En route vers un jour heureux... [PV Sirion]

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Sur Istheria, RPG heroic-fantasy issus d'un univers original où de multiples aventures vous attendent.

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Effectifs

• Eryllis: 3
• Ladrinis: 3
• Eclaris: 1
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 5
• Nérozias: 3
• Gélovigiens: 6
• Ascans: 2
• Marins de N.: 2
• Civils: 10

Temps actuel

An 1305 de l'ère obscure

Saison:Riguear Mois:Gexon
[Novembre/Décembre en temps réel]

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Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
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 En route vers un jour heureux... [PV Sirion]

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Sighild
MessageSujet: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Sam 20 Oct - 17:06

Lorsque l'Eryl avait traversé le monde pour se rendre dans son pays natal, ce fut l'esprit empli d'inquiétude. Non pas pour sa sécurité, mais pour l'avenir qui se profilait. Le monde changeait si vite, et les derniers mois qui s'étaient écoulés ne lui avaient guère offert une vision optimiste de ce qui pourrait advenir. Toutefois, sa visite à Phelgra n'avait pas été anodine puisqu'elle s'y était rendue pour des raisons plus politiciennes... mais lorsqu'elle tenta de rentrer, ce fut son passé qui la rattrapa. Et tout ne se résuma qu'à un nom unique : Sirion. Plusieurs scénarios auraient pu alors se dérouler : l'affrontement, la colère, l'incompréhension ou simplement l'émotion. Ce fut l'émotion. La plus confuse, la plus inespérée, la plus saisissante.

Celle qui s'était aujourd'hui renommée Sighild n'était pas connue pour être une femme d'un grand sentimentalisme, elle n'était jamais dans l'effusion, toujours dans la retenue. Mais lui, Sirion, attisait en elle un feu bien différent. Il avait été son unique et premier amour, mais aussi l'un de ses plus grands chagrins. Personne ne serait capable de la reconnaître à ses côtés, beaucoup imaginerait que ce dernier l'avait ensorcelé. Pourtant, leur histoire avait toujours été enfoui dans le tréfonds de son cœur, elle n'avait jamais oublié. D'ailleurs, cela l'avait même transformé autrefois... et c'était encore à nouveau le cas aujourd'hui. Il avait réussi à ranimer des cendres qu'elle pensait à jamais éteinte.

Leur retrouvaille fut incandescente, et une simple nuit avait balayé pour chacun toutes leurs inquiétudes et leur peur, prouvant par la même occasion que les années n'avaient jamais brisé le lien qui les unissaient. Leur sentiment était d'une sincérité si absolument qu'il dépassait même leur raison. C'était d'ailleurs cela qui les conduisit à traverser tout le continent sombre afin d'atteindre Amaryl.

La route fut longue, comptant une quinzaine de jour et de nombreuses haltes mais ce ne fut en rien pénible. Les deux "jeunes" gens en profitèrent pour rattraper le temps perdu, bien que cela ne suffirait jamais pour se raconter ce qu'ils s'étaient produits pendant les six siècles de leur séparation. Leurs anecdotes auraient pu paraître dérisoires pour n'importe qui d'extérieur mais pour eux cela signifiait beaucoup. Cependant, ce qu'ils espéraient aujourd'hui étaient d'en créer de nouvelles, côtes à côtes, malgré le fait que leur situation était "compliquée". Ils étaient empli d'un espoir nouveau.

" Nous voici enfin aux portes de la ville. "

Sighild prononça ses mots en passant la grande arche de pierre de la cité. Elle connaissait bien les lieux pour y être venue souvent. Elle avait toujours eu en respect les savants d'Amaryl et n'hésitait pas à se tourner vers eux pour quelques questionnements. Il fallait dire qu'il y avait des échanges équivalents, notamment quand il s'agissait d'Histoire. En effet, il y avait peu de survivant de la guerre de Taulmaril, peu qui avait pu voir les choses d'aussi près. Rencontrer une femme comme Jézabel fut une aubaine pour certains de leur historien. Quant à elle, elle comptait principalement sur leur sens de l'ingénierie, afin de l'adapter à Noathis pour facilité la vie de ses consœurs.

Le couple de lhugroyf entra donc dans la ville en fin d'après-midi. L'éryllis joua la guide, invitant son aimé à la suivre.

" Je connais une écurie où l'on prendra soin de nos chevaux. Nous aurons pas à nous en soucier le temps de notre séjour. "

Aussitôt dit, aussitôt fait. Lorsque la jeune femme arriva à destination, elle fut saluer par une jeune femme. Elle portait un tablier épais et il était facile de deviner qu'elle était maréchale-ferrante. Elles s'échangèrent alors des banalités, elles se sourirent et se serrèrent la main comme si un marché venait d'être conclu.

" Nous pouvons laisser nos chevaux. Nous la paierons lorsque nous partirons. "

Jézabel adressa un sourire à Sirion.

" J'ai sauvé son père autrefois. Elle n'était qu'une petite fille... aujourd'hui, elle est une personne remarquable. Elle s'estime toujours redevable bien que je lui ai plusieurs fois signifié qu'elle ne le devait pas. Mais nous pouvons avoir l'esprit tranquille. "

Amaryl n'était pas une cité riche, bien qu'elle commençait à revivre et s'animer depuis plusieurs années. Il était d'ailleurs presque incroyable de penser que ce continent avait été épargné par les fléaux de ses derniers mois. La cité n'était plus aussi maudite que les légendes le prétendaient. En tout cas, c'était ce qu'espérait Jézabel.

" Bien. Nous allons pouvoir bénéficier d'un peu plus de confort. Il nous manque plus qu'à trouver une auberge et un endroit où manger. Peut-être souhaites-tu profiter un peu de la ville avant? "

La lhurgoyf porta toute son attention sur le cavalier de Sharna, c'était à lui de décider de la suite des évènements.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Lun 22 Oct - 14:16

Jézabel m'apprit qu'Amaryl serait notre destination, une cité relativement lointaine qu'il nous faudrait une quinzaine de jours pour rejoindre. J'approuvai ce choix, nous unir à Phelgra aurait par trop risqué de parvenir aux oreilles de Démégor et les autres pays voisins n'étaient pas forcément toujours très accueillants pour le Cavalier de Sharna que j'étais. Des Cavaliers nous en croisâmes bien quelques-uns durant les premiers jours de notre périple mais, s'ils s'approchèrent parfois de nous avec la visible intention de nous importuner, ils changèrent vite d'avis en découvrant mon visage et se contentèrent de nous saluer avec un respect parfois teinté de crainte. Ma réputation en ces terres n'était plus à faire et elle nous protégea plus efficacement qu'une solide escorte armée, assez pour que mes pairs ne se mettent pas en tête de découvrir qui était la femme, dont le visage était prudemment camouflé lors de ces rencontres, qui m'accompagnait.

Loin d'être monotones ou ennuyeux, ces jours de voyage furent pour nous l'occasion de parler de ce que nous avions vécu durant notre longue séparation et de vivre notre amour dans une intimité que nous n'aurions peut-être pas fréquemment à l'avenir. Lorsque nous passâmes près de Ridolbar, j'observai songeusement la cité en repensant au plan que nous avions décidé de suivre. Reprendre le contrôle de cette cité chaotique et corrompue ne serait pas une partie de plaisir, surtout que je ne pourrai pas utiliser mon influence ou la puissance des Cavaliers sous mes ordres, mais c'était de la musique d'avenir et je chassai vite ces pensées de mon esprit pour profiter pleinement de ce temps aux côtés de mon Aimée. Quelques jours encore et nous pénétrâmes dans les terres d'Argyrei, un pays que l'on disait maudit tant il avait subi de désastres. Cela ne m'inquiétait pas, je l'avais déjà arpenté à plusieurs reprises et aucune malédiction en ce monde n'était plus terrible que celle que nous représentions, nous, les Cavaliers de Sharna. Par ailleurs ces derniers seraient beaucoup moins nombreux dans ces régions, ce qui diminuait d'autant les risques que nous soyons découverts et que Démégor apprenne que j'avais déjà retrouvé celle à qui il m'avait envoyé porter un message.

Nous finîmes par atteindre les portes de la cité d'Amaryl en fin de journée, au quinzième jour de chevauchée, et je laissai Jézabel me guider en ces lieux que je connaissais peu, contrairement à elle visiblement. Elle m'informa connaître une écurie où nous pourrions laisser nos montures le temps de notre séjour et nous y amena rapidement. C'est une jeune femme munie d'un épais tablier indiquant sa profession de maréchale-ferrante qui nous reçut, comme elle et ma bien-aimée semblaient se connaître je restai en retrait et laissai Jézabel négocier la garde de nos chevaux. Une poignée de main plus tard, ma dulcinée revint vers moi et me confirma que nous pouvions laisser là nos bêtes avant de m'expliquer qu'elle avait jadis sauvé le père de la jeune demoiselle et que cette dernière se sentait toujours redevable bien qu'elle lui eut affirmé à maintes reprises qu'elle n'avait pas à l'être. Elle ajouta que nous pouvions avoir l'esprit tranquille, ce qui fit naître une moue quelque peu dubitative sur mes traits:

"J'aimerais en être aussi sûr, mais elle ne pourra pas approcher Altaron hors de ma présence, il risquerait de la tuer."

Je me dirigeai donc vers la jeune femme en tenant fermement mon redoutable destrier afin de la mettre en garde:

"Bonjour jeune femme. Je vais conduire moi-même mon destrier dans sa stalle, cela vaudra mieux. Ne vous mettez jamais à portée de ses sabots ou de ses dents et assurez-vous qu'aucun autre cheval ne puisse l'approcher, si vous tenez à vos bêtes et à votre vie. Contentez-vous de le nourrir et de l'abreuver en gardant vos distances, je viendrai régulièrement m'occuper de lui."

Comme s'il tenait à confirmer mes mises en garde, Altaron coucha les oreilles en arrière et tenta de mordre la jeune femme, mais j'étais sur mes gardes et lui assénai une solide tape sur les naseaux en le réprimandant d'une voix sèche comme un coup de fouet:

"Paix! Tu te calmes, espèce de teigne!"

Malgré la dureté de mon ton, il y avait aussi une profonde affection dans ma voix, Altaron était pour moi bien plus qu'un simple cheval, c'était un fidèle compagnon qui m'avait sauvé la vie à plusieurs reprises. Je le conduisis rapidement dans le box que la jeune femme m'indiqua, notant avec soulagement qu'elle avait compris la menace et se tenait à bonne distance, puis je le débarrassai de son fardeau et l'étrillai soigneusement en lui parlant doucement pour le mettre en confiance avant de rejoindre Jézabel qui me dit alors:

" Bien. Nous allons pouvoir bénéficier d'un peu plus de confort. Il nous manque plus qu'à trouver une auberge et un endroit où manger. Peut-être souhaites-tu profiter un peu de la ville avant? "

Je plissai un regard malicieux à ces mots et l'enlaçai d'un geste sensuel avant de lui rétorquer:

"Plus de confort, hein? Si tu nous trouves une couche plus confortable qu'un sol caillouteux je pense que je ne te laisserai pas t'en échapper avant un bon mois!"

Je l'embrassai tendrement en riant et ajoutai plus sérieusement:

"Je connais mal cette ville, cela fait longtemps que je n'y suis pas venu, alors à toi de me dire s'il y a quelque chose d'intéressant à voir. Ensuite nous pourrions aller voir la personne à laquelle tu pensais pour nous marier et voir à organiser un peu tout ça, qu'en dis-tu?"


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Mer 24 Oct - 21:56

Amaryl était une superbe cité, bien qu'elle jouissait d'une terrible réputation de part son histoire. Mais ce n'était que les êtres superstitieux qui entretenaient le mythe... et peut-être un peu les éclaris afin d'assurer une tranquillité relative. Sighild connaissait bien l'endroit pour s'y être rendu plus d'une fois, surtout ces dernières années. Pour quelles raisons? Car elle était une amie du grand maître des Eclaris, Dim. Elle avait connu ce dernier quand il était un jeune homme fringuant qui parcourrait encore le monde et ce fut le hasard qui les lia tous les deux. Depuis, ils avaient conservé une amitié sincère et elle n'hésitait pas à lui rendre visite ou simplement de lui écrire pour bénéficier de ces conseils.

Elle avait profité de ses nombreuses visites pour parcourir la cité et en apprendre plus sur l'endroit. C'était pour cette raison qu'elle connaissait bien les lieux et qu'elle avait eu l'occasion de se faire quelques contacts. D'ailleurs, elle n'avait pas hésité à faire profiter de ces talents de "mercenaires" pour aider certains habitants. C'était comme cela qu'elle fit la connaissance de la maréchale-ferrante. Lorsque Sighild proposa à Sirion de laisser ces chevaux ici, ce dernier se montra dubitatif. En effet, son destrier le plus guerrier était revêche. Mais pouvait-on en attendre autrement d'un cheval de guerre? Sans rien dire, elle laissa son fiancé donner ses recommandations à la jeune gardienne.

Lorsque Sirion rejoignit l'éryllis, cette dernier lui expliqua qu'il leur faudrait trouver une auberge et un endroit pour se sustenter, mais elle ne manqua pas de l'inviter à profiter aussi d'un peu de la cité. Mais a peine eut-elle le temps de prononcer ces mots, que le lhurgoyf saisit la jeune femme dans ces bras en lui lançant un regard qui en disait long.

" Plus de confort, hein? Si tu nous trouves une couche plus confortable qu'un sol caillouteux je pense que je ne te laisserai pas t'en échapper avant un bon mois! "

La remarque fit sourire Jézabel qui ne pouvait que lui répondre.

" Oh? Tu devrais te méfier des défis que tu me lances. Je pourrais bien les prendre au sérieux et te réclamer mon dû. "

Elle se laissa tendrement embrasser, avant de lui caresser amoureusement la joue. Là, elle se permit alors de lui saisir la main, comme le couple qu'ils étaient redevenus, et écouta les propos de son bien-aimé.

" Je connais mal cette ville, cela fait longtemps que je n'y suis pas venu, alors à toi de me dire s'il y a quelque chose d'intéressant à voir. Ensuite nous pourrions aller voir la personne à laquelle tu pensais pour nous marier et voir à organiser un peu tout ça, qu'en dis-tu? "

Alors qu'elle réfléchissait aux lieux où elle pourrait l'emmener, Sighild commença à marcher d'un pas tranquille, l'entrainant dans ses pas, sans lui lâcher la main.

" Et bien... Il y a plusieurs endroits curieux. Je ne saurais par lequel commencer. Il y a la fameuse place des Sages où se tient le dernier Rouge-feuille, un arbre véritablement magnifique. Il y a également la grande allée des Piliers dont il se dégage une curieuse impression. On prétend qu'il faut s'y rendre lorsque l'on a une grande décision à prendre, que cela aide à la réflexion. A chaque pilier, il y a un arbre différent et la légende raconte que chacun est investi d'une vertu différente. Je trouve cela plutôt amusant. "

La jeune femme sourit à son compagnon.

" Je te laisse choisir l'endroit. "

Pour la seconde et non moins importante partie de la question, Jézabel semblait plus certaine de son choix.

" Quant à personne qui pourrait nous unir, j'aurais très bien pu demander au vieux Dim mais je le sais très occupé par son statut de Grand Maître. Mais je possède une autre vieille amie ici, une terrane qui était autrefois une Eryllis. Elle a choisi de revenir vivre ici, sa ville natale et rejoindre les Eclaris. Elle a toujours été une femme particulièrement lettrée... mais elle aimait autant l'aventure que sa cité.  "

La jeune femme afficha soudainement un air un peu plus mélancolique, se rappelant les années qui s'étaient écoulées depuis. Généralement, les lhurgoyfs ne vivaient guère longtemps ou cela demeurait bien rare. Leur bas instinct avait raison de leur existence ou tout simplement la peur qu'ils pouvaient inspirer aux autres peuples de par la violence qui sommeillait dans leur chair monstrueuse. Cependant, Jézabel faisait partie de ceux qui bénéficiait d'une longue vie et le poids que cela représentait. A mainte reprise, elle avait pu s'attacher à des terrans ou des yorkas. Cependant, ils faisaient partie de ces peuples qui se devaient de vivre intensément chaque instant car le sable du temps s'écoulait à grande vitesse. Combien d'amies avaient-elles perdu ainsi? Elle ne saurait le dire et on pouvait dire qu'avec tristesse, elle s'était habituée à cette fatalité.

" Elle se nomme Tésoa et devrait avoir atteint aujourd'hui sa soixante-quizième année. Elle a toujours été un sacré bout de femme et ses connaissances étaient inégalées, de la médecine à la littérature. Elle avait beaucoup fait pour les Eryllis. Mais il y a à peu près seize ans, elle a décidé de nous quitter pour finir ses jours ici. Elle semblait avoir le mal du pays. J'ai dû lui effacer quelques souvenirs pour la protéger ainsi que le secret des Eryllis. Mais je n'ai pas effacé le lien qui nous liait et notre amitié. "

L'esquisse qui s'afficha sur le visage de l'Eryls était un peu triste, serrant la main de Sirion comme pour se rassurer. Toutefois, elle reprit très rapidement le dessus. Les jours qui s'écouleraient ici ne seraient pas du temps pour les larmes mais une célébration.

" Elle nous officiera sans problème. A nous de choisir où et comment nous voulons procéder. Mais je pense qu'il serait mieux d'aller lui rendre visite demain. Une fois que nous serons plus reposés et que nous pourrons clairement lui expliquer ce que l'on souhaite. "

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Dim 4 Nov - 0:05

Lorsque j'évoquai l'idée que nous pourrions bien ne plus sortir du lit durant tout un mois si nous en trouvions un plus confortable que les sols plus ou moins caillouteux qui nous avaient servi de couche durant notre voyage, Jézabel sourit et me répondit que je ferais bien de me méfier des défis que je lui lançai. Elle ajouta qu'elle pourrait bien me prendre au sérieux et réclamer son dû, ce qui me fit rire avec légèreté:

"Cela fera une nuit de noces adaptée à notre longévité!"

Après un langoureux baiser indiquant sans détour que l'idée n'avait pour me déplaire, même si je doutai fort que nos responsabilités nous laissent autant de temps, ma bien-aimée caressa ma joue et me prit la main pour m'entraîner dans la cité. Cette promenade pouvant sembler des plus banales avait quelque chose de...surréaliste, pour moi. Cela faisait des siècles que je ne m'étais pas simplement promené, à plus forte raison en tenant la main d'une femme que j'aimais. Je me souvenais pourtant de la dernière fois que cela était arrivé: juste avant que ne débutent les guerres Taulmarilliennes. Tout en marchant, je déclarai lui laisser le soin de nous faire visiter cette ville que je ne connaissais que très peu, puis lui proposai d'aller rencontrer ensuite la personne qui pourrait nous unir, à quoi elle répondit:

" Et bien... Il y a plusieurs endroits curieux. Je ne saurais par lequel commencer. Il y a la fameuse place des Sages où se tient le dernier Rouge-feuille, un arbre véritablement magnifique. Il y a également la grande allée des Piliers dont il se dégage une curieuse impression. On prétend qu'il faut s'y rendre lorsque l'on a une grande décision à prendre, que cela aide à la réflexion. A chaque pilier, il y a un arbre différent et la légende raconte que chacun est investi d'une vertu différente. Je trouve cela plutôt amusant. "

Avec un sourire, elle me laissa le choix de l'endroit avant de revenir à notre imminent mariage:

"Quant à la personne qui pourrait nous unir, j'aurais très bien pu demander au vieux Dim mais je le sais très occupé par son statut de Grand Maître. Mais je possède une autre vieille amie ici, une terrane qui était autrefois une Eryllis. Elle a choisi de revenir vivre ici, sa ville natale et rejoindre les Eclaris. Elle a toujours été une femme particulièrement lettrée... mais elle aimait autant l'aventure que sa cité."

Je vis à cet instant un air plus mélancolique apparaître sur le visage de ma dulcinée, pour une raison que j'ignorai, même si je me doutai quelque peu de sa nature. Plutôt que de l'interroger sur le sujet, ce qui n'aurait fait qu'aviver sa mélancolie, je préférai presser sa main un peu plus fort dans la mienne en signe de soutien et continuer à l'écouter:

"Elle se nomme Tésoa et devrait avoir atteint aujourd'hui sa soixante-quinzième année. Elle a toujours été un sacré bout de femme et ses connaissances étaient inégalées, de la médecine à la littérature. Elle avait beaucoup fait pour les Eryllis. Mais il y a à peu près seize ans, elle a décidé de nous quitter pour finir ses jours ici. Elle semblait avoir le mal du pays. J'ai dû lui effacer quelques souvenirs pour la protéger ainsi que le secret des Eryllis. Mais je n'ai pas effacé le lien qui nous liait et notre amitié."

Le visage de Jézabel se teinta de tristesse à ces propos, comme je l'avais supposé, c'était probablement la brièveté de l'existence de certaines races qui engendrait la mélancolie de mon aimée. Pour nous qui pouvions vivre des siècles, même si cela arrivait rarement, nous lier à des êtres qui ne vivaient que quelques décennies finissait toujours dans la douleur et le chagrin. Je l'avais toujours évité jusqu'à ce jour, mais qui pouvait savoir ce que réservait l'avenir? Ce fut au tour de ma bien-aimée de presser ma main, comme si elle voulait se rassurer quant à la durée que nous passerions ensemble. Je serrai à nouveau sa main avec force, mais aucun mot ne franchit mes lèvres. Dans peu de temps j'allais affronter Démégor, comment aurais-je pu lui promettre que je vivrais à ses côtés jusqu'à la fin? Ma belle compagne ajouta que son amie célébrerait sans mal notre mariage mais qu'elle pensait plus sage d'attendre le lendemain afin que nous puissions lui expliquer clairement ce que nous désirions. J'acquiesçai à ces mots, nous souhaitions tous deux nous marier sans délai, mais nous n'avions pas songé à évoquer le comment, peut-être parce que cela n'avait pas grande importance au final. Tout ce qui comptait était que nous soyons ensemble. Soucieux de chasser les dernières bribes de tristesse des yeux et du coeur de mon Amour, je lui répondis d'un ton taquin:

"Cela me va, même si je me réjouis de rencontrer cette femme si extraordinaire. Dans ce cas, allons voir cette allée des Piliers? Nous avons de graves décisions à prendre: la couleur de ta robe, les personnes à inviter, le plan de table et la couleur des fleurs, toutes choses qui nécessitent sans aucun doute une aide surnaturelle."


Je me penchai pour déposer un doux baiser dans son cou, puis j'ajoutai:

"En parlant de robe, connais-tu un bon tailleur dans cette ville? Nous marier en armure ferait mauvais genre dans la région, j'imagine. Et puis, il nous faudra aussi un symbole pour cette union, des anneaux ou autre chose, qu'en dis-tu?"


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Lun 5 Nov - 21:22

Il était remarquable de pouvoir observer leur complicité retrouvée. C'était comme si les deux "jeunes" gens n'avaient pas vécu séparé depuis des siècles... mais peut-être était-ce aussi parce qu'ils savaient tous deux, mieux que nul autre, les difficultés qui pouvaient encore les attendre. Istheria n'était pas une terre qui offrait facilement la paix, surtout pour les lhurgoyfs. Cependant, ils n'étaient pas effrayés, principalement parce qu'ils avaient une confiance inébranlable pour l'un et pour l'autre, qu'ils savaient pertinemment qu'ils pourraient se soutenir, quoiqu'il arrivait. D'ailleurs, lorsque l'éryllis évoqua avec mélancolie ses souvenirs de Tésoa - et indirectement la lourde tâche de l'entretien du secret qu'elle devait assumer - mais aussi de toutes ses sœurs qu'elle avait appris à accepter le départ, Sirion lui étreignit la main. Ce simple geste, aussi anodin aurait-il pu paraître, la rassurait. Elle n'était plus seule, son cœur ne l'était plus en tout cas.

"Cela me va, même si je me réjouis de rencontrer cette femme si extraordinaire. Dans ce cas, allons voir cette allée des Piliers? Nous avons de graves décisions à prendre: la couleur de ta robe, les personnes à inviter, le plan de table et la couleur des fleurs, toutes choses qui nécessitent sans aucun doute une aide surnaturelle."

Jézabel se mit à sourire, tout en portant un regard amusé vers son compagnon. Il avait le don de chasser ces tourments, bien qu'autrefois, il en fut la cause. Mais ce temps lui paraissait déjà si loin...

" Dans ce cas, tu as raison. L'allée des Pilliers est le lieu le plus judicieux face à ces questions existentielles. "

C'était dans un moment comme celui-ci qu'elle se rendit compte que leur envie de mariage était un coup de tête ou plutôt de folie. A vrai dire, contrairement à des jeunes femmes traditionnelles, elle n'avait jamais imaginé ou réfléchi à l'idée de ce type de contrat social, même lorsqu'elle était avec Sirion. Elle était simplement heureuse avec lui... mais elle ne nierait pas qu'officialiser leur union la ravissait tout de même.

" En parlant de robe, connais-tu un bon tailleur dans cette ville? Nous marier en armure ferait mauvais genre dans la région, j'imagine. Et puis, il nous faudra aussi un symbole pour cette union, des anneaux ou autre chose, qu'en dis-tu? "

Sighild se mit à rire. Décidément, le cavalier pensait à tous les détails.

" Tu es vraiment un homme surprenant. Est-ce vraiment un cavalier de Sharna que je vais épouser? A croire que tu avais déjà tout imaginer pour ce moment. "

La lhurgoyf l'attira vers elle pour lui déposer un baiser sur la joue avant de continuer leur route vers leur destination première.

" J'ai bien peur de ne pas trop m'y connaître en belle tenue... Je ne saurais même pas te dire à quand remonte la dernière fois où j'ai pu me vêtir élégamment. Il nous faudra donc fureter pour trouver une enseigne. Par contre, pour un joailler, je pense que nous devrions en trouver un sur notre chemin. Il me semble me rappeler que c'était une boutique assez modeste mais le bijoutier était plutôt sympathique. "

Toujours main dans la main, l'amazone continua à guider son amant comme si elle avait vécu en ce lieu. Ses pas étaient assurés mais tranquilles. Elle prenait son temps pour laisser le plaisir à Sirion de promener son regard dans cette étonnante cité.... jusqu'à ce qu'elle s'arrêta devant une enseigne.

" Nous pouvons nous arrêter là si tu le souhaites? "

Cela ressemblait à un commerce tout à fait banal, mais il y avait d'élégantes étoles présentées et des mannequins de bois portant des vestes en tissus précieux. Peut-être y avait-il à l'intérieur quelque chose qui pourrait faire l'affaire pour leur union? Il suffisait de pousser la porte...

" Ou nous continuons notre chemin? Le joailler se trouve au bout de la rue. Je t'avouerais que je n'ai pas la moindre idée de par où commencer. "

Sighild lui sourit une nouvelle fois, tout cela lui semblait si irréel... Elle se sentait bien plus audacieuse lorsqu'il était question d'action.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Mer 7 Nov - 14:56

A ma proposition d'aller consulter les mystérieux arbres de l'allée des piliers pour des questions aussi existentielles que la couleur de sa robe ou des fleurs pour le mariage, Jézabel me retourna un sourire amusé et déclara que cet endroit était effectivement approprié pour des interrogations d'une telle importance. Je lui souris en retour, heureux d'être parvenu à chasser la mélancolie de son beau regard, heureux d'être avec elle, simplement. Plus sérieusement, je lui demandai ensuite si elle connaissait un bon tailleur et suggérai qu'il nous faudrait un symbole de notre union, à quoi mon Aimée me répondit en riant:

"Tu es vraiment un homme surprenant. Est-ce vraiment un cavalier de Sharna que je vais épouser? A croire que tu avais déjà tout imaginé pour ce moment. "

Elle m'attira à elle pour glisser un baiser sur ma joue, puis je lui avouai avec un timide sourire:

"Eh bien oui, j'avais longuement songé à tout cela, il y a bien longtemps. J'avais la ferme intention de te demander en mariage à la fin de la guerre, sais-tu?"

Plissant un regard malicieux, j'ajoutai d'un ton faussement pensif:

"En y repensant, je me demande si tu ne l'avais deviné et si ce n'est pas ça, en réalité, qui t'a incitée à aller jouer l'ermite sauvageonne à l'autre bout du monde."

Poursuivant notre route, elle m'avoua ne pas y connaître grand chose en termes de vêtements et ne même plus se souvenir de la dernière fois qu'elle avait pu se vêtir élégamment. Il nous faudrait donc fouiller pour trouver un tailleur mais, en revanche, elle connaissait un joaillier situé sur notre chemin, modeste mais sympathique. Ce fut à mon tour de rire:

"Bien ce que je disais, une vraie petite sauvage qui ne connaît en fait de vêtements que des peaux de bêtes sommairement tannées!"

Je l'enlaçai tendrement d'un bras et repoussai une mèche de sa chevelure pour dégager son visage avant de compléter avec un petit sourire mutin:

"Note, l'avantage des peaux de bêtes, c'est que ça s'enlève plus vite qu'une de ces tenues à dix couches qu'affectionnent les dames de la haute. Et puis, même seulement vêtue d'un pagne en peau de sanglier tu serais encore plus élégante qu'elles, ma douce."

Indifférent aux passants, je la gratifiai d'un langoureux baiser, si quelqu'un y trouvait quelque chose à redire il pouvait toujours essayer de venir m'expliquer son point de vue, à ses risques et périls. Nous nous étions assez dissimulés pour une vie, fut-elle aussi longue que les nôtres. Nous reprîmes ensuite notre marche tranquille, toujours guidés avec assurance par Jézabel, et arrivâmes bientôt devant une petite échoppe. Des mannequins portant de riches vêtements y étaient présentées, laissant supposer que nous pourrions peut-être y trouver ce que nous cherchions comme le remarqua ma belle qui proposa de nous arrêter là. Bien plus incertaine que de coutume, elle ajouta que nous pouvions aussi poursuivre notre chemin jusqu'à la boutique du joaillier qui se trouvait au bout de la rue et m'avoua en souriant presque timidement qu'elle ne savait par quoi commencer. Je pressai tendrement sa main et lui répondit en souriant doucement:

"Puisque nous sommes là, voyons déjà si nous trouvons de quoi nous habiller autrement que comme de rugueux sauvageons?"

L'entraînant par la main, je poussai la porte de l'échoppe et nous y fit entrer. A l'intérieur d'une pièce de dimensions relativement modestes étaient empilés d'innombrables ballots et davantage encore de rouleaux d’étoffes, de la plus simple à la plus luxueuse. Le marchand, un petit terran rondouillard au crâne bien dégarni fastueusement vêtu nous accueillit aussitôt en souriant largement:

"Gente dame, messire, soyez les bienvenus dans ma modeste boutique! Que puis-je pour vous? J'ai les soies les plus fines qui se puissent trouver, tissées et teintées par les plus habiles artisans du monde. A moins que vous ne préfériez mes somptueux velours, ou encore mes merveilleux lins si finement tramés que les dames de toutes les cours m'en commandent? J'ai également..."

"Beaucoup de choses, je n'en doute pas", le coupé-je d'un ton amusé, "mais je pense que de la soie pourrait convenir. Sauvage, bien évidemment, la soie."

Je glissai un clin d'oeil taquin à Jézabel à cette précision et ajoutai:

"Nous allons nous marier incessamment et il nous faudrait des vêtements de circonstance, est-ce dans vos cordes?"


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Dim 11 Nov - 2:50

Les deux lhurgoyfs avaient traversé bien des épreuves qui auraient pu éroder leurs sentiments, et peut-être même que cela aurait pu réussir si ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre n'avaient été qu'une simple aventure. Peut-être même que Ekzékiel avait compté sur cela ou peut-être avait-il pressenti que justement, il s'agissait de bien plus. Que sa sœur et celui qu'il avait pu qualifier comme meilleure ami, allaient d'une façon ou d'une autre l'abandonner. Son désir de possession l'avait mené à sa perte, peut-être encore aujourd'hui.

Lorsque l'éryllis s'étonna que son fiancé eut déjà réfléchi à tous les détails d'une cérémonie de mariage, ce dernier lui fit l'aveu que cela était vrai.

" Eh bien oui, j'avais longuement songé à tout cela, il y a bien longtemps. J'avais la ferme intention de te demander en mariage à la fin de la guerre, sais-tu? En y repensant, je me demande si tu ne l'avais deviné et si ce n'est pas ça, en réalité, qui t'a incitée à aller jouer l'ermite sauvageonne à l'autre bout du monde. "

La jeune femme afficha un sourire un peu triste, bien qu'elle préféra rire de l'ironie de sa dernière remarque. Oui, elle avait fui mais pour des raisons bien moins superficielles. Mais le temps avait fait son office et ces malheureux évènements étaient derrière eux. Elle n'aurait jamais pu espérer le revoir et pourtant, la providence avait enfin décidé qu'il était temps pour eux de se retrouver.... soldant leur amour par un mariage. Qui l'aurait cru? Pas elle. Même si une personne possédant des dons de prescience le lui avait prédis.

" Bien ce que je disais, une vraie petite sauvage qui ne connaît en fait de vêtements que des peaux de bêtes sommairement tannées! "

" Ne te moque pas. "

L'amazone se laissa prendre dans les bras par son amant moqueur, affichant un sourire alors qu'il lui dégageait une mèche de cheveux. C'était les petits gestes qui importaient le plus, ceux qui accompagneraient leur quotidien avec tendresse. Elle faisant en sorte de tous les apprécier à leur juste valeur car elle ne savait pas combien de temps elle pourrait en profiter.

" Note, l'avantage des peaux de bêtes, c'est que ça s'enlève plus vite qu'une de ces tenues à dix couches qu'affectionnent les dames de la haute. Et puis, même seulement vêtue d'un pagne en peau de sanglier tu serais encore plus élégante qu'elles, ma douce. "

Jézabel se laissa séduire sans lutter, et bien qu'en général elle n'était pas sensible à la flatterie, lorsque ces mots sortaient de la bouche de Sirion, cela prenait un autre sens, et ses joues s'empourprèrent comme une enfant. Toutefois, le baiser qu'elle reçut n'avait rien d'enfantin, de ceux qui se moquaient de ce qu'ils se passaient autour de soi. La pudeur, ils s'en moquaient éperdument. Et puis, n'était-il pas plus agréable de voir des gens amoureux que brisés par la bataille?

Laissant alors quelques instants leurs sentiments de côté pour vaquer à des affaires hautement plus importantes - c'était bien évidemment ironique - ils s'arrêtèrent et entrèrent dans la boutique que Jézabel avait montré. Sous l'impulsion de Sirion, ils furent accotés par le commerçant qui commença son charabia habituel jusqu'à ce que le cavalier ne lui coupa la parole pour préciser la raison de leur venue.

" Nous allons nous marier incessamment et il nous faudrait des vêtements de circonstance, est-ce dans vos cordes? "

" Oh!! Mais bien sûr mon bon monsieur! Nous avons tout ce qu'il vous faut!! On peut faire du sur mesure!!! Nous avons aussi des robes déjà taillées!! Regardez!!! Regardez!! "

Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour le vendeur pour revenir avec plusieurs robes différentes. Il les déposa toute sur une table où il y avait plusieurs rouleurs de tissus de velours et commença à les présenter une à une.

" Nous avons toutes les couleurs et toutes les traditions!! Regardez celle-là!! Typique d'Argyreil, d'une couleur rouge comme la passion qui anime les amoureux!! Vous remarquez que les liserets d'or sont particulièrement fins, et noter la dentelle sur les pans de la robe. "

Sighild ne savait que penser, affichant une moue relativement expectative. Le commerçant interpréta cela comme étant une réponse négative et passa rapidement à la suivante.

" Regardez celle là? Elle est bien plus traditionnelle mais tout de même jolie. Elle est plus simple dans les finitions, et en soie contrairement à la précédente. Cela donne un joli drapé et retombe très bien. Avec une silhouette comme la vôtre madame, cela ne sera qu'à votre avantage. "

L'amazone demeura toujours aussi perplexe, mais il fallait bien commencer quelque part.

" Je suppose... que je peux l'essayer? "

" Bien sûr!!! Vous pouvez vous changer dans l'arrière boutique! "

Jézabel se saisit de la robe avant de disparaître derrière afin de se vêtir de sa tenue. C'était... curieux pour elle de pouvoir faire preuve d'une telle légèreté. Mais soit. Et pendant que cette dernière essayait sa robe, le commerçant ne lâcha pas l'affaire auprès du fiancé.

" Si cela ne plaît pas à madame, nous avons aussi le choix parmi tous ces tissus et motifs. Et vous avez parlé de soie, regarder!!! "

Aussitôt dit, aussitôt fait! Ce dernier sortie plusieurs rouleaux de tissus, colorés, unis ou à motif.

" Vous cherchez quelque chose de précis? Et pour vous? "

Ce fut à cet instant que Jézabel sortit de l'ombre dans sa robe blanche. Cette dernière était sans fioriture, d'une couleur légèrement nacrée et bien cintrée à la taille. Les manches étaient comme des tubes qui s'évasaient légèrement au niveau des manches. Le col était en bateau, déployant sa gorge nue et dévoilant ses pâles épaules sur lesquelles ruisselaient ses cheveux d'argent. Il était clair qu'elle n'était pas à l'aise dans cette tenue, mais on ne portait pas souvent de robe de mariée.

" Je... je me sens... un peu ridicule, non? Je ne peux pas beaucoup bouger. Est-ce que c'est jolie au moins? "

Son regard ambré se posa sur Sirion, en attendant son terrible verdict.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Lun 12 Nov - 15:14

Le commerçant répondit avec emphase à ma question de savoir s'il avait quelque chose pouvant convenir à un mariage:

"Oh!! Mais bien sûr mon bon monsieur! Nous avons tout ce qu'il vous faut!! On peut faire du sur mesure!!! Nous avons aussi des robes déjà taillées!! Regardez!!! Regardez!!"

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le vendeur déploya quelques robes sur une table encombrée des rouleaux de velours, arguant qu'il avait des tenues de toutes les traditions. Il commença par nous en présenter une, rouge comme la passion animant les amoureux - selon lui, parce qu'à mes yeux le rouge évoquait tout autre chose - à la mode d'Argyrei, vantant ses liserés d'or particulièrement fins et la dentelle qui l'ornait. Je souris pour moi-même en voyant la moue dubitative de Jézabel, une réaction que le vendeur interpréta à juste titre comme une réponse négative. Il nous montra ensuite une deuxième robe, en soie blanche légèrement nacrée celle-ci, plus simple bien qu'ayant, selon l'incorrigible bavard toujours, un joli drapé qui ne pourrait que fort bien aller à mon Aimée étant donné sa silhouette fine et gracieuse. Là encore ma chère et tendre se montra perplexe, mais elle demanda tout de même du bout des lèvres si elle pouvait l'essayer. Le commerçant ayant abondé en ce sens, Jézabel disparut un temps dans l'arrière-boutique, instants que le petit homme mit aussitôt à profit pour me baratiner en me sortant toute une série de rouleaux de soie et en me demandant ce que je désirai pour moi-même.

J'examinai donc d'un oeil critique les tissus proposés, repoussant d'office ceux qui étaient ornés de motifs trop ostensibles ou dont les couleurs me semblaient inadaptées. Quelques instants plus tard, Jézabel ressortit de l'arrière-salle vêtue de la robe blanche, si visiblement mal à l'aise dans cette tenue que je ne pus m'empêcher de rire. Néanmoins, lorsqu'elle me demanda si elle n'était pas ridicule et avoua qu'elle ne pouvait guère bouger tout en s'inquiétant de savoir si c'était tout de même joli, je lui souris tendrement tout en l'observant avec attention et lui répondis:

"Eh bien, si je n'étais pas déjà fou amoureux de toi il ne fait nul doute que je succomberais  instantanément à ton charme en te voyant si élégante. Mais... cela te prive par trop de liberté à mon sens, c'est trop... sage pour la farouche guerrière que tu es."


Je me tournai vers le marchand, sourcils légèrement froncés de réflexion:

"Quelque chose de plus... Eridanien conviendrait mieux je pense. Une robe ou une jupe fendue qui lui permettra de ne pas devoir faire des pas de nain serait déjà appréciable. L'ensemble pourrait jouer sur la transparence, suggérant sans pour autant révéler, sembler simple au premier regard mais dévoiler à qui y regarderait à deux fois que ce n'est qu'une apparence trompeuse."


Dédaignant les tissus qu'il montré, je désignai dans son stock un rouleau de soie d'un blanc immaculé, opaque mais aussi fluide que de l'eau, un deuxième à moitié transparent puis un autre encore, quasiment translucide et orné de très discrets filigranes d'or d'une incroyable finesse représentant des feuilles :

"Avec ceci, par exemple. En jouant sur de savantes superpositions je pense que cela pourrait donner quelque chose de...royal, tout en restant sobre et surtout en laissant une totale liberté de mouvements. Voyez-vous l'idée?"

Le marchand me scruta un instant d'un air pensif teinté d'une discrète gêne avant de préciser d'un ton prudent:

"Certes, messire, tout comme je vois que vous avez l'oeil affûté. Toutefois, je me dois de vous informer que ce sont là des tissus d'exception, loin d'être à la portée de toutes les bourses."

Je le fixai d'un regard assez polaire pour qu'il juge prudent de reculer d'un pas, puis rétorquai doucereusement:

"Dois-je comprendre que vous nous prenez pour de vulgaires maraudeurs désargentés, sieur? Regardez mieux en ce cas, vous mieux que quiconque devriez savoir que l'habit ne fait pas toujours le prêtre..."

Perplexe, l'homme nous scruta durant quelques secondes des pieds à la tête avant de pâlir soudainement et de bafouiller:

"Je... je... mille excuses mes Seigneurs, je n'avais pas imaginé un instant que..."

"Contentez-vous d'imaginer une robe digne de ma Reine, tailleur. Et tenez votre langue si vous tenez à la conserver, il me déplairait que toute la ville soit au courant de notre présence ici."

"Naturellement Seigneur Chevalier, naturellement", abonda-t-il en s'inclinant servilement avant de s'empresser de sortir les rouleaux désignés pour nous les présenter.

Je me tournai alors vers Jézabel et lui adressai un petit clin d'oeil avant de lui demander:

"Alors, qu'en penses-tu ma Dame? Ces tissus te sembleraient-ils convenir? Et me concernant, aurais-tu une idée?"


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Mar 13 Nov - 21:29

Les femmes des grandes villes, les élégantes des cités, jouiraient de la situation, essayant par mont et par vaux un nombre incalculable de chiffon. Pour de nombreuses raisons, l'Eryl avait été conduite à observer les dames de la cours ou de la haute société. Pour sûr, elle était tout à fait capable d'en avoir le même langage mais en ce qui concernait la mode, voilà bien l'un de ses principaux points faibles. D'une part, parce qu'elle trouvait cela parfaitement superficiel, et d'autre part rien ne l'eut jamais mené à devoir développer ce sens de la forme. L'élégance de l'Eryllis se trouvait ailleurs, dans son port altier ou bien son attitude impérieuse. Elle dégageait une aura de force tranquille et un seul de ses regards laissait comprendre qu'il n'était pas bon de la provoquer.

Lorsqu'elle sortit de l'arrière boutique guindée de la robe blanche, il était évident qu'elle y était mal à l'aise. Pire, cela fit même sourire Sirion, un sourire moqueur assez gênant pour sa fierté.... mais elle ne lui en tiendrait rigueur.

" Eh bien, si je n'étais pas déjà fou amoureux de toi il ne fait nul doute que je succomberais  instantanément à ton charme en te voyant si élégante. Mais... cela te prive par trop de liberté à mon sens, c'est trop... sage pour la farouche guerrière que tu es. "

Les joues de la jeune femme rosirent légèrement.

" Mmmm.... cette robe n'est pas seulement sage, c'est une véritable cage. Il me faut quelque chose de plus... "

Mais n'eut-elle à peine le temps de lui répondre que le cavalier savait exactement ce qui lui fallait. Il comprit sans qu'elle n'eut à dire quoi que se soit, et une nouvelle fois, les connaissances de son amant dans cet univers de costumes la surprenait. Si elle était comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, lui, était tout à fait à son aise.

" Quelque chose de plus... Eridanien conviendrait mieux je pense. Une robe ou une jupe fendue qui lui permettra de ne pas devoir faire des pas de nain serait déjà appréciable. L'ensemble pourrait jouer sur la transparence, suggérant sans pour autant révéler, sembler simple au premier regard mais dévoiler à qui y regarderait à deux fois que ce n'est qu'une apparence trompeuse...  Avec ceci, par exemple. En jouant sur de savantes superpositions je pense que cela pourrait donner quelque chose de...royal, tout en restant sobre et surtout en laissant une totale liberté de mouvements. Voyez-vous l'idée?"

Sighild en demeura muette. Demandez lui d'imaginer un champ de bataille, elle en était capable. Mais là? De ses grands yeux dorés, elle observa son amant discuter avec le commerçant. Le laissant marchander, elle profita de ses quelques minutes pour se changer et remettre enfin une tenue dans laquelle elle se trouvait bien plus sereine.

Lorsqu'elle revint, le marchand semblait tout penaud comme un enfant qui venait de se faire gronder. Il fallait dire qu'elle n'avait pas tout suivi, mais à peine se représenta-t-elle qu'on lui désigna les fameux tissus en question.

" Alors, qu'en penses-tu ma Dame? Ces tissus te sembleraient-ils convenir? Et me concernant, aurais-tu une idée? "

La jeune femme se mit à toucher la matière des tissus, comme si elle vérifiait que cela soit agréable à porter. En guise de réponse, elle hocha positivement de la tête.

" Cela m'a l'air... bien. J'attends juste de voir comme cela sera une fois portée, mais ces tissus semblent nobles. Je suppose que cela conviendra tout à fait. "

Elle finit par afficher un petit sourire, à la fois pour rassurer le marchand mais aussi pour Sirion. Puis elle se mit à réfléchir en ce qui concernait ce que lui pourrait porter. C'était la pire demande qu'il pouvait lui faire, tout en sachant que si le commerçant n'était pas là, sa réponse aurait été facile : il n'avait pas besoin de porter quoique se soit.... mais ce n'était pas le but.

" Le grenat est une couleur qui te sied bien... tout comme un bleu profond. Mais je ne suis pas certaine que cela soit bien indiqué pour une tenue de mariage. Peut-être devrait-on aussi utiliser le tissu avec le liseret d'or qui pourrait rappeler la robe...  De toute manière, tu as toujours été le plus élégant d'entre nous. Un rien ne t'habille. "

Le sourire de la lhurgoyf s'élargit. Une nouvelle fois, elle se reposait sur lui, mais n'était-ce pas le propre du mariage? Puis elle se tourna vers le commerçant.

" Je suppose qu'il vous faut nos mensurations?  "

Le vendeur avait déjà de quoi mesurer entre ses mains, ou plutôt dans ces poches.

" Bien entendu!!! Venez par ici, madame. Votre Seigneur a du goût, il me sera facile de concevoir ce qu'il a imaginé, et vous allez être une mariée sublime. "

Longueur de la taille, des jambes, des bras, du buste.... en un tour de main, le couturier avait déjà noté tout ce qu'il y avait à savoir.

" Nous avons des petites mains qui sont capable de travailler dans un temps record! Pour quand vous faut-il vos tenues? "

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