Jaune sang

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An 1305 de l'ère obscure

Saison:Béamas Mois:Toula
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 Jaune sang

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Duscisio Balibe
MessageSujet: Jaune sang   Lun 26 Fév - 20:22

La journée fut rude.
Après que la nouvelle tomba sur les fauteurs de troubles de la communion se soit échappé après avoir mis le doute sur les haut-prêtres et hautes prêtresse pour leurs fidèles issu de tout Istheria. On ne put avoir pire scénario après une fête religieuse aussi importante que celle-ci.
Certains d'entre eux, pour ne pas dire beaucoup d'entre eux, avait des questions suspicieuses sur les dignitaires gélovigiens. L'une des plus toucher par les attaques calomnieuses étaient Othello. La haute-prêtresse de Kesha était en état de choc malgré le fait qu'elle le cache le plus fortement possible. Mais elle donna toutes l'aide qu'elle pouvait comme on pouvait s'y attendre.
Le jeune herboriste gardait toujours un œil sur elle, lorsqu'elle restait accompagner d'une personne de confiance également pour surveiller si elle n'avait pas besoin d'une aide supplémentaire que ce soit moral ou physique, quand il sortait de sa pièce de travail provisoire où il fabriquait diverses potions des plus simples avec les maigres ressources et sa magie des plantes. Il ne pouvait pas faire grande chose d'autre.
Afin de garder un certain secret comme lui avait conseillée la haut-prêtresse de Delil, absente du rassemblement, il passait son temps à éviter de croiser les regards avec ses interlocuteurs, en les baissant ou les fermant en faisant mine de réfléchir.
Il pensait aux deux conversations importantes qu'il avait eut ses derniers mois. Entre le temple de Kron à Lokram et le temple de Delil à Noathis, les pensées se mélangeaient. La vision de l'assassina de Snow Ridel ne le laissait pas non lus indifférant. Pourquoi un représentant de l'église devait-il mourir pour argumenter les propos anti-religieux sur des soit-disant mensonges à la population. Il n'avait rien fait de mal.

Fixant tristement l'une de ses concoctions en préparation, Duscisio martelait les plantes et ses pensées dans le mortier de bois. Derrière son masque, son regard paraissait suffisamment caché pour ne pas montrer son inquiétude sur la situation générale et celle de la jeune femme. Il n'oubliait pas non plus la sienne.
Malgré ses précautions, l'ondine avait vu le changement le plus flagrant des mois après son départ à Hesperia pour le long voyage vers Lokram qu'il avait dû avouer. Un voyage désespéré auquel il avait déjà accepté le fait que ce soit un voyage sans retour.
Tout le long du voyage, le lien magique via les alliances jumelles les avaient assurés de la survie de l'un et de l'autre. Elles qui devaient annoncer par la couleur noire la fin de Duscisio Balibe, Maître Herboriste, propriétaire de l'herboristerie de Lumière à Hesperia dont elle avait les clés.
Le destin en a voulu autrement, les deux prêtres qu'il a pu voir lui ont donné une description de son avenir, la plus marquante étant pour lui celle de Shiva, la haute-prêtresse de Delil qui accepta de lui parler tout en observant de près la Pistilose, étrangeté du monde. Il se souviendra toujours des dernières paroles qu'elle a eus à son égard, c'est sans doute la consigne d'une voie qu'il devrait prendre pour chasser les mauvaises pensées et aspiré à un avenir meilleur. Comment pouvez en être-il autrement ?
Son osmose avec Delil se faisait bel et bien sentir à fur et à mesure que le temps passe, au point où il aurait très bien pu être le Snow Ridel de la cérémonie, représentant de Delil et suivant de Shiva sa voix. D'après elle, le rosier blanc avait la main de la divinité de la vie et de la flore sur lui.
Un jour peut-être viendra où la haute-prêtresse viendra alors à l'appeler pour être le successeur et son représentant comme le fut le Yorka maintenant décédé.
Actuellement il n'était pas prêt à cela. Il y avait quelque chose d'autre à faire et elle se trouvait quelque part au haut monastère en train de soigner ce qu'elle pouvait sauver.
Malgré qu'elle soit un peu ébranlée, Othello a toujours été droit et faire preuve de dévotion à laisser passer ses émotions personnelles pour aller vers autrui avant toute chose. C'était la vision qu'il avait d'elle.

Alors qu'il posa un flacon remplit d'un liquide jaune violacé sur sa table de travail, il ne peut s'empêche de porter à nouveau un regard sur Lullaby sur son annulaire. Couleur inchangé, pas le même éclat peut-être. Il était difficile de savoir s'il avait cette image de l'artefact ou si c'était une illusion quand il se souciait d'elle. Une amie, une sœur. Qu'elle est-elle ? Cette envie de la protéger était dût à quelques choses qu'il ne saurait expliquer. Ce serait-il fourvoyer la première fois sur les sentiments qu'elle avait pour elle ? En fin de compte, ce n'était peut-être que l'envie de combler l'envie de ne plus subir la solitude permanente qui l'envahissait. Ça devait être ça. Juste cacher l'impression de solitude.

Sans se soucier que quelqu'un venait d'entrer, il resta immobile quelques instants, se secoua la tête avant de se remettre malgré lui au travail. S'occuper l'esprit, il fallait s'occuper l'esprit à autre chose avant de se remettre des mauvaises pensées en tête, ou à trop réfléchir. Vider sa pensée en travaillant était la meilleure chose qu'il savait faire. Le temps passé ainsi plus vite et comble l'absence humaine, au gré d'un familier qui venait de se réveiller en voyant une personne entrée en silence.
Tuanio qui venait d'entrer en même temps qu'elle, hésita à appeler son ami et maître. Le regarde vide de la jeune femme laissait penser qu'elle était entrée là par pur hasard, sans trop savoir ou aller ou rechercher un coin où elle pourrait y retrouver le même vide qu'elle avait dans ses yeux.
Par la mission qui lui avait été confiée de la surveiller, l'oiseau blanc se posa sur son épaule pour attirer son attention. Il ne réagit qu'une dizaine de longue seconde alors qu'il était lui-même perdu dans ses réflexions. Levant alors la tête pour regarder l'oiseau, il constata qu'en se tournant un peu plus qu'Othello se trouvait également dans la pièce. Il posa alors ce qu'il avait dans les mains avant de se retourner vers elle.

Dès qu'il croisa son regard, il le détourna par réflexe en sachant qu'elle avait déjà vu ses yeux il y a quelque temps. Il posa la main sur son épaule touchée par une lame bien aiguisée, blessure qui ne saignait plus depuis un moment déjà et qui n'avait laissé qu'une tâche sur sa chemise. Son sang aussi avait été modifié, pas seulement ses yeux. Fort heureusement il fallait le blesser pour le voir. Un sang visqueux, qui ne coule presque pas, un mélange d'hémoglobine et de sève issu de la plante. Ici ce n'était qu'une blessure superficielle, rien de grave.
En restant dans le silence quelques secondes, il réfléchissait à ce qu'il devait dire, cherche quelque chose à dire au hasard, n'importe quoi :

Comment vous sentez vous ?

Il parlait bas, comme s'il ne devait en dire le moins possible. Bien sûr qu'il s'inquiétait, cela se voyait dans son regard, même si celui-ci se détournait, même si son visage était en partis caché derrière un masque. Il n'osait pas l'exprimer.


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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Jaune sang   Mer 21 Mar - 12:32

Dans le sillon de l’attaque, le silence et la réalité s’étaient déversés comme une vague immuable sur le Haut-Monastère. Alors que tous les pèlerins s’agitaient dehors comme une fourmilière dans laquelle on aurait frappé, que les gardes étaient débordés par la situation, que l’ordre peinait à trouver une place, Othello était restée de longue minute assise dans cette cathédrale vide à l’air saturé de peur et de poudre d’intras. Son monde s’était écroulé en l’espace d’un instant, d’un courant d’air, et les fondations se son église s’étaient ébranlées sous ses pieds. Le coup était venu de sa propre voix : elle ne réalisait pas encore ce qu’il se passait, ce que cela pourrait engendrer. Dans le feu de l’action, elle avait agit sans penser, pour sauver les foules et non sa place tout juste acquise – la voulait-elle vraiment, au fond ? Maintenant qu’elle était devenue un phare pour les croyants de son ordre, quel lumière pourrait-elle leur apporter ? Dans leurs yeux, elle avait l’amère sensation qu’au lieu de voir une vierge lumineuse, elle ne verrait qu’une pècheresse sous une couronne d’épine.

Pendant de longues heures, Othello s’enferma dans une cellule des quartiers des pèlerins, comme beaucoup d’autres trop choqués pour parler. Jusqu’à ce que les lunes se poursuivent dans le ciel nocturne, elle regarda la fenêtre sans pouvoir penser, ni parler, ni manger, ni boire. Une coquille de noix vide. Se forcer à aider son prochain, à agir ne marcherait pas.

Pendant les jours qui suivirent, se forcer à faire des tâches mécaniques et répétitives parvint à lui faire maîtriser ses pensées et ses gestes. Elle sentait constamment que les regards autour d’elle avait changé, que les yeux qui lui jetaient les croyants n’étaient plus les mêmes qu’avant, un morceau de leur foi s’était brisée. Même si cela équivalait à des aiguilles enfoncées dans son cœur, elle devait faire avec : il y avait des priorités qui primaient face à son poste, et elle aurait peut-être le temps de s’occuper de cette situation quand tout le monde serait sauf.
Rapidement, cette petite fourmilière retrouva ses marques. Autour d’elle, des êtres bienveillants veillaient à son bien-être : elle n’ignorait pas les regards discrets mais maternels que lui lançait l’herboriste derrière son poste de travail, et les demandes discrètes qu’il faisait aux personnels du Haut-Monastère pour s’assurer qu’elle soit protéger. Ni la présence lupine du marin qui avait pu rester un peu avant de retourner à ses obligations, et qu’elle avait pu soigner des fruits des mouvements de foule.

Ce jour-là, environ une semaine après l’attaque, Othello s’était levée aux aurores, comme à son habitude. Les souvenirs entêtant de l’attaque du colosse et de la guerre cimmérienne s’avérait particulièrement persistants, et elle commençait à se demander si elle vivrait un jour une nouvelle année sans lits et brancards qui s’étalaient devant elle comme des fleurs à la belle saison. Heureusement, il n’y avait rien de très graves. La bousculade avait était source de contusions et de heurts, mais il n’y avait pas de blessures trop graves à déplorer. Les terroristes, quant à eux, avaient pour beaucoup été terminés par les gardes et les braves qui les avaient poursuivis. Et quand bien même, la naïade devait admettre que leur sort lui importait peu, même à cet Ethion qui se prétendait glaive de la justice. Au fond, elle n’avait que faire de son sort, triste ou heureux fut-il. Le mal était fait, et jamais elle ne pourrait revenir sur cela.

Comme à son habitude, elle s’était remise au travail, achevé de faire le tour des lits pour veiller à ses blessés. Le froid était des leurs, aussi pensait-elle que l’herboriste peinerait peut-être à créer ses breuvages. Il était affairé à son établi de fortune, travaillant minutes après minutes à l’élaboration de ses potions. Dans la grande coupole du monastère qui servait d’hôpital de fortune, la prêtresse s’agita et ses pas la guidèrent d’instinct jusqu’au bureau improvisé de l’herboriste, sans trop savoir ce qu’elle venait y faire, ni ce qu’elle venait y chercher. Peut-être des paroles, une discussion ou des réponses. Peut-être une simple présence. Rien ne passait plus vraiment dans sa tête envahie de nuages, aussi elle faisait confiance à son instinct, la part animale en elle qui semblait plus vaillante et plus digne, plus apte à agir quand sa raison souffrait. Elle n’avait pas eu de nombreuses occasions pour discuter avec son ami depuis son retour, les évènements s’étant enchaînés bien trop vite pour eux. A présent était peut-être le moment.

Adossé, face à son établi, l’herboriste pâle, tout d’ivoire fait, semblait aussi absent qu’elle. Ses pensées à son sujet s’entrechoquaient encore dans un ordre plus ou moins chaotique, et elle n’oubliait pas les dernières images qu’elle avait eu de lui. Le sang jaunâtre – si cela était bien du sang – et ses yeux brillant d’or. Et cela n’était peut-être qu’une surface qu’il fallait gratter pour révéler encore des surprises. Elle ne savait encore comment réagir, si cela venait de la plante qu’il habitait ou d’un autre accident de voyage des mois de leur séparation. Sa bague ne lui avait pourtant indiqué aucun accident, et elle devinait que ses jours n’étaient plus en danger. Brusquement, le jeune homme se retourna vers elle, alerté sûrement par le corbeau blanc qui vint se poser sur son épaule, ce bel oiseau qu’elle croisait de temps à autre dans le sillage de son regard comme un gardien silencieux.

Sa voix était brisée, fatiguée – ou n’était-ce que cela ? La sirène releva vers lui un regard un peu plus vif, et interrogateur. Intimement, elle sentait que sa question n’avait pas de sens, et qu’il valait mieux la retourner vers lui plutôt que vers elle, en parfaite santé. Et quand bien même son esprit océan était devenu un aride désert, elle parviendrait à le soigner avec du temps et de la maîtrise, alors que l’herboriste semblait souffrir intérieurement bien plus qu’elle et que l’étincelle de son regard lui était lointain et interdit.


« Je vous retourne la question, Duscisio. » Dit-elle après quelques secondes de silence où elle chercha dans sa gorge sa voix claire. « Votre état m’inquiète autant que le mien vous préoccupe. »

Elle faisait preuve d’une profonde honnêteté avec lui. Après tout, toutes les aventures et les évènements qui les avaient réunis devait leur retirer la crainte et les soupçons. Aussi ne s’encombrait-elle plus de courbures, elle se voulait sincère. Elle désirait vraiment savoir ce qu’il avait sur le cœur, lui permettre de se confier – et quelque chose lui disait qu’elle avait peut-être à faire avec cela. Il semblait avoir beaucoup de choses à raconter, de sujets à discuter ensembles.

« Peut-être avez-vous quelques minutes à m’accorder. J’ai besoin de sortir, de respirer un peu. Peut-être pourriez-vous m’accompagner ? » Depuis l’attaque, l’air du monastère lui semblait toxique, et elle avait pris l’habitude de se promener de temps à autres sur les remparts. C’était l’occasion parfaite pour discuter tranquillement, sans s’inquiéter du climat tendu et des pensées d’autrui.
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Duscisio Balibe
MessageSujet: Re: Jaune sang   Mer 21 Mar - 19:57

Dès l'instant de sa question, il ne se serait jamais douté qu'elle poserait cette réponse, le plus simplement du monde. Comme lui, la jeune femme s'occupait plus de la santé des autres que de la sienne sans pour autant la négliger. Le fait qu'elle s'inquiète sur lui autant que lui sur elle, ne relève aucune surprise à son égard.
Dans ses yeux, elle avait tout de même l'air plus vive. Sa présence lui assurait peut-être un bien-être plus important qu'avec une autre personne, ou simplement qu'à force de travailler pour assurer la santé de tous les blessé à lui seul l'épuisait physiquement sans que l'on ne l'aperçoit complètement.
Puis il y a la voix lasse qui montre bel et bien le tout. Si faire des potions lui semblait maintenant monotone c'était dût aux deux discours qu'il avait eu sur sa personne.
Entre y voir sa fin dans le premier et son commencement dans le second, il ne savait plus vraiment où donner de la tête si ce n'est qu'à ses proches aussi rare soit-il pour se vider l'esprit. Bien entendu, le seul proche qui était présent dans cette demeure des dieux était belle et bien, Othello. La haute-prêtresse de Kesha avait une présence pour lui qui n'égalait personne. Au profil des attaquants il y a une semaine, cette présence semblait atténuée, diminuer même si le rosier blanc n'en doutait pas une seule seconde de son autorité sur la déité de la féminité et de la médecine.

Je suis en vie... Commençait-il. C'est tout ce qui importe.

Si les nombreuses épreuves auxquelles il avait participé n'était rien face aux révélations qu'il a sû en tiré. Se savoir en vie lui suffisait amplement. Puis il y avait cette plante qui le modifiait en tout point à commencer par le signe le plus visible de sa transformation vers l'inconnu, ses yeux.
S'il s'abstenait de la regarder dans les premiers instants, il finit tout de même par croiser le sien. Ce visage de porcelaine dont il ne cesse d'observer depuis son entrée dans ses lieux. Elle semblait si fragile et pourtant elle était beaucoup plus robuste que lui en tout point pour assumer ainsi tout ce qui reposait sur ses épaules.

Me savoir ici en votre présence est aussi un bien fait dont je ne pourrais me lasser. Seulement, je n'ai pas toutes les réponses à mes questions. Il faut que je les trouve par moi-même et je doute de pouvoir le faire seul malgré tout.

S'il n'énonçait aucun détail, s'en était dût à qu'il ne voulait pas spécialement en discuter. Malgré cela, il le devait pour elle et son tourment. Il ne voulait pas tout énoncer non plus entre ses murs où il se sentait enfermé, dans un pot trop étroit dans lequel on l'aurait fait prendre racine pour un temps donné le temps qu'il grandisse. La seule certitude qu'il avait c'est que ses réponses ne se trouvent aucunement ici qu'il devait sortir après avoir réglé toutes les affaires en commençant par les victimes de la communion.
Même les maigres livres qu'il a pu prendre dans la réserve ne contenait que des lignes monotones par rapport aux paroles qui lui avaient été entendus par la haut-prêtresse de Delil, absente et dont il aurait aimé parler davantage.
En ce lieu et place, il devait en premier lieu à la personne se trouvait devant lui, en tant qu'ami, en tant que soeur s'il l'entendait réellement de cette oreille.
Cette dernière lui proposa la première de quitter les lieux afin de prendre l'air. Ce dont il accepta sans trop d'hésitation en laissant ses concoctions en suspend. Un léger sourire aux lèvres, hochant la tête il tendit son bras pour le croiser avec celui de l'ondine posant la main sur la sienne pour la garder près de lui dès leur sortie du bâtiment. Un contact qui lui avait manqué ses derniers mois. Bien que froide, ses mains s'accordent avec celle de la jeune femme dont la chaleur très douce saurait le réchauffer intérieurement.
Pour cette sortie, il oublia totalement son masque volontairement. Fermant automatiquement les yeux dès que quelqu'un les croisait pour leur épargner l'étrangeté de son regard. Sans un mot prononcé jusqu'à qu'ils soient totalement seuls, le couple se libérait de l'atmosphère lugubre de la cage sacrée.
Une fois à l'extérieur, leur allure de marche ne changeait point comme profiter de cet instant aussi longtemps que possible.
Voulant briser le silence, il ne savait par quoi commencer. S'il devait parler de ses deux rencontres, il devait commencer par leur retrouvailles ou bien savoir quand allaient-ils être à nouveau séparer. Chaque sujet faisant collision dans son esprit, la pensée la plus évidente était bien entendu de parler de ce changement qu'elle avait pu constater il y a maintenant une semaine.

Cela a commencé il y a plusieurs semaines... commençait-il en voulant croiser son regard, un petit sourire aux lèvres. J'ignore toujours sur ce que cela débouchera. Je sais seulement que sa sève s'est mêlé à mon sang et donc en changer la couleur.

Que ce soit dans les registres ou les livres, il précisa qu'il n'avait trouvé aucun cas similaire au sien. Comme si on voulait faire disparaître toutes preuves de son existence depuis les temps immémoriaux du monde. La laissant à l'état d'espèce disparue ou volontairement exterminé par un moyen dont il n'y a non plus aucune trace. C'est l'inconnu total pour lui.

Par contre, à la fin de la saison froide et quand la chaleur sera revenue ça sera peu plus difficile de la contenir. Elle va chercher à se développer. J'ai peur que ça fasse un scandale si un autre cas comme le mien se produit. Il n'y a aucun remède connu, tout du moins pour l'instant. Un ami m'a offert un gros manuscrit sur lequel il y aurait une solution, mais elle semble inaccessible pour le moment. Une pierre d'intra est la seule solution. Pour ma part...

Il soupira un instant pour reprendre un peu d'air dans ses poumons. Il y avait beaucoup à dire, il ne fallait pas s'essouffler inutilement.

Je compte bien la garder. Elle m'est beaucoup trop précieuse et je n'ai aucune envie de finir comme cobaye pour les savants.

S'il redoutait une certaine castre c'était bien pour cette raison. Si son cas était relevé à ses derniers, il allait avoir peur pour sa vie ou celle de la plante parasite qui vit maintenant en osmose avec lui.
Comme son propre enfant, la lui arraché le tuerait, dans le sens propre du terme.


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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Jaune sang   Ven 20 Avr - 12:39

Sa main chaudement à l’abri sous un bras familier, la naïade se laissa faire sans broncher, suffisamment heureuse que l’herboriste ait accepté sa proposition de changer de décors, tout comme celle de discuter un peu. Il semblait avoir dans son esprit un millier de pensées fourmillantes et grouillantes, qui ne demandaient qu’un coup de pouce pour s’envoler. Mais encore trop soucieuse pour lui imposer une quelconque conversation, elle ne se laissa pas aller à poser la première question : mieux valait le laisser prendre les choses en main, au rythme qui lui serait le plus confortable. Son voyage semblait avoir retourné plus de souvenirs et d’idées que convenus, et l’avait transformé plus qu’il ne voulait bien le montrer ou le dire. Comme un papillon sortant enfin de sa chrysalide, l’albinos à côté d’elle avait enfin le regard dégagé de nuages, quand il ne les fermait pas à l’approche d’un passant. Le fait qu’il ait laissé ce masque derrière lui était déjà un beau pas en avant : elle trouvait cela bien dommage qu’il fasse le choix d’abriter son visage du monde alors qu’il avait tout à lui apprendre.

Alors qu’ils marchaient en silence, la sirène apprécia l’air frais du dehors, la chaleur douce des soleils qui tombaient sur les plaines avec une radiance tamisée. Tout autour d’eux, un paysage vaste et infini se dessinait jusqu’à l’horizon lointain, rythmé par la mosaïque coloré des champs de fleurs et de céréales. C’était comme ci rien ne s’était passé, que l’évènement tragique d’il y avait cela quelques jours n’avait jamais eu lieu. De rempart en rempart, les gens s’agitaient toujours avec le même bourdonnement, les croyants allaient et venaient encore, le souffle du vent ne cessait pas de faire doucement danser les étendards. Si elle ne croisait pas l’effroi dans les regards passants, elle aurait pu jurer que sa place n’était aujourd’hui pas mise à mal. Une journée normale... Si seulement. En marchant sagement, Othello ne pouvait s’empêcher de calculer intérieurement à quel point ce moment était une rare bouffée d’air frais.

Finalement, l’herboriste commença doucement à délier sa langue. Ses paroles dans le bureau laissait présager qu’il parvenait encore difficilement à faire le point sur sa situation, qu’il ne pouvait trouver ses réponses que dans la solitude, ou avec l’aide d’une oreille sage pour y parvenir. L’ondine ne voyait pas d’inconvénient à être cette présence alerte et silencieuse, et le laissa donc commencer sans l’interrompre, ni réagir : c’était comme si elle s’attendait aux mots qu’il allait dire, bien qu’incapable de les prédire tout à fait.
Il commença par raconter un des points les plus flagrants qui le concernait : les changements physiques dont il était sujet. Alors que sa voix clair et aérée poursuivait son discours, elle revoyait par bribe leur retrouvaille dans les flammes de l’action, alors qu’il était venu à sa rencontre au milieu des fidèles. Les yeux dorés, presque félins, qui lui faisaient face, sa chemise maculée de liquide jaunâtre et visqueux. Tout cela faisait sens, ainsi. Il avait atteint un stade de fusion avec la plante qu’il n’avait jamais eu jusque-là, un état de symbiose presque parfait entre le végétal et lui-même. Quelque part, la pieuse n’avait jamais douté qu’il soit un jour question de cette étape, et que l’herboriste parvienne à lutter contre ses démons, aussi intérieurs soient-ils. Il ne semblait cependant pas encore au stade de les avoir tous apprivoisés : les pires semblaient pulluler à l’extérieur, tout autour de lui.
Quand il lui laissa la possibilité de ponctuer, elle ajouta sobrement, sans jugements ni arrières pensées :

« Pensez-vous qu’elle puisse en venir à se développer hors de vous ? Chez un autre individu ? Qu’en dit le livre offert par votre ami ?» Toute chose dite, elle le laissa continuer. La plante restait une plante, et les beaux jours risquaient effectivement d’annoncer un développement spectaculaire. C’était un risque à prendre, et ils savaient tous les deux que cela était plus de la fatalité que de l’hypothèse. Néanmoins, comme elle avançait sur une pente glissante dont elle savait ne pas connaître grand-chose, elle ne souhaitait pas s’avancer trop.

« C’est tout à votre honneur – et j’avoue comprendre que vous n’ayez pas envie de finir enfermé dans un laboratoire pleins d’Eclaris, même si je pense qu’ils n’en viendraient pas à de telle barbarie. » Finit-elle par ponctuer à demi-mots. La brise légère de l’après-midi venait soulever par petites vagues ses cheveux, et elle sentait le vent passer sur ses joues en de douces caresses.

Alors qu’ils s’avançaient, un page arriva face à eux, tenant à bout de bras des rouleaux par dizaine. Othello le reconnu bien vite comme étant le jeune apprenti chargés de la jonction des différents temple, et qui avait reçu la sale besogne de noter tous les rapports concernant l’incident des nerozias et le rétablissement de l’ordre au sein du haut-monastère. Quand il croisa son regard, il avança vivement vers eux, en manquant de renverser la moitié de ses parchemins. Ne voulant imposer cette présence à Duscisio, la jeune femme se décrocha de son bras pour aller à la rencontre du petit bègue, soucieux de couvrir les évènements de la journée concernant les blessés. Il griffonna sur sa tablette des chiffres et des mots rapidement, soutenu par les mains d’Othello qui agissaient comme table. Quand il eut finit, la sirène le renvoya dans le sens opposé, leur ouvrant de nouveau le passage pour qu’ils puissent discuter tranquillement.

« Je comprends vos motivations. » Finit-elle par ajouter une fois retournée à ses côtés, reprenant leur rythme de marche. « C’est comme une fille, j’imagine, une partie de vous. Un fragment indissociable de ce que vous être aujourd’hui. » Levant les yeux vers les soleils lointains, elle profita un instant de la chaleur sur son visage. « Cependant je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi vous tentez tant de vous abriter derrière ce masque et des yeux clos. Vous êtes qui vous êtes, Duscisio, et personne ne pourra vous le prendre. Vos potions en ont aidés plus d’un, et encore aujourd’hui vous agissez pour les autres. Ne pensez-vous pas qu’en vous montrant tel que vous êtes, vous ne serez pas chassés mais acclamés ? » Elle finit, conscience de son audace mais sans être effrayée par une possible remontrance. « Vous n’avez pas à porter ce fardeau de vous cacher ainsi des yeux du monde, vous n’êtes pas un monstre mais un cadeau des Dix. » Sa voix était calme et pieuse, apaisée par cette bonne compagnie et le calme d’un moment hors du temps. La sirène parlait sans filtre : il y avait trop de souvenirs et d’histoire entre eux qu’elle n’avait plus à avoir peur d’être honnête.


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