Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]



 
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 Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]

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Vilenya Noyan

MessageSujet: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Mer 15 Mar - 13:17

Bien. Re-bien et re-re-bien. J'avais enfin pu palper et voir de mes propres mains les foutues récompenses offertes par ce bon roi Thimothée, à savoir, une paire de gantelets tout neuf très inspirés de ceux que j'avais, fait d'un alliage qui m'était également inconnu mais qui semblaient heureusement tout aussi résistants, voire peut-être plus avec de la chance, le genre d'équipement prêt à défoncer la gueule d'un colosse mais sans se cabosser comme les autres. Enfin bon, je dois certainement rêver tout haut parce qu'il n'y avait pas que ça. Il y avait aussi une baraque. Une baraque, une putain de baraque, bordel de merde !! Enfin une habitation décente, avec une chambre, une cuisine, un salon et tout, le genre de chose dont je n'avais encore jamais eu ou même rêvée dans ma chienne de vie. En plus, une habitation certes dans le quartier résidentiel, mais dans le quartier cossu en plus. Mais je n'allais pas m'assagir ou me ramollir pour essayer de faire comme les gros bonnets. Noooon rien de tout ça, je resterais la même et j'enverrais bouler les fourrures, les robes et toute ces conneries.

J'avais donné mon feu vert si l'on voulait démolir l'atelier qui me servait de taudis ou encore de tanière car maintenant je n'en avais plus rien à foutre. Tout ce qui comptait c'était mes nouvelles possessions qui m'appartenaient désormais pleinement. Seuls les gantelets m'étaient arrivés en avance et dans la rue, malgré mon apparence simple, pantalon noir, débardeur noir avec ma veste de cuir courte dessus, je les arborais fièrement. Mon dernier bâton de sucette entre les dents, je me dirigeais sans me presser vers ma nouvelle maison. Quelques passants remarquèrent mon passage et d'autres me saluèrent mais je leur prêtais à peine attention en leur répondant d'un léger signe de tête, trop occupée à foncer vers mon objectif.

En arrivant devant, je ne manquais pas de m'étonner. Ce bon vieux Thimothée ne s'était pas foutu de ma gueule avec mon nouveau titre de commandant. J'avais devant moi une belle baraque, pas aussi remarquable que certaines autres mais j'en étais heureuse. Saisissant entre mes doigts métalliques la clé que l'on m'avait confié, j'approchais presque avec crainte de ma nouvelle demeure. Au dessus de la porte d'entrée, il y avait une plaque avec quelques mots gravés dessus. Un sourire se dessina sur mon visage en lisant les caractères gravés :

Capitaine de l'Unité d'Intervention d'Eridania
Vilenya Noyan
Pour son héroïsme face au colosse d'Hesperia

La plaque ne se voyait pas dans la rue mais j'en avais cure, au moins celui ou celle qui s'amenait ici savait qu'il n'aurait pas affaire à une baltringue. Par simple bouffée de fierté, je tendis le bras et un de mes doigts métalliques caressa la plaque avant que je n'ouvre la porte à l'aide de ma clé. En la refermant derrière moi, je jetais un œil alentour et je fus assez impressionné du cadeau que l'on venait de me faire. Je retirais ma veste de cuir et laissais la clé sur un petit meuble à l'entrée, à côté d'une paire de lettres et posait mes gantelets avec précaution dans le salon sur la table basse devant un foyer, me mettant ensuite à explorer les lieux avec minutie et une curiosité quasiment enfantine. Jamais de toute ma putain de vie je n'avais imaginé avoir une telle maison. Les gradés vivaient vraiment dans ce genre de gourbi ? Pas étonnant du coup qu'ils se dégonflent et s'amollissent... Moi je ne serais pas comme eux, je savais bien ce qu'il me fallait faire pour éviter ça.

La découverte de ma maison se poursuivit, j'avais une chambre qui était aussi grande que le taudis dans lequel je vivais, me donnant légèrement le tournis mais me laissant tomber dans le lit à deux places. Même pour le plumard on s'était pas foutu de moi, c'était un des meilleurs pieus que je n'avais jamais eu, pas au niveau de ceux du palais mais là c'était aussi d'un niveau élevé. Soupirant légèrement de soulagement dans le lit en me retournant, je pouvais me laisser doucement porter vers le sommeil mais je ne devais pas m'endormir maintenant, je voulais profiter de ma maison ! Me relevant prestement ensuite, je partis dans la pièce d'à côté qui faisait office de salle de bains. Il y avait une entrée d'eau courante, un luxe que je ne pensais même pas avoir ici et qui ne manqua pas de m'étonner à nouveau. J'avais ici de quoi me laver correctement voire même de me pomponner mais à part un peu de gloss, d'eye-liner et de blush, je ne mettais pas grand-chose comme maquillage. M'enfin j'avais de la flotte, je pouvais aller bosser sans sentir le fennec et être propre, ça m'allait. Je quittais la salle de bain en descendant les escaliers de l'étage pour voir le reste de la maison.

La cuisine en revanche ne me surprenait que peu. Je n'étais pas une bonne cuisinière mais j'avais de l'équipement pour faire à bouffer et dans une pièce servant certainement de garde-manger, j'avais une réserve de nourriture pour quelques semaines. Mais surtout il y avait un tonneau, un GROS tonneau. Rempli de sucreries jusqu'au bord, quelques bonbons déjà tombés à terre, rien ne pouvait plus me ravir. Je plongeais tête la première dans les sucreries, me fichant de celles déjà à terre et j'en pris quelques unes à pleine bouche. Les savourant pleinement, je m'extrayais du tonneau et m'assit à terre, adossé contre le tonneau et je souris comme une gamine en sentant la première qualité des bonbons, leur taux de sucre.

Mais comme bien évidemment, on ne vous foutait jamais la paix à cause de vos responsabilités, on frappa à ma porte. Au début je voulais ne pas ouvrir et envoyer chier la personne venu me chercher mais les coups reprirent et je me levais de mon tonneau à contrecœur. Je m'époussetais légèrement même si j'étais dans mon débardeur noir. Au moins celui qui m'emmerderait verrait mes cicatrices et mes muscles et réfléchira peut-être à deux fois avant de revenir me voir ou mieux, il partira prestement. On frappa encore et je marchais un peu plus vite en maugréant.


- Ouais, ouais ça va, ça vient bordel de merde ! Pas un putain de moyen d'être peinard !

J'ouvris ensuite la porte pour observer au final celle qui était en train de taper dessus. Je ne dis rien pendant une fraction de seconde, fixant la personne qui me rappelait étrangement un... enfin une... non un. Un... mais qu'est ce que c'est que ce truc ? C'était humain ou du moins ça le paraissait mais quelque chose rappelait indubitablement le poisson. Soupçonnant la femme devant moi d'être une yorka, je ne fis cependant pas part de mes interrogations et je croisais les bras juste sous ma poitrine, m'appuyant contre l'embrasure de la porte, les biceps bien en vue. Je demandais ensuite d'un air un peu irrité mais étrangement intriguée et curieuse de la personne devant moi.

- Hm... je peux vous aider ?
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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Mar 21 Mar - 12:24

Cela faisait quelques semaines que le colosse avait été défait. Si, dans les premiers jours, une inertie s’était emparée du peuple, un peu perdu et toujours sonné par l’attaque, il n’en avait pas fallu plus pour que la routine retrouve son cours, plus ou moins naturellement. Et, emmenée à son tour dans les mécaniques effrénées du train de vie de la capitale, Othello emboîta le pas des autres, des rois, comme des diplomates qui lui criaient l’étiquette à longueur de journée. Bientôt, un certain rythme s’imposa, et dicta sa danse quotidienne d’une subtile manière. Tantôt médecin dans une clinique de fortune, tantôt figure publique, prêchant la très Sainte au nom de son titre chez les gélovigiens. Cela lui allait : un mode de vie actif était bien plus vigoureux que de rester passive en Cimméria. Ayant habité quelques temps chez son ami, l’herboriste Duscisio Balibe, elle venait de faire l’acquisition d’une maison un peu loin du centre mais adorable grâce au marin Fenris, qui l’aidait à rendre la bicoque un peu bancale habitable de nouveau.
Mais dans cette course effrénée, cependant, une obligation s’imposa à elle sous la forme d’une missive un peu autoritaire qu’on déposa sous sa porte. Se levant à peine, elle se dressa hors du lit neuf, passa une robe de chambre en soi fine pour descendre dans l’imposant hall encore poussiéreux. Ses cheveux immenses et pâles coulaient comme une rivière sur la soie blanche, de la même couleur sélénite. Pour l’instant, l’habitation était bien loin d’être finie. Entre l’odeur forte de la peinture et celles des saletés et des feuilles mortes venues du jardin, on oscillait entre réparation et forêt sauvage en traversant le balcon en mezzanine. A chaque pas, le parquet massif, ancien et foncé, grinçait tendrement comme un vieux chien ronfle. Posant une main prudente sur la rampe de l’escalier, elle savoura ce contact rond et doux, avant de descendre avec prudence. Encore vermoulue, elle ne savait pas exactement quelles marches étaient sûres, et lesquelles étaient un champ de mines.

Les yeux plus ou moins ouverts, elle s’arrêta devant la porte, plus ou moins isolée, et remarqua l’imposante enveloppe battue par les courants d’air. Dans un premier temps, elle ouvrit l’enveloppe marqué du double sceau des gélovigiens et de la royauté. Le parchemin était de très bonne facture, comme l’encre et l’écriture élégante qui la recouvrait. Une lettre officielle... Etrange, habituellement, les ordres et les conseils venaient du chambellan Jason, qui officiait comme son guide à la cours, lui soufflant discrètement ce qu’il fallait faire... Et ne pas faire. Elle parcourut dans un premièrement les lignes sans vraiment les lire, se contentant de dégager sommairement l’idée principale – se lever aux aurores n’aidait pas ses neurones, bien qu’elle fut d’un naturel matinal. Puis, prenant le parchemin avec elle, Othello se rendit vers sa salle à manger, dont les fenêtres renvoyaient l’image d’une ruelle vide et arborée. Quelques secondes plus tard, elle revint avec un énorme bol de thé (mitonnait dans sa cuisine – ou plutôt son atelier de chimie fraîchement improvisé), quelques morceaux de pains et un plateau de beurre.
A moitié réveillée, elle se laissa glisser sur une chaise et lu la missive à haute voix pendant quelques secondes, une de ses manches glissant sur son épaule.


« - Vous êtes conviée par la présente à accomplir votre devoir de Haute-Prêtresse en vous rendant aujourd’hui à la caserne militaire, afin d’y saluer nos combattants et nos soldats.
Ces fiers hommes et femmes ont vaillamment combattu la bête d’Hesperia, et ont fait preuve d’un courage exemplaire. Il convient que vous ailliez leur rendre un légitime hommage, et que vous priez pour eux au nom de la déesse Kesha.
Vous êtes sommées de vous présenter aux quartiers royaux afin que la visite y soit amorcée, puis vous vous rendrez sur les lieux accompagnée d’autres dignitaires.
»

La lettre s’achevait sur de solennelles politesses qu’elle ne jugea pas pertinent de lire. Un rendez-vous ? Aujourd’hui ? C’était étonnent de voir l’administration s’y prendre si tard, et même encore plus surprenant de constater que ça venait de la cours. Tout ça sentait bon le laissé aller des bureaucrates... Las, la sirène s’étira allégrement pour détendre son dos, avant d’entamer calmement son petit déjeuner. Un ronronnement sonore attira soudain son attention : Jehyel la regardait avec des yeux envieux depuis l’encadrement de la porte. Drasha devait sûrement continuer sa sieste dans la chambre...


« - Viens Jehyel, je vais te donner à manger. » L’animal ne traîna pas à arriver, posant ses énormes pattes sur ses cuisses. « Cela promet d’être une longue journée... » Soupira la naïade en passant sa main entre les oreilles duveteuses.

** *

Depuis quelques minutes, elle activait un peu plus le pas dans la rue. Les nuages au-dessus de sa tête promettaient une averse, gros et cotonneux, d’un profond gris anthracite. Cela faisait un peu plus d’une heure qu’elle avait quitté Jason à la caserne, après avoir fait le tour des officiers, sous-officiers et soldats. Il émanait de ses hommes humilités et camaraderie, mais également beaucoup de respect. Si elle fut dans un premier temps impressionnée, la jeune ondine se calma progressivement – même si elle avait du mal à voir la fin de la visite arriver. Une poignée de dignitaire les attendait, et ne cessait de lui louer les mérites – ou de l’avertir – au sujet de la tête de ces troupes, la combattante Vilenya Noyan. Il y eut de tout dans leurs yeux, attirance comme une certaine forme de peur. Mais au moment de rencontrer la terreur des forces armées... Personne. Les soldats eurent l’air tour à tour embarrassés, puis soulagés, et finalement admirent qu’elle s’en était allée chez elle, dans sa nouvelle demeure en centre-ville. Là où Jason l’avait tout simplement dirigée, le sourire aux lèvres, seule.

Ainsi soit-il, s’était dit la sirène. Elle ne passait guère inaperçue, comme toujours, dans les rues de la capitale. Habillée de blanc, du bout de ses orteils, enveloppés de petits souliers clairs de velours, dont les lacets remontaient sur ses chevilles, jusque sur sa robe, aux jupes amples et vaporeuses, et sa cape, de la même matière que ses chaussures. Une ceinture fine et métallique passait sous sa poitrine, et semblait du même alliage que le collier qui pendait à son cou, cadeau de l’herboriste Duscisio Balibe. Ses mains étaient quant à elles gantées, de deux gants pâles de soie, d’une finesse remarquables pour épouser la forme de ses doigts fins. Et sur le tout coulaient allègrement ses immenses cheveux bouclés et blanc, tombant jusqu’à ses genoux.
La naîade devait bien admettre s’être perdue plusieurs fois. Elle avait la sensation de tourner en rond, passant mille fois devant les mêmes maisons sans pour autant oser demander son chemin. La nouvelle de son arrivée en ville avait vite fait le tour des habitants, cependant, ce n’était pas le même enthousiasme quand il s’agissait de lui parler en face. Sa nature yorka n’aidait pas vraiment, à priori...

Ce ne fut qu’au bout de plusieurs autres minutes qu’elle fit machine arrière, et en cela, remarqua une étrange plaque, discrète et minutieuse, accrochée au flanc d’une maison. Les mots inscrits dessus ne pouvaient être plus clairs et veillèrent en elle une vague de soulagement. Enfin... Il était temps de rencontrer la fameuse Vilenya. C’est avec une appréhension palpable, ne sachant pas sur qui elle allait réellement tomber, qu’elle monta jusqu’à la porte et cogna quelque coups dessus. Ange, ou démon, qui allait ouvrir cette porte ? Personne, apparemment... Peut-être était-elle déjà partie ? Soucieuse, néanmoins, elle recommença une dernière fois. Cette fois-ci, une voix étouffée et énervée lui répondit sans qu’elle ne puisse distinguer de mots, la prenant de cours, ses oreilles marines s’abaissant à l’arrière de sa tête comme un félin aux aguets. Brusquement, une femme aux cheveux roses et coupés courts, la bouche plus ou moins pleine, se découpa dans l’ouverture de la porte, et s’adossa à celle-ci. Elle ne faisait pas très âgée, bien au contraire, et moins féroce qu’Othello ne l’avait imaginée. Cependant, tout en elle émanait d’une certaine force, une puissance charismatique et tempétueuse.

Après plusieurs secondes où elle la dévisagea, impassible, Othello finit par s’incliner respectueusement, baissant poliment le visage.

« - Pardonnez-moi de vous déranger chez vous, Madame Noyan. Je suis Othello Lehoia, Haute-Prêtresse de Kesha. » Elle marqua une petite pause pendant laquelle elle se redressa doucement, retrouvant le chemin de ses yeux sans visibles réactions. « Je souhaitais vous présenter mes hommages et mes salutations pour vos actes héroïques face au colosse d’Hesperia. »
Ses mots étaient sobres, comme son ton. Mais elle devait admettre qu’elle était plus impressionnée par cette femme qu’elle ne voulait bien l’admettre, et qu’elle ne savait sur quel pied dansé – l’œil qui lui faisait face semblait plus méfiant qu’intriguée. Ne souhaitant s’imposer plus, la sirène se tu, attendant patiemment un retour de la soldat, fut-ce une invitation ou un rejet.
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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Mer 22 Mar - 19:43

Quoi ? Encore une richonne ? Mais en même temps j'habitais maintenant dans un quartier de plutôt gros bonnets, je ne devais même plus m'en étonner. Ce que je voyais devant moi était une femme, bien entendu mais elle avait vraiment un air de poisson. Indéniablement c'était une yorka mais alors par contre je ne saurais pas dire avec quoi. Arquant un de mes sourcils finement dessiné que j'affectionnais, je pris le temps de la détailler, n'ayant cure de savoir si elle était mal à l'aise ou non.

Sa manière de s'incliner n'était pas quelqu'un qui commandait, elle avait ce côté que je retrouvais chez mes subalternes, cette tendance à baisser la tête devant une plus forte tête. Dans mon corps d'armée, cela équivalait à du fayotage et le soldat coupable de ce genre de chose se faisait ensuite botter le cul par toute son unité. Mais la femme devant moi ne faisait indéniablement pas partie de l'armée. D'une apparence plutôt jeune et d'environ 1 tête et demie de moins que moi, elle avait de très longs cheveux d'un blanc éclatant, les plus longs que j'avais jamais vu, allant jusqu'aux genoux. Elle était toute de blanc vêtue, l'aspect riche de ses vêtements finissait de me donner l'impression qu'elle venait de la haute ou que du moins il n'était pas dans ses habitudes de fréquenter la plèbe. Je fronçais un peu plus les sourcils en sachant que c'était pour des gens comme elle que j'avais risqué ma vie et que je continuais à le faire. Son ton par contre n'était pas pompeux et snobinard, ce que ne manquait pas de me surprendre, mes traits se détendant légèrement et j'arquais même un sourcil dans sa direction.


- Hm ouais merci bien. Il vous fallait bien quelqu'un pour botter le cul de cette saloperie. Je me suis juste retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment.

J'eus un sourire mauvais à cet instant avant de noter un détail quand à sa fonction. Mais avant, je jetais un œil derrière elle, m'apercevant qu'elle était seule et me rappelant d'une chose lorsque j'avais été briefée par les plus hauts gradés quand à mon nouveau rang. Si une personnalité de la haute s'amenait, il était parfois de coutume de l'inviter chez soi. Normalement les règles j'en avais rien à foutre mais sur ce coup là, je me disais qu'il fallait au moins que je passe un léger coup de nettoyage sur mon image. Et malgré un aspect poissonnique et son aspect riche, cette haute-prêtresse était plutôt mignonne. En guise de signe pour l'inviter, je fis un geste de la main un peu désinvolte pour lui dire d'entrer et je fermais la porte derrière elle. Je lui disais ensuite de me suivre jusqu'à la cuisine où un espèce de bar pour recevoir des gens se dressait.

- Excusez le bordel, je ne me suis installée ici il y a quelques minutes.

Une fois installées au bar, je m'accoudais à celui-ci alors que de son côté elle avait des chaises hautes et je la regardais de ma dure expression, omettant temporairement de lui demander si elle voulait boire quelque chose.

- Haute-Prêtresse de Kesha hein ? J'ai croisée quelques unes de vos collègues à Gaeaf quand votre colosse de là bas s'est pointé dont une certaine Irina Dranis c'est ça ? Mouais... J'ai cru comprendre que c'était elle qui vous dirigeait. Ce qu'il s'est passé là bas, un putain de carnage, un peu comme ici.

Puis, j'estimais ensuite préférable d'arrêter de faire ma forte en gueule et de sortir deux verres d'en dessous le bar. Je vérifiais les boissons que j'avais là dessous avec quelques couverts. Je ne sortis rien d'autre pour le moment mais je commençais à envisager la possibilité de peut être avoir mon premier repas avec elle. Elle avait l'air d'un poiscaille, je pense qu'elle ne verrait aucun inconvénient à manger donc un produit de la mer.
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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Mar 28 Mar - 14:40

Si la première impression était toujours la bonne, celle-ci était plutôt mitigée. Othello faisait de son mieux pour se montrer ni agressive, ni envahissante, mais la créature face à elle semblait emprise de méfiance. Son sourcil s’arqua brusquement en sa direction, prenant la sirène un peu au dépourvue, alors qu’elle sentait le regard martial la juger allègrement. Qu’importe cela, elle y était déjà largement habituée – c’était apparemment une habitude de la capitale. Et puis, elle n’était pas là pour rendre des comptes, alors tant pis si sa vue déplaisait.

Cependant, l’immense silhouette finit par lui adresser la parole. Au premier abord, elle ne su si c’était amicale ou ironique, et Othello se contenta de la fixer sans mots dire. Son sourire se faisait bien jaune, sous ces mèches roses... Et que voulait-elle dire par « vous » ? Le peuple ? Les croyants ? Les yorkas ? Balayant d’un revers de main ces pensées, la jeune femme se ressaisit : ça ne pouvait pas être ça, personne ne pouvait décemment oser un crime racial. Mais elle avait visiblement de la rancœur contre ce « vous » dont elle parlait, la prêtresse incluse. Et loin d’être pompeuse comme la plupart des habitantes de la capitale, elle reconnut un parler franc et honnête, familier, même, qui la ramena aux casernes des gardes de Cimmeria.

Passé la nostalgie, la soldat finit par se retourner vers son entrée, et elle pu pleinement apprécier la taille de cette femme qui devait largement la surplomber. Pendant un temps, elle la fixa sans bouger, sans comprendre, l’esprit plein de nuages épais. Ce ne fut qu’après qu’elle se rendit compte du geste plus ou moins adressé dans sa direction. Rentrer ? Chez elle ? Baissant les oreilles de surprise, elle se demanda un temps si c’était bien une partie du protocole de ce pays – où tout devenait décidément bien trop codifié – et si elle souhaitait réellement rentrer dans la maison d’une inconnue sans demander son reste. Finalement, elle déglutit en silence et prit sur elle de la suivre, un peu intimidée par le personnage. Il aurait été malpolie de l’éconduire, sûrement...

Avec un sentiment d’absence qui enveloppait son esprit comme un voile, elle franchit la porte qui se referma à sa suite. C’est une demeure respirant la propreté qui l’accueillit, entourée d’une fraîcheur luxueuse, de bois allègrement vernis, de belles moulures, d’un parquet tendre et silencieux... Une maison de court splendide, qu’Ohello découvrit derrière ses yeux sombres et absents. Son visage froid et pudique balaya les yeux, immobile comme celui d’une poupée, alors que sa nouvelle hôte la guidait déjà quelque part, qui se trouvait être un bar de réception – et ce fut la première fois qu’elle en découvrit un dans une maison. Finalement, Vilenya l’interpela sur le désordre – plutôt difficile à déceler – qui hantait les lieux. Quelques minutes ? Et dire qu’Othello avait investi la sienne il y avait de cela plusieurs semaines, et il n’y avait pas à l’intérieur le quart du mobilier de cette nouvelle maison. En revanche, il y avait bien le quadruple de poussière. Se retrouvant devant le comptoir, elle se demanda un temps ce qu’elle faisait là, n’osant pas parler, ni se sachant très bien où se mettre. Un peu perdue, elle finit par se laisser glisser sur une chaise, devinant que la grande combattante n’était pas personne à inviter les personnes à agir.

Enfin, elle put dessiner plus longuement la femme face à elle. Très fine, et rendue longue par sa taille, la jeune femme – elles devaient avoir un âge similaire – dégageait un charme certain et singulier, qui devait certainement plaire à plus d’un homme. On distinguait sans peine sous sa peau claire une musculature fine et travaillée, bien plus imposante que pour la moyenne, et qui trahissait une force dont elle devait faire preuve dans sa fonction. Othello se demanda alors d’où lui venait ce rang et cette envie de travailler dans la force armée du royaume, mais son physique et son corps parlait de lui-même. On remarquait facilement, aux premiers abords, le tatouage sur sa joue : un Vi qui rappelait sûrement son prénom. Mais ce n’est que devant le bar qu’elle remarqua les engrenages qu’elle avait choisie de s’inscrire sur l’épaule, et qui semblait bouger à chaque mouvement. Il y avait-il une signification particulière ? Du reste, elle avait déjà remarqué ses cheveux singuliers et originaux, dont la coupe l’était tout autant. Si d’un côté on percevait une certaine longueur rose et sauvage, l’autre était radicalement plus courte, rappelant la longueur traditionnelle des coupes de cheveux d’une caserne. Et si ce ne fut pour quelques bijoux percés, elle ne remarqua plus que ses yeux bleus et clairs, comme le ciel dans les plus brillants des jours.


« -Merci beaucoup de me recevoir... » Osa-t-elle finalement, ne sachant pas si elle déranger ou si c’était de bon cœur. Dans les deux cas, elle préférait témoigner de sa reconnaissance plutôt que de se murer dans un silence qui pourrait sonné hypocrite.

A sa grande surprise, elle entama la conversation, dont le contenu lui inspira des sentiments contraires. Le colosse de Gaeaf... Le souvenir de sa vue titanesque lui inspira un profond dégoût, mais aussi un respect désabusé, comme celui que l’on doit aux rois. Elle se souvint de la sensation grisante de briser les eaux froides du lac gelé, et la vue terrifiante de ses jambes s’enfonçant dans les abysses, droites comme des colonnes séculaires. Elle était remontée dans un des navires et avait soigné qui elle pouvait jusqu’à ce qu’Irina et Léogan ne parviennent à défaire la bête avec l’aide de tous les corps armés présents ce jour-là.


« Irina est une femme remarquable, une très grande magicienne et une prêtresse dévouée. » Commença-t-elle doucement, l’esprit encore ailleurs, noyé de souvenir. « J’ai eu la chance d’être son élève en Cimméria, et je lui dois tout aujourd’hui. C’est une chance qu’elle soit à la tête des prêtresses.» Empreinte d’une certaine mélancolie, Othello releva alors le visage vers Vilenya, de porcelaine. C’était grâce à la Flamboyante qu’elle avait pu se lancer, tel un enfant poussé à faire ses premiers pas. Ne plus bénéficier de ses conseils était parfois un fardeau, mais ses souvenirs l’aidaient à garder un cap fertile. « Les colosses sont fruits de discordes et de sang, madame Noyan. Que les Dieux puissent nous protéger d’une nouvelle attaque... » Vilenya devait en être consciente également, mais deux attaques en l’espace d’une année, c’était loin d’être anodin. Il n’était pas impossible qu’une nouvelle créature s’élève quelque part, et ne déverse à nouveau ses larmes meurtrières. Mais elle ne poursuit plus sur ce terrain, sachant très bien que les coupables de la dernière tuerie n’était pas le colosse, mais les hommes et les femmes eux-mêmes, plongés dans la folie par la bête. Un goût amer naquit au fond de sa gorge, une sensation d’en savoir plus qu’elle ne voulait bien en dire, mais ses lèvres resteraient muettes. Après tout, elle n’avait pas été un modèle d’efficacité, ce jour-là, coincée sur sa chaise roulante dans son corps de chimère.

La soldat s’affaira un peu derrière le bar, et elle eut la sensation que c’était à elle de poursuivre, la balle étant jusqu’ici dans son camps. Pendant quelques secondes, elle chercha ses mots, mais les trouva étonnement facile à trouver.

«- Vous avez été particulièrement présente dans ce combat. Tout le monde à la caserne m’a raconté votre exploit. » Dit-elle sobrement, avec une humilité palpable. « Vous devez être une soldat d’exception, le roi a l’air de vous compter parmi ses meilleurs éléments. »

Doucement, elle regarda le verre en face d’elle, se demandant ce qu’elle allait en faire. Mais ses yeux s’attardèrent brusquement sur le reste de la pièce qu’ils balayèrent doucement, lentement, mû d’une délicate admiration. « Votre demeure est vraiment superbe... »
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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Dim 2 Avr - 13:36

Je la laissais répondre à ma remarque concernant ce que je disais à propos de Gaeaf, de sa cheffe et des évènements s'y étant déroulés. Mais je voyais qu'elle insistait surtout sur Irina Dranis. D'un autre côté, ce n'était pas étonnant, parler ainsi de celle qui chapeautait son groupe. Dans sa voix, il y avait une certaine mélancolie en parlant d'elle. Me mettant en mode d'observation en interrogatoire, j'étais attentive au moindre signe qu'elle m'envoyait, comme si j'étais aux aguets et prête à lui sauter dessus mais il n'en était rien, je ne voulais juste rien louper de ce qu'elle disait ou même ne disait pas. Visiblement, Dranis avait beaucoup compté pour cette dénommé Othello Lehoia mais la mélancolie dont elle fit preuve me donnait l'impression que Dranis n'était plus ou ne faisait plus partie de son groupe ou alors qu'Othello ne travaillait plus avec et était cantonné à Hesperia, loin de Cimmeria et de ses sœurs. Quelque part j'en étais un peu peinée pour elle mais devant elle, je n'affichais rien de plus que ma sévère attention.

Puis elle enchaîna sur le colosse de Gaeaf, voire les autres colosses qui s'étaient abattus sur nous ou qui ne manqueraient pas de s'abattre plus tard sur nous. Alors qu'elle releva le visage, je me plongeais dans son regard et outre la mélancolie qui se voyait grosse comme une baraque, j'y lus ce que j'interprétais comme une certaine crainte teintée d'amertume. M'interrogeant sur cet état de fait, je me mis à envisager quelques hypothèses mais que je ne pourrais vérifier seulement en lui posant des questions, oui un peu comme un interrogatoire mais au contraire, je ne voulais pas lui donner l'impression de l'interroger. Peut-être pensait elle que je la jaugeais ou que je l'analysais et c'était vrai. Seulement, lorsque je rencontrais quelqu'un de nouveau, j'avais cette manie là, aussi à cause de travail de maintien de l'ordre. Je l'interrompis juste après, sans l'agresser, faisant de mon mieux pour lui parler le plus poliment possible.


- Nan pas de madame Noyan avec moi. Moi, c'est Vi ou du moins si vous voulez me donner un titre, faites comme mes hommes, appelez moi commandant Vi. Mais pas de madame, surtout chez moi.

Je me tus pendant encore quelque secondes, le temps qu'elle intègre l'info et j'ajoutais d'un air plus sombre encore, non pas dirigé contre elle mais... contre ces dieux dont elle parlait.

- Vous m'excuserez de ne pas partager vos croyances. Je ne crois pas à l'existence de ces dieux et si c'était le cas, je dirais qu'ils nous ont abandonnés depuis longtemps. Si ces colosses sont leurs moyens de nous écraser, va falloir qu'il trouve autre chose parce que j'en ai fracassé l'un d'entre eux de mes mains. Mais je conçois que des gens croient à l'existence d'être supérieurs. Quand mes hommes me parlent de religion, je leur réponds que je suis leur commandant d'unité, pas leur chef spirituel.

Je me penchais alors sous mon bar et sortit un pichet de vin, le seul que j'avais trouvé jusqu'à présent dans ma nouvelle maison et le posa sur le bar avant de servir les deux verres alors qu'Othello me parlait de ce que j'avais fais contre le colosse d'Hesperia. J'eus un léger sourire sinistre lorsqu'elle me complimenta et je trinquais avec elle, sans lui briser le verre ou mettre du vin partout. Je pris une gorgée et grimaça, décidément le vin, ce n'était pas pour moi avant de reposer le verre devant moi pour lui répondre. Je m'assis à mon tour sur une haute chaise et m’accoudai au comptoir, légèrement penchée vers ce petit bout de femme qui me paraissait petite à côté de moi.

- Comme je vous ai dis Othello, je me suis retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Et quand la plupart de vos coéquipiers ont soudainement deux mains gauches et que la seule réponse qu'ils avaient c'était que les... dieux les avaient abandonnés, il leur faut quelqu'un pour leur botter le cul et leur rappeler que ce sont des soldats et non des fillettes. Et qui c'est qu'on a appelé ?

Je levais les deux pouces de mes mains et les pointaient vers ma poitrine avant de rire légèrement à l'évocation de ma valeur selon Othello. Je repris une gorgée de mon vin.

- On me traite de héros alors que je ne l'ai jamais demandé. J'ai fais ce que je pensais juste, je ne pouvais pas laisser cette saloperie gagner, pas après toute la mort et la destruction qu'elle a engendré. S'il fallait un exemple pour inspirer les gars et leur donner même un semblant d'espoir alors il n'y a pas à tortiller du derche, il faut le faire. Après les gens disent ce qu'ils veulent, j'aurais très bien pu crever plus d'une fois et on aurait jamais parlé de moi.

J'eus un regard reconnaissant envers elle lorsqu'elle parla de ma nouvelle maison mais au moment d'évoquer mon bienfaiteur, je ne pus m'empêcher de prononcer son nom avec un léger dédain calculé.

- Merci. Cadeau de notre... bon roi Thimothée. Le titre et le commandement de l'unité d'intervention, c'est lui aussi. J'ai jamais aimé la moindre tête dirigeante au dessus de moi, j'imagine que c'est dans mes tripes et je n'y peux rien mais je lui suis reconnaissant de ça.

Je jetais encore un œil en dessous de comptoir avant de reporter à nouveau mon attention sur le poisson humain qui m'était assez sympathique, voire mignonne même si je trouve ses manières un peu trop polies.

- Ça vous dérange de rester bouff... manger ? Vous m'êtes sympathique et je vous trouve... pas trop mal donc je nous prépare un truc ? Après si vous voulez vous arrêter au verre, je ne vous en voudrais pas. Je frappe très fort mais pas si on me refuse un repas, vous en faites pas.


Dernière édition par Vilenya Noyan le Mar 4 Avr - 14:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Mar 4 Avr - 14:55

La voix calme et douce d’Othello égrainait encore ses mots quand une sensation étrange émergea de ses pensées, une impression distincte et franche que la sergente en face d’elle était en train de l’analyser... De l’observer au-delà des paroles. Ne serait-ce que par son regard insistant et impassible, bien plus grave qu’elle aurait imaginé ce regard azure en temps normal. Si c’était troublant, la sirène n’en tenait pas rigueur, ni n’en prenait ombrage. Ses jours passés à la capitale lui avaient appris qu’être observée était monnaie courante, et que tout le monde souhaitait vous percer à jour une fois que vous mettez un pied dans la lumière. L’ondine n’avait rien à cacher à la militaire pourpre, aussi elle ne réagit pas, et ne se sentit pas mal à l’aise non plus. Après tout, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle ne la connaissait pas le moins du monde, à part qu’elle travaillait pour l’Eglise et qu’elle s’invitait dans sa maison comme la dernière des malpolies. Alors cela méritait bien quelques regards insistants.
Soudain, en la coupant poliment, le commandant lui indiqua que les « madames » étaient proscrits, et la sirène baissa le visage comme un enfant reprit. Sans plus creuser le problème, elle acquiesça simplement, pour ne pas envenimer les choses un peu plus. Elle se doutait que Vilenya n’était certainement pas vexée, cependant. Elle nota aussi qu’il y avait quelque chose de moins impulsif dans son langage, quelque chose de plus doux, et elle dû admettre que cela lui fit plaisir. La soldat n’était pas si dure qu’elle l’avait laissé croire... Othello se détendit un peu, osant un sourire désolé.

Cependant, elle se fit brusquement plus sombre, des nuages troubles passant au travers de ses prunelles clairs. La sirène se demanda si elle l’avait froissée, mais la vérité était ailleurs.


« - Vous n’avez pas à vous excuser, vous n’êtes pas en faute. » Dit-elle calmement, un sourire bienveillant aux lèvres. Bizarrement, elle n’en avait jamais voulu aux athées, et était loin de se comportait en fanatique qui mettait la croyant au-dessus de toute chose. Ces sujets ésotériques coulaient sur son esprit comme des feuilles sur un ruisseau claire, ne troublant jamais sa course, mais s’imposant parfois quand elles étaient trop nombreuses. Vilenya n’était pas dans l’erreur, il n’y avait rien à se faire pardonner. Et puis, qu’elle le veuille ou non, Othello prierait tout de même pour elle. « Moi-même je ne pourrais pas vous expliquer pourquoi je crois. Il appartient à chacun de se faire sa propre idée, ces choses nous dépassent probablement tous. » Elle nota la référence aux autres soldats, ceux qu’elle avait croisé un peu plus tôt à la caserne. Apparemment, ils avaient une supérieure qui ne mâchait pas ses mots.

Brusquement, la stature immense et athlétique plongea sous le bar comme un cormoran plonge dans la mer, et se déroba à la vue de l’hybride qui n’osa pas la suivre du regard. Quelque chose lui souffla que c’était sûrement impoli, aussi se contenta-elle de détailler un peu plus le bois laqué qui recouvrait le comptoir. La surface lisse lui renvoya son reflet élégant qu’elle avait encore du mal à reconnaître... Avec tous ces voiles et ces bijoux, elle était bien loin de la petite prêtresse dans son herboristerie sous la neige houleuse. Et plus le temps passait, plus ce temps lui manquait cruellement.
Mais sans laisser plus de temps aux souvenirs qui naissaient dans le reflet de son regard, la combattante rose se redressa alors, une bouteille de vin à la main, et commença à remplir les deux verres. Si Othello n’était pas une grande buveuse, elle s’était accoutumée au breuvage rouge qu’il était coutume de servir çà et là dans ce pays de richesse. Jamais plus d’un verre, cependant. Malgré cela, son palais commençait à distinguer les notes subtils et les arômes cachés. Reconnaissante, elle apprécia le geste de Vilenya qui se révélait être une hôte bienveillante, et trinqua poliment avec elle, comme le voulait la coutume. Les doigts musclés de la commandant vinrent faire tinter les récipients avec poigne, et la sirène bu quelques gorgées avant de reposer le verre devant elle. L’alcool était léger et subtil, une excellente bouteille, certainement. Mais il n’était visiblement pas du goût de son hôte, qui marqua ses lèvres d’un rictus grimacé : on pouvait presque sentir l’aigreur mouiller le bout de sa langue, et le liquide sirupeux couler dans sa gorge avec douleur.

Plus elle parlait, plus Othello appréciait son franc parler. Elle ne devait pas être le type de femme à avoir la langue dans la poche. Et visiblement, elle n’avait une estime que mitigée pour ses compagnons d’arme. Mais elle ne doutait pas de sa bienveillance à leur égard. Bon, dire qu’ils avaient deux mains gauches... Passons, après tout, elle n’était pas témoin de l’attaque, et le peu de temps qu’elle les avait vu ne l’aurait pas aidé à juger de leurs capacités.


« - Vous êtes humble, c’est rare ici. Et même si c’est naturel, cela reste un acte de bravoure dont vous pouvez être fière. » Dit-elle simplement en liant ses doigts sur ses genoux. Ses cheveux avaient glissés sur ses épaules, et tombaient devant sa poitrine jusqu’aux creux de ses hanches où elle les avait soigneusement laissé s’emmêler entre ses mains, ses bras, ses jambes pour qu’ils ne tombent pas sur le sol. Ils ne seraient sûrement pas confrontés à autant de poussière que chez elle, mais elle ne souhaitait pas laissé à Vilenya des fibres argentés de ci de là sur son parquet.
Surtout si c’était un cadeau royal. Ca et un rôle déterminant dans l’armée... Décidément, le souverain savait faire preuve de générosité envers les bienfaiteurs de sa nation. Elle sourit à la boutade, se remémorant de l’instant où elle avait rencontré la majesté pour la première fois. Il avait ce sérieux et cette gravité que lui incombait ses fonctions, et cette façon de se faire obéir à la baguette. Nulle doute que cela devait faire des étincelles entre ces deux personnes : une soldat au caractère bien trempé, et un seigneur qui gouverne d’une main de fer. Mais elle sentit quelque part un respect palpable.

La sirène allait rouler ses yeux sur la fenêtre, deux sphères sombres comme les abysses, mais Vilenya l’arrêta avec une proposition surprenante. Redressant ses oreilles sur le côté de son crâne comme un chien aux aguets, elle écouta attentivement, serrant imperceptiblement ses doigts sibyllins entre eux. Une invitation ? Pour manger ? Et dire qu’il n’y avait qu’une poignée de minutes, elle avait eu la sensation de commettre un crime en la dérangeant subitement chez elle. Mais l’intention était aimable, et elle l’apprécia plus qu’elle ne voulait bien l’admettre. La femme dure et sèche qui lui avait ouvert la porte semblait plus amicale qu’elle ne le laissait paraître. Cependant, certaines parties de son discours lui semblaient encore flous. « Pas trop mal »... Parlait-elle de son attitude ? Othello prit quelques secondes à analyser les quelques mots, ne sachant plus que dire. Que disait l’étiquette, dans ces situations ? Si Jason était là, il serait sûrement le premier à lui crier dessus qu’elle se devait de refuser, que ce n’était pas l’attitude d’une prêtresse de Kesha. Cependant, elle devait admettre qu’elle appréciait leur conversation, et que cela serait agréable de poursuivre autour d’un repas. Ne sachant plus dans quelle direction aller, elle finit par capituler, mettant l’étiquette et le protocole de côté. Elle ne perdait rien à accepter, non ? Et puis, sous le toit du commandant, elle ne pouvait se permettre de refuser.


« - Je... Ce serait avec plaisir, Vilenya, je vous remercie. » Othello baissa son visage avec douceur et reconnaissance. Une mèche tomba allègrement sur le côté, et elle la récupéra entre ses doigts pâles pour la ranger derrière son oreille. Il y avait sur son visage un air absent et éthéré, éprit d’une brise aérienne et éolienne. En faisant danser le liquide dans son verre d’une geste absent, elle décida de mettre le code aux oubliettes, et d’accepter la bienveillance de son hôte, au prix de sa propre surprise. Ce n’était pas dans ses habitudes de se montrer ainsi ouverte, mais elle n’avait rien à y perdre, après tout. Ne sachant plus que dire, elle regarda ses doigts, un peu perdue, avant d’ajouter : « Peut-être puis-je vous aider ? »
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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Sam 8 Avr - 14:38

Deux moi s'affrontaient dans mon esprit, une part conciliante, qui ne demandait qu'à être bienveillante envers elle et qui se félicitait qu'elle ait accepté mon invitation, c'était l'occasion pour moi de connaître et de découvrir quelqu'un de nouveau, et de l'autre, une part bien plus pragmatique et moins ouverte qui considérait que c'était une erreur de l'avoir amenée ici et de lui faire partager ma demeure ainsi que ma bouffe. Le moi conciliant envoya chier l'autre et pour la première fois depuis que je parlais à Othello, je me mis à lui sourire pour de bon, sans aucun sarcasme ou malice. Quelque part, ça faisait du bien d'arrêter d'être toujours un peu au taquet ou sur la défensive, c'en était usant à la longue. Peut être était ce l'apparence de la haute-prêtresse qui m'aidait ? Il fallait dire que ces cheveux et ces vêtements clairs, cette innocence et cette bienveillance sur son visage ainsi que sa politesse et ses manières m'étaient apaisant. Normalement ce genre de comportement ne m'inspirait que sarcasme, moquerie voire mépris. Mais avec elle... ça m'apaisait un peu. D'où le fait que je l'ai aussi invité.

- Naaaahhh restez assise Othello. Je ne serai pas votre soubrette, ça serait comique d'ailleurs, mais je m'occupe de vous, vous en faites pas. Je fais jamais ça normalement pour le premier venu mais pour vous, je fais une exception. Pourquoi ? Je ne sais pas mais j'ai envie.

Je sortis ensuite deux assiettes avec des couverts que je trouvais après avoir cherché un peu dans les meubles de la cuisine et j'allais vérifier le foyer, plus loin mais toujours dans la cuisine, j'attendais d'avoir de bonnes braises pour cuire la bouffe. Mais d'un autre côté, sachant que j'avais ma journée de libre, après avoir posé tout ça sur le bar, je me rassis. J'avais le temps et je gardais mon invitée auprès de moi. Elle n'avait qu'à me le dire si elle était pressée, moi je considérais que si elle venait me voir, c'est qu'elle avait le temps. Par contre, je me demandais aussi ce que j'allais bien pouvoir lui préparer. D'habitude, je ne cuisinais pas, j'avais du mal à savoir cuisiner. En me rappelant du contenu dans le garde-manger, je me disais que ça serait marrant que je lui fasse du poisson, est ce que ça allait passer pour du cannibalisme ? Sans lui demander, je voulais voir comment elle réagirait. Je me souvenais des deux saumons que j'avais trouvé dans le garde-manger et je notais de devoir les faire sous peu.

- Des hommages et des salutations vous dites ? Vous faites la tournée ? Vous êtes donc passée par le QG de l'armée et les casernes attenantes.

Je la laissais me répondre et j'opinais de temps en temps à ses dires. Elle avait donc en effet faite la tournée des gens qui avaient participé à la bataille contre le colosse. Nous étions bien plus nombreux c'est vrai et beaucoup étaient encore blessés mais les pertes n'avaient pas été aussi énormes qu'on ne le craignait, l'armée restait opérationnelle et j'avais ma propre unité spéciale à monter dans les plus brefs délais selon les dires du roi. Je voulais aussi lui demander où elle était pendant cet affrontement mais quelque chose me disait qu'elle m'en parlerait elle même, d'où le fait que je ne dise rien pour le moment. Au moment où elle parlait des gars au QG ou dans les casernes, j'en étais attentive. Savoir ce qu'on disait sur nous pouvait être intéressant tout comme cela pouvait être aussi sans intérêt.

- Hm... j'ai grandi un peu milieu de tous ces gars. Y en a que j'ai même connue en étant gamine. Genre dans mon unité y a un type du nom de Dom, c'est mon bras droit. Ben quand j'étais... dans la rue à même pas 10 ans, il était déjà dans l'armée. Et aujourd'hui c'est moi qui le commande alors que j'ai presque 10 ans de moins que lui.

Pour le coup, je préférais éviter de parler de mon passé en tant que délinquante dans Hesperia et encore moins lui parler de ma période de gang. Je l'aimais bien mais je ne tenais pas à tout lui dire. Mais du peu que je lui en avais dis devait suffire pour qu'elle le devine un peu.

- J'ai... pas eu une enfance heureuse et normale si je puis dire. J'ai mal tournée mais l'armée m'a offert une chance que j'ai saisi. J'ai dû me battre comme une acharnée pour être gradée, voyez j'ai dû battre un colosse. Mais sans tout les gars, même ceux qui m'ont mis des bâtons dans les roues j'en serais pas là. Je gueule, je crache, je tape sur mes gars mais c'est parce que je veux le meilleur d'eux mêmes. Le roi m'a demandé de monter une unité spéciale contre les colosses et toutes ces saloperies, je ne prendrais que les meilleurs et même eux vont en baver. On devra intervenir partout où on demandera notre aide car on sera là pour empêcher qu'une merde comme à Gaeaf ou ici n'arrive encore.

Je me tus, le regard un peu vide en détournant le regard, ma tête reposant sur la paume de ma main alors que mon coude reposait sur le bar et je regardais par la fenêtre dans le dos d'Othello.

- On ne pouvait de toute façon pas faire autrement. Les colosses ont fait trop de dégâts, trop de morts, trop de destruction. Il n'y a pas d'autres alternatives que leur propre mort. Je refuse de revoir autant de cadavres que leurs dernières attaques, je préfère venger leurs morts car avec mon unité, on saura que des millions de vies reposent sur nous. Si les dieux nous les envoient comme vous dites, moi je serais là pour les arrêter et les crever.

Je regardais de nouveau Othello en rougissant pour la première fois devant elle avant de reprendre mon air bravache et dur habituel.

- M'enfin je vous emmerde avec mes états d'âme, vous m'en voyez navrée. Le roi n'en a rien à foutre de ce que je pense et mes gars sont un peu trop cons pour comprendre de quoi je parle, ils n'attendent que mes ordres. Je sais pas si on vous a parlé de lorsque l'on m'a ramassé juste devant le colosse et qu'on m'a conduit à l'hôpital de campagne ou quand y a eu la cérémonie de récompense ? Jamais vu autant de soldats rassemblés et encore une fois, j'avais rien demandé, je m'en foutais à la base.

Je me mis à faire un petit rire désolé que je voulais rendre modeste car je me l'étais assez pété pour le coup.

- Ces types sont des débiles, des tarés et parfois des abrutis, mais c'est des gars qui sont braves, loyaux et altruistes. Je me demande même des fois si c'est par fidélité envers moi ou l'armée... Ah au fait j'espère que vous aimez le saumon ?
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MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Dim 23 Avr - 0:33

Aussitôt, l’hôtesse se détendit, un sourire plus sincère apparue sur son visage, et Othello l’accueillit avec sérénité. Cela faisait plaisir de voir Vilenya s’adoucir, devenir plus ouverte, plus calme face à elle, alors qu’elle pensait l’avoir dérangé quelques minutes plus tôt – pire, être une nuisance pour la combattante qui semblait en pleine découverte de chez elle. En y repensant bien, c’est vrai qu’elle était tout juste propriétaire, et qu’elle posait ses premiers pieds dans sa demeure : pouvoir partager son premier repas était un honneur. La sirène sourit poliment, et baissa le regard en guise de remerciement, alors qu’elle voyait la jeune femme s’éloigner vers la cuisine... Ou plutôt, c’était ce qu’elle supposait. Elle faisait preuve d’une très surprenante hospitalité, ce qui n’était pas peu agréable, et qui prit la prêtresse un peu au dépourvue. Elle n’avait pas l’habitude d’être traitée ainsi, et si elle appréciait sincèrement sa bienveillance, ne pas pouvoir lui prêter main forte lui était... Etrange. Comme si elle ne méritait pas un tel traitement, rester inactive, tout en étant servie, lui donnait des fourmis sous les pieds, un besoin d’aider qui chauffait ses paumes froides.

Pendant plusieurs minutes, Vilenya disparut, et l’ondine put sagement apprécier la pièce en croisant sa jambe sur l’autre. Bientôt, elle osa poser ses mains sur son genou, en les nouant doucement. La pièce était spacieuse, mais étrangement intimiste, et allait bien avec le silence prude et neuf de la maison cossue. C’était indéniablement une belle pièce d’architecture, et Othello se mit, inconsciemment, à scruter les moulures neuves et bien réaliser, le parquet luisant et lisse, qui ne grinçait pas sous ses pieds... Pas de poussières, pas de meubles en désordres, pas de bocaux de peintures qui traînaient çà et là... Quand la pourpre revint, Othello fixait silencieusement un mur, les yeux absent, et elle se retourna brusquement face à elle. Restant un temps silencieuse, elle finit par se lancer.

« - Tout à fait. » Elle hésita un temps, et reprit. « J’y étais juste avant de venir à votre rencontre. Certains de vos camarades étaient absents, mais j’ai pu en saluer beaucoup. Mais j’en ai connu d’autres à l’hôpital pendant mes services... Ils étaient en moins bon état, mais tout aussi courageux. Des hommes simples et braves, ils avaient l’air d’avoir beaucoup d’estimes pour vous. »

Vilenya répondit d’elle-même, laissant Othello attentive, dans un silence concentré et calme. Elle avait toujours aimé écouter les gens, et se retrouvait comme oreille attentive que comme débiteuse de bonnes paroles – paradoxale, pour une Haute-Prêtresse. La soldat semblait libérée, et plutôt bavarde, ce qui lui fit plaisir. Un sourire mystérieux tira légèrement ses lèvres dans un arc subtil, légèrement voûté, mais pas complet, comme une énigme. On sentait dans ses mots un profond respect envers ces hommes. Dom... Elle lui avait peut-être serré la main sans même s’en apercevoir, et ne savait pas qu’il avait cette importance pour la soldat. Mais quelque chose vint assombrir son discours : dans la rue ? La sirène se montra impassible, bien qu’elle devina un aspect sombre au passé de la jeune femme, un côté obscur dont elle ne souhaitait pas parler. Sans réagir, Othello respecta ce choix puisqu’elle en partageait les séquelles. Il y avait des souvenirs qu’il valait mieux laisser là où ils étaient, et les laisser sortir seulement quand on en était capable.

Le regard de l’ondine se fit mer : entre un profond respect et l’océan de l’empathie. Elle imaginait très bien ce que ce combat avait dû être. Il fallait avoir un caractère fort, et surtout une brûlante détermination pour s’élever comme elle l’avait fait. Mais elle ne le devait à personne sauf à elle-même : il fallait bien se battre pour se faire sa place, dans n’importe quel monde.
Le ton changea de nouveau. Maintenant qu’elle la cernait un peu plus – bien que perpétuellement surprise, Othello se trouvait qu’elle était certainement la mieux placée pour occuper ce poste. Elle eut presque un sourire jaune : après tout, elle avait à présent de l’expérience dans l’abattage de colosse. Dans l’azure de son regard, bien qu’il se fasse soudain empli de lassitude, elle y devina un soupçon de volonté mélancolique, de devoir, presque profane, face aux créatures titanesques dont on ignorait encore tout. On était loin de la détermination affirmée d’un poing tonitruant sur la table. Mais Othello en était quelque part rassurée : elle préférait cette sensibilité touchante aux démonstrations de force. Mais elle pensa que cela devait aussi faire partie de son caractère, aux multiples facettes.

Comme si Vilenya avait lu dans ses pensées, il lui sembla percevoir du rouge poindre sous ses joues... Certainement son imagination – pourquoi rougirait-elle ? Elle se redressa immédiatement après, reprenant dans sa posture une force toute nouvelle, laissant Othello pensive, ses rétines oscillants entre la femme pensive accoudée sur sa paume, et le soldat, fièr et dynamique.

« - Vous n’avez pas besoin d’être navrée, il n’y a pas de mal. » Dit simplement la Haute-Prêtresse qui appréciait la conversation. « C’est une mission noble que l’on vous a confié, je suis de tout cœur avec vous pour son salut. Et même si vous ne croyez pas, je prierais pour vous. »
Elle se tu un temps, la laissant continuer un peu sur ses faits d’arme - impressionnant. La sirène pencha un peu le visage sur le côté, passant ses doigts sur un pli de sa jupe, se laissant attendrir par la douceur du tissu. Elle ne savais pas deviner si la Pourpre essayé de l’intimider, ou si elle partageait son humilité avec elle quand personne ne la percevait.
« Vos camarades m’ont tous parus être des braves, et ils auront à cœur de vous suivre où que vous les emmeniez, comme un guide. Ils doivent avoir besoin de vous, comme ils ont besoin de l’armé, et des uns des autres. Vous formez tous un corps très soudé... C’est impressionnant. J’ai beaucoup apprécié parler avec eux. » Elle hésita un peu à poursuivre, sachant s’aventurer sur un terrain peut-être un peu trop personnel. « Cela n’a rien à voir avec les prêtresses de Cimméria, où nous n’étions que des crédules disparates... »

Finalement, elle baissa les oreilles, un peu surprise, et osa un sourire amusé. C’était un étrange constat que celui de sa nature face au monde qui l’entourait. Son affiliation à la nature marine avait tendance à pousser les gens à utiliser des chemins capricieux pour arriver jusqu’à elle, n’osant pas souvent la confronter à sa race. Mais c’était un fait : elle tenait autant de la femme que de l’animal. Cependant, elle devina dans cette question anodine un geste bienveillant, et apprécia l’attention de Vilenya pour son régime alimentaire.

« - Oui, j’aime beaucoup le saumon. » Dans les océans, les poissons de son espèce étaient piscivores, aussi l’était-elle tout autant. Même, elle ne s’était jamais posé la question sur son rapport à la nourriture comme « mal » ... Mais elle leva des yeux rassurants vers l’hotesse. « C’est un très bon choix pour un repas. » Elle allait de nouveau lui proposer de l'aide mais se ravisa: elle était une bien piètre cuisinière de toute façon...
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MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Mar 2 Mai - 16:12

Je fis un discret soupir de soulagement en apprenant qu'elle n'avait rien contre le saumon que je proposais de manger voire même qu'elle aimait ça. Tant que ça ne passait pas pour du cannibalisme... Oui bon, je n'y connaissais rien non plus en poissonnerie mais je pensais bien que rascasse et saumon n'étaient pas vraiment de la même famille. Je fis donc un sourire que je voulais rendre un tantinet sarcastique car ma réflexion m'amusait mais pour le coup, mes lèvres avaient échappées à mon contrôle et j'eus l'impression de lui avoir une sorte de sourire un peu enjôleur, comme si bouffer du poisson avec elle me faisait de l'effet mais je chassais très vite cette pensée de mon esprit. Je devais paraître un peu plus sympa à ses yeux, ce n'était pour passer ensuite pour une dépravée. Mon sourire disparut ensuite très vite et je me décollais du bar pour jeter un coup œil au foyer d'où j'étais, voyant que le feu prenait peu à peu, commençant à crépiter tout doucement.

Je reportais de nouveau mon attention sur elle et je me rappelais d'une chose qu'elle venait de dire quant à ses collègues des prêtresses de Cimmeria. Elle tenait en haute estime Dranis, c'était indéniable, elle l'avait certainement bien plus connue que moi, je m'étais juste contenté d'échanger quelques mots avec elle à Gaeaf et de l'amener ensuite au palais de ce bon vieux Thimothée. Par contre, elle ne semblait pas tellement apprécier ses autres comparses prêtresses. Je m'accoudais à nouveau au bar, penchée dessus, plutôt proche d'Othello mais cela ne me dérangeait pas d'être un peu plus près d'elle. Encore une fois, je ne voulais pas faire passer ce que j'allais dire pour un interrogatoire mais je voulais faire comme lorsque je voyais qu'un suspect allait se mettre à table : je l'encourageais à creuser.


- Vous avez mentionné vos collègues prêtresses comme étant des... *hem* crédules disparates. C'est à dire ?

Pendant qu'elle m'expliquait son propos, je continuais de la regarder attentivement puis tout en l'écoutant d'une oreille, je regardais mon verre de vin. Le liquide pourpre mais aussi sombre me donnait l'impression qu'il m'appelait et je me souvins à quel point je n'aimais pas le vin. Pour essayer de faire meilleure figure devant mon invitée mais aussi parce que ça me tapait légèrement sur le système d'avoir du vin dans un verre qui m'était normalement destiné, je m'emparais de mon verre et buvait le reste de mon breuvage cul sec. Mon verre était au moins fini mais je ne pus m'empêcher de frissonner et de grimacer légèrement. Première et dernière fois aujourd'hui où je buvais du vin, je continuerais ensuite de tourner à la bière que j'avais repérée dans mon garde-manger ou à l'eau dont j'en avais dans un pot dans la cuisine.

- Hm... je vois. Je ne connais vraiment pas Dranis comme vous me la décrivez, en même temps je ne l'ai que très peu vue. Comme je vous disais, on s'est vu à Gaeaf assez vite.

Je fronçais légèrement les sourcils au souvenir de ma rencontre avec la cheffe des prêtresses de Kesha.

- Pas une rencontre très constructive si vous voulez mon avis. De l'escouade que j'ai embarquée là bas, un de mes hommes n'en est pas revenu et en plus de ça, j'ai été aussi délestée d'un parchemin "de la plus haute importance" pour elle justement.

Que je fis en mimant bien les guillemets.

- Je m'en souviens encore, on venait de repousser une attaque de bandits et d'assassins pendant que les prêtresses faisaient je ne sais quel pouvoir combiné pour aider la flottille contre le colosse dans la flotte. Après le carnage donc, je suis allée remettre ce parchemin à Irina Dranis, toute poisseuse et cradingue, avec du sang et des coupures sur la gueule et l'armure, ça contrastait assez l'apparence bien propre de Dranis. Je vous passe les quelques politesses échangées, j'étais assez furieuse d'avoir perdu un de mes gars loin de chez nous et voir qu'on s'en foutait... ça m'irritait.

J'haussais les sourcils, un tantinet agacée par ce souvenir avant de me redresser, m'éloignant un petit peu d'Othello.

- M'enfin c'est du passé et je ne souhaite pas noircir le tableau de Dranis que vous semblez beaucoup aimer. Par contre, je vois que ce n'est pas l'amour fou entre vous et vos collègues.
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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Ven 12 Mai - 12:40

« ... C’est une question osée. » Murmura Othello, un peu surprise par la demande de la Rosée. Même après quelques mois hors de la caste – et avoir renversé sa plus haute dirigeante de surcrois – Othello ressentait encore sur elle l’effet de l’omerta des prêtresses. Et, pour le bien de Vilenya, elle savait qu’il n’était pas bon de fouiller un peu trop dans les affaires des prêtresses de Cimméria. Elle roula des yeux... A moins que ce ne fut de l’histoire ancienne. Encore aujourd’hui, elle avait la sensation que si elle se retournait un peu trop vite, si elle regardait au loin, elle croiserait de nouveau le regard enchanteur et venimeux d’Ellerina Lanetae, qu’elle entendrait de nouveau sa voix ensorceleuse, qu’elle serait de nouveau la victime de ses caprices. Regardant la soldat avec une gravité soudaine, elle hésita à faire les prochains pas, comme si un gouffre béant s’était ouvert sous ses pieds. Mais elle devait se rendre à l’évidence : c’était du passé, et aujourd’hui, elles étaient libérées. Blessées, mutilées, meurtries, mais libres. « Toutes mes sœurs sont des femmes de bien, et je les estime toutes, qu’importe leurs passés. Elles furent nombreuses à nous rejoindre pour de mauvaises raisons, et furent guidées par la mauvaise personne. Mais c’est un âge révolu, à présent. Irina Dranis est à leur tête : c’est la prêtresse la plus valeureuse que je connaisse. Elle saura les mener de nouveau vers la lumière. » Plus elle parlait, plus elle lâchait prise. Ces mots étaient lourds comme des chaînes, et piquaient sa langue comme un millier d’aiguilles. Elle tenta de sourire, mais ses lèvres ne suivirent pas. Ces souvenirs n’étaient pas encore prêts à ressurgir : ils resteraient dans leur boîte de pandore jusqu’à ce que la blessure se referme, qu’elle puisse encore en parler.
L’ondine regarda le verre en face d’elle – peut-être était-ce une échappatoire. Le liquide sang réveilla sur ses lèvres le goût râpeux de l’alcool, et elle attrapa le verre entre ses doigts sibyllins. Vilenya avait fait de même, mais avec une audace surprenante. D’une traite, elle avait avalait tout le breuvage, et affichait désormais une grimace écoeurée. Othello s’interrogea alors sur les goûts de son hôte : peut-être n’aimait-elle pas beaucoup cette boisson ? Sans trop savoir pourquoi, elle se surprit à se sentir encore plus honorée, reconnaissante qu’elle ait fait l’effort d’ouvrir la bouteille et de boire sans aimer. A son tour, elle porta le verre à sa bouche pour aspirer quelques gorgée, sentant petit à petit les vapeurs de son ventre monter jusqu’à son esprit pour y verser ses brumes.

Quand Vilenya répondit, elle eut l’air moins enthousiaste qu’elle. Othello était surprise : le nom de Dranis n’avait pas l’air de lui éveiller des souvenirs aussi heureux que pour elle. Au contraire, elle eut l’air soudain méfiante, amère.

« - Irina est une femme changeante, à la personnalité forte. Elle a... Nous avons tous perdu quelqu’un ou quelque chose le jour où le colosse nous a fauchés. » Dit la prêtresse doucement, sentant déjà son trouble s’éloigner. Elle se calma bien vite, comprenant que Vilenya avait un poids sur le cœur qu’elle ne connaissait pas encore. Mais elle se tu, tendit les oreilles, heureuse de pouvoir être la dépositaire de cette peine, faute de pouvoir l’apaiser.

Ainsi, Vilenya était là aussi ce jour-là. Sa mémoire semblait aussi vive que la sienne. Ces souvenirs étaient marqués à l’encre rouge sous sa peau, imprimés aux braises. On ne pouvait que les porter comme un fardeau. Mais la cheffe semblait porter avec elle bien plus que des souvenirs : un deuil, la perte d’un être cher dans le feu de la bataille. Othello n’avait qu’une maigre connaissance de tout ce qu’il s’était passé, elle qui avait choisi d’agir depuis les flots. Quand Irina et les prêtresses avaient créé le bouclier, et que Léogan avait maîtrisé la foudre, elle venait à peine de retrouver ses jambes, de quitter le lac, de rejoindre le pont d’un bateau où les marins étaient pour la plupart blessés. Elle avait heureusement échappé aux jets de sang corrosifs du colosse, qui avait touchés plusieurs membres de l’équipage autour d’elle. Mais elle n’avait revu Irina que des jours plus tard. Elle ignorait tout de ces assassins, de ces milices, et encore moins de la présence des forces Eridanienne pour porter la missive. Un sentiment de responsabilité, de culpabilité commença à poindre sous sa poitrine, et elle écouta avec bienveillance la peine de Vilenya, et les raisons de sa rancœur pour la nouvelle Grande-Prêtresse.

« - Je... N’avais aucune connaissance pour tout cela. Je suis désolée pour votre collègue, c’est malheureux. » Pendant une poignée de seconde, un voile triste abrita ses yeux, avant de décoller retourner dans l’abysse. Othello ne souhaitait pas se faire l’avocate de quelqu’un, et elle n’en savait pas assez sur la situation pour prendre la défense de l’un ou de l’autre des camps. Mais Vilenya avait cette colère en elle, et elle était justifiée. La guerre... Pouvait changer la plus grande des femmes en aveugle, parfois. Et elle savait à quel point Irina pouvait parfois être plongée dans son travail, dans son rôle au point d’en oublier tout ce qu’il y avait autour. Elle n’avait certainement pas prit conscience du deuil de Vilenya, ni même de l’ampleur de la bataille qui lui avait permis de récupérer la missive. Elle avait elle-même perdu beaucoup ce jour-là. Et pas seulement en vie humaine... « Je vous présente mes excuses de ma part, de la sienne, et de la nôtre, à toutes. » La paume de sa main la démangea alors. La flemme de Kesha pouvait-elle soulager cette peine ? Elle la regarda quelques secondes, avant de laisser tomber cette idée saugrenue. Ce pouvoir pouvait taire tous les maux, mais elle se souvint des effets qu’elle avait eut sur le Marin, et ne souhaitait pas l’imposer sur la Rosée, alors qu’elle s’invitait chez elle.
Voyant Vilenya s’eloigner, elle anticipa ses mots, et sourit avec un peu de nostalgie.

« Mes collègues... Etaient comme moi, trompées. Mais maintenant, je n’ai plus une once de regret, et je les chéris de là où je suis. Les choses sont différentes, je fus appelée très récemment à servir Kesha comme Haute-Prêtresse au conseil des dix. » Elle sourit avec maladresse, entrelaçant ses doigts autour de son verre. « C’est... Tout nouveau. Un peu dure, et très codifié. » Elle hésita, mais poursuivi. « Trop codifié. Je n’ai jamais connu que mon herboristerie et ma foi, et voilà qu’il faut respecter une étiquette stricte, des rendez-vous, célébrer des messes... Mais au moins, je peux faire de belles rencontres.»  Conclut-elle, souriante, en buvant de nouveau quelques gorgées et en regardant son hôte. « Votre vin est très bon. »
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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Jeu 25 Mai - 18:00

Ma question à propos de ses sœurs comme elle les appelle, de ses prêtresses de Cimmeria comme je le sens de mon côté avait touché un point sensible, elle rechignait à en parler. Aucunement gênée par son murmure que je pus percevoir ou sa réaction, je voulais qu'elle continue d'en parler. Pas manqué, elle déversa une partie de son sac. Ce n'était pas vraiment ce à quoi je m'attendais, elle ne semblait pas plus les estimer que ça tout à l'heure et maintenant, elle les défendait. Un peu perplexe, je la laissais néanmoins parler. Encore une fois, nous n'étions pas en plein interrogatoire mais ça devait la faire chier que d'exhumer toutes sortes de souvenirs en lien avec ces prêtresses. Servir cette divinité était apparemment un boulot à vie, pas le genre à virer ses membres ou à poser une lettre de démission pour se barrer. Et toujours cette quasi vénération pour Dranis... Elle avait aussi pris son verre de vin pour y boire quelques gorgées.

Je fis un geste assez désinvolte de la main lorsqu'elle me présenta ses excuses au nom de son organisation, cela pouvait passer pour un geste de dédain mais ce n'était aucunement mon intention. Par mon geste de balayage de la main, je cherchais plutôt à exprimer mon indifférence quant à ce qui s'est passé ce jour là non pas par mépris envers Dranis ou mon collègue mort à cette époque là mais parce que j'étais passé à autre chose. Depuis que je suis dans l'armée, j'ai perdu beaucoup d'amis, ça Othello ne le savait pas mais perdre des personnes que l'on appréciait était monnaie courante dans l'armée. Seulement, perdre un gars dans ces circonstances et avec la conversation suivante avec la cheffe des prêtresses, l'évènement m'avait marqué. Bien évidemment si je revoyais Dranis, je ne lui en mettrai pas une bien que l'envie serait bien présente mais elle verrait que je ne serais pas heureuse de la recevoir. Je faisais déjà ça pour n'importe quel gros bonnet alors un de plus ou de moins...


- Pas la peine de vous excuser Othello, je ne cherche pas à être excusé ou plainte, je suis juste un tantinet aigrie en repensant à ce qui s'est passé, rien à voir avec vous, vous en faites pas.

Elle enchaîna sur ma dernière remarque et un sourire assez carnassier naquit sur mes lèvres lorsqu'elle m'expliqua les fonctions qu'elle occupait. Quelque part on se ressemblait. Suite à des évènements arrivés dans des circonstances que l'on ne pouvait prévoir, on a dû évoluer un peu malgré nous pour arriver dans un nouveau monde. Nous étions en bas de la pyramide et avec nos faits d'armes si je puis penser, nous avions grimpé le rang supérieur. Tout cela était neuf pour nous deux, nous étions également un peu paumés dans ce fatras mais il nous fallait bien nous adapter afin de ne pas se faire bouffer par les autres qui ne supportaient pas de voir quelqu'un de la plèbe arriver à leur niveau. Je me mis même à rougir sans aucune discrétion devant elle lorsqu'elle parla de belles rencontres. Tout en continuant de sourire, un peu gênée en me disant qu'elle devait aussi parler de moi, je me mordis la lèvre inférieure en évitant son regard, je n'écoutais même pas son compliment sur le vin.

- Je vois ce que vous voulez dire Othello, je vous comprends un peu...

Je me remis à la regarder à nouveau, toujours un peu rougissante.

- Je radote mais... je commandais 10 hommes pas plus auparavant, je battais le pavé et je me foutais de la gueule des soldats du régiment Renardier ou même du Dernier Cercle avec mes gars. Eh oui surtout pour nous du régiment Lupin, pour nous, ces mecs là Renardiers et Dernier Cercle, on les voyait tellement peu qu'ils tenaient presque du mythe, à se planquer dans le palais royal et à rester comme des sbires de méchant de conte de fées autour du roi.

Je me mis à rire devant l'air qu'arborait Othello alors que je parlais et j'enchaînais, un peu plus sérieuse.

- Bon après ils existent vraiment les Renardiers ne s'éloignent jamais vraiment du palais et ceux du Dernier Cercle n'en sortent quasiment pas. Faut les voir avec leurs armures rutilantes à côté de nous autres avec nos armures crasseuses. La mienne, je l'ai redessinée moi même. Bref tout ça pour dire que j'ai moi aussi dû changer de monde. Maintenant j'ai des dizaines de gars sous mes ordres, je prends mes ordres directement de l'état-major royal voire du roi en personne et on doit intervenir pour sauver un max de vie. Là d'un coup la pression aussi a augmenté. Par contre contrairement à vous je n'ai pas de dîners ou de messes à faire. Et puis...

Je me penchais vers elle, un peu plus proche et un tantinet enjôleuse en la regardant dans ses yeux clairs.

- ... Cela ne m'empêche pas non plus de faire des rencontres.

Toujours avec ce sourire taquin envers la yorka, je m'éloignais du bar et j'allais cherchais les filets de saumon dans mon garde manger pour les mettre à cuire. En effet, je voyais que mes braises étaient prêtes et je revins quelques minutes plus tard en mettant les saumons sur la grille, au dessus des braises pour les cuire. Puis je me servais un verre de bière avant de revenir à Othello.
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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Dim 4 Juin - 17:42

Une odeur de braise, de charbon crépitant lui parvint rapidement, écartant sur son passage les vapeurs d’iode et d’algue qui s’était installées dans ses narines et ne semblaient plus la quitter. Quelque chose lui dit que les saumons seraient cuits au feu, grillé, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Elle s’était habituée à ne manger que ses petits plats à elle, autrement dit des morceaux de pain, des légumes bouillis à l’eau et, les jours de grand luxe, de la viande ou du poisson.  Othello n’avait jamais réellement fait attention à son alimentation, préférant apprendre ou travailler plutôt que de s’assoir devant une table pour avaler de la nourriture. Autant dire que quand elle était invitée à manger au palais, elle n’en pouvait rapidement plus. Et rien que de voir les plats s’étaler devant eux comme une procession alimentaire lui faisait tourner la tête, et son estomac se serrait encore plus.
Heureusement, Vilenya n’avait pas le profil de quelqu’un qui est avide de gourmandises, longue, fine et musclée comme elle l’était. Mais elle pouvait toujours se tromper.

Encore une fois, elle porta le verre à ses lèvres. Le liquide mordant brûla le fond de sa gorge pour y déposer le goût âpre du vin rouge. En rouvrant les yeux, elle remarqua que son hôte avait détourné le regard. Peut-être avait-elle dit quelque chose de déplacé ? Othello ne sût que faire, si elle l’avait offusqué, s’était montré trop oppressante avec sa remarque alors qu’elle s’était elle-même invité chez elle. Un peu perdue, elle ferma ses lèvres et se promit de ne plus la mettre mal à l’aise.
Mais, à sa surprise, elle n’eut pas l’air trop énervée, au contraire. Elle lui répondit avec bienveillance, mais... Le régiment renardier ? Du dernier cercle ? Pour la jeune femme qui n’avait jamais suivi que de loin les principes martiaux de son propre pays, entendre Vilenya parler de son métier plus en détail était comme entendre une langue étrangère. Elle devait avoir l’air sotte, avec ses oreilles ondines repliées sur l’arrière comme celles d’un chiot, ses yeux grands et ouverts, mais perdus et vides, et ses lèvres entrouvertes dans une semi tentative de comprendre quelque chose. Mais tous ces mots ne lui évoquaient décidément rien. Seulement les vains contours d’un corps armé, mais dont elle ne pouvait pas saisir l’utilité ou le rang.

Vilenya dû remarquer son trouble, puisqu’elle se mit à rire joyeusement devant sa moue, ce qui déstabilisa un peu plus la sirène. Elle ne savait vraiment plus sur quel pied dansé, alors que la Rosée affichait un peu plus tôt un visage gêné. Mais si le malaise était passé, elle ne put que s’en réjouir, et poursuivit de l’écouter calmement.
Se redressant légèrement, le mouvement de son dos fit basculer son visage, emportant dans la foulée ses cheveux sélénites. Ceux-ci vinrent s’écraser dans son dos, le couvrant complètement. En retour, elle passa une de ses mains, couverte de son gant, pour les attraper en revers et les ramener à l’avant de son corps, les regroupant devant une de ses épaules en une coulée sauvage et indomptée, donnant l’impression de couper son buste en deux.

Plus elle parlait, plus la soldat s’avérait pleine de surprise. Son parcours avait l’air plus proche du sien qu’elle aurait pu s’en douter : les deux femmes se ressemblaient peut-être plus qu’on ne l’aurait imaginé de prime abord. On l’avait elle aussi élevé au-dessus de ses semblables, mise au rang de leader. Ceux avec qui elle devait se battre jadis devaient aujourd’hui respecter sa parole, écouter ses ordres et agir selon ses décisions.
Au fond, quelles différences il y avait-il entre être une cheffe de guerre, et la tête d’une Eglise ? Othello avait beau se poser la question, elle n’en voyait que peu. Elles avaient toutes deux la responsabilité des vies de leurs subordonnées sur leurs épaules, et avaient toutes deux à guider leur pas pour les mener aux saluts. Même si le salut en question divergeait radicalement pour l’une et pour l’autre... Et au fond, la sirène admirait bien plus le travail de la soldat : elle n’avait pas de messes à célébrer, mais elle protégeait des vies, et celles de ces camarades sur le champs de bataille. Si elle pouvait vouer ses talents à soigner ces soldats dans les hôpitaux, elle le ferait avec un grand bonheur. Quand Vilenya s’approcha d’elle, elle lui sourit en retour, heureuse de ne finalement pas être un fardeau pour la jeune femme qui découvrait à peine son logis. Finalement, elle se leva, sûrement pour aller chercher le fameux poisson.

« Merci pour tout le mal que vous vous donnez. » Murmura Othello quand la Rosée revint vers elle, remplissant avec ses gestes habiles la pièce avec une savoureuse odeur, entre la fumée et la mer. « Je sais que vous découvrez à peine votre demeure, j’imagine que vous ne vous attendiez pas à avoir de la visite si tôt. » Elle repensait à chez elle, où elle ne recevait que peu. Les gens venaient plutôt la trouver à l’hôpital, ou au temple quand elle s’y trouvait. Sa maison était ce hameau secret qu’une poignée de proches connaissaient. Elle se demanda alors Si Vilenya pensait la même chose, si pour elle cette maison deviendrait un jardin secret, le tombeau de son calme et son havre de sécurité. Alors, elle se pinça la lèvre, revoyant le colosse plané sur la ville. Plus personne n’était en sécurité, à présent. Elle serra ses mains : ses doigts recouverts de sois ressentirent la fine douceur des gants, la chaleur du tissu. Cela la démangeait de ne pouvoir se rendre utile.

Ses narines s’ouvrirent avec délice, soudainement, quand l’odeur aguicheuse vint lui chatouiller le nez. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pu manger du poisson grillé, surtout avec quelqu’un qu’elle appréciait. Insouciante, elle se dit qu’elle pourrait peut-être lui retourner l’appareil un jour, en lui proposant de venir manger quelque chose chez elle. Mais pour cela, il faudrait déjà qu’elle ait une maison plus présentable.


« - Je vous avoue que je ne comprends pas grand-chose à l’armée et à son fonctionnement. Tout ce dont vous m’avez parlé avant m’échappe un peu. Peut-être pourriez-vous m’en parler un peu plus ? Je serais heureuse de pouvoir enfin combler mes lacunes à ce sujet. » Quitte à habiter un nouvel état, autant s’imprégner de tout son fonctionnement. Et quelque chose lui disait qu’elle serait amenée à côtoyer ce cercle plus qu’elle ne l’aurait imaginée au départ, avec les temps qui courait. Vilenya était certainement la mieux placée pour pouvoir lui enseigner tout cela, et à présent, elle était sa seule connaissance. Alors Othello se résigna à admettre ses lacunes, baissant sa garde pour pouvoir en apprendre d’avantage.
C’était ridicule, chez elle, mais souvent elle s’entêtait à vouloir faire croire qu’elle savait les choses. Ou plutôt, elle n’osait pas poser les questions quand les choses lui échappaient. Ce fut d’abord le cas dans sa croyance, puis dans son métier. A défaut de demander à plus sages qu’elle, elle fit son enseignement toute seule. Mais, vorace de connaissance qu’elle était, elle était heureuse de pouvoir, cette fois-ci, apprendre d’une vraie experte.
Ce ne fut qu’alors qu’elle remarqua que Vi s’était servie un verre de bière, plutôt que de vin. Peut-être était sa boisson de prédilection : Othello n’en avait jamais bu. Et à cette pensée, elle but une nouvelle fois son verre qui se fit bientôt vide. Déjà sur son esprit, un voile d’éthyle commençait à reposer, embrumant son regard et sa conscience d’absentes vapeurs.
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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Mer 28 Juin - 23:52

La cuisson des filets de saumon s'avéra plus lente que je ne le pensais mais ce n'était pas grave, je n'étais vraiment pas pressée de voir ma nourriture cuite et terminée, prête à être mangée. Néanmoins, je remarquais une chose, c'était que mon regard légèrement enjôleur n'avait provoquée aucune réaction de la part d'Othello. Je me demandais si elle se foutait de moi ou si elle n'était juste pas habituée à recevoir une telle marque d'affection. En l'entendant parler et à observer l'air qu'elle prenait, je penchais plutôt pour la seconde option. Je ne sentais pas de dédain voire de mépris venant d'elle, plutôt une sorte d'indifférence innocente, elle n'était pas trop au fait de ces choses là ne serait ce que par sa profession, je me disais même que les prêtresses devaient être des grosses frigides voire des asexuées mais je n'allais pas poser une question aussi dérangeante à une toute nouvelle potentielle amie comme Othello Lehoia. Encore une fois je fis un geste de la main comme si je chassais une mouche mais pour exprimer mon désintéressement.

- Comme je vous ai dis, vous emmerdez pas avec des ronds-de-jambes. Vous auriez été un gros con de noble qui fanfaronne en se pointant au palais royal que je vous aurais envoyé chier sans ménagement. Mais une ravissante haute-prêtresse de Cimmeria ? Pas de problème, vous êtes ici chez moi et on va partager un saumon.

J'étais revenue au bar en face d'Othello et je souriais à sa question, à moitié gênée, à moitié amusée. Je parlais donc un peu dans le vide et elle n'avait rien dit à la base. Peut être par excès de politesse... D'un autre côté, je ne devais pas le prendre mal, personne ne m'avait auparavant demandé d'en dire autant sur mon travail et mes collègues, une haute-prêtresse à fortiori de Cimmeria, ne devait rien savoir quand à l'armée d'Eridania. J'allais donc bien entendu lui expliquer ce qu'il en retournait mais avant je pris une gorgée de bière. Une sensation de bien-être m'envahit alors que je ressentais la fraîcheur de la boisson alcoolisée se répandre dans tout mon corps, je réalisais alors que cela faisait un moment que je n'avais pas bu de bière. Fallait dire qu'avec mon nouveau statut d'officier, je n'avais plus autant de temps qu'auparavant pour aller faire la bringue avec les collègues.

- L'armée d'Eridania donc...

Par réflexe, je me redressais légèrement alors que j'étais accoudée au comptoir et je croisais les bras sur ma poitrine, juste sous la ligne de mes seins, autant pour se lancer dans une explication que pour capter son attention voire lui faire un léger rentre-dedans. C'était aussi une habitude que j'avais de l'armée, les hommes étaient bien plus attentifs ainsi même si je les engueulais un coup voire je cassais un nez pour leur faire comprendre qu'il faut écouter et regarder le plan au lieu de ma poitrine. Dans le cas d'Othello, j'étais curieuse de voir sa réaction en me voyant rehausser légèrement ma poitrine. Oui je ne me privais d'être légèrement sans gêne surtout devant une jolie haute-prêtresse comme elle. J'avais vraiment un don avec les Yorkas en fait. Ashabell, Ahri... Bref j'avais une séance d'explications à faire.

- Il y a 3 corps d'armée dans l'armée d'Eridania, c'est 3 branches différentes de l'armée si vous voulez. Il y a le corps d'armée lupin, c'est le plus nombreux et avec toutes les armes de l'armée comme l'infanterie, la cavalerie, l'artillerie de siège... c'est là où tout les soldats vont lorsqu'ils commencent et j'en ai fais partie, ils ont un loup sur leur armure. C'est le gros de l'armée en fait. Puis, il y a le corps d'armée renardier ou régiment des Renardiers, ce sont des soldats disons plus huppés, ils sont censés être meilleurs que les Lupins et ils protègent le palais royal et ses environs, travaillant parfois avec les Lupins. Comme leur nom l'indique, ils arborent un renard sur leur armure. Enfin il y a le corps d'armée du Dernier Cercle, cette unité est censée regroupée tout les meilleurs soldats d'Eridania et leur mission est de protéger le roi, sa famille et ses possessions, pour ainsi dire ils ne sortent jamais du palais royal. Il y a un quatrième corps d'armée, plus récent, créé après l'affrontement contre le colosse, c'est celui que je commande.

Je bus une nouvelle gorgée de bière avec de m'essuyer les lèvres du revers de la main par réflexe, sans toutefois laisser de bière sur ma main.

- Il y a comme une sorte de rivalité entre les différents corps d'armée mais je ne vous l'expliquerai pas à moins que vous ne me le demandiez, ce n'est pas très important à vrai dire. Par contre, je vous ressers en vin ou vous voulez autre chose ?
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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Mar 4 Juil - 13:07

Bien que faisant partie d’un corps résolument hiérarchique, Vilenya avait l’air d’avoir un peu de mal avec le pouvoir en place... C’était amusant, et Othello ne pouvait s’empêcher de trouver cela contradictoire. Elle n’était absolument pas une mauvaise personne, bien au contraire. Mais l’imaginer en conseil entourée de nobles, alors qu’elle avait l’air de ne pas les apprécier, relevait presque de l’antithèse. Pendant un instant, elle se demanda d’où lui venait cette haine pour les bourgeois, qui semblaient viscéralement agacer la soldat. Mais tout parut plus clair quand elle songea à son caractère. C’était une flamme, une torchère, même. Sa franchise et son bon-vivant devait faire mauvais ménage avec ceux de la cours dont le caractère frisait l’arrogance et les manières supputaient par tous les pores. Elle pensa au chambellan, Jason, qui la suivait partout dés qu’elle mettait les pieds au palais, et qui était de ces gens-là. Elle ne pouvait s’empêcher d’être amusée, mais la Rose ne devait pas réagir de la même façon, sans doute.

Les vapeurs de griller commençait à se rependre avec délice. Pour la première fois depuis longtemps, Othello sentit ses entrailles grouiller, son ventre se tordre. Elle avait faim... Doucement, elle leva les yeux vers Vi, presque coupable que son estomac fasse des siennes sous l’odeur alléchante. Mais finit par laisser glisser son regard vers ses mains, espérant qu’elle fasse ainsi passer le bruit qui flottait autour d’elle.

Brusquement, Vilenya changea de posture, sûrement ouverte à lui apporter quelques opérations. En cela, la sirène était reconnaissante, consciente qu’elle devait être agaçante avec toutes ses questions. Attentive, elle releva les yeux vers elle, des yeux simples et ouverts, à moitié concentrés, à moitié égarés. Dans un instant de conscience, elle s’aperçut soudain qu’elle avait gonflé sa poitrine, en soulignant la courbe de ses seins par ses bras croisés. Perdue, et dans un brusque élan, elle détourna le regard vers le plafond, imprégnée d’une sensation étrange qu’elle n’aurait pas dû voir ce qu’elle venait de voir, et qu’elle venait en cela de faire une terrible bêtise. Etait-ce le vin qui la rendait si légère ? En espérant que son hôte n’avait pas remarqué, elle pria pour ne lui avait pas fait offense et qu’elle ne lui en voudrait pas. Après tout, c’était peut-être déplacé pour elle que son invitée ait des yeux baladeurs alors qu’elle ne se connaissait à peine. Ses joues devinrent légèrement pourpres. Elle ne connaissait du corps des femmes que le sien et ceux mutilés des patientes qu’elle suivait, et la pudeur l’appelait à la plus grande distance. Pourvu que Vilenya ne lui en veuille pas...

Faisant de son mieux pour faire comme si de rien n’était, Othello finit par retrouver un semblant de calme et se retourna vers son hôte, restant braquée sur ses yeux.
Ce qu’elle expliqua était très intéressant, et instructif. Cela n’avait rien à voir avec la constitution martiale de Cimméria, certainement dû au fait que ce n’était pas la même forme de pouvoir en place. Chez eux, c’était un maire au pouvoir, qui régnait par procuration sur le pays, et par opposition aux prêtresses qui jouaient également un rôle presque solaire sur l’échiquier politique. Le bras armé cimmérien s’opposait au corps des gardes qui gardaient le temple, qui lui-même comptait plusieurs branches. Lors de son apprentissage et de ses années de chevet, elle avait noué des liens avec deux d’entre eux, qui servaient avec humilité et honneur les dévotes. On ne saurait dire lequel des deux camps était le plus fort, Othello aimait à croire que c’était les gardes. Néanmoins, les critères de recrutement et d’entraînement différaient pour les deux camps, aussi était-ce un sujet sensible, c’était comme marcher sur des œufs.

Avec ces quelques explications, elle y voyait bien plus clair. Le nom de chaque corps était assez bien trouvé, et assez poétique, se dit-elle. Etant elle-même d’affiliation animale, elle ne pu s’empêcher de penser que c’était un petit pas en avant pour son espèce, même si ce n’était sûrement pas pensé. Mais elle se garda bien de faire le rapprochement à haute-voix, après tout, c’était certainement bien absurde.

« Cela fait beaucoup de responsabilité, d’être à la tête de l’un de ces corps armés. » Dit-elle doucement une fois qu’elle eut finit. « C’est peut-être un peu indiscret mais... Avec tous ces animaux majestueux, comment allez-vous appeler votre régiment ? Il faudrait une bête plus majestueuse encore. » Un sourire énigmatique flottait sur ses lèvres, on n’aurait pu dire s’il était amusé ou respectueux. « Je ne doute pas qu’il y ait des tensions entre chacune de ces branches. Mais espère que cela reste gaillard, plus que venimeux. »

En effet, il s’agissait là de soldats, de combattants. Ca aurait été étrange, même, qu’il n’y ait aucune rivalité entre eux. Après tout, tant de testostérones et d’adrénaline devait forcément créer des étincelles. Aucun doute qu’ils veuillent chacun prouver qu’ils étaient les meilleurs, proches ou non du roi. Vilenya ne devait peut-être pas faire exception, bien qu’Othello devine qu’il devait il y avoir en elle quelque chose de différent par rapport à ses pairs. Pour l’instant, elle ne saurait dire quoi. Mais les soldats lui en avait vanté tant de fois les mérites qu’elle se disait qu’il y avait sûrement quelque chose de grand en elle.
Prise de court par la prochaine question, Othello resta penaude, les yeux hésitants tournés vers le plafond comme si ils allaient y trouver la substantifique réponse. Il ne s’agissait que d’un verre, et pourtant. L’idée de goûter à la bière ne frôla pas son esprit : ce n’était pas un liquide qu’elle désirait essayer. Quelque chose dans les bulles, la mousse qui lui rappelait faussement l’épaisse écume, et qui n’en était que plus trompeuse... Non, ce n’était pas pour elle. Peut-être allait-elle reprendre du vin. Pendant quelques secondes, c’était une bataille de nerf entre la raison et la déraison. Boire plus la rapprochait un peu plus d’une douce ivresse qu’elle n’avait jamais goûtée. Mais d’un autre côté, elle ne souhaitait pas se priver, ce jour-là. La conversation était agréable et présente, amusante même, et cela ne lui donnait pas envie de se brider et de rester une pure avatar de candeur, là pour incarner la foi de l’homme pour la plus Femme des femmes.

« Je reprendrais volontiers un verre de vin, s’il vous plait. » Finit-elle par avouer à demi-mot, comme si, en prenant se chemin, elle s’exposait au jugement. Mais quelque chose lui dit que Vilenya ne la condamnerait pas pour ça.
« Avez-vous déjà constituer votre nouvelle équipe ? » Demanda-t-elle, soucieuse de poursuivre la conversation. « J’imagine qu’elle sera moins nombreuse que les autres corps de l’armée, mais qu’il y aura de bien meilleurs éléments pour parer à des attaques de cette envergure. »
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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Mar 11 Juil - 22:57

J'étais assez secrètement satisfaite en voyant que rehausser légèrement ma poitrine devant elle avait enfin provoqué une réaction, peut être pas forcément celle que j'espérais mais au moins elle n'était pas restée de marbre. Sa réaction fut même d'ailleurs assez amusante, elle ne devait tellement pas être habituée ou être au fait de ce genre de choses ne serait ce que par sa fonction et son métier, cette petite était bien trop polissonne pour n'être que le dixième que ce que j'étais en terme de... disons libertinage. Elle réagit comme une adolescente qui venait de découvrir qu'elle plaisait aux garçons en rougissant et en détournant le regard vers le plafond. Si je n'avais pas habilement dissimulé mon sourire derrière ma main dans une gestuelle pour exprimer le fait que je réfléchissais, elle aurait vu sans peine que cela me réjouissait. Elle avait l'air jeune mais je l'étais aussi, bien que nous étions toutes deux maintenant des femmes adultes. C'en était toutefois mignon de la voir ainsi comme si elle avait seize ans et je faillis laisser échapper un rire, non pas moqueur mais qui ressemblait plutôt à un gloussement.

Après mon petit cours sur l'armée d'Eridania, celle qui combattait mais qui protégeait aussi les rues, je lui demandais donc si elle souhaitait que je la resserve en vin. Je la vis donc qui hésitait pendant quelques secondes, restant certainement une once de sérieux en elle alors que j'aurais vraiment bien aimé qu'elle se lâche, surtout chez moi. Faire la coincée, ça allait bien au début, si elle continuait à l'être, j'allais déjà moins commencer à l'apprécier. Qu'elle soit là avec ses manières polies et tout, je dis pas non quand on fait connaissance mais elle était ici chez moi et je voulais voir quelqu'un d'un peu différent que celle à qui j'ai ouvert ma porte, qu'elle me montre une autre facette d'elle même. Souriante devant son acceptation, je pris le pichet en dessous et entrepris de la resservir généreusement en vin avant de le reposer à côté et prendre une autre gorgée de bière rafraichissante, le goût âpre du breuvage me faisant claquer la langue de satisfaction.


- Aucune putain d'idée. Le régiment s'appelle pour le moment Unité d'Intervention Eridanienne et je garderais bien le nom officiel rien que pour faire chier les gradés de l'armée avec leurs animaux à la con. À la limite peut être que je consentirais à ce que l'on soit la Division Colosse... J'ai déjà mes gars, des types qui ont suivis un entraînement bien spécifique sous ma supervision en plus de celui de l'armée, autant vous dire qu'on est pas des fillettes. Après d'un autre côté... je vais vous dire Othello, voilà je suis commandant d'unité, j'ai une putain de baraque, de la bouffe comme j'en ai jamais eu de toute ma chienne de vie. Mais je ne me berce pas d'illusions avec ces enfoirés de nobliaux. À la moindre connerie de ma part, c'est moi qui en pâtirais et ils seraient capables de tout me retirer pour y foutre quelqu'un d'autre. Aujourd'hui j'ai tout ça mais peut être pas demain. Je n'ai pas envie de retomber dans la clandestinité et le crime parce qu'on m'a tout enlevé et dégradé, voire pire, renvoyé de l'armée. Je me suis mariée avec l'armée, l'armée c'est toute ma vie. C'est peut être pour ça aussi que je n'ai jamais envisagé de relation stable et durable avec un homme ou une femme...

La douce odeur des filets de saumon se répandit et bien qu'il y avait une aération près de l'âtre, j'ouvris les fenêtres de la cuisine pour aérer un peu et je partis vérifier la nourriture en levant mon index à Othello pour lui dire de patienter et que je lui répondrai sous peu. Le saumon était un peu trop grillé et avec une petite précipitation que je m'activais. Je pris une écuelle de bois que j'attrapai au débouté dans la cuisine et je la posai bruyamment à côté de l'âtre où cuisaient les saumons. Pour tout ustensile, j'avais une cuillère de bois et je dus lutter pendant un petit moment pour empêcher les filets de saumon cuire davantage. L'ennui c'est que les filets s'effilochaient un peu et tombaient en morceaux dans l'écuelle. Cela commençai à m'irriter doucement. Les filets étaient un poil trop cuits et en morceaux, j'étais vraiment une buse en cuisine. Qu'est ce qu'elle dirait de moi putain... Elle devait être beaucoup plus douée en cuisine que moi, peut être aurai-je dû la laisser faire ? Non ça aurai été pourri de ma part et pas correct... J'en avais rien à foutre de la bienséance et toutes ces conneries mais je me serais sentie mal si j'avais demandée à Othello de surveiller les saumons à ma place.

C'est donc passablement énervée que je remis une bûche de plus car j'avais encore besoin du feu. Je jetai presque le morceau de bois dans l'âtre qui atterrit avec un léger fracas dans le tas de bois carbonisé où je cuisinais et le feu se raviva. Prenant l'écuelle contenant les saumons d'une main en la posant sur un plan de travail de la cuisine, je la couvris ensuite et j'allai chercher une petite marmite avec de l'eau dans le garde manger. Je remplis la marmite et je la posai ensuite dans l'âtre, fixée à un bâton tenant de chaque côté de la cheminée. La marmite d'eau tenait alors en suspension au dessus du feu et j'attendis que l'eau ne se mette à bouillir. Dans un autre pot que je trouvai dans le garde-manger, je le remplis de beaucoup de petits grains que l'on appelait riz, je n'en avais jamais mangé mais je me disais que ça serait indiqué pour accompagner le saumon, en espérant que je ne le laisse pas cramer celui-là. Je posai le pot un peu rudement sur le plan de travail de la cuisine, quelques grains volèrent légèrement pour atterrir sur le plan de travail. Puis je me retournai vers Othello.

Voir ses grands yeux innocents et la blancheur de son être ainsi que ses vêtements avait quelque chose d'apaisant et mon irritation et mon agacement baissèrent pour faire place à une légère culpabilité. Je réalisai que je venais peut être de lui faire peur et je ne voulais surtout pas qu'elle se le dise, au contraire, je voulais qu'elle soit bien avec moi, je me sentais bien en sa présence, je m'en serais voulue qu'elle ne veuille pas de moi. L'expression moins dure et adoucie, je revins au bar et alors qu'elle avait les mains posées dessus, je lui pris les siennes dans les miennes comme pour la réconforter et la rassurer. Inconsciemment, mon index se mit à caresser les doigts délicats de la haute-prêtresse.


- Désolée Othello, je ne voulais pas te faire peur, ça m'a juste énervé de voir que j'ai foiré mon coup alors que je voulais faire bien pour nous...

Je venais de réaliser trop tard que je m'étais mise à tutoyer inconsciemment mon interlocutrice et en baissant le regard, je retirai mes mains des siennes, me disant peut être que ce contact la gênait. Je me mordis alors la lèvre en la regardant, espérant que cela ne ne la fasse pas fuir ou ne l'énerve quoique je me demandai vraiment comme une telle personne pouvait exploser de colère...
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MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Sam 15 Juil - 0:52

C’est en savourant quelques gorgées de son vin fraîchement servi qu’Othello écouta la sergente reprendre leur dialogue tranquillement. En considérant son verre du coin du regard, elle constata qu’elle avait eu la main un peu lourde, qu’elle prendrait son temps pour venir à bout de tout ce liquide pour ne pas finir outrageusement joyeuse. Ainsi, elle préfèrerait ne pas changer de nom. Vilenya était vraiment une femme de caractère, et la sirène la devinait bien plus provocante qu’elle ne l’imaginait en entrant chez elle. Ce ne devait pas être le genre de personne à qui on peut tenir tête facilement, ni contre laquelle on peut se battre. Mais quelque part, c’était bien plus rassurant de savoir que c’était elle, plus que quiconque, qui aurait la garde de la ville face aux monstruosités qui pouvaient l’attaquer. A mieux la connaître, Othello savait qu’elle pouvait pleinement lui faire confiance dans ce domaine : elle ne laisserait jamais tomber la cité.
Brusquement, la tonalité de son discours sembla changer, plus profond, plus honnête. Plus franc. A cela, la prêtresse changea elle aussi d’expression, se fit plus attentive, chassant du mieux qu’elle put les vapeurs d’éthyle qui empourpraient sa vue petit à petit. Son plaidoyer était virulent, mais n’était pas vide d’une cruelle vérité : bien que l’on puisse la prendre pour une femme puissante et riche, elle était entièrement à la solde de l’armée... Si ils décidaient que s’en était finit pour elle, ils pouvaient très bien tout lui reprendre. En pensant à cela, Othello sentit son ventre se serrer. Ce serait particulièrement cruel.

Tout au long de ses propos, elle resta attentive, consciente que Vilenya se faisait plus intime qu’avant, et bien qu’elle ne soit pas une très bonne conseillère, et serait une bonne oreille. La sergente semblait particulièrement lucide par rapport à sa situation avec l’armée, avec « son épouse », comme elle l’avait dit. C’était faire preuve de courage, et la sirène comprit aussi pourquoi elle n’avait pas osé se faire une vie à elle, avec homme et enfant, ou avec une autre femme. En cela, Othello en fut ni choquée, ni surprise. Les fidèles de Kesha véhiculaient pour beaucoup un message d’amour universel, de féminité. Et bien qu’elle ne fut pas au fait de l’amour elle-même, elle savait qu’il pouvait prendre pour tout un chacun un visage différent, qu’il soit homme ou femme, pourvu que les deux partis soient heureux. Elle encouragea donc la jeune femme du regard, et ne lui montra ni surprise, ni animosité, simplement une bienveillance paisible, tentant de la rassurer.


« J’imagine qu’il doit être difficile d’avoir son foyer et sa famille quand on travaille pour l’armée. » Murmura-t-elle mot à mot, consciente qu’elle s’avançait sur un terrain boueux dont elle ne maîtrisait aucune arcane. Pendant quelques secondes, elle hésita à continuer, puis poursuivi tout de même, quitte à se tromper. Vilenya saura sûrement le lui dire. « Peut-être que le moment viendra un jour où vous pourrez fonder le vôtre avec un être cher. Maintenant que vous avez atteint votre poste, ce sera sûrement plus facile à envisager. »

Immédiatement après avoir parlé, elle se sentit penaude, et avala d’une traite plusieurs gorgées de vin. Intimement, elle espéra que la sergent ne lui en voudrait pas de s’être avancé ainsi, et ne prendra pas ses paroles pour du culot. C’était plutôt osé de sa part de s’immiscer dans la vie privée de son hôte, et cela pouvait passer pour du jugement gratuit, alors que c’était tout le contraire. A partager du temps avec elle, Othello avait la sensation de découvrir Vilenya comme peu le pouvait, et de connaître une personne meilleure que l’on le lui avait dit avant de venir. Et en cela, elle lui souhaitait sincèrement le meilleure.

Celle-ci leva alors l’index en l’air, lui faisant comprendre que l’heure était au poisson, ce que la sirène comprit et accepta sans broncher. La voyant se lever, elle patienta docilement, la regardant du bout des yeux se déplacer dans la pièce, grande et longue, et se sentit un peu petite à côté d’elle. Quand les fenêtres s’ouvrirent, l’air frais du dehors vint chatouiller la naissance de sa nuque comme des plumes évanescentes, quand des bras plus allègres firent virevolter ses cheveux bouclés un peu partout autour d’elle, tel un nuage épais et cotonneux qui entoura toute sa petite silhouette. De la même façon, elle vit l’air s’affairer dans les mèches rosés de Vilenya, et remarqua alors la franche coupure de sa chevelure pourpre sur la blancheur de son mur, la rendant, où qu’elle aille, remarquable.
L’atmosphère amicale qui les entourait sembla pourtant se gâter quand elle rentra en cuisine. Des bruits lourds et sourds commencèrent à fuser, des chocs, alors qu’Othello distinguait par moment des bribes de gestes, de court moment de clarté depuis sa place d’où elle n’avait pas bougé. Bien qu’elle ne comprit pas tout, elle devina juste que Vilenya était énervée, que quelque chose dont elle ne devina pas l’origine l’avait échauffé et qu’elle était vraisemblablement en train de se démener avec le saumon du mieux qu’elle le pouvait. Plusieurs fois, elle décolla son fessier de la chaise pour aller l’aider, posant ses mains sur le bar en appuis, mais elle se rassit à chaque fois. Elle ne voulait pas la déranger, et quelque chose lui disait que si elle arrivait à ce moment-là, elle ne ferait que l’énerver. Elle la vit alors poser un pot plein sur le plan de travail, d’où il s’échappa des grains de riz à la volé, et elle fut surprise du choc.

C’est au bout de plusieurs minutes qu’Othello, levant de grand yeux vers la porte, vit arriver la sergent, le visage rude, et énervé. Comme si c’était de sa faute, elle releva un peu ses jambes, s’apprêta à se lever, à être sommée de partir. Mais ce fut tout l’inverse : à sa vue, Vilenya sembla s’assagir, s’apaiser, et se présenta à elle avec une douceur et une bienveillance surprenante qui prirent la demoiselle de court. Elle sentit ses mains enveloppées de chaleur à travers les gants de soie, le mouvement gentil de son doigt sur les siens. Cela faisait quelques semaines qu’elle n’avait senti un contact aussi doux, et pourtant, la sensation était nouvelle, étrange, source de surprise et d’appréhension. Pendant un temps, elle absorba les frissons et les mouvements, les gestes, prenant conscience de tout cela sur sa peau sans trop comprendre. Elle avait des doigts si fins pour un soldat...


« Ne vous inquiétez pas... Tu... » L’alcool était remonté brusquement vers son esprit, imbibant des mots et ses pensées d’une étrange confusion, laissant la sirène un peu perdue, et un peu plus absorbée par les yeux clairs face à elle. Elle ne savait pas vraiment sur quel pied dansé, et opta pour ce que sa langue lui présenterait le premier. « Je suis sûre que ce sera très bon... Et puis, vous savez... Tu... sais, ce n’était pas prévu, je me suis invitée. » La saveur du tutoiement était nouvelle, elle n’avait pas souvenir qu’elle ais un jour tutoyer quelqu’un dans sa vie. Et bien qu’elle apprécie la soldat, elle ne savait pas si elle y arriverait longtemps, ni même si elle le faisait bien. « Ce sera délicieux. » Répéta-t-elle, bienveillante, espérant apaiser les troubles visibles de la pourpre, qui semblait au dépourvu. « Je ne vous en veux pas... Tu... ? »

Après tout, ça arrivait à tout le monde de s’énerver un peu, et Othello ne pouvait pas lui en vouloir pour cela, puisqu’après tout, elle s’invitait chez elle et bénéficier de son hospitalité. Baissant doucement le visage sur le côté, elle sentit le poids de sa crinière l’attirer, et sourit gentiment, espérant pouvoir apaiser Vilenya face à elle. L’alcool commençait à envahir ses oreilles, à voiler son regard, à la rendre étrangement légère, enveloppée par un chaud cocon d’éthyle. Bien sûr, elle restait prête à aider, mais savait déjà que la soldat ne ferait sûrement pas appel à elle. Espérant pouvoir chasser les nuages gris, elle ajouta finalement :
« Est-ce bien du riz que j’ai vu ? »
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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Jeu 3 Aoû - 1:44

Je ne répondis pas immédiatement à Othello à sa question et j'eus un regard pour mes propres mains. Pour une militaire habituée à porter des GROS gantelets, j'avais des doigts encore fins et féminins, pas courts ou épais comme des boudins, chose qui était très habituelle parmi les membres de l'armée. Peut-être une des dernières choses qui était encore féminine sur moi à part mes attributs exclusivement féminins sur ma poitrine et entre mes jambes... Je contemplai alors mes mains qui étaient zébrées de quelques coupures et cicatrices voire portait encore les marques des bandages que je portais sous mes gantelets afin de protéger mes mains. L'avait-elle senti sous la soie des gants qu'elle portait ? Avait-elle sentie le léger tremblement de mes mains alors que ma peau touchait ses gants ? Cette réflexion me fit me mordre la lèvre inférieure alors que je remontai le regard vers elle. Visiblement le tutoiement ne l'avait pas rendue furieuse mais l'avait plus gênée qu'autre chose. C'était pour moi le signe que le tutoiement était désormais de mise entre elle et moi.

- Je... d'accord. Merci Othello. Ne t'en fais pas, tu t'es invitée mais je ne regrette pas ta compagnie, je me suis juste... énervée pour rien. Je ne voulais pas t'effrayer, j'avais à cœur de réussir ce saumon... Et oui c'est bien du riz que t'as vu. J'en avais un peu dans mon garde-bouffe et j'ai voulu nous en faire profiter...

Je fis alors ce que je sus faire de mieux dans ce genre de situation gênante au lieu d'y faire face, je pris la fuite. Je repris alors mon pot de riz pour le poser à côté de l'âtre où ma marmite d'eau se trouvait et où l'eau se mit à bouillir doucement. Je posais mon pot sur le plan de travail à côté avant de poser mes mains de part et d'autre du pot et en me penchant dessus. Je pouvais peut-être donner l'impression que je vérifiai ce qu'il y avait dans le pot mais en réalité, je fermai les yeux pour essayer de faire redescendre ma colère stupide envers moi-même parce que j'étais beaucoup trop exigeante envers ma propre personne et pas foutue de devoir baisser un peu mon niveau. Mon corps se contracta sous ma réflexion, dans mon dos, si Othello me fixait, elle pouvait voir à travers mon débardeur noir que mon tatouage de rouages sur le cou et l'épaule jusqu'à mon omoplate se creusa doucement par le mouvement de mes muscles. Puis je me détendis alors qu'en tournant légèrement la tête, j'entendis l'eau dans la marmite bouillir. Je pris alors le pot de riz et je versai la céréale dans l'eau bouillante jusqu'au dernier grain avant de refermer la marmite avec un couvercle. Les braises en dessous rougeoyaient doucement en envoyant leur chaleur à travers la marmite mais sans trop la chauffer, permettant alors au riz de cuire doucement, le bouillonnement s'étant calmé.

Je fis alors volte face et voyant ce visage lumineux si angélique et qui paraissait à ce point fragile, je me sentis alors fondre et je voulus la prendre dans mes bras pour la serrer contre moi mais je venais à peine de la rencontrer et je me disais qu'il aurait été très mal venu de le faire. D'un autre côté, j'avais un don pour m’amouracher très vite d'une personne qu'elle soit un homme ou une femme quoique depuis quelques temps, cela était surtout le cas pour les femmes. Que faire maintenant alors qu'elle me regardait, sûrement pour connaître la suite... Je me mordis à nouveau la lèvre, me sentant honteuse et merdique sous le regard si clair d'Othello alors que je faisais pourtant une voire deux têtes de plus qu'elle et que j'étais carrément bien plus bâtie qu'elle. Il fallait très vite que je trouve une échappatoire à cette situation si inconfortable et je vis alors mon verre de bière. Mon regard se porta encore sur mon invitée et résistant à une dernière pulsion d'aller enlacer la Yorka contre moi, je parcourus rapidement la distance me séparant de mon gobelet pour le finir en entier. Je reposai alors mon verre sur le bar, juste devant moi et je me resservis en bière.


- Bref pour revenir à où en était avant que ce foutu saumon ne se rebelle contre moi et que ce riz ne devienne une victime collatérale de... ma saute d'humeur, bienvenue dans mon monde Othello. Violent, sans pitié et qui ne prendra fin pour moi qu'après ma mort. C'est aussi pour ça que je ne me lie pas avec quelqu'un, parce que je sais très bien que je ne ferais pas de vieux os. Je crèverai certainement bien avant d'être vieille et ridée.

Par respect envers Othello, je fis alors un geste que je ne faisais que très rarement voire jamais, je mis mon poignet devant ma bouche et je me tournai vers ma cuisine pour roter en silence alors que je sentais que la bière me faisait de l'effet. Le rot franchit la barrière de mes lèvres mais se heurta à mon poignet et fut donc étouffé, résultant en un bruit de succion très discret voire presque imperceptible. Je me rendis alors compte de la porté de mon geste et je m'étonnai même moi même de pourquoi je faisais ça alors que ce n'était pas du tout dans mes habitudes. Lorsque je me retournai vers Othello, je ne m'excusai pas mais mon regard parla pour moi et j'en profitai alors pour reprendre une nouvelle gorgée de bière. Le breuvage me rafraichit à nouveau alors que du coin de l'œil, je vis que la marmite laissait échapper un peu de vapeur, signe que le riz était bientôt prêt. Je baissai ensuite le regard, penchée sur le bar, proche d'Othello à une distance assez intimiste, presque une distance de confidence, fixant mon gobelet de bière devant moi.

- Tu disais que j'aurais un jour la chance d'avoir un foyer et une famille, maintenant à ce poste. Je ne pense pas, Othello.

Je relevai de nouveau le regard pour la regarder droit dans ses prunelles claires mais qui me paraissaient être aussi belles que des pierres précieuses ou qu'un océan immaculé, image que je ne voyais pourtant que trop rarement. Je pris un air mi résigné, mi-déterminé.

- Je ne pense pas que je suis destinée à une telle chose. Je ne vivrai déjà pas vieille et je ne souhaite infliger à personne, encore moins à une personne que j'aime, ce genre de sort de merde. Je te parais fataliste mais c'est comme ça que je le vois. Je mène une vie dangereuse, je suis une militaire et c'est connu, dans l'armée on ne vit jamais très longtemps. Je peux crever à n'importe quel jour et l'idée de laisser un être cher à mon cœur derrière moi me fait chier, je refuse qu'on vienne pleurer sur ma tombe et d'infliger indirectement cette souffrance. C'est de la merde. Je préfère à la limite crever avec les honneurs militaires.

Je me mis à rougir et mon regard descendit inconsciemment sur son corps.

- J'ai connue des aventures, parfois des relations mais je ne me suis jamais beaucoup liée à quelqu'un et c'est peut-être mieux comme ça. Je n'ai pas de famille ni d'amant, personne. Mes seuls amis peuvent aussi subir le même sort que moi et crever demain. Mais si je dis tout ça et que je fais ce que je fais, c'est pour m'assurer que les gens dehors, que ça soit ces connards de nobliaux de mes ovaires ou les gens ordinaires ou les prêtresses comme toi puissiez vivre le plus normalement et tranquillement possible. Je renonce à ce genre de vie pour que les autres puissent vivre la leur sans histoires. Si il y a une merde, je serais là pour la régler, que ça soit un vol, une planque de bandits à aller faire sauter ou un colosse à tuer. Et puis je pense que je n'arriverai jamais à me faire à une vie tranquille, m'occuper des enfants, faire la tambouille ou prendre soin d'un mari, je ne sais pas faire, je sais mieux m'occuper de moi même.

Dans un effort d'essayer de détendre un peu plus l'atmosphère, je me mis à rire légèrement à mes dernières paroles, le teint cramoisi.
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MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Dim 6 Aoû - 23:34

L’atmosphère avait semblé se détendre un peu, et elle cru déceler un apaisement dans les yeux clairs qui lui faisaient face. Mais ce ne fut que de courte durée, et la sirène fut la première surprise de voir le major se lever et disparaître vers le cuisine, se hâtant à pas de louve pour disparaître de nouveau. Etait-ce elle qui la faisait fuir ? Ou alors le voile de l’alcool qui lui montait à la tête plus que ce qu’elle s’imaginait ? Elle sentait à présent le poids perceptible du vin au creux de son ventre, la sensation grisante et surprenante de la fatigue sur ses yeux, et le pétillement d’une joie synthétique piégée dans son cœur.
Brusquement, Vilenya s’enfuit, s’en retourna à la cuisine face à une Othello bien dépassée. Que devait-elle faire ? Encore une fois, elle était rongée de la sensation d’avoir fait ou dit quelque chose qu’il ne fallait pas. Peut-être s’était-elle montrée trop présente, trop imprudente envers la soldat qui était partie retrouvé un peu de paix dans sa cuisine. Peut-être qu’elle était trop oppressante... Piégée dans ses interrogations, elle finit par se mordre la lèvre, un peu penaude, et se rendit compte à quel point elles étaient froides. Elle avait la sensation qu’elles étaient exsangues, et ne les sentait plus beaucoup. Bien que ce ne fut qu’un des effets du vin, elle pressa ses lèvres doucement entre elle, avant de mordiller légèrement celle du haut puis celle du bas, avant de se rendre compte que quoiqu’elle fasse, la sensation persistait.

Derrière le bar, elle distinguait l’immense silhouette de la soldat, longue et svelte, penchée au-dessus d’un petit pot d’argile ou d’osier, elle ne saurait le dire. Celle-ci semblait jouer de ses omoplates, et Othello regardait doucement de ses yeux d’ébène le jeu de sa musculature. C’était étrange... Comme hypnotisée par la vision, elle croyait presque que les engrenages, et le relief de l’encre sous la peau, prenaient vie et tournaient doucement... Le crépitement du feu lui parvenait très clairement, l’odeur des braises rougeoyantes chatouillait ses narines avec douceur. Un bruit d’eau en ébullition émana ensuite, fort et omniprésent, avant de diminuer petit à petit. Othello s’imagina les bulles remonter doucement pour disparaître, éphémère, à la surface.  Vilenya ne semblait pourtant pas se détendre.
Dans l’attente, Othello restait silencieuse, sagement assise sur son siège. Ses doigts vagabondaient avec agilité sur le pied de son verre, glissant avec légèreté sur le verre. Ses cheveux s’enroulaient atour de ses bras, de ses poignets mais elle n’en avait plus vraiment conscience. Son corps devenait particulièrement léger, froid, un peu faible. En songeant à cela, elle porta le verre à ses lèvres et avala quelques précieuses gorgées de liquide qui coulèrent dans sa gorge avec fraîcheur.

Quand enfin Vilenya revint, Othello la fixa avec sûrement plus d’attente qu’elle ne le pensait, puisqu’elle se mit à la regarder en retour avec des yeux soudain immenses, profonds, d’une intensité surprenante qui la prise de court. Ses yeux clairs tremblaient d’envie, mais pourtant elle ne parvenait pas à comprendre qu’est-ce qui la rendait ainsi, si vibrante. C’était étrange, il lui semblait qu’elle la regardait, elle... Mais, c’était sûrement un impression. Elle devait penser à quelqu’un, à quelque chose, voilà tout... Distraite, la prêtresse regarda doucement ses mains, et en relevant les yeux, elle aperçut le major s’approcher de son verre de bière, qu’elle descendit d’une traite. C’était donc cela... Vilenya voulait son verre, voilà tout. Elle avait été idiote de penser que cela pouvait être autre chose.

Quand elle revint vers elle, jamais elle n’aurait pu penser qu’elle serait aussi directe, aussi honnête. Brusquement, elle eut la sensation que plus que jamais, elle se devait d’être une oreille attentive. Vilenya ne devait pas avoir l’habitude de se confier, ni même beaucoup d’occasion. Elle se demanda même si un jour une personne avait pu recueillir ses pensées, être là pour elle quand elle en avait besoin. Othello n’était habituellement pas celle qui recueillait ces pensées, mais quand elle pouvait l’être, elle se voulait la meilleure confidente, et si la soldat souhaitait se confier, alors elle serait là.
Et ce fut plus dure qu’elle ne l’imaginait. Vilenya était réellement résolue au pire, préparée à ce que dés demain, sa vie puisse s’achever. Et même si elle ne le disait pas, la sirène était persuadée qu’elle s’était fait à l’idée qu’elle ne voulait pas imposer ce poids à une autre personne, pour qu’elle n’ait pas à souffrir de sa perte. Celle-ci releva les yeux vers elle, et Othello soutint son regard, souhaitant qu’elle sache qu’elle était là pour l’écouter.

En passant la porte de cette maison toute neuve, jamais la sirène n’aurait pu penser rencontrer un être aussi touchant, dévoilant avec les secondes de nouvelles couleurs toujours plus belles, plus vastes. Elle découvrait une femme peut-être un jour touchée par des rêves et des envies pleins la tête, et qui avait tout sacrifié pour son prochain, sa nation, son travail, quitte à se perdre en route. Son sourire délavé de peine piquait avec tristesse, et Othello s’en surprit de ressentir autant de douleur pour elle. Non, il ne pouvait pas s’agir que de ça, elle ne pouvait pas la laisser abandonner sans rien dire.

« Vilenya... » Comme si son corps bougeait tout seul, sa main se leva doucement pour glisser silencieusement jusqu’à la nuque de la jeune femme rosacée, où elle finit par se poser, légère mais apaisant, sur la peau du haut de son hôte. Othello hésita un moment à se servir de sa flamme pour lui remettre un peu de baume au cœur. Mais c’était sûrement une mauvaise idée. A la place, elle bougea un peu le bout de ses doigts dans un mouvement de va-et-vient, le tissu soyeux glissant comme de l’eau sur la peau à vue. Puis, comme d’un seul coup, elle s’aperçut à quel point elle était déplacée, pas à sa place, et s’arrêta immédiatement.
Elle avait cette étrange sensation qu’elle devait faire cela, que ses gestes venaient des confins de son cœur pour apaiser le soldat, lui redonner le sourire. Et lui réinsuffler un peu des rêves et de la joie dont elle avait été privée.


« - Vous savez... C’est votre vie, Vilenya. Vous n’avez pas à souffrir et à vous sacrifier pour des nobles qui ne le méritent pas, à mettre vos envies et vos rêves entre parenthèses à la demande de vos supérieurs. » Elle réfléchit un instant puis poursuivie, la main toujours posée. « Personne ne pourra vivre cette vie pour vous. Ne la laissez pas passer. » Finalement, elle se ressaisit, s’apercevant de sa nouvelle... Erreur. « Tu. »

Brusquement, Othello se leva, ramassa ses immenses cheveux d’un feste en les attachant en queue de cheval épaisse et grossière – un tour de main de sa création – et se présenta devant Vi, un sourire enthousiaste aux lèvres. Elle faisait si petite et frêle devant elle, comme une enfant face à la soldat. Après tout, elle pouvait bien essayer de s’ouvrir un peu plus aussi.

« Laisse moi t’aider. A deux, ce sera prêt en un rien de temps. »
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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Ven 11 Aoû - 11:56

Je m'étais ouverte à mon invitée comme jamais je ne l'avais faite auparavant, même à ce bon vieux Dom ou quiconque encore alors qu'Othello n'était chez moi que depuis une petite heure voire un peu plus. Mais il exhalait tellement de douceur, tellement d'innocence et tellement de gentillesse de la part de cette Yorka envers une personne aussi dure et sarcastique que moi que j'en fus profondément touchée et je me sentais comme l'envie de me confier à elle comme jamais. J'allais sans doute le regretter plus tard que je me disais avec pessimisme mais d'un autre côté, je présumais qu'Othello n'avait personne à qui aller raconter ce que je venais de dire, à moins qu'elle ne cache très bien son jeu et qu'elle fut la meilleure comédienne jamais vue. Rhaaa je devais arrêter de me dire ce genre de choses, je ne voyais vraiment pas pourquoi elle viendrait m'emmerder après avoir recueillie les confidences d'une soldat meurtrie par sa vie et son métier.

À ma grande surprise, Othello se pencha aussi vers moi et pendant une fraction de seconde, je m'attendais à recevoir ses lèvres sur les miennes mais elle s'arrêta à quelques centimètres et passa sa main sur ma nuque. Le contact de la soie de son gant me fit frissonner et un léger tremblement parcourut mon échine. Sa main était véritablement un contact que j'avais rarement eu, elle n'était pas la première à me caresser la nuque, mes amants et amantes d'un soir ne se privaient jamais de faire ce geste mais là où ces gens voulaient exprimer un désir charnel, Othello voulait ici me rassurer et la sensation en fut d'autant plus forte car je ne me rappelais même pas d'avoir ressenti ce sentiment d'être rassuré depuis l'époque où mon mentor était vivant, il y a donc très longtemps. Elle se mit même à me caresser la nuque et j'eus comme seule réaction de bouger légèrement la tête et de me frotter doucement la joue contre sa main. Puis, sans hésiter, ma main se posa la sienne encore.

Je ne souris pas mais Othello me remonta un peu le moral. Ce soutien m'était somme toute utile et je serrais le plus légèrement que je pouvais la main plus petite de la Yorka, sans la broyer dans ma poigne, sans vraiment lui tenir rigueur de son vouvoiement car elle se reprit.


- Tu, oui c'est mieux. Et s'il te plait, appelle moi Vi. Mais... merci pour tes mots c'est... ça me remonte le moral. Mais comme je t'ai dis, une vie tranquille, c'est pas pour moi. Je ne supporterai pas de rester au foyer et à faire comme une domestique parce que je dois entretenir un mari. J'ai choisi cette vie ou j'étais destinée à rester une criminelle. Quitte à crever, autant que ça soit pour protéger quelqu'un et qu'elle puisse rester en vie plutôt que pour de l'alcool frelaté ou des putains de dias.

Othello se retira soudainement, à mon plus grand dam puis noua ses cheveux en une queue de cheval avant de faire le tour du bar puis de se planter devant moi, tout sourire. La différence physique était frappante entre la prêtresse et moi, j'étais grande et bien bâtie, elle était plus petite et bien plus frêle. Je me sentis fondre devant elle et je me mordis la lèvre avant de sauter le pas et de la serrer contre moi. Au vu de sa taille, je sentais son visage contre mon décolleté mais je m'en fichais. Il émanait d'elle une chaleur rassurante et réconfortante que je ne voulais pas m'en priver. Une main dans son dos se mit à le lui caresser sans gêne alors que mon autre main se lova contre l'arrière de sa tête pour la garder contre mon corps. Je laissai échapper un léger soupir de bien-être avant de la relâcher, je ne voulais pas la broyer entre mes bras car elle me paraissait si fragile.

- D'accord Othello, merci... va vérifier le riz, je m'occupe de mettre le saumon dans les assiettes. Ah et je te conseille d'enlever tes gants. J'aurais déjà dû te le dire en entrant ici mais je préfère vraiment sentir et voir tes mains que cette soie.

Avec un peu de difficultés, je mis les débris du saumon dans nos assiettes déjà sommairement dressées par moi peu de temps auparavant. J'eus alors l'impression qu'il manquait quelque chose à mettre en plus du riz mais je ne savais pas quoi. J'eus alors un regard pour mon invitée, affairée avec le riz et l'index sur ma lèvre inférieure, je me demandais si elle pouvait pas me conseiller. Elle avait proposé son aide pour cuisiner, elle devait peut-être en savoir plus que moi à ce sujet. Je me pointai alors vers Othello, profitant d'un instant de battement.

- Othello ? Je... j'ai la sensation qu'il manque un truc avec ce saumon et ce riz. J'ai l'impression que ça va être légèrement fade alors que j'ai assaisonné ce saumon. Il faudrait quoi en plus, tu penses ?
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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Mer 30 Aoû - 23:08

Entre l’odeur moite du riz et de l’eau bouillante, la tiédeur de la pièce non loin des braises rougeoyantes, et le vin sirupeux qui lui montait au crâne, la sirène sentait son esprit fourmiller, se débatte avec une myriade d’idées et de pensées insensées et saccadées, qui ne trouvaient de réponses que les yeux clairs de Vilenya, emplis de nuages et de tant d’émotions qu’elle y perdait pied. Toujours debout face à elle, Othello resta immobile un petit temps, espérant avoir pu remettre dans ce soldat un peu de paix, de calme, pour poursuivre vers de meilleurs augures que les leurs.
Une vie tranquille avait autant de définitions que d’individus sur ce continent, et avait dans tous les cas la vertu de rendre heureux. Mais une chose fut sûre, il était évident que Vilenya ne parviendrait pas à rester chez elle en femme au foyer. Elle ne l’imaginait que difficilement faire le ménage, la nourriture, les tâches domestiques d’une bonne épouse attendant patiemment que son mari rentre. Non, elle ne pouvait pas y voir la soldat : elle la voyait pirate, bandit ou encore exploratrice, mais jamais immobile, et jamais docile. Il suffisait de regarder sa silhouette tatouée et ses cicatrices pour prouver qu’elle était une femme forte et active, et que l’aventure, le combat était son adrénaline, sa raison de vivre. Personne ne pourrait le lui enlever, et Othello l’avait très bien comprit. Aussi acquiesça-t-elle doucement, continuant de l’écouter.

Prête à en découdre avec les assiettes et le poisson braisé qui n’attendait qu’elle, Othello n’eut cependant pas le temps de trop y penser... Sans qu’elle ne s’en rendre vraiment compte et avec une rapidité surnaturelle – ou était-ce seulement l’impression de son cerveau ralentie ? – Vilenya l’attira brusquement contre elle en l’enlaçant de ses bras, imposant à la prêtresse de se poser, petite et frêle, contre la gorge à vue de l’immense soldat. Son esprit se mit à bouillir, à brûler, même, alors qu’elle sentait sa joue tout contre sa peau, son oreille collée à l’embrasure de sa poitrine, entendant le bruit régulier et étouffé de son cœur battant. Dans son dos, de grand mouvement régulier, et dans ses cheveux, une main curieuse qui s’aventurait dans ses mèches immenses pour se lover contre son crâne.
Prise dans ce piège humain et trop tendre, elle n’osa plus ni bouger, ni respirer, oscillant entre un mélange étouffant d’un millier d’émotions en intense quinconce, enfermés dans une bouteille trop petite, une masse trop dense où elle finit par ne discerner plus rien. Dans un réflexe animal, elle abaissa ses oreilles en nageoire comme un chiot surprit ou un chat à l’affût. Que faire ? Bouger, l’étreindre ? Et elle, que ressentait-elle ? Finalement, bien que surprise et peu habituée, elle choisit de se laisser faire, le soupir apaisé de la rosée voletant au-dessus de sa tête. Elle devait paraître particulièrement pétrifiée, figée dans sa position comme une statue de cire.

Finalement, la soldat la libéra, et elle sentit soudain le froid de l’air passer entre elles, consciente du courant d’air frais qui parcouru alors tout son corps, vibrant contre sa joue et sa peau. Rarement l’avait-on enlacé ainsi, et elle n’avait le souvenir de ce contact si particulier que de l’herboriste et du marin du sud, deux êtres si chers à son cœur. Et même, alors, cette embrassade fut un moment unique, redouté et savouré, qui avait à chaque fois une saveur étrange, parfois adorable, mais qu’elle avait dû assimilée. Mais jamais ne l’avait-on enlacé si vite, si soudainement... Cela devait venir du caractère de Vilenya, si spontanée et franche. Elle était capable d’écouter ses sentiments, ses émotions pour les traduire en geste d’une honnêteté désarmante. En cela, elles étaient très différentes, Vilenya étant maîtresse de ses sentiments et de ses actes, et Othello peinant à bien les identifier, et à les contrôler...

Le riz donc... Fière de cette nouvelle mission, elle allait disparaître derrière le bar vers le bruit d’eau bouillante quand une proposition de son hôte la désarma brusquement, la laissant immobile. Une main se serra, l’autre l’entoura, autant par protection que par défense. Enlever ses gants... Bien qu’elle ne fut plus en pleine possession de sa pleine conscience – l’alcool ayant tendance à rapidement lui monter à l’esprit – elle n’en perdait pas de vue la vraie raison pour laquelle elle revêtait cet atour aussi encombrant qu’inapproprié à un repas mondain... Dans un geste mécanique, elle dénoua ses doigts, laissa glisser son index sur la soie pour pince un bout entre lui et le pouce, le tirer doucement et... S’arrêter dans l’air, le gant à moitié défait. Elle ne pouvait pas... Ce fardeau n’était pas à montrer aux yeux du monde, pas encore... Pourtant, Vilenya était digne de confiance, et elle sentait qu’elle pourrait devenir une amie. Mais elle ne voulait lui imposer ce secret. Non, elle devait le garder pour elle seule, tel était son contrat, signé avec la mort.

« Je... Je te remercie Vilen... Vi. Mais je ne peux pas je... J’ai les mains sensibles, particulièrement faibles... » Son cerveau essayait bien de tricoter un mensonge, mais peinait à en produire un correct. Et sa tête... Elle passa sa langue sur ses lèvres, et les sentie absentes, faibles et sèches, vides de toute force. Le vin commençait à lui monter au crâne, et la Haute-Prêtresse de Kesha n’en avait pas l’habitude. Et encore moins de mentir dans cet état là... Soupirant profondément, elle se résigna à abandonner cette idée, et se retourna vers Vilenya, avec un sérieux brusque mais calme, priant pour qu’elle voit en elle quelqu’un d’honnête et de sincère, et non une menteuse de pacotille. « Je suis désolée Vi. Je ne peux en enlever qu’un seul. Ne me demandes pas d’enlever l’autre, je devrais refuser... Ce n’est pas contre toi, je te le promets. »

Souriant doucement, avec une bienveillance maternelle, elle retira son gant droit, comme preuve de ses dires, et le déposa sur le bar. Le second resta sur sa main gauche. Et c’est ainsi qu’elle se retourna, et alla, comme demandé, s’occuper du riz.
Et rapidement, le sujet devint plus épineux... Au dépourvue, elle regarda la soldat dans les yeux, et haussa les épaules en guise de défaite. La sirène ne l’avouait que rarement, mais elle n’en menait pas très large en matière de gastronomie. Ses repas, quand elle les préparait, était classiques et sommaires, et elle s’était accoutumé à peu. En ondulant son visage sur le côté, et en relevant doucement sa main vers ses lèvres, elle hésita un temps, laissant les vagues de sa tête remuer les idées dans son esprit. Elle ne voulait pas laisser Vilenya dans l’embarras, avec un peu de ressource, elle parviendrait bien à mettre le doigt sur ce qu’il manquait...

« Hmm... » Souffla-t-elle, songeuse, à moitié pour la soldat patiente, à moitié pour elle-même et les murs de cette cuisine. « Il doit bien y avoir des épices, des aromates... » Le tout était de savoir ce que cette cuisine avait à offrir. En se retournant alors, curieuse, elle se retourna et leva vers la soldat de grands yeux curieux et dociles. « Puis-je ? » Elle leva un doigt interrogateur vers les tiroirs, et, une fois l’accord obtenu, commença à regarder un peu ce qu’elle pouvait y tourner. Au bout de quelques secondes, elle triompha, et sortie des placards victorieusement une tomate ronde et charnue, et un bouquet d’aromates. « Une petite sauce ? » Dit-elle, enthousiasme. C’était rapide, et bon... Elle espérait secrètement que la soldat en serait satisfaite, et espérait faire honneur à son hospitalité.

Bientôt, elle passait les doigts sur la lame d’un couteau, et prépara rapidement la tomate, hottant peau et pépins, pour la réduire en purée grossière dans un peau sur le feu. Avec la même passion et la même attention qu’elle avait en préparant ses potions dans son herboristerie, elle prépara le thym, le romarin et l’estragon, les effeuilla doucement pour les jeter dans la préparation. Bientôt, elle fut fumante, et elle y jeta une touche de sel. Tournant le pot vers Vilenya en le faisant se pencher légèrement pour qu’elle voit la sauce encore frémissante, elle arbora un sourire fier, invitant son hôte à venir sentir du bout de son nez.


« C’est peu de chose, je le sais bien... Mais j’espère que ce sera à ton goût. » Son sourire s’étira, et elle su qu’elles pourraient passer à table.  
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Vilenya Noyan

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Jeu 21 Sep - 22:58

La réponse d'Othello me prit légèrement au dépourvu car je m'attendais à ce qu'elle obtempère à ce que je lui disais. Il n'y avait véritablement aucun mal à se débarrasser de ses gants mais visiblement pour elle, cela lui en coûtait beaucoup, j'avais presque l'impression de lui avoir ordonné à tuer à elle toute seule le colosse d'Hesperia. Sa réponse me rendit perplexe et je lui fronçai les sourcils à sa réponse. Des mains faibles, sensibles ? Mouais... Je n'y croyais qu'à moitié voire quasiment pas mais au stade où j'en étais de ma relation avec elle, je devais ne pas la brusquer. Merde un truc que j'avais du mal à faire, ne pas pousser la personne, parfois jusque dans ses retranchements. Elle préféra ensuite se tourner vers moi pour dire clairement qu'elle ne voulait pas l'enlever, toujours sans me donner de raison mais elle était déjà plus directe et sincère que lorsqu'elle avait essayé de se justifier. Je lui opinai donc, les traits un peu plus détendus mais je ne voulais pas l'irriter.

Je commençai déjà à ressentir le début de quelque chose envers la yorka, ce n'était pas le moment de tout merder par excès de fierté. Qu'importe, je ne comptai pas lui arracher la raison de son refus d'enlever le gant de la main gauche, du moins peut-être pas tout de suite. Sa main pourtant ne me semblait pas blessée ou atteinte de quelque mal que ce soit, elle paraissait pourtant même en bon état mais pour le moment, je mis ça sur le coup d'une petite excentricité. Il y avait plus important maintenant comme une repas à préparer et à manger. J'espérai qu'Othello ait une idée à balancer pour agrémenter le riz et le saumon parce que j'en avais pas une foutue idée. Lorsque la jeune prêtresse me demanda si elle pouvait aller dans la cuisine, je lui autorisai sans hésitation, la laissant faire comme elle le voulait. Appuyée contre le plan de travail de la cuisine les bras croisés, j'attendis son retour, le riz prêt à être servi et le saumon émietté déjà dans les assiettes.

Othello revint quelques secondes plus tard avec une tomate et ce qu'elle appelait des aromates puis elle me proposa de faire une sauce. Pour être honnête, je n'avais pas la moindre idée de comment elle allait procéder pour faire une sauce avec cette tomate et ces aromates mais je lui donnai mon approbation à sa suggestion, j'étais curieuse de voir comme elle allait faire. C'est pourquoi j'observai avec intérêt ce qu'elle faisait avec ses ingrédients en main. Elle était bien plus douée que moi pour préparer ce genre de choses, j'aurai certainement déjà laissé cramer la sauce ou elle n'aurait pas été assez cuite à mon goût, j'avais de la chance d'avoir quelqu'un qui se débrouillait mieux que moi devant les fourneaux. Lorsqu'Othello jugea la sauce prête, elle me la mit sous le nez et le moins que je puisse dire c'est que ça sentait bon. Je fis un sourire à mon invitée.


On s'en fout, ça sent trop bon. La seule fois où j'ai sentis un truc pareil, c'est quand ce bon... *teuheu* roi Thimothée m'a invité à son palais pour me décorer et me donner mes galons en plus. La bouffe du mess est connue pour être l'une des plus dégueulasses d'Hesperia, pourquoi à ton avis on va bouffer le plus souvent à la taverne ? Allez pose tes fesses devant cette table ma jolie, on va bouffer. Tu m'as donné faim maintenant.

Je dis ma dernière phrase sur un ton assez lourd de double-sens mais je n'insistai pas davantage en lui montrant les deux assiettes l'une en face de l'autre et de part et d'autre du bar. Je tirai à moi l'une des chaises un peu surélevées pour m'y installer, faire craquer mes phalanges et je m'emparai de la cuillère en bois dans le riz. J'allai me servir en première avant d'arrêter mon geste et de fixer la prêtresse. Je me ravisai sur ce que j'allai faire et j'entrepris donc de servir Othello en premier. Je lui mis alors une généreuse quantité de riz à côté de son saumon dans l'assiette avant de me servir, je la laissai se débrouiller avec la sauce. Je me pris une quantité supérieure de riz dans mon assiette puis je me mis un peu de sauce sur mon riz et mon saumon. Néanmoins, sans me brusquer, j'attrapai un couvert pour manger et je me mis à regarder le contenu de mon assiette avant de reporter le regard sur mon amie invitée.

- Hm... c'est juste... la seule fois où je peux avoir autant de bouffe devant moi, c'est au mess et encore quand elle est moins dégueulasse que d'habitude. En 27 ans de vie, je ne me rappelle même plus la dernière fois que j'avais de la nourriture plutôt décente devant moi et en telle quantité. M'enfin, c'est de la bouffe, je cracherai carrément pas dessus. Ah et merci pour la sauce ma belle, ça rend bien dans l'auge.

Je lui refis un sourire, amusée et enjôleuse à la fois, aussi sincèrement reconnaissante avant d'entamer le repas.
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Othello Lehoia

MessageSujet: Re: Ben tiens, si je m'y attendais à cette tronche [PV Othello]   Ven 6 Oct - 13:57

A sa grande surprise, Vilenya eut l’air satisfaite de son modeste apport au plat qu’elles allaient déguster, allant jusqu’à comparer l’odeur du riz avec les plats de la table royale. Othello sourit poliment, flattée de ce commentaire, mais restant tout de même bien pragmatique quant à sa véracité : après avoir aussi pu goûter aux délices des cuisines de son altesse, il n’y avait aucune comparaison à tenir, et elle ne voulait pas y prétendre non plus. Mais c’était tout de même aimable de la part de son hôte de lui proposer ce compliment. Heureuse, elle se retourna et amena avec elle ce qu’elle pu avant que la soldat de prenne les devants et ne l’invite dans son sillage.
Comme demandé, elle s’assit sur un des tabourets, à présent habituée au langage familier de la grande rose ; bien qu’elle ne fut pas usée à ce qu’on lui parle ainsi, cela allait à son personnage, et elle n’était personne, surtout sous son toit, pour lui demander de changer de ton. Néanmoins, elle trouva cela étrange qu’on l’appelle « ma jolie ». Elle l’avait déjà entendu de la part des hommes à moitié croyants, patientant à moitié ivres à la sortie des messes pour pouvoir reluquer goulument les prêtresses sortir de la cérémonie. Ces mots la ramenèrent vers de plus sombres années, mais elle ne le mentionna pas.

Bientôt, elle fut servie, et remarqua que Vilenya avait choisis de lui proposer son plat en premier, ce qui ne devait, si elle le devinait bien, ne pas être dans ses habitudes. Depuis son arrivée, il lui changea que la jeune femme changeait petit à petit, qu’elle se montrait sous un jour différent que celui avec lequel elle se présentait d’habitude. Etait-ce un honneur, une chance ? La sirène ne parvenait pas encore à trop le savoir elle-même, mais elle appréciait les efforts faits par la soldat pour elle.
Elle constata qu’elle fut plutôt généreuse, elle lui avait servie une belle portion que la sirène contempla du coin de l’œil, s’interrogeant sur le comment elle allait réussir à engloutir tout cela, son estomac baignant déjà dans ce qu’il lui semble être une mer de vin rouge. Mais pour faire bonne figure, elle cache ce trouble avec une certaine finesse, et sourit patiemment, prêtant à Vilenya son oreille attentive.

Celle-ci semblait presque émue de pouvoir manger ce repas venant de sa propre cuisine. La sirène comprit alors qu’elle devait petit à petit se rendre compte de la nouvelle vie qu’elle allait pouvoir vivre entre ces quatre murs. Maintenant elle ne manquerai plus de rien, elle pourrait manger ce qu’elle veut et à sa faim. Et qui sait, peut-être trouvera-t-elle doucement goût à la cuisine... Maintenant qu’elle avait une si belle pièce pour officier, et tous les ingrédients dont on pouvait rêver, et à volonté, pour pouvoir faire son œuvre.

« Tu vas rapidement t’y habituer, j’en suis sûre. » Dit-elle seulement, sûre d’elle dans ses paroles. « Bon appétit. »

Sans plus de cérémonie, elle entama le repas. Les goûts se mariaient bien, et une fois de plus, la prêtresse pensa que même si la nourriture semblait simple, elle n’en faisait pas partie des petits délices simples et doux que Kesha avait mis sur cette terre.
Pendant qu’elles mangeaient, Othello discuta poliment de choses et d’autres, ne voulant s’avancer sur des sujets trop compliqués ou trop tendancieux pour être offensante, ou pour risquer que les deux femmes ne tombent pas d’accord. Après tout, le moment était agréable, et elle se voyait mal le gâcher en poussant la soldat dans des retranchements qu’elle ne voulait pas fouler. Aussi officia-t-elle avec douceur, préférant parler du renouveau de la cité et des efforts collectifs après la chute du colosse, plutôt que de son passé ou le combat qui eut lieu.

Bientôt, les assiettes étaient vides, et les verres aussi. Othello, au bout de longues minutes, avait réussi à manger tout le contenu de son plat, et avait la sensation qu’elle ne pourrait plus marcher tant elle avait bien mangé. Au moins, sa légère ivresse avait complètement disparue avec son estomac bien rempli. Posant sa main ganté sous ses côtes, la jeune femme regarda Vilenya avec une once de félicité, avant de terminer la conversation entamée plus tôt.

« ... Je te remercie pour le repas, c’était très bon. J’ai l’impression que je ne pourrais plus rien avaler aujourd’hui... » Alors, elle se leva, se demandant ce qu’il fallait faire, maintenant. Brusquement, elle eut l’impression d’avoir doublée en poids, et que son estomac avait coulé jusque dans ses chaussures. Mais déterminée, elle saisit ce qu’il y avait sur la table, commençant par récupérer les assiettes. Avec le début d’une habitude dans cette maison flambe en neuve, elle se dirigea vers la cuisine où elle déposa les couverts, laissant à la soldat le choix de l’emplacement. Une fois que tout fut débarasser et qu’elle ne su plus que faire, elle regarda finalement la grande femme, d’une tête de plus qu’elle, dans ses yeux clairs. « Merci aussi de m’avoir accueillis ce midi. J’ai apprécié ce moment, et je prierai pour toi et ta garnison. » Soucieuse que ce fut réciproque, elle attrapa son gant qui traîné et commença à s’en revêtir.
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