Un négociant dans la Neige



 
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 Un négociant dans la Neige

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Veto Havelle

MessageSujet: Un négociant dans la Neige   Mar 8 Mar - 3:32

L’homme arriva à Hellas un beau jour, ce qui n’était pas monnaie courante en Cimméria. Le tavernier associa le caractère quelque peu marquant de la météo avec l’allure qu’avait l’homme. Bien qu’il ait l’air d’un bourgeois, il avait choisi son établissement. Bien sûr, le tenancier ne tenait pas l’un de ces bouisbouis mais les nobles et bourgeois déposaient plus souvent leurs malles de voyages dans les établissements proches de la mairie, plus cossues, plus proche des rues très commerçantes et des maisons cossues.
Cela étant, sa guinguette était l’une des rares de la cité à être une sorte de compromis. Proche du temple, de la place du marché et du port, le gérant avait su trouver les tarifs convenant à l’emplacement et aux clients, qu’ils soient des pèlerins venu se recueillir au pied de Kesha, des artisans venu le temps d’écouler leurs stocks ou des marins en mal d’une bonne ambiance.

L’homme prit sa chambre en fin d’après-midi. Il venait d’Eridannia à entendre son accent, pourtant, il avait ce quelque chose que les Terran n’ont pas. Son visage était dépourvu de tout grain de beauté, de la moindre asymétrie ou d’une quelconque pilosité. Il était ce que l’aubergiste avait appris à reconnaître avec les années, un être trop parfait : un Sylphide.

L’homme profita de la soirée et de son agitation quotidienne, avec les autres voyageurs, discutant du monde et de ses changements. Néanmoins, il monta tôt se coucher pour quitter les lieux à l’aube. Ils se croisèrent alors que l’un allait allumer le feu en baillant et que l’autre enfilait son manteau et la bandoulière de sa besace sur le pas de la porte. Comme l’immortel avait déjà réglé sa note, ils n’échangèrent guère plus que des salutations et, en jetant des buches sur les braises ravivées par le soufflet, le tenancier le vit se diriger vers le temple d’un pas assuré.

La prêtresse qui accueillit le sylphide fit la connaissance de quelqu’un qui se présenta avec une voix masculine, une carrure très banale et des manières très courtoises. Il commença par exemple par s’incliner devant ce qui n’était vraisemblablement qu’une aspirante à qui revenait ce matin-là l’ingrate tâche de tenir la porte aux visiteurs et de les guider. L’homme se nommait Géralt Flint Gontégus et affirma être attendu par la Grande prêtresse en personne. Il était envoyé par le Comté d’Aziah et venait aussi bien voir la Duchesse de Nivéria que la Voix de Kesha.

Ce qui frappa plus que tout la jeune prêtresse, était ce sourire très discret toujours accroché aux lèvres de cet homme qui donnait à son visage si parfait une expression à la fois chaleureuse et aimable. Une attitude avenante qui contrastait avec le côté déstabilisant que ce visage de porcelaine impassible arborait.

On le fit attendre dans un petit salon où il patienta sagement, sa besace sur les genoux et son manteau sur le bras. Immobile, il resta figé, comme un automate, attendant pendant plusieurs minutes qui auraient semblé une éternité à tout mortel. Mais qu’est-ce que ce genre d’éternité pour un Sylphide.
Si bien que lorsqu’on vint à nouveau le rechercher, il se leva et s’inclina légèrement pour saluer la nouvelle prêtresse qui voulait bien prendre en charge sa personne, arborant toujours ce même visage : étrange et aimable à la fois.
Avec politesse, il se laissa guider, plaçant ses effets sous son bras, la mante bleu aigue-marine recouvrant la besace sur laquelle le symbole de la maison Lorindiar avait été frappé : cette étrange astérisque ondulant.



Lorsque Cimmeria n'a plus assez de son désert pour la protéger ;
avant que Fellel ne soit le dernier refuge ; pour la gloire de Hellas !
Debout la Garde ! Debout au milieu des tempêtes,
plus durs que les montagnes !
Levons les boucliers et montrons nos cœur glacés !
Debout la Garde ! Nous serons les derniers à tomber !
Debout la Garde ! Debout !
Dressons-nous, fiers, Kesha dans notre dos.

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Irina Dranis

MessageSujet: Re: Un négociant dans la Neige   Lun 28 Mar - 22:39



Un Négociateur dans la Neige

Veto . Irina



L’accueil de l’invité étranger avait été officiel sans être cérémonieux. Une jeune prêtresse l’avait prié d’attendre que son arrivée soit annoncée et on lui avait amené de quoi se désaltérer. La jeune fille aux cheveux noirs lui avait tenu une conversation discrète et polie, s’arrêtant dès qu’elle sentit un peu e réticence à poursuivre. Dans ses gestes on pouvait noter qu’elle cultivait l’élégance naturelle qui était propre aux servantes de Kesha, et son regard brillait d’une sagacité certaine. Malgré sa jeunesse il était plutôt clair que le rôle qui lui avait été attribué ne tenait pas du hasard. Mais n’était-ce pas ce à quoi on s’attendait de la part de l’Ordre Cimmérien ?
La demoiselle se tint sagement à l’entrée du salon, dans un calme observateur. En plus d’être une invité de marque, Sire Gotagus était plutôt bel homme. Il dégageait quelque chose de mystérieux bien que son visage serein ne présente pas de particularité qui attire longtemps le regard. Difficile de dire ce qui pouvait lui traverser l’esprit, alors que son expression était figée dans une constante neutralité. Ainsi le silence revint rapidement dans la pièce tandis que le temps s’écoulait lentement.

Ce furent deux coups discrets à la porte qui les tirèrent de leur léthargie. Une autre apprentie entra et échangea quelques mots avec son homologue, tandis qu’enfin l’émissaire d’Aziah fut conduit à travers un dédale de couloirs, vers une porte en pierre à double battant. Cette dernière ne tarda pas à s’ouvrir sous l’œil attentif de deux gardes, qui le laissèrent passer après s’être assurés qu’il ne portait pas d’armes. Ce n’était sans doute pas la première fois de la journée, néanmoins la sécurité avait été resserrée depuis quelques mois déjà, de façon à ne pas laisser les erreurs passées se reproduire. Irina y veillait.

Comme une sentinelle silencieuse la Grande Prêtresse s’avança pour recevoir le sylphide, qu’elle salua d’une légère révérence. Ses cheveux s’enflammèrent de la lumière qui provenait des vitraux de la bibliothèque malgré le voile qui les recouvrait en partie, ce qui la fit paraître plus pâle et fragile qu’à l’accoutumée. Le longs pans de sa robe ivoire formaient l’aura spectrale de la divinité qu’elle représentait, le bâton en if surmonté d’un aigle aux ailes déployées devenu le symbole de l’Œil de Kesha marquait sa position. Difficile de la confondre avec quelqu’un d’autre, que ce soit par son autorité ou la dureté de ses traits pourtant délicats.


« Soyez le bienvenu à Hellas, sous le saint toit de la Déesse, Messire. » Les apprenties s’effacèrent en quittant la pièce, tandis que deux gardes du corps restaient postés à l’entrée, dans leur disposition routinière. « J’ai pensé que la bibliothèque serait un endroit plus agréable pour une discussion, aussi me suis-je permise de vous éviter le chaos de mon bureau. » Elle lui fit signe de prendre place à la table pour deux qui avait déjà été préparée pour eux et lui désigna un siège en face du sien. « Avez-vous fait bon voyage depuis Aziah ? J’imagine que les choses sont quelque peu bouleversées là-bas. Je vous présente à nouveau mes condoléances. »

Il était difficile d’oublier que c’était un malheureux événement qui les réunissait aujourd’hui, et mieux que personne, Irina avait gardé un vif souvenir de feu le comte Lorindiar. Après tout bien qu’ils n’aient jamais été amis à proprement parler, ils avaient pas mal de connaissances communes, et d’autres affaires personnelles qui avait pris fin en même temps que son existence. Tant de questions destinées à rester sans réponse, tant de fantômes passés, comme c’était regrettable. Le regard d’Irina se troubla de ce qui était plus proche de la mélancolie que de la tristesse. Ision avait toujours été un sylphide plein de ressources. Car elle était en effet une des rares à connaître sa vraie nature, pour avoir été une amenée à le traiter en urgence en dépit de sa frêle constitution. Cela dit il y avait encore bien de lourds secrets qu’elle gardait au sujet du lord...



« Some may call it a curse, a life like mine,... but others, a blessing.
It's certainly a lonely life but a fulfilling one at best. It's my cross to bear but I bear it gladly.
Someone has to take a stand against evil. Why should it not be me ?
 »


Dernière édition par Irina Dranis le Lun 11 Avr - 16:41, édité 1 fois
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Veto Havelle

MessageSujet: Re: Un négociant dans la Neige   Mar 5 Avr - 7:33

Sir Gotagus pénétra la salle avec l’élégance qui sied à son peuple, ne laissant rien paraître de la désagréable fouille qu’il avait dû à nouveau subir. Lorsqu’il arriva enfin devant la Grande prêtresse, il portait sa besace à la manière des apprentis qui ont peur de briser leur matériel flambant neuf. Et pourtant, il arrivait à le faire avec un port de tête et une expression dans le regard des plus dignes. Finalement, on eut tout aussi bien pu le comparer à un joaillier empli de fierté, apportant sa plus belle œuvre à un riche commanditaire après des jours de travail.
Et le fait était qu’après des jours de voyages dans le désert de glace, il y avait bien plus précieux dans cette besace que le sauve-conduit qu’il avait obtenu en passant la frontière à Aggersborg. Cela expliquait peut-être pourquoi il ne lâchait plus cette sacoche, même lorsqu’il s’inclina profondément devant l’Œil de Kesha.


« Le Comté vous remercie humblement pour cet accueil, votre sainteté. Et je dois dire que cet environnement sied bien d’avantage au scribe que je suis, en comparaison du froid glacial de votre toundra magnifique, mais au combien mortelle. De même, nous accueillons avec gratitude vos condoléances. Le plus triste reste sans doute que nous n’avons aucune preuve du réel décès de Sieur Lorindiar. »

Il se redressa et admira un instant l’immense vitrail, preuve de la richesse ancestrale du pays et du temple.

« Je trouve ce décor tout à fait à propos pour une négociation. » commença-t-il en prenant place. « Si je ne me trompe pas, ce vitrail me semble authentique et pourrait bien être celui qui a été posé au moment de la construction de cette partie du temple… C’était bien avant que votre pays change de régime et pourtant le temple est toujours là : je vois dans ce vitrail le symbole d’une alliance aux fruits des plus pérennes. »

Il était maintenant assis, droit comme un « i », sa besace sur les genoux et un sourire séduisant sur les lèvres. La couleur de sa mante semblait bien pâle en comparaison de celle de ses yeux d’un bleu dont la pureté était d’autant plus soulignée par son teinte pâle et ses sourcils argentés. Il portait ses cheveux gris dans un long catogan mais sans l’ombre d’une barbe ou moustache. Manifestement, cette couleur de cheveux n’avait rien à voir avec l’âge car l’homme semblait avoir la trentaine.

Il lâcha enfin le vitrail des yeux pour porter son regard sur la grande prêtresse. Pourtant, leurs regards ne se croisèrent pas, celui du négociant portant légèrement plus bas que les deux iris de la duchesse. Bien évidemment, cela n’avait rien à voir avec une quelconque pulsion satyrique. L’homme était tout simplement trop poli pour ne pas fixer directement son interlocutrice dans les yeux : trop de rangs sociaux les séparaient pour qu’il se permettent de défier du regard l’une des plus puissantes d’Isthéria.


« Toutefois, mes connaissances de votre pays ne me permettent pas de comprendre ce que représente ce vitrail. Pourriez-vous m’éclairer ? »

Encore et toujours ce sourire trop aimable… Il était possible qu’il connaisse la réponse qu’il demandait, mais nul doute qu’il avait déjà accaparé la parole pendant trop longtemps pour ne pas la rendre sur le champ.



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Irina Dranis

MessageSujet: Re: Un négociant dans la Neige   Lun 11 Avr - 18:34



Un Négociateur dans la Neige

Veto . Irina

La surprise la fit se réfugier dans le silence. Un silence qui en disait long sur l’impact de la nouvelle, bien qu’aucun commentaire ne franchisse sa gorge. C’était étrange de lui dire cela maintenant, et encore plus d’apprendre ce genre de choses par quelqu’un qu’elle n’avait jamais vu jusque là. Oui, il était difficile de digérer qu’Ision puisse disparaître tout à coup sans laisser de trace, en les laissant spéculer sur sa mort potentielle. Cela dit c’était bien son genre de faire des mystères à tout va, alors il n’était pas impossible qu’il revienne et que tout ne soit qu’une sortie de scène temporaire, bien planifiée. Ce serait théâtral, comme à son auguste habitude... une possibilité néanmoins, à supposer qu’il ait une idée derrière la tête.

Mutine, Irina soupira. Suivant le regard de son invité elle observa les couleurs feutrées du verre qui coloraient les dalles. Il était très optimiste voire absurde de parler de la richesse Cimmérienne, alors que leur opulence ne se comptait ni en dias, ni en biens, ni en ressources. Cela dit leurs traditions et leur culture avaient été préservées à travers les âges. Le respect du peuple avait permis au temple de survivre aux plus grandes tourmentes de l’Histoire, cette triste liste d’infortunes où l’éviction d’Elerinna ne serait bientôt plus qu’un triste cafouillage.
Tandis qu’elle prenait place en face de son interlocuteur, ses yeux voguèrent vers son visage fermé. Cette aile était parmi les plus anciennes et préservées, ce qui leur offrait un environnement appréciable en ce jour ensoleillé, d’autant plus qu’ils étaient loin des yeux indiscrets. Ce qui ne semblait pas beaucoup détendre l’homme qui se tenait devant elle, toujours raide comme piquet planté dans la neige. Sceptique malgré sa neutralité, la grande prêtresse l’observait calmement les mains posées sur ses genoux.


« Pour autant que je sache la façade nord a été la plus épargnée depuis la construction malgré son exposition constante aux vents marins. Ni les guerres ni l’épidémie d’il y a trente ans n’ont réussi à complètement faire tomber ces murs. » Il y avait de l’espoir et de la gravité dans sa voix, pas une once de l’arrogance qu’on pourrait associer à un tel discours. Comme pour conjurer le mauvais sort, elle poursuivit instinctivement et reprit sa respiration. « Puisse la Déesse continuer de nous protéger encore longtemps. Hum autrement je ne suis pas une experte dans le domaine, l’Histoire a toujours davantage suscité ma curiosité que l’art ou l’architecture. »

Naturellement elle examina les dessins sous un œil plus critique que d’ordinaire. Cet endroit était son refuge contre l’ennui, un havre de silence et d’étude... Pas vraiment une merveille qu’elle contemplerait pendant des heures. Plutôt hésitante, elle y fut de son interprétation tout de même. « Sur le vitrail central Kesha veille les bras ouverts, dominant la ville de sa silhouette pâle mais omniprésente. Elle est le bouclier qui protège le peuple en bas du dessin, un peuple fourmillant mais meurtri, orgueilleux et fort quoi qu’il arrive. Parmi eux, au milieu de la foule il y a le personnage en bleu à la cape brodée d’or qui lève son épée au ciel, en gloire à la déesse. Il est surnommé le Roi sans couronne par les prêtresses, toutefois je dois avouer ne pas savoir grand chose à son sujet. Il faut dire que les cimmériens associent la royauté à l’opprobre de la guerre de Taulmaril, et aux actes lamentables dont elle est synonyme. Je ne peux pas vraiment les en blâmer. »

Son regard limpide brillait d’une clairvoyance acérée. Elle flairait quelque chose dans l’orientation de cette cordiale conversation, ce qui lui laissait présager que ce n’était qu’une introduction un peu bancale à un autre sujet, sans doute plus épineux. Après tout son invité n’avait pas l’air d’être né de la dernière pluie. Il était très peu probable que quelqu’un d’aussi cérémonieux ait sollicité une entrevue sans une bonne raison, à moins qu’il ne tente de découvrir plus que ce qu’elle n’était prête à lui en dire. « Avez-vous un attrait particulier pour l’art, sire ? »





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Veto Havelle

MessageSujet: Re: Un négociant dans la Neige   Mar 10 Mai - 7:58

L’homme écoutait avec une attention des plus académiques. De temps à autre, son regard passait des lèvres de la prêtresses au vitrail, en passant par les pierres ancestrales ou les étagères porteuses de grimoires plusieurs fois centenaires. Son regard pétillait d’une curiosité non feinte et son sourire était devenu clairement celui d’une personne impressionnée. Chacun de ses hochements de têtes, manifestement dédiés à montrer sa compréhension des explications, donnait une impression de respect et d’attention profonds.
Et lorsque la grande prêtresse lui demanda s’il était attiré par l’art, il inclina légèrement la tête, toujours sans perdre son sourire affable.


« Oh non, Votre Sainteté. Mon intérêt pour l’art se limite trop souvent à la valeur que l’on peut apporter à une œuvre, malheureusement. Je suis un négociant. En cela réside ma fonction et mon travail. Mais chaque fois que l’occasion se présente, j’aime à racheter mon manque de contemplation et d’intérêt en oubliant mes tendances vénales. »

Son sourire s’était ostensiblement élargie et il porta encore une fois loin son regard de la vénérable grande prêtresse pour le reporter une seconde de plus vers les couleurs feutrés du verre teinté avant de revenir sur le bureau qui les séparait elle et lui.

« En réalité, il semblerait que mon emploi m’oblige même en définitive à considérer tout sujet comme monnayable. Et si je m’en étonne moi-même parfois, je ne m’en offusque pas. J’accepte cette déformation professionnelle, car au final, je dois le reconnaître, j’estime ma propre personne à la valeur du salaire qu’on me paie. Et on ne peut pas dire que je travaille gratuitement, Votre Sainteté. »

Cette nouvelle plaisanterie lui arracha un léger pouffement sans qu’on ne puisse y déceler le moindre regret ou la moindre tristesse. Il se redressa finalement pour à nouveau faire face à la prêtresse, fixant celle-ci entre les yeux, évitant toujours son regard.

« Excusez cet humour de boutiquier, Sainte Dame Dranis. Mais revenons à nos moutons. Je ne souhaite nullement vous faire perdre votre temps et je ne me crois pas assez familier à votre personne pour vous imaginer ravie de jouir de ma simple compagnie… » D’un geste habile ses doigts glissèrent sur sa sacoche et défirent les attaches qui la garder fermée. « Dans la missive que je vous ai fait parvenir, je vous ai fait savoir que j’avais une proposition à vous faire qui devrait être des plus profitables au Comté que je sers et non seulement au Duché que vous dirigez mais également à ce pays, Cimméria. Et je reconnais aujourd’hui avoir été des plus évasifs sur la teneur de l’accord que j’ai à vous proposer. Je tenais à m’en excuser et à m’en expliquer avant de commencer cette négociation. Si toutefois mes explications vous semblerons justifiée et que négociation vous jugez bon de mener… »

Il fit une pause et s’inclina une nouvelle fois, toujours le coin des lèvres légèrement étirées malgré la situation. En effet, même en se présentant comme fautif, il trouvait encore le moyen d’avoir cet air enjoué, presque mutin.

« La Duchesse que vous êtes n’est pas sans savoir que le monde des affaires n’a rien à envier à celui de la politique diplomatique ou guerrière. Un messager est vite intercepté, une transaction est vite empêchée et un convoi se fait même parfois attaqué par quelques gredins payés par des commanditaires inconnus du peuple seul mais faciles à deviner par qui de droit… En bref : je me devais de rester discret dans le genre de proposition que je voulais vous faire. Une autre raison était que j’espérais bien que vous seriez à la fois passablement intriguée par une proposition aussi évasive et aussi rassurée par la famille que je représente pour la prendre au sérieux et m’accorder cette entrevue. Mais puisque nous sommes ici, dans un tel lieu, et que je vous vois sereine, je suppose qu’il est temps de sortir le lapin de mon chapeau et cesser de vous faire languir. »

De la besace, il sortit une chemise souple faite en peau de chèvre certainement. Et lorsqu’il l’eut posé sur la table et ouverte, il organisa une demi-douzaine de parchemins devant lui, les plaçant chacun naturellement de manière parfaitement parallèle au bord du bureau et à égal distance l’un de l’autre. L’esprit du négociant révélant ainsi une facette des plus méticuleuses qui le constituait.

« Voici les rapports annuels des divers domaine d’exploitation du Comté d’Aziah. Loin de moi l’idée d’exposer ainsi devant vos yeux nos richesses, Noble Duchesse. Je n’ai apporté que des résumés qui ne sont destinés qu’à me rassurer lorsqu’il sera question de chiffres exacts. » Mais tout en disant cela, le Sylphide avait déjà arrêté de regarder les papiers et il semblait évident qu’il était plus que sûr de lui. Mais enfin, son sourire avait diminué et n’était plus qu’un plissement à l’une des commissures de ses lèvres. « Démographie ; main d’œuvre qualifiée ; agriculture ; exploitation minière et j’en passe pour venir au plus important : la foresterie. Ce dernier domaine est notre petite gloire à Aziah. Notre Comté est l’un des premiers producteurs de bois d’œuvre en matière de feuillus et de résineux au Nord d’Eridania. Votre Sainteté, Duchesse… Nous sommes venus vous offrir ce dont vous avez besoin. Je crois pouvoir dire sans me tromper que ce que vous désirerez, nous l’aurons certainement en excédentaire dans les mois à venir, si ce n’est d’ores et déjà. »

Les mains de Géralt Flint Gontégus s’étaient posées de part et d’autre des documents, s’appuyant sur le bois de la table alors que le regarde du Sylphide s’ancrait profondément dans celui de la Terranne, la regardant désormais droit dans les yeux.



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Irina Dranis

MessageSujet: Re: Un négociant dans la Neige   Mar 31 Mai - 18:02


Un Négociateur dans la Neige

Veto . Irina

Quelques timides rayons solaires perçaient à travers les vitraux, baignant la pièce d'une traînée lumineuse colorée. Quelques grains de poussière flottaient comme de minuscules lucioles, retenant le regard semi-absent de la prêtresse. Sans doute l'habitude avait-elle fini par l'armer d'une surprenante patience dans ces discussions prolongées, ces longs échanges avec des individus qui avaient vécu plusieurs existences Terranes. Il lui était toujours amusant de constater la condescendance à peine voilée de la plupart de ces êtres centenaires, peu importe leur condition ou leur origines. C'était un point commun qui les regroupait tôt ou tard, ignorant les masques dont ils aimaient souvent se parer.
D'ailleurs elle pouvait parier que son interlocuteur du jour ne faisait pas exception au fond, bien que son approche et ses manières soient impeccables. Un peu trop, sans doute. Cela dit c'était un peu la marque de fabrique de beaucoup de nobles. Par contre cette perfection délicate dans les traits, ce port altier, et puis son entourage direct pointaient dans une toute autre direction. Elle pencha la tête sur le côté, pensive. Irina n'en était pas certaine mais si elle avait dû parier son argent elle aurait misé sur des racines Sylphides.

Ignorant volontairement la parenthèse ô combien déplacée sur la mort incertaine d'Ision, la jeune femme ne put néanmoins s'empêcher de hausser un sourcil inquisiteur. Malgré les formulations solennelles et les mots bien choisis elle ne décelait pas une once de chaleur dans les paroles de son visiteur. Il n'y avait pourtant aucune surprise sur son visage pâle, et sa neutralité n'était troublée que par quelques mimiques ponctuelles, rappelant de temps à autre qu'elle n'était pas juste une poupée de porcelaine sagement plantée là. D'une voix mesurée, elle poursuivit, laissant de côté les digressions artistiques et financièrement valorisantes de l'homme de l'autre côté du bureau.


« Je n'en doute pas. » De fait c'était probablement la chose la plus sincère qu'il ait dite depuis son arrivée. En outre en connaissant Ision comme elle le connaissait, il n'était point étrange qu'il s'entoure de la sorte. « Je sais que contrairement à ce que pensent certains, sire Lorindiar a bâti son empire sur le commerce et les investissements à long terme. Or on ne réussit pas à garder le cap d'un tel négoce sans s'entourer de personnes capables. »

Cela n'avait pas été différent pour elle avec le rachat de Nivéria, bien que ses méthodes tout comme ses moyens soient considérablement différents. À ses yeux le duché était un refuge et un point d'évasion bien plus qu'un placement lucratif, ce qu'il était finalement devenu avec le temps et un travail acharné. Ses plantations de thé se faisaient doucement un nom dans tout Eridania et dans les hautes sphères de Cimméria, qui se plaisaient à suivre les dernières tendances, y compris dans le domaine gastronomique.

Intriguée par ce secret sans cesse prolongé, Irina laissa le sylphide poursuivre et exposer sur le bureau une ribambelle de parchemins. Écoutant sérieusement ses commentaires parsemés d'explications confuses concernant le fil de sa pensée, elle s'éclaircit la gorge avant de lire quoi que ce soit. Il ne lui fallut pas trop longtemps pour anticiper les pourparlers d'ordre commercial. Après tout de quoi pouvait-il s'agir d'autre ? Son regard clair oscilla entre les données posées sur la table et le visage qui lui faisait face. S'il désirait traiter avec Nivéria, Viktor Davos était un intendant compétent, aussi il était peu probable que ce soit là l'objet de son intérêt.

D'un autre côté c'était pour le moins singulier qu'il s'adresse à elle -religieuse de son état, haut placée ou non- plutôt qu'au maire pour discuter affaires. Ou peut-être jugeait-il pouvoir bénéficier de meilleures dispositions en tant que représentant d'Ision et de son héritier. Pour le moins optimiste, de fait. Irina n'avait pas refusé le piston du lord il y a de ça des années pour finalement rendre tout le pays dépendant des importations Eridaniennes. Le royaume entier aurait beau approcher en substitut à Mavro Limani que ça n'y changerait pas sa prudence. D'autant plus que Nivéria leur vendait des vivres à des prix défiant toute concurrence. Si aucune porte n'était entièrement fermée, il leur faudrait une raison solide pour s'ouvrir en grand.
S'adossant plus confortablement à son siège, la rouquine croisa les mains dans son giron sans pour autant se pencher vers les documents. Il serait prématuré de se lancer dans une étude de ces chiffres sans d'abord avoir une idée claire de ce qu'on lui proposait. Les mathématiques lui donnaient de l'urticaire depuis aussi loin que remonte son éducation d'apprentie, et en plus le supposé trait d'esprit -ou d'humour elle ne saurait dire- n'eut vraiment pas l'effet escompté.


« C'est bien aimable à vous de partager avec moi la hmm... manifestation numérique des grandes richesses d'Aziah, messire. » La quiétude de son expression tranchait avec la pointe de sarcasme de sa voix légèrement rauque. Elle prit néanmoins quelques secondes avant de réfléchir et continuer. « Naturellement vous me voyez prise au dépourvu par cette offre spontanée et soudaine. » Il serait presque divertissant de voir ce genre d'agents proposer leurs ressources comme des camelots des grands chemins débarquant à tout va ; s'ils n'avaient pas tous attendu la fin de la guerre pour se manifester. Maintenant que le gros des conflits armés étaient terminés ces 'manifestations fortuites de bon cœur' étaient secondaires, et elle se ferait un plaisir de le laisser bien clair.

« Néanmoins vous m'en voyez confuse. Je suis médecin et servante de Kesha, pas négociatrice ou marchande alors veuillez pardonner ma potentielle brusquerie. » Ses lèvres se pincèrent tandis qu'elle se penchait un peu vers lui, pleine d'incompréhension sur le visage. « J'ai eu loisir de visiter une grande partie du continent au cour de mes recherches. Je sais que le territoire Cimmérien n'est pas habitable pour la plupart, cependant les dieux ont disposé sur nos terres un certain nombre de richesses naturelles. Simplement les conditions de vie et la rudesse du climat ne nous permettent pas de nous focaliser sur leur exploitation. » Elle posa une main sur les parchemins, Exanimis brillant à son doigt. Visiblement cet émissaire manquait cruellement d'informations, il n'y avait pas d'autre explication.

« J'imagine que vous n'avez pas eu le courage de parcourir Cimméria, et je peux comprendre que son charme cruel puisse déplaire à ceux qui ont connu le confort immaculé de votre Cité-État. » Elle sourit doucement, se rappelant la splendeur de la cité blanche dépeinte dans les échanges épistolaires qu'elle avait eu le plaisir d'entretenir avec le Grand Maître de Cimmérium. « Toutefois je peux vous dire que selon Olévus, un collègue chercheur et le meilleur cartographe que je connaisse ; environ la moitié de notre territoire est couverte par une épaisse taïga. Le bois ne viendra donc pas à nous manquer avant un très long moment, si la Déesse le veut. J'ai donc peur que votre offre ne doive trouver meilleur preneur, messire. » Elle soutint le regard de son interlocuteur, sans trembler. « Vous qui avez une curiosité certaine pour l'art et la valeur des produits nobles devriez visiter l'un des nombreux artisans de la capitale. Je suis sûre qu'ils vous montreraient les merveilles accomplies par nos menuisiers, par ailleurs réputés à travers tout Isthéria. » Irina le gratifia d'un léger sourire bienveillant, se demandant s'il avait des offres plus adéquates à faire.



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Un négociant dans la Neige
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