« Vingt milles pieds sous terre. » [Pv Léo]



 
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 « Vingt milles pieds sous terre. » [Pv Léo]

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Rashell Samarcande

MessageSujet: « Vingt milles pieds sous terre. » [Pv Léo]   Mer 24 Juin - 18:28


Mois de Famael, 1304,

La cargaison était arrivée dans la journée, incognito, dans un entrepôt au pourtour de Ridolbar. Un endroit où personne ne mettait jamais les pieds, tout proche de l'une des bouches des tunnels du Mépris, pour être prêts à convoyer les caisses dans celui-ci. Tout cela avait beau être préparé, et se déroulait convenablement, elle savait qu'une visite se profilerait sans doute le soir même, au crépuscule peut-être, ou un peu plus tard ; en tout cas pas en journée ; cette bête là n'aimait pas vivre au grand jour, était plutôt nocturne et préférait se dissimuler dans les douces ténèbres de la nuit; ses visites, toutes rares qu'elles étaient, si ce n'est exceptionnelles, n'étaient pas non plus d'une ponctualité exemplaire il faut dire, et c'est pour cela même qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit là à une heure précise.

Comme indiqué, à l'une des innombrables fenêtres de son manoir, une thébaïde isolée de Ridolbar par des bosquets et forêts assez épaisses et quelques peu inhospitalières quand on ne les connaissait pas, elle avait suspendu un mouchoir blanc à l'angle ouvert de la fenêtre, non pas au troisième et dernier étage, mais sur une étroite lucarne sur le toit. A cette lucarne scintillait une faible bougie, au cas où il décidait de se pointer assez tard, au moment où il ferait assez sombre pour ne plus apercevoir le mouchoir, simple précaution.

Rashell aurait bel et bien eu l'envie de flanquer le dit mouchoir sur la première porte à l'arrière du manoir sans plus de cérémonie, et surtout pour l'agacer autant qu'il l'avait agacée. Mais il aurait été moins raisonnable de le faire courir dans tout le châtelet pour la rechercher. Alors autant le faire escalader jusqu'à la plus haute lucarne du manoir ; c'était une alternative relativement acceptable.

Elle était à la fois excitée et irritée de sa venue. Cela faisait tellement longtemps ; elle se demandait vraiment s'il lui portait un réel intérêt. Elle avait ce sentiment, juste le sentiment d'être utile sans plus, comme si le lointain passé où ils faisaient les quatre-cents coups ensembles n'avait de fait jamais existé, et qu'il n'avait aujourd'hui plus aucune incidence ou quelconque importance.  
Si elle n'était en fin de compte qu'un vieux pion que l'on sortait du fond d'un coffret d'échec, pour remplacer une pièce cassée, à défaut de trouver mieux pour arranger ses affaires ; elle n'en serait guère ravie.
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Léogan Jézékaël

MessageSujet: Re: « Vingt milles pieds sous terre. » [Pv Léo]   Ven 26 Juin - 17:07

« Oh, Rashell... »

Cette femme était toujours aussi délicieusement cinglée. Un sourire traversa furtivement le visage doré de Léo, levé vers le toit en tuiles pointu de la plus haute tour du manoir. Il défit d'un geste sec l'écharpe couleur sable qui lui ceignait le cou en cette nuit d'hiver tempéré qu'on vivait si bien à Ridolbar.

« Grands dieux, c'était bien la peine de s'mettre sur son trente-et-un. »

Il passa l'écharpe à son bras. Sur son trente-et-un, c'était un peu fort pour un regard extérieur. Il n'avait pas l'habit d'un grand-duc ou d'un maharajah, quoi qu'il avait revêtu depuis qu'il avait quitté Cimméria ce qu'Isha appelait « ses breloques de prince du désert », qu'il avait lessivées consciencieusement pour l'occasion et qui répandait une odeur de thé, de menthe et d'épices. Il n'avait qu'un long caftan de coton noir, très simple, qui s'ouvrait sur une tunique indigo et sur un pantalon ample rehaussé par ses habituelles bottes de cuir usé. Dans l'ombre de son caftan, il portait deux armes aux fourreaux exotiques, une rapière en damas cuivré, et un sabre d'Argyrei qu'il avait dérobé dans un convoi. Néanmoins sa barbe avait été rasée de près, dans la forme qu'il avait usage de la présenter, et à bien y regarder, les arabesques au henné sur ses mains étaient plus noires et luisantes que d'ordinaire.
Du lierre grimpait sur la façade pierreuse de la tour de Rashell et, secouant la tête avec un soupir moitié résigné, moitié amusé, Léogan saisit une poignée de tiges ligneuses dont il vérifia la solidité. Il dut bien s'en satisfaire cependant et plongea vaillamment la pointe de ses bottes dans les cavités qu'offrait la paroi, pour la gravir. Il se faisait l'impression encore une fois de vivre un de ces contes merveilleux où le prince fort bien mis d'un lointain pays du sud s'engageait à escalader le manoir de sa belle sous une fraîche nuit de la couleur de l'encre, où scintillaient des constellations d'étoiles. Il ricana pour lui-même, entraîné dans l'effort physique et le jeu de dupes qui faisait toujours la joie de Rashell.
L'ascension fut longue et, sur sa fin, relativement pénible. A mesure qu'il grimpait, le vent prenait de la force et plus d'une fois il s'arrêta, cramponné aux pierres enlacées de lierre qui lui écorchaient les mains et lui éraflaient les ongles. On n'avait pas idée, dans la vie, la vraie, de faire monter un type sur la foutue tour la plus haute du manoir, c'était grotesque. C'était quoi, le principe, cette fois ? Elle voulait s'assurer qu'il était encore capable de faire n'importe quoi pour ses beaux yeux ? Ou était-ce encore une de ces vengeances féminines qui ne lui avaient jamais inspiré que la perplexité la plus profonde ?
Cependant il arriva entier en haut de la tour et la lumière tamisée de la lune tombait doucement à travers la lucarne où il chercha à se hisser tant bien que mal.

« Ha bordel, c'était haut... » siffla-t-il entre ses dents, encore essoufflé.

Il se laissa tomber de la lucarne et ses bottes claquèrent sur les dalles blanches de la pièce ronde où Rashell devait l'attendre. Il mit la main sur le mouchoir en soie, coincé sous la chandelle sur le rebord de la fenêtre, et le déplia d'un geste du poignet. Il était brodé d'un double S enlacé et festonné harmonieusement. Quand il l'agita, le parfum poudreux qui y dormait s'éveilla comme une âme, un spectre ou un souvenir et flotta dans l'air, teinté de miel et d'épices, glacé de rose et de camomille, lamé d'un soupçon de cerise. Léo sourit doucement et porta le mouchoir à son visage pour se plonger dans cette valse familière de chaleur résineuse et de froideur fleurie. C'était encore agréable, mais il ne pouvait s'empêcher d'y déceler un grain secret et sinistre qui le rappelait à la méfiance. Il s'en servit pour éponger rapidement son front moite.

« J'ai pas fait mes classes dans un cirque, pour ton information... protesta-t-il, avec amusement. Dans le conte, tu sais que la princesse est largement mise à contribution. Une histoire de cheveux... Mais je me serais contenté d'une corde. Probablement pour me pendre. »

Il déglutit un peu et se redressa, frictionnant ses bras rompus par l'effort et balayant la pièce d'un regard inquisiteur. La tour était désespérément vide. Une inquiétude monta en flèche de son échine jusqu'à son cerveau reptilien. Oh, ça ne lui plaisait pas. Ce n'était pas comme ça que ça fonctionnait, d'habitude. D'aussi loin qu'il était capable de calculer l'imprévisible, il avait appris que jamais Rashell ne l'aurait laissé s'échiner sur une tour de cent pieds de haut au bas mot sans être aux premières loges pour assister au spectacle, et à la réception pour saluer l'exploit. Elle lui préparait un coup fourré, c'était évident. Il s'arrêta dans la pénombre de la pièce et passa une main derrière sa nuque, la mine résolument sceptique.

« Mmh. ...Rashell...? »


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Rashell Samarcande

MessageSujet: Re: « Vingt milles pieds sous terre. » [Pv Léo]   Mar 4 Aoû - 15:12

Tiens, une odeur familière. Celle-ci s'approchait, de plus en plus, lentement parmi les ombres. Rashell ramassa alors quelques fioles qui traînaient au sol, les disposa soigneusement dans une vitrine non loin dans la pénombre de la cave, à une place bien précise. Au sol, elle scruta rapidement les dalles de pierre, un cours instant, réfléchissant à peaufiner au mieux ce qu'elle venait d'achever. L'onguent qu'elle avait préparé et utilisé ce soir avait-il était plus efficace cette fois-ci. Les dalles froides de la pièce constituaient un puzzle assemblé, chacune d'elle avait une partie de cercle, avec des symboles singuliers et étranges ; le tout composait une espèce de large pentacle aux couleurs rougeâtres, aux cinq coins de celui-ci étaient installées des bougies, dont la cire, déjà majoritairement consumée, rejoignait dans les commissures entre les dalles du sang qui ruisselait normalement vers la partie la plus basse de la pièce ; néanmoins, sur une jonction de dalle, le liquide ocre s'accumulait et débordant autour d'une main inerte.

Rashell secoua tout d'un coup la tête, se disant qu'elle réfléchirait à tout cela plus tard, elle se retourna, claqua des doigts vers le centre du cercle et sortit de la pièce qu'elle ferma à double tour. Au même instant, un sifflement s'éveilla dans la pièce.

A présent, une ombre montait les marches de la tour Samarcande. Elle suivait encore ce parfum, qu'elle sentait monter quasiment en même temps qu'elle. De temps en temps, celui-ci s'arrêtait ; ah, une défaillance ? Cette odeur, elle l'aurait reconnue entre des milliers, sans faillir ; elle l'avait bien trop étudiée. Des bottes claquèrent enfin sur le pavé du dernier étage. Elle non plus n'était pas loin du haut, mais elle ne se pressa pas, avançant dans l'ombre des marches, elle écoutait les persiflages de son invité. Une fois en haut, elle poussa la porte qui grinça un peu lugubrement et de lui répondre après-coup :

« A force de disparaître, je pensais vraiment que tu les avais faites, en tant qu'illusionniste, à vouloir m'éviter ainsi, à tout prix j'ai l'impression. » La voix avait un timbre assez sinistre, sombre, teinté d'un reproche. L'une de ses voix que l'on pense venue de son for intérieur, résonnant plusieurs fois avant de s’appesantir en remord. Elle se tourna vers la porte, la ferma à clef, dissimulant cette dernière sur elle, puis fit volte-face parmi les ombres de la pièce droit vers son invité, tout doucement, avec des pas calmes, posés, mais les talons de ses bottes claquaient à un cadence froide, se rapprochant de Léo. La lueur d'opale de la nuit l'atteignit dans sa course, laissant découvrir sa tenue ; elle portait une tunique bleue, de couleur unie, seules les bordures de ses manches, le col qui dessinait un arc de cercle sur le haut de son buste, ainsi que sa ceinture et le bas de sa robe, descendant à mi-genoux, étaient tressées et dorées. Elle s'arrêta face à lui, droite comme un i. Plus petite que lui, sa propre tête arrivait relativement à son menton à lui.

« Que faire de cheveux aussi longs et pénibles à trimballer quand le Prince Charmant peut monter comme un grand en haut de la tour. » Deux yeux pers fixés sur son invité de marque, un léger sourire en coin se dessina sur ses lèvres vermeilles : « Puis, si tu voulais vraiment te pendre mon cher Léo, nous savons pertinemment tous les deux que tu ne le ferais pas, et encore moins devant ma porte. »

Le sourire crispé qu'elle arborait depuis le début se brisa à cette remarque aussi dérangeante qu'amusante, son sourire avait tout de suite quelque chose de plus charmant et d'agréable ; on sentait soudainement qu'elle était contente de revoir son invité. Elle recula d'un pas et se déhancha, balançant le poids de son corps sur une jambe, scrutant des pieds à la tête l'homme qu'elle avait en face de lui ; elle sentit la fragrance d'épices et de menthe dont elle s'enivra un instant :

« Cette tenue te donne un certain charme dis-moi. Mais viens donc par-ici, on ne va pas rester dans ce vestibule pour discuter. »

La Lhurgoyf s'avança vers une tenture rouge qui ornait un mur dans la pénombre. Elle passa derrière et ouvrit la porte qu'elle dissimulait entre les pierres. Elle laissa Léo passer, et rabattit une autre tenture sur la porte de l'autre côté. La pièce était assez grande, beaucoup plus chaude et arborant des couleurs qui rapperaient les coloris enflammés d'Argyrei, mélangé à ses motifs exotiques et harmonieux. La lumière provenait de lustres à bougeoirs, entourées de verre rouge et jaune qui se reflétait dans la pièce. Dans un coin se trouvait un monticule de coussin, près d'une table basse, chaque coussin était paré d'ornements de couleurs et de formes diverses. Sur la table basse, s'assemblaient différents biscuits, exotiques ou non, et quelques fruits de saison.

Shell s'était approché d'un paravent en toile, les montures étaient en fer forgé, fin et léger, l'intérieur recouvert d'une toile blanche. Près de celui-ci, elle retira ses bottes qu'elle laissa tomber négligemment au pied du paravent, elle regarda Léo dans les yeux un instant et fit un signe discret de la tête, elle serra les pans de sa tunique de ses mains et la retira par le haut ; ses boucles d'un blanc luisant ondoyèrent et se déversèrent en cascade sur son épaule.

« Tu m'excuseras mais j'ai eu une dure journée, et tu es arrivé sur mon créneau détente du soir. » Passant près de Léo, elle s'approcha de la table basse, et saisit une friandise à base de vanille et d'amande qu'elle croqua. Une fois la gourmandise avalée, elle posa un regard amical à Léo, toute habillée de sa tenue d'Eve : « Je me suis dit que tu aurais peut-être faim. » Revenant vers le paravent, elle le plia pour laisser voir une grande baignoire qui fumait quelques vapeurs chaudes qui délivraient des odeurs d'huiles d'exotiques dépaysantes.

« Au fait, tu peux déposer tes armes dans un coin si tu veux, je ne pense pas que ce te soit utile pour le moment. Je ne vais pas t'attaquer, encore moins dans cette tenue ; je crois... » acheva-t-elle, accompagnée d'un sourire espiègle. Finalement, elle se laissa glisser dans la baignoire à l'eau plus au moins translucide :

«  Tu m'excuseras aussi, j'aime à voir les yeux de la personne avec qui je parle. »
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