[Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]



 
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 [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]

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MessageSujet: [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]   Lun 25 Mai - 2:28


Mois de Famael 1303 – Argyrei, Amaryl, La Masure.

Le mois de Famael baignait toute une partie des paysages du continent d’un voile laiteux, brumeux, froid et grisonnant. Pour Gareth, Argyrei et la Masure s’imprégnaient d’une ambiance propice au repos, à la tranquillité d’esprit et il appréciait d’y séjourner quelques temps pour bénéficier du silence d’un pays meurtri mais, terriblement vivace et récalcitrante à la mort. Depuis plusieurs jours, l’eclari y trouvait un domicile chaleureux, bercé par les crépitements d’un feu de bois, réchauffant les nuits désertiques à la fois plus froides qu’à l’accoutumées et sèches comme la terre brûlée. Le tout surplombé par le sifflement régulier de son « maître à penser », sur qui la saison hivernale avait des propriétés soporifiques. Chacun de ses séjours le rapprochaient un peu plus d’une sédentarisation irrésistible qui l’effrayait profondément. Sa vie se trouvait à l’extérieur et malgré une période pendant laquelle il s’était fixé au chevet de celle qui avait fait de lui ce qu’il est, jamais il ne s’interdit de voyager quelque soit les implications ou les conséquences – qu’il portait encore dans son âme et sa chair. Toutefois, la Masure avait ce petit quelque chose qui vous réconforte, vous chatoie et vous protège d’un monde trouble, parfois néfaste. Son enceinte recèle plus qu’il n’en faudrait pour combler chaque parcelle d’un ennui qui le conduirait à la quitter et dans le même temps, elle vous interdit un attachement trop profond pour pousser à voler à ailes découvertes et n’y revenir que pour l’abreuver de nouveautés. Une amante détestable. Irrésistible.

Ce jour, c’était à son tour de s’abreuvoir dans les rayonnages d’un couloir inaccessible au publique. Ceux-là conservaient des trésors de contes et légendes, de récits aventureux, impérieux, parfaitement volatils pour le monde extérieur. La plupart des ouvrages, jaunis par le temps, demandaient un effort de décryptage. Si la curiosité des eclaris est un trait commun à la plupart d’entre eux, la clarté du langage et la justesse de la graphie leur échappe parfois. De longues journées et de longues heures passèrent, jusqu’à ce que périodiquement les yeux du sindarin ne se ferment doucement sur des mots qu’il n’arrivait plus à lire, sa lampe finit de consumer son huile pour lui offrir la pénombre reposante de la nuit. Le lendemain, une main ferme et rugueuse sur son épaule venait le convoquer, en le secouant non sans une certaine violence et lui rappeler que les boiseries faisaient un mauvais lieu pour le repos des braves.


« Les boiseries finiront par vous tuer, s’exclama l’intendant dans un silence de mort, et si elles n’y parviennent pas je m’y entreprendrais. Ma bibliothèque n’est pas un dortoir, allez donc bercer Sillus avec vos sifflements, on ne s’entend plus réfléchir. » Sans un mot – il les avait tous usés les trois dernières remontrances – Gareth se levait avec la douceur d’un endormi pour se diriger vers la sortie. « Et qui va le ranger celui-ci, moi c’est ce que vous sous-entendez, vous me prenez vraiment pour votre serf. Bougez-vous donc ce qui vous sert de fondement et rangez-moi ce livre de suite. » De nouveau face à face avec l’intendant, il s’apprêtait à lui servir un sarcasme bien senti, mais un long bâillement suivi de quelques étirements retenait encore son attention pour quelques instants. Il se saisit de l’ouvrage, le mit sous son bras avec une précaution mesurée, avant de s’en retourner vers la sortie qui lui paraissait à des lieux de sa position. Et d’un geste de la main, il saluait son intendant préféré.
« Mon ami, mon serf, si tant est que j’en ais un, ne me parlerait pas avec la poigne qui vous anime. C’est toujours un plaisir d’être réveillé par un ronchon aussi inspiré que vous l’êtes. A ce soir. »

Il l’entendit taper du pied sur le sol, avec un agacement mêlé d’un apprivoisement certain. On ne s’émeute pas dans une bibliothèque. A vrai dire, Gareth avait la certitude que ces échanges éclairés les journées répétitives de ce bon homme au teint grisonnant. L’archivage et la classification décimale le rendait acre et l’usait progressivement du derme jusqu’à la moelle. Puis, il le réconfortait et le poussait à quitter ces lieux pour l’extérieur, avant qu’un ancien n’ait la fausse bonne idée de lui proposer la gestion d’un de ces rayonnages millénaires. S’y perdre ne lui déplaisait pas, mais la simple idée de les entretenir le plongeait dans une terreur qui le pétrifiait. De retour dans les quartiers de son ancien maître, Gareth claquait la porte avec une violence calculée. Celle-ci devait réveiller Sillus et lui donner le temps de retrouver ses esprits avant qu’il n’arrive. Manquant de glisser sur l’une des nombreuses feuilles qui jonchaient le sol, l’ancien apprenti s’accrocha à un présentoir les yeux tout écarquillés. La traîtrise du sol tapissé venait de réveiller tous ses sens à la brutalité d’un environnement plein de dangers et de papiers coupants – la notion de danger n’est pas à minimiser. Un verre à la main, il prit la direction  de la mezzanine à laquelle il grimpait marche après marche, en prenant garde de ne pas trébucher sur un nouveau trésor d’intelligence qui le conduirait à la tombe un peu trop tôt. Il préférerait et de loin, se retrouver pourfendu par un colosse tentaculaire plutôt que de mourir par la faute d’une description textuelle dudit colosse, une mort bien trop ridicule. Une fois à destination, Gareth s’installait à califourchon sur une chaise dans un râle de soulagement, les bras croisés sur le dossier et la tête légèrement reposée, il considérait enfin les individus présents. A vrai dire, il ne s’attendait qu’à une longue discussion avec Sillus, sur les bienfaits d’une altercation avec un bibliothécaire ou bien la vertu du voyage au profit d’une sédentarisation pour ses vieux jours.

Deux fumées de pipe venaient lui chatouiller les narines, la première il ne la connaissait que trop bien, cuivrée, un mélange de sciure de bois et d’une poudre légèrement réglissée, ocre tirant sur un noir profond. Sillus prenait un malin plaisir à faire virevolter des tores d’une fumée grisonnante, alors que le second les transperçait de sa propre fumée avec une lassitude joyeuse. Dim, le sage, si la finesse de son esprit n’avait de ressort que sa flemmardise et son sens du divertissement, le continent entier pourrait le reconnaître une seconde fois comme le plus savant parmi les savants. Le spectacle réjouit intérieurement le sindarin, il sourit discrètement le regard encore fébrile. La présence du grand intendant ne le plongeait plus dans la torpeur et l’embarra, au contraire il le considérait avec la sympathie et le profond respect que l’on porte à un proche qui vous raconte systématiquement les mêmes histoires. Autant dire qu’il les avait écoutées bien trop souvent pour qu’elles lui semblent répétitives. Gareth foulait le continent depuis plus de deux-cents cinquante années de plus que le Sage et pourtant le parcours de ce dernier ne cessait de l’étonner. Après quelques nouvelles bouffées de leurs pipes rougeoyantes dans la pénombre insondable propre à la réflexion de Sillus, ce dernier adressait un regard prolongé à l’intendant, avec lequel il entretenait un échange intangible, puis ils tournèrent enfin leur bobine âgée vers le fringant eclari dans la fleur de l’âge.


« Qu’est qui amène mon élève sur les lieux de son crime, introduit Sillus dans un amusement jovial.
J’ai ce petit plus qui n’appartient qu’au récalcitrant, j’y reviens toujours et j’y reste un moment ! Il faut dire que l’organisation de ces braves archivistes nous met à l’amande, camarade. » Dim ne retint pas un ricanement distrait face aux plaisanteries de son protégé. « Leur science n’a d’égal que la brume qui nous envahie. Sincèrement, nous manquons furieusement de leur organisation.
─ Allons bon ! N’oublies pas qu’un bureau encombré reste le signe le plus probant d’une grande vivacité.
Notre souk aussi, il est terriblement vivace. Il s’étend d’ici jusque mon observatoire, même un apprenti n’y viendrait pas à bout pour nos beaux yeux. Le travail est trop ingrat, même pour nos prunelles adorables. » Conclut-il dans une exclamation généralisée, finalement ils en étaient assez fier de leur désordre. Pour peu qu’il s’agisse vraiment d’un désordre … Non, une organisation différente. « Plus sérieusement, je faisais des recherches sur la légende d’Hécatonchir. » La simple évocation de ce nom éveilla l’intérêt des deux hommes. Leur âge ne leur permettait pas de bondir sur leur siège, aussi ils se contentèrent d’un mouvement sourcilier caractéristique, accompagné de l’intensification de leurs fumées respectives telles de vraies cheminées. « C’est incroyable, il m’aura fallu plusieurs nuits blanches, endormi sur les boiseries de l’archiviste, pour que je trouve une parcelle d’informations qui complète celle que j’ai miraculeusement trouvées sur terrain.
─ Voyons, voyons, qui pourrait bien détenir des informations sur Hécatonchir, le bougre a emporté ses secrets dans la tombe.
─ Sillus, mon ami, laisses-le donc finir. Au mieux, il nous apporte des éclaircissements, au pire quelques minutes de perdues, à notre âge on ne les compte plus. Parles librement, ce qui ce dit dans ces lieux reste dans ces lieux … Sous la paperasse. » Les instants qui suivirent, Gareth observa les deux radoteurs formuler les hypothèses les plus farfelues sur les supposées informations qu’il aurait en sa possession.
« En réalité, toutes les informations sont formulées comme des légendes, et dans tous les cas elles convergent vers les ruines de Taulmaril. La relique aurait la forme d’un sceptre d’or et de pierre précieuse, son pouvoir est inestimable et sa valeur indéchiffrable. Les vieux … » Il se reprit face à la moue réprobatrice des deux maîtres. « Les anciens … » Malgré leurs faux semblants vexés, il choisit de continuer et de laisser les protocoles et autres politesses dans leur tiroir. « … qu’ils viennent de Cebrenia, de Noathis ou du sud d’Eridania, ils décrivent la relique comme la détentrice de nombreux miracles et désastres … Pourtant aucun livre d’histoire ne spécifie un miracle ou un désastre en lien direct avec un sceptre ou un artefact de cette mesure. » Il prit le temps d’une longue pause, le temps de frotter sa barbe naissante. « En tout état de cause, tout laisse suggérer que l’objet se trouve encore dans les ruines, cachés des regards trop désireux. D’après un Canopéen, bien des aventuriers ont tenté de le récupérer, sans succès, plusieurs y ont laissé la vie, mais tous le cherchait avec une intention particulière, bienveillante ou malfaisante.
─ Et toi, pourquoi te lancerais-tu dans une aventure comme celle-ci, tu sais ce que tu risques à fouiner dans les jupes d’Hécatonchir ?
Je ne recherche rien, je ne veux rien, la légende pique ma curiosité, voilà tout. Si je viens à le trouver, je serais bien esseulé, va savoir ce qu’il m’inspirera. Pour l’instant je n’ai pas d’objectif à son pouvoir. Je veux simplement le tenir entre mes mains, transformer la légende en réalité. » Ses mains gigotaient dans l’air, comme pour accompagner ses mots, il ne cherchait pas leur bénédiction, non.

A vrai dire, un grand mystère plane toujours autour de l’artefact. Son histoire est tombée dans l’inconnu et seul les vieux sindarins, quelques siphildes – quand ils ne sont pas avares de détails – et autres ancêtres sont encore capables de tenir un discours légendaire qui se tient sur le long, sans incohérences. En dehors de ces individus dociles, ceux qui possèdent le gros de l’information restent peu fréquentables, pour ne pas dire totalement infréquentables. Ils se concentrent pour la plupart à Phelgra, masqués à l’abri des coupe-gorges de Thémistos. Comme chacun le sait, les secrets de Thémistos se paient et s’échangent, bien qu’il lui fallut surtout user de boissons et autres divertissements délurés pour délier la langue de ces scélérats. Cette première recherche ne s’est pas conclut sans fuites, ni altercations, à vrai dire se sont les trous qui le conduisaient à la Masure. Les trous et probablement la certitude de ne pas se voir rouer de coups pour avoir trop parlé.

« Le plus intrigant c’est la période, continu-t-il.
─ C’est-à-dire ?
Le sceptre aurait été forgé pendant la guerre de Taulmaril. Si un être disposait d’un tel pouvoir, pourquoi ne l’a-t-il pas utilisé à son profit, ou au moins au profit d’une paix rapide et durable. C’est un mystère.
─ La guerre, Gareth, est l’affaire des hommes, soupira Sillus.
─ Toutes les magies de ce monde ne suffiraient à l’apaiser sans qu’elle puisse gronder, poursuivit Dim. Si ce mage a vraiment existé, il aura probablement muri cette idée et décidé de protéger son œuvre des bas instincts. Parfois, il vaut mieux garder le secret. Ne pas interférer … »

Le discours du vieux sage raisonnait avec justesse, pourtant il ne comprenait pas encore cet attachement à ne pas trop interférer, à laisser les choses se dérouler même si elles devaient prendre la pire voie possible. Sillus lui avait expliqué pourquoi son groupe s’était réfugié sur une partie si désolée du continent. Il leur fallait s’éloigner pour se protéger, ne pas être utilisé pour servir une cause plus qu’une autre, au risque de choisir la mauvaise. Pour l’instant, il avait toute la peine du monde à comprendre comment un groupe avisé et bénéficiant d’une vision éclairée pouvait faire preuve d’un telle statisme … Pour lui, les anciens eclaris avaient en eux un profond cynisme surtout quand il s’agit du monde extérieur. Certains en devenaient même sophiste. Un vrai problème. Perdu dans ses remises en question, dans ses réflexions purement philosophiques et idéologiques, presque déontologiques, il en oubliait ses deux joyeux lurons qui l’observaient en fumant à grand renfort de soufflé, et d’allumettes qui ravivaient périodiquement la fournaise de leur pipe. Ils se mirent à ergoter sur la vie, sur la jeunesse, sur la fougue et l’indiscipline des nouvelles générations. Leur échange n’avait aucun sens face à un individu qui comptabilisé plus d’année de vie à lui seul qu’eux deux réunis et Gareth le savait. Les deux lurons cherchaient juste à renfler en lui le vieillard qui s’ignore. La prétendue « jeune » recrue s’empressa d’éloigner tout se sarcasme d’un revers bien senti. Dans le même temps, un oiseau au plumage de feu et d’or s’envolait pour atterrir sur l’avant bras de Sillus, un carnet de cuir coincé dans le bec. L’ancien saisit le carnet pour l’envoyer sur son tout aussi ancien disciple. A peine attrapé, Gareth fit sauter le verrou sans attendre la clef. Quelques lanières nouées maintenaient un fouillis de feuilles volantes gribouillées, pleines de remarque parfois très éloignées du sujet principale. Voilà d’où il tenait l’indiscipline de ses notes.

« Voilà tout ce que j’ai sur le sujet. Oui, moi aussi j’ai tenté ma chance dans mon jeune temps, il faut bien placer le flambeau.
Tu es revenu bredouille ?
─ La tâche est rude, pleine d’obstacles !
L’obstacle m’avait l’air tout à fait convaincant, conclut-il en feuilletant le carnet jauni.
─ Un véritable aguicheur, mais tout est parti d’un fait commun qui a rapidement dévié en obstacle, oui. Par contre, il était déjà désordonné à l’époque.
Voilà qui me rassure …
─ Je tairais toutes remarques inutiles sur vos enfantillages, je suis tombé dans l’impasse. Parfois il faut savoir passer à autre chose. »

[…]
Mois de Firion 1303 – Taulmaril, Cebrenia.

Après un long voyage, Gareth est arrivé sur les ruines de Taulmaril en fin de journée. Malgré l’heure tardive, il ne résisterait pas longtemps à un détour entre les décombres et les restes de l’antique cité blanche. Une fois sa monture harnaché à une ancienne colonnade, il entreprit une rapide reconnaissance des lieux. Mis à part la faune sauvage, il n’y avait rien de bien vivant, personne à interpeller, à interroger, personne à appeler en cas de problème. Un désert de mort, dans lequel régnait une atmosphère troublante qui effrayait tout autant qu’elle vous attisait la curiosité. Il rebroussa tout aussi rapidement chemin à la nuit tombante. Pendant les saisons froide, les anciennes ruelles se drapent d’un épais brouillard de pois qui intensifie la sensation troublante d’être surveillée, de ne plus être si seul.

De retour à son point de départ, il fit un feu pour se réchauffer et reprendre quelques notes en plus des vieux récits de Sillus. A en croire le vieux bougre, le créateur ou en tout cas les personnes qui gardaient la création d’Hécatonchir auraient cherché à protéger la création comme un petit joyau et pas uniquement en la cachant au plus profond de la cité. Il disait « ressentir des présences » plus il pensait s’approcher de son but. Loin d’être superstitieux ou de se laisser dresser par des craintes religieuses, l’ambiance qui y régnait ici lui était détestable … Soit trop silencieuse, soit pas suffisamment … Ce léger sifflement purement atmosphérique qui vous glace l’échine. Pas à tout instant, simplement quand il le faut. Il ne voulait pas s’engouffrer dans ces lieux de nuit, il ne pourrait que s’y perdre et ne plus retrouver son chemin, tout se ressemble de nuit et encore plus quand l’état des bâtisses ne permet plus de les qualifier clairement.

Une chouette au pelage sombre vint se poser sur une bûche, elle se balançait ridiculement de droite à gauche pour grimper sur son genoux, réclamant une caresse de son mauvais caractère légendaire. Le sindarin s’exécuta sans broncher, si l’animal revenait vers lui, c’est qu’on s’approchait de son point de chute. Plusieurs semaines plus tôt, il conclut qu’il ne valait mieux pas mener son excursion en solitaire. Aussi, il convint un autre éclari de l’accompagner, ils se connaissaient déjà depuis quelques temps. Pas forcément proche de longue date, le syphilde en question excelle dans le domaine de la médecine, reconnu au point d’avoir pignon sur rue.


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Calixte Telenna

MessageSujet: Re: [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]   Dim 7 Juin - 20:47


Cimmerium, la grande cité pâle au sommet des montagnes, bénie chaque jour par les lumières des deux soleils. Elle touchait les nuages et ces derniers l'embrassaient chaque matin. Ces rues pavées de pierres blanches étaient continuellement balayés par de doux parfum fleurie et ses habitants, lunaires, donnaient l'impression de venir d'un autre monde. C'était l'image la plus classique que l'on pouvait avoir de ces lieux, séduisants et attirants, digne d'un paradis qui pourrait plaire aux hommes. Mais ces derniers n'y étaient pourtant pas les bienvenues, car derrière les sourires de façade, derrière les visages de porcelaine, les cœurs de ces citoyens étaient uniquement nourris par l'orgueil et le mépris. Si vous n'étiez pas comme eux, alors nous n'étiez rien. C'était à peine si votre existence était digne du moindre intérêt. Pourtant, il faisait illusion car ils savaient tous que même un minuscule insecte pouvait devenir l'incarnation d'un danger qui ne pourrait être négligé. C'était cette mentalité que Calixte avait tenté de fuir... et la voilà aujourd'hui à son point de départ.

La jeune femme se tenait sur le balcon de sa chambre, ici, à Cimmerium. Ses cheveux flamboyants étaient légèrement ballotés par une brise timide, et son regard se posait sur le lointain. Elle était vêtue d'une élégante robe blanche qui dévoilait des épaules frêles et fines, parsemée de dentelle sur son corsage et sur ses manches. Une image rare pour qui connaissait la jeune femme. A sa ceinture, elle arborait son épée aux airs de fleuret, Magdalena, sans aucune prétention. Beaucoup s'étonnait de la voir armée dans la cité. C'était inutile, lui disait-on, surtout quand elle était dans ces quartiers. Prudence était mère de sureté, voilà ce qu'elle leur répondait, une bonne manière de nourrir les messes basses qui se faisaient derrière son dos où l'on racontait qu'elle avait trop côtoyé les Hommes et en avait adopté le comportement vulgaire. Heureusement pour elle, Calixte n'en avait que faire.

Mais voilà, ses tourments étaient bien loin des commérages et se portaient sur la décision qu'elle avait prise plusieurs mois auparavant. Elle était prise aux mains du doute et n'avait personne vers qui se tourner. Personne? Non. Elle avait pris conseil auprès de Dim, le grand maître Eclari, rare individu à connaître la vérité sur ce qu'elle était : femme et sylphide.


" Grand Maître, j'ai l'impression de me trahir moi-même. Qu'importe la direction dans laquelle je regarde. "

" Vraiment? Toi qui a toujours été sure de tes choix, te voilà prise aux mains du pire des poisons. Mais ne jamais douter te porterait défaut également. Alors dis-moi, qu'est-ce qui te tracasse. "

" J'ai accepté un poste prestigieux dans ma cité, celui de devenir l'un de ces Conseillers. Il s'agit là d'un honneur d'un point de vue Sylphide et une parfaite occasion, peut-être, de faire changer les choses. Mais revenir, c'est aussi renier la promesse qui était la mienne de ne jamais y retourner. Cela signifierait aussi que je devrais me plier à leurs règles, règles que j'ai toujours rejeté.... et sans nul doute aussi l'abandon de mon métier. Il me sera impossible de concilier les deux. C'était un sacrifice que j'étais prête à faire mais aujourd'hui... je ne sais plus. "

" Cela ne fait que quelques mois que tu es rentrée. Tu as reniée ton monde depuis des siècles, il te faut le réapprivoiser et cela demandera du temps et de la patience. Tu peux être certes impulsive, mais parfois, cela porte aussi un autre nom : avoir de l'instinct. Ce n'était pas comme si tu n'avais jamais réfléchi à cette opportunité. Tu l'avais jusque là rejeté. "


Malgré les mots du grand éclari, Calixte ne pouvait s'empêcher d'être harcelée par les mêmes questions. Mais il était temps pour elle de faire un choix. Un véritable choix, car cela faisait plusieurs mois qu'elle siégeait à Cimmerium et qu'elle avait retrouvé un toit dans cette cité. La jeune femme devait cesser de nier l'évidence et afin interrompre le jeu séculaire auquel elle s'adonnait : incarner le Vicomte d'Odessa, médecin à la grande Capitale, le noble qui avait abandonné richesse et notoriété pour aider les pauvres. Dans ces mains, elle tenait les titres de sa propriété, de son cabinet... il était peut-être temps de le céder et de ne former plus qu'une seule et unique personne. Mais elle tenait aussi un autre courrier, d'un tout autre genre, et était une demande d'aide, une vieille connaissance qui aimait lire et les archives...



***



Cela faisait près de dix jours que la sylphide était partie, sur le dos de son fidèle destrier Magnus, finement préparée pour l'aventure qui l'attendait. La missive de son camarade était tombée à pic et devenait pour elle une véritable bouffée d'air frais. Loin du tumulte de ces pensées, elle pourrait se consacrer à ce qui lui avait toujours plu : découvrir et voyager. Habillée comme une cavalière, elle portait sur elle tout son nécessaire habituel : ses armes, sa trousse médicale et de quoi se sustenter. Elle avait aussi pris quelques notes concernant Taulmaril et sur l'objet que convoitait son camarade. Cela était très peu comparé aux recherches qu'avaient dû effectuer le sindarin, mais il ne fallait pas cracher sur les maigres informations qu'elle possédait.

Approchant alors des ruines, Calixte était embêtée par autre chose, un menu détail : pour la plupart de ses amis Eclaris, elle était un homme. Et aujourd'hui, elle avait abandonnée tous ces artifices. Gareth faisait partie de ces nombreux individus qui ignoraient la vérité. Comment prendrait-il la chose? Le plus posément possible. Du moins, c'était ce qu'espérait notre conseillère.

Alors que la cité se dessinait devant elle, elle eut la chance de tomber sur un cheval arnaché. Si la providence était avec elle, l'animal appartiendrait à son camarade. Peut-être avec un peu de naïveté, Calixte y abandonna Magnus. Le canasson était assez intelligent pour fuir si il y avait le moindre danger. Capuchon rabattu sur le visage, la jeune femme s'enfonça dans les méandres de la vieille cité, et sans la moindre discrétion, elle chercha le second Eclari.


" Gareth? Gareth! "



Désolée...:
 
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MessageSujet: Re: [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]   Dim 14 Juin - 22:58

La nuit belle et bien tombée, Gareth se laissait divaguer à la lueur du feu, tout en accordant quelques caresses gratifiantes à son compagnon à plumes. L’exploration de nuit n’avait d’avantageux que la possibilité de se référer aux étoiles pour se diriger et éviter de perdre son chemin. Ce jour comme cette nuit, le ciel était couvert et brumeux, le brouillard laissait uniquement filtrer de fines lueurs que l’œil ne saurait interpréter avec finesse. Non, définitivement, il valait bien mieux attendre l’aube pour s’aventurer dans les méandres de la cité blanche. Etim prit à nouveau son envole pour se positionner sur la branche instable d’un arbre sec. Son regard ambré oscillait inlassablement entre le feu et l’horizon d’où on interpellait son maitre à grand renfort de voix. Le ton clair et distinct ne laissait pratiquement aucun doute quant à l’identité de son porteur dont la discrétion ferait l’unanimité des hautes sphères des Ladrinis – pour peu que l’organisation en compte une. Pour autant, il est vrai qu’il n’y a pratiquement plus personne dans les ruines, mis à part quelques itinérants et bédouins du coin qui ne s’aventurent que rarement de nuit, surtout lorsqu’elles sont aussi sombres que celle-ci. Les légendes et rumeurs vont bon train dans ces zones reculées, la plupart du temps elles ne servent qu’à éloigner les enfants de terrains supposés hostiles. Toutefois, certaines facéties de vieux Terrans pourraient bien s’avérer véridiques. Les manifestations et autres épidémies des années passées donnent de plus en plus de crédit à toutes ces théories, à l’image des âmes perdues des côtes d’El Bahari.

Quelques appels plus tard, le Sindarin se saisit d’une torche enflammée non par magie, simplement en utilisant le feu déjà à disposition, puis il fit quelques pas dans la direction qui lui semblait la plus probable. Ce n’est que lorsqu’il vit une silhouette potentiellement équivalente à celle de Calixte qu’il stoppa sa progression pour agiter sa torche en hauteur et guider l’Eclari vers sa destination à renfort de « Par ici ! ». Rapidement, l’un et l’autre se rejoint et à la faible lueur d’une torche, ils s’en retournèrent vers le campement de fortune, où Gareth proposa à Calixte de prendre place le temps qu’il ravive le feu en y lançant quelques buchettes de bois secs trouvaient ci et là à mesure qu’il se déplaçait dans les ruines. Les mains réchauffaient, il reprit place sur sa buche en s’étirant, puis il réunit l’ensemble des feuilles volantes de son livret qui commençaient déjà à joncher le sol – on ne change pas les mauvaises habitudes. Et ce n’est qu’après, qu’il releva les yeux vers son compagnon d’aventure, sans ne rien remarquer dans un premier temps, puis ce n’est qu’à l’instant même où il s’apprêtait à le saluer que ses mots se bloquèrent dans son larynx. Après quelques secondes d’étonnement qui devaient paraitre des heures à l’un comme un l’autre, Gareth croisait les bras en observant la dégaine de Calixte. Celui qu’il croyait connaitre, certes pas aussi intiment que d’autres, il se rendait bien compte qu’il le connaissait peu finalement. Il avait déjà remarqué la finesse de ses traits, l’ondulation de sa crinière rousse, d’une manière générale son allure assez androgyne. Toutefois, tous ces arguments perdaient leur sens quand on considérait, d’une part qu’il rencontrait tout type de personnes au cours de ses voyages dont de vrais personnages … Et d’autre part, Calixte se présentait toujours comme vicomte et médecin. Par ailleurs elle s’avérait être une Sylphide, l’une des seules espèces pour laquelle le genre relève de la plus grande des ambiguïtés. Un être de pure énergie incarné dans une enveloppe purement imaginée peut-il vraiment se revendiquer d’un genre plus que de l’autre. Toutes ces considérations dépassées de loin le trouble qui l’animait et il choisit de les écarter un moment pour se concentrer sur l’instant présent. A vrai dire, il se fichait que Calixte se présente comme un homme ou bien comme une femme, ce choix lui appartenait. Par contre, la raison de tout ces artifices le troublait, s’agissait-il de duper les hommes pour mieux les observer, les tromper ? Non, non seulement Gareth ne lui connaissait pas ce trait de caractère, mais surtout ce genre de considérations dépasse la plupart des Sylphides. A cela venait s’ajouter la difficulté à maintenir tous ces artifices, là où il lui aurait suffit de choisir une enveloppe clairement masculine. Cette perplexité sur le genre questionnait le Sindarin, certes il avait connu une Sylphide qui avait fait des choix déroutant pour les mœurs de son espèce, mais celui-ci lui avait échappé jusqu’à présent.

Il se reprit, sans laisser filtrer une once de ses questionnements existentiels.

« Hum. Sans vouloir vous mettre dans l’embarra, Calixte, mais je suis surpris. N’allait pas croire que je vous juge, tout cela vous regarde bien entendu. Mais voilà, je m’attendais à voir arriver le Calixte que j’ai rencontré quelques temps plus tôt. » conclut-il dans un rictus surpris – presque amusé. Et en agitant les bras, il poursuivit sur un tout autre registre. « Si ma lettre vous est parvenue dans le meilleur état, vous devez connaitre la raison de notre présence dans un endroit aussi lugubre que Taulmaril en pleine saison froide. Pourquoi à cette période de l’année ? Et bien, le hasard et les divagations d’un vieil homme qui semblait croire en des manifestations particulières à cette période de l’année. J’espérais aussi observer un alignement d’astres particuliers, mais le temps ne le permettra pas, il faudra faire sans les étoiles. Si vous avez les moindres questions, c’est l’instant mon … enfin ma chère, nous avons la nuit pour discuter de tout cela, prendre un peu de repos et débuter à l’aube. »

Il saisit une pièce dans sa poche qu’il fit tourner entre ses mains, elle changeait de couleur à mesure qu’elle se déplaçait entre ses doigts. Ce genre de prestidigitations avait le don de le recentrer sur ses objectifs. Une occupation comme une autre. Ces nouvelles à priori déroutante lui rappelaient une vieille connaissance, ses choix l’avaientt aussi conduit à s’écarter de ses congénères. Même si les raisons n’étaient probablement pas les mêmes, Gareth y voyait un rapprochement qui aurait tendance à le plonger dans une nostalgie mélancolique.

 « Si je peux me permettre, qu’est-ce qui a bien pu motiver ce changement drastique ? »

La curiosité finira par le perdre, un jour … ou l’autre.

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Calixte Telenna

MessageSujet: Re: [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]   Mar 16 Juin - 21:58


Sa voix sombre résonna dans la nuit comme un échos funeste, appelant le nom de son savant compagnon jusqu'à ce que la sienne lui parvienne. Un simple son, une simple direction, et la lumière. Une petite lumière tremblotante et agitée au fin fond de l'obscur. Il y avait là une étrange similitude avec sa propre naissance, car elle aussi, ne fut qu'une toute petite flamme autrefois, perdue dans la nuit jusqu'à ce qu'ils l'appellent. Mais Calixte n'était plus cette entité éthérée effrayée et émerveillée par un monde qu'elle ne connaissait pas. Aujourd'hui, elle était une jeune femme éclairée, immortelle de corps et de cœur. Elle n'était pas là pour elle mais pour un camarade... du moins c'était ce qu'elle tentait de croire. Mais qui pourrait affirmer que chacun de ses actes étaient dénués de tout égoïsme?

" Je vous voie. "

Guidée par la torche de son confrère, elle le suivit jusqu'à ce campement où il l'invita aimablement. Un petit rictus se dessina discrètement sur son visage quand elle aperçut les travaux de Gareth dispersés sur le sol. Il n'y avait là aucun doute, il était bel et bien un Eclari. Qu'il était drôle d'imaginer que des gens de hautes pensées pouvaient à ce point être désordonnés. Néanmoins sa curiosité aurait été de les feuilleter, chose qui pourrait très bien arriver avec la nuit qui s'écoulait. Mais les deux Eclaris devaient se trouver sur une longueur d'onde égale car à peine la tentation l'effleurait, que ce fut le trouble du sindarin qui se manifesta en premier. Un homme? Bien entendu, quelques explications devraient être données et méritaient de l'être. L'une des raisons principales n'était pas de satisfaire un simple indiscrétion mai une question de confiance minimale. Il n'était pas prudent de se lancer dans la moindre aventure sans connaître ne serait-ce qu'un peu la personne qui vous accompagnait car après tout, elle était votre seul secours.

Se réchauffant les mains près du feu, la sylphide écouta attentivement les quelques explications du sindarin sur leur quête. Alors ainsi, il y avait une période idéale? Cela signifiait peut-être qu'il existait un signe ou une manifestation à ne pas rater. Logique me direz-vous. Mais c'était étrange... quoique. On racontait que le créateur était un sindarin et on ne savait que trop que ce peuple avait un profond lien avec la nature. Peut-être y avait-il alors une association? A vrai dire, la jeune femme ne savait que peu de chose sur Hécatonchir, juste les rumeurs sur son sceptre. Néanmoins, elle espérait pouvoir aider.

Puis finalement, Gareth revint sur Calixte et son changement soudain. Et alors que sa chevelure rougeoyait sous les crépitements du feu, un grand sourire se dessina sur son visage. Elle trouva son compagnon amusant et surtout, ils se ressemblaient. Elle était à son image, capable de parler de tout et de son contraire, se laissant porter par ses songes, revenant à un point puis un autre... sans compter sa curiosité naturelle pour les choses qui l'entouraient.

" Je voulais vous dire qu'il n'y a nul embarras pour moi, du moins, en ce qui me concerne à proprement parlé. Ma gêne se porte plus sur la tromperie avec laquelle j'ai joué depuis des années auprès de mes patients ou tout simplement mes proches. Mon travestissement était avant tout une commodité purement professionnelle... et un jeu. Soyons honnête. Il était amusant de voir comme une personne se comportait si différemment selon votre nature. "

Calixte ne put retenir un petit rictus. Ses yeux semblaient même s'illuminer quand elle repensait à quelques souvenirs cocasses.

" Rendez-vous compte que j'ai dans un premier temps voulu exercer sous les traits de la femme que je suis... mais les Terrans sont des êtres particulièrement misogynes, surtout dans l'univers médical. Ils critiquaient, et critiquaient... même les prêtresses de Cimmeria qui sont pour la plupart des bénévoles. Pour le jeu, et par goût du défi, je me suis travestie en homme et j'ai ainsi exercé. Mes visites avaient triplé.... et ceux qui se moquaient des femmes m'avaient moi, le Vicomte, en admiration. Pourtant, mon habit n'était pas le plus travaillé. Mais les hommes aiment les apparats et ma masculinité apparente semblait leur être réconfortant. Alors j'ai continué ainsi. "

La jeune femme se mit à soupirer.

" Tous les jeux ont une fin et un autre chemin se présente à moi aujourd'hui. Je dois abandonner le Vicomte, lui qui a si bien fait son travail. Je dois fermer boutique et porter un masque nouveau dans l'immense cour de Cimmerium. Je retourne chez moi... "

Calixte semblait triste à cette idée. N'est-ce pas étrange? Qui ne voudrait pas revoir sa maison, sa famille, ses racines? Ceux qui n'en gardaient que de profondes cicatrices... et elle n'avait toujours pas pardonné.

" Vous avez devant vous un nouveau membre du Grand Conseil de Cimmerium. Il m'est dorénavant impossible de continuer ma mascarade, et d'exercer convenablement mon métier. Je me dois de redevenir une femme pour les convenances. Mais je pense qu'il y a pire comme punition. Mais vous? J'ai cru comprendre que vous étiez loin de chez vous également? Enfin... j'ai ouï dire... à la masure. "

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MessageSujet: Re: [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]   Dim 21 Juin - 0:53

Au sein même des ruines de Taulmaril règne une atmosphère particulièrement, le temps semble s’y écouler différemment. Pas nécessairement plus lentement ou plus rapidement, une simple impression qui laisse à la fois perplexe et songeur. Sans la fixer, Gareth observer la Sylphide du coin de l’œil, il se souvenait parfaitement de sa gestuelle, de son allure et de sa voix, jusque là rien ne lui suggérait que Calixte fourvoyait le monde dans des apparats masculins. Il est vrai que son ton à toujours eut cette tonalité un peu grave qui lui paraissait bien plus fluette maintenant qu’il savait. A la fois piqué dans son amour propre et sa curiosité, il se rendait bien compte avec quelle naïveté il avait jusqu’alors jugé le Vicomte. Il faut croire qu’une information comme l’identité parait véritable et surtout qu’elle n’est pas remise en cause pour peu que l’on accorde une confiance certaine à l’individu en question. D’une oreille attentive mais d’un regard discret, Gareth captait les brides d’informations délivrées par Calixte, plutôt attentif il cherchait à discerner le vrai d’un éventuel camouflé de comédien. Tout lui apparut cohérent, le Vicomte s’était donc adonné à la ruse pour exercer sans attiser la distance de ses clients. Si la méfiance de quelques hommes, à l’égard de femmes assurant la profession de médecin, ne l’étonnait pas vraiment, il préférait éviter la généralisation. Il ne fallait pas non plus s’assurer d’un sexisme ordinaire, les femmes – Terran, qui plus est – ont longtemps dénigré les soigneuses du même sexe, pour cette simple raison. Toutefois, aujourd’hui, il lui semblait bien observer l’amenuisement de cette forme de machisme latent, certes l’évolution prendrait encore du temps mais la marche débutait avec vigueur.

« Je dois bien avouer que j’émet beaucoup de réserve lorsqu’il s’agit de médecins, d’herboristes, de soigneurs qu’ils baignent ou non dans la religion. D’autant plus s’ils s’adonnent à un culte aveugle … Des charlatans, on en trouve partout et de tout sexe. De mon expérience personnelle, j’ai souvent eut à faire aux femmes pour soigner mes petits ou grands maux, je n’ai pas vu de différence si ce n’est dans la pratique des uns et des autres, ou dans la considération de la douleur du patient. » A cette instant, il se frottait vigoureusement l’épaule comme pour en faire disparaitre une sensation désagréable. « Par contre, j’ai rencontré beaucoup d’herboristes peu scrupuleux, avec leurs filtres, leurs tonifiants et autres poudre de perlimpinpins. Vous n’imaginez pas, enfin si j’imagine, les duperies et les dupés que l’on peut trouver à Thémistos. Très franchement, peut-on croire à la véracité d’un « antidote universel » qui soignerait tous, pourquoi mourrons-nous encore dans ce cas ? » Il fit la moue le temps d’une pause, en se frottant le menton, songeur. « Je ne suis pas médecin et un piètre connaisseur dans ce domaine, mais je pense que l’on trempe dans une époque où les uns accordent une confiance démesurée au premiers savants venus et les autres une défiance totale pour ce qu’ils ne comprennent pas. Je prends un énorme raccourci, j’en conviens. Enfin … »

D’un revers de la main, Gareth préférait s’évader de toutes ces considérations à la limite entre philosophie, théologie et bon sens. Par ailleurs, son jugement au sujet du mélange entre théologie et médecine s’était durci durant la précédente épidémie. Le jugement des Gélovigiens, dont certains se revendiquent médecins, soigneurs ou herboristes, le révulsait encore … Faut-il admettre la mort sous prétexte qu’elle soit la volonté d’un être en qui l’on croit aveuglément, alors qu’un remède existe vraisemblablement ? En admettant l’existence de dieux, si ce remède existe et qu’il peut être préparé, n’est-il pas lui-même la création des dieux insufflée aux mortels ?

« … Les préjugés vont bon train dans les cités, mais les choses changent avec le temps, il ne faut pas désespérer. Quant aux femmes et la médecine, je dois bien vous avouer que celles à qui j’ai eut à faire avaient au moins autant de poigne qu’un homme en la matière. » Conclut-il en riant … jaune.

A l’annonce de son engagement auprès du Grand Conseil, Gareth se redressa spontanément. Calixte lui paraissait attristée par cette nouvelle, comme s’il s’agissait plus d’un devoir que d’une chance. En y réfléchissant, il est vrai que ses opinions n’allaient pas nécessairement dans le sens des dogmes prônés par Cimmerium. D’extérieur, la contrée donnait l’image d’une tour de verre inaccessible, une sorte de mausolée visant à abriter l’exception d’un peuple qui se mêle peu. Ceci dit, le jugement du Sindarin devait être floué par sa longue relation avec une Sylphide aux mœurs si subversives et contraire à celles de ses semblables qu’ils l’avaient rejetée. Pourtant son esprit resterait à jamais une exception à ses yeux, probablement l’un des plus exceptionnels, des plus justes, sereins … visionnaires qu’il lui ait été donné de côtoyer. Il faut dire que l’hôte du Sylphide en question ne faisait déjà pas peine à voir. Quoi qu’il en soit, cette admission au sein de l’organisation fédératrice de leur peuple marquait visiblement un nouveau départ. La mort d’une vie au profit d’une nouvelle probablement pleines d’inconnues. Il n’aurait pas su juger du caractère punitif de cette reconnaissance, par contre il pouvait évaluer la responsabilité au moins équivalente à celle du praticien qu’elle incarnait. Et d’autant plus, si elle ambitionnait d’influer de l’intérieur pour une plus grande ouverture d’esprit de ses semblables. Finalement, ce fût au tour de Calixte de s’adonner aux questions. Et alors qu’elle l’a lui posée comme une idée irrémédiable, inévitable, il détournait le regard vers le feu, songeur. Les rumeurs allaient bon train à la Masure …

 « Loin de chez moi … » Il ne sa posait plus la question de son point de chute depuis des années, peut-être un siècle. Après quelques instants d’une introspection désuète le regard rivé vers un ciel sombre, il se reprit. « Je ne sais pas ce que l’on a bien pu vous raconter à mon sujet. Vous savez la Masure ne fait pas exception, les histoires vont et viennent. Au final, elles ne ressemblent plus à rien, et puisque je n’ai pas vraiment l’habitude de m’épancher sur ces sujets, je doute de leur véracité. » Il annonçait tout cela en préambule d’un développement concis, comme pour rappeler que les Eclaris ne font pas exception quand il s’agit de racontars à la limite de l’absurdité. « Ca doit maintenant faire un bon siècle que je n’ai plus vraiment de chez moi, enfin … J’exagère, il y a toujours Argyreï. Puis, Canopée, je l’ai longtemps fuie celle-là, comme si elle risquait de me piéger pour ne plus me laisser la quitter, à tel point qu’on m’y a trainé à demi-conscient … Une sacrée histoire. » A nouveau, le chemin parcouru le laissait songeur, presque amusé par l’ironie du sort. « Au final, je pense que mon chez moi se limite à quelques personnes qui m’ont fait comme je suis maintenant … Quelques-unes ne sont plus de ce monde, d’autres ont males tournées, j’ai peut-être mal tourné aussi. Et c’est horriblement métaphorique ce que je vous raconte, bien sûr je suis toujours heureux de trouver un toit quand je frappe à leur porte et j’y frappe souvent ces dernières années. » Il conclut en ironisant sur son sort. « Mais pour l’instant je n’en suis pas encore à buller tout songeur à la Masure ou encore à me fixer à Canopée pour intégrer le Conseil restreint de la Reine … Je manque de courage, je ne tiendrais probablement pas en place. Je fais un enfant terrible. »

Au final, Gareth ne répondait pas vraiment à la question, ou bien en demi-teinte. Ce genre de questions, il ne se les posait que rarement, probablement parce qu’elles le mettaient en face de contradiction inhérentes à des phases de sa vie dont il ne se souvient pas ou bien qu’il préférerait oublier. S’il fallait répondre d’une façon parfaitement démagogique, il se contenterait d’affirmer qu’il est effectivement loin de Canopée, de sa famille nouvellement retrouvée et toute cette lignée aristocratique Sindarine qui le précède. Mais cette réponse, pourtant très proche d’une réalité qu’il ne pourrait ignorer très longtemps encore, apportait un lot de complication et d’inconnues supplémentaires.

« D’ailleurs en parlant de chez-soi, Cimmerium. Voilà une partie du continent où je ne me souviens pas avoir mis les pieds. Pourtant je me suis souvent retrouvé à quelques kilomètres de la frontière. Et je dois bien avouer qu’il y a là-bas quelques systèmes et joyeuseries qui titillent ma curiosité. Enfin, je doute qu’on laisse un fouinard s’approcher de trop prêt et je peux le comprendre … enfin je peux presque comprendre. »

Presque.
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MessageSujet: Re: [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]   Dim 26 Juil - 20:51


Les rumeurs et autres élucubrations, elle ne les connaissait que trop. Lorsqu'elle se créa son personnage de Vicomte, cela allait de bon train auprès de ses confrères mais aussi de ses clients. A plusieurs reprises, elle dut même faire face à quelques maris jaloux qui trouvaient que leurs femmes tombaient un peu trop malade à leur goût. Le plus amusant était que ce n'était pas faux. Les malades imaginaires, il y en avait des tas, surtout chez des femmes seules qui s'ennuyaient. Et c'était toujours étonnant de constater que la plupart était mariée, à croire que des épousailles étaient synonyme de lassitude assurée.

Avec une attention particulièrement amusée, Calixte écoutait les propos de son camarade et les partageaient dans sa globalité. Les vendeurs de miracle étaient nombreux et discréditaient la profession. Mais la population avait foi de tout cela, de prodige qui répondrait à leur désespoir. Il n'était que bien triste que de constater que le bon sens se perdait dans la détresse. Plus de raison, uniquement des oreilles ouvertes à ce que l'on voulait entendre, et ne pas comprendre.

" Je partage vos propos. Les désespérés sont près à accorder un peu trop facilement leur confiance à ceux qui répondent à leurs exigences, et mettent de côté tout ce qui est de l'ordre du bon sens. Aveugles et fous sont ceux qui n'émettent pas le moindre doute. Mais je m'attriste toujours de voir que l'on peut être amené à se faire manipuler aussi aisément et abandonner sa conscience pour un espoir de si maigre qualité. Mais peut-on véritablement condamner les naïfs? Je me suis toujours sentie un peu prise au piège sur ce sujet. Je suis partagée entre la colère face à leur bêtise et un sentiment de compensation envers leur peine. Il me faudra sans doute méditer encore là dessus pendant plusieurs années afin de trouver une réponse qui me convienne. "

La jeune conseillère commençait à se sentir un peu plus détendue, ressentant enfin la chaleur du feu de camp. Son capuchon rabattu sur ses épaules, la lueur des flammes sur sa chevelure donnaient l'illusion que ces derniers ondulaient comme les vagues sur un océan. Quand à son regard, il se posa sur le sindarin avec une douceur qui ne s'était jusque là pas manifestée. Elle comprenait que ce dernier ne désirait pas parler de lui ou plutôt de s'étendre sur un passé qu'il avait abandonné pour aller de l'avant. Calixte aurait aimé en faire autant, et elle l'avait fait jusque là. Maintenant, cela l'avait rattrapé car elle avait ignoré plutôt que de l'affronter. Cela était inéluctable...

" Pour un enfant, je ne vous trouve guère si terrible... si ce n'est terriblement curieux. Mais si vous ne l'étiez pas, ne feriez-vous pas un piètre Eclari? "

La jeune femme ne put retenir un petit rire cristallin qui se finit sur une interrogation qui n'était sans doute que pour elle.

" Mais que n'aurais-je pas donné pour connaître le sentiment de l'insouciante enfantine. "

Éloignant alors cette pensée, elle prêta attention à ce qui lui semblait presque une demande d'invitation ou de service. Allez savoir. Dans tous les cas, cela l'amusa.

" Si vous le souhaitez, je pourrais vous faire visiter. Je vous accueillerais chez moi le temps de satisfaire votre curiosité... sauf si vous préférez essayer une de nos maisons d'hôtes locales. C'est la moindre des choses que je puisse faire pour un confrère. Par contre, ne tenez pas trop rigueur de la raideur de mon peuple. Ils n'apprécient généralement que peu les curieux, surtout les sindarins curieux. "

Certains sylphides n'avaient pas oublié le conflit qui les avait opposé au peuple de Canopée. C'était idiot mais la rancœur était tenace... surtout quand la majorité avait oublié la raison.

" Si vous êtes libre après notre aventure ici, vous pourrez me suivre jusqu'à Cimmerium. Mais si d'autres projets vous attendent, mon offre sera toujours valable pour la période qui vous arrange. "

Ses nouvelles fonctions allaient de toute manière la retenir un petit moment à Cimmerium...

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MessageSujet: Re: [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]   Sam 1 Aoû - 1:35


Information:
 

Au fur et à mesure de leur discussion, la pénombre s’installait de façon plus pérenne à tel point que la seule source de lumière, un feu crépitant d’une chaleur agréable, illuminait à peine les environs, à quelques mètres tout au plus. Dans la nuit, les murmures du désert de roches et de ruines, vestige d’un affrontement ancestral, et de ses habitants diurnes et nocturnes. Le Sindarin n’y portait pas une attention totale, pourtant tout en écoutant les remarques de son ancien et actuelle collègue, il essayait de se remémorer la nature des bruits qui lui parvenaient. Rien de plus que la faune des ruines, pour peu qu’il ne s’agisse pas de la plus désagréable, les deux compagnons ne risquaient pas grand-chose. Toujours attentifs à la perspicacité de l’ancien docteur, il se laissait glisser doucement sur son siège improvisé pour si adosser plus confortablement. Suite à un rapide coup d’œil sur le positionnement des étoiles et plus particulièrement des satellites naturels d’Ishtéria, pour évaluer l’heure avancée de la nuit, puis il fixa de nouveau le feu crépitant. Il sentait le regard de la sylphide se poser sur sa personne, il percevait presque l’ondulation de sa chevelure de cuivre dans l’air sec des plaines désertiques de Taulmaril. Il rectifia toutefois ses propos, ne serait-ce pour affiner ses positions.

« Si je peux me permettre de rectifier ma position peut-être simpliste. Si la naïveté de la population, dans sa majorité, est accablante et terrifiante pour l’époque, je peux la comprendre. L’érudition moyenne, même de nos hauts dignitaires, dit-il tel un dramaturge profondément théâtrale, ne permet probablement pas ce degré de doute. Toutefois, profiter de la misère d’un peuple surpasse, et de loin, l’ignorance qui peut l’animer. Tout comme vous le dîtes, je condamnerais plus facilement les crapules trompeuses, ces herboristes de pacotille, plutôt que leur victime … Leurs dépenses ne sont que le moindre mal d’un Mal bien supérieur. » Tout en se frottant le fin duvet de son menton, il considérait la véhémence qui l’animait, il se reprit plus posément. « Si je peux me permettre de juger sur ce domaine, du haut de mes misérables connaissances médicales. »

Calixte en vint finalement à plaisanter sur la fougue de sa « jeunesse apparente » et de sa « jeunesse passée ». Il est vrai qu’une curiosité enivrante caractérise la plupart des érudits de la Masure d’Amaryl. Il serait toutefois abusif que d’envisager tous les Eclaris comme des curieux invétérés, certains le sont, d’autres moins, d’autres encore ne se chargent que du classement d’ouvrages et ne les ouvrent jamais. Il y a aussi des gardes, uniquement là pour garder les entrées, dans une contrée isolée comme Argyreï il est nécessaire de se prémunir de tous débordement que les protections non-conventionnelles ne sauraient contenir. Et bien évidement, on trouve en ces murs quelques individus qui y logent sans véritablement savoir ce qu’ils y font. Des individus si passifs qu’ils s’excluent du Monde par l’observation et une forme de curiosité qui engendre des difficultés, mais refusent la responsabilité de leur ingérence. En conséquence, ils se refusent à toutes formes d’intervention et préfèrent coucher l’innommable et l’inavouable vérité sur des parchemins bouclés dans les archives restreintes des Eclaris. Nonobstant toutes ses considérations sur l’organisation de la société savante du continent et de toute la circonspection qui anime Gareth vis-à-vis du comportement d’une minorité bruyante de ses collègues, il se concentra à nouveau sur les dires de Calixte. Et à vrai dire, la remarque qui suivit le replongeait dans une mélancolie songeuse. Son enfance, il ne l’avait pas véritablement refoulée … le « destin » s’en était chargé sans qu’il ait vraiment à intervenir. Toujours plongé dans les ondulations des flammes, l’elfe méditait sur ce qu’aurait put être ça vie sans cet incident fâcheux. Bien sûr, on lui contait les récits de son enfance, mais il ne se reconnaissait plus dans ceux-là, si ce n’est par le piquant de quelques remarques adressées à ses cadets ou à quelques nobliaux un peu trop agaçants. Il en reste que toute son évolution se basait justement sur cette enfance refoulée, oubliée, le comble du risible pour un individu dont la caractéristique principale tient justement à la mémoire.

Puis, soudainement, il releva son attention lorsque Calixte rétorqua face à son ignorance des contrées de Cimmérium. Il savait la géographie de ses plaines, l’immensité de sa cité principale pointant vers les astres en défiant les principes même d’une physique déjà révolue. Pour autant, il se trouvait dans l’ignorance la plus totale, rien ne se couvrait d’un voile plus mystérieux que cette contrée isolée au cœur même du continent. Même le domaine des Eryllis et les forêts de Noathis lui semblaient plus familier – tant sa chaire se souvenait encore de ses douceurs brutales. Sa remarque n’était pas calculée et cela se justifiait par l’étonnement que le moins observateurs déchiffrerait sans peine l’expression de son visage et le sursaut qui l’animait. Les sourcils à mi-chemin entre le sursaut et le froncement, il lui répondit avec la pureté de l’enfant qui ne considère plus les répercussions.


« Il nous reste tous un brin d’insouciance, il suffit de l’exprimée. C’est avec toute l’insouciance qu’il me reste que j’accepterais volontiers votre proposition, Calixte. Et dans tous les cas, mon âme d’enfant, comme ma raison d’Homme ne sauraient contrarier vos propositions. » Conclut-il un poil taquin. « Si toutefois, vous ne craignez pas de faire mauvais genre, en compagnie d’un Sindarin au ton caustique. »

Il lui sourit, comme l’on sourit après une boutade, un trait d’esprit.
Il sentit un souffle prolongé non loin de sa jugulaire, ce genre de chuchotement qui glace le sang et l’échine. Probablement les turbulences d’un vent du nord qui se bousculait dans les entrailles des ruines de Taulmaril. Si la logique et son esprit habituellement cartésien lui dictait de ne pas laisser ses instincts outrepasser sa raison, ses sens et ses muscles se figèrent dans un mouvement naturel. Il n’avait que trop le souvenir de ce bruissement qui coure le long de la nuque, qu’il vienne des Hommes ou d’une force supérieure. Le Sindarin se leva d’un bon pour se retourner en dégainant sa lame imbue d’un feu protecteur qui avait vocation à illuminer les alentours. La poigne ferme sur sa garde, son insouciance venait de s’envoler pour laisser la place à une grande méfiance, son regard allait et venait partout où la lumière de son épée le lui permettait et même un peu plus loin. Son esprit lui jouait probablement des tours, mais les récits des aventuriers de Taulmaril et le passif de la cité, tendait tous ses muscles de nervosité.  Il leur faudrait vaquer à leur tâche rapidement, mais hors de question de s’aventurer dans ce dédale mortifère de nuit. Va savoir quelle créature et autre mystification pourraient les attendre. D’autant plus que ses recherches laissaient fortement sous-entendre qu’il faudrait un moment ou un autre s’enfoncer dans les terres, « la surface n’étant que la ruine d’un temps passé, foulé par les esprits d’un affrontement désolant ». Gareth rembrunit sa méfiance en baissant sa garde, son arme retrouvait son fourreau, mais sa main ne quittait pas sa garde, pas pour l’instant. Il s’assit à nouveau en jurant intérieurement. Il ne laisserait plus le destin, ni même sa naïveté, ni même encore une croyance futile se jouer de son libre arbitre. S’il y avait un Homme, une entité, ou tout autre chose dans ces ruines qu’il passe son chemin … Et même s’il ne s’agissait que d’un Terran un peu trop aventureux, un peu trop avide des possessions de nos deux aventuriers, qu’il se garde de pointer le bout de son fondement, ou la seule chose qu’il verrait serait le plat de sa lame.

De nouveau assis sur une roche, ses coudes prenant appuis sur ses genoux et son menton sur ses mains liées, il adoucit son humeur et son expression. Le temps des ennuis viendrait plus vite qu’il n’osait l’imaginer. Il tourna la tête vers Calixte. Il ne savait pas si l’anxiété qui l’animait quelques secondes plus tôt était partagée, aussi il reprit la discussion sans plus de formules.

« Voyez-vous, je ne voudrais pas abuser de votre sympathie, comme un herboriste peut profiter de postures intellectuelles. L’adage veut qu’on ne reproduise pas les mauvais comportements dont on a fait l’objet au cours de son existence. Je tâcherais de ne pas faire l’abus de vôtre confiance à mon égard. Mais, j’accepte de vous accompagner avec plaisir, tout comme vous m’accompagnez aujourd’hui. Rien ne vous oblige à vous risquer sur ces terres maudites. »

Rien de vraiment solennel. L’aventure le grisait, il savait toutefois les répercussions qui l’accompagnait la plupart du temps. Gareth n’a jamais cru dans les malédictions Divines, par contre l’expérience lui a valu la mesure du danger. Ce qui ne l’a jamais vraiment empêché de s’y jeter pour assouvir sa curiosité. Accompagné, il tâcherait de ne pas laisser ses envies dépasser la raison commune et la prudence.
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MessageSujet: Re: [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]   Jeu 17 Sep - 22:31



Le sourire de la jeune femme s'étira légèrement lorsque son compatriote savant évoqua à nouveau l'insouciance, son âme d'enfant et de manière bien taquine, sa nature sindarine qui pourrait nuire à sa réputation. Il fallait dire que ce dernier détail n'était que bien peu de chose. Ce que l'on pensait d'elle, il y avait fort longtemps qu'elle n'y réfléchissait plus mais les mauvaises choses que l'on pourrait raconter sur son camarade, c'était autre chose.

" Exprimer mon insouciance! Si vous saviez! Voilà le premier reproche que me font les membres de mon peuple. Et comme je ne suis pas à une remarque près, sachez que cela sera un honneur de vous avoir à mon bras et O diable le mauvais genre. Cela m'importe bien peu. "

Échangeant alors de bons mots, les deux jeunes gens s'abandonnait naturellement à la conversation et aux souvenirs. Il fallait dire que Calixte pouvait se révéler une grande bavarde, une fois en confiance. Et puis, peut-être que sa curiosité naturelle la poussait à toujours poser plus de questions.

Toutefois, lorsque l'on se retrouvait entouré par un environnement hostile, ce dernier ne tardait que peu à vous le rappeler. Et ce fut alors qu'un souffle étrange vint chatouiller leur mémoire: ils se trouvaient dans des ruines où de bien sombres évènements avaient eu lieu. Notre sylphide ne le savait que trop, même si elle n'avait pas été sur place. Son don de double vue lui avait montré des images qui étaient à présent indélébiles et qui paradoxalement, avait dirigé sa vie dans une direction inattendue.

Vifs dans ses réflexes, le sindarin, qui sans doute était d'une plus grande sensibilité aux niveaux des sens que la sylphide, s'arma avec rapidité de son épée. La jeune femme n'avait pas eu le temps de réagir comme ce dernier, à tel point qu'elle n'avait même pas pris le temps de se redresser. Elle avait uniquement levé les mains, prêtre à guider sa magie pour se défendre si nécessaire. Le métal ou les plantes, qu'importe. Son instinct de survie aurait fait le choix pour elle, le plus logique et le plus accessible. Néanmoins, dans cet élan soudain, elle fut fascinée par l'expression sur le visage de son camarade. Quelques secondes avaient suffi à le transformer radicalement. Oubliant qu'il aurait été plus judicieux d'observer les alentours, elle s'attarda plutôt sur les traits de son compagnon. Elle ne remarquait que maintenant que ce dernier était plutôt bel homme. Mais la plupart des sindarins l'étaient. Ou tout du moins, c'était une caractéristique sur laquelle beaucoup s'accordait. Ce détail était certainement insignifiant et bien peu important étant donné la situation, mais cela faisait aussi partie du caractère de la jeune femme. Il y avait des choses qui lui sautaient aux yeux généralement quand cela était inapproprié.

Lorsque le calme fut revenu et que Gareth reprit sa place sur son siège de fortune, Calixte lui sourit sans le quitter du regard.

" Vous n'abusez de rien puisque je vous le propose. Soyez rassuré. Quant à ma présence ici, je dois vous avouer qu'il n'y avait pas uniquement une envie de changer d'air qui m'avait animé, ni même de porter soutien à un compagnon savant. J'ai un certain passif avec cette cité, du moins, en quelques sortes. Même si je suis déjà venue, je désirais encore m'y rendre. Un peu comme un pèlerinage. Et comme je ne fais rarement les choses à moitié, il y a aussi une raison plus savante. Je suis intriguée par ce que l'on appelle les âmes errantes. Ces brides de souvenir qui apparaissent et disparaissent... Je n'ai pas eu l’occasion d'en voir de mes yeux. Je souhaite en apprendre un peu plus sur le phénomène. "

Suite à ses explications, la mine de la jeune femme se montrait plus intriguée et on voyait nettement la flamme de la curiosité brûler dans son regard.

" En avez-vous déjà croisé? Je me demande si cela se manifeste aussi en plein jour... "

Que de questions... Mais pour y répondre, il faudra d'abord vivre les aventures nécessaires, et cela ne ferait que commencer au petit jour...


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MessageSujet: Re: [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]   Lun 26 Oct - 0:04

« Rien ne vous oblige à vous risquer sur ces terres maudites. »

Ca ne se voyez peut-être pas, mais Gareth bougonnait. Sans le montrer, l’incident le contrariait. De deux choses l’une, soit il voyait et ressentait des choses, des hallucinations dérangeantes qui révéleraient à terme une défaillance psychiatrique non négligeable, soit une entité qu’il ne savait pas encore définir le suivait et les suivait maintenant depuis leur arrivée dans les ruines de Taulmaril. Ses pairs l’avaient prévenu sur le caractère trompeur des ruines et la facilité à si perdre physiquement et psychiquement. Il saisit une branche sèche pour agiter les braises, Calixte le fixait, il l’avait bien remarqué même lorsqu’il s’agitait face à une force invisible, voir inexistante. Elle entreprit de lui répondre et elle le surprit furieusement. Pour une sylphide, elle n’apporte que peu d’importance à l’image qu’elle renvoie, un comble pour une espèce capable de la modeler à volonté. La plupart des Sylphides qu’il avait rencontré jusque là n’était pas si volubiles. Au contraire, ils portaient un grand soin à accorder leurs apparences à leurs ambitions … Pour une future conseillère, convoler aux côtés d’un Sindarin, l’accompagner bras dessus bras dessous dans le Saint de saints n’était pas si évident à concevoir. Il ne s’en inquiétait pas pour autant. Il les connaissait suffisamment, il connaissait leur code et s’amuser à les détourner. D’autant plus que le peuple de Cimmérium avait des choses qui l’intriguaient, qu’il convoitait, des choses à lui apprendre.

Visiblement, Calixte aussi avait un intérêt tout particulier dans cette escapade. A vrai dire, Gareth se doutait bien qu’elle ne s’aventurait pas à Taulmaril pour prendre l’air, qui n’y est pas fameux, ni pour ses beaux yeux. De ses dires, elle souhaitait en apprendre un peu plus sur les âmes errantes, là où Gareth préférait les éviter. Impossible, très probablement. Il finit par lancer la branche sèche dans le feu pour le raviver, sans grand effet. Même le bois, ne respectait pas ses engagements dans ce monde de perdition. Les sourcils fronçaient par cette nouvelle déception, il leva la main pour que sa paume soit dans l’axe du feu de camp. De petites étincelles papillonnèrent le long de ses doigts avant d’amplifier le feu. Il s’éleva de quelques centimètres, rougeoyant et irradiant les environs de sa chaleur.

« Non, jamais. Mon ancien maitre et Dim m’en ont parlé avant mon départ. Il faut probablement s’en méfier. D’après eux, il en existe au moins trois types. Les premières sont inoffensives, les secondes sont de loin les plus susceptibles, annonça-t-il en haussant les épaules. Les dernières, elles chercheront à nous tuer, sans somation. » Ces derniers mots furent ponctués d’un courant d’air glacial. « Toutefois, rien ne laisse entendre qu’elles soient invincibles. » Un petit sourire en coin, il détournait le regard vers la future conseillère. « Si elles s’approchent, n’hésitez pas à vous en défendre. Ce ne sont que les esprits errants d’une guerre oubliée … Ce ne sont pas les premiers et certainement pas les derniers. »

Gareth nourrit la chouette qui vint se poser sur son genou d’un quignon de pain, avant de caresser le dessus de ses aigrettes. La chouette s’ébroua en accompagnement le geste de son maitre, puis elle  prit son envole pour tournoyer trois fois autour du feu, avant de disparaitre dans un hululement caractéristique. Il se recroquevilla en adoptant une position plus à l’aise et en utilisant sa cape comme couverture de fortune. La tête relâchée et les yeux mi-clos, il soupira légèrement.  

« Reposons-nous un peu, tant qu’on nous le permet. »

[ • • • ]

Sans vraiment plonger dans un sommeil profond, Gareth s’assoupit à plusieurs reprises dans une respiration lente et sourde. Le froid lui rougit les joues et le bout du nez, si bien qu’il remontait mécaniquement sa fourrure sur son visage. Plusieurs heures plus tard, dans la pénombre, une brise glacée vint s’infiltrer dans les plis de sa cape, ce qui eut pour effet immédiat de le réveiller. Bougon, il se releva en s’étirant un long moment dans un bâillement inaudible. Une petite larme au coin de son œil venait attester son manque de sommeil. Sans vraiment vérifier la présence ou non de Calixte sur le campement, il s’emmitoufla dans sa cape pour chercher quelques buchettes, la marche le réchaufferait. Pas vraiment réveillé dans la rudesse d’un réveil glacé et avec sa sensibilité à son environnement diminué il ne prêtait que peu d’attention à son environnement. Pourtant, il se sentait guidé par une force qui le dépassait et alors qu’il se ramassait une nième buche à la main, une lueur s’éloignait … Une lueur verdâtre dans l’aube naissante. Il en restait figé, lui intimait-elle de la suivre ou bien n’était-il que le spectateur passif d’un phénomène parfaitement aléatoire ? Avant qu’il ait prit une décision, la lueur s’évanouit et il rebroussa chemin vers le camp en espérant y retrouver la future conseillère.

Il n’était pas encore sûr qu’il soit nécessaire de lui communiquer ses événements, Pas immédiatement en tout cas.
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Calixte Telenna

MessageSujet: Re: [Quête] A la recherche d'un sceptre paumé ... [PV Calixte]   Sam 13 Fév - 22:36



Élégante, Calixte ne releva pas le trouble qui semblait animer son camarade, elle conserva simplement son sourire, le plus poliment du monde. Il y avait des choses qu'il était préférable d'ignorer, elle le savait. Mais n'allez pas croire, cela lui coûtait beaucoup. Elle avait toujours eu une curiosité débordante et se retenir en cet instant lui demandait beaucoup de volonté. Toutefois, elle essayait toujours de se convaincre qu'il y avait des limites à ne pas franchir, notamment quand il était question de la vie privée.

Revenant sur sa question, Gareth lui dévoila ce qu'il en savait. La jeune femme en savait tout autant, mais lorsque le sindarin prononça les mots de "guerre oubliée", l'expression de son regard changea légèrement. Ces derniers semblaient contenir une certaine forme de chagrin. Et pour elle-même, elle murmura ces quelques mots.

" Oubliée... oui... mais pas de tous... "

La guerre de Taulmaril demeurerait à jamais un triste épisode de sa longue vie, un souvenir qui animerait toujours en elle une étincelle de culpabilité, de faiblesse et de rancœur. Mais ressasser ce passé ne lui permettrait pas de le changer. Chassant ses mauvaises pensées, son visage s'illumina à nouveau sous le feu ranimé par le savant elfique.

" Je tâcherais de me montrer prudente et de ne pas me laisser bercer par ces illusions fantomatiques. "

Puis le jeune homme sonna l'heure du repos et Calixte le suivit simplement dans son élan, retrouvant sa couche de fortune. Toutefois, ce ne fut pas le sommeil qui l'emporta sur son corps artificiel, c'était l'émerveillement face au ciel étoilé.



[***]



Cela ne faisait que quelques heures que le sommeil avait réussi à la gagner, mais ce ne fut pas des rêves qui la bercèrent, mais une vision d'un passé bien lointain.... et familière. Les images la frappèrent avec une étonnante violence, se succédant, sans lui laisser le temps de comprendre ce qui défilait devant ses yeux.

" Un sindarin au physique d'homme mûr... la grande cité de pierre, Taulmaril, vivante et florissante... une salle de travail, des plans, un dessin de sanglier.... encore des croquis, des pierres et du métal.... puis un regard... elle voyait à travers les yeux d'un autre... des mains fines saisirent un spectre... Hécatonchir?... impossible à dire... la vision se brouilla .... des images de guerre.... du feu dans le ciel noir... un sentiment de panique... un vieil homme blessé... puis le noir complet. "

La sylphide se redressa d'un bon de sa couche, cherchant à respirer comme si son souffle avait été coupé. Elle haletait, elle semblait même perdue quelques instants... Ces visions étaient toujours intenses et difficiles à cerner. Est-ce que ce qu'elle avait vu avait un lien avec l'objet désiré par Gareth? Cela ne pouvait être une coïncidence. Mais pourquoi maintenant?

Il lui fallut quelques instants pour retrouver sa sérénité, cherchant à maîtriser son souffle. Elle porta alors une main alanguie vers son front comme pour essuyer une sueur inexistante, et repoussa finalement sa chevelure en arrière.

" Je ne sais pas si j'arriverais à m'y faire un jour. "

Finalement, elle chercha du regard son compagnon de voyage, mais ce dernier semblait s'être absenté, alors que le feu crépitait que très légèrement. Néanmoins, Calixte ne s'en inquiéta pas malgré la dangerosité des lieux. Elle se trouvait bien trop préoccupée par les images qu'elle venait d'entrevoir.... quand soudain, son attention fut retenue par une nouvelle manifestation. A quelques mètres de là, une lueur verdâtre se montra, étrange et spectrale. Elle n'eut pas le temps de réagir qu'elle entendit Gareht revenir au camp... mais la lumière avait disparut.

Interloquée - mais étrangement excitée - elle se redressa rapidement et se dirigea vers le sindarin.

" Abandonner vos bûches mon ami. Je viens de percevoir une énigmatique manifestation.... et je crois que la chance est curieusement de notre côté. "

D'un geste de la main, elle lui intima de laisser tomber son entreprise. Sans rajouter mot, elle se saisit de ses affaires et rangea rapidement sa couverture.

" Je viens à l'instant d'avoir un vision. J'ai vu un homme, un sindarin et des croquis pour une arme. J'ai vu un sceptre avec une image de sanglier. J'ai l'intime conviction qu'il s'agit de l'objet que vous cherchez. Par contre, je n'ai pas eu d'informations sur son emplacement, si ce n'est que ce sceptre a été fabriqué dans une salle fort bien équipée. Ma vision s'est éteinte sur l'image de la guerre de Taulmaril, ce qui veut dire que cet objet, est toujours bel et bien ici. "

Toute ragaillardie, un large sourire s'afficha sur son visage, optimiste et son regard pétillait comme un feu crépitant.

" Je viens d'apercevoir une lueur verte dans cette direction et elle est apparu quelques secondes après ma vision. Ce n'est pas une coïncidence. "

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