Tremblements de terre et rugissements solitaires. [Smaragd]

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• Eclaris: 2
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 6
• Nérozias: 3
• Gélovigiens: 7
• Ascans: 2
• Marins de N.: 3
• Civils: 13

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An 1305 de l'ère obscure

Saison:Riguear Mois:Gexon
[Novembre/Décembre en temps réel]

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 Tremblements de terre et rugissements solitaires. [Smaragd]

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Aleya
MessageSujet: Tremblements de terre et rugissements solitaires. [Smaragd]   Sam 1 Déc - 20:53

Aleya savait compter jusqu'à deux et écorcher un écureuil en moins de cinq minutes. Aujourd'hui encore, une nouvelle aventure l'attendait.

La forêt de Sphènes s'était effacée, laissant place aux étendues désertées des terres mortes. Elle n'y était pas resté très longtemps. Elle n'aimait pas cet endroit, comme tous les autres animaux mais aussi, parce que cela lui rappelait un autre endroit nommé "la grande désolation". Deux terres qui avaient en commun de ne plus être propices à la vie, à cause de l'avarice des Hommes. Aleya avait du se rendre sur ces terres pourtant, elle avait traversé la Grande Désolation pour échapper à l'Homme, elle traverserait les Terres Mortes pour retrouver non pas l'Homme mais, Smaragd.

Elle se souvenait de son nom et de tout ce qu'elle lui avait apprit, elle se souvenait parfaitement de leur rencontre et de l'aventure qui les avait lié. Elle se souvient aussi de la terreur qui s'était emparée d'elle, incapable d'empêcher l'ouragan qui avait envahi ses pensées, elle l'avait laissé prendre le contrôle. Elle avait fui, sans se retourner car elle n'était alors plus qu'un animal effrayé. Ce n'est qu'après s'être éloignée à s'en perdre, qu'elle avait reprit ses esprits.

Pendant quelques temps, désorientée, elle avait machinalement reprit son rythme de vie sauvage. Chasser, manger, dormir, chasser à nouveau.. Il fallait survivre. Survivre avant tout. Survivre avant de se souvenir. Survivre avant de ressentir cette émotion désagréable qui serre sa gorge alors qu'elle apprend.. ce qu'est la solitude.

Elle avait perdu Renard. Elle avait perdu Smaragd. Combien en avait-elle perdu avant même Renard ? Cette émotion désagréable éveillait un sentiment bien plus complexe, bien plus terrible encore, qu'elle évitait comme un explorateur sans navire éviterait la mer. Elle savait qu'un jour ou l'autre.. elle ne pourrait plus se contenter d'en faire le tour. Qu'un jour ou l'autre, il faudrait se doter d'un bateau solide et souffler tout son courage dans les voiles.

Elle retourna là où elle avait rencontré Smaragd pour la première fois mais, sans surprise, la zélos n'était pas là. Elle remonta pourtant leurs traces vieilles de plusieurs jours et avec ses propres souvenirs, finit par retrouver l'endroit où elles s'étaient séparées. Il lui faudrait une autre journée pour trouver les empreintes laissées par la jeune femme qui quittaient la foret de Sphènes. Ainsi Aleya se mit en chasse. Oh elle n'avait jamais chassé une prise si importante et elle n'irait pas la nommer proie mais, entre les empreintes de la Zélos et de son familier pour le moins peu précautionneux, le petit monstre rouge réussit à suivre leur piste sans trop de mal.

Les Terres Mortes furent heureusement rapidement quittées, la piste rejoignait la rivière Oxia qu'elle longea pendant plusieurs dizaines de kilomètres. Aleya zigzaguait, elle avançait lentement, soucieuse de ne pas perdre les traces, elle suivait parfois la piste du glouton pendant des heures pour s’apercevoir qu'il était simplement allé chasser de son côté. Elle même devait chasser pendant sa traque, si elle avait su pêcher elle aurait sans doute trouver son bonheur plus rapidement que de chercher des lapins dans les terres mortes. Son principal apport en protéine finit par être les grenouilles et limaces qui pullulaient le long de l'eau.

Heureusement ces petites quantités finirent de remettre un peu d'équilibre dans son système digestif. Elle était à nouveau en pleine santé, enfin, autant qu'un enfant sauvage puisse l'être. La piste s'éloigna du cour d'eau peu de temps avant qu'Aleya ne s'arrête.

Elle n'aimait pas ce qu'elle voyait. Il n'y avait plus que les traces de Smaragd et du glouton, d'autres venaient parfois les croiser, les recouvrir. Des traces plus récentes. Des empreintes de chaussures. Il y avait d'autres créatures à deux-pattes dans les environs. Peut-être des amis de la zélos. Peut-être sa famille.

Le petit monstre s'est arrêté, à quelques petits kilomètres d'Elgondor, il hésite. Voilà des jours qui s'étaient mués en semaines qu'il pourchassait la seule créature à lui avoir jamais tendu la main.. et là, si proche du but, il s'arrêtait, en proie au doute. La petite fille sous la peau rouge du petit monstre voulait approcher. Le monstre qu'on avait nommé Aleya, se souvenait qu'il ne fallait pas attirer l'attention des deux-pattes.

La terre répondit à son hésitation d'un tremblement d'impatience qui fit bondir le petit monstre en avant. Elle détalait mais elle savait qu'il n'y avait nul part où fuir le tremblement. Ce n'était pas le premier qu'elle avait senti pendant sa traque, voilà bien plusieurs semaines que cela durait mais, ces derniers jours ils avaient été plus nombreux, plus intenses. Quelque chose allait arriver. Quelque chose qu'elle ne voulait pas affronter seule.

Filant entre les arbres, un éclair rouge rugit à qui veut l'entendre :

- SsssMARRrrrrAAAAGGRRRR !

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Smaragd
MessageSujet: Re: Tremblements de terre et rugissements solitaires. [Smaragd]   Lun 3 Déc - 22:08

La large tache, d’un bleu très profond, s’étendit sur la mousse. D’un vert encore fringant et fier quelques secondes plus tôt, la touffe de végétation se teignit irrémédiablement de la couleur de la nuit, et Smaragd pesta comme ce n’était pas permis. Elle ne possédait que peu de choses fragiles et précieuses, et évidemment, il avait fallu qu’un de ces rares artéfacts fasse un plongeon de deux pieds et vienne s’anéantir juste sous ses yeux. La fiole contenait une sève qu’elle n’était parvenue à trouver qu’à l’orée de la forêt de Sphène, à quelques lieux des vestiges de là où elle avait grandi. Non pas que l’arbre en soi eût été endémique, loin de là, mais il n’aimait pas beaucoup l’humus de cette zone et poussait plus vers le nord, une direction que Smaragd ne pouvait pas se permettre de prendre. Sans cette sève, ses tatouages resteraient d’un bleu fadasse sur les parties les plus claires de son corps, et elle avait travaillé dur sur un motif destiné à l’intérieur de son biceps. Elle devrait remettre tout ça à plus tard.

L’Eryllis poussa un long soupir et râla encore un moment dans sa langue maternelle – les jurons zinoniens soulageaient beaucoup plus que les périphrases semi-blasphématoires que beaucoup ne se permettaient même pas en isther. Et puis elle ramassa les débris, et toutes les autres choses qui étaient tombées de la maigre étagère bricolée par ses soins.

Cette secousse avait été bien plus puissante que les autres, et Smaragd entreprit de rassembler toutes ses affaires dans des peaux et des tissus dans un coin de son habitation. Fidèle à elle-même fasse aux caprices de la nature, elle était bien plus contrariée qu’inquiète. Est-ce que Machine, la Terrane avec des tresses et une cicatrice, n’avait pas mentionné une histoire de soleils et de dérèglements ? La jeune Zélos n’avait pas tout compris mais il lui avait bien semblé qu’il risquait de se passer des choses plus ou moins désirables, et elle en avait conclu que tant qu’on lui ficherait la paix, elle s’en sortirait très bien. Cela dit, à l’agitation qui avait l’air de régner à l’extérieur, il y avait peu de chances pour qu’on lui lâche la grappe de si peu.

Smaragd finit de réparer les dégâts et fit plusieurs tours sur elle-même pour inspecter sa demeure. Elle avait élu domicile dans ce qui avait été une chambre dans une petite villa coquette. Les murs de pierre tenaient encore debout mais le toit avait disparu et le parquet se faisait dévorer depuis bien trop longtemps pour pouvoir soutenir quoi-que-ce-fut. Pourtant, préférant éviter le plancher des vaches, l’amazone avait choisi une pièce au premier étage et demandé à une de ses comparses capables de manipuler la flore de lui confectionner un sol digne de ce nom. Les appartements de Smaragd étaient largement éventrés du côté de ce qui avait autrefois été une rue : le mur s’était écroulé et l’adolescente avait placé un long tissu usé en travers de l’ouverture. A l’intérieur, elle avait pendu un hamac et placé deux coffres dont elle gardait les clefs sur elle. C’était à peu près tout ce qu’il y avait à voir chez elle. Ça et une fiole de sève en moins. La jeune fille finit par passer le rideau et descendre de son perchoir afin de rejoindre les quatre consœurs qui avaient entamé une patrouille.

« – Tout va bien, Smaragd ? lui demanda-t-on.

– ‘A va… marmonna-t-elle. En réalité, elle venait tout juste de réaliser qu’elle était un peu secouée et était prise de vertiges. Faut s’inquiéter ? demanda-t-elle en grimaçant, sans grand espoir d’obtenir une réponse.

– Difficile à dire… murmura froidement une Sindarine. Smaragd regarda ailleurs. »

Les Eryllis échangèrent quelque mots, puis elles se séparèrent avec la mission de retrouver les sœurs susceptibles d’avoir été proches de l’épicentre du tremblement. D’après les diagnostics d’une d’entre elles, ce dernier avait été un peu plus au sud, proche du Lac Perdu. On envoya Smaragd à la recherche de Jilia, une Yorka batracienne à peine plus âgée qu’elle avec qui elle n’avait eu qu’une seule conversation jusqu’à ce jour :

« – Puis-je t’aider ?

– Non, je sais faire. »

La Zélos se souvenait de sa tête et vaguement du son de sa voix, c’était bien plus que ce dont elle avait besoin. Alors qu’elle s’éloignait du bois qui bordait Elgondor et s’approchait de la plaine entre la cité en ruines et Oxia, une, puis deux secousses viennent encore faire onduler la terre sous ses pieds. A la seconde, elle faillit se retrouver sur les fesses, et Glouton – qui s’était mis à la suivre sans qu’elle ne lui ait rien demandé – avait déguerpi en couinant. La nature s’était tue. Plus un bruissement d’ailes, plus un grognement ni un chant. Les alentours étaient déserts, et cela n’annonçait rien de bon. Smaragd appela Jilia, tenta de suivre sa piste sans succès, et finit par faire une pause. Ses oreilles ne percevaient plus rien au-delà des craquements de branches, et l’humus était désormais parcouru de cicatrices. Il y avait quelque chose de morbide dans l’air. La dresseuse se mit à longer un ruisseau, sachant que sa consœur aurait pu s’y être réfugiée. Elle était plongée dans l’inspection de traces de pas au bord de l’eau quand un cri lointain la fit frémir et se redresser d’un bon. Ce n’était pas animal, et elle connaissait cette voix rauque mais enfantine. Elle connaissait ce mot aussi.

« – Petiote ? chuchota-t-elle une première fois. Petiote ?! Sa voix porta bien plus loin. Elle se mit à trotter dans la direction d’où été provenu l’appel de la fillette, folle d’espoir de retomber sur sa petite carcasse rougeâtre et de pouvoir la prendre dans ses bras. »


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MessageSujet: Re: Tremblements de terre et rugissements solitaires. [Smaragd]   Mar 4 Déc - 20:50

Vous voilà à Noathis, à quelques pas des anciennes ruines d’Elgondor. Et vous ne vous êtes pas encore retrouvées que les ennuies commencent déjà. Pour vous comme pour toute la nation noyée sous la nature, les temps sont durs et la situation dangereuse.

Vous êtes plusieurs à subir cette situation. Si les animaux sauvages semblent avoir désertés la forêt et que vous ne croisez plus que des insectes un peu secoués, d’autres Eryllis et promeneurs circulent encore dans la région. Séparée et chacune de votre côté, vous faites des efforts pour vous rejoindre, guidée par des maigres indices épargnés par les secousses.
Smaragd, malgré la présence de tes sœurs, tu décides tant bien que mal de rejoindre Aleya et tu t’éloignes de ta mission, espérant tomber au passage sur Jilia pour accomplir ta mission. Néanmoins la route ne sera pas aussi calme que souhaitée : sur le chemin, une secousse de petite ampleur d’arrête momentanément, avant que tu puisses reprendre ton chemin.

Pendant ce temps, Aleya, tu es condamnée à la patience. Prise au piège par le phénomène et dans l’incompréhension, tu parviens seulement à te mettre à l’abri sur le rebord d’une butte, assez solide pour ne pas faillir face au tremblement. Tu y restes coincée quelques minutes : est-ce toi où au loin, quelqu’un semble braver la secousse pour s’engouffrer dans les ruines de l’ancienne cité ?

C’est non sans peine que, quand le phénomène se calme, vous parvenez finalement à vous retrouver, alors que la secousse qui frappe la lhurgoyf s’est enfin apaisé, vous décidez d’enfin vous rejoindre. Vous êtes cependant surprise par un glissement de terrain qui emporte dans son sillage quelques arbres, vous coupant ainsi du groupe d’Eryllis et vous oblige a couper par la cité d’Elgondor. Ces ruines anciennes sont l’abri de quelques âmes vivant humblement en ermite dans ce qu’il reste des habitations. C’est peut-être l’occasion de faire le tour des blessés, ou des âmes charitables qui pourraient vous aider à retrouver votre chemin. Ou même de savoir qui est cette mystérieuse silhouette qui vous a dépassée sur le chemin…

Seules face à la nature, allez vous savourer le temps des retrouvailles ? Qu’allez vous penser du phénomène, et de sa nature ? Parviendrez vous à retrouver Glouton, ou un autre rescapé qui cherche à se mettre à l’abri ?


★★★★★

LES REGLES :


  • Vous avez une semaine pour poster votre réponse au messager.
  •  Vous devez poster votre message à la suite de celui-ci.
  •  A la suite de votre message, le messager vous contactera pour vous donner la marche à suivre.
  •  Bon jeu !







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Aleya
MessageSujet: Re: Tremblements de terre et rugissements solitaires. [Smaragd]   Mer 5 Déc - 19:47

La terre est secouée de soubresauts alors qu'une puce vermillon court sur son dos. Le tapis de feuilles mortes craque sous le rythme effréné des coups portés par les mains et les pieds du petit monstre rouge. Ses mains assurent sa stabilité, ajustent son parcours alors que quelques cailloux se mettent à rouler. Elle ne peut pas continuer dans cette direction, tous ses sens la mettent en garde. Le sol qui tremble sous elle, le craquement sinistre des arbres, l'absence totale d'animaux autour d'elle. Les oiseaux se sont depuis longtemps envolés et les plus gros mammifères ont du se diriger vers les plaines.

Elle oblique, trouve une butte découverte sur laquelle grimper. Ses membres sont eux-aussi prit de tremblements alors que la gamine jette des regards paniqués autour d'elle. Quelque chose allait-il sortir de sous le sol ? Se tenait-elle sans le savoir sur la coquille d'un très gros oeuf prêt à éclore ? Ses mains glissent un peu sur la mousse qui recouvre son perchoir, elle émet quelques glapissements terrifiés avant de retrouver son équilibre.

Au moment où elle redresse les yeux, une silhouette éloignée attire son attention. Aleya se redresse un peu, ouvre la bouche pour crier après la silhouette mais, elle se retient.. Elle ne reconnaissait pas Smaragd. Peut-être n'aurait-elle pas du hésiter. Avant qu'elle n'ait décidé si elle voulait prendre le risque de rencontrer un autre deux-pattes, la mystérieuse silhouette s'était enfoncer dans l'obscurité des ruines. Quelle étrange idée d'aller s'ensevelir volontairement sous un tas de pierres déjà dans un piteux état.

Enfin, ses grandes prunelles vert-de-gris se posent sur une silhouette désormais familière. Leurs regards se croisent alors que les secousses se font plus douces. Aleya trépigne sur sa butte, entre panique et surexcitation. Elle finit par prendre son élan et courir à grandes foulées vers Smaragd avant de finir sa course dans les airs, sautant littéralement sur la Zélos.

- SsmMaAArraaAgrr !

Son coeur battait fort contre ses petites côtes alors que ses bras se refermaient sur Smaragd. Elle ne savait plus bien si les tremblements qui parcouraient son corps étaient du à la terreur toute animale que provoquait la catastrophe en approche ou s'ils exprimaient une autre crainte soudain apaisée. Elle avait retrouvé Smaragd. Le sentiment désagréable qui serrait sa gorge depuis plusieurs jours s'était brusquement évaporé, laissant place à l'allégresse qui devrait pourtant être passagère.

Un craquement sinistre fait bondir le petit monstre. La terre glisse, comme un immense serpent, les arbres ne sauraient que suivre son sillon. Un grand arbre s'affale sur ses congénères, les branches cèdent sous le poids qui emporte d'autres arbustes dans sa chute. Finalement, les vieilles pierres ne semblent plus être un si mauvais abris si même les arbres se mettent à tomber. Aleya saute à terre et tire la Zélos par le bras.

- Smaragr venir.. cacher là !

Pas certain que cela plus sûr que le reste de la forêt mais, si un autre deux-pattes s'y était abrité peut-être que ce n'était pas une si mauvaise idée ? Cela dit, arrivé au niveau des vieilles pierres, le petit nez de la gamine se retrousse dans une grimace sceptique. Elle n'aime pas l'odeur qui se dégage des ruines. Elle n'aime pas du tout. Mais il n'était pas question de retourner dans la forêt et les plaines étaient trop éloignées.

Aleya relâche le bras de la jeune femme pour tâter le sol froid et les murs un peu humides. Elle faisait attention où elle marchait, visiblement pas rassurée par les lieux. Il faut dire qu'elle n'avait pas l'habitude de ce genre d'environnement restreint. Il fallait se convaincre que c'était un peu comme une caverne.. Elle prenait donc soin de noter dans un coin de sa tête l'emplacement de l'entrée mais, peut-être que cet endroit était plus familier à la Zélos. Se tournant à nouveau vers son amie, Aleya exprima sa curiosité.

- Smaragr maison ?

Son zélonien n'était certes pas complet mais, pendant ces longues semaines où elles avaient été séparées, la gamine n'avait visiblement rien oublié des mots qu'elle avait appris.
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Smaragd
MessageSujet: Re: Tremblements de terre et rugissements solitaires. [Smaragd]   Ven 7 Déc - 22:44

Après un bond par-dessus le maigre cours d’eau et des coups vigoureux dans les branches en travers de sa vue, Smaragd se mit à galoper à travers les vastes clairières qui s’élargissaient en plaines au fur et à mesure qu’elle s’éloignait de la ville. L’horizon était bosselé, parcouru de menues collines que l’amazone croyait presque voir onduler à la manière de vagues verdoyantes. Elle appela l’enfant encore quelques fois, ignorant les légères secousses qui la déstabilisèrent pendant sa course.

Smaragd ne s’attachait pas facilement à autrui – et la façon dont elle s’attachait aux animaux était empreinte d’un respect tel qu’elle ne montrait que très peu d’affection – mais jusqu’au jour où elle avait rencontré Petiote, elle n’avait jamais vu le visage d’une solitude aussi subie. Pas même en observant son propre reflet. A l’image d’un louveteau, la fillette aurait dû grandir entourée de ses semblables – mais elle avait été privée de ce droit par un sort du destin. Un ours adolescent fraîchement séparé de sa mère ou un jeune lynx indépendant depuis peu n’auraient suscité que de l’admiration chez la Zélos ; l’espèce de Petiote n’était pas destinée à un abandon si précoce, et Smaragd avait pour elle toute la compassion du monde. Lorsque le petit monstre avait pris ses jambes à son cou quelques semaines plus tôt, l’Eryllis s’était sentie très coupable. Elle ne l’avait pas traquée bien longtemps, consciente que cela ne l’apaiserait en rien, mais l’inquiétude n’avait cessé de la ronger. L’hybride était d’une maigreur préoccupante et la viande crue lui jouait des tours, autant d’indications que si son mode de vie ne changeait pas au moins un peu, et vite, elle ne passerait pas l’hiver. Smaragd avait bien laissé quelque nourriture aux alentours du lieu de leur premier tête-à-tête, et elle avait toujours disparu, mais sans garantie que Petiote en avait effectivement bénéficié.

Entendre la voix cassée de la jeune Lhurgoyf lui avait donc grandement réchauffé le cœur, et pendant un instant, elle avait complètement oublié Jilia et le danger lié aux tremblements. Elle finit bien par revenir à la réalité en passant un buisson déraciné, mais l’unique préoccupation que cela lui évoqua fut la crainte de retrouver sa copine coincée quelque part ou même blessée. La Yorka grenouille devrait attendre. Enfin, une tache rouge surmontée de longs fils d’argent se dessina au sommet d’une butte. Petiote se mit à dévaler le talus, et la Zélos ouvrit grand ses bras en la voyant se préparer à un immense bond, droit sur elle. Smaragd la reçut comme une plume, en rien déstabilisée par la vitesse à laquelle on lui fonça dessus. Leur étreinte fut de courte durée et l’Eryllis dut bien se retenir de serrer trop fort, sans quoi elle aurait facilement brisé la fillette en deux. Un soupir s’échappa de ses lèvres tendues en un sourire ému, juste avant que l’humus sous ses pieds ne leur fasse défaut… Après une secousse qui gronda dans le lointain, la terre se mit à rouler sur les pans des collines, manquant d’emporter les deux amies au fond d’un fossé qui se creusa sous leurs yeux et engloutit une rangée entière d’arbustes. L’enfant s’empressa de sauter au sol et d’emporter Smaragd avec elle, lui indiquant, dans un zinonien des plus craquants, de la suivre dans un endroit plus sûr. La Zélos accueillit l’initiative en essayant de se dépêtrer de la boue et des racines autour de ses mollets, acquiesçant vivement de la tête. La petite la guida de nouveau vers les ruines froides et claires d’Elgondor, qu’elle ne sembla pas trouver à son goût. La dresseuse laissa une grimace perplexe assombrir son visage. Elle venait de se rappeler de sa mission.

Quand Petiote se tourna vers elle et l’interrogea, Smaragd secoua la tête de haut en bas et murmura :

« – Ouep, maison. Ici, c’est ma maison. Elle pointa un index vers la gauche. Par là. Elle demeura contemplative un instant, peu désireuse de retourner chez elle vingt minutes après avoir été envoyée chercher une consœur. De plus, elle n’avait évidemment parlé de Petiote à personne et ne comptait pas faire cela aujourd’hui. Après quelques réflexions silencieuses, elle baissa les yeux sur sa camarade et l’inspecta un instant. Mmmh ouais, ça devrait le faire, songea-t-elle. Alors elle plaça une main délicate sur le crâne de la Lhurgoyf pour lui intimer d’avancer, décidée à la faire passer pour une victime des tremblements en besoin de soins. »


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