Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]

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 Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]

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Lucius Aelianus
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MessageSujet: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Jeu 24 Jan - 17:24

La grande bibliothèque se révélait à lui, ses rayonnages chargés de vieux livres précieux et rares. Lucius n’était guère attaché à beaucoup de chose, considérant que ce genre d’émotion était normalement réservé à une partie de la population bien moins méritante que lui. Ses doigts effilés comme des poignards parcouraient les rayonnages, et si sa capuche camouflait son visage, recouvrant une face qu’il avait modifié grâce à ses pouvoirs. S’il doutait que cette précaution s’avère réellement utile, il avait depuis bien longtemps pris l’habitude de changer de face à chaque nouveau jour qui s’annonçait, sa paranoïa naturelle le poussant à voir partout autour de lui conspirations et ennemis. Il avait aujourd’hui adopté les traits sévères d’un vieil homme aux mains desséchées, et marchait le dos courbé, ses pas trainants et son maniérisme hésitant venant compléter l’illusion. Personne ne se serait douté que sous les traits austères de ce vieillard si chétif que l’on avait l’impression que le moindre coup de vent pouvait venir à le balayer se cachait le plus glorieux esprit criminel de sa génération. Il s’avança vers les sections qui traitaient d’archéologie et d’histoire, cherchant un livre bien particulier. Il avait enquêté pendant des mois à ce sujet, écumant les bibliothèques, détroussant de leurs précieux savoirs les informateurs, recoupant et rassemblant les informations. Enfin, il le savait, l’objectif de ses investigations était à portée de main. Enfin, le grimoire de Barthendalus se dévoilait à ses yeux voraces, et il pouvait presque déjà sentir tout le pouvoir qu’il allait lui offrir. C’était selon ses informations un tome ancien, créé par un puissant jeteur de sort, capable d’amplifier les pouvoirs de celui qui l’utilisait. Certes, l’amélioration de sa puissance magique dépendait grandement du nombre de meurtres qu’il commettait, mais Lucius devait bien s’avouer une chose : cela ne risquait pas réellement d’être un problème, bien au contraire. Il ne comptait plus les victimes de ses expériences, et même en mettant de côté les sacrifices qu’il commettait au nom de la science et de sa curiosité, sa profession elle-même lui demandait régulièrement de prendre certaines mesures aussi drastiques que définitives.

Il secoua la tête, chassant ces pensées parasites, et continua ses recherches. Il savait que c’était ici qu’il pourrait mettre la main sur l’ouvrage qui lui ouvrirait la voie vers le grimoire tant désiré. Il regarda les empilements titanesques des livres, et parcourut rapidement l’endroit, cherchant du regard celui qu’il cherchait : Des sentences des criminels les plus illustres de Phelgra, en apparence, un simple catalogue, une archive sans intérêt. Mais Lucius savait lire entre les lignes, et discerner dans les écritures cryptiques toute la substantifique vérité. Le fait qu’il ait laissé un bibliothécaire innocent d’un petit village anonyme avec la moitié de son esprit en moins dans son empressement de récupérer les précieuses informations jouait également. Il finit après une longue vingtaine de minutes par mettre la main sur ce qu’il cherchait, ses doigts décharnés se refermant fermement sur l’antique ouvrage. Il se dirigea vers une table, un sourire triomphant plaqué sur son visage, ses dents immaculés brillants comme autant de poignards dans la lumière tamisée de la bibliothèque. Il s’assit à une table isolée, et commença son étude, cherchant la page qui l’intéressait. Le livre avait en fait été rédigé par un ladrini des temps anciens, et indiquait l’endroit où l’on pouvait trouver l’artefact de pouvoir. Lucius sourit. Le cimetière des condamnés l’attendait, comme une amante impatiente et langoureuse, sa terre fertile exhalant jusqu’ici ses relents capiteux. Un seul problème subsistait : le livre parlait des dangers qui protégeait l’ancien artefact, et de la nécessité d’être un homme de lettre pour s’en prémunir. Lucius hésita, pensif, ne voyant pas comment un lettré pouvait réussir à désarmer des pièges, mais si l’artefact était resté caché pendant aussi longtemps, il doutait que l’avertissement soit à prendre à la légère.

Il se releva, et emporta le livre. Il lui fallait maintenant trouver quelqu’un d’assez cultivé pour remplir cette mission. Il aurait tout le temps une fois le grimoire en sa possession de se débarrasser de ce dernier, et ainsi baptiser par un meurtre sa nouvelle acquisition. Le chef de pègre se dirigea vers l’accueil de la bibliothèque, ses pas pressés s’enfilant les uns dans les autres sans que le moindre bruit n’en naisse, et il finit par arriver devant une jeune femme, une yorka matinée de chat aux yeux vairons. Un curieux mélange vérité, capable d’attirer son attention curieuse. Il se dirigea vers elle, et prit la parole, sa voix chevrotante de vieillard sortant de sa bouche avec la fluidité rocailleuse que seuls les plus âgés pouvaient posséder :

"Bonjour jeune fille, je souhaiterais emprunter ce livre, et j’aurais également une requête quelque peu inhabituelle, je le conçois bien."

Il fit mine d’hésiter un court moment, avant de continuer, sa main libre agitée d’un tremblement nerveux."

"Je représente un groupe dont le but est la sauvegarde de certains artefacts dangereux, et je pense avoir trouvé le chemin qui mène à l’un d’entre eux. J’ai hélas besoin de l’aide d’un érudit confirmé pour éliminer définitivement cette menace. Ne pourriez-vous pas me diriger vers quelqu’un de ce type ?"

Il attendit, espérant grandement que sa requête étrange ne déstabiliserait pas la jeune femme. Il doutait que cette dernière accepterait ainsi de l'aider, mais avec un peu de magie, même les esprits les plus récalcitrants pouvaient être convaincus de faire ce qui était attendu d'eux. Il attendit sa réponse, se préparant à influencer sa décision en cas de réticence malvenue.


Dernière édition par Lucius Aelianus le Lun 28 Jan - 13:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Ven 25 Jan - 12:36

    Soizic s’était installée à l’accueil depuis l’ouverture de la bibliothèque, avec le temps qu’il faisait, plusieurs membres du personnel était tombé malade et ils se retrouvaient en sous effectif, pour faire fonctionner correctement l’établissement, elle avait pris les devant en gérant les membres présent et leur fournissant une activité bien précise à chacun d’entre eux. Elle aiguilla plusieurs personnes qui ne voulaient pas se perdre dans ce dédale tout en commençant à créer le catalogue permettant aux autres de se retrouver dans la Bibliothèque. Elle aperçut plusieurs personnes passer près d’elle en allant directement vers les rayonnages dont un homme d’un certain âge encapuchonné. Quand il passa près d’elle, la Yorka sentit ses poils se hérisser et décida de le garder à l’œil.

    Le temps passa tandis qu’elle continuait à lier des feuilles de parchemins entre eux pour en créer un livre. Elle avait commencé à écrire le nom de plusieurs livres dont elle se souvenait du nom avant que l’on ne l’interpelle. Une fillette cherchait des livres qu’elle serait capable de lire. Soizic se mit à réfléchir et lâcha ce qu’elle était entrain de faire pour se consacrer à sa petite cliente. Elle lui proposa de la suivre dans les rayons, elle finit par tourner après plusieurs rangées pour arriver jusqu’à un mur couvert par des livres écrits pour les enfants. Soizic demanda plus d’information à la fillette sur son âge et sur ce qu’elle voulait lire mais comme la jeune fille n’avait pas de préférence, Soizic décida de lui descendre des étagères un petit livre de conte écrits par des Terrans sur des légendes de la ville. La Yorka lui expliqua le fonctionnement de la Bibliothèque, si elle désirait sortir de livre, il lui faudrait débourser une certaine somme pour l’année, elle lui remettrait alors un papier qui lui servirait de preuve pour les prochaines fois où elle voudrait emprunter un livre. La petite l’interrompit pour lui dire que ses parents n’avaient pas les moyens de débourser plus que ce qu’ils dépensaient déjà. Soizic lui proposa de lire à l’intérieur de la Bibliothèque son livre et si cela ne lui convenait pas, elles pouvaient toujours en discuter et trouver une solution. La fillette accepta de lire à l’intérieur et alla s’installer à une place libre. Soizic, elle, retourna au point d’accueil.

    Quelques temps plus tard, le vieil homme qui lui avait laissé une mauvaise impression s’approcha d’elle, lui demandant à emprunter le livre avant de lui faire une requête des plus étranges. La Yorka n’était pas certaine des intentions de ce vieil homme et pourtant, il ne semblait pas être autre chose qu’un vieil homme faisant partie d’une association afin de sécuriser les anciens artefacts mais elle n’en était pas certaine et de ce fait, elle voulait absolument le suivre. En plaquant un sourire sur ses lèvres, il lui répondit :


    - Bonjour monsieur, pour ce qui est d’emprunter un livre, avez-vous déjà régler la somme permettant de faire sortir les livres ? Si ce n’est pas le cas, j’aimerais savoir d’où vous venez afin de donner le montant exact vous permettant par la suite d’emprunter autant de livre que vous désirez sur un temps précis. Pour ce qui est de votre requête, je suis tout aussi érudite qu’un autre et si cela vous convient je me propose pour vous accompagner dans votre recherche. Bien évidemment, si je ne vous conviens pas, je peux toujours vous envoyer vers une de mes connaissances chez les Eclaris.

    Soizic n’ajouta rien de plus et continua de lui sourire tout en le regardant. Elle le sentait au fond d’elle, cet homme cachait quelque chose, quoi elle ne savait pas mais elle voulait le découvrir, encore une fois sa curiosité se faisait trop grande et la guidait dans ses choix. Si elle écoutait sa conscience, elle resterait bien sagement à Hespéria mais elle n’écoutait pas sa conscience et préférait suivre cette curiosité maladive et malsaine parfois.

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Lucius Aelianus
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Lucius Aelianus
MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Lun 28 Jan - 14:29

La chance souriait souvent aux audacieux. Et aux idiots. Lucius aimait à penser qu’il n’était ni l’un ni l’autre, mais devait avouer que cette rencontre risquait de grandement lui faciliter la vie. Il étudia plus avant sa nouvelle interlocutrice, se demandant si elle ferait l’affaire. Elle semblait jeune, très jeune, trop sans doute pour ce qu’il devait faire d’elle. Il avait besoin d’un érudit, d’un vieillard chenu dont les connaissances s’étaient accumulées avec le temps pour former un bagage lourd et consistant. Il avait besoin d’un professeur, d’un érudit, d’un mestre peut-être. Une jeune fille dont la première réaction était de dire qu’elle était savante que son prochain ne lui inspirait aucunement confiance au vu de l’importance de sa tâche. Pourtant, il pouvait voir à son air sérieux et à son appartenance manifeste aux éclaris qu’elle pouvait se révéler pleine de surprise. Il hésita en son for intérieur, se demandant s’il devait faire confiance au destin et choisir le premier choix qui se présentait à lui. Il pouvait après tout s’assurer de trouver très facilement un archiviste ou un bibliothécaire, ses contacts tenant plus de la toile d’araignée multi-dimensionnelle que du réseau simple normalement constitué par ses semblables. Un large sourire sépara en deux sa face parcheminée, dévoilant des dents au lustre grisâtre et fatiguée. Il reprit la parole, sa voix sortant de sa bouche en un râle enjoué mais visiblement affecté par des années à errer dans les recoins les plus poussiéreux des plus augustes bibliothèques :

"Mais bien entendu, jeune fille, pardonnez mon manque de manière. Je suis Auguste Vel, enchanté, vraiment ! En ce qui concerne le livre, je n’ai pas encore réglé la somme due. Je viens d’Hesperia, bien que je sois souvent amené à voyager, oui."

Il fit claquer ses lèvres desséchées les unes contre les autres, semblant hésiter à ce lancer dans une histoire longue et haletante à propos de sa vie, avant de se raviser, et continua, comme si cette pause dans son discours ne l’avait pas affecté :

"Et je suis certain que vous ferez parfaitement l’affaire ! Vous accompagneriez mon fils, un homme charmant, vraiment. J’ai peur que mes vieux os ne soient plus réellement capables de supporter les rigueurs de ce genre de voyage. Voyez-vous, vous vous dirigeriez vers le cimetière des condamnés à Phelgra, pour mettre la main sur un ouvrage aussi dangereux que précieux, et… Mais j’en ai déjà trop dit. C’est l’âge, sans doute, ahah !"

Il fallait l’appâter. La faire venir. Exciter sa curiosité. Il doutait qu’une petite bibliothécaire accepte facilement de quitter ses pénates pour s’embarquer ainsi dans une aventure avec quelqu’un dont elle ignorait tout. Pour obtenir sa coopération, Lucius avait teinté sa voix d’un charme magique subtil et indétectable, donnant à ses propos une force supérieure capable de convaincre même les plus réticents sans que ces derniers ne soupçonne quoi que ce soit. Il aurait aimé avoir le loisir de s’assurer pleinement de la soumission de la créature qui lui faisait face, mais préférait ne pas trop s’exposer dans ce lieu public, surtout quand sa cible était un membre aussi connu de cet endroit. Il continua cependant de déployer ses dons, ouvrant son esprit et faisant fonctionner ses pouvoirs télépathiques. Il saurait maintenant ce que pensait la jeune yorka, ses pensées s’étalant devant ses yeux avec la clarté du petit matin.

C’était toujours le moment qu’il préférait : la découverte d’un nouvel esprit. Pour d’autres, la conquête d’une femme ou d’un lieu sauvage remplissait cette fonction de découverte et de dépassement de soi. Mais Lucius, lui, savait que c’était tout proche de soir, dans la psyché des autres, que l’on trouvait les plus excitantes découvertes. Comme une terre encore vierge et lumineuse, il convenait de l’explorer, d’en dénicher les moindres recoins, de trouver ce qui était caché à l’intérieur, d’en extraire tout le suc, épais et rougeoyants, jusqu’à ce qu’il n’en reste rien qu’une coque vide et sèche, jusqu’à ce qu’elle lui soit entièrement asservie. Et il devait se l’avouer, c’était en ce moment plus pour cette raison que pour une autre qu’il avait choisi de porter son attention sur elle. Elle lui semblait… Délicieuse. Les esprits cultivés étaient toujours très actifs, et développaient sur le palais un gout des plus exquis. Il attendit sa réponse, ses yeux brillant d’une lueur paternelle et bienveillante.
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Soizic Eyesgold
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MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Mer 30 Jan - 20:44

    Soizic écouta avec attention le vieillard tout en notant son nom sur un morceau de papier qui lui servirait de carte de prêt. Quand il fit une pause, elle releva les yeux vers lui attendant la suite de ses paroles, il sembla se raviser et finit par lui dire qu’elle ferait l’affaire par rapport à sa recherche, il l’informa qu’elle accompagnerait son fils car il n’était plus en mesure de faire de si longs voyages, il commença à lui expliquer sa destination et ce qu’ils devraient trouver avant de s’arrêter. Un ouvrage à Phelgra ? Et plus précisément dans le Cimetière des condamnés ? Cela lui disait vaguement quelque chose, elle était certaine d’avoir lu quelque chose dans un livre de la Bibliothèque mais où ? Elle cherchait dans sa mémoire, tentant de mettre la main sur cette information jusqu’à ce que ses yeux se posent sur le livre que le vieil homme souhaitait emprunter. C’est là qu’elle se souvint du grimoire. Il ne pensait tout de même pas à ce qu’elle pensait, si ? Ce livre existait réellement ? Elle n’en était pas certaine mais il n’en fallait pas plus pour attiser sa curiosité maladive et la faire embarquer dans un voyage pour une recherche, elle espérait sincèrement que ce livre n’existait pas et qu’ils feraient ce voyage pour rien car si les légendes étaient fondées, ce livre était très dangereux, bien trop dangereux pour être entre les mains d’une personne. Quand il eut finit de parler, elle prit la parole :

    - Pour commencer, j’aimerais que vous vous acquittiez de la somme de vingt dias afin de vous fournir un document qui vous permettra sur simple présentation d’emprunter autant de livre que vous le désirez pour une période de deux mois. J’aimerais juste une petite précision sur votre ouvrage : seriez-vous en tain de parler du grimoire de Barthendalus ? Si tel est le cas êtes-vous certain que ce soit réellement un ouvrage maléfique ? Il existe de nombreuses rumeurs sur cet objet et si le livre était tout simplement un livre quelconque, je me sentirais mal pour vous.

    Oui, elle espérait sincèrement qu’il n’existait pas et que tout n’était que fiction. Au fond d’elle, la présence de ce livre l’inquiétait grandement et pourtant, en apparence, elle ne laissa rien paraître. Soizic regardait calmement l’homme qui se tenait devant elle, elle ne pensait pas vraiment à quelque chose en particuliers, bien qu’elle était inquiète, elle était surtout curieuse de savoir si les rumeurs étaient vraies. Elle laissa son esprit vagabonder sur les affaires qu’elle devraient emporter avec elle, il lui faudrait des affaires, de la nourriture, quelques livres aussi comme documentation.

    - A quelle heure part votre fils et d’où part-il ? Que je puisse savoir où le retrouver demain.

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Lucius Aelianus
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MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Jeu 31 Jan - 17:20

Il n’y avait rien de plus beau qu’un plan qui se déroulait sans le moindre accroc. Et ce plan si semblait pour le moment dévoiler toute sa glorieuse magnificence avec une insolente brillance. Il pouvait voir au fur et à mesure que ses mots insidieux se frayaient un chemin dans l’esprit de son vis-à-vis que cette dernière mordait à l’hameçon. Comme il s’en était douté, elle connaissait parfaitement le cimetière des condamnés et les légendes qui l’entouraient, notamment au sujet du livre de Barthensilas. Après tout, quelle plus belle aventure pour une bibliothécaire que de se lancer à la recherche d’un tome aussi précieux qu’ancien, au statut quasiment légendaire ? S’il ne s’était pas attendu à ce que ses motivations soient aussi altruistes, cela ne le dérangeait dans les faits aucunement, car il saurait en tirer parti. Les idéalistes étaient à la fois les personnes les plus éloignées de lui et celles qu’il aimait avoir à ses côtés, tant ils étaient simples à manipuler. Déjà, il pouvait sentir ses crocs se planter dans la chair tendre et juteuse de la jeune créature, arracher sa succulente viande et faire gicler son sang sur son visage, colorant la pâleur de sa peau d’un tapis écarlate. Il n’en laissa rien paraître, et écouta attentivement les paroles de la bibliothécaire, cherchant à étendre plus avant sur elle son emprise naissante. Il était certain que d’ici quelques jours, elle serait totalement sous son joug, une marionnette dansant au rythme qu’il lui imposerait. Après tout, le voyage était long de la capitale d’Eridiana jusqu’à Phelgra, et Lucius était certain que l’atmosphère solitaire de leur pérégrination lui fournirait les occasions nécessaires à l’exercice de ses dons arcanes.

Il plongea la main dans une des poches de son long manteau gris, et en tira une bourse, dont il défit le cordon qui la maintenait fermée. Ses doigts rachitiques attrapèrent une vingtaine de dias, fouillant un instant le contenu du petit sac de cuir, et il les tendit à la jeune femme, lui présentant un sourire bienveillant, avant de lui répondre :

"Et voici vingt dias ! Vous avez effectivement vu juste, jeune fille. Il s’agit du grimoire de Barthensilas, et je crains que le temps ne presse. Après tout, si j’ai pu retrouver sa piste, il est tout à fait possible que d’autres aient également rassemblés les indices nécessaires pour le localiser. Je crains que son pouvoir corrupteur, s’il était laissé entre de mauvaises mains, ne donne naissance à un nouveau tueur en série, sa magie renforcée par la sombre influence de cet objet."

Il sembla hésiter un court instant, gêné, avant de reprendre, son ton doux et paternel sortant de sa gorge rocailleuse en un rythme presque lancinant, presque une berceuse :

"Plus tôt nous partirons, mieux ce sera. Disons demain midi à la porte ouest de la capitale ? Si vous avez besoin de plus temps pour mettre en ordre vos affaires, je peux tout à fait le comprendre. C’est un long et périlleux voyage que nous allons entreprendre, après tout."

Il doutait sincèrement que la jeune créature ait besoin de plus de temps, mais il était toujours bon de rester dans le rôle de son personnage. Ses dons d’escroc ne jouaient après tout à leur plein potentiel que lorsqu’il les épaulait d’une trame soigneusement réfléchie. Alors, et alors seulement, personne ne pouvait envisager lui résister. Il attendit donc la réponse de son interlocutrice avec une forme d’impatience contenue, voulant déjà se mettre en route. Un artefact à la puissance à peine concevable l’attendait, et chaque instant passé loin de ce trésor était pour le chef de pègre une véritable torture, qu’il ne jugeait pas réellement bon de continuer à endurer plus que mesure.
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Soizic Eyesgold
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MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Lun 4 Fév - 10:51

    Soizic encaissa l’argent et grimaça en l’entendant confirmer ce qu’elle ne craignait. Alors ils avaient l’intention d’aller chercher ce livre… Elle devait absolument être de la partie. Quand elle l’entendit dire que d’autres pouvaient être sur la piste de ce livre, elle vit rouge. Il fallait partir le plus tôt possible, c’est pourquoi quand il le lui confirma de vive voix, elle acquiesça d’un signe de tête. Il lui proposait le lendemain midi à la porte Ouest. Il ne lui fallait pas longtemps pour y réfléchir et c’est pourquoi elle lui déclara à peine avait-il terminé sa phrase.

    - J’y serais. Nous partirons donc demain midi à la porte Ouest.

    Elle reposa les yeux sur le bureau et lui tendit un papier.

    - N’oubliez pas ce papier, il vous servira de preuve pour l’emprunt des livres.

    Soizic fut appelée par des collègues et du laisser l’homme, elle s’excusa auprès de lui et partit voir ce qui n’allait pas. Un livre disparu… Encore… Cela devenait fatiguant, il allait vraiment falloir qu’ils s’occupent de ranger la Bibliothèque de fond en comble, cela devenait urgent. Que feraient-ils quand ils ne trouveraient pas un livre pendant son absence ? Elle aurait du travail à son retour, cela était sur. Une rumeur circulait sur un livre en Cimmeria, elle ne pouvait pas y aller dans l’immédiat, l’endroit était lointain, si elle partait pour rien, elle n’avancerait pas. Elle prit des dispositions pour les prochaines semaines, faire trouver des témoignages allant dans ce sens, commencer à préparer les changements de place, faire la liste de tous les ouvrages présents et empruntés. Cela allait occuper ses collègues pendant un certain temps et cela leur faciliterait le travail une fois qu’elle serait rentrée.

    En fin de journée, elle fit une réunion avec tous les autres bibliothécaires pour leur demander leur aide pour son projet de rénovation. Beaucoup semblaient sceptiques mais au fur et à mesures de ses suppliques, elle finit par leur convaincre de leur prêter main forte et tout le monde semblait ravi du projet en sortant du lieu de culture. Soizic ferma les portes derrière elles et monta dans son bureau. Elle regarda un instant l’ancienne carte de la Bibliothèque avant d’aller prendre une couverture dans un meuble et de s’allonger sur son canapé.

    La nuit se passa avec un cauchemar, elle se voyait en danger mortel au Cimetière des Condamnés, c’est d’ailleurs ce qui la réveilla tôt le lendemain. Elle était prête à se mettre au travail après avoir avalé quelques tranches de pain. Elle prépara un sac avec de la nourriture, une autre tenue et quelques livres sur l’endroit qui pourraient lui être utiles, une fois sur place. Les portes de l’établissement ouvertes, elle accueillit les premiers visiteurs, plus tendue que jamais. Elle était pressée de prendre la route. Sur les coups de onze heures, après avoir passé le balai dans la Bibliothèque pour s’occuper, elle sortit de l’établissement et se dirigea vers l’écurie attenante. Elle sortit Jacine et la prépara en la scellant et en lui accrochant son sac d’affaires. Elle monta en selle et se dirigea vers la Porte Ouest.

    Arrivée sur place, elle leva la tête vers le Ciel, un temps clair pour une fois, aucun nuage noir à l’horizon, la journée s’annonçait bien. Enfin tant qu’elle était seule. Une fois avec l’homme qu’elle devait accompagnée, cela ne serait peut-être plus la même chose.

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MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Mar 5 Fév - 16:08

Il était rare pour Lucius de prendre sa véritable apparence. Il avait depuis qu’il avait commencé à développer ses pouvoirs (relativement jeune, il fallait bien l’avouer), mis toute son énergie à trouver des magies capables d’influencer les autres et de cacher ses desseins. La plupart des gens auraient commenté, en apprenant ce triste fait, que le jeune homme devait être doté d’un esprit particulièrement retors pour ainsi consacrer tous ses efforts à se soustraire au regard des autres. Ils étaient, comme souvent l’étaient les constatations populaires, totalement erronées. Lucius ne se considérait aucunement comme quelqu’un de pervers ou de sournois, bien au contraire. Il suffisait de regarder son œuvre avec l’esprit ouvert qui manquait si souvent à ses pairs pour comprendre que l’on était loin d’avoir affaire à un quelconque psychopathe ou à un brigand banal, mais bien à un artiste mêlant génie scientifique et regard visionnaire. Hélas, ses pairs ne partageaient pas son avis, et il devait, autant pour pouvoir poursuivre ses entreprises que pour assurer sa propre survie, rester caché. Il rêvait souvent, le soir, au creux de ses draps froids, d’un monde dans lequel il n’aurait pas besoin de se cacher, d’un monde élégant et noble qui verrait et applaudirait toute la beauté de son grand œuvre. Mais ces rêves devaient, il ne le savait que trop bien, rester lettre morte. Il plongea une dernière fois son regard inquisiteur au plus profond de l’esprit de la jeune femme, et vit qu’il avait réussit à la harponner. Elle était à lui. Il la salua d’un hochement de tête, lâchant une dernière parole de circonstance, avant de partir. Il avait fort à faire pour préparer leur voyage, plus encore lorsqu’il considérait qu’il ne comptait pas changer pour ce dernier son apparence. Il ne maîtrisait pas encore assez ses pouvoirs pour entretenir sa transformation et s’assurer que cette dernière ne soit pas découverte, en tout cas pas sur une période aussi longue, pas quand l’on considérait tous les risques qu’il s’apprêtait à prendre.

Le lendemain, il se leva tôt, comme à son habitude. Les premiers rayons du soleil n’étaient pas encore venus troubler la quiétude noire et glaciale de la nuit, et il ouvrit ses volets, inspirant une grande goulée de ténèbres, sachant qu’aujourd’hui marquait le premier jour d’un long périple. Malgré l’aisance qu’il avait à naviguer les milieux sociaux les plus divers, Lucius n’appréciait que très peu la compagnie de ses congénères, et préférait quand il avait le choix se draper dans un manteau de solitude, le rythme magnétique de ses propres pensées l’accompagnant bien plus avantageusement que le babil écroué de ses semblables. Il se lava rapidement, l’eau glacial du boc faisant frémir sa peau, et frotta cette dernière jusqu’à ce qu’elle rougisse, manquant de peu de le faire saigner. La douleur le tira définitivement des bras de la nuit, et ce fut avec un esprit calme et clair qu’il se prépara à aborder la journée. Il lut rapidement la liste des renseignements que ses agents avaient compilé à propos de Soizic, en apprenant plus sur le passé et les aspirations de la créature. S’il voulait être certain de maîtriser la situation, il ne pouvait rien laisser au hasard. La jeune femme lui semblait d’une naïveté sans doute très touchante, et tout à fait sincère dans ses aspirations. Il pouvait lui faire confiance, au moins tant qu’il ne lui révélait pas ses véritables intentions. Il préférait ne pas avoir à envisager ce cas de figure et la mise à mort de la bibliothécaire, ce qui aurait été terriblement brouillon de sa part.

A midi, il enfourcha sa monture, Lio, et regarda autour de lui, cherchant du regard la jeune femme qui devait l’accompagner. La foule bigarrée qui se pressait par la porte ouest de la ville enflait comme une marée vivante et odoriférante, et le chef de pègre pria intérieurement pour ne pas avoir à supporter ce bruyant remue-ménage plus longtemps que nécessaire. Il finit enfin par apercevoir la jeune femme, et dirigea son cheval noir vers elle, la foule s’écartant sur son passage. Il avait ôté le masque qui camouflait d’ordinaire son visage, révélant les traits durs de son visages et les légères cicatrices que le temps n’avait pas encore estompé. Il lui fit signe de la main, avant de la héler et de se rapprocher d’elle :

"Vous devez être Soizic Eyesgold ! Esper Vel, enchanté ! Je serai votre compagnon de voyage."

Il tendit une main dans sa direction, enlevant le gant de cuir qui la recouvrait, et attendit que Soizic s’en saisisse. Il savait que pour ce genre de personne, les premières impressions étaient souvent cruciales, aussi souhaitait-il en faire une bonne.

"Êtes-vous prête à vous mettre en route, madame ?"

Il lui offrit un sourire amical, et attendit sa réponse, tentant d’ignorer le joyeux vacarme qui les entourait.
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MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Mar 5 Fév - 16:55

    Soizic attendait patiemment sur son cheval que le fils de l’homme qu’elle avait rencontré la veille n’arrive. Elle se demandait à quoi il ressemblait et quel était son caractère. Elle espérait pouvoir s’entendre avec lui. Deux semaines allaient s’écouler environ et à bien y réfléchir, plus vite la mission serait finie, plus vite, elle pourrait revenir dans sa chère Bibliothèque. Et cet homme qui n’était pas là. Ils avaient midi à la porte, cela signifiait qu’ils devaient partir à midi et donc qu’ils devaient arriver avant et pourtant il était midi tapante à l’horloge près d’elle mais personne en vu.

    Peu après, elle entendit les sabots d’un cheval venir en sa direction, elle se retourna pour voir un homme sur un beau cheval noir. Elle retira ses propres gants et lui tendit la main, serrant la sienne avant de remettre son gant et de se repositionner correctement sur sa jument.


    - Allons-y. Nous devrions déjà être partis.

    Soizic tira sur les rennes de Jacine et poussant un peu les personnes à pied, elle sortit de la ville, poussant ensuite sa monture au petit trop. Elle ne voulait pas traîner, plus vite ils feraient le chemin et mieux cela serait. Elle pouvait passer pour une altruiste aux yeux des autres, au fond, ce livre, elle voulait le voir de ses propres yeux pour savoir de quoi il retournait et si il possédait des pouvoirs, elle se chargerait elle-même de l’amener en lieu sûr. Elle était loin d’être aussi naïve qu’on pouvait le croire, elle avait bon fond et elle désirait aider les autres autant que possible mais elle avait horreur qu’on la prenne pour une idiote. Elle était une intellectuelle et non une combattante émérite mais si elle devait combattre, elle le ferait sans hésiter.

    Sur la route, elle fit passer sa jument au galop, grapiller du temps, c’était tout ce à quoi elle pensait, elle n’avait pas envie de parler, ses pensées l’occupaient pleinement, elle imaginait le nouvel état de la Bibliothèque, elle repassait dans sa tête tout ce qui lui restait à faire, tout ce qu’elle avait prévu, les postes de chacun. Il lui fallait aller au château demander l’aide promise afin de travailler plus vite. Avec plus de bras, elle pourrait laisser ses instructions et s’occuper de la conception des objets et des plans. Elle voyait déjà le travail final et cela lui donnait envie de s’y mettre tout de suite. Si elle n’avait pas donné sa parole de les aider, elle aurait fermé la Bibliothèque et aurait entamé les travaux de restructuration.

    Son esprit dévia sur le sujet présent : Phelgra. Elle tenta de réviser ce qu’elle savait et tout ce dont elle se souvenait était le fait que ce continent était très sombre. Il contenait selon elle, un certains nombreux d’endroits dangereux ou malsain et il valait mieux ne pas y mettre les pieds. Pas de bol, c’était sa destination, un sourire sarcastique se dessina sur son visage tandis que sa jument était toujours au galop.
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MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Sam 9 Fév - 13:05

La jeune fille se révéla impatiente de partir, ce qui ne dérangea pas outre mesure le ladrini malgré son ton pour le moins peu sympathique. Il n’était pas là pour échanger des badineries, et s’il souhaitait grandement échanger avec elle maintenant qu’il savait qu’elle était la chef de la grande bibliothèque (lire les pensées était toujours des plus utiles), il avait tout son temps pour s’occuper de son cas. Après tout, il y avait là une opportunité magnifique d’avoir ses entrées privilégiées dans le plus exclusif des cercles des initiés. La simple pensée de tout ce savoir, de tous ces secrets juteux et délicieux qui se tenaient là, à portée de main, suffisait à faire saliver Lucius et à exciter ses appétits les plus malsains. Il réussit à ne rien en montrer, et lança sa monture à la suite de la jeune femme. Ils passèrent rapidement la porte de la ville, le bruit ambiant ne devenant rapidement plus qu’un echo lointain, alors que devant eux s’ouvrait comme une promesse la route pavée qui devait les mener jusqu’à Phelgra. Il ne savait pas si la jeune était prête à affronter le continent noire et sa culture pour le moins martiale, mais il n’avait pas le temps de se préoccuper de cela. Il chevaucha jusqu’à elle, et pénétra son esprit, commençant à travailler sur ce dernier, modifiant lentement l’opinion qu’elle avait de lui. A la place d’un inconnu étrange dont elle se méfiait instinctivement, il implanterait l’image d’un compagnon de voyage auquel on pouvait faire confiance, quelqu’un de charmant et d’amical. Son travail s’effectua lentement, afin de ne pas éveiller les soupçons de la jeune yorka.

Leur voyage s’écoula ainsi paisiblement, Lucius occupant ses journées à modifier l’esprit de la créature et à réfléchir à ce que pouvait au fond bien signifier le besoin d’emporter un érudit avec lui pendant son voyage. Il craignait qu’au vu de l’esprit retors de son ancien propriétaire, le grimoire n’exige une forme de sacrifice, auquel cas la jeune femme se révélerait d’une incomparable utilité. Car si emporter avec lui quelqu’un qui risquait au vu de ses pensées à tout moment de se retourner contre lui une fois le livre récupéré ne semblait pas le prévoyant des coups, Lucius était convaincu de pouvoir rebondir avec sa grâce et son élégance coutumière, apprivoisant à son rythme sa compagnonne improvisée. Ils finirent par arriver jusqu’aux portes de Themisto, la cité noire se dressant devant eux, le ciel perpétuellement nuageux de cette fin d’après-midi qui la couvrait jetant sur les façades d’obsidiennes des murs de la cité une lumière métallique et tranchante. Il n’était venu que quelques fois ici, préférant quand il le pouvait y envoyer ses ordres, jugeant les cavaliers de Sharna comme beaucoup trop belliqueux et primitifs pour être décemment fréquentables. Il présenta son laissez-passer au garde, et prit la parole, appuyant ses propos d’une épaisse dose de magie pour les rendre plus convaincants :

"Nous sommes deux érudits qui avons affaire dans votre cité. Nous ne représentons en rien un danger pour l’ordre établi. Vous pouvez nous laisser passer sans aucune crainte."

L’esprit du garde, déjà fatigué par une journée passée à trier des papiers et originellement peu préparé à ce genre d’assaut expert, ne lui fournit qu’une résistance sommaire avant de s’écrouler. Il hocha de la tête, et les laissa pénétrer dans l’endroit, les rues tentaculaires de la capitale maudite s’offrant à eux en un spectacle indicible de misère humaine et d’insécurité. Les mendiants y côtoyaient pêle-mêle les pires criminels, leurs faces refermées ne s’éclairant qu’à la vue des habits des étrangers, pensant y trouver des proies faciles. Lucius fit se rapprocher sa monture de la bibliothécaire, ne sachant pas encore si cette dernière pouvait réellement se défendre, et il les guida jusqu’à un quartier relativement (relativement étant ici un mot clé de la phrase) mieux fréquenté, avant que la situation ne dégénère. Il trouva rapidement une auberge dotée d’une étable pour leurs montures, et il confia la sienne au garde de l’endroit, avant de pousser la porte de l’établissement. Aussitôt, une odeur lourde de viande et d’alcool frelaté agressa ses narines, mais il n’en montre rien, sinon une pause d’une fraction de seconde. Il continua vers le comptoir métallique, notant le choix étrange de la matière, et s’enquit du prix de deux chambres, plus du surplus nécessaire pour que leurs deux montures soient protégées pendant la nuit. Le total était exorbitant, mais il paya sans rechigner. Lucius n’avait depuis longtemps plus de problème avec l’argent, considérant que ce dernier n’était qu’un outil de plus pour atteindre ses nombreux objectifs. S’il n’était pas un panier percé, il n’avait aucun problème à débourser des sommes importantes lorsque la situation l’exigeait. Il se retourna vers sa compagnonne de voyage, et lui adressa la parole :

"Il se fait tard, et la voyage m’a laissé fourbu. Je vous propose de démarrer nos recherches demain matin."
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MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Lun 11 Fév - 9:48

    Les journées passèrent sur le même rythme, le plus de temps possible à passer sur le cheval et quand la nuit tombait, on s’arrêtait et on se reposait pour repartir à l’aube le lendemain et faire le plus de chemin possible. De même, les journées passèrent sans qu’aucun des deux collègues provisoire ne s’adresse réellement la parole. Quand ils furent dans les environs de Thémisto, Soizic attrapa une cape à capuche et l’enfila. Devant les portes, elle laissa l’homme parler et l’écouta attentivement, ces derniers jours elle avait fini par se dire qu’il était quelqu’un sur qui on pouvait compter dans les situations difficiles et elle en avait la preuve : les gardes les laissèrent passer sans trop poser de question. Pourtant, elle n’était pas sûre que dire qu’ils ne représentaient aucun danger était une bonne chose pour eux mais apparemment cela avait fonctionné alors elle laissa tomber l’affaire.

    La demoiselle suivit l’homme dans les recoins de la cité où les crapules s’accumulaient encore et encore et ce même dans les petites ruelles. Elle n’était pas à l’aise dans cette cité mais elle avait accepté d’y aller ce n’était pas pour faire demi-tour maintenant. Elle remerciait intérieurement son compagnon de voyage de rester près d’elle en cas d’attaque, après un moment ils finirent par arriver à une auberge devant laquelle ils descendirent de cheval. Elle était assez contente d’être arrivée, elle allait pouvoir se reposer un peu. Quand elle pénétra dans le lieu, l’odeur l’agressa, comme pour le sel dans la Bibliothèque, l’odeur était trop forte, elle tenta de faire comme si de rien n’était et elle avança vers le comptoir de l’aubergiste. Les oreilles abaissées sous sa capuche était le seul indice indiquant le malaise qui l’habitait. Lorsque l’homme indiqua le prix des chambres, elle crut défaillir. Était-ce possible de faire un tel prix ? C’était du vol et c’est la gueulante qu’elle aurait poussée si elle était en forme et si celui qu’elle accompagnait n’avait pas déjà payé comme si tout était normal. Elle le regardait, n’en croyant pas ses yeux quand il lui déclara qu’il était fatigué et qu’il souhaitait aller dormir, repoussant les recherches au lendemain. Soizic accepta sa décision sans rien n’ajouter et pourtant l’envie ne lui manquait pas, elle ne savait pas elle-même pourquoi elle agissait ainsi. Elle récupéra la clé de sa chambre et s’y enferma.

    Elle ouvrit un livre et l’étudia avant de se faire attraper par le sommeil. Le lendemain au réveil, elle prit cinq minutes pour faire une toilette rapide, se coiffer et s’habiller de manière plus sombre, gardant sa cape sur elle pour se protéger de la fraîcheur du matin mais aussi car sa cape possédait des poches intérieures qui lui permettaient d’y mettre quelques livres. Après avoir rassemblé ses affaires et avoir avalé un morceau de pain provenant de ses propres provision, elle descendit et rendit sa clé à l’aubergiste. Elle sortit de l’endroit et se rendit dans l’étable pour y retrouver sa jument qu’elle pansa à fond avant de la sceller. Elle la nourrit de quelques carottes avant de lui mettre son harnais au moment où son compagnon arrivait.


    - Nous dirigeons-nous directement vers le Cimetière où faut-il aller autre part d’abord ?

    Elle attendit sa réponse tout en montant en selle, vérifiant que sa cape reposait sur la croupe de Jacine et n’était pas coincée sous elle, sa capuche non mise se trouvant sous ses cheveux.
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MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Mar 12 Fév - 16:21

La nuit fur courte pour Lucius. Il ne dormit pas longtemps, et choisit à la place de contacter son réseau local, s’informant des toutes dernières nouvelles de la cité souterraine. Cette dernière semblait paisible, et rien ne devrait troubler leur aventure. Cela était bien. Il haïssait par-dessus tout les imprévus sur lesquels il n’avait aucun contrôle, ces derniers le forçant à changer son comportement et ses plans sans qu’il ne puisse rien y faire. Il finit par retourner dans sa chambre, retrouver le confort familier de draps froids et étrangers, fermant ses yeux et s’absorbant dans de sombres méditations. Le lendemain, il se réveilla frais et disponible, prêt à affronter une nouvelle journée. Son esprit bouillonnait au vu des possibilités qui s’offraient à lui, et il avait hâte d’arpenter les artères inconnues du cimetière des condamnés. Il n’avait jamais posé les pieds de ce lieu reclus, n’en voyant pas jusqu’à présent la nécessité, mais il pouvait maintenant comprendre pourquoi il était si célèbre. Si un grimoire aussi puissant y avait été caché, il frissonnait à l’idée de ce qui lui restait à découvrir dans ce saint lieu. Il se promit d’enquêter et de consacrer certaines de ses ressources à cette entreprise promettant de se révéler bénéfique, et se lava sommairement, l’eau froide du bassin mis à sa disposition glissa sur les muscles noueux de son corps, illustrant en les faisant briller d’une lumière crue les nombreuses cicatrices qui parsemaient son tronc. Il se sécha et s’habilla, avant de retrouver sa compagnonne de voyage. Il hocha de la tête quand elle s’enquit de leur prochaine destination, et répondit sur un ton affable :

"Bien entendu. Si explorer le cimetière de nuit me semblait une entreprise peu avisée, nous n’avons maintenant plus de temps à perdre. Plus vite nous sécuriserons le livre, plus vite nous pourrons partir d’ici."

Il enfourcha à son tour son destrier, et se dirigea vers le cimetière. Leur voyage dans les rues de la ville souterrain fut calme, les quelques personnes manifestant des désirs trop entreprenants se trouvant rapidement dissuadés via une application libérale de la magie mentale du ladrini. Il n’avait pas de temps à perdre avec l’ivraie de la société, pas maintenant que son destin l’appelait. Il se retrouvèrent rapidement devant les portes du cimetière, ce dernier se révélant étonnamment large pour un simple lieu d’inhumation, témoignant de l’usage généreux que faisaient les autorités de Phelgra de la peine capitale et de leur système pénitentiaire très développé. Malgré le fait que ce dernier ne soit plus exclusivement réservé à la lie de la société, il pouvait déjà voir des traces d’usure sur les barres de fer noir qui en délimitaient le périmètre. Il était à l’image du reste de la ville, mal entretenu, sale, en attente d’une main ferme capable de le guider. Lucius poussa les portes à double battant, grinçant légèrement des dents quand ces dernières crissèrent péniblement. Il fit signe à Soizic de le suivre, et pénétra dans les allées obscures, regardant les statues austères qui les dévisageaient depuis leurs piédestaux de pierre. Il n’avait qu’une idée vague de l’endroit où le caveau qu’ils recherchaient se trouvait, aussi se prépara-t-il pour une longue recherche. Il passa ainsi une heure à le rechercher, jusqu’à ce qu’enfin le caveau se découvre à eux. Il se retourna vers la jeune femme, et prit la parole, un sourire qui se voulait rassurant aux lèvres :

"A partir d’ici, je ne sais pas à quoi m’attendre. Prête à affronter l’inconnu ? Je dois avouer que peu importe le nombre de fois que je vis ce moment, je suis toujours aussi excité."

Il attendit une réponse de la jeune femme, et se prépara mentalement à l’épreuve qu’il allait vivre. Nul doute que cette dernière se révélerait des plus dangereuses : il doutait qu’un esprit aussi retors que l’ancien propriétaire du grimoire de Barthendalus n’ait pas sécurisé sa tombe à l’aide de nombreux pièges tous plus retors les uns que les autres. Peut importait, au final. Son succès était assuré.
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MessageSujet: Re: Là où les morts lisent [Soizic/Lucius]   Mer 20 Fév - 18:05

    Soizic attendit la réponse de son compagnon de voyage avant de se mettre en route. Quelque part il avait entièrement raison mais d’un autre côté, elle pensait qu’il aurait put lui dire les choses d’une autre manière. Elle l’avait trouvé un peu rude avec ses propos mais elle ne pouvait pas lui en tenir rigueur, ce lieu ne lui disait rien qui vaille et elle aurait put s’énerver très rapidement également. Passant outre ce léger malaise qu’elle ressentit, elle lui emboîta le pas en vu de leur destination.

    Après avoir circulé dans plusieurs rues inhospitalières bien que personne ne se soit réellement approché d’eux, ils arrivèrent enfin devant le portail délabré du Cimetière. Pour Soizic, cet endroit était identique au restant de la cité : glauque, sinistre, avec une aura machiavélique. Un frisson lui parcourut l’échine quand elle descendit de sa jument dont elle attacha la bride à un poteau avant d’avancer en suivant son comparse d’aventure. Elle n’était pas rassurée et encore moins lorsque les portes émirent ce bruit désagréable que tout élément en fer produit lorsqu’il n’est pas entretenu.

    Elle regarda autour d’elle : des tombes et des caveaux familiaux : il y en avait des tas, cela allait être long pour trouver l’endroit exact où reposait le fou furieux. Ils se séparèrent de quelques mètres pour couvrir plus de terrain et sincèrement, cela déplaisait à la Yorka, elle n’avait pas confiance t la peur lui nouait l’estomac, sa queue battant rapidement sur ses jambes. Après un certain laps de temps, elle n’avait pas fait attention à l’heure, la demoiselle vit son compagnon se tourner vers elle en lui souriant. Il avait trouvé ce qu’ils cherchaient : merveilleux, fascinant, un désastre à l’approche, de nombreuses catastrophes en vues.

    Rapidement, elle le rejoignit devant un grand caveau ; cet homme n’avait pas eu peur de la démesure. Elle ne pouvait même pas imaginer la distance qu’il faisait et vu la hauteur du bâtiment, ce n’était pas gagné. Elle acquiesça sans rien dire aux paroles de l’homme qui se tenait à ses côtés, sa bouche était pâteuse, elle était incapable de parler, alors après avoir pris une grande inspiration, Soizic poussa lentement la porte, s’attendant à ce que quelque chose ne leur tombe dessus. Mais rien ne se produisit. Elle pénétra lentement dans le caveau, cherchant des pièges cachés mais encore une fois, il n’y avait rien. La pièce dans laquelle ils étaient était carrée et donnait accès sur quatre couloirs, tous alignés les uns à côté des autres. Au-dessus de chacun d’eux étaient visibles des symboles : le huit de l’infini sur l’une, un œil dans un triangle sur une autre, une faux au-dessus de la troisième et ce qui pouvait ressembler à un sourire pour la dernière.

    Tous sauf le dernier pouvait faire penser aux actes et à la volonté de tuer de cet homme : l’infini pour le fait d’être connu même après sa mort pendant des siècles et des siècles : la faux étant le symbole de la mort, l’œil pouvant signifier que même mort, il pouvait surveiller les gens et rappelant de ce fait que ce ne serait pas n’importe qui qui pourrait obtenir son grimoire. Pourtant, après avoir regardé rapidement ces symboles, Soizic se dirigea vers le dernier couloir : celui sous le sourire. Elle pouvait paraître folle mais elle était certaine que c’était ce chemin, elle avait lu dans plusieurs livres à quel point Barthendalus aimait tuer les gens, il en était toujours heureux et il était décrit comme un homme souriant lors de ces actes sanguinolant.

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