Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.

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• Civils: 10

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An 1305 de l'ère obscure

Saison:Riguear Mois:Gexon
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 Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.

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Esha Raj
MessageSujet: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Lun 5 Nov - 22:01

L’aube commençait à peine à se montrer. Pourtant cela faisait déjà plusieurs heures qu’Esha sillonnait ces bois, à la recherche d’Atlas, sa monture. La pauvre bête, ainsi que deux autres chevaux s’étaient enfuis, effrayés après que « les jumeaux » - du haut de leurs 8ans - aient la riche idée de jouer avec les feux d’artifices de Samuel … Et tandis que des membres de la troupe tentaient d’éteindre l’incendie, Esha voulut aussitôt partir à la recherche des équidés. Se donnant alors juste assez de temps pour enfiler sa cape. Une décision qui aurait probablement méritée réflexion, c’est vrai. La nomade reconnaît volontiers son imprudence en s’aventurant ici, avec Geeti pour seule escorte et ses lucioles pour seule lumière. Mais Atlas était un cadeau d’Hoor et son plus fidèle compagnon. Et elle craignait qu’il se soit blessé dans sa course, lui ou les deux autres d’ailleurs.

Esha laissa échapper un soupir dépité. Elle et sa fennec étaient loin d’être des pisteuses chevronnées. Le peu de traces que la nomade avait dénichée tenait plus du coup de chance que du coup de génie. Et depuis, plus rien.

« Tu ne voudrais pas essayer de nouveau, Geeti ? » D’une voix douce, tout en portant son regard sur sa gauche, l’animale lovée dans sa cape, la tête posée sur son épaule. Cette dernière poussa un faible grondement, pas vraiment emballée à l’idée de quitter son cocon et source de chaleur. Esha arqua un sourcil, à la fois amusée et attendrie.

« S’il te plaît. » Insista la nomade sur le même ton. Finalement, Geeti céda à sa maitresse et quitta son épaule. Exécutant un petit bond. Elle promena ensuite son museau ça et là, sous le regard attentif de la Terran qui la suivait docilement.

Au bout d’un quart d’heure, elle trouva un autre jeu d’empruntes. Le visage d’Esha s’illumina. C’était peut-être celles d’Atlas ou d’un autre de leurs chevaux. Elle gratifia Geeti d’une caresse sur le sommet du crâne, la souleva pour lui permettre de revenir à sa place, puis se mit en route. Passant au travers des broussailles tout en essayant de ne pas accrocher sa cape. Ou pire, se tordre une cheville. En suivant cette même direction, la nomade découvrit des branches cassées et un licol, encore rattaché à sa corde. La bête s’était sûrement accroché auxdites branches et l’avait fait céder à force de tirer. Malheureusement, ce n’était pas celui d’Atlas. Mais au moins ~

« On a enfin quelque chose. » Se rassura Esha. Elle décida de récupérer l’ensemble. Même si le licol était fichu, la corde pouvait toujours servir. Et elle n’allait pas laisser trainer ça en pleine nature ! Plus loin encore, la Tarran entendit le bruit d’un cour d’eau. Avec un peu de chance … Non sans mal, Esha se fraya un chemin hors des bosquet, jusqu’à apparaître aux abords d’un ruisseau. Et là.

« Enfin ! » ne put s’empêcher de s’exclamer notre danseuse en y retrouvant Aubépine, avant d’aussitôt plaquer ses mains contre sa bouche. Une chance que sa voix ne porte pas. Sinon, on était repartit pour un tour. C’est donc en silence et prudemment qu’Esha s’approcha de la fuyarde.

« Tout doux ma belle. » Dans un murmure, espérant être reconnue à la voix. Arrivé à un mètre de distance, elle glissa une de ses mains sur son encolure, la flatta d’une caresse, puis dériva sur sa tête. Pas farouche, Aubépine se laissa faire. Permettant ainsi à la nomade de lui passer la corde, en confectionnant un lasso de fortune, et de vérifier qu’elle n’était pas blessée. Un sur trois donc …

« Peut-être qu’Atlas et Gris-poil sont rentrés d’eux-mêmes. » Se dit Esha, toujours aussi inquiète. Il se présenta alors un dilemme pour la jeune femme. Ramener la monture au camp – si elle réussit à se repérer. Ou continuer les recherches. Dans ce même temps, Geeti dressa une oreille et se mit soudainement à grogner en direction de la rive opposée, tout hérissée. Sa maîtresse la questionna du regard, avant qu’un homme fasse son apparition.

Les cheveux brun et coupés courts, il portait la barbe et devait au moins dépasser le mètre quatre-vingt. Vêtu d’un set en cuir sombre, son manteau couvrait tout son flanc droit, probablement pour dissimuler son arme. Ne s’imaginant pas rencontrer quelqu’un ici et – surtout – devant la réaction de Geeti, Esha se montra tout de suite méfiante.

« Salutations, Damoiselle. » D’une voix qu’il cherche à rendre affable.

« Bonjour. » Répondit la nomade, craintive et hésitante.

« Vous parlez d’une agréable surprise, de bon matin. Qu’est-ce que vous faîtes ici, toute seule ? » Appuyant un peu trop sur ce dernier point, ce qui rendit Esha d’autant plus mal à l’aise. Pour le plus grand amusement de l’inconnu, semble-t-il.

« Je ne suis pas seule. Et je venais simplement récupérer mon cheval .. » Rétorqua la Terran, essayant d’être convaincante.

Puis, elle perçut du mouvement derrière elle. À peine Esha se tourna de trois quart qu’une paire de bras voulut la saisir, tandis que le meneur traversait le ruisseau pour les rejoindre – Aubépine se faisant évidement de nouveau la malle. D’un geste que la jeune femme espérait suffisamment rapide, elle souleva un pan de sa jupe et sortit Aiguille de sa jarretière. Hélas, elle fit reculer son second agresseur – un rouquin au visage tatoué -  qu’une-demi seconde. Le brun la désarmant avant de la chopper et de la soulever, comme le poids plume qu’elle était.

« Sale petite garce, t’as essayé de me planter ?! » Jura le roux, prêt à lui faire payer cette tentative. Geeti tenta alors vainement de la protéger, tirant sur le pantalon du type.

Esha paniqua en le voyant ainsi approcher et flanqua un violent coup de pied à l’aveuglette, couinant de douleur lorsqu’elle rencontra son menton, avant de basculer lourdement sa tête en arrière pour essayer d’atteindre le brun. À s’en assommer elle-même. Elle sentit alors clairement l’homme desserrer sa prise autours d’elle, puis la relâcher. Esha en profita aussitôt pour s’enfuir dans les bois avec Geeti, rapidement suivit par les brigands. D’instinct, elle se débarrassa de sa cape pour éviter de s’accrocher à quelque chose. Quit à écorcher sa peau. À choisir, elle préfèrait que ce soir par les ronces que par un couteau mal aiguisé.

Car là, sûre que ç’allait se payer s’ils la rattrapaient.

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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Mar 6 Nov - 12:34

Cela faisait près de trois mois que j'avais quitté Thémisto pour un long voyage qui m'avait mené jusqu'à la lointaine cité de Canopée. Un périple périlleux, non seulement à cause des risques inhérents à telle chevauchée mais, surtout, parce que j'avais une fois de plus largement ignoré l'autorité de Démégor, le maître de mon ordre. Oh, il ne m'avait pas interdit de partir en vadrouille, mais il ne m'avait pas non plus autorisé à m'absenter plusieurs mois et, s'il apprenait jamais les raisons de mon voyage, je ne doutais pas une seconde qu'il entrerait dans une de ces rages démentes dont il avait le secret. Je n'en avais cure, à dire vrai, je ne l'avais pas laissé me dominer du temps où il s'appelait Ekzékiel, lors des guerres Taulmarilliennes, et je n'entendais pas davantage lui laisser le pouvoir de me dire ce que j'avais à faire maintenant qu'il était devenu Démégor l'Impérial.

L'Impérial... j'aurais ri de ce titre pompeux qu'il s'était arrogé, si sa folie n'avait mis en péril le futur des Cavaliers de Sharna. Il ne régnait guère que sur une unique cité ainsi que ses alentours directs et l'écrasante défaite qu'il venait de subir contre Cimméria avait rendu son emprise sur Thémisto plus fragile qu'un vase de cristal. Plus grave encore, en soutenant les Sindarins rebelles lors de ce conflit, il s'était aliéné Viwien, la reine de Canopée, or les dieux savaient nous avions déjà bien assez d'ennemis sans nous mettre à dos les puissants Sindarins. C'était pour limiter la casse à ce niveau que je m'étais rendu dans la cité sylvestre et que j'avais rencontré Viwien, une approche diplomatique que mon cher "maître" aurait été bien incapable de comprendre et encore moins d'approuver. Les discussions n'avaient pas été décisives, mais au moins était-je parvenu à convaincre la Reine que tous les cavaliers n'étaient pas de sombres idiots indifférents à toute autre chose qu'un bain de sang.

Ainsi, je revenais de Canopée et avais décidé de traverser Eridania pour rentrer à Thémisto, plutôt que de passer par le sud, ayant dans ce pays quelques contacts bien placés qui pourraient me fournir de précieuses informations sur les intentions du Roi Magnus. Après tout, j'étais le commandant des espions des Cavaliers de Sharna et il était de mon devoir d'être mieux informé que quiconque, même si cela ne plaisait pas à notre dément de chef.

Quoi qu'il en soit, je traversai actuellement les vastes bois du nord du duché de Nivéria et m'étais arrêté dans une petite clairière pour passer la nuit. Comme de coutume, je m'étais levé un peu avant l'aube et, après avoir mangé un frugal déjeuner et avoir revêtu ma souple armure d'écailles gris sombre, avais entrepris de harnacher mes deux chevaux. Je finissais tout juste de seller Altaron, mon ombrageux destrier, lorsque des bruits de course se firent entendre non loin de mon campement de fortune. Celui ou ceux qui les produisaient ne se souciaient pas de discrétion apparemment, les nombreux bris de branches auraient réveillé le plus sourd des dormeurs... Intrigué bien plus qu'inquiet, je me dirigeai vers la source du boucan afin de découvrir ce qui se passait.

Quelques instants plus tard, je tombai nez à nez avec une très jeune femme à l'air effrayé, une Terran probablement, visiblement en train de fuir quelque chose ou quelqu'un. Un rapide coup d'oeil derrière elle m'apprit la raison de sa course folle dans les sous-bois: deux hommes la poursuivaient, un rouquin au visage tatoué et un grand gaillard vêtu de cuir sombre et muni d'une épée de spadassin. Je n'avais pas la moindre idée de ce que faisait là cette jeune femme, mais en revanche il n'était guère difficile d'imaginer ce que lui voulaient les deux marauds si j'en jugeai à l'expression avide peinte sur leurs visages. La demoiselle allait passer un sale quart d'heure s'ils l'attrapaient, ça je n'en doutais pas une seconde. D'un geste fluide je dégainai "Foudre", ma longue et fine lame Taulmarillienne, et demandai calmement à la jeune femme:

"Avez-vous besoin que l'on vous vienne en aide, mademoiselle?"

Déjà ses deux poursuivants avaient ralenti leur course en me découvrant, soudain moins certains de leur affaire...






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Esha Raj
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Mar 6 Nov - 15:32

Esha courrait droit devant elle, sans prendre la peine de regarder un instant derrière. Elle savait pertinemment que le duo la poursuivait, et que la distance qui les séparait se rétrécissait. Dans sa fuite la jeune femme avait héritée de plusieurs écorchures, dont une entaille assez profonde sur sa pommette gauche. Des brindilles et des feuilles s’étaient accrochés dans ses cheveux, en échange de quelques mèches. Et son pied ainsi que sa tête seraient certainement douloureux, vu toute la hargne qu’elle avait mise dans ses coups.

Avec Geeti en tête, elle bondit par-dessus un entremêlas de racines et vira de bord. Là, soudain, sa course se stoppa. Assez abruptement pour que la nomade finisse par terre d’ailleurs. Face à elle, un homme vêtu d’une armure en écailles. Esha eut à peine le temps de le détailler de pieds en cap que ses agresseurs surgirent à leurs tours. Notons que le brun avait le nez en sang – et peut-être bien fracturé. Quant au tatoué, il avait écopé d’une belle marque sous le menton, qui bleuira certainement au bout d’un moment. Geeti grogna aussi bien à l’intention des brigands, que de l’inconnu au moment il dégaina sa lame. Protectrice au possible. Mais au combien ridicule étant donné son gabarit.

Un frisson parcourut Esha à la vue de l’arme … avant que l’homme lui adresse la parole. Elle le questionna du regard, dépassée par les évènements.

« De quoi tu te mêles, toi ?! Dégage ! » Pesta le leadeur, crachant au sol le sang qui s’était glissé dans sa bouche. Il semblait toutefois avoir perdu de sa superbe, ainsi en présence d’un réel adversaire, et non plus d’une frêle demoiselle munie d’une simple Aiguille. Tout comme son comparse, à un mètre derrière.

Esha récupéra Geeti contre elle, se redressa, puis se placa derrière celui qui se proposait de l’aider.

« S’il vous plaît … » Opina la nomade, à la fois reconnaissante et désolée de le mêler à cette histoire et que ces personnes se retrouvent blessées. Même les plus pourries d’entre elles.

Un grognement passa entre les lèvres du brun, bien conscient de la différence de niveau entre eux, même en étant à deux contre un. Mais blessés dans leur orgueil par la pugnacité d’Esha et attirés par un hypothétique gain, il n’était plus question pour de rebrousser chemin, la queue entre les jambes. Alors, après avoir échangé un regard consenti auprès du rouquin, tous deux adoptèrent une posture de combat. Aucunement académique, mais semble-t-il suffisamment complémentaire pour créer une synergie.
Esha se recula de quelques pas, comprenant que l’affrontement était désormais inévitable et ne voulant pas risquer de gêner le samaritain.

« Soyez prudent, Sir. Ces hommes sont des brutes.» Dans un souffle bas et tremblant.

Et cette simple phrase fit déclencheur. Le leadeur poussa un cri galvanisant et lança son offensive, suivit du tatoué, sa hache levée bien haut et déjà prête à s’abattre.
Un premier fracas retentit. Esha poussa un petit cri et se cacha la vue.
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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Mar 6 Nov - 17:47

Je n'y avais pas prêté garde au premier coup d'oeil mais, tandis que j'évaluai la situation d'un regard froid, je découvris que les deux marauds portaient des traces de coups sur leurs faciès de brutes. La fragile jeune femme, dont le beau visage était également marqué d'une jolie balafre, leur avait donné du fil à retordre à ce qu'il semblait. Mais cela ne leur avait pas servi de leçon apparemment, bien qu'ayant été incapables de maîtriser à eux deux une proie presque sans défense ils ne paraissaient pas vouloir éviter une confrontation avec moi, ainsi que l'indiqua sans détour l'injonction du plus grand des deux:

"De quoi tu te mêles, toi ?! Dégage !"

Je haussai un sourcil narquois à ces paroles, pensait-il vraiment que j'allai lui obéir comme un bon chien? Enfin, sans doute ne pouvait-il pas deviner qui j'étais, d'autant plus que je n'arborai présentement aucun signe de mon appartenance aux redoutés Cavaliers de Sharna, mais son ordre demeurait néanmoins fort cocasse à mes yeux. A cet instant, la jeune femme qui s'était quasiment effondrée à mes pieds en arrivant se redressa et récupéra sa drôle de petite créature, un fennec supposai-je, avant de se glisser derrière moi en répondant à ma question d'un murmure:

"S’il vous plaît…"

Les deux affreux se concertèrent alors d'un regard puis, sourds à toute raison, se mirent en position de combat. Enfin, tentèrent de le faire du moins, leur effort pour tâcher de ne pas se gêner mutuellement et être en mesure de m'attaquer simultanément était certes louable mais il révélait aussi que ce n'étaient que deux balourds n'ayant jamais suivi de réelle formation martiale. A cet instant, j'entendis la jeune femme me prévenir d'un ton bas et inquiet:

"Soyez prudent, Sir. Ces hommes sont des brutes."

Je tournai brièvement la tête vers elle et lui répondis avec un léger sourire amusé au coin des lèvres:

"Je m'en doutais un peu, pour être tout à fait honnête."

Mais déjà les deux soudards passaient à l'attaque au doux son d'une beuglée de celui vêtu de noir. Mon attention se reporta aussitôt sur eux et la magie afflua dans mes veines, puissante, parfaitement contrôlée. Pauvres fous, n'étaient-ils pas capable de reconnaître leur mort lorsqu'ils la croisaient? L'homme vêtu de noir leva son épée pour tenter de me fendre en deux tandis que le rouquin brandissait sa hache au-dessus de sa tête dans la même intention. Je poussai un léger soupir devant cet assaut plus digne de paysans que de guerriers, puis je me mis en mouvement, ma magie me rendant bien trop rapide pour qu'ils aient seulement le temps de réaliser que leurs attaques n'atteindraient jamais leur but. Je me glissai sous la lame du rustre en chef d'un entrechat et, d'un coup de pointe vif et précis, lui plongeai la pointe de mon épée dans l'aisselle, assez profondément pour atteindre ses poumons. Il aurait une sale mort, lente et douloureuse. Mon déplacement prit de court son comparse qui eut le loisir d'arborer une expression d'incrédulité totale en réalisant que je n'étais plus sous la trajectoire de sa hache, si fort lancée dans son élan qu'il lui était impossible de la ramener au bon endroit. Je lui adressai un sourire polaire et dégageai ma lame du corps de son complice d'une sèche traction en lui demandant d'un ton dangereusement indifférent:

"Dois-je également te plonger ma lame dans les tripes? Ou préfères-tu détaler comme le lapin que tu es?"

L'homme pâlit en réalisant à retardement que son acolyte était hors d'état de nuire et je vis avec délectation la peur s'emparer de son âme. Il lâcha son arme et recula d'un pas incertain en bafouillant:

"Non...non...je...je vous en supplie...on...on voulait juste s'amuser un peu... on...on ne pensait pas à mal..."

J'avançai vers lui d'une glissade et pointai ma lame sous sa gorge pour lui rétorquer d'un ton polaire:

"Si je te reprends à te livrer à ce genre d'amusement, vermine, je t'écorche vif et je t'empale au milieu d'une fourmilière, histoire de t'apprendre un autre jeu. Suis-je assez clair?"

"Je...je...limpide monseigneur..."

"Bien. Alors file, et vite, avant que je ne change d'avis."

Le rouquin ne se le fit pas dire deux fois et décampa sans demander son reste. Il ne saurait jamais pourquoi je lui avais laissé la vie, mais qu'importe. Je me retournai alors vers la demoiselle et la gratifiai d'une petite révérence:

"Je réalise que j'ai cruellement manqué de courtoisie en omettant de me présenter. Vous me pardonnerez je l'espère, mon attention a été quelque peu distraite par ces menus importuns. Je suis Sirion, commandant des Cavaliers Noirs de Sharna. Me feriez-vous l'honneur de votre nom, gente damoiselle?"

Tout en gardant les yeux rivés sur elle en l'attente de sa réponse, curieux de voir comment elle réagirait à la mention de mon appartenance aux Cavaliers, je plantai négligemment mon épée dans la gorge de l'homme en train d'agoniser. Non par compassion mais parce que je supposais que ce n'était pas un spectacle qui réjouirait la jeune femme, puis j'essuyais soigneusement mon arme sur ses vêtements avant de la rengainer.


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Esha Raj
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Mer 7 Nov - 1:07

Le combat, si on peut vraiment le décrire en ces termes, ne dura qu’un instant. Privée pour ainsi dire de l’image, Esha ne s’était référé qu’au son. À regret, car au final ça ne l’épargna d’aucune manière. À défaut d’armes qui s’entrechoquent, la Terran entendit très nettement  l’air être extirpé des poumons d’un des assaillants, stupéfait … suivit d’une chute et d’un gargouillis infâme. Esha en frémit d’horreur. Et ce fut bien pire encore lorsqu’elle écarta ses mains de son visage, ses yeux s’écarquillant à la vue du corps d’un des brigands, agonisant.

Elle plaqua une main contre sa bouche et étouffa une complainte, prise de terreur et d’un haut le cœur. À l’instar du rouquin qui s’empressa de jeter sa hache au sol, soudain échaudé, craignant pour sa propre vie. Suppliant d’une voix mal assuré d’être épargné, avant d’être à son tour menacé par la pointe de l’épée.

Esha passa d’un combattant à l’autre. Et même si elle doutait que son attention soit encore ne serait-ce qu’un minimum portée sur elle, la nomade supplia son samaritain du regard. De façon purement égoïste, elle l’avouera elle-même, voulant s’épargner un autre scène sordide. Finalement, dépendamment ou non, l’homme se contenta pour le second malfrat d’une simple mise-en-garde. Sur un ton des plus glaçant. Avant de lui ordonner de déguerpir. Sans surprise, ni se faire prier, le tatoué s’enfuit.

Esha laissa échapper un profond, mais discret soupir. Puis l’inconnu se tourna vers elle et lui adressa de nouveau quelques mots. La nomade entrouvrit les lèvres, dans l’optique d’une réponse. Spontanée. Avant de se figer… « Sirion, commandant des Cavaliers Noirs de Shara ». Il fut impossible pour la Terran de cacher sa stupeur. Qui pouvait prétendre aujourd’hui ne pas les connaître. Surtout une voyageuse comme elle. Elle avait entendu bien des rumeurs à leur sujet, souvent des plus sombres et sanglantes. Ils suscitaient une certaine forme de respect, mais surtout de la crainte. Et elle se trouvait en présence de l’un d’eux. Alors que devait-elle faire de ces rumeurs, face à cet être - qui n’avait au passage rien d’humain, elle le sait.

La nomade chercha à se donner contenance. Mais dans ce même temps, le prénommé Sirion ponctue sa question, ou le silence de la jeune femme en plantant de nouveau sa lame dans le corps du malheureux. Le brun eut un ultime soubresaut, imité par Esha qui détourna une seconde les yeux.

« Esha ... Je… m’appelle Esha. » Répondit-elle d’une voix faible et tremblante, sans courbette. Il s’en suivit un long silence, mais sûrement nécessaire pour une nature comme elle. La Terran s’approcha ensuite du corps du brigand. Elle relâcha Geeti et posa genoux à terre, en faisant attention de ne pas couvrir ses vêtements de sang. Elle observa l’individu, dont les paupières étaient à-demi closes.

« Était-ce bien nécessaire ?... » Se risqua à demander la jeune femme, tandis qu’elle tirait la cape de l’homme pour couvrir son visage. Incapable de le toucher d’avantage. Par cette action elle découvrit Aiguille, nouée à la ceinture par une sangle en cuir. Il l’avait donc ramassé avant de partir à sa suite. Avec maladresse, elle détacha l’arme. Puis souleva le pan de sa jupe pour la ranger dans son étui, heureusement du côté opposé à Sirion. Évitant ainsi une vue un peu trop dégagée de sa cuisse.

Esha revint ensuite au cavalier, peut-être dans l’attente d’une réponse. Son regard émeraude ne quittant pas le sien, même si elle était clairement intimidée par le personnage. La nomade lui était sincèrement reconnaissante. À n’en pas douter. Ces types restaient des criminels notoires et de parfaits salopards. Toutefois, avec un tel niveau d’écart, Sirion aurait pu aisément éviter le bain de sang. À moins que ç’ait été une façon pour lui de joindre l’utile à l’agréable ... Mais ça, la Terran se refusait d’y croire.

« C’est idiot comme question. Pardonnez-moi. Loin de moi l’idée de vous faire le moindre reproche, Chevalier. Après tout je vous dois la vie. » En convenue Esha, cherchant à se redresser. Son équilibre parut un instant précaire. Son pied commençait visiblement à la rappeler à l’ordre.
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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Mer 7 Nov - 15:59

Le regard suppliant de la jeune femme ne m'avait pas échappé. Je n'avais pas besoin de tourner la tête pour savoir avec précision ce qui se passait autour de moi lorsque je combattais, la maîtrise de l'espace proche était une question de survie pour un guerrier et j'avais appris dès mon plus jeune âge à prendre en compte tout ce qui se trouvait dans mon champ de vision. Toutefois ce ne fut pas ce regard qui me fit épargner l'homme mais le souvenir lointain de la femme que j'avais perdue et qui, je le savais, n'aurait pas davantage souhaité que je trucide mon adversaire désormais impuissant.

Je ne fus pas surpris de voir une profonde stupeur se marquer sur le visage de la jeune humaine lorsque je lui révélai qui j'étais, bien rares étaient ceux que la seule mention des Cavaliers de Sharna n'effrayait pas. Les mots qu'elle s'apprêtait à prononcer se bloquèrent dans sa gorge et elle détourna les yeux tandis que j'abrégeai les souffrances de l'homme que j'avais transpercé. C'est d'une voix faible et tremblante qu'elle me répondit enfin:

"Esha ... Je… m’appelle Esha."

"Eh bien, ravi de faire votre connaissance, Esha, même si j'aurais préféré que les circonstances soient différentes", lui répondis-je en lui adressant un sourire rassurant.

Silencieuse, elle s'approcha alors du mort et relâcha sa petite créature avant de s'agenouiller devant celui qui avait bien failli être son bourreau pour lui couvrir le visage avec un pan de sa cape. D'un ton prudent, elle me demanda:

"Était-ce bien nécessaire ?"

Il y avait quelque chose d'émouvant chez cette jeune femme, une innocence que j'avais perdue depuis des siècles peut-être. La vie ne s'était pas encore chargée de l'endurcir, apparemment; je lui souhaitai que cela n'arrive jamais, même si je savais fort bien que ce n'était là qu'un rêve pieux. Je la vis récupérer une fine dague sur le cadavre, arme qui devait lui appartenir car elle souleva un peu sa robe pour la ranger dans le fourreau qui devait se trouver attaché à sa cuisse, du moins le supposai-je. Cela fait, elle se retourna vers moi et riva son regard d'émeraude dans l'acier du mien, faisant preuve d'un courage certain car je voyais sans mal dans ses prunelles que je l'intimidais passablement, et ajouta en tentant de se relever:

"C’est idiot comme question. Pardonnez-moi. Loin de moi l’idée de vous faire le moindre reproche, Chevalier. Après tout je vous dois la vie"

Voyant qu'elle vacillait, je m'approchai vivement d'elle et saisis son coude avec une fermeté dépourvue de toute brutalité afin de la stabiliser. Les yeux dans les yeux, je lui répondis gravement:

"Votre question n'a rien d'idiot, Esha. Prendre une vie ne devrait jamais être facile, encore moins anodin. Si je les avais laissés fuir les deux, ils n'auraient pas parcouru cent mètres avant de songer à une manière de se venger. Ils nous auraient probablement suivis et nous seraient tombés dessus la nuit prochaine, pendant notre sommeil. Seul, celui que j'ai laissé filer galopera jusqu'à la ville la plus proche comme s'il avait la mort aux trousses et nous fichera la paix. S'il a un brin d'intelligence il se trouvera un travail honnête plutôt que d'importuner les jeunes femmes dans les bois et les routes seront plus sûres."

Je marquai une pause afin de lui laisser le temps d'assimiler mes paroles, puis je remarquai doucement:

"Vous êtes blessée, rien de grave je pense mais mieux vaudrait soigner ça avant que cela ne s'infecte. Mes chevaux et mon équipement sont juste à côté, je me préparai à partir lorsque j'ai entendu les bruits qui m'ont amené à venir ici voir ce qui se passait. Venez, appuyez-vous sur moi si vous avez du mal à marcher, je m'occuperai de vos plaies et vous escorterai ensuite jusqu'à l'endroit que vous m'indiquerez."

Je supposai qu'elle habitait dans la région ou qu'elle faisait partie d'une caravane quelconque, vu qu'elle n'avait pas le moindre équipement sur elle pour arpenter longtemps seule une région aussi sauvage. Mais je préférai ne pas la questionner, après ce qui venait de lui arriver cela l'aurait sans doute rendue plus méfiante encore qu'elle ne l'était déjà.


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Esha Raj
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Mer 7 Nov - 19:19

Esha avait esquissé un bref moment de faiblesse. Pourtant Sirion fut là aussitôt, pour la soutenir. La jeune femme ne le vit pas arriver et se braqua. Une réaction instinctive qui n’avait aucun rapport avec Sirion lui-même. En vérité la nomade eut toujours du mal au contact des hommes – pour des raisons plus qu’évidentes. Puis ce fut le contact tout court. Lorsque son don gagna en maturité et puissance, mais pas en contrôle. Une expérience qu’elle ne souhaite plus jamais réitérer. Toutefois, Esha s’excusa de sa réaction. Même si elle pouvait être sous le coup des évènements.

Sa prise assurée et sans la quitter du regard. Sirion se permit alors de s’exprimer sur ses agissements, en détails. Esha l’écouta attentivement, avant d’esquisser un hochement de tête. Comprenant aisément. Il est vrai que ces brigands s’en étaient pris à lui par pur excès d’orgueil, même se sachant pas de taille. S’il s’était contenté d’une simple humiliation en bonne et due forme, ça n’aurait fait qu’ajouter à leur rancœur. Et puis, ce qui venait d’arriver à Esha avait probablement été vécu par d’autres, peut-être même de manière plus tragique encore. Et ç’aurait pu continuer ainsi. Encore et encore. La nomade lâcha un soupir, bien consciente de la dureté de la vie et du choix que Sirion dû faire.

« Espérons alors que cet homme se souvienne toute sa vie de votre clémence et en tire les bonnes leçons» Approuvant ainsi le raisonnement du Chevalier. Même si son avis n’avait sûrement aucune espèce d’importance pour lui. Sa réplique fut ponctuée d’un sourire discret mais sincère, comme pour répondre à celui précédemment offert. Après quoi son samaritain souligna son état, certes sans aucune gravité, mais nécessitant tout de même des soins. Esha afficha un air étonné.

« Mes plaies dites-vous ? » Avant de s’examiner. La Terran remarqua les quelques écorchures sur sa peau. Puis, réaction somme toute réservée aux femmes normalement – ou aux hommes un peu plus précieux, elle s’inquiéta de possibles marques au visage. Elle souligna du bout de ses doigts sa pommette et repéra l’entaille. Le sang avait coagulé sur la plaie.

« Mince ... » Souffla simplement Esha, devinant les remontrances qu’elle écopera pour ça, mais aucunement sujette à la douleur. S’il y a bien une chose que la nomade fut obligée de renforcer, c’était son seuil de résistance à cette dernière. Et avec son premier et unique époux, elle eut tout le déplaisir de s’entrainer. L’idée même de recevoir des coups ou de se faire mal en essayant de se défendre avait cessée de l’effaroucher. Depuis longtemps. Mais passons. Sirion se proposa donc de la conduire là où s’était tenu son campement. De là il pourrait la soigner, avant de l’escorter jusqu’en lieu sûr. Chez elle.

« Je suis désolé, de vous causer des tracas supplémentaires. Je n’aurais pas dû m’aventurer ici toute seule, à une heure pareille. C’était irréfléchi de ma part, mais j’espérai retrouver les chevaux rapidement. C’est rageant. Je venais enfin d’en récupérer un … avant que ces types me tombent dessus. » S’excusa platement Esha, tout en se laissant guider.

Elle fit attention à ne pas trop s’appuyer sur lui. Par principe. Elle se doutait bien qu’elle pesait pas lourd, même en la soutenant d’un seul bras. Quant à Geeti, elle trottinait fièrement à côté de sa maîtresse. Comme un rempart … de trente centimètres. En comptant les oreilles qui en faisait dix.

Au bout de quelques pas, la Terran crut entendre une des montures de Sirion souffler des naseaux et frapper lourdement du sabot, peut-être rendu impatient.


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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Ven 9 Nov - 19:55

Je sentis la jeune femme se crisper violemment lorsque je la saisis par le bras, mais je ne la lâchai pas pour autant, ne tenant pas à ce qu'elle se fasse plus mal qu'elle n'avait déjà en s'effondrant au sol. Lorsqu'elle s'excusa de cette réaction, je lui souris tranquillement et fis un petit geste de la main pour indiquer que cela n'avait pas d'importance. Après ce qu'elle venait de vivre je pouvais comprendre qu'elle ne souhaitât pas être touchée par un homme, même si mes intentions n'avaient rien en commun avec celles de ses agresseurs.

A l'explication que je lui fournis quant aux raisons qui m'avaient incité à tuer l'un des brigands, Esha hocha très légèrement la tête et soupira avant de me dire qu'elle espérait que celui que j'avais laissé fuir se souvienne sa vie durant de ma clémence et en tire les bonnes leçons. Elle ponctua ces mots par un sourire, discret mais sincère, auquel je répondis en miroir. Je pouvais vivre sans son assentiment, ayant agi en mon âme et conscience, mais j'étais néanmoins content qu'elle ait compris et accepté les raisons de mon acte. La jeune femme prit un air surpris lorsque j'évoquai ses blessures et la nécessité de les soigner, puis elle s'examina rapidement et réalisa en passant les doigts sur son visage qu'elle avait bel et bien une plaie un peu plus importante qu'une simple égratignure. Elle lâcha un "mince" qui me fit sourire et lui répliquer avec une légère malice:

"Soyez sans crainte, vous ne serez pas défigurée pour autant, ce n'est qu'une estafilade sans gravité."

Je lui proposai ensuite de s'appuyer sur moi afin de rejoindre mon campement pour soigner ses blessures, ce qu'elle accepta tout en s'excusant platement:

"Je suis désolée, de vous causer des tracas supplémentaires. Je n’aurais pas dû m’aventurer ici toute seule, à une heure pareille. C’était irréfléchi de ma part, mais j’espérai retrouver les chevaux rapidement. C’est rageant. Je venais enfin d’en récupérer un … avant que ces types me tombent dessus."

Intrigué, je tournai la tête vers elle pour l'observer. Ainsi elle avait perdu des chevaux? Cela expliquait son dénuement, mais tout de même j'étais curieux de savoir ce qu'elle faisait dans la région et ce qui avait fait fuir ses bêtes. Malgré tout, je ne voulais pas la harceler de questions et préférai lui répondre sur le ton de la plaisanterie:

"Ne soyez pas désolée, à quoi servirait un chevalier s'il n'avait pas de temps à autre une jeune femme en détresse à secourir?"

Évidemment les cavaliers de Sharna n'étaient pas précisément réputés pour leur côté chevaleresque et je ne doutais pas qu'elle le savait fort bien au vu de sa réaction lorsque je lui avais appris mon appartenance à cet ordre. Mais j'étais différent de la plupart de mes pairs et, sans vraiment savoir pourquoi, j'avais à coeur qu'elle ne m'assimile pas aux pires d'entre eux. Après un bref silence j'ajoutai:

"Je ne suis pas pisteur, mais je connais bien les chevaux et je pense que je pourrai vous aider à les retrouver. Mais cela attendra que vous soyez remise de vos émotions."

Tout en avançant à son rythme vers mon bivouac, je remarquai que son petit renard des sables se comportait comme un véritable garde du corps et qu'elle prenait soin de s'appuyer le moins possible sur mon bras, ce qui me fit lui demander d'un ton amusé:

"Vous essayez de rivaliser de légèreté avec votre petit compagnon à quatre pattes? Je ne vais pas m'effondrer sous votre poids, vous savez?"

Quelques instants plus tard nous parvînmes à la petite clairière où se trouvaient mes montures que je présentais à la jeune femme:

"Le noir c'est Altaron, ne vous approchez pas de lui si je ne suis pas avec vous, c'est un cheval dressé pour la guerre et il a sale caractère. Celui à la robe Isabelle c'est Erëyal, une bonne pâte quant à lui. Mais je vous en prie, asseyez-vous le temps que je trouve de quoi m'occuper de vous."

Je lui désignai de ma main libre le tronc que j'avais disposé près du petit foyer qui m'avait servi à préparer mes repas puis, une fois qu'elle se fut installée, allai chercher le nécessaire dans mes fontes. Je revins rapidement muni d'une gourde d'eau, d'une petite gourde d'alcool, de chiffons propres et d'un petit pot en bois contenant un baume à base de plantes que j'avais acheté aux Sindarins. Après lui avoir tendu la gourde d'eau afin qu'elle puisse se désaltérer si elle le souhaitait, je m'accroupis devant la jeune femme, imbibai d'alcool un chiffon et, esquissant le geste de nettoyer sa plaie au visage, lui demandai:

"Permettez? Ça va piquer un peu, mais cela vaudra toujours mieux qu'une infection..."




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Esha Raj
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Sam 10 Nov - 1:25

De nouveau la jeune femme croisa le regard de Sirion, alors qu’il rebondissait à ses excuses en s’autorisant à un trait d’humour. Esha cligna doucement ses paupières, puis afficha une moue faussement perplexe. Défendre la veuve et l’orphelin ne rentrait pas spécialement dans les attributions des Cavaliers de Sharna, pour autant qu'elle sache. Mais ce serait idiot … et rétrograde de parquer tous ces soldats au rang de brutes sanguinaires. Sirion se présentait comme une exception et la Nomade ne pouvait que lui en être d’autant plus reconnaissante et respectueuse. Sur un ton qu’Esha espérait facétieux mais pas impertinent.

« Vous n’êtes donc pas si Noir, pour un Cavalier de Sharna. Cela fait de vous une espèce plutôt rare, non ? À moins que l’on m’ait tout simplement menti à votre sujet. » Ou que cette caste tend à se donner une nouvelle conduite. Peut-être. Ce ne serait pas un mal, mais totalement de l’ordre du fantasme. Esha était certes une idéaliste, mais pas une abrutie. En tout cas, il n’était pas question pour la Terran de rattacher tous les actes, ni tous les tors d’un groupuscule à un seul homme - en l’occurrence Siron. Comme le boulet à la cheville d’un prisonnier.

Mettant fin à cette parenthèse. Le Cavalier revint aux faits. Il souligna sa connaissance des équidés, à défaut d’être un bon traqueur. Esha sembla capter le fil de ses pensées avant même qu’il ne termine sa phrase. Aussitôt le rouge lui monta aux joues, visiblement gênée et coupable.

« Vous en avez fait beaucoup déjà, Sir. Je vous assure ! Je … Je ne veux pas vous monopoliser, ni vous retarder d’avantages. » Protesta la Terran.

Elle savait Sirion sur le départ. Quand on sait qu’il lui fallut plusieurs heures pour trouver n’en serait-ce qu’un. Pour le perdre à nouveau. Qui pouvait dire combien de temps ç’allait prendre encore ? Ni même s’ils allaient les retrouver. Non, elle ne pouvait décemment pas lui imposer ça. Pour autant, ce n’est sûrement pas Esha qui arrivera à le faire changer d'avis. Vu le peu d’autorité dont elle est dotée. Au lieu de ça, Sirion joua de nouveau la carte de la plaisanterie. Sur le coup la nomade ne put s’empêcher de pouffer, dissimulant ses lèvres rieuses de sa main libre.

« J’ai préféré sa légèreté à son mordant, mais peut-être aurais-je eu plus de chance de la battre dans cet autre domaine. » Rétorqua la Terran, un peu plus pétillante et espiègle. Chassez le naturel et il revient au galop. Dommage qu’Atlas ne fasse pas de même.

« Pardonnez-moi. Je ne doute pas de votre force, ni de vos appuis. Voyez ça comme un penchant féminin à ce que vous appelez … la Fierté Masculine mal placée ? » Là encore, c’était une boutade. Esha n’était pas de ce genre-là. Fière et assurée. Mais l’autodérision et le second degrés étaient ses armes contre sa timidité. Un moyen autre que la danse pour faire sauter les barrières. Et puisque le Chevalier s’appliquait à vouloir donner la meilleure image possible de lui, quoi de plus normal pour la Terran d’y mettre du sien aussi. Et ainsi montrer qu’elle était convaincue de sa bonne foi, depuis le début. D’ailleurs, comme acte de confiance, Esha accepta de mettre cette soi-disante fierté de côté et prit réellement appuie sur son Sir. Ce qui n’apporta probablement aucune différente pour ce dernier.

Finalement, ils apparurent au campement. Presque spontanément, le regard de la nomade se dirigea en direction des chevaux. Fascinée. Sirion les présenta alors. La jeune femme prit note pour les prénommés Altaron et Erëyal et opina quant au fait de ne pas s’approcher seule du premier. D’ailleurs elle crut bon de rappeler Geeti aux pieds. Habituée aux chevaux et autres animaux de la troupe, elle en était devenue beaucoup trop culottée. Esha usa alors d’un dialecte propre à son ancienne tribu. Aller savoir pourquoi, ç’avait plus impact.

« Yahaan Geeti. » Ou autrement dit : Ici Geeti.

La fennec obéit aussi sec et alla s’asseoir aux pieds de la Tarran, elle-même installée sur un tronc d’arbre. À la demande de Sirion, qu’elle remercia encore. Tandis que l’homme partait récupérer le nécessaire pour la soigner, Esha examina son pied. Selon elle plus important que le reste de ses blessures. Elle fit faire de petits mouvements circulaires à sa cheville, par acquis de conscience Heureusement, rien de cassé à ce niveau là. Elle descendit ensuite jusqu’à son pied. Chaussée d’une paire de bottes au cuir épais, il lui fut plus difficile d’évaluer les dégâts. Elle esquissa un froncement de nez somme tout adorable, mais pas du tout raccord pour une femme de son âge. Tant pis. Esha attendra d’être rentrée chez elle. Elle ne tenait pas à se montrer pieds nus devant Sirion. Qui d’ailleurs réapparu. Elle se rassit correctement, le dos bien droit. De nouveau une petite moue perplexe se dessina sur son visage.

« Vous allez sûrement me rétorquer que vous vous faites un devoir ou un plaisir de m’aider … Mais j’ai une dette envers vous désormais. » Esha récupéra la gourde entre ses deux mains, ponctuant son geste d’un merci. Elle se permit alors de prendre quelques gorgée d’eau, ce qui lui suffit amplement, avant de la lui rendre. Ceci fait, elle laissa Sirion à ses soins. Sous le regard attentif de Geeti toujours.

« Ne vous en faites pas. Je suis … assez dure au mal en générale. » Le rassura la nomade en le gratifiant d’un sourire doux et aimable, avant de détourner les yeux de son samaritain, ne voulant pas paraître impolie en l’observant trop longtemps. Au contact du tissu imbibé contre l’entaille, la Tarran ne broncha pas.

« Sans indiscrétion … Où est-ce que vous vous rendiez ? » Se risqua à demander Esha, sans le regarder cette fois.




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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Sam 10 Nov - 14:07

Lorsque je plaisantai sur la nécessité pour un chevalier d'avoir de temps à autre une jeune femme à sauver, Esha me rétorqua d'un ton facétieux que je n'étais somme toute pas si noir pour un Cavalier de Sharna et que cela faisait de moi une espèce rare, à moins qu'on ne lui ait menti à notre propos. Je haussai légèrement les épaules et lui répondis avec un léger sourire:

"Disons que, contrairement à bon nombre de mes pairs, je réserve ma part ténébreuse à mes ennemis. Ce que vous n'êtes pas. Bien des cavaliers désapprouvent ma...modération, mais aucun n'est prêt à m'affronter pour faire valoir son point de vue sur la question."


Quelques instants plus tard, j'évoquai ma connaissance des chevaux et me proposai de l'aider à retrouver les siens, ce qui la fit joliment rougir et me répondre d'un air aussi gêné que coupable que j'en avais déjà fait beaucoup et qu'elle ne voulait pas me retarder davantage. D'un ton légèrement amusé et teinté d'une certaine insouciance, je lui répondis doucement:

"Je n'en suis pas à quelques jours près. Mon très cher "maître" n'est pas précisément pressé de me revoir et, pour être  tout à fait honnête, votre charmante compagnie est autrement agréable que la sienne."


Après quelques pas de plus, je la taquinai sur la légèreté avec laquelle elle s'appuyait sur moi et eu le plaisir de la voir pouffer derrière sa main libre. Elle me répliqua qu'elle avait préféré la légèreté de sa fennec à son mordant mais qu'elle aurait peut-être eu plus de chances de rivaliser dans ce dernier domaine, ce qui me fit rire de bon coeur:

"Probablement, mais à en juger par les plaies et bosses de vos agresseurs, la joute n'aurait pas été très équitable pour votre petite compagne à quatre pattes!"

Néanmoins, surpassant sa gêne, elle soulagea enfin plus concrètement son pied meurtri tout en plaisantant:

"Pardonnez-moi. Je ne doute pas de votre force, ni de vos appuis. Voyez ça comme un penchant féminin à ce que vous appelez … la Fierté Masculine mal placée ?"

Je tournai à nouveau le visage vers elle et l'observai un instant d'un regard ouvertement amusé mais perçant, me demandant si j'avais vraiment estimé correctement son âge. Je l'avais considérée comme une adolescente jusqu'à cet instant, mais ses réparties et son comportement général étaient ceux d'une femme mature, pas d'une jeune fille tout juste sortie de l'enfance. Toutefois lui demander son âge était hors de question, si bien que je lui répondis avec une petite moue malicieuse:

"Je vois. Mais n'allez pas vous mettre en tête de rivaliser avec moi à ce propos, vous perdriez à coup sûr."

Nous arrivâmes alors à mon campement, encore que ce terme ne soit guère approprié vu que j'avais déjà rangé toutes mes affaires, où se trouvaient mes deux chevaux. Esha sembla fascinée par ces derniers, témoignant ainsi de son intérêt mais aussi d'une certaine connaissance en la matière. Force était de reconnaître qu'ils n'étaient pas communs, tous deux étaient des animaux hors de prix tout droit issus des meilleurs élevages des Cavaliers de Sharna, mais la plupart des gens ne savait pas faire la différence entre une vulgaire haridelle et un pur-sang. Décidément, la jeune femme ne cessait de me surprendre et m'intriguait de plus en plus. Je me demandai qui elle était vraiment, mais là où un humain aurait sans doute posé d'innombrables questions pour en savoir plus, l'être multi-centenaire que j'étais avait appris la patience et savait que tout viendrait en son temps. Après avoir rappelé à l'ordre sa fennec visiblement curieuse dans une langue que je ne connaissais pas, Esha s'installa comme je le lui avais proposé sur le tronc posé près du foyer éteint pendant que j'allais chercher de quoi soigner ses plaies.

Du coin de l'oeil, je la vis palper son pied blessé avec un adorable froncement de nez, sans grand succès sans doute vu qu'elle portait d'épaisses bottes en cuir, puis se redresser vivement comme si de rien n'était lorsque je me retournai vers elle. Allons bon, était-elle pudique, ou timide, au point de craindre de me dévoiler l'un de ses menus petons? Ce fut donc avec un sourire discrètement amusé que je lui tendis la gourde afin qu'elle puisse se désaltérer tandis qu'elle déclarait:

"Vous allez sûrement me rétorquer que vous vous faites un devoir ou un plaisir de m’aider … Mais j’ai une dette envers vous désormais."

Je haussai un sourcil à ces mots et lui répondis avec un petit sourire en coin:

"Et quelle dette, en effet. Je crains fort que la rembourser soit ardu, mais peut-être que si vous me parliez un peu de vous il serait possible d'effacer l'ardoise?"


Je lui demandai ensuite l'autorisation de m'occuper de sa plaie au visage, ayant constaté plus tôt qu'elle n'était pas forcément très encline au contact, en la prévenant que cela risquait de piquer quelque peu. La jeune femme me gratifia alors d'un sourire plus doux et aimable que tous ceux qu'elle avait eu jusque là:

"Ne vous en faites pas. Je suis … assez dure au mal en général."

Je fronçai imperceptiblement les sourcils à cette déclaration tandis qu'elle détournait les yeux. Personne ne naissait "dur au mal", c'était l'habitude de la douleur qui forgeait cette résistance, j'avais payé pour le savoir. Elle était si jeune, même à l'aune de ma nouvelle perception... quelles épreuves avait-elle bien pu traverser pour s'être endurcie à la souffrance? Mais là encore je m'abstins de poser la question, les souvenirs liés à ce genre de choses n'étaient jamais agréables et je n'avais aucune envie de l'obliger à les ramener à la surface. J'entrepris plutôt de nettoyer sa plaie avec des gestes aussi doux qu'assurés, trahissant sans doute que ce n'était de loin pas la première fois que j'avais à soigner des blessures. Confirmant ses étonnantes paroles, elle ne broncha pas d'un cheveu au contact du chiffon imbibé d'alcool, un contact qui, je le savais, n'avait pourtant rien d'agréable malgré la délicatesse avec laquelle je m'efforçai de procéder. Sans me regarder, elle demanda soudain:

"Sans indiscrétion … Où est-ce que vous vous rendiez ?"

"Je rentre chez moi, à Themisto... Comme je vous l'ai dit plus tôt je suis le commandant des Cavaliers Noirs, l'une des trois légions des Cavaliers de Sharna, aussi me faut-il de temps à autre faire acte de présence là-bas, même si je préfère de loin la solitude des chemins qui parcourent le monde."

Après avoir méticuleusement nettoyé sa plaie, je prélevai un peu de baume dans le petit pot en bois que j'avais apporté et l'appliquai sur la coupure en précisant:

"C'est un remède Sindarin qui favorise grandement la cicatrisation, tâchez de ne pas vous frotter la joue avant demain même si cela vous démange."

Ceci fait, je me penchai légèrement de manière à pouvoir accrocher son regard et ajoutai avec sérieux:

"Je me doute que l'idée ne vous enchantera pas, mais je vais vous enlever votre botte afin de voir ce que je peux faire pour votre pied. Dites-vous bien que vous n'êtes de loin pas la première femme dont il me faut prendre soin et qu'il faut largement plus que la vue d'un peton, si gracieux soit-il, pour me troubler."

J'attendis cependant une fois encore qu'elle m'y autorisât, ne souhaitant aucunement la brusquer en ayant un geste qu'elle considérerait comme déplacé.


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Esha Raj
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Dim 11 Nov - 14:33

Parler d’elle. Vraiment ? Esha lui jeta un regard interloqué, ponctué d’un sourire amusé. Sirion semblait avoir définitivement mis sa rigueur militaire de côté, voire même son rang de commandant. Mais peut-être était-ce justement pour lui une parenthèse à son quotidien et toutes les obligations et responsabilités qui l’accompagnent.

« Vous êtes un amusant .. mais plutôt dur en affaire ! » Plaisanta Esha, sans se départir de son sourire. Et puis, la Terran doutait franchement que ses péripéties de nomade soit d’un quelconque intérêt.  

Toutefois, elle fit l’effort. Faisant ainsi la conversation le temps que Sirion s’attelait à sa tâche, usant d’une prudence et d’une douceur appréciables. Peut-être était-ce un moyen, aussi, pour ne pas s’attarder sur cet autre point qu’était sa résilience à la douleur. Évidement acquise au fil du temps. Et même si Esha ne capta pas le léger froncement de sourcils du Chevalier – mais bien que devinant aisément sa perplexité, une ombre passa clairement dans son propre regard. Fugace. Avant que la nomade revienne à son état d’origine, solaire.

«  Alors … Hm. Vous expliquer ce que je fais ici, avec ma compagne à quatre pattes pour seule escorte, serait peut-être de circonstance. Pour commencer ? » Lui proposa alors Esha. Ça paraissait logique que Sirion se questionne à ce propos. Mais ç’aurait sûrement été un manque de tact de chercher aussitôt des explications.

« Je fais partie d’une troupe d’artistes itinérants, Valencia. Nous sommes actuellement en route pour Espéria. La veille, nos plus jeunes plaisantins se sont amusés avec les feux d’artifices. Heureusement personne n’a été blessé, mais trois de nos chevaux, dont le mien ont pris peur et se sont enfuis. Et me voici, à crapahuter partout. » De nouveau ses lèvres s’ornèrent d’un sourire tendre. Peut-être que Sirion aurait préféré quelque chose de plus approfondi, mais la nomade n’avait pas pour habitude de se mettre en avant. Si ce n’est sur scène.

« Oh et … je suis danseuse au sein de ce groupe. Au cas où vous vous le demanderiez. » Ajouta Esha d’une voix timide, mais également emprunte d’une certaine fierté. S’il y avait un domaine dans lequel elle pouvait se targuer d’être douée, c’était bien celui-ci.

Elle marqua un temps, que combla Sirion en l’informant à son tour sur sa destination. Sans surprise pour un homme de son ordre et de son importance, Themisto. Tristement connue et évitée de la plupart. Il était déjà arrivé à la troupe de se rendre jusqu’à cette ville, aussi lugubre et malfamée soit-elle, se donnant presque pour mission d’égayer un peu le quotidien des pauvres ères qui l’occupent. Mais force est d’admettre que c’était une escale dangereuse, qui nécessitait bien plus de moyen et d’organisation que pour d’autres lieux. Alors ce genre de … « raid » ne se mettait en place que tous les cinq ans. Au moins. D’ailleurs, malgré toutes ses appréhensions, Esha accueillait toujours cet évènement avec plaisir. Évidement pas pour le cadre, mais parce que la Terran avait l’impression d’être utile aux autres. Son art prenant tout son sens lorsqu’elle arrivait à soutirer quelques sourires francs.

« Finalement, c’est aussi votre jour de chance. Je vous aurais donné une excuse et fait grappiller un peu de temps. » Jouant la carte de la légèreté et de l’espièglerie, tout en lui jetant un petit regard au coin. Amusée. Moment que choisit Sirion pour se pencher d’avantage vers elle, maintenant qu’il eut fini de passer un baume sur sa la plaie ; pour ainsi parfaire la cicatrisation et éviter toute infection.

Esha eut un léger et lent mouvement de recul, le questionnant du regard. À ses mots, la nomade esquissa un froncement de nez. Et avec un aplomb désarmant, approcha son visage de Sirion et pour le fixer. L’air faussement sérieux et revêche.

« Vous avez raison, elle ne m’enchante pas du tout cette idée. Et même si vous n’en êtes pas à votre première fois. Il n’est pas question que vous touchiez à ce… peton, Chevalier. Qui n’a rien de gracieux en plus, croyez moi.» Peut-être exagérait-elle sur ce dernier point. Juste un peu. Les pieds des danseuses étaient généralement connus comme très abimés. La nomade ne dérogeait pas à cette règle et avait développée un réel complexe à ce propos.

Soudain, Geeti se dressa sur ses quatre pattes, visiblement alertée par quelque chose. Esha redirigea son attention sur elle, avant de regarder dans sa même direction. À défaut d’avoir du mordant, l’animal avait une ouïe fine. Et quelques minutes plus tard, Esha entendit nettement une voix masculine l’appeler. La nomade jeta un regard au Chevalier, comme si elle avait un instant attendu son aval, avant de répondre.

« Je suis là ! » D’une voix qu’elle espérait assez forte mais pas non plus criarde, Sirion .. et surtout ses oreilles ne se tenant qu’à quelques centimètres d’elle.

Le nouvel intervenant apparu au bout de quelques minutes. Rien qu’à sa posture on le devinait fier. Et rien qu’à son faciès qu’il s’agissait d’un Yorkas. Muni de larges crocs, similaires à ceux d’un ours. Du haut de son mètre quatre-vingt seize qu’il maintenait bien droit. Il avait la peau mâte, de longs cheveux noirs nattés dans le dos. Le léger gris qu’il avait aux tempes révélait un certain âge et son regard cuivré, perçant et totalement animal, d’un certain vécu ...  D’ailleurs ce dernier fut aussitôt dirigé vers Sirion. Méfiant. Esha voulut endiguer net toute tension. Elle se releva donc, se permettant de prendre appui sur l’épaule du Chevalier.

« Dastan. Vous vous êtes aussi lancé à la recherche des chevaux ? » Tout en s’approchant. Montrant bien à l’un et à l’autre qu’il n’y avait rien à craindre.

Sitôt que le Yorkas nota le boitillement de la danseuse, mais également l’assistance que lui avait visiblement apporté Sirion, son air se radoucit. Il soupira lourdement, au point qu’on crut entendre un grognement à la place, tout rejoignant Esha avant qu’elle ne se blesse d’avantage. Offrant son bras. Cette femme allait tout lui faire …

«  Plutôt à la votre. » Rétorqua l’ours. «  À peine en avais-je terminé avec cet incendie que j’appris votre départ. À quoi pensiez vous, Esha ? » Sur un ton qu’il tentait de rendre sévère. Mais visiblement, les charmes de la nomade avaient un très net impact sur sa rudesse. Qui en plus esquissa un sourire désolé totalement adorable.

«  Vous savez qu’Atlas m’est précieux. Et j’ai agi sur le coup de l’émotion. » Se défendit la jeune femme.  

« Parce que vous agissez autrement, habituellement ? » Se moqua Dastan, surtout en voyant la mine erronément outrée de la Terran. « Je comprend votre attachement pour cet animal, mais votre vie reste bien plus précieuse. » D’autant que …

«   Je suis tombé sur un cadavre. Je suppose que c’est votre œuvre. » D’une voix grondante et naturellement teintée de respect. Bien conscient qu’Esha s’était attirée des problèmes avec ce maraud et que Sirion l’avait protégé. « Merci pour elle Sir. » Courbant l’échine en signe de reconnaissance et d’humilité.

« Sirion. » Précisa Esha tout en lui jetant un regard. Libre à lui de se présenter plus en détail, comme il l’avait précédemment pour elle.


 




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Sirion Le Preux
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Dim 11 Nov - 22:26

Quand je proposai à la jeune femme de me parler d'elle en remboursement de la tette qu'elle estimait avoir contractée envers moi, elle me jeta un regard aussi amusé qu'intrigué et me rétorqua sur le ton de la plaisanterie que j'étais amusant mais plutôt dur en affaires. Un léger rire franchit mes lèvres à cette réponse et je remarquai avec un amusement certain:

"On m'a qualifié de bien des adjectifs au cours de ma vie, mais "amusant" est une première."


Puis, tandis que je m'occupais de sa plaie à la joue, elle se décida:

"Alors … Hm. Vous expliquer ce que je fais ici, avec ma compagne à quatre pattes pour seule escorte, serait peut-être de circonstance. Pour commencer ?"

J'approuvai d'un signe de tête et d'un sourire, c'était en effet un bon début, puis écoutai la suite avec intérêt, non sans remarquer le sourire tendre qui fleurit sur ses lèvres:

"Je fais partie d’une troupe d’artistes itinérants, Valencia. Nous sommes actuellement en route pour Hesperia. La veille, nos plus jeunes plaisantins se sont amusés avec les feux d’artifices. Heureusement personne n’a été blessé, mais trois de nos chevaux, dont le mien ont pris peur et se sont enfuis. Et me voici, à crapahuter partout."

Elle ajouta presque aussitôt avec une timidité discrètement teintée de fierté, qu'elle était danseuse au sein de cette troupe, ce qui me fit relever la tête, le temps de la dévisager brièvement et de lui répondre avec un léger sourire au coin des lèvres:

"Voilà qui explique donc votre désir d'être aussi légère qu'une plume, j'aurais dû m'en douter. Mais, si je puis me permettre, vous devriez habituer vos chevaux à vos feux d'artifices, si vous en utilisez souvent. Cela prend du temps, mais ce n'est pas difficile et cela vous éviterait d'avoir à explorer de dangereuses forêts durant la nuit."

Je l'informai ensuite de ma destination et du peu d'entrain que j'éprouvai à l'idée d'y retourner, à quoi la jeune femme décidément pleine d'humour répliqua avec un petit regard en coin que c'était finalement mon jour de chance puisqu'elle m'avait donné un prétexte pour gagner un peu de temps. Je ris de bon coeur à cette assertion et lui rétorquai avec malice:

"Est-ce une manière de me dire qu'en réalité c'est moi qui ai une dette envers vous?"


Une fois que j'eus fini de m'occuper de sa plaie à la joue, je manifestai mon intention d'examiner son pied, mais Esha eut un mouvement de recul et fronça le nez avant d'approcher son visage du mien pour me répondre d'un ton faussement revêche:

"Vous avez raison, elle ne m’enchante pas du tout cette idée. Et même si vous n’en êtes pas à votre première fois. Il n’est pas question que vous touchiez à ce… peton, Chevalier. Qui n’a rien de gracieux en plus, croyez moi."

Je la fixai d'un regard perçant durant un instant, puis je haussai les épaules et me relevai souplement en déclarant d'un ton neutre:

"Ma foi, si vous préférez continuer à avoir mal et à boiter, à votre guise?"

Je n'étais pas un guérisseur, mais près d'un millénaire de guerres et d'errances m'avait obligé à acquérir de solides rudiments en matière de soins de base. J'étais raisonnablement sûr de pouvoir la soulager efficacement, entorses et contusions en tous genre faisaient partie intégrante de la vie de soldat, mais je n'allais certainement pas la forcer à me laisser l'aider si elle ne le souhaitait pas. A cet instant je vis son fennec se dresser vivement sur ses pattes, en alerte, puis ce fut au tour de mon sombre destrier de piaffer nerveusement. Quelque chose approchait, cela ne faisait pas le moindre doute et, peu convaincu que ce soit bon pour nous, je fis signe à la jeune femme de se mettre à l'abri derrière le tronc et me préparai au combat tout en scrutant froidement les environs. Restait à espérer que le maraud que j'avais laissé filer n'était pas revenu avec quelques comparses archers...

Je me détendis un peu lorsque, quelques instants plus tard, une voix masculine retentit, prononçant le nom de la danseuse. Sans doute l'un de ses compagnons balladins qui la cherchait? A la question muette d'Esha, je hochai simplement la tête, sans pour autant me départir de ma prudence car même s'il s'agissait de l'un de ses amis, j'ignorai comment il réagirait à ma présence. La jeune femme cria pour indiquer sa présence et, peu de temps après, je vis apparaître un véritable colosse à la lisière de la clairière. Un Yorka, ainsi que l'indiquaient sans détour les crocs dépassant de ses lèvres, et fier avec ça. Il avait la peau mate et portait une longue natte de cheveux noirs qui, légèrement grisés sur les tempes, indiquaient qu'il avait un certain âge. Je croisai son regard cuivré, indiciblement animal mais doté d'une profondeur indiquant que l'arrivant n'avait pas eu une vie exempte d'épreuves. Sa méfiance n'avait rien à envier à la mienne, mais Esha prit les devants en se relevant et en s'appuyant sur mon épaule pour indiquer au Yorka que je n'étais pas une menace. S'approchant ensuite de lui, elle lança:

"Dastan. Vous vous êtes aussi lancé à la recherche des chevaux ?"

Le colosse se radoucit fortement à la vue de cette scène, puis il grogna tout en s'avançant rapidement vers Esha pour la soutenir tout en la réprimandant sur un ton qu'il peinait visiblement à rendre aussi sévère qu'il l'aurait voulu:

"Plutôt à la vôtre. À peine en avais-je terminé avec cet incendie que j’appris votre départ. À quoi pensiez vous, Esha ?"

Diabolique, la jeune femme lui retourna un adorable sourire qui manqua me faire éclater de rire tant il était faussement contrit, puis elle se défendit en disant qu'il savait combien Atlas -son cheval supposai-je- lui était précieux. Elle ajouta qu'elle avait agi sous le coup de l'émotion, à quoi le colosse répondit d'un ton moqueur:

"Parce que vous agissez autrement, habituellement ? Je comprend votre attachement pour cet animal, mais votre vie reste bien plus précieuse."

Se tournant ensuite vers moi il remarqua, d'un ton grondant mais empli de respect , qu'il avait croisé un cadavre et supposa que c'était mon oeuvre avant de me remercier au nom de la jeune femme et de courber l'échine avec une humilité qui me fit froncer les sourcils. Je ne relevai pas, pourtant, d'autant plus qu'Esha choisit cet instant pour me jeter un bref regard et lui révéler que je m'appelais Sirion. Le Yorka fronça les sourcils à l'énoncé de ce nom et me scruta un instant d'un air indécis avant qu'un éclair de compréhension ne traverse soudain son regard. Il ne put réprimer le frémissement qui agita tout son corps, ni l'exclamation inquiète qui jaillit spontanément de ses lèvres:

"Vous...vous êtes celui qu'on appelle le Chevalier du Crépuscule, n'est-ce pas?!"

Il jeta un bref regard atterré à Esha après que j'aie confirmé le fait d'un petit signe de tête, ce qui me fit discrètement soupirer. Ma notoriété avait parfois un côté ennuyeux, je ne doutai pas que, m'ayant identifié, le Yorka ne se départirait plus de ses préjugés à mon égard. Sans un mot, redevenu le froid et dur Cavalier de Sharna, je me dirigeai vers Altaron, mon destrier, qui n'avait cessé de montrer les dents et de tirer sur sa longe pour se libérer. Après lui avoir ordonné de se tenir tranquille, je rangeai rapidement dans ses fontes les quelques affaires que j'avais utilisées pour soigner Esha. Ceci fait je détachai prestement mes deux montures et me hissai d'un bond fluide sur mon destrier, qui hennit à pleins poumons et se cabra aussitôt de toute sa hauteur en boxant les airs de ses sabots antérieurs. Là où la plupart des cavaliers auraient mordu la poussière, je me maintins en selle sans aucune difficulté, faisant littéralement corps avec ma monture, et le ramenai au sol d'une légère traction sur les rênes. Non loin, un deuxième hennissement répondit à celui de mon noir compagnon, puis un autre encore, ce qui me fit légèrement sourire et remarquer à l'attention de la jeune femme:

"Maintenant vous savez où sont vos chevaux, Esha. Dans quelques minutes ils seront ici, vous n'avez qu'à les attendre. Ma présence ne vous étant désormais plus d'aucune utilité, je suppose qu'il est temps de nous dire adieu."


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Esha Raj
MessageSujet: Re: Les bêtises des uns font les malheurs d'une autre.   Lun 12 Nov - 12:33

À peine Esha avait prononcé le prénom de Sirion que le comportement de son compagnon changea, son regard cuivré reflétant une soudaine crainte. La réputation du Chevalier l’avait une fois encore précédée, esquissant un simple hochement de tête à la question de Dastan, avant d’adresser un regard consterné en direction de la nomade. Cette dernière parut alors sincèrement désolée et compatissante, notant bien que l’attitude de Sirion différait de celle d’il y a une minute à peine. Pour apparaitre de nouveau glaçant et strict. Comme revêtu d’une armure, pour mieux encaisser les critiques et médisances.

Tandis que l’homme rejoignait sa sombre monture, devenue particulièrement agité en la présence de Dastan, pour y ranger le reste de ses affaires. La nomade donna un coup de coude dans les côtes du Yorkas. Celui-ci hoqueta de surprise et redirigea son attention sur Esha, la questionnant du regard, sourcils froncés. Cette fois, la jeune femme afficha une mine sérieuse et mature. Le message était clair : Ne sois pas comme ça avec lui. Soit comme une espèce d’ours mal-léché et suspicieux. Jugeant sans connaître les tenants et les aboutissants. Üne chose que lui-même avait pourtant subit à une époque. Dastan poussa un autre grondement, mais se fia à son jugement. La Terran se ‘radoucit’ et esquissa un sourire satisfait.

Au même moment, Sirion se hissa sur la selle. Altaron se cabra de toute sa hauteur en poussant un cri équin, offrant une splendide démonstration de puissance et un jeu d’équilibre pour son Cavalier. Esha ne put s’empêcher de craindre une chute de sa part. Mais il n’en fut rien. Il ne broncha même pas, bien encré dans ses étriers. Esha lui adressa un regard à la fois rassuré et teinté d’admiration, avant de capter les hennissements d’autres chevaux, comme répondant à l’appel du destrier. Sirion leur expliqua alors qu’ils n’avaient plus qu’à patienter ici quelques minutes, que leurs chevaux ne tarderaient pas à les rejoindre. La jeune femme écarquilla les yeux, prise de cours. Puis elle pouffa nerveusement. Décidément, cette matinée s’était révélée pleine de surprises et de rebondissements, même de la part d’une monture.

Toujours est-il que le départ semblait être annoncé pour Sirion, sa présence ici maintenant devenue obsolète. Esha soupira, n’appréciant guère ce terme – surtout après tout ce qu’il avait fait, mais resta égale à elle-même. La route à prendre pour Hespéria et Themistos était sensiblement la même, à moins d’arpenter les chemins de traverses. Mais il serait incongru de le souligner, et de proposer à Sirion de les accompagner sans que l’on y trouve une arrière pensée. Et puis, elle ne savait pas comment réagirait la troupe à ce propos et ne voulait pas que cet homme subisse encore d’hypothétiques regards au coin.

« On dirai bien, oui. Je n’aurais pas réussi à vous retarder ici bien longtemps, finalement. » S’en excusa presque la nomade, en se permettant donc une dernière taquinerie. Avant de rétorquer poliment.

« Je préférerais un ‘’Au revoir’’ plutôt qu’un ‘’Adieu’’. Sir. Après tout, si nous avons pu nous rencontrer au fin fond de cette forêt, au point du jour. Je ne doute pas que nos chemins se croiseront à nouveau. Et si possible dans de meilleures circonstances. » Soit sans malfrat ni échauffourée d’aucune sorte. Peut-être à Valencia même, qui sait.

À cette déclaration, Dastan lui adressa un regard à la fois dépité et réprobateur. Cette gentillesse et cette spontanéité la perdront un jour ou l’autre… Mais Esha répliqua à cette reproche silencieuse par un autre petit coup de coude. De ça elle en avait parfaitement conscience, mais c’était sa façon d’être et personne ne la fera penser, ni agir autrement. Elle revint ensuite à Sirion. Et le libéra officiellement.

« Prenez bien soin de vous Sirion. » D’une voix vibrante de sincérité, ponctuée d’une légère révérence. La vie de soldat, plus encore de gradé n’était assurément pas des plus reposantes. Ni dépourvue de risque. Et la Terran ne souhaitait pas le malheur à son samaritain.

Quelque soit les on-dit. Comme l’avait promis Sirion, les chevaux apparurent après quelques minutes. Le visage d’Esha s’illumina à la vue d’Atlas, indemne. Elle alla gentiment sermonner son fuyard, affirmant qu’il se faisait bien trop vieux pour de tels escapade. Dastan, lui, récupéra le second. Aupébine. Quant au troisième, ils auront l’agréable surprise de le retrouver au camp quand ils rentreront. Ce qu’ils firent dans la minute. Esha se hissant sans difficulté sur Atlas, qui à défaut d’être habitué au bruit de détonation, semblait en revanche s’être adapté à la petitesse de sa propriétaire, s’affaissant par les antérieurs. La nomade flatta son encolure avant de rentrez chez elle, sous bonne escorte du Yorkas.


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