Smaragd, Soeur Cadette

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Effectifs

• Eryllis: 3
• Ladrinis: 3
• Eclaris: 1
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 5
• Nérozias: 3
• Gélovigiens: 6
• Ascans: 2
• Marins de N.: 2
• Civils: 10

Temps actuel

An 1305 de l'ère obscure

Saison:Riguear Mois:Gexon
[Novembre/Décembre en temps réel]

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Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
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 Smaragd, Soeur Cadette

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Smaragd
MessageSujet: Smaragd, Soeur Cadette   Ven 7 Sep - 1:56



Smaragd
« Ne me cherchez pas, je sais où je suis »




IDENTITE : Nagh'dall Ragh
SURNOM : Smaragd
AGE : 53 ans | SEXE : Féminin
PEUPLE :  Zélos
CASTE : Eryllis
METIER :  Eleveuse de rapaces




DON : Force physique surdéveloppée
SPECIALITES :
Ouïe perçante – son sens de l’ouïe atteint la finesse du canin
Intimidation – elle a appris à user de sa carrure et de ses grognements pour faire fuir les bestioles qu’elle ne peut ni consommer, ni dresser

POUVOIRS :
Célérité ★★☆☆☆☆ – Depuis quelques temps, Smaragd peut accroître sa vitesse de manière considérable, alors capable de parcourir mille pieds en trois à quatre secondes. Elle ne peut pas encore utiliser ce pouvoir sur une très longue distance puisqu’elle doit se reposer après une demi-lieue parcourue à grande vitesse, mais elle s'en sert volontiers. Cette capacité consomme beaucoup d’essence divine. De plus, la vélocité dont elle fait preuve lorsqu'elle utilise ce pouvoir se limite à ses muscles et ne s'étend pas à sa perception ou sa réactivité, ce qui signifie que ses réflexes ne sont pas accrus et que certains terrains présentent beaucoup trop de risques pour qu'elle se permette de les fouler si rapidement.
Détection de poison ★★★☆☆☆ – Il est pratiquement impossible d'empoisonner Smaragd. L'Eryllis a développé la capacité de détecter une substance nocive presque automatiquement. Dans la nature, elle saura également quels fruits et fleurs éviter, même si ils lui sont tout à fait inconnus.
Onde de choc ★★★★☆☆ – Se prendre un poing de Smaragd est déjà douloureux en temps normal mais lorsqu’elle use de cette faculté, cela devient sévèrement dangereux. L’impact équivaut à peu près au coup de tête d’un taureau qui aurait chargé sur une bonne distance. L’essence divine se manifeste par un puissant flux dans un de ses membres et produit une onde aussi soudaine que violente.


Smaragd use volontiers du pouvoir qu’elle contrôle le mieux mais elle maîtrise également la dague et le marteau. Le sien a un manche court et est suffisamment léger pour qu’elle puisse l’utiliser à une main. Un des côtés est large et plat, l’autre se prolonge en pointe. Il est de belle facture, taillée avec finesse. Quant à son armure, elle se résume à un plastron de cuir épais, à de larges bracelets assortis et à des protections aux genoux. La jeune Zélos refuse de s’embarrasser d’équipements lourds et bruyants.


Smaragd possède un catalyseur, sans quoi elle ne saurait user de magie. La pierre de sphène qui lui confère son essence divine est de couleur ocre et grossièrement taillée. Elle la porte sur le biceps gauche en un bijou très simple fait d’un mince bracelet d’étain. La gemme est ainsi en contact permanent avec sa peau.
Son marteau et sa dague font partie de ses possessions les plus précieuses.
Elle a bien sûr un gant de fauconnier.
En dehors de ça, elle se considère propriétaire de la cabane qu’elle occupe à Elgondor.
Enfin, elle possède une trousse de cuir dans laquelle elle range son matériel à tatouages ; une baguette en os sur laquelle elle fixe une longue épine, un maillet en métal, et des fioles qu’elle remplit régulièrement d’une encre sombre à base de sève et de charbon.



Elle est une tresse de muscles, serrée dans une torsion souple et nerveuse. Son dos naturellement sculpté est rayé de cicatrices, il s'élargit vers des omoplates soulignées puis des épaules larges et rondes. Elles-mêmes se prolongent en nœuds de chair tendus dans lesquels réside une puissance impulsive et toujours en éveil. Ses mains épaisses sont longues et rudes et se terminent en griffes courtes. Sous des clavicules saillantes, sa poitrine abondante surplombe un ventre taillé en six plaques de tendons tortueux. Latéralement, ses muscles obliques et dentelés antérieurs soulignent fermement ses côtes, descendant vers des hanches féminines, larges et charnues. Ses jambes sont athlétiques, noueuses, sculptées, à l'image de ses bras : ses cuisses sont puissantes et solides, ses mollets minces et ciselés. Des lignes de motifs abstraits et géométriques cerclent ses deux adducteurs et son tibia droit. Ses pieds vigoureux sont toujours nus.
Cette silhouette caractéristique est enrobée d'une peau verte aux éclats dorés. Elle est zébrée de balafres, teintées d'ecchymoses, rougies de plaies, percée de morsures. Dissimulée derrière quelques atours de cuir et de coton bruns – des tissus et des peaux que l'on semble avoir serré négligemment autour de sa taille – elle porte les stigmates d'une existence sauvage. En dehors du plastron terreux et du pagne clair qu’elle ne semble pas vouloir quitter, elle ne s'encombre jamais de pièces inutiles et ne protège que très peu sa chair crue.

Soutenue par un cou solide et tendineux, sa tête présente un visage fermé et boudeur : elle a les traits ronds et graciles, et pourtant, l’expression qu’elle aborde en permanence ne respire pas la liesse. L’arrête de son nez est très courbée vers l’extérieur, la pointe est courte, large et plate, accentuant des narines légèrement retroussées. Partant de la base de longues oreilles pointues et percées moult fois, le contour de sa mâchoire est arrondi, enfantin, et dessine un menton court. Deux larges canines inférieures, épaisses et pointues, s’échappent de sa bouche pulpeuse et rose et poussent sa lèvre du bas vers l’avant.

Même surmontés d’épais sourcils, ses longs cils noirs attirent le regard et on se brûle volontiers à la chaleur sévère de ses iris d’ambre sombre. Elle porte encore les peintures bleues de son clan sur ses paupières et sa joue.
Son front plat mais naturellement plissé juste au-dessus de son nez fuit vers une crinière d’ébène épaisse et ondulante. Elle les porte tressés sur le crâne et retenus par des lanières de cuir mais ils manquent cruellement de discipline… Et probablement de soin.

Etant donné qu’elle sort à peine de l’adolescence, sa hauteur est encore relative et elle paraît bien menue à côté de ses congénères adultes mais ses muscles saillants et bombés lui donnent une prestance robuste malgré tout.


Aussi triste que cela puisse paraître, les Eryllis n’ont pas encore apporté beaucoup de joie dans la vie de Nagh’dall. Elle a beau avoir enterré le massacre de son clan et la disparition de son frère, elle est à jamais marquée au fer rouge par ce traumatisme et exigera encore de longues années d’effort pour s’épanouir chez les Amazones.

Smaragd n’est pas une ingrate. Elle sait parfaitement ce qu’elle doit aux Eryllis ; un toit, la possibilité de s’épanouir. Une famille. Elles l’ont choisie parce qu’elles avaient foi en elle et la protègent aussi ardemment qu’elles protègent Noathis. Elles l’aiment et la respectent comme on aime et respecte une sœur. Mais de ce fait, elles ne font que remplacer un frère de sang qui a tout sacrifié pour elle, et il lui est encore très difficile de s’intégrer à son nouvel entourage.

Cela dit, les plaisirs qui égayaient sa vie avant que tout ne chavire restent les mêmes, et elle apprend peu à peu à les retrouver. Elle n’a pas oublié l’art du tatouage et les prouesses culinaires qu’on lui a enseignés. Aussi, depuis très récemment, elle parvient à profiter de la vie dans la forêt et du contact avec la faune avec laquelle elle sait y faire ; elle tente d’en apprivoiser, elle s’exerce à la chasse et, bien sûr, continue à pratiquer le métier qui faisait la réputation de ses aïeux. De même, il n’est pas rare de percevoir une lueur admirative dans ses yeux lorsqu’elle accompagne une de ses aînées, et c’est avec plaisir qu’elle retrouve en ces dernières le sens de la solidarité qui animait ses défunts semblables. Cela prouve que dans quelques temps, elle sera sans aucun doute une jeune femme sage et communicative. Pour le moment, Smaragd est encore une jeune Zélos renfermée dont il est difficile de tirer plus de quelques mots. Elle semble préférer les grognements et les claquements de langue à la parole, sans doute en partie parce que la communication interraciale lui demande encore beaucoup d’efforts. De par les restrictions linguistiques avec lesquelles elle a grandi, elle ne maîtrise que très peu la langue commune et son vocabulaire est limité. Elle a encore tendance à se tourner vers les autres Zélos de la caste et à leur traduction quand sa bonne volonté se raréfie. Mais même au-delà de ça, elle n’est pas naturellement bavarde. Son traumatisme l’a rendue misanthrope, elle préfère largement la compagnie des animaux à celle des êtres humains. Pourtant, on aurait tort de croire que son manque de sociabilité n’est dû qu’à son histoire. Smaragd n’est pas incapable de se remettre des récents évènements qui ont changé sa vie, mais elle est timide. A cause de son jeune âge, elle est facilement impressionnée par ses consœurs et ne sait jamais comment se comporter en leur compagnie. Elle préfère donc ne pas prendre de risque et s’isoler.

Lorsqu’elle n’a pas le choix et se doit de faire acte de présence, sa franchise a tendance à ressortir. Sans être plus agressive qu’une autre Zélos ou particulièrement blessante, elle est plutôt grognon et quand on lui demande d’être honnête, elle ne se fait pas prier. Une fois la timidité surmontée, elle n’est pas du genre à retenir ses rancœurs et ses reproches. Ce n’est pas par bellicisme – c’est simplement qu’elle n’est ni des plus patientes, ni des plus délicates.

Savoir que vous ne lui voulez pas de mal n’est pas suffisant pour Smaragd. Elle croit savoir lire autrui avec aisance et base de sévères jugements sur les impressions qu’on lui donne. En réalité, si elle n’est pas dénuée d’empathie et a de bons instincts, elle a tort de ne jamais se remettre en question. Enfin, elle a bien évidemment été élevée avec un grand sens de l’honneur. Cela signifie qu’elle ne laisse personne la bafouer, mais aussi que malgré ses difficultés à s’ouvrir aux Eryllis, l’idée de mourir en leur nom ne la perturbe en rien ; comme si l’allégeance qu’elle leur avait prêtée coulait désormais dans ses veines et que protéger ses consœurs était devenu une seconde nature.



PRENOM : Officiellement « Glouton », officieusement « sale bête » mais en zinonien
RACE : Glouton
SEXE : Masculin
POUVOIR : ///
DESCRIPTION : Glouton est un glouton tout ce qu’il y a de plus classique. Il a le poil sombre, seuls ses flancs et les contours de sa tête tirent sur le roux. C’est une petite teigne aux crocs et aux griffes terribles. Smaragd s’était lancé comme défi d’apprivoiser l’animal après l’avoir retrouvé blessé alors qu’il était encore très jeune, et même s’il est effectivement devenu protecteur envers elle et se montre parfois d’humeur joueuse, il arrive que ses accès de colère n’épargnent pas son amie.



C’est au pied d’un arbre immense et sombre que repose l’histoire de Nagh’dall, fille de Ragh’mak du clan des Brumes Bleues. A Noathis, au cœur de la forêt, elle a creusé une tombe dans l’humus sous les racines. C’est là que repose à jamais la pierre de sphène écarlate que portait son frère, et avec elle, le passé écorché d’une orpheline.

Tout le long de la nuit pluvieuse qui avait englouti la clairière, Nagh’dall était restée adossée à un rocher, les genoux maintenus contre sa poitrine par l’étreinte de ses bras et le visage plongé entre ses jambes. De temps à autres, elle avait relevé la tête, fixé le ciel et la cime des arbres, scruté les ombres, mais elle avait toujours fini par se recroqueviller davantage. Peu à peu, l’adolescente se rendait à l’insupportable évidence et s’admettait entre deux sanglots qu’elle n’avait aucune chance. Jamais elle ne serait capable de pénétrer le campement des Barbares aux Ceintures de Crânes. Jamais elle ne saurait s’ils avaient exécuté son frère ou en avaient fait leur esclave. Jamais elle ne le reverrait, mort en vif. Elle l’abandonnerait à son sort, sans jamais savoir ce que son sort serait. Elle ne se le pardonnerait jamais, pas même après la fin de son existence matérielle, mais elle aurait respecté ses aînés. C’est ainsi qu’elle avait été élevée. Au sein des Brumes Bleues, on ne se laissait pas mourir. On ne se laissait pas ronger par le chagrin. On ne cherchait pas à accomplir une vengeance personnelle. On ne devenait pas fou de deuil. Elle savait que depuis le Grand Royaume où reposaient ses ancêtres, on la regardait bouillir de rage, prête à partir seule à l’assaut de quatre cent cinquante guerriers impitoyables et sanguinaires pour retrouver le corps sans doute sans vie de son frère – et il était hors de question d’infliger un tel outrage à une lignée de huit générations. Alors elle se murmurait les enseignements de son père et tentait de retrouver, au fin fond de son âme, la sagesse qu’elle avait autrefois et que ces derniers jours semblaient avoir anéantie. La nuit avait été sans fin, trop froide, trop seule pour qu’elle ne puisse chercher le repos. Ce n’est qu’au petit matin qu’elle avait trouvé la force de délier ses membres.

Agenouillée dans la boue qui cernait un tronc gigantesque, Nagh’dall caressait la pierre de sphène de son frère du bout des doigts. La chaînette qui l’avait maintenue autour de son cou pendant près de cinquante-trois années trempait dans la flaque de pluie et brouillait l’image du ciel que l’eau lui renvoyait. La jeune fille demeura immobile un long moment, s’étonnant qu’elle ait encore des larmes à pleurer. Elle ne semblait pas capable de porter son regard sur autre chose que la gemme, et les pensées qui lui traversaient l’esprit étaient d’une triste banalité. Elle admirait la couleur. La façon dont elle était taillée. Rien d’autre.

La pluie cessa enfin, cédant à une éclaircie que les feuillages filtrèrent pour ne laisser passer que de minces rayons de soleil autour de la jeune fille. Elle leva les yeux sur les branches du géant d’écorce et poussa un soupir déchirant avant de commencer à faire ce qu’elle s’était promise de faire. En serrant très fort le collier de son frère dans son poing, elle clôt les paupières et sélectionna soigneusement les souvenirs qu’elle avait choisi de sacrifier – et elle les visualisa une ultime fois avant de tout à fait y renoncer.

Elle renonça au soleil pourpre sur les plaines qui couraient de l’Oléra aux marais, et sur les pans dorés des monts au-delà du temple de Fen. Elle renonça aux matins vaporeux sur les chaumes du village, et aux odeurs des moissons. Elle renonça aux chants des maîtres dresseurs et aux tambours des soirées étoilées.

Elle renonça au premier tatouage que lui avait fait sa mère et au premier faucon qui avait posé sur son bras. Elle renonça aux bras de fer contre Smogh, aux allers-retours au puits et à la récolte du houblon.

Elle renonça aux cors d’alerte qui avaient résonné dans la plaine et elle renonça à la grange dans laquelle on avait ordonné à tous les plus jeunes de se réfugier. Elle renonça aux hurlements et aux chocs contre les boucliers de bois. Elle renonça au sang de son père et aux cadavres au dehors. Elle renonça aux mains blanches qui empoignaient les chevelures et s’emparaient des bijoux.

Elle renonça à la porte qui craqua et aux cris des enfants. Elle renonça à leur fuite folle et chaotique qui valut la vie à beaucoup trop d’entre eux. Elle renonça à la vue de son frère éborgné qui la prit par le poignet et lui hurla de courir aussi loin qu’elle pouvait. Elle renonça aux heures passées seule dans le bois, et à la voix de son aîné qui vint l’appeler alors que la nuit tombait.

Elle renonça aux semaines d’errance dans la forêt, aux terres inconnues, elle renonça à la traque et aux cachettes humides. Elle renonça au craquement sinistre des branches, aux hululements des rapaces curieux, elle renonça à la course et aux pièges.

Elle renonça aux bruissements dans les feuillages, à ce moment où Smogh s’était figé et avait scruté les ombres pendant un long moment avant de murmurer « elle nous observe ». Elle renonça à l’épouvante qui l’avait fait frissonner ; « les Eryllis. C’est une femme. C’est une Eryllis ». Elle renonça à l’exploration qu’elle effectuait seule pendant que son frère inspectait l’autre côté de la rivière, aux nuits qu’ils passaient séparés parce qu’il considérait que les Barbares aux Ceintures de Crânes auraient moins de chance de les retrouver ainsi. Elle renonça aux soirées solitaires pendant lesquelles elle comptait les heures jusqu’à ce que Smogh la rejoigne. Elle renonça à l’horreur des créatures monstrueuses et inconnues qu’elle ne parvint à éloigner qu’en usant de toute son essence, et sur lesquelles elle extériorisa toute sa rage. Elle renonça aux bruissements qui se répétaient, aux pas furtifs qui la tétanisaient autant qu’ils l’agaçaient.

Elle renonça aux mots de Smogh qui se voulait rassurant et ne parvint qu’à la terroriser. « Tu ferais une excellente Eryllis et elles prendront soin de toi. Elles sont très solidaires. Tu serais en sécurité avec elles. » Elle renonça aux gestes d’incrédulité ridicules avec lesquels elle avait répondu. « Qu’est-ce que tu en sais ? Ce n’est qu’une légende ! Si ça se trouve, elles voudront ma peau ! ». Elle renonça aux promesses vaines et infondées que son aîné lui murmura en la prenant dans ses bras et en serrant sa tête contre sa poitrine. « Fais-moi confiance. Elles te protègeront, et je ne serai jamais loin. On se retrouvera, on communiquera par oiseaux. Tu ne seras plus jamais seule. »

Elle renonça au silence avec lequel elle était partie le lendemain, tournant le dos à son frère. Elle renonça à la brutalité avec laquelle elle fit tout, ce jour-là, pestant contre Smogh, contre les Eryllis. Elle renonça aux deux journées qu’elle avait passées à chasser, à hurler sans raison sur les bêtes sauvages et à lancer des pierres sur l’ombre féminine qui rôdait.

Et ultimement, comme quand une douleur atteint son paroxysme – quand on retourne la pointe de la lance dans la plaie ou qu’on appuie sur un os brisé – elle renonça à l’effroi infernal qui la paralysa et aussi fit trembler chacun de ses membres. Elle essaya. Ses doigts se crispèrent sur le bijou et elle eut un hoquet viscéral. Les larmes perlèrent de nouveau sur ses joues et elle étouffa un gémissement.

Elle ne pouvait pas renoncer, pas à cette image. C’était il y a une semaine. Ils s’étaient donné rendez-vous à très exactement une lieue au sud-est d’une cascade qui se déversait dans un étang clair et près de laquelle poussaient des saules. Smogh avait été là, mais il n’y était plus. Elle avait retrouvé une terre rougie, près de sept traces de pas différentes, des morceaux de tissu, et un peu plus loin, le collier de son aîné. Il s’était débattu pour le retirer et le laisser là, pour elle.

Nagh’dall frappa la boue de son poing et poussa un dernier grognement avant d’enfouir la pierre de sphène dans le sol devant elle. Elle s’empressa de la recouvrir en tremblant et versa les dernières perles de son chagrin.

« – Nagh’dall ? »

La jeune fille sursauta et trébucha en essayant de se retourner et de se lever en même temps. Elle se plaqua contre le tronc et sécha ses yeux en passant le dos de sa main sur ses paupières. Une grande femme aux longs cheveux oranges se tenait derrière elle, un arc à la main. Ses longues oreilles pointues dépassaient du flot flamboyant de ses boucles et son visage était d’une clarté pure. Le cœur de la Zélos battait comme s’il voulait déchirer sa poitrine et s’enfuir. La Sindarine attendait visiblement une réponse. Nagh’dall fixa l’inconnue et retrouva lentement l’équilibre.

« – Vous êtes l’Eryllis. Celle qui m’observe tout le temps.

– Tu es une bonne chasseuse. Tu sais y faire avec les créatures de Noathis. La rousse marqua une longue pause et inspecta momentanément l’herbe devant elle. Tu as un passé difficile. Son zinonien était bon, mais elle avait un fort accent. Elle fit quelques pas en avant, et Nagh’dall recula en enjambant une racine à reculons. Je suis désolée pour ton frère. Les Eryllis ne sont pas des alliés des barbares.

– Vous savez ce qui lui est arrivé ? Vous auriez pu l’aider ! Vociféra la jeune Zélos. La Sindarine répondit immédiatement.

– Non. Je n’aurais pas pu l’aider. Mais je l’aide maintenant. Il voulait que je fasse de toi l’une des nôtres, et puisque tu as beaucoup de potentiel, je vais le faire. J’essayerai.

– Vous nous avez espionnés ? Cracha Nagh’dall entre les dents.

– Il m’a parlé. L’adolescente plissa les yeux.

– Quoi ?

– Il m’a parlé. Il m’a parlé de toi. J’étais d’accord avec lui à ton propos. Je veux te donner ta chance. Je crois comprendre à ce que tu viens de faire que tu es prête à grandir et à mettre beaucoup de choses derrière toi. Non ? »

Les deux femmes restèrent comme deux chiens de faïence pendant un long moment. La jeune Zélos avait du mal à croire ce qu’on lui disait, mais cela expliquait aussi beaucoup de choses. Le fait que son frère ait tant cherché à la faire intégrer les Eryllis lui brisait le cœur, mais elle se sentait aussi grandie par cette idée. Elle avait donc une chance de l’honorer, au moins un peu.

Nagh’dall se redressa gravement. Derrière la boue qui la recouvrait, derrière son visage juvénile, une soudaine noblesse sembla naître de la douleur qui la dévorait. Son regard jusque-là terrifié se durcit et sa poitrine se gonfla sans immédiatement s’affaisser. Smogh n’avait jamais eu tort.

***

La Sindarine disparut rapidement après cette première rencontre. Nagh’dall ne la revit que quelques nuits plus tard, lorsqu’elle lui mit un bandeau sur les yeux et la mena devant Sighild, la dirigeante de sa Caste. La cérémonie d’intégration de la Zélos a eu lieu il y a quelques jours, et elle s’habitue encore à son nouveau prénom.



Dernière édition par Smaragd le Ven 7 Sep - 3:22, édité 2 fois
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Kreen
MessageSujet: Re: Smaragd, Soeur Cadette   Ven 7 Sep - 2:05

(Coucou, je me fais un deuxième compte ! Je passe juste pour dire que, bah c'est moi, déjà, et aussi pour signaler que si on veut discuter par MP, je préfère le compte de Kreen. Et aussi que je suis sur Discord pour papoter en live s'il faut ! Et enfin, il n'y a plus de fiche modèle pour les Eryllis, du coup j'ai pris celle des Ascans. J'espère ne pas avoir fait de bêtises mais je doute encore de certains trucs sur les Eryllis alors ça ne m'étonnerait pas si j'ai fait quelques bourdes. Voilà, vous pourrez supprimer ce message dès qu'il sera vu !)



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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Smaragd, Soeur Cadette   Ven 7 Sep - 12:45

Re-bienvenue parmi nous, du coup!!

Et avec un très beau personnage! Nous sommes très heureux d'accueillir une nouvelle Eryllis parmi nous, et avec une si triste histoire: c'est un régal à lire et une demoiselle prometteuse!!

Pour moi, il n'y a rien à redire. Manque plus que ta nouvelle cheffe de caste vienne te valider, et tu vas pouvoir faire tes premiers pas en tant que Nagh'Dall, et avec tous tes bonus!!
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Sighild
MessageSujet: Re: Smaragd, Soeur Cadette   Sam 8 Sep - 12:55

Hop Hop Hop!!


Haaaaaaa! Deux pierres d'un coup, une Zélos et une Eryllis! Je suis sacrément contente! 87

J'adore l'histoire de cette jeune zélos, elle rend triste et nostalgique, tout en donnant de l'espoir pour son devenir. Ce personnage est vraiment intéressant et j'ai hâte de la voir évoluer!

Pour tout le reste, tout est impeccable. 088


Je te valide avec grand plaisir (bien que Othello l'avait déjà fait et j'ai confiance en elle!).

Je vais de ce pas te rajouter tes couleurs.

Tu vas pouvoir te rendre dans la gestion de tes affaires pour ouvrir ton inventaire, ton compte en banque et ton journal afin de pouvoir suivre tes aventures.^^

Bien évidemment, suite à la promo de ce mois-ci, je te rappelle les gains dont tu bénéficies immédiatement :

  • Promo Zélos => 50 points d'exp

  • Promo Eryllis => Le sifflet magique anti-créatures sauvage.
    Pour infos, ce dernier te permettra d'éloigner les créatures que l'on peu retrouver notamment dans le bestiaire, mais note que plus ces dernières sont considérées comme fortes, plus il y a de chance qu'elle ne lâche pas l'affaire si ce n'est pas dans leur comportement - elles fuiront au son de ton sifflet mais elles peuvent revenir à la charge quand tu arrêteras. C'est têtue ces bestioles! lol)


Bienvenue à Smaragd parmi les Eryllis!
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