Six siècles plus tard. (PV Sighild)

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Sur Istheria, RPG heroic-fantasy issus d'un univers original où de multiples aventures vous attendent.

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• Eryllis: 3
• Ladrinis: 2
• Eclaris: 1
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 5
• Nérozias: 3
• Gélovigiens: 7
• Ascans: 2
• Marins de N.: 2
• Civils: 11

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An 1305 de l'ère obscure

Saison:Riguear Mois:Ginik
[Septembre/Octobre en temps réel]

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Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
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 Six siècles plus tard. (PV Sighild)

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Lun 17 Sep - 23:02

Quelques heures après que Démégor ait commis la folie de me remettre la lettre à destination de Jézabel, je pus enfin me mettre en route, muni de tout ce qu'un interminable voyage requiert. Altaron, mon puissant destrier, mon compagnon le plus cher, était lourdement chargé de provisions et de tout le nécessaire à un long périple dans les terres sauvages d'Ishteria. J'avais le monde à traverser, ou peu s'en fallait, mais la charge demeurait toutefois moindre que si j'avais été sur son dos avec tout mon attirail guerrier et il caracolait comme un poulain fougueux pressé de retrouver les grands espaces. Le palefroi que je montais, Erëyal de son petit nom, n'était guère plus calme, mais quoi d'étonnant? Trop longtemps mes chevaux étaient restés dans l'espace confiné des écuries du manoir Cavalieri, tout comme j'étais moi-même resté trop de temps inactif, à attendre un ordre de rejoindre la guerre qui n'était jamais venu.

Je ne savais désormais que trop pourquoi. Démégor ne souhaitait aucunement que je m'illustre davantage sur le champ de bataille, ce n'était pas pour faire de moi un héros qu'il m'avait accepté dans les rangs des cavaliers, bien au contraire. La lettre que je portais me l'avait appris: il ferait de ma vie un enfer si c'était en son pouvoir, souillerait ma réputation et m'infligerait toutes les humiliations imaginables jusqu'à me briser définitivement. Je m'assombrissais en repensant à ses paroles, lorsque la nouvelle de notre débâcle nous était parvenue:"De défaite en défaite, jusqu'à la victoire."

Mais par tous les dieux, combien de défaites du genre serions-nous en mesure de supporter avant d'être anéantis?! Pensait-il, dans sa démence, que nous faire écraser sur le champ de bataille honorait Sharna? Nous nous targuions d'être la plus puissante cavalerie du monde, de représenter le Dieu de la Guerre et de rebâtir un empire soumis à nos lois et, après avoir subi une cuisante humiliation, tout ce que notre maître trouvait à faire c'était de nous prédire calmement d'autres défaites? Ha, je revoyais encore mes pairs, conseillers et commandants, approuver gravement ces paroles insensées comme s'il s'agissait d'une indiscutable preuve de sagesse! Je ne leur jetais pas la pierre cependant, manifester un quelconque désaccord avec Démégor n'avait rien d'une bonne idée, à moins d'être prêt à l'affronter séance tenante. J'avais dû prendre sur moi pour garder le silence, comme quelques autres aussi, certains regards ne trompaient pas et j'avais soigneusement noté dans mon esprit les noms de ceux qui doutaient. Mon heure viendrait, tôt ou tard, mais pas avant que j'aie retrouvé Jézabel.

Contrairement à mes montures, je n'éprouvais aucune exaltation à reprendre la route. Les sentiments qui m'habitaient auraient fait rire, ou plongé dans la stupeur, tous ceux qui me connaissaient: j'étais empli de doutes, d'angoisses si profondes que j'avais eu tout le mal du monde à conserver mon masque d'impassibilité glaciale assez longtemps pour quitter le manoir et ses abords. Jézabel... ma quête pour la retrouver serait-elle aussi vaine que la précédente? Et si je la retrouvais bel et bien, comment réagirait-elle? Me fuirait-elle une fois de plus? Tenterait-elle de m'abattre pour de bon afin d'éradiquer toute trace de ce passé si douloureux? Ou encore, pire que tout, me regarderait-elle comme un inconnu, vestige désormais insignifiant d'un temps échu? Moi-même, que ressentirais-je pour elle? Réaliserais-je que je n'aimais qu'un souvenir, un fantôme qui n'existait plus, un être qu'elle n'était plus aujourd'hui? Comment savoir, alors que plus de six cents ans avaient passé depuis le dernier regard que nous avions échangé? Tout était possible et cette incertitude me déchirait l'âme. Sirion le Preux... un titre qui prenait des allures de mauvaise plaisanterie, à cet instant je me sentais aussi terrifié qu'un novice qui va au-devant de sa première bataille.

J'étais si profondément plongé dans mes pensées, dans mes souvenirs, que je ne réalisais pas que la nuit tombait avant que ma monture ne trébuche sur une invisible racine et ne manque me faire choir de ma selle. Je poussais un sourd juron et regardais autour de moi, rageur de m'être laissé distraire si totalement qu'un ennemi aurait pu me plonger sa lame dans le dos avant même que je ne prenne conscience de sa présence. Je devais me reprendre, et vite, si je voulais avoir une chance de rester en vie jusque à la lointaine Noathis. D'autant plus que je n'étais apparemment pas seul dans le coin, entre les arbres et les buissons se devinait la lueur d'un feu et les dieux seuls savaient quel genre d'êtres l'avaient allumé. Je m'en serais prudemment éloigné si la nuit n'avait été aussi noire, mais tout ce que je gagnerais à continuer dans ces conditions serait de blesser l'un de mes chevaux et ce n'est certes pas ça qui m'avancerait. Je mis donc pied à terre et attachais mes montures un peu à l'écart du chemin, assez lâchement pour qu'elles puissent se défendre si un prédateur venait à les attaquer, puis je me dirigeais le plus discrètement possible vers la lueur tremblotante du feu que j'avais aperçu.

Sans être un expert en discrétion, je suis agile et rôdé aux pérégrinations en milieu sauvage, si bien que je pus m'approcher du feu sans être repéré, pour ce que j'en savais du moins. En faire une certitude aurait été néanmoins été stupide, aussi ma main se posa-t-elle sur la garde de mon épée, prête à la dégainer en un éclair si le besoin d'en faisait sentir, tandis que je m'avançais davantage pour mieux voir. Il n'y avait apparemment qu'une seule personne auprès du feu, une femme immobile qui... Je me statufiais en l'apercevant, tandis qu'une pensée fulgurait en mon esprit:

(Bordel, voilà que je deviens fou? Hey! On se reprend Sirion, on se reprend!)

Je me frottais les yeux pour dissiper l'illusion, avais-je avalé une quelconque drogue à mon insu? Puis la femme bougea, et mon coeur manqua quelques battements tandis que mon esprit perdait pied. Sans réfléchir, incapable de m'en empêcher, je quittais l'ombre des arbres et m'avançais vers elle à découvert en murmurant juste assez fort pour qu'elle m'entende, d'une voix rendue rauque par l'émotion:

"Bonsoir... Jézabel..."

Bon sang! Six siècles que j'attendais cet instant, que j'en rêvais dix fois par jour, et tout ce que je trouvais à lui dire c'était...ça?! Mais les mots, habituellement si prompts à me venir, restaient coincés dans ma gorge. Je ne pouvais que la contempler d'un regard étincelant, partagé entre une envie d'éclater de rire et de pleurer. Je l'avais cherchée en vain durant des siècles, m'étais préparé aujourd'hui même à un interminable périple pour la retrouver à l'autre bout du monde et je tombais sur elle à moins d'un jour de cheval du manoir Cavaleri?! C'était tellement absurde, surréaliste, que mon esprit refusait de croire ce que mes yeux voyaient. Mais mon coeur, lui, me hurlait sa certitude absolue: c'était elle.


Dernière édition par Sirion Le Preux le Mer 19 Sep - 9:37, édité 2 fois
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Sighild
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Mer 19 Sep - 0:15

Phelgra. Le continent où elle avait vu le jour il y a un temps que l'on ne pourrait compter. Ce n'était bien évidemment pas la première fois qu'elle revenait en ces terres, mais elle avait toujours pris soin d'éviter Thémisto, la cité des Cavaliers de Sharna, avant même de savoir que l'homme derrière le masque de métal était son frère réincarné. Pour une raison obscure ou inavouable, cette sombre ville l'inquiétait, bien plus que Umbriel où elle y vécut une enfance miséreuse. Elle connaissait pourtant ses rues pavés de crasses, ces taudis où des rires inquiétants s'échappaient, ces auberges coupe-gorges. Autant de choses qui auraient pu rebuter n'importe qui. Mais c'était autre chose qui l'angoissait ou plutôt qu'elle fuyait. Qui aurait pu croire que celle que l'on nomme l'Eryl aurait manqué de courage? Mais plus aujourd'hui. Elle demeurait plus résolue qu'autrefois. Ne venait-elle pas de pénétrer dans les murs même de l'hôtel des grands cavaliers? Ne venait-elle pas de quitter une grande conversation avec un Conseiller?

Elle était soulagée néanmoins de ne pas avoir croisée son frère, même si elle s'y était potentiellement préparée. Elle avait eu des mois pour se faire à l'idée que ce dernier était toujours vivant. Des siècles de mensonges. Cela avait remis beaucoup de chose en cause, beaucoup de questions, trop. D'ailleurs, à chaque fois que ses pas l'amenaient ici, vers ses origines, c'était ainsi. Le bon comme le mauvais refaisait surface, les souvenirs les plus doux comme les plus douloureux. Car oui, elle y avait vécu du bon sur ces terres sombres, malgré le sang, les coups et la rancœurs. Mais cette nuit là, son trouble n'avait rien de personnel ou de sentimental.

La conversation qu'elle avait eu avec Marduk la laissait quelque peu songeuse. Cela faisait maintenant plusieurs heures qu'elle avait quitté le manoir, mais elle revivait chaque mot et chaque instant dans sa tête. Qu'on le voulait ou non, il n'y avait rien eu de bien anodin dans cette rencontre et cela signifiait aussi que le changement approchait. En bien ou en mal, ce serait aux Hommes d'en décider. Ce fut l'esprit ainsi bien occupé qu'elle avait parcouru plusieurs kilomètres à cheval, s'en se rendre compte que la nuit l'avait rattrapé plus vite qu'elle ne rentrait. Les lunes ne brillaient pas, ni les étoiles, aucune lumière à laquelle se raccrocher pour se guider. Il fallait qu'elle fasse une halte involontaire, même si l'idée de dormir en ce territoire ne lui plaisait pas.

Elle trouva ainsi un petit coin arboré, idéal pour une femme qui possédait ses talents, car même si elle allumait un feu qui pouvait trahir sa présence, tout ce qui l'entourait trahirait ceux qui approcheraient : des branches, des bruissements de feuilles, etc... Tout était traitre ou près à vous trahir en ce milieu. Quelle ironie, non? En attendant, elle attacha son cheval non loin d'elle et lui creusa un abreuvoir de fortune qu'elle remplit d'eau par la magie. Elle s'attela ensuite à se créer un feu par des méthodes plus traditionnelles. Cela arrivait encore à la faire sourire de se voir capable d'allumer des flammes ainsi, et parfois, elle se surprenait à regretter de ne pas posséder la magie du feu. Cela faisait peut-être des siècles qu'elle pratiquait mais elle avouait elle-même à ne pas toujours réussir du premier coup. Elle posa également quelques unes de ses bagages de voyages, dont une couverture et une gourde d'eau. Elle ne prit pas peine de sortir de quoi manger, elle n'avait aucun appétit. Elle posa soigneusement à ses côtés son immense faux, car l'objet, malgré le fait qu'elle semblait le manier avec agilité, pesait son poids. Sighild portait sur elle uniquement son fouet, ainsi qu'une dague dissimuler dans ses bottes. Pour le reste, ses armes les plus redoutables demeuraient sa magie et son instinct d'Eryllis.

Cela faisait une demi-heure qu'elle contemplait les flammes, assise et pensive, les jambes étendues sur le côté, quand un bruit trahit une présence. Un souffle? Une personne? Elle demeura dans sa position comme si de rien n'était et attendit afin de vérifier si le danger était réel ou non. Sa main se posa nonchalamment sur sa botte, prête à se saisir à tout instant de la dague qui s'y dissimulée. Phelgra ne voulait pas laisser partir son enfant? Puis une silhouette sortit de l'ombre,  elle se tourna dans dans la même direction mais demeura dans un état de sidération, pétrifiée. Son corps refusait de bouger. Cette voix, cette allure, ce nom qu'elle n'avait plus entendu prononcé d'une telle façon, c'était lui.

Le visage si impassible de la jeune femme se transforma littéralement, il se décomposait presque et blêmi. Ses yeux s'écarquillèrent d'un étonnement brutal, et l'ambre de son regard se mit à briller d'une lumière qu'elle pensait à jamais éteinte. Une douleur vive la brûla alors dans sa poitrine, son cœur lui donnait l'impression de vouloir s'arracher. Son souffle qui était toujours si calme et impassible s'accéléra, elle manquait d'air, elle n'en croyait pas ses yeux. Il se tenait devant elle un fantôme, un spectre du passé qu'elle redoutait plus que tout, lui. Pourquoi lui, pourquoi maintenant, pourquoi? Sighild ne se contrôlait plus, elle qui passait le plus clair de son temps à chasser ses sentiments, voilà que ces derniers la submergeaient. Des larmes perlèrent sur le coin de ses yeux, et elle ne put laisser échapper qu'un vague murmure, un nom...

" Sirion? "

Les souvenirs les plus doux et les plus douloureux...
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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Mer 19 Sep - 2:40

La femme que j'avais passé près de la moitié de ma longue existence à chercher, allongée auprès de son feu, se tourna dans ma direction alors que j'approchai, puis se pétrifia à la seconde où je sortis de l'ombre. L'expression de son visage changea brutalement, devenant plus pâle encore que de coutume, tandis que ses yeux d'ambre s'écarquillaient d'une stupeur sans bornes en se rivant aux miens. Je vis naître dans ses prunelles la si rare lueur dont j'avais presque oublié l'intensité et, au coin de ses paupières, de délicates perles humides. De ses lèvres nacrées s'échappa un murmure, à peine audible mais qui, pourtant, m'ébranla jusqu'aux tréfonds de mon être comme le plus puissant des coups de tonnerre:

"Sirion?"

J'eus l'impression que mon coeur allait exploser dans ma poitrine. Mon souffle se figea et je sentis mes mains, fermes en toutes circonstances, se mettre à trembler légèrement alors que mon regard s'embrasait d'un feu plus ardent que celui d'un volcan. Les mille questions que je m'étais posées dans la journée et dans les milliers d'autres qui avaient précédé furent balayées comme feuilles par un cyclone. Plus rien n'existait, le monde aurait pu s'écrouler à cet instant que je ne l'aurais pas remarqué, il n'y avait plus qu'elle. Jézabel.

J'avais cru, sincèrement cru, conserver d'elle des souvenirs aussi limpides et clairs que de l'eau de roche, mais ce n'étaient jamais que des images fanées par le temps, dépourvues de substance, de vie. Je n'avais su garder en mémoire le soyeux de sa longue chevelure argentée, la finesse de ses traits, la nuance d'aurore qui colorait ses joues. J'avais laissé les siècles ternir l'éclat envoûtant de ses prunelles, la profondeur de ce regard d'ambre qui me faisait chavirer chaque fois qu'il se posait sur moi. J'avais douté, craint de n'aimer qu'un rêve impalpable et enfui depuis des éons, j'avais frémi de la retrouver changée et de réaliser que la femme que j'avais aimée au-delà de toute raison n'existait tout simplement plus. Fou...fou que j'étais. Elle avait changé, pourtant, un seul regard me suffisait pour en avoir la certitude. La Jézabel que j'avais connue autrefois était pareille à un bouton de rose, celle qui se tenait aujourd'hui devant moi était ce même bourgeon, mais il avait éclot entre temps. Malgré son trouble présent, je la sentais plus assurée, plus mature, plus...femme, simplement.

Un sourire timide se forma sur mes lèvres et je hochai légèrement la tête, incapable de prononcer un mot quand bien ma vie en aurait-elle dépendu. J'avais l'impression d'être revenu six cents ans plus tôt, à l'instant précis où elle avait ouvert la porte de sa demeure et que je l'avais contemplée pour la première fois. Peut-être serais-je resté statufié ainsi des heures, ensorcelé à jamais par cette femme à nulle autre pareille et craignant de briser le rêve éveillé au moindre geste, s'il n'y avait eu ces larmes émouvantes au-delà des mots au coin de ses yeux, cette lueur dans son envoûtant regard. Mais elles étaient là et moi aussi j'avais changé au cours des ans. Alors j'avançai et m'agenouillai devant elle, sans détacher mes yeux des siens ne serait-ce qu'une fraction de seconde. Puis je levai lentement une main dans l'intention d'essuyer avec une infinie douceur ses larmes, malgré la terreur emplissant mon coeur à l'idée qu'elle ait un geste de recul, et murmurai juste assez fort pour qu'elle m'entende:

"Prends-moi dans tes bras ou sors cette dague que tu caches dans ta botte et plonge-là moi dans le coeur, Aimée, mais fais vite, j'ai vécu bien trop longtemps sans toi."

Aucun reproche dans le ton de ma voix, juste l'affirmation que ma vie était sienne depuis l'instant où nous étions rencontrés et jusqu'à la fin. Il m'était arrivé d'en douter, maintenant je savais. Il n'y aurait jamais personne d'autre dans mon existence et rien ne pourrait changer cela. Je ne lui en voulais pas d'être partie, ne lui en avais jamais voulu, je savais qu'elle n'avait pas pu faire autrement. Mais il était temps d'affronter nos peurs et de vivre au présent. Un présent que je ne pouvais plus envisager sans elle, pas maintenant que je l'avais revue.
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Sighild
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Jeu 20 Sep - 1:52

Il était difficile d'expliquer ce qu'il se passa exactement dans l'esprit de la lhurgoyf à l'instant même où son regard croisa celui de Sirion. Difficile d'expliquer toutes les émotions que cela suscita en elle quand il l'appela par son véritable nom. Tous les souvenirs qu'elle avait partagé avec lui déferlèrent tel un raz de marée : le premier regard et tous ceux qui suivirent et qu'ils s'offraient clandestinement à l'insu de son frère; le premier rendez-vous et l'émoi que cela avait suscité en elle; et toutes les autres premières fois inavouables qu'elle avait tenté de mettre dans un coin de sa mémoire pour ne pas en souffrir. Tout refaisait surface avec une violence à laquelle elle ne s'attendait pas. Toutes ces années, ces siècles, où elle pensait qu'elle avait réussi à dompter son chagrin et sa douleur, tout ce temps où elle pensait avoir appris à vivre avec l'absence et la culpabilité de l'abandon. Tout avait été balayé à sa seule vision.

Elle se sentit soudainement faible, si faible qu'elle aurait pu être assassinée ici-même, sans faire le moindre mouvement de protestation. L'Eryl, femme sauvage et indomptable, fille de Noathis, vaincue par le regard d'un Cavalier de Sharna en territoire ennemie. Voilà qui aurait pu être bien indigne du statut que l'on lui conférait Mais ici, ce n'était plus une dirigeante qui se décomposait, c'était une femme qui venait de retrouver le seul être qu'elle avait aimé plus que sa vie. C'était à cet instant précis qu'elle se rendit compte qu'elle n'avait rien oublié de lui, ses traits, ce visage, ce sourire, ce regard. Il était un secret qu'elle avait enfoui au fond d'elle-même et qu'elle redoutait. Pourquoi? Parce qu'elle se sentirait faible en sa présence et complètement démunie, chose qu'elle avait tenté de combattre en entrant dans la caste des Eryllis.

Jézabel se trouvait donc là, immobile et figée, ses yeux refusant de quitter Sirion. Elle se surprenait à avoir peur de battre des paupières, et qu'il ne disparaisse soudainement. Cela aurait été le plus cruel de tous les mirages. Des milliers de saisons pour panser ses plaies et son cœur, et elle aurait pu s'enorgueillir d'y être arrivée jusqu'à présent. Voilà que tout était à refaire et à repenser. Faire face à son frère, elle s'en était sentie le courage. Faire face à Sirion, cela la plaçait devant toute la lâcheté qui était la sienne, des années de dénis. Et voilà qu'il s'agenouilla devant elle comme un pénitent.

Bien sûr, elle se souvenait de tout. Elle se souvenait du combat, de la guerre et l'ultime affrontement d'Ekzékiel et de Sirion. La guerrière n'en avait vu que le dénouement, que la lame et les larmes. Elle se souvenait de cette colère dans tout son être qu'elle rejeta sur la seule personne qui avait daigné l'aimer avec une sincérité qui l'effrayait. Elle savait que tout ce qui avait pu se dérouler sur les cendres de Taulmaril était plus complexe que les apparences le laissait supposer, et elle s'était aveuglée et avait refusé de voir. Elle savait et elle avait fui. Égoïste. Lâche. Impardonnable. Faible. Et il se tenait à genou devant elle? Il leva une de ses mains vers son visage. Elle ne fit aucun geste. Etait-il réel? Elle ne le comprit que lorsqu'il l'effleura. Il était bien là.

Si cette situation s'était produite à une époque antérieure, Sighild aurait chercher le moyen de se soustraire à lui, de ne pas le regarder, de ne pas lui répondre. Elle n'était pas forte, elle n'en offrait qu'une image. Elle ne pensait pas le monde avec sentimentalisme, mais uniquement par conviction. L'amazone s'était reconstruite en imaginant un idéal d'elle-même. Ce masque s'était effritée quand elle comprit avec les catastrophes récentes qu'elle n'avait passé que son temps à se mentir à elle-même, et à continuer à n'être qu'une égoïste. Au diable son orgueil!

Puis les mots de Sirion résonnèrent dans son esprit. Sa demande était simple, sa sincérité toujours aussi désarmante. Il n'avait jamais douté de ses sentiments, il n'en avait jamais été apeuré. L'Eryllis avait toujours refusé de toucher du doigt au bonheur, elle le chassait car elle s'en pensait indigne. Le lhurgoyf brillait d'une lumière si intense. Elle était comme un papillon de nuit qui avait peur de se brûler en l'approchant de trop près. C'était ainsi, qu'elle le voyait. Une lumière. Une flamme qui avait toujours eu une place dans son cœur gelé. Elle demeura muette et silencieuse. Elle prit la main de Sirion délicatement et l'écarta de son visage.

" Pauvre fou que tu es... Comment peux-tu imaginer un seul instant que... "

La jeune femme ne finit nullement sa phrase car son émotion était beaucoup trop forte et imprévisible. Pour la première fois depuis ce qui pourrait être une éternité, elle s'abandonna aux larmes et tomba dans les bras du chevalier noir. Et elle pleura. Pendant une longue et infinie minute, elle ne cessa de pleurer. Elle sanglota comme une enfant dans ses bras qui lui avait finalement manqué, elle le serra comme une femme qui n'avait pas oublié. Cet homme, elle avait toujours aimé. Elle n'avait jamais cessé.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Jeu 20 Sep - 13:08

Je vis cent émotions traverser le regard de ma bien-aimée alors que j'approchai d'elle, puis m'agenouillai à ses pieds. Je ne pouvais plus prétendre la connaître, ne l'avais d'ailleurs même jamais prétendu à l'époque, toujours elle avait conservé une part de mystère que je n'avais à dire vrai jamais cherché à percer. Cela participait à la rendre plus attirante encore et une vie, fut-elle aussi longue que les nôtres, n'y aurait de toute manière pas suffit. Pourtant, je connaissais sans doute plus d'elle que n'importe quel être vivant sur ce monde, même aujourd'hui, pour une raison des plus simples: elle m'avait ouvert son coeur.

Aussi reconnus-je certains de ces sentiments irrépressibles qui l'assaillaient: de la peur, non pas de moi mais de ce que je représentais pour elle; me revoir, c'était devoir affronter le passé de face et, plus que tout, elle-même. De la culpabilité aussi, celle de n'avoir su changer le cours du destin jadis, celle de m'avoir fui et de n'avoir jamais trouvé en elle la force de revenir vers moi alors qu'elle savait pertinemment, au fond de son coeur, ce qui s'était véritablement passé. En ma présence, ce soir, elle devait faire face au plus dangereux adversaire qui soit, le seul que l'on ne peut jamais tout à fait vaincre: elle-même. Je perçus combien elle se sentait faible, un sentiment qu'elle avait toujours eu le don de cultiver, tout comme elle avait toujours pris sur ses épaules la responsabilité de choses auxquelles elle ne pouvait rien. En cela, je le sentais, elle n'avait pas changé. Et moi, moi, j'étais effroyablement conscient de danser sur le fil de la plus affûtée des lames. Un geste de trop, un mot malheureux, et tout serait consommé, consumé, cette soirée serait la dernière fois que je poserais jamais les yeux sur elle, je la perdrais définitivement.

Je ne crois pas que les mots pour décrire ce que je ressentis en levant la main pour essuyer les larmes qui avaient perlé sur son beau visage existent. Je n'avais jamais éprouvé une telle angoisse au cours de ma longue vie, mes veines me paraissaient charrier de la glace et je sentais mon âme, ma raison, vaciller à l'extrême bord d'un gouffre sans fond. Je n'avais vécu, survécu, depuis le jour de notre séparation que pour cet instant, parce qu'au fond de moi, l'espoir qu'il advienne ne s'était jamais tout à fait éteint. Que resterait-il de moi si elle me repoussait? La réponse était terrible dans son épuré dénuement: rien. Strictement rien. Sans elle, sans l'amour que je lui portai, je n'étais plus qu'un fantôme dénué de raison de vivre. Sans elle, sans l'espoir que le passé puisse être enfin surmonté, je serais sans aucun doute devenu un monstre pire qu'Ekzékiel, une créature des ténèbres, sanguinaire et dépourvue de tout état d'âme. C'était ce que je deviendrai si elle me rejetait, je le sentais au fond de moi. Et cela, je ne pouvais l'accepter. Jamais. Ma vie s'arrêterait ici, ce soir, dans cette clairière, parce que devenir un tel être aurait rendu mensonger tout ce qui s'était jamais passé entre nous, tout ce que je lui avais dit. Que je devienne ce monstre que je savais enchaîné dans les tréfonds de mon être et toute mon existence ne serait plus qu'une ignoble calomnie.

Muette, figée, Jézabel me laissa frôler sa joue nivéenne durant un bref instant. Puis elle saisit délicatement ma main et l'écarta de son visage. Je sentis mon âme se fissurer, véritable boîte de Pandore emplie de ténèbres abyssales prêtes à m'engloutir à jamais, alors que quelques mots s'échappaient des lèvres nacrées de la femme qui représentait tout pour moi:

" Pauvre fou que tu es... Comment peux-tu imaginer un seul instant que..."

Je me sentis devenir aussi pâle qu'un mort, dans ma poitrine mon coeur cessa de battre. Tout était fini. Mes pires craintes prenaient forme: elle me repoussait. Plus rien n'avait de sens, ma vie n'avait jamais été qu'une mauvaise plaisanterie qui s'achevait ici et maintenant. Mais même là, je n'éprouvai aucun regret: j'avais eu la chance inouïe, le privilège unique de passer un peu de temps à ses côtés. Tout était bien, je pouvais partir en paix, envers et contre tout.


Il est des secondes plus longues que des siècles. Des instants fugitifs aux allures d'éternité. Le temps me sembla s'être arrêté, retenait-il son souffle tel le plus vicieux des Dieux afin de jouir de ma chute sans fin? Était-ce cela la mort, un tableau à jamais figé de l'instant de notre existence qui nous avait fait le plus souffrir, dont nous serions condamnés à avoir conscience à jamais? Je sentis naître, dans les profondeurs les plus secrètes de mon âme, une rage effroyable. Une haine sans limites, un colère mortelle, glaciale, qui ravagerait tout. Pas contre elle, tout comme moi elle n'avait été que le jouet d'un destin maudit, mais contre celui qui par sa folie avait brisé nos vies. Ekzékiel. Démégor. Je savais maintenant ce qui l'avait ramené à la vie, à une parodie macabre de vie tout au moins. Qu'avait-il vu, lui? Jézabel et moi enlacés, en train de nous aimer? Sans doute. Mû par une force incontrôlable, je m'apprêtai à me relever. Mort ou vivant, qu'importe, ma danse ne s’achèverait que lorsque j'aurais anéanti le maudit. Et sa fin ne serait pas rapide, j'en faisais serment.  Combien de temps se débattrait-il, une fois que je l'aurai démembré et cloué aux portes du manoir Cavaleri? Longtemps, très longtemps, je l'espérais de toute mon âme. Je ne le quitterais pas des yeux, pas avant qu'il rejoigne à jamais les limbes, pas avant d'avoir vu la honte de ce qu'il avait engendré naître et s'éteindre dans ses prunelles damnées.

Tout bascula avec la soudaineté d'un éclair. Je ne saurai jamais comment cela se produisit, je crois que j'étais trop loin, trop profondément perdu dans mon abysse de noirceur, pour avoir conscience que le temps avait repris son cours. Je ne pourrai jamais expliquer par quel miracle Jézabel se retrouva soudain dans mes bras, en larmes. Tout ce que je savais, c'est que ce geste venait d'elle et qu'il changeait... tout. C'était comme si un rayon de lune féerique avait subitement percé la plus ténébreuse des nuits, offrant à l'égaré, au désespéré que j'étais, une pâle et sublime lueur d'espoir.

Je l'enlaçai fiévreusement et la serrai contre mon coeur en couvrant de baisers sa chevelure soyeuse. J'emplis mes poumons des délicates fragrances qui émanaient d'elle, et mon âme de sa présence. Je sentis mon coeur se remettre à battre à un rythme dément et des larmes ruisseler sur mes joues. Je ne songeai pas à les retenir, n'y serai pas parvenu de toute façon; c'était la joie qui leur donnait naissance, une joie et un soulagement indescriptibles. Après plus de six siècles de séparation nous nous retrouvions, enfin! Et quelque part, c'était comme si je ne l'avais jamais quittée. Mon corps se souvenait du sien comme si c'était hier que je l'avais étreinte pour la dernière fois, et non un demi-millénaire plus tôt. L'amour que j'éprouvais pour elle était intact, plus profond encore d'avoir survécu au temps, aux épreuves. Je ne sais pas combien de temps nous restâmes ainsi, enlacés sans prononcer un mot, pleurant comme des enfants mais nous étreignant comme des adultes qui n'avaient pas oublié un seul instant qu'ils s'étaient aimés.

Enfin, nous nous écartâmes un peu l'un de l'autre, juste assez pour que nos regards puissent s'accrocher à nouveau. J'avais un millier de choses à lui dire, de questions à lui poser, et je supposai qu'il en allait de même pour elle. Quelques siècles plus tôt, j'aurais certainement bavardé comme une pie et l'aurais ensevelie de paroles, mais je n'étais plus le jeune Lhurgoyf insouciant de l'époque. Au lieu de cela, je me noyai dans ses prunelles d'ambre et posai amoureusement un doigt en travers de ses lèvres avant de murmurer doucement:

"Je sais."

Deux mots qui en disaient plus long que tout un discours. Je n'avais rien à lui pardonner, je savais pourquoi elle était partie et pourquoi elle n'était jamais revenue. Je connaissais ses faiblesses comme elle connaissait les miennes, elles faisaient partie intégrantes de ce que nous étions et c'est aussi parce je savais que sous sa carapace d'acier trempé se cachait une femme sensible que je l'aimais tant. Nos faiblesses étaient peut-être la seule chose qui nous différenciait des monstres, à bien y songer, mais il fallait les accepter pour qu'elles deviennent des forces et rien au monde n'était plus difficile. Un sourire infiniment tendre éclaira mes traits et mon regard, puis j'ajoutai d'un ton où perçait une discrète malice:

"Il y a tout de même une chose que je voulais te demander depuis très, très longtemps..."

Je laissai planer un bref silence, puis approchai mon visage du sien et frôlai ses lèvres des miennes avant de les laisser dériver le long de sa joue jusqu'à son oreille, au creux de laquelle je murmurai:

"Accepteriez-vous de me faire l'immense honneur de m'épouser, gente demoiselle?"

Je glissai un baiser au creux de son cou puis me reculai et achevai d'un ton facétieux en la fixant au fond des yeux:

"Mais peut-être est-ce... prématuré, ou par trop audacieux? Après tout, j'ai cru comprendre que tu étais devenue reine, peut-être faudrait-il que j'accomplisse quelques exploits légendaires et te fasse une interminable cour digne de ce nom pour te mériter?"


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MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Ven 21 Sep - 1:31

La situation qui se déroula là, à l'orée d'un bois mort de Phelgra, était purement surréaliste. Aucune voyance n'aurait pu prévoir l'évènement qui se vivait à cet instant, personne n'y aurait cru. Sa venue en ces terres, elle ne la devait qu'à l'écoute d'un murmure auquel elle aurait pu se montrer sourde. C'était sa curiosité qui l'avait sans doute poussé à l'entendre. Le dernier lieu où l'on aurait pu penser la voir était bel et bien le Manoir Cavaleri. Ces choix, ses décisions, tout l'avait mené à vivre cet instant là, ces retrouvailles d'une autre époque. Elle ne s'y était pas préparée et quelque part, elle ne l'avait même jamais fait car elle s'imaginait simplement que cette rencontre là n'aurait jamais lieu à nouveau.

Mais voilà. L'Eryl était au pied d'un cavalier noir, soumise à ses propres sentiments, battues à un jeu auquel elle ne pensa ne plus jamais participer. Elle fut foudroyée avec violence. Son corps tremblait de douleur tant les émotions qui la traversaient l'écrasaient. Elle aurait été incapable de courir car ses jambes ne lui répondaient plus. Elle aurait été incapable de prendre les armes car toute sa raison s'était envolée. Le trou dans le cœur qu'elle possédait depuis des temps immémoriaux aspirait toute sa lucidité et son bon sens. La chair était si faible, son être aussi. Sighild s'était littéralement offerte désarmée et en larme à celui qui aurait pu être devenu un total inconnu et même un ennemi.

Elle n'eut la force que d'enfouir son visage dans le creux de son cou comme une enfant, respirant un parfum qui lui paru si familier et si enivrant. Tous ses souvenirs lui revenaient, tous ce qu'elle avait partagé avec lui, frappant son crâne tel un marteau qui la punissait de les avoir mis de côté. Ses bras s'étaient enroulés autour de lui comme si ils en étaient coutumiers, passant sa main dans ses cheveux d'argent comme une caresse. Ses membres la brûlaient sous l’incandescence de son exaltation. Eux que l'on qualifiait de monstre et de barbare se trouvaient à mille lieux de cette description. Il n'y avait pas plus humain et plus sensible que ces deux être là. Le monde s'était arrêté autour d'eux, la raison les avait abandonné pour leur seule passion réanimée.

La jeune femme avait encore peur qu'il ne s'agisse que d'un maléfice, d'un sordide et cruel jeu du destin. La distance qu'elle avait imposé par les années à Sirion n'avait en réalité fait qu’accroître leur chagrin et leur sentiment. Pouvoir le regarder à nouveau dans les yeux fut la preuve qu'elle s'était trompée, et qu'elle n'avait fait que se tourmenter elle-même, ainsi que lui. Ses mains se posèrent sur ses joues. Le toucher. Il était bien là. Elle plongea ses prunelles dans les siennes. Cela ne pouvait être un rêve. Et cette voix. Elle raisonna en elle et elle frémit comme une feuille qui s'apprêtait à retomber poussière.

Sirion esquissa un sourire, elle les connaissait bien... eux qui brillaient de malices et qui lui faisaient monter le rouge aux joues, ceux qui la rendaient vulnérable comme adolescente en la frappant en pleine poitrine. La guerrière n'avait pas fière allure entre les perles salées qui ruisselaient sur son visage et le rire nerveux qu'elle ne put contenir.

"Il y a tout de même une chose que je voulais te demander depuis très, très longtemps..."

Cette seule phrase la fit cesser de trembler. L'amazone se raidit et une étrange angoisse la saisit. Était-ce donc cet instant qui briserait toute la magie de ce moment? Est-ce qu'il allait lui avouer qu'il n'était là que pour la briser? Qu'il ne lui pardonnait rien? Qu'il n'apparaissait que pour mieux la rejeter? L'inqualifiable égoïsme qui fut le sien ne mériterait qu'un sort comme celui là. Y survivrait-elle seulement? Non. Au lieu de cela, il lui posa la question la plus imprévisible, la plus improbable et la plus déconcertante à laquelle elle pouvait s'attendre.

"Accepteriez-vous de me faire l'immense honneur de m'épouser, gente demoiselle?"

Son cœur qui avait arrêté de se battre était à présent près à exploser. Elle s'attendait à bien des questions mais O grand jamais celle là. Elle avait traversé le monde pour trouver des alliances, mais elle n'avait jamais imaginé une proposition de cette nature. Pas à elle. Pas une femme de sa condition, pas dans ces circonstances. La situation devenait complètement absurde et elle crut à une plaisanterie. Toutefois, le regard de Sirion ne mentait pas. Il reconnaissait totalement la folie de sa demande, de sa précipitation.. mais on devait reconnaître que beaucoup de temps avait été inutilement perdu. Aucun mot ne sortit de sa bouche, aucune réponse, aucun raisonnement logique ne pouvait se faire dans son esprit embrouillé. Elle était perdue... non... elle ne l'était pas. La réponse lui semblait évidente. C'était la situation qui ne l'était pas. Elle était une Eryllis. Il était un cavalier de Sharna. Ils appartenaient à deux mondes différents mais....

" Oui. "

Sa réponse fut spontanée, peut-être même complètement irréfléchie. Pourtant, il n'y avait aucun doute ni sanglot qui aurait pu la faire flanchée. Égoïste. Elle voulait l'être encore une fois. Il y avait des choses qui ne se produisaient qu'une seule fois dans une vie, Sirion en était une. Il était unique et il l'avait toujours été. L'Eryl ne réfléchit pas à la portée de sa réponse, elle le savait déjà. La jeune femme ne guetta aucune réaction de la part du lhurgoyf, ne lui en offrant pas le temps. Ses lèvres se serrèrent contre les siennes avec intensité, de l'un de ses baisers qui ne pouvaient être qualifiés que de passionnés. Elle ne se sépara de lui que le temps d'un souffle et d'une supplique qu'elle susurra le plus tendrement du monde.

" J'ai toujours désirée être une femme de raison, mais je ne l'ai jamais été. Ne vivre que de faux semblant est un poids que je n'arrive plus à porter. Nous sommes fous. Deux malheureux fous. Et que j'aime ton audace! Je l'ai toujours aimé. "

Sighild s'effondra à nouveau dans les bras de son amant retrouvé et lui donna le plus amoureux des baisers.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Ven 21 Sep - 15:08

Je frémis de tout mon être lorsque Jézabel posa ses fines mains sur mon visage, son regard d'or rendu étincelant par les larmes rivé au mien. Je ne dus qu'à un violent effort de volonté de ne pas fermer les yeux de bonheur sous cette caresse, craignant par trop de me réveiller ensuite en sursaut et de réaliser que je n'avais fait que rêver ces instants. Un rire nerveux s'échappa de ses lèvres, exutoire à la tension inévitable issue de ce présent invraisemblable, sans doute, tandis que je lui souriais comme je n'avais jamais souri à nulle autre. Devant elle je n'étais plus un sombre Cavalier de Sharna, je n'étais plus le féroce guerrier que tous craignaient sur le champ de bataille ou l'autoritaire Commandant des légions Noires. Je n'étais plus qu'un homme sans masque, un homme submergé par des sentiments si puissants que j'en avais le vertige. Je n'avais pas devant moi la Reine des Eryllis, ni même la farouche guerrière que je la savais être, j'avais en face de moi la femme qui se dissimulait soigneusement au monde derrière les infranchissables remparts mentaux qu'elle s'était bâti. La voir ainsi, le visage baigné de larmes et l'âme révélée sans fard dans le fond de ses prunelles, c'était pour moi recevoir le plus merveilleux des présents, me voir offrir le plus précieux des secrets. Jamais elle n'avait été aussi belle, aussi émouvante que ce soir, forte comme l'océan et pourtant plus fragile qu'un délicat verre de cristal.

De toutes les questions qui avaient jamais fusé en mon esprit, il n'en restait qu'une, la plus insensée, celle que je n'avais jamais osé lui poser du temps où nous étions ensemble, celle que je n'aurais même jamais imaginé avoir le courage de lui poser un jour. L'exprimer à voix haute était une folie, j'en avais confusément conscience: elle était devenue l'Eryl, reine d'une caste qui refusait la présence des hommes en son sein, j'étais commandant dans un ordre qu'elle devait détester et que je ne pouvais quitter sans devenir une proie. Une fois encore le monde s'acharnait à se dresser entre nous, à rendre notre amour impossible, une fois encore le destin tentait de nous soumettre à son joug écrasant. Mais la seule présence de Jézabel, l'amour que je lisais dans son regard, me conféraient une force sans commune mesure avec celle que je possédais habituellement. Ensemble nous aurions le pouvoir de nous dresser contre la destinée, le monde entier s'opposait à notre amour? Qu'importe, nous le changerions. Ensemble, plus rien n'était impossible, nous pouvions tout. Alors, après une ultime tergiversation qui la fit se crisper tant il était probable que la question que je déclarai avoir à lui poser soit d'une toute autre nature, je brisai les chaînes qui m'entravaient et lui demandai de devenir ma femme.

Retenant mon souffle, je vis l'incrédulité poindre dans ses iris d'ambre, le doute se marquer sur ses traits enchanteurs. Elle ne pouvait croire ce que qu'elle venait d'entendre et chercha dans mes yeux un mensonge, une mauvaise plaisanterie vengeresse. Mais il n'y avait rien de tout cela dans mes prunelles ou dans mon âme, il n'y avait que l'amour immense que je lui portai, la confiance aveugle que je lui vouai encore et toujours malgré tout ce qui s'était passé. Cette force qu'elle me donnait, je la lui offrais en retour, comment aurait-il pu en être autrement? Un bref silence, qui me parut néanmoins interminable, prit place. Puis la réponse jaillit de ses lèvres, unique mot exempt du moindre doute tout droit issu du fond de son coeur:

"Oui."

Sans me laisser le temps de réagir à cette réponse, d'assimiler ce "oui" si simple et pourtant source d'émotions plus puissantes et complexes que je n'en avais jamais éprouvées, elle scella mes lèvres d'un baiser flamboyant de passion. J'y répondis corps et âme, à en perdre le souffle, sentant des pleurs de joie ruisseler sur mes joues mais ne m'en souciant aucunement. Le monde pouvait bien s'écrouler, quelle importance? Elle était là, tout contre moi, et ce baiser qu'elle m'offrait, ce oui qu'elle avait prononcé, étaient les seuls choses qui comptaient. Ce lien qui nous unissait et que nous avions été contraints de dissimuler, de tenter d'oublier, nous l'assumerions désormais dans toute sa pureté, dans toute sa beauté, sans plus nous cacher. Le temps des pleurs et de la douleur s'achevait ici et maintenant, jamais plus nous ne laisserions quoi que ce soit nous séparer. Jamais plus. Notre baiser s'interrompit brièvement, juste le temps pour Jézabel de me susurrer avec une indicible tendresse:

"J'ai toujours désiré être une femme de raison, mais je ne l'ai jamais été. Ne vivre que de faux semblants est un poids que je n'arrive plus à porter. Nous sommes fous. Deux malheureux fous. Et que j'aime ton audace! Je l'ai toujours aimée."

Pas plus que précédemment je n'eus le temps de lui répondre. Nous avions trop soif l'un de l'autre pour cela et notre étreinte comme notre baiser se firent plus passionnés encore. Le désir torrentiel qui s'était emparé de moi dès que je l'avais aperçue, mais que j'avais férocement dompté jusque là de crainte de briser la magie de l'instant, fracassa les chaînes que je lui avais imposées. Je me sentais fébrile comme un adolescent qui s'apprête à découvrir l'amour pour la première fois, maladroit et emprunté, mais ce n'était qu'une impression car mes gestes, mes caresses et mes baisers, étaient plus assurés que jamais lorsque je commençai à la dévêtir. Je voulais sentir sa peau contre ma peau, me lover contre elle assez intimement pour que nous ne formions plus qu'un. Je voulais lui offrir tout l'amour, la passion et la tendresse que j'éprouvais pour elle et que j'avais accumulées durant des siècles, sans plus aucune retenue, librement, enfin. Les mots ne servaient plus à rien, n'avaient pas le pouvoir de retranscrire nos émotions, nos sentiments, mais j'en murmurai néanmoins quelques-uns tout contre ses lèvres:

"Sans doute sommes-nous fous, mais jamais je n'ai été aussi heureux que maintenant. J'aime tout ce que tu es et tout ce que tu n'es pas. Je t'aime toi, telle que tu es, Jézabel."

L'amour vrai ne s'embarrasse pas de limites, il est entier, inconditionnel, absolu et pur comme l'eau d'une source enchantée. Je lui offrais tout ce que j'étais et recevrai tout ce qu'elle m'offrirait, sans concession, sans jugement. Je savais que bien des questions se poseraient pour l'avenir et qu'il nous faudrait y apporter des réponses, mais cette nuit serait nôtre et seulement nôtre, hors du temps, hors de l'agitation du monde. Cette nuit, j'allai l'aimer comme aucun homme n'avait jamais aimé une femme, à en perdre la raison, à en faire vaciller l'univers.


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MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Sam 22 Sep - 2:24

Il y avait des appels auxquels on ne se refusait pas et que l'on ne pourrait feindre d'ignorer. N'importe quelles oreilles pourraient en être sourdes, mais le corps lui, en ressentait toutes les impulsions. Son être entier criait son nom et aspirait à n'être qu'avec lui. Lorsqu'elle embrassa pour la seconde fois, elle ne voulu plus le quitter, qu'il n'exista entre eux aucun espace qui puisse les dissocier. Elle ne voulait que lui, sans barrière ni restriction d'aucune sorte. Sa chair la brûlait et ne réclamait en repentance que celle du cavalier. Elle souhaitait uniquement s'abandonner et laisser libre cours à chacune de ses suppliques émotionnelles. Six siècles les avaient séparés, six siècles d'absences et de prières repoussées. Un simple regard avait fallu pour que tout leur explosa à la figure, et que la violence de leur sentiment de les transcenda jusqu'à la déraison.

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MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Sam 22 Sep - 13:00

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MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Dim 23 Sep - 2:27

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MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Dim 23 Sep - 15:36

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MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Dim 23 Sep - 20:24

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MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Lun 24 Sep - 0:25

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MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Mar 25 Sep - 1:27

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MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Mar 25 Sep - 15:02

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MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Mer 26 Sep - 2:16

Les jeux amoureux des amants retrouvés avaient atteint leur apothéose dans un panache de plaisir. Ils étaient épuisés par la tâche mais O combien heureux. Qu'il était drôle d'imaginer que six siècles les avaient séparés, qu'ils ne furent capable de n'échanger que quelques mots - mais quels mots! - et qu'ils furent dépassés par leur propre passion, tenace et séculaire. Ils étaient donc là, deux corps nus et moites par l'effort de la chair tendre, à rire franc et avec éclat. C'était comme si toute la pression que tout deux portaient sur leurs épaules s'étaient envolées. Ils avaient été effrayés comme des enfants de se revoir, ils s'étaient retrouvés comme des amoureux éperdus.

"Vraiment? Je n'ose alors imaginer dans quel état tu m'aurais laissé si tu l'avais remportée! "

Elle rit. Elle rit le plus simplement du monde, réalisant l'invraisemblance de leur situation. Combien de fois s'était-elle dessinée dans son esprit ses retrouvailles, combien de fois avait-elle imaginé le pire. Ses rêves les plus fous n'auraient pu imaginer de dénouement aussi jouissif. Il lui offrit à nouveau un doux baiser avant de la rejoindre allongée à même le sol. Elle ferma les yeux quelques instants, appréciant les caresses sur son visage comme elle aurait pu en aimer le vent.

"Comment souhaites-tu que nous nous unissions, mon Amour? Je parle de notre mariage, pas de la façon dont nous allons refaire l'amour dès que j'aurai récupéré quelques forces..."

Elle sourit à nouveau. Son esprit était tellement embué par le bonheur qu'elle en oublia la si primordiale question. Voilà bien un problème à étudier, mais elle en avait curieusement la réponse. C'était comme si tout lui devenait limpide. Ce fut à son tour de briller de malice, portant sur lui l'éclat de son regard d'ambre.

" Vite... et dans les deux cas. "

Mais sa réponse n'était pas complètement innocente, ni dénué de sens. Elle se rendait parfaitement compte de leur situation respective. Officiellement, ils appartenaient à des castes opposées qui se battaient pour des causes contraires. Officieusement, ils s'étaient prouvé l'un l'autre leur engagement.  Toutefois, elle ne voulait plus le perdre, elle en mourrait de chagrin... et elle n'abandonnerait pas les Eryllis non plus. Ces femmes avaient été la cause de tout le reste de sa vie, et Noathis également. On pourrait ainsi penser que la jeune femme en demandait trop, en désirait trop... Mais elle ne se montrerait pas égoïste inconsciemment s'en avoir une idée derrière la tête. Elle avait ses propres solutions. Jézabel se tourna donc vers lui et lui sourit avec tendresse.

" Je ne désire ne faire aucun compromis. Je veux être tienne et je n'ai aucun doute sur cette volonté. Nous nous sommes beaucoup trop attendu. Mais nous sommes aussi tous les deux dans une situation délicate de par nos positions... mais cela ne me servira en rien de prétexte. "

Elle passa sa main sur le visage de Sirion, effleurant ses lèvres de ses doigts. Et le plus simplement du monde, elle lui murmura sa décision.

" Marions-nous rapidement. Nous n'avons pas besoin du monde pour témoin, ni d’approbation. Trouvons un homme pour officier, n'importe où. Cela n'a pas d'importance. Mais nous devrons jouer de ce secret pendant un temps... car nous savons que cela ne doit pas arriver à toutes les oreilles. Pas de suite. "

Il savait pertinemment qu'elle faisait référence à son frère car elle eut un regard plus grave lorsqu'elle en parla. Elle n'avait pas la moindre idée de la façon dont il réagirait mais cela mettrait le cavalier dans une situation critique.

" Pour le reste, Noathis est une terre d'accueil. En tant qu'Eryl, je devrais des comptes auprès de mes consœurs, mais avant cela, je souhaiterais leur offrir de nouvelles libertés, égale à la nôtre, et restaurer des droits injustes. Mais surtout.... sache que je ne le crains pas. Lui. Mon frère est mort à Taulmaril. Démégor n'est qu'un spectre au visage familier. "

La lhurgoyf était plus déterminée qu'elle ne l'avait jamais été. Elle savait que de nouvelles embûches se dresseraient sans nul doute devant eux, mais elle relèverait tous les défis, elle ne ploierait sur rien. Sirion avait réanimé en elle le goût de vivre et des rêves perdus. Aujourd'hui, elle affronterait le monde.

" Je ne veux que toi Amour. Je n'ai toujours voulu que toi. "

Sur ces mots, Jézabel rapprocha son visage de celui de son amant afin de lui donner un nouveau baiser.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Mer 26 Sep - 15:30

Ma Bien-Aimée se joignit à mon rire lorsque je plaisantai sur l'état qui aurait été le mien si elle avait remporté cette joute. Il y avait quelque chose de surréaliste dans ces instants de légèreté et de joie, comment croire que nous avions été séparés durant des siècles? Nous nous étions retrouvés si vite et si totalement que j'avais l'impression paradoxale que nous nous étions vus la veille pour la dernière fois tout en ayant parfaitement conscience du temps interminable passé sans elle. Elle ferma les yeux un instant alors que je l'embrassai avec douceur, puis je lui demandai comment elle envisageait la suite des événements en y ajoutant une taquinerie de mon crû, à quoi elle répondit facétieusement:

" Vite... et dans les deux cas. "

Je ris de plus belle et la gratifiai d'une caresse sensuelle qui lui promettait que le temps serait bref avant que nous ne nous aimions à nouveau, puis j'écoutai avec attention la réponse plus sérieuse qu'elle me fit en me souriant avec tendresse. Elle ne voulait aucun compromis ni attente inutile et réaffirma sa ferme volonté de m'épouser malgré nos situations respectives peu propices à une telle union. Je lui souris tendrement alors qu'elle passait sa main sur mon visage, embrassai ses doigts lorsqu'ils dessinèrent mes lèvres et, le coeur battant un peu plus vite, l'écoutai me murmurer sa décision d'un air déterminé:

" Marions-nous rapidement. Nous n'avons pas besoin du monde pour témoin, ni d’approbation. Trouvons un homme pour officier, n'importe où. Cela n'a pas d'importance. Mais nous devrons jouer de ce secret pendant un temps... car nous savons que cela ne doit pas arriver à toutes les oreilles. Pas de suite. Pour le reste, Noathis est une terre d'accueil. En tant qu'Eryl, je devrais des comptes auprès de mes consœurs, mais avant cela, je souhaiterais leur offrir de nouvelles libertés, égale à la nôtre, et restaurer des droits injustes. Mais surtout.... sache que je ne le crains pas. Lui. Mon frère est mort à Taulmaril. Démégor n'est qu'un spectre au visage familier."

Elle ajouta qu'elle ne voulait que moi, qu'elle n'avait jamais voulu que moi et, alors qu'elle approchait son visage du mien pour un nouveau baiser, je lui répondis d'un ton ému:

"Il n'y a jamais eu que toi dans mes pensées et mon coeur, mon Amour, il n'y aura jamais que toi."

Nous nous embrassâmes longuement, un baiser disant mieux que les mots à quel point nos sentiments étaient forts et purs, puis je repris pensivement tout en caressant tendrement son beau visage:

"La seule chose qui m'importe véritablement, c'est d'être avec toi. Je n'ai cure de le crier à la face du monde et de son approbation, mais je veux que nous soyons libres de vivre notre amour. Nous l'avons caché plutôt que d'affronter la réalité, autrefois, et nous savons tous deux ce que cela nous a coûté."

Mon regard se perdit dans les flammes durant quelques instants, aussi dur et tranchant que l'acier dont il avait la couleur, puis il s'adoucit alors que je le replongeai dans celui de ma compagne. Je n'avais pas eu l'intention d'aborder de si graves sujets cette nuit, mais d'un autre côté, plus vite ce serait fait plus vite nous en serions débarrassés. D'un ton calme et posé où ne perçait pas le moindre doute, j'ajoutai:

"Je ne ferai pas deux fois la même erreur. Je ne sais pas comment tu comptes gérer la situation avec les Eryllis, mais il y a une chose dont je suis absolument certain: nous n'aurons pas la paix tant que Démégor vivra, la mort n'atténue pas les mauvais côtés des êtres, bien au contraire. Si j'ai quitté le manoir Cavaleri ce soir, c'est parce qu'il m'a ordonné de te remettre une lettre. Je l'ai prise sans un mot et je suis parti pour te retrouver à Noathis, sur son ordre mais certainement pas pour accomplir sa volonté. Il aurait pu confier cette mission à n'importe lequel de ses serviteurs, mais c'est à moi qu'il a fait appel et cela n'a rien d'anodin. Ce n'est pas un hasard s'il m'a nommé à la tête des cavaliers Noirs, des espions et des assassins, alors que je n'ai pour ainsi dire aucune compétence dans ces domaines. Pas un hasard non plus s'il me tient à l'écart des hautes sphères de l'Ordre, pas davantage s'il m'a tenu à l'écart de la récente guerre contre Cimmeria. Sa vengeance n'est pas achevée, Jézabel, il est plus dément qu'il ne l'a jamais été et il nous brisera si nous lui en laissons l'opportunité."

Je marquai une courte pause, puis achevai d'un ton dur qui n'était en rien destiné à mon Amour, simple reflet de ce que j'éprouvais à l'égard de celui qui avait été son frère:

"Si je ne l'ai pas encore défié, c'est pour une seule et unique raison: j'ignorais si tu étais toujours attachée à ce qu'il est devenu et je ne pouvais envisager de m'en prendre à lui si tel était le cas. Mais tu viens de me libérer de la seule chose qui pouvait me retenir de lui faire payer le mal insondable qu'il nous a fait et qu'il entend bien nous faire encore. Alors ne crois-tu pas qu'il est temps d'en finir une bonne fois pour toute avec lui?"

Je n'étais pas naïf au point de croire que sa mort résoudrait tout. Si ceux qui ne connaissaient pas le fonctionnement des Cavaliers de Sharna savaient qu'il suffisait de vaincre celui dont on convoitait la place pour s'y hisser, ce qui était vrai, ils ignoraient souvent que s'y maintenir et rester en vie était une toute autre affaire. Il fallait être assez respecté, ou craint, par ceux que l'on prétendait diriger pour survivre plus de quelques jours, les Cavaliers n'étant certes pas de dociles serviteurs prompts à la soumission. Ma réputation suffirait-elle si je parvenais à abattre Démégor? J'étais loin d'en être certain, mais il n'y avait jamais qu'une seule manière de l'apprendre et j'estimai avoir bien assez attendu.


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Sighild
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Jeu 27 Sep - 3:03

Un long et tendre baiser, bien plus que des mots. Un simple regard, et ils se comprenaient. Que cela soit dans leurs sentiments ou leurs angoisses, les années n'avaient pas effacé ce qui les liaient. Les mots de Sirion n'avaient de cesse de la rassurer et faisaient échos à tout ce qu'elle ressentait pour lui.

"La seule chose qui m'importe véritablement, c'est d'être avec toi. Je n'ai cure de le crier à la face du monde et de son approbation, mais je veux que nous soyons libres de vivre notre amour. Nous l'avons caché plutôt que d'affronter la réalité, autrefois, et nous savons tous deux ce que cela nous a coûté."

Elle le savait pertinemment, cela l'avait toujours rongé. Elle se sentait responsable du temps perdu car son cœur n'avait pas été assez fort pour faire face à la réalité, il n'avait pas été assez fort pour affronter son propre frère. Ce fut alors qui lui tint le discours auquel elle s'attendait, discours où il exprima toute la rancœur qui l'habitait. Qu'il était étrange de penser qu'il eut une époque où Ekzékiel et Sirion se tenaient comme deux frères... et les voilà ennemis sous la même bannière. Il y avait là quelque chose d'entièrement brisés et irréconciliables, et elle se rendait compte que dans les manigances de Démégor, elle n'y reconnaissait pas le frère protecteur qui fut le sien. Il avait menti, il avait trahi et il s'était moqué ouvertement de celui qu'il appelait autrefois mon frère. Quant à elle, il n'avait visiblement pas eu l'intention de la retrouver... jusqu'à ce qu'il se trahisse en lui sauvant la vie. Était-ce là aussi l'un de ces plans ou simplement un concours de circonstance? Testait-il les les liens du sang contre celui du cœur? Qu'importe la raison de son entreprise, il y avait là quelque chose de terriblement malsain.

Puis le cavalier fit la remarque à laquelle elle s'attendait. Elle reconnaissait bien là l'homme qu'elle aimait, animé par le courage et l'honnêteté. Sirion était un homme entier. Elle ne put nier cependant que cela lui pinça le cœur bien qu'elle savait ce qui devait être fait. Jézabel posa alors son regard sur lui. Il n'était pas animé par le doute mais par une étrange mélancolie.

" Il est évident que cela devra fini un jour. Je dois avouer que cela m'effraie un peu. Non pas l'idée d’occire Démégor, mais tout ce que cela engendrera ensuite. J'ai peur pour toi. Je ne veux pas prendre le risque de te perdre... mais je connais ta détermination... comme je connais celle de mon frère. Notre affrontement est inévitable à tous les trois et je suis certaine que nous participons à son plan. Ces actes sonnent aujourd'hui comme une provocation et s'opposer à lui est une tâche qui nous est dévolue. "

La jeune femme marqua une pause pour soupirer. Les deux jeunes gens ne savaient guère ce qui les attendaient, et Jézabel n'avait jamais eu aussi peur de l'avenir qu'à cet instant.

" Sais-tu de quoi parle cette lettre? "

Cela l'intriguait mais c'était sans doute le souhait de l'Impérial. Semer le doute comme le dieu qu'il priait. Seulement, Sighild n'était pas une femme naïve mais elle se demandait comment il avait envisagé dans son esprit tourmenté sa rencontre avec Sirion. Avait-il pensé qu'elle le rejetterait en le rendant entièrement responsable de sa mort? Voulait-il éprouver sa loyauté familiale? Voulait-il seulement briser Sirion? Qu'aurait-on pensé si l'on avait vu un cavalier officiel traverser Noathis? Y avait-il autre chose qu'une simple vendetta personnelle? Toutes ces interrogations lui durcirent le regard.

" Cela n'a certainement pas d'importance. Qu'importe ce qu'il aurait écrit, je n'aime pas être un pion. "

Si la jeune femme avait eu la lettre entre les mains, elle l'aurait sans doute jeté dans les flammes. Elle se devait d'avancer et ne pas se laisser entrainer par les manigances perfides du chef des cavaliers.

" Comment comptes-tu t'y prendre? Me laisseras-tu me joindre à toi? Tu n'as pas à porter ce poids seul. Je suis en partie responsable de ce qu'il est devenu. Il est reconnu comme étant l'un de mes ennemis. "

Les yeux de Jézabel s'adoucirent en un instant alors qu'elle chassait de nouvelles mèches de cheveux tombantes du visage de son amant. Elle ne cessait de le regarder, lui et ses prunelles d'acier. Elle se sentait capable de conquérir le monde à ses côtés, mais elle n'avait que pour seul ambition de rester dans son cœur.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Jeu 27 Sep - 16:02

Mes paroles à l'égard de Démégor ne surprirent pas Jézabel, elle me connaissait beaucoup trop bien pour cela. L'ombre que je vis dans ses beau yeux d'ambre ne m'étonna pas davantage, elle s'était toujours sentie responsable de ce qu'était devenu son frère, je ne le savais que trop bien puisque c'était l'une des raisons pour lesquelles elle m'avait fui durant des siècles. Lorsque j'avouai ce qui m'avait retenu de me dresser contre celui qui fut son frère et lui demandai si elle ne pensait pas qu'il était temps d'en finir, ma Bien-Aimée posa sur moi un regard empli de mélancolie. Mais je décelai autre chose, quelque chose que je n'avais que rarement perçu chez elle: de la peur. Elle ne chercha d'ailleurs pas à me la dissimuler et m'en expliqua les vraies raisons:

" Il est évident que cela devra fini un jour. Je dois avouer que cela m'effraie un peu. Non pas l'idée d’occire Démégor, mais tout ce que cela engendrera ensuite. J'ai peur pour toi. Je ne veux pas prendre le risque de te perdre... mais je connais ta détermination... comme je connais celle de mon frère. Notre affrontement est inévitable à tous les trois et je suis certaine que nous participons à son plan. Ces actes sonnent aujourd'hui comme une provocation et s'opposer à lui est une tâche qui nous est dévolue. "

Je m'abstins d'intervenir, certain qu'elle n'en avait pas terminé, et me bornai à la serrer un peu plus étroitement contre moi. Elle me demanda ensuite si je savais ce que contenait la lettre que m'avait remise Démégor avant de déclarer d'un air dur que cela n'avait de toute manière aucune importance et qu'elle n'avait pas l'intention de le laisser faire d'elle son pion. Je secouai négativement la tête et lui répondis doucement:

"Je l'ignore. Mais comme tu le dis cela n'a aucune importance: il n'a jamais imaginé que je te la remettrai. Ce qu'il espérait, c'était que je perde assez mon calme pour refuser de lui obéir. Il aurait alors pu me condamner "légalement" pour trahison et me faire exécuter tout en ayant la satisfaction d'avoir anéanti ma réputation. Ceci fait, il se serait arrangé pour que tu l'apprennes et t'aurait ensuite approchée pour de vrai en utilisant cette trahison pour te convaincre que j'avais bel et bien tourné mes armes contre lui par le passé et essayer de te récupérer."

J'avais entraperçu la lueur de dépit dans ses prunelles de fourbe lorsque j'avais pris la lettre et que je m'étais détourné pour obtempérer sans dire un mot ni manifester la moindre émotion. Sa haine l'avait aveuglé et il avait sous-estimé son adversaire, comme il l'avait fait six cents ans plus tôt, comme il l'avait fait très récemment en lançant nos troupes à l'assaut de Cimmeria. Jézabel me sortit de mes réflexions en caressant tendrement mon visage, le regard plus doux, et en reprenant:

" Comment comptes-tu t'y prendre? Me laisseras-tu me joindre à toi? Tu n'as pas à porter ce poids seul. Je suis en partie responsable de ce qu'il est devenu. Il est reconnu comme étant l'un de mes ennemis. "

Je ne pus m'empêcher de rire à ces paroles, pas plus que je ne pus m'abstenir de me pencher pour l'embrasser amoureusement avant de lui répondre d'un ton faussement désabusé:

"Je n'avais déjà pas le pouvoir, ni la volonté d'ailleurs, de t'empêcher de faire ce que tu avais envie lorsque tu n'étais qu'une innocente jeune femme, alors imagine un peu maintenant que tu es reine!"

Mais je repris rapidement mon sérieux et encadrai son visage de mes deux mains avec une douce fermeté pour river mon regard d'acier dans le sien:

"Maintenant écoute-moi bien, Jézabel: tu n'es pas responsable de ce qu'il est devenu, tu ne l'as jamais été. Je sais ce que vous avez vécu dans votre jeunesse, je sais à quel point cela peut dévaster les êtres les plus forts. Mais même lorsque la vie nous éprouve durement, nous sommes face à un choix que nul ne peut faire à notre place: sombrer dans les ténèbres ou nous élever vers la lumière. Ekzékiel a fait le choix de sombrer et dès lors, rien ni personne n'avait le pouvoir de l'empêcher. Il voulait devenir celui qu'il est devenu, Amour, c'est malheureusement aussi simple que ça. Dans la vie, il y a des choses sur lesquelles on n'a aucun pouvoir, quel que puisse être notre désir qu'il en soit autrement. Quoi que nous fassions nous n'y pourrons jamais rien et s'obstiner sur cette voie ne mène jamais qu'au désespoir. C'est dans ce qu'il est en notre pouvoir de changer qu'il faut investir notre temps et nos forces, même si cela peut sembler dérisoire ce sera toujours infiniment mieux que rien. Tu es infiniment plus forte que tu ne le crois, tu l'as toujours été, alors chasse cette foutue culpabilité qui te ronge, tout ce qui était en ton pouvoir tu l'as fait et on ne saurait demander plus à quiconque."

Je marquai un temps de silence pour souligner mes paroles et repris tout aussi gravement:

"Le temps où toi et moi affrontions seuls les épreuves est terminé, Amour, c'est ensemble que nous ferons face à tout ce que le destin nous enverra. Néanmoins, lorsque l'heure sera venue de tirer les armes contre Démégor je le combattrai seul, pour deux raisons: la première est que tu es l'Eryl, tu représentes ton peuple et ce serait bien mal le servir que de l'impliquer dans une telle affaire, il en récolterait une rancune inextinguible de la part des Cavaliers et il n'a nullement besoin de tels ennemis. La deuxième c'est que ma propre position en serait très amoindrie, beaucoup penseraient que je n'étais pas capable de le vaincre seul et y verraient une faiblesse dans laquelle ils s'empresseraient de s'engouffrer, ma situation deviendrait intenable en moins de temps qu'il ne faut pour le dire."


Je laissai filer un nouvel instant avant d'achever avec un fin sourire:

"Cela fait longtemps que je songe à défier Démégor, que je réfléchis aux conséquences qui en découleraient et à la meilleure façon de gérer cela. Jusqu'à présent cela aurait été folie, il était beaucoup trop craint et admiré au sein de l'ordre, mais il a commis une grossière erreur en se lançant dans une guerre contre Cimmeria. L'écrasante défaite que nous avons subie est sienne, or les Cavaliers ne suivent pas un perdant, nombreux sont ceux qui doutent maintenant de ses capacités à les diriger. Et en cela, Démégor m'a rendu bien contre son gré un immense service en me tenant loin de cette guerre, puisque je ne peux aucunement être associé à cette débâcle et que ma réputation est donc restée intacte. Il ne manquerait qu'une petite chose pour que je sois en mesure de le défier sans risquer de voir la moitié des Cavaliers se dresser contre moi. Et cette petite chose nous pourrions la faire advenir ensemble, je suis certain qu'elle est à notre portée et cela aurait de plus l'avantage de faire de toi une alliée des Cavaliers plutôt qu'une ennemie. Partant de là, je te laisse imaginer quelles portes s'ouvriraient à nous..."

J'avais un plan, certes pas dépourvu de dangers et d'inconnues, mais réalisable, j'en avais l'intime conviction. Et puis, ne disait-on pas que la chance souriait aux audacieux? Ensemble nous pouvions tout, avec elle à mes côtés plus rien n'était impossible et la peur n'avait plus aucune prise sur moi. Il était temps d'agir, temps de mettre fin à un passé poussiéreux qui n'avait plus aucune place dans notre présent et de construire l'avenir dont nous avions tant rêvé.


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Sighild
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Sam 29 Sep - 15:49

Lorsque la jeune femme ouvrit son cœur en exprimant librement ses angoisses, Sirion se permit de la serrer un peu plus contre lui. Elle s'y lova sans honte, comme la femme amoureuse qu'elle était à cet instant. Son anxiété était légitime puisqu'il venait à peine de se retrouver. Et cela ne signifiait pas qu'elle n'avait pas confiance en la force et l'intelligence de son amant. Bien au contraire, elle savait qu'il serait prudent... mais il pouvait aussi être un peu sanguin. Démégor connaissait bien son homme et il savait pertinemment où appuyer pour faire mal. Ne le faisait-il pas depuis des années? D'ailleurs, c'était parce qu'ils se connaissaient tous très bien qu'elle s'inquiétait. Chacun connaissait les points forts et les points faibles de chacun. Le jeu en place était bien dangereux.

Lorsqu'elle mentionna la fameuse lettre, elle vit un éclair de colère dans le regard du lhurgoyf. Elle comprenait parfaitement qu'une telle provocation n'était pas anodine et elle était à mille lieu d'imaginer la douleur que cela pouvait être pour Sirion, maintenant qu'elle savait qu'il aimait toujours. Elle ne connaissait pas l'étendue de la souffrance qu'il avait enduré, et de savoir que jusque là, Démégor s'était moqué de lui et le tourmentait. L'animosité qu'elle ressentait pour son frère était d'une autre nature, d'un autre rapport mais il n'en demeurait pas moins impardonnable, quelque soit les liens du sang.

Elle le questionna alors sur ses démarches, la manière dont il entrevoyait les choses et l'implication qui pourrait être la sienne. Elle souhaitait qu'il comprenne qu'elle ne l'abandonnerait pas, qu'elle ne reculerait pas et qu'elle était prête à s'engager dans se difficile combat. Mais il se mit à rire légèrement et l'embrasser amoureusement tout en lui rappelant son statut. Jézabel demeura alors muette, le laissant s'exprimer avec un ton sérieux et solennel. Pendant un instant, elle eut l'impression de se faire gronder comme une enfant. Tous les reproches qu'elle se faisait à elle-même, Sirion les balayait d'un revers de la main. Il estimait qu'elle n'avait pas à se blâmer car elle avait fait tout ce qui aurait pu être fait. Cependant, même si elle savait pertinemment que tout ce qu'il disait était du bon sens, on en faisait pas disparaître des siècles de regrets en un tour de main. Pourtant, maintenant qu'il était là, elle se sentait prêtre à ouvrir une nouvelle page de sa vie. Elle y était décidée déjà quelque temps avant pour soutenir les Eryllis, aujourd'hui elle était pour elle-même.

Par la suite, Sirion lui exposa les raisons pour lesquelles il ne souhaitait pas qu'elle s'impliqua d'avantage. Elle n'avait rien à dire à cela. Il était évidemment pour elle qu'elle se refusait d'impliquer dans sa guerre les Eryllis qui n'y étaient pour rien. Sa vendetta personnelle ne devait en rien les éclabousser. Tous les arguments du cavalier étaient parfaitement justifiés et elle convenait que son intervention pourrait jouer en sa défaveur. Cela ne lui plaisait pas en tant que "fiancée", mais en tant que dirigeante, cela semblait être le plus sage.

Lorsqu'il finit son discours, la jeune femme se serra à nouveau contre lui, peau à peau pour en ressentir toute la chaleur. C'était une façon de lui dire sans un mot qu'elle était de son côté et qu'elle lui apporterait son soutien.

" Je vois que tu avais déjà bien réfléchi à toutes ces choses. Je ne peux que m'incliner devant tes arguments. "

Elle s'écarta légèrement de lui et porta toute son attention à son regard.

" Tu dis qu'il te manquerait encore quelque chose à ton plan. Quelle est-ce donc cette chose? J'ai un peu de mal à entrevoir l'avantage des Eryllis... si ce n'est ne pas se faire un ennemi de plus. Car sache que même si je suis l'Eryl, je ne possède pas tout droit de décision. "

La lhurgoyf marqua alors une pause, fronçant légèrement les sourcils montrant qu'elle était en pleine réflexion.

" Les cavaliers de Sharna ont une réputation exécrable autour du monde, de celle que l'on efface pas uniquement en abattant un leader. Il me serait bien difficile de convaincre que nous ayons un quelconque avantage à me lier de près ou de loin avec eux. Je ne peux pas non plus blâmée mes consœurs et je ne les exposerais pas sans garantie à n'importe laquelle de mes décisions. D'ailleurs, si je suis présente ici, c'est uniquement en réponse à l'invitation de l'un de tes conseillers : Marduk Nargaroth. Et je serais honnête avec toi, je n'ai absolument pas confiance en lui. "

Le regard de Jézabel s'adoucit à ce instant, esquissant un sourire et passant sa main dans les cheveux de son amant.

" Mais j'ai confiance en toi. Je te connais, toi et tes résolutions. Toi dont le seul regard à balayer les murs que je mettais dresser devant moi alors que tu me ramenais un frère complètement soûl. "

Elle eut un léger rire à l'évocation de leur toute première rencontre. Elle se rappelait la surprise de voir un tel inconnu devant elle dont elle ne connaissait qu'un vague nom. Son frère devait déjà pressentir que ces deux là ne devaient pas se rencontrer.

" Je n'ai donc pas le moindre doute que tu sois capable de me présenter les bons arguments pour me convaincre. Le cavalier abat le fou et prend la reine, n'est-ce pas? "

Telle une partie d'échec. Elle s'approcha de lui et l'embrassa une nouvelle fois avec toute la tendresse qui était la sienne.
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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Dim 30 Sep - 11:27

Je vis bien que mes paroles, à propos du sentiment de culpabilité que Jézabel entretenait à l'égard de ce que son frère était devenu, n'avaient pas le pouvoir de chasser cette ombre de son âme. Je ne m'étais pas attendu à ce qu'il en aille autrement, à dire vrai, j'avais assez vécu pour savoir combien il est difficile de se libérer du poids de ce que l'on considère, à tort ou à raison, comme un échec personnel. Mais avec du temps et beaucoup d'amour, je me faisais fort de l'amener à voir les choses sous un angle différent et à se délester d'une responsabilité qui n'était pas sienne.

Je lui exposai ensuite mes réflexions quant à ma situation au sein des Cavaliers de Sharna et lui expliquai pourquoi je ne voulais pas qu'elle tire les armes contre Démégor, puis je lui laissai entrevoir que j'avais échafaudé un plan pour nous extirper de ses rets malveillants. J'avais imaginé qu'il me faudrait batailler ferme pour la convaincre de ne pas s'impliquer directement dans le combat qui allait inexorablement advenir, mais elle me prit totalement par surprise en se serrant plus étroitement contre moi et en déclarant qu'elle ne pouvait que s'incliner devant mes arguments. Je l'enlaçai amoureusement et déposai quelques tendres baisers sur sa peau nue avant de replonger dans son regard en murmurant avec émotion:

"Pas de doute, tu es devenue une vraie Reine..."

La Jézabel de jadis aurait tempétueusement rejeté l'idée de me laisser affronter seul un ennemi, et sans doute l'amante qu'elle était aujourd'hui ne voyait-elle pas les choses autrement. Mais son sens du devoir de Reine primait sur ses états d'âme de femme amoureuse et je ne pouvais que m'en réjouir et l'admirer. Il fallait une force d'âme peu commune pour ne pas laisser les sentiments et les émotions nous dicter notre conduite, bien peu de dirigeants en étaient capables et c'était généralement leurs peuples qui en payaient le prix. Je souris doucement pour moi-même, ma bien-aimée se sentait faible et culpabilisait de ce qu'elle considérait comme des manquements à ses idéaux alors qu'elle avait une force intérieure bien supérieure à celle de la plupart. Là encore il faudrait du temps, mais la confiance aveugle que j'avais en elle lui apprendrait à avoir confiance en elle-même, j'allais y veiller.

Elle s'écarta un peu de moi pour me demander quelle était cette petite chose manquant à mon plan que j'avais évoquée, puis elle releva la détestable réputation des Cavaliers en ajoutant qu'il ne suffirait pas d'abattre leur maître pour qu'elle change et qu'elle avait de la peine à voir en quoi les Eryllis pourraient trouver avantage à s'allier avec eux. J'approuvai ses paroles d'un léger hochement de tête mais, voyant ses sourcils froncés indiquant qu'elle était en pleine réflexion, je la laissai poursuivre sans intervenir ni lui révéler encore mon plan. Je haussai un sourcil incrédule lorsqu'elle me révéla qu'elle n'était venue dans la région que pour répondre à une invitation de l'un de nos conseillers, Marduk Nargaroth, en qui elle m'avoua n'avoir pas la moindre confiance. Bon sang! A quelques minutes près nous nous serions croisés au Manoir et là...seuls les dieux savaient comment notre rencontre aurait tourné... Mais, avant que je n'aie eu le temps de relever cette ironie du destin, le regard de mon Aimée s'adoucit et elle passa tendrement un main dans ma chevelure en précisant avec un léger rire:

"Mais j'ai confiance en toi. Je te connais, toi et tes résolutions. Toi dont le seul regard a balayé les murs que je m'étais dressés devant moi alors que tu me ramenais un frère complètement soûl. "

Mon sourire se teinta d'une douce nostalgie à ce souvenir ô combien précieux, notre première rencontre faisait partie de ces souvenirs qui se gravent au plus profond de nous, impérissable et merveilleux, et qui nous donnent la force d'avancer dans les plus noires ténèbres. Je me joignis à son rire lorsqu'elle ajouta:

"Je n'ai donc pas le moindre doute que tu sois capable de me présenter les bons arguments pour me convaincre. Le cavalier abat le fou et prend la reine, n'est-ce pas?"

Sans me laisser le temps de répondre, elle s'approcha de moi et m'embrassa avec toute la tendresse qu'elle dissimulait au fond de son coeur. Je répondis à son baiser avec tout l'amour que j'éprouvai pour cette femme à nulle autre pareille, puis l'attirai contre mon désir renaissant afin de souligner ma réponse mutine et murmurée avec une sensualité débridée:

"Le cavalier est en parfaite position pour prendre la reine, de fait."

Je l'embrassai avec une langoureuse passion tandis que mes mains entamaient une nouvelle sarabande sur son corps si désirable, puis je me forçai à revenir aux questions sérieuses:

"A une minute près nous nous serions croisés au Manoir, j'ai été convoqué par Marduk juste avant de me mettre en route pour te retrouver. Une chance que cela n'ait pas été le cas, tout aurait été...plus difficile, je suppose. Quant à la confiance, il n'existe qu'une personne en ce monde à qui j'accorde la mienne: toi. Cela étant, Marduk est loin d'être l'un des pires dirigeants des Cavaliers. Il est rusé et manipulateur, certes, mais il ne possède pas la cruauté malsaine qui semble être devenue le critère principal pour s'élever dans la hiérarchie. Il n'est loyal qu'aussi longtemps que cela sert ses intérêts, je pense, mais en cela il n'est pas différent de l'immense majorité des gens. Il pourrait être un bon allié au sein de l'ordre, à nous d'être assez malins pour qu'il y trouve son compte."

Je marquai une pause, le temps d'enflammer mon amante de quelques audacieuses caresses, puis je poursuivis:

"Quant à mon plan et à cette petite chose qu'il me manque...imagine que nous prenions le contrôle de Ridolbar et que je puisse y rétablir de façon incontestable l'autorité des Cavaliers. Cela fait, c'est en vainqueur que je retournerais à Thémisto et que j'affronterais Démégor. En admettant que je parvienne à le terrasser, bon nombre de personnalités importantes me soutiendraient alors plutôt que de s'opposer à moi."

Je me détachai un peu d'elle de façon à accrocher son regard et continuai avec un léger sourire au coin des lèvres:

"Bien des personnalités haut-placées des pays voisins seraient enchantées que je prenne la tête des Cavaliers de Sharna, parce qu'elles savent qu'avec moi il est possible d'avoir de vraies discussions et que je n'ai qu'une parole. Entre Démégor et moi, c'est bel et bien une partie d'échecs qui se déroule, mais j'ai un avantage: contrairement à lui je ne sacrifie pas stupidement mes pions pour le seul plaisir de voir le sang couler. Désormais le roi est presque seul sur l'échiquier, contrairement au cavalier qui a su ménager ses arrières. Si nous nous montrons adroits, c'est l'échec et mat en deux coups."

Je caressai amoureusement la joue de mon amante pour repousser une mèche rebelle de sa longue chevelure et achevai:

"Pour ce qui est des Eryllis, je sais à quel point votre position est précaire. Noathis possède des richesses qui attisent bien des convoitises, tôt ou tard un souverain décidera de s'en emparer et, votre réputation n'étant guère meilleure que la nôtre, vous serez seules pour faire front. Mais regarde une carte: si je suis à la tête des Cavaliers et que notre union est connue de tous, s'en prendre à vous signifierait avoir les Cavaliers de Sharna dans le dos et réciproquement. Devoir mener la guerre sur deux fronts aussi éloignés l'un de l'autre serait un cauchemar stratégique qu'aucun souverain doté de raison ne prendrait le risque de voir advenir. Un avantage non négligeable, ne penses-tu pas?"


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Sighild
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Lun 1 Oct - 3:10

Suite aux baisers et diverses attentions de son amant, Jézabel questionna ce dernier au sujet des détails qui lui manquaient. Mais elle ne se retint pas de lui parler un peu de leur passé qu'il accueillit avec un sourire plein de nostalgie... et d'imager bien simplement la stratégie du cavalier avec une certaine mesquinerie. Elle l'embrassa, il lui rendit tout en la pressant contre lui.

"Le cavalier est en parfaite position pour prendre la reine, de fait."

Cela amusa la jeune femme car les paroles étaient conformes aux promesses. Le corps ne mentait pas, la chaleur de leur peau non plus, ni la vague qui était prête à les submerger à tout moment, dans un nouveau mouvement. Elle sentit une nouvelle fois les mains de Sirion se promener, la faisait frisonner de plus belle et attisant son désir qui attendait son heure. Mais leurs esprits luttaient encore un peu pour ne pas s'embarquer sur les flots de la passion, et le cavalier évoqua que leur rencontre avait été évité de justesse au Manoir. Comme il le disait lui même, tout aurait été plus difficile. Ici, ils étaient au milieu de rien, loin des regards curieux et des attentions venimeuses. Dans l'immense bâtisse de Sharna, l'affaire aurait été tout autre. Ils se seraient peut-être ignorés tout deux, non pas parce qu'ils ne désiraient pas se revoir, mais pour se protéger. Ils n'auraient sans doute pas cette conversation non plus.

La lhurgoyf écouta donc avec beaucoup d'attention tout ce que disait son homologue amoureux. L’opinion qui était la sienne sur le conseiller n'était en soit pas si éloigné de Jézabel, mais il se sentait plus audacieux que cette dernière et prêt à laisser cet homme entrer dans le jeu. L'Eryllis s'étonna bien plus de la suite car elle n'avait pas imaginé que l'ambition de Sirion puisse aller si loin. La cité de Ridolbar? Voilà qui n'était pas une mince affaire quand on la savait gangréner par de nombreuses pègres. Mais il semblait si sûr de lui.... et elle ne le désira que plus.

Tâchant de garder la tête froide, elle ne le quitta pas des yeux et se concentra sur les plans qui étaient les siens. Il repoussa une mèche de ses cheveux, et il s'empressa de la rassurer sur la situation des Eryllis. Elle comprenait parfaitement la stratégie de l'étau qu'il dessinait sur une carte. L'est et l'ouest. Deux fronts qui ne pouvaient n'être tenu que par une armée solide et nombreuse. Actuellement, cette armée n'existait pas, pas avec l'absence d'alliance actuelle.... bien qu'il ne fallait pas négliger les armées de Canopée et de Cimmeria. C'était sur ce point qu'elle pouvait être en danger.

A cet instant, avant de répondre, la jeune femme bascula sur son amant. Il se trouva à nouveau sous sa dominance, elle à califourchon, ses cheveux cascadant sur sa poitrine, et le regard fier.

" Amour... je ne nierais pas l'avantage de ta stratégie, mais tu négliges tes alliés d'autrefois et ceux qui sont actuellement les miens. Le nord et le sud de Noathis. "

Comme pour mimer l'avancée d'une cavalerie, elle fit glisser ses doigts le long du corps de Sirion en remontant tout doucement vers son torse.

" Cimmeria possède une solide armée et ils sont enorgueillis de leur victoire face à Phelgra. Mais dans ce combat, ils avaient trouvé un appui auprès de la Reine Viwien de Canopée. Je suis, pour le moment, en bonne relation avec cette dernière. Elle n'a aucun intérêt à s'en prendre à nous mais si elle changeait d'avis.... Les Eryllis ne feraient pas le poids contre le nombre des armées sindarines. C'est pour cette raison que j'ai fait le choix de me tourner vers Eridania. "

Cela pourrait surprendre, c'était une évidence. Mais Jézabel ne se serait pas permis d'entamer des négociations avec le Roi si elle ne pensait pas pouvoir en tirer quelque chose.

" Tu me diras sans doute qu'il faudrait être fou pour tendre la main à celui qui nous condamne... mais pour avoir déjà entendu parlé de cet homme, je le pense doué de bon sens. La mise à prix de nos têtes n'est qu'un jeu politique pour asseoir son sens du devoir. Je l'ai bien compris. Je me suis permise de m'imposer à lui afin d'avoir une entrevue pour négocier. Je ne suis pas certaine de savoir ce que cela peut donner car nous n'avons pas encore trouvé de terrain d'entente mais... j'ai plutôt bon espoir. "

La jeune femme s'abaissa vers son amant et s'approcha de sa bouche afin de lui susurrer une petite taquinerie.

" Je ne suis pas aussi bonne stratège que toi mais je sais être une fine négociatrice. "

Elle lui sourit puis s'abandonna à lui donner un langoureux baiser.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Lun 1 Oct - 23:33

Jézabel s'amusa de ma cavalière répartie et frémit sous les caresses dont je la gratifiai ensuite, mais elle n'en écouta pas moins avec beaucoup d'attention mes quelques explications concernant la stratégie que j'entrevoyais. Elle ne me quitta pas des yeux une seule seconde jusqu'à ce que j'en aie terminé puis, après mes derniers mots, elle bascula soudainement pour se mettre à califourchon sur moi et me dévisager d'un regard fier, sa claire chevelure cascadant sur son buste.

" Amour... je ne nierais pas l'avantage de ta stratégie, mais tu négliges tes alliés d'autrefois et ceux qui sont actuellement les miens. Le nord et le sud de Noathis. "

Je ris légèrement, non pas de ses paroles mais de sa fougue faussement dominatrice, et levai les mains pour caresser tendrement son visage et repousser les mèches qui la dissimulaient. Mon regard se fit plus intense alors que je la contemplai sans fard, me demandant au fond de moi comment nous pouvions parler de stratégie et de politique en de tels instants. Néanmoins je domptai mon désir d'elle, en partie du moins car mes caresses se firent peu à peu plus incendiaires, et écoutai ses paroles avec une attention égale à celle qu'elle m'avait accordée plus tôt. Elle me rappela que Cimmeria pavoisait de sa récente victoire, permise entre autres par l'appui de la reine Viwien de Canopée, et m'apprit qu'elle entretenait de bonnes relations avec cette dernière. Malgré tout, elle reconnut que si Viwien changeait d'avis les Eryllis n'auraient pas les moyens de s'opposer aux armées de Canopée, raison pour laquelle ma bien-aimée s'était tournée vers Eridania. Si surprenant que cela puisse paraître, le roi Thimothée Mannus ayant mis la tête des Eryllis à prix, elle pensait que c'était un homme raisonnable qui n'avait pris cette mesure que pour raffermir sa position sur le trône. Elle lui avait donc imposé une entrevue afin d'ouvrir des négociations, gardant bon espoir bien qu'elles n'aient pas abouti à cette heure.

Mon amante se pencha pour rapprocher son visage du mien, me susurra qu'elle n'était peut-être pas aussi bonne stratège que moi mais qu'elle savait être une fine négociatrice, puis scella mes lèvres d'un langoureux baiser qui acheva de m'enflammer. Je l'enlaçai d'une caresse lascive et laissai mes lèvres dévier de sa bouche au creux de son oreille au gré de légers baisers afin de lui murmurer:

"Je ne néglige rien mon Amour, et surtout pas toi. Mais nous parlerons politique et stratégie plus tard. Pour l'instant, voyons un peu comment tu négocies avec un commandant des Légions de Sharna brûlant de désir..."

Ce n'est que bien plus tard, après une nouvelle chevauchée endiablée et passionnée qui lui permit de démontrer son sens aigu de la négociation et lui révéla mes talents stratégiques dans ce genre de danse, que j'admis en souriant avec malice à ma compagne:

"Tu es une redoutable négociatrice, c'est indiscutable, je m'avoue vaincu! Mais... ne va pas pour autant négocier avec Thimothée de cette façon, ce serait déloyal, il n'aurait pas la moindre chance et je le prendrais mal!"

Je l'embrassai en riant pour bien indiquer que ce n'était qu'une taquinerie, puis je repris pensivement la discussion précédente:

"Cimmeria peut bien fanfaronner de sa victoire, mais même maintenant elle ne prendrait pas le risque de déclarer une guerre sur sa frontière est. Les cavaliers ont été vaincus, mais ils sont loin d'être brisés et les Cimmériens le savent très bien. S'ils avaient pensé être capables de nous terrasser, ils auraient marché sur Themisto."

Je haussai les épaules et poursuivis avec une moue peu amène:

"Démégor et Wode se sont montrés stupides en se lançant dans cette guerre. Phelgra est divisée, l'autorité des Cavaliers ne s'applique réellement qu'à Thémisto et ses alentours directs, il faut être aveuglé par sa soif de sang et de carnage pour engager une guerre contre une nation voisine dans de telles conditions. Sans compter que le peu d'emprise que nous avions sur Mavro Limani, nous l'avons perdu avec cette défaite, nous avons encore eu de la chance qu'une guerre civile n'éclate pas dans la foulée. Avant de penser à aller batailler sur des terres qui ne nous appartiennent pas, il aurait fallu ressouder Phelgra en un vrai royaume. Mais ça, ni Démégor ni Wode ne s'en sont souciés, tout ce qu'ils ont vu c'est qu'ils pouvaient laisser libre cours à leurs plus bas instincts et qu'ils avaient une maigre chance de placer un pion qui leur serait redevable sur le trône de Cimmeria."

Une erreur dont les conséquences n'étaient pas près de cesser de peser sur le destin des Cavaliers, mais ce qui était fait ne pouvait être défait et ressasser ce qui aurait pu advenir s'ils avaient eu un gramme de bon sens ne servait strictement à rien. Je ne voyais qu'une manière d'enrayer l'inéluctable déclin des Cavaliers et d'éviter de nouveaux bains de sang inutiles, et elle passait par Ridolbar. Chassant ces pensées, je repris songeusement:

"Quant à la reine de Canopée, elle fut l'une des vôtres, jadis, je doute fort qu'elle se retourne contre vous à moins d'y être vraiment contrainte. Mais les puissants s'élèvent et chutent aussi bien que le commun des mortels, voire mieux, aussi je pense que tu fais bien de protéger les arrières de ton peuple en te rapprochant de Thimothée Mannus. Ce n'est pas un être belliqueux pour ce que j'en sais, je suis raisonnablement sûr qu'il évitera une guerre à son peuple si c'est en son pouvoir. Mais il n'est pas seul et je n'en dirais pas autant de son conseiller, Oldarik. Méfie-toi de lui, il est dangereux et ambitieux."

Je caressai tendrement le visage de Jézékiel du bout des doigts et ajoutai avec un léger sourire au coin des lèvres:

"J'ai quelques bonnes relations avec des personnes bien placées, ici et là, dans ce vaste monde. Il n'y a pas que des inconvénients à être le commandant des espions de Phelgra et à me faire détester de certains cavaliers pour ma "modération ... peut-être pourrai-je te faciliter un peu ces négociations que tu as entreprises."






Dernière édition par Sirion Le Preux le Mar 2 Oct - 11:20, édité 1 fois
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Sighild
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Mar 2 Oct - 2:46

Il y avait des moments pour toutes choses, c'est ce que l'on disait le plus souvent. Mais nos deux jeunes gens étaient capable de mêler leurs jeux amoureux à une conversation qui avait tout de sérieuse. Si leurs corps étaient désobéissants, c'était uniquement parce qu'ils avaient trop attendus pour se retrouver. Qui aurait pu leur en vouloir? Leurs entretiens n'étaient cependant pas dénués de propos intéressants, bien au contraire. Ils parlaient de leurs avenirs proches, si incertains. Mais profitant encore un peu du temps qu'ils leur étaient impartis, ils se montraient tous deux encore mutins.

"Je ne néglige rien mon Amour, et surtout pas toi. Mais nous parlerons politique et stratégie plus tard. Pour l'instant, voyons un peu comment tu négocies avec un commandant des Légions de Sharna brûlant de désir..."

Il était assez aisé d'imaginer le combat qu'ils se livrèrent tous deux une nouvelle fois, si loin du monde qui les attendaient à deux pas. Ils jouèrent avec le feu qui les animaient jusqu'à ce que leurs souffles saccadés et leurs cœurs tambourinant les obligèrent à céder à l'éreintement. Ce ne fut qu'après cette sensuelle aparté qu'ils reprirent le fil de leur échange. Jézabel se coucha sur le ventre auprès de son amant, les bras pliés sous sa tête et le regard rivé sur Sirion.

"Tu es une redoutable négociatrice, c'est indiscutable, je m'avoue vaincu! Mais... ne va pas pour autant négocier avec Thimothée de cette façon, ce serait déloyal, il n'aurait pas la moindre chance et je le prendrais mal! "

La lhurgoyf se mit à rire, tout en accueillant le baiser du cavalier.

" Oh? Serais-tu donc jaloux? Mais je serais bien cruelle de jouer avec lui de cette manière... et bien légère vis à vis des sentiments que je te porte maintenant que je t'ai retrouvé. "

Cruelle? Certainement car elle n'était pas sans savoir les rumeurs qui circulaient sur le roi, notamment concernant un amour interdit par un homme de son rang pour une femme de sa nature. Il n'existait pas de machiavélisme chez Sighild, mais il était certain qu'elle n'y était pas allée sans l'ignorer et qu'elle pouvait tenter de jouer sur cette sensibilité là. Toutefois, le roi n'était pas un homme stupide et paraissait moins influençable que lorsqu'il n'était qu'un prince sans royaume.

En attendant, la jeune femme écoutait avec attention les analyses de son amant. Cimmeria, Wode, Démégor... Il fallait dire que de son propre royaume, l'éryllis n'avait pas suivi cette guerre de près mais d'un regard lointain afin d'en observer l'issu.... bien que cela eut tout de même quelques conséquences pour Noathis. Dans ses forêts, certains sindarins renégats y avaient trouvé un refuge mais elle n'avait pas pris contact avec eux car elle savait que le royaume de Canopée n'allait pas l'ignorer. Elle demeurait donc une spectatrice contemplative mais demeurait prête à agir à tout moment si une agression quelconque devait se produire.

" Vois-tu Amour, je ne suis guère aussi confiante que toi. Même si Viwien fut l'une des nôtres, je n'aurais jamais pensé qu'elle se serait lancer dans un tel combat en liant ses armées à celle de Cimmeria. Tout change étrangement vite en ce moment... "

La jeune femme laissa Sirion lui caresser le visage, appréciant la douceur de son geste, tout en demeurant attentive à sa proposition.

" Facilité mes négociations? Je ne suis pas contre mais je suppose que cela signifierait avoir une dette envers toi? "

Jézabel eut un petit sourire taquin.

" Néanmoins, mon problème n'est pas tant de convaincre Thimothée, mais plutôt les termes de nos arrangements. Je ne possède aucune légitimité véritable à Noathis, et je ne suis pas Reine de ce royaume, seulement sa gardienne. Il le sait pertinemment. Je n'ai de noble que mes convictions... mais il me faut renforcer la protection de ma région. Les Eryllis sont bien peu nombreuses pour effrayer, il n'y a que leur légende et l'indomptable nature qui les entourent qui réfrène les ardeurs de tous. Qu'importe l'alliance vers laquelle je pourrais me tourner, les trésors de l'Est seront toujours un objet de convoitise. C'est comme me demander de les sacrifier pour mieux les protéger. Un serpent qui se mord la queue. "

Le ton de la jeune femme fut bien moins jovial car elle se savait dans une impasse. La politique avait toujours été un terrain de compromis mais dans son cas, elle n'était pas contre une aide tombée du ciel. Si Sirion était capable de mener ses objectifs, alors peut-être que cela pouvait changer les règles du jeu. Mais cela serait un travail de longue haleine.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Six siècles plus tard. (PV Sighild)   Mar 2 Oct - 13:58

Après notre sensuelle et fougueuse cavalcade, Jézabel s'allongea sur le ventre, la tête posée sur ses bras et les yeux rivés aux miens. Incapable de m'éloigner d'elle ne serait-ce qu'un peu, je me couchai sur le côté, tout contre elle, une main soutenant ma tête et l'autre caressant lentement son dos. Ma taquinerie la fit rire et elle riposta:

" Oh? Serais-tu donc jaloux? Mais je serais bien cruelle de jouer avec lui de cette manière... et bien légère vis à vis des sentiments que je te porte maintenant que je t'ai retrouvé. "

Je me joignis à son rire et rétorquai d'un air faussement sérieux:

"Jaloux? Bien sûr que je le suis! D'ici peu tu seras emprisonnée au sommet d'une tour de mon château afin que nul autre que moi n'ait le privilège de te contempler!"

Je l'enlaçai d'un bras faussement possessif et mordillai son épaule par jeu avant d'ajouter:

"Non, la jalousie naît d'un manque de confiance, or celle que je te voue est totale. Mon voeu le plus cher est que tu sois libre comme l'air, et seul un fou tenterait de capturer le vent."

Nous poursuivîmes ensuite notre discussion stratégico-politique et je fronçai les sourcils lorsque Jézabel déclara qu'elle était loin d'avoir aussi confiance que moi en Viwien et qu'elle n'avait pas imaginé un seul instant que cette dernière s'allierait à Cimmeria pour mener la guerre contre les Cavaliers. Elle ajouta que tout changeait étrangement vite ces derniers temps, ce qui n'était certes pas dénué de vérité, en y songeant bien. J'avais vécu assez longtemps pour savoir que l'histoire n'était pas un long fleuve tranquille et linéaire, mais un torrent au rythme capricieux et changeant. Parfois il ne se passait rien d'important durant des siècles, et soudain tout s'accélérait et le monde pouvait alors changer de visage en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Peut-être étions-nous effectivement dans une telle période, auquel cas tous les plans que j'avais pu échafauder pour l'avenir risquaient fort de s'avérer inadéquats. Mais ainsi que l'avait dit l'un des maîtres qui m'avait enseigné l'art militaire bien longtemps auparavant, une stratégie ne valait que jusqu'à l'instant où débutait la bataille et ceux qui n'étaient pas capables d'improviser lorsqu'elle commençait ne tardaient pas à goûter à l'amertume de la défaite. Les livres d'histoire diraient à quelle sorte de stratèges j'avais appartenu, mais je n'étais guère inquiet sur ce sujet.

Dans l'immédiat, l'assertion de Jézabel et ce qu'elle impliquait était inquiétant et devait être pris en compte, je ne doutai pas un instant qu'elle connaissait la reine de Canopée mieux que moi et prendre son avis à la légère aurait été stupide. Tandis que je caressai amoureusement le visage de ma dulcinée, mon esprit formé aux tactiques et à la politique se mit à tourner à plein régime, envisageant les implications d'un retournement de veste de Viwien et ses conséquences; mais l'Amour de ma vie me sortit de mes pensées en me demandant avec un sourire taquin:

" Faciliter mes négociations? Je ne suis pas contre mais je suppose que cela signifierait avoir une dette envers toi? "

Je ris légèrement et lui répondis du tac au tac:

"Naturellement, et quelle dette! Il te faudra la rembourser un peu chaque jour, mais sache que je n'accepterai de toi que des paiements en nature!"

Je me penchai pour l'embrasser au creux du cou et lui murmurai:

"Tes inquiétudes, tes devoirs, tes amis et tes ennemis sont les miens, Amour. Quiconque s'aviserait de s'en prendre à toi, de quelque manière que ce soit, me trouvera en travers de sa route."

Elle m'expliqua ensuite d'un ton bien moins jovial que son problème concernant ses négociations avec le roi d'Eridania tenait surtout au fait qu'elle n'avait aucune légitimité reconnue dans les terres sauvages de Noathis, ce que Thimothée Mannus savait fort bien. Elle ajouta ensuite que les Eryllis étaient bien peu nombreuses, que seules leur légende et la nature inhospitalière de leurs terres réfrénaient l'avidité de leurs voisins et cela quelles que soient les alliances qu'elle parviendrait à nouer. L'unique manière qu'elle voyait de protéger son peuple était finalement de sacrifier leurs richesses et d'accepter que d'autres s'en emparent. Comme elle le disait si bien, le serpent se mordait la queue. Du moins en apparence, car j'entrevoyais quelques pistes pour changer un peu cet état de fait:

"Le nombre n'a d'importance que dans une bataille rangée, chose que vous devez éviter à tout prix. Si vous êtes mobiles et rapides, vous traquer dans ces terres sauvages que vous connaissez mieux que personne serait une entreprise longue et périlleuse, extrêmement coûteuse en vies. D'autre part, vous avez des frontières avec trois états différents, leurs relations ne sont pas d'une solidité à toute épreuve et tous convoitent sans doute vos richesses. Que l'un d'eux tente de se les approprier et les deux autres pourraient bien lui tomber sur le dos de peur qu'il n'acquière trop de puissance. Dans un premier temps, je pense que l'on peut jouer là-dessus, en attisant leurs craintes et en fragilisant leurs relations. Ce qu'il faut impérativement empêcher, c'est qu'ils s'allient et négocient un partage de vos terres, parce que cela signifierait votre fin."

Les yeux légèrement plissés de concentration, je plongeai mon regard dans celui de mon Amour et poursuivis:

"La situation sera différente si je parviens à prendre la tête des Cavaliers, mais ce serait insensé de baser ta stratégie uniquement là-dessus. Espère la paix, oeuvre diplomatiquement de toutes tes forces pour qu'elle advienne mais prépare ton peuple à la guerre, Jézabel, voilà mon conseil. Bardez de pièges les passages clés que devrait emprunter une armée pour vous atteindre ou s'emparer des mines, faites-en des traquenards mortels propres à décimer vos adversaires s'ils s'avisaient de tenter de les franchir. Soyez prêtes à empoisonner les points d'eau où l'ennemi pourrait s'abreuver, à détruire toute source de nourriture qu'il pourrait utiliser, placez sur son passage des symboles terrifiants qui ébranleront le courage des soldats. Ménagez-vous des voies de repli, créez des caches et des abris bien approvisionnés afin de pouvoir aisément recouvrer vos forces tandis que l'ennemi s'épuise à trouver de l'eau et de quoi manger. Crée un corps d'élite constitué de combattantes adroites à se dissimuler et formé aux techniques de guérilla, donne-leur un unique but: couper les voies d'approvisionnement de vos ennemis et détruire leurs convois."

Je marquai une courte pause pour souligner l'importance de cette préparation que je lui suggérai, puis je continuai à énoncer mes pensées à haute voix à mesure que mon esprit explorait les possibilités à leurs portée:

"En parallèle, entretiens votre légende. Créez-vous des costumes prompts à terroriser quiconque vous verrait, jouez sur les superstitions, que tous ceux qui vous apercevront vous prennent pour des êtres surnaturels tout droit jaillis du monde des morts. Engage des conteurs, de manière détournée afin que nul ne puisse remonter jusqu'à vous au travers eux, fais-leur parcourir le monde et répandre deux types d'histoires: celles qui évoqueront les impitoyables châtiments frappant ceux qui tentent de vous nuire, il faut qu'elles frappent l'imagination du peuple afin que les soldats qui viendraient vous envahir abordent vos terres avec la peur au ventre. Et celles parlant des bienfaits merveilleux accordés à ceux qui viennent vous trouver en paix et avec respect."

Enfin, je frôlai d'une tendre caresse la joue de Jézabel et achevai avec un doux sourire:

"Je peux t'aider à mettre en place tout cela, à faire de vos terres un cauchemar pour n'importe quel ennemi, si toi et les Eryllis l'acceptez. Toutefois nous ne pouvons tout faire en même temps, alors je crois qu'il nous faudrait définir nos priorités les plus urgentes. Je n'en sais pas assez sur votre situation pour pouvoir mesurer avec précision les dangers qui vous guettent et la rapidité avec laquelle ils pourraient vous tomber dessus, mais mes propres objectifs peuvent attendre un peu si nécessaire. A toi de me dire comment tu vois les choses."


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Six siècles plus tard. (PV Sighild)
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