[Terminer] Le calme après la tempète



 
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 [Terminer] Le calme après la tempète

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Duscisio Balibe

MessageSujet: [Terminer] Le calme après la tempète   Mar 4 Oct - 15:30

Les quelques jours après l'avènement du colosse de Paramis se sont passés comme le calme après la tempête.

Les dégâts et les victimes causées par ce dernier était énorme. Il allait falloir plusieurs mois pour que les réparations soient entièrement terminées. Ceci dit, les habitants se sont mis à pied d'œuvre très vite pour pouvoir retrouver leur habitude, pour les plus chanceux, il aidait leurs voisins à quelques menus réparations, principalement les toits, dont de nombreux d'entre eux avait été endommagé par la créature qui s'était posé dessus comme un rapace guettant une proie.

Le principal concerné par ce récit rentre chez lui après une autre longue journée.
Participant aux soins des blessés avec la haute-prêtresse de Kesha à l'hôpital de la capitale. Autant ses qualités d'herboriste que de magiciens, celui-ci utilisait aussi bien l'un de ses pouvoirs pour copier les magies de soin pour aider les cas les plus graves. Bien sûr, ses efforts l'épuisaient. Alternant entre ses compétences, l'albinos prodiguait un travail de qualité comme à son habitude.
Fournissant certains produits, il retournait souvent dans sa boutique pour aller en concocter avec l'aide des commerçant lui fournissant les ingrédients nécessaires qu'il ne posséderait éventuellement pas en stock.
En ce qui concerne la journée de demain, elle allait être particulièrement chargé. Certains remèdes manquaient à l'appel et l'herboriste s'était proposé à être ceux qui allaient en fabriquer pour soigner les blesses qui en avaient encore besoin.

Le seul bémol se trouvait dans la disponibilité matérielle.
En effet, il n'en avait pas suffisamment pour une production à grande échelle. Fort heureusement, certaines aides vint à lui proposer de lui prêter de quoi l'aider. Chaudrons, fioles, ingrédients, tout lui serait livré demain matin.
Avec le recul, le rosier blanc avait une tout autre idée en tête. Cela faisait un moment déjà qu'il attendait la bonne occasion pour une nouvelle importante concernant sa locataire qui arrive dans quelques minutes, habitant chez lui pour quelque temps dans la seconde chambre de sa demeure.
Sachant parfaitement, qu'elle allait venir directement à l'étage il y monta afin de se changer dans un habillage de maison plus confortable.
Une fois changé, il se retrouva rapidement devant un petit coffret qu'il posa sur la table basse devant la cheminée. Les regardant comme des objets très importants, il se rappela quand il lui avait offert le collier de sa mère quand il avoua ses sentiments à la belle sirène lors de leur première retrouvailles.
Les deux artefacts, absolument identique ressemblaient à deux bijoux tout ce qu'il y a de plus normal. Leur beauté simple était habillé d'une pierre de sphène transparente légèrement bleuté qui n'attendait que de s'allumer par ce pourquoi elle était faite.
Les alliances jumelle, Lullaby et Melody.
Il les avait récupérées à Hellas il y a si longtemps qu'il ne saurait dire comment.

Le fait de les avoir sortie ainsi, c'était bel et bien question de les offrir, mais pas pour ce que l'on croit. Certes ce sont des alliances, qu'il était allé chercher de lui-même pour cette raison. Aujourd'hui avec le recul, ses pensées étaient tout autres.
Refermant la boite, il retourna à la cuisine, fouillant les tiroirs pour proposer un menu. En pleine réflexion que ce soit sur lui-même ou sur ce qu'il se passait autour, Duscisio semblait songeur. Bien que le bonheur revenait chaque jour en travaillant avec Othello, que la santé s'entretenait par un métier qu'il excelle. Il lui semblait manquer quelques choses.
Coupant lentement les légumes avec un long couteau, laissant la viande sur la table de travail, il réfléchissait et attendait qu'Othelle revienne afin de laisser envahir de la chaude présence qu'il manque dans la maison.


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Dernière édition par Duscisio Balibe le Dim 10 Sep - 23:26, édité 1 fois
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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Jeu 6 Oct - 19:25

Le sang coulait à flot sous ses doigts de verre, et à chaque mouvement, elle sentait le flot chaud et enveloppant passer au travers de ses mains. Othello, dans un tablier maculés de larges tâches incarnats, avait les deux mains profondément enfoncées dans le torse d’un homme qu’on lui avait amené en urgence. Bien décidé à reconstruire sa maison seul, il avait décidé de commencer par la toiture, glissant accidentellement sur une tuile pour venir s’empaler sur un morceau de poutre – et en réchapper vivant. D’un geste éprouvé, la sirène s’essuya une large goutte de sueur qui tombait sur son front de nacre, légèrement moite, qui diffusait avec quelques mèches humides des volutes d’iode, d’algue et de plante médicinale – la camomille, la fleur d’orange et des soupçons d’asphodèle. On lui avait relevé les manches, et autour d’elle, deux autres soignants de son Eglise s’affairaient à l’aider pour arrêter la violente hémorragie.

Si apprendre avec les prêtresses de Cimméria lui avait appris la méthode, soigner aux hospices Hespériennes lui apprenait une rigueur extrême. Les soignants étaient plus cultivés, plus adroits dans leur diagnostiques. Dans le nord, les guérisseurs se montraient plus strictes, plus froid. Ici, l’accueil était toujours chaleureux... Quitte à vendre de l’espoir aux plus condamnés. La sirène n’appréciait pas beaucoup cela, elle qui aimait tant la vérité médical. Cependant, elle s’était rapidement habituée aux grandes paroles, comme pour les patients qui appréciaient sa douceur et son silence apaisant. C’était vrai qu’elle était avare en parole, mais mieux valait parfois cela qu’une vérité trop brutale. Eh puis, cela lui avait taillé les prémices d'une réputation, et les patients avaient l'air d'apprécier.


« - Ma Dame, si nous ne comprimons pas l’artère, il risque de... »
« - Je le sais très bien. » Le coupa-t-elle, plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu, mais avec un aplomb rassurant qui poussa le chirurgien à regarder ses chaussures.

A ces mots, le pendentif bleu qu’elle portait au coup s’illumina, et ses mains irradièrent d’une belle lumière irisée. Bientôt, le saignement n’était plus que de l’histoire ancienne, et il ne restait plus pour eux qu’un simple travaille de suture. Elle retira promptement ses mains de la chaire soignée, et s’écarta du blessé pour laisser ses disciples faire leur travail. Depuis l’attaque, elle avait appris à se servir de ses pouvoirs d’une façon bien plus habile.  Au lieu de soigner à en perdre le souffle, elle dosait habilement quand user de l’essence divine, et quand, au contraire, utiliser ses dix doigts. En cela, elle était devenue très habile, et savait réparer tout le possible en un tour de bras.

De tous, c’étaient les enfants qu’elle appréciait le plus. Usant de douceur et d’un calme olympien, elle leur montrait un visage maternel qui les calmait, et parfois de la flamme de Kesha pour enlever la douleur. Il ne fallut que peu de temps après le drame pour que le nom de la Haute-Prêtresse ne soit connu de tous, blessés, et soignants, et que l’on commence à affluer pour l’observer faire, à l’œuvre, au sein même des patients qu’elle travaillait à reconstruire.

Elle entendit un soupir de contentement, et se retourna brusquement, montrant sa figure figé au médecin qui opina derechef. Le pauvre homme était tiré d’affaire. Sous médication pour le moment, il se réveillerait bientôt et sans séquelle, autre qu’une disgracieuse cicatrice sur le ventre. Acquiesçant tacitement, la naïade se retourna, observant la fenêtre en remarquant l’ombre des soleils glisser lentement sur la ville, laissant sur les toits couler un habit d’or. Il était temps de repartir.


***


Sur le chemin, elle traîna du pied, rompue de fatigue. Elle formait une drôle de silhouette, pâle comme la lune, tranchant subtilement sur les pavés sombres et luisant de rosé. Depuis qu’elle était arrivée, sa vie avait pris une tournure des plus actives : elle avait veillé sur son ami le loup dans un secret religieux, tout en rejoignant les guérisseurs avec son ami et nouvellement hôte Duscisio. Il lui avait offert l’hospitalité immédiatement, et elle avait accepté avec joie. Leur cohabitation se passait d’ailleurs très bien, et elle appréciait sa présence. Mais elle ne perdait pas la volonté fébrile de vouloir se trouver un toit à elle, et avait commencé ses recherches, grâce à l’aide de Fenris – plus ou moins douteuse, mais très utile. Cependant, elle n’avait toujours pas trouvé la perle rare qui lui sauterait aux yeux... Mais elle ne perdait pas espoir, et se savait pressée par la course de l'aiguille. Elle avait fait rapatrier Drasha et Jehyel, il leur fallait bien une maison pour bientôt.

Après plusieurs minutes de marche, elle arriva finalement à hauteur de la boutique. Elle reconnaissait déjà dans la rue les parfums volatiles des plantes et des potions fumantes, et elle suivit l’enseigne pendue du regard pendant quelques pas. Passant devant la vitrine, elle surprit le regard sombre de son reflet dans la vitre, et s’étonna de son air de bouchère. Déjà fluette, elle s’était un peu amaigrie, ne mangeant que peu, et ménageant ses forces une fois chez Duscisio. Mais il connaissait maintenant son appétit d’oiseau, et elle lui en était reconnaissante. Ses cheveux sélénites avaient été tirés vers l’arrière dans une grande queue de cheval, et l’on voyait distinctement sur son visage la marque de ses cernes. Sur ses longues manches blanches, par petites tâches éparses, des gouttelettes de sang formaient de petits chemins rouges.

Comme à son habitude, elle poussa la porte avec discrétion, pour ne pas déranger le maître s’il était à l’ouvrage. N’osant pas bouger d’avantage, elle tendit l’oreille, alerte au moindre bruit de liquide bouillant ou au crépitement d’un feu de marmite. Seul le silence lui répondit, lui indiquant qu’il devait sûrement déjà être à l’étage. Ce n’était guère étonnant à cette heure-là, mais elle se rappelait l’avoir déjà vu travailler jusqu’à tard dans la nuit. Montant doucement l’escalier dans une démarche lente et fatiguée, mais avec la grâce d’un cygne, elle fut accueillie en haut des marches par le bruit d’un couteau et les grattements de la plume du grand Corbeau de l’albinos. A bien y penser, s’était une curieuse aubaine qu’elle ne lui délivra que des recettes de potions. La sienne, arrivant avec ses affaires depuis Helas, n’écrivait que des poèmes enflammés sur la beauté du monde, de l’amour, de la mort et de la vie. Guères utiles, mais particulièrement agréables pendant la nuit quand le sommeil vient à manquer.

Le bruit des couteaux l’indiqua qu’il devait être à la cuisine. Soucieuse de bien faire, elle marcha très discrètement jusqu’à la chambre d’ami, posant sa besace sur le lit, et enfilant dans la hâte une robe plus décente – au moins plus propre. Elle dénoua ses cheveux, et repartit aussi sec.
Finalement, elle se présenta dans la cuisine, observant avec curiosité les légumes subir leur triste sort, et prête à donner une main bienveillante pour épauler son ami.


« Comme d’habitude, vous m’avez devancé... Si je peux vous aider, j’en serais très heureuse. » Lui dit-elle calmement, prête à attraper elle aussi un couteau ou une cuillère. « Nous avons réussi à guérir Jensen. » Duscisio avait assisté à l’arrivée triomphale du terran et sa poutre, et ses cris de douleur qui résonnaient jusqu’au bout du couloir. « J’ai pu reconstituer l’arrière de son dos et ses organes, et nous avons finis le reste à la main. Il s’en remettra bientôt. Et vous, comment se portaient vos malades aujourd’hui ? » Elle s’installa sur le côté de la table, attendant d’être appelée en renfort.


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Sam 8 Oct - 16:25

Lors de sa cuisine, il fut interrompu par la jeune demoiselle dans un large sourire. Ses mains s'immobilisèrent afin d'éviter toutes blessures.

Je suis l'homme de la maison, il faut bien nourrir tout le monde.

Riant doucement, il l'invita à prendre sa place.
Son besoin professionnel était d'écouter ce que sa plume lui écrivait. Posant le couteau et son tablier, il présenta brièvement le plat du soir et son besoin de couper les légumes en petites lamelles avant de passer à la viande.
Rapidement, il jeta un coup d'oeil sur le parchemin sur lequel écrivait sa grande plume noire magique. La lecture attentive voir un second passage sur le texte était nécessaire pour analyser l'onguent qui était en train de voir le jour sous ses yeux et il fut rapidement déçu du résultat quand il reconnut la recette qui avait déjà été écrite des mois auparavant : un poison et son antidote.
Si la plume lui déversait très souvent ce genre d'écrits, il n'en est pas moins satisfaisant de le voir sortir sur parchemin une recette d'un remède aussi rare qu'efficace à produire. Sa spécialisation sur les plantes rares rendaient l'herboriste blanc dans l'estime de beaucoup d'autres dans le même métier. Sa patience pour trouver la dite plante dont il a besoin, son stock se trouvant dans l'arrière boutique de plantes pour la plupart endormie sous forme de graine et enfin son contrôle sur les plantes qui lui permettent d'en faire pousser autant qu'il le peut.
Prenant une plume à part, il vint à noter une petite inscription « poison » au haut à gauche du parchemin, laissant par la suite terminer la plume de son écrit.

À croire que cette plume veut ma mort, fit-il d'un grand sourire avant de retourner au fourneau.
Il coupa sa route pour mettre une bûche dans le feu.
La discussion vint à rassurer de la vie d'un des patients de la sirène. Un homme qui réparait un toit a fait une chute qui pourrait dût lui coûter la vie, comme quoi même après sa disparition le colosse continuait à faire des ravages.

Content de l'apprendre. Commença t-il. J'entends encore ses hurlements dans la tête. Ça fait plaisir de savoir qu'il va s'en sortir.

Ne répondant pas encore à la question suivante, il tourna l'attention sur la cuisine dont il prit les rennes pour couper la viande. Comme il s'y attendait, Tuanio dormait sur son perchoir habituelle à côté de son épée sur le présentoir. La même épée qui avait aidé à terrasser le colosse il y a quelques jours.
Tandis que les deux félins étaient au abonnée absent.

Rien d'aussi sanglant que vous. Continua t-il en donnant un petit morceau pour les gros chats de la belle. J'ai aidé à soigner les blessures les plus simples en piquant un peu la magie de certains guérisseurs. Entre les brûlures et les plaies, seul les douleurs physiques étaient moins agréables.

Par piquer il entendait l'utilisation de l'un des pouvoirs qui lui avait été donné par les dieux. L'alpha sigma tel qu'il l'avait appelé, lui permettait de copier une magie dernièrement utiliser à une personne qu'il touchait, la seule contrainte en plus de comprendre comment cela fonctionne. Ses connaissances en magie sont également exemplaires comme on pouvait en douter. Bien qu'il en apprenne tous les jours il y a certains pouvoirs qu'il ne peut prendre. Viendra peut-être un jour où il pourra copier une magie qu'il ne fera que voir. Qui sait ?

Par contre, demain matin je vais devoir travailler à la boutique toute la journée. Il y a un manque grandissant de certaines potions et je me suis proposé en plus de certains commerçants qui possèdent les mêmes faculté d'en fournir.
Donc à l'aube, j'attends la venue de matériel pour une préparation à grande échelle.


Le service rendu était à la hauteur de sa réputation. Altruiste comme toujours, il avait néanmoins des limites de matériels et de produits à transformer.

Vous repartez pour l'hôpital demain je suppose ? Vu ce pauvre Jensen, d'autre personne auront besoin de vos compétences.

Il avait également reconnu les capacités d'Othello et ce depuis longtemps. Sa venue est un réel soulagement pour les victimes du colosse.


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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Mar 11 Oct - 11:18

Pendant quelques instants, la sirène se retrouva curieusement hypnotisée par la danse de la lame avec le corps d’une pauvre courgette que l’herboriste, d’une main experte, réduisait en fines lamelles. Elle regarda le métal froid pénétrer le légume, et suivit sa course à travers la chaire translucide pour la voir ressortir de l’autre côté, sa torture accomplie. Cependant, elle sourit gentiment à sa remarque. C’était étrange, néanmoins, que de dire ça, alors que dans son foyer, étant petite, c’était le travail de sa mère ou de leurs nourrices de nourrir tout le monde. Depuis son enfance, elle avait appris que c’était un travail de femme, bien qu’elle n’ait jamais appris à cuisiner, et chacune de ses tentatives se soldait par un échec assez pitoyable. La seule chose qu’elle maîtrisait habilement était la concoction de potions. Duscisio se débrouillait bien mieux qu’elle à cet exercice, et réussissait la cuisine à merveille. Dans leur cas, il valait mieux que ce soit lui qui les nourrisse...

Il se leva et alla s’enquérir des travaux de sa plume, et en revint déconfit. Elle savait que la capricieuse enfant du grand corbeau pouvait parfois radoter, et elle se souvenait qu’elle avait déjà accouché de la même recette plusieurs fois. Elle se demanda si Duscisio avait de nouveau trouvé un remède qu’il connaissait déjà, et s’aperçu qu’elle avait, en cela, raison. Il annonça seulement la nature du liquide, par jeu de mots tout en se penchant sur le fourneau d’un mouvement expert, et elle le suivit du regard, passant ses mains dans sa chevelure pâle qui coulait le long de ses épaules et de sa poitrine comme une rivière que ses doigts peignaient. L’ombre d’une minute, elle se laissa transporter par la myriade de parfums qui se dégageaient du four, et qu’elle savoura comme autant de plats qui avaient été mijotés dans cette cuisine. Là, elle distinguait l’odeur du thym et de la volaille, ici, un poisson juteux aux épices orientales, là, des châtaignes chaudes et du potiron rôti. Ouvrant de nouveau les yeux, elle écouta attentivement l’herboriste. Acquiesçant, elle couva du regard le corbeau qui dormait doucement, ses pupilles blanches recouvrant ses yeux noirs. Elle venait tout juste de le rencontrer, et était toujours surprise de la bavardise du volatile.


« Oui, il nous a fait une belle peur à tous. Pendant longtemps, j’ai bien cru que nous allions le perdre tant il saignait. » Elle joua avec une mèche du bout de ses doigts diaphanes, et soupira, les souvenirs sanglants envahissant son esprit avec des jets pourpres, la vue du dos troué lui brûlant la rétine quand ils retirèrent la poutre. Elle dû agir vite pour boucher le trou, s’empressant d’apposer ses mains brillantes sur la chair pour ne pas laisser le temps au malheureux de mourir. « Heureusement que les médecins étaient là, sans eux je n’aurais pas réussi à le sauver. »

Pendant ce temps-là, il avait commencé à s’occuper du large bout de viande, que la demoiselle regarda avec un mélange d’envie et de satiété. Elle était heureuse de savoir que pour lui aussi, les choses s’étaient bien passées. Elle soupira. Ils croisaient de tous dans cette clinique : des blessés lourds comme Jensen, mais plus communément des petits bobos, des plaies anodines, surtout sur des yorkas, des brûlures, des rhumes... C’était très heureux qu’il ait ce pouvoir si particulier, un vrai miracle diraient certains. Ainsi, il pouvait aussi participer activement aux soins, en plus de fournir l’hôpital avec des remèdes. C’était un énorme travail, et elle restait admirative face à toute son implication. Silencieusement, elle ne pu qu’être tacitement d’accord avec ses paroles. La douleur physique était parfois plus tenace et plus fourbe que certaines blessures, et il arrivait que certains patients de s’effondre, plus par douleur que par réel problème. On l’appelait souvent dans ces moments. La sirène accourait toujours, les bras enveloppés par les flammes blanches, et aussitôt, à son approche, les douleurs, les peines, les tristesses... Tout cela s’évanouissait dans une brise, dans une douce chaleur, brûlant avec le crépitement des braises sélénites. Ce pouvoir était une bénédiction, et Othello priait Kesha pour le lui avoir confié.

Quand il expliqua ses plans, la naïade ne put qu’être d’accord, acquiesçant docilement en penchant son visage de porcelaine en direction de la table.


« - Vous faites preuve de beaucoup de générosité Duscisio, les malades en seront grandement heureux. J’ai également remarqué qu’il commençait à manquer de cicatrisant et de coagulant. » C’étaient les deux élixirs les plus utiliser par les soignants. Elle savait que son ami en avait une excellente recette, et ceux qu’il manufacturait étaient d’excellente facture, et d’une efficacité redoutable.
Chez elle, à Hellas, Othello en avait aussi de bonnes recettes, mais rien n’également le talent du maître. Qui plus est, loin de sa boutique et de ses plantes, elle n’était pas en mesure de les produire, et savait, de toute façon, qu’elle était là pour une tout autre raison. Il fallait qu’elle se concentre sur ce but, et ne réservait ses journées qu’à travailler à l’hôpital, quand elle n’était pas dédiée à son culte, ou qu’elle ne profitait pas de quelques heures de libres pour chercher un toit, et rendre visite au marin.
« Ne vous en faites pas pour demain matin, je serais discrète, je ferais en sorte de ne pas vous déranger quand vous récupérerez vos marchandises, ou quand vous travaillerez sur vos produits. » L’ombre d’un instant, elle se remémora son emploi du temps. « Je devrais d’abord célébrer une cérémonie demain matin, je partirai retrouver d’autres gélovigiens afin de faire un office sur la place où le colosse s’est effondré. Mais je retournerai à l’hôpital dès qu’elle est finie. Aurais-je l’occasion de vous y recroiser ? »

La naïade de fit statue, observant de ses yeux d’ébène le jeune homme s’affairait dans sa cuisine. Ils se ressemblaient beaucoup : il était également dévoué à son prochain, et toujours prêt à rendre service, et en cela, elle se sentait terriblement mal à l’aise. Cela la démangeait de l’aider, et elle avait du mal à rester en place, à le voir faire toute la cuisine seul. Cette sensation la piquait à vif, et sa peau d’albâtre avait alors des airs de cage, de prison. Elle détestait être inutile ainsi... Mais sous le toit du jeune homme, elle se devait de se taire, et elle savait qu’il faisait tout cela pour son bien. Osant seulement s’assoir, elle continua de le regarder faire, observant parfois le corbeau blanc dormir paisiblement.

« Si vous en avez besoin, je peux également vous donner un petit coup de main à la fin de mon service, si vos potions ne sont pas finies. Quels remèdes prévoyez-vous de faire ? » Elle lui montra des yeux curieux et vifs, et sa sincérité était transparente. Mais plus que tout, elle trépignait de pouvoir se rendre à son tour utile.


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Sam 15 Oct - 15:57

Comme Duscisio avait vécu seul, il était bien normal qu'il sache cuisiner.
Sans ça il aurait bien eu du mal à se nourrir correctement et ceci durant les sept dernières années. Le voir cuisiner pour quelqu'un d'autre que soi avait un côté gratifiant, quelqu'un qui apprécie sa cuisine ne pouvait que le rendre fier de lui. Bien que d'ordinaire, il ne mange que sur le pouce avant que la jeune femme ne vienne partager sous sa proposition sa demeure le temps qu'elle trouve un endroit où vivre.
Un endroit où vivre...
Bien qu'il lui ait avoué beaucoup de choses, il pensait également qu'elle allait vivre sous son toit avec ses deux félins. Bien que cette idée soit maintenant à oublier, il en restait pas moins certains de ce qu'il avait sur le cœur. Pour elle, pour ce qu'elle était. Chère à ses yeux, il ne lui ferait jamais aucun mal et aurai fait tout pour qu'elle vive des jours heureux en sa compagnie.
Résolu à ce que ne soit pas d'actualité et ce jusqu'à qu'elle lui donne une réponse. Positive ou négative, il lui laissera le champ libre même dans un amour à sens unique.

Légumes dans l'eau, il commença la viande lui demandant quelle quantité elle avait besoin, coupant en conséquence.
Ses derniers temps son propre régime alimentaire avait baissé aussi. Il mangeait peu pour les activités qu'il pratiquait.
Il était courant qu'il devait prendre des pauses de plus en plus souvent. Discrètement pour ne pas inquiéter tout le monde.
Autre ses patients, il fallait aussi s'occuper de soi, ce qui n'avait pas forcement la facilité avec laquelle on pensait avoir. Boire pour deux était déjà un fait, la Pistilose avait besoin également d'une quantité d'eau bien que son propre corps et son essence divine devait lui suffire.

Quant à ses activités, il s'était à nouveau engagé dans un travail lourd pour son corps et son esprit. Les fournitures qu'il allait produire le lendemain étaient importantes. Fort heureusement, le besoin avait été dispersé entre différant herboristes pour augmenter la rapidité du travail.
Alors, quand il s'agissait d'un manque de cicatrisant et coagulant, il fit mine qu'il allait devoir en faire en complément d'une autre personne du même métier. Il en restait pas moins qu'il était le seul à avoir la recette la plus efficace. Merci la plume du corbeau. La fleur de Cendre récupérer avec Othello il y a des mois de cela faisait miracle, du coup leur pousse allait être très demandé, autant que sa propre magie. Cas exceptionnel, l'aide d'un catalyseur n'allait pas être de refus.

Du coup demain matin, la sirène avait également un emploi du temps chargé. L'hôpital lui demandait énormément de travail à elle aussi. Chacun travaillait dur à sa façon.
Un office prêt du palais, là où il avait lui-même aider à abattre le colosse grâce à ses épées, puis l'hôpital encore où les malades et blessé affluaient en nombre. Pour lui, y passer allait être incertain.

Cela va dépendre de l'avancement de mon travail à la boutique. La demande est importante.

Terminant de couper la viande pour la mélanger aux légumes, son aide proposée à la fin de son service l'enchanta grandement, acceptant avec plaisir dans le cas où il n'aurait pas fini à la fin de la journée.
Il stoppa ses actions pour réfléchir un instant la main posée sur le visage, l'index tapotant sur son front.

Et bien, les coagulants et cicatrisant pour commencer, puis on m'a demandé quelques bricoles comme des crèmes... Ah. Tend que j'y pense. Fouillez dans les parchemins là-bas. Cela pourrait vous intéresser.

Il montra du regard une petite pile à côté d'une grande de parchemins manuscrite. Leur particularité ? La recette dont les plantes devaient lui parler plus qu'à lui.
Les écrits portaient le nom de plante aquatique, leur recette traitait de différant maux. Peut-être que l'une des recettes ne lui parlait pas pour qu'elle en fasse usage. Sur le chemin elle pourrait également apporter l'attention sur une petite boite disposée sur la table basse.

Certains parchemins ont l'air d'avoir des noms de plantes aquatiques si je ne m'abuse. Si vous pouvez en tirer quelques choses je vous les donne avec joie.

Portant le regard sur la demoiselle, il remarqua son oubli. Laissant la cuisson faire son office, il quitta cette partie de la maison pour se diriger vers la petite boite afin de la ranger sur l'une des étagères, comme un maniaque du rangement. Ce qu'il n'était pas quand on voyait son atelier.


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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Mer 19 Oct - 8:04

Othello leva les yeux. Duscisio prit un air pensif, et elle le dévisagea derrière son visage de poupée, douce, neutre. Elle se sentait bien dans cette cuisine, en entendant au loin le petit crépitement du feu. Quand il lui livra sa réponse, elle ne cilla pas d’un cil : c’était assez prévisible qu’il ne puisse lui allouer plus de temps, en sachant qu’il courait également après. Les mains masculines s’agitaient avec précisions sur les légumes et la viande, les maniant habilement quand il parlait. Othello regardait cela d’un œil curieux, presque amusé.

« Je l’imagine bien. Tous les jours, de nouveaux malades affluent. Nul doute qu’il va vous falloir vous armer de patience... »

Finalement, quand elle lui proposa son aide, il eut l’air heureux, et s’empressa d’accepter à la grande joie de la petite sirène, qui lui sourit poliment, étirant ses lèvres orangés. Cela lui creusa deux petites fossettes dans les joues. Elle ne se doutait pas que cela stimulerait tant d’enthousiasme chez le jeune homme, et ne pouvait s’empêcher de se sentir touchée. Elle recouvrit doucement ses genoux de ses mains, s’apprêtant à prendre les devants, mais elle fut arrêtée par le changement d’attitude de son interlocuteur qui releva sa main au visage, pour prendre un air particulièrement profond. Il semblait entrer dans une profonde réflexion.  Il devait avoir beaucoup de choses à l’esprit, encore plus pour ces derniers temps, et elle s’appuya à ne pas le déranger dans ses introspections. Sa mimique l’amusa doucement, et elle se surprit à suivre du regard le bout du doigt qui tapotait le front.

Celui lui fit plaisir d’entendre qu’il avait mis les demandes de l’hôpital en priorité par rapport à ses autres demandes. Comme toujours, il faisait preuve de beaucoup d’abnégation, et d’altruisme, et cela lui réussissait très bien. Sereine, l’ondine se promit de lui rendre la pareille quand elle le pourrait, se demandant si elle pouvait transmettre la demande auprès de son ordre ou de ses collègues à l’hôpital afin de lui faire offrir quelque chose. Se promettant de creuser la question, elle berça doucement son visage dans une courbe délicate, le penchant sur le côté avec une expression tendre, les yeux semis clos.
Finalement, elle rouvrit les yeux, continuant de prendre le temps d’écouter son aîné, hochant de la tête quand il la regardait. Effectivement, les crèmes faisaient partis des produits phares de sa maison, de ceux qu’il fabriquait le mieux, et à un rythme imbattable. Elle, à côté, n’était qu’une petite frappe en matière d’onguent. Ceux qu’elle arrivait à faire n’étaient pas de très bonne facture, bien qu’ils réussissent tout de même dans leur mission. Cependant, ils avaient tous un aspect pâle et vaseux, et diffusaient tous une sensation de chaleur sur la peau, tant elle les chargeait de plantes purifiantes. Dans certains cas, cela avait de très bonnes vertus : à Hellas, on recherchait souvent ces effets pour les courbatures ou les bronches engorgés. Mais elle se doutait bien qu’à Hesperia, les clients avaient d’autres priorités. Duscisio remplissait le contrat à merveilles, elle le savait bien. Et pouvoir apprendre avec lui ne serait que positif.

Finalement, alors qu’elle pensait enfin pouvoir participer, l’herboriste l’envoya vers la pile de parchemin qui trônait dans un coin de la pièce, à côté de la plume qui s’agitait toute seule. Sans en demander plus, elle se leva doucement, et se rendit auprès des documents qu’il avait sagement regroupés.  Les soulevant avec délicatesse, elle commença à les balayer du regard, s’apercevant bien vite qu’elle saisissait leur utilité en un coup d’œil. Le premier qu’elle souleva n’était d’ailleurs pas compliqué : il s’agissait de la recette d’une poudre à diluer qui devait diminuer les rhumatismes et soulager les articulations. Mais la sirène fut particulièrement surprise des ingrédients : les abyssiums aquaticae étaient d’ordinaire très peu utilisées, tant elles étaient dures à récolter et peu rentables en terme de vertus curatives. Othello fut bien vite plongée dans la lecture, en oubliant tout le reste de ce qui l’entourait. Elle ignorait totalement cet aspect de la plante... Ni même qu’elle pouvait être réduite en poudre si on la séchait correctement. Happée, elle attrapa son menton entre ses doigts, lisant plus encore. Sur un autre parchemin, il était question  des gloecus verivis pour en faire une potion à inhaler afin d’améliorer le système respiratoire, traitant notamment l’asthme. Très étonnant pour ces petites créatures, proches des champignons, mais qui poussaient sous quelques bons mètres de profondeur et par des températures glaciales...    

Ce n’est qu’alors qu’elle fut tirée de sa lecture par le comportement étrange et empressé de son hôte, qui récupéra hâtivement un petit objet sur une table basse. Entre ses doigts, elle distingua les contours d’une petite boîte, ou un petit contenant, qu’il alla abriter sur une étagère un peu plus loin. Il revint quelques secondes plus tard, l’air préoccupé par le repas, comme si de rien n’était. Feignant dans un premier temps de ne rien remarquer, elle le suivit du regard avec de grands yeux sombres, le visage impassible qu’elle portait habituellement braqué sur lui. C’était surprenant de la part de l’herboriste, et elle ne se souvenait pas l’avoir vu agir de la sorte avec elle auparavant. Piquée au vif, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de se demander ce qu’il pouvait bien vouloir lui cacher, et si cela avait de l’importance. Cependant, et même si, à présent, elle ne brûlait que d’aller récupérer le précieux opium, elle se retint. Après tout, il devait bien avoir ses raisons pour ne pas vouloir lui montrer l’objet. Et sa confiance pour lui était plus forte que la curiosité : après tout, il serait inconvenant de lui forcer la main sous son propre toit.
Elle le regarda revenir, et lui lança un regard qu’elle voulut neutre, mais qui était sûrement plus intrigué qu’elle ne l’aurait souhaitait. En attendant qu’il retrouve une place, elle rangea soigneusement les documents entre eux, et les regroupa en un petit paquet qu’elle attrapa doucement entre ses mains.


« Merci infiniment Duscisio, j’en ferais bon usage. Certains d’entre eux me parlent déjà. » Elle s’inclina poliment, et s’enfuit quelques secondes dans la pièce d’ami où elle les déposa sur le lit, avant de revenir, presque sur la pointe des pieds, jetant des coups d’œil maladroits sur la petite boîte sans plus en parler.

Finalement, au bout d’un long silence où Othello regardait malhabilement en direction du four, elle lui demanda, presque sans le vouloir :
« Que mangeons nous ce soir, mon cher ? ». Elle se tenait, gracile, à l’entrée de la cuisine, les mains liées devant le ventre pour s’empêcher de trop bouger. L’image de la boîte lui restait drôlement en tête, et elle faisait son maximum pour la chasser. Ce n’était pas ses affaires.
Alors qu’elle attendait sa réponse, elle repensa aux nouvelles recettes, et s’imagina trouver les ingrédients en ville le lendemain pour en faire la surprise à l’herboriste. Cela coûterait sûrement une petite fortune, considérant la distance avec le littoral, et la qualité ne serait peut-être pas la meilleure, et rien comparée à la fraîcheur quand ils sont cueillis à la main, mais cela pourrait toujours être de bonne augure qu’ils puissent essayer de les travailler ensembles. Une pensée en chassant une autre, la boîte retourna sur son étagère et fut bientôt remplacé par ses plans pour le lendemain. Maintenant, si il avait une journée de travail, ce serait peut-être maladroit de lui en imposer de nouveau.


« - En tout cas, ces recettes m’ont l’air très biens. Peut-être pouvons-nous les essayer ensembles ? »


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Mer 19 Oct - 15:51

Restant immobile devant la petite boite, le jeune homme devint un peu pensif. L'impression d'une dernière chance de se faire se lisait dans son regard caché comme un parchemin que l'on tient dans ses mains. Ses pupilles de chat aussi ronde que la lune scrutait le petit objet comme s'il regardait les deux artefacts à l'intérieur.
Il devait le faire, ou ce sera trop tard.
C'est ce qu'il se disait comme d'une fatalité qui arrivera tôt ou tard dans ses prochains mois. La pistilose ou autre chose pourrait en être la cause. Son voyage prochain peut-être dont il n'a pas encore parlé à la demoiselle. Une nouvelle séparation dont il ne voulait pas, mais il devait accomplir.
Il devait profiter de ses derniers jours avant de partir pour le lui donner, ou il le regrettera toute sa vie.

Se retournant tout en restant sur place comme pour cacher encore un peu l'objet, il lui sourit. La proposition de les faire ensemble l'avait tirée de sa torpeur comme d'un renouveau du partage qu'il désirait avec elle. D'un moment dont il gardera en mémoire durant de long mois comme d'un souvenir qu'il devait garder au plus profond de son cœur.

Cela me ferait très plaisir de vous aider.

Reprenant son air pensif – amusant pour la demoiselle – il semblait encore réfléchir sur la lecture qu'il eut plusieurs fois des plantes des différentes recettes. Faisant quelques pas pour contourner la table basse et retourner près d'Othello.
Il se mit derrière elle, les mains sur ses épaules, autant pour sentir son parfum que pour relire les recettes. Son regard porter sur les courbures de son corps avant de se réveiller un peu dans le sérieux et descendre ses yeux sur les parchemins.

Abyssium aqualicae, gloecus verivis, algaririum nautica.
Je crois que l'on peut en trouver chez l'un de mes collègues de travail en ville. J'ai ouïe dire qu'il en possédait de temps en temps, mais que rare sont les acheteurs.


Les relations qu'entretenait Duscisio avec les autres herboristes n'avait rien de négliger. C'est avant tout, grâce à ce genre de relation qu'il pouvait gagner un temps fou en rassemblant les ingrédients de bases. Lui qui possédait les plus difficiles à trouver c'était une aubaine.
Le corbeau blanc se réveilla quand il entendit son nom, battant des ailes pour se dégourdir. Regardant Duscisio en premier pour lâcher un "croä" aigu et surpris.
L'albinos s'écarta en toussotant légèrement. Et avait totalement oublié le dîner quand elle lui rappela ce que l'on mangeait ce soir.
Il se précipita dans la cuisine pour vérifier que rien n'avait trop cuit et arrangea ce qui devait l'être. Le parfum de sa cuisine n'avait rien d'extra-ordinaire. À vrai dire, il avait fait quelques choses de plutôt simple avec la viande et légumes, lui répondait-il pendant qu'il corrigeait son erreur.
L'envie de se poser était grande afin de se reposer un peu l'esprit et le corps, car les deux travaillent énormément.

Si tout est fait demain, nous pourrons commencer le jour suivant et voir ce que cela donne. Qu'en dites-vous ?

Comme si c'était la première fois, il lui montra les placards qui contenaient les assiettes et couverts pour lui demander de mettre la table pour deux.

Cela devrait être prêt dans quelques minutes.

Le regard plongé dans les marmites, il retourna dans ses propres pensées. Ses idées sont très flous.Le besoin de se détendre est palpable.
Harasser par le travail, il n'avait que très peu de moment pour décompresser. Puis il y avait les nombreux déplacements. Ses jours comme celui-ci, il les chérissait comme jamais, des jours où sa solitude se brise en agréable compagnie.
Les quelques minutes passèrent plus vite qu'on ne le pensait et il retira le dîner du feu pour le poser sur le côté. Il attendit un instant... Comme d'un soupçon de détermination il déglutit et l'appela en haussant la voix.

Othello !...

Le silence soudain et l'immobilisation de tous ses membres le laissaient à l'hésitation la plus totale, avec une lueur dans les yeux. Tuanio quant à lui les regarda autant surpris que n'importe qui que son ami prenne les devants d'un seul coup. Il la regarda dans les yeux, hésitant, montrant bien qu'il veuille dire quelques choses.
Les mots ne sortaient pas... Puis il respira un court instant.

C'est prêt.

Il saisit la marmite dans un grand soupire pour l'amener sur la table.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Dim 23 Oct - 13:08

Apparemment, l’ondine aux cheveux de nacre n’était pas la seule à avoir l’esprit ailleurs. Elle n’avait pas tout de suite remarqué à quel point l’herboriste avait l’air pensif quand il rangea la petite boîte, et à quel point il eut l’air surprit quand elle lui parla de nouveau. Comme si il sortait d’une longue et fatigante rêverie qui lui avait volé ses pensées, comme son énergie. Néanmoins, elle fut heureuse de remarquer qu’il avait l’air attendri par sa demande. Il accepta sa proposition, sans qu’elle ne puisse déterminer si c’était de joie ou de docilité, et revint près d’elle pour lire avec elle la liasse de recette qui s’entassait dans ses bras frêles.
Cela lui rappela des souvenirs qui commençaient à remonter, d’avant même qu’elle ne connaisse le jeune homme. Il fut un temps, peut-être guère aussi éloigné qu’elle semblait le croire, où le contact et la proximité la laissait froide, râpeuse comme la glace, en provoquant en son esprit des frasques troublés et luttes intérieurs. Mais la jeune femme n’était plus dupe : cela faisait quelques temps maintenant qu’elle avait ouvert les yeux. Grâce à Duscisio, à Malona, elle avait appris la différence entre une main bienveillante posée sur un bras et une agression. Bien que cela lui laisse toujours une impression étrange, et quelques frissons, elle ne broncha pas quand l’herboriste blanc posa sur ses épaules ses deux paumes, et elle réprima bien vite le frémissement qui naissait dans son dos. Sentir le souffle derrière son oreille fut étrange, mais elle s’y accommoda bien vite, pour retrouver les lignes soigneusement écrites sous ses yeux.

Alors qu’il énumérait certains des ingrédients, l’ondine s’aperçu alors que le problème soulevé par ces recettes était bel et bien là : si elles étaient en apparence difficiles, ce n’était pas pour leur complexité. En effet, elles étaient pour la plupart très simples, et ne nécessitaient pas une verrerie très élaborée contrairement à d’autres remèdes. Ici, une marmite, un fumoir, un mortier et un pilon tout au plus servirait à concocter le gros de la production. Le seul bémol était la matière première. Othello, en autres lieux et en autres heures, n’aurait pas peiné à les récolter tous, et pour cause. La cueillette sous-marine avait été un de ses arguments de ventes à Hellas, et lui avait permis de créer la plupart de ses recettes. Hors, au milieu des terres, il était vrai que cette entreprise s’avèrerait impossible. Quand Duscisio mentionna son contact, elle lâcha un soupir de soulagement, quoiqu’un peu retenue. C’était bien heureux qu’il connaisse tant de monde, et qu’un autre collègue ait les plantes voulues. Mais la jeune femme devait avouer qu’elle doutait fortement de la fraîcheur des échantillons, et de leur qualité. Pour le travail, il était vrai qu’Othello pouvait se montrer un peu capricieuse, surtout quand il s’agissait de son domaine d’expertise, et qu’elle appréciait particulièrement connaître l’origine et l’état de ses ingrédients quand elle ne pouvait pas aller les chercher elle-même.
Se calmant finalement, elle finit par se détendre : après tout, pour des essais, ce serait du gâchis que d’utiliser le haut du panier. Et si ils arrivaient à en trouver, c’était déjà un excellent début. Il était égoïste de ne pas se réjouir, aussi sourit elle, elle répondit doucement :


« C’est une bonne nouvelle. Nous pourrons aller lui rendre visite quand le moment sera venu. »

Le croassement du corbeau pâle la tira elle aussi de son rêve aquatique, et tout à coup, l’herboriste s’en alla en trombe dans la cuisine. Il avait dû y oublier quelque chose, certainement. La pâle hybride baissa doucement les épaules, le suivant de son regard d’ébène jusqu’à la porte qui menait aux fourneaux, et c’était en constatant son empressement qu’elle s’aperçut d’un fait étrange : Duscisio serait-il nerveux ? Alors qu’elle réprima cette idée dans un premier temps, quelque chose la lui renvoya aussitôt... L’empressement qu’il avait eu à ranger la mystérieuse petite boîte, son air pensif en la regardant, et maintenant, sa course effrénée jusqu’à son plat encore au four... Cela était soit une étrange coïncidence, soit un signe de malmenage et de fatigue intense, soit un aveu d’un état de nerf étrange. La jeune femme en resta quoi, à le regarder ouvrir le four, et s’agiter frénétiquement. Il y avait-il quelque chose qui le tourmentait ? Ne voulant en savoir plus et s’imposer de quelque façon, elle déposa de nouveau les recettes, et s’en alla le retrouver sans plus mot dire, jusqu’à ce qu’il lui propose la date.


« - Très bien, je ferais en sorte de me libérer Duscisio. Mais vous... Vous êtes sûr que tout va bien ? » A le voir, elle s’inquiétait vraiment de son état. Il se démenait tous les jours à travailler d’arraches pieds, et il devait commencer à en ressentir les effets. En réponse, il lui invita à mettre la table, et, fière de pouvoir enfin se rendre utile, elle plongea immédiatement ses mains sibyllines dans le placard indiqué.

L’affaire n’était pas compliquée, et fut pliée en quelques minutes. Le temps qu’un cri retentisse dans la cuisine, et Othello se retourna immédiatement vers son ami, qui parut soudain au sommet d’une transe. Mais qu’avait-il ? Il se tenait fermement au milieu de la cuisine, tendu, à la regarder de ses yeux graves, fiévreux, rompus entre fougue et fatigue. Avait-il une attaque, un malaise ? La jeune femme, qui avait encore à la main l’ultime assiette, le dévisagea, secrète, surprise, pendant plusieurs secondes, pendues à ses lèvres pour savoir la suite. Cela se voyait : il voulait lui dire quelque chose, sûrement important, à en juger par le ton exclamatif qu’il venait d’utiliser. Une mèche blanche tomba sur son épaule, jusqu’à couler sur la nappe aussi blanche qu’elle, se figeant entre ses deux yeux de sirène qui ne comprenait pas. Pendant l’ombre d’un instant, il lui sembla que le temps s’était figé, que l’attente durait mille ans, où elle ne frémit pas d’un cil. Mais seul le silence s’échappait des lèvres entrouvertes, et les yeux de l’herboriste semblaient muets à toutes questions.

Finalement, l’horloge reprit sa course infinie, le temps s’écoula à nouveau comme une rivière fluide, et Duscisio finit par conclure par un annonce tonitruante qui laissa la jeune femme troublée, et plus surprise encore. C’était bien la première fois qu’on lui annonçait un repas avec tant de drame. La jeune femme acquiesça silencieusement, le regard toujours surprit, une moue étrange sur le regard. Duscisio avait vraiment un comportement étrange. Ce n’était certainement pas dans ses habitudes d’agir avec autant d’impulsion : il était habitué à cette fougue, seulement quand il était au cœur d’une situation plus dangereuse encore. La dernière fois qu’elle l’avait vu ainsi, c’était lors de l’enterrement du pauvre Grimi, dans le cortège mortuaire qui finit par dégénérer. Mais sous son toit, et dans sa cuisine, il n’y avait pas de danger à craindre. Alors pourquoi cet état ?
Il y avait autre chose. Elle le perçut dans sa voix, dans son soupire quand il posa le plat sur la table sans grande conviction. Quelque chose s’était cassé, envolé, lui avait été pris sans qu’elle ne sache quoi. Ou plutôt, il y avait-il quelque chose qu’il n’avait pas pu dire ? S’asseyant très lentement, elle sentit sous ses jambes les plis de tissus s’emmêler aux pieds de la chaise, et s’embruma de l’odeur de viande tendre et de légumes juteux.

Mais quelque chose n’y était plus. Othello, consciente qu’il se passait quelque chose, dévisagea le jeune homme avec insistance. Il y avait maintenant sur la table un silence pesant, qu’elle ne parvenait pas à comprendre. Finalement, elle prit les devants, attrapant cuillères et fourchettes, pour remplir les deux assiettes avec parcimonie.


« - C’était une drôle d’entrée en matière. Mais je suis sûre que le repas la mérite. » Elle avait un sourire espiègle sur les lèvres, comme pour détendre l’ambiance. Quand elle retourna s’assoir, elle finit par soupirer un peu, dégageant finalement la boucle blanche de son visage pour la pousser derrière son épaule gauche. Son air se fit plus doux, plus calme, et elle l’invita doucement, d’un sourire tendre, à se détendre également. « Vous avez l’air... Etrange, ce soir... Quelque chose vous dérange ? »

Tel une statue de marbre blanc, elle joint ses mains sur ses genoux, regardant son ami de ce visage figé, celui d’une nymphe de sel, bienveillant et doux.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Lun 24 Oct - 17:58

Ce parfum dont il ne se lassera jamais. En restant à lire les parchemins pour lui proposer diverses activités en commun était une occasion de profiter de sa présence pendant qu'il en était encore temps.
Le futur proche n'annonçait qu'un éloignement de longue durée donc il n'en avait plus aucune envie, d'un voyage qui le séparera d'elle contre son gré.

Peu importe ce qu'il voulait, son devoir et son travail en dépendait. Il s'était proposé à accompagner une personne loin de la capitale il ne pouvait plus reculer à présent. Un mois l'aller, deux mois le retour, si son estimation est bonne à cause de divers détour prévu dont il n'osera par contre jamais lui parler, afin de ne pas l'inquiéter. Néanmoins, le lui dire aurait donné une sincérité qui lui donnerait davantage confiance. Mais oser lui dire qu'il ne reviendrait pas de ce voyage lui faisait peur, lui dire que c'était la dernière fois qu'elle le voyait vivant et en bonne santé le terrifiait, le fait qu'il puisse même devenir quelqu'un d'autres l'horrifiait.
Quel acte insensé pourrait-il faire pour qu'elle ne le regarde plus comme elle le voit aujourd'hui ? S'il devenait un parfait inconnu du jour au lendemain ? Ses questions et ses réponses ne dépendaient que de son étape la plus importante de ce voyage qu'il tenait tant à cacher, le temple de Kron.
S'il survit à cette étape, il passera également au temple de Delil pour s'affirmer avec la haute-prêtresse, Shiva, avec la Pistilose afin qu'il profite de sa sagesse. Un passage au temple de la vie après celui de la mort.
Quel ironie.
Il a passé sa vie à affronter la mort, à l'aide des plantes. Et voilà qu'il se rendra à deux lieux qui lient chacun de ses éléments comme pour se fixer un nouvel objectif ou simplement une réponse à ses questions.
Sa nervosité palpable du premier regard par son attitude peu ordinaire avait su être flairé par la belle.
S'il répondait qu'il était un peu fatigué d'un air gêné, il n'en restait pas moins hésitant dans ses mots. Le mot « fatigue » tardait à venir, comme le manque maladroit de se brûler au moindre faux pas.
Son appel avait de quoi surprendre.

Jamais il n'avait prononcé aussi fort ses paroles. Lui qui était toujours d'une voix posée, calme la plupart du temps. Souriant par moment, ou un peu triste, l'entendre hurler le prénom de la jeune femme était surprenant. Il semblait prêt, il voulait se lancer. Le temps alors se fixa et l'espace semblait disparaître pour ne laisser qu'un environnement sombre autour d'eux. Sans sol ni mur ni plafond comme si était concentré sur les deux seules personnes de la pièce.
Une présence derrière lui le pesait fortement, une ombre funeste qui semblait vouloir le faucher à tout moment alors qu'une perle de sueur coulait de son front et gela sur sa joue. La froideur de la mort qui le guéttait alors, se matérialisa comme d'une fusion qui le hantait depuis quelques semaines déjà.
Etait-il plus mal qu'il ne le laissait montrer ? De quoi avait-il peur à ce point qui le paralysait ? La pistilose ? Ses rêves ? Ses cauchemars ?
Cet espace sombre disparu soudainement et ses mots se débloquaient enfin pour émettre une information parfaitement subtil d'un dîner prêt à déguster maintenant que la table était mise.
Bien entendu qu'il n'avait aucune intention de répondre ainsi, mais bloqué et tourmenté il n'avait que cela en tête. Décevant pour lui, il se contenta de se mettre à table avec la sirène sans prononcer un mot de plus.
Comment pouvait-il répondre aux interrogations qui lui étaient adressées ? Étrange était-il et silencieux paraissait-il quand son regard se fixa sur son assiette encore vide.

Prenant une profonde inspiration par le nez, silencieux. C'était sans doute le meilleur moment après son échec d'il y a seulement quelques minutes. Lui avouez cela était encore plus difficile que de lui avouer son amour dont elle ne semblait guère avoir oublié. C'était pour cela d'ailleurs qu'il hésitait à lui dire.
À ce moment-là, Tuanio se manifesta en volant sur son épaule comme pour le rassurer. Portant le regard sur son familier d'un regard apeuré, le croassement dont il entendit à quelques centimètres de son oreille semblait lui dire « courage » sans qu'un mot ne soit sortis de son bec.
L'instant d'après il se posa sur la table dans un espace libre à regarder la demoiselle puis son ami.

Dit le lui... Ou tu ne le fera jamais.

Ses mots aussi simples qu'il n'y parait, le laissa sur la table jusqu'à que Duscisio lui avoue ses tourments. Son regard était fixé sur le plumage d'une couleur rare de l'oiseau avant qu'il ne se lève de table pour se pointer sur les étagères où était entre poser la fameuse boite. C'était la meilleure approche qu'il possédait. Quand il vint poser la boîte sur la table à côté du plat, il reprit place sur la chaise pour lui expliquer ce que c'était avant qu'elle ne l'ouvre.

Les deux artefacts que contient cette boite s'appellent Lullaby et Melodie. Ce sont des alliances.
Je ne vous demande aucunement votre main, bien qu'elle soit prévue ainsi, mais plutôt comme d'un lien que j'aimerais garder entre nous si vous l'acceptez.


Il continua par lui expliquer le rôle de ses bagues, la structure en elle-même ne bougera pas, contrairement à l'aigue-marine qui s'éclaircit ou se ternit en fonction de l'état de santé du possesseur de la jumelle du porteur. Jusqu'au bleue nuit ou noire qui annonce la mort de ce dernier...
Quel était ce choix singulier ? La raison allait être donné, quand la curiosité aura prit le dessus et qu'elle ouvre d'elle-même la boite où se trouvait les deux alliances magiques.

Je vais bientôt devoir partir en voyage. Continua-il avec un ton de regret. Mais je n'en ai plus envie... Le simple fait que je puisse me séparer de vous me terrifie et puis...

Lui expliquant qu'il devait accompagner une personne qui ne s'était jamais aventuré hors de le la capital décide d'aller chercher quelques choses à Ridolbar après être passé chez quelques commerçants pour prendre commande. La ville corrompue était également l'une de ses étapes de voyage, du coup il n'avait pas hésité.
Le mauvais pressentiment qu'il ressemait sur ce voyage lui fut partagé également, comme d'une fatalité, qui lui coûterait la vie pour on-ne-sait quelle raison.[/color]


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Lun 31 Oct - 16:41

L’ombre des bougies éclaira un infime instant le regard rouge du jeune homme, et la vue l’intrigua brutalement tant il paraissait troublé, ailleurs. Quelque chose le travaillait, c’était évident, et cela lui fit plus de peine qu’elle ne voulut bien se l’avouer. Ne sachant plus que dire, elle hésita à se lever pour le consoler, l’aider à parler, quand il se mit à bouger de lui-même, trouvant un espace libre sur la table, hésitant entre la regarder, et regarder son oiseau blanc qui le dévisageait. C’était comme si une conversation inaudible agitait les deux êtres, les unissant dans le silence, et dans les bras lourds d’une brume épaisse qui commençait à remplir la pièce. La blanche le dévisagea sans comprendre, quand finalement il se leva de table pour repartir vers la fameuse étagère. Othello baissa ses oreilles, dressant un peu plus son dos, le suivant de son visage impassible jusqu’à ce qu’il revienne avec la fameuse petite boîte qu’il posa entre eux.
Il souleva le mystère comme on tire sur un voile. Avant même qu’elle ne découvre le contenu, il expliqua sereinement qu’elle enfermait deux alliances. Une sueur froide coula le long de son dos quand elle entendit la nature du bijou, mais il éloigna rapidement l’idée de la demander en mariage, comme si il avait anticipé son trouble. Elle se demanda si cela lui coûtait, s’il était peiné de ne pouvoir le faire. C’était un homme droit, et juste, et il avait certainement remarqué la distance qu’elle avait mise entre eux. Par pudeur comme par respect, il avait dû se retenir, choisir de ne pas lui proposer ce choix, et elle éprouva alors pour lui un profond respect. Mais à la fois, une aigreur acide lui brûla le fond de la bouche, comme si, en faisant cela, il s’était enchaîné à une attente qu’elle lui imposait sans s’en rendre compte. Qu’il fasse cependant le pas de lui proposer ces alliances était surprenantt, et prit la sirène au dépourvu. Cela ne pouvait pas constituer un acte tout à fait innocent, et elle s’interrogea sur le pourquoi il souhaitait lui proposer ce lien, si ce n’était pour un mariage. C’était le but premier de ces alliances, après tout. Il n’y avait pas de doute, quelque chose d’autre le perturbait plus qu’il ne voulait encore le dire pour les offrir ainsi, alors qu’il avait dû prévoir de les porter en d’autres circonstances.

Il lui expliqua ensuite comment elles fonctionnaient, et elle fut surprise d’apprendre qu’il s’agissait en réalité d’artefact magique. Silencieuse, Othello écouta docilement la moindre de ses paroles, toujours plus étonnée de la tournure que prenaient les choses. Et quand il eut finit de lui raconter le principe de ces anneaux, il en vint au fait. Elle vit son ami s’assombrir, devenir terne, il prit un ton grave qu’elle avait rarement entendu dans sa bouche.
Ainsi, il allait partir en voyage. Si elle en fut d’abord de marbre, tant cela lui semblait commun – elle avait l’habitude de le voir sillonner le monde, comme ils l’avaient fait ensembles pour trouver la fleur des cendres. Elle avait de la peine, à le voir si triste et si brisé à l’idée de partir.


« Je comprends. » Les mots étaient lourds , et elle sentait sa langue s’engourdir à chaque seconde.

Même si elle avait pleinement conscience de l’expérience de l’albinos, elle savait aussi qu’un périple pouvait rapidement dégénérer. En ces terres, on part pour un endroit pour finalement explorer toutes les régions alentour, et pourquoi pas tomber amoureux d’un endroit, d’une maison, et ne jamais revenir. Et c’était dans le meilleur des cas : un voyageur pouvait être confronté à tellement de dangers que cela pouvait être pénible à imaginer. Il lui parla de Ridolbar, et elle comprit d’où venait sa crainte. Othello n’y avait jamais mis les pieds, mais elle avait entendu tant de récits et de rumeurs grotesques et mauvais sur les souterrains profanes que le lieux lui inspiraient déjà les jugements les plus sombres.
Et inutile de dire qu’il fallait également, pour y aller, passez par pays, forêts, et déserts, ce qui n’améliorer par la feuille de route, pour ne pas dire le poussait dans les bras du danger. Bien qu’elle ne douta pas des capacités de bataille du jeune homme, elle espérait qu’il voyage également avec de puissants compatriotes.


« Est-ce un voyage nécessaire ? » Finit-elle par ajouter, la vue de son compagnon désabusé et défait lui piquant les iris avec violence. Il devait il y avoir quelque chose d’autres, quelque chose qu’il ne lui disait pas. Après tout, il avait déjà fait nombre de voyage. Pourquoi avait-il l’air si paniqué en pensant à celui-là ?

Finalement, elle s’osa à attraper la petite boîte qui siégeait devant elle, et il lui sembla qu’il la poussait à la regarder de plus près. En soit, l’étui était normal. Petit, carré, il tenait dans la paume de sa petite main. Elle observa pendant quelque secondes le bois finalement poli, vernis avec soin. Puis, finalement, elle s’osa à ouvrir la boîte, à contempler ce qui se trouvait à l’intérieur. Comme il lui avait indiqué, deux anneaux d’argent y brillaient doucement, tous deux surmontés d’une petite aigue-marine à la belle couleur azure.
L’espace d’un instant, elle se perdit dans les méandres de la pierre, y plongeant comme si c’était un océan pure et profond, où elle pouvait se perdre. Un lien... En soit, rien ne la pousser à refuser. C’était une demande honnête et pure, et de cette façon, elle pourrait s’assurer que Duscisio aille bien. Mais...

Quelque chose en elle se sentait traître. Impure. Honteuse.  Comme si, en acceptant aveuglément, elle lui imposerait un fardeau en retour dont il n’avait pas besoin, et qui ne serait qu’un boulet à sa cheville. Doucement, elle passa le bout de ses doigts sur le métal, et songea à ce qui la rongeait, et qu’elle avait gardé dans son cœur depuis de longs mois.
Bien qu’elle l’ait caché à Duscisio, et qu’elle n’ait jamais plus fait référence à ce qu’il s’était passé dans cette maison, elle n’avait jamais oublié les sentiments qu’il éprouvait pour elle, ni ce qu’il s’était passé entre eux. Si le temps passant l’avait malmené, elle avait gardé ce souvenir précieux. Othello baissa un temps le regard, refermant doucement la boîte comme pour ne pas abîmer son contenu. Néanmoins, elle ne la reposa pas de suite, la laissant sagement entre ses doigts. Il y avait tant de chose qu’elle voulait lui dire, mais qu’elle n’osait pas. Comment sa présence lui réconfortait, comment elle appréciait ses attentions, ses gestes, comment elle aimait le voir heureux, et qu’il trouve quelque chose d’appréciable en sa présence dans sa maison.

Mais elle savait qu’au fond, tout ce qu’elle ferait serait de le décevoir. Si elle avait pour lui un sentiment étrange, qu’elle ne savait définir, elle savait bien qu’il ne brûlait pas de la même façon pour lui que l’herboriste pour elle. Etait-ce dû à leur séparation brusque, à la guerre qui l’avait épuisée ? Sans nul doute. Elle y avait laissé des forces, de l’espoir, une partie d’elle tombée avec les soldats partis aux champs d’honneur. Mais ce n’était pas tout : son nouveau rôle l’avait comme emporté, arraché à une vie qu’elle imaginait à peine mais qui était encore un espoir, omnubilée par l'amour de la déesse. A présent, ce titre lui dictait encore une conduite, et soucieuse de faire bonne figure, elle faisait de son mieux pour suivre le protocole : du moins, c’était ce qu’elle voulait se faire croire. Relevant brusquement les yeux, elle regarda Duscisio avec un regard grave, perçant, aussi profond que les mers qui l’avait vu naître. Au final, ce ne serait pas à elle de prendre la décision, elle l’avait déjà prise. Mais elle lui devait enfin une réponse
.

« Je... Vous dois des excuses. » A son tour, elle prit une profonde inspiration, et baissa le regard. Elle n’osait voir le jeune homme dans les yeux, même à travers le prisme d’un écran de vapeur qui s’élevait du plat. « Je n’ai jamais osé vous reparler de ce qu’il s’est passé entre nous, ce que vous éprouvez... Et ce que je ressens. » Doucement, elle entrelaça ses doigts clairs, longs et fins comme des tentacules d’une pieuvre, et les emmêla si bien qu’ils ne purent plus bouger. Ce sujet, elle l’avait évité pendant tout ce temps, tout le temps où ils étaient séparés, et où elle s’était noyée dans la guerre et dans la foie. « Je vous dois la vérité, je vous dois des réponses. Je ne veux plus que vous restiez sans savoir... »

Sous la lumière des bougies dansaient les ombres sur son visage fragile. Elles ondulaient comme un millier de spectres qui se perdaient sur sa peau, se mélanger jusqu’à ne faire plus qu’un. Ses cils oscillaient, et on aurait dit que ses cheveux étaient agités par une brise imperceptible qui les faisait frémir. C’était comme si elle tremblait comme une feuille : elle n’en était d’ailleurs pas loin. Jamais il ne lui avait semblé franchir un gouffre si grand, si profond, un abysse béant qui lui faisait face et jetait sur elle un souffle putride. La peur, dans sa plus simple, sa plus belle apparence. La peur de le faire souffrir, de le décevoir, de lui avouer la vérité. La vérité...


« ... Je ne sais pas ce que je ressens. Je tiens beaucoup à vous, et je chérie les instants que nous passons ensembles. Seulement...» Elle s’étouffa presque dans ses mots, qui dépérirent dans sa gorge où naissait un sanglot. « L’amour m’est étranger, je n’arrive pas à... » Défaite, battue, elle baissa lentement le regard pour regarder ses mains jointes. « Je ne suis pas encore prête. » Son cœur battait lourdement, et elle s’attendit à tout instant à ce qu’il crie, s’égosille contre son manque de volonté, de connaissance. Et elle le méritait : elle était incapable de satisfaire les désirs de l’herboriste, ne pouvait lui apporter le bonheur qu’il méritait et qu’elle désirait tant pour lui. Une larme coula le long de sa joue, et tomba, perle de verre, de son menton pour se briser sur le sol. Tout lui parut froid, figé dans l’éternité. La vérité était un éclat de glace.

« - Je vous demande pardon... » Elle tenait la boîte, et murmura très doucement : « J’accepte, si vous le voulez encore. »


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Ven 4 Nov - 17:44

Si lui expliquer la fonction de ses alliances lui donnait un air moins sérieux sur un sentiment réciproque, il voulait juste s’assurer qu'elle ait bien quel que soit la distance à laquelle se trouvait la jeune femme et inversement. Qu'elle s'assure que Duscisio soit en de bonne condition, que ses craintes sur le voyage qu'il comptait expliquer et accomplir étaient fausses. Qu'il reviendrait en vie et en bonne santé. Et la retrouver qui plus est.
S'il devait partir dans un voyage où un mauvais pressentiment l'habitait, cet anneau était plus que bienvenu.
Pour ce qui est de ce voyage.

Oui, il l'est. Pour beaucoup de raisons. Commercial et puis pour tenir un engagement.

Après tout, Ridolbar n'était pas l'étape finale de ce voyage. Il continua par lui démontrer l'itinéraire de retour qui le ferait passer par le temple de Delil pour avoir des réponses.
La parole de Shiva lui serait peut-être bénéfique à l'authenticité de son existence et de celle de son osmose avec la Pistilose.

Avec le recul, l'hésitation immense pour lui proposer de portée une alliance qui – ne le cachons pas – sert à unifier deux personnes d'un amour réciproque tel est l'utilisation classique de ce genre de bijoux.
Il le savait, il savait bien qu'il n'y avait rien de réciproque pourtant il était persuadé d'un côté que c'était un soupçon de ce genre de sentiment que prenait part leur partage.
Bien entendu, il existait plusieurs sortes d'amour. Amitié, respect et fraternité sont ce que l'on peut juger moins fort, mais tout aussi important qu'un amour véritable.
Elle lui avait déjà dit qu'elle ne savait pas ce qu'elle ressentait. Espérer que cela se soit approfondit était une belle sottise de sa part. Néanmoins, il était certain que malgré son incompréhension et expérimentation sur tout ce qui concernait l'amour, il ressentait ce sentiment à son égard d'une profondeur excise. Ce fourvoiement de lui-même dans une sorte d'illusion, il continue à vivre dans l'inconnu caché par une fausse certitude.
Pour lui Othello était la seule femme avec qui il accordait un attachement plus profond que celui que l'on a avec des parents. Il la veut dans ses bras, il a envie d'elle ou a envie de faire sa vie avec elle, donc pour lui c'était de l'amour.
Se trompait-il ?
Comment pouvait-il le savoir ?

Quand elle regardait les alliances, sa réaction était également hésitante. Comment accueillir une telle proposition. Un anneau comme celui-ci signifiait tellement de choses qu'elle ne savait qu'en répondre.
Rien de surprenant, même si ce n'était pas à proprement parler d'un mariage, il proposait de garder un lieu plus profond que ce qu'elle n'avait déjà avec lui. Un grand ami, un grand respect, de grand souvenir. Pensez alors qu'elle pouvait avoir plus cela l'effrayais ? Le peu de certitude qu'elle avait concernant l'amour était un fait.
Elle lui présenta des excuses.

Duscisio était là, immobile, inexpressif, car le peu de certitude faisait l'ambiance des lieux. Semblant se torturer mutuellement l'esprit à savoir ce qu'il fallait répondre à l'autre, chacun restait coincé dans les abîmes de l'inconnu. Attendant avec patience, les explications qu'elle voulait lui demander, il tapota le bout de ses dix doigts deux ou trois fois avant de les laisser joins.

En observant la jeune femme il semble que la réponse qu'il attendait pour couler des jours heureux ne sera pas pour aujourd'hui. Entremêlant ses mains pour les disposer devant ses lèvres, la réponse lui parvint à ses oreilles. La sentant perdue, il se leva en silence pendant qu'elle gardait ses yeux abaissés sur son assiette encore vide.

Accroupis à ses côtés, le jeune homme lui afficha un sourire triste, mais sincère. Bien entendu il ne pouvait l'obliger à ressentir ce qu'elle ne ressentait pas. Se serait cruelle de sa part et inhumain.

Je vous comprends, murmurai-il doucement. C'est probablement mieux ainsi.

Bien qu'elle accepte les alliances, il continua de lui sourire tristement. Lui tenant le menton pour qu'elle le regarde il paru désolé à son tour de lui avoir proposé une telle absurdité. Il saisit la boîte pour l'ouvrir en laissant visible à leur yeux les deux alliances magiques. Essuyant la larme de ses yeux il continua en riant doucement au début :

Je me doutais bien qu'une demande aussi stupéfiante que celle-ci soit prise aussi étrangement.
Je préfère que vous avouez ne pas savoir plutôt que de vous mentir. Avant tout, je tiens à vous avouer que moi-même je ne suis pas certain que ce soit de l'amour.
Je tenais à ce que vous sachiez ceci avant ce voyage. Peu importe que je n'en revienne vivant ou non, je ne le ferai pas avec regret si j'ai pour but de vous retrouver à nouveau afin de partager de grand moment.


De la boîte il prit l'une des alliances qu'il mit lentement à son annulaire droit. Laissant Othello faire de même pour sa propre main. Cela était déjà assez gênant de vouloir lui mettre la bague au doigt, qu'il n'eut le courage de le faire. Pour l'heure la seule action qui lui vint en tête était de se lever et de la prendre dans ses bras pour la soulager, il se contentant d'un baiser sur le front avant de se lever.

J'attendrai aussi longtemps qu'il le faut. Que vous soyez sûre de vous sans vous mentir. En attendant mangeons avant que cela ne refroidisse.

Il lui tourna le dos brièvement pour retourner à sa place derrière la table à manger, fixant quelques secondes devant lui pendant qu'une larme tomba également de sa joue, qu'il essuya rapidement avant de s'asseoir.
La servant la première, le repas se passa en silence. Tuanio était déjà retourné sur son perchoir pour laisser le couple seul.
Duscisio de son côté se sentait soulager malgré tout d'un poids et de sa maladresse. Le repas se fit plus long qu'il n'y parait mais également plus agréable maintenant que chacun avait avoué ce qu'il avait sur le cœur.
Après le repas, la vaisselle. Après la vaisselle, Duscisio se posa sur l'un des fauteuils devant la cheminée une fois raviver d'une ou deux bûches de bois qu'il fixa longuement sans prononcer le moindre mot.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Mar 15 Nov - 23:48

Les doigts blancs, usés au travail, s’enroulèrent autour du menton de la sirène avec une tristesse émouvante. Celle-ci ne regretta pas d’avoir dit ce qu’elle avait sur le cœur. Cela aurait été hypocrite de s’en vouloir maintenant, alors qu’elle ne faisait que d’avouer la vérité qu’elle abritait en son sein. Mais elle savait que ces mots lui feraient mal, et c’était ce qu’il lui faisait le plus peur, et ce qui lui glaçait le sang. Elle sentit ces pulpes charnues diffuser une maigre chaleur, se rappelant du contact de sa peau la nuit où ils avaient bravé un interdit. Alors qu’elle se plongea avec une impassibilité maladive dans ses yeux rouges, elle réalisa à quel point ils se ressemblaient, jusque dans la façon dont fonctionnaient leurs corps. Tous deux étaient pâles, minces, frêles, et ne transmettaient de la chaleur qu’en de rares occasions. La sirène remonta ses mains de ses genoux pour les enrouler comme deux serpents autour du poignet masculin, les enveloppant d’une douceur maternelle et compatissante. En tort, elle se retrouvait pardonné : si son visage de porcelaine était figée, en dessous, Othello était une petite fille en pleur, qui sanglotait à pleins poumons.

L’instant d’après, il avait ouvert la boîte et l’avait posé à leurs yeux. Les pierres scintillaient ensembles, insouciantes de ce qu’il se passait devant leurs tailles. Leurs visages s’y reflétaient sous toutes les coutures, autant de fois qu’il y avait de facettes, prenant parfois des airs monstrueux, distordus, ridicules. Quand elle revint vers l’herboriste, elle remarqua qu’il finissait d’essuyer une larme à son tour, et se demanda si c’était elle qui l’avait fait pleurer. Cette pensée lui fit mal, mais elle ne dit rien, et ne fit rien non plus. Elle se contenta de le fixer, poupée de givre, et de le laisser digérer doucement dans le calme du silence. Son ton riait d’une ironique tristesse : la sirène baissa les yeux. Elle comprit qu’il n’y aurait pas de reproches, de cris, ou de haine. Que la compréhension, l’acceptation et résiliation. Ses cils blancs se figèrent : une nouvelle fois, ils étaient piégés dans l’éternité.

Alors qu’il parlait, elle eut envie de lui répondre, de prendre ses mains entre les siennes pour les poser sur ses joues, de se lever pour le prendre dans ses bras, poser son visage pâle comme le sien au creux de sa nuque d’opale aux senteurs iodés, de lui dire que ce n’était pas sa faute, que c’était la faute de son cœur froid qui n’avait d’attraits que pour les glaciers et les fleurs fanés. Qu’elle essayerait de faire des efforts, qu’elle ouvrirait peut-être les yeux un jour, qu’elle deviendrait femme et non mirage. Que sa demande n’était pas folle, ni surprenante, et que cela n’avait pas d’importance si c’était hors des convenances : elle ne les avait jamais suivis. Lui pendre le visage comme il l’avait fait, lui fermer les yeux, et lui demander d’oublier tout pour ne penser qu’à l’instant où il reviendrait.
Mais elle ne fit rien. Elle en était incapable. De toute sa faiblesse, elle en était incapable. Elle se contenta de serrer un peu plus fort ses doigts sur le poignet qu’elle avait encore entre les mains, et le regarder s’éloigner vers les bagues.  

Il glissa l’anneau autour de son doigt, et attendit qu’elle fasse de même. Le remerciant tacitement en abaissant son visage, elle apprécia qu’il ne prenne pas l’initiative de lui passer la bague au doigt lui-même. Elle sentait qu’elle ne le méritait pas, que tout ce qu’il lui devait était de la jeter dehors. Timidement, elle avança sa main vers la bague restante, et la fit tournoyer sous ses yeux comme une danseuse élégante qui ondule devant un public attentif. C’était un bijou magnifique, qui irradiait d’une simplicité surprenante mais raffiné, et qui témoignait d’un grand savoir-faire. Avant de l’enfiler à son tour, elle regarda Duscisio dans les yeux, avec une profondeur soudaine et profonde, une déferlante marine qui l’entraînait avec elle dans des abysses inconnus. Une fois qu’elle aurait mis la bague, un lien magique les unirait, une amitié profonde qu'elle pensait indéfectible. Une forme d’engagement qu’elle consentait à prendre en ce soir. Doucement, elle laissa rouler le métal sur son annulaire droit, comme lui, et regarda la pierre encore un peu.
En relevant les yeux, il les avait servi tous les deux, et elle avala son repas dans le silence, sentant sa gorge serré à chaque bouché, mais les avalant néanmoins, comme pour mettre derrière eux ces moments douloureux.



Du coin de l’œil, Othello regardait le jeune homme assis sur son épais fauteuil usé, l’air hagard, perdu sur les épaisses buches de bois incandescentes. Une odeur de fumée, de cendre et de cèdre remplissait le petit salon, chassant pour un temps les fragrances de poussière et de vieux parchemins. Même si il gardait le silence et que la pression était un peu retombée, elle sentait entre eux quelque chose de cassé qu’elle ne saurait identifier. Il y avait dans son œil quelque chose de vague, et de triste, et elle savait que tout ce qu’elle pourrait dire ne parviendrait pas à rattraper la chaleur perdue, et faire renaître toute complicité pour le soir. Comme pour faire taire les maux, le sommeil seul pourrait panser les plaies et leur permettre de repartir du bon pied, le cœur plus léger. Si d’abord, Othello considéra l’idée de se replonger un peu dans les recettes mystérieuses de potion, elle se surprit à observer avec curiosité le bijou à sa main. Il y avait autre chose qu’elle souhaitait étudier, avec ou sans l’accord de son hôte.

Dans une discrétion féline, Othello ondula jusqu’à la cuisine, et en ferma la porte. Elle se dit qu’il mettrait sûrement ça sur le coup de la tension, et qu’il ne prêterait guère attention à son attitude. Après tout, n’était-elle pas étrange depuis tout à l’heure ? Interdite, elle s’approcha des ustensiles encore humides, et saisit un petit couteau à légume qui séchait sur le côté.
La bague ne changeait pas de couleur. Maintenant, elle s’assit à la table vide, et brandit au-dessus de sa paume blanche la petite lame. Sa pierre n’irisait en rien, et elle se demanda si celle de l’herboriste avait changé de couleur. Rien à la porte. Soupirant, et souhaitant aller au bout de son expérience, elle finit par abattre avec une violence punitive la lame, plus ou moins aiguisé, qui traversa la paume tant le coup fut féroce. L’ombre d’un instant, elle regarda sa main empalée comme si ce n’était pas la sienne : elle n’était plus qu’un automate, ignorant la douleur, ignorant ses pensées, expérimentant et se punissant en même temps. Finalement et avec un réflexe professionnel, elle retira la lame et appliqua tout de suite un pan de sa jupe sur la plaie saignante. La douleur lui monta à la tête comme un coup, et si elle ne fit que se pincer les lèvres avec peine, intérieurement, elle grimaçait de douleur. Mais bizarrement, cela lui fit l’effet d’une libération, et la souffrance avait des airs de rédemption.

Ne sachant si elle avait fait cela par besoin de pardon au-delà de mener son expérience jusqu’au bout, elle attendit d’entendre la porte s’ouvrir, si les vertus du bijou étaient vrais. Sa chaire se refermait déjà : le collier à son coup irradiait de lumière.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Mer 16 Nov - 16:25

Après le repas, posé devant le fauteuil, Duscisio se perdit dans ses pensées. Faire le point ? Réfléchir ? Si c'était devenu un rituel quotidien, les questions à résoudre n'étaient jamais les mêmes.
La conclusion de la journée qui en globalité concernait ses potions ou ce qu'il devait préparer le lendemain, cette soirée allait être concentré sur la relation qu'il entretenait maintenant avec la femme qui était maintenant reliée à un artefact qui portait sa valeur pour ceux qui avaient un lien déjà très profond.
Mais était-ce vraiment le cas ?
À y réfléchir, il en doutait sérieusement pourtant il accordait beaucoup d'importance à sa présence et sa santé. Si elle vivait aussi intensément que les flammes qui dansaient devant ses yeux, leur joie serait irrémédiablement parfaite. Comme au premier soir où l'aveu le plus sincère commençait à se voiler quelque peu à cause de quelques artifices qui le hantaient encore.
Gwiden et son pacte envahissait chacun nuit ses cauchemars. Il arrivait qu'il n'en dorme pas, ce qu'il redoutait cette nuit. Cette vision qu'il eut la première fois quelques jours après ce moment presque intime où il découvrit le haut du corps nue de la jeune femme avant que ce visage maudit n'apparaisse devant ses yeux.

Soit maudit Gwiden ! Pensait-il, en serrant le poing. Je te tuerai.

Bien que tuer ne soit dans ses principes que pour survivre à une confrontation difficile ou d'autres options sont impossibles, cette volonté propre de lui ôter la vie lui prenait régulièrement.
C'est dans ses moments-là que de temps en temps la Pistilose se manifeste un peu. Comme si elle sentait son sang bouillir, elle le picotait dans quelques parties de son corps pour pousser et défendre ou attaquer la personne visée dans ses pensées.
Picotements qui calment soudainement le jeune homme en se tenant l'épaule en lâchant une légère grimace. Au même moment, la jeune femme qui partageait la maison vint à se réfugier dans la cuisine.
La regardant du coin de l'oeil, esquissant un sourire triste il continua par regarder son alliance qui les liait à présent. Non pas un mariage, car l'heure n'y est pas encore, ou d'une vie commune permanente mais d'un lien profond qui ne les séparerait jamais quel qu'en soit la distance qui les sépare.

Ses pensées vint alors à se perdre à nouveau dans les situations où il allait devoir garder son calme. Comment l'alliance allait lui donner l'information qu'elle se portait mal ? Qu'elle soit gravement blessée ou encore qu'elle s'en trouve mourante. La panique sans doute allait le prendre. Si les informations sont exactes, l'artefact lui donnerait l'instinct du chemin à prendre pour la trouver et la sauver.
Quand n'était-il vraiment ? Comment allait-il gérer l'information ? L'heure venue il faudra compter sur des jours, des semaines de voyage pour les longs trajets qui lui seront difficilement supportables. Ses pensées d'une mort probable de la jeune femme le terrorisait fortement. Des larmes vint à en suivre à nouveau le long de ses joues tel que l'idée le tourmentait.

C'est alors qu'il ressentit une détresse venant de l'alliance magique.
Que se passait-il ? Que lui arrivait-il ?
Alors que la jeune femme s'était réfugié dans la pièce voisine quelques instants auparavant, les pire pensées envahirent l'esprit de l'apothicaire.
Se levant de son fauteuil les larmes aux yeux, il courra en trombe vers la porte de la cuisine pour constater les faits une fois la porte ouverte avec violence.
Elle s'était transpercé la main avec le même couteau qui avait coupé les légumes et la viande. Pourquoi ? Pourquoi avait-elle fait cela ? La regardant avec détresse, sa main entre les siennes, la bague laissait afficher un petit point rouge sur le côté du sertis comme pour afficher la douloureuse blessure qu'elle venait de s'infliger, en train de guérir par une régénération dont son pendentif affichait l'utilisation de l'essence divine pour agir.
Il saisit le couteau et le jeta au loin, la regardant dans les yeux avant de la prendre fortement dans ses bras.

Jamais... Ne refait plus jamais ça !...

En sanglot, il serra la jeune femme comme son bien le plus précieux.
Ses larmes perlaient à flot sur ses joues dû à ses pensées malsaines qui l'avaient envahit comme s'il était responsable de quelques choses, comme s'il avait provoqué cela. Comme si elle allait mettre fin à ses jours pour arrêter la souffrance que ses deux là partageaient.

Qu'es-ce qui t'as pris ? Je vous fais si mal que ça ? Je suis la source de tous vos maux ? Que dois-je faire pour être pardonné ?

Si elle était sa raison de vivre, alors le fait de se soucier autant de son sort pour une si petite blessure faisait preuve d'une importante vérité qu'il venait de s'afficher : Il tenait à elle comme la prunelle de ses yeux.
Si une blessure comme celle-ci venait à lui faire perdre la tête il ne supporterait alors pas de la savoir en danger alors qu'il n'est pas à ses côtés pour la protéger.
Ce voyage qu'il allait devoir entretenir obligatoirement malgré lui serait alors un calvaire, une torture, un supplice.
Il allait devoir se séparer d'elle pendant des mois pour suivre ses engagements et trouver une réponse à ses multiples questions.
Non il ne le voulait pas, mais c'était nécessaire autrement il ne pourrait tourner la page et passer à autres choses pour mener sa vie à bien.

Plus jamais... Sans vous, je n'aurai plus rien. Je ne pourrais supporter de vous perdre.

Profondément blottit dans ses bras, la forte étreinte était arrosé de quelques larmes dont les précédents pensées se confirmaient maintenant.
Rien ne saurait la remplacer, absolument rien. Si elle venait à disparaître, il aurait les pensées de la rejoindre dans les instants qui suivent.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Jeu 24 Nov - 14:12

La porte s’ouvrit dans un grand fracas, et l’instant qui suivit le crime, le couteau lui fut brusquement arraché et fut projeté dans le fond de la cuisine, et Othello fut kidnappée par des bras forts, enveloppants, tétanisés. La réalité la prit soudain à la gorge comme un loup se jette sur sa proie, et elle se rendit compte de l’absurdité de son geste, sans pour autant en prendre toute la mesure. Pourquoi Duscisio était-il dans un tel état ? Ce n’était qu’une petite blessure, et dont elle guérirait en rien de temps, ne le savait-il pas ? De grosses larmes incontrôlées sortaient de ses joues, coulaient jusqu’à ses épaules pour mouiller sa robe. Pourquoi ? La sirène commença à se sentir mal, quand seulement qu’elle comprit à quel point ce qu’elle prenait pour une expérience banale pouvait être cruelle. Prise dans son étreinte, elle ne lutta pas, cherchant malgré elle à calmer sa peine, en sachant que toutes les excuses qu’elle aurait à lui apporter ne suffiraient pas à expliquer son crime froid.

Plus les secondes s’égrainaient, plus il éclatait en sanglot, laissant la sirène penaude et sans voix. Elle ne savait pas quoi faire, quoi dire, et savait au fond d’elle qu’après avoir enfoncé le couteau, cela semblerait hypocrite de vouloir faire comme si de rien n’était. Il était si confus qu’il se perdait entre le vous, le tu, et qu’il prenait pour lui la faute alors qu’elle avait simplement agis par instinct. Mais quelle folie disait-il ? Othello était bien plus perdue qu’avant, se laissant faire docilement comme une poupée, dorlotée, ses cheveux blancs dans les yeux. Il n’avait rien à se faire pardonné, bien sûr. Il n’avait rien fait, et n’avait commis aucun mal. C’était au contraire la sorcière des glaces qui avait pris des décisions à la légère au détriment de son ami, sans prendre en compte ses sentiments et les conséquences de sa mutilation. Immobile, elle attendit patiemment, sans bouger, qu’il se calme. Si elle n’avait pas été en train de se soigner, elle aurait sûrement utiliser la flamme de Kesha, mais la priorité était d’arrêter l’hémorragie. Et puis, voir que sa main allait mieux ferait sûrement plus d’effets qu’un simple pouvoir.

De longues minutes s’écoulèrent avant que le calme ne revienne s’installer entre les deux comparses. L’ondine s’était aussi apaisée, et s’était laissée traînée dans une rêverie pensive, mutée dans son silence berceur et mystérieux. Ses yeux mi-clos regardaient dans le vague, et elle avait finis par poser sa tête sur l’épaule masculine. Entre eux, la lueur bleutée finis par s’évanouir.


« - Je vous demande pardon, c’était ma faute. Entièrement. » Elle murmurait sagement, sans hâte. « Vous n’y êtes pour rien, j’ai voulu... J’ai voulu essayer les anneaux. J’aurais dû vous en parler, pardonnez-moi. » Jamais elle n’avait songé lui faire tant de mal. Et puis, à quoi bon lui mentir ? Être honnête était parfois le plus beau des cadeaux que l’on pouvait faire à quelqu’un.

Soudain, avec une douceur maternelle, Othello s’éloigna, pour mettre entre eux sa paume vers le plafond, immaculée, aussi lisse que la peau d’une enfant.

« - Vous voyez, comme neuf. »  Elle sentit son épaule se refroidir brusquement sous le tissu humide, alors que les émotions bouillonnaient dans son esprit comme un essaim d’abeilles furieuses qui tourbillonnaient frénétiquement, se cognant aux parois de sa tête sans jamais pouvoir s’échapper de ce dédale de pensées. Quelque part, elle avait la sensation que s’ils restaient encore ensembles pour le soir passant, ils ne feraient qu’aggraver les choses, qu’il fallait maintenant enterrer les choses avec le sommeil plutôt que de débattre dessus. La nuit leur permettrait d’enterrer le mal pour repartir sous un jour nouveau. Au bout de quelques secondes supplémentaires, elle se leva, et posa sur son épaule une main compatissante, ne souhaitant pas non plus feindre une fatigue trop lourde. « Je crois que je vais aller me coucher... Dormez bien mon ami, je suis désolée pour toutes ces frayeurs. Je ne recommencerai pas, je vous le promets. » Elle s’avança vers la sortie, patientant tout de même de le voir se relever à son tour pour aller où il souhaitait. Passant devant lui une dernière fois, elle lui souffla une dernière fois : « N’ayez plus peur. » Avant de s’en aller vers la chambre d’ami.

Une fois la porte fermée, elle ôta immédiatement sa robe, ses bijoux, tout ce qu’elle avait sur elle sauf l’anneau pour enfiler son habit de nuit et s’écrouler sur le lit, se recroquevillant comme une enfant. Un poids titanesque venait de lui tomber dessus, la laissant dans un état léthargique alors que ses pensées vibraient dans toutes les directions. Il n’y avait pas de doutes : elle aimait Duscisio comme un frère, un ami sur lequel elle pourrait toujours compter. Mais quelque chose ne tournait pas rond, et elle s’en était rendu compte quand elle avait vu les larmes couler à flot comme les chutes d’une cascade immuable que la nature a créée. Ils s’appréciaient mais se faisaient du mal, et se ferait du mal tant qu’ils seraient liés par tant de secrets, de malédiction, de fardeaux. La sirène se retourna finalement, se laissant enveloppée par sa chevelure dénouée qui vint la recouvrir comme une couverture, un voile de lune sélénite et bouclé. Ses mains tremblaient... Mais elle ne pouvait pas quitter la pierre claire des yeux.

Avait-elle eut raison d’accepter ? Si il se rongeait de crainte à la moindre alerte, qu’adviendrait-il quand il se retrouvera en voyage, loin d’elle ? Et de son côté... Elle savait qu’elle ne resterait pas à Hespéria très longtemps. Un autre périple l’attendait avec le marin du sud, un périple vital, durant lequel il se pourrait qu’elle affronte son plus grand ennemi... Que ferai Duscisio, alors, si elle venait à être blessée, ou s’il rencontrait le même sort ? Brusquement, elle se rendit compte que les sentiments du jeune homme étaient semblables aux roses blanches qu’il faisait éclore pour elle avec la plante qu’il abritait. Il admirait les volutes de la fleur, mais devait en souffrir les ronces et leurs épines. C’était ainsi... Si ses sentiments n’étaient pas réciproques, elle serait condamner à le décevoir, à lui faire du mal. Son poing se serra brusquement sur la marque de Kron, alors que la pierre restait translucide.  Ces anneaux étaient à la fois une bénédiction... Mais aussi une malédiction. Si séparés, ils venaient à être blessés, ils ne pourraient que subir ces pierres rougies sans pouvoir rien faire, vulnérables, impuissants faces à elles.

Plus que tout, elle voulait éviter à Duscisio de souffrir pour elle. Avant de finalement s’assoupir dans un sommeil lourd et agité, déjà plongée dans une transe éveillée rongée par des rêves étranges, elle comprit que s’il s’en faisait trop, que la peine surpassait le bonheur, elle devrait l’utiliser... Ce pouvoir, ce nouveau pouvoir qui pourrait tout changer. Ce don qui pourrait taire sa souffrance, et apaiser son mal à jamais.

La tête roulant sur l’oreiller, elle finit par sombrer, la pierre tournée vers ses yeux.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Jeu 1 Déc - 0:31


L'illusion de la perte d'un être cher.
La folie d'une mort insoutenable.
L'insupportable réalité de la solitude.
La douleur du deuil.

Il ne fallait aucun grand mot pour exprimer la réalité de sa réaction envers la jeune femme qui ne s'était blessée la main que pour tester l'alliance, avait-elle avoué.
Les fleuves salés coulant sur ses joues à l'idée de perdre celle qui lui donne envie de continuer malgré tout le reste. Ses pensées précédentes l'avait poussé à penser l'impensable et fut punis par une réalité bien moindre.
Pourtant voir son sang couler lui faisait horreur.
Sentant bien qu'elle ne comprenait pas, il n'aurait tout de même aucun mot pour lui faire réaliser ses peurs.
Attendant le retour au calme et les soins de la blessure se faisant par magie, le pauvre jeune homme essuya ses larmes et reprit une respiration normal bien que son visage reste peiner. Posant la tête contre son épaule, elle fut accompagné par une discrète caresse dans sa chevelures de neige alors qu'elle demandait son pardon.

Non. C'est également ma faute... Si j'avais pas pensé à de telle absurdités...

Il ne pouvait continuer, comment lui avouer que l'homme qu'elle connaissait pouvait être quelqu'un d'odieux ou capable d'imaginer les pires insanités.
Alors qu'elle s'éloignait, elle lui laissait observer sa main retrouvée comme neuve.
Ne pouvant que lui montrer qu'un léger sourire un peu forcé. Oui elle avait cette capacité de se soigner toute seule, mais il ne saurait s'en souvenir au moment propice. Rester calme était sûrement la meilleure idée qu'il avait pour éviter de paniquer à la moindre blessure qu'elle ne ferai que pour défendre sa vie si cela est nécessaire. Elle avait ses propres aventure à vivre comme il en allait avoir prochainement à cause de ce voyage.
Défendre sa vie, pour la revoir. C'était la seule chose qui allait compter pendant ces longs mois, par l'épée ou la magie

Devant tant d'émotion l'heure était au repos. Se levant lentement pour le soulager un peu plus de sa peine, l'ondine vint à lui annoncer sa fatigue, se relevant à son tour il la suivi dans une petite partie de la maison jusqu'à la chambre d'ami.
Ne plus avoir peur. Elle ne recommencera plus lui avait-elle promis.
Sur ses mots, il dût la quitter des yeux malgré lui. Cette silhouette dont il ne pouvait se passer de dévisager. Même s'il savait qu'elle ne serait pas pour lui pendant encore un long moment, il tourna lentement les talons pour se diriger vers sa propre chambre, fermant la porte derrière lui pour se poser contre cette dernière, la tête relevée dans un long et profond soupir avant de s'avancer et se tourner vers le tableau de ses parents.
Il les observa immortaliser sur une peinture, s'imaginant vivre la même chose qu'eux avec la haute-prêtresse. Un rêve inaccessible peut-être.
Les quelques pas pour s'asseoir sur le lit se fit en silence. Son corps alourdit rebondit un peu sur le matelas d'où il joint les mains pour une prière. Une prière adressée à qui voudra bien l'entendre. Une prière à Kesha et Delil.
Posant la tête sur ses mains, l'illusion d'une ombre grandissante derrière lui empreinte d'une malédiction sans non ni origine semblait le menacer de lui ôter la vie à tout instant. Les bras dessinés se finissait en mains équipé de griffes prêtes à lui prendre son espoir.

Protégez-la, je vous en supplie. Peu importe ce qu'il m'arrive protégez-la pour moi.

Restant ainsi prosterner pendant quelques minutes, il commença à faire les cent pas pour se vider l'esprit. N'y faisant rien, il essayait de s'allonger pour s'endormir.
Toujours rien.
Ne sachant combien de temps il s'était passé depuis qu'il l'avait quitté des yeux, il se leva lentement vers la porte pour en sortir, jusqu'à celle de la chambre d'ami où il s'arrêta net. Immobile, il fit demi-tour pour prendre l'escalier menant à l'atelier dans un moindre silence.

Cette nuit encore, le sommeil n'allait venir tout de suite.
À l'importance de son état, il vint à s'occuper l'esprit à ce qui allait l'attendre le lendemain. Même s'il n'avait pas encore le matériel, il alluma les bougies avec une étincelle du bout de ses doigts, le minuscule arc électrique vint alors à embraser la mèche avant d'embrasser la pièce d'une faible lumière.

Il y passera une partie de la nuit à préparer ce dont il a besoin comme plantes pour le lendemain.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Mer 28 Déc - 23:15

Quand elle se réveilla, la sirène se retrouva touchée par une lourde migraine qui la cloua à son oreiller de longues minutes durant. Emprisonnée dans cette chrysalide entre sommeil et réalité, elle oscillait entre deux rêves, ne sachant plus très bien ce qui était réel et ce qui ne l’était pas. Il lui fallut une poignée de minutes pour se souvenir pleinement des évènements de la veille. Ils lui revinrent en mémoire comme une bouffée d’air frais que l’on reprend en s’échappant de l’eau, la première que l’on espère en remontant à la surface. Des dizaines de fois, elle repassa la soirée dans sa mémoire, alors que ses poignets de verre frottaient doucement ses yeux mi-clos. Finalement, elle finit par croiser l’œil d’aigue-marine qui la dévisageait avec transparence, et elle constata avec soulagement que la pierre n’était pas altérée, et que donc : Duscisio allait bien. Une question germa néanmoins en son esprit, si la pierre montrait les dommages seulement physiques, et non ceux de l’être ?

Finalement, une odeur de plante remonta violement de la maison alentour, et humecta jusqu’à l’iode de ses narines. Bercée, Othello resta piégée par ce rêve de chlorophylle, et prit alors conscience des premiers rayons du soleil qui commençaient à poindre par la fenêtre. Duscisio n’avait pas du dormir beaucoup... Si l’odeur se répandait à ce point, c’est qu’il travaillait à ses remèdes depuis de longues minutes, peut-être même des heures. Le connaissant, il ne s’était peut-être même pas couché. Soupirant avec une bienveillance maternelle, elle finit par se redresser, révélant au miroir non loin d’elle une crinière digne des plus grands fauves. Attrapant une robe parmi ses affaires, elle ondula en catimini jusqu’à la salle de bain, plus ou moins en conscience que l’herboriste était au rez-de-chaussée. Après une toilette longue et savoureuse, durant laquelle elle dompta à grand renfort de coups de peigne sa chevelure sélénite. Une foule de questions émergea dans son esprit. Est-ce que Duscisio allait mieux ? Les tensions de la veille s’était-elle évanouie ? Si son cœur battait plus fort en y repensant, elle était soulagée d’avoir pu faire son aveu, même coupable. Un poids s’était retiré de ses épaules, et elle se sentait plus légère.

Bientôt, elle ouvrit la porte, prête à officier en tant que Haute-Prêtresse de Kesha. Son diadème ornait ses cheveux pâles, qui coulaient dans une tresse abondante dans son dos de porcelaine, rendu partiellement visible par les découpes de sa robe : cousu autour du cou, elle tombait en une grande cascade de tissu blanc aux irisations électriques, retenu par une petite ceinture d’argent sous sa poitrine. Elle avait reposé un châle lourd et long sur ses épaules nues, et portait à la main la fameuse bague. Ses pieds aux petits souliers de velours appréciaient la douceur du tissu soyeux. C’était bien la seule chose qu’elle appréciait, au fond. Depuis son accession au trône, Othello s’était vu condamnée aux tenues pompeuses et riches qui trahissaient une fausse élégance qui le lui allait pas. Dans une telle robe, elle n’était pas très à l’aise. Ses petits doigts s’accrochaient maladroitement dans les plis du tulle, et c’est avec beaucoup plus de fracas qu’elle ne le voulait qu’elle entama de descendre l’escalier, attirée par les odeurs de plante qui venaient du laboratoire. Elle ne savait si elle aurait l’occasion de retrouver l’herboriste avant de partir officier.

Effectivement, quand elle arriva au rez-de-chaussée, elle se surprise particulièrement seule. Les plantes étaient là, comme les prémices d’un travail inachevé, prêtes à être éprouvées durant la matinée. Devant ce spectacle végétal, Othello devina que l’albinos avait fait quelques heures supplémentaires la veille, et qu’il avait dû avoir encore un peu de mal à trouver le sommeil. C’était bien naturel, et elle en prenait l’entière responsabilité. Déposant délicatement son châle sur une chaise, elle remonta immédiatement à la cuisine, où il avait soigneusement tout ranger.

Tel un médecin, avec une méthode rigoureuse, la sirène entama d’installer une table de petit déjeuner exemplaire. En faisant le moins de bruit possible, elle ouvrit les placards qu’elle commençait à connaître sur le bout des doigts, en déposant sur la table bols, cuillères... Couteau. Elle le regarda d’un œil distant avant de le remettre sagement à sa place. Un peu de pain, des biscuits, du beurre vint garnir la table, et elle entama de faire chauffer un peu d’eau afin de faire du thé. Si elle avait l’air plongée dans ses pensées, la vérité était qu’elle faisait un savant décompte de tout ce qu’elle plaçait sur la table. Cela faisait quelques jours qu’ils partageaient le même toit, et elle commençait à se sentir trop bien traité, un parasite qui vivait sur le dos de l’herboriste. Il était temps de mettre un terme à ce mode de vie, surtout après toutes les émotions de la veille.

Bientôt, elle était attablée devant un bol de thé, regardant la chaise vide avec une sensation amère au bout de la langue. Une forme d’appréhension pesait sur son ventre comme une pierre, alors que les volutes de vapeurs faisaient danser son visage et la buée sur ses ceintures d’argent. Enfin assise, elle pu pleinement plonger dans ses souvenirs et se retrouvait de nouveau dans cette cuisine, théâtre de tant de sentiments et d’émotions, plus ou moins contradictoire, qui les avait rapprochés. Le destin avait joué avec eux, mais s’acharnait à leurs imposer tant d’épreuves personnels qu’ils souffraient ensembles, et qui les recouvraient d’épines. Othello resta pensive, douteuse, contemplant l’inconnu du futur en sirotant son thé. D’un doigt agile, et par un mécanique inconscient, elle faisait jouer la bague autour de sa phalange sans grande conviction. Les mois à venir l’aiderait peut-être à savoir... A comprendre ses sentiments tumultueux pour l’herboriste. Ou au moins l’aideraient-ils à ne pas le briser comme elle l’avait fait la veille. Bien qu’elle sut qu’elle souhaitait à tout prix rester un soutient et une source de bonheur, elle ne savait plus sur quel pied danser.

En buvant son thé, elle commença à se demander si elle croiserait l’assoupit avant de partir. Les secondes s’égrenaient et par la fenêtre, elle suivait méthodiquement la course des soleils levants pour apprécier son heure de départ. Elle arriverait vite désormais, et elle finit sa boisson dans un silence religieux. Finalement, elle se leva et alla déposer son bol, se promettant de le laver en revenant. Passant devant le volatile blanc, elle le salua du regard et lui sourit maternellement. Toujours dans le même silence, elle descendit l’escalier, mis la main sur un crayon et un morceau de parchemin vierge qu’elle griffonna de quelques mots, indiquant à son hôte qu’elle lui souhaitait un bon courage et une bonne journée, qu’elle serait heureuse de le retrouver le soir venu. Puis, remettant son châle et sa cape chaude de Bor, elle s’élança dans l’air frais du matin pour reconquérir la ville, une fois de plus.


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Duscisio Balibe

MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Dim 8 Jan - 16:41

Si à son réveil, Duscisio se sentait quelque peu vaseux, il ne pouvait que contempler son travail de nuit devant ses yeux. Combien de temps avait-il travaillé ? Combien de temps avait-il dormit ?
Si ses pensées dès son réveil vint à ce qu'il s'était passé la veille, il en regarda autour de lui si par hasard elle ne l'aurait pas réveillé indirectement de sa présence.
La porte de la boutique s'était refermé au claquement que lui laissait entendre ses oreilles. Plus pale que d'habitude, il s'entendit se lever de sa chaise d'où il était installé, les courbatures dans les dos l'empêchant momentanément tout mouvement brusque. Sa première réaction était de voir que le soleil s'était déjà levé.

Se rappelant qu'elle officiait ce matin, l'apothicaire se dirigea doucement vers la porte de la boutique afin d'en sortir et observer si la jeune femme était encore dans la rue.
L'apercevant au loin dans une robe richement ornée dont les détails lui échappaient totalement. Ne pouvant interrompre dans sa route, il ne fit qu'un petit sourire en sachant pertinemment qu'elle sera de retour en fin de journée pour aller chercher les quelques ingrédients dont il avait parlé la veille avant d'échanger les alliances magiques.
Lullaby et Melodie.

Si les artefacts leur avaient donné le courage de s'avouer mutuellement ce qu'ils ressentaient, il en avait pas moins fait un vide dans son coeur. Toujours entant emplis d'un agréable sentiment, l'albinos aurait lui-même dit que les tentions de la veille s'était arrêtée.
Il avait eu sa chance, sa patience allait maintenant devoir jouer en sa faveur pour lui accorder le temps de lui répondre.
Peut-être un jour partageront-il un dévouement commun.
S'il avait grand espoir, il n'en perdait pas moins les nombreux obstacles qui allait s'offrir à lui. Entre le voyage qu'il a promis d'entre prendre sous quelques jours, le coeur de la belle n'étant pas certains de ce qu'elle avait pour lui et les nombreux mois qui allait les séparer sans compter les nombreux dangers qui allaient chacun les inquiétés.
S'il fut d'un seul coup réveille par une voix masculine, il détourna ses pensées pour répondre à l'appel du travail qui l'attendait dans quelques minutes.
L'homme était arrivé depuis quelques minutes déjà et semblait amusé du visage nostalgique que prenait son ami.

Bonjour, Monsieur. Je vous apporte les fournitures que vous aviez demandées.

Si le destinataire n'avait pas encore reçu le message, un rapide coup d'oeil à la charrette derrière, lui laissait largement deviner ce qu'il était de sa présence ici. Répondant machinalement en continuant d'observer la demoiselle s'éloigner, l'homme qui lui avait vu Othello sortir de sa boutique, ne cacha pas le petit rire avant de le taper de son coude plusieurs fois.

Mais dit moi, c'est qu'il y a une jolie jeune femme qui t'as tenue compagnie cette nuit.
Othello habite sous mon toit, car c'est un service que je lui rends. C'est la haute-prêtresse de Kesha maintenant. Je ne peux me permettre de...
Ouais ouais. C'est une jolie femme. Vu comment tu la regardes, c'est bien plus que ça.
Le coupa-il d'une grosse tape dans le dos.

Bien que l'homme soit une connaissance, le jeune homme paru autant gêner qu'outrer de son indiscrétion.
Étant présent pour l'aider à décharger, Anathole fut indiqué où poser la marchandise : Cinq chaudrons, autant de sabliers et de multiples plantes que l'on trouve facilement dans le commerce fut déposés non loin de la porte de l'arrière boutique. L'odeur des plantes de la pièce voisine avait également attiré l'attention du marchand.
Ne pouvant s'attarder dessus, ce dernier finis de décharger et engagea son chemin pour le reste de la journée.
Si Duscisio n'avait également pas à sa charge les nombreuses potions qui lui avaient été demandées, il se sera dévoué pour accompagner la jeune dame à son office.

La pancarte indiquant Fermer sur la porte vitrée laissa l'idée au passant de l'importance de la commande en cours alors que la boutique elle-même indiquait de sa lumière la présence de son propriétaire.
Prenant le temps de monter à l'étage afin de manger un morceau avant de se mettre au travail. Remarquant alors que son familier était déjà réveillé, ce dernier lui fit part d'un mot laissé par l'ondine sur la table déjà habillé de nourriture pour le petit déjeuner.
Après celui-ci, il s'étira, rangea et retourna à ses projets du jour. S'il ne l'avait pas ouvert depuis des mois, le petit coffre s'ouvrit de ses mains. Le petit coffre, propriétaire intégrante sa famille, disposait d'une quantité magnifique de pierre de sphène de toute sorte comme d'une collection soigneusement caché à cause de la valeur de son contenue emmagasiner avec les années durant de nombreux voyages périlleux. À côté une énorme pierre d'exa sous un tissu y prenne place. Preuve qu'il faisait partie de ceux qui avaient foulé la forêt de Noathis pour trouver la source du myste rouge il y a quelques temps.

Pourquoi prendre une pierre de sphène ? Le travail qui l'attendait allait lui demander un énorme potentiel magique, l'aide d'un catalyseur bien que prohibé par sa castre était nécessaire.
Durant toute la journée, l'albinos rua sur la tâche des préparations de remèdes demandées comme ses collègue le faisait aux quatre coins de la ville.
Ne pouvait se permettre que peu de repos entre deux séries pour terminer dans la journée, Duscisio s'épuisait à la tache pour tenir un autre engagement. La préparation à la fin de la journée des recettes qu'il avait donnée à la belle demoiselle.
Si l'empressement de finir cette journée plus que les autres étaient palpables, il se permit tout de même de prendre un temps de repos comme le repas du milieu de journée pour se restaurer. Prenant une bonne heure avant de repartir à l'arrière boutique, celle-ci se remplissant de quelques caisses de fioles donc le liquide dans les tons de rouge, de jaune et de vert était caractéristique de ses potions de soin diverses.
Sa façon organisée de concocter ses remèdes en série était bien caractéristique de son savoir-faire. Chacune des marmites était utilisée à plein pot. Une fois une solution terminée, elle était lavée pour ne laisser aucune trace de la précédente recette pour ne pas altérer la prochaine, même si celle-ci était la même.

Les prochaines heures allaient être plus difficile que les précédentes.
N'ayant terminé que les potions les plus simples, les suivantes allaient demander un peu plus de technique par la complexité de leur mélange. La commande allait demander plus d'une seule journée pour être complète.
Malaxer, broyer, mettre en poudre était toujours plus long à faire, la preuve est à la nuit passée alors qu'il en avait fait pour les précédentes mixtures. Si faire pousser des plantes ne demandaient que de sa magie, se faisant alors en quelques minutes, le mortier - qui dégagea la forte odeur de plantes ce matin même - était un peu plus physique et rébarbative.
À la fin de l'après-midi, la même odeur de plante de la matinée, quoi qu'un peu plus forte à cause d'une espèce de plantes différentes, avait déjà envahis la boutique.
La poudre composée de différents végétaux se trouva mélanger à l'eau d'une marmite sur un feu doux pour y mijoter une bonne heure, le temps pour lui de commencer une autre recette moins longue, ou simplement se poser sur une chaise pour se reposer et attendre Othello si sa journée s'en trouvait terminer.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Mar 31 Jan - 18:56

Écroulée de fatigue, la silhouette blanche remontait lentement la large rue dans une discrétion subtile et éthérée. La journée avait été éprouvante, et pour une fois, l’ondine accueillait la fin de journée avec bienveillance. Si les autres jours, elle était la première à batailler pour rester à la clinique, ce n’était cette fois-ci pas le cas. Mais les affaires furent heureuses : il n’y avait plus beaucoup de blessés graves, et les grands malades se faisaient plus rares. Les victimes du colosse décroissaient de jour en jour, et les médecins affrontaient plus souvent des cas de mauvaise toux et de plaies infectées que de victimes qui avait tardé à se présenter aux médecins. Othello eut sous son aile une poignée de patients, hommes et femmes, quelques enfants, mais rien qui ne pouvait l’empêcher de marcher pour retrouver le foyer le soir venu.

Sur le chemin, elle se demanda comment s’était passé la journée de l’albinos : s’il avait accompli tout le travail qu’il souhaitait, s’il avait pu être livré correctement. Etrangement, elle ne doutait absolument pas qu’il ait tout fait. Sa dévotion et son sérieux pour son travail étaient légendaires, et il se plongeait dans chaque tâche avec une attention si méticuleuse qu’elle était digne des plus grands horlogers. Quelque chose lui disait que, lorsqu’elle ouvrirait la porte, elle serait face à tous les petits pots, soigneusement rangés, prêts à être emporté vers le destinataire.
Bientôt, elle arrivait à hauteur de la boutique. Pour pallier à la fraîcheur du soir tombant, elle avait passé une cape pâle épaisse d’un bleu sélénite, doublé d’un velours ferme et doux. Ses cheveux dénoués tombaient sur le devant de ses épaules et contournaient sa course en voletant à ses côtés. Chaque petit coup de brise battait la mesure de ses pas jusqu’à ce qu’elle n’arrive devant la porte, et pose fébrilement une main sur la poigné froide. Le métal gelé accueillit sa paume qui n’émettait pas plus de chaleur, laissant les deux êtres condamnés à la froideur se consoler mutuellement. Finalement, elle poussa la porte, et l’air lourd et odorant du logis lui souffla au visage, faisant presque tomber sa capuche. L’atmosphère du seuil fut comme un baume, elle y perçu toutes les vapeurs de plantes terreuses, les odeurs de muscs, de feuilles concassées du travail de l’herboriste.

Il ne lui en fallut par plus pour passer d’une sphère à une autre. Refermant vivement la porte sur son passage, elle s’annonça d’un joyeux
« Me voilà ! » qui raisonna dans la boutique avec un air faussement triomphant. Dans une même foulée, elle déposa sur un porte manteau sa cape un peu humide, son petit sac oublié la veille à la clinique. Un coup d’œil à l’intérieur, et on constatait qu’elle y avait déposé tous les bijoux qu’elle portait le matin en partant – travailler sur des corps avec bagues et colliers était à la fois idiot et à des années lumières du protocole. Dans un soupire, elle le laissa tomber au sol pour se diriger vers l’arrière-boutique. A mesure qu’elle s’y dirigeait, l’odeur arborée devenait de plus en plus forte, la confortant dans son idée qu’elle était sur la bonne piste.

« - Votre journée fut-elle bonne ? » S’enquit-elle dans le vide, sans vraiment être sûre d’être entendue, mais préférant tout de même tenter le coup.
Quand elle pénétra le domaine chlorophyllien, la surprise fut qu’elle ne distingua personne. Pas d’albinos à l’ouvrage, ni au milieu des lianes et des feuillages qui grelotaient paisiblement au fond de la pièce. Seulement une imposante marmite qui ronronnait comme un chat en bouillant doucement. Une vapeur bleuté s’en élevait, et, toute curieuse, Othello s’en approcha pour se pencher au-dessus. L’humidité se colla brusquement à sa peau, et l’ombre d’un instant, elle eut l’impression que la fumée l’étouffa. Ce fut suffisant pour elle pour la convaincre de pousser sa tête loin de cette marmite.
En tournant le regard, elle s’aperçut que plusieurs récipients – plusieurs, quelques centaines !- avaient été soigneusement rangés dans un coin de la pièce, plus ou moins remplis, beaucoup prêts à être livrés à la première heure. D’autres étaient encore vides, et elle supposa que la présence de cette marmite y était pour beaucoup dans leur situation de famine. Si l’herboriste pointait le bout de son nez, elle se promit de lui offrir ses services dans l’exécution de son œuvre. Un autre coup d’œil lui permit de constater la présence de quelques spécimens qu’elle connaissait bien. Les fameuses plantes marines abordés la veille au soir et promises attendaient patiemment leur heure. La sirène se souvint brusquement de la sensation grisante qui l’envahissait à chaque fois qu’elle avait pu les cueillir elle-même. Cet étrange sensation qui lui semblait déjà si loin...

Patiente, elle attendit quelques instants, se prépara à retourner dans l’entrée pour grimper l’escalier afin de trouver le jeune homme, mais des bruits marqués de grincements boisés et de pas l’alertèrent, et lui fit supposer qu’il était déjà en route. Prenant cela comme un signe, elle resta à sa place à côté de l’imposante marmite, prête à réitérer sa question aux premières secondes où elle croiserait son regard rouge. Dés qu’elle le vit, elle lui lança joyeusement :


« D’après ce que je peux voir, vous méritiez bien un peu de repos. » Son sourire était sincère. « Votre journée fut chargée ? »
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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Sam 1 Avr - 15:26

Spoiler:
 

Descendant de l'escalier, il fut quel que peu surpris que la demoiselle soit déjà présente. Si la hâte de l'activité du soir lui avait donnée l'énergie de revenir au plus tôt cela ne pouvait que le réjouir.
Un pain dans la bouche, il continua de marcher doucement vers l'étage inférieur en lui en proposant un sur le passage si jamais elle avait un petit creux qui saurait lui faire plaisir.
Finissant sa grosse bouchée qui le faisait ressembler à un hamster, il avala le tout d'un seul trait avec un manque de s'étouffer, tapant son torse du poing il lui répondit.

Tout autant qu'une journée dont la commande est pleine. Sauf que cette fois j'ai tâché de faire le tout d'un seul coup. C'est épuisant...

Il tendit le bras pour l'entourer – la main sur l'épaule - et la mener dans l'atelier. Quand sa tête se colla à la sienne comme d'un geste attendrissant, il lui porta le regard sur la marmite qui était en train de chauffer avec une base dont la composition se trouvait déjà sur la table.

Je me suis permis de préparer la première solution de ce soir, l'eau est déjà a bouillir, avec une base comme indiqué sur ce parchemin.

Parler de base à proprement dit était là pour signifier qu'une potion avait besoin d'un début pour ce faire correctement. Lui expliquant que la plupart des potions se préparent plus facilement dans l'eau chaude, il se sépara d'elle pour porter un peu plus attention au récipient sur le feu dont il touilla le liquide bouillant tout en regardant que les quelques feuilles qu'il avait mises à cuir avait fondu, dans le sens propre du terme. La légère couleur pourpre de l'eau était dut à cette dite plante dont sa provenance faisait partie de la commande de ce matin.

Lui laissant prendre place, il continua ses explications quelques peu compliquée sur la concoction. D'après les informations qu'il connaît sur le bout des doigts, information qu'il avait apporté avant qu'elle n'arrive sur la table sous la forme de l'un des énormes manuscrits qu'il possédait à l'étage, une pierre de sphène posée dessus dont son usage lui avait été profitable tout au long de la journée pour multiplier les plantes dans la serre derrière la maison.

Je vous ai aussi évitée quelques préparations avant le mélange, mais elles ne sont pas toute faites... J'avais un petit creux.

Faisant part de son pain qu'il finissait avant d'avoir à discuter de la marche à suivre, dont il lui proposa de faire d'elle-même d'après les indications et sa propre expérience donnée. Ne voulant pas se montrer égoïste en faisant tout le travail, il tenait à ce qu'elle participe entièrement.
Ne doutant aucunement de ses compétences, Duscisio l'invita à prendre sa place dans l'atelier pour continuer. Sa tâche sera donc de suivre la recette du parchemin posé sur la table. L'herboriste précisa que si elle avait besoin de certaines informations le livre à côté était à sa disposition.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Mar 4 Avr - 14:52

Comme elle l’avait deviné, Duscisio descendit des marches et ne tarda pas à la rejoindre, un morceau de pain à la bouche, l’air bien plus frais qu’elle ne l’avait imaginé. Elle les compara rapidement, lui et ses joues gonflées et remplies, et elle et ses traits tirés et ses yeux creusés. Heureusement, il avait l’air d’aller bien, et même mieux qu’elle ait redouté après tant de travail. Mais quelque chose lui dit qu’il avait eut les yeux plus gros que le ventre, et manqua de s’étouffer avec le trognon qui avait dû passer de travers, provoquant un sourire amusé chez la demoiselle. L’air étouffé d’humidité terreuse, d’une odeur suffoquant de plante bouillie qui lui donnait l’impression de nager dans un lagon entouré de verdure. Après avoir repris son souffle, il passa son bras au-dessus de son épaule, et ils partirent chemin faisant vers les préparations bouillantes.
Il avait donc commencé. C’était sage, cela leurs permettraient de gagner un peu de temps par rapport à toute la recette... Et celle-ci étant complexe, ils avaient du travail sur les bras.

Pendant quelques secondes, elle le regarda faire, à agiter la cuillère dans l’eau pourprée et enivrante. Il lui expliqua tout en faisant ce qu’il avait fait, comment, les principes de base, et elle se tu poliment. L’envie lui brûlait les lèvres de lui dire qu’elle savait également beaucoup de tout cela, étant elle-même du travail. Mais elle se retint, décelant l’étincelle pétillante dans ses yeux du passionné qui enseigne, qui raconte son œuvre. Quand il eut finit, elle le remercia gentiment, et s’enquit de la recette. Alors que ses mots s’envolaient de sa bouche, ses mains blanches et fines s’élevaient vers son crâne, où elle ramassa par grosses poignées la totalité de ses cheveux sauvages et sélénites. Dans ses doigts, ils avaient le ressentis de la corde, de la fibre, et elle eut besoin de ses deux mains pour les attraper et les enfermer dans une queue de cheval épaisse et dégoulinante dans son dos. Si elle avait eut plus de temps, elle les aurait tressés. Au lieu de cela, elle les laissa tranquille, et remonta ses manches.

Bientôt, elle se retrouva devant l’établi, où l’herboriste, le pain à la main, finit de lui donner les dernières indications.

« - Merci beaucoup pour tout, je devrais pouvoir m’en sortir. » Elle jeta un rapide coup d’œil aux alentours, balayant les plantes et leurs contours ciselés, verts et iridescents. « J’ai tout ce qu’il faut sous ma main. » Dit-elle doucement. Cela avait été une sacrée livraison, luxuriantes, même, à en juger par les spécimens qui s’étalaient devant ses yeux. Même des espèces marines – plus ou moins fraiches, certes, mais tout de même de qualité.

Quand il repartit à l’ouvrage, son premier réflexe fut de retourner vers le fameux parchemin. Légèrement brunis mais encore bien récent, elle l’attrapa et le consulta rapidement, savourant le goût du papier doux et lisse sous ses doigts, sentant le relief humide et grossit là où la plume avait écrit sa recette. Rapidement, son doigt descendit les premières lignes, s’arrêtant là où Duscisio l’avait mentionné. Il lui restait encore quatre préparations afin de procéder aux premières opérations de mélange. La base de la potion liquide était en train de bouillir, et maintenant, il fallait se concentrer sur les gloecus verivis...
Immédiatement, la sirène se leva, retournant rapidement à l’étage pour y récupérer son tablier qu’elle noua méticuleusement derrière sa taille, avant de retourner dans l’atelier. Il y avait avec ces plantes quelque chose d’étrange que seuls les rares initiés savaient, un secret transmis entre les quelques herboristes qui avaient manipulés des spécimens et s’étaient fait avoir une fois... En effet, à la façon des calamars, les gloecus, mis à rude épreuve par la manipulation, émettaient un liquide noir, semblable à de l’encre, et ça même plusieurs mois après avoir été cueillis.

Othello en attrapa quelques-uns fermement pour les déposer sur son plan de travail. Ils avaient l’air de petits ballons, bleutés et translucides, un peu comme les lunes qui éclairaient le ciel. Dans la nuit, ils devenaient phosphorescent, d’où cet aspect légèrement transparent de la membrane qui les recouvrait. Lisse et légèrement humide au toucher, ils pouvaient devenir visqueux si on les manipulait trop. Aussi se contenta-t-elle de les attraper un à un pour les déposer devant elle. Habilement, elle en retourna un face à elle, le tenant entre ses doigts pour le placer dans le bon angle : sous ses yeux se dessina un petit orifice, curieusement fermée par un petit bec. C’est par là qu’ils attaquaient. Après avoir dessiné le contour avec la pointe d’un couteau, elle tira entre ses ongles sur le relief et arracha d’un coup sec tout l’appareil : une poche à ancre qui pendait d’un long tube. Un soupir de soulagement s’échappa de ses lèvres quand elle vérifia que la plante n’était pas abîmée. Une de faite, encore une demie douzaine à venir...

Cela lui prit une dizaine de minutes. Les plantes vidées furent ensuite placé dans un mortier, avant d’y retrouver, quelques secondes plus tard, un poignée de trèfle rouge. Attrapant un pilon, Othello moulu le tout pendant de longues secondes jusqu’à obtenir une pâte épaisse et homogène qu’elle mis de côté. Celle-ci allait servir de base solide pour créer la potion un peu plus tard, et serait mélanger avec le liquide que Duscisio avait mis sur le feu. En poursuivant son travail, l’ondine se terra dans un silence religieux, aussi pur et profond que celui respecté dans un temple. Seul ses cheveux produisaient parfois un bruit feutré et doux, puisque même son souffle avait disparu. C’était comme si elle voyageait en eaux connues, comme si elle descendait un fleuve dont elle avait déjà parcouru mille fois les méandres. Chaque geste était encré au bout de ses doigts, et ses mouvements calculés tenaient plus de l’instinct que de la raison. Manipuler les plantes était devenue une seconde nature pour elle, et si elle pouvait se perdre à l’ouvrage, c’est qu’elle était grisée de passion.

Bientôt, une heure s’écoula, et le travail fut fait. Devant elle s’étalait la pâte de gloecus, un liquide extrait des poches à ancre dont elle avait extrait la substantifique essence, et deux infusions bouillies de feuilles et de fleurs d’Oerevis Pallaflores, de belles algues fleuries qui poussaient en eaux peu profondes de Cimméria.

« - Et voilà, chef Balibe. » Dit-elle dans un sourire. Habituellement, elle ne se serait jamais permise ce genre de remarque. Mais travailler l’avait apaisé, aussi tenta-t-elle le jeu. « Tout est prêt, nous devrions pouvoir passer à la suite. » Elle avait de nouveau le parchemin en main, et le lisait en même temps qu’elle parlait. La suite n’était pas compliqué mais périlleuse, puisqu’il s’agissait de faire passer les mélanges dans un ordre défini à travers une verrerie complexe. C’était tout ou rien...


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Lun 17 Avr - 18:16

Il fut remercié par les instructions dont elle devait déjà en connaître, mais il n'était jamais de trop de préciser à nouveau.
S'il savait qu'elle allait très bien se débrouiller, il devait également penser un peu à lui. En montant à l'étage tout à l'heure, il avait constaté qu'il lui manquait certains produits de premières nécessitées dont la principale était bien entendu une pommade.
Disparaissant quelques instants dans la serre, Duscisio y chercha de la Digitale pourpre, quelques petits ingrédients par-ci par là et un grand récipients d'eau fraîche sans oublier bien entendu les outils pour la préparation.
Les fleurs dont la couleur leur faisait porter le nom posé sur la table attendait son sort, tendit que le jeune homme commençait à préparer les plus petites plantes déjà en poudre en les disposant dans le récipients.
Le temps de ses propres actions il eut à peine remarquer la courte absence de la jeune femme partie à l'étage pour revenir en tablier, si la cuisine ne semblait pas encore être l'un de ses points forts, en ce qui concernait l'herboristerie il allait en être témoin une fois de plus. Il lui laissait le libre arbitre à cent pour cent en faisant ce qu'il avait à faire de son côté. La confiance régnait, elle n'avait qu'à l'appeler pour une éventuelle aide.
La recette de la gloecus verivis avait quelque chose de particulier, mais les plantes aquatiques étaient sa spécialité à l'instar de l'albinos qui restait les pieds sur terre. Comme tout à chacun, chaque habitant se spécialisait dans un domaine pour y exceller et par conséquent fabriquer des produits de qualité supérieure.
C'était le cas d'Othello et de lui-même.

Le maître d'aujourd'hui a été un jeune nourrisson baigner dans les plantes dès son plus jeune âge, une passion transmise par sa mère qui lui apprit les noms des plantes, son père a les mélangés. Ensemble il faisait le duo parfait dont le jeune albinos faisait partie intégrante de leur réussite. C'est à travers son travail et sa vie, qu'il les remercie de leur éducation. Jamais il n'oubliera ce qu'ils ont fait pour lui et leur âme resteront à jamais dans cette maison et dans son cœur.
Serait-ce cela qu'il cherche à avoir avec Othello ?
Bien que la bague qu'ils portaient tous les deux au doigt les liaient, il semblait avoir la pensée qu'elle ne pourrait très bien ne le voir que comme son plus grand ami de toujours. Est-ce que cela lui suffisait ? Qu'est ce passerait-il si ses pensées se révélaient vraies ?
Fixant longuement sa préparation dont ses mains la mélangeaient machinalement, il pourrait très bien disparaître après ce voyage pour une raison que le dépasse complètement. Pas disparaître totalement, juste changer au point qu'on ne puisse plus le reconnaître. Devenir quelqu'un d'autre pour ou contre son gré.
Il s'en trouvait effrayer. Ses pupilles rougeoyante semblait vide pendant quelques instants avant de se secouer brièvement la tête pour se chasser ses sinistres pensée de la tête et commencer le travail avec la Digitale Pourpre qu'il devait transformer en pommade visqueuse dans une mixture argentée semi-transparente.

Si durant l'heure qui suivie Othello terminé la pâte noire, lui commençait déjà à remplit trois pots de sa mixture salvatrice qui protégeait sa peau du soleil.
Sa manière de l'appeler « chef » le perturbait un peu. Quel que peu gêné et légèrement outré, il lui fit par dans un petit sourire et rire narquois qu'elle ne devait pas l'appeler comme ça... Ça ne lui allait pas du tout. Il ajoute aussi que l'appeler « Maitre » n'était guère mieux. Sa simple appellation par son prénom était suffisante, surtout pour la jeune femme avec qui il entretenait cette relation.
Il s'arrêta un instant pour la regarder dans les yeux et lâcher un long rire décontracté. Comme si toutes les mauvaises pensées avaient disparu, il changea de regard afin d'observer l'excellent travail de l'ondine.

Voyons cela.

Essuyant ses mains contre le récipients pour perdre le moins de mixture, finissant le reste avec un chiffon, il se posa derrière elle en posant ses mains sur les hanches de la jeune femme, la tête sur son épaule pour lire le parchemin et gloussa légèrement.

Humpf. Non seulement, cette plume me donne rarement des recettes bénéfiques, mais en plus elle se permet de m'en donner des plus difficiles. À croire qu'elle me déteste.
Si j'en crois ce que je lis, on doit avoir un mélange proche de la perfection. C'est là qu'on dit merci papa et maman d'avoir déjà tout prévu des années auparavant.


Lâchant la demoiselle pour dans un coin de l'atelier très peu utilisé, au vu qu'il concerne tous les instruments de précision, la balance disposée sur la table de travail n'était pas très grande, mais pouvais contenir assez de liquide pour une fiole de taille tout ce qu'il y a de plus standard. Si elle était très peu utilisée c'est surtout que son savoir-faire pouvait lui en dispenser, la plupart des remèdes avaient l'avantage de la simplicité ou simplement à l'instinct. Ici c'était différant. Se passant de longues explications, il en sorti des astuces.
Il était deux, donc il allait pouvoir se partager les taches, en montrant celle qu'il allait faire, il laissa les autres entre ses mains.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Mar 9 Mai - 15:30

L’herboriste s’était penché sur son épaule pour regarder la recette, et à cet instant, la naïade cessa instinctivement de respirer. Elle n’était toujours pas très à l’aise avec de trop forts contacts. Ce n’était pas que c’était déplaisant, seulement... Elle ne s’habituait jamais à la pression d’une main, au poids d’une autre tête, au souffle chaud sur sa peau froide qu’exhalait une bouche proche. Maintenue dans une distance perpétuelle d’autres corps que le sien, elle apprenait petit à petit à ressentir cette approche chaleureuse, mais en se laissant toujours surprendre.
Il observa avec elle le parchemin, et en vint au même résultat, du moins c’est ce qu’elle jugea au son de sa voix. La suite n’allait pas être aisé, et ils ne seraient pas trop de deux herboristes expérimentés pour réaliser le remède. Othello se frotta les joues, consciente du défi. Ça n’allait pas être de tout repos... Mais l’herboriste la devança dans sa pensée, et s’en alla rapidement dans un recoin inexploré de son domaine, ou la prêtresse n’avait jamais osé mettre les pieds – ou plutôt, elle n’y avait pas prêté grande attention. Il en revint les mains pleines de tout ce qu’il leur fallait : balance, alambic, verrerie... Le rêve de tout bon herboriste. Elle en fut si surprise qu’elle ne remarqua même pas ses lèvres entrouvertes dans une moue expressive d’admiration.

« C’est... Grandiose... » Lâcha-t-elle à la dérobée, perdue dans les courbes de verre et de métal. Elle avait déjà manipulé ces outils chez une collègue cimmérienne, mais elle ne connut pas d’appareillage de si bonne qualité, et elle en tomba presque amoureuse. Par manque de moyens et de temps, elle s’était toujours acharnée à travailler de façon traditionnelle, avec ses mains et ses outils, et les Méthodes enseignées dans les livres. Elle brûlait déjà d’envie de faire fonctionner la bête, et entendre ronronner son ventre translucide. « Hum... » Soupira-t-elle, songeuse. Ses doigts vinrent attraper son menton. Duscisio s’occupa de répartir leurs tâches respectives, et elle tria mentalement ce qu’il lui restait à faire. Elle regarda la bête de science encore quelques secondes... Elle allait bien s’amuser.

Il lui fallait faire trois choses, chacune dépendant de l’étape précédente. Si elle échouait, la potion serait sûrement fichue. Autant dire que son droit à l’erreur était proscrit, et qu’il valait mieux qu’elle s’applique. Dans un ultime soupire, elle étira ses bras, ses mains, ses doigts, avant de se remettre au travail. D’un geste sûr, elle plaça devant elle ses trois préparations, et mis la main sur l’infusion de Duscisio. Tout se jouait sur le rythme. L’alternance, l’ordre. Une mécanique discrète qui ferait que le mélange serait parfait. Lentement, elle se mit face à l’alambic, et attrapa la pâte noire. L’heure était venue au raffinement. Attrapant discrètement la recette, elle mémorisa les proportions « mélangez les deux appareils, distillez-les pour n’obtenir plus qu’un cinquième du liquide de départ. Le liquide devra être noir, homogène, et fluide. » D’un geste, elle récupéra un récipient large où elle versa généreusement la première infusion de Duscisio, et la pâte noire qu’elle mélangea avec un bâton en bois. Si les deux préparation s’opposait, d’abord, farouchement à l’union, le coup de main adroit de la sirène finit par donner raisons à son coup de poignet, et elle obtint un liquide épais, pâteux et odorant, la base parfaite. Soupirant de soulagement, elle s’approcha de la verrerie.

C’était un outil complexe... Duscisio lui expliqua rapidement quelques astuces qu’elle écouta avec de grandes oreilles, l’œil perdu sur les courbes siliques. Il ne ressemblait pas beaucoup à celui de Cimméria, aussi tout conseil était bon à prendre. S’en approchant, elle finit par identifier la place du contenant de base, et celle de destination. A présent, tout n’était plus question que de volume : elle prit la balance et pesa la quantité de liquide dont elle avait besoin, et griffonna sur un papier ce qu’elle souhaitait obtenir, soit un cinquième de cette quantité. Ses gestes étaient sûrs, et sereins, bien qu’elle pèse habilement les enjeux de ses actes. C’est pour cela qu’elle prit tout son temps : ne pas se presser était un savoir fondamental de sa discipline. Vouloir accélérer l’œuvre du temps pouvait être rédhibitoire. Elle avait pris cet adage à l’outrance : plutôt que de respecter les grains dans le sablier, elle prenait même soin d’étaler tous les temps de préparation, pour laisser la nature faire son œuvre tranquillement.

En quelques minutes, le liquide sombre s’était retrouvé piégé dans un ballon de verre épais, chauffé par un réchaud. Ses vapeurs s’élevaient jusqu’à un tuyau tournoyant, dont le bout donnait sur un petit flacon ouvert, prêt à récupérer les précieuses gouttes. La quantité parfaite. Soufflant de soulagement, Othello entama la seconde étape, gardant un œil attentif sur son œuvre pour s’assurer que rien ne dérape. Après tout, un accident était bien trop vite arriver dans leur discipline, et il faudrait peut-être une erreur pour transformer leur remède en un poison. Prenant une de ses infusions où flottaient encore tout type de fleurs et de pétales, elle se saisit d’une immense colonne. Elle déglutit alors. Cette étape était horriblement difficile... La plume ne les avait vraiment pas gâtés. Cette façon de faire était révolue depuis longtemps, obsolète, et relevait des classiques : des gestes séculaires et rares qui séparaient les herboristes des imposteurs. La colonne se finissait en un petit conduit, sous lequel la prêtresse déposa un nouveau bol. Avec une patience infinie, elle s’enfuit ensuite dans tout l’atelier, un panier à la main, récupérant çà et là bocaux, sacs, et plantes, qu’elle disposa, couche après couche, avec une main aux bords du tremblement, et le souffle coupé, dans la colonne.

Onze couches. L’infusion devait être filtré par onze couches avant de couler dans le bol. Parmi lesquels : du sable marin, du charbon végétal, une algue rare, de la gaze végétale... L’alambic lui parut déjà si loin. Lâchant un râle agacé, elle remarqua que le haut de la colonne était bien plus haut que sa tête. Attrapant une chaise, elle monta sur la table adjacente, le précieux liquide dans une main, l’autre déployée comme une aile pour lui permettre de garder son équilibre, et finit par verser très doucement le liquide dans la colonne. Rapidement, elle vit le sable doré prendre une teinte foncée. Tout s’écouler comme convenu... Tant mieux. L’alambic aussi ?... Oui, tout allait bien. Elle soupira longuement. Le tintement fantastique des premières gouttes qui tombaient dans le bol achevèrent de la rassurer. Prenant les quelques minutes qu’elle avait de répit pour aller voir Duscisio, elle en profita pour lui demander comment cela se passait pour lui. Il avait l’air aussi concentré qu’elle, et elle le regarda faire quelques minutes, se faisant aussi discrète qu’une souris.

Finalement, l’heure sonna de retourner à l’ouvrage. Quand elle revint vers ses préparations, la petite fiole était rempli d’un liquide noir léger et fluide, et dans le bol se trouvait une eau pâle et translucide, à la douce odeur florale. La dernière étape était simple. Unir les trois préparations dans un bain marie de glace : attrapant une large marmite, elle la remplit en partie d’eau, puis passa une main au-dessus de la surface. Son collier se mit à luire doucement, et sur son passage, l’eau devint morcelée de fragments de glace qui flottaient comme des icebergs. Elle plaça alors un énième bol dans le premier, de façon à ce qu’il soit en contact avec l’eau froide : elle l’avait choisi en métal pour qu’il se refroidisse plus vite. En deux coups de cuillère, elle mélangea tous les liquides, pour former une eau noire et opaque, fluide et lisse comme une nappe d’huile. Il répandait une odeur âcre et terreuse d’argile et de vase. Elle avait l’air... Parfaite.


« Et voilà, Duscisio. » Dit-elle sobrement, attendant que le maître vienne juger le travail de l’élève et ne donne son appréciation. Mais elle restait humble : si le travail semblait bien fait, elle n’était pas à l’abri d’une erreur idiote. Mais il lui sembla avoir respecté la recette à la lettre : chaque détail avait été respecté. Il ne restait plus qu’à l’herboriste de finir le travail : accomplir les derniers gestes qui achèveront la potion.  


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Mer 7 Juin - 18:59

Ses simples outils avaient porté l'intérêt de la jeune femme dès leur sortie. Si ses derniers se révélaient d'une manufacture exceptionnelle, il n'en restait pas moins le minimum pour un herboriste de renom.
Le passé et le travail de ses propres parents lui donnaient un avantage à ce niveau-là qui lui fournissait tout pour être digne de leur enseignement les quinze premières années de sa vie.
Il vit et survie pour ses parents pour qu'ils soient fiers de lui, là où ils se trouvent. Tous les jours, le jeune homme les appelle pour montrer comment il continue sa propre existence, comme pour leur dire « Papa, Maman, regardez ce que je suis devenu. Êtes-vous heureux ? »

Après l'observation de la recette, il put observer la jeune femme admirative.
La prochaine étape donc il expliqua la marche à suivre. Rien ne fut compliqué pour elle. La jeune ondine avait tout dans ses manches et pouvait travailler sans gêne. Prenant le temps nécessaire pour bien faire, car le temps n'est pas une notion très importante contrairement à ce que l'on pense.
Certes utiliser très fréquemment, le temps joue parfois son rôle dans le repos d'une préparation le temps qu'une autres parties de la recette. Nullement besoin d'un temps donné ici pour la préparation. Tout devait être fait parfaitement dans un laps de temps non déterminé.
Comme un calcul d'arithmétique, le résultat allait dépendre d'un savoir faire en centième près.

Son travail à lui consistait à préparer la solution qui allait accueillir le travail d'Othello.
Toutes les plantes mises en poudre étaient lentement insérées dans l'eau chaude, selon les quantités respectées sur le parchemin par rapport à la quantité que pouvais contenir le chaudron. Un bol dans une main saupoudrant l'eau par petit tapotement de son index, une grande spatule dans l'autre faisant ses mouvements réguliers en cercle pour mélanger doucement le tout.
Lentement, la couleur de l'eau changeait en fonction du mélange. Les différentes poudres ne donnait pas spécialement la même couleur que le mélange devrait donné, ce qui était plutôt bon signe d'après ce qu'il avait lu sur le parchemin. Quand Othello l'appela pour lui faire constater qu'elle avait terminée, il en fit de même quelques longues minutes après. Sans dire un mot, il constata le travail effectué avec un large sourire aux lèvres tout en prenant la solution dans ses mains pour en faire une dernière pesée et corriger la quantité dans le bol en retirant le surplus avec un petit pot en verre dans la pâte noirâtre. Un peu moins, encore un peu moins, quand il fut satisfait.
Éteignant le feu avec un seau d'eau, il prit le reste de la balance avec ses deux mains pour verser le tout d'une seule traite dans la marmite.
Le choc thermique entre les deux liquides laissaient une épaisse fumée blanche s'échapper de la marmite. La solution allait pouvoir garder sa tiédeur nécessaire à la réussite. C'était une chance inouï d'avoir Othello avec lui. Sa magie de glace était une bénédiction dont il avait besoin pour réussir ce miracle, cela ne pouvait être fait sans une préparation froide. Eridania étant une région tempérée, elle aurait rendu le travail difficile.
Il continua de mélanger encore quelques minutes puis tapota la grande cuillère sur le bord de la marmite.
Il goûta la préparation finale du bout des lèvres et se retourna vers Othello qui devait attendre le verdict à cet instant.
Il s'approcha d'elle un large sourire de satisfaction et posa ses mains sur ses épaules puis la prit par la taille pour la soulever tellement il en était fier.

Je ne sais pas ce qui me retient de vous embrasser. C'est une réussite !

En effet, c'était une magnifique réussite.
Il la garda dans les airs ainsi pendant de longues secondes se retenant bel et bien de l'embrasser. La posant, soudainement calme il discuta de la recette. Dès qu'elle lui a été donnée, cette dernière avait bel est bien un propriétaire autre que lui-même.
Ce qui était de son étape de préparation, il lui expliqua le reste de l'heure comment il avait fait afin qu'elle puisse le reproduire toute seule. Comme elle en avait les capacités, cette potion lui était pleinement destinée.

Cette potion devrait être une bénédiction pour toutes les personnes avec des problèmes respiratoires. Il faut maintenant connaître ses bien-faits mais également le temps du traitement et la dose nécessaires pour qu'elle soit efficace. Cela demandera beaucoup de temps...

Il réfléchit un instant, la main sur le menton en prenant un air songeur puis il poursuivit.

Je ne pourrais pas la préparer ici tout seul.
Cette recette sera bien plus facile à préparer avec vous. Votre magie liée au froid vous a aidée et je ne possède pas cette faculté. Elle est à vous.


Il finit par fermer le parchemin et le lui donner à nouveau pour montrer qu'elle lavait en sa possession. L'autre main sur l'épaule, il ajouta qu'elle en était totalement capable. Il avait confiance en elle.

Les trois jours suivants se firent sous étude et de multiple partages de bon et mauvais moment à l'hôpital dont la quantité de remèdes qu'il attendait arriva avec un peu de retard.
Le jour suivant, Duscisio passa sa journée à vérifier le matériel dont il aurait besoin pour son voyage en attendant qu'Othello revienne de sa journée et lui porter la nouvelle.
Son corbeau qui allait faire partie du voyage attendait sur son perchoir observant avec attention son ami comptant, nettoyant par moment ses outils. Sa mine triste poussais le volatil à garder le silence. Comme s'il s'agissait d'une mauvaise nouvelle tel qu'il l'avait annoncé quelques jours plus tôt, la séparation de plusieurs mois avait le ton d'un adieu dont il se passerait bien.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Sam 1 Juil - 23:08

C’était avec une pression étrange sur les épaules que la sirène patienta que l’herboriste finisse son travail. Depuis un coin de la pièce, elle le regardait faire, discrète et attentive, attendant dans un respectueux silence l’heure fatidique du jugement. Elle avait suivi son travail de loin, plongée dans ses propres opérations, aussi ne pouvait-elle observer que l’union des mélanges.
Son cœur battait un peu plus fort. Sentant le poids sans sa poitrine, elle porta la main sur ses côtes, trouvant le fait de s’inquiéter ainsi un peu idiot. En réaction, elle regarda le bout de ses pieds qui dépassait sous son jupon : un éclair de fatigue passa sûrement dans son regard. Espérons que la qualité du remède soit à la hauteur de leurs efforts... Bien sûr, même si ce n’était pas le cas, l’expérience n’en resterait pas moins enrichissante, et ces moments de travail partagés seraient toujours chéris. Mais elle ne pouvait s’empêcher de ressentir un certain esprit de compétition, une volonté de prouver au monde qu’ils étaient capables de réussir une recette aussi complexe.

Du coin de l’œil, elle le vit pivoter, et se sentit soudain très alerte. Ses oreilles se dressèrent brusquement sur leur axe en signe d’attente, mais le visage de l’albinos suffisait à toute réponse. Un grand sourire illuminait ses lèvres pâles, et ses yeux brillaient de contentement. Soulagée, la sirène lui sourit en retour, anticipant déjà sa réponse. Elle accueillit avec joie le poids sur ses épaules, l’étreinte sur ses hanches et son poids qui disparut quand ses pieds quittèrent le sol. Par réflexe, elle s’appuya sur les épaules, tournant, sentant autour d’eux ses jupons et ses cheveux interminables. Ses yeux se firent malicieux. Comme rarement, elle présenta une expression de sérénité incontestable, et se laissa volée, avant de retomber doucement au sol. La phrase de Duscisio la fit également sourire, bien qu’empreinte d’une étrange sensation qu’elle n’aurait pu décrire.

« Je suis heureuse que ce soit une réussite. C’est grâce à vous et à votre talent. » Dit-elle simplement avant qu’il ne la repose au sol.

Puis, sans trop savoir pourquoi, il se mit à lui raconter la façon dont il avait mis la main sur la recette, lui expliqua comment il avait produit ses gestes, la façon dont il avait fait avec une précision professionnelle. Sa conclusion était simple : celle d’une production à plus grande ampleur pour en faire bénéficier le plus grand monde, ce qu’il pourrait probablement faire sans problème. Othello connaissait sa patience et sa dévotion pour son travail, ses heures passées à produire des potions et des remèdes toujours meilleurs, toujours plus perfectionnés. Il serait sans doute le premier à pouvoir conduire cette étude, pour la simple et bonne raison qu’il était passionné se battrait pour transmettre aux malades un moyen d’aller mieux.
La sirène souhaitait le conforter dans cette idée, s’apprêtait à lui assurer qu’il en était entièrement capable, mais il prit une pose embêté, introspective dont elle ne pouvait que deviner l’origine troublée.

Cela s’acheva par une surprenante conclusion : elle serait celle qui conduirait la recherche et poursuivrait leur œuvre à travers le temps. Othello en fut si surprise qu’elle laissa ses lèvres s’entrouvrir doucement. Doucement, elle attrapa de nouveau le rouleau dont elle connaissait déjà le parchemin, mais qui, cette fois, avait une sensation toute nouvelle. Elle en était particulièrement touchée. Plus qu’un ami, Duscisio était aussi un mentor, un maître dans leur domaine. Une référence. Pouvoir être ainsi remarquée par son pair était un privilège qu’elle n’aurait pas penser avoir un jour, et elle en était particulièrement honorée.

« - Merci Duscisio. Du fond du cœur. » Elle regarda une nouvelle fois le parchemin dans sa main, et poursuivit, un peu amusée. « Mais je reviendrai aussitôt que j’aurais des problèmes, vous pouvez en être sûr. »


Quelques jours plus tard, quand elle passa la porte de l’entrée, un goût amer envahit le fond de son esprit. Il y avait depuis le matin un sentiment épais et troublant, une lourdeur moite et désagréable qui ne présageait rien de bon. Les jours allaient vers du changement, elle ne savait pas si il serait bon ou mauvais. Mais cette sensation d’être sur le bord d’une falaise, debout face au gouffre, à attendre la chute, était plus que désagréable.
A son arrivée, tout était propre. Les objets, quand ils étaient là, avaient été soigneusement rangés à leur place. Les fioles en devanture étaient vides : les échantillons devaient être à l’abri de la lumière et de l’humidité. Tout respirait le départ. Duscisio et elle n’en avait pas vraiment parlé. Othello avait évité le sujet, n’en parlant volontairement pas. Mais à présent, surtout ce soir-là, il semblait difficile de ne pas jouer carte sur table.

Dans un silence absolu, Othello déposa sur un trépied : il était couvert de pluie. Duscisio devait être à l’étage, en train de préparer ses bagages pour le long périple. Elle glissa son œil vers ses doigts. L’aigue-marine était toujours aussi clair, lui indiquant qu’il allait bien. Ce bijou était une bénédiction pour les mois à venir, un flambeau dans une nuit noire. Poursuivant, elle déposa au sol un sac récupéré à l’hôpital duquel dépassait un document, inscrit sur un parchemin neuf, à la belle encre bleu marine. Un acte de propriété, pour une belle maison de maître, aussi poussiéreuse que chaleureuse. Elle ne savait pas encore si elle allait lui apprendre la nouvelle. Après tout, c’était hors propos, et elle trouvait cela injustifié de lui imposer une énième information, alors qu’il devait déjà penser à tant de chose.
Seulement, si le sujet venait à émerger, elle le lui avouerait sans doute.

Finalement, elle grimpa pas à pas l’escalier qui menait à l’étage. Le craquement familier émettait un son différent. C’était une sensation étrange. En arrivant à l’étage, elle retrouva le jeune homme à l’ouvrage, en train de préparer les derniers éléments de son voyage. Face à cela, elle ne dit rien, se contentant de le regarder de loin. L’atmosphère était si lourde... A couper au couteau. Elle ne savait jamais quoi dire dans ce genre de situation. Aussi préféra-t-elle ne rien dire, s’effacer jusqu’à ce qu’il la remarque : elle improviserait bien quelque chose à ce moment-là pour rompre la tension.


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MessageSujet: Re: [Terminer] Le calme après la tempète   Jeu 6 Juil - 16:22

Comme si les jours prochains allaient être un supplice, sa mine était pauvre en émotion, vide.
Combien de temps allait devoir t-il se séparer d'elle ? Combien de temps allait-il ne plus voir son visage ?
S'il devait bien avoir un regret c'est d'avoir accepté d'aider l'autre personne, lui si serviable ne se voit aucunement refuser au dernier moment un service tel que celui-ci. Et puis il y avait aussi son voyage principal qui consistait à aller tout au sud dans l'un des endroits les plus reculer d'Istheria pour y soumettre une vérité apprise aux fils du temps.
Cette vérité à propos d'un objet qui se maintenait devant lui, qu'il portant dans ses mains et lui servait d'arme.
Si son épée avait été jusque là, la seule partenaire qui ne l'ait jamais quitté pour rien au monde, il aspirait à bien plus précieux qu'une arme servant à semer la mort, ou plus précisément l'en protéger.
Il devait faire cet allez-retour, pour lui, pour avancer. S'il en revient vivant du moins.
Que ce passera-il à son retour ? Comment la Pistilose l'aurai t-il fait évoluer ?
Il l'ignore encore, mais ses mois de voyage qu'il compte entreprendre le feront changer mentalement et physiquement d'une manière la plus radicale qui soit.
Ne plus être reconnu, voilà sa plus grande crainte.

Entendant la jeune femme, il resta de marbre en énonçant bien la mauvaise nouvelle par elle-même.
C'était le moment fatidique qu'ils redoutaient tous les deux, bien que le sujet avait été mainte et mainte fois évité.
Ce jour était le bon pour en parler. Cette nuit était sans doute la dernière avant des mois d'absence.

Vous êtes rentrée ?... La personne que j'accompagne m'a contacté dans la matinée, je pars demain matin, même si...

« Je n'en ai aucune envie » allait-il ajouté, mais ses mots ne pouvaient sortir de sa bouche. Si la perte de crédibilité sur ses engagements étaient chose si peu importante pour lui, elle l'était pour toutes les personnes qui lui faisaient confiance dans la capitale.
Le choix est très difficile et il a été fait. Celui de choisir de rester pour la jeune sirène et celui de retourner aux origines de ses choix. Afin de se libérer d'un poids pour mieux avancer, il avait le devoir de faire ce voyage. Pour lui, pour elle, pour tout le monde. Si terminer sa phrase lui était impossible, un aveu supplémentaire d'une crainte sans nom d'être un voyage sans retour, son visage afficha une mine entre le désespoir et la tristesse qu'il comblât en serrant les dents et les poings sur l'épée qu'il tenait entre ses mains.
Il ne pouvait pas encore la regarder dans les yeux. C'était trop dur.

Je vous laisserai les clefs durant mon absence. Je vous laisse la liberté d'utiliser l'atelier si besoin est. Quelques stocks d'herbe séchées se trouvent dans l'arrière boutique et d'autres auront besoin d'un peu d'entretien dont j'ai laissé quelques notes sur la table en bas.
Les livres dans la bibliothèque sont également à votre disposition, comme le reste de la maison.


Lui laissant en quelque sorte plein pouvoir sur sa demeure par pleine confiance qu'il lui accordait, il posa son épée avec ses effets pour le lendemain.

Il y a un plat déjà fait dans la cuisine. J'ai déjà mangé.

Il mentait. Il n'avait rien mangé de la journée. Le cœur serré, il retourna vers la marmite qui faisait bouillir de l'eau dont il prit possession pour traverser la maison en direction de la pièce qui servaient de salle de bain.
Fermant la porte dépourvue de clef derrière lui, versant l'eau chaude dans l'eau froide remplissant déjà la baignoire en cuivre derrière un para-vent, le jeune homme retira entièrement ses vêtements pour s'introduire dans le bain en ignorant totalement la température de l'eau.
Son regard fut porté sur plusieurs points de son corps hors de l'eau. Ses poignets décoré d'un petit bourgeon de rose au travers de sa peau restait endormi. La pistilose avait laissé dépasser plusieurs de ses petits boutons végétales tout le long de son corps. Ses chevilles, ses hanches et l'arrière de ses épaules marquait la différence avec les autres personnes de son entourage.
Qu'allait-il devenir après deux mois ? Trois mois, quatre tout au plus.

Restant immobile dans son bain, regardant un point imaginaire sur le cuivre de la baignoire, il semblait pensif mais n'avait qu'un esprit vide de toute envie et d'intention. Cette pression qu'il subissait n'était qu'un poids supplémentaire sur ses épaules alors qu'il allait bientôt se séparer une fois de plus. Comment gérer cela ?
Se connaissant bien, Duscisio pouvait rester des heures comme ça. Othello devait le savoir aussi qu'il était dans la détresse. Sa triste mine le lui avait montré quelques minutes auparavant.


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