[Terminer] Rose rouge, Rose blanche



 
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 [Terminer] Rose rouge, Rose blanche

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Duscisio Balibe

MessageSujet: [Terminer] Rose rouge, Rose blanche   Dim 21 Juin - 17:11

Revenant de course pour répondre à une demande récente, la boutique ouvre ses portes après quelques mois d'inactivité. Pourquoi autant de temps avait-il été nécessaire pour ré ouvrir ? La saison froide terminée depuis déjà un ou deux mois, la réouverture dès les premiers signe de végétation n'avait pas eu lieu. Recrudescence de plante, rejet de la civilisation, scellage magique, éveil de monstre. Nombreuses sont les raisons d'une telle absence. Les conséquences pour ceux-ci pâtissait des revenus manquants et des recettes inexistantes. Les commandes par contre sont toujours prises régulièrement. Ne pouvant leur prendre, Duscisio se retrouve à devoir refuser poliment par soucis de santé, dit-il.

Cela pouvait se comprendre. À voir les modifications corporelles qu'avait pris ampleur sur le corps de l'herboriste ses derniers temps, l'avait affaiblis, amaigrit. Essayant tout de même de prendre soin de lui, la reprise de poids depuis son retour à sa boutique marquait une petite prise de confiance en lui. IL y avait les Ascans également qui l'avait un peu aidé avant l'éveil du colosse. Il n'arrivait toujours pas à digérer ce qui s'était passé, mais ne devait pas pour autant se prendre la tête et voir le futur plutôt que le passé. Il ne pouvait rien y faire.
La bonne nouvelle dans tout ceci était la nouvelle compagnie qui se trouvait dans sa demeure. Ce n'était ni une femme, ni une fille, ni un jeune garçon ou un apprenti. C'était quelque chose d'un peu plus bavard.

Encore en train de travailler ? Je croyais qu'il fallait te reposer, croa.

Ce qui vient de prendre la parole est le petit corbeau blanc qui se posa dans un coin de l'atelier. Une aile grande ouverte comme pour indiquer la direction de l'escalier montant à l'étage, son regard n'était jamais détourné de son compagnon terran qui continuait sans arrêt de travailler pour la commande qui le poussait à reprendre un peu du poil de la bête. Non seulement pour répondre à la demande, mais aussi parce qu'il savait qu'une visite allait bientôt arriver pour détailler les besoins de la commanditaire.

Je finis cette série et je prendrais un peu de repos, Tuanio. Ça ne devrait pas prendre plus d'une heure.

Le chaudron donc le liquide avait fini de bouillir était peu à peu verser dans les fioles de verre. Le contenu d'un rouge rosé chassait le vide par ses bienfaits. Cette série était la première depuis des mois. Ses cultures de plantes rares avaient subi les effets du froid, mais leurs graines qu'il avait récupérées avant avait toute poussé dans la journée grâce à la bénédiction que lui apportait Baria sur la magie des plantes. Fatiguant certes, de faire pousser autant de variété les unes après les autres, selon ses besoins, mais de leur pousse dépendait la qualité de ses prochaines potions.

Malgré les bonnes choses qui se produisent dernièrement, le rosier blanc est toujours hanté par des peurs le jour et ses cauchemars la nuit. Le fait qu'il semble constamment fatigué ses derniers temps est dû à ses courtes nuits. Comme des fantômes qui le hantent, il s'en retrouve à dormir deux ou trois heures par nuit. Le reste du temps est passé à calmer ses angoisses perpétuelles de différences manières. Allant de la méditation à la prise de médicament peu efficace dans les boutiques voisines, la présence d'une voix le faisait retourner à la réalité. Tuanio, le corbeau blanc n'oubliera jamais ce qui se passe presque toutes les nuits. Des hurlements de douleur causer par la Pistilose qui voyait ceci comme une agression bien qu'imaginaire, bougeait dans le corps de l'albinos. Des pleurs de détresse causés par les visions de ses cauchemars à demander que cela cesse. Certains voisins qui en furent réveillé la nuit lui rendirent visite pour prendre des nouvelles. Duscisio ne pouvait que nier le besoin d'aide dont il avait besoin...

Après la série qu'il était en train de verse dans les fioles, il prit bien la pause qu'il avait décidée de prendre. Restant dans la serre, le rosier blanc restait les yeux ouverts certes, mais ne faisait aucune autre activité que respirer l'air et l'odeur des plantes. Cet havre de tranquillité lui rappelait la forêt de Noathis où il avait séjourné plusieurs mois dans la peur d'autrui. Le meilleur endroit pour oublier les visions éphémère et cauchemardesque qui le hantait depuis des mois. Ces pensées étaient tournées au souvenir des femmes qu'il avait croisées ses derniers temps, principalement envers la personne qui est censé lui rendre visite.
Tuanio étant au courant. La connaissance de la description de la personne lui servait afin de garder le comptoir et de prévenir Duscisio quand elle arrivera. Une rousse en vert, si rien n'avait changé, il n'était pas bien facile de passer inaperçu.

Ses derniers souvenir d'elle fut le jour où comme le disait sa lettre, il se trouvait dans un état de fatigue flagrant et à l'expérience qu'il eut de la demoiselle qui s'amusait à un drôle de jeu. Souvenir agréable en tête, ses yeux prenaient la quiétude de se fermer petit à petit jusqu'à un premier croassement très bruyant vint à le ramener à la réalité. Tuanio ne prit guère le temps de prononcer la moindre phrase qu'il s'envola à l'étage en trombe quand Duscisio était arrivé à l'entrée de l'atelier menant à la boutique. Bien que l'albinos appelait son corbeau celui-ci ne poussait qu'un autre croassement lointain comme s'il s'était caché dans la pièce la plus éloignée de l'entrée de la demeure.

Qu'es qui lui prend ?

Prenant la direction du comptoir pour savoir ce qui l'avait effrayé comme ça, il tomba nez à nez avec un visage qu'il n'était pas facile d'oublier. La rousseur de la tignasse volumineuse de la jeune femme agissait comme d'un phare pour connaître l'emplacement d'un récif. Duscisio se munit un air plutôt normal en la voyant, un sourire au coin des lèvres. La mine fatiguée, Duscisio lui souhaita la bienvenue

Je vous attendais Dame Valanatëel. Excusez Tuanio, c'est la première fois que je le vois réagit comme ça à la visite d'un client.

Il leva son pouce au-dessus de son épaule pour désigner le corbeau blanc maintenant à l'étage.

Si je me souviens bien vous préparez un voyage ? De quoi auriez-vous besoin ?


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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: [Terminer] Rose rouge, Rose blanche   Ven 26 Juin - 3:23

Les choses n’avançaient pas aussi vite que la Sylimea le souhaitait. Les préparatifs trainaient en longueur et plus le temps passait, plus elle avait l’impression que sa quête ne débuterait jamais. Peut-être craignait-elle aussi que sa nouvelle résolution d’accepter de quitter son cocon ne fléchisse. En effet la voir se lancer dans les préparatifs d’une telle expédition aurait surpris bon nombre de ceux qui la connaissaient. Ceux-ci étaient fort peu nombreux à vrai dire et c’était bien elle qu’elle surprenait donc le plus. Elle avait donc du se glisser dans la peau d’une planificatrice première chose qui était aux antipodes de ce qu’elle était. Non pas qu’elle n’ait pas l’habitude de préparer ses actions, ses deux profession ne l’auraient pas toléré, mais son style de vie lui permettait de vivre au jour le jour sans se trouver au dépourvu de moyens de subsistance par exemple. Elle devait se préparer au pire et à toute éventualité consciente que sur les chemins et en des villes qui lui étaient inconnues, tout pouvait arriver.

C’était lors d’une de ses sorties préparatoires dans les boutiques d’Hespéria qu’elle avait rencontré une petite Sindarine qui lui avait offert une partie de son équipement grâce à  un don peu commun. Elle était suffisamment armée et possédait un trousseau capable de la faire supporter les froids que les montagnes pouvaient lui réserver. Ce qui restait à prendre en compte était les vivres et parce qu’on n’est jamais trop prévoyante, de quoi se soigner  en cas de maladie ou de blessure. Elle ne s’attendait pas à ce que l’objet qu’elle convoitait soit si aisé à trouver. Sinon il aurait déjà refait surface à un bout ou l’autre du pays. Ce raisonnement n’était pas forcément exact. Etant donné la nature du bracelet il était peu probable que son propriétaire s’en vante. Mais elle ne se serait pas lancée dans cette quête si elle pensait que l’objet n’était plus disponible. Elle s’était donc faite à l’idée de quelques désagréments et inconfort malgré ses recherches préliminaires et ses préparatifs qu’elle avait voulu les plus soignés possible. Tous les problèmes n’étaient pas réglés mais une chose à la fois et en matière de remèdes et onguents, ceux qui cherchaient la meilleure personne frappait invariablement à la porte de l’Herboristerie de Lumière. La réputation de son praticien n’était plus à faire et de surcroit, Elië avait déjà eu l’heur d’avoir à faire à lui. Les deux rencontres qui les avaient réunis lui laissaient un souvenir contrasté. D’un côté, elle s’était bien amusée mais avait dû aussi jouer la comédie pour ne pas être piètrement démasquée en tant qu’empoisonneuse. Celui qu’elle avait pris un peu rapidement pour une oie blanche naïve et touchante parfois s’était révélé ensuite bien plus perspicace qu’il n’y semblait. Rien d’étonnant donc à ce qu’elle refasse appel à lui pour les préparatifs médicaux. Elle se demandait par contre à quel point sa bourse allait souffrir. Peu habituée à épargner, la rouquine s’était aperçue qu’assouvir ses passions pour les arts entre autre pouvait maintenant lui coûter des acquisitions de première nécessité. En contrepartie elle ne se faisait pas de souci sur la qualité des produits de l’apothicaire à cause de sa réputation mais aussi parce qu’’elle avait pu tester, avec la plus grande satisfaction, certains remèdes de l’albinos.

Le problème avec les artisans de qualité c’est que leur disponibilité décroit au fur et à mesure que leur clientèle et leurs occupations croissent. Elle avait donc fait précéder sa venue à la boutique d’une bref échange épistolaire pour s’assurer de la présence du maître apothicaire. Elle était donc sûre de la trouver là et de ne pas perdre son temps qui commençait lui aussi à être précieux. Le hasard fit qu’elle arriva devant la porte vêtue des mêmes effets que lors de leur première rencontre. Le reflet fugace dans le carreau de la vitrine lorsqu’elle passa devant la fit sourire d’amusement en en prenant conscience.

Le petit carillon tinta à l’ouverture de la porte qu’elle franchit bien vite se dirigeant prestement vers le fond de la boutique où se tenait le comptoir, sorte de rempart qui protégeait l’arrière-boutique et l’atelier qu’elle n’avait jamais eu l’honneur de visiter, mais dont elle connaissait la présence par le maître des lieux. La qualité de ses préparations s’expliquait, elle le savait par les plantations qui peuplaient aussi l’arrière-boutique dans laquelle pots et serres devaient, elle l’imaginait regorger de plantes plus rares et exotiques les unes que les autres. Bien évidemment elle était à cent lieues d’imaginer la somme de travail que ces cultures pouvaient demander, mais elle admirait déjà l’exploit de réunir toutes ces essences dans un même lieu. Quelques effluves médicinaux flottaient dans l’air indiquant que sans doute, ce dernier devait être en pleine préparation. Seuls les bruits d’ustensiles et de fioles manquaient à l’appel pour qu’elle en fût totalement certaine. Peut-être ces préparations étaient-elles terminées et les odeurs n’étaient que des arômes résiduels ? Un éclair argenté s’évanouit au fond de la boutique. Un corbeau blanc à n’en pas douter venait de prendre son envol, sans doute pour éviter de rencontrer la Syliméa pourtant repue et peu attirée par la chair de ces volatiles. Ceci dit, elle avait appris à ne plus s’inquiéter des réactions des animaux à son égard et ne prit même pas la peine de hausser les épaules. Peu lui importait de ne pas être la bienvenue à ses yeux. La seule chose qui la chagrinait dans sa propension à effrayer la gent animale est de ne pouvoir monter à cheval. Voilà qui aurait bien utile pour son futur voyage. Au lieu de cela elle allait devoir soit emprunter et surtout des transports plus couteux les uns que les autres ou bien marcher ce qui allait retarder d’autant son approche des lieux de sa recherche.

Un nouvel occupant avait donc élu domicile dans l’herboristerie. S’agissait-il là des changements évoqués par l’albinos lors de leur échange de courrier ? Elle ne savait trop à quoi s’attendre de la part du maître de céans, sa missive tout en restant évasive tout comme l’avait été l’albinos lors de leur dernière rencontre laissait à penser qu’il n’en avait pas fini avec les ennuis. Ennuis de santé ou ennui de cœur, la dernière fois qu’elle avait côtoyé l’herboriste amoureux, il cumulait les deux. Les changements évoqués par écrit ne semblaient pas concerner la boutique elle-même, elle devait donc en conclure que le propriétaire était celui qui en était affecté… Or la découverte du volatile pouvait remettre en cause cette hypothèse.

Mais ses doutes allaient bien vite être dissipés. Arrivée au dit rempart, elle y posa son aumônière et ses poignets en attendant patiemment que  Duscisio Balibe, car il s’agissait bien de lui daigne apparaître. Quelques bruits d’ébullition trahissaient une activité non loin de là mais elle n’eut pas le temps de s’en inquiéter plus, car presque aussitôt arriva le maître des lieux. Le visage qu’il lui présenta ne manqua pas de la surprendre. Certes leur dernière rencontre avait laissé supposer qu’il était fort malade, mais elle ne s’attendait pas à ce qu’il ne soit pas encore guéri après tout le temps écoulé et les cernes de ces yeux ainsi que ses joues creusés à l’extrême ne manquèrent pas de l’alarmer.

Heureusement, mise en garde par la dernière lettre du propriétaire de l’herboristerie des lumières, elle parvint à dominer l’expression de surprise qui aurait pu se peindre sur son visage. Si la santé de son hôte n’était pas plus reluisante, il y avait fort à parier qu’il ne serait pas très disponible pour lui préparer ce dont elle aurait besoin. Sa mine était tellement défaite qu’elle-même ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour l’avenir de l’albinos rendu encore plus cadavérique qu’à l’ordinaire. L’heure n’allait pas être à la fantaisie. Plus vite elle aurait fini, plus vite elle pourrait le laisser en paix et elle-même entrer en possession de sa commande. D’ailleurs, l’herboriste ne semblait pas avoir envie d’éterniser l’entretien et entrait tout de go dans le vif du sujet.

« Tuanio? Très original comme nom. Une signification ? »

Elle leva les yeux vers le niveau supérieur indiqué par Duscisio avant de rebaisser les yeux vers lui.

« Bien le bonjour maître Balibe… Oui en effet, je compte prendre la route et j’avoue que c’est une grande première pour moi »

Elle faisait en sorte de garder un ton badin pour cacher et son inquiétude et sa curiosité provoquées par l’état physique de son interlocuteur. De la Sindarine Elië elle avait appris les bonnes manières et savait se tenir d’autant que la comédie était une compétence qu’elle avait su développer pour exceller dans sa létale profession.

« De quoi aurais-je besoin au juste je ne suis pas sûre et je m’en remets à vos connaissances. »

Ces dernières lui avaient été démontrées lors de leur première rencontre et elle ne doutait pas qu’elle serait parfaitement conseillée. Il lui suffirait en tout cas dans son esprit d’indiquer son « cahier des charges » pour que l’apothicaire sache ce qu’il lui serait nécessaire. Pourvu que sa bourse y résiste !

« J’essaie de préparer ça au mieux mais je manque cruellement d’expérience. »

Presque sans y penser elle prit l’air ingénu qui  lui seyait si bien et s’était plus d’une fois révélé fort utile pour animer la bonne volonté d’autrui à son égard. Une telle écervelée avait besoin que l’on soit patient et protecteur, sinon elle ne survivrait jamais.

Elle énuméra consciencieusement tout ce à quoi elle avait pensé en pointant en même temps son index gauche successivement sur les doigts de sa dextre.

« Je me disais qu’il faudrait peut-être penser à quelque chose contre les maladies courantes, fièvres, toux, vous voyez ? »

Elle leva les yeux au ciel comme pour réfléchir.

« Et puis on n’est pas à l’abri des mauvaise rencontre. Un mauvais coup est si vite arrivé… Je me disais que pouvoir soigner une plaie, une foulure, voire une fracture… Je sais que vous voyagez beaucoup pour récolter vos plantes, vous devez savoir tout cela bien mieux que moi… »

Elle hésita avant d’aborder le dernier point mais après tout, les réalités financières devaient concerner tout le monde… Elle prit un ton désolé.

« Et enfin, il faudrait que cela tienne dans une place limitée et que je puisse m’offrir tout cela. Votre compétence  et vos produits ont un prix légitime certes mais qui pourrait bien me mettre à mal financièrement »

Voilà le point délicat était posé et elle ne tarderait sans doute pas à recevoir une réponse. Cependant elle conclut comme pour passer à autre chose.

« Vous savez sans doute ce qu’une telle expédition requiert en la matière et je suis ouverte à tous les conseils que vous voudrez bien me prodiguer. J’ai peut-être oublié quelque chose… »


Elle avait posé les poignets sur le comptoir et bien droite adopté la position de la bonne élève attentive aux conseils du professeur et de fait tous les conseils étaient, pour elle, les bienvenus car si elle minaudait un peu pour attendrir l’herboriste, elle savait qu’elle oublierait sans doute des choses de première nécessité dans les préparatifs de son voyage.

« Je ne sais pas si c’est assez précis pour vous. Vous devez vous dire que tout ceci est bien vague et que je ne vous facilite une nouvelle fois pas la tâche. »

Allusion à peine voilée à leurs deux premières rencontres durant lesquelles à  des niveaux différents elle avait mis la patience de l’albinos à l’épreuve. Le bon accueil qu’il venait de lui faire laissait à penser qu’il ne lui en tenait pas rigueur, mais ses travers revenant sur la scène, pouvaient bien faire changer l’humeur affable de son interlocuteur.


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Terminer] Rose rouge, Rose blanche   Dim 28 Juin - 20:13

L'arrivée de la jeune femme ne fut donc aucunement une surprise au vu d'un échange écrit il y a quelques jours l'avait prévenue. Plus maigre qu'avant, le jeune homme eut guère l'impression de gêner la vue de la jeune femme au point de l'étonner d'une mauvaise santé aussi flagrante que celle-ci. La ressemblance avec celle d'un cadavre aurait été à prévoir si certaines de ses pensées avait vu le jour. Le soutien qu'une femme et la rencontre d'autres lui poussait à ne pas se laisser mourir dans le désespoir passé. Il n'en était pas rétablie pour autant.
Alors qu'il s'excusait pour l'attitude de son oiseau, nom prononcé, demandant d'une signification quelconque quand il montra du pouce la direction de l'étage, celle-ci fut répondu silencieusement par un « non » de la tête comme si cela n'avait pas vraiment son importance, rapidement corriger par une réponse un peu plus claire.

Rien de très particulier.

Comme d'un homme qui éternue après que l'on parlait de lui dans son dos, le corbeau croassa une dernière fois d'un mécontentement toujours inexpliqué.
Posant ses mains sur le comptoir dès l'instant de son arrivée dans la boutique, le bracelet de Baria se trouvait toujours autour de son poignet droit. Par réflexe, il cacha ses deux poignets afin de ne rien montrer des deux bourgeons qui y dépassait. L'une des réelles raisons de son état actuel pour ceux qui voudront y réfléchir en constatant cela. Saluant le maître dans sa demeure elle précisa à nouveau la raison de sa venue.

C'est ce que j'ai cru comprendre dans la lettre que vous m'avez envoyée. Je vous écoute attentivement.

L'air certes fatigué, sa voix laissait aucune nuance d'épuisement et restait très clair. L'habitude de parler même dans les pires situations semblent en effet être l'un de ses atouts pour garder sa clientèle. Un bon accueil fait un bon commerce et de clients fidèles, sans bien entendu oublier la qualité de ses produits qui restent encore aujourd'hui dans la mémoire des personnes venant lui rendre visite ses derniers temps pour prendre commande. Prenant dans le comptoir, un morceau de parchemin et de quoi noter, le commerçant laissa une oreille attentive afin de ne rien manquer de ce qu'elle voulait prendre. Léger sourire en coin quand elle lui céda le fait qu'elle s'en remette à lui et ses connaissances sur le sujet. Les voyages. Duscisio avait beau avoir énormément voyagé pour trouver ce qu'il a aujourd'hui, il n'en restait pas moins très aléatoire sur ses déplacements. La plupart de ses déplacements était organisée de manière à se rendre d'un point à un autre en se contentant de prendre le nécessaire pour manger et boire. Rien de plus. Parler de préparer quelques choses pour voyager, cela le faisait sourire.

La gardant à l'écoute, il fit volte-face vers ses étagères derrière lui. Ses premiers regards se portaient sur ses réserves en visuel. Parmi les récipients les plus communs, il y en avait certains qui étaient totalement fermés et opaque. Il prit l'une des petites boites de la largeur de la main, gris métallique, assez grande, qu'il posa sur le comptoir alors qu'elle commençait déjà à citer les éventuelles blessures possibles. Maladie ?
Ne pouvant la couper dans son explication détaillée, bien qu'il lui tourne le dos, il était plutôt évident qu'elle allait un peu loin, il ne cacha pas un peu sa surprise. Par politesse, ne répondit de rien et continuait de chercher quelques biens dans ses nombreuses étagères. Rien n'était saisi au hasard. Prenant un petit tabouret pour prendre un récipient un peu trop haut pour lui, il leva le bras en prenant bien appuie sur l'étagère pour ne pas tomber malencontreusement. Il descendit de son tabouret par un petit sauf pieds joins, jambes repliées pour amortir la chute d'un petit mètre de hauteur : il posa le nouveau récipient sur le comptoir.

Sa prochaine direction fut rapidement choisie par chercher l'une des fioles qu'il avait concocté durant la journée, laissant la porte ouverte pour l'entendre continuer. En effet il voyageait beaucoup. Alors qu'il engageait le chemin du retour au comptoir il commença enfin à répondre de ce dont elle avait besoin.

Si je puis me permettre, vous vous prenez un peu trop la tête.

Il passa la porte pour la regarder derrière lui et se rapprocha du comptoir pour y poser la fiole au liquide rouge.

C'est mon avis bien sûr. Je pense qu'il vous serait préférable de prendre de bon ami avec vous que de faire des préparations un peu trop précise que vous allez risque de regretter.

Il prit place sur son tabouret et posa ses coudes sur le comptoir. Un moment de réflexion pour lui expliquer le pourquoi du comment.

Je conçois que vous n'avez pas la même formation que j'ai eu pendant ma jeunesse à savoir vivre de ce que je trouve et travaille à longueur de journée. Il ne faut pas croire non plus que tout a été parfait dès le début. Mais je pense que mon conseil de prendre quelqu'un avec vous est la meilleure chose à faire.

Il resta pensif un moment. Prenant le temps de reprendre un peu de son souffle pendant que son air posé et d'un sérieux très agréable alors que ses yeux clignaient rapidement parfois avant qu'il ne pose ses mains sur la planche de bois. Tapotant des doigts à la manière d'un piano sans aucun accord, il posa le regard sur les récipients qu'il avait posés entre elle et lui.

Oui. J'allais oublier. En vous écoutant j'ai pris ses biens avec ce que vous m'avez donné comme information. Pour conclure sur ceci-ci, le conseil que je peux vous donner c'est de prendre un minimum pour ne pas vous encombrez de trop. Ses trois contenus sont quelques bases pour un voyage de longue durée.

Il aligna les trois remèdes. De la droite à la gauche, le pot de fer, la fiole au contenu un peu verdâtre et la fiole rouge. Il les pointa du doigt les un après les autres.

Plaies. Indigestion. Douleurs.

Prenant un air expert, il retarda tour à tour chaque remède présenter à la jeune femme. Commençant simplement par le pot métallique.

Celui-ci contient une crème pour les plaies ouvertes. À appliquer généreusement.
La fiole verte c'est pour les « indigestions ». Elle contient trois doses. Au cas ou.
Et la rouge contre les douleurs. Il est moins puissant que celui que j'utilise personnellement, mais il a son efficacité pour quelques heures.


Il laissa de côté les trois remèdes qu'il venait de présenter. Cela paraissait bien peu comparé à ce qu'elle pensait avoir suffisamment lister.

Comme je l'ai dis tout à l'heure, cela ne sert à rien de s'encombrer de remèdes en tout genre, même pour un long voyage. Quelqu'un qui possède les capacités de soigner autrui par magie, un garde-du-corps, un guide, vous fait passez de bien des dépenses superflues quand ses derniers sont prêts à vous suivre quelle que soit la monnaie d'échange. Un bon ami prévenant et toujours plus agréable qu'un remède que l'on est obligé de prendre à cause d'une inattention.

Sa gestuelle se voulant rassurante, Duscisio semblait donner de bon conseil, de son point de vue.

Mais j'y pense, vous allez loin comme ça ?


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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: [Terminer] Rose rouge, Rose blanche   Sam 4 Juil - 10:24

L’étrange manège qui animait le duo albinos manqua d’arracher un sourire amusé à la rouquine. Si l’herboriste était, de ce qu’elle en savait, plutôt d’humeur égale, il ne semblait pas en être de même pour le corbeau qui avait tout du caractériel, ou du susceptible. En tout cas le volatile semblait comprendre ce que son maître disait ou pensait. De là à penser qu’un lien télépathique existait entre eux il n’ay avait qu’un pas que seul la méconnaissance des animaux de la Ladrini l’empêchait de franchir. Mais elle n’était pas là pour s’appesantir sur le duo atypique et elle remit à plus tard, la nécessité de répondre à ces questions. L’état physique de son hôte la questionnait bien d’avantage même si elle faisait tout pour le cacher et sa commande la préoccupait encore d’avantage, préoccupait qu’elle était par l’état de ses finances et le désir de ne pas partir dans son expédition à l’aveuglette.

Elle baissa les yeux sur le comptoir attirés par l’étrange manège de l’apothicaire. Cacher un de ses poignets machinalement aurait pu passer inaperçu, mais les cacher tous les deux ainsi simultanément était peu discret tant cela donnait à notre malade des attitudes embarrassées tout en laissant croire  à la prise de garde d’un art martial inconnu. Décidément, aujourd’hui il avait des allures bien mystérieuse et elle ne put s’empêcher de fixer un instant un regard interrogateur sur le visage émacié de son hôte dont l’état général semblait à la fois de plus en plus dégradé à mesure qu’il paraissait étrange à la rouquine.

*Tu crois que ce sont les suites de son malaise de la dernière fois ?
_ Aucune idée mon amour, mais si c’est le cas, ce doit être sérieux. Tout ce temps pour ne pas réussir à guérir alors que l’on ait un des plus grands en la matière ?...*


Les convenances lui interdisaient encore de se montrer trop curieuse, mais les questions lui brulaient les lèvres. Nul doute qu’elle mettrait à profit la première occasion pour essayer d’en savoir plus, à la fois par curiosité mais aussi parce qu’elle avait appris à apprécier d’une certaine façon, l’albinos pudique et empressé. Il lui avait donné une bonne leçon d’altruisme à leur dernière rencontre, sentiment qui lui était inconnu et le demeurait pour être honnête mais qui avait frappé égocentrisme.

En revanche, et malgré son état dégradé, elle ne pouvait manquer de louer le professionnalisme de Duscisio Balibe qui pouvait presque laisser croire à la pleine possession de ses moyens s’il n’y avait cette légère lassitude dans son ton de voix. Visiblement la profession restait pour lui, le moteur essentiel de sa vie et ne souffrait pas l’attente ou l’imperfection. C’était une chose qu’elle comprenait assez étant elle-même méticuleuse et plus que consciencieuse dans ses occupations professionnelles. Non seulement elle comprenait mais l’appréciait à sa juste valeur alors qu’elle le regarda se mettre en demeure de noter soigneusement ses demandes toutes plus imprécises les unes que les autres.

Bien vite le professionnel se laissa emporter par ses connaissances et son savoir-faire. Voltigeant d’une étagère à un tiroir, il finit par rassembler ce qu’il semblait devoir la satisfaire tout en continuant de lui prêter une oreille qu’elle jugea attentive, même si son regard était le plus souvent tourné vers ses rangements que vers elle. De quoi rendre inutiles tous les efforts de comédie que la belle faisait. De toute façon elle avait un doute sur la propension de l’herboriste  à voir le mal quelque part et aucun quant à sa grandeur d’âme qui pourrait le pousser à se montrer magnanime dans les tarifs qu’il pourrait lui proposer  tout en lui offrant le meilleur service qui soit. En conséquence elle abandonna petit à petit ses manières de mijaurée pour laisser une expression des plus concentrées sur les allers et venues de l’albinos s’installer sur ses traits de Sindarine. Elle était venue pour des conseils et quelques achats et visiblement elle serait satisfaite. La maladie ou tout autre évènement qui justifiait l’état pitoyable de l’apothicaire n’avait en rien entamé son professionnalisme et son empressement. Cela ne devait pas le pousser à prendre de repos ou à respecter une convalescence raisonnable, bref, rien d’étonnant à le trouver encore dans cet état si ses causes étaient les mêmes que lors du malaise qui l’avait pris chez elle. Une pensée plus morbide encore lui traversa fugacement l’esprit :

*A-t-il vraiment envie de faire de vieux os ? En tout cas s’il veut survivre plus loin que l’année, il va falloir qu’il prenne les choses un peu plus au sérieux et se décide à consulter quelqu’un qui le remette vraiment sur pied…*

Mais son attention fut bien vite monopolisée par les contenants qui s’alignaient devant elle et que l’air dégagé pour ne pas dire réservé voir amusé de l’apothicaire quant à ses préparatifs commença à lui laisser quelques doutes sur leur pertinence. Pourtant c’était bien ce qu’elle faisait d’ordinaire lors de ses missions. Elle faisait toujours en sorte de préparer ses assassinat le plus soigneusement possible non seulement dans un souci esthétique qui ne regardait qu’elle et portait en soi une grande part de subjectivité, mais aussi pour sa propre survie. Il n’était pas envisageable, ni de bâcler le travail ni de risquer d’y laisser sa vie ou sa liberté. Le petit sourire qui redonnait un peu de vie au visage de l’albinos pouvait même avoir quelque chose de vexant. Mais puisqu’elle était aussi là pour demander conseil et donc apprendre, elle décida de prendre tout cela du bon côté. Elle se contenta donc de le regarder passer d’un rayonnage à une étagère, un placard ou encore un chiffonnier avec l’aisance de celui qui sait où tout se trouve dans un agencement que lui seul connaît, en tout cas dans lequel Elië ne retrouverait pas son chemin. Il devait en aller ainsi de tous les professionnels qui se forgent une carte de leurs rangements dans une logique qui échappe à toute autre personne.

Elle crut le voir essayer de prendre la parole à l’occasion d’une de respiration qu’elle se ménageait entre deux phrases pour ne pas tomber après une panée trop prolonger, comprenez le reprise d’air au milieu d’un discours. Finalement donc elle se résolut à se taire étant à la fois arrivée au bout de son cahier des charge et désireuse d’entendre les suggestions que  l’herboriste avait à lui faire.

Ses premières paroles la surprirent un tantinet à la fois sur le fond et sur la forme. En premier lieu elle ne comprenait pas pourquoi elle se tracassait trop pour ses préparatifs. Comme dit plus haut comment envisager un tel voyage sans prendre un minimum de précaution ? Elle ne se considérait pas comme une hypocondriaque, ni mêmes comme une personne trop craintive aussi elle ne comprit pas pourquoi cette remarque. En outre, le ton familier adopté ne collait vraiment pas avec le Duscisio Balibe qu’elle connaissait. Poli réservé, elle ne l’imaginait pas s’exprimer ainsi, mais tout change et on se fait parfois de fausses images des gens et après tout, d’une part elle ne le connaissait pas si bien que cela et la maladie pouvait bien avoir altérer la façon d’envisager la vie de l’albinos. D’ailleurs, à ce propos, elle était curieuse d’apprendre comment il avait réussi à régler son problème de cœur et de quelle façon. Seule son éducation Sindarine l’empêchait encore de poser toutes les questions qui de minute en minute se massait sur le bout de sa langue. L’une d’elle allait bien finir par être expulsée par ses consœurs vers les oreilles de l’apothicaire et la faire passer pour la plus indiscrète des clientes…

Un bon ami ? Qu’entendait-il par-là ? En fait, c’était le concept d’ami qu’elle avait du mal à cerner. Si elle avait des souvenir de son hôte pour l’éclairer dans la définition d’ami ou d’amitié, elle devait bien se rendre à l’évidence, premièrement ils remontaient à fort loin dans la passé de la Sindarine et deuxièmement en même temps nombre d’entre eux étaient teintés de méfiance et de déception. En effet dans les tribulations pour ne pas dire le désastre qui avait marqué son changement de vie, elle n’avait pas pu compter sur de « bons amis » comme semblait l’évoquer le propriétaire de « l’herboristerie des lumières ». Et de fait, depuis que ses activités étaient à la fois peu propice à se lier avec les gens et plutôt à générer le secret et la solitude, les occasions de se faire des amis étaient peu fréquentes voire inexistante et pour tout dire, la rouquine s’en portait on ne peut mieux. Si elle faisait le compte de ses relations cela n’allait pas chercher bien loin le son nombre. Evacuons tout ce qui est clients en tout genre, il ne reste plus alors qu’une Syliméa en quête d’origine, un apothicaire maladif et un amant d’une nuit qui avait depuis disparu sans donner de nouvelles. Elle se demandait où elle pouvait bien classer la gamine qu’elle avait guidée dans les rue de la cité une après-midi durant. Elle aussi avait disparu une fois qu’elle avait retrouvé le chemin de ses pénates et que son goût d’aventure qui l’avait conduite hors de son bac à sable s’était éteint.

Son regard vert laissa passer une lueur d’incompréhension orangée bien vite maîtrisée, avant de s’élargir d’attention et se planter sur le maître des lieux, impatiente de recevoir son argumentaire. Pour ce qui est de l’argumentaire, elle fut un peu déçue car en fait il se contenta de reformuler le conseil sans expliquer le pourquoi de son avis… Il avait juste raison sur un point, elle n’était pas habituée aux grands périple et encore moins à être privée de confort et de tout ce qu’il pouvait lui prodiguer, même si son entrainement quotidien la faisait repousser ses limites régulièrement au hasard des nouvelles techniques qu’elle essayait après qu’elle fût mise en présence de nouveaux dangers ou d’adversaires plus coriaces qui lui montraient la nécessité de leur maîtrise, je veux parler là des techniques.

Ne restait donc que le conseil de se faire accompagner. Oui, bien sûr, accompagner… Elle n’était pas stupide au point de ne pas imaginer le pourquoi d’a l’accompagnement. Il s’agissait évidemment de ne pas voyager seule pour limiter les risque et pouvoir compter sur une aide en cas de coup dur. Cependant dans sa situation de presque isolement social, encore fallait-il trouver en qui avoir assez confiance pour cela. Alors qu’elle considérait les doigts pianotant sur le comptoir, elle eut comme un haussement d’épaule interne en arrivant à la conclusion qu’hormis la possibilité de louer les services de mercenaires ou gardes du corps, garde du corps qui pourraient la trahir à la première occasion, elle devrait sans doute s’en tenir à sa première idée, voyager seule en prenant soin de préparer au mieux son périple.

Elle considéra alors avec le plus vif intérêt les trois contenants disposés devant elle et écouta d’une oreille attentive leurs indications. L’apothicaire semblait avoir parfaitement compris ce qu’elle voulait d’après les commentaires qu’il émettait pour chacun des remèdes. Elle se félicitait d’avoir fait appel à lui, cela allait lui éviter toute perte de temps inutile. A chaque notification elle prenait doucement la préparation entre ses doigts et la faisait pivoter devant ses yeux comme pour en définir la composition, ce qu’elle était bien incapable de faire, mais le mystère de leur confection et l’idée de remettre sa santé à leur efficacité ouvrait en elle, des mondes de satisfaction et de conjecture quant à la façon de déterminer quelle composant devait en faire partie et au mode de préparation. Ce n’est au’à la fin qu’elle releva les yeux vers Duscisio Balibe. Pourquoi diantre, ne servait-il pas à  ses clients le produit dont lui se servait ? Effet secondaire ou précaution contre les indélicats ? Cette pensée s’envola bien vite. Après tout, les artisans pouvaient bien garder pour eux le meilleur de leur production non ?  Et ce malgré l’adage qui insinue que les cordonniers sont les plus mal chaussés. En outre ces trois  produits semblaient devoir résoudre en grande partie ses craintes et correspondre aux désagréments auxquels elle avait pu penser. Elle adressa un sourire reconnaissant à son hôte.

« Je crois que vous avez absolument compris ce qu’il me fallait. Par contre je vais oublier votre conseil de me faire accompagner car je ne crois pas avoir dans mon entourage de personne correspondant à votre description »

Comme dit plus haut son entourage était plus que restreint. Une nouvelle fois ses pensées allèrent vers Áedh Wintersun. Ce dernier aurait pu remplir au moins la fonction de garde du corps dans tous les sens du terme, et qui sait celle de guide, mais il avait disparu il y de nombreuses semaines et... Et tant pis! Pour ce qui est du guérisseur… La petite Thalie devait en être encore à ses balbutiements si on en jugeait par sa difficulté à maîtriser son autre pouvoir…
Elle poursuivit donc avec une pointe d’humour et de provocation.

« Je crois qu’il va me falloir être mon propre garde du corps, compter sur vos excellents remèdes pour les coups durs et sur mes cartes comme guide. Pour le reste… »

Elle eut un geste évasif de la main qui traduisait assez bien la part qu’elle était obligée de laisser au hasard. Pour ce qui était du garde du corps, elle avait assez l’habitude de laisser qui pouvait se l’offrir en user voire en abuser et la capacité de le défendre si besoin était, enfin en cas d’affrontement avec un nombre raisonnable d’adversaire. Elle faisait tout à fait confiance aux remèdes de l’albinos et avait consulté assez de cartes en tout genre pour pouvoir s’en remettre à elles. Evidemment cela ne remplaçait pas un bon, guide habitué au terrain, connaissant les coutumes du lieu ayant éventuellement des contacts qui pouvaient vous sortir de la mouise, mais il faudrait bien qu’elle fasse contre mauvaise fortune bon cœur.

Elle eut un instant d’hésitation à la question sur sa destination. Mais après tout, chacun avait celle qu’il souhaitait, même si elle en était consciente, le caractère interlope de sa première étape aurait sans doute de quoi surprendre, voire inquiéter son interlocuteur. En outre, peut-être ce dernier aurait-il des renseignements ou des connaissances sur cet endroit. Elle prit un ton dégagé soutenu par le fait qu’elle ne connaissait pas tous les dangers qu’elle pouvait rencontrer dans cette cité corrompue.

« Je dois rejoindre la cité de Ridolbar. Peut-être la connaissez-vous ? »

Mais bien  vite ses soucis pécuniaires reprirent le dessus de ses préoccupations.

« Vous ne m’avez pas indiqué qu’elle somme vous demandiez des trois merveilles que vous me présentez là… »

Elle laissa glisser son index plein de convoitise sur la boîte contenant l’onguent. Elle savait que tout travail demandait salaire, elle-même ne se privait pas pour le faire sentir à ses clients, mais elle avait toujours l’espoir, surtout lorsqu’il s’agissait de commerçants aussi altruiste que l’albinos, que pour ses beaux yeux et les reste, ils fassent un effort afin d’amoindrir la douleur que ses acquisitions infligeraient à sa bourse. Pour être honnête, c’était déjà arrivé, mais le commerce a ses lois que même sa plastique avait du mal à enfreindre.


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Terminer] Rose rouge, Rose blanche   Jeu 23 Juil - 12:45

Quand on voit certain détail suspect, on ne peut s'empêcher de se poser diverses questions sur la personne. Si celle-ci est amicale c'est plus difficile. La gêne ou rien que le fait de ne pas avoir d'occasion de poser sa curiosité sur la table. Qui n'aurait pas de question à poser pour savoir ce qu'il cachait ? Pour ce qu'il y avait de plus observateur, les personnes qui avaient remarqué le détail que cachait Duscisio sous ses manches, la réponse était toujours la même à savoir « Rien d'important ». Pour la personne le savoir n'avait en effet pas réellement d'importance. Gardant secret afin de ne rien montrer d'inquiétant. Savoir qu'il était habité par une plante parasite pouvait porter panique. La première question se posant étant bien celle de savoir si c'était contagieux. Un simple non n'était pas forcément rassurant. La crainte d'être touché par quelques choses que l'on ne connaissait pas existait pour tout ce qui était anormal. Alors, une plante aussi rare que celle-ci, savoir si c'était contagieux n'avait rien d'extraordinaire.

Duscisio ne pouvait s'empêcher de ressentir cette sensation étrange d'être constamment observé. Une présente à proximité ou simplement une impression qui n'avait pas lieux d'être. Certes, Duscisio était une personne des plus uniques en son genre, mais il n'était pas question de se laisser capturer ou utiliser par des personnes qui en voulaient pour l'argent ou en fait quoi que ce soit de malhonnête.
Unique.
C'était bien le mot le plus adapter pour désigner le Rosier blanc sous ses traits actuels. Un homme abritant une plante unique pour l'utiliser pour tout ce que l'on pouvait imaginer. Pour ce qui était de la personne concernée, la comprendre et savoir ce qu'elle voulait, était l'information la plus difficile à acquérir. Pourtant, sous ses yeux depuis qu'il la possède, il se rendait compte que celle-ci ne voulait que le protéger. Toutes les réactions passées alors qu'il subissait la terreur était pour éloigner la source de son malheur. Rien qu'aujourd'hui, on pouvait voir qu'il n'était point menacer. Aucune réaction de la plante, aucune envie de sortir pour entraver la jeune femme qui lui faisait face.
Aussi curieux que cela puisse paraître, Duscisio était en totale confiance avec elle. Bien que les souvenirs passées qu'il avait d'elle n'avait rien de très sain, cela le faisait plutôt sourire. Entre son jeu sensuelle où la situation était vue aujourd'hui comme ridicule et sa demande d'une plante qui servait autant de base à l'étrangleur qu'à son antidote et remède contre les maux de gorge.
Même s'il devait la dénoncer pour préparation au meurtre, il ne le fera pas. Pourquoi ? Aussi bizarre que cela puisse paraître il est plus intéressé par le fait de savoir s'il sera la prochaine cible ou non. Son égoïsme sur cette partie là était d'une énormité incommensurable. Autant pour son bien que pour celui des autres. Son métier consiste à soigner des personnes malade ou à les aider quotidiennement. Si on pouvait le mettre comme raison de vivre, elle serait des plus altruistes.

Alors, il expliqua ce pourquoi il avait sorti ses différents récipients n'était que des exemples de ce qu'il fallait emporter au minimum. Les blessures les plus courantes sont celle que l'on n'attend pas. Alors les plaies et les douleurs paraissaient les plus importants à calmer si l'on veut continuer son voyage sans pour autant négliger une blessure quand elle se trouve sévère. Pour les plus expérimentés, la prévention vaut mieux que subir une action qui s'est avéré être une erreur. Alors qu'en il expliqua qu'elle valait trouver un bon ami pour l'aider, c'était pour avoir cette attention de compagnon de route. Il ne fit aucune précision, puis elle s'exprima sur ce point après avoir laissé le jeune albinos parler.
La sortie des remèdes n'était pas vraiment un hasard. C'est ce qu'il utilise à l'origine pour ses propres déplacements. Bien que le temps soit bien passé depuis son premier voyage, elle semblait vouloir oublier son premier conseil. D'un air étonné, il se demanda bien la question d'une telle conclusion.

Oh ?

Un manque de contact ? Alors que cela se confirmait, le rosier blanc transforma sa surprise en empathie. Le fait d'être seul était quelques choses qu'il connaissait bien. Depuis des années il vivait seul dans cette maison pour gagner sa vie tout en prenant contact pourtant avec ses clients. La jeune femme n'aurait donc aucun contact avec qui elle pourrait trouver une personne digne de confiance. Alors, parler d'être son propre garde du corps et se contenter de remèdes. C'était pour lui un peu irréfléchie. Tapotant sur le comptoir, il restait légèrement inquiet à devoir vendre quelques choses qui ne lui seraient pas forcément utile. Peut-être qu'il la jugeait un peu vite, mais rien que le fait de ne pas la connaître à cent pour cent pouvait lui porter confusion.
Il se retourna légèrement songeur pour prendre une cruche d'eau qui se trouvait derrière lui à disposition. Ne prenant pas la peine de prendre un verre, il bût directement dans le récipient après l'avoir questionné sur sa destination. Un léger moment d'hésitation comme si le dire pouvait le pousser à réagir de façon drastique. Lorsqu'il entendit le nom de la ville, autre l'étonnement, il n'avait pas fini de boire qu'il en recracha une partie loin de la jeune femme et s'étouffa avec le reste pendant qu'elle continuait sur le prix des remèdes qu'il avait proposés.

Attendez, mais là il y a plus important que le prix.

Il calma son étouffement, se tapota le torse de son poing et continua.

Excusez mon impolitesse. Je ne vous connais que très peu, mais pour moi c'est trop dangereux d'y aller seule. Je me trompe peut-être sur le fait que vous ne donnez pas l'impression de savoir vous défendre...

Il se trompe sans doute. Mais que peut-il faire ? La laisser y aller seule ? L'accompagner ? Malheureusement la dernière solution était pour l'instant impossible à réaliser. Il devait rester ici pour une tout autre raison qui était arrivée par courrier le temps d'attendre Dame Valanatëel. Le haut-monastère l'avait prévenu comme quoi il serait du voyage pour aller chercher Othello pour la cérémonie future. Il y avait plus d'un mois de voyage.

J'aurai bien proposé mon aide malheureusement j'attends le convois du Haut-monastère pour un voyage important vers Hellas. Je serai donc indisponible durant un bon mois.

L'aide qui proposait n'avait rien d'un amusement. Aussi gentil qu'il était, Ridolbar était un lieu qu'il connaissait autant par les rumeurs que par le fait qu'il s'y est déjà rendu pour affaire. Quand elle demanda le prix des objets à vendre, il avait un peu l'impression de donner un poison à la jeune femme.

Cinquante dias, les trois.

Répondant machinalement un prix totalement au hasard, mais réfléchit par leur ingrédient bon marché qui avait été nécessaire. Mais cette sensation de la laisser à la mort n'avait d'égal que cet altruisme à penser que l'accompagner en personne serait la meilleure chose. Le peu de contact qu'elle semblait avoir lui était limité. Autre problème également : il devait reprendre un peu de force avant de cumuler un long voyage s'il ne voulait pas claquer tous les deux jours.

Pensif, prendre la direction de Ridolbar avait quelque chose qui pourrait se faire personnellement. Un but totalement personnel. Oubliant quelques secondes ce point-ci :

Je peux également envoyer quelques lettres à quelques personnes que vous allez pouvoir rencontrer sur le chemin qui pourrait vous aider. Le seul problème c'est de savoir s'il vous accompagneront bénévolement comme moi.

En sachant qu'il se souvenait de quelques commandes qu'il avait lui-même refusées il y a quelques jours, le fait de prendre par au voyage pourrait le mener à la maison close qui lui avait demandé une commande d'essaie de Potion d'Ambroisie en quantité importante. Cette commande allait lui permettre de subvenir à ses besoins mensuels durant un long moment s'il venait à accepter.

Votre voyage est urgent ?


Duscisio's Theme - Pistilose's Theme


Merci Othello pour le Kit

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MessageSujet: Re: [Terminer] Rose rouge, Rose blanche   Sam 25 Juil - 18:58

Elle était fort aise que le jeune homme ne lui tienne pas rigueur de leurs dernières rencontres. D’ailleurs, à bien y réfléchir, cela en était même suspect. D’un côté elle avait bien enregistré l’altruisme voire la naïveté de l’albinos, mais la rouquine n’y avait pas été de main porte avec lui et de fait, son accueil plein de sollicitude pouvait paraître, malgré ses qualités, très étonnante. C’est donc avec beaucoup de circonspection qu’elle décida de poursuivre l’entretien avec son hôte. Sa curiosité une nouvelle fois réveillée la rendit attentive à chaque attitude mimique regard ou parole de l’herboriste.

Elle ne manqua pas alors de noter l’inflexion d’inquiétude dans le simple « Oh ? » de son interlocuteur et cela eu le don de l’amuser et de la toucher aussi. Pourquoi Duscisio Balibe se faisait-il autant de souci pour elle ? De son côté, si l’albinos avait le don d’attirer sa sympathie, elle savait bien que s’inquiéter pour lui ne lui passerait sans doute pas par la tête. Après tout, les relations qu’ils avaient eu jusque-là étaient purement professionnelles et il en fallait bien d’autre pour que la Syliméa investisse une relation jusqu’à s’inquiéter pour elle surtout à propos d’une éventuelle solitude qu’elle-même vivait sans arrière-pensée ni regret. Elle eut un sourire rassurant.

« Ne vous inquiétez pas je ne suis pas très sociable cet isolement ne me pèse en aucune manière »

Elle pourrait même ajouter qu’étant donné ses profession le contact avec autrui pouvait lui peser et se révéler dangereux et au minimum inconfortable. On finirait par être obligée de mentir de chercher des faux fuyants. La situation était bien plus simple comme cela. L’apothicaire qui semblait être un modèle de droiture quant à lui ne pouvait sans doute pas comprendre ce genre de position et ne devait en aucun cas soupçonner qu’elle exerçait une professions des plus répréhensible en plus de son activité de courtisane qui ma foi restait une couverture des plus commodes.

« Ça a l’air de vous perturber… »

Et visiblement il était très perturbable, en ce moment. Elle recula vivement pour ne pas être aspergé par le jet expulsé de la bouche de l’albinos, regardant par réflexe plus que par crainte d’avoir été éclaboussé, sa tenue… Elle revint vers son hôte le ton inquiet:

« Ça va ? Vous arrivez à respirer ? »

Mais il ne prit pas la peine de répondre à sa question. La mention de sa destination semblait l’avoir mis dans tous ses états. Elle était au courant de la réputation de cette cité et elle ne s’attendait donc pas à une promenade de santé sinon pourquoi se présenter ici pour dépenser ses économies dans des remèdes qui ne serviraient pas ? Et doc le plus important en l’occurrence était bien de savoir ai elle pourrait ou non se payer les dits remèdes.
La suite lui parut tout à fait touchante.

*Par Kesha ! Ce petit semble se soucier énormément de notre petite personne !
_ Ce devrait être le cas de tout le monde ma beauté non ?
_ Nous ne supporterions pas longtemps cet empressement…
_ Tu as raison ! Quoi que se sentir le centre du monde, nous adorons n’est-ce pas ?
_ Pas faux, ma toute belle. Pas faux…*


Elle inclina légèrement la tête et sourit, reconnaissante, les yeux plein de la tendresse des princesses pour les preux chevaliers qui veulent bien aller se faire découper en morceau pour leurs beaux yeux.

*Il n’a pas idée de la méchante fille que nous pouvons être.
_ Pas étonnant, nous avons toujours été très civile avec lui…
_ Civile ? C’est comme ça que tu dirais ?
_ Oui civile.
_ Allumeuse aussi peut être ?
_ C’était purement professionnel…
_ Admettons… La question n’est pas là. Ce petit se fait beaucoup de mouron pour nous et…
_... et nous n’allons pas le détromper. Nous n’imaginons tout de même pas lui dire : Ne vous inquiétez pas. Nous sommes l’élève du meilleur maître d’arme d’Hespéria et nous somme passée maîtresses dans l’art de trucider notre prochain avec ou sans raison. Ce ne sont pas quelques coupe-gorge qui vont nous impressionner…
_D’autant que…
_ Oui, nous ne savons pas si du renfort ne nous sera pas utile…*


Elle écarquilla des yeux que l’idée de toute violence choquait.

« Me défendre… Et bien… Mais… Certes non bien sûr… Mais vous pensez vraiment que… Je sais que Ridolbar a très mauvaise réputation, mais qui oserait s’en prendre à une innocente voyageuse sans le sou ? »

Elle posa sa main sur celle du convalescent comme prise de frayeur.

« Vous m’inquiétez tout à coup ! »

Un soupir gonfla sa poitrine et elle baissa la tête comme résignée.

« Et bien je suppose qu’il faut parfois savoir prendre des risques. J’essaierai de me montrer la plus discrète possible. »

Mais elle n’était pas au bout de ses surprises. L’albinos envisageait-il sérieusement de l’accompagner ? En tout cas c’est ce qu’il avançait et Elië resta un instant sans voix. Cela dépassait ce qu’elle avait pu prévoir de la part de l’herboriste. Qu’il lui trouve les remèdes, cela allait sans dire, qu’il ne l’assassine pas avec leur prix, était son premier espoir mais qu’il se propose de l’accompagner… L’albinos était décidément très préoccupé par son prochain. En outre s’il doutait qu’elle fût capable de se défendre, au risque de le sous-estimer le convalescent, il ne semblait pas non plus tellement taillé pour les échauffourées et elle avait du mal à l’imaginer avec une arme à la main. Cependant il aurait été impoli de ne pas réagir à cette offre plus que généreuse, aussi surprenante fût-elle.

« M’accompagner ?!! Mais vous venez de dire que cette cité était des plus dangereuses !!! Pour quelle raison feriez-vous cela ? Nous nous connaissons à peine ? »

Elle n’avait pas besoin de forcer son talent de comédienne car en l’occurrence, son étonnement n’était pas feint. Seuls ses accents d’ingénue étaient là pour compléter le tableau de la voyageuse inconsciente. Puis elle continua curieuse.

« Le haut monastère ? Vous avez des relations avec les prêtresses de Cimméria ? Mais oui suis-je bête ? Il est normal qu’un apothicaire de votre qualité ait des relations avec un ordre de guérisseuses. Au minimum vous êtes complémentaires… C’est un voyage qui doit être bien éprouvant !... »

Elle marqua une hésitation et puis finit par se lancer avec le sourire gêné de celle qui sait qu’elle devient indiscrète.

« …Pour une personne dans votre état de santé. Je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais vous n’avez pas l’air au mieux… »

*Ça nous démangeait hein ?
_ C’est un fait, mais s’il peut se permettre de juger si je peux ou non me défendre à Ridolbar, je peux m’inquiéter de sa santé non ?*


Mais une nouvelle fois elle ne s’attendait pas à avoir de réponse tout de moins immédiate car ll revint au prix des remèdes qu’il avait laissé sur le comptoir. Cela semblait dérisoire à la Syliméa. D’aucuns diront qu’avec le peu de familiarité qu’elle avait avec la finance ce n’était pas très étonnant… De toute façon c’était loin des 200Dias qu’elle avait envisagé de dépenser pour ce poste dans son budget de préparatifs. Et elle gratifia le jeune homme d’un sourire reconnaissant.

« Magnifique ! Votre générosité soit louée ! »

Elle reprit un air plus concentré et commença alors à prendre sa bourse et à en desserrer le cordon tout en continuant à remercier l’apothicaire les yeux baissés sur ses économies.

« 50Dias c’est parfait ! »

Elle compta rapidement les pièces et les déposa sur le zinc tandis que Duscisio reprenait la conversation sur son idée qui semblait occuper ses pensées depuis quelques minutes déjà. Elle semblait bouillonner sous sa blanche chevelure et sa cliente ne pouvait s’empêcher de penser que son apparente de fragilité cachait quelqu’un plein de ressources. Le fait de savoir qu’il possédait un réseau de connaissances aussi important, qu’il était donc sans doute déjà allé dans la cité maudite semblait plaider pour cette théorie et s’il avait survécu c’est qu’il était capable de se sortir de situations inconfortables. Elle releva les yeux vers lui, les sourcils haussés, lui élargissant le regard avant de le gratifier d’un nouveau sourire tout en posant ses longs doigts sur son avant-bras au-dessus du comptoir.

« Vous êtes décidément adorable. Plus que le simple herboriste d’une fille perdue comme moi. Mais ne vous donnez pas cette peine. Comme vous semblez l’avoir deviné, je ne pourrais pas me permettre de rémunérer ni guide, ni garde du corps de plus je n’oserais jamais vous demander de me prêter main forte gratuitement. Vous avez déjà fait beaucoup pour moi. »

*J’ai honte de nous !
_ Ah ? Pas moi… Honte de quoi ?
_ De la façon dont nous profitons de ce malheureux !
_ Mais c’est lui qui se propose !
_ Et nous allons  refuser mon amour ?
_ Pourquoi refuserions nous, ma belle ? Ce serait lui imposer de se faire un sang d’encre pour nous. Ce ne serait pas charitable…*


Elle poursuivit innocemment :

« Et puis vous n’avez rien à faire dans cette cité de perdition quel seraient vos motifs pour m’y accompagner ? »

Elle fixait l’albinos qui semblait perdu dans ses pensées malgré les échanges suivis qu’il parvenait à tenir avec sa cliente et faillit elle-même oublier de répondre à sa dernière question. Elle eut un petit rire amusé pour se moquer de ses préparatifs et de son manque de préparation.

« Urgent, urgent… N’exagérons rien. Disons que j’ai eu du mal à me décider… »

Elle se pencha en avant et  baissa la voix jusqu’à murmurer en confidence :

« Je suis très casanière voyez-vous… »

Puis reprit d’un ton enjoué.

« Mais maintenant que j’ai pris ma décision j’avoue qu’il me tarde de partir. »

Elle peignit une charmante moue dépitée sur sa bouche avant de continuer comme déçue.

« Je vois bien que je ne suis pas tout à fait prête… et j’ai encore quelques recherches à effectuer pour m’assurer de pas laisser une trop grande part au hasard et donc aux ennuis. Donc ce n’est pas demain que je vais pouvoir rendre la route »

Elle posa les mains et empila les remèdes comme pour prendre congé.

« Oups ! Je crois que je ne vais pas pouvoir mettre tout ça dans mon aumônière ! Quelle sotte je fais je n’ai même pas pensé à prendre de quoi porter mes achats »

*Si tu voulais finir de passer pour une tête de linotte inconsciente et nous l’inquiéter tu n’aurais pas fait autrement…*


Elle avait porté sa main devant sa bouche et le pot qu’elle avait tenté d’empiler sur la boite en fer roula sur le comptoir. Elle le rattrapa vivement avant de river un regard pris au dépourvu dans les prunelles rouges de Duscisio.

« Vous n’auriez pas un petit quelque chose pour me permettre d’emporter tout cela ? »


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Terminer] Rose rouge, Rose blanche   Jeu 13 Aoû - 11:06

Duscisio n'avait pas réel raison d'accompagner la dame pour son voyage. Certes tout voyage qu'il faisait n'était jamais dénué d'intérêt. Trouvant toujours une bonne raison pour se déplacer, les passages dans diverses villes pour éventuellement demander aux personnes si elle avait besoin d'une quelconque concoctions pour le prochain mois à venir. L'herboriste faisait de plus en plus de demande de livraison auprès des convois pour l'aider à gérer son propre commerce, donc un voyage pour faire appel au besoin de personnes malades faisait partie de la routine qu'il exerçait depuis plusieurs années.
De ce fait – et il ne le précisera uniquement s'il fait partie du voyage – rallongera celui-ci de quelques jours pour mener à bien ses propres communications et autres informations qui pourraient être utile sur le voyage comme savoir comment se comporte telle ou telle région. Des rumeurs à propos d'éventuels dangers, une bande de voleur qui traînerait sur les routes commerciales. Tout était bon à prendre, rien dans la demi-mesure. Bien entendu il ne fallait pas oublier l'équipement qu'il portait à présent pour tous ses déplacements de longue durée.

La jeune femme se voulut rassurante en précisant qu'elle était habituée à l'isolement. Souriant très légèrement, il semblait se reconnaître. Vivre seul dans une grande maison avait également quelques choses de pesant. Les liens sociaux qu'il entretenait était toujours les quelques clients de temps en temps qui venait prendre nouvelle ou quelques produits de son herboristerie.
Il ne cache guère sa préoccupation, elle avait bien remarquée que la situation ne lui plaisait guère. Vendre quelque chose à une personne qui risquait sa vie ne l'enchantait guère. Savoir sa destination était bien pire maintenant. Voulant éviter de servir d'arrosoir pour la belle plante en quête d'aventure il détourna le visage et s'étouffa avec le reste de l'eau qu'il avait avalée de travers. Soulageant la dame en levant le pousse alors qu'il continuait toujours de tousser, il posa la cruche sur le comptoir il exprimait bien le danger qui l'attendait.
Le souhait inexpliqué alors d'avoir de plus en vie de s'assurer qu'elle resterait en vie persistait. Pour ce qu'il savait, savoir qu'elle comptait se rendre Ridolbar pour son premier voyage semblait vraiment gros. Lui-même dût attendre d'avoir assez d'expérience pour se rendre dans cette ville pour le commerce avec les rumeurs qu'il récoltait sur cette cité, alors qu'il n'était armé que de son manque d'expérience, quelques pouvoirs et sa fidèle épée si on oubliait son manque de confiance en soi.
Donc savoir si elle savait se défendre c'était déjà un problème de régler. En partie. La plupart des vils voleurs vicieux agissent en groupe pour avoir le dessus sur leur victime. L'albinos avait déjà eu ce genre d'expérience. À l'époque, il n'osait tuer personne par principe, l'obligation donc de le paralyser par un courant électrique était la seule chose à faire. Mais la mauvaise nouvelle alors parvint à ses oreilles. Dire qu'il n'y avait aucune raison pour qu'elle soit agressée, le fit réagir. Un long mouvement de tête de gauche à droite, fermant momentanément les yeux pour affirmer qu'elle avait tort avant de l'exprimer clairement en y ajoutant la raison.

Même en étant discrète. C'est fort possible que par votre beauté vous attiriez les regards. Et même si le sexe est votre domaine, je ne pense pas que le viol vous donne une quelconque satisfaction...

Franc, radical, il ne laissait pas les mots s'échapper au hasard. Autant aux compliments sur sa beauté, le reste de ses paroles n'était pas dû au hasard ou n'avait aucune raison d'être lâchée pour l'inquiéter. Ce n'était que vérité. Par contre, on ne saurait soupçonné si cette franchise était le résultat d'un éveil passé sur certaines vérités de ce monde.
À l'étonnement, l'accompagner lui semblait être une prise de risque inutile et puis quel intérêt il avait à l'accompagner alors qu'il ne la connaissait pas. Ne répondant pas dans l'instant pour donner une éventuelle raison il laissa la question de côté pour en revenir à lui et sur les projets actuels de voyage à Hellas par un convois du haut-monastère.
Bien entendu, peu sont au courant du fait que l'herboriste fasse parti des Gelovigiens, castre de croyants et donc que son lien avec Kesha était présent par celle-ci. L'autre raison était du fait qu'Othello faisait partie des Prêtresses de Cimmeria qui résidaient à Hellas dans le temple de la divinité de la médecine et de la féminité.
Au vu qu'il avait bien parlé d'un autre voyage avant concernant le haut-monastère, son état actuel inquiétait la courtisane.

Si je fais ce voyage c'est justement pour récupérer ici.

Il tapota sa tête de son index afin de désigner l'état moral et psychologique. Elle ne devait pas avoir trop de mal à le comprendre, elle qui l'avait accueillit dans sa demeure dans un état de fatigue conséquent par le passé. Fatigue qui était dût à la même chose qu'aujourd'hui, mais pas au même degré. Récupérer moralement était pour lui la première étape de la guérison, le reste n'étant que repos.
Alors qu'il ne cachait rien de son état, il ne répondit guère. Un sourire au coin des lèvres était son seul remerciement. Dire qu'il allait très bien serait une moitié de mensonge, alors son mutisme serait suffisant.

Revenant à la raison de sa venue ici, le prix des trois produits semblait autant étonner que satisfaire la demoiselle. Les cinquante dias était autant dérisoire que la véritable somme des produits, Duscisio avait également pour principe de penser plus à la santé de ses clients avant son propre enrichissement. Il n'avait aucune intention de devenir riche par son métier, cela ne lui rapporterait rien selon son principe de vie.
Les pièces posées une à une sur le comptoir alors qu'elle revenue sur son voyage dans la cité corrompue dont elle ne pouvait payer qui que ce soit pour l'accompagner.

Je pense que vous ne pouvez comprendre pourquoi en effet.

Se laissant échapper un petit rire alors qu'il se grattait la tête pour chercher comment lui expliquer les deux ou trois raisons qu'il pouvait bien avoir en tête, à raison de la proposition de l'accompagner alors qu'il n'y avait aucune raison de le faire.

J'ai refusé une énorme commande d'une commerçant dans la cité de Tyrhenium. Comme c'est sur le chemin je pensais y aller.

Voici ce qui concernait son professionnalisme.

J'avais également prévu de me rendre dans un lieu où Ridolbar se trouve sur le chemin...

Son côté personnel fut donné sans aucun détail de sa destination. C'était voulu, ce qui ne laissait pas le risque de maintenir une certaine curiosité à en savoir un peu plus... Car si c'est le cas, il serait amener à être séparé là-bas après l'avoir embarquée dans un convois pour qu'elle retourne en toute sécurité à Hesperia.

…Et puis en un mois de voyage, vous allez vous ennuyer.

Non pas qu'il désirait ne pas la connaître mais qu'avoir quelqu'un sur qui elle pouvait compter était par sympathie. Sa nature bien qu'il soit trop gentil ne lui accordait pas que des avantages, mais faire un peu plus connaissance avec une femme qui venait pour la deuxième fois dans sa boutique comme d'une fidèle cliente, il voulait bien en connaître un peu plus pour ses propres besoins futurs. Il ne citait pas les diverses commandes qu'il refusa pour se reposer.
Savoir que son propre voyage n'était pas urgent mais qu'il lui tardait de partir avait une énorme contrainte. Non pas que l'on fait attendre les dames tel qu'il l'aurait appris, mais par disposition pour les raisons déjà cité auparavant. À son grand étonnement, elle avait la même manie que lui concernant les informations de voyage.

Au moins, nous avons les mêmes principes avant d'entamer un long voyage.

Il souriait alors qu'il regardait la jeune femme prendre les remèdes maintenant qu'elle avait payée. À défaut qu'elle n'avait rien pour les transporter affirma-t-elle comme d'une maladresse de sa part.
Acquiesçant un signe de tête, prenant la somme sur le comptoir sans empressement, le commerçant retourna dans l'arrière boutique après lui avoir exprimé d'attendre un instant. Le corbeau blanc l'attendait d'un air peu amical au haut de l'escalier. Tuanio portait attention à la jeune femme qui attendait devant le comptoir.

Tuanio va saluer la dame pendant que je vais chercher ce dont elle a besoin.
Croa ! Pour lui crever les yeux?

L'albinos le regardait stupéfait. Comment l'animal normalement si amical pouvait être aussi agressif ?
Bien que cela n'était pas une attitude banale, il continua son chemin pour chercher l'une des caisses qu'il donnait au client pour transporter des fioles de verre. Le familier le suivi en volant ne cherchant même pas à adresser la parole à la courtisane.
Alors qu'il commençait à chercher, il lança la question à Tuanio qui croassa dès qu'il fut posé sur la table.

Je peux savoir ce qui te prend pour réagir comme ça ? Je ne t'ai jamais vu répondre de la sorte.
Cette femme est mauvaise, croa... Très mauvaise.
Tu dis cela en tant qu'ami ou animal ?

Il ne pouvait répondre, mais quand le maître regarda l'animal il y avait en effet une impression de déjà-vu. Ce n'est pas la première fois qu'il remarque qu'un animal s'éloigne ainsi d'une personne. Cela remonte à un an ou deux, dans ce que l'on appelle aujourd'hui les terres mortes. La similitude n'était que peu probable pourtant.

Elle dégage quelque chose qui m'est insupportable.

Duscisio en avait suffisamment entendu. S'étant arrêté de chercher pendant plusieurs minutes pour réfléchir il reprit sa recherche pour finalement trouver une petite caisse où deux emplacements y étaient incorporés. Divisée en deux donc chaque carré était disposé en son intérieur deux lamelles de bois percer du diamètre correspondant à la plupart des fioles qu'il utilisait.
Si on pouvait appeler ça des soupçons, tout restait encore à prouver. Hors l'état premier des Syliméas ne les différencie pas des autres races. Il n'y porta guère attention, sans compter que cela importait peu chez l'albinos. Terrain, Yorka, Syliméas, tous les peuples avaient le droit d'exister pour lui.

Revenant dans la boutique sans dire un mot de plus à son familier, la petite caisse entre ses mains, il souriait légèrement à Elïé qui attendait son retour pour l'aide qu'il allait lui fournir. N'attendant en rien pour mettre les deux fioles dans la caisse et le pot métallique entre les deux.

Ne vous en faites pas pour ce genre d'oubli. J'ai l'habitude de prendre de genre de caisses pour mes propres transports. Celles que je donne à mes clients me sont habituellement rendus à leur prochain passage. Avec ou sans fioles vide.

À vrai dire, les fioles vides ne sont pas très chères, mais les rapporter lui évitait d'en commander de temps en temps par centaine quand son stock se réduisait. Lui laissant le choix de prendre congé, il tendit la caisse sur lequel il avait discrètement posé une rose blanche. La rose venait directement de son poignet. Il avait momentanément caché ce dernier pour en faire pousser une du bourgeon à ce niveau-là. Cela devenait une manie.

Voilà pour vous.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Rose rouge, Rose blanche   Sam 29 Aoû - 10:09

La belle ne pouvait s’empêcher de considérer l’apothicaire avec curiosité car tant de sollicitude de sa part était quelque chose qui lui était étranger jusque même à en devenir suspect. Comprenez que pour une égoïste patentée comme Elië il était incompréhensible de se lancer dans une entreprise hasardeuse sans y trouver un intérêt quelque part et le l’herboriste ne semblait pas en avoir d’immédiat, en tout cas à part l’intérêt qu’elle lui connaissait déjà pour sa santé, intérêt qui lui-même lui semblait étrange maintenant qu’il n’était plus question de suspicion d’empoisonnement comme lors de leur deux premiers rencontres. La seule chose qu’elle pouvait comprendre mais avec certaines limite était une sorte de conscience professionnelle qu’elle-même était capable de manifester même si ce n’était que pour l’amour de l’art. Les choses qui méritaient d’être faites méritaient d’être bien faites. La seule différence sans doute avec l’apothicaire c’est qu’elle n’assurait pas de service après-vente… Seulement face une personne en bonne santé comme la Syliméa, cela frisait tout de même à ses yeux l’excès de zèle. Du coup, elle se demandait bien ce que cela allait lui couter en contrepartie. Elle aurait bien accepté sans ambages cette proposition, mais elle n’était pas accoutumée aux propositions désintéressées aussi attendait-elle d’en savoir plus sur les motivations de son bienfaiteur, d’autant que déjà le prix des potions qu’il lui vendait était dérisoire en tout cas par rapport à la valeur qu’elle imaginait qu’elles représentaient.

Bref vous avez bien saisi qu’habituée soit à sa solitude, soit à fréquenter les cercles où chacun peut devenir une proie pour l’autre. Même dans les endroits les plus policés les sourire masquent des crocs de loups. Elle était un peu déroutée par les manières de bon Samaritain de l’albinos au grand cœur mais qu’elle soupçonnait d’avoir une idée derrière la tête même si elle ne parvenait pas à savoir ce qu’elle pouvait bien être. Elle n’avait pas évoqué la motif précis de son voyage et ne pouvait donc pas le soupçonner de vouloir s’accaparer l’objet de ses convoitises qui l’obsédait depuis quelques temps maintenant. Il ne semblait pas vouer de sentiments particuliers à l’égard de la courtisane. Elle était donc dans l’expectative et attendait avec circonspection comment allait tourner la proposition…

Finalement, les réactions de Duscisio Balibe semblaient tout de même seulement être en rapport avec le danger de la cité qu’elle comptait rallier et la sécurité de la ladrini. Elle avait traversé la cité de Ridolbar alors qu’elle n’était qu’une entité éthérée et elle avait bien constaté que ce n’était pas l’endroit le plus fréquentable, mais ne se souvenait pas qu’il fût dangereux à ce point de s’y aventurer. Mais peut être ses souvenirs la trahissaient-ils et l’attitude soudaine de l’herboriste sans l’alarmer outre mesure lui suscitait tout de même une certaine inquiétude.

« A en croire votre réaction, je me dirige tout droit dans le pire enfer que l’on puisse trouver ?… »


De toute façon, elle n’avait pas le choix. Trouver le précieux objet l’obligeait à se rendre dans cette cité à la si funeste réputation si elle en croyait son interlocuteur donc soit elle se résolvait à faire face aux éventuels dangers soit elle abandonnait tout de suite ses recherche et ce avant d’avoir commencé. C’était trop bête et si elle avait hésité dans les premiers temps à quitter ses pénates pour se lancer dans cette quête, elle lui tenait à présent assez à cœur pour ne plus envisager de reculer. Evidemment elle aurait préféré que l’objet en question soit en vente chez un petit brocanteur d’Hespéria, mais cela faisait longtemps qu’elle avait appris à ne pas prendre ses désirs pour des réalités et toutes ses recherches préliminaires confirmaient que c’était là et pas ailleurs qu’elle avait une chance de mettre la main dessus, expérience ou pas du danger, elle devait bien se résoudre à affronter ce qui l’attendait là-bas.

En outre, en plus de son côté idéaliste et fleur bleue, l’apothicaire semblait aussi avoir acquis un certain sens tout de même des réalités et la rouquine ne peut s’empêcher de s’inquiéter et de reconsidérer les choses. Laissant un blanc derrière la remarque de son interlocuteur concernant les agressions dont elle pourrait être victime elle reprit

« Certes, considéré comme cela je ne peux prétendre que de la compagnie ne pourrait m’être utile et même agréable, accompagnée par des personnes telles que vous »

Elle hésita de nouveau. Sans vouloir insister sur l’état de faiblesse apparente de l’herboriste, elle se demandait tout de même si outre ses talents de guérisseurs il serait vraiment capable de lui assurer la protection dont la necessité lui semblait si sûre… L’allusion à son moral ne faisait que confirmer ses craintes. Plus les minutes passaient plus elle se demandait qu’elle pouvait bien être l’étendue des dégâts sur sa santé mentale et physique contre lesquels il devait se battre et jusqu’à quel point elle ne devrait pas le prendre sous sa protection inversant ainsi les rôles…

*On dirait que notre ami n’a pas réglé tous ses problèmes
_ Le pauvre ! Son « amie » ne semble pas avoir guéri ses souffrances et peut être même au contraire…
_ Faudra-t-il donc pour le distraire que nous fassions risquer sa vie dans notre entreprise ?
_ C’est lui qui le propose…
_ C’est un fait mais…
_ Mais quoi ? C’est un grand garçon…*


Elle ne put retenir un sourire amusé se demandant jusqu’à quel point il pensait l’impliquer dans sa guérison mentale.

*On peut bien le payer en retour
_ Tu veux dire en nature ?
_ Pourquoi pas ?*


Mais peut-être fallait-il qu’elle se mette en quête d’une autre personne et la seule qui lui venait à l’esprit… Mais peu importait, elle ne pouvait régler ce problème sur le moment.

« Pensez-vous qu’une autre personne serait souhaitables ? »

Alors qu’elle réglait ses achats, Duscisio  énuméra quelques raisons qui pouvaient le motiver à entreprendre le voyage et les scrupules qui ne sont jamais bien grands chez Elië commencèrent à fondre comme neige au soleil. Après tout si elle ne le détournait pas de ses occupations et s’il y trouvait un intérêt….

« Et bien je vais me rendre à vos arguments et je serai heureuse de faire la route avec vous si vous y trouvez aussi un intérêt »

Elle éclata de rire à l’évocation de son éventuel ennui. Elle n’était pas du genre à s’ennuyer. La vie était pour elle un éternel jeu et la seule chose qui la contrariait c’était justement lorsqu’elle n’arrivait pas prendre les évènements sous cet angle et qu’elle se trouvait incapable de positiver les tribulations que ses occupations ne pouvaient manquer de mettre sur son chemin. De plus si elle considérait toutes les avanies qu’il lui avait promises si elle voyageait seule, elle ne pouvait pas penser s’ennuyer une seconde….

« M’ennuyer ? Cela ne m’était pas venu à l’esprit mais je serai heureuse de profiter de vos talents de boute entrain… »

Elle avait lâché cette dernière taquinerie sans y penser et adressa à son futur compagnon de route un sourire complice destiné à lui faire comprendre qu’il n’y avait pas de mal ni d’arrière-pensées dans cette dernière remarque.
Comme s’il avait décidé de la faire rire, il essaya de trouver une ressemblance entre eux deux ne serait-ce que sur leur manière de préparer leurs voyages et il n’avait pas tort mais imaginer qu’elle pouvait avoir quelque chose à voir avec la façon d’envisager la vie de l’apothicaire était de son point de vue à la limite du risible. Mais là non plus elle ne souhaitait pas se montrer désagréable et se contenta de lui adresser un franc sourire qui illumina son visage angélique malgré sa chevelure de feu. Se yeux pétillèrent de malice et comme pour se défendre de tout ce qui semblait avoir alarmé son bon Samaritain jusque-là elle lui renvoya.

« Vous voyez que je ne suis pas si inconsciente que j’en ai l’air… »

Apparemment, il avait goûté son humour et elle se réjouissait de ne pas l’avoir encore vexé ou chagriné. Elle aurait peut-être plus tard cette intention et n’en aurait pas de remord, mais pour l’heure elle ne pouvait éprouver que reconnaissance à son égard. Reconnaissance accrue encore alors que sa s se formaliser il allait quérir une caissette pour l’aider à transporter ses achats.
La suite lui demanda de faire appel à tout son humour et tout son détachement. Le volatile qui semblait avoir ses quartiers chez l’herboriste semblait chercher à paraître le plus désagréable possible. Il avait beau s’exprimer depuis l’arrière-boutique, il avait bien du mal à contrôler son croassement : l’appareil phonatoire des oiseaux n’étant pas très flexible au niveau du volume. Heureusement, elle avait si souvent constaté l’aversion que manifestaient les animaux à son égard qu’elle ne s’en formalisait que peu. Nombre d’entre eux avaient fini leur jour sous ses crocs mais les autres, elle avait choisi de les ignorer. Là les choses n’étaient pas aussi simples que d’ordinaire. D’abord parce que l’emplumé possédait un langage bien trop élaboré au goût de la ladrini et que le côté humain de la chose mettait une autre dimension dans les accusations d’ordinaire muettes des autres animaux. Ensuite, il faudrait sans doute faire avec le corbeau durant le voyage et supporter son hostilité durant des semaines pouvait mettre les nerfs de la belle à rude épreuve. Il faudrait sans doute faire quelque chose à ce propos mais chaque chose en son temps et aujourd’hui, l’humour semblait être la meilleure solution…
Elle attendit la fin de l’échange entre l’oiseau et son maître avant de lancer espiègle en direction de ce dernier.

« Visiblement les humains ne sont  les seuls à mépriser les femmes telles que moi…  Ce n’est pas grave il apprendra à me connaître et j’ose espérer qu’il changera d’avis. »

Elle s’adressa ensuite au volatile.

« En tout cas tu es magnifique avec ton plumage blanc. Ton maître a bien de la chance. »

Le blanc qui suivit durant la recherche de l’herboriste dans son arrière-boutique ne pouvait éviter de la mettre un peu mal à l’aise et il lui tardait que celui-ci revienne. Elle pianota un instant le comptoir avant de reprendre tout regardant les étagères de la boutique garnies de pots, amphore flacons et boîte de toute sortes, certaine très belles, mais toutes, mystérieuses.
Elle lança e, même temps

« Si j’ai bien compris, je finis mes préparatifs durant votre absence ?... Vous me recontacterez à votre retour ? »

Ces quelques mots la rassérénèrent et elle compléta avec le sourire.

« D’ici là j’aurai peut-être trouvé un autre compagnon pour faire face aux dangers de notre voyage… »

Son regard revint vers Duscisio lorsqu’elle entendit ses pas revenir de sa desserte avec la petite boîte entre les mains. Son regard se fit interrogateur, se demandant s’il avait entendu sa question. Elle le regarda emballer ses médicaments et acquiesça

« C’est bien noté, la boîte et les récipients vides. Comptez sur moi… »

C’est alors qu’elle nota la rose posée délicatement sur le tout. Elle gratifia l’albinos d’un sourire reconnaissant en prenant doucement la fleur entre ses doigts pour la porter à  son nez avec un petit soupir d'aise.

« Comme elle est belle… Et son parfum… »

Elle réitéra son sourire en reposant la fleur qui ornerait sans doute un soliflore chez elle et lança en riant comme une provocation en direction du corbeau :

« Tu vois, tout le monde ne me déteste pas ! »

Elle prit le tout et s’apprêta à sortir de la boutique. Elle avait encore mille choses à préparer avant de pouvoir s’estimer prête à partir… Parmi toutes, une lettre à adresser à un fantôme.


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Terminer] Rose rouge, Rose blanche   Dim 30 Aoû - 15:07

La simplicité de Duscisio à vouloir aider quelqu'un peut importe la raison tant que tout semblait juste avait de quoi grandement poser quelques questions à son propos. Quel but aurai-il ici à suivre la jeune femme. Révéler peut-être une vérité qui semblait si bien caché ? Que sa simplicité cachait en réalité une personne dont la complexité dépassait l'entendement ? Un prix particulier en retour peut-être ? Dans sa première apparence, il ne cherchait absolument rien de tout ça. Bien que la réalité, il y avait bien deux personnes dans ce petit corps fragile.
Un Duscisio amical, honnête, altruiste, sans défense, contre un Duscisio aventurier, combatif, habille parfois radical. Qui est le vrai petit albinos ?
Bien que l'argent ne l'intéressait pas, il fallait en gagner pour vivre et la vie les autres comme la sienne était le plus important. Se rendant compte aussi que pour sauver des vies il fallait en ôter d'autre. Le monde n'est pas aussi doux qu'on ne le pense. L'albinos était semblable au monde. Sa surface semble idéal, mais en dessous demeure une grande imperfection. C'est un peu ce que Duscisio voulait expliquer pour Ridolbar.

Disons qu'une femme telle que vous pourriez éveiller un cauchemar dans le sombre rêve. Cette ville est comme une autre sauf qu'il y a une totale absence de bon sens et que tout peux dégénérer. Autant éviter toute éventualité. Comme cette cité, vous cachez peut-être quelques choses. Qu'en sais-je ?

Duscisio leva les mains à plat et haussa les épaules. Prévenir d'un danger potentiel était toujours dans les esprits du jeune homme. Prévoir le pire pour en trouver un bouclier efficace. Comme il le disait, une personne peut toujours cacher une face qu'il ne montre généralement jamais. C'est prouvé, même maintenant, le jeune homme cache sa véritable nature par la plante dont il sert d'hôte depuis plus d'une année maintenant. Autre avantage aussi d'accompagner quelqu'un, c'est ne pas voyager seul pendant une grande partie de chemin. Cela fait des années qu'il voyage pour en premier lieu trouver les plantes dont il avait besoin pour sa boutique. Maintenant qu'il les possède, ses déplacements se limite à des courriers qui lui sont adressés pour passer une commande précise dans des boutiques où l'on trouve un produit uniquement dans certains commerces et être sûr de sa qualité.
Accompagné Elië lui permettra donc de passer chez l'un de ses clients pour prendre une commande qu'il avait refusé et passer par Ridolbar avant d'aller au temple de Kron pour la deuxième fois. Il avait besoin d'une information de la part du prêtre qu'il y avait rencontré la dernière fois.
Apparemment, la courtisane n'avait rien à redire à avoir sa compagnie. Peut-être que c'était elle qui se faisait des idées ou avait aussi une chose derrière la tête.
Prononcer visuellement qu'il n'était pas au mieux de sa forme en pointant sa tête comme membre encore malade, pouvait susciter inquiétude comme des encouragements à le savoir guéris prochainement, en y aidant peut-être à quelques choses. Ne demandant rien, sachant parfaitement comment se guérir, l'herboriste avait également cité le voyage comme étape de guérison. En quoi un voyage tel que celui-ci pouvait le soigner moralement ? Qui disait Hellas citait forcément la jeune prêtresse. Concernant le haut-monastère, il ne s'agissait bien sûr que de leur proposition dont ils avaient discuté  quelques semaines auparavant.

Pour en revenir au voyage qui concernait la jeune femme aux cheveux de feu, celle-ci posait la question d'avoir une personne supplémentaire à leur déplacement. Originellement, il n'avait absolument rien contre. Cela l'arrangeait même.

Aucunement, si c'est quelqu'un que vous connaissez.
Une fois que votre affaire sera terminée à Ridolbar je pourrais vous laisser à cette personne pour continuer mon voyage vers le sud sans à me soucier de savoir si tout ira bien pour vous.


Il se souciait vraiment se la sécurité de ses compagnons de route – passé, présent ou futur – et d'un autre côté, si une troisième personne il n'aurait vraiment rien à craindre d'une tentative de sa part. Car il faut bien l'avouer, depuis peu, s'il voyage accompagner des règles seront à suivre le concernant pour leur propre sécurité. Surtout pendant son sommeil. Puis la question de s'ennuyer fit part qu'elle avait mal compris et lui cita de s'ennuyer si elle voyageait seule. Pour lui c'était une habitude, pour elle ce sera une première.
Malgré ça, elle avait bien les mêmes principes que lui pour préparer un voyage. Cela doit être courant tout de même afin d'éviter toute mauvaise surprise.
Il se gratta la tête d'un air gêner, comme s'il aurait préféré qu'elle n'eusse jamais entendu ni vu ça. Son attention se portait maintenant à l'oiseau qui était déjà en train d'observer la jeune femme comme un corbeau ordinaire. Poser sur l'une des étagères en hauteur, l'oiseau semblait lui porter une attention particulière comme si elle allait agresser son ami très prochainement. Ami qui savait exactement pourquoi il réagissait ainsi. Le fait de savoir parler a pu informer de la réaction qu'aurait un être humain si cela aurait eu le même effet sur eux, à quelques détails prêts.
Tuanio ne répondit pas au compliment de la femme rousse, ne se contentant que d'ouvrir le bec avant qu'il ne remarque que l'albinos le regardait, lui donnant l'ordre de se taire. Pour faire semblant, il croassa un grand coup et bâta une ou deux fois des ailes.
Retournant à sa cliente, il fit une mine désolée.

Je suis vraiment désolé de son comportement. C'est la première fois qu'il me fait ça.

Faisant attention à ne pas lui dire qu'il savait le pourquoi du comment, il continua son affaire, s'excusant encore une fois. Allant derrière la boutique pour aller chercher la caisse et discuter avec son animal. Revenant le bras chargé, il fit part du retour de la boite, accompagner discrètement d'une rose blanche qu'il venait de faire pousser du bourgeon à l'extérieur de son poignet.
La rose lui plaisait, son parfum également, tout était égal à sa rareté. Se tournant vers le corbeau à nouveau pour lui montrer que tout le monde ne pouvait la détester avant de tourner les talons maintenant que ses achats étaient terminés. Par courtoisie, Duscisio termina sa visite :

Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à passer. Je suis encore ici pour un ou deux jours.

Il la salua. Puis pointa Tuanio du regard qu'il s'envola sur son épaule. Une petite discussion allait devoir se faire entre eux, la concernant et l'éventuel possibilité qu'une autre personne comme elle entre ici. Avant qu'elle ne quitte la boutique, il lui adressa un remerciement en inclinant légèrement la tête.


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