EVENT : Colosse de Paramis - Révélation



 
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 EVENT : Colosse de Paramis - Révélation

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:: The Boss ::

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MessageSujet: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Lun 9 Nov - 21:05


Tout commença par un petit tremblement de terre, au sein même des gorges de paramis. Des ouvriers travaillaient la roche, creusant à coup de pioche pour extraire quelques métaux précieux, et peut-être, avec de la chance, des pierres de sphène. Et cette chance fut accordée à un yorka, un peu bourru comme l'ours qu'il était par essence. Sa pioche venait de frapper une énorme cristal blanc dont il testa rapidement la nature en usant, à l'abri des regards de ses camarades travailleurs, de sa magie, une simple flammèche, suffisante pour faire réagir la pierre. Et elle brilla.... et continua à briller alors qu'aucune magie n'était active. Et ce fut à cet instant que tout s'emballa.

En quelque secondes, le pan de mur se mit à trembler et un bruit assourdissant et sombre grogna. Et puis sans aucune explication, sans que cela ne fut de sa volonté, le yorka se transforma en ours. Paniqué, il tenta de retrouver sa forme humaine mais rien n'y fit. Ses compagnons arrivèrent rapidement à sa hauteur, et chacun à leur tour, leur don leur fit défaut. Les autres yorkas souffrirent du même mal et perdirent forme humaine, tout comme les quelques lhurgoyfs qui se retrouvèrent prisonnier de leur forme monstrueuse. Les gorgoroths se mirent brutalement à ressentir les choses anormalement, leurs sens se développèrent. Ils ressentaient à nouveau le froid, la douleur, la chaleur... Les Zélos se virent eux, dépossédés de leur force, incapable de soulever ce qui il y avait quelques instants, n'étaient que des poids légers. Leur don ne fonctionnait plus et révélait leur véritable nature.

Mais leur mal ne s'arrêta pas là car la roche s'effrita et laissa s'échapper un nouveau monstre, plus petit que ceux qui avait été apparu jusque là. Plus petit? Plutôt longiligne mais également plus volatile car en un instant, il disparut dans le ciel. Long et serpentesque, ce dernier avait un corps aussi froid, rugueux et blanc que la pierre. Il possédait aussi les ailes d'un oiseau, immenses, qui laissaient échapper un bruit sourd à chaque battement. Et puis, il y avait son grognement, lourd et sombre.

Dans sa fuite, la créature n'avait pas manqué à faucher quelques hommes sur son passage mais certains furent chanceux et purent se dissimuler. Quand ils allèrent vers leurs compagnons, ceux qui  s'étaient transformés avaient retrouvé leur forme humaine une fois la créature bien éloignée... mais leur vie les avait quitté, marqué par les griffes de la bête mystérieuse. Mais où se dirigeait-elle ? L'un d'eux pointa le ciel : elle allait tout droit sur la capitale, Hesperia.

* * *

La fin de matinée approchait mais la capitale était toujours aussi active. La ville grouillait de monde, que ce soit dans les rues, ou même au palais. Si pour les habitants il n'était question que du quotidien, au palais c'était la politique qui animait le gouvernement. La guerre qui avait eu lieu entre les deux anciennes nations alliées avait de quoi inquiéter. Mais en ce jour, cela serait un soucis secondaire, et qu'importe votre rang dans la société.

Une ombre approchait par les airs, et elle s'annonça par un grognement qui fit vibrer le verre. Jusque là, en ville, personne n'avait à craindre le ciel car rien ne s'y trouvait qui puisse incarner le moindre danger (si ce n'était la fureur du temps, mais il n'était pas à la tempête). Mais cela allait changer. Les premiers qui levèrent la tête n'eurent pas le temps de réagir que la créature se montra. Les personnes qui se tenaient à proximité se sentirent alors submergées par une étrange impression et puis brusquement, leur don commença à les abandonner. Tous commencèrent à révéler leur véritable nature et leur faille. La créature venait de briser une barrière invisible par sa seule présence, et voilà que chacun allait devoir faire face à ce qu'ils étaient réellement...et plus encore.

₪₪₪₪₪

Les dons de tous les peuples se mettent à ne plus fonctionner, voici les effets :

Dons perturbés:
 


₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪


- SITUATION GENERALE -
Nous sommes au début du mois de Toula, en fin de matinée. Les citoyens de Hesperia ont été alertés par un étrange grognement et des cris. Un nouveau colosse vient d'apparaître, et provient des gorges de paramis. Il s'en prend présentement à la ville et attaque au hasard dans les divers quartiers. Mais depuis qu'il est dans la capitale, tous les citoyens présents voient leur don affecté. Ceux qui sont hors de la cité, retrouvent leur état normal.


- LIGNE DIRECTRICE -

_ 1er étape => Vos premiers postes doivent expliquer les raisons de votre présence à Hesperia mais aussi la façon dont vous ressentez les effets de la présence du colosse, soit la manière dont vos dons vont se retrouver perturbés.

_ 2nd étape => Les postes suivants doivent expliquer ou mettre en avant ce que vous allez faire, le dilemme qui s'offre à vous : sauver votre propre peau, aider les citoyens paniqués, profiter de la situation pour votre propre intérêt ou combattre le colosse.

_ 3ème étape => Vos derniers postes seront de la pure action et vous devrez menez à bien ce que vous avez décidé précédemment.

!!! ATTENTION !!!
Ces lignes directrices sont une indication sur la marche à suivre, mais sur Istheria, les choses ne se passent jamais comme on veut donc, soyez sur vos gardes!


₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪


- PERSONNES PRÉSENTES -

_ Abigail Valverde
_ Duscisio Balibe
_ Gareth Ezéchiel
_ Vilenya Noyan
_ Kimera Artio
_ Léogan Jézékaël
_ Othello Lehoia
_ Fenris Skirnir
_ Tekum Seh
_ Sighild
_ Jonas Mitsgun
_ La Tour
_ Elië Valanatëel


₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪


- RÈGLEMENT -

_ Vous devez poster au moins 3 messages au cours de l'Event.
_ Il n'y a pas d'ordre de postage afin de ne bloquer personne.
_ Vous avez trois semaines pour poster le minimum de 3 messages.
_ Les membres du staff s'autorisent à intervenir à tout moment.


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:: Le Misanthrope ::

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Léogan Jézékaël

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Mer 11 Nov - 14:13

Le salon des Jézékaël était petit et encombré. Un canapé et un fauteuil en bois brut et garnis de coussins occupaient le centre de la pièce en cernant une petite table couverte de parchemins, de plumes et de jouets en bois. Des rangées de livres s’alignaient sur le manteau de la cheminée – Histoire de la botanique de Phillyda Augirolle, Les Epidémiques de Dorcas, Les Arcanes très secrets, un Discours sur la couronne de Randolphus, ainsi qu’un compendium de musique – mais la pièce entière était tapissée d’étagères qui croulaient d’ouvrages de droit, de fiction, de médecine, d’art, de philosophie, de physique, d'astronomie, de théologie et de mathématiques. Le petit bureau d'Elza, la belle-sœur de Léogan, épouse de son frère cadet, Ilyan, était coincé dans un angle près de la fenêtre pour bénéficier des rayons du jour qui venaient caresser ses travaux dans une langueur paresseuse. Elza Jézékaël était Eclari et scientifique, anciennement médecin dans un corps militaire eridanien, et elle officiait désormais à la capitale, où elle s'était notamment dévouée aux recherches de soin pour pallier à la maladie héréditaire, et malheureusement dégénérative de son mari.
Ils habitaient tous les deux dans une maison modeste, quoi que bien située dans un beau quartier d'Hespéria. Ilyan partageait son temps entre son poste de conseiller au palais royal, un travail de chercheur et d'archiviste à la bibliothèque des Lumières et une vie familiale lumineuse depuis la naissance de leur fils, Valistar, dix mois plus tôt.

Mais il y avait déjà un bon mois, Léogan avait reçu un courrier inquiétant d'Elza, qui lui avait communiqué la dégradation de l'état de santé de son petit frère. Les moments de crise d'Ilyan n'étaient pas rares, mais ne duraient souvent que quelques jours et Elza avait appris à se contenter d'en soigner les symptômes et de soulager le mal plutôt efficacement, à défaut de le faire disparaître. La maladie courait dans l'arbre généalogique des Jézékaël depuis des siècles. Léogan avait été épargné, mais son père en souffrait et son grand-père en était mort. On craignait que l'enfant, Valistar, en soit aussi atteint, mais sa santé ne présentait pour le moment aucun signe de défaillance.
Saisissant l'occasion d'un voyage diplomatique de la désormais Haute-Prêtresse de Kesha et Gélovigienne, Othello Lehoia, qui était aussi devenue une amie précieuse depuis un certain voyage à El Bahari, Léogan avait sauté en selle et était parti rejoindre Hespéria avec elle, laissant à ses subordonnés directs la joie de repousser les derniers raids de pirates sur les villages côtiers et les quelques guérillas qui parvenaient encore à émerger de la taïga. La guerre durait depuis quelques longs mois et s'enlisait sur le territoire cimmérien, bien inhospitalier à tout pied qui lui était étranger. Léogan n'était pas prêt à attendre que Phelgra retrouve son souffle et lance de nouveaux assauts. Il savait de source sûre, pour être en contact régulier avec Rashell Samarcande, Maire de Ridolbar, que les troubles populaires tenaient les autorités phelgranes bien occupées – et il tenait à exploiter le filon pour mettre fin au plus vite à ce conflit dont il n'avait jamais voulu et où on l'avait bombardé général (merci pour lui).
Il avait l'idée de profiter de la visite diplomatique d'Othello au Roi, au sujet d'un temple qu'on allait construire à Hespéria – s'il avait bien suivi – pour aller glisser un mot au bon souverain quant à l'engagement opportun de ses troupes dans le conflit, et notamment dans l'affaire de l'indépendance de Ridolbar. Pourquoi pas ? Ce n'était jamais qu'un petit coup de pouce. Si l'armée eridanienne en venait seulement à se poster aux frontières et à soutenir officiellement la ville dissidente, les Cavaliers se replieraient gentiment chez eux et passeraient de nouveau quelques siècles à lécher leurs plaies.

Fenris Skirnir, son ami le plus proche, son frère, comme il avait coutume de le présenter, faisait partie du voyage, trop heureux de quitter le climat polaire du Nord pour retrouver l'air plus tempéré des régions centrales du continent. Leur fine équipe – une prêtresse élue des dieux, un marin borgne et un général habillé en bandit de grand chemin – était donc attendue chez Ilyan et Elza Jézékaël, où ils avaient prévu de loger. Léo ne l'avait avoué à personne, quoi que Fenris l'ait certainement deviné sans mal, la politique n'avait été qu'un prétexte à ce voyage. L'état de son frère le préoccupait davantage que n'importe quelle menace de conflit armé qui pesait sur des peuples pour qui il n'avait, il n'avait pas de honte à l'avouer, aucune empathie, et sur des gens qu'il ne connaissait pas.

Au bout de leur voyage, installé nerveusement sur le fauteuil du salon d'Ilyan, Léogan l'observait d'un œil ombrageux. Sous ses lunettes rondes, le regard pers de son cadet, d'ordinaire vif d'intelligence, était terni. Il souriait vaillamment, comme il en avait l'usage, mais il ne pouvait pas cacher grand-chose de sa faiblesse, assis dans un fauteuil roulant où sa chorée le clouait. Ilyan avait également des cheveux noirs en bataille, plus courts cependant, et ses fréquents alitements avaient rendu sa carrure bien plus frêle que celle de son aîné, de toute façon militaire de carrière. Il observait les uns et les autres avec une bienveillance enchantée et avait remis dans les bras de Léo son filleul, Val, dans un éclat de voix franc et enthousiaste.
Valistar était un petit bout de garçon très éveillé, au regard bleu vert, qui avait la peau plus foncée et les cheveux châtains, épais et broussailleux de sa mère. Léogan avait enlevé ses bottes et abandonné son vieux manteau, ainsi que sa ceinture d'armes où étaient rangées sa rapière enchantée et son sabre, sur le bureau d'Elza pour causer avec le marmot dans un dialecte inconnu et observer son sourire, qui avait un écart chanceux au milieu, quand il faisait rouler et disparaître illusoirement une petite pièce entre ses doigts et que le garçon applaudissait pour voir reproduire le tour.

Elza, elle, une Sindarine élancée, aux yeux très bleus et aux traits tirés, observait la scène avec un mélange d'amusement et de fatigue. Elle referma son gilet plus étroitement sur sa poitrine, comme si elle avait brusquement pris froid, et adressa à son beau-frère une pique dont elle avait le secret.

« A chacun de tes passages, cette maison se transforme en repaire de brigands. Léogan, débarrasse tes frusques dégoûtantes de mon bureau, je te prie, il y a un porte-manteau à l'entrée. Et vous, comment, déjà... ? » Elle se tourna vers le grand blond qui restait planté dans le salon comme un éléphant au milieu d'un couloir. « Fenris ? Enlevez vos bottes, vous en mettez partout sur le tapis. » Là-dessus, elle se tourna vers Othello, à qui elle adressa un sourire plus amène. « Vous, petite, asseyez-vous donc sur le canapé, vous devez être bien fatiguée du voyage, je vais vous apporter du thé.
– Elza... soupira Ilyan, en roulant des yeux.
– De toute façon, c'est déjà la caverne d'Ali Baba, cette maison... Et j'parle pas de ce bureau... grommela Léogan, à couvert derrière Valistar qui bondissait sur ses genoux. On pourrait y faire des recherches archéologiques...
– Tu peux parler ! J'imagine sans peine l'état du dépotoir où tu vis rien qu'à lorgner sur ta tenue. Pff. Moi, si je cherche une note, un parchemin ou un livre ici, je le trouve. Je te défie de pouvoir en dire autant.
– Elza... insista Ilyan en appuyant un regard ennuyé sur sa femme, avant d'adresser un sourire encourageant à son aîné. Moi je te trouve meilleure mine, Léo, ça fait plaisir à voir.
– Merci, marmonna-t-il, en retour.
– C'est qu'Irina a dû le forcer à mettre un peu d'ordre dans sa vie. Une bénédiction, cette femme.
– Elza, mon amour, tu parlais de faire du thé ?
– Ah... » La maîtresse de maison cessa immédiatement son manège, visiblement embarrassée, et passa une mèche châtain qui s'échappait de son chignon derrière son oreille. « Oui, pardon, Ily'. On a un excellent thé blanc, que j'ai associé avec des agrumes, de la rose, des amandes et des épices. Vous verrez, c'est très bon.
– Oui. » Ilyan lui sourit. « Probablement une de tes plus belles réussites. Merci. »

Elza se retira dans le couloir vers la cuisine et Ilyan adressa à ses trois invités un sourire désolé en haussant les épaules. D'un signe paisible de la main, il indiqua à Fenris de prendre également place sur le canapé, près d'Othello.

« Pardonnez-lui. Le petit fait ses dernières dents, les nuits sont difficiles. Et pour ne rien arranger, j'ai eu la bonne idée de faire une rechute. Ethraïm est parti en urgence pour le Comptoir médicinal à Thémisto il y a une dizaine de jours, alors elle est seule pour faire face à tout ça et... Elle ne dort plus beaucoup.
– J'voudrais pas qu'on vous encombre... » Léogan s'était levé, Valistar dans ses bras, et piaffait un peu de long en large dans le petit salon. Il s'arrêta face à son cadet, le front plissé de souci, et ajouta à voix basse : « Tu sais, on peut loger à l'auberge et...
– Tu ne nous encombres jamais, Léo. » répliqua Ilyan, péremptoire. Il posa une main, étrangement blême, sur le coude de son frère pour l'inciter à se pencher plus près de lui, mais fut interrompu par une quinte de toux, qui lui venait du plus profond des poumons, avant de pouvoir reprendre. Sa voix, sifflante et enrouée, déplaisait à Léogan. Le regard qu'ils échangèrent se chargea d'une intensité tristement compacte. « Tous ces événements nous ont séparés pendant de trop longs mois. Et je ne parle pas de cette guerre. J'ai... J'ai tellement peur de te perdre et de rester derrière, malade et... inutile, comme c'est arrivé à notre père quand les oncles sont morts à Taulmaril... Reste, je t'en prie. Vous m'avez manqués. Tous les deux. »

Ilyan glissa un regard complice vers Fenris, affermissant sa poigne autour du coude de Léogan, qui au fond de lui sentait se creuser un vieil abîme de culpabilité. Valistar jouait à tresser ses cheveux en babillant. Ilyan le soutenait toujours. Léo pensait à tout ce qui le tenait éloigné de son frère depuis si longtemps, tandis que son mal s'aggravait irréparablement, et son ventre se serrait douloureusement. Son regard carbone, discrètement, vola jusqu'à Othello, et papillonna sur elle quelques secondes. S'il était possible qu'elle soit d'un quelconque secours...
Son frère, confus, porta également ses yeux sur la prêtresse blanche qui tentait de se faire petite comme une souris sur le canapé, et il inclina la tête vers elle avec une politesse reconnaissante.

« Excusez ces apartés, dame Lehoia, il y a longtemps que nous ne nous étions pas vus. Nous sommes très honorés de vous recevoir chez nous, Elza et moi.
– Absolument, acquiesça Elza, qui revenait un plateau de tasses de thé entre les mains, adressant un sourire rayonnant à la jeune prêtresse. J'ai toujours eu beaucoup de respect pour le travail de vos paires. Surtout ces dernières années, vous avez... Par Ténéis, qu'est-ce que... ?! »

Elza perdit l'équilibre. Une secousse brutale bousculait la maison et vibrait autour d'eux comme le lourd carillon d'une horloge. Les tasses en porcelaine, sur son plateau, s'entrechoquèrent et roulèrent les unes contre les autres en renversant les infusions tout autour d'elle. Elle chancela pour de bon, son plateau lui échappa et toutes les tasses dégringolèrent sur le sol pour s'y briser à grands fracas.
Léogan, affolé par le séisme, avait bondi jusqu'à la fenêtre.

« Bordel de... !
– Léogan, ne jure pas dans ma maiso... ! Oh... »

Prise d'une faiblesse étrange, Elza tituba sur ses jambes, le regard levé vers le plafond, rond d'incompréhension.

« C'EST UN COLOSSE ! s'exclama Léogan, tirant sur les rideaux et apercevant l'ombre immense qui planait sur la ville.
– Elza ! fit Ilyan en tentant de rattraper sa femme qui chancelait comme une feuille morte et tombait peu à peu vers le sol. Elza, qu'est-ce qui se passe... ?
– Rien, ce n'est sans doute qu'un étourdissement, ne bouge pas, tu ne peux pas march...
– Non, non, coupa Léogan d'un ton tranchant, se tournant vers eux et coinçant l'arrête de son nez entre ses doigts pour mieux réfléchir, c'est pas un étourdissement. Ça... m'arrive aussi... Je. » Il n'eut pas le temps de s'inquiéter davantage de l'émoussement progressif de ses sens, ni de se laisser emporter dans l'engourdissement comme dans un maelstrom qui l'aspirait inéluctablement. Léogan n'avait de toute façon jamais beaucoup de temps à accorder à ses faiblesses. Valistar s'accrochait de ses petits poings à sa chemise et hurlait à pleins poumons, surpris et bouleversé, touché sans doute du même mal que son parrain, et Fenris s'était figé sur le canapé, près d'Othello. La pupille de son œil couleur océan s'était arrondie et grossie, comme une étoile à la limite de l'explosion, et fixaient, noires, si noires, un point fixe dans le salon. Le sang de Léo ne fit qu'un tour. « Fen ? Elza, tiens Val ! »

D'un pas large et vif, il rejoignit sa belle-sœur, qui se soutenait à son bureau pour tenter de rester sur ses jambes, et lui flanqua son fils dans les bras avant de se jeter comme un fou sur Fenris qui commençait à se laisser secoué de convulsions qu'il reconnaissait trop bien.

« Non non non NON ! » Un cri de rage lui traversa la gorge, comme un feulement de chat en colère, et il attrapa le borgne par les épaules pour le relever brusquement et l'éloigner du canapé, d'Othello, de Valistar, d'Elza, d'Ilyan. Il le repoussa vers la fenêtre en l'empoignant autant qu'il le pouvait, les yeux rivés comme deux flèches dans celui, unique et malade, du Lhurgoyf qui entamait sa transformation. Sa mâchoire craqua, à la façon de celle d'un serpent qui va avaler sa proie, et des crocs lui poussèrent à couvert de ses lèvres. Léo le plaqua contre le mur.

« Fenris, mon frère, tu m'entends ? Je t'en supplie ! Souviens-toi qui tu es, c'est là au fond de ce cœur, ne le laisse pas prendre le dessus, pas ici, pas mainten... Hmm... » Les griffes puissantes du Lhurgoyf se déployèrent brutalement des doigts de Fen et lacérèrent la chemise de Léogan qui se cabra en arrière sous leur prise dans sa chair. Les dents serrées pour réprimer un cri, il ne relâcha pourtant pas sa prise. Il mesurait soudain que la métamorphose serait inévitable. Il n'était pas question de faiblir, pas maintenant... Son regard alla d'Ilyan, effondré sur son fauteuil, à son filleul qui criait de panique et que sa mère tentait de calmer en chuchotant faiblement à son oreille, repliée dans un coin de la pièce, et se riva finalement la silhouette blanche de la prêtresse, paralysée d'incompréhension sur le canapé. « OTHELLO, MES ARMES ! ordonna-t-il, poussant sur sa voix pour la faire plus puissante et couvrir le brouhaha infernal. JE DOIS LE FAIRE SORTIR ! »

Aussitôt, dans un élan d'une rare violence, Léogan poussa un ahanement et renversa Fenris par dessus le canapé. Après un roulé-boulé, ils s'écrasèrent de l'autre côté du salon où ils se débattirent comme deux chiffonniers. La vue trouble, ne comptant que sur son instinct, Léo le ceintura fermement en se relevant et le tira sans une hésitation vers le couloir et la porte d'entrée. Il y avait des années et des années que cela ne s'était pas produit, mais il retrouvait ses réflexes comme intacts, resurgissant par-dessus la terreur brute qui explosait dans sa poitrine.

« Léo ! » Il reconnut la voix d'Ilyan, étouffée comme à travers la cloison d'une porte, mais n'eut pas le loisir de seulement diriger son regard embrumé vers son petit frère, qui continuait de crier depuis son fauteuil roulant. « Léo, dehors il y a... C'est bien trop dangereux !
– T'en fais... pas, Ily ', je... » Il banda ses muscles et tira Fenris en arrière dans un grondement d'effort. « Je vais juste faire faire une promenade au molosse – c'est rien d'autre... que des petits problèmes de fourrure... L'habituel. On se revoit plus tard ! »

Fenris commençait à pousser des grognements inintelligibles entre ses bras. Tout contre sa poitrine, le dos du Loup se voûtait en s'allongeant péniblement, dans des craquements de colonne vertébrale insupportables qui raclaient sur les tympans assourdis de Léo. Grinçant des dents, il traîna Fen dans le couloir dans un terrible effort de volonté et ouvrit la porte d'un puissant coup de pied – qui eut le mérite de l'ouvrir grand sur la confusion de la rue et l'inconvénient de lui rappeler qu'il n'avait pas de chaussures.

Le cerveau traversé d'étincelles de douleur, il piétina sur la chaussée pavée d'Hespéria où la foule affluait de tous les côtés dans des vagues de hurlements et de plaintes. Emprisonnant toujours Fenris dans les chaînes de ses bras – pour combien de temps encore ? – il manqua tout juste de se faire renverser par un cheval qui détalait en hennissant à tort et à travers, sans tenir compte des brides affolées de son cavalier.
Il dérapa sur le côté en entraînant son ami qui poussait des râles de plus en plus inquiétants, et s'écrasa sur le flanc d'une maison pour retrouver son souffle. Un long cri descendait du ciel. Son ouïe était considérablement engourdie, mais Léogan trouva à ce bruit profond une nuance plus sifflante et moins gutturale qu'à ceux qu'il avait entendus les dernières fois. Renversant la tête en arrière, plissant des cils et forçant sur ses yeux voilés, il put discerner vaguement  la forme serpentine d'une immense créature ailée qui fondait en piqué sur la ville pour y arracher quelques pans de pierre et reprenait de la hauteur en faisant rouler ses anneaux.
Il soupira profondément. La première fois, à Elgondor, il avait été émerveillé. La deuxième fois, à Gaeaf, la crainte avait pris le pas sur l'étonnement, puis l'efficacité avait dépassé la crainte elle-même. Aujourd'hui, il ne ressentait plus qu'une terrible lassitude.

« Des colosses, des colosses et encore des colosses... marmonna-t-il pour lui-même, ou pour Fenris, s'il pouvait l'entendre quelque part, le regard assombri. J'ai dû signer quelque part pour un abonnement et on ne m'a rien dit. »

Plusieurs questions lui traversaient l'esprit, d'une finesse métaphysique redoutable, ainsi du sempiternel « Pourquoi moi ? », accompagné du non moins fameux « Qu'est-ce que j'ai fait au ciel ? », et conclus par d'autres « Quand est-ce que je pourrais sortir de chez moi sans tomber sur une armée ou des monstres à terrasser ? » ou « Est-ce que j'aurais droit  un jour à des vacances normales ? » – tous vite étouffés par un mouvement plus brutal de Fenris qui faillit lui arracher les avant-bras.
Il se mordit l'intérieur de la joue pour réprimer un autre cri. Les transformations monstrueuses de Fen, il en avait maîtrisée quelques unes en cinquante ans de cohabitation dans une cabane au fin fond d'El Bahari. Plutôt deux fois qu'une, ouais – après avoir perdu son bateau, son équipage et son œil, son compagnon avait eu quelques passes d'humeur., disons.. carnassières. Sauf qu'à El Bahari, quand il n'arrivait pas à le maîtriser et à le calmer, il suffisait de partir se planquer dans un coin et d'attendre que Monsieur ait fini de piquer sa grosse colère au milieu de la jungle. Sauf qu'en l'occurrence, ils étaient en plein centre-ville d'une capitale surpeuplée et il n'avait aucune idée de ce qu'il était possible de faire pour limiter les dégâts. Il fallait à tout prix réussir à le canaliser.

« Fennnnnnris, gémit-il, à l'oreille du Loup, s'il te plaît... »

Bons dieux, c'était pas gagné...

Précisions :
 


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Abigail Valverde

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Mer 11 Nov - 18:07

    Abigail se trouvait dans la grande cité d'Hespéria depuis plusieurs jours déjà. Elle travaillait en tant que garde mais elle avait passé quelques heures à aider Bellina à ranger les livres de la Bibliothèque des Lumières. Cette journée qui aurait pût – si les dieux en avaient décidé autrement – être une belle journée, allait se transformer en un cauchemar quelques heures plus tard.

    La jeune femme s'était levée aux aurores encore une fois, elle était en pleine forme et avait décidé de partir à cheval pour faire une promenade matinale. Lorsque fut l'heure d'aller travailler, elle laissa Mars aux écuries comme tous les jours et se mit en route pour faire sa ronde. Tout allait pour le mieux, elle aida les personnes quand ils lui demandaient son aide. Tout allait pour le mieux ? C'était ce qui semblait à huit heures du matin, comment auraient-ils pût imaginer ne serait-ce qu'une seconde que leurs vies allaient changer du tout au tout quelques heures plus tard ?

    Abigail parcourait les rues, prenant une pause par moment en s'asseyant sur un banc. Elle commençait à en avoir assez de cette ville surtout qu'elle faisait tout pour ne pas voir ses parents et surtout pour qu'ils ne la voient pas. Elle voulait retourner à Tyrhénium mais ne pouvait partir tant qu'on ne le lui disait pas et puis ce n'était pas comme si tous les gardes la détestaient… Au contraire, il y avait de nombreuses personnes amicales parmi les soldats de la cité. Plongée dans ses pensées, elle entendit une phrase qu'elle connaissait par coeur : « Au voleur ! »
    Elle se leva et se mit devant l'enfant qui courait comme si sa vie en dépendait, la petite fille ne l'avait pas vue, elle la percuta directement. Abigail l'attrapa par un bras et lui fit lâcher le sac ; la propriétaire arriva quelques minutes après, essoufflée. La chevalière Valverde lui rendit son sac avec un sourire tout en tenant fermement le bras de l'enfant, la femme prit son sac mais avant de repartir voulut gifler la fillette. Abigail prévoyant ce qu'allait faire la lady, fit passer l'enfant derrière elle et fixa de ses yeux noirs la femme d'âge mûr.


    - N'essayez même pas madame ! Vous avez affaire aux gardes de la ville, je me chargerais de cette enfant. Maintenant si c'est votre fille je ne dirais rien mais je ne pense pas que cela soit le cas, n'est-ce pas ?
    Aucune réponse. Abigail poussa un soupir avant de continuer.
    - Veuillez partir maintenant. Quant à toi… - déclara-t-elle en lançant un regard à la petite- Tu vas venir avec moi, nous devons parler.

    Abigail attendit que la femme parte pour secouer la tête et relâcha un peu sa prise. Elle entraîna la petite jusqu'à un banc. Elle la fit s'assoit et se posta devant elle, accroupie ; elle lui demanda d'une voix douce de lui expliquer ce qui l'avait poussée à voler. Elle s'était fixée un but : n'utiliser la violence et le recourt à la prison qu'en dernière solution. Et puis il s'agissait d'une enfant ; elle ne pouvait tout simplement pas la mettre derrière des barreaux. La petite restait muette, Abigail déposa son sac à ses pieds et en sortit un bonbon de plusieurs couleurs, elle le lui tendit, toute souriante.
    La fillette regardait le bonbon avant d'en détacher son regard pour le regarder de nouveau et ainsi de suite. La zélos eut un rire léger et ouvrit elle-même la main de la fillette pour lui mettre le bonbon dedans. Abigail pût voir les yeux pétillants de la petite qui maintenant la fixait.


    - Alors, tu veux bien me dire ton nom ? Moi c'est Abigail.
    - Euh… Je m'appelle… Je m'appelle Adéna.
    - Adéna ? C'est un joli prénom. Dis-moi Adéna, tu m'as l'air d'une petite fille très gentille alors pourquoi tu as pris ce sac ?
    - Je peux pas le dire, murmura-t-elle.
    - Tu sais Adéna, je ne suis pas ton ennemie. Je veux juste t'aider. Au fait, tu peux me dire où sont tes parents ?

    La petite fit la moue puis me pointa de son index une boutique. Abigail se leva, remit son sac sur le dos et tendit la main à la fillette. Elle alla jusqu'à la boutique où elle entra, mettant la fillette devant elle et posant ses mains sur ses épaules. Plusieurs personnes regardaient des objets dans la boutique, Abigail les salua quand elles sortirent de la boutique, leurs affaires terminées.
    -Veuillez m'excuser, puis-je vous… aider ? Adéna ?
    - Je vous ramène votre fille monsieur et j'aimerais m'entretenir avec vous quelques minutes si vous le permettez.
    - Adéna, tu montes dans ta chambre et tu y restes ! Qu'a encore fait cette enfant ?
    - Votre fille a essayé de voler une sacoche.
    - C'est pas possible. Je ne sais plus quoi faire d'elle.
    - Monsieur ? Avez-vous une idée sur ses intentions, elle n'a rien voulu me dire.
    - Elle essaye toujours de voler des choses, la dernière fois elle a voulu prendre le grelot que portait une femme en bijoux dans la boutique.
    - Peut-être veut-elle faire comme vous ? En créant des objets. Ce n'est qu'une hypothèse bien sur mais et si vous lui proposiez de faire des croquis d'objets qu'elle aimerait fabriquer ?
    - Si cela peut la calmer, je veux bien essayer n'importe quoi.

    On en était en fin de matinée quand Abigail allait repartir, elle sentit son corps se vider de ses forces, la faisant tomber au sol. La zélos déposa son sac à côté d'elle et pût se relever bien que difficilement, le propriétaire de la boutique avait lui aussi à se tenir debout quand des hurlements provenant de la ville se firent entendre ainsi que des grognements.

    La cavalière de l'Ordre d'Oris ouvrit la porte et regarda ce qui se passait, elle n'en avait pas la moindre idée, la panique gagnait tout le monde aussi bien les Terrans que toutes les autres formes de vies, elle aperçut un Yorka se transformer entièrement devant ses yeux, il semblait incapable de reprendre forme humaine. Abigail referma la porte et s'y cala. Que devait-elle faire ? Excellente question. Elle ferma les yeux et vida son esprit, elle savait quoi faire, son coeur le savait parfaitement. Mais comment faire vu que ses pouvoirs risquaient de ne pas fonctionner ? Elle ne pouvait plus compter sur son don de force physique surdéveloppée et elle n'était pas certaine que ses autres pouvoirs fonctionnent. Pour l'instant, elle devait sortir de là et se rendre compte des dégâts avant de penser à faire quoi que ce soit pour cette cité.

    Abigail ne prit que son arc et ses flèches qui lui semblèrent peser une tonne sur son dos, déclara au père de récupérer Adéna et de quitter la ville au plus vite. Elle allait voir ce qu'il en était dans le reste de la cité.
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Sighild

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Mer 11 Nov - 18:46




Début du mois de Toula, deux jours avant l'arrivée du colosse...

La route avait été longue et pleine d'incertitudes. Tant de chose se bousculait aujourd'hui, avec une violence inégalée. Le monde qu'elle avait connu était en train de basculer à nouveau dans une nouvelle ère. Et même si elle avait eut l'occasion de mener bien des combats, contre elle-même ou le monde, contre des armées ou de simples hommes, elle n'avait jamais éprouvé autant de troubles. Ce qu'elle pensait révolu ne l'était plus et elle se retrouvait face à elle-même. Seule. Seule parce qu'elle avait choisi, mais jusqu'ici elle n'en avait pas mesuré le poids. Aujourd'hui, c'était différent. La providence avait été de son côté mais la chance l'avait quitté. Elle pensait son cœur solide, mais il s'était effrité. Les gens qu'elle avait aimé l'avaient quitté, ceux qu'elle pensait perdu avaient été retrouvé dans les ombres. Sa vie n'était qu'un jeu de carte et elle avait perdu la main depuis longtemps.

Ses démons étaient toujours présent, même après des siècles, alors qu'elle avait tenté vainement de trouver la rédemption. Mais la rédemption auprès de qui? Même elle avait fini par oublié. Les noms, les visages... Le temps les avait effacé... mais pas les cicatrices qu'ils avaient laissé. Elle devait simplement apprendre à lâcher du lest, se pardonner à elle-même, même cela lui semblait impossible.

Sighild venait de rentrer d'Amaryl, suite à une visite à son ami Dim. La route avait été longue mais sans difficulté notable. Son voyage, au delà des réponses qu'elle avait tenté de trouver, lui avait permis de se rendre compte des derniers évènements. Elle avait choisi d'entreprendre son périple en faisant un grand détour, remontant par la cité corrompue puis par Tyrhénium avant de se diriger vers la capitale en traversant le comté de Dalma. Cela lui avait permis de se vider l'esprit tout en percevant les prémices d'un déjà-vu désagréable : celui de la guerre. Bien que les raisons qui la poussèrent à faire celle de Taulmaril étaient bien différentes, Sighild n'était pas naïve au point de penser que sa nation y échapperait. La plupart des pays avait été conquis, son territoire était le dernier qui était encore vierge et la forêt était convoitée. Le combat qui se dresserait devant elle serait le plus rude qu'elle n'avait jamais rencontré. Pour le mener, elle devrait briser les règles conventionnelles qui l'avaient toujours guidé...

A son arrivée, l'amazone s'était faite discrète, se mêlant à la foule comme n'importe quel autre voyageur. Le Roi n'avait pas ôté les affiches de recherche qui condamnaient les Eryllis, et même si son visage n'était pas spécialement connu, la prudence était de mise. Elle pourrait très bien tomber sur un soldat zélé ou un mercenaire peu scrupuleux. Mais qu'importait, car la première chose qu'elle fit fut de trouver une auberge avait d'y trouver un peu de repos. Elle en trouva une modeste, à la portée de toutes les bourses dans un quartier calme, le dernier endroit où on pourrait penser la trouver. Elle y resta enfermé près de deux jours...

* * *


Début du mois de Toula, arrivée du colosse...

La jeune femme était sur son lit, allongée sur un matelas bas de gamme, bourrée de laine et de coton. Elle était dans son plus simple appareil, recouverte modestement d'un drap. Ses yeux ambrés étaient dirigés vers le plafond, vide, absent de toute émotion si ce n'était la lassitude. D'ailleurs, un soupir ne fit que ponctuer son état d'esprit. Elle n'avait pas quitté sa couche depuis deux jours et d'ailleurs personnes n'étaient venu la déranger. Cela signifiait au moins une chose : on n'avait pas remarqué sa présence ou que l'on n'avait pas jugé bon de s'en prendre à elle pour le moment. Mais quel intérêt de toute façon? La guerre était dans toutes les têtes, alors les activités qu'elle pouvait mener n'était que bien peu de chose.

Elle prit son temps pour se lever, le regard dans le vague. La lhurgoyf se frotta le visage, repoussant sa chevelure argentée avant de se diriger vers une bassine d'eau fraîche. Mais alors qu'elle s'apprêtait à se laver, elle s'arrêta nette face à son reflet dans le miroir. Oh, elle n'était pas narcissique mais cela faisait si longtemps qu'elle se s'était pas "vue". Ses traits étaient légèrement marqués, à peine perceptible et ne trahissaient nullement son âge. Qui aurait crû qu'elle avait plus de neuf cents ans. Même elle ne s'en rendait pas compte, de ce temps qui passait... Ses cheveux étaient plus long, tombant à présent jusqu'au bas de ses reins, et toujours d'un blanc grisonnant, comme l'acier. Mais son regard, lui, de cet orange doré, avait quelque peu fané et en disait long sur son vécu.

Elle balaya alors de son attention les marques qui se trouvaient sur son corps, ressentant les boursoufflures de ses cicatrices. Elles étaient nombreuses, et beaucoup étaient anciennes. Une marque de flèche au niveau de l'épaule, des marque au fer rouge dans le dos et sur le ventre, une grande entaille sur la poitrine... Mais depuis qu'elle avait développé ses dons de régénération, elle n'avait plus de marques visibles mais les autres, son passé, elles, resteraient éternellement. Abandonnant ses rêveries, elle se rendit compte qu'il était temps qu'elle plie bagage car la matinée allait bientôt toucher à sa fin... déjà...

Quelques minutes plus tard, elle quitta l'auberge, l'esprit plus clair, pour aller se rendre dans une armurerie qu'elle connaissait bien. Elle y trouvait un artisan yorka vers qui elle se tournait souvent autrefois, notamment pour se réapprovisionner et armer ses sœurs novices. Elle avait toujours eu confiance en lui et il ne l'avait jamais trahi. Il se doutait bien de ce qu'elle était, mais pour lui, qu'importait lorsqu'il était question de commerces. Après tout, il n'avait jamais été interdit de leur vendre quoique se soit et cela n'était pas non plus inscrit sur le visage d'une femme qu'elle était une Eryllis. De plus, tout d'eux était originaire d'Umbriel.

La clochette de l'entrée tinta et l'artisan sortit de derrière le comptoir. Il n'était pas bien grand et avait des oreilles arrondies. Son visage était fin et son regard malin. Derrière son dos, on pouvait distinguer une longue queue et fine et a ne pas en douter, on reconnaissait bien là sa nature de rongeur, et plus exactement de souris. Lorsqu'il reconnut Sighild qui abaissa délicatement son capuchon, il sourit avec amabilité.

" Cela faisait bien longtemps que je ne t'avais pas vu. Cela fait bien facilement plusieurs mois, presque un an peut-être. J'ai bien failli croire qu'il t'était arrivé quelque chose. "

" Il est vrai. Bien des choses me sont arrivées, mais je suis plus solide que j'en ai l'air, assez pour que je puisse me dresser devant toi, l'ami. "

" Parfait. Je ne t'interrogerais pas plus. Moi j'en sais, mieux je me porterais, n'est-ce pas? Allez. Dis moi ce que me vaut ta visite. "

" Une des lames de ma faux est fragilisé. Je l'aurais bien amené à un forgeron mais je sais que ce genre de retouche, tu es toi même capable de le réparer. Et puis, tu connais bien mon fidèle Azazel. "

" Hohoho! Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu cette merveille. Tu ne me diras donc jamais où tu l'as obtenu? "

Mais à peine eut-il posé la question, un rugissement sombre se fit entendre à l'extérieur, suivit de cris et de hurlements. Instinctivement, l'amazone se rendit rapidement à la porte et tenta de comprendre ce qui valait tout ce chaos. La foule s'agitait dans tous les sens et tentaient de fuir, se bousculant les uns et les autres dans la panique. Levant les yeux, l'Eryllis n'eut pas le temps de bien percevoir la créature, elle ne vit qu'une grande ombre au dessus de sa tête. Et puis, brusquement, un battement. Lourd et douloureux dans sa poitrine... Le monstre...

Son cœur la lança soudainement, son souffle s'accéléra, ses yeux s'écarquillèrent. Le monstre qui était en elle.... il cherchait à sortir. Oh! Elle le reconnaissait, ce sentiment, cette animalité... Elle avait eu des siècles pour le dompter et pourtant, parfois, elle avait toujours l'impression cruelle de ne pas le contrôler. Toutefois, son inquiétude était bien autre, elle se refusait surtout à le présenter au monde, cette laideur.

Comprenant rapidement qu'elle perdait le contrôle de sa transformation, elle repartit se réfugier dans la boutique de l'artisan. Elle referma violemment la porte et le chercha du regard... mais il n'était plus là. Plus là? Non. Il était sur le comptoir, sous sa forme de souris. Il semblait incrédule et Sighild, peut rassurer.

" L'ami... je te conseille de fuir... fuit ta boutique et dissimule toi aussi loin que tu peux. Je.... argh.... Je ne sais pas ce qu'il y a dehors mais...eurgh.... ce n'est pas fait pour un rongeur... et ce qui va se tenir devant toi... non plus. "

La souris comprit le message et ne s'attarda pas le moins du monde. Il ne savait que trop qu'il n'était pas bon de rester trop près d'un lhurgoyf transformé. On ne pouvait jamais prévoir ce qui allait être et ce qui deviendrait par la suite. Nombreux était ceux qui perdaient la raison, et nombreux étaient ceux qui étaient violent. Sighild échapperait-elle à la règle? Même elle n'avait pas confiance.

La douleur commença à s'intensifier, ses chairs et ses os la brûlaient de l'intérieur. Elle commença alors à se transformer : sa peau se cuirassa lentement, laissant apparaître des plaques grisâtres, sa taille s'élargit en hauteur comme en largeur, son dos se voûta légèrement et sa colonne se parsema de pics sur tout la longueur jusqu'à sa queue. Ses mains s'épaissirent et ses doigts devinrent des griffes acérées. Ses jambes s'élargirent et devinrent plus musculeuses. Sa poitrine devint un plastron solide, comme une armure, écaillé et de couleur argenté. Sa tête, elle, n'avait plus rien de féminin mais était laid et terrifiant. Sa gueule laissait apparaître des crocs, et ses orbitent dissimulaient la seule chose qui semblaient encore humain, ses yeux, toujours ambrés et tristes. Elle gagnait bien deux têtes de plus par rapport à sa taille normale. Elle était digne de la monstruosité que l'on prêtait à sa race, tout en bestialité, un corps aux aspects agressifs et violents. Sa respiration, profonde et rugueuse, inquiétait tout autant que son apparence. Elle était aux antipodes de son corps humain. Et si Sharna en était réellement responsable, alors il avait bien fait son travail.

La créature se mit alors à regarder partout. Au sol, jonchait ses vêtements et ses armes. Elle n'aimait pas l'idée d'abandonner ses affaires ici mais comment faire autrement? Puis elle souhaita regarder par la fenêtre, mais les rayons des soleils de midi lui renvoyèrent son reflet. Il était immonde.

Et alors que les cris continuaient à s'échapper des rues de la capitale, un autre, plus sourd et proche des lamentations semblait s'échapper de la boutique d'un petit artisan....

Résumé ultra bref:
 


~ Sighild's Theme ~
See what I´ve become
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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Mer 11 Nov - 22:10

Les coussins étaient moelleux et doux, dégageant une odeur agréable de poussière et d’années passées, d’usure qu’il lui avait tant manqué. Une lumière apaisante traversait les carreaux des fenêtres dans de grandes traînées dorées qui parvenaient çà et là sur les murs, dans une douceur presque angélique, laissant à sa valse la poussière qui s’égarait dans les halos. Il y régnait une chaleur doucereuse, un peu faible par instant, les poussant à faire un effort pour rechercher en eux les moyens de se réchauffer. Mais même si parfois une brise fraîche balayait leurs fronts nus ou le pas de leurs nuques, l’atmosphère qui régnait dans la pièce n’en était pas moins heureuse.
Assise au bout d’un canapé, la jeune femme se voulait discrète, bien que tranchant nettement sur les murs pleins de livres, et les documents éparpillés aux quatre coins de la pièce. Elle s’était faite simple, dans une ample robe perle aux manches rondes voluptueuses et à la jupe légère comme un nuage. Un grand voile fin recouvrait son ample crinière et ses épaules dénudées, laissant visibles quelques sillons rouges qui parcouraient quelques partie de sa peau. Son teint de lait brillait presque sous la lumière d’un abîme nacré, la faisant ondoyer comme un spectre dans ce vaste labyrinthe de documents.

Cela faisait quelques jours qu’elle faisait route avec le colonel Jézékaël qui l’avait une fois de plus tiré de l’abysse de la guerre pour les emmener au loin, là où la monotonie du quotidien et la paix régnait plus aisément. Ou était-ce l’inverse ? Elle ne le savait pas tout à fait, mais elle commençait à croire qu’ils étaient tous deux des compagnons d’infortune qui trouvaient ensembles, par moment, des bouffés d’air frais dans le fait de fuir. Ses nouvelles fonctions lui avaient apporté son lot de responsabilités et d’obligations, mais aussi un certain pouvoir… Et la possibilité de faire bouger son ordre. D’étendre ses frontières. De créer de nouvelles vocations, et d’étendre les bienfaits de Kesha plus loin que les froides frontières cimmériennes. Aussi avait-elle eut le projet fou d’implanter à la capitale un lieu consacrer à la divinité, qui pourrait celer entre les pays une amitié spirituelle, tout en offrant aux pèlerins un lieu de prières et de soin. Mais pour cela, elle devait bénéficier de l’appui du roi…
Cela lui avait paru fort étrange, à l’orée de ce rêve. Rencontrer un roi… Elle, une ancienne intrigante, élevée à ce pouvoir. Non, elle ne l’assumait pas, et ne l’assumerait sûrement jamais. Mais c’est alors que Léo était venu à elle, et quelques jours plus tard, ils étaient parti, loin de la guerre qui s’éternisait, des combats sanglants qui avaient trempée les étendues blanches d’un rouge incarnat, des blessés qui s’amoncelaient dans les forts et les hospices et qui ne cessaient d’augmenter. Du souffre et des violences… Cet homme était devenu un allié sûr, un ami et un oiseau, un orage que l’on n’arrête pas et qui peut tout affronter. Un synonyme de liberté.
Alors qu’ils partaient, elle avait aussi eu la très agréable surprise de retrouver un autre ami de longue date, pour qui elle éprouvait un sentiment étrange de profond respect et de reconnaissance, mais aussi une sensation de protection : Fenris Skirnir, le marin de sable. Ils ne s’étaient pas vus pendant de longs mois, et elle fut heureuse de le voir en bonne santé… Et de découvrir la curieuse alchimie qui unissait les deux hommes. Le géant des mers lui en avait déjà parlé, mais elle devait bien le voir pour le croire.  Si ils n’étaient pas frère de sang, alors ils l’étaient d’esprit, et peut-être même d’âme. Effectivement, elle ne doutait plus que les intentions de mariage de Fenris étaient fondées. Les voir ainsi l’amusa beaucoup, et apaisa son esprit pendant les longs jours de route. Et savoir qu’elle retrouverait à la capitale Duscisio, un autre de ses soutiens les plus précieux, l’apaisa de même. Ces moments passés ensembles les avaient rapprochés pour le meilleur.

A peine arriver de leurs longs voyages, la jeune femme fut surprise d’apprendre qu’ils seraient logés chez le frère du colonel, Ilyan, en compagnie de sa femme et de son jeune enfant. Sans trop se l’expliquer, la nouvelle l’avait rassuré, à un point incertain. Récemment nommée à la tête d’une Eglise, elle n’était pas encore habituée aux déplacements, aux protocoles et aux auberges de pèlerins qu’elle se devait de fréquenter. L’idée de loger chez une famille ainsi que de rester en compagnie de ses deux compagnons lui avait réchauffé le cœur, l’éloignant quelques temps du pouvoir et de la froideur des responsabilités qu’on lui imposé.  

Et à présent, là voilà, sagement assise, à écouter la maîtresse de maison attaquer le colonel de ses pics acérés, et de son impatience de mère et de femme, alors que son fils gigotaient allègrement. Mais ses yeux ne regardaient ni l’un, ni l’autre. Ils étaient perdus sur la figure absente et chétive de leur hôte, coincé dans un fauteuil roulant en face d’eux, son air chaleureux facilement éclipsé par la pâleur maladive de sa peau et par la morosité de son teint. Elle n’était pas le seul fantôme dans la pièce… Léogan l’avait prévenu de sa maladie. Mais c’était tout de même impressionnant à voir. Il était si différent de son frère… Maigre, frêle, il semblait que la moindre brise pouvait casser un à un ses os, pouvait le pousser au sol d’où il ne se relèverait pas.
Face à lui, Othello se sentait petite, impressionnée. Vulnérable. La cérémonie avait changée quelque chose en elle. A présent, elle n’était plus la simple prêtresse qui se contentait de soigner à la chaîne des dizaines de patients, de passer froidement de lit en lit, faisant ses soins et ses potions dans l’insouciance la plus pure, se complaisant dans l’anonymat, ne se liant à personne pour éviter de ressentir la moindre émotion. Maintenant qu’elle était investie de la tiare divine, le regard du monde avait changé. On attendait quelque chose d’elle, de ses pouvoirs et de sa présence. Elle comprenait mieux pourquoi Léogan l’avait mené ici… Ses pouvoirs pouvaient sans doute l’apaiser, le calmer et lui ôter toute douleur. Elle pourrait sans mal calmer sa crise et le remettre sur ses jambes. Mais pour combien de temps ? Elle pouvait prier pour lui, le bénir et le sacrer… Mais guère plus. Ses mains se fermèrent lentement. Petite, impressionnée. Vulnérable.

Alors qu’elle dévisageait ce frère fantôme, priant secrètement la déesse de lui donner la force de le guérir, de lui accorder ce miracle, elle entendit Léogan marmonner dans sa broussaille faciale à Elza qui s’empressa de comparer leurs demeures et le chaos monumental qui régnait à l’intérieur. Silencieusement, Othello roula les yeux pour regarder maladroitement le sol. Elle n’avait pas tort, ses souvenirs de la demeures du colonel lui laissait toujours un arrière-goût un peu désastreux. Ses lèvres s’étirèrent doucement. Un point pour Elza.
Mais elle fut renvoyée bien vite à la cuisine, emmenant derrière elle son aura orageuse. Fenris fut invité à prendre place près d’elle, déclenchant dans son dos un râle de frissons, la faisant plus petite encore, alors qu’elle s’écartait aimablement pour lui permettre de s’asseoir. Malgré tout, cette proximité la détendit un peu, et elle regarda les hommes se retrouver sans mots dire, avec humilité et douceur. Othello n’avait pas réalisé qu’ils se connaissaient probablement depuis des dizaines d’années, centaines peut-être, et qu’une telle amitié était une chrysalide solide et rare, un joyau pour elle qui n’avait jamais rien connu de tel.

Et la suite, la sirène ne la saisit pas tout à fait. Alors qu’ils se tournèrent vers elle, la maison entière s’ébranla dans un violent sursaut, comme si la ville s’effondrait sur elle-même, avalée par une bouche béante et avide qui allait les dévorer. La lumière sembla s’effriter, se putréfier dans une ombre écœurante, alors qu’Elza fut la première à en souffrir, tombant à la renverse, sa chute marquée par un concert de porcelaine brisée dans une cacophonie désagréable. Othello se tourna alors vers Ilyan, puis vers ses amis, attrapant le bras de Fenris près d’elle, comprenant que quelque chose n’allait pas et qu’il fallait examiner Elza au plus vite. Sa main s’était enroulée autour de l’accoudoir du canapé comme les griffes d’une harpie, alors que sa traîne s’était relevée avec ses oreilles visqueuses. Ses yeux cherchèrent de nouveau le grand golem de sable, inquiétant, mais le trouva étrangement imperturbable, son œil unique violemment contrasté d’ombre et de lumière. Léo avait bondi jusqu’au dehors, le petit en main qui commença à pousser des cris violents, alarme sylvestre qui cherchait désespérément les bras réconfortant de sa mère face à l’inconnu.
Puis Léo parla. Et ses mots lui glacèrent le sang. Devant ses yeux perdus, Elza perdait peu à peu ses repères, se décomposé, tombait en poussière comme un château de sable, s’effondrait comme la feuille tombe de l’arbre quand vient la saison morte. Ses jambes, elles n’étaient plus que tremblement, secousse. Son mari voulu se précipiter vers elle mais la forte femme l’en empêcha. Othello était pétrifié, sa main serrant la seule chose, la seule présence qui pourrait la sauver, la calmer dans cet enfer, alors que son esprit partait loin, très loin, loin vers les berges et l’eau glacé, l’abîme funeste de Gaeaf. L’onde froide qui montait jusqu’à son cou. Ses cheveux qui l’entouraient comme une cage, la protégeant de la colonne titanesque qui se dressait devant elle, un temple gargantuesque qui se mouvait dans la baie jusqu’aux vies des villageois. Les léviathans qui surgissaient comme des serpents. Et le souffre, son sang corrosif qui brûlait, dévorer la chair sous ses yeux, envahissant ses narines par une atroce fumée de peau et de sang brûlé, de métal et de suie. Elle revoyait le dos d’un marin mangé par le feu, béant, dans lequel elle avait passé sa main pour l’empêcher désespérément de saigner, recouvrant son bras de sang jusqu’au coude. A côté de lui, un autre pauvre homme gisait mort, alors que son visage tourné vers elle la contemplait de deux orbites vides : la douleur d’avoir reçu de l’acide en pleine face l’avait poussé à s’arracher les yeux.


« - Merde… Merde, merde, merde. » Lâcha-t-elle silencieusement, pour elle-même – et certainement sans se soucier de la sindarine et de sa pudeur auditive, alors que ses yeux gonflèrent douloureusement . La sainte blanche se refusait de se retourner. De voir le mal en face. Comment était-ce possible? D'où venaient-ils, tous ces colosses? Les Dieux avaient-ils décidés de s'acharner sur eux? Un troisième de ces monstres en si peu de temps... Ça ne pouvait pas être une coïncidence.
Son autre main chercha celle du marin, sa chaleur, sa force. Mais elle fut confronter par de la fièvre et de la pierre.
 «  Fenris ?... » Demanda-t-elle subitement, se retournant timidement vers lui, cherchant lentement son regard dévoré par les ténèbres. Léo fut le premier à comprendre, et à réagir, se jetant sur lui sans qu’elle n’ait le temps de saisir la gravité de la situation.  Aussitôt dit, aussitôt fait, Valistar avait retrouvé sa mère qui semblait avoir tout le mal du monde à le porter, et Léogan qui réprimait déjà le marin, le jetant loin du canapé.

En le voyant faire ainsi, la chimère s’était brusquement levée et dirigée vers la famille Jézékaël, les protégeant sommairement de son corps frêle, si frêle face aux deux hommes qui semblaient pris d’une démence commune, l’immense marin secoué de violents tremblements qui lui parurent démoniaques, ses yeux abandonnés à l’agonie d’un obscur autre. Ce fut avec tous les efforts du monde qu’elle essayait de rester droite et forte, essayant de se dresser pour cette famille. Pourtant, un mal pernicieux s’était déjà mis en marche, déclenchant un mécanisme incontrôlable et fatale qui l’immobiliserait bientôt. Elle se savait. Elle le sentait au plus profond de son corps. Quelque chose n’allait pas, la brûlait. Des contractions violents commencèrent à secouer ses muscles. Ses hanches s’étirèrent, saisies de crampes. Son ventre se pliait, alors que ses entrailles semblèrent brûler. Othello résista. Du mieux qu’elle put. Comme on le lui avait appris jadis. Mais elle savait qu’elle ne pourrait résister à jamais. La sirène criait... Quel mal pouvait bien causer cela?

Ses yeux ne quittaient pas Fenris d’une seconde. Et alors qu’elle luttait pour échapper à l’animal elle-même, elle le voyait succomber, de seconde en seconde, à un être qu’elle n’aurait jamais pu deviner hanter le marin qu’elle appréciait. Son cœur se tordit de terreur quand Léo le repoussa violemment, alors qu’il essayait de l’attaquer avec des griffes acérées qui avait éviscéré ses doigts si familiers, alors que des râles inhumains s’échappaient de sa bouche comme des cris d’un au-delà lointain. Les craquements sinistres de ses os hantèrent bientôt toute la maison, les livres et les étagères, tout tremblait avec lui.

Puis Léo le tacla avec une assurance certaine, rare, et violente, puis comme deux louveteaux, ils s’engagèrent dans une bataille de main maladroite, mais qui les mena néanmoins vers le couloir. Othello devait agir vite. Elle savait que pour elle, le temps aussi était compter. Ses jambes se crispaient un peu plus, toujours plus… Il ne lui restait que quelques minutes, quelques secondes peut-être pour résister à l’ondine qui battait déjà dans ses membres. Douloureusement, une nageoire acérée éventra son dos, brutalisant sa colonne  et sa robe dans un halo lumineux, se révélant épineuse et aquatique. Ses gestes se firent saccadées, désarticulés comme ceux d’une poupée brisée, d’une marionnette. Les armes de Léo…


« - Restez-là, ne bougez surtout pas… » Murmura-t-elle à Elza avant de prendre le chemin du couloir. Ils avaient déposés toutes leurs affaires dans le vestibule, non loin, quelque pas à peine. Léo, quant à lui, gémissait dans un effort surhumain pour parvenir à tirer le loup de mer, qui émettait toujours ses craquements macabres qui résonnaient à présent plus distinctement que jadis. Elle arriva bientôt au sac du colonel, cherchant nerveusement dans ses attributs alors que non loin, la porte s’ouvrit en grand fracas, une bourrasque si grotesque qu’elle en ébranla la maison, la remplissant d’un coup par tous les hurlements, les cris de terreur, la panique de la rue. Une bouteille vide qui se remplit… Des vases communiquant de panique et d’effroi.
Rapidement, elle mis la main sur un long sabre qu’elle reconnut comme étant son arme de prédilection. Puis sur une autre épée, une rapière, non loin d’elle. Attrapant les deux dans ses mains, elle s’élança vers la porte quand ses jambes la lâchèrent, l’entraînant dans une violente chute sur leurs effets communs. Elle nageait maintenant dans leurs affaires éparpillés, ignorant la coupure qu’elle venait de se faire avec une des lames qui avait lacéré un de ses avant-bras, se dandinant du mieux qu’elle pouvait dans l’océan de sa robe et de ses voiles. Elle trébucha de nouveau dans les plis de sa robe, luttant contre ses genoux qui se liquéfiaient dans ses chairs, tremblaient dans sa peau, rampant ridiculement jusqu’à la porte. Léogan et Fenris – elle le supposait – étaient à présent dans la rue, au milieu du foule hagarde et paniquée. Se redressant penaudement dans l’encadrement de la porte, elle lança les armes au capitaine, abandonnant au même instant sa lutte pour céder aux abysses. Alors que les lames heurtaient le sol, elle fendit en lumière, retombant mollement au sol sur sa longue queue marine, ses bras d’écailles luisants aux soleils, sa poitrine se soulevant difficilement, son dos se tordant, se redressant sous la poussée des nageoires. Bientôt, elle n’était plus que la fille des eaux, tristement allongée, roulement entre le couloir et la rue dans une courbe ridicule, haletant comme un chien.

« - Léogan ! » Hurla-t-elle entre deux souffles à pleins poumons, la voix déchirée par la douleur et la panique. « Ne lui faites pas de mal. Qu'est-ce que... » Elle regardait d’un œil horrifié son ami, son sauveur devenir lentement un monstre de violence qu’elle ne reconnaissait pas. La rue était rempli d'une hérésie étrange. Tout le monde hurlait, courait, comme des démons pris de folie. Les yorkas s'étaient transformés, comme les llurghoyfs. Un scintillement attira son regard vers l’intérieur. Elle rampa péniblement pour retourner à l’ombre, honteuse de n’être plus qu’une grotesque immondice, dépourvu de mobilité, d’utilité, de pouvoir, et se devant de protéger du mieux qu’elle pouvait la famille confuse. Dans leurs effets éparpillés, sortant timidement de son sac, un curieux miroir renvoyait étrangement la lumière du dehors sur son visage perdu…

Sur la ville, l’ombre du colosse passa. Plongeant les deux amis en lutte et la ville en braise dans son ombre dévorante. Pourquoi subissaient-ils tous ce sort étrange? Quel était ce mal immonde? La folie était aux portes d’Hespéria.    

Spoiler:
 





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Dernière édition par Othello Lehoia le Lun 16 Nov - 11:14, édité 3 fois
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:: Duc Aveugle/Fils de Fen ::

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Tekum Seh

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Jeu 12 Nov - 16:04

Le Duc, où plutôt ici bas, bien plus bas que ce que les hommes regardent, dans la fange sous le marbre, il était et sera Le Serpent, celui qui dirige la plume, calmement assis dans une arrière salle loin sous la taverne de Cynn, en vérité pratiquement inaccessible depuis celle-ci si ce n’est par une toute petite aération il aurait fallut être caligineux pour venir de là.

Dans les tréfonds donc, le serpent était là pour plusieurs choses, en premier lieux pour rendre justice sur un épineux problème qui entachait la Plume et une autre pègre, un terrain qui n’aurait pas dût s’étendre suivant l’accord qu’ils avait avec ce petit organisme et pour laquelle il avait écouté la longue et fastidieuse récipicence d’un zélos qui ne savait que baisser les yeux. Il n’avait que peux d’idée de la chose, il savait simplement par des hommes sur que la Plume si elle était quelque peu coupable, avait fait disparaitre les traces assez rapidement pour qu’on puisse tout faire reposé sur les épaules de cette petite main et sa simple présence suffirait.
Elle avait suffit, la petite chose, un mouton qui avait voulut revêtir les habits du loup avait fait amende honorable reconnaissant ses fautes devant la plus haute des institutions et attendait sentence et jugement les mains tremblantes et le pou affolé dans son cou qui semblait si doux.

La chose fut rapidement mené à bien le verdict ne serait pas inique, il fut simplement demander à la chose tremblante de partir du terrain, d’en cédé un peu plus, et de rembourser le manque à gagner, comme il était de raison. Ne pouvait faire tout cela avec facilité un crédit à la plume leur serait accordé, pas des plus avantageux mais présent. L’affaire mener docilement il pouvait passer à la suite, une petite réunion prévu de longue date où les têtes de l’hydre d’Hespéria lui présenterait les résultats et les pistes à exploité, les choses à décidé et tout ce pourquoi il faut la présence d’un chef et de son corbeau. Car debout, à coté de son siège légèrement en arrière se tenait Randiel là pour apprendre les choses et avancer dans ce monde, porté la voix du maitre de la plume si nécessaire et parfois, qui sais, apporté son mot d’être de terrain que le Duc aveugle n’était plus, confiné qu’il était aux frontières de son esprit.

Mais les choses en ce monde ne se passent jamais de la façon dont elles devraient, elles sont toujours faites de soubresauts parfois ridicules, parfois digne d’une mort prochaine et se déplaçant en quinte incertaine. Ici il était question de ceux qui annonce la mort et que le docteur définit comme terminaux, une de ces toux qui ramène avec elle les glaires infâmes et noire de sang d’un passé qui aurait dût être perdu quelque part dans les limbes d’une histoire incertaine.

Alors le monde tourne, et un craquement sinistre se fait entendre dans la grande salle aux alcôves, la quelque part sous le feston qui cache sa chaise aux yeux de tous les doigts du Duc ont craqué de manière bien trop présente et son sourire se fait insistant alors que les êtres de la salle sont prit de vertige de spasme ou de faiblesse. Alors la voix du Duc retentit, calme comme à l’accoutumé même si plus sifflante sous le perpétuel voile de magie qu’elle porte :


“Enfermer les fils et les filles, dans les prisons des alcôves, ils y en a assez, les autres sortez et mettez vous à l’abri … Tout le monde souffre, le mal se repends, festoyer mes enfants, mangez à votre faim, dehors le chaos règne en maitre, il va sortir de sous la fange et recouvrir le marbre, nous resterons un chaos organisé, profitons en mes fils et mes filles, la plume... La plume avant toute chose.”

il a enfoncer ses doigts, de longues griffes qui vont rapidement disparaitre dans quelques craquements, dans la chaise, il ne lui reste que quelques codalies pour savouré le vin de sa voix humaine. Il se tourne donc, à peine, vers celle qui est toujours à ces cotés.

“Ma douce, il vas être temps de vérifier si tu peux être mes yeux, j’ai besoin de sortir de ma prison, quelque chose me le demande, c’est bien plus fort que tout ce que j’ai jamais ressentit, alors il faudra que tu sois mes yeux petite amie, il faudra que tu vol devant moi, il faudra que tu me montre la voix vers la sorti, le serpent ne supporte pas d’être enfermé lorsqu’il vie, il a besoin du ciel, c’est au final la seule chose qui nous différencie … Mais laissons nous aller, jouons, voyons voir ce qui peuple ce ciel, volera tu avec moi ?”

A la fin de ses mots il plonge en lui, il plonge dans les profondeurs de sa cage pour mieux en sortir, elle qui a rouiller d’elle-même, elle qui semble vouloir l’expulsé alors qu’il l’a forgé de ses mains car l’aire des monstres n’est plus, car il vaut mieux être humain pour vivre en monstre, car on accepte que l’humain soit plus monstrueux que le monstre.

Puis tout n’est plus que nitescence d’écaille d’or sur le ventre d’un long corps ophidien, il représentait merveilleusement l’ordre des squamata doucement enrouler sur lui-même avec ces deux grand yeux de pierre qui n’avaient en rien changé, l’un vent l’autre nuit. Il ne reste plus rien des souvenirs de l’être passé si ce n’est les yeux de pierres précieuses et une impression de charisme. Derrière cela nait un visage de serpent dont les longs crocs viennent montrer la colère et la faim, puis le corps suit : couvert de plume sur tout le dos, plumes de couleur ou plumes de nuit toutes s’emmêlant dans un éclats d’espoir comme si tout son corps n’était qu’un arc en ciel d’histoire perdu où la plus part des plumes étaient pluie. Puis des grandes ailes reprenant les colorations étrangement dansantes des plumes, la bête est là.
Et dans toute son étrangeté, elle semble être bien plus heureuse et plus libre que dans le corps humanoïde, elle ne fait aucun geste d’agression vers les hommes qui connaissent tous la forme qu’ils voient, la tête de l’hydre jurant toujours fidélité au Serpent sous sa vraie forme.

Puis dans cet air lourd de ce qui pourrait sembler au petrichor qu’il aime tant il commence à avancer vers la sortie, lui le serpent de la plume qui passe les portes avec difficulté mais toujours dans un murmure.


Résumé:
 


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Sam 14 Nov - 16:53

Enfin rentrer chez soi.
C'était l'unique pensée que possédait l'albinos dans son esprit fraîchement retourné d'un voyage au cœur de la guerre de Cimmeria. Après la cérémonie, Othello lui proposa de l'accompagner à Oakbrigs afin d'y aider ses sœurs à soigner les blessés. Sans hésiter, le rosier blanc accepta bien entendu et y ai vécus la réalité de ses événements. Les mois passés là-bas put lui permettre de se rendre pleinement utile par la réalisation de remèdes diverses et nécessaires malgré le froid de la citadelle.
Une fois les tensions abaissées et les combats calmés, le choix de repartir le premier et donc de quitter Othello pour rentrer, n'était que le fait de vouloir se reposer moralement d'un travail qui lui avait pris le plus clair de son temps. Entre la Pistilose qui s'était endormi par le climat, lui laissait au moins un peu de répit jusqu'à qu'elle constate une augmentation de la température en plein voyage pour pousser soudainement comme une roserait en pleine saison douce. Le fait de voyager seul avait son avantage dans ses moments là pour éviter de montrer à tout le monde ce secret qu'il avait tout de même du mal à garder pour lui.

Durant les quelques jours qui suivirent, l'esprit de l'herboriste une fois reposé lui permirent de reprendre un peu son travail dans la boutique pour y vendre de temps en temps quelques remèdes de clients ravis de le revoir malgré les nombreuses rumeurs de son départ à la guerre et de celui de sa mort. Rassuré, chacun des passants prenaient de ses nouvelles pour y voir un jeune homme toujours plus entrain à accomplir son devoir d'apothicaire chevronner. Entre remède de base et remède un peu plus poussé, les ventes des jours suivants se révèlent également très abondante. Fort heureusement les quelques réserves ont permis de satisfaire plus de la moitié des acheteurs.
Les passages en villes s'accumulaient, tout en y mêlant la nouvelle d'un nouveau voyage avec une femme rousse sur les terres sombres de Ridolbar dont il fallait prévoir une nouvelle fermeture de son magasin et donc un manque à gagner pour les habitants dans le besoin.
C'est à ces moment-là que les intermédiaire sont intéressants. Les quelques sorties qu'il effectuait concernait souvent la recherche des intermédiaire dans plusieurs petites boutiques, pour les remèdes les plus simples du moins, car l'expertise des plus complexes lui était toujours réservé.

Alors que les réserves venaient d'être fraîchement acheter, le jeune homme s'attaqua directement à une commande qui devait être fait pour le lendemain. Le client, très pressé, lui avait même soumis qu'il allait être payé le double si la potion était déjà disponible aujourd'hui. Précisant que la rupture de stock de cette lotion allait lui donner un jour de retard, temps nécessaire à sa préparation, afin de pouvoir le lui livrer dans les temps. Ce n'est aucunement par apport de gain, mais une commande devait être satisfaite à tout coût pour ses propres intérêts dans un commerce longue durée.
Sans aucune hâte, le maître dans sa boutique préparait les ingrédients dans un calme olympien qu'il disposa sur la table jusqu'à qu'un événement sans précédent se produisit soudainement.

Ce n'était pas non seulement la table qui avait tremblé mais toute la maison. Cela n'avait en rien le son d'une puissante explosion qu'il avait entendu mainte fois durant la guerre. Non loin de là. Mais ce genre de tremblement n'avait rien de naturel vu qu'aucun séisme ne s'était encore produit à Hespéria.
Plusieurs de ses étagères se retrouvèrent vidé de quelques fioles dont les plus dangereuses – à proprement parler pour leur odeur à l'effet particulier – furent rattraper par un cousin d'air invoquer par l'albinos dans un réflexe impressionnant, mais où il se cogna maladroitement la main sur la table en étouffant la douleur en serrant les dents. Secouant sa main, la caressant avec l'autre, un autre tremblement se produit. La curiosité autant que l'inquiétude, lui donnait l'envie de savoir le responsable de ses séismes.
Forcement et sans le savoir, cela allait être une épreuve plus difficile que prévu. Bien que l'atelier et la boutique était bien organisée, il trébucha sur la petite marche à un mètre de la porte séparant les deux pièces pour se la prendre en pleine face et tomber.
Tenant sa tête dans une grimace expressive, il prit appuis sur la poignée pour se relever et la tourna en regardant où il mettait les pieds. Une fois dehors, la panique semblait être le principal sentiment des gens quand ils tournèrent les yeux autant vers le ciel que vers la population aux peuples différents. Quelques yorkas se voyait transformer en leur essence animal pour exemple. Le pire restait à venir. Un lhurgoyf semblait soudainement paniqué à l'idée de devoir se transformer aussi soudainement. Celui-ci criait autour de lui de fuir, de fuir pour nos vies, alors que son apparence se transformait sous les yeux des commerçants effrayés.
Fuir.

Sachant cela, Duscisio fit demi-tour pour remonter à l'étage, la porte de sa boutique restant ouverte, il prit le temps d'essayer de comprendre ce qu'il se passait. Entre le fait qu'il se cognait de temps à autre des coins de tables en retenant de gémir de douleur, il arriva à l'escalier pour monter les marches une à une, lentement. Tuanio était en train de croasser dans tous les sens en voulant quitter la maison le plus vite possible comme si un danger imminent arrivait dans la ville entière. Le rosier blanc ne tardait pas son regard sur la pièce, il pointa de ses prunelles rouges-sang la seule chose dont il semblait avoir besoin sur le moment : son épée. Appelant son familier de le suivre, ils quittèrent l'étage avec la même prudence. Sa maladresse soudaine risquerait de le tuer dans l'escalier en l'y faisant rater une marche. Bien tenue sur la rembarre pour les descendre, l'épée au fourreau attaché à sa ceinture, il mit un temps avant de pouvoir retourner à la porte de sa boutique en constatant que le lhurgoyf n'était pas arrivé à se contrôler et attaquait déjà les passants. Il n'y avait pas de temps à perdre et priait tous les dieux de lui donner une chance d'agir sans accident. Quelques mots furent prononcer, une poussière noire apparu autour de lui, une femme venait de trébucher en criant à l'aide. Tendant le bras entre elle et la créature une fois qu'il était à portée, dressa un mur composé de six épées de grande taille pour protéger la jeune femme.

Éloignez vous de lui. Maintenant !

Retenant un instant, son familier pour qu'il se sert de son don de parole pour appeler à l'aide, il lui donna l'ordre de se rendre au palais ou un poste de garde le plus proche pour un appel à l'aide dans le quartier commerçant. Le lâchant, pointant une nouvelle fois son observation sur la créature qui s'acharnait à passer au travers du bouclier d'épée qu'il avait érigé pour protéger la jeune femme, il cria pour attirer son attention.

Hey. Par ici la bestiole !

Mauvaise idée.
Bien que la diversion avait laissée le temps à la plupart des habitants de s'éloigner du lhurgoyf, il avait la décision de protéger tout le monde. Il rappela le mur d'épée dont les restes de poussière le rejoignirent. Il le regarda, il hurla, il lui fonça dessus et dans un réflexe de protection un autre bouclier de six épées fut dressé pour s'en servir de protection. Le choc de ses griffes sur le métal noir était assourdissant. Une expression de force restait sur l'albinos qui semblait maintenir à distance à l'aide de son bras tendu vers son bouclier des plus étranges qui s'était reculé de quelques centimètres à ce moment-là.
Les attaques répétées ne lui permettaient pas de rester sur place. Reculant progressivement, il finit par trébucher après une dernière attaque. La perte de concentration dissipa sa protection. Sur le sol, il s'était cocher la tête sur les pavés de la route. N'y voyant pas très clair, la forme de l'humanoïde transformait se portait toujours devant lui et grognait de manière inquiétante. Il allait attaquer, l'un de ses membres supérieurs se leva au-dessus de lui.
À nouveau sur un réflexe, il prononça quelques mots pour dresser encore une fois son bouclier d'épée pour éviter de se faire tuer. Un nouveau choc métallique retentit et priait maintenant qu'une aide allait venir au plus vite, sentant qu'il n'allait pas tenir à cause du choc à la tête qui semblait maintenant saigner.

Résumé:
 


Duscisio's Theme - Pistilose's Theme


Merci Othello pour le Kit

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MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Dim 15 Nov - 17:50

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:: Le Loup Borgne ::

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Fenris Skirnir

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Dim 15 Nov - 22:46

Chapitre VIII : Le Colosse de Paramis

Acte I: Breaking Free

Son chapeau dans les mains, Fenris avait docilement suivi Léogan et sa belle-sœur jusque dans la pièce à vivre. La pièce ensoleillée, quelque peu encombrée et désormais prise d’assaut par les visiteurs lui rappela nombre de bon souvenirs lointains, des moments partagés au cours de ses voyages avec les frères Jézékaël. C’était un peu étrange de se retrouver ici après tant d’années, dans un milieu aussi différent de leurs destinations passées. Exit les nuits à la belle étoile, les campements à l’arrachée au milieu de nulle part, et une vie de saltimbanque où chaque éclat de rire donnait un sens au manque de confort. Ici, dans ce beau quartier où les mal fringués étaient dévisagés c’était différent. La maison semblait avoir son propre esprit, sa propre aura. C’était plus chaud et plus vivant, loin des artifices auxquels on aurait pu s’attendre. Cela n’avait pas grand chose en commun avec les salons à la mode, richement décorés par les nobles espérant graviter autour de la couronne... et c’était tant mieux.
Bien sûr Fen aurait tout de même fait l’effort de se plier au jeu des gens guindés si c’était nécessaire à ce qu’on lui laisse visiter Ilyan, mais cela restait un soulagement de ne pas devoir aller jusque-là. Elza et sa méfiance habituelle lui donnaient toujours l’impression d’être un brigand dont la seule présence était une insulte, seulement ça n’avait rien d’inhabituel. C’était secondaire étant donnée la perspective de revoir un visage amical. De plus l’ambiance réconfortante de ce cocon familial était appréciable, presque autant qu’un thé en bonne compagnie.

Malgré les apparences son insouciance avait aussi des limites, aussi il eut envie de décliner l’invitation à loger chez les Jézékaël d’entrée de jeu. C’était tentant d’un point de vue logistique, d’accord. Ilyan prendrait son refus comme une prise de distance et en serait attristé, oui c’est vrai. Mais ce n’était pas juste de donner autant de préoccupations à Elza, qui malgré son caractère tempétueux se plierait en quatre pour qu’ils soient aussi bien installés que possible. Il sourit timidement. La furie éperdue de bienséance n’était pas aussi hargneuse qu’elle n’y paraissait, et il n’avait même pas besoin de scruter ses liens empathiques pour le savoir. Il savait que le mal dégénératif qui rongeait Ilyan et la naissance du petit devaient l’avoir mise sur la défensive. Fen soupira et se laissa distraire par le cours de ses pensées éparses, restant volontairement en arrière plan.
Dans un coin de sa tête, il avait essayé de se préparer à voir un Ilyan encore plus faible que la dernière fois. Léo lui en avait déjà parlé et malheureusement ce déclin n’était pas une première. Néanmoins au courant ou pas, il n’arrivait toujours pas à se faire une raison. C’était toujours ce même pincement à la vue de ce visage pâle et maladif, encore plus mal en point que la dernière fois qu’il l’avait quitté. Sa mâchoire se crispa de frustration et d’impuissance, mais il se força à ravaler ce qui le rongeait. Le malade était un homme perspicace et une des rares personnes qui arrivait à facilement voir dans son jeu. Aussi Fen lui avait souri avec sa nonchalance habituelle, l’avait gratifié d’une accolade et de quelques blagues sans conséquence, se satisfaisant des quelques rires qu’il récolta en réponse.

Après les diverses salutations et autres politesse d’usage il avait essayé de se faire discret, conscient que sa présence était tout juste tolérée. Pendant plusieurs minutes il était resté penaud à l’entrée, les mains dans les poches, sans oser entrer, à la recherche des mots justes ou d’une position qui ne gênerait pas autant le passage. Le regard critique de la maîtresse de maison avait tendance à le mettre encore plus mal à l’aise, aussi il resta planté là comme un piquet bigleux et maladroit, en attendant qu’on l’autorise à entrer.
Il n’avait pas honte de l’admettre, cette femme l’intimidait avec ses grands yeux de lionne, et plus il réfléchissait à un moyen de l’apaiser plus il avait l’air bête. Finalement il acquiesça avec obéissance à la remarque sèche et retira ses bottes et son manteau sans protester. Un bref ‘Oui madame.’ fut sa seule réponse, ce qui à défaut de mieux sembla ne pas la contrarier davantage. De toute façon Léo le ferait assez pour deux, contestataire inné et rebelle qu’il était. Pendant que les sindarins se chamaillaient une fois de plus, le blond s’approcha du canapé en quelques enjambées.
Lissant sa chemise, il prit place dans là où on lui avait indiqué, les coudes serrés et dos bien droit. Il avait de la bonne volonté et était aussi poli qu’il était possible de l’être, seulement ses genoux dépassaient du siège malgré tous ses efforts pour ne pas attirer l’attention. Ses épaules étaient presque voûtées de façon à ne pas toucher celles de la jeune femme à côté.
‘Rah, pourquoi faut-il toujours qu’ils construisent des meubles pour nains? ’

Un peu embarrassé il se gratta la nuque, souriant à sa voisine qui devait le trouver bien ridicule. Heureusement ce dernier ne tuait pas, autrement il serait mort depuis longtemps. Le Lhurgoyf ne se formalisa pas de ce contretemps et resta sagement dans son coin, de peur d’envahir l’espace vital de la prêtresse, qui semblait perdue dans ses pensées. De son côté il se sentait étrangement engourdi et patraque, ce qui le fit se demander si les derniers voyages ne l’avaient pas fatigué plus qu’il ne l’aurait cru. C’était étrange, il se sentait bien, pourtant. C’est juste que... qu’un mauvais pressentiment grandissait en même temps qu’un foutu mal de crâne, sans qu’il ne s’explique pourquoi.
Toutefois il ne voulait pas ternir ces retrouvailles avec des détails sans importance. Il se força à se détendre et échangea quelques mots avec la sirène qui semblait tout aussi hésitante. Il tenta de la rassurer avec quelques banalités et de la bienveillance, même s’il n’osa chercher le contact de sa main comme il avait pour habitude de le faire parfois. Au lieu de ça sans s’en rendre compte il se mit à observer le bébé qui piaillait joyeusement dans les bras de Léogan, fasciné par ses mimiques et son innocence. Cela lui faisait plaisir de voir que malgré la maladie et les épreuves la petite famille s’était agrandie et faisait du premier né la source de leur force. Il le sentait et le voyait dans le regard d’Elza, qui en dépit de ses piques couvait son mari et le petit garçon d’un regard protecteur. C’était une femme forte et il l’admirait pour ça. Il fut amusé et heureux pour le trio, bien qu’en un sens il se découvre honteusement envieux de ces liens. Des liens qu’il n’espérait plus, parce qu’il se jugeait incapable de les entretenir et les préserver.

Secouant la tête face à ses réflexions déplacées, il fronça les sourcils tandis que la migraine, de plus en plus fulgurante, lui secoua la cervelle. Fermant les yeux un instant il posa une main sur sa tempe lorsqu’une vague fusa vers son front. L’étincelle foudroyante qui remonta dans son échine fut si violente qu’il en eut un haut le cœur, et se fit complètement sourd à ce qui se passait autour de lui. Le sol trembla et Fen trembla avec lui, mais dans son état il ne pourrait affirmer que ce n’était pas juste son imagination. Il connaissait cette sensation horrible et les ravages qu’elle causait par la suite. Il serra les dents si fort que ses crocs en grincèrent. Le vacarme causé par la porcelaine cassée et les cris lui parvinrent aux oreilles et mirent le feu aux poudres. C’était un cauchemar aussi vieux que lui, un cauchemar duquel il ne pouvait pas s’échapper.
Ses poings se contractèrent d’eux-mêmes et ses ongles s’enfoncèrent dans ses paumes tandis qu’ils s’allongeaient en griffes. Il avait espéré que la douleur l’aiderait à garder l’esprit clair, qu’elle servirait de rempart à la bête qui s’acharnait contre les barreaux de sa cage de chair. Au fil des siècles il avait appris à l’utiliser pour résister, mais ça... c’était un poids écrasant, une gravité qui le tenait face contre terre, une pulsion irrépressible et beaucoup plus soudaine que ça ne devrait. Toute la concentration du monde ne pouvait rien contre l’adrénaline qui déferlait dans ses veines. La réalité lui apparut limpide et brutale : il serait incapable de se contenir. Il ne pouvait pas ignorer l’animal en lui ni refréner les instincts primitifs qui couraient dans ses muscles parcourus de convulsions.


« Non... » Il jura intérieurement, à défaut de pouvoir articuler quoi que ce soit. « Pas ici, pas maintenant... » Il avait bien envie de maudire dame Fortune, le panthéon entier et le reste de la clique, mais il n’avait pas le temps pour ça. À travers la brume de sa raison, des noms lui rappelèrent qu’il était un danger pour tout le monde. Ilyan. Valistar. Sans réfléchir il usa son empathie pour prévenir Léo. Sans les mots il lui transmit la colère et la bestialité qui grondaient comme un orage prêt à éclater. Une sonnette d’alarme. Le grognement plaintif qui franchit sa bouche et la lueur de folie dans son œil unique finirent de donner l’alerte. Il se leva et trébucha à moitié sur le tapis, se redressant avec peine en se rattrapant sur le mur le plus proche. Ses griffes raclèrent la paroi et y firent cinq sillons profonds. L’homme voulait aider les autres, il voulait les secourir et comprendre ce qui se passait... mais l’animal ne songeait qu’à regagner l’air libre, il était obsédé par l’idée de briser ses chaînes et calmer sa faim.

L’urgence de s’écarter des gens qui lui étaient chers prit le dessus, mais son corps ne pouvait pas suivre. Ses jambes n’arrivaient pas à le porter aussi il s’adossa au mur avant de se lancer vers la sortie, dos courbé, appuyé sur ses pieds et ses mains, dans un comportement qui n’était plus humain. Lorsqu’il releva la tête vers Léo, les muscles de ses membres avaient déjà commencé se plier dans des angles improbables, adoptant la forme du loup à un rythme bien plus rapide que la normale. Son œil se fixa sur la porte d’entrée avec désespoir. Après seulement quelques mètres il fut obligé de s’arrêter alors que sa colonne vertébrale se tordait en un craquement sinistre d’os déplacés, le mettant à genoux au sens propre comme au figuré. Il cria de douleur et pria que ce soit suffisant à leur faire comprendre de rester loin. Il se débrouillerait tout seul, c’était la seule solution.
« Ne vous approchez pas, je... » Il frappa du poing au sol, si fort que tout son avant bras en fut engourdi. D’un revers de bras incontrôlé il envoya valser une table, ayant tout juste le réflexe de la jeter loin des présents. Il se releva à la recherche de Léo, et il eut vite fait de le trouver.
Ce dernier, probablement effrayé que son animosité ne finisse par se diriger contre eux, lui fonça dessus sans préambules. Le souffle coupé Fen se retrouva dos à la fenêtre, projeté contre la paroi froide. Le choc raviva la douleur. Tenu en joue par son ami qui espérait pouvoir le raisonner, Fen grogna alors que sa mâchoire se disloquait dans des bruits peu ragoûtants. En revanche son corps réagit de lui-même à la menace et se défendit grâce à sa force brute. Ses griffes s’abattirent et se refermèrent en partie sur le torse de son opposant, ce qui tâcha ses mains d’une jolie teinte de rouge. Avec un rictus moqueur, il porta le précieux apéritif à ses lèvres qui tenaient de plus en plus de la gueule lupine. Son œil fuyait le regard de Léo, désolé et sans doute honteux de céder de la sorte. Par contre son expression et sa voix rauque, elles, racontaient une histoire bien différente.


« C’est trop tard. » Il se lécha les babines, encore plus en appétit maintenant que le festin avait commencé. Son expression provocatrice était un défi permanent, une invitation à en découdre, ce qui lui offrirait l’occasion de croquer le meilleur des gibiers. Les coutures de sa chemise craquèrent alors que son torse devenait plus large, et que ses tatouages se recouvraient de poils. Néanmoins alors qu’il sentait les os de ses jambes s’allonger et lui faire prendre en hauteur, Fen fut renversé et ils roulèrent au sol dans un méli-mélo de crinières noires et or. Coups de poing, morsures et jeux de force durèrent jusqu’à ce qu’il entende les pleurs de Val. Ces derniers furent comme une claque en pleine figure, ce qui l’espace d’un instant le fit s’arrêter de bouger. Un bref répit de brouillard confus qui mit en sourdine les hurlements dans sa tête. Immobilisé grâce aux maillons de ses chaînes, le Loup fut pris en tenaille entre l’horreur de ce qu’il s’apprêtait à faire et le reste de sa transformation. Le murmure suppliant de Léo se perdit dans le vide, sans effet.
Convulsant frénétiquement entre ses bras, le borgne fut jeté dehors in extremis tandis qu’il entrait dans la dernière étape de la mutation. Ses vêtements et même son cache-œil se déchirèrent au fur et à mesure que ses dimensions changeaient, dans des cris de possédé qui en faisaient froid dans le dos. Une minute à peine fut le temps nécessaire, bien que le calvaire lui ait paru bien plus long.
Il se redressa à quatre pattes, méconnaissable du haut de ses plus de deux mètres d’épaisse fourrure argentée, ainsi qu’une impressionnante rangée de crocs aisément capables de broyer la tête d’un humanoïde. Fen n’existait plus tel qu’on l’avait connu... Et là était tout le problème. Son intelligence n’était en rien amoindrie par la métamorphose, mais ses inhibitions et son sang-froid n’étaient plus qu’un lointain souvenir. Il n’était plus qu’un animal sauvage en quête de proies, un monstre ivre de violence, imperméable à la culpabilité.

Sonné un moment, il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Les cris de panique ainsi que le mélange d’odeurs attirèrent naturellement son attention de prédateur. Il se défit de la prise de son meilleur ami en s’ébrouant, accompagnant le geste de mouvements des crocs qui heureusement pour ce dernier, ne se refermèrent pas sur lui. Son œil féroce et hargneux étudia les environs à la recherche de proies. Peut-être de détournait-il consciemment de la vue tentante de l’enfant et du malade qui étaient encore dans la maison, ou peut-être n’était-il simplement pas intéressé par des proies qui ne représentaient aucun défi.
Quoi qu’il en soit le calme citadin avait cédé sa place aux cris de panique , au fracas et aux bruits de course. Les Eridaniens n’étaient pas prêts à se défendre contre un opposant arrivé par la voie des airs. Bien plus vicieux et imprévisible qu’une légion, un colosse serait un opposant de taille pour cette l’armée qui s’enorgueillissait tant de ses exploits passés. Leurs citoyens cédaient doucement à l’hystérie générale à cause de la peur mais aussi à cause des effets secondaires pernicieux qui se faisaient sentir chez toutes les ethnies. Dans sa tête retentissait le cri du colosse ailé, si aigu et perçant qu’il en rajoutait à sa propre frénésie.

Son instinct de chasseur prit le dessus dès qu’il aperçut des Hespériens. D’un bond fort agile pour une bête de son envergure, le Lhurgoyf fonça sur le premier groupe de passants qui tourna au coin de la rue, dans une fuite désespérée vers les portes de la ville. Surpris dans leur course, ils furent plaqués au sol avec violence. Deux des femmes du groupe moururent sur le coup, le crâne explosé au contact avec les pavés. Quand à l’homme qui les accompagnait, il eut tout juste le temps de hurler à plein poumons alors que son bras était déchiqueté entre les crocs du Loup et séparé du reste de son corps. Hélas le malheureux ne cria pas bien longtemps, car sa gorge suivit de près dans un gargouillis immonde de sang qui gicle et de mâchoire qui s’active.
De temps à autre il leva la tête pour regarder autour de lui, bloquant la rue entière de son gabarit. Les quelques personnes qui venaient dans leur direction tentaient bien de rebrousser chemin, mais une fois qu’ils arrivaient à son niveau c’était déjà trop tard. Les lourdes chaînes au bout de ses pattes raclaient contre la pierre au fur et à mesure qu’il s’approchait lentement, se délectant de leur agonie comme de leur chair. Au fond de lui il savait que des gens essaieraient de l’arrêter. Il savait que Léo, plus que quiconque, se sentirait responsable de ce dont il était capable dans cette forme. Il le savait et cette pensée ajoutait une dose supplémentaire d’adrénaline à son plaisir macabre. N’importe quelle distraction ferait l’affaire. Tout sauf céder à l’appel de l’odeur iodée qui lui restait dans les narines, et lui donnait envie de changer sa diète.

Pour la première fois depuis des années, sa fourrure se teinta à nouveau de rouge, dans un spectacle qui n’était pas plus rassurant que l’apparition de la bête qui survolait la cité. Avec une bravade de fugitif la gueule de Fen savoura les entrailles de ces victimes, en attendant de voir qui aurait le courage d’essayer de l’arrêter. Et justement des inconscients voulant jouer les héros du jour, il y en avait toujours. Il s’en rendit compte lorsque quelque chose de lourd heurta son dos, juste derrière sa tête. Une plainte et un grognement furent sa seule réponse face à l’impact qui ravivait la sensation de ses os endoloris... Une rage encore plus sourde vrombit dans sa tête, et la soif de vengeance prit le dessus sur le reste. Il ferait payer à celui qui avait eu la mauvaise idée d’interrompre sa pause repas.
Reculant de plusieurs pas, il se mit à l’abri sans y penser. Un peu sonné par le coup, il grogna. C’était blanc et ça se tenait dans la direction de son angle mort. Il cilla et s’agita dans tous les sens pour chasser l’excédent de sang, se tenant sur ses gardes au cas où quelque chose d’autre tomberait du ciel. Néanmoins le constat fut immédiat et satisfaisant. Un oiseau. C’était une saleté d’oiseau... et il allait le bouffer. Sautant sur un des chariots commerçants qui avaient été abandonnés pendant la fuite de leurs propriétaire, il se mit en tête de prendre sa revanche. À défaut d’autres bipèdes, un peu de volaille ça ne devait pas être si mauvais. Guettant l’occasion de lui tomber dessus, Fen était prêt à passer à l’action.





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MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Lun 16 Nov - 5:04

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MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Lun 16 Nov - 9:45

« Qu’est-ce que je vous sers, petit homme ?
-Une pinte. Blonde.
-Un demi litre ambré pour le demi-homme basané, ça marche ! »

Le serveur repartit avec un petit rire à destination de son collègue qui éclata de rire après avoir repéré le client.
Je déglutis pour ne pas m’énerver face à cette plaisanterie digne de l’établissement. Les gens ne venait pas ici pour le service ni même pour la qualité de la boisson. On venait ici pour se rencontrer. Parfois pour conclure des affaires, parfois pour s’entendre sur la durée d’une liaison.
Non, l’un des Nérozias les plus recherché par sa caste et par les gouvernements ne trainait pas que dans des bouges mal famés. Mais à la défense de ceux qui aurait pu penser le contraire, je n’étais pas exactement ici de son plein gré.
Ce qui m’intéressait, c’étaient ce Zélos et ce Terran qui riaient de bon cœur accoudés au bar.

Prenant place dans un coin de la pièce, derrière une table très animée pour m’isoler de l’attention des deux compères, je commençais à retirer mon manteau à capuche et à m’assoir de manière à pouvoir jeter un coup de mon œil unique vers eux. Ce n’était pas la peine de me cacher sous un quelconque déguisement ou de me donner un air suspect en restant le visage dissimulé par une capuche en intérieur.
D’abord parce qu’un assassin n’a pas vraiment un visage que des témoins peuvent communiquer. En tout cas, lorsque cette assassin est compétent, ce qui est mon cas. Ensuite, parce que mon passage  par la case prison pendant sept mois m’a pas mal marqué. Certes, on ne change pas de visage en si peu de temps. Même si être nourri avec une écuelle de gruaux cuits par jour, assaisonné de drogue et servi dans un cachot isolé du son et de la lumière peut laisser tout de même quelques séquelles corporelles. Mais en terme de séquelle, les tortures impactent davantage. Ajoutez à cela le petit laissé aller sur l’entretien de ma pilosité depuis ma sortie et vous obtenez somem toute un autre homme. Ou du moins un autre nain, comme le laisse entendre le serveur qui revient avec la boisson.


« Vous êtes bien installé ? La table n’est pas trop haute ? » Malheureusement, mon silence et mon impassibilité ne suffit pas à le faire partir. Sans doute mon apparence n’était ni à son goût esthétique, ni à son goût des créances. « Ça fera 8 Dias, petit gars. ».

Cette fois, j’eus une réaction. D’abord, parce qu’il était un peu trop insistant, ensuite parce que 8 Dias était assez cher. Avec lenteur, je sortis quelques pièces de la main gauche pour les laisser tomber une à une sur la table. Lentement, sans le regardé, apparemment obnubilé par mon comptage. Lorsque la huitième tomba, il soupira de satisfaction et faillit sortir une autre blague, certainement sur ma lenteur. Mais il s’immobilisa lorsqu’une neuvième tomba.
Alors il me regarda et, la main toujours en l’air, j’avais tourné mon visage vers lui. Ce devait être la première fois qu’il le vit en entier depuis mon entrée parce que je reconnus la surprise et le dégoût dans ses yeux.
La peau grise de mon visage semblait peu élastique et montrait des signes de tiraillement dans le cou, le front et les pommettes. Mon œil gauche, mort avait pendant un temps arboré un voile par-dessus un iris encore coloré après la Sarnahroa. Depuis qu’on l’avait crevé sous ma forme monstrueuse, l’iris avait perdu toute couleur et n’était presque plus visible sous le voile. Les grandes cicatrices qui me défiguré le visage dans tous les sens finirent de changer sa surprise en crainte et son dégoût en répugnance.


« 9 et tu fermes ton claque merde. Tu me laisses siroter ça tranquile et je revois plus ta sale gueule. Maintenant dégage. »

Le Terran hésita un moment et puis se ressaisit :

« Dites donc. Restez poli ! D’abord je…
-Très bien » notai-je en récupérant le neuvième Dias, le visage tourné vers ma pinte.
« Non, je…
-Casse-toi. »

Cet abruti m’insulta encore une fois et puis repartit se plaindre auprès de son collègue. Moi je pus à nouveau me concentrer sur les deux piliers de bar et par hasard, nos regards se croisèrent avec celui du Terran. Il le détourna aussitôt, continuant de narrer son histoire drôle avant d’exploser de rire avec son collègue.
Pourtant ces deux hommes étaient ceux qui auraient pu le mieux me reconnaître dans cette salle. Nous nous étions rencontré par une nuit ombrageuse dans une auberge.
Ils étaient mercenaires et chasseurs de monstres itinérants. Des types très appréciés car efficaces et aux tarifs raisonnables. Le genre de type qu’on embauche avec une cinquantaine d’autres pour attraper l’un des Lhurgoyfs les plus rechercher d’Isthéria.

Après qu’ils aient bien bu, ils sortirent, légèrement éméché. Mais pas assez pour tituber ou même zigzagués. Tant pis pour moi.

J’abandonnais ma pinte intacte, sans l’avoir entamé. L’alcoolisme était derrière moi. Et je n’avais plus le temps pour mes excès. J’avais trop de choses à faire et de moins en moins de main pour les réaliser.

Après une dizaines de minutes de filature, ils tournèrent dans une ruelle à l’entrée de laquelle je fis une pause. Manifestement, j’avais été repéré.
Adossé au coin de mur, je réfléchis un instant, ne passant même pas une tête pour m’assurer qu’ils avaient bel et bien disparu comme je l’imaginais. Après un rapide effort de concentration, je rebroussais chemin, pris la ruelle précédente et me perdis dans les dédales. Je ne connaissais pas la ville par cœur mais contourner un pâté de maison était dans mes cordes.

Faute de les prendre par surprise, ils ne le firent pas non plus.
Nous étions chacun au bout d’une ruelle isolée des grands axes. Les bruits de la rue nous parvenaient difficilement et il n’y avait là qu’un mendiant ivre allongé dans son vomi. Ils l’enjambèrent et j’avançai aussi pour que nous nous rejoignions à peu près à mi-distance. Dans mon détour, j’avais ressorti une de mes armes de ma poche magique. Le long pieu faisait ma taille et je l’appelais Or.


« Qu’est-ce que tu nous veux, nabot ? » me lança le Terran, la dague à la main.
« Je ne vous dit rien ? »

Sortant de l’ombre d’un appentis, la capuche rabattu en arrière, je me mettais parfaitement dans la lumière du soleil à son presque à son Zénith.

« T’étais au bar. Pourquoi tu nous suis ?
-Frank… Regarde sa main !
-Oui, Frank. Regarde. »

Levant mon bras droit, je présentais le bandage blanc immaculé qui entourait mon poigné immaculé sectionné.

« Un nabot manchot… Ça, ça doit te parler, non ? »

Je vis la dague trembler dans un soubresaut. Il devait surtout se souvenir du monstre et se disait que sa petite arme ne suffirait pas. Le Zélos, lui attrapa son marteau Bec-de-Corbin et le brandit devant moi.

« Vous étiez cinquante la dernière fois. Cinquante avec une bonne préparation.
-Toi t’es manchot et borgne depuis la dernière fois.
-T’en mets du temps à tenter ta chance, Frank. Maintenant, j’ai juste une question à poser. Alors soit vous y répondez, soit… »

Le Zélos regarda le Terran avec insistance. Plus que de la peur, c’était sans doute de la méfiance qu’ils ressentaient. L’arme du Zélos n’était pas adaptée à la ruelle et la dague avait trop peu d’allonge par rapport à ma pique. Sans compter mon atout qu’il redoutait sûrement autant que mois. Dans l’étroitesse, je serai moins à l’aise mais leurs armes seraient définitivement inutiles.
En effet, ce combat reviendrait à tirer au dé. Personne n’était sûr de gagner et je misais surtout sur leur coopération.


« Combien ?
-Parfait. »

J’eus un petit sourire qui défigura les cicatrices formant mon sourire d’ange.
Ma main gauche était autant à l’aise que sa défunte consœur. Avec aisance, prenant un pas de distance, je délaçais ma bourse de ma ceinture sans les perdre des yeux. Je les vis hésiter mais ma pique pointa dans leur direction une seconde. Impossible pour eux de dire si c’était le fruit de la manipulation ou une réelle menace. Mais le temps qu’ils y réfléchissent, j’avais fini et lançais la bourse en direction du visage du Zélos que je sentais le plus enclin à charger.

« Yen a pour 250 Dias.
-Combien ?
-242, pardon. Votre taverne est assez chère. »

Les deux compères se regardèrent et n’hésitèrent pas longtemps. Il y en avait pour près d’une semaine de salaire chacun. Et d’habitude, ils le gagnaient en risquant leur vie. Attaquer maintenant ne ferait que supprimer le côté facile de cet argent.


« Tu veux savoir qui nous a embauché ? »
J’acquiesçai.
« On en sait rien.
-Un effort, Frank. Gâche pas tout.
-Nan, c’est vrai. On n’en sait rien. Un type s’est pointé un matin, nous a offert trois fois ça chacun et nous a ordonner d’aller nous mettre sous les ordres d’un type aux abords d’Élusia.
-Un blason, un accent, un signe distinctif de ceux qui dirigeaient ?
-Nan.
-Si. Je pense que la majorité des autres mercenaires avaient l’accent Phelgran.
-Comme la majorité des mercenaires sur le marché… Décrivez-moi ce type au commandement.
-À quoi bon ? Il avait sans doute été engagé de la même manière que nous.
-Dites toujours.
-Un Lhurgoyf à la con. Les cheveux blancs, les yeux gris et le teint pâle.
-Nan, il était plutôt bronzé, il me semble.
-C’est bon, là. Tu payes pas assez pour qu’on continue. Soit tu allonges la monnaie, soit on s’arrête là. »

Mon œil se plongea profondément dans celui du Terran dont je perçus un nouveau tressautement de la dague lorsque je changeais ma prise sur ma garde.

« Tu veux plus, très bien.
-Vrai ?
-Du calme Ëarn…
-Doucement. »

Ostensiblement, ils se raidirent pourtant lorsque mon sigil apparut contre le mur à ma gauche, laissant sortir une besace qui tomba au sol dans un cliquetis retentissant.

« Kron !
-Combien y a là-dedans ?
-Un peu plus de 17 000.
-Quoi ?
-Annonce, Frank. Déballe et dans dix minutes, t’es riche.
-Ok, ok. Bon. Je crois qu’il venait d’Argyrei. En tout cas il en avait le parler.
-Le rabatteur ?
-Bah c’était nous…
-Il veut parler du commanditaire, Ëarn.
-Ah ! Un terran, je crois. Pas d’accent. Il parlait plutôt bien même.
-Terran ? Sûr ?[/color]
-Ouais. Apparemment en tout cas. Il zozotait et il était brun.
-Peut-être un Yorka maintenant que j’y pense. Je crois qu’il y avait un truc bizarre avec sa langue.
-Fourchue ?
-Peut-être.
-Rien d’autre ?
-Les armes venaient du temple de Bor. Mais ça ne veut pas dire grand choses. Ëarn a acheté le sien à Hespéria et c’est la même facture.
-C’est tout ?
-C’est tout.
-Ça ne vaut pas 17 000.
-Dommage pour ta gueule. Là, je peux te dire qu’on est prêt à la tenter notre chance, mon gars. Recule.
-Une dernière info et je vous laisse le butin.
-Rien. On sait rien. Tu t’es fait enfiler en beauté et t’en saura jamais rien. C’est tout. Maintenant tu recule et on prend notre fric.
-Attend Frank. Y avait l’autre là, avec sa balafre. Il commandait avec le Lhurgoyf. Il… »
Ëarn s’arrêta de parler et baissa son marteau. Juste avant, j’avais eu un mouvement de recul en entendant un étrange bruit de succion, celui d’une lame qui rentre et ressort de la chaire. Frank, lui se retourna et vit le mendiant derrière son compagnon assenant un second coup de surin avant de se jeter sur le Terran avec un cri de rage. Il avait dû entendre les pièces et la conversation... Et sans doute que dans ses veines coulait encore quelques substance qui ne lui avait pas laissé entrevoir le destin funeste que l'avidité lui réservait.

Je n’eus pas le temps de réagir. Les deux idiots roulèrent au sol et s’immobilisèrent rapidement. Ëarn, lui, tomba à genoux, lâchant son arme. Je me jetais sur lui pour le soutenir.


« Ëarn ! Le second. Qu’est-ce qu’il avait.
-Si… Si…
-Réponds !
-Cime… »
Il me cracha un peu de sang au visage. Les poumons et d’après le sang sous ma main, le foie. Je jurai entre mes dents. Pourquoi maintenant ? Toute information était bonne à prendre.
« …rien
-Cimmérien ? » lâchai-je après une courte réflexion.

Le Zélos sembla acquiescer mais un cri strident descendit du ciel alors qu’une forme gigantesque nous survola. Le Zélos s’effondra complètement sur moi et je sentis mes genoux trembler en même temps que mon corps se mettait à me brûler de l’intérieur.
Ëarn me tomba dessus de tout son poids et dans un soupire, me soupira à l’oreille un dernier « cimmérien »mais je ne l’écoutais déjà plus. Tout mon corps tressautait sous l’imposante carcasse tandis qu’à côté, j’entendais Frank agonisait. Avec un regard dans sa direction, je le vis repousser son propre poids mort pour se redresser contre le mur en se tenant le côté du cou, le col de son vêtement déjà imbibé de sang.
Il jura et bougea de moins en moins, le regard hagard fixé sur moi.

Mais pour ma part, j’avais plus important à gérer. Ma fortune dans un coin de ruelle au milieu des cadavres, mon arme et une transformation incontrôlée comme ça ne m’était pas arrivé depuis trois siècles.
Ah ! Et une créature inconnue et gigantesque qui survole la ville.

Dans mes soubresaut, je parvins à atteindre Or et à la pointer vers la besace pleine d’or. J’eus énormément de mal à me concentrer et à lancer le sort qui fit apparaître l’ouverture sous le sac qui s’enfonça finalement. Je dus encore tracer le sigil à même le sol avec mon doigt avant d’y enfoncer l’arme.
Je sentis mes doigts fondre dans un magma de douleur sans nom et le poids d’Ëarn qui m’écrasait de plus en plus, au point de m’étouffer.

Mes pensées se tournèrent tout de même vers ma bourse. 240 Dias, ce n’était pas rien. Et si je perdais le contrôle, je risquais de ne plus jamais les revoir…
Mais l’avarice ne faisait pas parti du vocabulaire du vrai moi.

Mon cou se tordit et craqua alors que je sentais mes doigts se crisper et se tordre dans tous les sens. J’eux l’impression qu’on me retournait les ongles. Cela faisait si longtemps que ma transformation ne m’avait pas autant fait souffrir.
Des aiguilles, puis des barres à mine traversèrent mon crâne de l’intérieur vers l’extérieur. Je sentais torsader chaque fibre des six cornes mais surtout, je sentis mes ailes se débattre entre ma chair et mes omoplates.
Elles étaient trop fragiles pour sortir maintenant. Alors si en plus, elles venaient à frotter sur le sol, elles se déchireraient encore.

Je parvins à glisser mes jambes sous le bassin de Ëarn et au moment où les jambes devenaient de puissantes pattes, je propulsais le corps contre le mur, me libérant juste à temps.
Ma vision changea et mon champ de vision s’élargit à nouveau, même si le côté gauche était toujours terne et flou.
Désormais accroupi dans la ruelle, mon corps enflait et mon dos se tordait jusqu’à se déchirer sans effusion de sang. Ce fut comme décoller deux membres. Mais c’était surtout la sensation d’être écorché. Encore.
Je sentis la membrane de mes ailes tirer et céder par endroit. La membrane était décidément trop fine et fragile.
Les bandages de mon poignet se défirent alors que mon bras s’allongeait et s’affinait, révélant le moignon dont on imaginait la cautérisation par le feu.

Et ce que je redoutais le plus arriva. Je sentis le sang envahir mon nez. La faim remplir mon estomac et la colère bander mes muscles.


*

Dans la rue, la panique était à son comble. Mais les cris redoublaient chaque fois qu’une nouvelle horreur arrivait. Un toit qui s’éventre sous le coup de patte du géant, un Lhurgoyf qui éventre un Yorka sur son passage…

Accroupi au-dessus du cadavre de ce qui avait dû ressembler à une vache, mon corps se repaissait de cette viande dont la magie de transformation aiguayait le goût. C’était un Yorka.
Mes ailes enveloppaient mon repas comme pour le préserver des regards envieux et des pillards de festin. Ma longue main griffe tirait sur les côtes pour mieux ouvrir la carcasse et mon museau caprin s’y engouffrait pour saisir un morceau de viscères juteux, ressortant son chanfrein tâché de sang avec un bêlement démoniaque.

J’étais couvert du sang des cadavres de la ruelle et maintenant de cet innocent que j’avais croisé en m’extirpant du dédale étroit. Bientôt, j’aurais assez mangé. J’espérais retrouver le contrôle de mon corps après la satiété mais pour le moment, je ne pouvais m’empêcher de tuer pour me sustenter.
Cependant, je n’étais pas le seul affamé de cette ville et un grognement horrible me fit rouvrir doucement mes ailes pour entrevoir un congénère menaçant.

Première sommation, la revendication de mon butin. Il se grossissait, hérissait ses poils piquant. On aurait dit un énorme hérisson à tête de serpent assortie à sa queue hérissé de pics. Le bon sens aurait voulu que je laisse ma place à cette boule. Je n’aurais aucune prise sur elle. Mais le problème était que je n’étais pas vraiment dans mon état normal. Et le bon sens ne faisait pas parti de mes principes du moment.

Le combat était inévitable : ma tête de bouc, dégoulinante de sang, brayait déjà avec une voix enrayée et gutturale, revendiquant cette prise…


résumé:
 


Thème musical Trouvé par Illumina
Pour que la rose bourgeonne dessous les cendres, brûlons encore un peu de ce monde suicidaire.
Quand la corolle s'ouvrira là-haut dans les airs, nous y repenserons, voyant la paix descendre.

>Nostalgie à la flute de Pan de Jonas<
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MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Mer 18 Nov - 17:19

Modération fin:
 


La journée avait idéalement bien commencée, du moins pour une journée de travail à la garde. Je commençais mon service plus tard que prévu et j’avais pu prendre mon temps pour émerger dans ce qui me servait de foyer. A peine réveillée, je pris sans attendre mes affaires, incluant ma paire de gantelets et des vêtements de rechange, j’avais l’intention d’aller me décrasser au QG et de passer plus de temps au mess.

En mettant le nez dehors, l’air chaud et vicié de la matinée plutôt avancée d’Hesperia me frappa, de même que la rumeur de la ville déjà grouillante d’activité. Sur le pas de ma porte, j’enfilais mes bottes militaires et m’assurant d’avoir tout mes effets personnels, je me mis désormais en route vers le QG, saluant par la même occasion par un simple signe de tête ou de la main les quelques voisins que j’avais et qui savaient qui j’étais. Je marchais d’un pas plutôt calme, regardant droit devant moi parce que le mode patrouille qui consistait à regarder partout autour de soi et de marcher d’un pas assez lent me tapait sur le système si je devais commencer comme ça ma journée. Tant que je n’étais pas en service, j’en profitais. Toutefois, même sans armure de la garde et uniquement dans un débardeur noir, une veste en cuir rouge sombre à manches courtes et un pantalon  de la même couleur, j’étais facilement reconnaissable, ceci étant dû à mes cheveux roses que j’avais fait reteindre par l’intendant il y a peu. Les gardes que je croisais en route en faction dans un coin ou en patrouille me saluèrent.

Arrivée au QG, je filais directement en direction des douches communes, un lieu béni par beaucoup d’entre nous même si l’acheminement de l’eau était loin d’être parfait et qu’elle n’était pas toujours transparente, tout comme l’odeur d’ammoniaque du mauvais savon réglementaire. Mais ces simples mesures pour l’hygiène étaient nécessaires pour chacun d’entre nous, je suppose que même les gradés ne supporteraient pas que leurs sous-fifres poquent du derche.
Après la douche et le passage au vestiaire pour enfiler l’armure, j’allais en direction du mess pour retrouver mes gars. J’avais du nouveau dans mon escouade sous mes ordres : en effet, suite au remaniement de l’armée par ce bon vieux Thimothée décidément trop magnanime, les effectifs de l’armée et donc de la garde, ont augmentés. Désormais je n’avais plus 5 hommes sous mes ordres en tant que sergent mais j’en avais une dizaine.  Je connaissais déjà quelques uns des nouveaux bougres qu’on avait dans l’unité mais il y avait aussi quelques nouveaux, facilement reconnaissables, car beaucoup trop timides pour se joindre à la discussion des autres, plus anciens et plus expérimentés.

J’arrivais de manière assez bruyante, déclenchant une vague d’hilarité avant que chacun ne salue mon grade d’un air un peu raide, puis nous nous contentions de nous frapper les poings fermés en guise de salutations avant de m’assoir au milieu de mes gars. Bien évidemment, j’étais la seule femme du groupe. Mais aussi la plus gradée.


- Bon les gars… Nan arrête tes conneries Gros Robert.. Ouais Gros Robert tu t’appelleras comme ça maintenant. Mes coéquipiers repartirent de nouveau de plus belle dans l’hilarité. Ouais Gros Robert, l’intendant n’a jamais pu te trouver une armure à ta taille. Et puis regarde ton épée on dirait un cure-dents. Mes gars, Gros Robert inclus, continuèrent à s’esclaffer avant que je ne calme tout le monde. J’étais contente de voir que personne ne prenait mal mes remarques et, au contraire, en riait. Je trouvais que ce genre de piques était nécessaire, elles contribuaient au moral du groupe. Nous n’étions peut être pas les plus disciplinés mais notre groupe était scindé et uni et les nouveaux arrivés, s’ils assimilent rapidement nos règles en feront également partie.

- Allez, allez on se calme les gars, on se calme. Plus sérieusement. Les consignes pour aujourd’hui… ouais le major doit être de bonne humeur aujourd’hui…  Bien. Alors je scinde l’unité en deux pour les 4 prochaines heures. Dom, tu prends 4 autres types, de chez nous j’entends, pas question d’aller piocher du côté de ces débiles de la 4e là bas. Bon t’en prends 4 et vous suivez l’itinéraire de patrouille n° 24. Après tu reviens me faire un rapport. Et attention t’as 2 heures, donc te bourre pas à la taverne. Tu sais ce que ça signifie sinon ? Bien, les autres avec moi, on va s’entrainer dans la salle d’armes et d’entrainement. Des questions ?


Personne n'acquiesça et en mangeant une assiette de tartines que mes coéquipiers avaient laissé trainé, je congédia les gardes censés partir en patrouille. Je continuais de me restaurer pendant encore quelques minutes avant de partir pour la salle d’entraînement en compagnie de mes coéquipiers restants. En jetant un œil sur eux, je remarquais que Dom m’avait surtout laissé des nouveaux, 3 sur 4. Le seul que je connaissais était Leyan, un peu moins nouveau que les autres. " Merci Dom… " que je marmonnais entre mes dents. Nous partîmes donc et arrivèrent rapidement dans la salle, qui à cette heure-ci, était peu occupée. Je réquisitionnai un coin, notamment avec les mannequins de bois. J’ordonnais aux nouveaux de commencer à les frapper avec leurs épées en appliquant les techniques que nous leur avions enseignés plus tôt et ceux-ci s’exécutèrent sans me regarder, commençant à frapper les mannequins sous l’œil attentif de Leyan, celui-ci lui prodiguant des conseils et des corrections aux nouveaux.

De mon côté, je continuais d’observer de mon air sévère habituel les nouveaux en train de s’exercer sur les bouts de bois redressés qu’étaient les mannequins. Je fis une ronde ou deux autour d’eux, les bleus n’osant même pas lever les yeux vers moi, déjà qu’ils n’osaient pas regarder Leyan… Alors que j’étais en train de revenir à mon emplacement pour surveiller les bleus et que j’enroulais des bandages autour de mes mains, je sentis le sol du bâtiment trembler légèrement. Je ne perdis pas l’équilibre, c’était de simples vibrations mais suffisamment fortes pour qu’on les remarque. Je ne fus d’ailleurs pas la seule à le ressentir, plusieurs de mes collègues gardes. Mais cela ne nous inquiétait pas outre-mesure et j’oubliais très rapidement ce qui venait d’arriver. Leyan avait laissé les nouveaux s’entraîner en autonomie et avait enfilé des protections dans ses paumes, en effet, en l’absence de sac de sable ou d’une autre cible sur laquelle m’entraîner, mes coéquipiers me servaient de cible pour l’usage de mes poings.

Une étrange impression me saisit à l’instant même où je ressentais d’autres vibrations du sol, beaucoup plus fortes cette fois. Je me sentis me balancer mais je restais fermement sur mes appuis et je commençais à taper dans les paumes de Leyan. Mais l’étrange impression en moi me saisit soudain et au lieu de taper fort et directement dans la paume de Leyan, je tapais à côté et de façon assez lente. J’ouvris des yeux étonnés et échangea un regard interloqué avec Leyan avant de regarder mon poing comme si c’était de sa faute. J’attaquais à nouveau, cette fois mon coup toucha sa cible mais Leyan ne bougeait pas.


- Dis Vi… t’es sûr que… je tapais de nouveau dans sa paume … t’as bien bouffé ce matin ?

- Mais oui, je te jure je comprend pas là… D’habitude je tape plus fort !

- Je dois admettre… t’as un coup de mou là ?

- Mais non merde ! Pourtant je frappe pas plus fort que d’habitude quand je m’entraîne. Je commençais à ressentir de la frustration, à voir que mes coups n’avaient plus la même portée qu’avant.

- Ben envisage de frapper plus fort alors parce que là je te reconnais pas.

Les mots de Leyan atteignirent leur but : je montrais les dents de colère et mit plus de force dans le coup. Cette fois il porta bien comme il fallait mais je commençais déjà à me sentir fatiguée. Mais Leyan me sourit pour m’encourager.

- Tu vois quand tu veux.

Je sentis encore le sol trembler et cette fois, plus fort. Je faillis perdre l’équilibre mais je pus rester tant bien que mal sur mes appuis, de minuscules morceaux de plafond tombèrent dans la salle. Je crus entendre des cris venant de dehors mais un horrible doute m’envahit soudainement. A cet instant le major de mon unité fit irruption dans la salle, visiblement très stressé et tendu.

- SOLDATS ! BRANLE-BAS DE COMBAT ! TOUT LE MONDE EN TENUE DE COMBAT, RETROUVEZ VOS UNITES ET RASSEMBLEMENT DANS LE HALL ! ALLEZ, ALLEZ ON SE BOUGE ! Vi, avec moi !

J’échangeais un regard avec Leyan avant de le laisser s’occuper des nouveaux et je rejoignis le major en embarquant mes gantelets. Le major partit en avant sans m’attendre et je courus pour le rattraper. Je compris aussitôt que nous partions pour son bureau.

- Major, qu’est ce qui se passe ? lui demandai-je une fois arrivée à sa hauteur.

- C’est la merde, sergent, on a un colosse qui attaque la ville dit-il sans interrompre sa course.

- Vous vous foutez de moi ?? Un colosse ?? Un putain de colosse ?? Je sentis peur et colère se mêler dans ma voix, le major avait certainement dû le ressentir aussi.

- Tout juste Vi maintenant fermez la, vous serez briefée.

Nous entrâmes dans le bureau du major et je reconnus quelques sous-officiers présents dans la pièce, tous étaient extrèmement tendus et attendaient fébrilement les ordres venant du major.

- Messieurs, la situation est gravissime. Nous avons un monstre de nature totalement inconnue qui se balade dans nos rues et qui est en train de tout détruire sur son passage, il a été repéré dans les quartiers résidentiels en tout premier lieu. Des témoins affirments l’avoir vu arriver du ciel, d’autres disent qu’il vient des Gorges voisines. Il a été vu se diriger par ici dernièrement. A l’heure où je vous parle, il est train de massacrer notre peuple, c’est pourquoi je serais bref. Le roi est déjà au courant, il en va de même pour tout son état-major. Les ordres sont simples : faire tout ce qu’il est en notre pouvoir pour tuer cette créature. Des renforts extérieurs sont déjà en route et le roi a été mis en sûreté. L’état d’urgence a déjà été déclarée et toutes nos forces armées sont en état d’alerte maximale.

Certains d’entre nous s’échangeaient des regards courroucés et graves, mélés d’appréhension, comprenant la gravité de la situation. Je ne brûlais d’envie que d’une chose : enfiler mon armure et aller tuer ce colosse de mes propres mains.

- Vous allez donc rejoindre vos unités et conformément aux ordres et aux positions que je vais vous donner, nous allons quadriller la ville du mieux que nous pourrons, puis lorsque vous aurez le monstre en visuel, nous ouvrirons le feu sur lui. L’important sera de garder le monstre à bonne distance de nos hommes, nous n’allons pas envoyer des unités entières se faire massacrer sous les pattes de ce colosse. De plus, ils sembleraient que nos hommes perdent leurs moyens en présence de cette créature alors faites très attention à vous et à vos hommes. L’objectif premier est de tuer ce colosse, rappelez vous en.


Le major indiqua sur une carte d’Hesperia les positions que nos différentes unités prendraient, ma brigade devait remonter la rue en face du QG puis obliquer sur une grande rue à droite, aller jusqu’au bout de la rue, tourner vers la gauche et ensuite aller jusqu’à la prochaine porte.

- Soldats, je n’attends pas de vous que vous vous sacrifiez tous jusqu’au dernier pour tuer cette créature, j’attends que vous fassiez votre devoir de soldat tout en gardant la tête froide. La dernière chose que nous voulons, c’est perdre toute notre garnison juste pour un colosse. Faites attention à vous et prenez soin de vos hommes car ils attendent de vous les meilleures décisions et leurs vies dépendent de vous. Rappelez vous aussi que ce monstre peut attenter à la vie de vos proches, vos hommes. Nous ne savons pas pourquoi il est là ni s’il réfléchit ou quoi mais une chose est sûre. Il tue les nôtres et détruit notre foyer, c’est donc notre ennemi. N’ayez donc aucune pitié pour cette créature et tuez la sans sommation. L’armée d’Hesperia vaincra comme elle l’a toujours fait, peu importe la menace. Des questions ? Bien. Bonne chance messieurs HOUAA. Vi je vous retiens 30 secondes.

Tout les sous-offs répondirent HOUAA en signe d’acquiescement et d’encouragement en direction du major. Ce dernier me regarda dans les yeux et alors que les autres partirent, le major baissa la voix.

- Sergent, je sais ce que vous êtes parti faire en Cimmeria, à Gaeaf avec votre unité. C’était très courageux de votre part et parmi nous tous, vous êtes la seule qui a le plus d’expérience avec les colosses. A quoi devons nous nous attendre ? Avons-nous une chance ?

A cet instant, le bâtiment entier trembla, des bouts de plafond tombèrent sur nous et le major tomba. Il se releva très rapidement en s’époussetant les épaules et fit comme si de rien n’était. Je m’étais appuyé sur le bureau du major pour ne pas tomber. Je restais appuyée sur le bureau du major, celui-ci n’était qu’à quelques centimètres de mon nez et me renvoya mon expression sévère par la sienne.

- Je vais être très honnête avec vous major. On doit s’attendre à une véritable destruction de quartiers entiers et à un massacre, que ça soit dans les civils ou dans nos rangs. Il nous faut rassembler le plus de secours, de soigneurs possibles et se démener pour évacuer le plus de population possible ou du moins essayer de canaliser le flot de leur fuite. Le colosse que j’ai vu à Gaeaf, je ne l’ai pas affronté directement mais il a provoqué un raz-de-marée qui a détruit entièrement une ville côtière et a anéantit une partie de la flotte partie le combattre en mer.
A ces mots, la major tira une tête déconfite et parut effaré.

- Par les dieux… mais qu’avons-nous fait pour qu’on nous envoie un tel monstre…

- Major, les dieux n’ont rien à voir avec ça. Gardez espoir,  ce n’est pas perdu.  Ils peuvent être tués. Le colosse de Gaeaf a été défait et détruit, certes au cours d’un affrontement acharné, mais il a été anéanti donc nous pouvons les tuer. Mais le prix à payer sera terrible.
Le major prit ensuite une grande inspiration.

- Très bien sergent, je ferais remonter ces informations à nos supérieurs. Rejoignez votre unité. Rompez. HOUAA.

- A vos ordres major, HOUAA.

Je tournais les talons et courut vers le vestiaires, enfilant mon armure et mes gantelets en vitesse et dans ma course je défonçais la porte du vestiaire. Je faillis tomber deux ou trois fois dans la course et je mis un temps infini pour enfiler mes gantelets. Déboulant dans le hall qui était bondé de soldats armés jusqu’aux dents et certains se mirent déjà en route. Je me mis alors à la recherche de mon unité. Je les retrouvais assez rapidement, c’était la première unité qui était devant l’entrée un pied dehors. Je reconnus dans un coin du hall, autour d’une table le major avec un tas d’officiers dehors en train de se concerter, alors que le sol tremblait continuellement.

- Vi, qu’est ce que c’est que ce merdier ? me lança Dom alors que je rejoignis mon unité. Ce vieux bougre n’était même pas encore parti en patrouille, il ne le savait pas encore mais ça lui avait certainement sauvé la vie.

- Les gars c’est la bonne grosse merde. Même le major est inquiet.

- Mais quoi ?? demanda Leyan avec insistance.

- Vous vous souvenez du colosse à Gaeaf, là haut chez les Cimmeriens ? Ben voilà on a le même chez nous maintenant.

Tout mes gars ouvrirent des yeux et je lus la peur dans les yeux des bleus, les plus anciens, ceux qui étaient avec moi à Gaeaf, furent apeurés mais à un degré moindre.

- Tu te fous de nous Vi ??

- Clairement pas. On a l’ordre de bouger pour trouver ce monstre et lui percer un nouveau trou du cul, j’espère que cette aberration n’a pas détruit mon atelier. Allez on bouge, on a un itinéraire à suivre. Vérifiez vos armes, Dom, en tête avec moi. N’oubliez pas les gars, on ne l’affronte pas directement, là on a besoin des collégues. Plus on est nombreux contre lui, plus on a de chances de le crever. Si on tombe dessus, on prévient les autres et on demande des renforts. Après on l’attaque. D’autres sont en train d’évac les civils, mais la plupart d’entre nous on été désignés pour tuer cette saloperie et on aura même des renforts de l’extérieur. Je suis certaine qu’on arrivera à buter cette merde, j’irais moi-même lui percer un nouveau trou dans les fondements avec mes poings s’il le faut. Mais rappelez vous, l’important est de rester en vie, pas de mourir comme une merde de façon stupide en pensant récolter la gloire. Des questions ? Allez on bouge, HOUAA.

Nous nous mîmes en route, animés d’une certaine détermination après mon discours et j’avais la ferme intention de stopper le colosse et lui explosant ce qui lui servait de gueule, peu importe si c’est le dernier de son espèce ou non. J’en avais rien à foutre, une haine indicible envers le monstre monta en moi. Il tuerait certainement beaucoup des nôtres si ce n’est déjà fait et cela me suffisait amplement pour souhaiter une mort atroce au colosse.


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La Tour

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Sam 21 Nov - 9:02

Pour le dernier cercle, chargé de la protection du Roi, le quotidien n'avait jamais été question de routine.
Il s'agissait au contraire d'une lutte de tous les jours pour garder son attention aiguisée. Car même lorsque la journée se terminait sans incident notable, sans ragot que le peuple puisse colporter, ça n'avait jamais été sans en payer le prix.

Le calme était pour eux le plus grand ennemi, prompt à les endormir et à les distraire de leur tâche, c'était même le plus grand piège pour eux : se laisser emporter par la passivité de l'atmosphère. Une plus grande épreuve à surmonter que l'entraînement physique lui même.

Ce genre de vigilance constante se révèle plus fatigante encore que le poids de l'équipement, tant il fallait scruter, détailler les individus et lire les situations. Le parcours du Roi était criblé de protocoles, de longues réunions, de vérifications et d'entretiens -des plus solennels aux plus intimes- mais même lorsque sa majesté restait dans la salle du trône toute la journée : les soldats de sa garde rapprochée se tenaient alertes, aussi intensément que si ils étaient au front.

Et c'était exactement dans cet état d'esprit que se tenait La Tour, oscillant du regarde à travers la foule, rigide au milieu des six Herses qui l'épaulaient. Sept chevaliers illustres, imperturbables, posés en demi cercle autour de Thimothée, Premier du nom.
Poireauter dans son sillage toute la journée... voilà qui avait surement le don de faire rire les gens : une activité hautement grotesque vue de l'extérieur, tant elle semblait passive.
Pourtant rien ne l'emplissait plus de fierté que d'accomplir ce devoir, heure après heure. En tant qu'unité défensive parfaite, installée derrière ces casques : le dernier cercle voyait et mesurait toute la portée de cette responsabilité.
Le dernier rempart pour protéger le Maestro de toutes les vies du royaume.



Pour les autres habitants, la matinée avait été calme, presque agréable ; de leur point de vue de soldats : la matinée avait été une épreuve pénible et pesante.
Pour la population, ce qui suivi devint un cauchemar démentiel ; mais à leur yeux, c'était l'accomplissement logique de toute une vie d'entrainement.

La menace était exactement ce que le pire de leur scénario avait pu dépeindre : un troisième colosse se levait et cette fois c'était pour attaquer leur cité.
Plusieurs fois les nerfs manquèrent de lâcher... et pourtant les rouages finirent par se mettre tout naturellement en route.

Le colosse abominable semblait surgir droit des nuages, pourtant ils se mirent en formation.
Un Chaos ambiant inonda les rues en une seconde, malgré ça ils exécutèrent les manoeuvres d'évacuation.

C'était des gestes pénibles qu'ils avaient répétés 10 fois par semaine, jusqu'à l'absurde, jusqu'à en maudire les instructeurs... mais qui avaient finalement réussi à se greffer à leur conscience primaire, à faire partie de leurs réflexes instinctifs :
les officiers d'élite du régiment renardier quittèrent leurs patrouilles pour localiser les ministres et les mettre en sécurité, pendant que les soldats du régiment Lupin quittèrent les casernes pour s'infiltrer dans les rues bouillonnantes de peur. Il fallait canaliser les mouvements de la foule.


Mais rien ne se passait exactement comme prévu.
Ils avaient beau s'entrainer avec acharnement, combattre parfois les yeux bandés ou les membres engourdis : rien n'aurait jamais pu les préparer à affronter l'aura du monstre. Jamais ils n'auraient imaginé combattre sans leurs dons, c'était bien là l'élément le plus effroyable de cet enfer.

Malgré tout, l'armée d'Hespéria s'efforçait de faire de son mieux, traitant la menace comme si ça avait été un cataclysme naturel impossible à combattre : il fallait évacuer les habitants.
Les mêmes instructions que pour des tremblements de terre répétés, mêmes procédures que pour une montée des eaux persistante.
Ils sauvaient le plus de vies possibles, en abandonnant tout le reste.

___

C'était très difficile de convaincre les gens d'abandonner tous leurs biens en un fragment de seconde, même face à une telle menace.
La confusion gagnait tout le monde et chacun éprouvait un besoin irrationnel de garder ce qui était à lui, au péril de sa vie. Un sentiment qui ne manqua pas de gagner le Souverain lorsqu'il lança un regard à sa cité :

-Votre Majesté, vous devez impérativement continuer d'évacuer la cité tant que la voie d'extraction est dégagée. Même maintenant que nous sommes hors du palais vous restez en danger, il faut rejoindre les collines.
Plus vous restez à ajuster vos ordres, plus vous risquez d'être écrasé par les décombres dès qu'il attaquera. Vos troupes sont déjà en train de diriger les civils hors de la Capitale du mieux qu'elles peuvent, changer les ordres maintenant leur ferait perdre du temps, nous n'avons pas un seul instant pour réfléchir à ce qui...

-Suffit !

Le regarde du Roi tomba sur Sa Tour. Il braqua sur elle toute la haine et la frustration qu'il éprouvait pour le colosse, qui surplombait les bâtiments de son royaume.

-J'ai donné mes nouvelles instructions, vous pouvez les exécuter à présent.
-Bien Majesté. Je laisse Les Herses à vos côtés et je m'en vais rejoindre le régiment. Majesté.

Malgré l'urgence, La Tour prit le temps de s'incliner avec la plus grande déférence, comme pour faire pénitence de son impertinence envers un ordre direct.

Le soldat contrarié dévala les escaliers en titubant plusieurs fois, plus le monstre se rapprochait plus le mal intense le gagnait. Il perdait ses moyens, sentant tout son corps engourdi et tremblant, parfois même ses os semblèrent vibrer à l'intérieur de sa chair.
Comme beaucoup d'autres, son être hurlait de douleur en l'absence du don.

Le champion d'Hesperia rampa contre les murs sur plusieurs mètres, comme une bête agonisante, ne se redressant qu'à grand-peine au dernier moment, en approchant de ses hommes.

Il avait l'insupportable impression que c'était la rigidité de son armure qui le maintenait debout plutôt que son corps. Ce qui est sûr c'est que c'était bien son armure qui continuait à lui donner cet air digne, cachant la créature déboussolée qui se trouvait en dessous. Il aurait aimé s'en débarrasser tant elle était lourd en ce jour... mais sans elle, il ne pourrait rien faire pour aider, il ne pourrait plus commander.

La Tour venait de rejoindre le gros des troupes du Dernier Cercle : "Les Murailles".
Il s'agissait d'une cinquantaine d'hommes, parmi les meilleurs chevaliers et mages du pays, placés sous les ordres directs du Roi, puis de la Tour. Malgré leurs armures argentées rutilantes, ils n'en menaient pas large, piétinant leur position en haletant.

-Les ordres ont changés. Il ne s'agit plus d'une évacuation totale.
Le colosse n'est plus considéré comme un désastre naturel à fuir absolument, mais comme un envahisseur ennemi.
Ordre de contenir en reculant, tirailler et fuir!
Il va falloir éviter le conflit tout en protégeant les civils, réquisitionnez les mages du régiment renardier et joignez les aux nôtres.

Tous les mages tenteront de se positionner vers le sud de la ville.
Quant aux épéistes... je sais à quel point vos forces et votre agilité ont pu s'évanouir, mais malgré ça vous pouvez toujours manipuler les engins de sièges et l'artillerie, avec coordination et discipline. Divisez vous en deux groupes et gagnez les remparts au nord et à l'est du monstre. Si vous croisez des soldats d'infanterie, qui ne soient pas en charge de l'évacuation, prenez les avec vous. On doit minimiser les troupes au sol, alors autant qu'ils vous aident à recharger. Ils pourront rien lui faire dans leur état de toute façon.
Une fois sur place, utilisez les balistes pour viser les ailes, il faut essayer de la clouer au sol. Prenez votre temps, et ne tirez que si vraiment elle se rapproche de la ville pour maximiser vos chances et économiser les carreaux. Laissez lui du mou dès qu'elle fait mine de s'éloigner... ça lui donnera peut-être la bonne idée de se tirer.

Pendant ce temps armez les trébuchets et tenez vous prêts à bombarder si jamais Elle touche le sol.

Mages, vous devrez juste vous positionner le temps que les chefs-balistaires soient en place. Votre mission consistera à contenir les Lhurgoyfs fous que vous croiserez et à les éloigner des civils au mieux. Restez bien groupés, et soyez vigilants, si nous parvenons à toucher la créature sérieusement vous devrez vous rapprocher de son point impact et la cramer du mieux possible. Elle reste la cible prioritaire, c'est elle qui provoque notre perte de contrôle, si elle est neutralisé les autres menaces s'éteindront aussi.


Une fois tout le monde en position nous aurons trois troupes différentes : un groupe de mages et deux groupes aux commandes des machines.
Si la créature atterrit dans la ville, placez vous de façon à garder une formation en triangle autour d'elle : si Ça vous tourne le dos, tirez ; dès que Ça se dirige vers votre unité, cessez l'attaque et passez le relai aux deux autres.

Si ça se rapproche vraiment trop... visez la tête.
Ce truc est énorme mais seul, alors ça hésitera peut-être assez longtemps pour donner de l'avance aux fuyards.
Il faut gagner du temps, attendre une ouverture. Peut-être même que ce feu continu de projectiles finira par le blesser.


Et qu'importe si toute la cité tombe sous ce fléau : nous sauverons autant de citoyens que nous pourrons et nous la rebâtirons.
Laissons ce titan piétiner des gravats, nous somme les enfants d'Eridania et sa capitale se dressera toujours sous nos pieds. Où que nous nous tenions.
EXÉCUTION!




Resumé:
 


Dernière édition par La Tour le Sam 21 Nov - 19:04, édité 4 fois
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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Sam 21 Nov - 11:53

La journée avait pourtant bien commencé. Après une nuit d’ébats intense tels qu’elle les appelait des tous ses pores, elle avait laissé comme souvent son généreux et vigoureux client quitter l’hostellerie à l’aube avant que sa propre maisonnée ne sorte de sa torpeur. Elle avait alors profité paresseusement de la chambre laissant les rais de lumière se déplacer sur le lit au fil des heures et avait pris le temps de se glisser dans le l’eau du tub dont l’eau à exacte température la débarrassait de la langueur que le nuit aurait pu déposer sur sa peau. Les pétales floraux parfumaient le bain et sa peau.

Elle avait ensuite revêtu ses effets de la veille un peu malmenés par les assauts préliminaires du mâle qui avait payé largement cette liberté. Elle pensa à l’objet de ses convoitises qui dormait quelque part à Ridolbar et qui éviterait bien des déboires de ce côté, mais cela faisait partie du jeu et sa mante finirait de dissimuler les petits accrocs qu’elle finissait toujours par considérer comme plutôt flatteurs, témoins de l’empressement et donc de l’effet qu’elle suscitait chez les hommes.

Fixant le fibule de sa cape de velours vert de gris dont les reflets chatoyant n’enlevaient rien à la discrétion de sa coupe plus que classique, elle eut un sourire amusé et plein d’un plaisir rétrospectif en laissant son regard balayer le chambre et le lit froissé dont le parement avait glissé à terre.

Ce fut donc le corps et le cœur léger qu’elle reprit quelques heures plus tard la direction de son cocon, les ondulations de sa mante donnant à sa démarche une allure dansante. Elle devait ce jour passer par les quartiers résidentiels, ceux qui étaient mitoyens des faubourgs en partie abandonnés par la population qui cachaient jalousement la vieille tour de garde cernée d’une végétation protectrice non loin du fleuve. Elle manqua de se tordre le pied au moment où le sol trembla sous ses pas. Elle n’avait jamais expérimenté de tremblement de terre ou de séisme et s’arrêta net certaine déjà que les ennuis n’étaient pas loin.

Les quelques secondes qui  la séparaient du second tremblement avaient presque suffit à la faire douter de ses sens et à la rassurer, mais elle leva les yeux au ciel d’exaspération, confirmée qu’elle était à présent que quelque chose de terrible se préparait. Elle posa sa main sur sa dague, arme dérisoire mais dont le contact suffit à lui donner un sentiment de sécurité.

Elle prit le pas de course, soulevant ses oripeaux afin d’être plus alerte. Peut-être pourrait-elle arriver à destination et se mettre à l’abri dans le sous-sol de son « antre » avant que la catastrophe annoncée ne soit là. Visiblement elle n’était pas la seule à avoir ressenti le danger et la panique qui animait maintenant les rues de la capitale en disait long sur ce à quoi s’attendre. De son côté, la Syliméa gardait la tête froide. Elle s’était laissé surprendre par la terreur et la panique lors de l’apparition du colosse de Cimméria sur les côtes du Nord, il y avait quelques semaines de cela et elle était certaine que rien de pire ne pouvait la rattraper. Simplement elle n’était pas du genre à aller au-devant des ennuis et son inutilité durant la lutte contre le monstre des mers lui avait enseigné que sa ligne de conduite égoïste était encore la meilleure… Esquiver les passants en déroute était pour elle un jeu d’enfant et elle se voyait déjà en sûreté, un livre à la main massivement allongée sur son lit à fin baldaquin, tendu de blanc jusqu’à ce que les choses se soient calmées…

Et puis sa vue se brouilla et tout bascula. Des mèches brunes volaient à présent devant son visage et des crocs émergeaient de sa bouche gracieuse. Gracieuse ? A présent, elle n’aurait rien parié là-dessus. Sa course ralentit malgré elle et elle s’arrêta bientôt considérant avec stupeur la couleur de sa peau qui tournait au vert sombre et sentant son squelette s’épaissir.

*Zélos ?*

Des pensées incrédules voltigèrent à en donner le vertige dans son esprit, tandis qu’elle tendait toute ses compétences de Syliméa dissimulatrice pour reprendre son apparence chérie.

*Zélos ! C’est impossible !!!*

Ses mains se mirent à trembler et sa bouche à psalmodier.

*Nous somme Sindarine et nous avons les yeux verts… Nous somme Sindarine et nous avons les yeux verts. Nous sommes Sindarine…*

Elle reprit alors sa allure précipitée pour fuir le cauchemar qui s’était emparée d’elle. C’estr sûr, une fois chez elle, elle retrouverait son apparence, elle serait de nouveau Elië Valanatëel, Sindarine chassée de Canopée, courtisane zélée et assassin experte.

*… et nous avons les yeux verts*

C’est alors que l’ombre  couvrit la ville. Elle leva les yeux au ciel et comprit comme si l’évidence l’assaillait.

*Pas vrai ! Saloperie ! Nooon ! Pas encore !*

Petit à petit, son empressement et sa panique des premiers moments se muèrent en fureur impatiente. Elle avait sorti du fourreau le fer de sa dague et frappait tous ceux qui se mettaient en travers de son passage.  Des corps s’effondraient autour d’elle dans l’indifférence que la panique générait. Quelque chose se lézardait chez elle trandis que les voix hurlaient:

*Je suis Sindrine et j’ai les yeux verts !
_ JE SUIS Sindarine et J’AI les yeux verts
_ Nous sommes Sindarines*


« …et et j’ai les yeux verts ! »

Des yeux noisette incrédules se fixèrent sur son visage de Zélos avant de se voiler tandis qu’elle retirait sa lame d’un corps anonyme. Quelqu’un essaya de l’attraper par le bras, mais la lame l’atteignit à la gorge mue par les réflexes de son entrainement quotidien.

« Je suis Sindarine ! » criait à présent la Zélos !

La transpiration de la course et de la folie qui prenait le contrôle sur elle coulait entre la peau et ses vêtements devenus soudain  trop étroits. Et puis une porte manqua de voler en éclat et un inextricable mélange de membres en furie la renversa. Elle roula à terre et se releva d’un bon cherchant des yeux ce nouvel ennemi. Ce qu’elle vit lui glaça le sang. La bête était-elle la compagne du fléau qui venait du ciel ? A terre en tout cas, elle faisait bien autant de dégat que le monstre ailé, d’autant qu’elle venait de se débarasser de son assaillant en l’envoyant rouler à terre.

*Léogan !*

Son esprit et son sang ne firent qu’un tour.
Rencontré quelques mois plus tôt, le Sindarin ne devait rien avoir à faire de ses os pour se trouver ici. Comment un forban des mers pouvait-il laisser trainer ses pas au milieu du continent ? Elle se précipita vers lui pour l’aider à se relever sans souci cette fois de sa nouvelle apparence. Alors que la montagne sanguinaire tournait au coin de la rue apparemment décidée à suivre le colosse volant.

« Ca va Léo? »

Elle prit alors conscience du timbre sombre et rocailleux de sa voix qui dernière déconvenue de la perte de son don fini de la plonger au désespoir. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, mais les ravala d’un battement de paupière qui en d’autre temps aurait fendu le cœur du premier venu mais qui devait sembler bien ridicule au porte des prunelles d’une Zélos encore qu’elle ne connaisse pas les aptitudes au chagrin et à la séduction des femelles de cette race. Une chose devint  cependant soudain évidente, elle allait différer le moment de s’identifier auprès du naufrageur, honteuse de sa nouvelle apparence.


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MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Mer 25 Nov - 18:26



Le colosse de Paramis est entré en scène, et sème la terreur sur son passage. La bête gronde et pousse des hurlements profonds qui font vibrer les murs des maisons. Quelques habitants terrifiés se sont réfugiés dans leurs maisons, d'autres préfèrent tenter leur chance en fuyant la ville. Que font l'armée? Que font les soldats? Voici la plus belle occasion pour le Roi d'asseoir sa légitimité et prouver sa valeur. Il était temps que sa force militaire prouve leur ingéniosité et leur puissance.

Toutefois, la force qui se dressait devant eux était bien différente de celle qu'avait combattu la nation de Cimmeria. La mystérieuse bête volait comme un oiseau, et se mouvait rapidement. Et si sa taille n'était pas moindre, il n'en demeurait pas moins redoutable. Pourquoi? Parce que ce colosse semblait briller d'une intelligence étonnante. En effet, tel un prédateur, il se mettait à descendre en piquer et se virevoltait comme un serpent dans les grandes avenues. De ces pattes puissantes et griffues, il fauchait les pauvres âmes qui se tenaient sur son chemin. Hommes, femmes, enfants, vieillards... il ne faisait pas de distinction. La panique qu'il exerçait sur la capitale semblait l'exalter car même si cela semblait impossible, sa gueule s'étirait en découvrant ses crocs, comme si il mimait un sourire carnassier.

Mais brusquement, alors qu'il stagnait au dessus des toits, un pauvre citoyen, terran d'apparence, lança une attaque de vent vers la créature. Et là, son désespoir fut plus grand car lorsque la bourrasque vola, elle fut arrêtée nette. Un bouclier invisible semblait protéger le monstre de toute attaque magie. Mais cette provocation allait signer l'arrêt de mort du pauvre bougre. A ce moment précis, le colosse hurla, et un étrange phénomène se produisit, comme à chaque apparition de colosse. Des images et une douleur de tête insupportable saisissait les personnes présentes, et une vision les frappa.

Un défilement de lieux... tous différents... des centaines de visages... des centaines de morts différentes.... une étrange impression... de la détresse, de la souffrance... des visages blêmes et vides de vie... la solitude...

Profitant de cet instant, le colosse faucha l'homme qui lui avait fait affront, avant de regagner le ciel. Son regard semblait diriger vers le palais...

* * *

Alors que le colosse créait la panique dans une certaine partie de la ville, dans les ruelles, les citoyens lhurgoyfs prisonniers de leur condition monstrueuse terrifiaient leurs compatriotes. Certains, incapable de se maîtriser, attaquaient les passants. D'autres, simplement immonde d'apparence, n'arrivaient pas à se faire comprendre et devenaient victimes.

Mais tout le monde était victime des perturbations de leur don. La maladresse des terrans les affaiblissait et pouvait les conduire à commettre des erreurs irréparables : un sort mal lancé, et voilà qu'un incendie se déclenchait; une arme qui glisse entre les mains, et voilà que l'on se blesse ou que l'on blesse un proche... Les yorkas courraient dans tous les sens, et espéraient ne pas être blessés, les gorgoroths avaient l'impression de retrouver de leur humanité, les sindarins étaient à présent handicapés, et d'étranges humains semblaient changer de visage... et des choses apparaissaient.

Des formes se dessinaient, des silhouettes apparaissaient puis disparaissaient, au travers des murs ou devant vos yeux, l'air des pièces dans lesquelles vous vous étiez réfugiés devenaient anormalement froides... parfois, il y avait aussi des murmures... Rêviez-vous? Un maléfice du colosse? Et si la vérité était tout autre?


₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪₪


- SITUATION GENERALE -
C'est le chaos dans la capitale. Certains habitants tentent de fuir, et d'autres paniquent. L'armée se prépare à faire front grâce à ces magiciens mais aussi des armes de défenses. Le colosse plane au dessus des bâtiments et se plaît à faucher quelques passants. Mais O surprise, contrairement au colosse plus "ordinaire" ce dernier semble capable de dresser une barrière anti-magie.
Mais si le colosse est un danger évident, les citoyens lhurgoyfs le sont tout autant, car beaucoup sont incapable de contrôler leur forme monstrueuse. Et comme les surprises n'arrivent jamais seules, d'étranges apparitions se manifestent...



- RAPPEL -

Les dons de tous les peuples se mettent à ne plus fonctionner, voici les effets :

Dons perturbés:
 

!!! ATTENTION !!!
Si vous souhaitez participer, vous le pouvez encore, mais penser à expliquer dans votre poste la manière dont vous ressentez la perturbation de votre don.
Pour ceux qui veulent des informations sur les apparitions, envoyez un mp à Sighild.





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Tekum Seh

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Lun 30 Nov - 17:36


On susurre doucement, et siffles les serpents sur les marbres invisible d’un couloir trop sombre. On murmure des souffles souples qui se posent sans un mot sur une langue bifide sous un front de plume et puis, et puis elles reflètent enfin la lumière.

Le gout de l’air frais, ce gout âpre plein de candeur, cette saveur infâme de l’homme qui pétune sans même savoir qu’il se détruit, ce gout qui se pose de la pierre balayé par le vent et reste sur le langue alors même que les yeux finissent par l’oublier. Le pétrichor n’est pas là, la terre à été perdu, l’argile ne vient pas couvrir la langue avec douceur, la ville est là, omniprésente, pesante dans l’air, coupante dans le vent, affolante dans les sens et cherchant toujours à vous écrasé de ses ombres.

Le serpent exècre les villes, ces nids de Terranes qui ne savent que forniquer rapidement durant leurs vies trop courtes, et qui pourtant s’y attachent comme un lierre à la façade d’un château mais sans même l’embellir. Cette assemblage informe, patchwork d’une grand-mère aveugle où les races les plus faibles viennent se serrer les unes contre les autres pour ne pas être manger. Durant les temps passé les villes étaient un signe de danger, et au fond même de ce cœur noirâtre il n’en reste pas moins cette haine pour ceux qui ont trouver moyen de lui résister en s’assemblant en congrégation assez grande, tellement grande qu’il a dût se faire passé pour un des leurs.
Se faire passer pour un des leurs, comme l’écho d’une pierre lancer dans un lagon bien entretenu faisant fuir le poisson poison des faiblesses oublié, la phrase roule et coule pour faire remonté à la surface la malsaine intelligence qui fait de lui un homme bien plus humain et donc bien plus monstrueux que ces monstres que les hommes attaques dans les rues.

Doucement il étend ses ailes alors que des êtres sortent autour de lui, piétaille infâme remuante qui fouille la vase de ce monde pour lui, douce progéniture qu’il a si bien transformé que même ainsi, même sous la forme d’un être qui pourrait les gobé sans merci ni pitié tous un par un ils protègent et prie dans leur tête pour le Serpent de la Plume. Il est ce charme inné qui les lie tous, il est ce monstre qui fait qu’ils se sentent homme, il est leur futur et leur bien être, leur mécène et en quelques sortent leur dieux personnel, celui du vice et du pouvoir qu’ils exercent sur les autres. Doucement il le sens dans leur actions qu’ils sont ce qu’ils ont toujours dût être, ses hommes, les vivantes incantations de sa volonté doucereuse qui emplisse le monde de son odeur. L’odeur, l’odeur qui se pose sur une langue et qui permet de sentir, d’être, de voir sans même ouvrir les yeux de pierre. Le parfum est là, la peur, la terreur ou la faim et même pour la fin d’une faim.

Puis vint le crie de la chose qu’il perçoit de loin, le crie de la chose qu’il a touché au loin et qui se répercute dans son esprit, des vision, des visions qu’il connait si bien et pourtant il ne voit pas, il ne vois plus, la mort est là, la souffrance aussi, et la solitude, ho douce et vénéré solitude, celle qui tuera ses races faibles qui ont besoin de compagnie pour vivre, celle qui tuera toute chose car elle a tuer les autres. Laisser le seul et il deviendra fou, seul dans les néants, cacher en plein regard.

Si la bouche d’un cobra pouvais sourire alors elle le ferait, elle le ferait car il sent le froid et même si il ne les voit pas car il a oublié comment voir, il n’en est pas moins affecter par leur présence, mais c’est sa prestance qui fit la différence.

Alors il se tend, tous ses muscles prennent vie et son corps se prépare à prendre le vent, mais alors on touche son esprit, un murmure, un être qui susurre, s’incline et se pose contre lui, on lui demande la permission, là au porte de son entre, au porte de sa cage qui n’est plus comme si le touché même était un blasphème.
C’est un de ces hommes, un des MangeCoeur qui l’accompagne, son nom ? Il a été baptisé, il a déjà touché son esprit, reçut sa bénédiction, il est mange cœur, alors il a bien un nom, il cherche parmi ses œufs et le trouve, Coyolxauhqui, mais tous l’appelle Coy’, une demoiselle, une petit Terrane d’une des premières familles d’Arghanat, elle porte le nom d’une de ses aïeuls, le nom qu’il lui avait donnée, un nom qui la prédestinait à la Première.
Il l’accepte, il la laisse entré, petite lune d’esprit qui ne montre que la force de la première la voilà tout penaude dans l’esprit grandissant d’un monstre, elle attend ses ordres incliné sur le pas d’une porte invisible qu’elle n’ose franchir malgré la permission.

Elle part, elle revient, elle lui fait son rapport, il ne sais à quoi elle ressemble, pour lui c’est juste une petite lune, mais une petite lune qui titille son intérêt quand elle parle de ce qui se passe plus loin, une petite lune qui lie son esprit à celui d’un sindarin :

Il est caligineux, il est vent, il est murmure, il passe près de l’homme, cette accointance pleine d’hubris de l’instant, ce petit être plein de charme mais sans aménité, mais surtout ce sindarins qui a oublié le sens même d’impéritie ces derniers temps, si ce n’est à son égard, ce qui est rare au vue de ce qu’il a traversé.

Qu’importe les égards, n’est pas homme de sa sœur qui voudra, et pourtant ils ont essayé. Dans un sourire, toujours par des mots de vent il le hèle :

-“Douceur de ma sœur, ne voudriez vous pas plutôt aller faire un tour vers le ciel et cette chose ? Je sais que mon ami des forges vous à sortie de ces mains expertes une pappenheimer, n’est-il pas tant de la tester ? Je peux vous montrer les cieux, et je peux peut-être vous aider à autre chose… Car on vous à vu très occupé à mes dires …
Mais après tout ce n’est qu’une proposition de celui que vous voyez comme un éclat de l’esprit de Shanra, voulez-vous vendre quelque chose au Serpent de la Plume contre ses services mon cher général ? Car vous n’êtes que l’amant de ma sœur à mes yeux, pas elle-même …”


Plein d’aménité il sourit et ses hommes peuvent entendre le chant sifflant d’un serpent qui se répercute dans leur esprit par le passage de cette petite lune qui se referme rapidement à tant de monde et n’attend que la réponse du général pour ne plus s’occupé que de son Duc qu’elle a promis de protéger :


“La plume messieurs, est rudéral !”

Alors tout les hommes d’Arghanat sourient et certain prennent le temps de traduire pour les autres, il est temps de s’installer encore plus dans les décombres de la psychologie des hommes qui s’effondre si facilement.

Petite lune elle ne voit pas les choses sous un si bon jours, il n’y a que quatre membre de la première ici bas, que quatre être dans leurs armures mirifique et tout le reste ne sont que des autres de la plume, bien moins martiaux. Elle se doit de protéger son maitre mais ne pourra le suivre dans les cieux si elle ne s’accroche à lui … Quelque part cette pensé la fait rougir, le touché, le chevauché ? Un instant de jalousie pour l’homme de Cimmeria à qui il l’a proposé, une pointe qu’il sens surement tellement maintenir une connexion dans ce brouhaha et avec ses dont qui vrillent la vrille et ces formes qui vivent est d’une complexité incongrue.



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Léogan Jézékaël

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Mar 1 Déc - 17:52

« Heu. » Il resta bien stupide quelques instants, détournant son regard sur Fenris qui, du haut de ses deux mètres de fourrure argentée au garrot, fondait tous crocs dehors sur la foule de passants. Qui ne devait pas faire de mal à qui ? « Ouais ? On va essayer ? » Il grimaça un sourire à l'adresse d'Othello, moitié forcé, moitié sarcastique, et il s'aida de l'appui du mur pour se relever et aller ramasser sa ceinture d'armes. A l'écart de la foule, il s'affaira à la nouer dans la hâte autour de sa taille, d'un geste répété quelques milliers de fois, et il tira de moitié son sabre de son fourreau en se tournant une nouvelle fois vers la sirène qui se débattait piteusement au seuil de la maison. Il la salua des deux doigts, aussi cavalièrement qu'il le put, un sourire pointu aux lèvres : « Vous en faites pas. J'vous l'ramènerai en un morceau, votre cher et tendre ! »

Sur ses mots, la main accrochée à la garde de son épée, il se rua à la poursuite de son frère.
« FENRIS ! …ARRÊTE ! »

Près d'Othello, Elza avait surgi, Valistar, son petit garçon, entre ses bras, et couvrit la pauvre sirène d'un regard catastrophée. Elle s'assit vivement sur ses talons, pour aider la jeune fille à retrouver la sécurité de son couloir, tandis que dehors l'émeute faisait rage.

« Othello – je vais vous appeler Othello – dites-moi ce que je peux faire. Vous avez sûrement besoin... Je vais aller vous faire couler un bain, vite.
– Tenez, prenez ça. » La voix d'Ilyan arrêta sèchement la fébrilité d'Elza. Elle se tourna vers son mari, qui se soutenait contre l'entrée du salon, branlant sur ses appuis, et poussait son fauteuil roulant devant lui en adressant son regard le plus clair et le plus catégorique à Othello. Il se pencha vers elle et passa ses bras sous les siens pour la relever. « Asseyez-vous dedans, accrochez-vous à moi.
– Ilyan ! Tu... !
– J'ai encore deux jambes, Elza, rétorqua-t-il, en forçant sur ses genoux pour aider l'ondine à s'asseoir, elles sont faibles et pas très bien coordonnées, mais cette Yorka, elle, n'en a plus du tout, alors cesse de t'inquiéter ! »

Dans la rue, Léogan, lui, croisa un Sindarin à lunettes, blond comme les blés, qu'il connaissait trop bien, et s'étonna aussi fort que lui de sa présence. S'accrochant à Gareth Ezéchiel par hasard, dans le torrent ininterrompu de la foule, il lutta avec lui un petit moment pour avancer.

« Non, vous me connaissez, répliqua-t-il d'une voix qui trahit sa rogne. Je m'suis pas fait mon colosse du vendredi après-midi, les Phelgrans, ça va une minute, mais c'est vite emmerdant, hein ! Et vous, c'est incroyable ?! Vous pouvez plus vous passer de moi, ma parole ! Enfin, heu, bref. » Il reporta son attention sur Fenris, qui s'était décidé pour fracasser des crânes de jouvencelles sur le pavé. Ses dents grincèrent les unes contre les autres. Il fallait l'arrêter avant que la garde ne décide d'abattre ce qui était autrefois le fléau de Mavro Limani... et qui deviendrait bientôt aussi celui d'Hespéria. Naturellement, c'était pour sa pomme. Qui d'autre ? D'un geste vif, il tira son sabre au clair et se sépara de Gareth sans plus un regard. « A un d'ces quatre, copain. »

Il s'élança et fendit à travers la foule, écartant les passants qui fuyaient à contre sens en enchaînant les coups d'épaules et en jouant des coudes, des jurons pleins la bouche. Il réussit par miracle à éviter un gamin qui s'était empêtré entre ses jambes. Il bondit au-dessus de lui, mais heurta deux tonnelets de harengs qui se déversèrent sur la chaussée et se répandirent sous les pieds des passants dont quelques uns glissèrent et se bousculèrent en tombant. On l'insulta copieusement en retour et il se démena de plus belle. Il perdait du temps. Il entendit alors le craquement d'un vêtement qui se déchire. Sous son aisselle, sa chemise devint très lâche.
Il s'arrêta pour jurer et cracher contre le mur d'une maison. Et jurer une nouvelle fois au milieu du brouhaha. A quelques pas de là, les grognements sinistres de son frère continuaient de provoquer les hurlements de douleur et d'horreur des citoyens d'Hespéria. Il replongea dans la mêlée.

« PLACE ! ECARTEZ-VOUS SOMBRES ABRUTIS ! »

Au pas de la porte de la maison Jézékaël, Elza tentait de calmer son petit enfant en avisant le blondinet binoclard qui avait choisi de leur proposer son aide à eux, dans cet océan de malheureux en perdition qu'était devenue Hespéria.

« … Gareth Ezéchiel ? Chéri, murmura-t-elle fébrilement en se tournant vers Ilyan, c'est le fou furieux au télescope de la Masure.
– Ah... Fort bien, rétorqua celui-ci, perturbé entre l'agitation qui régnait dehors, sa faiblesse, son impuissance, et cette rencontre incongrue entre sommités du monde intellectuel. Écoutez, enchanté. Je suis tout vos travaux avec beaucoup d'intérêt, vos ouvrages sur l'optique sont...
– Elza Jézékaël, reprit son épouse, sans égard pour les compliments on s'est déjà croisés rapidement à Amaryl, ça doit faire un petit siècle. Mon mari, Ilyan. Tenez, oui, bien sûr on a besoin d'aide, assena-t-elle à Gareth en lui flanquant son bébé entre les bras. Prenez le petit. Moi j'ai une idée. »

Elza fondit jusqu'au bout du couloir et ouvrit à la volée la porte de son laboratoire, où elle s'engouffra dans des bruits de bris de fioles précipitées maladroitement sur le carrelage.

Léogan en avait vu des charniers, dans sa vie, il en avait couvert un certain nombre en cinquante ans de service dévoyé dans la garde cimmérienne (ou d'exercice professionnel de balayage sous le tapis comme il se plaisait à le dire), pour quelques uns il en avait même été la cause directe, et ça ne s'était pas arrangé avec la guerre : il y avait aujourd'hui au Nord des endroits qui ressemblaient à des cimetières dont on aurait levé le dessus – mais des carnages provoqués par la folie monstrueuse de son frère, ça faisait quelque temps qu'il n'en avait pas été témoin.
Une dizaine de cadavres jonchait le sol et la foule, dans un instinct épouvanté, les contournait en hurlant et préférait marcher sur les vivants que de poser un seul soulier sur les morts. Souvent on offre plus de respect et d'honneur aux défunts qu'à ceux qui leur survivent, mais dans ce cas précis, il ne blâmait personne qui répugnait à traîner ses godasses dans le tas. Les corps gisaient là, égorgés comme des porcs, éventrés, transpercés de part en part, le crâne fracassé et les membres tordus anarchiquement, la figure tordue de derniers rictus terrifiants.
Léogan fixa quelques secondes la scène avec une intensité glaciale. Il fallait le rattraper, il n'y avait pas de temps à perdre. Et espérer, qu'une fois que sa part humaine ait repris la main, elle ne se souvienne pas de ce festin morbide. Il n'hésita pas un instant de plus et défit l'un des cadavres de ses bottes pour les enfiler, maudissant Elza et ses lubies obsessionnelles de ménagère qui insistait pour qu'on ne marche pas en chaussures dans son salon.

Il secoua la tête précipitamment et, palliant le manque de ses sens par assez de résolution, ainsi que par une magie qui décuplait ses facultés de calcul et d'anticipation, il se rua de nouveau sur le pavé, évitant les gens dont il percevait la trajectoire de son regard devenu bleu électrique. Fenris, plus en avant, poursuivait un Yorka audacieux qui avait eu l'idée de lui caillasser la trogne – sans autre succès que de réussir à figurer en tête du menu immédiat du Loup. Au moins... La tentative avait eu le mérite de le détourner du massacre de passants à gorge déployée.
Malheureusement pour Léogan, tout déterminé qu'il était, un type dont il ne put esquiver la course se fracassa contre lui et son oreille interne toute étourdie ne lui permit pas de garder son équilibre. Il se cassa la figure dans le caniveau, au milieu du troupeau humain qui beuglait en galopant de tous les côtés. Peste soit des capitales... A Gaeaf, au moins, on ne s'était pas marché dessus !
Il rampa comme il put et par miracle, ne se fit pas assommer sous les sabots d'une mégère qui trimballa sa marmaille par-dessus sa tête, et se fit finalement relever par une Zélos qu'il n'avait jamais vu de sa vie et qui l'accosta en l'appelant par un surnom qu'il ne tolérait que de la part de ses plus proches amis. Interloqué, il se laissa remettre sur pieds en scrutant le faciès de cette femme – très loin de comprendre qu'il l'avait pourtant croisée quelques mois plus tôt. Les coutures de ses vêtements avaient cédé, comme si elle s'était transformée et qu'elle y avait été trop à l'étroit, et ses yeux brillaient de larmes de terreur, fixés sur lui comme s'il avait la réponse absolue à tous les maux du monde.

« Je... ? balbutia-t-il, en se soutenant à l'épaule de la Zélos, mu par un reste inespéré de bonnes manières. Pardon, c'est peut-être la confusion, mais vous êtes qui, on s'connaît... ?
– LEOGAN ! »

Cette voix étouffée dans le tumulte de la foule, qui ne lui parvint qu'au bout de trois ou quatre éclats, il finit par la reconnaître, tandis qu'il repoussait autour d'eux les flots de la foule en les menaçant du plat de son épée.

« Si vous voulez vous abriter, poursuivit-il, à l'égard de la Zélos, qu'il couvrait de sa carrure – ironiquement moins imposante que la sienne, dans sa chemise débraillée, mais il avait l'avantage d'être armé, réfugiez-vous dans cette maison, on vous y accueillera... ELZA ! cria-t-il, avec un geste brusque en direction de sa belle-sœur au chignon défait, qui avait miraculeusement réussi à se glisser parmi la foule et à le rejoindre. Retourne à l'intérieur !
– Tais-toi une fois pour toute et écoute. » répliqua-t-elle entre deux soupirs, pliée en deux et les poings appuyés sur son ventre. Alors elle se redressa, le regard luisant d'autorité et lui tendit une sarbacane qu'il détailla un instant sans comprendre, les yeux plissés d'effort. « Prends ça, dit-elle. J'y ai mis un tranquillisant, on l'utilise pour les chevaux d'habitude. Au besoin, voici d'autres fléchettes.
– Je... Elza, j'y vois pas beaucoup plus clair que toi, comment tu veux que... ?
– Bon sang mais il bouche la moitié de l'avenue, ton copain, je sais pas ce qu'il te faut !
– Très bien, c'est bon, d'accord ! s'écria Léo en s'emparant de ladite sarbacane avec un mouvement d'humeur. Je me débrouille ! »

Satisfaite, elle hocha ma tête et tourna les talons pour regagner la maison, bondissant d'un pas leste par-dessus les cadavres étendus sur les pavés. Malgré ses allures de citadine érudite, Elza avait été autrefois médecin dans un régiment frontalier de Phelgra dans l'armée eridanienne – sans parler des autopsies qu'elle menait ici depuis un certain temps avec ses étudiants à l'Académie royale – et du haut de ses trois-cent cinquante ans, la vision de la mort d'inconnus lui était pour ainsi dire presque indifférente. Léo finit par la perdre de vue au milieu de la foule, cherchant en vain à s'assurer qu'elle ne se ferait pas faucher par la cohue, alors il focalisa pleinement son attention sur les priorités sur lesquelles il avait prise. Un coup d’œil à la Zélos le convainquit aussitôt.
Il avait besoin d'yeux. Cette femme, qui que ça pouvait être, une amante d'un ancien temps qu'il avait éconduite, une partenaire de maraude peut-être – impossible de s'en souvenir, malheureusement il était assez coutumier du fait – cette femme en avait, des yeux. Il les mettrait à son compte.

« Venez avec moi, lui dit-il, en l'attrapant par le bras pour poursuivre son chemin derrière Fenris, qui avait tourné à l'angle de la rue. Restez à mes côtés, vous êtes en sécurité. » Il la tira entre son bras, l'arme toujours au clair, et fendit à travers la populace non sans égratigner quelques imprudents sur son passage. « Je n'y vois plus rien, ou presque, et je suis devenu tout à coup plus sourd que votre vieux papy. De ce que j'en déduis, ce sont nos dons qui sont touchés par le pouvoir du monstre. Vous pourrez peut-être me couvrir avec ça ? » Il lui présenta la sarbacane en question et la lui remit sans attendre son accord – ses yeux noirs et fixes n'admettaient pas de contestation. « Je vais au corps à corps, vous serez en retrait, il n'y a rien que vous risquiez. Si ça se passe mal pour moi, je vous demande seulement de tirer un tranquillisant sur le Loup. Ou deux. »

Il lui remit également les autres fléchettes et referma la main de la Peau-Verte dessus avec assez de confiance pour lui donner du courage. Il y serait peut-être parvenu si ce foutu colosse n'avait pas décidé que c'était le moment opportun pour leur gueuler aux oreilles tout l'outrage secret que le monde lui faisait – et même les Sindarins durs de la feuille des environs ne pouvaient pas prétendre l'ignorer.

« Non mais putain, c'est fini, oui ?! hurla Léogan, en retour, avec une bordée improbables de jurons, un poing levé vers le ciel. Non mais sans déconner ?! Y a des morts partout, oh, oui c'est tragique ! ON L'SAURA ! Saloperie d'anguille volante ! Ah y en a MARRE ! »

Au bout de la quatrième fois, il était plus que temps de passer outre ces messages cryptiques dont les colosses s'acharnaient à leur fourrer la cervelle – et qui se ressemblaient tous, point par point, de toute façon – et malgré la douleur qui sifflait dans son crâne, Léogan décida rageusement de profiter de la paralysie de la foule pour poursuivre son chemin. Protégeant la Zélos étourdie dans le couvert de son bras, il tourna finalement à l'angle de la rue où Fenris s'était engagé quelques temps plus tôt. La colère lui dévastait le ventre et y perçait des trous brûlants qui palpitaient à chacun de ses pas.
Enfin, les grondements innommables de la bête se turent et comme d'usage, les visions cessèrent, ne laissant derrière elles que quelques spasmes sur les muscles de Léogan, et des silhouettes fantomatiques, qu'il crut percevoir se faufiler entre les gens dans la foule.

« Peste ! »

Il referma plus étroitement son bras autour de la donzelle et avança plus vite sur le pavé, apercevant Fenris au-delà de la marée humaine. Ils y étaient presque.
Mais le monde tout entier était apparemment au courant que ce clochard déguenillé perdu au milieu des émeutes n'était autre que le jouet favori des conjonctions astrales hasardeuses, et alors qu'il heurtait de surprise l'étale d'un marchand de casseroles, ce fut la voix de Tekum Seh qui s'invita à son tour dans son esprit.
Roulant au milieu des marmites et se débattant au milieu des habitants terrifiés, il fut contraint d'écouter la proposition du duc du début à la fin, tremblant de colère, et s'il avait eu le Serpent lui-même en face de lui à cet instant d'urgence où il n'avait que l'idée d'aller sauver son frère de lui-même, il aurait simplement fait un pas sur le côté, se serait balancé légèrement, et de toutes ses forces, lui aurait assené son poing dans la figure. Quelles que soient les conséquences. A la place, la voix de fureur dans sa tête se déchaîna sur le télépathe qui l'avait contacté, tandis que sur un autre plan de conscience ouvert par magie, il se concentrait toujours sur la route qui lui restait à parcourir :

« Vendre ? Nom de dieu, vendre ? Vous croyez que je cours après les emmerdes comme un chien après un bâton ? Faudrait m'payer pour que j'aille risquer ma peau entre les traits de baliste de l'armée eridanienne et la gueule béante de ce monstre ! Alors là, mon p'tit père, vous pouvez bien aller vous gratter ! Je suis peut-être un peu fêlé du bocal par moment, mais j'suis pas suicidaire ! Si vous voulez mon aide – et j'insiste bien, mon aide, et même mes services et ceux de mon épée – allez d'abord demander à l'armée la permission de voler dans son ciel, histoire qu'on n'finisse pas en brochette d'héroïques abrutis ! Et si vous n'arrivez à rien avec les officiers et que vous tenez toujours au projet, oubliez-moi et allez chercher du côté de ce chevalier herboriste dont tout l'monde parle, j'suis sûr qu'il serait ravi de donner sa vie pour une glorieuse cause perdue ! Et m'appelez pas général, ça me porte sur les nerfs. Allez. Voyez par vous-même, moi pour le moment je suis occupé. »

Il coupa sèchement ce contact qu'il avait toléré et ferma étroitement les barrières de son esprit, ses yeux virant au bleu le plus glacial et inspectant les alentours avec suspicion. Sa main se resserra sur la garde de son arme magique – il ne tenait pas à ce qu'un de ces fouineurs de la Plume vienne la lui soutirer pour la prêter à un autre ahuri qui irait percer le cuir du dragon à sa place.
Mais il était enfin arrivé dans le vide dangereux que la foule laissait instinctivement entre elle et le Lhurgoyf enchaîné qui grognait avec un enthousiasme monstrueux. Léogan laissa la Zélos au pas d'une porte, à couvert, et lui offrit son regard le plus assuré.

« Je compte sur vous. Je vous le promets – vous ne risquez rien. »

Puis il se détourna et jeta ses cheveux en arrière, soupirant profondément. Nul importun sur sa route, désormais. C'était entre Fen et lui.
Car malgré tout, cette bête aussi, c'était Fen. Et il préférait l'éventrer lui-même que de laisser le moindre idiot de la garde, qui n'avait pas conscience qu'il ne tuerait pas seulement un monstre, le faire à sa place.

Il courut sur quelques mètres et en un instant, sa silhouette elfique grésilla d'une énergie étrange et devint tout à coup légère comme l'air et parcourue d'une infinité de veinules bleutées. Elles éclatèrent brusquement et Léogan se changea en une longue traînée d'électricité iridescente, un trait de foudre qui cerna le monstre en volant par-dessus le pavé, traçant autour de lui un cercle d'énergie crépitante qui écarta les passants sur plusieurs mètres et enferma le fauve dans l'enceinte d'une arène où il n'y avait plus que lui, et Léo. Celui-ci reprit rapidement forme humaine et réapparut à quelques mètres du Lhurgoyf pour rugir de toute la force de ses poumons :

« HE FENRIS ! TA MERE T'A JAMAIS APPRIS A MANGER PROPREMENT ? RAMENE TOI ICI QUE J'T'APPRENNE LES BONNES MANIERES ! … VIEUX CRABE ! » ajouta-t-il en goyfar, pour la forme, en se mordant les lèvres, incrédule lui-même devant son propre discours. Il gonfla cependant les poumons et se campa sur ses jambes, le sabre levé et la crinière en bataille. Il tremblait des pieds à la tête. Il plissa des yeux et cracha par terre. « ALORS, T'AS LES FOIES ? »

Au pas de la porte de la maison des Jézékaël, Ilyan observait le ciel tandis que le colosse volait à tire d'ailes en direction du palais, où se trouvait son roi, ce garçon qu'il avait vu grandir entre les jupons des nourrices et dans l'ombre de son père, cet homme qui désormais gouvernait le pays d'une main sûre et – en tout cas, Ilyan y veillerait – juste.

« Si seulement on pouvait le piquer aux tranquillisants, celui-là, aussi... murmura-t-il, la voix serrée, en se retournant vers Othello, Gareth et Elza. Avec l'arbalète de Léo, voyez. » D'un geste désespéré, un sourire de dérision aux lèvres, il désigna ladite arbalète qui traînait, appuyée sur un mur à l'entrée. Elza, elle, lui adressa un regard éloquent.

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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Jeu 3 Déc - 23:20

L’escouade était en route depuis quelques minutes et c’était le véritable capharnaüm autour de nous, la seule présence des soldats en charge de l’évacuation dans la rue ne suffisait même plus à calmer les gens effrayés dans les rues. En effet, il y avait presque un soldat à chaque coin de rue qui enjoignait les gens à fuir dans la direction opposée. Certains arrivèrent à fuir dans le calme mais la plupart des civils couraient et n’avaient pas besoin des ordres des militaires pour prendre les jambes à leur cou. Ces derniers nous regardèrent passer avec soulagement et certains me saluèrent très rapidement au vu de mon grade et certains de mes hommes essayaient de se renseigner aurpès des collègues en faction. Nous n’apprîmes pas grand-chose de plus, je savais déjà ce qu’il fallait depuis le briefing dans le bureau du major. Personne dans mon unité ne le savait encore mais les ordres avaient un tantinet changés. En effet en l’absence du roi mis en sûreté afin d’assumer le commandement de la défense, c’était son sbire en chef, la Tour qui avaient pris les choses en main. C’est donc un peu à l’aveuglette qu’on avançait dans la ville, dans le flot opposé des habitants fuyant leur quartier. Même des soldats fuyaient, ils devait retrouver leur unité avant de repartir. Au fur et mesure que l’on avançait les gens commençaient à fuir dans la direction opposée.

Néanmoins quelque chose me saisit d’effroi alors qu’on arpentait quelques décombres dans une rue qui commençait à se déserter. Il y avait un peu de fumée et de poussière en suspension dans l’air  donc en passant à travers on se mit à tousser. J’entendis quelqu’un commencer à pester parmi mes hommes avant qu’un coup sourd ne le fasse taire. Toutefois je me retournais pour être sûre que ce n’était pas quelqu’un qui nous attaquait par derrière. La même impression étrange qu’au QG me saisit et j’ordonnais à mon unité d’arrêter son avancée. Je voulus m’accroupir au sol afin de jeter un coup d’œil circulaire mais alors que je commencer à me baisser, je chutais soudainement en avant et m’écrasa tête la première contre le pavé du sol.  Je me relevais difficilement en maugréan alors que Dom venait m’aider mais ce dernier dans sa course pour venir m’aider trébucha également. Deux autres hommes de mon unité vinrent nous aider à nous relever. Peu après, l’un de mes hommes qui avait sorti son épée la laissa tomber précipitamment sans aucune raison. On échangea des regards perplexes se demandant vraiment ce qui était en train de se passer. Je voulus sauter par-dessus une poutre de bois effondrée sur un tas de gravats mais je pus à peine décoller du sol avant de me ramasser et de m’écraser de l’autre côté de la poutre. J’avais déjà quelques coupures sur le visage et une de mes cicatrices était en train de saigner. Et chacun des 10 hommes de mon unité, alors qu’ils devaient franchir des décombres se ramassa bien comme il fallait au sol et tout le monde galèra à se relever.


- Bordel de merde mais qu’est ce qui se passe ? On se ramasse à chaque caillasse qu’on croise !

- Ouais c’est lourd, ça nous arrive jamais d’habitude…

- Vos gueules les bleus, on sait pas à quoi on a affaire donc vous la fermez bien comme il faut et vous me suivez.
Dom s’approcha ensuite de moi et me parla à voix basse.

- Vi, ils n’ont pas tort. C’est putain d’étrange, c’est pas normal. Il suffirait qu’on croise une bande de pillards et ils peuvent nous massacrer puisque qu’on n’arrive même plus à dégainer une épée sans se couper.

- Sérieusement ? Quelqu’un s’est coupé en dégainant son épée ? Qui ?

Je tirais une mine étonnée alors que Dom opina gravement et me désignait un de mes soldats qui se tenait le main et que Leyan essayait de bander maladroitement, arrachant des grognements de douleur au blessé. Je m’enfouis ensuite le visage dans mon gantelet droit avant de regarder de nouveau Dom. Mais je ne pus rien dire car je vis quelqu’un courir dans notre direction. Chacun se tint prêt comme il put pour accueuillir le nouvel arrivant et nous vîmes avec soulagement que c’était un militaire. Un type bien de chez nous qui arrivait en haletant et esquissant un salut bizarre devant moi.

- Ah… Ah… Pufff… Vi…

- Repos soldat, qu’est ce qu’il se passe ?

- Vous… vous avez de nouveaux ordres… Ordre de rappliquer… au palais royal pour votre unité. Point de ralliement… de l’armée. On bat le rappel de tout le monde, vous l’infanterie vous êtes collés aux machines. Ordre… de la Tour. C’est lui le taulier pour la défense.

- Vraiment ? Eh ben au moins on aura quelqu’un de connu dans le milieu aux commandes, évidemment notre bon roi devrait être en sûreté.

- Oui….pufff… une fois sur place, adresserez-vous  au chefs-balistère. Ils vous affecteront à un trébuchet avec des servants et vous les aiderez à recharger et à les protéger contre tout ce qui pourrait attaquer les machines.

- Génial… j’espère que je pourrais au moins lui botter le cul si jamais cette saloperie s’approche trop près. Escouade, on bouge. Vous, votre nom ?

- Thirio, sergent.

- Bien Thirio, vous restez avec nous jusqu’à ce qu’on rejoigne le palais, pas question de rester seul avec cette saloperie dans le coin. Allez bougez vous !


Thirio opina en me saluant et se mit en route avec le reste de mon unité. Peu après notre départ, un cri étrange retentit non loin au dessus de nous. J’essayais de me persuader que ce n’était qu’un cri d’un blessé mais le son ne me semblait vraiment pas humain… Beaucoup trébuchèrent dans notre course et moi-même je dus me rattraper à mon coéquipier le plus proche pour ne pas tomber ce qui entrainait généralement sa chute. J’avais interdit à tout le monde de sortir son arme sauf en cas d’extrème nécessité car déjà deux d’entre nous s’étaient blessés avec leurs armes dont quelques doigts sectionnés. On s’était mis à courir dans le sens opposé de notre marche mais alors que l’on arpentait une ruelle qu’on avait emprunté comme raccourci, celle-ci était obstruée par des morceaux de toit effondrés.  J’arrêtais tout le monde brusquement et les 11 soldats ne s’arrêtèrent pas à temps et me tombèrent presque dessus, terminant notre course dans un carambolage indescriptible, m’enterrant presque dans le tas de gravats. Je m’extirpais avec grande peine du tas, aidée par la main de Dom.

- Quel… merdier… Fait chier… Je me mis à tousser de manière assez sonore alors que tout le monde se relevait tant bien que mal. Bon allez on se bouge ! On repart sur nos pas et on emprunte la voie principale, tant pis pour le raccourci. Allez en avant !

Alors que l’on se mettait en route, moi en tête, je m’aperçus que quelque chose se dressa en travers de mon chemin et reculait légèrement. Il est vrai que moi et mon escouade on devait avoir l’air de sortir des ordures avec nos coupures, blessures, poussière et gravats apparents mais je portais mon regard vers la personne nous barrant la route. Elle portait l’écusson de la garde sur elle, le même insigne de loup que j’avais sur mon armure et que j’avais arrangé à ma façon, de manière totalement non réglementaire. Mes gars se sentirent un peu rassurés mais personne n’osait avancer. En effet, il fallait dire que la jeune femme désormais, qui se tenait devant nous était particulière. D’une peau bleutée et des cheveux d’un noir de jais encadrant un visage de traits fins, cette femme semblait être une beauté à tomber mais l’aspect de ses vêtements n’incitait pas à être entreprenant. De plus elle était armée d’un arc et je soupçonnais un carquois de flèches à son côté. Toutefois l’écusson de la garde me fit oublier que dans d’autres circonstances, je ferais bien connaissance avec elle et je m’avançais vers elle, en essayant de faire en sorte que mes galons puissent être visible.

- Votre nom et votre unité. Je fis ensuite signe à mes hommes d’avancer tout en écoutant ce que la femme me disait. Je ne retins que son nom : Abigaïl Valverde. Bien, vous restez avec nous, soldat. On rapplique au palais de Thimothée pour avoir de nouveaux ordres et vous rejoindrez votre unité là bas. Je fis ensuite volte-face vers mes hommes. Les gars, formez le rang. On se replie en bon ordre, Dom et Leyan vous fermez la marche et vous vous assurez qu’on est pas suivi. Thirio et Valverde, devant avec moi. On ne s’arrête pas avant d’arriver au palais. Vu ? HOUAA.

Mes hommes me répondirent le même HOUAA et ma troupe se mit en route en courant vers le palais royal, l’itinéraire bien clair dans mon esprit. Toutefois notre progression fut très ralentie car mes hommes trébuchèrent dans leur course souvent et moi-même je faillis tomber. Alors que l’on progressait difficilement dans la rue qui allait rejoindre le palais, un cri horrible retentit à dessus de nous. Tout le monde moi compris tourna la tête vers le ciel pour apercevoir l’horrible colosse volant au dessus de nos têtes. Personne ne fit un geste avant que Thirio ne chuchota près de moi.

- Sergent… qu’est ce qu’on fait ?

- Chhht ta gueule petit ! Surtout on ne bouge pas…
que j’essayais de lui susurrer sans bruit tout en continuant de fixer la sale bête en fronçant les sourcils.

Malheureusement à ce moment là, un des bleus de mon escouade paniqua et se mit à courir dans la direction du palais en hurlant de terreur. Le monstre répondit en poussant un hurlement qui nous vrilla les tympans à nous tous.


- MERDE ! BORDEL DISPERSEZ-VOUS DISPERSEZ-VOUS PUTAIN RESTEZ PAS LA !!

Je me mis à hurler de toute la force de mes poumons, essayant de ne pas laisser la panique me submerger. J’attrapais fermement le poignet de Valverde dans mon gantelet et je l’entrainais avec moi vers le palais.


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Jonas Mitsgun

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Lun 7 Déc - 4:30

Ce vulgaire hérisson infernal me causa bien du souci. Et bien que ma rage bestiale fut au plus haut, mes amputations et mes handicaps jouaient en ma défaveur.  Armé d’une seule main et la membrane de mes ailes trop fragile manquèrent de me couter la vie lorsque la boule de pics chargea.
Heureusement que mes sabots compensèrent le manque de puissance de mes ailes. Après un premier saut, suivi d’un battement d’ail, je pus réajuster ma descente pour écraser la face de cet adversaire ridicule sous ma patte puissante, lui enfonçant sa tête de serpent dans les restes de la carcasse qu’il voulait tant.

Par la suite, comme ça m’arrive souvent lorsque je perds le contrôle, je ne me souviens plus très bien de ce qui s’est passé. Par exemple, ce qui m’arriva exactement entre le moment où j’en finissais dans la ruelle et la dégustation du Yorka-Vache m’est inconnu. Peut-être le nombre de mes victimes jusqu’à ce moment du récit était-il déjà bien plus important que ces quatre quidams.

Ce dont je suis certain, c’est que mon combat avec ce serpent à pic se clôtura dans les airs. Au grand damne de mes pauvres ailes pour lesquelles le poids de nos deux corps avait malmené la membrane. Finalement, mes longues griffe se plantèrent sous son menton et atteignirent enfin cette masse molle et désormais inutile à mon adversaire. Je vis son regard se vider de toute expression mais je devinais le mien se remplir de surprise.
J’avais espéré le laisser retomber après cette ultime attaque mais c’était sans compter sur cette longue queue préhensile qu’il arborait, dardée de pics. L’un d’eux s’était fiché dans mon bras droit et m’entraina vers le sol à la suite du poids mort dont je voulais me débarrasser.

Déstabilisé, pris de court par la douleur soudaine et surtout incapable de redresser ma chute à cause de la faiblesse de mes ailes qui revolaient pour la première fois depuis des mois, tout mon être commença à se débattre de manière désordonnée, frappant le corps mort, hurlant contre lui avec une voix caprine et démoniaque. Je me revois même aller jusqu’à mordre démentiellement sa queue là où il n’y avait pas de dard, dans l’espoir fou sans doute de la lui trancher…

Finalement, ce fut une cheminée qui nous sépara. Son corps ricocha mollement contre la colonne de pierre et d’argile cuite pour aller s’écraser et empaler un autre Lhurgoyf que le hasard avait négligemment déposé dans la ruelle. Mon propre corps traversa la toiture et me fit perdre conscience quelques instant. Mais le choc fut assez fort pour me ramener aux commandes de mon corps et calmer mon instinct primaire.

C’est à partir de ce moment que mes souvenirs redeviennent réellement clairs. Je me souviens m’être réveillé dans une pièce sombre avec quelques caisses de métal, des morceaux de bois sculptés et mêmes quelques lames encore non affutées qui me firent comprendre que j’avais atterri dans le grenier d’un forgeron ou un artisan du même genre.
Étourdi et  désorienté, mon premier réflexe fut de tenter de me dégager de sous les gravats et débris de toiture et de me redresser pour savoir si la douleur dans mon aile était aussi légère que mes sens engourdis voulaient bien me laisser le croire.

Mais lorsque mon corps se redressa, je sentis le sol s’affaisser légèrement et j’entendis le bois craquer sous mon poids. La seconde suivante, je tombais au rez-de-chaussée à travers le plafond. Cette fois, j’avais réussi à atterrir sur mes pattes et mes ailes me protégèrent des morceaux de plancher qui me tombèrent dessus.

Mes ailes s’écartèrent alors doucement, renversant une chaise et quelques objets posés sur un comptoir. Je devais rester vouté à cause des trois paires de cornes qu’arborait ma tête de bouc mais j’étais rassuré en repliant mes voiles, heureux de voir que les quelques accrocs qui les clairsemaient désormais n’étaient pas trop graves. Mon bras droit amputé, lui, dégoulinait de mon sang alors que ma main gauche laissait perler les dernières gouttes de celui de mon défunt adversaire que je voyais à travers la fenêtre.

Dehors, le porc-épic s’était fiché dans le dos d’une créature dont le physique m’échappe aujourd’hui. Tout ce que je me souviens c’est que ça ne l’avait pas tué mais que cette créature dans la rue n’arrivait pas à s’en débarrasser. Cela offrait à mon esprit embrouillé un spectacle des plus pathétique et j’aurais presque manqué d’apercevoir ce qui me sembla être un Terran tout près de ces deux Lhurgoyfs, brandissant par magie des épées noires et volantes.

Mais mon attention fut rappelée à l’intérieur de la pièce. J’avais mis un moment à le remarquer mais il y avait une présence qui attira mes regards.
Le champ de vision de la tête de bouc se superposait à celui qu’avait ma poitrine sur le monde. Mon corps de chimère possédait à mi-chemin entre mon arrière train de Faune et ma tête de bouc à six cornes, un torse imberbe. La peau d’albâtre de ce tronc épousait en bas, la forme anguleuse d’abdominaux saillant et plus haut une poitrine au galbe harmonieux. À la place des tétons de ces seins, il y avait eu deux prunelles sans paupières. De ces deux globes aux iris pourpres, il n’y en avait plus qu’un qui soit encore fonctionnel. Le sein de gauche portait une cicatrice en forme de point sur chaque flanc et la cornée était désormais voilée et pâle.

C’est d’abord les yeux du bouc qui remarquèrent l’être à mes côtés dans la pièce. Des deux visions, elle était celle la moins colorée, la moins nette et elle percevait légèrement moins bien les mouvements.

Lentement, je tournai donc mon corps vers le Lhurgoyf dans la pièce. Depuis que la Sarnahroa avait touché l’œil gauche de mon corps Terran, j’avais déjà dû apprendre à compenser une cécité partielle. Mais depuis mon arrestation, après qu’une flèche eut transpercé ma poitrine, je ne voyais plus rien du tout du sein gauche.

Mon œil droit se posa alors sur un monstre semblant porter une armure et affina la perception qu’en avait bouc qui la fixait de ses yeux vide d’expression.
Je fis un pas de côté, mes ailes repliées renversant encore quelques objets posés sur des meubles autour de moi. Ma main gauche se leva, prudente, les griffes prêtes. Pourtant, ma paume se voulait apaisante malgré le sang qui la maculait. La tête caprine ouvrit à peine la bouche et des centaines de voix envahirent la pièce. Des voix de femmes et d’hommes de tout âge se mêlaient dans un écho mélodieux au sortir de ma gorge.
D’aucuns disent que ce sont les voix de toutes mes victimes passées qui parlent à travers moi lorsque je révèle mon vrai visage. Je ne saurais le dire moi-même.
Parmi toutes les voix, c’était celle des femmes et des enfant qui prirent légèrement le pas pour porter ces mots, là-où les voix masculines ne faisaient plus qu’appuyer la demande de celle-ci avec des intonations de prières :


« Je ne veux pas me battre contre vous. »

Les débris du plafond et une armoire m’empêchaient d’atteindre la porte et je ne passerai jamais à travers la fenêtre, pas plus que je n’aurais pu m’envoler à travers le trou du plafond.
J’étais bloqué avec un nouveau monstre, mais cette fois, j’étais surtout enfermé dans une pièce où chaque partie de mon corps buttait contre quelque chose au moindre de mes mouvements.

Et puis mon œil droit se posa sur le mur entre nous, là où une silhouette obscure se détachait, emplissant la pièce d'une froidure inattendue. Je sentais mon instinct lutter pour revenir encore à la surface et déchiqueter cette chose inconnu et pourtant, je fis à nouveau un pas en arrière. Tout mon être se sentait oppressé par l'éxiguïté de la pièce. À nouveau, mon rapport à l'enfermement faisait ressurgir la colère en moi, dangereusement pour ceux qui m'entouraient.


« Calme... Il faut... Rester calme... »

Les voix des enfants semblèrent sangloter alors que celles des femmes s'approchaient doucement et dangereusement de l'hystérie. Quant à celles des hommes, elles grognaient ces paroles qu'on avait peine à penser sincères...

Je n'avais encore aucune idée de ce qu'était cette chose et quelles étaient les intentions de mon congénère mais j'ignorais d'autant plus la façon dont j'allais bientôt réagir à cette situation oppressante.


résumé:
 


Thème musical Trouvé par Illumina
Pour que la rose bourgeonne dessous les cendres, brûlons encore un peu de ce monde suicidaire.
Quand la corolle s'ouvrira là-haut dans les airs, nous y repenserons, voyant la paix descendre.

>Nostalgie à la flute de Pan de Jonas<
>Sérénité à la flute de Pan de Jonas<
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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Lun 7 Déc - 12:42

Une démence collective s’était emparée de la ville, en la plongeant dans une forme profonde d’hystérie causée, semblait-il, par le colosse. Et alors que les rues étaient devenues des bains de sangs, d’exil et de terreur, la maison des Jézékaël semblait encore préservée de cette folie, comme coincée dans le temps, dans une bulle encore civilisé.
Penaude, à moitié écroulée contre le mur, Othello se dandinait avec peine sur le parquet, ondulant son appendice marin dans de grands battements visqueux sous les yeux curieux du petit Valistar, aussi médusé qu’amusé par son infortune.
« Mince, encore heureux que je suis comme ça… Si j’avais été complètement transformée, j’aurais finis par patauger dans l’évier de la cuisine en attendant que les choses se passent… Ou pire… » Se dit-elle, s’imaginant déjà finir ses jours asphyxiée sur le sol, un pauvre poisson ridicule qui aurait nagé sur le planché. Mais penser à profiter des bienfaits d’un évier, d’une baignoire – ou pire – d’une casserole ne l’enchantait guère plus… Finalement, son hybridation lui plaisait beaucoup plus. Elle avait au moins une voix pour parler et des bras pour agir.

Toujours éclairée par la porte ouverte, elle acquiesça aux paroles de Léogan qui avait déjà rejoint la folie de la rue. Comme si, une fois les pavés de pierre touchés, la frénésie s’emparait de vous comme le premier rhume.
« Je ferais ce que je peux ici… » Lui cria-t-elle, bien qu’il ait déjà disparu. Sa voix s’éteignit alors, dans une cruelle chute, tordant sa voix avec plus ou moins de prestance – en réalité, on aurait plutôt dit la voix d’un jeune pré pubère qui s’essaye à l’âge adulte.
La vague avait déferlé dans la rue, emmenant dans ses sillons des dizaines d’âmes perdues, des cris, des voix. L’encadrement de la porte avait pour elle tout d’un immense miroir, d’un écran lointain qui lui projetait les lointaines images d’un autre monde. Des nuées d’animaux en cavale, des dizaines de monstres sordides qui s’attaquaient entre eux, des hommes qui peinaient à se tenir debout, à marcher, alors que des sindarins rampaient presque en se tenant les yeux. Coincée sur le sol, la sirène avait du mal à en croire ses yeux, emprisonnée dans sa prison d’écaille, condamnée à être la pâle témoin de cette psychose sanglante. Et ces rugissements astrales qui balayaient la capitales de temps à autres… Au loin, les cris d’une mouette ou d’un albatros retentirent eux aussi, s’ajoutant dans une étrange alchimie à ceux du colosse, créant une ampleur spectral qui sonnait comme un hymne. Qu’elle était bien dans l’ombre, à l’abri de la lumière.

Ses mains tenaient fermement le petit miroir. Le cadre d’argent orné de gravure ne le distinguait en rien d’un autre. Ni même le scintillement mystérieux qu’il émettait – il renvoyait simplement la lumière, comme toutes les autres glasses. Cependant, quelque chose à propos de lui vibrait différemment, comme si il détenait, quelque part, la clé d’une partie du mystère. Perdue et résignée, elle s’affaissa un peu plus contre le mur, quand soudain Elza surgit près d’elle pour lui porter un secours… Maladroit. Quoi ? Un bain ? La prêtresse n’était pas sûre de comprendre, se répétant plusieurs fois chaque mot pour bien comprendre.

« - Je… Ne vous en faites pas, ça va alle… » Sa voix pataugeait elle-aussi, ses yeux ronds de surprises, renvoyant le reflet de la maîtresse de maison, toutes les deux unies dans l’incompréhension.
Ilyan s’interposa alors, avec une force et une assurance nouvelle qu’il n’avait pas auparavant, encré gravement sur son visage, apportant avec lui LA solution, les laissant toutes les deux pantoises. Bien qu’elle désaprouve, Othello ne broncha pas quand il l’aida, et quand il usa de ses forces pour la placer du mieux qu’il pu sur le fauteuil. C’était un homme formidable. Non seulement bénirait-elle cet homme, mais elle était prête à bénir sa maison, sa femme, baptiser son enfant, et sacrer sa lignée sur une dizaine de génération. Et si Kesha lui accordait ce miracle, et lui ôterait tout de suite toute forme de maladie. Le sacrifice avait toujours eut énormément de valeur à ses yeux, sûrement plus qu’aucun autre acte.


« Merci Ilyan. » Dit-elle, attrapant sa main fermement en le regardant droit dans les yeux. « Et merci également, Elza. Vous êtes adorables. » Elle posa sa main sur l’avant-bras de la sindarine. « Ne traînons pas dans l’entrée, maintenant qui sait ce qui pourrait surgir de la rue… » Un ou deux léviathans, pourquoi pas… Après tout, plus on est de fous, plus on rit. Ajouta-t-elle pour elle-même, amèrement amusée par la situation.

Avec la petite famille, elle roula jusqu’au salon, devant les carreaux de la fenêtre pour ne pas perdre une miette du spectacle insensé qui se déroulait sur leurs yeux. Le loup avait été prit d’une folie meurtrière, carnassière, laissant sur son passage cris et sangs, de bouts de corps lacérés, d’entremêlas de chair informe. Son sang se glaça. Léo, comme d’autres passants qui s’étaient joints à lui, tentaient de mettre fin à son massacre vulgaire, ainsi qu’un albatros qui faisait ce qu’il pouvait. L’albatros ?... Cela lui rappela que… Non, ce n’était pas possible. Ce pourrait-il que Kimera… ?
Perdu dans l’écarlate de la rue, et le gouffre de ses pensées, ses yeux descendirent jusqu’au miroir qui était penché vers ses jambes, lui montrant la rayure rouge étrangement orangée qui marquait son aine et le haut de sa cuisse.
De temps à autres, le salon où ils étaient rassemblés était recouvert de l’ombre titanesque du colosse. Si la rue n’était qu’un tunnel de la fourmilière, la jeune femme se demandant si la même folie s’était emparée du reste de la ville, si Duscisio allait bien lui aussi, si il avait pu se mettre en lieu sûr. Ses jambes ??

Soudain, ses yeux s’arrondirent, son cœur se creusa. Le miroir ne renvoyait pas sa queue luisante d’écaille et de nageoire, mais bien ses deux jambes qui jouaient de transparences avec les restes de sa jupe lacérée par endroit par ses pointes. Ses jambes. Sa forme humaine. Se pourrait-il que ?... Elle tourna le petit objet vers Elza et Ilyan qui se tenait derrière elle. Quelque chose chez eux avait changé. Leurs visages… Leurs visages étaient auréolés de lumière, brillant singulièrement, comme si leur bonté transparaissait des pores de leur peau. Othello déglutit. Ce miroir avait réellement des capacités propres. Et qui lui serait plus que jamais très utile.
Fébrilement, elle entreprit de se retourner dos à la fenêtre, tournant la surface réfléchissante vers le dehors. Il lui fallut quelques secondes pour croire à ce que la petite glace lui renvoyait. Des dizaines d’humains, certains resplendissants, d’autres suintent d’ombre et d’horreur, qui couraient, criaient… Elle joua avec sa direction, le fit alterner entre le haut de la rue et de bas. Kimera fendit, suspendu en l’air – elle était bien l’albatros. Un zélos au sol s’adressa à Léogan, qui avait la même lueur que son frère. Fenris, lui, n’était plus tout à fait humain, ni tout à fait bête. Seulement, il n’était plus lui-même. Sa peau semblait sombre, ruisselante par endroit d’un liquide visqueux et brunâtre qu’elle prit pour du sang coagulé. Et son visage… Il était recouvert d’un sourire haineux, pleins de rage, de violence. Elle en eut froid dans le dos, sentant un frisson froid, désagréable, mordre sa colonne à chaque descente alors que le miroir lui renvoyait l’image d’un monde brisé, et du colosse qui tournoyait sans cesse au-dessus de leur tête.
On entra. L’affolement des pas et des voix lui fit comprendre que quelqu’un était entré. Ilyan s’exprima alors, mais la sirène ne lui prêta guère attention, comprenant le message sans qu’il ne se répercute, pour autant, sur le fond de son esprit.

Bruyamment, elle soupira, les mains tremblantes, se retournant vers la petite famille, le rouge du sang répandu bloqué dans ses yeux comme l’image trop aveuglante du soleil qui se fige dans les pupilles, apparaissant toujours à chaque battement de paupière. Doucement, elle expliqua à la famille ce qu’elle voyait, ce que le miroir faisait. Si seulement elle pouvait marcher… Foutue queue. Foutues jambes. Foutu colosse. Foutue journée. Si elle avait eut son corps, ses pouvoirs, elle aurait pu aller au secours des blessés, au lieu de rester comme une quiche assise dans un fauteuil volée à un malade. Plus que jamais, elle n’était pas digne d’être à sa place, et pas digne du siège qu’on lui avait attribué dans le monde.
Enfin. Se lamenter ne changerait rien. De nouveau, Othello tenta d’éclairer la rue du reflet de son miroir. Mais quelque chose l’arrêta net, ouvrit violemment sa main, et fit tomber l’objet qui s’aplatit mollement sur un tapis. Ses yeux ronds de stupeur s’étaient creusé de terreur. Jamais elle n’avait vu cela. Elza s’inquiéta de son sursaut et voulu l’aider, mais elle leva gentiment sa main, l’arrêta dans son geste avec un sourire un peu forcé. Puis, si d’une main elle rattrapa le manche de son bien, de l’autre elle caressa doucement ses tempes. Cela ne pouvait être qu’une création de son esprit. Quand elle rouvrit les yeux, l’hallucination reprit. Fougueusement. Evanescente. Ephémère.  Rien de plus qu’une ombre, une distorsion à peine visible. Un visage apparut face à eux, presque aussi clair, aussi translucide que de l’eau, et disparut aussitôt.


« - Qu’est-ce que c’est que cette… ? » Elle croisa le regard d’Ilyan. Il l’avait vu, aussi. Mais personnes ne saurait mettre un nom sur ce phénomène. Doucement, elle leva à nouveau la petite glace. Son cœur cessa presque de battre. Dans la bibliothèque, sur les murs, à travers même du bureau, dans l’ouverture de la porte, une demi-douzaine de silhouettes abyssales se détachaient clairement, blêmes et froides. Leurs visages sans couleur les dévorer des yeux, tandis que leurs peau, comme un tissu sépulcral, formait les contours du vide de leur corps. Certains étaient tout à fait immobiles. D’autres bougeaient les lèvres sans que l’on entende le moindre murmure. Du moins, dans les premières secondes. Des bribes de mots se firent bientôt entendre, s’élevant, distantes voix des tombes, dans leurs oreilles perturbées. Et alors que dans le salon on ne voyait rien ou que des ombres clignotantes, le miroir ne cessait de renvoyer ce funeste reflet. Les ombres étaient toujours là. Toujours… Sauf que l’on ne pouvait les voir. Et Othello fut alors comme hypnotisée par le reflet, comme par les lointaines visions reçues sur le pont d’un bateau dans la baie de Gaeaf.

« Vous… Vous disiez, Ilyan ? » Bégaya-t-elle penaude, absorbée par les visages. D’où viennent-ils, que leur disent-ils… « Vous parliez d’arbalète ? » Qui sont-ils… Elle remarqua alors soudain la présence d’un dignitaire, à son costume, dont le visage lui était très vaguement familier – sûrement croisé quelqu’un part, dans un de ses voyages, sûrement. «  Bonjour monsieur, enchantée de vous rencontrer… Pardonnez mon physique étrange. Othello Lehoia, Haute-Prêtresse de Kesha. »

L’arme était en effet posée derrière eux. Mais il fallait se rendre à l’évidence. Avec ses nageoires disgracieuses, sa robe à moitié décousues, ses cheveux qui couvraient ses épaules plus ou moins nues, assise sur un fauteuil d’infirme… Sa place n’était pas encore dans la rue, et sûrement pas comme messager porteuse d’arme. Deux mètres dehors et elle se ferait renversée, piétinée, sinon mangée par tel ou tel bête assoiffée de sang, ou même Fenris en personne qui l’aurait confondue avec un hareng fumé. Non, elle devrait venir après. Quand la première vague serait passée, et qu’elle pourrait plus calmement se faufiler entre les cadavres pour porter secours aux blessés qui devaient se masser, à présent, dans les caniveaux. Aussi se tourna-t-elle vers le jeune homme, dont la blondeur opaline lui rappelait vaguement des champs de blés par un soleil naissant.

« - Monsieur… Gareth ? Peut-être pourriez-vous… » Elle lança un regard distant vers l’arme, le message assez clair pour être compris de suite. Sa voix contrainte de culpabilité avant même la fin de sa phrase. « Mais je ne me permettrai pas de vous imposer une telle charge. Ici vous serez à l’abri, en paix. »

Dans sa main, le miroir renvoyait toujours le reflet du visage mort qui attendait doucement derrière son épaule. L’abysse et la surface se trouveraient-il à nouveau réunis ?

Spoiler:
 





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Abigail Valverde

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Mar 8 Déc - 21:44

    Abigail parcourait les rues et tentait de calmer les citoyens tous plus ou moins affolés, elle les renvoyait sur les autres gardes disposés dans la ville afin de la faire évacuer le plus vite possible, elle savait où ils se trouvaient car elle connaissait les exercices de la garde, elle en faisait partie pour l'instant mais surtout elle avait vécu ici pendant de nombreuses années. Lorsqu'elle ne vit plus personne à sa position, elle courut comme elle pouvait jusqu'à la demeure de ses parents, elle devait vérifier qu'ils étaient eux aussi partis afin de combattre. Soudain, elle sentit ses jambes lâchées sous son poids et tomba à genoux, en relevant la tête elle aperçu une ombre passer au dessus de sa tête : enfin une ombre, une grande ombre, un gros volatile ?

    - C'est quoi ce bordel ?

    Et quelques secondes plus tard, elle put de nouveau se relever. Elle se mit alors à courir en direction de chez elle, elle poussa violemment la porte et monta à l'étage, elle passa en revue toutes les pièces de la maison, il n'y avait personne. Ouf ! Abigail sentit un poids se dégager de la poitrine. Elle se dirigea alors vers la rue principale où elle chercha d'autres soldats afin de leur prêter main forte. Soudain elle entendit un bruit dans une rue avoisinante, elle s'avança et au moment où elle allait demander s'il y avait quelqu'un qui avait besoin d'aide, elle vit des formes difformes venir vers elle, Abigail recula lentement, espérant que les créatures face à elle n'étaient pas des ennemies et puis elle vit une forme se dessiner et se rendit compte que son imagination avait prit le dessus, elle avait face à elle des gardes.

    - Oui, Abigail Valverde de l'Ordre d'Oris venue de Tyrhénium en renfort il y a quelques semaines. Je ne suis assignée à aucune unité en particulier sergent mais j'ai souvent travaillé avec l'unité 8 sergent.

    Abigail écoutait les ordres et acquiesçait de la tête, elle cria un « HOUAA » en guise de ralliement. Elle regarda la femme sergent sur le chemin, elle avait entendu dire que certaines femmes étaient sergents dans la garde mais ne les avaient jamais croisés.

    Un bruit parut aux oreilles d'Abigail et elle se figea directement, elle n'en croyait pas ses yeux, ne s'arrêterait-il jamais de parcourir la ville comme un fugitif ? Abigail était devenue de la glace, son sang lui montait à la tête, on pouvait voir qu'elle était effrayée, ses mains tremblaient mais elle les tenaient l'une contre l'autre afin de se calmer tout en fermant les yeux et en essayant de retrouver un rythme de respiration normal. Et ce fut le drame, un homme lui passa devant en hurlant, quoi de mieux pour attirer la bête vers soi ? Abigail comprit tout de suite ce que cela signifiait, l'animal allait venir en piquet sur eux. Elle sentit qu'on l'attrapait au poignet pour la forcer à courir vers le palais.

    Abigail regardait celle qui la tirait tout en courant. De leur position, on voyait le palais, elles n'étaient pas loin mais l'animal semblait les prendre en proie. Tout en regardant en arrière, elle en était convaincue. Elle aperçue du coin de l'oeil les autres partir dans la direction opposée à l'animal. La zélos prit alors une grande inspiration avant de se focaliser sur les trajectoires possibles jusqu'au palais.


    - Sergent ! Excusez-moi mais c'est pour votre bien !

    Elle retira son bras de la prise et elle poussa celle qui était à cet instant son supérieur dans une petite ruelle évitant de peu les serres de l'animal qui avait fondu sur elles avant de monter sur une échelle et d'arriver sur un toit. L'animal avait fait demi-tour, Abigail se mit alors à lui hurler dessus :

    - Hé le volatile, viens t'amuser !

    Et elle se remit à courir aussi vite qu'elle put, tentant d'éloigner l'affreux du reste du groupe. Abigail se prit les pieds dans les tuiles. Elle roula sur le côté et évita de peu les griffes du colosse. La cavalière respira, elle se laissa tomber et atterrit sur un balcon, elle entra dans la pièce et se cacha de son assaillant. Quand elle n'entendit plus aucun bruit, elle ouvrit très lentement la fenêtre et ressortit comme elle était entrée. Elle regarda autour d'elle, la chose qui frappait la ville tournait le dos au palais, c'était peut-être sa seule chance de rejoindre les autres soldats, elle devait en profiter.

    Elle prit un raccourci par les toits et rattrapa le sergent qu'elle avait rencontré peu de temps auparavant. On lui passerait peut-être un savon plus tard mais pour l'instant tant pis. Abigail vit près d'elle un escalier menant à une demeure à l'étage supérieur d'un bâtiment, elle s'accrocha au toit et se laissa de nouveau tomber pour arriver sur le perron, là elle descendit les marches quatre par quatre et retrouva la femme sergent dans sa course contre la montre.


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Sighild

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Mar 8 Déc - 23:11



Elle se tenait là, derrière la fenêtre du magasin, comme une ombre qui poussait des gémissements sourds. Il n'était pas question de douleur, mais simplement de soupirs qui s'échappaient de sa gueule monstrueuse. Mais ces derniers étaient étouffés par ceux que criaient le monde extérieur. Les citoyens de la capitale étaient terrifiés par la force qui s'abattait sur eux, fauchant sans discrimination les pauvres âmes qui se trouvaient sur son chemin. Ils hurlaient, ils criaient, ils courraient pour sauver leur vie... alors que Sighild se contentait d'être là, face à elle-même, un pâle reflet de sa véritable nature.

Dehors, de nombreux combats se déroulaient, contre le colosse, mais aussi contre ses semblables qui se retrouvaient dans l'incapacité de contrôler leur bas instinct. Cette nature sinistre de leur race, elle ne la connaissait que trop pour l'avoir combattu dans ses jeunes années. Aujourd'hui, son âge et son expérience lui avait permis de ne plus se laisser submerger pour son agressivité, bien qu'elle ne demeurait à l'abri de rien. D'ailleurs, pour ne prendre aucun risque, elle avait toujours fait en sorte de refouler ce don de dame nature mais parfois, le cri de la bête qui se tapissait dans son cœur était trop fort, et elle le laissait s'échapper dans les profondeurs de la forêt de Noathis, loin de ses sœurs, loin des âmes humaines. Voilà pourtant qu'en moins d'une année, elle avait pris en pleine figure tout ce qu'elle avait tenté de fuir, tout ce qu'elle avait tenté d'étouffer. Il fallait peut-être y voir un signe du destin. Trois épreuves, trois douleurs à combattre : la culpabilité de vivre, son aveuglement et sa nature. Et tout cela était apparu au même moment que les colosses. Ces créatures ne s'étaient définitivement pas réveillées par un pur hasard. Il y avait quelque chose à comprendre... il ne restait qu'à trouver la raison qui les dépassait tous.

Et puis comme à chaque apparition, il y eut son lot de maux de tête et de vision. Comme les premières fois, elle n'en comprenait pas le réel message mais à ne pas en douter, les images qui passaient dans sa tête étaient un langage dont elle ne saisissait la portée. Mais la douleur était insupportable, tel un martèlement qui tentait de briser une muraille. Ce n'était pas le moment, pas sous cette forme. L'amazone ne put retenir un petit grognement et chancela légèrement. Il ne fallait pas qu'elle relâche son attention et sa concentration car si la barrière mentale qu'elle s'était dressée se fissurait, le monstre qui était en elle pour reprendre le dessus.

Mais nul temps pour la lhurgoyf de réfléchir à la question car le ciel décida de lui tomber sur la tête. Tout se passa extrêmement vite, et une silhouette difforme s'écrasa comme un oiseau dans l'arrière pièce du magasin. La violence du choc fit renverser la plupart du matériel présent sur les étagères, les armes, les armures, certains types de métaux exposés... Les poutres du plafond avaient cédés et un trou béant était apparu, soulevant de la poussière qui bouchait la vue sur ce qui était tombé. Il fallut plusieurs minutes à la jeune femme pour reconnaître la présence : celle d'un congénère.

Toutefois, la silhouette ne lui était pas inconnue, cette allure, ces cornes, cette nature caprine.... elle connaissait quelqu'un ainsi mais cela faisait des mois qu'elle ne l'avait pas croisé : Jonas, un homme avec un langage étrange mais plutôt curieux dans le sens noble du terme. Toutefois, lui ne connaissait pas la forme monstrueuse de la jeune femme mais elle pourrait sans aucun doute le lui dire en goyfar... si ce dernier lui permettait. Est-ce qu'il avait tous ces esprits? Le doute lui fut permis. Il semblait gravement blessé, ses griffes suintaient le sang frais et il lui était difficile de cerner l'aura qu'il dégageait. Pourtant, Jonas lui manifesta quelques signes d'apaisement, levant les bras, et tenta de prononcer quelques mots.

Sighild ne répondit pas immédiatement, elle observa simplement, dans le silence. Un monticule de débris les séparait et Jonas était bloqué de l'autre côté. Devait-elle l'aider? Où le laisser prisonnier ici? Peut-être qu'il serait plus en sécurité à cet endroit car si il perdait ses esprits, pourraient-ils affronter des soldats ou d'autres civils? Ce n'était pas raisonnable de s'y résoudre, le danger pouvait être égal si il n'était plus capable de se défendre. Puis à sa manière, elle tenta de lui répondre, et pointa une griffe en direction de sa célèbre faux rouge. Jonas connaissait l'objet et il savait que cela lui appartenait. Mais pourquoi ne parlait-elle pas? C'était parce qu'elle avait du mal à articuler sous cette forme et les gestes avaient plus de sens que les mots.

Mais à peine avait-elle tenté de se présenter, qu'une étrange ombre se manifesta. Elle n'était pas facile à distinguer, et pourtant, on aurait dit une forme humaine, elle en avait l'allure. Était-ce seulement un effet d'optique? Une illusion? La pièce se refroidissait, l'air était anormalement frais. Puis la forme se profilait de plus en plus et s'éclaircissait, elle palissait jusqu'à ce qu'un visage, une allure soit parfaitement visible. Sighild avait du mal à croire ce qui se tenait là et l'entité de n'avait pas remarqué, elle déambulait, traversant les murs. Ce phénomène lui rappelait Taulmaril. A plusieurs reprises, lorsqu'elle s'était rendue là bas sur la sépulture de son frère qu'elle croyait défunt, elle avait pu assister à des manifestations d'Errants. La plupart du temps, ce n'était que des souvenirs qui ne représentaient aucun danger, des esprits prisonniers d'un instant et condamnés à le revivre sans cesse. Pourtant, l'ombre qui se tenait là avait quelque chose de différents, comme si une réelle conscience était là.

La jeune femme se mit alors à pousser un petit grognement, un simple râle et là, l'esprit entendit, et se retourna dans sa direction. L'entité était bel et bien "là" car son visage s'anima lorsqu'il perçut la lhurgoyf. Il semblait terrifié car il s'agissait d'un homme, ou tout du moins, cela en avait l'apparence. Mais la chose paniqua et devint invisible et brusquement, tout se mit à voler avec violence dans la pièce, c'était de la télékinésie...

 
Résumé:
 


~ Sighild's Theme ~
See what I´ve become
† Image - Inconnu & Image - hgjart †


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Elië Valanatëel

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Mer 9 Déc - 17:35

Bien sûr, elle avait laissé derrière elle quelques corps et quelques blessés dans sa fuite devant elle-même mais ce n’était rien à côté du carnage qui semblait l’avoir précédée. Et tandis que le Sindarin se redressait elle laissa ses yeux détailler les victimes de la folie de, elle ne savait pas trop quoi. Le truc volant ne semblait que très peu s’occuper des vivants pour le moment et se contentait de ceux qui étaient à sa portée sur les hauteurs et de semer une panique bien compréhensible. C’est à peine si elle nota la protestation du naufrageur quant-à son identité. Lors de leur ancienne présentation elle avait été mise à l’aise par le forban. Elle savait parfaitement que le « Léo » qu’il lui avait servi n’était que manière de prêter un nom à un visage et il le lui avait bien précisé. En d’autres circonstances elle aurait volontiers goûté l’ironie et la simplicité de ce pseudonyme. Léo pour Léogan ! Un diminutif banal pour un prénom qui l’était bien moins et d’ailleurs… Une petite clochette tintinnabula brièvement dans son esprit, mais l’environnement n’était pas propice à chercher plus loin dans des souvenirs qui ne serraient en l’occurrence d’une quelconque utilité…

Elle ne prit pas la peine de répondre. La honte de son apparence du moment l’en empêchait en premier lieu et un voile anthropomorphe traversa la rue devant ses yeux incrédule avant qu’une voix lui fasse tourner la tête. Le tout doublé par l’air éberlué de « Léo » finit de lui remettre momentanément les pieds sur terre. En d’autre temps elle aurait même pu goûter le comique de la situation, mais en l’espèce, il ne fallait pas non plus trop lui en demander.

La belle échevelée qui arrivait à leur rencontre semblait avoir un caractère bien trempé et se permit de clouer le bec au sindarin visiblement accoutumé à secourir les femmes en détresse, même lorsque les apparences n’étaient pas en sa faveur.

Elle lui fourra de force avec force diatribe une sarbacane et ses fléchettes pendant qu’Elië regardait en papillonant de surprise ses paupière dont elle n’osait imaginer la couleur, devant la bêtise du forban dont elle gardait pourtant le souvenir d’un être plein de finesse et de sagacité.

*Bon sang ! Si c’est l’effet de cette bestiole ! Elle ne respecte vraiment rien !*

Elle jeta un bref vers le ciel un regard plein de haine pour essayer de saisir la trajectoire du reptile volant.

*Il est gros ma belle !
_ Gros ou pas qu’importe ! Nous lui ouvririons volontiers les entrailles !*


Ces dernières pensées terminèrent de la rasséréner et elle finit par se sentir des élans guerriers qu’elle ne se connaissait pas mais c’était la deuxième fois qu’elle se retrouvait au milieu d’évènements dont elle ne maîtrisait ni les tenant ni les aboutissant. Elle détestait cela et la dernière fois c’était le ridicule qui avait failli la tuer. Cette fois, son esprit revenu, du moins momentanément, elle était bien décidée à s’emparer du plus de contrôle des choses qu’elle pouvait.

*Cela fait deux fois qu’un truc à écailles nous impose sa façon de voir les choses et je commence…
_ Demande-toi comment survivre plutôt
_ Survivre sous cette forme ?! Merci bien !*



Enfin si quelqu’un pensait qu’elle pouvait prendre des décisions toute seule car le forban abruti semblait en avoir décidé autrement et c’est le suivant bon gré mal gré qu’elle écouta ses quelques instructions.

« Mais !… »

Elle essaya de protester, mais visiblement le contredire ne semblait pas être à l’ordr du jour ni dans les possibles envisageables.

*Mais, il a complètement perdu la tête ! C’est la truc volant qu’il faut atteindre !
_ Hum, il a peut-être envie de tenir lieu de festin de grosse bébête et le plus proche est le truc à poils épineux*


Mais les arguments du beau bruns firent retomber ses résistances et bientôt, sans qu’elle ait peu cependant émettre ses protestations, elle se retrouva avec la sarbacane et les projectiles dans les mains. Evidemment elle ne pouvait espérer atteindre et encore moins percer le cuir du truc qui maintenant leur dispensait ses visions intrusives dans ce qui leur restait de cerveau. Elle suivi incrédule les gesticulations impuissantes et pleines d’ire du Sindarin et hocha la tête.

Après tout il fallait bien commencer par quelque chose et la sarbacane elle connaissait. Ce n’était pas son arme de prédilection, pas assez de filets de sang à regarder couler sur le peau et imbiber les tissus, et le poison elle n’aimait pas trop non plus, cependant, dans son métier il fallait ce qu’il fallait et aucune façon d’ôter la vie ne devait rester inconnue à un assassin qui se respectait.

Les dernières vagues de visions s’estompaient et le sentiment étrange d’un déjà vu l’asaillait à présent.

*Si tu fais référence aux visions du colosse du Nord…
_ Non, non c’est autre chose…*


Mais les évènements et le chaos du quartier ne lui permirent pas de pousser ses réflexions plus loin. Elle eut juste le temps de s’écarter pour ne pas être piétinée par un cheval qui semblait avoir rompu son attelage et avait pris le mors aux dents renversant devant lui tous ceux qui se trouvaient volontairement ou pas sur le trajet de sa course folle, ses fers affolés glissant trop souvent sur le pavé de la rue… Dans son écart elle bouscula le Sindarin et haussa les épaules en signe de regret.

« Quand faut y aller… »

Et puis il ne faisait pas bon rester dans le secteur si l’on ne voulait pas finir piétiné par le foule paniquée ou une bête de somme éperdue. Les chevaux étaient une chose mais les bêtes à corne en étaient une autre bien plus dangereuse…

Dans un premier temps le bras protecteur de l’escrimeur lui fit oublier qu’elle n’avait plus l’apparence de jadis mais elle trouva bientôt que cette sollicitude n’était pas la meilleure chose pour pouvoir courir librement et avec la vitesse qu’elle avait acquise grâce à son entraînement régulier. D’un revers d’avant-bras et d’un haussement d’épaule, elle se débarrassa donc de ce membre importun et emboîta le pas de course du Sindarin autoritaire.

*Encore… *

Elle tourna son visage vers son compagnon de course au risque de ne pas voir arriver un obstacle.

« Vous voyez la même chose que moi ? »

C’était la deuxième fois qu’elle percevait ce voile qui sortait des habitations et cette fois elle était sûre de leur forme humanoïde, malgré leur aspect évanescent et sombre.

« Qu’est-ce que c’est ? » cria-t-elle comme pour couvrir le bruit du vent de leur course dans leurs oreilles.

*C’était…
_ Je crois bien, mais je n’en suis pas sûre…*


Le juron du bretteur ne lui laissa pas de doute. Il avait bien vu la même chose qu’elle.

*Une nouvelle illusion ?
_ Non mon amour, pas cette fois…*


Elle suivi des yeux les silhouette le temps que leur poursuite le lui permit, tenaillée de nouveau par l’impression de déjà-vu qui l’avait saisie quelques minutes plus tôt. Puis elle lança un regard interrogateur à Léogan en sentant son bras de refermer sur sa taille. Cela devenait une manie. Elle trébucha et reprit son équilibre au prix d’un coup de rein accompagné d’un geste latéral du bras qui tenait la sarbacane. Elle jeta un regard furibond au mâle qui semblait penser que toutes les femmes étaient de petites choses fragiles.

« Bon sang vous voulez vous faire embrasser le pavé ?!!! »

Si elle avait été totalement honnête elle aurait concédé que l’état dans lequel elle se trouvait au moment de sa rencontre, n’avait pas plaidé en sa faveur, mais maintenant que l’action lui avait remis les pieds sur terre et la tête sur les épaules, elle en oubliait un peu cette vérité
Son épaule heurta la tête une femme qui pivota violemment sous l’impact et se retrouva plaquée contre le mur le plus proche, le souffle coupé par le choc avec la Zélos qui pestait intérieurement contre l’imprudence des gens courant se mettre à l’abri alors qu’elle courait joyeusement au-devant du danger. Elle baissa une fraction de seconde les yeux sur la sarbacane pour évaluer de quel type il s’agissait.

Longue d’environ un bras elle avait été façonnée avec habileté dans un une longueur de palissandre qui lui conférait une certaine rigidité. L’embouchure était formée d’un petit pavillon qu’elle évalua d’argent et la bouche de sortir resserrée comme il se doit pour augmenter la pression de l’air et la vitesse du projectile était cerclée du même métal. Un fracas métalique arrêta sa course en même temps qu’elle relevait les yeux. Le Sindarin n’était plus à ses côtés, stoppé cinq mètres avant par un étal de chaudronnier et, apparemment, par une connaissance, connaissance de haut rang qui plus était si elle en jugeait par sa mise et son escorte. Elle s’arrêta net, haussant les épaules et tournant des paumes interrogatives vers le ciel, les yeux mi impatients mi interrogatifs essayant de croiser ceux de Léogan pour lui signifier qu’ils avaient autre chose à faire. Enfin, c’est bien ce qu’elle avait cru comprendre…

De son côté le bretteur en guenilles ne semblait pas des plus ravis d’avoir à interrompre ses projets même pour recevoir en silence les propos de l’aveugle, car à n’en pas douter, ces yeux-là étaient ceux d’un aveugle… Leur conversation ne parvint pas aux oreilles de la Syliméa, couverte qu’elle était pas la distance et le bouhaha de la panique qui semblait ne pas devoir quitter le rues de la cité. Lorsqu’enfin il la rejoignit, il l’attira sur le côté de la rue, le regard déterminé. Les bruits de cavalcade et de fuite s’étaient faits rares et même les cris semblèrent se perdre à distance. A l’abri d’une encoignure de porte_ il faut toujours se montrer optimiste et se dire que l’endroit où l’on se trouve peu servir de protection, même lorsque la puissance du danger que l’on veut éviter se jouerait comme d’un brin d’herbe de cet asile_ nullement assez protégée donc elle lui rendit sa mine sévère comme si la résolution du Sindarin était contagieuse et comme pour lui signifier qu’elle avait compris hissa la sarbacane et ses munition à hauteur de sa poitrine.

*Non mais qu’est-ce qu’il nous prend de rester au plus dangereux des catastrophes ?
_ Il est vrai que tu nous étonnes… *


Une partie d’elle-même n’aurait rien demander de mieux que de se mettre à l’abri dans une cave ou en tout cas dans un endroit où ni la chose volante ni la bestiole à grandes dents ne les débusquerait tandis qu’une autre, celle qui semblait avoir pris le dessus en cet instant restait parfaitement calme devant les évènements. Certes, l’amour du jeu et de l’adrénaline devait y être pour quelque chose, mais cet amour se manifestait lorsque les forces auxquelles elle se confrontait étaient du même ordre que les siennes. Là, le danger était tout autre…

*Ca change non ?*


Oui, peut-être la nouveauté était-elle un atrait en l’occurrence, mais là encore elle avait autre chose à faire que se lancer dans une introspection poussée. Déjà la trainée d’énergie s’était élancée en direction du monstre auquel ils devaient le carnage qui leur avait servi de piste. Elle devait bien se l’avouer elle n’avait jamais prêté de si grands pouvoir au forban des côtes qu’elle avait rencontré il y avait quelques temps de cela. Elle resta pétrifiée d’admiratrion et un peu de crainte quelques secondes avant de reprendre ses esprits.

*Nous avons quelque chose à faire et ce n’est pas en restant à cette distance que nous y parviendrons !
_ D’autant que la bébête doit avoir un cuir respectable !*


Et tandis que l’escrimeur invectivait le Lhurgoyf dans une langue inconnue d’elle mais qui de par sa laideur devait appartenir au monstre, elle sortit de son abri pour raser les murs et chercher un angle propice à son attaque et une distance qui lui assurerait un jet le plus tendu possible. L’arme était certes faite pour accroitre le force du souffle de son utilisateur, mais celui-ci devait tout de même imaginer la parabole que la flèche allait décrire et la réduire devait toujours être son souci afin d’avoir le plus de force et de précision possible.
Son regard fit le tour du quartier à la recherche d’une position propice à ne pas décevoir le guerrier qui après tout prenait tous les risques dans cette histoire… Une des maisons qui surplombaient les lieux présentait une lucarne par laquelle il lui serait aisé de se hisser sur le toit. En d’autre temps, elle aurait emprunter une voie plus directe grâce à ses compétences d’acrobate et d’équilibriste habituée à courir sur le toits et les corniches les plus étroites, mais sa transformation involontaire et les douleurs qu’elle ressentait encore dans les articulations suite à cette métamorphose impromptue ne pouvait que l’inciter à prendre quelques précautions. Elle profita donc de la diversion que lui procurait Léogan pour raser les murs et se glisser dans le bâtiment qu’elle avait repéré tout en rangeant ses munitions dans son aumônière. L’avantage de ce genre de projectiles c’est qu’ils ne prennent pas beaucoup de place… L’endroit était désert hormis quelques femmes tremblantes tapies sous une table lorsqu’elle passa devant la cuisine. Elle ne leur accorda aucune attention et grimpant les niveaux quatre à quatre, elle atteignit bien vite le grenier et se laissa guider par la lumière du vasistas tout en laissant tomber dans l’épaisse couche de poussière sa cape qui ne lui serait d’aucune utilité. Elle passa la tête à l’air libre pour se rappeler qu’elle n’avait rien aujourd’hui pour s’assurer comme d’ordinaire lorsqu’elle se trouvait dans cette situation. Les ardoises lisses ne présentaient que peu de prises pour les pieds et si elle ne voulait pas terminer 8m plus bas, les os en allumettes elle devait trouver quelque chose de substitution à son fouet ou la corde fine qu’elle affectionnait dans ces cas-là. Elle se laissa retomber dans les combles pour chercher de quoi faire une assurance convenable. Il lui fallait faire vite et lorsque ses yeux tombèrent sur la vieille corde lâchement tendue entre deux madriers elle ne fit pas le difficile. Elle était raide de son séjour sous la pente du toit, mais elle parvint tout de même à se la nouer à la taille et l’enrouler en anneaux serpentins quelle se passa en bandoulière non sans souffler par ses naseaux de Zélos incommodés par le poussière qu’elle faisait inévitablement voler autour d’elle. En quelques appuis et rétablissement élémentaires, elle s’assit sur le rebord de lucarne, envoya la corde voler autour de la cheminée pour en récupérer tant bien que mal l’extrémité. L’ensemble était supposé l’empêcher de tomber dans le vide tandis qu’elle serait occupée à viser le monstre avant qu’il ne découpe en filets mignons le Sindarin téméraire. Ses mains habiles malgré leurs formes du moment s’affairaient aussi vite qu’elles le pouvaient.

*Avec ses pouvoirs il aurait pu le griller depuis longtemps. Au lieu de ça il montre des précautions de collectionneur.
_Un éclari peut être ?
_ Non mais tu veux que je nous rappelle où nous l’avons rencontré ?!*


La corde avait fait maintenant deux tours autour de la taille de la Ladrini qui comptait que la raideur et la grossièreté de ce vieux lien suffirait à lui procurer à la fois du mou si nécessaire et assez de frottements et tension pour la retenir.

*Et maintenant voyons si ce truc va tenir…*

Les fléchettes dans son aumônière et la sarbacane glissée entre la peau de son dos et ses hardes elle se laissa glisser doucement sur des rondeurs arrière, les pieds en avant, vers le bord du toit. La raideur de la corde autour de la cheminée ne pouvait la prémunir des à-coups, mais jusque-là, ça ne semblait pas trop mal.

En bas, les deux protagonistes n’en étaient plus aux présentations et elle se hâta de s’emparer de son arme, de glisser un projectile dans le tube ainsi que les empennages de trois fléchettes entre ses doigts de sa main droite, celle la plus proche de sa bouche, pointes vers l’avant. Ainsi la recharge du tube se ferait plus aisément en cas d’urgence… Elle porta l’arme devant ses lèvres pour se donner enfin une idée des qualités et des défauts de celui-ci et de mettre le Lhurgoyf dans sa ligne de mire. L’avantage de sa position surélevée était qu’elle n’avait que peu à se soucier du Sindarin qui pouvait sans danger se trouver entre elle et sa cible. Elle garda les deux yeux ouverts pour évaluer la visée. Assez vite, elle comprit que seule la tête pourrait lui servir de cible efficace pour ses petits projectiles. L’épaisseur de sa fourrure et sans doute de son cuir le protègeraient sans doute sur le reste de son corps. Les deux combattants se tournaient furieusement autour et soulevaient la poussière du pavé.

*Encore heureux qu’on n’ait pas de terre battue ici !*
--Tu as vu son œil mon amour ?
_ Bonne idée ! Si on arrivait à atteindre le deuxième…
_ Au moins cela fait une bonne cible de départ et en cas d’échec le reste du visage fera l’affaire.
_ Il faudrait par contre qu’il arrête un peu de bouger…*


Là perchée à moins de 10m du combat, petit à petit la concentration prenait le dessus dans son esprit. L’alignement des yeux de la tireuse et du tube ne quittait plus l’œil unique du monstre, corrigé par une parabole à courte flèche. Elle savait qu’elle n’aurait pas droit à beaucoup d’essais et que si l’escrimeur s’entêtait à ne pas utiliser sa magie contre son adversaire, il pourrait bien faire les frais du délai qu’elle mettrait à trouver la bonne fenêtre de tir…

Et puis elle faillit laisser sa concentration s'envoler alors qu'une soudaine illumination lui frappa l'esprit.

*Ca y est je sais!
_ Regarde plutôt le vilaine grosse bébête!
_ Les trucs flous de tout àç l'heure! Je crois que j'en ai reconnu un dans les messages du dragon!
(je ne sais pas si ce terme est de mise ici)*


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Tekum Seh

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Ven 11 Déc - 14:39


A quelques souffles de vent de là, loin au-delà des maisonnette fragiles sous la rudesse de ce souffle de peur, à quelques méandres virevoltants d’une traboule donnant sur une traverse crasseuse et enfin sur la route pavé où était l’assemblé, le serpent et ses hommes attendaient. Et doucement la petite Lune répondit au monstre qu’était son maître mais dont elle ne semblait voir que l’alliciante nitescence.

“-… Puis il a fermé son esprit, je n’ai rien changé et n’ai fait que transmettre ses paroles … Je ne sais si ?
- Point de souci, je ne l’abhorre point et je n’ai donc pas l’intention de reporter sur toi une quelconque rage, si l’être est obtus et ne sait regarder alors qu’importe, tramait lui ceci, avec la douceur que tu jugera nécessaire, après tout comment savoir si son esprit est bien fermer n’est-il point ?”


Il sourit, un sourire d’esprit qui se reflète sur le coin de ses écailles, une mimique un peu immonde dans la bouche d’un grand serpent de plume et d’or, mais il laisse une caudalie s’étiré doucement dans cette position pour peser le pour et le contre de chaque chose :

“La vicissitude tudesque de votre fin intellect m’étonne mon cher général, je suis sous la forme d’un immense serpent plein de plume et d’or, je doute que les joyeux généraux ne fasse autre chose que d’essayer de me dessiné un nouveau sourire. Même si vous êtes ubéreux je ne peux qu’espérer que votre plan pour sauvez votre ami n’est pas aussi fuligineux.
Mais qu’importe, je ne vais vous corroyer par respect pour ma sœur, si vous me chercher vous saurez où me trouver, quelque part dans votre esprit.”


Puis il lève la tête vers les étendu éternel, vers le vide, vers le ciel où il siffle doucement. Sa voix est l’écho d’un murmure qui susurre et s’infiltre, qui s’insinue dans les plaies béante d’une langue affreuse et dure pour y souffler un miel doux et quelque chose des frimas d’un hiver merveilleux, froid et rude, mais d’une blancheur certaine sous la neige rêver d’un matin frabieux.
Alors il chante, il chante quelque chose qu’on entend probablement à des milles de là, un petit quelque chose qui est enfouit dans sa mémoire, loin de tout, loin dans le passé dont il retire des bribes avec les silhouettes qui s’effacent et se meurt, sylphe d’un jour ou d’un instant, illusion et écho d’un passé, d’un ins-temps comme les aimes un vieux forgeron.


“ài-oi Urkhas ku ganaga
ài-oi Urkhas Ku bin-amrad
Irkat-lukhud ma katabrikihu
Ma nîd sakhu!

Atkât zatagrafizu, zatablugi sulluzu ?
Lu !
Maku kataklutimâ?
Maku zatansasimâ?

Ku baraka ?
Tur udu ra udlag Mazarbul  
Bazar udu agânî-furkhîn, Zâbad,

Tân sanki zasairadihu, ala galabizu!
(Mênu) Gurd!
Tashfati !
Urkhas tanakhi!”



C’était le chant préféré de sa mère, le chant d’un temps révolue où il était courant de couvrir des milles entier sous une forme plus véritable, un simple “Urkhas”, une chose que l’ont oublie pas mais que l’ont ne cache, une vérité indue, une douce faveur et une violence coulante doucement sans plus d’endroit où pénétrer plus avant.

Alors il ressent les frimas de ses propres hivers, les reflets hyalins de ce chant vieux de plus de huit cent ans, les échos incertain de la douceur du sang, et la douceur certaine de l’odeur de la peur qui elle pénètre comme un encens infâme sous sa langue bifide, il sens, il goûte, il se pénètre et s’enivre de cette aire tout en chantant encore, murmurant la fin à son propre écho, il ne sais si quelqu’un la reprendra, si les autres de sa race le suivrons, mais il n’en a que faire, il sait où il doit aller.

Doucement, comme un zéphyr changeant il glisse sur le sol sans chercher à voler, ses écailles aux reflets d’or font le bruit d’un tungstène sur le sol pavé des rues, et les reflet du bruit encre encore l’écho de la peur dans les êtres qui se crispent sur eux même dans leur maison alors que derrière lui la plume se rassemble et ne fait qu’un.

Les gardes sont mort sous la lueur vespéral, les gardes n’ont plus qu’a l’esprit un petit soleil dansant dans le ciel de nuit du grand vide où il volait par le passé. Les gardes et même les pègres sont perdu dans leur affolement car elles n’ont pas a l’esprit de jouir pleinement de ce genre de chose, mais la plume elle est rudéral …

Doucement et s’infiltre et s’insinue sifflant tannant l’odeur du sang vers la cache de ceux qui sont ses émules … Les prétendant mourront, le sang et le chant attirerons des causes officiel du désastre, une bande de Lhurgoyf assoiffer et chassant …

La plume est rudéral, mais il est toujours de bon ton de crée son propre humus …


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Dim 13 Déc - 23:02

Au sol, Duscisio était réellement dominé par la créature qui ne cessait de vouloir passer le bouclier d'épée qui lui sauvait pour l'instant la vie. La position allongée étant des plus inconfortables pour maintenir sa protection à distance pour pas se faire écraser par sa propre magie en plus du Lhurgoyf, l'idée de se relever était des plus tentant. La concentration était tout de même importante, car la maladresse ne lui donnait pas l'avantage. Son calme le laissait observer par moment ce qu'il se passait autour de lui. Autre la transformation de la rue calme à une rue prise de panique, sauver sa propre existence étant des plus fortes, une autre entité vint à se manifester par les picotements dans son corps. Ne pouvant appeler la Pistilose à l'aider pour deux raisons, il dut se résigner à lui dire intérieurement que c'était impossible. Le maintien de ses épées l'empêchait d'utiliser d'une autre magie, de plus montrer la plante en ville n'était pas recommandée. Bien qu'à la vue de tous en ce moment même un monstre de plus ou de moins ne changerai rien. Se concentrant un peu plus sur sa protection, il insuffla un peu plus d'essence divine dans sa magie pour la maintenir en plus le temps de se relever. Deux épées de la protection se retirèrent pour émerger à nouveau et menacer la créature sur les flancs et l'obliger à reculer. Ce fut chose faite. Profitant de ses quelques instants, il rappela ses épées d'un murmure, mais à ce moment-là, un cadavre couvert d'épine fut apparemment envoyé et lui piqua le dos par surprise. Pris de douleur, il cherchait maintenant à s'en débarrasser.
L'albinos de son côté semblait se concentrer pour une autre magie, il murmurait une prière faisait apparaître des arcs électriques léger le long de son corps. Balançant son bras d'arrière en avant, un violant choc électrique parcourra autant la créature que ce qui se trouvait dans son dos, les deux furent immobilisées, paralysé sans dommage collatéral.
Neutraliser, le Lhurgoyf ne pouvait donc plus bouger ce qui suffisait à l'herboriste pour se sauver et commencer à parcourir la ville après avoir fermé la porte de sa boutique.

Sa meilleure allié pour l'instant était ses épées, qu'il rappela après avoir arrêté d'utiliser l'électricité corporel à son aise. La poussière noire tournait maintenant autour de sa propre personne pour une utilisation presque immédiate si le moment venait à se présenter. Que se passait-il ? Quel est l'origine de ce chaos ? Restant quelques instants devant sa porte, la direction à prendre était encore confuse.
Tuanio n'était toujours pas revenu, sa magie était toujours présente, mais sa maladresse anormal le gênait beaucoup pour se déplacer. S'il devait trébuchet bêtement alors qu'un danger imminent se présente ce sera fini pour lui. Seul sa volonté à survivre qui dirigeait en partie ses épées pouvaient le protéger sans connaître l'efficacité réelle de cette magie à l'heure actuelle. Le premier regard se porta alors soudainement vers le ciel alors qu'un monstre gigantesque volait au-dessus de la ville.

Comment est-ce possible ? Se disait-il alors que ses yeux écarquillés de stupeur observais le colosse blanc.

Plus important. Il y avait des civils. Bien qu'il en fasse partie, Duscisio hurlait à ceux qui le pouvait encore de rentrer chez eux et de se barricader. Les Lhurgoyfs sont leur principaux ennemis, sans compter certains habitants qui se voient transformer en leur essence animal sans le vouloir.

Le plus impressionnant arriva alors. Une bourrasque toucha la créature qui l'arrêta sans effort par un bouclier. Ce sentant soudainement inutile, l'idée d'éloigner le colosse avec l'aide de sa magie tombait alors à l'eau. Pour contre-attaquer, le colosse hurla à en assourdir l'albinos qui se trouvait pourtant à plusieurs centaines de mètres de là, une vision apparu par la même occasion.
Il n'était pas compliqué de comprendre que cette fois si, c'était pour détruire la ville. Il fallait agir. Comment ? L'armée semblait être la seule force disponible maintenant que la magie était inutile contre le monstre. Celui-ci profita que tout le monde était dans sa vision pour faucher l'homme qui semblait responsable de l'attaque aérienne. Au moins, nous savons qu'elle ne se laissera pas faire.
Mais pourquoi faucher les mages si ceux-ci ne peuvent rien lui faire ? Si ce n'était que pour le plaisir de tuer, cela était pourvu d'aucune logique.

Se décidant finalement de bouger, Duscisio accourra avec prudence dans les rues de la ville. Son avenue étant assez grande pour accueillir le colosse et ainsi le pousser à s'y aventurer, Duscisio répétait inlassablement autour de lui aux civils de retourner chez eux le plus vite possible, comme si un mauvais pressentiment le portait au cœur. 
Plusieurs fois il manqua de trébucher sur les pavés qui ne dépassaient pourtant que de quelques millimètres. L'horreur du manque de contrôle de certaines personnes sous leur forme monstrueuse avait fait quelques victimes. Ce genre de présence sépulcral le maintenait sur ses gardes en refaisant surgir cette étrange poussière noire qui l'entourait encore, se concentrant par endroit comme si une nouvelle épée allait apparaître quand Duscisio porta son attention sur une troupe de gardes au centre de la ville.

Gardes. Je me nomme Duscisio Balibe. Je me suis demandé si vous auriez besoin de mon aide en tant que mage ? Un peu plus de bras dans ce chaos ne serait pas de trop.

Bien entendu, il ne fallait pas s'attendre à un accord immédiat. Leur travail était aussi celui de maintenir les civils en sécurité. Certain par contre avait un peu peur et hésitaient à pointer leur arme sur lui à cause de la poussière noire qui l'entourait. Assurant que tout était parfaitement contrôlé en manipulant à sa guise cette chose, il fut dirigé vers le chef d'unité pour connaître son avis sur la question. Sachant qu'il a rencontré plusieurs colosses, ses opinions ne seraient pas de trop pour donner des idées pour éloigner ou abattre la créature.

Résumé:
 


Duscisio's Theme - Pistilose's Theme


Merci Othello pour le Kit

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