Jaune sang

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Sur Istheria, RPG heroic-fantasy issus d'un univers original où de multiples aventures vous attendent.

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• Eryllis: 3
• Ladrinis: 3
• Eclaris: 1
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 5
• Nérozias: 3
• Gélovigiens: 6
• Ascans: 2
• Marins de N.: 2
• Civils: 10

Temps actuel

An 1305 de l'ère obscure

Saison:Riguear Mois:Gexon
[Novembre/Décembre en temps réel]

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Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
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 Jaune sang

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Duscisio Balibe
MessageSujet: Jaune sang   Lun 26 Fév - 20:22

La journée fut rude.
Après que la nouvelle tomba sur les fauteurs de troubles de la communion se soit échappé après avoir mis le doute sur les haut-prêtres et hautes prêtresse pour leurs fidèles issu de tout Istheria. On ne put avoir pire scénario après une fête religieuse aussi importante que celle-ci.
Certains d'entre eux, pour ne pas dire beaucoup d'entre eux, avait des questions suspicieuses sur les dignitaires gélovigiens. L'une des plus toucher par les attaques calomnieuses étaient Othello. La haute-prêtresse de Kesha était en état de choc malgré le fait qu'elle le cache le plus fortement possible. Mais elle donna toutes l'aide qu'elle pouvait comme on pouvait s'y attendre.
Le jeune herboriste gardait toujours un œil sur elle, lorsqu'elle restait accompagner d'une personne de confiance également pour surveiller si elle n'avait pas besoin d'une aide supplémentaire que ce soit moral ou physique, quand il sortait de sa pièce de travail provisoire où il fabriquait diverses potions des plus simples avec les maigres ressources et sa magie des plantes. Il ne pouvait pas faire grande chose d'autre.
Afin de garder un certain secret comme lui avait conseillée la haut-prêtresse de Delil, absente du rassemblement, il passait son temps à éviter de croiser les regards avec ses interlocuteurs, en les baissant ou les fermant en faisant mine de réfléchir.
Il pensait aux deux conversations importantes qu'il avait eut ses derniers mois. Entre le temple de Kron à Lokram et le temple de Delil à Noathis, les pensées se mélangeaient. La vision de l'assassina de Snow Ridel ne le laissait pas non lus indifférant. Pourquoi un représentant de l'église devait-il mourir pour argumenter les propos anti-religieux sur des soit-disant mensonges à la population. Il n'avait rien fait de mal.

Fixant tristement l'une de ses concoctions en préparation, Duscisio martelait les plantes et ses pensées dans le mortier de bois. Derrière son masque, son regard paraissait suffisamment caché pour ne pas montrer son inquiétude sur la situation générale et celle de la jeune femme. Il n'oubliait pas non plus la sienne.
Malgré ses précautions, l'ondine avait vu le changement le plus flagrant des mois après son départ à Hesperia pour le long voyage vers Lokram qu'il avait dû avouer. Un voyage désespéré auquel il avait déjà accepté le fait que ce soit un voyage sans retour.
Tout le long du voyage, le lien magique via les alliances jumelles les avaient assurés de la survie de l'un et de l'autre. Elles qui devaient annoncer par la couleur noire la fin de Duscisio Balibe, Maître Herboriste, propriétaire de l'herboristerie de Lumière à Hesperia dont elle avait les clés.
Le destin en a voulu autrement, les deux prêtres qu'il a pu voir lui ont donné une description de son avenir, la plus marquante étant pour lui celle de Shiva, la haute-prêtresse de Delil qui accepta de lui parler tout en observant de près la Pistilose, étrangeté du monde. Il se souviendra toujours des dernières paroles qu'elle a eus à son égard, c'est sans doute la consigne d'une voie qu'il devrait prendre pour chasser les mauvaises pensées et aspiré à un avenir meilleur. Comment pouvez en être-il autrement ?
Son osmose avec Delil se faisait bel et bien sentir à fur et à mesure que le temps passe, au point où il aurait très bien pu être le Snow Ridel de la cérémonie, représentant de Delil et suivant de Shiva sa voix. D'après elle, le rosier blanc avait la main de la divinité de la vie et de la flore sur lui.
Un jour peut-être viendra où la haute-prêtresse viendra alors à l'appeler pour être le successeur et son représentant comme le fut le Yorka maintenant décédé.
Actuellement il n'était pas prêt à cela. Il y avait quelque chose d'autre à faire et elle se trouvait quelque part au haut monastère en train de soigner ce qu'elle pouvait sauver.
Malgré qu'elle soit un peu ébranlée, Othello a toujours été droit et faire preuve de dévotion à laisser passer ses émotions personnelles pour aller vers autrui avant toute chose. C'était la vision qu'il avait d'elle.

Alors qu'il posa un flacon remplit d'un liquide jaune violacé sur sa table de travail, il ne peut s'empêche de porter à nouveau un regard sur Lullaby sur son annulaire. Couleur inchangé, pas le même éclat peut-être. Il était difficile de savoir s'il avait cette image de l'artefact ou si c'était une illusion quand il se souciait d'elle. Une amie, une sœur. Qu'elle est-elle ? Cette envie de la protéger était dût à quelques choses qu'il ne saurait expliquer. Ce serait-il fourvoyer la première fois sur les sentiments qu'elle avait pour elle ? En fin de compte, ce n'était peut-être que l'envie de combler l'envie de ne plus subir la solitude permanente qui l'envahissait. Ça devait être ça. Juste cacher l'impression de solitude.

Sans se soucier que quelqu'un venait d'entrer, il resta immobile quelques instants, se secoua la tête avant de se remettre malgré lui au travail. S'occuper l'esprit, il fallait s'occuper l'esprit à autre chose avant de se remettre des mauvaises pensées en tête, ou à trop réfléchir. Vider sa pensée en travaillant était la meilleure chose qu'il savait faire. Le temps passé ainsi plus vite et comble l'absence humaine, au gré d'un familier qui venait de se réveiller en voyant une personne entrée en silence.
Tuanio qui venait d'entrer en même temps qu'elle, hésita à appeler son ami et maître. Le regarde vide de la jeune femme laissait penser qu'elle était entrée là par pur hasard, sans trop savoir ou aller ou rechercher un coin où elle pourrait y retrouver le même vide qu'elle avait dans ses yeux.
Par la mission qui lui avait été confiée de la surveiller, l'oiseau blanc se posa sur son épaule pour attirer son attention. Il ne réagit qu'une dizaine de longue seconde alors qu'il était lui-même perdu dans ses réflexions. Levant alors la tête pour regarder l'oiseau, il constata qu'en se tournant un peu plus qu'Othello se trouvait également dans la pièce. Il posa alors ce qu'il avait dans les mains avant de se retourner vers elle.

Dès qu'il croisa son regard, il le détourna par réflexe en sachant qu'elle avait déjà vu ses yeux il y a quelque temps. Il posa la main sur son épaule touchée par une lame bien aiguisée, blessure qui ne saignait plus depuis un moment déjà et qui n'avait laissé qu'une tâche sur sa chemise. Son sang aussi avait été modifié, pas seulement ses yeux. Fort heureusement il fallait le blesser pour le voir. Un sang visqueux, qui ne coule presque pas, un mélange d'hémoglobine et de sève issu de la plante. Ici ce n'était qu'une blessure superficielle, rien de grave.
En restant dans le silence quelques secondes, il réfléchissait à ce qu'il devait dire, cherche quelque chose à dire au hasard, n'importe quoi :

Comment vous sentez vous ?

Il parlait bas, comme s'il ne devait en dire le moins possible. Bien sûr qu'il s'inquiétait, cela se voyait dans son regard, même si celui-ci se détournait, même si son visage était en partis caché derrière un masque. Il n'osait pas l'exprimer.


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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Jaune sang   Mer 21 Mar - 12:32

Dans le sillon de l’attaque, le silence et la réalité s’étaient déversés comme une vague immuable sur le Haut-Monastère. Alors que tous les pèlerins s’agitaient dehors comme une fourmilière dans laquelle on aurait frappé, que les gardes étaient débordés par la situation, que l’ordre peinait à trouver une place, Othello était restée de longue minute assise dans cette cathédrale vide à l’air saturé de peur et de poudre d’intras. Son monde s’était écroulé en l’espace d’un instant, d’un courant d’air, et les fondations se son église s’étaient ébranlées sous ses pieds. Le coup était venu de sa propre voix : elle ne réalisait pas encore ce qu’il se passait, ce que cela pourrait engendrer. Dans le feu de l’action, elle avait agit sans penser, pour sauver les foules et non sa place tout juste acquise – la voulait-elle vraiment, au fond ? Maintenant qu’elle était devenue un phare pour les croyants de son ordre, quel lumière pourrait-elle leur apporter ? Dans leurs yeux, elle avait l’amère sensation qu’au lieu de voir une vierge lumineuse, elle ne verrait qu’une pècheresse sous une couronne d’épine.

Pendant de longues heures, Othello s’enferma dans une cellule des quartiers des pèlerins, comme beaucoup d’autres trop choqués pour parler. Jusqu’à ce que les lunes se poursuivent dans le ciel nocturne, elle regarda la fenêtre sans pouvoir penser, ni parler, ni manger, ni boire. Une coquille de noix vide. Se forcer à aider son prochain, à agir ne marcherait pas.

Pendant les jours qui suivirent, se forcer à faire des tâches mécaniques et répétitives parvint à lui faire maîtriser ses pensées et ses gestes. Elle sentait constamment que les regards autour d’elle avait changé, que les yeux qui lui jetaient les croyants n’étaient plus les mêmes qu’avant, un morceau de leur foi s’était brisée. Même si cela équivalait à des aiguilles enfoncées dans son cœur, elle devait faire avec : il y avait des priorités qui primaient face à son poste, et elle aurait peut-être le temps de s’occuper de cette situation quand tout le monde serait sauf.
Rapidement, cette petite fourmilière retrouva ses marques. Autour d’elle, des êtres bienveillants veillaient à son bien-être : elle n’ignorait pas les regards discrets mais maternels que lui lançait l’herboriste derrière son poste de travail, et les demandes discrètes qu’il faisait aux personnels du Haut-Monastère pour s’assurer qu’elle soit protéger. Ni la présence lupine du marin qui avait pu rester un peu avant de retourner à ses obligations, et qu’elle avait pu soigner des fruits des mouvements de foule.

Ce jour-là, environ une semaine après l’attaque, Othello s’était levée aux aurores, comme à son habitude. Les souvenirs entêtant de l’attaque du colosse et de la guerre cimmérienne s’avérait particulièrement persistants, et elle commençait à se demander si elle vivrait un jour une nouvelle année sans lits et brancards qui s’étalaient devant elle comme des fleurs à la belle saison. Heureusement, il n’y avait rien de très graves. La bousculade avait était source de contusions et de heurts, mais il n’y avait pas de blessures trop graves à déplorer. Les terroristes, quant à eux, avaient pour beaucoup été terminés par les gardes et les braves qui les avaient poursuivis. Et quand bien même, la naïade devait admettre que leur sort lui importait peu, même à cet Ethion qui se prétendait glaive de la justice. Au fond, elle n’avait que faire de son sort, triste ou heureux fut-il. Le mal était fait, et jamais elle ne pourrait revenir sur cela.

Comme à son habitude, elle s’était remise au travail, achevé de faire le tour des lits pour veiller à ses blessés. Le froid était des leurs, aussi pensait-elle que l’herboriste peinerait peut-être à créer ses breuvages. Il était affairé à son établi de fortune, travaillant minutes après minutes à l’élaboration de ses potions. Dans la grande coupole du monastère qui servait d’hôpital de fortune, la prêtresse s’agita et ses pas la guidèrent d’instinct jusqu’au bureau improvisé de l’herboriste, sans trop savoir ce qu’elle venait y faire, ni ce qu’elle venait y chercher. Peut-être des paroles, une discussion ou des réponses. Peut-être une simple présence. Rien ne passait plus vraiment dans sa tête envahie de nuages, aussi elle faisait confiance à son instinct, la part animale en elle qui semblait plus vaillante et plus digne, plus apte à agir quand sa raison souffrait. Elle n’avait pas eu de nombreuses occasions pour discuter avec son ami depuis son retour, les évènements s’étant enchaînés bien trop vite pour eux. A présent était peut-être le moment.

Adossé, face à son établi, l’herboriste pâle, tout d’ivoire fait, semblait aussi absent qu’elle. Ses pensées à son sujet s’entrechoquaient encore dans un ordre plus ou moins chaotique, et elle n’oubliait pas les dernières images qu’elle avait eu de lui. Le sang jaunâtre – si cela était bien du sang – et ses yeux brillant d’or. Et cela n’était peut-être qu’une surface qu’il fallait gratter pour révéler encore des surprises. Elle ne savait encore comment réagir, si cela venait de la plante qu’il habitait ou d’un autre accident de voyage des mois de leur séparation. Sa bague ne lui avait pourtant indiqué aucun accident, et elle devinait que ses jours n’étaient plus en danger. Brusquement, le jeune homme se retourna vers elle, alerté sûrement par le corbeau blanc qui vint se poser sur son épaule, ce bel oiseau qu’elle croisait de temps à autre dans le sillage de son regard comme un gardien silencieux.

Sa voix était brisée, fatiguée – ou n’était-ce que cela ? La sirène releva vers lui un regard un peu plus vif, et interrogateur. Intimement, elle sentait que sa question n’avait pas de sens, et qu’il valait mieux la retourner vers lui plutôt que vers elle, en parfaite santé. Et quand bien même son esprit océan était devenu un aride désert, elle parviendrait à le soigner avec du temps et de la maîtrise, alors que l’herboriste semblait souffrir intérieurement bien plus qu’elle et que l’étincelle de son regard lui était lointain et interdit.


« Je vous retourne la question, Duscisio. » Dit-elle après quelques secondes de silence où elle chercha dans sa gorge sa voix claire. « Votre état m’inquiète autant que le mien vous préoccupe. »

Elle faisait preuve d’une profonde honnêteté avec lui. Après tout, toutes les aventures et les évènements qui les avaient réunis devait leur retirer la crainte et les soupçons. Aussi ne s’encombrait-elle plus de courbures, elle se voulait sincère. Elle désirait vraiment savoir ce qu’il avait sur le cœur, lui permettre de se confier – et quelque chose lui disait qu’elle avait peut-être à faire avec cela. Il semblait avoir beaucoup de choses à raconter, de sujets à discuter ensembles.

« Peut-être avez-vous quelques minutes à m’accorder. J’ai besoin de sortir, de respirer un peu. Peut-être pourriez-vous m’accompagner ? » Depuis l’attaque, l’air du monastère lui semblait toxique, et elle avait pris l’habitude de se promener de temps à autres sur les remparts. C’était l’occasion parfaite pour discuter tranquillement, sans s’inquiéter du climat tendu et des pensées d’autrui.
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Duscisio Balibe
MessageSujet: Re: Jaune sang   Mer 21 Mar - 19:57

Dès l'instant de sa question, il ne se serait jamais douté qu'elle poserait cette réponse, le plus simplement du monde. Comme lui, la jeune femme s'occupait plus de la santé des autres que de la sienne sans pour autant la négliger. Le fait qu'elle s'inquiète sur lui autant que lui sur elle, ne relève aucune surprise à son égard.
Dans ses yeux, elle avait tout de même l'air plus vive. Sa présence lui assurait peut-être un bien-être plus important qu'avec une autre personne, ou simplement qu'à force de travailler pour assurer la santé de tous les blessé à lui seul l'épuisait physiquement sans que l'on ne l'aperçoit complètement.
Puis il y a la voix lasse qui montre bel et bien le tout. Si faire des potions lui semblait maintenant monotone c'était dût aux deux discours qu'il avait eu sur sa personne.
Entre y voir sa fin dans le premier et son commencement dans le second, il ne savait plus vraiment où donner de la tête si ce n'est qu'à ses proches aussi rare soit-il pour se vider l'esprit. Bien entendu, le seul proche qui était présent dans cette demeure des dieux était belle et bien, Othello. La haute-prêtresse de Kesha avait une présence pour lui qui n'égalait personne. Au profil des attaquants il y a une semaine, cette présence semblait atténuée, diminuer même si le rosier blanc n'en doutait pas une seule seconde de son autorité sur la déité de la féminité et de la médecine.

Je suis en vie... Commençait-il. C'est tout ce qui importe.

Si les nombreuses épreuves auxquelles il avait participé n'était rien face aux révélations qu'il a sû en tiré. Se savoir en vie lui suffisait amplement. Puis il y avait cette plante qui le modifiait en tout point à commencer par le signe le plus visible de sa transformation vers l'inconnu, ses yeux.
S'il s'abstenait de la regarder dans les premiers instants, il finit tout de même par croiser le sien. Ce visage de porcelaine dont il ne cesse d'observer depuis son entrée dans ses lieux. Elle semblait si fragile et pourtant elle était beaucoup plus robuste que lui en tout point pour assumer ainsi tout ce qui reposait sur ses épaules.

Me savoir ici en votre présence est aussi un bien fait dont je ne pourrais me lasser. Seulement, je n'ai pas toutes les réponses à mes questions. Il faut que je les trouve par moi-même et je doute de pouvoir le faire seul malgré tout.

S'il n'énonçait aucun détail, s'en était dût à qu'il ne voulait pas spécialement en discuter. Malgré cela, il le devait pour elle et son tourment. Il ne voulait pas tout énoncer non plus entre ses murs où il se sentait enfermé, dans un pot trop étroit dans lequel on l'aurait fait prendre racine pour un temps donné le temps qu'il grandisse. La seule certitude qu'il avait c'est que ses réponses ne se trouvent aucunement ici qu'il devait sortir après avoir réglé toutes les affaires en commençant par les victimes de la communion.
Même les maigres livres qu'il a pu prendre dans la réserve ne contenait que des lignes monotones par rapport aux paroles qui lui avaient été entendus par la haut-prêtresse de Delil, absente et dont il aurait aimé parler davantage.
En ce lieu et place, il devait en premier lieu à la personne se trouvait devant lui, en tant qu'ami, en tant que soeur s'il l'entendait réellement de cette oreille.
Cette dernière lui proposa la première de quitter les lieux afin de prendre l'air. Ce dont il accepta sans trop d'hésitation en laissant ses concoctions en suspend. Un léger sourire aux lèvres, hochant la tête il tendit son bras pour le croiser avec celui de l'ondine posant la main sur la sienne pour la garder près de lui dès leur sortie du bâtiment. Un contact qui lui avait manqué ses derniers mois. Bien que froide, ses mains s'accordent avec celle de la jeune femme dont la chaleur très douce saurait le réchauffer intérieurement.
Pour cette sortie, il oublia totalement son masque volontairement. Fermant automatiquement les yeux dès que quelqu'un les croisait pour leur épargner l'étrangeté de son regard. Sans un mot prononcé jusqu'à qu'ils soient totalement seuls, le couple se libérait de l'atmosphère lugubre de la cage sacrée.
Une fois à l'extérieur, leur allure de marche ne changeait point comme profiter de cet instant aussi longtemps que possible.
Voulant briser le silence, il ne savait par quoi commencer. S'il devait parler de ses deux rencontres, il devait commencer par leur retrouvailles ou bien savoir quand allaient-ils être à nouveau séparer. Chaque sujet faisant collision dans son esprit, la pensée la plus évidente était bien entendu de parler de ce changement qu'elle avait pu constater il y a maintenant une semaine.

Cela a commencé il y a plusieurs semaines... commençait-il en voulant croiser son regard, un petit sourire aux lèvres. J'ignore toujours sur ce que cela débouchera. Je sais seulement que sa sève s'est mêlé à mon sang et donc en changer la couleur.

Que ce soit dans les registres ou les livres, il précisa qu'il n'avait trouvé aucun cas similaire au sien. Comme si on voulait faire disparaître toutes preuves de son existence depuis les temps immémoriaux du monde. La laissant à l'état d'espèce disparue ou volontairement exterminé par un moyen dont il n'y a non plus aucune trace. C'est l'inconnu total pour lui.

Par contre, à la fin de la saison froide et quand la chaleur sera revenue ça sera peu plus difficile de la contenir. Elle va chercher à se développer. J'ai peur que ça fasse un scandale si un autre cas comme le mien se produit. Il n'y a aucun remède connu, tout du moins pour l'instant. Un ami m'a offert un gros manuscrit sur lequel il y aurait une solution, mais elle semble inaccessible pour le moment. Une pierre d'intra est la seule solution. Pour ma part...

Il soupira un instant pour reprendre un peu d'air dans ses poumons. Il y avait beaucoup à dire, il ne fallait pas s'essouffler inutilement.

Je compte bien la garder. Elle m'est beaucoup trop précieuse et je n'ai aucune envie de finir comme cobaye pour les savants.

S'il redoutait une certaine castre c'était bien pour cette raison. Si son cas était relevé à ses derniers, il allait avoir peur pour sa vie ou celle de la plante parasite qui vit maintenant en osmose avec lui.
Comme son propre enfant, la lui arraché le tuerait, dans le sens propre du terme.


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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Jaune sang   Ven 20 Avr - 12:39

Sa main chaudement à l’abri sous un bras familier, la naïade se laissa faire sans broncher, suffisamment heureuse que l’herboriste ait accepté sa proposition de changer de décors, tout comme celle de discuter un peu. Il semblait avoir dans son esprit un millier de pensées fourmillantes et grouillantes, qui ne demandaient qu’un coup de pouce pour s’envoler. Mais encore trop soucieuse pour lui imposer une quelconque conversation, elle ne se laissa pas aller à poser la première question : mieux valait le laisser prendre les choses en main, au rythme qui lui serait le plus confortable. Son voyage semblait avoir retourné plus de souvenirs et d’idées que convenus, et l’avait transformé plus qu’il ne voulait bien le montrer ou le dire. Comme un papillon sortant enfin de sa chrysalide, l’albinos à côté d’elle avait enfin le regard dégagé de nuages, quand il ne les fermait pas à l’approche d’un passant. Le fait qu’il ait laissé ce masque derrière lui était déjà un beau pas en avant : elle trouvait cela bien dommage qu’il fasse le choix d’abriter son visage du monde alors qu’il avait tout à lui apprendre.

Alors qu’ils marchaient en silence, la sirène apprécia l’air frais du dehors, la chaleur douce des soleils qui tombaient sur les plaines avec une radiance tamisée. Tout autour d’eux, un paysage vaste et infini se dessinait jusqu’à l’horizon lointain, rythmé par la mosaïque coloré des champs de fleurs et de céréales. C’était comme ci rien ne s’était passé, que l’évènement tragique d’il y avait cela quelques jours n’avait jamais eu lieu. De rempart en rempart, les gens s’agitaient toujours avec le même bourdonnement, les croyants allaient et venaient encore, le souffle du vent ne cessait pas de faire doucement danser les étendards. Si elle ne croisait pas l’effroi dans les regards passants, elle aurait pu jurer que sa place n’était aujourd’hui pas mise à mal. Une journée normale... Si seulement. En marchant sagement, Othello ne pouvait s’empêcher de calculer intérieurement à quel point ce moment était une rare bouffée d’air frais.

Finalement, l’herboriste commença doucement à délier sa langue. Ses paroles dans le bureau laissait présager qu’il parvenait encore difficilement à faire le point sur sa situation, qu’il ne pouvait trouver ses réponses que dans la solitude, ou avec l’aide d’une oreille sage pour y parvenir. L’ondine ne voyait pas d’inconvénient à être cette présence alerte et silencieuse, et le laissa donc commencer sans l’interrompre, ni réagir : c’était comme si elle s’attendait aux mots qu’il allait dire, bien qu’incapable de les prédire tout à fait.
Il commença par raconter un des points les plus flagrants qui le concernait : les changements physiques dont il était sujet. Alors que sa voix clair et aérée poursuivait son discours, elle revoyait par bribe leur retrouvaille dans les flammes de l’action, alors qu’il était venu à sa rencontre au milieu des fidèles. Les yeux dorés, presque félins, qui lui faisaient face, sa chemise maculée de liquide jaunâtre et visqueux. Tout cela faisait sens, ainsi. Il avait atteint un stade de fusion avec la plante qu’il n’avait jamais eu jusque-là, un état de symbiose presque parfait entre le végétal et lui-même. Quelque part, la pieuse n’avait jamais douté qu’il soit un jour question de cette étape, et que l’herboriste parvienne à lutter contre ses démons, aussi intérieurs soient-ils. Il ne semblait cependant pas encore au stade de les avoir tous apprivoisés : les pires semblaient pulluler à l’extérieur, tout autour de lui.
Quand il lui laissa la possibilité de ponctuer, elle ajouta sobrement, sans jugements ni arrières pensées :

« Pensez-vous qu’elle puisse en venir à se développer hors de vous ? Chez un autre individu ? Qu’en dit le livre offert par votre ami ?» Toute chose dite, elle le laissa continuer. La plante restait une plante, et les beaux jours risquaient effectivement d’annoncer un développement spectaculaire. C’était un risque à prendre, et ils savaient tous les deux que cela était plus de la fatalité que de l’hypothèse. Néanmoins, comme elle avançait sur une pente glissante dont elle savait ne pas connaître grand-chose, elle ne souhaitait pas s’avancer trop.

« C’est tout à votre honneur – et j’avoue comprendre que vous n’ayez pas envie de finir enfermé dans un laboratoire pleins d’Eclaris, même si je pense qu’ils n’en viendraient pas à de telle barbarie. » Finit-elle par ponctuer à demi-mots. La brise légère de l’après-midi venait soulever par petites vagues ses cheveux, et elle sentait le vent passer sur ses joues en de douces caresses.

Alors qu’ils s’avançaient, un page arriva face à eux, tenant à bout de bras des rouleaux par dizaine. Othello le reconnu bien vite comme étant le jeune apprenti chargés de la jonction des différents temple, et qui avait reçu la sale besogne de noter tous les rapports concernant l’incident des nerozias et le rétablissement de l’ordre au sein du haut-monastère. Quand il croisa son regard, il avança vivement vers eux, en manquant de renverser la moitié de ses parchemins. Ne voulant imposer cette présence à Duscisio, la jeune femme se décrocha de son bras pour aller à la rencontre du petit bègue, soucieux de couvrir les évènements de la journée concernant les blessés. Il griffonna sur sa tablette des chiffres et des mots rapidement, soutenu par les mains d’Othello qui agissaient comme table. Quand il eut finit, la sirène le renvoya dans le sens opposé, leur ouvrant de nouveau le passage pour qu’ils puissent discuter tranquillement.

« Je comprends vos motivations. » Finit-elle par ajouter une fois retournée à ses côtés, reprenant leur rythme de marche. « C’est comme une fille, j’imagine, une partie de vous. Un fragment indissociable de ce que vous être aujourd’hui. » Levant les yeux vers les soleils lointains, elle profita un instant de la chaleur sur son visage. « Cependant je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi vous tentez tant de vous abriter derrière ce masque et des yeux clos. Vous êtes qui vous êtes, Duscisio, et personne ne pourra vous le prendre. Vos potions en ont aidés plus d’un, et encore aujourd’hui vous agissez pour les autres. Ne pensez-vous pas qu’en vous montrant tel que vous êtes, vous ne serez pas chassés mais acclamés ? » Elle finit, conscience de son audace mais sans être effrayée par une possible remontrance. « Vous n’avez pas à porter ce fardeau de vous cacher ainsi des yeux du monde, vous n’êtes pas un monstre mais un cadeau des Dix. » Sa voix était calme et pieuse, apaisée par cette bonne compagnie et le calme d’un moment hors du temps. La sirène parlait sans filtre : il y avait trop de souvenirs et d’histoire entre eux qu’elle n’avait plus à avoir peur d’être honnête.


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Duscisio Balibe
MessageSujet: Re: Jaune sang   Jeu 26 Avr - 21:59

Cette sortie était la bienvenu. Tout autant qu'il était une occasion rare de pouvoir observer la bâtisse de près. Si la construction en elle-même date de plusieurs siècles, elle n'avait en rien perdu de sa splendeur. Les motifs inspirés d'une époque médiéval, ressemblait à une cathédrale gothique. Le chemin sur lequel ils étaient, se trouvait à l'extérieur sous les arcs-boutant qui supportait les pans de la structure. L'architecture complexe imaginé par architecte a dût en étonné plus d'un dès le début de sa construction, il y a plus de trois cents ans. Fort heureusement la magie avait déjà été découverte depuis longtemps et son étude ne laissait que des surprises aux fils des années.

C'est en commençant par le principal que le sujet de conversation prit la tournure la plus agréable. Si parler de la Pistilose restera un sujet dont l'herboriste ne se lassera jamais par le fait d'en être le seul à expérimenter l'osmose avec cette dernière, l'avenir avec elle n'en reste pas moins des plus improbables et avance toujours dans l'inconnu. Enfin pas totalement. En effet, le manuscrit qu'il a acquis il y a peu par ce dit ami, lui fournis des détails, dont il en avait pas notion avant. Son mode de vie, son histoire, son remède et sa réputation. Même si le dernier point était passé de redoutée à totalement oubliée, il se peut qu'un collègue de métier puisse en avoir eu vent.
C'est sa plus grande crainte. Le choc des connaissances peut prendre une tournure qui peut vite tourner au cauchemar pour lui. Alors l'idée qu'elle puisse toucher un autre individu ébruiterai son existence qui est pourtant loin d'être une évidence.
Pour des raisons pratiques, il préfère ne rien dire pour l'instant à l'ondine sur ce passé, par contre pour ce qui est de la propagation, en tant qu'herboriste, elle le comprendrait sans l'ombre d'un doute.

Cela est dans l'ordre naturel des choses. Une plante cherchera que son espèce survive. C'est fort possible qu'elle cherche à se propager. Son instinct naturel en quelque sorte.

Dans son cas, il s'agit de l'étape suivante de son osmose. Ne pouvant laisser faire par sécurité de la population - et surtout la sienne - il était préférable de la bloquer à cet état. La latence qu'elle allait devoir supporter allait être difficile, mais nécessaire. Il était évident aussi, qu'il fallait éviter la curiosité des Eclaris. Savant à temps plein, toujours à la recherche de nouvelle découverte. Mais ne les connaissant pas assez, il préférait rester sur ses gardes les concernant.
Le silence à nouveau fut de rigueur. Une page arrivant les bras chargés de parchemins, obligea naturellement à fermer les pupilles dorées du jeune homme. Un réflexe qu'il semblait devoir prendre surtout par crainte que cela dérange ou suscite des curiosités.

Il resta passif pendant un temps, laissant une oreille et un oeil discret en observation.
L'affaire de l'attaque des nezoria avait fait couler beaucoup d'encre - à défaut du sang qui a été joyeusement versé par ses individus - seulement à voir comment un événement tragique provoque, la découverte d'une nouvelle épidémie d'un genre « renouveau » pourrait en faire couler beaucoup plus. Comme il l'avait indiqué, il ne voulait pas que cela se sache. Possédé et faire vivre la Pistilose sans contrôle est extrêmement dangereux, car aucun remède facile d'accès n'existe. D'après ce qu'il avait pu lire, la solution serait de trouver une plante surnommée « La dame blanche » seul problème c'est qu'elle se trouve en Noathis, au plus profond du territoire des Carnéas, créature extrêmement dangereuse, vivant dans le désert de plantes.
Par crainte de cette découverte, le comportement le plus simple serait de supprimer la source même de la renaissance de l'épidémie : Duscisio lui-même.
Seulement il y a une contradiction qui se fait s'ils ont réfléchis un peu plus. Le supprimer, n'arrêtera pas l'épidémie et faire disparaître le seul homme à connaître mieux la plante que n'importe qui d'autre serait une perte incommensurable. Si la bêtise humaine causée par la peur, l'effraie autant pour en garder le silence, ce n'est pas pour rien qu'il préfère cacher son existence.
En revenant, il put rouvrir pleinement ses yeux dorés afin d'ajouter sans attendre ses arguments. La pistilose est sa fille. Oui on peut dire ça. Si Ducisio devait la considérer comme un membre de sa famille cela pourrait être une fille ou une soeur. Il n'en ait pas le père, juste l'hôte. La qualifié ainsi est assez étrange.
Ensuite elle avait un peu raison. Il est connu aujourd'hui pour donner le meilleur de lui-même à autrui par son travail et ses actions. Malgré ça, il avait peur d'un jugement hâtif par la présence de la rose blanche.
Et puis il y avait les paroles de Shiva qui restaient encore dans sa tête.
Celui de devoir rester discret pour le moment. Il ne s'agissait que le temps d'en savoir plus. Puis il y avait son jugement final. Il s'en souvient comme c'était hier.

Duscisio vous... Avez la main de Delil sur vous. Je peux la sentir...

Comment ne pas être insensible à cela ? S'il n'aspirait qu'à aider et porter son aide là où il le pouvait la haute-prêtresse de Delil lui avait fait cette confidence.
Peut-être devait-il se tourner vers lui. Néanmoins, les paroles de la haute-prêtresse de Kesha était aussi convaincante, mais son propre jugement et sa propre peur le freinait.

Je sais bien que c'est absurde de se cacher ainsi, mais je n'ai pour l'instant pas le choix. En plus de tout cela, je dois la contenir, afin de trouver une solution en cas de panique.
Il prit un instant de répit afin de se remettre un peu les idées en place. Il y avait donc deux craintes qui l'empêchaient de se montrer au grand jour : une nouvelle épidémie sans remède, la peur d'un jugement hâtif qui le condamnerait.Une enquête sur ce changement soudain de couleur de pupilles pourrait intéresser les experts et les savants et le mener à la Pistilose après quelques semaines de recherche.
Il ne pouvait se le permettre.

Un simple oublie, une perte de contrôle et cela peut tourner à la catastrophe.

Ses recherches n'étaient pas terminées sur le sujet. En ce moment même, il se serait concentré sur celle d'une contre-mesure pour arrêter une possible épidémie. Jusqu'à qu'il soit sûr qu'il puisse avoir une solution il restera seul dans son coin afin de ne mette personne en danger.

Je pense également, qu'il faut que j'aille demander conseille à la haute-prêtresse de Delil une fois de plus.


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MessageSujet: Re: Jaune sang   Sam 19 Mai - 12:12


En rangeant les parchemins éparpillés dans les bras du jeune page, elle ne pouvait s’empêcher de ruminer quelques pensées tenaces, nées de la conversation. Etrangement, et contrairement à son collègue et comparse, elle avait du mal à imaginer la plante comme une menace, bien qu’elle comprenne sa nature parasite. Cela venait sûrement du fait qu’elle ne la connaissait pas comme lui, et que sa relation avec elle n’avait jamais eut lieu qu’à travers le prisme de l’albinos. Néanmoins, si il lui était offerte une chance de se multiplier, quitter à abandonner son hôte, elle doutait qu’elle la saisisse et se multiplie en boutures. Pour ce qu’elle en savait, du moins. Mise face au mur, elle devait admettre qu’elle n’en menait pas large face à cette espère encore méconnue de ses fins sens d’herboriste. Et comme si elle s’avançait sur un territoire dangereux, terrain de prédilection de son ami, sa pudeur la freinait de vouloir en savoir d’avantage.

Chassant du bout des cils ces pensées frivoles, et se retourna vers l’argenté alors qu’ils reprenaient sereinement leur marche. Duscisio sembla un peu brusqué de ses paroles, prenant sur lui pour lui expliquer les choses : elle perçu le trouble dans son discours et dans sa voix, mais balaya tout cela en avançant tranquillement. Quelque chose de paisible l’habitait : pas une distance austère et désintéressée, plutôt une confiance calme et profonde en l’avenir de son ami. Comme si l’issu de son histoire ne pouvait qu’être claire et innondée de lumière et de succès. Il s’était assez battu contre lui-même, maintenant il fallait se reposer, faire la paix et continuer.

« Je comprends. » Dit-elle simplement pour toute réponse, alors qu’il prenait un instant pour lui. Alors qu’ils avançaient en silence, elle pouvait jurer qu’il réfléchissait à ses démons qui le suivaient comme son ombre. Que si il ouvrait les yeux devant un inconnu, on viendrait à son encontre, on l’enlèverait. Othello se sentait comme un roseau : agressée par le vent, par le courant et la pluie, mais sans jamais se briser. Dans ce monde où l’on s’acharne sur le peuple, où les colosses tombent du ciel et où l’on transgresse les monastères des croyants, à quoi bon s’attarder sur un changement de regard ? Certains magiciens s’en faisaient des spécialités. Mais elle se garda bien d’en parler : il avait sûrement ses raisons, et elles valaient mieux que ses opinions. Il vint de lui-même confirmer cette dernière pensée. Sans rien rajouter de plus, Othello acquiesça, sachant que cela ne valait pas la peine de s’opposer trop à lui alors qu’il devait déjà être bien assez tourmenté. « Vous avez sans doute raison. » Finit-elle par concéder, sans plus troublée par la conversation.

Lui laissant encore un peu le temps pour réfléchir, la sirène se mit à humer l’air frais du matin , le fond de l’air mordant malgré les soleils de plus en plus vibrants, la pureté de la brise qui secouait ses cheveux et remplissait ses poumons. Les bruits intenses et fourmillants du monastère se faisaient de plus en plus distants, ce qui n’était pas pour lui déplaire. A cet instant, le plus enfouie et le plus loin elle était, et le mieux elle pouvait s’abstraire. Une envie profonde s’éveilla en elle, s’elle de glisser comme la rivière vers les profondeurs, de revenir un poisson l’ombre d’une heure pour s’enfuir dans les abysses et n’être plus que de l’eau. Rien, en somme...

Quand l’herboriste prononça le nom de la Haute-Prêtresse de Delil, la sirène sortit un temps de sa rêverie. Cela faisait bien longtemps qu’elle ne l’avait vu... Pouvait-elle-même y prétendre ? Elle ne l’avait vu qu’une paire de fois tout au plus. Et elle était bienheureuse de la savoir loin, à en voir l’état du pauvre Ridel aujourd’hui... Que ce serait-il passé si cela avait été la gélovigienne ? Elle fit un mouvement imperceptible de la main. Elle était déjà morte, de toute façon...


« C’est sûrement un choix éclairé. Shiva m’a semblé être une femme de sagesse et de foi. Elle sera sûrement bien plus qualifiée que la plupart d’entre nous pour vous donner des réponses sur ce que vous traversez... » Ce n’est qu’alors que sa phrase la frappa entièrement, et qu’elle remarqua alors un détail qu’il lui avait échappé. « Vous l’avez déjà rencontré ? » Demanda la prêtresse, un peu surprise. Il ne lui semblait pas qu’ils s’étaient vus lors de son accession, puisqu’elle seule avait eut la chance de croiser la trépassé après la cérémonie. Son voyage l’avait visiblement mené vers des lieux qui dépassaient ses connaissances.
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Duscisio Balibe
MessageSujet: Re: Jaune sang   Sam 2 Juin - 1:24

S'ils ont maintenant son cas pour une généralité sur la Pistilose, il n'y avait aucune raison de la craindre. Pourtant son hôte était persuadé du contraire.
Les indices qui lui donnent raison sont ses connaissances sur le sujet et aussi les informations qu'il a dû absorber comme les rayons du soleil sur une feuille bien verte.
Si on se contentait par contre du savoir de l'ondine qui n'a pas vu la même chose, il n'y avait qu'à craindre les effets premiers de son développement qui a été extrêmement difficile pour son ami. Elle le sait, elle était là à certains moments. Souffrance, larmes et encore de la souffrance alors que pourtant la rose blanche cohabitait très bien avec lui aujourd'hui.
Personne ne sait si l'un de ses rejetons se développant dans un autre hôte pourrait le supporter ou qu'elle pourrait partager sa vie. La population pourrait t-il apprécier ce renouveau ?
Il n'y a absolument aucun indice favorable.

Ne semblant pouvoir le contre-dire, la jeune femme finit par admettre ses propos. La formule qu'elle avait utilisée lui laissait néanmoins un sentiment contradictoire. Il savait qu'elle n'était pas totalement d'accord avec ses opinions. La phrase même lui indiquait cette affirmation. Il la regarda du coin de l'oeil à ce moment-là sans prononcer un mot de plus.
Au final, qu'elle était son souhait. S'ils étaient simplement ami, il pouvait chacun prendre le chemin qu'il voulait. Sa fonction de haute-prêtresse la placerait au bout d'un moment sur un autre chemin, tandis que lui allait devoir retourner et travailler dans sa demeure jusqu'à la fin. S'il doutait maintenant trouver une épouse à l'heure actuelle, son retour à la nature ne fait aucun doute. Allait-il devoir vivre en ermite afin de sauvegarder tout trouble qui pouvait être fait à la population, à lui et à elle.
Si cela restait dans ses pensées, vivre à l'écart de tout était une option qui ne l'engageait guère. Néanmoins, la vie qui l'attend avec la nature n'est pas ennuyeuse pour autant. Shiva vivait elle-même à l'écart de tout.

La haute-prêtresse de Delil passa alors dans la conversation ainsi qu'une pensée pour Snow Ridel aujourd'hui éteint, ou plutôt assassinée froidement. Si l'ordre religieux était visée qu'en serait-il si Shiva la pourpre était venue. Le représentant serait peut-être en vie, mais Shiva aurai été à sa place. Ça, il en était hors de question. Duscisio aurait alors perdu un guide. Othello lui demanda s'il l'avait alors rencontré.

Lors du chemin de retour oui. J'ai fais un détour par le temple de Delil pour des conseils, affirma t-il en levant le bras droit, découvrant l'un des bourgeons sur le poignet.
C'est d'elle que je tiens à garder le secret pour le moment. Pas seulement à cause de la nature de la Pistilose, mais par l'étrangeté de ma situation, si je peux l'appeler ainsi. Je préfère suivre ses conseils tout en appliquant mon savoir sur cette dernière.

Il ne pouvait s'empêcher de se souvenir une fois de plus de l'étrangeté de ses paroles, mais aussi de l'aveux sur son état actuel. Lasse, lui avait-elle dit.
La lassitude pouvait amener bien des choses dans l'existence d'une personne. L'envie comme la raison de vivre n'étant plus présente, certains en arrivent à y mettre fin de la manière la plus simple qui soit.
Il énonça à la jeune ondine les bribes de conversations qu'il a eu au temple. Ses paroles qui furent étrange, ne le laissait pas indifférant. Se pourrait-elle même qu'elle...
Chassant cette pensée, comme de demander à la dame de savoir comment elle sentait l'avenir malgré l'événement. Elle en était suffisamment bouleversée. Une question lui brulait les lèvres malgré tout :

Que comptez-vous faire une fois notre travail ici terminé ?


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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Jaune sang   Ven 15 Juin - 14:22

En marchant, la sirène observa du coin de l’œil l’attitude intérieur de l’herboriste, qui semblait plus concentré que jadis. Elle pouvait presque voir ses pensées vagabondes se bousculer derrière ses yeux à moitié clos, se chahuter doucement, voir même se chevaucher. Il avait l’air si profondément perdu qu’elle n’osa en dire plus. Quelque chose l’avait saisi, et elle comprit alors qu’il y avait dans cet esprit des entités nouvelles qu’il ne savait peut être pas encore existantes, mais qu’il aurait vite fait de dompter. Une nouvelle vocation, peut-être ? Une chose était sûr : il était effectivement bien différent de quand elle l’avait vu partir, à Hesperia six mois plus tôt.

En l’écoutant, elle regarda les bourgeons brandit sous ses yeux, à la naissance de ses mains. C’était toujours aussi impressionnant à voir, mais la sirène devenait un peu plus accoutumée à pareille vue. Et elle ne pu s’empêcher de penser qu’il avait fait un détour salutaire, que la sainte pourpre serait sans doute un des choix les plus avisés pour l’aider dans sa quête de réponse. Néanmoins, connaissant les penchants curieux de la dame, elle se demanda si elle n’avait pas voulu le mettre sur le chemin de la science. Néanmoins, elle ne pouvait en juger elle-même. Restant dans un respectueux silence, elle le laissa poursuivre. Apparemment, elle fut plus avisée que la sirène ne l’imaginait, et d’un meilleur conseil.

Othello se surprit à constater à quel point l’albinos semblait la tenir en respect. Alors qu’elle quittait la plante des yeux pour regarder le jeune homme, elle s’aperçu que la Haute-Prêtresse de Delil avait une place toute particulière pour l’herboriste, que les conseils qu’elle lui avait prodigué s’étaient encrés profondément dans son cœur. Ce n’était pas un mal : lui qui avait parcouru tout le continent en quête de réponse pouvait enfin se reposer sur des paroles sages, des sermons avisés qui correspondaient sûrement bien plus à sa situation que tous ce qu’eux, autres, pourraient connaître.
Il poursuivit, revenant de lui-même sur ce qu’ils s’étaient dit : c’était plus que la sirène ne pouvait le demander. Sérieuse et concentré, elle redoubla d’attention et écouta avec un profond intérêt. Lasse, s’était elle dit... Cela ne la surprenait qu’à peine. Déjà, en la rencontrant, elle avait constaté que la pourpre était habitée d’un certain spleen. Mais elle s’imaginait bien qu’après quelques deux cent ans de vie et des dizaine d’années à occuper le même poste, c’était assez logique. Elle qui n’y était que depuis quelques longs mois en était presque au même stade. Cependant, elle perçu l’émotion soudaine qui l’habitait.


« Shiva est une femme forte, vous savez. Elle n’en viendrait sûrement pas à commettre l’irréparable : les vies qu’elle doit porter sont trop importantes pour elle. » Dit-elle avec plus de conviction qu’elle ne pouvait l’imaginer. Elle ne pensait vraiment pas que la Sainte pourrait en venir à finir ses jours... Il en était autrement pour ce qui était de précipiter son départ. Elle avait toutes les cartes en main pour mettre en place une nouvelle cérémonie après tout, même avec elle encore aux commandes. Othello devint bien grave, en songea à une nouvelle élection, mais se garda bien d’en parler à son comparse.

Après cela, et quelques secondes de silence, Duscisio lui lança brusquement une question, sans crier gare. Othello redoutait bien qu’elle survienne dans la conversation tôt ou tard, mais ne pensait pas la voir surgir ainsi et comme cela. S’arrêtant sur les remparts, elle les invita à regarder la plaine en contrebas. En s’avançant un peu, elle s’autorisa à s’abaisser doucement, se soutenant sur les coudes en croisant les bras pour profiter un peu plus de la caresse de la brise et des soleils.


« Pour tout dire, je n’en sais pas grand-chose. » Finit-elle par avouer, un sourire amusé aux lèvres. Ses yeux ne quittaient pas l’horizon. « Seulement que c’est à mon tour d’entamer un grand voyage. »

C’était un grand projet, un dessein si vaste qu’elle ne savait pas quoi commencer, quel entame présenter à l’herboriste pour qu’il puisse la suivre de la pensée. Laissant filer quelques secondes, elle finit par hausser les épaules et avancer :

« Vous n’êtes pas sans savoir que je ne suis pas venu ici que pour la cérémonie. Il y avait des documents que je souhaitais voir à la bibliothèque de Kelors, mais ils ne m’ont pas appris ce que je voulais. » C’était un maigre début, mais un début. Elle laissa encore filer le silence. « Je sais seulement que je dois me diriger vers le sud, à la recherche d’un moyen de défaire ma malédiction. » Elle se retourna vers l’herboriste, étrangement sereine et calme, comme l’onde tranquille. « J’ai décidé de m’en défaire. De finalement m’en sortir. » Elle ne savait pas encore dans quelles eaux ils navigueraient avec Fenris, ni si leur route ne serait pas plus proche du nid de guêpes plutôt que du long fleuve tranquille. Mais elle l’attendait néanmoins avec plus de quiétude qu’elle n’avait pu l’imaginer. Attendant patiemment l’avis de son ami, elle regarda de nouveau l’a plaine gorgée de lumière.
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Duscisio Balibe
MessageSujet: Re: Jaune sang   Lun 18 Juin - 13:50

D'après les dires de l'ondine sur la haute-prêtresse de Delil, elle avait l'air de la connaître. Beaucoup plus que lui c'est certain qui ne lui avait parlé que durant quelques minutes.
Néanmoins, la présence qu'elle avait semblé effectivement forte, mais diminuée. C'était peut-être une illusion quant à ses paroles qui indiquaient tout le contraire de ce qu'affirmait.
En racontant sa rencontre, il y avait plusieurs idées qui s'entremêlent. Pensant en premier lieu à lui, il ne doutait aucunement que son guide n'arrête de jouer son rôle si soudainement après l'avoir rencontrée. Si une seule personne pouvait la pousser à s'arrêter là ce ne sera jamais Duscisio lui-même. Il sort à peine de la coquille qui le cachait des dix et de son avenir qu'il aurait avec eux. Tourner vers Delil, voilà ce qu'il en était aujourd'hui, par delà sa magie des plantes et de son osmose avec elles.
Ne pouvant qu'approuver son jugement, il hocha la tête avec un petit soupire intérieur et un petit sourire.

Sa question aussi suscita la surprise.
Voilà qu'après avoir suivi sa route, elle avait la sienne à prendre. Ils ne se seront que très peu vu en une année complète. Chacun sa route et à chacun son destin. Elle avait sa grande avenue à prendre tendis qu'il se contentait des petites routes. Il n'avait pas la même fonction. Le modeste herboriste qu'il est – bien que connu – restera une petite étincelle dans le monde a apporté aide et soutien à ceux qui le demande tout en étudiant son cas afin qu'il ne nuise à personne.
La raison de sa présence ici n'avait lieu que la recherche de réponses, mais sans succès. Pour elle aussi le voyage vers le temple dont elle avait eu cette malédiction était le seul lieu où elle pouvait s'en défaire comme elle le souhaitait à présent. Rendre la Lance devrait être une condition, mais il ne s'étonnera pas qu'elle ne soit pas la seule. Si celle pour la garder était dix années de service ou la vie de son premier enfant, celle pour l'enlever doit être au moins équivalente.
Il ne pouvait que faire des suppositions, il ne le connaissait pas vraiment.
Qui connaît-il au final ?
Se connaît-il assez lui-même pour penser qu'il avait un autre chemin à prendre ?
De multiples pensées l'envahirent à nouveau le gardant dans un silence, un regard mi-clos abaissé et un visage interrogateur en fixant un point imaginaire. Une autre pensée se fixa alors, il n'énonça rien, il ne pensait à rien. Gardant ça pour lui comme d'une évidence.

On ne se sera que vu que très peu de fois en une année.

C'était même mieux comme ça. Si l'interprétation de ses cauchemars que le prêtre de Kron lui avait faite, il lui oblige à subir son ombre. Qu'il ne se sépare ainsi à nouveau l'empêche qu'elle à nouveau sur l'ondine. Qu'il ne la mette en danger même. Par ses épées ? Par la plante ? Ou il y avait peut-être autres choses. Il a décidé de croire à cette version.

Nous avons notre propre route à suivre. La votre est fixée, la mienne est encore un peu bancale...

Ne se laissant pas dans la gaffe de dire ce qu'il pouvait penser à ce moment précis il se tue. Lui qui avait prit une longue route peut-être devait-il la conseiller pour les passages obligés. Il s'en chargea alors aussitôt tant qu'elle était sous son bras. La route à prendre, les moyens de se défendre. Énonçant ça un à un en continuant leur marche.

Vous avez quelqu'un pour vous accompagner je suppose. Ce n'est pas une route à prendre seule, surtout ses derniers temps à cause des événements de ses dernières années. Rien qu'avec les colosses et de leur dégâts collatéraux, certains territoires sont à bout de nerf et donc dangereux.


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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Jaune sang   Mer 20 Juin - 15:29

Alternant entre la plaine et le visage de son ami, Othello ne savait réellement dire ce qu’il pouvait bien penser sous ces mèches blanches et ces yeux dorés. De nombreuses émotions contrastées passaient dans ces prunelles comme des nuages cotonneux tapissant un ciel bleu. Elle n’aurait su dire la nature exacte de ce qu’elle voyait, si ce fut de la joie ou de la surprise, de la haine ou de la crainte. Seulement que la dominant n’était pas agressive, et semblait le plonger une fois de plus dans une certaine introspection. En réponse, elle se retourna vers la vue et s’y plongea de nouveau, en le laissant à ses pensées sans trop le brusquer.
Sans le dire, elle anticipait déjà ce qu’il pouvait bien penser ? Peut-être trouvait-il son projet fou ? Elle en doutait, lui qui avait sillonné le globe pendant des mois à la recherche de réponses pour ses propres questions. Et justement, quelque chose lui dit qu’elle n’avait pas toute trouvé leurs réponses... La sirène laissa ses épaules se détendre un peu, et elle s’abaissa doucement sur le rempart pour glisser sur le côté, bousculant amicalement l’herboriste pour lui permettre de remonter à la surface, espérant qu’il livre ainsi ce qu’il avait sur le cœur.

Finalement, il délivra son secret – ou alors il se contenta de soulever un peu le voile qui épousait sa forme. Othello cilla mais ne pu que constater discrètement, tombant dans un silence profond. Il était vrai que les mois s’étaient égrainés avec une vitesse folle et pourtant si marquante, depuis le jour où elle l’avait vu partir de bon matin, et où elle avait juré de s’occuper de son royaume le temps de son absence. Cela dit, le fait de jongler entre ses obligations auprès des fidèles, de ses rénovations pour redonner vie à son logis, et de l’entretient quotidien et obstiné des plantes par centaine de l’herboriste, elle n’avait pas vu le temps passer – ni n’avait pu réellement comprendre ce qu’il lui arrivait, comme si elle avait mis ses émotions, ses souvenirs et ses pensées dans une chrysalide. Il n’y avait bien eut que la cérémonie pour la sortir de sa routine méticuleuse, et la préparation de la route à venir.


« C’est vrai... » Murmura-t-elle après quelques secondes, un peu défaite. Comme lui plus tôt, elle se retrouvait à lui avouer son projet de départ, sans pouvoir donner de date de retour. Elle regarda un temps d’aigue-marine translucide et claire, certaine qu’elle lui transmettrait son état malgré la distance, des nouvelles minérales mais bien venues. « Mais c’est un changement nécessaire. Espérons que les prochaines années puissent être plus belles... » La naïade espérait effectivement pouvoir apprécier quelques années de tranquillité une fois cette mésaventure terminé – quelque fut la façon dont cela se terminerait. Pouvoir enfin accomplir son devoir sans avoir honte d’ouvrir la paume, ou sans à avoir à porter de gants devant son église. Ce voyage était nécessaire si elle voulait s’offrir ces moments de répit et d’abnégation.

La phrase qu’il prononça ensuite était des plus énigmatiques, et la laissa sans voix pendant quelques secondes. Il ne lui était pas permis de comprendre ce qu’il y avait sous ce front pâle, et il était clair qu’il parlait alors pour lui-même. Mais sa façon de voir les choses semblait très configurée, comme si leurs voies étaient déjà toutes tracées et ne laissaient plus la place à la moindre surprise. Othello ne partageait pas toute à fait cette vision : si pour elle se débarrasser de la marque de Kron était devenue une priorité, il n’en était pas de rester à son poste, ni même de continuer de servir les gélovigiens jusqu’à sa mort. Si elle vouait pour sa déesse une foi et un amour inébranlable, elle n’avait pas cette même patience pour les mortels, et encore moins depuis les récents évènements. Sa nature animale lui imposait un instinct de survie qui dépassait l’entendement, et si pour l’instant le poids imposé à ses épaules était supportable, elle ferait tout pour se sauver avant que ses jambes ne se prisent sous cette charge.

Surprise et perplexe, elle se garda cependant de réagir tout de suite. Sa voie était bancale... Intriguée, la sirène le dévisagea quelques secondes, mesurant sous ses yeux d’ébène le poids des mots, marinant doucement sous son front caché par des boucles argentés. Il voyait ainsi la vie par des chemins parallèles où l’on pouvait parfois s’entrecroisé. Othello aimait à voir cela plus comme un océan, où l’on nage dans une enivrante liberté, où parfois une encre ou un hameçon contraint à prendre des décisions contraires, où l’on poursuit des rivages distants où l’on finit parfois par s’installer. Que voulait-il dire par bancale ? Peut-être que lui-même l’ignorait. Ou alors, il hésitait encore sur le chemin à parcourir... Plus ils discutaient, plus la naïade se demandait si ce voyage n’avait pas soulevé plus de question encore. Lui-même semblait bien énigmatique en parlant, comme si une pensée le tirailler sans qu’il ne puisse la livrer. Néanmoins, sans vouloir lui imposer de question, la prêtresse acquiesça et pria avec sérénité la Déesse pour qu’elle permette à Duscisio de trouver sa voie et son chemin, et qu’il soit le plus prometteur possible. Une autre part d’elle restait soucieuse de voir son ami si tiraillé, et voulait l’apaiser de ces hantises.


« Où que vous mène votre voie, vous trouverez chez moi tout le soutient que je pourrais vous apporter. » C’était bien maigre, mais sincère.

La conversation prit alors un chemin plus léger, et son voyage à venir fut bien sûr mis sous la lumière. Duscisio voyait juste, et mettait l’ondine face à une vérité encore honteuse : elle n’avait pas encore prit tout le temps nécessaire pour se pencher sur son itinéraire, ni sur les préparations. Tout au plus avait-elle mis la main sur une carte et avait-elle étudié via des livres et des lettres les points les plus houleux de l’aventure. Le temps qui lui était alloué pour ses propres faits et gestes étaient assez maigres en ces temps de commémoration, et encore plus après l’attentat. Secrètement, elle espérait pouvoir se reposer sur ses souvenirs de son dernier voyage, et les conseils avisés de Fenris et de sa connaissance pointue du monde. Un peu défaite, elle poursuivie, heureuse de retrouver un sujet sur lequel elle avait pied et où elle sentait plus de calme :


« Je vous avouerai ne pas avoir pu préparer l’itinéraire pleinement. Ma connaissances de Phelgra et Argyrei est encore maigre, et je comptais profiter des quelques semaines qui nous sépare des Fanèlides pour en apprendre plus. Tous les conseils sont les bienvenus, bien entendus... » Dit-elle d’une traite, rajoutant ces lectures à ses tâches à venir. Il lui apparut brusquement être particulièrement mal habile pour tout ce qui était voyage. Mais elle ajouta dans un sourire pour rassurer le jeune homme. « Ne vous en faites pas, cependant, je ne vais pas entamer ce périple seul. » Elle poursuivit, se demandant où le marin avait été envoyé en aval de l’attentat. Par respect pour l’herboriste et jugeant qu’il n’était pas nécessaire d’aborder le sujet plus en profondeur, elle passa de nouveau son bras autour de celui du jeune homme, et reprit sa marche sur les remparts, observant deux gardes en armes un peu plus loin sur leur chemin.
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Duscisio Balibe
MessageSujet: Re: Jaune sang   Lun 6 Aoû - 21:33

Si ses derniers mois s'étaient passés à une vitesse alarmante pour engendrer de tel changement chez le rosier blanc, il s'imagine qui ne serait plus reconnaissable par quiconque à l'avenir. Rien ne semblait pouvoir lui donner l'exactitude de son avenir avec les données qu'il possédait et qu'il arrivait à partager avec le peu de personnes à qui il faisait confiance..
Finalement, ce voyage aura été un mal pour un bien afin de se juger apte à un rôle qui ne semblait pas fait pour lui, pour rien au monde.
Cela fait des mois qu'il y réfléchit. Des mois qu'il y pense, mais au final le résultat de ses pensées ne sont limitées qu'à la parole de deux personnes : le prêtre de Kron à l'interprétation de ses visions et la haute-prêtresse de Delil à qui il va se tourner à l'avenir.
La moralité de ce voyage c'est qu'il restera finalement seul au fond de lui quelle que soit la direction qu'il prend. Il n'est qu'une ombre influant qu'un nombre limité de personnes. Sa disparition ou son changement de vie n'affectera personne de réellement important.

Pensez aux prochaines années, pour lui c'était une évidence qui date depuis le jour où il est propriétaire de l'herboristerie de lumière à Hesperia.
Que faire de ses mains, de ses compétences et de ses aptitudes à travailler les plantes ?
Au final, la direction vers le divin fut la meilleure chose qu'il puisse lui arriver aujourd'hui afin de trouver une voix dans laquelle il pourra être utile au monde par son influence.
Se tourner vers Delil sera également un aspect qui lui allait plus que parfaitement. Toute sa vie il était tourné vers la flore du monde, faire partie de sa protection ne peut avoir meilleurs chemins que celui de se tourner vers les êtres humanoïdes d'Itsheria dont sa vision était bien plus trouble que par le passé.
Que pensait-il d'eux ? Qu'avait-il a apporté à les soutenant ?
Si l'enrichissement de sa personne était de loin la dernière pensée qu'il pouvait avoir, le désintéressement total à l'acquisition d'un bien pouvant lui apporter une quantité astronomique de dias ou encore celui d'un pouvoir plus puissant que tous les autres.
Tout ceci n'était que la nature même de l'homme et pourtant il devait faire partie des rares êtres à n'en vouloir aucun.
Il désirait vivre et non exister aux yeux du monde, peu importe ce qu'il pouvait faire.

Apprendre qu'elle lui donnait son soutien lui faisait chaud au coeur, mais il n'en pensait pas moins qu'il était préférable qu'elle n'en donne pas. La raison à cela était les seules et uniques parole d'un prêtre qui semblait avoir finalement entièrement raison sur Duscisio.

Je vous remercie. J'en aurai sûrement besoin à l'avenir.

Les traits de son visage exprimait très bien sa reconnaissance contrairement à ses pensées négatives de la chose. Comme si les paroles du prêtre avaient envahi son esprit. Mais il ne pensait pas mal, il pensait pour lui et pour la sécurité de son entourage avant tout.
Ainsi ses questions vint à se poser sur son voyage, ses préparations et sa compagnie qui la mettra en sécurité du danger du monde extérieur, un détournement de sujet parfait pour savoir quel chemin elle allait prendre.
Ses réflexions se posèrent alors sur les fameuses Fanèlides, comptant y participer aussi. Les raisons lui échappent, mais changer d'air en allant à une fête ne serait pas si mal. Quand il eut connaissance plus tôt du lieu du festival, il se rappelait aussi être passé par là pour son propre voyage, en compagnie d'Elïé qui n'avait pourtant pas l'air d'être une femme d'aventure au début. La ressemblance avec leur voyage respectif l'amusait un peu au moins d'en esquisser un sourire énigmatique, comme si elle aussi, son voyage allait commencer là-bas.

Je pense vous y accompagner, à ce festival. Vu le thème qui a été énoncé par de nombreux mots j'ai déjà la moitié des effets pour faire partie des figurants.

Tapotant sa tempe près de l'oeil droit pour faire relever la présence de son masque qu'il ne portait pas actuellement. Il préférait le prendre avec le sourire, la particularité de la présence de son masque en permanence depuis son retour du temple de Delil allait faire parler de lui comme d'une curiosité. Bien entendu qu'il avait déjà eu vent de certaines questions à son égard à Hesperia quand il fut retourné à son domicile pendant qu'il commençait l'un de ses remèdes. Tout client le connaissant lui faisait la remarque de ses beaux yeux rouge rubis qu'il cachait, pourtant si agréablement apprécier chez certaines personnes qui acceptaient volontiers cette particularité.

À ce moment, elle croisa son bras comme pour le rassurer de la présence de quelqu'un pour son propre voyage, puis à la vu de deux gardes armés sur leur chemin, son expression changea à nouveau. Cacher ses yeux fut alors les seules pensées qu'il avait en tête au moment où ses derniers voulaient croiser son regard.
Il garda le silence pendant un long moment encore une fois. Guidez par la jeune femme, l'homme aux yeux dorés continua ça marche sous les arcs du monastère jusqu'à qu'il soit enfin à l'intérieur.
Se libérant doucement de son étreinte, il montra un visage souriant pour lui annoncer la suite de ses actions. Prenant sa main, la baisant pour ensuite la relâcher il reprit la parole :

Cette balade fut agréable, malheureusement je dois y mettre un terme. Un travail m'attend et je dois rentrer assez rapidement pour l'entretien de ma demeure et de ses occupantes.
Je vous laisserai un mot si je ne vous vois pas avant de partir.


Il parti sans attendre d'un pas plus vif que leur précédente marche comme s'il était pressé de retourner au travail.

** ** **

C'est durant les deux prochains jours que l'on peut remarquer avec l'évidence de son acharnement à aider le plus de personnes, que l'herboriste restait derrière son lieu de travail temporaire avec ce qu'il avait sous la main et ce qu'il demandait quand cela était possible. Sa mission était simplement de fournir l'aide nécessaire pour le soin des victimes de l'attentat.
Dès que celui-ci fut terminé, il n'envoya aucun message vers Othello pour annoncer son départ.


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Merci Othello pour le Kit

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