Un Skirnir paie toujours ses dettes



 
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 Un Skirnir paie toujours ses dettes

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Fenris Skirnir

MessageSujet: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Mar 26 Juil - 1:17

Chapitre VIII : Un Skirnir paie toujours ses dettes

Acte I: P(l)aytime


Fenris traîna les pieds et attacha sa monture près de la caserne, avec une mauvaise volonté de gosse envoyé faire les courses hebdomadaires de sa grand-mère. Cela faisait longtemps qu'il n'était pas venu à Dalma, qui ne donnait d'ailleurs pas l'impression d'avoir changé depuis la dernière fois. Le même patelin traditionnellement Eridanien, perché sur le haut d'une colline clairsemée de conifères et bordée des montagnes neigeuses qui marquaient la frontière. Une bourgade tranquille où les habitants se méfiaient des étrangers comme de la peste noire, en dépit du nombre de voyageurs de passage qui venaient quotidiennement se restaurer ou changer de monture. Sans doute le grabuge des derniers mois et les allées et venues militaires vers la forteresse d'Aggersborg n'avaient-ils rien arrangé.

'Au moins cette histoire d'insigne est réglée.' pensa-t-il. Après avoir présenté cette dernière au type qui tenait le registre, ou l'instrument de traque qui listait tous les déplacements des sujets Yorka et Lhurgoyfs sous surveillance, il avait quartier libre... Ou plutôt il avait ordre de 'retourner aux affaires royales qui l'amenaient, sans faire de grabuge sous peine de finir là où le roi aurait dû l'envoyer.' À la potence, donc. Oh quelle amabilité, vraiment... l'espace d'un instant il avait presque réussi à oublier pourquoi il était là, dans le trou du cul du monde.

Ses mains s'affairèrent à desseller sa jument avec l'agilité de mouvements maintes fois répétés, puis il  rangea Bianca dans son dos, maintenue à portée de main, au-dessus de son lourd sac de voyage. Sans se défaire de son visage souriant qui feignait une bonne humeur qu'il ne ressentait pas vraiment, le borgne salua le palefrenier local avec un fort -et factice- accent du pays, ce qui faute de lui gagner sa sympathie sembla au moins le dérider un peu. Après quelques mots échangés le quarantenaire lui jeta encore de prudentes œillades en coin quand il s'éloigna, mais au moins n'avait-il plus l'air de vouloir lui crever l’œil restant dès qu'il aurait le dos tourné. Heureusement les ordres royaux forçaient les soldats à la fermer sur son nouveau 'travail', dieux merci. Il était même probable que la majorité d'entre-eux ignore les circonstances de son contrat, et la peur de faire obstruction à  la Couronne suffisait à tenir les plus curieux à distance.
Il soupira. C'était la rengaine habituelle dans les petits milieux tels que celui-là, surtout pour les géants avec une grande gueule. Difficile de dire ce qui se passait dans la tête de ces gens mais une chose était sûre : ils ne portaient pas les seigneurs dans leur cœur, pas plus qu'ils n'appréciaient être à la croisée des chemins entre la capitale, Tyrhénium et Cimméria.

Fenris suspendit le harnais et ferma le box, puis fouilla dans ses affaires et suspendit une cigarette à ses lèvres. Gauche, il se contorsionna pour trouver le silex dans sa poche et allumer sa clope. Depuis qu'il s'était mis au service de la Couronne il n'avait littéralement pas le droit de se plaindre de son travail. Des fois il se disait que la vie de fugitif ne pouvait être pire que cette forme hypocrite d'amnistie. Des petits boulots ridicules, des tâches banales on ne peut plus ennuyeuses qui avaient de quoi le tuer d'ennui. Désormais il se remémorait avec envie les journées de reconstruction à jouer les animaux de charge sous le soleil battant, à assister un forgeron de la capitale du levant au couchant.

Snorri lui avait rappelé la main de Bor, quoi qu'il soit passablement plus petit et trapu. Cependant les deux artisans partageaient un même amour pour leur art ainsi qu'un tempérament très fort, ce qui le faisait s'interroger quand aux effets secondaires dus à l'exposition prolongée à la chaleur des fournaises. Dans tous les cas en secondant Snorri il avait pu se remettre de ses blessures et reprendre confiance en ses capacités à faire autre chose que détruire. C'était un type bien qui n'avait pas posé de questions tout en sachant qu'il était de ceux qui avaient saccagé la ville pendant l'apparition du Colosse, et pour cela Fenris lui en était reconnaissant. Dans son malheur il avait eu de la chance. Mais maintenant... Maintenant il était un coursier et non un mercenaire bien payé.
Réduit à des tâches sans importance sous étroite surveillance, ce qui l'empêchait de se faire un peu d'argent à côté de ses obligations principales. Comment retourner aux magouilles qui garantissaient sa survie alors qu'il devait se présenter régulièrement aux postes militaires les plus proches ? C'était une liberté en toc, un écran de fumée mal foutu en plus du reste. Difficile dans ces circonstances d'être ravi d'être encore en vie, alors qu'il ne pouvait mener une vie normale ou se débrouiller pour joindre les deux bouts. Bordel de radin que son nouvel patron, ouais. Il ragea intérieurement et pour la centième fois se mit à imaginer de quelle façon il pourrait attendre la nuit tombée et chevaucher à bride abattue vers la côte, afin de mettre les voiles le plus loin possible.

Néanmoins au lieu de ça il se contenta de prendre une longue inspiration et expirer sa fumée par les narines, se faisant dragon assoupi jusqu'au moment propice. Il fallait faire contre mauvaise fortune bon cœur, et il avait déjà sa petite idée sur comment profiter des contacts hauts placés qu'il avait fait suite à sa hm... perte de contrôle. Si seulement on lui donnait l'occasion de faire ses preuves, il leur montrerait qu'il valait plus que ça, plus que cette laisse invisible au  bout de laquelle il s'échinait à se débattre. Ses bottes raclèrent sur les vieux pavés alors qu'il se dirigeait vers l'une des deux seules auberges du village.
Par curiosité il jeta bien un coup d’œil à la deuxième, à la façade flambant neuve, qui avait dû être construite ou tout du moins rénovée il a quelques mois à peine, afin de répondre à la demande des clients toujours plus nombreux. Toutefois malgré le détour il ne changea pas de destination et entra au 'Panier de Rosa' clope au bec, avec bon espoir de trouver le négociateur qu'il devait y rencontrer.

Le blond retira son chapeau et posa son barda à ses pieds jusqu'à ce qu'un des fils du tenancier vienne se proposer pour lui montrer sa chambre. C'était une pièce petite et modeste mais elle était propre et il lui suffit d'inspirer une fois pour sentir que les draps venaient d'être changés. Une aubaine. Remerciant le petit en ébouriffant ses cheveux il déposa la plupart de ses affaires au pied de son lit, gardant seulement  sa sacoche et ses armes sur lui. Il ne comptait pas s'en servir mais préférait être prêt à toute éventualité. Suivant le garnement de sa démarche nonchalante il resserra le lien de cuir qui retenait ses cheveux et redescendit au rez-de-chaussée. Quitte à se coltiner un commerçant moustachu et en surpoids, autant se faire beau. Du moins c'est comme ça qu'il s'imaginait le correspondant qui devait lui livrer les deux charrettes de vivres qu'il devait amener au Haut Monastère sous un délai d'une semaine.
Prenant place à une table libre il s'assit dans un coin et commanda une pinte et du pain frais, de quoi tenir jusqu'au souper qui se profilerait dans quelques heures. Quelle tristesse de devoir se contenter du minimum pour sustenter sa vieille carcasse. Soufflant d'ennui il porta une autre cigarette à ses lèvres et chercha le foulard rouge que devait porter son vis-à-vis. Avec un peu de chance il pourrait se faire apprécier et payer un verre ou deux...





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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Jeu 28 Juil - 18:00

Son regard changeant et aux pupilles désormais fendues se posa sur la rue avec une forme de résignation face à la journée qui s'annonçait... Marchands et passants s'invectivant de façon bon enfant, marmots se faufilant en courant au milieu des jambes de leurs aînés, des doigts plus ou moins agiles délestant les imprudents des maigres piécettes qu'ils avaient la bêtise de laisser traîner à portée, bref la faune locale semblait en pleine possession des lieux. Les rues étaient un étrange mélange de nouveau et d'ancien, les couleurs des étals ou des nouvelles façades ne masquant pas toujours avec beaucoup d'efficacité les cicatrices d'une période bien plus sombre. En somme la bourgade était vibrante de vie, présentant tous les éléments permettant de dire qu'elle allait bien mieux et se relevait fièrement de ses récents traumatismes.

Pour autant un courant de méfiance teintait la vision qu'elle avait de Dalma. Bien que cela soit un mal bien nécessaire pour leur économie , ses habitants n'appréciaient pas vraiment d'être ainsi envahis par les étrangers, encore plus avec leur position stratégique. Et Kalysta comprenait leur position, vraiment... Habituée à éveiller la suspicion auprès de ceux qu'elle croisait, la jeune femme avait une certaine expérience de ces regards et attitudes gardées et avait apprit à faire avec en se faisant relativement discrète. Cela ne voulait pas forcément dire qu'elle appréciait ce type de situation. Surtout quand elle était plus ou moins obligée d'occuper le devant de la scène, comme ici à cause de son « compagnon »...

Fut un temps où la nérozia était encore jeune et innocente. Techniquement parlant, c'était toujours dramatiquement le cas... Mais les rencontres qu'elle faisait chaque jour, les épreuves qu'elle parvenait à surmonter lui permettaient de grandir. Si ce n'était pas forcément visible au premier regard, ceux qui la connaissaient bien sentaient qu'elle avait parcouru un sacré chemin depuis qu'elle avait consommé son hôte. Et si, régulièrement encore, elle arborait un comportement juvénile, certains avaient même tendance à la qualifier de sale gosse, on aurait presque pu la qualifier d'adulte. Cela étant, il restait encore pas mal de marge et la demoiselle avait encore tendance à se sentir comme une enfant lorsqu'elle était confrontée à certaines situations, notamment les plus injustes. Aussi, lorsqu'elle découvrit ce qu'on attendait d'elle cette fois-ci, parvint-elle tout juste à ravaler un grognement de désespoir et toute forme de jérémiade. Mais c'était de peu...

Kalysta était étonnamment fière d'elle aujourd'hui. En fait, depuis les dernières 72 heures, la syliméa avait l'impression de se redécouvrir sous un jour nouveau, présentant une jeune femme plus forte, patiente et mature. Qualités dont elle se pensait dépourvue quelques jours avant encore... Et il en fallait de la patience et de la maturité pour que son employeur actuel ne finisse pas avec une dague entre les deux omoplates. Raoul Orland, marchand de son état, semblait bien décidé à remplir tous les clichés concernant sa profession. Le terran était gras comme un cochon, physiquement comme mentalement, n'hésitant pas à exposer aux autres sa réussite pécuniaire. C'en était d'ailleurs arrivé à un point tel que Kaly se demandait comment il avait fait pour survivre jusque-là... Elle partageait complètement la frustration que ne manquait certainement pas de ressentir chaque malheureux qui venait à croiser sa route.

Normalement, ce Orland ne faisait pas partie des gens pour qui elle travaillait habituellement. Certes, il lui était arrivé de transmettre des messages entre marchands et clients mais jamais elle n'avait eu à autant s'impliquer avec l'un d'entre eux en se mettant directement sous ses ordres. Elle était désormais obligée de rester collée au bonhomme alors que ses préférences personnelles l'auraient placée à une bonne centaine de mètres de lui. Le plus loin possible de ses mains un peu trop baladeuses si on voulait jouer la précision. Mais on lui avait donné une mission et la jeune femme n'avait pas vraiment le choix, n'étant pas du genre à ainsi se désister. Elle devait collecter autant d'informations qu'elle pourrait sur la façon dont les uns et les autres se relevaient après les récents affrontements. Et pour cela, on lui avait réservé une place de choix au service de ce rebut de terran...

Ravalant un nouveau soupir désespéré et l'envie grandissante d'écraser la trachée de son employeur, Kaly esquiva une nouvelle main un peu trop entreprenante avant d'adresser à Orland un sourire aussi faux que glacial, probablement proche de ceux que les locaux lui adressaient. Cela ne sembla pas doucher l’enthousiasme du marchand... Probablement à raison puisqu'il s'apprêtait à conclure une juteuse affaire en confiant deux charrettes de marchandises à un envoyé royal. Si tout se passait bien, chose dont elle avait partiellement la charge, celui lui ouvrirait de nouvelles voies de commerce et lui permettrait de se remplir d'autant plus les poches, non qu'il en ait réellement besoin.

Pour l'instant Kaly n'avait pas à se préoccuper de la sécurité du convoi mais plus de son actuel propriétaire. Les lieux n'étaient peut-être pas malfamés mais cela ne voulait pas dire qu'ils ne pouvaient pas tomber sur un désespéré. Ou un habitant dont la patience venait d'atteindre les tréfonds... Et la façon dont Orland s'affichait avait tendance à attirer une attention dont la syliméa se serait largement passée. D'où une certaine résignation teintée de lassitude de sa part... au moins pouvait-elle compter sur les deux éléments positifs de sa journée. Non seulement elle s'était découvert un contrôle de soit admirable, à ses yeux, mais elle serait débarrassée de lui puisqu'il resterait ici alors qu'elle accompagnerait le convoi.

Non sans un certain soulagement de sa part, Orland les mena enfin au « Panier de Rosa », établissement tout à fait respectable au demeurant et lui offrant surtout un certain répit... Il allait y rencontrer son contact, marchanderait probablement pour essayer de gratter encore quelques dias de plus par rapport à un contrat qu'il avait déjà plus ou moins signé et finirait par laisser derrière lui les deux charrettes de vivres accompagnés d'une sécurité supplémentaire en vue du voyage, à savoir elle. Et une fois le convoi arrivé à destination, et ses informations collectées, elle pourrait retourner faire son rapport et oublier jusqu'à l'existence même du terran. Jamais taverne n'avait autant airs de terre promise… Dès que son employeur fut installé, un ridicule foulard rouge autour de son cou massif,, elle fila vers le comptoir sous prétexte d'aller chercher de quoi se désaltérer, ignorant complètement les possibles serveuses…

Et c'est ainsi qu'elle se retrouva à fixer un dos puis une tête qui lui disait étrangement quelque chose. Adossée au comptoir alors qu'elle attendait qu'on lui apporte son verre de vin sindarin, elle avait laissé ses yeux scanner les clients déjà installés jusqu'à ce que l'inconnu ne l'intrigue. Enfin… Inconnu… La syliméa était presque certaine qu'elle l'avait déjà croisé quelque part. Restait à déterminer où exactement… Visiblement lui aussi devait chercher quelqu'un car il observait les autres occupants de la pièce commune avec intentions. Ce ne fut que lorsqu'il lui présenta son profil que la jeune femme fit brusquement le lien, sa mémoire se révélant enfin efficace. La Cote Dorée et la désastreuse découverte d'un colosse qui servait d'île. Il avait fait partie des rares courageux qui avaient essayé de protéger les habitations côtières…

Elle se souvenait d'un solide gaillard possédant un sens de l'humour et de la répartie comme elle aimait. Les jours qui avaient suivi l'attaque du colosse n'étaient plus vraiment très clairs dans sa tête. Elle ne s'en était pas trop mal sortie, tout bien considéré, mais il lui avait fallut un peu de temps pour être à nouveau au mieux de sa forme et elle avait du s'éloigner de pas mal de monde pour pouvoir se reposer sans craintes. Et au final, elle n'avait jamais eu l'occasion de tenir sa promesse, quittant les lieux sans vraiment revoir ceux qui avaient tenu le coup avec elle. Fenris semblait s'être plutôt bien remis... Etait-ce aussi le cas des autres ? Kalysta s'apprêtait à commander un second verre de ce que prenait le lhurgoyf lorsque des éclats de voix se firent entendre. En un instant elle réalisa qu'Orland était en train de faire une esclandre après que l'une des serveuses l'ait remis proprement à sa place. La demoiselle semblait avoir une solide droite mais le marchand en avait encore suffisamment sous la ceinture, hélas, pour essayer de se faire passer pour une malheureuse victime...





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Fenris Skirnir

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Mar 23 Aoû - 21:16

Chapitre VIII: un Skirnir paie toujours ses dettes
Acte II: Familiar Faces

La pinte était si mousseuse qu'il en aurait presque oublié l'arrière-goût aigre, et le pain tiède était plus moelleux qu'il ne l'avait pensé. Sans doute Fenris savourait-il avec un réconfort très particulier le répit de cette halte après une longue semaine de chevauchée depuis la capitale. Quoi de moins surprenant, néanmoins. Il pouvait bien se satisfaire de ces petits plaisirs de la vie quotidienne qui, d'ordinaire banaux, prenaient tout leur sens après qu'il ait failli en être définitivement privé.
Installé dans son coin de salle mal éclairée, il avait pallié à l'absence de dossier de son siège en s'adossant nonchalamment contre le mur. Son odorat canin avait décelé une certaine humidité provenant des poutres de bois soutenant le plafond et les murs, mais il était trop épuisé pour s'en soucier vraiment. L’œil perdu au dehors il bailla à s'en décrocher la mâchoire, révélant les crocs de prédateur qui lui donnaient l'air d'un lion à moitié assoupi. Le visage entouré d'un léger nuage de fumée sentant les agrumes il guettait les clients qui entraient, certain qu'aucun des présents à son arrivée ne correspondait à la description de la personne qu'il attendait.

Les gens allaient et venaient dans un lent ballet, d'un ennui qui ne faisait qu'en rajouter à sa fatigue. Cette étape soporifique était néanmoins un mal nécessaire dans son métier. Observer et jauger la concurrence était une occasion de faire la part de vérité des derniers racontars. Non qu'il les méprise complètement, au contraire. Malheureusement il ne faisait pas affaires au nom de n'importe quel employeur, et s'il tenait à sauver sa peau sans passer pour un incapable dans ce qui était son domaine de prédilection, il lui faudrait un coup d'éclat.

Or d'après ce que lui avait appris Sire Trison, ce fameux Orland n'était pas à sous-estimer. « Ses capacités de négociation n'ont d'égales que ses proportions d'homme trop prospère, et peut-être son ambition. » Avait-il dit, dans une moue désapprobatrice qui en disait long sur le peu de considération qu'il portait à ce genre d'énergumène. Là encore, c'était le genre de profil habituel pour les hommes qui gravitaient autour du nouveau Roi autoproclamé, un homme qui avait beaucoup changé en un court laps de temps. Enfin... qui était-il pour juger l'illumination de quelqu'un qui aurait pu le faire pendre par simple caprice ? Il n'était pas assez fou pour ça.
Fenris ne put s'empêcher de rire de son propre sort en repensant à la métaphore de Trison. Si le poids d'un homme équivalait à ses richesses, alors son gabarit était tout à fait adapté. Sa taille de géant faisait de lui quelqu'un taillé pour le succès... mais son corps sec et mince montrait qu'il était encore loin d'avoir fait justices aux expectatives de mère nature. Trois cents ans d'obstination et encore coincé au point zéro, aujourd'hui plus que jamais. Plutôt ridicule, en fait. De consternation il prit une autre goulée de bière, l’œil toujours aux aguets.

Cela faisait quelques minutes qu'il avait repéré la personne qu'il attendait, et à vrai dire c'était plutôt difficile de le rater. C'était un homme -ô déception- ou plutôt un goret qui faisait passer ses stéréotypes pour des suppositions fort optimistes. Orland transpirait l'opulence par tous les pores de son corps bouffi, se pavanant dans la salle comme si tout lui appartenait.
Il n'était effectivement pas exclu qu'il possède un voire plusieurs établissements du genre, après tout c'était la nouvelle mode chez les terrans qui pensaient que deux ou trois pattes graissées et quelques mots savamment choisis suffisaient à faire fortune. Ça plus la faculté à embobiner des tenanciers pas assez méfiants, des personnes ayant la corde au cou à cause de dettes, ou les propriétaires analphabètes qui ignoraient la teneur réelle des contrats douteux qu'on leur faisait signer. C'était le piège habituel et vieux comme le monde auquel avaient recours les requins qui rôdaient encore plus depuis la fin de la campagne Phelgranne.
Fenris fut peu étonné de voir Orland, adorné de son sophistiqué foulard rouge, s'adresser à une des serveuses pour passer commande le tout en la déshabillant de ses yeux avides sans même prendre la peine de se cacher. À croire qu'il se trompait d'adresse, le bordel se trouvant trois rues plus loin.

Se tenant toujours à distance, le borgne faillit sauter de sa chaise pour intervenir lorsque le marchant saisit le bras de la demoiselle et s'approcha d'elle. Cela dit cette dernière ne se montra pas du tout intimidée et lui colla une bonne droite, prouvant qu'elle n'avait besoin de personne pour se défendre. Fenris pouffa silencieusement à cette vue hilarante mais se leva tout de même, espérant que son apparition soudaine pourrait au moins contenir l'altercation qui risquait de dégénérer. Apparaissant dans le dos d'Orland pour mieux le surprendre il toussota, les mains dans les poches et la mine goguenarde de celui qui a tout vu et se contient de rire. En jouant sur son ego peut-être arriverait-il à calmer les choses, le tout en le déstabilisant. Lorsqu'il prit la parole, Fen prit bien soin de lui faire comprendre la raison professionnelle son intervention.


« Bien le bonjour, monsieur Orland je présume ? Je vous attendais. C'est sans doute indélicat de ma part mais j'aimerais en venir à ce qui nous amène tous les deux. Les affaires de la Couronne sont plutôt pressantes, m'voyez. »

Jaugeant l'homme qu'il dominait de plusieurs têtes, le lhurgoyf aperçut alors un visage connu juste derrière lui. C'est comme ça, il y avait des choses qu'il ne pouvait oublier et les traits d'une femme en faisaient partie. Son expression s'ouvrit d'un sourire plus sincère tandis qu'il la salua d'un signe de tête. Il ne se souvenait plus de son nom, mais étant données les circonstances tragiques de leur rencontre il était possible qu'elle lui pardonne.

« Le hasard fait bien les choses semble-t-il. Je suis content de vous revoir en bonne santé. J'espère que dame Fortune a été plus clémente une fois que nos chemins se sont séparés. »

Il n'osa la tutoyer sans savoir quel était son lien avec Orland, d'autant plus que le regard inquiet de la jeune femme laissait clair qu'ils voyageaient ensemble... Et qu'elle ne cautionnait pas les travers de son compagnon. Enfin, Fen croisa presque les doigts pour qu'il souhaite panser son amour propre blessé et se retire dans sa chambre quitte à remettre leur discussion au lendemain. Mais pouvait-on vraiment le blâmer de préferer discuter avec une jolie brune plutôt qu'avec un type pareil ?




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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Sam 27 Aoû - 14:07

Pendant un instant la jeune femme avait espéré que la soirée se passerait bien. Qu'elle pourrait abandonner Orland à ses affaires pour pouvoir passer un peu de bon temps en renouant avec l'un de ces héros anonymes qui avait protégé la population de la côte... Elle était curieuse de savoir ce que le lhurgoyf était devenu depuis et si, par hasard, il n'avait pas aussi des informations sur ceux qui avaient partagé cette aventure avec eux... Kaly ne cherchait pas vraiment la gloire mais ce qui s'était passé ce jour-là était l'un des rares événements où elle pouvait parler librement de sa participation sans craindre des représailles, contrairement à ce qu'elle accomplissait au sein de la Rose...

Abandonnant, à regrets, toute idée de tournée, la syliméa s'empressa de rejoindre son employeur temporaire afin de tuer dans l'oeuf tout potentiel débordement. La serveuse avait l'air d'avoir suffisamment de caractère pour tenir tête à Orland mais elle ne voulait pas non plus qu'elle s'attire inutilement des ennuis, le marchand n'en valait vraiment pas la peine. Elle soupçonnait que le tenancier était suffisamment protecteur de ses filles pour pouvoir se montrer juste mais elle préférait éviter tout quiproquo. Depuis qu'elle bossait pour le marchand, elle avait apprit les meilleurs moyens pour détourner son attention... Ce n'était peut-être pas systématiquement efficace mais cela valait le coup d'essayer. Visiblement elle n'avait pas été la seule à estimer qu'il ne valait mieux pas laisser la situation s'envenimer car elle constata, non sans un certain soulagement, que sa connaissance du bord de mer s'était levée...

En quelques pas Kalysta avait rejoint le petit groupe, croisant au passage la serveuse peu mécontente de les abandonner à leur sort. Elle était maintenant suffisamment proche pour pouvoir entendre ce qui pouvait se dire entre Fenris et le marchand. Et elle ne s'attendait pas à ce que le lhurgoyf soit en fait le contact qu'Orland cherchait à rencontrer à la taverne. Ses perspectives d'avenir venaient d'en devenir d'autant plus intéressantes puisqu'elle aurait enfin la chance de rattraper sa dette sans pour autant faillir à son « devoir »... Pour une fois que la syliméa jouait un peu de chance, elle n'allait certainement pas cracher sur son plaisir.

Prenant soin de ne pas croiser trop longtemps le regard de Fenris, la jeune femme lui adressa tout de même un immense sourire lorsqu'il la débusqua derrière le marchand. Orland n'avait pas besoin de savoir que son « employée » était plus que ravie d'être bientôt débarrassée de lui, pour l'instant elle restait un élément neutre dans leurs possibles négociations... Pendant un instant Orland sembla perdu, pensant que le lhurgoyf était en train de s'adresser à lui avant de comprendre et de se retourner pour trouver Kalysta juste dans son dos. Le terran fronça légèrement les sourcils, visiblement mécontent de ne pas être l'unique centre d'intérêts de son contact.


-Vous vous connaissez ?

Orland les désigna tous deux d'un mouvement du doigt dégoulinant de condescendance et la jeune femme sentit la suspicion poindre à travers le ton du marchand. Il n'aimait pas ce genre de coïncidences... En temps normal, elle aurait été tout à fait d'accord avec lui mais, pour une rare fois, il s'agissait bel et bien d'un heureux hasard et non d'un complot mal orchestré destiné à le dépouiller. Enfin, elle préférait encore une bonne dose de paranoïa à de possibles sous-entendus grivois à la légèreté pachydermique. En tous cas, la façon dont il réagissait ne lui plaisait guère et cela se sentit puisque son sourire se fit bien plus crispé. Mathématiquement elle avait peut-être passé moins de temps avec le lhurgoyf qu'avec le terran mais elle savait lequel des deux elle préférait avoir à ses cotés dans les jours à venir. Elle ne daigna même pas lui répondre, lui lançant juste un rapide regard glacial.

Son langage corporel était bien plus ouvert et détendu lorsqu'elle se tourna vers Fenris, ignorant complètement le marchand. De toute façon il n'avait rien à dire sur le fait qu'elle connaissait son contact, il n'avait pas vécu ce qu'ils avaient traversé ensemble. D'ailleurs, connaissant la bête, il aurait probablement été parmi les premiers à fuir s'il s'était retrouvé sur place à devoir faire face à ces maudites vagues. Il avait donc tout intérêt à se faire discret pendant les prochaines minutes car elle n'était pas certaine que sa patience soit suffisamment « mature » pour supporter ses allusions, quelle qu'en soit leur nature...


-Heureuse rencontre oui ! Je suis désolée de ne pas avoir pu rester plus longtemps... Mis Dame Fortune me sourit aujourd'hui puisque je vais pouvoir vous payer ma dette, non ?

Personnellement, elle aussi avait envie qu'Orland se dépêche d'en finir afin qu'ils puissent partager tranquillement un verre sans que le terran n'impose sa présence. Malheureusement il ne semblait pas vraiment décidé à accélérer les choses. Non seulement il n'était pas parvenu à ses fins avec la serveuse mais Kaly avait, involontairement, reporté l'attention de son contact sur elle... La mentalité d'enfant gâté du marchand eut donc un retour de flamme qui lui fit bomber le torse avant de pousser la syliméa de côté, lui tapotant l'épaule comme un père concédant une friandise à sa fillette.

-Oui, oui, c'est merveilleux pour vous Kalysta. Fantastique même. Vous n'aurez qu'à rattraper le temps perdu une fois que nous en aurons fini, hein ?

Kalysta s'agrippa aux derniers lambeaux de sa patience et s'abstint de lui faire ravaler ses paroles condescendantes de force. Ce n'était qu'un dernier mauvais moment à passer puis ils seraient débarrassés de lui sans pour autant flirter avec la loi. De toute façon il y avait trop de témoins pour pouvoir l'étrangler, même si ce n'était pas l'envie qui manquait. La jeune femme fit signe à un tavernier, lui faisant comprendre qu'elle commandait trois pintes qu'elle irait chercher elle-même histoire d'éviter tout nouvel ennui à une serveuse. Orland claqua brusquement des mains avant de se les frotter, posant un regard avide sur le lhurgoyf...

-Je m'en voudrai de retarder encore la Couronne mon cher... J'imagine que vous êtes au courant des termes initiaux de notre accord... ?

La façon doucereuse de faire d'Orland en disait long sur le personnage, il comptait bien essayer de grappiller encore quelques dias. Tout dépendrait de Fenris, s'il se laissait faire et s'il était suffisamment informé pour pouvoir lui tenir tête. De son côté Kalysta savait que tout était en règle et que la rencontre n'était qu’une simple formalité, un simple échange de bon procédé qui ne devait pas durer une éternité. Le problème était que, même si elle était prête à épauler le lhurgoyf, elle était dans une position telle qu'elle ne pouvait pas le faire de façon explicite...





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Fenris Skirnir

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Mer 31 Aoû - 17:22

Chapitre VIII: un Skirnir paie toujours ses dettes
Acte III: Crossroads


Il n'avait pas été difficile de flairer la méfiance et la contrariété chez Orland, qui leur glissa un regard froid malgré son expression supposément neutre. Fenris ignorait pourquoi la coïncidence de cette rencontre le prenait à rebrousse-poil, et à vrai dire il ne tenait pas vraiment à le savoir. Kalysta et lui s'étaient connus en des circonstances très particulières, sans rapport aucun avec cette transaction, aussi il ne tenait pas à ce qu'on ne mélange le domaine privé et les affaires. On pourrait bien l'accuser de délit de sale gueule, d'après son instinct un fait était clair: Orland était trop vaniteux pour comprendre ce qu'ils avaient traversé ensemble ou pour percevoir ce qui les avait momentanément rassemblés le jour de la catastrophe.
De plus Fen n'aurait su expliquer ce lien même s'il l'avait voulu. On pouvait bien mettre ça sur le compte de sa sensibilité extrême ainsi que sur sa capacité à lire dans les sentiments d'autrui, on pourrait penser qu'il s'attendait à ce qu'un d'autre partage son point de vue complètement subjectif. Oui, c'était possible qu'il soit le seul à accorder autant d'importance à l'expérience, aussi traumatisante soit-elle. Cependant les yeux chatoyants de la jeune femme lui montrèrent silencieusement le contraire, malgré le bref contact visuel. Visiblement elle n'avait pas envie de devoir raconter les détails de leur première rencontre, et il partageait son opinion. Inutile d’entacher ces souvenirs de camaraderie par les critiques d'un étranger.
Avec simplicité Fenris acquiesça à ses paroles et sourit tranquillement. Il n'était pas du tout mis mal à l'aise par le doute du marchand, tant et si bien qu'on jurerait qu'il n'avait rien à cacher. Et il n'avait rien à cacher, du moins à ce sujet. Pour le reste c'était bien moins sûr.


« Nous nous sommes croisés il y a quelques mois. Hélas j'ai attrapé une mauvaise grippe et nous nous sommes perdus de vue. »

Une sacrée grippe oui. Plusieurs côtes fêlées, des éclats de métal dans le corps et un gros coup sur la tête. De quoi garder l'cabot traumatisé loin de l'eau pendant un moment, à supposer que sa despote d'infirmière l'ait laissé partir librement. C'est que des fois c'était pénible d'être raisonnable. Et douloureux aussi. Au moins ça lui donnait sujet à discuter méthodes d'évasion avec son frère.

Concernant la dette mentionnée par la petite brune, il n'était plus si sûr à ce stade de qui avait remporté quoi. En fait il était trop content que le comité d'urgence s'en soit sorti quasiment indemne. Pour autant qu'il sache Brom se portait plutôt bien également, ce qui n'était pas peu dire après l'exploit de sa résistance en première ligne. Cela dit il ne détrompa pas la syliméa et prit son air le plus sérieux en faisant face à son vis-à-vis masculin. C'était peu surprenant que dans son égoïsme Orland ne se soucie que des négociations et rien d'autre. D'un autre côté Fenris comptait effectivement avoir le plaisir de prendre le temps de rattraper un peu du temps perdu. Après tout ce n'était pas tous les jours qu'on retrouvait un visage amical dans un trou paumé comme Dalma.


« Évidemment mon brave, évidemment. Ne vous en faites pas, chaque chose en son temps. » Tout naturellement il se fit condescendant et presque paternaliste envers ce qui lui semblait être un grand adolescent... s'étant un peu trop gavé à la cantine. « Je suis au courant bien sûr des termes initiaux bien sûr. Hum vous avez dit dans votre courrier que vous souhaitiez 'discuter quelques détails' concernant les conditions de la livraison ? »

Il haussa un sourcil inquisiteur, se doutant bien qu'Orland n'accepterait d'entrer dans le vif du sujet qu'une fois qu'ils se seraient mis d'accord sur la base de l'accord. L'invitant donc à se joindre à sa table, Fen lui demanda de présenter les documents attestant de son identité ainsi que de la validation de la douane Eridanienne. Quel ennui que de suivre le protocole alors qu'il l'avait tant de fois contourné, quitte à fausser les dits permis.
Sortant ses propres papiers de sa sacoche, le marin fut soulagé d'apprendre que le bon et rond seigneur devait chercher ses biens, gardés en sécurité dans sa chambre. Inclinant poliment la tête lorsque ce dernier le quitta au ralenti de sa démarche d'albatros boiteux, il chercha Kalysta du regard. Il la repéra au loin sans trop de mal, revenant du comptoir les mains pleines.
À bien y réfléchir il ne savait rien d'elle si ce n'est son nom. Il ignorait tout de sa vie, de sa carrière ou de ses origines. Pourtant une chose crevait les yeux. Quelle que soit la nature du contrat entre ces deux personnes, la confiance n'était pas au rendez-vous. Il pourrait même aller jusqu'à affirmer que sa complice de dérive méprisait grandement son actuel employeur. Tout de même un peu inquiet de la situation, Fen soupira. Dans quel pétrin allait-il encore se fourrer ?

Quand la jeune femme revint avec les pintes, il balbutia des remerciements et s'accorda une petite trêve avant l'ennuyeuse reprise des hostilités marchandes. Reprenant place dans son coin d'ombre, il lissa les pans de sa chemise blanche, entrouverte de façon à ne pas lui couvrir la gorge. Dieux qu'il avait horreur des cols serrés, même par mauvais temps. Tâtant dans sa poche intérieure il sortit sa poche à tabac, qu'il posa sur la table. Il n'allait pas fumer, pas encore. Autrement il s'y réfugierait le reste de la soirée, sans demander l'avis de ses voisins. Murmurant vers la jeune femme, il fit mine d'échanger des banalités.


« Il a pas l'air commode, l'vieux. Pas trop difficile à supporter ? » Ils auraient devant eux cinq minutes de répit, dix peut-être, si Orland était aussi gauche et lourd qu'il n'en avait l'air. C'est que monter et descendre les escaliers ça pouvait être sportif quand on avait autant de gras à trimballer. Fenris haussa les épaules, sans pitié. Avant que sa bière devienne tiède, il leva son verre en direction de Kalysta, sans attendre le retour du goret prodige. « Aux secondes rencontres ! »





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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Mar 13 Sep - 20:31

Une chose pour laquelle la jeune femme était naturellement douée, c'était mentir. Entre sa race et ses allégeances, elle avait rapidement dû apprendre à s'adapter et à faire attention à ce qu'elle disait. Aussi, lorsque Fenris parla d'une banale grippe, la syliméa masqua sa surprise et emboîta le pas au lhurgoyf sans battre un cil. Si lui aussi ne voulait pas s'étendre sur les circonstances de leur rencontre devant son employeur actuel, elle n'allait certainement pas le contredire. De toute façon elle n'avait pas envie de teinter cette expérience avec l'avis biaisé d'Orland. Il ne saurait probablement pas voir au-delà de l'idée de profit et de sa propre préservation...

En tous cas, vu ce qu'il s'était passé, elle ne doutait pas que la dite grippe avait tout du doux euphémisme. Si elle avait joué de chance et n'avait pas trop souffert, elle savait que ce n'était pas le cas pour tout le monde. Les quelques contusions et lacérations qui avaient vite guéri n'étaient rien en comparaison de ce qu'elle avait pu voir une fois que l'excitation de se retrouver en vie était retombée. Malgré la digue improvisée et vaillamment maintenue en état, elle se souvenait d'un village ravagé par l'eau et des blessés partout dans les rues. Et il valait mieux ne pas penser à ceux qui n'avaient pas eu la chance de bénéficier de l'ouvrage de Brom et de ses acolytes improvisés. Ou ceux qui avaient vécu sur le colosse en le prenant pour une île...

Repoussant le souvenir des vagues venant s'écraser sur eux avec la force d'une montagne, la jeune femme se focalisa à nouveau sur ce qu'il se passait devant elle. Orland, comme à son habitude, essayait de grappiller toujours plus de dias mais elle sentait bien que Fenris n'allait pas se laisser faire aussi facilement. Il avait déjà un bon point pour lui, contrairement au marchand, il était naturellement intimidant de par son calme et sa carrure. On avait certes pas envie de trop le chatouiller de peur de rencontrer un peu trop précipitamment ses ancêtres. Or, Orland étant d'un naturel lâche, la syliméa ne doutait pas qu'il allait très rapidement lâcher l'affaire sans chercher à renégocier les accords au dernier moment. Ou du moins de façon légère, sans l'acharnement dont elle le savait capable. Un coup sur la table et quelques menaces savamment susurrées et le tour serait dans le sac, il prendrait probablement ses jambes à son cou. Enfin... Autant que sa constitution le lui permettrait. Mais avec un peu de chance, le lhurgoyf n'aurait pas à en venir à de telles extrémités...

La jeune femme fut bien contente de voir qu'Orland avait déserté les lieux, même temporairement, lorsqu'elle revint les mains pleines. Elle déposa délicatement les chopes sur la table avant de s'installer avec un soupir de soulagement... Quelques minutes de répits dans une journée qui ne faisait que s'éterniser. Elle étira ses jambes sous la table tout en jetant un rapide coup d'oeil vers les chambres, s'assurant ainsi que son employeur n'allait pas revenir plus rapidement que prévu. Pour l'instant rien en vue, Fenris et elle pouvaient discuter tranquillement sans avoir à s'inquiéter. L'observation du lhurgoyf arracha un sourire fatigué à la jeune femme avant qu'elle ne se penche vers lui pour pouvoir discuter en toute discrétion.


-Tu n'as pas idée ! Et encore... Tu es un homme, tu n'as pas à t'assurer qu'il se transforme en poulpe dès que tu t'approches un peu trop de lui...

Kaly fronça le nez, laissant paraître tout le dégoût qu'elle éprouvait pour lui. Ce genre de comportement justifiait à lui seul la méfiance que la jeune femme éprouvait pour lui et Orland n'avait pas attendu bien longtemps pour démontrer que cette méfiance était tout à fait légitime. La nérozia entrechoqua sa chopine avec celle de Fenris, affichant une attitude bien plus détendue maintenant que son employeur n'était pas à proximité.

-Aux secondes rencontres en effet ! Plus heureuses et paisibles que les premières.

Elle prit une gorgée de sa boisson en réprimant la grimace qui ne manquait jamais de naître sur son visage quand elle consommait de l'alcool. Malgré le temps qui passait et sa fréquentation, irrégulière certes, des tavernes elle n'était jamais parvenue à apprécier pleinement les alcools quels qu'ils soient. La bière coupée à l'eau était encore ce qu'elle supportait de mieux. Mais quant au reste... Elle devait systématiquement lutter contre des réminiscences de son hôte, une puissante addiction qu'elle subissait sans avoir eu à profiter des effets « positifs » qui l'avait créée. Elle subissait donc encore tous les inconvénients sans en avoir les bénéfices et devait donc soigneusement contrôler ce qu'elle consommait. Et comment...

-Enfin... Paisibles... Je crois bien qu'on est parti pour faire un bout de chemin ensemble vu qu'il m'a embauchée pour sécuriser le convoi jusqu'à son point d'arrivée. Mais ça devrait bien se passer, non ?

Si on faisait abstraction de la chance phénoménale dont elle faisait régulièrement preuve, la livraison devrait se passer sans encombres et relativement rapidement. Les bêtes qui tiraient les caravanes avaient déjà été en contact avec elle et s'étaient montrées suffisamment calmes pour faire leur boulot. Elle resterait juste en arrière pour ne pas trop les paniquer. De toute façon elle avait prévu en grande quantité la potion qu'elle avait élaboré pour ce genre de situations... Le seul risque était en fait une mauvaise rencontre mais à eux deux ils devraient pouvoir s'en sortir sans trop de dégâts. Normalement...

-Tu sais ce qu'il est advenu des autres ? J'ai toujours regretté de ne pas avoir pu rester plus longtemps et je n'ai jamais eu l'occasion de glaner des nouvelles à leur sujet...

Techniquement parlant elle aurait tout à fait pu se tenir informée du devenir de ses compagnons de misère, ce n'était pas exploit lorsque l'on considérait dans quel département elle travaillait. Mais le temps lui avait sérieusement manqué et sa bonne volonté avait été engloutie par les différentes tâches qui lui avaient été confiées. La seule chose dont elle était à peu près certaine c'est qu'ils n'avaient pas eu à décompter de morts. Du moins pas au moment où elle avait du partir... Elle espérait sincèrement que cela n'avait pas changé depuis...





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Fenris Skirnir

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Ven 23 Sep - 0:36

Chapitre VIII: un Skirnir paie toujours ses dettes
Acte IV: After the Waves

Un des seuls points positifs avec les gens comme Orland, c'est qu'ils étaient relativement faciles à cerner. Leurs intérêts mesquins passaient indubitablement avant les valeurs morales communes et s'ils s'encombraient de manières affectées et autres formules d'usage, c'était surtout par besoin de préserver leur image; ou autrement dit la façade plus ou moins convaincante qu'ils brandissaient avec vigueur dès que quelqu'un de plus méfiant osait ne pas tout gober en bloc.
Fenris n'aimait pas cette façon de faire, quoi qu'il condamne davantage la forme que le fond. D'un côté cela aurait été hypocrite de sa part de juger leur opportunisme quasi systématique, puisque lui-même ne se privait pas en cas de nécessité. D'un autre côté il avait du mal à digérer la façon dont ces gens ignoraient l'éthique sans jamais éprouver l'ombre d'un remord. Ils n'avaient ni code personnel ni retenue, aucune ligne de conduite même relative, si ce n'est le fil rouge de leur propre profit. C'était cela, plus que la roublardise de bonne guerre ou les combines flirtant avec l'illégalité qui le dérangeaient vraiment.

Avec un certain soulagement Fenris apprécia l'absence du gros bonhomme et s'étira en faisant craquer les os de ses épaules. Il avait envie d'un bon repas et d'un lit chaud, pas de disserter des stipulations d'un contrat dont il n'allait même pas bénéficier. C'était sans doute ça le plus triste. Se priver de sommeil et de bonnes choses pour se certifier du bon déroulement d'une affaire juteuse donnait au moins une bonne motivation. Assumer la place d'intermédiaire pour finalement ne toucher qu'une commission ridicule en comparaison de ses tarifs habituels était très frustrant en comparaison. Ce qui signifiait que pour l'heure il n'avait d'autre choix que de ronger son frein et guetter la bonne occasion, quitte à devoir rouler Orland. Non que ça lui pose un gros cas de conscience, à dire vrai. Néanmoins avant ça il lui faudrait faire preuve de finesse et de méthode, dans le cas où son vis-à-vis joue les idiots et en ait secrètement dans la cervelle. Sur un malentendu, on ne sait jamais.
Peut-être que Kalysta lui accepterait de lui donner quelques tuyaux sur lui... en signe d'amitié gagnée pendant la survie, de bonnes intentions, et surtout de mépris envers ce type qui n'avait rien en commun avec elle. À bien y réfléchir, Fen s'interrogea sur ce qui rassemblait deux personnes à première vue si différentes. Son sixième sens lui disait que jouer les gardes du corps ce n'était pas vraiment un boulot taillé pour la jeune femme, à moins d'avoir désespérément besoin d'argent.
Elle avait certainement des cartes dans sa manche, des cartes qui l'aideraient à se défendre malgré son apparence fluette. Il avait participé à suffisamment de combats illégaux pour savoir que la corpulence n'était rien. Toutefois Orland était le genre de goujat à penser autrement, à vouloir se barricader derrière des incapables bâtis comme des montagnes, quitte à débourser son précieux capital. Pathétique. Quelle importance auraient les muscles et la tronche intimidante si ces mecs se retrouvaient avec un carreau entre les deux yeux ?

Tournant à nouveau son attention vers Kalysta il remarqua à quel point elle semblait moins tendue tout à coup, cela dit son expression lupine se fit plus sévère au sous-entendu. L'abus de position faisait partie de ces choses qu'il ne supportait pas, sûrement parce qu'il avait une vision singulière de la gente féminine et de son respect. La demoiselle ne semblait pas traumatisée, mais instinctivement il se demanda combien de temps les choses resteraient encore en l'état. La plupart des situations étaient plus compliquées qu'elle ne le laissaient paraître et celle-là ne devait pas faire exception à en juger par le dégoût que la syliméa vouait à son employeur. Derrière un masque de nonchalance il leva son verre.


« À nous. » La boisson désaltérante coula le long de sa gorge, et il laissa échapper un soupir de contentement en reposant son verre.
« Si tel est le cas, être parti pour un bout de chemin en bonne compagnie c'est à peu près la seule partie agréable de ce négoce, pour être honnête. Et puis si je dois travailler avec toi au lieu d'un de ses hommes de main, ça ne peut qu'être bon signe. » Il sourit à cette pensée, espérant qu'Orland ne leur mettrait pas des bâtons dans les roues avec ses caprices. Ils avaient des délais à respecter et se coltiner ses plaintes allait être une épreuve pour sa patience pourtant réputée légendaire. Distrait il dessina les contours de son verre du bout des doigts, pesant les informations qu'il avait dégotées à droite et à gauche en prévision du voyage.

« Normalement tout devrait bien se passer, la route vers la capitale n'est pas si longue. Ce qui m'inquiète un peu c'est le temps, car les gens du coin s'attendent à de grosses pluies. J'espère en avoir fini avec les détails du contrat avant que ça se gâte, mais ça ne dépend pas que de moi. Hum... avec un peu de chance on sera partis avant que la route principale ne devienne une mare aux canards, dans le cas contraire il va falloir faire un détour et ce sera bien plus risqué de garantir la sécurité du convoi. »

Les routes secondaires étaient moins empruntées et éloignées des patrouilles des gardes, ce qui augmentait considérablement le risque d'être pris pour cible. Hélas Trison n'avait pas jugé bon d'affecter une paire de ses hommes à l'escorte, prétextant que les « effectifs de la couronne avaient le devoir de donner priorité à la reconstruction plutôt qu'au offres commerciales ». Ouais c'était pas faux, n'empêche qu'il se gênait pas pour exiger le même résultat sans offrir le moindre coup de patte. Pff, les collet monté... tous les mêmes.
Soupirant un bon coup il se pencha en arrière et réprima un bâillement. Il était trop fatigué pour réfléchir aux détails de leur itinéraire, il avait besoin d'une bonne nuit de repos. Avec un peu de chance Kalysta aurait des suggestions qui lui faciliteraient également la tâche. Posant les coudes sur la table, il laissa reposer son visage las sur sa paume.


« Non, pas vraiment. J'ai été bloqué sur place pendant presque une semaine à cause de mes blessures, puis j'ai essayé de retrouver les traces de mon frère et sa famille. Ils habitaient à l'autre bout du village et heureusement ils ont pu partir à temps. Du coup j'ai pas vraiment eu l'occasion de revoir les autres ou de pleurer mon île. Enfin île, colosse... c'pareil. » Sa main libre donnait vie à ses mots, quoi qu'avec plus de détachement qu'il ne ressentait. Perdre El Bahari c'était un coup dur après y avoir vécu autant de temps.
« Et toi, qu'es-tu devenue pendant ce temps ? » La question volontairement vague visait à la laisser répondre comme elle le jugerait bon, avec ou sans détails, avec ou sans confidence... Après tout il n'était pas là pour un interrogatoire serré.




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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Sam 1 Oct - 18:13

Il y avait un certain honneur parmi les rufians, du moins la plupart de ceux que la jeune femme connaissait... Comme Fenris, Kalysta n'aimait pas ceux qui étaient prêt à tout pour leur simple profit personnel. Il y avait certaines limites à ne pas franchir, certaines choses qui resteraient à jamais injustifiables à ses yeux. Si jamais Orland avait le malheur de trop frôler cette limite, elle n'hésiterait pas à prendre le problème à bras le corps. Pour l'instant, il était seulement amoureux de sa bourse et faisait tout pour rester le plus riche possible sans pour autant tremper dans certains commerces qui ne manqueraient pas de signer son arrêt de mort.

D'ailleurs c'était en partie pour vérifier cela qu'elle s'était retrouvée à travailler pour lui. Bien que l'expérience ait été déplaisante, cela lui avait permis d'accéder à certaines informations qu'elle n'aurait pas pu trouver autrement... Notamment l'identité de ses fournisseurs et les marchandises qu'ils proposaient. Avant tout elle avait cherché à voir si ces marchandises n'étaient pas des êtres pensants... Orland flirtait bien avec les limites de la légalité, profitant de ses affaires officielles pour jouer un peu avec la contrebande, mais rien de plus. Kaly savait qu'elle le garderait à l'oeil, mais pour l'instant, il était libre de continuer ses petits commerces sans trop s'inquiéter. Cela changerait si son appât du gain devenait trop grand ou s'il s'adonnait à d'autres vices...

Cela ne rendait pas le personnage plus sympathique à ses yeux... Malheureusement, son flagrant manque de respect envers la gent féminine n'était pas une raison suffisante pour l'étouffer dans son sommeil, ne lui en déplaise. Elle prenait donc sur elle et savourait chaque instant durant lesquels elle était privée de sa face rubiconde. Comme en ce moment même. D'autant plus que la compagnie était agréable et ne manquait pas d'intérêt. La jeune femme esquissa un sourire en coin en entendant Fenris... Elle leva à nouveau son verre en lui faisant un clin d'oeil complice.


-Oh, j'espère que je ne te décevrai pas trop. Normalement je ne suis pas du genre à me cacher en poussant des hauts cris si jamais on croise des ennuis sur la route... Même si ça ne m'aurait pas étonnée si Orland m'avait embauchée pour ça...

Ca aurait bien été dans le genre du bonhomme de prendre une jeune demoiselle juste pour qu'elle lui saute dans les bras dès le premier souci venu... Mais ce n'était pas vraiment le genre de la maison et elle le lui avait fait comprendre dès les premiers instants de leur association. Le terran espérait bien pouvoir un peu profiter d'elle mais il commençait à accepter le fait qu'il n'y parviendrait jamais et que s'il continuait à essayer, il risquait de le payer plutôt cher. Cela dit, ce n'était peut-être pas un état de fait qui pouvait se lire sur elle, ce qui était en soit un avantage comme un inconvénient.

-Ca dépend, le mauvais temps peut tout aussi bien rebuter une tiers partie et changer de route au dernier moment peut aussi éviter toute tentative d'embuscade.

La jeune femme haussa les épaules... Elle avait appris à subir stoïquement toute forme de mauvais temps qu'elle pouvait croiser sur la route. Etant donné qu'elle avait été condamnée à se déplacer à pieds durant ses premiers temps de messagère, elle avait rapidement compris qu'il ne lui servirait à rien de pester contre la pluie, la neige, le froid ou le vent. Voir le soleil. La syliméa avait donc développé la résistance de ceux qui étaient obligés de subir ce genre de désagréments...

-On pourra étudier les différents itinéraires avant de partir demain, selon la météo qui s'offrira à nous...

Et aussi selon ce qu'elle aurait pu glaner d'ici là... En laissant un peu trainer ses oreilles elle serait à même de voir quelles routes avaient la préférence de la racaille du coin. Et puis elle avait aussi quelques noms d'informateurs potentiels dans la ville, elle ne doutait pas qu'ils sauraient eux aussi lui fournir quelques judicieux conseils sur les coins à éviter de préférence. Ensuite tout dépendrait de leur discrétion... Si elle avait parfaitement confiance en Fenris sur ce point-là, elle nourrissait de sérieux doutes quant à Orland. Moins de gens savaient qu'ils allaient faire affaire et prendre la route, plus grandes seraient leurs chances d'atteindre leur destination en un seul morceau...

Pendant un court instant, la syliméa eut un serrement de coeur en entendant que la famille du lhurgoyf avait été sur place au moment des inondations. Mais elle fut rapidement rassurée lorsqu'il annonça qu'ils étaient parvenus à s'enfuir à temps... La notion de famille était quelque chose d'à la fois étranger et précieux pour la jeune femme.  Après tout, elle n'avait pas eu l'occasion de véritablement connaître ses parents, très certainement pas sa mère, et les siens étaient considérés comme des monstres à abattre...


-Je suis heureuse que tes proches s'en soient sortis...

Et elle était profondément sincère en disant cela. Ils avaient peut-être subis quelques blessures et de graves dégâts matériels mais ils étaient vivants et c'était bel et bien le principal au final... La jeune femme joua avec sa chopine, fronçant légèrement le nez. Même s'ils s'en étaient sortis, les quelques jours après le réveil des colosses avaient été plutôt durs.

-Même si j'aurai voulu, je n'aurai pas pu rester. J'avais à charge de délivrer un message important et du moment que je pouvais me déplacer, je n'avais pas d'« excuses» pour délayer sa remise... Et une chose entrainant une autre, j'ai enchaîné les contrats sans avoir l'occasion de revenir vers la côte.

Autant dire que le chemin du retour avait été particulièrement douloureux mais Kalysta ne pouvait pas vraiment se permettre de rester trop longtemps sous le regard perçant d'un soigneur. Il y avait trop de risques à ce qu'elle laisse échapper quelque chose d'étrange qui lui mette la puce à l'oreille. Elle avait donc fait de mauvaise fortune bon coeur et avait travaillé en tandem entre sa maîtrise des plantes et sa régénération... Au moins en avait-elle appris sur elle-même et développé un nouveau baume qui faisait des merveilles sur les contusions. La nérozia pencha la tête sur le coté, perplexe, réalisant brusquement quelque chose...

-Tu es originaire de l'île ? Je ne m'en doutais pas ! Je suis désolée, j'imagine que tu as du perdre ta maison du coup, non?

Pour ne pas dire tout perdre... Mais la jeune femme n'osa pas développer, ne sachant pas si n'allait pas rouvrir brusquement des blessures douloureuses... Pour autant sa question était innocente et teintée de prévenance pour le lhurgoyf. Elle aurait voulu lui en demander plus, comment il s'en sortait du coup, s'il avait trouvé une nouvelle maison même, mais elle ne savait pas si demander autant de détails serait le bienvenu... D'ailleurs comment offrait-on ses condoléances pour la perte de ses terres natales et de tout ce qui y était rattaché ? Ni son hôte, ni les personnes qu'elle avait croisé depuis sa sortie de l'urne ne semblaient en avoir la moindre idée... En tous cas, le point positif était qu'il ne semblait ni à la rue, ni miséreux. Voir même en bonne santé. Il était donc probablement retombé sur ses pattes...





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Fenris Skirnir

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Sam 29 Oct - 20:55

Chapitre VIII: un Skirnir paie toujours ses dettes
Acte V: Compass of hope

« S'il y a bien un avantage à boire la tasse ensemble, c'est celui de constater en situation réelle qui est un lâcheur en temps de crise et qui serre les dents. »

Fenris n'irait pas jusqu'à se qualifier de courageux car tout était une histoire de circonstances et de raison de risquer sa peau... mais ce n'était pas son genre de laisser des gens qui lui étaient sympathiques dans la panade. Brom et Kalysta avaient été de ces rares personnes à vouloir agir pour limiter la casse. Grâce à eux de nombreuses vies avaient été épargnées et la famille de son frère avait eu le temps de se mettre à l'abri. Rien que pour ça ils avaient gagné son respect et sa reconnaissance. Par conséquent aider Kalysta à s'acquitter de son contrat tout en encourageant Orland à garder ses mains dans ses poches était le moins qu'il puisse faire, indépendamment du fait qu'il ait aussi son travail en tête.

Et ce travail il entendait le faire correctement, ne fusse que parce que son avenir en dépendait. Visualisant la carte de la région dans sa tête de façon étonnamment précise, Fenris se servait de sa mémoire comme un livre dont on tourne les pages avec minutie. Des notes de toutes sortes maculaient le papier terne des marges, pleines de détails obtenus à droite et à gauche. Son plan d'action n'était pour l'heure qu'au stade embryonnaire, en attente de plus d'éléments avant d'être clairement défini pour de bon. La météo était un facteur mais c'est surtout la prudence qui le faisait attendre de rencontrer Orland et ses acolytes. Tomber sur Kalysta au poste d'autre responsable principal était une aubaine inespérée. Au moins pouvait-il espérer un peu de bon sens et une discussion constructive sur la meilleure marche à suivre. D'ailleurs c'était un peu tôt pour discuter boulot. La soirée ne faisait que commencer et Fen comptait bien en profiter avant de se remettre au turbin.


« T'as raison, on verra ça demain. »

Il sourit en haussant les épaules, peinant néanmoins à tenir parole. Une fois lancé son cerveau avait du mal à s'arrêter, quoique puissent en laisser penser les apparences. L'homme bohème et épicurien qu'il était cachait bien d'autres choses moins festives.
Le regard perdu dans les bulles mousseuses de sa boisson, le borgne repensa à son frère Seior et ses trois enfants, des têtes blondes encore inconscientes des dangers du monde extérieur. Leurs parents avaient toujours réussi à les protéger non seulement des vicissitudes de la vie -en dépit de leur condition modeste- mais aussi des autres problématiques que connaissaient les Lhurgoyfs à cause de leur condition. Du moins jusqu'à ce qu'El Bahari se mette à bouger pour laisser chaos et destruction dans son sillage.

C'étaient ses « proches ». Oui si on peut dire, ils étaient la seule famille connue qu'il lui reste. De là à voir son jumeau comme un proche, il y avait un pas impossible à franchir. Leur relation était compliquée et tumultueuse depuis des années. Ravalant le goût amer laissé par ce sujet, il écouta la brune avec attention, appréciant la distraction. Il acquiesça à ses explications sans l'interrompre. Tous avaient dû retourner à leur routine indépendamment de ce qui s'était passé, c'était tout à fait compréhensible qu'elle n'ait pas pu s'attarder aux berges dorées.
Fen sourit aux questions sans se formaliser de la curiosité. Les gens ne savaient pas grand chose sur l'île et cela n'avait rien d'étonnant. Les rumeurs étaient toujours allées bon train et les légendes des hommes maudits qui atterrissaient là avaient de quoi glacer le sang. Le pire étant que ce n'était pas infondé.


« Personne n'est originaire d'El Bahari... et je suppose que maintenant on sait pourquoi. Je suis né à Phelgra. » Son sourire se fit rictus. Il but une gorgée pour faire passer la pilule.

« Il n'y a... avait que des hommes sur le colosse. Des marins pour la plupart, des civils et des commerçants naufragés parfois. Certaines rumeurs prétendent que les dieux y envoient les criminels, mais je peux te dire qu'il n'y a pas plus de meurtriers là-bas qu'ailleurs. Par contre j'ignore pourquoi aucune femme n'y a jamais atterri. » Son œil se lève vers la salle, où les gens discutent toujours, étrangers à leur conversation. C'était tellement différent de la culture tribale qui avait été son berceau depuis ses treize ans. Il soupira.

« Les non-Terrans qui sont là depuis longtemps finissent par généralement mettre derrière eux leur origines. Beaucoup abandonnent l'idée de partir et préfèrent mener leur nouvelle vie loin du continent et ses villes. Je ne peux pas vraiment les blâmer. La survie est difficile mais on finit par s'attacher à ces terres sauvages, aux mystères de ceux qui nous ont précédé et aux beautés de ce territoire où l'homme est un visiteur plutôt qu'un seigneur. » D'un geste de main il chassa ses pensées sans doute trop... romantiques.

« Enfin, je m'emballe. » Il prend une inspiration, ne souhaitant pas alourdir leur discussion. « Et non je n'ai pas vraiment de pied-à-terre, actuellement. Cela fait des années que je n'y suis pas retourné pour diverses raisons, dont le travail. Néanmoins j'ai davantage d'attaches envers ce caillou au milieu de l'océan que je ne l'ai envers ma Mavro natale. Enfin qui sait... peut être qu'un jour il refera surface ? » Glissant la main dans sa poche ses doigts se resserrèrent sur la pierre bleutée qu'il avait ramassée aux berges. La posant doucement sur la table, il la fit glisser en direction de Kalysta.





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Dernière édition par Fenris Skirnir le Jeu 12 Jan - 0:49, édité 1 fois
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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Mer 16 Nov - 21:01

Les propos de Fenris firent sourire la jeune femme. Nuls doutes qu'Orland avait du être rangé dans la catégorie « lâcheur en temps de crise ». A raison d'ailleurs... Elle ne lui aurait certainement pas confié sa bourse, encore moins sa vie. Par contre, il était assez agréable de savoir qu'elle pourrait compter sur le lhurgoyf pour surveiller ses arrières. Peu de personnes étaient considérés comme suffisamment de confiance pour qu'elle puisse se permettre de leur tourner le dos. En fait, elle les comptait sur les doigts d'une main et, étrangement, aucun n'était de sa race. Cela dit, elle n'en était pas encore à se demander si elle pouvait se permettre d'être complètement franche avec lui. Même si lui aussi connaissait les joies de l’ostracisation à cause d'un petit défaut génétique héréditaire, rien ne lui disait qu'il serait suffisamment ouvert d'esprit pour voir au-delà d'une découverte catastrophique et des contes de croquemitaines...

Inconsciemment elle porta la main à son visage, calant son menton dans sa paume alors qu'elle plantait son coude sur la table. C'était un tic qu'elle avait parfois lorsqu'elle pensait à son « vrai » visage... Dans l'ensemble, elle avait mis quelques jours à maîtriser son don pour changer d'apparence mais, au début, elle avait eu de vilaines surprises lorsque ses sentiments prenaient le dessus. Fort heureusement l'apparence qu'elle avait adopté comme sienne était très proche de celle qu'elle avait au naturel et il suffisait qu'elle porte un foulard sur le bas de son visage pour éviter de se faire bêtement repérer. Bien que cela fasse un certain temps qu'elle n'avait plus subi ce genre d'accidents, c'était pour cela qu'elle avait tendance à ainsi se « masquer » lorsqu'elle savait qu'elle allait voir un peu d'action... Elle avait beau avoir un entraînement militaire et la chance d'avoir pris forme relativement rapidement, elle n'était jamais vraiment à l'abris d'une rechute, surtout si elle devait lutter pour sa vie.

Cela avait d'ailleurs profondément choqué Vykas la rare fois où son contrôle lui avait échappé et qu'il s'était retrouvé nez à nez avec une Kalysta aux crocs protubérants. Ce n'était certainement pas le plus fier, ou le plus agréable, de ses souvenirs. Non seulement elle n'était pas parvenue à maîtriser ses sentiments et ses pouvoirs lui avaient échappé mais, en plus, elle avait dévoilé une partie d'elle-même qu'elle n'appréciait pas du tout. Ce n'était pas que Kalysta soit suffisamment vaine pour se préoccuper principalement de son apparence... C'était plus que cela lui rappelait la sinistre réputation des siens et, bien que cela soit en partie irrationnelle, que cela donnait raison à leurs détracteurs. Si on avait l'apparence d'un monstre c'est que l'on devait en être un, non ? Fenris était bien placé pour savoir que ce n'était pas forcément le cas...

La jeune femme haussa les sourcils d'étonnement en entendant ce qu'il avait à dire sur l'île devenue colosse. Il n'y avait pas de femmes sur ses rives ? Etrange... Dommage que plus personne ne puisse aller dessus... Elle aurait bien aimé essayer d'y aller juste pour voir ce qui aurait pu se produire. Une barrière magique se serait-elle brusquement dressée pour l'empêcher d'aborder ? A moins qu'une subite inspiration ne l'ait poussée à faire demi-tour sans qu'elle ne puisse s'y opposer.... ? Voir, pire, elle aurait disparu en un simple flash dès la première foulée... Et était-ce une particularité du colosse en lui-même, étrangement misogyne, ou cela venait-il d'autre chose ? Peut-être qu'un fragment du géant possédait les mêmes particularités... ? Tant de questions et si peu de réponses. Bizarrement la jeune femme se garda bien d’inonder son compagnon de ses étranges questions. Elles auraient probablement été les malvenues.

D'ailleurs, il estimait peut-être s'emballer mais elle trouvait que son discours était un peu nostalgique, plus encore que romantique, pour quelqu'un qui avait fait le deuil de ces terres. Leur perte avait tout de même dû se faire ressentir... Ce ne devait pas être si facile que cela. La jeune femme lui offrit un rapide sourire, essayant de lui transmettre qu'elle pouvait comprendre ce sentiment. Dans son cas c'était plus un peuple et une culture qu'une île mais ce n'en était pas si loin toutes proportions gardées...


-Qui sait oui ? Peut-être que certains éclaris ont cherché... Peut-être que cela s'était déjà produit par le passé et que l'île ne revient qu'à certaines périodes... ?

C'était une théorie, capillotractée, comme une autre après tout. Une qui pouvait donner une petite lueur d'espoir... La jeune femme observa la pierre, ne ressentant pas une soudaine envie de se lever et de quitter la table. Le fait qu'il n'y avait pas eu de femme sur l'île ne venait donc pas de sa composition. Probablement...

-Et si ce n'est pas le cas tu peux toujours la transporter avec toi. Comme ça... Dit-elle en désignant l'étrange fragment d'un mouvement du menton. Ou comme ça... Dit-elle en portant une main sur son cœur...

Ce n'était pas vraiment une discussion aux tons légers et la jeune femme s'en voulut d'avoir ainsi alourdi l'ambiance alors qu'elle avait été ravie de retrouver Fenris. Elle lui offrit à nouveau un sourire avant de se perdre quelques instants dans sa choppe, laissant le silence balayer les restes du sujet de l'île perdue. C'était un peu étrange de presque sentir la présence du colosse à leur table alors que les autres tablées étaient plutôt bruyantes et joyeuses. La nérozia posa résolument sa choppe sur la table.


-En tous cas je suis sûre que tu as plus de succès avec les femmes que ton île n'en avait !

Kalysta sentit le haut de ses oreilles chauffer et sauta promptement à un tout autre sujet, essayant de sauver le peu de dignité qui lui restait et se résolvant à ne plus toucher sa choppe.

-Que dirais-tu d'une partie de fléchette ?





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MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Jeu 12 Jan - 0:46

Chapitre VIII: un Skirnir paie toujours ses dettes
Acte VI: Bullseye

« Je ne sais pas ce que les Eclaris savent à ce sujet, ni s'ils ont pris la peine de se pencher sur la question. Avec tout ce qui se passe de par le monde, j'en doute franchement. El Bahari est un lieu mal connu et associé à une malédiction incomprise, que la plupart méprise ouvertement sauf quand il s'agit de faire fortune grâce aux produits importés comme la canne à sucre, les bois rares et les épices. »

Fenris s'arrête pour boire et prend une profonde respiration, avant de continuer paisiblement. Il regarde Kalysta pendant qu'il lui parle comme à une vieille amie. C'était agréable de pouvoir discuter de tout et de rien avec quelqu'un d'aussi ouvert.

« J'ignore si ce genre de phénomènes s'est déjà produit par le passé mais de mémoire aucun Ascan n'a même entendu parler d'une telle chose. En général l'espérance de vie de la tribu n'est pas très élevée à cause des conditions de vie et parce que bah... les Terrans sont nombreux, cependant nos traditions sont bien ancrées depuis les temps du premier peuple, passées de vétérans aux nouveaux arrivés souhaitant s'intégrer. »

Sa voix décline en volume et son regard se fait pensif. De nombreuses légendes bercent encore sa mémoire, des histoires et des mythes qui s'étaient perdus sur le continent depuis bien longtemps. « Moi-même je ne suis plus de la première fraîcheur. Ça va faire trois plombes que je traîne ma carcasse, tu sais. C'est vrai que l'appel de la mer m'a poussé à partir tôt, seulement je n'ai jamais complètement réussi à couper le contact. Ça a toujours été comme si un fil invisible me ramenait inlassablement sur ces côtes, tôt ou tard. Enfin maintenant... c'est plus compliqué. »

Il fixe la pierre azur posée sur la table et la reprend dans sa paume. Rien ne se passe à son contact et pourtant il sent une chaleur familière se diffuser contre sa peau alors qu'il la fait rapidement tourner entre les nœuds de ses doigts. Un instant il sent presque l'odeur iodée et entêtante de la jungle d'Ilani.

« Ce n'est pas non plus un épisode isolé. Ces créatures qui s'éveillent les unes après les autres en une paire d'années à peine... Même moi j'arrive pas vraiment à rester optimiste. C'est pas une coïncidence, ça c'est sûr. Il doit y avoir une raison, même si j'ignore laquelle. » Le borgne soupèse le minéral qu'il fait danser entre ses longs doigts de prestidigitateur. « J'ai remarqué que ce truc se mettait à briller de temps à autre, quoique ce n'est plus du tout arrivé depuis mon départ du sud. C'est possible que la pierre réagisse à l'énergie du colosse, ou quelque chose de similaire. Difficile d'en être certain, je suis pas un expert en la matière. J'ai pas encore eu l'occasion de me certifier du bien fondé de ma théorie mais je compte corriger le tir quand l'occasion se présentera. Un jour, quand j'aurai retrouvé ma liberté... et un navire mené par des suicidaires nostalgiques d'El Bahari, peut-être. »

Fenris ne prend pas mal la curiosité de la petite brune, au contraire. Peu de gens étaient au courant de ce qui s'était réellement passé sur les berges dorées, la majorité se fiant à des fables grotesques qui enflaient exponentiellement avec le temps et le nombre de versions. En fait c'était plutôt soulageant de pouvoir jouer franc jeu et lever certains mal entendus. De toute façon l'existence de l'île n'était pas un secret, même si pendant longtemps les gens du continent n'avaient pas osé tenter l'aventure de la traversée. C'est que les courants méridionaux étaient capricieux et le voyage périlleux à cause des nombreux corsaires. Il pourrait en témoigner en première main, d'ailleurs... Cela dit une conversation lourde n'était jamais très appréciable et un changement de sujet ne leur ferait pas de mal. D'autant que ce ton de plaisanteries lui rappelait de bons souvenirs.

Un rire rauque soulève sa poitrine à la taquinerie, surtout parce que c'était vachement loin du compte. Il s'accorderait volontiers bagou et un certain talent pour charmer, seulement c'était toujours éphémère et évanescent. Tout au plus avait-il assez d'astuce pour trouver de la compagnie prête à ignorer sa blessure et ne pas poser trop de questions, ce qui n'était finalement pas grand chose. Enfin, au moins la déception n'avait plus vraiment d'espoir à étouffer.
Sa main se referme en un poing où il emprisonne la petite pierre, qu'il loge soigneusement dans la poche intérieure de son manteau. Son regard glisse vers la gestuelle de Kalysta et il sourit doucement, sans se sentir le besoin de verbaliser une réponse. Il prend une bonne gorgée de sa blonde et s'étouffe à moitié de son hilarité. Ça faisait du bien de se détendre un peu.

« El Bahari, l'aîné des Skirnir, même combat : on a notre petit charme mais beaucoup de mal à ne pas faire fuir les femmes. »

Fen se permet un sourire carnassier en répondant sur le même ton, la timidité en moins. Si ses paroles témoignent du peu de sérieux qu'il s'accorde, son regard lui est animé d'une intensité racontant une histoire très différente. Faisant craquer ses doigts il les revoit clairement sous les cieux cléments de Pharis, discutant de ce qu'ils feraient s'ils venaient à s'en sortir. Il se lève sans bruit et s'approche d'elle dans son dos, un sourire révélant ses crocs proéminents, les mains dans les poches de son pantalon. Ses mots lui parvenaient encore limpides, comme s'ils venaient d'être prononcés. 'Si tu montes au troisième étage et que tu fais bien ton boulot,...'

« Je roule pas sur l'or mais je n'ai pas encore oublié ma dette, Kalysta. Et un Skirnir paie toujours ses dettes. »



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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Dim 15 Jan - 15:39

Visiblement le sujet de son île le touchait plus à cœur qu'il ne voulait bien le dire, ce qui pouvait se comprendre en un sens... Voir sa mère patrie considérée comme un sujet de seconde zone, qui ne méritait pas l'attention particulière des grands esprits de ce monde... Cela pouvait être vexant, voir blessant, pour ne pas dire désespérant une fois qu'on était privé de la dite mère patrie... Et c'était sans compter toutes les rumeurs, les fausses histoires, qui devaient courir sur les lieux. La jeune femme eut un sourire en coin un peu involontaire en songeant avec quelle facilité on pouvait manipuler les masses avec quelques bonnes histoires. Suffisamment pour que l'on en vienne à ignorer les premiers intéressés au profit de ces histoires fantastiques... Suffisamment pour qu'on en vienne à éviter toute une île ou pour considérer toute une race comme des monstres, le tout sans leur donner la moindre chance.

Kalysta était curieuse de nature, elle pouvait difficilement le nier et l'histoire de cette île étrange, et de ces colosses qui semblaient bien décider à semer le chaos de façon régulière, l'intriguait au plus au point. Elle regrettait juste de ne découvrir certaines choses que maintenant... Elle aurait voulu voir l'île du temps de sa gloire, pouvoir vérifier par elle-même la véracité de certaines de ces légendes. Mais, probablement comme beaucoup de monde maintenant, elle ne pouvait qu'alimenter ses propres regrets pour ne s'y être intéressée qu'une fois qu'il était trop tard... Cela ne l'empêcherait pas de faire quelques recherches à l'occasion. Sur l'île mais aussi sur les colosses car elle partageait complètement le sentiment de Fenris, ces soudaines apparitions ne pouvaient qu'augurer de quelque chose de bien plus sinistre encore...

Sa remarque sur son âge la fit légèrement rire et elle posa sur lui un regard, bien que rapide, qui disait clairement qu'elle n'achetait pas une seconde son discours de vieil homme. Et de toute façon, elle était à peu près certaine qu'elle le battait sur ce point, théoriquement parlant s'entendait... Elle en était venue à se considérer comme une sorte d'hybride, une femme-enfant qui avait dû apprendre à s'adapter rapidement. Pour autant, il n'y avait pas un moment de cette fabuleuse expérience qu'elle regrettait. Elle non plus n'était pas une grande optimiste, et elle n'avait certainement pas besoin de nouveaux dangers isthériens pour porter un regard sombre sur son espérance de vie, mais elle n'en aurait pas échangé une seule seconde... La syliméa fronça brusquement les sourcils, penchant légèrement la tête alors qu'elle venait de noter quelque chose qu'il venait dire...


-Comment ça « quand tu auras retrouvé ta liberté »...?

Qu'entendait-il exactement par-là ? Avait-il rencontré des soucis tels qu'il était maintenant obligé d'accomplir les quatre volontés de quelqu'un ? Mais sa soudaine inquiétude fut balayée par le rire de Fenris... Il y avait quelque chose de libérateur dans ce son, comme si cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas permis pareille exubérance en publique. Cela fit naître un sourire sur ses lèvres... Il n'avait probablement pas conscience de l'image qu'il renvoyait à cet instant et si sa remarque pouvait faire rire, la jeune femme trouvait sincèrement qu'elle n'était pas vraie. Il y avait quelque chose chez le lhurgoyf qui attisait sa curiosité. Elle appréciait réellement sa compagnie…

Et c’était bien là le problème car, en bonne femme-enfant qu’elle était, Kalysta ne savait pas toujours comment elle se devait de réagir. C’était dans ces moments-là qu’elle regrettait d’avoir utilisé un homme comme hôte, certaines choses lui auraient probablement moins parues difficiles si elle s’était choisi une femme. Lorsque Fenris se leva et passa derrière elle, la jeune femme sentit les fins cheveux sur sa nuque se hérisser, comme lorsqu'elle se retrouvait non loin d’un danger potentiel. La sensation d’être devenue la proie était assez déconcertante, d’autant plus que ce n’était pas exactement la même sensation… Cela faisait plutôt naître un frisson le long de son échine plutôt que la furieuse envie de s’emparer de son arme…


*Si tu montes au troisième étage et que tu fais bien ton boulot, je t'emmènerai en rendez-vous galant. *

C’était un flash de ces premiers instants lorsqu’une poignée d’inconnus avait décidé de s’associer pour sauver le plus grand nombre face à un phénomène dont ils ne pouvaient comprendre tous les tenants et les aboutissants. Légèrement perdue, il lui avait fallut quelques secondes de plus que d’habitude pour que son cerveau veuille bien lui fournir la signification de la phrase du  lhurgoyf à travers ce souvenir. Remise dans le contexte, la syliméa sentit le rouge lui monter aux joues au point où Fenris dut voir le haut de ses oreilles virer au cramoisi… Bizarrement sa première pensée fut pour Elië… L’autre syliméa aurait su réagir à l’instant, elle n’en doutait pas. Mais elle n’avait rien de la courtisane et plus de la jeune fille qui découvrait encore certaines choses…

Il ne fallait pas non plus la croire complètement ignorante… Elle avait « vampirisé » un homme qui avait eu une vie bien remplie et elle avait aussi eu l’opportunité de faire ses propres expériences. Toutes mineures fussent-elle. Cela dit, il y avait toujours quelque chose qui parvenait à la déstabiliser, envoyant aux quatre vents toute forme de confiance qu’elle pouvait avoir, ou simplement afficher… Il suffisait que cela ne soit plus un jeu, que cela devienne sérieux… Et à ce moment-là, elle ressentait toujours le besoin de prendre un temps de réflexion pour se calmer et étouffer dans l’oeuf cet éternel réflexe qui consistait à vérifier si c’était bien à elle que l’on s’adressait avant de s’en étonner…

Elle ne put empêcher ses doigts de légèrement se contracter autour de sa choppe, se raccrochant à cet objet solide et anodin dans l’espoir d’y puiser un peu de courage. Ou d’esprit, elle n’en était pas trop sûre… Mais elle ne pouvait rester indéfiniment sans réactions, ce ne serait certainement pas très « correct » de sa part. Et c’était sans compter qu’elle avait envie de lui répondre, il suffisait juste qu’elle parvienne à retrouver sa personnalité de jeune femme confidente et d’étouffer celle d’innocente qui ne savait pas trop avec quoi elle jouait...


-Ca tombe bien, je ne me suis jamais vue faire fortune...





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MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Mer 7 Juin - 19:25

Chapitre VIII:  un Skirnir paie toujours ses dettes

Acte VII: Rivalry


Fenris se rendit compte qu'il en avait trop dit un peu tard et ne manifesta pas vraiment de regret. Ses sourcils se rapprochèrent de scepticisme bien que son œil reste pétillant de bonne humeur. Il ne pourrait pas vraiment dire la vérité même s'il l'avait voulu, et pour être honnête il se serait abstenu de toute façon. Les raisons et circonstances de son engagement envers la couronne étaient pour le moins  particulières, en somme un sujet et des détails sordides qui le rendaient coupable et honteux. C'était suffisamment difficile à gérer comme ça aussi il évitait de remuer le couteau dans la plaie et alourdir la bonne ambiance autant que possible. Il baisse un peu la voix.

« J'ai signé un contrat exclusif avec un employeur très demandant. Les agents du Roi... bah tu dois savoir comment ils fonctionnent même si tu n'as pas eu affaire à eux directement. Méprisants, exigeants, moralisateurs et très à cheval sur les formalités et la procédure. » Sa main se perdit dans l'air comme pour balayer ce souvenir. « J'espère m'en acquitter le plus vite possible et retourner à ma vie de voyageur mais pour ça va falloir que tout se passe bien avec Orland. Enfin on a le temps de revenir là-dessus plus tard. Et toi qu'est-ce que tu fais avec un type pareil ? »

Fenris haussa les épaules et joua avec son verre, observant les nombreuses émotions qui passaient sur le visage de la jeune femme. Elle n'était pas vraiment un livre ouvert et il n'était pas toujours aisé de deviner ce à quoi elle pensait, mais il aimait la myriade de couleurs qui se reflétaient dans ses yeux.
Ensuite et bien il n'avait pu s'empêcher de jouer la carte de la provocation, même si ce n'était finalement qu'un jeu où il n'avait aucune mauvaise intention. Peut-être se laissait-il aller à cause de la fatigue ou du fait que Kalysta lui soit sympathique. Ce qui est sûr c'est que l'espace d'un instant il redevenait lui-même, joueur et bon enfant plutôt qu'un bougon sans espoir.

Dans le dos de la demoiselle il sentit sa tension de façon presque palpable, quoi qu'il ait décidé de ne pas envahir son espace vital en se tenant trop près. Après tout ils ne se connaissaient pas si bien que ça et il n'était pas exclu qu'elle comprenne mal son attitude. D'un sourire il la laissa se retourner pour lui faire face et rit doucement en la voyant s'empourprer. Appuyé contre le mur il laissait son regard osciller entre Kalysta et la cible accrochée au mur d'un air éloquent. Ce n'était pas son genre de refuser un défi, même quand il s'agissait des trucs les plus stupides. Une vieille habitude qui lui avait parfois coûté cher... mais au moins lui évitait de s'ennuyer.


« Alors si tu me disais quel genre de dette j'ai contractée exactement, que je sache à quel point je suis foutu ? »


Il rit et se saisit des fléchettes qu'il vit danser entre ses doigts, visiblement peu inquiet. Néanmoins il était rongé de curiosité concernant Kalysta. Concernant ce qu'elle était vraiment devenue tout ce temps, ce qui pouvait bien la pousser à coopérer avec un porc comme Orland, et finalement... quels choix elle allait faire au sujet de sa promesse sur les côtes. Priant intérieurement que le marchand se soit endormi sur ses documents ou soit en train d'échafauder un plan qui prendrait des heures, Fen tendit les fléchettes à Kalysta d'un regard espiègle.

« Honneur aux dames. »



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MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Ven 9 Juin - 21:21

La jeune femme eut une légère grimace en apprenant qui étaient les réels patrons de Fenris. Effectivement, les agents du roi n'étaient pas connus pour être les plus faciles à vivre et il n'était pas rare que les agents de la Rose se retrouvent contre eux. Techniquement parlant, cela faisait de l'ascan un potentiel ennemi... Enfin, ce n'était pas comme si elle ne savait pas avec qui Orland était associé et elle savait qu'il y avait une différence entre le fait de travailler pour quelqu'un par conviction et le fait d'avoir tout simplement besoin d'argent. Et ce, lorsque l'on avait le choix, ce qui n'était pas forcément toujours le cas...

-Franchement, certains agents royaux valent bien Orland... Peut-être pas exactement pour les mêmes domaines mais travailler pour l'un est aussi agréable que de travailler pour l'autre...

Et ce tout simplement parce que les agents du Roi avaient parfois tendance à s'approprier formalités et procédures en les personnalisant à leur avantage. C'était contre ça que la Rose luttait et c'était pour cela qu'elle était vue principalement comme un ramassis de hors-la-loi... Parmi ces agents bien propres sur eux il y en avait qui étaient certainement pire que Orland et, malheureusement, avaient aussi bien plus de pouvoir que lui... La jeune femme haussa légèrement les épaules, affichant clairement qu'elle s'était fait une raison depuis longtemps...

-Nécessité fait loi. Je n'ai pas toujours le choix de pour qui je dois travailler malheureusement... Cela dit je vais pas me gêner pour la facturer plein pot pour un service minimum. C'est pas une grande rébellion mais ce sera toujours ça de pris ! Et puis une fois que le contrat était signé, je pouvais difficilement le désister, aussi exécrable soit-il...

La jeune femme laissa son regard s'attarder un peu sur Fenris... Jusqu'où allait-elle oser pousser sa chance ? Elle ne déniait pas qu'elle appréciait l'ascan. Il avait un charme un peu brute qui ne la laissait pas indifférente mais elle n'était pas vraiment une habituée de ce genre de comportement. Elle s'empara des fléchettes, évaluant leur poids et si elles avaient encore un minimum d'équilibre après être passées entre les mains d'une armée d'hommes soûls... A se demander si elle ne soupesait pas ses options au travers des fléchettes.

-Et bien tout dépend... La première fléchette vint se planter avec un bruit sec à mi-distance du centre, en plein dans la zone triple du 20. La jeune femme haussa un sourcil, probablement aussi surprise que Fenris par ce résultat. C'était bon signe. Probablement. Peut-être ? En tous cas cela annonçait une partie difficile car elle ne doutait pas un seul instant que son adversaire serait à la mesure. ...la partie où nous partageons un verre se passe déjà bien, non ?... La seconde fléchette fut moins chanceuse, même si elle parvint à rester sur la cible et à obtenir un petit bonus. La jeune femme fit comme si c'était le résultat attendu et qu'elle n'avait pas visé le 19... ...La suite... La troisième fléchette vint marquer un nouveau double mais la valeur était beaucoup plus satisfaisante. La jeune femme alla récupérer les trois fléchettes, notant son score sur le tableau se trouvant à côté, avant d'offrir les petits projectiles à Fenris avec un sourire.

-...Au gagnant le choix !

Kalysta recula pour laisser le champ libre à son adversaire. Elle finit adossée au mur, les bras croisés, à l'observer.

Spoiler:
 





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MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Jeu 29 Juin - 17:52

Chapitre VIII: un Skirnir paie toujours ses dettes

Acte VIII: Curiosity killed the cat

Fenris fronça du nez à la comparaison, trouvant difficile à croire que les agents de la couronne et Orland soient sur un pied d'égalité moralement. Certes la corruption était partout et cètait toujours dangereux de faire des généralités, mais malgré les échanges peu amiables qu'il avait eus avec son employeur il ne pouvait se résoudre à préférer le marchand. Au moins les officiels savaient se tenir et pour la plupart traitaient les gens comme des êtres humains, au moins en apparence. Certes en théorie rien ne les empêchait d'être des goujats en catimini, seulement au moins ils avaient conscience qu'à trop en faire ils risquaient la corde. Le Roi se montrait étonnamment conservateur en dépit de son passé d'hédoniste et comme tout dirigeant il était peu recommandé de le contrarier ouvertement.

Son regard glissa vers les serveuses qui allaient et venaient, avec la gravité de l'inconnu qui s'inquiète de leur sort. Combien de fois par jour se faisaient-elles approcher ou peloter par des types comme Orland ? Fen grimaça de dégoût. Ce genre de trucs le rendait littéralement malade.


« Au moins ils sont sous surveillance, même défectueuse... pas Orland. Je n'suis pas un fervent défenseur de la monarchie pas plus que des autres gouvernements, mais pour avoir vu un peu de tout dans ma vie, je continue de penser qu'il vaut mieux un système imparfait que pas de système du tout. » Il sourit avec une légèreté qui tranche avec le sujet.
« Il y aura toujours des gens assez malins ou chanceux pour passer entre les mailles du filet, mais au moins il y en a un pour empêcher la majorité de faire n'importe quoi. Orland, comme tant d'autres, aime passer inaperçu quand ça l'arrange et finalement ne s'imbrique dans la machine que pour en tirer profit. Mais ne le fait-on pas tous à notre façon ? » Il rit doucement, anticipant un début de protestation indignée.
« Ne fais pas cette tête là, je ne dis pas qu'on est tous comme lui. Seulement j'ai depuis longtemps accepté le fait que personne n'est au-dessus de tout soupçon. »

Et certainement pas moi. Son œil se posa paisiblement sur Kalysta et le mélange de nervosité et excitation qu'elle semblait dégager. Elle ne semblait pas avoir peur mais faisait preuve de prudence malgré sa curiosité. Fen fit craquer ses phalanges et sa nuque, se sentant d'attaque envers cette petite compétition entre compagnons d'infortune. Cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de se détendre pour de vrai.
Et puis c'était toujours amusant de jouer avec des enjeux, quoi qu'il soit assez intrigué par les signes un peu contradictoires chez la jeune femme. Observant calmement son profil concentré et les mouvements de ses poignets lors des lancers il se tint adossé au mur, pimentant légèrement le tout de quelques commentaires plus ou moins provocateurs. Des sifflements d'approbation pour les plus jolis lancers, des sourires carnassiers lors des moins bons. Ils n'avaient après tout jamais dit que c'était interdit.

Plus sérieusement ça faisait du bien de se retrouver comme ça pour une pause méritée leur permettant enfin de s'oublier, de se noyer dans le bruit ambiant et la chaleur animée d'une bonne compagnie. L'oeil braqué sur les projectiles, Fen saisit une petite boite dans sa poche. Amusé, il taquine la jeune brune et roule une cigarette pendant qu'elle lance ses fléchettes. Faisant glisser le mélange de tabac agrémenté d'épices entre ses doigts agiles, il termine pensivement son office.


« Oh oui, ça se passe très bien. D'ailleurs je me demande si Orland s'est endormi... à moins qu'il ne se soit perdu en demandant son chemin vers les cuisines. »

Le borgne inspira une grande bouffée en prenant soin d'exhaler les vapeurs parfumées d'agrumes loin de Kalysta, savourant le seul 'luxe' qu'il lui restait. Un sourire espiègle se dessina sur ses lèvres tandis que son adversaire nota son score sur l'ardoise suspendue au mur. Cent deux points c'était un début tout à fait correct, ce qui signifiait qu'il devrait se montrer attentif pour ne pas se faire laminer. Du moins à supposer que ce ne soit pas un coup de chance, ce qui lui semblait improbable.
Par ailleurs les enjeux adoptés avaient le don de profondément l'intriguer. C'était risqué de s'exposer à l'inconnue d'une surprise... et bien qu'il ne soit plus surpris par le cran de Kalysta en lumière de son courage lors de leur première rencontre, ce choix restait inattendu.
Saisissant les fléchettes, il les fit danser dans sa paume afin de s'habituer à leur poids et leur forme. Elles étaient relativement bien conservées si l'on prenait en compte le nombre de fois où elles avaient été utilisées. Sa cigarette suspendue au coin des lèvres par une sorte de magie défiant la gravité, le lhurgoyf étudia la distance qui le séparait de la cible et se tint très nonchalamment prêt. Son poignet bougea dans un geste précis et silencieux, le bruit d'impact complètement couvert par les diverses conversations. Le projectile se courba en retombant en plein centre de la bulle.


« C'est... un drôle de pari. Et j'arrive pas à saisir si tu aimes vivre dangereusement, si tu sous-estimes l'audace de mon imagination, ou si tu es à ce point sûre de gagner. » Son sourire se fit victorieux.

Entre deux il tint sa cigarette de la main gauche, soufflant la fumée vers le plafond. Dégageant une mèche blonde de sur son front, il avait le côté gauche et le cache-œil presque recouvert sous son épaisse tignasse. Il poursuivit dans un mélange de curiosité et de provocation. Un autre impact imperceptible, les fléchettes se frôlent et la deuxième est bousculée de quelques millimètres, se plantant dans la demi-bulle. Il avait manqué de peu les tirs parfaits consécutifs.

« T'es sûre que t'es parée à toutes les éventualités ? »

C'était difficile à dire ce qu'il cherchait à faire car lui-même n'en savait trop rien. L'intimider en lui donnant une chance de se rétracter dans le cas où il serait gagnant ? La distraire en espérant qu'elle ait du grain à moudre quand viendrait son tour de viser ? Peut-être. Ou bien simplement voulait-il en apprendre plus sur les mystères de la jeune femme.
En attendant il était de bonne humeur aussi quand quelqu'un se mit à jouer de la guitare dans un coin de la salle Fen joignit sa voix à celle du chanteur, reprenant une vieille fable populaire typiquement Eridanienne de sa voix éraillée. Dans le coin ils étaient un peu méfiants envers les étrangers mais au moins ils n'avaient pas encore oublié comment s'amuser. Et un peu de musique ce n'était jamais de trop.

À moitié distrait par la joie montante dans la salle et un cris soudain qui retentit au mauvais moment il grimaça avant l'impact, sachant déjà que sa trajectoire n'était pas idéale. Et en effet sa fléchette dévia vers la droite, marquant treize points dans la zone double. Encore un peu et il aurait frôlé la catastrophe. Enfin au moins les points ne tombaient pas trop mal. Se promettant de faire plus attention aux irruptions ambiantes, Fen inscrivit ses cent et un points sur l'ardoise.


« À ton tour ! »

S’avançant vers la table pour utiliser le cendrier, le marin titilla Kalysta en rapprochant son visage puis haussa les sourcils à plusieurs reprises dans une une expression comique.

---
Très bon système, j'ai mis un peu de temps à comprendre mais je garde ! ^^

1er lancer 74 (1d100)-> 6 (1d6)-> 50
2ème lancer 95 (1d100)-> 5 (1d6)-> 25
3ème lancer 83 (1d100)-> 1 (1d6)-> 13 (1d20) *2= 26

Première volée : 501-101= 400



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Kalysta Elyomar

MessageSujet: Re: Un Skirnir paie toujours ses dettes   Ven 14 Juil - 3:55

Il était étrange à quel point la jeune syliméa se sentait à l'aise aux côtés du lhurgoyf… Ce dernier parlait de confiance, personne n'étant au-dessus de tous soupçons, mais elle réalisait que bien qu'elle ne le connaisse à peine, elle se permettait bien plus de libertés qu'avec d'autres. Et pourtant elle était loin d'être la dernière à avoir des secrets à préserver… Entre sa race et sa caste, elle aurait dût vivre en ermite et ne jamais se mêler aux autres. Cela dit ce soir semblait différent en beaucoup de points pour la jeune femme et elle comptait bien en profiter au maximum… Et déjà, pour cela, il était certainement plus prudent d'abandonner toute forme de discussion concernant la politique. C'était encore le meilleur moyen de finir en plein milieu d'une bataille rangée...

-Oh, je ne doute pas que tu sauras me surprendre si tu gagnes. Et dans le bon sens du terme...

Ce n'était pas tous les jours que la jeune femme se permettait autant de libertés… Fenris était de bonne compagnie, et la population de la taverne pas encore trop imbibée pour que la soirée s'annonce sous les meilleurs augures. Il y avait juste la question de ce qu'elle avait mis en jeu… Le lhurgoyf avait raison, elle avait tendance à envoyer des messages plutôt contradictoires, n'étant pas vraiment sûre elle-même de ce qu'elle cherchait à atteindre. Bref, elle ne savait pas trop ce qu'elle voulait pour une fois qu'on lui laissait vraiment le temps de pleinement décider. D'habitude elle avait tendance à faire passer sa race ou son organisation en premier quand elle n'avait pas à prendre une décision dans l'urgence.

Comme la gamine qu'elle était, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir attirée par Fenris, son côté un peu rugueux et indépendant… De là où elle était, elle avait un peu une vision « romantique » de ce qu'il était… Elle avait beau en avoir conscience, cela n'empêchait pas Kalysta de s'être énamourée de l'image qu'elle s'était faite de lui. Le grand gaillard, un peu mauvais garçon mais ayant un bon fond, libre de ses actes et de ses opinions… La réalité était peut-être toute autre, voir même bien plus sordide, mais la syliméa était encore bien jeune. Malgré l'expérience qu'elle avait pu cumuler au travers e son hôte et de ses propres péripétie, son coeur restait encore celui d'une toute jeune fille… Nuls doutes qu'elle se serait attirée un ricanement dédaigneux de la part d'Elië si elle venait à l'apprendre…


-Jolis lancés… Je savais bien que tu serais un adversaire redoutable...

La jeune femme accompagna sa répartie d'un sourire en coin, voulant se montrer plus sûre qu'elle ne l'était vraiment… S'emparant à nouveau des fléchettes la jeune femme se demanda si elle allait vraiment devoir prendre une décision au final… Fenris se montrait un redoutable adversaire à ce petit jeu finalement… Jusqu'à maintenant elle avait fait preuve de chance mais elle n'était pas sûre qu'elle n'allait pas finir par planter une fléchette dans une chopine plutôt que dans la cible. Soit par manque de talent, soit à cause de la pression. En attendant, cela restait bon enfant et elle décida qu'elle allait en profiter au maximum. Elle s'inquiéterait de qui demande quoi en récompense une fois qu'elle se retrouverait devant le fait accomplit…

Essayant de faire abstraction du bruit ambiant, et des tentatives de déconcentration de son adversaire, Kaly visa à nouveau la cible. Oeil fermé, un petit bout de langue pointant entre ses lèvres, elle lança la première fléchette de sa seconde volée. Cette dernière percuta la cible avec un bruit sourd et les discrètes acclamations de la petite poignée de personnes commençant à suivre sérieusement ce qu'ils étaient en train de faire… Ne voulant pas attirer le mauvais sort sur elle, la syliméa se refusa de célébrer cette excellente première fléchette avant de lancer les deux suivantes en une rapide succession, s'attendant presque à entendre quelqu'un pousser un cri de douleur. Là, et seulement là, la jeune femme se permit-elle un sourire ravie en constatant que non seulement personne n'était devenu borgne par sa faute mais qu'en plus elle avait fait un score tout à fait honorable...


-Ben ça m'a pas l'air trop mal parti finalement!

Le peu de spectateurs qu'ils avaient sembla de cet avis puisqu'elle eut droit à quelques claques amicales dans le dos ainsi que quelques sifflements approbateurs. Si le bruit ne la dérangea pas, elle manqua tout de même être propulsée dans une table voisine à cause de l’enthousiasme un peu trop vigoureux de l'un des clients. Elle parvint à se rattraper avec souplesse, évitant ainsi qu'un bête accident ne dégénère un peu trop rapidement en bataille rangée. Alors qu'elle offrait les fléchettes à Fenris après avoir noté son nouveau score elle se fit la remarque de soigneusement éviter la zone où se trouvait le gros balourd...

-Oh, il est tout à fait capable de s'être perdu dans les couloirs pour peu qu'une jolie serveuse y soit passée devant lui...

La jeune femme ne se faisait pas beaucoup d'illusions quant à son employé. Si jamais un joli minois lui avait proposé de se perdre quelques heures dans l'une des chambres, il avait probablement suivi sans se poser la moindre question et en oubliant toute forme de professionnalisme. Aussi agaçant et frustrant que cela soit, elle pouvait difficilement aller le chercher pour le ramener en le tirant par l'oreille. Déjà, elle n'était pas non plus sa mère, ensuite, cela sous-entendait entrer dans une chambre avec lui et c'était un risque qu'elle ne comptait certainement pas prendre. Elle avait déjà suffisamment eu à faire avec ses mains baladeuses pour éviter de provoquer une rechute...

-Si t'as envie d'aller le chercher par la peau du cou dans sa chambre, libre à toi… Mais moi je passe mon tour. Il y a des choses sur lesquelles je veux pouvoir conserver une once d'innocence...

La jeune femme eut un sourire en coin, laissant l'image potentiellement déconcentrer son adversaire maintenant que c'était à nouveau son tour de tirer. Imaginer Orland en train de fricoter avec quelqu'un avait certainement de quoi traumatiser plus d'un esprit…

-Après, si tu as vraiment peur de perdre, je peux essayer d'aller le chercher...

Kaly prit un air faussement innocent alors qu'elle restait adossée au mur, attendant de voir quel score il allait faire...


Spoiler:
 





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