[Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.

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• Cavaliers de S.: 4
• Nérozias: 5
• Gélovigiens: 4
• Ascans: 2
• Marins de N.: 7
• Civils: 18

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An 1305 de l'ère obscure

Saison:Langdum Mois:Cicium
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 [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.

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:: La néréïde ::

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Jing Wei
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Jing Wei
MessageSujet: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Ven 7 Déc - 22:50

L’aube se levait doucement sur Pharis. L’activité fourmillait déjà sur les Côtes Dorées, ses habitants comme ses exploitants reprenant enfin leur rythme de croisière, après que la Convergence les ait littéralement gelée sur place. La mer avait également retrouvée son calme habituel, permettant aux navires de regagner les terres. D’ailleurs, il était plutôt risible de constater qu’un tel phénomène, aussi surnaturel soit-il, réussit à mettre en berne certains des équipages les plus chevronnés du pays. À croire qu’ils s’étaient ramollis. Tss. Quel bande de marins d’eau douce, franchement !

Mais voilà que des voiles se dessinèrent à l’horizon, reconnaissables entre mille tant par ses formes que ses couleurs resplendissantes. Tel une créature marine, l’Ao Kuang fendit les vagues avec une aisance déconcertante. Après plusieurs mois d’absence, navire et équipage étaient enfin rentrés au pays. À sa proue, Jing Wei observait le port avec – d’hors et déjà – une profonde lassitude. À peine arrivée semblait-elle déjà pressée de repartir, à contrario de ses hommes qui avaient hâte de mettre pied-à-terre et retrouver leurs familles. La capitaine soupira lourdement quand l’un crut bon de l’importuner pour l’informer qu’ils approchaient. En signe de profond agacement. Sérieusement ~

Je ne suis pas aveugle Amos.. Et je sais reconnaître les Berges Dorées quand je les vois. » Rétorqua-t-elle simplement, provoquant étrangement l’amusement chez ses camarades derrière. Jing pivota légèrement sa tête et arqua un sourcil dans leur direction. Les marins se figèrent net.

« Vous vous croyez déjà en repos, peut-être ? Au lieu de glousser comme des jouvencelles, retournez à vos postes ! » Ordonna-t-elle sèchement.

« Oui Capitaine ! » Presque en cœur et filant droit, obéissant aussitôt à la Dame. De nouveau seule, Jing Wei retourna à sa contemplation. Finalement, ‘valait mieux qu’ils rentrent. Avant que le pont ne prenne des allures de coure de récréation.. Dans un chuintement désapprobateur, elle alla plutôt vaquer à ses propres tâches.

C’est une heure plus tard que la Capitaine arriva à bon-port. Tirée à quatre épingles dans son ensemble. Chemise d’un blanc immaculé et pantalon noir, tout comme sa longue cape brodée d’argent, ceinture corset – autours de laquelle était sanglée Liánmīn - et cuissardes noirs en cuir. Ses cheveux de jais, relevés en chignon, étaient surmontés d’un tricorne. Bien avant qu’elle ne soit arrivée le véhicule de Jing avait été avancé, soit une diligence menée par quatre chevaux à la robe sombre. Il aurait été hors de question de faire attendre la dame.

Une femme attendait patiemment près de la nacelle. Une petite brune aux yeux aussi bleus qu’un magnifique ciel d’été, âgée d’une vingtaine d’années, elle arborait tout aussi fièrement que son employeur les couleurs du clan Wei. À la vue du Capitaine, un sourire timide étira ses lèvres. Et tout en réajustant nerveusement ses lunettes, elle salua respectueusement cette dernière.

« Bon retour parmi nous, Dame. »

« Et quel retour.. Est-ce que se fut aussi pénible sur le Continent qu’en mer ? »

«  Effectivement. Nous avons été sujet à de biens étranges phénomènes ici. »

« Hm. Tu m’expliqueras ça sur la route. » Trancha Jing. Son employée opina et l’invita à rejoindre la nacelle, ouvrant la porte.

«  Bien sûr, je vous en prie. » Imitant sa Dame une fois qu’elle prit place, ordonnant ensuite au cocher de se mettre en route. D’un claquement de rennes, les chevaux partirent comme un seul.

« Bon. Racontes-moi. »

« Chute de température dans tout Argyrei, de violentes tempêtes sur Phelgra, des cadavres d’oiseaux par millier sur Cebrenia, des aurores boréales à  Eridnia.. »

« Et Cimmeria et Noathis ? »

«  Je l’ignore. » Avoua la jeune femme, presque d’un air honteux. Jing haussa les épaules pour tout commentaire. Elle doutait que ces deux autres territoires aient été épargnés. Mais de toute façon, elle ne pouvait rien y faire. Elle souhaitait simplement que ça n’est pas trop impacté ses affaires. Déjà qu’aucun bateau ne put quitter Mavro. Elle avisa ensuite de la pile de documents soigneusement posée à côté de Chang’e. Notons qu’elle avait facilement due brûl.. trier le triple en son absence.

« Par quoi on commence ? » Déclara finalement la capitaine, ponctuant sa phrase en tendant une main, dans l’attente que son employée lui donne un premier document. Ce qu’elle fit. Tel était leur rituel à chaque fois que la Lhurgof remettait les pieds à terre. De quoi les occuper le temps qu’elles regagnent le domaine des Wei. Les dossiers importants se géreraient en arrivant.

« Il y a .. autre chose. » Déclara plus tard Chang’e.

« Hm hm.. » Attendant la suite pour se faire une vraie idée.

« Un homme s’est présenté au domaine comme le..  Le Protégé de Soule. Il aurait aimé vous rencontrer. »

« Allons bon. Rien que ça. » Commenta Wei en roulant des yeux. Non mais franchement ~ « J’espère que tu as lâché les chiens .. histoire d’alléger ses chevilles enflées ? »

«  Je l’ai menacée de le faire, oui .. Puis il est revenu le lendemain, et le surlendemain et le jour suivant. Je lui reconnais une certaine détermination. »

« Ou stupidité. Les deux sont très ressemblants. »

« Je lui ai dit que j’ignorais quand vous seriez de retour, ni même si vous seriez encline à le rencontrer. Il a affirmé qu’il attendrait aussi longtemps qu’il faudra votre retour et réponse. »

« Es-tu en train de me dire que ce .. type est toujours en ville depuis lors ? » Chang’e opina du chef.  

« Ça va faire une semaine. »

Jing Wei cligna lourdement des paupières, la mine perplexe. Et après un long silence. « Tu iras transmettre mes salutations à ce ‘’protégé’’ et l’informera que je le recevrai dans trois jours. » Déclara finalement la capitaine tout en remballant sa paperasse, provoquant la stupéfaction de son employée.

« Vraiment ? »

« Vraiment. Hans te conduira. »

« Très bien. Mais.. hm. S’il me demande pourquoi dans trois jours. » Tout en réajustant nerveusement ses lunettes.

« Pas envie. »

« Oh. Oui. Vous n’avez aucune explication à lui fournir. Suis-je bête. » Se sermonna Chang’e.

Un sourire au coin naquît sur les lèvres de la Dame. « C’est pourtant ce que je viens de te donner. »

« Vous voulez dire que.. »

« Que s’il te demande pourquoi il doit encore attendre trois jours, c’est uniquement parce que je n’avais pas envie de le rencontrer avant. » Si Jing était capricieuse ? Assurément. Mais après tout, cet homme ne devait plus à quelques jours près. Et puis, il s’agissait de faire descendre un peu ce soi-disant être béni de son piédestal. Chang’e ne fit aucun commentaire à ce propos, évidement. De même qu’elle se plierait à la rétorque de Jing. Sur ce, elles arrivèrent aux portes du domaine.

Ces dernières s’ouvrirent au passage de la diligence, leur donnant accès à la coure. Bâti en flanc de falaise. Le Domaine des Wei donnait l’impression d’avoir été creusé et sculpté à-même la roche. Que la capitaine regagna. Tout en se défaussant de sa cape et de son tricorne, elle traversa le grand et verdoyant patio pour rejoindre la bâtisse principale, dont d’immenses fenêtres couvraient la façade blanche, baignant tout son intérieur de lumière. La Lhurgoyf retrouva avec plaisir son territoire à la décoration à la fois éclectique et épurée. Rien n’avait bougé depuis son départ, Chang’e s’en était assurée. Presque de façon mécanique, Jing gravit l’escalier de marbre blanc et rejoignit son salon privé. Où elle fut accueillit par ses molosses et amours de chiens, Zhão et Fãng.

La pièce, également inondée de lumière était restée tel quel. Jing délaissa ses bêtes après quelques minutes, ignorant fauteuils et canapés pour rejoindre son bureau. Du bout des doigts, elle souligna les lignes finement sculptées du meuble tout en le contournant, rejoignant le balcon qui se trouvait derrière. La vue donnait sur le patio, mais aussi et surtout l’étendue calme et azurée de l’océan. C’est presque avec soulagement qu’elle soupira, comme palliant un tant soi peu son manque. Elle se délecta de ce spectacle, assise sur le rebord. Jusqu’à ce que Chang’e refasse son apparition.

«  Je vous ai fait préparer votre bain, Dame. Je me suis dis que vous l’apprécieriez. J’ai également.. mis à votre disposition du Narguilé. »

« Tu lis dans mes pensées, ma colombe. » L’en félicita Jing avec un sourire enjôleur. Sûre qu’une bain ne serait pas de luxe ! Elle se résolue donc à quitter son précieux lieu d’observation. Celui-là même où elle observera arriver son curieux invité. Trois jours plus tard. Comme déclaré.
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Nathanaël Findaryë
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Sam 8 Déc - 11:18

Cela faisait des jours et des jours que j'attendais le retour de la fille de l'homme qui m'avait dérobé mon navire. Du lever au coucher du soleil, je m'étais tenu au sommet des falaises, le regard dirigé vers la courbe de l'horizon, là où le bleu profond de l'océan se mêlait à celui des cieux. Aurait dû le faire du moins, car le temps semblait pris de folie et le ciel s'était couvert d'épais nuages alors que je ne l'avais pour ainsi dire jamais vu autrement que bleu dans cette région du monde. En conséquence l'océan était devenu couleur de plomb, mais le pire était le froid perçant qui s'était installé et, plus invraisemblable encore, la neige qui avait recouvert le sol. Rien de tout cela ne me découragea, toutefois, j'en avais vu d'autres et je m'étais tout simplement muni de mes vêtements les plus chauds afin de braver la froidure.

Chaque soir, j'étais allé au domaine Wei afin de m'assurer que la dame n'était pas revenue en douce après avoir jeté l'ancre dans une crique à l'abri de regards, mais toujours la réponse était restée la même: "je ne sais quand elle reviendra, ni même si elle souhaitera vous recevoir." Celle qui m'avait servi cette immuable ritournelle, une petite femme aux cheveux bruns et au regard aussi bleu qu'un ciel d'été, avait même tenté de me dissuader de revenir en menaçant de lâcher deux molosses sur moi, ce qui lui avait valu en tout et pour tout un léger haussement de sourcils ouvertement sarcastique et un infime sourire en coin. Des chiens... pensait-elle vraiment que j'allais trembler devant si piteux adversaires? Efficaces contre un gueux prompt à tourner les talons, sans doute, mais j'étais fait d'un tout autre métal. Quoi qu'il en soit, pas question de relever le gant en la défiant de mettre sa menace à exécution comme je l'aurais fait en temps normal, la demoiselle que je souhaitais approcher tenait peut-être à ses bêtes et les abattre serait susceptible de desservir mes plans.

Enfin, un soir, des voiles que j'aurais reconnues entre mille apparurent à l'horizon, faisant accélérer les battements de mon coeur, et serrer les poings de colère. D'un oeil critique, j'observai son approche du port - révélatrice des talents de son capitaine et du degré d'entraînement de son équipage - et ne tardai pas à grommeler:

"Choque donc ce foc et étarque la misaine, bougresse! Ne vois-tu pas que tu enfournes à foison?!"

Ecoeuré, je pris plusieurs amples inspirations pour me calmer et retournai à l'auberge où j'avais établi mes quartiers afin de me reposer un peu avant d'aller frapper une fois encore aux portes du domaine de la bougresse en question. Mais à ma surprise, la brunette impertinente qui m'avait "reçu" au domaine vint frapper quelques heures plus tard à ma porte pour me prévenir que sa maîtresse acceptait de me recevoir...trois jours plus tard. Je retins de justesse un soupir d'agacement devant ce camouflet et lui demandai avec la plus grande courtoisie s'il n'était pas possible de la voir plus rapidement, à quoi la gourgandine me rétorqua avec un sourire suffisant que c'était tout simplement que sa maîtresse n'avait nulle envie de me voir plus tôt. Réprimant à grand peine une répartie cinglante, après tout je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même, ne m'étant pas présenté en tant que Duc de Canopée, je me contentai de lâcher de mon ton le plus hautain:

"Fort bien. Veuillez remercier votre Dame de sa courtoisie, jeune femme. Vous pouvez vous retirer."


Qu'étaient-ce que trois jours, finalement, alors que j'attendais cet instant depuis quelques sept décennies? Néanmoins ce bref échange me donnait un aperçu du caractère de la donzelle qui malmenait si bien mon navire que c'était un miracle qu'il n'ait pas encore coulé, la rencontre s'annonçait passionnante...

A l'heure dite, je me présentai aux portes du domaine, vêtu de mes plus beaux atours et arborant ostentiblement mes somptueuses armes ainsi que mes fastueux bijoux. De quoi faire réaliser à la donzelle, si tant est qu'elle ait un sou de jugeotte, qu'elle n'avait nullement à faire au premier venu et que m'avoir fait ainsi languir n'était peut-être pas la meilleure idée de sa carrière. Son éternelle servante me guida à travers la maison jusqu'à un luxueux bureau donnant sur un grand balcon offrant une vue imprenable sur l'océan, mais c'est la femme qui m'y attendait qui retint toute mon attention. Mesurant une tête de moins que moi, élancée et richement vêtue, dotée d'un teint de porcelaine et d'une chevelure noire artistiquement domptée, elle dégageait une indubitable aura de froideur et de hauteur. Ses traits étaient très particuliers, anguleux presque mais cependant non dénués de charme, du moins pour la représentante d'un autre peuple que le mien. Pommettes saillantes, lèvres fines et profond regard de jais en amande, la dame avait des atouts non négligeables qui justifiaient pleinement le surnom sous lequel elle était connue parmi les Marins de Noxis, force m'était de le reconnaître. Lorsque nous nous trouvâmes enfin face à face, je m'adressai à elle d'une voix parfaitement modulée laissant transparaître un soupçon de curiosité et un doigt soigneusement dosé d'amusement:

"Voici donc la fameuse Néréide qui a ensorcelé la moitié des marins de Mavro Limani et d'ailleurs? Je suis surpris, c'est bien la première fois que des récits de marins minimisent la grâce d'une Dame."

Je laissai un léger sourire ourler mes lèvres et m'inclinai avec grâce en ajoutant:

"Mes hommages, Dame Jing Wei, vous rencontrer enfin est un pur ravissement. Permettez que je me présente: je suis le Duc Findaryë, membre émérite - quoique trop souvent absent vous diraient certains - des Marins de Noxis et de la cour de Canopée."

Son père n'ayant jamais connu que mon prénom je ne courais pas grand risque à me présenter ainsi. La possibilité qu'elle fasse le rapprochement entre le "Protégé de Soulen" et le Sindarin ayant jadis possédé son navire était autrement plus grande, mais je la savais peu férue de réunions et, à moins que son père lui ait révélé la vile manière dont il s'était emparé de mes biens, il y avait somme toute peu de chances qu'elle ait jamais entendu parler de moi. Quoi qu'il en soit, cela n'avait que peu d'importance et je ne doutai pas un instant d'être en mesure d'amadouer la donzelle, tout ce qui comptait pour l'heure c'était d'attirer assez son attention pour qu'elle m'accorde un peu de temps:

"Un bien fier navire que le vôtre, très chère, unique en son genre. C'est grand dommage, ou grande chance selon le point de vue, que ses plans aient disparu avec son premier propriétaire. Qui sait quels secrets ils auraient pu révéler quant à la manière d'utiliser au mieux ces voiles à nulles autres pareilles?"
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Jing Wei
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Sam 8 Déc - 14:11

Jing Wei n’avait guère vu passer ces trois jours et ne verrait sûrement pas défiler les prochains. Son employée avait beau excellemment gérer son domaine lorsqu’elle était absente, il y a des affaires qu’elle se devait de traiter personnellement. Et dont même Chang’e n’avait droit de regard. Ces dernières semblaient s’être amassées durant son absence. À croire que c’était fait exprès. Mais passons. C’est presque avec ennui que l’héritière se rappela de son rendez-vous avec l’autre.. Protégé.

Alors que la Néréide savourait son thé dans le patio tout en lisant ses courriers, entourée de ses molosses, elle donna ses quelques directives à Chang’e. Elle conduirait directement le visiteur jusqu’à son salon privé et s’assurerait ensuite que personne ne vienne les interrompre. Elle aurait également préparée au préalable un service à thé et fait brûler cet encens qu’elle affectionne tant ; celui qui apporte une légère odeur de cannelle. Jing s’occuperait elle-même de servir l’homme.

Son employée prit consciemment note de chacune de ses doléances, puis la questionna sur la tenue qu’elle désirerait porter. La Dame parut hésitante et demanda à ce que Chang’e lui sorte deux-trois tenues. Là encore, la brune se plia à cette exigence. Puis elle fut congédiée. Plus tard – une fois ses tâches accomplies - Jing Wei alla se changer, toujours escortée de ses deux Cane Corso.

[…]

C’est donc avec une nette surprise que Chang’e accueillit le Sindarin, apparemment affublé de ses plus beaux atouts pour cette occasion. Elle avait rencontrée bien assez d’héritiers et riches entrepreneurs au cours de sa carrière pour comprendre que cet homme les surclassait. Mais pourquoi s’en être caché dans ce cas ? Des questions que la jeune femme n’aura évidement pas l’outrecuidance de poser. C’est d’un ton respectueux et solennel qu’elle le salua. Avant de le conduire comme prévu jusqu’au salon privé de sa Dame. Lors de sa traversée du patio, la Néréide eut l’occasion de l’observer. Force est de reconnaître que la Capitaine s’était attendue à rencontrer quelqu’un de plus lambda. Les oreilles et têtes de ses molosses se dressèrent lorsque la porte du bureau s’ouvrit. Son employée accompagnant cette dernière, puis invitant le Sindarin à entrer. Chang’e disparut aussitôt ensuite. Silencieuse et discrète.

La Dame n’avait pas bougée de son balcon et s’accorda capricieusement une minute supplémentaire. Les bras croisés dans le dos, dans une posture somme toute militaire. Elle s’était finalement vêtue d’une longue robe de couleur bleu abyssal. Le col en cygne, des arabesque en argent y étaient brodés, tout comme le dos et ce jusqu’au bout de sa traine. Dans un style purement Amarylien, elle soulignait élégamment ses formes et courbes féminines. Ses cheveux toujours coiffés de ce même chignon élaboré, ornés cette fois de somptueuses épingles argentées et serties de saphir, ponctuant son haut port de tête. Quant au maquillage.. il serait injurieux de penser que sa beauté naturelle n’était pas amplement suffisante.

C’est avec élégance mais aussi nonchalance qu’elle daigna enfin pivoter en direction du Sindarin. Tandis que celui-ci ouvrit le dialogue, ses perles sombres le détaillèrent de pied en cap. Indéniablement bel homme. Assurément hautain, conscient de ses atouts et égocentrique.

« Les récits des marins priorisent mes talents en mer plus que mes charmes. Ce qui me convient parfaitement. Vous devez être le ‘’Protégé de Soulen’’. J’espère que la présence de mes chiens ne vous dérangent pas. Ils ne m’ont pas vu depuis des mois et semblent déterminés à me suivre comme mon ombre. » Rétorqua Jing d’une voix volontairement rendue douce et cordiale, faisant fi du compliment. Habituée aux éloges.

« Mes hommages également, Duc Findaryë. Je suis ravie de vous accueillir dans ma demeure. Toutefois et je vous le concède : Vos absences aux réunions vous portent préjudices. » Dans un Alfari impeccable tout en soulignant ainsi poliment que la Dame n’avait jamais entendu parler de lui. Ce qui pouvait tout aussi bien être un mensonge.

« Mais je vous en prie. Installez-vous. Je nous ai fait monter de quoi préparer du thé. Mais peut-être désirez-vous quelque chose de plus fort ? » Tout en désignant d’un geste fluide de la main les fauteuils et canapés à sa disposition. Ce n’est qu’une fois Nathanaël installé – et sa demande exaucée quant à la boisson désirée que Jing s’assit. Alors le Sindarin put reprendre.

À la mention du Ao Kung et cet enrobage de sous-entendu, un sourire mi-figue mi-raisin naquit sur ses lèvres pâles. « Une œuvre d’art se doit d’être unique. Autrement il n’est rien de plus qu’un objet. Un outil comme un autre. Mais ça reste fâcheux.. en effet. Je gage tout de même personnellement que son potentiel est correctement exploité. » Bien que cet homme prétendait indirectement le contraire. D’ailleurs –

« Vous semblez bien soucieux de l’Héritage des Wei et de la manière dont j’en dispose. Non pas que vous soyez le premier à être ouvertement intéressé par mon navire mais .. je m’interroge. Alors maintenant que vous êtes ici, venons-en au fait. Voulez-vous ? » Alors que la Dame récupérait sur le chevet à sa droite une petit boite en bois sombre de forme rectangulaire, fine ouvragée, laquelle contenait sa pipe. Et pendant que Nathanaël formulait sa réponse, la Capitaine prépara son petit nécessaire avant de l’allumer. Tirant une première latte tout en braquant son regard dans celui du Sindarin. Si ça dérangeait son invité qu’elle fume ? Elle avait déjà fait un effort en demandant pour ses bêtes. ‘Fallait pas pousser !
 
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Nathanaël Findaryë
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Sam 8 Déc - 16:14

Comme de juste, la Dame prit son temps avant de se retourner avec une nonchalance affectée, et une notable élégance, pour me faire face. Sans la moindre gêne, elle me détailla des pieds à la tête tandis que j'ouvrais le dialogue, un examen que je me permis de lui rendre puisqu'elle même se l'autorisait. D'une voix douce et cordiale, que je devinais aussi maîtrisée que celle dont j'avais usé, elle me rétorqua:

"Les récits des marins priorisent mes talents en mer plus que mes charmes. Ce qui me convient parfaitement. Vous devez être le ‘’Protégé de Soulen’’. J’espère que la présence de mes chiens ne vous dérange pas. Ils ne m’ont pas vu depuis des mois et semblent déterminés à me suivre comme mon ombre."

Je me contentai d'un petit signe de la main pour lui indiquer que la présence de ses molosses ne me dérangeait en rien et la saluai dans les formes avant de me présenter, sans relever ses propos quant aux récits des marins. Je doutai fort qu'elle soit assez naïve pour croire à ses propres paroles, sans doute en sa présence étaient-ce ses talents de navigatrice qui étaient évoqués, mais en son absence c'était une toute autre affaire. Quoi qu'il en soit, la dame me répondit - dans un Alfari parfait témoignant de son érudition - en plaçant habilement une petite pique:

"Mes hommages également, Duc Findaryë. Je suis ravie de vous accueillir dans ma demeure. Toutefois et je vous le concède : Vos absences aux réunions vous portent préjudice."

Une manière de dire qu'elle n'avait jamais entendu parler de moi, ou de le prétendre du moins. Loin de me laisser démonter, je la gratifiai d'un fin sourire et lui rétorquai d'un ton où perçait un brin d'amusement:

"Ma foi, peut-être que si vous y assistiez plus fréquemment je serais davantage enclin à supporter tous ces interminables bavardages, mais en l'état je préfère la compagnie des vagues et du vent."

La Dame désigna ensuite canapés et fauteuils d'un geste gracieux:

"Mais je vous en prie. Installez-vous. Je nous ai fait monter de quoi préparer du thé. Mais peut-être désirez-vous quelque chose de plus fort ?"

Je la remerciai d'un petit hochement de tête et m'installai confortablement en lui répondant:

"Du thé sera parfait, merci."

J'attendis qu'elle-même ait pris place avant d'évoquer son navire et de sous-entendre qu'elle n'en employait peut-être pas toutes les capacités, ce qui la fit réagir d'un sourire mi-figue mi-raisin et me répondre avec assurance:

"Une œuvre d’art se doit d’être unique. Autrement il n’est rien de plus qu’un objet. Un outil comme un autre. Mais ça reste fâcheux.. en effet. Je gage tout de même personnellement que son potentiel est correctement exploité."

Elle marqua une brève pause et ajouta tout en récupérant un petit coffret allongé contenant une fine pipe:

"Vous sembliez bien soucieux de l’Héritage des Wei et de la manière dont j’en dispose. Non pas que vous soyez le premier à être ouvertement intéressé par mon navire mais .. je m’interroge. Alors maintenant que vous êtes ici, venons-en au fait. Voulez-vous ?"

Je pris le temps de déguster une gorgée de thé et l'observai sans m'en cacher alors qu'elle bourrait sa pipe et l'allumait, attendant que son regard revienne se river au mien avant de lui répondre avec un indéfinissable sourire:

"J'apprécie beaucoup votre manière de parler de ce navire, gente Dame. Il m'aurait déplu qu'il tombe entre les mains d'une personne incapable d'en apprécier les qualités et le caractère unique."


Je reposai ma tasse avec un détachement calculé puis, après un instant de silence, repris d'un ton subtilement ironique:

"Vous êtes fort directe, très chère, mais bien sûr je comprends à quel point votre temps est précieux, vous êtes une femme très occupée selon toute apparence. Toutefois, n'y voyez nulle malice mais plutôt une conséquence de ma nature de Sindarin, j'aime prendre le temps de faire la connaissance de mes interlocuteurs avant de leur dévoiler mes secrets. A plus forte raison quand il s'agit d'une Capitaine aussi talentueuse et charmante que vous l'êtes."

J'époussetai une poussière imaginaire de ma manche avant de plonger à nouveau mon regard d'acier dans le jais de ses prunelles en amande pour ajouter avec un petit sourire en coin:

"Mais comme il me dérangerait que vous lâchiez vos molosses sur moi pour me faire déguerpir, je vous dirai simplement ceci: c'est moi qui ai conçu votre cher Ao Kung et qui en ai supervisé la construction. Est-ce un motif suffisant pour que vous me consacriez quelques heures de votre précieux temps, ou dois-je galoper afin d'échapper aux mâchoires de vos redoutables gardes du corps?"
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Sam 8 Déc - 18:24

Loin d’en prendre ombrage, ni de se laisser désarçonner par les propos de la Néréide, le prénommé Nathanaël avoua qu’il n’appréciait guère participer à toutes ces réunions, en général synonymes d’interminables – et stériles - bavardages. Il en aurait peut-être toutefois été autrement si Jing y répondait plus souvent présente. À ce subtil et juste retour de bâton, la Capitaine esquissa un fin sourire.

« L’appel de la Mer est le seul auquel j’accepte de répondre. Au grand damne de mes pairs, ceux-là même qui désormais semblent se complaire dans leur fainéantise et stagne en Mavro dés qu’est annoncée une tempête. » Soupira la Dame. Quelque peu déçue voire même exaspérée que ‘’ces hommes et ces vrais ‘’ ne… excusez la rudesse de mes propos ~ Ne portent plus leurs couilles au moindre coup de vent. À croire que le sel qui coulait dans leurs veines s’étaient distillés dans le trop plein de rhum.

Passons. Invitant donc le Sindarin à prendre place. Celui-ci pencha pour une tasse de thé lorsque la Capitaine lui proposa une boisson. La Néréide se chargea alors elle-même de le préparer, presque de manière cérémoniale – bien que la vraie aurait demandée des heures. Chacun de ses gestes savamment calculé, tout comme la température de l’eau et la juste dose d’herbes à infuser. Elle servit ensuite une tasse et la présenta sobrement à son protégé.

Après quoi la Dame s’installa et écouta attentivement – autant que faire se peut du moins - ce que son vis-à-vis avait à lui dire. Le Ao Kuang fut rapidement glissé dans la conversation. La description qu’en fit la Néréide plut assurément à Nathanaël ; flatté dans son ego. Une réaction qui fit rehausser un sourcil de la part de notre héritière et demander au Sindarin de jouer cartes sur table. Une annonce qui sembla l’amuser, tant elle fut spontanée et directe. Ce qu’il ne manqua pas de souligner d’ailleurs. Un fin sourire décora les lèvres nacrées.

« Duc Findaryë. Si je prend la peine de m’épargner les bavardages et flatteries inutiles de Mavro - par mon absentéisme, ce n’est certainement pas pour me les infliger dans ma propre maison. Chose qui ne devrait pas vous déplaire. Je me trompe ? » D’une voix égale et teintée d’un amusement retenu. Elle marqua un temps.

« J’ai effectivement pu constater de cette patience typiquement Sindarine.. ainsi que de la votre. » Ajouta la Dame avec une pointe flagrante d’ironie. Ne boudant pas sa satisfaction de l’avoir fait ainsi attendre. Quand bien même ces trois jours ne valaient pas même un battement de cil pour notre invité. La Capitaine accompagna ensuite son geste d’un regard et lui offrit un silence poli. Le laissant exposer les faits. Les yeux dans les yeux. Jing retenue un rire – se contentant alors de souffler sa fumée, tant à propos de ses garde-du-corps que du reste.

« Voyez-vous ça. Le concepteur de mon précieux navire m’honore de sa prestigieuse personne.. pour la dix-septième fois. Je conçois qu’une impressionnante équipe fut mise à contribution pour un tel bijou, mais autant de contremaîtres. » Elle prit confortablement place au fond de son canapé, sans quitter des yeux le présumé ingénieur naval.

« Pardonnez mon cynisme.. Mon Duc. Mais comprenez aussi que vous êtes loin d’être le premier à vous présenter sous couvert de tels prouesses. Aussi. J’ose espérer que vous avez des preuves solides pour corroborer vos dires. Autre que votre statu privilégié, votre joli minois et vos fastueux atouts. Sinon.. Croyez-le ou non, mes chiens seraient bien le cadet de vos soucis comparés à une balle de mousquet ou le fil de mon épée. Et ce quand bien même tout le Panthéon d’Isthéria vous aurait accordé sa grâce. » Se permit de le prévenir calmement la Dame, son faciès ne trahissant à cet instant d’aucune forme d’hésitation, ni de scrupule. Éternellement de glace. Elle devinait Nathanaël comme un adversaire possiblement expérimenté et coriace. Mais pour Jing Wei ce s’en serait que plus stimulant encore.

Elle marqua un temps raisonnablement calculé. Permettant au Sindarin d’assimiler ce que son outrecuidance – et supposé mensonge – pouvait lui coûter. « Donc. Dîtes-moi. Quelles sont vos preuves ? Et quand bien même j’y accorderai de l’importance – ce qui n’est pas fait non plus. Que me vaudrait officiellement cette visite ? »

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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Dim 9 Déc - 17:50

Jing Wei esquissa un fin sourire lorsque je suggérai que mon assiduité à fréquenter les réunions des Marins de Noxis aurait été accrue si elle-même s'y présentait plus fréquemment. C'est en soupirant qu'elle me rétorqua que l'appel de la mer était le seul auquel elle accepte de répondre, au grand dam de ses pairs qui semblaient préférer se terrer à l'abri d'un port dès que la tempête menaçait. D'un air déçu,voire exaspéré, elle regretta que "ces hommes et ces vrais ne…-excusez la rudesse de mes propos - ne portent plus leurs couilles au moindre coup de vent", une réplique qui me fit lui répondre en riant:

"De fait, c'est une bien étrange époque que celle où une Dame se montre plus "couillue" que tous les mâles membres de l'assemblée de Mavro."

Une fois que nous nous fûmes installés et que la Néréide m'ait servi le thé de manière quasi cérémonielle, elle s'enquit sans détour des motifs de ma présence et, après que j'aie affirmé ma volonté de prendre le temps de faire sa connaissance avant de lui révéler mes secrets, me rétorqua avec un fin sourire:

"Duc Findaryë. Si je prends la peine de m’épargner les bavardages et flatteries inutiles de Mavro par mon absentéisme, ce n’est certainement pas pour me les infliger dans ma propre maison. Chose qui ne devrait pas vous déplaire. Je me trompe ?"

Malgré sa voix égale, je discernai une note d'amusement dans son ton, qui se teinta d'ironie lorsqu'elle poursuivit après un bref silence:

"J’ai effectivement pu constater de cette patience typiquement Sindarine... ainsi que de la vôtre."

Un sourire tout aussi amusé aux lèvres, je l'observai brièvement d'un regard appréciateur, non seulement elle était belle mais de surcroît elle avait de l'esprit, une combinaison bien rare. La partie s'annonçait plus plaisante, et corsée, que prévu:

"Voilà qui me ferait rentrer fissa au port, la queue entre les jambes et mes attributs mâles en bandouillère, si comme nos pairs je craignais les vents. Mais quelques menues bourrasques ne sauraient me décourager, pas plus qu'un encalminage en règle d'ailleurs, ma chère."

Je lui révélai néanmoins ensuite être l'architecte de son navire, ce qui la fit souffler la fumée de sa pipe et, retenant visiblement un rire, me rétorquer:

"Voyez-vous ça. Le concepteur de mon précieux navire m’honore de sa prestigieuse personne.. pour la dix-septième fois. Je conçois qu’une impressionnante équipe fut mise à contribution pour un tel bijou, mais autant de contremaîtres."

Elle s'installa plus confortablement dans son canapé, sans détacher une seconde son regard du mien, était-ce un signe que mes paroles avaient malgré tout suffit à attiser son intérêt et qu'elle était prête à m'accorder un peu plus de temps? Il était raisonnable de le penser, mais rien n'était encore gagné à en juger par ce qu'elle ajouta ensuite d'un ton calme:

"Pardonnez mon cynisme.. Mon Duc. Mais comprenez aussi que vous êtes loin d’être le premier à vous présenter sous couvert de tels prouesses. Aussi. J’ose espérer que vous avez des preuves solides pour corroborer vos dires. Autre que votre statu privilégié, votre joli minois et vos fastueux atouts. Sinon.. Croyez-le ou non, mes chiens seraient bien le cadet de vos soucis comparés à une balle de mousquet ou le fil de mon épée. Et ce quand bien même tout le Panthéon d’Isthéria vous aurait accordé sa grâce."

Après avoir laissé filer un silence soigneusement calculé, elle acheva, imperturbable:

"Donc. Dites-moi. Quelles sont vos preuves ? Et quand bien même j’y accorderai de l’importance – ce qui n’est pas fait non plus. Que me vaudrait officiellement cette visite ?"

Je plissai les yeux et me fendis d'un léger rire à ce discours, ouvertement amusé cette fois, puis je m'adossai nonchalament au dossier de mon fauteuil et croisai les jambes avec un détachement soigneusement étudié avant de lui répondre:

"La longueur du Ao Kung et de 42,96 mètres, divisez-là par le nombre d'or multiplié par deux et vous obtenez sa largeur totale, soit 13,34 mètres. Divisez cette largeur par deux et vous obtenez sa hauteur de la quille au pont, soit 6,67 mètres. Ses mâts sont solidarisés à la quille au moyen de blocs d'acier oblongs de 4,296 mètres de long par 1,334 de large et 0,667 d'épaisseur qui, outre leur rôle de fixations, servent aussi à améliorer la stabilité du bateau de par leur poids. Contrairement à n'importe quel autre navire, la poupe du Ao Kung n'est pas son point faible puisqu'il est constitué d'une double épaisseur de bois si dense qu'aucun charpentier ne saurait vous dire d'où il provient. Ce poids considérable semble quelque peu déséquilibrer le bateau vers l'arrière lorsqu'il est à l'arrêt, ce qui fait souvent dire aux ignorants que sa cargaison est mal répartie. Mais vous avez sans doute compris sa raison d'être: il compense la traction du cerf-volant avant lorsque ce dernier est déployé. Par ailleurs vous aurez sans doute remarqué les deux canelures sous sa coque? Leur angle est identique, bien qu'opposé, à ce "déséquilibre", ce qui a pour conséquence de réduire notablement le tirant d'eau lorsque le navire dépasse les vingt noeuds, il "sort" de l'eau en quelque sorte, ou déjauge, pour utiliser le terme exact. Moins de résistance à l'eau, et donc une vitesse accrue, tout en favorisant la stabilité."

Je souris finement à la dame et, après un court silence, ajoutai:

"Je pourrais aussi vous dire que votre cabine comporte trois caches secrètes: l'une au-dessus de la tête de votre lit, qui s'ouvre en pressant puis en faisant tourner d'un quart de tour sur la droite la scuplture de dauphin qui s'y trouve. La deuxième est juste en-dessous de la fenêtre babord, on y accède en exerçant une pression sur l'extrêmité gauche de la moulure décorant la tablette de ladite fenêtre. La troisième enfin se trouve au fond de l'armoire tribord, il suffit de faire coulisser le panneau du fond en appuyant sur la cheville du milieu de la paroi gauche. Dois-je poursuivre?"

Lâchant brièvement son regard, je m'emparai de ma tasse et savourai posément une gorgée du breuvage avant de replonger les yeux dans les siens pour achever avec un petit sourire en coin:

"Quant à la raison de ma visite, je serais tenté de vous répondre que le seul plaisir de passer quelques instants en votre compagnie justifierait tous les efforts, mais je me doute qu'une femme aussi peu adepte de flatteries - et directe - que vous l'êtes ne saurait s'en contenter. Allons droit au but dans ce cas: je veux naviguer avec vous et voir de mes yeux ce que vous êtes capable de tirer de la merveille que vous commandez."
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Lun 10 Déc - 11:04

Après que la Capitaine ait posément et calmement expliqué les faits à Nathanaël, exposant sa situation actuelle ainsi que les risques qu’il encourait. C’est à son grand étonnement – bien que ne l’exprimant pas physiquement – que la Néréide l’entendit rire et s’installer plus confortablement encore, imitant son interlocutrice. Imperturbable, notre pâle amie l’observa longuement et déduit assez simplement que le Sindarin n’avait pas commis l’affront, ni la bêtise de se moquer d’elle. En ce cas, pensait-il que Wei ne mettrait pas ses menaces à exécution, sous prétexte qu’il était un Duc ? Ce serait tout aussi mal la connaître. Toutefois la Capitaine doutait que Nathanaël soit assez stupide pour se croire intouchable ici. Ce qui sous-entendait alors qu’il disposait d’éléments solides pour étayer ses dires.

C’est dans une attitude faussement désintéressée que Wei prêta pourtant une oreille attentive à son vis-à-vis. Fãng, l’un de ses précieux molosses, s’était imperceptiblement positionné aux côtés de sa maîtresse ; comme s’il se tenait prêt à répondre au prochain ordre. La Néréide glissa une caresse approbatrice sur sa tête avant de placer cette même main entre ses omoplates. Fãng resta alors en attente.. écoutant presque tout aussi assidument la déclaration du Sindarin.

Ce dernier étala alors littéralement sa science auprès de la Capitaine, lui décrivant avec précision le moindre élément qui composait le Ao Kuang et ses propriétés. Celles-là même qui rendaient ce navire unique. Force est de reconnaître que Nathanaël s’y connaissait d’avantages que ses prédécesseurs. Pourtant, ce fut loin de convaincre Wei. N’importe qui ayant participé à la construction du navire, servit en son sein ou ayant un tant soit peu le sens de l’observation – et une expérience dans le domaine - aurait pu en conclure la même chose.

Une légère pression autour des épaules de son Corso suffit à ce que celui-ci pousse un grondement rauque et menaçant, traduisant de mécontentement de la Néréride. Dépendamment ou non de cette mise-en-garde, Nathanaël retenta sa chance. La dernière ~ Et cette fois. Le Sindarin parut enfin plus crédible au regard de la Dame. Les caches n’étaient jamais mentionnées sur les plans et elles étaient élaborées par le concepteur uniquement. Seul lui ainsi que futur détenteur du navire étaient donc tenus à la confidence. C’est presque avec une pointe de défi que l’homme demanda alors si cette ultime preuve de bonne foi était suffisante. Wei arqua un léger sourcil. Mais heureusement pour le Sindarin.. la Capitaine s’abstenu de tout ordre à Fãng, qu’elle renvoya silencieusement à sa place.  

«  Vous semblez avoir mieux appris votre leçon que vos seize autres prédécesseurs, Duc Findaryë. J’ai cependant le sincère regret de vous informer que le dauphin en question a depuis longtemps été remplacé. Ne m’en veuillez pas, mais j’ai toujours trouvé cette sculpture particulièrement hideuse et clichée. » Commenta calmement Wei tandis que son invité terminait sereinement de siroter son thé. À la fois subtilement doucereuse et piquante. Là encore, la Capitaine avait sciemment ignorée les compliments de Nathanaël pour se concentrer sur l’essentiel. Elle tira une dernière latte de sa pipe d’en chasser le contenu d’un petit coup sec et habile contre le cendrier. Elle reposa ensuite délicatement ledit objet finement ouvragé sur le chevet, quitta le confort de son canapé avec la légèreté qu’on lui connaît.

« Vous me feriez certainement honneur en rejoignant mon équipage. Bien que je me questionne sur ce qui vous a poussé à vous en éloigner. Tout comme ce qui vous a fait revenir. » Commença la Néréide tout en s’approchant de son imposant bureau, le contournant pour revenir à sa place initiale et choyée, soit près de la porte-fenêtre. Elle plaça de nouveau ses mains dans le dos, maintenu bien droit.

« Mais. » Marquant volontairement cette opposition. « Le Ao Kuang n’est pas un vaisseau sur lequel j’autorise que l’on flâne ou opère en simple observateur – à moins d’y mettre le prix, quand bien même il s’agit de son illustre créateur. De même que je compte bien assez d’hommes compétents et aguerris, ainsi qu’un parfait Second, sans ressentir le besoin de m’encombrer de vous, dont je gage que votre statu de Duc vous croit disposé à un quelconque traitement de faveur. »

Par un regard au coin et tout en adoptant un air suffisant, la Néréide planta ses amandes sombres en direction du Sindarin ; en quête de la moindre réaction. Nathanaël était un homme gonflé d’assurance et orgueilleux. Tout comme Wei en fin de compte. Et bien que cela pouvait donner matières à des soirées divertissantes, il était en revanche peu de bon ton d’avoir sur un bateau deux caractères forts et insoumis lorsque l’on veut maintenir l’ordre et la cohésion.

« En quoi pensez-vous m’être réellement utile, mon Duc ? Si ce n’est m’apprendre des choses que je sais assurément déjà à force d’avoir foulé le pont de ce navire et parcouru les mers avec lui. Et plus important encore. Dans l’éventuelle quoi qu’infime possibilité de vous décevoir. Que se passerait-il ? » N’étant pas idiote au point de croire qu’il n’y a pas anguille sous roche. Accoutumée aux requins et autres pourritures de la mer.


Dernière édition par Jing Wei le Lun 10 Déc - 15:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Lun 10 Déc - 14:35

L'un des molosses se positionna aux côtés de sa maîtresse, comme en l'attente de l'ordre qui l'autoriserait à se jeter sur moi, tandis que je me lançai dans une sommaire démonstration de ma connaissance du Ao Kung. Hormis un bref coup d'oeil indifférent au canin, je tins aussi peu compte de l'animal que s'il avait été fait de faïence, même lorsqu'il gronda de manière menaçante au terme de mes premières explications. Si la hautaine Jing pensait m'impressionner de la sorte, elle faisait erreur sur la personne. Le fait que je connaisse les caches secrètes de sa cabine sembla suprendre un peu plus la dame qui haussa légèrement un sourcil avant de renvoyer son corniaud à la niche avant de commenter calmement:

"Vous semblez avoir mieux appris votre leçon que vos seize autres prédécesseurs, Duc Findaryë. J’ai cependant le sincère regret de vous informer que le dauphin en question a depuis longtemps été remplacé. Ne m’en veuillez pas, mais j’ai toujours trouvé cette sculpture particulièrement hideuse et cliché."

Ce fut à mon tour de hausser un sourcil. Mon dauphin, hideux et cliché?! Par tous les dieux, son arrogance n'avait-elle donc aucune limite? J'avais passé des heures à le modeler de sorte à lui donner "vie", mais le moment était mal choisi pour laisser entrevoir le moindre soupçon de colère et je ripostai avec ironie:

"Ma foi, si j'avais su que ce navire deviendrait vôtre, sans doute aurais-je choisi quelque animal marin bardé de piquants en lieu et place du dauphin. Une rascasse volante peut-être, merveilleusement gracieuse et mortelle à souhait?"

Ele tira une dernière bouffée de sa pipe avant de la vider et de la reposer, puis se leva souplement et se dirigea vers son bureau en déclarant:

"Vous me feriez certainement honneur en rejoignant mon équipage. Bien que je me questionne sur ce qui vous a poussé à vous en éloigner. Tout comme ce qui vous a fait revenir."

Je me levai une seconde après elle, galanterie obligeant, et l'observai aller se placer devant l'une des fenêtres, droite et fière, les mains croisées derrière le dos.

"Mais. Le Ao Kuang n’est pas un vaisseau sur lequel j’autorise que l’on flâne ou opère en simple observateur – à moins d’y mettre le prix - quand bien même il s’agit de son illustre créateur. De même que je compte bien assez d’hommes compétents et aguerris, ainsi qu’un parfait Second, sans ressentir le besoin de m’encombrer de vous, dont je gage que votre statut de Duc vous croit disposé à un quelconque traitement de faveur.

Je me gardai soigneusement de lui répondre immédiatement, raisonnablement certain qu'elle n'en avait pas terminé, et rivai sans détour mes prunelles dans les siennes lorsqu'elle se tourna un peu pour me scruter d'un regard en coin et achever d'un air suffisant:

"En quoi pensez-vous m’être réellement utile, mon Duc ? Si ce n’est m’apprendre des choses que je sais assurément déjà à force d’avoir foulé le pont de ce navire et parcouru les mers avec lui. Et plus important encore. Dans l’éventuelle quoique infime possibilité de vous décevoir. Que se passerait-il ?"

Un indéfinissable sourire aux lèvres, je la rejoignis près des extravagantes baies vitrées et, après avoir observé le panorama durant un court instant, haussai les épaules et lui répondis - en commençant par la fin de son discours - d'un ton où perçait mon amusement:

"Eh bien, si vous étiez l'un de ces eunuques de Mavro Limani, je vous jetterai par-dessus bord sans autre forme de procès. Mais comme il ne fait aucun doute que vous êtes une Dame, et non des moindres, je suppose que la courtoisie m'obligerait à vous ramener en votre demeure et à vous conseiller un passe-temps plus approprié, la broderie par exemple."


Après cette touche d'humour, j'attendis d'avoir accroché son regard avant d'ajouter avec davantage de sérieux:

"Nous traversons une période troublée, ma Dame, et si vous avez la moitié de l'esprit que je vous prête vous savez pertinemment que cela n'ira pas en s'améliorant ces prochaines années. Par ailleurs, je doute fort que vous soyez assez naïve pour me prendre pour un quelconque noble parfumé prompt à se pavaner sur le pont en attendant qu'on lui fasse des courbettes et qu'on lui serve le thé."


Je laissai filer un instant de silence, durant lequel je scrutai à nouveau l'océan, puis je poursuivis en lui souriant aimablement:

"Ni vos matelots ni votre second ne sont capables d'améliorer votre navire, ou même de remplacer correctement une pièce qui casserait. Vous pensez n'avoir plus rien à apprendre quant au maniement de votre vaisseau? Je serai positivement ravi de vous surprendre en la matière, très chère. J'ajouterai qu'aucun de vos matelots ne peut vous offrir le dixième des opportunités commerciales que pourrait vous valoir l'amitié d'un Duc de Canopée. Les routes terrestres sont devenues fort incertaines, ces dernières années, nos exportations s'en ressentent d'autant plus que les voies maritimes ne sont guère plus sûres, en particulier depuis la guerre entre Cimmeria et Phelgra puisque Canopée s'est rangée du côté de la première et que bon nombre de Marins de notre caste sont plus enclins à servir la seconde."

Nouvelle pause, que j'occupais à la scruter d'un air songeur, et j'achevai:

"Je pourrais bien évidemment armer mon propre bâtiment, voire plusieurs. Mais que voulez-vous, je suis un sentimental dans le fond et je suis très attaché à ce navire qui reste la plus belle de mes créations. D'autres tâches requéraient mon attention jusqu'à il y a peu, mais maintenant que j'en suis délesté... que pourrait-il y avoir de plus merveilleux que de parcourir les océans sur l'Ao Kung en compagnie de la légendaire et ô combien envoûtante Néréide? On vous dit audacieuse, mais l'êtes vous vraiment?"


Un petit sourire subtilement charmeur ponctua mes dernières question, discrètement teinté de malice et de provocation, je prenais goût au jeu qui avait débuté à ce qu'il semblait, mais était-ce également son cas? Je n'allais pas tarder à le savoir...
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Lun 10 Déc - 18:24

L’annonce quant au remplacement de la sculpture par une autre sembla faire mouche sur Nathanaël, puisqu’il haussa lui aussi un sourcil. Wei crut même desceller une pointe d’agacement, voire de colère dans son regard. Pour sa plus grande satisfaction. Le Néréide se doutait pertinemment que les choix artistiques concernant l’Ao Kuang venaient désormais du Sindarin. Son père n’accordait que très peu d’intérêts à l’esthétisme des choses ; et auquel cas Aeddan  lui-même aurait refusé pour le dauphin.

D’ailleurs et après mures réflexions, il avoua que s’il avait connu Wei lorsque cette dernière reprit la barre du navire, il aurait opté pour un autre animal correspondant au caractère piquant de sa ‘’jeune’’ comparse. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres pâles, amusée plus qu’offusquée.

«   Peut-être bien. Mais malheureusement, vous avez manqué le coche lors de cette passation. Aussi ai-je du aviser seule d’un nouvel emblème. Votre dauphin était-il quant à lui représentatif de votre peau lisse ? Ou peut-être d’un penchant ? » Piqua doucereusement notre Néréide. Visant secondement en-dessous de la ceinture.

«   Si je puis me permettre. L’anguille aurait été tout aussi parlant. Quoiqu’imposant de le partager avec bon nombre de personnes. » Et puisqu’ayant eu un aperçu du caractère egocentrique du Sindarin. Il aurait probablement été fort déplaisant pour lui d’être comparé au commun des charognards. Passons. Mettant finalement de côté toute référence animalière. Wei exposa d’autres faits. Galanterie imposée, son interlocuteur se leva lorsque la Capitaine quitta son siège avant de la rejoindre. Wei détacha son regard de Nathanaël et revint plutôt sur l’étendue azurée, tandis que celui-ci choisit de répondre d’abord à sa dernière question. Un rire tenu et cristallin s’échappa, bien qu’elle ne daigna lui offrir ce regard qu’il cherchait à capter en cet instant. De la broderie ~

«  Du sérieux je vous prie. Duc. » Répliqua calmement mais plus franchement la Néréide. Son faciès retrouvant ses traits habituels. Le Sindarin reprit donc. Il ne la surprit guère lorsqu’il rappela que les temps en Isthéria étaient troublés. Et qu’à défaut d’une amélioration, il valait mieux s’entourer des bonnes personnes. Une lourde inspiration de notre pâle amie refléta une franche exaspération. Elle préfèrait nettement que les autres courbent l’échine devant elle, non l’inverse. D’ailleurs Wei s’était toujours refusée à le faire. Et on pouvait lui reconnaître ce mérite d’assumer tous ses choix et cette volonté d’indépendance. Elle ne devait rien à personne. En bonne hôte cependant, elle laissa le Sindarin continuer.

Ce dernier fit remarquer à Wei qu’elle aurait été bien naïve de le croire prompt à l’oisiveté et totalement dénué de ressources, ce qui n’était évidement pas le cas. Il se targua aussi – et à raison – qu’aussi expérimentés sont ses hommes, d’aucun ne pouvait prétendre remettre le Ao Kuang en état s’il essuyait un coup dur ; sa hantise. Contrairement à lui.

Quant au fait que la Néréide n’avait rien à apprendre de lui, Nathanaël se disait ravi de pouvoir la surprendre. Enfin et il fallait tout de même bien admettre, la fortune du Sindarin ainsi que sa position au sein de Canopée offriraient de nets avantages commerciaux. Il laissa un temps calculé à Wei pour qu’elle assimile toutes ces informations, la Capitaine déjà en train de peser mentalement le pour et le contre.

«  Quelle chance que vous vous montriez aussi nostalgique et .. sentimental. » D’une voix monocorde, ne prêtant guère de crédit à ce dernier trait de sa personnalité. Elle dirigea ses prunelles abyssales en direction du Sindarin, le défiant ouvertement du regard devant son air ostensiblement provocateur et charmeur. Audacieuse ~

«   Mais pas irréfléchie. Et .. il me semblait vous avoir déjà spécifié de vous abstenir de flagorneries inutiles. L’émotion de vos hypothétiques retrouvailles avec l’Ao Kuang vous rendrait-elle un brin tête en l’air ? » Se moqua ouvertement, bien qu’enrobant ses dires d’une voix enjôleuse et provocatrice. Toutefois, elle ferma rapidement cette parenthèse. Et sur un ton plus ferme quoique toujours calme et protocolaire.

«   Je vais réfléchir à votre proposition et vous ferai parvenir une réponse dans un délais raisonnable. Notez que si j’accepte .. ce sera sous mes conditions. Je gage toutefois vous saurez répondre à mes attentes. » Pour ne pas dire ouvertement : petits caprices. Elle voulait que les règles soient d’hors et déjà établies. C’est elle qui aurait le dernier mot.

 «   Maintenant, si vous le permettez, ce sera tout pour aujourd’hui. Je ne peux décemment vous laisser m’accaparer tout mon temps. Rassurez-vous, c’est Chang’e qui se chargera personnellement de vous raccompagner. Et non mes molosses. » Déclara poliment la Capitaine, annonçant la fin de cette entrevue et l’invitant cordialement à se retirer.
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Mar 11 Déc - 11:35

Un fin sourire se dessina sur les lèvres de la Nymphe lorsque je suggérai que la rascasse ferait un merveilleux symbole pour elle et c'est doucereusement qu'elle me rétorqua que j'avais manqué le coche et me demanda si le dauphin était représentatif de ma peau lisse. A moins, ajouta-t-elle, qu'il ne symbolise d'autres penchants. L'anguille aurait été tout aussi appropriée, dit-elle encore, quoique bon nombre de personnes puissent prétendre avoir des ressemblances avec cet animal fuyant. Je laissai échapper un léger rire, amusé de ces réparties, mais je relevai pas et laissai la discussion s'orienter vers le but de ma visite. Ma répartie quant à ce qui arriverait si elle me décevait la fit éclater d'un rire cristalin mais elle se déroba à mon regard et m'incita à un peu plus de sérieux. Lorsque je déclarai mon attachement au Ao Kung, non sans jouer un peu de mon charme au passage, elle répliqua d'une voix monocorde indiquant sans ambiguité le peu de crédit qu'elle accordait à mon prétendu sentimentalisme:

"Quelle chance que vous vous montriez aussi nostalgique et .. sentimental."

Ce n'est que lorsque je lui demandai si elle était vraiment aussi audacieuse que le prétendaient les marins qu'elle replongea ses prunelles de jais dans les miennes d'un air de défi pour se moquer d'un ton enjôleur et provocateur:

"Mais pas irréfléchie. Et .. il me semblait vous avoir déjà spécifié de vous abstenir de flagorneries inutiles. L’émotion de vos hypothétiques retrouvailles avec l’Ao Kuang vous rendrait-elle un brin tête en l’air ?"

Je soutins son attention sans faillir et, avec un discret sourire en coin, haussai légèrement les épaules en chassant ses "consignes" d'un petit geste désinvolte de la main:

"Allons ma chère, faites-moi la grâce de ne pas confondre flagorneries et vrais compliments, voulez-vous?"


Visiblement désireuse d'asseoir sa future autorité sur moi, la Néréide ajouta:

"Je vais réfléchir à votre proposition et vous ferai parvenir une réponse dans un délai raisonnable. Notez que si j’accepte .. ce sera sous mes conditions. Je gage toutefois vous saurez répondre à mes attentes. Maintenant, si vous le permettez, ce sera tout pour aujourd’hui. Je ne peux décemment vous laisser m’accaparer tout mon temps. Rassurez-vous, c’est Chang’e qui se chargera personnellement de vous raccompagner. Et non mes molosses."

Je m'inclinai gracieusement à ce congé en bonne et due forme, insister aurait été discourtois, mais je précisai néanmoins avec fermeté:

"Ma dame, sur votre pont j'obéirai à vos ordres aussi bravement que vos toutous, mais en dehors de ce lieu précis n'escomptez point trop que je ploie le genou, vous seriez déçue. Quant à vos conditions, je ne doute pas que vous serez assez adroite pour m'en proposer d'assez honorables pour qu'elles me semblent acceptables. J'attendrai votre réponse durant trois jours supplémentaires, un délai plus que suffisant pour que vous ayez tout loisir de soupeser les avantages que vous procurerait ma présence à vos côtés. Mes hommages, très chère Jing Wei."

Ayant ainsi souligné les limites à ne pas dépasser, je me retirai sous la conduite de sa servante et regagnai songeusement l'auberge. Les dés étaient jetés, il ne me restait désormais plus qu'à attendre.
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Mar 11 Déc - 20:51

Trois jours s’étaient précisément écoulés depuis son entrevu avec Nathanaël. La Néréide avait beau être capricieuse, elle était cheffe de son Clan et se devait d’être responsable et réfléchie. Et force est de reconnaître qu’il n’était pas de bon ton de faire attendre un Duc. Aussi avait-elle remis sa réponse et finalement stipulée son accord, invitant le Sindarin à la retrouver au Domaine pour l’étude et la signature du contrat. Wei savait pertinemment que certaines closes pourraient déplaire à Nathanaël. Mais elle voyait là une méthode pour desceller ses véritables intentions et sa détermination. Et puis, avouons-le aussi, la Capitaine éprouvait aussi un certain et malin plaisir à faire tourner son Duc en bourrique.

L’après-midi était déjà bien amorcée. Wei avait fait le choix d’attendre le Sindarin au patio. Malgré les températures toujours à la baisse les rayons du soleil, couplés à la présence d’un brasero la rendraient supportables. Confortablement installée sur le divan et munie de sa pipe, la Néréide attendait patiemment la venue de son prestigieux invité. Elle avait troquée sa robe longue pour un ensemble pantalon et chemise à col cape ; tous les deux blancs. Ses cuissardes en cuir brunes étaient en accord avec sa ceinture corset et son bicorne orné de plumes de faucon crécerelle, qu’elle avait sciemment déposée sur la table-basse – à côté du contrat et de son encrier. Ses cheveux en chignon étaient également dépourvus de parures, puisque la Néréide s’était munie de son chapeau. Elle releva ses prunelles obsidiennes lorsque des bruits de pas résonnèrent sur le sol carrelé. Face à elle apparue alors son employée : Chang’e. La Représentante des Wei s’inclina respectueusement devant la Capitaine.

« Ma Dame. » Son timbre de voix trahissant son malaise et son inquiétude. L’instant suivant, la silhouette massive et familière d’un Zélos apparue. Keh’Aqta. Capitaine de l’Hydre. Ou devrais-je plutôt dire son épave. Avec calme et nonchalance, notre pâle amie tira une dernière latte de sa pipe avant de la déposer.

« Laisses-nous. » Ordonna la Néréide en avisant rapidement de la situation. Elle ne voulait pas que son employée, non-combattante, se retrouve dans la mêlée. Le Zélos accéda à sa demande et libéra Chang’e.

« Keh’Aqta. Quelle surprise de te retrouver ici. Et sur tes deux jambes qui plus est. » L’en félicita la Néréide. Ouvertement hautaine et provocatrice.

« Je ne peux pas en dire autant de mes hommes, dont plus de la moitié gît désormais par le fond avec mon précieux navire. Par ta faute » D’une voix caverneuse, vibrante de colère et de ressentiment. La Néréide arqua un sourcil. Franchement agacée.

« Et que veux-tu que je te dise ? Quand on hisse le pavillon noir c’est aussi prendre le risque de couler son vaisseau. Tu as joué Keh’Aqta et tu as perdu. Mon seul regret est que bon nombre de tes hommes soient morts pour une raclure de ton espèce, sans connaître la vraie piraterie. »

« Sale garce.. » Pesta le Zélos entre ses dents tout en fonçant d’un pas lourd et menaçant sur la Néréide, empoignant son sabre. Un éclat réprobateur brilla dans les méandres de la Capitaine qui se leva tout aussi abruptement. Alors que son adversaire s’apprêtait à dégainer et infliger par la même occasion une estocade, la Dame l’empoigna fermement et stoppa net son geste ; provoquant la stupeur de Keh’Aqta. Les yeux dans les yeux. Un chuintement prédateur glissa entre les lèvres de Wei.

« Tu foules mon domaine. Tu t’en prends à mon employée. Et maintenant tu m’attaques en me sachant désarmée. En plus d’être insignifiant tu es doublé d’un lâche. » Se moqua ouvertement la Capitaine d’une voix redevenue posée quoique glaciale. Elle resserra sa prise autours du poignet du Zélos tel les serres d’un puissant rapace, ce qui l’obligea à se déposséder de son arme. Loin pourtant de s’en satisfaire… la Néréide prolongea sa douloureuse torsion. Keh’Aqta poussa une complainte et se retrouva genou à terre. De sa main libre il put se saisir de la dague à sa botte et tenta une contre-offensive. Wei se résolue à lâcher prise et se recula d’un bond agile.

« Jing ! » Héla Chang’e alliant la parole au geste en lui lançant Liánmīn. La Capitaine la réceptionna alors que le Zélos récupérait son arme et chargeait une nouvelle fois ; encaissant le choc en parant avec le fourreau. Un discret mais dédaigneux sourire se dessina sur ses lèvres pâles. Elle ordonna à son employée de rester à l’écart d’eux et de ne pas y mêler ses chiens. Gonflée de fierté et se sachant parfaitement capable de remporter ce duel. À armes égales ce type n’avait tout simplement plus aucune chance.

Dehors, probablement alertés et inquiétés par la soudaine agitation. Les deux subordonnés du Zélos – à l’origine chargés de garder l’entrée - échangèrent un regard entendu et furent le point de rejoindre leur Chef. C’était sans compter sur Chang’e, qui apparue devant eux et braqua le canon d’un mousquet sous le nez d’un des félons. Fãng et Zhaõ se tenant de part et d’autre de la Terran. Le regard aussi dur que de l’acier. Elle ne ferait preuve d’aucune hésitation si l’un ou l’autre tentait de s’immiscer..



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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Mer 12 Déc - 12:37

Comme je l'avais prévu, la capricieuse Néréide attendit religieusement la fin du délai que j'avais fixé avant de me faire parvenir une invitation à la rejoindre en son domaine. Je n'avais pas vu passer le temps, plongé que j'étais dans les plans d'un futur navire sur lequel je travaillais depuis des années, mais c'est néanmoins avec un soulagement soigneusement dissimulé que j'accueillis le message. Restait à voir si les conditions fixées par l'arrogante donzelle étaient acceptables, et à les négocier âprement même si elles l'étaient car, bien qu'en réalité je fusse prêt à supporter beaucoup pour récupérer mon bateau, accepter trop facilement ses exigences pourrait lui mettre la puce à l'oreille.

Je pris le temps de me vêtir convenablement, pantalon et chemise de soie couleur bleu nuit, hautes bottes du plus fin cuir noir, gilet d'un bleu légèrement plus clair aux boutons d'argent et cape noire au col orné de délicates broderies de fil d'argent, puis je me mis en route sans la moindre hâte. La dame m'avait fait lanterner sans vergogne, il n'était que temps de lui rendre un peu la pareille.

Lorsque j'arrivai au domaine Wei, je haussai un sourcil quelque peu sarcastique en découvrant une bien étrange scène: Chang'e, accompagnée des deux molosses de la dame, faisait face à deux marins rustauds qu'elle tenait en respect au moyen d'un mousquet braqué sur le museau de l'un d'eux. Plus étonnant encore, derrière ce petit monde, par delà la porte grande ouverte, Jing Wei était visiblement en train de se confronter à un massif Zélos habillé comme un capitaine et muni d'un sabre d'abordage dégainé. La dame était quand à elle munie d'une magnifique rapière et ne semblait guère inquiète, mais je doutais qu'elle l'eut montré quand bien même elle l'aurait été, vu son orgueil démesuré. Je caressai pensivement les poignées de mes lames, devais-je intervenir? Après tout, si Jing Wei trépassait maintenant, il me serait aisé de récupérer mon navire en profitant du chaos que cela ne manquerait pas d'engendrer, n'est-ce pas? Ses trois ennemis ne semblaient certes pas dans la meilleure posture pour l'emporter, mais si je leur donnais un petit coup de pouce la situation aurait tôt fait de tourner en leur faveur...

Je dégainai songeusement ma main gauche et la fis habilement sauter dans ma main afin de la tenir par la pointe, prête à être lancée. Un simple petit geste et je serai débarrassé de l'encombrante Néréide, alors pourquoi diantre hésitai-je? Je poussai un profond soupir, puis mon bras se détendit brusquement et ma lame fendit les airs en tournoyant, mortellement ajustée, passant si près du visage de Chang'e qu'elle en crispa instinctivement l'index de stupeur.

"BLAM!"

La boîte crânienne du maraud explosa littéralement sous l'impact de la balle tirée à bout portant, m'arrosant copieusement de bouts de cervelle et d'esquilles d'os tandis que, quelques mètres plus loin, le pommeau de ma main-gauche allait percuter violemment... le crâne du Zelos, l'assommant net. A moitié sourd à cause du fracas de la détonation, je contemplai brièvement mes habits souillés, ruinés, et fixai Chang'e d'un regard noir en lui grommelant d'un ton écoeuré:

"Bon sang, as-tu la moindre idée de ce que coûtent mes vêtements, petite sotte?"


Le troisième bougre quant à lui, après un instant de totale stupeur devant la tournure des événements, décida sagement qu'il était temps de prendre ses jambes à son cou. Je ne lui accordai même pas un regard, si ces dames le voulaient elles n'auraient qu'à lâcher leurs chiens et j'avais autrement plus important à faire: tenter d'évacuer d'un air dégoûté - et du bout des doigts - les débris immondes qui s'étaient accrochés à mes beaux habits. Une entrée fracassante, vraiment...
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Mer 12 Déc - 15:28

Bien qu’elle avait récupérée son arme, Wei ne semblait pas décidée à répondre aux assauts du Zelos. Au contraire, la Néréide se plaisait à esquiver le plus simplement du monde les attaques brutales et pataudes de son adversaire. Le tournant délibérément au ridicule avec toujours ce sourire hautain et satisfait. Ce qui fit d’autant plus enrager Keh’Aqta, commettant bon nombre d’erreurs qui lui auraient été fatales. Et le Zélos s’étonnait encore. C’est plutôt Wei qui était surprise que l’Hydre n’est pas sombré avant. Toujours est-il qu’à force d’enfantillages. La Néréide s’attira aussi les hostilités de deux hommes qui accompagnaient Keh’Aqta, qui voulurent prendre part à la mêlée.

Cependant.. à peine ils voulurent faire un pas que Chang’e barra le passage, accompagnée des Corso. Le canon de son mousquet sous le nez de l’un d’eux. Le regard sombre de la Dame lorgna un instant en direction de sa précieuse assistante et de ses chiens. En apparence plus dérangée qu’alarmer. En arrière plan elle crut également apercevoir une silhouette plus élancé et noblement sculpté que ses invités surprises. Wei esquissa une moue désapprobatrice et boudeuse lorsqu’elle avisa de l’heure. Le Sindarin avait eu le culot d’arriver en retard.

« On peut savoir où tu regardes ?! » S’indigna Keh’Aqta en voyant que la Capitaine l’ignorait complètement. La Capitaine lui jeta un regard au coin. Cette fois franchement irritée, et ce bien indépendamment du Zélos. D’un geste rapide elle frappa le nez de son adversaire en usant de la garde de sa rapière. Sifflant.

« Parce que tu penses que j’ai plaisir à scruter ton faciès de gueule cassée, bourru et mal rasé ? » S’impatienta la Néréide. Keh’Aqta éloigné de quelques pas, la Dame adopta finalement une posture de combat propre à l’escrime. Quoi ? Vous pensez que tous les pirates se contentent de brandir stupidement un sabre en beuglant des Yoho. Un peu de tenue bon sang !

« Mais puisque tu insistes, finissons-en. Qui plus est.. j’ai un rendez-vous plus ou moins important. » Déclara-t-elle. Quoiqu’elle aurait tout aussi bien pu se faire attendre à son tour. Mais à ce train-là, franchement, ils  n’en termineront jamais avec cet accord. D’autant que rien n’était approuvé – et nul doute que ça ne le serait du premier coup. Apparaissant fin prête à porter un coup net contre Keh’Aqta ; assurée de ne pas avoir besoin de plus contre lui.

C’est alors qu’un bruit de détonation retenti. Loin d’esquisser le moindre sursaut, se doutant que le coup tiré venait du fusil de Chang’e. Elle fut en revanche fortement étonnée que ce soit son Zélos qui finisse au sol. Quoiqu’après observation. Elle nota la présence d’une dague à proximité. C’est donc ça qui l’avait assommé. La Néréide redirigea son attention vers le supposé propriétaire de l’arme et arqua un sourcil. Déçue voire outrée qu’il ait ainsi cassé son jouet. Mais comme juste retour des choses, la sublime toilette du Sindarin se retrouva souillée par le sang et restes organiques d’une des escorte de Keh’Aqta. C’est avec lenteur que la Capitaine rengaina son épée et récupéra la main gauche de Nathanaël.

« Veuillez ne pas accabler Chang’e de vos remontrances. Duc. Elle n’est pas accoutumée aux scènes de violence. Ni à se faire effleurée d’aussi prêt. » D’une voix neutre ; tout en glissant une main sur le canon de l’arme pour la faire abaisser. Quand bien même elle n’était plus chargée. Ses prunelles obsidiennes dérivèrent ensuite un instant en direction du fuyard. Un sifflement passa entre ses lèvres pâles. Ses chiens y répondirent aussi sec et prirent le rescapé en chasse. Le couard fit à peine quelques mètres avant d’être rattrapé par les molosses. Je vous épargne évidement les détails quand à la suite de cet évènement.

« Vous êtes en retard. Je crois que ceci vous appartient. » Tout en rangeant sèchement l’arme de Nathanaël à sa ceinture, sensiblement collée à lui. Les yeux dans les yeux. « En revanche. Ça beaucoup moins. » Ponctuant sa phrase en époussetant distraitement et sans le moindre dégoût le veston du Sindarin, chassant quelques morceaux ci et là.

« Chang’e. »

«  Ma Dame. » D’une voix encore encore nerveuse et choquée.

« Tu m’envoies Hans me débarasser de tout ça, veux-tu. Et tu apporteras aussi des vêtements de rechange au Duc. Je doute qu’il veuille se priver d’un bain, ni de se rhabiller de cette tenue désormais inappropriée pour une entrevu. » Offrant un sourire entendu à son vis-à-vis avant de s’en détourner.

« Et pour nous faire gagner du temps. Je vous propose même un peu de lecture. » Déclara-t-elle tout en allant récupérer le contrat sur la table, tout en piétinant sans remord le Zélos inconscient. Elle attendit sagement que le Sindarin se décide à suivre Chang’e et prendre à la volée ledit papier.

« Pendant ce temps. Permettez que je m’occupe d’un autre .. détail. Je gage que vous comprendrez.» Lorgnant avec dédain sur Keh’Aqta.


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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Mer 12 Déc - 17:46

Son adversaire étant à terre, Jing rengaina lentement sa rapière, récupéra ma main gauche et se dirigea vers nous pour abaisser tranquillement le canon de l'arme que tenait toujours Chang'e et déclarer d'une voix neutre:

"Veuillez ne pas accabler Chang’e de vos remontrances. Duc. Elle n’est pas accoutumée aux scènes de violence. Ni à se faire effleurer d’aussi près."

Je haussai les épaules d'un air dédaigneux, pensait-elle vraiment que j'avais quelque chose à faire des états d'âme d'une vulgaire servante alors que mes beaux atours étaient dévastés par sa faute? Je m'abstins néanmoins de le lui faire remarquer à voix haute et l'observai plutôt tandis qu'elle jetait un bref coup d'oeil vers le fuyard, curieux de savoir ce qu'elle allait en faire. Je ne tardai pas à être renseigné: ce furent les chiens qu'elle lança sans la moindre hésitation aux trousses du malheureux, engendrant un fort peu ragoûtant spectacle que je ne me souciai nullement de contempler. D'autant plus que la Néréide choisit précisément cet instant pour venir se coller à moi et, les yeux dans yeux, rengainer sèchement ma lame dans son fourreau en déclarant qu'elle devait m'appartenir et que j'étais en retard. Presque aussitôt, elle ajouta en chassant négligeamment quelques débris de mon gilet:

"En revanche. Ça beaucoup moins."

Me doutant bien qu'il ne s'agissait là que d'une tentative d'user de ses charmes pour me troubler, je lui retournai mon sourire le plus enjôleur et lui rétorquai d'un ton amusé:

"Prenez garde très chère, à m'approcher d'aussi près vous risquez vous aussi vos vêtements."

Une phrase dont elle percevrait, je n'en doutais pas une seconde, le double sens. A se livrer à ce petit jeu de séduction que je maîtrisais depuis des siècles, la belle Nymphe risquait fort de se brûler les ailes, si solide que semble être son armure de glace. Je n'esquissai pas le moindre geste bien entendu, cela aurait été lui donner le bâton pour me faire battre et il fallait bien plus qu'un joli minois pour me faire commettre pareille erreur, mais ce n'était certes pas l'envie qui manquait. Quoi qu'il en soit, la téméraire Néréide appela sa servante et m'offrit un sourire entendu en lui ordonnant:

"Tu m’envoies Hans me débarasser de tout ça, veux-tu. Et tu apporteras aussi des vêtements de rechange au Duc. Je doute qu’il veuille se priver d’un bain, ni de se rhabiller de cette tenue désormais inappropriée pour une entrevue."

Je haussai un sourcil à ces mots, somme toute étonné qu'elle ne me laisse pas mariner dans mes vêtements éclaboussés dans l'espoir que je sois mal à l'aise pour la suite des événements, mais peut-être n'avait-elle juste pas envie que je salisse ses fauteuils? Se détournant enfin de moi, elle se dirigea vers son bureau en marchant sans vergogne sur le Zélos à terre et me tendit une pile de paperasse en ajoutant:

"Et pour nous faire gagner du temps. Je vous propose même un peu de lecture."

Elle-même avait, me dit-elle encore en lorgnant d'un air méprisant sur son piteux adversaire assommé, un menu détail à régler, ce que j'étais censé comprendre bien évidemment. Je me fendis d'une petite moue amusée et lui rétorquai avec un zeste d'ironie:

"Voyons ma chère, il serait regrettable que l'eau de ce bain que vous m'offrez si complaisamment rende ce contrat illisible. Venez donc plutôt m'en faire la lecture lorsque vous en aurez terminé avec cet insignifiant personnage, j'ai toujours adoré bavarder en marinant dans un bain parfumé."

Me tournant vers Chang'e, j'ajoutai:

"Allons, conduisez-moi donc à ce bain et veillez à ce que l'eau soit bien chaude, à en juger par ce que je viens de voir il se pourrait que votre dame en ait également grand besoin une fois son détail réglé."

Une fois parvenu dans la luxueuse salle d'eau et le bain coulé, je me dévêtis sans me soucier le moins du monde que Chang'e soit dans les parages ou pas et plongeai avec délices dans l'eau brûlante, déterminé à en profiter aussi longtemps qu'il ne serait pas froid. Cela aurait probablement le don d'agacer prodigieusement cette chère Jing, ce qui ne pouvait manquer de me réjouir. J'avais néanmoins pris la précaution de déposer mes armes à portée de main, la diablesse étant fort capable de m'evoyer deux ou trois de ses rustauds de marins pour m'extirper de l'eau. Auquel cas un deuxième bain s'imposerait, idée qui n'avait rien pour me déplaire non plus dans le fond.
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Mer 12 Déc - 21:16

La proposition de la Néréide sembla réellement surprendre le Sindarin, en dénote son haussement de sourcil. Mais loin d’être un acte altruiste, il s’agissait effectivement de ne pas entacher ses fauteuils et saloper tout son intérieur. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres pâle, malgré son regard glacial. Déjà amusée de sa précédente remarque, la Capitaine crut bon d’y rétorquer.

« Allons mon Duc. Ce n’est rien de plus qu’un vêtement. Quand bien même il se retrouverait tâché. Je n’aurai aucunement pris ombrage. Même en ma qualité de femme. » Elle marqua un temps. Polie. Avant de reprendre sur le même ton ironique bien que tenu. «  Quant au bain. Voyez-là un acte de précaution. Je ne voudrais pas que mes chiens vous cofondent avec l’un de ces marauds. Après tout. Vous en portez actuellement l’odeur. » Et même si ces précieux Cane seront déjà rassasiés du fuyard. Sait-on jamais si l’envie de goutter un autre morceau les prend.

Sur ce. La Néréide était retournée vers le patio pour y récupérer le contrat. À sa suggestion de lire ces papiers durant le bain, le Sindarin avoua ne pas vouloir prendre le risque de le rendre illisible. Espérant plutôt que la Capitaine vienne lui faire la lecture ainsi que la conversation. Chang’e arqua lourdement un sourcil devant son culot. À ce juste titre. La Néréide feinta l’exaspération. Puis répondit calmement, bien que jouant également et subtilement la carte du double-sens.

«  Vous m’en voyez terriblement navrée. Mais je préfère mon salon privé pour ce genre de choses. Veillez donc à ne pas trainer. Je vous prie. » Puis d’un signe de tête la Capitaine intima à Chang’e de conduire Nathanaël dans la salle de bain. Celle située aux quartiers réservés aux invités. Son employée s’inclina respectueusement et escorta donc le Duc au lieu dit. Le bain prêt. La Terran ne s’effaroucha nullement quand l’invité se débarrassa de ses vêtements et se mis nu, se contentant d’échanger les vêtements souillés par une change propre. Dans le style purement Amarylien et arborant naturellement les couleurs fétiches des Wei ; en l’occurrence bleu sombre et cousu d’or.

Durant ce laps de temps Hans avait fait son apparition, nettoyant efficacement les traces de l’affrontement. Ou plutôt massacre. Keh’Aqta fut également emmené à la demande de la Dame, qui entre-temps fit un aller-retour à son salon pour y déposer le contrat qu’avait volontairement délaissé le Sindarin. Le sort du Zélos était évidement d’hors et déjà scellé. Toutefois Wei voulait s’assurer de certaines choses. Voire tenter d’obtenir des informations passablement utiles et prometteuses. Et bien qu’elle aurait préféré mettre à contribution Zahar, bien plus ‘’expérimenté’’ dans ce domaine. La Lhuroyf se résolut à se salir les mains. Une fois de plus. Presque une heure s’écoula. C’est aucunement surprise, mais sincèrement agacée et frustrée que Wei réapparue dans la bâtisse principale.

« Quelle plaie. Cet idiot aura été décevant jusqu’au bout. » Pesta la Néréide tandis que Chang’e lui présentait de quoi se nettoyer et sécher les mains. Ce qu’elle fit. « Est-ce que le Duc s’est enquit des closes du contrat en mon absence ? »

« À vrai dire… Il est toujours dans son bain. » Soupira son employée d’un air désolé. Une ombre passa dans son regard abyssal. Ainsi qu’un chuintement typique. Cet homme sollicitait beaucoup trop sa patience à son goût. Ainsi que sa baignoire !

« Je vois. Je m’en occupe dans ce cas. Tu peux filer ma Colombe. » Conclut-elle simplement en congédiant Chang’e, avant de se rendre dans les quartiers des invités. D’un air faussement calme, notre amie s’engouffra dans la salle de bain sans y être conviée. Elle était chez elle après tout. Elle y retrouva le Sindarin, en train de se prélasser. La Lhurgoyf se délecta de son nouveau et prochain tour. Elle se tenu à sa portée. Non sans laisser son regard se promener le long du corps de son invité.

« Je remarque que vous vous sentez à votre aise. L’eau est-elle encore assez chaude ? » Sembla sincèrement s’inquiéter la Dame, offrant un sourire tenu mais voulu agréable à Nathanaël. Après que le Duc l’est supposément répondu, voire osé un autre caprice. C’est sans vergogne et munie d’une cruche - qu’elle avait intelligemment dissimulé dans son dos -  qu’elle offrit littéralement une douche glacée au Sidarin. Elle le gratifia d’un regard dur et réprobateur, puis reposa avec nonchalance l’objet du crime et s’écarta. «  Au cas où ce détail vous aurait échappé Duc : Je vous attend. Et il n’est pas de bon ton de faire attendre une Dame comme moi. D’autant plus que je passe  actuellement une très mauvaise journée. » Les mains posées dans le dos. Port de tête haut et droit. La Néréide pivota légèrement vers le Sindarin et offrit de nouveau un regard au coin.

« Pensez à vous habiller maintenant. »  
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Jeu 13 Déc - 12:13

La Dame me rétorqua avec ironie que, si elle m'offrait un bain, ce n'était que pour éviter que ses chiens me confondent avec le maraud qu'ils venaient de déchiqueter et qu'elle-même ne se serait pas offusquée de voir ses vêtements souillés, bien qu'elle soit une femme. Peu soucieux de l'offenser je me retins - difficilement - de lui répliquer avec hauteur que, contrairement à elle, je ne portais jamais de "simples vêtements", mais des oeuvres d'art uniques coupées sur mesure par les meilleurs tailleurs de Canopée. Je ne m'attendais bien évidemment pas à ce que le commun des mortels sache apprécier ce genre de choses à leur juste valeur, mais c'était parfois désespérant.

A sa proposition, que l'on aurait sans mal pu qualifier d'exigence, que je lise son contrat en prenant mon bain, je ripostai en lui suggérant plutôt de venir m'en faire la lecture, ce qui fit arquer un sourcil outré à sa domestique et sembla exaspérer joliment la Néréide. Ce fut néanmoins avec calme et en jouant à son tour la carte du double sens qu'elle me répondit:

"Vous m’en voyez terriblement navrée. Mais je préfère mon salon privé pour ce genre de choses. Veillez donc à ne pas trainer. Je vous prie."

Je laissai échapper un léger rire et lui rétorquai avec un sourire en coin:

"Va pour le salon mais, de grâce, ne cédons point à la hâte qui, trop souvent, amoindrit le plaisir."

Suite à ce petit jeu, Chang'e me conduisit dans une luxueuse salle d'eau où je me prélassai sans vergogne aucune dans un bain brûlant jusqu'à ce que Jing fasse irruption dans la pièce, près d'une heure plus tard. Elle s'approcha calmement et, sans aucune gêne, laissa son regard découvrir mon corps sculptural avant remarquer que j'avais l'air de me sentir à l'aise, puis de s'inquiéter de la température de l'eau avec un agréable sourire. Trop aimable pour être honnête, pensai-je alors, mais je n'hésitai cependant pas à poursuivre un peu le jeu de dupes auquel nous nous livrions depuis un moment:

"La température est parfaite à mon goût, mais peut-être serait-il plus convainquant d'en juger par vous-même?"

A peine eus-je achevé ma répartie qu'elle dévoila une cruche qu'elle avait soigneusement dissimulé derrière son dos et me la renversa sur la tête, me gratifiant d'une véritable douche glacée! Saisi par le froid autant que par la surprise, je frissonnai de tout mon être et laissai échapper un petit cri outré:

"Diablesse! C'est froid!"

Se révélant alors sous son véritable jour, Jing me lança un regard dur et réprobateur avant de déposer nonchalamment l'objet du crime et de s'écarter un peu en adoptant une posture des plus hautaines:

"Au cas où ce détail vous aurait échappé Duc : je vous attends. Et il n’est pas de bon ton de faire attendre une Dame comme moi. D’autant plus que je passe actuellement une très mauvaise journée."

Un autre que moi ce le serait certainement tenu pour dit, mais étant celui que j'étais... je l'aspergeai copieusement de mes deux mains jointes, de quoi lui faire goûter à la température de l'eau bien rafraîchie, et sortis du bain en riant pour m'approcher d'elle. Je ne m'arrêtai que lorsque je fus proche à l'en toucher, comme elle se l'était permis un peu plus tôt à l'entrée de sa demeure, prenant juste soin de me positionner de manière à ne pas risquer un coup dans les génitoires, prudence obligeant avec cette tigresse. La fixant droit au fond des yeux, je lui répondis enfin d'un ton sévère:

"Vraiment? Eh bien voyez-vous ma chère, il n'était pas de meilleur ton de me faire lanterner des jours durant dans une auberge miteuse tel le dernier de vos sous-fifres. Vous feriez bien de vous souvenir qui je suis, sans aucun doute me rappellerai-je alors à mon tour qu'il n'est pas courtois de faire attendre une dame de votre qualité."


M'écartant un peu d'elle, je m'emparai d'une serviette et la nouai autour de ma taille avant de replonger dans son regard pour ajouter:

"Ceci dit, je suis navré que votre journée n'ait pas été plaisante, véritablement. Mais peut-être pourrais-je faire en sorte qu'elle s'achève de plus agréable manière, pour autant bien sûr que nous repartions sur des bases un peu plus saines et que vous cessiez de me regretter la moindre seconde de votre temps. Le choix vous appartient, ma dame, pour ma part je serai ravi d'oublier ces quelques désagréments et de passer enfin aux choses sérieuses."

Ayant dit, j'entrepris de me sécher rapidement et de revêtir les habits que Chang'e m'avait préparé, attendant sans impatience aucune la réponse de Jing.
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Jeu 13 Déc - 17:12

C’est presque sans surprise que Nathanaël invita la Néréide à le rejoindre dans le bain, pour aviser elle-même de la température. La Capitaine ne bouda donc aucunement son plaisir lorsqu’elle déversa une cruche d’eau glacée. Ce qui lui soutira un cri de stupéfaction avant qu’il ne peste contre Wei. Bien que la Capitaine tira une certaine satisfaction de cette scène, ses prunelles obsidiennes étaient restées aussi froides que l’acier de sa lame. Elle fit plutôt remarquer à Nathanaël que ce dernier la faisait attendre depuis un bon moment déjà. Ce qui était d’une grande impolitesse. Elle qui avait pourtant fait preuve d’une rare hospitalité en le laissant ainsi disposer de cette salle de bains.

En guise d’amorce le Sindarin aspergea la Néréide. Elle réprima un chuintement caractéristique. Bien qu’elle avait reculé par reflexe, son pantalon et une partie de sa chemise avaient été éclaboussés. Elle suivit Nathanaël du regard quand il sortit enfin du bain. À sa remarque quant au fait que la Dame l’ait elle-même fait attendre quand il demanda audience, Wei claqua sa langue contre son palet ; ouvertement agacée. Le Sindarin s’approcha ensuite d’elle. Presque au point de la toucher et de mouiller d’avantage son vêtement. Notons qu’il avait pris soin de préserver sa masculinité d’un hypothétique coup-bas. La Néréide fut loin de s’effaroucher devant ce corps nu. Aussi sculptural et avantageux soit-il.

« Je ne vous pensais pas aussi rancunier et puéril. Cependant et ôtez-moi d’un doute, mais vous vous êtes présenté devant mon domaine en tant que ‘’Protégé de Soulen’’. Non comme Duc. Vous devriez donc vous estimer heureux que je me sois arrêté à votre témérité plutôt qu’à votre sobriquet lors de notre première rencontre. Par ailleurs. Quand bien même vous êtes un bon parti – et en ça je veux bien le reconnaître. Il n’empêche que j’ai de nombreuses priorités à m’occuper depuis mon retour. » Crut également bon de rappeler la Néréide tout en défiant le Sindarin du regard. Affichant un air calme et serein. Quoique l’on devinait son humeur assombrie.

Entre la désagréable visite de Keh’Aqta, ce qui en découla et les écarts de conduite de Nathanaël, cette journée avait pris un tournant fort horripilant pour une adepte du contrôle comme Wei. Ce qu’elle fit également comprendre à son vis-à-vis qui, tout en s’habillant, expliqua en être désolé, mais voyant là une occasion pour tous les deux de faire table rase et reprendre sur de bonnes bases. Puisqu’ils étaient de toute évidence amenés à travailler ensembles. Après un temps calculé, la Capitaine soupira et feinta un profond ennui.

« Je doute que vous soyez capable d’un tel exploit Duc, connaissant mon niveau d’exigence. Mais j’accepte de faire amende honorable. Pour cette fois. Si vous-même y donnez du votre. » Rétorqua habilement la Dame. Elle attendit que le Sindarin se vêtisse plus chaudement, puis lui intima silencieusement de la suivre jusqu’au salon. Bien que mouillée. Il n’était pas question qu’elle perde encore du temps en se changeant. Arrivé dans la pièce Wei désigna l’épais document sur la table basse, incitant Nathanaël à le lire.

« La chaleur du bain vous a peut-être donnée soif. Désirez-vous boire quelque chose ? » Proposa-t-elle poliment, rigueur oblige, tout en s’approchant du bar. Tout en accueillant sa possible demande, Wei se servit un verre de Bourbon. Elle le rejoignit ensuite, s’asseyant face à lui. Elle trempa ses lèvres dans son breuvage ambré tout en observant Nathanaël. Curieuse de voir sa réaction à la lecture de ce contrat et de connaître ses propres doléances ; doutant que le Sindarin n’est lui-même aucun caprice à formuler.

Les papiers avaient été rédigés dans une écriture  soignée et un Alfari parfaits. Ils stipulaient qu’après signature Nathanaël serait officiellement sous les ordres de Wei et de Huan Yu. Son statu de Duc n’entrerait aucunement en vigueur au sein du Ao Kuang, bien qu’il bénéficierait tout de même des avantages d’un invité de marque ; comme par exemple une cabine privée, le menu des officiers etc. Tant qu’il opérerait au sein Ao Kuang, la Néréide se portait garante de sa sécurité. Toutefois, s’il attentait à l’intégrité de son équipage ou le bon déroulé de ses missions, la Néréide se donnait le droit de rompre le contrat. Nathanaël devait également promettre par cet accord de partager les fameux secrets du Ao Kuang à sa Capitaine ; et personne d’autre. En échange d’un libre accès à ses routes terrestres, Wei ferait de même avec les maritimes. Avec une taxation revue nettement à la baisse pour eux deux. Enfin. La Dame voulait des parts sur le marché qu’occupait le Duc.

Trop gourmande dites-vous ? Ma foi. Le Sindarin avait bien mis en avant les atouts qu’il y aurait à compter un Duc parmi ses partenaires commerciaux. Elle comptait donc appliquer cet avantage à sa juste valeur. Et puis avec un empire comme les leurs, il était évident que les doléances suivent cette même échelle.
 
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Ven 14 Déc - 15:32

Jing laissa échapper un chuintement de colère lorsque je l'arrosai en riant et me suivit des yeux sans la moindre gêne apparente tandis que je m'approchai d'elle, nu comme au jour de ma naissance, pour lui faire remarquer que, jusque là, la courtoisie n'avait pas été son mot d'ordre me concernant. Me défiant du regard, une attention que je soutins sans vaciller, elle riposta d'un air calme et serein, bien que ses prunelles fussent assombries de contrariété:

"Je ne vous pensais pas aussi rancunier et puéril. Cependant et ôtez-moi d’un doute, mais vous vous êtes présenté devant mon domaine en tant que ‘’Protégé de Soulen’’. Non comme Duc. Vous devriez donc vous estimer heureux que je me sois arrêté à votre témérité plutôt qu’à votre sobriquet lors de notre première rencontre. Par ailleurs. Quand bien même vous êtes un bon parti – et en ça je veux bien le reconnaître. Il n’empêche que j’ai de nombreuses priorités à m’occuper depuis mon retour."

Je haussai légèrement un sourcil à cette répartie, elle ne s'était pas gênée pour attendre la dernière minute du délai que j'avais fixé au terme de notre première entrevue, cela alors qu'elle connaissait parfaitement mon rang. Mais j'avais proposé de repartir sur de nouvelles bases et le relever n'aurait pas été très diplomatique, aussi me contentai-je de lui répondre avec un léger sourire:

"Je supposais, à tort apparemment, que ce surnom dont m'ont gratifié les Marins de notre Caste vous serait plus familier que mon véritable patronyme."

Après que j'eus laissé entendre que je pouvais rendre sa fin de journée plus agréable, la dame soupira profondémment et riposta avec un air de profond ennui que je trouvai assez peu convainquant:

"Je doute que vous soyez capable d’un tel exploit Duc, connaissant mon niveau d’exigence. Mais j’accepte de faire amende honorable. Pour cette fois. Si vous-même y donnez du vôtre."

Son niveau d'exigence? Je ne pus retenir une moue amusée à ces mots: à moins que Soulen en personne ne vienne frapper à sa porte elle ne trouverait pas meilleur "parti" que moi en ce bas monde. Mais là encore je m'abstins de souligner son incroyable arrogance et lui répondis sur un ton discrètement ironique, mon sourire le plus charismatique aux lèvres:

"Allons, avouez donc que vous appréciez ma compagnie, chère Jing. Pour une fois vous avez en face de vous un vrai mâle qui ne dépose pas ses couilles - pardonnez-moi l'expression - à la première bourrasque, cela ne vous change-t-il pas agréablement?"


Avec un léger rire je m'habillai prestement, non sans jouer un peu de mon charme, puis je la suivis sans autre facétie jusqu'au salon privé qu'elle avait mentionné un peu plus tôt. La Néréide me désigna le contrat que j'avais jusque là délaissé, posé sur une table basse entourée de canapés, et me demanda si je souhaitais boire quelque chose, le bain brûlant ayant dû me donner soif. Avec un léger sourire, j'allais m'installer confortablement en lui répondant:

"Avec plaisir. Un armagnac serait parfait, ou la même chose que vous si vous n'en avez pas."

Sans plus tergiverser, je m'emparai du document et commençai à l'étudier tandis qu'elle servait les breuvages et venait prendre place en face de moi en me scrutant avec attention. Rédigé dans un Alfari parfait et soigneusement calligraphié, le contrat avait été méticuleusement conçu pour apporter le maximum d'avantages à la gourmande damoiselle, mais je gardai soigneusement un visage neutre jusqu'à la fin de ma lecture. Je le reposai alors sur la table et adressai un fin sourire à mon hôte pour remarquer d'un ton ouvertement amusé:

"Je n'aurais pu établir un meilleur contrat de mariage, ma chère, mais j'avoue être pris au dépourvu, n'est-ce pas encore quelque peu...prématuré?"


Sans détacher mon regard du sien, je récupérai mon verre et dégustai une gorgée du délectable breuvage avant de poursuivre:

"Je puis m'engager à vous faire profiter des voies commerciales de ma Famille sans que vous ayez à supporter la moindre taxe, mais vous intéresser directement à nos affaires est une toute autre histoire. Je n'exclus pas que cela puisse arriver, mais il faudra qu'une confiance inébranlable se soit tissée entre nous pour que j'entre en matière dans ce domaine. Et, bien évidemment, la réciprocité sera de rigueur."

Je laissai filer un instant de silence avant de continuer:

"Par ailleurs, je ne reconnaîtrai l'autorité que d'une unique personne: vous. Votre second fera comme tous ceux qui souhaitent obtenir quelque chose de moi: il me le demandera poliment. Je n'ai nul besoin qu'un blanc-bec me hurle ce que je sais mieux que lui pour faire le nécessaire et plus encore, croyez-moi. Pour le reste, les termes de ce contrat me conviennent et je suis prêt à le signer séance tenante pour peu que ces deux points soient modifiés."

Mon sourire le plus charmeur aux lèvres, j'ajoutai avec une touche d'ironie:

"A moins bien sûr que vous ne souhaitiez devenir Duchesse, auquel cas nous pouvons toujours en discuter."
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Ven 14 Déc - 19:00

Jing ne put s’empêcher de rouler des yeux à la remarque de Nathanaël, qui avait décidément l’art et la manière de s’envoyer des fleurs. Apprécier sa compagnie.. dit-il. Autant qu’un chien apprécie d’avoir une tique en plein milieu du dos. Mais la Capitaine se garda évidement bien de lancer une telle rhétorique. Puisqu’ils venaient tous les deux de se promettre d’être raisonnables, adultes et de fonctionner en bonne intelligence. Aussi notre pâle amie se voulut plus subtile.

« Je reconnais que vous êtes mieux membré que d’autres. Reste à voir si vous conservez le même panache devant le fait accompli. » Minauda Wei d’une voix de nouveau rendue égale et maitrisée ; tout comme son humeur. Elle savait qu’elle se devait de garder son self-control.

Cette parenthèse finalement refermée, notre duo gagna la direction de son salon privé. Tandis que Nathanaël prenait ses aises sur l’un des canapés et s’informait des closes du contrat, Wei lui servait un alcool de son choix. C’est donc bel et bien un armagnac que la Capitaine déposa sur la table avant d’imiter le Sindarin et de s’installer face à lui. C’est dans un silence presque religieux que Nathanaël termina sa lecture. Avant de conclure avec une pointe d’humour que lui-même n’aurait pu écrire meilleure contrat … de mariage. La Néréide lui jeta un regard au coin. Et tout en reposant délicatement son verre, puis se réinstallant confortablement dans le fond de son siège.

«  J’admets que mon Alfari peut être parfois un peu élimé, mais pas au point de confondre Mariage et Partenariat ; j’ai eu le temps de m’en assurer durant ces trois jours. D’autant que j’ai toujours trouvé le second bien moins contraignant et assurément plus lucratif que le premier. » Dit-elle également avec un légère note d’ironie. Wei avait été sujette à de nombreuses avances et propositions de ce type au cours de sa vie. Et comme vous l’aurez deviné : La Capitaine avait depuis longtemps optée pour le célibat et les libertés qui l’accompagnent. Et comme pour associer la chose à une autre, notamment concernant une relation de confiance qui devait être au préalable établie.

«  Il me semble qu’un mariage requiert tout autant de franchise entre ses protagonistes, pour ainsi accepter de se faire passer la corde au cou .. » Wei prit une mine faussement surprise, puis coupable et se rectifia. «  Pardon.. je voulais dire ‘’la bague au doigt’’.» Avant que ses lèvres ne s’ornent d’un sourire finaud et évidement trompeur.

«  Mais parlons plus sérieusement – autant que faire se peut du moins. Je suis d’hors et déjà ravie d’apprendre que vous êtes tout naturellement disposé à me faire partager vos routes commerciales. Qui plus est sans taxation .. ce qui est tout à votre honneur. Aussi et pour montrer ma bonne foi : Je vous rend la pareille à ce propos. » La Capitaine marqua un temps, attentive à son vis-à-vis.

«  En ce qui concerne les affaires relatives à votre domaine et le mien. Je peux comprendre vos réticences. Aussi je vous propose d’y mettre notre Veto. Je suis sûre qu’avec du recul vous verrez cette proposition d’un bon œil. » Ponctuant sa phrase d’un haussement d’épaules désintéressé. Les pars de marché auraient été un bonus, rien de plus.

En revanche et elle comptait bien se montrer intransigeante sur ce point. « Huan Yu exerce en la qualité de second depuis des années. Il est hautement qualifié et tous les ordres qu’il formule sont une extension des miens. Ne pas les suivre équivaut donc à ne pas m’obéir non plus et serait considéré comme de l’insubordination. Vous vous doutez bien qu’être Capitaine ne m’exhorte pas de mes diverses obligations, dont certaines sont plutôt chronophages. Aussi n’aurai-je pas toujours du temps à vous accorder pour vous indiquer quoi faire ; quand bien même vous sauriez vous montrer indépendant et capable de prendre des initiatives – dans la limite du tolérable. Cela étant je vous rassure sur un point, Huan Yu n’est pas du genre à … beugler. Ni aucun marin de mon équipage d’ailleurs. » Expliqua calmement Wei. Comme elle avait cru bon de rappeler au Sindarin : son statu ne Duc ne serait aucunement pris en compte au sein du Ao Kuang. Sur son navire et ce malgré les privilèges que la Néréide acceptait de lui octroyer, son grade serait grossièrement équivalant à celui d’un mousse. Quant à cette histoire de Duchesse.

« Je doute que vous ayez réellement conscience des risques que vaudrait un tel contrat. Ni de la retombée sur votre prestigieuse famille. Bon nombre de rumeurs gravitent autours des Wei ; indépendamment de ses activités. Je ne crois pas me mouiller d’avantage en affirmant qu’une ‘’Vulgaire Pirate’’ tel que moi serait mal vue et accueillie à la Cour de Canopée et d’ailleurs. Ils sont tous si .. politiquement correctes et faussement irréprochables. Je crains hélas que ma patience vienne à bout encore plus rapidement qu’en présence de nos eunuques de Mavro. » Exposa notre pâle amie, parée de son magnifique et situationnel sourire. S’il y a bien une chose qu’il ne lui avait pas manqué, c’était ces petits jeux à la cour et toutes ces badineries. Auquel elle dut toutefois se plier dans sa jeunesse ; dans le cadre de sa formation. À ses yeux la Mer était moins adepte aux coups pendables que tous ces nids à serpents. Ceux-là qui conspirèrent contre elle et son père.
 
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Sam 15 Déc - 11:21

La Néréide me jeta un regard en coin lorsque je badinai sur la teneur du contrat en le comparant à un pacte de mariage, et c'est après s'être installée plus confortablement au fond de son fauteuil qu'elle me rétorqua avec une discrète ironie que son Alfari était peut-être quelque peu rouillé mais pas au point de confondre mariage et partenariat. Elle ajouta qu'elle avait toujours trouvé le second moins contraignant et plus lucratif, puis précisa encore:

"Il me semble qu’un mariage requiert tout autant de franchise entre ses protagonistes, pour ainsi accepter de se faire passer la corde au cou ... Pardon... je voulais dire "la bague au doigt"."

Elle souligna ses derniers mots d'un air faussement surpris, puis ennuyé, avant de m'adresser un fin sourire aussi crédible que le baratin d'un vendeur de tapis. Bien qu'amusé par sa réplique, je m'abstins de répondre, pour une fois, et la laissai poursuivre:

"Mais parlons plus sérieusement – autant que faire se peut du moins. Je suis d’ores et déjà ravie d’apprendre que vous êtes tout naturellement disposé à me faire partager vos routes commerciales. Qui plus est sans taxation .. ce qui est tout à votre honneur. Aussi et pour montrer ma bonne foi : je vous rends la pareille à ce propos."

J'inclinai légèrement le visage en signe de remerciement pour cette concession, attendant toutefois la suite avant de reprendre la parole. Elle ajouta qu'elle comprenait ma réticence à la mêler directement aux affaires de ma Famille et proposa que nous y mettions notre veto plutôt que de supprimer purement et simplement cette clause, convaincue que je ne tarderai pas à voir cette proposition d'un meilleur oeil et ponctuant sa phrase d'un haussement d'épaules signifiant que cela n'avait au fond pas grande importance. Là encore, je me contentai d'approuver d'un petit hochement de tête et la laissait achever de répondre aux points que j'avais soulevés, attentif et plus sérieux que je ne l'avais été jusque là. Comme je m'y attendais, le fait que je refuse de recevoir des ordres de son second allait s'avérer autrement corsé:

"Huan Yu exerce en la qualité de second depuis des années. Il est hautement qualifié et tous les ordres qu’il formule sont une extension des miens. Ne pas les suivre équivaut donc à ne pas m’obéir non plus et serait considéré comme de l’insubordination. Vous vous doutez bien qu’être Capitaine ne m’exempte pas de mes diverses obligations, dont certaines sont plutôt chronophages. Aussi n’aurai-je pas toujours du temps à vous accorder pour vous indiquer quoi faire ; quand bien même vous sauriez vous montrer indépendant et capable de prendre des initiatives – dans la limite du tolérable. Cela étant je vous rassure sur un point, Huan Yu n’est pas du genre à … beugler. Ni aucun marin de mon équipage d’ailleurs."

Je soupirai légèrement et, abandonnant mon masque de noble badin et capricieux, la fixai d'un regard dur et froid qui révélait l'acier que je dissimulai la plupart du temps sous le velours:

"Vous le prendrez, ce temps, Dame, ou vous vous passerez de mes services. Votre précieux Huan Yu mouillait encore ses couches que j'engendrai déjà depuis longtemps le respect des meilleurs navigateurs en affrontant les pires tempêtes qui se soient abattues sur ce monde. Ce n'est pas un hasard s'ils m'ont surnommé le "Protégé de Soulen". Par ailleurs, si vous m'engagez c'est pour prendre soin de votre navire en tant que maître charpentier et vous enseigner ce que vous ignorez encore de son maniement, vous avez bien assez de matelots et de mousses pour accomplir les tâches usuelles."

Je laissai filer un bref silence et, afin de nuancer quelque peu mon inflexible position, ajoutai posément:

"Cela étant, je me mettrai naturellement à disposition de votre second si les tâches pour lesquelles vous m'engagez ne nécessitent pas mon attention, l'oisiveté ne fait pas partie de mes défauts et c'est sans rechigner que je laverai le pont ou ferlerai les voiles comme n'importe lequel de vos marins."


Quant à ma boutade relative au titre de Duchesse, Jing rétorqua avec son habituel sourire de circonstance que je ne mesurai pas les risques d'une union avec elle et les retombées que cela engendrerait pour ma Famille compte tenu de ses activités fréquemment illicites. Elle ajouta que l'accueil d'une "vulgaire pirate" à la Cour de Canopée ne serait sans doute pas des meilleurs et qu'elle se lasserait des précieux et futiles courtisans plus vite encore que des eunuques de Mavro, ce qui me fit rire de bon coeur alors que j'imaginai la scène. Je haussai les épaules pour lui rétorquer avec une dédaigneuse désinvolture:

"Le seul avantage qu'il y ait à fréquenter une cour, quelle qu'elle soit, c'est de nous rappeler à quel point la compagnie des vents et de l'océan est agréable. Certes, il est parfois utile de plumer quelques-unes de ces volailles caquetantes et colorées, les affaires sont les affaires, mais je ne me soucie pas davantage de leurs doléances que de celles d'une oie ou d'un paon."

Je savourai une gorgée d'armagnac tout en dévisageant la belle Néréide puis j'achevai avec un discret sourire au coin des lèvres:

"Toutefois, avant de songer à nous passer la corde autour du cou, il conviendrait déjà de nous assurer que ce fameux panache survit au fait accompli, ne croyez-vous pas?"
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Sam 15 Déc - 17:59

À première vue Nathanaël semblait faire preuve de bonne volonté, gratifiant même la Néréride d’un signe de tête reconnaissant lorsqu’elle invoqua un juste retour des choses quand à l’ouverture de ses routes. De même en proposant un Veto. Là encore le Sindarin approuva d’un hochement de tête. Wei s’en étonnerait presque de cette soudaine docilité. Mais c’était sans prendre en compte la suite de cette entrevue.

Après que la Capitaine ait ventée les mérites de Huan, rappelée qu’il occupait hiérarchiquement une place importante au sein du Ao Kuang et que Nathanaël se devait par conséquent de suivre toutes ses directives. Celui-ci s’opposa durement. Prétextant d’une part et de manière insultante que son Second était loin de posséder toute l’expérience que lui-même avait acquit durant toutes ses années en mère, ce qui lui valut le respect de ses pairs en tant que ‘’Protégé de Soulen’’.

D’autre part qu’il opérerait sur le Ao Kuang en tant que charpentier, ce qui le dédouanait normalement de toutes tâches usuelles. Il affirma aussi que Wei se devrait de prendre de son fameux temps pour lui, auquel cas le Sindarin menaçait tout bonnement de lui refuser ses services. Ce qui fit briller un éclat sombre et dangereux dans les prunelles de la Capitaine, qui esquissa une moue franchement dédaigneuse à son égard.

Pourtant notre pâle amie resta incroyablement silencieuse, offrant l’opportunité a son vis-à-vis de reprendre. Il se montra plus nuancé et politiquement correcte sur les propos. Mais cela ne changeait évidement en rien le fond de sa pensée, il se disait tout de même prêt à répondre présent en cas de nécessité, puisque n’étant pas franc adepte de l’oisiveté.

Là encore la Dame s’épargna délibérément tout commentaire, son regard toujours rivé en direction de Nathanaël qu’elle s’appliquait à rendre de nouveau insondable. Ce dernier rebondit alors quant à la présence supposée outrageante et malvenue de la Néréide à la cour, qui risquerait au passage de ternir le nom des Findaryë, riant apparemment de bon cœur quand Wei révéla que sa patience aurait ses limites dans un tel milieu.

Il révéla que toutes ces badineries n’avaient pour effet que de rendre ses virées que bien plus plaisantes encore. Un point sur lequel notre héritière semblait enfin d’accord. Quand bien même elles lui permettent de plumer de temps à autre certains membres de la haute. Tiens donc. Quelle idée. Un cours instant elle fut bien tentée de lui demander si cela impliquait également sa personne.

Au lieu de quoi la Capitaine le laissa simplement savourer son armagnac, avant qu’il esquisse un fin sourire et conclut par ceci : avant de se sacrifier sur l’autel du mariage, il serait tout aussi avisé de s’assurer que le panache reste intact devant l’adversité. Wei retenu de justesse un rire face au Sindarin et son éternel culot.

«  Voyez-vous ça. » Minauda la Néréide, ouvertement provocatrice alors qu’elle lorgnait de pieds en cap Nathanaël. C’est avec toute la grâce et la nonchalance qu’on lui reconnait désormais que la Capitaine se hissa de son canapé et s’approcha de son invité. Arrivée à sa portée, c’est sans faire montre d’aucune gêne que Wei se mit à califourchon sur lui. Sans le quitter des yeux, ses doigts jouèrent au jeu de la petite bête. Qui monte et monte tout en le titillant. Jusqu’à ce qu’elles enserrent plus férocement et dangereusement la gorge du Sindarin, ses ongles striant sa peau si parfaite. Son regard passa de la douceur feinte à quelque chose de prédateur. Se décidant enfin à rompre ce silence poli.


«   Et qu’en serait-il de votre panache face à ma colère... Duc. Moi qui pensais que vous vouliez reprendre sur de bonnes bases. Voilà que chasser votre naturel et il revient au galop – comme c’était à prévoir, vous faisant soudain croire indispensable à ma compagnie et autorisé à insulter l'un de ses membres. » Dans un murmure enjôleur et mélodieux qui contrastait avec le tension de la scène.

«   Vous m’avez proposé vos services Nathanaël. Je ne les ai aucunement recherché. Et il en serait resté ainsi si vous ne m’aviez pas révélé votre existence. Tâchez de vous en souvenir : aucun de nous deux n’a besoin de l’autre. » Elle marqua un temps calculé, tout en se penchant légèrement à son oreille. «  Par ailleurs. Je ne m’acoquine pas avec le futur comme actuel personnel. »

Puis elle se redressa légèrement, quoique toujours sur les genoux du Sindarin et appuyant sèchement sur la trachée de ce dernier au passage ; comme pour imager la fameuse tension de cette corde qu’il envisageait soi-disant de pendre à son cou. « Maintenant signez ou partez, mais faites-le vite à présent. » Trancha plus durement et sévèrement Wei, moyennant qu’elle fasse les modifications sur lesquels tous les deux s’étaient mis d’accord.


 
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Dim 16 Déc - 12:55

Un éclat sombre et dangereux apparut dans les prunelles de Jing, aussitôt suivi d'une moue ouvertement dédaigneuse, lorsque je durcis un peu le ton à propos de l'obéissance qu'elle tenait à m'imposer envers son second. Bien plus qu'à ces réactions visibles, c'est à son silence sépulcral que je mesurai l'ampleur de sa colère, mais cette tension palpable ne m'empêcha nullement d'exposer mon point de vue jusqu'au bout sans manifester la moindre bribe d'inquiétude ou d'hésitation. J'étais bien conscient de jouer avec le feu, mais que représentait la fureur d'une femme face à celle des éléments déchaînés? Mille fois j'avais regardé la mort droit dans les yeux et, si j'avais survécu, cela ne tenait qu'à une chose: je ne laissai jamais la peur me dicter ma conduite, je l'acceptai comme une vieille amie, l'affrontai de face et lui imposai le joug de ma volonté. Aussi est-ce sans trembler que j'allais jusqu'à achever mon discours sur une nouvelle provocation, plus directe encore que celles que je m'étais permises jusque là. Cette fois, la Néréide sembla avoir grand mal à retenir son rire devant mon audace et c'est en me lorgnant de pied en cap d'un air tout aussi provocant qu'elle minauda:

"Voyez-vous ça."

Je plissai les yeux de méfiance en la voyant se lever avec grâce puis s'approcher de moi, me demandant bien quel nouveau coup tordu elle me préparait. Je retins mon souffle lorsque, au détriment de tout semblant de pudeur, elle s'installa à califourchon sur moi, les yeux dans les yeux, puis laissa ses doigts remonter le long de mon corps de la plus troublante manière qui soit. Aurai-je eu quelques siècles de moins que je me serai certainement laissé prendre au piège du désir incendiaire qu'elle fit ainsi naître en moi, mais j'avais côtoyé assez de fauves prompts à jouer avec leurs proies pour en reconnaître un lorsque je le croisai. La plus élémentaire prudence aurait voulu que je me dégage de son emprise sans délai, le danger était palpable et devint ouvertement présent lorsque ses mains enserrèrent ma gorge et la griffèrent quelque peu, mais personne ne m'avait jamais accusé d'être prudent et je la laissai faire avec un léger frisson, le même qui m'agitait chaque fois que ma vie ne tenait plus qu'à un fil et que l'exaltation remplaçait la peur. Une lueur prédatrice dans le regard, la Néréide murmura alors d'un ton redoutablement enjôleur:

"Et qu’en serait-il de votre panache face à ma colère... Duc. Moi qui pensais que vous vouliez reprendre sur de bonnes bases. Voilà que chasser votre naturel et il revient au galop – comme c’était à prévoir, vous faisant soudain croire indispensable à ma compagnie et autorisé à un insulter l'un de ses membres."

Rigoureusement immobile, en apparence indifférent à la menace, je soutins son regard sans vaciller et laissai un léger sourire ourler le coin de mes lèvres tandis qu'elle ajoutait:

"Vous m’avez proposé vos services Nathanaël. Je ne les ai aucunement recherchés. Et il en serait resté ainsi si vous ne m’aviez pas révélé votre existence. Tâchez de vous en souvenir : aucun de nous deux n’a besoin de l’autre."

Je remarquai avec une certaine surprise l'emploi de mon prénom, que je ne lui avais pas révélé. La bougresse en savait apparemment plus sur moi qu'elle n'avait bien voulu l'admettre et, même si cela flattait mon égo, ça avait aussi un côté inquiétant pour la bonne exécution de mon plan. Quoi qu'il en soit je n'eus pas le temps de creuser la question car, après une brève pause, elle se pencha à mon oreille pour y sussurer qu'elle ne s'acoquinait jamais avec son personnel, présent ou futur, puis elle se recula un peu en prenant douloureusement appui sur ma trachée et ajouta d'un ton dur et tranchant:

"Maintenant signez ou partez, mais faites-le vite."

Sans aucune hâte, je massai brièvement ma gorge malmenée d'une main et lui rétorquai d'un ton faussement emprunté:

"Je crains que ce soit malaisé, compte tenu de notre...position."


Sans prévenir, je l'enlaçai étroitement et la fit brusquement basculer à terre, renversant table et breuvages, de manière à ce qu'elle soit allongée sur le dos et que je me retrouve sur elle, l'immobilisant de mon poids. Un sourire carnassier aux lèvres, je lui rétorquai d'un ton moqueur:

"Il me semblait pourtant vous l'avoir dit: je ne crains aucune tempête, ensorcelante Jing. Et quand je parlais de reprendre sur de bonnes bases, cela implique entre autres que vous arrêtiez de me prendre pour l'un de vos larbins. Je ne ferai jamais partie de votre "personnel", la seule personne en ce monde qui puisse me considérer comme son serviteur est Viwien, Reine de Canopée, et encore prend-elle des gants pour obtenir quelque chose de moi."

Je laissai filer un bref silence avant d'ajouter avec sérieux:

"Votre compagnie n'a que faire de moi, il est aisé d'acheter des navires, mais si vous tenez à votre Ao Kuang c'est une toute autre affaire: votre navire a trois quarts de siècle, certaines pièces essentielles arrivent en fin de vie et je suis le seul à pouvoir les remplacer dans les règles de l'art. Pourquoi? Parce que j'ai usé d'une magie extrêment rare pour les façonner et leur donner la résistance nécessaire. De mon côté, j'aime ce navire plus que vous ne pouvez l'imaginer et je n'ai pas la moindre envie de le voir sombrer parce que personne n'a été foutu d'en prendre soin. A ce titre j'ai besoin de vous, puisque vous en êtes la capitaine et que je ne puis rien y faire sans votre accord.

Par ailleurs, ni vous ni moi ne sommes bien considérés au sein de notre caste, nos chers eunuques ne voient pas d'un bon oeil ceux qui ne se plient pas à leur volonté. Nous avons de nombreux ennemis, vous en particulier, et je suis convaincu que vous n'êtes pas aveugle au point de sous-estimer la menace qu'ils représentent. Je vous propose une alliance susceptible nous donner à tous deux les moyens de sortir victorieux des sombres temps à venir, mais cela suppose que nous nous considérions mutuellement comme des égaux. Si cela vous est impossible, alors je n'ai plus rien à faire ici. Ce qui me désolerait car, croyez-le ou non, je crois que je commence à vous apprécier malgré votre foutu caractère."


Je soulignai mes derniers mots d'un sourire amusé et achevai avec une légère ironie:

"Alors, que fait-on maintenant? Vous lancez vos chiens sur moi? Nous finalisons ce contrat correctement? A moins que, au point où nous en sommes, vous désiriez vous assurez plus concrètement que mon panache résiste à la houle?"
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Dim 16 Déc - 17:16

Bien que la Néréide restait figée dans une expression sereine, telle une statue de marbre, c’est avec un certain étonnement qu'elle vit les lèvres du Sindatin s’orner d’un petite sourire au coin, et ce malgré que sa gorge soit dangereusement enserrée autours de sa main. Nathanaël ne montrait aucun signe de peur envers la Capitaine, bien qu’ayant parfaitement conscience de sa situation précaire dans laquelle il se trouvait. Au contraire, Wei crut même desceller une certaine forme d’excitation dans ses prunelles. Comme si le Sindarin s’en galvanisait. L’on prétendait que ceux qui ne craignaient pas la Mort n’étaient que des fous. Et pourtant ~

Voilà que le ‘’Protégée de Soulen’’ lui tenait consciemment tête. Elle ainsi que son actuelle et sombre messagère. Cette dernière inclina légèrement la tête sur le côté. Était-elle déçue ? Pas nécessairement. La nouveauté relève toujours d’un certain attrait pour Wei ; la réciprocité également. En tant qu’êtres prédestinés à une longue existence, il n’était guère inconcevable que certain fasse preuve d’une forme de lassitude. Et quelle meilleure manière de se sentir vivant qu’en frôlant outrageusement la mort et de s’en faire une amante. L’adrénaline. Pas même le plus puissant des opiacés saurait l’égaler.

D’une voix rendue trompeusement suave notre pâle révéla ses quatre vérités au Sindarin. Cette fois tout disposé à l’entendre bien que relevant d’un calme olympien. Le fait qu’elle le prénomme sembla le surprendra. Honnêtement, pensait-il que la Capitaine se serait contentée des informations qu’il lui avait sciemment livré ? Ces trois jours n’avaient pas uniquement servit à la rédaction du contrat. Il permit surtout à Wei de mettre en place quelques investigations. Dont sur son illustre personne. Et quand bien même il restait encore beaucoup de zones d’ombres. la Dame faisait ouvertement comprendre au Sindarin qu’elle n’était pas femme à laisser place au hasard. Ni à se faire surprendre. Elle n’aurait assurément pas survécu longtemps sans ça.

Après avoir posée son ultimatum, Wei attendit alors que Nathanaël lui donne sa réponse. Ses prunelles ombrageuses toujours ancrées dans les siennes, tous deux se défiant littéralement du regard. C’est pourtant avec ironie que son vis-à-vis souligna être un peu limité dans ses mouvements en étant ainsi sur lui. La Néréide claqua sa langue contre son palet en signe d’agacement et s’était préparée à une réplique cinglante. Mais se fut sans compter sur l’intervention du Sindarin, qui non-content d’avoir fait preuve de défiance envers elle retourna la situation. Et la Capitaine au passage. Son dos ainsi que sa tête se heurtèrent assez durement au sol. Loin d’exprimer de la douleur malgré le choc contre la table, ce fut surtout de l’inconfort qu’elle ressentie. Maintenue sous le poids de l’homme, Wei foudroya ouvertement celui-ci du regard. Elle aurait été bien tentée de lui porter un coup là où ça fait mal, voire de tête si le Sindarin n’avait pas savamment et supposément pris ses précautions ; ne faisant preuve d’aucun scrupule.

Sans surprise Nathanaël se venta sur un ton outrancier et condescendant qu’il ne craignait aucune tempête – comme précédemment indiqué, pas même celle de son envoutante partenaire. Après avoir marqué un silence et sur une intonation bien plus sérieuse, il lui reprocha de refuser de le traiter en égal et comme allié. Alors que son aide et son expérience lui serait tout autant précieuse sur terre qu’au sein du Ao Kuang, dont il releva que les années et diverses péripéties auront bientôt mais inexorablement raison de certaines pièces. Ce qui était malheureusement vrai. Lui seul serait donc à-même de les remplacer, puisqu’ayant fait usage à l’époque d’une magie rare et donc assurément méconnue de la plupart. Preuve que le Sindatin s’était donc particulièrement investi pour ce navire, l’affectionnait et se refusait farouchement de le voir un jour sombrer. En ça il avait donc besoin de Wei. Seule décisionnaire en ce qui concerne le vaisseau.

La Dame arqua légèrement un sourcil. Même s’il avait mis les formes Nathanaël sous-entendait que son précieux Ao Kuang serait bon pour retourner au chantier et y rester sans son intervention, ce qui la fit intérieurement bondir. Ce bateau était son bien le plus précieux et synonyme de liberté. Le perdre serait lui arracher une part d’elle-même. En plus de la mettre dans une posture de faiblesse, comme avança son pesant vis-à-vis. Tous deux étaient bien conscients que la Néréide comptait bon nombre d’ennemis, de par sa nature libre et indépendante. On pouvait même affirmer sans se tromper qu’elle était cernée de toute part. Une prise de position que semblait valider et partager le Sindarin, lui-même mal-considéré en jouant les électrons libres. Alors pourquoi se refuser à l’autre, affronter seule cette menace et risquer de tout perdre ?

Un chuintement quitta les lèvres pâles de la Néréide, ce qui serait l’équivalant d’un profond soupir. «  Et vous pensez sincèrement que je vais vous croire ? » Murmura la Dame lorsque son invité avoua qu’il serait regrettable que tous deux en restent finalement là ; prétendant qu’il commençait à l’apprécier malgré son caractère difficile. Mais force est d’admettre que notre duo acceptait difficilement les concessions de l’un et de l’autre. C’est avec ironie que Nathanaël se renseigna ensuite sur la suite des évènements.

«  Je crains que mes chiens n’auraient que faire de votre carcasse après tout ce qu’ils ont eu aujourd’hui. » Rétorqua avec cette même pointe d’ironie la Capitaine, ponctuant ses propos d’un discret haussement d’épaules.

«   Quand au reste. Je ne voudrais pas que vous imaginiez que je donne vulgairement de ma personne pour parvenir à une signature. Ce serait particulièrement insultant pour nous deux. Et puis… le sol est rendu un peu froid avec les baisses de température. » Minauda Wei. Loin d’être un non catégorique. Ni et encore moins une marque de faiblesse. Mais ça, notre Sindarin devait évidement s’en douter.
 
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Lun 17 Déc - 13:18

La Dame inclina légèrement la tête sur le côté lorsqu'elle réalisa que, loin de me mettre à trembler, c'est avec un sourire et une certaine exultation que j'accueillis la menace qu'elle faisait peser sur moi. Etait-elle étonnée? Intriguée? Peut-être un peu des deux, je n'aurais pu le définir avec précision mais je supposai que, tout comme moi, elle n'avait guère l'habitude qu'on lui tienne tête et qu'un peu de résistance n'avait, dans le fond, rien pour lui déplaire. Quoi qu'il en soit, c'est d'une voix faussement suave qu'elle m'asséna son point de vue et, après avoir malmené ma gorge, posa un ultimatum. Nous nous défiâmes du regard pendant plusieurs secondes, le temps que je masse mon cou endolori, l'un et l'autre trop fiers pour céder et baisser les yeux. La Néréide émit un claquement de langue agacé après que je lui eus fait remarquer avec ironie qu'il ne m'était guère aisé d'obtempérer alors qu'elle était assise à califourchon sur moi mais, avant qu'elle n'ait eu le temps de me servir une réplique acerbe de son cru, je la fis brusquement basculer à terre et l'écrasai de tout mon poids. Sans doute aurait-elle tenté de faire de moi l'un de ces piteux eunuques de Mavro, si je n'avais pris soin de protéger mes parties sensibles, mais elle ne put que me foudroyer d'un regard plus noir qu'un ciel d'orage et écouter les réponses que je lui apportai.

Parfaitement maîtresse d'elle-même, elle se contenta de hausser un sourcil lorsque je lui fis remarquer que son navire commençait à être âgé et que, sans mon aide, il ne tarderait pas à être inutilisable. Peut-être me serais-je laissé prendre à cette feinte indifférence si je n'avais été allongé sur elle mais, dans cette position, si elle pouvait me dissimuler ses pensées, elle ne pouvait en revanche occulter les battements de son coeur. Et à en juger par leur subite accélération, l'idée de perdre son précieux Ao Kuang était fort loin de la laisser de marbre, bien qu'elle possédât plusieurs autres navires. Je n'en manifestai rien mais, au fond de moi, je ne pus m'empêcher de ressentir un certain étonnement en découvrant que derrière la glaciale façade que la Néréide offrait au monde, se cachait une femme capable d'émotions, capable d'éprouver un véritable attachement envers cette oeuvre d'art que j'avais créée. Sans doute est-ce cela qui me poussa, quelques instants plus tard, à lui dire impulsivement que je commençai à l'apprécier malgré son détestable caractère, paroles idiotes s'il en était. J'étais là pour récupérer ce navire - qu'elle aimait visiblement sincèrement - et me venger du coup bas de son père qui me l'avait dérobé, certainement pas pour m'attacher stupidement à sa fille! Et pourtant, pourtant, lorsqu'elle me demanda d'un chuintement aux allures de soupir si je pensais vraiment qu'elle allait gober ça, c'est tel le dernier des imbéciles que je lui répondis en la fixant au fond des yeux:

"Vous n'avez aucune raison de me croire, mais j'espère que vous le ferez tout de même, Jing."


Je me maudis aussitôt de ces mots, n'avais-je donc rien appris en six siècles d'existence? La vie ne m'avait-elle pas enseigné que s'attacher à qui que ce soit était une absurdité qui, inéluctablement, nous infligeait les pires blessures? N'avais-je pas perdu les rares femmes que j'avais commis l'erreur d'aimer, deux d'entre elles assez profondément pour avoir eu des enfants avec, enfants qui m'avaient été semblablement arrachés? Cela faisait près de trois siècles que je me gardais de toute attache sentimentale et voilà que je baissai ma garde face à la fille de l'homme que j'avais haï plus que n'importe quel autre avant lui? Il fallait bien reconnaître que la Néréide n'avait rien en commun avec les fades créatures qui avaient partagé ma couche durant ces derniers siècles mais, la connaissant, tout ce que je gagnerai à entrouvrir mon armure serait un bon coup de poignard dans le dos. Je domptai donc durement mes états d'âme et m'enquis avec ironie de la suite des événements, ce qui lui fit me rétorquer sur le même ton, et avec un léger haussement d'épaules, que ses chiens avaient sans doute été suffisamment nourris pour la journée. Etonnant, je m'étais plutôt attendu à un redoublement de virulence après mon geste ô combien téméraire, mais sans doute ne domptait-elle sa colère qu'en regard de ses intérêts? Je n'étais toutefois pas au bout de mes surprises car elle ajouta alors en minaudant:

"Quand au reste. Je ne voudrais pas que vous imaginiez que je donne vulgairement de ma personne pour parvenir à une signature. Ce serait particulièrement insultant pour nous deux. Et puis… le sol est rendu un peu froid avec les baisses de température."

Venant de toute autre j'aurais trouvé cette répartie parfaitement normale, mes charmes hors du commun ne pouvant manquer de rendre n'importe quelle femme réceptive à mes avances, mais là... la question était probablement plutôt de savoir quel mauvais coup elle me préparait. La sagesse aurait voulu que je m'en prémunisse en reprenant mes distances, mais le jeu dangereux auquel nous étions en train de nous livrer était trop délectable pour que je me résigne à l'interrompre maintenant, quels que soient les risques encourus. Avec un indéfinissable sourire, je redoublai donc d'audace et laissai mes lèvres frôler langoureusement le coin des siennes, puis dériver le long de sa joue jusqu'à son oreille au creux de laquelle je murmurai:

"Dans ce cas, que diriez-vous de finaliser rapidement ce contrat et d'aller fêter ça bien au chaud dans votre cabine avec une ou deux bonnes bouteilles? Je suis sûr que le Ao Kuang vous manque déjà autant qu'à moi..."

Je ne m’attendais pas vraiment à ce qu'elle accepte, évidemment, tout ceci n'était sans doute pour elle qu'une manière d'obtenir ce qu'elle voulait et elle m'enverrait probablement paître dès le document signé. Mais, si infime que soit la chance qu'elle ait vraiment envie de partager un moment sensuel avec moi, je n'allai certes pas la laisser passer, ce n'était pas tous les jours qu'on rencontrait une femme comme elle. Aurai-je encore le coeur à ma vengeance si d'aventure nous devenions amants? La question serait épineuse, d'autant plus que je ne pouvais la tenir pour responsable des agissements de son père, mais cela faisait longtemps que je ne me souciai plus que du présent et l'avenir se chargerait bien assez tôt d'apporter la réponse à cette interrogation.
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MessageSujet: Re: [Domaine des Wei] - Un curieux visiteur.   Lun 17 Déc - 16:18

Lorsque la Néréide émit lourdement des doutes sur la sincérité du Sindarin, lui demandant alors s’il pensait réellement qu’elle accorderait du crédit à un tel boniment. Celui-ci lui répondit qu’elle n’avait effectivement aucune raison de croire à ses propos. Mais l’espérait pourtant. Faisant preuve d’une familiarité toute nouvelle mais équivalant à son égard en usant de son prénom. N’ayant pas quittée Nathanaël des yeux depuis qu’ils se trouvaient dans cette.. position ; la Capitaine chercha encore la moindre trace de mensonge dans son regard. Mais force est d’admettre que soit il était plus doué qu’elle à ce jeu-là. Soit il disait la vérité. Mais en aucun cas elle exprima de la surprise. Ni exposa la moindre faille à ce parfait inconnu.

C’est donc finalement avec plus de légèreté que le Sindarin l’interrogea sur la suite de l’entrevue. Ne pouvant définitivement pas faire appel à ses chiens. Ni s’adonner à un autre et savoureux sport en l’état. Nathanaël proposa alors – et suite à sa rétorque – de boucler rapidement ce contrat par leurs signatures, pour mieux fêter ça ensuite au sein même du Ao Kuang ; qui devait d’hors et déjà lui manquer. Le tout murmuré au creux de l’oreille, non sans avoir dangereusement égarée ses lèvres au coin des siennes. La Capitaine tiqua un peu à cette proposition. Et c’est avec un sourire finaud et une voix mielleuse qu’elle rétorqua.

« À se demander ce qui vous exciterait le plus, en supposant que je vous cède. Ma glorieuse personne ou le navire. » Se doutant et comprenant bien évidement que le Sindarin avait hâte de revoir cette merveille de près. L’œuvre de sa vie. Après tout la Néréide elle-même supportait difficilement de s’éloigner du Ao Kuang, ne serait-ce parfois qu’une journée. Alors après des siècles.

Profitant que Nathanaël ait finalement offert un espace entres eux, Wei apposa une de ses mains contre son torse et l’incita d’une légère pression à se lever. Ce qu’il fit docilement avant de proposer son aide par une main tendue. Les prunelles sombres de notre amie détaillèrent une demi-seconde sur ladite main avant de s’en saisir. C’est avec aisance et panache qu’elle se remit debout. Soit une position plus acceptable. Elle se garda bien de remercier Nathanaël pour cette marque de bienséance et de galanterie, puisque de rigueur après qu’il les ait lui-même mis dans cet embarras. La Néréide avisa ensuite de la table renversée, des verres brisés, du tapis souillé de leur alcool respectif et du contrat prodigieusement intact. Elle jeta un regard au coin à l’intention du Sindarin, esquissant une moue faussement accusatrice.

Puis tout en lui laissant tout le loisir de récupérer les documents au sol Wei se dirigea vers son bureau. Où elle eut la présence d’esprit d’y laisser l’encrier. Tout en s’asseyant audit meuble elle rapprocha le set d’écriture et attendit patiemment que Nathanaël la rejoigne pour apporter les modifications ainsi que sa griffe.  Ponctuant l’ensemble par cette phrase.

« Avec quel genre bouteille voudriez-vous fêter cette occasion ? » S’enquit la Néréide d’une voix polie et calme. Après que son invité l’ait supposément imité et ce soit rapproché du bureau, c’est dans un silence assidu que notre duo régla les derniers détails de l’accord et le signa ; ainsi que sa copie. Enfin une bonne chose de faite.

« Je prévois notre prochain départ pour dans quelques mois environs. Vous serez évidement informé de la date afin que mes entreprises n’empiètent pas sur les votre. Je suppose que d’ici là vous souhaiteriez avoir libre accès au Ao Kuang – et logiquement à mon chantier naval. Si vous êtes donc amené à rester sur les Berges Dorées durant un temps déterminé ou non, je ne peux décemment plus vous faire dormir à l’auberge du coin. » Dans un haussement d’épaules discret et trompeusement détaché, marquant un temps voulu. « Aussi je mets à votre disposition l’aile du domaine réservée aux invités. » Déclara-t-elle sur le même ton. Bienséance et preuve de bonne volonté oblige à présent. Là encore elle marqua volontairement un temps.

Puis après lui avoir confié l’un des exemplaires signé et rangé le second sous clé, Wei prit l’initiative de se retirer ; dans une démarche toujours gracieuse et chaloupée.  « Je suppose qu’une visite du Ao Kuang s’impose, quand bien même vous le connaissez déjà sur le bout des doigts. Permettez toutefois que je m’habille plus chaudement avant ça. Il serait malencontreux que j’attrape froid avec ces vêtements mouillés par votre faute. » L’informa la Néréide tout en ouvrant la porte, invitant le Sindarin à quitter la pièce.
 
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