Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]

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 Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]

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MessageSujet: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Sam 9 Mai - 23:17

Jour de pluie sur Tyrhénium, de lourds nuages pesaient au dessus de la ville frontière et le vent qui soufflait dans les ruelles aurait empêché même le plus brave des commerçants à poser son étale, les rues pavées sont salies de boue, les déchets flottent au grès des écoulements d'eau, quelques cavaliers bravent la pluie à travers les rues de la ville qui semble marcher au ralenti, quelle idée de sortir avec un temps pareil!
Arrivait pourtant un Sindarin sous cette pluie, les gouttes ruisselaient sur son visage d'enfant qui riait aux éclats tant en sautant dans une flaque qu'en tombant dans la boue. Les cheveux tombant sur son visage angélique laissent un grand sourire se dessiner tandis que l'écho de son rire trébuche dans les rues, avançant gaiement en traînant sa lourde arme de métal dont la lame été enroulée dans du tissus, suivit d'une énorme Salamandre qui avançait à son rythme dans la boue sous sa forme originelle, assez lent pour laisser à l'enfant le temps de parcourir d'un côté à l'autre les vitrines qu'il croisait durant son ascension dans la ville, les établissements ouverts malgré la pluie se voyaient de clients rares avec cette pluie, mais pas les tavernes et autres sites de regroupement autour d'un intérêt commun où les braves se retrouvaient pour trinquer à toute heure en tout temps à leurs périlleuses aventures qui valaient des nuits de chants pochtron-èsque et de dépenses plus douloureuses qu'une gueule de bois pour certains !
L'enfant qui semblait amusé par la moindre irrégularité du calme de la ville en ce jour finit par entendre les râles non pas d'agonie d'une femme malgré la pluie, qui lui indiqua bientôt la route à suivre vers ces nouveaux divertissements.
Commença alors une démarche de recherche qui ne dura pas bien longtemps pour l'enfant qui semblait déjà savoir où se trouvait son trésor du moment, sa fidèle bestiole qui traînait un peu mais qui n'en démordait pas de suivre le petit Sindarin.
Au détour d'une ruelle le jeune Sindarin disparu dans un flash lumineux étouffé par les vêtements sombres maintes fois trop grands qu'il avait porté et un sifflement.

La porte des Milles couleurs  s'ouvrit dans un léger courant d'air, une silhouette se dessina rapidement devant son porche, avança d'un pas, puis de deux pour apparaître à la lumière chaleureuse de l'endroit un jeune homme aux traits fins, totalement trempé tenant dans une main un bâton noir recouvert de tissu sans doute pour le protéger de l'humidité , les quelques hommes ici avaient bien sûr autre chose à faire que de guetter l'arrivée d'un nouveau, les femmes, elles étaient plus à l’affût, tandis qu'il avança d'un pas, une femme vint fermer la porte derrière lui qu'il bloqua de son bâton.

- On ne chauffe pas pour rien ici !

-...

Au même moment la femme poussa un petit cri à peine audible entre le brouhaha et la musique légère de la pièce lorsqu'elle vit entrer dans l'établissement le cryptobranchidae.

-Vous vous croyez à la Taverne? On n'amène pas des crapauds dans ce genre d'établissement! Et ne faites pas un pas de plus avec vos pieds pleins de saleté ! On ne vous a pas appris à mettre des chaussures dans votre grotte ?

-Tu devrais fermer la porte, vous ne chauffez pas pour rien ici.

Au même moment la responsable du bar entra dans le vestibule en poussant un  des rideaux qui délimitait les deux pièces, c'était une belle femme, qui était une des premières poulines de l'établissement, elle n'était pas du genre à garder sa langue dans sa poche et à oublier un visage.

-Ferme la porte Rivel, on n'chauffe pas pour les gorgoroths! Mais qui voilà, ne serait-ce pas ce salaud de Valen' ,c'est toujours un plaisir de te revoir mon chou, je t'installe?

- Comme tu as vieillie Ménoly ! J'ai bien fait de ne pas coucher avec toi quand j'en avais eu l'occasion, je l'aurais probablement regretté en te voyant aujourd'hui! Tu as tout de même l'air en forme!

-Tu n'es vraiment qu'un connard tu le sais ça ?

Et il dépassa le rideau en claquant une accolade sur l'épaule de Ménoly suivit de son compagnon au corps visqueux à travers le rez de chaussée.

Petite fais bien gaffe à toi lorsqu'il est dans les parages, tu pourrais regretter de ne pas l'avoir connu plus tôt pour finir par regretter de l'avoir tout simplement connu.


S'installa alors comme un grand le Sindarin aux yeux rubis au fond de la pièce sur les coussins colorés , Vint se poser à ses pieds la Salamandre et ferma le pas Ménoly qui était occupée à dire quelques belles paroles que Val' n'avait bien sûr pas omis d'écouter.

-Je te serre comme d'habitude ?



-Oui et rajoute moi une gamelle d'eau pour Emeth!


- je t'envoie ça, au fait j'ai ça pour toi.

-...

- Putain mais ça le tuerait un merci !

Elle tourna les talons et alla rejoindre son poste derrière le comptoir, préparant un plateau qu'elle fit envoyer par une petite jeune de la maison. Le plateau contenait une flasque d'Absinthe, un pichet d'eau et c'était probablement de l'Opium qui se trouvait dans la petite boite en porcelaine, il en sorti une poignée qu'il reparti équitablement sur une feuille de bambou qu'il roula sur elle même avant de d'en allumer l’extrémité. Emeth la tête dans sa gamelle d'eau, Valen' fumant ces vapeurs enivrante entre deux gorgées du liquide blanchi par la dilution.
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MessageSujet: Re: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Ven 22 Mai - 0:21

Léogan avait toujours eu une affection particulière pour le poker, et une détestation infinie pour les maisons de jeux. Les Milles Couleurs étaient devenues un insipide casino où des hommes aux bourses pleines de dias et des femmes aux parures hors de prix se posaient, chuchotaient, dansaient bêtement au son d'un piano à la mode, et où il s'ennuyait à profusion. Il aurait lui-même donné cher – enfin il aurait donné ce qu'il aurait pu – pour rencontrer simplement son contact à la table d'une taverne, mais on ne lui avait pas vraiment laissé le choix.
Il avait posé son vieux feutre noir sur une table basse et défait le lien du cuir qui tenait ses cheveux à l'abri de la pluie, au milieu de ce temps de chien qu'il faisait dehors, et il avait laissé la vieille connaissance qui l'attendait là leur commander un narguilé.
C'était une hôtesse qui travaillait en tant que croupier dans la maison de jeu, et qu'il avait fréquentée dans ses jeunes années à Canopée où elle était connue pour sa compagnie de demi-mondaine – dont il avait bénéficié pendant les soirées où il avait permission, ou se donnait des permissions, pour ne rien cacher. Elle s'était assise près de lui en faisant cliqueter ses bracelets dorés et il s'était permis de la regarder songeusement, tandis qu'elle battait ses longs cils, et secouait sa crinière brune tressée de perles. Il y avait des années qu'il ne l'avait pas vue, et elle n'avait pourtant pas changé. Si Fenris, son frère, n'avait pas gardé de lien avec elle, ils ne seraient sans doute jamais recroisés, et comme elle disposait de certaines informations d'après lui, qui avaient taraudé l'esprit de Léogan pendant quelques semaines, il aurait été malheureux de ne pas pouvoir la retrouver... Heureux ou malheureux – tout dépendait de la suite que prendrait l'expérience qu'il allait mener.
Tout ça le rendait très nerveux, il fallait l'avouer. Son voyage d'Argyrei jusqu'à Tyrhénium avait été pénible, et outre le fait de devoir passer du cagnard du désert aux pluies mornes de la saison froide, il avait eu des nuits d'insomnies de plus en plus... Éprouvantes, à mesure qu'il s'approchait de son objectif...
Il soupira profondément, le regard pesant sur le ciel grisâtre qui flottait derrière les vitres des hautes fenêtres de la maison. Sa compagne buvait un verre de martini plein d'olives en le scrutant sans gêne de la tête aux pieds.

« Chaque fois que je me ramène dans l'coin, c'est comme si tout l'foutu ciel avait décidé de vomir sur la ville. Y flotte toujours à Tyrhénium, vous avez un micro-climat, un truc comme ça ?
– Ouais, c'est ça, un micro-climat, et il a sûrement une dent contre ta sale gueule. Fais-moi un beau sourire, tu viens du sud, nan ? Ça f'ra un peu d'soleil. T'as r'mis tes breloques de prince du désert ?
– J't'en pose, des questions.
– T'as maigri.
– T'as grossi.
– Hé ben, c'est galant, remarqua nonchalamment la Sindarine. J'voulais juste être sympa, j'm'inquiète pour toi quoi.
– C'est ça, bah moi aussi, retourna Léogan avec un sourire narquois. Manquerait plus que tu passes plus les portes, c'pas très glamour pour ta clientèle.
– Tiens tu vois, ça fait à peine cinq minutes qu'on se reparle depuis... Depuis quoi ?
– Bah ça fait bien dix piges.
– Depuis dix piges et tu sais quoi, déjà tu me fatigues. »

Léogan haussa les épaules et s'avachit plus profondément dans les coussins du sofa en refermant les pans de son long caftan d'un indigo sombre sur lui. Il frissonna et marmonna d'un ton renfrogné :

« Bordel on se les gèle ici.
– Commence pas à insulter l'commerce, j'te prie. » répartit aussitôt la jeune femme. Cependant, elle lui esquissa un sourire fin, se pencha sur son épaule et glissa insidieusement une main dans sa veste. « Mais s'tu veux t'réchauffer, murmura-t-elle à son oreille, tandis qu'il basculait machinalement la tête de l'autre côté pour marquer une distance minimale, y a toujours une chambre pour toi à l'étage. Tu m'dois une danse, j'te rappelle.
– On aurait pu s'rencontrer ailleurs, rétorqua Léogan sans prêter attention à la proposition. Si jamais on m'voit ici...
– Quoi, c'est bobonne qui va pleurnicher et retourner vivre chez sa mère ? Va donc, me fais pas rire.
– Elle m'arrache les valseuses et elle me pend avec, ouais.
– Non sérieux, c'est vrai, t'es maqué ? s'exclama-t-elle en se redressant subitement.
– Et j'ai un gamin avec ça.
– Hé ben mon couillon tu fais jamais les trucs à moitié, ricana-t-elle avec un sifflement d'admiration, avant de prendre un air plus soucieux. Et ta gosse, elle tient l'coup ?
– J'en sais rien, depuis que ça s'est passé, elle veut plus m'voir, maugréa-t-il, en renversant la tête pour souffler un grand nuage de fumée.
– Tu d'vrais la forcer, elle a besoin de soutien, cette môme, c'est pas facile.
– J'peux pas vraiment la forcer, Meg'... soupira-t-il en roulant des yeux.
– Bien sûr que si, espèce de trouillard, tu l'engueules une bonne fois pour toutes, t'es son père, tu sais c'qui est bien pour elle.
– Meg'...
– C'est dingue c'que tu manques d'autorité paternelle pour un officier d'l'armée, merde, cracha Mégara avec dépit, mais il la figea dans ses gesticulations en l'attrapant par le poignet d'un air excessivement sérieux.
– Meg', murmura-t-il, la tête penchée, c'est moi qui ai calanché Elerinna.
– Hein ?
– Je l'ai tuée, répéta-t-il gravement avant de la libérer. J'ai tué sa mère.
– Ha putain. Putain, bordel, merde, lâcha-t-elle et elle le considéra de haut en bas d'un regard abasourdi. Non, c'est pas possible ?
– Avec une dague, dans la gorge, comme ça, d'un coup, expliqua-t-il en examinant soucieusement le tuyau de son narguilé. C'était rapide, en un instant... » Il souffla dans le tuyau pour délier le tabac. « Le problème était... résolu.
– Te fous pas d'ma gueule, Léo.
– Je suis très sérieux. »

Il lui adressa un dernier regard opaque, profondément désinvolte, et il se détourna pour aspirer par l'ambre de sa pipe le parfum du tabac mêlé à des souffles de vanille et d'épices, en faisant murmurer l'eau tiède au fond du narguilé. Mégara, abasourdie, le contempla pendant de longues secondes et déglutit en s'étendant de nouveau près de lui, afin de pouvoir discuter à voix basse.

« ...hé ben mon p'tit père... T'as passé un cap. T'es complètement malade ? gronda-t-elle. On résout pas ses problèmes... En tuant les gens...
– Ben parfois si. C'est pas la première fois que ça m'arrive.
– Les autres, j'm'en fous, je les connaissais pas, mais Elerinna la première fois que j'l'ai rencontrée, vous étiez deux adolescents et vous vous bécotiez en soirée, excuse-moi, ça fait un coup !
– Ouais probablement. C'est loin, tout ça, on en a vécu, des choses, entre temps.
– Oh j'suis pas là pour juger, marmonna Mégara qui s'accoudait sur le dossier du sofa et poussait l'épaule de Léo comme pour le tirer de sa torpeur. Tu fais peur, c'est tout. Et j'aurais préféré qu'tu m'en parles pas, tu vois. Demain j'aurai un chasseur de primes des Lanetae à ma porte ou je n'sais quoi... C'est des fous furieux, ces gens. Non sans blague, fourre ton pif dans des grosses embrouilles si tu veux, Léo, mais garde ça pour toi, merde.
– Ha ouais je fais peur ? s'esclaffa-t-il légèrement en se laissant pousser sans résistance.
– Bah, t'as toujours été relativement flippant, mais là... » Elle le regarda rire doucement et se rassura un peu – assez pour esquisser à son tour une mine moqueuse. « Remarque, quand t'auras trucidé ta nouvelle copine, j'aurais peut-être une chance de t'retrouver dans mon lit d'temps en temps.
– Dis pas n'importe quoi, maugréa Léogan qui secouait la tête.
– Non mais tu t'es vu, assassiner une vieille amie, ça t'fait ni chaud ni froid, mais tu pousses pas la porte d'un lupanar sans froncer du museau. J'sais pas si c'est le genre de fille à problèmes, mais la dernière fois qu'tu t'es interdit des passes comme ça, t'as fini par avoir l'air d'un gros con.
– C'est pas l'genre. Et puis mais j't'emmerde ! s'exclama-t-il, dans un sursaut de compréhension. C'est juste question que je veux pas l'insulter – et que j'ai pas envie de faire quoi que ce soit ici, figure-toi. Moi ça m'convient.
– Ouais, c'est ça, ça t'convient, répliqua sèchement Mégara en s'écartant de lui avec un regard bleu éloquent. Bah quand t'auras remis tout ça en perspective, rappelle-toi. Je change pas l'monde, j'fais pas de gosses et j'te menace pas de castration – mais j'fais très bien l'amour.
– Nan, tu fais tes p'tites affaires avec Fen en même temps, moi ça m'dérange.
– Ha ouais, t'es vraiment amoureux.
– Quoi, de Fen ?
– T'es con.
– Nan je partage pas Fen, moi, madame. »

Mégara le repoussa à nouveau avec un agacement feint, alors qu'il riait discrètement de sa propre plaisanterie. Elle réfléchit quelques secondes, puis elle s'insinua encore entre son cou et son épaule et lui subtilisa des mains le tuyau du narguilé. Elle fuma avec une complaisance suggestive devant lui qui s'appuyait sur l'accoudoir du divan et la regardait en haussant des sourcils, et elle lui souffla sa bouffée de tabac en pleine figure. Pendant qu'il s'étouffait dans les manches de sa tunique, Mégara en profita pour se glisser lascivement sur lui.

« N'empêche qu'un renseignement comme ça vaut bien une compensation de mon choix, non ? D'ailleurs qui te dit que je ne peux pas exiger ton paiement à titre d'avance ?
– C'est ton métier de coucher pour des rétributions, chérie, pas le mien, rétorqua-t-il entre deux quintes de toux. Lâche-moi un peu, tu veux ?
– Tu sais, parfois, dans la vie, on en est réduits à de tristes extrémités... susurra-t-elle près de son visage.
– Oh parce que toi ce sont les nécessités de l'existence qui t'ont poussée à faire le tapin, ironisa-t-il en reprenant vivement l'embout d'ambre du narguilé et en rabattant la jeune femme à l'opposé.
– Moi peut-être pas, mais toi, ça va t'arriver, puisque ton credo c'est que tout se paie.
– J'pourrais te payer, t'acheter un truc, un chapeau, une robe, ce que tu veux.
– T'es spécial, Léo, tu fais des cadeaux galants à des courtisanes, mais tu couches pas avec.
– C'est pas à proprement parler un cadeau, c'est un paiement en nature comme un autre.
– Allez arrête, y a pas d'secret, même quand t'avais un vrai boulot, t'as jamais eu un pèze, se moqua-t-elle. Qu'est-ce que tu veux m'acheter, une arnaque ? Trois ronds de bouchon enfilés en collier ? Ha c'est sûr, ça m'mettra bien en valeur.
– T'as pas besoin de savoir comment je me procure ce que j'te donne non plus.
– Non, non, refusa-t-elle d'un air catégorique, j't'ai déjà dit que j'voulais pas tremper dans tes magouilles.
– Pourtant ça aurait eu un cachet d'aventure, c'est marrant.
– J'vis pas dans un roman à l'eau d'rose, la terreur. Moi demain si tu me ramènes une émeraude grosse comme mon poing, ma patronne elle va m'poser des questions et j'vais finir à la maréchaussée avant le temps d'avoir pu faire ma fière avec. Cette affaire.
– Mais j'te parle pas d'une émeraude grosse comme ton poing, évidemment, fais pas ta gourdasse.
– J'ai dit non.
– Ha putain mais toi, quand t'as une idée dans la tête. »

Les lèvres de Mégara se serrèrent puis se gonflèrent doucement pour former une moue boudeuse. Elle commença à jouer distraitement avec les plis de sa manche d'une de ses mains délicates, tandis que l'autre commençait à papillonner furtivement sur sa poitrine.

« Personne n'en saura rien, j'suis pas une pipelette. Et puis te revoir, ça m'donne toujours des bouffées de nostalgie... exhala-t-elle près de son oreille, en plaquant finalement une main dans ses vêtements.
– Ouais je peux pas gagner, avec toi, c'est ça ? remarqua-t-il, en se laissant curieusement faire, ce qu'elle prit comme une invitation à continuer.
– Rappelle-toi, murmura-t-elle, ces nuits folles pendant les fêtes qu'ils donnaient à l'hôtel particulier d'Arvers, et tout ce qu'on a pu faire tous les deux... Ou même dans ce commerce, je me souviens qu'on a pris du bon temps toi et moi, affirma-t-elle avec un sourire carnassier. Ici... » poursuivit-elle d'un ton traînant en étendant ses jambes sur le sofa et en se frottant presque contre lui, puis en donnant un coup d’œil au plafond. « Là-haut, et... Là... » Elle désigna d'un signe de tête le piano où jouait un musicien, derrière un rideau transparent, et ses mains glissèrent vers le bas ventre de Léogan sous les plis de sa veste. Il papillonna des cils et ne bougea pas d'un poil. « Mais ces sorties clandestines à l'hôtel d'Arvers, c'était quelque chose. Comment t'appelais ça ?
– Mes permissions libres, répondit-il en la regardant de biais.
– Haha, oui, c'est ça, rit-elle, mélodieusement. Tu t'es assagi, t'en prends plus, maintenant ?
– Si j'en prenais une aujourd'hui avec toi, trésor, murmura-t-il en approchant subtilement son visage du sien, les yeux étincelants, qu'est-ce qui me garantirait que j'aurais ce que je veux à la fin ?
– Ma parole d'honnête commerçante, répondit Mégara, dont les mains cherchaient à atteindre un coin de peau dans les plis de ses vêtements.
– Je serais peut-être plus coopératif si tu me permettais une avance, murmura-t-il en entortillant une mèche de cheveux de la Sindarine entre ses doigts.
– Cherche pas à m'embrouiller, c'est toi l'acheteur, pas moi.
– Oh, oh... » Ses lèvres effleurèrent les siennes. « On croirait le contraire... Allez, expédia-t-il d'un coup, en la repoussant définitivement d'un geste du bras, tant pis pour toi, bas les pattes, on ne touche pas la marchandise sans payer.
– Vieil arriviste. » vociféra-t-elle, de dépit. Au même instant, une voix cria son nom à travers la maison de jeu, elle leva la tête et eut l'air contrarié. D'un geste affecté, elle arrangea sa coiffure et se leva élégamment pour regarder Léogan avec toute la supériorité dont elle était capable. « Mais très bien. On m'appelle de toute façon, ça va te laisser quelques temps pour réfléchir à tout ça – en espérant que tu n't'ennuies pas trop de moi. Ou de ce que les gens normaux font dans un bordel.
– T'en fais pas... dit-il négligemment, en exhalant une fine arabesque de fumée, abandonné dans les coussins du divan comme un pacha, le sourire sarcastique. Je vais rester assis là et travailler à avoir l'air soucieux et pensif, j'ai d'quoi faire.
– Hé bien, releva Mégara en détaillant ses vêtements de voyage usés et son vieux chapeau d'un regard prétentieux, tu réussiras à avoir l'air d'un clochard crasseux et solitaire, comme à ton habitude.
– Ça fait intégralement partie de l'aura de mystère que je cultive.
– Tu fermentes dans ta putain d'aura mystérieuse, Léo.
– A tout d'suite, Meg'. »

Il lui fit un petit salut de la main détaché et elle se détourna en râlant pour rejoindre sa patronne et des clients qui attendaient autour d'une grande table pour jouer à la roulette. Léogan les considéra en fumant de loin pendant quelques instants, absorbé par le spectacle que donnaient ces messieurs costumés dans leurs redingotes en alpaga, boutonnées jusque sous le sol, en buvant leurs verres d'armagnac et de martini. Il finit par baisser la tête avec un sourire caustique, la tête pleine de souvenirs argentés.
Cependant, il en revint rapidement à ses propres préoccupations au milieu de la fumée de son tabac épicé et il se massa les tempes avec souci. Il n'y avait rien à tirer de cette espèce d'opportuniste en jupons. Il ferait peut-être aussi bien de lever le camp immédiatement. Il perdait son temps. Bon, ce n'était pas comme si cette épée allait s'enfuir ou s'évaporer pendant qu'il palabrait avec Mégara, mais à choisir, il préférait ne pas traîner inutilement à Tyrhénium, à la frontière de deux pays qui faisaient la course pour avoir sa peau. Il faudrait retourner dans le sud sans tarder.

Son nez se fronça soudain en reconnaissant une odeur familière qui flottait depuis une table basse voisine. Il l'examina d'un coup d’œil rapide, identifiant vite le contenu d'une petite boîte de porcelaine, avant de remonter vers le jeune opiomane qui était affalé dans des coussins et qui rêvassait dans des arabesques au goût de caramel résineux. Une espèce de rire se coinça dans la gorge de Léogan et se propagea jusqu'à ses lèvres en un rictus étonné et moqueur.
C'était un Sindarin, un éphèbe bien bâti avec un visage aux traits délicats, perdus dans le flou de l'adolescence, vêtu simplement et encore trempé par une averse. Près de lui une bestiole énorme, un genre d'amphibien au corps luisant, buvait à grandes lampées dégoulinantes dans une écuelle d'eau, sous le regard navré des autres clients. Léo observa le jeune homme un petit moment et puis soudain, il lui prit l'envie de l'accoster.

« Vous fumez de l'opium en joint, vous ? lança-t-il, en s'accoudant sur le divan pour se pencher indolemment vers son voisin, qu'il détailla d'un regard curieux et narquois. C'est pas l'idée d'l'année, camarade. Croyez-moi, c'est du gâchis, ça fout en l'air la marchandise. Non vraiment, faut vraiment être en manque, avoir rien d'autre à fumer... Ou avoir besoin d'urgence d'un analgésique. Ça arrive. »

Il haussa les épaules en pouffant discrètement et se laissa de nouveau tomber contre le dossier du canapé. Il tira une bouffée de tabac de son narguilé d'un air pensif, garda la fumée en bouche, puis il expira doucement en l'inhalant par le nez. Alors il exhala patiemment en scrutant le jeune opiomane, plongé dans des souvenirs pas franchement agréables de ces longues semaines, il n'y avait pas si longtemps, où il avait lui-même eu recours à des taffes de chandoo pour supporter la douleur de sa carcasse cabossée. Instinctivement, il porta une main dans les pans de son caftan indigo, sous les plis de sa tunique en lin, pour triturer un vieux pansement qui tenait une plaie refermée sur ses côtes. Il haussa les sourcils et plissa ses yeux cernés avec flegme.

« Mais enfin, c'est relatif tout ça. Vous savez qu'on peut avaler un d'mi litre de sang avant d'être malade ? révéla-t-il  très naturellement. Au fond s'agit juste de savoir encaisser. Ou digérer, j'en sais rien. »
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MessageSujet: Re: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Lun 25 Mai - 22:15

Affalé sur ces coussins de luxe, le regard navré, la tête légèrement relevée pour contempler les mondains tout en ayant la nuque confortablement immobilisée dans un traversin de soie, Emeth à ses pieds comme la bête de compagnie d'un damné qui s'enfumait l'esprit à s'en perdre dans les tentacules blanches et éphémères que formait le suc de pavot en combustion. Là se tenait un homme, que disait il déjà ?

"-Vous fumez de l'opium en joint, vous ?"

Valendil oscilla un sourcil, ce joint pendant en bouche, il l'attrapa entre son index et son majeur au niveau de la phalange proximale et recracha la fumée, était-ce de l’intérêt que le Sindarin lisait sur la gueule du modeste homme ? Soit, pourquoi pas.

"-C'est pas l'idée d'l'année, camarade. Croyez-moi, c'est du gâchis, ça fout en l'air la marchandise. Non vraiment, faut vraiment être en manque, avoir rien d'autre à fumer... Ou avoir besoin d'urgence d'un analgésique. Ça arrive. »


Alors que l'homme s'était assit à son côté, le presque jeune Sindarin se releva comme "Amoli" (cf cheech&chong) vers son nouveau voisin, il faisait tout aussi tâche dans ce décor mondain que lui, tous deux étaient piètrement vêtu dans cet univers romanesque du style préciosité. L'étrange homme, de carrière militaire avait attiré le regard de Valen' sur l'arme qu'il portait autour de la taille, une arme dont il reconnaissait la marque de fabrique , il avait eu l'occasion d'en voir quelques une et leur tranchant n'avait d'égal que leur prix .Un narguilé à la main, le maraudeur puant fumait une bouffée de tabac, odeur qui imprégnait jusqu’à ses vêtements, quelle horrible odeur que le tabac froid! Alors que Val' semblait écouter attentivement ce que lui disait l'autre, il vit dans ses yeux qu'il se perdit dans un souvenir,rien qu'un instant il déconnecta en posant une main rassurante sur ce qui devait être une plaie récente, il en était souvent ainsi pour les mortels de ce monde, inconsciemment l'esprit s'égare et l'on se retrouve à tâter une vieille plaie !

« -Mais enfin, c'est relatif tout ça. Vous savez qu'on peut avaler un d'mi litre de sang avant d'être malade ?Au fond s'agit juste de savoir encaisser. Ou digérer, j'en sais rien. »

- Depuis le temps que je le fait..., le pseudo jeune homme se frotta délicatement les yeux des poings puis continua après un bâillement, En une seule traite le demi litre de sang ? Je pense que je peux le faire... Bah ! Il fuma une autre latte de sa feuille de bambou roulée et tendit la chose à son voisin. C'est une marque de fabrique, la feuille de bambou roulée c'est pratique ça ne se déchire pas avec l'humidité mais si tu as autre chose à proposer je t'écoute j'ai actuellement pas mal de temps libre devant moi.



Le Sindarin pâle se réinstalla pour être plus enclin à écouter, au même moment la salamandre s'agita, elle s'installa aux pieds de Val' comme un chien de garde, Emeth était une créature que l'on n'avait pas l'occasion de voir souvent sur Isthéria,  apprivoisée de surcroît, le plus beau jouet de Valendil en somme.
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MessageSujet: Re: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Mar 26 Mai - 21:18

La tête blonde le regarda d'un air de gosse éberlué au saut du lit et Léogan ne put s'empêcher de laisser échapper un ricanement.

« Mon pauvre ami... » Il secoua sa tête et sa crinière épaisse avec amusement, en prenant le joint pour l'étudier d'un air dubitatif. Il tiqua néanmoins à l'apostrophe familière du garçon et  rétorqua aussitôt d'un ton tranquille : « Alors d'abord de un, j'vous préviens tout d'suite, mon pote, on n'se tutoie pas. De deux, une marque de fabrique, me faites pas rire. C'est comme si vous me disiez que vous vous camiez avec une feuille de salade parce c'est la dernière mode à Tyrhénium – non, vraiment, je peux pas vous laisser faire ça, vous vous faites pigeonner. » Il haussa exagérément les sourcils et s'exclama comme à une taverne, à l'adresse des hôtesses qui allaient et venaient dans la maison de jeu. « Oh, mesdames ! Du chandoo et une pipe à opium pour Monsieur, je vous prie ! » Il se laissa retomber dans le divan et fit tourner le joint entre ses doigts. « Et on vous laisse fumer ça. Mais qu'est-ce que c'est au juste ? »

Il examina la cigarette de bambou de plus près et la renifla en fronçant du nez. C'était trompeur. Parce que oui, évidemment, ça sentait l'opium, il y en avait probablement des traces mais... Il secoua la tête de dépit, se leva de son divan d'un pas vif et s'accroupit devant la table basse de son voisin pour ouvrir la petite boîte en porcelaine qui s'y trouvait et en inspecter le contenu d'un œil sévère. C'était bien ce qu'il pensait. Il prit une pincée d'herbes entre ses doigts et l'effrita avec un haussement de sourcils désabusé. Un substitut, qui avait globalement la même odeur, mais enfin, sérieusement, c'était quoi cette escroquerie à deux balles – l'opium, c'était de la pâte, pas de l'herbe – et surtout c'était quoi ce clampin qui se présentait avec ça, la gueule à peine de travers, comme un consommateur chevronné ?
Non mais décidément... Les gens du nord qui fumaient de l'opium, il n'en pensait pas plus de bien que d'un nomade du désert coiffé d'un haut-de-forme. C'était ridicule.
Il s'essuya les doigts sur son cafetan et partit se rasseoir sur le canapé, tandis qu'une hôtesse amenait au Sindarin pâlichon la pipe à opium que Léogan avait commandée pour lui, sur un plateau où étaient également disposées une bougie et une boîte en porcelaine. Il lui fit signe de la déposer sur sa propre table et la fit partir d'un geste agacé de la main, alors qu'elle s'attelait elle-même à la préparation. La jeune femme eut l'air outré, mais disparut sans faire d'histoire dans la foule bruyante d'hommes bien habillés et de dames en parures, que le voyageur considéra avec lassitude.

« Cet établissement perd toute fiabilité à mesure qu'il s'embourgeoise. » Naturellement, refiler de l'ersatz de came à des aristocrates blindés de thunes incapables de faire de la différence entre de l'opium et de l'herbe à chat, il l'avait fait lui aussi. Non seulement le facteur rentabilité était alléchant, mais il trouvait pour sa part un vrai divertissement à rouler tous ces snobinards dans la farine. Ceci étant dit, à l'époque, il travaillait comme trafiquant et tenait une caravane itinérante, et s'il se mettait des clients à dos, il avait très peu de chance de les recroiser dans la suite de ses pérégrinations. Ce genre de calcul pour un commerce comme les Mille Couleurs était d'une habileté très relative. Et puis, c'était la faute des clients aussi, s'ils n'y voyaient que du feu – quelle belle bande de joyeux abrutis, non mais. « Quand vous voulez vous donner un style... Assurez-vous de bien savoir ce que vous faites, sinon ça marche moyen. » soupira-t-il, à l'attention de son compagnon opiomane – ou disons toxicomane, quel qu'il puisse être.

Il se pencha sur sa table basse en fronçant les sourcils et ouvrit avec scepticisme la boîte en porcelaine qu'on lui avait remise. Un pain de chandoo, un bout de bambou et des aiguilles. Bon, bien, ils savaient au moins ce qu'ils faisaient, ces coupe-jarrets. On n'était pas encore exactement dans une fumerie, mais c'était mieux que rien. Il prit entre ses doigts un morceau de pâte de la taille d'une lentille et la roula en une petite boule, qu'il plaça sur une aiguille, puis de son autre main il alluma la mèche de la bougie dans une nuée d'étincelles bleutées. Il fit chauffer l'opium gras près de la flamme afin de l'amollir, il gonfla, propagea un peu de fumée et il le malaxa au chaud, jusqu'à ce qu'il soit assez malléable, et suffisamment cuit pour ne pas être visqueux.

« A fumer comme vous le faites, vous allez vous encrasser les bronches, c'est tout ce que vous allez y gagner. Faut pas que ça parte en combustion, sinon ça détruit la came, et l'effet est beaucoup moins puissant, vous voyez l'affaire ? » poursuivit-il tout en travaillant la pâte. Lorsque la couleur de la fumée lui convint, il attrapa la pipe à opium, en écailles de tortue, et l'observa d'un œil curieux. Il plaça le bout de l'aiguille propre entre ses dents et entreprit de faire une braise du bout de bambou qu'il avait à sa disposition, avant de placer opium et braise dans le foyer de la pipe. Le parfum résineux qui se propagea en volutes plut à ses narines et il esquissa un sourire en coin en tendant l'instrument fumant à son camarade, par-dessus l'accoudoir du divan. « Tenez, bonhomme. » Il lui lâcha la pipe entre les mains et s'affala de nouveau dans les coussins du divan, en récupérant le tuyau de son narguilé pour se contenter de la fumée épicée de son tabac. « A la pipe, c'est long et délicat, continua-t-il en soufflant dans son tuyau pour délier le tabac. En fait, si vous savez pas vous y prendre, vaut mieux gober le chandoo, simplement. Sinon demandez-leur du laudanum, ou si c'est vraiment le délire du joint qui vous plaît, fumez du haschich, je sais pas. Et ...non, s'interrompit-il, en levant un visage moqueur vers la figure du Sindarin, dont les pupilles s'étaient contractées comme celles d'un chat, me dites pas que vous planez déjà, mon vieux ? »
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MessageSujet: Re: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Ven 29 Mai - 16:11

Toujours des plus fatigué, le Sindarin aux traits fins baya au rythme du rire de son improbable voisin, posa ensuite son regard nonchalant sur le côté pour répondre à un échange visuel.

-Mon pauvre ami... Valendil se frotta les cheveux dans un effet rotatoire, la friction leur donna le volume qu'ils perdaient à force de s'affaisser dans les coussins mouvants des Mille couleurs, continua rapidement, l'homme ne semblait pas apprécier le manque de formalité de l'enfant Epicurien.Alors d'abord de un, j'vous préviens tout d'suite, mon pote, on n'se tutoie pas. De deux, une marque de fabrique, me faites pas rire. C'est comme si vous me disiez que vous vous camiez avec une feuille de salade parce c'est la dernière mode à Tyrhénium – non, vraiment, je peux pas vous laisser faire ça, vous vous faites pigeonner.

Ne releva pas tout de suite les faits de l'homme qui semblait porter un certain attachement aux règles de civilités, il n'y avait que les gosses de riches qui chipotaient pour si peu surtout chez les Sindarins, voilà on y revenait encore, foutu dignité!
Ne vous y méprenez pas, Valendil est toujours impoli avec tout homme, vouvoyer quelqu'un....C'est devenu son oeuvre satyrique, bien plus que tutoyer un étranger serait mal vu, d'ailleurs il se contrefout des règles de formalités, considérez-vous comme un petit veinard, il évitera au moins de vous faire croire qu'il pleut lorsqu'il vous pissera dessus, voyez là une presque marque de sympathie chez lui, à l'heure de ces lignes, certains dansent encore sous cette même "pluie".
Bien sûr qu'il aurait pu le vouvoyer sans se forcer, mais cela aurait été s'ouvrir inutilement à un jeu verbal dont la nonchalance du haut-prêtre laissait transparaître l'ennuie qui l'enlaçait.

-« Oh, mesdames ! Du chandoo et une pipe à opium pour Monsieur, je vous prie! »
Soudainement rappelé par son esprit de se présenter à la réception, il regarda l'homme trifouiller dans sa boiboîte, Nous étions si proche de découvrir l'énigme du faux Opium ! Accompagné de .... Quel était son nom au fait ? Il n'allait pas interrompre dans ces explications, monsieur savait ce qu'il faisait donc méritait un minimum d'attention de la part du Haut-prêtre qui se donna un air omnibulé face à tant de connaissance(?) ! Commença alors la préparation d'une pipe à Chandoo de la part de ce camarade peu orthodoxe, il était rare que quelqu'un extérieur au culte Gélovigien s'aventure  pour parler à cet être qui semble être à la fois si simple, si fragile, si enfantin et si dépravé en même temps que tout ce que pouvait faire le fils de Gréis prendrait forcément des proportions ridicules aux yeux de ces gens, qu'ils se soient croisés du regard, parlés ou même battus, qui font parti des juges de la vie.

« A fumer comme vous le faites, vous allez vous encrasser les bronches, c'est tout ce que vous allez y gagner. Faut pas que ça parte en combustion, sinon ça détruit la came, et l'effet est beaucoup moins puissant, vous voyez l'affaire ? »

-  « Tenez, bonhomme. »

Ce qui était beau à voir dans cet univers c'était la perfection de certains moments, la totale tranquillité, l'avènement de grande choses et les histoires Isthériennes bien sûr!  
Une première latte, le petit clapotement de la lèvre lorsque Valen' renouvelait l'air de ses poumons, une deuxième latte , un léger renvoi du souffle à l'intérieur de la pipe, propageant un rond de fumée dans l'air qui avait vu le jour au niveau de la cloche braisée, troisième latte, il ferma les yeux quelques instants en gardant ses poumons noyés dans un océan de fumée.

me dites pas que vous planez déjà, mon vieux ? »

Vidant ses poumons dans un souffle léger mais régulier, il attendit que la dernière bribe d'opiacé s'échappe pour commencer à parler.

-Je me sens ridicule, tout d'abord pour t'avoir laissé penser tout ce temps que je ne fumais qu'un vulgaire mélange de plante aux faibles vertus psychotropes dont l’œil avisé d'un expert fut berné par la banalité et la facilité de la composition du bouquet, ça sent effectivement l'Opium pourtant, ton nez ne te trompe pas plus que le mien et mon esprit ne serait l'être par tes paroles; Je ne suis pas le genre de client qu'on arnaque et encore moins ici, je fume une composition quasiment équivalente chez moi que ce soit en calumet ou en joint, la seule différence est bien sûr le taux d'opiacé contenu, la poudre d'opium qui est mélangée là dedans vaut bien quelques bons coups de barre je t'assures! Si il était la dernière mode de fumer dans une feuille de salade je me sentirais bien intelligent d'en avoir inventé le concept, surtout que la composition en elle même permet aussi entre autre une meilleure combustion que le tabac ainsi qu'un goût  et une odeur plus tolérable , par exemple utile pour ne pas sentir aussi fort que toi.

Il pouffa un bon coup de rire, quelques têtes se tournèrent aux yeux écarquillés devant si peu de retenue, mais de ces regards Valendil se fichait, quel agréable moment il passait en la compagnie de cet Opiomane dont les divertissements de la vie semblaient lui faire défaut pour se voir payer sa dose de Chandoo à un inconnu.

- Je t'aime bien "bonhomme", il m'est rare de faire des rencontre pour autre chose que des Dias ici, quel est ton nom ? Il y avait quelque chose d'enfantin dans cette question, dans cette façon de parler si spontanée on y retrouvait le gamin qui n'avait ni ennemis ni parents , qui semblait seul et en même temps sans vraiment jamais l'être.

Il coinça le bec en bois du calumet entre ses dents et tendit le bras pour demander un verre, celui-ci ne tarda pas à arriver, versa alors une dose du spiritueux qu'il avait commander dans chacun des contenants puis plaça l'un après l'autre la cuillère ,le petit pain de sucre de la taille d'une phalange  et finit par verser délicatement l'eau froide sur la pelle jusqu'à dilution complète, vint alors le moment de tendre le verre à son voisin.

-Pour ma part on me surnomme Valen', humble voyageur, du moins quand je prends le temps de voyager, je t'épargne l'histoire de ma vie pour aujourd'hui, ça serait dommage que tu t'en aille maintenant, à la tienne !
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MessageSujet: Re: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Sam 30 Mai - 2:39

Léogan, engoncé dans les coussins de soie colorés du canapé, s'enveloppait dans ses fumées de tabac parfumées aux épices au fort accent de vanille et écoutait son gamin à moitié assoupi par l'opium avec cet étonnement sceptique qui lui donnait l'occasion d'exercer ses sourcils flexibles à un panel varié d'acrobaties sarcastiques. La tête blonde ne démordait pas de son tutoiement, à la façon d'une espèce d'adolescent dégingandé qui se complaît dans la rébellion constante contre tout ce qui lui rappellerait l'autorité parentale, le carcan despotique de la société et les adultes en général, et dont les discours inspiraient à Léogan autant d'urticaire qu'un ressassage interminable de vieux con – certainement parce qu'il était père lui-même d'une môme qui avait élevé ce sport au rang d'art à part entière. Et il devait reconnaître qu'il évitait comme la peste ce genre de confrontation, quand il ne la laissait pas jacasser à tort et à travers en faisant la sourde oreille. D'expérience, il savait qu'il ne servait rigoureusement à rien de chercher à riposter, à contredire ou à raisonner dans ces cas-là – sauf à envenimer davantage la discussion. Et s'il était lui-même un fouteur de merde de compétition, les débats stériles avaient la seule vertu de le fatiguer ou de lui porter drastiquement sur les nerfs.

C'était surréaliste, cette faculté que ce garçon avait d'aligner un vocabulaire étudié avec une volubilité pareille alors qu'il planait, à voir sa figure enfarinée, à des lieues d'ici dans une autre stratosphère. Léogan restait très silencieusement absorbé, concentré sur les pupilles étrécies de son interlocuteur, son teint farineux qui lui aurait presque donné de l'inquiétude s'il avait eu un peu plus d'empathie à l'égard de l'espèce humaine dans sa globalité, la fumée de sa pipe qui valsait paresseusement dans sa bouche et sa bouche qui ne cessait d'articuler des phrases étourdissantes. Pourtant en ce qui le concernait, il n'avait fumé aucun psychotrope dans la journée, ni même dans la semaine, et même pas dans le mois – chose qu'il releva pour lui-même avec une satisfaction personnelle un peu surprise. C'est-à-dire qu'il avait ralenti sa consommation depuis son départ de Cimméria, question d'instinct de survie. Et peut-être aussi d'un semblant d'effort pour se sortir du trou.
Quoi qu'il en soit, en plus de persister à tutoyer un inconnu qui aurait préféré se préserver de toute familiarité hypocrite, le tout enrobé d'une vantardise assez snob qui était la marque de fabrique des gens de Canopée, le jeune dandy bercé aux paradis artificiels manifestait toujours une obsession bizarre pour la combustion – au prix même de fumer de la laitue puisque, et c'était vrai il fallait le reconnaître, la laitue, ça prenait plus vite que le tabac. Léogan lui servit une tête particulièrement perplexe et pensa au profond désarroi qu'aurait certainement ressenti son partenaire, ami et frère Fenris, si on lui avait présenté des réflexions pareilles. Si Léo avait repris la fumette depuis quelques mois déjà, après des années d'abstention professionnelle, il maintenait pour sa part un rythme modeste face à Fenris, qui fumait comme un pompier et qui se serait scandalisé d'entendre dire qu'il empestait comme un bouseux quand les cigarettes qu'ils partageaient entre eux avait certes pour base du tabac – traité – mais pour composition principale des épices, de la cannelle, de la badiane, de la réglisse, du cerisier, de la vanille, voire du thé depuis que Léogan avait insisté pour essayer. Bon, ceci étant dit, on n'en était pas encore à fumer de la salade, non. Mais enfin.

« ...si c'est vot' truc. » conclut Léo avec indifférence.

Et puis tout à coup son bonhomme éclata de rire assez fort pour faire se retourner toutes les belles dames et les élégants messieurs aux alentours, avec un commentaire plus ou moins offensant sur l'odeur corporelle de son voisin. Celui-ci eut l'air simplement désappointé et plissa des sourcils avant de plonger son visage dans une de ses manches pour s'en rendre compte par lui-même. Techniquement, il avait pris un bain d'eau chaude avant de se ramener par ici. Il supportait très mal de se sentir sale, malgré ses maraudages qui le plongeaient souvent dans la fange jusqu'au cou – dernière obsession un peu maniaque qu'il conservait de son passé aristocratique, avec un goût prononcé pour les alcools forts hors de prix – mais c'était vrai que ses vêtements n'étaient pas de la première fraîcheur. Depuis qu'il était en cavale, il n'avait pas franchement le loisir de se refaire une garde-robe, de dormir chaque nuit à l'auberge, ni de se changer tous les deux jours. Et avec le temps de chien qu'il se coltinait à Tyrhénium, ça sentait un peu le chat mouillé, ouais, avec des relents de vanille et d'anis, et un vague ton de tabac. Il leva la tête, planta ses yeux noirs sur le garçon et le considéra avec un mépris légèrement agacé. Ce type se donnait un air détaché, habillé simplement dans toute cette parade de paons dont il appréciait le spectacle avec pas mal de condescendance, mais avec son absinthe et ses clopes d'étudiant rebelle, il avait tout l'air d'un gosse de riche trop gâté que la vie n'avait pas gratifié d'assez de baffes pour qu'il s'imagine un seul instant ce que c'était qu'une situation vraiment précaire. Il se croyait différent des autres, peut-être qu'il avait fait quelques bêtises qui lui auraient valu de menus soucis d'ordre judiciaire comme tous les gamins, mais il était précisément pareil à eux en croyant s'en écarter. Ça sentait la pseudo-révolte d'enfant roi à plein nez, et les dieux savaient que si ce garçon entretenait une aversion olfactive pour le tabac, Léogan exécrait viscéralement cet autre fumet.
Enfin. Oui, ça arrivait que les gens ne supportent pas l'odeur du tabac. Il n'était pas dit qu'ils préféreraient flairer des relents de laitue brûlée non plus, ceci dit. C'était peut-être plus original, voilà ce qui lui plaisait sûrement, à ce gus. Léogan haussa des épaules et son regard froid retourna à son narguilé avec indolence.

« Mais après faudra pas s'étonner qu'on traite les Sindarins de bouffeurs de salade. Ou de fumeurs de salade dans vot' cas – une innovation. »

Il leva un sourcil moqueur et exhala un rond de fumée songeusement.

« Mon nom ? Pourquoi, pour faire semblant de vous intéresser, vous et votre odorat sensible ? ironisa-t-il, sans concession pour le ton guilleret et léger du fumeur de salade. Je peux m'en passer. »

Il secoua la tête avec un sourire incrédule, parfaitement insensible au témoignage d'affection très rapide du jeune homme – d'autant plus parce qu'il était rapide et qu'il ne voulait par conséquent pas dire grand-chose. Il s'était toujours méfié des gens sociables, ce n'était pas nouveau et ça n'avait rien de personnel, seulement il ne trouvait pas ça naturel. Et puis de toute façon, il n'était pas question qu'il déballe son identité à Tyrhénium au premier clampin venu, alors qu'à l'est, on cherchait à lui planter la tête sur une pique et au nord à le pendre pour haute-trahison. Non merci, sans façon. Une autre fois peut-être, dans d'autres circonstances...

« Bah vous pouvez m'appeler 'le type au narguilé' si ça vous chante, ajouta-t-il, bon prince, un sourire incisif aux lèvres. Kaled, Jaden, Sham. Merwan d'Al-Ashir et d'Uruk, d'ici, d'ailleurs et de nulle part – septième du nom. Je vous laisse choisir. En fait vous pouvez aussi bien ne pas m'appeler, je n'y tiens pas particulièrement. »

Il lui adressa une petite mine amusée par-dessus son accoudoir, la tête penchée, et expira un nouveau nuage de fumée par les naseaux. Autant faire passer l'anonymat par une pirouette humoristique, il était probable que la tête blonde se pose moins de questions. Présenté comme ça, il prendrait probablement la ruse pour le caprice fantasque d'un misanthrope.
Mais le pique de contrariété que Léo avait ressentie au discours du dénommé « Valen' » s'évanouit presque instantanément quand celui-ci commanda, grand seigneur, un deuxième verre d'absinthe, et qu'il le lui offrit d'un geste élégant. Il papillonna des paupières, pas franchement habitué à ce genre de faveurs gratuites, et attrapa gauchement le verre dont le contenu blanchissait dans un tourbillon de gouttelettes opalescentes. Ou alors c'était un échange de bons procédés. Léogan se prit à espérer tout à coup que son nouveau compagnon de boisson ne s'attendait pas à ce qu'il lui paie sa pipe à opium, parce que ce n'était pas du tout au programme. S'il la lui avait préparé lui-même si méticuleusement, c'était parce que ce joint l'avait littéralement dérangé. Et il n'avait pas d'argent à perdre pour ça. D'ailleurs, dans un recoin fumeux de sa conscience, il y avait la voix de Fenris, qui répétait avec insistance qu'avec le temps qu'il faisait il faudrait trouver de quoi dormir à l'auberge ce soir, manger, accessoirement, Léo, « tout le monde ne peut pas rester à jeûn quarante-huit heures comme certains », et puis si possible de quoi s'amuser un peu.
Il darda un regard songeur sur son pourvoyeur bienfaisant de spiritueux, dit Valen', et le remercia d'un signe de tête reconnaissant avant de lui rendre négligemment son toast. Il but une gorgée rafraîchissante d'absinthe en réfléchissant, et profita quelques instants sans penser à quoi que ce soit d'autre aux notes épicées et florales qui lui restaient en bouche, avec ce soupçon d'amertume, avant de subtiliser le joint de son voisin. Il joua à jongler avec entre ses doigts tatoués et releva la tête pour s'adresser à lui.

« Enfin si ça vous branche, ces machins-là, j'peux vous en procurer une quantité raisonnable pour un fumeur régulier, à bon prix. A meilleur prix que sur le marché standard, en tout cas, ne serait-ce que du fait que j'ai travaillé dans le milieu et que j'ai des connaissances qui y travaillent toujours. Payez-moi un cognac et je vous réserverai une ristourne ! Après tout vous vous moquez pas du monde quand vous offrez de l'alcool. Et c'est tout à votre honneur, Monsieur... Valen'. » acheva-t-il avec un sourire, sur le ton de la plaisanterie.

Il vida le reste de son absinthe en deux fois, avec la descente d'un alcoolique chevronné, et après un petit instant de calcul, il choisit de poursuivre la conversation :

« Vous êtes un habitué du commerce alors ? Ça faisait bien dix ans que j'y avais pas mis les pieds, à l'époque, c'était juste un salon de thé. Maintenant, regardez-moi ça... Et même les filles, je veux dire, elles sont enrubannées comme des paquets cadeaux, ça m'fait mal à la tête rien qu'à m'imaginer les déballer. »
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MessageSujet: Re: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Sam 6 Juin - 21:34

Une dernière inspiration et l'amertume des cendres venaient déjà se mélanger au goût "délicat" de l'opium, l'enfant-dieu vint à poser l'instrument dans un léger mouvement en avant, venant trouver appuie sur ses cuisses à l'aide de ses coudes, il sortit de nouveau une feuille de bambou séchée suivie de sa jumelle qu'il déposa sur l'autre moitié de l’emblématique matériel à rouler des îles, s'ajouta alors une poignée de cette herbe à chat qui finit de donner la consistance à cet impérial.
L'arrogant lança un regard qui laissait paraître une légère désapprobation ironique à en juger par le petit rictus qui se dessinait presque sur ses lèvres.



« Mais après faudra pas s'étonner qu'on traite les Sindarins de bouffeurs de salade. Ou de fumeurs de salade dans vot' cas – une innovation.


Une courte pause relança l'homme.

« Mon nom ? Pourquoi, pour faire semblant de vous intéresser, vous et votre odorat sensible ?Je peux m'en passer.»

Par dessus son épaule Valen' restait attentif aux paroles de son camarade, au même moment attrapait-il ces deux feuilles qu'il "encôna" en spirale, puis regarda son oeuvre sans plus d'émotion.  


-Bah vous pouvez m'appeler 'le type au narguilé' si ça vous chante. Kaled, Jaden, Sham. Merwan d'Al-Ashir et d'Uruk, d'ici, d'ailleurs et de nulle part – septième du nom. Je vous laisse choisir. En fait vous pouvez aussi bien ne pas m'appeler, je n'y tiens pas particulièrement. »


Délicatement la langue de feu de la bougie vint détacher un maigre surplus de feuille pour venir à se consumer dans l'air en chutant, la doux goût de la première inspiration vint laisser abattre le Sindarin lourdement sur les coussins de soie, entre deux taffes la bête à ses pieds vint poser à son côté en montant sans difficulté mais sans se presser, patte après patte pour finir par s'asseoir bravement sur ses postérieures, Valen' lui accula une breve caresse appliquée sur le dessus de son crâne à la limite du visqueux.  

-Vous semblez vous faire bien du souci quant à l'image qu'un Sindarin puisse donner de ces congénères, ça à l'air de vous tenir à coeur, donc ne critiquez pas cet odorat sensible car pour un Sindarin vous êtes sensé en être tout autant doté que moi, m'enfin si c'est vot' truc,faudra pas s'étonner qu'on traite  les Sindarins de malpropres !

Il toussa un rire et lui offrit son sourire lui montrant impertinemment qu'il aimait jouer des mots, ce jeu d'enfant élevé au rang d'art chez les hommes pour critiquer le verbe entre eux, chez Valen' cela n'avait rien de volontairement insultant, du moins pas toujours.
La discussion avait tout de même suivit son court, l'homme n'était pas un simple consommateur, à ses heures perdues il était honnête marchant de pavot!


-« Enfin si ça vous branche, ces machins-là, j'peux vous en procurer une quantité raisonnable pour un fumeur régulier, à bon prix. A meilleur prix que sur le marché standard, en tout cas, ne serait-ce que du fait que j'ai travaillé dans le milieu et que j'ai des connaissances qui y travaillent toujours. Payez-moi un cognac et je vous réserverai une ristourne ! Après tout vous vous moquez pas du monde quand vous offrez de l'alcool. Et c'est tout à votre honneur, Monsieur... Valen'. »


- Tu as peut-être des denrées de bonne qualité mais par principe je ne peux me permettre de commercer avec un inconnu, tu vois ce que je veux dire ? Si tu es du commerce tu dois voir ce que je veux dire ... Après si ta proposition n'es pas du vent il ne tiens qu'à toi de faire le premier pas "l'ami". D'ailleurs cela me rappelle que j'ai une très bonne bouteille de cognac à la maison ... Mais bon je n'ai pas beaucoup de visiteurs pour boire un verre et discuter de la pluie et du beau temps.


Enchaînait alors déjà son camarade les deux dernières gorgées du spiritueux ce qui dénoua sa langue pour continuer à discuter tranquillement entre eux.



-Mouais disons ça, je suis plutôt un bon ami de la patronne, quant à certains de ces cadeaux c'est un débat de goût et... surtout de goût en fait. Il inspira une bouffée de cet impérial et continua, Sinon si je puis me permettre de te demander ce que fait un brave gars comme toi ici, il recracha doucement la fumée,je commence à te cerner, tu fais clairement tâche ici, après je parle peut-être de quelque chose qui ne me regarde pas et je m'en excuse d'avance car tu semble  facilement irritable hahaha! Qu'est-ce qui t'amène à Tyrhénium ? Tu n'es pas forcé de répondre bien sûr, mais ça serait cool je suis super curieux en fait, ça porte à défaut parfois.
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MessageSujet: Re: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Lun 8 Juin - 20:12

Pendant un instant, Léogan se demanda ce qui se passerait s'il prenait cette pipe qu'il avait si méticuleusement préparée et qu'il l'enfonçait d'un coup dans le gosier de ce blanc bec jusqu'à embrocher sa cervelle par le haut et voir si l'embout en écaille saurait défoncer sa boîte crânienne. Il regarda Valendil bien en face, et imagina le tableau, ses yeux vitreux d'opiomane  écarquillés de stupeur, la pipe fumant dans un angle improbable, avec un parfum âcre que le chandoo n'exhalait pas habituellement. De l'agitation de tous les côtés, des femmes qui crient, qui se bousculent et qui tanguent dans leurs robes-paquets-cadeaux, des hommes qui se jettent dans la rue et pataugent sous la pluie avec leurs cannes et leurs redingotes en hurlant à l'assassin et qu'on appelle la maréchaussée, la tache de sang qui resterait sur les coussins le lendemain au matin, la patronne qui mettait Meg à la porte. Il fronça du nez sans rien dire et fit craquer ses cervicales d'un coup sec.
C'était vrai que cet imbécile était agaçant.

« Bons dieux, mais vous avez appris votre potentiel sarcasme d'un putain de perroquet, c'est pas vrai... » soupira-t-il en se pinçant l'arrête du nez avec une pointe de lassitude. Il leva un regard fatigué par la lucarne embuée de la maison, où frappait encore une pluie de tous les diables. « Et puis c'est quoi cette marotte ? Avec le temps qu'il fait, tous les gens normaux qui s'déplacent pas en calèches hors de prix sentent le chien mouillé, et vous avez pas l'air de vous en plaindre. Vous avez grandi où ? Dans des soieries aseptisées de Canopée ? Et en même temps j'dois avouer que se faire reprocher sa propreté par un type aussi visqueux que vous l'êtes – au moins autant que le machin lézard qui vous colle aux basques – c'est difficile à prendre au sérieux. D'ailleurs bon, c'est pas le glamour ultime, dans une maison de passe... A moins que vous aimiez glisser dans tous les trous, ça n'm'étonnerait pas d'un bouffeur d'herbe à chat.  ...fumeur, fumeur d'herbe à chat, pardon. » glissa-t-il avec un sourire pernicieux. Il regagna ensuite un air flegmatique et conclut : « ...vous voyez, là, par exemple, ça casse pas trois pattes à un canard, mais y a un début construit d'insulte. »

L'autre recracha paresseusement une bouffée d'opium, dont le parfum résineux vint flatter les narines de Léo – encore une pipe comme ça, et ce gamin partirait au pays des rêves. Il faudrait en venir rapidement au fait avant qu'il ne s'assoupisse dans ses coussins...

« La patronne ? reprit Léogan, en profitant que Valendil expire toute sa fumée par les naseaux. Vous voulez dire Isara Calaelen ? Hé ben mon coco, z'êtes un privilégié, c'est pas tous les jours que la dame descend de sa tour d'ivoire... »

Il afficha un air très clairement sceptique et observa d'un œil vif la réaction de son interlocuteur à moitié assoupi. Et puis la tête blonde en vint encore à poser des question – c'est fou ce que rendre un menu service aux gens les rendaient indiscrets. Léogan n'avait jamais compris cette disposition. Il y avait des façons plus habiles de remercier ses bienfaiteurs... Quand il y avait de vraies raisons de les remercier. Bref, il n'aimait pas les questions. Et la plupart de ses agissements gagnaient mieux pour tout le monde à rester secrets, en particulier celui-ci. Si on venait à savoir qu'il était hanté par un esprit malfaisant dont il hésitait à se libérer en lui offrant l'intégrité... Non, il se ferait pourchasser par les Gélovigiens sous prétexte de flirter de trop près avec des démons. Il avait assez d'ennemis dans le genre.
Et puis le gamin avait dit être de passage, c'était un voyageur – sa dégaine lui donnait visiblement raison. Il ne savait sûrement rien de cette épée, quoi que Léo aurait sincèrement aimé trouver des informations sans avoir à se fourrer dans les jupons de Mégara. Il tourna la tête vers la Sindarine, qui prenait les mises à la roulette, et sourit en coin.

« Affaire d’État. Je suis en mission pour le bien et le bonheur de l'humanité. » Il fixa le jeune homme un long moment de ses yeux froids et opaques, l'air effroyablement sérieux. Et puis, peu à peu, comme une goutte d'encre se dilue dans un verre d'eau, son flegme habituel se propagea sur son masque de sévérité, gagna ses lèvres qui esquissèrent un rictus et il lâcha un nuage de fumée en pouffant-toussant à moitié, la tête renversée en arrière. Après un petit instant, il s'accouda sur le bras du canapé pour se pencher à nouveau vers Valendil, un sourire goguenard plaqué sur le visage. « Mais dites-moi, puisque vous avez l'nez si fin, inspecteur, j'aimerais bien entendre vos déductions. Vous dites que vous commencez à me cerner ? »

Il plongea son menton dans la paume de sa main, attentif comme peut l'être un chat sournois qui garde une idée derrière la tête. Ça pouvait être intéressant, d'entendre ce qu'il avait à dire sur son compte. C'était toujours intéressant de laisser les gens parler. Intéressant, et divertissant. Alors, vas-y, chante, beau merle. Il y a une oreille pour t'écouter.
Puis, une fois l'avoir écouté de bout en bout, il se laissa retomber dans le divan pour continuer de fumer, en faisant tristement tourner dans sa main son verre d'absinthe désormais vide.

« Après, en ce qui concerne nos transactions – toujours à la condition de ce cognac, et oui, j'y tiens, à défaut de pouvoir passer chez vous aujourd'hui – si vous ne connaissez pas mon intermédiaire, c'est que vous êtes un vrai gland dans le domaine. Mais bon, puisque vous être un bon ami de la patronne de ce bordel de standing, je suppose que mon contact ne vous est pas étranger, vous ne devez pas être pas un nouveau-né dans les affaires. Les frères Skirnir, ça doit vous parler quand même ? »

Il esquissa un sourire encourageant par-dessus son narguilé, les yeux brillants. Il y avait bien un à deux siècles qu'il avait travaillé en se faisant passer pour le frère de Fenris dans la région, et comme désormais celui-ci faisait cavalier seul en marchandant avec toutes les fripouilles de Tyrhénium, le nom était resté comme gage de qualité. Généralement, Léogan traitait avec les cultivateurs des herbes des oasis ou les caravanes de nomades à Argyrei, convoyait la came, l'alcool, le tabac, les armes, la poudre d'intra volée, la fausse monnaie, bref les produits habituels du marché noir, jusqu'aux côtes de Pharis ou jusqu'à Mavro Limani où Fenris les embarquait et leur faisait faire le tour du monde. Les fournisseurs, ils les avaient toujours eus dans la poche, pour les connaître personnellement. Pour les clients, comme ceux de Tyrhénium, ils avisaient souvent des marchés à deux. Léo n'étant pas franchement identifiable en tant que Sindarin, il n'était pas mal-aisé de laisser penser qu'il était le frère de Fen – quoi que ses traits de ressemblance avec un colosse de plus de deux mètres blond comme les blés étaient à l'évidence limités.
Bref, à l'heure où il devenait toujours plus difficile d'acheter sa pinte et son pain quotidien pour les braves gens accusés de haute-trahison d'est en ouest, il était temps de refaire surface avec ce vieux nom d'emprunt. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas fait de travaux crapuleux pour son propre compte, et vous savez quoi, au fond, ça lui manquait.
Léo fit rouler son embout d'ambre entre ses doigts.
Les affaires reprenaient. Mégara, qui avait l'oreille assez fine pour avoir entendu ce nom, le fusillait du regard, de l'autre côté de la table de jeu. Il lui adressa un petit salut des deux doigts, l'air moqueur.

« Et vous au juste, releva-t-il, tranquillement en se retournant vers Valendil, les yeux allant et venant entre sa bestiole crasseuse et son habit simple, c'est quoi votre genre de fille, puisqu'on débat des goûts et des couleurs ? Les robes à fanfreluches avec trois étages de falbalas, garnies accessoirement d'une courtisane à l'intérieur, ça vous tente ? »
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MessageSujet: Re: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Lun 29 Juin - 19:03

Valendil scrutait efficacement la pièce pendant que son camarade lui offrait un beau discours sur les moeurs du demi-dieu, discours qu'il occultait machinalement comme l'enfant qui n'attendait de ces mots que celui qui sonnerait comme une autorisation à pousser le vice.
Certes il entendait le fumeur au narguilé d'une oreille, mais était bien trop occupé à déchiffrer son environnement pour trouver ce qu'il clochait . Ses pupilles rose ambrés se posèrent  sur les mouvements d'un homme d'une trentaine d'année physiquement qui s'était assit à la table de la roulette , les bras croisés, sans verre, sans même un cigare en bouche, un faux joueur intégré au cadre, cet homme était bien trop à l'aise  pour que ce soit aussi naturel dans ce décor de plaisance. Val' pointa discrètement du doigt la dite Megara placée à la place du dealer et entre deux inspirations de fumée cracha :


- Je t'offre une partie ? Dit-il  en posant son regard nonchalant et vitreux sur le chien errant avant de lui lâcher un large sourire qui laissait deviner des souvenirs qui remontaient à la surface de cet esprit abyssal.


J'ai déjà vu cette femme, elle  traînait avec du beau monde à Canopée autrefois, ni toi ni cet homme au comptoir n'avaient la prestance pour ce genre de mondaine, je l'ai vu sucer un Aristo y'a pas un siècle, à moins que ce soit ...Soit il faut dire que c'est difficile de reconnaître une donzelle dans ce genre de situation... Pour quelle occasion était-ce déjà? Une réunion des têtes si je me souviens bien, est-ce que c'est dans ce genre d'endroit que tu t'attendrais à voir une putain toi ?


Il se secoua les cheveux et reprit:


Il faut dire que les temps sont durs pour tout le monde à priori... Mais tu te rends comptes quand même que tu t'es fait hameçonné ?  Ce gars au comptoir t'attends depuis ton arrivée , je te parie 100 Dias que si tu sors dehors maintenant, d'ici cinq minutes il est parti à ta poursuite à travers les rues avec deux-trois gus qui gardent les armes,ils font ça proprement et d'ici quelques semaines on retrouverait ton cadavre probablement pourrissant au grès d'une rivière bouffé par les poissons tout ça parce qu'il est devenu difficile pour une femme sale de se faire de l'argent propre.



Le sourire qu'il affichait avait laissé la nonchalance reprendre la tendance.
Il fit une courte pause histoire de tapoter la tête d'Emeth qui clapotait légèrement suite au mucus qui recouvrait son corps ce qui le fit de nouveau sourire. Un vrai enfant!

Ce que je pense c'est que dans la société dans laquelle nous vivons les femmes ne devraient pas se retrouver à quatre patte pour survivre, je suis quasiment sûr que tu connaissais bien cette Megara, je t'ai vu lui parler tantôt, mais je suis aussi certain qu'elle a parler de toi à l'autre homme, il t'a déjà balancé deux ou trois regards par dessus son épaule, et ce n'est pas ma Salamandre qu'il regarde à moins d'être un  collectionneur d'espèces rares tropicales.

Pour ma part  je veux bien que tu sauve l'humanité, ça m'arrangerais même mais tu as l'air d'avoir assez de problèmes personnels comme ça pour te laisser seul le fardeau du monde mon bon Jean-Eûde.

Il fit signe à une des poupées de la maison d'arriver prestement d'un signe du doigt, ses hanches serrées dans cette robe des plus courtes dont une moitié de cul au moins dépassait des jarretelles rouges se retrouvèrent au niveau du visage de J-E lorsque celle-ci se pencha pour écouter la requête du demi-dieu, elle repartit ensuite à son rythme, probablement déçue des quelques mots sans amour qu'il lui avait balancé au creux de l'oreille.
Il attendit quelques instants le temps de laisser réfléchir ce nouvel "ami" quant à la situation qui s'offrait à lui puis relança de nul part la question de l'autre:


Concrètement ce que je préfère chez les femmes c'est quand elles sont en vie, après tout se discute bien sûr ! Dit il en lâchant un clin d’œil en coin au dénommé Jean-Eûde. Arriva alors une bouteille de Cognac d'une belle couleur ambré, encore scellée au goulot que le demi-fessier déposa face à ce nouvel "ami".

J'eu cru comprendre que j'avais totalement oublié d'écouter ce que tu me disais juste avant vu que j'étais parti un peu loin, je me suis dit que ça serait la meilleure façon que tu ne m'oblige pas à devoir me justifier, puis comme ça quand tu saura pas quoi faire tu te payera un bon verre de Cognac 10 ans d'âge et tu te motivera à me livrer la came, si tu te fais pas planter au coin de rue par quelques "bonshommes" avant. Il lâcha un rire léger.
On va dire que notre contrat sera officialisé une fois que j'aurais testé tes produits, d'ici là je te souhaite une bonne dégustation l'ami, peut-être te prépare-tu à boire ton dernier verre, je m'en voudrais que tu partes en regrettant un bon Cognac!
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MessageSujet: Re: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Sam 4 Juil - 1:00

Léogan refusa l'invitation à jouer à la roulette d'un signe de tête peu avenant. Il n'était pas venu ici pour faire des paris au milieu d'une foule de bourgeois empâtés. Il écoutait le baratin élégant de sa tête blonde, tout en paraphes esthétiques, du début jusqu'à la fin, affalé au fond de son sofa, fumant son narguilé et l’œil fixé sur lui comme une marée dormante où s'abrite un orage. Il se disait, en suivant la dissertation de Monsieur Valen', qu'aligner autant de vulgarité à la minute d'un air si pompeux, c'était un peu comme tenter de faire de l'art avec de la merde. Au fond, quoi qu'on fasse, ça restait visqueux et dégueulasse. Parfois il avait l'impression d'être devant un gamin qui avait gagné le droit de sortir autant de grossièretés que possible et qui s'en donnait à cœur joie sans autre besoin de les justifier que le droit qu'il avait de les dire. Bien entendu, Léogan était, chaque heure que les dieux faisaient, un des pires butors mal embouchés que la terre avait jamais porté. Il s'était toujours voulu d'une très grande inventivité et d'une parfaite truculenterie quand il s'agissait de sortir une insulte ou de se défouler à coups de vulgarités – et il savait faire preuve d'un cynisme particulièrement odieux, pourtant en l'occurrence, il ne comprenait pas tout à fait ce qui poussait cet homme à cracher autant d'obscénités et de conneries.
En fait il entrevoyait deux explications. L'une : le plaisir de la provocation gratuite, ou l'espoir d'arracher une réaction à son interlocuteur, qui donnerait du grain à moudre à sa curiosité – mais cela le laissait sceptique. L'autre : la bêtise absolue. Ou alors le pauvre avait perdu un pari. Un grain d'espoir le fit pivoter la tête de droite à gauche, dans l'idée d'y trouver les comparses ricanants du jeune homme qui était en passe de devenir à ses yeux le type le plus insupportable de stupidité qu'il avait rencontré ces dernières semaines – des fois que ce ne soit pas volontaire, il y avait peut-être une chance.

Et puis, non.
Léogan se massa la nuque avec une gêne et une tension grandissante – quelque chose courait sur ses nerfs et lui donnait de sales idées qu'il avait de plus en plus de mal à contenir, en particulier quand son voisin entreprit avec toute la tranquillité du monde d'insulter Mégara. Mais il ne dit pas un mot. Il se contenta de creuser quelques sillons sur le bois de sa table basse avec l'ambre de son embout de narguilé, les yeux toujours plantés comme deux dagues dans les yeux rouges comme des rubis de Valendil.
Il ne le lâcha du regard que pour scruter furtivement l'homme dont il parlait, un type en habits de ville, trempé, qui avait l'air de se réchauffer devant la cheminée. Et puis une femme de la maison passa près de lui en se trémoussant pour répondre à l'appel de cet universel bienfaiteur aux poches pleines à craquer de dias qui l'avait appelée pour commander un cognac. Il le remercia d'un signe de tête discret, toujours silencieux, et décida de prendre une bonne bouffée de tabac aux épices, qu'il expira par les narines, les yeux à demi-clos, pour retrouver un peu de sang-froid.
Et puis il sembla que Valendil avait fini de dire ce qu'il avait à dire. Léogan renifla. Il prit une nouvelle inspiration de son narguilé puis s'avança à l'extrême bord de son canapé pour s'accouder sur ses genoux, faire face à son voisin, doucement, à quelques centimètres de son visage, et lui murmurer du ton le plus paisible du monde :

« Vous êtes en train de... tester ma jauge de tolérance ou ce que vous dites est sérieux là ? Non parce que si c'est un coup de poing dans le pif que vous attendez, j'peux aussi vous le donner gratuitement. »

Son nez se fronça et il se recula avec une mine de profond mépris.

« Vous vous méprenez, je crois, sur les intentions de mon hôtesse. Si Mégara avait eu la moindre envie de me balancer à un chasseur de primes en échange d'espèces sonnantes et trébuchantes, je serais déjà mort depuis quelques … nombreuses décennies. Elle est plus du genre à me séquestrer dans un placard pour empêcher la milice de me mettre la main dessus. Elle n'a rien d'une... « putain », comme vous dites. » Il esquissa un sourire crispé. « Au-delà d'apprendre à faire la simple différence entre une prostituée et une femme entretenue – une personne prisée et cultivée, une maîtresse publique, une courtisane, si vous voulez – et avant de vous plaindre de ce à quoi la société réduit une femme, vous devriez commencer à parler avec plus d'égards de l'une comme de l'autre. Une prostituée vit du matin au soir dans la misère, avança-t-il très froidement. La nuit, elle attend qu'on pose les yeux sur elle pour dormir au chaud, et si c'est avec un gros porc, ainsi soit-il. Alors avec un minimum de considération – et je ne parle pas de votre révolte hypocrite pour la condition féminine – le mieux qu'on ait à faire c'est de la traiter en duchesse, pas en chienne dont on discute des ébats avec le moindre inconnu croisé dans une maison de jeu. » Il s'interrompit un instant, le regard absorbé par la couleur ambré de son ballon de cognac, et il en but une gorgée, d'un miel corsé, légèrement boisé, avant de reprendre avec autant de sécheresse et de franchise : « Si je devais vous dire le fond de ma pensée, sachez que vous ne valez pas mieux pour moi que les gorets qui se font avaler le sifflet et dont il vous plaît tant de parler. Vos réflexions ne volent pas plus haut que leurs gros derrières. »

Il inclina la tête poliment et reprit :

« Mh. Autre chose. A mon avis, en ce qui concerne les orgies dont vous dites avoir été le spectateur à Canopée, vous aviez sûrement trop fumé de salade, d'herbes à chat, de pâquerettes, de pâté en croûte – ou tout ce que vous voulez – pour vous souvenir que vous étiez en réalité dans un bordel d'Hespéria. Les Sindarins de Cebrenia en ont foutu dehors pour moins d'inélégance que ça. »

Léogan avait participé à beaucoup, beaucoup de parties fines à Canopée, autant que n'importe quel jeune soldat dans la fièvre de ses permissions, c'est-à-dire à toutes celles qu'il pouvait, et aux plus dévergondées si c'était possible. Si on n'y fumait pas de salade, dieux merci, les dames ne se cachaient pas non plus derrière un buisson pour tailler des pipes aux messieurs. Les elfes avaient une notion raffinée des actes d'amour et la seule idée de se mettre à quatre pattes devant un inconnu pour nettoyer la tuyauterie en plein milieu d'une soirée glauque à souhait, aurait fait frémir d'horreur le plus débauché de ses congénères cebreniens. On n'était pas contre le principe de la fellation, bien entendu, mais il y avait des moments pour, et on ne demandait pas à la première fille qu'on croisait de s'y prêter. C'était vulgaire.
Bref, Valendil n'avait pas l'air d'avoir tant fréquenté la cité des bois qu'il n'y paraissait.

« Et même remarque pour aujourd'hui. Je sais pas où vous vous croyez, mais on est aux Mille Couleurs, Seigneur Valen', pas dans les bas quartiers de Tyrhénium. Les femmes ici, vous les appelez « madame » et par leurs prénoms seulement quand elles vous y autorisent, et vous leur mettez pas une claque sur les fesses en passant, parce qu'elles vous en retournent une dans l'entre-jambe avec l'accord tamponné et signé de la patronne, que soit disant vous connaissez. »

Il reposa le bec de son narguilé sur la table d'un petit geste sec et se releva tout à coup de son sofa, époussetant machinalement son cafetan indigo et mettant la main sur son feutre noir, qui traînait sur la table. Il vissa le chapeau sur sa tête et jeta sa tête en arrière pour s'envoyer le fond de verre d'alcool qu'il lui restait. Étouffant un soupir de satisfaction, il reposa le ballon près du narguilé encore fumant et avançant de quelques pas vers Valendil, qu'il toisa d'un air très neutre.

« Merci pour le cognac. Ce doit être ce que vous m'avez donné de meilleur à voir de votre personne pour aujourd'hui. Si on peut le considérer comme part... de votre personne. » Il esquissa un geste confus vers Valendil pour le désigner dans son ensemble. Puis il haussa des épaules et se redressa en enfonçant son feutre sur sa tête. « Si vous êtes toujours intéressé par ma proposition, néanmoins, je ne dis jamais non à de nouveaux clients. Mon associé me tuerait si je jetais encore de l'argent par les fenêtres. Alors c'est pas dans mes habitudes de faire journée porte ouverte, mais vous pourrez tester si ça vous chante. En tout cas je vous dois un prix. Pour ce cognac. Bref, à vous de voir, je serais à la Croisée des Colporteurs, dans la basse ville, quand la nuit sera tombée. A moins que vous ne craigniez d'y rencontrer quelque plébéien crasseux ou quelque croquemitaine de votre imagination, bien entendu. Salutations, Monsieur. »

Il tira le bord de son chapeau pour lui adresser son au revoir et se détourna sans un regard en arrière, fermant étroitement les pans de son cafetan. Les yeux fixés avec une froideur noire sur le jeune homme au manteau rapiécé au coin de la cheminée, il avançait sur lui à grands pas réguliers, le poing fermé sur la garde de sa rapière. L'autre, alerté par le bruit sec de ses bottes sur le parquet, finit par lever la tête vers l'ancien militaire et blêmit tout à coup. Léogan s'arrêta pile devant lui et constata avec une certaine satisfaction qu'il le dominait de presque une tête. Il ne leva pas la main sur lui mais le considéra de longs instants avant de siffler discrètement entre ses dents :

« Bon, vous êtes qui, vous ? Qu'est-ce que vous foutez là ? L'autre pâlichon là-bas derrière me dit que vous me fixiez comme si vous vouliez me faire la peau à la sortie. J'en suis pas tout à fait convaincu, mais si c'est le cas, j'vous propose d'y aller tout de suite parce que j'ai une sévère envie de passer mes nerfs sur quelqu'un...
– Heu... Oui ? Non ? »

Le jeune homme, qui tremblait des genoux avec force, chancela sur place et recula d'un pas. Ce fut suffisant à Léogan pour conclure qu'il n'avait d'un chasseur de tête que les hardes déguenillées, et combien il était aisé de juger de l'identité et des actes d'un homme à son habit. Un rictus fin se dessina sur ses lèvres, tandis que l'autre bredouillait qu'il n'était qu'un serviteur de la maison, un coursier qu'on faisait aller et venir en ville de tous les côtés, et qu'il n'avait pas voulu abîmer sa seule livrée dans les intempéries ce jour-là. Et il l'aurait certainement supplié à genoux, larmoyant sur le sort de sa pauvre mère, de le laisser en vie, si Léogan n'avait pas tapoté son épaule d'une main plus compatissante pour l'inviter à continuer tranquillement son laïus. Mégara, quand elle l'avait vu rentrer dans la salle de jeux et au moment où il était passé à sa portée, l'avait attrapé par la manche et chargé de transmettre un message « au monsieur habillé comme un clochard et qui fume un narguilé au fond, enfin ce sont ses termes, je ne m'aviserais pas de vous manquer de respect, Monsieur, euh, et bien entendu, je ne voulais pas vous déranger, vous étiez en pleine conversation avec cet autre Monsieur, alors j'ai préféré attirer votre attention, mais c'était sans doute maladroit, j'en suis navré, vraiment navré... » Léo lui offrit une clope, qu'il lui alluma, bon prince, pour le mettre plus à l'aise, et le coursier fuma à petites bouffées pressées en lui donnant le nom d'une rue du quartier commerçant, le boulevard de la Wyverne Hurlante, qu'il présenta selon les termes exacts de Még' comme « une avance sur le paiement total ». Il ajouta qu'elle serait plus prodigue en renseignements s'il la retrouvait demain à midi au Luth fumant, une auberge comme il faut qui faisait le coin de la rue des Mille Couleurs, et qu'il honorait sa parole de gentilhomme, qu'il lui avait donnée à une autre occasion. Sa soirée à elle était malheureusement réservée au comte de Valville, qui l'entretenait très gracieusement en ce moment, et auquel elle ne refuserait rien, jusqu'à se trouver un bienfaiteur plus généreux, ou plus amoureux.

Léogan, ragaillardi par cette petite victoire, remercia le jeune homme de son regard le plus bienveillant, à défaut d'une pièce qu'il aurait pourtant méritée après s'être fait insulter de malandrin et à moitié agresser dans le processus. Mais Léo n'avait pas d'argent, comme on le sait, et il se dirigea à pas de chat vers Mégara, qui se tenait toujours près de la grande roulette de la salle de jeu, qu'un hôte de la maison faisait tourner en annonçant des résultats applaudis humblement. Il se glissa à ses côtés comme si de rien n'était et vit sur la figure de l'homme aux moustaches et aux élégantes pattes blondes qui la tenait près de lui qu'il devrait être concis et rapide.

« J'ai bien reçu le message, chuchota-t-il en faisant mine de s'intéresser aux enjeux. Fais payer ma note au p'tit con qui fume de l'opium, dans le coin là-bas.
– Je peux pas faire ça, Léo, murmura-t-elle, sans le regarder, les épaules tenues étroitement entre les bras d'un noble bien habillé.
– Tu le fais ou je l'égorge à la sortie, lui aussi, souffla-t-il d'une voix qu'il veilla à n'être perceptible qu'à l'oreille de la Sindarine, avant de lever le ton à dessein, avec un jeu de sourcils narquois. Il t'a traitée de catin suceuse d'aristos.
Quoi ?! s'étouffa-t-elle, les yeux ronds.
– Que dites-vous ? sursauta son compagnon en veston, en cessant finalement d'ignorer la présence grossière de Léo.
– Valville, laissez, je vous en prie, ordonna Mégara, d'un ton tout à coup plus affecté.
– Mais, Madame... s'offusqua le comte en se ratatinant sur lui-même.
– Et il a supposé que tu étais assez dans le besoin pour me vendre à ton petit coursier, là, qu'il a pris pour un chasseur de prime, poursuivit Léo, sans se démonter, en veillant à être bien entendu de Valville. Vraiment, c'est du gâchis, avec un talent de déduction pareil, on devrait l'engager dans la milice urbaine.
– Je m'en vais provoquer ce pétrousquin en combat singulier, Dame Gil'Estel, je ne peux pas tolérer... s'exclama le comte qui devenait cramoisi à mesure qu'il en apprenait.
– Je n'ose pas imaginer ce que vous auriez fait s'il s'était agi de votre épouse, le coupa cavalièrement Léogan, les bras croisés et le sourire moqueur. Mais on m'a dit que vous aviez de singulières façons de remporter vos duels, Monsieur le comte, certains rapportent qu'il vaut mieux que votre adversaire perde pour ne pas se retrouver demain dans une geôle du régent...
– Comment ? s'étrangla Valville.
– Luter, mon ami, reprit Mégara avec agacement, repoussant fermement du coude le gêneur, si je veux être respectée par la clientèle, c'est à moi de m'en charger. Léo, la ferme, acheva-t-elle en se tournant vers lui, l’œil furibond.
– D'accord, acquiesça-t-il aussitôt, en détournant distraitement la tête.
– Ne faites pas attention, Luter, c'est un idiot. Il est déjà poursuivi par tout Phelgra et il cherche encore le moyen de s'attirer des ennuis.
– Még... grinça-t-il, dépité qu'elle discute si légèrement avec un autre des avis de recherche qui le ciblaient.
– Tu n'avais qu'à te taire ! »

Elle le fusilla de nouveau du regard et se défit de l'étreinte de son prince pour traverser la salle au pas de charge. Valville et Léo se tournèrent ensemble vers Valendil et un élan de compassion commun les envahit subitement, tandis que Mégara Gil'Estel commençait à lui donner de la voix, les mains campées sur sa taille de guêpe.

« Alors vous vous sentez de répéter les insultes que vous crachez dans le dos des gens, vénérable Haut-Prêtre ?! » Haut-Prêtre, tiens. Léogan nota cet élément, tandis qu'il s'écartait silencieusement de Valville, dans l'idée de s'esquiver par une sortie de service. Le comte, quant à lui, avait commencé à échanger quelques messes basses avec des voisins courroucés qui s'étaient enquis de la raison de la colère de sa dame du moment. « J'ai une alternative simple pour vous : vous payez pas moins du prix que je vais vous fixer – puisque j'ai selon vous très manifestement besoin d'argent, hein, on va passer par là – sinon je vous fous dehors illico, et je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour vous interdire à vie l'accès à cet établissement, c'est bien clair ?! Léo, te barre pas maintenant, j'ai besoin de quelqu'un pour lui mettre son pied dans le fondement s'il refuse ! »

Léogan s'arrêta en grimaçant, comme un gosse pris sur le fait, et se retourna crânement vers elle. Il toussa un coup et commença :
« Je plante pas mon pied dans des culs pareils, ma chère, fussent-ils bénis par un immortel. L'un de tes preux chevaliers aura peut-être la foi de froisser un peu son futal pour venger ton honneur. Monsieur le comte de Valville a déjà l'air sur le coup, ajouta-t-il en désignant le noble aux pattes blondes qui s'échauffait déjà au milieu de ses amis. Moi, je n'suis qu'un humble plébéien qui, de tout cœur, vous salue. »

Léogan tira son chapeau à tous ceux qui le regardaient encore et poussa sans plus attendre le battant de la porte, tandis qu'une protestation le poursuivait jusque dans la rue en retentissant tyranniquement :

« Lééééo ! N'oublie pas, tu m'en dois encore une ! »

HRP :
 
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MessageSujet: Re: Une épée ,Deux Sindarins ,Trois mois en arrière [Quête]    Sam 11 Juil - 14:30

Il semblait que Val' avait rencontré la tête blonde qui allait amuser sa journée déjà bien entamée, s'approchant doucement du visage de cet enfant qui ne portait aucune restriction à ses mots, qu'il lançait comme des couteaux  à l'aveugle dans cette pièce pleine de bourgeoisie imagée par la caricature du tendancieux " regarde mais tu touche pas" sans faire fi des cibles qu'il touchait de ses dangereuses paroles. Mais un enfant n'est pas censé comprendre ce genre de choses, alors Valendil oublie qu'il est un salaud et attends le retour de médaille afin de la faire avaler à quiconque ose cracher sur le vautour de rubis.
Val' lâcha un filet de fumée comme une flèche sur le visage bien trop près de l'amical dealer et ne prit pas le temps de répondre,qu'il s'énerve, soit! Le mensonge n'est pas un défaut que le Haut-prêtre accepte volontairement d'en faire le vice, ce que les gens ne comprennent généralement que trop tard.
Il le regardait avec son sourire moqueur, très bien déblatère l'ami, lorsqu'il eu fini, Valendil lui arrangea son plus beau regard accompagné de ce sourire malsain.

- A la prochaine alors bonhomme ! Tout en lui faisant un signe de la main et attendant patiemment les ennuis qu'un couillon d' extrapolateur avait eu l'occasion de blablater à l'instant , la conversation qu'il avait eu l'occasion d'entendre non loin de là, finie par lui donner raison, un Canopéen sans aucun doute ce bon gars qui cherchait à attirer les ennuis à notre bel Hérault assit au loin, l'erreur était humaine et le pardon divin. Valendil se pardonna tout de suite son erreur sur la personne puis occulta cette vilaine bévue de sa bien longue liste d'analyses réussies qui dominait de très loin celle des échecs.


Arriva alors avec toute sa prestance la gente dame Mégara, il l'attendait, elle , son piètre bras armé et ses oreilles encrassées , qu'ils arrivent dans l'ordre qu'ils veulent, Valendil avait prévu sa batte pour frapper le triple home-run.



« Alors vous vous sentez de répéter les insultes que vous crachez dans le dos des gens, vénérable Haut-Prêtre ?! »

-Ne faites pas la bêtise de provoquer un débat sur un quiproquo... Ne vous sentez pas menacée, asseyez-vous plutôt que l'on règle ce conflit en gens civilisés pour quatre phrases que votre pigeon voyageur vous a lâcher avant d'essayer de se carapater.


« J'ai une alternative simple pour vous : vous payez pas moins du prix que je vais vous fixer – puisque j'ai selon vous très manifestement besoin d'argent, hein, on va passer par là – sinon je vous fous dehors illico, et je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour vous interdire à vie l'accès à cet établissement, c'est bien clair ?! Léo, te barre pas maintenant, j'ai besoin de quelqu'un pour lui mettre son pied dans le fondement s'il refuse ! »



-....Très bien, vu qu'ici il n'y a à priori que juge et bourreau, je me permets de comparaître pour ma propre défense, je doute qu' Emeth se mette à parler de toute façon.




La dame n'avait pas l'air de vouloir s'asseoir, un puissant coup de vent la fit tomber le cul sur le divan face à Valendil et s'approcha de son visage, elle n'avait aucune crainte, elle se savait en bonne compagnie si il lui arrivait malheur puis de toute façon Valendil n'était pas un violent et encore moins avec les femmes, fallait-il avoir la foi de lever son bras pour frapper et plus de foi encore pour envisager l'éventualité de coller un revers sur un visage délicat.




-Il était à peu près à cette distance lorsqu'il a commencé à prendre votre défense, il doit probablement connaître la personne avec qui vous fricotiez vu que vous semblez proches, peut-être que la mémoire lui fait défaut mais il a probablement oublié de vous dire que ce souvenir que j'ai de vous remonte à un siècle au moins, et qu'il n'est pas conseillé que je crache le nom de cet ami dans cet endroit, j'ai déjà bien trop de problèmes avec Canopée pour risquer de me mettre à dos une autre grande Famille. pourrais-je vous le dessiner avec mes quelques miettes d'herbes à chat sur la table que souvenirs vous reviennent.


Et il commença car la dame avait sa curiosité éveillée, se souvenait-elle du jeune Valendil quelques siècles plus tôt? Probablement pas mais son visage se crispa légèrement lorsque le nom  Jézékaël se fit deviner. un coup de vent de la main et ils n'étaient plus qu'eux deux dans la confidence.



-Il était assez tard dans la soirée, je ne me suis pas permis de vous suivre bien longtemps, sur un malentendu qui plus est, c'était à notre ami commun qu'il fallait que je parle, mais la compagnie d'une telle beauté méritait bien quelques instants d'intimité, je n'ai fais qu'attendre que vous finissiez vos affaires, soit plusieurs heures après pour envisager d'attraper mon oiseau en vol. Giflez, blâmez, insultez, certes ce n'était que  purement théorique pour la petite fellation mais ce sont des choses de la vie tout de même, rien de bien choquant de mon point de vue, ça m'a juste permis de démontrer que pour un dealer c'est une sacrée grande gueule qui se croit tout savoir. Au moins ça nous fait un point commun certes, mais après une bouteille de Cognac gracieusement offerte et des paroles qu'il a jugé déblatération, sa facture a une bien meilleure place dans son fondement que sur ma table.
Pour ce qui est de l'atteinte envers votre personne, je m'excuse pour lui si les quatre paroles qu'il eu voulu retourner contre ma personne pour probablement me donner une leçon de vie n'a pas eu son effet, pour ma part je m'excuserais du certes manque de tact dont j'ai fais preuve, il y a des façons de le dire et j'ai certes été un peu cru, excusez-m'en.



Le fauteur de trouble n'était plus, Valendil se permit alors de reculer, il avait fini d'argumenter sur des paroles déformés par un homme sans argent pour payer son tabac. il lâcha tout de même un regard froid au bras armé de la dame.


-Si mes paroles n'eurent suffit comme preuve, si votre champion le veut je me battrais pour ne serait-ce mon honneur d'homme. Et si vous vouliez faire descendre la patronne ça m'arrangerais bien des explications, elle me mettrait probablement deux belles gifles mais pas pour notre petit différent.

Il se leva ensuite, réarrangeant ses vêtements, attrapant la Larme à une main , Emeth glissant pour se positionner à sa gauche.

- Cela sera tout ? Il me faudra retrouver notre nouvel ami commun , j'ai quelques clauses à mettre en évidence avec lui, il ne devrait pas être bien difficile à retrouver avec cette vieille odeur... Alors Monsieur Valville, si vous avez toujours des tords à me reprocher je vous attends dehors d'ici cinq minutes, passé ce délais je partirais bredouille sur un commun accord.
Mademoiselle Mégara vous méritiez plus ce Cognac que votre ami, mais bon il faut bien que jeunesse se fasse Hahaha !



Et il passa la porte, face aux Milles couleurs, dos au mur il attendit la première minute de son temps précieux en de rares exceptions.
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