[TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil

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 [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil

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MessageSujet: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Dim 18 Mar - 9:43

Un doigt après l’autre, Mäje abattait ses ongles dans un rythme un brin nerveux sur la table – pour ne pas dire complètement erratique. Bien cachée au fond de cette auberge un peu miteuse, la dame du désert faisait de son mieux pour rester discrète. Il fallait dire que ce n’était pas la tâche le plus dure, dans la mesure où l’établissement s’avérait particulièrement désert, et qu’à part sa tête chevelue, les autres clients se comptaient sur le doigt de la main.
On pouvait la croire en plein exercice de mémoires, à attendre comme ça dans le vide. Quelques goujats seraient bien tenter de vouloir la déranger, d’ailleurs, habillée dans sa longue robe noire en velours, agitant du bout des doigts sa longue tige noire au bout de laquelle se consumait une cigarette – déjà bien entamée. A en juger par les mégots autour d’elle, ce n’était sûrement pas la première qu’elle s’allumait, ni la dernière. Ses lèvres noirs bougeaient parfois sans interlocuteurs, pour prononcer des phrases inconnues...

La réalité était là : Mäje était complètement perdue. Cela faisait trois jours qu’elle avait rejoint la cité profane avec une idée bien précise en tête. Une rumeur s’était répandue chez les eclaris – Hephasteus s’était empressé de lui en faire part, tout émoustillé derrière ses jeunes joues.  Le joailler de renom, Bogor Jakar, avait remis les pieds à Umbriel et cherchait désespérément à remettre la main sur un ancien travail, un bijou conçu dans le passé pour des raisons obscurs. Quiconque l’aiderait dans sa quête recevrait une belle somme clinquante – assez pour travailler la sylphide et la pousser à quitter son fief pour rejoindre la Souterraine. Pour tout dire, de toutes les villes où elle avait bien pu poser un de ses beaux pieds, celle-ci était bien la pire... Même Themisto et Ridolbar trouvait un peu de grâce à ces yeux. Mais l’idée de plonger sous terre pour arriver là : Non, non. C’était au dessus de ses forces que de l’apprécier.

La grâcieuse, en poussant un profond soupir plein de nostalgie et de lassitude, commença à se masser intensément les tempes. Devant elle, un morceau de cuire souillé et usé avec quelques notes gribouillées à la va vite, au fusain ou à la suie. Sur la première face, une estampe de la bague la montrait du dessus, révélant le motif félin qui le caractérisait. Sur l’autre, un message ancien. Le temps l’avait relativement bien épargné, et on distinguait encore assez correctement les écritures en goyfar. Le message était claire : « Nous les avons mis à l’abri : la cargaison est en sécurité. Recherche le Colibri, il te mènera dans les profondeurs. Tu les trouveras là-bas. » Le premier paragraphe semblait indiquer qu’il s’agissait qu’un nerozias, et pourtant Mäje avait du mal à y croire – la caste se serait-elle préoccupée de la production de bijoux magiques, vraiment ?
Les derniers mots parlaient d’eux même : « ... et la prochaine fois, mets une culotte, nom d’un chien. »
Tout un programme.

Dans une violente bouffée, la sylphide expulsa les derniers grains de sa fumée de cigarette qui l’entoura comme un nuage. C’était bien la seule piste qu’elle avait trouvée en donnant une bonne petite somme à un ferrailleur du sud de la ville qui avait semblerait-il aider à faire disparaître quelques pièces. C’était un début... Mais pas assez pour considérer sérieusement le chemin ou même la marche à suivre. Et la dame des sables commençaient à en avoir sacrément la migraine – si elle comprenait au moins le concept, sa relation au corps était légèrement biaisé. Après des minutes de soupirs et de grandes envolées, elle explosa :


- Une piste... Qu’on me donne une piste ! S’exclama-t-elle seule, en gesticulant de ses deux bras, lassée de devoir se creuser les ménages dans le vide. Sinon je pourrais mourir que Jakar n’aura pas son bijou... Et moi mes dias... L’ironie était qu’elle ne pouvait justement pas mourir. Enfin, c’était si son amour de l’argent n’avait pas raison d’elle avant.

Au loin, le gérant du domaine pesta, et regarda étrangement dans sa direction. Mais la sylphide n’en avait pas grand-chose à faire ; Elle avait l’intime sentiment que si on ne venait pas à son aide, rien ne pourrait la mener à bon port : toujours plus de dias. Aaah. Qu’importe, il fallait se remettre en selle. Rallumant une nouvelle cigarette, elle retourna une nouvelle fois le bout de cuir, et le relue, encore, et encore...


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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Lun 2 Avr - 17:52

Spoiler:
 




La Cavalière ne prêtait une oreille que distraite au discours de son collègue, préférant jeter des regards scrutateurs dans tous les recoins. De par son statut de soldate aguerrie et son état aussi exsangue qu'insensible, Umbriel ne lui inspirait ni la crainte ni le dégoût que le monde entier semblait éprouver pour cette cité, mais cela ne l'empêchait pas de se méfier de son environnement.

« – Clairement, c'était la faute du geôlier, et j'ai toujours dit que ces gens étaient des incapables.

– Ah-ha... La Gorgoroth tendit le cou en avant pour mieux inspecter les ombres d'un couloir sur sa gauche. Les allées lugubres de la ville souterraine étaient réputées pour abriter des créatures que même un Cavalier de Sharna aurait préféré voir venir.

– Ce n'est même pas la première fois qu'on m'envoie en renforts pour repêcher un fugitif, tu sais. C'était il y a cinquante, soixante ans... Je suis à peine étonné que ça leur arrive encore. »

Kreen leva un sourcil et daigna adresser à son camarade une œillade intriguée, mais pas à cause de son histoire. Cet imbécile avait oublié que cinquante-sept ans plus tôt, il avait été envoyé en renforts pour repêcher un fugitif... Dans la même escouade qu'elle. Elle acquiesça d’un son guttural et court, comme si elle cherchait à faire le moins d’effort possible pour lui répondre. Leur trajet commençait à se faire long et elle espérait le dissuader de parler davantage, au moins pour un moment.

Le long du chemin, des torches grossières jaillissaient des murs comme des bras rachitiques et jetaient des ombres maigres sur la roche. Les bottes de la combattante claquaient bruyamment sur le sol inégal et le métal de son armure avait parfois tendance à résonner dans les passages déserts. Son accompagnateur, un fourbe Cavalier Noir, était bien plus furtif et ne se gênait pas pour pousser des grognements désapprobateurs chaque fois que l’équipement de Kreen faisait du bruit. Elle ignorait ses plaintes en dissimulant derrière les dents de son casque un sourire narquois. Quelle chance avaient-ils, à deux, de retrouver un criminel connu pour avoir commis les assassinats les plus perfides et être capable de se dérober entièrement aux oreilles d’autrui ? Les ordres étaient des ordres et sortir de Thémisto avait été une perspective bienvenue mais la mort-vivante n’avait que peu de foi en cette mission. Se faire des plus discrètes lui semblait superflu.

Leurs pérégrinations les menèrent finalement à une place où le plafond était plus haut et d’où de nombreux couloirs repartaient. A ce carrefour, la roche semblait avoir été taillée avec un peu plus de soin et l’éclairage était savant. En apercevant quelques âmes errantes de l’autre côté du croisement, la Cavalière ralentit le pas et tendit instinctivement le bras droit vers son accompagnateur en signe de halte. Il lui répondit en se raclant la gorge ostensiblement, alors elle se tourna vers lui, le toisa, et ne dit rien. Il ne s’agissait pas de simples passants épars mais d’un groupe de trois ou quatre individus qui semblaient murmurer nerveusement. Oubliant la tension qui régnait entre eux, les deux guerriers s’échangèrent un regard fugace et le plus sombre des deux s’avança silencieusement. Kreen l’observa un instant puis, quand il se retourna vers elle, lui indiqua une auberge d’un geste preste de la tête. L’autre lui adressa un signe de main et la Gorgoroth se mit en marche. Avant de pénétrer l’établissement, elle fit glisser ses doigts près de ses reins et dégaina le poignard qu’elle cachait au bas de son flanc gauche. Elle le maintint contre son avant-bras rigide, prête à le faire tourner d’un geste du poignet si la gorge d’un impudent venait à croiser son chemin.

A l’intérieur, on l’accueillit d’un silence mortuaire, sans doute autant à cause de son allure qu’à cause du nombre très restreint de clients. Elle balaya la pièce principale du regard avant de faire quelques pas. Deux soûlards dans un coin, un Zélos avachi dans un autre, et une fumeuse aux atours bien trop élégants pour être de la région. Kreen s’attarda un instant sur l’intruse, haussant sensiblement les sourcils sous son casque osseux. Elle n’était pas sans jurer au cœur de ce mobilier bancal, encadrée de murs humides et surplombée d’une ambiance maladive. Cela dit, elle était loin de correspondre à la description du criminel en cavale qu’on l’avait envoyée chercher, à commencer par le fait qu’elle était très visiblement une femme. Après avoir jeté un œil en arrière pour voir où en était son confrère, la combattante s’avança vers le propriétaire des lieux, apparemment très occupé à essuyer des carafes. Une fois suffisamment proche pour pouvoir parler doucement, elle attira son attention en se penchant vers lui et l’obligeant à la fixer.

« – Tu ne dois pas voir passer beaucoup de monde dans ton auberge… Comment vont les finances ? demanda-t-elle sans le ton railleur qui aurait convenu, ni attendre de réponse. Je suis sûre que quelques pièces en plus ne te chagrineraient pas… Le tavernier ne sembla pas complètement déstabilisé, mais devoir regarder la mort-vivante à travers les orbites vides d’un crâne semblait le mettre un peu mal à l’aise.

– Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? grogna-t-il. »

La conversation qui s’engagea se fit à voix basse. La Cavalière ne manquait pas de scruter les lieux régulièrement, naturellement aux abois.



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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Ven 27 Avr - 13:36


Du coin de l’œil, la dame aux cheveux d’ébène dessina le trajet d’une femme étrange, à la peau blanche et nervuré comme le marbre, qui ondula dans l’auberge comme un serpent jusqu’au tenancier. Mäje avait depuis longtemps perdu tout espoir, et s’en remettait à ce que les mortels appelaient dieux ou destin pour dénouer sa très cruelle situation. Les bras croisés sur son visage dans une pause plus théâtrale que confortable, elle espérait jouer les jouvencelles en détresse, prête à en arriver à ses dernières facilités pour pouvoir résoudre son énigme. Cela faisait plusieurs minutes qu’elle scrutait tous les passages pour espérer intercepter sur un bout de bras ou de main le tatouage d’un nerozias, et qu’elle avait repérée au fond de l’auberge un zelos à l’air bourru, et à la manche particulièrement tirée sur sa main calleuse. Un signe, un espoir ? Elle se serait bien levée pour aller lui toucher deux mots si une ombre ne s’était pas glissée sur son tableau.

De sa cachette, elle examina de loin l’intriguante : si sa taille ne lui attira pas plus de pensées, sa stature lui en dit autrement. Elle jurait qu’elle pourrait couper son corps artificiel sur ces mollets... Et que dire de ces cuisses ? C’était le genre à pouvoir fendre le crâne d’un homme en un mouvement de jambes. L’étrangère était bien bâtie, et semblait aussi robuste que de la pierre. D’ailleurs, elle avait tout d’un roque : sa peau étrangement lézardée ne ressemblait à aucune autre (ou plutôt à rien de ce que la sylphide ait pu voir en sillonnant le monde). Une yorkas, une terrane ? Et pourtant cette pâleur lui inspirait des choses bien plus funèbres et bien moins vivantes. Outre un corps de guerriers inébranlables, la garde ou la mercenaire semblait avoir assez de caractère pour vouloir conserver son casque (un bel ouvrage, qui plus est) à l’intérieur de la bâtisse, ce qui aida à convaincre la sylphide de se tenir discrète. Elle repéra quelques mèches de cheveux noirs qui en dépassaient, mais n’était sûre de rien avec la distance et la lumière faible qui régnait là.

L’étrangère partie discuter avec le tavernier, à voix basse, sur des sujets qui la dépassaient et qui, honnêtement, passaient au dessus de son joli crâne chevelu. Toute son intention se retrouva de nouveau braqué sur le zelos au fond de la taverne, et les secrets qu’il cachait sous sa gueule anguleuse. Mäje était bien placée pour savoir que c’était une très mauvaise idée de juger quelqu’un sur son apparence. Mais il semblait bien trop discret et sombre pour être fréquentable (si on pouvait parler de fréquentable dans une telle auberge). Prétextant un coup de chaud, elle changea de position, se penchant généreusement sur la table en se cambrant élégamment, agitant ses ongles recouverts d’un vernis noir, aussi sombres que ses lèvres. Du mouvement... Il fallait créer du mouvement. Mais sans trop attirer l’attention. C’était peine perdue dans ce boui-boui où rien ne bougeait !

C’est au bout de plusieurs secondes qu’elle finit par se lever, prendre son courage à demain, et y aller au culot pour foncer droit vers sa cible, tirer la chaise en face de lui vers elle pour y assoir son fessier délicat. Y aller d’hésitations ne l’aurait pas aidé, et l’aurait fait passer pour quelqu’un d’encore plus louche. Et avec la baroudeuse au bar, c’était à éviter. Sa présence semblait encore être une menace... Mais il y avait trop de dias en jeu pour que la vagabonde abandonne son courage. Ce qui n’était visiblement pas du goût de sa victime qui leva vers les des yeux aussi surpris que haineux, comme si elle l’avait réveillé d’une profonde sieste. Anticipant toute la conversation, Mäje le coupa tout de suite, et y alla encore au toupet :

Ne me demandez pas qui je suis, ce n’est pas l’important. Ce qui m’intéresse, en revanche, c’est vous, et c’est le colibri. Joignant le geste à la parole, elle jeta face à elle le morceau de cuir. Autant y aller à la tromperie jusqu’au bout ? Après tout, elle était bonne menteuse.

Le zelos ne bougea pas. Au contraire, il se crispa et ses sourcils se froncèrent, et sa gueule déjà hideuse devint de plus en plus monstrueuse. Pour la sylphide qui aimait avant tout la beauté et les choses bien bâtis, la vue était horrible et elle peina même à garder les yeux lever ! Mais il ne fallait pas baisser le regard, ce serait se vendre. Et ce n’était sûrement pas ce qu’elle voulait.


Alors ? Dit-elle au bout de plusieurs secondes d’un silence empoisonné. Allez, ne faites pas l’idiot.C’est pas comme-ci vous aviez quelque chose à perdre. Le culot, le culot...

Cela suffit à délier la langue du bourru qui souffla, avec une haleine putride :


‘Lui voulez quoi ? J’ai pas que ça à faire et ça fait bien des années que j’ai pas entendu parler de ce trou du...

Seulement des infos. Je cherche le bijou qui est dessiné là et il en possède au moins un. Dites moi ce que vous savez de sa position et je saurai vous récompensez.

Tss... Sa langue siffla contre ses dents et fini par claquer sur son palais. La dernière fois que je l’ai vu il magouillait au quartier des artisans, il avait un marché noir, là-bas, i’ vendait toute sorte de trucs qu’i volait aux gens ; avec ces cons qui lui servaient de sbires. Le zelos se tu brusquement, conscient de trop en dire. C’tout ce que sais.

Une piste ?... C’était bien une piste ? Pendant un instant, la sylphide s’ennivra sur de la douce odeur de son avancée spectaculaire avant d’hocher la tête et de se lever, soucieuse de faire volte-face pour fuir inopinément en priant pour que le bougre ait déjà oublié sa promesse de récompense. C’était sans compter sur l’esprit vif et visiblement aussi vénal que le sien du zelos qui attrapa brusquement son bras avec une sacrée poigne, et se leva de toute sa masse et de son corps boursouflé.

Ma récompense, maintenant... Pensez pas me flouer comme ça ! Sa voix s’éleva brusquement.

La renarde fut plus vive encore : attirant le nerozias par le col, elle l’attira à elle (ouh que c’était écoeurant d’attraper cette peau ignoble !) et souffla dans son nez une bouffée d’une fumée blanche et opaque, volubile et... Psychotrope. Le zelos se figea un instant, son regard se couvrit d’un voile léger, et il retomba tout penaud sur sa chaise. Il ne restait plus à Mäje qu’à attraper son morceau de cuir et à décoller vers le quartier des artisans en toute discrétion. Avec tout ce qu’elle pouvait de silence et de secret, elle serpenta jusqu’à sa table, déposa ce qu’elle devait pour sa consommation, et pria pour sortir sans trop attirer l’attention. Et c’était pas gagné...
Dire que ça ne s’était pas fini comme prévu était un euphémisme mais elle avait gardé la situation relativement sous contrôle. Le cœur serré, elle poussa la porte pour sortir tranquillement. Mais c’était sans compter sur un curieux coup du destin qui allait la rapprocher d’une personnalité bien cavalière, que Mäje ne s’attendait sûrement pas à côtoyer...
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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Lun 30 Avr - 16:34




Le tavernier avait un de ses regards qui mêlaient fatigue et animosité, et une mine que l'on sentait vieillie non pas par les âges mais par le métier. Il était même difficile de savoir de quelle race il pouvait bien être, et la question passa par la tête de Kreen un court instant. Elle le fixait avec neutralité, appuyée sur le comptoir dans une posture peu féminine, à tapoter des doigts sur la pierre.

« – Evidemment que j'en ai entendu parler. Je savais bien que ça m'attirerait des ennuis, d'ailleurs. Il marqua une pause afin de mieux balayer des yeux ses clients. Puis avant de se remettre à essuyer des carafes, il lança: j'ai retrouvé un client crevé dans sa chambre ce matin. Il me manque de la viande... Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Ça pourrait être votre gars comme ça pourrait être n'importe qui d'autre. »

Kreen acquiesça intérieurement mais ne bougea pas d'un cil pendant un moment. Le personnel de la prison, même aidé des Cavaliers de Sharna, n'avait que très rarement remis la main sur un de leurs pensionnaires évadés. Umbriel était faite pour échapper à toutes sortes de poursuivants et le pénitentiaire en était sans aucun doute la partie la plus surveillée, alors une fois sorti de là, autant dire que vous étiez libre comme l'air. Elle se doutait bien que les pistes seraient maigres, et comme venait de le faire remarquer son témoin, les larcins et les meurtres étaient le quotidien des travailleurs de la ville. Elle finit par relever un peu le menton et demanda, toujours avec le même ton monocorde:

« – Je suppose que tu as prévenu les autorités en bonne et due forme ? L'ironie ne pointa qu'à travers sa façon de pencher la tête sur le côté. L'aubergiste fronça les sourcils avant de prendre une profonde respiration.

– Ils ne sont pas encore passés, répondit-il d'un ton que Kreen n'eut aucune mal à décoder. Elle feint de sourire en lui adressant une œillade faussement sympathique. Comme pour prouver qu'elle ne le croyait pas une seconde et qu'elle ne le laisserait pas tranquille, elle prit le temps d’encore une fois parcourir l'assemblée du regard, de s'attarder sur les recoins sombres et les accoutrements de ceux qui l'entouraient. Elle constata que l'intruse repérée plus tôt était en mouvement et venait de s'asseoir à la table d'un autre consommateur. La guerrière l'observa une seconde puis, sans cesser de tendre l'oreille, se tourna de nouveau vers le propriétaire des lieux et lui lança d'un engouement peu crédible :

– Quelle chance. Je vais donc pouvoir jeter un œil au cadavre, n'est-ce pas ? »

Avant qu'on ne lui réponde, elle jeta un œil par-dessus son épaule. Clairement, le Zélos et la mystérieuse ne se connaissaient pas, et le premier n'avait pas l'air ravi que la seconde vienne s'imposer à lui. La Cavalière n'avait vraiment que peu de raisons de croire que les manigances de la bourgeoise avaient quoi que ce soit à voir avec son enquête, mais elle se devait de rester aux abois de toute façon. Le tavernier sembla percevoir sa méfiance puisqu'il attendit qu'elle lui accorde de nouveau son attention pour déclarer d'un ton défait et fataliste :

« – Il est plus dans la chambre... Evidemment. Mais si vous me donnez deux minutes... »

Kreen se redressa brutalement et adopta une expression cette fois bien plus menaçante. S'il était possible que le corps en question ait simplement été balancé dans un coin et destiné à poursuivre sa descente dans une fausse commune, il était également probable qu'il soit en train de baigner dans la soupe que l'hôte avait l'intention de servir dans la soirée. Ainsi, la guerrière pouvait aussi bien s'attendre à ce que son interlocuteur cherche simplement à remettre le cadavre à sa place qu'à ce qu'il essaye de détruire les preuves d'un crime bien plus grave. L'aubergiste sembla intimidé par la nouvelle attitude de la Cavalière qui le fixait désormais sévèrement et avait ramené ses mains à sa taille.

La mort-vivante s’apprêtait à l'interdire de quitter son champ de vision lorsqu'elle perçut de l'agitation derrière elle. Elle reporta alors son regard sur les deux bavards dans le coin de la pièce, sans oublier de tourner sa dague vers celui qu'elle interrogeait, lui intimant de ne pas bouger d'un poil. Elle vit alors que l'intrigante jeune femme se dirigeait furtivement mais rapidement vers la sortie et, en jetant un œil au Zélos, constata qu'il n'était plus conscient. Kreen écarquilla les yeux et crut apercevoir une très mince volute blanchâtre disparaître dans ses narines. Elle jura, plus impressionnée que contrariée.

« – Fille de... »

Vive comme l'éclair, elle tendit le bras vers le tavernier, lui attrapa le col, le tira vers elle de sa force entraînée et le cloua au comptoir en y planta sa dague à travers le tissu. Cela le figeait dans une position bien inconfortable et il devrait se tortiller un moment pour se libérer. La combattante se pencha vers lui et souffla :

« – Je te conseille de ne pas bouger, dans ton intérêt. »

Puis elle se rua vers la sortie, poussant la porte avec élan, et attrapa vivement le bras de celle qu'elle suspectait d'avoir assassiné un homme sous le nez d'un Cavalier de Sharna en plein interrogatoire. Elle l'attira à elle avec violence, et la toisa rudement.

« – Décidément, tu n'es pas du coin... Tu t'es mise dans le pétrin, ma jolie, siffla-t-elle en tendant sa main valide vers sa seconde dague. »



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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Ven 22 Juin - 14:27

Ca pour un pétrin, c’était un sacré pétrin... Quelques secondes plus tôt, Mäje caressait du doigt la possibilité que son ciel redevienne bleu et sans nuage, et le voilà plus noir et tempétueux que jamais. La cornue avait foncée sur elle comme un taureau, et la violente douleur dans son bras lui indiquait qu’elle n’était pas prête à la laisser filer. Essayant de réfléchir vite, la sylphide la dévisagea d’abord pendant quelques secondes, outrée de ses manières cavalières et de la familiarité de ses propos :

Ma jolie, ma jolie, mais je vous en ficherai du ma jolie ! S’exclama-t-elle avec un horrible ton bourgeois. Appelez-moi ma petite pendant que vous y êtes ! Est-ce que je vous appellerai ma jolie ? Jamais !

Mäje se tortillait comme un vers, luttait contre cette clef de bras somme toute assez douloureuse. L’acharnée avait une sacrée poigne : elle ne s’était pas trompée devant ces muscles, sa stature ne mentait pas. Mais pourquoi l’avoir pris ainsi en grippe ? Après tout, elle n’avait rien fait de mal... Un peu de vapeurs psychotropes, ça ne fait rien, non ? Juste un beau sourire béat et une bonne heure d’absence. Enfin, elle avait peut-être était un peu généreuse sur la dose, au but de l’empressement de son agresseur.

Il y a des politesses qui se perdent de nos jours... Pesta-t-elle dans sa barbe devant le manque flagrant de jugeotte et de savoir-vivre de cette inconnue bleuté, qui avait semblerait-il des chats à fouettés autrement plus farouches que les siens. Mais pourquoi diable lui tombait-elle dessus ? Sauf si ses propres affaires payaient bien, alors elle n’avait rien à faire avec elle. Prenant un air qu’elle voulait sympathique mais qui finit par être un poil arrogant, elle haussa les épaules, en regardant sa main filer vers sa dague. Hola, doucement ! Vous allez vous calmer ! Sachez d’abord une chose : quelques soit les raisons pour lesquelles vous voulez ma peau, j’en suis innocente !

Mäje haussa les épaules, consciente de n’être pas toute blanche non plus, mais pas assez noire pour mériter pareille traitement. Vous pourriez peut-être vous calmer un peu, qu’on discute au moins. Si vous voulez toujours que crever le cœur après, vous pourrez ! Pour ce que ça me fera ... Elle avait grommeler ses derniers mots entre ses lèvres noirs avec ce petit air d’aristo vexé, sans s’empresser. Il fallait bien l’avouer, ça l’embêtait bien de s’imaginer transpercer. Même si elle n’allait pas en mourir, elle tenait trop à son corps pour risquer qu’une empotée l’abîme sur un malentendu. Et puis, quel malentendu, d’abord ? Pour un nerozias que l’on assomme ? C’était du jamais vu... Elle n’avait ni tué ni volé, et avait peut-être même mis la main sur un réseau de propagande, et voilà que c’était elle que l’on accusait ! La justice n’était plus ce qu’elle était... Levant un sourcil sombre, elle hésita un instant à souffler une nouvelle bouffée de fumée, mais c’était le bon moyen pour elle de finir agonisante dans un coin, dans un cruel manque d’essence divine.

Non, il fallait d’abord que l’inconnu se ressaisisse. Elle était là depuis quelques minutes à peine, et semblait en pleine conversation avec le tavernier. Et ce n’était sûrement pas pour discuter des tarifs en pratique dans son établissement sur les boissons alcoolisées (bien trop cher pour ce que c’était, d’ailleurs...). Il y avait bien plus que ça. Qui était-elle ? Pour être ainsi vêtue, et aussi furieuse, ce n’était sûrement pas une boulangère ou une touriste en goguette, mais plutôt une guerrière sacrément en colère avec un fort besoin de rendre la justice pour autrui... De faire briller l’ordre. Et peut-être un ordre supérieur... Les neurones de Mäje fusèrent d’eux-mêmes, et elle osa alors avec une certaine assurance :

Vous êtes une cavalière, n’est-ce pas ? Mäje, enchantée. Elle tendit vers elle une de ses mains, espérant qu’elle se décide à ne pas lui enfoncer sa dague dans le cœur. Croyez-le ou non, je n’ai rien à voir avec vos affaires. Je suis là pour une raison précise, et si vous voulez tout savoir, je n’ai pas l’intention de traîner outre mesure dans cette ville... Tous les mots passèrent sur le bout de sa langue, mais quelque chose lui dit qu’il ne valait mieux pas rajouter de l’huile sur le feu et risquer de vexer un peu plus la dame. Et pour être tout à fait honnête, elle priait pour que son honnêteté lui accorde les bonnes grâces de son agresseur, et qu’elle puisse vite retourner à ses affaires. Même si cela n’avait pas vraiment l’air d’être le cas... Posant une main qu’elle voulait ferme, mais pas agressive, sur celle qui la tenait, elle tenta un dernier coup de poker.
Bon, écoutez, si cela peut vous prouver ma bonne foi, je peux vous aider avec votre... Hum... Soucis. C’était un nouveau coup de bluff, car ce n’était même pas certain qu’on l’arrête pour autre chose que son nerozias endormi. Et en échange, vous me laissez résoudre le mien.

Stoïque et perplexe, Mäje priait pour ne pas s’embarquer dans une histoire plus saugrenue encore, et avait l’étrange sensation que pactiser avec un diable pour avoir le corps sauf. Osant rendre regard pour regard, elle intensifia le sien, en fronçant un peu plus ses sourcils et en appliquant sur sa main une pression plus forte. N’espérant que son interlocutrice recouvre un tant soit peu la raison, elle restait parée à l’éventualité de disparaître une nouvelle fois dans un souffle de fumée.
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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Mar 26 Juin - 17:50




A travers les larges ouvertures de son casque, la Cavalière toisa sa prise pour mieux l'examiner. La robe sombre qui l’enveloppait soulignait une silhouette fine et fragile, et son visage était d'une délicatesse virginale. Comme pour apprécier davantage la minceur de sa victime, Kreen resserra son étreinte sur le biceps frêle et l'attira un peu plus vers elle, plaçant sa dague sous le menton adverse. La criminelle se tortillait comme un poisson hors de l'eau et la guerrière la laissait faire, sans crainte aucune de la voir filer compte tenu de la fermeté avec laquelle elle la retenait.

La créature éructait des plaintes outrées et se débattait avec la rage d'un enfant, mais Kreen demeura silencieusement sévère. Les provocations de ce type avaient tendance à lui passer loin, loin au-dessus de la tête. Alors que la précieuse tentait de se défendre sans même savoir de quoi on l'accusait, la combattante jeta un œil derrière elle, vers son compagnon. L'altercation ne pouvait pas être passée inaperçue et en effet, de l’autre côté de la place, son collègue et les individus qu'il interrogeait du bout de son sabre s'étaient tournés vers les deux femmes. Kreen adressa un hochement de tête agressif à son confrère avant d'accorder de nouveau toute son attention à la fugitive. Juste à temps pour l'entendre se vanter d'être, quoi, immortelle ? Kreen haussa un sourcil, pencha la tête sur le côté et laissa un rire cruel résonner dans sa gorge.

« – En voilà, un défi, murmura-t-elle plus à sa propre adresse qu’à celle de la bourgeoise. »

La princesse en question enchaîna sans hésiter et, avec cette prétention illusoire si caractéristique des gens aisés, se présenta comme elle l'aurait fait à partenaire en affaire. La main valide tendue vers sa nouvelle rencontre, une mine pompeuse aux joues, elle tentait de se sortir l'arrière-train des ronces en usant de politesse. Kreen fut frappée d'un éclair d'incrédulité pendant un court instant. Elle baissa les yeux sur la menue menotte qu'on lui présentait, reporta son regard sur le visage brun de la belle, et fit un geste complexe de la tête avant de relever le menton pour mieux dominer sa proie. Proie qui s'avérait sacrément bavarde.

Même si la Cavalière n'avait pas tout son temps, elle n'avait aucun intérêt à faire monter le ton davantage. Il y avait déjà beaucoup trop de témoins à cette scène et il était hors de question d'en faire un spectacle. Le tavernier pouvait bien courir, elle n'avait pas besoin de lui pour retourner l'établissement, alors elle laissa la fourbe créature déblatérer tout ce qu'elle pensait capable de lui sauver la peau, sans jamais lui répondre. Les inepties ne pouvaient pas grand-chose contre la lame que Kreen maintenait appuyée contre la chair de la baratineuse.

Sans doute parce que son attaquante ne semblait pas vouloir lui adresser un seul mot, la belette maniérée tenta le diable et se permit de poser la main qu'on ne lui avait pas serrée sur un bras au bout duquel une dague la tenait encore en joue. Téméraire. Et elle proposa un marché à la Cavalière de Sharna qui la menaçait de mort. Inconsciente, alors ?

Sous son armure, les muscles de Kreen se bandèrent quand la patte de la bourge se posa sur elle. Elle avait bien malheureusement les deux mains prises et aurait difficilement pu esquiver ce geste sans perdre l'avantage, mais elle put presque sentir la pression des doigts basanés sur sa peau exsangue, et l'audace de la vipère verbeuse lui arracha un grognement contrarié. Elle se dressa de toute sa hauteur, raffermit sa prise si fort que son pouce et son majeur se rejoignirent presque, et tourna la lame de sa dague de façon à ce que seul le tranchant soit encore en contact avec la gorge de sa proie. Les dents serrées, elle siffla :

« – Tu vas commencer par me dire si le Zélos est en vie, ma jolie, ensuite tu vas me dire où tu cours, comme ça. Et après, on parlera de mes problèmes. »

Kreen n’avait nullement envie que l’intrigante lui raconte sa vie comme elle avait visiblement tendance à faire, mais, excités par l’arrogance qui lui faisait face, ses instincts de Cavalier du Chaos lui avaient intimé de passer par la terreur et l’inquisition, même si cela n’allait pas apporter beaucoup de réponses aux questions qui l’avaient menée jusqu’ici. C’était trop tard, on l’avait agacée.



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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Mer 4 Juil - 21:25

Pour un pétrin, s’en était un beau, avec la sale odeur qui va avec. Sous sa frange sombre, Mäje énumérait ses pensées, à moitié occupée par l’autre qui semblait prendre un bien étrange pied à lui arracher l’avant-bras. A défaut de l’avoir intriguée, la cavalière avait au moins l’air intéressée. Enfin, c’était un bien grand mot. Seulement un peu moins sanguinaire et un peu plus... Excitée ? A la recherche d’une échappatoire, la sylphide se surprit à comprendre que la seule façon de gagner à se jeu d’esprit était d’aller dans le sens de son agresseur, sans céder, au moins, à un syndrome de Stockholm.
Pour le peu qu’elle savait d’elle, ce qui n’était en somme pas grand-chose, la dame semblait être particulièrement impulsive. De plus, sa façon de lui avoir sauté dessus comme une furie pour une agression assez banale et qui ne semblait pas la concerner lui indiquait qu’elle prenait à cœur le respect de la loi... Enfin, dans un endroit aussi miteux, le respect du code... D’honneur ? Comprenant qu’elle était allée trop loin, l’immortelle relâcha sa main et la dégagea de sa prise.

A sa grande surprise néanmoins, l’inconnue marbrée finit par faire un pas dans son sens. A reculons, certes, mais c’était un début, et même si Mäje savourait amèrement cette première victoire, elle savait qu’il lui restait encore du chemin à parcourir pour arriver à se sortir de ce merdier. Docile, elle haussa les épaules déjà ankylosées par la posture indélicate, et essaya de secouer ridiculement la main pour y ramener un peu de sensation.


Mpf, c’est pas bien compliqué... Pouffa-t-elle dans sa barbe. Il suffisait d’aller poser une main sur le coup du malheureux pour le constater. Mais regagnant un semblant de sérieux, sûrement plus qu’elle ne l’imaginait, elle planta brusquement ses yeux dans les prunelles d’acier qui la dévisageait. Etait-ce elle où elle appréciait particulièrement la situation ? Mais quelque chose lui disait qu'elle n'était pas la plus bavarde qu'elle ait connu.
Le zelos est en vie. D’ailleurs, c’est un nerozias, pour ce que ça peut vous intéresser. Elle ajouta, indiquant la porte du regard. Vous pouvez aller vérifier par vous-même, son cœur bat, il n’est pas blessé, juste... Absent. Habituellement, elle aurait fait un clin d’œil joueur, mais elle s’imagina de suite que ce serait très mal interprété. Un... talent que j’ai. Il sera frais comme un gardon d’ici une heure ou deux. Et vu la corpulence du morceau, c’était sûrement plus proche de la demi-heure. Satisfaite ?

Plantée comme une idiote, elle attendait qu’il se passe un semblant d’actions, mais elle comprit bien vite qu’elle n’avait montrée qu’une moitié de patte blanche et qu’il en fallait plus pour qu’elle gagne sa liberté de mouvement. Attendant quand même de voir si la bleuté allait relâcher un peu la pression, elle poursuivit tant bien que mal, adoptant bien malgré elle une mine un peu défaite.


Quant à mes affaires ici... Elle haussa ses épaules basanées mais s’aperçu bien vite qu’au fond il n’y avait pas vraiment de mystères, ni de problèmes, ni quoique ce soit d’illicite dans les raisons de sa présence dans la ville.Joignant le geste à la parole, elle fouilla dans sa sacoche et en tira le petit bout de cuir, le plaquant presque sous le nez de la demoiselle toute en muscle. Je suis là pour ça. Et grâce à l’aide volontaire de notre ami l’assommé, j’ai eu une première piste pour le retrouver. Roulant des yeux, presque fatiguée par la situation, elle poursuivit tout de même. La suite, c’est au quartier des artisans que ça se passerait, dans un potentiel marché noir. Ça vous intéresserait ?

D’un air de défi, la dame toisa sa tortionnaire avant d’hausser les épaules et de lever les bras, rangeant vite le petit bout de cuir dans sa cachette. Elle s’était assurée de garder sa voix à mesure, consciente que leur altercation avait attiré quelques regards curieux tout autour d’eux. Chassant une mèche noire de son épaule, Mäje finit par reprendre sur ses charbons ardents, ne pouvant réprimer un sourire joueur naître sur les coins de ses lèvres. Pour tout dire, elle était réellement amusée de savoir ce qui amenait cette furie bleue à se jeter sur elle.

C’est à ton tour, je crois.
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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Lun 3 Sep - 20:24

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Pendant un court instant, la Cavalière savoura la situation en maintenant cruellement le tranchant de sa dague contre la chair de sa victime. Elle ne trouva dans la pupille adverse aucune terreur, mais la tension qui semblait agiter la criminelle et la délicieuse dominance que cette dernière lui procurait par sa petitesse lui arrachèrent un rapide sourire en coin. La créature se tortilla encore un moment avant de délivrer le bras de la Gorgoroth, un geste qui mordit la mort-vivante d’un soulagement acide. Toujours aussi rigide et mutique, la combattante laissa la jolie brunette se remettre un peu de ses émotions et, enfin, répondre à sa question. En constatant que la fugitive perdait nettement en vindicatif, dans ses mouvements comme dans ses mots, Kreen écarta sa lame. Elle banda ses muscles de façon à tenir son arme dans un angle propice à un égorgement éclair, sans pour autant entrer en contact avec la peau délicate de sa proie.

Ainsi la bourgeoise l'informa-t-elle de l'état de santé du Zélos, et de son statut. Doutant d'abord des propos de la belle, la Cavalière haussa un sourcil, mais elle devait bien admettre que ses histoires n'étaient pas plus invraisemblables que tout ce qu'elle aurait pu raconter d'autre. Satisfaite ? Pas tant qu'elle n'aurait pas inspecté le Nérozia, non. Mais avait-elle vraiment le cœur de le faire ?

Elle ne s'était précipitée sur la fuyarde que parce que son départ lui avait paru suspect, parce que déguerpir peu de temps après avoir vu un Cavalier de Sharna interroger des locaux, ça ne vous donne pas l'air innocent. En revanche, que la jeune femme ait pu assassiner un homme sous ses yeux, ce n'était pas tant un problème qu'une curiosité. Si Kreen avait trouvé le geste et l'évasion furtive de la sombre furette très louche à ce moment précis, elle n'avait que faire du sort du Zélos et n'aurait en temps normal pas levé le petit doigt après avoir été témoin d'un meurtre en plein Umbriel. Elle n'était ni agent de l'ordre, ni paladin. Ce qu'elle avait craint, ç'avait été d'avoir fait fuir une partisane du fugitif recherché par la prison et de l'avoir laissée occire un potentiel informateur. Alors si la suspecte en question s'était bel et bien contentée de l'envoyer dans les bras de Morphée, elle perdait tout intérêt. Alors, satisfaite ? Kreen se contenta de hocher vaguement la tête sur le côté et de déformer ses lèvres en un rictus fortement dubitatif. Visiblement, cela suffit à inciter sa prise à parler davantage.

On présenta à la Cavalière un mince morceau de cuir sur lequel des inscriptions et des dessins difficilement reconnaissables semblaient s'estomper depuis des années. Elle ne prit pas la peine d'essayer de le déchiffrer. Cela aurait nécessité qu'elle le prenne dans les mains, et aucune des deux n'était disponible. Elle laissa d'abord la précieuse finir et, en fonction de leurs échanges, elle verrait si le chiffon ingrat méritait qu'elle coupe sa propriétaire en tranches et le conserve. Pour le moment, cela ressemblait aux croquis grossiers d'un bijou quelconque et à des instructions énigmatiques. Autant dire rien de fascinant à ses yeux.

Peu après que la bourge lui ait indiqué sa prochaine destination, Kreen la relâcha brutalement en la repoussant même un peu avec une once de mépris. La guerrière ne pouvait être sûre de rien, évidemment, mais elle ne pouvait pas non plus se permettre de soupçonner tout Umbriel. Si l'évadé avait eu des contacts à l'extérieur, ils avaient sans doute déguerpi avec lui – et s'il y avait des minettes en robe de soirée parmi eux, il y avait peu de chances qu'elles traînent dans les tavernes et prennent le risque de se faire remarquer. La poupée n'était donc pas plus douteuse qu'un autre, et Kreen n'avait pas assez de foi en sa mission pour s'accrocher à la première étrangeté venue. Elle toisa l'élégante avant de chercher son collègue du regard – il avait disparu – et de froncer les sourcils, plongée dans une amère réflexion.

Le marché noir n'était pas l'endroit le moins indiqué pour rechercher un fugitif. On n'y achetait pas que des artefacts maudits et des armes volées, mais aussi et principalement des renseignements. Cinq Cavaliers y avaient déjà été envoyés mais ils avaient peu de chances d'apprendre quoi que ce soit. Les Cavaliers de Sharna n'étaient appréciés nulle-part, et par la nature des interventions qu'ils effectuaient régulièrement à Umbriel, particulièrement détestés par une grande partie de la population. Autant dire qu'il était garanti qu'encore une fois, ils rentreraient bredouilles – en faisant abstraction de ce qu'ils pilleraient sur les cadavres des impudents qui les auraient provoqués. Kreen cogitait. La charmante demoiselle paraîtrait-elle plus avenante aux bavards du coin ? Mis à part le fait qu'elle arborait fièrement son opulence et semblait tenir à ce qu'on lui mette la main aux poches, elle était clairement capable de faire l'anguille. De plus, il fallait admettre que si elle était encore en vie à Umbriel, bourgeoise ou pas, elle devait savoir y faire avec les brigands. La combattante reposa son regard glacial sur l'objet de ses méditations, avec une neutralité qui, si elle n'avait pas été ombragée par son casque, aurait clairement trahi son état de divagation.

« – On peut leur parler, à tes pauvres types, quand tu les fais planer ? Elle marqua une pause et fit tournoyer sa dague dans sa main afin de maintenir la lame contre son propre avant-bras. Méfie-toi, si tu dis oui, je viens avec toi. Elle ne la laissa pas répondre. Je connais Umbriel. Tu furètes, je m'occupe des mains baladeuses. Elle se redressa en posant les mains sur ses hanches et termina avec un geste légèrement dédaigneux du menton. On s'associe pour trois heures. Après ça, on se connait plus. »



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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Lun 10 Sep - 14:34

Spoiler:
 

En se frottant les avant-bras entre ses graciles doigts de sable, Mäje savourait enfin le retour de sa liberté, obtenue non pas dans le plus grand des respects mais plutôt dans un certain mépris – qui n’était pas pour lui déplaire, ni pour la changer de son habitude depuis qu’elle était arrivée dans cette ville pestilentielle. Peu persuadée d’avoir su toucher la défunte au cœur... Ou même si elle en avait un quelque part, elle restait satisfaite de voir que leur relation évoluait de la haine vers une entente plus ou moins cordiale dormant sur un lit passif agressif. Toujours mieux que rien... Et visiblement pas assez pour s’obtenir les bonnes grâces de l’agente de la force en place, et encore moins de savoir le fin mot de sa propre histoire. Mais décidément, la bleuté était forgée dans un métal tenace, et sa carapace semblait plus que difficile à émousser.

Blasée, la sylphide réprima une violente envie de se frotter la tempe. Mais qu’est-ce que le ciel lui réservait ? Pour tout sauf croyante, elle commençait à croire que des mauvais esprits étaient à l’œuvre. Elle qui voulait faire sa trop pénible besogne dans l’intimité et sans grands obstacles... Elle s’était retrouvée dans de beaux draps et avec une partenaire non seulement cavalière de Sharna, mais en plus un peu trop portée sur le brise poignée et les arrestations impulsives. Pas de quoi passer inaperçue, donc...  Ceci dit elle devait admettre qu’en compagnie de voyou et autre contrebandiers, mieux valait être mal accompagnée que mort. Et elle tenait trop à ce corps là pour devoir le troquer contre une de ces poupées sans visage le temps que l’on lui en fournisse un nouveau. En attendant une réponse, elle chercha un minimum d’émotions à travers le casque animal, mais rien ne transparaissait, seulement les deux orbites évidés, et quelques nuages.


Nous voilà bien avancées... Pouffa-t-elle dans sa barbe. Contre toute attente, sa tortionnaire souleva une brusque question qui la prise de court, non pas par sa réponse, mais parce qu’elle soulevait. Brisait-elle un peu sa carapace ? Haussant les épaules, Mäje commença, d’abord un peu pantoise, puis rattrapant vite sa superbe. Oui, bien sûr. J’envoie leurs esprits au septième ciel, mais ils sont encore complètement...

Contre toute attente, la bleuté se montra plutôt avenante (dans sa propre définition du terme : pour le reste du monde, elle était un peu plus bavarde). Et la sylphide avait la pertinente sensation de tomber dans la gueule du loup, et de se retrouver entraînée dans une aventure qu’elle souhaitait, à la base, rendre la plus courte possible... Mais qu’à cela ne tienne. Elle ne perdait pas de vue son objectif, et était suffisamment étonnée pour pouvoir refuser les avances de la brusque. Et après tout, en regardant les rues pleines de crasses et en inspirant l’entêtante odeur de soufre et de moisie qui suintait de toutes les surfaces possibles, elle admit bien qu’elle faisait tâche dans ce décor... Purulent. Et même si le fait de passer du temps avec son agresseur ne lui inspirait rien de bon, au moins elle en imposait, et elle connaissait en bonus cette ville défraîchie. De quoi prendre sur soi quelques heures...
Elle retint une grimace, un rictus borné. Ceci dit, elle ne donnait pas chère de sa peau passé ce délais... Et même pendant : elle allait amèrement sentir passer la moindre minute.


Mes aïeux... Elle se retourna, faisons tournoyer au passage sa tignasse sombre. Penchant un peu ses hanches, écartant ses bras en haussant les épaules, les poignées théâtralement cassés dans une pause insolente, elle ne pu s’empêcher de faire preuve de tous ses talents d’acteurs. Elle ne savait sincèrement pas pourquoi elle prenait la peine de se montrer si renarde, mais elle prenait un malin plaisir  énerver sa nouvelle acolyte. Ai-je vraiment le choix ? Mäje prit brusquement un air plus sérieux. Trois heures, c’était un deal, et si elle se débrouillait bien, elle avait largement le temps de mettre la main sur le bijou. Tendant une main un poil snob vers les imposantes paluches musclées de sa nouvelle comparse, elle cherchait un terrain d’entente neutre pour prendre un nouveau départ : règle numéro un du commerce, traite tes partenaires comme tes amis. Vous savez qui je suis. Mais je ne me souviens pas d’avoir entendu votre nom...

Et si elle le voulait bien, sa prochaine étape : le marché noir, sur les traces du Colibri...
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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Ven 19 Oct - 18:44

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La menue brunette gagnait un peu en intérêt aux yeux de Kreen. Plus elle y pensait, plus elle trouvait intrigante la faculté de la bourgeoise – si elle disait la vérité à ce propos. Sur le champ de bataille, la combattante avait eu l'occasion de voir d’étranges magies à l'œuvre, mais la plupart étaient destinées à la destruction. La Gorgoroth se demanda un instant quelle utilité la belle belette pouvait bien trouver à son pouvoir dans un lieu aussi mal famé qu'Umbriel. Cela ne devait lui permettre d'échapper aux mains ennemies que dans des conditions très spécifiques.

Sans délaisser son attitude de précieuse exaspérée, la coquette finit par acquiescer en adoptant une mine défaite et en feignant la contrariété, mais Kreen ne s'en émut pas le moins du monde. Elle se contenta d'incliner la tête et de se fendre d'un sourire parfaitement vain pour saluer la décision adverse. Puis son expression s'assombrit de nouveau quand l'aristocrate tenta une seconde fois de serrer sa main. Décidément, elle tenait à imposer l'étiquette de son milieu d'origine... Bien malheureusement pour elle, la combattante n'avait pas l'habitude d’interagir avec des étrangers qui se considéraient son égal. Entre l'état-major qu'elle n'était pratiquement pas autorisée à regarder dans les yeux et les mendiants de Ridolbar qu'elle ne prenait pas la peine de contourner quand ils étaient sur son chemin, les seules personnes de son niveau social qu'elle côtoyait quotidiennement étaient ses confrères Cavaliers – et elle ne les saluait certainement pas en leur serrant la main tous les matins. Ainsi, elle avait enterré cette coutume cent-vingt-huit ans auparavant et rechignait à la réintroduire dans sa vie. Elle posa ses iris pâles sur la menotte délicate de sa nouvelle associée et fronça les sourcils. L'idée de serrer cette petite patte brune lui était parfaitement saugrenue, et même un poil dérangeante. Sans compter qu'elle ne tenait pas à sceller un marché avec ce qui pourrait bien s’avérer être une catin espionne de la pire espèce.

La Cavalière ne serra donc pas la main de la princesse et se contenta d'un geste vertical de la tête en guise de révérence.

« – Seigneure Kreen. Puis, presque sans marquer de pause, elle indiqua du pouce une large avenue de l'autre côté de la place et ajouta: le marché noir, c'est par là. »



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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Mar 27 Nov - 19:04

Seigneure Kreen, seigneure Kreen… Une sale manie que ces cavaliers avaient de s’attribuer volontiers des honneurs et des titres. Si elle l’avait voulu, elle aurait volontiers ricoché avec une pointe d’ironie sur ce sobriquet, mais elle tenait trop à ce corps pour ça. Et comme sa nouvelle comparse avait la lame un peu facile, elle voulait lui épargner de se tâcher les mains et sa tenue légère avec du sang noire particulièrement difficile à laver. Ravalant sa main et sa fierté, elle s’en teint donc à la petite preuve de bienséance qu’elle voulu bien lâcher, soit un hochement visible de la tête (qu’elle ne pu s’empêcher de vivre comme une petite victoire). C’était mieux que rien… Et puis, au fond, ce jeu de pouvoir allait finir par l’amuser tôt ou tard. Ou tard. Ou pas. Mäje haussa les épaules et dégagea de son épaule bronzée une épaisse mèche noire, dodelinant de la tête vers le marché noir.

D’un pas peut-être plus zélé que décidé, la sylphide prit les devants, se doutant bien que la bleuté ne serait pas la plus motivée des guides… Et elle ne voulait pas lui faire ce plaisir non plus. Un petit quelque chose qui la poussait à vouloir la garder sous le coude, sans pour autant lui laisser la marge de manœuvre de l’empaler dans le dos, ou la dénoncer joyeusement à ses camarades pour un crime qu’elle n’avait pas commis. Une grande partie tenait de la volonté de ne pas perdre son enveloppe charnelle, et de l’autre côté, elle devait bien admettre s’amuser du comique de la situation.

Avec une agilité toute féline, elle évita en se tortillant toutes les flaques de bouillasses sales qui semblaient s’épanouir sur le sol humide comme des pâquerettes à la belle saison, maudissant de plus en plus cette satané ville. En deux cent ans, elle n’avait pas changé d’un pouce : pas une trace de propre et de beau sur plusieurs kilomètres, pas un centimètre de vertu ou d’air pur. Une ville pourrie, dans un pa… Brusquement elle sentit son soulier de cuir cimmérien s’enfoncer dans une flaque boueuse. Et merde.
Avec une grimace écœurée, elle s’arrêta, soupira, et reparti en faisant de son mieux pour oublier qu’elle était dans cette ville horrible, avec une cavalière silencieuse comme une tombe, et marbrée comme une tombe, à la recherche d’un bijou fabriqué en série mais dont un exemplaire lui vaut de longues minutes de floue et d’errance. Si les Dieux mortels existaient, ils devaient s’amuser de ses déboires.

D’un coup d’œil sur le côté, elle dévisagea un temps la cavalière. Elle n’en laissait pas beaucoup passer, la seigneure… Pas l’ombre d’une émotion, un vrai tombeau. Mäje ne pu s’empêcher de pouffer dans sa barbe, jaune, avant de se lancer dans un énième monodialogue. Ne serait-ce que pour passer le temps, et essayer de casser un peu la glace si elle allait se la transporter jusqu’à sa précieuse bague.


Et sinon, ça va vous ?
Demanda-t-elle, sachant pertinemment qu’elle n’obtiendrait pas de réponses. Mais autant pousser mémé dans les orties : elle s’enfonça dans la conversation tête baissée. De toutes façons, elle ne pourrait qu’être surprise. Vous êtes du coin ? Et elle s’empressa d’ajouter, comme si ce n’était pas déjà une évidence. Parce que moi non, vous voyez. Je suis dans le commerce, à Argyrei. Je ne le souhaite pas – et c’est sincère – mais si jamais vous avez besoin d’un lit dans le désert, vous pouvez venir chez moi. Elle la regarda un moment, puis ajouta. Par contre, vous paierez plein tarif. C’est pas contre vous hein, l’équité c’est l’équité.

Le marché noir était à dix minutes à pieds de l’auberge où elle lui était tombée dessus, aussi elle n’eut pas à tirer sur la corde plus que de raison. A premières vues, on aurait dit un marché tout ce qu’il y a de normal, avec des fruits, des légumes, et une myriade de petites bricoles en tout genre que la sylphide considéra à peine. Le vrai mystère, c’était comment passer de l’autre côté du miroir… Et le dit miroir était si connu que quelque chose lui disait que ça devait être plus facile qu’elle ne l’imaginait. S’engouffrant dans les dédales à la recherche d’un indice, elle fit de son mieux pour ne pas trop s’éloigner de sa colosse bleue, préférant la garder sous le coude à la vue des dizaine de regards qui se braquaient sur elles sur le passage.

J’ai pas l’impression que vous soyez la bienvenue non plus… Vous sentez la justice à plein nez. Lui murmura-t-elle en faisant semblant d’examiner un fruit exotique couvert de pointes. On fait toutes les deux tâches dans le décor, alors peut-être que vous pouvez vous détendre un peu ?

Loin d’imaginer qu’on pouvait se jeter sur elles pour une simple ballade bucolique dans un marché, elle n’écartait pas la possibilité que les habitants du bourg soient suffisamment susceptible pour se jeter sur elles pour un regard de travers. Alors qu’une part de son cerveau était aux aguets, l’autre part jeter des coup d’œil discrets vers l’arrière des étales, et elle trouva bien vite le dos rachétique d’un yorka qui se dandinait tant bien que mal derrière les commerçants qui faisait semblant de rien voir. Le petit gars en haillon avait l’air de vouloir éviter les regards par tous les moyens… Parfait ! Accélérant le pas, elle commença sa filature discrète (si on veut) jusqu’à ce qu’il les mène vers une ruelle à moitié camoufler par un rideau de toile. L’entrée vers la caverne d’Ali Baba… En ne prenant pas la peine de cacher son sourire, elle invita la cavalière à prendre les devants, poussant le tissu d’une main.


Après vous Madame… Dit-elle tout en n'étant pas tout à fait sûr d’où elle expédiait sa comparse d’une heure. Et si c’était un guet-à-pan, les brutes et les cavaliers d’abord.

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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Lun 28 Jan - 21:54

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Méfiante mais non inquiète, la Cavalière laissa la bourgeoise passer devant. D’un point de vue tactique, c’était ce qu’il y avait de plus logique : la frêle créature pouvait partir fureter en direction de son trésor de pacotille tandis que la combattante assurait les arrières et procurait au duo une aura intimidante – chose qui survenait bien aux dépens d’une quelconque forme de discrétion mais qui ne faisait certainement pas de mal à la mince minette apprêtée qui ouvrait la marche.

Les allées s’élargissaient et se réduisaient de nouveau sans aucune régularité, le sol traître tendait des pièges et la luminosité ambiante dépendait entièrement de torches mal entretenues souvent déjà éteintes. Kreen pouvait voir à l’expression de la princesse que l’air était aussi vicié qu’on le prétendait, et elle ne se gêna pas pour en sourire sournoisement. Elle avait gardé sa dague en main, la lame contre son avant-bras, et la faisait tournoyer entre ses doigts de temps à autres. La guerrière sentait de nombreux regards sur elle et son accompagnatrice et savait parfaitement faire avorter les sombres desseins qui animaient les ombres. Si Umbriel était le théâtre de meurtres audacieux, la majorité des criminels qui y sévissaient étaient lâches par nature (en plus d’être superstitieux), il ne fallait donc pas plus qu’un peu de frime pour les dissuader.

Pendant leur progression, la belle brune fit mine de vouloir engager la conversation. En fait, elle ne faisait que profiter du mutisme de la Cavalière pour parler d’elle tout son saoul. Sous le crâne caprin, Kreen leva plusieurs fois les yeux au ciel et feignit même d’expirer bruyamment. En temps normal, elle aurait peut-être fait preuve d’un peu de persiflage – ne serait-ce qu’en réponse à une ou deux questions – mais l’hypocrisie fièrement assumée de la furette lui donnait envie de l’ignorer entièrement. Elle avait une jolie voix et un accent séduisant mais la mort-vivante ne pouvait s’empêcher d’éprouver beaucoup d’antipathie envers elle et tout ce qu’elle avait de hautain. Elle aurait bien été son genre si elle n’avait pas été aussi maniérée…

Le temps passa, le flot de la bourge ne tarit pas et celui de Kreen demeura inexistant. Non seulement elle refusait de faire à son associée l’honneur d’un de ses délicats sarcasmes, mais la Gorgoroth préférait en plus concentrer son attention sur les alentours et les mains baladeuses que le derrière comme les poches de la dénommée Mäje attiraient. A un moment, elle vit même une silhouette encapuchonnée s’approcher dangereusement, et elle dut la repousser d’une habile entaille – un coup de poignet furtif qui mit en déroute sa victime. Lorsqu’elles arrivèrent aux abords du marché noir, la combattante se rapprocha de celle qu’elle escortait et se permit même de se montrer un peu plus tactile, posant quelques fois le bout des doigts sur l’épaule de l’Argyréenne pour la guider hors du chemin des malfrats. Elle le fit toujours froidement et sévèrement, mais d’une retenue polie parce que peu désireuse d’outrer l’aristocrate. Cette dernière lui suggéra d’ailleurs de faire plus d’efforts pour passer inaperçue, ce à quoi Kreen répondit sèchement sans aucune intention d’élaborer.

« – Il faut bien qu’une de nous reste à crans… »

Peu après ce bref échange, l’anguille guindée se mit à onduler vivement vers une forme que Kreen ne prit pas la peine d’inspecter. Bien qu’un peu contrariée, elle laissa Mäje se faufiler entre les étals, ne faisant que garder un œil agacé sur elle. Sa course prit fin avant que la guerrière ne s’inquiète de ne plus pouvoir la surveiller, alors celle-ci s’avança de sa démarche masculine et rejoignit son altesse près d’une ouverture dans le mur de roche. A la boutade narquoise, la Cavalière répondit d’un hochement de tête faussement humble après avoir toisé sa comparse.

« – Sans blague ? Elle fit tourner sa dague de façon à pouvoir la planter dans le premier venu et s’engagea dans le couloir obscur creusé dans la pierre. Il déboucha bien vite sur un antre étroit éclairé par des bougies et où un homme minuscule s’agitait comme si on l’avait embusqué. Un couloir partait sur la gauche et semblait se poursuivre en escaliers, tandis qu’à droite, un second rideau marquait l’entrée d’une autre pièce. Ignorant l’occupant du lieu, Kreen inspecta chaque alcôve d’un coup d’œil, n’accordant au bazar sans nom qui s’entassait dans tous les coins une attention que secondaire. Elle finit par se poster dos au mur dans le passage entre les escaliers et la pièce principale et fit signe à Mäje d'entrer. La voie est libre, princesse. Magne-toi. »



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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Mar 5 Fév - 16:25

La sylphide ne pu s’empêcher de réprimer un sourire amusé face à l’attitude cavalière sans cheval de sa comparse du jour – ou plutôt de sa victime. Au fond, elle était plutôt bien tombée, et bien que le courant soit difficilement établie entre elle, mieux valait qu’elle arrête de se plaindre. Enfin, pas pour ça : Kreen n’était pas du genre sympathique, mais elle avait la vertu d’être droit dans ses bottes et particulièrement efficace pour la prospection, tout ce qu’elle n’était pas. Alors qu’elle n’en menait finalement pas large sans la stature de sa seigneure, elle se promit de lui faire la chance à demi-tarif. C’était finalement bien mérité.

Et en une paire de minutes, elle leur avait dégagée toute la voie, si bien qu’elles avançaient à présent comme deux reines au milieu de bazar ambiant, n’ayant que faire des créatures habitants les lieux, aussi sales et dégoûtants puissent-ils être. Quand elle l’appela, elle ne se fit pas prier et entra à son tour dans les lieux, se faufilant comme un chat dans les décombres, et passant devant la trépassée en agitant un pan de son chapeau imaginaire.


Merci bien, seigneur. Je fais aussi vite que possible.


Mais quand elle escalada les escaliers quatre à quatre pour arriver à l’étage, elle s’aperçu que le travail serait sûrement plus périlleux qu’initialement prévu. Armée de son morceau de parchemin, elle s’attendait presque à trouver le bijou fièrement posé au milieu de la pièce… Mais à la place elle se retrouvait face à une montagne de bric à brac en tout genre qui allait dans tous les sens : des vieux meubles, des armes, des habits, de morceaux de métaux de tout horizon… Un joyeux merdier de tout ce qu’il était possible de voler et de recéler dans le monde du crime. Mäje jura dans sa barbe et se rappela des paroles du zelos.
Ca doit être ça le fameux réseau de contrebande dont il parlait tout à l’heure… C’est bien ma veine, pensa-t-elle, presque à voix haute.

Seigneure Kreen, ne m’attendez pas surtout, ça risque de prendre un peu de temps… Elle craignait à moitié que la dame prenne la poudre d’escampette, et elle savait qu’elle allait devoir faire vite pour ne pas perdre sa cavalière. Quoiqu’elle était bien libre d’aller où elle voulait… Quelque part, et ça lui faisait du mal à l’admettre, elle appréciait un peu cette géante bleutée.

Qu’à cela ne tienne. Il fallait faire vite. Pendant une poignée de secondes, elle arpenta la pièce de sa longue stature de chat, et chercha un instant un semblant d’ordre dans le désordre ambiant. Et mine de rien, il y en avait un… Tout ce qui semblait être métal, bijoux et arme était soigneusement entreposé dans un coin, loin du mobilier, et c’est par ce bout qu’elle décida d’entamer son travail de colosse. A commencer par s’agenouiller par terre dans la poussière… Cela lui provoqua un violent dégoût, mais elle su passer outre. Comme le fait de plonger ses mains dans les objets sales, qui lui provoqua un instant de supplice. Mais la bague et son impatiente comparse en valait bien la peine, aussi poursuivit-elle sa torture… Qui lui prit une bonne dizaine de minutes. Jusqu’à mettre la main sur un petit écrin sombre, de velours, qui cachait un anneau de la plus belle facture.


Euréka ! S’exclama-t-elle, le bijou en main. Il était minuscule, mais ne manquait pas d’élégance. Pour ne pas le perdre, elle l’enfila sur son doigt, déclenchant au passage l’apparition spontanée et éphémère d’un petit félin fantomatique qui flottait au-dessus de sa main avec une expression allègre. Fascinant… Se redressant prestement, elle se dépêcha de dévaler les escaliers et de retrouver la cavalière qui lui avait fait la joie de l’attendre. Pardon de vous avoir fait patienter, Seigneure, mais le jeu en valait la chandelle. Elle regarda l’endroit somme toute très sale, elle ajouta, un sourire pressant sur le visage et osant un sympathique et complice clin d’oeil. Sauf si tu as encore des têtes à faire tomber ici, je te propose de retourner vers la sortie.

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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Dim 10 Fév - 16:35




La caverne était sombre, encombrée, et même si elle ne pouvait pas en souffrir, Kreen devinait que les odeurs y étaient à la fois exotiques et désagréables. Des tas de vieilleries innommables jonchaient le sol et bouchaient le passage, si bien qu’après que son accompagnatrice l’ait enjambé, la Gorgoroth donna un coup de pied dans un récipient en fer. La guerrière adressa une œillade vaguement intéressée aux rondeurs de Mäje quand cette dernière grimpa les escaliers, puis elle reporta son regard sur ce qu’elle supposait être l’occupant des lieux. Une espèce de squelette baragouinait derrière un établi et semblait désireux de sommer ces intruses de partir, mais sans savoir comment le formuler. La Cavalière le toisa et, songeant qu’elle n’avait rien à perdre, s’approcha de lui. Elle ne prit pas le soin d’éviter les feuilles de parchemin et les tissus crasseux qui couvraient la pierre.

« – Dis-moi mon vieux, ça m’a l’air moyennement légal, ton affaire. Tu dois en connaître, des gens louches. Le vieillard ne cessa pas ses marmonnements et agita les mains comme pour faire signe à la mort-vivante de s’éloigner de lui. Angmar, dit l’Imperceptible, tu le situes ? Elle feint une admiration mystifiée. Il paraît qu’il s’est échappé alors qu’on le menait aux Déments. C’est fou, non ? L’ancêtre s’exclama en levant les bras en l’air.

– Ha ! Ha, ignorante ! Agmanr, il s’appelle ! Pfff ! Et il partit dans une diatribe incompréhensible sur l’incompétence des Cavaliers de Sharna. »

Kreen resta impassible, une main sur la hanche pendant que son index droit tapotait sur la lame de sa dague. Au beau milieu de cette charmante tirade, elle entendit Mäje s’adresser à elle mais ne répondit pas, plutôt fascinée par les gesticulations du bonhomme qui, à ce moment précis, ressemblait plus à une marionnette mal articulée qu’à un être vivant. Elle n’écoutait pas vraiment ce qu’il disait – en partie parce que ce qui sortait de sa bouche ridée ne ressemblait pas tout à fait à de l’isther – mais elle le suivait des yeux sans prendre la peine de cacher son amusement. Elle venait d’employer une technique un peu facile mais puisque ça avait marché…

Après un moment, la belle d’Argyrei pointa le bout de son museau jovial, visiblement satisfaite de son séjour à l’étage de cet infâme établissement. Prête à partir, elle se dirigeait déjà vers la sortie quand la combattante lui attrapa le bras – un peu comme lors de leur premier contact – et la tira vers le centre de la pièce, avec toutefois plus de délicatesse qu’auparavant.

« – Justement, puisque tu en parles… Elle tourna la tête vers sa comparse, lui adressa un minuscule sourire en coin à la signification vague, et désigna leur prochaine victime d’un geste de la tête. Je crois que ce bon Monsieur a besoin de sommeil, tu veux bien remplir ta part du marché, ma jolie ? »

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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Mer 13 Fév - 18:24

Et elle qui pensait n’avoir rien loupé ! A peine avait-elle descendu son mignon bout du nez des escaliers que des cris tonitruants s’élevaient depuis le fond de la salle, et alors qu’elle arrivait à hauteur de la bleuté qu’elle surprit un étrange tas d’os décrépit beuglé ce qui semblait des ersatz d’insultes sur les cavaliers de sharna et leur incompétence. Le gueux parlait à peine la langue, mais se gestes complètement désarticulés en faisait un bien fascinant spectacle, qu’elle aurait volontiers regarder pendant des heures si elles n’étaient pas coincées dans un monticule d’ordure dans une ville toute aussi salle et loin de son chatoyant logis. Haussant ses sourcils sombres, elle se retourna discrètement vers sa seigneure, lui murmurant presque à l’oreille.

Un ami ? Elle posa une main sur sa hanche qu’elle balança sur le côté, déjà abrutie par la vision ridicule du primate vociférant. Il n’a pas l’air de beaucoup t’apprécier. Et même, il a l’air de bien se foutre de votre…

Brusquement la cavalière la coupa, la remettant au même moment à sa sordide place dans l’univers : elle oubliait vite qu’à peine une demie heure plutôt, elle était sous sommation avec une lame sous la gorge. Passons… Elle haussa les épaules et se laissa entraîner face au sénile avec tout de même une once de douceur – enfin, disons qu’elle n’essayait pas de lui broyer le bras, ce qui était en soit un énorme progrès. Sa part du marché… Elle avait oublié ce détail, mais elle devait admettre qu’elle lui en devait une bonne, et qu’il n’était pas dans son caractère de jouer les anguilles au lieu de rendre sa part. Un marché était un marché, et si jouer les marchands de sommeil était suffisamment, alors elle le ferait…


Avec plaisir, Seigneure.
Elle se retourna vers le gueux, prête à lui souffler dessus, à moitié déconcentrée par sa danse nerveuse. Comment résister à l’ébauche d’un sourire venant d’une bleuté toute en muscle ? Mais lui obéir ne serait pas simple, sa crevette ne semblait pas un instant impressionné par la nouvelle chalengeuse. Il baragouinait dans tous les sens mais impatientée, Mäje finit par l’attraper férocement par les épaules pour lui souffler une juste dose de vapeurs. Le gus s’arrêta, et la sylphide laissa échapper un sourire mutin et charmant de surface. Allez jeune homme, on répond à la dame. Elle se retourna ensuite vers la cavalière : Il est tout à toi.

Sa mâchoire pendait désormais à moitié de son visage décrépi, mais il pouvait encore parler et bouger, bien que son esprit soit dans un nirvana insondable et inatteignable.  Kreen était libre de l’interroger autant qu’elle le désirait, bien qu’il semblât à moitié fou, à moitié crétin. Autrement dit, l’immortelle serait bien surprise de le voir d’une quelconque utilité, à part en tant que garde-fou d’un tas d’ordure caché à la sauvage à l’arrière d’un marché. Et sans grand étonnement, malgré une nouvelle question, il se mit à baragouiner dans un charabia à peine compréhensible des souvenirs d’enfance, de madeleine et d’œufs frais, de son père absent et de ses premières relations ambiguës avec un lointain cousin. Toute une histoire…


Charmant… Pas sûr que ça t’intéresse beaucoup, non ? Lança-t-elle à sa comparse par-dessus son épaule. Et à sa mine déconfite et son calme péniblement contenu, elle devinait qu’elle atteignait un point mort dans son enquête. La sylphide ne pu contenir un clin d’œil assumé. Ne fais pas cette tête, ça gâches tes charmes. Un de perdu, dix de retrouver ! Ondulant jusqu’à elle, elle agita sous le nez son long doigt splendidement habillé de la bague nouvellement acquise. Tu auras permis à quelqu’un d’être très heureux aujourd’hui : une victoire en soit !

Lui indiquant le chemin du retour, elle finit par l’entraîner jusque devant la porte, retrouvant avec plaisir l’air frais et putride de la ville – qui valait toujours mieux que l’atmosphère délicatement moisie de l’intérieur du passage.  Elle s’étira avec assez de plaisir, consciente qu’avec les espoirs déçus de la gorgoroth, c’était aussi la fin de leur marcher et de leur petite aventure.

J’imagine que tu n’as plus besoin de mes services… Seigneure Kreen. Dit-elle avec un sourire amusé. Mais je n’oublierai pas ton aide. Passons sur ces manières un peu rustres : merci de m’avoir aidé. Les portes de mon relais te sont ouvertes. Et si un jour tu as de nouveau besoin d’un petit coup de main dans tes enquêtes, cherche Mäje. Elle lui tendit la main en guise de bonne foi, finalement – et ironiquement – attachée à la colosse bleuté. Une page qui s’écrit ou une rencontre fortuite ? Nulle ne pouvait encore le savoir. Quoiqu’il en soit, elle avait mis la main sur le bijou : ce serait un joaillier de content, et une sylphide d’enrichie… Quant à Kreen, elle ne doutait pas qu’elle mettrait rapidement la main sur sa cible, et qu’il s’en sortirait… Plus ou moins vivant.

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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Ven 15 Fév - 18:32

La belle brunette ondula vers le vieillard et Kreen les observa avec attention. Elle vit une épaisse fumée virginale s’échapper des lèvres sombres de Mäje, et s’attarda presque sur l’élégant contraste que formaient les volutes pâles et les ourlets d’ébène de la jeune femme. Les vapeurs disparurent dans les narines de l’énergumène et la magicienne se tourna vers la Cavalière, l’impertinence à la bouche. Le Séide la toisa sèchement, espérant ainsi lui faire comprendre qu’elle n’avait pas forcément intérêt à faire la maligne, puis elle attira l’attention de son suspect en claquant des doigts et commença son interrogatoire d’une voix claire.

« – Alors, ce Agmanr, tu l’aurais pas vu passer par hasard ?

– Héééé… Ouuiii Amgrrr… Jeeee… Aaaah, vous connaissez les madeleines de la Mère Vegga ?.. »

La guerrière ouvrit de grands yeux, puis ferma à demi les paupières presque immédiatement après. Le bonhomme délirait complètement et semblait tout à fait inconscient du monde qui l’entourait. Dans ses gestes devenus lents et théâtraux, il renversa une carafe qui fit un boucan du diable sur la pierre mais il ne parut pas s’en émouvoir le moins du monde. Kreen tenta bien quelques fois de le remettre sur le droit chemin en l’interpelant et en sifflant entre ses dents, mais pour tout dire, elle avait perdu espoir bien avant que sa nouvelle copine n’exerce son art. Alors elle soupira bruyamment et resta un moment contemplative avant que Mäje ne l’extirpe de ses songes en agitant sa longue main brune sous ses yeux, toute jubilante. La mort-vivante eut un mouvement de recul et expira sur la bague comme un chat qui n’aimerait pas ce qu’il vient de renifler. Elle avait limite oublié pourquoi la coquette Argyréenne était venue mettre Umbriel sens dessus dessous, et le bijou lui parut totalement pathétique – étant donné l’allure de la chose, leur curieuse association n’avait certainement pas valu le coup pour l’aristocrate, et elle n’avait décidemment pas du tout, mais alors pas du tout valu le coup pour la Gorgoroth. Ses pensées se traduisirent par un silence austère, même en prenant la direction de la sortie alors que l’ancien déblatérait encore des idioties. L’échec avait un petit goût amer, parce que même en s’étant attendue à lui, elle s’était mise dans une situation d’autant plus désagréable. Mäje et elle n’étaient pas faites pour s’entendre.

La bourgeoise fit preuve de malice une ultime fois et finit par ce que Kreen prit pour de simples formules de politesse sans aucune réalité. La guerrière était figée, les mains sur les hanches, la bouche entrouverte parce qu’elle était en train de titiller une de ses molaires avec sa langue. Elle semblait inspecter sa comparse et hésiter quant à la manière dont elle devait la traiter. Finalement, elle secoua sensiblement la tête pour marquer son exaspération et baissa des yeux dédaigneux sur les doigts minces tendus vers elle. Non. Toujours pas.

« – C’est ça, princesse. Surveille tes arrières, je peux t’assurer que t’es pas la seule à le faire. Elle afficha une moue pleine de sous-entendus, sans pour autant abandonner son éternel désabusement. Et si t’apprends quelque chose sur un échappé d’Umbriel, préviens donc les autorités ; elles ont des babioles légèrement plus pimpantes que ça à refiler, ajouta-t-elle avec un geste du menton vers la bague qu’arborait fièrement Mäje. Et elle demeura immobile encore un moment avant de s’en retourner vers son aubergiste qui devait avoir fait de sa dague son nouveau couteau de cuisine. »

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MessageSujet: Re: [TERMINER][MISSION] Between the cat and the devil   Mer 20 Fév - 21:32

Votre aventure vous a mené loin!

Mais rien n'est fait pour rien et le but désiré a été atteint.
En récompense de vos efforts, voici ce que vous réussissez à obtenir :

_ 300 dias ;
_ une bague féline avec la capacité de faire apparaître parfois la tête d'un félin qui s'anime de manière fantomatique, et dont l'humeur changerait inexplicablement.



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