EVENT : Colosse de Paramis - Révélation - Page 3

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• Civils: 18

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An 1305 de l'ère obscure

Saison:Langdum Mois:Cicium
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 EVENT : Colosse de Paramis - Révélation

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:: Eros et Thanatos ::

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Elië Valanatëel
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Elië Valanatëel
MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Lun 23 Mai - 20:48

La fille de glace était du genre que la rouquine craignait le plus. Sous ses allures froides et fragiles, elle sentait une attention tout en éveil. De ce genre d’attention que la Sindarine haïssait comme celle d’un miroir impitoyable. La fatigue aidant elle sentait comme une vibration acide la parcourir comme une déchirure entre elle et elle.

*Nous sommes Sindarine et nous avons les yeux verts…*

Les yeux ! Quelque chose dans les lacs gelés de la Yorka lui planta un frisson de crainte. La fatigue ! Cette maudite fatigue ! Et celle douleur à la tête ! Avaient-elles monopolisé tant de concentration qu’elle en avait oublié la couleur de ses yeux ? Elle eut un instant de crainte et ferma ses fines paupières comme un rideau de précaution.

*Vert ! Tout va bien ! Vert !*

Une partie de cette dernière pensée était à la fois destinée à s’en persuader et à la fois à lutter contre la douleur de son cuir chevelu qui commencer à lancer dans le haut de sa personne et à iriser jusque dans ses oreilles. Il était temps que quelqu’un s’en occupe. Si elle avait l’habitude de se faire mal durant les entraînements qu’elle s’imposait, elle avait très peu l’habitude des blessures, hormis quelques égratignures par ci par là. Pour être honnête, elle ne se souvenait pas avoir était aussi sérieusement atteinte. Cela permet de relativiser cette blessure, à la fois pour sa personne et à la fois par rapport à celles qu’auraient pu recevoir des guerriers de première ligne. Elle trouva soudain ridicule de se plaindre et résolut de faire bonne figure devant le vieille et la guérisseuse.

*Ce n’était qu’une pierre après tout !...
_ On va dire ça. Tu connais la taille de la pierre ? J’ai l’impression que c’était toute une montagne…
_ C’est bien, garde ton humour mon amour. Nous allons en avoir besoin surtout si tous les blessés du coin prennent le pas dans l’urgence sur les soins dont nous avons besoin.*


Elle inclina un instant la tête sur le côté en se demandant si son infirmière providentielle avait bien tout saisi ce qu’elle lui avait raconté. Son regard semblait tourné vers d’autres horizons comme si la rouquine lui avait narré un conte extraordinaire. Cela n’avait été pourtant qu’une anecdote en somme, perdue au milieu d’un cataclysme ! Heureusement la Ladrini était trop affaiblie pour en prendre ombrage ou s’impatienter. Elle se contenta d’accompagner le regard de guérisseuse qui paraissait finalement revenir parmi les vivants.

*Elle prend la mesure de la tâche qui l’attend… Mieux vaut tard que jamais !...
_ Facile pour toi ! Nous sommes plus souvent du côté des colosses qui blessent et qui tuent que de celui des soigneurs…
_ Hum… Très juste… Et tu sais quoi mon amour ? J’adore cette idée!
_ Dommage qu’aujourd’hui nous ayons besoin de leur talent très chère petite sotte !
_ Certes…*


Une chose en tout cas était certaine c’est que la jolie prêtresse glacée semblait très attachée aux deux lascars qui avaient décidé de s’entretuer gentiment. Quelle idée de se lier avec un  Lhurgoyf ! Ces êtres sont tout ce qu’il y avait d’imprévisible et on n’avait pas idée de leur faire confiance. A ce moment la rouquine ne savait pas encore qu’elle finirait par se trouver sans y songer dans cette position…

*Je ne sais pas si elle très en état de faire quoi que ce soit, ma précieuse.
_ En tout cas elle ne semble pas blessée et pourtant elle à l’air aussi désemparée et perdue que les blessés dont elle est sensée s’occuper.
_ Oui ma chérie elle fait presque pitié.*


Cependant il était bien difficile de savoir si l’abattement dont semblait souffrir la guérisseuse était le fruit de la tâche qui l’attendait ou bien celui de la disparition de ceux qui semblaient être des amis chers. Le sac semblait de ce fait avoir pris une valeur que sa facture banale ne laissait pas soupçonner. Elle laissa la fille de neige le mettre de côté et ne put s’empêcher d’essayer de la rassurer. Elle ne savait pas trop si c’était par compassion ou simplement pour le remettre en état d’officier au milieu du champ de ruine. De nombreux blessés attendaient qu’elle s’occupe d’eux et en premier lieu la rouquine elle-même n’aurait pas repoussé un peu plus de hâte.

« Si nous les retrouvons ce ne sera sans doute pas dû à la chance. Je ne connais pas le…  Lhurgoyfs… mais le peu que je sache de Léogan Jézékaël me laisse à penser qu’il est assez plein de ressource pour se tirer de bien des mauvais pas. Ayez confiance tout comme ces blessés ont confiance dans les prêtresses de votre ordre. »

Elle tourna son regard et son menton vers quelques blessés qui avaient réussi à se regrouper pour se réconforter puis vers la vieille qui semblait faire de son mieux pour résister à la douleur mais qui n’en menait pas large. Par chance, la soigneuse avait décidé qu’elle pouvait maintenant s’occuper de la Ladrini qui se laissa faire. Elle réprima une grimace lorsque le bandage collé sur la plaie tira sur le cuir chevelu. Le meilleur moyen de faire bonne figure dans ces moments était de craner un peu, enfin, autant qu’elle le pouvait. Elle força un petit rire.

« Je ne vous ai pas facilité la tâche. C’est que j’ai oublié mon manuel des premiers soins en sortant de chez moi ce matin. »

Sortait-elle de chez elle ? Elle devait bien  avouer qu’elle n’en savait plus trop rien tant les évènements semblaient avoir ouvert une brèche dans les temps par leur violence. D’autre part les choses se passaient au sommet de sa personne et elle était bien incapable de voir de quoi il retournait. Autant faire confiance à… Comment s’appelait-elle déjà ?

*Fichtre ! Même plus capable de me rappeler si elle s’est présentée.
_ Commençons par nous présenter, amour de ma vie.*


« Je ne souviens pas de votre nom.
_ Elië Valanatëel, citoyenne d’Hespéria »


Elle sera les dents alors que le tissu finissait de se décoller  de son crâne.

« Parfois on se fait des idées sur la solidité de la pierre. La preuve, on peut la casser à coup de tête. Si vous me défigurez je pourrai toujours me faire maçonne…
Ça fait longtemps que vous exercez vos talents ?»


Elle affectait un détachement de façade, mais elle mourait d’envie de demander comment se présentait l’état de son crâne mais la prêtresse devait avoir besoin de concentration. Au moins pouvait-elle se désintéresser des banalités qu’elle lui servait pour combattre la douleur. Elle sentit les doigts agiles courir sur ses chairs mais cela ne lui en dit pas plus à part que cela avait tendance à piquer comme si une myriade d’insectes avait décidé de se repaitre de son cuir chevelu.

*Perspective réjouissante ma chérie !*

Elle n’avait pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour rester immobile car les dernières visions de sa blessure qu’elle venait de se fabriquer suffisait amplement à l’en dissuader. Elle sentit le froid s’abattre sur la plaie et iriser sur tout son crâne. Elle plissa son nez.

«J’espère que vous avez rentré votre bois, car quelque chose me dit que le hiver sera précoce cette année… Oui en effet je sens ça.»

Elle fut ravie de s’entendre répondre à ses questions car elle commençait à  ne plus trouver de motif de faire la brave et satisfaire la curiosité de la rouquine valait tous les anesthésiques.

Colonel ? Voyez-vous ça ! Lorsque la rouquine avait rencontré le « colonel » il n’était qu’un contrebandier, un forban des eaux. Le bougre semblait avoir fait du chemin et trouvé le moyen de se faire un trou des plus convenables. Elië n’en revenait pas. Il y en avait qui savait y faire et sauter sur les opportunités ! En même temps, elle ne se serait jamais imaginée au sein d’une armée alors elle n’était pas le moins du monde jalouse et se contentait d’admirer les compétences de louvoyeur du Sindarin.

Et puis une douce chaleur commença à se répandre à  l’emplacement de sa blessure. Après les préliminaires de soin qu’elle venait de subir, celle venait à point nommé. Elle laissa échapper un soupir de soulagement et d’aide.

« Vous aimez les amitiés dangereuses à ce que je vois. Sauver une Yorka poisson en mer qu’elle ironie ! »

Elle se racla la gorge un peu gênée par cette dernière remarque qui pouvait ne pas être du goût de la prêtresse. Elle-même n’avait pas fait de remarque sur la couleur du sang noir de la Syliméa qui bien en place dans son identité de Sindarine et un peu déboussolée par sa blessure n’y avait pas pris garde. Cette dernière pensée lui hérissa les cheveux de frayeur que son infirmière ne se pose des questions sur son identité.

*Raaah ! Quelle bévue !*

Elle parvint tout de même à garder son calme et faire comme si tout était parfaitement normal enfin, si l’on exceptait sa blessure qui n’allait bientôt plus être qu’un mauvais souvenir au vue de la compétence de la guérisseuse.

« Désolée… Ce n’était pas très délicat de ma part.
J’ai rencontré brièvement Léogan Jezekaël il y a quelque temps déjà…»


Elle se demandait s’il fallait s’appesantir sur cet épisode ne sachant pas trop qu’elle image et quelle estime la guérisseuse portait au caméléon que semblait être le garde prétorien. Elle n’avait pas trop envie qu’on jette en pature ce qu’on savait sur elle et pouvait comprendre que le Sindarin ait un jardin secret.

« Pas de quoi en faire un roman. Je le connais sans doute bien moins que vous. Quant au gros loup et bien… Je suis heureuse de ne pas avoir croisé ses crocs. »

L’intonation de son infirmière lui mit la puce à l’oreille.

« Mais vous avez l’air épuisé… »

Elle n’eut pas le temps d’en ajouter d’avantage.

*Oh ! Non ! Pas lui !*

Elle n’avait pas besoin de lever les yeux pour reconnaître cette voix de crécelle au-dessus de leurs têtes. Le battement d’ailes qui l’accompagnait suffisait à lui donner confirmation de l’arrivée du corbeau de l’albinos. Elle n’avait rien contre l’apothicaire, mais comme elle détestait le volatile ! Elle souffla par le nez d’une colère refoulée. Un de ces jours il faudra qu’elle fasse un bouillon de corbeau… Ça lui apprendrait à médire sur elle à longueur de temps ! Il fallait bien toute l’innocence de l’herboriste pour qu’il n’en tienne pas plus compte ! La bonne nouvelle était que don bon samaritain préféré était hors de danger. On devait bien prendre ce qu’il y avait de positif dans les évènements néfaste qui croisaient notre ligne vitale ! La proposition de la prêtresse ne la tentait pas plus que cela, elle devait bien l’avouer, mais son argumentation était frappée au coin du bon sens et elle devait bien un petit service à celle qui venait de lui refermer le crâne. Elle n’eut aucun mal à lui sourire franchement. La belle se glace paraissait être de la même trempe ingénue que Duscisio Balibe. Ils devaient aller très bien ensemble et après tout il en fallait bien des comme eux pour que des comme elle puisse profiter de leur générosité. Pour l’heure elle allait garder pour elle le fait qu’elle connaissait l’herboriste

« Très bonne idée ! Je vous suis ! Et surtout un grand merci pour vos soins. Je me sens comme neuve.»

Elle se releva et poussa même la bonté jusqu’à relever le vielle qui finissait doucement de se remettre de ses émotions. Elle commença  par le regarder s’éloigner mais le volatile les attendait impatiemment sans se douter que la rouquine tissait des rêves de mort violente pour les corbeaux.


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Othello Lehoia
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MessageSujet: Re: EVENT : Colosse de Paramis - Révélation   Dim 12 Juin - 17:10

Ses doigts s’agitaient encore, sur le contour de la plaie qui dégageait maintenant une odeur de vieil alcool que l’on donne seulement au sang macéré. La sirène contint son souffle, cette fragrance ne lui étant pas des plus agréables pour officier. Néanmoins, elle appréciait secrètement les traits d’humour de sa comparse, qui était étonnement bavarde – si apte à faire la conversation que la prêtresse dû bien se remettre en question quant à son propre débit de parole. Othello ne fut jamais bonne pour faire la conversation, ne serait-ce que par manque de mots, de connaissance des mécaniques de dialogue, ou même pas manque d’intérêt. Cela lui était parfois nocif, d’ailleurs. Quand ses sœurs, au temple, bavardait comme un troupeau de volaille, à se pâmer avec tant d’aisance devant des pieux, aussi pieux que des cochons, venaient baver devant elle, la sirène préférait rester en retrait pour les regarder faire, sans jamais prendre part au débat. Et même dans sa boutique, quand un client joviale voulait lui arracher quelques mots... Un mélange de pudeur et de distance la retenait à chaque fois de trop s’épancher dans des réponses compliquées.
Mais il était pourtant une situation où la conversation prenait des airs de pugilat, et où les mots qu’elle disait se comptaient sur les doigts d’une main : les soins. D’un naturel concentré, la jeune femme devenait autre quand elle s’appliquait à guérir quelqu’un. Enfin... Plus muette qu’à d’autres occasions.

Elïe Valanatëel. Un très joli nom pour une jolie personne. La jeune sirène balayait de ses doigts les petites mèches rousses, encore collées, s’avisant de savoir si oui ou non elle s’était présentée. Bien que sa tignasse rousse lui évoquait peut-être bel et bien quelque chose. Mais pourtant, elle savait qu’elles ne s’étaient jamais parlé. Bien qu’elle fut discrète, Othello était physionomiste. Et les empreintes dont elle avait croisé les pas restaient gravées dans son esprit. Surtout en termes de dialogue.


« - Vous avez raison, veuillez me pardonner. Je suis Othello Lehoia, Haute-Prêtresse de Kesha. » Les mots avaient encore le goût du coton dans sa bouche. Ils étaient âpres, elle n’y était pas encore habituée.

D’ailleurs, pendant qu’elles retrouvaient toutes les deux le silence, la prêtresse s’interrogea sur l’advenir de ses compagnons de prières. En arrivant ici, elle n’en avait pas oublié le protocole. Son nouveau rôle lui imposait aussi une nouvelle étiquette, et elle savait qu’elle n’arpenterait pas les rues sans surveillance bien longtemps. C’était une chose qu’elle appréciait chez Irina, et pour laquelle elle lui vouait toujours tout son respect. La rousse avait un caractère ferme, une main de fer. Même ses subalternes écoutaient tous ses ordres, y compris quand elle avait besoin de se retrouver dans seule. Qui plus est, ses pouvoirs avait fait mouche lors de l’attaque du premier colosse – le premier colosse... Rien que d’y penser, c’était à se demander s’il n’allait pas y en avoir d’autres – et lui avait attiré l’admiration de tous. Inutile de dire qu’elle pouvait marcher seule sans qu’on ne vienne lui tenir la main. Pour la sirène, c’était bien différent. Bien qu’elle ait confiance en ses pouvoirs, et que ses années au temple lui ait servi à développer certaines aptitudes, sa nouvelle position ne lui attirait pas vraiment le respect. Plutôt une bienveillance maladive de ses subalternes, et des autres gélovigiens qui la couvaient comme une enfant.
Nul doute qu’elle serait bien vite retrouvée par ses pairs, si elle ne se présentait pas elle-même à eux. Elle pensa doucement à Kimera, qu’elle avait fait venir directement de Cimméria pour l’accompagner avec une poignée d’autre pieuse. Allaient-elles bien ? Ses doigts se firent plus vifs, plus précis. Elle appliqua méticuleusement une pression sur les contours de la plaie, afin que le charme opère d’une façon plus efficace – Elië comprendrait sûrement, la douleur passe toujours. Il faudrait qu’elle se hâte de se rendre à une auberge de pèlerin, ou dans un temple afin de prendre rapidement des nouvelles de sa délégation, et aviser de la plus rapide façon de porter assistance au plus grand nombre.

Soudain, la jeune femme réalisa brutalement la nature de l’évènement qui les avait tous unis, tel un lien invisible qui les réunirait sûrement à jamais, comme si ils portaient la même cicatrice. Et elle, plus que tout autre, avait la responsabilité d’agir pour le bien des autres, de mener les masses vers le salut. Il ne fallait pas qu’elle se terre et se cache, pour privilégier une poignée d’élue, mais qu’elle mobilise les fidèles afin de mener le plus grand nombre vers la guérison... Sinon, vers un semblant de vie normale. D’un geste, elle ôta rapidement sa main, prise de secousse, pour observer l’œuvre. Le crâne était fermé, l’os n’était plus visible, recouvert sous une nouvelle couche de peau, d’une solidité éclatante telle celle d’un bébé. Heureuse, elle s’aperçut alors que la zone tranchait nettement avec le reste de sa flamboyante chevelure, un petit nid dégarnie qui laissait une impression d’inachèvement. La prêtresse la dévisagea alors avec insistance... Non, c’était du travail en cours ; quitte à soigner une citoyenne d’Hesperia, autant le faire jusqu’au bout.

Le visage froidement vide, elle entendit du bout de l’oreille sa réaction quant à son secours. Cela ne la surprit pas, mais elle devait avouer que cela était juste, dit ainsi. Pourtant, il y en avait plus à l’histoire qu’une simple sirène qui ne sait pas respirer sous l’eau. Néanmoins, la faute lui revenait, sa première phrase n’était pas claire, aussi ne releva-t-elle pas d’avantage. Et quand il en revenait de ses amitiés... Et bien, elle n’était pas réellement blanche comme neige. Néanmoins, elle aimait croire que ses amitiés n’étaient pas des monstres, ou alors elle l’était de même. La jeune femme se ravisa de parler d’avantage. La rousse faisait sans nul doute référence à Fenris. Mais tout cela n’était pas le fruit de sa volonté, mais d’une démence collective qui avait saisi la ville toute entière. Il faudrait juger de ses actes, en temps et en heure. Mais à l’heure actuelle, alors qu’elle perdait son regard dans ce petit lambeau de peau, perdu dans un océan de cheveux, elle était incapable de penser normalement à tout ce qu’il s’était passé. Aussi ne chercha-t-elle pas à penser cela d’avantage, pour se concentrer d’avantage sur cette bévue.

Ses mains retournèrent à l’ouvrage. Le temps pressait, maintenant, et elle aperçut la rousse suivre le volatile du regard. Nul doute qu’elle avait envie que cela se termine vite. Othello retint sons souffle, rassembla ses dernières forces... Jamais elle n’avait refait poussé de cheveux sur une plaie, pour ce qu’elle se contenta toujours d’en rester à la peau. Mais là, ce n’était tout bonnement pas possible. Du coin de l’œil, elle essaya de chercher la vieille femme du regard, pour attester de son état... Sa vue se brouillait. Ses contours plissés, froissés étaient adoucis par un trouble humide qui s’emparait de ses pupilles, et les couleurs semblaient toutes estompées. Il fallait faire vite, pour faire aboutir sa tentative. Et sinon... La citoyenne devrait prendre son mal en patience et attendre que sa chevelure ne revienne d’elle-même, après quelques semaines.
Ses paumes brillèrent de nouveau de ce doux halo bleuté, qui prit alors des airs de berceuses sous la fine lumière des soleils. De gros nuages gris semblaient se former çà et là, et l’ondine en profita pour clore le regard. Pendant une poignée de seconde, elle sombra dans un océan d’une profondeur exquise, disparaissant dans un abysse intime où elle trouva un semblant de repos. Et pourtant, la fatigue ne l’avait pas épargné quand elle rouvrit les yeux. Néanmoins, elle fut heureuse de constater que des petites mèches rousses commençaient à refaire leur apparition. C’était bon à savoir. La jeune femme serra les dents. Encore une poignée de seconde et elle pourrait...
D’un geste de la main, elle libéra la rousse du sort. Ce n’était pas parfait, mais cela ferait l’affaire. S’écartant, elle regarda la jeune femme se relever, puis assister la vieille femme qui semblait avoir retrouvé un peu ses esprits. Othello l’observa alors. Elle aussi allait mieux... Soigner était salvateur, cela provoquait en elle une catharsis qu’elle ne saurait expliquer. Sauver les autres pour se sauver soi-même... En général, l’adage fonctionnait dans l’autre sens
.

« - Merci, Madame Valanatëel. » Dit-elle en penchant le visage, plus par égoïsme que par politesse. Ses jambes étaient dans un état cotonneux, et elle se sentait aussi lourde qu’une baleine. Puis elle releva les yeux, vitreux et humide. «  Vous n’avez pas à me remercier. C’est tout à fait normal de vous remettre sur pied. » Ses mots étaient sincères, et elle était réellement heureuse que la jeune femme se sente bien.

Sans plus grande cérémonie, elle avança son bras pâle devant elle, constatant le piteux état de ses manches.
«  Après vous. » Ses mollets tremblaient beaucoup, mais elle se sentait mieux, à présent qu’elle n’était plus seule. Bien que la crise ait cessé, rien ne pouvait attester que c’était fini pour de bon. Elle regarda la jeune femme s’éloigner devant elle, n’essayant pas d’engager plus de conversations, la sirène trouvant dans le silence une forme de repos qui lui plaisait beaucoup. Pour ce qui était de sa rencontre fortuite, elle devait admettre que sa présence était rassurante, bien qu’elle ne trouve guère les mots pour lui parler... Du moins, chemin faisant.

Alors qu’elle avançait ses premiers pas encore incertains, elle trouva ses pieds fermes, malgré leur faiblesse, en direction de l’herboriste. Othello avait pris la décision qu’il lui incombait : elle resterait à Hesperia, le temps que les choses aillent mieux, et veillerait sur les fidèles et les blessés le temps qu’il faudra. Elle se mordit légèrement la lèvre pour s’assurer qu’elle allait bien, que tout cela était bien réel. Il lui faudrait prévenir sa mentor au plus vite... Ses yeux se levèrent vers les ruelles adjacentes. Qui sait qui elle pourrait bien croiser au détour de ces allées.
L’oiseau les guiderait toutes les deux à travers les décombres de ce nouveau monde en ruine.
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