[EVENT] Commémoration - Page 2



 
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 [EVENT] Commémoration

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::  Haute-Prêtresse de Kesha ::

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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: [EVENT] Commémoration   Ven 30 Juin - 17:48






Othello Lehoia
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Orchid Orcirdr

MessageSujet: Re: [EVENT] Commémoration   Jeu 13 Juil - 12:44

Tous ses sens en éveil, les secondes lui parurent interminables. Elle se demandait avec la crainte de l’apprenti sorcier ce qu’elle avait pu provoquer et ses yeux roulaient d’un recoin du temple à un autre tandis que ses oreilles étaient attentives à tous les bruits insolites qui pouvaient lui arriver. Comme par réflexe elle faisait passer à l’arrière-plan les sons des scènes qui se déroulaient çà et là dans le saint lieu. Elle n’avait pas de prise sur ces péripéties et devait s’en détacher. Mais que pouvaient bien être des bruits insolites dans pareilles circonstance ? Un ordre ? Un fracas d’armes ? Une explosion qui signerait leur fin à tous ?

Et puis le choc des verrous des barres de fermeture, ce son si familier la fit se tourner vers la porte. Elle savait à quoi elle devait s’attendre et devait l’anticiper. Son regard s’anima d’une lueur implacable. Il était hors de question qu’elle laisse tout simplement les choses se terminer ainsi. Elle était non loin de la porte qui allait s’ouvrir sur la liberté des otages. Elle connaissait assez bien la nature humaine pour savoir que la foule n’allait pas passer une seconde supplémentaire dans sa cage de pierre et aller se ruer au dehors sans souci de l’autre et de qui pouvait bien lui arriver. Déjà un silence stupéfait retentissait lourdement dans le sanctuaire : calme avant la tempête de la fuite éperdue qui allait s’en suivre.

Elle savait aussi qu’elle n’y pouvait rien et qu’il y aurait des cris et de la fureur, des blessés et des morts, bousculés et piétinés malgré leurs appels à l’aide. Elle savait que pour leur salut des amis piétineraient leurs amis des pères abandonneraient leur famille. Son but ne serait donc pas d’éviter la ruée attendue, mais bien de la devancer. Si elle avait une chance d’intercepter les terroristes c’était bien à ce moment. Bien sûr, ils profiteraient de la cohue pour disparaître, mais des détails pourraient les trahir. Ils avaient sans doute préparé leur plan de repli et les choses se passeraient pour eux un peu trop bien, sans l’étape de désorientation et de stupeur dont seraient frappés les otages en atteignant la lumière rassurante de l’extérieur. Par chance, sa stratégie depuis le début l’avait portée à proximité de la porte et il ne lui fut pas difficile de se trouver au premier rang de ceux qui émergèrent du temple. Quelques coups d’épaules lui permirent grâce à sa stature de Zélos de se porter sur le parvis dans les tout premiers. Elle se posta sur le côté pour ne pas se trouver dans l’entonnoir de la marée humaine qui ne manquerait pas de la rattraper et de l’empêcher d’observer ce qu’elle était venue chercher.

Elle se servit des pierres du soubassement et des excroissances que pouvaient lui procurer les sculptures pour gagner encore un petit mètre au-dessus du sol et laisser son regard porter au-dessus de la foule vociférante. Ses yeux tentaient d’isoler les individus bien trop organisés pour être honnêtes. Elle ne savait pas trop ce qu’elle cherchait, et comptait sur son expérience de traqueuse pour démasquer celui serait déjà en selle ou déjà prêt à partir sans la hâte de la peur ni la précipitation de la panique. Celui dont les gestes seraient trop assurés pour être ceux d’une victime de la prise d’otage. A ses pieds le temple continuait de vomir la foule des fidèles et elle devait faire vite pour identifier ses suspects avant que l’esplanade ne soit noire de monde et recouverte d’un grouillement indéchiffrable, parcouru de gémissement soulagés ou inquiet et de grognements rageurs.

Mais que la suspicion pouvait induire le doute. Elle se trouva fort aise d’identifier une dizaine de suspects et en même temps cela faisait bien trop pour pouvoir les arraisonner tous et en trouver tant ?! Elle se demandait si elle ne laissait pas un peu trop aller sa paranoïa développée tout au long de sa vie.

Un peu à l’écart, sur la droite, deux hommes s'apprêtaient à s'enfuir à cheval. Deux Terrans d'apparence noble dont le calme lui parut un peu suspect d’autant que l’un des deux semblait avoir attendu l’autre la bride des deux monture en main. Plus loin au bord de la route principale un couple étrange composé d’un Yorka lapin et d’une Sindarine s’entretient calmement en s’éloignant de la cohue. Le premier semble un peu rachitique, la Sindarine au contraire a l'air plus noble et athlétique, de quoi faire une parfaite assassin. Aucune panique ni aucune précipitation dans leur attitude, justement le genre de signe qu’elle recherchait….
Que dire alors de ce groupe de trois individus ? Deux hommes et une adolescente d'environ seize ans. Ils se dirigent vers une roulotte marchande et les chevaux sont déjà attelés. Quel genre de marchand aurait laissé sa force de travail souffrir l’attelage inutilement durant toute la cérémonie d’autant que les ventes auraient pu reprendre de plus belle une fois les oraisons achevées ?
Et puis il y avait cet homme assez massif, les cheveux blancs, un Lhurgoyf peut être? Il a choisi comme la Zélos de s’écarter du flot principal sur le gauche du temple. Il a des yeux rouges pour une raison obscure et se trouve proche de la position de la Zélos un sac déjà à l’épaule, il semble vouloir s’éloigner par la plaine… La route serait-elle trop fréquentée et dangereuse pour lui ? Enfin, il y a ce gamin qui ne doit pas avoir plus de quatorze ans, il est habillé pauvrement mais il se comporte bizarrement.

Cela fait neuf ! Sa respiration devint plus profonde à mesure que ses yeux allaient d’un suspect à un autre et qu’elle se persuadait que son hésitation leur permettrait de prendre la poudre d’escampette. Ses narines palpitèrent devant l’impossibilité de se lancer à la poursuite de l’un ou de l’autre sur de simples soupçons et de peut-être laisser s’échapper les autres. Elle dit faire d’autres choix et trouver de l’aide semble la première chose à faire. Elle fait le tour des gens qu’elle connait ici. Ou tout du moins qu’elle connait suffisamment pour se tourner vers eux. Il y en a deux : Othello Lehoia et Brom Ode'Bahalmarche. L’une grande prêtresse guérisseuse d’un ordre avec lequel elle s’est mise en délicatesse bien qu’elle… Mais c’est une autre histoire et la Zélos n’est pas du genre à chercher des excuses et assume pleinement chacun de ses gestes devant les autres, même si elle en regrette certains en son for intérieur. Le deuxième est un ami récent. Elle n’accorde pas ce qualificatif à n’importe qui, mais la loyauté et la bienveillance du colosse lors de leurs deux aventures vécues ensemble l’a convaincue qu’il le méritait. En outre, le forgeron a évoqué à plusieurs reprises et pas plus tard que tantôt dans le temple les appuis dont il disposait. Le choix est donc vite fait. Mais là encore trop de précipitation peut nuire à ce nouveau plan. Elle s’assure en premier lieu de pouvoir décrire précisément les fugitifs et d’identifier les directions qu’ils prennent avant de se ruer à l’intérieur du temple.

Elle ne jette aucun regard aux blessés et à ceux qui s’en occupent, c’est vers le géant d’acier qu’elle dirige immédiatement ses pas, montagne aisément reconnaissable dans ce décor désolés de bancs de prière renversés et candélabres à terre et éteints, de tentures arrachées de leur support gisant comme d’immenses méduses froissées sur une plage de pierre et où ne raisonnent plus que de pauvres gémissements de douleur et de trop rares paroles de réconfort. En quelques enjambées, elle rejoint la Main de Bor sans prendre le temps des salutations d’usage. Rompue aux rapports précis et synthétiques, il ne lui faut que peu de mots et moins de temps encore pour faire le compte-rendu de ses observations et demander des forces pour prendre en chasse les suspects. Comme souvent, le colosse reste impassible jusqu’à paraître étranger aux explications mais la Zélos sait maintenant qu’il n’en est rien et bientôt sa voix résonne une langue inconnue qui a pour effet de rassembler immédiatement huit guerriers. Quatre sont facilement identifiables à leur tenue, comme prêtres de Bor et quatre autres, ne peuvent cacher leurs compétences guerrières, parmis eux, une Dawn blonde, une fine Sindarine au regard perçant et énigmatique, une guerrière Zélos qui regarde la prêtresse comme si elle était une dégénérée tant sa stature est imposante, et enfin une Yorka féline tigrée et sa ceinture à secret. La Zélos admet un sourire de satisfaction sur ses lèvres carnassières en même temps qu’elle hoche la tête d’approbation en signe de remerciement ne serait-ce que pour la confiance qui lui est ainsi manifestée. Elle se dirige vers l’entrée du temple avant de désigner les fuyards à l’abri de l’ombre du sanctuaire pour ne pas qu’un observateur extérieur n’ait l’attention attirée par ce groupe de guerriers. Le gamin semble avoir disparu et la Zélos rage avant de le retrouver enfin et de le désigner aux chasseurs. Le Lhurgoyf ne s’est encore guère éloigné tandis que la roulotte ne peut qu’attirer l’attention sur la route principale et le les deux cavaliers soulèvent assez de poussière pour attirer le regard de la Sindarine. Il ne faut qu’un regard aux huit chasseurs pour se distribuer les rôles.

« Tentez d’en garder en vie. »

Ce fut la dernière recommandation de la Zélos qui ne se faisait pas d’illusion outre mesure. Si ces fanatiques avaient préparé si bien leur opération, ils avaient aussi envisagé l’échec et sans doute de mourir pour ne pas trahir leurs complices en cas de capture. Mais on pouvait aussi avoir l’espoir d’un certain amateurisme chez eux, l’absence de code dans le sifflet qui avait donné le signal de l’ouverture des porte pouvait le laisser espérer. En outre les guerriers qu’elle venait de lancer à la poursuite des complices ne semblaient pas habitués à faire de quartiers et elle craignait fort de ne pas pouvoir interroger les assaillants.. La Dawn lui sourit comme pour confirmer ses pensées avant de se lancer en direction de la roulotte. Tandis qu’Igrim avait gardé un œil sur la fuite des supects, les prêtres d’un côté et les guerriers de l’autre avaient fait un détour par leur armurerie afin de s’équiper comme il se devait Deux des prêtres se lancèrent à a poursuite des deux nobles, non sans avoir été « emprunter » deux montures. La guerrière Zélos, accompagnée de deux prètes se donnèrent comme mission de s’occuper du Lhurgoyf tandis que le Sindarine prenait en chasse sa congénère et le Yorka lapin et que la Yorka tigrée semblait pencher pour le gamin étrange.

Une fois la chasse lancée, elle se demanda si elle n’aurait pas bien fait d’y participer, mais il y avait peut-être encore des agresseurs à identifier. Et puis, elle s’était laissé entraîner par de vieux réflexes, mais les affaires de politiques des humains ne la concernaient plus depuis la mort d’Elerina Lanetae. Des fanatiques pouvaient bien mettre en cause l’autorité et l’utilité des Gélovingiens, elle n’en avait cure. Elle ne supportait pas simplement que ses amis soient la cible de vermine quelle qu’elle fût. Brom Ode'Bahalmarche était indemne mais comment pouvait-il en être autrement et elle se contenta d’aller le retrouver en silence se postant à ses côtés scrutant l’activité à l’intérieur du temple. On ne savait jamais, laisser sortir la foule pour entamer une autre partie de leur plan pouvait être aussi une éventualité.


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Fenris Skirnir

MessageSujet: Re: [EVENT] Commémoration   Sam 19 Aoû - 0:40

Chapitre IX: Commémoration

Acte IV : Vengeful Hurricane


Les mots hésitants d'Othello furent le signal qui libéra le chemin et poussa les gardes à le laisser un peu respirer, quoique leurs visages fermés trahissent la tension dans laquelle ils étaient plongés. Malgré l'urgence Fenris se força à garder son calme pour ne pas paraître suspect, et marcha le plus normalement possible en faisant fi du douloureux fruit des bousculades. Son œil inquisiteur chercha chez la prêtresse des traces de blessures ou de sang, mais heureusement ne trouva rien de majeur. Les hommes en armure semblaient avoir miraculeusement réussi à la tenir à l'abri de la foule... même s'ils n'avaient sûrement pas pu lui épargner le choc traumatique de pareils événements.
Ses yeux sombres, légèrement hagards, étaient deux perles noires gorgées de désarroi. Fenris serra ses poings, empreint d'une rage sourde et pourtant de plus en plus froide. Ignorant royalement les gardes du corps et les gens autour, Fen s'approcha doucement d'Othello sans la toucher, assez près pour pouvoir parler sans être entendu. Il la regardait en face, mâchoire serrée et l'air sérieux, à la recherche des mots de réconfort qui pourraient mettre du baume sur sa lourde conscience. Malheureusement le temps leur était compté et cette conversation privée devrait être remise à plus tard. De sa mémoire parfaite surgirent les mots qu'elle lui avait soufflés après l'attaque du Colosse, accompagnés d'un sourire nostalgique et bienveillant.


« Je sais qu'en ce moment les idées doivent se bousculer dans votre esprit au moins autant que les fidèles ne le font sous nos yeux. Vous vous sentez responsable, honteuse et coupable. Mais comme vous m'avez dit autrefois...'Le temps des questions viendra, comme celui des regrets, mais vous n'êtes en état de vous impliquer ni dans l'un, ni dans l'autre.' »

Fen baissa la tête et respectueusement posa la main sous le coude de la jeune femme, dans un geste qui véhiculait secrètement bien des mots passés sous silence. Aujourd'hui en même temps que les autres il avait écouté la confession forcée par la prise d'otages, appris des choses qu'il ignorait. Des choses qu'il aurait préféré avoir apprises par choix et non par contrainte. Des ombres avilissantes sur une toile immaculée, des touches qu'il avait devinées plutôt que craintes. Chacun avait ses fantômes, et ce passé faisait partie de cette femme admirable au moins autant que ses actes héroïques.

« 'Je n'ai pas peur de vous, j'ai confiance.' » Sa voix est un murmure étonnamment calme, noyé dans le brouhaha ambiant. L'étreinte de l'océan qui accueille ses résidents les bras ouverts.

Son œil se fixe sur Othello, tranquille. Il serait là, quoi qu'il arrive.
Il brûlait de la prendre dans ses bras et oublier l'espace d'un instant l'horreur de la situation seulement ce n'était ni l'heure ni l'endroit pour ça. Jamais il ne lui avait tant coûté de se montrer raisonnable. Néanmoins la même inquiétude qui l'avait instantanément mené vers la sirène le poussait à voguer ailleurs, à faire ce qui était à sa portée -n'importe quoi- pour mettre fin à cette mascarade. Othello avait raison, il fallait les aider d'une façon ou d'une autre.
D'un autre côté il n'était pas évident de lui faire entendre raison. Évidemment Fenris argumenta que cette arme lui serait plus utile qu'à lui, mais rien ne semblait la faire céder. Résigné, il glissa le poignard dans fourreau vide de son épée et le recouvrit de sa chemise pour le voiler aux regards. Apparemment sa confession lui avait procuré une sorte d'immunité, et si tant est qu'Ethion et ses larbins décident de changer d'avis, les gardes étaient mieux placés que lui pour la protéger. Le marin prit une longue inspiration et murmura vers la demoiselle, avant de marcher à reculons vers la foule.


« S'il vous plaît ne faites rien d'imprudent, laissez-les vous accompagner jusqu'à ce que nous soyons sortis en sécurité, loin d'ici. » Il sourit avec une pointe de sarcasme avant de poursuivre, l'adrénaline dansant dans ses veines à l'idée de ce qu'il s'apprêtait à faire. « J'ai besoin de vous... » Son sourire s'élargit, joueur. « Pour me soigner quand je reviendrai. »

Il toucha les bords imaginaires de son chapeau et disparut rapidement parmi la marée de croyants qui s'étendait encore, tassée en bas des marches. Quoi qu'il en soit après la libération d'une partie des présents il était plus facile de se déplacer sans se faire marcher dessus, ce qui était un progrès appréciable en plus d'une petite victoire.
Les mains dans les poches de son pantalon il sentit le poids réconfortant de la lame contre sa cuisse. Il n'en avait pas vraiment besoin pour ce qu'il avait en tête, néanmoins c'était toujours agréable de se sentir un peu moins vulnérable, même si ce n'était qu'une piètre illusion. En outre, avec le plan fou qui germait progressivement dans son esprit, il lui trouverait certainement un bon usage.

Les tireurs se tenaient toujours à leurs postes sur les balcons, attendant leurs ordres sans avoir bougé d'un iota. Ces types étaient organisés il fallait au moins reconnaître ça... mais ils étaient trop sûrs de leur coup, trop confiants que rien ne pourrait bouleverser leurs plans avant qu'il ne soit trop tard. En fait toute cette prise d'otages reposait sur leur capacité à intimider leurs semblables, à les soumettre à leur jugement stupide moyennant un audacieux bluff. Ils avaient tué un prêtre et en avaient fait un exemple pour prouver à tous qu'ils n'hésiteraient pas à recommencer, mais leur nombre n'était pas suffisant à contenir la rage d'une foule entière. Ils les avaient affaiblis en les privant de leur magie, mais ça non plus ça ne durerait pas éternellement, car Fen sentait déjà son essence divine bouillonner doucement, comme une bougie dont la mèche rougit d'anticipation. La marée allait changer, ce n'était qu'une question de temps.

Retournant vers le groupe de personnes qu'il avait soulevées en une impromptue résistance, le borgne prit à part deux des visages qui lui avaient témoigné le plus de sympathie durant son discours. Un sindarin très propre sur lui et agité de colère qui lui semblait à peine adulte, et une pieuse dame aux cheveux et yeux clairs qu'il pensait être comme lui, une lhurgoyf. Leur faisant signe d'approcher et les regardant tour à tour dans les yeux, il leur fit un topo concis et presque martial. L'urgence les ferait coopérer sans poser de questions, du moins il fallait l'espérer. Ne se gênant pas pour appuyer ses propos de mensonges, Fen employa toute sa capacité de persuasion afin de gagner leur confiance, jouant de sa tenue noble et d'une position qu'il était loin d'avoir.


« Comme vous l'avez sans doute vu je viens de m'entretenir avec la Haute Prêtresse de Kesha, ma chère cousine. Elle n'a rien heureusement... et j'ai bien l'intention que ça ne change pas. Je vais essayer d'arrêter les tireurs et prendre leur chef en chasse, avec sa bénédiction. » Il lissa sa chemise d'une expression grave et en réponse ses deux interlocuteurs se redressèrent comme des piquets. La nervosité était lisible sur leurs visages, mais tous deux semblaient comprendre que ce n'était pas une blague. Et s'ils avaient sans doute eu quelques réticences, la mention de la seule Haute Prêtresse pénitente avait su tirer sur la corde sensible de leur foi. Au moins étaient-ils sûrs qu'il n'était pas un espion, ce qui n'était pas rien. « Je ne suis qu'un homme comme tant d'autres, pas un éphèbe rêvant de devenir un héros. Comme tout un chacun j'ai peur et affreusement conscience et je ne pourrai réussir seul. C'est pourquoi je vais avoir besoin d'aide, et m'est avis que vous êtes parmi les seuls assez braves pour accepter de passer à l'action quitte à devoir vous allier à un inconnu. »

Assez rapidement le sindarin acquiesce d'un air digne qui le faisait paraître plus âgé, dans une mimique qu'il devait sans doute tenir d'un de ses aînés. Néanmoins il dévisageait toujours Fenris avec circonspection, se demandant où il voulait en venir. La lhurgoyf quant à elle, restait cantonnée dans son silence, visiblement pas encore convaincue ou en tout cas appréhensive de ce qui lui serait demandé. Aussi Fenris poursuivit calmement, essayant de la rassurer.
« Je ne demanderai pas de vous plus que vous n'êtes prêt à faire de votre propre chef. Si vous ne désirez pas vous soulever, vous êtes libres de repartir. Je ne vous demanderai pas de mettre vos vies en jeu ni de prendre les armes, quoique toute aide soit appréciée. Il faut que je m'occupe de ces tireurs avant d'envisager une action de groupe. Pour l'instant... j'ai besoin que vous fassiez passer un message, en fait et bien... c'est la seule chose que j'attends de vous. » Il sourit paisiblement jusqu'à ce qu'enfin ses deux acolytes fassent oui de la tête et l'invitent à continuer.

Une fois leur attention gagnée, Fenris retira de son doigt une des chevalières en or frappées des armoiries d'Arghanat et la déposa dans la paume tendue du sindarin.
« Rendez ceci à sieur la Main de Bor, il saura que vous venez de ma part. Dites-lui que lors de l'extinction des feux il pourra enfin abattre son marteau sans crainte de blesser les fidèles. »

Une fois le message remis et quelques autres explications pragmatiques, Fen se tourna vers la Lhurgoyf et lui parla en leur langue commune, le goyfar.
« J'ai besoin que vous continuiez ce que j'ai commencé, en poussant les gens à rester soudés et à garder leur calme. Soyez la voix de la raison pour tous ceux qui ne savent quoi faire. » Il sourit de satisfaction en voyant qu'il avait vu juste, car après quelques secondes d'hésitation il obtint finalement une réponse.
« Je ne sais pas vraiment comment faire cela, mais je ferai de mon mieux. Soyez prudent. »
« Puissent les dix veiller sur nous tous. » Répondit-il simplement avant d'encourager le sindarin d'une tape dans le dos et de disparaître vivement dans la marée humaine.

Avec agilité mais prudence il fendit entre ses semblables en direction des ailes latérales menant aux balcons, l’œil braqué sur l'ennemi. Ces derniers se tenaient toujours attentifs, tournés vers la salle et les nombreux otages qui n'avaient pas été libérés, les prisonniers de leurs lubies. Distraits et confiants, ces derniers regardaient uniquement devant eux... et c'était le mieux qu'il puisse espérer. Entrant dans un angle mort, caché derrière une colonne de marbre il laissa sa magie remonter le long de ses membres et fit se laissa envahir d'un calme glacial. Le flux d'essence divine était encore ralenti par à coups à cause des effets des intras, mais avec concentration il ne devrait pas connaître de problèmes majeurs. C'était le bon moment pour frapper, celui où l'ennemi s'y attendrait le moins.

Son corps s'évanouit en une fumée incolore et inodore, loin des regards happés par les menaces et autres discours, s'élevant avec légèreté le long des murs du temple. Sourd aux promesses, aux débats et aux plaintes, ce petit nuage monta jusqu'au point le plus à l'ouest du balcon qui unissait les bas-côtés en traversant le narthex. Son changement de forme fut de courte durée et alterna plusieurs fois en quelques secondes à peine, comme une lumière que l'on allume et éteint à son gré. Une fois en haut, la furie d'un ouragan meurtrier s'abattit sur les six tireurs, silencieusement et successivement éliminés. Malheureusement contraint de les tuer sans sommation afin de les empêcher de donner l'alerte, Fenris leur brisa méthodiquement la nuque ou à défaut leur trancha proprement la gorge en leur recouvrant la bouche.
En tout son office ne prit qu'une paire de minutes, car le temps qu'il arrive de l'autre côté de la passerelle, il ne restait dans son sillage que six cadavres encore chauds, six dormeurs qui plus jamais n'ouvriraient les yeux. Emprunt de solennité, Fenris pria Kron de bien vouloir accorder le repos à ces âmes souillées, puis regarda autour de lui en fronçant des sourcils.

C'était difficile de l'affirmer car l'apparence d'Ethion était aussi changeante que sa logique ; néanmoins d'après ce qu'il avait pu observer ces tireurs n'avaient pas bougé depuis le début des opérations, ce qui signifiait que la tête pensante -quelle blague tiens!- courait encore.
Revenant sur ses pas après avoir constaté qu'en bas rien de particulier ne semblait se passer, Fenris entreprit de fouiller ses victimes dans le but de découvrir qui ils étaient et ce qui les avait poussés à commettre pareille folie. Prudemment, il tâta et fouilla les corps à la recherche d'objets personnels ou d'autres indices, fourrant dans ses poches tout ce qui pouvait bien sortir de l'ordinaire. Entre autres il s'appropria un jeu neuf de poignards, deux sifflets et plusieurs notes sur des bouts de papier dont il mémorisa aisément le contenu, même codé.
Néanmoins la plupart de ces informations lui faisaient l'impression d'une pollution intellectuelle et une perte de temps. Seul un fil rouge conséquent reliait l'identité de ces hommes et femmes de races et âges différents, un fil rouge qu'il divulguerait le moment venu. Cependant la priorité était de retrouver Ethion et le mettre hors d'état de nuire avant qu'il ne soit trop tard. Tenant précautionneusement la note signée d'un « E. » dans ses mains, il était prêt à tenter sa chance. Peut-être étaient-ce des personnes différentes et peut-être courrait-il droit dans une impasse, mais qu'avait-il à perdre ? Accroupi, Fen renifla le papier et releva le mélange de renfermé, de sueur, une pincée d'alcool fort et une étrange odeur inconnue, légèrement différente de celle du propriétaire du message. Entreprenant de remonter sa seule piste, Fenris se craqua les doigts et regarda en bas. C'était le moment de donner le signal.
Appelant à lui une rafale de vent, il abattit ses bras en avant et éteignit toutes les bougies à l'étage, amenant ainsi le noir complet sur les hauteurs.






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