Les venimeuses rencontres

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An 1305 de l'ère obscure

Saison:Riguear Mois:Gexon
[Novembre/Décembre en temps réel]

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 Les venimeuses rencontres

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Othello Lehoia
MessageSujet: Les venimeuses rencontres   Jeu 29 Nov - 0:25

A peine dérangée par les nuages noirs et sombres qui jalonnaient le ciel Cimmerien, par les flocons blancs et cotonneux qui tombaient dans un silence angélique et poudré, ou même par l’odeur délicat des bulles qui s’élevaient dans une lointaine marmite, une petite herboristerie semblait un des derniers remparts, à Hellas, qui se battaient contre le coucher du jour. A l’extérieur de celle-ci, sobrement située au coin d’une ruelle déjà largement blanche, une lanterne abritait difficilement une chandelle presque entièrement consumée. Une fumée opaque s’échappait d’une petite cheminée dont on discernait la silhouette à travers les nuages, son noir métallique tranchant sur le rouge et le blanc des tuiles enneigées. Les vites fumées trahissaient parfois une ombre… Une ombre blanche et spectrale qui cachait de temps à autres la lumière, déjà rare, du dehors.

Aujourd’hui, comme tous les jours, les clients s’étaient fait rares. Le climat de tension devenait de plus en plus palpable entre les prêtresses et la mairie, et cela semblait renforcé l’habitude nordique de vouloir s’enfouir la tête sous le sable pour éviter les problèmes. Aussi on n’osait plus se déplacer pour un petit rhume, et les médecins et herboristes en souffraient le plus. Pourtant, affairée sur son établi, une jeune yorkas ne semblait pas particulièrement préoccupée par le manque d’affluence : son visage de porcelaine n’indiquait d’ailleurs que peu d’émotions, hormis une lueur intense et concentrée sur son travail. Ses longs doigts fragiles hachaient méticuleusement menthe et sauge, libérant une intense odeur herbacée, rafraîchissante, alors qu’à côté d’elles traînaient une poignée de petits poissons séchés.

Une bougie éclairait par le dessous son visage de poupée : des traits fins, simples, d’une candeur douce et éteinte. Si ce n’étaient pour ses yeux sombres, tout son être transpirait d’une blancheur évanescente, de ses cils à ses lèvres pâles, surplombé par une crinière en cascade de longues boucles argentées qui tombaient le long de son dos comme une cape jusqu’à ses genoux. Seul sa robe usée donnait l’impression d’un minimum de couleur, d’un bleu effacé qui fut un temps vif, mais qui maintenant donnait l’impression de vouloir d’enfuir. Un peu de rose sur ses joues, les membranes humides et rouges qui unissaient les pointes de ses oreilles dressées sur le côté de sa tête, et c’était à peu près tout. Bien qu’elle eut l’air captivée par son travail, d’autres pensées bien plus intrigantes s’accumulaient dans son esprit océan, comme des tâches d’écumes venant troublé une mer trop lisse.

Depuis quelques semaines, le climat de tension venait ternir jusqu’aux sœurs qui tâchaient de maintenir discrètement les apparences de bienveillantes créatures, alors que dans l’ombre Elerinna s’adonnait aux plus venimeuses des pratiques. Cela faisait une petite poignée qu’elle était entrée dans l’ordre, avec des pieuses pensées et sans grande ambitions. Et pourtant le destin l’avait mené vers le plus chaotique des chemins. Repérée par la marionnettiste rapidement pour ses talents avec les herbes, sa discrétion et sa froideur, elle s’était habituée à une vie entre deux eaux, entre le bien et le mal, au nez et à la barbe de tous, comme tant d’autres sœurs que la sindarine appréciait pour divers talents. Certaines étaient espionnes, d’autres des charmeuses, d’autres des assassins pures et simples qui éliminaient tous les problèmes qui se dressaient face à l’ordre, avec un visage d’ange. Othello étaient de celles-là, et gardait tout cela sous clefs sous son masque de givre.

Alors qu’elle débarrassait les herbes hachées dans un petit pot, Othello avait l’air absente, répétant des gestes milles fois commis pendant de longues années de formation et d’expériences. En y repensant, son temps était en majorité consacré à ses plantes et à ses clients dont aucun ne connaissait la nature réelle de ses recherches. Personne, d’ailleurs, à part de rares élus dans le cercle d’Elerinna et ceux qui finissaient macchabée par l’ingestion de ses poisons. Rabattant une mèche capricieuse sur sa tête, elle finit par jeter son ragoût dans une petite marmite d’eau bouillante, les poissons séchés dans un mortier, et son dévolue sur son travaille. Encore quelques manipulations, et elle pourrait enfin finir ces potions. Un ronflement proche lui fit comprendre que Drasha s’était endormi, signe que le jour touchait à sa fin.

Avec un visage impassible, elle entreprit de libérer la chandelle extérieure de son fatiguant fardeau, s’engouffrant sous la neige sans prendre le temps de se couvrir – elle sentait à peine le froid quoiqu’il arrive. Attrapant la lanterne entre ses doigts graciles, elle ouvrit le rabat, inspira profondément, et… N’en crut pas ses yeux. Ils devaient la tromper… Car au fond de la rue, entre les flocons de neige, il lui semblait discerner un réel mirage. Un rhinocéros à Hellas… ? Les vapeurs de sa potion était peut-être plus puissante que prévue…
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Ishdir
MessageSujet: Re: Les venimeuses rencontres   Ven 30 Nov - 0:03

« Merci, bonne soirée ! »

Ishdir sortit de l’échoppe, d’où il venait de demander des indications, et replongea dans ce froid mordant. Ce n’était pas la première fois qu’il venait dans ces terres gelées, mais comme toujours il n’arrivait pas à s’habituer à cette température. Alors qu’il supportait très bien la chaleur d’Argyrei, il ne pouvait s’acclimater au blizzard nordique. Et ce malgré son épais manteau de peau de bête, qui était fait de fourrure de jais voir grisonnante. Sa tête, elle, était couverte par sa capuche qui le protégeait des flocons. Le reste de sa tenue était très classique, des pulls s’accumulaient sur son torse, ses jambes étaient recouvertes d’un pantalon de cuir foncé et ses pieds étaient munis d’épaisses bottes.

Il se dirigea vers son rhinocéros qui pavanait au milieu de la neige, attirant les regards des passants curieux. Il tapota la bête de sa main gantée pour lui signifier de rester sur place, il avait à faire et ne savait pas combien de temps cela durerait. Au loin, il aperçut une silhouette féminine très étrange. En observant un peu plus, il comprit que c’était la blancheur de cet être qui l’avait choqué. Heureusement qu’elle se tenait devant un batiment car il pensait qu’elle pourrait totalement se fondre dans ce paysage d’ivoire. Il était très curieux mais il fallait qu’il se reconcentre sur sa quête. En se rappelant les consignes qu’on venait de lui donner, l’herboristerie devait se trouver … juste derrière elle. Peut être qu’il allait pouvoir satisfaire sa curiosité finalement.

Il se mit donc en chemin, le corps tremblant de froid. Tout en approchant il put petit à petit mieux discerner les traits de cet ange des glaces. Il y trouva là une femme aux charmes flagrants et entourée d’une aura mystique. Et sa tenue la rendait encore plus irréelle. Elle ne portait qu’une simple robe aux couleurs ternes, presque effacés, mais ne trahissait d’aucun signe de froid. L’adaptation au climat et une chose, mais là c’était tout de même assez extrême aux yeux du sindarin. Et cette particularité ne fit qu’embraser sa curiosité. Les personnes les plus atypiques étaient ceux qu’Ishdir appréciait le plus. Une fois à portée de voix il entama la conversation.

« Bonjour mademoiselle, seriez vous Othello ? Othello Lehoia ? »

D’après toute vraisemblance c’était le cas vu qu’elle se trouvait juste devant son échoppe. Enfin d’après les indications qu’on lui avait fournies. Il ne voulait pas paraître trop impoli, mais il répondrait à toute réponse positive par :

« Si ça ne vous dérange pas, je ne serais pas contre de discuter à l’intérieur.» Dit il juste avant de se frotter les mains pour les réchauffer un peu.


Une fois passé le pas de la porte, il remercia son hôte avant de laisser traîner son regard. La pénombre ambiante ne lui permit pas de capter tous les détails, mais il trouva l’endroit plutôt modeste. Il aperçut une marmite bouillonnante dans un coin et en jalousa son contenu, il devait avoir chaud, lui. Ses sens fins se mirent également à humer les odeurs du lieu. Il y reconnut certains parfums mais en découvrit d’autres. Il se reconcentra sur la gracieuse herboriste après ses vagabondages. Il la trouvait plus jeune qu’il ne l’avait pensé et plus belle aussi. Il eut un doute momentané à propos de ses compétences. Mais il n’y avait, de toute façon, qu’une seule façon de vérifier.

« A vrai dire, je suis ici car une amie m’a vanté vos talents d’herboriste. Elle affirme que vous détenez le secret des plantes de la région, mieux que personne. Et cela m’intéresse. Mais où ai-je la tête, le froid me fait oublier les principes élémentaires de politesse. Je m’appelle Ishdir Pal et je suis alchimiste, entre autres. » Il marqua une pause, le temps d’échanger les politesses d’usage.

« Mais je ne suis pas ici pour vous acheter des potions toutes faites, même si je ne dirais pas non à une potion contre le froid … » accompagna t il avec un léger sourire.

« Je recherche des plantes peu communes, plus rares. Un alchimiste est limité par ses ingrédients et j'essaye d'agrandir mes possibilitées. Cela dit je suis encore plus friand de connaissance. En tant qu’éclari, quoi de plus normale. J’aimerais donc pouvoir apprendre à vos côtés, si possible. Peut être avez vous besoin d’un assistant ? Ou bien me laisserez vous, vous observer travailler ? En échange de ce que vous voulez, évidemment. J’ai des Dias qui pourrait vous satisfaire, ou encore des cadeaux venus de contrées lointaines. Je pourrais même vous fournir en plantes provenant d’ailleurs, à l’avenir. Qu’en dites vous ? »

Il était prêt à recevoir un refus, après tout, la connaissance était un pouvoir puissant. Et même les éclaris ne lâchaient pas leurs secrets si facilement.






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::  Infante de Kesha ::

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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Les venimeuses rencontres   Ven 30 Nov - 17:44

L’imposante créature ressemblait à une illusion tirée de ses songes, là, énormes, monumentales au milieu des flocons. Entre deux sphères, Othello ne pouvait la quitter des yeux, comme si le désert avait percuté la banquise dans un rêve étrange. En clignant des yeux, elle s’attendait à voir arriver un zèbre, une girafe, toutes ces créatures imaginaires et exotiques qu’elle croyait à peine pouvoir exister. Et il en fut bien autrement ; éteignant pensivement du bout des lèvres la bougie dans ses mains doucement réchauffées par la chaleur du verre, un individu des plus étonnant se profila à côté de l’animal, et tapota son flanc pour signifier que c’était le sien, enterrant avec son geste son rêve de sables.

L’individu était cependant bien camouflé, aussi couvert que les natifs, mais avec une posture et une attitude qui trahissait un froid polaire plus qu’un calme décontracté. Il était difficile de voir ses traits, entre sa capuche et ses flocons, et, croyant à un touriste lointain qui s’était simplement égaré dans les rues excentrées de la capitale, elle eut vite fait de ne pas plus s’attarder sur l’affaire. Remettant sa lanterne en place, elle fut néanmoins surprise de voir que la silhouette emmitouflée allait dans sa direction. Redressant au passage ses oreilles dans un réflexe animal, elle s’interrogea un temps et attendit patiemment quel a figure ne rebrousse chemin, mais il s’entêta tout de même à aller jusqu’à elle. Etrangement poussée dans ses retranchements pudiques, elle s’attendit à devoir donner une énième fois la direction du temple, mais celui qu’elle comprit rapidement être un homme l’aborda directement, coupant court à toute possibilité de malentendu.

Dans les premières secondes, la sirène s’interrogea, à mi-chemin entre surprise et suspicion, sur les intentions de cette étrange apparition bleue qui apparaissait d’entre la neige comme un fantôme lointain et effacé. Sous une capuche solidement enfoncé sur la tête, sous ce qui semblait être une tonne de fourrure épaisse et grisonnante, elle ne distinguait qu’une peau étrangement pourpre et violacée, et deux pupilles d’or, brillantes comme deux éclairs un ciel d’orage. Une allure tout à fait hors du commun qui interrogea un peu plus la yorka, écoutant attentivement ce qu’un inconnu venu de très loin pouvait bien vouloir à une prêtresse plus que commune… Retenant doucement son souffle, pinçant sa langue contre ses dents, elle prenait garde à chaque mot, comme si le poids d’un passé sombre se cachait derrière cette haute silhouette et la regardait de ses yeux rouges.


« - Oui, c’est bien moi. » Elle le regarda quelques secondes, examinant du bout des yeux le moindre recoin de ce qu’il lui était permis de voir, ne sachant encore si il était prudent de faire entrer en son échoppe un parfait inconnu. Les gens du nord étaient connus pour être un peu trop prudent, et Othello ne dérogeait pas à la règle. Cependant, voir ce grand géant bleu trembler comme une feuille et implorer poliment un abri ne la laissa pas de marbre suscita en elle un élan de bienveillance, et malgré toutes les questions qui se bousculaient dans sa tête, elle l’invita du regard et les mains jointes à la suivre jusqu’à l’intérieur de sa boutique. Le pauvre avait l’air sincèrement frigorifié, et quoiqu’il désire, il serait certainement mieux à l’intérieur… Au moins jusqu’à ce qu’il se réchauffe un peu.

La boutique était sobre et simple, et elle espérait ne pas l’effrayer par le minimaliste des lieux. Un parquet sombre, des murs blancs à colombage, des étagères le long du mur où s’alignaient des dizaines de pots en verre remplis de toutes sortes de plantes, feuilles, poudres, algues et autres poissons séchés. Le tout dégageait une odeur intense de chlorophylle et d’iode, d’herbes fraîchement coupées et de marée. Invitant son hôte surprise à s’asseoir sur une chaise accoudée à une table de bois massif, elle disparut quelques secondes pour remettre une ou deux buches dans le vieux poêle qui réchauffait péniblement les lieux. Elle supportait très bien le froid aussi ne s’encombrait-elle pas de la fraîcheur de son logis, mais pour le mystérieux invité, c’était une autre paire de manche.
Attentivement située dans un coin de la pièce, recouverte de son épais manteau capillaire et sous ses prunelles sombres, elle observait maintenant l’homme de loin, avec une pudeur néanmoins curieuse. Il avait réellement une couleur atypique, ce qui donnait à son allure de grand voyageur un éclat tout mystérieux, certain dirait même fantasmagorique. Ishdir, donc… Ses mots éveillèrent en elle des sentiments contradictoires, d’abord heureuse que l’on soit curieux de son travail, mais également effrayé de la nature de celui-ci… Et pire encore : qui pouvait la connaître ainsi ? Et pour quelles raisons ? Othello, impassible, était muté dans un silence sérieux, cachant discrètement ses secrètes inquiétudes : que ses secrets soient révélés au grand jour.

Néanmoins, elle prit au mot les désirs de son invité et disparue une seconde dans sa réverse pour en revenir avec un verre d’eau fumante, et un petit coffret métallique qui abritait une épaisse poudre ocre et une cuillère en bois. En versant un peu dans l’eau, elle le tendit poliment à son hôte.


« Buvez lentement, c’est une racine montagnarde qui pousse ici. Elle vous réchauffera vite, mais il ne faut pas tout avaler d’un coup au risque de vous brûlez. » Murmura-t-elle, secouant une petite seconde le mélange jusqu’à ce qu’il devienne opaque. « Bienvenu, Monsieur Pal. Peut-être puis-je vous débarrasser ? » Il était encore recouvert de toutes ses frusques, et elle ne doutait pas qu’après avoir ingéré le liquide, il n’en aurait plus besoin.

Entre curiosité et prudence, elle écouta attentivement ce qu’il lui restait à avouer. Donc son but premier n’était pas le commerce – et il semblait parfaitement sincère dans ses paroles, ce qui lui faisait dire qu’il estimait effectivement plus l’information que les dias qu’ils pouvait obtenir en la partageant. Quoique, il ne devait pas avoir fait tout ce chemin depuis des contrées plus chaudes que par simple altruisme. A moitié rassurée, Othello ne comptait pas s’avancer tout de suite et révéler l’entièreté de ses cartes, sommes toutes peu nombreuses mais assez sombres pour ne pas être montrée. Mais elle devait admettre qu’outre son excès de prudence, elle appréciait néanmoins sa franchise et sa curiosité : ils semblaient partager cet amour de la connaissance.


« Merci d’abord d’avoir fait le déplacement. Je vous avoue être surprise par votre demande et ce qui me vaut tous ces compliments de la part de votre amie. J’espère ne pas trop vous décevoir, et ternir le glorieux portrait que l’on me fait. » Murmura-t-elle doucement, ignorant toujours tout ce qui était dit à son sujet. Elle prit la liberté de s’asseoir poliment face à lui, immobile et calme, éclairée par la flamme timide de la bougie. « Je suis curieuse d'en savoir plus sur votre activité. Alchimiste, donc… De quoi cela s’agit-il ? »

La sirène était piètre oratrice, et encore plus maladroite dans ses rapports à l’autre. Il lui était difficile de s’ouvrir et de se confier, aussi espérait-elle en savoir le plus possible avant de pouvoir dire quoique ce soit, déjà étonnée par sa proposition. Elle qui ne supportait que difficilement la compagnie, avoir un observateur s’avérait une montagne presque infranchissable. Mais se voyant mal le renvoyer immédiatement sous la neige et curieuse de connaître ses motivations, elle n’en dit rien, oscillant calmement dans les vapeurs de menthe et de racines diluées.

« Il n’y a que peu de chose que je désire vraiment, si ce n’est peut-être de nouveaux ingrédients et mener une vie paisible. Mais votre proposition est… » Elle s’arrêta un seconde, contemplant la simplicité éphémère de la flamme de la bougie qui illuminait toute la pièce. « … Surprenante. Permettez-moi de vous demander : à quoi cette connaissance peut-elle bien vous servir ? Que comptez vous apprendre de mon humble travail ? » Sans le regarder de prime abord, elle glissa brusquement son regard sur ces deux mires d’or avec une étrange tenue. Le secret était là, dans ces iris à la lueur de soleil : elle ne comptait pas tourner autour du pot pour savoir ce qu’il espérait de cette connaissance.
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Ishdir
MessageSujet: Re: Les venimeuses rencontres   Sam 1 Déc - 18:10

Ishdir avait lancé l’idée d’une boisson revigorante par pure plaisanterie. Il n’avait jamais imaginé qu’elle le prenne au mot et il en fut très agréablement surpris. Alors qu’il s’installait afin d’être plus à l’aise pour discuter, la maîtresse des lieux revenait avec une mixture pour le réchauffer. Il écouta attentivement la voix cristalline de la dame qui lui expliquait ce remède, il n’y décela cependant aucune réelle indication sur sa composition, à son grand regret. Il exposa cette boisson chaude à son nez délicat pour qu’il assimile cette nouvelle odeur.

Avant qu’il puisse même apposer ses lèvres sur la potion fumante, Othello lui proposa de se débarrasser de son épais manteau. Il fut récalcitrant à cette idée, n’ayant toujours pas bénéficier des bienfaits de l’infusion. Mais il ne put refuser, elle avait l’air très sûre de ses talents et l’azuré ne voulait pas se montrer impoli. Il lui fit confiance et lui donna son manteau. Mais ce geste prouvait que l’accueil était des plus agréables. Elle était attentionnée, bienveillante et nul doute que ses clients étaient ravis de se fournir ici.

Tout en annonçant la raison de sa venue, il lapait prudemment le contenu de son verre. Peu à peu ses membres commencèrent à arrêter de trembler et il sentait de plus en plus réchauffé. Cela rassura le sindarin sur les compétences de l’herboriste aux cheveux étincelants.


« Merci d’abord d’avoir fait le déplacement. Je vous avoue être surprise par votre demande et ce qui me vaut tous ces compliments de la part de votre amie. J’espère ne pas trop vous décevoir, et ternir le glorieux portrait que l’on me fait.  Je suis curieuse d'en savoir plus sur votre activité. Alchimiste, donc… De quoi cela s’agit-il ? »

Ishdir était le premier conscient de la demande éhonté qu’il venait de faire. Si un inconnu lui aurait demandé de lui révéler ses secrets, il lui aurait ri au nez. Mais il n’y avait pour lui pas d’autre moyen d’aborder la question qu’une approche directe. Tourner autour du pot lui aurait seulement coûté du temps. Au moins, il serait fixé rapidement, espérait il. Quant aux doutes que la dame portait sur elle même, cela pouvait être une preuve d’une humilité, ce qui irait gracieusement avec cet être élégant. Mais qui pouvait tout autant renforcer les incertitudes que l’éclari portait sur elle. Il ne réussit point à trancher, les charmes des dames lui faisant régulièrement perdre certaines notions. Il n’en fallait pas moins répondre à la question posée.

« Un alchimiste n’est pas très éloigné d’un herboriste, d’une certaine manière. Il utilise des ingrédients, bien souvent naturel comme des plantes ou des minéraux, et leur applique tout un tas de procédés plus ou moins compliqués. Les résultats peuvent être très divers. J’ai pu ainsi inventer une lotion qui protège mieux le métal contre la rouille, ou encore un produit qui conserve mieux que le sel. Et des fois ce sont des concoctions beaucoup plus … explosives ou dangereuses.»


« Il n’y a que peu de chose que je désire vraiment, si ce n’est peut-être de nouveaux ingrédients et mener une vie paisible. Mais votre proposition est … Surprenante. Permettez-moi de vous demander : à quoi cette connaissance peut-elle bien vous servir ? Que comptez vous apprendre de mon humble travail ? »

A l’entendre, elle ne désirait vraiment rien, et cela choqua le marchand itinérant. En voilà une créature bien jeune pour vivre une vie de moine, se disait il. Et puis il se sentait un peu insulté, après tout on l'appelait le Djinn, car il pouvait exaucer tous les voeux.

« Je suis également un peu surpris, vous semblez vouloir une vie bien simple. Et pourtant je ne peux m'empêcher de croire que vous avez des désirs inavoués … Pourquoi pas un beau collier pour compléter votre beauté déjà surprenante ? ...»

Il accompagna ses dires en faisant apparaître un collier d’argent muni d’une pierre fine et couleur de sang en son centre. Avec le miroitant bijou pendant à sa chaîne, le Djinn approcha sa main à côté du visage comme pour visualiser le collier autour du cou de la dame. Il le posa sur la table, pour laisser les yeux marron d’Othello s’y perdre. Il continua son exposé en faisant apparaître un livre cette fois …

« … Ou bien votre grâce vous satisfait déjà amplement et préférez vous plutôt nourrir votre esprit ou vos rêves …  Je peux vous trouver des ouvrages étonnants, qui vous feront miroiter les quatre coins du monde et vous en apprendre les secrets les mieux gardés ...»

L’ouvrage qu’il proposait était un recueil de contes d’Argyrei, nommé “ Mille et une histoire ”. De quoi étayer la curiosité de cette dame qui n’y a peut être jamais mis les pieds.

« … Mais notre ravissante mademoiselle est peut être tout simplement gourmande … Je peux proposer à votre palet des saveurs inexplorées … »

Une assiette de confiserie canopéenne compléta la rangée de cadeaux qui s’était accumulé devant son hôte. Les bonbons aux miels dégageaient une forte odeur florale, qui rivaliserait presque avec un bouquet.

« … Je peux accepter un refus car vous avez nul envie de révéler vos secrets. Mais, sans doute mon arrogance, m'empêche de croire que je ne puisse satisfaire vos désirs.»

Conclut il d’un sourire tout en faisant disparaître toutes les marchandises d’un geste de la main.

« Et pour répondre à votre curiosité, votre connaissance me fera gagner beaucoup de temps. Car en effet, je pourrais peut être acquérir votre savoir après de longues années d’expérimentation, d’observation et de vagabondage dans ces terres inhospitalières. Mais ce serait bien long. Et connaître ses ingrédients et leurs applications est un point de départ primordial pour un alchimiste. Sinon je ne fais pas de la science, mais je mélange des ingrédients au hasard. Et si la question est pourquoi vous plutôt qu’une autre, et bien mon amie éclari m’a affirmé que vous utilisez des ingrédients qu’aucun de vos confrères, ne pourrait juste nommer.»






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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Les venimeuses rencontres   Lun 3 Déc - 0:37

Joignant ses mains entre elles, Othello écouta patiemment ce que son invité avait à lui expliquer, buvant les paroles comme un vin liquoreux. Ses connaissances en alchimie était bien limitée, aussi elle appréciait de pouvoir en savoir plus auprès d’un spécialiste. Alors qu’il commençait à délier sa langue, elle prit de tirer à elle la chaise face à lui, et s’assoir à son tour, dos droit et mains liées sur table. Une mèche capricieuse se dégagea au passage de la masse, et coula, calculatrice, le long de son épaule pour couvrir son torse et son ventre, tombant presque à terre comme le reste de ses mèches bouclées. Son discours semblait clair et limpide, et elle observait de sa cachette pas si discrète l’étrange faciès à présent pleinement visible du géni des sables.

Il avait une carrure étonnante, et même sans ses fourrures, il semblait immense et carré, taillé par les dunes. Pourtant il n’émanait pas de lui la même impression de force brut et de puissant que pour certains des gardes cimmériens qui assuraient leur protection. Ceux-là ne semblaient que pur muscle et discipline martial. Lui était loin de tout cela : un charisme intelligent, une lueur mystérieuse dans la finesse des traits et l’élégance de la silhouette. Pourtant il était dur de savoir de quel peuple il pouvait bien appartenir, et la question maintient la sirène dans une certaine stase pendant quelques secondes. Gorgoroth, peut-être.. Quoique cette couleur lui faisait penser à certains yorkas, mais elle chasse rapidement cette hypothèse, elle l’aurait senti dés son arrivée. Sindarin, peut-être ? Ses oreilles en pointes le lui confirma rapidement, mais elle se garda bien de demander confirmation.

Il était étonnant de croiser un sindarin loin de Canopée, se dit-elle en contemplant le jeu de vapeurs et de fumée qui se dégageaient du verre dans une longue danse serpentine. De ce qu’elle savait, ils avaient cette flamme patriotique et ardente pour leur souverain, ce qui les poussait à s’éloigner rarement de la capitale.
Pourtant, cet être semblait bien loin des stéréotypes qu’elle s’était faite à leurs sujets. Une peau bleue comme la nuit, des yeux dorés, un visage carré et dessiné avec une chevelure pourpre d’encre, sillonné par des mèches pâles, zigzaguant comme des éclairs… Un physique bien atypique qu’elle jurait ne pouvoir croiser nulle part ailleurs que face à elle. Cela souleva une nouvelle poignée de questions qui vinrent attiser la flamme de curiosité qui s’était allumée dans son ventre.


« Vous jouez avec la nature pour sauver et créer, donc, les machines et les objets… Je crois ? » Murmura-t-elle, en le regardant de nouveau dans les yeux. « Par explosif ou dangereux, voulez-vous dire des armes, des grenades ? » Elle le disait sans grands remords, ni sans grandes considérations. Elle savait que ce genre de choses existaient, et pourtant cela ne la concernait pas énormément. Peut-être que l’ignorance lui permettait de fermer les yeux sur les objets néfastes qui entraînaient dans leurs sillages des âmes pour Kron, et quand bien même, son manque d’empathie ne créait qu’une curiosité sincère.

A sa plus grandes surprise, le voyageur eut l’air des plus étonnés face à son manque d’ambition, et pourtant la yorka ne pouvait cacher son manque d’attachement aux choses matérielles. Alors que le djinn tentait de rattraper un semblant de volonté en elle, la naïade s’amusait un peu de la situation, à le voir sourcils haussés et l’air hagard.
Et il semblait effectivement piqué au vif, car les minutes qui suivirent furent dédier à la pratique d’un bien étrange tour de passe-passe, ayant sûrement pour but de susciter chez la jeune femme un besoin insoupçonné ou une envie brusque. Bien plus amusée qu’envieuse, elle le regarda faire avec une grande attention et l’œil candide et vaste d’un enfant qui voit la mer pour la première fois. L’un après l’autre, bijou, pâtisseries et livre se matérialisèrent sous ses yeux sans qu’elle ne devine l’artifice, et elle huma autant les mets qu’elle ne regarda les pierreries briller sous la flamme de la bougie. Mais à la fin de la démonstration, elle eut peur de devoir une nouvelle fois décevoir le génie.


« Quelle bien curieuse magie… » Dit-elle, subjuguée par ces tours d’apparition et de disparition, se demandant si toutes ces apparitions étaient bien réelles ou le fruit d’illusions particulièrement bien réalisées. « Comment fonctionne-t-elle ? » Sa spontanéité était désarmante, sa soif d’en savoir plus aussi.

Alors qu’elle se posait encore milles questions, elle était sincèrement soulagée de constater que le voyageur n’avait effectivement pas l’air d’en savoir plus sur sa vie secrète et celle des sœurs de Cimmeria. Si cette boîte de pandore pouvait rester fermée, alors elle n’avait rien à perdre à apprendre à un de ces confrères, et si cela ne tenait qu’à elle, elle le ferait gratuitement. Mais il semblait tenace, et s’attachait à vouloir lui rendre la pareille de mille façons possibles. Pourtant ni les bijoux, ni les mets ne pouvait la faire voyager, et les histoires ne pouvaient que bercer ses songes la nuit. Après des années de vie en ermite dans les fonds marins, elle avait appris à vivre loin des considérations matérielles, et s’attachait somme-toute à peu de chose. Et bien qu’elle appréciait vraiment sa ténacité et sa patience, elle se voyait mal lui réclamer quoique ce soit alors qu’elle n’avait rien fait.
Pourtant il y avait bien quelque chose qu’elle se voyait demander à l’étrange érudit, et elle se demandait si il serait de son côté capable de satisfaire ce désir. Assez spontanément, elle continua, perdant son regard dans le verre à moitié vide.


« C’est aimable de votre part de me proposer toutes ces richesses, et je suis persuadée qu’elles feront d’une autre la plus heureuse des dames. Pourtant je ne refuse pas votre proposition, et vous demande un échange de bons procédés : je vous apprends ce que je sais, et vous m’apprenez l’alchimie. » Elle se ravisa quelques secondes, avant de poursuivre. « Tout du moins, les bases. » Elle se doutait que cela ne pourrait pas être accomplis en quelques minutes, aussi pourraient-ils prendre pleinement le temps pendant leurs entretiens. « Si ce marché vous va, alors je consens à vous apprendre ce que je sais. »
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Ishdir
MessageSujet: Re: Les venimeuses rencontres   Mar 4 Déc - 22:12

« Par explosif ou dangereux, voulez-vous dire des armes, des grenades ? »

Ishdir venait de lui expliquer sa notion d’alchimiste, et il savait que cela pouvait amener sur la question qu’il redoutait un peu. Son activité d’inventeur et marchand d’armes lui avait, à de nombreuses reprises, fermé des portes. Les personnes devenant alors tout d’un coup totalement hermétique et ne voulait plus faire affaire. Des fois, même avoir une simple discussion était devenu impossible pour les plus réfractaires. Depuis il avait toujours une certaine nervosité à annoncer sa réelle activitée. Malgré le fait qu’il n’avait pas réellement besoin de ces personnes dans sa vie pour être heureux, une fois sa curiosité piqué au vif, c’était toujours désagréable de voir la personne qui l’avait suscité s’enfuir. Il ne voulait toutefois pas mentir, il ne voulait pas donner l’impression de s’en cacher. Il devait juste assumer les conséquences de son métier, tout en usant des mots pour embellir la chose.

« Tout à fait, des armes de toutes sortes. C’est triste à dire, mais l’homme n’a pas encore trouvé d’autre utilité pour ces produits ...»

[...]

Le sage azuré avait usé des mots les plus délicats afin de tenter cette dame qui semblait aussi pure que la neige. Il usa de sa magie pour lui faire miroiter des objets qu’elle ne voyait pas beaucoup dans ces contrées. Il espérait lui montrer ses talents et assumer sa réputation de Djinn. Et pourtant …

« Quelle bien curieuse magie… Comment fonctionne-t-elle ? »

Ishdir était sidéré, abasourdi. Il s’était démené pour trouver des pièces et des mots qui pourraient l’enchanter, et sa réponse sonnait dans sa tête comme “oh, vous avez de belles mains”.  Elle était si désintéressé par les trésors qu’il venait de présenter, qu’elle se souciait plus de la magie qui les lui présenta … Il avait connu bien des hommes et bien des femmes, et pourtant c’était bien la première fois que quelqu’un était si imperméable à ses marchandises. En tant que marchand c’était un coup dur, une défaite cuisante. Et toutefois, le Djinn arborait un large sourire sur son visage.

Il avait devant lui un personnage fascinant, autant par sa beauté singulière et angélique, que par sa personnalité si étrange et irréelle. La curiosité dévorante du sindarin s’était embrasé de mille feux, et tout d’un coup la raison de sa venue lui parut très secondaire. Il voulait surtout découvrir plus, sur la créature qu’on appelait Othello Lehoia. Il prit un peu de temps pour encaisser la surprenante réaction de la dame avant de lui répondre.

« Je ne sais pas si je suis supposé vous le dire, il est coutume de dire que les magiciens ne dévoilent pas les secrets de leur tours… »

Il laissa le silence planer un peu, peut être par esprit revanchard. Il ne voulait pas succomber aux désirs de la dame trop rapidement. Cela dit, il ne pouvait s'empêcher de lui répondre tout de même, ses yeux marron pétillaient d’une curiosité qu’il ne connaissait que trop bien, parce qu’il en arborait lui même des semblables.

« Pourtant comment résister face à des yeux si envieux d’une réponse … » Il se frotta machinalement sa barbe bien taillée, un tic qui apparaissait lorsqu’il réfléchissait. « Pour faire simple je suis capable de ranger dans une poche irréelle un certain nombre d’objets, et les récupérer par une simple pensée. Rien de bien extraordinaire en soi.»

L’ange à la longue chevelure platinée continua la discussion, sa curiosité maintenant satisfaite. Elle allait encore une fois le surprendre, mais également gravir encore plus haut dans son estime.

« C’est aimable de votre part de me proposer toutes ces richesses, et je suis persuadée qu’elles feront d’une autre la plus heureuse des dames. Pourtant je ne refuse pas votre proposition, et vous demande un échange de bons procédés : je vous apprends ce que je sais, et vous m’apprenez l’alchimie. Tout du moins, les bases. Si ce marché vous va, alors je consens à vous apprendre ce que je sais. »

Elle confirma son indifférence envers les merveilles qu’Ishdir lui avait fait miroiter, mettant à mal la fierté du sage. Il accepta la défaite, bon perdant, mais cela avait quand même un goût amer dans la bouche, cela restait un échec pour lui. Il fut cependant très surpris par la tournure que prenait la conversation. Il pensait rentrer à l’auberge bredouille, mais elle lui apprit qu’elle acceptait tout de même le marché.

Et pour quel prix ? Du savoir. La denrée la plus précieuse du monde que bien des personnes ne pouvaient apprécier à sa juste valeur. Pourtant la gracieuse jeune femme, qui se tenait devant lui, avait été indifférent aux présents matériels, que bien des gens auraient acceptés, pour se tourner vers le trésor des sages, la connaissance. Il n’avait pas besoin de plus pour être totalement sous le charme. Elle ferait une éclari remarquable, il n’allait pas manquer l’occasion de la recruter lors de leur prochain échange. Aussi, sa défaite lui parut moins amère, tout d’un coup. La connaissance était la seule denrée qui pouvait surpasser ses cadeaux. On avait là une femme de goût et d'intelligence.

« Une connaissance contre une connaissance ? Voilà un échange que j’appelle équitable. J’avais peur de vous arnaquer, avec ces quelques objets de piètre valeur en comparaison de votre maîtrise. Mais je suis ravie de voir que vous estimez votre savoir à son juste prix. J’accepte évidemment votre proposition. Ce sera un réel plaisir pour moi de vous enseigner, mademoiselle.»

Il laissa son regard traîner autour de lui, le temps de prendre conscience que le marché avait été conclu. Il fallait maintenant l’honorer, mais de quelle manière ?

« Hmm, nous sommes parvenu à un accord … Mais comment voulez vous procéder ?»

Ishdir avait bien quelques idées en tête, mais il voulait d’abord entendre l’avis de sa nouvelle associée.






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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Les venimeuses rencontres   Jeu 6 Déc - 15:07

Alors qu’elle patientait secrètement pour avoir sa réponse, il lui apparut que dans cette obscurité sereine et tamisée, elle lui arrachait pourtant une information qu’il ne souhaitait pas donner. Et comme pour appuyer cette pensée, le silence qui les unissait devint soudainement assez long. Pourtant elle ne voyait pas ce que son travail et ses recherches pouvaient comporter de mal : même si cela concernait des armes, et des secrets léthaux qu’il lui appartenaient, il n’avait pas à pâlir face à cette nature guerrière. Après tout, même si le monde était teintée de paix, il restait sillonné par des affrontements éparses, des volontés de changer le monde qui passait rarement par le pacifisme et la discussion. Même si elle appréciait de croire qu’un jour les âmes trouveront dans le dialogue toutes les solutions, ce n’était pas encore le cas. Et chaque fois où elle déposait quelques gouttes noires dans un verre, elle sentait ce poids ronger son cœur.

Pourtant il finit par répondre, confirmant plus par ce qu’il ne disait pas ses pensées que par ce qu’il avait bien voulu lui livrer. Elle ne s’attarda pas trop sur cela, espérant pouvoir en apprendre vite un peu plus sur cette curieuse activité sans pour autant l’amener vers des retranchements qu’il redoutait peut-être.

Et après son tour de force, elle brûlait encore plus de savoir comment cette fascinante magie pouvait être à son usage dans le cadre de ses pratiques. Cependant il ne tenait pas à révéler si facilement ses secrets, et la sirène, derrière son masque de givre, dû admettre subir une aigre déception. Il était dans son droit de se refuser à répondre, et après tout elle devait le comprendre : c’était à la fois un sujet intime et délicat que l’on pouvait tout à fait jalouser secrètement. Elle-même gardait pour elle ses illusions furieuses qui vibraient derrière chacune de ses rétines. Mais pourtant il y avait dans le regard face à elle une braise pétillante qui lui laissait présager qu’il n’allait pas en rester là, poussant la jeune femme à rester alerte, suspendue à ses paroles comme un désert attendant une pluie fraîche.

Et quand il voulu finalement bien lui expliquer, elle le trouva bien humble face à cette merveilleuse magie. Elle devinait bien pourquoi il avait décidé de ce lancer dans cet étonnant commerce, habilement aidé par une caverne aux trésors perpétuellement caché dans son ombre. C’était à la fois une fascinante capacité, à la fois un avantage non négligeable. Elle s’imaginait déjà pouvoir ranger instantanément une plante ou une algue récoltée dans les profondeurs dans son antre magique pour pouvoir l’utiliser bien plus tard dans un onguent ou une potion. C’était une magie hors du commun, mais elle apprécia néanmoins l’humilité du mystérieux voyageur. Il désirait certainement garder pour lui d’autres secrets, et elle n’écartait pas qu’il ne disait peut-être pas tout. Mais sa sincérité était cependant un cadeau de poids, plus beau que les quelques merveilles qui étaient passées sous ses yeux.

Dévisageant ensuite le vagabond bleu des ses yeux d’ébène, elle attendit sagement sa réponse définitive. En lui proposant ce marché, elle avait réfléchi à toute éventualité, et sûrement à celle qu’il décide lui-même que ce n’était pas équitable. Après tout, connaissance pour connaissance, elle était bien placée pour comprendre qu’elles ne se valaient pas toutes. Certaines étaient plus croustillantes que d’autres, et d’autres encore avaient un prix. Ici, pour ce qu’elle concevait comme un échange de bon procédé, elle était soudain prise de doute. Roulant de sa tête pâle vers la table où gisait encore l’ombre des présents, elle attrapa une mèche sélénite pour l’entremêler discrètement entre ses doigts, sans voir que l’individu face à elle avait l’air pantois, et restait silencieux : elle n’aurait su dire si c’était de surprise ou de déception.

Et pourtant, sons sans étonnement, il voulu bien de son marché. Il accepta élégamment, et elle s’estima chanceuse d’accueillir un nouveau professeur. En retour, elle ferait de son mieux pour lui apprendre au mieux les secrets de sa maîtrise. L’azuré laissa vagabonder son regard, aussi procéda-t-elle de la même façon, redécouvrant une nouvelle fois son humble boutique comme si elle la voyait pour la première fois. Il lui posa une question limpide de logique et de subtilité, qu’il ne lui était pourtant pas venu à l’esprit. En un battement de cil, elle regarda à l’extérieur, constatant que les nuages épais ne répandaient plus la neige, signifiant au passage que les températures étaient devenues si froides que les flocons avaient gelés. La nuit était proche, et sauf si il insistait pour profiter encore un peu de la chaleur du logis, elle jugea plus judicieux de profiter du petit matin plutôt que de la nuit.


« Les nuits cimmériennes sont souvent synonymes de froid ou d’ivresse. Je pense que nous serons dans un meilleur esprit au matin pour que nous profitions de la journée. Je pourrais ainsi vous présenter l’essentiel des plantes que j’utilise, et si un client se présente, vous pourrez profiter de l’examen pour vous instruire. Qu’en dites-vous ? »

Elle attendait bien entendu son avale pour s’assurer qu’ils tombaient sur une entente. La naïade n’était en rien imposante, et elle ne cherchait pas à l’obliger par sa proposition. Après tout, pour quelques raisons que ce soit, il pouvait très bien choisir une autre solution. Dans tous les cas, elle voulait faire au mieux. Un ronflement sonore de Drasha la rappela à son bon plaisir, et elle laissa échapper un sourire amusé.


« Mon familier n’a pas attendu la nuit pour s’endormir. » Expliqua-t-elle à son visiteur, pour répondre à toutes les interrogations qu’il pouvait avoir. Toujours dans l’indécision, elle attendit son retour, espérant connaître le fond de sa pensée, si il avait lui-même un autre désire à lui soumettre derrière ses yeux mordorés.
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Ishdir
MessageSujet: Re: Les venimeuses rencontres   Ven 7 Déc - 21:53

« Les nuits cimmériennes sont souvent synonymes de froid ou d’ivresse. Je pense que nous serons dans un meilleur esprit au matin pour que nous profitions de la journée. Je pourrais ainsi vous présenter l’essentiel des plantes que j’utilise, et si un client se présente, vous pourrez profiter de l’examen pour vous instruire. Qu’en dites-vous ? »

Ishdir réfléchit à cette proposition qui semblait tout à fait correcte. Cela dit, il venait d’arriver à Cimmeria et avait encore des affaires en cours. Et puis le partage de connaissance était un processus long qui allait peut être s’étendre sur plusieurs semaines. Il lui fallait trouver un logement plus abordable qu’une auberge de passage. Après un rapide inventaire de ses fournitures d’alchimie, il se rendit également compte qu’il allait devoir se fournir en différents éléments pour procéder à ses cours. Ingrédients, ustensiles et documentation, il lui manquait un peu de tout. Il voyageait avec le strict minimum, son pouvoir restait limité en place. Un ronflement sonore vint le sortir de ses songes, il avait l’habitude de totalement s’isoler du monde lorsqu’il cogitait.

« Mon familier n’a pas attendu la nuit pour s’endormir. »

Le sindarin jeta un œil curieux à la bête qui produisait ces sons, il aperçut le dit animal sans vraiment pouvoir le distinguer à cause de la pénombre ambiante. Il put tout de même découvrir qu’il était assez imposant et muni d’une fourrure aussi scintillante que la pureté de l’hiver. Voilà une nouvelle curiosité qu’il avait hâte de découvrir, décidément, cette femme était pleine de surprise. Mais à l'évocation du sommeil, il se rendit compte que l’heure était bien tardive et qu’il importunait sans doute sa charmante hôte.

« Oh ! Mille excuses, je ne voudrais pas vous retenir plus longtemps. Vous avez sans doute à faire et un repas à préparer...» fit il tout en se levant. « Pour notre petit accord, je reviendrais dans trois jours afin de commencer nos formations respectives. Je bouillonne d’envie d’apprendre vos petits secrets, mais j’ai d’abord certaines affaires à régler, malheureusement. D’ailleurs, si le matin ou la journée est destiné à l’apprentissage des plantes, peut être que la soirée peut être appliquée aux usages des fioles ? Ou si vous préférez on peut tout aussi bien alterner les journées ? Je vous laisse y réfléchir. On pourra en reparler lors de notre prochaine rencontre.»

Le sage azuré récupéra son manteau auprès de la dame d’argent  et s’emmitoufla à l’intérieur. En voyant le paysage à travers la fenêtre, il lâcha un léger soupir. Il n’avait nul envie de retourner dans le froid mordant qui n’avait fait que s’intensifier pendant leur discussion. La magie des herbes l’avait réchauffé jusqu’aux os, mais il ne pouvait qu’avoir une vague d’appréhension face à ce désert de glace. Nul doute que même les talents de sa nouvelle associée ne pouvait totalement le protéger des intempéries cimmériennes. Mais il ne serait pas contre de s’armer de ces fameuses herbes contre le froid des prochains jours.

« Avant de partir, serait ce possible de me vendre une poignée de vos herbes miraculeuses contre les maux de l’hiver ? J’avoue que cela me serait fort utile ...»

La transaction effectuée, ou non d’ailleurs, il ne voulait pas s’imposer plus longtemps. Il se dirigea vers la porte et se retourna pour saluer Othello.

« Très chère, ce fut un réel plaisir de vous rencontrer. Je vous revois donc dans trois jours, aux premières lueurs de l’aube.» Il fit une élégante révérence avant de s’aventurer dans le froid.

[...]

Il passa donc ces deux jours à vendre les marchandises qu’il avait à vendre. Il trouva un logement pour un mois, avec assez de place pour y installer un laboratoire au besoin. Il trouva un artisan du verre pour lui acheter ou commander des ustensiles particuliers. Il visita l’académie de Néria pour y acheter des ouvrages d’alchimie basique. Et enfin il alla acheter certains ingrédients pour des exercices simples et abordables. Durant ces deux jours de trêve, il ne put s'empêcher de penser à la dame aux cheveux d’ange. Elle avait tous les charmes nécessaires pour enchanter un homme. Et l’attente ne faisait qu’exacerber le désir du sindarin. Belle, mystérieuse, à la personnalité atypique, Ishdir aurait bien pu tomber amoureux, si seulement il savait ce que c’était. Il avait conscience qu’une fois sa curiosité assouvie, il s’en désintéresserait. Et pourtant … À ce moment précis il la désirait ardemment. Le sage n’était cela dit pas un homme qui succombait à ses désirs. Il resterait courtois mais guetterait toutes les opportunités afin de conquérir la dame.

A l’aube du troisième jour, Ishdir était en retard. Il avait le réveil difficile et déambulait dans les rues beaucoup trop froides. Il n’avait pas eu le temps de prendre une collation, il s'arrêta donc dans une boulangerie afin d’acheter une savoureuse spécialité cimmérienne. Après réflexion il en prit deux, cela sera son cadeau d’excuse pour être un peu en retard. Il les rangea dans son antre et se mit en route, d’un pas encore mal réveillé. Il arriva rapidement à l’herboristerie, il avait choisi son logement proche de son nouveau lieu de travail. Comme il est d’usage, il toqua avant de pénétrer dans les lieux. Une fois sur le pas de la porte, il n’oublia pas de saluer la maîtresse des lieux.

« Bien le bonjour, Mademoiselle Lehoia. Je suis ravie de vous revoir. Je m'excuse mille fois de mon léger retard, j’espère que ce petit encas vous fera oublier mon impolitesse.»






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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Les venimeuses rencontres   Sam 8 Déc - 23:30

Une bourrasque violente balaya la rue derrière la rassurante fenêtre fumée, emportant sur son chemin un souffle de flocons. L’ombre d’un instant, elle eut quelques scrupules à l’expédier dehors par les lumières descendances, consciente que les températures devaient approcher un indécent négatif. Elle hésita à lui demander où il logeait, et si son animal pouvait résister au froid. Mais la pudeur et la décence la retint, et elle resta bien silencieuse devant les caprices du vent. La poudre de Cedras avait eut l’air de faire son effet, et le protégerait sûrement des aléas de la météo pendant encore une bonne heure, sûrement plus qu’il n’en faudrait pour qu’il puisse rejoindre un abri. Et pourtant elle ne pouvait s’empêcher de déjà regretter de le voir s’en retourner à la neige.
Néanmoins, un coup d’œil vers l’allure robuste de son visiteur eut rapidement fait de faire taire, en partie, ses scrupules. Il n’avait pas l’air d’être le type d’homme à être emporté par une crise de toux.

C’est sans aucun doute un peu mitigé qu’elle patienta, le dévisageant de son coin de la table alors qu’il prenait un air particulièrement intense, certainement en train d’arpenter un labyrinthe de pensée qui n’appartenait qu’à lui. Brusquement, il sembla sortir de sa torpeur, et joint le geste à sa parole en se levant précipitamment, annonçant poliment son départ tout en donnant son accord à sa proposition. Othello acquiesça, trouvant sage que le mystérieux vagabond prenne les devants et propose lui-même la suite des hostilités. Pour ne pas brusquer son invité, elle se leva à sa suite et s’aperçu brusquement qu’elle semblait bien petite face à ce colosse bleu. S’en sortant tout de même tant bien que mal, elle ondula à travers l’air pour récupérer ses possessions, les lui apportant du bout des bras, écoutant attentivement cet étrange personnage qui semblait déjà déborder d’idées et d’envie.

« Je ne peux vous garantir tous mes secrets, mais je ferai de mon mieux que vous soyez formé au mieux. » Dit-elle avec un sourire poli et sage. « J’espère qu’en retour je pourrais profiter des vôtres. D’ici là, je vais y réfléchir, et tâcherai de réfléchir à une façon qui vous permettes d’apprendre au plus vite, sans pour autant vous assommer de connaissance. »

En lui rendant ses effets, elle attrapa au passage le récipient vide, lui laissant le temps de s’enfermer de nouveau dans sa prison d’étoffes et de fourrure. Il doublait presque de volume avec toutes ses protections, mais elle se doutait qu’il fallut bien cela pour lutter contre le froid. Pourtant elle priait pour que les effets de la racine soit assez efficace pour prospérer le temps qu’il trouve un foyer.


« Je vous attendrai dans trois jours, avec un programme à la hauteur de votre curiosité, c’est promis. D’ici là… » Elle disparut, revenant avec trois petits flacons remplis de la poudre ocre. Avec ce froid et leur conversation, elle s'imaginait mal lui demander un quelconque paiement pour ce qui n'était finalement pas grand chose. « Diluez cela dés que le froid revient, toujours pas petite note. Ce fut un plaisir partagé, Monsieur Pal. Faites attention à vous. »

Elle ouvrit la porte, et le sage de lapis disparu dans le myste de la rue après une élégante révérence, et non sans la même fantasmagorie qui l’avait vu apparaître. La sirène semblait nager en plein rêve : elle peinait à réaliser que tout ceci était bien réel, et le grincement de la porte la ramena avec un brusque claquement dans un semblant de vérité. Comme si elle était en mer, elle se sentait flotter sur un nuage étrange, mais ne luttait pas contre le courant qui la portait au fil de la conversation, de surprise en surprise. Qui plus est, elle s’étonnait elle-même d’avoir accepté si facilement. Elle était habituellement bien méfiante, et n’acceptait que rarement une nouvelle présence autour d’elle, de près ou de loin. Etrangement apte à rendre les armes, Othello resta un moment immobile, la poigne figée dans sa main pâle, les lueurs de la bougies dansant sur son front de neige. Peut-être était-ce l’idée de découvrir plus le monde, de loin ou de près ? Peut-être était-ce cette sensation si vibrante d’avancer dans un songe ? Ou alors, peut-être était-ce l’éloquence, le charisme bleu de ce vagabond venu de loin ?

Une tête ronde et velue la heurta alors et la tira un peu plus a accepté cette nouvelle péripétie du quotidien, en lui imposant qu’il était temps pour elle de revenir à lui. L’imposant Drasha avait raison : l’heure n’était plus à la surprise, et elle alla terminer rapidement sa préparation. L’avenir lui dirait si il reviendrait bien, ou si tout ceci n’était effectivement pas le fruit de son imagination.


***

Pendant les deux jours qui la séparer de leur retrouvaille, elle eut cette même impression que le quotidien avait une nouvelle saveur. Peut-être était-ce l’expectative teintée d’appréhension ? Une chose était sûre, elle flottait toujours sur ses gestes familiers et les têtes connues comme sur un flot constant, tout ayant une nouvelle couleur ou une nouvelle lumière. Alors qu’elle s’attendait à un courant d’air, les jours eurent la sale tendance de s’étendre et de s’allonger comme une bulle dont elle ne voyait jamais l’autre côté. Le soir était synonyme de sommeil sans rêve, alors qu’elle trouvait péniblement le sommeil.
Pourtant elle n’était pas restée sans rien faire : si mener ses offices et ses activités de prêtresse restait une priorité pour la petite dévote, elle s’était retrouvée investie d’une nouvelle verve. C’est avec une certaine passion qu’elle avait fait le tour de sa boutique, et qu’elle avait accueilli ses quelques clients. Cette rencontre inopinée avait eut la vertu de raviver en elle la passion de son métier, et elle appréciait sincèrement de pouvoir la partager avec quelqu’un d’aussi curieux qu’elle. Certains remarquaient que la yorka était particulièrement zélée dans ses compositions et ses prières, sans pour autant oser la troubler, habituellement si impassible.

Le matin convenu, Othello s’était levée, comme à son habitude, avec les premiers rayons du soleil. Elle avait la chance d’habiter au premier étage de sa petite échoppe, l’humble demeure, bien que vétuste, offrant tout de même une habitation complète. Après avoir nourris le fauve et s’être préparée, elle avait entamé de ranger une dernière fois son échoppe, espérant optimiser au mieux son petit espace pour qu’ils puissent apprendre au mieux sans être embarrasser par la petitesse des lieux. Les premiers rayons des soleils traversèrent les fenêtres, illuminant la demoiselle qui s’activait dans un pieux silence. Soucieuse d’être le plus habile possible, elle avait réuni sa crinière en une épaisse natte qui tombait lourdement dans son dos, uni par un lien de tissu au niveau de ses genoux. Dans le même souci du pratique, elle avait passée une robe de coton et de soi pâle, les longues manches couvrant jusqu’au haut de ses mains mais lui laissant tout de même assez de liberté de mouvement pour ne pas être entravée, ni par elles, ni par la longue jupe qui couvrait ses pieds. Son visage ne semblait pas abîmé par la fatigue : candide, simple, dans l’attente de ce que lui réserverait cette étonnante aventure.

Et finalement, avec les premières lueurs du jour, la sirène commençait à se demander s’il finirait par venir. Les secondes passaient, et aucune âme ne se présentait à sa porte. Peut-être était-ce finalement un rêve… Bien qu’elle se montrât froide et impassible, elle du admettre que la déception commençait à ternir le goût sur sa langue. Elle commençait à perdre espoir quand on vint tambouriner à la fenêtre, et dans une inspiration froide qui fit entrer au passage quelques flocons gelés, le grand azuré entra dans l’herboristerie, en s’excusant au passage pour le léger retard. Soulagée, la sirène se ravisa bien vite, arborant néanmoins une forme de quiétude en guise de chaleur sur son visage de porcelaine.


« Ne vous en faites pas, il n’y a pas de mal. Je suis heureuse que vous ayez pu venir sans rencontrer de problème. » Dit-elle, un sourire poli accroché à ses lèvres, lui proposant une nouvelle fois de le débarrasser.

Il pu découvrir les lieux rangés, et bien plus de pots et de plantes offerts aux regards que lors de son passage deux jours plus tôt. Elle avait également sorti quelques fioles, et quelques potions, se doutant bien qu’il leur serait impossible de tout voir en une journée, mais préférant anticiper au cas où. Elle l’invita à s’assoir, déposant son lourd manteau sur un portant à disposition. Une délicieuse odeur de pâtisserie envahit toute la pièce, et elle huma discrètement l’odeur de miel et de sucre. Occupée et ascète, elle n’avait que rarement l’occasion de profiter d’un de ces petits plaisirs, ne pensant jamais à s’en acheter pour elle-même. Voyant en cela l’occasion de profiter d’un petit déjeuner serein avant de démarrer les hostilités, elle se saisit humblement de l’occasion pour en savoir toujours plus sur Ishdir.


« Merci beaucoup pour ces douceurs, Monsieur Pal. J’espère que vous avez passé de bonnes journées : avez-vous pu mener vos affaires comme vous le vouliez ? » Demanda-t-elle, n’osant encore s’asseoir au cas où elle devait aller chercher des boissons chaudes. Sa natte était tombée sur son épaule, et couvrait son torse comme un châle bouclé et blanc. « Je commençais à me demander si vous n’alliez finalement pas venir. Désirez-vous un thé chaud avant de commencer ? »
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Ishdir
MessageSujet: Re: Les venimeuses rencontres   Dim 9 Déc - 21:59

Le froid hivernal était conquérant, il succomba très vite à l’appel d’un nouveau territoire lorsque le sindarin avait ouvert la porte. Ishdir s’empressa de redresser les défenses derrière lui, afin de lui couper la route et garder la tiède chaleur de la pièce. La maitresse des lieux l'accueillit toujours avec autant de douceur et d’attention. Si elle avait pris ombrage face au retard du feignant, elle n’en montra aucun signe et arborait au contraire un sourire poli. La lumière du jour, bien qu’encore jeune, offrit au retardataire une meilleure appréhension des lieux et de celle qui allait jouer le rôle de professeur pour la journée. Sa vision ne l’avait pas trompé le premier soir, elle était comme il s’en souvenait. Elle avait une blancheur incroyable, presque fantomatique, ce qui créait un tableau unique d’une grande beauté. Pourtant, il ne savait encore pourquoi, il avait une étrange sensation en la regardant, comme si il manquait un détail ou qu’au contraire tout était trop parfait.

La douce créature, toujours soucieuse de s’occuper avec le plus grand soin de son visiteur, le débarrassa de son épais manteau. Ishdir avait toujours une appréhension en se dénudant ainsi, la température était encore bien trop basse pour satisfaire les critères de l’éclari. Il continua à suivre son hôte et rejoignit la table. Au vu de son invitation, l’ange de glace semblait apprécier l’idée d’un encas avant les labeurs de la journée.

« Merci beaucoup pour ces douceurs, Monsieur Pal. J’espère que vous avez passé de bonnes journées : avez-vous pu mener vos affaires comme vous le vouliez ? »


« C’est bien normal, je vous en prie. Après tout, ne m’avez vous pas offert ces quelques herbes l’autre jour ? Et je dois dire qu’elles m’ont servi à passer de bien meilleures journées, je l’avoue. Mes affaires m'exposant bien souvent au caprice du climat, elles m’ont changé la vie, littéralement. Mais la plupart de mes transactions sont maintenant finies, je vais pouvoir profiter de la chaleur d’un logis dorénavant.»

Ne la voyant pas le rejoindre autour de la table, le sage bleu douta si elle était réellement encline à prendre une collation finalement. Cela n’avait peut être été qu’un simple geste de politesse qui cachait un discret agacement. Après tout, elle s’était possiblement déjà sustenté et aurait préféré commencer le plus rapidement possible. Mais avant que son esprit ne le pousse à l’action, elle rassura le sindarin névrosé.

« Je commençais à me demander si vous n’alliez finalement pas venir. Désirez-vous un thé chaud avant de commencer ? »

« Ca aurait été bien indélicat de ma part de manquer à mes obligations, surtout que je suis celui qui est venu vous importunez en premier. Et si c’est proposé avec tant de douceur, comment refuser une offre si alléchante. Mais j’accepte seulement si vous comptez m’accompagner, je ne voudrais pas trop m’imposer. »

A n’en pas douter, la gentillesse de la dame l’aurait poussé à lui offrir ce thé de toute façon. Ishdir disposa les deux parts de ses délices sucrées et commença à attaquer la sienne, sa curiosité l'empêchait d’attendre le retour d’Othello. Il n’était pas très difficile en nourriture mais adorait découvrir des spécialités locales. Malgré ses nombreux voyages à Hellas, il y avait encore bien des mets qu’il n’avait goûtés. Il prit donc le temps de savourer cette première bouchée. Son palet délicat lui permit même de cerner l’ensemble des saveurs présentes, résolvant ainsi un mystère de plus. Au retour de la créature angélique qui lui ramenait le saint Graal, il se permit de la questionner à son tour, curieux de la prospérité du lieu.

« Et vous, Mademoiselle ? Comment c’est passé ces quelques journées ? Les affaires vont elles bon train pour votre échoppe ?»

Le sindarin bleu n’allait pas se faire prier et allait apprécier le thé dès que les herbes auraient fini d’infuser. Il avait encore les membres frigorifiés et une boisson chaude allait le revitaliser.






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