EVENT : Le Réveil



 
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 EVENT : Le Réveil

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:: The Boss ::

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MessageSujet: EVENT : Le Réveil   Sam 14 Mar - 17:15



Si le léviathan était une créature crainte des marins, ce colosse là le serait bien plus. Immense, et munie de lourdes tentacules, le monstre défiait l'imagination. Plus gros que ses camarades terrestres, il n'en était pas moins le plus agressifs. Pour quelles raisons s'en prenait-il aux Hommes? Qu'importait, car il deviendrait la nouvelle terreur de l'océan.

La première action de la bête fut de soulever les océans et de créer par ses mouvements une vague destructrice, détruisant la moitié du village de pêche. Mais le colosse ne semblait pas vouloir s'arrêter là car il avançait dans la direction de Gaeaf, agitant ses bras multiples.

Armez vos bateaux pauvres fous! Armez-vous de votre désespoir et chassez le monstre! Tels étaient les cris que l'on pouvait entendre. Courage ou perdition, les Istheriens ne semblaient pas vouloir s'avouer vaincu. En guise de réponse, le Colosse poussa un cris assourdissant, l'attaque était imminente...



₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪

- VOTRE SITUATION -
Le Colosse avait déjà lancé un assaut et une partie du village a été détruit. Vous avez deux possibilités qui s'offrent à vous :
_ Tenter de chasser et d'éloigner le Colosse des côtes. Repousser-le comme vous le pouvez avant qu'il n'attaque à nouveau.
_ Essayez de sauver les habitants de Gaeaf. Il y a de lourds blessés. Tentez aussi d'éloigner les autres pour anticiper une nouvelle attaque.
Si vous n'êtes pas une personne de cœur, vous pouvez toujours piller le coin.


₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪

- PERSONNES PRÉSENTES -

Áedh Wintersun
Malona
Illumina Ragnarok
Elië Valanatëel
Veto Havelle
Irina Dranis
Othello Lehoia
Koha
Vilenya Noyan
Léogan Jézékaël
Tekum Seh
Lupen Z'en Rahar
Sigurd Kendalor
Aro Vanzig
Gareth Ezéchiel
Saëlys Forcelame

₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪

- REGLEMENT -

_ Vous devez poster au moins 3 messages.
_ Il n'y a pas d'ordre de postage afin de ne bloquer personne.
_ Vous avez trois semaines pour poster vos 3 messages, soit jusqu'au 4 Avril.

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MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Dim 15 Mar - 3:39

Le départ de Gareth pour son voyage annuel vers Cimméria fut retardé par quelques démarches administratives évidentes, qu’il avait pourtant omis de préparer à l’avance. Il savait le climat délétère de cette région depuis les derniers événements mais espérait probablement que sa bonne foi et son statut d’observateur lui permettrait de franchir les remparts et d’accéder aux pleines glacées si convoitées. Une fois cette analyse bercée d’illusion – à laquelle il ne croyait lui-même que pour s’épargner les demandes officielles – balayée on lui procurait une lettre relatant les raisons de son voyage de façon très succincte mes parfaitement licite. Une fois le bout de parchemin authentifié par quelques unes de ses connaissances dignitaires de la Masure et sacré par la Reine de Canopée, on le laissait s’envoler – à cheval – pour un voyage d’un peu plus de deux semaines vers le nord. Sa traversée de plusieurs duchés, contés et un arrêt par Hespéria, le conduit à travers la montagne sur la route d’Aggersborg. Là, un « Halte, brigand ! » retentit depuis une tour de guet, de la bouche même d’un soldat tout uniformisé, une lance à la main. Deux autres individus vinrent à sa rencontre pour le dépouiller le faire descendre de sa monture. Le premier conduit son cheval à une écuelle, pendant que le second le sommait de le suivre pour régularisation ou bien de rebrousser chemin dans la minute.

« Dites mon brave, vous ne savez pas que la frontière est fermée. Vous pouvez m’expliquer tout ce que ce fatras signifie, dit-il en pointant le matériel de l’Eclari.
─ Ce serait compliqué à expliquer, dans la sacoche vous trouverez une lettre qui …
─ Trop compliqué, trop compliqué … Je ne vous demande pas si c’est compliqué, je vous demande de m’expliquer. »

Alors il lui expliqua, patiemment et plein de bonne volonté, qu’il venait comme tous les ans, pour observer le ciel depuis le Désert de glace et le Lac Gelé. Qu’il y avait dans son matériel, des cartes du continent, du ciel et de ses astres, des carnets de notes et des outils de prélèvement. Qu’il fallait faire attention, qu’il pouvait regarder mais prudemment pour ne pas briser ses instruments. Il omit de nommer l’appareillage par son nom puisque le nom en question n’était connu que par un nombre très restreint d’érudits et de passionnés qui s’intéressaient de près ou de loin à ses travaux, pour les discuter ou les démonter. Le garde l’observait sous toutes les coutures avec des yeux ronds, pleins de se pétillement caractéristique. Pas celui de la curiosité, encore moins celui du génie … Un pétillement qui pourrait s’apparenter au plaisir sadique de torturer un individu dont le comportement parait louche par la hauteur de son argumentaire. Au plaisir sadique, ou bien à la simple pensée d’un repas chaud qui mijote et diffuse ses effluves dans le bâtiment tout entier. Sans perdre de sa patience, Gareth lui demandait s’il pouvait lui porter un remontant ou au moins, une boisson chaude pour le soulager des températures sibériennes qui régnaient malgré la belle saison. Fronçant les sourcils, le bougre s’apprêtait à lui cracher quelques remarques sur le ton et la manière de demander un service aux militaires, alors même que l’on n’est pas fichu de se faire comprendre dans des termes simples et intelligibles mais, son plaisir fut brisé sec par le claquement de bottes sur le plancher vétuste. Un homme, d’allure soutenue, saillante, respectueuse, fière et presque noble fit son apparition et sa simple présence provoquait chez le garde un sursaut de droiture. Il se tenait comme un piqué devant la table à laquelle Gareth était assis, et n’adressait pas même un regard à son supérieur qui lui inspirait l’autorité sans même qu'il lui adresse le moindre mot.

« Allons, allons, que signifie toute cette affaire. Vous avez un justificatif, un ordre de passage, un certificat de marchand ? Des marchandises ? Et bon sang, qui êtes-vous ? Présentez-vous. Votre fonction et les raisons de votre passage par la frontière gardée de Cimméria ? Ce n’est pas si compliqué.
─ J’aurais bien aimé que ce soit si simple, ironisa-t-il avec sarcasme et ponctuation.
─ Et bien désormais c’est simple. Allez-y !
─ Gareth Ezéchiel, je viens de Canopée pour étude et j’ai un justificatif dans mon balluchon, si toutefois vous voulez vous donner plus de peine que votre collègue pour lire les quelques lignes et prendre connaissance des signataires. »

Dans un « Là, là ! », le responsable entreprit une lecture bien trop longue au goût du Sindarin, puis il fronçât les sourcils sur le bas de lettre, il prit de la distance pour en apprécier tous les traits et finalement la déposer en face de son propriétaire. Il fit volte-face en autorisant le passage de l’étranger avant d’ordonner à son subalterne de soigner sa monture, lui fournir de quoi souper et dormir. Le tout, sous prétexte qu’il faisait déjà nuit, qu’on ne laissait pas un « gratte papier » se balader dans les montagnes en pleine nuit, qu’il faudrait voler à son secours, qu’ils avaient bien autre chose à faire et puis « Merde ! On n’est pas des bêtes ! ».

Le lendemain, Gareth repartait à l’aube, saluant brièvement les soldats. Loin d’être de mauvais bougres, une fois la situation éclairée par une simple lettre ils faisaient preuve d’une compagnie loin d’être désagréable. Toujours aux aguets, prêt à refouler le clampin un peu trop aventureux. Un peu plus d’un jour plus tard, il se retrouvait sur la banquise, de nuit pour mener ses observations et autres occupations d’Eclari. A l’aube, il s’en allait vers le port de pêche le plus proche, Gaeaf, pour prendre son repas et s’autoriser une journée de sommeil bien mérité. Mais ce jour là, rien ne se passer comme d’habitude … Les railleries et la curiosité des pêcheurs ne le piquaient plus comme les jours précédent, l’odeur de poisson se faisait moins prenante dans la taverne et son verre vide de sa boisson préférée en rupture de stock visiblement. Soudain, un cri, puis un second, puis un vent de panique emportait les rues sortant les hommes de leur torpeur, éveillant leur sens endormis par les effluves d’absinthes. Le fracas du bois qui se brise, des coques de bateau qui cèdent face aux éléments, des murs qui s’effondrent et des pontons qui hurlent à l’agonie. Il n’en fallait pas plus pour qu’une marée humaine de soûlards ne se brusque en dehors de l’établissement, les pieds dans l’eau. Une brusque montée des eaux venait de détruire la moitié de leur village. Certain s’effondrèrent et d’autres mesuraient l’étendue du danger et se précipitaient pour sauver ceux qui pouvaient encore l’être.

D’abord pris d’une certaine panique qui le secouait de l’intérieur, Gareth entreprit une rapide analyse des événements qui le conduisait à une conclusion simple, sa réponse se trouvait au large et des éléments plus factuels en contrebas près du port. Pataugeant dans l’eau dans une course effrénée, il manquait de glisser sur les pavés humides à plusieurs reprises mais ne ralentissait la cadence que pour relever des enfants, des femmes, des vieux et leur hurler de s’éloigner, de se mettre à l’abri et traiter les idiots qui se dirigeaient – comme lui – dans la gueule du loup de « crétins finis ». Une fois sur les lieux du drame, la cause de tous les troubles s’esquissait devant ses yeux. Un monstre marin, géant tentaculaire, effroyablement gigantesque, hurlait de tout son râle, d’un cri strident et roque qui vous traverse l’échine, réveille vos instincts, pétrifie l’esprit et hérisse le poil ! Les mouvements de la bête qui s’approchait du large vers le continent provoquaient des vagues qui submergeaient le littoral. Tout n’était que chaos et destruction. Dans sa stupeur, les yeux rivés vers le large, Gareth tendait une main aux hommes à terre, mais son regard évalué déjà les maigres possibilités face à la mort qui s’avançait.

Non, la journée ne se déroulerait vraiment pas comme les précédentes ...
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::  Haute-Prêtresse de Kesha ::

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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Dim 15 Mar - 15:05

Un souffle de peur brûlait sur tout le pays de glace, comme le glas de l’apocalypse qui sonnait la fin d’un empire. Et ce serait mentir de dire que les habitants dormaient tous les soirs sur leurs deux oreilles comme si de rien était. Chacun avait la peur au ventre, une crainte insidieuse, turbulente qui se nourrissait de leur souffle et remuait jour après jour dans le fond de leurs sanguinolentes entrailles. Hellas était plongée dans une léthargie glaciale, comme une dame sournoise et impotente qui attend que la mort passe la prendre. Aussi, devait-on rappeler que depuis quelque temps, elle avait la potence sous les yeux : la corde qui pendait sous son nez se balançait tous les jours un peu plus. Les fils du pouvoir avaient eut raison de l’ordre, finalement. La ville se battait entre deux chefs, tant politiquement que sur le champs de bataille… Et l’issu de cette guerre inutile tenait tout le monde en haleine. Tous, du plus vulgaire des homme jusqu’aux élites de la pureté – doux mirage qu’était cela – qu’étaient les prêtresses de Cimméria. Parmi elle, une discidante, toujours plus absente et discrète, une dame entourée de blanc, d’une crinière bouclée et sauvage et de deux félins de givre, qui le jour de la catastrophe était cloitré en office.
La nouvelle n’avait tardé à se rependre. Aussitôt, une troupe avait été dépêchée sur place, envoyé sur la côté au plus vite. Beaucoup de soldats parmi eux, mais aussi une poignée de croyante, qui avait été choisie pour leur capacité de soin pour beaucoup, d’autres pour leur vaillance, d’autre encore y avait été traînées par la force.

Dans le cortège pâle, monté sur les chevaux de l’ordre, une tâche crépusculaire se détachait de la meute. Auréolée de blanc, on la remarquait à peine sur la clarté de la glace, si ce ne fut par la grande cape rouge qui la recouvrait. Son cœur battait sauvagement, sentant à chaque pas lourd du cheval le craquement de la glace et le poids de la pression. Une tension animée les dames qui avançaient en silence. Alors que la jeune femme était hantée par d’autres images et d’autres souvenirs, comme un amer rappel des derniers mois. Sans en souffler mot, Othello passait les dernières minutes qui les séparer du petit port de pêche à imaginer la bête, immense, majestueuse, qui allait leur faire face… Mais tout ce qu’elle voyait, tout ce qui ce confrontait à son esprit était le léviathan qu’ils avaient défaits. Jamais elle n’avait vu de colosse, la rencontre risquerait d’être d’une violence inouïe. Si ce n’était pas déjà fait… Après tout, aux dernières nouvelles, il venait tout juste d’émerger. Qu’avait-il pu faire le temps qu’ils arrivent ? La dame de givre connaissait mal les sentiments. Les émotions lui étaient encore un sujet vaste et sans forme, qu’elle apprenait encore à saisir correctement. Mais il y avait quelque chose qui ne trompait pas : son instinct. Cet être originel qui habitait en elle autant que son âme. Et celui-là ne mentait jamais. Ses muscles étaient raides, son ventre creusé et tordu… La sirène était tétanisée par la peur.
Les remparts de Geaf étaient en vu. Et derrière eux, la silhouette titanesque d’un géant des mers.

Un murmure d’effroi emporta la nuée de jeunes femmes alors qu’elles passaient les portes. Gaef n’avait déjà plus rien à voir avec la petite bourgade connue de tous. Les maisons étaient aux sols, et des lambeaux de bois et de filet jonchaient le sol dans un chaos dévastant. La scène était un supplice : dans un mélange carmin de neige et de sang, des hommes et des femmes vagabondaient dans la panique. Othello descendit immédiatement de cheval pour se précipiter sur une dame au bras saignant, les yeux captifs de la bête gargantuesque dans le lointain. Sa gueule semblait être un gouffre immense, d’où sortait un cri paralysant. Les prêtresses n’osaient bouger… la populace regardait le néant, les intervenants étaient brûlés par la crainte. Ce n’était pas une bataille qui s’annonçait. C’était une guerre. Et la demoiselle savait dans quel camp elle allait jouer : elle ne ferait pas partie des soignantes.
En quelques minutes, le bras était pansé par un linge sale – elle n’avait malheureusement rien d’autre sous la main – et la blessée conduite avec ses pairs, tout aussi perdu. Il leur fallait l’aide d’un leader pour les guider hors de la ville. Une tâche qu’elle ne pourrait endosser, pas maintenant… Petit à petit, la peur qu’elle couvait en son ventre s’évapora, se changea en un sentiment tout autre. L’ordre se fit dans ses pensées, et elle trouva finalement un sens dans le plus brutal des apocalypses. Il lui fallait trouver une personne de confiance, un visage connu avec lequel elle pourrait s’entretenir, obtenir un ordre, ou même valider son plan. Les soldats, sûrement… Mais dans le brouillard grouillant de la masse, aucun visage ne se distinguait encore de l’ombre et de la panique.

Cimméria avait certainement du envoyer des hommes. Ils n’auraient pas laissé leur principal partenaire commercial aux mains d’un titan des mers assoiffé de sang et de bataille. D’où venait-il ? Qu’était-il ? Le cerveau de la jeune femme n’était plus qu’un champs de guerre d’où s’élevaient mille questions, tels les corps des blessés qu’un magicien ramènerait d’entre les morts. Il n’était pas du monde des humains. Mais il n’était pas non plus de celui des bêtes. Devait-on voir en lui l’ombre d’une magie ancienne ? Un envoyé des Dieux ? Une création d’un homme ? La légende des colosses était déjà connu de tous. Mais jamais l’un d’entre eux ne s’était montré aussi hostile envers les humains. De là où elle se trouvait, elle ne pouvait guerre distinguer que sa forme monstrueuse, haute de plusieurs dizaines de mètre, qui se détachait avec une force fulgurante sur l'horizon assombri. Ses contours déchirés semblaient taillés à même la roche, la qu'on ne voyait clairement que le néant de sa gueule. Aucun moyen de voir, à cette distance, si il avait quelconque oeil, ou même si il avait un visage au delà de ce gouffre béant. Seul pouvait-on saisir, de là, la rage de l'animal, sa soif et la terreur qu'il inspirait.
Son regard balaya alors les décombres alentours - ils lui rappelaient avec amertume les restes flottant du rafiot qui portait jadis le nom effacé de Soledad. Il faudrait des mois, sinon des années pour redonner au village son état d’antan… Si ils parvenaient seulement à empêcher sa totale destruction. Othello était en siège, devant tant de chaos et tant de peur. Jamais elle ne s’était sentie plus effrayée, mais aussi plus appelée par la situation, et elle tanguait sincèrement entre les blessés qui s’étalaient sous leurs yeux, et l’assistance aux forces militaires – nul doute qu’elle pourrait être utile aux deux camps… Mais elle avait fait son choix.

Comme une souris blanche au milieu de la plèbe, la petite dame se mit à marcher, à courir, et heurta au passage un jeune homme aux traits sibyllins, d’une blondeur proche du blé.  Il n’avait pas l’air plus organisé que tous. Pourtant il faudrait vite trouver une stratégie commune pour arriver à sauver le plus possible de monde. Bientôt, Othello arrivait à son point d’arriver : la berge. Au plus proche de la bête, pour des pieds humains. Un profond, long et froid soupir sortit de ses petites lèvres d’épice, alors qu’un brouillard d’une fraîcheur mystérieuse semblait se dégager de son être.
Dans cette cohue marine, elle serait une arme parfaite. Car contrairement à ses sœurs, et à d’autres guerriers terrestres, elle appartenait au peuple des flots. Un allié sous-marin qui pourrait être utile aux bras armés… Face au monstre, elle brisa son souffle un court instant. En elle se mêlait la peur, la sauvagerie et la compassion… La main de Kesha attendait cruellement, brûlante d’une envie de plonger, qu’arrivent les soldats, les dirigeants, et qu’on lui ordonne d’agir, sourde des cris du monstres et des braillements de la foule. Ses cheveux de brumes battus par les vents, alors que ses oreilles d'épines étaient rabattus sur le côté de son crâne.
La guerre pouvait commencer.
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:: L'ombre blanche ::

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Áedh Wintersun

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Dim 15 Mar - 19:20

Voilà qu’il était à peine sorti du feu qu’il allait se plonger directement dans la poêle à frire, il faut croire que lorsque la malchance vous poursuit telle une ombre qu’il est difficile de s’en débarrasser. Il n’avait jamais été le genre d’homme à croire en les Dieux, à croire en la chance, disant toujours qu’il est le maitre de son propre destin et que sa fortune tourne selon ses actions à elle seule. Toutefois, les événements les plus récents avaient su mettre le doute dans son esprit. Il avait suivis un chemin qui l’avait mené jusqu’à ce moment présent. Un chemin rempli de belles promesses et de trahisons ! Peut-être qu’il le méritait en bout de ligne ? Mais étant déterminer à ne pas terminer sa route si tôt, celui-ci à su trouver une façon d’échapper aux ténèbres… même si ce n’était que pour se retrouver au bourg hivernal, Gaeaf.

L’espoir d’y trouver un endroit où se reposer était sans aucun doute une idée des plus folles, car semblerait-il que les Dieux, s’ils existent, avaient d’autres plans ! Le début de la fin, voilà ce qui en était, du moins c’était le sentiment que de nombreux cœurs semblaient partager alors que la terre sous leurs pieds tremblait, que les vagues engouffraient le monde telle la gueule d’un monstre. Mais là, ce n’était que le début, la première vague, l’éveil.

L’ombre blanche à peine réussi à trouver le sommeil relativement confortable qu’il fut réveillé par le monde qui tremblait autour de lui. Dans sa misérable chambre qu’il avait su se procurer après avoir parier avec un rien, celui-ci fut réveillé dès le premier tremblement. De toute façon, si cela n’avait pas été suffisant, le pot en terre cuite qui lui était tombé sur la tête aurait su aussi faire l’affaire. Car c’est exactement ce qu’il lui fallait afin d’être de bonne humeur ! Une bosse de plus sur le crâne, ah oui pourquoi pas ? Une de plus, une de moins, on ne compte plus maintenant donc ça ne change absolument rien. Bien entendu, à cela répliqua de façon très poétique.

‘’Bordel de merde de bufflon ! Ouch… ‘’

Oh la poésie! Il aurait dû être poète avec un nom tel qu’Áedh! Que des belles paroles sortant de son trou bucalle alors qu‘il se masse le crâne. Ce caressant le crâne, il regarda ensuite des doigts afin de voir s‘il ne s‘était pas fendu le front... une fois de plus. Mais là n‘était pas la fin, une seconde vague et la poussière accumulé neigeait partout dans le trou à rat qu‘il avait réuussi à se procurer. Décidement, il ce passait quelque chose à l‘extérieur... et ça devait être assez gros! Enfilant ses vêtements usés et ses bottes, celui-ci sorti de son trou afin de retrouver au coeur du chaos. De tout bord et tout coté, les gens courraient ne sachant pas quel direction prendre. Ils les observaient, zigzagger sans vraiment réfléchir, hurler de terreur, pleurer et souiller leur pantalons.

Celui-ci tenta de passer à travers la foule, sans trop ce faire bousculer. Une chose plus facilement dite que faite vous direz, surtout lors que les gens paniquent L‘un des gros lourdaud de la soirée bouscula notre protagoniste alors qu‘il tentait de se réfugier.

‘‘Pousse-toi d‘là l‘nain! ‘‘ Lui avait-il si délicatement demandé alors qu‘il avait donné un bon coup d‘épaule à l‘ombre blanche.

Enfin, l‘ombre blanche, un titre un peu ironique vu son allure du moment. Il était un peu plus bruns que blanc pour être tout à fait honnête, mais l‘ombre brune, ce n‘est très classe comme pseudonyme. Peu importe le titre assigné à celui-ci... chasseur de primes, condamné face à un système judiciaire corrompu, l‘homme qu‘il était en ce moment tentait de trouver son chemin jusqu’à la porte. Une chose qu’il regretta presqu’en voyant une patrouille des autorités locales passer directement devant lui. Heureusement qu’ils semblaient être un peu trop occupé pour se soucier de sa présence. Il faut dire qu’il ne fallait que lancer un regard sur l’horizon afin qu’il puisse comprendre à quel point sa présence en ce lieu était insignifiante.

S’élevant à l’horizon, un colosse plus grand qu’une montagne se dressait, détruisant tout sur son passage. Les structures du bourg hivernal ne représentait rien face à sa grandeur et à sa puissance. Avec lui il emportait la mort et la destruction pour tout être qui se dressait devant lui. Le chaos qui se trouvait à l’extérieur était étouffant, des gens courraient dans toutes directions alors que les autorités tentaient de rétablir l’ordre. Les prunelles acier du blondinet demeuraient posées sur le colosse alors que de ses lèvres sorti un doux murmure :

‘’Eh merde… vous savez comment m’faire chier…’’

Cela expliquait pourquoi la terre tremblait. De toutes les merdes qui auraient pu réveiller notre homme ici présent en ce jour, il fallait que ce soit ce monstre gigantesque. De toutes les merdes qui auraient pu lui arriver… celle-là c’était sans doute l’une des meilleurs. Devant lui se présentait quelques options… vivre pleinement la vie d’un condamné en cavale : une option bien intéressante, un peu facile de profiter de la situation abandonner les pauvres fous qui restent derrière… mais à quel fin ? Le colosse n’allait sans doute pas s’arrêter là. Il n’était qu’un homme après tout, mais fuir… fuir encore plus loin jusqu’au bout du monde n’allait pas être utile pour celui-ci. Et puis, il avait su survivre jusqu’à présent… une bataille de plus, de moins… si son destin était de mourir qu’il en soit ainsi.

D’un pas décidé, celui-ci se mis en marche en direction du colosse. Avait-il un plan ? Alors là pas du tout, avec un peu de chance il y aura sur les lieux un homme avec un peu plus de jugeote que lui! Il est en route, sans armes… mais cela fut réglé dès qu’il aperçut un vieux sabres laissé derrière par un homme ayant préféré mettre les voiles. La main de celui-ci aussi fermement que possible l’arme alors qui progressait vers le colosse… s’il s’agissait là du début de sa fin, aussi bien lui faire face.


chanson thème par Frazrael (moi)
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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Lun 16 Mar - 0:52

Comment en était-elle arrivée là ? Elle ne se reconnaissait pas dans les derniers évènements. Non mais sans blague elle n’était pas du genre à endosser le costume de sauveur du monde ! Ca n’avait jamais été son truc. Il y avait suffisamment de héros pour ce genre de travail sans qu’on ait à réclamer se présence pour lutter contre les catastrophes et les fléaux de tous ordres. Entre les prêtres de divinités en lesquelles elle ne croyait absolument pas, les chasseurs d’idéaux en lesquels elle ne croyait pas plus, et les adeptes du suicide, les désespérés qui pensent que mourir utilement vaut mieux que de le faire sans but, il y avait bien moyen qu’elle continue sa petite vie égoïste non ?
Déjà lors du miste rouge, elle avait réussi à passer entre les gouttes et d’autres s’en étaient occupés pour elle. Elle n’avait même pas cherché à savoir de qui il pouvait s’agir. Cette peste avait été vaincue et c’est tout ce qui importait non ?

Elle cherchait un objet pour son propre compte et afin de délimiter le champ de ses recherches, elle avait entretenu quelques temps une correspondance avec un Eclari du nom de Nalbirgad. Mais dans sa dernière lettre, l lui indiquait posséder un renseignement sous forme d’une carte et de quelques notes qu’il tenait à sa disposition contre quelques centaines de Dias. Ben voyons, rien que ça ! Quelques centaines de Dias ! Comme si un bout de papier pouvait valoir cette somme ! Elle savait bien que oui et une fois son dépit passé à la réception de la missive, elle n’avait rien trouvé de mieux comme solution de de se rendre au près du chercheur. Elle ne le connaissait pas plus que cela et une lettre de créance aurait peut-être fait l’affaire, mais, une petite voix lui disait que ladite lettre ferait forcément l’affaire pour la délester de la somme indiquée, mais pas forcément pour lui envoyer l’objet de la tractation. Il fallait bien qu’elle se rende à l’évidence elle allait devoir se rendre… Où déjà ?

Deuxième dépit. Dans le grand Nord ! Il n’avait en plus rien trouvé de mieux que d’aller se perdre dans un bourg au bord de la mer froide ! Encore une fois elle n’avait plus eu qu’à faire contre mauvaise fortune bon cœur et se préparer à ce voyage. En regardant la carte elle crut qu’elle allait… Qu’elle allait quoi ? Rien du tout ! Les évènements décidaient de lui dicter sa conduite ? Elle n’avait plus qu’à en prendre son parti, préparer ses bagages et payer le trajet en coche, son affinité avec les animaux étant proche de l’agressivité ou de la peur réciproque, monter une quelconque bête à quatre pattes lui était tout à fait impossible. Au moins, elle savait que la tenue Cimmérienne qu’elle venait de s’offrir grâce aux bons offices d’une gamine au pouvoir aurifère, ne serait pas inutile et qu’elle en aurait l’utilité. Après s’être battu avec la liste de toutes les choses qu’elle devait emmener, de celles dont elle ne pouvait se passer et le volume qu’elle s’était accordée, elle avait fini par tout faire rentrer dans un gros sac, à bretelles qu’elle ne comptait de toute façon pas porter plus que nécessaire étant donné le moyen de transport choisi.

Nous passerons sur les péripéties du voyage qui comme tout voyages passant par des cités plus ou moins bien administrées, par des refuges en rase campagne, ou des villages de pauvre hères lui occasionna quelques désagréments comme être obligée d’utiliser quelques compétences belliqueuses et tout ça sans être payée en retour.

A ses premières lignes, le lecteur aura peut-être le sentiment que notre belle rouquine avait attrapé une humeur chagrine et sombre. Qu’on ne s’y trompe pas, il n’en était rien. Cela faisait quelques semaines déjà qu’elle commençait à se languir à Hespéria et ce voyage forcé avait bien des inconvénients comme la priver d’un confort auquel elle s’était habituée, mais il avait l’immense avantage de lui trouver une raison de la jeter sur les chemins et de lui procurer moult distractions sur lesquelles donc nous ne nous appesantirons pas.
L’arrivée à Gaeaf remplit d’aise la courtisane car vous l’aurez deviné, il s’agissait là du terminus de son périple. Alors que son sac tombait de sous la bâche qui couvrait les bagages entassés sur le toit du coche, poussé par la main amène du conducteur, elle l’interpela :

« Dites-moi ! Vous êtes ici combien de temps ?
_ Quatre jours, ma p’tite dame ! »


Le renseignement lui donna l’espoir alors de pouvoir retourner dans se pénates assez promptement. Il n’allait tout de même pas falloir tout ce temps pour mettre la main sur l’éclari et  acheter ce qu’il avait à proposer. Elle connaissait le cocher qui était rustre mais honnête, tant qu’à faire elle reprendrait le chemin inverse de la même façon…

Elle jeta son sac sur son épaule et se mit à la recherche de la première auberge du bourg qui devait bien être la seule afin de s’installer dans un endroit propice à prendre quelque repos. Elle irait plus tard à l’adresse indiquée par Nalbirgad. Plus tard voulait dire le lendemain aux aurores. Dans sa tenue cimmérienne, ses deux lames courtes croisées dans le dos sous sa cape fourrée, elle partit d’un pas décidé vers la demeure de l’éclari. Enfin, d’un pas décidé si tant est que de devoir s’arrêter pour demander son chemin à plusieurs reprises pouvait vous laisser cette allure décidée. Les rues étaient déjà pleines de travailleurs, artisans ouvrant leurs ateliers et échoppes, pêcheurs rejoignant leur embarcation… Il était facile alors d’interpeler quelqu’un qui paraissait être du cru.

« S’il vous plait ! Le chemin du Bufflon ?...
_ Troisième à gauche après le vannier. Et tout droit jusqu’à la sortie et ensuite à droite. »


Elle remerciait de la main et suivant les indications, parvint enfin au but de sa sortie matinale. Elle frappa à la porte calfeutrée à l’étoupe come la plupart des jointures dans le pays et n’eut pas longtemps à attendre pour le voir s’ouvrir.

« Nalbirgad ? »

Un hochement de tête lui répondit

« Elië Valanatëel. Je viens pour notre arrangement…
_ Je sais pourquoi vous venez. Pas la peine de me le rappeler je ne suis pas sénile encore ! »


Il était un fait que le terran semblait avoir atteint la limite d’âge pour nombre d’activités, mais apparemment pas pour exercer une certaine mauvaise humeur. La ladrini de son côté fit mine de ne pas relever. Elle n’était pas en position de force tant que l’affaire ne serait pas conclue et elle n’avait pas fait tout ce voyage pour s’en retourner bredouille tout ça parce qu’elle n’aurait pas gardé son sang-froid face au chenu érudit.
De son côté le viellard avait déjà tourné les talons sans l’inviter plus à entrer qu’un chevrotant :

« Fermez la porte ! Vous savez en quelle saison nous sommes ?!! »

Ils pénétrèrent bientôt dans une sorte de bibliothèque qui pouvait tout aussi bien être une chambre à cause de la présence du lit ou une cuisine si on en jugeait par le poêle à cuisiner qui y trônait et qui laissait rougeoyer une bûche. Elië n’était pas vraiment surprise de la vérifier, en ces contrée, l’art du chauffage était poussé à l’extrême : question de survie.

« Je vous ai préparé tout ça… »

Il tira une grande enveloppe de papier grossier d’un tiroir d’un secrétaire appuyé sans espoir de bon goût à côté du poêle.

« Vous avez la somme ?
_ Tout est là..."


Elle tira une bourse de sa poche de ceinture.

« Je peux voir ?
_ Naturellement même si je suppose que je pourrais vous refourguer n’importe quoi sans que vous y voyez la tromperie… »


L »amabilité du Terran n’avait pas de limite ! Mais peut-être se trompait-il sur les compétences de la belle. Elle n’était bien sûr pas une érudit au sens littéral du terme mais son hôte, sindarine lui avait légué bien des connaissances et son goût pour les belles choses qu’elle chinait avec patience lui conférait une certaine expérience. Elle savait au moins définir si l’objet n’était d’une imitation ou effectivement un objet ancien… Elle tendit la main vers l’enveloppe. A ce moment les deux regards se dirigèrent vers le plafond puis vers le sol. Un grondement sourd emplissait rapidement l’atmosphère. Puis soudain un fracas de bois arraché accompagné d’un tonnerre d’explosion vrilla les entrailles de la rouquine. Les meubles oscillèrent brièvement avant de se renverser les uns sur les autres. Elle jeta un regard paniqué alentour certaine que quelque chose allait fondre sur eux.
Un abri ! Un abri vite ! Par réflexe elle se jeta dans l’encoignure entre le poêle et le secrétaire en même temps que le mur derrière le vieil homme volait en éclat. Elle se tint la tête entre les mains et entre les genoux repliés contre sa poitrine pour résister au tumulte qui avait visiblement décidé de l’emporter. Elle n’eut même pas le temps de penser à la mort. La maison s’effondrait, des éclats de bois tombaient sur elle alors que le poêle semblait résister aux chutes des éléments de la structure de la demeure de l’éclari. Le secrétaire fut poussé contre son flanc. Elle allait finir broyée, mais non. La chance avait décidé de l’épargner. De l’eau s’infiltra par le haut de ce qui n’était plus qu’une ruine de pierre et de bois. Le calme sembla revenir. Elle redressa la tête pour contempler l’ampleur des dégâts. Le poêle grésillait sous l’eau à côté d’elle. Il avait ménagé à la rouquine une petite niche à l’intérieur d’un chao de bois duquel émergeait la main de l’éclari.

*Bon sang ! Mes papiers !
_ Tu ferais mieux de penser à sortir d’ici ma chérie
_ Pas sans eux !*


Un craquement vint donner raison à la prudence. Tout allait finir par s’effondrer et le poêle ne la protègerait pas éternellement. Elle se contorsionna pour de dégager de sa niche providentielle. Inutile pour le moment de penser à fuir. Le maigre jour qui arrivait jusqu’à elle suffisait à lui faire comprendre qu’elle était sans doute emmurée.  Mais l’enveloppe était là à portée de main. Elle étendit le bras encore pliée en quatre et la retira juste à temps pour éviter la chute d’un madrier.

*Trouve plutôt un moyen de sortir d’ici !
_ La foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit.*


Elle passa la main sous la poutre qui lui masquait à présent la précieuse enveloppe. La joue appuyée contre le bois et le bras en extension, elle tâtonna jusqu’à ce qu’elle sentit le grossier papier sous ses doigts.

* C’est pas vrai ! Il est mouillé !*

Elle la ramena à elle et l’appliqua contre elle pour éponger du mieux qu’elle put l’humidité.

*Bon maintenant tu vas penser à partir ?*

Partir oui, mais comment lorsqu’on est prisonnière de cet enchevêtrement de débris ? Elle essaya de faire le point. Dans son dos un mur de soubassement en pierre à droite, le poêle, à gauche les vestiges du secrétaire. Devant, le chao de boue de poussière de bois et de pierre! Il ne li restait plus qu’à tenter de passer par le haut. Elle se tordit la nuque pour évaluer ce qu’il y avait au-dessus d’elle. Elle reçut de la poussière dans les yeux, mais aperçut la lumière du jour, un coin de ciel.

Une clameur déchira le ciel et lui glaça le sang. Elle crut que son cœur allait s’arrêter. La puissance et la profondeur sauvage de ce mugissement lui interdisait de pouvoir le qualifier ni même de l’identifier. Elle resta un instant interdite. Ce qu’il y avait dehors allait sûrement détruire toute forme de vie. Elle ne pouvait imaginer ce que c’était mais la terreur qui l’avait saisie lui disait de façon certaine que c’était la mort qui approchait. Elle sentit son cœur essayer de s’échapper de sa poitrine. Elle haletait de panique.

*Respire ! Respire !
_ Il nous faut sortir de là !!
_ Nous allons mourir ! Nous allons mourir !
_ Fais quelque chose si tu ne veux pas avoir raison !
_ Oui tu as raison. Tu as raison. Tu as raison…
_Agis bon sang !*


Elle releva la tête vers le coin de ciel et tendit la main vers une traverse de bois. Ses doigts parvinrent à l’agripper. Elle conjugua une traction avec une poussée de ses cuisses trop repliées pour avoir la puissance sur laquelle elle pouvait compter lorsqu’elle bondissait de toits en toits. Elle souffla, inspira bruyamment pour oxygéner ses muscles, serra le dent sous l’effort jusqu’à ce qu’elle se trouvât enfin debout. Debout oui, mais coincé entre le pan de mur et une poutre. C’était à peine si elle pouvait respirer. Elle tenta de se tourner pour agir comme un écarteur entre le mur et la pièce de bois, mais en vain. Ses efforts commencèrent  coller ses cheveux à son front baigné de sueur, ironie dans une contrée aussi froide. Elle nota alors que la poutre n’était pas parallèle au mur et qu’en se décalant sur le gauche elle pourrait peut-être gagner quelques centimètres de jeu. Elle se cogna le genoux contre une pointe de bois du pauvre secrétaire, mais parvint à gagner quelques centimètres vers le haut. Ainsi, étape par étape, elle finit par accéder au ciel et se laissa choir dans la boue au pied de la maison ou du moins de ce qu’il en restait. Ses doigts tenaient la précieuse enveloppe et c’est tout ce qui comptait. Elle resta un instant à moitié couchée, la joue dans la boue avant de se redresser en titubant. Elle prit alors le chemin de l’auberge et ce n’est que petit à petit qu’elle prit conscience de la désolation dans laquelle était plongé le bourg. La moitié de ce qu’elle pouvait en juger était couché, dévasté. Des corps jonchaient les ruelles ou émergeaient des décombres alors que les gens couraient ça et là hurlant pleurant ou réconfortant, vociférant des ordres. Un nouveau grondement animal la jeta à genoux, les mains sur les oreilles. Elle hurla de terreur comme pour vaincre cette monstruosité de son pauvre cri. Les larmes roulèrent sur son visage.

*Sauvons nous !*

C’était tout ce qui importait. Elle se redressa et fit face au large et là, elle vit ! Elle vit l’entité. Ce ne pouvait pas être vivant ce ne pouvait pas être une bête ! Sans prendre le temps de la détailler elle prit ses jambes à son cou en direction de l’auberge. Elle allait prendre ses affaires et fuir aussi loin que possible de cette abomination.

Il y avait suffisamment de héros pour ce genre de travail sans qu’on ait à réclamer se présence pour lutter contre les catastrophes et les fléaux de tous ordres. Entre les prêtres de divinités en lesquelles elle ne croyait absolument pas, les chasseurs d’idéaux en lesquels elle ne croyait pas plus, et les adeptes du suicide, les désespérés qui pensent que mourir utilement vaut mieux que de le faire sans but, il y avait bien moyen qu’elle continue sa petite vie égoïste non ?


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MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Lun 16 Mar - 23:32


Le regard au loin, Aro appréciait les formes torturées de la créature qui se dressait devant eux. Un frisson désagréable lui parcouru l'échine et excita sa curiosité d'un même élan. Un colosse, un nouveau colosse au même titre que celui de Taulmaril ou que celui qui, selon les histoires colportées ça et là, aurait été découvert au coeur de Noathis. Il était bel et bien là, en chair, en os, en exo-squelette. Un sourire enfantin se dessina sur son visage angélique, ses yeux pétillants d'un éclat rivalisant avec la folie alors qu'à côté de lui ses compagnons marins claquaient des dents en suivant la procession menée par l'un des plus célèbre Capitaine de Noxis. Tout était allé si vite ce jour-là.


**********************************


Conseil des Capitaines de Noxis, Mavro Limani.

Bien des Marins de Noxis attendaient à l'extérieur du bâtiment. Après de longues minutes passées en chien de faïence à se regarder avec d'autres loups de mers, plus ou moins agréables selon les œillades, les doubles battants de chêne ouvragés s'ouvrirent pour laisser place à l'agitation typique des Capitaines sortants. Mais quelque de chose de différent flottait dans l'air.

"Une missive nous est parvenu du Nord et du Sud du Continent. Nos océans sont en proies à une attaque sur deux flancs par des colosses venus des profondeurs. Nous ignorons une grande partie des détails mais un accord de bienveillance fut signé à la grande majorité et le Conseil a voté."
un silence de plomb tomba sur la grande salle et tout les Capitaines affichèrent, à l'unisson, une mine solennelle et au sérieux inébranlable. "Que tout les Capitaines volontaires se tiennent à quais et prêt à embarquer, le front du Nord sera dirigé par Kilal Le Rouge tandis que Ferristan de l'Aguamantis se porte garant de la sécurité des océans du Sud. Qu'importe vos rivalités, le Conseil a voté pour la solidarité face aux dangers qui menacent nos côtes. Défendez nos océans, Marins!"

Quelques secondes s’égrenèrent , qui parurent minutes au coeur de l'ambiance apportée par l'annonce du Porte-Parole. Puis, avec un silence des plus anormale, les uns et les autres retournèrent vaquer à leurs occupations. Les Capitaines ne laissèrent pas le temps de parlementer plus que de raisons et leur conversation dut se faire au rythme soutenu de la marche en direction des Navires. Là-bas, le gros des équipages attendait avec impatience le retour de leur Capitaine encadrés des seconds. C'était historique, jamais pareil accord n'avait été signé au même titre que jamais pareille situation ne s'était jamais produite jusqu'à ce jour. Expliquant succinctement les tenants et les aboutissants de ces prises de position, chacun regardait d'un oeil expert tout son équipage entrain d'appareiller les bâtiments pour leurs permettre de prendre le large dés que faire ce peut. Ils allaient naviguer sous la bannière de Kilal, un honneur pour beaucoup d'être aux côtés d'un des plus grand Capitaine de Noxis.


**********************************

Cimmeria, Bastion d'Oakbrigs.

Aro patientait calmement, assis sur une chaise modeste au coeur d'un large corridor balayé par d'incessants courant d'air. L'heure était grave et la coalition appelée sous les couleurs de la Compagnie des Eaux Dorées était entrain de signer divers accords tacite avec les forces militaires en vigueur à Cimmeria. Bien loin de se douter des événements qui se déroulait à Mavro Limani, tous n'avait qu'en tête les alliances possibles pour aider l'effort de guerre qui allait opposer la Nation des Neiges contre la terrible Phelgra.
Le Capitaine en charge du navire sur lequel Aro opérait depuis maintenant quelques mois devait être encore assis bien au chaud à taper sa chope de bière brune en éructant ses pensées à grand renfort d'humour graveleux. Shof Main-d'Argent n'était pas la délicatesse incarnée mais il n'en restait pas moins un homme bien et digne de confiance. Capitaine de L'Idéal, un navire marchand tout ce qui à de plus respectable, l'homme devait son surnom à la myriades de bagues et autres ornements qui recouvrait sa dextre d'un éternel éclat argenté.
Puis soudainement, un rugissement à faire vibrer le coeur des plus courageux ébranla ciel et terre autour d'eux. L'agitation fut globale et bien des supérieurs apparurent entrain de beugler une suite d'ordres indistincts à leurs hommes. Se levant de concert avec la majorité de ses congénères, Aro put attraper quelques mots ça et là, tel que "Colosse", "Danger" ou encore "Gaeaf". Quelque chose ne tournait pas rond, comme si le monde entier était entrain de s'écrouler sous leurs pieds, l'ouverture à la volée des grandes portes qui tenait lieux la conférence d'Omerio et de Cimmeria ne fit qu'affirmer ses doutes. Le regard alarmé de Shof chercha la présence de Aro et du second du Navire qui se tenait à côté de lui, Rob Sourire.

"Sourire, au pont de L'Idéal immédiatement! Une putain de saloperie de Colosse serait apparu prêt de Gaeaf et on doit appareiller au plus vite pour prêter main forte à la Marine Cimmérienne avant qu'il ne soit trop tard. Une missive à déjà été envoyée à Mavro Limani mais les renforts n'arriveront pas avant une semaine au plus vite." Main-D'Argent avait l'air excité comme une puce et derrière son ton autoritaire se cachait une exultation née du danger que cette manoeuvre représentait. Ancien Pirate de ses jeunes années, le vieux briscard gardait un attrait inéxorable pour toutes actions militaires qui lui vaudrait des honneurs supplémentaires. "Vanzig, court aux réserves pour mander des provisions et de l'armement, prend cette missive elle est signée par Le Commandeur en personne. Je t'enverrais quatre à cinq traine culs pour tout charger, que tout soit prêt avant qu'ils arrivent. Pas de temps à perdre messieurs, on se sort les doigts et on part en guerre!"

Le reste des détails furent donnés durant le voyage. Omerio en personne voguerait à leurs côtés avec Le Midas en ligne de front. Au final il y avait là une petite dizaine de navires prêts à embarquer pour prendre le Colosse à revers dans le détroit du Lac Gêlé. La tactique allait s'appuyer sur des manoeuvres de guerilla cherchant à harceler le dos du Colosse pour détourner son attention des côtes Cimmériennes. Personne n'était dupes quant aux dangers que représentait une telle bataille mais à aucun instant un doute fut émis quant aux marches à suivre pour protéger le Port du Nord. Bien qu'étant essentiellement constituée de navire marchands, la Compagnie des Eaux Dorés profitait d'une force militaire à la hauteur de la protection de leurs propres intérêts. L'Idéal et Shof Main-D'Argent faisait parti de ces hommes prêts à se vendre comme bouclier au nom du Commandeur Omerio. La procession de Navire avançait à une vitesse folle, si rapide qu'elle défiait presque la logique des courants marins et des vents qui les charriaient de tout côtés. Nul n'émis d'observations à ce sujet mais il y avait fort à parier que de puissantes magies étaient employées par ceux qui menaient la pointe de l'avancée.
Puis enfin ils arrivèrent.

Au lointain ils purent voir la grève désolé de ce qui restait de Gaeaf. Des bâteaux  commençaient déjà à s'ancrer le long des côtes protégés pour déverser des cargaisons prêtes à aider les pauvres gens qui devaient être en proie à la panique. Ça et là, des guerriers avançaient au trot, prêt à défendre de leurs vies quiconque oserait porter atteinte à l'intégrité du port nordique. Le tout était encadré par d'imposants navires affichant le blason de la Compagnie des Eaux Dorés. C'était là un spectacle tout aussi magnifique qu'inquiétant. Fait d'autant plus remarquable, voir Omerio se diriger au milieu de ses hommes pour faire face à un ennemi aussi dangereux qu'inconnu. Le Commandeur était connu pour sa discrétion quant aux actions de combat. Un sentiment de fierté émana d'Aro tandis qu'il inspirait à plein poumon l'air iodé de l'océan.

"Vanzig tient toi prêt au lieu de rêvasser où je te frotte les oreilles."

La voix de Shof tomba comme un couperet qui coupa court toute les pensées et autres rêveries du jeune ancien. Le Capitaine ignorait tout de la condition presque immortelle de son troisième siège, de même que son passé de vagabondage aux dogmes presque moniales. Lui adressant un sourire d'excuse qui fut accueilli par un rictus maladroit de la part du Capitaine, il réajusta sa chemise de laine et porta la main à son arme en scrutant ce qui l'entourait. Rob s'occupait avec force et fermeté des hommes et le devoir de Aro l'appelait plus promptement aux cabines et cales du Navire où il devait faire le tour du matériel et organiser les canons. Il n'aurait pas le temps aujourd'hui de s'en aller prêt de l'office du Capitaine pour tenir à jour le journal de bord de L'Idéal. Il croisa un mousse qui, le mot "massacre" accroché aux lèvres, affichait un teint d'une pâleur presque cadavérique. Il est vrai que le Lhurgoyf n'y avait pas songé en ce sens mais la peur pouvait s'avérer compréhensible. Que comptaient faire une poignée de Navire face à un Colosse qui serait dans son élément et armés de tentacules prêtes à déchiqueter les coques de quiconque s'approcherait trop prêt. Une sueur froide coula le long du dos du Vagabond. Bouclant sa tournée, il retourna sur le pont et somma les canonniers de rejoindre leurs postes.

C'est à ce moment là qu'il pus enfin apercevoir le Colosse qui était encore au loin. Et il espéra secrètement que les Hauts-Capitaines avaient bel et bien un plan en association avec leurs alliés de fortune pour faire face à un tel ennemi. Le mousse avait peut-être raison: la lutte ne sera pas propre et les pertes seront lourdes.


Dernière édition par Aro Vanzig le Sam 21 Mar - 18:30, édité 1 fois
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Léogan Jézékaël

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mar 17 Mar - 5:02

Il y a des gens pour qui sauver le monde est une vocation, et d'autres pour qui protéger une ville est un métier. Les premiers constituaient aux yeux de Léogan de fantastiques brochettes de blaireaux qu'on devrait pouvoir accuser du crime de mettre leur grand nez et le boxon dans des affaires qui ne les regardaient pas, au nom de la sacro-sainte mièvrerie idéaliste qu'ils partageaient tous, de l'amour dégoulinant de son prochain et de l'harmonie universelle. On devrait ! On devrait pouvoir lancer des mandats d'arrêt contre tous ces éclopés qui jouaient aux bons samaritains et semaient plus de cagade sur leur chemin qu'ils ne résolvaient de problèmes, contre tous ces ramollis du bulbe qui empêchaient les braves gens de travailler efficacement – professionnellement – à la défense d'un patelin quelconque où leur belle bande de glandus chevaleresques se rameutait dès qu'on hurlait à l'apocalypse, contre tous ces baltringues-là, et les mettre en cabane un ou deux mois, histoire qu'ils se fassent à l'idée.
Mais on ne l'écoutait pas. On jugeait ses idées excessives. Alors il fallait employer d'autres moyens... Parce que dans ces circonstances – la plupart du temps, en fait, pour ne pas dire toujours – on ne peut vraiment compter que sur soi-même.

Quoi qu'il en soit, ce fut délesté de ce genre de considérations, qui sans nul doute le préoccuperaient bientôt, que Léogan entra à Gaeaf ce matin-là avec la Grande Prêtresse, Irina Dranis, et son escorte de la garde prétoriale menée par le colonel Roy Arthwÿs, un Lhurgoyf aux cheveux argentés, son ancien lieutenant, un homme méticuleux, rigide et formel, qui se faisait assez difficilement à son nouveau grade et aux initiatives dangereuses qu'il devait prendre par lui-même.
Ils arrivaient tous de la forteresse d'Aggersborg, où Léogan s'était enquis des restaurations massives apportées aux infrastructures militaires, et où il avait amorcé un entraînement intensif avec ses troupes pour « leur apprendre à sauter », comme disait Brom, avant d'avoir à faire face aux cavaliers de Sharna, armés d'un sabre et d'une technique neuve qui avait été élaborée par les maîtres d'armes du temple de Bor et que lui travaillait à implanter dans tous ses corps d'armée avec l'application d'un homme qui retrouve la passion de ses jeunes jours. Irina et Arthwÿs l'y avaient rejoint quelques jours auparavant et ils avaient pris la route de Gaeaf pour en inspecter les infrastructures militaires.

Et si Léo s'était hasardé à penser, en visitant les postes avancés du village – qu'il avait fait construire dans les terres dès sa mise en fonction, un mois plus tôt – qu'il avait entamé sa journée sur des notes très satisfaisantes, le raz-de-marée qui s'abattit sur le port dans le milieu de la matinée ravagea sa légèreté et sa bonne humeur en même temps que la plupart des bâtisses construites sur le pourtour du Lac Gelé. Il assista à la catastrophe du haut d'une tour de guet, effaré, et dévala les escaliers pour en avertir Irina et l'entraîner avec lui dans le bourg-même où régnait un chaos abominable. Arthwÿs les suivit au pas de charge avec les cinq hommes qui constituaient l'escorte de la Grande Prêtresse. Ils nagèrent tous à contre courant dans la foule qui fuyait de tous les côtés, qui se bousculaient, se fracassaient contre les débris de maisons inondées, comme les vagues sur de hautes falaises, hurlait d'un même cri, pleurait d'un même pleur. Ils avaient de l'eau jusqu'au genou. Léogan courait à en perdre haleine, la petite main d'Irina serrée dans la sienne pour ne pas la perdre dans la cohue, déjà catastrophé par l'image qu'il se ferait bientôt du port dévasté.

Mais quand il arriva sur ce qu'il restait des quais, ce ne furent pas les habitations effondrées, les cadavres qui jonchaient les rues, et tout le spectacle du désespoir que jouaient les villageois terrifiés qui le prirent aux tripes.
Là-bas, au large, il distinguait comme l'ombre d'une montagne surnaturelle qui avait surgi là en un instant et qui mugissait à en écorcher les tympans d'un Sindarin. Il plaqua ses mains contre ses oreilles pointues, le visage crispé par une grimace de douleur, et se redressa avec véhémence, les yeux agrandis d'horreur, pour détailler les contours accidentés du colosse et ses tentacules qui s'élevaient des flots noirs pour se débattre dans le ciel comme une myriade de bras noirs et pesants qui retombaient dans l'océan dans de grands remous.

« Putain d'bordel à queues. » lâcha-t-il, paralysé de stupeur sur le quai, avant de sentir une bouffée d'exaspération lui monter dans la poitrine et écraser violemment cette angoisse qui l'avait pris de court. « Oh non. »

Son cœur se souleva dans sa poitrine. Une nausée frôla ses lèvres et il se tourna vers Irina dans un profond vertige, puis il avisa de nouveau le monstre marin, submergé par une vague amère de découragement.
C'était une blague ?! Pincez-moi, je rêve !

« Oh non, mais sans déconner, ça me gonfle, si là-haut ils en ont vraiment marre de notre gueule, il faut le dire tout de suite parce que moi à c'moment-là je me fais pas chier ! »

Il frappa d'un grand coup de pied dans un tonneau cassé qui roula sur le quai et plongea dans l'eau où flottait déjà des débris et ça et là, quelques corps, dans un éclaboussement sourd. Plus que la peur, c'était la colère qui grondait en lui, quand il réalisait avec horreur qu'au moment de l'effort de guerre, l'un des seuls ports de la côte cimmérienne venait d'être détruit par... Les dieux seuls savaient quel bestiau sorti des profondeurs !
Qu'est-ce que ça voulait dire à la fin ?! Il y avait quelque chose ou quelqu'un – un vieux salopard d'éternel parmi toute la clique des divinités isthériennes – qui avait décidé que Cimméria devait être rayée de la carte, ou quoi ?!

« C'est vrai ça, marmonna-t-il en se retournant vers Irina, le visage décomposé. Avec tout ce qui nous tombe dessus en ce moment, ils auraient pas meilleur compte de tous nous calancher d'un coup ? »

Après la sarnahroa et le myste rouge, ils auraient peut-être dû se préparer à faire face à d'autres mystères funestes de la nature. A la place, Elerinna Lanetae avait décidé qu'on en avait rien à branler, de toutes ces conneries, et qu'une bonne petite guerre au milieu de tout ça, ça ne ferait de mal à personne. Même dans la mort, elle parvenait à lui taper sur le système, il fallait applaudir la performance...

Mais malgré ce brutal coup de sang et le désespoir qui l'envahissait, Léogan était trop terre à terre – et trop combatif désormais – pour se laisser abattre et il rassembla rapidement ses esprits en tirant ses longs cheveux en arrière d'une main nerveuse. Il avait déjà eu affaire aux deux autres colosses, à Taulmaril où il était tombé dessus hasardeusement en cherchant l'entrée de la ville, et à Elgondor, où il avait découvert le monstre cracheur de myste avec une troupe d'explorateurs sans peur et sans reproche – ou presque. Ceux-là n'avaient pas été agressifs, du moins dans la mesure où il leur avait fichu la paix (il n'était pas complètement fou non plus), mais de toute évidence, leur frère des abysses n'était pas pas du même tempérament.

« Enfin, soupira-t-il à Irina et Arthwÿs, le regard déjà vif et l'affût d'une présence militaire sur les quais. Faut qu'on s'y colle, naturellement. Hé vous, là-bas ! Machin ! s'écria-t-il, en faisant signe à un homme en uniforme non loin, qui se retourna, aperçut Léogan et se mit aussitôt au garde à vous.
‒ Quartier-maître Sigwald, mon général !
‒ Oui, c'est ça – je les connais pas, ces cons-là de la Marine, glissa-t-il à son ancien lieutenant avec mauvaise humeur – oui, bon, ramenez vot' fraise, grouillez-vous. »

Le quartier-maître, un Terran entre deux âges, à la constitution solide aux cheveux blond sale et aux yeux d'une clarté perçante, ne se fit pas désirer plus longtemps et arriva au milieu du trio au pas de course.

« La base navale est touchée ? demanda aussitôt Léogan.
‒ En partie, mais les dégâts sont limités, elle est protégée par les digues dans la goulée ouest.
‒ Bon. Allez sur place estimer nos forces mobilisables et faites mettre l'armada à flots – dites-leur de se magner le train, surtout. »

Sigwald opina vivement du bonnet et s'élança parmi les débris du port en direction de la goulée du port de Gaeaf où étaient amarrés les navires de guerre de la Marine cimmérienne.  Pendant ce temps, Léogan se tournait vers son désormais colonel.

« Arthwÿs.
‒ Oui, mon général, répondit sobrement le Lhurgoyf, qui se raidit inconsciemment devant lui.
‒ Ha putain, ça fait vraiment bizarre. » remarqua Léogan en haussant les sourcils de vertige à l'annonce de son grade. Mais il reprit rapidement contenance et balaya les environs d'un large geste. « Sécurisez-moi le périmètre, et puis faites un effort, normalement j'ai plus vraiment à vous donner d'ordre, moi, mettez vous au boulot, mon vieux.
‒ Je n'ai pas beaucoup d'hommes, mon général, il faut faire un choix : soit je les poste à la protection du port, soit je les mets sur l'évacuation des civils.
‒ Allez à la base de la territoriale si elle est encore debout, mobilisez-moi tout le monde, dites-leur que je les mets à vos ordres, colonel, souligna-t-il mauvaisement, ce qui provoqua finalement une expression déstabilisée sur le faciès flegmatique de son subordonné. Ah, oui, ça vous en bouche un coin ! Alors arrêtez vos courbettes et mettez vous au turbin.
‒ Oui, Monsieur, mais comment dois-je vous appeler dans ce cas ?
‒ 'Léogan', ce serait sûrement trop vous demander, alors 'Monsieur', ça ira très bien, allez maintenant, tirez-vous. »

Arthwÿs claqua ses bottes sur le pavé pour marquer son assentiment et sans se formaliser de l'indélicatesse notoire de son officier supérieur, se retira aussi dignement que le lui autorisait une foulée rapide. Léogan soupira en massant méthodiquement ses tempes comme si les frictions répétées avaient le pouvoir de stimuler son intelligence, et il se tourna avec lenteur vers Irina qu'il regarda avec souci au fond de ses yeux verts.

« De fait, ils seront tous à votre service, murmura-t-il en penchant discrètement la tête vers la prêtresse. Il faudrait que Gaeaf ne subisse pas plus de dégâts, peut-être qu'avec des mages... Vous pourriez éventuellement protéger ce qui reste du village. De mon côté, je vais tâcher de faire prendre le large à cette bestiole et de mettre le plus de distance possible entre elle et la côte avant d'essayer de la dézinguer – sinon on est bon pour un deuxième raz-de-marée. Vous... ferez attention à vous. » souffla-t-il, avant de détourner le regard.

Sa main gantée effleura doucement celle d'Irina et sa poitrine se serra violemment, mais il reprit imperceptiblement de la distance avec elle et se reposa sur la garde de son sabre qui remplaçait son épée bâtarde pendant les voyages, depuis qu'il avait été accusé de haute trahison et qu'il avait cavalé à travers Argyrei, aux côtés d'une rapière lourde, une pappenheimer qui venait tout droit des forges de Bor. Il fit mine de rien pendant quelques secondes, troublé par cette démonstration secrète d'affection et par la perspective imminente de se séparer d'elle dans une pareille situation. Bien entendu, il avait toute confiance en Arthwÿs, et Irina elle-même avait assez de ressources pour se tirer de bien des déboires, mais...
Ses yeux opaques se fixèrent sur le monstre qui s'agitait en haute mer et dont la gueule béante où semblaient pouvoir s'engouffrer plusieurs maisons, barrissait de longues clameurs gutturales. Sa gorge se noua. La foule était terrorisée autour de lui. A une dizaine de mètres, une femme aux cheveux roux pleurait et hurlait de terreur, agenouillée dans les débris, les mains plaquées sur les oreilles. Il lui jeta un regard grave tandis que la panique s'accentuait autour de lui, mais il ne bougea pas. L'angoisse commençait à lui nouer les tripes mais il restait droit dans ses bottes. Il fallait patienter encore. Et espérer que le colosse ne profiterait pas de ce court moment de marasme généralisé pour attaquer. Au retour du quartier-maître Sigwald, il pourrait agir, mais pour l'instant, il fallait rester en place. Sa main s'ouvrait et se refermait nerveusement sur la garde de son sabre, son pied butait répétitivement contre le pavé et il avait l'impression d'étouffer d'impatience. Irina, de son côté, commençait à prendre les choses en main pour calmer les villageois survivants.

Dans un sursaut de lucidité, Léogan fronça les sourcils et dirigea son regard vers le ciel d'une pâleur morbide qui couvrait immuablement le pays cimmérien et le plongeait en toute saison dans une torpeur atemporelle, dont on réchappait seulement grâce au froid mordant de l'air et aux gifles piquantes des bourrasques. Il émit un long sifflement entre ses dents, et le cri perçant de son messager habituel – un ancien familier qui lui obéissait encore fidèlement – lui répondit. Un faucon pèlerin massif descendit du fût d'un toit et vint se poser sur le bras que Léogan lui tendait. Il lui présenta sa patte docilement et Léogan sortit d'une cartouche oblongue un parchemin qu'il gardait prêt en cas d'urgence, une petite plume et un flacon bien fermé d'encre noire. D'un geste puissant, il aida le rapace à reprendre son envol et il se fit une place sur le sol en évacuant des déchets du pied pour s’accroupir, déboucher le flacon entre ses dents et commencer à rédiger un appel d'urgence à destination de la base navale de Hellas.
Style laconique, propositions elliptiques, rétractions de phrases, écriture brouillonne, et signature à l'appui, il rappela son messager qu'il chargea de son parchemin. Horos prit son envol dans la foulée et Léogan le regarda partir vers l'ouest en espérant que les renforts qu'il exigeait pourraient arriver à temps... Mais il fallait pourtant garder des forces en réserve pour contrer un éventuel assaut de Mavro Limani dans les semaines qui viendraient. Il n'était pas non plus question d'encombrer le lac gelé de vaisseaux, les manœuvres s'en verraient compliquées et le monstre n'aurait seulement qu'à foncer dans le tas pour renverser les bateaux comme un jeu de quilles. Non, au vu du calibre de l'animal, il faudrait être mobiles et rapides, c'était leur seule chance de prendre l'avantage. Difficile d'estimer combien de vaisseaux nécessitait la défense de Gaeaf – parce qu'à cette distance, même pour un Sindarin, la taille réelle et exacte du colosse était difficile à identifier, et quoi qu'il en soit, de tout temps, personne n'avait jamais eu à affronter pareille monstruosité, mais s'il avait à sa disposition... Une bonne dizaine de navires... Il pourrait en tirer quelque chose.

Il sortit de ses réflexions quand la proue majestueuse d'un galion fit irruption de derrière le pan escarpé d'une falaise, qui cachait le goulot protégé de la base militaire, et Léogan se raidit de stupeur. C'était le Croc Noir. Le vaisseau le plus rapide et le mieux armé de la Marine cimmérienne, le fleuron de leur armada – et s'il y avait bien un bâtiment qu'il aurait voulu garder dans sa manche pour la guerre, c'était bien ce cinq mâts là !
Mais il distingua, à la proue du vaisseau, la silhouette et le visage du marin qu'il avait chargé de mission. Il s'élança à toute allure sur le quai, bondit par dessus des carcasses de caisses et de tonneaux, pataugea dans des trous d'eau glacés et une fois à portée de voix du Croc Noir, il rugit dans le tumulte du port :

« Ha ben c'est pas dommage ! Alors ? Ho ! Quartier-maître ! SIGWALD ! s'époumona-t-il.
‒ On dispose de quatre vaisseaux, mon général ! s'exclama le marin qui attrapait enfin le bastingage pour hurler à son tour d'une voix victorieuse.
‒ Quatre ?! Et vous en êtes fier ?! Mais vous avez vu l'envergure du machin ?! s'écria Léogan en désignant le colosse d'un geste véhément.
‒ Le gros de la flotte s'est réfugié à Hellas et Oakbrigs depuis la tempête d'il y a deux jours, et puis on a perdu une caraque dans le raz-de-marée. Mais vous avez le Croc Noir !
‒ Oui merci, ça j'ai vu, mais j'aurais aimé... » Garder le Croc Noir en réserve pour les affrontements à venir... Néanmoins étant donné les circonstances, ce n'était pas comme s'ils pouvaient choisir de laisser le galion de leur flotte à l'écart des opérations. « Bah laissez tomber, maugréa-t-il. J'arrive ! Amarrez-vous à quai et dites à vos copains de commencer à prendre le large ! »

L'autre lui fit un salut militaire expéditif et commença à brailler des ordres sur le pont du galion tout en se précipitant sur le château arrière, deux drapeaux sous le bras, certainement pour faire signe aux trois bateaux de guerre qui le suivaient de doubler et prendre la haute-mer.
Léogan, désarçonné par le tournant que prenait leur situation, escalada un ponton en bois et mit la main sur un cordage épais et trempé qui était encore attaché à une amarre afin d'en vérifier le nœud en appuyant sa botte sur le gros anneau de métal et en tirant sur le bout. Sans être marin de profession, en trois siècles d'existence, il avait acquis une certaine expérience des travaux de la mer, d'autant qu'il avait passé ces derniers mois entre le désert et l'océan aux côtés de Fenris. En relevant farouchement la tête pour chasser sa tignasse noire de ses yeux, il croisa soudain le regard d'un visage familier.

« Othello ! C'est vous ?! »

D'un bond leste, il passa devant un Sindarin aux cheveux dorés qui aidait les gens dans la cohue et rejoignit la sirène aux cheveux sélénites, dont la silhouette semblait si frêle sous le vent violent qui se levait de la mer et jetait son iode glaciale sur les terres. Il lui sourit nerveusement et la considéra de haut en bas avec surprise. Elle avait l'air d'essayer de garder la tête hors de l'eau mais l'angoisse fronçait imperceptiblement les traits délicats de son masque de givre. Il baissa la tête vers elle et se mordit les lèvres.
Il était bien content de la revoir, mais décidément, cette situation prenait un tour bien ironique.

« Bien sûr que c'est vous, ha ça c'est fort, dit-il en riant fébrilement, avant de lancer un long regard au monstre marin vers lequel une frégate et trois caraques se dirigeaient, pliant leurs voiles aux caprices du vent et des récifs. Hm. Euh, c'est pas tout à fait le gabarit d'un léviathan, mais... Le sort a un certain goût pour le comique de répétition, je crois. » Il lui adressa un pauvre sourire tandis que sa main se crispait sur sa poitrine, dans les pans de son manteau noir, où demeuraient les stigmates de sa confrontation avec le fameux léviathan, mais rapidement, il regagna un visage grave et regarda la jeune femme droit dans les yeux pour lui parler comme à une sœur de front. « Vous vous sentez de lui faire face, à celui-là ? Sinon y a du boulot par ici, évidemment, mais... »

Il fit un signe gauche et évasif, qui signifiait grossièrement qu'il savait ce dont elle était capable dans ce genre de circonstances. Un soupir mince s'échappa de ses lèvres alors qu'il relevait la tête vers le Croc Noir qui manœuvrait pour se ranger à quai, et fut incapable de rester immobile plus longtemps. Il fit signe à la prêtresse de le suivre et rejoignit son amarre pour lancer la grosse corde à Sigwald, qui l'attrapa d'un geste vif. Comme personne ne s'avançait pour l'aider dans sa tâche, il fit signe au quartier maître de lui envoyer d'autres attaches qu'il saisit avec fermeté.

« ...faudra penser à construire une digue dans le coin, un jour... grommela-t-il en nouant une corde à d'autres chaînes sur le quai pour fixer définitivement l'amarre de garde. Et des tourelles, d'autres tourelles, plus de tourelles. Ça nous rendrait bien service... »

Il grogna en s'arc-boutant sur son nœud et courut le long du quai pour dégager les chaînes des traversiers du poids de deux cadavres qui les bloquaient. Il retourna un corps avec effort en sifflant entre ses dents un « navré, bonhomme », et reçut dans la précipitation un nouveau cordage. Quand il se redressa de nouveau pour repartir au pas de course vers la première longère, l'amarre la plus lointaine, en s'essuyant le front d'un revers de manche et en jetant ses cheveux en arrière, ses yeux de Sindarin s'étrécirent sombrement vers l'horizon et un sourire éclaira subitement son visage.
Il se tourna vers Othello avec un enthousiasme de gamin surexcité, chercha Irina du regard, puis lui fit signe, avant de désigner les voiles blanches qui apparaissaient entre le flot sombre de la mer et les voiles blanchâtres du ciel – c'était une flotte qui venait du nord pour prendre le colosse de revers, et il reconnut parmi les pavillons ceux du Midas, le galion de la Compagnie des Eaux dorées, qui accostait régulièrement à Hellas où il avait vu le jour.

« HA HA ! rugit Léogan en serrant le poing. Le capitaine Omerio est homme à tenir ses promesses ! »

Spoiler:
 




Dernière édition par Léogan Jézékaël le Sam 21 Mar - 2:48, édité 3 fois
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Veto Havelle

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mar 17 Mar - 12:26

Veto revenait d’un petit voyage en Eridannia lorsque tout a commencé.

Mais avant le commencement, il y a eu cette halte à Aggersborg. Il y était en tant que simple invité de passage et le major en charge des lieux lui avait accordé de rester incognito. Ainsi, il resta discret, dans le bureau du Major en charge de la « Tour du Sud » comme on l’appelait parfois dans la Territoriale, lorsque l’un de ses hommes vint signaler qu’un Sindarin se montrait récalcitrant.
Les être sylvains n’étaient plus réellement les bienvenus en Cimméria depuis quelques temps. Le climat de tension touchait tous les voyageurs mais plus encore ceux en provenance de la cité forestière. La Major hésita un peu et puis son sergent se proposa d’aller régler cette affaire et alors Veto et son collègue purent continuer leur discussion.

Le Major cherchait à savoir ce qui avait été l’objet du récent déplacement du nouveau lieutenant mais Veto refusait de lâcher plus d’information que nécessaire. Ce petit jeu d’intrigue durait depuis quelques minutes déjà et amusait encore Veto et son interlocuteur qui avait été jadis dans son équipe alors qu’ils n’étaient tous deux que secondes classes.
En réalité, ils échangèrent d’avantage sur la récente promotion que le jeune Havelle avait obtenu en réussissant ses examens de l’école militaire. Encore une fois, la capacité d’apprentissage du jeune Terran l’avait propulsé à travers les examens avec une facilité déconcertantes tant pour ses collègues que pour ses examinateurs : il ne lui avait fallu qu’une année pour réussir là où la majorité des sous-officiers avaient besoin de deux ans d’étude.
Bien sûr, il y avait eu des précédents mais rarement aussi jeune.

Veto allait finalement prendre congé lorsque le Sergent revint à moitié rassuré, décrivant les étranges ustensiles que transportait l’inconnu. Veto en avait identifié un ou deux et informa ses hôtes, puisque les papiers étaient en règle –même si la royale signature sindarine n’avait que peu de valeur en terre cimmérienne ces derniers temps, celles des Éclaris suffisaient– que quoi qu'il arrive, Veto devait faire une halte à Gaeaf quelques temps. Il proposait de signaler les autorités locale de la présence de ce cartographe. Si vraiment problème il devait y avoir, ils s’assureraient qu’ils ne s’enveniment pas.

Ce concours de circonstances arrangea bel et bien le Lieutenant qui, au moment de son départ, appris l’arrivée imminente de la garde rapprochée de la nouvelle grande prêtresse. Si cette rencontre ne l’aurait pas réellement déranger, l’heure n’était pas encore aux explications et c’est donc sans hésitation qu’il talonna Maclov, sa monture, quittant la tour de garde, gardes, fuyant sans se l'avouer une rencontre qu'il prédisait désagréable.

Il rejoignit la caserne et s’informa de la situation. Et comme bien souvent, il n’y avait rien d’extraordinaire à relater dans ce port relativement isolé. Veto se fit discret à Gaeaf. Il avait énormément de choses encore à étudier et devait gérer une tonne de papiers avant son retour à Hellas. Il avait déjà pris ses nouvelles fonctions mais l’approche d’une guerre nécessitait de sans cesse améliorer les rondes et tours de gardes et bien d’autres choses administratives. Ses journées, il les passa dans un petit bureau réservé aux gradés de passage dans la caserne, le nez plongé dans des cahiers et régulièrement, il envoyé des missives ou recevait une patrouille du désert sous son autorité pour lui donner de nouveaux ordres de missions.
Il était à nouveau sur le départ lorsqu'on annonça encore une fois la venue de la grande Prêtresse. Veto s'était déjà beaucoup éternisé au port. Il s'y était familiarisé avec une partie de la flotte et sur les habitudes et compétences du fortin en charge de la protection de Gaeaf. Mais maintenant, il lui fallait retourner à Hellas pour remplir ses fonctions de manières bien plus efficaces. Encore une fois, peut-être, il se drapa d’un caractère procédurier et immergea ses pensées dans les monceaux de paperasses et de responsabilités qui le noyaient désormais, éloignant l’image douloureuse d’Irina de ses songes, comme inconsciemment, fuyant le moment inéluctable où il faudra un jour lui rendre des comptes.
Si bien qu’il s’apprêtait à repartir le lendemain sans se douter que la majorité de ce qu’il avait planifié jusqu’ici allait devoir changer. Et ce malgré l’étrange rêve qu’il avait fait.

Les nuits précédentes, il avait fait l’un de ses rêves récurrents. Celui où il déambulait dans une halle pleine de tableaux étranges, comme encrassés ou baignés de ténèbres. Cette nuit-là, il s’était arrêté devant la toile représentant la banquise. Les zones d’ombres étaient encore nombreuses mais désormais il pouvait voir les débris de bois, les tâches de sang et les cadavres qui jonchaient les rives enneigées derrière une silhouette qu’il avait identifiée comme la sienne, debout sur la glace. La grande tâche sombre semblant faire face à cet ersatz peint de lui-même semblait s’étrécir et avait pris un caractère menaçant.
Et au réveil, il était beaucoup moins préoccupé par ses fonctions et responsabilités que par cet étrange signe. Pourtant, il n’était pas rare qu’il décèle des signes très longtemps à l’avance et il y avait une chance pour que cette prémonition ne soit que la prémisse d’un lointain évènement. Et présentement, il n’avait que la guerre imminente qui pouvait expliquer cette vision imagée du futur…

Mais il y eut le vacarme, il y eut les cris des gens dans le bourg… Et il y eut les alertes hurlées par les gardes sur le chemin de ronde de la caserne.
Veto se précipita vers ces derniers et se jeta sur les créneaux, incrédules, stupéfait par le spectacle apocalyptique qui s’offrit à lui. Les restes de Gaeaf gisaient au pied du petit fortin. Les petits bateaux de pêches étaient éparses, çà et là, déchiqueté, à l’instar des maisons et cabanes de pêcheurs hier encore sur les pontons du port. Veto se pencha par-dessus le rebord de pierre et se tordit le cou pour voir le fond de l’enclave où les navires de guerre de la flotte cimmérienne étaient le plus souvent maintenus en cale sèche pour les garder hors de portée de la glace. La vague qui refluait doucement vers la mer avait balayé l’un des bâtiments qui en avait percuté un deuxième. On apercevait depuis les remparts un rocher en travers de la coque béante et des mats brisés. Et Veto, qui avait appris depuis un moment les noms des navires les plus remarquables de la flotte, reconnu l’Iceberg ici éventré. Et ce n’était pas une mince perte. Des hommes affluaient déjà vers la petite crique et s’alarmaient des dégâts. Mais Veto ne voyait qu’une chose, il restait encore trois bâtiment en état. Et peut-être que celui que l’Iceberg avait couché pourrai serait en assez bon état pour prendre la mer, même avec quelques avaries.

Et puis il y eut le cri strident. Ce cri atroce que Veto n’avait pas pu imaginer ou même rêver.
Il faillit tomber des créneaux tant la douleur fut intense. Il réussit à se jeter à genoux derrière un merlon et les gardes à ses côtés l’imitèrent. Et ils gémirent tous les cinq de concert.
C’était un cri inhumain, d’outre-tombe ou d’outre-monde. Un cri qu’il n’avait jamais entendu dans la gueule d’aucun animal et qui ne ressemblait à rien d’autre.
Lorsque le son immonde réduisit, il put se redresser, haletant, et rouvrit ses paupières pour constater l’abomination qui était déjà visible au-delà de l’embouchure du lac, donnant sur l’océan boréale. Combien de temps faudrait-il à cette bête pour rejoindre Gaeaf qu’elle semblait avoir pris pour cible étant donné sa trajectoire : la créature immense grossissait à vue d’œil depuis l’horizon et il semblait plus qu’évident qu’elle se dirigeait vers eux.

Veto se releva et tourna le dos à l’abomination, frissonnant et fermant avec force ses paupières, espérant qu’il faisait un nouveau rêve. Mais lorsqu’il les rouvrit, les Borborygmes de la bêtes étaient toujours présent dans l’air. Il se tourna alors vers les gardes présents à ses côtés, revoyant dans son esprit tous ses cours et les procédures d’urgence, cherchant à nouveau à chasser les pensées parasites de son esprit pour ne garder qu’une chose : la procédure et l’efficacité. Il donna quelques ordres tel qu’envoyer trois équipes en renfort pour aider celles déjà en ville à l’évacuation des villageois, préparer les machines de siège, mettre les navires à la mer et surtout, sonner l’alarme générale et allumer les feux de détresse. Ensuite il fila jusque dans le bureau du plus gradé en charge du fortin : un vieux marin du nom de Borco, devenu Lieutenant après de nombreuses tentatives et une carrière plutôt calme pour ne pas dire planquée.

Veto le trouva dans son bureau en train de recevoir des informations contradictoires et confuses auxquelles il semblait avoir du mal à accorder beaucoup de crédit.
Veto se fit alors une place dans le tumulte et face à la parole d’un homologue de grade, Borco dut bien se rendre à l’évidence : la retraite tranquille qu’il avait cru s’être trouvé venait de voler en éclat.
Le Lieutenant Havelle le secoua un peu en lui donnant une pléiades de conseils qui sonnaient de plus en plus comme des ordres au fur et à mesure qu’il voyait le responsable des lieux se déconfire.

Finalement, Veto se tourna complètement vers les Sous-lieutenant et Majors présent, distribuant ses injonctions comme il l’aurait fait à ses propres hommes.
En définitive, il se retrouva seul dans le bureau du Lieutenant qui le regardait mi agacé, mi soulagé.
Veto lui lança un dernier regard et l’assura qu’il se chargerait de tout. Et ça n’avait rien de réprobateur ou de suffisant dans l’esprit de Veto. Mais il serait amené à regretter avant la fin de cette histoire de ne pas avoir plus consacré de temps à redonner forme à son homologue avant de se jeter dans le tourment.

Veto courrait sur le chemin de ronde, aidant les artilleurs à préparer les engins de sièges ou donnant des instructions sur comment placer les archers et le nécessaire à enflammer leurs flèches. Et alors qu’il venait de s’échiner à charger une des balistes, il vit un petit groupe de soldat portant l’emblème de la garde prétoriale s’avancer vers la caserne.  Dans les rues, derrière eux, la panique n’avait pas diminuée. Le monstre poussa un nouveau cri et encore une fois, Veto ferma les yeux, attendant que ça passe, refusant de regarder la bête en face pour le moment. Il donna encore une volée d’ordre quant à l’approvisionnement des remparts en projectiles et de ne pas user de flèches enflammées. Il avait l’impression de donner des instructions comme on jette des graines à une basse-cour affamée tant les soldats marchaient au ralenti sous la menace grandissante. Ces pauvres hommes n’avaient jamais affaire avec de tels évènements. Mais le problème était que Veto non plus. Alors il se raccrochait à ce qu’il avait appris à l’école, faisant fi du caractère incroyable de la situation.
Le lieutenant se dirigea enfin vers le bureau du colonel où Arthwÿs –car il avait deviné que c’était lui qui approchait– devait certainement se rendre.

Les deux hommes se rencontrèrent devant la porte et manifestement, le colonel avait été prévenu que c’était Veto qui avait fini par prendre les reines car il s’adressa directement à lui. Mais le Lieutenant en fonction surgit de son bureau et, s’il ne fit pas de commentaire quant au fait qu’on passait outre son autorité, il arborait un visage dur et bien plus agressif que lors de l’annonce des évènements dans son bureau.

Le vieux Lieutenant fit l’état des lieux du fortin et de leurs possessions, alors que Veto énuméra les divers ordres qu’il avait déjà donné : la mise à l’eau des navires, la mise en place d’un convoi militaire à la sortie Est de la ville pour escorter les villageois vers Hellas lorsqu’ils le pouvaient et l’envoi d’une première vagues d’équipe de secoure dans le village. Il parla également des quelques télépathes qui avaient pu être mobilisés pour contacter Hellas s’ils le pouvaient malgré la distance. Borco précisa qu’ils l’avaient déjà fait grâce à quelques catalyseurs qu’ils possédaient dans la caserne.
De plus, les feux d’alarme brûlaient toujours en haut du fortin.

Ces feux d’alarme, Veto les regardait encore lorsqu’il quittait la petite crique protégeant les navires militaires. Il était monté à Bord du Croc-Noir, alors que Borco avait décidé de prendre son propre bâtiment, un navire marchand converti en navire militaire qu’il avait légué à l’armée lors de sa propre reconversion.
Veto fixait les flammes et regretta encore une fois de ne pas croire assez fort en Kesha pour espérer un miracle de sa part ou un quelconque soutien.

Il avait déjà naviguait mais n’avait pas encore assez pris de temps pour apprendre à manœuvrer seul, aussi il laissait faire le quartier-maitre Sigwald et il se contenta de se mettre à la proue, fixant le monstre enfin, s’autorisant à contempler l’horreur qui les faisait tous courir et crier et qu’il refoulait dans un coin de son esprit depuis tout ce temps. Et alors, lui aussi eut envie de les imiter. Que croyait-il faire ? Même ceux encore à Hellas n’en réchapperaient pas si ce monstre immense atteignait les côtes… Combien de temps faudrait-il à cette créature pour ravager l’intégralité des côtes cimmériennes ? Que pourraient bien faire de petits êtres mortels comme eux ?

Il avança, hypnotisé, fasciné et terrifié par la créature, jusqu’au bastingage.
Jusqu’à ce qu’il entende des éclats de voix sur la jetée : c’était Léogan. Finalement, le destin ne voulait pas qu’il les évite plus longtemps. Et bien il ferait avec…
Alors, des Navires apparurent dans le lac, contournant la créature ou l’encerclant.


« Ce n’est pas le pavillon d’Hellas… »précisa le militaire l’air soudain encore un peu plus inquiet.
Mais la réponse vint des cris de Léogan encore à quai. Il attendit alors de le saluer, se murant à nouveau dans un comportement procédurier défensif.

Mais son regard fut bien vite capté par le navire de Borcos qui filait droit sur la créature, se détachant des deux autres, contrairement aux ordres.


« Général, je crois que nous avons un problème…» s’exclama presque le militaire. La perspective que le vieux Lieutenant fut piqué au vif et qu’il ait décidé de partir laver son déshonneur dans un ultime assaut saisit Veto qui se sentit soudain plus que responsable.



Lorsque Cimmeria n'a plus assez de son désert pour la protéger ;
avant que Fellel ne soit le dernier refuge ; pour la gloire de Hellas !
Debout la Garde ! Debout au milieu des tempêtes,
plus durs que les montagnes !
Levons les boucliers et montrons nos cœur glacés !
Debout la Garde ! Nous serons les derniers à tomber !
Debout la Garde ! Debout !
Dressons-nous, fiers, Kesha dans notre dos.

Guéri
Immunisé



Dernière édition par Veto Havelle le Lun 30 Mar - 20:24, édité 2 fois
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Tekum Seh

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mar 17 Mar - 12:33

C’était il y a quelques heures que le grand Duc avait appris la nouvelle, calmement posé, engoncer dans un fauteuil, les doigts posés sur ses tempes, quelqu’un était entré en trombe dans son bureau, et hurlait à qui veut l’entendre que les dieux avait décidé d’entré à nouveau dans la partie et qu’un port au nord était attaqué. Gaeaf, joli nom pour désigné un port de pécheur servant au commerce de l’état hiémal, mais aujourd’hui nom d’une catastrophe d’un titan réveillé qui espéreront le, allait comme les autres se rendormir … Pourquoi les anciens avait décidé de se réveiller à présent ? Seul certains être en bocal avait la solution et pour le moment il en était encore loin. Fermant les ses yeux aveugle il inspira longuement avant de prononcer son verdict :


******


Deux hommes, puis trois, puis six sortirent d’une bâtisse en vue du port, perdu dans les collines au sud ouest, reconnaissables entre tous, ils portaient les armures or et smaragdine d’Arghanat. Les car elles étaient toutes différentes, et si les hommes se ressemblaient par leur stature au moins dignes de Zélos, et leur couleurs, aucun n’avait le même agencement de plaques, mais sur leurs épaules la signature de Brom Ode Bahalmarche et leur liberté de mouvements ne laissait aucun doute. Les six hommes de la première phalange firent signe, trente autres sortirent à leur tour tandis que au coté du Duc se tenait Lupen Z’en Rahar, tous avait des ordres, tous étaient prêt et se mirent en marche alors qu’un contingent de l’armée sortait homme par homme des couloirs pour formé la colonne au milieu de laquelle un Duc se tenait digne dans l’ambiance caligineuse.

C’est donc une petite armée qui sorti du brouillard, le pas cadencer, les mouvements claires, cinq-cents hommes guidés par un homme aveugle se tenant sur sa canne dans un lourd manteau d’hivers, ainsi que soixante colosses de la première phalange. Ces hommes étaient destinés à venir en aides aux garnisons de ce pays geler et il voyageait avec eux depuis de nombreux jours sur les longs chemins qui serpentaient entre les différentes régions. Il avait besoin d’être là, besoin de posé les bases car les hommes de ce beau pays qu’est Arghanat, si ils sont les meilleurs de tous, respire la xénophobie, et travailler avec d’autres ne peux êtres fait que dans l’optique où le Duc lui-même leur demande. Or il fallait que ses hommes se prépare à combattre au coté de ces gens, certes la plus part se bâteraient surement de leur coté, mais depuis quelques jours, il dispersait des groupes d’une vingtaine d’hommes de ci, de là, comme on sème des cailloux sur son chemin, et avait bien décidé de ne pas traverser un pays en guerre seul. D’autant plus que sa mort aurait des conséquences dramatique pour Irina, Arghanat ne vie que par la personne de Tekum, sa mort signerais la fin de beaucoup de choses.

Pourtant quatre cents cinquante furent laissé en arrière à l’entré de la ville pour s’occupé de la cohue comme ils l’avaient déjà fait à Hespéria, entrainé par l’habitude il dirigèrent par la force de leur charisme martial les hommes, les femmes et les enfants vers la plaines geler où arriverait déjà quelques stock de nourriture et où était monté un bivouac de fortune sur les collines, les des flots et des monstres déchainés …

Dans la petite sale de la montagne les hommes faisait sortir les derniers chariots qui était sensé leur permettre de continuer le bivouac longuement, ils devraient se rationner pour la fin de voyage et acheter à prix d’or les fournitures qu’ils auront laissé aux hommes dans le besoin, mais la cause n’en était que plus noble et l’action plus grandiose !

Une débâcle d’argent ? Non simplement un coup de publicité bien venu, tout portait la marque d’Arghanat, il n’était pas de question sur le fait que les tente étaient des tentes de militaires habituer à la haute montagne, que c’était tout ce qu’ils avaient à leur proposer, et les hommes du Duc se mettait en première ligne, bombant fièrement le torse non seulement pour imposé un charisme martial mais pour montré l’insigne de se duché limitrophe allier qui apparaissait de nulle part, dans la brume, pour venir aider la veuve et l’orphelin.
Certes ce n’était qu’une astuce, mais les gens de Phelgra ne douterait-il point qu’ils fussent capable de se téléporté à un lieu voulut alors qu’ils avaient juste posé campement dans une des planques de la Plumes et sortaient de là en ordre ranger car leur éclaireur leur avait rapporté la nouvelle. Un coup du destin encore un fois.

Enveloppé dans son manteau de fourrure et de cuire, le Duc souriait alors qu’on lui frayait un chemin au milieu de la foule apeuré, le sentiment qui suintait de ce béatilles à lui seul pouvait lui tiré ce sourire en leur rappelant à leur véritable condition, mais c’était surtout le placement des choses qui le faisait sourire.
Si il arrivait à se placer comme la dernière fois, Arghanat serait encore vue en sauveur, et quoi de mieux pour un Duché qui s’échine à faire travailler des citoyens pour le bien de tous tout en réduisant en esclavage des êtres vivants et en vendant drogues et autres plaisirs … La fortune est parfois joueuse.
D’autant plus que sa force ne serait probablement pas celle faisant le plus de travail mais vu son placement, les lauriers, qu’il partagera en grand prince, bien entendu, seront siens sans que cela ne fasse outrageux.

La marche militaire prit fin sur le port alors qu’un de ses hommes trouva le général aux commandes de ses lieux, facilement indiqué par les quelques militaires affolé présent. Et si beaucoup d’hommes, surtout ceux de l’armé, avait avalé leur salive, parfois de travers en voyant la brume du Colosse fantasque et rêver et que certains avait hésité à rejoindre les hommes en charge des civiles, tous avait surmonté leur terreur rapidement de par la présence galvanisante du Duc et son regard invisible posé sur chacun d’eux comme un vollucre les surveillant des cieux obombré. Certes, certains allait surement finir dilacérer, certes une fois de plus la mort frappait à leur porte, mais pour ceux qui survivait c’était l’occasion de se prouver les meilleurs en toute chose et enfin d’entré dans la première phalange. La voix claire et douce et agréablement calme du Duc se fit entendre dans le dos de l’homme :


-“Messire Jézékael, Général de cette débandade, le Duc de Seh vous souhaite le bonjour, et vous marque son respect avec la politesse des rois, car il semblerait que nous soyons juste à l’heure. Je me permets de mettre sous vos ordres cinquante de mes meilleurs hommes rompant ainsi la chaine de commandement habituel, ainsi que le Contre Amiral Z’en Rahar ici présent qui dirigera trente homme de la première Phalange d’Arghanat.

Des bateaux de basse mer miens sont en route avec le reste des hommes de ma flotte mais je crains qu’ils n’arrivent que trop tard, c’est donc tout ce que j’ai à vous proposé, mes hommes et mon armée sont au service de Dame Dranis et donc, pour quelques heures, au votre, j’espère que vous saurez en faire bonne usage.

Si vous avez le moindre souci avec mes gens, qui sont parfois vernaculaire, Arghanat est ce qu’elle est et pour mon plus grand plaisir, faite en référence au Contre Amiral. Aller au diable vauvert, baisser le dernier ris et que la chance soit votre Général !

Et si vous avez quelques instants indiqué moi la direction de Dame Dranis que j’aille m’enquérir de sa santé, lui laisser quelques hommes avant de m’en retourné à l’évacuation et ses préparatifs. Le reste de mes hommes s’occupe des civils ne vous en faites pas pour eux, j’ai fait mener vivre et bien pour ces derniers.”


Rapidement il écoute la réponse du Général, lui sourit, lui fait toute ses politesse et s’en retourne avec ses trente hommes restants dans la direction de son allier et de sa Sœur.


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Lupen Z'en Rahar

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mar 17 Mar - 17:57

    Contre Amiral, grand Dieu, de mascotte à Contre Amiral, ça ça claque comme promotion, non mais plus sérieusement Lulu avait du vécu, à ne pas confondre avec cuvé, qu’il a aussi avouons le, et si il devait avoir un titre à Arganat se serait au moins colonel, ce qui d’ailleurs était le siens, mais il avait tendance à l’oublier, plus ou moins volontairement : un colonel ne risque pas sa vie comme un crétin, or Lupen aimait ça, risqué sa vie comme un crétin fini.

    Mais revenons en en arrière parce que là, là il y a du beau monde et surtout des perso comme j’aurais aimé en raconté la vie, Tekum Seh par exemple, le Duc qui guide son armé qui sort de la brume, de nulle part et sème derrière lui des hommes et des emblèmes d’Arghanat pour faire grandir le respect que les gens ont pour ce lieux, pour faire de sa contré un pays de sauveur.
    Non pas qu’il soit con au point de vouloir sauvé du monde hein, on s’y entend bien, il y en a largement assez en ces lieux comme ça des imbéciles qui n’ont pas peur et qui n’ont que ça à faire de sauver des gens tout en sachant très bien que leur vie ne sont pas en jeux, une histoire de destin stupide vous comprenez, le destin ne prend jamais des personnages avec des noms. C’est comme les films, plus tu as un nom important, plus tout le monde le retient, moins tu as de chance de mourir rapidement. C’est étonnant mais vrai. Pour une raison inconnu ce genre de destin ne s’attache pas à Lupen mais qu’importe.

    Après un voyage réussit avec brio disais-je, Lupen eut le grand honneur de bombé le torse dans sa belle armure rutilante au coté de Tekum Seh et au milieu de gas tous plus monstrueux les uns que les autres et des les bras étaient plus gros que le torse du Duc. Il faut dire que le Duc, même si il a tout pour lui, n’est pas épais, et est aussi fragile qu’une brindille, mais une jolie brindille hein. Et alors qu’ils sortent de cette purée de poids tel des sauveurs, la vue du colosse à l’horizon fait ressortir un dent du sourire de Lupen, si il doit mourir, pourvue que ce soit contre un truc comme ça, ros monstrueux, digne d’un Dieu, et pas dans un embuscade à la con ou sur son lit vieux et édenté. Oui c’est exactement ça, et alors que la vue se tourne vers les civiles et les hommes qui s’en occupe, la mascotte lance un crie de guerre qui retenti par delà les maisons délabré du port, un hurlement de loup modulé en un espèce de chant polyphonique …

    Rien de beau, rien d’agréable, mais de quoi faire tremblé un ennemi surtout lorsqu’il est reprit par toute la première Phalange comme à présent et que l’armée tente en vain de le pousser. Rapidement mis à mal par le Duc qui ne voudrait effrayer la population plus que de mesure le crie s’éteint mais les hommes ont eut le temps d’avaler leur salive et de regarder ceux qui ont vomi de haut, la mort est un instant qui mérite d’être vécu, d’autant plus si votre nom peu être marqué sur les livres d’histoire !

    Rapidement il se pose en tête de formation, la pointe de flèche perce sans ralentir la nuée grouillante de civile ravagé qu’on pourrait comparer à une flopé de politicien ayant vue au loin un inspecteur des impôts tellement leur débandade et leur fuite semblait pressante. Et pourquoi ? Pour quatre maisons détruites ? Un village défoncé ? Un monde qui se ferme, le fait que votre femme est morte là bas sous les décombre et qu’un monstre vous fonce dessus, chochottes …

    Lulu marche donc fièrement dans son armure, donnant des coudes et des épaules pour remonté le courant souvent sans véritable nécessité, nous rappellerons que la première Phalange qui forme le losange est composé d’homme ayant joué leur vie et donc leur musculature à l’art du combat et qui peuvent donc être vu de loin. Etonnant n’est-ce pas ?

    Rapidement il attrape par le col un marin et lui demande, avec toute la délicatesse d’un homme qui vient de se coltiné un voyage, qui fait deux têtes de plus que lui, qui à des dents qui sortent de partout et un regard de sérial killer en manque, où est son général, ce qui à le don de donné une réponse rapide. Et donc de montrer le chemin vers un certain Léo qui s’échinait avec des amarres, et ça se dit général …

    Sincèrement il n’a rien de mieux à faire ? Par exemple coordonné les hommes qui viennent plutôt que de faire joujou au petit marin et de jouer avec des cordes ? La tirade de Tekum se fait étendre et il en retire avec joie tout les sous entendu quitte à en inventé certain si il le faut ! La tête haute il frappe son cœur de son poing faisant raisonner sa cuirasse et regarde dans les yeux le général Jézékael, puis commence par lui dire à voix basse :


    “Mon Général, je vais commencer par être désagréable, mais plutôt que de courir après des cordes, je vais envoyer un de mes gas faire ça si les vôtres en sont pas capable, vous, vous vous juché sur un tonneau et vous montrez bien que vous êtes général, on va avoir besoin d’un semblant de cohésion dans ce bordel et je veux mourir dans un beau combat pas dans un bordel sans nom. Donc chacun son taf !” Puis sa voix redevient plus claire et classique “M’sieur, je vous présente une infime partie de la première phalange. Vous avez devant vous dix de ses meilleurs archers et arbalétrier, cinq mages d’attaques, ses huit meilleurs marins, son pisteur et accessoirement meilleur nageur, et Moi.
    Et bien que la première phalange soit les meilleurs en tout cela vous donne une idée de l’unité qui est sous mes ordres. Quant aux cinquante hommes sous les votres, ce sont des hommes qui ont pour but d’entré dans la phalange, ce sont les meilleur de l’armée et le Duc à jugé bon de leur faire passé un vrai teste comme nous l’avons tous fait, mais plus grand. Encore plus grand que ce qu’il pensait à première ouïe je suis sur ! Mais la mort mérite d’être vécu !”


    Sans attendre il rompe le salut et avec ses hommes se mets aux cordages et à préparé le bateau, la chaine change, si il dirige toujours à première vue c’est les marins qui expliques, qui montre et qui joue des bras, les autres aides, agisses, ils ressemblent plus à groupe de mercenaire connaissant parfaitement les capacités de chacun qu’a une armée, mais n’est-ce pas mieux ?

    Les autres hommes eux, tous en armure uniforme or et smaragdine, épaulière frapper à l’effigie d’Arghanat, attendait fièrement leurs ordres de leur général assigné, non pas qu’il aimait être dirigé par un homme qui ne vienne d’Arghanat, ou qu’il lui impose le moindre respect, mais simplement par une question d’idée militaire et d’aptitude. Ils étaient droit, entrainé depuis leur plus jeune âge, aucun d’eux ne désobéirait aux ordres sauf si ceux-ci allait assez directement contre Arghanat pour que leur cervelle s’en rende compte. Car la plus part ne sont ni plus ni moins que d’obéissant militaire.



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MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mar 17 Mar - 20:19

Spoiler:
 

Une invitation à faire une conférence sur la faune et la flore en milieu glacial était parvenue au nouveau domicile de la sindarin. Enfin ses connaissances étaient reconnues (bien que ses pratiques restaient parfois douteuses) et recommandées afin d'enseigner aux moins informés. Une escorte ainsi qu'un véhicule lui seraient fournis afin de rejoindre « Gaeaf, le bourg hivernal ». Elle avait déjà fréquenté le lac gelé, c'était il y a presque un an.
Enfin bref, pas d'hésitation de la part de la petite rouquine ; c'était un plaisir d'aller à la rencontre de braves gens qui ne demandaient qu'à écouter ses paroles parfois insensées (mais ils l'ignoraient). Elle maîtrisait son sujet, mais le risque majeur était surtout qu'elle s'éparpille et en vienne à parler des bienfaits des éponychium humains morts pour les larves des diptères par exemple...
Un petit baluchon vite fait bien fait balancé sur le dos, et en voiture Simone !

Bien heureusement, on lui avait trouvé un logement sur place, une petite cabane de pêcheur avec vue sur le lac, « un bien bel endroit », qu'on lui disait. Ma foi...
Le trajet s'était fait tout seul, pas d'embûche, pas de pertes humaines, puis en dormant la moitié du trajet, c'était pas bien difficile.

La nuit était tombée quand elle arriva enfin à destination, accueillie par l'organisateur culturel de l'événement. Il lui avait indiqué d'un vague geste de la main la fameuse cabane, étant incapable d’émettre un son correct entre sa grosse barbe velue et son écharpe énorme. Elle s'empressa de rejoindre le taudis pour se foutre au chaud sous une tonne de couettes en plumes d'oies. Elle attrapa dans son sac une plume et un bout de papier et gratta rapidement une lettre à Nova, son amie pâtissière, qui gardait durant son absence l'auberge de Malo.

« Nova,

Bien arrivée à destination (Gaef, Gaegaf, Gafefeafea... je ne sais pas l'écrire!), j'avais oublié à quel point la différence de température était notable entre les Gorges et ce foutu pays gelé, j'ai une fois de plus zappé de prendre des vêtements chauds, je trouverais ça demain. En attendant j'ai trouvé un vieux pull miteux dans un placard, je me le suis collé sur le dos, ça fera l'affaire. Je suis dans une grande cabane, celle du pêcheur dont je t'ai parlé, un nom genre « Bafidule » ou « Bidulfa » je sais plus trop. Il est mort il y a quelques semaines et son fils a mis à disposition la cabane qui tombe un peu en miettes. Pas dit qu'elle tienne très longtemps.
Je suis à l'étage, dans la pièce en dessous (par laquelle on accède avec une petite échelle) y'a un jeune homme, qui doit avoir ton âge, il te plairait bien, il récite des poèmes et marmonne tout seul des recettes de cuisines, elles ont l'air appétissantes, je l'engage du crois ? Parce que l'auberge elle va pas faire long feu si tu engrosse tous nos clients avec tes pâtisseries généreuses...  Si je le croise demain matin je lui en parlerais, je sais pas ce qu'il vient faire ici, il est peut être de la famille du pêcheur, va savoir. Bon, je t'abandonne, je ne dois pas me coucher trop tard, demain je veux visiter un peu les lieux pour faire du repérage avant ma petite conférence.
Prends soin de Bouzo, il a les ailes fragiles avec ce froid, je te laisse le bichonner !

Malo »


La sindarin émit un petit son avec sa bouche, une sorte de « Kiki » mais à vrai dire, indescriptible, et le gros volatile sorti de dessous le lit avec nonchalance. C'était un gros vautour qui suivait Malona depuis des années (alors qu'au début, celle ci était réticente) mais qui s'avérait utile quand il daignait montrer le bout de son nez.

- Tiens mon gros, donne la papatte !

L'oiseau ne se fit pas prier, et il grimpa sur le bord du lit afin que Malona puisse accrocher sa missive.

- Va à l'Auberge et apporte ça à Nova, je devais lui faire signe si j'étais bien arrivée en un seul morceau. Et il disparut par la fenêtre qu'ouvrit rapidement la rouquine.

_____________________________________


Un bruit strident vint percer le calme dans lequel baignait la sindarin qui avait déconnecté son corps de la réalité le temps de reprendre des forces. Elle ouvrit grands les yeux, enfonça son oreiller sur sa tête pour ne pas subir ce bruit atroce et lorsqu'il s'arrêta elle se leva rapidement. Un homme inconnu d'à peine 20 piges était en train de fouiller dans son baluchon. Elle lui colla un coup de talon dans le nez (non pas qu'elle eut été souple, mais celui ci était à 4 pattes au sol) et il s'assomma contre un bureau avant de s'enfuir à moitié dans les vappes.

- Non mais bordel, c'est quoi ces manières ?!

Au même moment, le jeune homme qui avait passé la nuit au niveau inférieur passa la tête par la trappe et cria hystériquement :

- FAUT DÉGAGEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEER

Il perdit toute sa virilité par ce cri aigu et Malona fit la mou. Il n'était pas bon pour Nova : manque de virilité.
Trop dans le coltard pour se rendre compte de quoi que ce soit, elle s'approcha de la fenêtre et poussa les lourds volets de bois verts.

- Oh... putain. Elle referma aussi sec et haussa les sourcils aussi haut qu'il en était possible. Mais c'est quoi cet énorme céphalopode gluant ?!

Elle ré-ouvrit lentement pour observer le monstre marin au loin, elle se pencha un peu plus par la fenêtre et constata que l'eau avait tout ravagé sur son passage, même la cabane dans laquelle elle se trouvait. Quelques planches avaient survécu et tenaient la carcasse de bois, mais l'action de se pencher de Malo avait eu raison du raz de marée et elle s'écroula. Malo, la cabane, les meubles... dans un grand fracas qui paraissait murmure au milieu de la cohue.
Miraculeusement survivante, elle s'extirpa des décombres et fouilla pour trouver son baluchon, ça pouvait toujours être utile, quelques concoctions aléatoire, deux trois bouquins, ses notes... Elle observa la panique générale tout autour d'elle.

- Bon, ben, pas de conférence aujourd'hui je crois...

Elle essuya la poussière sur ses vêtements, assise sur le tas de bois et ne savait pas du tout quoi faire sur le moment. Autour d'elle : l'apocalypse.

Merci à son œil de chien, elle reconnu au loin Léogan et Othello, entourés de guerriers prêts à en découdre. Quelle chance elle avait d'être dépourvue de squelette en moment de crise, son corps devenait tout mou à chacune de ses chutes pour rejoindre ses anciens compagnons d'aventure, et aucune séquelles ne lui semblait être à déclarer pour le moment. A chaque gamelle, elle se redressait, sauvant sur le passage un chiot qu'elle balançait dans les bras d'un gros bonhomme qui tenait de fuir les lieux, un livre qui prenait l'eau, une pomme qu'elle fourrait dans son sac et elle se mit à courir jusqu'aux deux loustics, tout en jetant un œil au gros poisson dégueu qui semblait furax au loin.

Quasiment arrivée à leur hauteur, ayant bouffé une ou deux planches dans les pattes, elle observa une armada de gros bonhommes au taquet qui s'était regroupée autour du colonel.
Il lui restait une centaine de mètres avant de pouvoir avoir accès à Othello à qui elle avait envie de faire un gros câlin en lui demandant de partir et de sauver ses petites fesses blanches (malgré ses capacités de barbare que Malona lui connaissait) et à Léogan qui semblait plus que préoccupé. Maintenant que le coco avait un rôle important (il aimait les complications), elle préférait faire un signe discret à la sirène pour laisser Léo discuter avec ses petits copains.

- OTHELLOOOOOOO, YOUHOUUUUUUUUUUUUU ! Elle hurla à s'égosiller la voix et arriva presque à dominer le bruit ambiant, le tout en agitant les bras.
Un demi navire arriva juste devant Malona qui soupira, il avait été ramené par une vague, le colosse approchait...
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Léogan Jézékaël

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mer 18 Mar - 4:06

« Mais qu'est-ce que... ? »

D'abord, le visage de Veto au bastingage du Croc Noir le paralysa dans une stupeur intense, puis la scène qu'il lui montrait depuis le galion – la Boréale, la seule frégate de leur petite flotte, commandée par ce gros tas de fumier de capitaine Borco, faisait un écart et doublait les deux nefs, qu'elle surpassait par sa vitesse, en se dirigeant toutes voiles dehors vers le colosse – cette scène d'insubordination martiale en délire le plongea dans un état de consternation terrible.
Il avança jusqu'au bord du quai à pas lourds et hurla en direction du vaisseau mutin :

« HÉ CONNARD ! GROS DÉBILE ! OH ! »

Les yeux étincelants de fureur, il se retourna vers le quartier-maître, qui avait une corne d'appel attachée à l'épaule et qui tenait toujours ses drapeaux de signaux en assistant à la débandade comme deux ronds de flan.

« Sigwald ! Donnez un coup de tsoin tsoin, vous ! ordonna Léogan, en secouant sa corde d'amarrage avec dépit. Transmettez-moi à ce salopard que s'il arrête pas son char fissa, je le dégrade même si je dois le faire en posthume !
‒ Si ça tenait qu'à moi, y s'rait déjà retombé troufion, marmonna le colonel Erwin Baria, que Léogan avait nommé à la territoriale et qui avait décidé de laisser Irina à sa garde pour comprendre ce que signifiait ce tohu bohu. C'est juste un planqué qui se sent pousser des ailes. Y défie votre autorité, je vous f'rais dire, si vous le laissez faire, déjà que votre image...
‒ Oh, ça va.
‒ Pardon, général, mais j'ai pas spécialement de signaux prévus pour ça... s'écria Sigwald, dans une vague intonation d'excuse.
‒ Oh bon dieu, mais faites quelque chose, dites à votre copain qu'ils vont tous crever s'ils jettent pas l'ancre tout de suite, que je leur fiche un contre-ordre, qu'ils sont sommés de pas avancer d'un nœud de plus ou je les envoie par le fond d'un coup de canon ! Mettez les un peu en panique, je sais pas moi ! La confusion les arrêtera !
‒ Je vais vous faire un truc, attendez. »

Les bras de Léogan lui tombèrent de chaque côté du corps avec désarroi, pendant que Sigwald soufflait un grand coup dans sa corne et agitait ses drapeaux avec véhémence. Il avait manifestement quelques peines à se faire écouter par la frégate, il doubla l'appel, tripla l'appel, secoua ses drapeaux et Léogan poussa un juron très fleuri en piétinant dans l'eau glaciale. Ce fut à peu près à cet instant qu'une voix suave résonna aimablement dans le dos de Léo, qui écarquilla les yeux de stupeur en entendant le titre du nouvel arrivant. Il cilla, son visage se ferma aussi sec et il se retourna centimètre par centimètre pour faire face au duc d'Arghanat, allié principal de la nation cimmérienne, qui se présentait là avec ses troupes, élégant et bien droit dans son manteau de fourrure.

« Monsieur le duc, lâcha-t-il froidement. Toujours au bon endroit au bon moment, à ce que je vois. Vous finirez par devenir prévisible. » ironisa-t-il en réponse aux courbettes élégantes de son interlocuteur.

Agacé par cette intervention, qui avait pour mérite essentiel de le déranger en plein problème de mutinerie, il fit néanmoins l'effort d'écouter le laïus du grand homme jusqu'au bout – en reconnaissant avec une animosité certaine le langage ampoulé et les manières grandiloquentes des cercles aristocratiques auxquels il avait appartenu dans sa jeunesse. Il se retint même de l'interrompre au milieu – il fallait saluer sa résistance – pour lui balancer que ses cinquante pétrousquins dopés à la testostérone, il pouvait se les carrer où il pensait avec tous ses sincères remerciements, mais il fallait rester diplomate pas vrai ? Et puis pour être tout à fait honnête, cinquante types bien entraînés, il n'allait pas en venir à cracher dessus, c'était somme toute un peu maladroit étant donné les circonstances. Il ravala donc toute sa bile mais n'adressa en revanche aucun signe de reconnaissance au duc d'Arghanat, qui restait par chance les pieds au sec sur un quai supérieur, tandis que lui s'enlisait depuis le début de la catastrophe dans cette eau tourbe qui débordait continuellement dans le port. Ses cheveux noirs en bataille dans le vent marin lui retombaient sauvagement sur le visage. Les remerciements restèrent bloqués dans sa gorge, et il parvint seulement à articuler pour riposter aux encouragements pompeux de Tekum Seh :

« Trop aimable. » Il savait à peu près à quel type il s'adressait malgré tout et quel crédit il devait apporter à ses paroles – Irina lui avait avoué au bas mot qu'elle ne lui confierait pas les obsèques d'un rat mort, et c'était assez pour se faire un portrait correct d'un bonhomme qu'il ne tenait pas à fréquenter personnellement. « Vous trouverez la Grande Prêtresse avec sa garde derrière le grand Comptoir du village, cette bicoque effondrée juste sous votre nez, là, précisa-t-il avec une nonchalance osée, le regard fixé sur les yeux de pierre du duc. Il faudra barboter un peu de mon côté pour la rejoindre, vous m'en voyez navré. »

Et puis soudain, l'armoire à glace qui faisait un peu d'ombre au duc, quoi qu'on dise de la lumière ineffable de tout son charisme, se présenta à Léogan avec beaucoup d'aplomb et celui-ci, sa corde d'amarrage entre les mains, resta planté devant le Zélos comme s'il venait de voir une girafe traverser la rue en caracolant. Mais qu'est-ce qu'il venait lui postillonner sur les bottes, celui-là ?!
Il se croyait où ? Sur une plage des Criques d'Argyrei, les pieds en éventail ?! Dans une garnison pépère du sud d'Eridania, peut-être ? Léogan le fusilla du regard et attendit patiemment – autant qu'il en était capable en tout cas – que ledit capitaine de la Première Phalange d'Arghanat (si c'était pas sophistiqué, ça) ne finisse sa tirade de militaire bien-pensant. Non, il n'y avait personne dans le coin à qui déléguer l'amarrage de ce bateau, les gardes prétoriaux étaient assez occupés à protéger la Grande Prêtresse et à dégager les gens des décombres – pour peu qu'ils sachent amarrer un navire de toute façon, c'étaient des miliciens, pas des marins. Non, par toute la clique des Immortels du coin, non, on ne trouvait pas une garnison de militaires pour fleurir tout à coup dans les décombres d'un village de pêcheurs moisi parce qu'un raz-de-marée s'y était abattu ! Non, il ne fallait pas faire de l'arrivée miracle des types d'Arghanat une généralité ! Non, non, non, et re-non derrière !
Il voyait pas où il venait de mettre les pieds, ce grand échalas avec sa face d'entonnoir aplati ? Il y avait quinze minutes à peine, une vague de plusieurs mètres de haut s'abattait sur le port, on marchait encore dans des trous d'océan par ici, y avait de l'eau jusqu'au genou, des cadavres partout, des maisons éventrées, les rues étaient impraticables, et cet... enculeur de mouches arrivait à débarquer ici avec ses cinquante clampins sans se salir les bottes, allons donc ! Ah, il fallait pardonner la triste incompétence de l'armée cimmérienne, certainement, même pas capable de s'extirper des décombres de leurs bases militaires pour se jeter à corps perdu dans la houle qui balayait encore les rues où pataugeait toute cette fantasque petite équipée et pour aider son général à amarrer un galion à quai !

« Contre-amiral ou pas, cracha Léogan, qui commençait en avoir ras le bol de tous ces emmerdeurs qui lui tenaient la guibolle à la queue-leu-leu, et qui chancela un peu dans l'eau en s'approchant de Lupen, désolé, mais ce que je fais de mon temps ne vous regarde pas, j'ai deux bras comme tout le monde et je vais pas poireauter sur un tonneau en attendant que mes types débagoulent des débris de leur caserne et trouvent un chemin praticable alors que cet engin veut s'amarrer, on est en état d'urgence, vous voyez ce que j'veux dire, mon p'tit pote ? On a un bestiau massif qui nous bouge des tonnes d'eau dans l'oignon à la minute ! Ça tangue un peu, ouais ! Et j'espère que l'eau de mer vous foirera pas trop vos jolies armures dorées ! Alors y reste plus qu'une amarre à attacher, j'vous la confie si ça vous chagrine tant de me voir le faire, mais grouillez-vous ! » martela-t-il, en envoyant la dernière corde d'amarrage à Lupen et en espérant presque le voir se demander quoi en faire.

En attendant, il ne perdit pas une seconde de plus à entendre un officier étranger lui baver dans les étagères et se retourna vers Sigwald auquel il cria :

« Alors ?!
‒ Ils s'arrêtent, ça y est. Par contre, c'est un peu le bordel sur leur pont. Des types ont jeté l'ancre. Borco se prend de bec avec ses officiers.
‒ Si on s'en sort, je vous jure que je fais le ménage dans la hiérarchie. Ça va bien, j'suis chef de guerre, moi, j'suis pas là pour s'couer les drapeaux et jouer d'la trompette.
‒ Par contre, amarrer tout seul un galion, ça...
‒ Vous leur avez dit quoi ? demanda Léogan à Sigwald en agitant une main exaspérée au nez du colonel Erwin Baria qui ricanait comme une hyène.
‒ Drapeau rouge, drapeau noir deux fois, drapeaux en V – contre-ordre d'un officier supérieur, désobéissance martiale, danger de mort.
‒ Vous avez l'art de la synthèse, quartier-maître.
‒ Merci, mon général. »

Le Croc Noir était enfin amarré à quai et une passerelle fut rapidement jetée entre le vaisseau et la terre ferme, pour permettre à Veto Havelle de rejoindre les trois officiers qui restaient encore quelques temps pied à terre pour conclure leur association.

« Je vais combler les trous de nos effectifs avec vos hommes, contre-amiral, et je vais vous coller sur la Boréale, où vous vous considérerez comme capitaine et Borco comme votre subordonné direct, décida-t-il d'un ton qui ne souffrait d'aucune contestation, en sortant de sa poche sa petite plume et son flacon d'encre, ainsi qu'un bout du parchemin qu'il avait déchiré au cas où de la missive envoyée à Hellas. Putain de travail de gratte-papier, j'ai horreur de la logistique. » maugréa-t-il en rédigeant le blâme qu'il adressait sans arabesque au lieutenant Borco – qui ne serait bientôt plus lieutenant de toute évidence – et en remettant provisoirement la capitainerie du vaisseau à Lupen Z'en Rahar, dont il parvenait à écrire le nom très correctement une fois passé le caprice de ne pas savoir le prononcer comme il le fallait. « Tenez, prenez ça. Faites gaffe, je vous l'dis en face, bonhomme, la conclusion de tout un tas de traités diplomatiques repose sur vos épaules. Je vous donne la responsabilité de cette frégate, mais vous êtes un collaborateur, un collaborateur bienvenu, mais un collaborateur sous l'autorité de l'armée cimmérienne, vu ? Ça se manœuvre pas comme un navire fluvial, une frégate, alors j'vous offre l'occasion d'vous distinguer comme chef de file, puisque vous aimez tant que ça la coordination, mais tous les gars que vous aurez sous votre commandement – y compris Borco – en savent certainement bien plus que vous en matière de navigation maritime. » conclut-il sèchement, pas vraiment soucieux des bons rapports qu'il aurait fallu tisser avec les alliés de la nation cimmérienne – non décidément, il n'était pas d'humeur et de toute façon, il n'en avait strictement rien à branler.

Malgré son parler franc et désagréable, il venait de toute façon de lui accorder une place de choix dans la bataille et s'il devait en récolter des lauriers, grand bien lui en fasse – puisque c'était manifestement le désir de son maître – mais de son côté, Léo avait résolu son problème d'insubordination martiale du même coup, et peu importaient les jeux de la politique, c'était le mieux qu'il pouvait faire en matière d'efficacité militaire en situation de crise. Il n'avait pas assez d'officiers de la Marine sous le coude pour se permettre de passer à côté de la présence de Lupen, et celui-ci serait de toute façon contraint de collaborer avec ce vieil empaffé de Borco, qui avait au moins l'expérience de la mer pour lui.

« Le reste de vos hommes doit répondre aux ordres du colonel Arthwÿs et de la Grande Prêtresse, sinon ça va être le défilé des charognes arrivistes et à part dégouliner de bons sentiments visqueux, elles vont rien faire pour m'aider dans l'opération défensive que je voudrais mener à terme. Nous vous remercions de votre aide, mais c'est une bataille navale, pas une belle aubaine, appuya-t-il sans détour. Je crois que je me suis bien fait comprendre. Nous sommes deux militaires de profession, nous avons tous les deux le même ordre de priorité n'est-ce pas ? »

Il jaugea le Zélos droit dans les yeux, malgré la différence de taille que la froideur presque palpable de son regard et l'acidité de son verbe parvenaient à combler avec assurance. Il ne le lâcha pas des yeux pendant de longues secondes. C'était un test à peine dissimulé, une façon de déterminer s'il pouvait lui accorder plus de confiance qu'il n'en réservait à son maître – Tekum le Grand, Tekum le Magnanime, Tekum... Le Bienfaisant – une provocation qu'il avait envoyée avec violence, et il aurait fallu être aveugle et sourd pour ne pas l'avoir saisie au vol. L'air glacial du port s'était fait plus pesant, les particules d'iode se plaquaient désagréablement sur leurs visages et perçaient l'atmosphère de piqûres accusatrices, lucides et blessantes. Léogan n'était pas dupe du petit jeu du duc et s'il fallait traiter avec un de ses émissaires, il préférait le montrer d'office pour ne pas subir davantage d'hypocrisie. Un rictus presque imperceptible plia un coin de ses lèvres sous sa barbe sombre et il finit par désigner le Croc Noir d'un signe de tête.

« Faites monter ceux de vos hommes qui ont le pied marin là-bas d'dans, dans quelques minutes, on ira s'amarrer à la Boréale et on répartira les effectifs. Pour le reste, et pour les types du duc, la priorité est d'éloigner les civils des berges et de laisser le moins de rescapés possible derrière. Une fois que ça sera fait, ils prendront leurs ordres directement d'Irina Dranis et du colonel Arthwÿs qui... Ah le voilà, remarqua-t-il avec satisfaction, tandis que le nouveau colonel de la garde prétoriale émergeait de la ruelle démolie qui menait à une sortie de la ville, avec une équipe de secours sur les talons, et se dirigeait droit vers lui au pas de course. Bref, il faudra chercher à protéger les infrastructures, termina-t-il rigoureusement à l'adresse de Lupen, avant de se tourner vers le Lhurgoyf. C'est bon, Arthwÿs ?
‒ Oui... Oui, mon général... Monsieur, se corrigea-t-il en haletant encore, quoique le dos très droit et le salut impeccable. Une partie de la caserne s'est effondrée mais... J'ai mis nos hommes sur l'évacuation. Les autres équipes de secours sont en chemin.
‒ Eh ben vous avez du renfort, lui enjoignit-il d'une voix sans enthousiasme. Rejoignez la Grande Prêtresse, elle vous fera part des dispositions qui ont été prises.
‒ Ha... ? Très bien... Monsieur, salua-t-il Lupen, d'un signe de tête très correct, avant de gratifier Veto d'un coup d’œil appuyé et de poursuivre à l'égard de Léogan. Le lieutenant Havelle s'est assuré que d'autres troupes arrivent... Et le chemin de ronde est sécurisé au cas où la bête s'approcherait trop près du village.
‒ Entendu. Bon travail, Havelle. » lâcha-t-il péniblement, sans le regarder en face, comme si ça lui arrachait la gueule de lui adresser la plus petite félicitation.

Arthwÿs adressa un salut militaire à leur groupe, passa une formule d'encouragement maladroite dans l'esprit de Léogan en croisant son regard, et se retira rapidement pour rejoindre Irina et s'informer des détails de sa mission.
La mâchoire de Léo se crispa et il fixa ses yeux sur les formes des navires qui se dessinaient de plus en plus nettement au loin, afin de réfléchir plus intensément, sans les interruptions intempestives de son ressentiment. Ses iris étincelèrent d'un étrange éclat bleuté et il se retourna brusquement vers les trois officiers, la mine plus austère et plus résolue que d'usage, si c'était possible, appuyé sur la garde de son sabre.

« Bref, venons-en aux faits, annonça-t-il, d'un ton catégorique. Je ne compterai sur les forces fluviales d'Arghanat que dans la mesure où la bataille dure plusieurs jours, ce que je n'espère pas, avec la menace que constitue Phelgra depuis ces derniers mois, comme vous le savez tous. De toute façon, ce n'est pas une chose que l'on peut prévoir. En outre, je crains que même s'ils arrivent au Lac gelé à temps, des navires fluviaux n'aient pas leur place dans une bataille de haute-mer ni dans les récifs de notre baie. Je suis désolé, contre-amiral, mais vos jolies barques ne sont pas faites pour voguer au large et encore moins pour faire front à un engin comme ça, alors je préférerais que vous les gardiez en réserve, ils ne seront pas inutiles à l'effort de guerre si la flotte de Mavro Limani décide de remonter le fleuve Oléra. Et grâce aux soins du serg... lieutenant – pff, pardon, soupira-t-il, en levant les yeux au ciel – Havelle, nous recevrons rapidement des renforts maritimes de Hellas et de la forteresse d'Oakbrigs, si la bataille venait effectivement à durer. Je leur ai envoyé un message écrit pour commander une dizaine de navires, mais il n'est pas question d'en venir à encombrer le Lac.
Parce que Messieurs, j'ai bien peur que compter sur notre puissance de frappe soit largement insuffisant, même avec une armada de cent bâtiments. D'après ce que je sais, il n'a pas été possible de faire le moindre dégât au colosse de Taulmaril. Peut-être que celui-ci est fait d'un autre bois – je n'en sais rien, personne n'en sait rien – mais je ne mise pas là-dessus. Le Lac est étroit, le colosse, d'une envergure... jamais vue de mémoire d'homme, nous devons donc être mobiles et rapides pour espérer le repousser, être trop nombreux ne nous servirait à rien. Je suis un peu mitigé sur la participation du Croc Noir à l'assaut, mais il aura l'avantage de faire blocus et de tenir le monstre à distance du port, voire de le faire reculer jusqu'au large. Et sachez que c'est notre objectif principal. Lui faire gagner l'océan pour éviter qu'il ne fasse plus de dommages sur les villages cimmériens, parce que notre assaut pourrait provoquer un deuxième raz-de-marée.
Les trois navires plus légers seront donc en première ligne pour harceler les flancs de la bête. Gardez cependant une certaine distance pour vous préserver de ses... tentacules – autant que vous le permettra la portée de vos canons, de vos flèches et de vos carreaux. Pour rappel, un canon de quatre tire de sept-cent à mille deux cent cinquante mètres, et un canon de douze – dont vous disposez moins bien entendu – de mille à mille huit cent mètres, ceci étant noté, vous prendrez vos précautions.
Le Croc Noir sera moins maniable parmi les récifs, je resterai donc légèrement en retrait pour bloquer l'accès et vous couvrir par la puissance de son feu. Je ne sais pas combien de temps cette stratégie tiendra, mais il faut tenter le coup.
Je m'occuperai aussi de signaler aux Marins de Noxis d'éviter de coincer le colosse dans le Lac, ils ont l'air partis pour le prendre à revers et ce n'est pas bon. Une fois au large, nous tenterons de l'abattre, jusqu'à le vaincre ou provoquer sa fuite. Si nous pouvons nous en débarrasser avant qu'il ne devienne un fléau pour les côtes isthériennes, nous devons nous en débarrasser. Que vos quartiers-maîtres gardent l’œil sur les drapeaux du Croc Noir, toute communication aura valeur d'ordre.
Si vous avez des objections ou des idées, faites vite, et ne pinaillez pas pour rien, nous n'en avons pas le temps. »
acheva-t-il, avec son manque de délicatesse habituel.

Alors, il se tourna vers le blondinet de la garde territoriale, qu'il toisa avec un détachement sévère, où perçait une pointe de méfiance. Il se sentait très réticent à l'idée de le laisser aux côtés d'Irina en situation de crise – il savait pertinemment avec quel malaise elle vivrait sa proximité et quoi qu'il réprimait l'envie de lui envoyer une mandale chaque fois qu'il croisait son regard métallique, il préférait garder un œil sur lui et lui faire intégrer l'équipage du Croc Noir.

« Havelle, vous comptez faire quoi ? Vous avez le pied marin ? demanda-t-il, sèchement. Vous débarquez définitivement ou vous montez au front ? »

Le pire, c'était qu'il sentait qu'il aurait pu être en bons termes avec ce gamin, s'il n'avait pas commencé à monter ses combines à deux ronds et à jouer à qui serait le plus salopard des deux... Et puis soudain, un grand cri accapara son attention et il se tourna précipitamment vers Othello, la main crispée sur son sabre, avant de tressaillir presque en voyant la silhouette d'une rouquine qui courait en sa direction en faisant de grands gestes enthousiastes. Ce n'était pas possible, il avait la berlue ou quoi ?! Ils ne pouvaient pas se retrouver tous les trois une fois de plus au Lac Gelé pour faire face à un monstre marin, c'était trop ! Mais pourtant c'était bien elle – et elle avait la sagesse de ne pas l'avoir accosté au milieu d'officiers devant qui il n'aurait mieux pas valu qu'il perde la face.
Il adressa un autre regard appuyé à la sirène, qui se faisait assaillir par Malona, et dont il attendait urgemment la décision, puis, plus furtivement, à Irina qui avait remis Aemyn aux soins d'Alix et qui s'affairait de son côté avec le duc. Un poids de plus en plus oppressant commençait à peser sur sa poitrine, et sa respiration se coinçait quelque part dans sa gorge pendant qu'il tentait de refouler ses inquiétudes et son vieil instinct, qui lui soufflait de prendre leur enfant, de l'attraper elle par le bras et de se tirer d'ici sans égard ni scrupule pour personne. Mais sa figure insondable et son regard noir se reposèrent finalement sur les trois officiers avec une froideur indéchiffrable.

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Dernière édition par Léogan Jézékaël le Sam 4 Avr - 19:28, édité 4 fois
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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mer 18 Mar - 22:39

La lumière du jour me fit un peu mal aux yeux alors que je venais pour la première fois de mettre un pied en dehors de ma captivité. Me mettant la main en visière afin de me protéger la vue, je jetais un regard autour de moi à l'entrée du QG de la garde. Souriant de soulagement à la vue de l'activité frénétique de la ville que j'avais laissé tombé depuis presque un mois, je fermais de nouveau les yeux et pris une grande inspiration. Je pris mon temps d'inspirer, l'air vicié de la cellule dans laquelle je croupissais depuis bientôt un bon mois ne me manquant absolument pas. Je n'étais pas dépaysé dans une cellule de la garde, même dans le rôle du prisonnier mais il fallait admettre que je m'étais habituée à l'air renfermé de mon antre dans le quartier résidentiel. En expirant, j'ouvris de nouveau les yeux et je pus m'habituer à la lumière du jour. Personne ne prêtait attention à moi mais je n'en avais cure, et à part quelques personnes qui me jetèrent un coup d’œil, je ne me fis pas remarquer. Mes cheveux sont devenus longs et n'étaient plus aussi roses qu'avant, et je n'avais pas mon armure de la garde. Les vêtements que l'on m'avait donné à la sortie de ma cellule flottaient un peu malgré ma carrure, pour des types nettement plus épais que moi. Toutefois, je savais que j'étais sorti non pas pour prendre des vacances mais parce que la garde avait besoin de moi. Et aussi accessoirement parce que ma peine était arrivé à son terme.

En effet je venais d'effectuer une peine d'emprisonnement pour un crime que j'avais commis dans une rue non loin de mon antre. Je ne me rappelai plus vraiment du pourquoi du comment de ce qui s'est passé, je savais en revanche que l'acte en lui même avait fait monter en moi une vague de haine sans précédent. Certainement l'agression en elle-même que j'avais dû prendre pour une attaque personnelle. Mais je n'expliquais pas moi même pourquoi j'étais devenue subitement ivre de rage envers la femme que j'avais massacrée. Je l'avais tellement battue qu'elle en est morte et est même devenue méconnaissable. Je ne savais pas qui c'était et quelque part je m'en fichais. Plus tard, je n'étais pas surprise lorsque j'avais vu des gars d'un autre poste de garde débarquer chez moi. Je connaissais un peu leur supérieur mais sans plus, je ne lui avais jamais vraiment parlé. En revanche, lui me connaissait bien. C'était, encore une fois, peu étonnant. Mon dossier était l'un des plus fournis parmi ceux des membres de l'armée et de la garde et je devais certainement être devenu une célébrité à éviter d'avoir dans son poste pour les huiles des forces de l'ordre. Je ne résistai même pas lorsque l'on m'emmena, je demandais juste à pouvoir garder mes sucreries puis l'on m'enferma " pour un mois ou deux " selon les geôliers. Les gars de mon escouade étaient passés me voir quelques jours plus tard et j'avais parié avec eux sur un mois. Eux sur deux. 3 semaines plus tard mon pari était gagné.

J'étais désormais dehors depuis un peu moins d'une heure et j'avais déjà ordre de me présenter à quelqu'un au QG. Mon crime n'était pas resté sans heurts et j'avais subi des sanctions. Outre mon emprisonnement, j'avais également été dégradé de mon unité et perdu le grade de sergent qui me permettait de pouvoir commander mon escouade. J'étais désormais redevenue une simple garde et c'était un des types de mon unité qui avait pris ma place de chef d'équipe. Je n'en voulais pas à ma hiérarchie d'avoir fait ça et honnêtement je m'en contrebalançais royalement. Certes j'avais perdu mes galons et on avait laissé mon armure et mes gantelets rouiller dans l'armurerie du QG mais j'étais contente de pouvoir retrouver un peu de liberté et surtout des gars en qui j'avais confiance. Dans mon malheur, j'avais eu de la chance, j'aurais pu me retrouver dans un autre poste avec d'autres types que je ne connaissais pas. Mais je suppose que les huiles ont préféré me laisser une chance. Chance que je ne comptais pas laisser filer. Désormais je n'avais qu'une envie : retrouver mes gars et ma routine au sein de la garde.

En parcourant le hall et les couloirs du QG, je vis que les regards se posaient vers moi. Ils devaient peut être me prendre pour un fantôme, à voir les yeux de certains. Je continuai de marcher dans les couloirs avant d'arriver dans les bureaux des chefs d'équipe, lieu stratégique où gradés et sous-offs échangeaient informations et ordres et j'allais droit vers l'homme qui désormais dirige mon unité. Je fis un salut militaire de manière un peu désinvolte devant lui qui était assis en train de lire une note de service.


- Oui ? fit-il sans lever le nez de sa feuille.
- Soldat Vilenya, à vos ordres. Monsieur. en accentuant bien le dernier mot.
- Mes... dieux. Tu as donc pu sortir... qu'il dit en levant le nez vers moi, surpris. Hem enfin maintenant étant ton supérieur je dois te vouvoyer maintenant. Je ne fais pas comme toi, je suis le sergent Kennan maintenant et je m'y tiens. Donc vous avez pu sortir.
- En effet ouais. Faut croire que les gradés ont besoin de moi après toi. Mais je suis contente d'avoir pu sortir. Même si cela implique de me mettre sous tes ordres.
- Mouais... Je vous vouvoie, j'attends la même chose de vous, soldat. J'ai eu vent de votre dernier coup d'éclat, je vous préviens que je ne tolèrerai pas de nouvelle incartade de votre part, je suppose que le reste de la hiérarchie vous a tenu le même genre de discours. Vous avez eu de la chance mais vous n'en aurez pas d'autres. Vu ?
- Vu. Monsieur. Clair et limpide.
- Bien. Le reste de l'unité est au mess. Rendez vous ici dans mon bureau dans 30 minutes, notre unité a une mission. De la plus haute importance. Rompez.

Je me raidis en guise de garde-à-vous devant lui avant de tourner les talons et d'aller retrouver les gars au mess. Tout le monde me regardait lorsque je mis un pied dans le mess avant de reprendre le cours de leur vie. Mes gars furent les seuls à manifester leur joie lorsqu'ils me virent et je m'assis à leur table. Les premières boutades échangées entre bons potes, ils me rappelèrent désormais que le temps pressait un peu et qu'il fallait se préparer à aller voir le nouveau sergent. Eux aussi savaient que leur commandant avait reçu des ordres venant d'en haut et malgré l'engouement que cela produisit, ils avaient vraiment l'air perplexe. C'en était presque imperceptible pour des gens qui ne les connaissait pas mais moi je le voyais bien. Les gars m'emmenèrent à l'armurerie et je fus assez étonnée d'y retrouver mon armure, certes en assez mauvais état mais je pensais qu'on me l'avait détruite. Néanmoins je n'aurais pas encore le temps nécessaire pour l'astiquer et la faire briller. Je ne la mis pas tout de suite car nous devions rejoindre notre sergent.

Lorsque nous pénétrâmes dans la pièce, le sergent Kennan se leva et nous entraina à sa suite dans une autre pièce que je reconnus immédiatement : c'était le bureau de notre supérieur hiérarchique direct. Ce n'était pas le commandant de notre garnison mais presque. Une carte d'Istheria était déployée sur le bureau. Nous nous rassemblâmes autour de la table, Kennan penché sur la carte.


- Les enfants si je vous ai réuni ici c'est pas pour rien. En effet, les huiles nous ont confiés à nous, je veux dire, notre escouade une mission de la plus haute importance. Vous savez ce que ça signifie ?
- Qu'il faut la fermer et ne rien dire aux collègues ?
- Tout juste Vi. Voilà où l'on doit se rendre. il désigna de l'index un coin de la carte nommé Cimmeria. Ce joli petit coin de paradis glacé imprononçable, c'est là qu'on va. Et nous 6. On y va parce qu'on nous a demandé d'y aller. Et c'est ce qu'on va faire ?
- Et qu'est ce qu'on va glander là bas ?
- Simple visite diplomatique. Cimmeria est en guerre donc on vient assurer les cimmériens d'un éventuel soutien d'Hesperia mais qu'au moins on sera pas leurs ennemis. Mais on m'a dit que nous devions nous attendre à du grabuge. Va falloir se tenir sur ses gardes et surtout ne pas entrer en conflit avec les locaux cela ne serait vraiment pas bon. Et là ce ne sera pas notre bon vieux général de garnison qui va nous tomber dessus mais Timothée lui même...

L'implication du roi dans cette affaire faisait sérieusement monter les enjeux. Le vieux Kennan disait que c'était peu de choses, moi je me disais qu'on allait servir à récurer certainement des chiottes diplomatiques. Cette affaire puait la charogne mais on allait peut être retrouver de l'action... A mon sens une simple visite diplomatique n'était pas une simple visite diplomatique, il y avait toujours un sens caché derrière des putains de belles paroles. Mais comme ma diplomatie se limitait à distribuer des branlées, je n'ai jamais été nommée diplomate étrangement. Toutefois nous devions nous apprêter pour un assez long voyage. Mais avant, armure et préparation. Je voulais me faire raccourcir ma tignasse et retrouver le rose de mes cheveux. Et je mets mon poing dans la gueule de ceux qui veulent faire un commentaire là dessus.

****


Cela faisait des semaines que nous avions déambulé à travers la route reliant Hesperia au poste frontière le plus proche de Cimmeria. Au fur et à mesure que nous approchions du territoire cimmérien, l'atmosphère se fit lourde et les stigmates de la guerre, bien que sporadiques apparurent. Nous ne vîmes encore pas âme qui vive dans les environs et la température était bien descendue. Je la trouvais encore supportable et mes gantelets me réchauffaient mais certains de mes camarades grelottaient presque dans leur armure. Je jetais un regard circulaire autour de moi, en effet j'ouvrais la marche et le sergent Kennan me guidait et me disait où aller derrière moi à l'aide d'une carte qu'il avait en main. Nous progressions lentement mais sûrement. D'après mon commandant, nous devions être tout près de la frontière et pas manqué quelques pas plus loin nous arrivâmes à une forteresse avec une multitude d'autres campements militaires plus petits. La région était en guerre cela se voyait... Selon mon commandant les bâtiments imposants devant nous étaient la forteresse d'Aggersborg, place forte de Cimméria et en général, porte d'entrée pour le territoire cimmérien pour tout arrivant d'Eridania comme nous. Lorsque nous arrivâmes à la porte de la forteresse, les soldats à l'entrée nous arrêtèrent et un type en armure, plus imposant que les autres vint vers nous.

- D'où venez vous et que venez vous faire en Cimmeria ?
- On vient d'Hesperia. C'est notre bon vieux Timothée qui nous envoie, paraît que vous avez besoin d'aide dans le secteur.
- Nous n'avons jamais demandé l'aide d'Hesperia, surtout si l'aide se limite à... 5 hommes. Et 1 femme. Je vais vous demander de vider les lieux.
- Mmm très bien je vais être plus claire. Je dois trouver le général Léogan Jézékaël et lui assurer le soutien d'Hesperia dans sa guerre. Enfin notre soutien. Histoire de lui dire que s'il a besoin d'un coup de main, on est là et qu'au moins on ira pas lui péter la gueule. Si cela ne vous suffit toujours pas, j'ose espérer qu'un ordre signé de la main de Timothée lui même pourra peut être vous convaincre ?

Je me résolus à lui refiler les documents qu'on nous avait confiés nous permettant de traverser la douane. Le type les regarda un long moment avant de nous ordonner de rester ici sous bonne garde et tourna les talons, nos documents en main qu'il les fasse examiner certainement par son supérieur. Le sergent Kennan se tourna vers moi en me tapotant l'épaule

- Bien dit Vi j'aurais pas dit mieux, je vois que vous vous débrouillez en diplomatie. Mais quand même... soyez un peu moins directe.
- Calmez vous sergent, je n'ai fais que dire ce que j'avais compris et ce qui me passait par la tête. La diplomatie n'a jamais été mon fort. Si vous pensez pouvoir faire mieux, ne vous gênez pas.

Le vieux Kennan hésita avant de me fusiller du regard et de faire un geste de refus en retirant sa main de mon épaule. Je lui rendis son regard noir par le mien avant d'aller voir mes autres collègues. J'espérais juste qu'on allait pas perdre notre temps à nous faire attendre. Je pris un bâtonnet qui contenait autrefois une sucrerie mais que j'avais pris pour habitude de mâchouiller quand je devais patienter et commençait à le mordre. Les soldats cimmériens continuaient de nous fixer et je sentis que les regards en la matière étaient pas mal fixés sur moi. Cela commençait à m'énerver un peu mais j'étais consciente qu'il fallait que je me contrôle et que j'évite de faire du grabuge. Néanmoins je ne pus m'empêcher de balancer une pique à un des gars du genre " Quoi ? Tu veux mon portrait ? Ah c'est le rose c'est ça ? " mais son supérieur, le type qui nous avait embarqué les documents revint, l'empêchant de répliquer. Il me rendit les documents officiels cette fois tamponnés par ce que je pense être un sceau officiel de Cimmeria. Je compris pas trop la manœuvre mais je crus comprendre que nous étions libre de partir et de rentrer en territoire cimmérien.

- Voilà. Vos documents ont été dûment signés et tamponnés par la main du commandant de notre garnison. Vous pouvez entrer en Cimmeria mais nous ne serons pas responsables des désagréments que vous pourriez croiser sur la route.
- Ouais ouais c'est ça, merci bien. Et on le trouve où votre gradé là, Jézékaël ?
- Le général Jézékaël je vous prie.
- Ouais bon d'accord le général Jézékaël. Alors ?
- Il se trouve dans un port du nom de Gaeaf. Il se situe ici... Il désigna un point sur la carte que le sergent Kennan lui tendit afin de nous guider.

Cela ne me semblait pas si loin mais il nous fallait nous dépêcher de se crapahuter vers là bas donc. On remercia le soldat et ses potes qui nous reconduisirent à la sortie, et une fois dehors, nous nous mîmes en route.

Plus nous approchions de Gaeaf, plus des traces de destruction apparurent. Et aussi de l'eau. Beaucoup d'eau. Et une agitation sans nom. Tout portait à croire qu'un énorme raz-de-marée s'était produit ici. J'en devenais bien plus que perplexe et j'échangeais des fois des regards avec mes collègues. Les gens ne prêtèrent pas vraiment attention à nous, tout occupés à ce qu'ils faisait mais par contre des escouades de l'armée cimmérienne venaient souvent à notre rencontre et j'étais obligé un nombre incalculable de fois de montrer mes documents tamponnés par les soldats cimmériens à la frontière. En questionnant les soldats cimmériens sur où je pourrais trouver le général Jézékaël, tous me répondirent vers le port, là où apparemment, les dégâts avaient été les plus considérables. Et en effet, alors que nous approchions, le port et les habitations autour furent presque complètement détruits. Partout où mon regard allait ce n'était que destruction avec des cadavres jonchant le sol mouillé ici et là. Lorsque nous fûmes arrivés au port, des soldats nous arrêtèrent. J'en était presque hors de moi, je m'efforçais de rester calme mais la colère commençait à poindre dans ma voix.


- Ça commence à me les briser tout doucement ces contrôles systématiques... On vient pas pour tout faire sauter ici visiblement c'est déjà bien avancé... Nan on vient voir le général Jézékaël on vient de faire presque 1 mois de voyage juste pour un rencard avec lui donc merci bien. que j'ajoutais, moitié sarcastique, moitié furax en haussant un peu le ton.

Un soldat cimmérien nous laissa sous la surveillance de ces collègues en allant certainement chercher le fameux général en question. J'espérais vraiment que ça soit lui car je ne supporterais pas de voir encore un sous-fifre ou une autre escouade de soldats cimmériens débarquer. Je me remis à mâchouiller mon bâtonnet avant de me tourner vers mes collègues en jetant un regard circulaire.

- Quel bordel... Je sais pas ce qu'ils ont mangés dans les gencives mais ils en ont bavé... J'espère que ce général (l'utilisation abusive du titre m'exaspérait et je le dis de manière très ironique)ça valait la peine de le voir. J'espère juste que c'est pas un vieux croûton en armure. T'imagines ? Ouais... Enfin bon tu me diras pour gérer un foutoir pareil faut quelqu'un d'assez costaud et pas un vieux. Enfin j'espère. Encore une fois.
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Dernière édition par Vilenya Noyan le Mar 25 Aoû - 0:21, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Jeu 19 Mar - 3:29

Désormais, la première vague passée, le village de pécheur ressemblait plus à un marais de pleine mer qu’au port qui transpirait la chaleur humaine et le commerce quelques heures plus tôt. Il y avait ci et là, des hommes qui faisaient le négoce de leur dernière pêche, à grand renfort de superlatifs probablement surfaits, au moins pour ce qui concernait la fraicheur et la qualité du poisson. Le vent du large apportait des embruns marins à la fois doux et revigorants, mêlés  d’un iode qui picotait le fond de la gorge. Dans les auberges, le poisson séché et l’alcool coulaient à flot pour remplir le ventre des hommes – mais aussi de quelques femmes, qui n’avaient rien à envier de la virilité de leurs conjoints marins – et ainsi, éviter les escarmouches, prises de becs ou tout autre remarques désagréables qui pourraient conduire à la casse des tables, des verres, des amphores ou des os. Une fraction de seconde suffit à briser cet équilibre serein entre le labeur, le repos et l’hospitalité caractéristique des marins.

A présent, il observait le large, lascivement, presque perdu dans une admiration aussi stimulante que désespérante. Fallait-il que le continent se voit dévaster par d’antiques créatures, dans les pires conditions et les pires instants ? La bienveillance des dieux se justifiait-elle au travers de ces destructions délibérées qui menaçaient tant la terre que les croyants ? Ou bien, simplement l’abandon d’un père pour ses enfants, s’agissait-il d’épreuves pour renforcer leur cuir en préparation d’événements incontrôlables et encore plus désastreux ? Dans sa méditation, il en venait à interroger le monde et les croyants, la croyance serait-elle encore tangible lorsqu’il ne resterait plus qu’une poutre des temples. Non, on lui répondrait que l’épreuve renforce la foi, une thèse qu’il avait bien du mal à partager en ces instants funestes. Non, il ne réfutait pas l’hypothèse d’un axiome divin – ou du moins supérieur à leur condition de chair – mais il faudrait que ces êtres éthérées se présentent et acceptent de se prendre chacune des baignes qu’ils subissaient sur la basse terre des hommes. Les gémissements d’une femme à terre en vinrent à le sortir de ses divagations, ce qui le ramenait à la réalité de cette gueule béante, de ses bras tentaculaires et de ses vociférations terrifiantes. Malgré la répétition, les râles lointains lui traversaient l’échine, pour pénétrer sa moelle et remonter en signal éclair le long de sa colonne et éveiller ses sens à une compréhension plus immédiate. Il s’accroupit pour tendre une main compatissante à la jeune femme esseulée, à genoux dans l’eau elle baignait jusqu’aux seins.


« Levez-vous, vous ne pouvez pas rester là. » Mais elle continuait à gémir dans un flot constant de larme qui pourrait rivaliser la destruction de Gaeaf. « Le reflux va vous emporter, vous entendez. » Toujours ces mêmes geignements plaintifs et plein d’une vigueur qui devrait servir à s’accrocher à la vie plutôt qu’à l’encourager dans son départ. Agacé, la mine sévère, il commençait à hausser le ton, mais rien de plus qu’un reniflement suivi d’un nouveau flot de gouttelettes salées qui finirait par l’assécher de l’intérieur, un comble. « Non mais bon chut …
─ Non mais …
Nan ça suffit ! Ca suffit, ça suffit …
─ Merde !
Ca suffit, voilà … ça m’énerve. Cessez de gindre comme une galeuse, vous levez vos miches et vous fuyez sur les hauteurs, une boisson chaude et le réconfort des Prêtresses vous y attendent. Et si ça ne vous satisfait pas, je vous y jette moi-même à la mer, puisque que vous y tenez tant ! »

Sans un mot supplémentaire, elle saisit sa main et s’en alla d’un pas nerveux emplit d’une certaine rage à l’égard du blondinet. Toutefois, un peu d’autorité et de réalisme venait probablement de lui sauver la vie ou au moins d’augmenter sa survie potentielle de quelques heures. Au même instant, alors que la dame s’en allait en râlant l’incivisme et l’impolitesse de son sauveur, Gareth fut captivé par le spectacle d’un enfant aussi haut que sa cuisse, courir après un cabot à la dérive. Il ne manquait pas d’agilité, jusqu’à ce qu’il trébuche et que le courant le transporte à portée du Sindarin qui entreprit de le saisir par le col, comme le cabot. Il releva le jeune homme avant qu’il ne s’arrime à sa jambe pour éviter de dériver. Là, un individu, plein d’une assurance certaine lui passait devant en bondissant pour rejoindre la demoiselle qui le heurtait dans la précipitation, quelques minutes plus tôt. Il ne prêtait pas plus de grief à l’un et l’autre. Le spectacle qui suivit avait à la rapidité la lenteur des sages. Les uns après les autres, des intervenants potentiellement militaires se succédaient, plein d’une bonne volonté parfois honnête, parfois politique, parfois les deux. A vrai dire, ils donnaient tous l’impression de se présenter pour prendre leur mandale journalière de la part de celui qu’il nommait aussi bien Léogan que Général. Dans son fond intérieur, Gareth ne s’avait plus si son rictus tenait au propos des uns, des autres, principalement au répondant acide du Général ou bien à la lourdeur des pièces d’armures … pour une action navale. Quelques minutes s’écoulèrent, avant que le garçon ne lui tire la cape, peut-être pour demander les instructions à suivre, que Gareth s’apprêtait à lui dispenser. Toutefois, la lucidité de l’enfant le sidéra à lui en couper le sifflet.

« Mais, mais, mais, c’est pourquoi l’huile, dit-il en désignant un fût.
C’est pour enflammer des flèches, je pense, mais …
─ Mais … Maiiiis, s’interrompit le garçon en baladant son regard des navires, aux fûts, à la mer, aux chemins de ronde, à la mer, aux fûts, encore à la mer, à la mer, au bateau, à la mer, avant de tirer à nouveau sur la cape du Sindarin. Mais … et l’eau ?
Je ne sais pas quoi te répondre, gamin … Vraiment, je ne sais pas. Et, ça ne m’arrive pas souvent.
─ Mais …
Ca suffit, ça suffit, dit-il d’un ton compatissant. »

En gardant toujours une oreille plus ou moins attentive pour le groupe de hauts dignitaires et responsables, non sans un certain regard critique, Gareth griffonné sur son carnet, sur un schéma à dimension de la zone – comme quoi, la cartographie peut servir dans de nombreuses situations tragiques. Il reportait la position approximative du colosse, en évaluant sa vitesse tout aussi approximative mais lente à n’en pas douter … Ils avaient encore le temps de poser les bases d’une action solide et organisée, si toutefois les mutins et autres navires de renforts se mettaient au diapason. A l’aide de point de repère sur la côte, dont-il connaissait parfaitement les distances, il jugeait de la dimension du bestiau, du volume d’eau qu’il déplaçait dans sa progression et cette simple observation suffisait à justifier le niveau de l’eau et le rythme de la marée artificiellement créée par la masse du colosse tentaculaire. La panique qui l’emportait au tout début, laissait progressivement place à une forme de méditation, presque d’intérêt vif, vivace, pour tout ce qui se déroulait devant ses yeux. Les remarques du Général saisirent sa curiosité. En voilà une idée qu’elle était bonne, sa formulation entre deux grognements et insanités n’enlevait rien au génie. Munit de son fusain détrempé, il traçait deux lignes sur son plan, évalué la faisabilité en se grattant le menton, il ne répondait même plus à sa cape tirée à de nombreuses reprises. Son regard virevolté de chaque côté du port sur lesquels se fracassaient les flots.

« Gamin, lâches moi un peu la cape. C’est plus l’moment ! » Dit-il en claquant le carnet et en le fourrant dans la poche de sa chemise, il dépassait vulgairement.

Oubliant un long moment les discussions, distributions et délibérations du groupe, il envisageait un moment de leur indiquer son raisonnement, de proposer, de discuter rationnellement. Toutefois, même s’il ne se trouvait qu’à quelques mètres du groupe, il avait plus l’impression de déranger que de pouvoir entrer dans une sorte de communication participative et collaborative. Le défilé était déjà trop prégnant. A vrai dire, il trouvait surtout la demoiselle – discrète, très discrète – pleine d’une détermination efficace et il faillit confondre l’intervention de la seconde qui venait d’arriver, toute rousse de sa crinière, avec un râle de la bête … Mais tout l’enthousiasme de sa voix le faisait sourire et lui donner du baume au cœur !
De nouveau plongeait dans des considérations un peu moins fantasques (quoi que), il soulevait ses manches et se frottait les mains pour les plonger dans l’eau froide au contact de la roche. Même s’il savait cette étape purement artificielle, ça semblait ritualiser et rationnaliser l’action … Chacun ses tocs. Du bout de ses doigts, il sentait les grondements imperceptibles de la roche et dans son regard des formes se dessinaient déjà au loin. Il savait l’entreprise hasardeuse et potentiellement éreintante, si toutefois il ne prenait pas le temps nécessaire à l’élaboration progressive et minutieuse d’un édifice tangible et virtuellement imaginé pour satisfaire aux exigences. Sa posture, assez douteuse semblait attirer l’attention d’un garde qui s’approchait. La main sur son épaule, il le secoua un peu après de longues minutes d’attente, probablement pour vérifier qu’il n’était pas mort. L’enfant tapota sur le cuir des protections du garde et avant que le garde ne l’envoie balader, haut comme trois pomme, il lui suggérait de regarder l’horizon.


« Ouais, je sais, c’est flippant, t’as rien à faire là gamin ! Rugit le garde.
─ Non mais …
─ Non mais rien du tout ! Barres-toi !
─ Mais bon sang, au lieu de fixer bêtement la cerise … Vérifie le biscuit. »

Cette enfant avait décidément le sens de la formule et de l’image, mais cette fois, c’est Gareth qui lui suggérait de déguerpir vers les hauteurs. Il s’exécuta immédiatement. Le Sindarin se relevait, le regard encore un peu trouble et les mains tremblantes à cause de l’effort, peut-être du froid. Debout, un peu vacillant, le garde lui saisit le bras l’œil stupéfait. Deux digues venaient d’être érigées sous ses yeux, elles étaient sorties progressivement de l’eau de chaque côté du port, sans empêcher la libre circulation des navires qui pouvaient toujours aller et venir sur les eaux. Pas gigantesques – il n’aurait pas eut la force de toute façon – suffisamment hautes et longues pour atténuer la houle et le fracas des vagues, le niveau de l’eau descendait un peu, pas de quoi avoir les pieds au sec mais là n’était pas l’objectif. La subjugation du garde lui avait laissé le temps de retrouver ses esprits et une certaine contenance. Un second vint le saisir par l’autre bras, le regard un peu plus sévère. Il mit une mandale à son collègue, pour le réveiller … Puis, ils le conduisirent « bien aimablement » (tout étant relatif par ailleurs) Gareth vers le groupe qui avait maigri de quelques individus en attendant. Gareth aurait presque pu sortir ses petons de l’eau pour se laisser soulever, mais le ridicule de la situation l’aurait probablement tué. Du coup, il préférait se justifier avec une certaine désinvolture.

« L’idée n’est pas la mienne, conclut-il en jetant un œil à son édifice très basique mais satisfaisant, mais … faut bien avouer que l’idée, elle était bonne ! »  Il se trouvait désormais à hauteur du Général et du petit groupe qui se formait progressivement autour de lui. Un peu plus loin, il reconnaissait une personne, mais ce n’était qu’une vague idée qu’il avait le plus grand mal à concrétiser. « Je tiens encore debout, hein … par contre y’a encore des gamins à terre là-bas. » Oui, il y avait un peu d’insolence dans son discours. Oui, il aurait pu faire preuve d’un peu plus de diplomatie. Non, il n’avait pas fait part de son intention à l’aide d’un rapport d’une trentaine de pages imbuvables et oui, il avait se besoin terrible de craquer ses doigts et étirer ses muscles. La liberté de ses avant bras lui manquait terriblement. Et la bête, même au loin, avançait et rugissait pour attirer l’attention sur la valse de ses tentacules. Les colosses rechercheraient l’attention des hommes ? … Non cette valse somptueusement écœurante le révulsait intérieurement. Mais, il gardait contenance et une forme aigue de dignité.
« Général ! Nous vous amenons un trouble fête !
─ L’individu perturbateur, corrigea l’autre garde. »

Dans l’accusation odieuse et injurieuse, le Sindarin se contentait d’un soupir et d’un silence, assimilable à une forme de mépris ou d’incompréhension. Au choix.
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Irina Dranis

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Ven 20 Mar - 6:41


Le Réveil

Event

Cela ne faisait même pas encore une demi-journée que le régiment de la garde étaient revenu en terres Cimmériennes, suivi de la grande prêtresse et des siens, et déjà les choses se gâtaient de tous les côtés. Un début de tempête avait ralenti leur progression et compromis le voyage qui n’avait finalement repris qu’après une inspection de circonstance à Aggersborg, et un repos bien mérité après leur ascension méridionale. Mine de rien ses gens étaient de plus en plus nombreux, et bien que le groupe en soit réduit au minimum –soit moins de dix personnes dont un garde du corps et deux hommes de main - il restait toujours assez compliqué de ne pas attirer l’attention plus que de raison. De plus Irina s’échinait à refuser les diligences, trop voyantes et pas assez mobiles par un climat aussi rude et un milieu aussi escarpé. Par conséquent c’est assez fatiguée qu’elle parvint à la base militaire, son fils unique maintenu contre sa poitrine dans un carcan de couvertures et de fourrures chaudes. Le petit être semblait néanmoins s’assujettir à la rudesse des conditions sans se plaindre de façon démesurée, ne faisant résonner la force précoce de ses petits poumons que lorsque son estomac criait famine.
Il était arrivé que les regards des soldats se tournent vers la crinière corbeau de l’enfant, à la fois de curiosité et d’indulgence, bien qu’il y ait aussi un certain lot de contrariété également. La majorité ne savait probablement pas quoi penser à son sujet, et les rumeurs étaient aussi nombreuses qu’elles étaient contradictoires. Certains d’entre eux avaient été maintenus éloignés de leurs foyers pendant de longues périodes, et il était normal que l’envie se mêle parfois à l’équation. Néanmoins la grande prêtresse ne leur donnait pas marge à médire et suivait leur cadence en profitant soigneusement de chaque arrêt programmé par le général Jézékaël. Ce dernier faisait néanmoins en sortes de couper la poire en deux autant que possible, sans jamais hésiter à dire sa façon de penser dans un langage fleuri et sans appel, conciliant un voyage sûr et rapide avec la préservation des personnes escortées. Elle lui accorda un autre regard empli de reconnaissance et quelques mots en privé une fois qu’ils arrivèrent enfin à Gaeaf, où des quartiers modestes lui furent accordés dans la caserne.

L’inspection de routine se poursuivit dans les toutes récentes installations bâties pour accueillir un avant-poste pour les prêtresses, qui avaient maintenant de quoi dépêcher une vingtaine des leurs à Gaeaf.  Il y en avait déjà onze sur les lieux, dont au moins la moitié était expérimentée, comme Irina en avait donné l’instruction. C’était un des premiers plans adoptés par le conseil depuis sa nomination et c’est avec une certaine fierté qu’elle savourait ce premier succès. Néanmoins la fatigue accumulée ne lui permit pas de prolonger outre mesure, et elle se retira dès qu’il le lui fut permis. Elle aurait le temps de discuter avec chacune des présentes de façon plus poussée dans la soirée. Une fois l’inspection terminée, la jeune femme s’isola pendant plusieurs heures, laissant les hommes de la garde retrouver leurs marques pendant qu’elle s’occupait d’Aemyn, avec autant de dignité que le lui permettait cette promiscuité relative. Ce ne fut que beaucoup plus tard dans la journée, une fois le bébé couché et laissé à la surveillance d’Alix et d’Isköld, qu’elle enfila sa cuirasse de cuir par-dessus sa chemise et changea de pantalon d’équitation pour faire un tour.
Plus propre et disposée, elle se décida à profiter du calme et à vraiment retrouver un peu de ces paysages qui malgré leur dureté, lui avaient tant manqué. Armée de son bâton blanc surmonté d’un aigle et armée comme à son habitude, elle quitta la caserne avec son corbeau niché sur l’épaule. Mais sa tranquillité contemplative ne dura guère longtemps. La nouvelle de son arrivée s’était déjà répandue comme une traînée de poudre, et elle fut rapidement abordée par un villageois qui voulait l’emmener au chevet de son vieux père malade. Elle accueillit la nouvelle avec légèreté et s’aperçut au passage de la présence de Kallen, qui s’était insidieusement glissé dans son dos pour la suivre. Quoi qu’il en soit loin de l’agacer cela lui parut presque réconfortant de se rendre utile sur le terrain, alors elle se garda de sarcasmes pour cette fois. Cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas eu l’occasion d’exercer son métier premier comme il se doit, sans contraintes ou incessantes considérations diplomatiques. Depuis qu’elle avait été contrainte d’assumer le poste le plus haut dans l’ordre, sous peine de le voir s’effondrer de l’intérieur à cause d’une garce nombriliste.

Irina respira profondément pour ne pas s’égarer sur un chapelet d’injures posthumes à quelqu’un qui ne méritait même pas sa salive, et suivit le malheureux pêcheur en se recouvrant mieux les épaules de son épais manteau. Son foyer était dans un état qui faisait peine à voir, planté sur un des coins reculés du quai commercial, protégé des flots par les grandes bâtisses de la marine mais livré aux vents tourbillonnants qui rageaient contre ses planches inégales. Avec une certaine gêne la rouquine baissa la tête et entra dans la masure sur pilotis, laissant l’odeur marine chargée de sel lui ouvrir les poumons. Kallen quant à lui préféra rester à l’extérieur, gardant ainsi la seule entrée. La vieille charpente grinçait sous le vent, faisant parfois trembler la porte qui claquait contre son battant.
D’un regard dans la pièce à vivre, Irina repéra le mobilier sommaire et un homme roulé en boule sur une paillasse délaissée, à peine visible depuis l’entrée. Une échelle menait à une espèce de pièce en hauteur, qui devait servir de chambre au plus jeune ainsi que de grenier, à en juger par le poisson séché suspendu aux poutres. Tout ici respirait des conditions de vie exigeantes et un peu solitaires, même si dans l’ensemble la communauté de Gaeaf était plutôt soudée. Irina les connaissait assez bien pour y avoir été souvent de passage, et la plupart des habitants ne l’avaient pas oubliée.


« J’suis désolé d’vous z’avoir dérangé, j’ai appris qu’vous êtes dev’nue grande prêt… »
« Rendez-moi service et appelez-moi Irina, comme vous l’avez toujours fait par ici. Mon poste a changé, pas moi. »
« Oh euh,… oui m’dame. » Le jeunot souleva son couvre-chef en laine et se gratta la tête avant de le remettre en changeant sans cesse de jambe d’appui. Il avait sans doute peur de la contrarier et de la voir partir en trombe sans s’occuper de son père.
« Me regardez pas comme ça, j’vais pas vous bouffer. Dites-moi plutôt ce qui s’est passé. »

Il en revint à un registre plus calme bien que maladroit, lui expliquant que l’ancien s’était blessé en recueillant les paniers de crabes et qu’il s’était fait mordre par une bestiole qu’ils n’avaient jamais vue avant. Irina maugréa à l’encontre des caprices animaux de la nature et examina la blessure, une vilaine marque de crocs qui s’était infectée par manque de soins et ne risquait pas de se refermer sans quelques points de suture. Par réflexe elle porta la main à son flanc, mais n’y trouva que du vide. Elle avait totalement oublié sa sacoche à la caserne. Jurant avec tant de conviction que le pêcheur en haussa un sourcil, la demoiselle n’y prêta même pas attention. Lui assurant qu’elle reviendrait tout de suite, elle ouvrit la porte chancelante de la cabane, pour tomber nez à nez avec Kallen, qui était sur le point d’entrer. Son expression était sérieuse comme à son habitude mais si inquiète que ce fut immédiatement contagieux.

« Il faut qu’on parte d’ici. Maintenant. »
« Hein, pourquoi ? »
« Je vous expliquerai plus tard, faites juste ce que je vous dis. »
« D’accord, de toute façon j’dois retourner chercher quelque chose. »
« On ne reviendra pas de sitôt. Vous… » Il fit impérieusement signe au jeunot, Nils, afin qu’il se bouge. Ce dernier eut un sursaut de surprise, croyant avoir affaire à un militaire. Ce qui était le cas en un sens. Seulement comme il était clairement avec la grande prêtresse il n’eut pas le courage de se méfier du sindarin. « Je vais vous aider à porter votre père jusqu’à la tour. Vite, aidez-moi. »

***

L’intéressé s’y attela en expliquant brièvement la situation à son géniteur, trop alarmé par l’urgence soudaine pour contester. Irina l’approuva du regard, lui garantissant qu’il serait de toute façon plus facile de le garder à l’œil en le transportant dans l’infirmerie de la garde. Leur trajet ne fut pas bien long et ils traversèrent les ruelles du village. Épaulé par les deux hommes, le blessé fut transporté jusqu’à une des pièces du rez-de-chaussée, où Irina allait enfin pouvoir se mettre au travail. Ou du moins c’est ce qu’elle croyait. Alors qu’elle interrogeait finalement Kallen sur la raison de tout cet empressement, elle vit Léogan débouler les escaliers en triple vitesse, la panique plaquée sur le visage et les cheveux en bataille. Donnant des instructions au médecin militaire de service, elle fila en direction de la destruction qui se semait à une vitesse effarante. L’eau avait envahi le port qu’elle avait partiellement recouvert, emportant structures et civils au passage.

« Par les putain d’couilles véreuses de Sharna… C’est quoi ce truc ? » Son esprit fila vers Aemyn, puis s’en retourna au large. Le colosse se dressait à l’horizon, impossible à rater de par sa stature hors du commun et par les cris stridents qu’il poussait à répétition. Un instant elle s’interrogea sur ce qu’était cette créature marine, puis elle se souvint du récit de Léogan concernant le cracheur de myste à Elgondor. Après la Sarnahroa et les troubles magiques, le cauchemar recommençait. Ses entrailles se tordirent de nervosité et d’angoisse, vu que la peur n’avait pas d’emprise sur ses émotions. Elle déglutit et sentit le souffle lui manquer à l’idée de devoir se séparer d’Aemyn pour secourir les villageois. Un instant l’envie de faire demi-tour et s’enfermer en sécurité l’assaillit. Puis le poids des responsabilités tout récemment endossées lui revint comme un boomerang. Irina avait déjà vécu des situations désespérées plus d’une fois et avait plongé au cœur du danger malgré tout. Il avait alors été bien plus facile de protéger l’enfant dont elle était encore enceinte, alors que maintenant les choses étaient moins évidentes. Se séparer en le laissant derrière elle c’était une déchirure à laquelle elle ne pourrait jamais se préparer.
Toujours loin d’être sûre de son choix, la religieuse trouva la force dans les yeux sombres de Léogan, et la rugosité de sa main dans la sienne. Alix et Isköld s’occuperaient du gamin et le protégeraient autant que possible. Elle pouvait se concentrer sur le reste, à aider les blessés et couvrir la retraite des rescapés. C’était possible, il fallait qu’elle s’en persuade et agisse. Il le fallait. Elle ne serait pas une autre lâche à se planquer derrière ses atours de princesse et de belles paroles creuses. Irina leur prouverait à tous, et à elle-même en premier lieu, qu’elle était différente de celle qui l’avait précédée. Cimméria changerait, pour de bon cette fois. Sa main gauche sembla lui brûler de façon étrange, comme si elle s’était trop rapprochée d’une flamme particulièrement vive. Exanimis à sa main gauche était d’une chaleur incandescente, servant de réceptacle à toute cette panique condensée dans un seul lieu. Des murmures d’agonie lui parvinrent parfois des maisons désormais éventrées, sous des décombres d’où clairement plus rien de vivant ne pourrait sortir.

Échangeant un regard presque vide avec Léogan, elle ne sut pas quoi lui dire ou comment lui donner une force qu’elle cherchait aussi. Il déversa sa frustration contre l’acharnement du destin auquel aucun d’entre eux ne croyait, tandis qu’elle tâtait instinctivement sa sacoche à la recherche du froid familier de ses outils de chirurgie.
« Je suppose que ça ne sert à rien d’invectiver cette créature ou la supposée logique de tous ces événements à la chaîne. Il y a sûrement un lien avec les autres colosses qui nous ont pourri la vie, mais ce n’est ni l’heure ni l’endroit d’y songer. » Son esprit pragmatique prenait le relais, en attendant que passe la phase du choc. Elle fouilla et compta le nombre de potions qu’elle possédait sur elle, estimant combien de temps elle pourrait tenir avec ça. Pas longtemps si on en jugeait le nombre d’accidentés graves, mais il lui faudrait bien faire du mieux possible. Dans le pire des cas elle enverrait quelqu’un lui chercher de quoi refaire son stock. « Il faut qu’on se bouge. On peut le faire. » C’était une sorte d’encouragement, quelque part… Aussi bizarre et maladroit soit-il lorsque prononcé dans un ton aussi mécanique et froid. Une sorte de langage qu’ils étaient les seuls à pouvoir comprendre, indépendamment des circonstances qui une fois encore les rendaient prisonniers. Au moins aux yeux des autres, car au moins dans pareille catastrophe tout lui paraissait plus vrai et plus tangible. Si elle avait pu survivre aux colosses par deux fois, ce ne serait pas cette fois qu’elle faiblirait.

« P’tain de chat… Où est-ce qu’il s’est planqué, encore ? » Elle râla sur l’absence de Koha –et sur l’absurdité d’un garde du corps qui ne gardait rien du tout- tout en donnant des ordres à plusieurs prêtresses qui avaient accouru pour lui rapporter ce qu’elles avaient vu. Fort heureusement les installations toutes neuves étaient indemnes, car elles étaient construites un peu en hauteur, non loin des bâtiments de l’armée.
« Parfait. Postez-vous là-bas et préparez tout le nécessaire pour accueillir les malades. Sœur Kidia, vous avez du sang froid et de l’expérience… Je vous laisse aux commandes sur place. Et non… » Elle l’arrêta d’un geste de main, lui intimant le silence. « Je n’ai pas de temps à perdre en justifications, arrêtez de geindre et ayez confiance. Si je vous dis que vous pouvez le faire, c’est que c’est le cas. Ne me décevez pas. »

Sans plus attendre elle lui tourna le dos et choisit trois prêtresses, les plus débrouillardes, afin d’avoir une certaine main d’œuvre. Si tout allait bien il y en aurait au moins une de pas trop empotée là-dedans. C’était dommage parce qu’elle ne connaissait que Ellie dans le groupe, une gorgoroth brune qui avait été fauchée avant que son corps n’atteigne l’âge adulte. Trouvée inconsciente aux abords de Zaléra, elle avait tout de la paria au sein de l’ordre, ce qui en un sens attirait la sympathie de la grande prêtresse… autant par envie de contrarier toutes les coincées conservatrices que parce qu’elle connaissait bien le sentiment d’être le mouton noir de la famille. Enfin jusque-là elles n’avaient jamais vraiment interagi, alors ce serait une occasion en or de voir de ses propres yeux ce que valait la jeunette. Au moins il n’y avait pas de doute à nourrir concernant une affectation aussi pourrie. Gaeaf ce n’était pas l’aventure d’une vie passionnante et en plus du reste c’était vraiment dur de faire son boulot avec aussi peu de moyens. Comme quoi l’armée n’était pas la seule à envoyer les gens au turbin… Le pas cadencé, Irina revint vers Léo, qui avait fini de donner des ordres à son subalterne. Baissant d’un ton, elle remarqua qu’ils étaient seuls à nouveau.

« J’établirai un plan d’action avec Isköld une fois qu’on aura dégagé les gens des débris. Nous sauverons ce qu’il reste à sauver et puis nous coordonnerons nos actions afin d’éloigner la bête, si c’est à notre portée. Raven saura vous retrouver et vous répéter ce qu’il y a à savoir une fois que vous serez en mer. Prévenez les hommes à bord afin qu’ils ne s’en prennent pas à lui, c’est tout ce que je vous demande. Ah et… » Elle le regarda droit dans les yeux, sans trop savoir quoi dire. « Puisse la déesse vous protéger. Soyez prudent, nous attendrons votre retour. » Ce nous avait une portée bien particulière pour eux, bien moins pour le reste du monde. Mais il saurait comprendre. Irina serra sa main en retour et le laissa s’en aller en prononçant une brève prière à Kesha. Il se ficherait sûrement d’elle et de la foi qui ne les sauverait probablement pas de ce merdier, seulement elle s’en fichait. Toutes les armes à disposition seraient les bienvenues, et la foi en était une également, ne fusse que pour investir les hommes d’une énergie nouvelle. À elle d’être le catalyseur de cette force pour mieux la diriger. Ses yeux observèrent les mouvements erratiques de la bête immense qui guettait depuis les flots. C’était impressionnant et pourtant au fond de ses entrailles, il n’y avait aucune peur. Irina sentait bien le danger, et pourtant seul un calme de plus en plus imperturbable l’animait. Son cerveau carburait à plein régime.

« Kidia, s’il me cherche dites au colonel Arthwÿs, le grand type aux cheveux blancs qui vient de partir, que je suis partie dans la moitié est du village. C’est la plus touchée. Le village n’est pas si grand, il ne devrait pas avoir trop de mal à me retrouver sur place. Si vous avez besoin de quoi que ce soit d’urgent, envoyez l’une des filles. Tenez bon, je compte sur vous. » Elle posa une main sur son épaule et insuffla une bonne dose de courage à travers ce contact. C’était une brave femme, elle avait juste besoin d’une petite poussée pour pousser son potentiel à son apogée. D’un dernier signe de tête elle descendit la pente vers l’enfer d’eau et de cadavres flottants qui attendait en bas. Kallen la suivit sans un bruit, suivi de près par les prêtresses qui n’en menaient pas très large malgré tout. Il était fort probable qu’elles aient cédé à la panique si elles ne savaient pas ce qu’elles risquaient en cas de désertion. Car Irina ferait passer le jugement de n’importe quelle cour martiale pour une vaste blague…

« J’espère que vous allez pas rester plantées là la bouche en cœur comme si je devais vous montrer l’exemple. On n’est pas prêtresses pour faire une dissertation sur les différentes possibilités lors d’une mort par noyade, alors au boulot ! » Elle en fusilla une peu réactive du regard, si terrifiée que son corps entier en tremblait. Elle manqua de se gaufrer sur des débris, et geignit faiblement en suivant ses aînées. Irina se retint très fort de la gifler pour lui faire revenir sur terre. Même sa tête ne lui revenait pas. C’était presque épidermique, la yorka avait ‘victime’ presque écrit sur le front. Elle savait bien que tout le monde n’avait pas les épaules pour faire face à ce genre d’épreuves, mais elle ne tolérait pas les incapables pour autant. « Bon vous, arrêtez de jouer les chiots abandonnés et passés à tabac. Au premier faux pas j’vous renvoie hors de ma vue. Et si je vois la moindre pleurnicherie… si je vois la moindre saloperie de larme… » Elle vit la gamine se faire toute petite et se mordre la lèvre pour garder le contrôle et laissa tomber. « Que quelqu’un me rappelle de réinstaurer Zaléra. Non, mais vraiment... »

Dodelinant de la tête elle mena la marche en se faisant suivre de quelques locaux qui paniqués, tournaient en rond. Arrivée sur ce qui était jadis une des principales places, elle frappa d’un grand coup de bâton sur des plaques de métal afin de les faire raisonner jusqu’à couvrir le silence de quelques minutes que leur avait laissé le colosse. Toujours confus et perdus, parfois pleurant ou criant de désespoir, les gens alentours se turent pour comprendre d’où venait ce bruit. Ils semblèrent néanmoins se calmer d’un cran en voyant une petite femme rousse jouer les acrobates pour monter sur la carcasse d’une maison vide et s’adresser à eux d’un ton autoritaire pour les diriger vers les hauteurs protégées. Elle y vit plusieurs têtes connues, dont Léo, Baria, ou encore Veto –ce qui la fit rapidement détourner le regard- ainsi que le faciès pâle d’Othello, qu’elle ne s’attendait pas à retrouver ici. La serpentine profita d’ailleurs de la présence de Raven pour lui envoyer un message télépathique via le volatile, chargé de l’informer de l’itinéraire afin de la retrouver si elle le voulait; ou à défaut s’enquérir de son état.
Ensuite elle s’éclaircit la gorge et d’une voix claire elle se fit écouter des fuyards qui finirent par ralentir encadrés par la garde qui prit le relais. Arthwÿs revint à sa tête comme par magie, juste à temps pour l’assister dans sa tâche avec autant d’efficacité que possible. Par quelques instructions simples il posta un garde à chaque sortie du village et dans les axes principaux afin que les rues soient le plus désertes possibles en pareil état d’urgence.
« Bénie soit la déesse, enfin quelqu’un de compétent. »

Comme piquée au vif par cette remarque qui méprisait indirectement le groupe de prêtresses, Ellie prit une de ses homologues par la manche et l’entraîna prestement à sa suite, en direction d’une maison écroulée d’où une femme venait de sortir, le regard hébété. Sous le choc elle semblait tourner en rond sans savoir quoi faire, manifestement à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un. Une chemise ensanglantée entre les mains, elle se mit à hurler le nom de son désormais défunt mari, comme si elle pouvait le ramener à force de crier suffisamment fort. Irina les laissa faire, sachant qu’elles viendraient forcément la trouver si elles n’arrivaient pas à s’en sortir seules. Il fallait qu’elles se séparent, car de toute façon il y avait trop de monde dans le besoin.
Ainsi une fois de l’espace de manœuvre retrouvé, depuis son perchoir elle aperçut une bande de types en armure lourde qui se trimballaient fièrement comme s’ils allaient en guerre, de l’autre côté du port. Cependant elle fut distraite par des questions qui lui furent posées et cessa de s’en préoccuper dans l’immédiat. Ils étaient de toute évidence venus leur prêter assistance autrement ils n’auraient jamais pu passer sans que l’alerte ne soit donnée par Aggersborg. Descendant pour tendre plusieurs potions et une paire de ciseaux à une des apprenties, elle se pencha sur un homme qui lui fut amené par un soldat, avec le bras pendant le long du corps et une épaule démise. Elle le fit s’asseoir sur une chaise qu’elle récupéra dans la maison la plus proche, puis s’attela à la lui remettre en place, tout en continuant de se demander ce qu’était le défilé de boites de conserve peinturlurées de jaune.


« Qui sont tous ces types ? » Elle n’avait pas pu les observer suffisamment pour le savoir, et elle n’avait pas non plus vu de blason particulier. Non que l’étalage de richesse et de faste lui soient totalement inconnus, hélas. Incertaine, elle posa quand même la question. « Serait-ce Arghanat ? »

« Je crois bien, Madame. » Lui répondit Arthwÿs en haussant des épaules. Il coordonnait toujours les forces sur terre avec un calme impressionnant, et ce malgré le chaos désorganisé en place.

« Hé merde, il manquait plus que ça. » Le pauvre homme la fixa choqué, interloqué par le juron de la bouche d’une prêtresse, et pas n’importe laquelle. Comme pour se venger Irina lui remit l’épaule en place avec un peu plus de brusquerie que nécessaire, le faisant crier de douleur sous la surprise. Elle lui sourit en réponse, faisant mine de pas se rendre compte de ce qu’elle avait fait. Ah ça lui apprendrait, tiens.

Enfin plus sérieusement si ces hommes faisaient partie de la célèbre Phalange, alors le duc Seh ne devait pas être bien loin. Après tout qu’était le duché sans le ‘fils de Fen’ ? Elle ne put s’empêcher de rire à cette pensée. Oui bien sûr, et elle était la tante par alliance de Kesha aussi. Oui certes ce n’étaient que les vulgaires racontars du bas peuple que Tekum défendait avec tant d’aplomb et de condescendance, du moins tant qu’ils servaient son idéologie de prospérité luxueuse en des contrées hautement militarisées. Des contrées qui cachaient l’antre de quelque chose de bien plus sombre et épidémique. Oui, Irina savait qu’elle était tenue à une certaine tolérance envers celui qui était son plus grand allié commercial et militaire. Seulement il y avait une différence entre son rôle de dirigeante religieuse et celui de duchesse de Nivéria, et il était bon que ce ne soit pas oublié. Qui plus est, elle n’était pas du genre à se sentir inférieure ou soumise à son joug d’influence juste parce qu’il jugeait bon de débarquer à l’improviste, dans une affaire qui n’avait rien à voir avec la guerre.
La rouquine soupira et s’attacha les cheveux au-dessus de la nuque dans un chignon fait à la va vite, avant de confier les blessés mineurs à ses apprenties. La plus craintive semblait avoir retrouvé un calme relatif et débarrassait un adolescent des nombreuses échardes qui constellaient son dos meurtri. Au moins elle avait trop peur pour la ramener, c’était déjà ça. Intriguée, Irina remballa ses affaires, récupéra ses ciseaux et se remit en marche le long des rues, Arthwÿs et Raven lui faisant des comptes rendus de la situation en mer au fur et à mesure. Pour l’instant ça ne bougeait pas des masses, et quelque part ça l’arrangeait. Parce que qui disait bataille en mer disait plus de morts, et il y’en avait suffisamment sur les bras. D’ailleurs les choses commençaient à sérieusement se corser avec les zones encore inondées. Certaines maisons étaient inaccessibles autrement que par le premier étage, et à ce stade il n’était pas dit qu’elles ne s’effondrent pas.


« Par ici ! » Kallen était entré dans l’une d’elles la déesse seule sait comment, et en surgissait par la fenêtre à l’étage. Il leur cria pour couvrir les hurlements du colosse qui avaient repris de plus belle, le faisant grimacer de douleur. Irina retira son manteau qu’elle confia à une prêtresse avant d’envoyer des gardes lui chercher de la corde, des haches et des brancards de bois pour transférer des gens incapables de se déplacer.
« Vivants ? » Demanda-t-elle laconiquement, ce à quoi le sindarin lui répondit par la positive. Il pouvait traverser la matière pour se rendre à l’intérieur, seulement il ne pouvait pas les faire bénéficier du même avantage. « On ne peut pas endiguer le niveau de l’eau de ce côté pour l’instant. Il va falloir entrer, car je doute qu’on puisse les faire sortir autrement. Vous, filez-moi un coup de main, ouvrez cette porte. » Elle invita l’un des gardes à leur frayer un chemin avec son épée, mais il ne sembla pas comprendre ce qu’elle voulait. Elle expira par le nez, avec la nette impression de parler une autre langue. Bordel. « Il faut vraiment tout faire par soi-même, pas vrai ? »
« Ma Dame, mais vous ne devriez pas ! » Il s’interposa avec hésitation, s’indignant dans son honneur chevaleresque qu’elle considère ça sérieusement.
« Vous le faites ou vous vous poussez pour me laisser faire mon boulot,  décidez-vous nom de dieu ! Il y a des gens là-dedans et on n’a pas toute la journée ! »

Bien que récalcitrant, le grand blond retira sa cape et descendit dans le niveau inférieur, avec de l’eau jusqu’aux genoux, où tous les mouvements semblaient lui peser à cause de son armure, pourtant pas si lourde d’apparence. Son épée s’enfonçait à peine dans le bois de la porte sans réellement l’entamer.  Ils avaient peut-être barricadé le tout, ce qui leur faisait piétiner pour rien tandis que des vies étaient en jeu. Cela eut le don de la faire fulminer encore plus, et lui ordonner de se pousser. Après avoir confirmé que les victimes s’étaient enfermées au premier pour échapper au raz-de-marée, Irina sauta à son tour dans l’immense flaque à l’eau glaciale, réprimant un grand frisson qui lui vrilla l’échine. Au diable les bonnes manières, les congrégations de guerriers qui se croyaient au défilé annuel d’Hespéria, en faisant un concours stupide à celui qui allait couler en premier. Au diable cette bête géante, Veto, tous les sauveurs de la dernière minute affamés de lauriers et de susucres et toutes ces conneries ! Merde, voilà.  
Avançant d’un pas décidé malgré l’eau qui rentrait par ses cuissardes et lui gelait les jambes, Irina regarda de part et d’autre à la recherche d’une âme charitable qui se sente de se rendre utile. Personne. Bah évidemment, ça aurait été trop facile… et c’était bien plus difficile de se mouiller les miches que de rester à dispenser les jolies promesses comme on distribue des tracts publicitaires. Grognant dans un murmure vaguement intelligible elle vit qu’Arthwÿs était monopolisé de son côté. Tant pis, de toute façon lui ou un autre ça n’avait aucune importance.


« Vous avez besoin d’être à cinq pour me regarder monter ou quoi ? Vous avez des brancards, alors ne restez pas à en admirer l’esthétique. Servez-vous en pour amener les gens incapables de se déplacer à l’infirmerie. Allez faites-moi la courte échelle, je n’ai pas envie de tomber dans cette eau dégueulasse. » Une fois ça fait elle prit aisément appui sur les mains jointes du soldat qui n’en croyait pas trop ses yeux. Elle dodelina de la tête. Il sortait d’où celui-là, du couvent d’Aléa ? Agacée, Irina saisit le bras tendu de Kallen, qui l’aida sans faire de commentaire. Dans la pièce se trouvait un couple blessé, dont l’enfant n’avait malheureusement pas survécu. Cela eut le don de refroidir son humeur, soudain accablante. Le jeune garçon gisait sur le côté, le petit corps trempé transpercé d’un bout de métal qui avait sûrement été charrié par les eaux, à travers les fenêtres ouvertes. Penaude, elle émit des condoléances et prononça une prière rituelle. La mère blessée sanglotait dans les bras de son époux immobilisé, et en réalisant qu’elle était prêtresse lui supplia de procéder à des funérailles dignes de ce nom. Elle lui promit alors solennellement d’y veiller, obligée de la convaincre de descendre avant qu’il ne soit trop tard. Irina se pencha sur le petit corps avec le cœur serré.
Un râle presque inaudible eut pourtant raison de sa carapace. Il était encore vivant ! Jurant à nouveau, elle regarda par la fenêtre. Les gardes étaient partis, comme elle en avait donné l’ordre. Du coup elle était seule avec Kallen… et il leur manquerait une paire de bras. Ce dernier fut cela dit contraint de tenir la mère séparée de son fils, afin qu’Irina puisse le soigner. Lui murmurant des mots qui se voulaient rassurants, il lui répétait qu’elle allait faire son possible et l’empêchait de se débattre. Mais Irina cessa de les écouter. Dans cette pièce il n’y avait plus qu’elle et le marmot qui se vidait de son sang, dans un dernier râle. L’adrénaline roulait dans ses veines en décharges continues. Se penchant par la fenêtre de l’autre côté, elle vit une femme rousse qui pleurait de désespoir au milieu de nulle part, ne suscitant qu’indifférence des passants. Criant en sa direction, la prêtresse l’invectiva immédiatement, mettant de côté toute considération ou politesse.

« Oh hé, vous ! Ouais vous ! Vous ne semblez pas blessée, alors si vous avez le temps de chialer vous pouvez bien m’aider ! Hey, plus vite que ça, j’ai un gamin qui bat de l’aile, ici ! Recevez au moins son corps, c’est tout c’que j’vous demande, ce côté-ci d’la rue est impraticable ! »


Résumé:
 



« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »


Dernière édition par Irina Dranis le Mar 7 Avr - 21:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Ven 20 Mar - 20:35

La vie savait comment se montrer bien chiante vous savez! Suivant les misérables événements précédent le voilà qu’il devait faire face à un colosse ! Qu’avait-il fait pour mériter ça ? Enfin, il n’était pas exactement du genre à s’apitoyer sur son sort, à questionner la raison de chaque emmerdes qui lui arrivait, car s’il devait commencer ça, il n’allait pas avoir fini de sitôt c’est garantis. Non, ce dernier était plutôt du genre à simplement avancer et taper sur tout ce qui se trouvait dans son chemin lorsque les problèmes se présentaient! Reculer ne servait vraiment à rien, surtout lorsqu’il n’y a aucun endroit où se réfugier. Des vieux loups de mer lui ont souvent dit que l’endroit le plus sécuritaire lors d’une tempête c’est l’œil de celle-ci! Toutefois, afin de trouver l’œil, faut d’abord y faire face ! Donc aller, il faut enfiler une bonne paires de couilles et foncer ! Il faut s’accrocher à n’importe quoi afin de trouver appuis et puis continuer malgré tout ! Un brillant conseil, il ne pouvait qu’espérer qu’il s’agissait d’un concept qu’il pouvait tout aussi bien appliquer face à ce qui se trouvait devant ses yeux. Contrairement à certains êtres de notre monde, le rustre n’était un être bien ancien, de tel monstre il n’en avait jamais vu! Cependant, il avait entendu quelques histoires… une chose était certaines, les hommes qui les racontaient n’étaient pas qu’une bande de vieux fous !

Poursuivant sans route vers le port à travers les gens qui tentaient de fuir le plus loin possible des lieux, il croisa sur son chemin les autorités locales tentant de rétablir un peu d’ordre dans le bordel actuel! Bonne chance à eux, dans le cœur de nombreux c’était un peu chacun pour soi ! Lorsque l’instinct de survie émerge, les gens ont souvent tendance à oublier leur prochain. Ce n’est pas qu’ils sont nécessairement couards, simplement qu’à leurs yeux leur propres existence et plus importantes que celle du voisin. C’est la santé mentale des gens qui font face à ce genre de montre qu’il faut remettre en question. Oui, ici nous remettons même la santé mentale de notre protagoniste. Il aurait été si facile pour lui de se barrer loin d’ici à l’insu des autorités, mais pourtant le voilà qu’il avait ramassé une vieille épée et qu’il fonçait directement vers le colosse. Il croyait faire quoi avec cette lame ? Aller lui nettoyer les dents une fois qu’il aura bouffé les autres crétins ? Une simple lui sera complètement inutile, mais pourtant il l’avait tout de même prise en main ! Un réflexe tout simplement.

Son regard croisa celui de nombreuses personnes, tous inconnus. Il ne les connaissait pas du tout et pourtant, il était prêt à combattre pour eux, avec eux. Il y avait quelques jeunes visages à qui une chance de vivre plus longtemps devait leur être accordé. Ne croyez pas ici qu’il s’agit d’un geste de noblesse ou de bravoure de sa part d’aller se battre face à ce colosse, il s’agit de la folie! Oui il n’y a rien de saint à cela ! Mais contrairement à la plupart des visages qu’il croisait, il n’avait rien à perdre et ne laissait rien ni personne derrière. Enfin c’est ce qu’il se disait, mais était-ce vraiment le cas ? Y existait-il des gens âmes dans ce monde qui allait se soucier de sa disparition ? Il n’avait pas de femme, ni d’enfants, du moins pas à sa connaissance. Ses quelques amis sont toujours surpris de le voir en vie à chaque fois, donc d’apprendre qu’il s’est fait tuer au Gaeaf ne serait pas une grande surprise. Puis, qui allait le reconnaitre ici ? Il était bien loin d’être une célébrité !

En chemin, notre protagoniste passa devant une taverne. Un des murs avait tombé, exposant l’intérieur saccagé par la vague. Les tables étaient renversées, les chaises dans les rues, bref si ce n’était pas qu’il savait que c’était là le travail d’un colosse, notre protagoniste aurait cru à un sacré soirée ! Mais dans tout cette histoire, le colosse avait su faire un cadeau à notre protagoniste, car à moins de deux pas une bouteille de rhum avait su faire son chemin de l’étagère jusqu’à ses pieds. Bon, celle-ci était recouverte de terre et vide au trois quart, mais du rhum gratuit c’est du rhum gratuit. Arrachant le bouchon avec les dents, notre rustre le recracha sur le sol avant de prendre une bonne gorgée tout en continuant la route. Quoi de mieux pour calmer les nerfs qu’un peu de rhum ? Une fois terminée, il balança la bouteille un peu plus loin.

Se rapprochant du port, il entendit une voix hurler :

‘’OTHELLOOOOOOO, YOUHOUUUUUUUUUUUUU’’

Qui pouvait bien gueuler ainsi ? Le regard de notre protagoniste se détourna vers la source! Qui était cette rouquine un peu cinglé qui gueulait ainsi ? Non mais est-ce qu’elle ne se rendait pas compte qu’il y avait un foutu colosse ? Ah oui-là était le meilleure moment de saluer la copine du coin c’est sûr ! Levant son regard vers avant de gueuler à son tour :

‘’Ne reste pas là espèce d’idiote ! T’attend quoi que le foutu Colosse te demander de l’accompagner au Bal des géant ? Bordel…’’ Avait-il répliqué en secouant la tête.

Il y a des gens parfois… enfin il ne saurait quoi faire d’eux ! Celle-là ne faisait pas exception à cette règle. Il ignorait qui elle était, si ses parents l’avait fait tomber sur la tête lorsqu’elle était môme, mais si elle avait un peu d’intelligence elle foutrait le camp de là! D’un autre côté, ce n’est peut-être pas une mauvaise chose que cette folle avait gueulé ainsi. En regardant un peu plus loin, une gueule un peu trop familière apparue. En voyant sa gueule là il n’eut qu’une chose à dire.

‘’L’enculé..’’

Il serait faux de dire qu’il s’agissait d’un vieil ami malgré les moments qu’ils ont passés ensembles. Ils ont appris à bien ce connaitre vous savez! Oh, vous ne savez pas qui il regardait là ? Il s’agira d’une histoire pour une autre fois. Il ne s’agit pas d’une histoire bien intéressante. Enfin, il ne pouvait qu’espérer qu’il n’allait pas le remarquer, ou si c’était le cas, que monsieur ‘’je suis maintenant important regardez comment j’ai fier allure’’ ne se préoccupe pas trop de lui. De toute façon, avec ce qu’ils ont sous les yeux, il serait important qu’il sache où mettre ses priorités. S’il ne veut pas de l’aide de notre protagoniste, alors qu’il en soit ainsi. Si ce qu’il a fait c’est ce qu’il faut faire pour gagner le respect ici… il n’aimerait pas savoir ce que les dirigeants ont dû faire… après on va vous dire que Ridolbar est corrompu. Se faufilant à travers la foule, les soldats et les autorités, l’homme tenta de trouver se trouve un poste où il pouvait être utile au combat.



chanson thème par Frazrael (moi)
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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Dim 22 Mar - 10:19

Combien de temps était-elle restée à terre ? Difficile à dire. Elle avait juste perçu l’agitation autour d’elle comme dans un rêve. Les voix semblaient flotter dans les eaux brunâtres de la rue dévastée et les mouvements semblaient se faire au ralenti sans qu’elle les vît réellement. Les odeurs de marée et d’iode se mêlaient à celle d’égout. Y avait-il de égouts si près de la mer ? Elle n’en savait fichtre rien comment une question aussi futile pouvait bien la préoccuper en cet instant d’apocalypse ? La seule chose dont elle était consciente c’était ce cri, mais ça aussi était bien futile au regard de ce qui parvenait du large du plus profond d’un abîme d’horreur. Il la vrillait jusqu’au plus profond de son être comment faisait-on pour résister à ses fréquences quasi inaudible mais si concrètes ? Comme le crissement des dents contre les os, la déchirure du muscle lords d’un effort trop violent. Combien de temps pouvait-il durer. Comme si le ciel entier s’était précipité dans l’horrible appareil phonatoire pour lui permettre de vomir son cri d’épouvante.

Pour son premier éloignement de la cité d’Hespéria, la voilà bien dépaysée et surtout remise devant ses inexpériences. Si elle commençait à connaître de mieux en mieux les gens, et les leviers qui les faisaient réagir, elle apprenait tout à coup que le monde recelait bien d’autres créatures bien plus terrifiantes que tous les humanoïdes qu’elle avait pu croiser ou même que les bêtes féroces qu’elle avait pu découvrir par livres interposés. C’était comme si les mugissements de la bête lui hurlaient toute son ignorance et lui montrait la tout d’voire dans laquelle elle s’était enfermée depuis qu’elle avait pris forme il y avait quelques mois de cela. Oh, elle avait couru toutes les ruelles de la cité, rencontré les personnes les plus louches dans les lieux les plus interlopes était consciente de bien des vicissitudes du de ce que l’on pouvait appeler le genre humain, mais la brutalité de l’évènement auquel elle était soudain confrontée aujourd’hui, lui renvoyait de façon insoutenable sa petitesse et ses incomplétudes.

*On ne va pas rester comme ça ! Fais quelque chose sinon le monde aura le temps de s’écrouler trois fois que tu n’auras pas su réagir…*

Le mugissement s’éteignit petit à petit, répit durant lequel à n’en pas douter, l’abomination allait se remplir ce qui devait lui tenir lieu de poumon sinon comment pouvait-il se faire entendre ? Des martellements de sabots lui firent lever la tête et elle n’eut que le temps de se déporter sur le bord de la chaussée ou du moins ce qu’il en restait. Les premiers effets de la panique commençaient à se dissiper, mais, les dernières émotions lui avaient ôté toute l’énergie de ses jambes. Elle fut de nouveau obligée de mettre un genou à terre. Terre était encore un mot bien trop précieux pour parler de la fange qui recouvrait maintenant le sol en lieu et place de ce qui était des rues pavées et entretenues tant bien que mal par le courage de ces contrée inhospitalières.
Habituée qu’elle était à se faufiler un peu partout et à jouer les filles de l’air pour s’introduire dans les lieux les plus inaccessibles, elle ne pouvait que se montrer étonnée de l’état dans lequel l’avait laissé ces dernières poignées de minutes quoi qu’à la réflexion il pouvait s’agir d’un peu plus longtemps. Se retrouver coincée dans les ruines avait dû lui prendre plus de temps et surtout en sortir plus d’énergie qu’elle ne l’avait imaginé.

Elle n’allait pas rester là à laisser les évènements se dérouler autour d’elle comme si elle était déjà un esprit perdu dans une autre dimension ! Elle se massa une dernière fois les tempes afin d’essayer de chasser cette désagréable impression de vrille dans le crâne et de lassitude. Les ondes funestes qui lui parvenaient de la créature commençaient à être prévisibles et on s’habitue à tout comme chantait un fameux barde Jakhebrël qu’elle avait vu en récital il y avait quelques temps de là… Mais laissons là ses souvenirs propres à conforter le lecteur dans l’image futile et superficielle qu’il pourrait avoir de notre héroïne. Image en partie méritée, mais sans doute due à sa jeunesse et aux souvenirs légués par Elië…

Une voix lui parvint alors. Une de ces voix dont l’autorité ne fait aucun doute. Une de ces voix qui vous pose son personnage sans doute habituée à ce qu’on lui obéisse et puisqu’il fallait commencer par quelque chose pour reprendre pied dans la réalité autant démarrer par mettre un visage sur cette voix. Elle regarda autour d’elle pour chercher d’où venait la voix et la localisa au premier niveau d’une maison que la vague n’avait pas épargnée. S’imaginer qu’il y avait quelqu’un de vivant encore dans cette ruine confinait à la foi la plus charbonnière qui fût. La rouquine leva donc la tête tourna la tête dans la direction de la fenêtre d’où venait l’invective pour s’apercevoir que c’était à elle que le discours s’adressait. Une terrane visiblement, passait la tête à la fenêtre et d’après ce qu’elle comprit, prenant les paroles à la sauvette, avait besoin d’aide. La courtisane en perdition obéit machinalement plus pour finir de reprendre pied dans l’action et la vie que par compassion. Ce sentiment n’était pas celui qui lui venait le plus spontanément. Elle s’approcha comme dans un cauchemar, jetant en même temps un regard alentour pour constater l’agitation qui régnait dans la bourg. Elle avait dû être absente bien plus longtemps qu’elle ne le pensait si elle en jugeait par tous les soldats, mercenaires gardes du corps et autres porteurs de lame qui couraient dans tous les sens. Ou alors tout ce petit monde s’était donné rendez-vous ici pour des raisons qu’elle ignorait et qui lui importaient peu. Elle arriva enfin sous la fenêtre où se tenait la fille… A l’allure qu’elle avait ce terme n’était pas très approprié. Il s’agissait visiblement d’une dame et ce qu’elle pouvait sous cet angle apercevoir de ses atours, même adaptés visiblement au voyage, faisaient d’elle une personne de haut rang. Nul étonnement alors à avoir qu’elle ait l’habitude d’être écoutée et obéie au doigt et à l’œil. En outre sa noble beauté devait lui faciliter les choses en de nombreuses occasions…

*Non, non ne regarde pas dans quel état tu es, tu t’en doutes. Tu n’as rien trouvé de mieux à faire que de tomber dans les endroits les plus sales du coin alors ne penses même pas que tu puisses avoir sauvé les apparences*

C’’est donc sans idée précise de son apparence du moment mais sans illusion qu’elle arriva sous la fenêtre, une mèche boueuse venant se coller dans son cou. Le froid et le frisson, finirent de la réveiller tout à fait. Rassemblant les souvenirs des propos de la femme qu’elle avait perdus en partie avant de réaliser qu’ils lui étaient destinés, et au vu les circonstances, il n’était pas difficile d’imaginer qu’il y avait des blessés à évacuer. Elle jeta un regard autour d’elle plus pour prendre des informations et mettre en route son cerveau habitué somme toute à réagir aux imprévus. Qui disait blessés à évacuer, disait brancard. Qui disait apocalypse disait absence de brancard, forcément on n’a jamais sous la main ce dont on a besoin dans ce genre de chao ! Pas grand-chose à vrai dire de vraiment utile dans le fatras de détritus et de bois brisé qui s’amoncelé ça et là dans les encoignures où les flots les avaient jetés.
Elle soupira de désappointement et se mit en devoir de retirer sa cape. Elle en fit un rouleau serré et l’envoya en direction de la femme à l’étage.

« Si vous trouvez de quoi faire des nœuds faites en un hamac et descendez-moi le blessé ! »

A mesure qu’elle parlait, sa voix reprenait un peu d’assurance et cette conscience lui faisait du bien.

Alors que la femme disparaissait de la fenêtre elle en profita pour essayer de faire le tour de ce que ces yeux pouvaient intercepter de l’agitation qui avait envahi le bourg après le vague. C’était au port que les choses semblaient s’agiter le plus mais il était trop loin pour qu’elle comprenne de façon précise ce qui s’y passait vraiment hormis les manœuvres des vaisseaux. Elle essaya de la comparer à la taille de la chose qui menaçait le port et les trouva tellement ridicules qu’elle ne pouvait envisager qu’ils aillent affronter la créature infernale qui se profilait à l’horizon et semblait l’obscurcir comme l’arrivée d’une tempête charriant devant elle les nuages de plomb qui s’abattraient inexorablement sur les terres. Le temps pressait pour les rescapés et elle ne pouvait décemment pas attendre là en bas de la façade que les choses se passent et puis l’inaction était pire que l’attente de la catastrophe.

Elle avisa des caisses à poissons qui avaient été charriées contre le mur de la maison d’en face. Le mot fracassées aurait été plus approprié. Elle parvint à en trouver tant bien que mal trois qu’elle empila de façon la moins précaire possible en escalier. Juchée enfin au sommet elle parvint à se hisser par la fenêtre. Cette action était la première aujourd’hui qui lui rappelait ce qu’elle savait faire et elle en eut un sourire satisfait. Elle n’était pas complètement inadaptée à la situation. L’intérieur était sombre si l’on exceptait les rais de lumière qui filtrait par la fenêtre. Elle essaya de faire rapidement le point de la situation. La femme agenouillée auprès d’un enfant semblait des plus affairée tandis que deux adultes regardaient de son côté avec le regard aussi angoissé que s’ils avaient été condamné au « labyrinthe » ou pire. Même si depuis sa rencontre avec Thalie sa position par rapport aux enfants avait un peu évolué, la notion d’attachement parental n’était encore qu’une idée livresque et elle avait encore du mal à imaginer comment cela pouvait bien être vécu. Un guerrier, militaire garde du corps, enfin un mâle à fourreau restait avec eux. Elle plissa le nez de pessimisme en regardant l’intérieur de la masure. Tiendrait-elle encore longtemps debout ? Elle s’approcha du blondinet qui ne semblait pas plus à l’aise pour réconforter les gens qu’elle et s’accroupit :

« S’ils peuvent bouger, qu’ils sortent par la fenêtre… »

N’attendant pas sa réponse elle se retourna vers la femme et l’enfant. Elle ne pouvait pas tout faire, fabriquer le brancard de fortune et maintenir le pauvre petit en vie. Apparemment elle avait des talents de guérisseuse et à en juger par le blessure du gamin, elle n’était pas une débutante. La vision qu’elle avait maintenant d’elle n’était plus aussi impressionnante que tout à l’heure, elle avait pataugé au moins autant qu’elle et elles n’avaient rien à envier l’une à l’autre quant-aux apparences. Elle continua un inventaire mental de ce qui se trouvait dans la pièce dans laquelle ils se tenaient. Ce devait être une sorte de chambre commune et dans un coin une paillasse devait accueillir le sommeil d’un des habitants. Elle s’en approcha et éventra la grosse toile qui la recouvrait sous les draps de grosse cotonnade. Elle en tira quatre grosses bandes et quelques autres lambeaux puis déchira les draps en lanières d’une main de marge environ. Elle apporta tout cela vers le petit et la soigneuse. Elle posa les bandages de coton près de la femme rousse. Dans son imaginaire et sa brève expérience, les soigneuse avaient toujours besoin de ce qui pouvait servir à penser ou garroter… De son côté elle se mit en demeure de confectionner le hamac qu’elle avait en tête au moment où elle avait lancé sa cape. Resserrer le haut et le bas de la cape avec un nœud de toile fut aisé y ajouter les longues lanières qui serviraient à descendre ce brancard de fortune par le fenêtre aussi. Encore fallait-il la maintenir ouvert afin que le petit ne se retrouve pas complètement recroquevillé sur lui-même. Elle imaginait assez bien que ce dernier aurait besoin de tout l’air dont il pourrait emplir ses petits poumons et qu’effondré sur lui-même dans ce qui deviendrait un baluchon, l’effet serait sans doute inverse. La paillasse était à même le sol donc pas de lattes à récupérer… Elle étira la commissure gauche de sa bouche en une moue de dépit et sortit une de ses épées courtes dont elle introduisit la lame dans l’interstice entre deux lames de plancher. Faisant levier elle parvint à en dégager une assez longue qu’elle cala entre les deux nœuds dont elle avait confectionné ce qui servirait de nacelle de fortune. Ce n’était pas l’idéal, mais c’était mieux que rien. Elle allongea son petit bricolage près de l’enfant et regarda la guérisseuse d’un air interrogateur. Elle s’en remettait à elle pour la suite car tout ce qui avait trait à la santé était forcément de son domaine.

Attendant qu’elle finisse ce qu’elle avait entamé,  elle regarda quelques instants sa façon de faire. Elle avait l’air serein de ceux qui savent ce qu’ils font et l’air concentré de ceux qui connaissent les enjeux de leurs actes. Une certaine admiration naquit pour cette compétence qui consistait à guérir et soigner les maux des autres. Elle n’en avait pas eu conscience lors de ses rencontres avec Duscisio Balibe, trop occupée à le railler et à essayer de le tromper qu’elle était, mais là, la vision de cette femme au côté de l’enfant changeait sa perspective. En outre ce savoir pourrait bien lui être personnellement utile étant donné les guêpiers dans lesquels elle avait tendance à se fourrer ces derniers temps…


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MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Lun 23 Mar - 17:37

    Grand dieux que c’était le bordel ! Ca c’est beau, ça c’est plaisant, sa bavouille et sa frotouille sa vie contre la témérité, ça n’a pas peur et ça s’agite autant qu’un chiwawa cocaïnomane au milieu d’un champ de tire mais ça le fait pour le bien de tous et avec la meilleur volonté du monde. Autant dire que c’est le monde qui tourne pas rond au point où en est-ce le taux d’hormone dans le sang des gas présent qui fait le tout car ce n’est surement pas les long discours inspirant et le relatif respect montré par les gens habituer au combat qui fait la différence … Non je suis médisent, il est de fait que les gens autour d’une personne comme Irina ou Tekum subissent surement le moutonnisme moyen dût à la présence d’une personne poussant à une telle dévotion et qui y sont particulièrement habitué.

    M’enfin pourquoi ne pas se jeter à corps perdu dans une cause plus que perdu et idiote ? Voilà une question que ni Lulu ni les hommes de la Phalange, ni même les hommes de l’armée régulière ne se pose, en premier lieu parce que ces idiots ont fait du combat, et accessoirement de la mort au combat un but dans la vie suite à une habile jonction entre l’école, la droiture et un duché qui tourné quand même au fin vinaigre quand on regard d’assez près pour voir la dictature le fascisme et les défauts ambiant. Mais un fascisme où on vient bien grâce à l’argent de la drogue, et qui n’est pas près à fermer les yeux quand l’herbe est moins verte de beaucoup, presque jaune pale, chez le voisin. En second lieux à cause de la dite présente inspirante qui ne leur à pas demander leur avis et leur à dit de faire quelque chose, le reste est généré par la plus puissante et la plus idiote des caractéristique humaine, l’émulation.

    On se retrouve donc avec une cinquantaine de gus, tous choisit car étant de bon marin comme dit dans le discourt de sa splendeur, de l’armé régulière qui montent au pieds lever dans le bateau alors que la première phalange s’occupe du reste autour du dit bateaux et des dernier préparatifs avant tout en jetant un œil sur leur prochaine embarcation. Si ce n’est Lupen, ou plutôt Frau le mage blanc, qui rappelons le secret bien garder, est une seule et même personne, aucun des hommes n’as l’habitude de la haute mer, ils ont sont plutôt embarcation de courant, jouant dans les chutes d’eaux, dans les remous et les ces choses là. Ainsi les changements dût à la mer ne les effrayent pas mais les brutaux changements dont l’amplitude doit surtout à la présence d’un géant qui fait joujou dans son bain avec des bateau en bois en guise de canard en plastique, eut risque de faire du mal. Mais à d’autres avant eux …

    Et, alors que Lupen et ses hommes montent sur le navire de guerre il se pose quelques instants à coté de monsieur le général pour lui glissé rapidement :


    -“Nous sommes ici pour la même chose gamin, sinon je te promet que tu aurait une belle mutinerie sur les bras. Mais là je suis parti pour mourir pour toi, ou plutôt pour respecter les ordres du Duc qui sont claire, protéger la population à tout prix. Et quoi que tu puisses en pensé avec ton petit regard narquois en coin, le Duc ne nous sacrifierais pas pour si peu. Alors je vais t’appeler général et remettre ton navire dans le droit chemin car on a une guerre à gagner, et je vais être à tes ordres que je suis moins gradé que toi.

    Si on survit jusqu’à demain général, je vous montrerais comment on graisse une armure suite au sel, et surtout je vous expliquerais pourquoi vous devriez porter des choses forgé par le géant ainsi qu’une arme de son nom. Je suis un de ses rares amis, et je sais qu’il vous considère, j’espère que vous allez me montrer pourquoi.”


    Il sourit franchement au Sindarin et se jette sur le pont où il ne jette pas un regard aux autres avant de monter dans les cordages pour prendre un des place manquantes dans ces nid risqué pour défaire et changer le nombre de ris déployé alors que le vent risque plutôt de faire volé le première homme qui à l’imbécilité de venir jouer dans ces voiles et que la houle et les vagues promettent une mort rapide.

    Les hommes d’Arghanats quand à eut font ce qu’ils peuvent, et c’est déjà pas mal, qui s’en vas se positionné à l’avant, qui cours se mettre aux cordes, qui vas assurer chacun et fixer les hommes au mat centrale avec des lignes de vie histoire que leur imbécilité légendaire évite de les balancer par-dessus bord. D’autres ‘en vont vérifier le chargement, les poudres, les canons et les armes de poids. Le travail ne manque pas sur un navire de cette taille, et surtout pour harnaché un rapide navire qui a pour but de fendre vagues et courant traite généré par des tentacules monstrueuses et un gamin de la taille d’une ville qui à décidé que faire des bulles dans son bain n’était pas suffisant.

    Le bal des titans, depuis le mats, attendant les ordres percher comme une gargouille imbécile Lulu aurait surement lancé un “I’m batman” si cela avait fait moindre référence aux gens présent. Malheureusement ce n’est pas le cas il regarde juste le flot de gens hystérique s’agité gaiment en bas comme une nuée de regettons à qui l’ont aurait promis qu’on vas à disneyland pour en fait les amené chez l’oncle Jojo, à l’oncle Jojo, mari de Babayaga, ce qu’il aime les enfants, tellement qu’il … Oui c’est de mauvais gout mais ça reste l’impression qui s’infiltre, et aujourd’hui Jojo fera la taille du ville et aura des tentacule pour pouvoir donné des frisons à tout les fan de Manga.

    Il tourne ensuite son visage déformé vers son prochain navire et le capitaine qui vas passer sous ses ordres, les hommes qui s’agite, els drapeaux qui parlent, mais l’ordre est certain ils attendent la prochaine cargaison et le capitaine de ce petit navire ne sera pas heureux de se faire surmonté par un homme d’une autre nation. Mais à quoi bon faire un révolte lorsque les hommes de la première phalange vont être là pour s’assuré que leur commandant est bien respecter. Il n’y a pas à dire, Lupen, mais si il est parfois, souvent, tout le temps imbécile, aime son travail et par chance, ou par une habileté inconcevable à voir par delà les apparences de ses subordonné que seul les hommes tel que Tekum Seh ont, il le fait bien.

    Coup dans chance quand on regarde la mort en face non ? Alors grimpé, grimpé vous autres, venez jouer sur les navires, venez regarder votre mort, venez laisser vos personnages perdre corps et bien dans une bataille perdu d’avance car la mort mes chers amis, cher compteur, et surtout la mort dans la grandeur, mérite d’être vécu.



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Tekum Seh

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mar 24 Mar - 14:46

Le monde, le bruit de l’eau, les sons qui fendent alors que la canne clapote dans la boue naissance, il a quitté le quai et ses bottes de cuire magnifique sont déjà crotté et noirâtre pleines de ce goudron immonde qui s’est détaché du toit des maisons. Pourtant, malgré l’eau qui commence à vouloir monter dans ses chausses et se déverser en trombe il reste digne avec le reste de son armé qui marche impassiblement dans ce marasme. Puis les premiers ordres tombent alors qu’il se sert de sa canne comme un limnimétrie :

“Colonel Aldebaran, rejoigne l’escadre, laisser cinquante hommes pour monter le camp et recueillir les arrivant, ceux qui ont des compétences dans les soins ou savent faire un garrot de préférence, monté un hôpital de fortune sur les hauteurs, je pense que dame Dranis en a déjà monté un mais il va vite être en surnombre.

Je veux ensuite que le reste des hommes se divise et me quadrille toute cette zone, ramener les survivant évacuer moi tout ça, femme, enfants et même les hommes, ils ne sont pas Arghannien et n’ont pas cette moral qui est notre, l’aide est toujours bienvenu de leur part.

Puis revenez avec cinquante hommes, vous saurez me trouver je n’en doute point, je leur servirais de guide, dans ce margouillis il est impossible de trouver un trace de vie sans la volonté de Fen … Or Fen le veut. Je disperserais donc les hommes, et en attendant votre retour la première phalange servira de sauveteurs …

Mon amie, votre bras.”


Déjà l’homme est parti qu’un être se met à sa place, c’est une femme vue son odeur, et la flagrance de ces fleures douces et d’un bleu qui la suivent comme une ombre ne trompe pas sur celle qui a posé son bras sous le siens. Elle aussi fait partie de la première phalange, comme d’autres, elles en constituent au final quelques quarante pourcents qui sont arrivé au niveau de ses hommes par d’autres passent mais sont aussi doué. Leurs armure sont plus fines, elles ne jouent pas sur le fait d’être des colosses, bien que certaines n’ont rien à envier aux hommes, mais sur les points que l’anatomie et la biologie leur a donné en états bien supérieur. Il lui sourit doucement, il est entre de bonnes mains.

Et alors qu’une première vaguelette entre enfin par-dessus le cuire pour déverser dans la botte le liquide qui sent le sel, le sang et cet arome sombre et suave des décombres bien plus que l’eau, il laisse sa conscience partir, il cherche la peur, la détresse, la situe vaguement, puis le vent fait le reste, il cherche dans les décombre, il indique, ces gens qui ne peuvent plus crié, ces êtres perdu, ceux qui n’ont plus d’espoir et suinte … Alors les hommes sont disperser, la force employé, et chacun suit les indication strictes comme un port d’attache dans les marasmes de cette dystopie.

Car tous souhaitent la réversion, tous se battent pleinement pour sauver la vie de ces censitaires malgré l’imprécation, malgré l’atavisme de ces titan enfin revenu d’un autre temps, revenu malgré l’advertance, et qui exige cette fortitude que Tekum, Duc de Seh, Maitre d’Arghanat, et d’un plume, certain d’être fils de Fen, transmet à ces hommes.


C’est ainsi que de fils en aiguille, ou plutôt de poutre flottantes en maison détruite, de corps à peine vivant en être flottant à la limite de la mort, il finit par chuté trébuchant à la limite de ses pouvoir se rattrapant vainement au bras de la demoiselle qui se tient fermement.
Mais alors, dans cet état de conscience perdu alternant entre le flot de sentiments et le vent, entre la perte altruiste et oblative et un semblant de lumière froide venant de cette eau qu’il ressent encore s’engouffrant dans ses bottes et lui caressant les mollets avec bien moins de douceur que son rang ne devrait lui permettre, il touche à la présence de la Dame, un genoux à terre et levant ses yeux de pierre vers celle qui peu surement le voir.

Avec quelques difficulté lié à l’épuisement il se redresse et cherche à la regarder mais son pouvoir fatigué ne lui permet pas de la situer avec précision, le monde est noire de suif, noir des dégâts du titan, noir d’eau obombrant les dernier son qui se reflètes sur l’infinité de la nuit aveugle. Alors redresser il sourit dans le vent dans la direction où elle est, et toujours dans ce vent prononce quelques mots née de la personnalité particulière du Duc, comme un doux murmure :


“Je savais que vous trouverais mais j’ai dût commencer mes recherches bien loin de vous.
Si votre hospice se rempli mes hommes en monte une de fortune sur les hauteurs, ils devraient bientôt arriver sur cette partie encore plus touché. L’autre est maintenant vide de souffrant, j’y ai veillé moi-même. Cependant un Duc fatigue à force de recherches folles.

J’espère que mon aide ne sera pas vaine, je passais en vue de nos autres accords et il aurait indolent de ne pas venir vous porter main forte.

Cependant ma Dame, je m’en vais continuer cette recherche autant que je le pourrais. Je vais envoyer mes sens chercher près de la mer. Là où plonger sans but serait trop dangereux pour les hommes. Je vous laisse le reste je crains de n’être plus qu’un être porté par mes hommes et alité pour la journée dans quelques heures.
Et en vérité je suis inutile ici, ma tare ne me permet pas de vous aider et vous êtes assez nombreux. Tandis que là bas, là où la mer se débat, je peux guider mes hommes jusqu’à la fin de mes forces.

Bon vent Duchesse Dranis, que Fen vous guide, les hommes ont besoin de vous et de votre vois dans imprécation.”


Il se redresse enfin totalement vers la fin de son discourt et se retourne digne, vers la peur qu’il sent encore, mais à peine à-t-il fait quelques pas que sa canne la rattrape autant que la femme à ses coté, derrière lui les rangs se ferment, personne ne peux plus voir le Duc d’Arghanat affaiblit par l’utilisation intensive de sa magie. Le Duc d’Arghanat et fils de Fen n’est pas faible, c’est un homme droit et puissant, indomptable, et rien ne l’arrêtera jamais. N’a-t-il pas déjà vaincu le temps par son visage toujours parfait malgré son nom qui se perd dans l’histoire et se retrouve dans les écrits les plus anciens ? Et même si dans ce combat il a perdu la mémoire de ces temps immémoriaux il reste lui-même, un chasseur dans une cage de chaire.

Plus loin, vers la mer, il plonge à nouveau dans les voix de Fen, donnant l’ordre à qui l’écoute de plonger là pour y trouver un homme dans une poche d’air, de déblayer ses gravats, de chercher sous l’eau car l’air n’y parvient plus, de courir, de soulever et de ramener ces êtres dénué de force d’âme et d’espoir, qui espère juste que quelqu’un, quelque chose les sauvera. Arghanat est-elle une réponse ? Qui sait …




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Léogan Jézékaël

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mar 24 Mar - 19:16

Irina avait raison, naturellement : dans ces moments d'urgence et d'initiative humaine, Léogan ne portait au destin, aux dieux et à la foi elle-même qu'une considération moqueuse et désabusée, quand ce n'était pas de considération du tout. Si ce n'était pas elle qui avait voué la déesse à le protéger, il aurait sûrement rétorqué qu'il ne s'en remettait qu'à lui-même pour s'en sortir. Non pas qu'il fut fondamentalement athée – en fait aussi paradoxal que cela puisse paraître, il avait toujours été très croyant et il avait passé une bonne partie de sa vie à faire des pèlerinages... entre trois malheureux meurtres, quelques séjours en prison et une carrière sporadique de bandit de grand chemin et de contrebandier – bref, il était très croyant, mais ça ne signifiait pas pour autant qu'il était dévoué ou fidèle à toutes ces divinités qu'il avait priées. Il avait soin de sa propre liberté, et aujourd'hui plus que jamais, il ne la laissait pour rien au monde aux autres, ni aux puissants ni même aux dieux – d'autant que ces gens-là avaient certainement d’autres menus détails à régler dans le cosmos que de sauver in extremis le popotin d'un traîne-patin choisi au hasard dans toute la lie gémissante de l'humanité. Et on a presque envie de dire, dieux merci.
Néanmoins cette prière à Kesha lui été adressée par Irina, aussi lui avait-il souri doucement, avec certainement un brin d'espièglerie aux coins des lèvres, mais pas davantage, le ventre trop serré d'inquiétude pour jouer au plus fin avec elle dans de pareilles circonstances.
C'était donc encore très soucieux de laisser une fois de plus la prêtresse et l'enfant derrière lui qu'il achevait d'établir son plan face à Veto, au contre-amiral et au colonel Erwin Baria.

Mais Lupen avait l'air d'avoir décidé plutôt que de formuler des réflexions sur la stratégie qu'on venait de lui exposer, que c'était l'heure de jouer à qui aligne le plus de fautes diplomatiques à la minute et avait repris la parole pour le tutoyer et lui balancer un 'gamin' à la face – qui ne lui valut rien de plus qu'un jeu de sourcils incrédule du Sindarin qui était en train de considérer qu'à vue de nez, il devait bien avoir trois fois l'âge de ce Zélos adulte, et qui se demandait s'il était plus probable que le bonhomme l'ait oublié ou qu'il le sache pertinemment et s'en serve pour le vexer et l'insulter, auquel cas il lui faudrait sans doute passer encore le cran au-dessus.
En tout cas, cette histoire de graissage d'armure retint tout particulièrement son attention – assez pour faire naître dans son esprit un certain nombre de blagues douteuses – et s'il ne prit pas la peine de retourner à Lupen qu'il espérait que ça améliorait la flottaison de sa boîte de conserve, son sourire narquois – diable, oui ! – le lui suggéra assez finement. Après tout, c'était bien son problème.

Quoi qu'il en soit, Léogan avait parfaitement conscience que ce vaillant contre-amiral en armure dorée, vaguement humilié peut-être, venait de lui marcher sur les pompes avec la dernière des courtoisies, il adressa un regard entendu à Baria, et même à Veto, mais ne s'en formalisa pas davantage. Ce n'était pas vraiment l'heure de demander des comptes et de toute façon, Léo estimait qu'on pouvait lui dire à peu près tout ce qu'on voulait, général ou pas, et qu'il ne méritait peut-être son autorité que de ses envois et de son sens de la formule, qui gagnaient assez souvent contre les importuns pour légitimer qu'il fut en haut de la hiérarchie. S'il ne trouvait rien à rétorquer, c'était qu'il ne méritait pas d'être écouté, et voilà tout.
Cependant, les derniers sous-entendus du Zélos lui firent regagner son sérieux et il l'écouta en plissant des lèvres, l'air pensif. Si on devait juger un homme à ses relations, Lupen aurait été aux yeux de Léo un homme bien ambigu – et on voit la bêtise de l'idée. Mais si Brom Ode'Bahalmarche – « le géant », disait-il – accordait assez de confiance à cet hurluberlu pour lui avoir confié qu'il était en liens avec Léogan, on pouvait peut-être envisager dans une certaine mesure qu'il en était digne. Enfin ça restait à prouver, bien entendu, mais ce grand escogriffe avait eu au moins le talent de jouer la bonne corde.

« Je vois. » Sa réponse fut très laconique – il n'avait pas le temps de polémiquer pour des bêtises maintenant – et son expression insondable. Il sembla réfléchir quelques secondes,  se frottant la barbe du plat de la main, et finit par faire un geste de concession à Lupen. « Bien, ça fait un point pour vous, embarquez, Martine. »

Et non, il n'avait pas pu résister à la subtilité de cette blague – parfaitement discriminante pour toute la communauté des graisseurs d'armure qui prêtent avec tant de bienveillance leurs services aux guerriers après la rudesse des batailles, vous avez raison, pardon pour eux. Bref, comprenne qui pourra, la répartie eut au moins le mérite de faire ricaner le colonel Erwin Baria, et le Zélos – un peu chien fou, sinon carrément décérébré, fallait-il le remarquer, pour un chef de la section d'élite de la si reluisante Arghanat – sautilla allègrement vers la passerelle du Croc Noir.

« Ha ! Contre-amiral Zen'Machin ! le rappela Léogan, en mettant ses mains en porte-voix, pour se faire mieux entendre dans le capharnaüm qui régnait sur le port, tandis que le Zélos se précipitait sur le pont du navire. Je vous demande pas de crever pour mes beaux yeux, j'vous ai pas donné la capitainerie d'un de mes meilleurs vaisseaux pour satisfaire vos pulsions suicidaires – alors si vous tenez pas à la vie, j'en ai pas grand chose à branler, mais pensez au moins au navire et à l'équipage, j'en aurais encore l'usage ! »

Il lui adressa un salut négligent en levant la main et s'apprêtait à accorder quelques mots impatients à Veto quand un remous particulier dans le flux et le reflux violent des vagues attira son regard. D'abord sceptique, Léogan s'approcha du bord du quai d'accostage et plissa des yeux pour identifier le phénomène. Et tout à coup, quelque chose comme un mur de pierre émergea des profondeurs et monta lentement dans les airs, d'un côté du port, suivi progressivement d'un deuxième édifice, de l'autre côté, pour former un rempart rudimentaire, mais solide, face à l'assaut des flots.

« Mais bordel qu'est-ce que...comment, quoi ?! »

Les yeux écarquillés, Léogan se tourna d'un bloc vers Veto pour partager sa surprise. Mais au moment où il encaissait du mieux qu'il le pouvait l'incroyable miracle qui s'était produit sous ses yeux, deux soldats de la garde prétoriale l'accostèrent, bras dessus, bras dessous avec ce Sindarin qui avait eu l'air de cartographier les lieux sur un carnet de notes tout à l'heure, et qu'ils traînaient derrière eux sans ménagement. Léo considéra le tableau avec autant d'incompréhension que de désarroi et quand il saisit à peu près de quoi il était question, sa voix les accueillit en claquant sèchement.

« Mais qu'est-ce que vous fabriquez ? Vous avez pas mieux à glander que me présenter le reste des crétins du continent qui frappe pas encore à ma porte ? Il perturbe rien du tout, il est avec moi. Alors laissez Monsieur travailler tranquille, et je vous rappelle que votre colonel, maintenant, c'est Arthwÿs, donc foutez-moi la paix aussi tant qu'à faire ! »

Non, ce n'était absolument pas crédible, et oui, il n'en avait rien à foutre. Les types de la garde prétoriale balbutièrent quelques excuses qu'il balaya d'un geste agacé de la main et ils retournèrent vaquer à leurs occupations au pas de course. Quant à Léogan, il se tourna vers son Sindarin bâtisseur de digues improvisées et il esquissa une moue ennuyée.

« Merci... Mon vieux. » poursuivit-il à l'adresse de Gareth, qu'il attrapa familièrement par l'épaule pour faire bonne mesure. Profitant de l’accolade, il se détourna de ses hommes et s'éloigna de quelques pas comme pour s'entretenir en privé avec une connaissance de longue date. « Vous avez l'compas dans l’œil... Et y a d'l'idée. » Il pouffa de rire silencieusement, le regard brillant et porté avec satisfaction sur l'ouvrage, au loin. « Si vous voulez encore vous rendre utile, allez voir Irina Dranis, là-bas, vous la raterez pas. C'est... l'espèce de rouquine tyrannique qui trucide tout le monde à dix pieds de distance... rien que du regard. Vous verrez. Dites-lui que c'est Léo qui vous envoie, vous passerez p'tet même devant l'pif du duc, qu'on se marre un peu. » glissa-t-il avec légèreté. Puis il considéra Gareth avec plus de gravité. « Après vous pouvez aussi bien vous tirer et sauver votre peau, j'vous en porterais pas grief, ça va sans dire. Y a sûrement des gens qui vous attendent quelque part. Mais ça va, vous t'nez bon ? Monsieur... ? s'enquit-il en lui tendant une main discrète pour sceller leur bonne entente opportuniste, avant de tirer un sourire gouailleur à l'annonce du nom de leur bienfaiteur de circonstance. Eh ben ravi de faire affaire avec vous. »

Il le libéra enfin et glissa discrètement le carnet qui tombait presque de la poche de son complice dans les pans de sa propre cape, l'air de rien, tout en tournant les talons pour revenir vers ses hommes. Il ne vit pas Baria, cependant, qui avait été appelé par des gardes qui avaient intercepté, lui dit-on, des étrangers dans une ruelle adjacente.
Léo haussa des épaules – relativement indifférent – et glissa un regard en biais vers Gareth qui partait dans la moitié est du village où se trouvait Irina ; assuré d'être hors de sa vue, il sortit le carnet du jeune homme, qu'il lui avait dérobé moins par urgence que par jeu, il devait bien l'avouer, et commença à le feuilleter avec intérêt. Il examina la cartographie rudimentaire qu'il avait fait du détroit où s'était engagé le colosse qui avançait lentement vers le Lac gelé, à grands renforts de déferlantes, et, protégeant du mieux qu'il pouvait l'écriture brouillonne de l'Eclari de l'iode et de l'eau, il commença à en examiner les calculs minutieusement.
Toutefois, il fut interrompu dans sa tâche par un appel de Baria, qui venait vers lui au pas de course. Il roula des yeux avec exaspération et lâcha sèchement :

« Quoi encore ?
‒ C'est des Hespériens...
‒ Non mais ça suffit, j'suis pas l'attraction touristique du coin, qu'ils aillent enquiquiner quelqu'un d'autre ! s'exclama Léogan, abasourdi par l'absurdité de cette marée d'étrangers qui lui tombaient sur le coin du nez à la file indienne.
‒ En fait c'est la délégation qu'on nous a annoncée il y a un mois pour examiner un possible traité de non-agression avec l'armée éridanienne.
‒ ...et ils se sont dit que c'était le bon moment, là, pour tailler le bout de gras autour d'une tasse de thé sur un radeau en pleine apocalypse ?
‒ Bah... A priori, ouais, acquiesça Baria, avec détachement. Ils ont rien dit d'autre. Ils veulent juste vous voir.
‒ Mais qu'ils se bougent le fion, ces connards, j'ai autre chose à faire que de m'balader à droite à gauche pour faire des courbettes aux visiteurs ! » s'exclama Léogan avec un geste de colère. Néanmoins, il prit une profonde inspiration et se pinça l'arrête du nez comme pour juguler son irritation. « Bon... Je suppose que je peux pas juste leur dire 'une autre fois peut-être avec mes plus plates excuses' ?
‒ Roh, j'sais pas, marmonna Baria avec lassitude, c'est pas mon boulot, les relations internationales.
‒ Oh, ça me gonfle.
‒ Je leur dis quoi, alors ?
‒ Que je les recevrais dans l'éventualité où je survis ! Voilà ! Ça leur fera les pieds. Non, sans déconner, Baria, faut qu'on embarque, alors refilez-les à la Grande Prêtresse s'ils veulent se rendre utiles et... Comment on dit déjà ? ...'engager les négociations par un secours...' heu, je sèche.
‒ Ouais bon, je vais leur faire une jolie formule.
‒ Et puis au cas où ils voudraient pas se salir les mains, indiquez-leur les camps qu'on est en train de monter dans les terres. Qu'ils attendent. Et s'ils sont pas contents, c'est pareil.
‒ Ça marche.
‒ Et magnez-vous, vous partez avec moi ! le rappela Léogan tandis que le colonel s'éloignait de nouveau.
‒ Çaaaa marche... ! »

Désinvolte, mais le pas vif, Erwin Baria quitta Léogan avec un geste d'impatience et rejoignit la petite équipe de soldats eridaniens qui patientait toujours dans la ruelle où il les avait laissés, et où ils avaient une bonne vue d'ensemble sur les manœuvres des vaisseaux de guerre, sur la cohue de soldats et sans doute sur Léogan lui-même, qui n'était pas franchement incontournable dans le paysage, avec son armure de cuir sous sa vieille cape de voyage noire, mais qui menait la danse avec énergie.

« Bon, les p'tits pères, annonça Baria en se frottant les mains, avant de se tourner avec une courtoisie surjouée vers Vilenya auquel il adressa un salut brouillon. Et Madame, avec la coiffure de plante en pot, ouais. Le général m'a dit de vous dire... Heu textuellement, hein, qu'il vous recevrait... Dans l'éventualité où il survit, c'est ça, répéta-t-il tranquillement, sans épargner les visiteurs de l'ironie de son supérieur. Y monte au front, et moi aussi, donc j'ai pas beaucoup d'temps, mais en gros, on est super jouasses que vous soyez là et puis on sera même carrément bons potes si vous filez un coup d'main aux secours. Vous pouvez prendre vos directives de la Grande Prêtresse, qui s'trouve de ce côté, indiqua-t-il d'un geste du doigt, et on vous r'mercie de la visite. Ou sinon, vous pouvez aussi aller glander dans les refuges, là-haut, mais c'pas garanti qu'on vous y retrouve dans la minute. Voilà, conclut-il en fronçant les sourcils, avant de se satisfaire de son bilan. Mes compliments à vot' coiffeur, Madame, et à plus tard. » Et il tourna les talons sans demander son reste.

Pendant ce temps, sur ce qu'il restait du port de Gaeaf, Léogan étudiait encore les calculs de Gareth, le regard vrillant étrangement entre le colosse, la digue, les navires, le port et le carnet, tandis que sa plume alignait à une vitesse surnaturelle des suites de chiffres noirs aux traits solides et impénétrables – et déterminait les positions idéales des vaisseaux, le nombre de nœuds requis aux manœuvres pour bloquer le monstre à temps et le moment exact où ses vaisseaux pourraient faire feu sur lui. Son esprit, dont la magie poussait les capacités de façon exponentielle, entamait un décompte précis du temps qu'il leur restait avant que le nécessaire ne soit plus de l'ordre du possible. Sans arrêter ses calculs et ses griffonnages, gagnant de précieuses minutes en usant de son pouvoir, il distribuait ses ordres à Sigwald, qui faisait parvenir ses instructions aux trois autres navires. L'Ouragan et le Trident avaient passé la digue et avaient ralenti leur rythme de croisière, tandis que la Boréale restait toujours ancrée entre le port et le large, mais tournait ses canons de sorte que leurs boulets puissent atteindre le colosse au moment où leur portée le leur permettrait.
Et puis, soudain, à force de faire virevolter de tous les côtés son regard étincelant d'éclairs bleutés, Léogan repéra une silhouette et un visage dans la foule qu'il identifia aussitôt. Ses yeux s'étrécirent entre ses cils charbonneux au point de n'être plus que des fentes noires de méfiance et de colère. Il rangea sa plume et le calepin dans sa cape, fit signe à Sigwald qu'il revenait dans un instant, alors que le quartier maître transmettait encore une série d'ordres en agitant ses drapeaux, et dégaina furtivement son sabre. Silencieux et feutré dans toute cette pagaille, il se laissa avaler par le flot de gens qui couraient de tous les côtés sur le port et s'évanouit parmi eux comme de la fumée. Quand il sortit de l'ombre, ce fut pour cueillir expressément son homme dans son angle mort, tandis qu'il surveillait manifestement les alentours, et lui adresser un sourire mauvais.

« Tiens, tiens, tiens... » La lame courbe de son sabre suivit lentement la jugulaire d'Aedh et le força à lever le menton tandis que Léogan marquait sa présence avec acidité. « Vous êtes complètement con, ma parole. Qu'est-ce que vous foutez ici, espèce de gros jambon ? » Il fit reculer le blondinet éclopé jusque dans l'ombre d'une des rares bâtisses qui tenaient encore debout et le plaqua violemment contre la façade en pierre, toujours sous la menace de l'égorgement, pour le fixer droit dans les yeux. Honnêtement, il ne savait pas si sa fonction lui donnait le droit de couper en deux un évadé de prison dans l'eau croupie d'un port de pêche, mais c'était sûrement pas l'envie qui lui manquait... De son autre main, il sortit de sa ceinture une dague qu'il pointa avec insistance sur le thorax du chasseur de prime, avant de l'enfoncer  presque dans son abdomen. « Ouvrez grand vos écoutilles, abruti, si vous dégagez pas de ma vue immédiatement, je vous exécute sur place, je vous ouvre le ventre de là... à là et je donne vos tripes à bouffer à cette saloperie au large, c'est compris ? Alors vous allez décarrer vos grosses miches du terrain, vous allez disparaître propre et net du pays, je vous laisse une chance, mais si je vous recroise une seule fois... » feula-t-il entre ses dents. D'un coup sec, il retira son sabre de la gorge d'Aedh et le repoussa dans la ruelle encore praticable qui menait à la sortie du village. « Allez, foutez le camp. Disparaissez. »

Il lui bloqua le passage, le sabre toujours dirigé vers lui, et attendit lui-même de le voir déguerpir, pas vraiment inspiré par l'idée de tourner le dos à ce dégénéré qui lui avait fait assez de coups bas ces derniers temps pour l'assurer tout à fait de sa duplicité. Pas qu'il le juge, non, mais même à éprouver toute la bienveillance du monde à son égard, il ne tournerait pas les talons devant Aedh Wintersun. Il pouvait déjà être reconnaissant de ne pas se retrouver épinglé dans la seconde sur la porte moisie de cette baraque et remercier les dieux, le ciel, le destin ou le hasard que Léogan ait d'autres chats à fouetter pour prendre le temps d'arrêter un criminel en fuite – et du reste qu'un officier de l'armée éprouve ce genre de sympathie pour les évadés de prison. Toutefois, cette affinité très exceptionnelle ne saurait faire long feu si l'autre décidait ne serait-ce que d'ouvrir la bouche. Il avait la chance de pouvoir sauver sa peau, s'il avait encore deux sous de bon sens – ce qui à l'évidence n'était pas garanti, bon – il se carapaterait ventre à terre, et sinon... Hé bien tant pis pour lui.

« M'sieur. » Le pas de Baria claqua sur les pavés du port. « Les Marins de Noxis... Mais... s'arrêta-t-il, la main sur la garde de son épée, en fixant Aedh dont la tronche figurait sur une bonne partie des avis de recherche du pays, attendez une minute. C'est...
‒ Personne, rétorqua aussitôt Léogan en rengainant son sabre avec l'air de désintérêt le plus naturel du monde. Il devrait avoir appris qu'il valait mieux pour lui n'être personne que quelqu'un. Si c'était quelqu'un, il l'ouvrirait, si on l'entend pas, ça reste personne, et s'il l'ouvre sans qu'on lui demande son avis, il disparaît. C'est personne. Vous suivez ? » expédia-t-il en collant un regard froid sur Aedh, histoire de bien faire passer le message. Puis sans le perdre de vue, il se dirigea d'un pas oblique vers le Croc Noir, qui se plaçait, il fallait quand même le dire, quelques rangs au-dessus d'un peigne-cul récidiviste dans son ordre de priorités. « Alors, les Marins de Noxis ? reprit-il, d'un ton soucieux, en ressortant le petit carnet de notes de la poche intérieure de sa cape pour reparcourir les notes de Gareth.
‒ Ils nous font parvenir des signaux. Ils vont raccorder à votre plan, reste à voir si ça vous convient.
‒ Dans la mesure où quelque chose dans ce foutoir peut me convenir, naturellement, murmura Léogan, en appréciant du regard le calcul des distances, je pense que je vais pas faire le difficile. »


Résumé :
 




Dernière édition par Léogan Jézékaël le Mer 25 Mar - 12:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mer 25 Mar - 0:08


La houle battait son plein au moment où L'Idéal, accompagné de quelques autres navires au service de la Compagnie des Eaux Dorés, atteignait la zone de combat à portée du Colosse. Les ordres étaient clairs et, tandis que Shof ressassait la démarche à suivre, Aro se préparait sur le pont à envoyer les premières salves de diversions. La mine soucieuse mais le regard vif, le Lhurgoyf admirait sans honte la beauté hideuse du Colosse qui sévissait dans le détroit de Gaeaf. D'un coup d'oeil il avisa les trois mages de combats qui se répartirent de part et d'autres du navire pour entamer le rituel.

"Les ordres sont clairs, visez les parties qui semblent moins protégés et n'arrêtez pas jusqu'au moment où le Colosse retourne son attention sur nous. Nous ne pouvons pas l'abattre, tâchez juste de l'attirer au large pour donner une occasion aux manoeuvres Cimmériennes!"

Alors que les mages sous ses ordres acquiesçaient en silence, trois autres navires se placèrent à quelques vagues d'eux pour entamer un processus identique. Il reconnut Le Vermillon qui était sous le commandement du Capitaine Allanis et L'Englouti du Capitaine Zemro. Au même moment, le Commandeur Omerio et le Midas étaient en place pour harceler le flanc opposé de la créature, accompagnés eux aussi d'une petite armée. En toute logique, les bâtiments présents étaient en dehors du champ d'action de la Bête et, pour être tout à fait franc, Aro pria Soulen pour que ces estimations soient justes. Une seule attaque mal placée de ces tentacules suffirait à faire flancher n'importe quel navire.
Les drapeaux s'agitèrent au loin, signe que l'assaut pouvait bel et bien commencer. Un décompte sommaire fut tonné par Shof et les canons heurtèrent L'Idéal de leur tremblement si caractéristique. Les paumes orientées vers l'horizon, les mages créèrent  un voile bleuté qui entoura le navire d'une couverture magique qui accueillit avec tendresse chaque boulets envoyés. Ainsi en suspend, les globes d'acier s'organisèrent au bon vouloir des magnétiseurs au travail.

"Première salve parée!" la sueur s'emparait déjà du front du blondinet tandis que l'annonce circulait d'un braillard à l'autre.

Un bruit de cor se fit entendre et les boulets furent relâchés avec une puissance décuplée, imbue de la foudre prodiguée par Aro et ses acolytes. S'écrasant de concert avec d'autres attaques, tandis que de l'autre-côté on devinait un assaut similaire, le Colosse poussa un rugissement de mécontentement mais ne s'avisa pas encore de manœuvrer à reculons. Aussitôt, le voile magique se dissipa et quelques-uns des mages de combat ployèrent le genoux sous l'effort. La tactique des canons foudroyants était née de l'intellect du Vagabond mais, jusque lors, ils n'avaient jamais eu à l'employer de manière si intensive.

"Amenez de quoi requinquer les troupes! Une seule salve ne suffira pas pour attirer ce gros tas dans nos filets! Il me les faut sur pieds le plus vite possible. Deuxième salve en classique, canonniers à vos postes!"
quittant son observatoire sur le pont, Aro descendit prêter main fortes aux hommes d'armes qui préparaient déjà une deuxième attaque.

Par la fente d'une des armes, il put surprendre une épaisse tentacules entrain de trancher les flots à quelques distances d'eux. La chance était encore de leur côté mais la mort n'était pas loin non plus. La tentacule continua de s'agiter dans le vide jusqu'au moment où d'impressionnants requins constitués d'eaux surgirent des flots pour s'attaquer à l'excroissance. Aro déglutit devant le spectacle qui lui était offert, conséquence certaine de la protection octroyée par le Capitaine Zermo et son équipage d'aquamancien. S'assénant une gifle pour s'extirper de la stupeur qui l'étreignait, Aro quitta le canon duquel il s'occupait pour faire le tour et la revue de chacun.

"Vanzig, t'es demandé sur le pont!" la voix de Rob raisonna au-dessus de lui.
"J'arrive! Canonniers en place, au cor vous balancez la sauce et vous remettez le couvert en attendant les ordres!"

Des cris guerriers montèrent des marins tandis que Aro remontait à toute jambe en direction du pont. Cherchant Rob du regard, il fut interpellé de loin par Shof qui se tenait prêt de la proue, son second à ses côtés. Se faufilant tant bien que mal au milieux des artilleurs, le blondinet entra dans le cercle très fermé de l'état-major de L'Idéal.

"Zermo s'occupe de la protection de notre flanc mais apparemment c'est la débandade de l'autre côté. Le Midas à dut faire marche arrière pour préparer une contre-offensive suite à la perte d'un navire." Shof avait le regard soucieux dirigé vers l'horizon, de là où s'élevait quelques volutes de fumée passagère.
"J'ai vue ça par une fente de canon tout à l'heure, des requins d'eaux ont attaqués la tentacule."
"Si ça continu ça vas être difficile de contrer une attaque de ce genre, suffit que ça touche la coque et on est foutus."

Alors que Shof relevait son regard vers Rob pour acquiescer ses dires, le monde autour d'eux sembla soudainement s'incliner de plusieurs degrés vers le Colosse. Comme une aspiration, un vortex, l'eau s'enfonçait sans merci vers le démon des eaux, emportant les navires mal protégés dans ce courant meurtrier. Et ce jusqu'à l'annihilation. Au loin une explosion se fit entendre ainsi que plusieurs cris de terreurs et de douleurs. Du côté de L'Idéal, seule l'inclinaison semblait présente, au-delà de quoi le navire ne bougeait pas d'un pouce, comme figé sur un socle d'eau que rien ne pouvait ébranler.

"Bordel de cul, ce vieux pervers de Zermo fait bien son boulot!" s'exclama le Capitaine en se maintenant à la rambarde de son navire. Puis, redressant son attention vers l'ensemble de son équipage "Accrochez vous bien bande de jouvencelles de prairie et estimez vous heureux d'avoir un vieux visqueux pour protéger vos petites miches!"

Le monde retrouva son inclinaison naturelle, certains chancelèrent de droite à gauche avec le pas mal assuré, les ordres se remirent aussitôt à fuser de part et d'autres. Un messager arriva en courant pour annoncer à Aro que les mages de combat venaient de récupérer leurs forces et étaient parés à une nouvelle salve. D'un geste affrimatif du chef, Shof congédia le blondinet qui retourna à son poste sans se faire prier. Le capitaine et Rob continuaient leurs échanges tactiques en convenant qu'il fallait avertir la marine cimmérienne au plus vite des informations qu'ils avaient réussi à récupérer vis-à-vis du Colosse.
Une seconde attaque électrique fut envoyée par L'Idéal, qui décrocha un nouveau cri de la part du monstre. Au même moment, Le Vermillon du Capitaine Allanis échangea sa positon avec L'Englouti du Capitaine Zermo qui recula de la ligne de front pour se placer en arrière. Ainsi donc, la défensive était de mise, l'équipage des aquamanciens garantissait leur plus grande chance de survie et ils allaient tous devoir miser là-dessus.

Alors que le monstre semblait se figer dans l'hésitation de se retourner pour de bon et d'affronter pleinement ces petits gêneurs qui tentaient vainement de l'esquinter, plusieurs cris perçants aux sons suraigües tranchèrent avec le bruit de la bataille. Un escadron d'oiseaux géants apparu du côté Est de la créature et certains d'entre-eux larguèrent sans merci des explosif sur ce qui semblait être le visage du Colosse. Plusieurs cris d'encouragements et autres acclamations retentirent parmi l'équipage de L'Idéal et la joie se fit entendre sur plusieurs navires autours d'eux.
Se retournant vers son supérieur avec un regard interrogateur, Aro avisa le capitaine de sa question silencieuse:

"Alors ça gamin tu devrais filer le noter dans les Archives! On dirait bien que c'te charogne de Allanis à ordonner à son second d'ouvrir la cage aux oiseaux!"

Le terme ne lui était pas inconnu: la cage aux oiseaux. Voici donc ce qui se cachait derrière cette expression qui, à elle seule, symbolisait une des plus grande menace de mort de la part de terrifiant Vermillon. Époustouflé devant ce nouveau spectacle d'ingéniosité, Aro se promis à lui-même de fouiller de ce côté pour découvrir les différentes tactiques célèbres des différents capitaines des Marins de Noxis. Lui qui avait été nommé stratège de L'Idéal suite à son entrée en force dans le service du navire, c'était la moindre des choses.

"Avec ça, y'a des chances que cette saloperie se retourne vers nous! Tenez vous prêt à changer de cap pour nous réorganiser, on vas bouger vers les Cimmériens ou vers le Haut-Capitaine selon la tournure! Tous à vos postes!"

Les oiseaux continuaient de harceler le monstre tandis que chaque membre de l'équipage de Shof s'affairait à hisser les voiles, débloquer le gouvernail et replier les canons. Mais Aro resta concentré sur le monstre, une expression grave sur les traits. Un détail leur échappait, mais lequel ?
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Áedh Wintersun

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Ven 27 Mar - 2:54

Au cœur de la foule, le rustre était loin d'être aussi discret qu'à son habitude. Emporté par l'ivresse afin de noyer les douleurs d'hier, il ne possédait aucuns vœux de survie. Si l'un des abrutis du coin avait envies de l'envoyer le premier face au colosse, attaché à la figure de proue en tant qu'offrande, qu'il en soit ainsi. Sabre en main, il ne faisait nullement attention à ce qu'il faisait avec celui-ci. Nul discrétion dans ses manières... ah quoi bon, tout le monde s'en foutais un peu de lui, non ? Il n'est rien et la plupart des gens autour ne le percevait sans doute que comme étant un sombre ivrogne sans cervelle, ce qui n'était sans doute pas bien loin de la réalité en ce moment. L'alcool semblait être le dernier plaisir qui lui restait et encore là, le rhum qu'il avait bu avait laissé un arrière-goût des plus dégoutants dans sa bouche. Et cela, venant de ce rustre, c’est une chose assez étonnante! N'y avait-il plus rien d'agréable en ce monde ? Il aurait pu aller chercher un peu de réconfort entre les cuisses d'une femme, mais à quoi bon... un autre plaisir éphémère sur une route remplis de merde.

Son manque de discrétion avait su cependant attirer l'attention. Il faut dire qu'hurler ainsi n'était pas exactement la meilleure façon de passer incognito parmi la foule. Le chien favori du pays avait levé l'oreille, son nez avait su sentir le parfum de notre rustre, mais en soit cela n'est pas véritablement un prodige en ce moment. Naturellement, ce chien du gouvernement n’avait pas l’air bien enchanté de le voir ici. Croyait-il vraiment qu’il était si facile de le laisser pourrir ainsi dans un donjon ? Cela ne prit pas bien longtemps avant que celui-ci approche notre rustre que dans le but de le sortir de la foule à la pointe d’une lame.

Le chien du gouvernement fit reculer notre rustre, loin la foule et dans un coin un peu plus sombre. Comme il est possible de s’en douter, il ne s’agissait pas ici de retrouvaille remplis de joie! Dos contre un et ne possédant nulle part où aller, notre protagoniste ne possédait aucun choix réel… enfin, là n’est pas une chose bien nouvelle à ses yeux. Le choix est une luxure à laquelle il n’a pas souvent eut droit.


Les mains meurtris de notre protagoniste entourèrent la lame posée à sa gorge par Léogan. Son regard demeurait fixé sur l'homme à qui il faisait face, un regard froid et vide dépourvu de toute volonté de vivre ou de combattre. Il était devenu un homme dont la vie ne possédait plus de raison, un homme qui avait su voir la voie qu'il avait cru juste et bonne... détruite par les ténèbres de la corruption. À quoi bon combattre ? Il n'avait aucune raison d'être présent et encore moins de courir si ce n'était que pour vivre un autre jour. Pourtant, son regard défiait toujours celui du Sindarin. Malgré les suggestions qui ressemblaient plutôt à des ordres... voir une menace, notre rustre ne semblait point vouloir s'y plier. Il serra la lame un peu plus fortement dans sa main et appuya un peu plus sa propre gorge contre le fer froid.

''Exécute moi sur place, fini ce que t'as commencé... ah moins que tu n'as pas les couilles de le faire toi-même... ''


Il semblait posséder comme désir de mourir et offrait à Léogan carte blanche afin de l'exécuter. Mourir ici à la pointe de la lame du Sindarin, dans la gueule du colosse ou noyé dans les eaux glacés, quel était la différence ? Tout homme doit mourir un jour, mais lui, il n'était pas un homme... non, il n'était qu'une carcasse charnelle capable, la marionnette d'un autre. Sa présence ou son départ en ce monde n'allait rien y changer!

''Vas-y! Tue-moi! Si c'est ce que tu dois faire alors fait le!'' Aboya alors notre protagoniste tel un chien enragé ''Mais ne me demande pas de fuir si ce n'est que pour vivre un autre jour, tue moi immédiatement ou envoie moi à l'abattoir, car c'est là que je m'en vais! Alors que ce soit par ta main déjà ternis par la corruption ou bien par ce monstre, le chemin je m'en fou, la destination demeure la même alors vas-y! ’Envois moi dans une chaloupe s’il le faut… attacher sur la proue d’un navire… envois moi à l’abattoir comme tu le fais avec tous ses hommes… envoyer des gens à leur mort semble être ta spécialité.
Quel est la valeur de ma vie après tout? ''


Dans le regard du rustre, il n'y avait aucune peur de faire face à cette mort inévitable. À vrai dire, il n'y avait rien, un regard tout simplement vide... sans ambitions, sans véritable désir de vivre bien plus longtemps. Peut-être que l'ivresse avait su s'emparer un peu de sa langue, mais ses paroles demeuraient toujours aussi franches. Il ne fallait pas que le Sindarin, ce monsieur oh si important, s'attende à ce qu'il demande pardon. Il n'allait pas se mettre à genoux et demander pitié, pas à lui, pas à ce chien ! Qu’il en fasse ce qu’il veut… car après tout, une mort rapide préviendra sans doute celui-ci de descendre vers les ténèbres, vers sa propres destruction.





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Irina Dranis

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Lun 30 Mar - 4:17



Le Réveil

Event

Ses mains pâles entouraient l'écharde de métal qu'elle empêchait de bouger, comprimant le petit ventre ensanglanté afin de stopper l'hémorragie interne. La prise était si ferme qu'elle lui mordait la peau déclenchant des coupures de temps à autre. Mais elle s'en souciait peu et sa régénération prenait le relais pour les refermer en un instant. Le gamin geignit d'ailleurs faiblement face à cette pression sur sa blessure, mais n'eut pas la force d'articuler quoi que ce soit. Il avait perdu trop de sang et n'avait sans doute pas été trouvé immédiatement par ses parents non plus, au milieu de cette cohue de morceaux de bois et d'acier. D'un autre coup d’œil par la fenêtre, Irina vit enfin la jeune femme qu'elle avait apostrophée se lever et reprendre un peu contenance, comme si lui donner une tâche à accomplir lui avait fait l'effet d'un électrochoc. Tant mieux, ça ferait une personne de moins à errer les rues inondées, et une paire de bras en plus. Sans lui accorder un seul regard, Irina s'assit sur ses talons et fouilla dans sa sacoche d'une main pressée. Elle retira des bandages propres, des outils de chirurgie et une des potions, qu'elle suspendit à ses dents par le fil qui l'attachait. Ensuite elle baragouina à Kallen d'appeler les autres et évacuer la mère qui bien que choquée, n'avait que des hématomes mineurs. Ce serait infiniment plus facile de travailler dans le calme et il fallait à tout prix éviter qu'elle soit une distraction.

« Monsieur sera évacué ensuite. Il a l'air plus calme et d'après ce que je peux voir, il a seulement une jambe cassée et quelques bleus. Il pourra tenir le coup avec une de mes potions. Vous voulez rester avec le petit, je suppose ? » Son ton c'était adouci en s'adressant à lui en particulier, car elle se rendait bien compte de ce qu'il pouvait éprouver à l'heure actuelle. Cela dit la mère ne l'entendait pas de cette oreille et continuait de se débattre dans une exaltation frisant l'hystérie, mettant à rude épreuve la patience que la prêtresse s'efforçait de réunir. « Raisonnez-la, s'il vous plaît. J'ai besoin de tranquillité pour travailler et dans cet état elle ne fera que rendre les choses plus difficiles. Tenez buvez ça. » Elle lui lança le petit flacon qu'elle avait tenu entre ses dents et le vit en ôter le bouchon pour la boire, tout en parlant d'un ton neutre mais sans appel à sa femme, qui finit par retrouver ses esprits petit à petit. Kallen en profita pour lui tendre la main et l'aider à sortir par la fenêtre, désireux de la mettre à l'abri avant qu'elle ne change d'avis.

De son côté le père se traîna en grimaçant de douleur et ouvrit un meuble à moitié détruit pour en tirer de vieux vêtements qu'il roula en boule pour les glisser sous la tête de son fils. Encouragé à parler à l'enfant pour le garder éveillé, il s'exécuta sans discuter, bien que les rides sur son front en disent long sur son inquiétude. Pendant ce temps les deux femmes rousses s'affairaient autour de leur patient commun, faisant au mieux avec les rares éléments qu'elles avaient à disposition. Baragouinant un merci maladroit pour ce que lui avait ramené Elië, elle fut agréablement surprise de la voir se rendre utile. Peut-être que la séance de pleurs en public n'avait été qu'un moment de faiblesse, après tout. Elle haussa les épaules et ne se formalisa pas du tout de présentations ou d'autres considérations protocolaires. Avec précaution, elle déchira la chemise de l'enfant autour du métal, afin de nettoyer la plaie comme elle pouvait, soit une gourde d'eau et des vieux bouts de tissu. Les chairs étaient meurtries mais à priori la perforation n'avait atteint aucun organe vital majeur. Il pourrait peut-être s'en sortir, du moins s'il était traité rapidement et avait une volonté de vivre suffisamment forte. Du coin de l’œil elle vit l'inconnue bricoler de transporter le blessé, et acquiesça sans trop s'en rendre compte. C'était une option débrouillarde qui lui permettrait d'épargner sa magie pour les soins.

« Serre bien les dents, d'accord ? Ton nom c'est bien Zack ? Hum... Ça va faire un peu mal mais ça ne durera pas longtemps. Ça va aller... » Une compassion bien peu habituelle, de fait. L'air sérieux, Irina compta jusque trois en se penchant au-dessus de lui et retira le bout de métal d'un coup sec, pressant aussitôt ses mains et les bandages à disposition contre son ventre pour retenir les effluves rouges qui en sortaient. Donnant des instructions quand nécessaire afin d'obtenir assistance, Irina ferma les yeux pour se concentrer et injecta de l'essence divine à travers ce contact. Refermant les plaies aussi vite que possible, elle sacrifia une partie de sa propre énergie afin de gagner du temps.

« Dans mon sac, trouvez-y une corne blanche ornée du symbole de Kesha. Soufflez dedans. » Elle vit vaguement les expressions interloquées des présents, y compris Kallen qui était de retour une nouvelle fois. « Pas le temps de discuter. Ne posez pas de questions et faites simplement ce que je vous dis. »

Elle n'eut pas le temps d'y prêter fort attention au milieu de son sort, qui demandait une dose certaine d'application et d'attention. Néanmoins le son grave et relativement faible du cor divin se fit entendre dans la pièce et en dehors, dans un murmure indescriptible et agréable d'eau qui coule, bien qu'il résonne aux oreilles longtemps après avalé le souffle humain et s'être évanoui. Au début rien ne se passa, ce qui angoissa la religieuse qui se servait de l'objet pour la première fois. Le halo blanc qui était émis par ses mains se maintint constant jusqu'à la chair se referme après plusieurs minutes. Le malade geignit au début mais finit par trouver un peu de soulagement grâce aux vertus magiques de la corne, qui eut au moins le don de faire disparaître la douleur. Irina sentit l'adrénaline ralentir dans ses veines en même temps qu'elle donnait quelques explications pour ne pas laisser ses interlocuteurs comme deux ronds de flan sans savoir quoi faire.

« Tous les gens qui ont entendu ce son devraient voir la douleur disparaître pour quelques heures. Ce n'est pas grand-chose mais ça devrait faciliter la vie de tout le monde. Maintenant que j'ai arrêté le saignement, on devrait pouvoir le descendre et le ramener à l'infirmerie, où les prêtresses s'occuperont de lui. »
« Merci Grande Prêtresse. » Il se fit arrêter d'un signe de main négligent.
« Irina, ou dame Dranis si vous tenez vraiment à la politesse. Oh et si vous et Zack avez besoin de quelque chose, faites-moi mander. Je ne viendrai pas tout de suite pour des raisons évidentes, mais j'enverrai quelqu'un dès que possible. » Elle se releva en s'étirant un peu, surveillant l'enfant qui s'était endormi juste après avoir bu le calmant qu'elle lui avait donné.

Délicatement elle le prit entre ses bras et le nicha dans la nacelle qu'avait inventée Elië, faisant néanmoins quelques trous par endroits afin qu'il puisse respirer librement. De toute façon ils n'étaient qu'au premier étage alors la manœuvre ne prendrait pas trop longtemps. Elle prit une grande inspiration et rassura le père avant d'inviter son acolyte imprévue à attendre dehors afin que Kallen se serve de la fenêtre ouverte comme relais. Elle sauta donc en équilibre précaire sur les vieilles caisses, ce qui lui valut de le perdre sur la dernière et tomber un peu rudement le genou contre les pavés. Le bâton lui évita cependant de se vautrer de tout son long et elle put se relever sans que sa dignité ne soit affectée. Quand elle se releva un lancinement remonta le long de sa jambe et Irina serra les dents, regrettant presque la facilité de la lévitation. Quoi qu'il en soit elle se fichait pas mal de ce que les gens autour pouvaient en penser, aussi elle passa rapidement à autre chose.
Il s'agissait d'agir efficacement, pas de faire un concours d'élégance. Elle remit toutefois la caisse en place en leur murmurant de faire attention, puis attendit que Kallen fasse glisser les lanières de tissu qui n'avaient aucun mal à porter leur minuscule fardeau. Du regard elle rechercha les soldats qui étaient partis et en interpella trois qui passaient, accompagnés de deux prêtresses. Elle leur fit signe de rester là pour transporter la famille et confia le petit à l'aînée de ses consœurs. Leur expliquant la situation en quelques mots sommaires, elle se tourna vers la rouquine qui l'avait accompagnée.


« Visiblement vous savez faire quelque chose de vos deux mains. Ce serait bête de vous laisser bêtement ronger par la panique. Je ne vais pas vous mentir ou faire des discours hypocrites. La situation est grave et il n'est pas dit qu'on survive à cette chose au large. Si vous voulez vivre c'est sans doute le meilleur moment pour prendre la fuite. Montez dans un des campements au nord et rejoignez les autres civils. On vous escortera jusque Hellas dès que possible, où jusqu'à la frontière si c'est dans nos cordes. Hum... si au contraire vous décidez de rester, il y a de nombreuses choses que vous pouvez faire pour aider les secours. Toute aide est bonne à prendre. Enfin presque, bref. Je vous laisse carte blanche pour vous greffer à un groupe de prêtresses, si vous le voulez. La garde vous protégera autant que possible. Dans tous les cas je vous souhaite bonne chance. »

Elle fouillait dans son sac pendant qu'elle parlait, non par manque de respect volontaire mais par pure rentabilisation de son temps. Comptant ses ressources, elle piqua d'autres bandages et des herbes médicinales auprès de ses subalternes, avant de se laver les mains dans une bassine d'eau relativement propre. Il restait bien des gens à secourir et bien des décisions à prendre... Que ce soit dans l'action immédiate sur le terrain ou l'échiquier complexe de la diplomatie internationale. C'est un peu sans surprises qu'elle aperçut les contours de la garde dorée d'Arghanat, qui affichait son panache supérieur même lorsque l'apocalypse semblait guetter à l'horizon. Congédiant ainsi l'équipe qui s'en fût chercher d'autres survivants, Irina rattacha sa cape sur ses épaules pour se protéger du vent qui se rafraîchissait et leur fit face, à nouveau appuyée sur son bâton qui lui donnait des airs de voyageuse rompue plus que de grande prêtresse.
Les gens la connaissaient et elle avait de l'autorité à revendre. Nul besoin de se promener avec une pancarte indiquant son poste ou son rang. Ces gens avaient besoin d'être aidés et ils se fichaient naturellement de savoir de qui venait la main tendue. Les Cimmériens étaient bourrus et de condition modeste pour la plupart, ce qui les rendait plutôt hostiles aux étalages superflus de richesse. En outre Irina les condamnait volontiers sur de nombreux sujets, mais pas celui-là... à vrai dire elle pensait de la même façon et n'avait jamais pris la peine de se cacher.
Une attitude rebelle qui lui valait le scepticisme et le dédain des plus fortunés, et une reconnaissance affectueuse des laissés pour compte, soit la grosse majorité du pays. Elle était la prêtresse ‘roturière’, un qualificatif à l’origine craché par les membres les plus hostiles de la haute, en dédain de sa nouvelle position. Ils l’avaient surnommée ainsi pour lui rappeler qu’elle ne serait jamais vue comme une vraie noble, malgré le titre de duchesse dont elle avait hérité avec l’achat de Nivéria.

Et pourtant tout ce mépris glissait sur son dos comme l’eau sur le dos écaillé d’un poisson. Les langues les plus médisantes s’étaient d’ailleurs tues depuis le procès, car malgré les attentes les plus exigeantes, leur nouvelle grande prêtresse avait fait front à toutes les critiques et avait pour la première fois depuis bien longtemps endossé les fautes du conseil. Si l’on rajoute à ça qu’elle était l’instigatrice de la demande de procès posthume concernant Elerinna Lanetae, corrompue avérée et condamnée à mort pour de multiples crimes, traître à la patrie et responsable de la guerre qui opposait le nord à Phelgra, alors on avait une idée de ce qu’elle représentait aujourd’hui. Une lueur d’espoir. Une lueur qui bien que faible, ne donnait aucun signe de vouloir s’éteindre. Une flamme persistante comme une teigne… qui avait mal au genou.
Boitillant légèrement, la rouquine leva le nez pour essayer de voir ce qui se passait au loin sur le port, sans grand succès. Elle n’était pas bien grande et surtout le décor chaotique ne lui laissait pas beaucoup de marge. Elle parcourut les toits et les cieux à la recherche de Raven, sans plus de chance non plus. Tant pis… Le gros des blessés de la zone avait été dégagé, ce qui lui laissait plus de marge. Avec les bras en plus de la part des Eridaniens qui se présentèrent, elle eut l’occasion de déléguer les forces, qu’elle posta sous le commandement du colonel Arthwÿs. Au moins c’était une bonne façon de s’assurer que le travail serait bien fait, et qu’elle serait informée de tout changement aussi vite qu’il était humainement possible. D’un autre côté elle fit de brèves présentations afin de laisser bien clair qui elle était. C’est qu’à part le bâton à tête d’aigle, sa tenue pouvait prêter à confusion. Une cuirasse de cuir qui allait sur ses vieux jours, des bottes montantes complètement trempées et une chemise qui était plus rouge que blanche, maintenant…


« Le temps nous est compté, par conséquent je vais abréger les formalités protocolaires. La présence de votre délégation tombe à pic, même si j’aurais aimé pouvoir vous proposer du repos au lieu de plus de travail. En tout cas merci de venir nous prêter main forte, il serait mentir de dire que nous n’en avons pas besoin. Je suis Irina Dranis, Grande Prêtresse et accessoirement la seconde tête de la hiérarchie Cimmérienne en ces lieux, le premier est le général Jézékaël, que vous avez déjà dû rencontrer. » Un bref salut de tête fut suffisant en guise de salutations. Elle laissait volontiers les courbettes à d’autres. Ils avaient plus important sur les bras. Elle leur présenta Arthwÿs comme son représentant, puis fit face à une jeune femme à la coiffure improbable, qui semblait être à la tête du groupe. Son attitude se voulait posée et franche. « Nous avons de nombreuses choses à faire et peu de moyens à disposition. Il nous faut des gens forts pour dégager les derniers débris à la recherche de survivants. Des gardes du corps pour les mages et soigneurs qui travaillent. Une petite force de surveillance pour garder nos arrières, et enfin un détachement d’éclaireurs sur le port, qui feront le lien entre ce qui se passe en mer et sur terre. Cette dernière mission est néanmoins la plus importante, car les prêtresses auront bientôt besoin d’une couverture. Bref, je vous laisse aviser des détails logistiques avec le colonel Arthwÿs ici présent, je suis sûre qu’il saura répondre à toutes vos questions éventuelles. » La demoiselle s’excusa et prit congé, confiant les manœuvres au Lhurgoyf aux cheveux argentés et à l’excentrique femme aux poings d’acier. Dans le pire des cas un messager pourrait toujours lui rapporter tout changement. Elle soupira pour se donner du courage, et s’en fut à grandes enjambées.

En fait Irina était sur le point de regagner les hauteurs de l’infirmerie pour voir comment se passaient les choses lorsqu’une voix mesurée et lasse la fit se retourner. Le duc de Seh tirait sa révérence du terrain inondé, apparemment satisfait du grand spectacle qu’il avait donné, et avec lequel il espérait gagner de nombreuses ovations du public. Son jeu d’acteurs valait le détour, cela au moins ne laissait pas de doute. Irina lui sourit sincèrement et le salua de la tête, un amusement presque malsain dans ses prunelles dépourvues de pitié. Son allié continuait à suivre sa logique d’implication personnelle, ce qui l’amenait à se salir les mains -en même temps que le reste- en venant aussi loin de tout confort. Avec agilité elle revêtit le masque politique dont elle avait eu la chance de se défaire depuis un moment. Cela en plus de son handicap lui jouait des tours, tout comme en témoigna le ballet de métal qui se replia sur lui comme une tortue afin de dissimuler la preuve de sa décevante maladresse de mortel. Intriguée, elle les observa se donner tant de mal pour le cacher, ce qui ironiquement attira d’avantage les regards des passants par le cliquetis sonore que ça n’eut l’effet escompté.


« Je suis navrée que les circonstances ne se prêtent pas à une visite, ni à une réception digne de ce nom, vous le comprenez parfaitement, j’en suis sûre. Je ferai évidemment en sorte de me rattraper plus tard. Dans tous les cas c’est… aimable à vous de ne pas venir les mains vides. »

L’aide obtenue était on ne peut plus providentielle, elle en avait conscience… Probablement même un peu trop, d’une certaine façon. Néanmoins ce n’était ni l’heure ni l’endroit de faire des exigences. Il leur faudrait se contenter de ça pour l’instant, le tout en exploitant les cartes qu’ils avaient en mains. « Vous pourrez vous reposer à l’étage supérieur de la tour de guet, ou bien à Aggersborg. Je ne manquerai pas de venir vous voir une fois que les choses seront plus calmes. » Si tant est qu’elles le redeviennent. A cette pensée Irina déglutit de nervosité. Il fallait que les bateaux arrivent à tenir cette chose à l’écart, à défaut de la tuer. Il le fallait, sinon les côtes seraient encore mises à mal, après la mise à sac des troupes mercenaires il y a quelques semaines. La jeune femme s’entretint brièvement avec Arthwÿs et Kallen, prenant bonne note des dispositions du duc. Puisque la phalange était là, autant coordonner leurs efforts, surtout que le plus dur restait certainement à venir. Et justement, Irina avait un plan ambitieux concernant la défense de Gaeaf, dont la plupart des forces ne tarderait pas à prendre la mer. Elle prit congé sur une bénédiction de Kesha, et réfléchit à la marche à suivre.

Un croassement annonça un battement d’ailes silencieux, alors que Raven descendait vers elle et se posait sur son avant-bras tendu, protégé par ses gantelets. Il lui communiqua brièvement ce qu’il avait vu et entendu auprès du Croc Noir, ainsi que la présence de nombreux bâtiments qui contournaient la bête depuis l’océan. Il projeta dans son esprit ce qu’il avait vu, ce qui lui permit de reconnaître certains drapeaux. Omério était là, parmi d’autres capitaines connus et leurs équipages. Une bonne chose de savoir que les marins de Noxis se sentaient aussi concernés par cette menace, qui n’avait finalement que faire des jeux gouvernementaux ou des frontières. Une menace qui devrait être repoussée et combattue, pas seulement à coups de canon, mais aussi par d’autres moyens plus subtils.
Irina se craqua les doigts en marchant rapidement vers les installations de l’infirmerie, où les prêtresses s’agitaient en tous sens, accompagnées des quelques soigneurs qui étaient venu d’Arghanat et des troupes Eridaniennes. Les blessés étaient nombreux mais heureusement peu étaient graves. Les cas les plus urgents avaient déjà été traités, ce qui leur laissait une plus grande tranquillité. C’étaient les vivres et l’eau potable, en plus des médicaments qui leur faisaient défaut, ce qui heureusement avait une solution, voire plusieurs. D’une part la réserve qu’avait amenée la grande prêtresse, qui avait importé une part des fournitures médicales depuis l’étranger… et de l’autre les biens que Tekum disait mettre à disposition depuis l’endroit où ils avaient monté le bivouac. Donnant des indications à ses secondes, Irina les rassembla dans une salle afin de les mettre au parfum de son idée, pour le moins farfelue mais certainement viable.

« Nous serons neuf mages expérimentées. Si on compte les deux apprenties qui ont fait leurs preuves, nous serons onze. Ça devrait être suffisant et même si ça ne l’est pas, ma foi on devra faire avec. Nous nous posterons ensemble en noyau serré, dont je serai le centre. Kidia lancera le sort de protection sur le port pendant que j’agirai comme un catalyseur humain. Vous tendrez simplement vos mains vers moi et m’abreuverez de votre force aussi longtemps que possible. Je la canaliserai alors vers elle et lui permettrai de maintenir les défenses magiques le temps qu’il faudra. Néanmoins un rituel de cette ampleur nous épuisera toutes assez rapidement. Selon mes estimations, nous ne serons pas capables de tenir plus de quelques minutes, une dizaine au mieux. » Elle fit face à la petite assemblée sans montrer le moindre signe de doute. Dans son expression il y avait un grand calme et beaucoup de détermination, choses qu’elle espérait leur communiquer. Elle pourrait couper court à tout signe de panique grâce à son contrôle, mais une fois le moment de vérité venu, sa concentration ne pourrait être troublée par de tels détails. Elle le leur dit de façon très claire, leur transmettant sa confiance et son courage, ainsi que la mesure de prudence qui leur manquait.

« Si ce monstre s'approche, nous serons la ligne de défense. Mon oiseau se tiendra haut dans le ciel, et la garde se tiendra à nos côtés afin de protéger nos corps exposés contre les intempéries et autres joyeusetés qui pourraient venir en notre direction. Je posterai également des éclaireurs sindarins, afin de bénéficier de la portée de leur vision. Nous agirons lorsque nous aurons un signal et pas avant. Notre énergie et précieuse, aussi gardez-la autant que possible. » Pour sa part elle avait seulement guéri Zack, ce qui lui laissait des réserves assez conséquentes de disponibles. Et puis en cas de besoin elle avait un catalyseur et Exanimis dans la manche… ça devrait suffire. Il le fallait. La gorge nouée elle scruta l’horizon et eut une pensée pour Léogan, perdu quelque part dans cette marée humaine. Puis elle baissa les yeux, soupira à s'en déchirer la poitrine, et entama les derniers préparatifs.
Résumé:
 




« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »
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Veto Havelle

MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mar 31 Mar - 5:52

Débâcle, débandade, désordre, déroute, confusion, bazar, souk… Bordel !


Y avait-il seulement un mot pour décrire clairement tout cet imbroglio de destins égarés sur les chemins de la fatalité. Leur collision amenait à ce pataquès dantesque. Peut-être était-ce tout cet enchevêtrement de destinés sur la corde qui avait lui-même créé l’émergence du monstre destructeur au large de ce port de pêche à peine connu.
« Pourquoi ? » était la seule question qui tournait dans l’esprit de Veto. Qu’importe où se posait les yeux du soldat, cette interrogation revenait inlassablement.
Pourquoi en Cimmeria ? Pourquoi Gaeaf plus que Hellas ?

Il ressassé cette question depuis un moment en fixant le Boréal avec une moue contrariée. Pourquoi n’avait-il pas fait plus attention à ce Lieutenant responsable de la caserne ? Pourquoi n’avait-il pas pris plus de gants avec lui ? Pourquoi ?
Mais la question changea de registre, passant d’une de ses erreurs récentes à celles plus anciennes : ses yeux se posèrent sur Irina au loin et il crut la voir détourner les yeux de leur direction. Pourquoi s’était-il trouvé là lorsque c’était arrivé ? Le destin ? Non. Peut-être pas cette fois. Ça ne servait à rien de se le cacher. Une grande partie des choses qu’il avait faites à Gaeaf, il aurait pu les faire plus tard, à Hellas. Il savait qu’elle arriverait bientôt. Alors oui : Pourquoi ? Pourquoi était-il resté encore un peu ? Pour la revoir encore un peu, peut-être…

Mais elle, l’avait-elle vu ? L’aurait-elle seulement reconnu ? Ils ne s’étaient plus rencontrés depuis des mois… Un an peut-être même. Il avait peut-être pas mal changé. Depuis qu’il avait quitté l’école, il avait complètement délaissé l’esthétique de son visage puisque son nouveau grade lui octroyait quelques libertés pilleuses endeuillées de part et d’autre de son bouc, çà et là par une légère trichotillomanie qui trahissait aux yeux des regards experts un certain mal-être. De même pour sa tignasse qu’il nouait maintenant dans un catogan trop strict pour être serein. Mais en définitive, il ne s’était pas attentivement regardé dans un miroir depuis si longtemps que lui-même ne se souvenait plus vraiment de son propre visage. Et la raison en était simple : il ne pouvait plus se voir ne serait-ce qu’en peinture.


Veto se tenait à côté du Quartier-Maître et lui tendait un énième cordage d’amarrage lorsque l’armée d’or et d’émeraude fit irruption telle un bataillon salvateur. Ou du moins, c’est ce que leur façon d’être transparaissait. Cet amas de montagnes de muscles ressemblait à un assemblages de statues de métal toutes basées sur deux ou trois modèles que le sculpteur du moule avait reproduit sans aucun conviction artistique ou originalité. Ils étaient stéréotypés au plus haut point, semblable à l’image que l’on se faisait d’une élite guerrière. Et tous les militaires à proximité s’arrêtèrent un instant pour voir avancer cette bande de mastocs.

Mais rapidement, un homme qui avait jugé plus important d’organisé ses hommes et de diriger les opérations depuis le pont supérieur arrière en distribuant ses ordres à ses maîtres de ponts, s’impatienta et cela se fit rapidement sentir. Même Veto qui n’était pas un membre à part entière de cet équipage compris que le capitaine du Croc-noir n’était pas homme à se laisser voler l’attention de tous ses hommes, que son navire soit à quai ou non. Car bien sûr, un navire ne va pas sans son capitaine. Et celui-ci, Jörf Eiktabel, commençait à fulminer de voir son navire à ce point perturbé. Bien sûr, il était hors de question qu’il remette en cause l’autorité de son Général ou de l’un de ses deux Colonels, leur laissant de bon cœur la jouissance exclusive de l’un de ses quartiers-maîtres, mais que ses matelots commencent à bailler aux corneilles sous ses yeux, c’était inadmissible. Et d’autant plus intolérable sur la plus belle pièce de la flotte Cimmérienne qu’était le Croc-Noir.

Confiant la barre à son second, il s’approcha de la rambarde et attrapa un cordage d’un air sévère. Ce quarantenaire vint voir ce qu’il se passait exactement sur le quai pour ainsi perturber son équipage et il ne fut pas déçu du voyage. Veto vit son œil briller légèrement d’admiration devant ces hommes si bien rangés et si disciplinés. Pourtant, le Lieutenant Havelle avait beau goûter un certain plaisir dans la discipline, le spectacle auquel ils assistaient était pour lui clinquant d’une exhibition de richesse pour laquelle il n’avait aucune attirance. De plus, toute cette droiture lui inspirait une aliénation qu’il ne voudrait jamais voir dans ses rangs.
Et très vite, le capitaine rejoignit l’avis de Veto, il le lut sur son visage, après les quelques mots échangés entre le Général et le Contre-amiral de ces hommes blindés.

Il vit d’un très mauvais œil qu’une troupe armée étrangère commence à s’atteler à l’amarrage de son bâtiment. Le simple fait qu’elle s’en approche le faisait tiquer.

Veto eut un sourire qu’il s’efforça de rapidement effacer et de se joindre aux mousses lorsque ce capitaine légèrement irrité ordonna lui-même d’une voix forte de sortir la coupée afin d’offrir l’accès à la passerelle à tout ce beau monde.

Le militaire blond en profita pour sauter à terre, passant devant les armures lourdes avec une agilité que seule son armure de cuir lui permettait. Les marins à bords, eux, terminait d’assurer les cordages dans l’attente de l’ordre de repartir mais déjà les géants en bousculait quelques-uns et défaisaient ce qu’ils venaient de terminer.

On eut pu croire que le capitaine aurait explosé à cet état de fait. Au lieu de cela, il resta d’un stoïcisme inébranlable et joignit ses mains dans son dos, descendant les escaliers du pont arrière avec une aisance surprenante au vue des quelques vagues qui venait s’affaler sur le port et la coque du navire. Il surveillait nonchalamment les faits et  gestes de ces marins d’eau douce et fronça les sourcils lorsqu’il entendit la nouvelle tirade de ce Zélos à leur Général. Tous les militaires présents, en réalité, froncèrent les sourcils. Pour diverses raisons, chacun, certainement. Veto, pour sa part, désapprouvait déjà le fait qu’on bafoue l’autorité du plus haut supérieur d’une armée devant ses hommes… Mais il jeta également un coup d’œil rapide au lac gelé et aux diverses plaques de banquise qui flottaient éparses à sa surface. Elles étaient pourtant assez disloquées en cette saison… Ils ne le voyaient pas, tous ces imbéciles, qu’ils étaient bottés de marbre et gantés de plomb, et que sous eux, désormais, c’était la mort par noyade assurée ? Ils étaient trop habitués aux eaux peu profondes pour croire qu’ils pourraient peut-être marcher au fond et rejoindre le rivage ? Pourtant, Veto était déjà allé plusieurs fois en Arghanat et il lui semblait bien que le Fleuve Oléra n’avait rien d’un ruisseau. Déjà, tomber à l’eau dans ce fleuve c’était la mort assuré lorsqu’on était harnaché de la sorte…. Beaucoup de marins, également, regardaient ces mastodontes se trémousser dans leurs cliquetis métalliques et grincer en s’activant sur les cordages… Les mousses n’avait rien de plus que leurs vêtement chauds pour lutter contre le froid maritime de Cimméria, la plupart des matelots avait des armures de cuirs plus ou moins espèces du fait du caractère militaire de ce bâtiment et les plus gradé avait des plaques de métal cloutés sur ces protections souples… Il était inconcevable pour la majorité des marins présent ici de naviguer des jours durant engoncés dans des armures de la sorte et manœuvrer tout en même temps…

Soudain, le Capitaine Eiktabel se figea lorsqu’il vit atterrir avec fracas sur sa passerelle le contre-amiral, à peine à un mètre de lui et se pavaner sur ce bâtiment comme si c’était le sien. Mais le moment où il n’y tint plus, ce fut lorsqu’il le vit s’élancer vers les cordages.
Jörf en avait vu passer des moussaillons un peu tête brûlés. Mais eux, au moins, ils n’allaient pas jouer dans les haubans en armure lourde !


« Abruti… »

Le capitaine se détourna, une main sur le front, n’espérant qu’une chose : entendre le bruit caractéristique de quelque chose de lourd et de profondément submersible tomber dans l’eau pour ne surtout jamais en remonter. Juste un « Plouf ! », Kesha toute puissante ! Au moins un !

Veto le regardait du coin de l’œil tout en constatant avec soulagement la réelle immobilité du Boréal. C’était toujours un problème de réglé. Alors il vit le Général se tournait vers lui. Mais le Lieutenant, prêt à donner sa décision se ravisa en voyant la mine surprise de son supérieur. Ils avaient tous deux entendu cet étrange bruit de vaguelettes. Il observa comme tout le monde la digue naturelle qui s’érigeait sous leurs yeux, défiant toute loi physique et géologique. La circonférence et la profondeur à parcourir depuis le fond du port (de ce que Veto pouvait imaginait d’ailleurs) furent les premières choses qui frappèrent le géomancien qu’il était également. Et il se dit qu’il aurait été bien incapable de construire le quart de cette digue.

Lorsqu’il se rendit à nouveau disponible pour son Général, Veto vit que celui-ci était le nez dans un carnet et il garda le silence encore un temps. Alors il se permit à nouveau de porter son regard par-delà l’embouchure de cette digue, vers la créature qu’il avait réussi à chasser de son esprit un moment, ou du moins, à ne pas rester figer face à elle et sa grandeur terrifiante.
Le Boréal avait été stoppé bien trop tôt pour qu’il soit en danger, mais de chaque côté du colosse, les navires de Noxis s’organisaient et Veto se dit qu’ils ne les attendraient plus longtemps avant d’engager le combat.

Mais alors que ses yeux se posaient encore une fois sur cette calamité, il se laissa happer par sa contemplation : ces tentacules, ces pics et ces dents innombrables…

Lorsqu’il revint à lui, il se rendit compte que Léogan avait encore disparu. Son regard le chercha et se posa finalement sur Othello et plus loin sur la petite rouquine bruyante qui tentait de les rejoindre malgré les reflux des eaux souillés chargeant les débris de la ville et les flux des eaux du lac ramenant ces mêmes débris sans-vraiment s’épurer. Et si la nouvelle digue avait l’avantage de peut-être minimiser les prochains dégâts, elle augmenterait le temps qu’il faudra à la ville pour se vider de cette marée haute que les mouvements du monstre maintenaient…

Le Jouet du Destin jetait de temps à autre des regards vers le large et vers Othello qu’il n’avait pas vu depuis leur mission en commun. Une mission pour le compte d’Irina, lorsqu’il était encore dans ses jupons et qu’il se débattait pour tenter de se trouver une utilité.


« Je suis heureux de vous revoir. » dit-il simplement, se retenant d’ajouter « une dernière fois » à cette salutation. Ce n’était pas son genre d’humour, il n’était pas fataliste à ce point et surtout, il n’avait pas du tout cette relation avec la prêtresse au masque de givre.
Pourtant, la bête était désormais entrée dans le lac et la fin inéluctable se rapprochait toujours plus.


« Quand je pense que j’ai toujours craint l’attaque d’un léviathan sur cette grève… Aujourd’hui… J’aimerais en voir une dizaine surgir du fond du lac et disputer ce bout de territoire à cette engeance ! »

Veto lui lança un regard tendu qui se voulait amusé mais ce fut sans grande réussite. Il hésita à lui faire une remarque sur Kesha et son manque d’attention envers ce pays qui lui voue un culte mais il se retint également. Ce n’était pas non plus l’heure à la dispute dogmatique.

Et puis la jeune demoiselle pataugeant dans l’eau arrivait assez proche du ponton. Il s’avança jusqu’à elle, au bord. Ledit ponton était passablement submergé et plusieurs planches manquaient. On distinguait encore où l’on posait les pieds car le niveau de l’eau le permettait par transparence à travers cette surface légèrement trouble mais la précipitation qu’affichait la demoiselle inquiétait quelque peu le militaire. Il dit simplement, alors qu’il la déposait sur les planches noyées :

« Salutation, jeune fille. Veuillez m’excuser. Lieutenant Havelle. Je vous demanderai de modérer vos ardeurs. Loin de moi l’idée de vous reprocher votre joie de retrouver des amis, mais si vous vouliez bien regarder à nouveau autour de vous, vous verriez que ce n’est ni le lieu, ni le moment. »

Le Cimmérien montra d’un signe du menton un brancard qui passait avec la petite tête d’un enfant qui dépassait à peine de la toile tâchée de sang. Suivant les gardes emportant le corps, une mère éplorée ne tenait plus sur ses jambes que grâce au soutien de son mari boiteux. Mais n’importe où le regard de la jeune fille aurait pu se poser, elle pouvait y trouver corps inertes, blessés claudiquant ou en pleur. Des familles se cherchaient, des gens restaient tétanisés de peur face à la bête ou traumatisés par le cataclysme et prostrés dans un coin. Si le monstre n’avait pas le même effet sur elle que sur le reste de la population, peut-être que la misère humaine en aurait un…

Veto ne comprenait pas l’entrain de la jeune fille. Il pouvait être une façade que la demoiselle érigeait pour ne pas craquer mais dans ce cas, il ne pouvait pas oublier la détresse de ses concitoyens.


« Nous veillons déjà ici beaucoup de nos morts et je vous prierai, pour votre sécurité également, de vous tempérer car vous pourriez heurter… »

Mais entre deux maisons, il vit une silhouette à cheval passer et son cœur faillit manquer un battement.

« Emmanuelle ? »

Il resta un moment figé, le visage tourné vers cette ruelle. C’était impossible…
Mais bientôt, le Général passa dans son champ de vision, revenant avec le Colonel.

Il était temps de lui dire qu’il avait choisi de voguer sur l'Ouragan. Il l’avait déjà emprunté par le passé et il avait sympathisé avec le capitaine.

Il avait cependant une dernière question qu’il posa en s’avançant vers le Croc-Noir, prêt à monter à bord.


« Mon Général, ne pensez-vous pas qu’il serait judicieux de concentrer les jeteurs de sorts sur les navires au front ? Peut-être qu’ils seront au moins, sinon plus efficaces que nos canons. Après tout,… »

Tout le monde se figea. On venait d’entendre une première salve de canon et immédiatement il y en eut d’autres et là-bas, le bruit d’un combat dantesque pointait par-dessus la digue nouvellement créée.


La Compagnie des Eaux Dorés avait cessé d’attendre. Et elle allait certainement vite avoir besoin d’aide.


Et sur le pont, le Capitaine Eiktabel s’impatientait, une main posait sur chacun des côtés de l’ouverture dans la rambarde donnant accès à la passerelle.


« Dites, mon Général. Sur mon navire, il va de soi que vous restez mon supérieur. Mais pour la grosse mirabelle qui tangue sur ma vergue, je peux lui dire de descendre moi-même ou c’est vous qui le faites ? Non parce que sinon on peut aussi attendre qu’elle soit tout à fait mûre. Je vois encore du vert… Mais si elle tombe, je n’ai pas vraiment envie qu’elle écrase un de mes gars ou qu’il nous fasse un trou dans la passerelle votre zouave. Et pour ses collègues qui piquent les postes de mes gars, on réorganise complètement le fonctionnement de mon équipage ou ils nous laissent faire ce qu’on fait déjà parfaitement sans leur aide de marin d’eau douce depuis des années ? »

Au loin, on donnait toujours du canon et pourtant, l’équipage avait déjà eu ses ordres, le navire était prêt à appareiller et Jörf affichait un calme à toute épreuve, haussant simplement assez la voix pour se faire entendre par-dessus le vacarme. Maintenant que les arghanniens avait bien joué, la mécanique bien huilée de l’équipage devait reprendre ses droits et s’ils n’arrivaient pas tous à les bousculer en réponse à tout à l’heure –parce qu’il n’y avait finalement que très peu de freluquets dans  l’armée cimmérienne contrairement à ce que certains semblaient penser– les matelots jouaient des coudes et très vite les marches-pieds furent remplis d’acrobates qui agissaient vite et bien, réglant la voilure comme la demandait leur capitaine. L’un d’eux, un brisquard dans la fleur de l’âge qui venait de contourner la masse en armure sur son chemin avec une agilité déconcertante commença à affaler la grande voile avec les autres tout en fixant le Zélos.
Il finit par lui lâcher un :


« Ça va ? On vous dérange pas trop, moussaillon ? Pas trop dur d’arriser en solo ? T’f’ras gaffe, ça va vite bouger un peu plus que sur ton ruisseau … »

Et le voilà reparti, sa queue de singe indiquant ses origines Yorkas mais expliquant aussi comment il faisait pour parler autant avec les mains avec ses compagnons tout en se baladant dans les gréements avec un air décontracté.

Dans la vigie vint s’installer un homme à la peau squameuse et un strabisme assez prononcé. Mais lorsqu’il se focalisa sur l’armure perchée près de lui, ses deux yeux se focalisèrent sur lui.


« Salut ! Moi c’est le Camé. Ça roule ? »

Et il ne manqua pas de faire rouler ses yeux indépendamment dans ses orbites. Il n’y avait pas à dire, c’était encore dans la marine que les Yorkas étaient les plus tolérés au sein de l’armée cimmérienne. Ils étaient même recherchés, justement pour leurs capacités. Quel capitaine ne rêverait pas d’un homme capable de sauter d’un gréement à un autre sans hésitation ? Ou d’une vigie capable de regarder dans différentes directions en même temps comme un caméléon ?

Non… L’armée de Cimméria n’avait pas fait la guerre de Taulmaril par ennuis. Mais clairement, ça aurait pu être le cas. Ce n’est pas pour rien qu’on avait appelé la coalition des cavaliers noirs et des forces du nord « la plus grande puissance militaire d’Isthéria ».
Certes ils avaient un peu perdu. Certes leurs effectifs s’étaient amoindris. Mais qu’on ne vienne pas leur dire comment gérer un des pays les plus durs et sauvages, leur apprendre à se relever après la pire des calamités alors qu’ils avaient essuyé le contrecoup de la guerre ou leur montrer comment soigner leurs plaies alors que les prêtresses qui avaient sauvé le monde de l’épidémie de Sarnahroa étaient cimmérienne.

Et surtout, que des marins d’eau douce ne viennent pas leur apprendre à manœuvrer le fleuron de leur flotte, parce que tout ce qu’ils feront, c’est se mettre dans leurs pattes.

Et les Arghanniens pouvaient s’en rendre compte maintenant qu’ils étaient sur le départ. Tous les ponts grouillaient de monde et d’agitation. Chacun à sa place, chacun à sa tâche et que les passagers se fassent le plus petit possible. Surtout lorsqu’ils prennent autant de place.


Édition:
 



Lorsque Cimmeria n'a plus assez de son désert pour la protéger ;
avant que Fellel ne soit le dernier refuge ; pour la gloire de Hellas !
Debout la Garde ! Debout au milieu des tempêtes,
plus durs que les montagnes !
Levons les boucliers et montrons nos cœur glacés !
Debout la Garde ! Nous serons les derniers à tomber !
Debout la Garde ! Debout !
Dressons-nous, fiers, Kesha dans notre dos.

Guéri
Immunisé



Dernière édition par Veto Havelle le Mar 31 Mar - 20:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: EVENT : Le Réveil   Mar 31 Mar - 14:30

Mais quelle galère ! Trop de monde, trop d'eau, trop de débris, trop de tout, pourtant, un seul objectif : rejoindre ses deux anciens compagnons de route.
Léogan semblait bien emmerdé, sollicité de tous les côtés, des tics nerveux se dessinant sur son visage... Le chemin qu'il fallait se frayer pour arriver jusqu'à lui et Othello semblait compliqué. Othello au loin avait entendu la rouquine (comme beaucoup de gens à ce moment là il faut croire...) et lui avait esquissé un joli sourire comme Malo avait pu en voir auparavant.

Oups. Malona regarda ses pieds, l'un deux venait de se coincer dans un tiroir, le meuble était enseveli sous un amas de bordel indéfini. Mais quelle poisse...
Un grand gaillard se pointa non loin d'elle, il était blond, la gueule à moitié dévastée par l'alcool, l'alcool, et probablement l'alcool, mal rasé, les cheveux aussi gras que ceux de la grand mère de Malona qui ne se lavait plus depuis des années, et il osa interpeller la rouquine d'une manière peu élégante.

« Ne reste pas là espèce d’idiote ! T’attends quoi ? Que le foutu Colosse te demande de l’accompagner au bal des Géants ? Bordel… »

Interloquée, elle se retourna tant bien que mal, embarquant le tiroir avec elle et tomba nez à nez avec le grand blond.

- Mais t'es sérieux là ? Idiote ? Idiote ?! Malona commença à devenir rouge et elle tentait de contenir son futur débit de parole. QUOI J'ATTENDS QUOI ? ET TOI, T'AS QUE CA A FOUTRE DE ME FAIRE LA MORALE ? MAIS C'EST LA FETE DU SLIP LA. T'AS PAS D'AUTRES OCCUPATIONS DANS LA VIE QUE DE FAIRE CHIER LES GENS ? TU T'EMMERDES ? NAN MAIS DIS LE, J'TE TROUVE DES TRUCS A FAIRE MOI AUSSI HEIN ! ESPECE DE... Et hop, en quelques secondes Léogan avait choppé le petit coco et l'avait amené avec lui dans une ruelle, l'enflure, il avait même pas dit bonjour.

Les pieds dans l'eau, Malona se sentait toute con. Quelques gens autour d'elle avaient entendu ses dires et ricanaient dans leur coin, ah ces marins...

Occupez vous le vos pieds, bande de furoncles avariés...

Un autre gaillard, qui avait sûrement ignoré les pestiférations incessantes de la sindarin, ou ne les avait pas entendu au milieu du tumulte, ajouta à son tour une petite remarque.

- Salutation, jeune fille. Veuillez m’excuser. Lieutenant Havelle. Je vous demanderai de modérer vos ardeurs. Loin de moi l’idée de vous reprocher votre joie de retrouver des amis, mais si vous vouliez bien regarder à nouveau autour de vous, vous verriez que ce n’est ni le lieu, ni le moment.

Là, elle resta sur le cul un instant.

Nous veillons déjà ici beaucoup de nos morts et je vous prierai, pour votre sécurité également, de vous tempérer car vous pourriez heurter…

Elle haussa les sourcils puis soupira.

- Euh... salut Havelle truc muche, t'as pas de prénom ? Mes ardeurs je les modère comme bon me semble, elles sont miennes nan ? Je fais chier quelqu'un ? Je cri plus fort que l'autre guignole là bas ? Elle pointa alors le gros poisson qui continuait de se frayer un passage dans le lac. Il y a un lieu et un moment pour crier sa joie ? Nan mais j'te jure, qu'est-ce que t'en as à taper, tu vas t'faire liquider par un gros truc gluant, moi aussi, alors je préfère crever heureuse et de bonne humeur, que comme la plupart de ces agités du ciboulot tout autour de nous ! Ah vous êtes bien trop naïfs les jeunes... vous pensez réellement qu'à votre grade, votre statut, bon, la santé des autres, j'le conçois, mais venez pas m'emmerder parce que j'ai encore l'espoir et la joie de vivre. Merde. Vos morts ne vont pas revenir à la vie, c'est triste, mais profitez de celle ci avant qu'elle vous bouffe !

Elle esquissa son plus beau sourire à Véto qui s'était arrêté de l'écouter il y a un moment déjà, buguant comme un idiot sur une gonzesse au loin.

-Pffff... Et ils sont passés où les deux jambons là ?

Elle chercha le grand blond et Léo du regard, et les aperçus plus loin. Elle se mit à cavaler avec son pied dans le tiroir.

- Hééé, j'ai pas fini de lui parler ! Hurla t-elle à Léo, qui ne pouvait de toute évidence pas l'entendre de là.

Arrivée à leur hauteur, ceux-ci étaient en train de se foutre sur la tronche, ou plutôt, Léo était en train de foutre Aedh sur la tronche...

Vas-y ! Tue-moi ! Si c'est ce que tu dois faire alors fait le ! Mais ne me demande pas de fuir si ce n'est que pour vivre un autre jour, tue moi immédiatement ou envoie moi à l'abattoir, car c'est là que je m'en vais ! Alors que ce soit par ta main déjà ternie par la corruption ou bien par ce monstre, le chemin je m'en fou, la destination demeure la même alors vas-y ! Envoi moi dans une chaloupe s’il le faut… attaché sur la proue d’un navire… envoi moi à l’abattoir comme tu le fais avec tous ces hommes… envoyer des gens à leur mort semble être ta spécialité.
Quelle est la valeur de ma vie après tout ?


-Nan mais quelle gonzesse, t'as pas fini de geindre comme ça ? Et t'ose me traiter d'idiote ? Qui à l'air con maintenant ? Comment tu vas faire la gueguerre au colosse si t'as la gorge tranchée, hein ?

Elle se retourna alors vers Léo, lui tira l'arme des main, bousilla le tiroir, dégagea son pied, lui rendit et s'adressa enfin à lui.

-ON DIT BONJOUR QUAND ON PASSE DEVANT UNE CONNAISSANCE. T'as pas d'occupations plus importantes à faire toi, que de zigouiller un zinzin fini au pipi ? Laisse le aller faire trempette avec l'escargot gluant dans l'eau là bas, et vas rassembler ton armée, j't'accompagne, on va lui mettre sa branlée !

Elle lui fit alors un sourire, une petite tape sur l'épaule puis tira alors son bras, son arme en main, l'empêchant de continuer à prendre des notes et elle l'amena jusqu'à quai, les coups de canons commençaient à se faire entendre...
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