La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga - Page 2

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 La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga

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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Mer 26 Aoû - 20:28

Après cette longue attente, la brume noire qui surgit était finalement ce qu’ils attendaient tous et qu’en même temps ils redoutaient le plus au monde : ça commençait.
Dans le cerveau des cinq gardes résonnèrent la pensée d’alerte alarmée lancée par les deux télépathes réveillés. Les hommes endormis se réveillèrent en sursaut après l’intrusion violente et désordonnée des deux esprits dans les leurs somnolant.


Première flèche au but…

Le chemin de ronde de la plus haute tour était logiquement circulaire et contournait ce dernier étage où les trois autres gardes dans cette tour attendaient leur tour de garde. À disposition, deux cibles s’offraient à l’ennemi déjà monté sur la tour. L’une d’elle était déjà touchée et l’autre était déjà en joue.

Deuxième flèche au but…

Un bruit sec et un gémissement de douleur qui se répètent... Il n’en fallu pas plus au dernier garde encore debout et de l’autre côté de la tour pour comprendre que le chemin n’était plus sûr. Il s’engouffra par la porte pour se mettre à l’abri.

À l’intérieur, la brume n’avait pas pénétré et le braséro irradiait encore suffisamment pour qu’on se devine assez bien. Les trois gardes formant la relève s’étaient levés. L’esprit encore légèrement embrumés, ils recevaient encore les images du deuxième télépathe du contingent, situé dans une des deux autres tours.
Chacun savait ce qu’il avait à faire. Ils dormaient toujours équipés de leurs armures de cuir cloutées, l’épée sous l’oreiller. Pas la peine de la ceindre. Deux d’entre eux filèrent dans l’escalier pour descendre au rez-de-chaussée, la lame au clair.
Les deux autres se rejoignirent auprès de la caisse de munition, arc en main, flèche encochée, prêts à bander pour tirer.
Pas besoin de parler. Ces hommes se connaissaient bien et depuis longtemps : pour que l’un d’eux revienne seul de sa patrouille et referme la porte, c’était qu’il devait y avoir une menace imminente. De plus, il scrutait la porte car il lui semblait bien avoir entendu le tir de l’arc très proche, trop pour qu’il puisse provenir du sol. Il en était sûr, il y avait déjà quelqu’un sur le chemin de ronde et l’autre lui faisait confiance. De plus, il devait garder cette pièce et les deux seules issues possibles étaient l’escalier qui montait à leur droite et cette porte en face.


Troisième flèche au but ?

Sur les deux autres tours, les sentinelles avaient forcément dû chercher à se cacher derrière un merlon en attendant que cette brume se dissipe. Ou plutôt, en espérant qu’elle se dissipe. Mais les flèches sont parfois plus rapides que les hommes. Et l’un d’eux avait pu être touché.
Si eux ne voyaient rien, rien n’indiquait que c’était le cas de leurs ennemis. Autant ne pas laisser trainer sa tête dans une ouverture. Une flèche est trop vite arrivée.

Les soldats réveillés dans les autres tours, eux, tout autant alertés par les télépathes tout à l’heure, gagnèrent leur poste au rez-de-chaussée de leurs tours respectives.


***[passage inutile à l'action mais utile à Veto/Passez à la prochaine balise si pressé]***

Les patrouilles de Cimmériens sillonnaient la Taïga avec la rigueur qu’on connaissait à la garde territoriale. Bien sûr, cette guerre avait suscité une nouvelle campagne d’enrôlements pour grossir les rangs des militaires et Veto n’avait pas pu éviter qu’il y ait quelques jeunes soldats parmi ses hommes. Mais le Lieutenant avait déjà fait trop de terrain pour laisser dans une telle situation une équipe de bleue partir en zone sensible. Bien sûr, il n’avait jamais connu de guerre, mais pour l’heure, il n’y avait rien de différent entre traquer une potentiel incursion ennemi et retourner une région à la recherche d’une créature dangereuse pour les populations locales. Et la sécurité des autochtones, Veto s’y exerçait depuis des années.
La nomination d’un si jeune Lieutenant, si récemment muté à ce poste à leur tête avait suscité parmi les rangs de la garnison de Lindholm quelques réflexions plus ou moins ténue.

Mais pour l’heure, le Lieutenant n’avait pas encore commis d’impaire. Il avait su limiter le nombre de jeune recrue sur le terrain pour ne pas qu’ils soient un poids mort pour les équipes tout en incorporant assez de ces bleus pour que les anciens ne se sentent pas les seuls à aller au charbon…
Tous les jours, Veto avait le nez dans la paperasse, du matin au soir… On oublie trop souvent que la guerre se joue parfois plus au-dessus d’une carte que sur le champ de bataille. Et pourtant, il était militaire de carrière et il savait à quel point un soldat sur le terrain se sent responsable…

Non, Veto n’avait pas une position facile, mais il le savait et l’avait cherché. Car s’il réussissait ici, c’était une marche de plus de gravi dans l’estime des hommes et du quartier général…


« Lieutenant.
-Major.
-Vous vous en sortez Lieutenant ?
-Pour le moment,… À part quelques retards de rapport…
-Le campement de l’autre côté de Svenning ?
-Les hommes en parlent déjà ?
-Pas davantage que Windigard… »

Un lourd silence se posa dans la pièce et Veto ne soutint le regard de son ancien frère d’arme qu’une seconde pour porter le sien par la haute fenêtre du donjon. Son bureau était en haut de cette tour du bastion et d’ici, il avait une vue imprenable sur la mer végétale.

« Veto ! Mes hommes…
-Non, Fenri. Ce ne sont pas tes hommes. Ce sont les miens. Ils sont sous ma responsabilité. Et c’est bien pour ça que ce n’est pas à toi que j’ai demandé de former cette équipe. J’ai servi avec eux  avant toi. Je les connaissais très bien aussi.
-Et tu les as envoyés à l’abattoir ! »

Les yeux du Lieutenant fixaient le Sud. Ils étaient trop loin pour qu’il puisse voir Windigard et pourtant, il avait l’impression de discerner la tour du fortin embrasée. Mais ce n’était que le fruit de son imagination.
Le silence resta un long moment. Oui, Veto ne pouvait que le reconnaître. Cela ne faisait aucun doute. Windigard allait tomber.


« Pourquoi tu m’as refusé le commandement de cette unité ?
-J’ai besoin de toi ici.
-Pourquoi faire ? Je suis cantonné ici depuis des jours.
-Et je te remercie de te montrer si patient. »

Le ton montait entre les deux protagonistes. Veto prit une grande inspiration et se retourna enfin de nouveau.

« Tu es mon meilleur meneur d’homme, ici, Fenri. Lorsqu’ils arriveront à nos portes… Et ils arriveront… J’aurai besoin de toi vivant. Pas tombé à Windigard avec eux… »

Les deux hommes se toisèrent. Le temps où l’un apprenait à l’autre à combattre était révolu. Les grades avaient changés. Ils avaient changés.

« Permissions de me retirer, Lieutenant ? »

Veto ravala la boule d’amertume que le ton froid de celui qu’il considérait encore comme son ami lui enfonça dans la gorge.
Il aurait voulu lui dire qu’entre eux, il imaginait que ce genre de rapport ne serait pas mais au lieu de ça, il ravala la boule au fond de sa gorge et laissa son esprit se faire à nouveau envahir par les rapports.


« Non. J’ai encore une question. Les mercenaires envoyés par la Grande Prêtresse. Vous les avez vu partir ce matin ?
-Affirmatif.
-Ils étaient toujours en blanc ?
-Affirmatif. »

Veto eut un haut le cœur. Rectification : tout n’allait pas si bien que cela finalement. Il avait chargé son Aspirant de faire parvenir à ces hommes des tenues d’opération cimmérienne adaptées à la saison. PAs besoin de chercher longtemps ce qu'il s'était passé...

« Et vous n’avez pas…
-Sauf votre respect, Lieutenant, comme vous l’avez souligné, je suis ici en tant que meneur d’homme. De VOS hommes. Ces mercenaires étaient ici en autonomie. Et vous savez ce que je pense des mercenaires. »

Nouvelle boule à avaler…

« Rompez Major. »

Fenri salua son supérieur avec une moue insoutenable pour Veto. Encore une fois, il porta son attention sur la cime des innombrables arbres, pensant à toutes les vies qu’il avait entre ses mains et toutes celles d’entre elles que ses erreurs de calcul effaceraient des registres mais pas de sa mémoire.

***[Fin du passage superflu/retour aux actions militaire]***

Mais pendant ce temps, au creux des vallons, parmi les immenses troncs et les fougères, les équipes patrouillaient selon les tracés approximatifs qu’on leur avait ordonnés de suivre. Dans toute cette végétation renaissante, le repérage ne pouvait être parfait.

Et c’est loin de ces fougères qu’une tête perça la canopée. Le jeune Yorka tira la langue alors que le vent lui fouetta le visage, comme pour gouter l’air. Réflexe animal qu’il avait parfois. Il se reprit et cligna des yeux, laissant sa troisième paupière en place pour pouvoir regarder ce qui l’intéressait sans souffrir de l’air sec. Ses pupilles verticales fixaient avec intérêt la trainée blanche.
Il ne resta pas longtemps ainsi perché. Il n’était monté que pour se repérer. Et si on ne pouvait pas dire qu’il connaissait la Taïga comme sa bourse. Mais il maîtrisait assez bien sa cartographie pour savoir qu’ils s’approchaient trop de la chaine de Harding.

En bas, le reste de l’équipe attendait le retour de leur vigie improvisée.


« On a encore perdu la piste…
-Où t’as vu une piste, le bleu ?
-Il a raison. Pourquoi on change tout le temps de trajet plutôt que d'insister sur les mêmes pour tracer des passages un peu plus praticable ? Depuis le temps qu’on l’arpente cette foutu forêt, on aurait déjà dû…
-Pavé la route pour ceux d’en face ? C’est ça que tu veux ? Avec des petits panneaux aussi? »

Le caporal passa la tête de derrière l’arbre où il était appuyé pour pouvoir chuchoter à ses hommes d’un air tout à fait calme mais avec un regard noir : « Soit vous apprenez à chuchoter moins fort, soit vous prenez un carreau dans le cul. ».
Tous soupçonnaient ce grand homme pâle et blond d’être un Lhurgoyf. Et ce doute ne faisait que renforcer son autorité. Tous se turent et reprirent leur garde en silence, les anciens avec un sourire en coin et la bleusaille avec une lueur d’inquiétude.

Enfin, le Yorka sauta d’une branche, terminant sa descente avec autant d’aisance qu’il l’avait commencée.
« Alors ? » Demanda le Caporal-chef, un Terran au physique de bûcheron bourru.
« On dévie vers le Sud. Faudrait voir à recalibrer vers le Nord mais… Si on continue encore un peu, on va tomber sur un type qui fait du caramel à la résine. »

Le chef de la patrouille eut un moment d’hésitation. À force d’attendre, il aurait presque fini par désespérer. Enfin un signe de vie.

« Eh bah on va aller voir ça. On repart les gars. Les petits, vous restez sous mes ailes. Je veux pas que vous attrapiez froid. Blanchet et La Lèche, vous êtes au bout. Bien en ligne. On ratisse large mais on se garde à portée de vue.
-Du caramel ?
-Ta gueule Poussin. Et remets ta capuche : le jaune ça attire les flèches.
-Faites chier avec vos surnoms à la c…
-Et plus un mot. Surveillez les signes. »

Tous les cimmériens avaient revêtus des habits verts sombres ou grisâtres. Et ils portaient des capes à capuche terne. Souvent, ils les tâchaient même d’humus pour rendre leur camouflage plus efficace.
La formation de huit hommes commença sa progression, passant du couvert d’un arbre à un autre, avançant lentement et évitant au maximum les branches mortes. Mais dans une forêt, on ne peut jamais être complètement silencieux, même entrainés.


Et à quelques kilomètres plus loin, une autre équipe descendait sans le savoir vers les évènements qui animaient les Sindarins au Sud. Ils étaient mené par un Yorka dont la pilosité et la carrure laissait imaginer le totem et marchaient de manière espaçait. Eux étaient un peu moins sur le qui-vive car ils n’avaient pas plus de raison de l’être qu’hier. Leur dernière rencontre avait été la patrouille du Bûcheron la veille. Aujourd’hui, ils allaient commencer à manquer de vivre et voulait rallier avant le soir le campement sindarin le plus proche. Leur éclaireur, un Sindarin installé en Cimméria depuis plusieurs décennies, était, lui, bien plus en avant, toujours connecté au chef du groupe par télépathie. Si bien que lorsqu’il perçut l’agitation bestiale en avant, le groupe se prépara davantage.


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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Mar 1 Sep - 20:13

Sur le chemin d'Orchid


« Très bien. »

La jeune fille acquiesça docilement et d'un geste souple du poignet, permit à sa corneille de prendre son envol. Mithra, l'oiseau, disparut bientôt dans le feuillage dense de la forêt, parmi les pépiements de ses semblables. Niniel resta figée un moment, afin d'être réceptive aux images qui lui parvenaient et qui, pour le moment, présentaient une voie sûre.
Alors, redressant la tête vers Igrim, elle reprit très sérieusement :

« Nos troupes se sont repliées vers la montagne sans laisser de traces trop remarquables. Pour le moment elles stationnent en attendant que les prisonniers crachent le morceau ou que je fasse un rapport. Elles ne risquent rien. Si jamais nous finissons bredouilles dans cette direction, nous bifurquerons vers le chablis où a eu lieu l'embuscade, et si nous n'y trouvons toujours aucune trace de guerriers en fourrure, c'est que la voie sera libre et que nous nous sommes débarrassés des ennemis dans ce secteur. »

L'elfe sourit de toutes ses petites dents à la Zélos, ravie de la tournure des événements. Elle était bien conseillée. Igrim semblait pétrie de bon sens, prête à coopérer, et expérimentée. Avec un peu de chance, elles ne rencontreraient personne, et les Sindarins pourraient poursuivre leur ruée vers le nord sur le chemin qu'avait tracé Rash Lanetae, sans rencontrer de résistance jusqu'aux alentours de Lindholm.
Plus décontractée aux côtés de sa nouvelle compagne, elle lui fit signe de la suivre. Il était grand temps d'aller de l'avant, elles avaient assez perdu de temps en palabres. Son arc à la main, une flèche bandée entre ses doigts, la jeune elfe bondit entre deux sapins et reprit sa route, à distance d'Orchid pour couvrir un champ plus vaste. La télépathie de Mithra leur servirait de relai.

Les deux éclaireuses progressèrent discrètement dans la végétation, le pas léger et le regard alerte. Niniel n'usait de sa magie de rapidité qui faisait son surnom parmi ses congénères que par petits à coups, pour ne pas perdre Orchid de vue.

HRP : Alors, c'est toi la joueuse, tout de même, je te laisse mener cette mission d'éclaireur ;P n'hésite pas à localiser les troupes de Marcus où tu veux, à les décrire, à transmettre ce que tu vois à Niniel. Vu les circonstances, j'estime qu'on est assez libres sur ce point, alors fais ce que tu préfères. Dans tous les cas, la corneille vous communiquera à l'avance la présence de l'ennemi, ce qui vous permettra de prendre les dispositions les plus prudentes ;)

***

Sur le chemin de Veto


HRP à l'attention de Veto, Viwien et Seisyll :
 



Rencontre : Un garagos adulte, affamé après un long jeun dans la chaîne de montagnes Est, où se trouve sa tanière, est descendu dans la taïga pour trouver du gibier, un peu à la façon, ironiquement, des soldats cimmériens. Après quelques jours d'errance plus à l'ouest, à manger des petits mammifères qui n'ont pas réussi à satisfaire son immense appétit, le Monstre a senti le fumet délicat d'une petite troupe humaine qu'il a pris en chasse. Il avance sur ses quatre pattes, furtivement, mais à mesure qu'il approche, le bruit sourd de ses pas résonne dans la forêt, comme de courts coups de tonnerre.
Bientôt les Cimmériens entendent un hurlement d'horreur dans leur arrière-garde, suivi d'un effroyable bruit, qu'on refuse un instant d'assimiler à un écartèlement brutal d'os, de chair et de cartilage.
La troupe est réduite à 7 soldats, et le Garagos ne prendra son repas qu'une fois sa traque arrivée à son terme. Il se jette à la poursuite des autres membres de la troupe. Il charge. Son pas lourd et puissant ébranle la terre, les arbres s'effondrent sur son passage, il est sur deux pattes désormais et il se dresse dans un mugissement assourdissant.

DESCRIPTION : C'est un Garagos adulte, comme dit précédemment, et de très bonne taille. Dressé sur ses pattes arrières, il atteint trois mètres de haut. Il est de corpulence massive, couvert d'un épais poil noir, et sur sa tête, au-dessus d'une gueule gigantesque, pleine de crocs à ras-bord, trônent un museau, quatre yeux qui lui permettent de disposer d'une vision quasiment périphérique, ainsi qu'une gigantesque paire de cornes torsadées. Si ses pattes arrières sont dotées de sabots, dont un seul coup pourrait vous être fatal, ses pattes avant – ou ses bras, puisqu'il peut se dresser sur ses pattes arrières et se déplacer comme un bipède – ses bras, donc, sont de longs appendices velus, terminées par des mains d'étrangleur griffues.
Tremble, carcasse !



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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Jeu 3 Sep - 20:32

« Très bien. »

Igrim fut presque surprise de l’assentiment de Niniel. Depuis le début de leur rencontre, elle avait choisi ses phrases ses mots avec soin, mais craignait tout de même la subtilité et la méfiance des Sindarins et s’étonnait elle-même d’avoir si vite convaincu l’éclaireuse. Elle commençait à respirer plus librement et à être moins tendue toujours attentive à être capable de réagir à une attaque des flèches à empennage jaune qui dépassaient au-dessus de l’épaule de l’archère.
Elle suivi des yeux quelques instant l’envol de la corneille avant de reporter son regard en direction de sa nouvelle compagne. Décidément ! Elle frayait enormément avec ce peuple depuis quelques temps : Elerinna était la grande prêtresse, Léogan ensuite et maintenant Niniel… Elle l’écouta avec attention avant de s’enquérir plus avant de son escouade, tout en prenant la direction du Nord-Nord-Est.

« Combien êtes-vous dans votre groupe ? Et que dit votre f… supérieur au sujet de ma présence ? »


Elle avait reproduit à dessein la maladresse de la Sindarine, ultime test de confiance pour voir si elle mentionnerait son lien avec son officier ou pas. Cela n’avait en soi pas beaucoup d’importance, mais elle aimait bien en savoir un peu plus sur ses interlocuteurs….
Sans attendre de réponse précise elle poursuivi l’air décidé sans même prendre le temps de rendre son sourire à l’éclaireuse :

« En route, inutile de leur laisser prendre de l’avance ! »

En effet si elle avait pu faire un compte de tout ce qui s’était passé les dernières minutes ou heure, les restes de la phalange s’ils s’étaient repliés devaient avoir une bonne lieue d’avance sur eux et en plus les deux femmes ne savaient pas pour le moment dans quelle direction ils étaient partis même si leur direction actuelle était des plus plausibles compte tenu de la zone d’influence de chaque camp. Ce qui devrait inquiéter en outre les Sindarins était la possibilité pour les guerriers en fourrure, comme les appelait Niniel, d’avoir dépêché en avant-garde un messager vers leurs alliés pour les prévenir de leur défaite et de la présence des Sindarins dans le secteur, leur révélant leur position et leur manœuvre. De son côté, la Zélos avait l’occasion d’évaluer les réflexes des guerriers de Rash Lanetae. Etaient-ils assez expérimentés pour mener ce genre de considération et de donc de campagne ou alors n’étaient –ils pas capable de faire le lien entre leur entrainement et la réalité de la guerre ? Niniel semblait désireuse de bien faire, mais paraissait bien tendre.

D’un autre côté cette poursuite retardait encore les projets de la « Louve de Kesha » qui avait hâte de rejoindre le père d’Elerinna, mais lorsque l’on rejoint un camp il est des priorités contre lesquelles on ne peut aller et elle avait eu assez de mal à se faire accepter sans vouloir réveiller la méfiance de l’archère qui l’accompagnait.

Igrim avait décidé de continuer à laisser la Sindarine prendre les choses en main et après voir fait mine de prendre les devants pour presser les évènements s’était contenter de lui emboiter le pas. Elle observait l’allure rapide et légère de Niniel, pur produit des habitants de Canopée réputés pour leur aisance à se mouvoir dans le nature. De son côté, si elle la suivait sans peine, la Zélos avait une allure plus lourde et plus puissante aussi. Habituée à courir la lande depuis longtemps elle n’avait cependant pas de mal à maintenir le contact. Elle identifia assez vite les moments où la magie semblait venir en aide à sa compagne et accepta ces quelques moments où elle était distancée. Il ne s’agissait pas de perdre son énergie en donnant des à-coups, une allure régulière était un gage de longue course et de son côté, Niniel épuisait ses ressources magiques sans véritablement savoir si cela était bien utile, surtout que si elle voulait rester avec la Zélos cela se révèlerait inutile et au bout du compte contre-productif…

Au contraire de sa compagne la Zélos n’avait pas d’arme en main. Elle économisait ainsi son énergie et restait plus libre de ses mouvements. En outre, elle n’attendait pas que la Sindarine accepte d’avoir une flèche encochée dans son dos…

Les deux éclaireuses progressèrent discrètement dans la végétation, le pas léger et le regard alerte.
Assez vite grâce à l’altitude de son vol et son regard perçant, la corneille avait localisé la troupe qu’elles poursuivaient. Dans le sous-bois même clairsemé de la Taïga elle n’avait pas de crainte d’être repérée par les fuyard qui ne devaient regarder derrière eux que brièvement, juste pour s’assurer qu’ils n’étaient pas pris en chasse par une escouade. Or les deux femmes progressant l’une derrière l’autre laissaient peu de prise aux regards d’autant que leur tenue étaient des mêmes tons que leur environnement en ce court été boréal. Igrim se demandait encore pourquoi les mirmidons s’étaient couverts de blanc alors que la neige avait tout de même réussi à fondre hormis dans les creux de reliefs abrités du rayonnement des deux soleils.

Elles progressèrent ainsi à allure soutenue se doutant que malgré leur équipement plus lourd que le leur, leurs proies devaient aussi avoir forcé le pas. Elles débouchèrent cependant sur la lande se glissant alors de boulots en aulnes, de chétifs érables vers des saules ébouriffés, afin de rester le plus discrètes possible sur terrain presque découvert couvert de rhododendrons mais aussi de lichen et rases graminées. Au bout d’une heure enfin, grâce aux indications du corvidé, elles réussirent à les localiser, petits points encore flous disparaissant parfois derrière un épaulement de terrain mais émergeant bientôt pour rejoindre un horizon laiteux. Les deux femmes se regardèrent et hochèrent la tête pour indiquer qu’elles avaient toute deux repérés les fuyards là à moins d’un kilomètre.
Quitte à ralentir leur approche elles poursuivirent plus prudentes, le buste cassé vers le sol et les genoux fléchis mais le regard ne perdant pas de vue leur objectif. Elles devaient maintenant décider d’une stratégie qui leur permettrait de venir à bout de la dizaine d’hommes. Les javelots des bolofonos restaient un danger pour elles même si elles optaient pour une attaque à distance grâce à leurs arcs. Igrim en était là de ses réflexions lorsque le destin prit l’initiative. Un campement apparut devant les hommes avant qu’ils ne s’y réfugient. Il était constitué de deux vastes tentes de campagne qui devaient constituer l’abri des dormeurs ou du quartier général si tant est que leur mission ait besoin d’établir plus de plan que cela… Ils étaient à peine parvenus à ce qu’ils pouvaient peut-être considérer comme leur havre que les deux chasseresses en virent trois d’eux s’en extraire à toute allure. Cela ne fit qu’un tour dans la tête de la Zélos il s’agissait sans doute des messagers qu’elle redoutait de voir indiquer les derniers évènements à sa base arrière. Ils ne devaient pas réussir sa mission !

Elle n’avait pas l’âme d’un chef mais l’urgence fit jaillir les instructions et la stratégie qu’elle pensait s’imposer.

« On y va ! On reviendra pour le camp ensuite »

Il fallait juste synchroniser leur attaque.

« Que votre corneille continue de surveiller le camp»

A peine avait-elle finit que l’éclaireuse opina du chef et se lança à la poursuite des messagers. Ils avaient laissé leur lourd équipement d’hoplite et n’avait gardé qu’un glaive sans doute pour couvrir la distance le plus rapidement possible. Orchid ne comptait pas être en reste et cette fois l’ar à la main, accompagné de ses cinq flèches traditionnelles, elle prit le pas de course derrière Niniel. Poursuivre les messagers sans se faire repérer par la vigie aussitôt mise en place par les le reste de la phalange les obligea à différer l’endroit et le moment de la jonction et cela leur prit encore une bonne demi-heure. De plus le relief très modéré et la végétation rase de la région les obligèrent à temporiser leur attaque. Elles profitèrent enfin de l’affleurement de rochers couverts de lichens qui leur offrirent des cachettes convenables. Les deux femmes furent obligées de donner de la vitesse mais parvinrent in extrémis à se positionner parmi eux avant le passage des messagers. Les flèches volèrent presque simultanément. Et cueillirent les hommes en pleine courses. Essoufflée par se course, Igrim rata son premier tir dont le flèche alerta les fuyards, mais qui n’eurent pas le temps de réagir grâce à la précision de la Sindarine qui ne put s’empêcher de lancer un regarde goguenard à sa complice. Les trois corps gisaient dans les bruyères et Niniel acheva sans faiblir l’un d’eux qui respirait encore.

*Pas si tendre que cela…*

Lorsqu’elles revinrent au camp. Les soleils étaient à leur zénith. La vigie était sur ses gardes alors que les autres guerriers toujours équipés semblaient prendre le temps de reprendre des forces par l’entremise de leurs rations de route, sans doute de la viande séchée et des fruits secs. Assis autour d’un petit feu clair, seuls leurs heaumes étaient posés à leur côté. Cela faisait encore sept myrmidons dont il faudrait venir à bout.

Après un bref entretien murmuré elle se mirent d’accord pour attaquer sous deux angles. Elles espéraient ainsi éviter par leurs flèches éviter le javelot des guerriers, prévenir la fuite de nouveaux messagers. De plus elles étaient conscientes qu’au corps à corps elles ne feraient sans doute pas le poids face à des homes dont c’était la spécialité. Leur salut viendrait donc de la rapidité et de la mobilité : tirer, changer de position le plus discrètement possible. Rompre leur position si jamais elles étaient repérées et prises à partie.
La synchronisation de leur attaque était primordiale et la vigie devait être leur première cible, celle de Niniel qui avait fait ses preuves avec les messagers. Avant de se séparer Igrim conclut leurs préparatifs :

« Lorsque votre corneille sera posée sur une tente, nous attaqueront. Commencez par le guetteur."


Niniel sembla réfléchir un instant, mais soit elle pesait le pour et le contre soit elle attendait la suite, elle ne dit mot et partit se mettre en position de l’autre côté du camp tandis que la Zélos cherchait un angle de tir convenable.

Elle observa le campement en attendant le signal de sa nouvelle partenaire. Les guerrier semblaient toujours tendus et en alerte. Il leur faudrait faire preuve d'efficacité pour réussir leur projet. Igrim pouvait assez facilement imaginer les idées qui les animaient. Seul un grand guerrier semblait capable de faire face au revers qu'ils avaient essuyé aujourd'hui. Ele ne comprenait pas ce qu'il disait mais Son attitude sereine ne pouvait que rassurer ses compagnons d'arme qui devaient digérer la défaite de leur phalange.
Elle baissa la tête un instant prête à compatir. Malgré les choix qu'ils avaient faits, ils n'étaient que des hommes. Puis elle se resaisit. Ils étaient surtout des mercenaires et connaissaient les risques de leur métier. A eux de se montrer plus forts que le destin s'ils voulaient survivre...


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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Sam 5 Sep - 17:00



Premières flèches tirées. Premier sang versé. Ssharazhar souri en entendant les gargouillis délicieux de ses premières victimes qui s'étaient retrouvées, pour l'un avec une flèche au travers de la gorge pour le second, sur la même tour, une flèche en plein cœur, et le dernier, sur la tour attaquée par les Réprouvés, planté dans le dos. Leurs corps morts ou agonisant cachés par l'obscurité magique encore aussi épaisse qu'une purée de pois. Il garda son arc à la main, une flèche déjà prête à être tirée, longeant le chemin de ronde à pas de loup, tous ses sens en alerte.

De leur côtés les Réprouvés avaient terminé leur ascension au sommet du fortin, rampant à moitié sur le sol là ou la brume était la moins épaisse pour repérer leurs cibles. Il virent l'un des soldat se mettre à couvert et avancèrent en silence vers lui, toutes lames au dehors dans un silence de mort : seuls quelques cliquetis métalliques indiquaient leur présence mais à moins d'être un sindarin, l'homme n'entendra certainement que le vacarmes que faisaient les troupes Phelgranes dont certains de leurs hommes continuaient d'escalader la fortification difficilement à l'aide de cordes et de grappins tandis que les autres entouraient le fortin, sur le qui-vive, prenant soin de ne pas trop s'approcher des murs. Des sourires grotesques déformaient leurs visages bouffis, avide d'en découdre. L'homme à couvert put alors sentir l'odeur étrange et le souffle caverneux des envoyés du Tourmenteur, peut-être trop tard ? Vif comme l'éclair, le premier Réprouvé frappa, plantant une de ses dagues dans la mains du malheureux et le clouant littéralement au sol. Le second saisi son bras libre, le plaqua de son genoux avec une habilité certaine puis tenta de trancher le pouce de sa main directrice, tandis que le troisième visa le genoux pour plonger sa lame entre les articulations du Cimmérien. Le tout se passa avec une précision et une coordination calculées, les agents du Tourmenteur ayant été longuement entraîné à ce genre de pratique. Le dernier Réprouvés se contentait de monter la garde, humant l'air comme un animal, une bête n'ayant rien d'humain alors que dans les airs les cris du malheureux encore vivant pouvaient résonner.

Le sourire mauvais du Cavalier s'élargit en entendant ce son qu'il savait annonciateur de victoire imminente, du moins il ferait en sorte que ce soit le cas. Il longeait les mur lentement puis arriva vers une porte, fermée. Il se doutait que l'ennemi se cachait derrière, aussi une attaque de front, seul, serait bien trop risquée. Il préféra donc attendre en silence, rangea son arc pour dégainer sa lame fine et solide enduite du même venin paralysant que ses flèches, puis il attendit patiemment, son souffle ralenti, ses sens étaient en éveil. Il jeta un œil à ses pieds où il senti le cadavre de l'une de ses victimes. Cela lui donnait peut être une idée. De leur côtés les Réprouvés avaient terminé avec le malheureux, le mettant hors combat, l'incapacitant à se déplacer ou agir, mais ne l'achevant pas pour le moment. Ils s'étaient simplement contenter de l’assommer. Puis ils se séparèrent : deux d'entre eux passèrent par le sommet de la muraille pour rejoindre la tour qu'escaladaient les Phelgrans puis, plutôt que de monter directement sur le chemin de ronde, ils se suspendirent près des créneaux vers l'extérieur de la fortification, sachant que la fin du sortilège de brume était proche. Il préférait rester cacher aux yeux de l'ennemi, guettant la moindre proie qui passerait à porter de leurs griffes pour la happer dans le vide. Les deux autres réprouvés rejoignirent Ssharazhar, attendant de faire leur part du travail. Alors que le brouillard magique se dissipait, lentement mais sûrement, les premiers Phelgrans arrivèrent presque au sommet. Ayant manqué de temps, ils n'étaient pas encore tout à fait parvenu à se hisser en haut du fortin, on pouvait déjà voir leurs grosses mains s'agripper à la pierre.
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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Sam 5 Sep - 21:48

(Désolé se sera cours, mais l'on doit avancer vite et pour le moment, j'ai pas grand-chose a faire…)

Le plan n'avait pas vraiment fonctionné comme prévu : certes, le premier monstre fut neutralisé sans délai d'une volée de flèche très bien placé, en revanche, la meute que les Sindarins voulaient capturer opposèrent de la résistance : l'esprit du mâle Alpha semblait difficile a percer et celui-ci semblait particulièrement courroucé d'avoir vu son duel avec le Cerfeli interrompu par des intrus qu'ils ne considéraient que comme des concurrents potentiels a son territoire. Il ordonna a ses séides de s'en prendre aux troupes royales qui avaient cependant déjà prévu la parade en se repliant dans les arbres. Même s'il s'agissait de créature puissante et agile, grimper dans un arbre représentait un certains défi avec un poids comme le leurs, encore plus sans membres articulés comme l'étaient ceux des Sindarins, l'absence de main étant un gros handicap. Les éclaireurs Sindarins réagirent toutefois a cette agression en montant plus haut encore, dans l'espoir de décourager leurs adversaires. Le plan était maintenant clair : défendre le mage qui essayait toujours de concentrer son énergie afin de prendre le contrôle de l'Alpha.

Mais la créature était dangereuse et les ordres étaient d'économiser les vies avant tout : ainsi, si la capture de l'esprit du monstre était impossible, les Sindarins avaient pour ordre d'abattre tous les monstres. Que la manœuvre réussit ou échoue, il faudra en tout cas récupérer les flèches : hors de questions de laisser une trace quelconque du passage des troupes royales, sous peine d'éventer leurs présence et donc prendre le risque de voir les embuscades préparé s'effondrer et perdre l'effet de surprise, ce qui serait désastreux pour les défenseurs. La reine avait donné des instructions précises, héritée de son passé chez les Amazones, le corps du malheureux tué par les monstres serait également emmené vers le camps en veillant a ce que ses blessures ne guide par les adversaires vers celui-ci par un écoulement du sang sur le sol. Rien ne serait laissé au hasard, la marque d'une compétence martiale forte plus grande que celle des Terrans, qui commettaient toujours beaucoup trop d'erreur aux yeux des maîtres de la Canopée.




Si l'éclaireur Terran des Phelgrans restait prudent et adoptait la bonne attitude, il n'était pas assez attentif pour repérer des Sindarins le premier : une patrouille royale, très bien camouflé, l'avait repérée et observait son dispositif. Le leader d'escouade constata que les procédures étaient respecté : l'homme était doué, bien plus que la moyenne des Terrans et ceux qui avaient malheureusement très mal gérer les premiers contacts avec les troupes ennemis, mais pas assez pour l’œil de faucon de l'éclaireur de la Canopée. Celui-ci suivit a la lettre les instructions royale et ordonna le repli immédiat, dans la discrétion la plus totale, vers sa base, afin de permettre a l'état-major de suivre la progression des troupes ennemis sur la carte et pouvoir estimée l'arrivée de ses derniers vers le premier piège...
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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Mar 22 Sep - 1:53

Il faisait noir et puis il y eut cette douleur incompréhensible et profonde dans le dos. De ce genre de piqures que l’on sait hors d’atteinte entre les omoplates.

L’homme dans la tour, à côté de son compagnon, ressentit ces impressions et ces pensées.


« Ils sont déjà sur les tours. » lâcha-t-il simplement. L’autre saisit la caisse qu’ils surveillaient et ils la posèrent tous les deux devant la porte qui donnaient sur le chemin de ronde. L’homme tira une flasque et deux carquois de ce coffre tandis que l’autre renversait déjà les lits qu’ils utilisèrent pour barricader l’entrée par-dessus cette malle fragile. Ça ne retiendrait personne très longtemps mais ça n’était pas le but. Déjà, les pensées résignées et suicidaire de l’homme qu’on torturait sur l’autre tour lui venaient. Cette obscurité et cette torture manquèrent de faire perdre pied au caporal-chef mais son caporal le réveilla.
« Heimlat, qu’est-ce que tu as ?
-Franz… Il le torture. Je…
-On applique le plan. Tu sais ce qu’il te reste à faire. On le sait tous. Vas-y. »
Le caporal prit un carquois et la flasque avant de poussé son supérieur et frère d’arme vers l’escalier.

Heimlat n’hésita pas plus longtemps. C’était un bon militaire. Ils l’étaient tous ici. Leur Lieutenant les avait choisi pour ça, parce qu’il savait qu’ils n’hésiteraient pas à faire ce qu’ils avaient à faire.
Il descendit d’un étage et se jeta sur la meurtrière qui donnait vers l’intérieur de la cour triangulaire pour retirer les chiffons qu’ils avaient bourrés à l’intérieur afin de ne jamais laisser passer la lueur d’une torche ou même d’une chandelle ; pour ne jamais trahir leur présence ou leur nombre. Ce temps d’attente et d’anxiété était révolu : Place désormais à la peur, l’urgence et aux ordres, aussi dramatiques soient-ils. Il savait ce qu’il avait à faire et le ressassé sans cesse dans son esprit, à la fois pour tenir à distance les images d’horreur et à la fois dans l’espoir que le torturé les intercepte.

Dans le noir, Franz ne pouvait qu’imaginer ce que devenait son corps et le trop plein de douleur et de peur se déversait de son esprit télépathe vers celui qu’il avait si souvent eu l’habitude de contacter ces derniers jours. Ainsi son caporal-chef pouvait profiter pleinement de ce que l’ennemi réservait sans doute à chacun de ses hommes pris vivant. Il fallait qu’il accélère.

Pendant ce temps, le dernier homme à l’extérieur était caché derrière un merlon, serrant contre lui son épée courte, redoutant ce que les ténèbres lui réservaient. Il ne pouvait se douter que déjà trois de ses compagnons étaient tombés. Mais il entendait celui sur l’autre tour. Et ces cris de douleur étaient la seule chose qu’il entendait. Si seulement il avait su ce qui gravissait désormais sa propre tour. Il fallait qu’il réagisse ! Mais dans l’état de panique où il se trouvait, aucune réaction sensée ne lui venait à l’esprit.

Alors les Réprouvés arrivèrent au bout de leur œuvre et les cris de Franz cessèrent.

Derrière sa meurtrière, Heimlat s’immobilisa et s’imagina qu’un nouvel homme sous son commandement venait de trépasser. Il allait pouvoir faire ce qu’il voulait sans plus se soucier de son soldat. Il prit l’une des flèches que l’on pouvait enflammer et attendit son compagnon d’au-dessus. Celui-ci avait terminé les préparatifs. Lorsqu’il sauta dans l’escalier, il lança derrière lui une boule de feu qui embrasa l’huile de la flasque désormais répandue sur le bûcher improvisé.
Le petit brasier grandit vite le long des lits et de la porte, crépitant le long du chambranle jusqu’à lécher les poutres apparentes de la toiture qu’ils avaient enduite de résine dès leur arrivée en ces lieux la semaine dernière. Le foyer de ce feu ne tarderait pas à descendre jusqu’à la malle ouverte.

Le dernier homme à l’extérieur vit les ténèbres disparaître et des mains saisir les pierres des créneaux tout autour de lui. Sa peur et son immobilité lui faisaient honte mais lui aussi pensait que Franz venait de mourir et cette idée, plus encore que de l’imaginer se faire torturer, l’exorta à sortir de sa torpeur. Il se bougea enfin dans ses guêtres trempées par l’urine qu’il n’avait pas su retenir. Un homme surgit devant lui. Il le bouscula mais le phelgran lui assena un coup de crochet dans les côtes au passage. La porte s’ouvrit devant lui et il se rua sur le brasero où il plongea son gant en peau pour saisir une poignée de charbons ardents. Sa course s’arrêta devant la caisse où il tomba à genoux. Le couvercle du coffre s’ouvrit tout seul devant lui et au moment où il lâcha les braises au milieu des empennages de flèches et des fioles, une épée lui traversa le corps, aspergeant le mur et le contenu de la malle devant lui.
Son regard se troubla mais l’enfer de flammes était toujours dans son esprit et son dernier souffle se tourna une troisième fois vers le contrôle magique qu’il avait sur le bois, cherchant le liège des bouchons des fioles pour les renverser et répandre leur contenu dans la caisse sur laquelle il s’effondrait déjà.

Pendant ce temps, le caporal ordonna à son caporal-chef de déguerpir alors qu’il lui prenait la flèche pour l’enflammer de sa volonté de pyromancien et tirait sur le toit en tuile de bois de la tour où se trouvait Franz. Là-bas aussi, ils avaient enduit de résine la toiture. Il n’avait jamais été question d’ignifuger cet endroit, bien au contraire.

Entre deux tirs, le caporal-chef se pencha vers l’ouverture et dans le jour renaissant, il aperçut la lisière de la forêt. Alors il disparut. Le caporal tira encore deux autres flèches et descendit rejoindre le soldat au rez-de-chaussée.

La fin du plan était simple : il fallait enflammer les caisses et tonneaux aux rez-de-chaussée de chaque tour. Les trois hommes ici-bas avaient eu tout leur temps pour ces préparatif et même si les feux au sommet de chaque tour venaient à être éteints, la poudre à canon et les feux grégeois qui allaient bientôt fragilisaient le pied de ces édifices rendraient ce lieu complètement inutilisable comme base de repli pour l’ennemi.
Il aurait perdu ici des hommes pour rien et c’était le seul but de leur mission.

Il ne leur restait ensuite plus qu’à sortir sous le couvert des boucliers dans la petite cour triangulaire. Les pyromanciens enflammeraient alors les caisses au pied des deux murs en passant et après s’être retrouvés devant la grande porte tournée vers le Nord, ils la franchiraient et fuiraient vers la lisière pour s’y perdre et ne jamais être retrouvés !


*Ah… La bonne blague.*
Aucun d’eux ne croyait réellement réussir ce coup d’éclat. Ils mourraient tous ici ou vivraient la même chose que Franz. Mais il n’avait plus rien à perdre. C’était leur seule porte de sortie. Et tous savaient que cette mission était depuis le début, une mission suicide. Pour le bien de Cimméria.

¤¤¤¤¤

Pendant ce temps, l’équipe qui arrivait sur les lieux du combat entre Sindarins et Leweiras hésita un instant à aider ces sindarins. Difficile pour un Cimmérien de faire la différence entre des renégats et des fidèles à la Reine Viwien de Caledor.

Finalement, le Yorka-Ours prit le parti de défendre ces grandes oreilles puisque son éclaireur semblait très sûr de lui. Ce temps d’hésitation permis également de deviner que si les Sindarins avaient voulu tuer ces bêtes, il y aurait longtemps qu’elles seraient toutes dans le même état que le Cerfélis.

Avant d’être remarqués, ils montèrent rapidement, imitant les Sindarins, aux arbres. Tous, sauf un. Le plus agile et téméraire d’entre eux attrapa un morceau de bois mort et le lança dans la direction du Leweira le plus isolé sans vraiment savoir qu’il était le dominant. Pour eux, c’était surtout une manière d’apporter leur contribution. Ils n’avaient qu’un magicien et pas de télépathe pour prévenir les Sindarins mais espérait bien que ceux-ci comprendraient qu’ils voulaient les aider. Après tout, ce n’était pas les premiers Cimmériens qui venaient dans leur camp pour se recharger en vivre et se reposer entre deux patrouilles.

Le jeune yorka qui avait eu la folie de rester au sol se trouvait juste en lisière de la forêt et il nargua la bête encore un instant avec des gestes dignes d’un singe. Jusqu’à voir le monstre fondre vers lui, il osa même relancer un projectile avant de se hisser avec l’aide de ses camarades hors de portée.

Alors le Xylomancien de l’équipe réveillerait les racines des arbres proches du monstre et tenta de l’immobiliser. Les buissons et arbrisseaux à bois tendre vinrent s’emmêler dans ses pattes et si la créature avait l’idée s’appuyer un peu trop sur le tronc, le magicien n’attendait que cela pour modeler les fibres végétales et enfoncer ses pattes dans le bois qu’il solidifierait à nouveau.


¤¤¤¤¤

Un Garagos ! Dieux tout puissant ! Et dire qu’ils s’en étaient toujours bien tiré jusqu’à maintenant, ne croisant jamais rien de pire qu’un grizzly mal léché !

Bien évidemment, il fallait que ce soit l’un des vétérans qui se fasse bouffer en premier, en plus ! Tous les survivants tirèrent leur flèche. Tous, sauf trois.
Le premier était la seconde victime du monstre : le poussin qui avait remis sa capuche trop lentement pour ne pas attirer l’attention de la créature. Certainement celle-ci était-elle amatrice de volaille juvénile !
Le deuxième était le caporal-chef, surnommé Le Bûcheron, qui se lança dans une tactique de contournement, sa lourde hache à double tranchant à la main. Passant derrières les arbres, il beugla rapidement ses ordres que le raffut du combat couvrait presque. Il fallait cesser de tirer et attendre des fenêtres sûres pour ne pas toucher Blanchet.
Le dernier était justement le Caporal, surnommé blanchet.
Il lâcha ses armes et son paquetage pour s’élancer vers le monstre, libérant le sien au passage. Oh il n’avait rien de l’horreur que pouvait inspirait la bête bovine. C’était une bête humanoïde à six membres et à la longue queue qui se séparait en deux extrémités préhensibles. Sa peau était nue et en apparence tendre, bien qu’elle ne soit en réalité un cuir épais qu’un mucus recouvrait déjà un peu plus à chaque seconde. Ses membres se terminaient tous par des mains à trois doigts trapus dépourvus de griffes ou d’ongle mais calleuses et puissantes. Son arrête dorsale était parcourue par deux rangées d’épines dorsales planes à l’allure d’algues mais à la rigidité dangereuse et au tranchant effilé.

Se jetant ventre à terre, Blanchet apparut à ses compagnons comme une véritable anguille géante, bleue pâle, au ventre blanc. Ses longs yeux semblaient briller d’une lueur bleue et on n’y distinguait aucun iris ou pupille : seulement cette lueur froide.
De la tête aux extrémités de la queue, le Lhurgoyf semblait bien atteindre les trois mètres.

Il serpenta devant le Garagos, cherchant son attention sans trop de doute à ce sujet. Prêt à esquiver la première attaque, ses puissantes pattes arrière devraient le propulser de côté et sauter sur le monstre pour l’enserrer de ses anneaux. Prêtes également étaient ses longues et innombrables dents effilées, véritables rangées de poignards, pour le moment cachées à l’abri de son museau ovale et lisse. Leurs cibles étaient la nuque ou le cou de son adversaire tandis que ses puissantes mains et sa queue tenterait d’immobiliser la créature. À défaut, une artère fémorale ou axillaire ferait l’affaire. Des deux, il était certainement difficile de savoir laquelle de ces bête était la plus dangereuse et meurtrière.

Tous les autres s’abritèrent derrières les plus gros arbres qu’ils trouvèrent, mis à part le Yorka-lézard qui escalada un nouveau séquoia pour obtenir un meilleur angle de visée. Et pendant ce temps, Le Bûcheron passait d’abri en cachette, pour sortir du large champ de vision de la créature et attendre le bon moment pour une charge dans l’espoir d’aider son caporal frère d’arme.



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Citation :
Deck de l'armée Cimmérienne :
-Pyromancie (contrôle et génération de flammes)
-Xylomancie (contrôle du bois)
-Télépathie (lire et véhiculer des pensées)
-Téléportation (déplacement instantanée jusqu'à un point visible)
-[encore non révélé]

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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Dim 27 Sep - 16:52


EDIT DU MJ : J'ai juste mis un spoiler en attendant mon prochain post ;) Rien de grave, t'en fais pas !

Comme quoi, la fourberie n'était pas l'apanage des seules armées de Phelgra et en cela sans doute que le Dieu Sombre souriait à la manigance des Cimmeriens. Plutôt original, quoi que désespéré pour ce qui n'était que le début de la guerre. Si l'état major ennemi commençait déjà à détruire ses propres fortifications, non seulement il s'en trouverait bien embêté après les conflits, mais en plus cela témoignait de leur absence de foi dans leur victoire. Qu'espérait-il faire en usant de cette stratégie ? Au mieux ils réussiraient à tuer une dizaine de Phelgrans, au prix d'un fortin, là où l'armée du continent déchue disposait de plus d'un million d'hommes. Il aurait été plus que surprenant qu'à ce prix là, Cimmeria puisse acheter toutes les morts nécessaires à défaire son ennemi.
Trois soldats du nord étaient déjà tombés, deux autres avaient été capturés par les Réprouvés. D'après Ssharazhar, deux autres soldats se trouvaient à l'intérieur de la tour. Son ouïe de Sindarin lui indiquait qu'ils s'affairaient à déplacer quelque chose devant la porte, sans doute un meuble pour la barricader. Il attendait donc patiemment, et puis il entendit des pas descendre les escaliers. Il n'y avait donc plus personne dans cette tour. Ils se repliaient ? Cela ne faisait pas de sens ... Que manigançaient donc ces chiens ? Pour le savoir, le borgne ferma son œil unique, se concentra sur l'activation de son catalyseur, puis ouvrit à nouveau l'œil en utilisant son don de vision. Il balaya le fortin du regard. Mis à part les deux hommes qui descendaient les escaliers, il ne voyait qu'un groupe de trois hommes au rez-de-chaussé, s'affairant à il ne savait trop quoi, ainsi qu'un dernier en haut de la tour attaquée par les Phelgrans, qui bouscula un homme dans le vide avant de se précipiter à l'intérieur. Il le vit se jeter à genoux devant quelque chose, semblant chercher à remplir un objectif bien précis. Mais un autre Phelgran lui planta une épée dans le dos, le mettant hors d'état de nuire.
Khey ferma à nouveau l'œil et désactiva son pouvoir. Le Phelgran quant à lui, voyant le départ de feu, fut pris de cours. Il regarda autour de lui en vitesse, puis se jeta vers le lit d'où il arracha la couverture, et avec elle il tenta d'éteindre les flammes. Il avertit un de ses compagnons qui l'avait rejoins de donner l'alerte. Ce dernier sorti vers le chemin de ronde en toute hâte et beugla : "Ils tentent de mettre le feu au fortin !!" Cette information arracha une expression de mépris au Sindarin. Une mission suicide, ils n'avaient jamais voulu protéger le fortin, simplement attirer les Phelgrans dedans. Les idiots, qu'espéraient-ils faire à part emporter dans les flammes une poignée à peine de leurs troupes ? Tant qu'à faire, autant détruire le fortin et partir en retraite, ils auraient économisé des vies et du temps. Leur médiocrité fit remonter un relent acide dans sa gorge : il en attendait plus de la part des sois-disant capacités défensives de l'armée des glaces.

- Phelgran ! Repliez-vous !

Les Réprouvés, après avoir assommé, ligoté et mis hors d'état de nuire le deuxième homme à leur portée, paralysé par la flèche du Cavalier, entendirent l'alerte donner par le Phelgran. Sans plus de cérémonie, ils attachèrent le premier prisonnier par les pieds, et à deux, ils le firent descendre le long de la muraille jusqu'aux Phelgrans plus bas qui savaient qu'il ne valait mieux pas voler les vies prises par les agents du Tourmenteurs. Ils récupèrent donc le premier prisonnier, puis ils répétèrent la même opération pour descendre le second. Une fois les deux Cimmériens récupérés, ils retournèrent vers le centre du fortin. C'est là qu'ils purent voir, en même temps que Ssharazhar, un homme armé d'une flèche enflammée. Ils ne purent pas agir avant que le premier trait fut tiré, apporter quelques flammes au sommet de l'une des tours. Mais alors que le pauvre fou s'apprêtait à tirer une deuxième flèche en terrain découvert, il s'avéra que la flèche du Cavalier fut plus rapide. Le trait empoisonné s'enfonça avec précision dans son épaule droite, et le venin paralysa ses muscles au niveau du bras. Pendant ce temps, les Réprouvés encore accrochés sur les murs du fortin, lui tombèrent dessus, leurs lames acérées sorties au dehors, le prenant par surprise. Ce fut très rapide, le pauvre homme pris par surprise, son bras droit inutilisable, fit une proie facile pour les créatures dont les gestes précis et maîtrisés le mirent rapidement hors d'état de résister. Encore une fois, les pouces volèrent, les tendons furent entaillés. Le premier Réprouvé saisit le crane du Cimmerien et le cogna violemment contre le sol pour l'assommer à son tour. Une fois le pyromane mis hors d'état de nuire, ils le ligotèrent aussi - moins pour le paralyser plus qu'il ne l'était que pour faciliter son transport - puis les deux saisirent chacun deux prises et le transportèrent jusqu'au sommet de la tour, s'assurant qu'il ne se réveille pas. Une fois en haut, ils déplacèrent le lit qui bloquait le passage et trouvèrent Ssharazhar qui les attendaient.

- Laissez moi le prisonnier et rejoignais les hommes en bas. Si ces Cimmériens veulent mener à bien leur "suicide héroïque", nous n'allons pas les en empêcher. Le feu est déjà lancé de toute façon ...

Les Réprouvés lui donnèrent donc l'homme ligoté, et entreprirent de descendre les murailles en les escaladant. Les Phelgrans quant à eux, descendirent en rappel pour quitter le fortin.

Le reste du post sera complètement validé au moment d'un lancer de dés au prochain MJ ! Un peu de piment tout de même ;D :
 
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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Mer 30 Sep - 19:00

Informations générales


Bonjour à tous ! Ce post MJ sera entièrement en HRP, puisque vous êtes tous (ou presque) arrivés à la fin de votre manche. Autrement dit, c'est l'heure de vérité pour tout le monde, et pour toutes vos initiatives, haha ! Le sorts de vos pnjs et de vos actions sera majoritairement joué aux dés, selon des facteurs de probabilité déterminés par vos propres choix au cours de l'aventure. (Le stress monte dans l'assemblée, je le sens bien, oui, oui, trrremblez.)
Quand vous aurez pris en compte ces résultats, je vous demanderais de bien vouloir poster à ma suite un rp (pas spécialement long hein, vous l'aurez compris, on conclut, on va vite), qui racontera vos réussites ou vos déboires selon ce qui sera dit ici !
Merci de lire tout ce post mj, même si les informations qu'il contient ne vous désignent pas directement. Elles vous concerneront tout de même par la suite comme vous le verrez.
Que la chance soit avec vous !

Mais qu'est-ce qu'on va faire après ?


Nous allons entrer dans une transition à la phase 2, qui permettra de déterminer vos positions, si vous avez bien avancé dans la taïga ou si au contraire vous avez bien réussi à endiguer le flot d'ennemis. Je vais ouvrir plusieurs topics dans la taïga, il y en aura forcément qui vous sera dédié.
Ce ne sera pas l'occasion de rp, en fait. Il s'agira pour vous de dialoguer avec le MJ (vos décisions seront cachées aux yeux des autres participants) pour pouvoir déterminer les événements qui se seront passés pendant l'ellipse. Cela déterminera les circonstances de la phase 2 (que j'ai déjà globalement préparées, mais qui seront ainsi plus justes et mieux déterminées). Dès que vous aurez posté vos rps après ce MJ, je vous ouvrirai votre topic de transition ;)
Alors en avant ! Avec un peu de musique d'ambiance.


Orchid et le campement de la Force Ecarlate


Félicitations ! Ton action est très rondement menée, tu gagnes un avantage à la fin du combat, si Orchid décide d'aller faire un tour dans le campement de la Force Ecarlate. Là, elle pourra y trouver un artefact. C'est une carte extrêmement détaillée de la terre cimmérienne. Malheureusement, le cartographe n'a pas eu le loisir de mener son travail jusqu'au bout et elle est tronquée à la verticale à peu près à l'emplacement d'Oakbrigs. Ceci dit, en te déplaçant dans la taïga tu pourras te rendre compte que la petite croix rouge que tu vois sur le parchemin désigne en fait ta position exacte, où que tu te trouves sur les terres cimmériennes.

Mais passons aux choses sérieuses. Je te laisse décrire l'assaut du camp comme tu le désires, Niniel sera à tes côtés et tu peux la jouer à ton gré. Dans tous les cas, vous êtes gagnantes.

Lancer d'un dé à 3 faces :

Si c'est un 1 : réussite critique pour Orchid ! Toi et Niniel, vous vous en tirez presque sans une égratignure et tous les membres du camp de la Force Ecarlate sont éliminés dans une très belle initiative de votre part. Le terrain est parfaitement déblayé et libre d'accès aux troupes sindarines. Vous pouvez vous replier vers la petite unité de Vanyar, dans les cavernes de la montagne. Vous rencontrez Olorin le télépathe en chemin, et vous poursuivez votre route.
Si c'est un 2 : Vous venez à bout des membres du camp de la Force Ecarlate avec brio ! Cependant, tu es légèrement blessée au flanc. Rien de très grave, mais il faudra en parler aux Sindarins et soigner cette affaire, tu peux risquer une infection.
Si c'est un 3 : échec critique pour Orchid. Toi et Niniel, vous venez à bout avec difficultés des derniers membres de la Force Ecarlate, mais vous vous en tirez victorieuse, quoi que tu sois un peu blessée au flanc. Le vrai problème, c'est que Niniel est également mal en point et quoi qu'elle puisse marcher et que sa blessure ne soit pas très grave, il est possible que votre initiative personnelle soit vue d'un très mauvais œil par deux grands frères excessivement protecteurs... Mais nous verrons tout ça dans le topic de transition !

Nombre aléatoire (1,3) :
2

Viwien, Veto et la chasse aux monstres


Les Leweiras sont tenaces ! Mais les Sindarins trouvent heureusement l'aide d'une patrouille cimmérienne de passage et d'un mage qui tente d'attirer l'alpha et de l'immobiliser grâce à sa maîtrise de la glace, ce qui augmente leur chance de capturer la bestiole.

Lancer d'un dé à 3 faces :

Si c'est un 1 : réussite critique pour Viwien et Veto ! Le mage qui maîtrise la glace parvient à attirer l'alpha leweira et à l'immobiliser. Le Sindarin doté du pouvoir de contrôle mental des animaux met le grappin sur sa proie et le soumet totalement à son pouvoir. Les cinq gigantesques félins sont désormais aux ordres des troupes canopéennes !
Si c'est un 2 : L'alpha est plus rapide que le mage qui maîtrise la glace ! Il attrape le petit yorka de la bande au moment où on le hisse dans les arbres et n'en fait qu'une bouchée. Cependant la tactique a fonctionné, l'animal est finalement immobilisé et le mage sindarin peut le soumettre.
Si c'est un 3 : échec critique pour Viwien et Veto. Un Leweira se fait particulièrement insistant et réussit à monter quelques branches pour refermer sa gueule sur la jambe d'un sindarin et la sectionner. Pour que le pauvre bougre reste en vie, un de ses congénères doit abattre le Leweira d'une flèche bien équilibrée. L'animal s'effondre, il n'en reste plus que quatre. Le mage cimmérien qui attirait l'alpha tente de l'immobiliser mais se fait attaquer par une femelle très protectrice qui le happe et le tire de son arbre. Il meurt sous ses griffes et ses crocs. Cependant cette distraction des bêtes permet au mage sindarin de prendre possession de l'esprit de la bête. Les quatre Leweira sont aux ordres des troupes canopéennes, mais le deuxième mâle de la meute, qui a vu sa compagne mourir sous les traits sindarins, vous causera sans doute quelques soucis en défiant l'autorité de l'alpha...

Nombre aléatoire (1,3) :
1

Veto et le Garagos


Croyez-vous pouvoir vous en tirer en grimpant aux arbres ou en vous abritant à couvert ? Le Garagos est une créature gigantesque qui ne vous en laissera pas le temps ni le loisir, et c'est en outre la créature la plus redoutable de ce coin-ci du continent ! Craindra-t-elle la menace d'un Lhurgoyf ?
(Les Lhurgoyfs ne mesurent pas plus de deux mètres, Veto, pas d'exception ;) Par conséquent ton pnj est en infériorité physique, la victoire n'est pas vraiment l'intérêt de cette confrontation !)

Lancer d'un dé 2 à faces :

Si c'est un 1 : réussite critique pour Veto ! La lutte entre le Garagos et le Lhurgoyf est acharnée. Le monstre finit par laisser Blanchet pour mort et part pourchasser les survivants. Pendant qu'il en fait son festin, Blanchet peut retrouver forme humaine et se traîner comme il peut dans la forêt, aidé par le yorka-lézard, qui s'est bien caché dans son arbre, pour aller alerter une patrouille plus au nord de la présence du monstre. La fumée qu'on a vue un peu plus tôt ne peut livrer aucune indication précise : ce peut être l’œuvre d'un chasseur cimmérien, d'un membre de la Force Ecarlate qui traîne dans les environs depuis quelques temps, ou bien des éclaireurs ennemis, impossible de le déterminer. Envoyer une patrouille pour vérifier prendra quelques jours.
Si c'est un 2 : échec critique pour Veto. Dans sa rage, le Garagos charge d'abord sur l'arbre où s'est faufilé le Yorka-lézard et l'abat d'un très puissant coup de cornes. L'arbre s'effondre dans un mugissement monstrueux, laissant le pauvre homme disloqué sous ses branches et son tronc. Là-dessus, le Garagos se retourne vers le Lhurgoyf, et c'est sur lui qu'il charge à présent. Les anneaux de l'anguille se referment bien sur son torse, mais les mains sinueuses, noires et griffues du Garagos s'enfoncent dans le ventre luisant du Lhurgoyf, où elles percent un trou mortel. Enfin il prend en chasse les survivants et finit d'en faire son dîner.

Dans tous les cas, le Garagos affamé des montagnes devient le grand méchant loup de la taïga. Si Veto fait un 1, il aura eu la chance de le localiser, et les autres ne savent rien de sa position. Seulement la bestiole va également se déplacer sur la carte … et est susceptible de vous tomber dessus si vos chemins se croisent !

Nombre aléatoire (1,2) :
1

Confrontation entre Viwien et Seisyll


Les patrouilles sindarines se replient vers leurs campements pour préparer leurs pièges, laissant les éclaireurs phelgrans avancer insouciamment dans la taïga.
En l'absence disons un peu trop prolongée de Seisyll, Viwien, les dés décideront du scénario, et tu devras décrire les combats – je te laisse le faire en toute liberté, défoule-toi. Dans tous les cas, les dés t'ayant été favorables la première fois et Seisyll n'ayant pas réagi, ce tour-ci te sera clairement avantageux, et pour la phase 2, je te réserverai de nouveaux ennemis.(Seisyll, en ce qui le concerne, ne sera pas hors-jeu pour autant, et aura possibilité de faire un come-back.)

Lancer d'un dé à 3 faces :

Si c'est un 1 : réussite critique pour Viwien ! Tes illusions fonctionnent à merveille. Les Phelgrans n'y voient que du feu et font affluer dans les heures qui suivent de nombreuses troupes en formations détachées. Tu peux leur porter un coup dur (pas plus de 200 morts, Seisyll disposant de 400 hommes). Le reste des troupes en réserve reste bloqué à la frontière, en attendant peut-être que l'Etat-Major daigne leur accorder des renforts. En tout cas, ça te laisse quelques jours de répit.
Si c'est un 2 : Tes illusions fonctionnent. Les Phelgrans font néanmoins affluer plus de troupes que prévu et, si tu réussis à endiguer leur assaut et à les repousser à la frontière, ce n'est pas sans perte. Les survivants phelgrans attendront là de savoir s'ils peuvent disposer de renforts. Cela te laisse quelques jours de répit.
Si c'est un 3 : échec critique pour Viwien. Les Phelgrans ont réussi à percer tes illusions et se sont organisés pour prendre d'assaut ton camp. La bataille est âpre et dure jusque tard le soir. Tu la gagnes tout de même du fait de ta supériorité numérique et de tes ressources, mais une formation dispersée d'une centaine d'ennemis a profité de cette diversion pour contourner ton camp et se faufiler discrètement sur les chemins de la montagne. Pas moyen de les pourchasser avant le topic de transition ;)

Nombre aléatoire (1,3) :
3

Fin de la manche Veto / Wode

(C'est la luuuutteuh finaaaale !)

Le caporal-chef cimmérien se téléporte pour fuir dans la forêt. Malheureusement pour lui, les Phelgrans ont cerné le fortin et sont prêts à l'intercepter – s'ils laissaient s'échapper ne serait-ce qu'un témoin de leur attaque, le gros des troupes cimmériennes, à l'arrière, pourrait disposer d'un rapport complet de l'avant-garde ennemie ! C'est sans compter, cependant, le pouvoir du soldat, qui muni d'un catalyseur, peut franchir les lignes adverses en se téléportant à couvert, dans la mesure où il a son objectif dans son champ de vision.

Lancer de dé à 4 faces :

Si c'est un 1 : réussite critique pour Veto. Le caporal-chef s'envole littéralement par-dessus les troupes ennemies et disparaît dans la nature. Les Phelgrans tentent de le retrouver, sans succès.
Si c'est un 2 : La première téléportation du caporal-chef le transporte à couvert dans les fourrés, mais le bruit de sa réception n'échappe pas aux soldats phelgrans, qui se mettent à sa poursuite et tirent des flèches derrière lui. Son avancée sera moins rapide, d'autant qu'une flèche se fiche dans son épaule, mais il réussit à s'enfuir.
Si c'est un 3 : La première téléportation du caporal-chef le transporte à couvert dans les fourrés, mais le bruit de sa réception n'échappe pas aux soldats phelgrans, qui se mettent à sa poursuite et tirent des flèches derrière lui. Le soldat se prend un trait dans l'épaule et, sous le choc, perd son catalyseur. Son sort sera décidé dans le topic de transition de Wode.
Si c'est un 4 : échec critique pour Veto. La première téléportation du caporal-chef le transporte devant une ligne d'ennemis, qui se saisissent de lui, l'assomment, lui retirent son catalyseur et auront l'occasion de lui faire subir tout ce qui leur passera par l'esprit.

Nombre aléatoire (1,4) :
2

♦♦♦

Le fortin va exploser dans les minutes à venir ! Il n'y a pas de temps à perdre pour Khey et ses sbires, il faut évacuer ! Mais en auront-ils seulement le temps ? Le piège des Cimmériens se referme sur eux, et ce n'est pas simplement une mission suicide que le lieutenant Havelle a mis en branle : la fumée qui s'élève dans les airs est déjà visible pour les patrouilles cimmériennes au Nord, et c'est un signal évident que les troupes phelgranes ont passé la frontière.
Mais l'heure n'est pas à ces considérations, qui auront lieu dans les topics de transition. Pour le moment, reste à savoir comment se passe l'évacuation du fortin.

Lancer d'un dé 5 à faces :

Si c'est un 1 : réussite critique pour Wode. Khey s'en sort indemne et rejoint le reste de ses troupes au pas de course, des flammes dignes d'un film de Michael Bay surgissant dans son dos. Les Réprouvés qui s'enfuient en désordre dans la forêt réussissent également à sauver leur peau, mais les deux-tiers des Phelgrans se font happer par le souffle de l'explosion et périssent dans les flammes.
Si c'est un 2 : Le fortin explose alors que les 2/3 des troupes (Réprouvés ET Phelgrans) sont encore en train de s'enfuir en mode grimpeurs du dimanche. Khey réussit à se carapater avec ce qui reste de ses sbires sur ses talons, mais il a eu chaud au derrière.
Si c'est un 3 : Le fortin explose en emportant tous les hommes qui s'y étaient infiltrés, à l'exception de trois réprouvés et de Khey, qui s'en sortent gravement blessés. Ils ont besoin de soins urgents, sans quoi leur fin sera rapide !
Si c'est un 4 : Seul Khey parvient à s'échapper de l'explosion, mais le souffle le projette violemment dans la forêt, et il est gravement blessé. Il est en état de donner des ordres, mais ses brûlures et ses fractures nécessitent des soins urgents, sans quoi il mourra.
Si c'est un 5 : échec critique pour Wode. Tous les hommes qui sont entrés dans le fortin meurent dans l'explosion, y compris Khey. Les troupes éparses dans la forêt se retrouvent sans chef d'autorité suffisante pour prendre les décisions et sont contraintes de revenir sur leurs pas pour rejoindre le gros des troupes, communiquer la défaite et recomposer une ligne d'attaque.

Nombre aléatoire (1,5) :
5





Dernière édition par Le Messager le Mer 30 Sep - 19:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Jeu 1 Oct - 20:22

La corneille sembla hésiter comme pour se jouer des deux guetteuses, mais finit pas se poser sur le tente. Aussitôt, deux flèches volèrent et cueillirent leurs cibles. La vigie à la gorge et le mirmidon le plus proche d’elle s’effondra également sans un cri. Leur mort parut presque irréelle et seul le bruit mat de leur chute alerta leurs compagnons qui posèrent immédiatement la main sur leur heaume alors que la Zélos armait son second tir. Les bras levés des guerriers qui enfilent leur casque présentent toujours un point faible à un archer qui sait viser. Un autre guerrier roula à terre suivi par un second touché à l’aine mais qui ne pourrait plus se déplacer si Igrim en croyait les dégâts commis par la flèche à empennage jaune. L’homme à cape blanche essayait de retirer la flèche mais renonçait à chaque fois que sa main touchée la hampe du projectile. Igrim remit à plus tard l’intérêt d’en savoir plus sur les pointes Sindarines. Il était temps de changer de position de tir. Les trois rescapés s’étaient jetés à terre afin de plus faire de cibles aussi facile deux d’entre eux semblaient s’être mis d’accord pour ramper dans sa direction alors que le dernier se portait en direction de l’endroit d’où provenait les tirs de Niniel. Si leur progression était lente, les arcs devenaient momentanément inutiles contre eux à moins de tirer en cloche et de perdre bêtement des flèches qui iraient tout juste de ficher dans les épaisses capes ou au mieux dans les protections des guerriers.

La Zélos réfléchit rapidement. Ses deux ennemis allaient sans doute trouver un endroit pour se redresser en sécurité et essayer de l’afronter lorsqu’ils se sentiraient en position de force. Si elle ne leur en laissait pas le temps elle pouvait éventuellement garder l’avantage. La rapidité serait alors sa meilleure arme, comme souvent. Cela allait l’obliger à prendre des risques mais cela valait sans doute mieux que de s’offrir aux tirs de javelots. Elle posa son arc  sans quitter les formes rampantes des yeux et sortit sa fidèle lame. Telle une louve qui se prépare à bondir sur la proie qui a été rabattue vers elle, elle se coula au sol entre les plis de terrain et le peu de végétation que lui offrait l’endroit, se ramassa et bondit soudain vers les deux guerriers qui tentèrent de rouler sur le côté pour se dresser et lui faire face. En quelques pas elle fut sur eux. Son pied plaqua au sol le javelot que le premier essaya de pointer vers elle tout en se relevant et sa lama plongea sous la jugulaire du casque à cimier tranchant la carotide du malheureux en même temps qu’elle devinait du coin de l’œil la pointe de deuxième javelot jaillir vers sa poitrine. Instinctivement, elle tenta d’esquiver l’arme en pivotant sur elle-même, mais la déchirure qu’elle ressentit au côté ne lui laissa pas de doute sur son échec. Elle put juste compter sur son élan pour saisir la hampe et empêcher une nouvelle attaque du mirmidon qui n’avait pas lâché son arme et était déjà à demi redressé. Elle laissa tout son poids accompagner sa lame qui perfora le cou sous la pomme d’adam heureuse que le guerrier n’ait pas eu le temps de sortir son glaive sur lequel elle se serait sûrement empalée dans un manœuvre aussi brutale. Les yeux du guerrier s’exorbitèrent de surprise alors que l’air n’arrivait plus à ses poumons mais la Zélos  le repoussa vivement du pied pour dégager prestement sa lame avant d’enchainer un coup de taille  à hauteur de la gorge  qui fit rouler la tête contre le cadavre de son compagnon. Elle grimaça en sentant la tension se répercuter dans sa blessure et mis un genou en terre tout en essayant de garder la tête haute, cherchant de nouveaux ennemis et ce que devenait sa partenaire de chasse.

Le calme était revenu sur la lande et Niniel qui s’était facilement débarrassé de son dernier adversaire accourut vers l’ancienne prêtresse  qui dégrafait son gilet avant de soulever sa tunique tachée de sang pour évaluer la gravité de sa blessure. Elle fronça le nez tandis que la Sindarine posait sa main sur le haut de son dos. En essayant de voir l’étendue des dégâts.

« Ca va rien de grave !...
_ Laissez moi voir... »

L’éclaireuse ne s’était pas laissée impressionner par le ton bourru de la Zélos peu désireuse de se laisser voir en mauvaise posture.

« Rien de grave en effet, mais à soigner tout de même. Nous montrerons ça aux guerisseurs  dès que nous arriverons au campement.
_ Hum… »


Décidément ce genre de situation avait le don de mettre Igrim  de mauvaise humeur.

« Voyons plutôt ce que nous pouvons apprendre de ces hommes… »

Elle rabaissa ses vêtements sur sa blessure  sans les refermer et se mit en devoir de fouiller les cadavres, aidée en cela par la Sindarine. A part leurs armes, rien de bien particulier à recenser… Ce ne fut qu’en entrant dans une des tentes qu’elle tomba sur un sac dont le contenu comprenait l’ordre de mission consistant à nettoyer si possible leur zone de reconnaissance. Elle haussa les épaules en froissant  le papier grossier. En dessous se trouvait une magnifique carte des terres  cimmériennes. Magnifique bien qu’elle fût incomplète. Une petite croix indiquait le campement des mirmidons. Quelle idée de le placer sur une carte si précieuse?!!! Elle la glissa soigneusement dans sa botte avant de tomber sur un rouleau d’étoffe qu’elle déplia. La bannière de la compagnie !

*Vanité !*

Elle déchira l’étendard dans le sens de la longueur et tant bien que mal s’en ceignit le torse  afin de comprimer les saignements de sa blessure Elle finit par refermer ses vêtements alors que Niniel entrait à son tour dans le tente en secouant le tête en signe de dénégation.

« Ici non plus, pas grande chose…
_ Rentrons nous avons une blessure à soigner j’ai envoyé un message à mon frère »


Elle sourit en prononçant ce dernier mot, signe d’une certaine fierté et peut être aussi d’une confiance naissante entre les deux femmes.

Elles se mirent en chemin à allure modérée pour économiser les forces et la blessure d’Orchid et firent plusieurs halte. Ce fut lors d’une d’entre elles qu’elles aperçurent une silhouette encapuchonnée qui se dirigeait vers elles. Igrim allait s’armer mais Niniel la retint.

« Pas de danger c’est Olorin, un des nôtres... et mon frère »

La silhouette grise les rejoignit bientôt :

« J’ai relayé vos messages petite soeur. Vous devriez être plus prudente jeune fille… »

*Un télépathe ! Et un bon !*

Et tandis que les deux Sindarins tombaient dans les bras l'un de l'autre, aussitôt comme en un reflexes elle fit remonter ses souvenirs d’Elerinna. Leur histoire se déroula dans sa tête en une immense chanson nostalgique. Si elle était remontée à la surface c’était évidemment pour se protéger, mais elle se rendit compte de l’affection qui continuait à être la sienne pour l’ancienne grande prêtresse, malgré les différents points de vue qui avaient été les leurs sur la fin. Elle ne pouvait oublier tout ce qu’elle devait à la Sindarine…. Entre autre un enseignement de comment se rpémunir des indiscrétions des télépathes. Elerinna en étant elle même une, elle était assez bien placée pour lui enseigner comment brouiller les explorations importunes par des flots de pensées réelles mais sans importance. "

"Le télépathe"
lui disait-elle "se trouve comme un homme qui voudrait remonter le flot d'une foule pour atteindre un fuyard de l'autre côté. C'est possible mais demande beaucoup d'énergie alors."

Pendant ce temps, Niniel et le Sindarin échangèrent les informations sur les derniers évènements. Igrim en était la plupart du temps le centre et Niniel était assez fière de leur chasse à l’homme, même si son aîné essayait de lui inculquer plus de prudence… Après tout elles avaient réussi la mission qu'elles s'étaient imposées... Après cette halte, ils continuèrent quelques hectomètres en compagnie, puis Olorin prit congé et partit dans sa propre direction.

Niniel le regarda un instant s’éloigner :

« J'espère qu'il ne va pas au devant d'ennuis. C’est assez rare de le croiser seul… Bon télépathe mais le guerrier...»

Igrim serra les mâchoires.

*Espérons qu’il n’a pas pénétré les pensées intimes d’Igrim…*

Une  heure plus tard, en fin d’après-midi, les deux femmes arrivèrent au campement installé dans une caverne à flanc de falaise . Une atmosphère enjouée planait même si personne n’exultait vraiment. Mais la victoire du jour avait sans doute donné du baume au cœur des exilés. Chacun vaquait à sa tâche avec zèle et Igrim tentais de fixer dans sa mémoire le moindre détail, autant que sa blessure le lui en laissait le loisir.

Sans s’encombrer de cérémonial, Niniel conduisit directement la Zélos à l’infirmerie de campagne, isolée du reste de la grotte par des paravents vert sombre. Les deux guérisseurs levèrent la tête de leur grimoire. Visiblement aucune blessure n’était à déplorer aujourd’hui et ils pouvaient se consacrer à l’examen des stocks…

« Installez-vous là ! »

L’ordre était sec. Le plus grand désigna une sorte de brancard d’occultation tendu de blanc. Son regard était fier et Igrim aurait dit hautain. Sans doute ne se trompait-elle pas car Niniel se sentit obligée de préciser.

« Elle est des nôtres ! »

Cela n’obligea en rien le praticien à plus de précaution, mais ses gestes étaient sûrs et bientôt la plaie fut finement  suturée et la douleur s’évanouit. Igrim ne resta pas plus que nécessaire entre les mains des guérisseurs et adressa son « merci » à Niniel. Avant de ressortir de la tente suivie de sa nouvelle partenaire qui ne la lâchait à présent plus alors que la Zélos marchait droit devant elle-même si elle eût été incapable de dire où elle allait.

« Il ne faut pas leur en vouloir.
_ …
_ Vous… Enfin… Ils…
_ Ne vous fatiguez pas !
_ D’accord on pourrait attendre mieux comme accueil pour une alliée ! … Laissez-leur le temps de… »


Le visage de la « Louve » restait obstinément fermé.

« Bon… On va vous installer.  Je vais faire en sorte que vous soyez hébergée mon mon… »

Igrim s’arrêta brusquement et se tourna vers la jeune éclaireuse.

« Ecoutez ! Vous n’avez rien à vous faire pardonner ! Vous avez été très correcte avec moi ! Vous ne me devez rien ! »

Elle reprit son chemin cette fois en direction de la sortie de la caverne laissant sur place la jeune Sindarine décontenancée, les bras ballant avant de se ressaisir et de lui courir après.

« Hé ! L’hospitalité ! Ça vous dit quelque chose ? »


Igrim allait répliquer lorsqu’une estafette les rejoignit et murmura quelque chose à l’oreille de Niniel.


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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Sam 3 Oct - 23:37



Sharna est un dieu bien cruel et retors, il n'y a pas de place dans son royaume ni pour les faibles ni pour les indolents, et quiconque outrepasse Ses limites s'expose à son courroux narquois. Peut-être fusse le cas de feu le cavalier Khey, Sindarin qui quitta Cimmeria près d'un siècle plus tôt pour finalement venir y mourir dans les flammes et la poussière. Doucereuse ironie que le traître à sa propre patrie finisse par trépassé sur la terre qui fut jadis la sienne. Oui, Sharna est un dieu cruel qui répand mort et destruction par delà les frontières pour tout ceux qui sont trop faibles ou trop lâche pour répandre Sa parole par eux-même. Il n'y aura pas d'obsèques pour le Borgne et déjà son nom s'efface de l'histoire. Les morts sont légions lorsque Sharna part en guerre, son identité, son histoire seront perdues dans les méandres filandreuses des siècles et des siècles, et la Mort elle-même ne saurait offrir le salut à celui qui ne fut qu'un pion sur l'échiquier divin. Toutefois sa mort ne saurait être vaine et si personne ne se souviendra de Ssharazhar, Sharna Lui devait sourire en ce moment, observant depuis son trône de flamme le monde des mortels qui s'ajustait selon sa volonté, encore inconscient de l'ampleur du désastre qui les attendait. Lentement mais inexorablement, les griffes du Dieu Sombre se refermaient sur le destin : que la victoire appartienne aux Phelgrans ou aux Cimmeriens ne lui importait que peu :


Tant que la guerre et le chaos régnaient sur le monde.


Se regroupant puis se repliant à la perte de leur chef exécrable, les troupes des Cavaliers rebroussaient chemin vers le gros de leurs forces, restée en retrait. La mission semblait bien être un échec cuisant et le moral des Phelgrans en avait pris un coup. Mais très vite, chez la plupart, cette baisse de régime se changea en rage vengeresse et désir mortifère à l'égard des Cimmériens qui avaient osé se jouaient d'eux. Une belle manœuvre tactique, les soldats du nord tenaient leur réputation, mais l'on ne se moquait pas ainsi impunément des envoyés de Sharna. Serrant les poings, crispant les mâchoires et avançant dans la végétation, ils s’apprêtaient à annoncer la triste nouvelle à leur supérieur, redoutant sa colère qu'ils savaient de mauvais augure.
Après une longue marche à pas soutenue, le groupe d'éclaireur arriva auprès du gros des troupes qui les attendaient, peu fier de leurs exploits. Ils essuyèrent quelques railleries de la part de leurs confrères, le ton monta quelque peu et il fallut l'intervention - plus ou moins musclée - de quelques Cavaliers pour calmer les soldats et les mercenaires. Pendant ce temps, ce fut l'espion de Ssharazhar qui fut chargé de faire son rapport à son supérieur. Il fut amené devant le Cavalier et posa un genou à terre, baissant la tête sous l'ombre imposante qui lui faisait face.

- Seigneur ...

La créature massive le toisait d'un air froid et mauvais, le contre-jour dissimulant ses traits cruels. On ne pouvait deviner que deux yeux rouge sang dans lesquels régnaient un appétit insatiable, une soif de violence toutefois tempérée par une ruse et une intelligence redoutable contrastant de manière assez flagrante avec son faciès bestial aux canines inférieures proéminentes. Le Zélos portait une armure plus légère qui n'entravaient pas ses mouvements ainsi que d'épaisse fourrures sombres pour le protéger du froid. Il observa un instant le Yorka sans lui adresser le moindre mots. Puis sa voix profonde et gutturale résonna dans le silence religieux qui avait pris place autour d'eux, silence que seul le vent venait nuancé de quelques notes sifflantes.

- Parle.

- La ... La mission est un échec. Commença l'espion, visible peu rassuré. Le seigneur Khey est mort, le fortin était piégé, les Cimmériens ont mené une mission suicide.

Le Zélos émit un grognement animal. Khey, cet abruti ... Sa vanité l'aura finalement mené à sa perte. A trop sous-estimer l'ennemi, il aura gagné une mort misérable, sans bataille ni fierté. Pathétique. Il serra les poings en s'avançant vers le pauvret qui avait été désigné pour le mettre de mauvaise humeur. Sans la moindre peine, il le saisit à la gorge et le souleva, le regardant d'un air étrangement calme. Sa voix se fit presque plus douce alors qu'il demanda à l'homme qui pensait vivre ses derniers instants.

- Les Réprouvés ?

- M... Morts, mon seigneur ...

Le Tourmenteur n'allait pas apprécier, pensa le Zélos avec un air de dédains. Quel dommage qu'il ne soit pas là pour s'occuper lui-même de punir les incapables, car après tout c'était aussi de la faute de cet espion n'ayant pas fait au mieux son travail que la mission fut un fiasco.

- Et le fortin ?

- En flammes ... Les fumés vont sans doute dévoiler notre position aux Cimmériens ...

Alors, l'expression jusque là froide et neutre du Cavalier fut remplacé par une autre et, étrangement, ce ne fut pas la colère ou la rage qui marqua ses traits couverts de cicatrices, ni la déception ou l'ennui. Non, ce ne fut qu'un sourire narquois et animal doublé d'une lueur maligne dans luisant dans son regard de braise.

- Parfait.

Il eut un craquement sonore, le Yorka eut un soubresaut, puis Throdgar le laissa choir sur le sol comme une marionnette à laquelle on avait coupé les fils. Il se tourna vers les autres qui avaient assisté à la scène. Tous avaient le même sourire que leur chef, et il n'en aurait pas fallut beaucoup plus pour qu'il aiguise leurs lames et se pourlèchent les babines. D'une voix forte, le peau-verte s'adressa à ses frères d'armes, tout aussi enthousiaste qu'eux à l'idée de passer à la suite.

- Mes chères, on s'en tient au plan.

Sharna est un dieu bien cruel et retors, il n'y a pas de place dans son royaume ni pour les faibles ni pour les indolents. Et ce qui était certain, c'était que les Phelgrans n'étaient ni faibles, ni indolents, et qu'ils étaient faits à l'image de leur dieux : aussi cruels que sournois.
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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Mar 20 Oct - 23:09

Le télépathe ne semblait pas désireux de lier une quelconque conversation et du reste il ne devait sans doute pas en avoir besoin.
De son côté la Zélos remontait le fil des évènements qui l’avait conduite dans cette situation, ligotée et surveillée de près par les éclaireurs Sindarins, neutralisée par une pierre d’intra…

***

Le plus dur semblait pourtant fait lorsqu’elle était arrivée en compagnie de Niniel au campement. Les mirmidons avaient été neutralisés et la jeune éclaireuse semblait animée des meilleures intentions du monde envers l’ancienne prêtresse. Bien sûr,elle avait du mal parfois à chasser de son esprit les aprioris sur les Zélos mais elle apprenait vite et faisait tout son possible pour arrondir les angles entre ses congénères et Igrim qui elle devait bien l’avouer ne faisait rien pour lui faciliter la tâche, fidèle qu’elle était à sa susceptibilité et son complexe d’infériorité anti Sindarin.

Mais très vitre les choses avaient pris une autre tournure car le frère de l’archère ne semblait pas disposé à accorder la même confiance que sa sœur à cette étrangère. Bien vite elle s’était trouvée convoquée par le capitaine de l’escouade et invitée à se justifier.

En chemin, Niniel essaya bien de brosser un rapide portrait de la personne qui l’attendait mais il était peu probable que cela aide sa nouvelle amie :

« Vanyar, est notre aîné et désormais héritier de la famille, elle-même alliée depuis des siècles aux Lanetae. Notre père, étant mort pendant la traversée de Cimméria. Vanyar a repris les rênes et se trouve être par conséquent l'un des plus proches collaborateurs de Rash… »

En arrivant dans la grotte qui servait de repère et de cache aux Sindarins, elle sentit toute la pression de la situation dans laquelle elle se trouvait. D’un côté le regard des personnes présentes était au mieux soupçonneux et les cadavres mutilés des mirmidons qui gisaient à tarre ne firent rien pour arranger les choses. De plus, Marcus seul rescapé du massacre et qu’elle avait rencontré brièvement lors de son ingérence dans le milieu des paris truqués la prit à partie malgré sa faiblesse provoquée par les épreuves de la guerre :

« Igrim, je t’en prie, tue-moi. Je… Ne me… Venge… Mes frères… »

Impossible de prétendre ne pas le connaître, mais la vérité ne fut pas difficile à comprendre et à expliquer. C’est la présence d’Olorin le télépathe qui inquiétait plus la Zélos, peu encline à laisser quiconque lire en elle à livre ouvert… Pourtant ce dernier ne semble pas hostile et la Zélos put même envisager qu’il soit un allié au côté de sa sœur cadette…

Cette dernière répliqua vertement aux soupçons de son frère prenant avec fougue la défense de sa compagne de mission qui ne s’attendait pas à ce que la jeune éclaireuse prenne avec autant de coeur sa défense contre un frère qu’elle admirait visiblement au plus haut point. Elle ne s’attendait pas à avoir convaincu la Sindarine à ce point. La querelle allait bon train entre les deux Sindarins qui semblaient se rendre compte qu’ils n’arriveraient pas à se convaincre mutuellement mais ne voulaient pas faire marche arrière. Décidément la petite éclaireuse avait une sacrée personnalité lorsqu’elle était persuadée de son bon droit ! Enracinés dans la sol de la grotte à un pas l’un de l’autre, leurs regards soudain durs comme de l’acier se croisaient comme le fer de deux escrimeurs qui ne veulent plus céder de terrain. La sortie de crise ne pouvait venir que de l’extérieur.

« Arrêtez cette stupidité ! Je ne suis pas ici pour dresser le frère contre la sœur ! Je suis seulement déçue de ne pas voir les idéaux d’Elerinna Lanetae guider ses frères dans cette guerre. Elle rêvait d’un monde où chacun accepterait l’autre pour le plus d’harmonie qu’il pourrait apporter. Mais je vois qu’elle n’a pas réussi à convaincre son propre peuple »

Elle marqua une pause consciente que ce qu’elle avait perçu de ce vaste projet était encore rattaché pour elle au nom de la Grande prêtresse.

« Mais je ne suis pas non plus venue pour vous donner de leçon. Que représente la parole d’une Zélos à vos yeux »

Elle posa sa main sur l’épaule de Niniel.

« Merci à vous de m’avoir accordé votre confiance, mais vous aurez besoin d’obéir sans arrière-pensée à votre officier »

Elle se tourna un instant vers Vanyar avant de reporter son regard sur l’archère.

« Je vais donc reprendre ma route en vous souhaitant de rencontrer l’esprit d’Elerinna Lanetae »

En prononçant ses mots elle se tourna vers la sortie de la grotte bien consciente qu’il y avait peu de chance que les Sindarins la laissent partir comme ça. S’ils ne lui faisaient pas confiance, ils ne se risqueraient pas à laisser une éventuelle espionne révéler l’emplacement de leur campement…
Un instant le silence du frère et de la sœur laissa à penser que la partie était gagnée, mais l’aîné n’était pas du genre à endormir sa méfiance si facilement.

« Je ne vais pas vous laisser partir, vous en savez trop. Vous avez l'air d'avoir été une partisane proche d'Elerinna... Et Niniel me dit vous que désirez rencontrer Rash. Vous n'avez en revanche aucune idée du conflit qui se joue ici. Rash n'est pas ici pour faire triompher les idéaux de sa fille, mais pour la venger. Et je ne suis pas ici pour elle non plus. Mon père l'était, il en est mort. Croyez-vous pouvoir trouver parmi nous de bonnes raisons de vous battre ? Nous ne sommes plus de pathétiques rebelles idéalistes en quête d'un monde meilleur, nous sommes un peuple en exil à la recherche de nouvelles terres à conquérir pour y retrouver une place. Et vous, que faites-vous ici ? »

Elle aurait dû s’attendre à cette réponse. Les mois avaient passé et l’hiver avait dû prendre son tribu de morts injustes pour les Sindarins exilés loin de chez eux, sans doute parias aux yeux de leur souveraine. La guerre est toujours une saloperie qui vous fait oublier les raisons qui l’ont appelée.
Elle regarda Vanyar dans les yeux.

« Je vous l’ai dit j’essaie de rester fidèle à celle qui m’a donné des raisons d’espérer dans l’avenir de ce monde. Cela mérite que l’on se batte pour ça. Je veux croire que votre espoir d’un havre où vous pourrez vous arrêter n’est pas incompatible avec le mien. En tout cas il passe par la même guerre. »

Elle marqua une pause et se tourna vers Niniel.

« J’ai la faiblesse de croire que votre sœur m’est devenue une sœur d’arme. Elle aussi a subi la perte d’êtres chers, et elle ne les oubliera pas… »

Le regard de la Zélos balaya l’assistance.

« … Tout comme vous n’oublierez pas, j’en suis sûre, même si la mort est amère, pourquoi sont tombés vos morts. Ils voulaient vous bâtir un monde meilleur. Elerinna incarnait ses idéaux. Je m’avance sans doute en disant cela, mais son père ne peut l’avoir oublié derrière son désir légitime de vouloir la venger. Quel père ne le voudrait pas ? Mais aurait-il bravé tous ces dangers seulement pour quelques arpents de taïga s’il n’avait cru en la vision de sa fille ? »

Elle riva à nouveau son regard dans celui de l’officier Sindarin.

« Vous êtes un soldat fidèle et avisé si j’en crois l’admiration de Niniel pour vous. Comme moi vous allez servir votre chef. Notre combat sera donc le même ! »

C’est alors que Vanyar se retourna vers son cadet.

« Olorin. Est-elle sincère ? »

Il aurait sans doute été très facile de se laisser sonder par le télépathe mais pour la Zélos, il n’en était pas question. Olorin avait pourtant l'air bienveillant et probe - davantage que le reste de sa fratrie du reste – mais allait-il faire confiance à cette étrangère ? Pour la Zélos la menace était bien réelle cependant, rien de ce qu'elle vient de dire n'est faux. Elle sait cependant que les Sindarins n’ont sans doute pas les mêmes projets qu’elle-même si la guerre et l’exil ont sans doute entamé leur moral.
Igrim ne put laisser sans réagir, un télépathe se glisser au plus profond de son esprit. Elle décida de se concentrer donc sur toute la vérité de son discours, en particuliers les sentiments fraternels qui commencent à se nouer entre elle et la jeune éclaireuse au côté de qui elle a combattu et qui a su prendre sa défense par deux fois déjà... Mais le télépathe n’en eut cure et plongea profondément dans son esprit. Sans aucun doute, cet homme-là, a probablement dédié toute sa vie à la magie et est infiniment plus puissant que ne l'était Elerinna. Les défenses spirituelles que l’ancienne mentor avait aidée à construire se dressèrent avec toute la rage que le sentiment de vulnérabilité pouvait trouver chez la prêtresse déchue. Finalement le Sindarin se retira avant qu’elle n’ait plus qu’à en attendre le verdict.
A ce souvenir, la Zélos secoua la tête de dépit. Tout l’entrainement qu’elle avait suivi n’avait pas suffit
Olorin sétait retourné vers Vanyar dans un soupir :

« Elle protège un secret qu'elle ne veut pas me laisser voir. Je ne peux pas aller plus loin. »

Le regard glacial, l’aîné fit claquer un ordre en alfari. Deux archers sindarins se saisirent d’Igrim sous les cris de vaine protestation de Niniel. Vanyar sortit sa machette de son fourreau, sifflant entre ses dents à son frère :

« Et si nous la réduisons à rien physiquement, penses-tu qu'elle te tiendrait encore tête spirituellement ? »

Heureusement, aussitôt, Olorin avait attrapé la main de son frère d'une poigne ferme et le retient en arrière.

« Mon frère, tu commettrais une grave erreur. Cette femme était une intime de la fille du général. Peut-être est-elle chargée d'une mission dont seul Rash Lanetae doit être mis au courant. Cette affaire le concerne directement. Ne fais pas d'impair, il vaut mieux qu'il décide par lui-même de ce qui doit être fait. »

La nuit était à présent tombée et alors qu’Olorin était parvenu à convaincre Vanyar d'attendre Rash, les messages étaient partis en direction du monarque en exil. Quelques centaines d'hommes devaient les rejoindre à l'aube, le patriarche Lanetae à leur tête.

Orchid, ligotée dans une caverne n’était plus maîtresse de son destin, chose qu’elle haïssait au plus haut point. A l'écart, surveillée par deux soldats sindarins, un à l'entrée, un non loin de toi, assis à monter la garde, une pierre d'intra neutralisant ses pouvoirs, elle devait attendre le bon vouloir du père de son ancienne mentor. S'il le souhaitait, le seigneur Rash viendrait la trouver demain pour s'entretenir avec elle. Elle enrageait intérieurement alors que le garde ne la quittait pas des yeux. Décidément ! C’était bien la guerre et les Sindarins avaient bien conscience que chacun de leurs gestes pouvait avoir des conséquences irrémédiables. D’abord leur méfiance à son égard puis cet emprisonnement étroitement surveillé…

*Igrim ne pensait tout de même pas que les choses seraient aussi facile !...*


Et encore avait-elle échappé à la mutilation ! Elle dont les capacités physique étaient le cœur de ses compétences… Elle devait bien avouer que cette perspective l’avait effrayée, non à cause de la perspective de la douleur, mais plus par celle de son errance dans un monde sur lequel elle n’aurait plus aucune prise… Il aurait mieux valu pour elle, révéler ses véritables intentions qui à mourir sur le champ. Ses pensées étaient allées vers Marcus, qui pourrissait, certainement pas très loin d’ici en attendant son sort. Mais maintenant elle devait chasser cette éventualité de son esprit. Elle devait juste penser à la suite. Le lendemain, Rash serait là et quelque part même si elle était hors d’état de nuire c’était bien ce pour quoi elle était là non ?

Elle en était là de ses réflexions lors que la silhouette familière de Niniel apparut et s’approcha bientôt d’elle.. Elle sort un couteau.

« Je ne sais pas ce que vous avez caché à Olorin, Igrim. Ça m'attriste un peu de ne pas pouvoir vous faire parfaitement confiance, mais sans vous, il est probable qu'à l'heure qu'il est, les Cimmériens auraient été alertés de notre présence ici et notre avancée aurait été terriblement compromise. Vous nous avez aidée, pour une raison que je ne comprends peut-être pas pleinement - peut-être que je suis trop naïve, comme le prétend Vanyar - mais je trouve qu'il est injuste que vous soyez attachée là après tout ce qui s'est passé... D'autant que j'ai vu Rash Lanetae, et je ne suis pas certaine qu'il accorde d'importance à une Zélos au milieu de ses plans de conquête et de vengeance. J'ai peur de ce qu'on fera de vous demain. Cela faisait bien longtemps... Que je ne m'étais pas sentie aussi proche de quelqu'un. »

Elle rangea une de ses mèches argentées derrière son oreille et sourit timidement.

« Alors j'ai décidé que je vous libèrerai. Je ne veux pas courir le risque que demain Rash Lanetae ordonne à Vanyar de vous couper la gorge. »

Elle l’écouta et ne put s’empêcher de sourire tristement à la jeune éclaireuse, avant de secouer la tête

« Ne faites pas ça ! Que voudra dire ma fuite ? Que votre frère à eu raison de se méfier ? Qu’Igrim n’est pas digne de confiance ? Et puis comme je l’ai dit je ne suis pas venu pour vous dresser contre votre frère. Vous devez lui faire confiance. Il fait tout ça car il croit que c’est le mieux pour son peuple et pour vous. Imaginez sa réaction lorsqu’il saura que vous m’avez libéré ! Demain votre chef sera là et il jugera par lui-même… »

Elle marqua une pause.

« Il y a aussi longtemps qu’Igrim ne s’est pas sentie aussi proche de quelqu’un. Allez dormir belle éclaireuse. Votre peuple aura besoin de vous demain… »

Cela avait beau être la guerre, Igrim ne mentait pas en prétendant se sentir proche de Niniel. Un peu comme si sa tromperie s’était retournée contre la Zélos et qu’elle finissait par nourrir des sentiments fraternels à son égard. Elle ne voulait pas en faire une traitresse à son peuple ou lui imposer une vie de fugitive, pourchassée par les siens.

Qu’on ne s’y trompe pas, elle n’avait en rien perdu de vue les objectifs qu’elle s’était fixés, et sans doute… Elle préféra chasser cette pensée aussi vite qu’elle avait essayé de prendre corps dans son esprit.

En dernier lieu, après ce qu’elle avait vu de la méfiance et de l’entraînement des Sindarins, elle avait rejeté l’éventualité de fuir pour pénétrer de façon clandestine le campement du Seigneur Rash. Elle était à l’intérieur et avait tout intérêt à y rester. Elle devrait sans doute être plus patiente qu’elle ne l’avait pensé et devrai improviser au jour le jour, mais c’était quelque chose qu’elle avait appris à faire.
Elle regarda la jeune archère se redresser.

*Advienne que pourra…*

Manifestement contrariée, Niniel étire un sourire gêné, et simplement assouplit les liens de la prisonnière et lui fit boire quelques gorgées d’'eau et avaler un peu de la viande séchée pour passer la nuit avant de quitter Igrim.

***

La nuit est plutôt mauvaise. Écartelée entre mauvais sommeil et réveil inquiet à chaque relève, elle essaie de faire jouer ses muscles pour ne pas laisser les tensions et courbatures avoir raison de son corps entravé. Enfin, à l’aube, Olorin prit le dernier tour de garde à la surprise de la Zélos. Pourtant il ne semble pas vouloir entamer de conversation et se contente de jouer avec un tisonnier dans le petit feu de bois qu'un des Sindarins s'était décidé à allumer plus tôt dans la nuit. C'est bientôt l'heure.


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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Lun 9 Nov - 0:17

« J’ai allumé la mèche.
-Bien. Boucliers en place. Prêts ? »
Personne ne répondit. Bien sûr qu’ils n’étaient pas prêts ! Qui peut être prêt à mourir ? Personne… C’est une formule que l’on lance à la face de la faucheuse, une dernière vanité qu’elle ne prend même plus en considération tant on lui a faite. Tout le monde sait qu’au moment de la fauche, le résultat est là : finalement, on aurait bien aimé rester encore un peu.

Les trois soldats surgirent de la porte et foncèrent à travers la cour. Mais personne d’autre ne vint en réponse du pied des deux autres tours. Immédiatement, les trois guerriers sentirent la peur monter en eux. Avaient-ils été pris avant de pouvoir accomplir leur tâche ?
En haut de la plus haute tour, il y eut une petite explosion qui balaya la porte et finit d’enflammer la toiture. Le pied des deux autres tours explosa alors, repoussant les trois fuyards. Le caporal comprit immédiatement que les hommes au pied de ces deux tours avaient eu trop peur pour sortir et avait préféré attendre la fin au milieu des explosifs afin de s’assurer une fin rapide et sûre. Combien de fois avait-il lui-même envisagé cette issue. Désormais, le pied des deux autres tours avait sauté et les constructions s’effondraient avec tous ceux présents au sommet de ces deux pièges.
La porte était hors d’atteinte…

« Adieu, les gars. »
Les deux autres soldats s’étaient arrêtés et leur caporal leur sourit en prenant dans sa main le catalyseur qu’on lui avait confié.
« Ce fut un plaisir de… »
Une flèche lui transperça le ventre et ses deux compagnons se tournèrent vers le Sindarin borgne qui avait survécu à l’explosion en haut de la plus haute tour. Il était derrière eux dans la cour à présent, devant la porte d’où eux sortaient. Il n'avait sans doute pas vu ce qui se tramait juste derrière lui, derrière ce frêle battant de bois, alors qu'il encochait une nouvelle flèche. L’envie de vengeance se lisait dans son œil.
Les deux cimmériens jetèrent leurs boucliers au sol, résolus, mais le pyromancien laissa toute sa puissance magique s’embraser.
Une nouvelle flèche vint se ficher dans son corps et immédiatement, deux boules de feu énormes fusèrent de lui. Elles allèrent enflammer les caisses contre les murs de la cour. Mais déjà la mèche au bas de la grande tour finissait de se consumer et une langue de feu s’extirpa de par la porte qui explosa, laissant les flammes et les débris venir happer le chef Phelgran sans plus lui laisser de chance de s’échapper.


Tout se terminait enfin dans une dernière explosion.
Ainsi tomba Windigard, le fort des vents, la première ligne de défense de Cimméria face à l’invasion Phelgranne. Et ce soir, tout le monde saurait que la guerre avait commencé.



¤¤¤¤¤

Le Yorka déposa le Lhurgoyf à l’abri d’un enchevêtrement de racine au fond d’un fossé à sec. Les deux hommes reprenaient leur souffle à l'abri des broussailles mais l’éclaireur aux pupilles fendus s’imposa de vérifier les blessures de son caporal.
Elles étaient plutôt graves. Personne ne ressort indemne d’un affrontement direct avec un tel monstre que le Garagos. Pas même un Lhurgoyf.

« Tiens le coup Blanchet. Je ne pense pas que tu sois mortellement blessé. Tu vas t’en sortir. Il y a des prêtresses à Lindholm et on va forcément croiser une patrouille avant la nuit. J'en suis sûr. »
L’une des plaies aurait pu le faire mentir et il portait sur elle un regard reptilien mais inquiet. Cette incision sous les côtes semblait profonde. Mais de ce qu’il avait déjà vu, elle ne saignait pas assez pour lui rappeler un autre compagnon qu’il avait vu mourir sous ses mêmes pupilles fendus trois ans auparavant.

Blanchet haletait et grimaçait au point de déformer son visage et que son soldat ne puisse le reconnaître.
Était-ce sa récente transformation qui impactait encore les traits du Lhurgoyf ?
La Lèche se demandait si le monstre qu’il avait vu prendre la forme et la place de son caporal lui inspirait plus de peur ou d’admiration. Du fait de son totem du lézard, il se sentait instinctivement plus proche de ce monstre que de ses défunts compagnons alors que la veille encore, il jugeait cet homme pâle et blond comme une dangerosité.

Ils n’entendaient presque plus les hurlements du monstre au loin. Mais si cela signifiait qu'il ne les avait peut-être pas poursuivi, ça signifiait surtout qu'il se repaissait certainement enfin silencieusement de tous leurs compagnons.

La Lèche se souvenait avoir vu le Bûcheron se jeter sur la bête immense dès qu’elle avait mis son caporal à terre. Il avait donné sa vie et avait sauvé celle d'un Lhurgoyf.
Le Yorka qu’il était s’était toujours senti un peu rejeté par les autres du fait de ses origines, mais en voyant le lien qui avait poussé son caporal-chef à se jeter sans hésitation vers la mort pour sauver son caporal malgré sa nature profonde, il se disait maintenant qu’il s’était trompé toute ces années…

« Viens. J’aimerais mettre le plus de distance entre cette chose et nous le plus rapidement possible.
-Merci… Sylphios… »
Le Yorka marqua encore une pause en entendant son supérieur prononcer son prénom. Il ne l’avait pas oublié malgré toutes ces années à l’affubler de cet horrible surnom ? Oui, il s’était trompé toutes ces années.

Aujourd’hui, ils étaient tous morts.


¤¤¤¤¤

« Eh bien bonjour l’accueil les gars ! Heureusement qu’on était là ! »
Cette remarque enjouée, destinée à détendre l’atmosphère, échoua totalement. Le caporal-chef Yorka au totem d’Ours se racla la gorge, mal à l’aise, et reporta son regard sur le mâle alpha dont les yeux voilés dénotaient le contrôle que les Sindarins avaient sur lui. Le reste de la meute tournait et grognait derrière lui quand ils ne faisaient pas réprimander par leur meneur chaque fois qu’il faisait un pas en direction des humanoïdes.
« Bon… Je vois que l’ambiance n’a pas changé depuis la dernière fois. Restez à l’écart de leurs nouveaux matous les gars. »
Pendant ce temps, l’éclaireur s’entretenait en Sindarin avec les Canopéens et les seules personnes qui s’intéressaient au reste de la troupe cimmérienne étaient des archers dont la flèche demeurait posée en travers de leur arc, prête à être décochée.
Décidemment, Kolbar n’aimait pas mener ses hommes jusqu’à la rencontre de ces oreilles pointues. Leur éclaireur revint cependant après quelques instants avec le chef de la patrouille canopéenne.

« Mes anciens frères nous remercient de notre intervention et nous invitent à venir se reposer jusqu’à leur campement et nous pourrons échanger nos informations comme il en a été convenus entre nos états-majors.
-Comme d’habitudes quoi. Et pourquoi il ne prend pas la peine de nous le dire lui mêle ce cher monsieur ?
-Parce qu’il…
-Parce que nous n’aimons parler l’Isthar disgracieux et que le membre qui le parlait le mieux est mort dévoré. » interrompit la voix chantante d’un des archers. Le chef de la compagnie leva une main calme vers son homme avec un regard paternel avant d’ajouter à l’adresse des cimmériens.
« Il était son frère et mon neveu. Excusez notre froideur. Nous sommes en deuil et avons besoin de nous retrouver. Merci pour votre aide. Venez. »
Les cimmériens gardèrent le silence jusqu’au campement, se faisant précéder par une partie de cette escouade et talonnés par l’autre et la meute de Leweiras.

Jamais les échanges d’informations entre armées alliées n’ont été simples. Cette guerre n’avait rien pour changer cette règle générale. L’armée canopéenne n’était pas ici de gaitée de cœur et chaque rencontre avec eux venait confirmer cette pensée dans le cœur des gardes cimmériens.
Le fait que le campement ait été attaqué avant leur arrivée ne fit que retarder d’avantage encore la mise en commun du compte-rendu des patrouilles.


¤¤¤¤¤

Toute la journée, Veto eut ce mauvais pressentiment. Il fut aigri et acariâtre avec son aspirant -plus encore que cet incapable ne le méritait- et il s'était encore fâché avec Fenri, son plus fidèle ami, son frère d'arme depuis leurs début dans l'armée...

Pour cela, il était resté enfermé, ruminant et attendant, le dos rond et les pensées sombres.

L’attente du début de cette guerre mettait les nerfs de tout le monde à vif. Et le Lieutenant dans sa tour de commandement, la plus haute de Lindholm, passait son temps à revoir sa stratégie sur les cartes, la comparer avec les rapports ou à scruter l’immensité de la mer glauque, ni verte ni bleue… Cette taïga qui semblait infinie.

Et puis, il y eut ce nuage gris dans le sud lointain, presque une ombre à l’horizon, un trait fin auquel il ne croyait presque pas et que pourtant il attendait comme tout le monde depuis des jours.

C’est le soir venu que Fenri entra dans son bureau avec le rapport de l'une des patrouille. Veto ne quittait plus l’horizon des yeux, de plus en plus sûr de ce qu’il fixait.

« Windigard est en feu. » Il marqua une longue pose sans que Veto ne se retourne. Leurs récentes disputes étaient encore très présentes dans leurs cœurs. Mais le Major lâcha finalement : «  Ton plan n’était pas si stupide, je dois le reconnaître. Maintenant on…
-Des survivants ? »
Fenri garda le silence et Veto attendit une seconde ou deux et puis reprit la parole.
« Pas si stupide... » répéta-t-il d’un air pensif et morne.
Fenri resta dans son dos sans qu’ils ne trouvent ni l’un ni l’autre les mots pour se dire qu’ils pensaient tous deux que chacun avait eu raison à propos de cette mission suicide.

« Veto…
-Maintenant, les choses sérieuses vont commencer. Crois-moi, je ferai en sorte qu’ils ne soient pas morts pour rien. Nous mettrons Phelgra à genoux. Pour nos hommes perdus aujourd’hui, pour le peuple que les Lanetae et eux ont opprimé et pour tous les hommes que nous perdrons. Je te jure que chaque vie cimmérienne perdue durant cette guerre, nous leur ferons payer au centuple. »
Cette déclaration ne fit pas grand effet auprès du Major qui n’avait que faire des beaux parleurs.
« De belles promesses pour les hommes, Lieutenant. Gardez-les pour eux. Je me contenterai des actes. Je vais chercher ton aspirant pour qu’il rédige les lettres aux familles de ceux d’avant les choses sérieuses, comme tu dis. »
Veto ne broncha pas à cette remarque. Il n’était pas encore rôdé aux discours et pourtant, il savait qu’il allait devoir l’être d’ici peu. Mais ce n’était pas le but de cette tirade. Il pensait sincèrement tout ce qu’il venait de dire.
Il laissa partir Fenri, sans lui accorder encore un regard. Quant à la rédaction des lettres, Veto avait trouvé l’inspiration durant cette longue après-midi et elles attendaient déjà sur le coin du bureau.

Personne ne pouvait se douter qu’au même moment, le caporal-chef de Windigard était retrouvé dans un fossé par une patrouille sur le retour pour Lindholm… Si la flèche dans son épaule n’avait pas eu raison de lui, elle avait cependant drainé ses forces sans merci.

Pas si stupide…
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Orchid Orcirdr
MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Mer 18 Nov - 19:10

Elle avait passé la première et sans doute la plus difficile étape qui devait la mener vers son objectif. Sans doute un peu naïvement elle s’était imaginé que tout serait plus vite fini, mais elle faisait contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, elle était encore vivante et cela n’était pas écrit il y avait encore 7 jours de cela alors que le capitaine Sindarin ne voyait en elle qu’une espionne voire une traitresse et ne semblait avoir qu’une envie, la passer par les armes ou la démembrer au choix.

Finalement elle avait réussi à convaincre Rash Lanetae de sa bonne foi et faisait depuis office d’aide de camp. Aide de camp atypique parmi les Sindarins et qui lui valait des regards insistant et lourds de préjugés chaque fois qu’elle était présentée directement ou non _ car on laissait souvent pour compte_ à de nouveaux membres de la caste renégate. Elle ne s’en offusquait pas car après tout cette situation lui était presque familière pour l’avoir vécue aux côtés de la Grande Prêtresse et en outre, cela lui permettait d’avoir accès à  des informations qu’une personne jouissant d’une plus grande considération n’aurait peut-être pas pu entendre.

Durant les premiers jours, les Sindarins se cantonnaient dans des opérations de patrouilles et de guérilla dans lesquelles ils excellent. De temps à autre Niniel venait chercher la Zélos pour l’accompagner dans une de leurs courses qui devenaient presque rituelle. Les deux femmes étaient complémentaires. Niniel apportait sa rapidité sa fougue et sa précision au tir tandis que la Zélos faisait profiter leur duo de son expérience de sa connaissance du terrain, de sa puissance et de son endurance. Igrim voyait ses sorties comme une nécessité ou un incontournable mais aussi l’occasion de se trouver seule avec la cadette de la fratrie Enid an Assire Fran dont elle se sentait au bout du compte plus proche qu’elle ne l’aurait imaginé.

« Vos troupes ne pourront pas se contenter de ce genre d’escarmouches très longtemps
_ Je ne pense pas que ce soit le but final de Van… »


Plusieurs fois la jeune éclaireuses étaient passées à deux doigts de révéler à  la Zélos ce qui semblait être un secret, même pour l’aide de camp du Seigneur Lanetae. Olorin venait de les quitter après un rapide débriefing de la mission et ses recommandations d’usage à l’égard de sa petite sœur qu’il jugeait toujours trop imprudente. Igrim lui sourit pour dissiper la gêne qui s’était peinte sur le visage de Niniel.

« Ne t’inquiète pas. Je me suis faite à l’inimitié de ton frère. Il comprendra peut être un jour que je ne lui suis pas hostile… »

Pour être honnête, depuis qu’Olorin avait laissé de côté sa méfiance envers la Zélos, l’aîné de la fratrie de semblait plus devoir manifester une hostilité aussi aigüe qu’au début. Il était loin encore de pouvoir lui sourire, mais il consentait maintenant lui adresser la parole ne serait-ce que pour les ordres et les instructions de mission. Mais la jeunette changea comme à son habitude de conversation.

« Des nouvelles de Maeva Lanetae ?
_ Oui. Elle semble se remettre…
_ Rash doit t’en être très reconnaissant…
_ Tu sais, la reconnaissance des puissants… »


En effet, Orchid ne se faisait aucune illusion sur les remerciements qu’elle pouvait attendre du stratège. Certes ne pas avoir perdu une deuxième fille en si peu de temps devait lui soulager l’âme, mais qu’était cette Zélos pour un Sindarin qui plus est habitué au pouvoir ? Sa compagne lui indiqua d’un hochement du menton un messager familier, celui qui venait la quérir lorsque justement le le patriarche de la famille Lanetae désirait la voir. Igrim cligna lentement des paupières pour la remercier et se leva en emportant ses armes.

« Le devoir m’appelle ! A bientôt peut-être ! »


En quelques pas elle rejoignit l’estafette et se dirigea sans mot dire vers la tente du général. Aurait-il des informations à lui divulguer ou se contenterait-il de l’envoyer en mission ?

Question informations, ce qui chagrinait la Zélos étaient les nouvelles qui lui parvenaient des manœuvres des cavaliers de Sherna. Elle ne doutait pas une seconde de ce qui restait derrière le passage et se demandait encore comment les Sindarins avaient pu contracter une telle alliance.

En quelques jours ils avaient conquise sans trop d’efforts une quarantaine de kilomètres à l’intérieur du territoire cimmérien tandis que profitant de leur manque de discrétion, les Sindarin avaient comblé environ 80 kilomètres sous le couvert de la taïga. Maintenant, il devaient choisir entre poursuivre à découvert et moins facilement ou bien camper sur leurs positions  et ne plus jouer que le rôle de patrouilleurs ou éclaireurs pour les cavaliers qui auraient beau jeu de leur faire remarquer qu’on ne les voyait que fort peu sur les champs de bataille…
Lorsqu’elle arriva sous la tente du général, celui-ci faisait les cents pas devant sa table à cartes. Son air était grave et concentré et ses pas calmes. Visiblement il était en pleine réflexion, mais sans fébrilité ni panique. La Zélos se campa à côté du pan de tissu qui tenait lieu de porte à la tente de campagne et attendit que le stratège remarque son arrivée. Il s’arrêta enfin et leva les yeux vers elle.

« Nous sommes au pied du mur. Les choses sérieuses vont commencer… »

Elle garda le silence.

« Il nous faut maintenant faire la jonction avec les cavaliers de Sherna car les batailles vont prendre une tout autre dimension maintenant et nous ne pouvons pas nous passer de cavalerie comme eux ne peuvent se passer de notre soutien… Il y a encore une quarantaine de kilomètres entre nous et ces demeurés ont laissés les postes avancés cimmériens dans leur dos… Arganath va sans doute manœuvrer pour nous empêcher de nous regrouper… »

On était au sixième jour de guerre et la tension grimpait dans le camp des Sindarins renégats et pas seulement parce que la bataille et la confrontation directe des armées approchaient mais aussi parce que les moral des troupes emblaient de plus en plus affecté par l’inconstance de Rash Lanetae.

« Et vous ? Où étiez-vous encore fourrées ? Avec cette petite traitresse de Niniel ! »

La Zélos de son côté ne se formalisait pas de rebuffades qu’elle pouvait essuyer sûre que c’était le prix à payer pour que ses desseins se réalisent. Elle se contenta de serrer les mâchoires et d’attendre que la tempête passe.

« Avez-vous au moins des éléments nouveaux sur les trahisons qui se fomentent autour de nous ?
_ Les opérations se déroulent pour le mieux grâce à la diligence de chacun, mais je poursuis ma surveillance »


Ce qu’elle ne disait pas c’est que les soupçons injustifiés qu’elle avait distillés dans l’esprit du général se révélaient de jour en jour plus plausibles. Clairement que ce soit l’œuvre de la Zélos ou non, les hommes s’éloignaient de plus en plus du général pour se tourner vers leur capitaine qui les menait avec assurance de succès en succès en restant proche d’eux. Sans doute enhardi par sa nouvelle popularité et par ses victoires ainsi que refroidi par le peu de crédit qu’il semblait avoir auprès de son chef, le jeune stratège prenait de plus en plus d’initiative sans en référer à son général. Initiatives toujours pertinentes et toujours couronnées de succès mais néanmoins en sous-main…

« Vous ferez bien car dans cette affaire vous partagerez mon sort quelque qu’il soit… »

Le reste de l’entretien ne fut pas plus agréable, mais ne fit rien ressortir de nouveau, les décisions étant pour la plupart déjà prises.
Orchid passa une bien mauvaise nuit car elle sentait qu’un autre tournant de sa présence parmi les renégats allait se présenter. Mais le soleil se leva sans que rien ne vienne lui donner raison. Ce jusqu’au repas qu’elle prenait invariablement en compagnie des deux seuls Sindarins qui semblaient lui accorder un peu de confiance, Niniel et Olorin. Ils avaient pris l’habitude de délaisser les alignements militaire des repas pour s’isoler un peu bien qu’à la vue de tous. Assis sur quelques rochers ou souche, l’écuelle de campagne sur les genoux, ils devisaient des choses de la journée et de plus en plus des deux chefs qui finiraient forcément par entrer en rivalité ouverte un jour ou l’autre.

Ce fut cette fois Niniel qui romprit le silence non sans avoir jeté un regard interrogateur à son frère qui acquiesça du chef.

«Vanyar a envoyé un colis à l’avant-poste de Lindholm… »

Igrim redressa la tête du dessus de son repas.

« Et ?
_ ce sont les mains du mirmidon que nous avons capturé le même jour que vous..
_ Marcus Archéon… Dans quel but ?
_ Effrayer la garnison et ou la provoquer pour l’amener à commettre une erreur ou les démoraliser…
_ C’est de bonne guerre.
_ Le problème est qu’il n’en a pas informé le général.
_ Hum… Je vois… L’autre problème est que je suis soin aide de camp…
_ Oui mais tu as bien vu ce qui se tend ici. Si tu avais voulu en avertir Rash tu l’aurais déjà fait…
_ Et qu’est-ce qui se trame ?
_ Notre général perd son peuple de vue et ses décisions sont altérées par son désir de vengeance…
_ Bref vous ne lui faites plus confiance…
_ J’ai peur pour Vanyar..
_ C’est un bon chef. Son peuple a besoin de lui...
_ Cela veut dire que tu ne le dénonceras pas ?
_ Tu m’aurais dit tout ça si tu pensais que j’allais le faire ?
_ J’irai le trouver pour lui dire ce que je pense de ses qualités de chef."

Elle sourit et posa sa main sur le bras de sa compagne de mission. Puis se leva pour prendre le chemin de latente du capitaine…


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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Ven 20 Nov - 12:50

[Bon dieux, parait que mes bavouillis gênerions l’immersion pas très immersive de certain membre, alors je m’en vais bafouiller avec plus de grâce, cependant garder en tête qu’on parle de Lupen Z’en Rahar et pas d’un quelconque héros que l’on croise par poigné.
Nous sommes en guerre, Cimmeria, L’hivers, 2 jours après les premières escarmouches, quelques parts dans les montagnes au sud-est.]


    Quelque part là bas un certain homme du nom de Lupen z’en rahar faisait des joyeux squate torse nue à quelques deux milles d’altitude par un bon temps où l’ont hésite à aller pisser tellement l’idée d’hotté les gants à cette altitude n’est pas innée. Là dans les montagnes un camp de vingt milles guerrier était dresser aux couleurs du terrain, on avait laissé l’or et l’émeraude pour l’intérieur de ces dernières et le tissu était donc d’un kaki dégueulasse barbouillé de vert qui ferait peur à un chaton, mais qui permettait à la construction de na pas trop dénoté même vue du ciel.
    Les hommes, même si ils n’effectuaient pas une campagne des trois vermines, ne se gênait pas pour chopper et boulotté tout ce qui passait gaîment à porté, le reste du temps il le passait à faire leur devoir et a jouer aux cartes. Les seuls divertissements autorisé était géré par la Plume elle-même, autant dire qu’ils étaient de qualité mais en quantité réduite pour ne pas gêné la coordination et l’efficacité des hommes. Cela n’empèchait pas d’avoir des ḥašišiywn on est jamais trop prudent.

    L’organisme monstrueux battait donc au rythme des hommes qui entrent et qui sortent pour aller prendre leur poste de sentinelle ou leur tour de surveillance. C’est à cette belle et merveilleuse occasion que nous allons assister à une bataille fort peu équilibré, mais ça reste comme ça qu’on gagne le mieux n’est-il point ?

    Quelque part à quelques milles plus bas que le camps qui était posé sur une belle crête pour avoir une belle visibilité, des joyeux Phelgra, une troupe d’élite, ce qui les rend joyeux, petit un car ce ne sont pas des pègües, petit deux, car dans le monde où la loi du plus fort règne, les troupes d’élites ont le pouvoir, probablement bien chargé en cavalier, enfin de quoi bien s’amusé. Mais suivant une directive d’un gas haut placé, la chose avait été choisit d’envoyer que 200 de ces joyeux lurons.
    Les drilles à poneys sans poneys prônant l’apocalypse avait donc trouvé un chemin par le cœur des montagnes –les tunnels du mépris pour ceux qui ne suivent pas- et avait fait dans la finesse en faisait explosé le bouchons de caillasse qui se trouvait à la sortie.
    Ni une ni deux alerté par la finesse sans borne des cavalieros, quatre patrouilles d’Arghaniens s’organisent, la première guidé par un gros nounours de la Première dont le nom sera oublié par l’histoire mais pas par ses hommes, se fraye doucement un chemin vers la source du bruit pas vraiment naturelle.

    Mais voilà le gros nounours et sa bande, malgré leur formation classique où les éclaireurs passent en avant furent repéré par les lurons qui n’avait pas encore eut leur dose de bière âpre et sans intérêt que les Phelgran aime tant. Joyeux comme des Phelgra qui n’ont pas encore eut leur bière ils montèrent donc un piège mortel, se cachant dans les arbres ils utilisèrent leur dangereuse magie pour s’en prendre aux Arghanien déciment ainsi une grande partie de la troupe qui répondit en faisant trembler la terre pour déloger les couillons arboricole comme ont le fait des prunes. Cependant le mal était fait, le chef de la troupe avant périe, et si quelques hommes en fasse furent mutilé ou tuer, il n’en restait pas moi que les hommes d’Arghanat étaient en sous effectif et sans lieutenant, la retraite fut donc sonné pour rejoindre la seconde patrouille et était resté en retrait.
    Mais personne n’a le droit de récupéré l’armure d’un homme de la première, il fallait donc venger cet affront.

    C’est là qu’on revient au squateur, le bonhomme avait été prévenu par télépathie –c’est drôlement pratique et ça vas plus vite que le pigeon, même si ça fait un moins bon roti …- hors le dit Lulu, sur les ordres du plus haut placer des hommes, se préparait à aller faire un tour bien plus au nord est dans l’optique de mettre à mal un camps, quelque chose sans importance si ce n’est le fait que mille deux cents hommes avaient déjà été choisit et n’attendant que leur ordres pour quitté le camps dans le but d’aller beauté des culs. Ils furent donc rapidement mis en branle dans le but d’aller foutre … Oui vous suivez.

    La chose fut rapidement choisit, cinq cent des hommes, mages de l’armé régulière furent déployé par le haut des chemins, ils arrivèrent au lieu d rendez vous au dessus des cascades qui surplombait les camps des hommes des cavaliers.
    Pour ceux qui suivent il reste sept cent hommes dans les mains de Lupen, quelque part au nord de la sorti, qui ont contourné la chose dans un petit pas de montagnard très calme, un de ces pas dont on rie lorsqu’on ne le connait pas. Pour faire plus précis prenez un homme, mettez lui une bonne gastro, faite le se faire surprendre par un grizzly en plein action, et vous avez un la marche d’un homme qui dévale : bas sur ses appuis repliés sous lui, les pieds à largeur des épaules et non des hanches, des petits pas, il reste plus qu’à enlever le bruit de l’être qui hurle de peur car la première, même toute armuré qu’elle était, faisait fort peu de bruit habituer à courir dans les montagnes où ils faisait la plus art de leurs exercices.
    L’escadre fut séparé en quatre groupes, trois de deux cent prenant un des points cardinaux qui n’était pas déjà réquisitionné par la paroi, et prenais un peu près une minute de retard sur les cent hommes de Lupen.

    Cent hommes, voilà ceux que nous allons suivre, cents être tiré dont Chien et Olaf, cent hommes dont un groupe guidé par Chien avait pour travail d’évité toute possible retraite des hommes. Olaf serait le second de Lupen dans cette expédition lui permettant d’être plus vif.
    Alors doucement ils s’avancèrent sous la canopée fort connu de Cimméria constitué essentiellement de sapins et de machin rachtoque et buissonneux, mais les pins compagnons font parti des meilleurs ami des traqueurs et des éclaireurs, leur racines sortent juste assez pour qu’on puisse en prendre l’habitude, leurs épines sur le sol masque les bruits et leurs branchages bas camouflent à merveilles les hommes sous leurs capes. Ils avancent vîtes, par groupes de dix, en tête Lupen a déjà bue une potion comme le font un tier des autres –trois par groupe et tout ceux de Chien-, il se glisse comme un ombre, car même si ce n’est la spécialité de l’ancien Ladrini que cette discrétion, il n’en est pas moins un doux habituer, et son acrobatie faisant le reste, il semble juste danser entre les racines dans son armure d’ombre et de vent.
    Pied d’appuis sur une racine, il se propulse et touche l’arcane pour décoller en direction des arbres, Les hommes de son groupent et les autres commence à courir, le bruit se répands, ils sont trop proche ils ne pourront être discret plus près alors, à quoi bon.

    Alors vient l’heure de la charge, pour ceux qui n’ont jamais vue la charge de là première phallange plongeant dans le regard de Jojo. Jojo, qui s’appelle en vérité Aldébarant d’Aghibile et qui est un homme d’une haute ligné de guerrier de Phelgra mais à échappé à Cosinus car il n’avait pas d’amis obtus à proximité, est à ce moment précis en train de finir de regarder son second monté sa tente –et non sa tante qu’il monte lui-même, on est Phelgran ou on ne l’est pas- et qui est un Zélos d’un carure digne de celle de Lupen Z’en Rahar, tout à fait pas adapté à devenir un Ladrini. Jojo donc, regarde la tente le dos proche du petit feu qu’on lui a permis de faire lorsqu’un bruit se fait entendre au milieu des arbres, un bruit violant de branche qu’on explose au passage, et alors que celui-ci explose un autre monte, plus doux, plus violant, un tambours qui s’affole, le bruit caractéristique d’hommes en armure bien huilé qui se mettent à charger.
    Un triplet, un autre, un centaine d’echo qui viennent se répercuté contre la cascade et noie le bruit de l’eau, et au loin ce n’est que la répétition de celui-ci, de partout, tout autour d’eux, le bruit d’homme qui frappent le sol de leur pied, et même derrière eux, sur la cascade, il l’entend aussi, comme si la terre était percuté de partout.
    Puis vient les voix, claires, puissante, la première explose : “Arghanat !”, alors de partout on répond, on hurle, on exhibe de son cœur la toute puissance de cette croyance, celle en cette devise : “Force et Honneur !”, les mots explose contre la montagne qui les reprend, et les hommes, tout dans leur folie réponde à la terre encore une fois : “Force et Honneur”… Et puis les premier hommes sortent de la forêt, ils laissent tomber leurs capes, et sont tout d’or et d’émeraude, les armures resplendissent sous le brouillard rouge qui se lève dans un bruit de vers brisé et qui se repend à grand vitesse poussé par les courants formé par la cascade.
    Puis vient les premier bruit de mort, un crie, précis, puis un corps qui s’effondre, Lupen n’avait pas fait de quartier et avant même de toucher sur le sol il avait réduit à néant deux hommes qui, démunie face à leur absence de magie se retrouvèrent comme les êtres frêles qu’ils sont : nue face à une réalité violente et froide.

    Alors la revélation se fait, elle monte au cerveau petit à petit comme monte la peur face à des structure cyclopéenne que l’ont découvre aux mesure d’un fouille. Le plus affreux des déclencheurs reste souvent le bruit moue du cadavre qui s’effondre pas loin de vous, et si pour la plus part des guerrier le pic d’adrénaline arrive à ce moment là, le fait d’être perdu dans le brouillard rouge, de ne pouvoir aller chercher au fond de soit les ressources auxquelles ont est tant habituer à tendance à couper cours à ce pic même si celui-ci est juste là pour vous sauvez. Les idées alors s’affolent, trop de bruit, trop d’ennemis, et la magie qu’on sent pour les autres mais qu’on ne trouve pas pour soit. On se sens un peu comme prie dans une charge de rhino, comme doucement bercer par une violente tempête qui de toute façon est tout autour de vous, alors tout lâche, les sphincters certes, mais aussi une partie des neurones.

    Mais c’est sans compté sur le chef de la bande de scout Phelgra venu faire du touriste à Cimméria, Ours Grivois, le fameux et reconnu par sont chef, Zélos qui achève ses gas lorsqu’il se fait suer. Ours Grivois hurle donc un bon coup, lançant une bande de mots que je ne peux retranscrire ici dût l’inconcevabilité de ceux-ci aux oreilles des plus chastes de nos lecteurs -oui je pense entre autre à Véto-. Mais cela fait son effet, pour une raison fort peu connu entre sa mère traiter de tout les noms à tendance à relancer des Phelgrans, alors qu’elle fait se retourné contre vous n’importe quelle autre scout … Encore cette histoire de tante et de vérité ?

    Toujours est-il que malgré le coté affolant et le nombre de corps déjà à terre, ainsi que le courage déconcertant de certain qui leur permet de fuir de façon noble malgré le tunnel qui semble vouloir à nouveau s’effondré et le fait qu’un groupe spécial, celui de Chien, ai pour seul but d’empêcher ce genre de fuite … Le pouvoir des Mj est inconcevable.

    Lupen lui a rapidement trouvé la source des cries, et comme toute personne bien élever c’est mis en tête de faire terre cette bouche pleine d’injure. Il laissa donc s’échapper de ses mains une lame de son tarot qui courut rapidement dans l’air en recherche de cette gorge pleine de crasse, mais l’homme, même dénué de toute magie, était fin et puissant et d’un geste vif il dévia la lame de son épée, une belle templière à double tranchant à une main et demie. Et alors que Lupen arrivait au pas de course devant lui dans un puissant défi il hurla quelque chose qui fut noyé dans le bruit de la bataille alentour. Non mais vous penser qu’on entend vraiment ce qui dit le mec en face en pleine bataille ? On sait juste qu’il gueule un truc en face dans vous, et vue que c’est un Phelgran et qu’il aime bien s’attaquer aux mères, on se doute de ce qu’il raconte, mais Lulu n’ayant pas vraiment connu sa mère, ça se trouve le bonhomme en face de lui pourrait très bien balancer un “Je suis ton père” avec un vois enroué de la gorge découpé sans même que ce soit vraiment faux. Pour autant ça ne changea pas vraiment ses intentions : Lui donné la bonne voix pour faire ce genre de phrase.
    Le sourire posé sur les lèvres invisibles sous son casque baissé –c’est moins classe mais ça sauve des vie- il se jeta avec rage dans le combat.

    Ours Grivois ouvrit donc le bal du combat rapproché par une belle taille de sa templière tout en changeant de garde, passant d’une haute à l’épaule vers une basse droite fort classique, mais bougrement efficace sur une telle deux main. Pourtant Lupen sembla dévier la lame du plat de sa main et passant dessous lança son poings à deux doigts ouvert vers le torse de l’homme qui compta sur son armure bien forgé. Mais les choses sont souvent invisible, et trop tard il vie la magie faire son office et il discerna un dix d’épée apparaitre dans les mains de Lupen tout en se rappelant du nom qu’on lui donnait : Le Tarot, l’homme aux mains tranchantes et insensible aux lames les plus aiguisés. La douleur fut violante, l’arcane s’enfonça de la longueur d’un doigt dans son abdomen, libérant une forte odeur caractéristique de l’intestin qu’on perce.
    Pourtant cela n’arrêta pas l’Ourson, il lâcha sa templière, inutile vue la distance de combat et fit remonter son poings vers le visage de Z’en Rahar. Mais le gamin avait été entrainé par Brom lui-même, il se déplaça juste d’un quart de pas encore plus près de l’homme l’obligeant à raclé son armure de son poing qui percuta plusieurs reprise de fer, ralenti et en parti détruit, mais sans entamé la détermination du chef scout. Mais cela suffit à ralentir la chose assez pour évité de lui déboité la machoire et ouvrir la garde du chef des cavalieros assez longtemps …
    Car la deuxième main du louveteau n’est jamais redescendu et elle arrive par l’angle mort, suivant une courbe qui ne pas avoir de puissance car venant au dessus de l’épaule, mais ça ne change rien au fait, Le roi d’épée apparut et trouvant une faille entre le casque et l’armure s’enfonçant doucement dans le gorge en glissant sur le gorgerons … Et le poing ralenti encore alors que le sang coulait et s’arrêtant en touchant le casque de l’homme d’Arghanat juste à l’endroit où Brom à posé sa marque de fabrication.

    L’homme tombe, autour de lui les hommes cours de partout, Olaf est calme, personne les embête dans leur ilots de tranquillité, le massacre se fait, alors il se baisse et arrache une dent du Zélos, sans même faire attention aux autres qui partent avec, il l’a choisit, la plus grosse, qu’il met dans une petite bourse à coté de celle d’un Lhurgoyf transformé, une de ces plus belles prises qu’ils n’ont pas encore mis de coté.
    Partout les membres de la première prélèvent leur trophées, souvent une oreille, rare sont ceux qui prennent autre, mais surtout ils plongent une main au niveau du cœur et le sort encore battant, alors, regardant les derniers hommes rassemblés, capturés là, ils donnent dans un même mouvement un coup de crocs dans ce dernier. La première, les mangent cœur, les seules autorisé à accomplir ce rituel, les plus puissants des guerriers et les plus affolants.
    Manger le cœur de leur adversaire valeureux, ils voient ça comme un honneur pour ceux qui se sont bien battu, un honneur qui leur donne de la force … La tradition des guerriers d’Arghanat qui date des temps anciens, amener par le Duc alors qu’il était encore doué d’une vue aux pouvoirs sans limite.

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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Mer 9 Déc - 7:13

Résumé des sept jours passés depuis l'auto-destruction du fortin de Windigard

Patrouilles doublées ou triplées selon les secteurs, petits groupes toujours mobiles, agencés pour former le meilleur équilibre possible entre discrétion et replis sans négliger la force de frappe. Selon cet équilibre plus ou moins respecté, les hommes avaient pour ordre d’effectuer soit des missions de repérage de l’avancée de l’ennemi, soit des frappes stratégiques sur leurs patrouilles trop isolées ou leurs convois de ravitaillement. Car maintenant que les suppôts de Sharna étaient entrés en force dans le labyrinthe végétale, les serviteurs de Kesha s’abattaient sur eux.
Ils n’étaient pas sur leurs terres mornes et pauvres : ils étaient en Cimméria, la terre de ceux qu’ils avaient oubliés d’estimer d’égale à égale comme ils l’avaient fait durant la grande guerre. Et ces anciens alliés depuis longtemps répudiés n’allaient pas tarder à le ressentir à chacun de leurs pas.

Mais pour le moment, cela faisait déjà deux jours que Veto subissait plutôt cette guerre. Bien sûr, il avait déjà prévu des équipes sur le terrain dans l’optique de l’arrivée de ces troupes ennemies, ordonnant à ses hommes d’alterner le chaud et le froid avec subtilité, surveillant l’avancé des patrouilles Phelgranne et si possible le front de la première vague. Déjà les rapports rapportaient quelques succès mais aussi des échecs. Ces derniers étaient déduits de l’absence totale de nouvelle des équipes perdues. Les réussites n’étaient pourtant pas encore négligeables et le temps que l’ennemi leur avait laissé se révélerait peut-être plus bénéfique qu’il n’avait été anxiogène finalement. La Taïga était un peu mieux connue désormais et surtout, les quelques idées de pièges ou lieux de guet-à-pan réussissaient presque toujours. Ils avaient plus que l’avantage du terrain : ils jouaient avec beaucoup des patrouilles ennemis et ceux qui leurs échappaient étaient incapables d’identifier un foyer de résistance à écraser ou éviter en particulier car il n’y en avait aucun. Veto avait tablé sur une défense diffuse car il savait que de front, ils n’avaient aucune chance.
Mais le Lieutenant en charge de territoire isolé l’avait promis : cette forêt serait un enfer, même pour ceux qui se disaient envoyé par le Dieu de la Souffrance. Certes, il avait sacrifié un bastion mais il avait surtout ouvert la route à Phelgra et donc l’avait invité à plonger les yeux bandés dans une mer végétale qu’elle n’imaginait pas aussi dangereuse que cela.

À l’issue du troisième jour, Veto feuilletait pourtant les rapports avec toujours plus de circonspection. Parmi les victimes, on ne lui rapportait jamais la présence de l’emblème des Lanetae ni même celle de troupes de Sindarins plus importante que cela. C’eut été le cas si les renégats avaient intégrés l’armée Phelgranne. Mais il y avait pire à ses yeux, chaque attaques échouée le minait et apparemment le problème venait des pouvoirs magiques de leurs adversaires. Il devait reconnaître qu’il était dans le flou vis-à-vis de cela et la seule personne à Lindholm qui aurait pu l’éclairer à ce sujet était encore à l’infirmerie.
Le Caporal-Chef de Windigard avait été ramené le matin du deuxième jour après la chute du fortin. Il était trop épuisé pour être interrogé ou en tirer quoique ce soit d’intéressant. La distance qu’il avait parcourue en si peu de temps et après une attaque, blessé qui plus est, rassurait Veto sur sa capacité à juger de la force morale de ses hommes.

Dans la nuit du troisième jour, Veto put enfin recevoir celui qu’il nomma héros avec la sévérité du chef militaire qui ne laissera pas la modestie de son soldat contrecarrer ses plans de galvanisation des troupes.
Malgré des réticences vites étouffées et quelques révélations sans intérêts qui donnèrent au soldat l’impression d’être dans la confidence, Veto réussit à faire accepter un poste important à ce soldat et ce après un séjour prolongé à l’infirmerie avec une des prêtresses à son chevet. Veto avait besoin que ce Caporal-Chef promu Sergent soit en pleine forme pour le nouveau poste qu’il avait prévu pour lui. Il avait la tête froide, le sens de l’honneur et savait suivre les ordres. Il serait un bon meneur d’homme pour un autre fort. Il devrait le fortifier et préparer sa défense selon ses ordres.

Veto réorganisa ses troupes dès ce quatrième jour. Désormais, Phelgra était réellement en infériorité vis-à-vis d’eux. Veto connaissait l’existence de leurs « réprouvés » et la majorité des types de magie couramment utilisées par l’adversaire suite au recoupage avec les autres rapports qu’il avait déjà eu.
Les Pyromanciens Cimmériens étaient avertis et contraient de manière beaucoup plus rapide et efficace ce que certains dans ses rangs appelaient déjà « Linceul Obscure ». Était-ce des patrouilles qui avaient entendu cela proférer par des ennemis durant les batailles ou de la propagande ennemie insidieuse ? Toujours est-il que Veto n’aimait pas ce nom sinistre qui jetait une ombre sur le visage de ceux qui l’entendaient.

Au soir du Cinquième jour, Veto avait établi une nouvelle stratégie en commun avec les Sindarins de la Dame de Caledor.

C’est aussi à ce moment qu’il reçut les missives de son Général et du duc d’Arghannat. Il répondit très succinctement aux deux sans néanmoins négliger le respect dû à leurs rang ou grade et retourna à sa carte et aux quelques pions qu’ils avaient fait de bric et de broc. Ce qui l’inquiétait était cette large masse faite de gravier qu’il savait correspondre à deux vagues successives de 10 000 Phelgrans chacune.
Sans être surpris outre mesure, Veto se demandait s’il n’était pas en train de faire une ânerie car Lindholm se vidait de jour en jour à force de patrouilles et de renforcements des autres points stratégiques. Mais finalement, il considéra les tas de grains de seigle qu’il utilisait pour représenter les troupes cimmériennes et se dit qu’il ne pouvait pas les placer mieux qu’il ne l’ait fait.

Le sixième jour, Veto fit stationner les troupes d’Arghannat dans la forteresse et missionna deux patrouilles pour les accompagner, soit 16 hommes volontaires. Ceux-ci étaient originaires de la région de Svenning, proches des hommes perdus sur le Cap ou tout simplement prêts à venger leur terre de cette incursion. Comme toutes les patrouilles, ils avaient une carte approximative de la région vierge de tout élément stratégique ou de tracés des patrouilles qui n’existaient de toute façon pas.
L’appartenance de ces hommes à la garde Cimmérienne au sein de cette expédition suffirait à prouver l’aval de la forteresse pour cette opération auprès d’une hypothétique force armée alliée encore en place là-bas. Quant à la lettre demandée, Veto fit remarquer à l’homme en armure qui lui tenait tête, borné à ses directives, qu’aucun habitant du cap ne risquait de savoir lire vue sa distance à Hellas et l’isolement de cette langue de terre. Mais l’homme ne voulait pas démordre de ses ordres et Veto finit par lui cracher au visage qu’il avait lui aussi des ordres : ne pas s’occuper de Svenning. Il faisait déjà un beau geste pour Arghannat en ne concevant pas de les laisser partir seuls sans guide dans cette région malgré sa situation précaire. Finalement, comme souvent à Cimméria, ce furent les prêtresses qui se firent la voix de la sagesse. Veto céda à la prière des représentantes de Kesha et autorisa deux religieuses dévouées à accompagner cette expédition.

Le septième jour, il relisait avec un certain soulagement les derniers rapports détaillant la réussite de l’un de ses plus gros pièges. Un faux campement Cimmérien avait été installé puis déserté à l’approche de l’armée massive Phelganne, feignant le repli précipité et n’opposant que très peu de résistance. Les poursuivants furent perdus dans la Taïga puis évincé par les archers embusqués alors que les pillards essuyèrent une explosion magique et mécanique.
C’était la dernière fois que Veto voulait s’autoriser de tels dispositifs. Depuis le début, il n’avait réussi à appliquer ce genre de plan que deux fois : Windigard et cette dizaine de tentes miteuses et endommagées déjà destinées à la réforme. Le feu grégeois, les Exas et la poudre à canon, il devrait désormais les économiser car l’ennemi approchait de leurs points fortifiés et bientôt, la guérilla ne serait plus de mise. Si ce piège avait marché avec efficacité, c’était parce que Phelgra marchait sur les villages depuis leur entrée dans la taïga et que Windigard datait déjà d’une semaine. Mais cette piqure de rappel ne faisait que précéder le grand final.
La bataille rangée approchait et Veto revoyait sans cesse sa carte et les tas de grains de seigle muter dans son esprit pour mieux appréhender ce qui allait se passer… Chaque nouvelle version lui semblait moins bonne que celle qu’il avait finalement mise en place mais il ne cessait de se dire qu’il n’était ni stratège, ni chef de guerre reconnu. Tout ce qui l’avait placé à la tête de ce régiment, c’était sa pugnacité, ses capacités martiales et un don inouï à ingurgité des volumes et des volumes d’écrits, techniques ou non. Il était capable d’apprendre un livre en le lisant une paire de fois ou reproduire par mimétisme de manière presque synchrone désormais…

Les vieux écrits des conquêtes des Roys Maudits ne le quittaient pas depuis le début de la guerre. Les récits de batailles, les ouvrages des grands stratèges de ce monde… Il aurait bientôt tout lu mais il ne serait jamais qu’une copie de ces génies. Il ne se sentait pas encore capable d’élaborer une stratégie infaillible comme eux. Et bien qu’il se montre sûr de lui devant ses hommes, ne luttant que partiellement contre la démoralisation des troupes, il redoutait l’assaut des ces 20 000 Phelgrans qui se massaient lentement mais sûrement de plus en plus proche de leurs positions.

Le soir venu, à l’aube de la huitième nuit qui suivait le succès de mission suicide qu’il avait orchestrée, il pensait plutôt à ses échecs : tous ces villages qu’ils n’avaient pu évacuer avant l’arrivée de l’ennemi, tous ces hommes perdus, tous ces petits détails qu’il n’avait pas su prévoir comme l’attaque de ce Garagos qu’on lui avait rapportée et qu’il avait dû gérer en urgence entre deux attaques, le moral des troupes qu’il n’arrivait pas à remonter,…


Mais cette nuit-là, c’était l’ennemi qui allait faire sa plus grosse erreur.

Depuis une semaine, les Lanetae avaient su rester discret, noyant les quelques manques de rapports dans la masse de comptes rendus d’attaque contre les Phelgran. Et finalement, ils avaient relâché un prisonnier qu’ils avaient chargé d’un paquet à lui remettre.
Veto reçut seul à seul le Terran exténué par sa captivité et certainement quelques tortures qu’il imaginait décevante pour l’ennemi. Depuis le départ de la patrouille de ce pauvre hère, Veto avait changé deux fois les positions de ses troupes et organisé les tracés des patrouilles au jour le jour.
Il interrogea d’abord l’homme sur ce qu’il avait révélé puis sur ce qu’il aurait pu apprendre. Bien sûr, les Sindarins avaient redoublés de prudence et l’homme n’avait rien vu de plus que quelques oreilles pointus et un blason qu’il sut à peine décrire. Mais le message qu’il portait complétait parfaitement le doute de Veto : les troupes des Lanetae se trouvaient à l’Ouest de celle des Phelgrans et il les imaginait proche des montagnes, là où il avait envoyé assez peu de patrouille au final car c’était assez loin du front ou même de Lindholm. Elles allaient se mettre en marche pour rejoindre les troupes Phelgrannes.

Puis l’homme déposa le paquet en fourrure avec un symbole que le Lieutenant reconnu assez facilement. C’était celui de la lance écarlate, la milice privée que lui avait envoyé Irina.
Veto demanda à l’homme s’il savait ce que contenait le paquet et le soldat dit s’en douter car il le transportait depuis quelques jours et l’odeur avait fini par lui faire penser à de la charogne. Alors Veto préféra que l’homme voie ce qu’il avait transporté plutôt que son imagination ne fasse pire que ce qu’il pourrait répéter.

Après que le destinataire eut ouvert précautionneusement le paquet, avec des gants de cuir, par précaution vis-à-vis d’un possible poison, il découvrit une paire de main manifestement bien conservée si ce n’était le temps de voyage du prisonnier depuis sa libération.
Veto regarda l’homme qui écarquillait des yeux écœurés alors que lui-même retenait un haut le cœur beaucoup plus décemment malgré l’odeur.


« Vous allez partir pour Aggersborg, dès ce soir.
-Lieutenant, je…
-Vous avez été capturé par l’ennemi puis relâché. Je ne vous ferai pas l’affront de vous prendre pour un espion ou même un traitre. La mission que je vais vous confier n’a rien à voir avec cela. Vous avez vécu des choses qu’aucun de vos compagnons ne souhaite subir mais que tous craignent. Ils vous poseront des questions et vous allez avoir besoin de parler pour extérioriser ce que vous avez subis. Et je n’ai pas besoin de ça dans ce secteur.
-Je…
-Vous allez partir avec 7 hommes à Aggersborg et leur porter une missive. Je ne vous cache pas que je veux vous éloigner des troupes qui vont affronter ceux qui ont infligé ça à ces mercenaires. Mais cette missive est de la plus haute importance également. Votre équipe et vous intégrerez la garnison d’Aggersborg comme ce sera mentionné dans la missive. »

Passant la main une première fois par-dessus les chaires mortes, Veto les gela et du revers de la main, il les recouvrit rapidement de la fourrure. Il les prémunit tous deux ainsi de l’odeur et de la vue de cette provocation. Le Lieutenant avait déjà saisi sa plume et un parchemin pour griffonner avec une écriture précipitée des mots calmes et posés, expliquant de manière technique et détachée sa requête à Aggersborg.

« Voilà soldat. Portez cette missive mais ne pensez pas que je vous exclus de cette guerre.
-Je peux encore combattre Lieutenant ! Je saurais tenir ma langue. Si vous me faites partir maintenant, je ne serai qu’un faible qui fuit le champ de bataille où ceux de mon équipe sont morts alors que moi… »

Le grand homme brun dépassait légèrement la taille de Veto et celui-ci, la main sur la poigné la lâcha et fit à nouveau face au soldat, le regard sombre et la tête rentrée dans les épaules. Régler l’affaire de ce soldat le plus rapidement possible l’aurait arrangé mais ça n’allait pas être le cas, manifestement. Pourtant, ce paquet impliquait une profonde introspection qu’il devait à cause de cet homme repousser. Le visage de celui-ci reflétait une étrange expression : les épreuves qu’il avait vécues l’avaient mené au bord des larmes mais le traitement de son supérieur le poussait à l’explosion de colère. Pourtant, le respect de la hiérarchie et l’amour propre contenait tout ce flot d’émotion dans une grimace risible qui fit de Veto un supérieur encore plus sérieux et froid.

« Première Classe Ankmal. Je ne vous envoie pas là-bas avec sept hommes pour le paraître. La route jusqu’à Aggersborg ne sera pas facile. Puisque c’est la preuve de votre courage que vous cherchez, je vous garantis que vous la trouverez là-bas comme tous les autres qui patrouillent chaque jour. Quant à vos compagnons, ils sont morts en faisant leur devoir. Vous pourriez reposer avec eux mais vous avez subis bien pire. Ne croyez pas pour autant que je vous fasse de traitement de faveur. J’ai besoin d’un messager et j’ai besoin que vous partiez pour éloigner la peur qui vous transpirait. Je sais que vous allez vous en remettre mais ce n’est pas en restant sur le front que ça arrivera. Je vous éloigne pour le reste de vos frères d’arme mais aussi parce que vous porterez un message capital pour Cimméria toute entière. Aggersborg pourrait bien être un atout majeur dans la victoire que nous aurons sur ces chiens Phelgrans ! Maintenant, soit vous acceptez votre ordre de mission, soit je trouve un autre messager mais je vous garantis que vous, vous n’aurez aucune utilité au cachot. »

Le soldat se rendit compte que Veto s’était énervé progressivement et sa grimace devint presque aussi écœurante que les mains des mercenaires.

« Je n’ai pas dégainé ma lame depuis le début des conflits. Comment pensez-vous que je le vive en mon fort intérieur de garde Cimmérien ? Nous avons tous nos ordres, notre devoir et une place à tenir. Prenez cette lettre et soyez-moi utile comme vous vouliez l’être à la Garde. Car croyez-moi, c’est tout Cimméria que vous servez, comme moi. Et c’est Cimméria que servaient nos camarades »

Intérieurement, Veto rajouta amèrement « Sous mes ordres ». Tout comme ces mercenaires étaient en quelque sorte sous sa responsabilité. En négligeant de vérifier leur organisation et les laissant vadrouiller à leur gré, il les avait lui-même mené à leur perte. Mais ce paquet…

Le soldat accepta le rouleau celé par le sceau de l’armée et Veto fit venir son Aspirant pour le charger de regrouper une équipe qu’il lui désigna comme ayant eu une journée de repos au fort. Ils quittèrent le bureau et Veto ne lâcha pas le soldat d’une semelle car il n’était vraiment pas sûr du résultat de son petit discourt. Un mot malheureux de sa part à un homme dans la citadelle et c’était toute une rumeur horrible qui se répandrait.

Veto dina avec cette équipe dans le grand réfectoire désert alors que la nuit était tombée. La discussion était tendue et Veto se sentait aussi gauche qu’eux. Pourtant, il n’avait pas quitté le terrain depuis si longtemps que cela, se disait-il. Il tenta des banalités, comme la qualité de vie sur le front ou le stress des patrouilles mais il sentait bien qu’ils ne prenaient pas avec beaucoup de considération ce qu’il disait. Et ils avaient raison. Veto n’avait pas connu l’armée en période de guerre.

Finalement, ils partirent à cheval vers le minuit et Veto s’était assuré qu’ils n’échangèrent avec aucun autre garde du fort.
Il se faisait sans doute une montagne d’un fait anodin mais lorsqu’il remonta dans son bureau et qu’il retrouva à nouveau les deux mains tranchées gelées, il se dit que sa vengeance serait terrible. Ces deux mains symbolisaient toute l’horreur dont était capable l’engeance d’Elerinna.
Ils avaient volontairement occulté des passages de la conquête des terres de Taulmaril par les Roys de Hellas. Leurs pratiques barbares l’avaient choqué mais, finalement, il comprenait que la guerre était aussi, et peut-être avant tout, psychologique.
Et alors que, sous son regard, les tissus humains gelaient si fort que les cristaux de glace commençaient à craqueler la peau et les chaires, Veto se disait qu’il était temps de se mettre au niveau de leurs ennemis et de rappeler au monde que face à Taulmaril, Hellas avait été égale à Thémisto, non seulement par sa force militaire mais aussi par la crainte qu’elle inspirait.



Résumé:
 
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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Mer 18 Mai - 19:45

Informations générales


Bonjour à tous !
Ce post MJ est destiné à Orchid et Veto, afin qu'ils trouvent une conclusion satisfaisante à la guerre (du moins, satisfaisante... s'ils font les bons choix...!). Vous êtes tous les deux dans la phase décisive de vos initiatives qui se rejoignent maintenant.
Pour le moment, je vais seulement vous demander de poster à ma suite en prenant en compte les éléments que je vais vous exposer – et en faisant des choix parmi les options que je vais vous proposer.
Petite précision : soyez fairplay, ne lisez pas la partie de l'un et de l'autre maintenant x) Ce n'est pas ultra confidentiel, mais ça vous offrirait du metagame, et ça c'est pas terrible, pas vrai ?

Les jours ont passé.


Vos derniers posts ont décrit la première semaine de conflit. Voici maintenant une chronologie des quatre jours qui suivent, qui décrit les mouvements des troupes phelgranes et sindarines. C'est un topo général, que je vous invite à relater dans un post suivant, avec les choix et informations que je vais vous donner à chacun spécifiquement ci après.
D'abord, la chronologie !

Jours 8-9 : Les avancées se poursuivent, les Phelgrans sont désormais presque à mi-chemin de Lindholm (100km de la frontière). Une troisième vague de 10 000 hommes part de la frontière phelgrane pour composer l'arrière garde de leur formation.
Les Sindarins renégats, eux, font face à quelques petits raids de patrouilles cimmériennes et à des embuscades, mais leur supériorité numérique leur permet de continuer leurs avancées. Ils sont à 120km de la frontière. Au neuvième jour, un deuxième colis est adressé au Lieutenant Havelle, et dans une fourrure de la Force Ecarlate, c'est un assortiment anatomique très peu ragoûtant qu'il découvre (oreilles, nez, parties génitales).

Jours 10-11 : Les Sindarins renégats sont désormais à 140km de la frontière et à 110km de la forteresse. Ils ont atteint les premiers villages cimmériens qu'ils pillent et où ils font des ravages. Sur leur passage, on relève des flèches à empennes particulières, quand elles ne sont pas ramassées par le tireur mystérieux : elles sont en plumes de poule faisane tigrées, peintes en jaune. Leur empennage à rainures, pour sa rigidité et diminuer son poids, est admirable de savoir-faire, mais surtout la pointe est constituées de trois lames, aiguisées comme des rasoirs, placées à l’encoignure ; en se plantant dans le corps, la pointe tourne comme une vis, massacrant les tissus, entaillant les vaisseaux sanguins, réduisant les os en miettes. L'archer, inconnu, est d'une précision aussi infaillible qu'impitoyable, et devient vite une terreur parmi les soldats cimmériens. Les premiers combats sont très durs. Les Sindarins se sont faits experts dans la guérilla et ne frappent jamais de face. Leurs actions sont destinées à affaiblir les Cimmériens, ils frappent les sources d'eau potable, les convois de vivres, brûlent les champs et s'établissent temporairement dans certains villages avant que des renforts cimmériens ne viennent les en déloger.
Les Phelgrans, pour leur part, arrivent avec un jour de retard sur les Sindarins, et roulent sur les villages en jouant de leur supériorité numérique.

Orchid et la scission renégate


Au septième jour de l'incursion des Sindarins renégats, tu as pu obtenir une entrevue secrète avec Vanyar Enid an Assire Fran, pour qui tu as pris parti plutôt que celui de Rash Lanetae. Encouragé par tes liens avec sa sœur Niniel, l'éclaireuse, et son frère Olorin, le télépathe, il accepte de se confier sur ses ambitions.

Vanyar Fran vient d'une grande famille de Canopée, alliée depuis des siècles à la maison Lanetae. Quand Rash Lanetae a décidé d'entrer en guerre contre Cimméria, la loyauté de son père, Assire Fran, est allée à son ami et allié de longue date plutôt qu'à la jeune reine à laquelle il n'avait jamais accordé sa confiance, après ses dérives puériles chez les Eryllis et son arrivée au pouvoir plus que contestable. La lignée Caledor s'est, pour Assire, condamnée à la déliquescence et il n'entendait pas obéir à une reine qui ne bougerait pas le petit doigt pour la fille aînée d'un de ses plus fidèles vassaux, condamnée à mort par une puissance étrangère.
C'est pourquoi il a engagé sa famille à suivre les offensives des Lanetae, quitte à perdre leur statut à Canopée – peut-être, après tout, qu'il y aurait des terres au Nord, où construire une cité digne du nom des Sindarins. Ses jeunes enfants, Vanyar, Olorin et Niniel, l'ont naturellement suivi dans son entreprise, d'abord parce qu'ils doivent obéissance à leur patriarche, et ensuite parce qu'ils encourraient d'être ostracisés ou pris en otage par Canopée s'ils restaient en arrière.
Mais, comme ce que t'en a dit Rash quelques jours plus tôt, tu t'en souviens, si Assire Fran l'a suivi jusqu'au bout pendant son expédition, il est mort pendant la traversée de Cimméria vers Phelgra que les Cavaliers de Sharna ont imposée aux Sindarins renégats pour prouver qu'ils méritaient leur soutien. Tu remarques que Vanyar n'a l'air de porter grief à personne de la mort de son père, même s'il se demande, sans s'en cacher, si l'épreuve à laquelle les Cavaliers les ont contraints n'avait pas été pour eux seulement un jeu, une provocation, ou une humiliation à infliger à un peuple déraciné.
Vanyar te révèle qu'en effet, comme les espions de Rash le lui avaient rapporté, une fois que les troupes renégates sont arrivées à Thémisto, Démégor avait accepté de le recevoir en entretien privé. D'après Vanyar, il en est ressorti que le chef des Cavaliers n'avait que condescendance pour le patriarche de la famille Lanetae qui, lui, avait dû se contenter d'entretiens avec le second de Démégor – Wode. C'est de ce moment que date le différend entre Rash et Vanyar qui, lui, en demandant audience à Démégor, cherchait avant tout à ne pas désunir sa famille, dont il était désormais devenu le patriarche, et à lui retrouver un statut à Phelgra. Le jeune Sindarin a su plaire à Démégor, qui lui avait promis de le gratifier du titre de Cavalier s'il s'en montrait méritant au combat, et de lui concéder des terres à Phelgra où les Fran pourraient s'établir.

Seulement, la colère, la mégalomanie et la paranoïa de Rash leur laissaient déjà peu de chances de rester en vie, alors de recevoir des honneurs... tu penses ! Le seigneur Lanetae, en effet, avait fait quelques jours plus tôt l'annonce qu'il avait décidé, au vu de leurs avancées spectaculaires et par conséquent de leur indéniable supériorité, d'aller prendre la forteresse de Lindholm plutôt que de se conformer au plan établi avec les Phelgrans qui consistait à les rejoindre au Désert de glace.

C'est ce qui a déclenché un mécontentement sourd parmi les troupes. Les Sindarins renégats sont encore environ six-mille, leurs effectifs n'ont pas baissé de façon significative. Mais plusieurs jours plus tôt, une missive est parvenue de la frontière, où une troupe phelgrane commandée par le Cavalier Seisyll Castnarl a rencontré un obstacle imprévu : ils ont été refoulés par un camp où les soldats portaient l'emblème de la royauté canopéenne – les Caledor. Ce qui signifiait que l'ennemi était probablement plus nombreux que prévu dans la taïga, et que même si les six-mille renégats parvenaient à prendre Lindholm – qui ne compte qu'une garnison de mille hommes selon les renseignements de Rash – il n'y avait presque aucune chance qu'ils réussissent à la garder, et ce ne serait qu'une victoire qui mènerait à un enlisement et sans doute à une déroute, en plus de leur causer la colère des Cavaliers.
Tu comprends que ce n'est pas du tout à l'avantage de Vanyar en particulier, ou de ses troupes en général.

Il t'expose son plan. La priorité est de mettre Rash Lanetae hors d'état de nuire, ainsi que ses deux filles, Rose et Viviane Lanetae qui commandaient chacune à des petites troupes de frappe et qui viennent rejoindre leur père ici le lendemain. Rose est une guerrière émérite, ancienne capitaine de l'armée canopéenne, et Viviane une érudite et mage, très puissante élémentariste. On les reconnaît à leurs cheveux blancs, que Rose porte courts, et Viviane très longs.
Une fois qu'il se sera débarrassé de tous ces Lanetae, Vanyar aura champ libre pour commander à l'armée renégate – et ne pas la précipiter à la mort en la dirigeant vers Lindholm. Il compte rejoindre les Phelgrans, qui mènent leurs troupes au Nord du Mont Caralwed pour déferler sur le désert de glace vers le Lac Gelé, comme c'était prévu par Démégor. Là, l'ensemble de leurs forces seront réunies et ils pourront lutter en batailles rangées contre les Cimmériens et probablement les écraser car ils ont pour eux la supériorité numérique.
Il te révèle qu'il n'a pas seulement envoyé le colis sanglant contenant les mains de Marcus Achéron à Lindholm par simple jeu psychologique. Il a l'intention de continuer à faire parvenir d'autres colis aux Cimmériens, en leur donnant à croire que ses troupes se dirigent vers Lindholm pour y livrer bataille. Ainsi, peut-être réuniront-ils une partie de leur armée à la forteresse pour attendre l'ennemi, alors que celui-ci... se dirigera à l'opposé... De cette façon, les batailles en rangées seront plus faciles à gagner, et les pertes de leur camp ne seront pas dramatiques.

PROPOSITIONS :

» Tu trahis Vanyar et, une fois l'entretien terminé, tu reviens à la tente de Rash pour lui rapporter son plan, et ainsi retrouver toute sa confiance. Ainsi, tu penses pouvoir trouver un moment pour assassiner toute sa famille (soit Rose et Viviane avec) quand elle sera toute réunie et que tu seras invitée dans leur cercle. Tu as d'ailleurs réussi à confectionner un poison qui devrait avoir un effet dévastateur au cours d'un prochain repas.
Rash fait arrêter Vanyar et Olorin, mais Niniel parvient à s'échapper, après t'avoir maudite avec beaucoup de fiel. Pendant la nuit du huitième jour, grâce à l'aide de ses amies, Eärwen et Ilverin, elle libère ses frères et ils filent dans la taïga... Sans doute aurez-vous à craindre leurs représailles.
Narre le déroulement des jours 8, 9, 10, 11, qui se conforme au plan de Rash. Le dixième jour, une flèche de Niniel manque de te trouer le crâne et Vanyar, lui, a raison de Rose Lanetae, qui décède. Le onzième jour, tu sens qu'il ne faut définitivement pas traîner dans le coin et tu trouves l'opportunité d'empoisonner Rash et Viviane Lanetae, qui meurent pendant que tu t'enfuis à ton tour dans la taïga. N'oublie pas que tu as gagné une carte très précise de la taïga comme avantage dans ta victoire contre Marcus !
Tu es arrivée à tes fins, tous les Lanetae à l'exception de Maëva, qui vit encore à Thémisto, sont morts. La chaîne de commandement des Sindarins est décapitée. Mais... tu t'es fait aussi de tous nouveaux ennemis, et tu cours à partir d'aujourd'hui un danger qui te contraindra à vivre dans l'ombre un bon moment.

» Tu proposes à Vanyar tes services d'assassin pour éliminer immédiatement Rash et tu lui suggères de tendre une embuscade à Rose et Viviane Lanetae quand elles rejoindront vos troupes, leur arrivée étant prévue le lendemain.
Lance un dé dans ton topic de transition (La confiance des Sindarins) :
Code:
[rand]1,6[/rand]
Et prends en compte le résultat indiqué selon l'échelle de réussite ci-dessous. Ton choix, cependant, aura des conséquences à long terme que je ne dévoile pas ici.

_ Si c'est un 1 : réussite critique.
Spoiler:
 

_ Si c'est un 2 ou un 3 :
Spoiler:
 

_ Si c'est un 4 ou un 5 :
Spoiler:
 

_ Si c'est un 6 : échec critique.
Spoiler:
 

Bonne chance à toi et bon choix 8D !

Veto et la menace phelgrane


HRP : Tes repères temporels étaient corrects, j'ai édité ton post pour enlever ce que tu avais écrit en rouge du coup !
Aussi, fais pas gaffe à la chronologie qui allait jusqu'au quinzième jour dans ton topic de transition. Ce qui va se passer du douzième au quinzième jour dépendra de la réussite d'Orchid, alors on n'en prend pas compte pour le moment =) Faut qu'elle survive à ses lancers de dés hahaha.


Au septième jour, tu as reçu le colis contenant les mains coupées de Marcus Achéron, et tu as dû en faire part à tes supérieurs par missives, ainsi qu'aux officiers de rang équivalent en poste dans les alentours de Lindholm.
Le huitième jour, un conseil militaire a lieu à la forteresse, pour les officiers qui ont eu le temps de la rallier. Vous devez prendre une décision de grande envergure, et tu ne peux pas passer au-dessus de la hiérarchie, cette fois...

PROPOSITIONS :

» Tu défends l'idée vivement l'idée de ne pas concentrer les troupes à Lindholm pour les jours à venir et de laisser tes hommes là où tu les avais placés, soit, comme tu les as décrits, assez épars dans la taïga et stoppant au fur et à mesure l'avancée ennemie. Tu n'es pas inspiré du tout par l'idée de faire face à des combats rangés, du fait de votre infériorité numérique, et tu préfères réfléchir à un moyen de faire rebrousser chemin aux Phelgrans et aux Sindarins renégats (et de leur faire payer l'affront qu'ils viennent de vous faire subir).
Lance un dé dans ton topic de transition (Le front s'enlise) :
Code:
[rand]1,3[/rand]
Et prends en compte le résultat indiqué selon l'échelle de réussite ci-dessous. Ton choix, cependant, aura des conséquences à long terme que je ne dévoile pas ici.
_ Si c'est un 1 : réussite critique. Tu parviens à convaincre le conseil de guerre et votre décision est envoyée aussitôt au général. A toi maintenant d'empêcher l'ennemi d'avancer assez loin pour permettre des combats en rangée.
_ Si c'est un 2 : le conseil est mitigé. Tu as convaincu certains officiers, mais d'autres font valoir que tes stratégies jusque là, ont certes fait subir de lourdes pertes aux phelgrans, mais ne les ont pas ralentis pour autant. Tu n'attends pas leur décision car le temps presse et tu envoies une missive à tous les chefs d'escouade postés là où tu l'avais souhaité, avec des ordres pour arrêter la progression ennemie.
_ Si c'est un 3 : échec critique. Au neuvième jour, on reçoit un autre colis répugnant de la part de l'ennemi, et le conseil se réunit de nouveau – la menace semble plus importante que jamais. Il décide de passer outre tes protestations, si tu en as encore, et de mobiliser toutes les troupes :
Nombre aléatoire (1,2) :
2
1 : A Lindholm.
2 : Moitié à Lindholm, moitié au Nord de Caralwed.
La décision du conseil est envoyée au général par missive. Tu ne peux y contrevenir qu'en encourant la cour martiale.

» Tu prends le message envoyé par les Sindarins renégats pour ce qu'il est : une provocation destinée à vous montrer que le siège de Lindholm ne tardera pas. Après tout, pourquoi auraient-ils dévoilé leurs positions maintenant, si ce n'est parce qu'ils ont l'idée de tenter un coup de force en rejoignant les Phelgrans ? Quand leurs forces seront réunies, si vous ne protégez pas correctement la forteresse, il est plus que probable que Lindholm tombe en deux deux. Il faut se préparer aux combats en rangées et confronter finalement votre ennemi, qui n'est plus qu'à une centaine de kilomètres de la forteresse !
Lance un dé dans ton topic de transition (Le front s'enlise) :
Code:
[rand]1,3[/rand]
Et prends en compte le résultat indiqué selon l'échelle de réussite ci-dessous. Ton choix, cependant, aura des conséquences à long terme que je ne dévoile pas ici.
_ Si c'est un 1 : réussite critique. Tu parviens à convaincre le conseil de guerre et votre décision est envoyée aussitôt au général. C'est le moment de rapatrier la grande majorité de vos troupes à Lindholm.
_ Si c'est un 2 : le conseil est mitigé. Tu as convaincu certains officiers, mais d'autres font valoir que tes stratégies jusque là, ont certes fait subir de lourdes pertes aux phelgrans, mais n'ont pas été très concluantes pour autant : leurs troupes avancent toujours, si nombreuses qu'on ne sait pas si Lindholm saurait tenir un siège. Ne serais-tu pas en train de t'emporter après ces derniers événements et de faire ton choix trop vite ? Tu n'attends pas leur décision car le temps presse et tu envoies une missive à tous les chefs d'escouade postés là où tu l'avais souhaité, avec pour ordre de rapatrier leurs troupes à Lindholm.
_ Si c'est un 3 : échec critique. Le conseil estime que tu te laisses gouverner par ta colère et le stress qui s'est accumulé ces deux dernières semaines, il fait parvenir une missive au général pour te démettre du commandement de Lindholm et lui présenter leur décision : vos troupes se rassemblent au nord du Mont Caralwed.
Tu ne peux y contrevenir à leur décision en envoyant toi-même les ordres que tu souhaites à tes chefs d'escouade qu'en encourant la cour martiale. Après tout, tu n'es démis de tes fonctions qu'à partir du moment où le général le confirme, pas vrai ?

» Tu fais valoir l'idée qu'on ne peut pas dégarnir vos lignes seulement parce que vous avez reçu un message de l'ennemi – difficilement interprétable après tout : il n'y avait pas un mot pour accompagner ce colis morbide. Après tout, si leurs troupes se divisaient plutôt que de se réunir, et que certaines passaient le Mont Caralwed au Nord pour se précipiter sur le désert de glace en direction du Lac Gelé, qui pourrait les arrêter ? Tu argumentes qu'il vaut mieux laisser tomber la stratégie de la guérilla, et rapatrier une partie de vos soldats à Lindholm, et former avec l'autre partie de vos troupes une ceinture au Nord de Caralwed. S'il le faut vous vous battrez sur deux fronts.
Lance un dé dans ton topic de transition (Le front s'enlise) :
Code:
[rand]1,3[/rand]
Et prends en compte le résultat indiqué selon l'échelle de réussite ci-dessous. Ton choix, cependant, aura des conséquences à long terme que je ne dévoile pas ici.
_ Si c'est un 1 : réussite critique. Tu parviens à convaincre le conseil de guerre et votre décision est envoyée aussitôt au général. Tu dois réorganiser au plus vite les emplacements de tes troupes, l'ennemi n'est plus qu'à une centaine de kilomètres de la forteresse.
_ Si c'est un 2 : le conseil est mitigé. Tu as convaincu certains officiers, mais d'autres font valoir que tes stratégies jusque là, ont certes fait subir de lourdes pertes aux phelgrans, mais n'ont pas été très concluantes pour autant. Doit-on abandonner aux Phelgrans les postes qu'on tenait jusque là pour se replier encore en arrière, sans garantie qu'on saura les arrêter en batailles en rangées ? Tu n'attends pas leur décision car le temps presse et tu envoies une missive à tous les chefs d'escouade postés là où tu l'avais souhaité, avec pour ordre de rapatrier leurs troupes, moitié à Lindholm, moitié au Nord de Caralwed. Tu réorganises tes troupes clandestinement.
_ Si c'est un 3 : échec critique. Au neuvième jour, on reçoit un autre colis répugnant de la part de l'ennemi, et le conseil se réunit de nouveau – la menace semble plus importante que jamais. Il décide de passer outre tes protestations, si tu en as encore, et de mobiliser toutes les troupes à Lindholm.
La décision du conseil est envoyée au général par missive. Tu ne peux y contrevenir qu'en encourant la cour martiale.

Quelle que soit ta décision, narre les événements des jours 8, 9, 10 et 11 dans ton prochain post =) A toi de faire le bon choix 8D

♦♦♦

C'est tout pour aujourd'hui ! J'attends vos réponses, et à mon prochain post MJ, on commencera vraiment à se taper dessus ! Bon courage !
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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Ven 20 Mai - 20:17

(!) Encore des informations générales (!)


Petit addendum ! (Seigneur, j'ai toujours rêvé d'écrire ça.)
J'ai oublié sur mon post ci-dessus de préciser l'évolution des effectifs du côté de Veto, alors je profite de poster mon MJ pour Lupen pour le faire. Lupen, tu trouveras l'évolution chiffrée des morts et des déplacements parmi tes soldats, ceux de tes alliés, et ceux de tes ennemis ci après.

Il faut savoir qu'au début de la guerre, Phelgra disposait d'un million cinq de soldats (1 557 244 pour être précis, c'est calculé sur le total de la population qui a survécu à la Sarnahroa), principalement composés de chair à canon, et c'est précisément à ça qu'ils ont servi. 500 000 hommes ont rallié le cap de Svenning pour préparer une invasion par la mer, 250 000 parmi eux se sont embarqués pour aller accoster au Lac Gelé et ont rencontré l'armada cimmérienne, les 250 000 restant étant restés à Svenning (où ils ont subi des pertes encore à évaluer).
Ce n'est pas ce qui nous intéresse ici de toute façon. Phelgra a gardé 750 000 hommes sur son territoire pour garantir la « sécurité de ses citoyens » et la « paix sociale », et se prémunir de possibles attaques eridaniennes, Démégor ayant eu vent du traité de non-agression entre Cimméria et Eridania.
Aux frontières cimmériennes, au début du conflit, on avait donc 250 000 hommes en stationnement et en réserve. Combien en reste-t-il aujourd'hui ? Pour Veto, c'est pour le moment totalement flou, car on a du mal à évaluer les pertes ennemies, leurs flots grossissant toujours depuis le début du conflit à mesure qu'ils envoient du renfort.

Tu sais de source sûre, grâce à tes éclaireurs et tes patrouilles qui font quand même bien leur boulot, qu'ils sont 40 000 à circuler dans ton secteur de la taïga à l'heure actuelle. Tu as appris l'existence d'un bataillon composé de quelques sindarins, également, mais tu n'as pas les moyens aujourd'hui d'en conclure si c'est un détachement spécial, ton prisonnier revenu à Lindholm n'ayant pas été témoin de beaucoup plus d'événements. Tu ne sais pas combien ils sont.

Je précise que j'ai absolument tous les chiffres sur ma page word et que je fais les comptes depuis le début, donc, tout est fixé et Veto sera sans doute bientôt mis au courant de ce qui se passe à la frontière phelgrane.

En ce qui te concerne, au vu des avancées ennemies, si tu choisis de mobiliser des hommes pour les rassembler à un endroit ou à un autre, tu en disposes de 18 000 qui peuvent faire le trajet dans la semaine. Les deux camps canopéens qui sont voisins de Lindholm peuvent te faire parvenir 12 000 hommes. Donc en tout, 30 000 mobilisables. En tout et pour tout, en ces presque deux semaines de conflit, tu as essuyé 2000 pertes. Les estimations de tes experts sur place comptent plus de pertes chez l'ennemi, cependant, sans qu'on sache exactement plafonner le nombre de morts, puisqu'il est constamment renouvelé, comme précisé.

Voilà pour ce qui concerne cette triste arithmétique !

LUPEN : Ce post MJ t'est destiné afin que tu trouves une conclusion satisfaisante à la guerre (du moins, satisfaisante... si tu fais les bons choix...!).
Pour le moment, je vais « seulement » te demander de poster à ma suite en prenant en compte les éléments que je vais t'exposer – et en faisant des choix parmi les options que je vais vous proposer. Si bataille il doit avoir lieu, ce sera au prochain post !

Partie MJ de Lupen : à l'est, du nouveau !


Les premiers jours des incursions phelgranes avaient été bien tranquilles, et même tranquillement victorieux, pour le camp le plus à l'ouest du duc de Seh où flottent les étendards d'Arghanat. Aménagé et distribué efficacement sur plusieurs plateaux, entre deux montagnes, ce campement aurait probablement eu l'air fantastiquement imposant s'il y avait eu dans la taïga quelques 40 hectares pour l'établir, mais il avait bien fallu répartir les 30 000 hommes qui le peuplaient en différentes localisations peu éloignées. Leurs patrouilles qui allaient et venaient au sud du Mont Caralwed n'ont du reste pas subi de perte significative. La fleur au fusil, quoi. Cette campagne ressemblait décidément à une sinécure.

Sur les plateaux du Mont Caralwed, en face, à 120 kilomètres (3 jours de marche), vos alliés canopéens vous lorgnent, aussi tranquilles que vous.

La carte :
 

Il n'y a pas eu grand-chose à dire de ces trois premiers jours. Une anecdote, peut-être : deux-cent phelgrans ont poussé comme des champignons à flanc de montagne, au beau matin du deuxième jour et ont stationné près de leur trou, où vous les avez trouvés sans peine, et où vous les avez décimés. Lupen a d'ailleurs, fait notable tout de même, vaincu en combat singulier le Cavalier de Sharna qui menait leur petite équipée, Throdgar, lui aussi Zélos de son état, et bien entendu, c'est une jolie victoire qui fait du bien au moral des troupes.
Une dizaine de Phelgrans, cependant, ont réussi à fuir derrière la cascade, où vous avez découvert un tunnel, toujours fraîchement explosé au moyen d'une magie de la terre (c'était donc l'énorme vacarme qui avait attiré votre attention). Vous avez choisi de ne pas les suivre : après tout, impossible de savoir où vous tomberez et s'il y avait des pièges là-dedans, bref, c'était bien trop dangereux.
Alors – sait-on jamais – vous avez vous-mêmes placé des pièges dans le dernier kilomètre du tunnel et vous avez rapporté le fait étrange à vos supérieurs, et à l’État-major cimmérien par missive.

♦♦♦

Plus à l'ouest, toutefois, non loin de la frontière phelgrane, un camp canopéen a eu la vie plus difficile. Les trois premiers jours ont pour eux marqué une première bataille de front. Un petit détachement de 400 soldats phelgrans, menés par l'officier d'Umbriel, Akhène, a été découvert dans la taïga par les éclaireurs sindarins et se sont d'abord engagées des guérillas ouvertes dans la forêt.

La réserve phelgrane, à la frontière, reçoit alors deux missives : l'une du détachement du Cavalier Khey, mort au combat lors de l'explosion d'un fortin cimmérien, l'autre d'Akhène, quémandant des renforts face à la découverte d'un allié inattendu à la nation cimmérienne : l'armée de Canopée dont un des camps était établi sur son chemin.
Considérant que l'opération d'auto-sabotage des Cimmériens les laissaient sans base solide dans un certain rayon, les officiers phelgrans décident d'envoyer 4 000 hommes à la rescousse d'Akhène et de ses hommes. Ces 4 000 hommes ne rencontrent, comme prévu, pas de difficulté jusqu'à arriver au camp canopéen.

Une vraie bataille s'engage, mais les Canopéens ont l'avantage numérique et au bout de trois jours de guérilla localisée et de tentatives d'attaques frontales, ils gagnent en essuyant cependant une perte de mille hommes, qu'on estime équivalente dans les rangs de l'ennemi, qui s'est de nouveau replié vers la frontière.
Cette victoire est loin de satisfaire vos alliés sindarins, cependant, car les 300 hommes survivants de l'équipée d'Akhène sont parvenus à fuir à travers le Mont Caralwed. S'ils le franchissaient, ils attendraient aussitôt le Désert de Glace et au bout de quelques jours... les villages du Lac Gelé et le temple de Soulen.
Une missive est envoyée à votre camp, et à l'autre camp canopéen, celui du Mont Caralwed, en face du vôtre. Vous transmettez l'information à vos collègues qui stationnent dans les Grottes de Fellel, souterrains du Désert de Glace, et les Sindarins du Mont Caralwed, eux, se mettent aussitôt à la poursuite de l'ennemi.

Mais au quatrième jour, une catastrophe survient au camp des Canopéens où les Phelgrans avaient mené leurs premières attaques. L'action de l'ennemi est si rapide qu'il aurait été vain pour vous, si vous aviez reçu la nouvelle à temps, d'envoyer des renforts.

♦♦♦

On dit que les rangs des Cavaliers de Sharna comptent peu de femmes. La vérité, c'est qu'il n'y en a pas moins dans l'armée phelgrane que dans les armées étrangères, et qu'elles y sont probablement mieux estimées, car pour y entrer, il a fallu pour elles prouver plus férocement leur valeur que n'importe où. A Eridania, on voit beaucoup d'officiers se gausser d'une femme dans le milieu militaire. A Phelgra, quand une Cavalière parle, chacun se tait.

Eithryss Ellander fait partie de ces guerrières. Terrane d'une quarantaine d'années, ancienne prêtresse de Bor, par conséquent maîtresse d'armes et forgeronne, elle a été formée à l'art du combat au temple d'Umbriel et sa guisarme, ainsi que son bouclier, sont frappés de l'emblème du Dieu. Elle a dans son bagage deux haches, maniables à une main, et une maîtrise de l'arbalète ma foi très respectable. Mais ce ne sont pas ses uniques talents au combat qui l'ont menée à sa dignité parmi les Cavaliers. Engagée par Démégor au Manoir Cavaleri pour entraîner les recrues, Eithryss Ellander s'est fait la réputation d'une très rude instructrice et ses compétences en matière de stratégie militaire, prouvées à de nombreuses reprises contre des raids du banditisme organisé et contre les pirates, lui ont acquis le statut de professeure et de directrice de l'école de Talénor à Umbriel, la plus importante institution militaire du continent.
Pendant un tournoi, elle a vaincu un Cavalier en duel, avant d'être nommée à sa place par Démégor en personne, il y a quinze ans de cela. En temps de guerre, elle a naturellement été nommée parmi les officiers principaux pour mener la campagne.

♦♦♦

« Vous voulez dire que l'ennemi a désormais découvert le passage du Tunnel des Mépris ?
– Oui, Madame.
– Cavalière Ellander.
– Cavalière Ellander.
– Ce gros imbécile de Throdgar, j'en étais sûre. Pourquoi fallait-il envoyer cette brute épaisse à la tête d'une escouade d'éclaireurs, rappelez-le moi ? »

Un silence très embarrassant pèse sur l'assemblée.

« C'est bien ce qui me semblait.
– Écoutez, Ellander, les états de service du Cavalier Throdgar...
– Je me contrefous de ses états de services, Callaan. Nous avions la possibilité d'envoyer des éclaireurs bien plus à l'avant du front et de nous permettre de voir plus loin que les Cimmériens ne l'auraient cru possible, et à cause d'une erreur de débutant, nous pouvons tirer une croix dessus. C'était un de nos avantages majeurs. Au prochain écart de ce genre, je fais un rapport à Démégor, c'est bien clair ?
– Mais ce n'est pas dans vos attributions de...
– Callaan, j'attends un peu plus de respect que vous n'en faites preuve de la part de mes anciens élèves. » L'officier blêmit sous le regard d'Eithryss Ellander et ne rajoute pas un mot. « La guerre a à peine commencé que nos hommes se plaignent que nous les envoyions au casse pipe, dont même des officiers avertis ne se tirent pas vivants. Ça ne peut pas continuer comme ça. Je vais prélever six-mille hommes à la réserve et je pars dès aujourd'hui avec eux pour investir ce camp d'elfes contre lequel notre dernière escouade s'est cassé le nez. Envoyez six-mille autres hommes à ma suite demain. Je vous ferai parvenir mes ordres dès que je serai sur place. Croyez-moi sur parole, nous n'allons pas nous enliser ici jusqu'à la fin de la semaine.
– Oui, Cavalière Ellander.
– Et condamnez l'entrée du Tunnel des Mépris, que personne ne s'y engage. Faites le surveiller, sans quoi ce camp sera infesté d'espions en moins de temps qu'il n'en fallait à ce pauvre Throdgar pour se faire trancher la gorge. »

♦♦♦

A la veille du sixième jour, après une bataille impitoyable, les Phelgrans menés par Ellander avaient investi le camp canopéen. Les prisonniers furent exécutés et leurs corps brûlés, une fois qu'on en eut tiré les trophées que la Cavalière laissait au gré de chacun. Les cadavres calcinés sont exposés aux alentours du camp, assez loin que pour que l'odeur ne soit pas incommodante pour les soldats qui l'habitaient – ainsi qu'une série de têtes d'officiers sindarins décapités, empalées sur des pics. Sur une butte, le plus à l'est du campement, la tête monstrueuse d'un Leweira a été plantée sur le corps du général canopéen, Araloth, et celle du général trône lugubrement sur le corps décapité de l'animal, sous les étendards des Cavaliers de Sharna.

Au sixième jour, conformément aux ordres d'Eithryss Ellander, 6 000 autres Phelgrans avaient rallié le camp, qui sont désormais 11 000 à y stationner : un millier ont trouvé la mort dans la confrontation contre les Canopéens, qui eux, ont perdu la totalité de leurs effectifs, hormis une centaine de soldats qu'on n'a pas pu empêcher de s'enfuir dans la taïga.

Au septième jour, 6 000 d'entre eux, les plus frais, sont envoyés en tirailleurs vers l'est, principalement pour des missions de reconnaissance.
Les 5 000 restants commencent à refortifier et à étendre le camp pour lui permettre d'accueillir plus de soldats que prévu par les Canopéens. Ceux-ci s'étaient installés un peu en hauteur, au niveau d'une source d'eau, ce qui arrange bien les troupes qui investissent le camp en question. On mobilise des mages de la terre qui déboisent les environs et forment d'étranges remparts de grands pins entassés dans un large périmètre, en contrebas de la butte, poussés et déracinés par des séismes pour former au centre un sol lunaire où il est possible de planter des tentes.
Derrière cette muraille végétale, on étend l'enceinte, en creusant des fossés pour former de très grands talus dont le sommet forme des chemins de ronde, et où on plante la palissade formées de pieux haut de trois mètres. Autour du camp, on bénéficie d'un glacis débroussaillé jusqu'à cinquante mètres. Quelques barbacanes y ont déjà été disposées par les anciens occupants.

De la même façon qu'on a formé le premier rempart du camp, on ratiboise également une large route vers la frontière, suivant les ordres d'Ellander qui réclame par missive 20 000 hommes à prélever à la réserve.

Au dixième jour, ces 20 000 hommes arrivent au camp, et Ellander envoie 6 000 autres tirailleurs vers l'est.
Le onzième, 6 000 autres partent et 20 000 sont de nouveau dépêchés depuis la frontière : ils sont censés arriver au camp au treizième jour.
En tout, 18 000 Phelgrans marchent vers l'est, dans l'idée de tout écraser sur leur passage. Leurs formations sont encore éparses : ils sont à la recherche de la localisation de cet ennemi qui a provoqué l'échec de l'opération des Tunnels des Mépris. Il reste encore treize mille hommes à leur camp. Au douzième jour, 6 000 doivent partir à leur tour à l'est, et 10 000 partent de la frontière pour rejoindre le camp (c'est la dernière vague prévue par Ellander).

La carte après 11 jours de conflit :
 

Au dixième jour, la centaine de Canopéens qui avait réussi à fuir leur camp capturé par les Phelgrans arrive au deuxième camp sindarin, où la Reine Viwien Caledor en personne reçoit les officiers et prend finalement connaissance de la perte totale de sa position. Le fait qu'elle n'en avait pas eu de nouvelles depuis quelques jours et les rapports de ses patrouilles, au loin, qui faisaient état du nombre de Phelgrans avançant vers l'est lui en avait donné l'idée, mais elle ne dispose pas d'assez d'effectifs pour aller récupérer le fameux camp d'elle-même. Les Canopéens sont 6 100 à leur camp du Mont Caralwed, et disposent désormais des trois Leweiras que le premier camp avait dompté.

Annonce du deck de pouvoirs des Canopéens :
 

Lancer de dés pour déterminer combien de monstres le camp du Mont Caralwed a réussi à apprivoiser le temps du conflit, en plus des trois Leweiras qu'ils ont hérité de leur ancien camp :
Nombre aléatoire (1,10) :
5
Si c'est un 1 : cinq Cerfélis (plus de renseignements »» ici ««)
Si c'est un 2, un 3  : dix Cerfélis.
Si c'est un 4, un 5, un 6 ou un 7 : neuf Cerfélis et un Leweira (plus de renseignements »» ici ««)
Si c'est un 8 ou un 9 : huit Leweiras.
Si c'est un 10 : un Garagos (plus de renseignements »» ici ««)

Lancer de dés pour déterminer l'avancée de l'escouade de l'officier Akhène au Mont Caralwed :
Nombre aléatoire (1,3) :
1
Si c'est un 1 : Une tempête très violente s'est abattue sur la montagne et a bloqué l'escouade d'Akhène dans son avancée, épargnant cependant les Canopéens. Ceux-ci retrouvent la trace des Phelgrans, très affaiblis, et en éliminent une bonne part, tandis que la moitié d'entre eux s'enfuit dans la montagne vers le Désert de Glace. Ils ne sont plus que 125. On n'a pas encore retrouvé leurs traces.
Si c'est un 2 : Une tempête très violente s'est abattue dans la montagne. Les Canopéens à la poursuite d'Akhène ont été retardés, mais l'escouade phelgrane perd un tiers de ses hommes. Ils ne sont plus que 200.
Si c'est un 3 : Les Canopéens ont réussi à rattraper une partie de l'escouade, qui perd un quart de ses hommes. Ils ne sont plus que 225. La tempête s'abat sur la montagne et bloque la progression des Canopéens, alors que le reste de l'escouade d'Akhène réussit à s'en éloigner suffisamment et disparaît dans la nature. On ne retrouve plus leurs traces.

Au onzième jour, tu reçois une missive de la Reine en personne, apportée par un milan royal :

Capitaine,

Comme je le suspectais, mon camp à la frontière n'est plus qu'un souvenir de rempart contre l'ennemi. Mes hommes ont combattu bravement mais la plupart ont péri à la seconde vague, plus importante, de nos assaillants. Seule une centaine d'entre eux ont survécu, nous les avons rapatriés au Mont Caralwed. Je déplore surtout la perte du général Araloth, dont la dépouille est perdue en forêt, et qui était l'un des plus vaillants officiers de Canopée. Sa mort, néanmoins, sera honorée, et vengée.
A partir de ce jour, je dois prendre personnellement la tête de mon armée, quoi que je n'aie désormais plus que six-mille cents hommes de soutien à l'est de la taïga. J'ai acquis cependant trois nouvelles bêtes, des Leweiras, qui s'ajoutent à l'escouade animale dont je vous avais déjà parlé dans mon ancienne missive, et que mes mages tiennent sous leur contrôle.
Il m'est impossible de quitter mes positions seule, vous le comprenez : mes éclaireurs ont évalué le nombre de tirailleurs ennemis à environ vingt-mille. Vous conviendrez qu'il est difficile d'estimer exactement leurs effectifs dans des guérillas aussi dispersées, d'autant qu'ils semblent constamment renouvelés. Pour les prochains jours, j'ai envoyé des espions à l'ouest pour nous éclairer quant à la disposition de mon ancien camp. Espérons qu'ils passent dans les mailles de leurs filets.

Je n'ignore pas que jusqu'ici nous avons eu fort à faire à lutter contre leurs tirailleurs pour endiguer leurs avancées, vous comme moi, mais si je vous écris aujourd'hui, c'est que nous sommes au dixième jour du conflit, au onzième quand ce courrier vous parviendra, et nous n'avons jusqu'ici fait que subir cette guerre plutôt que la mener. Il n'est pas de mon ressort de décider à ce que cela change maintenant, mais cette situation ne me plaît guère et je compte sur vous, Capitaine de la Première Phalange arghanienne, pour m'aider à donner un cap plus ferme à nos opérations.

Je ne peux quitter mon camp avec mes troupes pour repousser l'ennemi jusqu'à mon ancien camp pour le reprendre, mais si vous joignez vos forces aux miennes, nous sommes en mesure de le faire. Je suis d'avis que nous ne devons pas laisser de place forte aux Phelgrans qui puisse leur servir de relais et de lieu de réserve pour leurs hommes, et qu'il faut la leur enlever au plus vite. Je tiens également à retrouver les corps de mes officiers qui ont péri pour leur rendre les cérémonies funéraires qui plaisent aux Dieux et des honneurs.
Je vous ferai parvenir les rapports de mes espions dans les jours qui viendront, et j'attendrai votre décision que je crois et j'espère être celle d'un militaire prévoyant et hardi à la fois.


Viwien de la maison Caledor, Reine des Sindarins et Souveraine de Canopée.

♦♦♦

PROPOSITIONS :

» Tu attends les rapports des espions de Viwien, qui mettent quatre jours à vous parvenir – ils arrivent donc au quatorzième jour et vous décrivent avec précision le camp ennemi et les vagues de départ et d'arrivée massives de leurs troupes. Tu acceptes sa proposition, estimant qu'à effectifs égaux, vous pourrez repousser les tirailleurs en avançant vers le camp, puis le reprendre après un siège. Tu n'es pas d'avis qu'il faille demander du renfort de la part du camp arghanien situé dans les Grottes de Fellel : vous n'avez pas de temps à perdre et, depuis que tu as reçu des rapports des officiers cimmériens de Lindholm, tu as peur de voir les Phelgrans déferler sur le Désert de Glace sans y trouver de résistance. Au quinzième jour, les Canopéens et tes troupes se rassemblent pour avancer en lignes dans la taïga et repousser au plus loin que vous pouvez les tirailleurs ennemis – et, si vous le pouvez, jusqu'à l'ancien camp de Viwien. Je te laisse le choix du nombre d'hommes que tu emmènes avec toi et de ceux que tu laisses à ton camp. Tu emportes en tout cas toute l'escouade animale des Canopéens – fais en bon usage ;) Cinq mille sindarins t'accompagnent, avec à leur tête la Reine Viwien, chevauchant un monstrueux tigre blanc.

» Tu n'attends pas les rapports des espions de Viwien, pensant que vous les recevrez en cours de route : il n'y a pas de temps à perdre. Tu prends avec toi 15 000 hommes, laissant derrière toi 15 000 autres hommes en réserve, que tu pourras appeler selon les besoins. Vous partez donc au onzième jour. Tu n'es pas d'avis qu'il faille demander du renfort de la part du camp arghanien situé dans les Grottes de Fellel : vous n'avez pas de temps à perdre et, depuis que tu as reçu des rapports des officiers cimmériens de Lindholm, tu as peur de voir les Phelgrans déferler sur le Désert de Glace sans y trouver de résistance. Tu emportes en tout cas toute l'escouade animale des Canopéens – fais en bon usage ;) Cinq mille sindarins t'accompagnent, avec à leur tête la Reine Viwien, chevauchant un monstrueux tigre blanc.

» Après réception des rapports des espions de Viwien (le quatorzième jour), tu refuses sa proposition, du moins pour le moment : tu appelles en renfort les troupes en stationnement aux Grottes de Fellel, et tu fais venir des troupes d'Aggersborg dans les Grottes en remplacement.

Pour savoir combien de temps les renforts mettent à arriver, lance un dé dans ton topic de transition (En marche vers l'Est) :
Code:
[rand]1,3[/rand]

- Si c'est un 1 : réussite critique. La météo est idéale, et les soldats, motivés. Les troupes des Grottes de Fellel (20 000 hommes) mettent sept jours à arriver à votre camp, dont un certain nombre (tu choisis), se mettent en marche. En comptant le temps qu'il t'a fallu pour leur envoyer une missive, vous partez donc le vingt-troisième jour. Les hommes d'Aggersborg (20 000 sur les 50 000 qui étaient en réserve), eux, vont mettre dix jours à arriver aux Grottes de Fellel, donc, en comptant le temps de réception de la missive, ils arrivent le vingt-huitième jour.

- Si c'est un 2 : La météo est bonne, mais vos soldats ne sont pas vraiment habitués au difficile climat cimmérien. On avance plus lentement. Les troupes des Grottes de Fellel mettent huit jours à arriver à votre camp, dont un certain nombre (tu choisis), se mettent en marche. En comptant le temps qu'il t'a fallu pour leur envoyer une missive, vous partez donc le vingt-cinquième jour. Les hommes d'Aggersborg, eux, vont mettre onze jours à arriver aux Grottes de Fellel, donc, en comptant le temps de réception de la missive, ils arrivent le vingt-neuvième jour.

- Si c'est un 3 : La météo est mauvaise, vos hommes subissent des avaries dans une petite tempête, il y a quelques morts, et le moral n'est pas très bon. Les troupes des Grottes de Fellel mettent dix jours à arriver à votre camp, dont un certain nombre (tu choisis), se mettent en marche. En comptant le temps qu'il t'a fallu pour leur envoyer une missive, vous partez donc le vingt-septième jour. Les hommes d'Aggersborg, eux, vont mettre treize jours à arriver aux Grottes de Fellel, donc, en comptant le temps de réception de la missive, ils arrivent le trente-et-unième jour.

» Après réception des rapports de ses espions (le quatorzième jour), tu refuses catégoriquement la proposition de Viwien. Tu veux tenir vos positions et laisser les Phelgrans venir s'écraser contre vos camps en les fortifiant autant que possible et en appelant du renfort. Pas question de prendre tant de risques pour aller chercher un camp perdu. Tu appelles en renfort les troupes en stationnement aux Grottes de Fellel, et tu fais venir des troupes d'Aggersborg dans les Grottes en remplacement.

Pour savoir combien de temps les renforts mettent à arriver, lance un dé dans ton topic de transition (En marche vers l'Est) :
Code:
[rand]1,3[/rand]

- Si c'est un 1 : réussite critique. La météo est idéale, et les soldats, motivés. Les troupes des Grottes de Fellel (20 000 hommes) mettent sept jours à arriver à votre camp, dont un certain nombre (tu choisis), se mettent en marche. En comptant le temps qu'il t'a fallu pour leur envoyer une missive, vous partez donc le vingt-troisième jour. Les hommes d'Aggersborg, eux, vont mettre dix jours à arriver aux Grottes de Fellel, donc, en comptant le temps de réception de la missive, ils arrivent le vingt-huitième jour.

- Si c'est un 2 : La météo est bonne, mais vos soldats ne sont pas vraiment habitués au difficile climat cimmérien. On avance plus lentement. Les troupes des Grottes de Fellel mettent huit jours à arriver à votre camp dont un certain nombre (tu choisis), se mettent en marche. En comptant le temps qu'il t'a fallu pour leur envoyer une missive, vous partez donc le vingt-cinquième jour. Les hommes d'Aggersborg, eux, vont mettre onze jours à arriver aux Grottes de Fellel, donc, en comptant le temps de réception de la missive, ils arrivent le vingt-neuvième jour.

- Si c'est un 3 : La météo est mauvaise, vos hommes subissent des avaries dans une petite tempête, il y a quelques morts, et le moral n'est pas très bon. Les troupes des Grottes de Fellel mettent dix jours à arriver à votre camp, dont un certain nombre (tu choisis), se mettent en marche. En comptant le temps qu'il t'a fallu pour leur envoyer une missive, vous partez donc le vingt-septième jour. Les hommes d'Aggersborg, eux, vont mettre treize jours à arriver aux Grottes de Fellel, donc, en comptant le temps de réception de la missive, ils arrivent le trente-et-unième jour.

♦♦♦

HRP : Je le rappelle, arrête ton post au départ de tes troupes, ton choix ne sera pas sans conséquence sur votre avancée ! Quand tu auras fait ton choix parmi ces propositions, envoie le moi par MP, je t'indiquerai combien d'hommes tu as perdu pendant les jours qui se seront écoulés. Oui je ne mets pas les chiffres là, sinon ce serait du metagame hé !

Bon jeu et bonne chance !


Dernière édition par Léogan Jézékaël le Ven 20 Mai - 20:25, édité 3 fois
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MessageSujet: Rép de Lupen   Sam 21 Mai - 9:08

    Je choisis, enfin Lupen choisit la deux, moi je fais suer un Mj par Mp parce que je ne suis pas contant, je me sentirais presque Français à raller autant. Mais bon comme Lulu est parti faut que je le rattrape alors que ce passe-t-il donc ?

    Et bien notre petit joyeux trublions préféré à juré corps et âme dans une minute art de la guerre et misogynie contre les femmes et leurs nature qui viens parfois compléter l’incompétence de certaine, et celle là, c’est une reine mais pas stratège, n’envoyer les rapports des éclaireurs, même si ils sont plus complet que 4 jours après une demande de renfort ce n’est juste pas possible. Genre les gas viennent du sud ouest et peuvent se retrouver avec des renforts plus nombreux tout les jours, mais si on attend 4 jours de plus ça sera pépère. Quoi ? Sincèrement ? Genre vraiment vraiment ? Vous avez déjà fait la guerre une fois ? Ou même jouer à la guerre ? Ou aux échecs ?

    M’enfin tout ça pour dire que ni une ni deux Lulu à prélever 15 000 gas près se bouger et qui n’attendent que d’aller au front, on est dans un camp de gas d’Arghanat, un camp d’une armé de métier, la sinécure, même si le paysage est joli, ça les fait chier. Et il est parti rejoindre les joyeux trublions cliché en jupette et leur cheffe tacticienne de génie sur ses grands chevaux.
    Mais avant de partir, le temps que les gas se prépare il a tout de même prit le temps de faire partir quatre messages, deux fois les mêmes, l’une demandant aux camps des grottes 20 000 hommes puis 10 000 nouveau quand les remplacements seront arrivé de l’autre camp, et à l’autre d’envoyer 20 000 hommes puis 20 000 hommes aux camps des grottes parce que les camps tournant c’est fait pour ça.

    Ceci dit et fait, il prend son paquetage toujours près, enfile son armure de la première, pièce forger par Brom et retouvre le tout d’un poncho au couleur roc et herbe à capuche, puis comme tout ses hommes, ceux de la première en armure complète -crée en fonction de leur morphologie, donc apte aux mouvements-, les autres, en équipement moins lourd –voir plus lourd que certain de la première-, selon les principes de déplacement habituel. Trois colonnes de ponchos aux couleurs du décor se mettent donc en route e se gardant autant que possible en vue.

    Il est temps mes amis de partir en guerre !
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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Sam 21 Mai - 21:42

Post MJ de Lupen : à l'est, ça commence à chauffer.


Quatre jours plus tard : jour 15 du conflit.

RAPPORT DES ESPIONS

Ma Reine,

Le péril est plus grave que nous ne le croyions. Le camp que nous avons perdu a été totalement réinvesti par les Phelgrans, et il s'agrandit de jour en jour pour accueillir davantage et davantage de troupes qui arrivent par vagues de plus en plus importantes. D'après mes calculs, quand vous recevrez cette missive, nous pensons que leur camp, désormais, comptera une réserve totale de 17 000 unités, tandis qu'ils auront envoyés à peu près 24 000 hommes à l'est à votre rencontre. Ce ne sont que des pronostics, et il est possible qu'ils grossissent encore si les Phelgrans ne cessent de faire affluer des hommes, dont ils semblent disposer par dizaine de milliers. Le front a bien avancé, nous avons perdu tout le territoire qui séparait la frontière de notre premier camp. Votre Altesse, je sais que cette perte est déplorable, mais j'espère que vous me permettrez de vous conseiller de ne pas avancer vos pions trop précipitamment. Nous ne sommes plus en position de force, du moins numériquement, et il faudrait que nous réunissions un nombre considérable d'hommes pour reprendre ce camp. Dans l'état actuel des choses, j'aimerais que Votre Majesté voie que même avec les troupes de Sire Z'en Rahar, nous ne pouvons pas en faire le siège, si jamais nous parvenions à l'atteindre, par la grâce des dieux. Je ne veux pas vous décrire le sort qu'ils ont infligé au général Araloth, mais il m'inspire à vous demander de faire preuve de prudence.
Quelle que soit votre décision, que je respecterai, je vous fais parvenir aussi un plan rapide de ce que nous avons pu voir du camp, qui a bien changé depuis que nous l'avons quitté.
En outre, j'ai envoyé dix de mes espions en direction de la frontière, afin de pouvoir évaluer autant que possible le total des effectifs de l'ennemi. Prions pour qu'ils nous reviennent.

Elfaron Celebrindal.


Le lendemain : jour 16 du conflit.

REPONSE DES TROUPES STATIONNANT AU DESERT DE GLACE

Capitaine,

Les rapports que nous avons reçus du Nord de la taïga ne sont pas favorables : on compte plus de 40 000 unités ennemies contre 30 000 soldats Cimmériens et Canopéens mobilisables. L'avancée des Phelgrans est très inquiétante. L'Etat-Major nous a recommandé de mobiliser davantage d'hommes dans le Désert de Glace pour faire barrage entre l'ennemi et les villages du Lac Gelé, s'il finissait par déborder finalement de la taïga. Aggersborg est chargée de nous faire parvenir 20 000 hommes, qui arriveront dans dix jours, soit huit jours pour vous après réception de ce pli.
De votre côté en revanche, d'après votre rapport, vous êtes en supériorité numérique – vous disposez de 36 100 hommes – face à l'ennemi, dont vous avez estimé le nombre à 20 000 unités. Nous ne pouvons pas nous permettre de gaspiller nos ressources alors que vous avez les moyens de tenir vos positions, voire de repousser leurs troupes en l'état actuel des choses. Je vous rappelle que dans ce conflit nous sommes en grave infériorité numérique, nous ne pouvons pas nous permettre d'incursions massives et irréfléchies. N'oubliez pas que notre plus grand avantage est de bénéficier de places fortes où nous pouvons tenir à un contre trois. Vous possédez un camp très important dans les montagnes, Sa Majesté la Reine de Canopée détient encore un camp bien protégé non loin du vôtre, sans compter qu'à la sortie du col du Mont Caralwed, les Cimmériens ont quelques fortins pour servir de bouchon. Vous possédez comme moi une cartographie qui ne vous laisse pas ignorer ces données.
Aussi je suis navrée, Capitaine, mais nous devons refuser votre demande de renforts. Nous restons à votre disposition si vos rapports témoignent d'une réelle difficulté dans vos opérations futures.

Colonel Milva Cidaris, porte-parole de l’État-major.



HRP


POSSIBILITÉS
(Les possibilités ne sont pas des propositions. Tandis que face aux propositions tu dois faire un choix obligatoire, ici tu peux piocher parmi les possibilités ce que tu souhaites et tourner un plan à ta façon. Cependant elles montrent les limites que tu dois rencontrer vis à vis de certaines actions.)

En ce qui concerne l'interaction avec les PNJ :
_ Si tu veux discuter avec Viwien à un moment ou à un autre dans ton post – puisque, après tout, vous circulez dans le même secteur, et que taper la discute avec une monarque c'est de la balle – on peut s'échanger des répliques par MP que tu pourras coller dans ta rép au moment de la poster.
_ Tu peux aussi rédiger une missive à envoyer au Colonel Milva Cidaris, si ça te chante : elle te répondra, et peut-être qu'elle te rejoindra au combat à un moment ou à un autre.

Autres :

_ Tu peux renvoyer une demande de renforts, avec les nouvelles informations que tu détiens grâce aux rapports des espions. Elle sera acceptée. Mais les renforts n'arriveront pas avant sept à dix jours et ils ne seront pour le moment qu'un total de 10 000 unités.
Pour savoir combien de temps ils mettent à arriver, lance le dé de trois dans ton topic de transition.
(!) Les résultats possibles (!) :
 

_ Si tu veux demander une seconde vague de renforts de 10 000 autres unités, elles arriveront bien plus tard, le temps que les troupes d'Aggersborg arrivent aux Grottes de Fellel (parce que l'Etat-Major ne veut pas laisser le Désert de Glace sans... glacis de protection devant les villages du Lac Gelé). Tu ne peux pas les faire arriver jusqu'à toi dans ton prochain rp (c'est trop loin dans la timeline). Je te donne ici juste l'estimation de leur temps de voyage, pour que tu puisses voir combien de temps tu as à les attendre. Sache aussi que ces troupes s'arrêteront à ton camp avant de te rejoindre si tu veux qu'elles te rejoignent. Le temps estimé ici est celui que la deuxième vague de renforts met pour arriver à ton camp. Toi, tu es aujourd'hui à 5 jours de ton camp, donc elles ont 5 jours de retard sur toi si tu stoppes tes avancées. En revanche, chaque jour où tu avanceras sera un jour de retard de plus pour eux.
Pour savoir combien de temps ils mettent à arriver, lance le dé de trois dans ton topic de transition.
(!) Les résultats possibles (!) :
 

_ Tu peux toujours te raviser et te replier vers vos campements pour attendre l'ennemi en t'appuyant sur la cartographie fournie pour élaborer un plan (prendre l'ennemi en tenaille, etc...).

INSTRUCTIONS :

En priorité : raconte ton avancée des cinq premiers jours dans la forêt, et la réception des deux courriers ci-dessus.
Ensuite :
_ Si après le rapport des espions tu décides de te replier vers vos camps, raconte aussi le repli, qui te prend également 5 jours. Donc raconte le total des 10 jours d'allées et venues dans la forêt.
_ Si tu veux continuer ton avancée vers le camp ennemi, tu peux dire que tu le fais, mais n'écris pas ton arrivée là-bas. Nous verrons combien de temps ça peut te prendre, d'après les espions, ce n'est pas gagné !
_ Si tu veux cesser ton avancée pour attendre la première vague de renforts, tu peux écrire combien de temps tu passes à poireauter dans la forêt (selon le résultat de ton dé).

Selon la façon dont tu auras utilisé tes atouts (dont j'ai parlé dans mon post MJ précédent) et tes troupes, je déterminerai le nombre de pertes chez toi et l'ennemi. Ton précédent choix parmi mes propositions, cependant, te fera perdre plus d'hommes que si tu avais pris le parti de la patience. (La guerre, c'est aussi savoir attendre le bon moment et la bonne opportunité... !)

Aussi, essaie de faire des posts plus rp, s'il te plaît, joue ton perso, ce n'est pas un topic de discussion de joueur à joueur ;) si tu as des remarques HRP à faire, fais les sous spoiler après ta narration.

Bon jeu !
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Orchid Orcirdr
MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Dim 22 Mai - 14:58

Elle se demandait encore comment elle avait pu croire que les choses seraient simples.

*Igrim a encore trop d’illusions sur les hommes. Les fanatiques sont de tous les bords !*

Septième jour de l'incursion des Sindarins renégats. La voici dans l’obscurité à écouter les projets de la famille Fran. Comment avait-elle pu croire que seul Rash Lanetae était intéressé par cette guerre et que les autres membres de son armée étaient assez démoralisés pour rentrer chez eux et en tout cas abandonner cette guerre stupide. Elle avait passé un temps précieux à récolter les ingrédients d’un poison dont elle avait déjà apprécié l’efficacité durant sa carrière au service de l’ancienne grande prêtresse. Lorsque l’on sait guérir, on sait souvent aussi distiller la mort… Elle était prête à proposer sa décoction aux rebelles mais le récit qui avait suivi lui avait intimé de ne pas se précipiter, elle se demandait contre qui elle devrait l’employer

*A croire que les Sindarins sont aussi arrogants que leur réputation ne le laisse supposer. Léogan Jézékael ! Où es-tu ?*


 Ce fut Niniel qui l’avait introduite auprès du capitaine Sindrin après avoir plaidé sa cause auprès de son frère. Le résumé de l’entrevu tenait en peu de mots dont certains résonnaient amèrement dans l’esprit de la Zélos.

« Notre famille est une grande famille de Canopée, alliée depuis des siècles à la maison Lanetae. Quand Rash Lanetae a décidé d'entrer en guerre contre Cimméria, la loyauté de notre père, Assire Fran, est allée à son ami et allié de longue date plutôt qu'à l’imposteur de. La lignée Caledor est condamnée à la déliquescence. Elle n’a même pas bougé pas le petit doigt pour la fille aînée d'un de ses plus fidèles vassaux. Quitte à perdre notre statut à Canopée nous n’allions pas perdre notre honneur et des terres on en trouverait bien assez au Nord pour les vrais Sindarins. Nous n’avions le choix il nous fallait suivre père pour ne pas le déshonorer et ne pas servir d’otages à cette traitresse !
_ Jusqu’à ce que père ne meure….»


La voix de Niniel portait encore l’émotion de la perte de son géniteur, mais La Zélos avait bien vite vu s’envoler ses espoirs de convertir les jeunes Sindarins à ses théorie sur cette guerre et les faire renoncer.

« Maintenant que votre père est hélas décédé vous ne craignez plus rien de la part de Canopée et vous pourriez tout aussi bien abandonner les cavaliers qui ne vous ont pas ménagés jusque-là…
_ Les entreprises guerrières comportent de fait les risques vitaux et tout le monde peut être frappé. »


Le regard du capitaine était resté sec et son visage neutre. Le télépathe comme à son habitude gardait un visage fermé bien que moins dur que son frère. Seule Niniel ne cachait pas ses émotions. Orchid de son côté la regardait de plus en plus inquiète sentant arriver l’inévitable.

« D’autre part les cavaliers n’ont pas la même opinion sur tous les Sindarins. J’ai eu l’avantage, moi, de rencontrer le Seigneur Demegor ce que n’a pas réussi à obtenir Rash Lanetae… C’est un homme qui sait récompenser les hommes de valeur et de talent
_C’est dire ?
_ Des honneurs et des terres pour les Sindarins qui auront été de bons alliés »


Tout était maintenant en place. Le capitaine s’était laissé séduire par la possibilité de briller parmi ses congénères et d’obtenir le pouvoir qu’à Canoppée, il n’aurait sans doute jamais atteint.

« Rash est un fou ! Il ne pourra que nous amener à la déroute. Ses plans sont suicidaires ! Prendre la forteresse de Lindholm ! Et puis quoi attendre que Cimméria vienne nous en déloger ?
_ Vous préférez une guerre de mouvement et de harcèlement….
_ En effet.»


*Igrim est encore plus folle que ces Sindarins de malheur ! D’un côté un dément qui sacrifierait tout son peuple dans une guerre imbécile et de l’autre un capitaine ambitieux qui risque de faire durer cette guerre à cause de son talent et de sa soif de gloire et d’honneur ! Et toi au milieu !*

« Mais pour cela je dois avoir les mains libres et cet imbécile de Lanetae n’attend qu’une chose, trouver une occasion de me faire passer par les armes. Je dois donc m’en débarrasser pour le salut de mon peuple, lui et sa progéniture. Alors seulement je pourrai rejoindre les troupes Phelgranes pour affronter nos ennemis et les écraser. Dès demain, à l’aube, à l’heure ou sa garde sera la moins vigilante…»

Il eut un petit sourire sans doute du à l’image de sa future victoire. Puis, il ne put résister au plaisir de révéler la ruse qu’il avait mise sur pied. Envoyer de fausses pistes laissant croire qu’il allait attaquer Lindholm comme prévu.
La Zélos avait bien essayé de manœuvrer pour insinuer au moins un doute dans l’esprit des trois frères et sœur, mais Vanyar ne lui laissa même pas le temps d’ouvrir la bouche.

« Il nous faudra des forces pour demain. Allons prendre du repos. »

Les conspirateurs s’étaient séparés rapidement et la Zélos se retrouva seule sur le chemin qui menait à la tente du général Sindarin.
Elle avait beau tourner les éléments qu’elle avait en main dans tous les sens, elle ne voyait plus qu’un moyen d’atteindre ses objectifs. Donner le pouvoir à Vanyar ne serait pas synonyme comme elle l’avait pensé de fin de guerre, mais au contraire celui de donner un stratège compétent aux Phelgrans et Sindarins. Elle maudissait les illusions dont elle s’était bercée ces jours derniers.  Ah ! S’il n’y avait eu que Niniel à convaincre ! Elle en aurait fait son affaire, mais le capitaine Sindarin était solidement ancré dans sa stratégie et n’allait pas s’en laisser détourner. La conclusion s’imposait se débarrasser de Vanyar était aussi important que de mettre Rash Lanetae hors d’état de nuire. C’était même la priorité. S’occuper ensuite du patriarche serait ensuite plus facile. Elle savait qu’elle sacrifiat dans l’opération son amitié naissante pour la jeune éclaireuse, mais elle savait depuis le début que cela faisait partie des choses possibles et elle l’assumait. A grand regret mais elle l’assumait. La fin de la guerre méritait bien cela. Comme l’avait dit Vanyar plus tôt ce sont les risques de ce genre d’entreprise.

Le chemin avait été trop court et elle s’arrêta pensive devant le pan de tissu qui fermait la trente du général gardée par sa garde personnelle.

*Vieux fou ! A cause de toi, ton peuple va perdre des âmes de valeur ! *


Stoïque les garde ne firent même pas mine de la voir. Lorsqu’elle pénétra dans le repère du Sindarin, celui-ci tournait autour de sa table aux cartes un verre de vin à la main. Il semblait un lion en cage. Il leva la tête pour vérifier l’identité de la nouvelle venue avant de replonger vers les représentations du Nord cimmérien.

« Des nouvelles ?
_ Hélas. Comme vous le soupçonniez, les Fran complotent contre vous…
_ Sale petite vermine ! J’en étais sûr ! »


En trombe il sortit de sa tente hélant ses gardes. Les yeux de la Zélos tombèrent alors sur le verre abandonné sur les cartes. Cela serait si facile maintenant de verser le poison dans le vin mais elle serait immédiatement soupçonnée. Elle était prête à mourir dans cette mission, mais là c’était du suicide. Elle se dirigea sans hâte vers le quartier des Fran. L’agitation qui en émanait ne laissait pas de doute sur les évènements qui s’y déroulaient. Elle rejoignit le vieux général en même temps qu’un soldat venait faire son rapport.

« Les deux frères sont maîtrisés mais Niniel a réussi à s’échapper.
… Elle a juré votre mort à tous les deux.
_ On ne peut pas se faire que des amis… Qu’elle coure ! Je ne vais pas gaspiller mon énergie pour elle !»


Le regard du général semblait soulagé derrière une folie qui couvait et dont la fièvre faisait briller ses yeux. Igrim en détourna ses prunelles de nuit afin de garder son calme et ne pas compromettre la suite de ce qu’elle avait à faire.

*Imbécile ! Tu ne la connais pas comme je la connais…*

Le dénouement était proche. Encore fallait-il qu’il soit à l’avantage de la Zélos ! Avec Niniel en fuite, de nouveaux obstacles s’annonçaient et des paramètres à ajouter aux futures stratégies. Plus vite tout serait terminé et mieux ce serait. La nuit de la Zélos fut agitée et le lendemain, Rash Lanetae l’attendait dans sa tente.

« Je ne vous ai pas remerciée pour votre intervention d’hier. J’avoue avoir douté de votre loyauté…
_ N’en parlons plus. Qu’avez-vous décidé pour la suite ?
_ Départ le plus tôt possible pour Lindholm avec un regroupement avec mes deux filles, Rose et Viviane en cours de route. Cela devrait nous prendre 3 jours. Nous partons demain au lever du jour.
_ Et pour les mutins ?
_ Rien ne presse. Ils sont maintenant inoffensifs et si je les exécutais ils risqueraient de devenir des martyrs aux yeux de certains de mes hommes… »


Toute la journée l’armée Sindarine s’affaira pour préparer son départ vers la citadelle qui si on en croyait leur chef tomberait comme un fruit mur. Igrim en profita pour aller chercher des traces de la fugitive. Sa piste partait de sa tente et semblait devoir se fondre dans le nature en droite ligne vers le sud. Cela ne rassura cependant pas le Zélos. D’un côté, le jeune Sindarine n’était pas sortie d’affaire pour autant et Orchid la pensait capable de vouloir tenter quelque chose pour ses frères ou même contre Rash et elle. Sa jeunesse, sa morgue et son amour de la famille la rendait imprévisible.

*Fuie petit éclaireuse ! Trouve-toi une destinée digne de toi et essaie de me pardonner si tu le peux.*


Au soir, Ras semblait parfaitement satisfait ce qui évita à la Zélos de subir les sautes d’humeur dont elle faisait parfois les frais en sa qualité de Zélos. De son côté cette dernière rongeait son frein n’arrivant pas trouver l’occasion qui lui permettrait de venir à bout du patriarche. La seule consolation était la possibilité qui s’offrirait bientôt elle l’espérait de le faire accompagner dans les cavernes de Bor par ses deux filles.

Au matin du jour suivant le départ fut différé par un nouveau contre temps. Rash fulminait dans sa tente devant celle dont il semblait ne plus pouvoir se passer depuis l’arrestation des Fran.

« Elle les a libéré la petite punaise ! Je ne suis entouré que d’incapables ! »

Il fusilla du regard l’ancienne prêtresse, comme si elle avait été complice de cette évasion. De son côté, celle-ci ne savait pas trop si elle devait se réjouir du succès de son ancienne amie ou déplorer la fuite de trois Sindarins parmi les plus intelligents et compétents. Cela n’allait sans doute pas arranger leurs affaires surtout s’ils se mettaient en tête de se venger de Rash Lanetae et de la Zélos. Elle garda le silence sur ses pensées persuadée que le général avait en grande partie les mêmes.

L’armée se mit tout de même en marche sans hâte et sans enthousiaste. La zélos chevauchait le moins possible au côté du général et faisait de nombreux aller et retour entre la tête et l’arrière garde.  De temps en temps elle profitait d’un terrain dégagé où le regard portait loin pour aller reconnaître les alentours et surtout essayer de trouver des indices de la présence des trois fuyards. Vanyar et Niniel pouvaient se fondre dans n’importe quel décor, mais le télépathe était moins habile. De toute façon ne rien trouver ne pouvait la rassurer complètement. De leur côté les patrouilles et éclaireurs Sindarins renégats font merveille et évitent à de nombreuses reprises que la nouvelle de leur avancée ne soit relayée par les espions ennemis. Le tout est de savoir si aucun n’est parvenu à passer entre les mailles du filet. Si Rash Lanetae survolté par la perspective d’une prochaine victoire _ « Comment peut-il en être autrement ? »_ se montre d’une humeur sereine, la Zélos au contraire se sent de plus en plus tendue. Elle aimerait croire que les trois fuyards ont renoncé à leurs projets, mais elle a pu déjà sonder l’opiniâtreté du frère aîné. Malgré leur discrétion, elle ne parvient pas à les imaginer se résigner à fuir le combat.

« S’ils étaient encore dans les parages nos patrouilles les auraient déjà interceptés »

Inutile de discuter. Igrim a entériné le fait que le général ait sous-estimé les mutins qui connaissent parfaitement les procédures de leurs anciens frères d’arme. Elle se contente de rester sur ses gardes jusqu’à la paranoïa.
Le neuvième jour même, il lui semble intercepter un mouvement au sommet d’un épaulement, mais trop furtif pour en être certaine ni pour en identifier la cause. Elle a beau faire un grand mouvement tournant pour aller vérifier prudemment, elle ne découvre aucune piste convaincante ce qui n’a rien de rassurant…

Au matin du dixième jour elle n’en peut plus et met à rude épreuve sa patience pour ne pas aller trouver le patriarche Lanetae. Après tout elle n’est pas en charge des victoires sindarines ! Une journée de cheval s’annonce donc aussi tendue que les autres. D’ailleurs sa monture semble boiter et la Zélos se penche sur son encolure pour examiner le pas de l’antérieur droit. Quelque chose la frôle. Elle se redresse aussitôt. Un projectile tranche une mèche de ses cheveux. Elle se laisse glisser au sol derrière son cheval.  Nul besoin de ramasser les flèches fichées dans le sol pour les reconnaître. Une patrouille rapide se détache de la troupe mais en vain. Personne ne remettra aujourd’hui la main sur l’archère. Igrim de son côté savoure la chance qu’elle a eu et apprécie à leurs justes valeurs les qualités de discrétion et de patience de Niniel car cela ne peut être qu’elle. Les renégats commencent à murmurer. Heureusement la jonction prévue avec les filles Lanetae semble leur passer un peu de baume au cœur.

Cependant ce n’est qu’avec Viviane que la troupe attendue opère la rencontre. Rose a été fauchée par une flèche. Une seule. Igrim aurait presque pitié du général tourmenté par la haine et le désespoir, il se réfugie dans sa tente avec sa fille rescapée qui elle-même très affectée, ne peut l’empêcher de se perdre dans la boisson. Il est temps que tout cela finisse. Le père et la fille ont besoin d’une collation pour surmonter leur chagrin. Le poison sera assez différé pour que les deux aient le temps de l’ingurgiter avant que d’être emportés par un sommeil sans retour. Pendant ce temps la Zélos quitte le camp. D’abord sans hâte pour ne pas éveiller les soupçons. Elle attend d’être hors de vue pur mettre le plus vite possible des lieues entre elle les Sindarins, tous !
Elle sait qu’elle doit disparaître car elle fait une cible de choix pour l’armée des renégats et pour les quatre mutins.

Elle ne s’attendait pas à ce que la carte qu’elle avait trouvée dans le camp de Marcus lui soit si vite d’un si grand secours. Les cours d’eau les zones rocheuses et les vallons étaient précisément indiqués de quoi prendre de court ceux qui devraient lire ses itinéraires.

Elle mit pied à terre et donna une claque sur la croupe de sa monture qui partit au triple galop de quoi alerter les guetteurs. Même si le leurre ne serait que peu de temps efficace il lui permettrait d’ajouter un peu de distance et de temps entre elle et ses éventuels poursuivants. Le tout était ensuite de trouver un abri discret où laisser couler un peu d’eau sous les ponts. Un peu d’eau et beaucoup de la haine qu’elle avait semée à son égard.


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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Lun 23 Mai - 3:55

(!) Informations générales (!)


A TOUS !
Orchid vient de passer un cap décisif dans son intrigue. Veuillez vous référer à la partie "Conséquences pour la guerre" dans ce post, dont les informations vous concernent tous, puisqu'elles sont capitales pour tous les joueurs. Merci !

Post MJ d'Orchid : ...strike !



Douzième jour.

C'était le petit matin. Vanyar était parti à la rencontre des espions qu'il avait dans les troupes de Rash, pour mieux les pister sans tomber sur des patrouilles et évaluer le moment le plus opportun pour porter un coup au patriarche Lanetae. Il avait répété et répété, la veille au soir, qu'il était hors de question de laisser leurs frères courir à leur perte et aller s'enterrer dans cette maudit forteresse. La soirée avait été longue. Vanyar s'était rongé les sangs. Il avait envoyé une des amies de Niniel porter un message à la Cavalière Aneesa Kadir et se retournait l'esprit pour découvrir un moyen d'arrêter toute cette catastrophe, en maudissant entre ses dents cette Igrim, ou quel que soit son nom, qu'il avait cru stupidement et qui venait de précipiter des milliers parmi les siens dans l'abîme.
L’atmosphère avait été lourde et tendue jusqu'au matin. Même la grosse oie sauvage tuée par Niniel sur un petit cours d'eau, qu’ils avaient fait cuire discrètement sous le couvert des arbres, n'était pas parvenue à égayer les cœurs. Ils avaient tué la faim, mais l’inquiétude demeurait. La conversation ne décollait pas, en dépit des efforts titanesques d'Olorin, dont les palabres tranquilles tournaient au monologue sans fin.
Au matin, Niniel taillait ses flèches sur un tronc d'arbre renversé. Elle avait fait chauffer un peu d'eau dans une marmite suspendue au-dessus du feu et utilisait la vapeur qui s’en dégageait pour lisser les empennes froissées de ses flèches. Olorin, pour passer le temps, réparait les boucles de leurs chaussures et recousait leurs vêtements déchirés, le visage impassible, mais l'esprit en éveil et volant au-dessus de la forêt et aux alentours, attentif au moindre bruissement de pensée.

De temps à autre, il jetait un regard à sa sœur, dont le visage était fermé depuis des jours déjà, et dont le regard brillait d'une colère inquiétante.

« Niniel ?
– Quoi. »

Elle ne leva pas la tête de son ouvrage, raclant rageusement son couteau sur le bois sec. Olorin décida de se rapprocher d'elle précautionneusement, sur leur banc improvisé.

« Niniel, depuis hier tu ne manges plus, tu vas te rendre malade. Cette oie, il reste ta part, il faut que tu te nourrisses.
– Je n'ai pas faim.
– Si... si tu veux parler, tu sais que je t'écouterais.
– ...je l'ai ratée.
– Personne ne t'en veut pour ça, petite sœur. On ne peut pas toucher le centre de la cible à tous les coups.
– Vanyar, lui, n'a pas manqué cette pimbêche l'autre jour, il l'a eue d'un trait ! Mais moi je l'ai ratée, cette Zélos de malheur ! Et elle, elle... »

Les éclats de voix de la jeune fille résonnèrent un moment autour d'eux, et puis s'évanouirent amèrement, tandis qu'elle fixait une empenne à sa flèche, la mâchoire crispée.

« Elle nous a eu en plein dans le mille, ajouta soucieusement Olorin, le regard perdu dans l'ombre de la forêt.
– Oui ! En passant par moi ! L'espèce de petite béjaune niaise et écervelée de la fratrie ! Naturellement c'était plus facile.
– Arrête ça, Niniel.
– Tu ne comprends pas, Olorin !, s'exclama-t-elle, jetant son couteau à ses pieds d'un geste plein de fureur. Tout est de ma faute ! Je lui ai accordé ma confiance et vous m'avez tous crue ! Je... Je l'aimais beaucoup. Je croyais... Et finalement, regarde où je nous ai menés avec mon... Mon optimisme stupide ! Nous sommes perdus, loin de chez nous, nous n'avons plus rien ni personne à part nous-mêmes, et... Rah !
– Niniel. Ce n'est pas une faute de vouloir croire que le monde entier ne nous veut pas du mal. Nous n'avons plus de chez nous, si nous n'acceptions aucune main tendue, nous serions condamnés à vivre en parias pour toujours.
– Mais ces semaines que nous avons passées ensemble n'étaient qu'une vaste duperie ! Bien sûr que c'était une faute ! Je la tuerais de mes propres mains... Mais même ça, je n'en ai pas été... je n'en ai pas été capable. C'est de ma faute. La voir m'a mise tellement en colère... Si tu savais... Mes mains ont tremblé. Je... c'est elle, elle a fait de moi une honte. Tout ça pour une imbécile de Zélos... »

Sa voix se brisa soudain. Olorin l’enlaça. Et il comprit aussitôt que c’était le geste qu’elle attendait, celui dont elle avait besoin par-dessus tout. La colère et l'austérité de l’archère s’évanouirent en un clin d’œil, ne subsistait plus que la douceur délicate, tremblante, de sa petite sœur en déroute. Quelques larmes commencèrent à peine à scintiller dans ses yeux, alors que sa poitrine se soulevait d'un sanglot qu'elle avait emprisonné là, quand un grand bruit se fit entendre dans les fourrés.
Ils se redressèrent vivement tous les deux, et Olorin se maudit un instant, portant sa main à sa ceinture pour trouver sa dague, d'avoir laissé faiblir son attention, tandis que Niniel précipitait sa main sur son couteau, prête à le lancer à la figure de la personne qui surgirait tout à coup.

« RASH LANETAE EST MORT !
– Vanyar ?! »

Tous deux baissèrent leurs armes, abasourdis par l'exclamation et le rire frénétique de leur frère, qui venait de sortir de la broussaille, le visage encore marqué par les sévices qu'on lui avait infligés le jour de leur capture. Mais ce n'était plus qu'un souvenir, à voir l'expression plus radieuse que jamais qui marquait ses traits. Il se rua vers son frère et sa sœur, et enlaça la deuxième en l'embrassant sur le front, alors qu'elle lui offrait le regard le plus incrédule du monde.

« Rash Lanetae est mort !
– Qu'est-ce que tu racontes, balbutia Olorin, de l'autre côté, les yeux écarquillés, ce n'est pas possible, il est toujours entouré de...
– Il est mort, je te dis ! C'est un de mes contacts parmi nos troupes qui me l'a fait savoir ! Le vieux fou a cassé sa pipe, haha ! Et sa deuxième fille, Viviane, terrassée elle aussi. Du poison, d'après lui.
– C'est à peine croyable...
– C'est tout à fait vrai, mon frère ! Et les troupes sont désemparées. Nous devons les rejoindre sans tarder. »

Vanyar se releva aussitôt pour se précipiter vers sa besace, transporté par l'enthousiasme, pour trouver là un parchemin, de l'encre et une plume.

« Vanyar...
– Rassemblez vos paquetages ! Je dois envoyer une missive à la Cavalière Kadir, Ilverin le lui apportera.
– Vanyar !
– Mais enfin qu'est-ce qu'il y a ? fit-il en relevant la tête, pour se tourner sans comprendre vers son frère, qui se frottait les mains nerveusement.
– Je ne suis pas convaincu que ce soit bien ce que nous devrions faire.
– Eh bien... Pourquoi ?
– Je ne doute pas que les troupes t'accueilleraient avec enthousiasme, mais après tout ce qui s'est passé...
– Quoi, tu te dégonfles ?
– Il ne se dégonfle pas, lança tout à coup Niniel, qui était restée silencieuse, en se relevant d'un bond pour faire face à son frère aîné. C'est toi qui te boursoufles d'idées de grandeur encore une fois ! Si on pouvait seulement... rentrer à la maison...
– Niniel, nous n'avons plus de maison.
– Comme si je n'étais pas au courant.
– Dans ce cas, il faut arrêter ces jérémiades, le moment est très mal choisi !
– Vanyar, laisse-la tranquille, tenta de tempérer Olorin, en se relevant à son tour pour se placer entre eux. Nous pourrions...
– Mais c'est elle, qui... ! le coupa aussitôt Vanyar en désignant Niniel d'un geste énervé.
– Écoute, nous pourrions opter pour un repli de nos troupes.
– Alors plus personne n'est de mon avis ici... ! s'écria-t-il, soudain, la mine parfaitement défaite.
– Non, répliqua Niniel, croisant les bras et le fusillant du regard.
– Ce n'est pas ce que j'ai dit...
– C'est tout à fait ce que tu veux dire.
– Ce que je veux dire, si tu me permets d'aller jusqu'au bout, reprit Olorin, avec un début d'agacement, c'est que nos troupes ont pris quelques jours de retard en s'engageant dans la direction de Lindholm sous le commandement du général. Sans compter que toutes nos dissensions doivent leur peser sur les épaules. Cette guerre doit finir pour nous. Nous n'avons pas notre place ici, et maintenant que Rash Lanetae est mort, c'est encore pire. Il était ce qui retenait beaucoup de nos frères et nos sœurs sur ces terres, et je ne vois pas en quoi il est bon pour toi de se réjouir de sa mort. »

Les trois frères et sœurs se contemplèrent un moment en chien de faïence, très embarrassés. Vanyar, finalement, réussit à reprendre la parole, d'un ton plus hésitant que d'ordinaire, cherchant des yeux un assentiment sur le visage de Niniel et d'Olorin.

« Ce que vous voulez... C'est bien retrouver un chez-nous, n'est-ce pas ? C'est ce que vous voulez, nous en avons parlé très sérieusement avant de venir jusqu'ici.
– C'est vrai... avoua Niniel, à mi-voix.
– A la mort de Père et de Mère, poursuivit Vanyar, que cet acquiescement redonnait doucement de l'assurance, c'est à moi qu'il est revenu de prendre soin de vous. Vous m'avez toujours fait confiance.
– Bien sûr, Vanyar, mais... répliqua Olorin, l'air ennuyé.
– Croyez-vous qu'aujourd'hui, nous avons la moindre chance de faire un pas en arrière ? Croyez-vous que nous pourrions nous installer dans une petite ville humaine où nous mènerions nos petites affaires ? Croyez-vous qu'à Eridania, en entendant notre nom, nous ne finirions pas ailleurs que dans un cachot ou au bout d'une corde ? Croyez-vous qu'ailleurs ce soit possible ? Est-ce que vous voulez vivre sur la route comme des bandits, est-ce que c'est là le destin que vous souhaitez ?
– Non, ce n'est pas... Ce n'est pas du tout... murmura Niniel, les traits froissés par un nouvel accès de larmes qui n'allait pas tarder à venir.
– Le monde entier n'est pas déterminé à nous cracher à la figure, mon frère.
– Qu'est-ce que tu veux faire, alors, Olorin ? Aller t'agenouiller aux pieds de Viwien Caledor ou à ceux du Roi d'Eridania et les prier de te rendre une vie tranquille et de tous nous absoudre, nous trois, et les six-mille autres derrière nous ? C'est ridicule.
– Je ne sais pas ce qu'il faut faire, capitula Olorin, la mine basse.
– Moi je sais. »

Vanyar, désormais, observait très sévèrement Olorin, en face de lui.

« Ne pensez pas que ça m'enchante plus que vous, mais je n'ai rien trouvé d'autre. Je vais acquérir un fief pour nous et notre peuple à Phelgra, en offrant aux Cavaliers toutes les opportunités qu'ils veulent pour avancer sur Cimméria. Démégor sera satisfait et nous aurons ce que nous voulons. Il n'y a pas d'alternative. Si tu en veux une, Olorin... Creuse-toi la tête au lieu de me laisser toujours la responsabilité de le faire. » cracha-t-il, enfin, les yeux luisants de colère, et le doigt appuyé sur la poitrine de son frère.

Celui-ci pâlit tout à coup et Niniel, qui avait toujours les bras croisés à ses côtés, le remarqua instantanément. Au même moment, Vanyar se décomposa à son tour, comme si ses propres mots venaient de lui monter tout à coup aux oreilles. Leur sœur posa une main sur l'épaule du cadet, qui avait l'air ébranlé.

« Olorin...
– Désolé, je ne voulais pas...
– Ça va, rétorqua Olorin, balayant la remarque d'un geste las.
– C'était blessant, pardon.
– Bien sûr que c'était blessant, espèce de buse, rétorqua Niniel en fusillant son aîné du regard, tandis qu'Olorin enlevait délicatement la main qu'elle avait posé sur son épaule.
– Mais c'est vrai, il a raison. Je me suis toujours reposé sur lui et je me plains... au moment où c'est le plus difficile.
– Ne dis pas ça. Olorin, c'est sur toi que Vanyar et moi, nous nous reposons sans cesse.
– Absolument, confessa leur frère, les yeux fixés sur ses chaussures. Nous serions morts mille et mille fois si tu n'avais pas été là.
– Et nous te suivrions si tu proposais ton propre plan. Tu es le plus sage de nous trois. C'est ce que Mère disait, n'est-ce pas ?
– C'est ce qu'elle disait... murmura Olorin en souriant faiblement. Elle disait aussi que vous n'étiez que deux canailles entêtées qui n'attendent pas de comprendre ce qu'est un poêle bouillant avant de mettre la main dessus et de vous brûler. »

Le souvenir décrocha un rire de grelots à Niniel et elle se laissa aller contre l'épaule de son frère, un sourire aux lèvres, alors qu'il refermait son bras sur elle. Vanyar, pendant ce temps, observait la scène avec reconnaissance, l'air plus paisible. Puis, il se tourna soucieusement vers son propre paquetage.

« ...écoutez. Je vous aime tous les deux, je tiens à vous comme à la prunelle de mes yeux. Et je tiens à notre peuple aussi. Nous n'avons rien d'autre et déjà le temps nous manque. Pour le moment il faut continuer. »

♦♦♦

Les deux frères et la sœur Enid an Assire Fran, comme on dit en alfari, mirent le cap vers les positions de l'avant-garde de leurs troupes qui avait stationné pour la nuit dans un abri rocailleux. Les officiers les accueillirent la mine déconfite, mais les armes baissées. Tout leur paraissait, comme Olorin l'avait pressenti, tristement dénué de sens maintenant que Rash Lanetae était mort, et ils avaient parlementé toute la nuit pour savoir s'ils allaient rebrousser chemin, maintenant que leur chaîne de commandement était décapitée. Aucun ne concevait de se laisser donner des ordres par les Phelgrans en personnes.
Le retour de Vanyar fut salvateur. Sans tarder, il leur présenta de nouveau son plan qui, bien sûr, n'incluait pas d'aller arracher aux Cimmériens leur précieuse citadelle comme l'avait prévu Rash, et il galvanisa l'avant-garde d'un discours enflammé. Il les avait de toute façon presque tous gagnés à sa cause, depuis les dérives qui avaient mené Rash, ces derniers jours, et il était bon aux troupes de se rappeler qu'elles avaient un chef qui se souciait de leur futur. Mais Niniel et Olorin l'écoutèrent songeusement, un peu à l'écart du nouvel engouement des renégats.
Après tout, si les initiatives de Vanyar ne portaient pas leurs fruits... C'était bien à eux de penser à une alternative, n'est-ce pas ?

Conséquences pour la guerre


La nouvelle se répand assez vite dans les rangs des armées de Phelgra : tout la famille Lanetae a été décimée ! Le nom de l'assassin n'est pas connu du petit soldat de base, mais les Cavaliers, eux, en ont reçu le signalement précis. Car il faut arrêter l'espionne et connaître ses employeurs !
Comme les informations importantes de ce genre circule assez bien quand on fait quelques prisonniers, ou que des oreilles discrètes traînent dans les rangs de l'ennemi, les Cimmériens, Arghaniens et Canopéens sont rapidement mis au courant aussi (à partir du quinzième jour minimum, s'il vous plaît, donc Veto, à ton prochain post, tu ne le sais pas encore). Lupen, toi, comme tu seras assez en avance à ta prochaine rép, tu peux en avoir entendu parler. C'est une très bonne nouvelle : ton maître, le duc, avait promis à Irina Dranis de l'aider à exterminer cette vengeance et... Si vous autres Arghaniens n'avaient pas été confrontés directement à cette élimination, ça reste quand même très positif pour vous et ça semble rassurant.

Parce qu'on en conclut que les troupes des Sindarins renégats impliquées dans le conflit devraient bientôt se disperser, reste à savoir si c'est un bon pronostic !

Je parlerai du déplacement des troupes sindarines dans le prochain post MJ de Veto, après son post, pour ne pas aller plus vite que lui !
Merci de votre attention, tous ;)

La traqueuse traquée. Roll the dice !


Pour connaître le succès (ou l'échec 8D) de ta fuite dans la taïga, lance un dé de 6 dans ton topic de transition :
Code:
[rand]1,6[/rand]

Selon ton résultat, raconte tes exploits ou tes mésaventures ! Cela fait quatre jours que tu vadrouilles dans la forêt. Il a fallu que tu laisses ta monture quelque part (d'ailleurs je n'ai pas compris ce point dans ta rép, personne ne peut circuler à cheval dans la taïga, mais, mettons qu'à un moment le terrain était assez déboisé, et que tu en as profité pour voler une monture pendant un pillage de fortin).
Allez, c'est parti !

Si c'est un 1 ou un 2 : réussite critique. NB : Tu as acquis un bonus avec ta carte : je le transforme en augmentation de probabilité de réussite critique (ça amoindrit tes chances d'échec critique).
Tu as bien conscience d'être traquée, mais tu as pris beaucoup d'avance, grâce à ta carte et à tes aptitudes de chasseuse (espèce de chanceuse effrontée, je te maudis sur 13 générations). Tu réussis à te trouver un coin où te faire oublier quelques temps, mais il te faut penser que l'armée phelgrane et les Cimmériens, sans compter tes poursuivants, ratissent sans cesse les environs. Il se peut qu'ils finissent par te tomber dessus. Peut-être faudra-t-il bientôt partir vers la frontière, en route vers Umbriel ? Tu sais cependant les risques que tu cours, car il y a légion d'ennemis qui t'attendent dans les camps de réserve phelgrans, à l'orée de la taïga... Prends ta décision !

Si c'est un 3 ou un 4. Niniel est à ta poursuite depuis quelques jours, tu en as la certitude. Quelques flèches à empennages jaunes t'ont encore ratées de peu, mais tu as toujours réussi, jusque là, à te sortir d'affaire et à brouiller les pistes assez longtemps pour reprendre de l'avance (je te laisse raconter comment, avec ta carte, tes aptitudes, tes pouvoirs...).
Seulement, au bout d'un moment, les traqueurs à ta poursuite optent pour une formation qui te fait te rabattre comme un pauvre cerf aux abois entre un grand monticule rocheux et un cours d'eau. Tu es bloquée et tu réalises que les Sindarins à ta poursuite sont une petite poignée... et parmi eux, tu ne repères pas Vanyar. Tu peux en tirer tes conclusions... Il y a néanmoins le tandem d'Olorin et Niniel, habitué aux missions d'éclaireur, dans leur formation habituelle. La corneille de Niniel vole au-dessus de ta tête, tu sais que la jeune elfe ne tardera pas à montrer le bout de ses oreilles pointues, et que derrière elle, son frère s'occupe des relais télépathiques. Il va falloir te préparer à une confrontation.

Si c'est un 5. Malheur ! Dans ta fuite, tu croises une patrouille cimmérienne. Tu as la chance qu'ils ne tirent pas à vue, ils se contentent de te capturer, sans savoir dans un premier temps si tu es une ennemie ou une alliée. On te conduit à un fortin non loin de Lindholm, où le Colonel de la garde territoriale Azelexah Til'Fareth (»» avatar ««) reconnaît ton signalement. Une prêtresse affectée au fortin pour faire son office de soigneuse confirme ton identité. Tu la reconnais aussi, vous vous étiez croisées à plusieurs reprises au temple. (Je te laisse toute la marge que tu veux pour ce PNJ, en revanche Azel est un perso que je vais aussi utiliser dans la partie de Veto, alors si tu veux échanger quelques paroles, je te demanderai de m'envoyer les répliques d'Orchid par MP, je te renverrai les siennes et tu pourras les intégrer dans ton rp. Je précise que ça ne me dérange pas ! ;))
C'est très problématique car depuis qu'Irina Dranis, la grande-prêtresse cimmérienne, a lancé une chasse aux sorcières contre les partisanes d'Elerinna Lanetae, on a ordre de t'arrêter, ou de tirer à vue en cas de résistance.
Azelexah (dite Azel) envoie une missive au général Jézékaël et à la grande-prêtresse pour déterminer de ton sort. Elle prend la peine d'écouter tes explications et en fait part dans ses courriers. Mais en attendant, tu es mise en geôle jusqu'à nouvel ordre.

Si c'est un 6 : échec critique. Ô rage ô désespoir ! (Pardon.) Là ce n'est pas de chance du tout : ce sont les Phelgrans qui te tombent dessus. Ils ont reçu une missive des Sindarins renégats, qui relate la mort de Rash et de Viviane Lanetae par tes soins, et autant dire que voyant la correspondance de ton apparence au signalement qui est donné, tu vas passer un très sale quart d'heure avant d'être livrée aux troupes désormais dirigées par Vanyar, dès que l'occasion se présentera (elle ne se présente pas tout de suite, c'est juste le plan). Le Cavalier Nargir (»» avatar ««), un de tes congénères Zélos, s'occupe spécialement de ton cas. Il est très déterminé à savoir pour qui tu travailles. Je te laisse décider des détails (parce que bon).

Je te souhaite bonne chance, parce que, selon, c'est pas gagné. Dans tous les cas, même si Orchid finit sévèrement amochée, il est toujours garanti qu'elle reste en vie (j'ai donné ma parole de MJ après tout, je peux revenir dessus si on me demande, mais tout de même !).
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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Lun 23 Mai - 22:44

    Ca caquette et ça gratouille, ça gargouille et ça bouge, il est toujours le temps des guerres et seuls les fou peuvent s’en réjouir. Or Lulu est fou, ça fait un moment que les choses sont dites, le fait qu’une armé de métier est aussi composé de fou joue aussi, et le fait que ce soit l’armée de métier qui vient d’Arghanat finit de posé des bonnes bases. Quelques part dans la forêt, après cinq jours de marche, Lupen est debout à coté d’une table des cartes précise mais rapidement installer sans aucun toi aux dessus de sa tête, il doit prendre une décision et il tourne comme un lion plein de haine et de rage.
    Lentement son regard se retourne vers la reine, il ne s’est jamais fait une reine, et si cette idée lui passe par la tête, elle le quitte assez vite, il a assez de problème comme ça, ça attendra qu’elle soit bourré pour fêter la victoire, ou qu’ils soient trop dans la merde. Là, il est temps d’arrêter de jouer à la poupée. Il ne reprendra pas le camp, il faut savoir céder du territoire et jouer avec ces cartes …


    “Bien bien bien, je suppose que vos éclaireurs ne sont pas les dernières des lopettes, sinon je vais prendre la mauvaise décision. Je vais vous laissez 5 000 guss, et pas des tendres, chez nous la guerre est une sorte de vie, m’enfin vous avez parlé au Duc vous savez ce qu’il en est. Vous allez retourner à votre camp et le tenir.
    Et nous allons aussi rendre cette passe un enfer, les hommes qui la traverse ne doivent jamais vivre, aucune possibilité, aucune chance, juste le mort. Nous sommes dans les montagnes, ils vont passer par le peu de taiga qu’ils ont, quoi qu’il arrive je ne veux pas que vous risquiez vos et mes forces, les frappes sont chirurgicals mais je veux qu’on sache à chaque fois où ils sont, ce sont 12 000 guss qui se ballades, vous avez vue ce que 20 000 prennent comme place ? On ne vas pas les rater. Dès qu’ils se reposent je veux qu’il y ai des morts, dès qu’il boivent je veux qu’ils souffrent, ils n’auront aucun repos et dès que mes renfort seront là, alors nous viendrons les écraser comme le déchet qu’ils sont. Par les deux coté des flancs de montagne.
    Parmi les hommes que je vous laisse il y a des télépathes, n’hésite pas à me faire parvenir le moindre message, le moindre rapport même incomplet, on ne joue plus à dire ce qu’on veut, on gagne cette guerre et on jouera après.

    Si ça ne vous vas pas parlez maintenant où taisez vous à jamais.”


    La Reine l’écoute sans t'interrompre, le visage impassible, mais le vieux singe de Lulu vois bien les visages de ses gardes et de ses officiers autour d'elle se décomposer à mesure que il balance son arrogance à son visage comme des fecesses dans d’autres culture beaucoup plus bas dans la chaine. Ce n'est pas exactement des façons de parler à une monarque, Il s’en doute - même une monarque en faute – et ce même si ça lui porte malheure. Un des Sindarins, près d'elle, fait un pas vers le zélos carré et son armure, l'air furieux, visiblement déterminé à le remettre à sa place, ça qu’attend Lupen avec impatience, mais la Reine fait un simple geste de la main et il s'arrête aussitôt, très dépité. Là-dessus, elle se redresse et le regarde en face, les yeux brillants d'indignation.

    « J'ai sans doute eu le sang chaud en vous exhortant à prendre cette initiative, mais vous n'étiez pas forcé de mettre vos pas dans les miens. Jusqu'à preuve du contraire, je ne commande pas à votre armée. Vous avez même été plus expéditif que je n'ai pu l'être - à moins que ce ne soit votre ego de mâle qui ait parlé... » Un sourire fin, un peu désagréable, passe sur son visage alors qu'elle se rappelle les termes provocateurs de la missive qu'elle t'a envoyée, mais elle reprend vite son sérieux, levant le menton avec fermeté. « Car ma volonté était d'attendre ce rapport d'espions avant de partir au front. Alors je vous demanderais de faire preuve d'un peu d'humilité pour une fois et de changer de ton en ma présence. Je suis Viwien Caledor, vous êtes un capitaine. Ma parole vaut plus que la vôtre, et vous feriez bien de vous en souvenir si vous souhaitez rester en fonction. Je ne rendrai pas rendre compte de votre erreur au duc, car je suis aussi fautive que vous. Mais dites-vous bien que la plupart des souverains de ce monde ne sont pas aussi honnêtes et aussi courtois que je peux l'être. »

    Le chef toujours bien levé vers le Lulu, elle soupire un peu, cependant, et sa mine perd légèrement en sévérité alors qu'elle réfléchit à son propos.

    « Je vous concède qu'il est préférable de revenir sur nos positions. C'est ce que nous ferons, pour le bien de nos hommes. J'espère que ceux que vous m'offrez feront preuve d'autant de... discipline qu'on ne le vante des soldats d'Arghanat. »

    Elle le considère de la tête aux pieds d'un regard lourd de sous-entendus, s'interrogeant en elle-même sur la possibilité qu'on l'ait trompée sur la marchandise.

    « Mais je ne vous ferai pas l'affront de les refuser. C'est d'accord. Repartons vers l'est. Même si nous finissons par être moins nombreux qu'eux, le chemin entre les montagnes est plus étroit, et il ne leur servira à rien de s'y jeter par dizaines de milliers. Et en ce qui concerne le reste de vos... exigences. » Elle lève un sourcil. « Si fait. Il ne sera pas dit que Canopée laisse la moindre chance de survivre à des barbares qui ont l'infortune et la vulgarité de se croire assez puissants pour s'assoir sur l'honneur des Sindarins. »

    Il la regarde juste un instant, pose un petit sourire, et se retire tranquillement, Tekum saura ses moindres fait et gestes, si il ne les sait pas déjà, il n’as donc aucune raison de les caché, mais bon faire croire à une pimbèche hystérique qu’elle est magnanime peux surement aider à jouer au scrabble un jour ou l’autre sous sa tente, quoi que sont officier supérieure, un peux énerver à un meilleur profile …

    Il envoit donc 5 000 de ses hommes avec hystériquette et les jupettes, et dans un ordre travailler se retire avec les autres gardant tout en envoyer deux nouvelles demandes de renfort avec les nouvelles informations.

    Le temps est venu de préparé la suite… MOUHAHAHAHAHA

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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Mar 24 Mai - 19:07

Elle avait sans doute trop traîné et voilà.

Voilà qu’elle se retrouvait devant cette petite falaise bloquée par la rivière. Bloquée était un bien grand mot. Elle savait parfaitement nager, mais sans réelle vitesse ni possibilité de manœuvrer dans l’élément liquide, elle ferait une cible parfaite pour la jeune archère et ses compagnons.

Cela faisait plus d’un jour que cela durait et elle se demandait comment Niniel avait réussi à la suivre. Ses dons de chasseresse, d’éclaireuse couplés à sa haine pour le Zélos sans doute avait toujours réussi à la mettre sur la piste de la fugitive. En contrepoint cette dernière pouvait se demander comment elle avait pu échapper aux flèches empennées de jaune.

Dès le milieu de la matinée elle avait aperçu à contre-jour les silhouettes des pisteurs. Immédiatement elle avait fait ce qu’il fallait pour mettre les plus de distance entre eux et elle. Que ce soit les hommes de Rash ou ceux de Vanyar, elle ne devait pas tomber entre leurs mains Dans les deux cas, le pire était à craindre pour elle, même si maintenant que sa mission était accomplie elle se sentait plus détendue et moins concernée par sa propre mort.

Cela avait été facile. Elle se souvenait que la Taïga devait s’épaissir à moins de 10 jets de flèches et le « chemin des ombres » lui permettrait de prendre de l’avance sur ses poursuivants. Un peu plus loin, une grotte ou une tanière lui servirait d’abri en attendant que la patrouille ne se décourage. Et en effet, la grotte avait tenu ses promesses. Cependant une corneille trop bien connue vient la survoler avant qu’elle puisse y disparaître. Pas besoin de pester contre l’oiseau, elle devait reprendre la fuite. Niniel ne devait pas être loin et si elle ne voulait pas se retrouver coincée entre elle et le relief, elle devait faire vite. Elle ne croyait pas si bien dire. Alors qu’elle se fondait dans l’ombre, une flèche siffla avant d’aller se perdre dans les obscurités souterraines qui auraient dû abriter la Zélos.

Au moins savait-elle à qui elle avait affaire. Elle aimait mieux cela. Elle avait pu constater que la jeune Sindarine était la meilleure de ses compagnons de rébellion. L’adversaire était donc de taille et la partie serait tendue et perdre devant une telle adversaire était presque un honneur. En outre, si elle était accompagnée de ses deux frères les choses devenaient plus intéressantes mais plus compliquées. Elle devait savoir si elle était seule ou accompagnée. Elle réapparut sous un talus dans le dos du détachement afin de les compter.

Formation traditionnelle de quoi former une tenaille tout en pouvant modeler sa forme en fonction des mouvements de la proie… Trop nombreux pour les affronter tous…  Niniel menait la danse.

*Tu n’as rien perdu de tes talents, petite…
Et toi le grand frère attentionné. Tu ne la laisserais pas seule dans une entreprise importante hein ?*


Le télépathe était détaché un peu du groupe de façon à  tous les voir et transmettre les informations en temps réel.
Si elle laissait faire elle serait bientôt à leur merci. Elle devait se montrer prudente ou cesser de tenir le rôle de la proie. Elle détestait cette posture. Elles se comptaient sur les doigts d’une main ces occasions où elle n’avait pas été la chasseresse et où elle ne pensait pas à acculer ou surprendre sa proie. Le seul avantage aujourd’hui était qu’elle pouvait se mette à la place de ses poursuivants et jauger du danger qu’ils représentaient afin d’anticiper leur stratégie. Elle connaissait les pouvoir de déplacement de Niniel, ceux de télépathie de son frère. Une autre semblait pouvoir se téléporter sur de courtes distances. La dernière n’avait pas encore usé de magie. La Zélos en avait déduit qu’elle gardait des pouvoirs de combat en réserve. Tant que la traque se poursuivrait elle ne serait pas la plus dangereuse. Pour le moment Niniel et la téléporteuse étaient les plus menaçantes. Plus d’une fois elle avait dû réagir en urgence et puiser dans sa magie pour mettre de la distance entre ces deux éclaireuses. A deux si elles s’organisaient bien, elles pouvaient l’obliger à puiser deux fois plus dans son essence divine. Les flèches avaient fusé dans sa direction, heureusement sans succès jusqu’à présent, mais la Zélos sentait qu’elle ne pourrait sans doute pas toujours compter sur la chance ni même su la connaissance du terrain que lui donnait sa précieuse carte. Chaque fois qu’elle trouvait un abri, elle parvenait à recharger au moins ses réserves d’énergie. Une fois elle mit la corneille en joue, mais renonça à l’abattre.

*Igrim se ramollit*

Elle ne savait pas si c’était l’exacte vérité ou si elle renonçait à attiser plus encore le courroux qui semblait brûler dans l’esprit de Niniel. De son côté ce n’était pas le courroux qui la tendait mais son affection pour l’archère. Elle se reprochait cette faiblesse et aurait donné beaucoup, pour que leur ancienne complicité retrouve le rayonnement qu’il avait avant sa trahison qu’elle ne parvenait pourtant pas à regretter…

Ce furent sans doute ses sentiments contradictoires qui causèrent sa perte.

*Igrim ne peut pas partir ainsi. Elle doit s’expliquer.*

La question était de savoir comment signifier ses regrets sans risquer de recevoir une flèche sindarine. Les traqueuses étaient trop proches les unes des autres pour prétendre en approcher une, c’est-à-dire Niniel sans se retrouver à la merci des autres. Ne restait plus que le télépathe. Son rôle l’obligeait à se retrouver parfois un peu à l’écart et elle pouvait espérer en profiter. En outre, il avait toujours fait montre de calme et de circonspection. De là à devenir un allié il y avait un pas qu’il n’était pas forcé de franchir, mais s’il y avait une chance, c’était vers lui qu’elle devait se tourner. Vanyar n’était heureusement pas présent, une chance, car lui n’aurait pas hésité une seconde à la cribler de flèches.

L’attente fut longue. Elle avait une nouvelle fois réussi à mettre quelques distances entres elle ses poursuivants, et s’était tapie sous une avancée rocheuse où la corneille même ne pouvait l’apercevoir. Tous les sens en alerte, elle attendait qu’Olorin apparaisse. Elle savait qu’elle avait plutôt bien manœuvré et même aurait pu prendre définitivement le large grâce à des apparitions hors des ombres qui avait réussi à jeter le trouble dans l’organisation des traqueurs, mais elle avait pris sa décision, celle tendre une dernière fois la main à Niniel.

*Une Zélos amie avec une Sindarine arrogante !*

C’était stupide elle le savait mais quelque chose était plus fort qu’elle. Elle devait le faire. Le jeu n’aurait pas été aussi serré, elle aurait presque éclaté de rire en pensant à ce qu’aurait pensé Léogan en la voyant perdre ainsi son temps.

La silhouette du télépathe apparut alors au sommet de l’ondulation de terrain. Elle ne voyait pas les autres, mais elle se devait d’être prudente et d’au moins attendre qu’il descende vers elle pour avoir moins de change d’être repérée ainsi sur une éminence aussi faible soit elle. Elle savait que la vitesse lui était indispensable. Sa lame sortit du fourreau. Elle se fondit dans l’ombre pour réapparaître soudain dans l’ombre du Sindarin, juste derrière lui. Elle lui ira la tête en arrière par les cheveux tout en plaçant le fil de la lame sur sa gorge.

« Je ne veux pas te tuer. Dit à Niniel que je suis désolée. Je ne voulais et ne veux pas lui faire de mal »

La seconde pisteuse se matérialisa à ses côtés abattant une lame sur elle. Elle eut juste le temps de lâcher sa prise sur les cheveux de son prisonnier pour se saisir du bras armé de son assaillante et la déséquilibrer juste le temps de re-disparaître dans l’ombre d’Olorin. Elle sentit comme un sentiment d’étouffement comme si les ténèbres ne souhaitaient pas la libérer.  Elle se débattit en insufflant un supplément d’essence divine dans sa manœuvre. Elle ressortit par le première « porte » que son esprit put esquisser. Elle n’eut pas longtemps, à réfléchir sur cet échec. Peu d’alimentation et peu de sommeil alliés à une utilisation régulière de son essence divine n’avaient pas supporté l’urgence de sa manœuvre. Elle se retrouvait à présent vidée de toute ressource magique. Elle regarda autour d’elle.
Dans son dos le roc et devant elle la rivière. Déjà au-dessus d’elle, la maudite corneille tournoyait implacablement. A sa droite Niniel apparaissait derrière des blocs morainiques et à sa gauche deux autres archères…

*Igrim voulait voir Niniel ? Elle est servie.*

Elle laissa tomber son arme dans le sable et se tourna vers son ancienne amie, les bras écartés du corps, droite et fière malgré la fatigue, un léger sourire fair play aux lèvres.

« Niniel a gagné la partie. »

Derrière elle, elle entendit les pas légers sur la rive et devinait les pointes rivées dans son dos alors que la chef de l’expédition tenait un trait encoché sur sa corde. Elle avait du mal à imaginer ce qu’elle pensait à  ce moment. Elle avait seulement la certitude que le meilleur n’était pas à venir. La mort ne lui faisait pas peur. Elle regrettait simplement qu’elle arrive si tôt mais à tout prendre qu’elle vienne de la jeune Sindarine lui convenait assez. Elle avait toutes les raisons du monde de lui en vouloir et avait mérité sa victoire. En dernier lieu donner la mort à quelqu’un qu’on connaissait finirait de l’endurcir et pourquoi pas lui permettrait de survivre plus longtemps.


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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Jeu 26 Mai - 7:58

Veto restait muet et écoutait ce que ses homologues et son supérieur avaient à lui reprocher. Depuis la veille, ils étaient arrivés un à un à la citadelle principale sur ordre du Colonel qui était parti depuis un moment et avait demandé à ce que son état-major restreint soit réuni à son arrivée prévu dans deux jours. Manifestement, il avait fait plus vite que prévu, le début de la guerre ayant immanquablement pressé son voyage. Le Colonel venait de Aggersborg où il avait terminé avec d’autres Lieutenants les préparatifs de l’armée de soutien d’urgence situé là-bas. Il n’avait pas encore été informé de la demande de renfort envoyée à la citadelle. Rien d’étonnant puisque celle-ci était partie cette nuit et que Drakaïn Erbordin était arrivé dans la matinée. Ils avaient dû se croiser.

Par le plus grand des hasards, un autre Colonel se trouvait également présent à la citadelle. C’était une femme qui participait à la conversation sans pour autant vouloir intervenir. Veto avait déjà entendu parler d’elle, une femme de caractère qu’on ne devait pas manquer d’appeler « Colonel » et jamais « Madame »… Et à ce qu’on disait, un pion placé là par Léogan. Mais Veto connaissait le Général et si placement il y avait eu, il ne faisait aucun doute qu’il était judicieux. Ainsi donc, Veto ne risquait pas de faire de faute de protocole quant au sexe de ce supérieur ou de remplacer le cérémonieux « Mon Colonel » par quelques familiarités : Véto était très cérémonieux.

Les trois autres Lieutenants venaient des différents secteurs de la taïga et Veto avait eu l’honneur d’être leur coordinateur, certainement à cause de la manière dont il avait su se rendre utile durant la défense de Gaeaf contre le colosse. Il n’avait pas nécessairement fait beaucoup plus que les autres ce jour-là mais lui avait le mérite d’avoir été sur place contrairement à ceux présent dans cette région. Il échangeait avec eux depuis deux semaines mais c’était la première fois qu’ils se retrouvaient en chair et en os autour de cette table. Manquait à l’appel le Lieutenant en charge du secteur de l’autre côté de la chaîne de Svenning. Et tous avaient compris que ce n’était plus la peine de l’attendre…

Ils tenaient désormais à quatre cette ligne de front depuis une semaine mais l’attente avant l’assaut phelgran comptait autant pour eux dont les nerfs avait bien failli lâcher plus d’une fois. Et depuis Windigard, ils savaient tous pertinemment que leurs effectifs étaient inférieurs à ceux de l’ennemi. La situation n’avait pas encore significativement évolué de manière à souder les Lieutenant autour de leur coordinateur et cette réunion était l’occasion pour Veto de rallier ses homologues à sa cause. Pourtant, depuis trente minutes, leur Colonel, avec l’appui inébranlable de l’un des Lieutenants tenait le crachoir et le leur versait sur la tronche, Veto le premier.


« C’est inacceptable ! La situation ne peut plus durer !
-Voilà deux semaines que vous êtes à la tête de ce territoire et vous n’êtes arrivé à rien !
-À rien si ce n’est à perdre un fortin et près de la moitié de nos hommes ! »

Mais dans son malheur, Veto faillit se brûler à une lueur d’espoir tant elle fut inattendue. Ce fut une surprise incommensurable de voir que l’inconscience de son Aspirant quant au protocole militaire et à la hiérarchie pouvait avoir une utilité. Du coin de l’œil, le Lieutenant Havelle regarda celui qu’il avait renommé depuis deux jours « traine-patin » prendre la parole face au Colonel sans y avoir été invité.

« En réalité, nous n’avons perdu que deux-mille hommes, monsieur. Soit un dixième de nos effectifs. »

Un silence de plomb s’abattit sur l’assemblée. Les neuf personnes présentes fixèrent l’Aspirant. Il y avait ici le Colonel de l’armée de Terre du Corps Territorial, son homologue enprovenancedu Lac Gelé et quatre Lieutenants affiliés à la défense du territoire de la Taïga dont Veto. Chaque lieutenant avait à son service un Aspirant –au grand damne du Lieutenant Coordinateur Havelle qui supportait depuis deux semaines l’incapable qu’on lui avait assigné. Il y avait donc dans la salle de commandement, pour cette réunion de crise, dix personnes et une seule semblait ignorer que le rôle qu’elle était sensée jouer dans pareille circonstance était celui de porte-documents. Ses homologues Aspirant –aussi appelés Sous-Lieutenants– avaient un air tout bonnement effrayé et leurs supérieurs se contentaient d’être surpris. Veto, qui commençait à s’habituer à ce genre de bourde, fut celui qui reprit conscience le premier et retira enfin le crachoir au Colonel. Il détourna ses yeux de l’Aspirant qui feuilletait les rapports en pleine réunion et ne se rendait toujours pas compte des regards tournés vers lui. Et avant que le Colonel n’explose de rage, le Lieutenant en charge de la forteresse de Lindholm se redressa, quittant enfin sa position voutée et appuyée au-dessus de la table de cartographie militaire.

« Colonel, je regrette tout autant que vous l’avancée des troupes ennemis sur notre territoire et avoue avoir surestimé l’effet que la guérilla que j’ai amorcée contre elles. J’endosse l’entière responsabilité de ce manque de résultats.
-Et qu’est-ce que ça peut me foutre que vous redescendiez sur terre maintenant, Lieutenant ! Encore heureux que vous assumiez ! » Explosa le Colonel dont la rage avait finalement trouvé quelqu’un sur qui se déverser.
« Cependant, les rapports parlent de pertes supérieures chez l’ennemi, mon Colonel. » précisa le Lieutenant Goldamar, en charge de la partie Nord-Est et légèrement fatigué d’entendre leur supérieur beugler dans son oreille droite depuis le début de cette réunion.

Le colonel se rembrunit encore un peu, la couleur de son visage devenant indéfinissable. Curieusement –et Goldamar s'en rendit compte rapidement– cette intervention n'aida en rien le volume sonore moyen de la conversation à diminuer...


« Et alors ? Au risque de me répéter… Qu’est-ce que ça peut nous foutre ! Konrad ! Rappelez-nous combien de ces fils de chiens nous arrivent dans le lard ?
-Environ quarante mille, mon Colonel. » répondit le Lieutenant en charge du fortin le plus à l’Est, complètement isolé des combats depuis le début du conflit et le plus assuré de recevoir des renforts de Aggersborg en cas de pépin. Depuis le début de leurs échanges, même épistolaire, Veto lui avait trouvé une certaine propension à la flatterie et l’avoir vu retourner sa veste aussi promptement à l’arrivée d’un plus haut gradé courroucé le confortait dans ses premières impressions…
« Quarante mille ! Plus du double de nos hommes ! Et sans compter les Oreillards !
-En effet, mon Colonel. D’ailleurs aucun rapport des troupes du Lieutenant Havelle n’a su indiquer les effectifs de ces Renégats.
-Et vous, Havelle, face à cette marée d’enfoirés phelgranne et sa petite surprise nébuleuse d’Oreillards, vous dispersez nos troupes ! Mais pour l’amour de Kesha ! Réveillez-vous, mon gars ! Rappelez-moi les troupes immédiatement ! Allez ! »

Le Colonel donna un coup de poing sur la table, faisant trembler les repères sur la carte de la taïga. Son visage commençait enfin à reprendre couleur humaine, maintenant qu’il semblait sûr d’avoir repris le dessus sur le Lieutenant, comme en témoignait ses dernières exclamations aux connotations paternalistes.
Alors Veto se pencha à nouveau sur la carte et commença à réajuster consciencieusement les empilements de graines, graviers et écailles de pomme-de-pin dont il se servait pour symboliser les troupes dispersés à travers la sur la taïga.


« Mon colonel, laissez-moi finir mes explications. Laissez-moi vous présenter une dernière fois ma tactique et ensuite, si celle-ci ne vous convient pas,…
-Parlez, Havelle ! Évitez-moi le couplet de « vous ferez ce que vous voudrez de moi… ». Vous voulez que j’en fasse quoi de vos troupes maintenant que vous avez foutu la merde ? Que je me plante à votre place ? »

Veto prit son temps pour répondre, vérifiant que personne ne voulait renchérir, attardant son regard imperceptiblement las sur Konrad qui crut le remarquer et se rengorgea de manière vexée.

« Non, mon Colonel. Sauf votre respect, j’allais vous assurer que je me plierais à vos directives. Comme je l’ai dit, je saurais assumer les conséquences de mes actes et comme vous l’avez dit, mon Colonel, nous sommes bien trop peu nombreux pour espérer les arrêter de front alors laissez une chance à mon plan de vous convaincre. »

Le Colonel se redressa et croisa les bras, peut-être légèrement intrigué par ledit plan mais surtout manifestement surpris par le ton de Veto qui depuis le début de cette réunion gardait son calme. Il jeta un nouveau coup d’œil aux mains tranchées au-dessus desquelles le Lieutenant venait de passer sa paume en même temps qu’une nouvelle vague de froid dans le but de garder les effluves gelées dans les tissus qui ne demandaient plus qu’à pourrir. Il leur avait présenté ce colis d’une manière presque détaché, comme on montre une boite de confiserie gâchée. Ce n’était qu’un jeunot à ses yeux mais il devait reconnaître qu’il semblait relativement serein pour un gamin qui venait d’être catapulté au front avec autant de responsabilités.

« Bon. Je vous écoute. Mais soyez clair, à défaut d’être convaincant.
-À vos ordres, mon Colonel. Les troupes phelgrannes se trouvent au Sud de notre position. Ils n’ont manifestement pas envisagé de traverser la taïga par l’Est, en passant au Sud de Caralwed. Ils passeront donc au Nord et devront forcément rencontrer l’un de nos trois avant-postes : le fortin que j’ai fait fortifier dans les contreforts de la montagne ; Lindholm dont nous préparons également les défenses depuis ma mutation ici ; ou au pire des cas, le campement Sindarin Loyalistes au Sud-Ouest. Mais je ne vois aucune raison à un tel détour. Depuis le début, il semble clair qu’ils n’ont pas peur d’être arrêté. Ma stratégie de guérilla les a même confortés dans cette attitude, certainement.
-Vous vous vantez, là, ou je me trompe ?
-Plus que de la vantardise, c’est un constat que j’ai intégré dans ma réflexion, Lieutenant Konrad.
-Et vous n’avez pas imaginé qu’ils pourraient nous assiéger sur ces deux places et continuer tout droit sans plus avoir à se soucier de nous ? Parce qu’apparemment, il arrive toujours plus de ces rats de Sharna tous les jours depuis la frontière !
-S’ils faisaient cela, ils rencontreraient l’autre campement de Sindarin au Nord-Est. Nous nous retrouverions presque à notre avantage car ils auraient eux-mêmes créé trois fronts et se retrouveraient au milieu de la bataille, annulant leur supériorité numérique de manière grandiose.
-Doucement, Lieutenant. » intervint le quatrième Lieutenant, assigné à la côte Ouest, le plus âgé des quatre. « Qu’en est-il du terrain ? Où en sont les fortifications du fortin ?
-Vous avez dû le voir en arrivant, Lieutenant Wildem : mes hommes ont défriché en grande partie la zone entre Caralwed et Lindholm, notamment pour y préparer des pièges incendiaires et renforcer le fortin. Une grande partie du bois a également été utilisée dans l’agrandissement du fortin pour y accueillir davantage d’hommes. Cette extension se localise le long de la pente pour éviter les débordements par les côtés et offrir un meilleur angle de tir à nos armes de jet. Les patrouilles sont de moins en moins nombreuses dans la taïga pour cette raison depuis quelques jours. Des civils réfugiés nous aident également et nous avons su tirer profit des magiciens dans nos rangs.
-Oh que oui, nous l’avons vu ! Mais par Kesha, dès que les Phelgrans arriveront à la lisière de votre friche, ils auront une vue magnifique sur le fortin ou Lindholm ! Vous pouvez oublier votre Guérilla, Havelle ! Vous qui refusiez la confrontation…
-Bien au contraire, mon Colonel. Pour éviter qu’ils nous manquent et s’engagent vers le campement Sindarin, nous voulons être comme deux tâches dans leur paysage de conquête totale.
-Pourtant vous avez dit tout à l’heure que les laisser s’avancer entre nos trois avant-postes seraient une situation parfaite !
-C’est parfait pour scinder leurs forces, Lieutenant Goldamar. Mais le campement Sindarin est le moins fortifié des trois. Les pertes dans les rangs de la Dame de Calédor seraient énormes et risquerait de ne pas contenir l’ennemi très longtemps. Je préfère l’idée que Lindholm et le fortin soient tous deux des leurres incontournables à leurs yeux et que les archers de Calédor puissent harceler leur siège depuis le revers et le couvert des arbres, une fois que les Phelgrans seront bien à découvert. »

Tous avisèrent la carte un instant jusqu’à ce que Konrad balaie l’air au-dessus des monticules, sa voix résonnant toujours d’une condescendance à l’adresse de Veto, mettant le calme de celui-ci à rude épreuve.
« Et en terme d’effectifs, ça représente quoi ? J’aimerais bien savoir où sont passés tous mes hommes car vous ne m’en avait laissé qu’un demi-millier à l’Est.
-Vous n’en aurez pas besoin davantage pour le rôle que votre secteur a à jouer. Et en cas de soucis, vous pourrez toujours compter sur Aggersborg. Pour l’heure vos hommes auraient un rôle de soutien logistique auprès du Campement de Calédor au Sud. Ils ont récupéré une force de frappe plutôt… incisive : une meute de Leweiras. Votre rôle sera de cibler les convois de ravitaillement qui continuent de passer la frontière. Dix mille hommes ici, à la forteresse, cinq mille dans le fortin et j’ai demandé aux Sindarins Loyalistes de me réserver la moitié de leurs effectifs, ici, au Nord, dans chacun de ces deux campements : Nord-Est et Ouest. Environ six mille dans chaque.
-Et vous comptez repousser quarante mille Phelgrans avec à peine vingt-sept mille hommes, Lieutenant Havelle ?
-Dont la moitié sera des oreillards ? Par Kesha, c’est tout bonnement stupide !
-D’autant plus, qu’en parlant des Sindarins, vous nous avait affirmé tout à l’heure que vous preniez ce colis » rappela Wildem, sans même poser le regard sur les deux mains tranchées au bout de la table. « comme l’annonce vaniteuse des Renégats qui se joindraient sous peu aux Phelgrans…
-En effet. Et c’est là que vos hommes et vous intervenez. Et c’est pour cela que nous n’aurons que vingt-cinq mille cinq cent combattant pour recevoir les Phelgrans.
-Quoi ? » s’étrangla le Colonel.

Veto désigna une pincée de pignons de pin qu’il regroupa sur les monts du Sud-Ouest de la Taïga.


« Quels que soient leurs effectifs, ces Renégats sont assez peu nombreux pour être passés inaperçus depuis deux semaines. Je ne doute pas qu’une bataille rangée aura raison de leur contingent si tant est qu’elle soit bien menée. L’autre moitié des hommes de Calédor doivent intercepter ces Renégats durant leur progression vers le front phelgran. Le Campement Loyaliste au Sud-Ouest est particulièrement bien placé en la matière. Et je ne remettrai jamais en doute les capacités de ces… Oreillards, comme vous dites, pour tendre des embuscades, mêmes à leurs congénères. Si j’ai laissé autant d’effectif à la Reine pour cette opération, c’est parce que j’ai bien l’intention que cette interception soit assez résistante pour repousser les Renégats vers les Landes tourbeuses à l’Ouest. Là-bas, comme vous le voyez sur la carte, la taïga laisse place à une petite zone de terre balayée par les vents marins : une toundra praticable à pied mais aussi à cheval. » Le regard de Veto se posa sur le Lieutenant Wildem qui avait déjà à demi-mot compris son rôle dans ce plan. « Le Lieutenant Wildem a en charge notre régiment de cavalerie depuis le début de cette guerre dans cette région ; ce qui représente environ cinq cent hommes montés répartis en quatre escadrons de cavalerie.
-Nous avons environ un millier d'hommes réparti dans les deux bastions sur la côte Ouest » se permit de continuer le Lieutenant concerné, échangeant un regard entendu avec Veto, signifiant qu’ils avaient conscience tous deux de penser de la même manière. « dont deux escadrons de cavaleries qui intégreront la charge contre les Renégats en plus de nos fantassins et archers. À vue de nez, mon Colonel, je dirai un quart de cavalier, un quart d’archer et une moitié de fantassin au bouclier.
«Notre rôle serait de venir cueillir les fuyards que les Loyalistes feront sortir du bois. Ils connaissent le terrain et doivent repousser les Renégats vers les tourbières où ils seront piégés. »

Il y eut un silence durant lequel Veto fixa le Colonel et crut voir une certaine lueur de respect, sinon de curiosité dans l’œil de son supérieur. Mais c’est Goldamar qui rompit le silence :

« Que deviennent les deux autres Escadrons de Cavalerie ? Restent-ils cantonnés à l’Ouest, Lieutenant Havelle ?
-Non. J’ai demandé au Lieutenant Wildem de faire venir le reste de la cavalerie il y a trois jours.
-Ils devraient arriver demain dans la matinée. J’ai rattrapé le convoi et l’ai dépassé après l’annonce de cette réunion.
-Ces unités nous serviront à enfoncer les lignes ennemies en cas de siège ou d’assaut sur les Phelgrans. Une fois les Renégats neutralisés, Lieutenant Wildem, vous devrez nous rejoindre le plus vite possible ici. Ce renfort de cavalerie sur leur arrière garde devrait nous être utile lorsque le front se sera enlisé.
-Je dois avouer, Havelle, que je suis quelque peu rassuré de savoir la cavalerie à nos côtés. Mais combien de temps mettrez-vous à nous rejoindre, Wildem, une fois les Oreillards Renégats neutralisés ?
-Je n’ai pas dit que mon plan allait se révéler agréable, mon Colonel. » répondit Veto à la place de son homologue. « Plutôt que de baser toutes nos forces derrière ces murs et charger de front sans marge de manœuvre, je préfèrerais pouvoir, avec ce plan, attaquer de différents côtés cette masse compacte phelgranne qui sera occupée à vouloir nous déloger de nos deux places fortes. En attendant nos renforts derrières nos fortifications, nous devront tenir bon jusqu’à ce que le siège devienne plus intenable pour eux que pour nous. Je ne crains pas trop que l’on perde Lindholm. Elle est trop bien située et trop bien agencée pour que nos ennemis puissent en venir à bout. D’autant que leur voyage à travers la Taïga ne leur a pas permis de transporter de machine de siège alors que nous en avons plusieurs. » Veto tenta autant que possible de cacher les songes funestes qui l’assaillaient parfois et où Lindholm partait en cendre et eux avec. Dans cette optique, il tenta de rassurer le reste de l’état-major en leur montrant sa prévoyance qui se voulait sans faille. « Cependant, il n’en est pas de même pour le fortin qu’il faut s’attendre à voir tomber plus facilement. J’envisage un repli par Caraweld pour les occupants de cet avant-poste. Les troupes de Calédor devraient se disperser dans la Taïga ou se joindre à la défense de Lindholm si elles le peuvent. »

Veto jouait avec les tas de pions improvisé sur la carte, tentant de se faire comprendre le mieux possible avec les gestes pour étayer ses propos. Le fait était qu’il n’avait aucune idée de comment pourrait se passer la bataille en réalité. Il n’avait d’ailleurs jamais assisté à un siège. Plus aucun Terran à Cimméria n’avait connu de vraie guerre depuis sa naissance. C’était presque à en regretter la paix…

« Si ce plan échoue ou si leurs pertes ne suffisent pas à les décourager et à faire demi-tour, nous les laisseront passer, le temps de reconstituer nos forces. Les troupes ennemies qui passeraient ne pourront plus être interceptées qu’à votre fortin, Goldamar. Vous serez la dernière ligne de défense. À ce moment-là, espérons que les renforts d’Aggersborg ne tardent pas trop. Les rescapés par Caralwed se joindront à vous et nous tenterons de vous rejoindre par tous les moyens avec les troupes de Calédor pour harceler leur arrière garde. »

Un long silence perplexe suivit cette longue discussion. Seul un éternuement écœurant de l’aspirant de Veto le rompit mais plus aucun des chefs militaires dans la salle n’avait d’attention à accorder à « traine-patin ». Tous regardaient la carte et Veto se sentit enfin, après tant de longues journées angoissantes, moins seul au monde ; moins seul en enfer. Et si le Colonel n’avait pas encore donné son avis sur ce plan, Veto se dit que ce silence était plus évocateur encore qu’une réponse formulé. Il avait fait mouche.

Jusqu’à ce que le Colonel Azelexah Til'Fareth sorte soudainement de sa torpeur et déconcerte enfin un Veto qui semblait des plus sûrs de lui durant ses dernières annonces.



Colonel Azelexah Til'Faneth

« Alors vous ne laissez que cinq-cents hommes au bout du col du Mont Caralwed ? Je sais que cette zone-ci de la taïga semble pour le moment relativement épargnée par les assauts ennemis, et vous faites peut-être pleinement confiance à l'armée d'Arghanat et aux Canopéens, mais si je puis me permettre, c'est une décision risquée. » Konrad sembla un instant le plus intéressé de tous autour de la table et le Colonel Til’Fareth ne manqua pas d’appuyer ses propos en le fixant un instant et en ajoutant : « Parce que je ne veux pas vous inquiéter, Konrad, mais j'ai reçu aujourd'hui une missive de la Reine qui déplore la perte de son camp le plus au sud. Il est probable que l'armée phelgranne décide finalement de passer aussi par le col, et notre bastion qui est censé en contrôler la sortie, se trouvera d'après votre plan, Havelle, dépourvu d'une garnison conséquente pour les accueillir... Le Lac Gelé et Oakbrigs peuvent tenter de vous envoyer des renforts, mais je dois vous prévenir que nous sommes déjà suffisamment occupés avec les raids que la flotte ennemie lance sur nos côtes. Les effectifs que je pourrais vous octroyer seront restreints.
« Je ne vous conseille pas d'y mettre dix-mille hommes, bien entendu. Le col est étroit, il n'est d'aucun secours d'y entasser nos soldats, et notre infériorité numérique serait au contraire un avantage. Mais notre bastion, là-bas, est censé servir de barrage au cas où Arghanat et Canopée ne sauraient retenir le flot ennemi qui, alors, viendrait se déverser dans les villages du Lac... Pour le bien des populations civiles, qui sont en majorité installées là, je préfère vous prévenir... Cinq-cent, Havelle, c'est trop peu. Demandez au moins un renfort à Aggersborg. »

Cette simple annonce lança un silence de mort sur la réunion où une lueur d’espoir à peine naissante semblait sur le point de s’éteindre. Plusieurs regards se tournèrent vers Veto qui mit une seconde avant de se rendre compte qu’il avait ouvert la bouche sans plus la refermer. C’est le Colonel Erbordin qui finit par reprendre le dessus et ramena Veto à la réalité.

« Combien d’hommes pensez-vous pouvoir mobiliser pour Konrad, Havelle ? Le Colonel Til’Fareth a raison. On ne peut pas laisser une telle zone d’ombre à la seule charge d’Oreillards et de Sudistes…
« Je… Excusez-moi, mon colonel.C’est que je ne peux pas adapter ce plan avec si peu d’éléments… Si le Colonel Til’Fareth pouvait… » Mais Veto s’arrêta dans sa phrase après avoir eu une illumination.

Le Lieutenant s’ébranla et saisit avec brusquerie son Aspirant par le col. Le jeune homme failli lâcher les documents qu'il lisait pour lui seul depuis tout à l'eheure et perdit l’équilibre en émettant un gémissement pathétique. Mais la prise de Veto maintint « Traine-Patin » debout et de son autre main, il se saisit des documents que l’incapable allait laisser tomber.


« Aspirant… » Commença Veto en relâchant prise avec toujours autant de brusquerie et en commençant à feuilleter la pile de rapports. « Il va vraiment être temps que nous ayons une petite conversation. En attendant, je vous prierai de sortir d’ici sur le champ.
-Mais… » s’étrangla l’insolent avant de ne pouvoir émettre d’autre sons : son Lieutenant avait anticiper ce manque de coopération et avait posé d’un geste sec ses documents sur la table de cartographie pour sortir manu militari l’impudent et son faciès de poisson trépané. La seule raison pour laquelle Veto ne lui fila pas de coup de pied au cul et à plus forte raison ne le rossa pas comme plâtre sur l’heure était que cette réunion était plus importante que tout. Veto revint au pas de charge à sa place et se saisit du tas de papiers. Il se sentait soudain fiévreux et ses doigts se laissaient envahir par des tremblements tant dû à l’exacerbation croissante qu’il tentait de refouler qu’à la panique de se retrouver ainsi humilié devant l’état-major restreint.

« Vous avez fini votre cirque, Havelle ? » interrogea le Colonel Erbordin sans la moindre once d'empathie dans la voix.
-Veuillez m’excusez, mon Colonel : manifestement, cet ab… Cet aspirant avait oublié de me communiqué ce rapport de la Dame de Calédor. » Il avait osé répondre à son supérieur sans même regarder dans sa direction. La panique s’emparait petit à petit de lui mais maintenant qu’il avait retrouvé le document recherché, il s’évertuait à le lire le plus rapidement possible. Cependant, un silence gênant de quelques secondes s’abattit sur l’assemblée. Et à nouveau, c’est le Colonel qui perdit patience le premier.
« Bon ! Havelle ! »

Veto finissait tout juste de saisir les dernières informations capitales du document et le reposa en toussotant pour reprendre contenance. Il était temps de réagir vite et dignement pour ne pas perdre le crédit de l’intégralité du plan ; montrer son adaptabilité.

« Vous avez raison, mon Colonel. Lindholm devrait pouvoir se passer de cinq cent hommes, ainsi que le fortin. D’autant plus que les hommes qui travaillent à la fortification de l’avant-poste pourront se montrer utile au col. Il faudra faire vite pour que les barricades et les pièges soient prêts avant l’arrivée des troupes phelgrannes qui pourraient bifurquer. Lieutenant Konrad, je vous conseille de passer par les contreforts Sud de Caralwed et vous emmènerait nos hommes avec vous.
« Colonel Erbordin, si je puis me permettre de vous poser la question : comptiez-vous retourner à Aggersborg à l’issue de cette réunion ?
-Oui, puisque vous m’avez appris que vous aviez envoyé une demande de renfort via un messager à cheval. Je compte y superviser l’expédition de ces troupes et puisque j’y suis, je constituerai un détachement pour aller supporter le fortin de Konrad. »Le colonel se tourna vers le responsable du fortin Su-Est. «[color:dead=# 993366] Vue la topographie là-bas, le Colonel Til’Fareth a raison : inutile de vous noyer sous les effectifs qui pourrait vous être désavantageux en cas de siège à cause de la nourriture. Je vous enverrai un peu de bectance tant que j’y suis. Disons que j’envoie mille hommes en plus de ceux de Havelle… Deux-mille cinq-cents hommes pour tenir ce siège devrait être suffisant et raisonnable. Mais n’espérez pas les voir arriver avant les Rats, Konrad. Vous aurez quelques jours et mille-cinq-cents hommes pour préparer le terrain. Vous ferait le tour des aménagements qu’a opéré Havelle sur l’avant-poste au pied de Caraweld avant de repartir. Ça ne m’avait pas l’air trop mal en passant tout à l’heure.
-B… bien, mon Colonel ! »Bégaya le Lieutenant Konrad en se raidissant dans un salut.
« Quant à cette demande de renforts pour le fortin au Nord-Est, je ne sais pas combien d’hommes il est raisonnable d’espérer encore de la citadelle d’Aggersborg. Elle n’était pas sur une frontière hostile, vous savez… Je ne peux rien promettre. Mais je rédigerai moi-même la missive de demande de renfort pour Aggersborg. Par corbeau, la lettre arrivera peut-être même avant votre cavalier, Havelle. Et bien avant moi. Je prendrai la tête de ces troupes sur la route.
-Je ferai savoir aux civils qui travails sur les chantiers qu'on aura rapidement besoin d'eux là-bas. Peut-être que certains voudront se joindre aux mille hommes que j'envoie. De plus, je pense que nous devrions également accepter le support des garnisons du Lac Gelé que vous nous proposer, Colonel Til’Fareth. Après cette réunion, j’enverrai des missives au Général Jézékaël et à nos deux alliés pour leur manifester notre tactique.
« Mon colonel, que pensez-vous d’appliquer la même tactique au fortin du Lieutenant Konrad qu’ici ? Laissons les Phelgrans qui s’aventurerai par le col venir s’échouer sur l’avant-poste et demandons aux Sindarins et à Arghanat de se charger d’une attaque de revers en plus du harcèlement des convois de ravitaillement.
-Qu’en est-il des Leweiras ?
-Nous ne pouvons plus compter sur cet appuis-ci. » annonça Veto en reprenant la feuille et relisant la ligne faisant mention du passage de cette meute sous le service des Hommes du Duc d’Arghanat. « Mes hommes maintiennent une surveillance rapprochée auprès d’un Garagos ! Ils le contiennent dans un secteur isolé de la Taïga. Je comptais l’utiliser en vue d’une attaque à revers pendant le siège mais à la réflexion, il pourrait être ingérable sur un champ de bataille. Même s’il n’était qu’à usage unique, bien réfléchi, le faire attaquer un convoi important perturbera certainement de manière très significative l’alimentation des deux sièges. S’il devait y en avoir deux... »

***
[Bonus digestif, vous pouvez sauter]

Finalement, le Colonel Erbordin avait fini par accepter ce plan. Il sentait les lacunes, comme les autres dans l’état-major restreint, mais personne n’avait de meilleure idée à proposer en contrepartie. Le lendemain, le Lieutenant Wildem était rapidement reparti pour l’Ouest ; Erbordin avait décidé d’emprunter le même chemin que Konrad pour regagner le Sud-Est. À cette annonce, la joie de vivre du Lieutenant flatteur avait repris le dessus sur sa morgue depuis qu’il avait compris qu’il n’avait plus droit à l’erreur non plus. Cela ne surprit ni Veto, ni le Lieutenant Goldamar. Les deux officiers s’étaient rendus au Fortin au pied du mont Caralwed où la majorité des hommes était passés du commandement d’un Lieutenant à l’autre. Ils marchaient au milieu des fortifications, l’aspirant du Lieutenant Goldamar suivant la marche à un bon mètre en arrière, triant des papiers. Veto avait chargé son propre aspirant de se tenir à la disposition du Colonel Til’Faleth jusqu'à son départ. Et il ne doutait pas qu’à partir de ce matin, « Traine-Patin » serait réellement plus attentionné et dévoué à sa tâche.

« Vous avez mal aux mains, Lieutenant ?
-Ça devrait rapidement s’arranger. » Dit simplement Veto en se rendant compte qu’il se massait les jointures.

Le Lieutenant-Coordinateur joignit ses mains dans son dos tout en se doutant que ses gants de cuir ne pouvait pas cacher plus longtemps leur réelle utilité aux yeux du Lieutenant en charge de l’Avant-Poste Nord-Est de la Taïga. Lui-même aurait certainement abattu son poing sur la face de son aspirant en pleine réunion dans la même situation que Veto hier. Il n’aurait certainement pas su se contenir comme il l’avait fait. Mais Goldamar reprit rapidement la conversation là où ils l’avaient laissée, laissant derrière eux toute insinuation.


« Ils ont su jouer avec le dénivelé. C’est vous qui avait supervisé l’extension des fortifications ?
-Non. J’ai donné mes directives seulement. Le fortin est sous les ordres du dernier rescapé de Windigard.
-J’ai suivi de loin cette histoire.
-Je préfère autant qu’on n’en parle pas en public. Le moral des troupes, vous comprenez…
-Tout à fait. »

Les deux hommes avaient sensiblement le même âge et se tenait sur un petit escarpement assez plat. Près d’eux, des balistaires finissait d’assemblait les dernière pièces de leur engin. La machine avait été déplacée depuis Lindholm jusqu’ici en grande hâte. La baliste n’était pas énorme mais les blocs qu’elle lancerait seraient capables de disperser les rangs des assaillants et c’était le principal.

« Vous avez du feu grégeois à ce que je vois.
-Beaucoup moins qu’il y a une semaine, mais j’estime que les pertes ennemies en valait la peine.
-Cette baliste est-elle capable de lancer ce type de munition ?
-Les balistaires rechignent à le faire et je ne suis pas pour non plus. Nous avons quelques pyromanciens et des pièges incendiaires dispersés dans la clairières pour ce genre de chose. Non. Cette caisse est là en cas de retraite.
-Ah oui ! Vous en avez parlé durant la réunion hier… la stratégie de la terre brûlée…
-Elle a fait ses preuves. J’aurais voulu l’appliquer davantage mais je ne pouvais pas expatrier tous les villages à l’avance. La trajectoire des Phelgrans était trop incertaine. »

Leur regard se portèrent sur les bûcherons encore à l’ouvrage dans la clairière artificielle qui s’étendait maintenant de manière presque continue entre Lindholm et leur position.

« Vous avez accompli un travail titanesque !
-Oui. La magie du dévouement militaire. Mais pas que. Beaucoup de réfugiés ont été réquisitionnés, parfois de très bon gré. Une bonne centaine a dû se joindre au convois du colonel et de Konrad si mes yeux ne m'ont pas trompé ce matin. Tous ceux qui nous ont aidé ici étaient plutôt satisfaits de pouvoir se venger des rixes de Phelgra. Tenez, le groupe là-bas, c’est un village de bûcheron presque au complet. J'espère les convaincre de vous rejoindre au Fortin Nord-Est une fois la tâche accompli ici. Cela ne devrait plus tarder. Ces forcenés sympathiques seraient prêts à prendre les armes et à se joindre à nous pour le siège si je les laissait faire.
Vous préférez donc me les envoyer ? plaisanta Goldamar.
-Qui sait... Il pourrait être le détails qui fera pencher la balance en notre faveur si les Phelgrans arrivent jusqu'à vous. répondit Veto, sur un ton malheureusement moins enjoué que la plaisanterie l'aurait voulu. Passant outre, il revint aux travaux. Pour en revenir à notre efficacité, nous avons plusieurs Xylomanciens et Pyromanciens assez efficaces qui travaillent d’arrache-pied depuis plus d’une semaine déjà. Dès le début, j’ai voulu fortifier ce fortin et dégager les deux zones alentours de Lindholm et d’ici, pour ne pas que l’ennemi sorte du bois à quelques mètres de nos palissades. »

Devant eux s’étalé une large bande de terre où il ne restait plus que quelques rares arbres, laissés judicieusement pour gêner la progression de l’ennemi ou abattu et laissé là en chablis, piégés parfois avec de l’huile ou des caisses de feux-grégeois. Un magicien s’évertuait à ordonner à une souche de sortir ses racines du sol pour faciliter son déracinement.

« C’est remarquable. Mais je ne vois pas beaucoup de femmes et d’enfants.
-Beaucoup sont remontés vers le Nord. Ceux resté ici ne font qu’une halte. Nous n’avons pas assez de ressource pour les accueillir à la citadelle ou ici. D’autres arriveront bientôt à votre avant-poste et je vous laisse l’initiative de les envoyer à travers le désert pour le temple de Soulen, Aggersborg ou ailleurs…
-Je verrai sur place. Mais je ne m’inquiète pas trop pour eux. Vivre dans cette région endurcit les cœurs et les corps. À ce propos… Vous avez parlé d’un Gar…
-Encore un sujet que j’aimerais éviter en public. » Veto se détourna du point de vue et laissa Goldamar le rejoindre un peu à l’écart des hommes tous affairés. « J’ai une équipe de téléporteurs qui se charge de canaliser la bête et de la nourrir assez loin de nos lignes et assez proche de celles ennemies pour leur permettre de l’attirer sur eux le moment venu. Ce n’est pas un petit morceau. Il a manqué d’exterminer une de mes équipes avec un Lhurgoyf… D’après les derniers rapports, les téléporteurs note une augmentation de l’agressivité de l’animal. Il suppose que leur présence et leurs disparitions incessantes à ses côtés y sont pour quelque chose.
-Je plaindrais presque les Phelgrans…
-Moi pas. »

Résumé de l’action tactique:
 


Dernière édition par Veto Havelle le Mar 31 Mai - 6:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La Guerre de Cimméria ϟ Les Traqueurs de la Taïga   Lun 30 Mai - 16:43

Note de service


LUPEN ET VETO : Je suis navré, je n'ai pas trouvé le temps de faire vos MJ, qui sont plus ou moins coordonnés, ça viendra bientôt. Je poste le MJ d'Orchid, qui est fini, pour lui permettre de continuer d'avancer, j'espère que vous ne vous en sentirez pas lésés haha...
A bientôt !

MJ d'Orchid : Retour de flammes



HRP : Bravo ! Excellent jet ! Je t'ai donné le droit de choisir, du fait de ta réussite critique, la proposition qui te plaisait le plus, tu as été joueuse, et je t'en remercie. Tu n'es donc pas encore tout à fait sortie d'affaire, mais tu auras de toute façon l'opportunité de t'en tirer en un seul morceau, c'est promis. Je te donnerai peut-être un bonus si tu es en trop grande difficulté.

Seizième jour.

La pointe effilée d'une montagne semblait s'élever juste là, au-dessus de leurs têtes. Ils ne pouvaient en apercevoir le sommet, noyé dans les nuages et les brumes qui encombraient le ciel. Comme souvent, le temps s'était gâté en quelques heures, et quelques instants avant qu'Orchid ne se saisisse d'Olorin, il commença à bruiner un crachin vif et cinglant.

« Quelle hypocrisie, murmura le Sindarin entre ses dents en entendant l'avertissement précipité de la jeune femme. C'est un peu tard pour se soucier du mal qui pourrait lui arriver... »

Le visage fermé, Olorin se massait la nuque en considérant la Zélos qui l'avait brutalement empoigné, quelques secondes auparavant, et qui venait de jeter les armes pour se rendre. Au dessus de leurs têtes, Mithra, la corneille mantelée, l'avertissait en piaillant de l'arrivée de Niniel, et il darda ses yeux clairs sur la femme qu'ils traquaient depuis quelques jours déjà pour enfoncer plus brutalement que d'usage les barrières de son esprit et vérifier si cette fois elle n'avait pas l'arrogance de mentir. Mais un rugissement de rage résonna derrière lui et l'empêcha d'aller beaucoup plus loin dans ses investigations.

« TOI ! Espèce d'abrutie stupide ! »

Bouillonnante de fureur, les muscles bandés et les cheveux blond cendré en bataille, une certaine jeune fille venait de flanquer par terre tout un matériel d'archerie pour ne saisir qu'une flèche à empenne jaune dans son poing, et avançait à grands pas vers la Zélos.

« Attends... ! Niniel ! Elle pourrait... !
– Ça, c'est pour Vanyar ! »

Sans attendre d'autre avertissement de son frère, la jeune Sindarine s'était déjà dressée devant Orchid, qui la dominait malgré tout d'une bonne tête, et elle avait levé son poing gantelé en l'air pour le lui assener de toutes ses forces dans la figure, qu'il percuta dans la mâchoire d'un bruit sec. Un grognement de colère lui déchira la gorge alors qu'elle sentait déjà sa main enfler pendant qu'elle rétractait son bras, mais ce n'était que pour lui donner un nouvel élan.

« Et ça c'est pour Olorin ! »

Son poing plongea, cette fois, et cueillit la jeune femme dans l'estomac jusqu'à la soulever de terre, tandis qu'Olorin, en arrière, accourait pour arrêter sa sœur.

« Et ça... »

Reculant légèrement alors qu'Orchid se pliait en deux, le souffle coupé, Niniel reprit une petite inspiration en s'essuyant le nez dans son gantelet avant de lui décocher sèchement un grand coup de pied dans les genoux pour la faire s'écrouler par terre une fois pour toutes.

« C'est pour m'avoir trahi dès que ça t'a semblé le plus profitable... »

Les petites dents blanches de l'elfe crissaient les unes contre les autres alors qu'elle considérait sa victime de haut, accaparée par un violent élan de déception qui lui tordait les tripes, et malgré tout un goût insupportable de compassion, un sentiment ignoble de plaisir à retrouver ce visage familier, qui lui remontait comme une bile dans la gorge. Comment avait-elle pu tomber si bas...

« Tu me dégoûtes... Comment j'ai pu seulement accorder ma confiance à une créature de ton espèce...
– Niniel... l'appela discrètement Olorin, qui lui avait attrapé faiblement le coude, derrière elle.
– Je ne me suis pas encore décidée sur la manière dont je te ferai vomir les entrailles, tu as quelque chose à suggérer... ? Zélos ? »

Sifflant entre ses dents comme une vipère, Niniel dardait ses deux grands yeux verts sur le visage au teint si étrange d'Orchid et enfonçait vivement le tranchant de sa flèche dans la peau de sa gorge.

« ...Niniel.
– Quoi, encore ? répliqua-t-elle, piquée au vif, en tournant la tête vers son frère qui observait la scène d'une mine ombrageuse.
– Peut-être que tu devrais lui laisser... commença-t-il, inspirant une grande goulée d'air pluvieux, l'opportunité de s'expliquer.
– C'est une plaisanterie ? s'exclama-t-elle, sans pouvoir s'empêcher de laisser courir un petit rire odieux de mauvaise foi contre ses cordes vocales.
– Elle aurait pu me tuer il y a quelques instants, avoua Olorin, à mi-voix. Elle a dit... qu'elle n'avait pas l'intention de te faire de mal.
– Non mais tu crois encore à son baratin, toi ? Sans blague ! Elle n'avait pas l'intention de me faire de mal ! Tu ne t'es pas fait assez rouler dans la farine par celle-là ?
– Je sais que ça peut sembler étrange, mais... je ne crois pas qu'elle mentait, murmura le télépathe, dont les yeux insondables scrutaient toujours les traits crispés de douleur d'Orchid.
– Vraiment... ? Pff. C'est ridicule. »

Mais Olorin ne réagit pas à la pique impatiente de sa petite sœur, l'esprit filant toujours à travers les défenses de la Zélos, face à lui, conduit par une incompréhension qui lui donnait presque le vertige. Alors Niniel se retourna vers la jeune femme et cracha par terre avec mépris, un sourire affreux sur le visage.

« Alors c'est que tu es encore plus stupide que ce qu'on peut dire des Zélos. Tu as réellement pensé qu'en nous vendant aux Lanetae, il ne m'arriverait rien ? »

Dégageant son front moite de quelques mèches qui s'étaient défaites de sa coiffure et qui s'y collaient, Niniel leva les yeux au ciel et laissa traîner un silence dérangeant entre eux.

« S'ils m'avaient attrapée, ils m'auraient infligé le même sort qu'à mes frères. Après ils m'auraient donnée aux Phelgrans, qui m'auraient sûrement allongée en croix dans la paille et je te laisse imaginer le reste. Il ont battu Vanyar jusqu'à l'inconscience, ils lui ont cassé des côtes, le genou, la main et la moitié des orteils, son crâne était en très sale état. Olorin s'en est un peu mieux tiré, mais si une de mes amies n'avait pas été soigneuse, il ne serait pas là aujourd'hui. Alors franchement, qu'est-ce que... » D'une profonde inspiration, elle tenta de faire passer la colère qui lui était montée tout à coup à la tête et tira dans un caillou qui traînait là dans une flaque pour éviter de remettre un coup de pied dans les côtes d'Orchid. « Mais c'est grotesque !
– Qu'est-ce que tu escomptais tirer quand tu as décidé de nous trahir... ? enchaîna Olorin, d'une voix plus lente, toujours plongé dans ses réflexions. Si tu avais pour dessein de tuer les Lanetae, par vengeance, ou que sais-je, Vanyar aurait parfaitement souscrit à ton entreprise... Tu travailles pour les Cimmériens...?
– Grands dieux, Olorin ! s'écria Niniel avec humeur. On s'en fiche !
– Moi je ne m'en moque pas. Je voudrais que tu la laisses parler.
– Mais enfin pourquoi ?!
– Parce que c'est quand même très étrange, rebondit-il, d'une voix patiente, le regard plein de sévérité, alors qu'il contournait précautionneusement Orchid tout en l'observant, pour se poster derrière elle. Elle travaillait pour Elerinna Lanetae. Elle l'a aidée à s'enfuir jusqu'au village d'Inoa. Les autorités cimmériennes se sont livré à une chasse aux sorcières depuis lors, les anciens partisans de la fille de Rash sont traqués, tués à vue, ou offerts en pâture à une justice expéditive. Cette femme est recherchée par les Cimmériens, et pourtant elle a cherché à décapiter la chaîne de commandement de nos troupes en mettant Vanyar au placard et en tuant le général. J'aimerais comprendre.
– Elle nous a planté un couteau dans le dos, annonça sa sœur, d'un ton qu'elle voulut faire aussi péremptoire que le sien. Ses motivations ne m'importent pas. Qu'est-ce que ça peut faire, bon sang ? Elle nous a traités en ennemis, je ne la traiterai pas autrement.
– Je pense que c'est important.
– Pour l'amour de... Très BIEN ! s'écria-t-elle, de toute la force de ses poumons, levant les mains au ciel d'exaspération. Mais ne perds pas de temps ! »

D'un pas vif, Niniel s'écarta de la jeune femme pour aller tourner en rond comme un fauve en cage, la fusillant à l'occasion du regard, les poings serrés à s'en briser les articulations, tandis qu'Olorin venait s'accroupir dans l'herbe face à cette Zélos qui restait imperturbable devant lui comme une énigme à résoudre.

« Merci... murmura-t-il à l'adresse de sa sœur, avant de fixer Orchid d'un regard soucieux. Et tu peux la remercier aussi... Igrim. Ou qui que tu sois. ...qu'est-ce qui explique ta présence ici ? Pour qui travailles-tu ? »
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