L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]

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Effectifs

• Eryllis: 3
• Ladrinis: 5
• Eclaris: 4
• Prêtresses: 2
• Cavaliers de S.: 4
• Nérozias: 5
• Gélovigiens: 4
• Ascans: 2
• Marins de N.: 7
• Civils: 18

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An 1305 de l'ère obscure

Saison:Langdum Mois:Cicium
[Mars/Avril en temps réel]

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 L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]

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Lucius Aelianus
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MessageSujet: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Lun 31 Déc - 12:17

Il était utile de planifier ses actions longtemps à l’avance. Un bon plan s’articulait en plusieurs étapes soigneusement imbriquées les unes dans les autres, et prenait en compte tous les facteurs externes possibles. Il fallait être conscient du fait que la personne qui devait se montrer à telle heure pouvait être en retard, et comprendre comment cela pouvait affecter la globalité de l’opération. Il fallait tenir compte d’un possible changement d’habitude de sa cible, et trouver le moyen de s’adapter immédiatement. Un bon plan ne ressemblait pas une ligne. C’était une toile d’araignée complexe, enchevêtrée, dont seuls les esprits les plus agiles pouvaient décrypter les codes exquis. Et Lucius n’était rien, sinon un maître dans l’art d’échafauder de bon plan. Il s’était introduit dans le manoir il y avait de cela quelques jours, son apparence transformée pour ressembler à un majordome quelconque. Le maître des lieux était connu à la fois pour sa richesse indécente et sa paranoïa croissante. Chaque jour qui passait semblait le faire basculer un peu plus dans une forme de méfiance proche de la folie furieuse, au point qu’il avait répudié sa femme et qu’il congédiait très régulièrement ses domestiques. Ironiquement, c’était l’appel d’air créé par ces renvois qui allait permettre au jeune Lucius de s’introduire chez lui avec facilité. Car aussi fou que sa cible puisse-t-être en train de devenir, elle n’était pas encore prête à renoncer au confort qu’amenaient avec eux une armée de domestiques dévoués. Le parrain des ladrinis se demandait de plus ce qui pouvait bien chez lui valoir une telle paranoïa. Que cachait donc le mystérieux baron, dans sa haute forteresse ? L’idée de le découvrir excitait l’homme, qui en salivait d’avance. Un autre secret à ajouter à sa collection. Une autre arme qui viendrait bientôt rejoindre son arsenal déjà généreusement fourni.

Il resserra un peu son col, et plongea ses yeux dans ceux de son interlocuteur. Le vieux chef des majordomes était une des très rares personnes à avoir conservé la confiance du maître des lieux, sans doute grâce au fait qu’ils avaient pratiquement grandi ensemble. Cela lui conférait une forme d’aura particulière auprès de ses pairs, car malgré le caractère pour le moins irascible du maître des lieux, la paie était bonne et la situation tout à fait enviable lorsque l’on considérait les alternatives à ce travail. Lucius laissa sa magie couler hors de lui, manifestant ses pouvoirs arcanes avec la simplicité travaillée qui ne pouvait naître que de l’expérience la plus conséquente. Il déverrouilla facilement les serrures mentales de sa victime, et se plongea dans son esprit. Il pouvait accéder à ce qui le composait, aux éléments essentiels de sa psyché. S’il aurait aimé prendre le temps d’établir entre eux un rapport plus intime, et de travailler avec tout le soin nécessaire la matière de sa cible, il savait ne pas en avoir réellement le temps. Il devrait donc se contenter de modifications sommaires, mais efficaces. Il trouva rapidement la partie de son cerveau dans laquelle il triait ses relations, et regarda ce qu’il pensait de lui. Il ne trouva ici rien de surprenant. Le majordome voyait la nouvelle recrue comme quelqu’un qui ne resterait pas longtemps parmi eux, condamné qu’il était à subir tôt ou tard les foudres du maître. Il remédia à cela, et changea la perception de l’homme pour qu’il décide de vouer une confiance absolue à la figure sympathique et amicale de la nouvelle recrue. Tout allait bien. Tout était normal. Il pouvait lui faire confiance, il suffisait de regarder ce visage sympathique pour en être convaincu. Il y avait en lui quelque chose de différent des autres, quelque chose qui le plaçait au-dessus de tout soupçon, qu’il soit de compromission ou d’échec, futur ou momentané. Lucius relâcha son étreinte magique, satisfait du résultat, et regarda le visage parcheminé de son partenaire de jeu changer d’expression. Il tendit la main, et sa voix sortit de sa bouche en un filet presque chantant :

"La clé maîtresse du manoir, s’il-vous-plait. J’en ai besoin pour mes fonctions."

L’autre lui sourit, et fouilla rapidement dans la poche de son manteau, avant de les lui remettre. Leur échange avait duré à peine quelques secondes, et Lucius s’inclina, y mettant fin. Les outils de crochetage étaient définitivement réservés aux amateurs, s’amusa-t-il brièvement avant de continuer. Il aurait certes pu choisir une approche plus conventionnelle, s’assurer que personne ne remarque qu’il était venu ici, mais cela n’était pas son genre. Ce genre d’infiltration, outre le fait qu’il manquait à vrai dire de certaines compétences essentielles pour s’en sortir, était pour lui bien trop risqué, et surtout manquait cruellement d’élégance et de panache. C’était important, l’élégance et le panache. Il emprunta les escaliers qui le menait à l’étage, ravi du début de cette soirée, regardant distraitement par la fenêtre qui surplombait l’extérieur. La ville qui s’étalait en contrebas de la colline était noyée sous une pluie noire et épaisse comme de l’encre, et il plaignit un instant les pauvres bougres qui devaient encore trimer dehors par ce temps et cette heure, avant de se concentrer de nouveau sur sa tâche. Si tout allait bien, il serait reparti d’ici dans une petite demi-heure. Si tout allait très bien, il ne pleuvrait alors plus.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Mar 1 Jan - 13:38

Je déteste voyager ! J’ai eu ce constat il y a peu en sortant de la capitale pour me rendre dans un duché un peu plus loin pour mettre à mort un de ceux qui ont causé ma mort, un certain Danton, une espèce de bourgeois très riche qui a beaucoup de relations. Romard m’a indiqué où le trouver mais apparemment le type est assez paranoïaque et ce ne sera pas une mince affaire de le débusquer pour le tuer. L’idée de sortir de la capitale et de voyager jusqu’à un autre duché ne me dérange pas, mais il a plu sur tout le trajet et c’était infernal. Je suis donc d’humeur massacrante lorsque je me rends à la bâtisse de ce Danton. J’ai hâte d’en finir et d’aller me réchauffée, je suis trempée jusqu’au os. On aurait pu espérer que la mort ôtait ce genre de désagrément mais non, je me gèle les miches en étudiant la maison que je dois infiltrer pour tuer ce gros tas. Normalement j’attendrai la nuit noire, mais là j’en ai un peu assez de lambiner, donc je vais trouver un moyen de passer rapidement à l’action et tant pis pour les dégâts collatéraux.

Je fais le tour du propriétaire mais ne trouve rien de très intéressant. Toutes les fenêtres sont fermées à cause de la pluie, évidemment. Je repère une porte à l’arrière en plus de la grande porte de devant. D’habitude je suis discrète et précise, mais là j’en ai un peu assez, donc on va la jouer un peu plus violemment que d’habitude. Je me dirige vers la porte de derrière en mettant mon masque et donne trois coups à la porte après avoir vérifié que la ruelle était vide. Rien. Je frappe de nouveau. Rien. Je commence à m’énerver davantage et frappe un peu plus fort. J’entends enfin une clé tourner dans la serrure et une servante ouvre la porte. Je ne lui laisse pas le temps de faire quoi que ce soit et l’assomme promptement d’un violent coup de mon arme sur la tempe. Elle s’écroule sur les pavés de la rue et je la traine à l’intérieur et la cache derrière des caisses, la porte menant à une petite remise. Comme quoi des fois la force brute ça peut aussi être utile. Je fouille un peu la remise et trouve de quoi bâillonner et attacher la servante avant de sortir en silence de la pièce. L’intérieur est relativement bien éclairé, mais tant pis, au moins je suis au chaud et pas sous cette fichue pluie glacée.

Je ne croise pas grand monde au rez-de-chaussée, tout au plus un serviteur armé d’un plateau que je laisse passer sans me faire repérer en me cachant derrière un rideau. J’aurai pu m’en occuper mais les corps attirent l’attention et je ne connais pas les lieux, je dois me faire discrète, au moins au début. J’ouvre quelques portes mais sans rien trouvé de probant : une cuisine, une réserve et deux chambres vides et top petites pour être celle d’un bourgeois du genre de Danton. Alors que je me dirige vers l’escalier menant au premier étage, je surprends un échange très intéressant. Deux majordomes se font face et l’un des deux, le plus jeune a priori tant la peau du second ressemble à du parchemin, lui demande la clé maîtresse du manoir. A priori les deux se connaissent très bien car le plus âgé la lui donne sans discuter et avec un sourire aux lèvres. Les deux se séparent et je les observe, cachée dans l’ombre. Celui qui a récupérer la clé monte au premier tandis que le plus vieux se dirige vers la remise. Une clé maîtresse me serait peut-être utile… non, il me faut des informations avant tout. Je suis discrètement le vieux majordome. Il ouvre la porte de la remise et je lui bondis sur le dos, le plaquant violemment au sol en lui maintenant la tête.

- Bien le bonsoir monsieur le majordome, je cherche votre maître, donc vous allez gentiment me dire où le trouver et je ne mettrai pas fin à votre vie. Avons-nous un accord ?

- Jamais, les monstres dans votre genre sont la lie de la société, jamais je ne trahirai mon maître.

Je me penche pour lui murmurer à l’oreille quelques mots.

- Votre maître a sciemment participé à mon assassinat, il n’est que juste retour des choses que je lui rende la pareille ne croyez-vous pas ? Ou bien souhaitez-vous mourir pour une ordure qui tue des jeunes femmes innocentes sur le point de se marier ?

- Je… Je ne vous dirais rien, engeance du mal, vos mensonges ne m’atteindront pas !

Je suis épatée, la plupart des gens supplie pour leur vie et vendrait leur mère dans cette situation, mais pas lui… Je n’aime pas ça, si le type en face n’a pas peur, il ne dira rien et pas question de le torturer, ces hurlements vont attirer toute la maisonnée… Tant pis. Je relève sa tête d’une main et appose ma faucille sur sa gorge.

- Dernière sommation ! Au prochain refus, vous mourrez lentement et douloureusement sans pouvoir appelez qui que ce soit à l’aide.

- Je … Jamais je ne…

Je n’attends pas la fin de sa phrase et lui tranche la gorge avant de laisser sa tête retomber sur le sol, son corps secoué de tremblements d’agonie. J’adresse une petite prière à Kron pour le repos de son âme, il a protégé son maître jusqu’à la fin, ce type était honorable, même si son maître était une ordure. Je sors de la remise après avoir nettoyé ma faucille et ferme la porte pour ne pas laisser le cadavre en vue. Puis je me hâte de monter à l’étage. Je dois retrouver celui qui a récupéré la clé maîtresse, il doit avoir des informations également et peut-être qu’il se montrera plus coopératif. Je marche silencieusement et avise une porte ouverte. Je jette un œil à l’intérieur et voit qu’il s’agit d’un bureau dans lequel le majordome que je cherche semble être très occupé à fouiller. Depuis quand les majordomes fouillent les bureaux de leur maître en pleine nuit, surtout en foutant un bordel monstrueux comme lui le fait. Je me glisse dans la pièce et referme la porte sans bruit avant de sortir mon arme. Le faible tintement métallique de ma chaîne semble me trahir car le majordome se fige. Je fais tournoyer la faucille en me servant de la chaîne et m’approche lentement.

- Voilà ce qu’il va se passer monsieur le majordome suspect. Vous allez gentiment vous mettre à genoux et me dire où trouver votre maître Danton et vous aurez la vie sauve. Si refus il y a … et bien vous ne serez pas le premier à mourir ce soir, alors faites-vous une faveur, répondez !
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Ven 4 Jan - 16:41

Lucius n’aimait pas particulièrement le papier. La sensation du matériau lui faisait penser à une vieille peau tannée et tendue, à un parchemin desséché et friable. Normalement, il aurait apprécié ce genre de rappel macabre et de coïncidence morbide, son gout pour l’ironie lui garantissant d’établir un parallèle au gout douteux entre le papier et un des nombreux objets de sa fascination, mais pas cette fois-ci. Car c’était dans les ouvrages que l’on cachait ce que l’on avait de plus important, c’était sur ces pages diaphanes que l’on refermait les reliures les plus épaisses. Et ce soir, alors qu’il fouillait avec un acharnement borné l’étude du vieux maître, sachant que ce dernier devait dormir non loin de là, il le faisait la rage au cœur. Encore une fois, quelqu’un serait trahi par le plus grand mensonge de leur temps. Encore une fois, quelqu’un pensait qu’il était judicieux de confier ses secrets à quelque chose d’aussi fugace que du papier. Lucius le savait : rien ne valait pour conserver ce que l’on ne voulait pas voir éventé son propre esprit. C’était la seule chose de suffisamment hermétique pour assurer la sécurité tant désirée, de suffisamment solide pour conserver sans déformation les informations les plus capitales. Le fait que Lucius dispose d’un avantage supplémentaire que les autres ne possédaient pas n’était qu’un détail. Il leur appartenait de circonvenir les dangers que posaient le manque de sécurité permanente d’un autre mode de conservation des données essentielles qui régissaient leur existence. Ses doigts passèrent sur une énième feuille, la jetant derrière lui. Il voulait que le maître des lieux sache qu’il avait reçu une visite nocturne. Alors seulement son message serait-il entier, alors seulement pourrait-il réellement le faire vivre dans la peur ignominieuse qu’il méritait.

Enfin, il tomba sur ce qu’il était venu chercher. Un petit journal richement décoré caché dans le double fond d’un tiroir. Lucius l’ouvrit, et commença à lire avec attention son contenu. Aussitôt, son visage se déforma en un sourire mauvais, s’éclairant comme de l’intérieur. Visiblement, le monsieur n’avait pas toute sa tête, et s’adonnait à certaines activités des plus coupables. Cela constituerait sans le moindre doute un excellent début au dossier qu’il allait monter à son sujet. Le ladrini s’apprêta à continuer, quand il sentit la caresse froide et métallique d’une voix parvenir à son oreille. Il se redressa immédiatement, et fixa du regard la nouvelle venue. Une assassine, visiblement, et une experte des armes les plus exotiques, à en croire son attirail. Lucius hésita un instant sur la marche à suivre, se maudissant brièvement de s’être laissé de la sorte absorber par la lecture du petit carnet. Il aurait dû faire preuve de plus de vigilance, il aurait dû réfréner son impatience et verrouiller derrière lui la porte de l’étude. Il avait toujours été trop impulsif, et cela causerait, il en était certain, sa perte. Si ce n’était pas déjà fait. Un combat n’aurait pas été à son avantage. En admettant qu’il s’en sorte vivant, il risquait d’alerter toute la maisonnée, et il doutait d’avoir le temps de les soumettre tous à son influence magique avant que les gardes ne déchirent son corps. Non. Il lui fallait désamorcer la situation avant qu’elle ne lui explose à la figure. Il déploya sa magie, lisant les pensées de son interlocutrice improvisée, et vit qu’elle n’était comme elle le disait pas venue pour lui. Le problème était qu’il avait besoin que le maître des lieux reste en vie. Outre le fait qu’il puisse respecter ses penchants les plus morbides, Lucius ne comptait pas avoir fait le déplacement jusqu’ici pour rien, ses renseignements rendus inutiles par la mort de leur propriétaire initial. Il lui fallait donc se débrouiller pour assurer la survie du comte.

"Le maître n’est pas là ce soir, fit-il d’une voix dans laquelle perçait une juste colère. Vous ne l’aurez jamais, ni vous, ni qui que ce soit de votre espèce maudite."

Cela était bon. Lucius avait toujours été un excellent escroc, capable de mentir à travers ses dents sans que l’on puisse s’empêcher de lui donner Fen sans confession. Il ne pouvait cependant pas passer sa vie à protéger sa cible, et devrait se contenter de lui faire gagner du temps. L’intrusion de ce soir devrait le pousser à renforcer encore un peu plus ses défenses, ce qui donnerait à Lucius le temps d’enquêter sur la personne responsable du contrat qui le visait. Une fois cette dernière… Persuadée de renoncer à cette entreprise, il était certain que cette situation trouverait naturellement une résolution pacifique, et surtout des plus profitables. Il lui fallait maintenant s’assurer que la créature qui lui faisait face ne se ferait pas d’idée superflue ou de zèle malvenu. Il se prépara mentalement à réagir au moindre signal de sa part, prêt à bondir sur le côté à déployer le cas échéant les couteaux de lancer qu’il cachait sur lui. Il ne souhaitait encore une fois pas voir la situation dégénérer, mais savait qu'il n'avait pas le temps de percer l'esprit de sa cible avant que cette dernière ne devienne hostile, si elle s'y décidait. Il ne pouvait pour le moment que commencer à canaliser sa magie, ce qu'il fit. Gagner du temps était sa seule priorité.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Sam 5 Jan - 14:09

Le majordome parait surpris de mon arrivée mais ne semble pas terrifié ou inquiet, plutôt contrarié. Je le fixe tandis qu’il referme un journal qui appartient probablement au comte. Des petits secrets inavouables peut-être ? Peu importe au final, je veux sa peau, pas connaître sa vie. Je continue de faire tournoyer ma faucille tandis que le type me sort que le comte n’est pas là. Il ajoute que je ne l’aurais jamais, ni moi, ni d’autre de mon espèce maudite. Espèce maudite ? Ce type aurait-il deviné ma nature ? Mais comment ? Je me tends légèrement en essayant de comprendre comment il a pu savoir cela alors que rien ne l’indique visuellement. Une magie de détection quelconque ? Non, il n’aurait pas été surpris lorsque je l’ai interpelé. Je n’aime pas ça, ce type n’est pas un voleur ordinaire, il cache quelque chose. Un affrontement n’est de toute façons pas à mon avantage, cela risque de rameuter toute la maison et je ne peux risquer de rater ma cible.

- Il n’est pas là, voyez-vous ça ? Ce n’est pas ce que l’autre majordome m’a dit, bien qu’il n’ait pas été très coopératif.

J’empoigne fermement mon arme et me décale pour lui faire face, le forçant à se mettre dos au mur. Je sors également une des dagues qui me sers de balise, au cas où. Il n’a pas l’air très puissant, mais j’ai appris à ne pas me fier à ma première impression, les plus dangereux ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Autant le persuader de me donner ce que je veux, s’il refuse et me ment de nouveau, son sang ira imbiber la moquette si épurée.

- Je veux la tête du comte et je l’aurai quoiqu’il en coûte. Et si je dois tuer tout le monde ici je le ferai, alors gagnons tous les deux du temps et sauvons quelques vies innocentes. Dites-moi où il est et vous pourrez retourner à vos petites affaires et moi aux miennes. Sinon, je vous tue sur-le-champ et finirais de toute façon par mettre la main sur lui. Et comme rien ne me détournera de ce but, je vous conseille de ne pas me faire perdre mon temps, dans votre intérêt.

J’étais si proche de tuer ce salopard, pas question de manquer une occasion pareille. C’est ce type qui a fourni le poison qui a permis aux autres de m’assassiner, lui qui a choisi cette horreur qui m’a fait agoniser pendant de longues minutes de pure souffrance, et tout ça pour quoi ? Parce que cela contrariait les plans qu’il avait au sujet de Romard. J’avais hâte de voir sa tête lorsque je dévoilerais mon visage…

Je laisse donc une dernière chance au voleur/majordome. Au moindre début de refus, il finirait avec la faucille sur la gorge, cela devrait lui remette les idées en place.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Lun 7 Jan - 21:09

Il devait réfléchir. Trouver une solution, et si possible rapidement, avant que les lames tranchantes de la jeune femme ne viennent rencontrer ses tendres et délicates chairs. Ce genre de situation était définitivement excessivement mauvais pour sa santé, et c’était dans ces moments-ci qu’il se demandait s’il n’était pas temps de s’assoir sur son succès et d’abandonner le travail de terrain pour définitivement se cantonner aux taches purement académiques et administratives. Après tout, il était s’il devait en juger par le tragique actuel de sa situation loin d’être le meilleur agent de terrain, et il jugeait raisonnable de considérer que la perte de sa vie aurait été un regrettable impair, aussi bien pour lui que pour l’humanité. Il avait une responsabilité qui le dépassait, un devoir sacré qui l’obligeait à rester vivant pour pouvoir continuer ses travaux. Cela, et le fait que la mort lui semble être quelque chose de relativement permanent le rendaient très enclin à préserver sa propre existence. Il regarda du coin de l’œil les mouvements félins de la créature qui lui faisait face, celle-ci se mouvant comme une panthère dans les ombres changeantes de la pièce. Elle semblait déterminée à extraire du majordome dont il avait enfilé les habits les informations requises à la poursuite de ses funestes desseins, ce que le jeune homme ne semblait pas apprécier. Qu’elle ait déjà parlé, et donc sans doute mis à mort ou au moins assommé quelqu’un rendait toute l’affaire d’autant plus complexe. Ce n’était maintenant qu’une question de temps avant que le corps ne soit découvert et que l’alarme soit donnée. Il l’écouta parler, et activa en même temps ses dons télépathiques, sondant l’esprit de la meurtrière en puissance pour tenter d’en comprendre davantage sur la situation.

Il y découvrit de nombreuses choses. Que la jeune femme était une gorgoroth, premièrement. Si le jeune homme n’avait rien contre les créatures mort-vivantes et leurs déambulations souvent très agressives, il savait cependant qu’elles étaient toujours causées par un même phénomène. Une envie forte et puissante, quelque chose de totalement absorbant, capable de consumer tout entier l’âme qui la nourrissait. Cela voulait à la fois dire qu’il devait maintenant faire attention à ne pas la contrarier, mais qu’il pouvait aussi en jouer. Il doutait fortement que cette envie dévorante ne soit pas liée à sa présence ici ce soir. Le comte revenait trop souvent aussi bien dans son discours que dans ses pensées pour que ce ne soit pas le cas, et son obsession fournissait au jeune Lucius un point d’appui sur lequel fonder tout le reste de son action. Il leva les mains devant lui en signe de paix, montrant ses paumes pour indiquer qu’il n’était pas dangereux et répondre à la posture agressive de son interlocutrice, avant de lui répondre sur un ton plus calme, presque posé, dans lequel il fit tout de même poindre une certaine forme de colère froide et venimeuse :

"Je ne suis pas majordome ici. Je me suis invité dans cet endroit pour obtenir des documents et faire chanter cette enflure de comte. Je vois que vous êtes venu ici… Pour quelque chose de plus ou moins similaire. J’voulais faire de sa vie un enfer véritable, profiter de sa paranoïa pour le rendre fou et le faire chuter petit à petit. Le tuer serait trop doux. Trop rapide."

Lucius avait appris au cours de sa carrière de menteur professionnel que le plus efficace n’était jamais réellement de mentir, mais bien de déformer la vérité. Beaucoup de gens se méfiaient instinctivement lorsqu’il racontait n’importe quoi, aussi était-il toujours bon de s’assurer qu’un fond de vérité ne soit présent pour étayer ses dires. Le reste, il pouvait l’assurer en utilisant ses dons d’escrocs hors pair. Il attendit, l’œil fauve et la mâchoire serrée, que sa vis-à-vis ne prenne une décision. Dans le pire des cas, il lui faudrait combattre et quitter les lieux en s’assurant de ne pas être pris. Son cheval l’attendait sous le couvert des arbres, à quelques centaines de mètres du bâtiment principal, mais il devait avouer que la perspective de devoir rentrer bredouille après avoir passé tant de temps à planifier son coup ne l’enchantait aucunement.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Mer 9 Jan - 18:52

Le majordome m’observe tandis que je me mets face à lui, puis lève lentement les mains, montrant qu’il n’est pas armé, probablement pour prouver qu’il ne me veut pas de mal. Comme c’est charmant. Je baisse néanmoins mon arme et reprends une posture plus calme tandis qu’il me raconte son plan, me confirmant qu’il n’est pas employé ici. Comme quoi il veut faire chuter le comte petit à petit, la mort étant trop douce et trop rapide pour quelqu’un comme lui. Une idée intéressante il faut bien l’avouer. Mais qui ne va pas me convenir.

- Une perspective très réjouissante que cette ordure mériterait amplement. Seulement… je n’ai aucun intérêt à le laisser en vie plus longtemps voyez-vous. Il m’a fallu plusieurs mois pour découvrir son identité et le savoir en vie me révulse profondément.

Je range finalement mes armes, consciente qu’un combat serait désastreux et que les corps que j’ai laissé seront forcément découverts à un moment et que je n’ai donc pas le loisir de m’éterniser plus que de raison.

- Puisque vous ne semblez pas apprécier le comte plus que moi, je vais vous laisser tranquille. Vous ne viendrez sûrement pas me gêner et je doute que vous sachiez où il se trouve actuellement puisque vous ne travaillez pas ici. Je vous laisse donc la possibilité de partir, je vous suggère de ne pas trainer. Oh et n’essayez pas de contacter qui que ce soit dans la maison pour me mettre des bâtons dans les roues. Si vous le faites, je saurai vous retrouver, les Ladrinis ont le bras long. Bon retour chez vous !

Sur ces mots, je me dirige vers la porte, surveillant le voleur du coin de l’œil, puis sors de la pièce et reprends mes recherches. Si ce type n’est pas stupide, il fuira et ne me gênera pas. Je n’ai pas pour habitude de laisser des témoins, mais là je n’ai pas beaucoup de temps et je n’ai aucun intérêt à le tuer au final.

J’inspecte donc toutes les pièces de l’étage, sans rien trouver, tombant sur quelques serviteurs endormis ou des salles sans intérêt pour moi. Il reste un étage et je me doute que le comte s’y trouve. L’heure tourne, mais je sens que j’approche du but. Ce sera le sixième…
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Lun 21 Jan - 14:32

Tout avait parfaitement fonctionné. Certes, il n’avait jamais douté de ses talents de négociateur ou de menteur, mais il devait avouer ne pas apprécier de se retrouver ainsi face à un imprévu. La créature qui lui avait fait face ne lui avait pas paru des plus amicales, et le jeune Lucius avait cherché autant que possible à se prémunir contre un éventuel excès de sa part. Il était évident qu’elle était ici pour des raisons bien plus personnelles que professionnelles, et tenter de la distraire n’aurait été qu’une perte de temps. Il avait donc fallu l’éloigner de lui, afin de regagner la place nécessaire pour pouvoir manœuvrer. Maintenant, il fallait étendre ses largesses au comte. Tout son travail d’infiltration et de vol d’informations serait réduit à néant s’il ne parvenait pas à sauvegarder la vie du brave homme. Il regarda les documents éparpillés sur le sol, se rappelant qu’il n’avait toujours pas réussi à mettre la main sur celui qui l’intéressait. Quoi qu’il arrive, il sortirait perdant de cette soirée. Il n’avait plus le temps de fouiller tranquillement l’étude de sa cible, et quelle que soit l’issue de cette soirée, il doutait fortement de pouvoir tranquillement revenir. Il chercha à voir ce que pouvait valoir pour lui la mort du personnage, pesant soigneusement le pour et le contre de son exécution. Il était certain de pouvoir s’il s’en occupait dès ce soir utiliser à ses propres fins l’appel d’air qu’aller créer sa tragique disparition, et même si cela ne lui serait certainement pas aussi bénéfique que le fait d’avoir un noble aussi influent dans sa poche, il pouvait tout de même envisager quelques situations dans lesquelles il ressortait gagnant.

Une seule question restait maintenant à élucider. Qui était cette Ladrini masquée ? Certainement pas un membre de sa propre organisation, ce qui enlevait au moins un cinquième des effectifs que comptait la caste. Il ne lui semblait pas qu’elle appartienne non plus à une des autres pègres, ce qui lui ne lui laissait au final qu’une seule option : une indépendante. Les gens de sa sorte étaient rarement appréciés dans le milieu, et bien souvent n’étaient en fait qu’à peine tolérés, lorsqu’ils l’étaient tout court. Personne ne voulait avoir à se soucier d’un voleur ou d’un assassin indépendant, et visiblement trop entreprenant. Lucius sentit un mal de tête puissant monter et se manifester à l’arrière de son crâne, alors qu’il considérait un nouveau problème qu’il allait avoir à régler. La jeune femme allait devoir apprendre que même si elle souhaitait rester indépendante, il existait des règles à ne pas enfreindre. La première d’entre elle était de comprendre que les ladrinis opéraient au mieux lorsqu’ils étaient clandestins, et que mentionner aussi légèrement le nom de la caste n’était pas la chose la plus intelligente du monde. Ce n’était cependant pas un travail qu’il accomplirait ce soir. Ce soir, il devait s’occuper de nettoyer après elle, de s’assurer que ses bêtises ne lui coutent pas trop cher.

Il se mit en route, son esprit enflammés par les visions de plans nouveaux, un sourire naissant malgré sur son visage transformé. Il n’y avait rien de plus plaisant au monde que de préparer une nouvelle machination, et il pouvait déjà voir comment les astres s’aligneraient dans cette petite région du monde après les évènement de cette soirée.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Mar 22 Jan - 17:15

Au final, trouver le duc ne fut pas difficile. Il n’y avait pour la majorité que des pièces sans occupants et je l’ai simplement trouvé dans une chambre spacieuse et richement décorée. Surpris il l’était, il a supplié, plusieurs fois tandis que je l’attachais avant de lui faire  boire une potion un peu spéciale, qui dilue le sang pour le rendre plus liquide. Puis je lui ai ouvert les veines au bras et aux jambes et l’ai regardé se vider de son sang. Et alors qu’il allait mourir, mon pouvoir a fait réintégrer le sang dans son corps puis il a de nouveau commencé à se vider. Lorsqu’il a compris ce que je faisais, il a hurlé, non pas de douleur, mais il a supplié de le tuer, d’abréger ses souffrances.

Alors, avec une lenteur délibérée, j’ai retiré mon masque, lui offrant mon visage comme dernière vision avant de lentement lui trancher la gorger, abattant ce chien qui m’avait lâchement assassiné. Et je suis là, contemplant cet homme couvert de son propre sang. Aucune satisfaction, rien qu’un amer décompte. Et de six. Je ne ressens rien, ni peine, ni joie, ni soulagement. C’est comme si je m’en fichais maintenant qu’il était mort. Les premiers meurtres avaient été satisfaisants. Le cinquième m’avait laissé épuisée donc je n’ai pas eu le temps de me poser la question. Mais celui-là… c’est comme si il n’importait même pas en vérité.

Je quitte donc la salle, laissant là le corps se vider complètement, retournant dans la rue par la même porte que celle que j’ai utilisée, libérant la servante toujours évanouie. Je n’ai pas recroisé l’autre homme, le faux majordome. J’imagine qu’il m’a écouté et qu’il a préféré ficher le camp avant d’avoir des problèmes. Tant mieux. Mission accomplie pour ce soir, je vais me trouver une planque pour la nuit, étant donné que je ne vais que rarement dans la chambre qui m’est dédié au Palais. La recherche n’est pas longue. Une bicoque dans les quartiers pauvres fait l’affaire. Je m’installe après avoir viré les deux poivrots qui semblaient crécher ici. Ils ont grommelé mais la vue de mes armes les a rendus suffisamment lucide pour ne pas faire de vague. Je m’installe donc contre le mur, laissant le sommeil venir.

Quelques jours plus tard

La nuit est tombée sur la capital d’Eridania depuis quelques heures. Je déambule dans les rues presque désertes, un mauvais pressentiment me parcourant par intermittence. Cela a commencé ce midi, j’avais la sensation que quelqu’un m’épiait. Mais pas moyen de mettre la main dessus. Alors je marche, l’air de rien, attendant qu’il se trahisse de lui-même, mais rien, je ne perçois rien et cela me laisse une impression étrange. Deviendrais-je folle ? Ou ai-je affaire à un professionnel de la discrétion ? Ce n’est pas la première fois que j’ai des assassins aux trousses, mais ils n’ont pas été aussi longs la dernière fois. Et ces assassins-là ont préféré que je les rejoigne. J’ai accepté pour avoir la paix, mais je ne travaille pas pour eux. S’il m’arrive d’accepter un contrat, c’est surtout pour acheter de quoi entretenir mes armes et mon équipement, rien de plus.

Lassée par cette impression, je décide d’en avoir le cœur net et retourne dans cette fameuse bicoque. Elle est vide, tant mieux. Je m’installe comme si de rien n’était et patiente, loin des fenêtres et portes. Puis l’attente commence. Une heure, puis deux. Puis enfin, des bruits de pas, plusieurs. La porte s’ouvre. Je vois cinq hommes masqués au moins, il y en a peut-être plus, tous habillés de long manteaux qui cache leurs armes dont le cliquetis métallique ne m’échappe pourtant pas. Je me redresse, arme en main, dagues enchantées actives à ma ceinture, ma magie prête. Si combat il y a, il sera difficile pour moi, et je vais plutôt tenter de fuir. Mais ils sont nombreux, cela ne va pas être une partie de plaisir.

- Je ne sais pas ce que vous me voulez, mais je vous suggère de me foutre la paix, qui que vous soyez.

A force de tuer des nobles, j’ai probablement dû attirer l’attention de certains. Faisant tournoyer ma faucille, mon masque sur le visage, je braque mon regard sur le petit groupe, prête à tout.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Mer 23 Jan - 20:49

Les pierres inégales de la capitale de ce beau pays qu’était Eridiana se succédaient avec une monotonie indifférente sous ses pieds, alors que Lucius suivait la femme. Il avait été rapide à rassembler les renseignements nécessaires, la tache ne lui posant qu’un défi très subalterne. Après tout, les jeunes filles ladrini assassinant sans se soucier du protocole normalement accepté ne couraient pas les rues, et cette dernière ne semblait pas réellement se soucier de masquer ses traces. Chaque nouvel indice révélé avait été pour le chef de pègre une nouvelle déconvenue. Non pas qu’il se soucie du sort de la jeune créature, non. Mais chaque ladrini avait envers le reste du groupe une responsabilité souveraine, celle d’être au moins un minimum propre, de ne pas laisser de traces capables de faire comprendre au reste du monde à quel point l’organisation cancéreuse qui grandissait dans l’ombre de leurs cités était loin d’être bénigne. Et Lucius tenait particulièrement à ce que le secret dans lequel agissait leur caste soit préservé, ses agissements risquant autrement de se voir fortement compromis. Si beaucoup de ses affidés lui avaient suggéré de faire de la créature un exemple, il préférait tant qu’à faire éviter d’avoir à étriper l’un des leurs et à envoyer les divers morceaux de son corps dans toutes les villes dans lesquels la caste agissait. Non pas encore une fois qu’il se trouvât trop délicat pour prendre une telle mesure. Il l’avait déjà fait par le passé, et le referait certainement. Non. Il trouvait simplement l’œuvre de la jeune femme… Intéressante, à défaut d’être belle. Peu d’assassins comme elle agissaient autrement que par appât du gain et pour satisfaire des pulsions aussi primaires que primitives, et il devait avouer qu’elle représentait un vent de fraicheur inespéré dans son petit univers parfois si monochrome.

Ce fut donc avec un amusement non dissimulé qu’il passa la plus grande partie du matin, puis de l’après-midi, à l’observer. C’était curieux, à vrai dire. Il détestait la plupart du temps, pour ne pas dire toujours, la compagnie de ses semblables. Il trouvait les gens bruyants, odoriférants et incroyablement vulgaires, et malgré cela, il pouvait parfois rester des jours durant à observer quelqu’un, à apprendre ses habitudes, à l’écouter parler, respirer, vivre, à comprendre le rythme qui agitait son existence. Et à le tuer, à la fin. Pas toujours. Mais souvent. C’était généralement la conclusion logique à son activité, la meilleure manière qui soit de se séparer d’un compagnon de route. Pourtant, même dans ses ébats les moins réfléchis, les moins contrôlés, il s’était toujours assuré de couvrir ses traces, de laisser le manteau noir de la nuit laver ses ébats pour que rien ne puisse jamais en ressortir. Outre le fait qu’il estimait devoir ce semblant d’intimité à ses victimes, pensant que seul le secret le plus complice pouvait réellement rendre justice à ses actions, il doutait franchement que le monde voit avec un œil aussi satisfait que le sien le résultat de ses escapades. Il ne demandait pas au reste des gens possédant des compulsions similaires aux siennes de faire montre d’autant de talent ou d’habileté, non. Il était attendu et à vrai dire même convenu que les criminels finissaient par se faire prendre. C’était dans l’ordre des choses depuis que le monde était monde, et Lucius ne pensait pas que ce fameux ordre était appelé à changer, tout du moins pas pour le moment. C’était cela qui séparait les ladrinis des autres malfrats. La discipline. L’ordre qui régnait, invisible, dans le chaos apparent de l’organisation criminelle. En le compromettant, c’était tous ses pairs qu’Ylivi mettait en danger. Plus grave encore, c’était Lucius qui en avait l’autre fois fait les frais.

Alors, il devait agir. Il fit un signe de la tête aux hommes qui l’accompagne, après avoir soigneusement observé la masure ou s’était terrée l’assassine. Elle savait, comme un petit animal traqué, que quelqu’un la poursuivait. Elle ne savait pas qui. Elle ne savait pas pourquoi. Elle ne savait même pas réellement comment. Mais elle savait qu’elle avait des problèmes. Il positionna le reste de ses équipes en groupe de trois, aux diverses sorties du bâtiment, et rentra tranquillement dans la petite bicoque, sans prendre la peine de frapper. Il doutait franchement que la jeune femme apprécie l’attention, aussi décida-t-il tout simplement de s’en dispenser. Il n’était de toute façon pas là pour une visite de courtoisie. Il pénétra dans la petite pièce sombre, et prit des mains d’un de ses hommes une torche, éclairant quelque peu l’endroit. Il ignora les aboiements de l’assassine, sachant pertinemment que ces derniers étaient ceux d’un animal pris au piège, et s’avança vers elle, son esprit s’ouvrant pour capter ses pensées. Il prit la parole, un large sourire éclairant son visage d’une lueur mauvaise, reflétant la lumière dansante de sa torche :

"Ylivi. Tu ne sais pas pourquoi nous sommes là ce soir, sinon ton ton serait plus… Conciliant. Mais ce n'est pas grave. Je suis patient, et je ne veux que ton bien. Je te propose même de jouer à un petit jeu, toi et moi."

Il se dirigea à pas lents vers une chaise, et la tira vers lui de sa main libre, avant de s’assoir dessus et de poursuivre, faisant mine d’observer ses ongles, soufflant un peu dessus :

"Tu vas devoir deviner pourquoi je suis là. Tu veux bien ? Attention au gage si tu n'y arrives pas !"

Il attendit, tranquillement, l’air impassible, que la jeune femme veuille bien lui répondre. A vrai dire, qu’elle souhaite ou non le faire avait peu d’importance. Lucius avait planté dans son esprit les crochets métaphoriques de sa magie, et il avait maintenant accès à ses pensées. Il lui suffisait de patienter, et les réponses à ses questions se révéleraient d’elles-mêmes, avec une clarté miraculeuse.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Ven 25 Jan - 0:53

Visiblement les types veulent prendre leur temps. Celui qui les précède, probablement leur chef, s’assoit sur une chaise et me propose un jeu. J’ai un rictus comique mais il ne peut pas le voir. Je le regarde sans bouger, ma faucille tournoyant toujours. Visiblement il a tout son temps et cela me laisse le temps d’imaginer toutes sortes de choses pour m’échapper. Ce ne serait guère difficile au final, ma magie les prendra au dépourvu et je filerai pus vite qu’eux. Mais ils resteront sur mes traces et ça dviendra gênant, je dois donc m’en occuper ce soir, d’une manière ou d’une autre.

Mais ce type me déconcertait. Qu’il connaisse mon prénom me dérangeait, qu’il me tutoie aussi et qu’il propose un jeu me laisse perplexe. Je le jauge un moment avant de baisser mon arme et de la ranger. Je sens certains hommes se détendre imperceptiblement. Visiblement ils savaient que si affrontement il y avait, celui-ci serait féroce et qu’ils risquaient d’y laisser plus qu’un peu de sang sur le sol. Soit, jouons le jeu, je n’ai pas grand-chose à perdre de tout façon. Je prends une chaise et m’assoit face à l’homme masqué. L’un des autres se décale sur la gauche et je tourne la tête vers lui.

- Bouge encore, et tu te prends une dague dans l’œil, c’est clair ?

Je croise les bras sur ma chaise, me balançant négligemment.

- Je vais procéder par éliminations si vous voulez bien. Vous n’êtes pas des assassins envoyés par un noble sinon discuter ne vous serait même pas venu à l’esprit. Vous n’êtes pas non plus des hommes du Roi, d’ordinaire ils sont plus courtois. Vous avez tous des vêtements similaires et vous m’avez suivi depuis ce matin avec une adresse et une dévotion presque inquiétante. Ladrinis ?

Un léger mouvement de tension dans les rangs derrière le type assit me fait sourire. Lui est resté impassible, pas ses hommes.

- J’ai visé juste on dirait. Je vais être clair. C’est vous qui avez voulu que je vous rejoigne, mais je n’ai jamais dit adhéré à vos conneries. J’ai mon objectif et c’est tout ce qui importe pour moi. Vous vouliez profiter de mes talents et bien j’ai fait quelques missions pour vous, je ne vois pas où est le problème. Alors soit vous me dites concrètement ce que vous me reprochez, parce que je suis sûre que c’est ça le problème, soit je me casse.

Je repose les pieds de la chaise au sol, prête à bondir et à lâcher ma magie pour fuir au moindre signe d’agression. Avoir les Ladrinis sur le dos m’a suffi une fois. Sauf que là, je ne sais pas ce qu’ils me veulent. Et vu leur nombre, ce n’est pas pour simplement pour me proposer un travail, loin de là.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Sam 26 Jan - 12:54

La réponse de la demoiselle n’avait pas en elle-même d’intérêt. Comme souvent dans les conversations, ce n’était pas tant ce qui était dit qui était réellement intéressant, mais la manière et la substance qui imprégnait son ton. Ici, il avait pu apprendre de première main que la jeune fille était impétueuse (ce n’était pas une grande surprise, au vu de ses agissements), et qu’elle ne comprenait visiblement pas tout le tragique de sa situation. Il n’avait sans doute pas affaire à la plus dégourdie des ladrinis, mais il était encore trop tôt pour poser un verdict aussi tranché. Il pouvait sentir dans son esprit qu’elle se posait des questions, et son agacement était visible dans l’entremêlement confus et colérique de ses pensées. À tout moment, elle risquait de s’énerver et de lui sauter dessus, le prenant comme cible prioritaire. Cela aurait été la chose logique à faire, mais il ne savait pas si la jeune femme était encore en état de réfléchir clairement. Il resta impassible tout au long du long monologue de sa réponse, étudiant soigneusement son visage, tentant de percer le voile noir qui recouvrait sa mâchoire. Il se demandait quelle frimousse délicate pouvait se cacher sous ce masque diaphane, quelle chair fertile n’attendait que la marque d’un esprit supérieur pour plier et hurler toute sa joie la plus coupable. Une lueur mauvaise passa brièvement dans le regard du chef de pègre, mais il n’en montra rien, et se contenta d’applaudir doucement une fois qu’Ylivi eut fini de parler, prenant la parole sur un ton jovial et paternaliste :

"Bravo, bravo. Je mets huit points pour l’effort. Nous sommes bien des ladrinis, et nous sommes, pour répondre à ta question, disons…. Gênés. Ennuyés. Outrés, même, pour certains. Tu as accepté de rejoindre notre organisation, et tu as donc aussi accepté de te plier à nos règles."

Il se leva, repoussa doucement la chaise, et exécuta une révérence impeccable, avant de poursuivre sur le même ton enjoué, comme si la scène qui se déroulait sous ses yeux n’avait aucune importance réelle :

"Vois-tu, tes actions ont été repérées. Ton travail, si l’on peut ainsi qualifier le chaos insensé que tu laisses derrière toi, a laissé des traces. Nous ne voulons pas de tout ça. C’est gênant. Ca fait désordre. Nous n’aimons pas ça, fit-il sur un ton soudainement beaucoup plus dur. Je n’aime pas ça."

Il espérait réellement ne pas avoir à supprimer la jeune femme ce soir. Outre le fait que ce soit une entreprise somme toute relativement risquée, et qu’il y ait de grandes chances pour qu’il y laisse un certain nombre d’hommes, il préférait ne pas avoir à diminuer les ressources de la caste, ces dernières étant presque aussi facilement accessible pour lui que celles de la Noble Maison. Mais s’il fallait en passer par cette regrettable opportunité, il était prêt à le faire. Il soupira longuement, et plongea son regard dans celui de la jeune femme, s’approchant doucement d’elle et s’arrêtant à un peu plus d’un mètre. Sa voix tomba, sèche comme la lame d’une guillotine, un sifflement ophidien froid et désincarné :

"Tu vas donc corriger dès ce soir ton attitude. J’aurai également une tache à te confier, afin de te donner l’occasion de prouver ta sincérité. Comprends bien ceci : c’est une chance que je t’offre, parce que je reconnais… Ton potentiel, futur sinon présent. Ne me déçois pas. Tu es sans doute très habile, mais les ressources des ladrinis sont sans fin. Avons-nous un accord ?"

Sur ces paroles, il enleva le gant qui recouvrait sa main droite, et la tendit, paume ouverte, attendant que l’assassine vienne la serrer. A vrai dire, il n’avait pas réellement été affecté par le remue-ménage qu’avait causé la jeune femme, et il avait même su tirer parti de la mort soudaine du brave comte. Simplement, il avait devant lui une opportunité. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait été frappé en lisant les rapports qu’il avait compilé sur les activités de la créature nocturne par son efficacité brutale, par la poésie mortifère qui imprégnait ses actions. Il ne suivait pas souvent ses instincts, mais il savait que ces derniers, lorsqu’il s’agissait de quelque chose en rapport avec la mort, étaient souvent justes et précis. Alors, il tentait ce soir de se lier à elle, de passer autour de son cou la première longueur d’un chaîne qui bientôt l’enserrerait totalement.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Dim 27 Jan - 16:49

Je ne peux empêcher un ricanement sarcastique de sortir de ma bouche devant les paroles de cet homme, si maniérée que cela en devenait ridicule. Mais ces paroles, elles, me gênaient. Comment ça je dérangeais ? Voilà autre chose ! Lorsque j’avais rejoint les Ladrinis, il n’avait jamais été mention d’aucune règle d’aucune sorte, simplement d’un marché. Je tuais des cibles pour eux, et ils me foutaient la paix, point. Jamais il n’avait été question de quelconques règles de, le comble, savoir-vivre pour assassin et voleur.

- Je pense qu’il y a méprise. Mais soit, dites-moi donc ce que vous attendez de moi. Après tout nous sommes des gens… civilisés.

J’avais dit ça en imitant le ton pompeux de mon interlocuteur, dans une volonté évidente de me moquer de ses manières plus que ridicule selon moi. C’était un assassin et un voleur, pourquoi parlait-il comme un vieux noble arrogant ? Lorsqu’il s’approcha, je le fixe ses yeux tandis qu’il approche, près, beaucoup trop près. Arrivé à un mètre de moi, il s’arrête heureusement et je me fige également, la main prête à saisir la dague qui pend à on côté s’il fait encore mine d’approcher. Mais, il me propose quelque chose. Monsieur le Ladrinis reconnait mon potentiel… comme ceux qui m’avaient démarchée la première fois et ça n’empêche pas ces types de se pointer aujourd’hui pour me tuer si je n’accepte pas leurs conditions. Mais après tout, je n’ai rien à perdre, et un contrat c’est vite réglé. Je serre donc la main de l’homme après m’être levée.

- Soit, je vais accepter votre marché. Sitôt cela fait, vous me ficherez la paix, j’ai mes objectifs et cela avait été convenu comme tel à la base. Vous me laissez tuer mes cibles, je tue les vôtres, fin du contrat. Quand à mes… méthodes, j’ai appris sur le tas et aucun de vos confrères n’a parlé de règles ou de je ne sais quoi, alors à moins que vous ne vouliez perdre votre temps à me les apprendre, je ne compte pas changer qui que ce soit.

Ouh il n’allait pas aimer ça, pas du tout. Mais je n’en ai rien à faire en vérité. Quelle importance pour moi ? Sitôt mes cibles toutes éliminées, ils n’entendraient plus parler de moi et leurs affaires tourneraient toujours sans moi. Je ne vois vraiment pas pourquoi un tel déploiement de force juste pour ma seule personne est nécessaire. J’observe un peu les hommes à la dérobée, mon regard passant de l’un à l’autre puis revenant vers celui que je suppose être leur chef.

- Bien, maintenant que tout est réglé, dites-moi ce que vous voulez que je fasse, quel délai, enfin les informations habituelles donc. Je vous contacterai pas les canaux habituels quand j’en aurai terminé. Et je serai discrète si c’est ce que vous souhaitez. Et je travaille seule généralement, mais si vous voulez vérifier ma bonne foi, libre à vous de venir.

J’attends donc en croisant les bras que l’homme et ces pitbulls foutent le camp pour pouvoir vaquer à mes occupations. Par Kron, que c’est pénible…
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Mer 30 Jan - 22:08

Il existait sans doute un monde parallèle dans lequel tout se passait toujours bien. Un monde dans lequel Lucius n’avait pas à tergiverser des heures durant avec des heures somme toute particulièrement méprisables, un monde dans lequel ses plans soigneusement orchestrés se déroulaient toujours sans accroc. C’était un monde enviable, un monde parfait dont la musique céleste parvenait à travers les dimensions jusqu’à ses nobles oreilles. Hélas, ce n’était pas son monde. A la place de gagner un temps précieux qu’il aurait pu consacrer à de noble entreprises et/ou à l’avancement de la connaissance humaine, il était obligé de se consacrer à l’éducation difficile d’enfant attardés. Comme des gamins incapables de se nourrir sans maculer leurs plastrons d’une bouillie baveuse, il convenait aux adultes, à lui en l’occurrence, puisque le destin l’avait visiblement chargé de cette mission, de nettoyer après eux et de leur expliquer patiemment les règles de bienséance. Il l’écouta donc déblatérer ses âneries, se demandant si quelqu’un avait un jour pris la peine de l’éduquait. Qu’elle puisse ainsi parler à quelqu’un qui était de manière tout à fait visible à la fois son supérieur hiérarchique et existentiel était tout à fait troublant. Lucius ne se dévoilait après tout rarement sous son vrai visage, et s’il avait pleinement conscience qu’Ylivi ne comprenait pas réellement le lourd privilège qui lui était offert, son esprit embourbé par une existence emplie de tueries indistinctes, il était néanmoins sûr qu’elle était encore assez éveillée pour comprendre que sa situation n’était pas des plus avantageuses. Il pencha la tête sur le côté, goutant tranquillement ses paroles. Elle se raccrochait à une illusion de choix, sans comprendre que Lucius avait planifié a suite de son existence avec le plus grand des soins, lui ôtant des épaules le lourd fardeau de l’autodétermination. Sa bonté n’avait aucune limite, y compris pour ceux qui manifestement ne la méritait que très peu.

Un léger sourire naquit sur son visage à l’issue de cette réflexion, perturbant le masque de pierre qui l’avait figé en une expression presque hargneuse, et il hocha de la tête en la direction de la jeune femme. Il n’était pas venu pour se disputer avec elle, et si elle souhaitait éructer pour se rassurer quant à leurs positions relatives, Lucius n’en avait à vrai dire cure. Il suffisait de faire preuve d’un tant soit peu d’intelligence pour comprendre que sa situation n’était pas des plus glorieuses, et si la jeune femme ne s’avérait à l’issue de leur entretien pas capable de procéder à cet humble exercice mental, ce ne serait qu’une déception très mineure pour le chef de pègre. Il regarda ses doigts, faisant mine de s’examiner les ongles, observant l’élégant contour manucuré de ses extrémités avant de poursuivre leur conversation, son ton redevenant badin :

"Allons allons, ne sois pas aussi irritée. Je reconnais que notre entrevue ne se déroule pas dans les circonstances les plus plaisantes, mais tente si tu le veux bien de comprendre ma situation. Je suis un chef de pègre Ladrini, et avec ce titre viennent certaines responsabilités. Encadrer les membres de la caste en fait partie, et je dois avouer ne pas apprécier plus que toi ce genre de chose. Ne me dis que tu pensais sincèrement que nous te laisserions ainsi batifoler sans te taper sur les doigts. Ce serait décevant. Il ne faut pas être décevante, hm ? Mais passons, fit-il en frappant dans ses mains, son sourire s’élargissant pour dévoiler deux rangées de dents à l’émail trop blanc pour que ce soit naturel."

Il lui fallait maintenant trouver une tâche à la hauteur de la faute commise. Il ne s’était pas astreint à le faire plus tôt, sachant que dans la liste interminables des affaires qui requéraient son attention, il trouverait facilement de quoi occuper les soirées visiblement bien trop oisive de l’assassine. Il joignit les mains, ses doigts effilés s’entremêlant comme autant de serpents venimeux, et il regarda la face de la créature qui se trouvait devant lui. Il doutait qu’un travail trop réfléchi convienne réellement à sa nature impulsive. Malgré ses qualités évidentes et son instinct indéniable, elle était foncièrement incapable de réfléchir et de prendre de bonnes décisions lorsque le problème devenait trop complexe. Il en voulait pour preuve évidente le fait qu’ils soient en train d’avoir cette conversation. Par curiosité, elle avait laissé un groupe inconnu l’acculer dans une résidence abandonnée et sordide. Si Lucius avait voulu la voir morte, son cadavre serait à l’heure qu’il est déjà en train d’être tranché en petits morceaux réguliers et inidentifiables pour pouvoir être éliminé. Non. Il lui fallait quelque chose de simple, le problème étant que la plupart des activités de la Noble Maison requéraient un doigté et une forme assurée de subtilité et de retenue. Ses yeux s’illuminèrent soudain, et il reprit la parole, convaincu d’avoir trouvé une mission à la fois suffisamment dure et pénible pour qu’elle retienne la leçon, et suffisamment dans ses cordes pour qu’elle n’échoue pas lamentablement, ce qui se serait avéré tout à fait contreproductif.

"Quelqu’un se trouve en prison. Quelqu’un que je veux libérer. Nous allons nous occuper de le faire sortir. Proprement, élégamment, sans laisser derrière nous une mer de cadavres et d’entrailles. Qui sait, peut-être même que tu apprendras une chose ou deux, hm ?"

Cette soirée avait visiblement pris un tournant des plus auspicieux. Lucius s'enfonça contre le dossier de sa chaise, la satisfaction du devoir accompli le prenant et l'emmitouflant amoureusement.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Sam 2 Fév - 14:15

Un sourire narquois qu’il ne peut pas voir se dessine sur mon visage à ses paroles. Un chef de pègre Ladrini carrément ? Et bien… j’en serai presque honorée si j’en avais quelque chose à faire des Ladrinis et de leurs petites compétitions intestines mesquines. Le ton paternaliste avec lequel il parle m’exaspère mais je laisse couler, libre à lui de penser ce qu’il veut, mais je vois clair dans son jeu. Ce type veut m’amadouer pour servir ses intérêts comme tous les autres. Moi qui pensais avoir été claire, visiblement j’ai surestimé les capacités de compréhension les plus basiques de cet hommes qui, visiblement, ne pense qu’à lui et à son confort. Oh je ne lui jette pas la pierre, moi-même je ne pense qu’à moi la majorité du temps, j’ai suffisamment pensé à autrui avant de mourir, maintenant, je pense d’abord à moi.

J’attendis donc patiemment qu’il se décide à me dire ce qu’il voulait, gardant un œil sur les autres.  Visiblement il avait du mal à trouver une mission à me confier et je le laissais chercher en jouant avec une dague pour faire rager ses acolytes, ce qui eu l’air de fonctionner. Oui c’est mesquin et stupide, mais je voulais être sous estimé. Je ne voulais pas qu’ils sachent que j’avais mis en place un plan pour m’échapper avant même qu’ils n’arrivent dans cette maison. Je voulais qu’ils pensent que j’étais bête et impulsive, comme ça ils penseraient  de moi que je n’étais pas si dangereuse et que je pouvais très bien leur servir. Comme ça, je pourrais également me servir d’eux. Utiliser le réseau d’informateurs Ladrinis pour obtenir les informations que je souhaite. J’y avais eu accès, mais il ne consistait qu’en une fraction de ce que la caste peut faire. Evidemment je n’étais pas certaine que c’étaient bien des Ladrinis qui étaient à mes trousses, mais l’occasion était trop belle.

Cachée sur un des toits alentour, une pierre couverte de mon sang attendait sagement. Une issue de secours imparable et nécessaire vu le rôle que j’avais décidé de jouer. Pas que ce soit très éloignée de la vérité, mais je n’étais pas si stupide au point de me laisser acculer de cette manière. Mais la curiosité est un vilain défaut qui ne m’a jamais quitté. Alors quand le chef Ladrini propose sa mission, je ne peux m’empêcher de l’être, évidemment. Libérer quelqu’un de prison hein ? Intéressant. Son ton légèrement narquois me fait tiquer mais je passe outre.

- Libérer quelqu’un de prison ? Ce n’est guère dans mes prérogatives, mais soit. Je pourrai effectivement apprendre certaines choses. Quant à la mer de cadavres, je ne me souviens pas avoir tué plus que nécessaire, je ne suis pas une folle furieuse avide de sang, n’allait pas me coller sur le dos des choses que je n’ai pas faites.

Je n’avais jamais montré une quelconque pitié lors de mes assassinats, mais jamais je n’avais massacré des tonnes de personnes. Il y avait la cible, évidemment, et éventuellement les protecteurs ou certaines personnes qui risquaient de me compromettre, rien de plus. Jamais plus de quatre en tout, loin du massacre dont il me prétend responsable. Et la plupart du temps il n’y avait qu’une victime, la cible.

- Vous dites « nous », donc j’imagine que vous participez également. Libérer quelqu’un de prison risque de prendre du temps, nécessiter des moyens financiers conséquents et je pense que nous ne serons pas que deux pour réussir cela.

Cette histoire avait piqué ma curiosité, je me devais de l’admettre. Je me gratte le cou, tic que j’ai lorsque je réfléchis. Il me faut plus d’informations, mais j’imagine qu’il me faudra patienter.

- Très bien, cela peut-être une expérience intéressante après tout. Qui est donc le chanceux qui a ainsi retenu l’attention d’un chef Ladrini ?
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Lucius Aelianus
MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Sam 2 Fév - 17:15

Le chef de pègre se demanda un court instant ce qu’il devait faire. Qu’était-il, dans cette situation si étrange et particulière, convenable de faire ? Devait-il patiemment expliquer à la jeune fille que ce qu’elle considérait comme un plan viable ne l’était pas puisqu’il pouvait lire dans son esprit ? Devait-il lui rappeler qu’aussi talentueuse soit-elle, ses chances de s’en sortir lorsqu’une vingtaine de tueurs froids et savamment préparés se trouvaient en face d’elle, dont la plupart possédaient des pouvoirs qu’elle ne connaissait pas, étaient proches du néant ? Il soupira intérieurement, en proie à un véritable dilemme moral. Se moquer d’elle et supprimer définitivement toute forme de pensée rebelle, ou la laisser caresser le vain espoir d’être sous-estimée. Comme si Lucius, dans tout son glorieux génie, allait commettre une erreur aussi banale, aussi grossière et digne du premier venu. Sa paranoïa naturelle le gardait à l’abri de ce genre de folie, et il savait que même les murs les plus anodins pouvaient, s’il leur en laissait l’occasion, murmurer à l’oreille des passants mal avisés toutes leurs folles conspirations. Non. Il n’était dupe. La jeune fille se révélait bien trop complexe à manier pour pouvoir être intégrée dans un dispositif quelconque. Lui expliquer patiemment toute la folie de son plan n’aurait rien provoqué de bon, sinon une sorte de défiance stupide. Certes, il aurait ensuite pu la maîtriser et s’occuper de son esprit pour en faire un être dévoué à sa cause, mais cela aurait pris trop de temps, et il n’avait aucune envie de se commettre pour un matériau aussi brut.

Il balaya de la main ses paroles, laissant ces bourdonnements de mouches retourner au néant, et lui répondit simplement, sa voix retrouvant le ton neutre qu’elle avait pris plus tôt, sortant de sa gorge en un filet désincarné et mécanique. Il était parfois dur d’affecter de posséder la même palette émotionnelle que ses pairs, mais il devait avouer faire illusion avec un talent sans commune mesure. Il se félicita une fois de plus, se rappelant de tout son talent.

"En ce qui concerner les cadavres, je ne souhaite en aucun t’accuser de ce que tu n’as pas fait. Nous avons été les témoins directs de tes méthodes, et ces dernières ont été jugées… Déficientes. Brouillonnes. Et définitivement trop sanglantes. En ce qui concerne l’organisation, ne t’en préoccupe pas. Ce n’est visiblement pas ton talent premier."

Il passa un doigt sur ses tempes, signalant d’un geste de la main à ses acolytes de se calmer. S’exciter parce que la créature s’amusait avec ses lames était inconvenant, et témoignait d’un mec de sang-froid intolérable. Il lui faudrait corriger cela à la première occasion, et ce avec la plus grande fermeté. Il se demanda ensuite si la jeune femme serait capable de se taire suffisamment longtemps pour conserver le secret de la cible de leur petite opération, et décida finalement que oui. Elle était liée aux ladrinis, pour le meilleur comme pour le pire. Elle ne les trahirait pas pour panser une blessure d’ego passagère.

"Enfin, en ce qui concerne l’heureux élu, c’est un dénommé Torenheim. Un homme charmant, aux manière impeccables, tu verras. Enfin. Je suis positivement transi d’avoir pu faire personnellement ta connaissance. Ce fut une expérience des plus intenses, et enrichissante par-dessus tout cela. Nous restons en contact. Sur ce, une excellente soirée à toi, très chère Ylivi !"

N’estimant pas réellement nécessaire d’attendre une réponse de la part de la femme, il se leva, et fit signe à ses hommes de le suivre. Il quitta la masure, s’engouffrant dans l’atmosphère froide et noire de la nuit, regardant autour de lui comme pour s’assurer d’avoir bien quitté la scène surréaliste de son entretien avec la mort-vivante. Il avait encore beaucoup à faire ce soir, et cet arrêt n’avait représenté pour lui qu’une étape. Il se mit en route vers sa prochaine destination, congédiant son escorte d’une parole sèche. Ces derniers s’étaient montrés efficaces, mais leur attitude avait laissé à désirer. Peu importait, au final, le message était passé, et il s’était plié aux règles de la confrérie des ladrinis. La suite dépendait entièrement d’Ylivi. Celle-ci se montrerait soit à la hauteur de ses attentes, ou bien serait remplacée. Dans tous les cas, son destin était entre ses mains.
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MessageSujet: Re: L'élucidation et le mystère [Ylivi/Lucius]   Mar 5 Fév - 14:09

Ce que raconte le chef Ladrini me fait lever les yeux ciel. Un assassinat c’est sanglant. J’ai l’impression qu’il n’a pas souvent l’occasion de tuer sinon il saurait très bien que rien ne se passe jamais comme prévu et que j’ai parfois dû improviser pour me sortir d’un imprévu. Ce n’est pas comme si je ne planifiais rien, mais il a raison sur ce point au moins, je suis plus dans l’action que la réflexion. Je peux me targuer de réagir rapidement à la situation et d’avoir toujours réussi à m’en sortir ainsi.

Je suis par ailleurs ravie de constater que mon petit jeu énerve les autres qui se calment d’un geste de leur chef qui se veut discret. Comme quoi ces types n’étaient pas tous aussi maniéré que leur chef et visiblement cela énerva quelque peu ce dernier. Je cesse donc mon petit manège avec un sourire satisfait. Ils étaient venus pour m’emmerder, je suis donc bien contente de les avoir énervé à mon tour, juste retour des choses.
Torenheim, ce nom m’est totalement inconnu. Le portrait qu’il en dresse me laisse sceptique mais je n’ajoute rien. Je n’apprends pas grand-chose de plus avant qu’il ne se lève et me dise adieu d’une manière fausse qui me fait soupirer. Ce type est exaspérant.

- Bonne soirée, et n’hésitez pas à revenir, je serai « ravie » de papoter entre collègues.

Le sarcasme est nettement perceptible et je vois deux ou trois Ladrinis se tendre mais leur chef se contente de sortir et ils lui emboitent tous le pas non sans avoir jeter des regards mauvais derrière eux, m’arrachant un léger sourire. Amateurs... J’attends quelques minutes qu’ils soient tous partis et sors à mon tour en m’étirant par habitude. Je grimpe sur un toit et examine la zone mais visiblement ils ont l’air d’avoir fichu le camp. Tout cela me laisse un goût amer, je n’aime pas vraiment les manières de ce type. Il serait intéressant de me débarrasser de lui avant qu’il ne me crée encore plus d’ennuis. Si j’avais su je l’aurai tué sans sommation lors de notre première rencontre. Tant pis, ce qui est fait est fait, je dois juste veiller à ne pas attirer trop l’attention. Plus facile à dire qu’à faire, mais je me débrouillerai, je l’ai toujours fait.

La nuit n’est pas finie et j’ai besoin d’un remontant après cette entrevue. Direction donc la taverne habituelle. L’alcool n’a guère d’effet sur moi mais l’hydromel qu’ils y servent satisfait mes papilles et avec un peu de chance je pourrais taper sur deux ou trois emmerdeurs histoire de calmer mes nerfs. La nuit peut encore se terminer d’une façon agréable au final.
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