[Quête] Miroir mon beau...



 
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 [Quête] Miroir mon beau...

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Elië Valanatëel

MessageSujet: [Quête] Miroir mon beau...   Lun 28 Sep - 18:29

Les murailles sombres de la cité se découpaient enfin à l’horizon, nichée aux racines de la montagne. Les tours dominaient la plaine forestière et les remparts donnaient l’impression aux arbres que la cime des arbres était taillée telle une haie d’un jardin bien entretenu. Or elle savait qu’il n’en était rien. Les forêts alentour, jadis tenues à distance de la cité afin de la protéger en donnant à ses défenseurs une vue dégagée sur les alentours avaient depuis longtemps repris leur droits sur le plaine et l’on pouvait arriver jusqu’aux portes noires invisibles presque jusqu’au dernier moment.

Le voyage jusque-là avait été long mais elle n’aurait reculé pour rien au monde. Cela faisait des semaines, que dis-je des mois qu’elle préparait ce périple et l’excitation d’avant départ n’avait cessé de croitre, augmentant son impatience. Auparavant les recherches d’indices avaient occupé tout son temps et l’avait forcée à courir dans toutes les directions d’Isthéria à le recherche de preuves et d’indications. A cette occasion elle avait failli se retrouver noyé dans le nord lors de l’apparition d’un colosse, une abomination antédiluvienne si l’on en croyait les souvenir qu’elle avait semé dans la tête de tous ceux qui étaient présents. Elle avait à cette occasion côtoyer brièvement certains de personnages les plus en vue du continent qui s’étaient ligués pour venir à bout du monstre. Pour son amour propre cela n’avait pas été facile, mais elle en avait mesuré ce qu’elle était capable de faire et ce pour quoi elle n’était pas faite. Bien avant, elle avait rencontré des contrebandiers, des filous qui n’avaient rien à lui envier question rouerie.

Finalement, elle avait dû se rendre à l’évidence, si elle voulait mener sa quête à bien il lui faudrait se rendre dans la ville corrompue à la funeste réputation. Elle avait donc préparé ce voyage avec encore plus de soin, suivant au passage les conseils de son apothicaire préféré, enfin, le seul qu’elle connaissait et qui était connu pour être le meilleur d’Hespéria voire de tout le continent. Elle ne devait pas entreprendre cette aventure seule et s’entourer de personnes capables de la protéger était indispensable. Elle se tourna un instant vers l’herboriste dont elle ignorait encore bien des choses et en particulier les talents qui lui permettraient éventuellement de lui prêter main forte. Elle avait eu en effet assez de mal à imaginer de quelle façon un homme de son état pouvait lui assurer sécurité mais de toute façon, elle n’avait pas eu trop le choix et elle devait bien l’admettre, même si l’albinos était de bonne compagnie et qu’elle commençait à apprécier son dévouement presque maladif, cela avait été un peu un choix par défaut. De même celui qui devait les attendre dans la cité n’avait croisé sa route que deux fois et le dernière l’avait laissée « désappointée ». Elle ne pouvait savoir si elle trouverait dans l’enceinte de la cité le fier chasseur de prime ou la loque humaine.

Elle s’arrêta comme pour évaluer les dernières longueurs de terrain à parcourir. Elle était à pied. Sa condition de piétonne lui avait été imposée par la nature, mais à présent elle se réjouissait de ne pas se présenter devant la cité avec une monture qui aurait fait sans doute l’objet de convoitises. Elle ne savait pas monter et pour cause, aucun animal ne supportait sa présence. Ainsi en allait-il des Syliméa dont la nature prédatrice ne pouvait rester cachée aux animaux et aux chevaux en particulier. Elle avait appris à vivre cet inconvénient de manière détachée, surtout lorsqu’elle était « présentée » aux familiers des personnes qu’elle rencontrait. Cependant, un certain corbeau blanc lui avait tout de même mené ses nerfs à rude épreuve et si visiblement il ne l’appréciait pas plus, il se contentait maintenant de garder ses distances avec la rouquine. Celle-ci avait bien tenté de l’amadouer avec des fruits secs ou à coque et même quelques larves bien grasses qu’elle s’évertuait à dénicher sur leur chemin, rien n’y avait fait et le voyage s’était poursuivi sur ce statuquo.  L’apothicaire de son côté se montrait tantôt philosophe tantôt désolé mais n’était pas parvenu à faire changer l’attitude de son volatile et Elië avait tout de même fini par en prendre son parti. Le cordeau, aussi blanc que son maître avait aussi pris son parti de l’indifférence de l’albinos qui ne semblait pas vouloir tenir compte de sa méfiance à l’égard de la courtisane. Il partait souvent pour de longs vols qui le tenaient éloigné de la Sylimea et petit à petit un équilibre s’était créé.

Les journées de marche étaient longues mais avaient eu l’avantage d’améliorer l’endurance de la courtisane plus habituée aux efforts brefs et violents qu’à les maintenir sur de longue période. Certains jours, son compagnon se montrait volubile surtout lorsqu’il s’agissait de parler de ses clients des différentes essences de plante, bref de son métier. Parfois au contraire,  il se montrait plus taciturne, parfois pour les mêmes raisons lorsqu’il pensait ne pas pouvoir trouver les fournitures qu’il cherchait ou qu’il craignait de manquer un rendez-vous professionnel. Cela n’étonnait plus depuis longtemps la ladrini qui connaissait la conscience professionnelle de l’albinos depuis longtemps et elle aurait eu mauvaise grâce de s’en plaindre puisqu’elle avait déjà par deux fois pu en profiter.

Ce jour semblait devoir être un jour de silence, bien qu’il n’avait pas été question d’herboristerie ou de malades attendant ses soins. Peut-être l’approche de la cité maudite y était-elle pour quelque chose. L’herboriste de tarissait pas d’avertissements et de mépris pour cette ville qui devait abriter à l’entendre la lie de l’humanité. Ou encore peut être s’agissait-il de son état de santé qui ne laissait pas la rouquine de se faire du souci, à la fois par égoïsme _ à quoi lui servirait un garde du corps qui ne serait pas en pleine possession de ses moyens_ mais aussi tout simplement parce que petit à petit, l’albions avait su gagner une certaine estime dans le cœur de la courtisane.

Avant de reprendre le chemin qui allait replonger dans les sous-bois et les priver de la vue des remparts, elle lui jeta un coup d’œil ne s’attendant pas à ce qu’il sorte de son silence. Elle planta son bâton de marche dans l’humus et se dirigea d’un pas décidé vers la but de son expédition. La première étape étant de pénétrer la ville la deuxième de retrouver son deuxième garde du corps. Mais une chose à la fois.

Elle s’attendait si les rumeurs étaient fondées à devoir s’acquitter d’un droit de passage qui allait s’apparenter bien plus à un bakchich ou à du racket mais, il fallait ce qu’il fallait et s’il fallait en passer par là… Elle comptait sur sa mise des plus simples et son visage couvert de poussière pour ne pas attirer les convoitises et pouvoir négocier un passage le meilleur marché possible. De son côté l’albinos ne semblait pas plus fortuné qu’elle. Le seul défaut qu’ils avaient en commun était leur chevelure, immaculée pour l’un et de feu pour l’autre. Un peu trop voyante et resplendissantes. Et dans le série de « à la guerre comme à la guerre » elle se résolut à s’agenouiller, s’ébouriffer et à se shampouiner rapidement la tignasse avec les débris végétaux qui couvraient le sol. L’effet fut de ternir sa couleur emmêler ses mèches avec des nœuds qu’elle aurait sans doute toutes le peines du monde à défaire et de consteller le tout de tout ce que l’on pouvait trouver au sol dans un sous-bois. A la hâte elle ôta même un petit coléoptère qu’elle sentit soudain lui marcher dans le cou, avant d’aller s’écraser contre l’écorce d’un frêne.

Etait-ce la crainte ? Etait-ce la mauvaise appréciation des distances ? Elle eut l’impression de ralentir et que les remparts s’éloignaient au lieu de se rapprocher, mais enfin, ils se trouvèrent là, obligeant labelle grimée à lever la tête pour voir leur sommet. La porte Nord par laquelle ils arrivaient était ouverte et l’on pouvait apercevoir les silhouettes d’arbalétriers entre les créneaux léprosés par le temps, les lichens et les guerres. A un jet de pierre la porte s’ouvrait vers le but de leur si long voyage. La herse à moitié baissée, menace non déguisait gardait l’entrée de l’assommoir qui la suivait. Les lourds battant de bois noirs ferraillés d’épais aciers rappelait que même livrée à la lie de la civilisation la cité pouvait encore se défendre. Une escouade de quatre garde accueillait les voyageurs enfin ceux qui osaient encore se rendre dans la cité maudite. En cette heure bleue qui précède le crépuscule, les arrivants étaient rares et c’est seuls que les deux visiteurs arrivèrent.

Ils furent tout de suite accueillis par deux des sentinelles. Alors qu’ils s’approchaient, Elië les détailla. S’ils portaient uniforme et côte de maille on sentait que l’heure n’était pas aux exigences de discipline dans le corps armé supposé défendre la ville. Les hauberts mal ajustés et pas très nets étaient là pour en attester. Ils étaient armés de piques et portaient à la ceinture dague et épais large. Le premier d’entre eux sembla se caresser une barbe mal entretenue comme pour réfléchir devant le spectacle qui piétonnait en direction de la porte et dont l’intention évidente était d’entrer dans les murs de la cité. Une voix rocailleuse et pâteuse s’adressa à lui-même autant qu’aux nouveaux arrivants :

« Et bien… Qu’avons-nous là ? »

La fille se tenant légèrement appuyée sur son bâton pour assurer de sa grande fatigue et de sa lassitude prit une voix voilée.

« Deux voyageurs cherchant protection de vos murs contre la nuit sauvage… »




Dernière édition par Elië Valanatëel le Ven 26 Aoû - 9:22, édité 1 fois
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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Mar 29 Sep - 19:53

A la vu de ses murs, le regard s'affirma et s'assombrit.
Même si cette ville qui avait permis d'avoir un ou deux renseignements très utiles par le passé, la traverser lui restait au travers de la gorge par les ennuies qu'elle pouvait apporter. Qui aurait cru pourtant qu'il retournerait ici ? Bien qu'il ne soit que de passage, les mains de l'albinos se crispait un peu sur le manche de son épée encore au fourreau comme pour atténuer une douleur. Approchant de la cité à petit pas, le duo rouge et blanc se voyait plus ou moins terminé la première partie de leur voyage où il devait se rendre à l'auberge pour y retrouver la troisième personne.

Les mois d'attente à se reposer dans sa propre demeure avait porté ses fruits. La saison chaude lui avait malheureusement rendu les choses un peu difficile et divers événements l'avaient poussé à la quitter. Néanmoins, la partie la plus agréable étaient sans doute celle où il pouvait enfin reprendre son activité principale à l'herboristerie de Lumière. Tout de suite on le sentait plus sûr de lui, plus enthousiasme et plus joyeux. Bien que la quitter encore une fois pour deux mois de voyage lui mettait un peu de pincement au cœur, il avait à faire dans ce trajet. Projet secret donc il laisse tout le monde ignorant d'un déplacement plus au sud donc la destination semblait évident pour une seule personne. Hélas, cette personne ignore également tout de ce voyage qui avait deux buts bien précis qu'il gardait également pour lui.
Restant empli de mystère, l'albinos était sortie de sa boutique quand Elië vint lui envoyer une missive et sa visite en personne pour le départ final. De demandant que quelques instants afin de finaliser sa préparation et compter ce qui pouvait lui manquer.

Plutôt bien équiper pour tous les dangers, outre son arme noire accroché à sa ceinture, l'herboriste semblait avoir défini depuis longtemps déjà une tenue de voyage bien précise. Son manteau-bouclier bleu passant pour l'instant pour une simple cape décorée d'un oiseau sur son dos cachait le reste de sa panoplie de voyage constituer de tout ce qu'il y a de plus banal. Une autre cape d'un vert profond en dessous ne semblait le gêner malgré la chaleur extérieure, a vrais dire il n'avait pas vraiment le choix. Son albinisme avait le don de lui poser problème à cette époque de l'année en lui causant des insolations, suivie d'évanouissement d'où son aspect maladif après autant de temps.
Son bracelet de Baria était également sur son poignet. Voulant garder un autre secret sylvestre à la dame qui l'accompagnait, sceller sa magie lui était la seule mesure où il ne pouvait pas ceci éviter de lui prodiguer des recommandations notamment la nuit lors du sommeil de chacun.

La pistilose étant une plante des plus étranges, elle demandait régulièrement à « sortir » un peu pour s'exprimer de belle rose en cachette que Duscisio faisait pourrir le plus vite possible sans la contrariée. Plus libre d'agir le matin ou le soir alors que la jeune femme dormait déjà, la rose blanche semblait satisfaite et n'embêtait guère son hôte durant la nuit lors qu'il arrivait à trouver le sommeil après avoir donné de quoi manger à son corbeau.

Le reste de sa panoplie de voyage n'avait rien d'exceptionnel à son habitude. Son sac en bandoulière, bien que plus petit que d'habitude, transportait toujours quelques fioles pour le besoin, quant au sac sur son dos avait le nécessaire pour le voyage, hors la tente qu'il ne portait pas pour lui, mais pour la demoiselle. L'habitude de dormir à la belle étoile la tente était une option dont il pouvait aisément se passer. Ce qui ne l'empêchait pas d'accorder un moment de pudeur pour la jeune femme même si elle en avait peu, en son sens bien entendu. Par contre, si l'on devait bien être surpris d'un petit détail c'était la petite armure rouge sombre qu'il portait. Combien de temps ne l'avait pas t-il porté ? Ne lui couvrant que le haut du torse, dépourvu de manche, fait de deux pièces, elle semblait accorder moins de protection qu'elle ne le faisait penser. Idéalement forgé, la cage thoracique était très bien protégé et ne semblait le gêner.

Tantôt bavard tantôt silencieux. Duscisio s'est avéré être un compagnon de voyage agréable malgré tout. Ses histoires d'herboriste savaient comblé le silence de la marche autre les petites chansons de voyage qu'il avait l'habitude de fredonner pour passer la marche et le temps. La chaleur accablante dût tout de même à lui faire boire plus que d'habitude. Si l'on considère que les trois litres sont une habitude, le reste ne devait être étonnant. La connaissance des deux voyageurs se limitait à l'herboristerie et quelques traits de caractère de chacun. Rien ne laissait envisager qu'elle ou lui avait une capacité de combat. Son épée n'aurait été là que pour éloigner les éventuels bandits, dans ce sens cela pouvait suffire. Tuanio faisait aussi partie des préventions indirectes.

En parlant de son familier, celui-ci gardait le plus clair de son temps les distances par de grand vol. La rousse comme déjà prouvé ne lui plaisait aucunement. Son ami était déjà au courant du pourquoi. La courtisane n'avait encore rien dit, mais il l'avait bel et bien deviné par les aventures passées. De part cette occasion, l'oiseau avait un rôle de guet comme celui de voir au loin les éventuels problèmes qui pourraient arriver. Un campement, une embuscade, une patrouille, un convoi. Les routes commerciales avait toutes sortes de rencontre tout le long du trajet. À vrai dire, le soleil et sa chaleur persistante était un plus grand danger, seule sa capuche sur la tête le protégeait des insolations ce qui était un vrai handicap.

Contrairement à leur passage à Tyrhénium dont il dût faire une halte d'une journée pour une commande importante refusée trois mois plus tôt lui prodiguait sourire et l'enthousiasme du travail, Ridolbar lui soumit un regard des plus expressif aussi sombre que la ville elle-même. Leur approche était des plus méfiante d'autant plus que le grincement de la herse métallique à demi-ouverte torturait ses oreilles cachées sous sa tignasse reconnaissable entre toute.
Quatre gardes se manifestèrent, uniquement deux s'avançaient pour les accueillir à la porte de leur cité encore sur les nerfs de la guerre de Cimmeria. En somme cela n'allait être facile d'entrer sauf si la raison de leur venue était dirons-nous de bon augure.
Le garde qui se gratte la barbe noueuse se posa une question à haute voix, la courtisane répondue d'un air fatigué pendant que l'albinos cherchait dans son fourre-tout quelques choses de bien précis. Sur l'oeil attentif de la seconde sentinelle, Duscisio ne cherchait aucunement à faire de gestes brusques qui leur attireraient des ennuis. Son épée restaient au fourreau, mais la tension était palpable jusqu'à qu'il sorte une lettre ouverte dont l'expéditeur était un habitant de la ville. Il continua à la précision de la jeune femme de leur présence ici.

Je suis Balibe Duscisio. Gérant de l'Herboristerie de Lumière à Hesperia. Je ne suis que de passage dans cette ville. J'accompagne la demoiselle ici, qui vient voir un ami qu'elle n'a pas vu depuis plusieurs mois.

Propos à moitié vrai, son nom avait laissé suscité un doute sur sa véritable identité jusqu'à qu'il soit reconnu par l'une des sentinelles rester à l'arrière. L'ordre de pouvoir le laisser passer se fit entendre au loin. S'il n'utilisait pas son nom, Duscisio ne passerai pas beaucoup dans certaines villes. Sa neutralité dans les conflits n'engageait que lui et sa dévotion aux malades était sans faille.
Le signe qu'ils pouvaient maintenant passer leur fut accordé, l'un des gardes se permit même un commentaire sur la jeune femme qui n'avait pas l'air d'être fait pour le voyage malgré le « camouflage ». En entrant dans la cité, la bonne chose à remarquer était la présence de troupe plus mouvementée qu'auparavant. Si on oubliait les nombreux regards, le couple de voyageur passait inaperçu.
D'après Elië, leur troisième homme les attendait à l'auberge, alors l'auberge ils prirent la direction, l'auberge il aperçut au loin après quelques minutes.
Le reste de programme sera discuté à l'intérieur.


Duscisio's Theme - Pistilose's Theme


Merci Othello pour le Kit

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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Mer 30 Sep - 17:34

Le garde s’approchait un peu trop à son goût et à sa manière de la toiser, elle n’auraitr pas jurer que des ennuis ne la guettaient point. D’ailleurs puisqu’on en est à parler de dévisager et de toiser, le lecteur doit sans doute se demander quels choix vestimentaires, la belle avait bien pu faire.

Désireuse de passer le plus inaperçu possible, elle avait choisi bottes légères pour la marche et tenue de cuir souple pour la résistance et le confort, pour l’imperméabilité aux intempéries diverses. Braies rentrées dans ses bottes et pourpoint couvrant une tunique de lin. Le tout se déclinait dans les tons neutres des bruns, beige ou vert sombre. Dans son dos, le fourreau de son katana à lame courte court de son omoplate droite à sa hanche gauche. Si elle est naturellement visible _ sinon comment s’en saisir rapidement_ la garde noire reste discrète, souvent couverte des mèches rousses. Elle porte également la cape cimmérienne qu’elle eut tant de mal à acquérir et qui souffrit tant lors du raz de marée qui submergea les rives du lac gelée à l’apparition du colosse. Elle y a perdu une partie de ses qualités isolantes, mais se montra fort utile tout de même, pendant la traversée de la montagne. Servant de couverture durant la nuit sous la petite tente qu’ultime prévoyance, Duscisio avait emportée dans ses propres bagages. Son sac à elle contenait quelques onguents fournis par le même Duscisio, des rations de route pour les jours où la providence ne mettait pas d’auberge ou de gargote sur le chemin, une corde et une gourde. Il pouvait en outre, supporter la cape soigneusement roulée entre ses sangles et présentait une cachette pour les petits objets. Un poignard de lancer pendait dans sa gaine à sa taille tandis que ses petites étoiles de lancer restaient, comme à leur habitude, cachées dans les replis de sa tenue : ceinture, épaulières… Bref elle avait décidé de voyager léger sans toutefois faire seulement confiance à la chance pour survivre à sa quête.

Le garde visiblement se demandait à quel genre de femme il avait à faire. Si une lueur narquoise et lubrique dansait au fond de son regard, sa moue était celle de la circonspection. Qu’avait-il perçu de la ladrini ? Qu’elle était sans doute moins négligée qu’elle ne voulait le laisser croire, qu’elle pouvait être plus dangereuse qu’elle ne tentait de le paraître ou encore que ses motifs de venir dans cette cité ne pouvait être aussi innocents qu’elle pouvait le déclarer ? Il tourna un instant autour d’elle, la frôlant à moins d’une coudée la hampe de sa hallebarde appuyée sur son épaule, son odeur rance de vieille sueur arrivait aux narines de la Sylimea en bouffées écœurantes. De son côté, la femme restait stoïque. Les choses n’étaient pas encore arrivées à un point où le danger était imminent et elle avait bien prévu que l’entrée dans les murs de Ridolbar ne se ferait pas si facilement. Elle se demandait seulement quand l’escogriffe allait formuler son marchandage…

L’intervention de l’herboriste fut pour elle plus surprenante que l’attitude des gardes, quand celui-ci déclina sans cou fait rire son identité en tendant au second sbire un sauf conduit. Décidément elle se félicitait déjà de s’être faite accompagnée par l’apothicaire. Outre sa légendaire prévenance, il semblait être plein de ressources. La sentinelle fut obligée de ficher la hampe de son arme dans le sol, de l’appuyer contre son épaule et de passer son arme autour pour déchiffrer le laisser passer en grommelant visiblement il était contrarié de ce qu’il lisait, à croire que la provenance de ce passe porte était assez influente pour les empêcher de se montrer discourtois avec les nouveaux arrivants.
Enfin, il se dirigea vers son compagnon et lui glissa le parchemin sous les yeux :

« Mate ! »

L’autre y porta un œil dégouté puis contrarié avant de s’éloigner de la rouquine qui fixait d’un œil interrogateur l’albinos.

« Bon, ça va ! Circulez ! »

La porte de dégageait soudain de tout obstacle et Elië en fut presque déçue. Elle s’attendait à une sorte de baptême du feu qui l’initierait aux mœurs de cette ville, et puis, rien ! A croire que les militaires des lieux hormis leur mises des plus négligée était aussi disciplinées et accueillants que ceux d’Hespéria…

Les deux voyageurs traversèrent donc le bastion qui tenait lieu de première fortification autour de la porte non sans recevoir les remarques plus ou moins justifiées des gardes entre eux.

« Non mais qui croit-elle tromper la greluche ?!
_ A mon avis elle ne va pas faire de vieux os ici.
_ Pfff ! Ca dépend… Le gonze semble avoir des relations...
_ Vont dormir en sécurité dans un palais, j’te l’dis ! »


En fait de palais, il s’agissait de trouver l’auberge du Vieux Baril, comme l’avait nommée la missive de son futur contact, sans pour autant donner le moyen de la trouver... Mais pour l’heure, elle devait bien admettre que sa curiosité concernant Duscisio Balibe avait été titillée.

« Et bien ! On peut dire que vous êtes quelqu’un plein de ressources… Comment se fait-il que vous soyez en possession de sauf-conduits d’une cité telle que Ridolbar ? »[/b]

En même temps, elle cherchait du regard l’opportunité de trouver le chemin de leur futur toit. Cela avait l’avantage de ne pas se montrer trop indiscrète si son compagnon n’avait pas envie de s’appesantir sur le sujet et de ne pas perdre non plus de temps. Les auberges accueillant les nouveaux arrivants auraient le bon goût de se trouver proche des portes des cités non ? Peut-être n’était-il donc pas urgent de quitter tout de suite le quartier sans avoir tenter quelque chose avant de se perdre dans les méandres des ruelles d’une cité avec aussi mauvaise réputation. Deux gamins faméliques étaient assis les genoux tirés sur leur maîgre poitrine sous un porche délabré. Elië posa son sac sur ses pieds et en tira une ration de viande séchée qui lui restait encore et remettant son viatique en place sur ses épaules s’approcha des deux minots.

[b]« Dites ! Je cherche l’auberge du Vieux Baril »


Les deux petits lorgnaient sur le paquet entrouvert que la rouquine tenait entre ses doigts.

« C’est à toi si tu nous y conduis.. »

L’aînée, car il s’agissait bien d’une gamine malgré ses cheveux presque ras, se dressa d’un bond et tendit sa main vers le plus jeune qui se dressa à son tour.

« C’est facile m’dame ! Suivez nous »

Les deux enfants ouvrirent d’un pas preste la marche et les conduisirent à deux rues de là. Une enseigne en forme de Baril, comme c’est original, semblait les y attendre.

« Et voilà m’dame »

Déjà, la fille tendait la main vers Elië qui y glissa la ration qui n’avait pas quitté la sienne.

« Bon travail petite ! »

La porte fut bientôt poussée et les deux voyageurs y pénétrèrent, laissant derrière eux l’air du soir doux comme le duvet d’une pêche pour l’échanger contre les relents animaux des voyageurs fatigués et des travailleurs harassés par leur journée de travail qu’il soit honnête ou non. Elle n’avait rien qui la rendît différente de maints bouges dans lesquels ses pas l’avaient déjà conduite, mais l’image que tous les récits sur la cité corrompue avaient dessinée en elle la lui fit paraître des plus accueillantes par contraste avec ce à quoi elle s’attendait. La grande salle était loin d’être pleine et son regard se promenant sur l’assistance comptait croiser celui d’un blondinet de ses connaissances, en cape de voyage élimée. Mais elle en fut pour ses frais. Ils devaient être en avance…

*Tu n’es même pas sûre qu’il sera là. A-t-il fini, au moins, de cuver tout ce qu’il avait dans la panse la dernière fois que nous l’avons vu ?
_ Il viendra
_ C’est décidément le seul type qui te fait laisser ta circonspection de côté.
_ Il ne me fait rien laisser de côté du tout. S’il a répondu…
_ Il a dû en croiser des barils sur le route et des pleins ceux-là, depuis !
_ Nous verrons bien mon amour et nous aviserons…*


Elle s’approcha du comptoir. Un être desséché aux binocles coincés sur un nez aquilin devant des sourcils broussailleux et méfiants les attendait. Sa mine n’était pas des plus accueillantes mais c’était lui le maître des lieux…

« Hum… c’pourquoi ?
_ Le repas du soir et la chambre au caveau pour la nuit »


Le tenancier se pencha au-dessus de ses verres lorgnant l’albinos.

« Une seule chambre ? »

La courtisane se tourna vers l’herboriste. Peu lui importer de dormir dans la même chambre que lui, mais elle avait eu le temps de se faire une assez bonne idée de la pudeur de son compagnon et ne pouvait décider à sa place de lui faire partager sa carrée voire son lit, ne sachant pas comment le dite chambre était meublée. Une fois les formalités d’usages expédiées, elle invita son compagnon à s’installer à table en sa compagnie à l’autre bout de la salle, en face de la porte. Elle s’en rendait bien compte elle faisait preuve d’une assez grande injustice de traitement à l’égard de Duscisio Balibe. Il avait été son compagnon de route depuis Hespéria et s’était montré irréprochable et même courageux lorsque deux vagabonds les avaient pris à parti à l’arrivée à un village de montagne. Il les avait mis en fuite, lui évitant de sortir sa lame. Cela l’avait assez amusée même si elle l’avait gardé pour elle. Il avait décidément d’elle l’image d’une petite chose fragile. Enfin, bref elle n’aurait pas pu rêver meilleure compagnie et maintenant qu’elle était à deux doigts de revoir Aedh, elle était trop prise par son attente pour accorder la moindre attention à son fidèle chevalier servant.

Elle lui sourit un peu gênée ce qui ne lui arrivait pas si souvent et entama une conversation de convenance.

« Et bien nous voilà arrivé à destination…
Un bon repas ne nous fera pas de mal… »


Elle posa son sac, sa cape toujours soigneusement roulée dans ses sangles à côté de la chaise.

« Vous avez l’air encore plus fatigué que d’ordinaire… »

Si elle ne lui avait pas tendu vingt fois la perche pour l’inciter à révéler les causes de son apparence si émaciée depuis leur départ, elle ne l’avait pas fait une seule fois… Elle ne s’attendait pas à plus de réponse cette fois, mais comme un certain petit prince, elle n’avait jamais renoncé à une question…
Mais déjà une opulente serveuse s’avançait vers eux, le torchon coincé dans son tablier serrant sa taille comme pour la séparer du haut de son corps.
Arrivant à leur table elle mit les poings sur les hanches, tordant d’ennui sa bouche pulpeuse :

« Alors ce soir… Saucisse-lentilles ! Ça ira ? Bien ! Vous boirez quoi ? »

Trop heureuse de ce premier vrai repas depuis bien longtemps, Elië hocha simplement la tête, amusée par l’autorité de la serveuse. Elle croisa le regard de l’albinos un sourire ironique aux lèvres avant d’ajouter :

« Un pichet de cidre ! Vous avez bien ça ?!!!
_ Un pichet de cidre c’est parti ! »


Elle se tourna impatiente vers l’apothicaire pressé qu’il se décide à commander à son tour. Son chignon approximatif frôlait presque les poutres du plafond et ce n’était pas parce que la pièce était basse…. Les mâles qui fréquentaient les lieux ne devaient pas être nombreux à oser lui pincer les fesses…


Notes:
 


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Marduk Nargaroth

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Dim 4 Oct - 6:35

De nombreux mois avaient passés depuis son séjour à Cimmeria, un territoire sur lequel il ne possédait certainement aucun désir d’y retourner. Car aussi misérable que Ridolbar peut sembler, cette ville de truands, cette ville respirant la corruption même, elle est plus honnête que tout ce qui traine dans la haute noblesse du monde. Ici au moins les truands on peut les identifier et justice s’en suis généralement… ou du moins la justice à la façon locale, car en cette cité de corruption, même les charmants gentlemen et charmante dames ne sont pas à l’abri, tôt ou tard une âme misérable les fera tomber, souvent dans une allée sombre avec un poignard dans les reins, mais ça c’est un détail. Non, car ici contrairement à Cimmeria, ordures et meurtriers finissent par se faire taper sur les doigts par d’autres de la même espèce et ne sont pas promus comme grand général ou un autre titre honorifique dans le genre.

Était-il toujours en colère ? Non, cette colère avait su se dissiper à chaque fois qu’il faisait la rencontre d’un fond de bouteille… se transformant progressivement à un simple arrière-goût des plus amers.

Alors qu’il croyait que son misérable trou allait lui apporter tranquillité, voilà qu’un oiseau apportait requête. Oh mais quelle charmante plume, elle avait su attirer l’attention du baroudeur, qui depuis quelques temps ne bougeait pas trop. Cette enchanteresse avait su le réveiller de son sommeil, si ce n’était que pour un moment. Suffisamment afin de piquer sa curiosité et promesse d’une nouvelle rencontre. Il se souvenait toujours de son visage… ou du moins de l’idée que son esprit engourdis avait su recréer de celle-ci. Sa crinière de feu, son teint blafard et ses lèvres… et quelques autres délicieux détails. Évidemment, la lettre qui lui était adressée n’était pas dans le but d’éveiller le bon vieux temps, mais plutôt par affaire. Il lui devait bien ça, non ? Peut-être… il avait sans doute encore quelques dettes ici et là à payer et chacun allait finir par collecter ce qui leur était dû… cette fois-ci, Elië toquait à sa porte. Bien entendu, ses propos ne démontraient rien de cela, mais après ce qu’elle avait su faire pour lui… il est sous-entendu qu’il lui doit bien ça.

Du travail, voilà ce qu’on lui proposait, le genre d’affaire peu recommandable à en croire la charmante enchanteresse. Enfin, si l’affaire est à Ridolbar… il faut s’y attendre. Les détails il allait bientôt les connaitre, il fallait tout simplement se montrer patient. Il fallait tout de même s’assurer que le tout en soit en marcher.

Une semaine plus tôt

‘’Une chambre au caveau?
-C’est ce qu’elle te demandera Malkus…
-T’sais qu’au caveau y a que des barils et des rats
-J’sais bien ça… ‘’

Le Zélos cracha alors dans un verre avant de l’essuyer avec son vieux chiffon.

‘’J’vais même pas t’mender pourquoi’’

Notre blondinet lui donna alors quelques Dias pour la bonne affaire avant d’avaler cul sec le reste de sa pinte de bière qui était devenu un peu tiède. Puis, suivant cette affaire, le baroudeur quitta la taverne.

Un jour, et puis deux passèrent, sans qu’elle se montre le bout du nez. L’ombre blanche demeurait tant qu’à elle silencieuse… portant toujours ce titre comme un fantôme du passé. Cette ombre était devenue silencieuse, ne prenant aucun contrat depuis quelques temps. Certains disaient même qu’il était mort en prison, mais à la voir marcher, on dirait bien le contraire, non ? Son cœur battait toujours, si on le perce il saignera comme tout être mortel, mais cela ne définit pas autant qu’un homme est bien vivant. Il n’est que le fantôme de lui-même, un homme sans réelle motivation ne faisant qu’attendre que demain se présente, passant le temps à oublier et perdre le temps qui passe à chaque bouteille. Cette dernière semaine fut la plus sobre, rien de parfait, mais nettement moins pathétique.

Le temps fini par passer, il continuait son attente, pinte en main, assis dans un coin sombre, ne posant aucunement son regard sur la populace présente dans ce trou. Son visage demeurait masqué par sa capuche, il était là sans réellement l’être, comme un objet qui fut toujours parti du décor, les gens l’ignorait tout simplement. Il ne faisait qu’attendre qu’on demande pour la chambre au caveau, car tôt ou tard une voix familière allait la demander.

Ce fut donc en cette soirée qu’il entendit la dame interpeller le bon vieux tenancier de l’endroit, lui demandant la fameuse chambre au caveau. Jouant le jeu, il accepta de louer l’endroit pour la nuit… seulement l’enchanteresse ne semblait point être seule à prendre logis ce soir, puisqu’elle semblait être accompagnée d’un petit freluquet. Son nouveau jouet du moment ? Qui sait ? Oh était-il jaloux ? Pourquoi le serait-il ? Il n’avait que passée une soirée avec elle, partagé le même lit qu’une seule fois pour ne plus se revoir pendant de nombreuses lunes. De plus, il connaissait que trop bien la profession de celle-ci, à moins qu’elle ait choisi une vie plus ‘’honnêtes’’, mais vu sa présence ici, cela était peu probable.

Sans rien dire, l’ombre blanche fini sa pinte, puis se glissa en dehors de son siège. Une poignée de main fut échangé avec le vieil ami, offrant compensation pour le fait qu’il devait jouer le jeu. Le rustre s’éclipsa, mais pas au caveau… dans une chambre au second étage. Celui-ci entra dans la chambre, puis referma la porte derrière lui avant de s’assoir sur la chaise dans le coin à la droite de la porte. Le reste était entre les mains de son vieil ami. Celui-ci devait en principe s’excuser pour ne malheureusement pas être en mesure d’offrir la chambre au caveau, mais qu’il serait certes heureux d’offrir une chambre à l’étage, nettement plus agréable. Bref… une mise en scène précédemment discutée entre les deux hommes. Pourquoi ne pas simplement approcher Elië ? Oh rien à voir avec son compagnon! Cela était tout simplement dû au fait que s’il devait s’abandonner à certaines affaires de nature un peu clandestine, mieux valait se retrouver en privé. Maintenant, il attend, une fois de plus.


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Dim 4 Oct - 16:29

Si on devait bien reconnaître une chose c'est l'étonnement que provoque à chaque instant l'herboriste pour se sortir de toute situation. Avec une simple lettre, il s'était sorti de l'impasse devant eux constituer de quatre hommes et d'une herse.
Autant faire bonne figure.En plus d'utiliser oralement son nom et son titre de commerçant, la lettre apportait un petit plus qui détaillait à juste titre la raison de ce laisser-passé.
Rien d'étrange ne paraissait sur le visage de l'albinos, sauf le fait d'être absolument sûr de lui dans sa démarche.
Entre l'incompréhension du dégoût et le dégoût lui-même, les sentinelles furent contraint de les laisser passer une fois la lettre rendue et rangée. Ne faisant aucun signe de le suivre, il continua la marche vers l'intérieur de la ville. Elië derrière lui, le rosier blanc dût attendre une fois la demoiselle pour connaître la marche à suivre pour le rendez-vous prévus. Celle-ci ne pouvait s'empêcher de lui faire des louanges sur ce qu'il venait de se passer. La curiosité en ressortait aussi sur la manière dont il s'était pris pour avoir autant d'influence.

Vous devez bien vous dire que j'ai également quelque chose à faire dans ce voyage.

Il s'arrêta un instant pour tourner les talons et continuer la marche une fois qu'elle serait à sa hauteur pour éviter de parler tout haut que toutes personnes autour de lui ne l'entende. Il fallait bien se douter dans l'instant que dès qu'il avait parlé de préparation quand il fût au courant du voyage et de l'occasion qu'il avait de pouvoir le faire de lui-même pour raison personnelle. Ne voulant ébruiter la raison de sa présence ici, il se tût.

Le voyage qui venait pour l'instant de mener à sa fin devait les rassembler à l'auberge de la ville. Bien entendu, la plus belle manière était de demander son chemin. La rousse fit œuvre de charité en demandant à deux enfants l'auberge du Vieux Baril en les récompensant avec de la viande. Le chemin dévoilé par les petits les menait à deux rues plus loin sans grande hâte. Le soir approchait malgré tout et le repos attendait Duscisio avec impatience. Remarquer alors l'enseigne de l'auberge eut l'air de le soulager au plus haut point. Le changement d'air par contre, semblait le déranger un peu. Les picotements qu'il avait le long du corps n'eut résultait que grimaces et gêne, comme si un mauvais pressentiment l'habitait soudain.
Alors qu'ils avançaient directement au comptoir pour prendre une chambre, le jeune homme laissa un regard autour de lui pour voir si l'un d'eux les regardaient pour un quelconque intérêt. L'avantage à faire ce genre d'observation est de déceler un éventuel problème. L'attention restait alors en alerte le temps que la chambre soit prise.
La chambre ?
Un regard fut senti sur lui de la part du maître des lieux observait l'un de ses deux nouveaux clients d'un air interrogateur sur la chambre qu'il allait prendre. Il savait uniquement qu'une chambre allait être prise, sans entendre le fait d'être au caveau, semblant concentrer il dût répondre à la va-vite.

Je ferai avec.

La tente avait deux avantages. Duscisio dormait séparer de la demoiselle à l'abri de ses regards. Il avait bien conscience que la pudeur n'était pas chose facile à garder. D'autant plus qu'il fallait garder un plus profond secret qu'il fallait éviter de révéler à trop de personnes dite « normale ». À ses yeux, Elië était quelqu'un de normale. Elle ne devait donc rien savoir, ou du moins le plus tard possible.

Le repas commandé en plus de la chambre à coucher lui fut proposé en rejoignant la demoiselle déjà présent à table alors que son observation n'avait finalement mené à rien de bien inquiétant malgré le premier regard qui s'était braqué sur lui. Il ne pourrait dire à qui appartenait ce regard, la sensation disparue une fois qu'il fut à table. Il retira enfin sa capuche de la tête pour y élargir son regard, la plupart de ses affaires étaient maintenant à ses pieds alors que son épée restait au fourreau comme si c'était la chose la plus précieuse à ses yeux.

Son épée lui avait été utile durant leur marche. Deux voyous se proposaient à les piller et voler leur vie jusqu'à que Duscisio pose doucement les sacs auprès d'Elië. C'est à partir du moment où il avait sorti sa propre épée de son fourreau pour mettre en fuit les deux lascars après une démonstration de force de sa part. Ce fut la première preuve qu'il ne fallait pas se fier à l'apparence fragile de l'albinos. L'agilité à l'épée seule ne lui fut résultat qu'une blessure non létal pour les deux adversaires qui prirent la fuite en voyant leur infériorité après seulement quelques minutes d'escrime.

« Vous avez l’air encore plus fatigué que d’ordinaire… »

Cette remarque lui fut levé les yeux alors qu'il semblait chercher quelques choses dans son sac. Préférant ne sortir qu'une fiole de la taille d'un pouce dont le contenu jaune peu appétissant n'engageait que lui à être prise, sa réponse fut encore une fois simple.

L'air est un peu plus pesant ici. Je ne suis pas à l'aise.

Les picotements le long du corps lui gênant de plus en plus ses mouvements, la prise de ce qui semblait être un remède personnalisé pour l'albinos devenait de plus en plus urgent.
Le mensonge qu'il éditait chaque jour sur la vérité se faisait de plus en plus flou. Ne sachant que très peu mentir, inventer quelques choses chaque jour qui passe se faisait de plus en plus étrange.
Une serveuse sauvant le jeune homme d'une éventuelle autre question vint leur donner le menu de la soirée avant de leur poser l'interrogation sur la boisson qu'ils désiraient. Elië optait pour du cidre, quant à Duscisio :

Un pichet d'eau pour moi.

Avalant aussitôt sa fiole jaune d'un seul trait, peu appétissante mais nécessaire, il attendit que la serveuse partent chercher leur commande.
Il n'aimait guère ce genre d'endroit, peut-être aussi parce qu'il était rare qu'il dorme ailleurs qu'en pleine nature ou dans sa propre demeure. Peu de temps après avoir avalé son remède, les picotements semblaient avoir cessés en même temps que les grimaces pour lui accorder un moment de discussion tout ce qu'il y a de plus banal.

Maintenant qu'on se trouve à votre destination... Commençait-il d'un air tout à faire sérieux. Je vous aiderai comme convenu à votre affaire puis, je vous laisserai avec le troisième homme que je puisse continuer ma propre route.

Sa propre route.
Encore une fois, il se passait des détails concernant son propre voyage et du fait qu'il l'ai accompagnée jusqu'ici. Son passage à Ridolbar, l'aider dans sa quête n'était qu'un bonus pour se sortir un peu de la banalité de ses voyages habituels. À vrai dire, il ne savait pas réellement lui-même pourquoi elle voulait faire ce trajet.

Qui plus est, les détails de votre venue ici seront discutés quand ?

A moins qu'elle ne veuille en parler que quand la dernière personne soit présente, il posait la question pour avoir connaissance de ce à quoi il devait s'attendre. À la surface, rien ne semblait l'effrayer. Dans un endroit comme celui-ci, on pouvait avoir toutes sortes de surprises alors autant savoir à l'avance. Sans compter que l'albinos n'avait encore rien montré de son esprit combatif s'il fallait le dévoiler. Sa fragilité n'étant qu'une apparence, mais une vérité. Il savait par contre mesurer l'essence du danger quand elle se présente.


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Merci Othello pour le Kit

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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Mar 6 Oct - 21:21

Elle ne savait pas trop jusqu’à quel point les choses allaient en rester là mais l’albinos se montrait étonnamment conciliant. Même si elle avait gardé sa surprise pour elle, celle provoquée par l’acceptation de l’apothicaire de partager la chambre de la rouquine, n’en était pas moins réelle. Cela tranchait tant avec sa pudeur habituelle et avec le reste du voyage qu’elle imaginait mal du coup comment il allait pouvoir se comporter. Ce n’était pas très charitable de sa part mais elle s’amusait par avance de la gêne qu’elle pourrait lui occasionner, même sans le vouloir car elle devait bien l’avouer, l’heure n’était pas trop au jeu et l’absence du troisième membre de leur aventure la laissait encore un peu tendue.

Viendrait-il ? Etait-il déjà là ? Elle ne put s’empêcher de laisser son regard faire le tour de la salle, sans repérer l’ombre blanche. Si elle se tenait parmi les convives, elle avait choisi un recoin hors de sa vue et elle n’allait pas passer son repas à lorgner à droite et à gauche au risque de se tendre plus encore et d’éveiller l’intérêt d’autres quidam, moins bien intentionnés. Peut-être avait-il prévu de les rejoindre plus tard dans cette mystérieuse chambre du caveau. Cela aurait pour avantage de ne pas offrir le spectacle d’un rendez-vous trop évident pouvant lui aussi attirer l’attention. Cela aurait aussi pour conséquence de maintenir la belle sous pression encore un moment, mais qu’à cela ne tienne, elle pouvait bien l’endurer si cela devait lui éviter des ennuis par la suite. Cette dernière pensée eut alors le don de la détendre et de lui faire profiter du toit qu’ils avaient pu rejoindre sans trop de difficultés après tout, ce dont elle se félicitait. La suite serait sans doute moins aisée, à commencer par le trouver… Mais ne brûlons pas les étapes. La compagnie n’était pas encore réunie et c’était bien là, le point de départ obligé.

Elle reporta donc son attention vers Duscisio Balibe dont la présence à ses côtés s’était un peu éclairée en arrivant dans la ville, lorsqu’il avait expliqué à mi mots la raison de sa possession du fameux laisser passer qui les avait sortis des tracasseries qu’occasionne souvent l’arrivée dans une cité où l’état de droit n’est plus qu’une légende. Il n’avait pas évoqué de nécessité pour lui de se rendre à Ridolbar lorsqu’il s’était proposé pour ce voyage, mais il venait d’admettre le contraire… Sans doute cette raison à fréquenter la cité qu’il lui avait décrite sous un jour peu engageant était-elle née durant les semaines qui les avaient ensuite séparés du départ…
Pourtant, il ne pouvait cacher son malaise et admit bien volontiers son inconfort. Elië le regarda, un instant, soucieuse.

«  Je suis navrée je pensais que maintenant à l’abri du soleil vous pourriez mieux respirer. Je n’imaginais pas que même la température pouvait être un problème pour vous. »

Elle-même ne subissait que peu les désagréments de la chaleur même si sa peau de rousse pouvait laisser supposer que son teint pouvait facilement rosir voire virer au cramoisi. Heureusement les Sindarins sont plutôt résistants aux changements climatiques et en sa qualité de Syliméa accoutumée à garder l’apparence qu’elle a choisie, ce genre de désagrément lui était inconnu. Sa compassion avait toutefois des limites et cédait bien vite devant ses propres intérêts et sa curiosité.

Maintenant que leur commande était passé et en attendant la suite des évènements, l’occasion était toute trouvée de parler de choses qui n’engageait à rien comme deux connaissances qui n’ont rien à faire d’autre que de se demander des nouvelles ou de finir de se connaître. Elle le regarda avec attention avaler sa potion qui pouvait être ce genre de remède destiné à faire face aux coups de chaleurs mais quelque chose en elle lui criait que ce n’était pas le cas et que son compagnon d’aventure était bel et bien malade et apparemment atteint d’un mal qui le tenait depuis un moment maintenant.  De même, elle était à peu près sûre qu’il ne lui ferait pas de confidence à ce sujet aujourd’hui aussi fit elle mine d’ignorer son manège de malade absorbant sa potion. Les coudes posés sur la table et le menton sur ses doigts croisés, elle croisa le regard de l’albinos en lui souriant.

« Je vous remercie de me rendre la vie si facile, mais vous n’êtes pas obligé de partager ma chambre si vous n’en avez pas envie et si c’est l’argent qui vous gêne il serait normal que je règles les frais pour une deuxième si besoin. »

Mais déjà la serveuse revenait avec écuelles et godets sans oublier les tranchoirs et les couverts de bois qu’elle posa tout de go au milieu de la table avant de tourner les talons. Visiblement, elle n’avait pas de temps à perdre en service inutile et Elië se mit en devoir de distribuer les ustensiles. Les manières de cette fille de salle, pour elle exotiques, l’amusaient  beaucoup  et elle ne put retenir une réflexion enjouée :

« Vous êtes toujours aussi bien servi durant vos voyages ? En tout cas ici on n’est pas gêné par le protocole. »

En temps ordinaire, elle préférait les endroits plus élégants où les manières étaient plus fines et distinguées, mais comme elle s’était préparée au pire, les façons sans chichi qu’elle pouvait rencontrer ici étaient pour elle comme faisait partie des découvertes qu’elle s’était préparée à faire et elle n’avait pas encore eu à regretter les lieux qu’elle fréquentait d’ordinaire. En effet, ses différentes occupations lui laissaient le loisir de choisir ses clients et dont elle s’arrangeait toujours pour fréquenter plutôt le beau monde. Elle avait hérité cela d’Elië la Sindarine qui elle non plus n’avait jamais trop eu de penchant pour les bas-fonds des cités, même si sa situation à Hespéria était loin des fastes qu’elle avait pu connaître à Canopée. Elle ne se faisait pas d’illusion non plus sur ces endroits. Elle savait que sous la soie se tenait souvent un poignard prêt à vous épingler entre les omoplates. Le tout était de connaître les codes qui vous permettaient de survivre dans un endroit ou un autre. Elle connaissait les codes du luxe et était en train d’apprendre ceux de la misère et de la mafia…

« Vous m’avez laissé entendre que vous aviez à faire ici. Si ce n’est pas indiscret, vous avez des clients ou des fournisseurs ici ? »

Il ne s’agissait donc que d’une étape… La réponse donnée sur l’après quête le laissait entendre en tous les cas. Mais quel genre de voyage pouvait bien vous obliger à faire escale dans une telle ville ? Elle prit un air plus détaché pour essayer d’en savoir plus.

« Cela vous fera un bien grand voyage au bout du compte. Vos clients vont se languir de votre présence… »

Elle avait maintenant croisés ses avants bras devant elle sur la table et ne dissimulait pas sa curiosité. L’une comme l’autre des alternatives qu’elle venait de proposer à son interlocuteur étaient assez étonnante pour elle, mais c’était manière de débuter la conversation. Elle avait déjà remarqué que lancer son compagnon sur le sujet de son métier ou des plantes le faisait sortir de sa réserve habituelle et qu’il prenait plaisir à partager ce qui avait trait à son métier. Restait évidemment, la possibilité qu’il soit ici pour des raisons personnelles auquel cas, il n’était pas sûr qu’il se confiât.

Elle laissa son regard suivre le manège de la serveuse toujours aussi tonique et énergique passant d’une table à l’autre, parfois chargées de bien plus de poêlons qu’une tout autre nature aurait pu porter. Elle ne s’attardait quez peu à chaque tablée et peu de clients lui adressaient de regard. Elle se dit qu’elle devait, par son observation de la travailleuse, dénoter dans la salle. Ses compétences et son habitude de l’imitation ne pouvait parfois s’accorder avec sa curiosité et elle s’en fit vertement le reproche. Il était temps qu’elle se mette vraiment dans la tête qu’elle était en territoire potentiellement hostile et qu’elle se devait de se fondre le plus possible dans le décor. Heureusement chacun à cette heure était plongé dans son écuelle et peu prêtaient attention aux tables voisines.

Mais l’herboriste avait des motifs d’être curieux et elle devait bien avouer que sa question était bien légitime, car elle ne pouvait prétendre engager Duscisio Balibe dans cette aventure sans à un moment ou un autre lui dévoiler les tenants et les aboutissants de leur voyage. Mais comme il le suggérait, elle préférait ne dévoiler ses projets que lorsque tous seraient présents et à l’abri des oreilles indiscrètes si possible. Elle craignait également que le motif de sa quête ne paraisse bien futile aux yeux de ses complices (en tout cas elle espérait qu’ils mériteraient ce titre). Il avait certes cette apparence au premier regard, mais celui qui connaissait un tant soit peu la belle, comprendrait aisément le mobile de cette recherche. Elle-même apte à se métamorphoser pouvait cependant être prise en défaut à cause de sa tenue qu’elle ne pouvait changer aussi facilement. Grâce au bijou miraculeux, cet inconvénient allait disparaître ; d’autre part, elle-même attirée comme un papillon de nuit par un fanal dans la nuit, par tout ce qui est beau ne pouvait résister à la possibilité de posséder uh tel artéfact qui aurait en outre la faculté d’augmenter ses capacités de séduction…

« Votre curiosité est tout à fait compréhensible mais j’avais prévu de la satisfaire lorsque notre troisième compagnon serait présent… »

Mais la serveuse s’approchait déjà et elle s’interrompit pour regarder le poêlon venir heurter le plateau de la table avec un bruit mat prometteur, en tout cas de part copieuse si ce n’était de finesse gustative et gastronomique sur lesquelles elle ne se faisait guère d’illusions… Alors que la femme s’éloignait déjà, elle souleva le couvercle pour se faire une idée plus précise de la chose qui les attendait en dessous. Après que la vapeur retenue prisonnière sous le couvercle se fut envolée et eut ainsi dégagé la vue des convives, ils purent apercevoir une sorte de brouet verdâtre constitué des lentilles trop cuite duquel émergeaient deux grosses saucisses dont le brun confirmait qu’elles avaient été longuement fumées…  Si la vue n’avait rien de très engageant, le parfum ne permettait pas de mettre en doute le fait que ce fût comestible et pourquoi pas assez bon. En tout cas assez mangeable pour que le tenancier continue à faire des affaires et que les clients ne lui fassent pas regretter de  servir quelque chose d’inacceptable. Elle regarda son invité avec le regard interrogateur qui pouvait signifier :

*Cela vous dit ? *

Mais elle n’attendit pas sa réponse car la vue du plat et son fumet lui rappelait soudain que la journée avait été tout de même physique et qu’elle mourait de faim. Elle saisit sa cuillère de bois et se servit une portion avant de pousser la petite marmite de fonte vers l’albinos sans s’encombrer de civilité supplémentaire. Après tout elle avait un rôle à tenir celui de la souillon qui arrivait de ses bois et devait avoir une faim de loup. Tenant alors sa cuillère à pleine main et s’aidant au besoin directement de son pouce ou de morceaux de tranchoir, elle commença à se sustenter sans vergogne penchée largement au-dessus de son écuelle et ne prêtant pas d’attention à ses manières. Au moins les observations qu’elle avait faites tantôt, lui auraient-elles servi à quelque chose…
Elle redressa un instant la tête pour lâcher un :

« Simple mais mangeable ! »

*Bon alors quand vas-tu te décider à montrer le bout de ta face de blondinet ?
_ Il devrait déjà être là !
_ Sauf s’il nous attend en haut…
_ Balivernes !*


« M’dame ? »

La grosse voix du tenancier lui fit relever la tête de son assiette.

« Je suis désolé, mais plus de chambre au caveau…
_ Mais tout à l’heure ?...
_ Oui je sais bien mais…
_ On a dit la chambre au caveau !
_ Le Zélos qui l’occupe ne part plus comme convenu… »


L’aubergiste de retourna comme s’il craignait quelque chose dans son dos, attitude typique du menteur forcé. Le rouquine décida de profiter de son malaise...

Elië prit une respiration contrariée.

« Et donc ? Qu’est vous proposez en échange ?
_ Une chambre à l’étage ? Au second étage... »

Elle prit un instant comme pour réfléchir avant d’ajouter :

« Et une deuxième pour mon ami ici présent tout ça pour le même prix en dédommagement !
_ C’est que…
_ Vous n’allez pas discuter ! »


L’homme crispa le poing sur son torchon de service mais finit pas baisser la tête.

« C’est bon ! Passez prendre vos clés après… »

Elië se contenta de hocher la tête. Et se servit un godet de cidre. Le goût douçâtre du breuvage lui rappela que l’endroit n’était pas des mieux approvisionnés. Elle avait pourtant cette boisson rustique avec l’espoir qu’elle pourrait être à la hauteur en comparaison aux vins qui ne devaient être ici que d’immondes piquettes. Elle repoussa son assiette. Et retrouva le regard de son compagnon qu’elle avait un peu laissé de côté, contrariée par ce changement qui allait sans nul doute compliquer les retrouvailles avec l’Ombre Blanche… Elle reposa le fond de cidre et repoussa son écuelle. De toute façon, ce n’était pas la peine de rester là alors autant aller voir ce que réservaient les deux chambres promises…

HRP:
 


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Marduk Nargaroth

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Lun 12 Oct - 19:23

Assis silencieusement dans un coin, l'ombre blanche attendait patiemment que l'enchanteresse entre dans la pièce. Certes, il était bien conscient qu'elle pouvait potentiellement mettre plusieurs heures avant de même considérer monter à l'étage, mais ce cher baroudeur savait être patient. Bien entendu, il ne savait pas qui allait monter en premier, la belle... ou le freluquet qui lui servait de compagnon en ce moment ? L'un, ou l'autre, voir même les deux en même temps, selon la relation qui unisait ses deux êtres. Pour être tout à fait honnête, Áedh n'avait pas resté bien longtemps à les observer, du moins pas suffisamment longtemps afin de se faire une idée claire de leur relation.. et puis cela avait très peu d'importance.

Oui, il attendait, laissant le temps passer. Les yeux clos, il pouvait mieux écouter les rumeurs. Aux débuts, tout semblait être un véritable chaos étouffé par les murs et les paroles des autres, mais en ce concentrant il arrivait à discerner quelques paroles. ''Je crois que j'ai trouvé une queue de rat dans ma soupe'' ''Allez viens ma belle, on monte à l'étage et je te montre pourquoi on m'appelle grande jambe''. De tout et de rien... rien de bien intéressant qui valait bien l'écoute... sauf bien entendu la voix de l'enchanteresse. La pauvre dame ne semblait pas bien heureuse d'apprendre qu'elle allait devoir être déplacé et le vieil ami de notre rustre était la victime de cette frustration. La prévenir aurait sans doute simplifié les choses, cela aurait évité la scène qu'il pouvait entendre depuis l'étage. Cependant, plus d'information circulait, plus il était facile pour les oreilles indiscrètes d'obtenir certaines informations qui pourraient compromettre leur rencontre discrète..

Les secondes, puis les minutes passaient. Éventuellement, le pas lourd du Zélos se fit entendre, approchant la porte, il toqua un coup rapidement afin de prévenir notre rustre, puis, il s'éloigna, retournant à ses autres obligations de la soirée. Les affaires discrètes de l'ombre blanche n'était certes pas sa priorité, mais un dépôt dans la bonne bourse avait su le motiver suffisamment pour le moment. Puis après ce qui aurait sans doute pu sembler être une éternité, le rustre entendit le bruit d'une clef dans la serrure avant que la poignée tourne, laissant entrer dans la sombre pièce la lumière du couloir, dessinant sur le mur une silhouette. L'ombre blanche ne dit rien, laissant entrer l'être à qui cette silhouette était rattachée.
''HRP:
 


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Lun 12 Oct - 20:06

Pensant que la température était l'une des raisons de son mal-être il laissait paraître un sourire mal à l'aise. Garder un secret était beaucoup plus difficile qu'on ne le pensait et puis la part de vérité était surtout dans l'environnement dans lequel les deux voyageurs se trouvaient pour dîner. La raison qui n'était rien d'autre que végétal ne devait être dévoilé surtout dans un lieu aussi public que celui-ci. Pour inventer une réponse qui avait sa part de vérité sans en dévoiler la totalité.

C'est pas vraiment la température qui me gêne.

Le fait de prendre une auberge ne l'avait toujours pas habitué à avoir plus d'une dizaine de personnes inconnues autour de lui. Certes, il y avait les réunions de gélovigiens et autres rassemblement divers mais ici c'était totalement différant. Autre la raison de leur situation géographique actuelle, il y avait toujours un risque de se faire agresser en ses terres pour quelques pièces. Même s'il savait se défendre, le voyage l'avait épuisé et affamé.

Réfléchit ne devait pas donc être son fort quand il accepta sans le savoir de partager la même chambre.
Cela n'avait pas l'air de le déranger plus que ça. À vrai dire il n'avait jamais pensé pouvoir avoir un quelconque soucis. Mis à part que la demoiselle aurait l'envie de s'amuser de cette situation ne l'étonnerai guère vu ce qu'elle avait essayé lors de leur première rencontre en « tête-à-tête ». Quand on y pense, il y avait de quoi rire. Le ridicule qu'exposait l'albinos à agir tel un homme vierge de tout vice n'avait que de honte pour lui qui ne voyait pas cela comme un jeu pour la jeune femme.
La question est  de savoir si maintenant cela le troublerait ? En le regardant de prêt il avait l'air plus de quelqu'un qui s'était fixé un objectif particulier qu'un homme en quête d'aventure exotique. Malgré ça, il savait plaisanter plus facilement sur le sujet qu'avant. D'ailleurs, elle devait avoir aperçu et constater qu'il avait changé sur certain point comme discuter sur tout et n'importe quoi sans gêne. Cela n'était-il pas une façade ?
En attendant que le repas soit servis, la jeune rouquine posa ses doutes sur la table, sa tête sur ses doigts entre-croisés et sa remarque sur le fait qu'il accepte de partager une chambre. Il sourit timidement, fronçant un sourcil levant l'autre. Il se frotta les mains et d'un air entre le sérieux et l'amusement et fut prêt à lui répondre.

Je me suis dis : La demoiselle a passé plus long mois à dormir seule dans une tente, un peu de compagnie pour une nuit devrait la satisfaire.

Parlait-il avec franchise comme s'il était réellement prêt à faire ce qu'elle voulait ? Ce qui se résume peut-être par une nuit de plaisir charnel sans contrainte ou un autre jeu du même genre.
Ou cela était simplement de la plaisanterie ? On arrivait pas à déceler le vrai du faux avec le jeune homme. Il savait parfaitement cacher son jeu.
Alors qu'il se frottait encore les mains comme s'il allait être content de passer une bonne nuit, avec ou sans compagnie, la tenancière arrivait avec hâve en possession des couverts sans les disposer sur la table. Exprimant cette attitude comme désobligeant, Duscisio ignora la remarque et l'aida dans la répartition des assiettes et couverts pour en revenir à la chambre.

Le prix d'une chambre n'est pas vraiment un problème vous savez. Cela fait partie des frais de voyage. Donc si cela vous gênes je peux prendre en charge la seconde chambre. Je ne suis pas à une vingtaine de dias près.

Dans son sac, il possédait une certaine somme pour satisfaire tous les achats imprévus. Sans compter qu'il avait déjà utilisé cet avantage dans son propre intérêt durant le voyage. À Tyrhénium par exemple, ils durent rester une journée complète avant de pouvoir repartir à cause d'un imprévu.
Pour ce qui était du prévu, elle ne pouvait avoir que de curiosité pour sa raison d'avoir quelque chose à faire ici. Que pouvait-il avoir de prévu dans Ridolbar ? La ville semblait être une étape primordiale pour y accorder autant d'importance. Le plus improbable était qu'il avait prévu le moindre accro à sa propre quête qui pour toutes personnes reste un mystère.

Comme je l'ai dis par le passé, si j'entame un tel voyage c'est que j'ai un objectif que je préfère garder pour moi sans vous offenser. Ridolbar ne présente pas de fournisseurs particuliers ,mais des informateurs qui me donneraient quelques détails sur la suite du voyage que je continuerai seul.

Il marqua une pause pour réfléchit à ce dont il allait répondre concernant ses clients. D'une mine peu rassurante, il baissa le regard et semblait désolé.

Je ne suis pas irremplaçable.

Comme si l'éventualité de ce voyage était sa propre fin, il ne vit aucunement l'intérêt de continuer sur le sujet. La finalité du voyage était sans nul doute l'inconnu qu'il ne pouvait prévoir. Par quoi cela allait-il se résoudre ? Par quel chemin le destin va le mener ? Bien sur il attirait l'attention malgré lui. Le fait qu'il ne pouvait rien dire n'en était que plus frustrant.
Puis il y avait la raison de sa venue ici. Même s'il l'avait accompagné de son plein gré en savoir un peu plus sur son déplacement était dans ses droits les plus logiques. Il y avait les oreilles baladeuses qui pouvaient entendre sa raison qui devait sans doute rester entre eux. Elle le lui fit savoir et confirmer. Avoir la troisième personne lui éviterait de se répéter mais également de garder le secret entre eux sûrement pour éviter qu'un étranger ne soit tenté de leur voler la vedette. Interrompue par la serveuse, le repas entre les mains fut déposé sur la table aussi sourd qu'il était plein.
Couvercle soulevé, l'estomac de l'albinos ne tardait pas à faire un gargouillis en silence alors qu'elle observa la teneur du repas. Son parfum ne faisait que languir le jeune homme qui n'attendait que de manger. Faisant mine d'un doute sur la qualité de la cuisine, Elië lui tendit un regard dont il répondit par un geste de galanterie pour qu'elle puisse se servir la première.
Les dames d'abord dirons-nous.

Se servant par le rappel que la journée fut longue, laissant à Duscisio le plaisir d'en faire de même, son avis sur son assiette fut ignoré. Commençant à manger avec trop de hâte, il se brûla la langue. Prenant rapidement un verre d'eau pour refroidir celle-ci, le tenancier approchait pour le maintenir d'une nouvelle semblerait-il. Il ne portait qu'un regard avant de continuer de manger avec prudence en soufflant légèrement dessus pour les refroidir à température respectable. Dès sa première cuillère, l'information de l'incapacité à avoir la chambre au caveau, un zelos l'occuperai déjà et ne semblait vouloir partir ce soir comme prévu. Maline, elle interpella l'aubergiste pendant qu'il était encore mal à l'aise pour proposer un échange pour une chambre au second étage. Mieux encore, une deuxième chambre pour Duscisio en guise de dédommagement. Hésitant un instant, il céda à la demande. Sûrement contente d'elle, Duscisio la regardait alors qu'il avalait sa cinquième cuillère tel un ogre et son troisième verre d'eau comme un trou. Il ne fit aucune remarque dans un premier temps, jusqu'à qu'elle finisse sa gorgée de cidre.

Vous n'étiez pas obligée vous savez.

Il mordit une bouchée de saucisse, mâchant lentement la chair pour la réduire en morceau plus petit dans sa bouche. Profitant d'un instant qu'elle soit dans sa joue, il continua.

Où alors la troisième personne serait un homme avec qui vous voulez prendre plaisir.

C'était une plaisanterie cette fois.
Souriant comme fier de sa constatation pour prendre tant à cœur le fait de lui prendre une seconde chambre. Continuant à manger sourire aux lèvres, il mélangea le goût des lentilles trop cuite à celle de la viande pré-mâchée afin de satisfaire d'une repas qui était amplement mérité. Comme un ogre, son assiette était déjà à moitié vidée de son contenue. D'où l'expression : vaux mieux l'avoir en tableau qu'à table. Son appétiez dévorant pour un repas pourtant négliger portait attention et satisfaction. Au moins du côté nourriture il se portait très bien. Il revint sur leur venu ici tout en faisant attention que personne ne pouvait l'entendre ou l'écouter.

Vous êtes à la recherche d'un objet de valeur pour prendre tant à cœur un tel voyage ?

Il semblait s'y connaître. Après tout, Duscisio portait sur lui le manteau-bouclier récupérer à Umbriel dont il avait fait sa recherche avec autant de discrétion qu'elle. Si c'était également un objet rare, cela se comprenait facilement.

[HRP] Ma réponse était déjà prête il y a quelques jours. ._.


Duscisio's Theme - Pistilose's Theme


Merci Othello pour le Kit

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MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Mar 20 Oct - 11:53

L’albinos avait le don d’attiser la curiosité de la rouquine au à défaut de de courtisan aurait fait une espionne au moins acceptable tant elle désirait toujours plus recevoir d’information. Une réponse entrainait invariablement une nouvelle question jusqu’à ce que le sujet lui paraisse ne plus receler de secret pour elle. Et en l’occurrence, les réponses évasives ou incomplètes de l’herboriste ne parvenaient pas à la satisfaire…  Pas la température ? Les hypothèses les plus invraisemblables pouvaient alors être envisagées, mais la courtisane savait aussi se tenir et attendre le moment propice à une autre question pour en savoir plus. Après tout, elle était bien placée pour savoir que chacun avait ses petits secrets qui pouvaient vous perdre s’ils étaient révélés, mais elle n’imaginait pourtant pas l’albinos exerçant une activité aussi répréhensible que la sienne. Peut-être de la contrebande d’herbe mais cela n’expliquerait pas son malaise. Décidément il ne lui restait que son état de santé et l’hypothèse d’une maladie chronique ou assez sérieuse prenait corps dans son esprit.

Il était temps maintenant de regagner la chambre qui leur avait été allouée. Dire qu’elle était inquiété était exagéré, mais contrariée tout de même pouvait désigner l’état dans lequel elle se trouvait en ramassant ses affaires qui n’avaient pas quittés ses pieds. Les rumeurs de la salle lui semblaient venir de plus loin maintenant qu’elle entrevoyait la possibilité que le rendez-vous prévu soit différé à cause d’un rustre de Zélos qui ne voulait pas libérer la chambre le jour dit.  En même temps ce contretemps pouvait être une chance. Si jamais ils avaient été espionnés lors de leur demande de logis, les oreilles indiscrètes étaient maintenant en possession d’informations erronées. En outre, si l’Ombre blanche connaissait assez l’endroit pour donner le nom d’une chambre à l’intention du tenancier, nul doute qu’il puisse sans trop de peine les retrouver où qu’ils soient hébergés dans l’auberge. Elle laissa une dernière fois son regard divaguer sur les tables où les voyageurs de passages finissaient leur repas et où les habitués commandaient une ultime bière avant de regagner ce qui leur servait de pénates.

Le souci que pouvait représenter la pudeur de l’albinos était à présent écarté. C’était là le point positif du contretemps provoqué par le changement de réservation. Si elle ne se sentait pas à présent d’humeur aussi joueuse que lors de leur seconde rencontre, elle était suffisamment tendue vers le but qu’elle s’était fixé en venant à Ridolbar et dans cette auberge pour commencer, pour ne pas avoir à l’esprit les précautions qu’une cohabitation avec un garçon un peu trop fleur bleue. Le contraste de ce caractère avec le fait qu’il ait pu survivre dans des endroits aussi mal famés que la cité maudite, amenait de nouvelles questions chez la ladrini mais cela des questions ne suffiraient sans doute pas à l’aider à élucider ce mystère. Il faudrait qu’elle pratique un peu l’albinos pour se faire une idée des origines de ces deux aspects.

Elle avait été en partie rassurée pendant le repas à l’occasion du sous-entendu de son compagnon sur son éventuel besoin de compagnie. Autrefois elle ne lui aurait pas prêté un tel humour et la perspective de s’imaginer proférer de tels plaisanterie l’aurait sans doute fait rougir jusqu’à la pointe de ses cheveux. De ce côté n tout cas, le jeune homme semblait bien plus sûr de lui en comparaison avec son état physique apparent.

*Un peu de compagnie ?*
S’était-elle dit.
*Pourquoi pas ?
_ Alors après un bon bain car ni lui ni nous ne sommes très ragoutants en cet instant.*


Elle lui avait adressé un sourire amusé et empreint de d’une pointe de gourmandise qui n’était pas une promesse, mais au moins la marque d’un certain intérêt… Quant à savoir s’il se hasardait maintenant sur ce terrain car il avait pris une nouvelle assurance ou s’il désirait juste donner le change en souvenir de sa visite chez la courtisane, cela importait peu à la belle qui de toute façon n’avait plus rien à prouver en la matière et de toute façon il y avait loin de la coupe aux lèvres et la soirée promettait déjà d’être pleine d’imprévu. Seules les circonstances dicteraient leur loi aux voyageurs. De toute façon, maintenant qu’ils avaient chacun leur chambre, seule une visite de l’un chez l’autre permettrait d’avoir le fin mot de cette histoire, d’autant que la suite du repas allait les ramener à des considérations moins excitantes, même si un repas pouvait  vous satisfaire aussi les sens.

C’était plus les aspects pécuniaires qui brisèrent les promesses et les questions sur les projets charnels de l’apothicaire. Elle avait évacué la proposition de son compagnon d’un geste désintéressé da la main qui pouvait également exprimer une douce contrariété comme après la promesse faite à un enfant d’un tour de manège qui s’éloignait soudain. De ce côté, le jeune homme ne savait pas encore totalement ménager ses effets et laissait retomber le soufflé aussi vite qu’il avait pu susciter l’intérêt.

En conséquence, s’il tenait à payer les frais qu’elle s’était donné du mal à lui éviter et bien il se montrait bien peu reconnaissant et n’avait qu’à courir après le patron pour lui proposer de payer la nuit.

Alors qu’elle marchait devant en direction du comptoir pour récupérer les clés de leurs chambres, elle eut une moue un peu contrariée en repensant à tous les secrets que l’albinos gardait pour lui comme par exemple la raison de sa venue dans cette ville hormis le fait de la suivre dans son entreprise hasardeuse. Elle se faisait mauvais effet de se laisser dissimuler tant de chose, même si elle devait bien l’admettre la vie privée de Duscisio Balibe ne lui importait que peu. Connaître le maximum de chose sur ce qui l’entourait ou avait un rapport avec ses entreprises et ses projet était devenu comme un impératif dicté par ses occupations mais aussi par goût. C’était un nouveau jeu qui petit à petit avait pris place dans son esprit et dans sa façon de vivre.

*Allez c’est plutôt une bonne nouvelle ! Ton albinos sait garder des secret cela peut aussi jouer en ta faveur…
_ Tu as raison ma beauté. Mais nous cacher des choses…
_ Tu as un peu de temps pour percer ses secrets et si cela avait été trop simple ce serait moins amusant n’est-ce pas mon amour ?
_ C’est vrai…*


Cette dernière pensée lui redonna le sourire espiègle qu’on pouvait lui voir assez souvent et ses yeux pétillèrent d’une nouvelle curiosité… Pour être tout à fait honnête, si la demoiselle pouvait être contrariée, voire même  irritée, elle trouvait toujours_ allez ! Disons la plupart du temps_ motif à injecter du jeu et du plaisir dans les évènements qui jalonnaient son encore courte vie. Elle aurait me direz-vous se servir d’une magie qu’elle commençait à bien maîtriser pour obtenir ce qu’elle désirait savoir, mais elle réservait cela aux situations d’urgence. Elle n’avait en effet recours à la télépathie que pour obtenir des informations indispensables à la réalisation de ses missions et encore ne l’utilisait-elle qu’avec parcimonie consciente que comme à chaque fois, à bon télépathe, bon télépathe et demi et que les choses pouvaient se retourner contre elle si elle n’y prenait pas garde… En l’occurrence, Duscisio Balibe représentait un allié de qualité qu’elle n’avait pas envie de perdre en se montrant intrusive et le jeu, lui encore, en valait bien la chandelle…

Elle avait donc passé outre sa déception pour rassurer l’herboriste sur la place qu’il pouvait occuper dans le monde en particulier pour ses clients.

« Vous passez pourtant pour être un maître dans votre art et la perte d’un maître qui ne laisserait pas de successeur est toujours une perte ne serait-ce que pour l’humanité et son patrimoine. Imaginez le travail qu’il faudrait à vos suivants pour reconstruire vos savoirs et savoirs faire ?... »

Cela était assez paradoxal dans la bouche de la rouquine toujours en quête d’objets rares et exceptionnels. Ceci ne pouvaient exister quelque part que s’ils continuaient à être exceptionnels et donc que leur réalisation restait un exploit en particulier car le maître avait disparu sans laisser de disciple digne de reproduire sa virtuosité. Sa quête du moment en était la parfaite illustration. Evidemment, l’herboristerie occupait un domaine bien différent, mais peut être pensait-elle en egocentrique incorrigible à sa propre santé et à l’utilité qu’elle pourrait toujours avoir des compétences de l’albinos…

Comme si chaque pas qui la menait au comptoir était le déclencheur de souvenir de leur repas et des échanges qui l’avaient émaillé, leur conversation finissait de se rejouer dans l’esprit de la rouquine, jusqu’au moindre détail.

Un homme avec qui elle veut prendre plaisir… La question était posée et cela faisait déjà deux fois que le prude apothicaire se hasardait sur le terrain de sensualité. Peut-être n’était-il pas, ou plus aussi prude qu’elle s’était plu à l’imaginer jusque-là… Elle lui avait seulement renvoyé un sourire amusé et énigmatique. S’il n’avait pas voulu satisfaire la curiosité de la rouquine celle-ci semblait tenir là un sujet qui éveillait celui de son compagnon de repas. Elle apprécia que celui-ci prenne les choses sur le ton de la plaisanterie tout comme elle le faisait, même si la question lancée comme une boutade pouvait être considérée comme une interrogation des plus pertinente. Il y avait quelques moi de cela elle aurait sans doute répondu par l’affirmative. Le chasseur de prime avait indubitablement laissé sur sa peau une trace à part qu’aucun autre homme n’avait pu effacer, mais il s’était évanoui sur les chemins sans donner signe de vie et elle sous prétexte de liberté n’avait pas jugé bon d’en donner non plus ni même de s’inquiéter de ce qu’il était devenu. Il avait fallu cette incursion dans le Nord et cette effroyable expérience à l’apparition du colosse matin pour qu’il réapparaisse de façon plus pitoyable qu’elle ne l’aurait imaginé, déduisant en cendre les souvenirs qu’elle avait de lui. Elle aurait pu l’imaginer estropié ou défiguré, mais c’était face à une loque humaine qu’elle s’était retrouvée, de quoi effacer le plus grand héro de n’importe quel esprit. Elle se demandait même encore pourquoi elle avait fait appel à lui. Sans doute parce qu’elle n’avait pas trop le choix, le nombre de ses connaissances étant réduit à sa plus simple expression. Pour l’heure, elle était un peu rassurée par les précautions qu’il prenait et qui montrait qu’il n’avait pas perdu tout sens commun et qu’il avait gardé des réflexes à même de les garder en vie. Cependant cela ne chassait pas complètement l’inquiétude qu’elle pouvait nourrir de retrouver Aëdh dont elle ne connaissait pas d’autre nom et qu’elle avait appris à désigner par des termes aussi divers qu’Ombre Blanche ou Messager Royal.

*A-t-il besoin d’être un héros ?
_ Il a besoin d’être rare…
_ Ce n’est pas une œuvre d’art !
_ Et si c’était que je lui demande ?
_ …*


Elle n’avait rien trouvé à répondre à cette dernière interrogation et même la sagesse instrumentalisée de la Sindarine des temps anciens n’avait trouvé de logique à opposer. Peut-être faudrait-il détruire l’œuvre si elle ne donnait pas satisfaction à l’artiste ou la commanditaire… Une étincelle hallucinée traversa le temps d’un éclair le regard de la Syliméa alors qu’elle atteignait enfin le comptoir et où l’attendait le tenancier remis de la gêne que l’Ombre Blanche à l’insu de la créature l’avait forcé à provoquer.

Elle posa la main sur le zinc.

« Nos clés..
Tout de suite »


Le patron de l’auberge se tourna vers le panneau à trousseaux étonnamment bien rangé et en tandit une à chacun.

« Les chambres communiquent »

Elië ne relava pas et fit tourner le trousseau entre ses doigts. La clé était d’un fer patinée assombri par les mains des voyageurs et pendait par quelques maillons du même métal à une plaque en bois où était grossièrement gravé un 21 tandis que sur celui de son compagnon on pouvait lire 23.
Elle se tourna vers lui et lança enjouée :

« Allons voir ce que nous réserve notre chambre ! »  

D’ordinaire, l’influence d’une certaine éducation Sindarine lui aurait intimé l’ordre de remercier le tenancier, mais elle avait un personnage de rustre à tenir et ne lui accorda même pas un regard avant de s’éloigner et emprunter l’escalier grinçant jusqu’au niveau où ils étaient censés trouver leurs portes. Les passages étaient sombre, mais assez propres par rapport à ce à quoi elle s’attendait en venant dans cette cité. Certes ce n’était pas l’endroit le plus luxueux du continent et la pénombre devait empêcher d’être trop regardant sur les quelques toiles arachnéennes qui habillaient les encoignures, mais c’était largement acceptable. Enfin elle s’arrêta devant une grosse porte sombre aux bois mal dégrossi mais qui semblait assez robuste. Elle regarda l’albinos qui l’avait dépassée pour atteindre sa porte et ce faisant, elle se rappela le sentiment de danger que ses descriptions de la cité corrompue avait inscrit en elle. Tous les mystères et contretemps qui avaient entouré le rendez-vous ne pouvait que l’inciter à la prudence. Elle se figea quelques seconde devant sa porte mais aucun son ne parvenait de l’intérieur de la chambre. Si elle était attendue là, nul doute cependant que le danger allait éviter de se faire repérer. Brusquement la certitude que quelque chose l’attendait là la prit et ses réflexes d’assassin reprirent le dessus.

Elle sortit sa lame. Les deux mains sur la poignée et le lame presque verticale et collée au torse pour une première protection. Lorsqu’elle poussa la porte qui tourna vers la droite, la faible lumière du couloir ne suffit qu’à lui révéler les ombres de la chambre, mais aussi à découper sa silhouette dans l’encadrement de le huis, cible facile s’il en était. Elle se coula donc en un éclair à l’intérieur, côté gauche de la porte profitant ainsi du contrejour qui la dissimulerait un temps. Tous ces sens tendus vers son environnement, son regard fut tout de suite attiré par la masse sur la chaise, à droite. Ce n’était pas une position favorable à une attaque et si la personne n’était pas accompagnée, elle ne représentait pas de danger immédiat. Ses yeux scrutèrent le reste de la pièce sans rien découvrir de plus.

*Aëdh ?
_ J’espère…
_ On s’est inquiété pour rien alors…
_ Oh ! Oh ! Ne baisse pas ta garde ma chérie !*


Si c’était lui, que de précautions pour leur rencontre ! Il aurait été dommage de les réduire à néant en appelant à travers la chambre et le couloir l’herboriste. Elle demanda à mie-voix :

« On attend les dames dans leur chambre maintenant ? »

N’ayant rien trouvé d’autre de suspect elle baissa doucement sa lame en direction de la poitrine de l’intrus. Sa vue s’était maintenant accoutumée à la demie obscurité et la silhouette encapuchonnée se devinait plus qu’elle ne se voyait, immobile sur la chaise. Si elle reconnaissait l’accoutrement familier du chasseur de prime, elle ne pouvait, en revanche, être certaine de son identité et ses mains restaient cachées et pouvaient tout aussi bien tenir une arme qui profiterait de son inattention pour la frapper. Ce qui la rassurait était que, décidément, elle ne s’y serait pas prise comme cela pour attendre quelqu’un avec des intentions hostiles. C’est donc un peu rassurée qu’elle attendit la réponse de son visiteur.


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Marduk Nargaroth

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Dim 25 Oct - 7:03

Les pentures de la portes mal huilée hurlaient dans la nuit, laissant entrer lumière et bruit extérieurs. Assis dans l’un des coins de la pièce, l’ombre blanche ne faisait qu’attendre, observant la silhouette qui s’était dessiné sur le mur en face. Elle était hésitante, sans doute à l’affut du danger… consciente d’une présence à l’intérieur de cette pièce… voilà quelqu’un qui faisait preuve de brillance. Cette silhouette, cette forme qui s’était dessiné sur le mur, dansant doucement à travers les fluxassions de lumière ambiantes, elle était familière et attendue. Il demeure muet telle une ombre, faisant tout simplement partie du décor. Dans son attente il poursuivait son observation, jetant un regard rapide vers la porte à présent ouverte, il attendait qu’elle ouvre le pas, qu’elle annonce la musique et présente la danse! Sa simple présence dans le cadre de cette porte ajoutait du bois à la flamme fléchissant qui habitait le dit chasseur de primes. Il était curieux de voir ce qui allait se présenter devant lui, si elle allait être à l’image même de ses souvenirs d’elles devenu de plus en plus flous.

De nombreuses lunes avaient passés depuis leur rencontre, depuis leurs escapades et brèves retrouvailles. Qui était-elle devenue ? Avait-elle changé ? Sans doute… tout comme lui, tout comme il avait changé avant l’apparition du colosse et depuis son voyage vers les ténèbres. Comme il avait changé… le brave chasseur de primes, comme il s’était assombrit depuis la dernière fois que son regard s’était posé sur la silhouette raffinée de l’enchanteresse. Mais les mésaventures de l’homme portant le titre d’ombre blanche intéressait peu de gens… cela intéressait à peine Áedh même. Puis, qui allait croire en ses histoires ? Personne, bien entendu, car tout sera renié. Mieux vallait donc se fermer la gueule et boire, c‘est ce qu‘il avait fait durant un certain temps avant de recevoir la lettre de l‘enchantresse. Demeurant plus ou moins sobre depuis, attendant précisement ce moment où elle s‘adressa à lui. Oh sa voix, elle faisait écho jusqu‘à ses souvenir :

‘‘On attends les dames dans leur chambres maintenant?‘‘ Le questionna t-elle

Sur ses lèvres, un léger sourire se dessina. Sans se lever, la sombre voix du baroudeur offrit alors réplique à l‘enchanteresse

‘‘Je me suis dis que ceci était mieux qu‘une allée...‘‘

Un peu d‘humour ? Semblerait-il qu‘il en était toujours capable. Une référence à leur première escapade avant de suspendre les mots, mais cela ne dura pas bien longtemps avant que la voix rauque du rustre se fasse entendre à nouveau.

‘‘Cela est un peu plus discret... puis je doute que votre… compagnon’’ voilà qu’il avait fait une pause, cherchant le meilleur terme à utiliser afin de définir le freluquet ‘’aurait apprécié que j’interrompe votre moment ensemble… n’est-ce pas ?’’

Mais à qui donc adressait-il ses dernières paroles ? Se doutait-il de la présence du freluquet non loin de l’enchanteresse ? Il ne l’avait pas entendu, mais qu’il soit non loin serait fort probable. Est-ce que cela posait un réel problème aux yeux du baroudeur ? Pour le moment, non, pas du tout… mais cela dit, il ne pouvait prédire l’avenir et savoir ce qui en sera avec ce dernier. Il ne connaissait point la nature de leur relation, mais si l’enchanteresse était venue jusqu’ici avec le freluquet, c’est qu’elle possédait une bonne raison. Allait-il savoir pourquoi, cela il l’ignorait et à vrai dire il ne souhaitait pas réellement le savoir. Tout ce qu’il désirait connaitre en ce moment était la raison de la convocation et pour cela, mieux valait discuter en privé.

‘’Entre et ferme la porte…’’ dit-il en détourna sa tête vers l’enchanteresse.

Laissant celle-ci agir, il retira sa capuche se révélant un peu plus clairement avant d’allumer une lampe qui se trouvait à proximité sur une table de nuit.

‘’Puis raconte-moi ce qui t’amène dans ce beau coin de pays…’’

Ironie, sarcasme… humour qui sait avec lui parfois. Ridolbar n’avait rien du plus beau coin du monde, là où plupart des gens préféraient sortir que venir… et ceux qui visitent ne reste jamais bien longtemps. Son regard azure étaient demeuré posé sur la flamme de la lampe, n’ayant pas encore vu clairement l’enchanteresse depuis qu’elle eut fait son entrée. Il demeura ainsi, attendant le récit de cette dernière.


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Mar 10 Nov - 16:02

Répondant à son argument qui le concernait, il ne semblait guère toucher par le fait de devoir transmettre son savoir. Cela avait-il vraiment de l'importance ? La plupart de ses secrets de fabrication se trouvait dans des livres qu'il avait commencé à traduire pour le commun des mortels, un travail titanesque et nécessaire afin de garder cette mémoire dont elle parlait. Il n'avait pas à préciser cela à le jeune femme, alors il resta muet pendant qu'il finissait son repas.
De plus, il avait plus ou moins déjà une apprentie qui n'avait pas donnée signe de vie depuis un bon moment déjà. Elle connaissait les bases de son métier, c'était une première chose.

Ses propres paroles sur le ton de la plaisanterie ne semblait guère lui donner satisfaction. Sachant qu'il avait lui-même possibilité de se donner à une autre, elle pouvait être aussi dans ce cas. Etait-ce possible pour une courtisane de trouver une paire à son pied dans cette manière ? Cela ne le regardant pas il ne posait pas de question, cela ne lui étant jamais venu à l'esprit il n'y avait aucune raison d'y penser à lui demander.

La qualité de ses propos avaient aussi été le résultat de la vie global que tout ne pouvait-être rose. Bien qu'il le savait depuis bel lurette, se montrer idéaliste n'avait pas que des avantages. Plaisantins, adulte, sensuel, utiliser quelques atouts cacher n'avait rien de mauvais en soi afin de paraître le plus agréable possible, qui plus ai amical pour tiser d'éventuel lien qui pourrait lui être utile dans le futur. Quel avantage aurait-il à gagner pour tisser des liens avec une courtisane autre que passe une nuit charnelle avec elle dans le but de se soulager la conscience. Ne le voyant pas comme ça, l'albinos ne prenait pas en compte qu'une simple fille de joie pouvait être aussi une autre personne. Il en avait eu la preuve avec Tuanio qui agissait étrangement avec elle. Bien sûr qu'elle cachait sa véritable nature, mais il ne fallait pas oublier que Duscisio en faisait de même. Est-ce pour la même raison ? Il l'ignore totalement et n'y accorde que peu d'importance. Seul son secret comptait pour l'instant, avec la crainte qu'il soit découvert durant ce périple. Cela ne le surprendrait pas.

Aussi étrange soit la Pistilose elle avait son utilité dans cette histoire, en lui apportant autant qu'un bouclier qu'une arme sylvestre quand il en avait besoin. Il ne fallait pas oublier qu'elle était aussi la cause de son malaise. N'étant pas facile à vivre tous les jours, son caprice de vouloir sortir régulièrement le gênait quand il était accompagné. C'était encore un point qu'il fallait lui faire comprendre. Cela allait demander encore du temps pour que ce soit acquis. L'acquisition d'une seconde chambre avait aussi secrètement rassuré l'herboriste à cause de ce détail.

Le repas avalé dans son intégralité, en grande partie par Duscisio qui semblait manger et boire – de l'eau, pas le cidre – pour deux en redemandant une autre cruche du liquide vitale transparent afin d'assouvir un besoin sans nom d'en avaler une telle quantité.

La direction accompagnée par l'herboriste au comptoir après qu'elle ai pris les clefs, ce dernier fit part de commencer à avancer avant lui. Sortant de son sac récupérer après le repas, il sorti une petite bourde pour lui dire qu'il payait tout de même la chambre. La discussion avec le patron qui ne semblait pas vraiment surpris lui confirma que la chambre était belle est bien offerte en compensation. N'insistant guère, il laissait une pièce d'argent pour le pourboire du repas qui l'avait satisfait.
Rejoignant la demoiselle à l'escalier d'un pas un peu plus presser. Afin de regagner leur chambre, elle lui tendit l'une des clefs pour ouvrir sa propre porte.
Apprendre que les chambres communiquaient ne lui donnait qu'une seule réaction et condition pour la jeune femme qu'il cita avant de finir le court trajet du couloir qui les menait à leur pièce respective :

Si jamais vous avez besoin, je vous prierais d'attendre que je réponde avant d'entrer.

Ne précisant toujours rien de la raison d'agir ainsi, il continua de quelques pas supplémentaires afin faire face à la chambre portant le numéro vingt-trois. La numéro vingt-et-une étant celle de la demoiselle, il attendit qu'elle rentre afin d'en faire de même.

La porte une fois fermé, il se retrouva enfin totalement seul dans une pièce encore sombre. Une lampe à l'huile l'attendait sur un meuble proche de l'entrée qui n'attendait qu'à être allumé pour l'aider à donner une flamme aux bougies qui était prévues pour illuminer la pièce

Accordant attention sur la décoration sommaire de la chambre, son regard se posa durant plusieurs secondes sur le paravent qui semblait grandement l'intéressé, laissant un sourire en coin apparaître en constatant que celui-ci était suffisamment haut pour le cacher intégralement. Déplacer à côté de la table et la chaise pas loin du lit, il pouvait maintenant ne plus être surpris d'une entrée soudaine de la courtisane ou de l'inconnu pour quelle que soit la raison. Présentation, discussion, bien que la mesure la plus simple aurait été de fermer la porte à clef cette mesure paraissait trop suspecte.
Enfin, il détacha son bracelet de son poignet. Son mal-être cessa brutalement par l'envie de sortie de pour ce qu'il en était l'hôte. Placer au milieu de la pièce, il écarta un peu ses bras et leva les paumes de ses mains vers le plafond. Il murmura doucement un ordre comme s'il s'adressait à une personne.

Tu peux sortir, chère amie.

Un soupçon d'essence divine libéré, la plante dont les bourgeons visibles sur ses poignets découverte ne tarda pas une seconde à éclore d'une belle rose blanche, sa base se divisa en deux pour s'allonger d'une ronce décorer des mêmes fleurs de manière irrégulière. Quelques secondes après, les bourgeons des hanches, à l'arrière des épaules et des chevilles firent de même. La transformation soudaine de l'herboriste en début de buissons de roses, les quelques tiges cessèrent de bouger afin de se contenter que du minimum. Longeant et enroulant ses membres, chaque ronce avait l'apparence d'une fine armure sylvestre que Duscisio avait pour habitude d'utiliser en secret. 
Sur le visage de l'albinos, une expression de bienfaisance et de soulagement s'exprima. Qui aurait pu penser que la plante qui lui faisait du mal – en apparence – pouvait être aussi bénéfique. La sensation de sécurité que la Pistilose lui donnait quand elle exprimait toute sa grâce était une drogue dont il avait du mal à s'en passer. Alors, il la laissait sortir de temps en temps. Le parfum des roses blanches enivrait son nez développé pour reconnaître les plantes à leur odeur. Quand il ouvrit à nouveau les yeux, son regard semblait changer en certitude. Ainsi le rosier blanc exprimait enfin toute sa splendeur par ce nom qu'il s'était donné.
Une osmose presque parfaite entre le jeune homme et une plante unique. Elle n'était plus un parasite, mais une alliée des plus précieuse...

À la fenêtre de la chambre s'était posé le corbeau blanc. Croassant et tapant le verre avec son bec pour entrer, Duscisio approcha toujours en armure sylvestre pour ouvrir la fenêtre et laisser son familier entrée. Constatant qu'il était seul – il savait qu'il ne montrait plus cette apparence avec la Pistilose visible en public – l'absence de la demoiselle le gardait d'une humeur calme. Poser sur le paravent, il observa son ami se balader dans la chambre vêtu de sa tenue végétale.

C'est prudent de rester comme ça, ici ?

Ne faisant qu'un signe de tête, il pensa en effet que cela n'était pas conseiller/ Satisfaite, la Pistilose ne semblait être contre le fait de retourner à son état latent, en attendant qu'il ait besoin d'elle au moment propice. Elle n'attendait que le fait de lui être utile. Ne pouvant sentir cela, l'herboriste vint tout de même à utiliser à nouveau son potentiel magique pour ordonner à la plante de laisser flétrir les ronces en trop. Allant derrière le paravent pour ne laisser aucune trace apparente au premier regard, son ombre diminuait de son armure de rose pour ressortir tel un jeune homme tout ce qu'il y avait de plus banal.

Et maintenant ?
J'attends de connaître les projets à venir.


Ne se changeant point, Duscisio porta le regard sur le lit et s'y approcha d'un pas lent. Retirant ses bottes de cuir, il s'allongea sur les draps pour regarder le plafond et réfléchir secrètement sur lui-même.


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MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Mer 11 Nov - 11:06

Elle laissa un rire cristallin passer ses lèvres. Décidément une partie du jeu qui les animait il y a encore quelques mois avait survécu et c’était pour elle une belle surprise. Non qu’elle ait eu peur d’avoir sombré dans l’oubli du chasseur de primes, son côté indépendant et pour tout dire égocentrique avait fini par reprendre le dessus et ne se préoccupait désormais plus de l’importance qu’elle pouvait avoir pour lui. Mais elle avait eu bien des doutes en reprenant contact avec l’Ombre Blanche. Se souviendrait-il encore d’elle ? Aurait-il envie de l’accompagner ? Et puis aussi quelque part tout au fond d’elle, aurait-elle encore quelque attrait pour lui, bien que l’objet de leur rencontre ne souffrirait sans doute pas de répondre à cette dernière question.

Elle avait deviné dans la pénombre son sourire légèrement moqueur plus qu’elle ne l’avait vu, mais il lui semblait si réel qu’elle n’en douta pas une seconde. A moins que ce ne fût ce qu’elle espérait pour une raison non identifiée… En outre cette réponse avait les mêmes vertus qu’un laisser passer ou un mot de passe en ne laissant plus de doute sur l’identité de la silhouette assise sur cette chaise. Elle baissa sa lame légèrement. La suite, lui fit plisser les yeux de malice et étira un sourire amusé. La dernière partie de sa réponse « tait pleine de sous-entendu sur la relation qui pouvait lier l’albinos à la courtisane. Tact ? Pointe de jalousie ? Elle n’aurait su le déterminer avec certitude, mais les deux dans la bouche du blondinet ne pouvaient que la ravir. L’épave qu’elle avait croisé il y avait quelques semaines conservait ce elle ne savait quoi de rustre mêlé de noblesse et de classe. De son côté, elle ne tenait pas trop à éclairer son visiteur sur la réalité de cette compagnie et se contenta d’une réponse évasive bien qu’une légère ironie planât dans son ton de voix :

« Soyez remercié pour votre délicatesse… »

Sa lame finit par se baisser tout à fait avant que son sourire ne s’efface et que l’arc ambré de ses sourcils ne se hausse de surprise.

*Il nous tutoie ma chérie !
_Oui je l’ai bien noté aussi ma belle…
_ Je ne sais pas mais…
_ Mais tu préférais quand il nous vouvoyait ?
_ Oui…
_ En même temps tu lui as laissé l’impression que tu pouvais lui appartenir…*


Cette dernière pensée la fit légèrement sursauter et pour masquer cette réaction qui l’avait cueillie par surprise, elle prolongea son mouvement en rengainant sa lame qui chanta légèrement en pénétrant dans son fourreau. Elle retourna alors vers la table de chevet à la tête du lit, tournant à présent le dos au chasseur de primes.

*S’il croit que…
_ A-t-il tort de le croire ?
_...*


Elle posa son sac sur la couche  et en sortit le briquet de pyrite et amadou dont tout voyageur prévoyant se doit de se munir et saisit la lampe qui trônait au centre du plateau de bois sombre et patiné dont elle ne pouvait déterminer l’essence, dans l’obscurité de la pièce. Ce ne pouvait sans doute pas être un bois précieux de toute façon.
Elle ota le verre de la lampe et le jeta presque négligemment sur le lit, comptant que sa souplesse éviterait le bris du tube transparent. Elle s’accroupit enfin près du petit meuble afin de battre le briquet et se mettre en demeure d’ajouter un point supplémentaire de lumière tout en daignant enfin répondre au blondinet.

« Vous avez raison, venons-en au fait. »


Elle avait choisi le vouvoiement comme un refus du tutoiement dont elle venait de faire l’objet. Une petite flamme venait enfin de naître sur l’amadou et la mèche imbibée de la lampe ne tarda pas s’embraser également. Penchée vers sa tâche, ses cheveux qu’elle avait emmêlés à dessein faisaient comme un rideau autour de son visage et s’illuminèrent de rouge ?  Elle tendit ses longs doigts vers le verre gisant paresseusement sur la couverture du lit et en recoiffa le corps de la lampe avant de reposer sa forme érectile à sa place initiale. Elle régla la longueur de la mèche pour aténuer les exhalaisons de volutes qui montaient vers le plafond. Une fois satisfaite, elle se redressa en pivotant vers son visiteur après avoir remis en place le verre difracteur.

Elle n’avait encore pas fait mine d’aborder les sujet de leur quête malgré son acquiescement et ne semblait pas vouloir se hâter à le faire.
La pièce était maintenant plongée dans une lumière épaisse et dorée qui gardait encore quelques encoignures dans une demi-pénombre mais permettait aisément de voir chacun des détails des lieux mais aussi du visiteur. Son capuchon cachait malheureusement en grande partie son visage et si elle pouvait deviner dans son attitude générale une certaine lassitude, elle ne pouvait pas la mettre sur le compte d’autre chose que la fatigue d’un voyage qu’elle-même devait révéler s’il l’observait avec la même curiosité qu’elle. La lumière traitresse projetait l’ombre du capuchon sur le haut du visage et ne laissait apparaitre que la bouche moqueuse et le menton volontaire. Elle passa ses doigts dans ses mèches « négligées » pour les renvoyer derrière ses épaules et dénoua sa cape cimmérienne qu’elle jeta sur le lit avant de délacer le haut de son pourpoint de cuir et y insinuer les doigts. Un papier grossier plié en quatre en émergea bientôt entre l’index et le majeur de la courtisane.

Son visage toujours maculé de la poussière des sous-bois qu’elle s’était appliquée reprit son expression coquine et joueuse.

« Vous savez que mes mains se posent toujours là où elle ne devraient pas et j’ai bien peur que ce soit une nouvelle fois le cas »

Elle marqua une pose pour se diriger vers la porte de communication entre les deux chambres occupées par les deux compagnons de voyages.

« Mais il est inutile que je répète ce que j’ai à vous dire. Autant appeler notre troisième larron... »

Elle frappa deux coups fermes mais sans brutalité sur le ventail de conifère à ce qu’elle pouvait deviner du veinage large et clair qui sonna mat sous sa phalange. Puis sans souci des recommandations de son compagnon elle entrebâilla légèrement la porte. Enfin, sans souci... Elle n’alla tout de même pas jusqu’à jeter un œil indiscret dans la pièce voisine bien que cela la démangea et se contenta d’y projeter la voix, présentant ses deux profils l’un à la porte l’autre à son visiteur.

« Maître Balibe ! Voulez-vous bien vous joindre à nous je vous prie ? »

Puis sans prendre le temps d’attendre une réponse elle referma la porte. Certains pourraient noter que la rouquine faisait preuve d’une certaine autorité. Autorité bien étonnante pour quelqu’un qui n’avait pas l’habitude de travailler en équipe et encore moins de diriger. Qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas ici d’autorité mais plutôt de l’innocence que quelqu’un qui n’a pas l’habitude qu’on lui dise non en quelque matière que ce soit et qui a intégré ce fait comme une évidence de vie. Souvenez-vous que si elle a pu profiter des souvenirs et de l’expérience d’une Sindarine multiséculaire, elle n’a elle-même que quelques mois de vie…

L’huis de nouveau clos entre les deux chambres, elle se dirigea vers la table et commença à déplier et y étaler le document qu’elle avait gardé contre elle durant son périple jusqu’à la cité, guettant les pas qui annonceraient l’arrivée de l’herboriste.La porte de communication s’ouvrit bientôt et la belle put commencer un exposé qu’elle essaya de rendre le plus bref possible sachant qu’au moins le chasseur de prime ne se gênerait pas à poser les questions qui lui sembleraient indispensables..

« Messieurs, tout d’abord merci de vous être joints à moi pour cette quête toute personnelle. «

Elle désigne sur le document un des croquis qu’elle y avait dessiné. Il y en avait trois en tout comme le lecteur peut le constater.

« C’est ce bracelet que je compte trouver avec votre aide. Ne demandez pas à une femme de vous expliquer pourquoi elle accepte de risquer sa vie pour une telle babiole. Je vous passerez aussi les chemins qui m’ont conduite sur sa piste, conte à dormir debout, légendes, indices, gravures, érudits en perdition et j’en passe. Je répondrai aux questions que je pourrai, là-dessus si vous voulez mais cela ne présente que peu d’intérêt. »

Visiblement la belle n’accordait pas beaucoup d’importance à l’arrière-plan historique de sa quête en tout cas n’y accordait plus d’importance puisque dans ses recherches préliminaires elle avait bien été forcée de partir de quelque chose…

« Ce que j’ai pu apprendre et qui nous intéresse c’est que la créatrice du bracelet s’est plus ou moins faite berner par un voleur qu’elle essayé de poursuivre, qu’elle a traqué jusque dans cette cité. Mais au moment où elle était sur le point de lui mettre la main dessus, elle a perdu sa trace sur une place que je n’ai pas réussi à identifier mais qui porterait en son centre cette fontaine… »

Elle fit glisser on doigt vers un deuxième croquis.

« Mes talents de dessinatrice laissent à désirer mais cela donne une bonne idée de ce que nous cherchons en premier lieu car si mes déductions sont exacte de cette place et pour moi, de cette fontaine on peut pénétrer dans une section des tunnels du mépris. »

Elle s’interrompit pour lancer un regard interrogateur à ses compagnons…

« C’est bien ainsi qu’on les nomme ?  Bref, une sorte de labyrinthe. Pour lequel je n’ai trouvé que ce plan et cette annotation. »

L’ongle nacré bien  que souillé de l’humus de la forêt chanta sur le papier en désignant le dernier croquis.

« Il n’a pas l’air bien compliqué, mais je n’ai pas idée de son échelle ni de ce que nous y trouverons en plus du bracelet."

Elle se redressa enfin et laissa son regard passer de l’un à l’autre.

« Je sais qu’il n’y a aucune certitude et que les indices sont minces, mais c’est sans doute ce qui fera que le bijou sera encore en place… J’espère en tout cas que vous ne regrettez pas ce rendez-vous ici »

En prononçant ses derniers mots, elle sentit une boule se nouer au creux de son estomac, consciente qu’elle devrait déployer bien des talents pour parvenir seule à ses fins, mais aussi qu’elle n’avait pas l’intention de faire marche arrière. C’est donc non sans appréhension qu’elle attendit les réactions du blondinet et de l’albinos.


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MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Dim 22 Nov - 7:32

Que la lumière fut. La lampe allumée, la pièce qui jadis fut si sombre, dépravé de toute lumière si ce n’était que de la lueur qui entrait entre les craques de la porte. Ainsi, l’ombre blanche s’exposa complètement à celle qu’il avait attendue depuis de nombreux jours. Depuis la lettre de celle-ci, il s’était montré patient. Sans nouvelles de ses aventures, il attendait jour après jours, entre chaque cycle céleste, la venue de la belle dans le royaume du rustre. Oh, il n’était pas ici un souverain par titre ou par lettre de noblesse, mais Ridolbar était sa ville. Celui-ci connaissait chaque coin sombre, des hauts toits jusqu’aux profonds sous terrains, le blondinet avait connu de nombreuses mésaventures en cette cité. Il avait jadis embrassé la corruption de celle-ci, la laissant teindre son âme par ses ténèbres, portant le blanc de façon presqu’ironique pour une cause perdue, pour une futile balade sur le chemin d’une rédemption impossible. Oh il avait oublié cette folle idée de jeunesse depuis longtemps, il savait bien qu’il pouvait être bon, mais cela ne changerait rien au fait qu’au plus profond de son être, il demeure le même rustre, cet être capable de grande violence. Il n’allait pas ici sermonner qui que ce soit sur le bien et le mal. Il allait tout simplement demeurer ainsi, à attendre que le temps passe et que l’inévitable cogne à sa porte.

Voyait-il cette situation comme une nouvelle chance de retourner sur le chemin qu’il avait entreprit il y a de cela nombreuses années ? Aucunement! Il s’agissait ici d’une affaire, une faveur pour une femme à qui il aurait pu difficilement refuser le tout. Mais pourquoi ? Qui était-elle si ce n’est que l’enchanteresse ? Est-ce qu’une aventure, une nuit et une tempête signifiant tant que cela à ses yeux ? Était-il tout simplement curieux de connaitre quel était la raison de se contact ou désirait-il simplement la revoir et cela peu importe les motivations de cette dernière ? Un peu de tout, sans doute.

Elle s’approcha, son parfum, il pouvait le sentir. Malgré la route qui fut sans doute moins qu’agréable, cette douceur, subtile, avait tout de même su demeurer. Ce parfum qu’il avait cru oublier, envahissait à nouveau ses narines alors qu’elle se tenait si prêt de lui. Le regard azure du baroudeur se détourna légèrement vers l’enchanteresse à la crinière de feu. Du coin de l’œil il observait les traits qui étaient devenu si flous dans sa mémoire. À quand remonte leur aventure ? Un an? Deux ? Plus ou moins. Il avait perdu la notion du temps, s’étant perdu dans les limbes, la douleur infernale qui avait su laisser autant de marques invisibles sur son esprit que celle que son corps pouvait dévoiler. Il avait presqu’oublier qui elle était, perdue l’écho de sa voix, s’accrochant qu’aux dernier souvenirs – aussi flous, aussi faux qu’ils pouvaient être. Dans ses gestes, il la retrouvait de plus en plus, tout comme si hier fut leur dernière soirée. Puis, lorsqu’elle fit allusion à ses mains qui possédaient un certain talent pour se poser aux mauvais endroits, notre rustre ne put s’empêcher de sourire un peu.

Mais cette expression s’effaça alors qu’elle interpella son compagnon. Il n’était pas entré avec elle, ce ‘’Maitre Balibe’’. Le freluquet possédait donc un nom, un titre. Est-ce que cela changeait quoi que ce soit ? Seulement s’il s’agissait du genre d’homme dont le titre le définissait plus que ses actions. Áedh n’avait pas réellement pris le temps de bien observer celui-ci, mais il allait en avoir l’occasion d’ici peu semblerait-il.

Attendant que celui-ci se montre le bout du nez, notre rustre observa le document que lui avait présenté l’enchanteresse. Il écouta ses explications, sa requête sans réellement porter un intérêt porter un intérêt particulier pour le freluquet suivant son entrée. Racontant le récit, l’objet de cette convocation. Voilà qu’il s’était retiré de chasser des têtes pour courir les bas-fonds du monde à la recherche de trésors, du moins pour le moment. Toutefois, cela n’était pas sans danger puisque le tout semblait être destiné à les mener vers le tunnel des mépris. Hochant de la tête, confirmant le nom de l’endroit, le rustre attendit jusqu’à ce qu’elle termine son monologue avant de prendre la parole.

‘’Entré dans le tunnel est simple… mais en ressortir c’est une toute autre histoire’’ Dit-il d’un ton sombre et posé.

Il regarda alors le dit ‘’Maitre Balibe’’ du coin de l’œil avant de poursuivre.

‘’Tout ça pour un bracelet… ‘’ Il retourna alors son regards vers Elië ‘’Aucune certitude à savoir si c’est là ou pas… entrée dans un labyrinthe où s’perdre est le dernier de vos soucis… si l’voleur qui l’a pris est dans ce trou, l’est pas seul… c’pas comme aller chercher un livre chez l’antiquaire du coin… mais c’est faisable… t’es armé j’suppose’’ il termina s’adressa directement au freluquet.

Le regard du rustre se posa sur celui-ci, attendant une réponse. Il n’avait pas l’air d’être grand-chose, un érudit, un homme qui a sans doute plus l’habitude de se fourrer le nez dans les bouquins et parler que de taper sur la gueule des gens. S’il était armé c’était une chose, mais quant à sa capacité, son désir de s’en servir au besoin, prendre une vie, cela demeurait à voir. Avec Elië, il s’avait un peu dans quoi il s’embarquait, mais ce petit albinos pas plus haut que trois pas, Ridolbar en mangent au petits déjeuner et se sers de leurs os pour se curer les dents le soir.



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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Ven 27 Nov - 14:54


Laissant tourner les six petites épées au-dessus de lui, les observer donnait l'impression de le voir hypnotiser devant une montre à gousset. Levant le doigt vers elles, les lames volantes se dissociaient de leur formation en étoile pour s'aligner dans une même direction. Entendant une voix l'appelant, il fit voler en poussière ce qu'il avait créé. Sans dire un mot, il se leva de son lit pour prendre la direction de la chambre voisine.
Il était inutile de demander à Tuanio de savoir s'il voulait l'accompagner. La présence de la jeune femme était suffisante pour savoir que la réponse était forcément non avec les nombreuses réactions qu'il eut par le passé durant le voyage. Sa seule réaction actuelle fut un battement d'aile alors qu'il se trouvait sur le bureau. Les yeux tournés vers son ami, le suivant du regard, il ouvrit le bec comme pour prononcer un mot. Aucun son ne sortis.

Dès son entrée, il fut sujet à la rencontre du troisième homme. Portant son regard plus vers les documents qu'elle venait de déployer plus qu'à observer le jeune homme qui lui ne manquait pas d'ouvrir ses yeux pour juger l'apparence. Il se voulait discret et ne prononçait pas un mot. Les oreilles plutôt attentives sur le récit de la demoiselle – car c'était bien le sujet principal de leur arrivée ici – qui avouait enfin la réalité de son voyage dans ses terres sombres dont la végétation était rare. Passant l'histoire de l'objet aux oubliettes elle accorda plus d'attention sur la créatrice de l'objet et de son histoire. Comme suivant la même histoire, Elië poursuivait le bracelet comme si elle était la créatrice en personne afin de reprendre son bien le plus précieux.

Le regard de l'albinos se porta sur le parchemin où se trouvait le dessin du dit bracelet et les différents plans fait-main du placement de l'entrée et de son labyrinthe. Sur le plan et les différents chemins possible du tunnel, l'herboriste n'avait d'égal que ses convictions à être absolument concentré sur le dessin du dédale. Au premier regard, impossible de déterminer ce qui était les murs et ce qui était les chemins. Les tracés hachuré du parchemin indiquait deux points séparer des autres sombres rectangles. Une colonne au milieu d'une salle carrée peut-être ? À bien regardé, les murs semblaient bel et bien représenter par les parties sombres du dessin, mais il y avait des incohérences.

S'approchant du parchemin pour le voir plus en détail, il pointa du doigt plusieurs endroits sans poser de questions. En fait, il semblait même vouloir mémoriser le dessin sans pour autant y faire confiance. Tournant la tête à quatre-vint dix degré sur la droite et sur la gauche pour l'observer sur différents angles, faisant de même avec le parchemin en lui-même pour éviter de se tordre le cou, passant de temps en temps son observation sur le bracelet et le lieu de l'entrée de la fontaine en même temps que le doigt de la courtisane passa dessus.
Le dernier détail sur ce que l'on pouvait trouver à l'intérieur semblait inutile. Si elle le savait pourquoi aurait-elle besoin de deux « gardes du corps » ?
La réaction du troisième homme ne l'étonnait pas plus que ça. Sans compter que sa question était légitime vu qu'elle concernait l'albinos en lui-même.

Disons que si vous m'attaquez à l'instant, vous seriez le premier à terre.

Restant concentrer sur le parchemin, la poussière sombre réapparu autour de lui comme d'une menace indirect à l'inconnu. Il n'avait pas remis son bracelet ce qui lui laissait libre court à l'utilisation de son essence divine. Autrement dit, il était armé à chaque instant même les mains vides.

Et si ce ne sont pas mes épées qui vous mettent à terre, je libérerai autre chose qui devrait vous achever si nécessaire.

Parlant indirectement de la plante qui l'habitait, l'expression « mes épées » avait quelque chose de tout aussi étrange. Il n'avait montré en public jusqu'à maintenant qu'une seule arme qui se trouvait actuellement sous bonne garde de son familier, l'épée noire qui normalement ne le quittait jamais. Méfiant à souhait, il avait laissé également son bracelet sur place pour garder une défense certaine contre une quelconque agression inattendue. Il restait prudent à tout moment, un peu trop même. C'est ce qui le gardait en vie depuis des années où il dut se déplacer en dehors de la capitale d'Hesperia pour se rendre dans différentes autres cités comme Ridolbar.


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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Sam 28 Nov - 12:26

Le trio était enfin réuni et la quête pouvait enfin être considérée comme lancée. Lancée si elle ne tournait court dès les premiers instant car on le sait, les aventures à trois peuvent poser des problèmes au sein même du groupe si les complicités ne s’accordent pas et Elië n’avait pas mesuré cet aspect des choses. La chose pourrait bien ajouter des difficultés supplémentaire voire même les mener à l’échec, mais il était trop tard pour y penser et il ne lui restait plus qu’à espérer que ses nouvelles craintes resteraient infondées. Après tout, les choses sérieuses n’avaient pas réellement commencées et elle devait au moins laisser aux deux hommes le temps de faire connaissance.

Elle-même devait apprendre à les connaître car connaissait-elle d’eux en réalité ? L’ombre blanche était celui avec qui elle avait été le plus proche mais proche comment ? Au point de savoir quel genre d’être il était ? Elle devait bien l’avouer, elle connaissait sans doute mieux son corps que sa nature profonde. Elle pouvait en dire qu’il était direct et s’embarrassait peu de convenances et que son but était toujours prioritaire sur la façon de l’atteindre. Il pouvait aussi se montrer loyal et respectueux comme le reflet en négatif de la même personne. Mais pour le reste, il restait une image qu’elle s’était faite de lui. Une image à sa convenance pour peupler ses rêves et ses phantasmes. Cela faisait si longtemps qu’ils ne s’étaient pas véritablement croisés qu’il avait bien pu changer du tout au tout voire même oublier celle qu’il nommait jadis son enchanteresse. Les quelques paroles échangées étaient bien sûr prometteuses de complicité retrouvée, mais nullement une preuve qu’il  existât quelque chose de fiable entre eux pour cette quête.

L’herboriste quant-à lui demeurait une énigme tant il restait différent de ce qu’elle connaissait des hommes. Elle naviguait dans des milieux ou la compassion n’était pas de mise, ou la fin justifiait les moyens ou la recherche égoïste du plaisir était érigée en règle et le petit albinos semblait représenter tout le contraire de ces valeurs. Il semblait vouloir venir en aide à la terre entière même si ce monde ne lui avait rien demandé. Son seul défaut semblait être une certaine facilité à l’ingérence et l’indiscrétion, deux défaut qu’elle devait bien admettre lui sauvait la mise pour son projet car sinon elle serait sans doute parti la fleur au carquois dans cette entreprise, inconsciente du danger. En outre l’apothicaire avait prouvé contre toute attente qu’il était capable d’affronter des situations que son seul métier ne pouvait l’avoir préparé à vivre, preuve qu’elle avait sans doute bien fait d’accepter sa proposition d’accompagner la courtisane malgré la présence du volatile qui semblait avoir pour unique préoccupation de la désigner de la rémige à la vindicte de son maître. Elle se félicita d’ailleurs qu’il ne soit pas présent à leur premier briefing de campagne, cela les laisserait, ou plutôt la laisserait plus à son aise pour s’y consacrer pleinement.
L’albinos semblait insensible en cet instant à la gêne que pouvait procurer son oiseau à la rouquine et se concentrait pour sa part pleinement à l’écoute du bref exposé de la belle ainsi qu’à l’examen de l’unique document qu’elle présentait à ses compagnons.

Ultime  paradoxe pour quelqu’un qui était entraînée à  l’anticiper dans les missions de ladrini, Elië découvrait également des choses sur elle-même qui avait déjà commencé à émerger lors de la catastrophe de Gaef. Elle était sans doute très à son aise dans un rôle de prédateur, mais elle n’était pas habituée à endosser celui de la proie potentielle. De plus, elle était sans doute très à son aise dans la capitale du continent mais qu’elle pouvait être fort démunie, voire naïve transplantée en d’autres contrée et en d’autres milieux. Elle avait donc beaucoup encore à apprendre et elle sentait que ses deux compagnons pourraient l’y aider, même si d’ores et déjà elle essayait d’adopter une attitude plus circonspecte devant les nouveaux défis qui se présentaient maintenant à elle, charge à elle de devenir partout, aussi experte que dans les rues d’Hespéria.

Au bout du compte, la question qui restait en suspend était de connaître les raisons de chacun pour se lancer dans cette quête au but on ne put plus futile en apparence du moins. Elle savait que cet objet lui serait d’une grande utilité dans sa vie professionnelle en plus de flatter une certaine coquetterie diraient certains et que nous ne contredirons pas pour éviter de nous lancer dans subtilités que d’aucun qualifieraient d’arguties. Elle pourrait évidemment se contenter de ce qu’elle savait du bon samaritain maladif et accepter comme seule vérité les motivations qu’il lui avait avancées, cela collait assez bien au personnage. Restait le rustre encapuchonné. Elle voulait éviter de penser que ce n’était que pour ses beaux yeux qu’il avait décidé de l’accompagner, mais trouvait pas d’autres explications ne le croyant pas assez stupide pour se lancer dans une quête hasardeuse sans une bonne raison sauf si… Pour le coup, si elle ne se mettait pas au centre des intentions du blondinet, elle devait bien y mettre autre chose et cette autre chose ne pouvait alors n’être que le bracelet. Cette dernière pensée aurait pu l’inquiéter et pourtant, elle ne suscita qu’amusement.

*Un nouveau jeu de chat et de souris ? C’est bien à ça que nous pensons mon amour ?
_ Cela pourrait être drôle en effet ma toute belle…
_ C’est en tout cas une bonne raison pour le surveiller de près…
_ Humm ! Ce ne sera pas la seule.
_ L’autre raison pourrait bien nous faire perdre l’essentiel des yeux, mais tu as raison…*


Elle pouvait reconnaître son odeur de voyage et de combat mêlé de ce elle ne savait quoi de différent comme une détresse nouvelle…

*Depuis quand sommes-nous qualifiés pour reconnaitre ou nous inquiéter la détresse ?*

Mais l’heure n’était pas aux analyses psychologiques, mais bien à entamer et programmer une quête dans laquelle elle était de plus en plus impatiente de se lancer. Lorsque l’albinos entra dans la pièce, elle ne put s’empêcher de saisir une étrange lueur dans le regard du blondinet, lueur qu’elle n’aurait su définir avec exactitude, mais qui ne reflétait pas la sympathie gratuite des premiers instants où aucun a priori ne devrait venir ternir la rencontre. Comme par reflexe elle se tourna alors vers l’apothicaire détaillé par le chasseur de primes. Il n’était évidemment pas de la même carrure que le coureur de chemins. Elle eût pu s’en amuser si ses yeux n’avaient saisi d’étranges accrocs dans les effets de l’apothicaire. Elle cilla un instant d’étonnement avant de se reporter à l’objet de leur projet.

Les questions arrivaient pertinentes et précises, preuve qu’elle n’avait pas été assez explicite ni sur l’histoire de l’objet ni sur les raisons de sa demande à ses compagnons.

« Pour ce qui est du voleur, si j’en crois les récits, il doit être réduit à l’état de poussière à l’heure qu’il est. « L’histoire de l’objet »… Elle le désignait ainsi comme par une certaine pudeur devant la futilité apparente de sa quête. … remonte à des siècles et le voleur d’après mes sources n’était pas de race immortelle. »

Elle avait le regard encore baissé sur le parchemin suivant des yeux cette fois les regards et le cheminement des doigts de ses compagnons sur celui-ci au fur et à mesure de leurs remarques.

«  Je ne connais ce tunnel que de réputation et c’est pourquoi je vous ai demandé votre aide à tous les deux. Pour moi, sortir par où on est entré me semblait la première option à envisager. Un bon morceau de craie devrait faire l’affaire non ? »

Elle eut tout à coup la sensation d’avoir proféré une énormité et attendit la réaction des deux hommes alors que l’albinos semblait décidé à garder le silence. Heureusement la nouvelle référence aux circonstances de leur rencontre lui permit de sourire au lieu de rougir. En effet la belle avait profité le jour de leur première rencontre de l’intrusion du rustre chez un antiquaire pour dérober un ouvrage au-dessus de ses moyens. Elle avait cru dans un premier temps être passée inaperçue mais avait été rejointe dans le rue quelques temps plus tard par le chasseur de prime…

« Aucune certitude non. Disons que c’est statistiquement d’après les renseignements que j’ai rassemblé la plus grande probabilité. Peut-être que le plus difficile dans cette… aventure, sera de trouver cette fontaine et l’entrée qui va avec. »

*Tu rêves ma belle ! Si nous en croyons tout ce que nous apprenons petit à petit sur cet endroit, le plus difficile sera de sortir vivant de ce trou à rats…
_ C’est pour ne pas les effrayer…
_ Elle est mignonne !*


Elle n’eut gère le temps de pousser le débat interne plus loin que déjà la première passe d’arme entre les deux hommes s’engagea. Elle fit un petit pas en arrière afin que les regards des deux hommes se croisent clairement et tourna le sien vers l’albinos qui venait d’être interpelé. De son côté elle notait que le blondinet ne se posait pas la question de son habileté à manier la sienne, celle qu’elle avait exhibée quelques minutes plutôt. Preuve soit qu’il ne se faisait aucune illusion sur les compétences guerrières d’une courtisane ou qu’au contraire, il les avait déjà percées à jour.

Le ton du chasseur de prime était sans concession et pouvait même être perçu comme un rien agressif et d’près la réponse de l’herboriste qui releva la tête de la carte pour lui répondre ce fut ainsi qu’il fut perçu. Visiblement le coureur de chemins n’avait que bien peu confiance dans ses compétences pour les sortir d’un mauvais pas. Elië, elle pouvait bien excuser ce manque de confiance. Elle-même n’aurait pas parié grand-chose sur les aptitudes guerrières du chétif et maladif apothicaire si elle n’en avait eu un aperçu durant leur voyage jusqu’à la cité corrompue.

En tout cas cela semblait être le moment de faire des présentations « approfondies » et de lever les premiers malentendus.

La certitude exprimée par l’albinos ne manqua pas de surprendre cependant la courtisane. C’était bien la première fois qu’elle le voyait aussi sûr de lui surtout face à quelqu’un qu’il ne connaissait pas. Fallait-il que ses aptitude au combat soient si experte ou que sa magie puisse demander raison à n’importe qu’elle agresseur ?

*Et bien, tenons-nous le pour dit, mon amour. Nous aurions tort de sous-estimer ce blanc bec…
_ Je n’aime pas lorsque tu parles de bec en ce moment !*


Elle ne poursuivit pas sa réflexion, son regard troublé par le voile noir autour de l’albinos se porta ensuite vers le chasseur de prime attendant de voir sa réaction d’autant que ce dernier poursuivait avec aplomb ses menaces. Avec d’autant plus d’aplomb qu’il semblait en même temps dédaigner le danger que pouvait représenter son interlocuteur dont il ne savait rien des pouvoirs, concentré qu’il était sur le parchemin et non sur une éventuelle réaction du blondinet.
Elle se demanda si elle devait laisser cde dernier répondre ou s’il était préférable de passer à autrte chose. Bien vite la deuxième alternative lui parut profitable.

« Et bien nous voilà fixés et rassurés sur les capacités de chacun de nous maintenir en vie. Je propose que l’on se projette vers demain. Après une bonne nuit de sommeil qui fera du bien à tout le monde, je suggère que nous nous mettions en quête de la fontaine. Je n’ai aucune idée du quartier où elle se trouve, mais elle est assez caractéristique pour ne pas passer inaperçue. En tout cas je l’espère. Nous pourrions pour se faire nous séparer pour gagner du temps, mais ce que nous gagnerions en temps nous risquerions de le perdre en sécurité et donc je propose que nous restions… groupés. Mais je ne vous ai pas demandé si l’un d’entre vous avait déjà rencontré cet édifice ou s’il savait par où commencer nos recherches… »

Elle laissa ses yeux verts et leur éclat changeant par la force des choses passer de l’un à l’autre, interrogateurs avant de poursuivre :

« Suivant l’heure de sa découverte, nous nous engagerons illico dans le vif du sujet ou reviendrons ici. Qu’en pensez-vous ? »

*Et bien ma toute belle te voilà devenue chef des opérations ?*

En effet le ton décidé adopté n’était pas ce à quoi elle était habituée. Sans doute la nécessité de mettre un terme au début d’altercation entre les deux coqs et son impatience à se lancer à la recherche du précieux bracelet y étaient-ils pour quelque chose…


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MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Sam 5 Déc - 8:32

Provocations ? Questions d’intérêts généraux ? Qui aurait su dire avec le ton de notre rustre. Le freluquet allait bien prendre ses paroles comme il le voulait, le baroudeur s’en souciait peu, car tout ce qu’il souhaitait réellement savoir c’est à quoi il avait affaire… avec qui il allait devoir s’aventurer dans les ténèbres. Il n’y existait aucune promesse de retour, de survie à s’aventurer dans le tunnel des mépris, mais si celui-ci ne pouvait aucunement faire confiance à ses compagnon, aussi éphémères qu’ils puissent être, s’y rendre allait tout simplement être du suicide. Alors la question était : Possède-t-il confiance en eux ? Voilà une très bonne question.

Envers la rouquine, envers son enchanteresse. Une aventure nocturne et quelques plaisirs partagés, mais il connaissait rien d’elle si ce n’était que l’idée qu’il s’était fait d’elle. Cette idée même qui était devenue floue dans son esprit. A ce souvenir qu’il avait d’elle, il possédait une certaine confiance… sinon pourquoi avoir accepté cette offre, cette rencontre ? Il était au courant de ses affaires personnelles, de son choix de profession, mais surtout il la connaissait bien pour ses doigts de velours qui aiment bien s’emparer de belles choses. Elle l’avait aidé lorsqu’il avait eu besoin d’elle, cela avait été suffisant pour établir un début à cette relation.

Concernant le freluquet, celui qui semble craindre le soleil comme la peste, par son attitude un peu coincé et son ton supérieur, notre blondinet avait un peu de difficulté à se réchauffer à l’idée de travailler avec lui. Il n’appréciait pas particulièrement sa personnalité, mais les premières impressions peuvent être parfois trompeuses. Si la rouquine l’avait apporté jusqu’ici, c’est qu’elle avait une raison, mieux valait lui donner le bénéfice du doute. Certes, il devait s’avouer qu’une envie de lui foutre une baffe ici, là, lui faire ravaler sa langue l’habitait. Il pouvait sentir ses doigts s’agiter, l’envi de foutre une baffe, son coté rustre, un peu barbare sans doute aurait normalement testé les paroles du freluquet, mais il se retenu.

Il posa alors son regard sur sa main droite, sentant ses doigts s’engourdir. Ça passait, sa revenait, il n’avait qu’à agiter les doigts un peu afin de réveiller le tout. Il se concentra un peu sur celle-ci, oubliant durant un moment les deux autres autour de lui. Au début il croyait qu’il avait tout simplement froid, alors il avait pris pour habitude de tenter de se réchauffer, mais lorsqu’il réalisa que même près du feu ses mains s’engourdissait, devenait agités, celui-ci commença à question la cause. Demeurant ainsi durant un moment, une seconde, puis deux… il ne savait plus à quel point il était demeuré ainsi et ne fut que tirer de cette transe par les paroles de l’enchanteresse. Relevant son regard et le posant cette fois-ci sur l’enchanteresse, il écouta ses paroles, ignorant les caprices de son corps. Ignorer le mal, l’engourdir d’une façon ou d’une autre était sa façon de gérer la situation.

‘’Mieux vaut dormir… c’est sûr…’’ répliqua-t-il. Il fit un pause, jetant un regard rapide à sa droite comme s’il avait entendu une voix, mais rien… non rien, mieux valait simplement poursuivre ‘’Je connais une entrée… nous partirons à l’aube… les gens qui aiment bien habiter ce genre d’endroit sont habituellement nocturne, avec un peu chance ils vont dormir et ne poserons pas trop de problèmes… mais les gens ne sont pas le plus gros des soucis, des pièges, puis le fait que c’est un véritable labyrinthe là-dessous, y entrer si on peut pas sortir mène à rien… mais pour ça on s’arrangera sur place…’’

Cela ne respirait pas la confiance, il ne semblait pas avoir un réel plan, mais dans cette situation planifier d’avance sans trop savoir à quoi ils avaient avoir affaire était aussi bête que tenter de prédire le temps qui fait dehors alors qu’on est enfermés dans un cachot… ce n’est que sur les lieux même qu’il allait être en mesure d’évaluer la situation. On dit que la nuit porte conseil, avec un peu de chance une solution à ce problème allait se présenter.

Crispant sa main, formant un poing il le poussa sur la table près du dessin de la belle. Il écrasait ses doigts afin de calmer le trouble qui y résidaient avant de soudainement se redresser.

‘’Dormez… retrouvez moi derrière l’établissement au lever du soleil…’’

Le baroudeur jeta un sombre regard sur le freluquet, tentant d’afficher un peu de tolérance pour celui-ci. Il ne fallait pas ici croire que cette animosité avait quoi que ce soit à voir avec la relation qui existait entre celui-ci et Elië. L’arrangement que pouvait posséder son enchanteresse et le dit ‘’Maitre Balibe’’ il s’en foutait comme le lion se fou de l’opinion de l’agneau. Cette envie de lui faire avaler ses dents était tout simplement lié à la personnalité même de notre rustre… ce freluquet avait aucune raison de se sentir unique ici. Les gens avec un ton comme celui-ci… il avait un peu de difficulté à les tolérer et cela ne date pas d’hier. Si celui-ci était comme tous les oh si noble gens qui aiment bien porter des beaux titres, il allait être en mesure de le déterminer demain.

Toutefois, le rustre fini par détourner ses prunelles azure vers l’enchanteresse. Un visage un peu plus agréable à regarder, puis une personnalité qu’il connaissait déjà un peu…

‘’Verrouillez votre porte, parfois les gens prennent un verre de trop et se trompe de chambre…’’ il lui offrit l’ombre d’un sourire, mais ce conseil, il était préférable qu’elle le prenne au sérieux.

Celui-ci ne possédait aucun doute sur le talent de cette dernière dans l’art de se défendre, mais à Ridolbar, se montrer prudent toujours conseillé.

Áedh remis alors sa capuche et détacha son regard avant de se diriger vers la porte, s’arrêtant devant celle-ci tout comme s’il souhaitait ajouter quelques mots de plus, mais rien. Il retourna au silence avant de faire gémir la poignée en tournant celle-ci et hurler la penture mal huilée tout en sortant de la chambre, refermant derrière lui la porte. Il lança un regard rapide dans chaque direction afin de s’assurer que personne n’allait le suivre avant de retourner à l’étage principale.

La foule qui s’y trouvait jadis s’était un peu dissipé, les quelques âmes errants toujours étaient bien engourdis par l’alcool. Contournant un couple qui se dirigeait vers l’étage, notre rustre se dirigea vers le bar. Sans rien dire, il lança quelques Dias avant qu’on lui tende une bouteille de son poison favori… le bourbon. Saluant son vieil ami avant de se diriger vers l’extérieur, le rustre fut accueilli par l’air frais de la nuit. Il se questionna… pourquoi avait-il accepté cette proposition… pourquoi cherchait-elle tant à s’emparer de ce bracelet ? Il l’ignorait et pour être tout à fait honnête il ne souhaitait pas réellement poser les questions.

Rôdant un peu, ses quelques ne l’avaient menés jusqu’au côté de l’établissement contre lequel il s’appuya. Fermant les yeux, il prit une profonde respiration. Sans prévenir, son souffle s’accéléra un peu. Il ouvrit ses yeux que pour voir des ombres flous, devenant étourdis. Il se retourna alors face à la bâtisse, tenant sa bouteille dans sa main droite et prenant appuis avec sa main gauche, il tenta de reprendre son souffle. L’engourdissement, l’agitation… et puis ça ? Était-il nerveux face à l’idée d’affronter le tunnel des mépris ? Que s’était-il réellement passé à Cimmeria ? Y existait-il un lien avec sa condition actuel ?

Sentant son estomac se serrer, son souffle disparaitre, le rustre renforça son appuis contre l’établissement. Soudainement, il vomit. Avec la bouteille bourbon, voilà une scène qui donnerait l’impression qu’il n’était rien d’autre qu’un simple ivrogne ayant encore trop bu. Seulement, il n’avait pas encore touché une goutte de celle-ci. Cet épisode se termina aussi rapidement qu’il avait commencé, son souffle semblait lui revenir. S’essuyant ses lèvres contre sa main, il crut remarquer une teinte écarlate. Du sang ? Non, il devait se tromper… avec la lune, le manque de lumière… il devait se tromper. Trop obstiné à renier la possibilité, il prit une gorgée afin de changer l’affreux goût dans sa bouche.

Il devait songer à se reposer… mais une partie de lui se demandait bien ce que faisait maintenant le duo…



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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Sam 9 Jan - 17:06

[HRP] Navré du retard.

Les informations récoltées par la dame n'avait pas été poussée à la légère. Elle voulait cet objet pour tout au monde. Les détails qui échappaient bien entendu demeurais sur la nature du labyrinthe, mais également du voleur.
D'après ce qu'il a pu entendre, celui-ci serait d'un peuple mortel, la chance de le retrouver en bonne santé était écartée. Celui-ci par contre d'avoir la possibilité qu'il le soit devenu était à envisager. Un Gorgoroth, bien que peu courant était une possibilité qu'il garda pour lui pour éviter de se voir avec un problème supplémentaire sur les bras.
Les connaissances du terrain n'étaient limitées qu'à des rumeurs, histoire et autre. L'amusement interne prit les devants. Savoir qu'il était peu probable de sortir de l'intérieur du tunnel était risible.
La certitude qu'il peut avoir au moins c'est que ceux qui ont essayé on réussit à sortir sans pour autant confirmer que l'objet était bien dans ce trou.
Augmenter les chances d'espoir de sortie était également l'objet de la remarque qu'il s'était faite en lui-même. Duscisio restait confiant, toujours en train d'étudier du regard les dessins de la rouquine d'un regard qui passait dans tous les coins plusieurs fois sans discontinuer, répétant éventuellement par les points de repères qui pourront être pris dès leur entrée à l'intérieur.

L'impression qu'il manquait des éléments pourtant n'était pas inexistante. Ce dessin pouvait avoir des connus comme savoir si c'était toute la partie qui les intéressait ou seulement celle de l'emplacement possible, comme si l'objet pouvait se déplacer. On pouvait faire plusieurs hypothèses sans que celle-ci soit fondée pour s'y repérer.
La craie, oui. En espérant qu'il y ait personne qui s'amuse à l'effacer malgré nous et pour nous faire du tort.
Il leva le regard vers Elië pour lui faire part de sa remarque sans prononcer un mot pour autant. Son regard n'était pas en désaccord. C'était la manière la plus simple de laisser une trace de leur passage. Une entaille dans la roche serait plus efficace avec quelques artifices, si elle est bien visible avec une torche.

Quant aux doutes du maraudeur, il fut assuré que Duscisio n'était pas aussi chétif qu'on ne le pensait. Sa réaction était même un peu brutale. Du coin de l'œil, il ne se gêna pas pour observer son interlocuteur dont le poing ne manqua pas de se serrer prêt à lui donner une patate pour lui faire ravaler ses paroles. Valais mieux se méfier, la poussière autour de lui semblant peut-être lente, les actions de celle-ci prenne de la vivacité aux ordres du jeune albinos. Mentalement, il dirigea un peu de ces particules autour de sa propre main en la compactant un peu pour montrer qu'il ne rigolait pas ou ne parlait pas dans le vide.
La courtisane calma le jeu en prenant part à la conclusion des capacités de chacun. Il n'avait certes montrer peu de chose, mais la surprise que réservait Duscisio à ses adversaires autant qu'à ses alliés étaient bien plus grande qu'on ne le pense.
Les résidus de son pouvoir se dissipèrent un tant soit peu. Restant sur ses gardes, Duscisio écoutait attentivement la suite des informations à prendre pour cette aventure.
Enfin, le temps était venu de prendre congé. Afin de faire bonne figure, l'homme à la capuche donna bon conseil pour éviter les mauvaise surprises la nuit.
Les mauvais surprises. Regardant du coin de l'oeil comme pour la viser indirectement, l'albinos observa la chef de groupe. La première mauvaise surprise à craindre viendrait d'elle. Laissant l'inconnu partir de la chambre, il se permit enfin un commentaire.

Sympa cet homme...

Non agréable, mais dans une totale indifférence, le jeune homme se porta sur la jeune femme. Les questions indiscrètes n'était pas son genre alors il s'abstenu de la moindre interrogation sur leur rencontre. Cela ne le regardait pas autant qu'il n'en écure. Étant pourtant de bon conseil, ses premières pensées seront celle de fermer la porte qui communique avec la belle en priorité avant l'autre. Ne voulant l'avoir dans son lit ou la chambre cette nuit par simple sauvegarde d'un secret déjà difficile à garder.

Tâchez de dormir seule cette nuit, comme le mois précédant. Je ne vous apprends rien.

Quelques pas avant de passer la porte, l'expression de l'albinos se vint mystérieux. Non pas qu'il avait des pensées contradictoires, le simple fait d'avoir cette femme qu'il ne connaît qu'en réalité très peu à côté ne semblait guère le rassurer sur des points qu'il pensait juste sans qu'ils soient confirmés. La porte fermée, son regard se porta sur son corbeau qui ne tarda aucunement à voler sur l'épaule de son ami pour en avoir le résumé. Les quelques pas à parler avec son oiseau ne se fit tarder par sa propre pose sur le matelas pas désagréable de la chambre à coucher.

La nuit étant plutôt courte, se changer était inintéressant et seule les bottes furent retirées. Le sommeil tardait à venir suite à l'entente et la lecture de beaucoup d'information à la fois. Ses deux portes fermés à clef, la surprise sera évitée. Le bracelet toujours retirer, la Pistilose vint à retrouver la liberté convenue de toutes les nuits passées à devoir passer à l'action si le danger venait à se présenter. Même dans une chambre, il n'avait pas cette impression de sûreté.

Le lendemain prit son envol par le corbeau qui tapait à la fenêtre pour pouvoir faire son tour de ville du matin de bonne heure avant le lever des soleils. Le premier des astres lumineux ne sortait pas encore de l'horizon de la ville. Réaction matinal de la plante qui l'habitait était d'avoir fait pousser quelques ronces sur une dizaine de centimètre que l'herboriste vint à faire pourrir dès son réveil comme un réflexe matinal.
Tirant une mauvaise mine, il chercha son bracelet du regard flou par le sommeil encore présent dans les paupières. Prenant son mal en patience pour tenir sur ses deux jambes, il se leva enfin sous quelques minutes en se frottant les yeux, passant sa main sur son visage et observa les portes toujours fermé à clef.
Ses premiers pas furent pour ouvrir la fenêtre de son oiseau. Celui-ci croassa pour le remercier et disparu en tournant la première ruelle de la cité encore dans la pénombre.
Ne perdant pas de temps il remit ses bottes au pied, prit ses affaires et la clef et sorti de la chambre pour se rendre au comptoir d'un pas serein.

Déjà levé ?
J'ai à faire en ville. Savez-vous s'il y a un informateur disponible dans le coin ?


L'aubergiste lui indiqua le chemin à suivre en quelques mots avant de lui poser la question. Trop de curiosité fit sourire l'albinos qui n'ajouta pas un mot et donna quelques dias pour payer l'information.

Passez le mot à la dame rousse comme quoi je reviens dans une petite heure. Je vous en remercierai.

Ne précisant rien de plus, Duscisio tourna les talons à la recherche de cet informateur qui allait lui donner les nouvelles dont il avait besoin pour la suite de cette aventure. Pourquoi le faire maintenant ? Pourquoi ne pas attendre après ?
Ne tardant aucunement le pas, le jeune homme sûr de lui avança d'un pas rapide, suivi soudainement par son corbeau blanc qui le croisa pour rester finalement avec lui.


Duscisio's Theme - Pistilose's Theme


Merci Othello pour le Kit

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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Dim 10 Jan - 22:38

Il semblait que les deux hommes ne pourraient pas si facilement que cela travailler ensemble. Si l’attitude du chasseur de primes reflétait assez sa rusticité et concordait avec son style de vie, les démonstrations de l’apothicaire ne ressemblaient pas à l’image qu’elle s’était faite de lui. Le bon samaritain, empathique et compréhensif paraissait ici sous le jour d’un mâle qui défend son territoire ou a besoin d’impressionner son entourage. Elle ne pensait pas que cette facette du personnage se révèlerait ainsi, celle d’un véritable aventurier prêt à en découdre si besoin était et même si la nécessité ne s’en faisait pas sentir…

*Tu voulais des compagnons de cet acabit non ?
_ Hum… Sans un peu de sang-froid, nous nous serons bientôt tous entretués avant d’avoir mis le nez hors de cette auberge…*


En effet pour le moment, elle était plus contrariée que satisfaite de la tournure que prenaient les évènements bien qu’elle fît tout son possible pour n’en rien laisser paraître et continuer l’entrevue avec la meilleure humeur possible, concentrée sur son projet et le moyen d’en venir à bout.

*Sans un minimum de confiance nous n’arriverons à rien !
_ Avons-nous complètement confiance en eux ?
_ Nous sommes dans un monde où la confiance aveugle se solde souvent par un aller simple vers les cavernes de Kron
_ Eh bien voilà…*


Si intellectuellement elle pouvait bien évidement comprendre ce qui se passait entre les deux hommes, quelque chose la chagrinait alors qu’elle-même vivait en solo, agissait en solitaire en partie aussi pour ne pas être redevable de personne ni être trahie par personne.

La Syliméa claque la porte au nez de la Sindarine et un éclat orangé voilà le vert de ses pupilles si soigneusement contrôlées d’ordinaire. Les yeux baissés sur les plans, en attendant que la tension entre les deux mâles retombe, éviteraient peut être que ce reflet fugace ne soit repéré. Après tout, ils étaient assez occupés à se toiser pour ne pas s‘intéresser outre mesure à leur partenaire féminine.

L’électricité retombait graduellement néanmoins au grand soulagement de la rouquine. En tout cas elle pouvait semblait-il compter sur l’attention de l’apothicaire qui ne semblait perdre une miette de ce qu’elle expliquait de ses recherches et cela ne pouvait que lui redonner un peu de baume au cœur. Il restait silencieux, mais prenait sa part de son exposé et paraissait indiquer qu’il allait dans le même sens que les allégations de la rouquine.

Mais il serait dit que les soucis ne faisaient que commencer. Le blondinet ne semblait pas plus attentif que cela plus préoccupé apparemment par sa main qu’il essayait sans doute d’empêcher de se projeter en direction de la mâchoire de l’albinos. A moins que ? Non, ce n’était pas cela. Autre chose chiffonnait le chasseur de prime. Elle s’interrompit pour attendre qu’il revienne au sein du groupe, le regard mi interrogateur mi impatient jusqu’à ce qu’il montre de nouveau qu’il s’intéressait de nouveau à la mission. Il reprit contenance par un petit lieu commun avant de revenir à la mission en elle-même. La bonne nouvelle était qu’il connaissait une entrée, la mauvaise que les dangers des lieux étaient multiples, mais ça, ils s’y attendaient sans doute tous les trois, même s’il leur faudrait beaucoup de perspicacité pour les repérer et les déjouer… En effet, il leur faudrait s’arranger sur place. Elle hocha la tête avec moins de conviction qu’elle ne l’aurait souhaité, encore troublée qu’elle était par l’étrange manège d’Aedh Wintersun.

Mais elle ne pouvait tout de même passer son temps à se poser des questions sur les uns et sur les autres  ni même à jouer les entremetteuses afin qu’ils se tolèrent! Elle ne dit mot mais leva une main ferme et implorante à la fois lorsque les articules magiques se mirent à voler une nouvelle fois, la tête toujours baissée sur le croquis qui aurait dû accaparer l’attention de tous.  Une nouvelle fois cela parut suffire à faire redescendre la tension. Cela expliquait sans doute  les mines circonspectes des deux hommes, mais elle sentait qu’autre chose les tarabustait. Ni l’un ni l’autre ne semblait réellement motivé et pourtant ils avaient accepté de la suivre. Peut-être était-ce l’effet de la concentration et dans ce cas elle ne pouvait que se réjouir du professionnalisme dont ils faisaient preuve. Elle aurait cependant aimé un peu plus d’entrain.

*Mais quoi ma beauté ? Tu ne fais pas cela pour passer du bon temps avec de vieux copain !*

La réponse était évidemment non. Non mais. Il y avait toujours ce mais… Pourquoi soudain quelque chose lui disait que ce projet allait mal tourner ? La mésentente des deux hommes ? La difficulté de leur mission ? Le poing du chasseur de prime qui décidément ne se comportait pas de façon aussi dégagée qu’elle se l’était imaginé ? Tout ça à la fois peut être ou alors la fatigue du voyage et le trac de l’acteur juste avant d’entrer en scène car il s’agissait bien de cela. Le voyage, cette rencontre n’avaient été que des prémices. Les choses sérieuses n’avaient pas encore commencé et seul demain leur dirait s’ils étaient prêts à affronter ce qui les attendait. Bizarrement, cette dernière pensée la rasséréna. Elle n’avait pas couru le continent à la recherche des quelques indices qu’elle possédait pour faire marche arrière.

« Une entrée c’est parfait, mais que faites-vous de celle de la fontaine ? »

Elle reposa l’ongle sur le croquis du parchemin.

« A première vue c’est celle qui nous permettra de trouver l’objet le plus facilement… »


Elle n’était pas sûr, dans l’état fans lequel il semblait se trouver qu’il ait entendu sa remarque mais de toute façon, tout était dit et le blondinet, se relevant brusquement mit un terme aux préparatifs. Elle jeta un coup d’œil à Duscisio. Son injonction semblait montrer qu’il se promettait de prendre le commandement du groupe. Elle voulait bien admettre qu’il était bien plus expérimenté qu’elle et sans doute, si elle se faisait une image exacte de ce que pouvait être un herboriste, plus que l’albinos. Ce dernier serait-il de cet avis ?..

Le lever du soleil serait parfait, leur donnerait le temps de se reposer et leur laisserait si tout se passait correctement, de profiter de la journée… La nuit parviendrait peut être à faire retomber le tension qui redevint palpable au regard que se lancèrent de nouveau les deux hommes au moment de prendre congé.

*Ça va vite devenir fatigant s’ils ne parviennent pas à s’accommoder l’un de l’autre !*

Heureusement que le blondinet n’avait pas perdu tout sens de l’humour ou de la dérision. Elle lui rendit un sourire complice. Ils avaient toujours eu ce genre de passe d’arme, où sous-entendus et provocation de mêlaient à une attention spéciale de l’un et de l’autre. Rein n’était évidemment pareil, mais rien n’avait vraiment totalement changé non plus.

« Qui vous dit que les erreurs de porte me dérangent ? »

Si ce n’était qu’une erreur, la belle n’était pas du genre assez farouche pour s’offusquer d’une intrusion dans sa chambre pourvu qu’elle soit dénuée de mauvaises intentions. Au demeurant, elle avait parfaitement compris à quelles sortes de méprises il faisait allusion et allait forcément prendre quelques précaution de base même si elle savait que si une âme mal intentionnée avait vraiment décidé de s’introduire chez elle…

Elle le regarda alors se mettre en route. Son hésitation devant la porte était manifeste, mais elle ne fit rien pour en percer la raison malgré sa curiosité qui grandissait depuis le poing crispé. Elle avait décidément, deux compagnons qui semblaient aimer les cachoteries. Grand bien leur fasse ! Elle-même avait de quoi alimenter toutes les curiosités du monde. La seule différence était qu’elle préférait n’en montrer que le moins possible. Paraître chaque fois que c’était nécessaire était son maître mot. Paraître faible et sans défense, paraître idiote si cela chantait à ses compagnon, paraître inconsciente, paraître illuminée, pourvu qu’elle atteigne son but, pourvu qu’elle demeure Elië Valanatëel la Sindarine de petite vertu qu’elle était et jamais Elië Valanatëel la Syliméa Ladrini qui se délectait de ses assassinats nocturnes !

Elle le laissa sortir et écouta ses pas se perdre en haut des marches avant de se diriger vers la fenêtre, ignorant la remarque de l’apothicaire sur le chasseur de primes. Ce dernier allait-il coucher dans la même auberge ? Elle fit sans hâte, les quelque pas qui la séparaient du mur opposé à la porte et se calla à l’encoignure de la fenêtre derrière le pauvre voilage jauni qui cachait en partie l’intérieur de la chambre aux yeux de la rue… Il ne semblait pas devoir sortir. Elle était sur le point de se retourner vers l’albinos lorsque la silhouette familière se découpa en contrebas…
Elle regarda quelques temps le spectacle pathétique mais n’y prit aucun plaisir ni aucune colère. Elle baissa les yeux avant de les relever, en passant par la potence de l’enseigne, vers la chanlatte du toit qui débordait au-dessus de l’étage, la tempe contre la vitre. Ces éléments d’architecture avaient été plus d’une fois le moyen pour le Ladrini de se hisser sur les toits pour peu qu’elle trouve une prise, elle basculait suivant la pente de la couverture la jambe vers  la lisière du toit,  sur les tuiles, les ardoises ou même le chaume. L’important était de garder assez de fluidité pour éviter de recourir à la force physique.  Elle vit pas la bouteille aller à la bouche du rustre et se détourna de la rue…

L’herboriste reformula de nouvelles mises en gardes. Comment expliquer qu’elle ne les entendit que vaguement ? Trop de sollicitude sans doute ne lui convenait pas et la rudesse du blondinet lui manquait-elle déjà ? Mais déjà l’albinos fermait la porte de communication entre les deux chambres. Quelques frôlements avant le silence et la belle se sentit enfin seule. Elle fit doucement glisser la table en travers de la pièce posa la chaise derrière la porte verrouillée. Le but n’était pas d’empêcher quelqu’un de rentrer mais plutôt de se faire remarquer par sa rencontre avec les obstacles posés à  des endroits stratégiques permettant à la rouquine de réagir, la dague sous l’oreiller et sa lame fétiche posée debout contre le mur à la tête du lit. Elle finit par se déshabiller ne gardant que sa tunique avant de se glisser sous les draps rêches et gris et de souffler la bougie. Elle avait mis tous les atouts de son côtés jusqu’aux possibilités de retraite à travers les portes ou par la fenêtre. Elle se tourna sur le dos les mains derrière la nuque au milieu des flammes en sommeil de ses cheveux sagement ramenés le long de son cou sur sa poitrine. Elle fixa un instant l’obscurité essayant de faire le point sur cette dernière journée de voyage et la rencontre des trois aventuriers. Elle devait bien l’admettre elle serait, en tout cas dans les premiers moments, le seul ciment du trio.

Elle se réveilla un peu avant l’aube. Le ciel n’était plus aussi sombre, mais les deux astres du jour ne tintaient pas encore l’horizon. Elle ne fut pas longue à être opérationnelle, son premier regard fut pour la rue. Elle était déserte, à l’exception d’un mendiant assis contre le mur de la maison d’en face.

Elle noua ses cheveux sur la nuque d’un lacet de cuir avant de prendre ses affaires et de descendre. Elle jetta quelque dias sur le comptoir dont le tintement fit office de bonjour.

« Hum ?
_ Une simple grillade de viande… Possible ?
_ Inhabituel mais possible…
_ Je vais m’installer là-bas…
_ Ah ! J’allais oublier votre compagnon aux cheveux blancs est sorti… »


Elle resta deux seconde interloquée.

« Il en a… pour encore une demi-heure ? ‘fin il m’a dit pour une petit heure, mais…»

Elle hocha légèrement la tête pour signifier qu’elle avait compris l’idée.

*Sorti ?
_ Il la joue perso…*


La grillade arriva bientôt et fut vite avalée parle Sylimea. Elle jeta un regard par la fenêtre. Le ciel rosissait.

*Notre herboriste n’est pas revenu…
_ J’ai vu. Mais nous avons un rendez-vous. Il le sait alors…*


Elle se leva saisit ses quelques effets et sortit laissant rouler une pièce sur comptoir en guise d’adieu…

L’air frai du matin finit de la réveiller et lui peignit un sourire radieux sur le visage. Envolées les incertitudes de la veille et même l’absence de l’albinos ne parvenait pas à gâcher son impatience joueuse d’entrer dans le vif du sujet. Elle se dirigea d’un pas décidé  vers la porte arrière afin d’honorer son rendez-vous. Malgré le spectacle de la veille au soir, elle ne parvenait pas à s’inquiéter de l’état dans lequel elle trouverait le chasseur de primes. Habitué aux situations scabreuses il savait mieux que personne que sa vie pouvait ne tenir qu’à son état de fraîcheur face au danger…


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Marduk Nargaroth

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Mar 19 Jan - 6:25

Une ombre parmi tant d’autres, une silhouette déambulant à travers les rues et ruelles, l’homme que jadis le titre d’ombre blanche sut retrouver son chemin jusqu’à sa demeure. L’esprit engourdis, par moment les ombres devenaient floues. Il était épuisé, brisé, son état de santé n’avait fait que dégradé depuis quelques temps. Cet état d’être n’avait rien à voir avec la faible quantité d’alcool qu’il avait consommé, car ce dernier bien habitué aux effets de l’alcool savait que son état actuel n’était en aucun point lié à sa consommation – bien qu’elle n’avait sans doute pas aidé. Mais son état ? Avait-il été remarqué ?

L’orgueil, la fierté, il n’avait aucunement souhaité abordé le sujet, s’avouer plus faible qu’il le fut. Il avait une image à maintenir, le mâle alpha, le rustre dont rien ne pouvait abattre. Mais pourquoi tant d’orgueil ? Pour elle ? Pour l’enchanteresse ? Avait-il peur de sembler plus faible que le freluquet ? Ou souhait-il simplement prouver à lui-même qu’il était trop têtu pour se laisser trépasser ?

Sa demeure l’attendait, la nuit allait être courte et le repos nécessaire. Déverrouillant la porte, celle-ci grinçant dans la nuit alors qu’il franchit le seuil. Il prit place sur l’unique chaise du salon après avoir refermé la porte afin de s’installé ainsi dans les ténèbres. La braise du foyer illuminait faiblement les lieux, traçant avec difficulté son visage. Le feu était toujours en vie, tout comme lui. Il fumait toujours, faiblement, mais toujours. Étirant son bras, il prit alors le tisonnier afin de tenter d’éveiller les flammes avant d’y ajouter un peu de bois. Il attendit que là les premières flammes viennent caresser le bois sec, les laissant brûler le tout, puis en ajouta un peu plus. Lumière et chaleur revenaient hanter la pièce à l’allure fantomatique. Une pièce si vide, un peu de bois, une chaise, un tisonnier et des souvenirs d’hier. Les fenêtres avaient été condamnées depuis plusieurs années. Cette maison fut magnifique, il y a de cela un certain temps, mais de nos jours, elle n’est que le spectre du passé.

Il devait dormir, mais son état qui ne s’améliorait n’aucunement avait su venir hanter ses songes. Allait-il être en mesure d’être efficace au lever du jour ? Allait-il se réveiller ? Il avait tenté de retiré le goût du sang dans sa bouche avec l’alcool, mais la saveur du sang était revenu. Il avait vu pire, c’est ce qu’il se disait. Ce n’est pas ça qui allait l’emporter sur lui… puis s’il était réellement malade, le bon docteur possédait sans doute le remède pour contre l’affliction. Assis ainsi, observant les flammes prendre vie, accueillant leur chaleur, il tenta de dormir. Fermant les yeux, il essayait d’éliminé toute pensés de son esprit, de se laisser bercer par les bruits ambient.

Trouvant éventuellement le sommeil, il se réveilla à plusieurs reprises, les cauchemars, revenaient. Souvenir ou simple délusion ? Il ne savait plus.

La nuit passa, laissant progressivement place à un nouveau jour. Le sommeil avait su se faire rare, mais il avait pu dormir un peu. Le brouhaha du matin, le chant des oiseaux n’étaient pas ce qui l’avait réveillé. Non, son propre esprit alité avait su le réveiller bien avant le lever du soleil. Ses yeux, cerner étaient les témoins et racontaient toute l’histoire.

Ne pouvant point dormir plus, notre rustre avait su retrouver son chemin jusqu’à l’établissement avant le lever du soleil. Avec lui, il n’apporta que le nécessaire. Certes, c’était très peu, car il lui restait presque rien, mais il allait faire avec. Il rôda donc, croisant quelques visages familiers, quelques inconnus, quelques âmes errantes cherchant le chemin de retour avant le retour du jour. Il voyagea donc de la demeure de sa jeunesse, jusqu’à la taverne. Il ne s’agissait pas ici d’une grande aventure, mais de quelques coins de rues tout simplement, impossibles de s’y perdre si on connais le coin.

Alors qu’il s’apprêta à tourner vers l’allée menant à la ruelle derrière l’établissement, la silhouette du freluquet sortant du Vieux baril su attirer son attention. Où allait-il ? Pourquoi était-il seul ? Quittait-il les lieux afin de débuter d’entamer ses préparatifs ? Il existait tant de questions qu’il serait possible de poser, , mais il ne possédait aucunement les réponses, ni le temps nécessaire afin d’y répondre. Il serait si simple de le suivre sans être remarqué, mais il ne pouvait se permettre de s’absenter immédiatement, l’enchanteresse l’attendait.

Il posa alors son regard vers les cieux et appela alors Airut qui survolait les lieux. Si notre rustre n’était pas en mesure de le suivre, les yeux de l’oiseau sauraient faire l’affaire. Sifflant, interpellant le faucon, il demanda donc cette faveur à son partenaire de chasse, suivre l’albinos à travers les rues et ruelles de la cité, notre blondinet souhaitait connaitre les moindres déplacements de celui-ci, savoir avec qui il allait faire affaire. Il est sans doute possible de qualifier notre protagoniste de paranoïaque, mais cet être lui était totalement inconnu et il avait de la difficulté à lui faire confiance. Certes, il pouvait se fier à l’opinion que possédait Elië de celui-ci, mais il préférait peindre son propre portrait du freluquet. Autre qu’être ce petit être se croyant supérieur… il en savait très peu.

Laissant alors l’oiseau reprendre son envole, notre rustre s’installa alors derrière la taverne. Embrassant la pénombre comme il l’avait fait de si nombreuses fois, il faisait une fois de plus preuve de patience. Il prit donc place derrière quelques caisses, à l’abri des regards indiscrets, mais de façon idéal afin d’observer qui entre et qui sorte de cette allée… qui est de passage et qui est ici avec une intention. À cet heure, autre que les quelques rats et chats, le trafic était plutôt faible.

Il attendait la venue de l’enchanteresse, et qui sait celle du freluquet. Le soleil se levait de plus en plus haut, sa partenaire en affaire allait bientôt se présenter. Il attendait donc, tout en vérifiant son équipement une fois de plus. Être préparé… cela est habituellement important, et puisqu’il a l’occasion de l’être, aussi bien en profité. Surtout qu’aucun d’entre eux ne sait vraiment dans quoi ils s’embarquent. Bien entendu, le blondinet connaissait l’endroit, les rumeurs, mais le lieu qui les attendaient possédaient encore de nombreux mystère à ses yeux.

Bientôt il attendit alors les pas léger et déterminé de l’enchanteresse, puis si cela n’était pas suffisant afin de bien l’identifié, la silhouette bien défini de cette dernière était la confirmation.

‘’Je ne peux que supposer que la dame sait où est son compagnon ? ‘’ Demanda-t-il en sortant de l’ombre.

Il observa l’enchanteresse, se rapprocha d’elle tout en jeta un regard circulaire sur les alentour. Ses sens ne l’avaient pas trompé ce matin, c’était bien, mais était-ce pour durer ? Il espérait que sa tête n’allait pas lui jouer des tours, que ses nerfs, ses muscles allaient répondre comme ils se devaient de répondre. Une journée sans spasme, sans douleur ou hallucination serait appréciée. Sans doute aurait-ce été plus prudent de le mentionner à ses partenaires en affaire, mais aux yeux du rustre cela ne les regardaient nullement.

L’enchanteresse était là, mais le freluquet était toujours absent. Il attendait le retour d’Airut qui allait annoncé la venue de celui-ci, mais attendre il ne pouvait pas le faire éternellement.


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Sam 6 Fév - 19:52

Dès la sortie de la taverne, Duscisio restait sur ses gardes comme si un danger potentiel pouvait le prendre pour cible. Ne connaissant que très peu la ville, le minimum d'information qu'il possédait était de faire attention au coup-gorge et ruelles sombres. Enfin, ceci était une information conforme à toutes les zone habitées pour éviter de se faire tuer bêtement.
Le but de la sortir était donc de trouver un informateur précis contacté à l'amiable. Mais pourquoi ?
Elie avait parlé de trouver une fontaine hors il semblerait que le troisième homme connaissait la ville.
Cela sortait hors du contexte actuelle. Le principal objectif restait toujours la raison de son passage ici. L'escale ne semblait qu'être une façade du parfait petit herboriste qu'il essayait de garder comme camouflage.
L'objet de convoitises n'était donc qu'un amusement dont la mémorisation du plan n'était qu'une assurance de sortie au cas où les choses tourneraient mal.
Se sauverait-il si l'impossibilité d'aider celle qu'il avait accompagné jusque là ? Probable.
Le bandit de ville avait l'air de ne pas l'abandonner au moindre problème, vu comment il l'a regardé, c'était une connaissance plus qu'amicale. La demoiselle aux yeux émeraudes l'avait envoûtée, contrairement au jeune homme qui s'en méfiait.

Arrivant devant la porte indiquée par le tavernier, la reconnaissance de la demeure lui rappela que c'était la seconde fois qu'il se rendait ici.
Frappant à la porte à plusieurs reprises, terminé par un croassement du volatil regardant ailleurs un rapace qui les observa depuis qu'il avait quitté la taverne. Seul l'albinos ne l'avait remarqué, trop concentrer à ce qui le menait ici et aux questions qu'il allait pouvoir poser. Continuant de frapper à la porte, une voix se fit entendre. Un homme âgé ouvrit la porte d'un air mécontent.

Ça va, ça va. J'arrive. Dit-il d'une voix rauque. Vous savez quelle heure il est ?... Oh !
Désolé du dérangement. Comme je n'avais pas précisé quand je serai là...
Ce n'est rien. Entrez donc. Nos rues ont des oreilles indiscrètes que personne n'a réussis à couper.

L'homme semblait connaître Duscisio. En réalité en plus de l'avoir déjà prévenue par courrier, Duscisio l'avais déjà rencontré pour acheter ses services. La route de l'époque concernait celle des ruines incandescentes de Lokram et de son temple.
Une fois encore la direction était la même à une différence près.

Vous vous rendez encore là-bas pour cette fleur ?
Pas cette fois, je le crains. Le temple de Kron est ma destination finale. Comme vous le savez je cherche à connaître l'état et les risques actuels de prendre de la route à emprunter.

L'homme semblait soucieux de connaître la raison cette fois de ce voyage pour le jeune homme. Dite que cela était sa destination finale n'avait rien de bon. Ne précisant rien de son voyage, le secret pourtant semblait être clair la dernière fois qu'il s'était rendu là-bas. L'albinos n'y était pas du tout le bienvenue pour une bonne raison. Il avait profané le temple il y a plus d'un an de cela. Ne faisant qu'accompagner l'actuelle haute-prêtresse de Kesha pour récupérer une relique bien gardé : La lance de Kron qui lui valut bien des sacrifices.

Pour l'instant je n'ai pour vous que des bribes d'informations. Si vous revenez un peu plus tard je pourrais mieux vous aider. Je dois recevoir quelques messages pour mettre à jour mes papiers.
En fin de journée, ça ira ? Répondit-il avec incertitudes . J'ai quelques compagnons de route à aider, avant de partir vers le sud.
Oui oui, c'est même parfait.

Remerciant le vieil homme il se rappela le manque d'information concernant justement la quête de la jeune femme. C'était peut-être le bon moment de combler cela. Ouvrant la porte pour sortir, il murmura quelques mots à Tuanio qui s'envola peu après vers la taverne en toute hâte afin de leur délivrer le message de son retard probable.
Il se retourna à nouveau vers l'informateur d'un air malicieux. Ce dernier se questionnait sur le retournement de la situation quand Duscisio lui adressa la parole.

Vous pouvez m'informer que quelque chose d'autres ?

Il ferma la porte derrière lui pour continuer une discussion qui resta secrète.
Quant aux corbeau, une fois arrivé après quelques minutes à la taverne il y entra grâce à l'un des clients du matin. Ne connaissant le visage du troisième homme, il se contenta d'affronter l'aura malsaine de la Sindarine. Atterrissant soudainement devant elle, il regarda l'inconnu puis la rousse. Lâchant un croassement, il posa son message.

Je viens de la part de Duscisio pour vous dire qu'il aura un certain retard. Je vais rester avec vous pour chercher la fontaine.

Lâchant un autre croassement et un regard désagréable à la jeune femme. Cela ne lui plaisait guère, mais il n'avait pas vraiment le choix.


Duscisio's Theme - Pistilose's Theme


Merci Othello pour le Kit

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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Dim 7 Fév - 22:58

Elle se demandait bien dans quel état elle trouverait le rustre. Conforme à ses souvenirs ou alors aussi pathétique que la brève vision de la veille en bas de l’auberge ou encore celle de Geaef. Les deux dernières semblaient tristement concorder. N’avait-elle eu les mois précédents que le spectacle d’un feu de paille trompeur, un simulacre de force et de fermeté une illusion de résolution implacable ? Il n’avait à l’époque rien à lui prouver cela ne devait donc pas être de le comédie alors que s’était-il passé ?
Les souvenir de la Sindarine remontèrent en vague. Elle-même n’avait-elle pas failli sombrer dans la fange d’Hespéria ? Par quel miracle avait-elle eu la force de ne pas se laisser porter par les évènements perdues dans une cité inconnue ? Il y avait eu ce désespoir et puis cette colère et cette rébellion et son premier crime de sang et puis les choses étaient devenue plus simple, jusqu’à presque oublier son introduction chez les Ladrinis.

*Peut être que nous sommes aussi perdues que lui… Peut-être me suis-je perdue ce jour-là…
_ Mais nous ne sommes en rien perdues ! Nous faisons ce que nous aimons ma douce!
_ Nous faisons ce que TU aimes !
_ Mais tu m’aimes ! Mon trésor !
_ Oui bien sûr que je t’aime ! Tu es ma vie…*


Et puis par association ses pensées allèrent à l’état l’albinos qui ne semblait pas très reluisant non plus. A chacune de ses rencontre avec lui elle constatait au minimum que son état ne s’arrangeait pas et parfois une aggravation jusqu’à le rendre transparent. Apparemment ses deux compagnons avaient décidé de cultiver le secret sur leurs déboires, ce qui ne l’empêchait pas de se poser des questions sur sa propre inspiration lorsqu’elle les avait choisis pour cette aventure. Sans doute la sollicitude de l’herboriste y avait été pour quelque chose et puis le peu de relations qu’elle possédait sur cette terre ne lui avait pas trop laissé le choix. A moins qu’une certaine nostalgie ait fini de la convaincre de se tourner vers le chasseur de primes…

*Nostalgie ? Humpf ! Il est tout à fait capable de chasser toute nostalgie tout seul !...
_ As-tu tout oublié, petite jouisseuse ?
_ Non sans doute, mais tu as bien vu !...
_ Et ?
_ Il n’est vraiment plus le même
_ Il est des choses…
_ Justement et puis nous avons autre chose à faire…*


Une chose était claire pour la Ladrini, la priorité se situait dans la découverte du bracelet et les autres considérations_ dussent-elles faire appel à ses vices les plus chevillés en elle_ passaient en second.

Elle s’avança le plus naturellement du monde, attentive cependant à ce que le bruit de ses pas ne lui dissimule pas d’autres sons, indicateurs de la vie autour d’elle. Ses yeux exploraient les recoins du passage sans oublier les hauteurs : toits et corniches pouvaient parfaitement abriter un danger, elle était bien placée pour le savoir. Tout semblait désert mais restait les coins d’ombre en face d’elle. Son pas ralentit un peu le temps de laisser ses yeux s’accoutumer à cette pénombre, mais elle n’eut pas besoin d’aller jusque-là. La forme mâle et la question émergèrent de l’obscurité.
Plissant légèrement les yeux, elle scruta la forme qui était apparue afin de se faire une idée de la forme physique de l’ancienne ombre blanche. En apparence tout semblait aller pour le mieux. Il gardait cette sorte de détachement ironique et cette fermeté dans es gestes. Il n’y avait que cette légère raideur qui avait remplacé en partie ses allures félines. La concentration avant le début d’une aventure dont les lieux même suffisaient à prédire les ennuis à venir ou bien une lutte interne contre un démon difficilement maîtrisable ? Et puis le bistre qui cernait son regard d’acier ne laissait pas de doute sur la sérénité de ses nuits. Trop longues ou trop arrosées, trop pénibles… Le laisseraient-elles capable d’affronter les dangers qui les attendaient ? Quels démons s’étaient donc emparés de son rustre ? Et puis…

*Il n’a pas vraiment confiance en nous… Il n’a même pas logé à l’auberge…
_ Peut-être a-t-il un autre pied à terre ?
_Peut-être…
_ Et puis, sommes-nous dignes de confiance ?
_ Tu es cruelle ma douce !*


Le ton inquisiteur et légèrement ironique de la question par contre ressemblait à l’homme qu’elle avait rencontré à Hespéria. Elle tiqua. Non elle ne le savait pas. Le message du tenancier était resté vague et elle devait bien l’admettre l’avait contrariée. Visiblement il n’était pas au rendez-vous et elle ne souhaitait pas perdre plus de temps que nécessaire, d’une part à cause de son impatience, d’autre part pour ne pas se trouver au cœur de la cité aux heures où les coupe-gorges de tout poil se montrent prompts à planter leur lame entre les omoplates des imprudents. Ses affaires lui avaient pris visiblement plus de temps que prévu ou bien avait-il quitté le navire. Si ce qu’elle savait de lui était exact, la deuxième hypothèse était peu probable.

*Peut être qu’il git dans le caniveau d’une ruelle ma douce…
_ D’autres idées aussi réjouissantes ma toute belle ?*


C’était cependant effectivement une éventualité. En, tous les cas elle savait qu’aux yeux du rustre ne pas savoir où se trouvait une partie de ses troupes devait être mauvais signe au minimum et une preuve d’improvisation qui pouvait leur être fatale. Sa contrariété à l’égard de l’apothicaire monta d’un cran. Prise en défaut elle ne pouvait répondre à l’ironie grinçante du seul de ses complices sur lequel elle pouvait apparemment, effectivement compter. Elle se contenta d’étirer le coin gauche de sa jolie bouche en secouant légèrement la tête en signe de dénégation dépitée. En même temps elle fit le tour du bric-à-brac derrière lequel Aedh s’était retiré pour guetter le passage. Cela lui éviterait de tourner le dos à d’éventuels arrivants et de ne pas croiser le regard réprobateur qu’il ne manquerait pas de lui lancer. Réprobateur ou plein de compassion ce qui serait encore pire. Mais ce dernier fit la moitié du chemin. Ne supportant pas le fait de se retrouver prise en flagrant délit de négligence de surveillance de ses troupes, elle changea de conversation.

« J’espère pouvoir supposer que votre nuit fut reposante… »

C’était stupide voire puéril comme entrée en matière, mais outre sa difficulté à supporter les reproches qui l’avait incitée à se montrer un peu grinçante elle-même tout comme le rustre, ce serait peut-être la dernière fois avant longtemps qu’elle pourrait lui tendre une perche bien que maladroite sur son état de santé physique ou mentale. Elle se pivota sur elle-même pour se placer à ses côtés en direction du passage qu’elle pourrait également surveiller tout en évitant de lui imposer un regard trop appuyé ou inquisiteur. Elle garda le silence essayant de peser le pour et le contre des décisions qu’il allait falloir prendre. Les rues de la cité allaient se réveiller sous la lumière du jour. Cela ne signifierait pas une sécurité totale mais au moins, elle l’espérait moins de traitrises dont il faudrait profiter pour se mettre en quête de l’entrée du labyrinthe. Le retard de Duscisio Balibe pouvait leur faire perdre un temps précieux. Ignorants de ses intentions, ils devraient choisir de l’attendre tout de même ou bien ne pas sursoir à débuter leurs recherches.

Un battement sonore de corvidé lui fit lever les yeux. Elle reconnut immédiatement le compagnon de route de l’albinos, à croire que ce dernier cultivait la blancheur en s’entourant de familiers qui lui ressemblait autant. Les dernières lueurs de nuit lui bleuissaient légèrement le plumage, mais c’était bien lui.

*Te voilà toi !*

Elle le laissa se poser sur une caisse du passage et profitant de l’absence de son maître et de sa position à côté du chasseur de primes elle lui lança un regard gourmand. Elle ne pouvait manquer de lui faire porter le poids de sa contrariété suscitée par la disparition de son maitre. Ce petit jeu aurait pu suffire à redonner un semblant de sourire à la rouquine, mais la teneur du message au contraire fit monter plus encore son mécontentement et sa frustration.

*Tu as bien de la chance de pouvoir encore servir mon joli sinon…*

En effet elle devait éviter d’approcher ses doigts des petites étoiles d’acier qui se cachaient dans sa tenue afin de ne pas être tenté d’en ficher une dans le cou du volatile. Mais c’était un messager et ce genre d’appoint dans leur aventure pouvait se révéler utile… Elle laissa ses bras tomber le long de son corps afin de le détendre et communiquer sa souplesse au reste de son esprit. Ce n’était pas le moment de perdre sa lucidité.

*Ce n’est qu’un corbeau ! Tu ne vas pas se mettre à la hauteur d’une bestiole !
_ Non mon amour. Nous valons mieux que cela*


Elle parvint enfin à sourire et se tourner vers l’ombre blanche.

« Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais il est inutile de rester ici. J’avais pensé profiter du fait que nous soyons trois pour nous séparer et ainsi couvrir plus de terrain, mais à deux l’avantage est moindre par rapport au risque que cette cité fait courir aux voyageurs imprudents. Si nous commençons par les bas quartiers de la ville nous aurons peut-être plus vite trouvé notre fontaine. L’eau se doit de couler vers le bas… »

Elle n’était pas ingénieur en hydrologie, mais il n’était pas besoin d’être Eclari pour comprendre que sur les hauteurs l’eau n’avait pas assez de pression pour jaillir.

« Nous élargirons ensuite notre périmètre… Qu’en dites-vous »

Elle désigna le corbeau du regard.

« Et lui ? Vous pensez vraiment qu’il peut nous être utile pour ça ? »

Elle retira son capuchon sur son front réajusta son sac, vérifia l’atteinte facile de la garde de sa lame, bien que le réglage du harnais ait été fait mainte fois, mais des rituels s’étaient installés qui lui évitaient des déconvenues en cas d’urgence. Elle était prête.


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Marduk Nargaroth

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Lun 15 Fév - 6:05


L’aube s’était progressivement faite chose du passé alors qu’il avait attendu d’abord pour la venue de l’enchanteresse. Une nouvelle aventure avec elle… qui l’aurait cru ? À quand remontait leur rencontre ? Oh cela faisait si longtemps, non ? Il avait certes un peu perdu la notion du temps, les quelques derniers mois avaient semblé être une éternité à ses yeux. Il ne savait aucunement ce qu’elle avait fait depuis qu’ils avaient chacun suivis leur chemin, mais vu ses affaires actuels il ne pouvait que s’imaginer que le tout fut des plus favorables pour cette dernière, du moins mieux que ses propres derniers mois. Son esprit, fracturé que pour être maladroitement remis ensemble! Son corps, portant des blessures allant bien au-delà de ce qui était visible. Il avait su s’échapper, retrouver son chemin jusqu’ici, cela devait compter n’est-ce pas ? Tout cela, tout le mal qui avait su tourmenter notre protagoniste, était-ce visible aux yeux émeraude de l’enchanteresse ? Avait-elle tout simplement conservé le silence parce qu’il pouvait s’avérer utile malgré tout ? Par sympathie ? Ou ignorait-elle réellement ce que cachait le baroudeur ?

Il faut dire qu’autre ses nouveaux tics, ses moments d’agonie hors de son contrôle causé par la maladie qui le rongeait progressivement de l’intérieur, notre orgueilleux blondinet ne criait pas à propos du mal qui le hantait sur tous les toits du monde. Le bon docteur était au courant, mais cela était tout simplement dû à leur longue amitié… puis dû au fait qu’il s’agissait de l’une des rares personnes à qui il faisait réellement confiance. Cela dit… ne faisait-il pas confiance à Elië ? Car après tout, elle l’avait aidé par le passé, mais là… il avait de la difficulté à avoir confiance en qui que ce soit. Cependant, il tentait d’éviter de démontrer cette paranoïa, demeurant aussi naturel que possible… aussi fidèle à celui qu’il fut par le passé, car après tout cet aspect de sa personne était toujours aussi présent en lui.

Lorsqu’elle s’adressait à lui, l’homme qu’il fut semblait souhaiter refaire surface. L’envie du jeu revenait, elle était peut-être le remède ? Il n’avait jamais réellement cessé de penser à cette dernière, pas même lorsqu’il avait cru la perdre et que son image, son visage, sa voix et son nom semblait avoir devenu si lointain, quelques résidu avait su demeuré. Le tout avait refait surface progressivement… les premières lettres relus semblait être entre deux étrangers, puis peu à peu le tout lui revenait. Il sourit donc en coin lorsqu’elle fit sa charmante remarque concernant l’état actuel de notre rustre.

‘’J’ai connu pire’’ Une plaisanterie ? Non pas vraiment, il avait réellement connu pire.

Mais cet échange de plaisanteries, ce jeu auxquels ils étaient devenus experts ne sut s’étendre bien longtemps avant qu’un oiseau de malheur s’approcha. Notre rustre leva son regard vers celui-ci, mais demeura indifférent à sa présence, du moins jusqu’à ce que la bête s’adressa au duo. Il semblerait que le freluquet était pas en mesure de se présenter, oh quel surprise ce dit notre baroudeur. Voilà qu’il envoyait sa bestiole afin de livrer le message.

Notre blondinet détourna son regard de la bête afin de le poser sur l’enchanteresse, qui ne semblait aucunement charmée par l’animal. À l’observer elle avait presqu’envi de le déplumer vif avant de lui couper la tête et le faire rôtir. Du corbeau rôtis, ce n’est pas ce qui a de plus horrible non plus.

‘’Compter sur les gens n’a jamais réellement fait partis de mes habitudes… avec ou sans votre freluquet… ça m’est égale… tant que l’oiseau sait se fermer son bec j’men fou….’’
Il fit quelques pas vers la sortie de l’allée, tournant ainsi le dos à la dame et l’oiseau :

‘’Les risques à Ridolbar sont principalement réservés aux touristes… si vous êtes avec moi il n’y a aucun soucis’’ Il impliquait ainsi son appartenance à la cité ‘’Gardez vos yeux pour vous, tout ira bien… toute les fontaines plus moderne sont liés à une autre source… si c’est une fontaine en lien au tunnel des mépris que vous cherchez… je sais où en trouver une… ‘’ Il se retourna légèrement, afin d’inviter l’enchanteresse à se joindre à lui avant d’ouvrir la marche.

Sortant de l’allée, le rustre croisa quelques regards, quelques curieux, mais ceux-ci ne s’attardèrent point sur lui. Les gens avaient mieux à faire… et connaissaient mieux que de s’en prendre à notre baroudeur. Sa réputation ne l’avait pas quitté, Ridolbar était sa cité.

Maintenant qu’ils étaient en route, maintenant qu’ils étaient seuls ou presque, allaient-ils discuter ? Aussi bien le faire, cela faisait aussi un peu plus naturel, puis cela évitait de laisser son esprit s’engourdir, céder à la maladie, il devait demeurer occupé

‘’Alors… comment sont les affaires depuis… ?’’ Dit-il tout simplement, tentant d’ouvrir la conversation ‘’Je ne peux qu’imaginer qu’elles furent relativement lucrative… ou bien est-ce que je m’aventure ici en territoire interdit?’’ Il démontrait ici un certain respect envers la vie privée de l’enchanteresse, étant bien conscient ou du moins en partis de ce qu’elle faisait pour gagner son beurre et son pain.

Il détourna son regard vers cette dernière tout en poursuivant sa route, passant rues et ruelles, croisant de nombreux visages sans s’arrêter. Il n’était pas ici pour jouer au touriste, mais pour mener à terme cette quête dans laquelle l’enchanteresse l’avait trainée. Enfin, trainée, elle fit appel à lui et il n’avait su lui refuser la faveur, voilà la réalité.



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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Mar 16 Fév - 0:04

Eh bien, elle n’allait pas avoir de réponse convaincante de sitôt semblait-il. Mais cela ne faisait-il as partie du personnage ? Elle ne la connaissait pas autrement et cet étrange couple éphémère n’avait-il pas bâti leur fugace relation sur le mystère ? Ce qu’ils savaient l’un de l’autre était dû au hasard et à la déduction et encore ne devait-elle pas se plaindre car il lui semblait en savoir plus sur le baroudeur que lui sur elle. Assez vite, elle avait appris son état de chasseur de primes alors qu’elle avait réussi à maintenir l’image d’une courtisane frivole voire capricieuse et qui maintenait des liens très distendus avec les convenances lorsqu’elle était sans le sou. Ses activités plus violentes avaient réussi, enfin le pensait-elle à rester sous silence, la seule maladresse qu’elle ait commise m’ayant été sous la contrainte de l’urgence lorsqu’elle avait du assommer un malfrat qui aurait bien pu venir à bout du rustre au détour d’une nuit fond d’une boutique d’antiquité, celle-là même où ils avaient fait brièvement connaissance… Elle ne pouvait donc en vouloir au baroudeur de garder certaine choses de sa vie sous silence. Et pourtant qu’on refuse de satisfaire sa curiosité maladive la contrariait toujours un peu et seul le souvenir de leur bref passé pouvait lui permettre de respecter ces zones d’ombre qu’il semblait à tout prix conserver.

*Connu pire ! Ben voyons !
_ Oui ma toute belle, c’est facile comme réponse !
_ Il n’est pas en train de se noyer dans une mare de boue après une cuite pathétique  donc oui il a dû connaître pire… Mais passons…
_ Il n’a pas forcément envie qu’on le plaigne ?...
_ S’il s’attendait à se faire materner…
_ Ce ne serait pas son genre si ?
Et bien alors ?*


Même si la Syliméa avait ressenti un début de compassion à Gaeaf, le monde se devait de tourner autour d’elle et elle n’imaginait pas le faire tourner elle-même autour de quelqu’un d’autre. Si leur rencontre avait laissé un souvenir impérissable dans l’esprit et le corps de la courtisane c’était bien parce qu’elle avait ressenti à tort ou à raison qu’elle était le centre des préoccupations du rustre et son attirance pour lui avait été une façon aussi de laisser libre court à son égocentrisme.

Maintenant qu’il était là, elle souhaitait ne pas avoir surpris son malaise de la veille car sa réponse ne pouvait pas la convaincre, mais après tout c’était son problème et la séduction devait passer au second plan. Ils n’étaient pas là pour conter fleurette et si jamais elle en avait eu l’envie ou l’intention cela se serait fait dans d’autres circonstances… Pour le moment, le bracelet avant tout. Elle ne l’avait pas cherché ni enquêté sur son compte pour laisser d’autres considérations la détourner de son but à présent !

*Et bien alors, question de confiance peut être ?...
_ On ne peut l’en blâmer…*


Elle ne put ensuite retenir un sourire amusé lors de sa remarque sur le volatile. Elle ne savait si l’humeur du rustre à son égard avait la même raison qu’elle ou s’il projetait sur l’oiseau ses sentiments pour l’albinos qui tardait à arriver, mais elle se sentit soutenue et réconfortée dans sa lutte d’influence contre le corbeau. Lutte à laquelle elle participait bien malgré elle, mais la bestiole était de plus en plus antipathique à ses yeux. Elle aurait pu défendre le dit « freluquet »  contre les récriminations du chasseur de primes, mais elle n’en avait pas du tout envie et ce pour deux raisons. La première étant la contrariété dans laquelle l’apothicaire l’avait mise et la seconde parce qu’elle aimait la complicité qui se nouait ou se renouait avec Áedh Wintersun bien qu’elle ignorât toujours son patronyme… Elle n’eut pas le temps de répondre que déjà il avait pris le départ de la chasse aux fontaines. Elle le rejoignit prestement.

« On tourne le dos aux dames maintenant ? »

Elle était loin de lui en vouloir et cette remarque était plus une allusion aux rituels qui avaient débuté chacune de leurs rencontres qu’un véritable reproche. D’autant qu’il avait eu le mérite de donner le signal du début des véritables recherches.
Elle se tourna brièvement vers le corbeau encore perché sur la caisse et lui tendit un index vindicatif.

« Toi tu te débrouilles pour faire la liaison avec ton maître sans nous mettre de bâton dans les roues !... »

Puis elle se rendit disponible pour écouter les remarques de son guide car sans qu’elle le sache avant cela elle avait mis la main sur un guide et cela était toujours appréciable, surtout dans une cité aussi mal famée que Ridolbar… Elle sourit amusée alors qu’il vérifiait qu’elle l’avait bien suivi.

« Etonné ? «

Les battement d'ailes d'un volatile lui laissa supposer que le corbeau blanc avait pris son envol. Puis elle poursuivit à la fois pour lui signifier qu’elle avait été des plus attentive et pour donner libre cours à sa curiosité :

« …Est-ce que j’ai à ce point l’allure d’une touriste ? Je ne savais pas que vous étiez de cette ville… »

Mais le rustre allongeait déjà le pas manquant de la laisser en arrière.

« He ! Avec vous ? Il faudrait encore que vous ne me laissiez pas constamment en arrière ! Je peux marcher d’un bon pas mais prévenez lorsque vous décidez de presser l’allure ! »

Après être remontée à sa hauteur elle lui lança un peu taquine :

« Bon ! On se dépêche ! On a une fontaine à trouver ! »

Elle ne croyait pas si bien dire, il lui suffisait de suivre les regards des passants pour voir à quel point le guide qu’elle avait trouvé était respecté dans le coin…

*Eh bien ! Espérons qu’il ne s’est pas fait trop d’ennemis qui n’attendent qu’une chose c’est d elui planter un poignard dans le dos parce que là toute la ville sait qu’il est là…*

Tout avantage a aussi son revers et contre une connaissance poussée des lieux, elle pouvait bien s’accommoder que quelques désagréments qui de toute façon n’allaient pas manquer de leur arriver… Elle s’y était préparée alors… que ce soit gratuit, à cause d’une vendetta ou autre règlement de compte… Le baroudeur semblait savoir où il allait. C’était le moindre des choses qu’on pouvait lui demander maintenant qu’il avait révélé qu’il était chez lui à Ridolbar. Les ruelles et les passages s’enchainaient tandis qu’il semblait avoir envie de deviser.

« Les affaires ? Et bien ma foi, plutôt bien. »

Agita ses dix doigts devant lui tout en continuant.

« Apparemment j’ai su garder les doigts en dehors des ennuis… Rassuré ? Mais du coup je ne suis pas devenue plus riche qu’autrefois. Pour ce qui est des territoires interdits, il me semble qu’il n’en reste plus beaucoup que vous n’ayez explorés… »

Elle lui lança un sourire mutin avant de continuer plus franchement. Puisqu’il avait lancé l’interrogatoire, pourquoi se priverait-elle d’essayer d’en savoir un peu plus quitte à froisser sa susceptibilité ?

« Et vous ? J’ai cru comprendre qu’il y avait eu des hauts et des bas ? »

La perche serait-elle suffisante pour que le baroudeur se livre enfin ? En tout cas il ne s’en sortirait pas avec une nouvelle allonge de son pas de voyageur ! Elle ne se laisserait pas surprendre à chaque fois ! La foule de ce début de matinée n’était pas assez dense non plus pour qu’il puisse arguer qu’il n’entendait pas ses question. Au mieux pouvait-il les ignorer et feindre de ne pas les avoir entendues…
Elle posa enfin sa main sur son épaule.

« Je suis contente que vous soyez là… »


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Marduk Nargaroth

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Mer 2 Mar - 5:48

Croyait-il être en mesure de reprendre les choses là où ils les avaient laissée à Tyrhénium ? La belle et le rustre, et une soirée de plaisirs charnels, était-ce bien difficile de trouver continuité à ce genre d’événement ? Y existait-il même un possible suite à cette aventure, un troisième chapitre? Si tel était le cas, comment serait-il intituler ? La belle, le rustre et le freluquet ? Qu’il s’agisse ici d’un autre chapitre, ou une autre histoire avec les mêmes protagonistes, cela avait sans doute peu d’importance puisque ce qui importait réellement était ce que chacun désirait. Croire, c’est bien beau, mais ce qu’il désir réellement peut être en soit bien différent. Il pouvait se poser la question concernant les désirs de sa charmante et délicieuse enchanteresse à la crinière de feu, il pouvait lui demander la question et avec un peu de chance obtenir une réponse honnête! Toutefois, serait-il prêt, voir capable lui offrir la même chose ? Est-ce que notre baroudeur à lui-même connaissance de ses propres désirs?

Désir-t-il vivre ou survivre ? Désir-t-il s’abandonner aux plaisirs sans prendre garde ou jouer prudemment les cartes qui lui reste en main ? Cette même question lui aurait posé il y a de cela quelques lunes, la réponse fourni aurait simple… il ne possédait aucun désir, mais là! Depuis la lettre d’Elië, depuis qu’il a entendu sa voix à nouveau et croiser son regard… il ne sait plus ce qu’il veut. Le mal qui le ronge joue une grande partie sur cela, du moins ceci est le prétexte qu’il se donne à chaque fois qu’il ose aborder la question, mais il est né malade… il est né mortel, alors qu’il meurt demain ou dans cinq an, le résultat est le même.

Afin d’éviter la grande question, afin d’oublier le mal qui lui dévore les entrailles et perce des trous à travers son esprit, il joue le jeu. Il joue le personnage qu’il a joué durant de si nombreuses années : le rustre. Il discute en utilisant une terminologie vague et ne pouvant qu’être comprise par les parties concernées, car ainsi est leur façon de faire. Ce même jeu qu’ils ont joué sur la grande place dans la citée frontière, ils le jouent en ce jour même. Ils parlaient d’affaires, oui d’affaires, mais la question posés invoquait un peu plus que cela. Notre blondinet ne put donc s’empêcher d’afficher l’ombre d’un sourire lorsqu’elle fit allusion à ses dix doigts, tous apparemment toujours présent. Le faits qu’ils étaient toujours là ne signifiait aucunement qu’elle n’avait point cherché les ennuies, mais tout simplement que les ennuies n’avaient pas su trouver ses doigts!

‘’Me voilà certes rassuré’’ répliqua-t-il avec un grain d’humour. ‘’Je suis certain qu’il me reste quelques territoires à explorer, qui sait, peut-être aurais-je la chance d’explorer en soirée’’

Une invitation ? Lui demandait-il ici de partager un moment d’intimité ? S’agit-il d’un désir charnel ou l’envie d’en apprendre un peu plus à propos de ce qui habite l’esprit d’Elië? Elle était une femme particulière, il y avait sans doute de nombreuses facettes à découvrir.

Ce jeu comprenait aussi les questions de sa rouquine. Il avait osé explorer, ouvrir la porte vers la discussion et s’était attendu à ce que toute question puisse lui être retournée. Elle crut comprendre qu’il avait eu des hauts et des bas ? Était-ce si évident ? Que savait-elle déjà ? Bien qu’il ait en partie préféré ne pas répondre à la question, et non ici dans le but de demeurer un être mystérieux, il se devait d’offrir réplique.

‘’Un peu comme n’importe qui je suppose…’’

Voilà une façon de répondre, tout en évitant la question. Toutefois, il savait très bien qu’elle n’allait point être satisfaite par cette réplique, nul besoin de jeter un coup d’œil sur le visage d’Elië pour en déduire qu’elle fronçait ses sourcils, légèrement frustré, voir offusqué par une si misérable réponse alors qu’elle lui en avait dit ‘’tant’’.

‘’Ce n’est rien de bien intéressant’’ ou plutôt qu’il se souvient entièrement ‘’Quelques voyages, quelques ennuis avec certaines autorités… et même un changement de carrière en perspective!’’

Les ennuis avec les autorités, c’est une bonne façon de dire qu’il fut injustement emprisonné, torturé, empoisonné psychologiquement et physiquement… oui c’est sûr que quelques ennuies et rien de plus, un mal entendue, une dispute… elle va croire ça, non ? Et puis, si elle demandait des détails, qu’allait-il lui dire ? Désolé ma belle, mais ils m’ont tellement bousillé l’esprit que mes souvenir sont tel une statue en porcelaine dans une tornade et que là il faut tenter de recoller les morceaux ? Ah oui ça ne sonne pas du tout comme dire qu’il est devenu complètement fou, alors là pas du tout! Avec tout ça il n’y a aucune mention de son état de santé actuel, son corps qui l’abandonne et son esprit qui déraille à l’occasion, mieux vaut ne pas en parler.

Notre rustre c’est dit qu’il valait mieux l’intéresser par le changement de carrière, cela évitera les questions auxquels il ne possède ici aucune réponse.

‘’Un retour vers la patrie, sans doute migrer vers une vie tranquille… qui sait, avoir une ferme et des poules, on sait jamais… vous me voyez en tant que fermier ? ‘’

Ah oui, un fermier… voilà une belle image… quel blague oui! Depuis quelques temps sa carrière consiste à l’alcoolisme! Il ne pourra jamais mener une vie tranquille, tout finira par le rattraper tôt ou tard. Il doit se compter heureux déjà que sa propre tête ne soit pas à prix… que ses nombreux ennemies n’aient pas embauché un assassin pour en terminer avec lui. À vrai dire, entre mourir au main d’un assassin ou lentement avec la maladie, le rustre est prêt à prendre l’assassin!

Alors qu’il cherchait à éviter l’exploration de son esprit, il ressentit la main de la belle se poser sur son épaule. Il dû se retire pour ne pas obéir à ses réflexe et la faire brutalement valser… durant un moment il crut au pire et dû se rappeler qu’elle était là… vivement les douces paroles de son enchanteresse pour lui rafraichir la mémoire.

‘’Le plaisir est partagé’’ Si elle savait à quel point…

Il posa sa main sur celle de l’enchanteresse durant un moment, caressant ses doigts délicats. Dans quelle aventure s’était-il embarqué ? Pourquoi ne pas simplement se retourner et l’embrasser ? Pourquoi ne pas simplement lui dire qu’il va la kidnapper et l’emporter au loin ? Ce serait égoïste, elle avait besoin de lui, il se devait donc de délaisser son agenda personnel, de remplir sa part du contrat.

‘’Ce n’est pas bien loin…’’ Ajouta-t-il, retournant à leurs affaires ‘’Et on ne semble pas être suivis…’’

Il s’arrêta durant un moment, se retournant vers Elië et la regardant directement dans les yeux.

‘’Je ne vais pas vous demander le pourquoi, car j’ai déjà accepté de vous accompagner, Elië, mais êtes-vous certaines que vous désiré vraiment cet objet ? ‘’ Savait-elle vraiment ce qui l’attendait dans le tunnel des mépris ?


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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: [Quête] Miroir mon beau...   Sam 12 Mar - 11:20

Le temps et l’espace faisait des deux êtres leurs jouets. Comme chacun ils se promenaient sur un des fils ténus parmi des millions d’écheveaux emmêlés dans une trame confuse dont la seule certitude était qu’ils finissaient tous dans les mains de Kron. Ils avaient même, pourquoi pas, parfois sauté d’un fil à l’autre mais toujours étaient retournés sur le leur. Une nuit, un nœud avait arrêté leur course dans le même lieu au même moment et au lieu de s’entre tuer comme le font trop souvent les gens, ils avaient échangé leur corps et leurs plaisirs. En regardant autour d’eux, ils auraient pu apercevoir des fils qui s’entremêlent  sur une si grande longueur qu’on pourrait les croire soudés et inséparable, leur espace et leur temps finissent pas se confondre jusqu’à ce que la mort donne une secousse un peu plus précoce à un des files et que l’un des deux funambules ne tombe dans l’escarcelle de la faucheuse. Quel choix avaient ses être liés ainsi l’un à l’autre ? Sans doute celui d’accepter ou de refuser de cultiver leur chemin commun ou de se détruire mutuellement. Quel choix les deux arpenteurs des rues de Ridolbar conservaient-ils ? Celui de se retrouver ou pas, de reprendre les dés ou les cartes d’un jeu qui les avait tenu liés une fraction d’éternité ou même de reprendre une nouvelle partie. Leurs fils se croisaient ici et maintenant pour la troisième fois et tant leur dernière rencontre que l’attitude du rustre, Elië n’attendait pas grand-chose de cette conjonction de destinée que le fait de mener son projet à bien et c’était surtout la curiosité qui guidait son attitude générale. Dire qu’elle demeurait indifférente à la présence de son ancien amant aurait été mentir mais depuis leur première rencontre, rien n’avait indiqué chez le chasseur de prime qu’elle lui ait manqué et de son côté, elle avait fait pour elle une règle de ne pas aliéner sa liberté à soupirer pour qui que ce soit surtout si cette personne ne manifestait aucune intention de donner suite ou d’éprouver quelque sentiment que ce soit. Oh ! Bien sûr, il ne suffirait possiblement pas de grand-chose pour que reprenne leurs jeux d’autrefois, une main sur ses hanches, mais elle ne se mettrait pas en danger ici comme dans la plupart des situations qu’elle traversait. En outre leur dernière rencontre, on pouvait la nommer ainsi, lui avait laissé comme un goût de vase dans ses souvenirs. Jamais elle n’aurait imaginé retrouver l’ombre blanche dans un état de déchéance aussi consommé. Vous me direz alors que ces deux êtres pouvaient très bien passer l’un à côté de l’autre comme dans un malentendu. C’était bin en l’occurrence possible mais ce ne seraient pas les premiers ni les derniers et le principal pour la Syliméa, était qu’elle en souffrît pas.

Et puis, il y avait la paradoxe qu’elle ne pouvait s’empêcher d’alimenter elle-même. Ne livrer d’elle que ce qu’elle désirait tout en désirant en savoir plus sur son ancien amant. Comme si elle avait soulevé un coin du rideau qui dissimulait une partie d’un secret depuis qu’elle avait surpris son malaise en bas de l’auberge et qu’il lui était devenu indispensable d’en savoir plus. Toutes les réponses du chasseur de prime devenaient alors cruciales alors même qu’elle lui reconnaissait le droit de garder son jardin secret tout comme elle s’en arrogeait le droit. Elle veut savoir. Savoir pourquoi il a répondu à son appel, savoir aussi où est passée l’enchanteresse…

Mais il serait dit que pour le moment, elle devrait se contenter du mystère. Mystère qui l’avait quelque part charmée lors de leurs premières rencontres, mais qui depuis la découverte des faiblesses du rustre, ne pouvait lui suffire malgré le semblant d’une promesse de curiosité du chasseur de prime sur ce qu’elle pouvait encore avoir à lui dévoiler. Elle fit cependant contre mauvaise fortune bon cœur et décida de prendre sa réponse comme un encouragement. Elle lui adressa un sourire mystérieux. Qui savait ce qu’il lui restait à découvrir ? En tout cas, si elle en croyait ses prédictions et ses allusions en une journée leur quête serait menée à bien et rien que cet augure ne pouvait que la satisfaire.

*Un peu comme n’importe qui…
_ Il semblerait que ce soit un peu plus que la moyenne, mais garde ton silence beau merle…*


La réponse était suffisamment éloquente et elle devrait semble-t-il s’en contenter pour le moment. Elle devait bien admettre que c’était de bonne guerre et n’insista pas. Il faudrait sans doute qu’elle ne se concentre que sur la raison de leur présence dans cette ville… A moins que… Une première poste venait semble-t-il de s’entrouvrir de quoi relancer la curiosité maladive de la rouquine elle qui venait de se convaincre de lui concéder quelques petits secret, même s’ils étaient toujours trop énorme pour la satisfaire.

« Vos doigts se mettraient –ils eux-aussi à se promener n’importe où ? Comment voulez-vous que les petites rouquines suivent vos conseils si vous-même ne parvenez pas à vous en accommoder ? »

Elle avait failli remplacer « petite rouquine » par enchanteresse, mais elle s’était ravisée au dernier instant quitte à marquer une hésitation à peine perceptible. Cela aurait été une allusion trop directe à ce qu’elle ne voulait pas être la première à aborder. Elle fixa son profil un instant.

« Changement de carrière ? Vous ne faites donc plus carrière dans l’arrestation des malfrats au fond des boutiques d’antiquité ? »

Comment ce faisait-il qu’elle n’était pas plus surprise que cela ? Sans doute pas seulement parce qu’il n’avait jamais cherché à creuser les facettes interlopes de la courtisane. Plus certainement parce que le marché des têtes mises à prix était lui-même des plus flous et qu’il était de notoriété publique que ceux qui s’adonnaient à ce jeu des plus lucratifs, en tout cas si l’on avait le courage de s’attaquer à des proies conséquentes, n’étaient eux non plus, pas de la plus grande des moralités. Cependant, le blondinet avait été des plus courtois et des plus compréhensifs envers elle et elle ne se l’imaginait pas en traqueur retord prêt à toutes les fourberies ou toute les violences pour arriver à ses fins. Peut-être en avait-il pris conscience et conscient que ce métier n’était pas fait pour lui s’était-il orienté vers une occupation plus en rapport avec sa nature…

*Des élucubrations, encore des élucubrations !
_ Avoue que nous n’avons que cela à nous mettre sous la dent…
_ Certes mon amour, monsieur tient à ses petits secrets…*


Et puis elle ne put s’empêcher de rire, découvrant les perles de ses quenottes de Sindarine, la tête un peu rejetée en arrière et les yeux brillants d’amusement. Elle ralentit le pas pour considérer le rustre pluqs àson aise et à l’occasion avec un rien de moquerie dans le regard.

« Vous ? En fermier ? Et bien ma foi non je pense que c’était à peu près la dernière profession que je vous voyais embrasser. Mais après tout, si c’est ce que vous voulez… Mais ne venez pas vous plaindre que vous vous ennuyez mortellement !... »[/b]

De son côté, elle n’aurait sans doute jamais pu s’imaginer dans une profession régie par même un semblant de routine. Elle concédait bien volontiers qu’artisans et agriculteur avaient la plus grande des utilités, mais voire sa vie rythmée par le cycle des saisons qui vous impose vos activités jour après jour, le retour du matin qui vous mène à votre atelier aussi sûrement que le canot emporté vers la chute d’eau qui le brisera contre les récifs qui l’attendent en bas, ce n’était définitivement pas pour elle. Qu’on lui donne le danger de ses missions pour qu’elle apprécie le confort de sa petite tour perdue entre les arbres. Que la vie lui offre l’inattendu d’un client ardu à satisfaire pour qu’elle se donne à un amant de passage. Mais pitié, pas l’assurance que la journée à venir sera comme la précédente !

« Plus sérieusement, seriez venu vous perdre dans cette aventure si vous aviez réellement l’intention de vous ranger dans une petite ferme au milieu des plaine fertile à regarder monter le blé et peut être le ventre d’une épouse soumise s’arrondir de votre future progéniture ? »

C’était en effet une image à laquelle elle avait du mal à se faire et pour tout dire elle aurait ressenti une certaine déception à la voir se réaliser.

*Où serait passé le danger de côtoyer un chasseur de prime ?
_ Ce ne serait pas drôle en effet ma précieuse !
_ Rendez-nous notre messager royal !*


Elle laissa la main rustique du blondinet se poser sur ses doigts en faisant mine de ne pas s’en apercevoir et un petit sourire satisfait se peignit fugacement sur son visage avant de relaisser tomber son bras le long du corps comme si ne s’était passé.

Cruelle, elle ne savait assez et il n’avait pas besoin de lui répondre. Elle garda le silence ses sens revenant vers leur environnement chose qui n’aurait jamais dû s’arrêter mais parfois votre curiosité se tourne vers le secondaire ou en tout cas des choses qui ne concernent pas directement votre survie. Cela ne lui arrivait jamais lorsqu’elle travaillait en solo et elle se demandait si le travail d’équipe était réellement fait pour elle. Pour le moment cela rester à prouver… Pourtant, il lui assurait qu’il savait peut être où se trouvait « leur » fontaine. Le gain de temps occasionné n’était-il pas suffisant pour justifier de s’entourer des bonnes personnes pour mener à bien un projet ? Après leur badinage, la perspective d’entrer dans le vif du sujet ôta toute expression charmeuse sur son visage pour laisser place à la détermination. Elle fit encore deux pas incrédule devant la question du son guide du jour. Elle choisit de répondre avec détachement et peut être un peu de méchanceté. Elle cligna des yeux pour montrer une certaine incompréhension.

« Absolument ! Pourquoi cette question ? »

Elle marque une pause et se rapprocha du rustre et sa main caressa brièvement la barbe rase du baroudeur.

« Ne me dites pas que vous vous faites encore du souci pour moi… »

Elle sourit reconnaissante bien qu’un peu moqueuse.

« C’est adorable de votre part, mais tranquillisez-vous, j’ai décidé qu’il ne pouvait rien nous arriver. Je suis à la recherche de cet objet depuis des mois et je ne vais pas renoncer maintenant que je suis arrivée à quelques heures de mettre la main dessus. »

Elle croisa le bras sous ses seins le fixant droit dans les ses prunelles d’acier.

« Mais si vous êtes avisé des dangers que nous risquons de rencontrer, il vous appartient de m’en informer dès à présent ou de m’on protéger lorsqu’ils surviendront. Pour ma part je sais que l’endroit est semé de péril de toute sorte, dont la nature ne m’est pas connue, mais vous avez sans doute plus d’expérience et de connaissance en la matière… »

Cela pouvait passer pour un entêtement borné mais telle était sa position et elle n'envisageait pas d'en changer. Elle attendit la réponse avec un soupçon d’impatience qu’elle s’évertua à dissimuler avant de se tourner légèrement dans la direction qu’ils avaient abandonnée pour laisser libre court à cette hésitation, inopportune.

« Me montrerez-vous cette fontaine ?... »

Son ton s’était fait plus aimable et avenant comme une maîtresse encourage un petit garçon à surmonter ses craintes.


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