[Terminer] Les mots de verre - Page 2



 
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 [Terminer] Les mots de verre

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:: Le rosier blanc ::

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:: Le rosier blanc ::
Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Mar 7 Juin - 18:36

Alors qu'il lisait la lettre, il sentait comme une tension sur l'expression d'Othello. Jetant un coup d'œil pendant qu'elle semblait vouloir réfléchir ou simplement se rassurer, le sérieux de la lettre et de l'expression de l'albinos avait de quoi donner quelques angoisses.
En effet ce n'était pas une demande comme les autres. Le fait d'être choisi comme haute-prêtresse n'était pas de la rigolade.
Prendre une position comme celle-ci alors qu'elle n'était qu'une femme qui utilisait ses armes pour le bien du temple, les doutes pourraient se porter sur la jeune femme. Et puis il y avait ce qu'il se trouvait sur la paume de sa main, cette malédiction qu'elle a acceptée pour acquérir de la puissance grâce à la Lance de Kron, lance dont il en a vu l'œuvre lors de leur rechercher de la Fleur des cendres.
Beaucoup de points ont changé pour le couple, se retrouvant aujourd'hui pour discuter de la fameuse lettre, ils purent également le sortir d'une peur sans scrupule qui lui a valu beaucoup de souffrances. Cet épisode la tracassait encore, c'est certain.
Sans le savoir encore, Duscisio allait prendre une décision grave qui lui permettrait tout de même de retrouver la liberté. Une décision qui prendra du temps et une part de risque, un acte volontaire pour lui procurer la paix. Selon sa vision du moins.

Voulant se sacrifier pour elle, il en payera le prix, mais il la verra libre. C'est tout ce qui importe.
Elle ou son premier enfant... Cela était un outrage envers la divinité lier à la féminité que la demoiselle représentait très bien de son point de vue. Elle a su garder sa pureté toute sa vie malgré ses actes qui portent encore à confusion. Il ignore si c'était depuis qu'elle l'avait rencontré, mais elle avait changée.

Lui également, depuis le temps qu'il connaît la jeune femme, il n'aurai jamais fais autant pour une seule personne. Ne souhaitant qu'à rester au prêt d'elle le plus longtemps possible, mais sur le coup il voyait bien que c'était impossible. Elle allait se lier à une fonction qui allait peut-être les éloigner.
En pensant à cela, il se rendra compte qu'il s'éloignera de lui-même, un futur contradictoire qui ne semblait être en mesure d'être changé, mais il l'avait choisi. Qu'était-il dans ce monde ? Un être né pour vivre un temps donné. Même s'il avait souhaité vivre indéfiniment, il se rendait bien compte que cela était impossible...

Revenant à elle après lecture, il énonça son propre point de vue et sa propre vision des choses. Peut-être faussée, mais il n'avait aucune raison de ne pas l'encourager. Il était trop attaché à elle pour qu'il en vienne à lui donner un mauvais air d'elle-même, en regardant les choses autrement.
Un petit contact éphémère qui la fit frissonné, une chaleur apportée entre ses mains, ses remerciements le firent sourire un peu. L'expression de l'ondine avec quelque chose d'étrange, elle doutait encore, c'était certain. C'était à lui d'en extirper cette sensation sans doute désagréable ?

J'en doute d'être aussi proche de Kesha que vous l'êtes.

Il faut regarder vers l'avenir et voir ce qu'il nous semble bon pour corriger les erreurs du passé, aurait pu t-il ajouter. Ce n'était pas encore temps.

Un silence palpable, le contact de ses mains restait pour la soulager d'un imminent trouble qui la rongeait. Se plongeant dans son regard, ce lien qui les approchait n'était pas lieu d'être que depuis qu'elle possède la lance de Kron. Pas pour lui. Le secret prenait beaucoup de place, certes, mais il y avait beaucoup de choses qui avaient fait qu'il était tombé amoureux d'elle. La beauté et la pureté qu'elle inspirait en était un exemple.
Parler de le vouloir à ses côtés pour se rendre au haut-monastère ne pourrait pas le déplaire. Quand elle commença à penser qu'il ne voudrait pas, il garda une main contre les siennes et leva l'autre pour poser un doigt sur ses lèvres pour la couper.

Je vous suivrai n'importe où autant que vous le souhaitez, tant que vous avez besoin de moi.

S'il devait la suivre jusqu'en enfer il le ferai sans hésiter. Cette volonté présente de vouloir rester à ses côtés était si forte que rien ne saurait l'en dissuader.
Comme d'un réflexe, il se leva pour la coller contre lui, la prendre dans ses bras pour la rassurer, tenir ses mains de lui suffisaient plus. Lui caresser les cheveux tout en posant son menton sur sa tête. Tel un bouclier contre ses propres doutes, il restait ainsi quelques instants sous le regard des deux félins.

Les prochaines heures qui suivirent eut pour but de détendre toujours plus la jeune femme de la journée de la cérémonie qui approchaient à grands pas. Devant compter le temps du voyage, le convoi était donc prévu pour le sur-lendemain. La fin de la journée comme celle d'après fut passé à discuter et à concocter des remèdes pour la clientèle.
Comme Othello avait une manière différente de les préparer il en prit compte pour enrichir ses propres techniques de fabrication et qui plus est sa propre culture en connaissance des plantes et de leur utilité.
Voulant lui fait oublier le stresse quelques petites histoires pour la décontracter sur ses voyages furent échangé, comme les mauvaises aventures, en particulier ses deux derniers mois où elle sût tout sur tout.
La manière dont il se sentait constamment observer ou menacer par la moindre présence vivante autour de lui. Il raconta aussi la mauvaise expérience qui avait eu avec une femme qui s'était perdu. La décrivant comme une belle femme à la peau aussi blanche que lui, la description de son attitude pour se défendre de sa folie avait de quoi rire. Le fait de se déshabiller devant un jeune homme comme ça, il y aurait de quoi porter quelques soupçons, mais quand il expliqua qu'elle allait prendre sa forme monstrueuse... ou encore comme le fait qu'elle prit par à son cauchemar alors qu'il lâchait un dernier souffle comme s'il mourrait subitement.
Mourir. Cela pourrait prendre peur pour la jeune femme, mais Duscisio savait la rassurer rien que par le fait qu'il était encore là.

Concernant les clients, il eut toute sorte de remarque. Comme voir Othello avec lui, portait à confusion comme s'ils étaient en couple tout le deux. Il échangea un regard et se justifia longuement avec la personne. Un petit rire aux lèvres qui savait calmer l'ambiance morose qui restait depuis la veille.
La journée passée, la morosité revenue... Elle était encore angoissée à l'idée de participer à cette cérémonie et portait encore beaucoup de doutes sur elle. Peu importe ce qu'elle demandait, Duscisio s'exécutait pour son bien. Jusqu'au lendemain ou le voyage commença...

Ainsi la route vers le haut-monastère prit des formes indescriptibles d'inquiétude et de gestes rassurant de la part du jeune herboriste.


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Merci Othello pour le Kit

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::  Haute-Prêtresse de Kesha ::

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:: Haute-Prêtresse de Kesha ::
Othello Lehoia

MessageSujet: Re: [Terminer] Les mots de verre    Ven 8 Juil - 0:42

Être proche de Kesha ? La sirène s’interrogea soudains sur le sens des mots énigmatiques de son ami. Que voulait dire cette phrase étrange... Othello plongea curieusement jusqu’au fond de sa tasse, rêvant doucement à sa déesse et à sa foi, et à ce qu’elle représentait pour elle. Il était vrai qu’elle était son seul véritable amour, la main posée sur son épaule malgré toutes les épreuves, la flamme vacillante dans la nuit mais qui ne s’était jamais éteinte. Celle pour qui elle menait toutes les batailles, pour qui elle se levait le matin et pour qui elle priait incessamment tous les jours.
Mais si sa foi était digne de l’immaculée image de la très Sainte, il y avait de cela cinq ans, la sirène avait la sale impression qu’aujourd’hui, sa robe blanche était jonchée de sang, de miasmes, et de fange qu’elle traînait derrière elle comme une ombre, et qui souillait son passage d’immondice hérétique. Les meurtres qu’elle avait commis pour son ordre, au nom de Kesha, n’étaient ni justes ni justifiés. Et les tromperies, les infiltrations, les manipulations...

Son reflet troublé lui apparut soudain dans le fond de la tasse, à la surface même du curieux liquide. Qui était-elle ?...

Le doigt de l’herboriste vint bousculer le fil de sa rêverie, pour interrompre le fil même de sa parole. Un poids se leva de sa poitrine, mais fut immédiatement remplacé par un autre, plus fourbe, plus oppressant. Un fardeau blafard, une forme de tromperie aveugle qu’elle n’aurait su expliquer. Du bout de son nez, elle inspira dans ses narines le parfum de thé et d’herbe qui émanait du doigt de l’herboriste, se sentant brusquement troublée par ce contact étrange qu’on ne lui avait encore jamais imposé. Quand il eut retiré son index, la pression, le relief de sa pulpe resta imprimé dans sa lève comme une empreinte brûlante, et elle jura que, si elle se regardait dans un miroir, elle aurait pu lire le dessin de son doigt en rouge sur sa bouche. Mais soulagée de sa réponse, elle acquiesça sans plus mot dire, heureuse de recevoir son aide.

Rien n’aurait pu lui permettre d’anticiper les prochaines actions de l’herboriste, qui la fit décoller de sa chaise dans sa fougue pour l’attirer contre lui dans une étreinte soudaine qui laissa la jeune femme bouche bée. Un très lointain souvenir se rappela à elle, plein d’horreur, plein d’ivresse de la chaire, l’emplissant de crainte, de nausée, mais elle se contint, ne sachant comment réagir et laissant bêtement ses mains suspendues dans l’air.
Ne sachant pourquoi, elle ne se sentit brusquement pas à sa place. Elle ne méritait pas cette étreinte, encore moins sa bonté. Il fallait qu’il se décolle, vite, sinon elle imprégnerait ses beaux vêtements des miasmes et des souillures qui la couvraient, sinon il serait, à son tour, maculé de sang. Fermant les yeux, elle retint son souffle comme si elle plongeait dans la mer, espérant que ses branchies, absentes sous cette forme, fasse le travail pour ses poumons. « Laisse-toi faire... » Lui disait souvent Elerinna quand elle faisait appel à elle.
Duscisio était un de ces rares être à voir la bonté en tous, à agir follement pour les intérêts d’autrui plutôt que pour les siens. C’était admirable, et enviable, et l’ondine, toute blanche, s’en trouva totalement désarmée. Bien sûr, elle savait qu’il ne pensait pas à mal, qu’il faisait cela de bon cœur, de ce cœur si pur et si bon qui la couvait de bienveillance. Et elle lui en était merveilleusement reconnaissante. Pourtant, ces bras tendres l’enfermaient dans ses faiblesses, et elle sentit sur sa tête le poids de sa vulnérabilité.

**

La fin de la journée avait été bien heureuse. Duscisio savait l’art et la manière de l’enjouée, bien qu’elle ne fut guère personnage à être très expressive. Sa façon de l’observer travailler l’avait beaucoup amusé, et leurs échanges avaient été particulièrement enrichissants. Il lui raconta tout son histoire, tout ce qu’il n’avait pas su lui dire, et qu’il avait gardé profondément enfoui pour lui-même. Othello en avait été flatté, et particulièrement touchée. A présent dépositaire de ses secrets, elle se jura de veiller sur eux le temps qu’il lui sera impartie sur cette terre, et de les protéger à tout prix. Quant à elle, malgré la guerre, elle n’avait guère de souvenir à offrir... Elle lui raconta son voyage jusqu’aux terres australes en compagnie de la flamboyante rouquine que fut Malona, et du colonel Jézékaël, un homme franc et brute qui avait la vertu d’être un honnête homme.
Aux fil de leurs discussions, elle s’apaisa, tel une fleur tombée sur le cours d’un ruisseau limpide qui coule jusqu’à des jours meilleurs, naïve et interdite face à la prochaine chute d’eau qui croiserait inexorablement sa route. Mais le soir venue, seule dans sa couche au milieu de ses fauves assoupis, elle ne parvint pas à trouver le sommeil. Son esprit était hanté de milles songes, milles questions qui ne trouvaient réponses que dans les craquements sinistres de la maisonnette de bois. Finalement, elle se leva, impassible, inondée de ses cheveux d’une blancheur opaline. Droite comme un i au milieu de son lit, elle se leva pour se traîner jusqu’au l’entrée, dans l’arrière-boutique où elle avait partagé le thé avec son amis.

Un passant hagard qui aurait osé regarder à travers la vitrine aux vitres fumés aurait pu croire à un spectre. L’hybride avait tout d’un fantôme, une vision sépulcrale remontée d’un autre monde. Telle une apparition, elle était soit fantasme soit cauchemar, mince et pâle, blafarde comme la suie, à la crinière de lune qui l’enveloppait comme une cape d’os. Son pas astral semblait léger comme l’air, et on aurait dit dans sa démarche de danseuse qu’elle flottait.
Désespérément, elle cherchait à savoir ce qui n’allait pas chez elle. Ce furoncle qu’elle abhorrait et dont elle ignorait tout, qui l’empêchait de trouver la paix, comme une hyène hérétique qui rit aveuglément dans des airs de folie.

Brusquement, elle arriva dans le fond de la pièce, face à un grand objet recouverte d’un drap usé qu’elle arracha d’un coup de main. Un miroir bien plus grand qu’elle se révéla à son regard, lui forçant son reflet sous l’œil, à peine éclairée par la lumière d’une fenêtre. Un mélange de bleu et de jaune dessinait les contours de sa silhouette de poupée. Les plis de tissus translucides dessinaient ses jambes blanches, ses hanches osseuses, un peu larges, qui juraient avec sa taille d’une finesse impériale. Ses épaules marquées, creusées, étroites, semblaient trembler sous les petites bretelles de soi. Sur son crâne, ses oreilles se perdaient entre les mèches, qu’elle voyait plonger jusqu’à sous ses genoux, enveloppant sa poitrine, subtile et ronde, et son ventre blanc. Et sur sa main, au bout de ses longs bras arachnéens, la marque noire de Kron qui semblait tout avaler.

Qu’est-ce qui n’allait pas, chez elle ? D’où lui venait ce mal ? Brusquement, elle leva la main, haut, et la lança brusquement vers le verre... L’arrêtant qu’à quelques centimètres. C’était la main de Kron... Son poing se referma sur sa paume. Tout devint froid. D’un souffle, la sorcière figea la pièce dans le givre, illuminant sa pièce de Sphène d’un bleu azur. Jusqu’à la poussière était tétanisée dans la glace. Tout, sauf le miroir. Et quand Othello croisa son propre regard, au milieu de cette pièce gelée, elle prit enfin conscience que le soucis ne venait pas de Kesha, de sa foi ou encore de son fardeau : il venait d’elle.
Oui, elle avait tué. Oui, elle avait espionné sans vergogne, et obéit sans commettre d’objection. Elle avait volé dans le temple de Kron, et avait subi le courroux du Dieu. Et elle faisait pâle figure à côté de l’herboriste qui était plus vertueux, plus doux qu’elle.
Mais ce caractère forgé par la nature glaciale qui l’avait vu naître, la mer qui l’avait élevé, c’était elle... Elle était ainsi, elle aimait se battre, elle aimait l’ivresse, la jouissance que lui procurait la brûlure de l’adrénaline quand elle était sur le champ de bataille, dans les profondeurs. Et cette robe, maculée de sang, était la sienne. Il n’y avait pas d’humilité dans le fait de la cacher. Il n’y avait pas de piété dans ses remords vains. Le monde l’avait fait une chasseresse, et une pieuse. Il était de son devoir de montrer qu’elle pouvait, elle aussi, se montrer froide, mais douce, et lever les armes comme soigner les blessés. Elle irait au monastère, et passerait l’épreuve, la tête haute, sa foi au cœur. Elle pourrait triompher, elle, et pas la fausse sainte qu’elle n’égalerait jamais. Ainsi soit-il.

En fermant le poing, Othello se rendit compte de quelque chose. Kesha, de sa divine splendeur, devait être bien joueuse pour aimer les puzzles comme la petite sirène qu’elle guidait avec ferveur.

Dans un bruit de cheveux, Othello retourna se coucher. Deux jours plus tard, ils partaient pour le temple. La peur au ventre, mais le feu au cœur, la sirène était prête à affronter son destin, avec l’aide et le soutient de toute sa famille, Duscisio, ses félins... Et Kesha.

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