Deirdre Luberym



 
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 Deirdre Luberym

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Deirdre Luberym

MessageSujet: Deirdre Luberym   Jeu 26 Nov - 1:14

A savoir:
 



Deirdre Luberym
« Une simple vengeance ne serait pas à la hauteur de la trahison qui me fut faite. »





Portrait de son vivant, sans artifice
IDENTITE : Deirdre Luberym
SURNOM : La manchot, la griffue (elle méprise ses surnoms)
AGE : Cela fait 400 ans qu'elle est "morte". Elle refuse de dire son âge véritable, mais elle a facilement 200 ans de plus minimum.
SEXE : Féminin
PEUPLE :  Gorgoroth (mais originellement Lhurgoyf)
CASTE : Officiellement, elle est une civile, mais elle aurait été une ladrini autrefois.
METIER : Commerçante//Femme d'affaires




DON : Résistance physique développée

SPECIALITES :
   ► Escroquerie (capacité de tromper ou duper n'importe qui)
   ► Empoisonneur (connaissance accrue dans le domaine des poisons et ses remèdes)

POUVOIRS :
   ► Souffle d'Ambrosis : Il s'agit d'une magie qui réside dans le souffle de la jeune femme. Ce dernier peut influencer de différentes manières les comportements de ceux qui le respirent : rendre plus agressif, colérique, libidineux ou excité, joyeux, rieur, mélancolique ou triste. Cela ne dure généralement qu'une dizaine de minutes, jamais plus.
   ► Contrôle du métal : Comme son nom l'indique, la jeune femme manipule le métal et le modèle selon ses envies. Généralement, elle utilise celui qui constitue des armes.
   ► Transformation monstrueuse : Il semblerait que sa nature profonde a transcendé sa mort. Pour une raison inexpliquée, si elle eut perdu son don naturel, elle eut gagné par la magie la transformation monstrueuse qu'elle avait cru perdre pour toujours.


   ► Le gant d'Ebélion : La particularité ici est que ce gant n'est pas par paire, mais bel et bien unique. Il est taillé dans un élégant tissu noir avec des liserés dorés, et un bracelet qui le maintien à son poignet. Par contre, chaque doigt est fini par une petite griffe fine en or.
   ► Les épines de Méliandre : Il s'agit à l'origine d'aiguilles d’acuponctures, voir peut-être un objet de torture pour les mauvaises langues. Elles auraient appartenu à un médecin sindarin du nom de ces dernières. Elles sont au nombre de sept, et sont entièrement faites de métal. Elles ont la particularité d'avoir un petit manche avec de jolies finitions et semblent également plus épaisses que celles que l'on utilise traditionnellement en médecine.


    ► Le " Aux mille couleurs" : Il s'agit d'un commerce chic qui faisait office de maison de jeu et de charme. Deirdre l'aurait racheté à l'ancienne propriétaire qui a préféré s'adonner à une toute autre vie. Grand bien lui fasse car elle lui aurait revendu pour une bouchée de pain. A croire qu'elle était pressée de partir...
    ► La belle pâle : Il s'agit d'une pierre de sphène qui a la forme d'une bille tout à fait anodine avec laquelle elle aime jouer. N'étant pas spécialement éprise des bijoux, elle la conserve négligemment dans une bourse solidement accrochée à sa ceinture. Mais en réalité, il paraîtrait que la pierre ornait un bijou de plus grande valeur et qu'il existe au moins une autre pierre identique.
   ► La lance de Bélior : Elle la conserve presque comme une relique, un vieux souvenir. Cette lance lui appartenait et elle la maniait avec une grande dextérité. Elle la chérissait pour la simplicité de son esthétique et sa robustesse. Néanmoins, cette lance fut aussi l'arme qui lui ôta la vie.
  ► Une fiole de Goyfarim: Il s'agit d'un étrange poison qui n'agit que sur le peuple des lhurgoyfs. Il semblerait que ce dernier provoque une transformation involontaire en leur essence monstrueuse. Ces derniers deviennent incontrôlables pendant une dizaine de minutes. A noter qu'elle ne l'a pas conçu mais quelqu'un l'aurait utilisé à plusieurs reprises sur elle, et provoqué indirectement sa mort.
 ► Une licence commerçante: Tenant un commerce, il est tout naturel qu'elle en possède le droit et le privilège. Par mesure de prudence, il est préférable de travailler dans la légalité.
► De nombreux tableaux de Maître: Il s'agit en réalité de reproduction, de copies remarquables dont seuls des connaisseurs pointus et des yeux avertis sauraient reconnaître. Ils ont tous la particularité d'avoir été peint par le même faussaire : Deirdre elle-même.



On prétend que tout individu possède au moins deux visages, un noir et un blanc, tel le revers d'une médaille. Deirdre défit cette logique et en possède un troisième, qui, au delà de sa nature, n'est que la résultante des stigmates de la noirceur qui l'habite aujourd'hui. Mais commençons par le commencement, celui d'un visage dénué de toute artifice, un visage qui respirait la vie et peut-être même une certaine forme de naïveté. Toutefois, derrière le miroir de son regard malicieux, se cachait un personnage empli de complexité et qui chérissait l'existence qui était la sienne. Deirdre se présentait alors telle qu'elle était, une lhurgoyf sans complexe, mais dont la nature était trahie par une chevelure d'argent. Ses yeux étaient d'une couleur vive et animé comme les feuillages de la grande saison automnale. Son visage était un peu poupin, avec son je-ne-sais-quoi d'enfantin. Mais elle avait là bel et bien le corps d'une femme, élégante, longiligne mais d'une taille trompeuse car elle était bien moindre grande que les apparences le montraient. Et souvent, ses fines lèvres rosées dessinaient un sourire mystérieux, qui mêlaient chaleur et malice. Il était bien souvent difficile de comprendre ce que ce dernier signifiait. Toutefois, les premières impressions qu'elle dégageait était celui d'une femme simple avec une certaine distinction. Elle n'appartenait pas à la haute société et pourtant, elle en connaissait tous les usages et les manières, et si elle ne trahissait pas ses origines modestes, l'illusion était bel et bien là. Pourtant, tout cela avait disparu comme un fétu de paille car la mort lui dépeint un autre masque.

Tout ce qui avait pu sembler doux présentait aujourd'hui une froideur étonnante. Son charme n'était plus le même, mais sombre comme l'ébène. D'ailleurs, tel un étrange mimétisme à ce changement, elle décida de se grimer, et commença par la couleur de ses cheveux. L'argent laissait place au brun qui durcissait ses traits, mais ses yeux en gagnèrent une étrange lumière, accentuant l'intensité de l'ambre de son regard plus félin. Ses lèvres étaient souvent peintes d'une rouge sanguin et ne s'esquissaient que très rarement. Quelque chose s'était éteint en elle, mais si on ne l'eut pas connu autrefois, il aurait été impossible de le deviner. Malgré cela, elle conserva ses attitudes soignées, sa prestance. Par contre, son allure était quelque peu différente. Sa chevelure semblait souvent coiffée négligemment, et sa garde-robe était plus sombre, moins féminine qu'autrefois. Mais cela ne l'empêchait pas de choisir des tissus de choix. Son teint n'était plus lumineux mais froid, et détail qui avait son importance, elle avait perdu son bras gauche. La coupure s'arrêtait nette à quelques centimètres de ce qui fut autrefois son coude. Mais ce n'était pas cette blessure qui l'avait emporté dans la mort, cela en était une autre qui prônait en plein milieu de sa poitrine, droit sur le cœur, faite par sa propre lance.

Et puis, il y avait son apparence monstrueuse, celle de la lhurgoyf d'autrefois, qui par une coïncidence bien trouble, devint celle qu'elle arborait par sa magie. Elle n'avait rien d'impressionnant par la taille, car elle ne gagnait que quelques centimètres. Elle conservait tous les attributs de l'humanité : une tête, deux bras (ou plutôt qu'un aujourd'hui), deux jambes. Pourtant, la laideur de son aspect était là. Elle n'avait pas de visage, pas d'yeux dans lesquels se plonger, pas de regard dans lequel voir la moindre humanité. Tout se mélangeait pour ne former qu'une unique gueule, ronde, sans lèvres et munie d'une rangée de dents acérées. Elle possédait des oreilles plaquées sur son crâne, presque imperceptibles, dont le sens était aiguisé et palliait son absence de vue. Elle arborait aussi une chevelure de couleur pourpre, plus longue que ce qu'elle avait à l'origine. Son corps était sec, presque trop maigre et dessinait ses os. Sa peau était grise et ridée, tel un cadavre desséché. Quand à ses(sa) main(s), elle(s) étai(ent) anormalement grandes, avec des doigts fins et longs, et des ongles aussi pointues que des griffes. Mais malgré cette rachitique apparence, elle faisait preuve d'une souplesse surprenante et autant d'agilité que de rapidité. Mais le plus effrayant n'était autre que le cri strident qu'elle poussait, qui était capable de hanter vos cauchemars les plus obscurs.

Aperçu de son apparence monstrueuse:
 


Une étonnante personnalité, à la limite de la décadence et de l'indécence. Cela serait sans doute les premiers mots qui permettraient de qualifier la Deirdre d'aujourd'hui. Mais il s'agirait là d'un joli masque qu'elle arborait pour sa clientèle, tout dans le théâtral, dans les dorures et l'opulence. Pourquoi s'imposer des limites alors que l'on avait déjà franchi celle de l'existence même? Elle aimait à faire les choses dans la démesure et le grandiose... mais toujours avec une arrière pensée. Elle ne faisait jamais rien gratuitement, même si parfois, il était bien difficile de comprendre ce qu'elle y gagnait. La valeur des choses n'était pas la même selon le regard qui s'y attarde. Mais il était bon de savoir que les intérêts de la gorgoroth étaient souvent tournés vers de sombres desseins.

Elle possédait aussi une qualité bien utile pour sa profession : l'ambition, et elle ne s'en cachait pas. On pourrait même noter qu'elle n'était que peu modeste car elle connaissait ses qualités et elle n'hésitait pas à les mettre en avant, parfois même avec un peu de prétention ou de mépris. Tout dépendait de son interlocuteur. Deirdre était une femme sure d'elle et qui n'hésitait que très rarement. Parfois, cela était un atout de charme et la confiance qu'elle avait en elle-même pouvait même impressionner ce qui la côtoyait. Une seule chose était sure, c'était qu'elle ne laissait jamais indifférente les personnes qui la rencontraient.

Parmi ses nombreuses qualités, on pouvait également y compter la patience et sa minutie. Quoi de plus naturel lorsque l'on possédait une âme d'artiste peintre, et qui plus est, de faussaire. Deirdre épousait toujours les détails et y prêtait une attention particulière, rien ne devait jamais être laissé au hasard. C'était pour cette raison qu'il était difficile de différencier son travail de celui des grands noms de la peinture. Elle étudiait tout : les coups de pinceaux, les peintures et leurs exacts composants, l'histoire même des œuvres qu'elle retravaillait et l'état d'esprit de ces auteurs lors de leurs exploits. Il s'agissait d'une réelle mise en abîme. Mais elle ne brillait pas uniquement dans ce domaine, mais également dans celui de toutes les contrefaçons possibles : documents, parchemins, courriers... elle était capable de reproduire tout ce qui vous intéressait. C'était d'ailleurs une des raisons qui avaient valu son recrutement au sein même des ladrinis. Malgré les années, et la perte d'un de ses membres, elle n'avait rien perdu de ces gestes.

Mais éloignons-nous des éloges car Deirdre n'était pas sainte. Elle ne l'avait jamais été, ni de son vivant, ni aujourd'hui. Et si elle n'en avait jamais eu la prétention, elle ne dissimulait pas non plus ses travers. En effet, dans sa vie comme dans l'autre, il n'était pas rare qu'elle sut se montrer un peu narcissique, voire même égocentrique. Elle voyait les choses souvent dans l'angle de ses intérêts, afin de se mettre en valeur, un peu comme une enfant capricieuse et un peu gâtée. De la même manière, elle était capable d'être bornée et son entêtement pouvait aller aussi loin que sa fierté faisait barrière. Et il lui était particulièrement difficile de reconnaître ses erreurs...

Cependant, parmi ses imperfections, celle qui la rongeait le plus était le mal que l'on nommait rancune. Le pardon lui était difficile, et même si elle tentait de s'y résoudre, une ombre faisait toujours obstacle dans son cœur. Elle était incapable d'oublier le mal que l'on avait pu lui faire, ni même effacer les déceptions qui lui ont été faites. Cela était d'autant plus vrai pour des personnes qui auraient pu lui être proche, et sans nul doute y pourrait-on voir la raison qui la poussait à ne faire confiance en personne. Sa nature déchue avait nourri un peu plus le fruit de ses ressentiments, et fait en sorte que ces plus nobles qualités devinent les instruments de sa future vengeance.



PRENOM : Sannon (à lire "sans-nom")
RACE : Grand corbeau
SEXE : Masculin
POUVOIR : Don de parole
DESCRIPTION : Il s'agit d'un grand corbeau tout ce qu'il y a de plus classique : un beau plumage noir, un œil vif et intelligent, un grand bec. On ne peut pas le différencier des autres oiseaux de son espèce, à ceci près qu'il porte un catalyseur qui lui confère un don de parole. Il porte la pierre sur sa "poitrine", dissimulée sous son plumage. Elle fait la taille d'une petite gemme blanche. On peut également noter que sa voix est un peu criarde, mais pas insupportable.



Dernière édition par Deirdre Luberym le Mer 16 Déc - 0:11, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Deirdre Luberym   Mer 16 Déc - 1:48




Il y avait un feu qui crépitait, seule et unique source de lumière de la pièce. A ses côtés, une silhouette vêtue d'un grand manteau, trop long, trop grand, qui gesticulait dans tous les sens, comme saisie par une frénésie inarrêtable. Les gestes étaient à la fois démesurés et précis, s'exécutant à une vitesse étonnante. Mais on ne distinguait rien de la personne qu'une ombre. L'obscurité l'enveloppait bien trop, surtout au regard du jeune espion qui se tenait à sa fenêtre. Véritable agent ou simplement petit curieux? Plutôt la seconde option. En ce jour de nivéria sans lune, le froid était aussi mordant que si l'on se trouvait à Cimmeria même. Mais ici, dans la vaste capitale, à une heure où toutes les chaumières étaient éteintes, cet appartement là attirait l'attention. La silhouette jouait avec la lumière de sa cheminée, dessinant de vastes ombres chinoises sur les murs de la maison qui se trouvait dans la rue voisine. Là où des esprits plein d'imagination auraient pu y voir un monstre, un adolescent y vit quelque chose d’intrigant. Il grimpa la gouttière jusqu'à la fenêtre et tenta d'observer malgré le verre glacé et ses membres frigorifiés. Mais son arrivée avait été remarqué par l'ouïe fine de l'occupant. Ce dernier ouvrit violemment la fenêtre et manqua de peu de renverser l'enfant. Néanmoins, par un réflexe surprenant, des griffes métalliques saisirent la chemise du petit curieux, et attira ce dernier à l'intérieur avant de refermer les carreaux.

Ce ne fut plus la curiosité qui anima l'adolescent terran, mais la peur. Il se trouvait là, dans une pièce étrange, à même le sol, sans défense. Pourtant, le propriétaire des lieux ne lui accorda aucun regard et partit s'asseoir dans une immense fauteuil en velours. Il prit ses aises négligemment, croisant les jambes et portant à sa bouche un fin calumet. L'enfant ne savait pas quoi faire, ou quoi dire. Il sursauta brusquement lorsque le feu crépita encore et les flammes qui s'élevèrent laissèrent alors apparaître le visage de l'intriguant. Il s'agissait d'une femme, avec des yeux félins et un sourire carnassier. Il n'y avait là rien de rassurant jusqu'à ce que cette dernière ouvrit la bouche.

" Alors, je suis ainsi espionnée. Sache que tu n'as aucun talent dans le domaine. Tu es particulièrement bruyant et ton pas n'est pas léger, jeune camarade. "

La voie de la jeune femme était sombre, mais curieusement emplie de chaleur. A l'aide de son calumet, elle désigna alors une chaise sur laquelle était posée une couverture.

" Sers toi de cela pour te réchauffer, et assied-toi près du feu. Le froid est plutôt cruel et comme la mort, ne différencie pas les personnes qu'il touche. "

L'adolescent s'exécuta, toujours enfermé dans son mutisme. Il était évident qu'il ne savais pas comment réagir. Fuir? Crier? Poser des questions? Au lieu de cela, il examina naïvement la pièce dans laquelle il se trouvait. Les murs étaient rouges et de nombreux tableaux prônaient un peu partout, si ce n'était pour dire, qu'ils recouvraient presque tout. Puis son attention s'arrêta sur celui qui prônait sur le chevalet, juste à côté de lui. C'était le portait d'une femme, avec des cheveux argentés, avec un sourire éclatant. En arrière plan, on pouvait deviner qu'il y avait un homme mais lui, on ne le distinguait pas.

" Ce tableau t'intrigue? Peut-être est-ce la jeune femme que je viens de peindre? Je peux te raconter son histoire si tu veux mais elle n'est pas belle. Je parle de son histoire bien entendu. "

Une esquisse étrange se dessina sur son visage, mais l'adolescent ne semblait pas inquiet. Au lieu de cela, il quémanda l'histoire, d'un simple regard. La curiosité était visiblement son défaut premier.

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Acte I.
- L'innocence -


Cela commençait comme dans toutes les histoires. Un homme qui rencontrait une femme, et à la clef la naissance d'un enfant. Est-ce qu'il s'agissait d'amour? Impossible à dire, mais Deirdre n'avait jamais été assez naïve pour s'en convaincre. Peut-être qu'enfant, elle s'était imaginée bien des histoires à ce sujet, que son père était un soldat légendaire et sa mère d'une beauté sans nom, qu'ils s'étaient aimés d'une manière que les mots ne pouvaient décrire, et puis que la mort les avait séparé. Son père par le devoir, et sa mère par le chagrin. Un enfant était toujours plein d'imagination, et il imaginait toujours les choses de la manière la plus extraordinaire mais surtout, la plus acceptable pour lui-même. Cela était toujours mieux que la sordide vérité, celle que personne ne désirait vraiment connaître : que son père devait être un poltron et un malfamé, que sa mère devait être une illettrée sans manière, faible au point de mourir en lui donnant le jour. Ainsi démarra la vie de Deirdre...

Lorsqu'elle poussa ses premiers cris, elle se trouvait dans une petite maison reculée de la ville d'Amaryl, qui était bien loin d'être la grande cité que l'on connaissait aujourd'hui. Sa mère avait fait le choix de s'éloigner des citoyens et avait également décidé de mettre au monde son enfant seule, sans assistance. Peut-être était-ce cette décision qui lui coûta la vie. Les choses ne se passèrent pas bien, comme on aurait pu le deviner, et aussitôt que son enfant fut né, elle expira à ses côtés. Mais la providence semblait du côté du nourrisson car ses larmes attirèrent un petit garçon, un elfe qui semblait âgé d'une dizaine d'année à ce moment là, qui se faisait appeler Findorel. Pour une raison qu'il n'expliqua jamais, il avait été attiré par la maisonnée où était née Deirdre, et entra timidement à l'intérieur, appelant à qui aurait pu l'entendre qu'il était présent. Mais seul un silence bercé par le cri du nouveau né fit échos à ses appels.

Naïvement, il entra alors dans la chambre d'où provenait les pleurs, mais ce qu'il y vit lui donna la nausée. Il y avait là le cadavre pâli de la jeune mère, adossé contre son lit comme un pantin dont on aurait coupé les fils, les yeux ouverts et révulsés, avec entre ses jambes, sa fille née, baignant dans son sang. Pendant un bref instant, le garçonnet avait hésité à entrer à nouveau, mais il avait compris également que si il s'en allait maintenant, il condamnait à mort l'enfant. Pourrait-il vivre avec cette idée là? Il semblerait que non. Prenant son courage à deux mains, il prit la petite fille avec lui et lui fit quitter cet endroit. Mais avant, il eut l'étonnante présence d'esprit d'essayer de trouver une missive ou le moindre courrier qui pourrait porter un nom, un nom qui pourrait devenir celui de l'être qu'il tenait dans les bras. Ce fut ainsi que Deirdre Luberym naquit.

***

Deirdre grandit auprès de Findorel, comme si elle avait été sa sœur, ou tout du moins, ce fut ainsi qu'il l'éleva. Chose étonnante, l'elfe n'avait pas de famille présente dans la ville, et subvenait à ses propres besoins. Il avait d'ailleurs ses propres appartements, modestes mais suffisants pour y élever une jeune fille, car depuis qu'il avait fait le choix de devenir le protecteur de cet enfant, il avait étudié de nombreux ouvrages qui expliquaient comment on subvenait aux besoins d'un nourrisson. Pendant les premières années, il n'avait pas hésité non plus à prendre conseil auprès des femmes du village, et certaines étaient même devenues une mère de lait pour Deirdre. Néanmoins, le plus gros du travail, c'était Findorel qui le faisait et il se montrait particulièrement sérieux et responsables. Mais il ne fallait pas oublié qu'il était né elfe et qu'il avait déjà un âge certain, contrairement à ce que son apparence pouvait le laisser entendre. En entendant, la petite orpheline grandit vite, sans dévoiler sa véritable nature, du moins, pas encore...

L'éducation que lui offrit alors ce frère de fortune était particulièrement raffinée, digne d'une jeune aristocrate. Il lui avait appris rapidement la lecture, mais avec des ouvrages dignes des plus grands, les grandes histoires du monde, et tenta d'étoffer sa culture comme il le put. Il lui apprit tous les usages de la galanterie et des grands de ce monde, les bonnes manières et comment reconnaître la valeur des choses. Il compléta bien entendu tout cela avec la connaissance des sciences diverses, de la magie, de l'art, de la musique... Mais le talent de la jeune femme se confirma dans la peinture et le dessin, ainsi que tout ce qui se rapprochait de ce domaine, au point que Findorel la considéra comme un jeune prodige. Cependant, le temps de l'innocence allait bientôt prendre fin, car à l'aube de sa douzième année, Deirdre allait découvrir pour la première fois, un sentiment nouveau.

Cette journée là, Deirdre était en train de peindre, profitant d'un temps particulièrement idyllique. Elle peignait le portrait de son "frère" avec elle à ses côtés. Pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas, l'envie de faire précisément ce tableau lui était apparu comme une évidence. Curieux coup du sort. Pendant qu'elle s'employait à la tâche, Findorel discutait avec un individu qu'elle ne connaissait pas, un elfe comme son mentor. Cela semblait assez animé et le visage si lumineux de son protecteur s'était assombri. Même si elle faisait mine de ne point les observer, elle l'avait perçu ce dernier jeter un œil attristé dans sa direction. Puis les deux hommes se séparèrent juste après que l'inconnu donna une lettre à Findorel. Deirdre ne sut jamais ce qu'il se trouva inscrit sur cette missive mais cela avait littéralement perturbé le sindarin, mais il n'en dit pas un mot de toute la journée et la jeune fille ne lui posa aucune question. Ce ne fut qu'au moment du repas du soir que Findorel daigna échanger quelques mots.

" Deirdre, le tableau que tu as peint cet après-midi est magnifique. Je me rend compte que je n'ai pas eu l'occasion de te le dire, " dit-il en observant ce dernier qui se trouvait non loin de la table.

" Merci! Je me suis rendue compte que je n'avais pas de portrait de nous. C'était dommage. On pourra le mettre au dessus de la cheminée. Les gens riches ont tous des portraits de famille. Cela fera bien ici. Bon, on est pas riche mais au moins, on montrera qui sont les propriétaires. "

" Mmmm. Un beau portrait de famille. C'est vrai. "

A cet instant là, il se leva de table et se dirigea vers la jeune Deirdre qui fut plutôt surprise. Il lui baisa alors tendrement le front. Il saisit alors le tableau et l'accrocha au dessus de la cheminée, comme l'avait suggéré la fillette, ce qui fit sourire cette dernière. Puis il lui souhaita simplement bonne nuit, et s'en alla. Ce fut la dernière fois que Deirdre vit Findorel, car au matin, le sindarin avait quitté la maison. Lorsqu'elle se leva, elle comprit qu'il y avait quelque chose d'anormal car il n'était pas venu la réveiller. Elle le chercha dans tout l'appartement, mais elle ne trouva aucune de ses affaires. Paniquée, elle partit dans la ville et l'appela à en perdre la voix, demandant aux personnes qu'elle croisait si ils avaient croisé Findorel, mais personne ne semblait l'avoir vu. Lorsqu'elle rentra après des heures de recherches, le visage en larme et perdue, elle remarqua qu'il y avait une lettre posée sur le rebord de la cheminée, tout près du portrait. C'était l'écriture de Findorel.

" Lorsque tu liras cette lettre, je serais déjà parti bien loin. Sache que je ne le désirais pas le moins du monde mais mon passé m'a rattrapé, des obligations que j'avais jusque là mis de côté. Tu te demanderas pourquoi je n'ai pu t'emmener avec moi et je te répondrais seulement que cela m'était impossible. Je t'ai enseigné tout ce qui était possible de t'enseigner, et tu dépasses largement mes espérances. Aujourd'hui, tu es assez âgée et responsable pour vivre seule et t'épanouir dignement. Il te serait vain de me retrouver car dans mon ignominie, il y a des vérités que je ne t'ai pas raconté, dont celle qui me concerne. Findorel n'est pas mon vrai nom mais les sentiments qui ont été les miens à ton égard étaient quant à eux bien réels et véritables.

Mes pensées seront éternellement tournés vers toi car tu m'as offert de merveilleuses années. Mon enfant, ma sœur, mon amour. "

Les larmes cessèrent sur le visage de Deirdre, et un autre sentiment la gagna alors : la colère. Elle se sentit soudainement trahie et déchira la lettre d'adieu. Mais alors que sa rage l'envahissait, la couleur de sa peau se changea, puis ses mains, puis ses sens... son véritable visage se révéla : elle était une lhurgoyf.


Acte II.
- La gloire -


Les années passèrent comme les jours, et celle qui était une fillette emplie d'innocence avait grandit en une plantureuse jeune femme, audacieuse et culottée. Elle habitait toujours à Amaryl, dans sa pittoresque maisonnée, mais elle se plaisait à jouer avec les grands du monde. Sa cité vivait sa plus belle époque et l'on y croisait bon nombre de personne, des riches comme des encore plus riches, et l'argent, ainsi que toute l'opulence qui entourait cette superficialité, la fascinait. Elle les enviait tous, d'une certaine façon, car chaque fois qu'elle rentrait, elle était renvoyé à la réalité de sa situation. Celle d'une fille seule, sans titre, sans famille, sans héritage. Néanmoins, elle avait des ambitions et elle s'employait pour en être à la hauteur.

Jusque là, elle vivait de petits travaux divers, notamment en tant que portraitiste. Elle avait commencé au plus bas, dans la rue, amusant les passants. Lorsqu'elle réussit à se faire un petit pécule plus conséquent, elle tenta de s'immiscer auprès de quelques bourgeois. Si les débuts durent difficiles, son talent réussit à en convaincre quelques uns et le bouche à oreille fit le reste. Son nom se murmurait par ci par là, et nombreux furent ceux qui désirèrent avoir un narcissique tableau à son effigie. Il fallait dire que Deirdre savait y faire. Si elle séduisait par ces mots et son attitude élégante, elle trichait également dans ses peintures pour embellir celui qui payait. Il suffisait qu'elle peigne selon la volonté de ce dernier, et autant vous dire que parmi les petits aristocrates, beaucoup se voyait plus beau qu'ils ne l'étaient réellement. Qu'importait puisque cela rapportait. Néanmoins, elle n'était pas satisfaite, pas assez. Les choses n'allaient pas assez vite et on la regardait encore de haut. Certes, on reconnaissait ses talents de peintre, mais pas assez selon son goût. Son désir? Mettre la main sur un pygmalion qui avait un porte monnaie conséquent. Elle ne voulait plus reproduire mais produire tout court, des œuvres originales qu'elle signerait de son nom, acquérir une gloire véritable. Il fallait qu'elle quitte la cité, qu'elle élargisse son horizon. Elle laissa alors tout derrière elle, et ne prit que le strict nécessaire.

Deirdre eut alors pendant son pèlerinage le loisir de visiter plusieurs villes et cités grandissantes, dont Lokram dont elle imprima l'image dans son esprit pour en peindre un superbe tableau, et alla jusqu'à la cité des sindarins, Canopée, sans pour autant y rester longtemps, car le lieu l'a rendait nostalgique. Elle en avait beaucoup entendu parlé par un être qu'elle avait adoré... et peut-être avait-elle pendant un instant eu peur de le croiser. Mais était-il seulement encore vivant? Quoiqu'il en fut, sa route continua et l'emmena à ce qui aujourd'hui est un lieu en ruine : Taulmaril, la cité terrane la plus majestueuse. Son nom n'était pas volé car lorsque l'on passait les arcades d'entrées, on ne pouvait n'être qu'ébloui par sa beauté. La cité était réellement vivante, il y avait une myriade de couleurs et de peuples qui se croisaient, des artisans de tous les horizons. Une époque aussi fabuleuse que révolutionnaire. Si l'on désirait croiser les grands de ce monde, c'était à Taulmaril qu'il fallait se rendre.

Comme pour chaque nouveau départ, les débuts furent laborieux car pour se démarquer, dans une ville aussi grande, cela était compliqué. Des talents? Il y en avait beaucoup mais pour Deirdre, le sien était unique. Elle tenta alors de trouver un mécène, mais ce fut en vain. Certes, elle ne manquait pas de travail et avait eut l'occasion de peindre beaucoup, mais jamais en son nom véritable. Toutefois, son talent n'était pas passé inaperçu et quelqu'un la surveillait déjà depuis plusieurs mois. Ce n'était d'ailleurs pas n'importe qui mais un ladrini qui avait des desseins tout particulier pour cette jeune femme aux faux airs candides. Il se faisait appeler Vanor, et uniquement ainsi. Il ne spécifiait jamais s'il s'agissait de son nom de famille ou d'un surnom. C'était un homme d'une belle stature et de plutôt grande taille. Il portait alors les cheveux courts, d'un roux presque blond, et était toujours habillé avec simplicité et élégance. Il dégageait également quelque chose de mystérieux et malicieux, difficile à cerner en somme. Mais c'était ce qui faisait son charme et le rendait d'autant plus dangereux. Mais ce qui était certain, aussi intelligent était-il, était que dans ses projets, il n'avait nullement penser que sa relation avec Deirdre l'emmènerait aussi loin. Mais n'était-ce pas le jeu?

Sans nous étendre sur tous les détails, Vanor approcha Deirdre le plus simplement du monde : en passant commande. Il se fit alors passer pour un petit noble égocentrique qui rêvait d'avoir la réplique d'un tableau connu. En réalité, il s'agissait là d'un test de recrutement, mais elle demeurait dans l'ignorance. Cela ne l'empêcha pas de briller. Lorsque Vanor lui expliqua l'aboutissant de son petit manège, Deirdre ne s'en offusqua pas et fut au contraire, intéressée à l'idée d'intégrer la caste des voleurs. Puisque son talent ne pouvait être reconnu de manière légale, alors elle brillerait d'une autre manière. Il fallait dire qu'elle n'était pas une sainte et qu'elle avait déjà commis quelques forfaits, notamment quand elle s'était retrouvée seule à Amaryl. Arnaquer quelques riches bourgeois ne lui causait aucun cas de conscience. Ce fut ainsi qu'elle démarra sa carrière de faussaire et autant vous dire que dans une cité aussi florissante que l'avait été Taulmaril, cela pouvait rapporter gros. Bien évidemment, elle faisait équipe avec Vanor. Il l'avait choisi donc elle était de sa responsabilité. Le choix des victimes de leur contrefaçon, c'était lui qui les désignait, mais c'était ensemble qui réfléchissait à comment tendre le piège. Et ils s'en donnaient à cœur joie, créant des scénarios divers, jouant comme de véritables comédiens de théâtres, que cela soit pour vendre de faux tableaux, comme voler des bijoux précieux. Tous deux savaient jouer de leurs charmes. Bientôt, Taulmaril était devenue trop petite, ou plutôt, ils en avaient déjà fait le tour, et cela était sans compter les tensions politiques qui montaient. Pour cette raison, les deux compagnons quittèrent la cité pour ne plus jamais la revoir et prirent la direction de la nation des glaces, Cimmeria. Pourquoi? Parce que Vanor désirait jouer un gros coup et l'objet de sa convoitise se trouvait là bas, Hellas, mais cette cité n'avait rien à voir avec celle que l'on connait aujourd'hui. Elle était bel et bien vivante mais son armée semblait se préparer à quelques futurs combats... ce qui laissait à découvert tout le reste.

" Ma chère Deirdre, sache que si je n'avais pas un bon acheteur, je pourrais faire de toi une reine, ou en tout cas, tu en possèderais les atours. "

" Comme si j'avais besoin de ce genre d'artifice... Néanmoins, tu m'intrigues. Quelle est donc cet objet fabuleux que tu ne cesses de me vanter? Il doit avoir une valeur étonnante. "

" C'est le cas, une véritable relique, un diadème qui aurait appartenu à une dame de prestige dont je n'ai pas retenu le nom. Il serait recouvert de pierres de sphène aux allures de perles. Les pierres seules valent je ne sais combien car on les prétend d'une formidable qualité. Je pense sincèrement qu'il s'agit du coup de notre vie. "

" Au ton de ta voix, on dirait que tu souhaites te ranger de ces affaires là. J'en suis... étonnée. "

" Je suis un homme plein de surprise. "

Comme promis, à peine les deux brigands posèrent le pied à Cimmldaeria, qu'ils tâchèrent de mettre leur plan à exécution. Il fallait dire que le plan était ambitieux car l'objet désiré se trouvait être bien plus qu'une pièce de collection, mais une véritable relique historique. On prétendait que le diadème avait appartenu à une princesse cimmerienne. Quelque soit la vérité, l'acheteur de Vanor le pensait et pour une raison qui lui était sans nul doute personnelle, désirait mettre la main dessus pour le faire disparaître, et étant donné la somme perçue pour ce larcin, il y tenait particulièrement. Néanmoins, la tâche était complexe car le bijou était gardé par des soldats et de la magie. Croyez-le ou non, mais les deux ladrinis réussirent leur coup de maître. L'objet fut dérobé, mais bien entendu, pas sans vacarmes. Certains ont prétendu qu'un monstre s'était dressé devant eux, poussant des hurlements si violents qu'ils en furent abasourdies. Ce fut après qu'ils se rendirent compte que le diadème avait disparu. Ils pourchassaient une ombre et pendant ce temps là, le mal avait été commis. On racontait également que bien des vies furent perdus... Mais on en retiendra que le vol rocambolesque du diadème par un homme mystérieux dont la gloire ne pourra jamais brillé, car il ne fut jamais retrouvé. Pour cause, le ou plutôt les voleurs avaient pris un bateau qui les emmenait loin du monde, vers une cité que Deirdre connaissait bien : Amaryl. Et sur le ponton de leur navigation, ils riaient aux éclats face à leur victoire, tenant entre leurs mains agiles, d'étranges perles d'une valeur inestimable...


Acte III.
-La trahison -


Leur fortune ainsi faite, les deux jeunes gens avaient décidés de se faire oublier quelques temps. Pour Deirdre, retourner à sa nation d'origine était une évidence, d'une part car elle y possédait un pied à terre, et puis, s'il restait encore quelques connaissances, elle avait une bonne réputation qui la rendait d'autant plus au dessus de tout soupçon. Mais cela était les projets de la jeune femme, pour Vanor, ce n'était que pour une courte période, du moins, c'était ainsi dans ses projets. Sa relation avec Deirdre n'avait été jusque là que purement professionnelle et amicalement platonique. Toutefois, il existait déjà une forme d'affection entre les deux jeunes gens, latente, et toujours repoussé pour mieux se concentrer sur leurs missions. Cependant, la période de félicité qu'ils allaient vivre, allait leur faire découvrir à l'un comme l'autre, des parties d'eux-mêmes qu'ils ne connaissaient pas.

Quand l'enfant prodigue revint, la cité d'Amaryl n'avait que peu changer, même si quelques années s'étaient écoulés. Il y avait plus de monde, mais la lhurgoyf s'y retrouvait comme si elle n'avait jamais quitté les lieux... tout comme sa maison. D'ailleurs, recouvert de poussière, son portrait de famille trônait toujours au dessus de la cheminée, chose que ne manqua pas de remarquer son camarade.

" Mais que voilà un visage de sainte. Tu semblais être une fille adorable à cet âge... si cet enfant savait ce que tu étais devenue! Hahaha! Oh? Qui est cet homme? Je ne savais pas que tu avais de la famille. "

" Permet moi de te corriger, je suis toujours une fille adorable. Quant à cet homme, il n'est personne. Cela fait bien longtemps que je n'ai plus de famille... à part les ladrinis bien entendu. "

Le sourire de Deirdre parut étrange à ce moment là, et le voleur n'insista pas. Il ne revint d'ailleurs jamais sur le sujet car elle déplaça le tableau pour le ranger dans ce qui semblait être un vieux grenier. Le passé devait rester derrière. Maintenant, ils devaient tous deux apprendre à avoir une vie rangée, et pour ces deux larrons, la chose fut... étonnamment aisée. Alors que la lhurgoyf tentait de reprendre une activité normale, et peindre pour qui le voulait bien, Vanor, passait son temps à dilapider l'argent qu'il possédait. Il estimait qu'il n'avait qu'une seule vie et qu'il était inutile de conserver tous ses dias. Mais si il s'amusait, il se plaisait également à entrainer sa camarade dans ses jeux et n'hésitait pas à la gâter comme si elle était "sa dame". Comme on pouvait s'y attendre, la barrière de l'amitié fut dépassée et quelque chose d'autre était né. Ni l'un, ni l'autre ne l'avait véritablement vu venir, les choses s'étaient passées, simplement. Un sourire, un éclat de rire, puis un baiser sous les lunes pleines du ciel d'Amaryl. Ce fut comme une évidence. Ce qui aurait pu alors semblait n'être qu'un amour de circonstance se transforma alors en une passion qui les dévora l'un l'autre. Le reste du monde et les regards n'avaient plus la moindre importance. Leur bonheur était éclatant, et cette époque était retranscrit dans les tableaux de Deirdre. Elle n'avait jamais peint de manière aussi prolifique mais aussi belle également. Vanor, qui était un homme galant - et à femmes - ne trouvait plus d'intérêt aux autres depuis qu'il avait franchi le pas et avait décidé d'arrêter de fuir ses sentiments. Mais derrière toute lumière naissait l'ombre. Vanor fut rattrapé par son passé, et pour une raison obscure, avait accepté l'impensable, et cela eut des conséquences dramatiques.

Deirdre n'aurait su dire depuis combien de temps elle vivait sa passion avec son amant, tout comme les étranges absentes qui la frappaient de temps à autre. Pendant plusieurs mois et plusieurs nuits, elle se réveillait épuisée, les mains douloureuses, et des maux de tête. Cela l'inquiétait car elle n'était plus capable de se concentrer pour peindre. Lorsqu'elle y arrivait, elle demeurait insatisfaite et ces travaux étaient fades, insipides. Tout comme son trouble, Vanor se comportait aussi de manière étrange. Le ladrini paraissait inquiet et se montrait plus prévenant qu'à l'accoutumer avec la jeune femme, au point qu'elle en posséda quelques soupçons. En réalité, le climat général avait changé, même dans la cité. Les rues étaient désertes à la nuit tombée, cela en était presque effrayant. La jeune femme se mit alors à étudier les derniers évènements et finit par sortir de sa bulle. En effet, elle apprit qu'un monstre étrange sévissait certaines nuits, commettant des meurtres barbares. Beaucoup avait soupçonné un lhurgoyf, mais les rares témoins qui crurent voir quelque chose, prétendirent que la créature ne réagissait pas au moindre appel. Aussi terrible qu'était les lhurgoyfs, ils existaient toujours en eux une part d'humanité qui réagissait d'une manière ou d'une autre. Ici, ce n'était pas le cas. Hommes, femmes, vieillards, enfants... le monstre ne faisait aucune différence. Ce fut à cet instant que la terrible vérité sauta aux yeux de l'artiste peintre. Chacune des nuits des attaques correspondaient aux soirées dont elle ne possédait pas le moindre souvenir. Qu'est-ce que cela signifiait? Deirdre maîtrisait son don, du moins, elle avait assez de contrôle pour ne jamais déborder outres mesures. Elle n'aurait jamais levé la main sur un enfant, ni même dans le dos de n'importe qui. Toutefois, malgré les informations qu'elle possédait, elle ne perdit pas son sang froid. Elle n'était sure de rien mais plus elle y réfléchissait, plus la vérité lui faisait peur. Et puis elle continuait à réfléchir à chacune de ses nuits là. Vanor n'était jamais à la maison. Coïncidence? Elle n'y croyait pas.... mais elle ferma les yeux... jusqu'au jour où son amant prétendit qu'il avait une course à faire, en fin de soirée.

Deirdre lui faisait une confiance aveugle. Elle avait tant de fois remis sa vie entre ses mains, il aurait pu tant de fois l'abandonner ou l'escroquer, mais il ne l'avait jamais fait. Il avait même abandonné des projets qui l'attendaient ailleurs afin de se construire une vie, ici, à Amaryl. Pourquoi aurait-il soudainement impliqué à son insu, celle qu'il prétendait aimer dans une sombre histoire? Mais afin d'en avoir le cœur net, elle le suivit, pour ce qui allait être la dernière nuit de sa vie. Elle fut surprise de voir l'imprudence de Vanor, lui était si méticuleux, mais sans nul doute était-ce en rapport avec l'anxiété qui l'animait. Et ce fut là, qu'elle comprit une partie de l'histoire.

" C'est fini. Je refuse de l'impliquer plus dans vos projets sordides. Vous avez toutes les données que vous vouliez. Vous m'aviez assuré que cela ne lui ferait aucun tord, mais cela ne fait que la rendre plus malade. Votre saloperie est en train de la bouffer à petit feu. Je n'aurais jamais dû accepter ce marché. "

" Vous n'auriez pas dû mais vous l'avez fait. Mais peu importe, je savais que vous n'iriez pas jusqu'au bout de l'expérimentation. Et je ne sais pas de quoi vous vous plaigniez. Vous avez obtenu ce que vous vouliez, non? Et puis, votre amie est toujours vivante et se porte bien, non? "

" Attendez, attendez là... comment saviez-vous que je n'irais pas jusqu'au bout? Qu'est-ce que vous vouliez dire par là? "

" Hahaha! Intuition!! Intuition! Du coup, je lui ai donné la dernière doses à son insu... comme vous n'alliez pas le faire. Mais je ne reviendrais pas sur notre contrat. Nous sommes quitte maintenant, et vous avez d'autres chats à fouetter je crois... "

L'inconnu, dissimuler sous un noir capuchon, montra alors du doigt Deirdre. Elle se tenait là, derrière Vanor. Elle venait de comprendre qu'elle avait été vendu comme un cobaye par l'homme qu'elle aimait, pour je ne sais quoi. Ne représentait-elle donc si peu? Avait-elle donc un prix? Alors que des larmes qu'elle ne put retenir se mirent à couler sur ses joues, la douleur de cette trahison enserrait son cœur dans un étau et ce fut un sentiment de colère qui la saisit. Sans s'en rendre compte, elle se saisit de son arme, une lance, et menaça Vanor qui cherchait à s'expliquer. Bien évidemment, le véritable coupable s'en était allé car il savait que les choses allaient dégénérer.

" Tu t'es servie de moi? Tu m'as vendues!!!!! Comment!! COMMENT AS-TU PU!!! Depuis toutes ces années, tu as osé!!  "

" Ce n'est pas ce que tu crois! J'ai été naïf, je me suis fait roulé! Jamais je ne t'aurais fait de mal! Jamais! "

Mais les mots ne furent jamais entendu car le poison qui était dans ses veines commença à agir. Deirdre perdit alors le contrôle de son don et se transforma involontairement en une bête hideuse et pleine de rage. Vanor tenta de l'atteindre par ses mots, mais rien n'y fit. Le combat fut engagé et la jeune femme se montra féroce. Toutefois, elle n'avait aucune conscience de ses actes et il lui était impossible de redevenir maîtresse d'elle-même. En conséquence, le jeune homme se défendit pour sa survie, essayant d'oublier qui se cachait derrière le masque. Il fallait à tout prix qu'il gagna du temps afin qu'elle reprenne forme humaine, mais la force qu'elle déployait ne lui laissait que peu d'espoir. C'était comme si elle avait complètement disparu. Malgré sa faute, Vanor n'était pas près à mourir et usa de sa magie et de ses armes. Il fut particulièrement malmené, se retenait parfois jusqu'à ce que son instinct se montra plus fort que sa raison. Dans sa lutte, il trancha alors le bras gauche de sa dulcinée. Face à la douleur, elle poussa un cri de douleur d'une violence qui ébranla son adversaire. Il lâcha toutes ses armes pour se couvrir les oreilles et faillit perdre l'équilibre. Cet acte ne fit que redoubler la rage de la créature qui fonça alors en direction de sa victime. Désespéré, il trouva sous sa main la lance de Deirdre qu'elle avait laissé tombé lors de sa transformation, puis dans un cri de désespoir, s'élança contre elle.

Le jour se leva à cet instant, Vanor était à genoux, en état de choc. Devant lui, Deirdre reprenait forme humaine, lentement. Sa lance la traversait et la tenait plaquée contre un mur de pierre. Elle reprit conscience pendant un instant, elle ne comprenait pas. Elle se souvenait de la colère et maintenant tout n'était plus que douleur. Elle avait froid et elle avait mal. Ses yeux ambrés se portèrent alors sur son amant qu'elle voyait pleurer pour la première fois. Sa voix était tremblante et elle était dans l'incompréhension totale.

" Pour... quoi? "

" Je ne voulais pas... je ne voulais vraiment pas... Je suis désolé. "

Ce fut les derniers mots qu'elle entendit de sa vie, avant de laisser couler une larme dans son dernier soupir. Son visage s'éteignit sur l'image de l'homme qui l'avait trahi.

Acte IV.
-La renaissance -


De l'air. C'était ce qu'elle réclama à cet instant. Elle semblait étouffée et elle désirait sortir la tête de l'eau, comme d'un mauvais cauchemar. Qu'est-ce qu'il s'était passé? Un rêve? Il semblait bien douloureux. Alors qu'elle tenta de se redresser, elle glissa. Où était-elle? Ce fut alors qu'un rayon de soleil apparut au travers de la fenêtre, arrivant jusqu'à elle, sans pour autant la réchauffer. On devait être le matin et elle reconnaissait les lieux : sa maison, sa chambre. Elle scruta alors tout autour, il n'y avait qu'un lourd silence. Son lit était couvert de pétales de fleur et sa lance avait été posé à ses côtés. Elle portait l'un de ses plus beaux habits également et ne se rappelait pas de l'avoir revêtu. Qu'était-ce cette mascarade? Puis, au bout de quelques secondes, elle comprit, cela lui revenait lentement en mémoire. Se mordant la lèvre, elle n'osa pas regarder mais ses yeux s'abaissèrent lentement sur son bras gauche... elle n'en avait plus. Elle observa alors sa main unique, elle était pâle comme la mort. Puis ses yeux se portèrent sur son corsage, elle le souleva et vit l'énorme cicatrice. Elle n'avait pas rêvé, la mort était bel et bien venue la faucher. A cet instant, elle ne put retenir un cri déchirant et hurla un nom : Vanor.

***

Deirdre resta prostrée sur son lit pendant plusieurs jours, sans connaître la soif ou la faim. Elle était désemparée, seule, et ne réalisait pas réellement sa situation. Pourquoi les dieux l'avaient-ils "épargné" ? Elle avait perdu tout ce qui faisait sa raison d'être : sa joie, ses mains de peintre, l'homme en qui elle avait le plus confiance. La mort avait emporté beaucoup. Puis un jour, comme une révélation, elle comprit qu'elle avait forcément encore des cartes à jouer. Le destin ne lui aurait pas donner une seconde chance si elle n'était pas un pion qui devait avancer. Un pion? Non, une reine, capable de se déplacer n'importe où, comme bon lui semblait. Maintenant qu'elle avait transcendé son existence et qu'elle n'avait pas à être effrayé de la perdre, elle pourrait aller bien plus loin encore. Il le lui restait plus qu'à apprendre à se connaître à nouveau, se renouveler et devenir bien plus forte qu'elle ne le fut jamais jusque là. Sa naïveté serait balayé, sa candeur également. Elle mènerait sa vie comme dans une pièce de théâtre dans laquelle elle serait l'actrice principale et le metteur en scène. Elle déciderait seule et sa gloire sera sa revanche.

Pour cela, il lui fallait créer son personnage. Il devait être flamboyant et grandiose, il devait briller tout en restant un intriguant. Il devait séduire et être étonnant, craint et admiré. Il devait être l'ombre et la lumière. Il fallait que le personnage soit à la hauteur de ses moyens et heureusement pour elle, Deirdre avait de quoi faire. Le joyau qu'elle avait volé et vendu lui avait rapporté beaucoup, et elle n'avait quasiment rien dépensé. Elle réapparut donc soudainement en ville, sans savoir depuis combien de temps elle était "partie". Elle faisait mine d'être toujours la même, et fit ses emplettes. Elle rendit visite à tous les corps de métier. Du marchand à la tisseuse, du forgeron à l'apothicaire. Même si le temps n'avait plus d'emprise sur elle, il en avait sur les autres. Et elle avait quelques personnes à retrouver. Lorsqu'elle récupéra ses commandes, elle s'enferma pendant des jours, voir même des semaines dans son repaire. Lorsqu'elle quitta les lieux, c'était une toute autre personne. Ses cheveux étaient brun, ses lèvres d'un rouge sanguin, son regard souligné de noir. Son allure était sombre et portait une lourde cape qui la cachait entièrement. Dans son dos, il y avait sa lance même si elle était incapable de la manier comme autrefois, elle pouvait être toujours utile. A sa main, elle portait le gant d'Ebélion, noir avec des liserés d'or, et le bout de ses doigts finissant en fines griffes. A l'opposé, elle avait ne portait aucune prothèse, et avait fait le choix de créer une tenue sur mesure, couvrant son moignon par un morceau de cuir en bout de manche. Il était temps pour le monde de découvrir la nouvelle Deirdre mais le premier qui goutterait à son poison, serait l'homme qui l'a conduit à perdre la raison, et il se trouvait à Amaryl.

Acte V.
- La vengeance -


De son vivant, la lhurgoyf était déjà une femme quelque peu rancunière, mais son ressentiment était plus ou moins contenu, sans ne jamais dépasser la limite. Si une situation l'amenait à prendre une vie, elle ne l'aurait fait qu'en ultime recours ou simplement pour sauver la sienne. Toutefois, elle n'obéissait plus tout à fait à cette règle et ne possédait plus de véritable scrupule. Le devait-elle à sa nature de gorgoroth? Peut-être bien, peut-être que la mort ne fut qu'un déclencheur. Cette question existentielle ne la travaillait guère car son obsession était de comprendre ce qui lui était réellement arrivé. La première personne qu'elle chercha n'était pas Vanor contre toute attente, elle savait que ce dernier n'était plus ici depuis longtemps et elle savait qu'il ne serait pas facile à débusquer. Il était un ladrini - du moins, elle supposa qu'il était encore - et connaissait tous les réseaux nécessaires pour disparaître. Elle savait également qu'aussi proche qu'ils purent l'être, son nom n'était pas le sien. Le chercher maintenant serait courir après un fantôme mais son tour viendrait. Elle devait en premier lieu démasqué l'homme qui avait concocté le poison qui lui avait fait perdre l'esprit, celui qui avait détraqué son don.

La tâche ne fut pas aisée car elle devait faire les choses dans la discrétion. Heureusement pour elle, Deirdre était d'une nature patiente. Elle étudia dans un premier temps les poisons naturels, de long en large, ainsi que leur remède. Dans un premier temps, ce fut dans les bibliothèque, puis dans un autre temps, auprès d'un éclari qu'elle payait pour l'enseigner. Le professeur fut bon mais peu intéressant, mais ce fut de lui qu'elle recueillit le plus d'information. Cela faisait des mois à présent que le calme était retombé sur la cité, et le terrible monstre qui avait commis tant d'horreur ne faisait plus parler de lui. A peu près au même moment, un ancien éclari, qui avait été excommunié, avait mystérieusement disparu puis réapparu aussi fou qu'un damné. Il était devenu très étrange et paranoïaque et avait même réclamé de l'aide auprès de ses anciens camarades. Étant donné son état, certains eurent assez pitié de lui pour lui offrir la protection qu'il réclamait. Et devinez la chose la plus surprenante? Il était un fin connaisseur dans les poisons et il avait été rejeté de la caste car on avait découvert qu'il était mêlé à des expériences sur des cobayes humains. Que voilà une formidable coïncidence. Mais alors qu'elle demanda si il lui était possible d'apprendre de cet homme, son tuteur lui expliqua qu'il vivait reclus et refusait la moindre visite. Néanmoins, elle était libre d'essayer, tout en prenant garde, car il avait piégé sa maison de tout part. Tiens donc? Cela était bien peu de chose contre la détermination d'une ladrini, voleuse et habile.

Comment allait-elle faire? De la plus simple des manières. Si elle ne pouvait venir à lui, alors cela serait le contraire. Si cet homme était bel et bien responsable de son sort, alors il devait savoir qu'elle avait péri mais il devait aussi bien connaître sa nature monstrueuse. Oh, elle était bel et bien morte, mais cette partie d'elle-même ne l'était pas. Elle ne pouvait plus en jouir aussi librement qu'autrefois, mais elle demeurait dans ses chairs, par la magie. Pendant des jours et des jours, chaque nuit, elle surveillait la maison de son bourreau. Il ne sortait jamais mais il était là, la lumière luisait de tant à autre. Parfois même, elle voyait une silhouette se tenir devant une fenêtre, avant de s'en éloigner rapidement. Le jeu de Deirdre était plutôt cruel, elle se transformait et hurlait lugubrement, de ce son si strident et caractéristique de sa métamorphose. Il fallut une dizaine de jour avant que le pauvre fou ne craqua et sortit de sa maison en hurlant.

" VENEZ!!! ALLEZ VENEZ!!!! VOUS NE ME FAITES PAS PEUR!!! "

" Vous devriez. "

Sortant de l'ombre, Deirdre fonça sur lui et le saisit à la gorge dans sa forme démoniaque. Elle serra son étreinte jusqu'à ce que ses lèvres devinrent bleus, puis elle le relâcha. Ce dernier s'écroula au sol, tentant de trouver un peu d'oxygène. Deirdre reprit alors sa forme humaine, mais elle apparut dans son plus simple appareil. Cela surprit un petit instant l'éclari mais il comprit rapidement qu'elle était une gorgoroth. Mais avant même qu'elle ne lui laissa la moindre seconde pour répliquer, elle s'accroupit à sa hauteur et lui susurra alors quelque mot.

" Qui est-tu et dis-moi pourquoi ai-je été ton cobaye. "

Le souffle qui s'échappa alors de la bouche de la jeune femme était en réalité l'une de ses magies, agissant sur les comportements. A cet instant, elle annihila sa volonté en le rendant quelque peu comateux, comme si il avait été saoul. Ainsi, il ne fut pas farouche.

" Hohoho! Et bien ma petite dame, je vous reconnais? Vous étiez la lhurgoyf de la dernière fois? Hahahahaha... qu'est-ce que vous faisiez peur... Mais je ne dis pas ça pour vous vexez, hein? Mais passoooooooooons... Je suis un éclari... enfin j'étais... ces fumiers m'ont mis dehors... baaaaaaaaa tant pis pour eux. "

" Je m'en moque de ça. Viens en au fait. "

" Hohoho! Bien, bien... je suis Petrus, madame. Petrus Tyrell. Je suis le maaaaaaaaaaître des poisons. Enfin... si ces fumiers m'avaient laissé faire... baaaaaa. Breeeeeeeeeeeeef. J'ai été engagé par un drôle de bonhomme, un sindarin je crois. Mais je sais pas son nom. Je devais trouver une sorte de remède, un truc pour dénaturer nos dons, pour les bloquer même. Je crois que le bonhomme voulait même un truc pour transformer quelqu'un en autre chose.. je sais plus trop quoi en fait. Et le truc, c'était qu'il le voulait sur vous. "

" Sur moi? Mais je ne connais aucun sin... Non... Quel était son nom? "

" Baaaaaaaaa je sais pas. Il ne l'a jamais donné. Mais il payait bien le bougre. En tout cas, j'ai pas tout à fait trouvé la formule. Dans un premier temps, j'avais essayé sur quelqu'un d'autres, mais en fait, ça l'a tué. Pouf! D'un coup. Il s'était transformé et il était devenu dingue!!! Il avait failli me tuer le fou!! Mais pouf!! Il était tombé raide mort. Je crois que j'avais fait un truc un peu trop fort. Mais c'était pas grave... c'était personne ce gus. Héhéhéhé! Breeeeeeeeeeef. J'ai continué mes recherches et j'avais trouvé un autre truc, sauf que ça me gonflait et je voulais le tester de suite. Le soucis, c'était que vous étiez pas facile à approcher ma petite dame, surtout avec votre toutou là, le grand. Il est fou lui aussi... "

Le regard de Petrus s'emplit soudainement de peur en se rappelant de Vanor, les effets de son souffle s'estompait. Mais Deirdre était proche du but, alors elle insista.

" La suite!!! Dépêche toi un peu. "

" Hohoho! Oui, oui. J'ai découvert que votre toutou avait des petits ennuis, d'abord de gros sous puis d'autres trucs dont je me souvenais pas.... j'ai offert de payer ses dettes et de trouver un moyen de régler une partie de ses soucis. En échange, baaaaaaaaaa il devait mettre mon truc dans votre jus. Héhéhé! Il était un peu naïf, je lui ai raconté des bobards pour qu'il accepte mais il était aussi dans une sacré panade! Et comme je lui ai dit que c'était sans risque, héhéhéhéhé... il a mis mon truc dans votre jus. Bon après, vous connaissez la suite. Il a compris que ça vous faisait pas tant de bien que ça et il est venu me demander réparation. Mais c'est que ça marche pas comme ça!!! Et en plus, au final, j'ai même pas trouvé ce que je voulais. Mon truc ne faisait que rendre dingue les lhurgoyfs, c'est pas tellement utile. Puis c'est partie n'importe comment après ça. "

" Qu'est-ce que vous voulez dire? "

" Votre chéri a perdu les pédales. Il était dingue quand vous êtes morts. C'était pitoyable.. mais ce taré m'a courru après!!!! Regardez ce qu'il m'a fait!!! Regardez!!! "

Ce fut alors que Petrus présenta ses mains, chacun de ses doigts avait une phalange en moins. Mais Deirdre regardait cela avec beaucoup d'indifférence.

" Il a fait la même chose à mes pieds!!! Il m'a brûlé aussi, frappé... je suis sûr qu'il a cru que j'étais mort après. "

" Que cherchait-il à savoir? "

" Baaaa qui était le gugus qui m'avait engagé. Vous savez, le sindarin bizarre. Je sais pas qui c'était et en plus, je crois que c'était un sous-fifre. Même pas la vrai tête de l'affaire. Ils étaient bizarres mais ils payaient une véritable fortune. C'était vraiment rien du tout par rapport aux dettes de l'autre. "

" Je n'ai donc été qu'une marchandise depuis le début... Une monnaie d'échange pour satisfaire vos désirs insipides... Vous n'êtes qu'une bande de chien... tous... "

Sans aucune sommation, Deirdre brisa la nuque de Petrus. Tel fut la fin de celui qui désirait devenir le maître des poisons. Aussi pathétique que l'homme qu'il était devenu. Mais une autre tâche, plus longue et difficile guettait maintenant la jeune femme, il lui fallait comprendre dans quelle machination elle s'était retrouvée contre son gré, et pourquoi cela lui avait coûté la vie. La route serait plus longue que prévue avant de découvrir la vérité.

-----------------------

Deirdre était devant le feu de sa cheminée, et le petit opportun qui était rentré par sa fenêtre buvait ses paroles. L'histoire semblait le passionner et ses yeux indiquaient qu'il voulait connaître la suite. Un large sourire se dessina alors sur le visage de la jeune femme.

" Quel est ton nom? "

" Uriel, madame. "

" Je suppose que tu n'as pas de foyer pour trainer dans la rue avec un temps pareil. "

" Oui, madame. "

" Tu veux connaître la suite de l'histoire, jeune Uriel? "

" J'aimerais bien. Est-ce qu'elle a réussi à trouver les hommes qui lui ont fait ça? "

" Bientôt mon ami... bientôt... "


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Deirdre Luberym
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