Jeu d'Influences

Bienvenue

Sur Istheria, RPG heroic-fantasy issus d'un univers original où de multiples aventures vous attendent.

Liens rapides

Effectifs

• Eryllis: 2
• Ladrinis: 2
• Eclaris: 1
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 2
• Nérozias: 2
• Gélovigiens: 8
• Ascans: 1
• Marins de N.: 2
• Civils: 9

Temps actuel

An 1305 de l'ère obscure

Saison:Béamas Mois:Tiria
[Décembre/Janvier en temps réel]

Membres du mois


Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Jeu d'Influences

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
:: The Boss ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: The Boss ::
Le Messager
MessageSujet: Jeu d'Influences   Dim 26 Juil - 18:08



Jeu d’Influences

Les deux soleils se couchaient à peine à l’horizon rougeoyant de Ridolbar, recouvrant d’or les toits sombres de la cité. En ce mois de Tiria où la douceur des beaux jours faisait son retour, le peuple d’ordinaire méfiant se trouvait majoritairement dans les rues pour fêter le changement de saison. C’était l’une des rares fêtes de l’année qui anime le quotidien morne des citoyens, aussi ils rendaient sincèrement hommage au jeune dieu Gréis, capricieux saint patron des jeux et du divertissement.
L’après-midi avait été étouffante à cause d’une lourde chaleur, un de ces temps couverts et instables qui pouvait se muer en orage à tout moment. Néanmoins maintenant que les températures étaient plus supportables tout le monde comptait en profiter ; que ce soit via des parties de dés, des pots entre amis… ou pour guetter patiemment que les plus enivrés tombent d’ivresse, afin de leur faire les poches sans rencontrer de résistance.
Un certain nombre de marins de Noxis avaient fait le déplacement depuis Mavro Limani jusqu’à l’intérieur des terres afin de s’attirer les faveurs du dieu enfant, dans l’espoir de faire fortune pendant leurs longs voyages. Bruyants et bon-vivants, ils se faisaient aisément remarquer par leurs manières bourrues, leurs tenues extravagantes et les exclamations proférées en jouant au Grizkom, un jeu de cartes fort populaire dont ils étaient les inventeurs. Les rumeurs couraient aussi que des Ladrinis étaient présents -en plus grand nombre que d’ordinaire plus exactement- en dépit des lourdes primes qui pesaient parfois sur leurs têtes. Difficile de savoir si leur soudain intérêt pour les Jeux de Gréis était lié au fait que les jeux d’argent et autres paris soient légaux pendant les trois prochains jours, ou bien s’ils préparaient de frapper un grand coup pendant que les gens avaient les yeux ailleurs. Pour l’heure ils ne s’étaient pas faits remarquer, mais peut-être attendaient-ils le creux de la nuit pour passer à l’action.

Dans l’ensemble la ville demeurait dangereuse et malfamée, quoi que dans un ordre relatif depuis le mandat de Rashell Samarcande. La région débordait de groupes criminels aux intérêts incompatibles, où il ne faisait pas bon être fortuné à moins de grandement investir à sa propre sécurité et connaître les bonnes personnes. Cependant malgré la mauvaise réputation de Ridolbar, aucun incident majeur n’était à déplorer depuis l’aube qui avait marqué le début des festivités. La garde était préventivement postée à tous les points clés dans le but d’éviter tout remue-ménage, servant d’yeux et d’oreilles à madame le Maire. De plus pendant les trois jours de commémoration les magouilles et le banditisme semblaient mis en suspens, du moins en apparence. Gréis était une des rares divinités appréciées de presque tous les Isthériens, croyants ou non, que ce soit par foi sincère ou par pure envie de faire la fête.
C’est pourquoi de grands feux de joie avaient été allumés dans les principales places et les tavernes s’étaient installées sur les esplanades de la ville. Souvent les aubergistes rôtissaient de gros morceaux de viande et de poisson à l’air libre, laissant les alléchants fumets parfumés d’épices convaincre les plus sceptiques de céder à la tentation. La ville était en effervescence, et pour une fois ce n’était pas une mauvaise chose. Là où les bas quartiers fourmillaient d’une foule compacte animée de musique et de troupes de comédiens, les rares zones les plus aisées étaient occupées par les camelots, brocanteurs et autres marchands. On racontait aussi que les riches festoyaient chez eux plutôt que de se mêler aux péquenauds, aussi c’était une célébration populaire avant tout.

Au milieu de tout cela il restait encore le discours des trois religieux, ambassadeurs divins attendus à la cérémonie d’ouverture de la joute équestre, attraction principale de la soirée. Comme chaque année le choix des invités était fait selon la méthode aléatoire, ce qui fixait qu’en plus de Gréis les élus seraient Aléa, Fen et Kron. La Haute Prêtresse étant la seule à pouvoir répondre présente parmi les dignitaires, d’autres Gélovigiens furent choisis pour la remplacer, elle et ses homologues. Jade d’Aléa, Darian de Fen et Psyche de Kron. Leurs noms étaient soufflés par les plus croyants, les plus indifférents se moquant bien de savoir qui allait retarder la partie intéressante du spectacle. Les avis étaient devenaient mitigés aussi vite que l’argent voyageait de main en main, au gré du vent et de la chance qu’accordait Gréis aux joueurs.
Mais la soirée commençait à peine, les uns et les autres mettaient leurs pions en place tandis que le plus grand nombre festoyait de tout son soûl, comme si demain n’existait pas. Et pouvait-on les en blâmer ? Si ça se trouve dans quelques semaines ils seraient contraints de se présenter devant les cavaliers, envoyés sur le front d’une guerre lointaine dont les raisons leur échappaient. Une alliance avec des sindarins ? C’était du jamais vu, puisque même à Taulmaril leurs camps avaient été ennemis. Les temps changeaient, les alliances aussi. La peur et le scepticisme avait mis le peuple sur ses gardes. Qui aurait l’audace de contrarier les plans de Sharna, leur dieu impitoyable, de s’affranchir de sa poigne de fer ?

La fortune sourit aux audacieux disait-on… mais ne serait-ce pas un sourire moqueur ?


◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊

1. Aucun ordre de post n'est défini, vous pouvez intervenir quand vous le souhaitez ou le jugez nécessaire.
2. Sachez que chaque action et décision aura une potentielle incidence sur l’issue finale du sujet, les informations à disposition de votre personnage, ainsi que sur l’opinion publique.
3. Le MJ se garde le droit de poster à n’importe quel moment, aussi les tours de post peuvent être interrompus par des surprises ! Cependant pour commencer je laisserai les participants se placer dans le contexte.
4. En cas de doute ou de questions, veuillez MP Irina.
5. Amusez-vous et bon jeu !



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
:: Duc Aveugle/Fils de Fen ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: Duc Aveugle/Fils de Fen ::
Tekum Seh
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Lun 27 Juil - 14:06

    La douce histoire qui nous prend ici à la gorge dans ce parfum capiteux et enivrant qu’est celui du continent noir est un diptyque plein de grâce et de lame, de retournement et de danse qui se doit d’être compté est torturé dans les deux camps, celui des ombres et de la fange autant que celui des estrades et des honneurs. Nous allons donc danser entre le marchand qui page après des litres de bière dans les faussez puants, et le paysans qui écoute les esgourdes grandes ouvertes les discours d’un homme qui au fond ne pourrait le corrompre car il est bien trop bon et bien trop droit.
    Mais comptons plutôt que de discourir vainement.

    Il était temps de fêtes et de gaité, temps d’alcool et de jeux, il n’est pas temps plus intéressant pour les points qui s’immisce dans les cerveaux des hommes rendues prompte à la pensé vive mais aussi à la réflexion à plus long terme car ici on parle et on discourt autours de cartes que l’on tire ou que l’on pose.

    Ainsi il était un peut partout, pas seulement ici mais aussi en Phelgra des hommes qui tiendrait le même discours que ce que nous allons entendre, obombrant avec murmure les coté encore claire de cette guerre qui ne concerne personne, car sincèrement, des sindarins, les temps on peut être changer mais faire alliance avec ces êtres, déjà recule de chez eux, car la nouvelle est venu jusqu’ici, qui on défier les leurs, dont l’histoire est plus mauvaise que la plus part de celle que nous avons déjà compté, qui sont venu peu nombreux, se sont fait dilapidé dans leur fuite, ne sont que des couardes qui se sont réfugier dans les jupes des chevaliers. Et là sans raisons, si ce n’est probablement une magie ville et honteuse, les chevaliers, en sous nombres, seules et sans alliées se sont lancer dans cette guerre, comme ça ? Et ils espèrent qu’on y prendra part ? Non mais sincèrement ? Voilà les idées qui passèrent dans la tête d’Algos et d’autres, personnages connu des lieux, souvent vieux, du coin qui dans le besoin on échanger quelques dias contre la promesse de ne pas partir en guerre et de parler de ça avec d’autres. D’autant plus qu’ils étaient déjà d’accord avec cette histoire, depuis longtemps il leur semblerait, et puis ils en avaient déjà entendu parler dans une taverne de la part d’un inconnu, alors en parler pour quelques Dias et la promesse de quelques dias de plus ? Durant les fêtes des jeux ? Bien entendu qu’ils le feront. Et dans le même domaine ils vont parler de ces taxes qui les écrases déjà et qui ne sont que gabegie, même si ils n’utiliseront pas ce mot mais parlons en des termes plus crue de “Saloperie qui vous bouffe votre pain et qui vont encore augmenter avec cette connerie de guerre, on va bientôt gueuler famine et moi à ce moment là j’irais personnellement bouger mes fesses pour aller chercher mon pain dans le manoir des cavaliers ! D’autant plus que ces enfoirées qui ne pense qu’a eux seront surement déjà parti loin en guerre … Non mais ho” et puis lui ou autre crachera surement par terre en pensant cracher sur les chevaliers.

    Mais c’était un fait, le prix des denrées de base commençait déjà à augmenté quand elles n’étaient pas déjà en rupture de stock car l’armée les achetait ou souvant faisait main mise dessus, même si l’armée n’était pas seule c’était l’armée qu’on accuserait, qui d’autre payerai des bateau de commerce pour que le grain soit charger sur des bateau au couleur de la marine guerrière puis balancer à la mer dans des sacs lestez quand personne ne regarde ?

    Et puis on parlait aussi de cette historie de mercenaire, car les longues oreilles était revenu avec des mercenaires, qui s’étaient disperser dans les campagnes, et qu’il avait aussi fallut nourrir si ils ne s’adonnaient pas eut même aux pillages. On rallait sous cape, et des hommes venu du nord, de là où ils avaient monté leurs camps parlaient de ce qu’avait permis les chevaliers, car même suites aux demandes des hommes de là bas ils n’avaient rien fait contre cette bande de mercenaires qui avait détruit pour ce nourrir et violé les filles et les femmes de hommes là haut. La plus part venait avec rien et espérait se faire de l’argent pour pouvoir se reconstruire dans leur campagne natale, car même le bois était hors de prix, les chevaliers essayait de construire des machines et des bateaux depuis des mois, alors pour construire une ferme il fallait sortir au moins 100 fois le prix normal.
    Et là, pour une fois personne n’avait eut besoin d’aidé les hommes, c’était une des règles de la guerre, et les paysans n’aime jamais la guerre. D’autant plus que ceux du nord qui voyait en l’échange un moyen de se faire un peu d’argent avait vue les frontières se fermer et leur maigre revenu fondre comme neige au soleil avant de se faire rasé par ces bandes de mercenaires.

    C’était une logorrhée de complainte qu’on entendait donc entre deux jeux tenu par des hommes de partout qui avaient tous des soucis différents. Mais des soucis qui font grigner montrant leurs dents noirâtres et leur haine montante qui trouvait un écho dans celle des autres. Le plus dure étant souvent le prix des matières de premières nécessités qui montait, la farine ou de quoi se faire un bon gruau était inaccessible, il n’y avait plus de viande… On racontait même qu’une épidémie avait frappé plusieurs fermes ! Une maladie venu des terres humides, le monde s’abattait sur eut dans un seul et même mouvement, et ces cavaliers qui voulaient partir en guerre et aggravait le tout.

    Alors l’esprit du peuple tournait dans ses ronds carrées qui n’ont rien de prosaïque mais qui ferons peut être écho au discourt de Darian de Fen. Car Darian Fen est un homme du peuple, un de ces être qu’on croise souvant, un de ces prêtres que le temple de Fen à fait depuis que le Duc de Seh en est son maitre, un prêtre qui parcours le monde et aide les hommes à devenir meilleur, leur enseigne, fait vivre la culture des régions et donne sans compté car le Temple est riche par le Duc et il peut donc aider les autres, aider les hommes.
    Mais Darian, qui fera le grand discours plus tard n’est pas venu seul et alors qu’il traverse les ruelles il entend le discours d’un prêtre sans insigne qui n’a rien d’un homme de Fen si ce n’est sa façon de parler empreint de magie :


    “Ô fils des dieux ! Après avoir promis aux dieux de maintenir le monde dans votre pays et d'aider fidèlement les hommes à conserver leurs droits, et en tenant cette promesse plus vigoureusement que d'ordinaire, vous qui venez de profiter de la correction que les dieux vous envoient, vous allez pouvoir recevoir votre récompense en appliquant votre vaillance à une autre tâche. C'est une affaire qui concerne les dieux et qui vous regarde vous-mêmes, et qui s'est révélée tout récemment. Il importe que, sans tarder, vous vous portiez au secours de vos frères qui habitent votre pays et qui déjà bien souvent ont réclamé votre aide.
    En effet, comme la plupart d'entre vous le savent déjà, un peuple venu de l’est, des Sindarins viciés, ont envahi votre pays. Ils se sont avancés jusqu'à son cœur et plus précisément aux chevaliers qui vont on oublier, vous le peuple il y a déjà des années de ça. Dans votre, ils s'étendent continuellement au détriment de vos droits, de vos familles et de vos biens, et maintenant avec les sindarins à leur tête ils vous demandent de faire la guerre. Beaucoup sont tombés sous leurs coups ; beaucoup ont été réduits en esclavage. Ces hommes détruisent les croyances ; ils saccagent votre royaume.
    Si vous demeuriez encore quelque temps sans rien faire, vos frères seraient encore plus largement victimes de cette invasion. Aussi je vous exhorte et je vous supplie – et ce n'est pas moi qui vous y exhorte, ce sont les dieux eux-mêmes – vous, les hérauts, à persuader à tous, à quelque classe de la société qu'ils appartiennent, chevaliers ou piétons, riches ou pauvres, par vos fréquentes prédications, de se rendre à temps au secours de votre peuple, de vous même et de repousser ce peuple néfaste loin de nos territoires, de votre terre. Je le dis à ceux qui sont ici, je le mande à ceux qui sont absents votre devoir l’ordonne.
    Qu'ils soient désormais des chevaliers de votre colère, ceux-là qui n'étaient que des brigands ! Qu'ils luttent maintenant, à bon droit, contre les barbares, ceux-là qui se battaient contre leurs frères et leurs parents ! Ce sont les récompenses éternelles qu'ils vont gagner, ceux qui se faisaient mercenaires pour quelques misérables sous. Ils travailleront pour un double honneur, ceux-là qui se fatiguaient au détriment de leur corps et de leur âme. Ils étaient ici tristes et pauvres ; ils seront là-bas joyeux et riches. Ici, ils étaient les ennemis des dieux et des hommes ; là-bas, ils seront leurs amis !
    Car ils vous libererons du joux tourmenteur, du joue oppresseur, de celui qui n’a pas de nom si ce n’est la guerre contre une contré indue avec laquelle vous étiez allier, ci ce n’est celui de la famine qui commence et vous ronge, si ce n’est celui des filles de vos frères au nord qui sont ravagée par des mercenaires sans merci dans le seul but qu’il accepte de faire quelques pas de plus dans une guerre où l’ont vous demandera d’aller mourir de froid ! …”


    Mais Darian c’était déjà éclipsé dans les mouvements de sa chevelure flavescente, il était attendu même si il était certain d’entendre la suite de ce discourt quelque part.


Résumé:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar Invité
Invité

MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Lun 27 Juil - 14:35


Cela faisait plus d'un an à présent que Shell était officiellement à la tête de Ridolbar et elle avait eu l'occasion l'an passé de gérer l'événement au mieux, aucun problème majeur n'avait eu lieu, mais on apprend tout de même de ses erreurs, c'est un adage courant. Sauf que cette année, l'erreur ne venait pas d'elle, et le climat de conflit qui s'était instauré entre Cimmeria et Canopée, suivi par les Cavaliers de Sharna, s'était s'invité à aux célébrations.

La Maire de Ridolbar avait déployé en premier lieu des points stratégiques pour les festivités, certaines démonstrations et spectacles étaient concentrés dans telle rue, d'autres dans une tierce ; et surtout, les lices préparées pour le tournoi avaient été positionnée sur un champs de foire au pourtour de la ville pour accueillir tout le monde à l'heure dite ; alors que les concurrents étaient déjà présents dans des tentes réservés à chacun d'eux. Rashell tournait autour de sa propre tente, -il faut bien certaines commodités- près du champs de foire, accueillant les informations de ses gardes pour chaque incident relevé. Pour l'instant c'était plutôt calme. Le tournoi aurait lieu plus tard, mais elle se devait d'accueillir tout d'abord les représentants dans sa propre tente, question de protocole, on ne laissait pas dans la nature des hôtes de marque, surtout quand ils auraient à faire un discours à l'ouverture de la joute équestre qui allait venir.

Shell était à présent dans sa tente, assise sur une chaise en bois ; elle portait une tunique brune, une collier ouvragé repoussant sur un col fin et blanc, qui trouvait son écho dans la large ceinture blanche. Sa tunique descendait jusque ses genoux. Ses épaules étaient nues, mais ses mains étaient recouvertes de fines mitaines qui remontées jusqu'à mi-bras, cerclés par des bijoux qui en maintenaient le tissu :

- Dis-moi Braenn, tu as reçu des nouvelles des messagers qui sont allés chercher les représentants, ou des gardes qui les ont invité à les escorté ?
La sindarin ainsi interpellée quitta l'entrée des yeux et se retourna vers la maire de la ville :
- Non pas encore, mais s'ils les ont trouvé, ils ne tarderont sans doute pas à arriver.
Elle tenait une longue épée sans son fourreau, lacée à sa ceinture ; une capuche cachait les traits de son visage.
- Je l'espère, s'ils arrivent en retard on devra un peu repousser la cérémonie d'ouverture... Enfin, vu le monde qu'il y a dans la ville, à jouer, boire et profiter des spectacles, il y a de quoi les faire patienter.

Au milieu de la tente se tenait un buffet, pas digne d'une réception royale, mais qui tiendrait peut-être de collation avant la cérémonie pour les invités, peut-être venaient-ils de loin ; elle préférait être prévoyante.
Résumé:
 
Revenir en haut Aller en bas
:: Visage scellé ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: Visage scellé ::
Psyche Corona
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Lun 27 Juil - 15:33

Spoiler:
 

Jeu d'Influences

Un liquide tiède, épais et gluant vint coller la peau balafrée de ses joues au cuir de son casque. Elle le sentit s'échapper de ses glandes lacrymales en lui brûlant les yeux et se mêler à la chassie qui scellait ses paupières depuis maintenant presque un siècle. Ses longues mains fébriles tremblaient au même rythme que le jour de sa mort, mais elle tenta de combattre les spasmes en glissant son index et son annuaire gauche sous les lanières de son couvre-chef. Pour se faire, elle se vit obligée de presser ses joues avec puissance – elle sentait sous ses pulpes exsangues les ourlets de ses cicatrices et la viscosité immonde de la larme que son oeil semblait cracher. A la fois dégoûtée et saisie de panique, la prêtresse eut un misérable hoquet. Elle retira précipitamment ses doigts et se mit à frissonner de plus belle, sentant maintenant son visage se couvrir de la substance collante. Sans plus contrôler ses gestes, elle défit les sangles de cuir et retira sa coiffe avec rage alors que ses membres faiblissaient toujours plus. Elle jeta l'imposant atour à ses pieds et se mit à tâtonner frénétiquement à la recherche d'une quelconque étoffe. Ne rencontrant rien qui puisse la satisfaire, elle poussa un grognement déchirant et baissa la tête, défaite, puis se frotta les yeux tellement fort qu'elle faillit se les crever. Elle passa la paume de ses mains sur ses joues mutilées, chassa le fluide impur en tirant sur sa peau à tel point qu'elle eut du mal à garder les paupières closes.
Son essence semblait chauffer dans son esprit et former des caillots dans ses veines, comme des boules de lave. Elle ne la sentait plus circuler mais plutôt faire pression sous sa peau glaciale, et plus elle luttait, plus elle perdait toute perception du monde extérieur. Elle devint entièrement sourde, aveugle, sans pour autant se sentir en communion avec son état de revenante – comme elle le faisait quand elle s'éloignait de la réalité. Non, elle se sentait plus comme sous l'emprise du Myste Rouge.
Sauf que le Myste Rouge n'y était pour rien.

*
*   *

Au service de qui était-elle ?
Kron lui avait intimé de partir convertir les masses... Ou en avait-elle décidé ainsi elle-même ? Elle rendait ainsi service au Tourmenteur, c'était bien là tout l'intérêt... Mais Kron lui avait parlé avant cela... Ou était-ce après ? Ou peut-être ne lui avait-il jamais parlé. C'était donc sa volonté ? Ou celle du Tourmenteur ? Ou celle de Sharna ? Et celle de Kron... Ou la sienne... Ou celle de personne ? Sa propre voix, celle du second de Démégor et celle des Dieux semblaient se mêler en un brouhaha incohérent, grave, dissonnant, exprimé dans une langue qu'elle ne pouvait presque plus comprendre. Elle perdait même lentement la notion du temps et de toute chronologie, et ces derniers jours, il lui arrivait de sortir de ses transes persuadée qu'elle était encore Terrane. La dernière chose dont elle se souvenait avec une relative lucidité était la sensation de pure satisfaction qui l'avait embrassée quelques semaines plus tôt lorsque le Temple l'avait « nommée » pour remplacer le Haut Prêtre Maar aux festivités de Ridolbar. Le souvenir de cette jouissance ne lui évoquait maintenant plus qu'une joie malsaine, présage de mauvaises intentions, promesse d'obscures manigances – tout ce à quoi une Cavalière de Sharna aurait prêté serment, tout ce à quoi la prêtresse de Kron avait dignement tourné le dos après sa résurrection. Ainsi, même si dans un état pitoyable, maladif, elle se savait piegée par un sombre dessein, seule responsable de sa proche perdition.

Quelques mois plus tôt, Psyche avait promis à Wode de payer sa part du marché en usant de son influence pour convaincre les Phelgrans de soutenir les Cavaliers de Sharna, songeant qu'elle n'avait plus qu'à répandre la parole de Kron. Quand elle apprit, peu de temps après, que le Haut Prêtre Maar ne serait pas disponible pour la fête en l'honneur de Gréis, à Ridolbar, elle crut en un miracle. Son Dieu n'aimait plus qu'elle. Son Dieu ne servait plus que sa volonté, elle était son élue, sa favorite – et de loin. Comment aurait-elle pu avoir autant de chance sans une intervention divine ? Elle se précipita sur le poste vacant – jouant de quelques tours pour laisser le monde croire à une nomination légitime – et arriva à la ville des vices le coeur enflé par une confiance arrogante.
Elle logeait présentement dans une auberge d'une certaine distinction et, lorsqu'elle avait tenté de travailler son discours, un chaos s'était déchaîné en elle.

Sa cause était des plus abjectes, ses alliés indéfinis, flous, sans doute encore plus corrompus qu'elle, son estime et sa loyauté fondaient en une ignoble démence noire et sirupeuse qui lui dévorait la foi.

Il n'y aura aucun retour, aucune salvation. Pas une seconde fois. Elle ne pouvait plus que dévaler la pente avec la pointe de dignité qui lui restait encore, songeait-elle. Et demain, elle songerait :

« Je ne peux chuter car Kron est avec moi. »

Elle devenait folle.

*
*   *

Un homme de la Maire vint quérir la prêtresse alors qu'elle errait, mal à l'aise, proche de la tente de Dame Samarcande. L'agitation lui parvenait comme un essaim de guêpes désireuses de lui dévorer la cervelle. Elle ne lui adressa qu'un signe de tête tellement pathétique qu'elle put percevoir sa suprise, puis lui tendit un bras indolent pour qu'il la guide.


Spoiler:
 


Lacrimosa

   
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar Invité
Invité

MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Mer 5 Aoû - 20:47

Le héraut venu chercher la Prêtresse de Kron la guida, avec une petite troupe armée, à travers les tentes des célébrations. Les gardes restaient près de la Gélovigienne, une certaine foule s'était amassée et un brouhaha grondant s'élevait peu à peu dans son sillage. Parvenaient de ces paroles fortes qui ressortaient du lot, de la véhémence et de la colère dans des propos sans doute :

- « On ne veut pas des Cavaliers ! On a bien assez dans la misère, si c'est pour nous en ajouter ! »

C'était le peuple rassemblé qui parlait dans cette foule mécontente. C'était jour de fête, mais aussi de fortes tensions. La guerre qui s'était propagée du sein même de Cimmeria, via Elerinna Lanetae, jusqu'à l'aide des Cavaliers pour défendre l'honneur des Sindarins de sa famille, avait du mal à prendre son sens ici. D'autant plus pour Shell, qui avait fait comprendre sa position politique sur le sujet, ne trouvant pas l'intérêt de mener l'intégralité de ses troupes à la guerre et qui n'en avait réquisitionné que le strict minimum pour Démégor et sa guerre. Dans la cité de Ridolbar, nombreux, globalement, partageait cet avis, mais les tensions relevaient justement de vagues extrémistes pro-Shana, si l'on pouvait dire.

Le brouhaha s'intensifiait et les gardes commençaient à former une ceinture autour de la Prêtresse de Kron pour la protéger. Le peuple n'en voulait pas personnellement à la Prêtresse, sans aucun doute ; mais il est toujours aisé de se plaindre aux Grands.

A l'entrée de la tente, le héraut s'avança et annonça la nouvelle arrivante :

- « Dame Corona, Prêtresse de Kron. »

Rashell se leva de sa chaise et s'avança vers l'entrée de la tente et vers son invité de marque ; elle lui fit une révérence de la tête, un sourire des plus aimables aux lèvres.

- « Je vous souhaite la bienvenue, Dame Coro- ».

La Maire ne put finir sa phrase, surprise par l'homme qui lui sautait dessus, brandissant un poignard contre elle en criant :

- « Gloire à Sharna, il reprendra ses droits ! »

La Lhurgoyf, surprise, et si près de l'attaque, ne put pas réagir, mais Braenn, toujours sur le qui-vive, ne prit pas la peine de brandit sa propre épée et saisit le bras de l'assaillant, utilisant l'énergie imprimée dans le geste pour le pousser dans une autre direction ; elle immobilisa en lui faisant perdre son arme. Elle lui fit une clef douloureuse dans le dos et donna l'énergumène aux gardes qui s'étaient ameutés à l'entrée de la tente, leur donnant des ordres précis.

Rashell ferma les yeux un court instant en inspirant, et sourit à la Prêtresse avec un air contrit :

- « Je vous prie de m'excuser pour cet incident. soupira-t-elle ; mais elle se reprit : j'aimerais que ce genre de chose n'arrivera pas lors des discours... » acheva-t-elle avec un air plutôt insistant.

Ces derniers mots laissaient entendre certaines choses. Rashell s'était renseignée, et elle avait appris de ses informateurs que Psyche n'était pas si éloignée de la guerre, indirectement, elle pouvait y être liée, et s'était son passé qui en formait le nœud ; ce qu'elle fit bien sous-entendre.

Elle guida Psyche de la main vers le fond de la tente, l'invita à s'asseoir et lui demanda, un sourire aimable dansant sur les lèvres :
- « Souhaitez-vous boire quelque chose ? »
Revenir en haut Aller en bas
:: The Boss ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: The Boss ::
Le Messager
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Mar 8 Sep - 20:21



Jeu d’Influences

Dans une des ruelles animées de danseurs et autres artistes, un orateur avait pris la parole de sa voix grave et posée, délivrant une longue tirade lyrique au peuple de Ridolbar et à ceux venus d’ailleurs. L’attention générale avait été savamment monopolisée par l’introduction en fanfare du grand orchestre, qui mit en pause temporaire les diverses parties en cours. Certaines attentions furent captées par la propagande alarmiste qui hélas avait un gros fond de vérité. Les paris furent mis de côté un instant, même si certains en profitaient pour rentrer des cartes dans leur main ou déplacer des pions sur le plateau. Ici comme ailleurs la tricherie faisait partie du jeu… Il était bon de ne pas l’oublier.
Les mots quant à eux, furent perçus différemment par chaque personne présente, tantôt avec vive indifférence, parfois avec incompréhension de ce langage soutenu, tantôt avec une de ces angoisses progressives qui couvent au fond du ventre. Beaucoup de badauds étaient sceptiques et inquiets face à son plaidoyer pour un avenir qui était incertain. Néanmoins les plus impliqués dans la guerre à venir, ainsi que dans les différentes confréries étaient profondément indignés. La manœuvre était plutôt directe et si elle avait de bonnes chances de trouver les bonnes oreilles, elle en avait autant d'arriver aux mauvaises. Dans l’assistance un petit groupe de personnes s’entretenait au sein de la foule, où des murmures traduisaient les réactions mitigées des visiteurs. Le peuple bourdonnait comme un ruche qu'on aurait violemment secouée.

« Encore un qui ne sait pas tenir sa langue. J’parie qu’il verra pas la fin des Jeux. »
« Ouais, les bourriques ont des yeux partout. Il finira dans un caniveau avant la fin de la semaine. »
« Moins fort. On a encore des choses à faire ce soir, ce serait dommage de ne pas profiter. »

Des pièces circulèrent tandis qu’ils prenaient de macabres paris sur les circonstances de la mort précoce de l'intervenant. Le bon goût n’avait aucune prise sur la conscience de ceux qui compatissaient à peine, malgré leur façon de penser similaire. Après tout il fallait être fou pour tenir ouvertement tête aux seigneurs du pays. Quoiqu'ici comme ailleurs, les fous soient autant si ce n'est plus nombreux que les gens de raison.
Un des membres de ce même groupe, un homme aux cheveux blancs plaqués en arrière et un bouquet de roses à la main tapota sur l'épaule d'un de ses comparses et sur quelques dernières instructions, sourit avant de disparaître dans la marée humaine. Abel n'était pas homme à faire attendre une dame, surtout quand elle était dangereuse. D'un pas résolu il se dirigea vers les tentes et fila comme une ombre entre les soldats qui montaient la garde. Des voix féminines s'élevaient de l'intérieur. Prudemment il attendit sans se désarmer de sa bonne humeur. Enfin, lorsqu'un silence presque pesant donna une fin abrupte à la conversation derrière la toile, il aborda un des gardes en armure, qu'il approcha calmement. Ce dernier se montra méfiant d'entrée de jeu et lui interdit de rentrer, comme il s'y était attendu. Néanmoins ses atours de seigneur, le bouquet inoffensif dont le soldat avait inspecté chaque pétale blanc, la lettre portant le sceau d'Aléa, et finalement une poignée de dias glissés sous le papier finirent de le convaincre. Qui qu'il soit il connaissait les coutumes de Ridolbar, ce qui le mettait en de bonnes grâces... pour le moment.

« Laissez Dame Samarcande juger si je vaux la peine d'être reçu, c'est tout ce que je demande. Dites lui simplement que son Soupirant voudrait lui parler. »
Le militaire considéra, puis finit par opiner du chef. « J'donne pas cher d'vot' peau, monsieur, d'autres ont déjà essayé ce soir et m'dame la Maire n'aime pas être interrompue. Vous feriez mieux d'attendre que ce soit terminé, et prier que Gréis soit d'vot' côté. »

Abel sourit de toutes ses dents blanches, satisfait à l'approche de ce rendez-vous qu'il espérait passionnant. Et quoi de plus excitant que d'aller visiter le Dragon dans sa tanière ? Pour oublier l'adrénaline il posa ses yeux dorés au loin, sur la grande scène où un prêtre de Gréis accompagné de l'Innocent, l'adolescent élu de cette année, désignaient les gagnants de la grande loterie.
Après une dizaine de minutes un bruit de pas lui fit néanmoins tourner la tête, et un cri retentissant trahit l'attaque d'un fanatique de Sharna, qui ne sembla pas surprendre une garde du corps. Pendant que la dénommée Braenn arrêta facilement l'ennemi, lui il se défendit d'un second homme masqué, en le repoussant d'un coup d'épaule qui l'arrêta dans sa course. L'assaillant fut pris au dépourvu par l'intervention d'un civil, ce qui lui donna l'effet de surprise nécessaire à le désarmer. De plus les gardes prirent rapidement le relais, le libérant des atours chevaleresques que les circonstances lui avaient taillés. Dépoussiérant son manteau et ses gantelets, il prit ses distances dès que possible, de sorte à ne pas être mêlé à ce qui allait suivre. Et en connaissant les autorités de la cité... cela n'allait pas être du joli.
Soupirant, il sourit à nouveau. S'il avait eu plus de temps il aurait lui-même pris en charge l'un des malheureux barbares, de sorte à apprendre ce qu'ils préparaient. Qu'importe. Les discours d'ouverture allaient bientôt commencer, ce qui lui donnerait un bref moment de calme avant que la Maire ne doive monter sur les planches pour lancer le principal spectacle de la soirée. Un moment. Un bref moment, c'est tout ce qu'il lui fallait.

◊◊◊◊◊◊◊◊◊

1. Aucun ordre de post n'est défini, vous pouvez intervenir quand vous le souhaitez ou le jugez nécessaire.
2. Sachez que chaque action et décision aura une potentielle incidence sur l’issue finale du sujet, les informations à disposition de votre personnage, ainsi que sur l’opinion publique.
3. Le MJ se garde le droit de poster à n’importe quel moment, aussi les tours de post peuvent être interrompus par des surprises !
4. Shell je te laisse choisir le moment où tu voudras accueillir ton visiteur, si tu choisis de le faire. Psyché aura toujours le loisir de prendre la parole quand elle pourra/voudra.
5. Le peuple est chamboulé par les mots de l'orateur et l'ambiance est tout à coup devenue plus lourde. Les conservateurs se soulèvent et s'indignent, mais pour l'heure sont tenus muets par les discours à venir. Darian ou Psyché sont attendus, Jade (que je jouerai) suivra en deuxième ou bien en dernier, selon les disponibilités.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
:: Duc Aveugle/Fils de Fen ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: Duc Aveugle/Fils de Fen ::
Tekum Seh
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Mer 9 Sep - 15:13

    Darian, jeune et beau prêtre de Fen à la voix d’or était arrivé à la tente sans encombre, et s’il avait entendu parler un missionnaire qui se faisait un devoir de crier dans les ruelles sombre son texte de zélote contre une guerre meurtrière il ne devait être le seul, mais surtout il avait vue quelques autres points.
    Car Darian était loin d’être le dernier de cette race trop présent qu’est l’imbécile, mais il était aussi un ancien homme des rues recruté par la bonté d’un Duc que tous connaissent pour ses bonnes actions. Il avait vue les hommes bouger et se rassembler, il avait vue les hommes bouger dans l’ombre suite au texte, ceux qui avait un regard noir et mauvais, ceux à qui ces textes ne plaisait pas, et si les zélotes ne les avaient surement pas remarqué dans les flammes de leur discourt, ce n’était pas le cas de ceux qui étaient là pour ça et doucement les avait prit en filature.

    Même si il avait été informé de ce fait, des ces hommes qui allaient courir les rues, il était impressionné par leurs nombres et leurs capacités d’exécution ; Le haut prêtre l’avait prévenu que la ville était gagner et que des choses s’y passerait cependant, avant de lui donner le texte du discourt qu’il avait relut personnellement, ou du moins qu’il s’était fait relire et sur lequel il avait ajouté la touche de sa plume. Mais il lui avait surtout dit cela pour le rassuré comme il fait avec tout ses agneaux, lui qui porte sur ces épaules le fardeau de tant d’homme mais reste toujours droit, ces instinct passé lui disait que les hommes courant cherchait à connaitre la tête du réseau pour cette guerre qui devait, comme les autres, êtres tentaculaire en cette ville, et donc décapité les quelques têtes qui assure un semblant de coordination pour voir retombé les membres flasques.

    Mais ce personnage tout de jaquette vêtu qu’était Darian avait d’autres œillades à donné que dans les ruelles et il entra dans la tente où il se permit de préparé encore quelques instants son discourt.


    ..............


    Puis il fut son tour, celui de quitté sa tranquillité pour, havant dans les esprits des hommes, y implanté par les prémisses d’un poème, l’idée germant que Fen avait choisit pour eux.  L’homme était volubile, et même si il n’était que le reflet imparfait de l’hapax qu’est le Duc de Seh pour ces grands discourt, il n’en avait pas moins sa force de conviction qui se transformait doucement en magie sous les impulsions de sa voix portant loin dans les rues, par delà même les arrêt d’une voix humaine, tandis que ses intonation presque hypnotique avait la fâcheuse tendance à rallier les hommes à ses convictions. Un doux reflet sur un miroir obombré ou fumé du pouvoir de son maitre que les hommes nomment voile de Fen. Alors il laissa l’esprit turbide des hommes devenir hyalin au fur et à mesure de ses mots, sans objurgation, sans anathème, il parla simplement d’un poème de Fen connu de tous, qu’aurait-il put faire d’autre ?


      “En ces jours de fêtes et de jeux, en ces réjouissances,
      Ne laissons pas, mes frères, le spectre d’une absence,
      Celle d’un frère ou d’une sœur aveugle et manipulé,
      Partie bien loin au nord, votre vie brisée.

      Nous sommes ici ce jour pour les jeux et les chants,
      Pour fêté à jamais le plaisir de vos champs,
      De votre liberté, de votre famille et de votre avenir,
      Pas celui des prémisses d’un commun démuni.

      Oublions, le temps d’un festival, tout cela et bien pire,
      Car ici l’on joue la monnaie que les impôts de guerre ne vous prendrez,
      Car comme tous ne savent, elle ne sera, à vos dires,
      Ni dans votre poches, ni sous votre perron.
      Mais dans l’alcool et les jeux qui font tout oublié !

      Je vais à présent vous cité un chant de Fen qui me semble d’occasion :

      “Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
      Berçeuse du chaos où le néant oscille,
      Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
      Toute pleine du bruit furieux des clairons,
      Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
      Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie...
      Folle immense, de vent et de foudre armée,
      A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu fumée,
      Si tes écroulements reconstruisent le mal,
      Si pour le bestial tu chasses l’animal,
      Si tu ne sais, dans l’ombre où ton hasard se vautre,
      Défaire un empereur que pour en faire un autre.”

      Mais sa tristesse infâme ne peu être remise,
      Par les néants plaisaient que d’une ode démise ?

      Jour incertain où le ciel vous sourit
      Nuit sans teint où plus rien ne rit.
      Yeux clos, corps au repos, oublie du temps,
      L’oreille, elle, écoute le vent.

      L’âme vaque, vogue et s’enfuit,
      Elle laisse l’esprit dans la nuit.
      L’obscure de repos, le noir de l’oublie,
      Dans le rêve elle vous laisse en vie.

      Ne s’occupant du devenir,
      Laissant son être dépérir,
      L’homme se laisse, paresse,
      Pourtant en lui des idées naissent.

      Paresse : moment béni, moment où vaque l’esprit,
      Moment d’éternel bonheur, à jamais oublie,
      Moment où l’âme divague laissant l’idée,
      Moment où, qui que vous soyez, vous pensez.

      Car au retour de l’âme ces dernière son encrées,
      Idées réservées, ou réserve de pensées.
      Enfant de la paresse, naissance d’une bassesse,
      De merveilleuses pensées en fusent pourtant sans cesse.

      Qualité si souvent calomniée,
      Default si rarement privilégié,
      Elle habite pourtant tant de cœur,
      Qu’elle en est réfutée par nos mœurs.

      Laissez-vous à jamais porter par elle,
      Et restez dans l’oublie, la noirceur,
      Car de là naitra un eternel bonheur,
      Et pour toujours vos plus belles ailes.

      Car demain mes amis, demain ce jours bénis,
      Nous seront tous autant, rond, que sans argent,
      Et sur les trottoirs d’une ville bien mise, et sans sang,
      Nous seront fiers, messieurs, de la paix qui personne ne nie !

      Car c’est par elle que l’ont ronfle les yeux clos,
      L’alcool au-dedans, et sur les pavé les os,
      Le plaisir au-dedans, et les poches sans un sous,
      Près à ne pas écouté, le crieur qui dessous,
      S’essouffle pour un rien, car au fond,
      A par les jeux et votre terre, à quoi bon ?

      Aller étranger venu pour racoler,
      Partez vivant avatar de la guerre et de ses maux,
      Ici il n’est question que de jouer,
      Et pas de ces fadaises pour des sindarins vénaux !”



    Il sourit, sa voix n’a pas flanché, il est resté sur les jeux, parlant du reste car il le doit mais accentuant ceux-ci et la paresse, laissant le reste glisser entre les mailles des esprits comme par celles du feston de ce poèmes discourant. Il est resté liminaire mais sa voix, sa magie à fait le reste du travail.


Résumé:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar Invité
Invité

MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Lun 14 Sep - 0:14

A peine la maire eut-elle le temps d'inviter Dame Corona à boire une boisson, un garde passa le pas de la porte de la tente et vint glisser quelques mots à son oreille discrètement, elle l'écouta sans sourciller, les yeux fixés dans le vide, attentive à la moindre information. Elle laissa apparaître un sourire en coin, pensant à la façon de se présenter de cette homme, 'son soupirant' avait-il dit apparemment. Étrange, étonnant même, personne ne s'était permis un tel cran depuis bien longtemps à son égard. Et bien d'autre avait appris à ne pas recommencer, et on ne les y prenait plus depuis belle lurette. Le plus étonnant restait qu'elle ne savait absolument pas de qui il pouvait s'agir. Pour s'approcher ainsi juste avant les discours, cet homme devait avoir de bonnes raisons. Et les événements qui se déroulaient ici aujourd'hui, en plus des jours auparavant d'organisations et de problèmes que tout cela avait pu causer, elle ne pouvait pas perdre une occasion d'en apprendre plus, quoi que cela puisse être.

Elle murmura un ordre au garde, lui demandant de laisser entre le nouvel arrivant. Pendant  ce temps, elle porta un regard non équivoque à Braenn, lui signifiant clairement de rester sur ses gardes. Elle devait se tenir prête à toute éventualité, aussi bien au sujet de ce 'soupirant', que de Dame Corona, ou bien encore de la rencontre des deux, sait-on jamais. Rashell nourrissait une grande méfiance envers Psyche depuis qu'elle avait appris ses antécédents. Peut-être était-ce à tort, mais elle considérait qu'on n'était jamais trop prudent surtout quand il est question de guerre ou de révolte populaire. La Lhurgoyf appela la garde à la porte, et demanda à ceux-ci de mener la Prêtresse de Kron dans une autre tente, lui disant qu'elle semblait fatiguée, et qu'elle devait se reposer avant le discours. La réalité était pourtant autre, elle voulait garder la conversation avec l'inconnu privée. Celui-ci s’avança dans la tente une fois que Dame Corona l'avait quitté :

« - Bonjour, 'Mon Soupirant', souhaitez-vous boire quelque chose, Monsieur... ? »

L'homme était plutôt jeune. S'il s'agissait d'un Terran elle lui aurait donné la trentaine. Il avait les cheveux blancs, plaqués en arrière, sa tenue était propre, soignée ; c'était très appréciable entre tous les pouilleux qu'elle pouvait croiser depuis le matin. Il portait néanmoins dans sa main un bouquet de roses, c'était pour le moins pittoresquement inattendu, une seconde elle eut peur que ce soit vraiment un soupirant ; mais les traits de son visage, assurés et sereins, la poussaient à le recevoir avec sérieux. Toute cette politesse n'était faite que pour inciter à passer les formalités au plus vite et passer dans le vif du sujet, car les discours allaient bientôt commencer, et bien que stoïque, notamment vis-à-vis de la tentative d'agression qui avait eu lieu, elle avait hâte que toute cette agitation cesse pour de bon.

 « - On m'a dit que vous vouliez me faire part de quelque chose ? »
Revenir en haut Aller en bas
:: Visage scellé ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: Visage scellé ::
Psyche Corona
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Lun 14 Sep - 19:10

Spoiler:
 

Jeu d'Influences

Dans la tente de la Maire, la prêtresse avait l'impression de flotter mollement, comme si elle se tenait sur une barque, au beau milieu d'un lac brumeux. Les voix et les présences autour d'elle ne l'attégnaient que comme des vagues fantômes, des illusions fugaces. Ses tempes lui lançaient toujours autant et elle était prise d'une sorte de nausée faiblarde mais insistante. Elle perçut la proposition de son hôte comme un chant murmuré et étouffé, et il en devina le sens bien plus qu'elle ne le comprit. Ses lèvres laissèrent échapper un refus poli mais pathétique, quelques mots qui trahirent rapidement son état. Quelques instants plus tard, elle était de nouveau menée par un homme de la Maire, cette fois vers l'extérieur. Elle n'avait rien suivi ni même perçut de l'intrusion qui venait de se produire. Une voix nouvelle avait bien percé dans sa conscience mais elle n'avait même pas essayé d'appréhender l'essence de son propriétaire et de s'intéresser au dialogue qui s'en était suivi. Elle ne refusa aucunement le repos qu'on lui proposa, se laissant guider silencieusement comme le patient comateux d'un sanatorium.

La tente qu'on lui indiqua était gardée par deux sentinelles, des taches d'essence pâlichonnes et minces qu'elle faillit ne pas distinguer du tout. A l'intérieur, le mobilier était coquet en apparence mais modeste en nombre. La prêtresse s'assit mécaniquement, tout droite et raide sur une banquette si longue qu'elle aurait pu si affaler. Sa tête lui pesait et ses membres lui semblaient crispés comme jamais, des sensations de lourdeur et d'indolence qu'en tant normal, elle ne ressentait plus depuis longtemps. Ses lèvres dévoilèrent ses dents blanches pour laisser échapper un grognement déchirant.

Psyche tenta de retrouver son calme en posant les mains sur les côtés de ses cuisses et en plongeant au plus profond d'elle-même pour reprendre un contrôle mesuré sur son essence. Elle eut la sensation de s'imprégner de cette substance qui avait tant perdu de sa fluidité, et d'y passer ses longs doigts pour la délier, la rendre plus souple. Une impression de fraîcheur s'empara bientôt d'elle, et la pression retomba considérablement. Elle ne se rendit pas compte que sa transe régénératrice avait bien duré une vingtaine de minutes.
Elle avait l'esprit encore embrumé, les membres un peu fragiles et un bourdonnement constant à l'arrière de la tête mais elle se sentait déjà plus d'attaque, comme remise sur la bonne voie. Sa foi semblait renaître avec son essence et elle reprit un peu de courage, de tenacité. Le poids des responsabilités et le noeud des manigances qui s'était mêlé autour d'elle se muaient lentement en promesses et en ambitions, comme ils l'avaient été avant qu'elle n'arrive à Ridolbar. Elle n'avait pas cessé de passer d'un état extrême à l'autre – un jour pleine d'orgueil et d'arrivisme, un autre assommée par la terreur et la faiblesse – et elle se retrouvait maintenant en pleine transition, à remonter la pente. Elle sortit d'un pas plus assuré de sa tente, se forçant à avoir plus de prestance – celle du triomphe. Elle s'attendait à ce qu'on la mène de nouveau chez Dame Samarcande mais au lieu de cela, elle fut pressée vers le lieu de son discours.

« Dame Corona ! C'est à vous ! lui souffla-t-on sans assez de manières pour dissimuler l'agacement dû à son retard. »

Elle sentit l'angoisse serrer sa gorge et son estomac, et elle se figea un instant. C'était passé bien trop vite. Elle n'avait même pas entendu le discours du prêtre de Fen. Intérieurement, elle s'asséna une gifle monumentale pour se remettre les idées en place. Elle s'apprêtait à retrouver la motivation des premiers jours, ce n'était pas le moment de flancher et de retomber dans la misérable apathie qui ternissait son image depuis maintenant trop longtemps.

Elle fut présentée sobrement sans provoquer trop de réaction au sein du public. Les gens présents semblèrent perplexes, plus intrigués par son apparence que par sa présence ou ce qu'elle pouvait bien avoir à dire. L'ambiance était aux débats et à l'agitation et son intervention ne suscita qu'une faible baisse de volume, comme avant une distraction anecdotique. Elle s'avança sur le promontoire, encore fragile. Le discours qu'elle avait rédigé et appris ne lui revenait que par bribes incohérentes et il portait encore les marques de son lunatisme, des passages peu convainquants venant s'immiscer entre deux tirades magistrales. Elle ouvrit la bouche mais resta silencieuse encore un moment, ne sachant plus quoi dire. Les mots ne lui vinrent que quand elle put percevoir des signes d'impatience dans l'assistance.

« Habitants de Ridolbar et de la terre de Phelgra ! Que les Dieux veillent sur vous. Une pause. Je viens ici au nom de Kron, Dieu de la Mort que je sers et chéris depuis bien longtemps. Je viens répandre sa parole, celle qu'il me communique chaque jour. Je viens me faire sa voix et vous exprimer sa volonté.
Elle se râcla discrètement la gorge, percevant les commentaires narquois et agressifs de certains membres du public. Nous ne pouvons pas ignorer ce qui se prépare, reprit-elle, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur les évènements qui se déroulent ici et là-bas, à Cimmeria. Je crois que la solidité d'un peuple réside en sa capacité à rester conscient de ce qui est au-delà de ses frontières et de son pouvoir. Le conflit qui gronde est en train de redessiner nos destins à tous et nous demande de prendre des décisions. De faire des choix. Elle fit un pas en avant, sentant l'adrénaline prendre peu à peu le contrôle de ses paroles et de ses gestes. Elle s'approchait du sommet.
Les ennemis sont identifiés. Leurs motivations sont identifiées. Ils ne ressentiront pas de pitié, ni de réticence, et feront ce qu'il faut pour vaincre, pas seulement une armée, mais une nation. La vôtre. Elle inclina la tête en avant pour donner l'impression de regarder le phelgran lambda dans les yeux. Qui a donc décidé que vous le méritiez ? Qui a décidé que leur peuple valait mieux que le vôtre ? Qui a décidé que vous deviez disparaître à leur profit ? Elle marqua de nouveau une pause dans l'espoir que les gens s'indignent. Aberrant n'est-ce pas ? Kron trouve cela aberrant, lui aussi ! rugit-elle. Elle joignit ensuite les mains, sobrement, et baissa d'un ton. Si la paix et la diplomatie étaient une option, il y a bien longtemps qu'elles auraient épargné les innocents, mais Cimmeria semble en avoir décidé autrement. Il va falloir se battre. Nous allons devoir nous battre. Prendre les armes et protéger nos vies. Vous avez une armée, certes, vous avez Sharna et ses serviteurs de votre côté, mais il en va de votre honneur et de votre droit de vivre ! Il est de votre devoir de joindre ce combat et de soutenir ceux qui vont verser leur sang pour vous, phelgrans ! Moi, prêtresse de Kron, je me joins au combat. Kron et à mes côtés, Sharna est à vos côtés. Et ils nous mèneront jusqu'à la victoire ! »

Ces derniers mots résonnèrent. Elle s'était un peu emportée et sa voix neutre et grave était devenue belliqueuse, passionnée. En fait, son discours était tout à fait inopportun et malvenu. Truffé de mensonges et d'hypocrisie.
Mais peu importe, elle avait rempli sa part du marché.


Spoiler:
 


Lacrimosa

   
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
:: The Boss ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: The Boss ::
Le Messager
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Lun 28 Sep - 6:22



Jeu d’Influences

***Rencontre entre Abel et Rashell Samarcande, trente minutes avant les discours***


Abel pencha la tête pour entrer dans la tente de la Maire, frétillant secrètement d’enthousiasme. Il avait toujours été plutôt optimiste quant à la probabilité d’être reçu, bien qu’il ait couru le risque d’être écarté. En fait l’heure aurait été plutôt mal choisie si les discours programmés n’avaient pas pris du retard sur le programme officiel. Avec les gestes rompus par l’habitude, il s’inclina poliment. Il aurait bien poussé le vice jusqu’au baise-main si sa bien-aimée n’avait pas disposé d’un temps aussi limité. Une chevalière en or brilla à son doigt, reflétant la lumière des lampes.

« Abel Thorne, humble citoyen de Ridolbar, pour vous servir. » Thorne, un nom vieux de plusieurs siècles, profondément ancré dans les hautes lignées guerrières Phelgrannes. Un nom qui était synonyme d’aristocratie d’avant Taulmaril, bien que le régime actuel ne donne qu’une valeur relative à ce genre de choses.

Bouquet de roses à la main, il se redressa et risqua un regard tranquille à la jeune femme qui lui faisait face. Tous savaient à quoi elle ressemblait, mais bien peu avaient rendu justice à sa beauté.
« J’accepterais une boisson avec plaisir, mais ne souhaite pas vous déranger plus que le stricte nécessaire. Je suppose que vos obligations me voleront le plaisir de votre présence bien assez tôt. » Il marqua une pause et lui tendit les treize fleurs blanches dont les pétales étaient subtilement bordés de rouge. Une fois que ses mains furent libres il les joignit calmement, étudiant l’accueil formel auquel il avait eu droit. Évidemment il ne s’était pas attendu à de l’effusivité, mais il regrettait quand même de ne pas pouvoir en profiter davantage.

« Vous devez vous demander quel est le motif de ma visite et c’est tout à fait légitime, ma chère. » Il sourit.
« Je suis hmm... un modeste messager languissant, un émissaire qui a choisi de sincèrement vous énoncer son admiration et sa profonde affection. » Il s’approcha de deux pas et la regarda droit dans les yeux, sans outrepasser la ligne d’espace vital féminin. Il avait de nombreuses choses à dire, mais son élégante interlocutrice saurait-elle lire entre les lignes ? Son regard se fit plus brûlant, intense de volonté malgré son expression toujours mesurée. Il était possible qu’il soit aussi honnête concernant son attachement personnel, seulement c’était toute autre chose qui prenait le dessus dans ses tirades.
« Tout comme tous les autres citoyens que vous servez depuis votre élection, je suis très reconnaissant de ce que vous faites pour la ville, pour nous tous en vérité. Je sais que l’ordre public et des changements aussi marqués ne viennent pas sans sacrifices, aussi je ne peux qu’imaginer ce que vous traversez pour mener votre tâche à bien. Je brûle à l’idée de vous prêter mon épaule en ces temps difficiles, si tant est bien sûr, que vous ne fassiez pas fi de mes sentiments. » Il inspira profondément et le parfum doux des fleurs envahit ses narines.

« C’est pourquoi aussi longtemps que vous vous tiendrez vertueusement en bouclier contre l’oppression et la tyrannie je serai votre obligé et soupirant, sans concessions. Pour l’instant je ne peux me convaincre à aveuglément engager mon amour, pas sans auparavant avoir discuté de façon concrète de ces engagements. Car il n’est hélas pas exclu que vous restiez de marbre face à cet étranger outrecuidant et ne décidiez de le renvoyer à ses pénates le cœur meurtri. » Il baissa le regard, un peu penaud, avant de poursuivre. « Sachez quoi qu’il advienne que ma maisonnée, mes frères d’armes ainsi que moi-même souhaitons contribuer à votre cause, tant et aussi longtemps que vous défendrez le peuple qui vous a hissée jusqu’en haut du commandement. » Les mots furent suspendus au silence princier qui régnait entre les murs de toile, en attente jugement de la madone. Le palpitant du visiteur se mit à battre la chamade.

***

Les jeux étaient lancés pour le meilleur comme pour le pire, avec le lot d’imprévus et de soubresauts qu’on leur connaissait. La belle nuit tombée était pleine de promesses de couteaux tirés et d’alliances nouvelles ; et sur son noir manteau Ténéis étendrait bientôt ses lointaines lumières. Dans l’ombre des pions se mouvaient sur les plateaux, étendant leurs stratégies sur les rues de Ridolbar, décor improvisé aux luttes encore invisibles. Sur les planches les spectacle avait commencé, et les orateurs nimbés de leurs atours pieux défendaient la cause qu’ils avaient choisie... ou la cause que l’on avait choisie pour eux.
Dans les deux cas leurs paroles témoignaient de la foi d’un avenir qui s’écartait du présent, bien qu’au fond leurs idéaux soient aussi incompatibles que Kron n’était opposé à Fen en presque tout. Les deux représentants étaient restés fidèles aux méthodes de leurs protecteurs. Là où Darian avait choisi les arabesques délicates et complexes de la poésie, Psyche s’était faite porte-parole de le celui qui fauchait sans prononcer un seul mot. D’un côté méfiance et prudente réserve, de l’autre encouragement et provocation passionnels. Les deux plaidoyers contrastaient d’autant plus qu’un court laps de temps les avait séparés, laissant désormais un public confus trouver sa place au milieu des conseils contradictoires. S’ils avaient été ensorcelés par la musicalité de Dorian, qui avait su enrober ses convictions d’or et de magie, c’était la passion viscérale et agressive de Psyche qui avait marqué les mémoires.

Les croyants restèrent sous le choc des invectives incitant directement à la guerre, tandis que les autres se mirent à parler de plus en plus fort dans l’assemblée. Un tollé général se leva après une paire de minutes, et le présentateur fut bien incapable de contenir la fébrilité générale afin d’introduire Jade d’Aléa. Quelques énergumènes dans le public -les plus proches de l’utopie de Sharna ou tout simplement ceux plus ivres que de raison- virent là une faveur divine renforcée, la confirmation de ce que les augures de Thémisto leur avaient déjà annoncé : Cimméria était l’ennemi... et il serait saigné jusqu’à ce qu’il n’en reste rien.
L’ambiance se dégrada dans la grande place comme dans les grands axes de la ville, alors que des disputes éclataient entre les conservateurs et les belliqueux. Des gens allaient et venaient en se bousculant depuis que le ton était monté, curieux de ce qui avait bien pu se passer. Ceux qui n’avaient espéré que la prononciation des vœux rituels de bonne fortune avaient été bien surpris. Cette année Gréis leur avait joué un tour, et il y avait fort à parier que ce ne soit que le début de partie. Une rixe éclata sur l’esplanade d’une auberge, obligeant des gardes à intervenir de façon musclée, ce qui ne faisait que déporter l’agressivité ailleurs. Les esprits s’étaient soudainement échauffés, comme si Sharna lui-même avait posé sa main griffue sur leurs esprits désordonnés.

Deux des hommes d’Abel revinrent vers le reste du groupe, échangeant quelques mots à voix basse, le tout en regardant le présentateur gesticuler sur la scène dans l’espoir de se faire entendre. Ils étaient prudemment restés à l’écart des zones problématiques, tenus en respect par un cordon humain de gardes qui bloquaient certaines issues. Néanmoins l’un d’eux avait toutefois réussi à retrouver l’orateur sur lequel ils avaient parié... Ou du moins ce qui en restait. Jast n’avait trouvé qu’un cadavre froid dans une voie miteuse, sommairement égorgé par une lame mal affutée. Depuis le départ il était convaincu que des assassins passeraient s’occuper de lui, mais ce travail bien que correct, n’avait pas la propreté méticuleuse des pros. Ces détails sordides le rendaient encore plus curieux, bien que la surprise ne soit pas de la partie. Après tout les pègres étaient légion à Ridolbar.


« T’as trouvé ce que tu cherchais ? »
« Ouais. J’ai gagné le gros lot, vieux. Et tu sais ce qui est le plus triste ? J’ai même pas eu besoin de tricher ou de m’en occuper moi-même. »
« Bah... le moins qu’on puisse dire c’est que c’était rapide. » Il haussa les épaules, plein de mauvaise foi, balançant une bourse pleine de dias à la poitrine de son comparse, qui la rattrapa le souffle coupé, tous sourires.

Comme toujours au milieu de la cohue populaire, des jurons, des cris et des invectives, certains irréductibles tenaient bon et prenaient des dispositions pour éviter le pire. Le chaos ne dominerait pas sans résistance. Une résistance farouche et meurtrière, que trop de gens prenaient à la légère. Une armée muette se levait. Une armée de personnes sans nom et sans visage, qui comme Abel, n’accepterait jamais de courber l’échine devant de vulgaires chevaux de trait, dont les œillères ne leur laissaient voir que le sang versé gratuitement.



◊◊◊◊◊◊◊◊◊

1. Aucun ordre de post n'est défini, vous pouvez intervenir quand vous le souhaitez ou le jugez nécessaire.
2. Sachez que chaque action et décision aura une potentielle incidence sur l’issue finale du sujet, les informations à disposition de votre personnage, ainsi que sur l’opinion publique.
3. Le MJ se garde le droit de poster à n’importe quel moment, aussi les tours de post peuvent être interrompus par des surprises !
4. L’accueil aux discours est mitigé, bien que la polémique incitation aux armes de Psyche ait le dessus sur le reste.
5. Le peuple se soulève et des bagarres éclatent entre conservateurs et sympathisants de Sharna dans divers points de la ville. Pour l’heure les affrontements son mineurs et contenus par la garde municipale, mais la situation reste tendue et imprévisible.
6. Diverses personnes faibles ont péri, et il est probable que d’autres groupes frappent dans l’ombre, en profitant de la confusion. Les prêtres(ses) sont les cibles les plus probables ! L’orateur de la Plume a été parmi les premiers à être mis au silence. Son corps gît dans une voie sans issue, caché à l’abri du regard des passants.
7. Jade ne peut pas prendre la parole tant que les choses ne se seront pas tassées.
Comme d’hab’ s’il y a des soucis, ma boîte à MP est là. Si des intervenants souhaitent se rajouter au topic, qu’ils me demandent/préviennent avant. La suite dépend de vos réactions. À vous les studios !



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
avatar Invité
Invité

MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Jeu 29 Oct - 20:58


Un citoyen de Ridolbar, n'est-ce pas. Un citoyen distingué alors, car si on avait demandé un portrait d'un citoyen de Ridolbar à Rashell, elle aurait dépeint un pouilleux lambda. Abel Thorne n'était à l'évidence pas un citoyen lambda. Et son nom, à lui seul, le prouvait. La famille Thorne était et est une famille aristocratique de Phelgra, et Shell aussi loin qu'elle pouvait s'en souvenir avait déjà entendu ce nom à l'époque de Taulmaril.

'Pour le servir', quel galant homme. C'était certes une belle formule de politesse, mais Rashell était du genre à ne pas oublier les formules, qui, avec un sens des fois atténuées, prenaient leur plein potentiel dans leur sens strict. A ces seuls mots d'ailleurs, un sourire entendu se cristallisa sur les lèvres de la maire de Ridolbar.

« Ne vous en faites pas, mes obligations me volent aussi le plaisir de votre présence ; j'aime les surprises, d'autant plus quand elles sont agréables. »

Rashell se saisit des roses que le nouvel arrivant lui tendait. Elle les examina un instant, elles étaient très belles, blanches bordées d'un rouge délicat. Elle aimait l'idée, ces roses auraient pu la représenter, en quelque sorte, par bien des attraits. Alors Abel Thorne commença à parler, et elle le laissa continuer. Son approche était quelque peu directe, mais ses mots assez bien choisis la rendaient encore plus intriguante. Il y avait, dans sa manière de faire, dans son apparition, comme un voile de mystère que l'homme lui invitait à écarter pour comprendre le secret qui avait nimbé son approche. Elle plissa les yeux instinctivement, comme réfléchissant aux moindres mots qu'il allait pouvoir dire par la suite, pour déceler le moindre indice qui pourrait l'aider à déchiffrer la clef de l'énigme, car sa présence, à l'évidence, n'était pas anodine, surtout à un tel moment.

Oh, nouveauté, on touchait maintenant au politique. Et le compliment, certes dans un monde totalement opposé au cercle de l'amour, la toucha tout de même, ce n'était pas tous les jours qu'elle recevait des remerciements. Rashell avait des méthodes bien particulières pour faire progresser la ville de Ridolbar, des méthodes bien à elle, pas toutes très jouasses, mais elle voulait sincèrement faire quelque chose de cette ville.

Un nouveau dithyrambe sur l'amour passé, fort intriguant tant il était... too much, finit d'achever les soupçons que portaient Rashell. Elle ne savait que répondre en détail, sur l'instant, pressée par le temps.  Mais elle prie la peine de lui répondre avec un sourire des plus amènes.

« Sachez que je ne refuse jamais de l'aide dans les desseins qui sont les miens, et je serais ravie de vous compter à mes côtés. » conclut-elle avec une œillade qui tergiversait entre le distingué et le franc-parler. Puis elle se permit une pique, peut-être maladroite, mais tous deux comprendraient très bien de quoi il s'agissait : « On ne compte jamais assez d'alliés dans ce Colisée de sable et de sang qu'est Phelgra. Vous pourrez faire part à vos frères d'armes -et à votre maisonnée, que je suis prête à les recevoir en d'autres occasions. » En finissant sa phrase, elle saisit d'une main l'une des roses, et la portant face à son visage, d'un geste discret mais évocateur sur le symbole qu'elle comportait, Rashell fit signe qu'elle avait compris ce que le voile dissimulait.

***

Ouverture des festivités.

Rashell était montée sur l'estrade, suivi des prêtres : Jade d’Aléa, de Darian de Fen et Psyche de Kron. Chacun s'était assis sur son fauteuil. Autour de l'estrade étaient disposés de nombreux gardes. Braenn suivait Rashell et les trois prêtres de près, depuis l'escalier de l'estrade, qui était ceinte par une large tenture sur les côtés, et derrière, pour protéger des intempéries, mais aussi pour que le son des discours ne disparaisse pas au grès du vent.

Une grande foule s'était amassée sur le terrain de joute en face de l'estrade le temps des discours. Jusque dans les rues au seuil de la ville. La champs de foire était plein lui aussi.
Rashell s'avança sur l'estrade d'un pas assuré, et une fois au milieu, elle leva la main d'un geste qui démontrait fièrement son statut ici-bas. A ce moment, des trompettes retentirent pour entonner le début des discours préalables au tournoi. Le silence se fit rapidement, et le maire put prendre la parole :

« Mes chers concitoyens, mes chers amis, venus de nombreuses contrées, venus aussi des différentes mers qui ceignent le continent, je vous remercie de votre présence, afin de célébrer aujourd'hui, ensemble, les Jeux de Gréis, et ainsi honorer le patron des jeux, et du divertissement. » Sa voix se voulait enjouée et digne, pour démontrer à la fois l'aspect pieu d'un tel événement, mais aussi mettre en avant la liesse qui est censé en découler, pour atténuer les excitations dues à la Guerre en cours. Rashell se tourna à moitié vers ses trois convives de marque, les salua distinctement, et continua son discours. « Cette année, nous avons l'honneur et le plaisir d'accueillir Jade d'Aléa, Darian de Fen, et Psyche de Kron aux festivités. Qui de mieux placer pour débuter notre cérémonie que le Dieu des orateurs et des arts lui-même, Fen. Nous continuerons avec Psyche qui prendra la parole au nom de Kron, et enfin la Haute Prêtresse d'Aléa nous fera l'insigne honneur de conclure avant d'ouvrir pour de bon le tournoi qui aura lieu ! » L'ordre était stratégique, Shell n'en avait pas voulu d'autre. La bienséance aurait peut-être voulu que Jade, éminente prêtresse, commence, en vue de son statut. Mais par la pirouette du Dieu orateur, elle avait vu l'opportunité de garder Jade pour la fin. Une prêtresse d'Aléa ne pouvait que bien conclure un discours, elle, représentante de la déesse de la justesse, de la tempérance. Rashell n'aurait pu rêver mieux. Le seul point épineux qu'elle aurait aimé éviter, c'était non pas Kron, mais sa prêtresse. Et les Dieux soient loués, le prêtre de Sharna n'avait pas été tiré au sort pour présenter un discours en ce jour. A l'évidence, et elle le savait pertinemment, Rashell aurait tout fait pour annuler les festivités.


Darian prit alors la parole, reprenant les mots d'un poème de Fen qui faisait vraiment honneur à la fête de Gréis. Et si Rashell avait connu ce discours avant que le prêtre ne le prononce, elle aurait peut-être fait placarder à chaque coin de rue la dernière strophe du poème. C'était peut-être un peu brute de décoffrage que de rappeler les problèmes de la guerre qu'il fallait aujourd'hui oublier, mais ça avait le mérite de mettre les points sur les i.

Shell soupira d'aise à ce discours, qui, certes, abordait des problèmes épineux, mais qui avait su recentrer l'essentiel de la journée. Son soupir d'aise fut de brève durée quand elle fit signe à Psyche de s'avancer. Elle se crispa, lança un regard dur à Braenn, lui confirmant d'être sur ses gardes, ce regard bref passa sur le visage de Darian et de Jade ; elle perçut dans leurs yeux à eux aussi le doute.

Les premiers mots de son discours étaient jusque là normaux, du moins jusqu'à la fin de son introduction, où Rashell se retint de sauter elle-même sur Psyche et où ses pensées se mirent en ébullition. A peine eut-elle commencé que Rashell lança de nouveau un regard, cette fois extrêmement dur à Braenn qui comprit les instructions, cette dernière, d'un geste discret, fit savoir à tous les gardes environnants de rester attentif et de s'attendre à toutes éventualités.

Mais qu'est ce que la volonté de Kron avait à faire là-dedans ? Qu'est-ce qu'elle venait foutre à la fête de Gréis sa volonté ! On lui avait juste demandé de venir, de faire un gentil discours sur le divertissement, la vie, et à la limite, s'il avait remplacé les petits oiseaux chantants par des corbeaux on se serait assis dessus, mais sa volonté... Oh, puis, si, si, on peut l'ignorer le conflit dehors, du moins aujourd'hui, ce serait plutôt commode.  
Rashell prit sur elle, écouta les inepties sans nom de Psyche. Et depuis quand les Cimmeriens étaient des ennemis dans la position d'assaillant ? N'importe quoi. « Qui a donc décidé que vous le méritiez ? » Demegor, peut-être ? « Qui a décidé que leur peuple valait mieux que le vôtre ? » Wode, peut-être ? « Qui a décidé que vous deviez disparaître à leur profit ? »  Sharna, sans doute ? Rashell aurait voulu crier à chacune de ces questions aussi stupides les unes que les autres, et elle espérant que tout le monde se fasse le même avis qu'elle, tout en sachant pertinemment que ce n'était pas le cas. Comble du supplice, Rashell aurait voulu crier un « OUI » enthousiaste à la question « Aberrant, n'est-ce pas », absolument, ce discours était des plus aberrants qui soient. Rashell n'en écouta même pas la fin, elle s'approcha de la prêtresse qui semblait ailleurs, dans son monde, elle la saisit par le bras dans un semblant de distinction et la ramena au fond de l'estrade, du côté des marches. Elle la confia à Braenn, qui était déjà là, avec un périmètre sécurisé de gardes.

« Conduis-là immédiatement en lieu sûr, arrêtez quiconque s'approche de vous. »

De retour sur le promontoire, la foule était prise à une véritablement vague de voix qui criaient en tout sens. Le propos général était littéralement incompréhensible. En s'approchant, elle lança un regard à Jade, Shell essayait de ne pas céder à la panique qui avait déjà pris la foule. Elle leva les bras en l'air pour reprendre l'attention de la foule, crier n'aurait servi à rien dans cette pagaille, elle fit signe aussi pour que les trompettes retentissent de nouveau afin de recouvrer le silence.
Rashell finit de ramener le calme à coup de « S'il vous plaît » qui eurent leur effet non pas en ce qu'elle pouvait dire, mais en ce que les gens essaient au moins de comprendre ce qu'elle disait.
Alors le maire de Ridolbar laissa la place à Jade dans une petite révérence cérémonieuse tandis qu'elle s'avançait sur les planches. Son regard en disait long sur l'attente qu'elle pouvait avoir en elle en voyant la situation.
Revenir en haut Aller en bas
:: Visage scellé ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: Visage scellé ::
Psyche Corona
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Ven 30 Oct - 18:59

Jeu d'Influences


Un frisson d'excitation parcourut son corps entier. Ses poignets et ses doigts se crispèrent et un sourire aussi malsain que nerveux étira ses lèvres alors que la fièvre ardente qui lui pressait les tempes depuis son levé redoubla d'intensité. Sans qu'elle ne la maîtrise, son ouïe était redescendue à sa capacité naturelle de mort-vivante, ne lui transmettant les bruits de la foule que comme des murmures étouffés – mais un sifflement perçant vint soudain anéantir la douceur du fredonnement lointain et bientôt, elle n'entendit plus que cela. Le cri strident d'une voix éthérée, télépathe, qui sembla lacérer sa conscience. Un instant, elle oublia toute réalité et se perdit dans la douleur somatisée, le corps raide et faiblissant.

Une poigne ferme sur son bras la ramena à un semblant de lucidité en un sursaut pathétique, et elle sut qu'elle était trainée un peu plus loin. Sans les entendre, elle ressentit le poids de ses pas sur l'estrade et perçut le mouvement de son corps comme un geste mécanique. Des voix fortes, distinctes, couvrirent enfin la stridulation et la prêtresse parvint à saisir quelques mots. Enervée, son essence se mit à frétiller dans ses veines, comme un choc électrique. Elle sentait des mains sur ses épaules, des corps serrés à elle, et un pressentiment paniqué semblait lui souffler que leurs intentions étaient mauvaises. Elle eut le réflexe de se débattre avec des gestes mal contrôlés – sans doute grogna-t-elle également, mais les présences qui la cernaient ne s'évanouirent pas. Visuellement, elle ne devinait plus que quelques nuances faiblardes et les essences de son environnement ne se dessinaient pas de manière claire. Elle pouvait à peine distinguer les objets des êtres vivants, et le reste était baigné d'une brume noire. La Gélovigienne se sentit rouler des épaules à plusieurs reprises afin de chasser l'emprise de ce qu'elle soupçonnait être des opposants à tout ce que son discours avait prôné – et elle put sentir la frénésie de ses mouvements faire monter en elle une rage orpheline. Trop occupée à lutter et à se débattre à la manière d'une biche malade qui ne souhaiterait plus qu'on la laisse mourir, elle ne remarqua pas qu'on la poussait davantage et qu'elle se faisait emmener par ses assaillants.

Quand ses pas se firent plus automatiques, elle cessa de s'agiter – comme foudroyée par un éclair de bon sens. Résignée ou bien assagie, elle laissa son corps se faire entrainer, penchée en avant avec indolence et ne pouvant plus se concentrer que sur ses pensées troubles et insensées. Quelque chose lui intima de se focaliser sur son état plutôt que sur les évènements extérieurs, alors la prêtresse se fit violence et parvint à faire abstraction de la troupe qui l'accompagnait. Au fur et à mesure que la marche se poursuivait, son sentiment de méfiance et de crainte s'éteignait et il lui parut de plus en plus clair qu'elle était simplement en train de se faire escorter – où donc, il ne lui vint pas tout de suite à l'esprit de se le demander. Son essence s'apaisa et l'écrin suave de sa nature se referma encore une fois autour d'elle, l'enveloppant d'une soie rassurante. Les taches blanches qui la guidaient lui apparurent comme des nuages de coton contre lesquels elle aurait pu se recroqueviller. Ses maux de tête ne disparurent pas (le feraient-ils un jour ?) mais elle revint à la réalité, et le discours qu'elle venait de faire vint résonner dans sa tête. Les mots qu'elle avait utilisés, ses gestes, les réactions qu'elle avait pu percevoir dans la foule. Son visage fut déformé d'un rictus cruel et elle laissa un rire fébrile s'échapper de sa gorge.

Débarrassée des sifflements et plus proche du discernement qu'elle ne l'avait été depuis bien longtemps, l'aveugle put prendre la décision de faire basculer ce qui lui restait de capacité de concentration sur son sens de l'audition afin de pouvoir deviner où on l'emmenait. Bien malheureusement, les gardes qui l'escortaient n'étaient pas loquaces. La conversation qui aurait pu lui fournir des réponses avaient déjà eu lieu entre celle qui l'avait ecartée de l'estrade et le meneur de la troupe. Au bout de longues minutes de silence, la Gorgoroth finit par demander, avec autant de docilité et calme dont elle était capable :

« Où me menez-vous donc ? »

Sa voix grave et monotone sembla se briser et défaillir au beau milieu de sa phrase. On lui répondit avec une sécheresse à demi-contenue qu'elle avait besoin de rester en lieu sûr. La prêtresse tressaillit.

« En lieu sûr ? Mais pourquoi ? Elle agita la tête, comme si elle pouvait chercher le regard d'un autre interlocuteur. Les festivités n'ont pas pris fin ! Elle ne saisit pas le sens du silence froid qu'on lui fournit comme réponse. J'ai été invitée, je suis dans mon droit de rester ! tenta-t-elle de s'indigner alors que ses mots ne tintèrent que comme le geignement d'une enfant en pleurs. »

Le mutisme des gardes se prolongea encore un instant avant que la troupe ne s'arrête. Perdue, la mort-vivante commença de plus belle à s'agiter. Elle put percevoir des gestes de bras et les chuchotements de deux vois distinctes, mais la panique l'empêcha de penser adroitement et elle préféra réitérer ses questions plutôt que de tendre l'oreille pour mieux comprendre. On la fit descendre des marches, et elle put sentir la luminosité du cadre faiblir. Lorsqu'elle entendit le tintement métallique et les claquement d'une clef dans une serrure, elle repoussa les hommes qui l'encadraient de grands gestes et tenta de s'enfuir. Sa perception du monde sombra aussitôt dans le flou brumeux et quatre membres musclés la saisirent sans aucun mal pour la retenir. Elle entendit la voix avec laquelle elle avait communiqué s'adresser à elle d'un ton qui se voulait sûrement rassurant et respectueux. Le mot « sécurité » lui parvint, ainsi que ce qui ressemblait à « temporaire », mais la prêtresse ne cessa jamais de lutter. Des pas s'éloignèrent tandis qu'on retenait toujours davantage ses gestes, et la douleur qui lui avait transpercé la cervelle un peu plus tôt survint de nouveau. La Gorgoroth poussa un hurlement déchirant et porta les mains aux lanières de son casque, sentant encore une fois le liquide chaud et visqueux s'accumuler au bord de ses paupières. On tenta de la contenir, elle paniqua en s'agrippant à son couvre-chef et un geste de trop finit de déboucler une des bandes de cuir. La mort-vivante sentit sa tête basculer sur le côté et elle fut bousculée une dernière fois. Elle atterrit les mains en avant sur un sol glacial et dur, inclinée et déséquilibrée, et elle put entendre le grincement d'une porte derrière elle. Un hoquet plaintif déchira sa gorge et elle demeura longuement prostrée, sentant son visage se couvrir de larmes noires et gluantes. Une main fébrile vint finalement défaire la seconde sangle et l'aveugle laissa tomber son casque d'un geste fataliste. Elle passa le revers de sa dextre sur ses yeux et y récolta le fluide collant, puis se redressa légèrement, tremblante.
Elle se mit à genoux et prit sa tête entre ses mains. Un nom se posa sur ses lèvres.

« Tourmenteur... »



Spoiler:
 


Lacrimosa

   
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
:: Duc Aveugle/Fils de Fen ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: Duc Aveugle/Fils de Fen ::
Tekum Seh
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Lun 2 Nov - 12:25

Il y a des jours sombres où le pétrichor et le seul bonheur qu’on attend avec humeur après les grondements sourd de l’orage ou avant celui-ci. Mais aller savoir dans quel ordre cela vient ? De temps à autre la terre, à l’idée même que l’orage arrive, sous la permissent rêver de la pluie, laisse exalté sa joie. A d’autres instants il faut que le tonnerre passe et alors, doucement, remonte des tréfonds tout cela.

Mais déjà la guerre ou ses trompettes commençait à sonner. Mais une guerre bien différente de celle dont on parle doucement dans le nord, une guerre pour savoir si la guerre est guerre ou si la guerre est paix. Si la guerre, ainsi nommé par des imbéciles, ne mériterais pas d’être guerroyer avec franchise et bonne humeur en rependant celle des être, qui par définition est moins bonne.

Darian est resté pantois, on lui avait promis des acclamations à son discourt, et même si il ne le savait pas, des gens avaient été payé pour parler et montré leur soutient au contre guerre, à la paix, des gens avait été, comme dans tout meeting politique, mener là pour leur croyance et montrer qu’ils étaient d’accord.
Pourtant ces gens là semblaient avoir crié moins fort que les autres, voilà qui était dommage et qui ne laissait plus qu’une chose à faire à Dorian, attendre sagement en suivant de près la maire de la ville car la protection viendrais d’elle, et devait venir d’elle. Sur le corps de Dorian aucun plume ne le protègerait du monde dure et violant.

Il prit donc sa place, pas loin de la dame qui gérait d’une main, certaine, mais trop impuissante à son gout, les remous de la population et sans une remarque ni un sourire perdu qui n’aurait pas dût être il se laissa aller à la relative protection de l’estrade alors que, dans un jeux qui méritait un bon mot, celle qui avait gagner la joute oral à son grand étonnement, était extradé sans grande douceur pour une relative protection probablement d’une tour ou d’une autre pour ne pas finir en martyr …

Car en parlant de martyr un homme prêchant la paix, prêchant que les Cimmérien n’étaient pas leur ennemi et sous entendant que l’ennemi était à cheval sous la noirceur, lui, et d’autres petit d’hommes qui avaient été vue ou entendu dans le coin des rues étaient mort, gorges trancher ou d’autres action bien visible, parfaitement apte à la suite de leur rôle. Et si tous ne seraient pas retrouvés il est de fait que la plume, loin d’être pelleteux des nuages, avait dans son ontologie même quelque chose qui lui permettait de jouer avec grâce des martyrs.

Dans l’ombre un homme sourit, il n’avait rien de Dorian, n’était pas un de ceux dont on loue les paroles, mais un de ceux qui vie d’acte. Il se pencha doucement sur le cadavre et commença à le trainer alors que d’autres sécurisait la route. Il l’avait choisit plus que les autres car c’était un homme de la vielle, et un homme de paix, un vieil homme qui serait connu du plus grand nombre, pas un de ces aigrefin, juste un homme qui avait eut le malheur de croire en la maire, en la paix.

Doucement ils se rassemblèrent, attendant les ordres, car si la ville n’était pas actuellement une hypogée elle pouvait le devenir rapidement, la guerre est agreste, la partition et la session des humain suis le même chemin de mauvaise herbe. Mais il ne fallait en aucun cas que cette ville se rebelle d’un seul homme pour cette guerre, que ces gens partent au front, qu’ils marchent comme un seul homme vers les frontières du nord, que la chose explose de façon stochastique et bouillante se rependant suivant un schéma qui ne pourrait être suivit vers le monde incertain et d’autres villes.

Cette guerre, celle contre les Cimmérien, avait beau être rubigineuse, elle n’en était pas moins un risque qui ne pouvait être prit, et contre ça il ne restait qu’une grande capacité, celle d’y opposer d’autres fou, et comment monter des fous, des révolté, si ce n’est avec un martyr, un homme tuer, égorger car ils n’étaient pas d’accord avec les premiers fous ?
Tous, de loin en loin, doucement, se préparaient, se préparait non plus à un discourt anti guerre, mais à une guerre ciblé contre des chefs qui ne méritent plus leur rôle, des chefs qui sont parti à la guerre laissant enfin leur siège, leur rustre écurie sans défense aucune ne demandant que d’être prise par les forces vive de la nation.

Il ne restait donc plus qu’une seule personne qui pouvait arrêter cette possible contre révolution, cette révolte qui mettrais le pays à feux et à sang, cette révolte qui gronde depuis toujours car les cavaliers, Wode le premier, n’a jamais eut aucune considération pour les hommes. Et les hommes arrivent doucement au moment où tout explose, cette guerre ne doit pas être une échappatoire, il faut canaliser cette violence où la reboucher, la remettre sous le feu.

Tous dans leurs ombres attendent les mots de la maire et de la dernière prêtresse.


Résumé:
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar Invité
Invité

MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Mer 4 Nov - 6:40

La moiteur de la nuit était bien moins oppressante que les festivités de la ville.

Leshen n'aurait pas été surpris d'apprendre que cet agglomérat de scélérats puisse être bien plus influent que les éléments eux-même. Une sorte de microclimat : la sueur, l'alcool, le sang et la médiocrité ; tous accumulés entre les façades des bâtiments, formant des poches suffocantes d'air, bien mieux que le climat ne pourrait le faire.

De véritables éponges de malveillance planant sur la ville, prêtent à y recracher tout le vice dégagé. Et pourquoi pas? Si les dieux étaient réellement présents, à lorgner au dessus des festivités, ça serait bien assez pour que le temps se détraque.


Ce qui le surprenait d'avantage cependant. c'était de se retrouver dehors en telles circonstances. C'était une ville déjà agitée le reste de l'année, alors se voir sortir à cette apogée de popularité c'était vraiment un comble, pour lui qui s'interdisait autant que possible de croiser des individus.
Mais après tout c'était peut-être justement au milieu d'une telle foule qu'on était le mieux protégé. Anonyme, peut-être plus qu'il ne l'a jamais été, marchant dans les artères principales de la ville mais bien moins visible que dans n'importe quel égout.

De toute façon, outre sa curiosité de voir les jeux de ses yeux, c'était le devoir qui l'avait ramené à la surface. Le nouvel ordre qu'il venait de rejoindre l'avait chargé de quérir toutes les informations possibles durant les événements. Espionner tout ce qui pouvait l'être, récolter des informations dérisoires ou allez cueillir des rencontres opportunes.
Leshen était à Ridolbar depuis un moment déjà, à explorer le Tunnel des Mépris. Tout ce qu'il lui fallait c'était remonter à la surface pendant un temps, un agent de plus que les Nerozias pouvaient déployer à moindre frais.

Il avançait dans les rues bondées, agressé par tous ses sens, tellement qu'il se retrouvait presque enfermé en lui.
Incapable d'isoler les informations dans son champs de vision, il lui arrivait régulièrement de faire des pauses. S'asseoir sur un tonneau, s'appuyer contre un mur ; dès lors qu'il s'immobilisait, il quittait son corps pour s'installer dans celui d'un rongeur réfugié plus à l'écart.
Même dans une ville à si mauvaise réputation, les choses les plus notables se passaient dans des coins isolés, des coins facilement espionnés par ses outils grouillants.

Il continuait donc de remonter une large rue par à-coups, profitant des embouteillages de la foule pour s'immobiliser et s'emparer des rats dans les ruelles -sur le rebord d'une fenêtre- regardant à gauche  à droite ; tantôt une simple passe vulgaire, tantôt un touriste naïf qui se faisait dépouiller.
C'était anodin globalement, mais on pouvait en extraire parfois l'adultère compromettant d'une personnalité, ou alors un braquage innocent qui se soldait en meurtre sanglant.

Autant de briques qui lui servaient à bâtir son réseau.

_______

Il arrivait enfin vers la place principale, l'endroit le plus convoité par ses employeurs.
Plutôt que de s'installer au milieu de la foule face à l'estrade, Leshen choisi de s'enfiler dans les impasses.

Seulement il était difficile de se déplacer à sa guise : même des coins aussi étroits et sordides sont surveillés, car ils constituaient les allées séparant des bâtiments administratifs, militaires, des résidences nobles, ... .
Pas le genre de coins où on aime voir les gens fouiner. Et même dans une ville aussi corrompue que celle-ci, il était impossible de complètement violer l'intimité des bien-nés sans l'accord de gens haut placés, le maire y avait veillé et les gardes s'exécutaient. Même la corruption n'était pas à la portée de n'importe qui.

-Désolé gamin, tu peux pas aller ici, c'est hors public. Reste don' sur la place, les discours vont bientôt commencer et tu vas voir c'est quelque chose, l'histoire va se jouer ici tsé, quand tu verras la guerre déferler, dans un sens ou dans l'autre, tu sauras qu'une partie de la décision s'est jouée ici, et t'pourras dire que t'y étais. C't'un souvenir ça, tu vas voir.

Leshen dégagea d'avantage la capuche de son long manteau noir, révélant son visage mort. Il n'avait pas prit la peine de le cacher en ce soir, on le prenait de toute façon pour un costume, un maquillage provoquant comme beaucoup d'autres en portent durant cette fête.
Mais en voyant son regard de prêt, le garde sembla deviner que ce n'était pas qu'un artifice. Son visage se contracta et ses épaules se raidir. Les Gorgoroths ne sont pas rares dans cette partie du monde, c'est en général ici qu'ils se réfugient pour la plupart. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils étaient appréciés.

-Je ne suis malheureusement pas là pour le spectacle. Je suis chargé de transmettre des mots et n'en déplaise à la sûreté du bloc administratif, je dois emprunter ces chemins pour faciliter mes déplacements.

Le faussaire glissa sa main dans ce manteau presque trop large qu'il portait, pour en extraire un papier épais, de qualité. Il était légèrement humide mais nullement dégradé. Les formules qu'il portait étaient classiques, les autorisations réglementaires et le sceau paraissait légitime. Ce droit-de-passage prioritaire n'émanait pas d'une des familles les plus influentes de la ville, mais sa réputation était suffisamment poignante pour qu'il n'ait pas envie d'en défier l'autorité, ou de risquer de retarder leurs projets pour un seul homme.
Et assez poignante pour qu'on hésite à copier leur sceau. Plus qu'à l'accoutumé. Mais d'après Leshen, ça en valait la peine.

-Humph... évitez juste de trop zoner, les allers-retours incessants mettent les arbalétriers d'élite mal à l'aise.

Il haussa un regard en direction des fenêtres. Mais de toute façon ce genre de guetteurs ne surveillaient souvent que les accès des bâtiment, et Leshen n'avait l'intention de rentrer dans aucun d'entre eux. En tout cas pas en personne.

Le gorgoroth se posta dans l'un des coins non loin du poste de garde. Un renfoncement dans la pierre lui sembla être le meilleur angle mort qu'il puisse y avoir dans le coin. Aucune entrée à proximité qu'une ronde risquerait de survoler, aucune fenêtre en vision direct.
Il écarta son manteau pour laisser s'échapper une demi-douzaine de rats qui attendaient dans une profonde doublure. Il valait mieux amener de la matière première au cas où les candidats sur place soient en mauvais état.
Leshen en poussa certains du pieds -trop grognons d'avoir été extraits de la poche chaude où ils somnolaient- et dispersa les autres grâce à son pouvoir de l'esprit.

Il étendit ses tentacules d'information une à une, avec soin. Peut-être même arriverait-il à atteindre la tente du maire pour ressortir avec quelque chose de croustillant, malgré le brouhaha de l'estrade qui commençait à monter, principalement à cause d'un premier discours...
Puis un second, plus bruyant, vecteur d'émeutes semblait-il même cette fois. Une agitation tellement appuyée qu'elle perturba ses rats à de nombreux points du quartier.


Il passa plusieurs minutes à calmer et à replacer les vermines gênées par les bagarres. Mais ses agents restèrent agités et difficiles à contrôler pendant encore un long instant.

Faute de mieux il s'installa derrière les yeux de son compagnon fétiche, contemplant l'estrade à travers le regarde de Nook. C'était l'un des rares qu'il pouvait habiter sans faille et qui en plus ne craignait pas la foule.
L'origine de l'onde semblait être cette prêtresse, l'instigatrice du discours.
Mais au moment où il arrive à faire le point sur elle : on l'emmène avec vigueur à l'intérieur d'un bâtiment.


Nook trottine pour la suivre. Il gambade pour garder l'escorte musclée en vue, bondit sur des rebords pour rester le plus possible hors de vue. La balade s'arrête définitivement dans une geôle, certes pas la plus sordide, mais suffisamment isolée pour que personne ne risque de tomber dessus en cherchant les commodités.

Leshen reprend la vision depuis son propre corps. Il se met difficilement en branle, comme a chaque fois qu'il quitte son corps pendant autant de minutes, et longe le mur en s'appuyant confortablement dessus d'une main. Il n'aurait pas dû laisser son bâton dans les Tunnels.

Il voit Nook sortir d'un tas de tonneaux brisés, il les écarte doucement et se laisse confortablement tomber à genoux devant la grille discrète de la cellule, en s'accrochant solidement aux barreaux de ses mains grises et flageolantes.
Nook repart en direction de l'estrade pendant qu'un rat de passage se place à l'entrée des cellules. Sitôt qu'ils se seront calmés, deux autres rongeurs devraient s'installer aux issues de la ruelle.
Ça irait mieux dans quelques secondes de repos, les tremblements cesseront. Des secondes un peu plus nombreuses à chaque fois.

-Vous avez une cellule avec un soupirail sur l'extérieur? J'avoue que c'est pas ce qu'on fait de mieux, pour un invité d'honneur à la fête, mais vous réalisez que c'est un privilège néanmoins dans une telle ville? Sans en rire : j'ai aperçu d'autres orateurs ce soir, qui ont été complètement ensevelis. Mourir étouffé... l'une des pires morts, j'ai pas peur de le dire, entre personnes concernées.

La forme avachie dans la pénombre était pour le moins incertaine à ses yeux nouvellement retrouvés. Mais en la matière il se fiait aux sens de son rat de compagnie : son interlocutrice n'était pas en très grande forme.
Revenir en haut Aller en bas
:: Visage scellé ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: Visage scellé ::
Psyche Corona
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Sam 21 Nov - 18:36

Spoiler:
 

Jeu d'Influences

Un reniflement tu résonna contre les murs humides, brisant le silence malsain qui régnait dans les geôles. Prostrée et tremblante, la prêtresse s'essuya de nouveau les yeux – sans pour autant les ouvrir. Elle émit un son pathétique qui ressembla d'abord à un grognement mais se finit plutôt en un soupir douloureux.

Elle tenta de ralentir l'écoulement de la chassie d'ébène qui lui brûlait les larmiers en fermant intensément les paupières, et le liquide sembla s'accumuler au bord des yeux et gagner en viscosité. Sa perception des essences se brouilla et bientôt, le malaise la rendit entièrement aveugle. Plus de détours, plus d'instinct, plus de taches blanches autour d'elle. La prêtresse tendit une main fébrile et la posa bien à plat sur le sol, puis activa son pouvoir de vision sur le présent de son environnement global. Une image brève et indistincte passa comme un éclair dans son esprit et elle put sentir sa tête tourner pendant de longues et déboussolantes secondes. Elle avait aperçu de la pierre partout autour d'elle, un faible faisceau lumineux provenant d'une ouverture en hauteur, et, plus au fond, une planche de bois que deux grosses chaînes tendues à la diagonale maintenaient suspendue. Une migraine, courte mais intense, vint de nouveau lui percer les tempes et troubler le flux d'essence qui était resté ondulant dans la pulpe de ses doigts.

Après une minute cruelle, la Gorgoroth parvint à trouver la force de se redresser davantage, et elle s'assit contre le mur à sa droite, les genoux pliés, recroquevillée comme une enfant. Elle se frotta intensément les yeux, barbouillant ainsi son visage balafré, puis, gardant les doigts proches de ses pommettes, elle entreprit, palpitante, d'entrouvrir les paupières.

Depuis qu'elle y était parvenue dans ses quartiers, au Temple, et avait reçu le même jour la parole de son Dieu lui intimant d'accomplir son destin, la Gélovigienne avait réitéré l'exploit quelques fois. Le procédé n'en était pas devenu moins douloureux mais elle éprouvait souvent le besoin de ressentir ce déchirement de nouveau, comme pour lutter contre l'emprise de son meurtrier sur son existence, et peut-être même l'annihiler. Seule, comme souvent, fatalement prisonnière dans cette cellule où le chant lointain des passants dans la rue adjacante ne devenait qu'un murmure froissé, la prêtresse céda à la tentation.

Elle plaça ses doigts aux coins extérieurs de ses yeux et pressa doucement sur ses cicatrices, étirant sa peau exsangue afin de décoller ses cils. Les sécrétions qui scellaient sa vue semblèrent se laisser faire, et bientôt, ses paupières se séparaient. L'aveugle retint les gémissements qui montèrent dans sa gorge et essuya ce qu'il restait de poussière, de larme et de sang de Gorgoroth en passant ses index sous ses yeux. De ses iris blancs et vitreux, de ses pupilles pâles et vides, elle fixa, sans rien voir, ce qui se trouvait droit devant elle. Ses paupières étaient encore à demi closes et agitées de spasmes nerveux. Elle sentit son essence paniquée chercher les images que son sens de la vue, mis à l'usage après des semaines de cécité, ne trouvait pas. Tout en veillant à garder les yeux ouverts, elle se laissa sombrer dans une torpeur distante, semblable au repos que son état de mort-vivante lui procurait en s'éloignant doucement de toute excitation des sens.

Les sons des geôles n'étaient que des gouttes d'humidité sur un sol de pierre, des pas lents, plus hauts, des exclamations d'une foule à plusieurs rues d'ici. Tout cela lui parvenait avec suavité – comme le calme d'un endroit étranger et exotique. Après un temps, la prêtresse put sentir son instinct lui revenir machinalement et dans son esprit, l'image que sa vision venait de lui procurer s'encra profondément, et elle perçut en plus de cela les essences qui l'entouraient. Très pâles, statiques, mais lorsqu'elle portait son attention en hauteur – là où elle avait cru reconnaître une source de lumière – il semblait que les nuages étaient mobiles.

Un cocon plus dense vint danser dans le coin de son champ de vision, près du rayon de lumière. A sa base, même, et le cadre sembla s'assombrir. La prêtresse tourna la tête en direction de l'essence vivante qui s'agitait, mais ses iris vides se noyaient encore dans le vague. Il s'agissait d'un susbtrat magique très dense, plus que celui d'un animal. La Gorgoroth eut un sursaut fébrile. Quelqu'un était penché contre le mur de sa cellule. Elle se crispa mais garda le visage orienté vers l'individu.
Une voix jeune et douce parvint alors à ses oreilles, excitant son essence qui s'empressa de revenir sur son ouïe. La prêtresse écouta, encore troublée qu'on s'intéresse à elle, les bras autour de ses genoux. L'inconnu lui parlait simplement, avec humilité mais décontraction. L'expression de la Gélovigienne devint presque enfantine, à la fois incrédule mais attentive.
Aux derniers mots de la voix étrangère, Psyche laissa un rictus intrigué passer sur son visage, et elle se concentra davantage pour analyser la nature du nuage qui en dessinait les contours. Dense et tirant sur l'argenté, mobile, présentant quelques torsions... Une essence surnaturelle. Ils étaient congénères.
Un long silence passa, mais l'autre Gorgoroth ne sembla pas s'en émouvoir. La prêtresse hésitait à prendre la parole. Sans se relever, elle finit par faire trembler l'air autour d'elle de sa voix sépulcrale.

Au parfait inconnu qui rôdait dans les ruelles de « la Ville Corrompue », elle répondit :

« Je ne peux en juger, ce ne fut pas mon cas. Songeant au sort des autres orateurs et au tumulte qu'elle avait elle-même provoqué, elle ajouta avec une assurance de fortune, ce ne le sera pas non plus. Pas ici. »


Lacrimosa

   
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
:: The Boss ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: The Boss ::
Le Messager
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Lun 23 Nov - 20:43



Jeu d’Influences


Abel écarta les pans de la tente qui avaient abrité l’entrevue et sur une courbette aussi théâtrale que son personnage, il s’éloigna. L’échange avait été aussi fructueux qu’il l’avait espéré, et bien qu’ils n’en soient encore qu’à une première approche brève et impromptue, le résultat était prometteur. L’interprétation de ce rôle de messager lui tenait à cœur et cela se lisait à son expression. Même les débuts d’émeute qui le forcèrent à rester dans le sillage du cortège de la maire ne ternirent pas sa bonne humeur. Avec discrétion il avait rabattu sa cape sur son poitrail et s’était glissé dans l’ombre des soldats qui ouvrirent la marche. Une fois arrivé vers la fosse qui attendait aux pieds de la scène, il rejoignit ses hommes qui l’attendaient à l’endroit convenu. Ces derniers lui firent un topo des dernières nouvelles et lui rapportèrent notamment la mort précipitée d’un orateur pacifiste. Ce n’était pas une surprise. Les Cavaliers tiraient constamment parti de leur influence tentaculaire et n’avaient aucune tolérance envers les pégus qui leur tenaient tête.

Tolérance qui avait été mise à rude épreuve depuis que les discours contradictoires avaient enflammé des débats déjà houleux. En ce sens la prêtresse de Kron attira son attention de par son initiative inattendue et sa verve fiévreuse. Curieux, Abel avait assisté à tout cela sans mot dire, avec l’insouciance de celui qui a déjà assisté à ce genre de scènes de nombreuses fois. Il ne saurait néanmoins dire si cette tirade finirait en mélodrame. Dans tous les cas Psyche avait réussi à semer le trouble dans l’assistance, bien que ce ne soit pas vraiment un exploit. Les échauffourées étaient aussi caractéristiques de Ridolbar que son habituel mauvais temps, il n’y avait pas de quoi s’étonner. Toutefois il ne ferait pas de cette ébullition relative une raison pour baisser sa garde ou s’éterniser plus que nécessaire.

« Gardez les yeux ouverts, le spectacle n’est pas terminé. »

Ses interlocuteurs acquiescèrent et après quelques mots se séparèrent d’un accord tacite, infiltrant la foule à divers endroits stratégiques ainsi que les axes principaux de la ville. Ils étaient les divers fils de sa toile, méticuleusement tendus en prévision de ce qui pourrait venir. Un filet de sécurité qui pourrait servir d’épée comme de bouclier, en fonction de la suite. Un tollé se leva dans la foule lorsque la représentante de Kron tira sa révérence, suivie de près par l’escorte qui lui avait été assignée. Intéressant.
S’il n’était guère étonnant que des gens guident la religieuse aveugle qui pourrait aisément se blesser, il était moins commun qu’ils soient aussi nombreux et la poussent à quitter les lieux prématurément. Le protocole voudrait qu’elle assiste à la fin de la cérémonie d’ouverture, en même temps que ses deux homologues, et pourtant il n’en était rien. Abel sourit en voyant que dame Samarcande prenait des dispositions pour encadrer les dérives de la trouble fêtes, ce qui ne fit qu’en ajouter à son besoin d’en apprendre plus. Quoi qu’il en soit il pourrait se contenter de rester en retrait et écouter la suite, étant donné que ses pions étaient déjà minutieusement posés sur l’échiquier. Il avait un « rat » sur l’affaire, et il ne doutait pas qu’il serait capable de mener sa tâche à bien... mais quelques renforts ne seraient pas de trop, juste au cas où. D’un signe de tête il indiqua à deux hommes d’aller surveiller cette affaire à distance, se tenant prêts à prêter secours à leur camarade.

****

Sur l’estrade Jade s’avança avec pudeur bien que son port demeure fier. Les circonstances de son discours n’étaient pas les plus propices mais sa détermination se lisait dans son regard émeraude. La jeune femme demanda le silence à plusieurs reprises et finit par enfin obtenir un semblant de calme avec l’aide de la Maire, qui fit de son mieux pour préparer son entrée. La tiare de feuilles d’or qui ne quittait jamais sa tête rutila sous la lueur des torches.

« Peuple de Ridolbar, enfants de Phelgra, aimés de la déesse, mes mots seront brefs ! » Elle inspira et poursuivit. « Ne nous laissons point emporter par la ferveur déraisonnable ou la méfiance excessive qui risquent de nous diviser en ces temps difficiles. Seule l’unité nous préservera ! » Elle marqua une pose et fit un geste du bras, enveloppant les présents de son étreinte spirituelle. « Ce n’est pas en nous retournant contre nos frères que nous gagnerons la félicité prospère convoitée par tous, indépendamment de leurs croyances, de leurs origines ou de leurs convictions politiques. Ni la cupidité, ni la violence gratuite, ni la haine envers les réfugiés alliés qui nourriront nos familles ou réchaufferont nos foyers. » Jade soupira. « Ah, la guerre ! En chaque maisonnée on lui donne un sens distinct. Calamité ou rédemption dépendant du bord où l’on est placé pour la considérer. »

Elle fit un pas en avant et sa voix chaude porta loin, charriée à travers la marée humaine qui continuait de bouger. Néanmoins son aura bienveillante et son ton plus mesuré ramenèrent un semblant de calme, en même temps que les fauteurs de trouble étaient tenus à l’écart par l’action de la garde. Les cris avaient baissé en intensité, mais les bousculades persistaient dans les artères adjacentes, se déportant ailleurs en ville depuis que l’accès à la scène avait été bloqué. L’attention était entièrement focalisée sur les acteurs du soir, qui joutaient de leur verbe sous le regard espiègle de Gréis.

« La dévotion n’est ni ne sera jamais une excuse à l’égarement. Il ne faut pas mélanger le fruit de nos rêves ou nos désirs avec une grandeur inspirée de plus haut. Les dieux créateurs nous ont offert un monde à habiter, nous donnant ainsi tout ce que nous avons, y compris la vie. Quoi qu’on puisse en dire, en dépit du désespoir ils nous épaulent, nous écoutent et réconfortent nos esprits. En outre nous ne devons pas leur prêter des desseins qui ne sont nullement les leurs, sous prétexte d’avoir plus de valeur ou de clairvoyance. » Sa poigne se resserra autour de son bâton en bois sombre, orné d’une flamme taillée dans un joyau catalyseur.

« Bien arrogant est celui qui prétend répéter la parole d’une divinité quelle qu’elle soit. Ne vous laissez pas avoir par les prophètes, les fausses promesses et les belles paroles. Si je dois vous faire passer un seul message aujourd’hui, enfants d’Aléa, ce serait l’invitation à penser par vous-mêmes, à faire ce qui est juste. Ce serait de vous rappeler que nous sommes tous sans exception, y compris moi-même, des serviteurs plutôt que des démiurges au-dessus de tout soupçon. Nous sommes des croyants, non, des humains avant tout ! Nos conseils et préceptes sont des recommandations et non des impératifs. Nos prières sont des suppliques et non des exigences, et il est de notre devoir qu’elles le restent. » Elle sourit de façon à ne pas trop durcir ses paroles, et cita des textes anciens écrits par une ancienne grande prêtresse. « Le bonheur est aux dieux ce qu’il est aux hommes : si l’on partage sa joie on en récolte le double. Et c’est aussi pour cela que nous sommes réunis ici ce soir. Gréis et ses jeux ne font que commencer et je suis sûre que vous êtes tous impatients de pouvoir en profiter. Faisons donc honneur à la jeunesse de nos enfants, faisons donc place aux divertissements ! Bons jeux à tous ! »


◊◊◊◊◊◊◊◊◊

1. Le prochain post (après celui-ci) sera le dernier pour le PNJ. Il résumera la situation d’un point de vue politique, et annoncera comment s’achève cet event. Vous serez libres d’achever le topic avec votre perso au rythme que vous voudrez. Sachez néanmoins que vous serez concernés par une suite éventuelle. Libre à vous de l’exploiter ou non, mais rien ne restera figé !
2. Chaque action et décision aura une potentielle incidence sur l’issue finale du sujet, les informations à disposition de votre personnage, ainsi que sur l’opinion publique. C’est le moment de jouer vos dernières cartes.
3. Des bagarres éclatent entre conservateurs et sympathisants de Sharna dans divers points de la ville. La garde municipale ayant mis en place une ceinture de sécurité réduisant les allées et venues près de la scène afin de protéger la Maire ainsi que les trois religieux, les émeutes se sont déportées plus loin, et il est peu probable qu’elles s’éteignent dans la soirée.
4. Pour ceux qui disposent de réseaux d’information (Tekum, Rashell principalement) vous pouvez soupçonner ou on peut vous rapporter que quelque chose se trame dans l’ombre au quartier de la mairie, grâce à la confusion qui n’est sans doute qu’une distraction (volontaire ?). Vous pouvez essayer de trouver ce dont il s’agit mais laissez-moi le dernier mot sur ce que vous trouverez.
5. Jade a globalement réussi à remettre la thématique des discours sur les rails. L’assistance, mi-intéressée par ce qu’elle dit et surtout désireuse d’en venir enfin à la suite des festivités, a écouté avec une attention relative. Il est cependant probable que l’invitation à la liberté de pensée ne soit pas restée sourde à certaines oreilles plus ou moins hostiles.
6. Je suis désolée pour le délai d'attente, j'ai eu quelques soucis avec l'irl. Bon jeu ! Comme d’hab’ s’il y a des soucis, ma boîte à MP est là. À vous les studios !



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
:: Duc Aveugle/Fils de Fen ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: Duc Aveugle/Fils de Fen ::
Tekum Seh
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Lun 30 Nov - 15:39

La vie voila donc l’un des plus grands baratins que le monde vous fait, une ces œillades doucereuse qu’on ne peut oublier si simplement et pourtant qui voudrait vraiment l’oublier.
Car elle est là, pressente et oppressantes, affolante et affriolante, comme une compagne qui ne voudrait qu’on la laisse ailleurs pour aller toucher du doigt cette amante honnie qu’est la mort. Mais tous savent qu’elle est trop jalouse pour vous reprendre après, alors ? Alors on danse avec sa cousine, la peur…

Mais quelque par, alors que les brandons de cette infâme incendie qu’est la peur qui danse avec la haine et un soupçon de patriotisme malsain, se dispersent dans le vent qui souffle vers les autres quartiers pour rependre ce douçâtre oliban qui survit toujours aux siècles, un homme apprend que quelque chose se trame dans la moiteur suave d’une planque sans ambition si ce n’est celle de tenir. Mais cet homme est Tshe, celui qui est en charge des choses ici bas, car Darian est un homme de temple et l’histoire, si ce n’es sa propre vie, ne le concerne plus, les mots de Sir Groy n’ont pas eut l’effet du miel, il a donc perdu sa part du marché.

Tshe se redresse, c’est un terrane d’un âge assez avancé pour que ces cheveux grisonnent sur ses tempes caché sous un chapeau, un pantalon long et noir, un chemise claire, un veston et une canne, voilà tout ce dont il est affublé. Alors qu’il se lève deux Zélos font de même et sortent des ombres, grand massifs, ils sont légions dans les hommes de main de la plume, mais ceux-là ont été choisit parmi les Phelgrans pour assuré la sureté de l’homme qui parle pour la plume dans la ville de la femme maire. Puis d’un coup d’œil il rassemble parmi les tribades et les gitons de cette cour déluré quelques êtres qui feront le chemin avec lui, le chemin vers les ragots qu’on lui porte. Il laisse derrière lui l’homme des ombres pour donné si besoin le feu vert au massacre qui prendra lieu si les hommes font vraiment mine de vouloir s’en prendre aux armes pour partir sur le pied d’une guerre fort peu véloce.

Rapidement il traverse les ruelles encombrés et les endroits où l’haptique remplace la vue et l’odorat et où seuls les ombres viennent murmurer. Là il laisse ses accointances le rejoindre, d’autres hommes, d’autres êtres, les choses qui se trament ne peuvent être fait sans l’aval de la plume, si Ridholbar tombe le serpent le fera sorti de son post et Tshe sait qu’il est trop vieux pour reprendre les choses à la racine, alors l’hurbis est laissé de coté, il écoute en permanence les murmures du réseau qui vogue de partout dans la ville noire et l’infiltre avec douceur.

Rapidement il fait suivre la demoiselle qui est mené en lieu sur, de loin, ou du moins d’assez loin pour que ce ne soit visible facilement, et par des hommes qui ont l’habitude de ce genre de choses, car cette ville, comme toutes les autres est gangréner, grever par les racines sombres d’une plume dont l’aménité n’a d’égal que sa violence dans la réponse à l’agression, ou la douceur de ses choses que seule elle sait proposé aux hommes comme aux élites.

Lui marche toujours, rapidement l’oreille aux aguets, rien n’a encore été déclenché si ce n’est une surveillance plus vaste, quelque chose se trame ici bas, et il a fallut de la poigne pour la mettre en place, et une influence fantasque pour que rien ne filtre, quelque chose échappe à la plume et il faut éviter cela …

Les assassins dans leurs cachent attendent leurs ordres disperser dans la ville, les hommes au milieu des foules attendent eux aussi de ce voir hucher pour aller à la guerre et rentré dans les chaumières ces imbéciles perclus d’impéritie qui veulent faire la guerre, les oreilles sont tendues de partout et les hommes ont prie leurs placent. On a parlé, on a rassemblé les troupes, on a donné quelques Dias pour que cela se fasse avec plus de douceur, on a fait faire ça par des hommes du crue, on a déployé nombres d’autres moyens, maintenant il n’est plus question que d’évité que cela n’échappe au contrôle fugace d’une petit plume bien légère à première vue sur un échiquier plus que prenant.



Résumé ::
 


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar Invité
Invité

MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Mer 9 Déc - 18:52

Un moment passa sans pour autant que la captive ne réagisse.
Une interpellation plutôt simple et pourtant surement inattendue de sa part ; Leshen pouvait facilement imaginer le genre de gêne et de surprise que la prêtresse pouvait ressentir actuellement.


Il laissa donc le temps flotter, bien content de profiter de ces quelques instants de battement pour sonder ses agents. Il ajusta quelques rats aux différents points d'accès de sa position. Un cordon bien assez large pour sentir venir les curieux et s'enfuir à temps... à moins qu'on ne l'encercle consciencieusement, depuis les trois issues à la fois.
Mais il n'y avait que peu de chances que quelqu'un s'intéresse à ce point à son cas, pas au point de lancer une prise en tenaille synchronisée.
Sa frêle surveillance suffirait donc.

La Gorgoroth répliqua finalement, en quelques mots, d'un trait de confiance audacieux. Une telle pique de présomption aurait pu paraître stérile vu sa situation, mais le Roi des rats échappa quand même un rictus. Il était toujours bon de voir un peu de fierté dans cette ville.
Sa propre réponse tomba avec engouement :


«Quel plaisir de vous voir si pleine de volonté. Je me pose la question pourtant, car la frontière est mince entre orgueil et persévérance : qu'est ce que vous vous préssentez comme dessein?
On a pu vous entendre si vive, si inspirée, quant aux événements en train de se dérouler... et pourtant, pour vous même, j'ai du mal à m'imaginer le genre de rôle qui vous est destiné. Maintenant que l'appel a été lancé, vous vous retrouvez ici et je doute que ça suffise à aider l'élan que vous désirez pour cette guerre.»


Sans vraiment attendre de réponse pour l'instant, Leshen se releva sans ménagement, humant l'air légèrement. Ce geste accompagna la manoeuvre psychique qui l'emmena dans la tête de Nook.

Les émeutes prêt de la scène avaient cherché à se répandre comme une marée. Mais restreintes par le cordon de sécurité du Maire, elles s'étaient contentées de rebondir -comme sur une falaise- pour se déverser dans les artères moins influentes de la ville. Le noyau de l'agitation sur la place publique était quant à lui apaisé par le discours de la dernière oratrice.
Ce jeu d'influence en trois actes n'avait connu qu'un pic, qui serait sans doute vite lissé par les deux autres, puis dissipé lentement par la propension naturelle de la population pour l'avarice et la luxure.

Toujours debout, il parle néanmoins en se tournant vers la grille de son interlocutrice. D'un ton mélancolique -une voix solide mais monocorde- il est presque difficile de l'entendre à moins de s'approcher :

«Votre appel s'estompe déjà. Progressivement mais surement, je n'en doute pas.
La dynamique dans cette ville n'est que trop bien réglée.
Souvent elle s'enflamme, semble s'effriter, s'entre-tue et parait évoluer... mais malgré toute cette agitation qu'on pense chaotique : elle termine toujours dans le même état. Paresse et médiocrité.
C'est le vice de la corruption, qui envahi pour mieux étouffer la moindre inertie. Le maire l'a bien compris, elle encaisse les velléités et encourage la croissance de certaines pègres, mais à chaque fois tout termine dans la boue. Et elle repousse le tout à la périphérie du charnier, laissant agir un nouveau cycle de plusieurs mois d'une guerre d'influence, sans aucune issue durable.»


Il s'accroupit cette fois, et se cramponne à nouveau aux barreaux en se lançant dans un discours soudainement plus animé que la douce introduction qu'il venait de faire. Un changement peut-être même trop brusque pour la prêtresse, légèrement déboussolée.

«C'est une erreur pourtant. Plus on contrôle les masses, nivelant les intentions, plus on crée d'extrêmes. Polir la surface, mais aiguiser les bords.
Aujourd'hui vous avez fait une percée. D'une journée uniquement réservée aux divertissements, pour un peuple bien content de s'enivrer et s'occuper, vous avez allumé une volonté. Il ne tient qu'à vous d'aller l'extraire de la masse.
Plutôt que d'attendre prier ou juste espérer, vous pourriez vous même aller chercher les groupes actifs devant lesquels vous venez d'apparaître.
Présenter un visage et une perspective pour les natifs opportunistes de cette ville, ceux bien trop lassés et révoltés de la corruption perpétuelle.»


Il se calme soudainement, surement conscient de sa frénésie abusive.

«...A moins que ce ne soit trop pour vous...
Pourtant un visage public pourrait suffire à canaliser les forces incrustées de la cités.
En compactant tous les rejetés de la politique actuelle vous pourriez aider à canaliser les forces de cette ville et de cette guerre colossale pourrait émaner un nouveau mouvement. Un qui pourrait exercer l'influence de la ville vers l'extérieur, plutôt que laisser se gaspiller le potentiel de ses habitants dans un tourbillon autodestructeur.

Je ne suis pas là par hasard, je suis venu vous aider. Peu importe à quel point vous pouvez vous sentir abattue, vous n'êtes pas juste ici pour croupir.
Vous avez une vraie opportunité, un contrecoup de votre discours. En tant que Prêtresse, les gens n'auraient aucun mal à vous voir comme conseillère, même dans une ville si désolée vous pourriez être un guide pour les ambitions étouffées de cette région. Et je pense connaitre certains des groupes qui vous y aideraient.»


Il restait maintenant crispé aux barreaux, dans l'attente, relâchant le seul vrai silence depuis quelques minutes, après avoir tant déblatéré. Sans qu'il s'en soit rendu compte, quatre ou cinq rats errants étaient venu s'agglutiner dans la cellule de Psyche. Probablement des individus sauvages, intrigués par cet étalage d'émotions qui venait d'émaner de lui par le biais de son pouvoir, tout au long de la tirade.

Leshen leva à nouveau le regard en l'air, respirant profondément
Il ne sortait que très rarement de son repaire. C'était un risque, mais une nécessité aujourd'hui. Une mission. Il devait s'arranger pour que son intervention compte.
Revenir en haut Aller en bas
:: The Boss ::

|| Informations ||
Fonction:
Pouvoirs, spécialités & Don:
Relations & Contacts:
avatar
:: The Boss ::
Le Messager
MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   Ven 18 Mar - 20:20



Jeu d’Influences


Alors que des pions bougent dans l’ombre au gré des caprices de leurs maîtres, la tactique des uns concurrence la ruse des autres. Sous la bonne garde de la mairie qui vise à la fois à la surveiller et à la garder en sécurité, Psyche se fait beaucoup remarquer par un discours aussi engagé que dangereux. De par ses paroles elle attire l’attention du peuple ainsi que de plusieurs groupes qui cherchent à percer ses confuses ambitions. Si le peuple est divisé dans ses opinions, ses homologues Gélovigiens sont quant à eux opposés à son intervention qui remet en question leur stricte neutralité par sa prise de position politique. De ce fait les agissements de la prêtresse de Kron seront tôt ou tard rapportés à la hiérarchie, qui décidera de la marche à suivre ainsi que de potentielles sanctions.

Après plusieurs heures la confusion sévit toujours quoiqu’en courbe déclinante, comme les braises encore rougeoyantes d’un feu de forêt. La chaleur a baissé dans le foyer mais le danger guette encore, désireux de renaître d’entre les grains de poudre anthracite à la moindre étincelle. Selon les ordres reçus, les hommes de Dame Samarcande se tiennent prêts et contiennent la foule sans grands heurts majeurs. Leur ceinture de sécurité vise à contenir les échauffourées et protéger les trois orateurs, qui sont préservés d’un petit groupe d’assaillants -inconnus mais organisés- attentant à leur vie. Éconduits par le corps municipal, trois assassins sont interceptés dans leur fuite, jusqu’à être finalement emmenés en prison pour un interrogatoire ultérieur.

Néanmoins pendant que la garde se concentre sur la protection civile, d’autres manœuvres se trament en coulisses de l’hôtel de ville. Profitant de la confusion deux silhouettes partiellement animales se glissent dans la bâtisse sans être vues. Visiblement bien informés ils s’emparent de ce qu’ils étaient venus chercher dans un travail méticuleux et rapide, dans ce coup réglé comme un métronome depuis des mois. Chacun avec un étrange colis sous les bras, ils se laissent glisser le long des hauts murs en se soutenant à une toile arachnéenne, avant de foncer vers les ombres salutaires des ruelles moins bien éclairées. Les gardes assommés reprirent connaissance plus vite que prévu et donnèrent l’alerte.

Les cambriolages n’étaient pas rares dans une ville aussi mouvementée que Ridolbar, aussi ils étaient entraînés à ce genre de cas de figure. L’étau se referma sur les deux intrus qui durent se frayer un chemin par la force. Dans des bruits caractéristiques de lames dégainées, ils se tinrent dos à dos avant de fendre entre les rangs des ennemis qui ne tarderaient pas à les submerger. Blessés et acculés, ils se regardèrent un instant et agirent sans se concerter. D’un signe de tête complice le couple encapuchonné se sépara en directions différentes afin d’augmenter ses chances d’évasion.
La garde ne l’entendait pas de cet œil, cependant. Si la demoiselle réussit à s’échapper en jouant de sa forme animale pour grimper sur les toits de la ville avec une agilité impressionnante, son partenaire n’eut pas cette chance. Épinglé par un arbalétrier, il lâcha un grognement de douleur lorsque sa cuisse fut transpercée d’un carreau. Rapidement mis au fer ce dernier cracha par terre en signe de mépris, un sourire amusé au bord des lèvres. Non, il ne craignait pas pour sa vie ou sa liberté alors que ses amis le tireraient de là bien assez tôt. Il n’avait pas peur... puisque la mission était un franc succès. Lorsqu’il fut fouillé on ne trouva rien du tout sur lui, même après les coups persuasifs que lui mit le chef de la garde, furieux d’arriver trop tard. Un rictus plissa ses lèvres félines. Ils avaient réussi. Le paquet avait disparu... aux mains d’une propriétaire qui était déjà loin.




◊◊◊◊◊◊◊◊◊

1. C’était le dernier post du PNJ, c’est ainsi que s’achève cet event. J’ai essayé de vous laisser le temps de conclure ce qui a été amorcé, mais comme ça lambine je préfère clore et vous inviter à continuer dans de nouveaux topics si vous désirez toujours poursuivre. (Je pense notamment à Psyche et Leshen : Dans votre cas je vous laisse de la marge de manœuvre, ne fixant que les conséquences globales de ce qui a eu lieu.)
2. Chaque action et décision aura une potentielle incidence sur les événements à venir, que vous soyez directement concernés ou non. Vous avez la possibilité de me MP pour me poser des questions sur ce que vos personnages pourraient voir en particulier ou détenir comme informations. Je vous donnerai du grain à moudre en fonction des actions que vous avez entrepris en jeu et de leur cohérence. Cela pourra vous aider plus tard, que ce soit en tant que ligne directrice de jeu ou en tant qu’infos purement rp, forcément utiles si bien utilisées.
3. Vous êtes tous libres de mener l’enquête sur ce qui a été volé à la Mairie, de tenter de retrouver les traces de la voleuse pour aider la Maire, pour votre profit personnel, ou pour toute autre raison de votre choix. C’est une suite facultative, vous êtes les bienvenus si ça vous intéresse, aucunement obligés de participer. Que les intéressés me le fassent savoir, que j’organise une suite via le PNJ. Ce ne sera pas un event mais plutôt une quête avec au moins un bonus d’exp à la clé. Comme d’habitude les implications restent conséquentes pour le paysage politique et la ‘flore des pègres’ de Ridolbar. L’issue est ouverte jusqu’à ce que ce soit joué ! Ce dernier message s’adresse d'abord à Rashell, Tekum et Leshen... Et à qui voudra ensuite. Voilà voilà !


Comme d’hab’ s’il y a des soucis, ma boîte à MP est là. À vous les studios !



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: Jeu d'Influences   

Revenir en haut Aller en bas
 
Jeu d'Influences
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Istheria, le monde oublié :: La Communauté & ses échangesTitre :: Corbeille :: Les vieilles aventures-
Sauter vers:  

(c) ISTHERIA LE MONDE OUBLIE | Reproduction Interdite !