieur du corps, rien ne pouvait y remédier à part un puissant remède qui agissait comme une drogue. En prendre trop souvent entraînerait une dépendance, quelque chose qu'il avait trouvé en errant dans la forêt.

Le silence pesait dans la boutique d'Othello, jusqu'à qu'elle apporte l'eau qu'il avait demandée. Aussitôt la cruche posée, il se servi un verre après avoir demandé un peu d'information sur ce qu'il se passait ses derniers temps. La guerre, ne semblait pas directement l'affecter, mais pour la jeune femme c'était autre chose. Le besoin en eau étant immédiat, il finit le premier verre pour écouter le début de son histoire sur le sujet. Quand le nom d'Irina fut prononcé il eut comme un tic très visible dans ses mains, celle-ci s'étant calmé recommencèrent à trembler légèrement qu'il calma un peu en posant ses mains sur la cruche froide, pour se resservir un verre. Racontant ainsi qu'un procès eut lieu et enfin l'une des explications ce pourquoi la maladie de pierre avait tant sévit à Hellas. Ainsi elle avait abandonné les soins à la population pour sauver sa propre peau. Sauver les prêtresses devaient être un faux argument en sachant que Kesha est une divinité liée à la médecine. Le mot coupable en fut tremblant sur la voix de la jeune femme.

L'ordre des choses fut alors ensuite comptées. Irina était devenue Grande-prêtresse après une certaine Lyrië qu'il ne connaissait point. Plusieurs missions diplomatiques à son actif pour règle le problème maintenant qu'Elerinna était décédé. Ses partisans allaient sûrement répondre, la raison pour laquelle la guerre était prononcée et la ville mise à l'écart du monde.

Hellas avait peu de force. À cette nouvelle, Duscisio avait vidé la cruche comme un puits sans fond. Dévisageant la sirène, contrôlant ses tremblements, il posa ses mains sur les siennes qui retroussèrent légèrement ses manches. Son bracelet fut visible sur le poignet droit, comme le bourgeon sur l'intérieur du poignet gauche ou se trouvait d'ailleurs une cicatrice provoquée par une pousse brutale de la plante. C'était la même chose pour les autres endroits de son corps où ils dépassaient. Il la regarda pour la rassurer, ne faisant guère attention à la visibilité de ce qu'il veut cacher. Elle s'était déjà rendu sur l'un des lieux de bataille à quelques lieues de là. Cela l'inquiétait, mais elle était bien présente aujourd'hui ce qui lui enlevait un poids de savoir si elle avait été blessée. Son murmure, le rosier blanc l'avait très bien entendu. Qui aujourd'hui aimait la guerre hors ces cavaliers dont on entend jamais parlés ?

Je n'aime pas la guerre non plus. Mais je pourrais toujours venir à vos côtés si...

Si la Pistilose ne me risquait pas de me tuer, allait-il ajouter. Mais il fallait garder ça pour lui pour éviter de lui faire plus de peine qu'il ne lui en fait déjà par son état actuel...

Si ma présence peut vous rassurer. Je me sens responsable, à cent pour cent, de vous depuis notre rencontre au temple de Kron. Je veux vous aider, je le dois. Pour ma propre bonne conscience et pour vous savoir en sécurité. Toribrioé à votre service, ainsi que ma magie si nécessaire, ainsi que mes propres connaissances. Je ferai tout pour vous. Absolument tout.

À ce moment-là, il se rendit compte qu'il avait quelque peu gaffé. Depuis le temple de Kron. Ce souvenir le hantait aussi, beaucoup de choses le hantait, il n'en dormait ni mangeait depuis que la Pistilose avait reprit du poil de la bête dans son herboristerie. Et ses nuits en étaient courtes pour ce qu'il en rêvait.

Je tiens à vous. À un point que je ne saurais m'expliquer.

Son regard croisait le sien au plus profond de son être. Il en restait au contact de ses mains, c'était déjà beaucoup. Normalement, il irait jusqu'à poser ses mains sur ses joues, voir à l'embrasser, ses lèvres ou son front. Il en était rien. Toujours les mêmes chaînes le maintenaient éloigner d'elle.

Demandez-moi et j'accourrai à votre aide. N'importe quand.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Sam 30 Mai - 20:54

« Ses mains dégagent un peu de chaleur… C’est une bonne chose », se dit elle quand il posa ses mains sur les siennes. Pendant qu’elle lui avait raconté la bataille, elle l’avait vu avaler la carafe d’eau à plein goulot, gobé comme s’il s’agissait d’une bouteille d’hydromel un soir de fête. Au moins, suffisamment vite pour interpeller la demoiselle sur l’hydratation du jeune homme – avait-elle été mise à mal sur certain point ? Boire aussi vite n’était pas une mauvaise chose, certes, mais elle devait admettre que cela était fort curieux.
En le regardant faire, ses sourcils se froncèrent légèrement, intrigués. Mais elle finit par passer sur ce détail, et conclus bien vite. C’est alors qu’il avait saisi ses mains, brûlant soudain d’une ardeur retrouvé, et qui lui fit miroiter pendant quelques instants l’image de l’herboriste qu’elle avait connu. Ses paroles étaient claires et confiantes, et il les lui disait avec une droiture exemplaire et une détermination remarquable qu’elle comprit tout de suite en voyant ses yeux. Rouges, solidement posés sur la petite ondine recroquevillée sur sa chaise.

Comme il y avait de cela de longs mois, la demoiselle fut profondément touchée par ses mots. Quand il les lui avait dit pour la première fois, elle n’avait pas vraiment su comment les prendre. Si elle devait en être flattée, apeurée… Mais, à cet instant, Othello avait la sensation de retrouver un vieil ami, perdu depuis toujours, et de pouvoir à nouveau compter sur lui comme si rien ne s’était passé. Un sourire chaleureux étira ses lèvres de nouveau, et elle attrapa, en retour, les doigts de l’herboriste qu’elle serra avec un peu plus d’ardeur. Il lui proposait de revenir à ses côtés… Pendant des temps comme ceux-là, la présence d’un ami était toujours appréciables, qui plus est un herboriste reconnu au milieu d’un champs de blessés et de soldats. Pourtant, la fin de sa phrase lui fit immédiatement comprendre qu’il y avait un obstacle à cela. Son travail, peut-être ? Un contre temps ? Une femme ? Intimement, l’ondine se promit d’enquêter, de savoir quel était le problème pour qu’elle puisse, à son tour, lui rendre la pareille pour tout ce qu’il avait fait pour elle. Le temple de Kron… Un sourire amer éclipsa quelques secondes sa joie. Souvent, le visage sournois de Gwyden lui revenait à l’esprit, quand elle regardait avec mélancolie le tatouage noire qui ornait le creux de sa main. Ainsi, il s’en voulait toujours ?... Pourtant, dans cette affaire, elle était seule fautive, et elle le reconnaîtrait toujours. Jusqu’à ce qu’elle trouve une solution, elle devait toujours une dette à Kron… Une dette inscrite à l’encre noir.

« - Je vous remercie Duscisio, pour tout ce que vous m’avez déjà apporté par le passé, et l’aide que vous me proposez. Cela me touche beaucoup. » Finit-elle pas dire, quand il eut terminé. « Mais ne vous inquiétez pas pour moi, je vais bien, ou pour ce qu’il s’est passé au temple de Kron. Vous n’y êtes pour rien. » Pendant quelques secondes, elle repensa au ‘si’ pensif qui avait croisé ses paroles, et chercha alors à le pousser à faire appel à elle. « ... Soyez aussi certain que s’il vous arrive quoique ce soit, ou que si, pour quoique ce soit, je peux vous être utile, je serais vraiment heureuse de vous rendre la pareille, et de vous aider. » Puis, elle ajouta bien vite, passant doucement son pouce sur ses doigts. « Je devrais bientôt retourner aider d’autres prêtresses au fort d’Oaksbrig pour venir en aide aux blessés. Vous seriez le bienvenu pour nous aider, si vous le désirez »

En réalité, ce n’était qu’une demi-vérité. Même si elle allait effectivement bien, un poids constant et perpétuel dormait toujours sur son esprit, et monopoliser maintenant toute son attention, jusqu’au cœur de ses rêves. Pour le moment, même la marque de Kron était devenu dérisoire, une occupation de l’esprit désagréable à côté des mots violets qui ornaient la lettre, posées non loin, bien à l’abri des regards. La sirène sentit son ventre se creuser, à cet instant, et son visage se déforma dans un rictus désagréable et préoccupé. Ce n’était pas le bon moment, Duscisio allait mal, visiblement, et elle tenait à l’aider avant de lui faire part de ce secret de polichinelle. A savoir ce qui était à l’origine de ses faiblesses, de sa dégradation de santé qui marquait douloureusement son physique…
Mais pourtant, une voix lui criait de lui en parler, de le mettre aussi dans la confidence. Rien que pour qu’il lui confirme que cela arriverait, et que cela signifiait bien ce qu’elle pensait. Qu’elle était bien en liste pour être la prochaine Haute-Prêtresse de Kesha… D’une main tremblante, elle enfouit ses doigts sous une pile de papier, pour en extirper la lettre qu’elle connaissait maintenant par cœur, et dont elle reconnaitrait le touché entre mille, pour l’avoir froissé, tordu, relu pendant des heures.


« -… A vrai dire, j’ai un aveu à vous faire. Quelque chose d’autre m’a… Poussé à vous écrire… J’aurai besoin de votre aide, ou plutôt de votre expertise... » Elle lui tendit alors la lettre de Shiva Durgas, dont le froissement grogna soudain dans la pièce. « Qu’en pensez-vous ? »

Alors qu’il saisit le papier, elle découvrit au creux de son poignet quelque chose d’étrange. Mécaniquement, elle descendit ses mains pour envelopper son avant-bras de ses doigts maternels, l’empêchant dans un sens de bouger, mais aussi pour le rassurer, alors que ses yeux examinaient maintenant le petit bourgeon vert qui perçait sa peau. La pistostilose ?... Des souvenirs douloureux envahirent son esprit pendant quelques secondes. Le dernier évènement qu’ils avaient vécus ensembles restera sûrement encré dans sa mémoire pendant encore longtemps. Mais beaucoup de choses avaient pu se passer pendant les mois qui les avaient séparés. Il avait peut-être mis la main sur un remède, ou une méthode assez puissante pour contrôler l’étrange plante parasite qu’il avait choisi d’abriter dans son corps. Le petit bourgeon semblait en pleine forme, trahissant la bonne santé de la plante. C’est alors que la carafe d’eau lui revint à l’esprit. Cela expliquait tout alors… C’était vrai qu’il devait boire pour deux, dans ce cas-là. Et une plante demandait bien plus d’eau qu’un enfant, faute de manger de nourriture concrète.

« - Oh… Vous avez choisi de garder la pistostilose, finalement ? » Elle regarda ses poignets avec attention, comme pour étudier le mécanisme et la plaie semi-ouverte, à la façon d’une scientifique qui cherche à tout connaître, ouvrant de grand yeux curieux. Sa voix était étonnement calme, ne comprenant pas que la plante était à l’origine des maux de l’albinos. « Vous avez finis par la maîtriser ? » lui demanda-t-elle simplement, oubliant quelques secondes la lettre de Noathis.





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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Dim 31 Mai - 15:55

Au moment de mettre ses mains sur celle de la jeune femme, Duscisio eut l'impression d'avoir manqué d'un contact qui lui plaisait tant. Un plaisir sans fin qu'il était de toucher une demoiselle aussi froide, qu'il voulait réchauffer d'une âme comme la sienne. Bien que le contraire serait plus approprié, le Rosier blanc aurait sûrement celui qui avait besoin du plus de chaleur possible. Le plus grand doute qu'il puisse avoir, était à propos de ce qu'il pourrait faire inconsciemment à la jeune femme ici présente.

Sur le coup, pour la réconforter, il oubliait totalement ses chaînes sylvestres maintenant hydraté d'un bon litre d'eau. La guerre la touchait autant que lui. Lui qui ne voulait pas la voir en danger depuis qu'il était arrivé et bien avant. La peur de lui faire du mal lui avait totalement fait oublier ce qu'il voulait voir chez elle.
Parler alors du temple de Kron le fit réfléchir alors et la réponse de la jeune femme ne pouvait le convaincre. Il se sentait toujours responsable. Ou alors il confondait tout. Le désordre dans sa tête provoquait une confusion tel qu'il ne savait plus le pourquoi du comment.

Son regard se plongeait dans la noirceur d'une responsabilité qui n'avait peut-être pas lieu d'être. Peu après, elle accepta toute aide de sa part. Une joie qu'il cachait, mais une joie qui restait dans son coeur afin de la savoir en sécurité était tout ce qui importait vraiment. L'épisode de la recrudescence l'avait profondément marqué. La peur que la Pistilose lui fasse du mal faisait partie du danger qu'il en soit la source sans en avoir la volonté.

Une proposition d'aide fut rapidement proposée par une aide aux blessés de la guerre auprès de prêtresses déjà présente au fort d'Oaksbrig. Une raison de plus de pouvoir aider quelqu'un par ses compétences d'herboriste en apportant plusieurs remèdes. Bien conscient que tout ne se guérissait pas avec une simple potion, il serait sûrement amené à bander des plaies ou fixer des bras et jambes cassés. Cela n'avait aucune importance s'il pouvait être avec elle après tant de temps passé à l'écart.

Je serai plus que ravis de pouvoir vous accompagner.

Peu après, elle fut très peu à l'aise. Quand elle avait pris en main une lettre qui semblait être la raison de sa demande de venir auprès d'elle. La première aide semblait venir du manuscrit qu'elle lui tendit afin qu'il le lise de ses propres yeux.
Prenant le parchemin pour le dérouler et ainsi en voie le contenu, il s'apprêtait alors à poser un commentaire sur son expertise sur la question. Loin d'être un expert en lettre, le sceau maintenant briser du haut-monastère avait déjà suscité son attention.
Présentant directement qu'elle était appelée pour une cérémonie ne devait pas être une simple adhésion chez les Gelovigien comme il avait lui-même pu assister pour sa personne. C'était beaucoup plus important que ça. La date n'était pas encore fixée et la ligne suivante avait bien sa signification de la manière dont elle était écrite. Duscisio n'eut guère de mal à comprendre la raison. Une cérémonie annoncée ainsi était une intronisation à devenir haute-prêtresse. Une grande distinction lui était accordée.

Sa réflexion fut coupée par la remarque de la jeune femme concernant son poignet. Son regard affiné vint à former sa pupille ronde à celle d'un iris fendu qu'il était souvent facile de remarquer. Comme d'un réflexe, d'une empathie, Duscisio se vint à se souvenir d'un passé douloureux qui lui remémorait le pourquoi de ses peurs.
Ses tremblements recommencèrent alors vivement alors qu'il tenait encore la lettre. Même par l'erreur de prononciation, l'albinos avait très bien compris qu'elle parlait de la rose blanche qui l'habite.
Lâchant le parchemin pour cacher le bourgeon comme étant sa plus grande honte, son bracelet devint la première chose que l'on pouvait remarquer par-dessus. Il ne pouvait plus le nier à sa manière de réagir. La raison de ses maux était cette plante. Pour lui répondre, sa voix basse parlait à sa place de la souffrance qu'il endurait.

Je l'ai scellée, si je puis dire...

Posant le parchemin sur la table, il cacha ses mains tremblantes. Devait-il maintenant lui expliquer ? Sans vraiment trop réfléchir, il semblait ne plus avoir d'alternative à cacher toute la vérité.

Je suis terrifié à l'idée de faire du mal à quelqu'un... Cela s'est déjà passé avec Irina, je n'ai aucune envie que cela se reproduise. Le bracelet que je porte est certain d'une pierre d'intra en son intérieur coller à ma peau. Je ne peux plus utiliser ma magie sans prendre le risque qu'elle s'en prenne à moi ou aux personnes autour de moi.

Il la regarda pour montrer que sa peur venait du fait que cela puisse se produire encore une fois sur Othello.

Je ne supporterai pas, de vous faire à nouveau du mal. Parfois je me demande si j'aurai mieux fait de laisser Kron qui hante mes nuits m'emportez...

Il ne pouvait plus alors la regarder en face par cette pensée morbide qui lui traversait à nouveau l'esprit. Sa face sombre était traversé par des peurs qui se contaient par dizaine.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Jeu 25 Juin - 14:36

Lentement, ses doigts se resserrèrent autour des doigts du jeune homme. Il répondit bien vite à sa demande, d’un air calme et posé : il viendrait porter secours aux malades et aux blessés des champs de bataille et des pauvres qui habitaient les fortifications. Finalement, elle le retrouvait un peu après tant de longues minutes de silence et de pause, et de visages sans sourires.
Mais, aussitôt qu’elle eut finit sa phrase, il se rétracta soudain. Ses yeux passèrent de soucoupes candides à fentes animales, un regard bestial et absent, brisé comme celui d’un félin. Sa gestuelle changea soudain, comme si il avait peur, ou si, d’un seul coup, il avait été transporté ailleurs, loin, quelque part dans son esprit où elle ne pouvait plus l’atteindre. Brusquement, il attrapa son poignet avec fureur, révélant une frustration profonde, peut-être même une peur que la sirène parvint à discerner en lui, en son visage coupable et craintif, comme si il n’avait peur que d’une chose : lui-même et ce qu’il cachait en lui. Lentement glissa sur sa peau un anneau d’or finement sculpté qui représentait une plante, et qui lui seyait parfaitement bien. Elle ne s’attarda pas sur le bijoux, se concentrant surtout sur ses mots, prononcés à voix basse d’une façon presque inaudible, pour lui sûrement. Ses oreilles s’étaient dressées en signe d’attente. Contrainte, la jeune femme n’osait bouger, ne sachant si l’approcher le brusquerait, ou si, au contraire, s’éloigner lui ferait de la peine. Elle levait simplement ses mains vers lui, les laissant proches sans pour autant en contact.

Les sceller ?... Il devait faire référence à ces mystérieuses pierres d’intra. Elle en avait vaguement entendu parler… Après cet épisode étrange, et ce colosse immense qui avait pris place dans les grandes forêts du sud pour envoyer sur eux ces étranges nuages rouges. Cela la saisit d’un coup : la magie était-elle vouée à disparaître ? Quand le nuage serait devenu le ciel, la magie ne pourrait plus être – si l’on ne trouvait pas d’alternatives.
Ainsi, il avait fait le choix difficile d’avorter toutes ses magies… Doucement, elle le regarda, voulant naïvement tirer vers elle son avant-bras pour voir tout ça de plus près, mais le jeune homme avait fermement abrité ses mains des regards, de celui de la prêtresse comme du sien. Quand il eut finit, ses paroles funestes planèrent pesamment sur la jeune femme comme un si il venait de blasphémer sous son toit. Othello était terrifiée. Pas par ce que le jeune homme venait de dire, mais simplement parce qu’il admettait y penser, penser à la mort pour terminer ses souffrances. Elle s’était redressée sur sa chaise, les oreilles droites comme des pics acérés, ses yeux creusés devant la brutalité de ses paroles.

C’est alors qu’elle comprit l’intensité de ce qu’il vivait à l’heure actuel. Son choix avait engendré plus de peine que de joie. Lui qui pensait accomplir la symbiose ultime entre deux formes de vie se retrouvait emprisonné dans une cage de ronces qui se resserraient toujours un peu plus de son cœur, toujours à même d’être empalé sur des épines noires. L’herboriste solitaire était condamné à être enchaîné, restreint, ou à blesser ceux pour qui il avait de l’affection, de l’amour ou de l’estime. Être condamné à ne pouvoir jamais aimer… C’était un sort brutal, presque une torture pour cet homme qu’elle savait attentionné, si protecteur et dévoué à ceux qu’il appréciait. Même pour elle qui n’aimait pas vraiment, et qui ne savait discerner toutes les émanations de son esprit, elle ne saurait imaginer ce que pouvait être la croix que Duscisio transportait avec lui jour après jour. Un an après leurs séparation, tant d’eau avait coulé sous les ponts… Elle s’apprêtait à rencontrer sa déesse, et lui se retrouvait piégé par un mal qu’il avait pleinement épousé, au moins de se perdre… C’était bien trop injuste. C’était elle qui avait pêché. Elle, la traîtresse, la blasphématrice, qui avait volé volontairement dans le domaine d’un roi, qui aurait du recevoir sa peine.

Depuis le désert, un lien secret mais rare les avait uni. Et elle se sentait responsable de lui, autant qu’il l’était pour elle et s’était juré de l’être. A présent, il avait besoin d’aide, et elle se devait de répondre présente. Surtout que, malgré toutes les souffrances qu’elle pourrait ressentir, sa peau n’en porterait jamais aucune cicatrice… Elle en ressortirait aussi pure et vierge qu’une enfant. Serrant imperceptiblement le poing, elle se prépara à affronter toutes les plantes et toutes les ronces pour rendre sa liberté au jeune homme. Après tout, il avait droit à sa liberté, peut-être même plus que quiconque qu’elle connaissait : il était un être de pureté et de vertu. On n’emprisonne pas ces gens-là.
D’un geste, elle balaya l’enveloppe sur le côté : ce n’était plus le principal, désormais. Simplement qu’un amas de mots sur une feuille de papier – intérieurement, elle s’en voulut d’avoir égoïstement convoquer le jeune homme pour son propre sort, plutôt que de s’être entêté à ne pas quérir de nouvelles pendant si longtemps, croyant aveuglément qu’il s’occupait impérieusement de son travail et qu’elle ne serait qu’une maladroite perte de temps. Il n’avait fait que s’empoisonner pendant les derniers mois, à son péril. Et cela lui pesa soudainement. L’impatience et la culpabilité prenant vite le pas sur l’inquiétude et la curiosité, elle écarta un peu plus les affaires sur la table, laissant suffisamment de place pour un parchemin vierge et un encrier, avec une plume non loin d’elle.


« - Ne dites pas des choses pareilles : ça ne vous correspond pas. Et vous risqueriez de le regretter… Vous auriez du venir me voir plus tôt, Duscisio. Nous allons trouver une solution à votre problème. » Annonça-t-elle avec un sérieux désarmant, comme une médecin avec son patient.
Saisissant la plume, elle prit des airs passionnés et déterminés, prise d’une violente volonté de délivrer son ami des griffes de la plante, faute de pouvoir trouver une cohésion parfaite. Parfaite… Cette pensée la frappa soudain. Trouver un équilibre, une symbiose constante et juste n’était-elle pas chose faisable ?... Ses yeux se relevèrent vers le jeune homme, relevant une brusque flamme, un eu vascillante, derrière ses traits si froids et immobiles.

« - Où en étaient vos expériences, quand à la réussite de votre… Cohabitation ? » Elle avait cherché longtemps ce mot, ne sachant vraiment pas comment qualifier son choix. « N’étiez-vous pas en bonne voie pour trouver une solution ? »
Après quoi, elle lâcha finalement la plume pour entendre son maître, voulant connaître son avis.
« - Vous savez… Si vous n’avez pas à vouloir obligatoirement la tuer… Peut-être qu’à nous deux, ou même avec un peu d’aide, nous pourrions tenter de trouver la solution pour une parfaite symbiose… » Finalement, elle le laissa avec ces paroles mystérieuse, les yeux perdus sur le parchemin blanc.





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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Ven 26 Juin - 16:39

Non. Elle l'a vu. Elle a vu le bourgeon qu'il cherchait à cacher depuis le début. S'il ne devait pas montrer une chose c'était bien celle-ci. Le centre de ses problèmes était ces huit bourgeons dispersé sur son corps. Le bracelet avait beau empêcher ses derniers d'agir contre son gré, la peur que cela ne suffise pas était belle et bien là.
Il y a eu de nombreux cas, comme celle dans la forêt de Noathis où celle-ci se mit à bouger à l'intérieur de son corps pour le pousser à la libérer et agresser une femme qui demandait de l'aide.
Comment pourrait-il contrôler une telle existence ?
Résolu au fait qu'il pourrait mourir d'un instant à un autre. Regrettant que le jour de la recrudescence ne fût pas le dernier, le jeune homme cachait des paroles sinistres à l'égard de Kron qui aurait dû le prendre avec lui.
Plus de souffrance, plus de peur, plus rien ne l'aurait tourmenté et toutes les personnes qui auraient été autour de lui ne risquerait plus rien. Othello serait en sécurité.

Un semblant de réaction survenu de la part de la jeune femme qui se redressa sur sa chaise. Il ne regardait pas, toujours en train de se morfondre sur lui-même. Posant ses coudes sur les genoux et sa tête entre ses mains crispées, il se serrait la tête avec des doigts crochues de la plus grande force qu'il pouvait déployer : pas grand-chose...
La violence du propos pouvait choquer. À quel point cela pouvait-il la toucher ? De quelle ampleur serait la réaction ?
Bien entendu, hurler qu'il n'avait aucune raison de penser une chose pareille était une réponse totalement prévisible de quelqu'un qui l'appréciait. Il se portait garant de tout ce qui lui arrivait et portait toutes responsabilités de ce qui venait par sa faute même contre son gré. Ce qui était son choix était aujourd'hui son fardeau. Un poids énorme sous forme de culpabilité qui le pesait sur toute sa conscience.
La souffrance de ne plus pouvoir approcher quelqu'un était vu comme une malédiction lancée par la Pistilose elle-même. Comme d'un cactus, elle lui faisait penser qu'il lui appartenait corps et âme, jusqu'à la fin de sa vie, que rien ne pourra plus l'approcher.
C'était trop. Il avait abandonné toutes solutions et espoirs de pouvoir être avec quelqu'un. Malgré la réaction d'Othello sur ses propos funestes il ne faisait que se renfermer davantage.

Il n'y a pas de solution. Je suis obligé de la garder.

C'était un fait. Il ne peut s'en séparer. La garder a vie tel est la conséquence de son choix. Le temps qu'il avait passé à chercher le moyen de se débarrasser de la Pistilose s'est résulté par une recrudescence qui faillit le tuer et finalement sceller ses propres pouvoirs par le bracelet qu'il maintenait au poignet.
Une cohabitation ? Parler de cohabitation quand la chose que l'on garde a cherchée à vous tuer on ne peut pas vraiment parler de liens.

Uniquement pendant la pousse, il y en a eu une. Je demandais son soutien pour me défendre sans blesser malgré les épines.

Cela restait un mauvais souvenir. La pousse dans son propre corps était extrêmement douloureux. Elle en fut témoin dans les ruines incandescentes. Après ses moments, la croissance continuait puis il y eut les retrouvailles dans sa demeure qui lui valut la résolution de vouloir se débarrasser de la Pistilose pour qu'elle ne lui fasse plus aucun mal. C'est à partir de là que les vrais problèmes ont commencé ? Et s'il avait eu tors ?
La jeune sirène lui faisait par de l'idée de ne pas forcément la tuer, mais bel et bien de trouver une solution pour une parfaite symbiose.
Si ce miracle existait, il serait preneur. Malheureusement la pousse violente en Cladil dernier eu raison de croire en cette solution. Cela se voyait.

Si seulement c'était possible.

Poussant un large soupire, Duscisio se redressa la mine triste les yeux baissé, les bourgeons qu'il prenait le soin de cacher et de tenir de ses mains. Il détourna le regard pour ne pas regarder la jeune femme et lui montrer sa peine.

Je les fais pousser, je les entretiens, je les cultive, je les cueille et je les utilise. Je ne parle pas aux plantes, ni ne les comprend...
*Si seulement c'était possible...*
Si seulement c'était possible, j'aurai pu « discuter » directement avec elle pour savoir ce qu'elle ressente et pense... Mais cela tiendrait du miracle...


À part cette magie ou la mort, Duscisio ne voyait pas la solution à ses problèmes. Un chemin à sens unique où la fin l'attend les bras ouverts.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Sam 17 Oct - 21:30

Si entre les deux âme le silence se faisait tristement, dans l’esprit de l’ondine les pensées bourdonnaient dans une cohue intense et bouillonnante. Que dire, quoi faire? Où aller pour trouver la source du problème? Quand l’albinos s’apitoya de nouveau sur son sort, elle se maudit intérieurement de n’avoir aucune capacité magique qui pourrait l’aider. Malheureusement, son empathie pour les plantes s’arrêter à leurs cultures, aussi humble soit-elle, et à leur connaissance plus ou moins maîtrisée.

« - Rien ne sert de leur parler, Duscisio. Commencez simplement par ouvrir les yeux et par l’accepter. » Souffla-t-elle finalement, n’arrivant elle-même à aucune réelle conclusion qui ne commençait pas par un premier pas.

Assise sur son tabouret, la demoiselle se mit à rêver qu’il eut un dossier pour s’y recroqueviller, son visage aussi lisse que la porcelaine auquel il faisait penser. Même si elle était, en apparence, dénuée de sentiment, la surface pure et lisse de son esprit croisait ça et là une vague sur laquelle elle pouvait flotter, se perdre vers de nouveaux flots, ou bien disparaître dans l’abysse. A cet instant, une vague, plus grande que les autres, vint perturber rondement la surface, en formant un large cercle évanescent, transcendant cet étrange espace de psyché.  
Cette vague l’absorba presque immédiatement dans une dimension lointaine, profonde de son esprit. Une cavité enfouie sous un profond abysse, là où elle renfermait ses souvenirs les plus chers et les plus importants, ceux qui l’avaient marqués et qui avaient fait l’ondine qu’elle était à présent. Distinctement, comme si elle y avait été, elle se retrouva de nouveau sous un épais manteau de neige qui tombait à grands flocons dans les ruelles glacées d’Hellas. Elle voyait à peine devant elle, tant les masses cotonneuses étaient massives et lourdes. Drasha à ses côtés, à suivre un inconnu en manteau. Elle ne savait toujours pas pourquoi elle l’avait suivi ce jour-là, mu par une paranoïa subite qui possédait ses gestes et l’avait lancé sur sa trace.


« - Vous souvenez-vous de la première fois où nous nous sommes rencontrés? » Lança-t-elle au bout de plusieurs minutes de silence. Sa voix était las, et vide, comme la première fois. « C’était froid. Nous ne nous apprécions pas beaucoup, pour le peu que nous nous étions côtoyés. Et si nous ne nous étions revus, je doute que nous n’ayons jamais été plus que deux connaissances passées. »

Un sourire mélancolique se grava doucement sur son visage, comme un la triste éventualité de ces faits. Ils n’auraient été que deux lointains inconnus, que rien ne rassemble… Si elle n’avait pas périt seule dans l’antre de Kron. Dans une courbe distante, ses yeux se relevèrent, se plantant droit dans les siens, aussi vagues et absents soient-ils, tentant de les ramener aux prix de ses pupilles, rondes et animales.
Dés qu’elle eut son attention, ses yeux s’adoucirent enfin, et ses lèvres se levèrent doucement dans une sincère étreinte.


« - Mais vous m’avez fait confiance. Vous m’avez aidé, et découverte. Vous avez fait ce pas, et aujourd’hui nous en sommes là, amis, à chercher à vous aider. » Se faisant, elle releva légèrement son dos, tournant un peu ses yeux dans son humble boutique. « En réalité, je me sens un peu comme cette plante. Incomprise, mais survivante, m’abritant sous des épines. » De glace, dans son cas. Lentement, elle se leva, et se dirigea vers l’arrière-boutique pour trouver entre deux fioles un large pot en terre cuite qu’elle emmena avec elle jusqu’à son établis, où elle récupéra un petit chaudron d’étain qu’elle remplit d’eau et mis sur le feu. Quand elle ouvrit le pot, une odeur lourde s’en échappa, mélange de fleur et de thé rouge, déjà détrempé, mais encore utilisable. « Je nous fais du thé. Nous en aurons largement besoin. »

Alors qu’elle se tenait debout derrière l’établis, l’eau se mit doucement à frémir. Le tout maintenant était de tirer Duscisio de sa stase, et de le sortir de son silence. D’une façon ou d’une autre, elle devait lui faire cracher toute la culpabilité qui le hantait à tort, et qui lui empoisonné l’esprit. Et rien que cela s’annonçait une tâche gargantuesque…
Mais la jeune femme n’eut pas la moindre once d’hésitation. Elle n’était pas femme qui recule devant un travail de géant, aussi titanesque soit-il. D’une main, elle balaya ses cheveux, les rabattant de l’autre dans un grotesque chignon qui affrontait à lui-seul toutes les lois de la physique. L’après-midi sera rude. Mais elle était déterminée à faire avouer à Duscisio ses peines… Et à le délivrer de ses démons. C’était le premier pas vers sa guérison, bien qu’il ne s’en rende pas encore compte.

Bientôt la pièce était envahie du doux bruit des bulles: le premier son de l’apaisement?





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Dernière édition par Othello Lehoia le Ven 13 Nov - 22:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Mar 10 Nov - 15:59

Alors que le souhait impossible de pouvoir parler avec la plante fut prononcé, le jeune homme eut à ses oreilles la sagesse de la prêtresse. Son regard plonger vers le sol fut soudainement stimulé par un courant puissant d'une vérité des plus banale :
Ouvrir les yeux et l'accepter.

Comment a pu t-il être aussi bête ? Mais est-ce aussi simple que cela ? Accepter la Pistilose comme parti intégrante de lui-même maintenant que l'osmose était complète avec elle.
Ses yeux écarquillés de stupeur retournèrent facilement à celle de savoir elle l'avait accepté. Comment pouvait-il le savoir ? Elle ne parle pas, ne peut communiquer, ne peut se faire comprendre comme une personne le ferait par des mots et des gestes. Comment pourrait-elle monter qu'elle voulait le protéger ou simplement rester inactive si la prison qu'il lui avait imposée n'était pas présente autour de son poignet.
Par ce bracelet, il bloquait toute utilisation d'essence divine et donc de sa capacité à bouger de son plein gré quand elle le souhaite. Regardant le bijou, principale barrière qui maintient une peur que cela recommence. La recrudescence. La fois dernière il a été proche de la mort et a fait prendre le risque de blesser Irina contre son gré. Rien ne dit qu'elle pourrait recommencer.
La peur lui poussa à prendre la résolution d'acquérir un poison suffisamment puissant pour les tuer tous les deux dans un laps de temps des plus cours. Cela le mena à se promener avec cette fiole constamment avec lui si l'essai venait à se produire. Se sacrifier pour ne plus faire de mal à qui que ce soit. Accepter un destin aussi funeste n'avait pas été facile non plus, alors accepter la Pistilose serait une étape bien plus aisé. Il y avait autre chose qu'il avait accepté également. Othello lui rappela également leur première rencontre. Ce dernier ne s'était pas très bien passé. Lors de leur seconde occasion fut bien meilleur.

S'il comprenait bien, il fallait lui donner une seconde chance comme il l'avait fait avec la jeune femme au temple de Kron. Cette idée aussi simple après avoir attendu suffisamment de temps serait donc la solution à ses problèmes. Faire confiance à une simple plante semble irréel pourtant elle est bien là. C'était la meilleure manière de montrer ce qu'elle voulait de lui et ce qu'il voulait d'elle. Maintenant c'était à lui de faire le premier pas en retirant ce bracelet. Othello lui fit part de son opinion en se comparant à la plante. C'était un fait, elle avait raison.
De moins en moins crispé, acceptant cette éventualité, son attitude changeait doucement pendant qu'elle se leva pour aller faire du thé.

Bien sûr, ses paroles n'allaient pas le pousser à changer aussi radicalement. Il restait des doutes et des craintes. Fallait-il risquer de faire l'ultime expérience de retirer le bracelet afin de voir si la Pistilose l'avait accepté et non en profiter pour proliférer comme elle avait essayée à mainte reprise par le passer.
Levant son bras pour regarder à nouveau son bracelet comme hésitant à le retirer maintenant, la plante elle-même attendait encore et toujours d'être libérée pour ne rien faire qui pourrait compromettre son hôte. Ainsi elle fera tout pour gagner sa confiance dans cette seconde chance pour le défendre tel qu'elle le souhaite réellement, tel qu'elle l'avait toujours fait.
Ça c'était la première peine qui le rongeait. Pour les autres, des questions se posent encore, des incertitudes qui ne concernent ni elle, ni lui directement, mais il y est lier par divers facteurs.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Ven 13 Nov - 23:12

Les minutes passaient doucement, et bientôt l’eau bouillante coula allègrement dans la théière soigneusement disposée devant elle. Dans leur fond, un mélange de thé blanc, de pétale de rose – elle avait jugé l’occasion plutôt appropriée – et de diverses autres fleurs, comme la violette ou le jasmin, flotta bientôt à la surface, attendant de répandre pleinement leur saveur avant d’être définitivement jeté. Les volutes de vapeurs lui mordaient le visage, et couvraient ses yeux de buées. Mais elle n’en était pas aveuglée pour autant. Au contraire, la jeune femme se sentait plus lucide que jamais. Elle l’avait bien vu, auparavant. Il y avait eut un réflexe, un déclic. Un changement d’attitude chez son ami encore silencieusement assis autour de la table. Comme si, finalement, il commençait à ouvrir les yeux.
Heureusement, pensa-t-elle presque. Après tout, quand le sort s’abattait fatalement sur vos épaules, au lieu de pleurer et de l’affronter bêtement jusqu’à mourir de lassitude face à l’adversité, mieux valait accepter et se faire une raison.
Oui, cette plante vivait en lui. Mais peut-être dramatisait-il peut-être sa présence… Certes, elle avait montré jadis des comportements violents. Mais entre chaque attaque, il y avait eut un dénominateur commun : la peur. Ce parasite n’était pas un meurtrier, elle ne le voyait pas comme ça. La pistilose était simplement comme un animal. Quand on attentait à sa vie, elle se défendait bec et ongle. Quoi de plus normal ?

Une fois le thé infusé proprement, elle revint auprès de lui, deux tasses pleines à la main, la vapeur jouant amusément au-dessus comme deux ballerines ivres d’allégresse. Plaçant une des tasses devant l’herboriste, elle bu quelques gorgés de la sienne, avant de se rendre compte qu’il avait les yeux rivés sur son bracelet qu’il avait au poignet.


« - Qu’avez-vous à l’esprit, Duscisio ? » Demanda-t-elle simplement. Pendant quelques secondes, elle le regarda silencieusement. « Voulez-vous que je vous laisse un peu seul pour réfléchir ? »


N’attendant pas vraiment de réponse, elle le regarda encore, les yeux plongés sur son bracelet. C’est alors qu’elle comprit. Doucement, elle leva sa tasse, choisissant de ne pas lever la main sur lui pour ne pas le brusquer. Elle sentait que son ami était encore sensible, et qu’il valait mieux ne pas le brusquer, au risque de le mettre mal à l’aise. Habilement, la sirène préféra rester distante, choisissant les mots plutôt que les gestes pour protéger l’herboriste. Enivrée par l’odeur de fleur et de thé, elle l’observa doucement un peu plus, avant de lui dire doucement :

« - Vous devriez essayer de le retirer, Duscisio. Pas longtemps, seulement quelques secondes. Je suis sûre que vous seriez surpris par l’attitude de la plante. » Elle s’empressa d’ajouter, connaissant la nature protectrice de l’albinos pour les personnes auquel il tient. « Et ne vous inquiétez pas pour moi, sil le faut je sortirai de la pièce pendant l’expérience. »

Ses doigts commencèrent à jouer autour de la tasse, à s’enrouler autour d’elle comme des serpents blancs qui rampent pour trouver le soleil qui les réchauffera. Plus elle parlait, plus elle comprenait de choses au sujet de la plante parasitaire. C’était malheureux que lui, qui était pourtant l’ami le plus intime des plantes, ait du mal à décoder celle qui vivait au sein même de sa chaire.

« - Essayez de lui faire confiance, Duscisio… Après tout, vous pourriez essayer de la considérer comme une allié, et non comme une ennemie. Comme au début… » Lui dit-elle doucement. « Si vous essayiez de la comprendre, peut-être que vous pourriez enfin former une symbiose heureuse. »

A ces mots, elle avala de nouveaux plusieurs gorgées de thé. C’était étrange… Certainement une des premières fois qu’elle était plus bavarde que le jeune homme… Sa boutique n’avait pas été aussi hantée de sa voix.





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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Dim 22 Nov - 17:09

Qu'avait-il à l'esprit.
C'était une très bonne question. Le regard qu'il avait sur son bracelet affichait bien le doute d'un essai. Quand Othello parla de le retirer pour tester la plante comme il l'entendait, ses yeux s'affichaient plus expressif. Sans le savoir, elle était sur la même longueur d'onde.
Il tendit la main vers son bracelet, tremblante comme une feuille. Il voulait essayer, mais il était toujours effrayé parce qu'il peut arriver. Alors, pensant que c'était la meilleure solution, il replia son bras pour chercher dans son sac une fiole particulière. Une fois sortie, il cacha l'intérieur de sa main donc le bracelet décorait son poignet. La fiole verte était prête à l'emploi si nécessaire. Ce poison était la sécurité qu'il avait à prendre pour ne pas s'en prendre à Othello contre son gré.
À nouveau il tendit le bras gauche vers son bracelet pour l'ouvrir. Posant son pouce sur le bijou, un déclic retenti pour annoncer son ouverture. La pierre touchant encore sa peau ne laissait l'essence divine libre d'agir. Toujours hésitant, il ouvrait doucement le bracelet, tournait le poignet lentement. Les secondes passait pour des minutes, les minutes des heures, les heures pour des jours. Il ferma les yeux pour les derniers instants.

Et alors qu'il retira enfin le bracelet dans sa totalité, la plante eut une réaction immédiate.
Après avoir simplement fait éclore une rose à son poignet, la pistilose profita de sa liberté pour en faire de même à tous ses bourgeons après avoir divisé ses pousses en plusieurs tiges épineuses. Poussant avec anarchie tout en lui vidant ses réserves d'essence divine affiné avec le temps, augmenter par les années et les entraînements réguliers, une nouvelle recrudescence prit forme. Souffrant intensément de cette nouvelle tentative, Duscisio ne pouvait regarder que l'étendu de la catastrophe de cet essai que la jeune femme lui avait dit de faire. Comment pouvait-il être aussi naïf à ce point ? La voilà qu'elle subissait autant que lui. La pistilose lui faisait du mal, une vision insupportable que ses hurlements de douleur ne vint qu'à lui briser les cordes vocales. Les ronces pénétrèrent sa gorge jusqu'à envahir son corps. Elle hurlait aussi. Une souffrance qu'il ne pouvait voir de ses yeux malgré lui. C'était insupportable. La rose allai la tuer. Oh que non il fallait que cela cesse immédiatement.
Résistant de toutes ses faibles forces qu'il pouvait, il attrapa la fiole de toute sa poigne pour l'ouvrir et approcher son contenu à ses lèvres pour la boire dans son intégralité. Le résultat ne fut pas immédiat. En premier lieu, il ne semblait même ne pas avoir de réaction puis soudainement la pistilose s'arrêta de bouger. Les ronces tremblantes se replièrent sur elle-même comme une torsion de douleur immense. Son hôte aussi éprouvait les mêmes sensations.

La ronce dans la gorge de la jeune femme en sortie non sans douleur pour la victime, alors que de l'écume sortaient de la bouche de l'albinos alors qu'il devenait bleu. Son regard se tourna vers Othello, soulager de la voir encore en vie malgré qu'elle se tienne la gorge comme sortie d'une suffocation soudaine.
Tendant la main vers elle, lui prenant la sienne, il laissa ses yeux ouverts pour regarder ses traits si divins à ses yeux comme un ange qui le laissait partir. Quand la lueur de ses yeux s'éteignit, la pistilose laissa tomber ses ronces au sol, inerte comme son hôte qui s'était volontairement empoisonné. Ne pouvant que voir dans les dernières secondes que la jeune femme pleuraient son sort, l'albinos mourait dans la dernière bonne action qu'il avait pu faire dans toute sa vie.
Il pouvait reposer en paix...

Il en était rien.
Bien que la peur que cette vision se réalise le paralysait parfois.
Alors qu'il avait enfin retiré son bracelet, rien ne se produisit. Quelques secondes passaient alors qu'il ouvra enfin les yeux pour constater que rien ne se produisait. Toujours en vie, le jeune homme ne pouvait qu'être surpris du manque d'action alors que cette vision d'horreur lui était passé de multiple fois à l'esprit. La fiole dont le contenu verdâtre était toujours caché par sa main n'avait pas bougé non plus. Le bourgeons dans un état toujours fermé, ne voulait éclore comme il l'avait déjà supposé.
Un sourire. Une expression de joie sortie enfin de ce visage tourmenté.

Ahah...

Un rire, un éclat de rire qui exprimait sa satisfaction au plus profond de lui en voyant un tel résultat. Alors qu'il continuait à rire et à pleurer en même temps il posa la fiole sur la table révélant le signe du poison sur l'étiquette. Il posa son bracelet sur ses genoux et toucha le bourgeons immobile et par sa volonté propre, la fit éclore lui-même. Une petite tige de quelques centimètres poussa, un autre bougeons prit forme puis révéla une nouvelle rose blanche respirant la tranquillité de la plante à ne plus montrer d'hostilité à son égard. Continuant de rire doucement, il arrêta la pousse une fois que la rose blanche fut totalement ouverte. Il coupa la tige de ses ongles et en raccourcit le reste pour que le bourgeon à son poignet revienne comme avant.
Restant prudent, il donna la rose à Othello avant de remettre le bracelet sans hâte pour la regarder dans les yeux humidifié de soulagement.

Vous... Vous aviez raison... Elle ne voulait rien me faire, rien vous faire.

Il prit la main de la jeune femme pour lui en donner un baiser de remerciement sur le dos de celle-ci. Maintenant entre les siennes comme pour exprimer une gratitude démesurée, il continuait de la regarder avant de détourner à nouveau son regard sur son bracelet. Il n'avait plus l'air d'être rongé de peur, non, loin de là.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Lun 25 Jan - 15:29

Même si la sirène refusait de se l’admettre, quand il approcha sa main du bracelet qui siégeait à son poignet, elle dû bien admettre qu’elle avait eu peur. Qu’au fond de son ventre, un pincement avait saisi ses entrailles, et avait continué de les serrer entre ses doigts pendant tout le temps où il fit lentement glisser l’anneau de métal autour de son poignet, puis autour de sa main, pour finalement le retirer tout autant. Une crainte éphémère, dissimulé dans l’appréhension. Ils se regardèrent. Regardèrent le bracelet, la fiole de poison, tour à tour, alors que le silence et l’impatience étaient les seuls à leur répondre... Othello finit par regarder le jeune homme. Rien ne se passerait. Aucune peur, aucune haine, aucun fléau de ronces et d’épine. Rien si ce n’est le silence et son corps retrouvé. Un sourire éclaira son visage. Il était libéré de sa peur.

Le couvant avec affection du regard, elle découvrit avec joie l’herboriste renaître. Il s’épanouit soudain, apaisé, comme la fleure qui poussa lentement à même sa peau. A vrai dire, elle n’était toujours pas encore tout à fait habituée à voir de tels ramifications pousser sur lui, mais elle s’y habituerai vite pour le voir ainsi heureux. On lisait aisément le soulagement sur son visage, et quand il poussa enfin un soupir de soulagement, elle comprit que c’était terminé.


Qu’il avait été facile, finalement, de le remettre sur la voie de la confiance. Il avait suffi d’une seule démonstration. Gentiment, elle prit la fleure entre ses doigts et la fit danser doucement, la regardant tournoyer à gauche, puis à droite. De même, elle le laissa baiser sa main, abaissant élégamment son visage en guise de remerciement.

« - Vous voyez. Elle est un peu comme un animal, apeuré. Mais au fond, elle ne vous veut aucun mal. » Souffla-t-elle doucement. Au contraire, elle serait bien embêtée du trépas du jeune homme, commença-t-elle à se dire. En effet, si il venait à disparaître, il en était finit d’elle aussi. « Elle doit simplement vouloir votre santé et votre bonheur. » En lui tendant une tasse de thé bien méritée, elle finit par dire : « C’est l’occasion de fêter votre nouveaux départs à tous les deux. »


Maintenant, ce serait simplement l’affaire de s’habituer de nouveau à sa présence pacifique, et de se reprendre en main. Elle savait très bien ce que c’était de vivre avec ses démons, et de devoir ensuite les chasser et les oublier. La tâche n’était pas facile. Et bien qu’au début, on se convainc facilement à l’aide d’excuse et de banalité, qu’on les oublie quelque part entre deux pensées, ils reviennent toujours, plus rapides que des chevaux au galop. Duscisio avait largement la force de triompher de cette épreuve. Mais cela lui prendrait sûrement du temps pour remonter des enfers et retrouver la surface. En le regardant attentivement, souriant malgré sa fatigue, apaisé malgré son corps frêle et amaigris, elle se promit de l’aider à retrouver la lumière calmement, et surtout de lui faire très vite avaler un bon repas. Surtout si elle allait devenir Hau...
Avalant quelques gorgés de thé, Othello regarda son ami du coin de l’œil, et attrapa rapidement la fiole de poison qu’il avait sorti. Après quelques secondes d’examens, elle s’attarda un peu plus attentivement sur le liquide, jouant avec la lumière pour mieux le distinguer.

« - Il est d’excellente facture. » Dit-elle en retirant le bouchon pour en sentir légèrement les vapeurs. L’odeur âcre et terrible qu’il s’en dégageait lui fit presque tourner la tête, et elle la ferma aussitôt, la reprenant dans sa paume. « Vous auriez tout de même pu être plus tendre avec vous-même... Je donnerai ma main à couper qu’il a un goût terrible. Autant se donner la mort avec des notes plus savoureuses. » Elle sourit, le rire derrière les lèvres. « Mais j’imagine que vous n’en aurez plus besoin à présent, n’est-ce pas ? »

Alors, elle soutenu son regard, déterminé à ce qu’il abandonne maintenant son outil de mort qu’il transportait incessamment sur lui. Il avait eu la preuve que la pistilose ne lui voulait aucun mal : au contraire. Et ce n’était sûrement pas une tentative perdue et camouflée de leur fendre à la gorge dès qu’elle en aurait l’occasion. Tout comme un chien aurait peur de vexer son maître, la plante devait sûrement craindre le jour où l’herboriste déciderait de se débarrasser d’elle. D’où ses sautes d’humeur, d’où sa crainte, et sa volonté perpétuel de l’éloigner du danger. C’était réellement un organisme fascinant. Jamais l’hybride n’avait vu une plante dotée d’une telle intelligence, d’un tel instinct de survie, et surtout d’une telle capacité d’adaptation.

Ses pensées dérivèrent bien vite vers d’autres rivages, la guidant vers d’autres lieux lointains où il n’y avait encore que des questions. A présent qu’une épine était arrachée, une autre se plantait profondément, très profondément dans sa main. A présent que l’herboriste était libéré, qu’il n’avait plus cette responsabilité qui lui pendait au cou, prendrait-il le risque de l’écouter et de l’aider dans son épreuve ? N’aurait-il pas mieux à faire que d’accepter si vite un nouveau fardeau ? Othello commença lentement à avoir des remords, à se demander sil était juste, finalement, de faire appel à lui. Elle qui ne l’avait pas soutenu quand les choses avaient dégénérés, allait-elle oser l’arracher à sa vie ? Les regrets sont tous empoisonnés, néfastes. Et la blanche naïade, tenant fermement sa tasse de thé, essayé à grand peine de les noyer dedans.



« - Vous devez vous sentir apaisé à présent, cela fait plaisir à voir. Qu’avez-vous comme projet, à présent ? Aviez-vous quelque chose en tête pour quand votre ciel s’éclaircirait ? »

Doucement, elle le regarda de nouveau, les jambes doucement croisés, soufflant une fois de plus sur sa tasse de thé.






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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Sam 6 Fév - 19:37

Constatant encore le résultat d'un essai reporté par la peur qu'elle se retourne contre lui, la Pistilose ne donnait aucune forme d'agressivité. Comment ne pouvait-il pas être surpris ? Les mois passés dans la terreur et la résolution que personne ne devait souffrir contre son gré arrivait à son terme par une petite pousse d'une rose qu'il ordonna de sa magie.
Longtemps enfermer dans une cage végétale il s'en libère enfin, indirectement avec l'aider et les encouragements de la femme pure comme la neige qui se trouvait devant lui. Alors, quand elle énonça la volonté concluante que la pistilose ne voulait que son bien, il se remémora alors les nombreux moments on elle prenait le dessus. Et si ce n'était qu'un réflexe défensif de sa part ? Les douleurs de la brusque pousse au travers son corps des ronces n'étaient qu'un effet secondaire. Longtemps il avait assimilé ceci à une agression ou bien une peur qu'il veuille se débarrasser d'elle, il se trompait. Le sourire aux lèvres pour exprimer ce bonheur d'une peur qu'il fallait maintenant oublier, il hésitait maintenant à remettre le bracelet, mais avec bonne conscience, il fallait qu'il « parle » avec la Pistilose en tête à plante. Prenant la tasse de thé, il s'en réchauffa les mains. Riant doucement, il répéta :

À un nouveau départ ! Puisse-t-il être bien meilleur.

Buvant sa tasse, il rejeta le récipient trop chaud de ses lèvres en soufflant fortement dessus. Le regard de la demoiselle se porta alors sur la potion néfaste qu'il avait posé au cas où les choses tourneraient mal. La voir prendre le la fiole de poison laissait un regard terrifié. Même si elle l'avait vu, il resta pourtant calme, ses compétences d'herboristerie étaient proches du sien. Son observation vint à constater que le résultat dépassait l'excellence. Autre ses propres compétences en matière de remède, voir qu'il fabriquait aussi des poisons avait de quoi étonner. Celui-ci était d'ailleurs des plus efficaces.

Je dois la recette à la plume du grand corbeau qui se trouve chez moi. Elle me donne la plupart du temps ce genre de concoctions et plus rarement des remèdes ou leur antidote.

La plume en question devait sûrement être en train d'écrire l'une de ses recettes au moment où il en parle. La pile de parchemin qu'il laissait à côté servait à ce que l'objet continue d'utiliser son encre pour espérer sortir un remède qu'il pourrait commercialiser.

C'est le poison le plus efficace que j'ai utilisé. Leur fabrication ne change guère d'un remède classique.
Mais maintenant oui en effet, je n'en ai plus besoin.


Il pouvait en effet s'en débarrasser. Lui expliquant comment le neutraliser afin d'empêcher la moindre goutte de tuer quelqu'un par accident une fois versé dans la nature.
Puis sans réfléchit vraiment sur la question de ses projets à venir il resta muet durant un long moment pour y réfléchir, tournant la tasse dans ses mains.
C'était une bonne question, fixant la jeune femme puis la tasse il semblait pensif. Jusqu'à maintenant, il n'avait pensé qu'à chercher des plantes sur tout le continuant, en faire une sorte de collection et les utiliser. Que pouvait-il faire d'autre pour continuer de survivre ? Les quelques aventures changeaient de temps en temps de la routine de son métier qui le passionne toujours autant.

Je vais continuer mes études et la recherche de mon objectif comme à mon habitude. Répondit-il après quelques minutes. Je n'ai rien d'autre de prévu durant les mois à venir si ce n'est que continuer de me perfectionner.

Ainsi était la dure réalité de sa propre vie. Elle n'avait pas l'air très riche, mais même s'il paraissait apaiser il avait quelques incertitudes dans son esprit.
Sur l'instant, il devait avant tout profiter du moment présent, maintenant qu'il se tenait en face d'Othello. Allait-il prolonger finalement son séjour ici ?

Maintenant que j'y pense. Dit-il soudainement en sortant la lettre de son fourre-tout. Je suppose que vous m'aviez demandé de venir pour quelque chose d'important.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Dim 24 Avr - 22:32

« - Pour ça, je n’en ai aucun doute. » Dit-elle doucement, un fin sourire au bout des lèvres. Il méritait bien un nouveau départ... Mais sa nature ne dépendait que de lui à présent.

La plume du grand Corbeau... Curieux objet que celui-là. Jamais elle n’avait jalousé les détenteurs de ces artefacts, pourtant l’idée d’en avoir un jour une était assez séduisante. Et l’idée même que leurs élucubrations étaient aléatoires l’intriguait beaucoup. Duscisio était évidemment sous de bonnes grâces : non seulement il en possédait une, mais en plus celle-ci écrivait des recettes de potions... Certes, des recettes de poison. Mais peut-être un jour se lassera-t-elle de semer la mort pour écrire des remèdes, qui sait ?
Pendant de longues secondes qui rendirent le silence un peu plus pesant, elle l’observa plonger dans le fleuve de ses pensées. Il sembla particulièrement introspectif, posant sans cesse son regard à différents endroits, sans jamais vraiment s’arrêter fixement. Au bout d’un long moment, il reprit la parole, évoquant ses prochaines actions. La jeune femme dressa attentivement l’oreille, et lui offrit toute son alerte. Ses objectifs... Professionnels, sûrement. C’est ce qu’elle se dit quand il évoqua cela. A vrai dire, cela faisait tant de temps qu’ils ne s’étaient pas vu... Elle commençait à en ignorer beaucoup sur l’albinos. Même si leurs liens semblaient forts et indéfectibles, il ne leur donnait pas le don d’ubiquité, ni celui de télépathie. Elle savait qu’elle avait manqué beaucoup de choses, et qu’avec le temps, il devait sûrement aspirer à de nouvelles choses. Mais si ses prochains mois étaient libres, alors peut-être...

L’albinos lui rappela quelque chose qu’elle avait presque oublié. La raison de sa venue... Othello glissa alors le regard brusquement vers la lettre couverte de mots mauves qui devait patienter doucement en attendant d’être manipulée. La sirène se leva alors, glissa jusqu’à elle et l’attrapa entre ses petits doigts maigres. La relisant brièvement, elle l’emmena à Duscisio et la posa devant les yeux de son ami. Les preuves vaillent mieux qu’un grand discours. Elle le laissa parcourir à son tour le courrier, et finit par conclure, alors qu’elle s’était penchée sur la table, et qu’elle s’appuyait ses coudes, les yeux perdus sur l’encre violette.


« - Je pense que je vais participer. Bien sûr, c’est peu probable qu’il s’y passe quoique ce soit... Mais ce serait l’occasion d’être en communion avec Kesha... »

Ses mots étaient éteints, et maladroits. Elle dansait sur une corde instable, et elle n’était pas tout à fait sûre de savoir dans quelle direction elle se jetait à corps perdue. A vrai dire, cela lui paraissait tout à fait colossal, et tout à fait impossible. Nulle, mise à part Irina, n’était destinée à cette position. Le précédent Haut-Prête avait disparu dans de mystérieuses conditions... C’était la voie rêvée ! Alors pourquoi le conseil s’était tourné vers elle et non vers la flamboyante ? Cela restait un mystère pour elle. Néanmoins, ce mouvement était peut-être fait afin de détourner les soupçons et permettre à la sœur de poursuivre ses manœuvres sur le terrain. Et puis...

« - Je dois également être franche avec vous. J’imagine que quelque part, cela permettrait à Irina d’avoir une nouvelle influence, et une réputation agrandie. Si on sait qu’une sœur sous sa juridiction passe l’épreuve, cela pourrait tourner plusieurs fidèles vers elle, et peut-être même convaincre quelques sceptiques... »

C’était peut-être bien naïf de sa part de croire de telles choses. Pourtant, elle était persuadée de la vérité de ses mots. Doucement, elle pencha sa tête, et passa sa main dans ses longs cheveux d’argent, passant à travers comme sils avaient étés un long fleuve tranquille, coulant sous les rayons de la lune. Sa peau semblait d’albâtre ou d’ivoire, et, tout à coup, malgré la liesse qui les avait unis, elle sembla perdue.

« - Si vous me le permettez... Pourrais-je avoir votre avis ? Je serais vraiment heureuse de savoir ce que vous pensez de tout ça. Devrais-je participer, selon vous ? »

Elle se tourna vers lui, soucieuse de connaître son opinion sur tout cela.





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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Jeu 28 Avr - 14:17

Jusqu'à maintenant, tout ne se passait pas comme il le pensait. C'est mieux ainsi. Depuis qu'il est arrivé avec sa tête de déterré, avec pour seul espoir de liberté la mort par un poison très violent si la Pistilose devait à se montrer agressive envers son entourage. Il n'était pas question qu'elle s'en prenne à Othello.
Mais alors, elle lui présenta l'essai malgré une peur sans nom d'une chose qui ne lui était pas permise durant plus de deux mois pour lui faire découvrir qu'elle ne leur voulait aucun mal.
Mais alors pourquoi ses réactions envers les personnes qui approchaient dangereusement ?

Il n'aura aucun mal à trouver la réponse à l'avenir. Cette femme lui avait offert un nouveau départ comme il pouvait s'attendre de celle dont ses sentiments étaient les plus forts. Rien ne les éteindra. Comme d'une lutte intérieure il se fit une promesse qu'il gardera au fond de lui pour son propre bonheur.
Trinquant à cet avenir avec une tasse de thé, expliquant comment avait-il eu la recette de ce poison, Duscisio soulageait sa conscience en exhibant la vérité du mieux qu'il le pouvait. La plume du grand corbeau qui possédait ferai rêver les plus grands spécialistes dans le domaine de l'empoisonnement. Malgré se désavantage pour son métier il pouvait de temps en temps avoir leur antidote et plus rarement des remèdes au différant maux du monde et ceux qui ne sont même pas encore connu ou simplement oublier, disparu.

La venue du retour au sujet principal de ce déplacement qui lui fut rappelé, Othello lui fit lire la lettre envoyée par le haut monastère. Le style d'écriture et la couleur de l'encre laissait la vision d'une femme. Il n'avait peut-être pas retenu les noms, mais le fait que les haute-prêtresses d'Alea ou de Soulen, ce fut celle de Dedil qui se présenta à la fin de l'écrit lui proposant de se rendre au Haut-monastère pour une importante cérémonie.
Il avait déjà entendu parler de ce genre d'événement, mais jamais il aurait pensé pouvoir entendre parler ou participer à l'une d'entre elle.
Othello pense qu'y participer serait plus sage.

D'un hochement de la tête, Duscisio approuva. Posant la lettre sur la table, il réfléchissait.
Il n'espérait pas spécialement que quelque chose se passe non plus, à vrai dire il pensait même qu'elle serait tout à fait désigner pour ce rôle qui a une importance élevée chez les Gelovigiens. Haute-Prêtresse. Il fit un sourire quand il pouvait croire qu'il serait de l'entourage d'une telle personnalité.
La lecture de la lettre avait marqué dans son esprit le nom de la haute-prêtresse de Dedil. Si de son côté il devait bien se rapprocher d'une divinité c'est bien celle de la flore de la vie. De part son métier, mais de son osmose également qui surprendrait plus d'un botaniste.
Dans la suite de ses pensées qu'elle partagea avec lui, la jeune femme pensait à l'influence agrandit d'Irina. D'après ce qu'il avait entendu, c'est elle qui avait hérité du titre de Grande prêtresse du temple. Il n'avait plus approché Irina depuis la recrudescence qui le poussa à s'isoler totalement du monde jusqu'à aujourd'hui. L'avis de Duscisio sur la question avait quelques choses d'important à ses yeux. Lui qui était son protecteur et son soutien le plus affirmé, selon lui, il était de son devoir d'exprimer ses pensées.

Je ne peux rien affirmer, mais vous avez toutes les chances d'y être nommée.

Lui qui était lié à l'essence divine et aux divinités depuis sa tendre enfance, directement ou non, cette intuition et cette vision restait depuis le temple de Kron. Elle était liée à Kesha malgré la malédiction dont il avait essayé de la protéger.

Cela fait plusieurs années que l'on s'est rencontré et je vous ai toujours vus sous sa lumière peu importe vos actions et vos pensées, votre lien avec Kesha a toujours été présent.

Il saisit sa main pour la blottir entre les siennes, la rassurer l'aider moralement et enfin la soutenir dans sa volonté d'avenir.

Gardez à l'esprit que quoi que vous fassiez, si je peux faire quoi que ce soit pour vous, je traverserais milles rivière et franchirai mille montagnes pour être présent à vos côtés dans le moment où le doute s'empare de votre cœur.

Un peu comme une seconde déclaration d'amour, Duscisio déposa un baiser sur la main de la jeune femme pour confirmer qu'il ferait tout pour elle, même les actions les plus folles, les voyages les plus dangereux.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Ven 3 Juin - 20:42

Silencieusement, elle observa son ami dont les yeux étaient piégés sur la mystérieuse lettre à l’écriture pourpre. Retranchée au bord de sa chaise, son dos droit recouvert de ses cheveux d’argent, l’ondine n’arrivait pas à percer le fil des pensées de l’albinos qui s’était enfermé dans un étrange mutisme en regardant le document. Il semblait aussi perplexe qu’elle, à regarder le manuscrit comme pour lire à travers les lignes. Mais malgré tout, son air sérieux et son faciès grave lui indiquait qu’en réalité, il réfléchissait très sérieusement.
Après tout, les enjeux politiques d’un tel évènement étaient indéniables. A vrai dire, elle ne connaissait personne qui était entré dans une cérémonie d’élection pour rester dans l’ombre. Une simple nomination voulait dire énormément de chose : renommé, élévation, et sûrement de nouvelles responsabilités dans l’ordre. Et si cela pouvait avoir de bonnes retombées pour sa vie dans l’ordre, elle ne comprenait pas encore tout à fait ce que cela pourrait signifier pour sa vie personnelle. Ni même si cela l’impacterait d’une façon ou d’une autre.

Doucement, son regard parcourut la pièce. Ce petit endroit qu’elle avait longuement construit, son commerce qu’elle s’était attachée à garder en vie, qui l’avait permis de se faire une petite place dans la ville. Non loin, Drasha, Jehyel. Comment les choses changeraient pour eux si elle venait à être consacrée ? Rien n’était moins sûr. Une élection lui vaudrait de quitter tout ça. D’abandonner le commerce de ses remèdes, la création. Elle serait au premier plan, deviendrait une personnalité de la vie politique et religieuse de ce monde, orchestrerait des cérémonies, aurait des pieux et des gélovigiens sous sa diligence, afin de mener le plus brillamment possible son temple, pour le faire prospérer... Et Irina ? Quels rapports auraient-elles après ? Seraient-elles collègues, égales ? Non, décidément, cela ne lui plaisait pas du tout. Elle qui avait profité de sa position en bas de l’échelle, imaginer seulement se retrouver en haut lui donnait presque la nausée. Cependant, elle n’en montra rien, se contentant de regarder silencieusement le jeune herboriste.

Soudain, après quelques secondes d’introspection, il lui adressa la parole pour confirmer ses craintes. Sans vouloir l’accablé, elle dû accepter qu’ils étaient pour une rare fois en désaccord forcé, non par conviction, mais par choix. La jeune femme était profondément rassurée par l’idée qu’elle ne pourrait pas accéder au titre de Kesha. D’abord car elle ne se considérait pas digne, et ensuite, et par pur égoïsme, elle ne se voyait pas tenir avec autant de responsabilité. L’entendre dire toutes ces belles prophéties... Cela lui faisait une peur bleue. Plus il parlait, plus elle commençait à considérer la possibilité que cela puisse réellement arriver. Et, se faisant, elle sentit se réveiller dans son ventre un poisson terrifiant qui commença à s’agiter entre ses entrailles, pour y faire avidement son nid.
Et puis, il y avait la malédiction... Elle ferma sa main au-dessus de son nombril, comme pour enfermer ensembles toutes les tares de son corps. Son ventre infertile qui lui faisait si mal, et sa paume, symbole et témoin de sa décadence. Et malgré tout cela, Kesha pouvait la choisir ? Cela paraissait plus qu’incertain. Néanmoins, sachant cela, il lui paraissait toujours pertinent de passer l’épreuve. Perdue à son tour dans ses pensées, elle observa le jeune homme parlé, dessinant du bout de ses yeux le contour de son visage, tout en s’éloignant loin au cœur de ses pensées.

Admettons qu’elle la passe, l’épreuve. Une maudite ne pouvait être élue, c’était à parier. Alors elle pourrait faire bénéficier son temple de toutes les vertus d’une tentative, sans les lauriers ultimes ? Irina s’y verra consacrée par ses enseignements et son charisme, et Othello pourrait en sortir la tête haute, laissant à un autre l’honneur que de servir pour Kesha ses splendides desseins pour tous ses fidèles. Effectivement, cela lui paraissait être un plan assez bien ficelé. La jeune femme s’en trouva rassurée, et retrouva petit à petit ses esprits, et sa présence devant Duscisio qui finissait ses sages paroles. Finalement, il vint attraper sa main froide, entre les siennes un peu plus chaudes. Cela la fit frissonner doucement. Elle appréciait tant sa dévotion, ses attentions constantes. Et elle ne savait si elle le méritait vraiment, d’ailleurs. Il lui sembla alors tellement cruel de le voir ainsi... Elle qui n’avait rien fait pour l’aider, qui le voyait revenir des mois d’errances dans le but de se sauver, et qui avait encore le toupper de demander son aide... A cet instant seulement, elle voulut être Haute-Prêtresse, afin de le bénir de toute la lumière et de toute la paix qu’il méritait.

Il déposa ses lèvres sur le bout de ses doigts, un contact éphémère qu’elle saisit doucement, semblable à la caresse des ailes d’un papillon. Quel sentiment étrange. Elle n’aurait su le décrire, une forme de piété extrême, d’humilité et d’admiration. Cet homme qui vivait tant de choses dures et difficiles, et qui se trouvait devant elle, prêt à s’agenouiller, et à affronter milles dangers pour son simple salut ? Un poids énorme tomba dans son ventre, comme si elle était coupable de tous les crimes de la terre.

« - Je vous remercie tant, mon ami. Je commence à croire que ce n’est pas à moi de passer cette épreuve, mais à vous ! » Elle lui sourit avec amusement, et ne retira pas sa main, qui était bien là où elle était. Si vous saviez, mon cœur est déjà plein de doutes, voulut-elle ajouter. Mais elle n’en fit rien.

Silencieuse, elle s’interrogea alors sur ce qu’il fallait faire. La cérémonie approchait à grand pas, et il lui fallait donner une réponse dans les plus brefs délais. Avec le confort de Duscisio, il ne lui restait plus qu’à accepter. Cependant, les conséquences pouvaient être bien plus magistrales qu’elle n’osait l’imaginer, et elle pourrait en ressortir avec une position bien différente que ce qu’elle aurait souhaitée... Brutalement saisie par une pensée très sombre, elle se retrouva cruellement contrainte à une curieuse fatalité : elle était seule. L’idée de convier Irina était à exclure, car la belle rousse avait à faire avec une guerre sur les bras. Et ses félins, allaient-ils rester seuls ? Cette pensée seule la peinait plus que tout. Puis elle regarda de nouveau l’herboriste. C’était une évidence. Depuis le temple de Kron qui les avait unis par des liens invisibles et indicibles, les liens du secret, elle savait qu’ils pouvaient tous deux compter l’un sur l’autre d’une façon tacite et inconditionnel. Néanmoins, il lui sembla qu’il était sage que, pour une fois, elle ne fasse pas preuve d’égoïsme.

La question au bout des lèvres, elle restait pourtant muette. Lui demander serait mal, lui qui s’était déjà tant dévoué pour elle. Et pourtant, elle ne pouvait se résoudre à s’y rendre seul, et à passer sous le regard de sa déesse dépourvue de tout, même de ses amis. Silencieusement, elle se leva, parti remplir sa tasse, et revint, pour boire de nouveau à petites gorgées. Mais quel faire... Finalement, elle céda, soupira et se lança finalement.


« Peut-être que... Si ce n’est trop vous demander, vous pourriez m’accompagner jusqu’au Haut-Monastère ? » Elle s’empressa de rajouter, comme si elle en avait déjà trop dit : « Je comprendrais bien sûr que vous ne vouliez pas, que vous ayez trop de choses à faire. »

Ses doigts s’enroulèrent autour de sa tasse comme des serpents. Son ventre était douloureux. Othello se rongeait du sentiment d’avoir fait du tort à son ami...    





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