Une soirée animée.

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 Une soirée animée.

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Esha Raj
MessageSujet: Une soirée animée.   Jeu 22 Nov - 19:21

Quelques jours s’étaient écoulés depuis que Serënn avait échoué devant la roulotte de la nomade et été accueillit par le reste de la troupe Valencia. Après cette fameuse nuit et discussion, Esha s’était autant que possible montrée égale à elle-même. Accueillant les éventuelles marques d’attentions et bons sentiments du Sindarin comme ils venaient, les sachant évidement sincères avant toute chose. Après tout : c’était dans leur nature de se tourner vers les autres. D’ailleurs et comme l’avait prévu Serënn, ce dernier se fit gentiment remonté les bretelles lorsqu’Esha le retrouva dehors. Bien qu’elle comprit son geste, notre danseuse lui fit comprendre que sa santé restait bien plus importante. Et que s’il ne respectait pas leur arrangement … elle irait dormir chez Lhyra, après lui avoir taillée ses oreilles un peu plus en pointe. Bon. Évidement. Cette dernière menace put difficilement être prise au sérieux. Mais le message était clair.

L’après-midi était déjà bien entamée. Esha avait terminée son entrainement et, après un brin de toilette, se trouvait maintenant à lézarder au soleil. Assise sur les marches de sa roulottes. Elle lisait calmement quelques pages de son bouquin. Tranquille. Ou presque. Une complainte quitta les lèvres de la nomade à la suite d’un craquement. Devant elle et assis sur une caisse, Kress tentait de détendre et débloquer certaines articulations. Un acte généralement douloureux. La plaie de toutes les danseuses et d’autres ‘’athlètes’’ dont l’effort physique était continuellement poussé à l’extrême.

« Désolé ma belle. Je fais vraiment ce que je peux. » S’excusa le quadragénaire devant cette cheville récalcitrante.

« Ce n’est rien. Je sais que tu fais au mieux. » Le rassura Esha, un fin sourire aux lèvres.

« Je persiste à dire qu’il vous faudrait un spécialiste. » Maugréa le Terran, provoquant un rire chez sa comparse.

« Et pourquoi un spécialiste accepterait de faire tout ça pour une si maigre paye ? Il n’y a que toi qui fut assez fou pour signer. »

« Hm, ce n’est pas faux. Pourtant il y a quand même du bon à manipuler de superbes femmes. »

« Vieux renard lubrique. » L’accusa Esha d’un air faussement outré. Taquine. Tout le monde ici savait que Kress n’était pas ce genre d’homme. Et s’il partageait la route avec eux, c’était justement pour que tous puisse bénéficier de soins. Ainsi que répondre à son besoin de liberté et de voyage. Sur ce.

« Je refais une tentative. Prête ? » Prévenu le Terran. La nomade inspira lourdement et esquissa un petit hochement de tête, le laissant faire. Et tandis que Kress reprenait la séance, Esha délaissa son livre quelques secondes et promena son regard ci et là. Peut-être à la recherche d’une tête blonde familière. Ce qui n’échappa aucunement à notre médecin.

« Tu ne peux pas t’empêcher de le chercher du regard. » La nomade cligna des paupières et questionna Kress du regard, ne comprenant pas de quoi – ou plutôt de qui - il parlait. « Serënn. » Précisa donc l’homme, amusé, faisant aussitôt monter le rouge aux joues de la Terran qui se défendit alors comme elle put.

« Je regardais juste … le paysage. »

« Hein. Hein. Et je suppose qu’il fait pareil lui aussi. Il regarde juste le paysage. Tu n’apprendras pas au vieux singe que je suis à faire la grimace, ma petite Esha. J’ai bien vu les regards qu’il te lance. » Et ça n’avait rien à voir avec un regard salace et brillant d’un désir malsain, comme certains des hommes assistant au spectacles. Esha soutenu un instant le regard de Kress, muée dans un soudain et profond silence. Elle ne voulait pas en parler. C’était suffisamment compliqué comme ça selon-elle. Et elle tenait un minimum à son intimité. Le quadragénaire sembla parfaitement le comprendre et n’insista donc pas auprès de la nomade, qui retourna à son bouquin. De retour dans sa tâche, il lui fit de nouveau étirer sa cheville. Encore et encore…

« Est-ce que c’est mieux ? »

« Hm.hm. » Dans une onomatopée négative et douloureuse, ce qui rendit Kress d’autant plus grognon, voir dépité. Esha affirma que cn’était pas si grave et lui conseilla d’arrêter, craignant qu’il se blesse lui-même a force d’insister.


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Jeu 22 Nov - 20:14

Cela faisait maintenant quelques jours que j'avais été recueilli par la jeune danseuse et sa troupe. De mes blessures et contusions, seule la plaie du coup de couteau que j'avais reçu au ventre me faisait encore souffrir un peu, mais elle était en bonne voie de guérison. J'aurais pu prendre congé et aller m'installer dans une auberge maintenant que j'étais à nouveau capable de marcher normalement, mais... il y avait Esha. L'un comme l'autre nous nous efforcions de nous comporter avec naturel lorsque nous nous rencontrions, mais malgré tout il restait une question en suspens entre nous et, parfois, notre gêne mutuelle ressortait. Je me gardai bien de lui manifester trop ostensiblement mon attention et mes sentiments, mais je m'arrangeai chaque jour pour la soulager de ses tâches quotidiennes telles que ménage, préparation des repas, vaisselle et je m'occupai du cheval qui tirait sa roulotte en même temps que du mien.

A côté de cela j'aidai de mon mieux les autres saltimbanques en accomplissant tous les travaux qu'ils voulaient bien me confier, si bien que, au bout de ces quelques jours, j'avais presque l'impression de faire partie de cette grande famille. Comme Esha l'avait prédit, je ne fus pas sans attirer l'attention de certaines demoiselles qui m'abordèrent plus ou moins audacieusement, mais elles se heurtèrent toutes à une courtoisie distante et comprirent très vite que je n'étais pas intéressé. Je sentais régulièrement le regard d'Esha se poser sur moi lorsque je travaillai ou discutai avec d'autres et, tout aussi souvent, je la contemplai alors qu'elle vaquait à ses occupations. Notre manège n'échappait bien entendu pas aux plus sagaces de la troupe, mais ils ne se permirent que quelques allusions voilées auxquelles je m'abstins de réagir autrement que par un léger sourire.

Un jour, en fin d'après-midi, j'achevai un peu plus tôt que de coutume ma besogne et passai non loin de la roulotte de la jeune femme. Elle était assise sur les marches de bois et Kress, assis quant à lui sur une caisse, s'efforçait visiblement de soulager l'une de ses chevilles, ce qui ne manqua pas de m'inquiéter: s'était-elle blessée au cours de son entraînement? L'envie d'aller lui demander ce qui se passait me taraudait, mais je ne souhaitai pas déranger le médecin dans son art; aussi, plutôt que de m'approcher, je me contentai de reculer à l'abri un chariot afin de voir de quoi il retournait, me fondant ainsi si bien dans le décor que peu de personnes se seraient aperçues de ma présence avant de me rentrer dedans. Je n'avais pas vraiment l'intention de me dissimuler, mais certaines habitudes avaient la vie dure...

Le médecin s'acharna un moment, en vain semblait-il car j'entendis Esha répondre d'une onomatopée négative, et révélatrice de sa douleur, à Kress lorsqu'il lui demanda si cela allait mieux. Ce dernier en fut fort dépité et s'apprêtait à insister, mais la jeune femme l'assura que ce n'était pas grave et lui conseilla d'arrêter, ce qui me fit froncer les sourcils. Il était évident que cela lui faisait mal, mais je supposai qu'elle s'inquiétait que Kress ne s'épuisât de trop, à moins que d'autres personnes eussent besoin de ses soins. Je me décidai alors à m'approcher et posai une main amicale sur l'épaule du médecin tout en souriant doucement à Esha:

"Laissez-moi regarder ça, voulez-vous?"

Je me doutai bien que mon offre ferait regimber ma timide amie, mais cette fois elle devrait comprendre qu'elle n'était pas la seule à pouvoir se montrer têtue...
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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Ven 23 Nov - 1:52

Pendant une fraction de seconde, Esha crut sentir une présence non loin et eut comme l’impression d’être observée. Pourtant, lorsque la nomade promena son regard autours d’eux, elle n’eut rien à signaler. Elle cligna des paupières et afficha un air perplexe. Peut-être un simple passant. Qui sait. Ce ne sont pas les allées et venues qui manquaient. Elle revint plutôt à Kress, qui refusait d’abandonner cette cheville. Esha ne put s’empêcher de lui adresser un regard à la fois amusé et attendri.

« Kreeeess. » Supplia gentiment la nomade. Mais le médecin répondit par un grognement. C’est là qu’un homme bien connu fit son apparition. Serënn. D’instinct la Terran retira son pieds des genoux de Kress et les cacha sous son jupon, soudain gênée. Le médecin la questionna du regard, surpris, avant qu’une main ne se pose sur son épaule. Le vieil homme eut un soubresaut et releva la tête en direction du Sindarin.

« Oh. Serënn. Je ne t’ai pas vu arriver mon garçon. » Souffla Kress. C’est armé de son sourire qu’il proposa ensuite de prendre sa place. Esha esquissa une moue peu engageante. Mais rien qu’au regard de son ami, elle comprit que c’était non-négociable. Et le quadragénaire n’arrangea rien à l’histoire.

« Et bien je ne suis pas contre une relève. Mon dos n’est définitivement plus fait pour ça. » Avoua Kress tout en se redressant avec lourdeur. La danseuse lui offrit un regard sincèrement désolé et compatissant. Mais l’homme la gratifia d’un sourire.

« Je te la confie mon grand. Prends-en soin veux-tu. » Une phrase sonnant étrangement à double-sens. Posant une main sur l’épaule de Serënn, dans un geste franchement amical et peut-être un brin paternaliste. Même s’il savait le Sindarin bien plus âgé que lui. C’était dans sa nature d’agir ainsi. Il laissa ensuite les deux jeunes gens en tête-à-tête. Esha soupira, évidement soucieuse de ce vieux et gentil renard. Lui aussi devait apprendre à se ménager.

Elle revint ensuite à Serënn. Son regard se perdit un instant dans ses méandres, avant qu’il n’en revienne – du moins je suppose – à cette fameuse cheville. Au début la nomade parut franchement  récalcitrante. Cette scène n’étant pas sans lui rappeler un certain et preux chevalier. Avec qui elle avait refusée de céder. Mais là. Elle était tombée sur un terrible adversaire. Et finalement, après un duel de regards dont Esha en ressortie vaincue, c’est avec beaucoup d’hésitation et de pudeur qu’elle accepta de montrer sa cheville.

« Mes articulations se bloquent régulièrement. Quand ce ne sont pas mes pieds ou mes chevilles, c’est ma nuque ou mon dos. Aujourd’hui c’est la droite. » Se résolue à expliquer Esha, d’une voix trahissant son malaise bien qu’essayant de relativiser les choses, déclinant au passage une hypothétique blessure qui pourrait rendre Serênn inquiet. Elle le laissa ensuite faire, sans oser lui parler. Il y avait toujours ce petit temps de flottement entre eux, visiblement nécessaire pour que l’un comme l’autre bravent leur timidité. Si ce n’est plus encore depuis…

« Vous avez vite pris vos marques et fait des émules ici on dirait. C’est à croire que vous avez toujours vécu à nos côtés. » Fit remarquer Esha, un fin et doux sourire étirant ses lèvres. Elle avait du mal à croire que plusieurs jours s’étaient déjà écoulés. Et plus le temps passait, et plus la nomade craignait que Serënn annonce prochainement son départ. Rendu lasse de tout ça. Qui sait. En réalité cette simple pensée lui donnait une impression de poids contre sa poitrine, que son cœur se retrouvait comme pris dans un étau. Mais notre danseuse se refusait de montrer quoi que ce soit. Esha refusait de céder à ce sentiment, à cette peur panique. Elle refusait de reparaître comme l’enfant esseulée de ses jeunes années. Cette personne avait disparue depuis bien longtemps.

« Au fait. Maintenant que le plus dur semble être passé pour vous. Est-ce que … vous voudriez nous accompagner à notre spectacle de ce soir ? » Affreusement timide, mais désireuse de montrer cette autre facette d’elle.  
 


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Ven 23 Nov - 13:10

Lorsque je m'approchai, Esha retira vivement son pied des mains du médecin afin de le dissimuler sous son jupon, preuve de son extrême pudeur. Comment elle faisait pour aller danser chaque soir devant toute une foule, c'était un mystère que je n'avais pas encore résolu. Kress sursauta légèrement quand je posai la main sur son épaule, avouant qu'il ne m'avait pas entendu arriver, tandis que la Terran, elle, se fendait d'une moue si revêche que je manquai de peu éclater de rire. Tandis que je dissimulai de mon mieux mon amusement, visible malgré tout à l'éclat de mes prunelles supposai-je, l'homme se leva lourdement en déclarant qu'il n'était pas contre un peu de relève, son dos le faisant apparemment souffrir. Si la danseuse avait espéré son appui pour repousser mon offre, elle en était pour ses frais. Mon coeur manqua un battement lorsqu'il déclara en me posant une main amicale, paternelle presque, sur mon épaule:

"Je te la confie mon grand. Prends-en soin veux-tu."

Au ton employé, je ne doutai pas qu'il avait remarqué que la jeune femme me plaisait plus qu'un peu et que sa phrase possédait un joli double-sens, une chance que je n'aie pas été assez naïf pour supposer que nul n'avait rien remarqué... D'un autre côté je le savais observateur et proche de ses compagnons, il ne m'aurait pas laissé si aisément la place et aurait encore moins sorti une réplique du genre s'il avait perçu qu'Esha était ennuyée par les sentiments que je lui portai, aussi inclinai-je le visage avec une certaine solennité pour lui répondre:

"Comme du plus merveilleux des trésors, mon ami."

Après qu'il se soit éloigné, je m'assis sur la caisse qu'il avait occupée tandis que la jeune femme soupirait en le regardant partir, inquiète peut-être pour la santé de son ami. Son attention se reporta ensuite sur moi et, comme à chaque fois, je sentis mon coeur s'emballer alors que je plongeai mon regard dans ses prunelles d'émeraude. Je l'invitai d'un petit signe du menton à me montrer cette fameuse cheville, ce qui bien évidemment la fit se renfrogner de plus belle, mais cette fois je n'avais nullement l'intention de céder le moindre pouce de terrain. Nous nous défiâmes du regard durant un instant qui me sembla interminable puis, enfin, elle admit qu'elle ne l'emporterait pas et, avec force hésitations et beaucoup de gêne, elle finit par me dévoiler son pied en précisant:

"Mes articulations se bloquent régulièrement. Quand ce ne sont pas mes pieds ou mes chevilles, c’est ma nuque ou mon dos. Aujourd’hui c’est la droite."

D'un geste très doux aux allures de caresse, je pris son pied et le déposai en travers de mes genoux avant de lui adresser un petit sourire en coin et de lui rétorquer avec malice:

"Un peu plus et je vous retournai la menace des oreilles en pointe, tendre amie."

Je palpai ensuite avec une extrême délicatesse sa cheville afin d'essayer de déterminer l'ampleur des dégâts. Elle ne se ménageait pas, pour changer, mais je m'abstins de toute remarque en sachant pertinemment que cela n'aurait fait qu'accroître son malaise. Et le mien par la même occasion, j'étais déjà bien assez troublé par la situation présente et ce contact qu'elle m'autorisait pour en rajouter une couche... Je m'assurai ensuite que le catalyseur que je portai en collier était bien en contact avec ma peau puis, tendrement, entourai la cheville d'Esha de mes deux mains avant de déployer ma magie guérisseuse. Je chassai d'abord la douleur, puis l'inflammation avant de laisser mon énergie aller plus en profondeur pour réparer ce qui avait besoin de l'être. Sans l'aide de ma pierre, il m'aurait fallu de longues minutes et une débauche d'énergie qui m'aurait sérieusement fatigué, mais le cadeau de la Reine de Canopée me facilitait si bien la tâche que cela ne prit pas plus de quelques instants et que c'est à peine si je sentis le contrecoup. Lorsque je relevai les yeux vers ceux de la jeune femme, sans pour autant me résoudre encore à retirer mes mains de sa cheville, elle remarqua avec un doux sourire:

"Vous avez vite pris vos marques et fait des émules ici on dirait. C’est à croire que vous avez toujours vécu à nos côtés."

Pris de court je rougis légèrement et, ne sachant trop que lui répondre tant mes pensées à ce propos étaient confuses, je la dévisageai un instant en silence. D'un côté il est vrai que je me sentais presque chez moi parmi ces gens accueillants et naturels que j'en étais venu à apprécier dans leur ensemble, d'un autre...Esha se voyait contrainte de partager sa roulotte avec moi au gré d'un roulement quelque peu surréaliste qui, compte tenu de la situation entre nous, était susceptible de lui peser. Cette situation ne pouvait s'éterniser, ce ne serait bon pour personne, mais que faire? La raison aurait voulu que je prenne congé sans tarder, d'autant plus que j'étais toujours au service de la Reine et qu'il m'était donc impossible de rester indéfiniment avec eux. Mais les sentiments que j'éprouvai pour la douce jeune femme qui me faisait face n'avaient fait que se renforcer au cours des jours écoulés, la seule idée de la quitter me mettait l'âme en berne et me nouait le ventre.

Une part de moi hurlait que c'était une folie, elle était une Terran et j'étais un Sindarin, nos espérances de vie étaient sans commune mesure et il aurait fallu être un sot pour ignorer les conséquences de cela. Elle vieillirait et passerait sans que je ne prenne une seule ride, comment alors n'en viendrions-nous pas à éprouver une profonde amertume face à cette injustice? Et moi, comment pourrai-je supporter son départ, sachant qu'il me resterait encore des siècles à vivre? Et si d'aventure nous avions un enfant, il serait Sindarin et elle n'aurait jamais la joie de le voir devenir adulte, comment le vivrait-elle? Ce n'était pas pour rien que mon peuple désapprouvait de telles unions, j'en avais aujourd'hui douloureusement conscience. D'un autre côté, le forestier qui m'avait formé, un Sindarin que je considérai comme un sage et envers qui j'avais le plus profond respect m'avait dit un jour: "Chaque jour, apprends comme si tu devais vivre éternellement et vis comme si c'était le dernier." Une fois de plus, son enseignement me permit de clarifier mes pensées et de définir ce que je me voulais vraiment. Si je quittais Esha ce serait nous priver peut-être d'années de bonheur par crainte d'un avenir qui ne se produirait possiblement jamais. Les récents événements m'avaient rappelé sans douceur que j'étais aussi mortel que n'importe qui et, à cette aune, ces mots "Vis chaque jour comme si c'était le dernier" prenaient tout leur sens. Je soupirai profondément, apaisé enfin, et souris doucement à la jeune femme juste à l'instant où elle ajouta, plus gênée que jamais:

"Au fait. Maintenant que le plus dur semble être passé pour vous. Est-ce que … vous voudriez nous accompagner à notre spectacle de ce soir ?"

Mon coeur fit un bond dans ma poitrine et, sans que je n'y puisse rien, un sourire radieux illumina mon visage tandis que je lui répondais impulsivement:

"Avec la plus grande joie, Esha. Je n'osais pas vous le demander mais...rien ne me ferait plus plaisir."

Je réalisai à cet instant que je n'avais toujours pas lâché son pied, ce qui fit monter une légère rougeur à mes joues et baisser brièvement les yeux sur le pied en question. J'aurais simplement pu lui dire que j'avais fait ce que j'avais pu et en rester là, maintenir encore cette barrière de gêne que nous préservions depuis des jours, mais personne ne m'avait jamais accusé d'être raisonnable. Je relevai les yeux pour les river à ceux d'Esha et ajoutai d'un ton badin où perçait néanmoins une profonde tendresse:

"Seulement il faudra me laisser prendre soin de vous après, n'oubliez pas que Kress vous a confiée à moi."

Je marquai un bref silence, puis j'ajoutai d'un ton qui n'avait plus rien d'assuré:

"Mais... vous devez en avoir marre de m'héberger... je sais que la situation n'est pas... facile, pour vous. Alors maintenant que je vais mieux...vous devriez me laisser dormir dehors, j'ai l'habitude et... ce serait plus simple pour nous deux, ne pensez-vous pas?"
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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Ven 23 Nov - 18:13

Esha ne put également passer à côté de cette phrase pleine de sous-entendus. Même s’ils se montraient plutôt discrets à ce propos – car après tout leur relation n’avait été aucunement été officialisée, ils n’étaient pas stupides. La nomade l’avait averti. Valencia était une petite communauté, où tout se sait très vite. Comme les quelques tentatives audacieuses à l’encontre du Sindarin, qui resta courtois mais insensible à leurs avances. Il n’y en avait visiblement que pour Esha. Totalement aux petits soins avec elle.

Après que le médecin ait donc pris congés, Serënn s’était installé sur la caisse. Lorsque notre danseuse lui expliqua la nature de son problème, son ami récupéra prudemment sa cheville pour la poser sur ses genoux. Ses gestes furent, comme toujours, précautionneux et d’une extrême douceur. Avec un sourire au coin, son vis-à-vis expliqua qu’il n’était pas loin de retourner le menace d’Esha contre elle, quant au taillage d’oreille. La nomade ne put s’empêcher de rire avant de lui répondre, malicieuse et effrontée.

«  Méfiez-vous Serënn. Vous oubliez que j’ai mon garde du corps. Et cette fois, de simples gratouilles et friandises ne vous sauverons pas face aux ordres de sa maîtresse. » D’une voix enjouée, tout en sachant pertinemment que le dilemme serait en réalité terrible pour Geeti ; sa fennec ayant définitivement adopté le Sindarin. C’est sans trop broncher qu’Esha se laissa ensuite ausculter.

À première vue il n’y avait pas de quoi s’alarmer, même si la nomade avait assurément un peu trop forcée. Elle s’était toujours montrée assez dure au mal. Et dés l’instant où le tempo était donné Esha oblitérait tout, comme dans une bulle. Mettant ainsi de côtés sa douleur, ses doutes et sa pudeur. Timidement, elle demanda à Serënn son verdict. Elle ignorait s’il avait une quelconque expérience en médecine, mais il n’empêche qu’elle lui faisait entièrement confiance.

C’est en silence qu’il apposa alors ses deux mains autours de sa cheville, l’enveloppant. Une sensation de chaleur se diffusa progressivement, chassant toutes les tensions et lésions,  au grand étonnement d’Esha qui interrogea son guérisseur du regard. Elle côtoyait la magie depuis suffisamment longtemps maintenant pour comprendre que le Sindarin était actuellement en train d’en faire usage. Et quand ce dernier eut fini, notre danseuse retira son pied de ses genoux et s’enquit aussitôt de son état général.

«  Est-ce que ça va ?! » Une main gantée quittant inconsciemment la chaleur de son drapé pour glisser contre la joue de Serënn, dans une caresse presque tendre. Elle savait que certaines capacités pouvaient faire payer un lourd tribu à son utilisateur et Esha craignit qu’il ait fait passé sa santé au détriment de la sienne, comme il est de coutume chez lui. Ses prunelles s’écarquillèrent, se rendant compte à l’instant seulement de son geste. Soit bien trop tard. Chasser le naturel … et voilà que son attirance pour Serënn revenait au galop. Elle se mordit la lèvre dans une moue honteuse et détourna la tête. Quel idiote.

« Merci ... Je … c’est beaucoup mieux. » Balbutia Esha, assurément pas remise de son propre écart de conduite. C’est à croire qu’une part d’elle se faisait un plaisir malsain à provoquer le Sindarin. S’il avait pu se faire plus petite qu’elle ne l’était déjà ou disparaître. Croyez bien que ce serait déjà fait. Et ce n’est pas son ami qui allait la sortir de ce mauvais pas. Pas dans l’immédiat en tout cas. Le pauvre semblait complètement ailleurs, dépendamment ou non de son geste.

Esha l’observa d’un air profondément soucieux, avant que Serënn ne la gratifie finalement de son beau sourire. La nomade lui rendit. Grâce à son intervention la soirée s’annonçait bien plus sereine. D’ailleurs, elle fut ravie quoi que nerveuse d’apprendre que le Sindarin se ferait un plaisir de venir au spectacle. À la seule condition qu’Esha le laisse s’occuper d’elle après, comme Kress le lui avait fait promettre. La nomade fronça le nez, dissimulant sa gêne en prenant une mine faussement outrée et gamine.

«  Ça. C’est que j’appelle de l’excès de zèle … et un vil chantage ! J’espère que vous en avez bien conscience. » Le nargua la nomade tout en braquant ses prunelles émeraudes sur lui, prête à refaire un duel. Ou presque. Force est d’admettre que se tenir ainsi à quelques centimètres de lui était plutôt déstabilisant. Et sujet à beaucoup trop d’écart. Esha récupéra son bouquin et se hissa de ses marches, dans un soupir qu’elle cherchait à rendre lasse.

«  Bon bon … très bien. » Lui céda la nomade. En un sens, elle avait moins de scrupule à ce que Serënn prenne soin d’elle que Kress. Le duo marqua un autre de ces précieux silences. Puis, avec hésitation, le Sindarin crut bon de faire savoir à la nomade qu’il était aussi suffisamment remis pour camper dehors, comme il avait l’habitude de faire, plutôt que de lui imposer sa présence. Surtout dans un contexte comme le leur... Esha observa son ami en silence, puis s’approcha d’un pas.. puis deux. Et bam. Serënn reçut un joli coup de livre sur la tête. Rien de méchant bien sûr, il ne s’agissait pas de l’assommer.

«  Monsieur le vagabond. Exposez une fois encore cette idée de coucher dehors et le prochain livre que vous vous prendrez sur la tête sera bien plus épais. Suis-je assez claire ? » Parfaitement sérieuse, mais moyennement crédible quand on connait le personnage. Et sur ce.

« Rendez-vous ce soir. D’accord ? » Dit-elle avec malice, avant de s’éclipser aussitôt chez elle. Ce qui, au final, ne laissa pas vraiment l’occasion à Serënn de faire machine arrière. Si tant est qu’il l’ait voulu.


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Ven 23 Nov - 19:34

La jeune femme ne put s'empêcher de rire lorsque je lui retournai la menace dont elle avait usé pour m'empêcher de dormir dehors, menace à laquelle elle riposta en me prévenant qu'elle avait un garde du corps. Et quel garde du corps, songeai-je avec amusement en jetant un coup d'oeil rieur à la petite Geeti qui semblait m'avoir définitivement adopté. Je me penchai ensuite sur la cheville de la jeune femme pour l'examiner et, concentré, répondis à mi-voix à la jeune femme lorsqu'elle me demanda timidement mon verdict:

"Rien d'inquiétant, je pense, vous avez juste un peu trop tiré sur la corde si je puis dire..."


Une fois que j'eus terminé, Esha me prit totalement par surprise en oubliant un instant son immense timidité pour frôler ma joue d'une caresse en me demandant si ça allait. Incapable de prononcer un mot tant j'avais la gorge nouée d'émotion, j'acquiesçai simplement d'un petit hochement de tête, puis elle sembla soudain se rendre compte de son audace, toute relative à mes yeux, et se mordit la lèvre en détournant vivement les yeux avec une moue honteuse. Affreusement gênée, elle balbutia:

"Merci ... Je … c’est beaucoup mieux."

Je lui retournai un timide sourire, le coeur battant à tout rompre, plus ému que les mots n'auraient su l'exprimer de ce geste si anodin en apparence et pourtant, à mes yeux du moins, si lourd de sens. Il s'ensuivit un de ces longs silences dont nous avions désormais le secret, entrecoupé seulement par sa remarque concernant mon intégration dans son petit monde, remarque qui ne fit que prolonger mon mutisme tant elle touchait à un point sensible. Esha me proposa ensuite de les accompagner au spectacle de ce soir, une proposition que j'accueillis avec joie avant de la taquiner sur le fait que la condition serait qu'elle me laisse ensuite m'occuper d'elle ainsi que je l'avais promis à Kress. La jeune femme eut un de ses adorables froncements de nez et me rétorqua en adoptant une mine outrée et enfantine que ne me trompa pas une seconde:

"Ça. C’est que j’appelle de l’excès de zèle … et un vil chantage ! J’espère que vous en avez bien conscience."

Son regard rivé au mien m'apprit qu'elle était prête à me défier à nouveau, un jeu risqué car cette fois nous n'étions plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et je sentais son trouble comme elle devait sentir le mien. Je n'avais qu'une envie, c'était de la prendre dans mes bras et de l'embrasser, mais je me fis violence et restai rigoureusement immobile pour lui répondre avec un rire dans la voix:

"Oh, je ne doute pas que vous trouverez cela aussi désagréable que moi d'être choyé par une charmante demoiselle, mais vous n'aurez pas davantage le choix."


Prudente, elle s'éloigna alors un peu en gravissant les quelques marches menant à la porte de sa roulotte en soupirant avec une feinte lassitude:

"Bon bon … très bien."

Je haussai un sourcil étonné de cette rapide reddition, m'étant attendu à ce qu'elle rechigne plus que ça, puis je lui réitérai ma proposition de dormir dehors, peut-être en partie pour atténuer l'audace de mes paroles précédentes. A ma surprise, Esha garda un instant le silence avant de se rapprocher de moi d'un pas, puis d'un deuxième. Je retins mon souffle, me demandant bien ce qu'elle avait en tête, allait-elle enfin oser...? Et vlan, elle abattit soudain son livre sur ma tête, pas assez fort pour risquer de me faire mal mais bien assez pour me remettre les idées en place, en déclarant avec le plus grand sérieux:

"Monsieur le vagabond. Exposez une fois encore cette idée de coucher dehors et le prochain livre que vous vous prendrez sur la tête sera bien plus épais. Suis-je assez claire ?"

Sans me laisser le temps de répondre quoi que ce soit, elle ajouta avec malice avant de se réfugier prestement derrière sa porte:

"Rendez-vous ce soir. D’accord ?"

La situation était tellement cocasse que je ne pus m'empêcher d'éclater de rire, plein d'auto-dérision devant la débâcle de mon fol espoir, puis de lui répondre d'un ton faussement vexé, totalement oublieux de ma réserve habituelle:

"D'accord, mais si vous tenez tant à me remettre dans votre lit, pas la peine de m'assommer, il suffit de demander!"


Ce n'était pas sa mince porte qui l'empêcherait d'entendre, j'avais d'ailleurs parlé assez fort pour m'attirer quelques regards hilares des membres de sa troupe les plus proches... Les joues d'un joli écarlate, je filai rejoindre les chevaux, eux au moins ne se moqueraient pas et ne rouspéteraient pas que je prenne soin d'eux pour la deuxième fois de la journée.

Le soir approchant, je me lavai à m'en rougir la peau et revêtis mes plus beaux vêtements, tissés en fine soie aux différents verts profonds discrètement ornés de filigranes d'argent. J'étais nerveux comme une puce et toujours un peu honteux de m'être livré en spectacle quelques heures plus tôt, mais il n'était pas question que je me dérobe: ce soir j'allais enfin voir la femme de mon coeur dans son élément et rien n'aurait pu m'empêcher d'être à l'heure au rendez-vous qu'elle m'avait fixé.
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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Ven 23 Nov - 23:34

À peine Esha avait trouvé refuge dans sa roulotte et refermé la porte que Serënn, devenu hilare après ce tape-taupe en règle, offrit de sa superbe pitrerie à tous les possibles badauds avoisinant, déclarant un peu trop ouvertement que si la nomade désirait tant que ça l’avoir dans son lit, il lui suffisait tout simplement de le dire. Esha se figea de stupéfaction, les yeux écarquillés et son cœur ratant clairement un ou deux battements. À côté d’elle se trouvait une cruche d’eau et deux verres. D’un geste rapide, elle remplit l’un d’eux et rouvrit dans la foulée sa porte d’entrée. Prête à rafraichir les ardeurs du Sindarin, entre jeu et remontage de bretelles.

Mais alors qu’elle s’apprêtait à exécuter son geste, elle s’aperçue que les avances de Serënn avaient attirées son lot de curieux. Notant la présence de Lhyra et d’une autre de ses camarades, qui allaient de leurs gloussements et messes basses. Esha passa de l’une à l’autre, avant de revenir à son ami. Elle poussa un grognement franchement adorable et pointa un doigt accusateur en direction du Sindarin, qui eut peut-être la présence d’esprit de prendre la fuite. Ça … ça se paiera ! Elle redirigea ensuite son attention vers ces deux nigaudes d’amies.

« C’est fini oui !?  » S’offusqua Esha, menaçant de les arroser à la place du fuyard. Les filles prirent à leur tour la poudre d’escampette, non sans un éclat de rire. La danseuse retourna alors à l’intérieur. Elle s’adossa quelques secondes contre la porte et soupira lourdement. Quel spécimen ce Serënn. Elle avait l’impression d’être une adolescente à qui on venait conter fleurette. Une chose totalement inconnue pour elle.

Une part d’elle ne pouvait toutefois s’empêcher de se trouver ridicule. Car au-delà de ça... des vraies questions et problématiques se posaient. À commencer par celle-ci : Elle était une Terran et lui un Sindarin. Rien que ce point rendait cette relation invraisemblable. Le temps n’avait pas le même impact sur eux et aura tôt fait de se montrer cruel. Quant à sa vie à Valencia, qu’en fera-t-elle ? Malgré ce qu’affirmait Serënn à son propos, elle doutait qu’il puisse mettre sa vie de côté. Mais peut-être qu’Esha se projetait un peu trop. Peut-être que l’idylle ne sera que passagère, indépendamment de tous les obstacles prompts à se mettre au travers de leur route.

«  Tu réfléchies trop… » Se sermonna la nomade, buvant plutôt son verre d’eau avant de s’occuper des derniers préparatifs.

Plus tard dans l’après-midi et après s’être armée de courage, Esha alla rejoindre ses collègues danseuses. Elles avaient pour rituel se réunir et de s’aider mutuellement pour les coiffures et possibles retouches de henné sur leur tatouage. D’ailleurs, tandis que la Terran tressait les cheveux de Lhyra, une s’occupait de son dos. Un travail minutieux, car si la plupart ne voyait à ça qu’un aspect purement accessoire et décoratif, il se trouve que chaque ligne, chaque courbe avait en réalité sa signification. Grâce. Féminité. Fertilité. Amour chaste ou au contraire brûlant. Représentation animale. Et j’en passe énormément.

Ceux que portait Esha tournaient autours de la féminité, du charme et en même temps de l’inaccessibilité. Quand elle fut libérée de sa séance, les rôles furent inversés. Un peu plus tard encore, Lhyra s’occupa de sa coiffure – associée à de multiples parures – pendant qu’Esha se parait de quelques artifices. Un maquillage qui resta cependant léger et naturel. Leurs tenues et accessoires les mettaient suffisamment en lumière.

Le temps que toutes ces demoiselles soient fin prêtes, l’heure du départ fut annoncée. Les filles récupèrent chacune leur cape et prirent soin de se voiler de la tête aux pieds. Même si elles étaient sous la bonne garde de Dastan et d’autres combattants Valenciens, mieux valait que les bijoux soient à l’abris des regards et n’attisent aucune convoitise. Esha retrouva Serënn pile à l’heure, accompagnée de Geeti et fut agréablement surprise de le voir aussi bien apprêté. Il s’était visiblement beaucoup impliqué pour sa belle. Cette dernière le rejoignit, signalant sa présence en posant une main légère sur son omoplate. Son attention captée, notre danseuse l’accueillit avec un sourire radieux et enjôleur.

«  Vous avez fière allure, Serënn. » Ne put s’empêcher de le complimenter Esha, avant que le cortège se mettent en route. La nomade invita le Sindarin à suivre, direction : La place publique d’Hesperia. À défaut d’accueillir toute une troupe en son sein, la ville avait autorisée à ce qu’une scène soit installée. C’est donc un haut chapiteau typique des Hommes du Désert qui fut implanté. Et dés qu’ils s’en approchèrent, ils purent apercevoir la centaine de lanternes multicolore accrochées dehors.

À l’intérieur, sous une lumière tamisée, le son des tambours, des flûtes et des tambourins résonnaient. Les musiciens s’en donnaient déjà à cœur joie, entourés par les spectateurs qui s’installaient où il pouvaient sur les tapis, profitant des quelques denrées locales – servies par de charmantes demoiselles ou séduisants messieurs - et performances des Valenciens, comme les jongleurs et les maître du sabres, la charmeuse de serpents. Et cetera. Il y avait même une cartomancienne. D’autres pouvaient également s’émerveiller devant les projections spectacles d’un prénommé Nazim, qui matérialisa à l’instant un magnifique cerf, avant qu’il ne se  transforme en une nuée de papillons lorsqu’un des enfants essaya de le toucher, provoquant l’hystérie chez les bambins qui tentèrent alors de les attraper. Évidement, tout ceci était très cadré. Pour garantir un maximum la sécurité de tous. L’esprit était à la fête et à l’échange.

Mais pour les danseuses, pas le temps de se disperser. La cheffe les somma d’aller s’habiller, leur indiquant l’entrée des artistes. Esha proposa alors au Sindarin de rejoindre Onero ou Kress pendant ce temps, doutant que la faible luminosité pose problème à Serënn. Au pire des cas, l’un des serveurs ou serveuse le guiderait.

«  À plus tard. » Dit-elle avant de s’éclipser.





   


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Sam 24 Nov - 1:05

Comme prévu, Esha ne put manquer mon impulsive répartie, qui la fit réagir de manière tout à fait imprévue: elle ouvrit la fenêtre de sa roulotte, verre d'eau en main, et je n'eus pas grand mal à comprendre que j'allai écoper d'une bonne douche froide. Par chance pour moi la présence des quelques membres de la troupe, hilares, fit hésiter la jeune femme qui me pointa alors d'un doigt accusateur en émettant un adorable grognement, ce qui me permis de prendre la fuite à temps. Je l'entendis encore demander à ses amies si elles avaient fini de se moquer et ces dernières éclater de rire en décampant, si bien que c'est en pouffant comme un adolescent que je rejoignis les chevaux, quoique mes joues fussent rougies de gêne à l'idée que d'autres personnes aient assisté à la scène. J'espérai aussi et surtout qu'Esha ne m'en tiendrait pas rigueur, ou pas trop du moins car je me doutai bien qu'elle me rendrait tôt ou tard la monnaie de ma pièce.

L'heure venue, apprêté avec tout le soin qu'un jouvenceau peut apporter à sa personne pour son premier rendez-vous, je rejoignis les Valenciens qui attendaient le départ et cherchai la jeune femme des yeux, mais en vain. Soudain, une main se posa avec légèreté sur mon omoplate, me faisant aussitôt tourner la tête avec un très léger sursaut et découvrir Esha couverte de la tête aux pieds qui me sourit d'un air aussi radieux qu'enjôleur. A la vue de son visage, je me figeai et eus l'impression que mon coeur allait exploser dans ma poitrine. Par les dieux, qu'avait-elle fait de sa timidité, l'avait-elle abandonnée dans sa roulotte en se changeant pour le spectacle? Je remarquai aussi qu'elle s'était discrètement maquillée, avec un art consommé car cela accomplissait l'exploit de mettre en valeur ses beaux traits sans les dénaturer comme c'était trop souvent le cas. Je rosis légèrement lorsqu'elle me complimenta sur mon allure, heureux que mes efforts lui plaisent et, plongeant sans détour les yeux dans les siens, lui répondis d'un ton légèrement enroué par l'émotion:

"Et vous éclipsez l'éclat des plus brillantes étoiles, princesse."

Je m'inclinai légèrement et, lorsque le départ fut donné, lui proposai mon bras comme il était d'usage, tout en le faisant de manière à ce qu'elle puisse sans mal le refuser si elle le préférait.  Bien vite nous arrivâmes sur la place publique de la cité où était monté un grand chapiteau coloré d'allure orientale, éclairé par d'innombrables lanternes multicolores. Rien que cette vue aurait valu le déplacement et, pour la première fois, je réalisai l'incroyable travail que la troupe devait accomplir dans l'ombre pour monter son spectacle. Admiratif, je suivis Esha à l'intérieur et, sous un éclairage tamisé, découvris les musiciens de la troupe qui mettaient de l'ambiance avant la représentation, mais aussi des jongleurs, une charmeuse de serpent, un manieur de sabres et même un magicien qui fit apparaître un cerf! Lequel se transforma sous mes yeux ébahis en une nuée de papillons lorsque des bambins le touchèrent, provoquant une véritable hystérie chez ces derniers. J'avisai aussi une cartomancienne et bon nombre de charmantes demoiselles et messieurs servant des denrées régionale à la foule déjà conséquente qui prenait peu à peu place sur les nombreux tapis disposés au sol. Jamais je n'avais rien vu de tel, et pourtant ce n'était pas faute d'avoir voyagé.

Mais pour Esha et les autres danseuses, il était temps d'aller se préparer, ainsi que le déclara leur cheffe en désignant ce qui devait être l'entrée des artistes. La jeune femme me proposa alors de rejoindre Onero ou Kress et me lança un simple "à plus tard", auquel je répondis d'un sourire teinté d'émerveillement, avant de rejoindre ses collègues. Une fois qu'elle eut disparu, j'examinai soigneusement la configuration des lieux, l'orientation de la scène, jusqu'à trouver la place idéale, pas trop proche pour pouvoir avoir une vue d'ensemble, mais pas trop loin non plus pour profiter des détails. Je m'y installai en tailleur et, peu à l'aise dans une pareille foule, me créai ma bulle en adoptant une attitude assez neutre et distante pour qu'il ne vienne à personne l'idée de m'adresser la parole ou de me déranger.

Une fois encore je me fondais dans le décor, devenant insignifiant, presque invisible aux yeux de ceux qui m'entouraient. Peu importait le monde, pour la durée de la représentation je serai aussi seul qu'en pleine nature, unique spectateur dont les sens affûtés seraient tout entiers tournés vers la scène et qui ne manquerait rien, absolument rien, de ce qui s'y passerait. Ce soir, d'une certaine manière, Esha ne danserait que pour moi.
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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Sam 24 Nov - 15:50

Esha rejoignit les filles dans ce qui pouvait être considéré comme les loges. Tandis que la cheffe donnait l’ordre de passage des danseuses, en groupe comme en solo, la nomade se défaussa de sa cape – en faisant attention de ne pas toucher à sa coiffure, récupéra sa première tenue de scène et se glissa derrière un paravent pour se changer. La nomade avait trois passages à effectuer. Deux en trio et une prestation en solo. Et pour chacune d’entre elles, une tenue associée. Un vrai marathon.

D’ailleurs à peine elle fignola les derniers détails que Lhyra, sa partenaire de trio, la héla. Esha rit de bon cœur en le voyant aussi surexcitée. Elle-même avait hâte de danser. Même si une appréhension toute nouvelle l’habitait. Est-ce que ç’allait plaire à Serënn ? Elle eut comme une bouffée de panique à l’idée que non. Avant d’être soudain happée par sa comparse. Ponctuant son geste d’un ‘’Zouh ! ’’ qui ne laissait plus de place à l’expectative.

Du côté des spectateurs, quelques Valenciens s’employèrent à éteindre progressivement les lanternes qui entouraient la scène, de sorte que les danseuses se placent sans gâcher l’effet de surprise et de découverte. Connaissaient l’agencement par cœur, il n’y avait aucun risque qu’elles se blessent. Lorsque la dernière flamme fut étouffée, les musiciens firent doucement taire leurs instrument, captant ainsi l’attention de tous. On put remarquer qu’un groupe de femmes s’était greffé parmi eux. Âgées entre une trentaine et cinquantaine d’années. Elles étaient toutes somptueusement vêtues de rouge et d’or. Rien à voir évidement avec nos danseuses, bien que la cheffe soit également présente.

Passée cette minute de silence, les premières notes d’un Djoza furent jouées. Comme répondant à un appel, des lucioles – assurément celles d’Esha - apparurent, soulignant intelligemment les courbes des danseuses, affichant leurs tatouages et jouant de brillance avec leurs tenues ocre cousues d’or, le drapé au ras de leurs hanches. De petites percussions se couplèrent avec le premier instrument.

De manière parfaitement et naturellement synchrone, les danseuses se mirent en mouvement. Un déhanché subtile et gracieux. Puis soudain appuyé, en réponse aux échos d’un plus lourd tambour. Dans un parfait tempo, l’ensemble se tut ensuite une seconde, pour laisser place à un chant, poussé au début et à la surprise du plus grand nombre par la plus âgée des écarlates. Le décors était posé, ces acteurs présentés. En parfaite synergie et unité, Esha et ses camarades firent corps avec la musique et chants du désert. Oublier la peur. Oublier les regards. Oublier la pudeur. Plus que des corps qui se meuvent, une vraie histoire était racontée. Une aude à la féminité qui faisait apparaître Esha transformée. Fière et pleine d’assurance.

Le publique apparu complètement captivé, imprégné par cette ambiance et ce peu importe où était réellement dirigé leur intérêt. Le temps fila tel le sable qui s’écoule d’un sablier. Si bien que lorsque la conclusion fut donnée et la scène à nouveau plongée dans l’obscurité. Tous furent prit au dépourvu, comme s’ils avaient oubliés que tout début avait nécessairement sa fin. Avant que des applaudissements retentissent. Les danseuses n’eurent toutefois l’occasion  d’en profiter et s’éclipsèrent dans la foulée pour aller aussitôt se changer, profitant du laps de temps que la prochaine prestation allait leur apporter. Orchestrée en solo par Saphir – de son nom de scène, une danseuse Sindarine et hydromancienne, qui associa d’ailleurs cette capacité à sa chorégraphie. Contrairement à la première danse, celle-ci se fit sous une lumière plus soutenue.

Plus tard, le trio d’Esha réapparu. Cette fois mise en avant, la nomade portait un ensemble vert émeraude, à la coupe échancrée et accessoirisé d’or, tandis que ses comparses étaient vêtues de blanc et d’argent. C’est sous une note toujours aussi chaleureuse et typée, quoi que bien plus rythmé que les danseuses se mirent en scène. Pourtant elles ne montrèrent aucun signe d’essoufflement, rodées à l’exercice.

Ainsi en lumière, Esha ne put s’empêcher de chercher Serënn du regard. Au début sans succès, ce qui l’inquiéta réellement – bien qu’impactant aucunement sa prestation. C’est finalement avec un sincère soulagement qu’elle repéra le Sindarin. Plutôt que de rejoindre Kress ou Onero, il avait apparemment préféré se mettre à l’écart, comme pour privatiser le spectacle. Son sourire s’étira de plus bel et elle lui offrit un clin d’œil. Étonnement joueuse et effrontée. Esha était dans son élément ici. Et elle prenait à cœur de le rappeler.



 


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Sam 24 Nov - 17:53

Les unes après les autres, les lanternes s'éteignirent, plongeant la salle dans l'obscurité et les spectateurs dans l'attente passablement excitée du spectacle qui n'allait plus tarder à débuter. Lorsque la dernière lumière disparut, les musiciens firent peu à peu taire leurs instruments, incitant ainsi chacun et chacune à se concentrer sur la scène. Je remarquai du coin de l'oeil que des femmes vêtues de rouge s'étaient jointes à eux mais, redoutant de manquer l'apparition d'Esha, je gardai toute mon attention rivée sur l'estrade. Les premières notes d'un instrument à corde s'élevèrent dans le relatif silence puis, soudain, des lucioles apparurent, sorties de nulle part, pour révéler les danseuses qui avaient profité des ténèbres pour se placer sur la scène sans que personne ne les voie. Loin de se mouvoir au hasard, elles soulignèrent les courbes, charmantes il fallait bien l'avouer, des danseuses immobiles, jouant avec les ors de leurs vêtements et folâtrant avec le drapé soulignant leurs hanches.

Il ne me fallut pas plus d'une fraction de seconde pour repérer Esha parmi elles, bien entendu, et à partir de cette seconde le reste n'exista plus. De petites percussions se joignirent à l'instrument à cordes et, avec un ensemble parfait, les trois jeunes femmes se mirent en mouvement, se déhanchant avec grâce, subtilement d'abord, puis de façon plus appuyée au son plus sourd d'un tambour plus conséquent. La musique laissa soudainement place à un chant, issu de l'une des femmes habillées en rouge, supposai-je, mais je n'avais d'yeux que pour Esha. Faisant littéralement corps avec la musique, elle semblait avoir oublié toute timidité, toute pudeur même car la danse, bien que n'ayant strictement rien de vulgaire, n'en était pas moins ouvertement sensuelle.

Littéralement stupéfait de ce changement radical, je sentis ma gorge s’assécher et mon palpitant s'emballer de la voir si fière, si assurée, si...femme. Je la savais gracieuse, chacun de ses gestes l'était au quotidien, mais la voir danser... c'était encore tout autre chose. Ma vie en aurait-elle dépendu que je n'aurais su dire combien de temps dura cette première danse. Une heure? Quelques secondes seulement? Impossible à dire, mais une chose était sûre: ce fut beaucoup, beaucoup trop court et, lorsqu'elle s'acheva et que la scène fut replongée dans l'obscurité, j'eus exactement la même impression que lorsque je me réveillai subitement en plein milieu d'un rêve merveilleux. Les applaudissements éclatèrent alors et je m'y joignis de bon coeur, les artistes les méritaient plus qu'un peu!

Ce fut ensuite une danseuse de mon peuple qui monta sur scène, une magicienne maîtrisant l'eau, pour nous offrir une magnifique prestation sous une lumière plus intense. Mais, comme malgré moi, mes yeux cherchaient derrière elle, guettant le retour de la femme qui s'était emparée de mon coeur, elle allait bien revenir sur scène n'est-ce pas? Après une interminable attente, enfin, à l'aune de ma perception, elle réapparut enfin, vêtue cette fois d'une tenue d'un vert émeraude échancrée et décorée d'or, tandis que ses deux acolytes étaient habillées de blanc et d'argent. Le rythme était plus soutenu cette fois et, subjugué, je contemplai avec une admiration sans fard mon amie qui enchaînait des mouvements pourtant éprouvants comme si de rien n'était avec une grâce indescriptible.

Jamais, au grand jamais, je n'avais vu femme si belle, dégageant un pareil charme, et...jamais je n'avais eu aussi chaud de mon existence. Mon coeur manqua quelques battements lorsque, soudain, nos regards se croisèrent et qu'elle m'adressa un petit clin d'oeil aussi joueur qu'effronté. Aucun doute, elle était dans son monde sur cette scène, jamais elle n'aurait osé agir ainsi au camp! Pris dans les rets de son regard d'émeraude comme un papillon dans un filet, je lui souris comme je n'avais jamais souris à qui que ce soit et lui soufflait un baiser du bout des doigts avant d'incliner légèrement le visage en signe de respect et d'admiration. Peu importait ce qu'en penseraient les gens, qu'ils soient membres de sa troupe ou de mon peuple, mon coeur lui appartenait et je me fichai bien des ragots que cela pourrait engendrer.
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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Sam 24 Nov - 20:55

En d’autres circonstances et d’autres lieux, Esha aurait sûrement virée au rouge devant le geste de Serënn, emportée par la timidité et la gêne. Mais sur cette scène, elle se montrait inébranlable et insoumise. Au terme de la prestation, la nomade dut toutefois se résoudre à arrêter son petit jeu et repartir. Cette fois encore sous les applaudissements du publique. Esha n’avait plus qu’un passage à effectuer, celui qui bouclerait d’ailleurs toute la partie danse. Elle ne devait pas se déconcentrer et encore moins se relâcher. La nomade se faufila dans les loges, prête à revêtir sa dernière tenue. Elle devait également changer de coiffure pour ce tableau, Lhyra se proposant naturellement de l’aider. Esha la gratifia d’un sourire reconnaissant et la laissa donc faire.

Il fallut un temps considérable pour retirer toutes les épingles et parures de tête, avant d’être recoiffé en chignon. Seulement quatre broches maintenaient l’ensemble, fait d’un alliage sombre aux nuances cuivrées. La sobriété semblait être de mise. À l’instar de son vêtement, teinté de noir et paré de quelques rares artifices d’une couleur semblable à celle des épingles. Et pour seuls bijoux : de larges brassards de cuir et un ras du cou. À tout ceci s’ajouteront deux ultimes accessoires. Mais... surprise.

Finalement, Esha apparue fin prête et pile au bon timing. Du côté des spectateurs se joua alors le même rituel qu’à la première session. Les Valenciens vinrent progressivement éteindre les lanternes, plongeant à nouveau le publique dans l’obscurité. Esha eut ainsi tout le temps de rejoindre discrètement la scène. Une minute de temps mort. Puis le final.

Une voix – masculine cette fois – se fit entendre, accompagné des musiciens. Les lucioles refirent leur apparition, dessinant la silhouette fine et élancée d’Esha, dans une position d’attente ... un sabre à la main et un voile fin sur ses yeux. Une autre voix d’homme se coupla à la première, la nomade débutant un subtil ondulation du ventre. Puis des mouvements de bras au tempo millimétré à celui d’une percussion. La voix reprit dans murmure. La danse du sabre débutant, soigneusement orchestrée par la nomade.

Aucun geste n’était laissé au hasard, aucun mouvement était haché, ni superflu. Elle ne faisait qu’une avec la scène et son arme. Une grâce et une souplesse tantôt serpent. Une élégance et force tantôt féline. Tout paraissait si ... facile pour Esha. Et c’était évidement tout le but de la manœuvre. Que l’on devine tout le travail sous-jacent et l’expérience. Mais qu’à aucun moment ç’en devienne une vulgaire performance sportive. Un jeu d’équilibre.

Comme elle le fit d’ailleurs au moment où elle positionna le sabre au sommet de sa tête, par le contre-tranchant, poursuivant – presque de manière nonchalante - sa chorégraphie sans que la lame ne bouge ne serait-ce  que d’un fil. Pendant une bonne minute, avant de s’en saisir de nouveau. Notons toutefois que sans les soins apportés par le Sindarin, la nomade aurait certainement souffert de cette dernière prestation. Nul doute non plus que son corps subira le contrecoup de tout ça, comme tous les soirs.

Enfin, à l’approche de la fin – montée en crescendo - … les lucioles d’Esha montrèrent volontairement des signes de faiblesse, comme pour permettre aux spectateurs de se faire à la prochaine disparition de la nomade. Avant de s’étioler complètement lorsque la voix du chanteur se tut, noyant définitivement La Terran dans les ombres. Un silence presque solennel s’en suivit. Avant les acclamations.

Rapidement débarrassée de son sabre et de son bandeau, c’est éreintée mais fière qu’Esha se refugia dans la loge. Là, elle s’accorda enfin un repos bien mérité. Bien qu’elle avait hâte de retrouver Serënn, elle ressentait tout de même le besoin de souffler et de détendre tous les muscles qu’elle avait tout du long sollicité. Elle demanda à Lhyra – déjà changée pour sa part – si elle pouvait lui rendre un service en prévenant son ami qu’elle allait rejoindre d’ici quelques minutes. Puisque se rendant dans la salle de toute manière. Sa collègue n’y vit aucun inconvénient, offrant un sourire taquin à Esha.

« Avec ou sans clin d’œil ? » Se moqua Lhyra, loin d’être passée à côté du geste de la nomade qui, devenue aussi rouge qu’une pivoine, la chassa avec l’aide de la terrible Geeti – jusqu’à lors sagement installée au milieu des capes.
 


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Sam 24 Nov - 23:19

Loin de se laisser effaroucher ou troubler, comme cela aurait sans doute été le cas n'importe où ailleurs, par le baiser que je m'étais risqué à lui envoyer, la belle ne manifesta pas la moindre soupçon d'hésitation ou de gêne, poursuivant sans accroc sa prestation jusqu'à son terme. A nouveau les applaudissements et les vivats envahirent le chapiteau à l'en faire trembler, un tapage auquel je me joignis comme précédemment avec enthousiasme. Après un entracte, mis à profit par les serveuses et serveurs pour refaire le plein de breuvages ou de friandises à qui le désirait, les lanternes furent à nouveau éteintes, plongeant la vaste tente dans une obscurité quasiment totale. Il y eut un petit temps mort, puis la voix d'un chanteur se fit entendre, vite soutenue par les musiciens: Sur la scène réapparurent les lucioles qui dessinèrent une silhouette que j'aurais reconnue entre mille et dont la seule vue me noua la gorge.

D'abord immobile, munie d'un sabre et le visage couvert d'un fin voile, elle ne tarda pas à s'animer au son d'une deuxième voix. Ce ne fut d'abord qu'une discrète ondulation du ventre, puis ses bras se joignirent à la danse, synchronisés à la perfection avec la musique. Souffle coupé, je la contemplai comme j'aurais contemplé Kesha en personne, littéralement hypnotisé par sa grâce et sa beauté. Aucun peintre, aucun sculpteur si talentueux soit-il n'aurait pu capter plus d'une bribe d'elle, ce n'aurait jamais été qu'un pâle reflet incapable de lui rendre justice. Plus élégante qu'une reine, elle semblait se jouer de la pesanteur et des contraintes de son corps, tantôt féline tantôt souple comme un serpent, véritable avatar de la féminité à mes yeux. Cela semblait d'une simplicité enfantine en la voyant, mais j'étais un guerrier et je n'avais pas oublié les heures qu'il m'avait fallu pour apprendre chaque mouvement. Il y avait un travail impensable derrière cette ensorcelante chorégraphie, mais même cela n'expliquait pas tout: elle avait un véritable don pour cet art, c'était évident.

Fasciné, je l'observai manier son sabre avec une fluidité déconcertante, puis le maintenir avec un prodigieux sens de l'équilibre sur sa tête alors qu'elle poursuivait sa danse sans la moindre fausse note. Je repensai aussi à sa cheville et à ce qu'elle m'avait dit concernant ses articulations, il n'y avait rien d'étonnant à ce que son corps renâcle après de tels exploits. Mais désormais je prendrai soin d'elle en connaissance de cause, comme du plus précieux des trésors ainsi que je l'avais affirmé à Kress, du moins si elle m'y autorisait. Quitte à prendre de temps à autre un verre d'eau en pleine figure ou un livre sur la tête. Puis, beaucoup trop rapidement à mon goût, la lueur des lucioles décrut peu à peu, annonçant la fin de ces instants plus féeriques qu'aucun autre et replongeant bientôt Esha dans les ombres en même temps que les voix s'éteignaient.

Il y eut un long silence, comme si tous nous peinions à réaliser que c'était fini, à croire que nous avions véritablement assisté à pareil spectacle. Puis, comme un seul, nous nous levâmes et fracassâmes le silence d'un tonnerre d'applaudissements et de vivats, audible sans le moindre doute jusque dans les plus profondes caves du palais Royal. Cela dura de longues minutes, au cours desquelles je sortis peu à peu de ma bulle pour observer les gens qui m'entouraient. Je souris doucement à l'air émerveillé, parfois teinté d'une discrète tristesse que ce soit terminé, qui était peint sur tous les visages. J'étais heureux, non seulement d'avoir eu le privilège d'être là mais aussi pour Esha: ce soir, elle avait fait rêver toute une foule, elle avait rendu le monde meilleur.

Ne sachant trop ce qui allait se passer ensuite, j'errai un peu en prenant le temps d'observer le chapiteau, la manière dont il était conçu, jusqu'à ce que Lhyra, l'amie d'Esha, s'approche de moi et me dise avec un sourire entendu que cette dernière ne tarderait pas à me rejoindre. Je la remerciai avec un sourire un peu gêné qui sembla l'amuser au plus haut point, puis je me dirigeai vers l'une des tables entourées de coussins qui venait de se libérer et m'y installai. Raisonnablement certain que ma tendre amie serait assoiffée et affamée après ses efforts, je commandai du thé, de l'eau fraîche parfumée avec un agrume que je ne connaissais pas ainsi que diverses friandises dont je savais qu'elle les appréciait. Puis, encore à moitié ailleurs, plongé dans le souvenir de ce que je venais de voir, je l'attendis avec une impatience difficilement dissimulée et un brin d'anxiété: oserai-je encore lui laisser entrevoir mes sentiments après qu'elle m'ait tant impressionné? Et elle, aurait-elle retrouvé sa timidité et sa pudeur lorsqu'elle me rejoindrait? Je n'en savais fichtre rien, mais j'étais aussi angoissé qu'un adolescent de 50 printemps attendant sa belle.

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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Dim 25 Nov - 16:21

Esha essaya de ne pas faire trop attendre Serënn, pressée de le retrouver, même si ça allait une fois de plus faire jaser. Elle soupira à cette pensée. Bien que notre danseuse n’avait aucune connaissance approfondie de la culture Sindarine, elle doutait que s’enticher d’une mortelle soit dénué de conséquence. Hors la discrétion n’avait clairement pas été de mise lors de cette soirée. Les couinements de Geeti ramenèrent toutefois rapidement Esha à la réalité. Sa renarde en avait visiblement assez d’être coincée ici et voulait maintenant retrouver son… autre maître. La Terran arqua un sourcil et prit un air faussement dépitée. Quand même. Ç’en était presque vexant !

C’est au bout d’un petit quart d’heure qu’Esha apparue enfin. Après s’être rafraichie un peu, elle avait troquée sa tenue de scène pour un ensemble plus lambda et – surtout - couvert. Soit un pantalon dans les tons beige et un haut brin, épais et à manches longues qu’elle espérait assez chaud – la fatigue la rendant passablement frileuse. Toujours munie de ses bottes en cuir. Ses gants avaient également refait leur apparition. Esha avait sommairement attachée ses cheveux en queue de cheval, estimant les avoir suffisamment malmené pour ce soir. Elle avait également retirée son maquillage, au final très peu adepte de tous ces artifices.

Ne retrouvant pas Serënn à sa place initiale, elle promena son regard aux alentours, essayant de discerner son ami au milieu des lumières tamisées. Finalement, elle mit Geeti à contribution. La petite renarde céda à Esha et – après s’être accordée une seconde – trottina parmi les clients et serveurs, sans jamais dériver de son axe. La nomade suivit l’animale tout en prenant soin de ne bousculer personne, et surtout pas ses collègues Valenciens, chargé de leur plateau. Un sourire franc et doux se dessina sur ses lèvres alors que Geeti déboulait sur Serënn, avec toujours aussi peu de délicatesse pour lui faire la fête.

«    Je me suis faite attendre. J’espère que personne ne vous a importuné pendant ce temps. » S’excusa platement et sincèrement Esha. Et par personne elle parlait surtout de Lhyra, qui avait encore eu matière à commérage. Elle se permit de prendre place à ses côtés, épaule subtilement contre épaule, faisant fie de sa pudeur. Usant de sa légèreté habituelle malgré ses muscles endoloris. Elle eut alors l’agréable surprise de constater que le Sindarin lui avait commandé nombre de ses péchés mignons. Ainsi qu’un thé. Le contraire aurait été étonnant, mais Esha n’en resta pas moins touchée.

«  Vous êtes adorable. » Le remercia la danseuse tout en piochant l’un d’eux, assurément affamée – en plus d’être de nature gourmande - bien que sachant quand même se tenir. Elle ne put en revanche s’empêcher de glousser en voyant Geeti harceler Serënn de léchouilles.

«    La prochaine fois je vous la confierai. La pauvre n’a pas arrêtée de pousser la chansonnette – faisant honneur à son nom - et de vous réclamer tout le temps que je me change. » Déclara la nomade, rieuse. Enfin.. s’il y avait une prochaine fois ?

Elle marqua un temps. Puis se risqua enfin à poser cette question qui lui brûlait actuellement les lèvres. Désireuse de connaître son avis. Sa première crainte étant que le Sindarin se soit senti choqué – même si leur propre culture du corps les rendait difficilement impressionnables Ou qu’il ne se sente pas autant à sa place qu’au campement. Car il y avait vraiment tout un univers qui différait entre la Valencia de jour et celle de nuit. Même vis-à-vis de ses occupants, comme put apparemment le constater Serënn.

«  Est-ce que le spectacle vous plaît ?.. » Évitant consciemment de souligner ses propres apparitions. Presque comme s’il ne s’agissait que d’un détail pour Esha. Et bien que les danseuses aient terminés leurs numéros, d’autres artistes se présentaient encore. Sur la scène comme sur d’autres points. Dans une ambiance un peu plus cirque, mais toute aussi plaisante et chaleureuse.  
 


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Dim 25 Nov - 18:32

Ce fut Geeti qui, sautant sans vergogne sur mes genoux et se dressant sur ses pattes arrières pour me léchouiller, m'avertit de l'arrivée d'Esha, illuminée d'un doux et franc sourire. J'aurais aimée me lever pour l'accueillir, mais il m'aurait fallu évacuer la petite renarde, ce que je ne pouvais envisager de faire brusquement, et la danseuse ne me laissa pas le temps de m'en dépêtrer. Sans hésiter, elle s'assit avec légèreté à mes côtés, épaule contre épaule, ce qui me laissa un instant sans voix. Était-ce bien la timide et pudique jeune femme que je connaissais?! Quoi qu'il en soit je ne songeai pas une seconde à me plaindre de ce changement, bien au contraire, mais je haussai un sourcil un peu incrédule aux paroles qu'elle m'adressa alors d'un ton d'excuse:

"Je me suis faite attendre. J’espère que personne ne vous a importuné pendant ce temps."

"Mais... Esha... c'est votre travail et vous venez de fournir des efforts incroyables... je pensais que vous prendriez un moment pour vous reposer. Plus long que celui que vous vous êtes accordé, veux-je dire. C'est normal, vous n'avez aucune raison de vous excuser, vraiment."


Je plongeai les yeux dans les siens, totalement sincère, et lui souris tendrement avant d'ajouter à mi-voix, avec une certaine timidité:

"Et si par "importuner" vous pensez à vos amis et amies qui savent que... qu'il y a quelque chose entre nous... ce sont juste des taquineries, il n'y a rien de méchant, pourquoi m'en offusquerais-je?"


Ma si charmante amie puisa avec un visible plaisir dans les gâteaux en déclarant que j'étais adorable, ce qui me fit rosir légèrement, puis elle gloussa en voyant la petite Geeti me couvrir de léchouilles pour obtenir mon attention et ajouta, rieuse:

"La prochaine fois je vous la confierai. La pauvre n’a pas arrêtée de pousser la chansonnette – faisant honneur à son nom - et de vous réclamer tout le temps que je me change."

Je ris avec légèreté, heureux de sentir que la jeune femme était plus à l'aise que jamais en ma compagnie, et caressai gentiment la renarde avant de lui donner un bout de chausson à la viande en répondant à mon amie:

"Avec plaisir, vous savez que je l'adore, et elle aussi apparemment. Elle est très affectueuse, elle a besoin de beaucoup de tendresse pour être heureuse..."

Je relevai les yeux et les rivai à nouveau dans ceux d'Esha, un sourire très doux aux lèvres, lorsqu'elle me demanda si le spectacle me plaisait. Il me sembla discerner une très discrète anxiété dans le ton de sa voix, comme si mon avis avait une certaine importance pour elle et qu'elle craignait que...que quoi au juste? Que j'aie été choqué de la voir un peu moins vêtue que de coutume sur scène et présenter des danses emplies de sensualité? Sans réfléchir, porté par la magie de l'instant et les divers signes de rapprochement qu'elle avait manifesté ce soir, je levai la main opposée au côté où elle se trouvait vers son visage, assez lentement pour qu'elle ait le temps de se faire à l'idée, et caressai tendrement sa joue du bout des doigts:

"Jamais je n'ai vu plus magnifique spectacle, Esha. Et vous... vous êtes sublime quand vous dansez... enfin, vous l'êtes toujours mais là... vous irradiez de bonheur... je n'avais jamais rien vu d'aussi beau de ma vie."

A nouveau une totale sincérité dans mes yeux et dans ma voix, largement teintée d'admiration et de respect. Impossible aussi d'ignorer l'éclat de mon regard qui, je le savais, révélait sans plus de voiles les sentiments que j'avais pour elle, mais je ne cherchai pas à les dissimuler. J'étais profondément troublé par sa proximité et l'audace inhabituelle dont elle avait fait preuve durant toute la soirée, toutes choses qui avaient érodé ma propre réserve et qui, à cet instant, menaçaient d'anéantir la dernière digue jugulant le flot de mes émotions. Mais devais-je la laisser se rompre? C'était, à l'aune de ma perception, prendre un risque immense, mais... ne disait-on pas que l'avenir appartient aux audacieux? Prenant mon courage à deux mains, le coeur affolé à l'idée qu'elle en prenne ombrage, je laissai mes doigts frôlant sa joue dériver très lentement vers sa nuque afin de l'inciter en douceur à oser un baiser en murmurant:

"Nous aussi nous avons besoin d'un peu de tendresse, ne croyez-vous pas?"

Mais il lui suffirait d'un rien, du plus petit signe qu'elle ne le souhaitait pas pour que je reprenne aussitôt mes distances, bien évidemment.
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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Dim 25 Nov - 20:37

C’est ponctué de tendresse et de sincérité que Serënn lui rétorqua qu’elle n’avait raison de s’excuser, quand bien même elle se serait donnée plus de temps pour récupérer. La nomade soupira, à la fois soulagée et attendrie. Il est vrai qu’en d’autres circonstances Esha n’aurait peut-être même pas trouvée le courage de quitter sa tanière, tenant à sa tranquillité et peu à l’aise au milieu de la foule. Mais cette fois les choses étaient différentes. Cette fois il y avait Serënn. Et à choisir la nomade préférait autant se reposer en sa compagnie, comme pour profiter un maximum de lui. Cependant elle se garda bien de le dire. Quant au sujet des filles ~

«   Quel bande de petites commères. De vraies gamines. » Soupira Esha. Une part d’elle somme toute un peu lassée et regrettant – pour la première fois – que leurs moments d’intimité soient relatifs. Elle avait l’impression que leurs moindres faits et gestes étaient sous les feus des regards. Dans l’attente du dénouement. Pour autant, Esha ne pouvait leur reprocher cette fraicheur infantile. Elles étaient jeunes et la Vie ne s’était pas encore chargée de les endurcir – elle espérait d’ailleurs que cela leur arrive le plus tard possible. Et puis, elles étaient sûrement heureuses pour elle. Même si c’était toujours sous le ton de la taquinerie. Un sourire pensif étira ses lèvres. À les voir ça paraissait si facile. Lâcher prise.

Son regard émeraude se posa de nouveau en direction de Serënn. Elle esquissa un petit hochement de tête, ponctué  d’un sourire quant au sujet de Geeti. Elle le savait effectivement particulièrement attaché à cette boule de poils et c’était assurément réciproque.

«   Évidement qu’elle vous adore. Elle sait que vous cédez à tous ses caprices ! » Plaisanta Esha alors que son ami lui cédait un feuilleté au viande. Elle offrit une caresse derrière l’oreille gauche de Geeti, qui grogna aussitôt de contentement. Besoin de tendresse.

«   Peut-être bien oui.. » Glissa-t-elle dans un murmure, stoppant ses papouilles et changeant de sujet. D’un geste que Serënn rendu volontairement lent et précautionneux, il approcha sa main du visage d’Esha et la glissa contre sa joue dans une caresse tendre. La nomade ferma les yeux quelques instants. Non en signe de peur. Mais comme pour apprécier d’avantages ce contact, se focalisant uniquement à son touché. Puis elle revint au Sindarin, plongeant ses méandres dans les siennes. La danseuse put alors y lire toute l’admiration et le respect qu’il lui vouait. En autres choses. Ce qui la fit sensiblement rougir. Et ce fut pire encore, son cœur ratant un battement lorsque Serënn avoua qu’il n’avait rien vu d’aussi beau … et à quel point elle avait été sublime.

Esha offrit un sourire solaire, emplit de douceur et d’une pointe de fierté. Puis elle sentit la main de l’homme dériver sur sa nuque. Un frisson la quitta tandis qu’elle sentit une légère pression. Une invitation et non un ordre. La scène parut tellement surréaliste que la Terran eut grand mal à entendre la suite, comme si tout tournait au ralenti.

«  Avant toutes autres considérations et appréhensions, vous voulez dire ?..  » Répondit-elle sur le même ton. Après avoir captée une dernière fois son regard, Esha ferma les paupières et - tout en biant légèrement de la tête – effleura ses lèvres du bout des siennes. Dans un baiser débuté chastement, une électrisante caresse. Puis peut-être rendu ensuite plus poussé.

La nomade fut incapable de déterminer combien de temps cette instant dura. Quelques secondes ? Quelques minutes ? Mais lorsque la Terran se sépara finalement du Sindarin et prit conscience de son acte, elle vint aussitôt cacher son visage contre l’épaule de son ami. C’était juste fantastique, cette sensation. Mais elle se trouvait tellement ridicule et gamine qu’elle aurait aimer disparaître.

«   Je ne vous connais même pas Serënn. Je ne sais toujours rien de vous. » S’en voulut Esha, dans un petit rire à la fois nerveux et timide. Soudain morte de honte. Une chose restait toutefois certaine : Esha ne regrettait aucunement son geste. Car elle savait maintenant ce que c’était … que d’embrasser l’être aimé.
 


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Dim 25 Nov - 22:51

La jeune femme poussa un discret soupir de soulagement lorsque je lui exposai mon point de vue quant à ses excuses qui n'avaient selon moi aucune raison d'être, puis elle soupira à nouveau à l'évocation de ses taquines amies, avec un brin de lassitude cette fois. Je ne sus trop comment interpréter cela, hésitant entre un regret de sa part qu'il n'y ait pas plus d'intimité au sein de sa troupe ou un signe d'ennui de la situation que j'avais provoquée. Je penchai toutefois pour la première hypothèse en la voyant ensuite sourire pensivement, puis retourner les yeux vers moi pour plaisanter à propos de Geeti:

"Évidement qu’elle vous adore. Elle sait que vous cédez à tous ses caprices !"

Je ne pus m'empêcher de sourire malicieusement, sachant fort bien qu'elle avait raison, et de répondre d'un ton taquin qui n'enlevait rien à la véracité de mes paroles:

"C'est qu'elle est comme sa maîtresse: irrésistible."

Mon affirmation disant que la petite renarde avait besoin de tendresse pour être heureuse sembla troubler ma douce amie qui glissa un "peut-être bien, oui..." dans un souffle avant de me questionner sur le spectacle. Je risquai alors une légère caresse vers son visage, anxieux qu'elle s'y dérobe mais, contrairement aux contacts précédents, elle ne fit pas mine de reculer et ferma au contraire les yeux, comme pour mieux savourer cet instant. Elle rouvrit les yeux pour les replonger dans les miens quand je lui avouai à quel point j'avais apprécié le spectacle, comme pour s'assurer que j'étais sincère, rosissant légèrement sous l'intensité de mon regard qui exprimait sans fard mon admiration et bien plus encore. Sa rougeur s'accentua notablement lorsque j'ajoutai qu'elle avait été sublime et que je n'avais jamais rien vu d'aussi beau, mais bien loin de la faire se renfermer ces compliments lui tirèrent un sourire solaire empli de douceur et discrètement teinté de fierté qui me fit chavirer sans rémission.

Mû par une envie irrépressible, je la sentis frissonner légèrement lorsque je m'aventurai à glisser ma légère caresse jusqu'à sa nuque pour l'inviter à un baiser. Mais là encore, à mon plus grand soulagement, elle ne fit rien pour s'y dérober et répondit à mon murmure sur le même ton:

"Avant toutes autres considérations et appréhensions, vous voulez dire...?"

"Oui..." soufflai-je doucement en me noyant dans les océans sans fond de ses yeux jusqu'à ce qu'elle les fermât à l'instant où nos lèvres se frôlèrent. Désormais certain qu'elle souhaitait ce baiser, je fermai également les yeux et, doucement euphorique, me laissai emporter par la magie de l'instant. Ce ne furent d'abord que baisers plus légers que des plumes, timides, que je fis dériver vers les coins de ses lèvres à l'occasion, savourant leur douceur soyeuse, découvrant leurs contours et leur goût envoûtant. Puis la passion s'insinua peu à peu dans la danse -comment aurait-t-il pu en être autrement? - et ils ne tardèrent pas à se faire plus appuyés, se muant inexorablement en un véritable baiser amoureux que nous prolongeâmes jusqu'à ce que le souffle nous manque. Enfin, nous nous écartâmes légèrement l'un de l'autre, mon coeur semblant vouloir jaillir de ma poitrine tant il battait à un rythme endiablé, tous deux un peu incrédules peut-être de ce que nous venions d'oser. Je vis brièvement une gêne immense envahir les prunelles de ma bien-aimée et craignis durant une fraction de seconde qu'elle ne prenne la poudre d'escampette, ce qui m'aurait fait me maudire durant tout un siècle. Mais non, elle se réfugia vivement contre mon épaule, comme pour cacher sa honte, en murmurant d'une voix aussi nerveuse que rieuse:

"Je ne vous connais même pas Serënn. Je ne sais toujours rien de vous."

Rassuré, plus heureux que les mots n'auraient pu l'exprimer, je l'enlaçai étroitement avec la plus immense tendresse et la serrai contre mon coeur, tout en restant relativement chaste car après tout nous étions toujours au milieu d'une foule, avant de glisser au creux de son oreille:

"Vous savez que je vous aime de toute mon âme, de tout mon coeur... qu'importe le reste?"

Songeur, j'embrassai doucement sa noire chevelure et laissai mes mains explorer amoureusement - et toujours pudiquement - son dos,  puis je l'invitai à me regarder dans les yeux d'une douce caresse et attendis d'avoir accroché son regard avant d'ajouter avec sérieux, juste assez fort pour qu'elle entende:

"Sois sûre d'une chose pour commencer, mon Amour: pour moi, ce n'est pas juste une aventure, je souhaite vraiment vivre à tes côtés. Alors je te parlerai un peu de moi, plus que quiconque tu as le droit de savoir qui je suis, mais pas ici."

Je désignai la foule du menton, sans pour autant détacher mes prunelles de celles d'Esha, puis je déposai un doux baiser sur ses lèvres et, les frôlant toujours, lui demandai dans un souffle:

"Que dirais-tu d'emporter ces friandises et de retourner à ta roulotte? Il y a trop de monde et j'ai envie d'être seul avec toi...mais... sens-toi totalement libre de refuser, je comprendrai et l'accepterai sans peine."

J'avais volontairement abandonné le "vous", quelle place aurait encore bien pu avoir le formalisme entre nous maintenant? Quant à lui proposer de nous isoler et de prendre un peu de temps pour nous, c'était peut-être faire preuve de beaucoup d'audace, mais je n'avais pas la moindre envie que la gêne retrouve moyen de se glisser entre nous, ce qui arriverait probablement si nous laissions retomber la magie du moment. Mais bien évidemment, ainsi que je l'avais souligné, si elle avait besoin de temps j'étais tout prêt à lui en offrir autant qu'il le faudrait, je n'aurais pas supporté de la presser ou de la "contraindre" de quelque manière que ce soit.
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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Lun 26 Nov - 14:46

Sitôt qu’elle se réfugia contre le Sindarin, celui-ci répondit par une étreinte. Lovée contre lui, Esha se retrouva comme enveloppée dans un cocon de chaleur et d’amour, entendant très nettement les battements de cœur - rendu affolés - de Serënn. Ce qui la fit sourire. Même un siècle de plus ne semblait pouvoir le prémunir de tels émois. Mais au moins étaient-ils sur un même pied d’égalité. Quand Esha souleva avec embarras qu’elle ne le connaissait pas autant qu’aurait supposément requis une tel relation. Serënn rétorqua que ses sentiments envers elle étaient une valeur amplement suffisante. La danseuse émit un rire timide, amusée de sa répartie et de cette spontanéité. Accueillant avec délice ses papouilles, Esha releva ensuite à son incitation les yeux vers lui.

Elle braqua ses méandres dans les siennes tandis que Serënn mettait définitivement de côté le vouvoiement et exposait la sincérité de ses sentiments, son désir de vivre à ses côtés. Il avoua aussi qu’Esha était en droit d’apprendre certaines choses de lui. Elle plus que quiconque en réalité. Mais pas ici. Au milieu d’oreilles et de regards possiblement indiscrets – comme son geste l’indiquait.

La Terran offrit un regard interloqué, mais à la fois entendu à son compagnon. Opinant du chef. Elle comprenait parfaitement que cet endroit n’était aucunement propice à la confidence. Sûrement poussé par l’ivresse du moment et beaucoup plus confiant, Serënn quémanda de nouveau ses lèvres. Esha s’y plia de bonnes grâces, répondant avec une tendresse et douceur égale à la sienne. Avant que le Sindarin lui fasse une proposition.. pour le moins déroutante et enrobée de sous entendus.

La nomade cligna des paupières et – complètement prise au dépourvu – s’empourpra net. Même si Esha ressentait ce besoin réciproque d’intimité, elle ne saurait dire jusqu’où il serait capable de l’emmener. Notons que Serënn avait bien souligné que sa douce amie restait maîtresse de la situation et qu’il se plierait docilement à son refus. Dans un geste qui traduisait ouvertement sa gêne, la Terran renvoya d’une main gantée quelques mèches de cheveux derrière son oreille. Détournant un instant son regard émeraude du sien.

« Je … Je ne sais pas trop Serënn. » Avoua Esha dans un murmure. Sincèrement troublée. Elle marqua un temps pour se donner réflexion. Espérant que Serënn ne le ressente pas comme un rejet. Puis, tout aussi bassement, comme si notre danseuse craignait que ses propos soient captés par d’autres.

« J’aimerais tout de même que nous rentrions … Pour être seuls. Est-ce que tu veux bien ? »  Proposa donc Esha, au final désireuse de rentrer chez elle et de profiter de Serënn. D’une façon ou d’une autre. De ça elle ne serait capable de l’avancer aussi clairement que le Sindarin pourrait le souhaiter. Mais force est de reconnaître qu’elle n’avait pas tirée une bonne expérience de ‘’la chose’’ non plus. Et elle n’osait clairement pas l’aborder auprès de son compagnon, craignant sa réaction comme de briser complètement l’instant.

Esha attendit sa réponse non sans une pointe d’appréhension. Et finalement, ils consentirent à prendre congé. Probablement aidé de Serënn, la nomade se releva. Le remerciant une fois encore de se montrer si prévenant et galant. Elle lui confia ensuite sa petite renarde somnolente et des friandise à emporter. ~

« Je vais chercher ma cape et prévenir de notre départ. Je reviens tout de suite. » L’informa Esha, le gratifiant d’un sourire aimant avant de glaner un baiser fugace et chaste au Sindarin.

Une fois son départ annoncé – les règles restant les règles après tout – la jeune femme récupéra sa longue cape brune, dans laquelle elle s’emmitoufla prestement avant de rejoindre Serënn. Prudemment, Esha récupéra son animale pour l’installer dans sa capuche, comme elle était accoutumée à le faire lorsqu’elle était trop fainéante ou frileuse pour marcher. Pui notre danseuse se blottit contre lui et entoura ses bras autours de l’un des siens, attendant que son compagnon les mène jusqu’à leur roulotte.
 


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Lun 26 Nov - 18:51

Ma douce amie se laissa aller à un léger rire amusé lorsque je lui déclarai que la seule chose importante étaient les sentiments que j'avais pour elle. Je fus heureux de sentir aussi qu'elle ne se crispait pas sous mes chastes caresses, mais elle me retourna un regard un peu interloqué, bien que compréhensif, quand je lui fis part de ma réticence à parler de moi dans un lieu aussi fréquenté. Elle accueillit le doux baiser que je lui offrais ensuite sans le moindre mouvement de recul et y répondit avec une égale tendresse, ce dont je fus ravi. Une barrière était tombée, ce soir. Malgré tout, la proposition que je lui adressai ensuite de retourner chez elle afin d'être seuls la fit cligner des paupières de surprise et s'empourprer net, avais-je été trop loin? Sa gêne était palpable, ainsi qu'en témoigna son geste de replacer une mèche de sa chevelure derrière son oreille en détournant les yeux avant de laisser échapper un murmure des plus incertains:

"Je … Je ne sais pas trop Serënn."

Une fois encore je me demandai ce qu'elle avait vécu pour être si craintive, doutant que sa pudeur soit la seule raison de son hésitation mais, sans que mon doux sourire ne vacille un seul instant, je gardai soigneusement le silence, la laissant réfléchir et, peut-être, se faire doucement à l'idée. Au bout d'un moment, bien que toujours profondément troublée, elle murmura comme si elle craignait que quelqu'un l'entende:

"J’aimerais tout de même que nous rentrions … Pour être seuls. Est-ce que tu veux bien ?"

Heureux de cette décision et sachant qu'il lui avait fallu bien du courage pour la prendre, je caressai alors amoureusement sa joue en souriant plus tendrement encore et lui répondis sur le même ton:

"Bien sûr mon Amour. Allons-y dans ce cas."

Je la laissai finir tranquillement son thé puis je me levai et lui tendis la main pour l'aider à se relever et, après qu'elle ait été prévenir les siens pendant que je m'occupai de la petite Geeti, à moitié endormie, et d'emballer les friandises, nous nous mîmes en route bras dessus-dessous. Une fois parvenus à la roulotte, la porte refermée derrière nous et débarrassés de nos manteaux, j'allumai rapidement une bonne flambée dans le petit poêle avant de refaire face à la jeune femme, un sourire doux légèrement teinté de timidité aux lèvres. Après l'avoir contemplée un instant, ému comme jamais je ne l'avais été, je m'approchai d'elle sans hâte et, l'enlaçant tendrement d'un bras, repoussai tendrement une mèche de ses cheveux qui me dissimulait son beau visage en précisant doucement:

"Je sais que tu as peur, mon Amour, mais tu n'as rien à craindre. J'ai très envie de t'aimer, bien sûr, mais nous avancerons à ton rythme, le temps n'a pas d'importance pour moi. Tout ce que je veux c'est que tu te sentes à l'aise et que tu sois heureuse. Seulement je ne suis pas devin, alors il faudra que tu me dises si je vais trop vite, je te promets que tu ne risques pas de me blesser ou que sais-je encore."


Je l'embrassai avec la plus extrême douceur, bien qu'avec moins de retenue que lorsque nous étions en public, puis me risquai à quelques caresses un peu moins chastes que celles que je m'étais autorisées jusque là, attentif à ses réactions, avant de lui murmurer d'un ton malicieux:

"Que dirais-tu d'un massage, pour commencer? Juste histoire de m'éviter d'avoir utiliser ma magie chaque matin, bien sûr. Et si tu le souhaites, tu pourras me poser des questions pour en savoir un peu plus sur ce mystérieux vagabond qui a l'audace de te faire des propositions indécentes..."

Je rosis légèrement en repensant à ma témérité, mais j'étais bien déterminé à chasser la gêne de notre relation et, pour cela, le meilleur moyen n'était-il pas d'en rire et de distiller un peu d'humour dans ces instants délicats de découverte?
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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Lun 26 Nov - 22:40

C’est en silence que le couple prit la direction du campement, arpentant les rues désertes – ou quasi – de la Capitale. Un vent frais et léger s’était levé, dégageant le ciel nocturne de ces quelques rares nuages et obligeant Esha à se presser d’avantage contre Serënn. Comme s’il pouvait faire rempart. Chose qui ne serait sûrement pas pour lui déplaire. Toutefois, à mesure qu’ils approchaient de Valencia, plus l’inquiétude de la nomade semblait palpable. Elle avait beau se convaincre que tout irait bien. Elle n’arrivait tout simplement pas à se défaire de ces appréhensions. Ce qui la frustrait. Et ce fut pire encore lorsqu’ils se retrouvèrent devant sa roulotte.

Esha rentra. Et tandis que le Sindarin s’occupait de raviver le poêle, notre danseuse déposa Geeti dans son papier. Elle la gratifia d’une caresse, la petite bête couinant de contentement avant de repartir dans les bras de Morphée. Un sourire à la fois amusé et attendri étira les lèvres de sa propriétaire. C’est à croire que son amie n’avait pas arrêtée de la nuit. Esha se décida ensuite à allumer quelques bougies, apportant un brin de lumière supplémentaire. Au même moment, Serënn revint auprès d’elle. Plongeant ses émeraudes dans une contemplation silencieuse. Elle nota cet éclat de timidité et d’émotion dans son regard, allant de paire avec le sien. Tendrement, Esha répondit à son étreinte. Puis dans un geste rendu habituellement précautionneux, il repoussa quelques mèches sombres derrière son oreille. C’est sans surprise que Serënn la devina effrayée et impressionnée. Cet homme n’avait eu de cesse d’être à l’écoute de sa dulcinée. Alors rien d’étonnant à ce qu’il se montre aussi alerte dans une situation comme la leur.

Ses joues rosirent légèrement à ce petit nom pourtant lourd d’importance. Amour. Puis un rire nerveux mais emplit de chaleur la quitta lorsque le Sindarin rappela que le temps n’avait aucune importance pour lui, pourvu que sa tendre amie se sente à son l’aise et tire pleinement satisfaction de l’instant. Car normalement associé au plaisir. Et non à un devoir. Elle soupira lourdement. À la fois reconnaissante et coupable.

«  Je dois te paraître ridicule. Ce n’est pas comme si … enfin. » Esha buta. Sûrement trop tard pour que Serënn ne s’interroge pas. Elle prit légèrement appui contre la commode qui trônait à côté du lit et croisa les bras, se serrant contre elle-même. Une attitude clairement fermée et défensive. Non à l’intention du Sindarin. Peut-être alors pour la détendre et la ramener vers une atmosphère plus sereine, il vint de nouveau embrasser ses lèvres. Certes extrêmement doux, mais plus aventureux aussi. Tout comme ses caresses, devenus moins chastes et procurant quelques frissons incontrôlables. Esha y répondit maladroitement, ses mains se montrant bien moins investigatrices que celle de son ami. Bien que respectant les limites de la décence et de ce que la nomade pouvait supporter.

Lorsqu’ils durent se résoudre à rompre l’échange, le Serënn proposa alors quelque chose. Un massage. Assurément pour la détendre et amener la chose plus .. subtilement ? L’autorisant en contrepartie à poser toutes les questions qu’elle voulait. Au début Esha se montra hésitante, bien que pouffant face à son trait d’humour. Il est vrai qu’un accord – pour ne pas dire odieux chantage – avait été passé entre eux. Le Sindarin lui faisant promettre de le laisser prendre soin d’elle. Mais un massage incluait peau mise à nu.

Esha se mordit la lèvre, déçue et revêche envers elle-même. Bon sang. Pourquoi ce devait être aussi compliqué ?! Elle s’était montrée tellement plus assumée et fière sur scène. Seule dans sa bulle. La nomade observa longuement son cher et tendre, soulignant d’une main gantée l’ovale de son visage. Sa bulle. Son monde. Serënn. Elle devait composer avec lui. Créer un univers sécurisant dans lequel elle évoluerait sereinement et s’assumerait complètement. Comme lorsqu’elle dansait. Sa bulle. Son monde. Serënn.

Esha se le répéta dans sa tète. Encore et encore. Et dans ce même temps, la nomade apposa une main contre le torse du Sindarin et l’incita doucement à reculer. Dans un geste lent mais aucunement teinté d’hésitation cette fois, Esha défit sa cape et la laissa chuter au sol. Dans la continuité de la chose et après s’être déséquipée de ses gants, elle retira son haut, dévoilant progressivement aussi bien les lignes de son corps que de ses tatouages au henné. Il ne lui fallut guère ensuite qu’un subtil jeu de jambes pour retirer ses bottes. Et. Ma foi. Ce fut tout pour la nomade. Peu accoutumée à un effeuillage dans les règles. Toutefois le message paraissait clair.. et remettait – encore - les questions à plus tard. Décidée à prendre le contre-pied de sa gêne et ce de qu’Esha avait connu.

«  Sauf ton respect mon cœur. J’ai un peu moins de temps devant moi. » Se risqua à lui souffler la Terran, usant elle aussi d’un trait d’humour après avoir agrippée d’une main la ceinture de Serënn, le ramenant gentiment vers elle. Notons que ce gain d’assurance ne l’avait pas empêcher de virer au pivoine.


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Mar 27 Nov - 0:54

L'appréhension d'Esha était palpable en approchant de la roulotte, bien que malgré sa peur elle restât blottie contre moi pour se protéger du vent frisquet qui s'était levé. Une fois entrés, elle alluma quelque bougies qui répandirent une lueur chaleureuse dans le lieu tandis que je m'occupai d'allumer un feu, soucieux qu'elle n'ait pas froid si d'aventure... Hum. Je m'empressai de chasser cette idée de mon esprit pour l'instant, la trouvant beaucoup trop troublante pour que cela ne risque pas de me faire commettre une erreur. Ce fit donc avec prudence et retenue que je m'approchai d'elle pour l'enlacer amoureusement et lui dire de ne pas avoir peur, que j'étais tout disposé à me calquer à son rythme et n'avais pas la moindre intention de la brusquer. Mais loin de sembler la rassurer, ces mots lui tirèrent d'abord un rire nerveux, bien que chaleureux, puis profondément soupirer. Bien que visiblement reconnaissante, je vis avec une pointe de tristesse une lueur de culpabilité s'allumer dans ses océans d'émeraude tandis qu'elle lâchait:

"Je dois te paraître ridicule. Ce n’est pas comme si … enfin."

Elle fut incapable de finir sa phrase, mais je n'avais pas besoin de davantage pour comprendre qu'elle avait déjà connu un homme. Et en reliant cela aux bribes de ce que j'avais appris d'elle, à ses mouvements de recul instinctifs, je supposai que cela n'avait pas dû être la fête... Probablement avait-elle subi des violences, comment expliquer autrement l'attitude fermée, ouvertement défensive, qu'elle adopta ensuite en s'appuyant contre une commode et en croisant les bras sur sa poitrine comme pour se protéger? Toutefois je lui avais promis de ne pas l'interroger sur ce sujet, ce n'était d'ailleurs pas le moment, aussi préférai-je jouer d'audace et réduire à néant la distance qu'elle avait mise entre nous afin de l'embrasser avec la plus extrême douceur et d'éveiller quelque peu sa sensualité au moyen de prudentes caresses en murmurant:

"Tu n'as rien de ridicule, Aimée, rien du tout. Tu es belle et émouvante comme un bouton de rose qui a survécu au gel et qui se demande si le soleil ne va pas le brûler s'il ose s'épanouir."


Elle ne se rebiffa pas contre mes attentions, à mon plus grand bonheur, et me rendit tendrement le baiser tout en s'enhardissant jusqu'à oser me rendre quelques caresses qui, toutes chastes qu'elle fussent, me firent frémir. Je lui proposai ensuite un massage, une façon d'aborder plus indirectement la chose, durant lequel elle pourrait m'interroger afin d'en savoir un peu plus sur moi. La jeune femme pouffa à mon trait d'humour, mais cela ne l'empêcha nullement de se montrer hésitante devant ce pas que je devinai extrêmement difficile pour elle. Elle avait rechigné à me montrer sa cheville et ma proposition sous-entendait qu'elle fasse bien plus que remonter ses jupons de quelques centimètres, aussi n'en fus-je nullement étonné. A nouveau je lui laissai le temps de se faire à l'idée, la contemplant avec amour et une immuable patience tandis qu'elle se mordait la lèvre d'un air revêche. Nous nous scrutâmes ainsi durant ce qui me sembla une éternité, bien qu'à peine une minute se soit écoulée selon toute vraisemblance, puis elle leva sa main gantée afin de caresser doucement mon visage, ce qui me fit brièvement fermer les yeux de bonheur.

Un instant plus tard, elle posa une main sur mon torse et m'incita à reculer, ce que je fis sans opposer la moindre résistance, supposant que cela signifiait que je m'étais montré trop pressé. Je m'apprêtai alors à lui proposer de manger un morceau - elle devait être affamée - et de discuter tranquillement, mais les mots s'étouffèrent dans ma gorge en la voyant soudain se défaire de sa cape, lentement mais sans plus d'hésitation! Était-ce un signe qu'elle allait accepter le massage proposé? Je me gardai bien d'en faire une certitude, peut-être avait-elle tout simplement trop chaud vu que je venais d'allumer le poêle? Ses gants suivirent le même chemin puis, avec un courage qui me laissa sans voix, elle retira sans hâte son haut, me dévoilant sans plus de détours son corps sculptural et les magnifiques tatouages au henné qui l'ornaient. La gorge nouée, mon sang bouillonnant dans mes veines et le regard plus étincelant que jamais, je la contemplai avec une admiration sans bornes, ému aux larmes de la voir surpasser ainsi ses peurs et de sa beauté à damner un saint.

Elle ne s'arrêta qu'après avoir enlevé ses bottes mais, alors que je m'attendais à devoir reprendre l'initiative - ce qui n'avait rien pour me déranger - elle agrippa soudain ma ceinture pour m'attirer à elle en soufflant, le visage d'un bel écarlate:

"Sauf ton respect mon cœur. J’ai un peu moins de temps devant moi."

Je ris avec légèreté à ce trait d'humour, même si quelque part cela me nouait le ventre, et lui rétorquai en m'approchant d'elle:

"Alors n'en perdons pas une miette, Amour de ma vie."

Cette nuit là, je déployai des trésors de douceur et de tendresse, tous les sens en alerte pour percevoir le moindre signe indiquant qu'elle n'appréciait pas quelque chose et, uniquement soucieux de son bonheur, l'aimai comme je n'avais jamais aimé aucune femme avant elle. Nous fîmes des pauses, bien évidemment, ce qui nous permis de grignoter les délicieux gâteaux que nous avions ramenés. Je fis en sorte de faire de ce repas un jeu sensuel et tendre, un partage simple qui avait le mérite de ne pas laisser la magie de cette nuit se briser. Lorsqu'elle fut épuisée, sa soirée ayant été éprouvante, je l'incitai à se détendre en massant amoureusement ses muscles contractés. Je ne savais pas ce que l'avenir nous réservait, mais cela n'avait aucune importance: cette femme merveilleuse que j'avais le privilège de serrer contre moi était tout ce dont j'avais besoin pour être heureux.


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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Mar 27 Nov - 15:43

Cette nuit n’aurait pas pu être plus magique et intense pour Esha, bien loin de tout ce qu’elle avait connu et donc au-delà de ses espérances. Même s’il y eut quelques maladresses de sa part, n’ayant en fin de compte jamais été pleinement actrice dans l’acte – et sa pudeur restant ce qu’elle est. Elles ne brisèrent en rien l’instant, ni les élans amoureux de Serënn, qui surenchérit de douceur et de tendresse, complètement dévoué et à l’écoute de sa timide partenaire. Assurément désireux de bien faire et mettant à bas les barrières.

Des pauses se firent, comme en guise entracte. Savamment orchestré sous forme de jeux par le Sindarin, de sorte qu’à aucun moment la fièvre retombe. Puis finalement la fatigue des corps se fit sentir. Surtout dans le cas de notre danseuse – qui n’aura en fin de compte pas arrêtée de la nuit. Pour son plus grand bonheur et contentement cela dit. Et c’est toujours animé des meilleures intentions que son compagnon la massa ensuite, dénouant ses muscles endoloris. Esha en ronronna presque, complètement à sa merci. Et avant que le couple ne soit emporté par le sommeil, totalement harassé.

La nomade crut bon de faire de instant précédent un moment propice à la confidence, comme notre couple s’évertuait à le faire depuis un moment déjà. L’ambiance érotique maintenant sagement retombée. Confortablement allongée sur le ventre, maintenue légèrement cambrée par un oreiller. Esha profitait des massages tandis qu’elle caressait d’une main distraite l’une des oreilles de Geeti. La renarde redonnant signe de vie après que les jeunes gens aient terminés leurs … petits jeux coquins. Non contente de retrouver un peu de calme.

« J’imagine ne rien t’apprendre en te parlant de ça mais. » Elle marqua un temps, puis repris.

« J’ai déjà été mariée à un homme. Un mariage arrangé. Et disons … que c’était bien différent de tout ça. » Murmura-t-elle à voix basse, évitant consciemment de préciser l’âge qu’elle avait à l’époque. Pour ne pas dire les choses crument. En tout point. À commencer par la notion même de consentement. C’est pour dire le changement radical que lui offrait Serënn. Amour. Respect. Esha gardait les yeux rivés en direction de son animale. Honteuse et – à ses yeux – sale. Appréhendant la réaction de son compagnon, même se le Sindarin avait probablement su tirer ses propres conclusions et fait le rapprochement entre beaucoup de choses.

« Le plus risible dans cette histoire. C’est que je serai encore avec cette brute épaisse si une personne n’avait pas pris tous les risques pour me sortir de là. Trop effrayée pour me libérer moi-même de ce cycle infernal. » Peut-être même qu’elle aurait fini par se faire tuer. Un frisson d’horreur quitta Esha rien qu’à cette pensée macabre. Et celle qu’un enfant aurait pu voir le jour au milieu de tout ça, de cette relation sordide.

« Les Valenciens m’ont ensuite accueillis ici sans me poser la moindre question – un peu comme toi en fin de compte. » Esha adressa un regard par-dessus son épaule, plongeant ses prunelles dans celle du Sindarin. Notant sa réaction. Elle le gratifia d’un sourire doux-amer.

« Et maintenant tu es là, mon supposé et indécent vagabond, héritant d’une Terran doublée assurément d’une paria. » Avoua la nomade, presque désolée et coupable à l’égard de Serënn. Même si – de manière purement égoïste – elle était heureuse d’un tel choix. D’un geste timide, Esha incita son compagnon à stopper ses massage et la rejoindre, en quête de ses bras et de sa chaleur.

Lorsque ce fut fait, la jeune femme lui offrit un baiser chaste et se blottit contre lui. Sa respiration se calquant naturellement au rythme de ses battements de cœur, résonnant comme une douce et sécurisante mélodie à son oreille.

« Et toi Serënn, mon Amour ? Qu’as-tu laissé derrière toi en arrivant à Valencia, puis en prenant la décision de vivre avec moi ?.. » S’interrogea Esha, non sans une pointe d’émotion, un sourire enjôleur et taquin aux lèvres.


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Mar 27 Nov - 20:05

Alors que je massai tendrement ma bien-aimée après les jeux amoureux auxquels nous venions de nous livrer, elle me surprit une fois de plus en déclarant soudain:

"J’imagine ne rien t’apprendre en te parlant de ça mais."

Je focalisai aussitôt toute mon attention, quelque peu distraite par les courbes enchanteresses que je massai et le souvenir des instants précédents, sur les paroles de la jeune femme, raisonnablement certain qu'elle allait évoquer un sujet important. Gardant les yeux rivés sur la petite renarde qu'elle était en train de caresser, Esha poursuivit d'un murmure que je devinai lourd de gêne, voire de honte:

"J’ai déjà été mariée à un homme. Un mariage arrangé. Et disons … que c’était bien différent de tout ça."

J'avais bien pensé qu'elle avait vécu quelque chose du genre, sans forcément imaginer un mariage, mais elle avait visiblement besoin d'en parler et je m'abstins de répondre immédiatement afin qu'elle puisse sortir ce qu'elle avait sur le coeur. Néanmoins, le fait de me taire n'impliquait pas que je reste sans réaction, ce qu'elle aurait pu interpréter négativement, aussi me penchai-je pour déposer de tendres baisers sur son dos, sa nuque et ses épaules, attentif à la suite qui ne tarda pas à arriver:

"Le plus risible dans cette histoire. C’est que je serai encore avec cette brute épaisse si une personne n’avait pas pris tous les risques pour me sortir de là. Trop effrayée pour me libérer moi-même de ce cycle infernal."

Je la sentis frissonner sous moi, de terreur rétrospective sans doute, tandis qu'une vague de sombre colère m'envahissait à l'idée de ce qu'elle avait dû endurer. Comment pouvait-on s'abaisser au point de maltraiter une femme, une jeune fille même car elle ne devait vraiment pas être bien vieille quand cela était arrivé, voilà bien une chose que j'étais totalement incapable de comprendre. Et encore moins de tolérer. Le responsable paierait, ça je m'en fis le serment, mais pour l'instant je jugulai pourtant vivement ma fureur en la voyant se tourner un peu pour pouvoir me regarder en ajoutant d'un ton doux-amer:

"Les Valenciens m’ont ensuite accueillie ici sans me poser la moindre question – un peu comme toi en fin de compte."

J'inclinai doucement le visage en la regardant au fond des yeux avec, dans les prunelles, toute la compassion - bien différente d'une quelconque pitié - et l'amour que j'éprouvai pour elle.

"Et maintenant tu es là, mon supposé et indécent vagabond, héritant d’une Terran doublée assurément d’une paria", ajouta-t-elle encore d'un air indiciblement désolé et...teinté de culpabilité.

J'en eus le coeur qui se serra encore un peu, mais je fus en revanche heureux qu'elle m'incite à cesser mon massage et à la rejoindre, comprenant sans mal qu'elle avait plus que jamais besoin de se sentir aimée, en sécurité entre mes bras. Je m'allongeai donc contre elle et, après qu'elle m'ait offert un chaste et doux baiser l'enlaçai amoureusement de manière à former comme un cocon protecteur autour d'elle. Ce ne fut qu'à cet instant que je me décidai à reprendre la parole d'un ton très tendre:

"Je me doutais bien que tu avais vécu quelque chose de ce genre, Amour. Cela me désole profondément que tu aies dû traverser une si terrible épreuve, mais tu n'as pas à avoir honte ou à te sentir coupable de ce qui t'est arrivé. C'est celui qui t'a battue qui devrait avoir honte et être jugé pour ses actes ignobles. Que tu aies été terrorisée au point de n'oser t'enfuir... c'est normal. Terrible, mais normal. D'autant plus que tu ne devais être qu'une jeune fille à l'époque."

Je la serrai un peu plus fortement contre moi et l'embrassai doucement dans le cou avant de murmurer au creux de son oreille:

"Maintenant, si tu crains que je te juge pour ça, ou même que cela change en "mal" mon regard sur toi...oublie tout de suite cette idée. C'est la femme que tu es devenue, celle que tu es aujourd'hui, forgée par cette épreuve et sans doute d'autres, que j'aime de tout mon coeur, que je respecte et admire chaque jour un peu plus."


Après un temps de silence, rassurée peut-être par la sincérité de mes paroles et de mes gestes, ma si émouvante compagne me demanda d'un ton ému, un sourire enjôleur et taquin aux lèvres:

"Et toi Serënn, mon Amour ? Qu’as-tu laissé derrière toi en arrivant à Valencia, puis en prenant la décision de vivre avec moi ?"

Cette fois nous y étions, l'heure était venue de lui parler un peu de moi et cela n'avait rien de simple. Je ne pouvais seulement imaginer lui mentir, mais je ne pouvais pas non plus trahir mon serment, alors que lui dire? Je pris une ample inspiration et me blottis plus étroitement encore contre ma bien-aimée avant de lui répondre à mi-voix:

"La solitude, surtout, je pense. Le reste... je ne peux le laisser derrière moi, il me suivra où que j'aille, toujours."

Songeur, je marquai un bref silence avant de poursuivre:

"Mais commençons par le début. Mon nom complet est Serënn Tëlhen'wë, je suis né au sein d'une famille de la noblesse de Canopée, peu influente mais aisée, voilà deux-cents vingt-quatre ans. Très jeune, j'ai manifesté un grand amour de la forêt, de la nature, aussi ai-je été envoyé par mes parents suivre une formation de forestier bien avant d'être adulte. Au fil des ans, je me suis forgé une certaine réputation, aussi ai-je été appelé à rejoindre l'armée pour lui servir d'éclaireur. J'ai alors été formé comme soldat puis, après bien des années, comme officier."

Jusque là, rien de secret, mais c'était la suite qui posait problème. Comment tourner ça sans lui donner l'impression de lui cacher quelque chose et tout en honorant mon serment? Après un instant d'hésitation, j'achevai:

"Aujourd'hui je ne fais plus réellement partie de l'armée à proprement parler, mais... un officier Sindarin ne quitte jamais vraiment son poste, son serment l'engage à vie. Si la Reine Viwien faisait appel à moi pour une raison ou une autre, je ne pourrais - ni ne voudrais - faire autrement que de répondre à sa demande. Comprends-tu?"
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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Mer 28 Nov - 15:09

À aucun moment Serënn n’interrompu Esha, la couvant de son regard tendre et aimant, compatissant sans pour autant l’apitoyer. La nomade n’avait pas cherchée à se faire plaindre en dévoilant ainsi une partie de son passé. Elle estimait juste parfaitement légitime que l’être voué à partager sa vie sache. Et son compagnon l’avait compris. Tout comme son appel à la rejoindre pour qu’elle profite de la chaleur de ses bras, le Sindarin s’y pliant de bonne grâce.

Esha ramena la couverture vers eux sitôt que son aimé fut à ses côtés. Un soupir d’aise quitta ses lèvres. Comme déjà rendue dépendante. Puis Serënn sortit de son mutisme. Il avoua s’être douté de son vécu et des épreuves endurées – dans une moindre mesure ou non, et à quel point il en était désolé. Mais il ajouta qu’en aucun cas Esha devait se sentir honteuse, ni et encore moins coupable. Et ce même si elle avait été incapable de se sortir d’elle-même de ce pétrin. Ce qui malheureusement était selon-lui normal. La peur des représailles – à son égard et celui de sa famille – la tétanisant. Au final c’était son époux, et lui seul qui aurait dû se sentir minable en s’en prenant ainsi à elle.

Esha sentit son adoré la serrer avec un plus de force, mais sans douleur. Avant de glisser ses lèvres dans son cou pour y déposer un baiser. Un frisson chaud la quitta, particulièrement sensible. Avant que Serënn ne glisse quelques mots à son oreille.. enrobés d’amour et d’un profond respect. Tout ce que la nomade avait subis, aussi terrible ç’eut été, avait contribué à devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Cette femme pour qui il vouait un amour et une admiration sans faille.

Les yeux d’Esha s’écarquillèrent, jetant un regard incrédule au Sindarin .. avant d’être émue aux larmes. Elle offrit un sourire solaire à Serënn. Puis décida qu’il était maintenant temps à son compagnon de contribuer à cet instant révélations, le questionnant. C’est après une inspiration profonde et une voix en demi-teinte que l’homme répondit. Esha lui prêta une oreille attentive. Naturel et juste retour des choses d’autant que sa moitié le sentait mal assuré. Au-delà de cette solitude mise de côté, il y avoua que le reste serait prompt à le rattraper à un moment donné.

La Terran se redressa légèrement, ses prunelles émeraudes brillant d’une certaine inquiétude. Serënn crut alors bon de commencer par.. le commencement. Il lui révéla son nom complet – qu’Esha ne se risquera pas à répéter de peur de l’écorcher –, qu’il appartenait à une noble famille, ainsi qu’aux forces armées de Canopée. La jeune femme accusa le coup. Aussi bien à propos de son âge que de sa haute naissance. Et s’inquiéta aussitôt que la famille du Sindarin voit alors d’un très mauvais œil cette relation, si elle le découvrait un jour et mette son âme-sœur en porte-à-faux. Bien né et officier chez les éclaireurs. Serënn marqua un temps, une fois encore hésitant. Ressentant son trouble, Esha glissa une main tendre contre sa joue. Comme en guise d’encouragements. Dépendamment ou non de son geste, son compagnon conclut finalement.

Aujourd’hui il prétendait ne plus faire vraiment partie de l’armée. Toutefois .. il restait un officier et lié par un pacte d’engagement envers sa Reine. Si elle était amenée à faire appel à lui, il n’aurait d’autre choix que d’y répondre. Le cœur de la nomade se serra à cette annonce, bien évidement consciente de ce que cela impliquait. Si Serënn recevait un jour ou l’autre un ordre de mission.

~ « Je comprends Amour… » Dit-elle dans un souffle, certes troublée par l’idée, mais l’acceptant. Les Sindarin œuvraient pour le bien commun, Esha le savait. Jamais elle ne pousserait son Aimé au dilemme, ni à aller contre sa nature. Elle le gratifia d’un sourire rassurant avant de l’embrasser. Puis tous deux conclurent qu’ils feraient mieux de se reposer. Esha retourna à sa place initiale. Et avant que le sommeil ne la gagne totalement, elle murmura d’une voix douce.

« Peu importe le nombre de fois où tu devras partir Serënn. Tant que tu me reviens. » Et la nomade l’attendrait. Elle se le fit promettre.
 


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Serënn
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Mer 28 Nov - 18:29

Ma tendre compagne me jeta un regard incrédule après que je l'aie assurée que ce qu'elle venait de me raconter ne diminuait en rien, au contraire, l'amour et le respect que j'éprouvais pour elle. Je vis ses beaux yeux de jade s'emplir de larmes sous le coup de l'émotion et, sans doute, du soulagement que je prenne les choses ainsi. Mais comment aurais-je pu les prendre autrement? Comment aurais-je pu la juger ou, pire, la repousser parce qu'elle avait été mariée contre son gré et avait subi la brutalité d'un ignoble salopard? Savoir ce qu'elle avait traversé ne la rendait que plus émouvante à mes yeux et ne faisait qu'accroître encore mon désir de lui offrir toute la tendresse et l'amour qu'elle faisait naître en moi. Lorsqu'elle m'adressa un sourire solaire au travers de ses larmes, j'essuyai ces dernières d'une caresse aussi douce que la soie et lui murmurai d'un ton profondément ému:

"Sèche tes larmes mon Amour, c'est sur le chemin du bonheur que nous marcherons désormais, ensemble."

Plus personne ne lèverait jamais la main sur elle sans m'en répondre de sa vie, je chasserai ses craintes, panserai ses blessures à force d'amour et de douceur. Elle n'oublierait jamais ce qu'elle avait vécu bien sûr, mais bientôt ce ne serait plus qu'un mauvais rêve, lointain et sans substance, comme si cela s'était déroulé dans une autre vie. J'y veillerai.

Par un juste retour des choses, elle m'interrogea à son tour et je lui avouai songeusement qu'à part la solitude, je ne laisserai pas grand chose derrière moi, ce qui la fit se redresser avec, dans les yeux, une certaine inquiétude. Qui ne fit qu'empirer lorsque je lui dévoilai mon âge et mes origines, bien lointaines de celles d'un quelconque vagabond il fallait l'avouer. Je ne pouvais que comprendre ce qu'elle éprouvait, le ressentant moi-même, le simple fait d'évoquer mes deux siècles d'existence rappelait nos espérances de vie si différentes. Par ailleurs le fait que je sois noble, en plus d'être Sindarin, ne nous faciliterait pas les choses, je ne doutai pas un instant qu'elle en soit aussi consciente que moi. Alors que j'hésitai sur la manière d'évoquer ma position actuelle envers Canopée et mon rôle d'officier, Esha glissa tendrement la main sur ma joue, un geste qu'elle n'aurait jamais osé voilà seulement quelques heures et qui me donna le courage de poursuivre et de lui révéler que j'étais - et serai toujours - tenu de répondre à l'appel de la Reine. Bien sûr c'était une version largement atténuée des choses, j'étais au service de mon pays en permanence, mais cela j'avais juré de ne le révéler à quiconque sans autorisation expresse de notre souveraine. Même mes parents l'ignoraient, pour eux j'avais quitté l'armée pour me livrer, selon leurs mots, à d'inutiles et déshonorants vagabondages.

Quoi qu'il en soit, ma tendre compagne déclara dans un souffle qu'elle comprenait cette obligation que j'avais si difficilement minimisée, bien qu'elle en soit visiblement troublée. Mais le moment était mal choisi pour en discuter plus longuement. La sublime danseuse était bien naturellement épuisée après ses rudes efforts, agrémentés encore de nos jeux amoureux, et je l'incitai tendrement à se reposer enfin. Nous nous blottîmes étroitement l'un contre l'autre, savourant sans retenue la présence de l'autre, puis, déjà à moitié endormie, Esha murmura encore d'une voix emplie de douceur:

"Peu importe le nombre de fois où tu devras partir Serënn. Tant que tu me reviens."

Je caressai amoureusement son visage, ému de ces mots et de ce qu'ils sous-entendaient, avant de lui répondre sur le même ton:

"Je ne partirai pas. Pas sans toi, mon Amour."

Folie que ces mots, mais je les pensai vraiment. Je ne l'abandonnerai pas, quelle que soit la raison, même s'il me fallait pour cela défier toute la noblesse de Canopée. Viwien comprendrait, elle devrait comprendre. Le sommeil mit du temps à s'emparer de moi, mais je finis par y succomber, plus heureux que je ne l'avais jamais été malgré les difficultés qui nous attendaient sans aucun doute.

Alors que j'avais la nette impression que je venais de m'endormir, ce qui était un peu le cas quelque part, la voix rieuse de Lhyra me tira soudain de mes rêves:

"Debout les amoureux! Ce n'est plus l'heure des câlins! On a besoin de vous sur la place, il y a du grabuge!"

Les amoureux? L'heure des câlins? Que... Bon sang! Je réalisai subitement, avec un étonnement largement mêlé d'émerveillement, qu'Esha, aussi peu vêtue qu'au jour de sa naissance - tout comme moi d'ailleurs - était réellement blottie dans mes bras. Ainsi cela n'avait pas été qu'un songe? Difficile à croire, mais la réaction de mon traître de corps à la présence ensorcelante de la jeune femme contre moi acheva vite de me convaincre que je ne rêvais pas. N'ayant pour le coup pas la plus petite envie de me détacher d'elle, je râlai à l'attention de la perturbatrice:

"Tu abuses jeune femme, le soleil est à peine levé!"

Puis les mots qu'elle avait prononcés précédemment me revinrent à l'esprit et j'ajoutai d'un ton subitement inquiet:

"Comment ça du grabuge?"

"Il paraît qu'on est en retard pour démonter le chapiteau, il y a des types du palais qui menacent de l'abattre si on ne se remue pas..."

"Humpf! Cinq minutes, on arrive!"

"Cinq, hein, pas une de plus", riposta la jeune femme d'un ton lourd de sous-entendus avant d'éclater de rire et de s'éloigner en chantonnant quelques strophes d'une chanson paillarde.
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Esha Raj
MessageSujet: Re: Une soirée animée.   Jeu 29 Nov - 13:03

Les mots du Sindarin furent à peine audible par Esha, emportée par la fatigue et l’émotion de l’instant, en sécurité dans les bras de son compagnon. La nuit s’avéra réparatrice, mais à ses yeux aussi beaucoup trop courte. C’est sans délicatesse que Lhyra avait gravi les quelques marches de leur roulotte avant de tambouriner à la porte. Réveillant ‘’les amoureux’’ comme elle les avait citée. Esha poussa un grognement adorable – faisant écho avec celui de Geeti - et enfouit son nez dans le cou de Serënn, comme si ça pouvait atténuer la voix chantante de sa camarade. En vain. La nomade se résolue donc à prêter oreille à son amie, paupières toujours closes. Du grabuge ? Où ça ?

Esha fronça le nez et ouvrit finalement les yeux, clignant lourdement pour rendre sa vue plus nette. Elle se redressa juste un peu et jeta un regard à la fois interrogateur et perplexe à son Aimé. Lhyra apporta ses précisions. En retard ? Des hommes du palais ? Détruire le chapiteau ?! Peu à peu les connexions se firent dans l’esprit de la Terran. Et tandis que Serënn leur grappillait cinq minutes supplémentaire – ne pouvant décemment se rendre à la Capitale nus comme des vers, Esha se laissa lourdement retomber sur le matelas. Presque dépitée. Lhyra leur céda d’une voix assurément enrobée de sous-entendus et qui aurait certainement fait rougir la nomade si elle avait été plus alerte. Puis s’éclipsa.

« Quelle mouche les a piquée encore ? » Marmonna Esha, boudeuse. Puis elle marqua un temps. Perdue dans ses pensées. Puis la nomade sembla enfin réaliser.. le rouge lui montant aux joues. Elle redirigea ses émeraudes en direction de Serënn, toujours dans son plus simple appareil. Son regard se promena sur son corps finement sculpté et lorgna sur ses courbes masculines. Un sourire malicieux et timide habilla ses lèvres.

« Hm. Je crois que le message est clair. Pas de resquillage possible. » Conclut Esha dans un rire. Elle se pencha légèrement sur Serënn et vint réclamer ses lèvres dans un tendre et passionné baiser, avant de glisser hors du lit. Embarquant sans vergogne la couverture avec elle. Esha piocha ensuite un à un les vêtements dont elle et le Sindarin s’étaient débarrassés la veille et lança vers lui ceux qui lui appartenaient. Elle profita ensuite de la surface – encore brûlante – du poêle pour mettre de l’eau en chauffe. Pour un brin de toilette. Mais aussi pour le café.

« J’espère que Lhyra a exagérée les faits – comme elle est souvent accoutumée à le faire .. » Réalisa Esha, maintenant inquiète pour cette histoire. Ils n’avaient jamais eu aucun souci jusqu’à présent et s’étonnait qu’Hespéria se montre aussi empressée et regardante. Il devait se passer quelque chose en amont. Quelque chose d’important. Quel poisse. Loin de rechigner à la tâche, Esha aurait tout de même appréciée de pouvoir trainer un peu avec Serënn.

« À croire que le Monde a volontairement refusé de tourner en rond aujourd’hui. » Souffla Esha. D’un air faussement outrée et râleur, sachant évidement que ça n’avait aucun rapport. La nomade s’approcha de la fenêtre et ouvrit l’ensemble pour faire entrer la lumière et aviser de la température extérieure. Au même moment, son ami Dastan passait. Le Yorkas poussait un bâillement à s’en faire décrocher la mâchoire et mettant en avant ses jolies crocs d’ursidé. Le pauvre avait eu une nuit bien plus courte encore que notre couple. Esha le gratifia d’un sourire sincèrement compatissant.

« Bonjour Dastan. Lhyra a aussi joué du cop chez toi ? Tu sais ce qu’il se passe toi ? » Le questionna la nomade. Le grognement animal du Yorkas sembla répondre à sa première question, l’amusant. Pour le reste.

« J’en sais trop rien. Des gars m’ont parlés d’une estrade et de tribunes qu’ils veulent monter à notre emplacement. C’est pour ça qu’ils sont autant sur les nerfs. »

« Vraiment ? » Esha arqua un sourcil. Interrogatrice.

« Apparemment oui. Ç’aurait un rapport avec cette annonce faite par le Temple de Ténéis – datant de plusieurs mois déjà. Tu sais cette histoire d’oracles .. et d’astres. On en saura plus là-bas. Je suppose ? » Éluda le Yorkas dans un haussement d’épaules. Pas vraiment porté ce genre de croyance. Sur ce il salua la nomade. Ponctué d’un ‘’à plus tard’’. Esha lui rendit, souriante. Pui elle leva les yeux au ciel. Scrutant son étendu d’un air soudain pensif.


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Une soirée animée.
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