Aleya

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Sur Istheria, RPG heroic-fantasy issus d'un univers original où de multiples aventures vous attendent.

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Effectifs

• Eryllis: 3
• Ladrinis: 5
• Eclaris: 2
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 6
• Nérozias: 3
• Gélovigiens: 7
• Ascans: 2
• Marins de N.: 3
• Civils: 13

Temps actuel

An 1305 de l'ère obscure

Saison:Riguear Mois:Gexon
[Novembre/Décembre en temps réel]

Tableau d'honneur


Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
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 Aleya

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Aleya
MessageSujet: Aleya    Lun 22 Oct - 23:12



Aleya
« The Night is Dark and Full of Terrors »




IDENTITE : Son nom a sombré dans l'oubli.
SURNOM : Aleya, c'est ainsi qu'on l'appelle désormais.
AGE : Onze ans | SEXE : Féminin
PEUPLE :  Lhurgoyf
CASTE : Civils
METIER :  Vagabonde




DON : Forme monstrueuse
SPECIALITES :
► Apprentissage rapide (capacité à apprendre les choses avec rapidité)
► Chasseresse (capacité de savoir chasser n'importe quel animal)
POUVOIRS : Trois pouvoirs (sauf pour Prédef.) + degrés de maîtrise (vous avez droit de remplir 9 étoiles ★)
♦ Rêves = ★✩✩✩✩✩
♦ Agilité surdéveloppée = ★✩✩✩✩✩
♦ Sens développés = ★✩✩✩✩✩

[Aleya n'ayant jamais entrainé ses pouvoirs je garde 6 étoiles de côté que je répartirais suivant les rps où ces pouvoirs entreront en scène.]


Aleya ne possède ni arme, ni armure.


Aucune.



Nous sommes à la mi-famael, les températures chutent et le gibier se fait plus rare. La chasse vous amène à voyager par delà les frontières de votre village. Arrêté dans un ameau voisin, vous cherchez des renseignements sur l'état de la faune locale mais, tous ceux que vous interrogez n'ont qu'un mot à la bouche; Aleya.

"Une fausse couche !" Assise sur un tabouret, une femme à la forte composition et au teint vineux appostrophe sa compagne de table, un pichet au liquide moussant à la main. "La bru du père Gardo n'a pas été au terme et le mois suivant voilà qu'un Aleya se pointe !" Sa comparse, une femme aux cheveux devenus gris avant l'heure, sèche de corps comme d'esprit secoue la tête. "J'te dis que c'est pas un Aleya ! Ca m'a mangé deux poules rien que cette semaine !"

Vous trouvez une place au bar et prêtez l'oreille à la conversation, que vous le vouliez ou non. La description de la créature incriminée est plutôt vague cependant certains détails persistent. L'animal, si c'en est un, à le pelage blanc et rouge, des oreilles ou des cornes dépassent de sa tête, il n'a pas de queue et se déplace à quatre pattes. Il ferait la taille d'un lièvre ou d'un chien selon les versions, il se nourrit de viande, creuse pour passer sous les grillages des poulaillers et aurait même chapardé une tourte reposant sur le rebord d'une fenêtre.. à moins que ce ne soit un des enfants du village.

La thèse selon laquelle la créature serait un Aleya ne faisait pas l'unanimité pourtant, plusieurs témoins -qui s'empressaient de rejoindre la conversation- affirmaient qu'ils avaient bien vu des bras et des jambes et non des pattes. Ils en appelaient pieusement à Kron pour guider cette âme errante vers la suite de son voyage. Pour ceux plus rares mais aussi plus véhéments qui ne croyaient en rien à cette histoire d'esprit retenu sur leurs terres, ce n'était rien de plus qu'une nouvelle bestiole qui venait dévorer le fruit de leur travail. Nivéria était là, pas question de se faire voler leur nourriture pendant une telle saison ! Il fallait traiter la chose comme on traiterait n'importe quel autre problème de prédation, avec des fourches et des pelles ou si la créature était trop maligne, avec l'aide d'un chasseur.

Quelle aubaine, vous qui étiez là pour chasser le gibier, voilà qu'une petite récompense vous attends si vous parvenez à avoir raison de ce qui ressemble bien à un simple renard blanc.

Puis il y a ce que personne ne vous décrira. Dans le tronc creux d'un arbre mort, une enfant à la peau aussi rouge que le sang qui coule dans vos veines, tient entre ses doigts griffus la carcasse sans tête d'une poule. Le sang de sa victime coagule dans la longue chevelure blanche mais sale qui tente sans doute de recouvrir ce corps chétif en grande partie dénudé. Un morceau de viande cru reste coincé entre ses dents trop pointues et tranchantes pour appartenir à autre chose qu'à un carnassier. La créature déloge l'encombrant avec le bout de ce qui devrait être un ongle mais qui tiendrait bien plus de la griffe. Des griffes d'ébènes qui ornent ses mains comme ses pieds, assez longues pour labourer la terre, pas assez tranchantes pour déchirer la chaire de la volaille, contrairement à la dentition de l'enfant.

Puisque c'est bien un enfant qui se repait, recroquevillé dans son abri de fortune. Que ce soit sa taille ou les proportions de son corps menu, s'il n'est visiblement pas terran il n'en est pas moins un enfant. Des cornes rouges dépassent assez largement de son crâne, surplombant un visage encore rond. Ses prunelles, concentrées sur le dépeçage de son diner, arborent une jolie couleur vert-de-gris.

Son ventre s'arrondit à mesure que la carcasse s'amenuise, cette rondeur inopinée ne fera cependant que renforcer l'aspect chétif du reste de son corps. Ses bras comme ses jambes n'ont pas grand chose d'autre que la peau sur les os, il sera pourtant étonnant de voir des muscles nerveux se tisser sous la peau carminée dès lors que l'heure de détaler est venue. Ses côtes sont trop largement visibles pour ne pas être le symbole flagrant d'une sous-nutrition répétitive pourtant, l'enfant se déplace avec une certaine agilité dans son environnement sauvage.

C'est l'enfant que personne ne vous décrira et qui pourtant.. est là.

Puis il y a ce que tous ont oublié. Perdue et en partie calcinée, une peinture qui orna un temps le mur d'un orphelinat. Elle représentait une trentaine d'enfants, certes ils ne souriaient pas tous mais leurs bras et leurs jambes n'étaient pas faméliques et leurs habits étaient propres bien que parfois rapiécés. Parmi eux, une petite fille faisait tâche. Une tâche blanche sur la toile. Ses cheveux coupés courts formaient un allo lumineux autour de son visage souriant. Elle ouvrait grand la bouche, sans doute riait-elle, il lui manquait quelques dents. Elle ouvrait grand les yeux aussi, à moins que ce ne soit le peintre qui l'eut voulu ainsi.. Il sembla en effet prendre grand soin de détailler ses yeux. Il faut dire qu'il ne devait pas s'attendre à mettre du rouge à cet endroit. Un rouge écarlate, éclatant de vie, des rubis étincelant sur le visage pâle d'une petite fille joyeuse.

La petite albinos ne devait pas avoir plus de quatre ou cinq ans, elle était plus petite que ses camarades mais sa particularité ou peut-être son grand rire la faisait transpercer la toile. Il n'y avait pas de distance avec les autres enfants, l'un d'eux ayant même décidé de tenter de lui faire des oreilles de lapins que le peintre jugea malin de retranscrire quand bien même le regard de la seule adulte du tableau semblait déjà réprobateur. Entre les bras de la fillette albinos dépassait un livre à la couverture illisible mais que l'enfant tenait fermement contre elle comme un trésor.

C'est l'enfant que tous ont oublié et qui pourtant.. est là.



Il vous faut vous renseigner sur la façon d'agir de votre nouvelle proie. Comprendre ses habitudes, retracer son parcours quotidien et, au mieux, remonter jusqu'à sa tanière. Au minimum arriver à prévoir où l'animal finirait par passer et y tendre un piège.

La créature semble apprécier les poules dodues, vous placez un collet près de l'endroit où elle a déjà creusé pour se faufiler sous le grillage. La tâche vous semblait simple, à vous, l'étranger. Le village hausse les épaules et secoue la tête, vous pensez vraiment qu'ils n'avaient pas déjà tenté la chose ?

Le lendemain, votre piège a disparu. Est-il resté coincé sur la bête, plus forte que vous ne l'aviez anticipé ? Ou bien est-ce un des villageois qui l'aurait retiré ? Ce pourrait-il que certains ne veuillent pas vous voir réussir ? Vous reléguez cette suspicion au second plan.

On vous dit que l'animal est futé, qu'il ne se laisse pas prendre par les pièges, que même, il finit par les désactiver, comme si c'était un jeu pour lui. Il ne repasse pas deux fois par le même endroit. Il recouvre ses traces dans la forêt. Il n'a jamais été vu plus de deux fois dans la même semaine et jamais à la même heure bien que, il ait toujours été vu lorsque la lumière était basse ou couverte par de lourds nuages.

Les enfants du village, qui se sont prit au jeu de chasser ou plutôt de chercher la créature mystérieuse, vous diront qu'elle aime les choses sucrées. Ils vous raconteront qu'une fois l'un d'eux avait laissé une tartine de confiture sur le rebord de la fenêtre de sa chambre et, alors qu'il allait s'endormir, il avait vu une main griffue s'emparer du morceau de pain et l'emporter.

Vous commencez à vous faire un nouveau portrait de votre cible. Peut-être que ce n'est pas un renard comme vous le pensiez. Rusé, joueur, gourmand avec des "mains" griffues. Oh vous n'êtes pas encore prêt à croire que c'est un esprit non, pour vous, la description correspond désormais plus à un raton laveur.

~

Pendant ce temps là, l'enfant des bois joue avec le lacet d'un collet démonté. Elle l'enroule autour de son bras, puis, dans un geste inconscient, semble vouloir attacher la tignasse anarchique de ses cheveux. Elle abandonne rapidement pour se pencher sur les restes du piège, curieuse et intéressée. Après quelques essaies infructueux, elle finira par remonter le piège.

A la faveur de la nuit, elle se rendrait à nouveau, aux abords du village. Pendant de longues minutes, elle guetterait les signes de vie de ses habitants. Comme un raton laveur chapardeur, elle ne veut pas tomber sur les propriétaires de ce qu'elle emprunte. Les poules sont silencieusement endormie dans leur enclos mais, ce n'est pas ce qui intéresse l'enfant ce soir.

C'est l'odeur du miel qui l'attire. Un morceau de pain recouvert du délicieux nectar repose sur le rebord d'une fenêtre. A porté de main pour peu qu'elle se donne la peine de prendre appuis sur ses jambes plutôt que sur tous ses membres. Elle s'approche, prudemment, à l'affut, prête à décamper au moindre bruit suspect. Mais il n'y a rien ni personne à cette heure de la nuit. Elle avait presque atteint le rebord de la fenêtre quand un éclat argenté attira son regard. Statufiée dans une position quelle trouvait inconfortable, elle regardait l'engin à quelques centimètres de ses doigts de pieds nus. Elle aurait dit que le sol avait là une bouche de métal.

Cette fois, elle ne s'attarda pas à comprendre le fonctionnement du piège, les dents de fer l'en dissuadèrent.


~

Vous reprendrez votre piège à mâchoire vide et votre tartine de miel couverte d'insectes. Il vous faudra faire preuve de plus ingénuité ou alors, passer à une approche plus active. Un arc dans le dos, quelques rations de nourriture dans votre sac, vous partez dans la forêt. Cette créature était peut-être maligne, elle n'avait encore rien vu du chasseur que vous étiez !

Vous n'écoutez plus les divers ragots du village à propos de la créature. Fort et fier de votre expérience, vous avez désormais toutes les preuves que les méfaits sont l’œuvre d'un animal de chaire et de faim, rien à voir avec un quelconque esprit.

Il y a pourtant une rumeur persistante qui s'installe dans le village alors que vous le quittez. On parle de cauchemars. Des rêves terrifiants et similaires qui auraient agité la nuit de plusieurs villageois, adultes comme enfants, adeptes de la théorique spirituelle ou non. Les victimes aléatoires de ces rêves décrivent toutes les mêmes éléments. Ils étaient enfants ou accompagnés d'un enfant et tout autour d'eux un cercle de flammes leur brulait la peau. Une terreur sans nom nouait leurs tripes alors que le feu s'enhardissait. Ils se réveillaient alors en sueur, terrifiés comme jamais ils ne l'avaient été.

Les enfants victimes de ces cauchemars refusaient de s'approcher de toute flamme et même les adultes préféraient se tenir éloigner des foyers pendant quelques jours. Un sentiment de crainte s'empara peu à peu du village. Était-ce là une manifestion de l'aleya ? Avait-il péri dans les flammes ? Et si c'était un esprit vengeur.. tenterait-il d'enflammer les maisons ? Ou bien était-ce un avertissement ? Ils venaient d'envoyer un chasseur dans la forêt pour le traquer.. L'idée ne semblait plus si judicieuse à présent.




L'aventure porte vos pas, comme souvent, vous vous laissez guidé par l'appel irrésistible d'une nouvelle chasse. Vous n'êtes pas un grand explorateur mais, vous n'êtes pas moins fier des lieues que vous avez parcouru. La nécessité vous a poussé dans le dos cette fois, vous êtes le meilleur chasseur de votre village et ce dernier à désespéramment besoin de vivres. Le gibier est parti avec le langdum et vous avez du traverser le fleuve Oléra toujours en cru pour parvenir à des terres que vous espérez plus abondantes.

Cette chasse au prédateur n'était qu'un bonus bienvenu. Si vous pouviez trouver et déloger ce raton, en ramener la peau comme trophée, vous étiez certain d'avoir un sac de grains à rapporter. C'était plus simple et sûr à transporter que plusieurs livres de viande.

Ce matin vous avez trouvé des traces, des empreintes partielles de quatre pattes, seule certitude, la créature avait des griffes, au moins cinq à chaque patte. Vous deviez bien admettre que la créature arrivait plutôt habilement à détériorer ou cacher ses traces, toute la journée durant, vous aviez chercher sans résultat à suivre ces empreintes. Finalement ce sont de petites plumes duveteuses qui vous avaient remis sur la piste. Des plumes provenant du duvet d'une jeune poule. Elles étaient rares et sans doute un peu dispersées par la brise nivériale mais, vous teniez là une piste sérieuse.

Il vous faudra pourtant stopper vos recherches. Vous voilà déjà à quelques kilomètres du village et l'obscurité teinte le ciel. Bientôt vous ne verrez plus rien sous la cime des arbres. Habile et entrainé vous aurez tôt fait de construire un abri convenable. Vous dinerez peu, préférant garder vos rations pour les efforts du lendemain et c'est auprès d'un petit feu que vous trouverez le sommeil, emmitouflé dans une chaude couverture de voyage.

Cette nuit, vous ferez un rêve. Un unique rêve. Vous n'en savez hélas rien mais ce rêve, plusieurs villageois l'ont déjà fait.

Une terreur de feu s'abat sur vous.

Les flammes qui embrasent votre psyché ne sont pourtant que feux de paille comparées à celles qui consument l'esprit d'une petite fille calfeutrée dans un tronc d'arbre.

Il y a dans sa tanière des restes d'os et de plumes, des morceaux de tissus aussi, une vieille couverture surement jetée depuis longtemps et des torchons dont la disparition n'a pas éveillée de soupçons. Tout cela serrés contre les membres faméliques d'une enfant endormie. La chaleur prisonnière de cet amalgame disparate est tout juste suffisante pour empêcher le petit corps de grelotter.

Ce n'est pas pourtant, qu'il ne soit pas agité, ce corps presque nu. Un haillon de plusieurs années tente bien de couvrir quelques parties qui ne devraient jamais être exposées mais il ne tiendra sans doute pas jusqu'au prochain enkilil. Des poils incolores se dressent sur une peau pâle, si pâle qu'elle ne saurait être qu'une nuance entre les mèches blanches d'une trop longue chevelure. L'enfant s'en sert de couverture supplémentaire et malgré son aspect de crinière rêche, elle semble faire convenablement son office.

Ses petites mains se serrent contre ses côtes alors que des spasmes erratiques agitent son corps. Derrière le voile de ses paupières aux cils blancs, l'agitation règne.

Une terreur de feu s'abat sur elle.

Les murs de ce qu'elle considérait comme sa maison se sont embrasés. Elle peut sentir la chaleur des flammes encore sur son dos. Elle peut entendre les cris jusqu'aux tréfonds de son crâne.

Ce n'était pourtant qu'une journée de plus. Qu'un jour tout à fait normal. Ils avaient fait classe une bonne partie de la journée. Ils avaient joué dans la cour. Ils avaient planté des légumes dans le jardin. Ils avaient posé aussi, pour un peintre, le tableau fraichement encadré ornait le mur de la salle commune.

Elle n'avait pas été spécialement sage c'est vrai. Elle s'était chamaillée avec un grand et elle avait mordu une copine. C'était quand même toujours une copine. Ces choses là arrivaient. Elle n'avait pas été puni pourtant, ce soir là elle n'était pas à l'intérieur de l'orphelinat, au chaud, à jouer avec ses camarades. Ce soir là, elle était parti remplir ses responsabilités, car du haut de ses cinq ans, elle avait en de grandes et importantes.

La semaine précédente, elle avait trouvé, avec certains autres enfants, un chiot à peine sevré et visiblement affamé. Il semblait un peu malformé aussi, sa patte arrière gauche était plus grosse que les autres. Cela devait sans doute l'handicaper car malgré qu'il soit en âge de chasser, il était maigre comme un cadavre. La directrice ne voulait pas de ça à l'intérieur, il avait sans doute plein de maladies.

C'était sous-estimer la persévérance et l'empathie dont pouvaient faire preuve des enfants que tout et presque tous avaient abandonné à leurs sorts. Il fallut trouver des compromis. Les enfants purent garder l'animal mais seulement s'ils le nourrissaient eux-mêmes et en faisant sacrifice de ce qu'il y avait dans leurs assiettes et évidemment, la bête resterait dehors.

Il se trouva que le chiot était en réalité un renardeau et que son aspect chétif eut presque disparu en quelques jours. Tous les midis et tous les soirs, un enfant venait lui donner un peu de son repas. Ce soir là, personne ne voulu sortir car il menaçait de pleuvoir et il faisait déjà un froid terrible. La petite albinos sortit elle. Elle avait de grandes responsabilités, elle devait les respecter.

Elle nourrissait le renardeau des restes de son dîner, un bout de pâté en croute que la cuisinière se damnerait d'avoir préparé si elle voyait qui finissait par le manger. Ils n'étaient pas très loin de l'orphelinat, juste derrière les premiers arbres du bois, ils avaient fait un nid de feuilles et de mousse au petit renard qui s'était en réalité creusé un terrier à quelques mètres de là. Les oreilles de l'animal se dressèrent sur sa tête alors qu'un faible écho de voix parvenait à l'enfant.

Ce n'était pas la voix de la directrice qui lui criait de revenir, non, c'était plus chaotique. La petite albinos revint vers l'orée des arbres et se rapprocha du bâtiment. Elle comprit d'un rapide coup d’œil par une fenêtre, que quelque chose n'allait pas. Elle se dit d'abord qu'ils avaient commencé un jeu sans elle.

Les enfants étaient attachés à leurs chaises et un monsieur qu'elle ne connaissait pas faisait les cent pas devant eux. Quelqu'un d'autre, elle ne sut pas dire si c'était un homme ou une femme, parlait à la directrice qui était aussi assise et ligotée. Si leurs voix portaient c'est qu'ils se disputaient. L'albinos tenta de faire signe à ses amis à l'intérieur mais le seul qui l’aperçu lui fit non de la tête et ouvrit la bouche pour articuler silencieusement. La fillette eut beau plisser les yeux, elle n'eut pas le temps de déchiffrer les mots sur les lèvres du jeune garçon qui tentait de la prévenir. L'homme qui faisait les cent pas passa devant la fenêtre, heureusement pour elle il lui faisait dos. Elle se cacha, son cœur tambourinait à sa poitrine, elle avait vu des larmes sur le visage de la directrice.

Des bribes de conversation lui parvenait. Des mots qu'elle ne pouvait pas rattacher entre eux; "répondez", "cherche", "caché", "mal", "sacrifier", "peine" et "douleur". Puis il y eut des cris, celui de la directrice d'abord, puis ceux des enfants, suivit par des pleurs et des bruits de fracas. La petite se risqua à jeter à nouveau un regard à l'intérieur..

...

La chaleur des flammes sur son dos alors qu'elle fuit le feu qui s'empare de la forêt, c'est la seule chose dont elle se souvienne. Des flammes qui l'encerclent, des flammes qui la submergent comme un raz-de-marée rouge-orangé. Des flammes et des cris, qu'elle essaie désespéramment de distancer.

Son coeur bat à tout rompre alors que ses poumons suffoquent de la course et de la fumée. Entre ses bras elle tient serré le renardeau qui la griffe en tentant de se libérer. Elle ne sent pas la douleur et le rouge qui coule de ses plaies ne se distinguera bientôt plus de la couleur de son épiderme. La terreur qui s'est emparée d'elle engloutit sa conscience jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien que les battements affolés de son cœur pour rythmer ses pas dans l'obscurité. Plus rien que l'instinct et la fuite. Plus rien que la bête.


Chapitre I
La bête.

Elle court. A-t-elle jamais cessé de courir ? Ses cheveux ont poussé, ils lui arrivent désormais au bas du dos. De la robe qu'elle portait il ne reste qu'un haillon décoloré aux manches trouées. Les herbes hautes fouettent ses jambes et ses épaules. Elle a grandit et le renard à ses côtés n'a plus rien du renardeau famélique. Tout deux a quatre pattes, il ne dépasse des hautes herbes qu'une paire de cornes rouges. Deux ailerons vermillons sur une mer émeraude.

C'est sans doute ce qui a finit par attirer l'attention du zoria perché dans un arbre solitaire. Il s'envole, ses yeux rivés sur sa nouvelle proie. Repérés à plusieurs kilomètres de leur position, ni l'enfant ni son compagnon n'ont encore perçu la menace.

Ils savent pourtant que cette zone est dangereuse, qu'il ne faut pas trainer par ici. Ils n'ont pourtant pas de destination précise. Le mois passé ils avaient du éviter les routes trop fréquentées menant à un village beaucoup trop gros. Ils préféraient s'installer à quelques kilomètres de petits villages, voler quelques jambons et des torchons pour la tanière de l'enfant, se reposer et manger, quelques jours puis repartir. Ils ne restaient jamais plus d'une lune au même endroit.

Avec le temps ils étaient devenu un duo plutôt efficace. Le renard repérait les lieux, l'enfant s'occupait des plus gros larcins. Ils avaient appris à vivre ensemble et à communiquer. Maintenant qu'il était plus grand et plus gros, on ne voyait plus autant qu'avant le renflement de la patte arrière du renard. Ce qu'ils avaient pris pour un handicape abritait une pierre de sphène.

Il fallut quelques mois de coexistence pour que le renard développe son pouvoir de télépathie et que l'enfant comprenne que les pensées qui envahissaient sa tête n'étaient pas toujours les siennes. Les pensées du renard étaient simples, souvent l'expression d'une émotion primaire ou une image plus ou moins précise de la proie qu'il avait repéré. Ils apprirent à chasser ensemble. Le renardeau avait déjà quelques bases et son instinct fit le reste. L'enfant apprit, elle n'avait pas d'autre choix.

La télépathie du renard les liait, et à force de temps, l'enfant s'appropria en partie son mode de pensée, pragmatique, simple, efficace pour survivre. Les mois devinrent années et alors que les saisons s'enchainaient, l'enfant oubliait, elle n'était plus la petite albinos, elle était une bête, à l'instar de son compagnon. Bien sûr, elle savait qu'elle n'était pas tout à fait la même sorte de bête mais, entre le renard et les humanoïdes qu'ils pouvaient parfois voir au loin et éviter, elle savait définitivement qui elle devait suivre.

Les Hommes leur faisaient peur, peut-être plus encore à l'enfant qu'au renard. Elle les craignait pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir attirer par eux. A l'aube ou au crépuscule, elle allait souvent se cacher à l'orée des bois et observer les êtres du village qu'ils pillaient modestement. Elle était curieuse mais, jamais elle ne s'approchait.

Depuis trois jours maintenant, ils avaient décidé de quitter le couvert des bois pour traverser la grande étendue d'herbes. C'était un territoire inconnu pour eux et ils étaient méfiants mais, ils ne pouvaient guère anticiper que la menace viendrait des cieux.

C'était une chaude journée de béamas et ils étaient plus rapidement essoufflés. Dès qu'ils croisaient un ruisseau ou un point d'eau ils s'arrêtaient quelques minutes. D'habitude ils préféraient tout deux voyager de nuit mais, cela faisait déjà trois jours qu'ils parcouraient les grandes plaines sans en voir le bout. Ils voulaient vite arriver au prochain bois.. il devait bien y en avoir un au-delà de cette mer verte.

Le renard venait de percevoir un bruit d'eau, de beaucoup d'eau, il changea légèrement de trajectoire, suivit par l'enfant. Quelques secondes plus tard le renard s'arrêta net, ses oreilles levées sur son crâne. L'enfant savait ce que cela signifiait, elle s’aplatit sur le sol pour disparaitre totalement sous la surface de la mer verdoyante, elle tourna la tête vers le ciel bleu juste à temps pour voir l'immense rapace les surplomber.

Elle poussa un cri proche du glapissement avant de rouler sur le côté, évitant de justesse les impressionnantes serres de l'oiseau. Le renard détale, bientôt suivi de sa compagne. Le zoria prendra un peu de temps pour reprendre son envol. Les deux compagnons n'attendront pas de le voir réapparaitre dans le ciel, ils courent aussi vite qu'ils le peuvent vers l'étrange bruit d'eau qu'avait entendu le renard.

L'ombre du grand rapace plane à nouveau sur eux, une dizaine de minutes plus tard. L'espoir est permis pourtant, des arbres sont enfin visibles et le bruit d'eau devient audible même pour l'enfant. C'était une course contre la montre. L'oiseau était gros.. ils espéraient qu'il n'entrerait pas dans la forêt, que son envergure le gênerait.

Il n'en fut rien. Le rapace les poursuit parmi les arbres, se montre habile pour éviter les obstacles alors que les deux proies zigzaguent entre les arbres. Le bruit d'eau est désormais assourdissant. Les deux mammifères ne peuvent désormais que s'en rapprocher. Le zoria avait sans doute anticiper ce scénario, il se mit à piquer sur l'enfant alors qu'elle s'arrêtait en catastrophe. Elle dérape en freinant des quatre membres dès lors que les arbres s'écartent pour laisser place à un gouffre. Une chute de plusieurs mètres vers une petite étendue d'eau. C'est une cascade qui faisait tout ce bruit.

Les serres du rapace s'ouvrent. L'esprit de l'enfant est submergé par les signaux d'alerte de son compagnon. De vieilles images refont surface. La présence mortelle des flammes se reflètent sur les serres de l'oiseau alors que l'enfant s'empare du renard et saute.

L'animal glapit de panique, serré entre les bras de la fillette comme autrefois. Il ne faudra que quelques secondes et un claquement sinistre de serres vides plus tard, pour qu'ils s'enfoncent dans l'eau. Surprise par le choc de la surface de l'eau contre son dos, l'enfant relâche le renard qui se met à agiter frénétiquement des pattes pour remonter alors qu'ils coulent.

Pendant un instant qui lui semble une éternité, ses grands yeux peinent à se refermer. Des bulles par milliers tracent le sillon de son voyage vers les profondeurs. Son coeur panique déjà mais son cerveau est confus, doit-il s'alarmer ou s'émerveiller ? N'était-ce pas magnifique ? Dans un silence absolu les rayons du soleil perçaient par endroit la surface, des traits de lumière qui faisaient pailleter les remous. C'est finalement la nage affolée du renard qui s'écartait de son champs de vision qui fit réagir l'enfant. De l'eau envahissait sa bouche alors qu'elle tentait de crier.

Elle se mit à agiter nerveusement bras et jambes, incapable de se démêler de toute cette eau. Le renard avait fait surface, il ne rejoignit pourtant pas la terre ferme, il décrivait des cercles au-dessus de sa compagne qui ne pouvait que le regarder sans pouvoir le rejoindre. Puis.. elle comprit. Elle imita le mouvement de ses pattes avec ses propres membres, difficilement mais, à temps, elle réussit à percer la surface de l'eau.

Elle toussa beaucoup alors que sous l'eau son corps tentait tant bien que mal de la maintenir à flot. Cela lui demandait une quantité astronomique d'énergie, heureusement, ce n'était qu'une petite étendue d'eau, ils eurent rapidement rejoint la rive.

- Vous n'avez pas entendu ? Une sorte de cri..

C'était la voix d'une femme, à quelques mètres au-dessus de l'eau, elle regardait la cascade en plissant les yeux. Lorsqu'elle baissa les yeux pour observer les rives, elle cru voir une touche de pourpre se déplacer rapidement sous le couvert des arbres.

- Est-ce possible qu'un renard tombe de si haut ?

L'enfant cachée derrière un tronc ne pouvait pas entendre les réponses que la femme recevait. Cette dernière disparu bientôt de son champs de vision. Le petit monstre rouge s'effondra au sol, a bout de souffle et de force. Le renard lui s'ébrouait rapidement avant de tendre l'oreille. Le zoria pouvait être encore là. Mais après de longues minutes d'écoute, il sembla que leur poursuivant avait définitivement perdu leur trace lorsqu'ils avaient disparu sous la surface.

Pendant les quelques jours qui suivirent, l'enfant observa le grand édifice qui côtoyait la cascade. Il y avait quelques humanoïdes qui vivaient là-dedans mais il était trop compliqué de s'y infiltrer. Ils ne prirent pas de nourriture aux habitants, préférant chasser et se reposer avant de reprendre leur voyage. Ils ne revirent plus de zoria ni aucun autre prédateur.

L'espace d'une semaine, Aléa veilla sur un enfant égaré au pied de son temple. Quelques prêtresses firent un rêve terrifiant, de flammes et d'abandon. Si l'une d'elles s'était aventurée un peu plus loin dans les bois entourant le temple, si elle avait trouvé un long cheveu blanc enroulé autour d'une branche.. peut-être que les choses auraient été différentes. Peut-être que le cauchemar n'aurait pas eu à se répéter.

Chapitre II
Le cauchemar.

Ils courraient. Pourraient-ils jamais s'arrêter de courir ? Ils courraient moins vite pourtant. Plus les lunes passaient, plus ils ralentissaient. Cela faisait maintenant presque cinq ans qu'ils courraient côte à côte. Ils avaient affronté les aléas de la vie et fuis les plus gros problèmes, toujours ensemble. Le renard partait parfois seul. Lorsqu'ils arrivaient sur un nouveau territoire à la saison douce, le jeune mâle s'était quelques fois absenté. Il revenait toujours.

Aujourd'hui, il ne s'éloignait plus, son pelage était devenu plus terne et le poids de la pierre de sphène dans sa patte arrière commençait à l'handicaper. Il mangeait moins et s'affaiblissait. L'enfant avait beau lui rapporter mulots et herbes, ce qui l'avait déjà soigné de faiblesses passagères.. Rien ne fonctionnait. Face à l'agitation de l'enfant, le renard lui envoyait des signaux d'apaisement, glapissait plus bas pour la calmer.

Il ne pouvait guère lui expliquer ce que lui-même ne comprenait pas totalement. Il était simplement temps. Il était fatigué à présent.

A la saison froide, le renard partit à nouveau seul. Ce n'était plus depuis longtemps la saison des amours et il ne partit certainement pas en sautillant. La veille ils étaient restés ensemble, ils n'avaient pas chassé ni rien volé. Ils étaient restés blottis l'un contre l'autre dans le creux d'un arbre. La chaleur de cette boule de poils resterait à jamais gravée sur le thorax de la jeune fille qui le regarda s'éloigner et disparaitre entre les arbres. Elle avait compris qu'il ne reviendrait pas cette fois mais qu'elle ne pouvait pas l'accompagner non plus. C'était son dernier voyage et il devait être solitaire.

C'est seule qu'elle affronta les jours qui suivirent. Les petits glapissements du renard lui manquaient tout autant que sa chaleur. Elle avait souvent hésité à suivre ses traces. Elle s'était toujours ravisée. Elle passa quelques jours au même endroit, des jours qui firent une semaine puis deux.. Elle aurait du partir mais.. elle attendait. Et si il revenait ? Si il revenait et qu'elle n'était plus là ?

A l'aube mais aussi pendant la journée, elle allait épier ce que faisait les humanoïdes du village. Elle volait une tourte ou une poule, parfois un bout de pain sucré. Elle jouait avec les pièges qu'on lui tendait, les ramenait à sa tanière pour en comprendre le fonctionnement. Cela passait le temps.. en l'attendant.

Puis elle eut à nouveau de la compagnie.

~

Cela fait maintenant six jours que vous traquez l'animal, allant de fausses pistes en traces partielles dans la boue.. Vous le sentez, vous approchez du but. La veille vous avez découvert l'antre de la bête. Un fatras de tissus déchirés et de restes des repas de l'animal, le tout fourré dans un tronc d'arbre creux. C'était plutôt astucieux mais, vous aviez compris désormais, que vous aviez affaire à une créature intelligente.

Vous ne la sous-estimez plus et c'est l'arc à la main que vous vous avancez sur la pointe des pieds. Vous avez déjà attrapé un raton et deux renards mais vous le savez, aucun d'entre eux n'est l'animal que vous traquez. Pourtant, avec ces prises vous auriez pu rentrer au village, prétendre avoir attrapé leur prédateur, il était bien probable que dans le lot l'un d'eux ait croqué une poule de leur poulailler. Mais après six jours de traque vous êtes devenu curieux, vous voulez la voir, cette créature qui a réussi à vous mener en bourrique tout ce temps. Ce sera une belle histoire à raconter à votre retour, une belle histoire et un joli trophée.

La fièvre de la chasse vous a gagné, vous êtes sur les talons de votre proie, pas question de perdre sa piste cette nuit. Elle est maligne, elle attend que vous vous reposiez pour gagner du terrain. Cette nuit, vous ne dormirez pas. Une lanterne accrochée à votre paquetage est suffisante pour vous éclairer.

Vous devez vite rattraper votre proie, voila quatre jours que vous vous éloignez dangereusement du village pour vous rapprocher de la Grande Désolation. Pas question de chasser là-bas, pas question de même y marcher. Vous n'êtes guère croyant mais cela ne vous empêche pas d'avoir le bon sens de craindre les lieux qui ont vu couler plus de sang que vous n'en verrez jamais.

Même la créature ne devrait pas vouloir s'approcher de cet endroit, avec un peu de chance, elle fera demis tour, droit sur vous. Vous ne sauriez qu'avoir raison. Les traces de l'animal se font plus nettes, elle ne prend plus le temps de les couvrir, elle sait que vous êtes juste derrière elle. Il vous semble aussi qu'elle ralentisse, sans doute a-t-elle commencée à sentir l'odeur de l'ancien champs de batailles.

L'aurore sera bientôt là, vous ne pensez pas à éteindre votre lanterne, votre esprit tout entier est tendu vers la confrontation à venir. Vous y êtes arrivé ! A l'aube de ce septième jour de chasse, vous bandez votre arc tout en marchant très lentement entre les arbres. Vous avez aperçu la fourrure blanche à quelques mètres devant vous. La créature s'est arrêtée. C'est votre chance, vous ne la louperez pas.

La flèche est encochée, la corde se tend sous vos doigts experts. Une certaine euphorie menace de vous faire trembler mais vous gardez votre calme alors que vous commencez à percevoir les détails de la créature. Une grande fourrure blanche dévale son dos mais ses pattes sont.. rouges ?

Vous pouvez à présent l'entendre haleter, elle est à bout de souffle après avoir couru toute la nuit et sans doute aussi, d'avoir passé une semaine sans pratiquement rien manger. Vous ne lui avez pas donner le temps de se reposer ni de se restaurer à sa convenance, c'était là un excellent plan. Aujourd'hui, la créature était faible et paniquée, elle sait qu'elle ne pourra bientôt plus profiter du couvert des arbres et que devant elle s'étend un espace où règne la mort.

L'hésitation paralyse votre main sur la corde. Les cornes rouges qui dépassent de la crinière blanche.. celles qu'on vous avait pourtant décrite et que vous aviez prit pour des affabulations sur des oreilles de renard, elles sont bien là. Les traces que vous aviez suivi, des empreintes partielles à cinq doigts griffues qui pouvaient correspondre à des pattes de raton-laveur.. Vous n'y avez plus prêté attention alors qu'elles étaient nettes ces dernières heures, vous n'y aurez simplement pas cru. Mais maintenant que vous pouviez les voir.. ces pattes.. n'en étaient certainement pas.

Ce n'était ni un renard, ni un raton-laveur. Qu'est-ce que pouvait bien être cette créature ? Vous n'osez ni tirer, ni abaisser votre arme alors que la tension monte, votre bras tremble légèrement alors qu'enfin, la créature se tourne vers vous.

~

Son coeur tambourine contre ses cotes alors que la même terreur qui l'avait fait se transformer cette nuit là, reprenait possession de son petit être. Elle avait fui, encore cette fois mais, on ne l'avait pas laissé tranquille. Elle sentait la menace se rapprocher, chaque jour un peu plus, elle n'abandonnait pas. Puis la nuit dernière, la flamme était apparue. Elle ne lui laisserait pas le temps de fuir, pas cette fois.

Elle avait couru pourtant, de toutes ses forces mais, il n'y avait plus personne pour la guider et ce n'est que trop tard qu'elle sentit les relents nauséabonds qui l'attendaient si elle poursuivait sa course dans cette direction. Elle ne pouvait cependant pas changer de trajectoire, le prédateur était déjà sur elle alors qu'elle prenait quelques secondes pour reprendre son souffle.

Elle pouvait le sentir même si elle ne l'avait jamais clairement vu. Elle savait qu'il était près, trop près. Lentement, elle se risque à jeter un regard par-dessus son épaule. Elle se souvient de ce sentiment de curiosité mêlée de terreur, un sentiment qu'elle avait déjà connu lorsqu'elle s'était risquée à regarder par la fenêtre. Ses grands yeux verts n'auront que le temps de capter les contours de la silhouette humaine et la lueur de la flamme, déjà, la terreur se répand et prend le dessus. L'enfant détale avec les forces qui lui reste, poussée en avant par la peur et l'adrénaline. Elle ne pense plus, elle n'est que peur et instinct, elle n'est rien qu'une bête qui s'élance vers les terres de la mort.

Le petit monstre ne saurait dire s'il est encore poursuivi mais, dans son dos il entend un cri hésitant :

- A.. Attends !

~

C'est tout ce que vous avez pu articuler alors qu'une réalité perturbante vous atteins de plein fouet. Auriez-vous traquer un enfant pendant tout ce temps ? Sa peau était rouge et des cornes lui sortaient de la tête.. C'était un monstre. C'est ce que votre subconscient vous hurle dans un vain effort pour protéger votre équilibre mental. Vous aurez beau essayé de vous contenter d'un semi-mensonge vous le savez.. ce monstre.. c'était un enfant.

Il vous faut de longues secondes pour vous ressaisir, votre arc toujours tendu entre vos mains. Vous l'abaissez enfin et vous mettez à courir, vous ne courrez plus si vite que lors de la traque, encore troublé de cette révélation qui peine à s'imposer. Vous ne parviendrez pas à rattraper la bête, non, l'enfant, avant qu'elle n'atteigne cette terre que vous ne pouvez fouler.

Vous avez beau lui crier d'attendre, votre voix tremble et se brise aussi surement que vos certitudes. Impuissant vous regardez ce qui fut votre proie s'échapper vers des terres de malheurs. Si seulement vous aviez pu réaliser votre erreur plus tôt.. Si vous aviez vu les signes, si vous les aviez interprété comme un Homme et non comme un chasseur.. Peut-être les choses auraient-elles été différentes.  

Peut-être que le cauchemar n'aurait pas eu à se répéter.

~

Le chasseur rentrerait chez lui, de la nourriture pour récompense, sauverait son village de la famine nivériale. Il conterait l'histoire d'un nephilim à ceux qui l’interrogeront. Jamais il ne parlerait de l'enfant monstre. Jamais il ne parlerait de l'aleya qu'un jour il traqua.

Cependant, la rumeur se répandit à travers les campagnes d'Eridania jusqu'aux rares villages de Noathis, un aleya aurait été aperçu à plusieurs endroits. Il volerait la nourriture et infligerait des cauchemars terrifiants à tous ceux qui ne feraient pas pénitence auprès de Kron.

On dit que certains villages seraient prêts à donner une belle récompense, de pièces ou de vivres, à celui qui parviendrait à chasser la créature.

Seriez-vous chasseur ?
Croyez-vous vraiment à cette histoire d'Aleya ?
Ce n'est peut-être finalement, qu'une bête.



Dernière édition par Aleya le Mar 30 Oct - 1:30, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: Aleya    Ven 26 Oct - 19:42

Bonjour et officiellement bienvenue sur le forum!!!!


J'espère que tout se passe bien et n'hésite pas à demander si tu as le moindre soucis sur ta fiche.


Bonne continuation. bg
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Hinaya Osiris
MessageSujet: Re: Aleya    Sam 27 Oct - 23:46

Oya, Oya ! joy

BIENVENUE ALEYA !!

Tu as sincèrement une très belle plume (et un beau avatar ;)), j'aime déjà le peu que j'ai lu.
Hâte de te voir in-rp ! En attendant, bonne rédaction.

Et la bonne soirée ! ^^


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Aleya
MessageSujet: Re: Aleya    Mar 30 Oct - 1:17

Merci à vous deux pour vos gentils messages de bienvenue !

Ma fiche est désormais terminée ! (J'ai retiré les sections sur les animaux, familiers comme destriers, comme elles étaient vides.. je les remettrais si besoin évidemment !)

En espérant que la lecture vous divertisse !
Et que je n'ai pas fais de bêtises sinon je ne serais pas digne de ma super marraine 064
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Duscisio Balibe
MessageSujet: Re: Aleya    Mar 30 Oct - 16:36

Entièrement lue, cette présentation donne envie de savoir ce qui va advenir de la petite.
Très bien encré à mes yeux dans l'univers, la petite Aleya mérite d'entrer dans notre monde aussi cruel soit-il pour y vivre/survivre.

Dusc


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Merci Othello pour le Kit

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Sighild
MessageSujet: Re: Aleya    Mer 31 Oct - 20:17

Re!

Je plussoie mon cher Dudu sur ton personnage. Il est vraiment attachant et on a hâte de voir comment tu vas la développer à l'avenir. J'adore!

Pour le degrés de maîtrise, j'ai vu que tu préférais les conserver de côté. Ce n'est pas un problème pour moi. Dès que tu voudrais les utiliser pour les répartir, contacte moi directement.^^


Pour le reste, tout est parfait.
088
Fiche validée!


Tu vas pouvoir dès à présent te rendre dans la " GESTION DES AFFAIRES " afin d'ouvrir ton compte en banque, ton journal et ton inventaire.

Tu pourras également faire une demande de rang personnalisé JUSTE ICI.

Pour l'avatar, tu peux "réserver" une image particulière dans notre bottin ICI.


De mon côté, je file te mettre tes couleurs.


Si tu as la moindre question, n'hésite pas à me recontacter!!!! Ou bien ta gentille marraine Othello!

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