[Ao Kuang] Les retrouvailles.

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 [Ao Kuang] Les retrouvailles.

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Jing Wei
MessageSujet: [Ao Kuang] Les retrouvailles.   Mar 18 Déc 2018 - 14:58

Les propos de la Néréide semblèrent réellement étonner le Sindarin, qui plissa légèrement les yeux avant de répondre calmement, quoiqu’avec une pointe voulue de contrariété, que jamais il ne la comparerait aux femmes appartenant à l’un ou l’autre de ces castes. De même qu’aussi agréables et intimes pouvaient êtres leurs rapports, Nathanaël n’en perdrait pas le sens des priorités, ni de vue les avantages et compétences avant tout professionnels de Wei. Ce qui sembla convaincre cette dernière qui esquissa un simple et discret hochement de tête ; attendant d’ores et déjà la suite.

Le Sindarin marqua un autre mais court délais, avant de reprendre posément cette fois-ci. Il expliqua à sa comparse qu’il aimerait que le Ao Kuang jusqu’aux côtes de Cebrenia, et plus précisément sur un chantier naval. De ce voyage, il avoua être mieux à-même d’évaluer la condition générale du précieux navire et l’état des pièces. En fonction de quoi Nathanaël apporterait les réparations nécessaires une fois arrivé ; révélant sans surprise que le bois sortant des rares forêts d’Argyrei n’étaient en rien comparables avec celui son pays natal :  Cebrenia. D’autant qu’en toute logique le Ao Kuang avait été façonné dans ce même matériau. Une entreprise qui se révélait bien moins couteuse et approximative que s’ils demandaient à se faire livrer. Surtout avec cette météo capricieuse. Force est de reconnaître que les transporteurs d’Argyrei n’étaient pas accoutumés aux routes enneigées.

Wei étudia dans un recoin de son esprit ce qui ne semblait être que la première étape de ladite mission commerciale. Et pour cause. Nathanaël ajouta qu’entre les possibles réparations et l’approvisionnement, la Capitaine serait au moins coincée quelques semaines. Ce qui était évidement on ne peut plus logique, mais qui n’enchanta que moyennement la Néréide. Son visage resta pourtant stoïque, attendant poliment que le Sindarin en finisse avec ses explications. De toute évidence Nathanaël voyez en la présence de Wei sur Cebrenia une occasion de se montrer à la Capitale l’un accompagné de l’autre, officialisant au regard des autres l’alliance que le duo avait noué. Wei pourrait également être témoin de l’influence que possédait bel et bien le Duc en ces terres, ainsi que prendre conscience des avantages qu’offrait une personne de son rang. Comme par exemple des contrats alléchants. En revanche tout cela leur imposait de prendre part à quelques soirées mondaines. Ce dont tous deux avaient horreur. ~

« Évidemment.. » Souffla Wei d’exaspération, souffrant déjà d’ennui rien que d’y penser. Toutefois Nathanaël se promettait de rendre ces soirées ô combien plus plaisantes en sa compagnie. «  Attention Nathanaël. Je vous ai bien fait comprendre que j’étais une femme exigeante. Je serai capable de vous prendre au mot, voire d’en faire le pari. » Une fausse mise en garde qu’elle ponctua d’un sourire charmeur.

Puis ce fut à son tour de marquer un profond silence. Avant qu’elle ne déclare sur un ton rendu détaché.  « Je reconnais qu’il serait extrêmement dommageable que le Ao Kuang ne bénéficie pas des meilleurs traitements et matériaux. Et outrageusement couteux de s’obstiner à le faire réparer aux Berges Dorées. » Accorda donc la Capitaine.

« Je compte donc sur votre charmante hospitalité durant ma présence en Canopée. » Ponctua-t-elle en usant encore une fois d’un subtil double-sens.

Finalement, la diligence se stoppa à l’adressa indiquée. Aussitôt descendu le cochet vint de nouveau leur ouvrir la porte. Wei laissa l’opportunité à Nathanaël de descendre en premier. Ainsi sitôt qu’il aura posé le pied dehors et relevé la tête.. il se retrouverait face au Ao Kuang. Notre pâle amie passa à côté du Sindarin – supposément en pleine contemplation.

« Vous venez ? » Tout en se dirigeant vers l’une des rampes d’accès. Les travailleurs du chantier saluèrent respectueusement Wei en la croisant. Cette dernière les rendit d’un signe de tête. L’un des hommes proposa aussitôt de prévenir le contremaître de sa venue. La Néréide refusa en affirmant qu’il était inutile qu’il se dérange.

À ce propos, elle ordonna plutôt à ce que les employés soient libérés pour le restant de la journée. Bien que surpris, aucun ne se permit de la questionner et tous remballèrent donc leurs affaires. La Capitaine emprunta ensuite la rampe menant au pont. Là encore sa tenue n’eut aucun impact sur sa liberté de mouvement ou même son équilibre. C’est presque avec soulagement qu’elle gagna le Ao Kuang. Elle laissa vagabonder l’une de ses mains sur les cordages, la surface du bois, puis se tourna vers Nathanaël, supposément en train de la rejoindre.

« Permettez que nous l’inspections d’ores et déjà sommairement ensemble, avant que vous me fassiez goutter de ce fameux rhum ? » Proposa-t-elle avec nonchalance feinte, ses craintes pour son vaisseau ne la quittant plus désormais. Quand bien même elle gardait cet aplomb et entretenait une distance glaciale.

« Les marauds qui se sont invités dans mon domaine toute à l’heure étaient le Capitaine et les membres d’un bateau que j’ai … malencontreusement envoyé par le fond lorsqu’ils ont tentés de me couler. » Notons à quel point cette situation sonnait ridicule. Mais c’était le cas, puisqu’après Keh’Aqta était venu réclamer vengeance après avoir été déclencheur de cette accrochage maritime. « Toujours est-il que ç'a valu quelques secousses. Et puisque vous êtes là.. Autant mettre à profit votre œil expert. »
 
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Nathanaël Findaryë
MessageSujet: Re: [Ao Kuang] Les retrouvailles.   Jeu 20 Déc 2018 - 13:26

Mes paroles, visant à dissocier nos affaires d'une éventuelle intimité autant qu'à l'assurer que je ne risquai pas de la confondre avec les piteuses créatures qu'elle avait évoquées, semblèrent convaincre la Néréide qui manifesta son assentiment par un léger hochement de tête. Je lui révélai ensuite sans détour ce que j'avais en tête pour occuper les prochains mois, un discours que Jing écouta avec attention, pensive jusqu'à ce que j'évoque la nécessité de nous montrer dans quelques soirées mondaines, idée qui la fit souffler d'un air exaspéré:

"Évidemment..."

Quant à mon affirmation d'être capable de lui rendre ces obligations agréables, la belle capitaine y rétorqua avec un sourire charmeur et d'un ton indiquant qu'elle plaisantait, en partie au moins:

"Attention Nathanaël. Je vous ai bien fait comprendre que j’étais une femme exigeante. Je serai capable de vous prendre au mot, voire d’en faire le pari."

Amusé, et séduit par ce sourire plus agréable que tous ceux qu'elle m'avait adressé jusque là, je lui répondis avec une petite moue sensuelle et joueuse:

"Douteriez-vous que je sois capable de vous combler au-delà de vos désirs, ma chère? Me voilà fort indigné, et tout autant intrigué: que seriez-vous prête à parier, au juste?"

Après ce nouvel échange teinté de doubles sens, la Néréide se plongea dans un long silence méditatif avant d'admettre qu'il serait dommageable que l'Ao Kuang ne bénéficie pas des meilleurs soins et que le conduire à Cebrenia était l'option la plus avantageuse. Renouant avec les sous-entendus, elle ajouta qu'elle comptait sur ma charmante hospitalité durant son séjour à Canopée, à quoi je rétorquai avec un léger sourire au coin des lèvres

"Naturellement ma dame, il va sans dire que je me ferai un devoir de vous faire goûter à tous les plaisirs d'une vie de Duchesse."

Peu après, la diligence s'immobilisa et, le cocher ayant ouvert la porte, j'en descendis le premier à l'invitation de Jing me retrouvant enfin face au navire qui m'était si cher. Je le contemplai sans un mot, redécouvrant avec émotion ses lignes épurées et son élégance incomparable, jusqu'à ce que Jing me passe à côté en m'invitant à la suivre. Je hochai mécaniquement la tête et, sans détacher une seconde les yeux du merveilleux bâtiment, la suivis jusqu'à l'échelle de coupée donnant accès au pont. Tout à ma contemplation, je saluai distraitement les ouvriers que nous croisâmes, notant dans un coin de mon esprit que la Néréide jugeait inutile de déranger le contremaître comme le lui proposait un des hommes, mais je retournai mon attention vers elle à l'instant où elle donna congé aux ouvriers. A croire qu'elle désirait vraiment nous offrir un peu d'intimité, ce dont je n'allais certes pas me plaindre. Je lui emboîtai le pas lorsqu'elle gravit agilement la rampe d'accès et l'observai ensuite pensivement caresser bois et cordages avec une sorte de tendresse bien inhabituelle chez elle. Elle se retourna vers moi une fois que je l'eus rejointe et me proposa avec une nonchalance que je devinai de façade à la légère inquiétude visible dans son regard:

"Permettez que nous l’inspections d’ores et déjà sommairement ensemble, avant que vous me fassiez goûter de ce fameux rhum ?"

"Faisons cela, il y aura moitié moins de mâts et de membrures à contrôler si nous sommes à jeun", lui répliquai-je avec malice avant de l'écouter m'expliquer:

"Les marauds qui se sont invités dans mon domaine tout à l’heure étaient le Capitaine et les membres d’un bateau que j’ai … malencontreusement envoyé par le fond lorsqu’ils ont tenté de me couler. Toujours est-il que ça a valu quelques secousses. Et puisque vous êtes là... Autant mettre à profit votre œil expert."

"Malencontreusement, mmh?" demandai-je en riant légèrement avant d'ajouter en lui souriant tranquillement: "Soyez sans crainte, il faudrait plus que quelques secousses pour endommager la structure de ce navire et il n'y a rien que je ne sois en mesure de remettre à neuf. Mais voyons un peu tout cela..."

Je commençai par examiner soigneusement les mâts et leurs vergues, caressant à mon tour le bois aussi amoureusement que s'il s'était agi d'une amante et usant modérément de ma magie pour le sonder en profondeur. Concentré et silencieux, ce n'est qu'en arrivant au mât de beaupré, celui situé à la proue et supportant la violente traction du foc démesuré que j'avais nommé cerf-volant que je repris la parole, plus pour moi-même qu'à l'attention de Jing:

"Bien ce que je craignais...il ne tiendra pas une année de plus, trop de sollicitations..."


Sourcils froncés, j'examinai alors les drisses permettant de déployer ou de reployer le grand foc, me souvenant de la manière dont le Ao Kuang avait brutalement enfourné un paquet d'eau de mer lors de son approche du port. Avec un soupir, je désignai une grosse poulie située très en hauteur où passaient les deux cordes principales à la Néréide:

"Cette poulie ne devrait pas se trouver autant en hauteur, les cordages qui la maintiennent ont été raccourcis, sans doute à cause de l'usure, et cela a deux conséquences: la première c'est que cela multiplie presque par deux la force exercée sur le mât de beaupré, qui n'est pas conçu pour et s'est donc fendillé. La deuxième est que ça change légèrement la courbure du foc, assez pour que la proue s'enfonce trop en cas de vent de travers et que vous embarquiez la moitié de l'océan chaque fois que l'Ao Kuang plonge de biais dans un gros creux de vague. Rien de dramatique en soi, mais à terme cela éprouve durement les membrures de la proue. Allons voir ça d'un peu plus près, voulez-vous?"

Je l'invitai courtoisement à me précéder dans la cale et, une fois rendus, auscultai soigneusement, bien que rapidement, chaque pièce essentielle et en contrôlai les assemblages. Finalement, j'adressai un sourire rassurant à la Néréide et lui fis part de mon verdict:

"Je vois que vous en avez pris soin, dans l'ensemble. Il faudra changer quelques pièces, mais c'est tout à fait normal compte tenu de son âge, il n'y a à priori rien qui doive vous inquiéter. Je dis à priori parce qu'il me faudra l'écouter et analyser ses réactions en pleine mer, mais s'il y avait un élément crucial endommagé je l'aurais vu."

Je m'approchai d'elle et pris délicatement l'une de ses mains pour la porter à mes lèvres avant d'ajouter avec mon sourire le plus charmeur:

"Que diriez-vous de passer maintenant aux choses agréables et d'aller nous assurer que ce fameux rhum a aussi bien résisté au temps que votre navire?"
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Jing Wei
MessageSujet: Re: [Ao Kuang] Les retrouvailles.   Jeu 20 Déc 2018 - 17:49

C’est donc avec une pointe d’humour et de charme que Nathanaël rassura la Capitaine, affirmant qu’il lui réservait un accueil digne d’une Duchesse et saurait rendre ses prochaines corvées mondaines bien plus amusantes en sa présence. Et ce malgré les doutes qu’elle émit. Elle esquissa un charmant et provocateur sourire devant l’attitude joueuse du Sindarin. Ce qu’elle aurait été prête à mettre en jeu ? Wei esquissa un haussement d’épaules pour toute réponse tout en inclinant légèrement la tête, lui offrit un air faussement innocent. Mystère donc.

Finalement le duo arriva sur les quais. Après que la Capitaine ait congédiée tous les ouvriers elle invita Nathanaël à la rejoindre. Ce qu’il fit docilement. Elle observa silencieusement, mais longuement le Sindarin. Elle sembla lire une certaine émotion et nostalgie dans son regard. Le Ao Kuang l’avait assurément manqué. La Néréide profita alors de cet instant pour lui demander une première expertise, expliquant que le navire avait été légèrement secoué lors d’un assaut maritime.Et ce même il s’en était largement mieux sorti que son adversaire, ce qui fit rire Nathanaël pour le caractère soi-disant ‘’malencontreux’’ de la chose. Il céda à la demande de la Capitaine, avouant qu’il valait effectivement mieux procéder à cette inspection à jeun ; s’évitant ainsi de compter double. Il assura tout de même que deux ou trois secousses n’auraient pas raison de l’intégrité du Ao Kuang. Ce dont la dame ne doutait pas non plus une seconde.

C’est en silence que la Néréide étudia les moindres faits et gestes du Sindarin – lui-même devenu mutique, alors qu’elle ressentait la magie affluer autours de lui. Ces derniers donnaient une étonnante impression de douceur, agissant avec son vaisseau comme un être vivant. Lorsqu’il reprit la parole, sans réellement s’adresser à Wei directement, ce fut pour conclure très sombrement ‘’qu’il ne tiendrait pas plus d’un an’’.. comme il l’avait vraisemblablement craint. Une fraction de seconde, le cœur de la Capitaine cessa de battre correctement. Comme s’il s’était retrouvé pris dans un étau. Avant de soupeser le poids de ses mots.

Quand bien même Wei ne connaissait pas tous les détails de sa conception, tout bon capitaine se devait de connaître son vaisseau. Elle l’aurait vu si le Ao Kuang avait été altéré dans sa globalité et montré des signes de faiblesse. Elle en conclut donc que le problème centrait une pièce en particulier. Elle suivit ensuite le regard du Sindarin qui lorgnait sur les drisses, jusqu’à se stopper sur une poulie. La Néréide esquissa un distrait mais entendu hochement de tête, et ce bien avant que Nathanaël expose les faits. Elle semblait avoir notée un changement dans le ‘’comportement’’ du Ao Kuang, sans être capable d’en isoler la cause exacte. Ce que fit en revanche aisément le Duc.

Notre pâle amie prêta une oreille attentive à ses explications, une part d’elle se maudissant de ne pas l’avoir déterminée elle-même et plus tôt. Ça semblait pourtant si évident maintenant. Mais le Sindarin la rassura. Même si cela éprouvait outre-mesure le navire, il n’y avait rien de dramatique. De façon presque imperceptible la tension qui s’était progressivement ancrée autours de ses épaules, ainsi que le long de son dos s’était dissipée.

Après quoi Nathanaël invita la Capitaine à le suivre tandis qu’il se rendait à la cale. C’est d’un pas tranquille qu’elle l’accompagna, désireuse de savoir la suite. C’est tout aussi minutieusement que la Sindarin ausculta de nouveau le Ao Kuang. Un sourire rassurant ourla finalement ses lèvres alors qu’il échangeait un regard approbateur à Wei. Des pièces seraient à changer, car naturellement usées par le temps. Mais à priori le diagnostic restait plutôt bon dans l’ensemble. Restait maintenant à voir et .. écouter en mer. En tout cas et de son point de vue, la Capitaine avait su prendre soin du navire. Ce fut à son tour d’exprimer un air faussement outré et boudeur. Elle arqua un sourcil et croisa les bras, braquant son prunelles obsidiennes sur lui.

« Nathanaël, vous m’insultez. Bien sûr que j’en ai pris soin. Comme tout bon capitaine se doit naturellement de le faire. Plus qu’un simple outil de travail, il est le plus précieux héritage de ma famille. » Et son échappatoire. Pour elle il était tout bonnement hors de question de le perdre. De tout perdre. Dans l’optique ou non de se faire pardonner, le Sindarin revint à ses côtes, capta délicatement l’une de ses mains et déposa un baiser sur sa peau glacée. Wei l’observa faire, avant qu’il propose dans un sourire charmeur de s’adonner maintenant à des choses plus plaisantes. Comme s’assurer que le rhum avait aussi bien tenu le choc après tout ce temps.

La Capitaine entretint le suspens quelques instants. Puis se détourna de Nathanaël après avoir libérée sa main. « J’espère au moins que vous savez tenir l’alcool. » Trancha finalement la Néréide tout en reprenant la direction du pont, pour ensuite se diriger vers sa cabine.

Elle ouvrit la porte et entra dans la pièce tout en l’accompagnant. Elle attendit patiemment que le Sindarin l’imite pour la refermer derrière lui. La cabine n’avait guère souffert de changement depuis le départ de Nathanaël, hormis cette fameuse sculpture de dauphin.. que Wei transforma en dragon Amarylien. Tout aussi finement ouvragée que la précédente mais assurément plus féroce et raccord avec le Ao Kuang. La Capitaine contourna ensuite judicieusement le Duc et alla prendre appui sur le bureau, également inchangé depuis l’époque.

« Alors dites-moi, où avez-vous caché cette bouteille ? J’avoue être plutôt curieuse. Moi qui pensais pourtant connaître cette pièce de A jusqu’à Z. » Tout en promenant son regard ci et là, nonchalante.
 
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Nathanaël Findaryë
MessageSujet: Re: [Ao Kuang] Les retrouvailles.   Sam 22 Déc 2018 - 10:02

La Néréide adopta un air boudeur, pour ne pas dire outré, lorsque je déclarai qu'elle avait pris soin du Ao Kuang. Une expression quelque peu démentie par son regard de jais, qu'elle riva au mien après avoir haussé un sourcil et croisé les bras:

"Nathanaël, vous m’insultez. Bien sûr que j’en ai pris soin. Comme tout bon capitaine se doit naturellement de le faire. Plus qu’un simple outil de travail, il est le plus précieux héritage de ma famille."

Un héritage volé, aurais-je pu lui répondre, dont elle aurait bien du mal à prouver qu'il lui appartenait étant donné que son acte original de propriété était soigneusement consigné dans les registres de Canopée et portait mon nom ainsi que mon sceau. Une fois de plus je me demandai fugacement ce qu'elle savait au juste de ce passé, mais l'heure n'étant pas encore venue de creuser cette question, je m'approchai plutôt d'elle et la gratifiai d'un chaste baise-main avant de lui proposer de passer à des occupations plus agréables que l'examen méthodique d'une infinité de poutres. Toujours déterminée à rester maîtresse du jeu, Jing fit soigneusement durer le suspens avant de retirer sa main des miennes et de se retourner en lâchant qu'elle espérait au moins que je tenais l'alcool. D'un ton détaché, je lui rétorquai:

"Ma foi, raisonnablement, bien que je n'aie guère pour habitude d'abuser de la boisson."

Si modéré que je sois à ce propos, il n'en restait pas moins que de nombreux contrats se négociaient autour de force bouteilles parmi les marins de Noxis, aussi avais-je par la force des choses acquis une solide résistance au fil du temps, mais il était bien entendu hors de question que je me laisse aller à l'ivresse en sa présence. Quoi qu'il en soit la dame nous ramena sur le pont puis nous dirigea vers sa cabine dans laquelle nous entrâmes sans plus tarder. J'observai songeusement les lieux tandis qu'elle allait s'appuyer contre le bureau, étonné de voir que presque rien n'avait changé depuis que j'avais quitté la pièce quelques décennies plutôt et saisi de l'étrange impression d'être revenu dans le temps. Jing ne tarda pas à m'extriper de mes pensées, le regard parcourant nonchalamment la cabine:

"Alors dites-moi, où avez-vous caché cette bouteille ? J’avoue être plutôt curieuse. Moi qui pensais pourtant connaître cette pièce de A jusqu’à Z."

Je lui retournai un léger sourire teinté de mystère et m'approchai d'elle sans hâte, jusqu'à être assez proche pour la toucher, en lui répondant de manière sybilline:

"Vous brûlez, pourtant, ma chère. Prêtez-moi votre main, voulez-vous?"

D'un geste aux allures de caresse, je pris sa dextre et la fis glisser sous le rebord du plateau du bureau jusqu'à l'une des chevilles censée le maintenir en place et l'incitai à la presser assez fortement, ce qui produisit un léger déclic. Je m'écartai alors un peu et désignai le panneau situé à mi-hauteur de la cloison le plus proche d'elle, aisément accessible depuis le fauteuil servant logiquement de siège au capitaine:

"Maintenant, il vous suffit d'appuyer légèrement sur ce panneau et de le faire coulisser vers le haut pour découvrir ces fameuses bouteilles."


De fait la cache, une fois ouverte, se révélerait contenir une douzaine de bouteilles d'aspect ancien, quoique encore fermées, et six verres de cristal, le tout soigneusement maintenu en place par un habile système de barres coulissantes pouvant s'adapter à la forme des bouteilles ou des verres afin qu'ils ne bougent pas d'un iota même en cas de gros temps. Avec un petit sourire en coin, j'ajoutai en m'emparant de deux verres et d'une bouteille:

"Permettez que je fasse exceptionnellement comme chez moi? Après tout, ce trésor ne faisait certainement pas partie de l'inventaire que votre père n'a pu manquer d'établir lors de l'acquisition de ce navire qui, je ne vous apprends sans doute rien, se nommait autrefois le "Léviathan".


Tout en restant extrêmement attentif aux réactions de la belle, susceptibles de me donner des indices quant à ce qu'elle savait véritablement, je débouchai précautionneusement la flasque de vieux rhum et en remplis les deux verres. Je lui en tendis un et levai le mien en sa direction, achevant avec un indéfinissable sourire aux lèvres:

"A votre santé, charmante Jing, et à notre délicieuse rencontre. Mais parlez-moi donc un peu de vous, je suis intrigué. Rares sont les femmes désireuses de passer leur vie sur le pont d'un navire, pourtant vous me semblez bien plus à l'aise, heureuse oserai-je presque dire, ici que dans votre demeure. Comment vous est venu l'amour de la mer? "
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Jing Wei
MessageSujet: Re: [Ao Kuang] Les retrouvailles.   Sam 22 Déc 2018 - 12:48

Alors que Wei s’interrogeait sur l’emplacement de cette fameuse cache, c’est avec un sourire teinté de mystère que Nathanaël s’approcha lentement de la Capitaine ; jusqu’à être presque collée à elle. Cette dernière ne sembla aucunement dérangée, ni effarouchée devant cette proximité. Ses prunelles sombres restèrent ancrées dans les siennes, toujours avec aplomb et défiance. Même si le Sindarin la surplombait de toute sa superbe hauteur.

D’une voix qu’il conserva énigmatique, il déclara à sa comparse qu’elle touchait pourtant au but. Il ponctua sa phrase en se saisissant délicatement la main de la Néréide – sur son accord bien entendu, la guidant sous la surface de son bureau jusqu’à atteindre une des chevilles. Là encore à son incitation la Capitaine exerça une pression de ses doigts, suffisante pour qu’elle produise un cliquetis. Les méandres de notre pâle se teintèrent d’une surprise passagère, qu’elle chassa d’un battement de cils. Le Sindarin s’écarta ensuite et désigna la cloison la plus proche d’elle, précisément à mi-hauteur. Tout en s’en approchant du panneau il expliqua la marche à suivre pour l’ouvrir. Soit une légère pression avant de l’accompagner vers le haut. Gestes qu’il exécuta bien évidement à la suite du tutoriel, révélant ainsi la cache où se trouvaient bouteilles et assortiment de verres en cristal. Notre pâle amie se détacha du bureau pour s’en approcher. Après des années dans l’ombre et des tumultueux voyages, l’ensemble étaient pourtant en parfait état ; grâce au système savamment conçus par Nathanaël.

« C’est très ingénieux. Mais n’est-ce pas un peu ‘’trop’’ de précautions pour de l’alcool et quelques verres. » Avoua Wei tandis que son partenaire récupérait deux verres ainsi que la fameuse bouteille. Mais après tout libre à notre Capitaine d’en faire usage autrement, maintenant qu’elle en connaissait l’existence.

D’une voix qu’elle conserva mielleuse. « Faites je vous prie. Je gage que ce flacon requiert après tout ce temps une poigne d’homme. » Lorsque le Sindarin demanda s’il lui était possible de prendre ses aises. À titre exceptionnel. Presque de manière cérémoniale qu’il déboucha la flasque, puis avoua tout en remplissant leurs verres que ce trésor ambré datait – de toute façon - de bien avant l’acquisition du navire par Aeddan. Du temps où celui-ci était encore nommé le Léviathan.

Bien consciente d’un possible stratagème de sa part, notre pâle amie resta imperturbable. « Ma foi. Je suppose que ce fut comme avec le dauphin. Il faut savoir apporter quelques changements lorsqu’ils se révèlent nécessaires. D’ailleurs, comment trouvez-vous son remplaçant ? » Répondit-t-elle calmement, mais évasivement avant de prendre en main son verre.

Un fin sourire orna ses lèvres, comme pour aller de paire avec celui de Nathanaël. Puis ils portèrent un toast, dans un tintement cristallin. Après avoir sommairement humée son bouquet, Wei trempa délicatement ses lèvres dans l’alcool. Ç’aurait été du gâchis de le boire d’une traite comme on le ferait avec un vulgaire tord-boyaux. Notons que son regard n’avait à aucun moment quitté celui du Sindarin, donnant une impression de joute silencieuse mais perpétuelle entre eux. Rien d’étonnant avec deux caractères forts comme eux. Qui plus est toujours dans la phase de découverte. À modérément prêcher le faux pour connaître le vrai. Déterminer quel genre de relation pouvait découler de tout ça. Fieffés ou francs alliés. Officieux ennemis.

« À votre santé, intriguant Nathanaël. » Rétorqua la Capitaine sur un timbre doucereux. Avant que son vis-à-vis ne l’interroge sur sa personne et son parcours, considéré atypique pour une femme. Cette remarque la fit sourire. « Pourtant nous sommes quelques unes à sillonner les mers. Il y a même un vaisseau dont l’équipage ne se compose que de femmes. Et j’ai ouïe dire qu’il ne s’en porte que bien mieux. » Rétorqua notre pâle amie en faisant évidement référence à cette chère Bonny et à son alliée Sora-Hon Jim.

« Je ne pense rien vous apprendre en vous disant que mon statu équivaut à bien des obligations et faux-semblants. À l’instar du votre je présume. Choses dont je peux me défaire avec un bonheur immense sitôt en mer. Aussi cruelles peuvent être les lois qui régissent l’Océan. Je trouve qu’elles ont au moins le mérite d’être franches et ses représentants tout aussi directs. »

La Capitaine marqua une pause, tournant distraitement son verre avant de prendre une vraie gorgée de son contenu. Dans un chuintement qui trahit une certaine aigreur. « Quand bien même c’est prendre le risque de recevoir une balle de mousquet ou un coup de sabre. Je préfère encore ça à une dague fichée dans le dos. » Au moins sur les flots, ses ennemis s’assumait tel quel et s’affichait au grand jour. Tandis que les nobliaux des terres jouaient de manipulations et de contrats, pourvu qu’ils ne se salissent pas les mains. Quel bande de…

La Dame réfréna une bouffée de colère et d’agacement. Puis invita plutôt discrètement le Sindarin à lui remplir son verre. Soyez-en en sûrs, la bouteille ne tiendrait pas la journée. « Mon amour m’est donc venu tout aussi naturellement que mon dégout pour le Continent. Bien que j’admette que mon père ait contribué à cette passion, répondant ainsi à une certaine continuité. Il aurait été dommage que le Clan sombre dans l’oubli à sa disparition. » Dans un haussement d’épaules visant à feindre le détachement. Mais la mention de son père n’était aucunement anodin, ni détachée de toute peine. Même s’il avait été un homme particulièrement dur, sombre et marqué de travers. Il représentait jusqu’à lors son tout. Famille. Mentor. Repaire. Et si Huan n’avait pas été là. Qui sait dans quelle sorte d’abymes profondes elle aurait sombrée. Passons..

« Et vous-même alors ? Quoique j’ai déjà ma petite idée sur la chose rien qu’en rapport avec le Ao Kuang. Votre famille a-t-elle toujours été affiliée de près ou de loin à la mer, ou en êtes-vous le premier représentant ? » Le questionna à son tour Wei en tout enrichissant à nouveau son palet d’une gorgée de rhum.
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Nathanaël Findaryë
MessageSujet: Re: [Ao Kuang] Les retrouvailles.   Jeu 27 Déc 2018 - 11:52

La Néréide laissa transparaître une brève surprise lorsque je lui révélai la cache contenant les précieuses bouteilles de rhum et remarqua que c'était prendre beaucoup de précautions pour dissimuler un si maigre trésor. Je haussai légèrement les épaules avec un petit sourire pour lui répondre:

"C'était pour le plaisir de la concevoir, et le défi technique qu'elle représentait que je l'ai créée, bien plus que pour dissimuler quelque chose de précieux."


Après avoir courtoisement demandé son aval, bien qu'en précisant que ces bouteilles ne faisaient nullement partie de l'inventaire dressé par son père lorsqu'il m'avait dérobé mon navire, jadis nommé Léviathan, j'ouvris ensuite l'une des bouteilles et en remplis deux verres. Imperturbable, Jing rétorqua calmement que cela faisait partie des choses devant changer, à l'instar du dauphin qu'elle avait fait remplacer par un dragon d'Amrayl dont elle me demanda comment je le trouvais.

"Je suppose qu'il correspond mieux à l'actuel Ao Kuang que mon dauphin, mais pour être franc... son exécution manque un peu de finesse."


Le sculpteur l'ayant taillé devait pourtant être adroit, mais gouges et ciseaux ne pouvaient évidemment rivaliser avec ma magie, quelle que soit l'habileté de l'artisan. Entre mes mains le bois devenait "vivant", il se pliait à mes désirs et cela faisait toute la différence, mais le moment était peu propice à une démonstration et je préférai lui tendre simplement son verre. Ce fut les yeux dans les yeux que nous trinquâmes, nos lèvres ourlées d'un même léger sourire, et dégustâmes le breuvage ambré en une sorte de joute silencieuse de volontés. Je le rompis pour lui demander comment elle en était venue à aimer la mer, les femmes marins étant somme toute peu fréquentes bien que, comme elle me le fit remarquer, il en existât quelques-unes. J'opinai simplement d'un petit hochement de tête, la laissant poursuivre:

"Je ne pense rien vous apprendre en vous disant que mon statut équivaut à bien des obligations et faux-semblants. À l’instar du votre je présume. Choses dont je peux me défaire avec un bonheur immense sitôt en mer. Aussi cruelles peuvent être les lois qui régissent l’Océan. Je trouve qu’elles ont au moins le mérite d’être franches et ses représentants tout aussi directs."

J'avais un avis un peu différent sur la question, les fourbes et autres traîtres ne manquant nullement parmi les seigneurs des océans, mais je me gardai de le relever et l'écoutait ajouter avec une légère aigreur qu'elle préférait encore un coup de sabre ou de mousquet de face à une dague plantée dans le dos. Je me demandais une fois de plus ce qu'elle savait des agissements de son père et, si elle était au courant, comment elle s'arrangeait avec les fourbes manoeuvres de ce dernier, méthodes qu'elle semblait pourtant tant exécrer. Je gardai néanmoins une fois de plus le silence, ne voulant prendre le risque de trop lui en révéler si d'aventure elle ignorait que son paternel m'avait tendu le plus vicieux des pièges pour s'emparer de mon vaisseau, et remplis nos verres lorsqu'elle m'y invita discrètement. C'est avec un détachement auquel je ne trouvai rien de convainquant qu'elle ajouta:

"Mon amour m’est donc venu tout aussi naturellement que mon dégoût pour le Continent. Bien que j’admette que mon père ait contribué à cette passion, répondant ainsi à une certaine continuité. Il aurait été dommage que le Clan sombre dans l’oubli à sa disparition."

Était-ce de la peine que je décelai dans ses prunelles de jais à cet instant? Cela y ressemblait en tout cas fortement, une émotion toute aussi surpenante, venant de la glaciale Nymphe, que l'attachement sentimental qu'elle avait manifesté en montant sur l'Ao Kuang... A mi-voix, je glissai:

"Je suis désolé, pour votre père..."

Désolé qu'il soit mort de la main d'un autre que moi, en réalité, mais cela elle n'avait nul besoin de le savoir, pour l'heure ce dépit donnait un accent de vérité à mes paroles et c'était tout ce qui comptait. Après un instant, Jing me retourna la question:

"Et vous-même alors ? Quoique j’ai déjà ma petite idée sur la chose rien qu’en rapport avec le Ao Kuang. Votre famille a-t-elle toujours été affiliée de près ou de loin à la mer, ou en êtes-vous le premier représentant ?"

"Ma famille possède des parts importantes dans le commerce de bois qui sert à la construction de navires, mais il faudrait enchaîner ma parenté et la traîner de force pour la faire grimper sur un pont ailleurs que bien en sécurité dans un chantier naval. Ils préfèrent tous le faste de la cour à la rudesse de la vie en mer, comme l'immense majorité des nobles de Canopée."

Un sourire de dérision aux lèvres, je marquai une légère pause, le temps de déguster pensivement une gorgée de rhum en me remémorant un lointain passé, avant de poursuivre:

"C'est à l'époque des guerres Taulmariliennes que j'ai découvert l'océan, mon père m'ayant envoyé auprès des Eclaris en charge des constructions navales afin de m'éloigner du conflit. J'aurais dû devenir un paon de cour comme tous les miens, mais lorsque j'ai vu la mer et les voiliers Sindarins... j'ai su que j'avais trouvé ma voie. J'ai passé de longues années à apprendre à fabriquer des navires, j'ai même rejoint la caste des Eclaris afin d'obtenir qu'ils me révèlent leurs plus précieux secrets mais, la guerre achevée, mon père a fini par me rappeler à la cour. Ne pouvant envisager de retourner à cette vie, j'ai refusé, suis monté sur le navire que j'avais construit et j'ai largué les amarres."

Je haussai les épaules en finissant mon verre d'une traite et achevai mon sommaire résumé:

"Bien évidemment mon père m'a coupé les vivres, mais ça n'avait pas vraiment d'importance. Je me suis débrouillé, en commerçant d'abord, puis en me livrant à quelques activités plus controversées pour survivre. Après cela, au gré des aléas de la vie, j'ai commandé divers vaisseaux et en ai construit bon nombre, dont quelques-uns pour votre père. Et puis, le jour arriva où mes parents décèdèrent, événement que m'obligea à retourner à Canopée pour y récupérer mon titre et mon héritage, mais il n'était pas question que je m'y installe, ma place est sur le pont d'un navire ou, à défaut, dans un chantier naval."

Après avoir une fois de plus rempli les verres, je plongeai à nouveau mes prunelles d'acier dans l'obscurité de celles de Jing pour lui demander prudemment:

"Ma question vous semblera peut-être indiscrète, mais je m'étonne: comment se fait-il qu'une femme comme vous soit aussi...solitaire? On vous connaît de nombreux ennemis, certains puissants, mais guère d'alliés et encore moins d'amis proches, cela ne vous pèse-t-il pas, parfois?"
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Jing Wei
MessageSujet: Re: [Ao Kuang] Les retrouvailles.   Jeu 27 Déc 2018 - 22:46

Après qu’elle ait questionnée Nathanaël à propos de la statuette de dragon, ce dernier avouant qu’il était effectivement plus en accord avec l’esprit du Ao Kuang que son dauphin, mais moins en finesse que ce précédent ouvrage, il questionna Wei à propos de son amour pour la Mer et son origine. Sans surprise, la Capitaine avoua y trouver une sensation de liberté. Et trouvait que les marins et forbans avaient au moins le mérite d’être francs du collier. Tout du moins dans leurs majorités.

Après, Wei n’était pas stupide. Elle savait que certains usaient de magouilles et de bassesses. Les mêmes qui manquèrent de la faire tuer et qui coutèrent la vie à son père. Elle-même devait parfois se résoudre à user de ces subterfuges – comme dut le faire également Aeddan. Mais elle le faisait par fainéantises, pour les affaires de moindres importances ou les gêneurs ne lui suscitant aucun respect. Pour les affaires personnelles, elle mettait un point d’honneur à s’en charger elle-même. Que l’imbécile qui a osé se tourner contre elle se rende compte de son erreur et le regrette jusqu’à ce que Wei daigne l’achever.

Mais pour conclure, ce besoin de liberté, couplé avec son éducation lui valut cette vie. Et elle n’en changera pas. Fière Wei qu’elle était. La mention de son père fut toutefois comme mettre du sel sur une plaie, ce qui n’échappa peut-être pas au Sindarin. Puisqu’il se dit désolé pour la mort de son père. L’ombre dans son regard loin de la quitter, elle haussa pourtant distraitement les épaules en prenant un air faussement détaché.

« Nous mourrons tous un jour. Et pour des personnes comme nous, se faire assassiner est presque traité comme mort naturelle. » Chassant son trouble à l’aide de ce trait d’humour, esquissant un fin sourire tout en prenant une gorgée de rhum ; Nathanaël s’étant précédemment chargée de remplir à nouveau leurs verres.

Sur ce notre amie retourna naturellement la question au Sindarin. Il révéla alors que sa famille fournissait en bois bon nombre de chantiers navals et possédaient des parts chez certains d’entre eux. Toutefois aucun de ses membres ne foula le pont d’un bateau voguant sur les mers, son comparse avouant qu’il aurait fallu les trainer de force pour que cela arrive, préférant comme beaucoup des leurs le confort et le faste de leur demeure. Cette remarque ne put que faire rire Wei, tant cela contrastait avec notre Protégé de Soulen. Mais c’est en silence qu’elle laissa le Sindarin reprendre.

Il expliqua que pendant les affrontements Taulmariliens, son père l’envoya chez les Eclari affiliés aux chantiers navals pour l’éloigner des conflits. Destiné à prendre la relève et se joindre à bassecour de Canopée, ce fut sans compter les propres attentes de Nathanaël… qui tomba en amour lorsqu’il vit les voiliers Sindarins pour la première fois. Après de longues études et malgré la désapprobation de son père – qui lui coupa les vivres, il s’arma de volonté pour vivre son propre rêve. Quitte à tremper parfois dans l’illégalité.

« Hm.. Je vois. Navrée également pour votre père. Peut-être aurait-il révisé son jugement en voyant ce que vous êtes devenu. » Commenta simplement la Capitaine lorsqu’il fini son récit, en apparence neutre. Mais en vérité, force est de reconnaître que Nathanaël avait fait preuve d’un certain courage ainsi qu’une grande détermination. Même si Wei n’avait bénéficiée d’aucun traitement de faveur et dut se faire sa place comme les autres avant d’hériter du Ao Kuang, elle avait toujours eu le soutien d’Aeddan et libre accès aux finances.

Imitant le Sindarin, notre pâle amie termina son verre d’une traite et sans montrer de signe d’alcoolémie ; malgré la forte teneur de la bouteille. Nathanaël fit alors d’une pierre deux coups et les remplissant l’un comme l’autre. Puis il s’interrogea. Comment une femme comme elle pouvait être si .. seule ? Lui connaissant peu d’alliés et encore moins d’amis. Et est-ce que cet état ne lui pesait-il pas ? La Capitaine réprima de justesse un rire.

« Je suis plutôt sélective dans mes choix. Au-delà du fait que j’aime prétendre pouvoir me débrouiller seule. » Ses prunelles abyssales se plongèrent à nouveau dans les yeux du Sindarin, avant que Wei fasse teinter de sa mélodieuse voix. « Mais ne vous inquiétez pas. Je sais m’entourer lorsque le besoin s’en fait sentir. Quel qu’il soit. » Dans un sourire enjôleur, pour souligner le double sens de sa phrase. Pensait-il vraiment qu’elle aurait exposée ses failles devant lui ? Évidement que la solitude pouvait lui être pesante, voire oppressante. Que d’avoir continuellement une épée de Damoclès au-dessus de sa tête pouvait avoir raison de ses nerfs. Mais quand bien même, ce n’est pas à Nathanaël qu’elle en ferait part. Avec nonchalance, elle tournoyer son verre. Et toujours en conservant un timbre suave et maîtrisé.

« D’ailleurs. N’étais-je pas censée compter sur votre présence à mes côtés, Nathanaël ? » Usant là encore d’un sous-entendu, le regard à aucun moment dévié du sien. Défiante. Joueuse aussi. Elle se demandait jusqu’où pouvait aller l’audace de Nathanaël. Se sachant tous les deux d’une nature insoumise. Cela pouvait promettre d’intéressantes ‘’hostilités’’.
 
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Nathanaël Findaryë
MessageSujet: Re: [Ao Kuang] Les retrouvailles.   Mer 2 Jan 2019 - 12:23

Malgré l'habileté de la Néréide à dissimuler ses véritables pensées je décelai dans ses prunelles d'obsidienne, à l'évocation de son père, une ombre contrastant avec le détachement de ses paroles:

"Nous mourrons tous un jour. Et pour des personnes comme nous, se faire assassiner est presque traité comme mort naturelle."

La blessure était encore douloureuse, c'était une évidence même si elle faisait son possible pour cacher cette faille dans sa cuirasse. Je me demandai si elle savait qui avait assassiné son père et si elle avait été en mesure de se venger, mais je m'étais proposé un peu plus tôt de lui faire passer une soirée plus agréable que ne l'avait été sa journée et, ce sujet n'allant certes pas en ce sens, je gardai mes questionnements pour moi. Lorsqu'elle me demanda ensuite si je provenais d'une famille de marins, je lui répondis avec dérision qu'il aurait fallu traîner de force mes parents pour les faire monter sur le pont d'un navire, ce qui eut le mérite de chasser les ombres de son beau regard de jais et de la faire rire. Presque étonné d'entendre ce son dans la bouche de l'austère capitaine, je lui retournai un franc sourire et poursuivis mon bref récit, qu'elle ponctua en supposant que mon père aurait peut-être révisé son jugement s'il avait vu celui que j'étais devenu. Diantre, était-ce un compliment? Je doutais fort que mon paternel eusse jamais changé d'avis, d'après lui ma place était à la cour et nulle part ailleurs, mais quelle importance? Je ne m'étais pas soucié de ses états d'âme de son vivant, je n'allais certes pas m'en préoccuper maintenant qu'il était mort et enterré.

Nous terminâmes nos verres, que je remplis aussitôt, sans qu'aucun de nous ne montre encore le moindre signe d'ébriété, et m'étonnai alors de sa solitude, ce qui sembla passablement l'amuser. Elle me rétorqua qu'elle était plutôt sélective dans ses choix et qu'elle aimait se débrouiller seule puis, rivant son regard au mien, ajouta qu'elle savait néanmoins s'entourer lorsque le besoin, quel qu'il fut, s'en faisait sentir. Le sourire enjôleur qu'elle m'adressa alors me confirma le double sens de cette précision, jeu qu'elle poursuivit audacieusement d'un ton suave après avoir posément fait tourner le rhum dans son verre:

"D’ailleurs. N’étais-je pas censée compter sur votre présence à mes côtés, Nathanaël ?"

La prudence aurait voulu que je garde mes distances, elle était parfaitement capable de me réserver un mauvais coup si je faisais mine d'aller plus avant dans ce jeu de séduction auquel nous nous livrions, mais je n'avais pas acquis ma réputation en me montrant timoré. Et puis, outre le fait que la Néréide était une femme extrêmement désirable, j'étais curieux de savoir jusqu'où irait son audace, si bien que je lui répondis avec une petite moue sensuelle:

"Ma foi, il me semble que nous venons de signer un accord en ce sens, mais..."


Je déposai mon verre et, avec mon sourire le plus séducteur, m'approchai d'elle, les yeux dans les yeux. Lentement, je frôlai son visage d'une caresse légère comme une plume et me penchai pour sussurer au creux de son oreille:

"Peut-être pourrions-nous envisager un plus ample rapprochement, si c'est là ce que vous souhaitez..."

Je me reculai un peu, juste assez pour accrocher à nouveau son regard, et ajoutai avec un sourire mutin et discrètement provoquant:

"A moins, bien sûr, qu'en cela aussi vous préfériez vous débrouiller seule?"

Les dés étaient lancés, soit ce n'était pour elle qu'un jeu manipulateur, auquel cas je me prendrais sans doute un mauvais coup, n'ayant cette fois pris aucune précaution, soit l'ambiance risquait de notablement se réchauffer dans les minutes à venir, auquel cas mes plans risquaient d'être sérieusement à revoir...
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Jing Wei
MessageSujet: Re: [Ao Kuang] Les retrouvailles.   Jeu 3 Jan 2019 - 9:05

À sa question, le Sindarin rétorqua que c’était bien là tout le but de ce contrat : qu’il se tienne désormais à ses côtés. Mais la Néréide nota son sourire doucereux et séducteur qui indiquait qu’il avait saisi le double sens de ses propos. Après tout, ce n’est pas comme si elle avait cherchée à se dissimuler jusque là. Tout comme son distingué collaborateur. Ç’en était devenu presque un jeu à ce niveau-là. Et Natanaël semblait être un adversaire plutôt intéressant et expérimenté en ce qui concerne la rhétorique. Et plus encore..

D’ailleurs dans une manœuvre calculée, approchant ainsi outrancièrement mais lentement Wei. Il proposa au creux de l’oreille et d’une voix mielleuse une toute autre forme de rapprochement. Avant de se reculer légèrement, plonger de nouveau ses prunelles dans les siennes et de prétendre, avec un air ouvertement défiant, que la Capitaine préférez peut-être là aussi se débrouiller seule. Notre dangereuse amie arqua un sourire, tandis que ses lèvres pâles s’ornèrent d’un sourire. Toute aussi tentatrice. Avant de répondre d’une voix minaude.

« Et bien ne dit-on pas que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même ? » Sans détacher ses perles obsidiennes de lui, attentive aux réactions de son partenaire. Qui avait semble-t-il quelque peu baissé sa garde lors de son approche.

Avec cette habituelle nonchalance, elle s’écarta à la fois du bureau et du Sindarin pour se rendre vers sa couche. Elle vida une dernière fois son verre d’une seule traite avant de le balancer littéralement dans son dos. Pour être supposément rattrapé par son invité, dont elle ne doutait à aucun moment des reflexes. Ses mains dorénavant libres, la Néréide défit l’attache de ses cheveux et la déposa sur sa petite table de chevet ouvragée.

« Mais je n’empêche personne de tenter sa chance et de faire mieux. Qui sait … » Reprit-elle calmement, ponctuant son geste en sortant une petite boite rectangulaire d’un pan de sa tenue, la déposant sur son chevet. Elle retira ensuite avec lenteur la ceinture de son kimono, lui permettant de le défaire d’avantage. Elle dégagea ses épaules, son dos. Son teint de neige contrastant avec le bleu sombre du tissu. Puis Wei se dévêtit complètement, presque de manière désinvolte, s’offrant ainsi sans aucun scrupule du Sindarin. Notons que notre ‘’machiavélique’’ amie s’était passée de lingerie…

Dans sa tenue d’Eve elle prit alors place sur le lit. Adoptant une position qui laissait savamment entrevoir certaines courbes et en dissimulait subtilement d’autres. À la fois féline, gracieuse et évidement hautaine. Elle se savait parée de superbes atouts et désirable, et ce malgré la présence de cette cicatrice qui barrait dorénavant son épaule gauche – Et que son comparse avait tout intérêt à ne pas toucher d’ailleurs. Ce qui n’avait probablement pas échappé au regard avisé et calculateur de Nathanaël, qui n’avait pas perdu une miette de cet effeuillage. Ce sourire toujours effronté aux lèvres, elle défia ouvertement le Sindarin du regard. Devait-il s’en méfier ? Ou se laisser charmer ? Après un silence presque cérémonial. La capitaine s’interrogea sur le même précédemment opté par son invité.

« Et bien, mon Duc ? Ne me dîtes pas que vous êtes de ceux qui préfèrent regarder plutôt que de participer. Si ? À moins que craignez finalement de ne pas être au niveau de mes attentes. Ce qui serait étonnement humble de votre part. » D’une voix mélodieuse et un brin rieuse. Outrageante et provocatrice. Entre eux allait de toute évidence se jouer une toute autre partie maintenant. Restait à voir lequel flancherait le premier. Car nul doute que l’un et l’autre ne se laisseraient pas dominer si facilement. Fierté et certain goût de risque oblige en quelque sorte. Et ce en toute circonstance. Mais qui sait, peut-être que Nathanaël allait se révéler dans un autre domaine que celui de la charpente. Loin d’être une mince affaire, mais ne dit-on pas que la Chance sourit au audacieux ? Chose dont ne semblait pas manquer notre protégé, prenant de toute évidence plaisir à tester ses limites.

C’est supposément après plusieurs heures, nécessaires pour combler leur appétit, que notre duo rendit mutuellement les armes, harassé et finalement incapable de déterminer lequel eut raison de l’autre. Quand bien même le verdict aurait été accepté. Mais cette joute fut au combien plaisante, il faut bien l’avouer. Pourtant, c’est imperturbable et sans le moindre scrupule que Wei abandonna les bras du Sindarin. Loin de s’adonner à une quelconque forme de tendresse. Trop sirupeuse à son goût et réservée aux relations sincère. Au lieu de quoi elle récupéra sur sa table de chevet la fameuse boite rectangulaire qu’elle avait précédemment déposée. C’est sans surprise après son ouverture qu’elle en sortit une pipe Amarylienne, qu’elle pourra de ses herbes – qui n’a rien à voir avec du tabac - avant de l’allumer. Avec amusement, elle rétorqua ensuite.

« Êtes-vous toujours aussi .. énergique et endurant. Où vous êtes-vous simplement et exceptionnellement démené pour moi ? » Un fin sourire ornant ses lèvres.
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Nathanaël Findaryë
MessageSujet: Re: [Ao Kuang] Les retrouvailles.   Mar 8 Jan 2019 - 14:45

La Néréide me laissa l'approcher et lui sussurer une proposition à peine voilée sans réagir, ce n'est que lorsque je me reculai en lui demandant si elle préférait se débrouiller seule en cela aussi qu'elle arqua un sourcil et sourit légèrement pour minauder:

"Eh bien ne dit-on pas que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même ?"

Regard contre regard, nous livrant encore et toujours une espèce de duel de volontés, je lui répondis avec un sourire en coin:

"Je ne saurais adhérer à cette idée, compte tenu de ma position sociale, ma chère. Et puis il y a des jeux, dont celui-ci, qui sont d'un ennui terrible si l'on a pas un ou une partenaire capable de nous réserver quelques délicieuses suprises."

Nonchalante, Jing s'écarta alors du bureau, et de moi, pour se diriger vers la couche occupant une partie de la cabine. Je la suivis des yeux, admirant sa silhouette gracieuse avec une telle attention que je faillis bien me ramasser le verre qu'elle jeta négligeamment par-dessus son épaule en pleine frimousse! Par chance mes réflexes étaient encore intacts malgré le rhum que nous avions absorbé et je rattrapai le projectile d'extrême justesse en poussant un léger grognement de surprise. A quoi jouait-elle par tous les dieux?! C'est avec un certain étonnement que je l'observai retirer l'attache nouant sa noire chevelure et la poser sur la table de chevet en déclarant qu'elle n'empêchait toutefois personne de tenter sa chance et d'essayer de faire mieux. Une jolie boîte ouvragée suivit le même chemin puis, quelque peu incrédule, je la vis retirer lentement la ceinture de son kimono et dégager avec un rare érotisme sa nuque, puis ses épaules, avant de se défaire totalement de son vêtement.

Je sentis ma gorge s’assécher en m'apercevant qu'elle ne portait rien dessous et, comment aurais-je pu m'en empêcher, contemplai sans détour sa sculpturale beauté. J'avais joué le jeu de la séduction avec elle, bien sûr, mais je n'avais pas vraiment imaginé qu'elle répondrait à mes avances, et surtout pas de manière aussi troublante. Mon sang se mit à bouillir dans mes veines lorsqu'elle s'allongea gracieusement sur le lit en prenant soin d'adopter une posture incroyablement sensuelle et me défia une nouvelle fois du regard en lâchant d'une voix rieuse:

"Et bien, mon Duc ? Ne me dîtes pas que vous êtes de ceux qui préfèrent regarder plutôt que de participer. Si ? À moins que vous craigniez finalement de ne pas être au niveau de mes attentes. Ce qui serait étonnamment humble de votre part."

Dans quel guêpier étais-je en train de me fourrer? Si désirable et provocatrice qu'elle fut, il se dégageait d'elle une impression de danger telle que j'avais un peu le sentiment de jouer avec un félin prêt à déchiqueter sa proie au moindre relâchement. Et les dieux savaient que je n'avais aucun goût pour le rôle de la proie. Je me demandai fugacement ce qui pourrait bien sortir de tout ça mais, malgré toute l'expérience que les siècles m'avaient apportée, comment rester de marbre devant cette femme plus superbe qu'aucune de celles que j'avais croisées jusqu'à ce jour? Silencieux, je laissai mon regard incandescent parcourir son corps sans hâte, remarquant la cicatrice qu'elle arborait à l'épaule gauche puis, un indéfinissable sourire aux lèvres, m'approchai d'elle en lui rétorquant d'un ton suave:

"Je laisse l'humilité à d'autres, mais ne pas prendre le temps de vous admirer avant toute autre chose serait un outrage..."

La fixant toujours, je pris doucement ses mains et l'incitai à me dévêtir avant de la rejoindre dans cette couche qui avait été mienne durant tant d'années. Les heures qui suivirent n'appartiendraient jamais qu'à nous, emplies d'une passion brûlante prenant parfois des allures de lutte sauvage entre deux fauves indomptables. Finalement, tous deux semblablement épuisés et comblés, nous fûmes forcés de rendre les armes sans qu'il soit possible de déterminer un quelconque vainqueur, mais quelle importance en ce domaine? Quoi qu'il en fut, la farouche Nymphe s'extirpa de mon étreinte aussitôt après, bien loin de sembler désirer une quelconque forme de tendresse, pour s'emparer de sa pipe et se mettre à fumer certaines herbes qui n'avaient rien à voir avec du tabac en me demandant d'un ton amusé:

"Êtes-vous toujours aussi .. énergique et endurant? Ou vous êtes-vous simplement et exceptionnellement démené pour moi ?"

Je laissai un léger rire s'échapper de mes lèvres et récupérai la bouteille de rhum et nos verres avant de lui rétorquer avec malice:

"Voyons ma chère, à quoi bon comparer l'incomparable? Il n'y a pas deux femmes en ce monde susceptibles de provoquer la moitié du désir que vous faites naître en moi, au point que c'en est tout à fait déraisonnable."


Je lui proposai un verre de rhum si elle le souhaitait et, dans tous les cas, savourai moi-même quelques gorgées du breuvage ambré avant d'ajouter en la contemplant pensivement:

"Vous êtes une femme tout à fait étonnante, Jing Wei. Je suis très curieux de découvrir ce qui ressortira de notre rencontre..."

J'achevai mon rhum d'une traite et achevai avec un léger sourire:

"Mais dites-moi plutôt, quand prendrons-nous la mer? Il me tarde de voir ce que vous êtes capable de tirer de ce navire..."

Et d'arriver au chantier naval de Canopée, mon fief en quelque sorte, mais cela je le gardai pour moi. La relation que nous venions de nouer, même si il aurait été absurde de parler d'amour ou d'attachement, m'incitai néanmoins à me poser certaines questions quant à mon plan originel. Je soupirai légèrement en remplissant une fois de plus mon verre, ou nos verres le cas échéant. J'aurai le temps de réfléchir à tout cela durant le voyage, mais lorsque nous arriverions à Cebrenia il me faudrait avoir trouvé une réponse à mes questionnements, ce qui n'aurait rien de simple.
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