☠ La saveur des complots ☠

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Ferristan Guartem
MessageSujet: ☠ La saveur des complots ☠   Jeu 29 Juin - 0:05

Sur le pont de l'Aguamantis s'activait une centaine d'hommes œuvrant à l'entretien du navire : on récurait le plancher du passavant, polissait le bastingage, vérifiait les cordages, débarrassait la coque de ses bernacles et de sa mousse. L'ancre de la frégate raclait le fond des eaux de Mavro Limani, au large des docks bruyants, à l'abris du courant derrière les crocs d'ardoise noire de la rive avoisinante. Ils étaient arrivés le matin même, mais les hommes de l'équipage n'avaient pas encore eu droit de mettre pied à terre. Et pourtant, sur les pontons des docks s'attroupaient déjà des hordes de marchands, de filles de joie et autres maquereaux réunis tels des loups en quête d'une proie facile ; c'est que l'approche de Mavro Limani rimait avec partage du butin, et que l'équipage de l'Aguamantis percevrait bientôt sa paye. Mais Murat Reïs s'était montré très clair : personne ne mettrait un pied à terre avant que le navire ne soit comme neuf. Et le capitaine ne donnerait l'autorisation d'amarrer que le soir même, alors qu'il recevrait ses invités de marque. Nul importun ne devrait déranger la rencontre, et c'est pourquoi ne resteraient à bord de la frégate que les lieutenants du capitaine, ainsi que son quartier-maître, Murat, et lui-même. En attendant, les hommes se montraient distraits et rechignaient à la tâche : ils se sentaient torturés d'être condamnés à attendre le soir pour rejoindre les docks dont les fragrances musquées du désir et du luxe d'une chambre en bonne compagnie arrivaient jusqu'à leurs narines. Mais Murat Reïs parcourait le pont à grandes enjambées, dardant de son regard de braise les glandeurs au regard curieux.

« Vous n'êtes pas prêts de croiser l'ombre d'une jupe bande de feignasses ! Aucune fille du port ne voudra ce soir de branleurs comme vous si vous n'vous activez pas ! Mais vous préférez peut-être passer la soirée en ma compagnie mes minions ? »

Le regard cruel du Second de l'Aguamantis et l'idée de se retrouver entre ses serres toute la soirée motiva les hommes avec plus d'efficacité que la seule menace de cent coups de fouets. Et l'Aguamantis retrouva bientôt toute sa magnificence : sa coque en bois massif imposait par son allure effilée et la noirceur parfaite de son bois, tandis que sa figure de proue à l'effigie de la gueule d'un léviat'hran donnait le ton avec faste et terreur, et que son pavillon flottant au vent évoquait les plus farouches légendes mettant en scène le navire sous les traits d'un serpent de mer s'apprêtant à dévorer le monde. Les cadavres qui pendaient aux mâts avaient été descendus sur ordre du capitaine - il ne voulait pas que cela puisse incommoder ses invités - et les esclaves et autres bêtes sauvages encombrant les cales du vaisseau seraient débarqués le plus tôt possible afin d'en chasser l'odeur pestilentielle. Des toiles sombres et lourdes étaient tirées depuis les vergues des gréements jusqu'au bastingage de bâbord où serait installée la coupée reliant le ponton des docks. Ainsi recouvert, le pont du navire offrirait toute la discrétion que serait en mesure de réclamer le chef des assassins. Nul à bord n'était au courant de sa venue, sinon Murat Reïs et Ferristan. Les lieutenants ne seraient jamais mis au courant, et devraient se contenter de protéger le navire sans poser de questions ni hasarder de regards curieux sur les invités du capitaine. Ferristan se félicitait de cette mise en scène dont il savait par avance qu'elle plairait à l'homme sans visage.


Le capitaine s'était retranché tout le jour dans ses appartements luxueux, et préparait sa rencontre avec le ponte des Ladrinis. On ne le vit ni ne l'entendit de toute la journée et jusqu'au soir venu, où le quartier-maître amarra le navire aux docks. Il se chargea de la distribution des parts du butin avec l'aide du maître d'équipage Corso Rane, qui jeta la coupée reliant le navire au ponton anormalement clairsemé : normalement, des dizaines de marchands s'attroupaient pour acheter les produits des cales ou pour vendre leurs denrées et détrousser l'équipage sitôt qu'il eut mis un pied à terre, alors qu'il était encerclé des jupes virevoltantes des filles de joie des bordels du port. Mais l'équipage de l'Aguamantis terrifiait même les marchands les plus endurcis et les putains les plus habituées à la rudesse des forbans. La sinistre réputation et l'aura mortifère que dégageait les pirates les épargnaient de l'ampleur des foules et les poussaient à s'aventurer par eux-mêmes dans les échoppes et les bordels. « L'équipage de l'Aguamantis n'achète rien, il prend ! » avait-on coutume de dire, en serrant sa bourse comme pour conjurer un mauvais sort. Mais le Boucher de Kodolm leur avait interdit de commettre la moindre bavure sur le continent noir. Il y avait lui-même bâtit une réputation de maître marchand qu'il ne souhaitait pas voir entachée par les accès de barbarie de ses hommes. Et ses produits ne seraient pas achetés par les marchands d'ici, mais vendus. La distinction était d'importance ; c'est que Ferristan ne supportait pas qu'on vienne harceler ses lieutenants dès leur descente du pont. C'était eux qui vendaient, quand lui le décidait, et au prix qu'il décidait. On avait vu Ferristan étrangler de ses propres mains des dizaines de marchands trop insistants, ou simplement par caprice. Alors, quand le pavillon de l'Aguamantis faisait son apparition, les marchands rentraient sur leurs échoppes et attendaient le bon vouloir du Venimeux. Ce soir cependant, il ne vendit rien, mais fit acheminer ses cargaisons jusqu'aux entrepôts dont il disposait un peu partout sur les docks. Ces centaines d'esclaves et autres bêtes sauvages y furent acheminées afin que les cales se vident de leur présence encombrante. Et Ferristan ne sortit pas même de sa cabine pour saluer ses hommes. Il ordonna au lieu de cela qu'on allume un minimum de lumières pour dessiner le chemin jusqu'à ses appartements et ainsi guider ses ôtes, et qu'on fasse dégager tout importun des pontons menant à l'Aguamantis. Et alors, dans le silence de la nuit, loin de l'agitation des tavernes et des bordels, à l'abris du vent et des courants du large et à l'ombre des crocs des rives noires, enfermé dans sa cabine royale, Ferristan Guartem attendait.



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Enteri
MessageSujet: Re: ☠ La saveur des complots ☠   Lun 3 Juil - 21:43

Le soleil vespéral mourrait lentement à l’horizon, embrasant le firmament d’une flamboyance dorée, avant de recouvrir la cité de Mavro Limani d’un voile de ténèbres nocturnes. Ce lieu était sinistre, empli d’une froideur humide, prisonnier sous une chape de mélancolie et en tendant l’oreille, on croyait presque entendre les sanglots des noyés accompagner le gémissement des vagues. L’atmosphère de cette ville dépravée possédait, mélangée aux senteurs marines, l’odeur sulfureuse de la mort et du danger.

Les étrangers assez téméraires pour s’aventurer dans ses venelles obscures avaient tout intérêt à ne pas se faire remarquer, du moins si ces derniers tenaient à préserver leur misérable existence.  Une populace grouillante et malfaisante pullulait dans les bas-fonds et sur les docks, où se mêlaient pêle-mêle marchands, pirates, filles de joie et autres artisans du crime. L’effervescence régnait et la tension se faisait de plus en plus palpable, au fur et à mesure que les navires déchargeaient leurs cargaisons. Et quelles marchandises ! Pour qui possédait une bourse bien remplie, il était possible d’y marchander les joyaux les plus précieux, des étoffes rares ou de splendides esclaves sudistes.

Incontestablement, il s’agissait d’un des plus importants centres commerciaux d’Isthéria et d’un haut-lieu de la piraterie et tout assassin qui se respecte se devait d’y avoir un pied-à-terre. Enteri s’y rendait principalement pour y rencontrer certaines de ses relations ou pour affaires, comme aujourd’hui.

Une foule bigarrée se pressait sur les docks de la cité portuaire et l’air empestait de l’odeur rance de la sueur, mêlée à la brise saline et aux effluves qui émanaient de diverses denrées,  telles les épices que des marchands vendaient à la criée. Enteri songea que si Mavro Limani était dépourvue du charme raffinée de Tyrhénium, l’une des plus grandes villes commerciales d’Héspéria, celle-ci avait au moins le mérite de compenser son manque d’attrait par le parfum d’aventure et d’exotisme qu’elle distillait.

Cela faisait quelques mois que le chef des Ladrinis n’avait pas eu l’occasion de rencontrer le souverain des mers du sud et il ne doutait pas que ce dernier saurait le recevoir dignement, à bord de son fringant navire. D’avance le Terran se réjouissait de la mise-en scène, empreinte de théâtralisme et du soin extrême que le gorgoroth attachait à la présentation de son vaisseau, sans doute désireux de l’impressionner favorablement et tenant à célébrer leurs retrouvailles sous les meilleurs auspices.

Par ailleurs, l'ombre de mort était curieux de connaitre la teneur de leur future conversation car la missive envoyée par le chef pirate avait piqué sa curiosité. Depuis plusieurs années, les deux hommes entretenaient une collaboration des plus fructueuses et le monarque des océans australs savaient, mieux que quiconque, fournir sa caste en denrées rares. En ces temps troublés, le chef des Ladrinis était désireux de conserver ce précieux allié afin de pouvoir s’approvisionner à sa guise et faire circuler des marchandises interdites au sein du marché noir. Peu lui importait que sa tête fût mise à prix par ce vulgaire roitelet d’Hespéria ; nul ne pouvait s’opposer à ses desseins frauduleux et il poursuivrait ses activités illicites sur le continent, en dépit des tentatives d’intimation et des mandats d’arrêt lancés contre lui.

L’homme sans visage se fondait parmi les ombres, se déplaçant avec une rapidité surnaturelle et lui et ses sbires parvinrent à gagner, sans encombres et en toute discrétion, le lieu où se tenait accosté le sanglant navire du Gorgoroth.


Bientôt, il discerna à travers la pénombre les contours de l’Aguamantis et admira le Léviathan sculpté sur sa proue, créature irréelle, ouvrant sa gueule mortelle et incarnant une figure cauchemardesque. Ce navire était reconnaissable entre mille et symbolisait l’effroi et l’anéantissement pour la plupart des infortunés qui avaient eu le malheur de croiser son chemin.

Pourtant, Enteri appréciait ce vaisseau pirate, bien qu’il ne possède nullement le pied marin et soit un prédateur terrestre plutôt qu’un monstre aquatique prêt à fondre sur sa proie. En montant à bord, le chef des assassins constata que son hôte n’avait guère lésiné sur les moyens et que le pont du navire venait d’être astiqué et qu’aucun cadavre ne se balançait, suspendu, à l’un d’un mât. Délicate attention que voilà, pensa-t-il. Non pas que ce dernier éprouva quelque répugnance à observer ses ornements mortifères ; sa longue carrière de tueur froid et méthodique l’avait aguerri, voire rendu insensible au visage cireux de la grande faucheuse. Toutefois, Ferristan faisait preuve de la plus élémentaire des politesses en l’accueillant sur un navire rutilant et avec la pompe seyant à d’aussi illustres invités.

A bord, un profond silence régnait et Enteri devina sans peine que le chef pirate avait congédié la majorité de son équipage afin que leur entrevue ait lieu dans le plus grand des secrets, loin des oreilles indiscrètes. Après tout, on n’était jamais trop prudent et seuls demeuraient sur l’Aguamantis les plus proches lieutenants du Venimeux. Le chef des Ladrinis, quant à lui, avait également convié à ces festivités ses serviteurs les plus dévoués.

Enfermé dans sa cabine, le souverain des forbans attendait la venue de son invité, quand ce dernier fit une entrée triomphale dans la pièce. Puis il salua son hôte révérencieusement, les traits à demi-masqués par la large capuche de sa tenue d’assassin qu’il arborait en toute circonstance, avant de darder ses mires d’acier sur Ferristan. Le visage du Gorgoroth affichait un teint cadavérique et blafard, rendu encore plus horrifiant par le maquillage sombre qui accentuait la dureté de son regard fiévreux.

- Cher ami vous m’avez convié à une petite fête sur votre superbe navire et comme convenu me voici. Mais avant cela, venons-en aux faits, parlons peu mais parlons bien, de quelle affaire désirez-vous m’entretenir ?


Ayant achevé sa phrase, le dirigeant des assassins croisa les bras sur sa poitrine, attendant la réponse du pirate.


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