Malentendu, bien entendu [PV Orchid]

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 Malentendu, bien entendu [PV Orchid]

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MessageSujet: Malentendu, bien entendu [PV Orchid]   Jeu 2 Juin - 21:26

Blow a kiss, fire a gun. All we need is somebody to lean on. What will we do when we get old? Will we walk down the same road? Will you be there by my side? Standing strong as the waves roll over. We were bold and young, all around the wind blows. We would only hold on to let go ...
La ligne de l’horizon se dessinaient au gré des montagnes qui s’élevaient, fières et droites droit devant moi. Voilà un moment que je voyageais, trois grosses semaines tout au plus. La charrette du dernier marchand m’avait rapprochée d'Umbriel et certainement éviter quelques heures de marche en plus. J’ai su que je n’étais plus très loin quand enfin, le sable et les tempêtes avaient progressivement laissé place à une verdure timide, à de riches sols d’herbe et à des arbres vigoureux. Le climat moins chaud m’avait fait un bien fou. Je n’étais plus vraiment habitué à ne pas sentir le soleil brûlant sur ma peau, traversant les vêtements sans difficulté. Heureusement, j’aimais la chaleur, ou plutôt, je ne la détestais pas. Même, il fallait l’avouer, un temps plus doux était vraiment une délivrance. Même si, bien sûr, cela ne restait que des savanes plus ou moins sèches et que l’air n’était pas beaucoup plus respirable, il restait sec et poussiéreux. Mais au moins, l’eau se trouvait un peu plus facilement, ainsi que l’ombre, pour dormir.

Je ne tardai pas à retrouver, quelques jours plus tard encore, de petits bosquets, quelques arbres regroupés, sous lequel je pouvais faire un feu, manger un peu de viande séchée, faire sécher de la viande en plus, et me reposer. Dans reposer, il y avait bien sûr quelque peu s’amuser avec des cadavres trouvés ici et là sur mon chemin et que je faisais me suivre - quitte à m’épuiser pour rien -. Les ténèbres prenaient lentement possession de l’endroit. Le maigre feu que j’avais réussi à allumer éclairait les cadavres en putréfaction dansant devant les flammes, désarticulés. Je souriais, les mains levées, les yeux rivés sur mes petits cadavres non identifiés dont l’odeur en aurait fait vomir plus d’un. Pourtant, j’y étais habituée, ou mon estomac était étrangement solidement accroché. En fait, j’aimais cette odeur, elle me fascinait. Elle m'envoûtait. Elle m’attirait.
Ces flammes, ces cadavres mouvants, ces grandes silhouettes terrifiantes sur les arbres, cette odeur de mort, rien ne pouvait être plus beau. J’avais retiré mon masque et détaché mes cheveux, j’étais prête à dormir.
Mais ce n’était pas le cas de tout le monde.

Des bruits de pas s’étaient rapidement faire entendre dans les fourrées. Et les nomades qui campaient non loin - je l’avais remarqué, et j’avais délibérément établi mon camp un peu plus loin pour être tranquille - avaient débarqué. Ils avaient vu les cadavres danser, et compris qu’il s’agissait de ma volonté. Honte sur moi, hérésie, sorcière maléfique. Jouer avec la mort, comment oserais-je seulement faire ça ? Je n’avais pas très bien compris ce qu’ils me voulaient.
Et je ne comprenais toujours pas, encerclée par des nomades agressifs. Trois hommes, dont un seul réellement musclé. Pauvres petites êtres qu’ils étaient.

- Vous ne comprenez pas, très chers, vous avez mal vu, avec les flammes, ce sont simplement quelques cadavres que je voulais dépecer, dis-je dans un semblant d’assurance.  
- Ne nous baratine pas !

J’étais trop faible pour pratiquer de l’hypnose. J’étais trop fatiguée pour sortir mon arme, et surtout trop peu expérimentée pour m’en servir. Je déglutis. Heureusement, il faisait assez sombre pour qu’ils ne remarquent pas que la couleur de mes yeux passaient par tout un panel, et cela, à la vitesse de l’éclair. C’était courant, quand j’étais stressée. Je levai les mains en signe de paix. Pourquoi devais-je tomber sur des fermés d’esprit pareils ? Il était tard, je n’avais pas assez d’énergie pour animer un gros cadavre - celui que j’avais remarqué au fond du lac, vingt mètres plus loin - et ainsi me défendre. Et puis, je n’avais aucunement l’intention de tuer de braves gentilshommes qui ne cherchaient qu’à défendre leurs valeurs, quitte à vouloir me brûler vive.

- On peut trouver un arrangement, messieurs…
- Le seul arrangement qu’on va trouver, c’est te ramener au village pour te juger.

Je soupirai à nouveau. Les humains et leur croyance… J’avais un peu pitié d’eux. Mais à l’occurrence, j’étais au beau milieu de nul part, et surtout d’un problème que je n’allais pas pouvoir résoudre. Allais-je mourir ainsi, sans avoir rien accompli ?

Je pouvais toujours puiser dans mes formes, quitte à frôler les limites et à dormir des jours durant. J’hésitais. Je reculai contre un arbre. Ils s’approchaient de moi, inexorablement. Mais ils avaient peur, ça se voyait. Peur que je les maudisse, ou que je fasse quelque chose d’autre de maléfique, en plus d’animer les morts. C’était plus ou moins un atout.

J’avais un peu de temps pour me décider. Courir, me laisser faire ? Tenter le tout pour le tout ? Attendre un miracle ? Je doutais fortement de la dernière option.

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MessageSujet: Re: Malentendu, bien entendu [PV Orchid]   Sam 4 Juin - 16:07

Elle disparut enfin dans la futaie qu’elle avait en point de mire depuis déjà au moins une lieue. Le relief quasi inexistant en plein cœur du territoire Phelgran lui avait permis de repérer la forêt de très loin. Elle se retourna derrière la première rangée d’arbres afin de s’assurer qu’elle n’était pas une nouvelle fois traquée.

Si elle était arrivée là c’était pur hasard ou nécessité selon. Elle sourit en pensant à l’Eclari qu’elle avait rencontré un jour. Un certain Trebuh Seveer. Il maniait la philosophie autant que les connaissances scientifiques et prétendait que toute situation était le résultat de la combinaison du hasard et de la nécessité. Elle n’avait guère prêté l’oreille à son discours à ce moment-là trop occupée et tendue vers les renseignements qu’elle cherchait sur une opposante à la grande prêtresse, opposante qu’elle avait été contrainte de réduire définitivement au silence car prête à témoigner contre l’héritière des Lanetae. Un voile obscurcit son regard à l’évocation de ce souvenir. Là, immobile derrière le rideau végétal orienté au nord qui la protégeait maintenant des regards, elle se remémorait les derniers jours qui l’avaient guidé jusque-là. Cela faisait une demi-lunaison qu’elle avait décidé de se prendre la direction du sud-ouest. Béamas touchait à sa fin et déjà les premiers signes d’un changement de saison altéraient la végétation. La guerre était finie depuis trop peu de temps encore pour qu’elle se promène sans prendre de précaution. Elle avait donc cheminé à couvert évitant d’attirer l’attention par des feux si elle n’était pas sûre du bois et prenant le chemin de nuit lorsque la forêt s’interrompait. Elle aimait assez l’impression d’être un fantôme dans la taïga et les choses se passaient plutôt bien.

Plutôt bien jusqu’à ce qu’elle se laisse surprendre par une patrouille Cimérienne. Elle ne s’expliquait pas encore totalement ce qui leur avait permis de la débusquer sans qu’elle ne s’en rende compte. Encore un tour du fameux hasard : un magicien ou un télépathe en quête d’une proie qu’il n’avait pas trouvé mais leur avait permis de tomber sur la Zélos. Elle n’avait qu’eu le temps de disparaître à la faveur des ombres qu’elle avait appris à maîtriser dans lesquelles elle se fondait à merveille mais qui épuisait rapidement son essence divine. Une traque s’était alors engagée durant laquelle les pisteurs l’avaient plusieurs fois talonnée. A la frontière Phelgrane, elle avait cru se débarrasser de ses poursuivants en les menant dans les fers d’une patrouille du pays, mais celle-ci avait décidé de mettre à profit leur avantage numérique pour, non seulement tenter d’exterminer les Cimmériens qui s’étaient aventurés trop loin de leur territoire mais aussi prendre en chasse la Zélos. Décidément elle trouvait que bien trop de gens s’intéressaient à ses faits et gestes, elle qui n’aspirait qu’à une chose, recommencer une nouvelle vie loin de tout ce qu’elle avait connu ces dernières années : guerres et trahison, manipulations et illusions.
Le seule avantage de ce changement de traqueurs était qu’apparemment moins habiles, elle avait réussi à les distancer sans pour autant avoir la faiblesse de penser qu’elle en était définitivement débarrassée.
 

Elle était donc là à contempler l’endroit où elle était arrivée en plein cœur de Phelgra. Même si les années où elle hantait ses steppes en compagnie de la meute étaient bien loin maintenant, il lui restait de nombreux souvenirs du territoire qu’elle avait parcouru  en tous sens en fonction de la chasse mais aussi des cibles que sa folie de l’époque lui désignait. Les repères étaient toujours là pour la plus part, à peine brouillées par un incendie ou une colonie nouvellement implantée et qu’elle s’empressait d’éviter soigneusement. Si son sens de l’orientation ne la trompait pas elle devait se trouver maintenant  à peu près au centre d’un triangle Thémisto-Ridolbar-Umbriel. Son point de chute était une forêt épaisse enchâssée dans une vaste plaine herbeuse et faisait figure d’anomalie dans ce paysage uniforme. Igrim plissa les yeux vers la ligne d’horizon et les rares légers épaulements. Nul signe des poursuivants. La patrouille s’était peut être découragée mais elle savait qu’elle était à l’endroit le plus dangereux pour elle. Y avait-il encore un endroit sûr pour la Zélos ? Les évènements de ces dernières semaines lui montraient qu’elle avait une importance qu’elle n’aurait pas soupçonnée.  Que pouvaient-ils bien vouloir à une Zélos solitaire de toute façon ? Depuis le temps, Igrim, la femme de main d’Elerinna Lanetae devait avoir été oubliée ou même considérée comme morte, comme nombre de victimes du conflit. De plus en plus elle penchait pour un malheureux hasard la traque dont elle venait d’être l’objet.

*Irina Dranis doit avoir bien d’autres chats à fouetter que de s’inquiéter de ce qu’Igrim est devenue !*


Quant-aux forces Phelgranes avaient-elles compris qu’elle était en partie à l’origine de la désertion de leurs alliés Sindarins ?

Les oiseaux semblaient nombreux, petits échassiers aux abords du lac, passereaux, mais aussi petits rapaces, des milans à la queue caractéristique au-dessus de la cuvette alors que des faucons crécerelle semblaient préférer les étendues herbeuses au-dessus desquelles ils guettaient leur proie dans leur vol stationnaire caractéristique.   Quelque chose bougea à l’orée du bosquet : un petit cervidé isolé. Elle pouvait assez facilement imaginer que d’autres mammifères fréquentaient donc aussi les sous-bois et la prairie. De quoi se nourrir pour des prédateurs. Le tout était de savoir leur nature afin de se prémunir d’une attaque… Un renard allait fuir devant elle, les loups n’étaient plus un danger depuis bien longtemps mais Isthéria avait donné naissance à des prédateurs bien plus redoutables… A cette heure de transition entre le jour et la nuit arrivaient à se croiser les créatures diurnes avides de profiter des dernières minutes de clarté et les animaux nocturne impatients de prendre possession des lieux. Pour le renard opportuniste, cela ne changeait rien mais les pipistrelles devaient éviter le vol des derniers martinets qui convoitaient encore les mêmes proies.

Elle tourna enfin le dos à la prairie. Le soir allait tomber et elle avait décidé de reprendre des forces sous le couvert de la végétation. Encore lui faillait-il trouver un endroit propice pour cela et évaluer si elle pourrait allumer un feu ce soir. Cela supposait une petite exploration de l’endroit. Exploration qui n’allait pas être facilitée par la nuit tombante mais dont elle ne pouvait pas faire l’économie.  Le grand loup qui s’était allongé sous un buisson de ronce en attendait de voir ce que déciderait la bipède se releva d’un bond.
Elle n’avait pas de relation de propriété, seulement parfois de services ou une collaboration ainsi qu’un certain attachement toujours difficile à analyser lorsqu’il s’agit de relation animale.

Nulle voie de communication ne semblait avoir été tracée ici. Peu de gens devaient s’aventurer dans la forêt. Elle ne devait pas être le première à y pénétrer, mais les hommes ne semblaient pas y trouver de ressources digne de leur intérêt ou les dangers qui s’y trouvaient les en dissuadaient suffisamment.

L’exploration ne donnait pas grand-chose. Elle avait entrevu  avec étonnement un Gamalard entre les arbres. Ces créatures se rencontrent d’ordinaire en terrain découvert et Orchid en conclut qu’une de ses nombreuses galeries l’avait fourvoyé ici… Autrement,  rien de bien dangereux pour une Zélos en pleine possession de ses moyens. Soudain le loup s’arrêta et les narines de la femme frémirent. Le fumet était ténu, mais il s’agissait bien de celui d’un feu mêlé de quelque chose de nauséabond qu’elle n’avait pas envie d’identifier. La seule information qu’une trace de civilisation se trouvait à proximité suffisait à la mettre en alerte. Elle avait le choix entre passer son chemin et aller voir de quoi il retournait. Pour l’ancienne femme de main, il valait toujours savoir à quoi s’attendre. Il ne faudrait pas que ses poursuivants aient remis la main sur sa piste sans qu’elle ne le sache… Elle jeta un coup d’œil à son compagnon qu’elle ne pouvait pas forcer à la suivre avant de suivre le vent qui lui apportait cette étrange odeur. Elle arriva bientôt à proximité d’une clairière proche de l’orée de la forêt si elle en croyait le fond noir bleuté qui accrochait ses lambeaux aux silhouettes des arbres. Elle s’accroupit avec précaution pour observer le petit campement.

En son centre, comme elle s’y attendait brulait un feu de bivouac. Elle fit la grimace. La femme qui semblait être à l’origine des flammes avait des occupations qui réveillaient de très lointaines superstitions de Zélos. Ses croyances religieuses étaient toutes relatives et pour elle les morts étaient morts ; point ! Cette certitude avait été grandement été ébranlée lors de ses retrouvailles avec l’enveloppe Gorgoroth d’Elerinna Lanetae et voici qu’une mage s’amuser à faire danser des cadavres. Le balai désarticulé et les ombres exagérées par les flammes provoquèrent  un frisson de dégout mêlé d’une certaine crainte qui piqua l’arrière de la nuque de l’espionne. Heureusement,  la voyageuse ne semblait pas avoir conscience d’autre chose autour d’elle, visiblement toute investie dans le contrôle de la chorégraphie de sa troupes d’outre-tombe.

*Orchid va aller camper plus loin…
Elle a tort de jouer avec Kron pour le plaisir*


Pour quelqu’un qui ne croyait pas en une réalité transcendante, elle se laissait là envahir par la crainte de l’inconnu de la mort. Elle revit le visage ravagé de blessure et de haine d’Elerinna revenue parmi les vivants. Non décidément, la fréquentation de cette étrange voyageuse ne lui disait rien qui vaille !
Ses pieds avaient déjà pivoté dans l’humus du sous-bois lorsque des craquements et des voix émergèrent de la nuit en même temps que des lueurs de torches crevaient le rideau végétal de scène. La meneuse de loup arrêta son mouvement pour savoir de quoi il retournait. Visiblement, Igrim n’était pas la seule spectatrice de ce qui lui apparaissait comme une imprudence mais qui relevait pour les nouveaux venus de la plus grande hérésie. Ils ne s’embarrassèrent pas de formules de préambule pour notifier leur fureur et leur intention de faire passer un sale quart d’heure à la nécromane, voire la faire joindre Kron qu’elle offensait par ses pratiques. Les hommes semblaient appartenir à une troupe de nomades qui devaient être arrivés à la forêt ou à proximité plus tard ou par une autre direction que la Zélos car elle n’avait noté à aucun moment leur présence dans les environs. Elle examina leur mise éclairée par les torches et le feu. Ce ne devait pas être des éleveurs mais plutôt des commerçants ou des artistes. L’un d’eux bien de sa personne, côtoyait l’extravagance des deux autres. La mage semblait ne pas vouloir envenimer les choses, mais les trois hommes ne semblaient rien vouloir entendre. La Zélos ferma les yeux une seconde et soupira. Clairement, si elle n’intervenait pas elle condamnait la mage à mort. Si elle intervenait, elle courait le risque de se retrouver avec de nouveaux ennemis à ses trousses et elle commençait à être fatiguée de ne devoir passer sa vie qu’à fuir. Elle voulait bien assumer ses actes et donc les conséquences de la guerre mais les petits jeux de la voyageuse imprudente, c’était une autre affaire. Elle sentit le souffle chaud de Grimrl au-dessus de son genou. Elle baissa les yeux vers lui et eut envie de le maudire. Plusieurs fois elle avait été poussée à des actions irrationnelles par se regard. Rejoindre la civilisation et venir en aide aux inconnus en étaient les plus fréquentes. Elle ferma à demi les paupières en un signal d’acquiescement silencieux et avisant une massue naturelle à un mètre d’elle, s’en saisit. La suite fut aisée. Surgissant de l’ombre derrière les hommes en colère, elle leur assena un coup de son gourdin improvisé derrière la tête. En tout cas pour deux d’entre eux tandis que le loup renversait le troisième sous l’effet de sa charge à hauteur de sa poitrine avant de disparaître dans la forêt. La Zélos acheva donc de l’envoyer au pays des songes avant de ramasser les torches et d’en mettre  une d’autorité dans les mains de la femme.

« Durant quelques temps, il vaut mieux qu’on croie que tout va bien ici »

Elle avisa des trous dans des troncs noueux et y ficha celles qu’elle tenait.

« Ramassez vos affaires. Les torches sont trop fixes. Il faut partir. »

Elle chercha le loup du regard, mais il semblait avoir disparu. Elle haussa les épaules et regarda avec insistance la femme ramasser ses effets  et disparut dans les sous-bois. Il ne fallait pas trainer. Bientôt les autres nomades du camp rappliqueraient. Les deux fugitifs pouvaient espérer qu’ils tiendraient compte du fait qu’Orchid n’avait pas occis les agresseurs et renonceraient à les poursuivre, mais rien n’était moins sûr et si elles les attendaient sur les lieux de l’escarmouche, la violence allait reprendre ses droits. Bientôt elle entendit les pas de la femme derrière elle. Elle ne devait pas avoir l’habitude de la discrétion. Igrim malgré sa stature était plus silencieuse qu’elle. Elle se retourna pour l’attendre, posa un doigt sur le bouche entre ses crocs pour lui intimer le silence et le fit passer devant. Elle pourrait ainsi s’assurer qu’elles ne laissaient pas derrière elle d’indices trop évidents de leur passage, redressant la végétation et effaçant des traces dans l’humus.  Un ruisseau leur barra la fuite. Orchid attrapa le bras de la mage et lui indiqua le cours aquatique. La ruse était connue de tous mais toujours efficace. Elles remontèrent le courant durant une demie heure avant de passer de l’autre côté et poursuivre leur fuite durant encore une heure avant qu’Orchid ne donne le signal de l’arrêt. Elle ne s’était pas inquiétée de l’état de fatigue de l’inconnue qui l’accompagnait tant que le danger persistait, mais maintenant elle estimait qu’elles avaient, de nuit, mis assez de distance entre elle et les nomades.

Elle indiqua le pied imposant d’un arbre qui devait au minimum être multi centenaire à en juger par le creux de ses racines.

« Pour cette nuit… »

De son côté, elle tira de son carquois quelques flèches et avisa une place moins confortable mais en grande partie dissimulée par le feuillage des taillis d’où elle pourrait surveiller le site. Elle s’installa l’arc en travers des genoux les yeux en partie dissimulés par ses mèches sauvages et sombres. Cela faisait bien longtemps qu’aucune main n’avait donné une coupe précise à sa tignasse. Les sens aux aguets, elle essaya de se faire une idée de sa nouvelle compagne de fortune en la regardant s’installer. Avec son accoutrement hétéroclite, elle n’avait rien à envier à la coureuse des steppes. Une sorte de hochet formé par les ossements d’un rongeur se balançait près de sa main le long d’un long bâton de marche et retint quelques instant le regard inquisiteur d’Orchid tout comme le crane de scala qu’elle avait ramassé en hâte avant de la suivre et qui semblait devoir faire partie de la panoplie de la femme dont elle ignorait l’identité. Celle-ci lui importait pour le moment très peu. Il était peu probable qu’elles se lient d’une grande amitié et les conventions n’étaient pas la première préoccupation de la Zélos.


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MessageSujet: Re: Malentendu, bien entendu [PV Orchid]   Jeu 9 Juin - 17:07

Never forget what you are, for surely the world will not. Make it your strength. Then it can never be your weakness. Armour yourself in it, and it will never be used to hurt you. Fear cuts deeper than swords.
J’ai toujours été athée. Pourtant, quand mes prières silencieuses et inconscientes se réalisèrent, j’avais presque envie de croire à une entité supérieure. Cette Zélos sortie de nul part, munie d’un gourdin improvisé, ce combat aussi rapide qu’efficace. Je n’y croyais pas mes yeux multicolores. Aussitôt cela terminé, une torche atterrit dans une de mes mains. Des ordres furent donner. Partir, courir, fuir. Rien qui me semblait habituel, là tout de suite. Je n’ai jamais été du genre à me presser. Surtout dans un état de fatigue avancé. Grand mal m’en pris, je n’eus pas le choix. Vite, prendre son sac, sa cape, ses armes, son masque. Remettre celui-ci avant que la lumière des torches ne me trahissent. Prendre les jambes à son cou, même si celles-ci étaient lourdes et endormies. La marche me parut interminable. J’avais faim, mes affaires pesaient lourdement sur mon dos, l’obscurité cachait habilement les racines qui prenaient un malin plaisir à me faire trébucher. J’étais bien vite exténuée. Mon souffle s’emballait, mes muscles criaient à la pause. Mais je me devais de la suivre. Pour la remercier, premièrement, car je n’allais pas commencer à être impolie à cet instant. Puis ensuite pour être certaine qu’elle m’emmènerait dans un endroit sûr.

Elle courait sans peine, et surtout sans me regarder. Se fichait-elle de me perdre, ou avait-elle une étrange confiance en mes capacités ? Il y avait des questions qui ne méritaient pas mon attention à cet instant. Je m’efforçais plutôt de rester derrière elle, ce qui me demandais bien plus d’énergie que ce qui ressemblait à une guerrière endurcie. Et puis bon, il s’agissait d’une Zelos, elle était taillée pour le physique. Je ne suis qu’un parasite. Mais un parasite qui le vit bien.
Le signal d’arrêt devint une délivrance. Un arbre centenaire nous accueillait pour nous reposer.

- Pour cette nuit…

Combien de temps avions nous couru dans la forêt ? Où étions nous ? Pourrais-je seulement retrouver mon chemin après une telle trotte ? Je m’échouais assise contre le tronc imposant, sans aucun soucis de discrétion. Il faisait très noir, j’avais sommeil. J’avais faim. Et par dessus tout, une lente colère et frustration montait en moins. L’adrénaline remontait, mais rien ne faisait descendre cette frustration.

Je n’avais pas enterré les corps de mes compagnons d’un soir. Et je les avais encore moins remercié. Bon sang ! Quelle erreur j’avais fait, quelle nécromancienne irrespectueuse. Je soupirai. Le crâne de scala pesait sur son visage, il me jugeait, je pouvais le sentir. H aussi, de sa cachette, à moitié désarticulé. Il la toisait de ses orbites vides. Tu as été impolie, Aydren, tu as été impolie, ils vont venir te hanter, qu’il disait. Satané tas d’os.
Je ne crois pas aux revenants, pas ceux des animaux en tout cas.
Le silence s’était installé. Je n’avais finalement rien dit pour cet oubli de remercier les dépouilles. Elle ne devait pas savoir. Elle ne m’avait sûrement pas vue faire quoique ce soit, elle m’avait juste sauvé, rien de plus. Je fermai les yeux, éteignis la torche pour me plonger un peu plus dans l’obscurité afin de pouvoir enlever ce crâne et respirer un peu plus facilement. Mes cheveux dissimulaient mes oreilles, mes dents ? Elles ne luisaient pas dans le noir, qu’importe leur longueur. Je me mis à observer mon héroïne, aux aguets, cachée comme un animal dans un buisson. Elle avait peur, peur qu’on nous retrouve. Elle avait allure d’une paranoïaque à mes yeux, mais j’étais peut-être moi-même trop imprudente.

Nous n’étions pas du même monde. Elle me toisait avec froideur, je ne comprenais pas pourquoi. Le crâne la dérangeait-elle à ce point ? Je pouvais comprendre qu’il pouvait mettre mal à l’aise, mais cette Zelos ne semblait pas non plus une tendre, je doutais fortement qu’il l’impressionnât.

- Je vous remercie, mademoiselle.

Je devais bien le dire à un moment. Cependant, même avec toute la bonne volonté du monde, ma voix ne transpirait pas que la gratitude, l'amertume entachait le tableau. Je n’étais pas la meilleure pour être gentille. Ni la meilleure pour contrôler ma voix, même si je pouvais parfaitement le faire avec mes émotions. C’était sans doute pour cela que je parlais peu. Ce fut d’ailleurs la seule chose que je prononçai, avant de retomber dans un silence ensommeillé. Pouvais-je seulement dormir en sa compagnie, ou devais-je craindre qu’elle m’assomme moi aussi, pour me voler mes maigres ressources ? Je décidai alors de me nourrir de viande séchée, tout droit sortie de mon sac, dont le contenu était complètement retourné, après l’avoir rempli à la hâte de toutes mes affaires qui m’étaient précieuses, et surtout indispensables pour ma survie. Après quelques bouchées, la frustration ne s’était pas atténuée.

Je devais retourner là-bas. Mais comment ? Ma mastication se fit plus énergique.

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MessageSujet: Re: Malentendu, bien entendu [PV Orchid]   Sam 11 Juin - 11:08

En cet instant, la Zélos  savait que leur survie à toutes les deux ne devrait rien aux dieux. D’ailleurs au sein des prêtresses de Cimméria, on n’avait jamais rencontré prêtresse plus sceptique qu’Igrim. Sa vie suffisait à expliquer qu’elle doute à l’extrême d’entités supérieures qui se seraient comme mission de veiller sur les hommes. Ou alors ils avaient décidé de ne veiller que sur certains et parmi eux les ordures de premier plan. Elle en avait croisé de le pire espère et avait fini par adopter leur dureté pour leur survivre. Sa vie au milieu des loups avait fini de flétrir les dernières images qu’elle pouvait avoir de divinités déjà plus apparentées à des démons qu’autre chose. Maintenant, il ne restait chez elle que la superstition Zélos que son enfance avait réussi à ancrer chez elle, une sorte de pensée magique qui lui faisait penser qu’il suffisait parfois de penser à quelque chose pour que cela se produise. La rencontre qu’elle venait de faire relevait donc pour elle du pur hasard et elle avait été à deux doigts de passer son chemin et de ne jamais rien avoir affaire avec elle.

Là dans leur campement de fortune elle se demandait si elle avait fait un choix bien « raisonnable » Tandis qu’elle regardait son invitée en montant un semblant de garde, elle revoyait les corps désarticulés et leur sarabande maudite. Elle savait que des mages étaient capables de contrôler les morts et elle n’en avait jamais rencontrés ou alors aucun qui n’ait dévoilé ses pouvoirs. Celle-ci, car c’était à l’évidence une femme, avait pris le risque d’être découverte en s’adonnant à cette pratique sans que la Zélos n’en voie la nécessité et cela la laissait un peu perplexe. De ce qu’elle avait entendu dire les nécromanciens utilisaient leurs pouvoirs à  des fins le plus souvent hostiles, même si elle entendait bien que des séances d’entraînement leur soient nécessaires comme pour tous les mages qui veulent mener leurs compétences à un niveau acceptable. Ce qu’elle avait vu ne ressemblait pas à un entraînement quoi qu’elle n’imaginât pas très bien à quoi pouvait ressembler un entraînement de mène-morts.

*Igrim ne connaît rien à tout cela.*

En tout cas, il semblait bien que la femme ne puisse pas compter sur grand-chose d’autre pour survivre et sa solitude au milieu de cette forêt n’arrangeait pas les choses. D’apparence frêle, elle n’avait pas réussi à compenser sa fragilité apparente par une certaine agilité lorsqu’il s’était agi de fuir. Si elle avait envisagé qu’elle puisse être Sindarine _ la sombre Zélos faillit éclater de rire à cette pensée _ sa maladresse à travers la végétation suffisait à prouver le contraire.

*Niniel criblerait Igrim de flèche pour l’avoir comparée à cette maladroite*


D’autant que son accoutrement n’avait rien qui laisse supposer le goût raffiné des gens de Canopée.
Elle ne semblait pas non plus douée pour la prise d’initiative et les choix d’urgence ne semblait pas son fort non plus. Elle revoyait encore la silhouette quasi fantomatique essayer de ramasser tous ses effets avant de prendre une fuite pourtant indispensable et urgente. Elle avait même cru un moment qu’elle renonçait à la suivre… De toute façon elle n’avait pas le choix. Si elle voulait survivre à cette nuit, elle devait se résoudre à puiser dans ses réserves physiques et comme elle avait coutume de dire depuis sa rencontre avec un général Sindarin désabusé : « Ce qui ne te tue pas te rend plus fort. » En outre Orchid était sortie de sa solitude sans avoir bien réfléchi aux conséquences et si elle perdait la femme derrière elle, elle devait bien l’avouer cela ne la chagrinerait pas plus que cela. Le vieil adage qui dit que lorsqu’on sauve une vie on est responsable de cette vie, ne s’appliquait pas la Zélos. Elle avait retardé de toute façon l’inévitable et la femme ne pouvait que lui en être reconnaissante. A elle ensuite de ne pas se remettre dans le pétrin.

Igrim lui jetait des coups d’œil silencieux et se demandait bien comment avec autant de handicapes cette créature avait pu survivre jusque-là. Une imprudence indiscutable, aucun réflexe de survie ni aucune habileté dans le nature et pour couronner le tout, une allure des plus chétives qui ne laissait pas supposer de grandes compétences de combat. Depuis qu’elles s’étaient arrêtées, elle se comportait comme si elle avait que leurs poursuivants retrouve leur trace. Heureusement l’ancienne prêtresse avait bon espoir que le laps de temps nécessaire à la découverte des deux assommés et le début de l’éventuelle poursuite leur avait laissé suffisamment d’avance et que les quelques ruses que leur fuite avait utilisées leur permettraient de ne plus avoir affaire aux nomades. La femme s’était laissé choir contre l’arbre si bruyamment que la Zélos déjà en recherche de son poste de garde s’était retournée vivement la foudroyant du regard.

*Elle veut rejoindre les morts !*

Si cela expliquait un peu la fascination de l’étrangère pour les danses macabres, le comportement de cette femme relevait du plus grand mystère pour Orchid qui avait bataillé jour après jour pour rester en vie, pour retrouver la fraction de sa raison qui s’était évanouie dans les arènes privées, les  Tunnels du Mépris et sa vie avec les loups avant d’être en partie restaurée par la patience d’Elerinna Lanetae. Cette dernière pensée jeta un instant un voile de culpabilité dans son esprit, culpabilité d’avoir trahi sa bienfaitrice, même si elle n’était pas du genre à regretter ses choix.

La tension qui semblait habiter sa compagne de fortune lui apparut très vite. Visiblement elle n’était pas très satisfaite d’avoir été sortie de ses ennuis par une étrangère. Igrim ne put empêcher une moue contrariée de plisser ses lèvres sur ses crocs luisants. De plus en plus elle se disait qu’elle aurait dû passer son chemin plutôt que de se mêler de ce qui ne la regardait pas après tout une nécromancienne de plus ou de moins… Cela aurait fait quelque corps de plus qui pourraient reposer en paix…

Le dernier point qui chagrinait la Zélos était la volonté non dissimulée de se dérober aux regards. Ses vêtements tout d’abord ne laissait qu’entrevoir qu’elle n’était pas un colosse mais rien de ses formes ou de sa constitution que l’errante lui avait prêtée comme fragile et puis ce masque osseux et ses cheveux. Certes Igrim avait là plus d’un point commun mais l’autre semblait avoir construit cette image de façon délibéré alors que la peau bleuâtre avait-elle simplement un négligé son apparence. Ses cheveux ne gardaient plus que des lambeaux de coiffage que la fréquentation des Sindarin leur avait prodigué et sa vêture ne devait sa tenue qu’à sa qualité de départ et au soin qu’elle avait appris à porter aux choses de première nécessité lors des sa vie dans la nature. Elle se souvenait d’une époque qui l’avait vue courir les bois simplement vêtue d’un pagne de peau avant qu’elle ne trouve par tâtonnement le moyen d’utiliser des peaux et surtout de les conserver. Tous ces détails rendaient donc leur ressemblance bien trompeuse à ses yeux.

Elle se contenta d’accueillir les remerciements laconiques en silence. Elle n’était pas habituée à en recevoir. Jusqu’à récemment, elle se trouvait le plus souvent du côté des bourreaux et des assassins en tout cas de ceux que l’on maudit et puis que répondre ? D’autre part, les accents de la femmes ne reflétaient en rien une profonde gratitude. Orchid mit cela sur le compte de la tension qui semblait toujours l’habiter et ne paraissait pas devoir la quitter avant un bon moment sans qu’elle ne parvienne à l’identifier. La nécromancienne en était-elle elle-même consciente ? Aurait-elle dû lui répondre un « de rien » poli mais ne reflétant pas la réalité ? Clairement cette fille lui devait la vie. Elle pourrait lui asséner un « vous pouvez » sans concession, mais après tout, elle ne lui avait rien demandé. Sa gratitude lui signifiait juste qu’elle ne souhaitait pas passer par les cavernes de Kron prématurément et qu’une partie de ses hypothèses à son sujet étaient infondées. Seule une sorte de grognement franchit les lèvres de la Zélos, mélange de différents mots qui auraient signifié qu’elle avait entendu :

« Mrfff !... »

Pour l’heure, garder ses sens tournés vers la nuit d’où pouvaient surgir des nomades furieux accaparait son attention et faire la conversation pouvait attendre, d’autant qu’elle n’avait jamais été une grande adepte des causeries, même autour d’un feu. Peu de gens pouvaient se targuer de lui avoir arraché de longs discours…

*Léogan rirait bien de voir dans quelle situation la tête de pioche s’est encore fourrée.*

Depuis quelques semaines, elle invoquait régulièrement la figure blasée du général de la garde prétorienne lui aussi sans doute en fuite à l’heure qu’il était. Il avait fait partie de ceux qui comme Orchid avait suivi plus ou moins aveuglément la grande prêtresse Elerinna avant de le trahir au moment où la folie de cette dernière n’avait plus fait de doute pour personne. Lui avait fait partie des plus clairvoyants ne restant à son service que pour des raisons encore mystérieuse pour la Zélos, vestige d’un amour passé, curiosité pour la suite des évènements, envie de finir le travail entamé… Il se plaisait à brouiller les pistes et à laisser croire aux autres ce qu’ils voulaient bien croire…  En tout cas il serait bien surpris de la voie que sa complice de coup de poing avait empruntée depuis quelque temps. Passée d’âme damnée sans scrupules d’une grande prêtresse à militante anti guerre et héroïne à ses heures sauvant les nécromanciennes sur son chemin, elle n’aurait pas manqué de susciter les moqueries dont le Sindarin avait le secret. Un léger sourire d’autodérision s’esquissa sur ses lèvres tandis qu’elle revenait à l’air contrarié de sa protégée.

Si ce n’était pas le fait d’avoir été sortie du pétrin qui la mettait de cette humeur, Igrim se demandait bien ce que cela pouvait être. L’inquiétude n’aurait pas dessiné cette ligne de sourcil et ses mâchoires ne se crisperaient pas si nerveusement. Quelque chose de plus profond semblait agiter l’esprit de la femme cachée derrière son rideau capillaire, mastiquant sa viande séchée. Une ombre traversa la voute de leur clairière. Elle leva les yeux. Le vol silencieux d’une effraie avait intercepté un rayon de Maara. Elle se détendit et plongea une main dans son sac duquel elle sortit elle aussi une lame de viande séchée qu’elle accompagna une grosse racine comestible qu’elle avait déterrée le jour même sur son chemin. Gardant à portée de main ses armes, elle croqua alternativement dans les deux mets. Elles n’auraient peut-être pas l’occasion de prendre autant de temps pour se sustenter avant un moment…

Elle était maintenant de plus en plus intriguée par le comportement de cette femme et ne la perdait pas des yeux à travers ses propres mèches rebelles et le feuillage du buisson. Elle avait semblé être sur le point de tomber de fatigue et de sommeil lorsqu’elles s’étaient arrêtées de fuir et maintenant quelque chose la tenait tendue et crispée sur l’objet de sa contrariété. Quelque chose lui disait que le nuit de serait pas de tout repos…


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MessageSujet: Re: Malentendu, bien entendu [PV Orchid]   Sam 18 Juin - 12:33

Blow a kiss, fire a gun. All we need is somebody to lean on. What will we do when we get old? Will we walk down the same road? Will you be there by my side? Standing strong as the waves roll over. We were bold and young, all around the wind blows. We would only hold on to let go ...
Décidément, mon héroïne n’était pas très bavarde. Je ne l’étais pas non plus. C’était un inconvénient sans l’être. Ça ne me dérangeait pas, le silence. Je l’appréciais, surtout quand j’étais seule. Malheureusement, je ne pouvais pas spécialement m’isoler. Elle aurait pu trouver cela suspect. Je ne pouvais pas m’éloigner, elle semblait faire la garde pour nous deux. Cela aurait été une marque de non respect que je ne pouvais décemment pas faire. Le respect est une valeur si importante. Ce serait comme l’insulter que de partir ainsi, sans même rester une nuit. Elle devait me prendre pour une empotée. Ce que je étais un peu au final. Jeune et à peine habituée à vivre, les ténèbres avaient toujours tendance à me hanter. Mes attitudes paraissent fausses et étranges dans un temps qui n’était pas le mien, dans des moeurs qu’aucune éducation n’avait pu m’apprendre. Je finis d’avaler les quelques denrées que j’avais sortie. L’idée de lui proposer m’avait traversé l’esprit, mais elle avait de quoi se nourrir également, visiblement, et me gardait à l’oeil. Un regard à la fois suspicieux et curieux. Elle avait sûrement sentis que j’étais malgré moi agitée par ce manque de respect envers les morts dont elle avait fait preuve. Nous avions largement le temps de leur adresser un dernier remerciement ! J’aurais dû le faire, définitivement. Elle m’avait sauvée déjà, je n’avais le temps de le faire, elle serait peut-être simplement partie, pour m’abandonner là. Après tout, je ne comprenais toujours pas pourquoi elle m’avait sauvée, mais là n’était pas ma curiosité. En fait, il n’y avait pas spécialement de curiosité. Elle m’avait sauvée, je lui avais dit merci, ce qu’elle avait répondu par un grognement guttural à peine compréhensible. Lui devais-je quelque chose de plus ? Je n’en savais rien. On m’aidait rarement. J’aidais, habituellement, et on me rémunérait, ou on me léguait des objets, avec plus ou moins d’utilité, que je revendais la plupart du temps.
Je ne connaissais même pas son nom.

On ne voulait aucune des deux savoir celui des autres. Nous n’étions que des étrangères, sans point commun, que le destin avait réuni. Ou la Mort avait-elle décidé qu’il ne s’agissait pas encore de mon heure et l’avait guidée jusqu’à mes pas, de sa force naturelle et indomptable, de sa présence intarissable sur le monde ? Je haussai les épaules pour moi-même. Je ne croyais pas au destin, je ne croyais en rien, seulement aux forces naturelles. A la Vie qui offre son cadeau, à la Mort qui réclame son dû. A l’eau qui trouvera toujours son chemin vers l’océan, au feu qui se répandra pour purifier ou détruire, au vent qui aidera les plantes à se multiplier, et à cette terre qui tentera tout pour prospérer. Je crois simplement à l’ordre des choses, rien de plus. Quoiqu’il en fut, je devais me reposer. J’étais faible et inoffensive sans ma puissance magique. Et c’était une sensation que je n’aimais pas ressentir. Je m’enfonçai un peu plus aux creux des racines et sortis une des fines couvertures qui tenait, rudement saucissonnée pour gagner de la place, dans mon sac de voyage. Je m’enroulai dedans sans plus de cérémonie. Il y avait peu de chances qu’on nous attaque. Je n’avais pas croisé beaucoup de bandits sur le chemin, et les bêtes sauvages m’évitaient de par ma nature profonde. Je ne craignais pas la nuit. Elle était toujours moins sombre que mon cercueil éternelle. Je ne tardai pas à m’endormir, laissant mes préoccupations pour plus tard. Ou plutôt, je me forçai à calmer mon agitation avant de courir sur les lieux où j’avais abandonné mes compagnons d’un soir, même en sachant pertinemment que c’était dangereux. C’était plutôt comme une pulsion, je n’y pouvais rien.

Heureusement, je pus repousser tout cela, le temps de trouver le sommeil, chose qui fut facile, au vu de mon niveau d’épuisement. Je me laisse sous la surveillance de l’autre femme, jugeant que si elle ne m’avait ni tuée ni volée, elle ne le ferait pas à ce moment-là.

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MessageSujet: Re: Malentendu, bien entendu [PV Orchid]   Mer 22 Juin - 14:25

L’agitation avait cessé autour du bivouac de fortune. La Zélos était tenue en éveil par une sensation qu’elle connaissait bien de celle qui vous tient lorsque vous êtes soit le chasseur soit la proie de celle que vous bénissez car d’elle peut dépendre la vigilance qui vous tiendra en vie ou laissera surprendre et terminera votre chemin.  L’étrange femme avait semble-t-il fini par se calmer et paraissait plus détendue et calme. Sans doute avait-elle évacué le stress de la fuite ou la fatigue l’avait-elle rattrapée définitivement. La brise du soir se faufilait entre les doigts de la végétation et venait agiter doucement les mèches hirsutes qui tombaient sur les joues et devant les yeux de la gardienne. Sa douceur participait aussi à la mise en éveil d’Igrim qui n’arrivait pas à se résoudre à penser qu’elles étaient à présent tirées d’affaire. Un grand-duc hulula quelque part sur sa droite preuve que les animaux aussi étaient en chasse. Les insectes de sous-bois reprirent petit à petit leur stridulation entêtante, tout était calme et sans doute aucune présence étrangère ne bougeait plus alentours. Tout en gardant ses sens en alerte, la Zélos détendit sa musculature. Cela faisait presque trois heures qu’elle avait rencontrée et sortie d’affaire la femme au masque d’os. Si elle avait bien estimé les évènements qui avaient dû suivre, les compagnons de route des hommes qu’elle avait assommés avaient dû s’alarmer assez vite en ne voyant pas leurs amis revenir et en constatant l’immobilité des torches. Après les avoir retrouvés et ranimés ils avaient eu à délibérer sur la marche à suivre. Si elle avait bien manœuvré, ils ne devaient pas trop savoir à qui ni à combien d’agresseurs ils avaient affaire. En outre le fait de leur avoir laissé la vie devaient, en tout cas c’était le but, leur accorder le bénéfice du doute. Après tout cela, s’ils s’étaient lancés à la poursuite des deux fugitives, ils auraient déjà dû les rejoindre si l’on considérait le peu d’expérience que semblait avoir la nécromancienne dans l’art de la fuite.

Elle aurait pu tomber sur plus mauvaise compagnie. Du genre qui veut tout savoir sur sa nouvelle compagne, qui pose quantité de questions qui fatiguent à peine elles ont été formulées. Du genre qui se plaint aussi. Qui a mal au pied qui veut qu’on ait des égards pour sa situation… Le silence de cette rencontre lui convenait assez, elle qui n’était pas du genre à alimenter les conversations. D’un autre côté, cette situation ne lui apprenait pas grand-chose sur la personne dont elle venait de s’encombrer et elle devait bien l’avouer, en savoir un peu plus ne lui aurait pas déplus ne serait-ce que pour lui demander ce qu’elle trafiquait avec ces cadavres. D’après ce qu’elle savait mais aussi selon son imaginaire, les meneurs de cadavres ne le faisaient jamais sans raison et rarement pour des raisons très recommandables. Et pourtant, ce, à quoi elle avait brièvement assisté ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait imaginé, seulement à un balai macabre. A la pensée qu’elle ne faisait ça que pour s’amuser lui dessina brièvement un rictus de dégoût, encore accentué par ses crocs. La Zélos n’était pas très croyante, mais elle était habitée par un saint respect des morts et considérait qu’on avait tout à gagner à ne pas perturber leur sommeil. Qu’on le fasse par jeu dépassait son entendement et sa propre attitude envers cette étrangère ne cessait d’étonner Igrim.

*Igrim a perdu  la raison. Elle aurait mieux fait de passer son chemin au lieu de s’occuper des affaires des autres. Surtout pour s’embarrasser d’une compagnie plus que douteuse !*

De ses longues années à courir les bois en compagnie des loups, et à ne communiquer qu’à coup de postures corporelles ou de grognement, elle avait perdu une grande partie du langage articulé et en particulier l’utilisation du « je ». Si l’attention d’Elerinna pour la Zélos lui avait rendu le premier et même l’avait enrichi _ on ne côtoie pas impunément une Sindarine vieille de plusieurs siècles sans qu’une partie de son raffinement diffuse en vous_ en revanche, elle avait gardé une propension à parler d’elle à la troisième personne. Non pas en signe de condescendance comme ces grands seigneurs qui gouvernent le monde et envoie les petits se faire massacrer au champ dont l’honneur n’appartient qu’aux vivants, mais comme une difficulté à exprimer de façon spontanée la conscience qu’elle avait d’elle-même, qui existait par ailleurs. Elle savait utiliser le « je » mais il côtoyait de façon presque égalitaire son prénom ou son surnom le plus souvent. Igrim était le reliquat également des grognements qu’elle proférait en arrivant au monastère. Les sœurs l’avaient surnommée ainsi avant de connaître son vrai nom et cela lui était resté pour beaucoup d’entre elle. Pour celles qui avaient participé à son accueil et sa rééducation et chez qui, il avait une connotation affectueuse, mais aussi pour d’autres qui la craignaient parfois avec raison et chez qui « Igrim » servait à se souvenir de sa part sauvage.

Un haussement d’épaule de la femme fit légèrement crisser l’écorce sous les effets dépenaillés de l’étrangère qui se lova dans son abri de fortune. Dormir était certainement ce qu’elle avait de mieux à faire. Un frôlement familier sur l’humus lui dessina u petit sourire. Elle se voyait déjà obligée de monter la garde tout le restant de la nuit, mais l’approche du grand loup qui l’accompagnait partout dans ses pérégrinations lui fournirait la possibilité de prendre elle aussi quelques repos. En attendant, elle avait les sens en alerte et les yeux grands ouverts. Les paupières sombres de sa compagne finirent par tirer le rideau sure le sommeil et le changement de sa respiration confirma à Orchid qu’elle avait perdu sa compagnie pour le moment en tout cas. L’ombre d’une feuille se posa à mi-distance entre les deux femmes

Les croissants de lumière dépassaient leur zénith lorsque la Zélos se résigna à s’endormir. Sa lame déverrouillée de son fourreau lui-même bloqué dans une fourche de son buisson et l’arc en travers des genoux, une flèche glissée dans sa botte, empennage vers la main de l’archère.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, l’horizon n’avait pas encore blanchit. Ses yeux s’ouvrirent d’un seul élan et se pointèrent directement vers la couche de l’étrangère qui ne l’avait en tout cas pas réveillée. Et pour cause, elle était encore sous l’emprise du sommeil du juste. Elle fit un rapide tour de leur bivouac avant de se décider à se redresser et se relever, remettant simultanément ses armes en place et cherchant à tâton au fond de son sac les biscuits de route que Niniel lui avait confiés avant leur séparation. Elle en sortit deux avant de refermer son paquetage et de se diriger vers la dormeuse. Elle donna un petit coup de pied sous la semelle d’un pied qui dépassait du petit tas que semblait être la femme au milieu  de ses frusques dont seuls les mouvements réguliers de la respiration trahissait la présence. Elle attendit qu’elle ait un mouvement laissant penser qu’elle n’était plus aussi endormie et laissa tomber sur ce qui devait être son abdomen une ration qu’elle tenait.

« Igrim va à Umbriel… »

Cela n'était pas tout à fait vrai mais indiquait une direction suffisamment évocatrice pour que la collectionneuse de cadavres connaisse la direction qu'elle allait emprunter.  Elle ne tenait pas plus que cela à s’encombrer d’une compagne de route aussi peu bavarde et à l’air si peu dégourdi, mais elle consentirait bien à la mener dans cette direction, si elle jugeait qu’elle en avait envie ou tout simplement que c’était une bonne idée pour sa sécurité. Elle mordit dans le pain de route des Sindarins et attendit que deux yeux émergent des haillons de la voyageuse imprudente.

Elle y avait songé avant de s’endormir. La direction directe vers la cité des souterrains leur ferait traverser les sous-bois en direction opposée des intrus de la nuit dernière. A supposer qu’ils aillent dans la même direction, il leur faudrait un certain temps pour contourner la forêt  et les deux femmes auraient le temps de les distancer un peu et ensuite, adviendrait que pourrait. Elle espérait bien qu’ils se dirigeaient vers le sud, vers les criques, plus propice aux affaires et au divertissement que la lugubre cité d’Umbriel.
Elle se demanda si la nécromancienne avait décidé de mettre autant de temps que la veille avant de se décider et croqua de nouveau dans le pain qui commençait à prendre sous son appétit des allures de pauvre quignon. Elle le va légèrement les sourcils d’impatience devant le peu de réaction de la femme et se détourna dans la direction sud-ouest et prit le départ d’un pas décidé tout en réajustant les sangles de son équipement.


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