En route vers un jour heureux... [PV Sirion]

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Sur Istheria, RPG heroic-fantasy issus d'un univers original où de multiples aventures vous attendent.

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Effectifs

• Eryllis: 3
• Ladrinis: 8
• Eclaris: 2
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 6
• Nérozias: 5
• Gélovigiens: 7
• Ascans: 2
• Marins de N.: 6
• Civils: 14

Temps actuel

An 1305 de l'ère obscure

Saison:Langdum Mois:Cobel
[Janvier/Février en temps réel]

Tableau d'honneur

Thimothée
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Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
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 En route vers un jour heureux... [PV Sirion]

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Sighild
MessageSujet: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Sam 20 Oct - 16:06

Lorsque l'Eryl avait traversé le monde pour se rendre dans son pays natal, ce fut l'esprit empli d'inquiétude. Non pas pour sa sécurité, mais pour l'avenir qui se profilait. Le monde changeait si vite, et les derniers mois qui s'étaient écoulés ne lui avaient guère offert une vision optimiste de ce qui pourrait advenir. Toutefois, sa visite à Phelgra n'avait pas été anodine puisqu'elle s'y était rendue pour des raisons plus politiciennes... mais lorsqu'elle tenta de rentrer, ce fut son passé qui la rattrapa. Et tout ne se résuma qu'à un nom unique : Sirion. Plusieurs scénarios auraient pu alors se dérouler : l'affrontement, la colère, l'incompréhension ou simplement l'émotion. Ce fut l'émotion. La plus confuse, la plus inespérée, la plus saisissante.

Celle qui s'était aujourd'hui renommée Sighild n'était pas connue pour être une femme d'un grand sentimentalisme, elle n'était jamais dans l'effusion, toujours dans la retenue. Mais lui, Sirion, attisait en elle un feu bien différent. Il avait été son unique et premier amour, mais aussi l'un de ses plus grands chagrins. Personne ne serait capable de la reconnaître à ses côtés, beaucoup imaginerait que ce dernier l'avait ensorcelé. Pourtant, leur histoire avait toujours été enfoui dans le tréfonds de son cœur, elle n'avait jamais oublié. D'ailleurs, cela l'avait même transformé autrefois... et c'était encore à nouveau le cas aujourd'hui. Il avait réussi à ranimer des cendres qu'elle pensait à jamais éteinte.

Leur retrouvaille fut incandescente, et une simple nuit avait balayé pour chacun toutes leurs inquiétudes et leur peur, prouvant par la même occasion que les années n'avaient jamais brisé le lien qui les unissaient. Leur sentiment était d'une sincérité si absolument qu'il dépassait même leur raison. C'était d'ailleurs cela qui les conduisit à traverser tout le continent sombre afin d'atteindre Amaryl.

La route fut longue, comptant une quinzaine de jour et de nombreuses haltes mais ce ne fut en rien pénible. Les deux "jeunes" gens en profitèrent pour rattraper le temps perdu, bien que cela ne suffirait jamais pour se raconter ce qu'ils s'étaient produits pendant les six siècles de leur séparation. Leurs anecdotes auraient pu paraître dérisoires pour n'importe qui d'extérieur mais pour eux cela signifiait beaucoup. Cependant, ce qu'ils espéraient aujourd'hui étaient d'en créer de nouvelles, côtes à côtes, malgré le fait que leur situation était "compliquée". Ils étaient empli d'un espoir nouveau.

" Nous voici enfin aux portes de la ville. "

Sighild prononça ses mots en passant la grande arche de pierre de la cité. Elle connaissait bien les lieux pour y être venue souvent. Elle avait toujours eu en respect les savants d'Amaryl et n'hésitait pas à se tourner vers eux pour quelques questionnements. Il fallait dire qu'il y avait des échanges équivalents, notamment quand il s'agissait d'Histoire. En effet, il y avait peu de survivant de la guerre de Taulmaril, peu qui avait pu voir les choses d'aussi près. Rencontrer une femme comme Jézabel fut une aubaine pour certains de leur historien. Quant à elle, elle comptait principalement sur leur sens de l'ingénierie, afin de l'adapter à Noathis pour facilité la vie de ses consœurs.

Le couple de lhugroyf entra donc dans la ville en fin d'après-midi. L'éryllis joua la guide, invitant son aimé à la suivre.

" Je connais une écurie où l'on prendra soin de nos chevaux. Nous aurons pas à nous en soucier le temps de notre séjour. "

Aussitôt dit, aussitôt fait. Lorsque la jeune femme arriva à destination, elle fut saluer par une jeune femme. Elle portait un tablier épais et il était facile de deviner qu'elle était maréchale-ferrante. Elles s'échangèrent alors des banalités, elles se sourirent et se serrèrent la main comme si un marché venait d'être conclu.

" Nous pouvons laisser nos chevaux. Nous la paierons lorsque nous partirons. "

Jézabel adressa un sourire à Sirion.

" J'ai sauvé son père autrefois. Elle n'était qu'une petite fille... aujourd'hui, elle est une personne remarquable. Elle s'estime toujours redevable bien que je lui ai plusieurs fois signifié qu'elle ne le devait pas. Mais nous pouvons avoir l'esprit tranquille. "

Amaryl n'était pas une cité riche, bien qu'elle commençait à revivre et s'animer depuis plusieurs années. Il était d'ailleurs presque incroyable de penser que ce continent avait été épargné par les fléaux de ses derniers mois. La cité n'était plus aussi maudite que les légendes le prétendaient. En tout cas, c'était ce qu'espérait Jézabel.

" Bien. Nous allons pouvoir bénéficier d'un peu plus de confort. Il nous manque plus qu'à trouver une auberge et un endroit où manger. Peut-être souhaites-tu profiter un peu de la ville avant? "

La lhurgoyf porta toute son attention sur le cavalier de Sharna, c'était à lui de décider de la suite des évènements.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Lun 22 Oct - 13:16

Jézabel m'apprit qu'Amaryl serait notre destination, une cité relativement lointaine qu'il nous faudrait une quinzaine de jours pour rejoindre. J'approuvai ce choix, nous unir à Phelgra aurait par trop risqué de parvenir aux oreilles de Démégor et les autres pays voisins n'étaient pas forcément toujours très accueillants pour le Cavalier de Sharna que j'étais. Des Cavaliers nous en croisâmes bien quelques-uns durant les premiers jours de notre périple mais, s'ils s'approchèrent parfois de nous avec la visible intention de nous importuner, ils changèrent vite d'avis en découvrant mon visage et se contentèrent de nous saluer avec un respect parfois teinté de crainte. Ma réputation en ces terres n'était plus à faire et elle nous protégea plus efficacement qu'une solide escorte armée, assez pour que mes pairs ne se mettent pas en tête de découvrir qui était la femme, dont le visage était prudemment camouflé lors de ces rencontres, qui m'accompagnait.

Loin d'être monotones ou ennuyeux, ces jours de voyage furent pour nous l'occasion de parler de ce que nous avions vécu durant notre longue séparation et de vivre notre amour dans une intimité que nous n'aurions peut-être pas fréquemment à l'avenir. Lorsque nous passâmes près de Ridolbar, j'observai songeusement la cité en repensant au plan que nous avions décidé de suivre. Reprendre le contrôle de cette cité chaotique et corrompue ne serait pas une partie de plaisir, surtout que je ne pourrai pas utiliser mon influence ou la puissance des Cavaliers sous mes ordres, mais c'était de la musique d'avenir et je chassai vite ces pensées de mon esprit pour profiter pleinement de ce temps aux côtés de mon Aimée. Quelques jours encore et nous pénétrâmes dans les terres d'Argyrei, un pays que l'on disait maudit tant il avait subi de désastres. Cela ne m'inquiétait pas, je l'avais déjà arpenté à plusieurs reprises et aucune malédiction en ce monde n'était plus terrible que celle que nous représentions, nous, les Cavaliers de Sharna. Par ailleurs ces derniers seraient beaucoup moins nombreux dans ces régions, ce qui diminuait d'autant les risques que nous soyons découverts et que Démégor apprenne que j'avais déjà retrouvé celle à qui il m'avait envoyé porter un message.

Nous finîmes par atteindre les portes de la cité d'Amaryl en fin de journée, au quinzième jour de chevauchée, et je laissai Jézabel me guider en ces lieux que je connaissais peu, contrairement à elle visiblement. Elle m'informa connaître une écurie où nous pourrions laisser nos montures le temps de notre séjour et nous y amena rapidement. C'est une jeune femme munie d'un épais tablier indiquant sa profession de maréchale-ferrante qui nous reçut, comme elle et ma bien-aimée semblaient se connaître je restai en retrait et laissai Jézabel négocier la garde de nos chevaux. Une poignée de main plus tard, ma dulcinée revint vers moi et me confirma que nous pouvions laisser là nos bêtes avant de m'expliquer qu'elle avait jadis sauvé le père de la jeune demoiselle et que cette dernière se sentait toujours redevable bien qu'elle lui eut affirmé à maintes reprises qu'elle n'avait pas à l'être. Elle ajouta que nous pouvions avoir l'esprit tranquille, ce qui fit naître une moue quelque peu dubitative sur mes traits:

"J'aimerais en être aussi sûr, mais elle ne pourra pas approcher Altaron hors de ma présence, il risquerait de la tuer."

Je me dirigeai donc vers la jeune femme en tenant fermement mon redoutable destrier afin de la mettre en garde:

"Bonjour jeune femme. Je vais conduire moi-même mon destrier dans sa stalle, cela vaudra mieux. Ne vous mettez jamais à portée de ses sabots ou de ses dents et assurez-vous qu'aucun autre cheval ne puisse l'approcher, si vous tenez à vos bêtes et à votre vie. Contentez-vous de le nourrir et de l'abreuver en gardant vos distances, je viendrai régulièrement m'occuper de lui."

Comme s'il tenait à confirmer mes mises en garde, Altaron coucha les oreilles en arrière et tenta de mordre la jeune femme, mais j'étais sur mes gardes et lui assénai une solide tape sur les naseaux en le réprimandant d'une voix sèche comme un coup de fouet:

"Paix! Tu te calmes, espèce de teigne!"

Malgré la dureté de mon ton, il y avait aussi une profonde affection dans ma voix, Altaron était pour moi bien plus qu'un simple cheval, c'était un fidèle compagnon qui m'avait sauvé la vie à plusieurs reprises. Je le conduisis rapidement dans le box que la jeune femme m'indiqua, notant avec soulagement qu'elle avait compris la menace et se tenait à bonne distance, puis je le débarrassai de son fardeau et l'étrillai soigneusement en lui parlant doucement pour le mettre en confiance avant de rejoindre Jézabel qui me dit alors:

" Bien. Nous allons pouvoir bénéficier d'un peu plus de confort. Il nous manque plus qu'à trouver une auberge et un endroit où manger. Peut-être souhaites-tu profiter un peu de la ville avant? "

Je plissai un regard malicieux à ces mots et l'enlaçai d'un geste sensuel avant de lui rétorquer:

"Plus de confort, hein? Si tu nous trouves une couche plus confortable qu'un sol caillouteux je pense que je ne te laisserai pas t'en échapper avant un bon mois!"

Je l'embrassai tendrement en riant et ajoutai plus sérieusement:

"Je connais mal cette ville, cela fait longtemps que je n'y suis pas venu, alors à toi de me dire s'il y a quelque chose d'intéressant à voir. Ensuite nous pourrions aller voir la personne à laquelle tu pensais pour nous marier et voir à organiser un peu tout ça, qu'en dis-tu?"


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Mer 24 Oct - 20:56

Amaryl était une superbe cité, bien qu'elle jouissait d'une terrible réputation de part son histoire. Mais ce n'était que les êtres superstitieux qui entretenaient le mythe... et peut-être un peu les éclaris afin d'assurer une tranquillité relative. Sighild connaissait bien l'endroit pour s'y être rendu plus d'une fois, surtout ces dernières années. Pour quelles raisons? Car elle était une amie du grand maître des Eclaris, Dim. Elle avait connu ce dernier quand il était un jeune homme fringuant qui parcourrait encore le monde et ce fut le hasard qui les lia tous les deux. Depuis, ils avaient conservé une amitié sincère et elle n'hésitait pas à lui rendre visite ou simplement de lui écrire pour bénéficier de ces conseils.

Elle avait profité de ses nombreuses visites pour parcourir la cité et en apprendre plus sur l'endroit. C'était pour cette raison qu'elle connaissait bien les lieux et qu'elle avait eu l'occasion de se faire quelques contacts. D'ailleurs, elle n'avait pas hésité à faire profiter de ces talents de "mercenaires" pour aider certains habitants. C'était comme cela qu'elle fit la connaissance de la maréchale-ferrante. Lorsque Sighild proposa à Sirion de laisser ces chevaux ici, ce dernier se montra dubitatif. En effet, son destrier le plus guerrier était revêche. Mais pouvait-on en attendre autrement d'un cheval de guerre? Sans rien dire, elle laissa son fiancé donner ses recommandations à la jeune gardienne.

Lorsque Sirion rejoignit l'éryllis, cette dernier lui expliqua qu'il leur faudrait trouver une auberge et un endroit pour se sustenter, mais elle ne manqua pas de l'inviter à profiter aussi d'un peu de la cité. Mais a peine eut-elle le temps de prononcer ces mots, que le lhurgoyf saisit la jeune femme dans ces bras en lui lançant un regard qui en disait long.

" Plus de confort, hein? Si tu nous trouves une couche plus confortable qu'un sol caillouteux je pense que je ne te laisserai pas t'en échapper avant un bon mois! "

La remarque fit sourire Jézabel qui ne pouvait que lui répondre.

" Oh? Tu devrais te méfier des défis que tu me lances. Je pourrais bien les prendre au sérieux et te réclamer mon dû. "

Elle se laissa tendrement embrasser, avant de lui caresser amoureusement la joue. Là, elle se permit alors de lui saisir la main, comme le couple qu'ils étaient redevenus, et écouta les propos de son bien-aimé.

" Je connais mal cette ville, cela fait longtemps que je n'y suis pas venu, alors à toi de me dire s'il y a quelque chose d'intéressant à voir. Ensuite nous pourrions aller voir la personne à laquelle tu pensais pour nous marier et voir à organiser un peu tout ça, qu'en dis-tu? "

Alors qu'elle réfléchissait aux lieux où elle pourrait l'emmener, Sighild commença à marcher d'un pas tranquille, l'entrainant dans ses pas, sans lui lâcher la main.

" Et bien... Il y a plusieurs endroits curieux. Je ne saurais par lequel commencer. Il y a la fameuse place des Sages où se tient le dernier Rouge-feuille, un arbre véritablement magnifique. Il y a également la grande allée des Piliers dont il se dégage une curieuse impression. On prétend qu'il faut s'y rendre lorsque l'on a une grande décision à prendre, que cela aide à la réflexion. A chaque pilier, il y a un arbre différent et la légende raconte que chacun est investi d'une vertu différente. Je trouve cela plutôt amusant. "

La jeune femme sourit à son compagnon.

" Je te laisse choisir l'endroit. "

Pour la seconde et non moins importante partie de la question, Jézabel semblait plus certaine de son choix.

" Quant à personne qui pourrait nous unir, j'aurais très bien pu demander au vieux Dim mais je le sais très occupé par son statut de Grand Maître. Mais je possède une autre vieille amie ici, une terrane qui était autrefois une Eryllis. Elle a choisi de revenir vivre ici, sa ville natale et rejoindre les Eclaris. Elle a toujours été une femme particulièrement lettrée... mais elle aimait autant l'aventure que sa cité.  "

La jeune femme afficha soudainement un air un peu plus mélancolique, se rappelant les années qui s'étaient écoulées depuis. Généralement, les lhurgoyfs ne vivaient guère longtemps ou cela demeurait bien rare. Leur bas instinct avait raison de leur existence ou tout simplement la peur qu'ils pouvaient inspirer aux autres peuples de par la violence qui sommeillait dans leur chair monstrueuse. Cependant, Jézabel faisait partie de ceux qui bénéficiait d'une longue vie et le poids que cela représentait. A mainte reprise, elle avait pu s'attacher à des terrans ou des yorkas. Cependant, ils faisaient partie de ces peuples qui se devaient de vivre intensément chaque instant car le sable du temps s'écoulait à grande vitesse. Combien d'amies avaient-elles perdu ainsi? Elle ne saurait le dire et on pouvait dire qu'avec tristesse, elle s'était habituée à cette fatalité.

" Elle se nomme Tésoa et devrait avoir atteint aujourd'hui sa soixante-quizième année. Elle a toujours été un sacré bout de femme et ses connaissances étaient inégalées, de la médecine à la littérature. Elle avait beaucoup fait pour les Eryllis. Mais il y a à peu près seize ans, elle a décidé de nous quitter pour finir ses jours ici. Elle semblait avoir le mal du pays. J'ai dû lui effacer quelques souvenirs pour la protéger ainsi que le secret des Eryllis. Mais je n'ai pas effacé le lien qui nous liait et notre amitié. "

L'esquisse qui s'afficha sur le visage de l'Eryls était un peu triste, serrant la main de Sirion comme pour se rassurer. Toutefois, elle reprit très rapidement le dessus. Les jours qui s'écouleraient ici ne seraient pas du temps pour les larmes mais une célébration.

" Elle nous officiera sans problème. A nous de choisir où et comment nous voulons procéder. Mais je pense qu'il serait mieux d'aller lui rendre visite demain. Une fois que nous serons plus reposés et que nous pourrons clairement lui expliquer ce que l'on souhaite. "

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Sam 3 Nov - 22:05

Lorsque j'évoquai l'idée que nous pourrions bien ne plus sortir du lit durant tout un mois si nous en trouvions un plus confortable que les sols plus ou moins caillouteux qui nous avaient servi de couche durant notre voyage, Jézabel sourit et me répondit que je ferais bien de me méfier des défis que je lui lançai. Elle ajouta qu'elle pourrait bien me prendre au sérieux et réclamer son dû, ce qui me fit rire avec légèreté:

"Cela fera une nuit de noces adaptée à notre longévité!"

Après un langoureux baiser indiquant sans détour que l'idée n'avait pour me déplaire, même si je doutai fort que nos responsabilités nous laissent autant de temps, ma bien-aimée caressa ma joue et me prit la main pour m'entraîner dans la cité. Cette promenade pouvant sembler des plus banales avait quelque chose de...surréaliste, pour moi. Cela faisait des siècles que je ne m'étais pas simplement promené, à plus forte raison en tenant la main d'une femme que j'aimais. Je me souvenais pourtant de la dernière fois que cela était arrivé: juste avant que ne débutent les guerres Taulmarilliennes. Tout en marchant, je déclarai lui laisser le soin de nous faire visiter cette ville que je ne connaissais que très peu, puis lui proposai d'aller rencontrer ensuite la personne qui pourrait nous unir, à quoi elle répondit:

" Et bien... Il y a plusieurs endroits curieux. Je ne saurais par lequel commencer. Il y a la fameuse place des Sages où se tient le dernier Rouge-feuille, un arbre véritablement magnifique. Il y a également la grande allée des Piliers dont il se dégage une curieuse impression. On prétend qu'il faut s'y rendre lorsque l'on a une grande décision à prendre, que cela aide à la réflexion. A chaque pilier, il y a un arbre différent et la légende raconte que chacun est investi d'une vertu différente. Je trouve cela plutôt amusant. "

Avec un sourire, elle me laissa le choix de l'endroit avant de revenir à notre imminent mariage:

"Quant à la personne qui pourrait nous unir, j'aurais très bien pu demander au vieux Dim mais je le sais très occupé par son statut de Grand Maître. Mais je possède une autre vieille amie ici, une terrane qui était autrefois une Eryllis. Elle a choisi de revenir vivre ici, sa ville natale et rejoindre les Eclaris. Elle a toujours été une femme particulièrement lettrée... mais elle aimait autant l'aventure que sa cité."

Je vis à cet instant un air plus mélancolique apparaître sur le visage de ma dulcinée, pour une raison que j'ignorai, même si je me doutai quelque peu de sa nature. Plutôt que de l'interroger sur le sujet, ce qui n'aurait fait qu'aviver sa mélancolie, je préférai presser sa main un peu plus fort dans la mienne en signe de soutien et continuer à l'écouter:

"Elle se nomme Tésoa et devrait avoir atteint aujourd'hui sa soixante-quinzième année. Elle a toujours été un sacré bout de femme et ses connaissances étaient inégalées, de la médecine à la littérature. Elle avait beaucoup fait pour les Eryllis. Mais il y a à peu près seize ans, elle a décidé de nous quitter pour finir ses jours ici. Elle semblait avoir le mal du pays. J'ai dû lui effacer quelques souvenirs pour la protéger ainsi que le secret des Eryllis. Mais je n'ai pas effacé le lien qui nous liait et notre amitié."

Le visage de Jézabel se teinta de tristesse à ces propos, comme je l'avais supposé, c'était probablement la brièveté de l'existence de certaines races qui engendrait la mélancolie de mon aimée. Pour nous qui pouvions vivre des siècles, même si cela arrivait rarement, nous lier à des êtres qui ne vivaient que quelques décennies finissait toujours dans la douleur et le chagrin. Je l'avais toujours évité jusqu'à ce jour, mais qui pouvait savoir ce que réservait l'avenir? Ce fut au tour de ma bien-aimée de presser ma main, comme si elle voulait se rassurer quant à la durée que nous passerions ensemble. Je serrai à nouveau sa main avec force, mais aucun mot ne franchit mes lèvres. Dans peu de temps j'allais affronter Démégor, comment aurais-je pu lui promettre que je vivrais à ses côtés jusqu'à la fin? Ma belle compagne ajouta que son amie célébrerait sans mal notre mariage mais qu'elle pensait plus sage d'attendre le lendemain afin que nous puissions lui expliquer clairement ce que nous désirions. J'acquiesçai à ces mots, nous souhaitions tous deux nous marier sans délai, mais nous n'avions pas songé à évoquer le comment, peut-être parce que cela n'avait pas grande importance au final. Tout ce qui comptait était que nous soyons ensemble. Soucieux de chasser les dernières bribes de tristesse des yeux et du coeur de mon Amour, je lui répondis d'un ton taquin:

"Cela me va, même si je me réjouis de rencontrer cette femme si extraordinaire. Dans ce cas, allons voir cette allée des Piliers? Nous avons de graves décisions à prendre: la couleur de ta robe, les personnes à inviter, le plan de table et la couleur des fleurs, toutes choses qui nécessitent sans aucun doute une aide surnaturelle."


Je me penchai pour déposer un doux baiser dans son cou, puis j'ajoutai:

"En parlant de robe, connais-tu un bon tailleur dans cette ville? Nous marier en armure ferait mauvais genre dans la région, j'imagine. Et puis, il nous faudra aussi un symbole pour cette union, des anneaux ou autre chose, qu'en dis-tu?"


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Lun 5 Nov - 19:22

Il était remarquable de pouvoir observer leur complicité retrouvée. C'était comme si les deux "jeunes" gens n'avaient pas vécu séparé depuis des siècles... mais peut-être était-ce aussi parce qu'ils savaient tous deux, mieux que nul autre, les difficultés qui pouvaient encore les attendre. Istheria n'était pas une terre qui offrait facilement la paix, surtout pour les lhurgoyfs. Cependant, ils n'étaient pas effrayés, principalement parce qu'ils avaient une confiance inébranlable pour l'un et pour l'autre, qu'ils savaient pertinemment qu'ils pourraient se soutenir, quoiqu'il arrivait. D'ailleurs, lorsque l'éryllis évoqua avec mélancolie ses souvenirs de Tésoa - et indirectement la lourde tâche de l'entretien du secret qu'elle devait assumer - mais aussi de toutes ses sœurs qu'elle avait appris à accepter le départ, Sirion lui étreignit la main. Ce simple geste, aussi anodin aurait-il pu paraître, la rassurait. Elle n'était plus seule, son cœur ne l'était plus en tout cas.

"Cela me va, même si je me réjouis de rencontrer cette femme si extraordinaire. Dans ce cas, allons voir cette allée des Piliers? Nous avons de graves décisions à prendre: la couleur de ta robe, les personnes à inviter, le plan de table et la couleur des fleurs, toutes choses qui nécessitent sans aucun doute une aide surnaturelle."

Jézabel se mit à sourire, tout en portant un regard amusé vers son compagnon. Il avait le don de chasser ces tourments, bien qu'autrefois, il en fut la cause. Mais ce temps lui paraissait déjà si loin...

" Dans ce cas, tu as raison. L'allée des Pilliers est le lieu le plus judicieux face à ces questions existentielles. "

C'était dans un moment comme celui-ci qu'elle se rendit compte que leur envie de mariage était un coup de tête ou plutôt de folie. A vrai dire, contrairement à des jeunes femmes traditionnelles, elle n'avait jamais imaginé ou réfléchi à l'idée de ce type de contrat social, même lorsqu'elle était avec Sirion. Elle était simplement heureuse avec lui... mais elle ne nierait pas qu'officialiser leur union la ravissait tout de même.

" En parlant de robe, connais-tu un bon tailleur dans cette ville? Nous marier en armure ferait mauvais genre dans la région, j'imagine. Et puis, il nous faudra aussi un symbole pour cette union, des anneaux ou autre chose, qu'en dis-tu? "

Sighild se mit à rire. Décidément, le cavalier pensait à tous les détails.

" Tu es vraiment un homme surprenant. Est-ce vraiment un cavalier de Sharna que je vais épouser? A croire que tu avais déjà tout imaginer pour ce moment. "

La lhurgoyf l'attira vers elle pour lui déposer un baiser sur la joue avant de continuer leur route vers leur destination première.

" J'ai bien peur de ne pas trop m'y connaître en belle tenue... Je ne saurais même pas te dire à quand remonte la dernière fois où j'ai pu me vêtir élégamment. Il nous faudra donc fureter pour trouver une enseigne. Par contre, pour un joailler, je pense que nous devrions en trouver un sur notre chemin. Il me semble me rappeler que c'était une boutique assez modeste mais le bijoutier était plutôt sympathique. "

Toujours main dans la main, l'amazone continua à guider son amant comme si elle avait vécu en ce lieu. Ses pas étaient assurés mais tranquilles. Elle prenait son temps pour laisser le plaisir à Sirion de promener son regard dans cette étonnante cité.... jusqu'à ce qu'elle s'arrêta devant une enseigne.

" Nous pouvons nous arrêter là si tu le souhaites? "

Cela ressemblait à un commerce tout à fait banal, mais il y avait d'élégantes étoles présentées et des mannequins de bois portant des vestes en tissus précieux. Peut-être y avait-il à l'intérieur quelque chose qui pourrait faire l'affaire pour leur union? Il suffisait de pousser la porte...

" Ou nous continuons notre chemin? Le joailler se trouve au bout de la rue. Je t'avouerais que je n'ai pas la moindre idée de par où commencer. "

Sighild lui sourit une nouvelle fois, tout cela lui semblait si irréel... Elle se sentait bien plus audacieuse lorsqu'il était question d'action.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Mer 7 Nov - 12:56

A ma proposition d'aller consulter les mystérieux arbres de l'allée des piliers pour des questions aussi existentielles que la couleur de sa robe ou des fleurs pour le mariage, Jézabel me retourna un sourire amusé et déclara que cet endroit était effectivement approprié pour des interrogations d'une telle importance. Je lui souris en retour, heureux d'être parvenu à chasser la mélancolie de son beau regard, heureux d'être avec elle, simplement. Plus sérieusement, je lui demandai ensuite si elle connaissait un bon tailleur et suggérai qu'il nous faudrait un symbole de notre union, à quoi mon Aimée me répondit en riant:

"Tu es vraiment un homme surprenant. Est-ce vraiment un cavalier de Sharna que je vais épouser? A croire que tu avais déjà tout imaginé pour ce moment. "

Elle m'attira à elle pour glisser un baiser sur ma joue, puis je lui avouai avec un timide sourire:

"Eh bien oui, j'avais longuement songé à tout cela, il y a bien longtemps. J'avais la ferme intention de te demander en mariage à la fin de la guerre, sais-tu?"

Plissant un regard malicieux, j'ajoutai d'un ton faussement pensif:

"En y repensant, je me demande si tu ne l'avais deviné et si ce n'est pas ça, en réalité, qui t'a incitée à aller jouer l'ermite sauvageonne à l'autre bout du monde."

Poursuivant notre route, elle m'avoua ne pas y connaître grand chose en termes de vêtements et ne même plus se souvenir de la dernière fois qu'elle avait pu se vêtir élégamment. Il nous faudrait donc fouiller pour trouver un tailleur mais, en revanche, elle connaissait un joaillier situé sur notre chemin, modeste mais sympathique. Ce fut à mon tour de rire:

"Bien ce que je disais, une vraie petite sauvage qui ne connaît en fait de vêtements que des peaux de bêtes sommairement tannées!"

Je l'enlaçai tendrement d'un bras et repoussai une mèche de sa chevelure pour dégager son visage avant de compléter avec un petit sourire mutin:

"Note, l'avantage des peaux de bêtes, c'est que ça s'enlève plus vite qu'une de ces tenues à dix couches qu'affectionnent les dames de la haute. Et puis, même seulement vêtue d'un pagne en peau de sanglier tu serais encore plus élégante qu'elles, ma douce."

Indifférent aux passants, je la gratifiai d'un langoureux baiser, si quelqu'un y trouvait quelque chose à redire il pouvait toujours essayer de venir m'expliquer son point de vue, à ses risques et périls. Nous nous étions assez dissimulés pour une vie, fut-elle aussi longue que les nôtres. Nous reprîmes ensuite notre marche tranquille, toujours guidés avec assurance par Jézabel, et arrivâmes bientôt devant une petite échoppe. Des mannequins portant de riches vêtements y étaient présentées, laissant supposer que nous pourrions peut-être y trouver ce que nous cherchions comme le remarqua ma belle qui proposa de nous arrêter là. Bien plus incertaine que de coutume, elle ajouta que nous pouvions aussi poursuivre notre chemin jusqu'à la boutique du joaillier qui se trouvait au bout de la rue et m'avoua en souriant presque timidement qu'elle ne savait par quoi commencer. Je pressai tendrement sa main et lui répondit en souriant doucement:

"Puisque nous sommes là, voyons déjà si nous trouvons de quoi nous habiller autrement que comme de rugueux sauvageons?"

L'entraînant par la main, je poussai la porte de l'échoppe et nous y fit entrer. A l'intérieur d'une pièce de dimensions relativement modestes étaient empilés d'innombrables ballots et davantage encore de rouleaux d’étoffes, de la plus simple à la plus luxueuse. Le marchand, un petit terran rondouillard au crâne bien dégarni fastueusement vêtu nous accueillit aussitôt en souriant largement:

"Gente dame, messire, soyez les bienvenus dans ma modeste boutique! Que puis-je pour vous? J'ai les soies les plus fines qui se puissent trouver, tissées et teintées par les plus habiles artisans du monde. A moins que vous ne préfériez mes somptueux velours, ou encore mes merveilleux lins si finement tramés que les dames de toutes les cours m'en commandent? J'ai également..."

"Beaucoup de choses, je n'en doute pas", le coupé-je d'un ton amusé, "mais je pense que de la soie pourrait convenir. Sauvage, bien évidemment, la soie."

Je glissai un clin d'oeil taquin à Jézabel à cette précision et ajoutai:

"Nous allons nous marier incessamment et il nous faudrait des vêtements de circonstance, est-ce dans vos cordes?"


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Dim 11 Nov - 0:50

Les deux lhurgoyfs avaient traversé bien des épreuves qui auraient pu éroder leurs sentiments, et peut-être même que cela aurait pu réussir si ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre n'avaient été qu'une simple aventure. Peut-être même que Ekzékiel avait compté sur cela ou peut-être avait-il pressenti que justement, il s'agissait de bien plus. Que sa sœur et celui qu'il avait pu qualifier comme meilleure ami, allaient d'une façon ou d'une autre l'abandonner. Son désir de possession l'avait mené à sa perte, peut-être encore aujourd'hui.

Lorsque l'éryllis s'étonna que son fiancé eut déjà réfléchi à tous les détails d'une cérémonie de mariage, ce dernier lui fit l'aveu que cela était vrai.

" Eh bien oui, j'avais longuement songé à tout cela, il y a bien longtemps. J'avais la ferme intention de te demander en mariage à la fin de la guerre, sais-tu? En y repensant, je me demande si tu ne l'avais deviné et si ce n'est pas ça, en réalité, qui t'a incitée à aller jouer l'ermite sauvageonne à l'autre bout du monde. "

La jeune femme afficha un sourire un peu triste, bien qu'elle préféra rire de l'ironie de sa dernière remarque. Oui, elle avait fui mais pour des raisons bien moins superficielles. Mais le temps avait fait son office et ces malheureux évènements étaient derrière eux. Elle n'aurait jamais pu espérer le revoir et pourtant, la providence avait enfin décidé qu'il était temps pour eux de se retrouver.... soldant leur amour par un mariage. Qui l'aurait cru? Pas elle. Même si une personne possédant des dons de prescience le lui avait prédis.

" Bien ce que je disais, une vraie petite sauvage qui ne connaît en fait de vêtements que des peaux de bêtes sommairement tannées! "

" Ne te moque pas. "

L'amazone se laissa prendre dans les bras par son amant moqueur, affichant un sourire alors qu'il lui dégageait une mèche de cheveux. C'était les petits gestes qui importaient le plus, ceux qui accompagneraient leur quotidien avec tendresse. Elle faisant en sorte de tous les apprécier à leur juste valeur car elle ne savait pas combien de temps elle pourrait en profiter.

" Note, l'avantage des peaux de bêtes, c'est que ça s'enlève plus vite qu'une de ces tenues à dix couches qu'affectionnent les dames de la haute. Et puis, même seulement vêtue d'un pagne en peau de sanglier tu serais encore plus élégante qu'elles, ma douce. "

Jézabel se laissa séduire sans lutter, et bien qu'en général elle n'était pas sensible à la flatterie, lorsque ces mots sortaient de la bouche de Sirion, cela prenait un autre sens, et ses joues s'empourprèrent comme une enfant. Toutefois, le baiser qu'elle reçut n'avait rien d'enfantin, de ceux qui se moquaient de ce qu'ils se passaient autour de soi. La pudeur, ils s'en moquaient éperdument. Et puis, n'était-il pas plus agréable de voir des gens amoureux que brisés par la bataille?

Laissant alors quelques instants leurs sentiments de côté pour vaquer à des affaires hautement plus importantes - c'était bien évidemment ironique - ils s'arrêtèrent et entrèrent dans la boutique que Jézabel avait montré. Sous l'impulsion de Sirion, ils furent accotés par le commerçant qui commença son charabia habituel jusqu'à ce que le cavalier ne lui coupa la parole pour préciser la raison de leur venue.

" Nous allons nous marier incessamment et il nous faudrait des vêtements de circonstance, est-ce dans vos cordes? "

" Oh!! Mais bien sûr mon bon monsieur! Nous avons tout ce qu'il vous faut!! On peut faire du sur mesure!!! Nous avons aussi des robes déjà taillées!! Regardez!!! Regardez!! "

Il ne fallut pas plus de quelques secondes pour le vendeur pour revenir avec plusieurs robes différentes. Il les déposa toute sur une table où il y avait plusieurs rouleurs de tissus de velours et commença à les présenter une à une.

" Nous avons toutes les couleurs et toutes les traditions!! Regardez celle-là!! Typique d'Argyreil, d'une couleur rouge comme la passion qui anime les amoureux!! Vous remarquez que les liserets d'or sont particulièrement fins, et noter la dentelle sur les pans de la robe. "

Sighild ne savait que penser, affichant une moue relativement expectative. Le commerçant interpréta cela comme étant une réponse négative et passa rapidement à la suivante.

" Regardez celle là? Elle est bien plus traditionnelle mais tout de même jolie. Elle est plus simple dans les finitions, et en soie contrairement à la précédente. Cela donne un joli drapé et retombe très bien. Avec une silhouette comme la vôtre madame, cela ne sera qu'à votre avantage. "

L'amazone demeura toujours aussi perplexe, mais il fallait bien commencer quelque part.

" Je suppose... que je peux l'essayer? "

" Bien sûr!!! Vous pouvez vous changer dans l'arrière boutique! "

Jézabel se saisit de la robe avant de disparaître derrière afin de se vêtir de sa tenue. C'était... curieux pour elle de pouvoir faire preuve d'une telle légèreté. Mais soit. Et pendant que cette dernière essayait sa robe, le commerçant ne lâcha pas l'affaire auprès du fiancé.

" Si cela ne plaît pas à madame, nous avons aussi le choix parmi tous ces tissus et motifs. Et vous avez parlé de soie, regarder!!! "

Aussitôt dit, aussitôt fait! Ce dernier sortie plusieurs rouleaux de tissus, colorés, unis ou à motif.

" Vous cherchez quelque chose de précis? Et pour vous? "

Ce fut à cet instant que Jézabel sortit de l'ombre dans sa robe blanche. Cette dernière était sans fioriture, d'une couleur légèrement nacrée et bien cintrée à la taille. Les manches étaient comme des tubes qui s'évasaient légèrement au niveau des manches. Le col était en bateau, déployant sa gorge nue et dévoilant ses pâles épaules sur lesquelles ruisselaient ses cheveux d'argent. Il était clair qu'elle n'était pas à l'aise dans cette tenue, mais on ne portait pas souvent de robe de mariée.

" Je... je me sens... un peu ridicule, non? Je ne peux pas beaucoup bouger. Est-ce que c'est jolie au moins? "

Son regard ambré se posa sur Sirion, en attendant son terrible verdict.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Lun 12 Nov - 13:14

Le commerçant répondit avec emphase à ma question de savoir s'il avait quelque chose pouvant convenir à un mariage:

"Oh!! Mais bien sûr mon bon monsieur! Nous avons tout ce qu'il vous faut!! On peut faire du sur mesure!!! Nous avons aussi des robes déjà taillées!! Regardez!!! Regardez!!"

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le vendeur déploya quelques robes sur une table encombrée des rouleaux de velours, arguant qu'il avait des tenues de toutes les traditions. Il commença par nous en présenter une, rouge comme la passion animant les amoureux - selon lui, parce qu'à mes yeux le rouge évoquait tout autre chose - à la mode d'Argyrei, vantant ses liserés d'or particulièrement fins et la dentelle qui l'ornait. Je souris pour moi-même en voyant la moue dubitative de Jézabel, une réaction que le vendeur interpréta à juste titre comme une réponse négative. Il nous montra ensuite une deuxième robe, en soie blanche légèrement nacrée celle-ci, plus simple bien qu'ayant, selon l'incorrigible bavard toujours, un joli drapé qui ne pourrait que fort bien aller à mon Aimée étant donné sa silhouette fine et gracieuse. Là encore ma chère et tendre se montra perplexe, mais elle demanda tout de même du bout des lèvres si elle pouvait l'essayer. Le commerçant ayant abondé en ce sens, Jézabel disparut un temps dans l'arrière-boutique, instants que le petit homme mit aussitôt à profit pour me baratiner en me sortant toute une série de rouleaux de soie et en me demandant ce que je désirai pour moi-même.

J'examinai donc d'un oeil critique les tissus proposés, repoussant d'office ceux qui étaient ornés de motifs trop ostensibles ou dont les couleurs me semblaient inadaptées. Quelques instants plus tard, Jézabel ressortit de l'arrière-salle vêtue de la robe blanche, si visiblement mal à l'aise dans cette tenue que je ne pus m'empêcher de rire. Néanmoins, lorsqu'elle me demanda si elle n'était pas ridicule et avoua qu'elle ne pouvait guère bouger tout en s'inquiétant de savoir si c'était tout de même joli, je lui souris tendrement tout en l'observant avec attention et lui répondis:

"Eh bien, si je n'étais pas déjà fou amoureux de toi il ne fait nul doute que je succomberais  instantanément à ton charme en te voyant si élégante. Mais... cela te prive par trop de liberté à mon sens, c'est trop... sage pour la farouche guerrière que tu es."


Je me tournai vers le marchand, sourcils légèrement froncés de réflexion:

"Quelque chose de plus... Eridanien conviendrait mieux je pense. Une robe ou une jupe fendue qui lui permettra de ne pas devoir faire des pas de nain serait déjà appréciable. L'ensemble pourrait jouer sur la transparence, suggérant sans pour autant révéler, sembler simple au premier regard mais dévoiler à qui y regarderait à deux fois que ce n'est qu'une apparence trompeuse."


Dédaignant les tissus qu'il montré, je désignai dans son stock un rouleau de soie d'un blanc immaculé, opaque mais aussi fluide que de l'eau, un deuxième à moitié transparent puis un autre encore, quasiment translucide et orné de très discrets filigranes d'or d'une incroyable finesse représentant des feuilles :

"Avec ceci, par exemple. En jouant sur de savantes superpositions je pense que cela pourrait donner quelque chose de...royal, tout en restant sobre et surtout en laissant une totale liberté de mouvements. Voyez-vous l'idée?"

Le marchand me scruta un instant d'un air pensif teinté d'une discrète gêne avant de préciser d'un ton prudent:

"Certes, messire, tout comme je vois que vous avez l'oeil affûté. Toutefois, je me dois de vous informer que ce sont là des tissus d'exception, loin d'être à la portée de toutes les bourses."

Je le fixai d'un regard assez polaire pour qu'il juge prudent de reculer d'un pas, puis rétorquai doucereusement:

"Dois-je comprendre que vous nous prenez pour de vulgaires maraudeurs désargentés, sieur? Regardez mieux en ce cas, vous mieux que quiconque devriez savoir que l'habit ne fait pas toujours le prêtre..."

Perplexe, l'homme nous scruta durant quelques secondes des pieds à la tête avant de pâlir soudainement et de bafouiller:

"Je... je... mille excuses mes Seigneurs, je n'avais pas imaginé un instant que..."

"Contentez-vous d'imaginer une robe digne de ma Reine, tailleur. Et tenez votre langue si vous tenez à la conserver, il me déplairait que toute la ville soit au courant de notre présence ici."

"Naturellement Seigneur Chevalier, naturellement", abonda-t-il en s'inclinant servilement avant de s'empresser de sortir les rouleaux désignés pour nous les présenter.

Je me tournai alors vers Jézabel et lui adressai un petit clin d'oeil avant de lui demander:

"Alors, qu'en penses-tu ma Dame? Ces tissus te sembleraient-ils convenir? Et me concernant, aurais-tu une idée?"


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Mar 13 Nov - 19:29

Les femmes des grandes villes, les élégantes des cités, jouiraient de la situation, essayant par mont et par vaux un nombre incalculable de chiffon. Pour de nombreuses raisons, l'Eryl avait été conduite à observer les dames de la cours ou de la haute société. Pour sûr, elle était tout à fait capable d'en avoir le même langage mais en ce qui concernait la mode, voilà bien l'un de ses principaux points faibles. D'une part, parce qu'elle trouvait cela parfaitement superficiel, et d'autre part rien ne l'eut jamais mené à devoir développer ce sens de la forme. L'élégance de l'Eryllis se trouvait ailleurs, dans son port altier ou bien son attitude impérieuse. Elle dégageait une aura de force tranquille et un seul de ses regards laissait comprendre qu'il n'était pas bon de la provoquer.

Lorsqu'elle sortit de l'arrière boutique guindée de la robe blanche, il était évident qu'elle y était mal à l'aise. Pire, cela fit même sourire Sirion, un sourire moqueur assez gênant pour sa fierté.... mais elle ne lui en tiendrait rigueur.

" Eh bien, si je n'étais pas déjà fou amoureux de toi il ne fait nul doute que je succomberais  instantanément à ton charme en te voyant si élégante. Mais... cela te prive par trop de liberté à mon sens, c'est trop... sage pour la farouche guerrière que tu es. "

Les joues de la jeune femme rosirent légèrement.

" Mmmm.... cette robe n'est pas seulement sage, c'est une véritable cage. Il me faut quelque chose de plus... "

Mais n'eut-elle à peine le temps de lui répondre que le cavalier savait exactement ce qui lui fallait. Il comprit sans qu'elle n'eut à dire quoi que se soit, et une nouvelle fois, les connaissances de son amant dans cet univers de costumes la surprenait. Si elle était comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, lui, était tout à fait à son aise.

" Quelque chose de plus... Eridanien conviendrait mieux je pense. Une robe ou une jupe fendue qui lui permettra de ne pas devoir faire des pas de nain serait déjà appréciable. L'ensemble pourrait jouer sur la transparence, suggérant sans pour autant révéler, sembler simple au premier regard mais dévoiler à qui y regarderait à deux fois que ce n'est qu'une apparence trompeuse...  Avec ceci, par exemple. En jouant sur de savantes superpositions je pense que cela pourrait donner quelque chose de...royal, tout en restant sobre et surtout en laissant une totale liberté de mouvements. Voyez-vous l'idée?"

Sighild en demeura muette. Demandez lui d'imaginer un champ de bataille, elle en était capable. Mais là? De ses grands yeux dorés, elle observa son amant discuter avec le commerçant. Le laissant marchander, elle profita de ses quelques minutes pour se changer et remettre enfin une tenue dans laquelle elle se trouvait bien plus sereine.

Lorsqu'elle revint, le marchand semblait tout penaud comme un enfant qui venait de se faire gronder. Il fallait dire qu'elle n'avait pas tout suivi, mais à peine se représenta-t-elle qu'on lui désigna les fameux tissus en question.

" Alors, qu'en penses-tu ma Dame? Ces tissus te sembleraient-ils convenir? Et me concernant, aurais-tu une idée? "

La jeune femme se mit à toucher la matière des tissus, comme si elle vérifiait que cela soit agréable à porter. En guise de réponse, elle hocha positivement de la tête.

" Cela m'a l'air... bien. J'attends juste de voir comme cela sera une fois portée, mais ces tissus semblent nobles. Je suppose que cela conviendra tout à fait. "

Elle finit par afficher un petit sourire, à la fois pour rassurer le marchand mais aussi pour Sirion. Puis elle se mit à réfléchir en ce qui concernait ce que lui pourrait porter. C'était la pire demande qu'il pouvait lui faire, tout en sachant que si le commerçant n'était pas là, sa réponse aurait été facile : il n'avait pas besoin de porter quoique se soit.... mais ce n'était pas le but.

" Le grenat est une couleur qui te sied bien... tout comme un bleu profond. Mais je ne suis pas certaine que cela soit bien indiqué pour une tenue de mariage. Peut-être devrait-on aussi utiliser le tissu avec le liseret d'or qui pourrait rappeler la robe...  De toute manière, tu as toujours été le plus élégant d'entre nous. Un rien ne t'habille. "

Le sourire de la lhurgoyf s'élargit. Une nouvelle fois, elle se reposait sur lui, mais n'était-ce pas le propre du mariage? Puis elle se tourna vers le commerçant.

" Je suppose qu'il vous faut nos mensurations?  "

Le vendeur avait déjà de quoi mesurer entre ses mains, ou plutôt dans ces poches.

" Bien entendu!!! Venez par ici, madame. Votre Seigneur a du goût, il me sera facile de concevoir ce qu'il a imaginé, et vous allez être une mariée sublime. "

Longueur de la taille, des jambes, des bras, du buste.... en un tour de main, le couturier avait déjà noté tout ce qu'il y avait à savoir.

" Nous avons des petites mains qui sont capable de travailler dans un temps record! Pour quand vous faut-il vos tenues? "

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Dim 18 Nov - 9:59

Les joues de ma bien-aimée rosirent joliment lorsque je lui fis un compliment sur son élégance, puis elle déclara que la robe qu'elle était en train d'essayer n'était pas seulement trop sage, mais une véritable cage. Je ne pouvais qu'être d'accord avec ça, elle n'avait rien d'une noble guindée dont la seule tâche quotidienne consistait à donner des ordres à une foule de domestiques. Jézabel me laissa expliquer ce que j'imaginais pour elle au marchand avec, sur le visage, une expression de surprise, étonnée sans doute que j'aie quelques notions de mode, puis elle s'empressa d'aller se changer, visiblement trop mal à l'aise dans sa "cage" pour la supporter plus de quelques instants.

J'en profitai pour mettre quelques points sur les "i" du commerçant et désignai moi-même les tissus que je pensai appropriés puis, lorsque ma compagne revint, lui demandai s'ils lui semblaient convenir. Après les avoir palpés, sans doute pour en éprouver la douceur et la souplesse, elle hocha légèrement la tête avec un léger sourire et me répondit:

"Cela m'a l'air... bien. J'attends juste de voir comme cela sera une fois porté, mais ces tissus semblent nobles. Je suppose que cela conviendra tout à fait."

Je lui demandai également si elle avait une idée de ce qui m'irait pour la cérémonie; une question qui, d'un côté, sembla l'ennuyer un peu, mais dans le même temps je vis apparaître un petit éclat malicieux dans son regard et n'eus nul besoin d'explications pour savoir à quoi elle pensait. Notre passion était telle que nous n'étions jamais plus heureux que nus et blottis l'un contre l'autre mais, si amusante que soit l'idée de nous présenter à notre mariage sans le moindre vêtement et de voir la tête des gens, il nous fallait malheureusement satisfaire un minimum aux convenances. Je lui retournai donc un petit sourire entendu en l'écoutant me répondre pensivement:

"Le grenat est une couleur qui te sied bien... tout comme un bleu profond. Mais je ne suis pas certaine que cela soit bien indiqué pour une tenue de mariage. Peut-être devrait-on aussi utiliser le tissu avec le liseré d'or qui pourrait rappeler la robe...  De toute manière, tu as toujours été le plus élégant d'entre nous. Un rien t'habille."

Je ne pus retenir un léger rire à cette réponse qui, tout en me donnant une vague piste sur ce qu'elle préférait me voir porter, me renvoyait la responsabilité de ce choix. Quant à notre élégance réciproque, j'avais un avis tout à fait différent sur la question, mais la présence du marchand me dissuada de faire valoir mon point de vue et je me contentai de répliquer avec une petite moue:

"Le grenat ferait ravage à Phelgra, mais ici je ne suis pas sûr qu'un rappel aussi...sanglant de mon affiliation soit très apprécié. Du bleu, donc. Ou plutôt, des bleus dans le même esprit que ta robe, jouant sur la transparence et ornés, pourquoi pas, de ces magnifiques broderies. Avec un pantalon noir pour faire ressortir les teintes bleues et or, je suppose que cela pourrait donner quelque chose d'acceptable."

Jézabel ayant ensuite demandé au tailleur s'il lui fallait nos mensurations, ce dernier s'empressa de les prendre avec une célérité révélant son expérience tout en jasant:

"Bien entendu!!! Venez par ici, madame. Votre Seigneur a du goût, il me sera facile de concevoir ce qu'il a imaginé, et vous allez être une mariée sublime."

Je plissai légèrement les yeux à ces flatteries qui ne faisaient jamais qu'asséner des évidences, Jézabel était toujours sublime et tout cavalier qui se respectait avait des notions pointues en matière d'apparence, mieux valait en imposer lorsque l'on résidait à Themisto; mais je ne relevai pas et répondis plutôt à la question qu'il nous posa ensuite visant à savoir pour quand il nous fallait ces tenues:

"Disons...dans trois jours?"

Je tournai un regard interrogatif vers Jézabel afin de savoir si ce délai lui paraissait correct, ne sachant pas trop pour ma part quand son amie serait prête à officier. Une fois qu'elle eut répondu, je remerciai le tailleur et lui donnai une avance tout en lui remémorant aimablement de tenir sa langue, puis je souris tendrement à ma dulcinée:

"Voilà une bonne chose de faite. Allons-nous voir ce joaillier dont tu parlais maintenant ou laissons-nous cela pour demain afin d'aller nous promener dans cette fameuse allée?"


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Mer 21 Nov - 0:06

Demander lui de se battre, l'Eryl lèvera sa faux le port altier. Demander lui son avis en matière de chiffon, là vous la verrez plutôt vous tourner le dos. Toutefois, nul possibilité pour elle de fuir l'engagement qui était le sien à la fois car elle aspirait à cet union, et d'autre part, parce que Sirion lui avait demandé son opinion. Néanmoins, il la connaissait assez pour savoir quelle était parfaitement mal à l'aise sur le sujet, et lorsque cette dernière n'eut aucune honte à lui renvoyer la décision à prendre, cela sembla amuser le cavalier. Puis vint la question de date afin de savoir quand ils pourraient récupérer leurs tenues. Trois jours.

" Cela me semble bien. Si nous allons voir Tésoa dès demain, nous pouvons considérer qu'elle aura tout préparer pour la journée qui suit. Même âgée, elle est d'une organisation sans faille et est capable de s'adapter très facilement à une situation. "

Sighild se mit à sourire à son jeune fiancé, avant que ce dernier ne règla les derniers détails et avances avec le commerçant. Pourquoi sourire? Parce qu'elle était tout simplement... heureuse. Une fois hors de l'établissement, elle eut l'impression de retrouver son souffle. Elle trouvait bien moins stressant de faire face à un carnéa qu'un vendeur de tissus. Sans compter l'idée d'essayer des robes. Et encore, elle n'en avait revêtu qu'une seule!  

" Voilà une bonne chose de faite. Allons-nous voir ce joaillier dont tu parlais maintenant ou laissons-nous cela pour demain afin d'aller nous promener dans cette fameuse allée? "

Jézabel eut une nouvelle petite esquisse en coin et se saisit de la main du lhurgoyf pour l'entrainer sur le chemin.

" Allons simplement nous promener. Le joailler est un manipulateur de métal. Il nous fonctionnera rapidement notre demande donc... rien ne presse. Et puis... je préfère respirer l'air frais de la cité plutôt que la poussière d'un magasin. "

A cet instant là, la jeune femme laissa s'installer le silence. Il n'avait rien de pesant, bien au contraire. Il permettait à tout deux de profiter de l'un de l'autre, sans mot, sans fioriture, sans avoir à prononcer la moindre banalité. C'était une promenade ordinaire pour deux individus qui ne l'étaient pas tant. Toutefois, l'un comme l'autre savait pertinemment que l'instant qu'ils vivaient là serait un moment rare. Un des derniers avant un certain temps. Si par malheur, Démégor venait à apprendre leurs projets - et si une quelconque part d'Ekzékiel vivait encore dans cette poitrine inanimée de vie - cela réveillerait sans doute le dément qui était en lui.

Jézabel se souvenait encore de son visage lorsqu'un homme posait un regard un peu trop insistant sur sa personne, elle voyait la colère, la surprotection d'un frère. Elle ne lui en avait jamais fait le reproche car il prenait garde à ne pas l'étouffer. Il menait ses actions dans l'ombre, elle le savait.... mais elle n'avait jamais rien dit. Cela avait toujours été ainsi pour les jumeaux. Mais maintenant, ce lien était brisé. Il n'avait plus rien d'un frère et d'une sœur, ils étaient des étrangers. Peut-être que leur destin aurait été différent si ce dernier était venu à elle lorsqu'il s'éveilla comme gorgoroth. Après tout, il aurait pu lui raconter bien des mensonges et lui dépeindre un portrait qu'elle n'aurait pas supporter de Sirion. Il n'avait pas fait ce choix. Il avait préféré disparaître sous le masque de Démégor. Il avait préféré s'élever à la tête des Cavaliers de Sharna et de mener Phelgra. Son frère était mort depuis des siècles.

Mais ce jour n'était pas celui des souvenirs mais celui de l'avenir qui prenait doucement forme. Il ne fallut pas plus d'un quart d'heures pour arriver sur l'immense allée des piliers. Là, il se dressait des dizaines de colonnes, guidant un chemin pavé de pierres lisses aux couleurs sables. Comme avait pu indiquer l'Eryllis, il y avait un arbre de nature différente entre chaque pylône. Malgré cela, la lumière des soleils passaient entre les feuillages et offraient un sentiment de plénitude à ceux qui venaient gambader dans les parages.

" Voici la fameuse allée des Piliers. C'est un lieu... serein. J'aimais à venir réfléchir ici quand je me posais trop de questions. "

L'heure n'était pas spécialement tardive, mais il n'y avait que peu de monde à ce moment là. A plusieurs endroits, des bancs de pierres avaient été disposés afin que les promeneurs puissent se poser un peu. Après plusieurs mètres sur le chemin, Sighild désigna un des sièges de roche.

" Allons-nous assoir quelques instants."

L'amazone n'avait pas quitté la main de Sirion, si ce ne fut pour prendre place sur le banc. Croisant les jambes, les bras posés en arrière, ses cheveux d'argents basculèrent au même instant. Ses yeux d'ambres se posèrent sur l'un des immenses piliers et on vit rapidement qu'elle réfléchissait à l'expression de son regard.

" Je n'ai jamais vraiment assisté à un mariage mais... il me semble que les futurs époux s'adressent des serments, n'est-ce pas? Il va nous falloir peser nos mots... mais surtout bien choisir les tiens. Je ne te pardonnerais aucun mensonge. "

La jeune femme se mit à sourire. Les promesses avaient leur importance, même après des siècles...

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Jeu 22 Nov - 10:22

Jézabel m'ayant confirmé que le délai convenait, son amie Tésoa étant quelqu'un d'organisé malgré son âge, j'achevai la tractation avec le tailleur et demandai ensuite à ma compagne si elle souhaitait que nous allions de suite voir le joaillier ou si elle préférait que nous remettions cela au lendemain et allions simplement nous promener. Sans grande surprise, elle me répondit que le joaillier pouvait attendre, étant un manipulateur de métal, et qu'elle préférait l'air pur de la cité à la poussière d'une boutique. Une fois sortis de l'échoppe, main dans la main, je tournai le visage vers elle et, amusé, remarquai d'un ton taquin:

"Ce qui est sûr avec toi, c'est que tu ne me ruineras pas en bijoux et autres robes hors de prix..."


Nous marchâmes ensuite un petit quart d'heure sans prononcer un mot, savourant simplement ces rares instants de paix et la présence de l'autre, jusqu'à parvenir à cette fameuse allée des piliers. Il y en avait des dizaines et chacun était côtoyé par un arbre différent; de petits bancs étaient disposés ça et là, de part et d'autre de l'allée empierrée couleur sable qui parcourait le lieu. La lumière filtrée par les arbres donnait une atmosphère étrangement sereine au lieu, propice à la réflexion ainsi que le fit remarquer Jézabel:

"Voici la fameuse allée des Piliers. C'est un lieu... serein. J'aimais à venir réfléchir ici quand je me posais trop de questions."

J’acquiesçai d'un hochement de tête tout en admirant cet endroit dans lequel je n'étais jamais venu et fit de même lorsque mon Aimée proposa de nous asseoir sur l'un des bancs. Je détachai mon regard des arbres et des colonnes de pierre pour la contempler lorsqu'elle s'assit nonchalamment,  jambes croisées et bras en arrière, sa longue chevelure ruisselant comme une rivière d'argent à ce mouvement. Dieux qu'elle était belle! J'en eus la gorge nouée et mon coeur battit un peu plus vite dans ma poitrine, qu'avais-je fait pour mériter une femme pareille? Je me penchai pour déposer un tendre baiser sur ses lèvres avant de m'asseoir à ses côtés, puis je l'observai sans un mot en réalisant à l'expression de son regard d'ambre qu'elle était plongée dans une profonde réflexion. Celle-ci ne tarda d'ailleurs pas à m'être dévoilée:

"Je n'ai jamais vraiment assisté à un mariage mais... il me semble que les futurs époux s'adressent des serments, n'est-ce pas? Il va nous falloir peser nos mots... mais surtout bien choisir les tiens. Je ne te pardonnerai aucun mensonge."

Je plissai les yeux à ses derniers mots qui, bien que soulignés d'un sourire, n'en étaient pas moins sérieux et, d'une certaine manière, blessants. Je pris un instant pour juguler mon sentiment et lui répondre doucement, le regard rivé dans le sien:

"Pour répondre à ta question, oui, il est d'usage que les futurs époux prononcent un serment l'un envers l'autre. Quant au reste, je ne t'ai jamais menti, Jézabel, et je n'ai nullement l'intention de commencer un jour. Crois-tu vraiment que je sois si malléable qu'il m'ait suffit de rejoindre les Cavaliers de Sharna pour me laisser corrompre par la fourberie des pires d'entre eux?"


Je laissai filer un bref silence avant de reprendre pensivement:

"Mais je suppose que tu as dit cela par rapport aux projets dont je t'ai parlé? Notre mariage pourrait aussi bien ne durer que jusqu'à la minute où je retournerai à Phelgra, nous le savons tous les deux. Est-ce cela que tu crains en réalité? Exprime ta pensée mon Amour, rien n'est gravé dans le marbre et tu devrais savoir que je serais prêt à te suivre à Noathis sans plus me soucier des Cavaliers ou de Démégor si tu le demandais..."

J'étais prêt à tout abandonner sans l'ombre d'un regret pour elle, elle n'avait qu'un mot à dire et Noathis deviendrait ma partie, sa cause la mienne. Bien évidemment Démégor finirait par apprendre notre union et il enverrait des assassins me traquer, mais la vie était dangereuse dans tous les cas et cette idée ne m'effrayait pas plus que ça. La seule et unique chose importante à mes yeux était la femme assise à mes côtés, le reste, tout le reste, passait après.


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Lun 26 Nov - 0:11

L'amazone se tenait assise sur le banc, l'air pensive mais demeurant tout de même captivée par le cavalier qui l'accompagnait. Quand elle l'interrogea sur les promesses de leur union, ce dernier plissa les yeux avec une certaine sévérité. Le regard qui lui adressa brillait d'une lumière toute à fait sérieuse mais celui de la jeune femme ne faillit pas non plus. Ses pupilles dorés ne quittèrent pas celle de son fiancé et lui accordait toute l'attention qu'il méritait. L'avait-elle... vexé? Peu-être s'était-elle montrée maladroite dans son trait d'humour, mais il s'agissait là d'un art qu'elle ne maîtrisait pas.

" Pour répondre à ta question, oui, il est d'usage que les futurs époux prononcent un serment l'un envers l'autre. Quant au reste, je ne t'ai jamais menti, Jézabel, et je n'ai nullement l'intention de commencer un jour. Crois-tu vraiment que je sois si malléable qu'il m'ait suffit de rejoindre les Cavaliers de Sharna pour me laisser corrompre par la fourberie des pires d'entre eux? "

La jeune femme ne répondit pas, elle laissa simplement le silence s'installer car elle se doutait que le lhurgoyf n'avait pas encore tout dit. Elle ne doutait pas de lui, pas le moins du monde. Il disait vrai quand il lui intima qu'il ne lui avait jamais menti, elle était convaincue de cette vérité là pour la simple raison qu'elle avait confiance. Si quelqu'un avait appris à mentir, c'était plutôt elle, elle et ses secrets qui allaient bien au delà de sa propre personne. Ce n'était pas sans compter tous les mensonges qu'elle avait pu se faire à elle-même, ou ceux qu'elle avait pu donner en pâture à son frère sans vergogne. Le mensonge était un poison qui vous rongeait comme le sel attaquait la pierre.

" Mais je suppose que tu as dit cela par rapport aux projets dont je t'ai parlé? Notre mariage pourrait aussi bien ne durer que jusqu'à la minute où je retournerai à Phelgra, nous le savons tous les deux. Est-ce cela que tu crains en réalité? Exprime ta pensée mon Amour, rien n'est gravé dans le marbre et tu devrais savoir que je serais prêt à te suivre à Noathis sans plus me soucier des Cavaliers ou de Démégor si tu le demandais... "

La seule pensée de le perdre aussitôt retrouvé lui glaçait le sang, et un frisson lui parcourut toute la colonne vertébrale. Elle connaissait parfaitement les risques et la tentation de lui demander de n'en prendre aucun était grande. Il lui aurait été si facile de lui dire de tout laisser derrière lui, de la suivre, de se faire oublier dans les profondeurs de sa chère forêt.... si facile. Mais tous deux savaient que cela ne serait pas une solution à leur propre. Ekzékiel était un homme qui n'abandonnait pas, un tenace et un téméraire qui ne lâcherait rien. Après tout, n'avait-il pas refusé la mort? Fuir n'était pas la solution.

La jeune femme laissa échapper un soupir alors que sa main, posée sur celle de Sirion, l'étreignait avec tendresse. Elle finit par le regarder, et sourire comme elle savait présentement le faire.

" Je ne doute pas de toi un seul instant Sirion. Si je ne connaissais pas la rancœur de mon frère, te demander de me suivre à Noathis serait le premier de mes vœux. Je ne nierais pas que le combat qui t'attend m'effraie. Vous êtes les pires adversaires qu'ils pouvaient se trouver face à l'un comme à l'autre. Vous ne vous connaissez que trop bien. "

Elle passa son autre main sur la joue de son amant et s'approcha de lui pour l'embrasser, avant de reprendre son discours.

" Si nous ne l'affrontons pas, nous passerions notre temps à regarder derrière nous à attendre que son ombre s'abatte. Mais je refuse catégoriquement de te perdre. Pas une nouvelle fois. Tu n'auras pas d'autres choix que de vaincre. C'est le seul ordre que je te donnerais. Vaincre et me revenir. "

La lhurgoyf savait pertinemment que son chagrin aurait raison sur tout le reste dans la plus pessimiste des éventualités. Le perdre la première fois avait été une telle déchirure que cela avait bien failli la briser. Le perdre une seconde fois serait le plus terrible et le plus cruel des supplices., surtout des mains de son propre frère.
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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Lun 26 Nov - 10:50

Les prunelles d'ambre de la belle Eryl ne se détournèrent ni ne se baissèrent lorsque je la fixai pour lui affirmer que le mensonge n'avait pas sa place envers elle puis l'incitai à exprimer le fond de sa pensée en ajoutant que j'étais tout prêt à la suivre jusqu'en Noathis sans me retourner. Elle sembla hésiter un instant, frissonnant même légèrement, mais finit par soupirer en pressant tendrement ma main avant de m'adresser un magnifique sourire et de me répondre:

"Je ne doute pas de toi un seul instant Sirion. Si je ne connaissais pas la rancœur de mon frère, te demander de me suivre à Noathis serait le premier de mes vœux. Je ne nierai pas que le combat qui t'attend m'effraie. Vous êtes les pires adversaires qu'ils pouvaient se trouver face à l'un comme à l'autre. Vous ne vous connaissez que trop bien."

Elle caressa alors ma joue de sa main libre et me gratifia d'un doux baiser avant d'ajouter:

"Si nous ne l'affrontons pas, nous passerions notre temps à regarder derrière nous à attendre que son ombre s'abatte. Mais je refuse catégoriquement de te perdre. Pas une nouvelle fois. Tu n'auras pas d'autres choix que de vaincre. C'est le seul ordre que je te donnerai. Vaincre et me revenir."

J'inclinai légèrement le visage, pensif, et gardai un instant le silence avant de murmurer:

"Une part de moi espérait que tu dirais cela. Une autre..."


Combien de fois avais-je rêvé qu'elle m'autorise à étriper enfin ce maudit? Combien de fois avais-je retenu ma colère envers Démégor pour l'amour d'elle? Je ne craignais pas de l'affronter, tout puissant qu'il soit. Non que je fus certain de le vaincre, le sous-estimer aurait été une erreur fatale, mais près d'un millénaire de batailles m'avait appris à aborder la vie avec un certain fatalisme. Vivre ou mourir, cela n'avait pas tant d'importance, ce qui en avait c'était le comment. Pourtant, cette valse mortelle aurait des implications qu'il aurait été insensé d'ignorer et, après un bref regard à l'arbre qui nous surplombait, je repris à mi-voix, les yeux à nouveau rivés dans ceux de mon Amour:

"Ce n'est pas un homme seul que j'affronterai, mais le maître des Cavaliers de Sharna. Le terrasser, ce sera comme donner un coup de pied dans une fourmilière remplie de fourmis mortellement venimeuses. En tant que membre de cet ordre, le vaincre implique que je prenne sa place, ce que beaucoup ne verront pas d'un bon oeil, à commencer par Wode. Je devrai écraser impitoyablement tous ceux qui remettront en question mon autorité, me montrer si féroce que tous en viennent à me craindre comme si j'étais la mort en personne, il n'y a pas d'autre moyen de se maintenir à la tête des Cavaliers, ou simplement en vie, tu le sais comme moi."


Je marquai une brève pause avant d'ajouter doucement:

"Tu vois, j'avais établi un plan, reprendre le contrôle de Ridolbar puis aller défier et tuer Démégor afin de prendre la tête des Cavaliers et d'être en mesure de les ramener sur le chemin que les fondateurs de cet ordre avaient déterminé. Mais j'ai beaucoup réfléchi ces derniers jours et, aujourd'hui, je ne suis plus certain d'en avoir envie, parce que la question qui se pose, c'est: avons-nous vraiment envie de cela, de cette vie? Comment ferons-nous pour vivre ensemble alors que nous aurons tous deux la responsabilité de peuples séparés par la moitié du monde? Comment trouverons-nous des moments pour nous dans tout ça"


Je n'avais jamais désiré acquérir du pouvoir, j'en avais acquis par la force des choses, parce que Themisto était le seul chez-moi que j'avais jamais connu et que ceux qui dirigeaient maintenant cette cité bafouaient allègrement les principes qui lui avaient donné naissance, ce que j'avais du mal à tolérer. Mais maintenant que j'avais retrouvé Jézabel... je pouvais imaginer vivre ailleurs, quelle importance du moment que j'étais avec elle? Je m'étais battu toute ma vie pour des causes auxquelles je n'adhérais pas forcément, plus parce qu'il fallait bien faire quelque chose et gagner ma vie que par conviction, peut-être était-il temps que je lutte pour une cause que j'aurais véritablement choisie? Éliminer Démégor était une nécessité, j'en avais bien conscience, mais le reste?


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Dim 2 Déc - 16:33

Leur situation était complexe mais ne l'avait-elle pas toujours été de par la seule volonté d'un homme unique? Ekzékiel avait toujours veillé sur elle de son vivant, il s'était toujours octroyé le rôle de sauveur. Lorsqu'ils étaient enfants, lorsque la faim les tiraillait, il avait toujours joué les hommes forts et offrait son pain à sa sœur. Lorsqu'ils furent esclaves, il avait appris à supporter de voir sa sœur porter des chaînes et recevoir des coups pour le mâter lui, car elle avait été sa principale faiblesse. Leur vie avait toujours été intimement liée. Jézabel savait pertinemment tout ce qu'elle lui devait... mais aussi tout ce qu'elle avait perdu. Ses sentiments étouffants avaient failli lui ôter la plus belle chose qu'elle n'eut jamais reçu de sa longue existence : Sirion. Et quelques parts, il aurait pu réussir si leurs routes ne s'étaient pas croisées, les siècles ou la mort auraient pu faire leur office.

" Ce n'est pas un homme seul que j'affronterai, mais le maître des Cavaliers de Sharna. Le terrasser, ce sera comme donner un coup de pied dans une fourmilière remplie de fourmis mortellement venimeuses. En tant que membre de cet ordre, le vaincre implique que je prenne sa place, ce que beaucoup ne verront pas d'un bon oeil, à commencer par Wode. Je devrai écraser impitoyablement tous ceux qui remettront en question mon autorité, me montrer si féroce que tous en viennent à me craindre comme si j'étais la mort en personne, il n'y a pas d'autre moyen de se maintenir à la tête des Cavaliers, ou simplement en vie, tu le sais comme moi. "

Elle le savait en effet. Ils étaient destinés à une vie de combat sans fin, une vie à passer à entendre le bruit des épées s'entrechoquer, la peur au ventre de se perdre définitivement l'un et l'autre.

" Tu vois, j'avais établi un plan, reprendre le contrôle de Ridolbar puis aller défier et tuer Démégor afin de prendre la tête des Cavaliers et d'être en mesure de les ramener sur le chemin que les fondateurs de cet ordre avaient déterminé. Mais j'ai beaucoup réfléchi ces derniers jours et, aujourd'hui, je ne suis plus certain d'en avoir envie, parce que la question qui se pose, c'est: avons-nous vraiment envie de cela, de cette vie? Comment ferons-nous pour vivre ensemble alors que nous aurons tous deux la responsabilité de peuples séparés par la moitié du monde? Comment trouverons-nous des moments pour nous dans tout ça "

Le regard de Sighild n'avait pas quitté ceux de son amant. Elle comprenait parfaitement ce qui se jouait là et leur destin ne tenait en réalité qu'à un fil. Si Sirion retournait auprès des Cavaliers, c'était tout une armée qu'il aurait à affronter, toute une armée à convaincre et cela pourrait prendre plus de deux vies entières. Plus le temps passait, plus l'un comme l'autre se rendait compte que leurs présences mutuelles étaient une bouffée d'oxygène dont ils ne pouvaient pas se passer. Une nouvelle séparation serait insupportable en sachant qu'ils y avaient trop d'inconnues : combien de temps, quel pourcentage de réussite, etc...

La jeune femme enroula alors ses bras autour des épaules de son fiancé, et lui sourit comme si elle cherchait à le rassurer.

" Amour... la seule vie à laquelle j'aspire est une vie à tes côtés. Tes choix seront les miens et je t'épaulerais quelque soit ta décision. Mais je ne te cacherais pas que ma vie est à Noathis... j'ai trop de mauvais souvenirs de Phelgra... à part la nuit que nous avons passé quelques jours plus tôt, bien entendu. "

Jézabel lui sourit de plus belle avant de reprendre le fil de sa conversation.

" Me séparer de toi maintenant est une idée qui m'est intolérable, pas maintenant que je t'ai retrouvé, pas maintenant que nous nous sommes expliqués. Nous avons gâché tant d'année parce que nos avions peur, je refuse que nous en gâchons de nouveau à cause de lui. Si être un cavalier t'importe peu, alors nous pouvons revoir tes plans... mais ensemble. Je pense avoir un droit de regard en tant que future épouse. "

Le regard de l'éryllis était doux et chaleureux, caressant tendrement la chevelure au couleur de l'acier de son amant.

" Parmi les vœux qui seront les miens, sache que je mettrais un point d'honneur à chasser les nuages noirs qui seront devant tes yeux. Je me tiendrais fièrement à tes côtés, je serais ton soutien et ta force qu'importe les circonstances. Mon vœu le plus cher est que tu viennes avec moi, que je puisse me réveiller à tes côtés chaque matin."

L'amazone soupira, conservant néanmoins une petite esquisse sur le coin des lèvres.

" Quelle égoïste épouse je ferais, n'est-ce pas? "

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Lun 3 Déc - 14:37

Jézabel m'écouta sans mot dire, regard rivé au mien. Je savais qu'elle comprenait mon dilemne au-delà de mes mots, nous étions devant un choix qui, d'une manière ou d'une autre, aurait de lourdes conséquences pour notre avenir. Lorsque j'eus terminé, elle m'entoura de ses bras, comme pour me réconforter, et déclara avec un sourire:¨

"Amour... la seule vie à laquelle j'aspire est une vie à tes côtés. Tes choix seront les miens et je t'épaulerais quelque soit ta décision. Mais je ne te cacherais pas que ma vie est à Noathis... j'ai trop de mauvais souvenirs de Phelgra... à part la nuit que nous avons passé quelques jours plus tôt, bien entendu."

Je ne pus que répondre à son large sourire au souvenir de cette nuit brûlante qui avait marqué nos retrouvailles, mais je l'écoutai poursuivre sans intervenir:

"Me séparer de toi maintenant est une idée qui m'est intolérable, pas maintenant que je t'ai retrouvé, pas maintenant que nous nous sommes expliqués. Nous avons gâché tant d'années parce que nous avions peur, je refuse que nous en gâchions de nouveau à cause de lui. Si être un cavalier t'importe peu, alors nous pouvons revoir tes plans... mais ensemble. Je pense avoir un droit de regard en tant que future épouse."

La peur. Oui, c'était par crainte que nous avions laissé Ekzékiel nous imposer son joug, crainte de ses réactions, d'un affrontement qui aurait placé ma bien-aimée dans une situation intolérable. Nous étions jeunes et aveugles, à l'époque, nous pensions pouvoir éviter l'inéluctable et, bien sûr, la réalité nous avait rattrapé. Quant au droit de regard, je murmurai simplement en frôlant sa joue d'une tendre caresse:

"Ai-je jamais rien fait sans te consulter alors que nous étions ensemble? Ai-je, ne serait-ce qu'une fois, ignoré ton avis?"

N'était-ce pas précisément parce que je ne souhaitais pas prendre seul une décision nous impliquant tous deux que je venais de lui faire part de mes doutes? Ne lui avais-je pas demandé son avis lorsque j'avais évoqué le plan en question? Je ne m'offusquai néanmoins nullement de ses paroles, je savais que c'était la peur de me perdre, la peur d'un destin funeste et non un manque de confiance qui l'incitaient à parler ainsi. Songeur, plongé dans son doux et chaleureux regard, je l'écoutai poursuivre:

"Parmi les vœux qui seront les miens, sache que je mettrai un point d'honneur à chasser les nuages noirs qui seront devant tes yeux. Je me tiendrai fièrement à tes côtés, je serai ton soutien et ta force qu'importent les circonstances. Mon vœu le plus cher est que tu viennes avec moi, que je puisse me réveiller à tes côtés chaque matin."

Avec un soupir agrémenté d'un petit sourire en coin, elle ajouta:

"Quelle égoïste épouse je ferai, n'est-ce pas?"

Je cueillis ce sourire d'un léger baiser et l'enlaçai amoureusement avant de lui rétorquer avec sérieux:

"Il était grand temps que tu penses un peu à toi-même, mon Amour. Que nous pensions à nous avant de nous préoccuper des autres."

Je la serrai contre moi avec force et embrassai tendrement sa chevelure d'argent durant quelques instants, le temps de soupeser soigneusement ce choix décisif qu'il me fallait prendre. Enfin, je me reculai un peu de façon à pouvoir la contempler au fond des yeux et repris d'un ton résolu:

"Dans ce cas, nous partirons pour Noathis après notre mariage et je t'aiderai à protéger ton peuple et ses terres."

Ce qui signifiait que je quitterai les Cavaliers de Sharna et que je serai pourchassé comme un traître par mes anciens frères d'armes, mais je ne jugeai pas utile de le préciser, Jézabel le sachant fort bien. Démégor l'apprendrait, tout comme il apprendrait notre union, et il entrerait probablement dans une rage folle qui ne s'éteindrait qu'après m'avoir anéanti. Il nous enverrait certainement des assassins, mais nous serions sur notre territoire et ils ne trouveraient que la mort s'ils osaient s'y aventurer. Restait une question:

"Mais dis-moi, comment les Eryllis accepteront-elles ma venue, ma présence à tes côtés? Les hommes ne sont-ils pas proscrits?"


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Sam 8 Déc - 18:45

Lorsque son regard d'ambre se plongeait dans celui de son amant, la jeune femme se demandait comment avait-elle réussi à avancer malgré le poids de son absence. Si elle regardait en arrière, si elle regardait toutes les actions qui furent les siennes, malgré sa hargne et ses convictions, il lui avait toujours manqué quelque chose dans le cœur, il y avait toujours eu un vide depuis Taulmaril. Au départ, elle se demandait si c'était la perte de son frère ou ce qu'elle avait cru comme la trahison de Sirion, sa faiblesse ou même les trois en même temps; Aujourd'hui qu'elle se tenait à ses côtés, elle était capable de dire que c'était sa présence à lui, la force de ses sentiments, le courage qui lui insufflait qui lui avait manqué. Ekzékiel était son jumeau, mais sa moitié était bel et bien Sirion.

" Il était grand temps que tu penses un peu à toi-même, mon Amour. Que nous pensions à nous avant de nous préoccuper des autres. "

Elle se serra dans ses bras, amoureusement. Cette chaleur semblait lui redonner vie. Finalement, elle n'avait été qu'une morte-vivante pendant près de six siècles, obéissant à ses principes et sa raison, jamais à son cœur. Puis ce fut à cet instant que le lhurgoyf prit une décision des plus importantes, pour lui comme pour elle, pour leur avenir.

" Dans ce cas, nous partirons pour Noathis après notre mariage et je t'aiderai à protéger ton peuple et ses terres. "

La résolution dans le regard de Sirion prouvait sa détermination. A cet instant là, elle le pensait empli d'un courage qui lui avait fait défaut, mais elle le soutiendrait.

" Mais dis-moi, comment les Eryllis accepteront-elles ma venue, ma présence à tes côtés? Les hommes ne sont-ils pas proscrits? "

L'Eryl sourit légèrement face à cet inquiétude. Il fallait dire qu'avant même de le retrouver, elle avait déjà réfléchi à la question, sur l'éventualité d'ouvrir son peuple à la venue de quelques hommes.

" Vois-tu... la question s'était maintes fois poser au de notre caste. Quelques unes de mes prédécesseurs avaient tenté d'ouvrir le débat sur le sujet. Je pense que je pourrais en faire autant aujourd'hui. "

L"amazone prit un air tout à fait sérieux et montrait qu'elle avait déjà réfléchi à la question il y avait quelques temps.

" Il y a bien des siècles que les Eryllis se formalisaient à vivre uniquement entre femmes. Mais je sais que beaucoup d'entre elles ne le vivent pas particulièrement bien. Notre caste leur a demandé d'abandonner des fils ou des pères, des frères ou des amants... La vie à laquelle nous aspirons n'a pas pour but de nous priver de ceux que l'on aiment, mais nous de nous retrouver nous-même, de vivre harmonieusement et de se protéger les unes des autres. Ce but pourrait être soutenu par d'autres, et causer bien moins d'inquiétudes à mes sœurs. Sans compter que cela pourrait représenter des défenses supplémentaires. "

Jézabel finit par sourire à nouveau.

" Te sentirais-tu capable de faire face à tous les regards de ces femmes et de te placer sous mon autorité? "

L'esquisse de la jeune femme se mit plus taquin, alors que les soleils commençaient à se coucher.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Mar 11 Déc - 13:23

Ma bien-aimée sourit légèrement à mon inquiétude concernant l'accueil qui me serait fait au sein de la caste purement féminine des Erylis et me répondit avec sérieux que certaines Eryls du passé avaient déjà tenté de soulever la question et qu'elle pensait pouvoir ramener le sujet sur le tapis. D'un air sérieux indiquant qu'elle avait déjà réfléchi au sujet, elle ajouta:

"Il y a bien des siècles que les Eryllis se formalisaient à vivre uniquement entre femmes. Mais je sais que beaucoup d'entre elles ne le vivent pas particulièrement bien. Notre caste leur a demandé d'abandonner des fils ou des pères, des frères ou des amants... La vie à laquelle nous aspirons n'a pas pour but de nous priver de ceux que l'on aime, mais nous de nous retrouver nous-même, de vivre harmonieusement et de se protéger les unes les autres. Ce but pourrait être soutenu par d'autres, et causer bien moins d'inquiétudes à mes sœurs. Sans compter que cela pourrait représenter des défenses supplémentaires."

Se fendant à nouveau d'un sourire, taquin cette fois, elle me demanda si je me sentais capable de faire face à tous ces regards féminins et à me placer sous son autorité, ce qui me fit hausser les épaules avec un sourire amusé:

"Le seul regard féminin qui soit susceptible de me troubler est le tien. Et puis, ne suis-je pas déjà ton preux chevalier servant?"

Je savais surtout qu'elle ne me demanderait jamais de faire quoi que ce soit allant à l'encontre de mes principes, à moins d'y être contrainte pour la survie de son peuple bien sûr. Néanmoins j'avais connu assez de systèmes politiques pour y avoir décelé une faiblesse récurrente et, quitte à ce que les Eryllis changent leur manière de concevoir la place des hommes en leur sein, autant qu'elles ne la reproduisent pas:

"Tu sais mieux que moi comment ton peuple serait susceptible de réagir à cette ouverture, mais je pense qu'il y a une chose importante qu'il vous faudra prendre en compte: prenez soin de donner aux hommes une vraie place, un rôle valorisant au sein de votre société, sans quoi l'amertume et la jalousie s'installeront parmi les hommes que vous aurez accueillis. Dans beaucoup de sociétés les femmes ont été reléguées au second plan, dépourvues de droits et ne pouvant accéder à des postes importants, ce qui engendre un puissant sentiment d'injustice. Tôt ou tard vous aurez le même problème, inversé bien sûr, ne vous voilez pas la face en pensant que cela n'arrivera pas ou vous finirez par le payer très cher."

Je contemplai songeusement les soleils en train de se coucher, essayant d'imaginer quelles conséquences aurait ce choix que je venais de faire sur ma vie, mis à part le fait que les Cavaliers me considéreraient désormais comme un traître à exterminer bien sûr. Quelle serait ma place dans la société des Eryllis, en admettant que Jézabel parvienne à les convaincre de faire une place aux hommes? Que pourrai-je faire pour les aider à protéger leurs terres et leurs existences? Je ne me voyais pas passer le reste de mes jours à vivre une existence paisible et sans histoires, pour être honnête avec moi-même, la seule chose dans laquelle j'avais jamais excellé était l'art de la guerre et je savais que je m'ennuierais vite à mourir dans une petite vie tranquille. Quoi qu'il en soit, ma décision était prise et ces questions trouveraient sans doute réponses lorsque nous arriverions à Noathis, du moins je l'espérais.


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Sighild
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Sam 22 Déc - 16:12

La politique. Voilà un domaine qui n'avait jamais été celui que préférait Jézabel. De sa longue vie, elle avait toujours évité d'y participer d'une manière ou d'une autre, elle s'était toujours abstenue à prendre le moindre partie car elle avait toujours porté jusque là un regard bien sombre sur le monde. Comment aurait-on pu lui en vouloir après tout : abandonnée, ayant grandie dans la pauvreté, poussée à voler ou à tuer pour manger jusqu'à finir entre les griffes d'un mage peu scrupuleux qui l'utilisa comme une esclave et un objet d'échange pour tenir en laisse son propre frère. Pour le reste, elle avait toujours été dans l'ombre d'Ekzékiel. Il avait toujours été le meneur et elle avait toujours suivi dans ces combats, qu'importe où cela pouvait l'emmener. Elle ne se posait jamais de question, elle suivait... jusqu'à ce qu'elle rencontra Sirion qui lui laissa entrevoir un monde qui jusque là lui était voilé par les noires intentions de son jumeau et son propre manque de courage.

Quand elle abandonna sa vie de soldat de Phelgra, le champ de bataille et même Sirion, elle n'avait trouvé que pour seul refuge une vie solitaire dans les méandres de Noathis jusqu'à ce qu'elle fasse la connaissance d'une Eryllis. Elle ne s'était jamais pensée capable de vivre en communauté, ni même d'être utile à des jeunes femmes qui fuyaient un monde qui leur faisait plier les genoux. Pourtant, on lui avait donné sa chance. Elle n'était pas destinée à être une femme de tête, elle avait toujours chassé cette idée avant qu'elle ne soit naturellement désignée. Elle pouvait même se vanter aujourd'hui d'être l'Eryl qui avait le plus long règne au sein de sa caste. Pourquoi? Parce qu'elle ne possédait pas le défaut qui mettait à mal les grandes têtes : elle n'était pas ivre du pouvoir et ne possédait pas d'ambition conquérante.  

Continuant sa conversation avec son amant, ce dernier lui fit des remarques auxquelles elle prêta toute son attention.

" Tu sais mieux que moi comment ton peuple serait susceptible de réagir à cette ouverture, mais je pense qu'il y a une chose importante qu'il vous faudra prendre en compte: prenez soin de donner aux hommes une vraie place, un rôle valorisant au sein de votre société, sans quoi l'amertume et la jalousie s'installeront parmi les hommes que vous aurez accueillis. Dans beaucoup de sociétés les femmes ont été reléguées au second plan, dépourvues de droits et ne pouvant accéder à des postes importants, ce qui engendre un puissant sentiment d'injustice. Tôt ou tard vous aurez le même problème, inversé bien sûr, ne vous voilez pas la face en pensant que cela n'arrivera pas ou vous finirez par le payer très cher. "

Elle comprenait tout à fait ce qu'il disait : ne pas devenir l'exact image de leur propre bourreau. Accueillir des hommes et en adopter les mêmes défauts ne feraient que reprendre les mêmes erreurs de la société qu'elles avaient cherché à fuir. Mais malgré le sérieux de ce conseil, la jeune femme ne put s'empêcher de retenir une petite boutade.

" Tu n'es pas encore parmi nous que déjà tu te sens bridé? "

L'Eryllis porta sa main sur le visage de Sirion et lui fit quitter l'attention des soleils couchants pour la regarder dans les yeux.

" Je n'ai guère l'intention de vouloir commettre les mêmes erreurs que ceux à qui je pourrais faire des reproches. Si je devais m'écarter du bon chemin, je sais que de toutes manières tu serais mon garde-fou, tu me ramènerais à la raison. "

La jeune femme lui sourit.

" De plus, nous savons pertinemment que même si je possède ce projet d'ouverture, il ne pourra pas s'établir aussi vite que ma volonté. Il me faudra penser à tous les détails, à anticiper les problèmes que cela pourrait représenter, être capable d'apporter une réponse au pour et au contre afin de rassurer. J'ai aussi parfaitement conscience que je ne pourrais te présenter comme mon légitime époux lorsque nous rentrerons car cela mettrait à mal ma présente autorité. Il serait bien aisé de me reprocher de vouloir manipuler la politique actuelle de notre caste pour mon unique besoin. Car après tout, cela pourrait tout à fait en donner l'image et je ne pourrais pas le leur reprocher. "

L'inquiétude de la jeune femme était tout à fait légitime. Sighild avait sa réputation, celui d'une femme dont on ne connaissait au final que peu de chose si ce n'était ses actions pour la protection de son pays et de ses consœurs.

" Je sais que je vais réanimer un débat houleux, mais je ferais principalement appel à leur raison. Ce que nous devons défendre est notre mode de vie, pas le fait que nous soyons des femmes mais que nous sommes aujourd'hui les enfants de Noathis. "

A cet instant, l'amazone s'avança et déposa un baiser sur les lèvres de Sirion, avant de se lever. Elle lui saisit la main et le tira vers elle afin de l'obliger à se lever.

" Nous aurons tout le temps de réfléchir à cela. Aujourd'hui et les jours qui arrivent, nous avons le droit de nous accorder le fait de ne penser qu'à nous. Et nous allons commencé par trouver un endroit où dormir. "

La nuit allait bientôt gagner la cité, et leur voyage avait été bien long. Les deux guerriers méritaient un peu de repos, non?
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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: En route vers un jour heureux... [PV Sirion]   Lun 31 Déc - 13:06

Jézabel écouta avec attention la mise en garde que je lui adressai, mais elle ne put s'empêcher d'en plaisanter en me demandant si je me sentais bridé avant même d'avoir rejoint son peuple. Avant que je n'aie pu lui répondre, elle caressa mon visage et m'incita à la regarder dans les yeux avant d'ajouter qu'elle n'entendait nullement commettre ce genre d'erreur et que je serai pour elle une sorte de garde-fou le cas échéant. Souriante, elle poursuivit en remarquant qu'accueillir des hommes à Noathis prendrait du temps et qu'avant que cela devienne possible, il lui faudrait songer à tous les détails, rassurer celles de ses soeurs susceptibles de craindre un tel changement. Elle ne pourrait me présenter d'entrée de jeu comme son légitime époux, bien évidemment, sous peine de mettre à mal son autorité et de se voir accuser de vouloir manipuler la politique de son peuple à son seul profit. Le débat serait houleux, mais ma bien-aimée pensait que faire appel à leur raison suffirait à faire pencher la balance dans le sens qu'elle souhaitait. Elle m'embrassa alors avant de se lever, m'incita à faire de même en me tirant par la main et acheva:

"Nous aurons tout le temps de réfléchir à cela. Aujourd'hui et les jours qui arrivent, nous avons le droit de nous accorder le fait de ne penser qu'à nous. Et nous allons commencer par trouver un endroit où dormir."

J'acquiesçai d'un petit signe de tête en me levant mais, une fois que nous nous fûmes mis en chemin, je remarquai doucement:

"Notre présence ici ne passera pas inaperçue, tu sais. Nous sommes beaucoup trop connus pour cela et seul un aveugle pourrait ignorer que nous avons une relation. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut envisager que tes soeurs seront au courant lorsque nous arriverons dans ton pays, auquel cas tenter de le leur dissimuler risquerait de faire plus de mal qu'autre chose."

Pensif, je gardai le silence durant quelques instants avant d'ajouter:

"Tu te souviens de cet ordre aujourd'hui disparu, les chevaliers d'Oris, qui constituaient une sorte de "pendant lumineux" aux Cavaliers de Sharna? Bien sûr ils étaient d'une naiveté confondante, le "bien" et le "mal" ne sont que des concepts abstraits que chacun définit à sa sauce et qui sont toujours intimement liés, mais je pense que le principe pourrait constituer une piste intéressante pour l'avenir de Noathis."

Ce n'était encore qu'une idée assez vague dans mon esprit, je n'y avais pas vraiment songé avant ce jour et son application poserait elle aussi bien des questions, engendrerait bon nombre d'inquiétudes. Mais j'avais néanmoins le sentiment que cela pourrait être une solution permettant d'équilibrer les rôles et d'asseoir plus solidement l'indépendance de Noathis vis à vis de ses ambitieux voisins. Tout en marchant, je laissai mon esprit retors et rôdé aux jeux du pouvoir examiner les conséquences potentielles, mais je voulais déjà savoir ce que Jézabel pensait de l'idée et gardai donc mes réflexions pour moi dans l'immédiat.

Quelques minutes plus tard, nous parvînmes à une auberge, simple mais confortable, qui nous sembla faire l'affaire. Nous nous y installâmes donc et, la fatigue du voyage aidant, remîmes à plus tard les discussions sérieuses. Comme l'avait dit Jézabel, nous avions bien le droit de ne penser qu'à nous durant ces quelques jours, la réalité du monde nous rattraperait bien assez vite...


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