[Terminer] Shake that royal hand

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• Eclaris: 4
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 4
• Nérozias: 5
• Gélovigiens: 4
• Ascans: 2
• Marins de N.: 7
• Civils: 18

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An 1305 de l'ère obscure

Saison:Langdum Mois:Cicium
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 [Terminer] Shake that royal hand

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Mäje
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MessageSujet: [Terminer] Shake that royal hand   Mer 26 Déc - 23:37

Quand elle posa son pied gracile et remarquablement bien chaussé sur le parvis du palais, une armée de serviteurs et de servants en tout genre se jeta sur elle comme un essaim de mouche. Et bien que ces abeilles répondent frénétiquement aux ordres de leur roi pour permettre à cette grosse horloge qu’était le palais d’Hesperia de fonctionner, la sylphide qui venait de son Argyrei adoptif était très loin d’être ravie d’être ainsi assaillie par cette armée en soubrette.
La sublime créature était arrivée à Hesperia le matin même, et à Eridania trois jours plus tôt. Sommée par une missive signée du sceau royal de la nation reine, elle n’avait pas vraiment eu le choix, bien qu’elle hésitât longtemps à prendre part au voyage. Après tout, recevoir une lettre d’une tête couronnée, quelle qu’elle soit, était d’assez mauvaise augure… Surtout quand une partie de son activité consiste à disperser comme des tentacules de petits flacons de vapeurs aux quatre coins du monde. En plus d’être une tenancière tout ce qu’il y a de plus en règle, bien sûr.

Après moult tergiversions, elle finit par se résoudre à attaquer la route. Et il fallut toute la sagesse d’Hephasteus et toute la fougue de Pia pour la convaincre, car ce n’était vraiment pas gagné. Mäje, qui avait pendant ses années d’errance conseillé ne nombreux princes, ducs, barons et j’en passe, gardait un très amer souvenir de sa collaboration avec le paternel Mannus. Un homme dur et strict, terriblement proche de l’étiquette, et surtout un peu trop rustre par rapport à sa propre – et merveilleuse – personne. Ses manières étaient un peu trop masculines, pas assez flexibles, et bien qu’il la sollicita sans cesse pour garder son pays au sommet du monde, il ne pouvait s’empêcher de lui faire gober qu’elle dépendait de lui et non de l’inverse. Chose qu’elle s’empressa de démentir en partant avec le premier carrosse, le laissant se démerder avec femme et rejeton.

Et apparemment le fiston avait bien grandi. Habillée dans sa longue robe noire de velours, elle avançait comme un serpent ondule dans le sable du désert, évoluant avec la grâce d’une panthère mais aussi son venin. Epaules ouvertes, manches longues et proches du corps, elle n’était pas dans l’air de la mode Eridanienne et pourtant elle avait des airs de princesses du désert. Ses lèvres noires se refermèrent sur sa cigarette, alors que ses longs doigts se refermaient sur un briquet à mèche qu’elle traînait depuis des années – au moins trente, peut-être. Fendue sur le côté, l’habit avait la vertu de révéler ses jambes longues et parfaites, et sa peau dorée comme les sables du désert. Un spécimen de la plus belle espère, me direz-vous ? Pas étonnent de la part de la race immortelle. Et elle ne se faisait déjà pas prier pour se mettre habilement en scène, avançant comme une conquérante dans la court du palais.

Et pourtant, elle n’en menait pas large. Si elle attrapait cet idiot de Del’Avallone qui avait moufeté aux oreilles royales… Plus jamais il n’aurait sa dose de vapeur, plus jamais ! Elle le recevait comme un prince, lui réservait la meilleur des suites chaque années à sa venue, et lui réservait même, à sa demande en plus, le fumoir, pour qu’il s’adonne à ce petit plaisir en toute tranquillité, et c’est ainsi qu’il la remerciait ? En l’expediant tout droit sur le parvis du palais ?! Boulot d’ingrat ! Ca lui apprendra à proposer un service irréprochable… En posant une main bien nerveuse sur celle du servant qui se proposait à la hâte de lui ouvrir la porte, elle ne prit pas la peine de se faire annoncer et dépassa tous les chambellans et maîtres d’hotel d’une traite. Elle connaissait déjà par cœur le chemin qui menait à la salle de réception de toute façon.


Mais… Vous allez me laisser, oui !! S’exclama-t-elle en empêchant une servante bien polie d’attraper sa cigarette en plein vol. J’ai rendez-vous avez votre roi !

De ses deux mains, après avoir finit sa cigarette, elle attrapa les portes qui menait à l’impérieuse salle, et les ouvrit en grand, se révélant dans toutes sa splendeur à une armée de regards très nobles qui se posa sur elle. Mäje, dans toute sa grandeur. Si elle était invitée, sans qu’on ait jugé bon de l’avertir de l’objet de sa visite, alors elle tenait à marquer au maximum ces esprits. Et parmi toutes ces têtes, il devait il y en avoir une auréolé d’une couronne d’or. Et bien qu’elle étira son visage d’un sourire conquérant, elle laissa faire l’étiquette et permis au servant de faire son travail, dans les règles, et sans faire de vagues… Pour l’instant.


… Mäje, intendante et gérante de Val’Meëza, à Argyrei dans les plateaux désertiques.

Pour vous servir… Murmura-t-elle dans sa barbe invisible, brûlant maintenant de connaître le fin mot de cette histoire.  


Dernière édition par Mäje le Mar 12 Fév - 20:52, édité 1 fois
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Thimothée Mannus
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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Jeu 27 Déc - 1:36

Je suis bien, complètement détendu. La raison: cela fais depuis plusieurs jours que le royaume se porte bien sans que j'ai à gérer plus que les affaires courantes. La reconstruction d'Hesperia est enfin terminé, le peuple vit en sécurité et les marchandises plus nombreuses que jamais au sein des diverses étals de la capitale. Actuellement dans ma salle du trône au milieu des courtisans et autres nobles de la cour, la vie me semble pour la première fois depuis longtemps paisible, calme, je pourrais même prendre des vacances ! D'ailleurs je prendrai bien prendre une semaine dans mes domaines royaux situé au nord d'Hesperia, avec Trésor, le caniche de ma femme morte en couche il y a de cela quelques années et qui possède le don de la parole, on pourrais faire de longues promenades à deux dans les vergers et parler de Mathilde, toute la journée, loin de la vie trépidante de la capitale.

Enthousiasmé par cette idée, je m'apprête à lever la séance, les sujets du jour étant tous épuisés, quand j'entendis un brouhaha dans l'antichambre de la salle du trône. Aussitôt les cinquante hommes et femmes de ma garde rapproché, appelé également compagnie du dernier cercle se positionnent tout autour du trône, tandis que certains nobles sortent à moitié leur épée, prêt à défendre chèrement leur vie. Les cris et bruit de course approche dangereusement de la porte et je sens le responsable de mes gardes du corps Perceval Gallick, un vétéran de nombreux combats, un colosse doté d'une force de la nature, inquiet, pour la première fois depuis des années. Je n'ai aucune idée de ce qui va passer par cette porte, mais même si mes troupes à l'intérieur du palais n'ont pas pût l'arrêter, le danger doit être redoutable. Même Trésor qui a l'habitude de rester à mes pieds, avec son tout nouveau collier de diamant qu'elle à reçu récemment en cadeau, tremble.

La porte s'ouvre à la volée, et la lumière entre à flot dans la pièce, éblouissant les personnes présentes dans la salle du trône. Dès que mes yeux se sont habitués à la clarté du jour entrant à flot dans la pièce, je vis la véritable menace, plus dangereuse que le colosse de Paramir, plus mortelle qu'un Carnéa, elle est face à nous, invincible et puissante: une Sylphide au sommet de son art ! Sa robe noire me fais immédiatement penser à une louve noire des plaines d'Eridania, et la ressemblance s'accentue lorsqu'elle sourit.
Mais c’était là une menace que je devais affronter seul, Perceval et ses soldats ne pouvant me protéger de cette créature et Trésor s'étant caché derrière le trône en gémissant, je me lève donc seul, allant à sa rencontre, au milieu des courtisans stupéfiais dont la plupart ne s'était pas encore remis (je crains qu'un ou deux ne soit devenu aveugle tellement leurs yeux sont exorbités).

M'arrêtant à deux pas, brave mais pas téméraire, je lui fis ma plus belle révérence ansi que mon sourire le plus charmant avant de me présenter à mon tour:

Je me nomme Thimothée Mannus, Roi d'Eridania, et je suis ravi que vous ayez pût répondre à mon invitation. Je vous en prie, ne restez pas debout.

Je lui fais apporter une chaise en face de mon trône, et j’attends qu'elle s'assit avant d'en faire de même.

Je vous ai fais venir jusqu'à notre belle capitale, joyaux d'Eridania car le seigneur Del’Avallone (je lui montrait le jeune comte), m'a parlé de votre relais nommé, si ma mémoire est bonne, Val’Meëza, à Argyrei dans les plateaux désertiques. Il passe de fréquents séjours là-bas et indique que votre établissement malgré son éloignement et sa difficulté d'accès est toujours remplis. Je souhaite donc que vous en installez un deuxième relais à Hesperia. Nous avons encore de très belles villas aujourd'hui inoccupé, aussi bien dans les quartiers résidentiels qu'à l'extérieur de la cité et nous serions ravis d'avoir un établissement de prestige comme le vôtre. Qu'en pensez-vous noble Dame ?

Une fois terminé, je souris à nouveau, je commençais même à avoir mal aux commissures des lèvres car c’était la première fois depuis le mort de ma femme et de mon enfant que je souriais autant et cela n'avait rien d'agréable.


Thimothée Mannus
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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Sam 29 Déc - 21:55

Sans grand étonnement, elle avait provoqué un tournant de regards vers les hôtes de sa majesté, qui la dévisageaient tous comme si elle venait d’une autre planète. Et après tout, ils n’avaient peut-être pas tort. En se tenant devant eux, elle-même avait l’impression de regarder une étrange pièce de théâtre bigarrée, soupoudrée de dorures et autres paillettes et de parfums entêtants. Ses narines tremblèrent d’ailleurs discrètement, non sans un certain intérêt.
Cependant, rapidement, une tête se dégage de cette foule ahurie. Et une bien belle tête ! Le bambin qu’elle avait rapidement connu un quart de siècle plus tôt a bien poussé. Une vraie fleur… Mais c’est pourtant sans grande nostalgie qu’elle le dévisage sans grande cérémonie pendant quelques secondes. Un beau brun, aux cheveux bien taillés et surmonté d’une couronne, aux yeux sombres… L’image lisse et classique d’un souverain. Elle ne s’attendait pas à moins du fils de la main de fer éridannienne.

En le regardant de ses yeux gris, elle revoyait dans chacun des reliefs de son visage l’image du paternel qui se superposait remarquablement bien sur celui du fiston. On aurait juré des portraits crachés… La sylphide en fut un temps déroutée, mais pas assez pour la faire descendre de son astronomique perchoir. Sa main se reposa sur sa hanche, dessinant sa coupe avec luxure. Quitte à faire tourner les têtes, elle s’amuserait à mettre le paquet dans l’exercice. Le roi, quant à lui, s’approcha assez prêt mais sans franchir la distance de sécurité qui les séparait. De plus près, elle put découvrir ses yeux sombres qui allait toujours aussi bien avec cette tête propre et lisse. Un roi, tout ce qu’il y a de plus… Royal. La serpente commença à croire avec un peu plus d’ardeur qu’elle pourrait peut-être bénéficier de cette entrevue.

Sa révérence finit d’achever ses scrupules. Si il l’avait fait venir pour la jeter en prison, il n’y avait aucun besoin d’une cérémonie, d’une invitation, et de la saigner en publique avant de la faire croupir dans des geôles. Non, non. Ce devait être autre chose. Pour tous ces nobles, elle n’était qu’une mystérieuse apparition, à part pour ce benêt de Del’Avallone qui ne savait plus où se cacher de la superbe. Alors à quoi bon la chasser devant sa court ? Il était question d’autres choses… A sa posture obéissante, Mäje n’eut besoin de rien d’autres pour comprendre clairement la situation. Elle n’était pas là pour rendre des comptes, mais plutôt pour qu’on lui réclame quelque chose. Elle rentrait dans une négociation avec sa majesté Thimothée Mannus en personne. Sans même s’en rendre compte, son sourire s’étendit encore plus, comme celui d’un carnassier.

Le roi se présenta assez simplement, et la sylphide ne pu s’empêcher de répliquer avec un brun d’amertume. Il n’y avait bien qu’une poignée de ces hommes autour de l’assemblée qui la connaissait, et ses principes étaient simples : que ce soit devant des rois, des reines ou des Dieux, elle ne s’abaissait devant personne. Aussi se contenta-t-elle d’un ample mouvement du bras pour répondre à son geste. L’étiquette lui passait bien aussi de la tête, et qu’importe qu’elle ait l’air d’une arrogante devant ces nobles – et nul doute qu’elle l’était – elle s’en sortait pour le moins intouchable. Et puis, ceux qui la connaissait reconnaîtraient cette attitude depuis plusieurs dizaines d’années.


Enchantée, votre altesse. Etait-ce nécessaire d’avouer qu’ils s’étaient déjà croisé ? Non… Mieux valait garder cette information au chaud pour le moment.

Il fit très galamment transporté une chaise jusqu’à son trône et elle apprécia le geste, peu surprenant de la part d’un roi élevé à l’étiquette… Et par la main de fer du paternel. Mais il avait l’air bien plus honnête homme et galant que lui. Une surprise appréciable. Une fois qu’elle eut posé son séant de la plus lente et la plus calculée des manières, croisant ses longues jambes devant elle dans un long dénudé, il fit de même. Et il était inutile de dire que la sylphide centenaire était tout ouïe pour connaître le fin mot de l’histoire et les raisons de sa venue. La révélation qui s’en suivit était désarmante, et laissa pendant une seconde sa mâchoire pendue, et sa superbe… Tout aussi surprise. Cependant il ne lui fallut pas plus longtemps pour sourire avec encore plus de vergogne. Pour une nouvelle… C’était fascinant. Génial. Et… Troublant.

Et le souverain semblait lui-même heureux de son idée, et affichait un sourire qu’elle savait à la fois heureux, et peut-être un peu forcé. Elle ne savait vraiment sur quel pied dansé, après tout elle ne le connaissait pas encore. Pourtant il y avait quelque chose de bien étrange dans cette affaire qu’elle se voulait dénouer avant de parler business.

Je ne doute pas que notre cher Del’Avallone ait eut la bonté de vous prévenir de la splendeur de mon relais. Et il n’y a pas de doutes que je le remercie. Ses yeux roulèrent jusqu’au petit comte qui lui renvoya un sourire poli. Elle avait appuyé sur ces mots comme des poids. Il est vrai que nous mettons les bouchés doubles pour servir nos clients avec le plus d’attention, et que vous le remarquiez nous fait le plus grand des honneurs. Et pourtant, permettez-moi une réflexion. Vous avez déployé de nombreux efforts pour me faire venir jusqu’à vous. Et je doute que la prospérité de mes affaires et mon enrichissement personnel soit votre priorité – quoique je ne remette en doute votre générosité. Son sourire s’étendit encore, et ses yeux rieurs avaient la même lueur que les panthères et les serpents. Avant que nous poursuivons cette discussion, comptez-vous me dire en quoi mon établissement dans votre cité vous tient tant à cœur… Votre altesse ?
Une soudaine envie de loger vos riches sujets ?


Alors que la rusée sylphide désirait connaître les motivations du souverain, elle ne souhaitait en rien lui imposer pareils aveux devant sa cours. Aussi chassa-t-elle ses paroles en montant une main sur sa joue dorée pour soutenir son visage, prenant un air las au passage.

Mais je dois admettre que votre proposition est des plus intéressantes. Votre cité est effectivement un lieu de choix pour pareille projet, et je me sens honorée que ce soit ma personne qui ait su vous séduire pour le conduire. Ceci dit, j’imagine que tout ceci à un coût ? Ne serait-ce que pour l’aménagement, le personnel… Dans l’actuel état des choses, j’ai peur de ne pas avoir les ressources nécessaires pour mener à bien votre dessein. Elle sourit un peu, mais sans grandes convictions… Du moins, seulement en apparence. Sans aide, je devrai refuser…
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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Dim 30 Déc - 1:16

Un souvenir ? Je pensais avoir tout oublié de ma petite enfance et pourtant... Lorsque Mäje c'est assis, on aurais dit une reine, et ce mouvement m'a semblé vaguement familier. Cela et sa manière d'être dans la salle du trône, comme si elle connaissais déjà les lieux. Il faudra que je lui pose la question, mais plus tard.

La sylphide semble être prête à négocier et plutôt durement vu ces dernières paroles, et je ne tiens pas que les nobles de la cour soient présent, sinon, ils se mettraient tous à négocier eux aussi. Ma première mesure est donc de les éloigner:

Nobles sires, Dame Mâje doit se sentir lasse après un tel trajet. Je vous demande donc de bien vouloir quitter la pièce, seul le seigneur Del’Avallone qui est à l'origine de l'affaire peut rester.

A contrecœur, je les vois tous partir. Je suis sûr que plus d'un rêvera de cette magnifique jeune femme cette nuit. Les dames de la cour n'étaient pas non plus insensible à son charme, ce qui n'étais guère surprenant, son magnétisme agissant sans limite. Je surprend également une certaine crainte dans les yeux du seigneur Del’Avallone. Moi qui étais persuadé de lui faire plaisir en l'autorisant à rester, il semble inquiet. J'utilise alors mon pouvoir d'empathie pour connaître son état émotionnel et ce que je prenais pour de la peur est en vérité de la peur, le courtisan a la pétoche comme dirait mes anciens camarades de régiment. Je ne comprend pas son origine, il ne peut pas avoir peur de la propriétaire du relais, car c'est lui qui a insisté pour que je l'invite ! Tout cela est bien étrange. Avant de tirer tout cela au clair, je dois répondre au question de mon invité, sinon je risquerai d'être impoli:

Maîtresse Mäje, j'essaye de faire d'Hesperia un centre de commerce incontournable sur notre continent. Actuellement la cité-état de Tyrhénium a ce rôle et je souhaite dans quelques années que ce soit au tour de notre belle cité. De plus, l'attaque du colosse de Paramir a gravement ternis notre réputation et même si la cité est entièrement reconstruite, les investisseurs ne sont pas complètement rassurés. Si une personnalité comme la vôtre pouvais ouvrir un établissement de luxe identique à celui que vous avez en  Argyrei, la preuve sera faite que la capitale du royaume d'Eridania peut occuper la première place.
Concernant le lieu, c'est à dire une des villas inoccupé, le seigneur Del’Avallone en a fais don à la couronne à l'unique condition que je vous invite ici afin de faire ma proposition et que je m'engage à vous la louer gratuitement pendant dix ans. La seule chose que vous aurez à payer sont les 1 800 dias pour la licence de commerce. Qu'en pensez-vous ?


Je laissais un peu de temps à la négociante pour préparer sa réponse. Et en profitais pour de nouveau utiliser mon pouvoir d'empathie pour sonder Del’Avallone. Je ne ressentais plus de la peur, mais une grande inquiétude, comme si sa vie dépendais de la réponse de la non-terran. Ce ne pouvais pas être de l'amour car j'aurais ressenti une émotion aussi forte. Fortement intrigué, je me résolus à lui poser directement la question:

Del’Avallone, je ne vous ai jamais vu aussi tendu. Je sais que vous avez beaucoup insisté pour qu'un relais de luxe soit installé, mais je ne comprends pas pourquoi c'est devenu aujourd'hui aussi important pour vous. On dirai que c'est une question de vie ou de mort.


  Pour toute réponse le noble se contenta de fixer mon invité, avec une intensité presque maladive, comme s'il espérais qu'elle pourrais donner elle-même la réponse.


Thimothée Mannus
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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Lun 7 Jan - 23:06

C’est avec une sensation étrange que la Dame des sables regarda tous les nobles s’en aller, et le roi abdiquer docilement tout en écartant sa court. Elle se doutait bien qu’il faisait cela d’une part pour avoir le champ libre et éviter que son personnel ne jase, mais elle ne pouvait s’empêcher de se sentir touchée par l’attention. Depuis son arrivée dans la salle des vagues de souvenirs se pressaient dans son esprit, tant et si bien que ça en devenait agaçant. Et pourtant la venimeuse créature se sentait adoucie. Pire encore : elle regrettait de se montrer si dure envers la majesté qui, au final, n’avait apparemment aucune arrière-pensée. Se serait-elle méprise ? Elle pestait déjà de se l’avouer, mais il semblait bien qu’elle faisait effectivement fausse piste, et que le Monarch n’avait effectivement convoqué sa venue que par pure bonne attention.

Mäje roula ses yeux gris alors que les courtisans et autres fanfreluches quittaient la pièce dans un ballet d’étoffes fort peu plaisant à écouter. Sa proposition était fort charmante, du reste, et il montrait vers elle toutes les pattes blanches qu’un honnête commerçant pourrait rêver de voir. Exonérée de loyer pendant dix ans ? En Dix ans, elle aurait le temps d’accumuler un vrai monticule, et de porter son nom au-delà des frontières des dunes. Son rayonnement n’aurait guère de limites. Et elle pourrait bien faire le voyage. Néanmoins, et comme quand elle reçu la responsabilité du relais, elle hésita à donner son accord. Et qui plus est, elle ignorait jusqu’où le roi était au courant de ses activités au relais, et quelles étaient les natures de ce qu’elle y proposait.. Cela pouvait effectivement changé la donne. Et soit cela pourrait leur permettre d’accéder à la félicité, soit cela risquait de compromettre toute cette affaire.
A en juger par la mine déconfite de Dellavalone, il n’avait pas parlé de son addiction, ni des raisons plus obscures qui le poussait à faire partie de sa plus régulière clientèle. Et elle imaginait mal le noble seigneur, sous ses manières et sa moustache, raconter au roi Eridanien qu’il consommait fréquemment un psychotrope pour sa propre détente. Non, Thimothée devait proposer son marché dans l’ombre de ce secret. Ce qui faisait que la sylphide possédait encore dans son jeu une carte à abattre, et pas des moindres.

Jetant d’une main les troubles et les sentiments contradictoires que lui inspirait sa seigneurie, elle se plongea d’un coup dans une profonde introspection. Cela eut pour effet de ternir ses yeux gris, mais lui confie un air tout royal. Thimothée était de tout évidence un homme d’ambition, bien plus que son paternel dont la vision traditionaliste le poussait à se renfermer sur lui-même et pas à se tourner sur le reste du monde. Sa volonté de vouloir rapporter à sa cité sa splendeur d’autre fois était légitime, et il avait de l’imagination pour y parvenir, elle ne pouvait pas le lui enlever. Elle repassait sa proposition dans son esprit fumeux. Dix ans de loyer offert, une villa bien située… Que cette licence à payer – bien que ça lui en coûte, elle pourrait toujours accéder à cette requête.


Je vous remercie de nous offrir un peu d’intimité, votre altesse.
Son ton arrogant s’était mû en une caresse maternelle, dont la douceur tranchait avec son précédent venin. Elle s’était vraisemblablement méprise et regrettait visiblement sa méfiance précédente. Non pas qu’elle ne soit plus sur ses gardes. Cependant, la vue de la salle vide avait de quoi la détendre, et lui redonnait la même assurance que quand elle vivait encore au palais. Enfin, non pas qu’elle l’ait réellement perdue. Une ambiance plus propice aux confidences, murmura-t-elle.

Le moment de la révélation était proche, elle le savait. Et si Dellavalone ne crachait pas le morceau, elle finirait par le dire elle-même. Il y avait trop en jeu pour qu’elle passe ça sous silence, et elle préférait de loin pouvoir ouvrir un établissement dans son intégralité avec l’aval de la couronne, et pas de se retrouver pris le nez dans les affaires après coup. Parfois mieux valait danser avec la loi, et alors que certaines de ses activités flirtaient souvent avec l’illégalité, il était de ces relations qu’il valait mieux entretenir au regard de la vérité. Et puis, cette tête-là était au-dessus de tout, et pourrait lui permettre d’agir à jamais à l’ombre de la lumière. Un compromis alléchant se dessinait à l’horizon, mais elle ne pouvait encore révéler sa carte. Et après tout… Après tout il pouvait très bien être le premier intéressé par ses talents. Torturée, elle réalisa que c’est le roi lui-même qui sentait le malaise et qui brisa le silence, mettant le pauvre seigneur à partie. Et celui-ci ne semblait pas disposé à poursuivre, aussi elle prit à partie de répondre pour lui, qui lui envoyait de grands yeux de chiots pleins de remords.


Il y a que notre bon seigneur Dellavalone aime jouer avec un feu qu’il ne maîtrise pas, et qu’il craint à présent le retour de flamme. Elle regarda le concerné avec un regard plus amusé qu’accablant, la tournure de la conversation l’ayant définitivement adoucie. Mais qu’il ne s’inquiète pas, ce sera toujours avec joie que je l’accueillerai dans mon domaine, et qu’il profitera de mes services comme il en a toujours été le cas. Elle tourna son regard gris vers le roi. Ailleurs ou ici.

Sa langue butta brusquement sur son palais, et elle avait discrètement sa salive. Le sujet devenait aussi épineux que des chardons, et elle avait la salle impression de marcher sur des braises. Mais elle s’était enfoncée dans un trop gros merdier pour simplement éviter le sujet. Et puis, son petit doigt lui disait qu’il y avait un bénéfice à se faire dans cette histoire, et pas seulement pour sa nouvelle clientèle. Si elle officiait pleinement sous les fenêtres royales sans prévenir son altesse, le fameux retour de flamme risquerait d’être pour sa propre belle personne, et elle ne pouvait pas se le permettre. Autant jouer cette carte maintenant, alors qu’elle pouvait encore retourner en Argyrei sans trop se soucier des retours diplomatiques, et qu’elle n’était pas encore trop impliqué dans les affaires royales. Sa main était trop chargée… Mieux valait continuer la partie intelligemment. Mais elle ne comptait pas poursuivre seule et garder pour elle-même toute la responsabilité.

Avant de poursuivre, votre altesse, permettez-moi de vous mettre en garde. Je m’apprête, en mon âme et conscience, à donner à cette conversation un tournent inattendu. Elle décolla en même temps légèrement son dos de la chaise, toujours plus, apparaissant toujours plus droite et plus longue. Ce que je vais vous dire n’est pas à prendre à la légère, et risque de changer la façon dont vous voyez votre comte, et moi-même. Ais je ne m’apprêterai pas à vous faire cet aveux si je ne croyais pas que nous pourrions en tirer profit, et vous et moi. Mais le choix vous appartient. Je peux très bien accepter, et nous en resterions là. En réalité, il y avait bien encore quelques points qu’elle voulait négocier mais elle aurait tout le loisir de le faire plus tard. Sa voix était emprunte de tant de gravité, son regard d’acier noyer sous tant de mystères ; et ses lèvres sombres gravées d’un sourire si enigmatiques que son sérieux ne faisait pas de doute.

Fermement assise sur son fauteuil, elle laissa de nouveau couler son dos contre le dossier. Mäje était très curieuse de connaître la décision du souverain, et brûlait déjà des possibilités qui s’offriraient à elle… A Eux. Elle réprimait déjà la vapeur qui lui montait à la bouche comme de la salive, la faisant trépigner d’excitation sous ses airs sérieux d’exotique succube. Accord déçu ou nouvelle aire de félicité, tout dépendait de la réponse du roi. Après tout, peut-être allait-il se révéler plein de surprise.
Elle inspira profondément. Ah, elle connaissait ce parfum par cœur : le pouvoir.
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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Mar 8 Jan - 13:36

Une fois les autres nobles partis, l’attitude de la Sylphide changea considérablement. Elle qui avaient impressionné toute la cour avec son style cassant et sauvage, nous regardant tous comme un prédateur regarde ses proies, est devenu beaucoup plus inoffensive.

J’apprécie ce changement d’attitude et je peux enfin me détendre depuis son arrivé. Trésor, quant à elle, a sorti sa tête de derrière le trône et regarde prudemment la magnifique jeune femme.

Mais plus Mäje parle, plus les rôles semblent s’inversés car c’est maintenant elle qui paraît intimidé par ma personne. J’essaye de réfléchir à ce qu’elle me dit, c’est une action difficile car la dame joue avec son corps d’une manière, que je pourrais qualifier d’artistique. C’est donc avec beaucoup de mal que j’arrive à me concentrer sur la situation actuelle.

Si je reprends les éléments un par un, la situation me semblera peut-être plus clair : la première pièce du puzzle est la demande du comte pour qu’un établissement de luxe s’installe ici, en mettant des moyens considérables. La deuxième est que depuis l’arrivée de mon invité, il a peur mais je ne sais pas de quoi. Enfin le dernier indice est la phrase de la non-terran sur le risque que la vérité risque de ne pas me plaire. A la fin de ma réflexion, je me retourne vers le comte pour savoir comment il va, et la solution, m’apparait alors !

Cette peur, cette nervosité chez le noble, avec les mains qui tremblent et la façon qu’il a de regarder la Sylphide, non comme un être de chair et de sang mais comme un moyen d’obtenir quelque chose de primordial pour lui. J’ai connu ça pendant de nombreuses années, ce sont les signes distinctifs d’un manque ! Lorsque j’ai commencé ma dépression, je suis très vite devenu alcoolique, et même si je m’en suis sorti depuis, ma guérison n’est pas totalement terminée et je doute même en sortir complétement un jour.

Un noble de ma cour est donc un junkie, ce qui ne m’étonne guère, car c’est le cas de beaucoup de membres de mon entourage. Jusqu’ici il a toujours su rester discret, la drogue qu’il utilise ne semble pas avoir d’effets secondaires indésirables, ce qui est une bonne chose. Dans tous les cas, je comprends mieux son comportement, l’attitude de Mäje, ainsi que le succès de son relais dans le monde.

C’est donc avec une nouvelle compréhension de la situation que je prends la parole :
- Les services dont vous faîtes allusion, et qui vont faire tourner cette discussion de manière inattendu, a-t-il un rapport avec la consommation de drogue ? Je vous pose cette question car je remarque que le seigneur Dellavalone se comporte avec vous comme je me comportais avec mon marchand d’alcool fort quand j’étais alcoolique. Bien que je refuse d’être dépendant à nouveau, je ne vois aucun problème à ce que certaines personnes ont besoin de produits pour rendre leurs vies plus supportables, c’est ce que la boisson a fait avec moi. Afin d’éviter les abus la loi l’interdit, mais je ferai une exception pour votre établissement.

Puis je m’adresse au courtisan, manifestement soulagé :
- Concernant la suite de la discussion, je préfère être seule avec Dame Mäje, merci de nous laisser seul.

Une fois l’importun partit, je questionne la patronne du relais :
- Je vous remercie de votre franchise, même si j’ai mis un peu de temps à comprendre, c’est bien de cela dont vous vouliez me parler ? Si oui, quelle est cette drogue et comment je peux en tirer profit comme vous me l’avez annoncé ? Et enfin, j’ai l’impression de vous connaître mais je n’arrive pas à me souvenir, nous sommes-nous déjà rencontrés ?


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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Mar 8 Jan - 21:49

Contrairement à son père, le roi semblait avoir l'esprit vif et entraîné. Une merveilleuse chose... Car elle n'eut même pas à délier sa langue tremblante qu'il avait déjà comprit par lui-même une partie de l'épineux dilemne qui les liait tous ensembles, à présent. Alors que le souverain réfléchissait, elle échangea un regard avec le comte qui semblait à la fois penaud, à la fois désolée, et somme toute soulagée de ne pas avoir perdu sa fournisseuse, et sa logeuse, accessoirement. La sylphide prit une mine las. Elle avait tant l'habitude de ce type de dilemne: on venait la solliciter pour un moment de pays et de béatitude, puis on revenait, on en redemandait, et l'instant d'après on était complètement noyé dans les sublimes vapeurs avant même qu'on le remarque. Un scénario tant et tant répété, qui la lassait toujours autant. Mais ce petit comte n'était pourtant pas un mauvais homme: aimable, toujours courtois, et la langue bien pendue pendant ces ballades intérieurs. Un vrai bonbon comparé à certains rustres qui confondaient séances et privilèges. Elle ne pouvait lui en vouloir. Et quelques chose lui disait qu'il lui faudrait peu de temps avant qu'il ne repointe le bout de son nez dans ses nouveaux quartiers.

Mais le roi la prit de revers, et avec une surprise immense, plia à sa demande avant même qu'elle ait à la formuler. Une sensation plus qu'agréable coula le long de son dos, et elle se sentit brusquement infiniment légère. Comme si on frottait un glaçon dans son dos, ou si son esprit s'envolait, tracté par des papillons. Décidément, ce roi était pleins d'esprit, et semblait vouloir se plier à sa venue, quelque soit ce qu'elle pouvait amener dans ses valises.


Vous avez vu juste, votre altesse. Quant à parler de drogue... Et bien, vous pouvez l'appeler comme vous voulez. Mais c'est bien une merveille de ma création que notre compte consomme régulièrement chez moi, tout comme d'autres. Cela contribue à mon succès auprès de certains de mes clients, bien que ce ne soit pas pour cela que je suis connue. Au contraire, cette disposition de ma personne reste à votre entière discrétion, je ne tiens pas à ce que cela s'ébruite. Elle roula ses épaules nues, avant de croiser ses mains devant elle, déployant ses doigts comme des griffes. Et votre confiance est plus que bienvenue, je ne vous remercierai jamais assez pour votre bienveillance... Messire.

Sans plus rien appuyer, elle recueillit néanmoins dans le creux de son oreille que l'individu avait souffert d'un précédent problème de boisson, apparemment terminé. Evènement traumatisant, exutoire? C'était surprenant de le voir se livrer ainsi, mais elle ne souligna rien de plus. Ce secret restera aussi proche d'elle qu'il accueillait maintenant le sien. Un secret pour un secret, ils étaient quitte. La pudeur et la politesse l'empêcha de fourrer son nez dans cette histoire, bien qu'elle n'aurait pas hésité de le faire quelques dizaine d'années plus tôt.

Et encore plus à sa surprise, il congédia alors son dernier courtisan, les laissant seuls, très seuls dans une immense salle de réception qui devenait trop grande pour eux. Une intimité très surprenante qui n'était pas pour lui déplaire, lui laissant l'impression d'être enfin face à un homme, et non face à un avatar du pouvoir sur sa nation. Il n'y avait plus qu'eux, et ces fauteuils qui ne devenaient plus que des séants. Jubilant, la panthère ne laissa échapper qu'un sourire félin, suivant du regard le comte disparaître et le bruit étouffé de la porte qui se ferme.

Et le souverain semblait être un puis d'étonnement, puisqu'il lui posa plusieurs questions à la suite, dont la dernière finit de la surprendre. Sa mémoire était spectaculaire, puisqu'il était à peine en culotte courte quand elle avait pris la fuite.


Enfin seuls... Votre altesse, permettez-moi de répondre par la fin. Oui, vous me connaissez. Mais je suis assez surprise que vous vous souvenez de moi alors que vous appreniez simplement à marcher. J'ai longtemps arpenté le monde et officié auprès de quelques grands, les épaulant, les aidant dans l'ombre comme conseillère. Votre père était de ceux-là. Mais ce jeu ne dura que quelques années, cependant. Quelques années pendant lesquelles votre mère vous donna la vie. Ensuite, répondons à la première... Cette "drogue"...

A ces mots, elle se leva, complice de son audace et tout aussi consciente de l'impertinence du geste qu'elle s'apprêtait à commettre. Et pourtant... Pourtant elle ne pouvait s'empêcher d'être joueuse. Avec lenteur et grâce, elle avança somptueusement, doucement, jusqu'au souverain assis. Et avec un extrême et alléchant calme, elle se pencha au dessus de lui, se tenant d'une main au trône, et s'approcha toujours plus jusqu'à son visage, ne le quittant pas des yeux. Elle s'arrêta à quelques millimètres, sentant son souffle sur ses lèvres, les laissant se toucher et... Expira une infime bouchée de vapeur dans la bouche du souverain. C'était si peu que le charme de ses vapeurs n'allaient pas durer plus d'une dizaine de secondes. Mais c'était assez pour qu'il goûte à son nectar. Et pour qu'elle regagne son siège avec la même grâce, retrouvant sa même pose aux jambes croisées.

Comment les trouvez-vous? Délicieuses, n'est-ce pas? Dit-elle avec langueur. Je ne vous en ai donné qu'une gorgée, mais bien loin de la dose habituelle. Elle passa sous silence qu'elle disposait de son produit de la même façon à tous qu'elle l'avait donné au roi. Vous n'avez dût connaître qu'un instant d'extase, mais il peut durer beaucoup plus longtemps. Un plan machiavélique poussa alors dans son esprit quant à ses possibles utilisations qui pourrait servir à la couronne. Ce serait une belle façon de plaire à quelques dignitaires et éminents diplomates, de les... Détendre, qu'en dites-vous? J'ajouterai que certains de mes clients peuvent avoir la langue bien pendue... Et que les confidences que l'on me fait valent celles que l'on fait sur l'oreiller, votre altesse...

Elle jouait à un jeu très dangereux mais dont elle maîtrisait toutes les arcanes, et prenait un malin plaisir à y jouer. Et alors qu'ils étaient seuls entre ces quatre murs, il ne pouvait plus exister que leurs oreilles pour mener cette danse. A jamais entre eux.
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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Mer 9 Jan - 12:08

Je me raidis inconsciemment quand la Sylphide s’approche de moi. Cela fait des années qu’une jolie femme ne m’avait pas approché aussi prêt et j’ai le souffle coupé quand elle approche ses lèvres, des miennes. Je suis tellement surpris que je ne bouge pas un muscle quand nos lèvres se rencontrent, et je sens au fond de ma gorge une fumée.

C’est comme une vague, mieux un tsunami qui m’emporte au-delà de tout ce que j’ai connu. Mon cerveau explose en des milliers de fragments qui s’assemblent selon des configurations jusque-là inédites. Je sens d’abord l’extase monter en moi, le nirvana suprême, un véritable moment de félicité, en une seconde j’oublie tous mes problèmes de la journée, et deux secondes après les problèmes de toutes une vie, Mathilde, Angel, mon père, tout est soufflé d’un coup, comme on éteint une bougie.

Puis la sensation s’estompe, pas d’un coup mais petit à petit, et je me sent frustré de cet atterrissage en douceur sur terre. Je réintègre mon corps, ma vie habituelle, mes problèmes, alors que je n’ai qu’une seule envie, repartir dans ce pays merveilleux qui m’a ouvert ses bras.

Je sors de cet état en sueur et vaguement nauséeux. J’avais déjà connu en partie cet état où plus rien ne semble important et où les soucis s’effacent d’un coup de baguette magique grâce à l’alcool, mais c’est comme comparé la lueur d’une chandelle à celle du soleil ! Cette sensation est multipliée par dix, peut-être même par cent ! Bref, c’est un produit fabuleux, mais que je ne peux me permettre d’utiliser.

Je regarde la Sylphide qui s’est rassis, elle ressemble à un félin dans tous ces mouvements et j’arrive difficilement à détacher mes yeux de son regard. Finalement, j’arrive à lui sourire, mais c’est un sourire sans joie :

- Dame Mäje, vous êtes une personne pleine de surprise et doté de nombreux talents. Depuis la mort de ma femme, personne ne m’avait embrassé et c’est une sensation que je ne pensais pas ressentir à nouveau. Pourtant, je vous prie de ne plus le refaire, mon deuil n’est pas terminé et je ne sais pas s’il le sera un jour. Les sensations que vous m’avez apportées dépasse largement les sensations procurées par l’alcool, et c’est vraiment un produit fabuleux que vous possédez. Il fait tout oublié, et je comprends pourquoi le Seigneur Dellavalone est prêt à payer autant pour continuer à profiter de vos services. Pour ma part, c’est la première et dernière fois que j’inspire votre drogue, le résultat est certes spectaculaire, mais je me suis promis de ne plus retomber dans les paradis artificiels, que ce soit la boisson ou les opiacés.

J’éprouve une dernière tentation de revenir sur ma décision, mais le regard de mon peuple qui se retrouverai en danger si je cède, me convaincs que j’ai pris le bon chemin. Je continu donc sur ma lancée :

- Vous serez donc officieusement autorisé à vendre ce « service » à vos clients. Concernant les confidences que vous feront vos consommateurs, je ne suis guère intéressé, la seule dérogation est si les propos tenus concernent la sécurité d’Eridania. C’est seulement dans ce cas, que je vous demanderai de me les rapporter. Vous pensez peut-être que je manque là, une occasion d’obtenir des renseignements sur mes potentiels adversaires, mais en tant qu’ancien alcoolique, je ne peux utiliser leurs faiblesses contre eux.

Il est en effet hors de question pour moi, de commencer à espionner les gens, lorsqu’ils essayent d’oublier leur souffrance, c’est ce qu’aurait fait mon père, et je n’ai guère envie de lui ressembler. En pensant à lui, je me remémore que la jeune femme a dit le connaître, ce qui a éveillé ma curiosité et je lui pose la question :
- Vous étiez conseillère de mon père pendant combien de temps et de quelle façon l’avez-vous conseillé ?

Je suis impatient d’entendre sa réponse, je ne pensais pas que mon père aurais pût prendre en compte l’avis d’une femme.




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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Ven 11 Jan - 8:49

Le souverain sembla passer par toutes les stades des émotions avant de revenir à lui, soit presque trop pour un mortel. La sylphide s’en amusait déjà, et son sourire énigmatique riait bien plus de sa propre audace que du terran sortant de sa transe. Et pourtant le voir ainsi quitter le shangri’la pour retrouver le quotidien. Ah, quand elle voyait ce visage paisible et absent, ces yeux éblouis par la lumière… Qu’elle regrettait, finalement, d’être la seule inaffectée par ses effets. Les créateurs à jamais condamnés d’être incompris de leur créature, et que leurs créatures soient à jamais aveugles à leurs parents. Une injustice bien cruelle, mais Mäje se délectait tout de même des visions qui s’offraient à elle.

Pourtant elle n’était pas pour ça, et il n’était pas dans ses intérêts de rendre le souverain accro à son produit. Et quand bien même, si il se montrait un tant soit peu intéressé, elle se refuserait probablement de le fournir comme elle s’occuper de Dellavalone. Tout d’abord car le comte n’avait pas les mêmes responsabilités ni le même rang social, et ensuite car elle se voyait mal être responsable de la chute programmée de la nation. Si le roi se remettait à broyer du noir dans un quelconque échappatoire, elle ne se voulait pas son bourreau. Ce serait trop de problèmes futurs, et trop de lumière sur elle si le scandale éclatait. Mieux valait lui laisser la lumière, et toutes les étiquettes et les prestiges qui s’y accompagnaient. D’où son fin calcul de la dose offerte : juste assez pour comprendre, et pas assez pour plonger complètement dedans.


Loin de moi l’idée de faire de vous un de mes clients, votre altesse. Finit-elle par souffler non sans un certain soulagement. Vous avez des responsabilités bien plus lourdes que de devoir me visiter. Et il va de soit que je reste également votre deuil et la tristesse que vous portez, et que mon audace ne surviendra plus sans que vous en éprouviez le désir. Vous me voyez également abattue par ce que vous avez traversé. Elle finit tout de même par conclure, non sans une certaine malice. Mais je ne regrette pourtant pas… C’était fort plaisant.

Qu’il regrette ou non, cela lui appartenait. Mais il n’eut ni l’air outré, ni repoussé pourtant, et si il éprouva la moindre satisfaction, alors elle s’en sortait victorieuse. Mieux encore, il semblait avoir capté le fondement même du plaisir induit par les vapeurs, et ne l’avait pourtant pas interdit malgré son potentiel pour ses futures clients. Aussi se savait-elle gagnante avec sa main de départ, et elle voyait maintenant d’un très bon œil l’ouverture prochaine de ce nouveau relais. Quant au souverain…


Et si vous le souhaitez, même, je peux me faire plus discrète qu’une ombre, disparaître, et vous n’aurez plus à me subir, sauf si vous me convoquez comme aujourd’hui. Bien que les portes de mon domaine vous soient toujours ouvertes, si vous en ressentez le besoin. Ne serait-ce que pour vous offrir un instant de détente et de repos dans votre vie si occupée… Elle disait cela bien innocemment, et s’amusait de la situation. Et si il refusait son offre, elle ne se prierait pas pour avoir l’oreille peu discrète.Et si j’entends quoique ce soit d’intéressant, je ne manquerais pas de vous les transmettre. Mais je pense effectivement que vous manquez là une occasion facile et habile de récupérer certains bruits de couloir qui pourraient vous être d’un éminent intérêt. Elle ignorait encore qui seraient ses futurs clients, mais son petit doigt lui soufflait qu’il y aurait déjà une grande partie de sa court, et des émissaires étrangers qui passeraient par là. Elle recevait déjà au fin fond des recoins perdus certains des grands esprits du continent, alors dans la capitale du monde civilisé, cela risquerait d’être l’afflux une fois que cela se saurai. Et les secrets et les petits aveux risqueraient de couler comme du vin lors d’une bonne soirée, ce serait du pain béni pour ses affaires. Si Thimothée désirait rester sourd face à cela, grand bien fasse à ses vertus et sa droiture. Mäje n’était pas aussi pure de cœur, apparemment. Mais là encore, il savait où il pourrait la solliciter, et puisqu’il l’aurait littéralement sous ses fenêtres. Enfin, c’était tant qu’elle serait là : les aller-retours entre Eridania et Argyrei risquaient déjà de s’avérer pénibles et plus fréquents.

Mais le jeune souverain semblait fort intéressé par ses années en compagnie du paternel, années qu’elle n’avait guère envie de se remémorer tant son caractère dur et vieille école éveillait encore en elle un profond mépris. Elle ne pu s’empêcher de réprimer une grimace aigre et de retourner ses yeux d’acier vers le jeune homme.


Trois ans, quatre, tout au plus. Vous aviez deux ans quand je suis partie. Expliqua-t-elle. C’est ma présence à Thyrénium qui m’a fait le rencontrer, et les conseils que je lui dispensai lors d’un bal furent si avisés qu’il réclama à ce que je reste quelques temps. Economie, diplomatie… Je touche un peu à tout, vous voyez. Mais je vous sens sceptique : il ne m’appréciait effectivement pas beaucoup. Mais comme je voyais juste, il savait ne pas trop le montrer. Et puis… Il avait souvent une oreille attentive pour mon partenaire bien plus que pour moi. Elle réfléchit intimement. Bien que je sois plus agréable à contempler.  

Contrairement à beaucoup des relations qu’elle entretint de part et d’autres de son histoires avec puissants et puissantes, celle qu’il le liait à feu le roi d’Hesperia n’avait rien eut de charnelle ni même de plaisante. A part un joli accord financier et une couverture diplomatique s’étendant jusqu’au frontière, il n’y avait ni respect ni amitié qui ne les avait jamais uni. Mais il lui sembla bien qu’il estima Äjhem bien plus qu’elle, ce qui ne la dérangeait pas le moins du monde. Et le sylphide s’en sortait également pour plus fier. Sceptique ou non, le jeune souverain serait sûrement trop jeune pour se souvenir de lui également.
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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Ven 11 Jan - 11:59

La discussion que j’avais avec la Sylphide est bien différente de que je j’avais imaginé lorsque je l’ai vu pour la première fois dans mon palais. Je suis passé par toutes les émotions y compris la félicité lors de l’injection de sa drogue !
Je m’adresse donc à la Sylphide :

Je vous remercie pour ce moment, ainsi votre audace, ce fut rafraichissant, cela fait en effet, bien longtemps que mon cœur est comme gelé, et je ne pensais pas qu’il puisse se réchauffer de la sorte. Un sauf-conduit vous donnant un accès illimité au palais vous sera donné afin que vous m’informiez si vous rencontrez des problèmes lors de votre installation, ou plus tard, su vous avez des informations importantes à me communiquer.

Je contemple encore une fois, le corps magnifique de Mäje, avec sa tenue la mettant particulièrement en valeur. Pour éviter de fâcher cette sublime créature, je n’ose pas poser de nouvelles questions sur sa relation avec mon père. Mais si mon paternel était prêt à écouter une femme, lui qui les considérais comme des êtres inférieurs, c’est que ses conseils étaient très avisés, je me décide à lui demander ce service :

Noble Dame, je souhaite également profiter de vos avis et suggestions, si vous n’y voyez pas d’inconvénient bien sûr. Que souhaitez-vous en échange pour m’aider à prendre les bonnes décisions pour mon peuple ?

Trésor sort finalement complètement de derrière mon trône, rassuré par le changement d’attitude de la jeune femme. Elle s’approche même pour lui lécher la main, geste très rare. Je laisse le caniche de mon ex-femme finir sa démonstration d’affection, avant de continuer :

Concernant l’installation dans la villa prêtée par le Comte Del’Avallone, vous pourrez l’occuper quand vous le désirez. La licence de commerce vous est offerte, en échange de vos futures informations, c’est le moins que je puisse faire pour vous. Vous allez m’aider à protéger mon peuple et pour cela je vous en serais éternellement reconnaissant. J’ai bien pris note de votre invitation et je ne manquerai pas de venir vous rendre une petite visite. Avez-vous déjà réfléchi à un nom pour votre futur établissement ?

Avoir de prendre congé, j’ai une dernière question à poser à la personne en face de moi :
Je sais que votre relais est à Phelgra, et j’essaye depuis quelques temps de joindre les Eclaris, mais je n’ai pas de contact là-bas, et ils ne me répondent pas à mes messages. Je ne sais pas quelles sont vos relations avec eux, mais pouvez-vous leur demander de me dépêcher un ambassadeur ? J’aimerais beaucoup profiter de leurs connaissances car même si la bibliothèque d’Hesperia est une des plus grandes du monde, je manque malheureusement de savants compétents pour traiter les problèmes les plus complexes.

Finalement, alors que je pensais finir l’entretien, je me sens encore un peu euphorique (peut-être dût à la drogue de la dame des sables), et je commence à avoir faim, je décide de lui faire une proposition pour le moins inattendu :

- Mäje, que diriez-vous de déjeuner avec moi ? En dehors du palais, un nouveau restaurant gastronomique vient d’ouvrir dans la capitale, Le Prestige, tenu par une de mes connaissances, Deirdre Luberym, une amie des arts qui possède déjà un musée. Ses plats sont absolument divin et nous pourrons discuter avant mes rendez-vous de l’après-midi.




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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Lun 14 Jan - 17:06

De surprise en surprise, la Dame des sables avait la sensation de glisser tout autour de l’énigme qu’était Thimothée Mannus. Soufflant le chaud, le froid, et surtout beaucoup de nouvelles qu’elle accueillait avec étonnement, il semblait surenchérir à chaque fois, amenant la sylphide toujours plus loin dans ses vieux souvenirs. Elle qui pensait être convoquée comme on est pourchassait par un vieux fantôme ou quelques anciens démons, elle avait le sentiment d’en ressortir avec des lauriers et les bras chargés d’or. Et pas seulement… Comme pour un chemin chargé d’embuche, il lui retirait une à une toutes les contraintes qu’il lui avait imposées. Surprenant…

Sans retenir son sourire espiègle, elle se réjouissait déjà d’être honorée d’un sauf-conduit qui lui donnait un accès illimité au palais. Ses lèvres noires s’étiraient sur le côté de son visage avec plus d’amusement qu’elle n’aurait voulu le montrer. Elle se revoyait une trentaine d’années plus tôt, vagabonder dans le palais pendant les heures creuses, ouvrir les pièces, faire comme à sa guise avec les servants, la cour, manger à la même table que le roi et sa famille comme si elle-même en faisait partie, mais sans jamais donner son nom, et sans jamais se montrer à la lumière. Une vague de souvenir l’envahie brusquement et la plongea dans un instant infime de songe avant qu’elle ne se reprenne. Cette nouvelle était pour le moins pratique, tant pour lui que pour elle. Mais cela lui sembla finalement bien accessoire : cela facilitera tout simplement ses déplacements entre son nouveau fief et la salle du trône.

Et pourtant les choses étaient bien différentes aujourd’hui. Sa place était différente, l’offre qu’on lui faisait aussi, et les yeux face à elle n’avait rien à voir avec l’air acariâtre et misogyne du paternel. Au contraire, elle pourrait dévorer de tels yeux : désire ? Admiration ? Le roi ne se cachait pas de la regarder d’une façon bien fiévreuse, laissant ce regard sombre se poser sur son corps savamment placé, et elle se languissait déjà de voir ces braises crépiter dans ces prunelles. Elle s’était créée ainsi, avait veillé au moindre détail pour faire face à ces yeux. Parfaite. Et si il était jeune, il n’en demeurait pas moins un homme de pouvoir, au charisme et au charme certain, ce qui n’était pas pour ne pas flatter la Dame. Toujours plus provocante, elle dégagea d’un geste ses cheveux de son épaule, dévoilant un peu plus son corsage, appréciant le jeu qu’ils se livraient à mots couverts.
Mais il coupa cela d’un geste inattendu.

Redevenir conseillère pour la couronne Eridanienne ? Mäje en tomba des nues. Elle avait quitté ce monde depuis quelques temps déjà, et bien que cette position eût toujours éveillé en elle flamme et excitation, elle n’oubliait pas pourquoi elle avait décidé de ralentir sur cet aspect de sa vie. Son domaine primait avant tout, et sur toute chose. Et si le jeune souverain et sa quête de la prospérité était plus que compréhensible, et qu’il était vrai que la sylphide ne se voyait sans peine sur le tableau, elle n’en restait pas moins assez sceptique. Elle n’avait pas peur de laissé son navire voguer sans elle pendant quelques semaines : Val’Meëza était bien huilé et ses rouages de la meilleure facture. Ses futures absences fréquentes pour veiller au lancement et à la bonne tenue de sa nouvelle affaire n’aurait que peu d’impact sur elle. Mais elle ne comptait pas l’abandonner, et savait qu’elle trouvait là-bas son vrai foyer. Quelques soient les désires du roi, elle devrait composer au mieux.


Votre altesse, je vous remercie pour cette proposition.
Dit-elle d’abord, soucieuse de garder un certain niveau de cordialité dans leur échange. Une telle offre se doit être étudiée en amont. Après tout, mon emploi du temps est déjà bien occupé, et risque de ne pas aller en s’améliorant. Mais je considère avant tout l’idée d’entrer à votre service et de vous conseiller comme je l’ai fait avec votre père avant vous quand ma présence ici le permettra. Dit-elle simplement, posant tout d’abord devant elle les cartes de la négociation. Après tout, elle savait qu’elle avait l’expérience et la capacité de l’aider à conduire sa barque sans problème. Décidément, en quelques mois, elle rencontrait toujours plus de souverains prometteurs… Mais comme vous le dites, ce service aurait un coût : une couverture diplomatique sur votre territoire et la libre circulation de mes vapeurs sur vos terres, pour commencer – et en toute discrétion, bien sûr.

A part à Phelgra où l’on n’avait pas vraiment de législation sur les produits illicites, ses créations restaient des produits interdits dans la plupart des autres nations, et florissaient uniquement dans les marchés noirs. Si elle ne voulait pas que cela change – pour la simple et bonne raison qu’elle ne pouvait encore accélérer la production de ses fioles – elle apprécierait de ne plus être menacée de la possibilité d’être arrêtée pour cette vente de produits illicites. Si elle utilisait toujours des passeurs pour les faire venir sur le territoire, ce serait un vrai soulagement de se savoir hors de danger, elle et ses consommateurs fidèles. Se redressant sur son fauteuil moltonné, elle poursuivit avec toujours la même audace : il était mauvais de s’arrêter en si bon chemin.



Ensuite, et comme ce changement de situation entraînerait bien sûr un nombre important de déplacement entre votre domaine et les miens – et que notre accord implique que ce nouvel établissement ne sera réellement ma possession ; j’apprécierai de bénéficier d’une habitation en Eridania qui me permette de soulager mes voyages, et d’avoir un pied à terre dans votre resplendissante nation.
Elle ajouta, l’œil rieur. Il va de soit que je me rendrai ainsi plus disponible.

Tel était l’art de la négociation de Mäje. Souvent, on pensait que trop en demander était un vice : au contraire, là était la vertu. Elle s’arrêta néanmoins là pour laisser le temps au souverain de réfléchir sous ses cheveux splendidement coiffés et sa couronne brillante, et permettant à la sylphide de poser sa jolie tête sur son coude. A sa grande surprise, un caniche qu’elle n’avait pas encore remarqué sorti de sous le trône pour venir lui lécher les mains. Au regard bienveillant du roi, il était le sien, aussi elle le laissa faire. L’immortelle n’était pas particulièrement proche des bêtes mais n’avait rien contre eux, et elle ne voulu pas couper net le canidé dans son allégresse.

Avant de poursuivre, elle prend un air pensif. Un nom…

Mes futures portes vous seront bien sûre ouvertes. Quant au nom, j’avoue ne pas m’être déjà interrogé à ce sujet. Val’Meëza est un ancien dialecte argyréen, et veut dire l’oasis. Je pensais donc à… Mirage… elle prit un air intérieur, cherchant dans ses nombreuses connaissances comment le traduire en vieux nomade. Quand aux eclaris, je vous avoue être très proche de l’un d’entre eux. Je vais voir ce que je peux faire, mais je ne vous garantis rien. Je ne suis pas forcément familière avec cette caste.

Toujours plus surprise par l’avalanche de nouvelle que lui soumettait le souverain, elle ne pu s’empêcher d’étirer ses grandes lèvres sombres dans un sourire carnivore. Il l’étonnait, ce roi, toujours plus ! Avec ses grands yeux de chats, le corps tourné vers lui, elle s’aperçu qu’il n’était pas près de la voir filer, et qu’il contenait mal l’euphorie qu’il ressentait, induite… Ou non. Et à moitié curieuse de connaître la concurrence dans la cité et car le nom lui disait vaguement quelque chose, elle se décida d’acquiescer à l’occasion. Aussi car c’était une bonne façon de discuter de tout ce qu’il venait d’être soulevé, et réfléchir loin du palais lui remettait sûrement les idées claires.

Si vous avez faim, seigneur, alors… Mangeons. Susurra-t-elle. Je suis curieuse de découvrir cet établissement, et j’avoue que tout cela m’a ouvert l’appétit. Je vous suis, votre altesse.
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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Lun 14 Jan - 21:54

Je tends la main à la magnifique Sylphide pour l'aider à se lever et nous sortons en même temps de la salle du trône. Je vois tous les serviteurs les yeux exorbités devant la jeune femme, qui avec les cheveux détachés rehaussant encore sa beauté, ressemble à une déesse. Quand aux nobles de ma cour, plus d'un est mort de jalousie et si l'un d'eux pouvaient à ce moment même, me planter une dague dans le dos pour prendre ma place, je suis persuadé qu'il le ferai à l'instant même. Heureusement, je suis toujours entouré par la garde du Dernier Cercle (qui n'a jamais aussi bien porté son nom d'ailleurs), qui dissuade les éventuels régicide.

Le chemin pour sortir du palais me semble très long, je n'avais pas remarqué le très grand nombre de personnes travaillant dans l'édifice, tous les serviteurs ayant arrêté leurs tâches pour venir nous voir, formant ainsi une sorte de haie d'honneur improvisé. Lorsque nous sommes enfin en-dehors, je ne peux m'empêcher de souffler de soulagement, je ne savais pas que j'étais tendu à ce point ! Mais l'euphorie induit par la substance amené par la dame des sables est maintenant complètement partit, et je me sens un peu plus moi-même.

Le chemin vers le restaurant de Deirdre Luberym est heureusement rapide, étant sur un des emplacements idéals sur l'artère principale de la grande Capitale qui mène au palais royal. Avec sa belle devanture, des lumières chaleureuses qui s'échappent des fenêtres, c'est un véritable have de paix et c'est avec reconnaissance que je m'attable dans mon alcôve privé avec la jeune femme en face de moi. Confortablement assis et après avoir commandé, je peux enfin répondre à ces différentes questions. Je commence bien sûr par répondre à sa plus importante demande :

Concernant votre couverture diplomatique sur mon territoire, je ne comprends pas très bien, ce que vous voulez dire par ce terme. Pouvez-vous m'en dire plus ? Concernant la libre circulation de vos vapeurs sur mes terres, vous l'avez déjà. Vos produits ne sont dorénavant plus illégal s'ils sont consommés dans votre nouvel établissement, Mirage.
Pour la communication avec les éclaris, je suis satisfais de votre promesse, et je vous en remercie par avance. Pour le dernier point, celui de votre habitation, vous avez deux choix, une suite au palais ou bien une chambre dans cet hôtel.


Avoir une conseillère du niveau de Mäje, m'aidera beaucoup dans la gestion du royaume, j'espère qu'elle sera présente le plus possible dans la capitale. Je suis remplis d'espoir pour l'avenir, avec toutes les personnes qui m'entoure, je devrais être en mesure de faire la seule chose qui m'importe à mes yeux : protéger mon peuple. Je lève donc ma coupe de champagne et j'annonce d'une voix sûr :

Si nous sommes d'accord sur toutes mesures, nous pouvons maintenant trinquez à notre réussite !


Thimothée Mannus
Roi d'Eridania
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MessageSujet: Re: [Terminer] Shake that royal hand   Lun 14 Jan - 22:43

L'établissement était très mignon, et sous la directive et la main assez guide du jeune homme, Mäje surveillait tout d'un oeil plus secret et plus discret. Elle avait suivi le souverain jusqu'à l'extérieur du palais, et se sentait presque une reine à passer ainsi devant toute la cours. Cela la ramenait étrangement en arrière, et elle ne manqua pas d'échanger un clin d'oeil avec Del'Avalonne quand elle en eut l'occasion. Mais le trajet fut en soit assez tranquille, avec un échange très cordial de banalité. Au contact de la ville, la sylphide sortit très étrangement une paire de lunette de soleil, et semblait beaucoup moins extravagante en compagnie du seigneur et à la vue de tous que seule dans le palais. C'était ainsi qu'elle fonctionnait: seule, elle rayonnait, mais restait dans l'ombre des seigneurs et éviter d'être vu avec eux. L'ombre lui seyait plus, après tout...

Arrivée à l'établissement et en bonne commerçante, la sylphide observa attentivement le prestige, nota tous les détails de sa façade, de sa carte, pour se promettre de n'absolument pas faire la même chose. Elle était beaucoup plus silencieuse, et s'épancher moins en geste parasyte et autre théâtralité. En réalité, Äjhem aurait été le mieux placé pour vivre cette situation: ce fieffé renard était plus discret mais plus charismatique dans le silence. Mäje, elle, vivait mieux dans la parole.

On leur servit un repas, qui était somme toute délicieux, et le roi pu répondre calmement à l'immortelle. Qui s'empressa de lui répondre à son tour.


J'entends, par couverture diplomatique, un statut qui me permette de pouvoir compter sur vous, et qui m'autorise également à circuler à ma guise sans être importunée. Rien de plus que ce qu'un statut de diplomate propose, en somme.

Elle attrapa au passage sa coupe de champagne et fit tournoyer le liquide à l'intérieur, s'amusant à le sentir au passage. Un grand cru, brut, comme elle les aimait. Très bon choix, elle se ferait un plaisir de le transmettre à la détentrice de l'établissement.

Et si j'accepte, une suite au palais me va amplement. Après tout, pourquoi laisser filer cette possibilité? Elle s'octroyait également le meilleur appartement de son nouveau domaine; s'il en était, pour les dix ans à venir. Simple privilège, évidemment.Je vous transmettrai ma réponse au plus tôt, bien sûr, tout comme je vous tiendrai au courant de l'avancée des travaux et de l'installation. Cela risquait de prendre quelques mois pendant lesquels elle serait bien occupée. Mais quelque chose lui disait qu'il faudrait tout refaire pour que cela corresponde à l'idée qu'elle se faisait d'un de ses établissements. Le mirage n'était pas encore prêt d'ouvrir ses portes, mais cela s'annonçait grandiose.Je ne suis pas contre une petite délégation pour m'amener sur place après cette entrevue, que je puisse voir cette fameuse villa. Je ne vous embêterai pas plus longtemps, vos responsabilités doivent certainement vous rattraper.

Ce faisant, elle leva sa main tout comme le souverain, tous deux ayant trouver un accord sur tous ces points. Mäje ferma les yeux, il y avait bien des pensées qui s'entrechoquaient dans son esprit comme ans sa coup de champagne.

A votre réussite, votre altesse, et au Mirage!
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