Le coeur a ses raisons que la Raison ignore

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  Le coeur a ses raisons que la Raison ignore

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MessageSujet: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeDim 26 Mai - 15:56


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Voilà que vous vous réveillez dans un quelconque marché, les pieds dans la boue et la saleté. Vous êtes apparemment dans une ville grise et gouvernée par la fumée (style steampunk). Vous avez l'impression d'avoir dormi durant une décennie entière, mais vous êtes pourtant debout, bien que vous sentez que votre corps a subi les effets d'un trop long sommeil. Vous serrez la main d'une personne que vous ne connaissez pas et qui semble aussi perdu que vous.
Il est ainsi évident que l'air que vous avez l'habitude de respirer est plus pure que celui-ci, ainsi vous ne tardez pas à vous étouffer.

Heureusement, un homme à l'allure grossière et au teint noirci par ce qui semble être un matériau, vient à votre secours.

« Eh! Z'allez bien ? »

Vous pouvez à présent sentir une immonde odeur émaner de ce gentil homme. Mais il semble néanmoins louche. Ainsi, vous avez le choix de le repousser, quitte à continuer de vous étouffer, ou d'accepter son aide, bien qu'elle reste bien étrange étant donné que personne ne vous prête attention.

Mais où êtes-vous ?

◈ ◈ ◈ ◈ ◈

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Othello Lehoia
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MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeLun 27 Mai - 10:13

Othello ouvrit les yeux. Et tout ce qu’elle eut connu et tout ce qu’elle eut vit se mût en fumée.

En un battement de cil, elle eut l’impression qu’on jetait un voile sur son cerveau, épais et ténébreux, qui étouffait ses pensées par une magie obscure. Et alors qu’elle s’imaginait voir enfin la convergence si proche, elle découvrit sous ses prunelles sombres un mélange de sable et de fumée, de bâtiments éparses et d’étranges visions qui lui échappaient tout à fait. Par Kesha… Où étaient les pirates, les beuveries, les cris de liesse ? Les poutres à peine installées de l’arène phelgranne ? La joie, l’expectative ? Elle tentait veinement de distinguer ce qui l’entourait mais ses yeux brûlaient avec entêtement, et la poussait à lutter contre des larmes incessantes qui embuaient sa cornée. Cillant, elle cligna des yeux pour limiter la casse, mais l’air était trop salle pour lui permettre de reprendre le contrôle.

Dans la pénombre de sa vue brouillée et la panique, elle serra de ses longs doigts fins une main proche, longue et sybilline. Fen… ? Non, c’était impossible, il n’était pas là. Ou alors… ? Elle dévia le regard et hissa ses yeux tant bien que mal le long d’un haut rempart pâle et étrange, une vision à la fois sublime et dérangeante d’une créature androgyne, à la chevelure de grâce et au visage teinté d’élégance et de douleur. Nul cache-œil, nul bouc sommairement taillé… Ses espoirs s’envolèrent, remplacés par plus de questions, mises à mal par ses yeux qui ne voulaient plus s’arrêter de cligner. Elle tituba, sa tête lourde, ses paupières brûlantes, recouvrant son visage par les lourdes boucles blanches qui parsemaient son crâne. Cela pouvait être Kesha ou un produit de son esprit, ou même un simple inconnu dont elle ne lâcha pas la main.

Les larmes dévalaient maintenant ses joues, non pas de tristesse ou de peur, mais bien d’asphyxie. Les secondes passant, elle pouvait établir plus facilement un diagnostic, recouvrant un sang-froid étonnement plus fort que sa sensation de perdre pied. L’air. Ce devait être l’air… Il était chargé de poussière, de brume, d’un mal étrange qu’elle ne parvenait pas à respirer, et qui la poussait à s’étouffer secondes après secondes, à la recherche d’une échappatoire. Sa main fine et frêle s’éleva jusqu’à sa gorge dans un réflexe idiot qui ne parviendrait pas à la sauver, et rapidement ses oreilles furent envahies du son de sa détresse, une respiration fragile et rapide ponctuaient de ses raclements animaux de sa gorge qui se serre. Elle tenta de surveiller la figure blonde, essayant de savoir si elle-même était la victime de ce phénomène, s’il souffrait du même mal. S’il souffrait également, son pouvoir serait peut-être utile, ou peut-être pas, mais elle avait de quoi avancer dans ses réflexions : le mal était contagieux, ou alors commun.

Mais où était-elle tombée… Finalement, la réponse ne lui importait pas vraiment, elle devait trouver rapidement de l’aide. A travers ses larmes, elle distingua une figure floue et sombre avancer vers eux dans le prisme aqueux. Une odeur étrange et nauséabonde l’entourait, mais la sirène n’avait que faire de la respirer, luttant déjà pour échapper à l’asphyxie et n’ayant nullement le réflexe d’inspirer par le nez. Il avait le visage sombre, comme s’il avait passé la journée dans une mine ou sous une nappe de charbon bien qu’elle ne puisse distinguer plus les détailles de sa face. Il s’approcha d’eux, et sembla proposer quelque chose, mais l’hybride peina à comprendre ses mots.

Seulement à cet instant réalisa-t-elle qu’ils n’étaient pas seuls, mais qu’autour d’eux tout une ville s’agitait, et qu’au milieu de la voie, personne ne leur prêtait attention. Quand l’individu s’approcha, elle ne lutta pas plus : après tout, si personne ne leur venait en aide, il était peut-être leur seul espoir. Ou au moins le début d’une explication. Et parler ne ferait que ronger un peu plus ses forces : elle devait s’économiser de la parole, pour sauver un peu d’énergie. Elle en aurait besoin après… Ou pour noyer cet homme dans des visions obscures si il tentait quoique ce soit de menaçant.
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Elyndara Sinmnari
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Elyndara Sinmnari
MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeMar 28 Mai - 14:36

Dans les basses rues de la ville s’élèvent une clameur désordonnée, tandis que les secondes s’étirent lentement jusqu’à l’évènement, comme si elles savouraient leur propre capacité à retenir l’attention de tant de personnes. J’ai moi-même posé ma lyra tandis que le ciel s’embrase, ou plutôt saigne, comme si des millions d’artères invisibles qui le recouvraient s’étaient mi à s’ouvrir en même temps pour la couvrir de ces nuances de rouge qui coulent dans les veines de tout être vivants, sauf nous, Sylphides.

Jusque là, je me dois d’avouer que ça valait le coût. Mais le meilleur est censé être encore à venir. Du coin de l’oeil, tel le profane qui ne reconnaît une pleine lune de sa position cyclique voisine, on pourrait croire que la Convergence a déjà eu lieu, tant les astres sont proches, mais l’observateur sait que cela peut encore être mieux. Une attente de tout instant avant un paroxysme mythique, qui sera conté pendant des années probablement. Je sens mon coeur nouveau pour la première fois bien en moi, tandis que mon souffle devient fou. Je me sens léger, euphorique, comme dans l’hyperoxie de l’allégresse du moment. Je suis fixé sur ce toit comme mes yeux sont fixés au spectacle.

Et au dernier moment, comme par un réflexe incompréhensible, comme pour me préparer à saisir le miracle de l’instant, je ferme les yeux.


J’ai les yeux fermé. Mais je ne suis plus vraiment allongé, mon esprit s’en rend compte subitement. Il se remet en marche lentement, comme si je  m’étais évanoui durant ce clignement d’oeil. C’est étrange, car j’ai l’impression d’avoir gardé le fil de mes pensées, mais mon corps était hors de fonctionnement. Je sens les sensations qui affluent à nouveau, me faisant rapport de ce qui se passe à l’extérieur. Je suis debout, donc. La lumière ne filtre pas à travers mes paupières, je ne regarde donc plus les soleils, ou alors ceux-ci se sont éteints définitivement. Mon nez est celui qui a le plus de mal, mais il fait de son mieux pour me présenter la foule d’odeurs inconnues, qui sont très vites rangées dans une catégories générale de « ça prend à la gorge », pour faire poli.
Et littéralement également, puisqu’on m’annonce vite fait que j’ai du mal à respirer. J’ouvre grand la bouche pour augmenter l’afflux de l’air en moi, vaguement en vain, car ça a du mal à passer jusqu’aux poumons.
Puis enfin, le reste des informations. Je suis instable, donc le terrain sur lequel je me tiens est plutôt meuble, comme de la boue ou du sable trempé. Je n’ai pas ma lyra avec moi, puisque je l’avais posé, mais il semble que j’ai gardé l’archet dans ma main. Et dans mon autre main, une encore autre main.
Je vérifie les sensations de mon corps, dont je n’ai pas l’habitude, afin d’être sûr. Puis j’ouvre les yeux. Et je m’aperçois être pris dans un brouillard noir quasi-constant bien que léger, dans une ville couleur cendre, où du ciel au murs s’étalent une esquisse composée de cinquante milles nuances de gris, pour finalement se terminer dans une boue grisâtre.
Mais je n’y fais que peu attention, pour regarder la personne dont je tiens la main. Visage pâle, boucles blanches, un air vaguement Terran sans explication aucune pour ses oreilles en pointe qui ne ressemblent aucunement aux miennes. Une nouvelle espèce ? Une Yorka avec une essence animale exotique ? Ou juste un vrai Terran avec une malformation congénitale ? On a tendance parfois à chercher la solution tellement loin, alors que souvent, une chose bizarre et unique est une chose bizarre et unique, point.
Mais là n’est pas l’utilité. Je peux voir des larmes sur ses joues, une difficulté à respirer évidente, avec sa bouche grande ouverte et sa cage thoracique semblant lutter comme un soufflet rouillé pour trouver son précieux dans l’air ambiant. Elle ne me prête pas attention, mais plutôt à quelqu’un devant elle, qui sera visiblement secondaire dans l’instant puisqu’il m’a l’air d’aller très bien, de ce que je peux voir du coin de l’œil, à part qu’il a l’air d’avoir passé sa tête dans le four. Je remarque néanmoins ses traits soucieux, comme si il était le seul de cette ville à se rendre compte que quelque chose n’allait pas avec notre arrivée, et avec notre respiration. Mais visiblement, il n’a pas l’air d’un médecin, donc son interêt est limité dans l’instant présent.

Mes poumons m’annoncent que le niveau d’air est critique, et le parallèle à faire avec cette fumée dense est très aisé à faire. Je regarde à mes pieds, mais je ne les vois pas trop. Néanmoins, j’avais lu une fois que l’air frais était censé se trouver près du sol. Je n’avais jamais réfléchi à la véracité de cette théorie, mais si nous continuons à ne pas pouvoir respirer, nous allons y tomber de toute façon, donc autant presser la chose.
Je commence à m’abaisser sur mes jambes, tentant de faire tête la partie incohérente de mon esprit qui dit qu’on va tâcher nos vêtements et ruiner notre maquillage en lui disant que notre vie est légèrement plus importante que ça, et je viens m’allonger l’air près du sol, à genoux, tirant sur la main de la femme à mes côtés pour qu’elle fasse de même. J’hésite à lui indiquer la voie à suivre par un léger chassé dans les jambes, mais ce serait gâcher des forces, et donc de l’air. Elle tombera d’elle-même dans pas longtemps.

Près du sol, c’est mieux. Un peu. L’odeur est bien plus forte, horrible, mais au moins, je peux reprendre une inspiration presque complète, donnant du carburant à mon corps et surtout à mon esprit. Mais je ne vais pas non plus beaucoup tenir comme ça. Il faut que je trouve une solution.

Une serait d’augmenter le débit d’air entrant et sortant, par exemple en s’ouvrant la gorge – j’avais lu ça, il y a longtemps, sur une chronique qui disait qu’un chanteur avait fait cela afin de pouvoir reprendre plus facilement son souffle pour une partie soliste particulièrement compliquée (l’histoire ne dit pas s’il a survécu longtemps après). Mais outre le fait que je ne sois clairement pas médecin et que ce soit vaguement dangereux, je n’ai aussi qu’un archet dans la main, et bien qu’il y ai un genre de poésie morbide et romantique de jouer du violon sur les cordes vocales de quelqu’un, je ne suis pas sûr de l’efficacité du procédé.
Et si les poumons continuent à avoir du mal, finalement, ça ne changera pas grand-chose.

La deuxième option est de bien évidemment chasser cette fumée au loin. Mais je ne connais pas la magie de vent, d’air ou de quoique ce soit dans le genre, et si ma partenaire d’infortune la connaissait et n’y a pas pensé, d’une certaine façon, on mérite de mourir. Sélection, tout ça… Bref, cette option est une impasse.

La troisième voie, qui ressemble à la deuxième, est d’échapper au noir brouillard. Mais il paraît omniprésent autour de moi, m’étreignant dans ses bras brumeux multiples, et ne laissant aucune parcelle d’air pur disponible.
C’est à se demander ce qu’ils y font, dans cette ville. Ils se sont amusé à vérifier empiriquement combien  de matière organique on pouvait brûler avant que les produits de la combustion soit suffisamment nombreux pour que la vie ne puisse plus exister ? Ça expliquerait vaguement la tête noircie du monsieur, maintenant que j’y pense. En tout cas, il n’y a aucun endroit où s’échapper qui soit à notre atteinte avec l’air qu’il nous reste.

Il reste donc la solution numéro quatre, que j’ai mise en dernier, car elle n’est pas de mon ressort, tout simplement. Demander au gentil monsieur au visage noir la pitié, en espérant qu’il puisse être utile et penser à une solution dans les temps.
Je déteste faire ça. Compter sur les autres n’est jamais aussi efficace que compter sur soi-même. Mais là, il ne semblerait que j’ai pas le choix.

Je relève ma tête vers l’homme : avec un peu de chance, mon corps de Sylphides tolère l’asphyxie plus longtemps que les autres races, donc il faut que je prenne les choses en main. Mais j’aimerais éviter d’utiliser ma magie, qui m’obligerait à gâcher mon souffle, puisque je serais obligé de parler. En fait, mieux vaudrait éviter de faire toute action qui pourrait m’épuiser un tant soit peu trop. Je n’ai clairement pas envie d’aller me refaire un corps alors que celui-là est neuf.

Je le regarde dans les yeux, tentant de lui mimer plus clairement ce qu’il a sans doute déjà remarqué s’il est un peu observateur, mimant avec un main sur le cou que nous n’arrivons plus à respirer, et qu’on a besoin d’aide. J’utilise juste un peu de magie pour le convaincre à agir plus vite, me concentrant pour que ces trois mots s’impriment au mieux en lui :

« S’il-vous-plaît... »

Je sens mon souffle devenir court, et je replonge la tête vers le sol en cherchant de l’air, à moitié en vain, tant j’ai l’impression que ma nouvelle inspiration était plus solide que gazeuse. Il ne reste plus qu’à attendre, j’ai fait mon maximum.


Spoiler:
 
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Naïa Thyssen
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MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeSam 1 Juin - 16:54

Naïa sentait le mouvement autour d’elle. Tout se mélangeait dans sa tête. Avec difficulté, elle commença à se souvenir de la soirée qu’elle avait rejoint pour la convergence. Elle se souvenait du monde qui c’était amassé pour l’événement. La jeune femme avait pris sa soirée pour pouvoir profiter de ce “spectacle”. Elle se souvenait même de ce qu’elle avait emporté avec elle : son luth, son carnet à dessin, des produits d’herboristerie dans un sac et son épée familiale. Elle avait longuement hésité à prendre le dernier bien en question… Elle n’avait rien d’une guerrière. Mais avec tout ce monde, elle s'était dit que c’était peut-être plus prudent. Surtout, quand on est toujours recherché par un homme à la mentalité plus que douteuse.

Malheureusement, ce soir-là, son épée n’avait pu éviter ce qui allait se produire.

Elle n’arrivait pas à expliquer… Elle se souvenait juste qu’elle jouait dans son coin un peu de musique avec des enfants autour d’elle. Elle se souvenait du bruit ambiant qui pouvait parfois couvrir les sons de son instrument, des gens qui discutaient entre eux. Elle se souvenait également des questions que certains jeunes pouvaient lui poser. Des questions en rapport avec sa musique et son histoire.
Elle se souvenait de ça… Mais pour le reste ? C’était le néant. Elle se réveilla, les membres douloureux. Comme si on l’avait ballotté pendant des jours… S’ensuivit par la suite un mal de crâne. Une douleur semblable aux fois où elle avait tendance à dormir un peu trop longtemps que d’ordinaire. Alors qu'elle emergeait avec difficulté, Naïa sentait du mouvement autour d’elle. Plus étrange encore, elle sentait qu’elle était debout. Aussi, elle ouvrit les yeux difficilement et remarqua qu’elle n’était plus dans la capitale d’Eridania. La pollution atmosphérique la poussa à très vite plisser les yeux pour maintenir une vision. Elle tentait tant bien que mal de ne pas paniquer. Où pouvait-elle bien être ?

Vhenan…

Alors que la barde tentait d’appeler sa compagne à fourrure, une quinte de toux fit son apparition. Elle toussait encore et encore jusqu’à se plier en deux et tomber à genoux au sol. Sa respiration commençait à se saccader. Finalement, Vhenanra s’approcha en pleurant près de la jeune femme. Elle était aussi au ras du sol, comme pour chercher, ne serait-ce qu’un tout petit peu de d’air sain. Naïa lâcha la main qu’elle tenait jusque-là pour attraper la fourrure de sa compagne.

Les yeux de la barde pleuraient sous les quintes de toux fréquentes. La Sindarine se retint de tousser, retenant sa respiration et cherchant à comprendre ce qui se passait autour d’elle. Au début, elle ne vit que les hommes et femmes aux alentours qui continuaient leurs chemins, le regard impassible face à sa détresse. Elle ne comprenait pas tellement ce geste d’ignorance de leurs parts. Était-ce à cause de sa nature ? D’ordinaire, on n'était pas aussi cruel avec elle… Elle tourna ensuite son regard et trouva deux autres femmes. Elles semblaient toutes deux dans la même position que la jeune femme. Elle ne savait pas quoi faire… L’air ambiant empêchait la Sindarine de se concentrer correctement et une nouvelle toux s’empara d’elle. Son luth commençait à lui paraître de plus en plus lourd et le mal de crâne empirait les choses.
Tenant toujours Vhenanra d’une main, elle détacha le luth de son dos pour le prendre en main. C’était étrange, d’ordinaire l’instrument ne lui paraissait pas aussi lourd.

Plus le temps passait, plus sa respiration devenait difficile. Il fallait agir et vite… Au même moment, une silhouette s’approcha des trois femmes et proposa son aide. Naïa ne jugea pas l’apparence ni l’odeur de celui qui daigna leur offrir une attention. Les apparences pouvaient être trompeuses et elle ne le savait que trop bien. Une aide quelconque était plus que la bienvenue. Surtout dans ce cas précis. Elle ne pouvait pas compter sur elle-même, ni sur Vhenanra qui semblait également touché par la pollution.

La jeune femme hocha faiblement la tête pour accepter la proposition de l’inconnu avant de tousser de nouveau sans interruption. L’air commençait sérieusement à manquer.


"Le premier pas pour avoir ce que vous voulez, c'est d'avoir le courage de quitter ce que vous ne voulez plus."
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MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeLun 3 Juin - 22:52

Voilà que vous vous étouffez et frôlez la mort.

Derrière toute cette crasse se cachent un sourire immaculé et une bonté sans faille. L'homme ne semble pas étonné par la réaction disproportionnée de votre corps. Au contraire, il semble même s'en amuser, si bien qu'il vous montre toutes ses dents. Mais il comprend très bien l'urgence de la situation car il ne tarde pas à extirper de son sac à dos trois bouteilles transparentes. Il vous les tend d'un geste vif comme pressé d'assister à ses effets.

« Tenez, mes amis. » L'homme rit grassement. « Vous n'avez pas l'habitude d'Eridania, n'est-ce pas ? »

L'homme a un discours tout à fait incongru mais il est difficile de le contredire car il vous a tout de même sauvé la vie. Bien qu'il est impossible de savoir si cet homme est fou à vous tendre ainsi une bouteille à l'apparence vide, vous n'avez pas le choix : vous devez tenter. Bientôt contre vos lèvres, vous comprenez : il vient de vous offrir de l'air en comprimé. Comme une tempête dans votre corps, vous pouvez sentir un air frais et puissant vous redonnez de la force et de la vie.

« Vous avez vraiment de chance, vous savez. Un peu plus et vous serez mort. » Il rit de ce rire dont il semble être le seul à en avoir le secret. « Je suis l'un des derniers magiciens à fabriquer l'air. Mais que voulez-vous, les temps sont durs ! »

L'homme est d'une gaieté sans nom, ce qui est presque trop beau. Mais si vous en profitez pour le questionner, peut-être en seriez-vous sur l'endroit où vous avez atterri. Enfin, bien que vous êtes sans nul doute perdu, quelques détails vous interpelle. Cet homme. Ces vêtements. Bien sûr : c'est un prête ! Une tenue bien plus sophistiquée qu'à l'accoutumée, certes, mais vous pourrez jurer entre mille que ce dernier est un prête. Il n'y a pas de doute là-dessus.

« Dîtes-moi… Où avez-vous trouvé ces vêtements ? Ils sont marrants. »

Le voilà qu'il se remet à rire.

Vous avez le choix de dire la vérité… Ou de vous enfuir.

Que se passe-t-il ? Où êtes-vous ? Qu'est-ce que ce cirque ? Pourquoi avez-vous failli frôler la mort ? Qu'est-ce que ces machines étranges autour de vous ? Pourquoi le ciel est aussi sombre qu'en Phelgra si vous vous trouvez en Eridania ?



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Othello Lehoia
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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeMer 5 Juin - 10:26

Le manque d’oxygen commençait cruellement à se faire sentir, et Othello peinait cruellement pour former des pensées cohérentes dans la nappe agitée et mouvementée de son esprit. Rapidement, la figure irréelle à sa droite avait fini par plier les jambes pour s’abriter au sol, sûrement pour économiser des forces – ou du moins préférait-elle le croire. Sage mouvement, qu’elle suivit peu de temps après, tirée par le poids de l’androgyne et son remarquable trait d’esprit. Elle remarqua seulement alors que sa main droite était elle aussi subtilisée par le poids d’une autre main, cette d’une jeune femme blonde et d’une remarquable beauté, humble et simple, et elle aussi victime du même étouffement qu’eux.

Seulement l’homme eut l’air de remarquer leur panique et leur mal avec le plus grand flegme du monde, une attitude trop bonhomme que la sirène peinait à comprendre, alors qu’elle lutait pour déterminer les contours de l’individu et ses gestes dans le flou de ses larmes. Ce n’est que lorsqu’elle comprit qu’on lui tendait quelque chose et qu’elle sentit son poids dans sa main qu’elle saisit son drôle de comportement. Sans vraiment réfléchir, elle attrapa le récipient, jetant derrière elle ses longues boucles pâles, portant contre ses lèvres bleutées et exsangues les contours de verre. Les mains s’étaient déliées, et chacun devait maintenant avoir la bouteille entre les mains. Mais faute de pouvoir être très sociable, Othello n’avait d’yeux que pour son salut qui prenait la forme d’une bouteille apparemment vide. Cependant, alors qu’elle allait aspirer l’incolore contenu, elle échangea par prudence un regard avec ses deux compagnons d’infortune. Elle pouvait clairement déduire qu’ils étaient dans le même pétrin. Après tout, le reste de la ville semblait en bonne santé, ne leur prêtant même pas la moindre attention.

Finalement, le manque d’air eut raison de sa patience pourtant habituée aux situations dures, aux coups de sang, aux attentats et aux guerres. Dans un espoir de déjouer d’asphyxie, elle inhala d’une traite le contenue de la bouteille, et eut l’impression que son visage était brusquement caressé par un banc d’éons. Ses poumons se gorgèrent avec délice de l’air pur comme d’un vin capiteux, et elle plongea la tête avec extase dans cette sensation pourtant si familière : respirer, inspirer profondément, sentir son torse frêle se bomber et redescendre avec l’exhalation, et l’air quittant ses narines blanches. Quoiqu’il lui ait donné, cela eut l’effet escompté, voir même miraculeux. Libérée de ce poids, la naïade pu en profiter pour recouvrer un peu ses esprits.
Une vérité s’imposa alors à elle avec la brutalité d’un crotale, et elle sentit son poison brûler dans tout son être : elle avait été transporté ailleurs. Dans un ailleurs inconnu, si lointain de tout ce qu’elle pouvait connaître, et au-delà de ce que ces yeux n’avaient lu que dans les livres. Nul lieu sur Istheria n’était semblable à ce qu’elle voyait… Alors, quoi ? Où ? Quel était cette contrée où elle avait été tirée de force par la main de Kesha, ou de Kron peut-être ? Lentement, elle ferma la main sur la marque qui la liait à lui. Lentement, tout ce que cela signifiait remonta à la surface. Fenris, Mavro, la convergence, son ordre… Tout ceux qu’elle avait laissé derrière elle, Drasha et Jehyel, Marin, tous, disparus, loins.

La naïade laissa tomber devant elle ses lourdes boucles pâles qui coulèrent comme deux longues rivières jusqu’à ses genoux dans l’espoir de cacher son trouble et ses yeux embués. Elle ne devait pas se laisser aller aux remords ni à l’absence. Si elle était arrivée là, elle devrait pouvoir repartir vers les siens. Reprenant sur elle, elle serra ses fragiles mains et inspira discrètement, serra ses entrailles et son ventre, et releva la tête, arborant ce visage frêle et absent, inexpressif, le visage de porcelaine d’une poupée de glace.
D’abord, elle devait en profiter pour détailler les deux être à ses côtés, qu’elle observa du coin de l’œil sans oser leur faire face. Ils semblaient tous les deux avoir repris du poil de la bête après avoir aspiré le… La potion, l’air ? Othello fit discrètement passer le bout de sa langue à la commissure de ses lèvres : l’air semblait si chargé en fumée et en miasme qu’elles gerçaient à vue d’œil. Le premier de ses camarades était immense, et impressionnant, et il y avait en lui quelque chose qui la dérangeait profondément sans qu’elle ne parvienne à mettre la main dessus. Son allure astrale et androgyne, son visage maquillé et soigné à l’extrême lui donnait l’impression d’un monde de faux et de paraître, d’une volonté de paraître irréel qui faussait toutes ses prédictions et ses pensées. Son autre compagne d’infortune semblait tout l’opposer : une jeune femme d’une vérité et d’une élégance sans pareille et avec un naturel désarmant. Elle caressait un animal, un chien qui semblait être le sien et qu’elle semblait beaucoup aimer. Son cœur d’hybride se serra, et ses pensées s’envolèrent naturellement vers Drasha et Jehyel, le tigre et le léopard qui rythmaient sa vie et partageaient sa maison comme des membres de sa famille. Jamais ils ne lui avaient tant manquer.

Tout lui indiquer qu’ils subissaient le même sort : la détresse respiratoire, les vêtements, leurs mains liés inexplicablement au milieu de cette allée… Tant de pièce d’un puzzle immense qui semblait impossible à pleinement compléter. Elle avait cette sordide impression que leurs destins s’étaient mêlés comme les fils d’un lien. Et peut-être était-ce ensemble qu’ils devaient trouver la clef de ce mystère ? Othello se faisait de plus en plus secrète, se cachant derrière ses yeux sombres et ébènes, et la cape ondulée de sa crinière blanche. Sans trop le remarquer, ses yeux se mirent à détailler un peu plus l’étrange homme qui leur faisait face. Ses paroles trottaient dans la tête en boucle. Eridania… Elle tourna ses yeux d’un bout à l’autre de la voie où ils se trouvaient. Ce qu’elle avait sous les yeux n’avait rien à voir avec l’état souverain. Et pourtant il n’avait pas l’air de mentir… ? Et ses paroles, fabriquer l’air… C’était évident que ce qu’elle respirait n’était pas sain, mais delà à devoir le fabriquer, ça n’avait aucun sens. Elle se sentait devenir folle, envahie par une armée de questions sans que ses maigres remparts ne puissent les repousser.

Ses frusques lui indiquaient qu’il devait venir d’une classe noble, tant elles redoublaient de sophistication. Et pourtant cela n’avait rien à voir avec ce qu’elle avait pu connaître jusqu’à maintenant, ni même dans ce qu’elle connaissait des habits gélovigiens. Non, ce devait être un culte différent du sien, un groupuscule à part peut-être ? Elle n’était pas sans ignorer que certaines croyances païennes subsistaient à travers le continent, et que beaucoup lui échappaient encore.  Il devait être attaché à un nouveau groupe relié de près ou de loin à l’air, et elle ne manquerait pas de le rapporter à ses confrères une fois de retour sur la scène. Perdue, elle se pinça la lèvre, plus sûr de vouloir rester. Peut-être la solution était ailleurs ? La voie était vaste, après tout. Mais au fond elle craignait la suffocation autant que les conséquences si elle se séparait des deux autres errants. Le rire gras du prêtre résonna, tonitruant, et sa bonhommie apparente ne lui avait jamais semblé aussi menaçante.

« Merci pour votre aide ». Dit-elle simplement, avant de se retourner vers la voie large. Sa naîveté ne lui inspirait pas la moindre confiance, et si elle s’aventurait à le questionner, il ne tarderait pas à les mettre en doute ou à les prendre pour des fous, et ils finiraient probablement jetés au fond d’une geôle. Elle préférait trouver des réponses par elle-même, quitte à devoir visiter ce qu’il prenait pour Eridania… Et à déballer petit à petit toutes les questions posées par l’endroit. Quant à ses compagnons d’infortune… Peut-être prendrait ils le risque de la suivre, mais ce choix leur appartenait.
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Elyndara Sinmnari
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MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeDim 9 Juin - 20:21



L’homme, en seule réponse à nos supplications, montre ses dents comme un cheval trop riant. Il me rappelle vaguement un enfant qui s’amuse à noyer des fourmis dans l’étang, les regardant se débattre avec un sourire d’une cruelle innocence. Non pas que j’ai beaucoup côtoyé d’enfants -ils sont d’un ennui assez flagrant -, mais le peu que j’en ai vu m’a fait me demander à pourquoi les races corporelles persistaient à ce reproduire.

Toujours est-il qu’il s’amuse de nous, le local qui sait se moque des pèlerins ignorant. Mais ou bien est-il finalement plutôt gentil ou bien ma magie a-t-elle fait effet, toujours est-il qu’il nous donne une bouteille, à moi, à la dame pâle à mes côtés et à une troisième que je n’avais pas remarqué auparavant et dont je n’ai ni le temps ni l’oxygène d’observer plus précisément, si ce n’est le fait visible qu’elle est visiblement autant dans la panade que nous.

« Tenez, mes amis. Vous n'avez pas l'habitude d'Eridania, n'est-ce pas ? »

Je stocke ses paroles dans ma mémoire à court terme pour les analyser plus tard, l’important est d’abord de survivre. Je regarde la bouteille, tentant de distinguer le ménisque du fluide s’y trouver, en vain : mais vu que je commence à voir légèrement flou, on ne va pas être regardant. Je porte la bouteille à mes lèvres, tout en jurant à moi-même que si j’en meurs à cause d’un poison, je me réincarnerais en son pire cauchemar – ce qui sera, vu son gras, probablement un instructeur militaire.

Pas de liquide, comme je le pensais, mais plutôt une bouffée d’air frais qui viens purger mes poumons du noire brouillard qui s’y étais logé. Étrangement, malgré le grand mouvement d’air, l’opération n’est pas douloureuse, à peine rafraîchissante, et surtout vivifiante, comme s’il avait ranimé des bronchioles qui se pensaient mortes à jamais. Je tousse légèrement pour expulser le reste de la pollution dans mon système, et je referme la bouteille : avec un peu de chance, il en reste à l’intérieur, au cas où j’en ai encore besoin. Mais impossible de savoir : la bouteille a toujours un aspect vide...

Maintenant, on analyse : les deux dames ont également pris leur … portion d’air, et ont l’air également d’aller mieux. La troisième est une Syndarin, avec une belle chevelure blonde et de grands yeux bleus. Plutôt jolie, mais j’ai déjà vu mieux, et je suis devenu mieux. Même si avec son Luth, elle a tendance à me rappeler trop d’images du passé. Je ferme les yeux, refoule, oublie, rouvre et reprend mon analyse, en observant l’animal à ses côtés, un chien avec qui elle semble avoir un lien particulier, son familier sans doute.


Bon, tout le monde va bien, youpi, maintenant : quel est, si j’ose dire et je ne vois pas pourquoi je n’oserais pas, ce bordel ?
D’où sommes nous en Eridania ? Je n’y suis jamais allé, non, mais je sais où c’est, et c’est pas juste à côté du toit de la Masure aux Erudits. De plus, je pense que si une ville en Eridania est aussi polluée, j’en aurais entendu parler au moins une fois dans ma vie, avec toutes les histoires de marins que j’ai entendu….

Solution numéro 1 : il ment. Le problème est qu’il n’avait littéralement aucune raison de mentir, qu’il a amené lui-même le sujet et que tenter de nous embrouiller là-dessus n’a aucun sens.
Solution numéro 2 : tout ceci est une immense farce avec des acteurs payés pour nous embrouiller. Ca n’a aucun sens non plus.
Solution numéro 3 : je rêve. Je me pince. Je ne me réveille pas. Je me griffe à en faire couler le sang noir. Je ne me réveille pas. Hypothèse écartée.

Solution numéro 4… D’une façon ou d’une autre, je suis vraiment en Eridania. De là, expliquer ma présence nécessite un facteur exterieur qui peut être varié : une amnésie totale de mon trajet et de mes motivations à venir ici, juste une soirée de beuverie qui a mal tourné, un déplacement de l’espace-temps, un kidnapping, un changement de plan, une réalité alternative, un frère d’âme Eridanien dont j’ignorais l’existence avec la même apparence qui aurait malencontreusement échangé d’écorce physique avec moi, et ce sont les hypothèses les moins fantasques.
Donc finalement, impossible du réfléchir au pourquoi on est là. La question qui se pose donc est comment en repartir, avec des poumons intacts si possible.

L’homme nous regarde avec un sourire, et j’avais été mauvaise langue, il semble finalement plutôt utile. Et semble ne pas avoir de mauvaise intentions, ce qui est un énorme avantage. Il nous explique, comme si c’était parfaitement normal, que nous avons failli mourir, et qu’il est l’un des derniers magiciens à fabriquer l’air. Et en effet, en y regardant de plus près, il semble vêtu d’une tenue religieuse, quoique pas très réglementaire puisqu’ostentatoire.
Lui qui était monté dans ma confiance, il en redescend presque aussitôt.
Déjà… pas que je n’aime pas les prêtres, hein, chacun est libre d’avoir ses fantasmes sur la création du monde et de révérer voir d’adorer des hypothèses -oui, je juge, mais bon, osez me dire qu’ils ne l’ont pas mérité-, mais ils se sont généralement révélé assez stupides. Ou vicieux. Et souvent, ils n’aiment pas trop les sylphides, sûrement par pure réciprocité standard. Mais ça, c’est secondaire.

Ce qui me fait surtout peur, c’est qu’il soit habillé richement. Les prêtres ne sont pas censés être riches. Encore moins le montrer. Et si on ajoute ça à ce qu’il dit, qu’il est l’un des derniers à fabriquer l’air, arrive vite l’odeur d’un chantage organisé. Du style très osé de « Paie ou tu n’as plus le droit de respirer». J’en viens même à penser que certains de ses amis font exprès d’enfumer la ville pour soutirer des sous. Bref, quoi qu’il en soit de la vérité sur cette histoire, elle a la même odeur que la ville : pas vraiment recommandable.

Le problème est que je ne sais pas quelle est la distance d’Eridania de la cité d’où je viens, mais je sais que ça se compte en jours, surtout si je dois y aller avec mes deux petites pattes. Et j’ai autre chose à faire que de marcher à pieds, dans une contrée inconnue et visiblement peu vivable… Mais l’homme semble avoir envie de continuer à parler, et puisqu’il ne m’a toujours pas demandé de lui payer sa boisson miracle, on va lui accorder le bénéfice du doute. En restant sur nos gardes, bien sûr, cela va de soi.

Mais avant que j’ai le temps de répondre, la femme à côté de moi brise notre chaîne, remercie le gras monsieur et nous quitte, allant en arrière et s’enfonçant dans la ville d’un pas qui se voulait déterminé.
Sans doute avait-elle perçu elle aussi la menace potentielle du prêtre… mais après tout, elle n’inspire pas bien plus confiance. En réalité, la seule chose qui me poussait à avoir confiance en elle, c’était qu’elle semblait souffrir du même mal que moi. Et donc qu’elle ne proviendrait peut-être pas non plus de cette région. Et peut-être qu’elle aurait subi elle aussi un des évènements de la Solution n°4, qu’il serait alors utile d’élucider ensemble.
Mais tout ça ne sont que des hypothèses. Il pourrait s’agir de n’importe qui de dangereux également. Et s’aventurer dans un endroit qu’on ne connaît pas, dans un environnement qu’on sait hostile, loin de chez soi, avec une résistance à l’air vicié d’un temps inconnu, c’est stratégiquement stupide. Je décide de la laisser partir, avec à peine un froncement de sourcil, pour revenir sur le prêtre.

« De tous les ports du monde. », je réponds. Ce qui est vrai, en plus, même si je ne sais plus exactement quelle partie vient d’où. « Et merci pour votre aide. » On ne va pas trop s’étendre dessus, je n’ai pas envie de lui rappeler qu’on lui doit quelque chose. En plus, je n’ai pas de dias sur moi. On va plutôt lui poser des questions pour savoir ce qui se passe dans le coin, et dès qu’on en saura plus, on s’enquerra d’un moyen de partir.

« Effectivement, c’est la première fois que n… je viens en Eridania », je continue. Le nous a failli partir, mais j’aurais du mal à expliquer que nous sommes un groupe uni sachant qu’un membre de notre trio vient de se barrer, et que l’autre ne semble juste pas avoir pris sa décision sur quel exemple suivre.
Même si je vais avoir du mal à faire croire que nous n’étions pas un groupe puisque nous nous tenions par la main. J’espère qu’il ne posera pas trop de questions…

« Vous dites être un des derniers à fabriquer l’air, qu’est-il arrivé aux autres ? Visiblement, cela semble pourtant être très demandé, par ici... »

J’essaie ainsi de l’amener à nous en dire plus sur ce qui est arrivé à cette ville, car quoi que ça puisse être, ce n’est pas naturel. Cela nous éclairera sûrement sur la marche à suivre, plutôt que de foncer à l'aveugle. Néanmoins, je reste méfiant envers cet homme; son attitude émet trop de signaux négatifs pour qu'ils puissent être ignorés.
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MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeMer 12 Juin - 16:39

De l’air ! Naïa prit sans discuter la précieuse bouteille et le dirigea vers elle. Enfin… Elle se sentait beaucoup mieux. Aussi, par moment, elle tenta de filer un peu d’air à sa chienne qui avait également du mal.

À présent, elle pouvait réfléchir correctement. Elle observa ses compagnons d’infortune discrètement tout en serrant d’une main son instrument si cher à son cœur. L’une était assez jolie, semblable aux poupées de porcelaine. Finalement, la deuxième personne ne semblait pas être une femme, mais bien un homme. Elle se sentait honteuse de s’être trompée, mais elle se persuada que son air androgyne était trompeur. Surtout quand on commence sérieusement à manquer d’air. Il avait l’allure des Sindarins, ce peuple si proche physiquement de la musicienne et pourtant si loin… La jeune femme avait principalement fréquenté les Terrans. Il n’y a qu’au moment d’avoir fait ses études à Canopée qu’elle avait rencontré ce peuple… Elle se souvenait de ce malaise de comprendre que son père géniteur était probablement mal vu par eux. Que c’était un égoïste. Même pour sa propre fille, il avait était égoïste en abandonnant sa mère et par la même occasion Naïa.

Elle se secoua la tête. Le simple fait de voir Elyndara lui faisait penser à des choses peu importantes au vu de la situation actuelle. Et puis, avec plus d'observation, elle remarqua qu'il n'en était clairement pas un...

Elle sortit de ses sombres pensées quand il demanda pour leurs vêtements. Naïa était habillée d’une façon assez simple comme à son habitude… C’était peut-être même plus que normal comparé à ce prêtre trop bien habillé pour sa condition ?

“-Vous n'avez pas l'habitude d'Eridania, n'est-ce pas ?”

Quelque chose clochait. Naïa connaissait Eridania pour y avoir vécu et surtout voyagé un peu partout sur le continent. Elle fronça légèrement des sourcils et se releva tout en remerciant son “sauveur”

-Pardonnez moi… Mais vous dîtes que nous sommes en Eridania ? Où plus précisément ?

Elle se rappela alors de Claudel et du Comté qu’elle était censée diriger un jour… Est-ce qu’il allait bien au moins ? À cet instant précis, elle n'avait qu'un souhait : retourner dans sa région pour le voir. Elle attendait patiemment qu'on lui réponde quand elle remarqua la fille aux cheveux cendrée partir de son côté. Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Et puis le le compagnon aux oreilles pointues semblait prêter plus d'attention à ce prêtre qu'au fait qu'il s'était réveillés à trois les mains liées. Ce n'était pas une coïncidence et Naïa le sentait. Aussi, elle se dépêche de rattraper Othello et de lui dire d'une voix douce mais faible:

"Excusez-moi, mais… Peut-être ne devriez vous pas vous éloignez seule… Je ne vous connais pas, mais tout ceci me semble étrange et rien ne me fait penser à Eridania. Peut-être devrions nous être ensemble dans cette situation le temps que les choses s'eclaircisse…"

Soudain, une pensée lui vint à l'esprit: peut-être que l'homme et la jeune femme savaient où ils pouvaient se trouver ? Non. Sinon ils n'auraient pas eu ce manque d'oxygène soudain sans y être préparé…


"Le premier pas pour avoir ce que vous voulez, c'est d'avoir le courage de quitter ce que vous ne voulez plus."
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MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeDim 16 Juin - 13:13

Voilà que vous êtes séparés.

En choisissant de quitter votre groupe, Othello et Naïa, il semblerait que vous ayez mis en colère le gentil bonhomme. L'espace d'un instant, vous avez pu apercevoir son véritable regard. Il était si glacial que c'en est presque troublant. Alors peut-être que vous avez fait le bon choix en vous séparant de ces deux étrangers… Qui sait.

En vous enfonçant dans le marché, vous tombez finalement sur un bâtiment qui ressemble étrangement à un lieu de foi. Pour vous, Othello, femme pieuse, c'est presque un cadeau des dieux que d'avoir trouvé, dans cette noirceur, une lumière. Et alors, peut-être que quelqu'un pourra vous éclairer sur l'endroit où vous êtes tombées.
L'architecture est différente des temples de vos Dieux, mais sa propreté et sa grandeur en font sans l'ombre d'un doute un lieu de foi. En pénétrant dans la demeure de ce dieu que vous ne connaissez pas, vous faîtes face à de gigantesques vitraux colorés qui semble relater l'histoire de héros… Que vous ne reconnaissez pas aussi.

Dans votre contemplation, vous ne remarquez pas qu'une femme s'est approchée de vous. Elle porte des vêtements similaires à l'homme que vous venez de quitter. Elle est d'une grande beauté. Et sa façon de vous sourire est presque envoûtante.

« J'ai toujours aimé cette histoire. » Elle regarde la sorte de peinture que vous regardez, un peu plus tôt. « Ici. » Elle montre du doigt le passage. « Voyez-vous, c'est le Grand Prophète des temps anciens. » Elle rit. « Très peu de personnes s'intéressent à l'Histoire, de nos jours, mais savez-vous que nos ancêtres priaient des dieux païens auparavant ? »

Le silence s'installe à nouveau tandis qu'elle part chercher quelque chose. Ses paroles sont baignées de mystère et il est difficile de comprendre ce qu'elle veut dire. Peut-être que lorsqu'elle reviendra, vous en apprendrez plus.

Elyndara, en choisissant de questionner ainsi le prête, vous ne récoltez qu'un léger soupir qui laisse imaginer qu'il pense que vous vous moquez de lui. Ce dernier s'efface dans la ville avec la rapidité d'un guépard et vous n'avez pas le temps de le suivre. Vous vous retrouvez alors à vagabonder dans le marché, sans réel but et totalement perdu. La beauté semble avoir totalement disparu et pour vous, Sylphide, ce paysage vous est totalement inconnu. L'air est supportable mais il vous tarde de goûter à la propreté de votre atmosphère.
En vous intéressant un peu aux marchands itinérants, vous découvrez à travers les babioles que vos dieux sont considérés comme des monstres (au même titre que des démons). Il semble que l'on célèbre une fête aujourd'hui car vous ne voyez que vos dieux et un homme à l'allure de divin.
Intrigué, vous vous approcherez d'un des stands afin d'en apprendre plus sur cette étrange histoire.

Othello et Naïa, vous aurez la possibilité de suivre la femme ou de fouiller ce lieu saint.

Elyndara, vous aurez la possibilité de questionner les marchands ou d'essayer de retrouver vos camarades perdues.

Que se passe-t-il ? Où êtes-vous tombés ? Pourquoi cette fixation sur la religion ? Et surtout, où êtes-vous ?


***********

Vous avez une semaine pour répondre.
bg




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MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeLun 17 Juin - 10:23

A sa grande surprise, la tête blonde et jolie de la sindarine finit par lui faire de nouveau face à quelques pas de là où elle les avait laissé, et la naïade lui lança un regard aussi surpris qu’incrédule. Dans toute cette cohue, elle avait l’air aussi perdue qu’elle, et n’en menait pas bien plus large. Mais elle semblait avoir le cœur pur et avait eut la bonté d’esprit de vouloir les maintenir liés, comme leurs mains avant, dans un élan altruiste, d’un altruisme que la prêtresse peinait à trouver en ce temps étrange et douloureux. Elle ne lui inspirait aucune méfiance ni aucune crainte, étrangement, et ses oreilles baissées par méfiance eurent rapidement fait de se relever droites sur les côtés de son visage de givre.
Ses paroles timides étaient teintés de crainte, cependant, et Othello se surprise à vouloir l’apaiser, bien qu’elle ne connaissait pas plus l’identité de la jeune femme, ou du chien à ses côtés. La présence de Drasha lui devint alors un fardeau dans la forme d’un vide creux et sec, et elle pria pour pouvoir le retrouver rapidement.

C’est brusquement que ses paroles prirent un tournant brusque et provoqua au fond de l’océan qui lui servait d’esprit un trémolo vif qui annonçait un véritable maelström. Othello n’en laissa d’abord rien paraître, se contentant de lui répondre avec sa voix encore rauque et brisée par la toux, loin du filet calme et aérien qu’elle était d’ordinaire.


« - Notre salut ne réside pas dans ce prêtre, ni dans ses fausses bonnes paroles. » Son visage glacial lui revint à l’esprit comme un reflux acide et elle le chassa d’un geste du cil, comme on écarte les mauvais cauchemars. « Vous pouvez me suivre, si vous le souhaitez. Mais je ne resterai pas avec lui. » Ironiquement, Othello avait toujours apprécié la solitude car elle y avait été à jamais contrainte. Mais cette jeune femme semblait tant trancher dans ce décors vaporeux qu’elle ne souhaitait pas la voir enfumée à son tour.

Pendant ce temps là elle commençait à compléter quelques pièces du puzzle, qui venaient s’imbriquer çà et là pour former une vaste toile décousue et qui n’annonçait rien de bon. Se pinçant le menton entre ses doigts graciles, elle prit alors un air absent qu’elle ne contrôla pas tout à fait, rabattant pensivement sa capuche sur son crâne enneigé. Eridania… Othello ravala sa salive, prenant doucement conscience des choses, pas avec la violence que l’on pourrait imaginer, mais plutôt comme on découvre la suite d’un bon livre. Elle avançait sur le chemin de la révélation avec un sang-froid et une distance terrifiante, qui la refermait du monde.
Il n’y avait aucune coïncidence dans cette rencontre, ni dans leur posture, ni dans leur réaction commune. Ils étaient tous les trois dans le même brouillard, apparemment, et dans tous les sens du terme : d’ailleurs la différence dans leurs tenues était fragrante, entre eux et les habitants de ce pays, de cet Eridania qui n’en avait pourtant pas l’air. Distraitement, Othello examina la jeune personne d’un regard silencieux et absent, pourtant bien concentré. Ses habits et son ports lui semblaient familiers, aussi, non pas qu’elle la connaisse. C’était plutôt qu’elle aurait pu dire, sans peine, d’où venaient tous ces habits qu’elle portait, l’instrument dans son dos. Tandis que pour le prêtre ou l’imposteur, il n’en était rien : tous ces fausses dorures et cette propreté ne lui inspirait rien, et les murs de cette fausse Eridania non plus – bien qu’elle habite la cité d’Hesperia depuis de nombreux mois… Cela lui fit réaliser une chose : ils venaient du même endroit. Enfin, si c’était seulement l’endroit…


« - Dites-moi, vous… » Elle ravala sa salive, timide et douce, et espéra de pas aborder le sujet avec trop de violence bien que c’était d’ors et déjà insensé. Elle n’avait après tout rien à perdre et personne à froisser, et elle priait pour que face à elle, la jeune femme l’eut également compris. « Est-ce que la grande Convergence vous est familière ? » Elle releva vers elle ses yeux sombres et priant, suppliant même, d’avoir une réponse sincère et de pouvoir ôter des couches de ce mystère épais. « Je m’appelle Othello. » Taire son nom, c’était aussi taire son identité. Et elle ne tenait pas à agiter son titre comme un rempart, bien au contraire : mieux valait le recouvrir de sable et de fumée.

Elles reprirent leur route, alors qu’Othello prenait conscience qu’il s’agissait d’une forme de téléportation de masse. Enfin, c’était que s’il ne s’agissait que d’espace… Les mots Eridania lui trottait dans la tête comme une énigme compliquée, et elle commençait même à douter de sa propre dimension. Par tous les Dieux, quel tour leur avait-il jeté. En marchant silencieusement, elles entrèrent dans un marché où tout respirait la même crasse et le même miasme que le héraut qui leur avait fait face. Tout semblait recouvert d’une persistante couche de suie, qui peignait tout en noir comme une mauvaise peinture. Et c’était pour ce qu’elle distinguait : tout baignait dans une brume épaisse et opaque qui lui coupait cruellement le champ de vision. Dans quel monde sombre et pourri avaient-ils été envoyés… Les silhouettes de ce qui semblaient être des étales se dessinèrent à leur côté, mais elle n’y préta pas beaucoup d’attention : s’élevant sur la brume comme un phare salvateur, un temple domina brusquement sa vue de sa blancheur opaline, et Othello y était guidée comme un foyer familier.

Sans vraiment le vouloir, ses pas la menèrent malgré elle vers cette immense demeure, ce lieu qui semblait saint et épargner par les torrents de miasme qui se déversaient dans les rues. Elle  guida Naïa qui avait persisté à la suivre, et sur laquelle elle veillait du regard, prête à repousser quiconque s’approcherait trop – elle sentait toujours l’essence divine crépiter au bout de ses doigts. Une grande porte comme une bouche ouverte leur fit face, et elle n’hésita pas une poignée de seconde avant de rentrer tête la première, laissant tomber sa capuche au passage. Le sentiment trop familier des lieux de foi l’envahi comme une étreinte, et elle retrouva brusquement son port et son aura, et tous les gestes qu’elle avait poli au cours d’une courte vie de piété et de culte. Un temple ? A quelle divinité ? De son temps, le temple de Kesha n’avait pas encore été bâti et n’en était toujours qu’à l’état de projet… Alors à qui appartenait-il ? Se pinçant la lèvre, la haute-prêtresse avançait plus par un automatisme fiévreux en quête de réponse, arborant les allées dans une marche rapide et vaporeuse comme si elle glissait dans l’air au lieux de marcher.
Absente, elle s’arrêta devant de hautes peintures qui racontaient une histoire qui lui échappait cruellement – enfin des réponses… Ses mains glissèrent doucement sur la toile, et elle sentit sous la pulpe de ses doigts les reliefs ronds et lisses laissés par les coups de pinceaux. Ce qu’elle voyait ne lui inspirait rien : pas de Kesha, pas de Dieux… C’était à s’arracher les cheveux. Pour qui avait été bâti cet édifice ? Sans qu’elle ne s’en rende compte, une femme les avait approchées, et Othello se retourna brusquement vers la figure riante comme pour faire face à un ennemi… Et pourtant, pendant l’ombre d’un instant, elle manqua de baisser sa garde face à la créature. Elle resplendissait d’une grande beauté et d’une grande douceur, qui lui rappela un peu plus les sœurs de Cimméria ; Ses sœurs. Elle semblait rieuse, et s’amusait même de son incrédulité.

Dans les mêmes vêtements d’apparat, la femme leur ria presque au nez, leur parlant en quelques mots de la peinture, sous les yeux d’ébène de la sirène qui écoutait poliment sans répondre. Son air introspectif se raffermi encore un peu à l’évocation du fameux prophète qu’elle chercha par réflexe des yeux. Un prophète « des temps anciens » mais dont elle ignorait pourtant tout, elle qui connaissait la théologie sur le bout des doigts à force de prière et de culte, et de guidance des âmes qui venaient la trouver comme les vagues heurtent les falaises. Mais ce fut quand elle souleva l’idée brusque des Dieux païens – ses dieux - que le dessein dont elle avait deviné les contours sans pouvoir voir au-delà lui apparut soudain clair et limpide, et terrifiant. Un frisson froid lui parcouru l’échine comme une morsure violente, et elle se retourna vers la figure qui se dérobait déjà à elles. Et si…


« At… Attendez ! » Elle l’interpela brusquement, comme pour la retenir de sa fuite prématurée et brusque alors qu’elle venait à peine de les aborder. « Dites-moi simplement… En quelle année sommes-nous ? » Othello espérait… Non, elle priait pour ne pas voire juste. Pour ne pas comprendre. Pour avoir tort… Car si elle avait raison, alors ils étaient tous perdus.
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MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeAujourd'hui à 0:39

Le prêtre soupire.
Ce n’est pas un vrai soupir, qui aurait été plus feutré, plus dissimulé. C’est un soupir qu’il me crache au visage. Mais pas un soupir d’ennui ou quelque chose dans le genre, non : le soupir clair d’un genre de déception très particulière mais pourtant universellement connue.
Un soupir qui dit « vous n’êtes pas drôle ».
Le problème est que je n’ai jamais tenté d’être drôle. Mais pas le temps d’essayer de m’expliquer qu’il s’esquive et m’esquive, comme si le temps alloué à la gentillesse forcée dans sa journée était écoulé et qu’il pouvait désormais reprendre de vraies occupations.

Je le poursuis dans les rues, mais après quelques virages, je l’ai définitivement perdu, autant que je me suis perdu. Et que j’ai également perdu les deux autres dames, puisque la blonde n’est plus dans mon champ de vision. Peut-être ne m’a-t-elle pas suivie, peut-être était-elle même déjà partie, elle n’était pas vraiment mon sujet d’attention principal, et ne l’est d’ailleurs toujours pas.

Résumons notre situation : je suis perdu, dans une ville –très moche, soit dit en passant- qui se trouverait en Eridania, mais dont les coutumes, les couleurs, l’environnement, et tout en fait, tout ne ressemble à rien de connu.

Je reste un instant debout au milieu de la rue, un air pensif sur le visage, presque volontairement. Comme si j’étais au théâtre, et que je tentais de faire comprendre au spectateur que je comprends moi-même à quel point la situation est compliquée.
Mais il n’y a pas de spectateurs. Personne ne fait trop attention à moi, comme depuis mon réveil dans le marché. J’ai bien le droit à des coups d’œil furtifs, comme a droit anomalie colorée dans leur brouillard éternel, mais ceux-ci sont fugaces, et peu intrigués, plutôt dans le genre « quel est cet énergumène ». Enfin, je suppose, je n’ai jamais été le meilleur pour interpréter les coups d’œil fugaces.
D’ailleurs, eux non plus ne sont pas mon centre d’attention, qui est une question dont la réponse est un grand vide : que faire ?
En réalité, ce n’est pas un grand vide, c’est plutôt un trou dans lequel une équipe de maçon insère des briques pour tenter de le sceller, mais aucune des briques ne rentre. Mon esprit produit des possibilités en permanence, du basique à l’irréalisable, mais à l’instant présent, rien ne semble convenir.

En tous cas, rester comme un piquet en pleine rue n’amènerait rien à part de l’attention non souhaitable, aussi, je commence à déambuler dans ce cauchemar gris. Car si la joie avait un jour existé dans cette ville, un genre d’immense fantôme noir était probablement venu pour l’aspirer, s’en repaître et laisser cette brume opaque en guise de déjection. Je l’imagine très bien d’ailleurs, avec un sourire narquois. Mais j’ai probablement trop d’imaginations…

Je suis revenu sur le marché, sans même m’en rendre compte. Et effectivement, mes deux compagnons –plus ou moins- sont belles et bien parties. Eh bien, bonne chance à elles. Même si d’aucuns diraient que si nous nous sommes réveillées ici les mains s’étreignant, c’est que nous sommes liés à nous revoir.
Je déambule dans ce marché, et j’ai l’impression que l’ambiance morne du monde me contamine, comme si je sentais mes traits s’étirer en une moue bougonne. Un sentiment d’urgence me traverse : il faut que je parte d’ici, au plus vite. Tous les moyens sont bons.

Des marchands me hèlent à tous va, et tout en réfléchissant au meilleur moyen d’accomplir mon objectif, je regarde leur marchandise. Et je remarque très vite que la plupart des étals exposent un grand nombre de statuettes religieuses. Je n’y connais rien en religion, et pourtant je sais que c’en sont. Des démons en nombre, par oppositions à un homme, que je suppose être le dieu vénéré du coin.
Mon esprit s’arrête, comme s’il venait de trébucher sur un obstacle. Je ne m’y connais vraiment pas beaucoup en religion, mais je sais qu’il y a un problème : jusqu’à nouvel ordre, il n’y a aucun panthéon monothéiste révéré, même en Eridania…
Je regarde les démons plus attentivement, et je trouve les dieux. Je les reconnais vaguement des vitraux que j’ai observés dans ma vie, et certains détails sont reconnaissables entre milles. Mais ces dieux sont ici des démons, des monstres, l’obscur, contre un dieu que je ne connais pas.
Je regarde le marchand tout sourire, qui m’encourage à acheter. Il semblerait que ce soit jour de fête religieuse, aujourd’hui, d’après ce qu’il me dit. Mais comme cette ville, sa voix me parvient au travers d’une brume.

Il y a quelque chose qui ne va pas.

Enfin, je veux dire, il y a quelque chose qui ne va pas depuis le début, bien sûr, réveil soudain en Eridania et tout ça, mais… Il y a ce même sentiment qu’à l’aube d’un réveil, quand le monde qui nous semblait parfaitement logique une seconde avant commence à trembler quand on remarque certains détails absurdes. Ce monde n’est pas censé exister, et pourtant, je suis dedans.

Je panique légèrement, le légèrement se montrant comme un tremblement au niveau de la main. Je fais un sourire forcé au marchand, avant de m’éloigner d’un pas rapide. Il faut que je les retrouve. Ou le prêtre qui s’est esquivé, où les deux autres dames avec qui je suis arrivé. Elles viennent du même endroit, elles en savent peut-être plus ? Ou peut-être me diront-elles que je suis fou et que tout est normal, ce qui serait presque préférable ?
Et le prêtre… si je le trouve, peu importe le moyen, je lui ferais répondre à mes questions, cette fois. Je sens mon cœur battre en moi, comme reprenant le pas sur la clarté sur le tempo régulier que mon esprit lui avait toujours imposé.

JE DOIS M’EN ALLER. Retourner chez moi. Il faut trouver un moyen. Il le faut, il le faut…

J’arrive au hasard devant ce qui ressemble à un temple. En même temps, c’est le seul bâtiment qui n’exhale pas la crasse dans les environs, et son architecture grandiloquente appuie sur ce point. Qui dit temple dit prêtre. Qui dit prêtre dit peut-être MON prêtre. Et qui dit lui dit réponses à mes questions, qui je l’espère amèneront à une solution.
Je me précipite vers l’entrée de ce temple, la dernière part de sarcasme dans ma tête disant que mon moi d’avant aurait honte de me voir courir vers un lieu de foi pour y trouver du réconfort. Mais qu’importe, haletant, j’ouvre la porte sans aucun ménagement, qui cogne contre le mur en faisant un grand bruit sourd dans l’écho se porte dans les hauteurs avant de revenir jusqu’à nous.

Il n’y a pas mon prêtre, mais une prêtresse, qui semblait en grande discussion avec deux jeunes femmes que je reconnais instantanément. C’est déjà mieux que rien. Je m’avance, l’air dérangé, le regard fiévreux, vers elles, leur posant sans retenue la question :

« Est-ce que vous… avez compris où nous sommes ? » Je déglutis. « Car ce n’est clairement pas notre Eridania… »

J’ai besoin de réponses. Immédiatement. Je regarde la prêtresse d’un regard de prédateur, prêt à bondir dessus si jamais elle tente de partir, et tant pis pour la galanterie, il y a plus important en jeu. J’aurais mes réponses.
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MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitimeAujourd'hui à 12:01

Naïa faisait à présent face à la beauté de la sirène. Elle avait le sentiment qu’elle pouvait lui faire confiance et son instinct lui dictait de rester unis dans ce monde qu’elle était normalement censée reconnaître.




Naïa lui adressa un doux sourire alors qu’elle était dans la détresse. Othello ne laissa toutefois rien paraître hormis sa plus grande méfiance pour le prêtre qu’elles venaient de quitter. Naïa fronça doucement les sourcils. Elle comprenait parfaitement sa méfiance. Il fallait être honnête, rien ne leurs offrait un sentiment de sécurité. Vhenanra couina doucement comme si la bête elle-même craignait ce milieu. Aussi, la Sindarine caressa avec tendresse la tête de la chienne.




-Soit. Je préfère vous suivre. Vous allez peut-être trouver ça bizarre, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a une raison sur notre union au...Réveil.




Elle n’était probablement pas claire… Il faut dire que tout s’embrouillait dans son esprit. Où étaient ses proches dans ce monde pollué ? Elle continuait à se jurer qu’une fois le mystère éclairci, elle se ferait un devoir de retourner lui rendre visite.

-Enfin… Je vous suis.

Naïa tourna la tête comme pour chercher l’homme qui ressemblait à un Sindarin. Malheureusement, lui comme ce prêtre avaient disparu dans la foule. Elle serra son luth de sa main gauche et de sa main droite caressa du bout des doigts son épée comme pour garantir sa protection. Elle regarda longuement Othello qui l’examinait.

L’angoisse dont elle découvre sa véritable identité l’angoissée. Elle était habillée de sa petite robe bleu qui mettait ses yeux en valeurs, quelques brodures ornées le col, les manches et le bas de la robe. Elle n’avait aucunement une tenue de la haute noblesse. C’était surtout son habit de barde et de voyageuse. Les seuls éléments qui pouvaient la trahir étaient son épée ainsi que son luth si on parvenait à lire l’inscription qui s’y trouvait derrière l’instrument qu’elle venait de rattacher dans son dos. Il y avait également cette grâce qui résidait dans les moindres de ces gestes… Au fond, la Sindarine avait du mal à se faire à l’évidence que son héritage de haute-noblesse finissait toujours par la rattraper.

Elle se retint de faire de même envers la naïade. Soudain, la femme commença à parler de manière moins sûre.Naïa lui adressa alors un sourire doux et chaleureux comme pour l’encourager dans son élan. Aussi, la sirène lui demanda pour la Convergeance. Naïa détourna le regard comme pour réfléchir. La Convergence… Était-ce donc la raison de leurs présences ici ? Elle se mordit doucement la lèvre avec gêne et baissa son regard.

-Je dois avouer que non. J’ai juste voulu assister à l’événement par curiosité… J’étais en Eridania. Notre Eridania et je jouais un peu dans mon coin en attendant. Et puis le trou noir et je me suis réveillée ici avec vous à mes côtés. Est-ce le cas pour vous aussi ?




Plus sincère était difficile, Naïa venait de dire l’extrême vérité selon elle. L'événement qui en réalité lui échappait. La sirène vint à se présenter sous le nom d’Othello. La barde s’inclina légèrement :

“Enchantée.”

Il fallait également qu’elle se présente...La question était comment ? Son habituelle présentation de barde ? Est-ce qu’elle devait donner son nom de scène où faire preuve d’honnêteté et lui indiquer son origine.




“Je m’appelle Naïa. Pour vous servir.”

Elle emprunté parfois le surnom d’Elaï. Mais dans ces circonstances, il valait mieux être la plus transparente. Juste, elle se contenta de donner son nom de famille. On était jamais trop prudent ?




Elles avançaient, réfléchissant à ce qui c’était passé. L’angoisse était présente au fond de son esprit. Elle voulait comprendre… Elles ne mirent d’ailleurs pas longtemps pour elles de trouver un temple et Naïa remarqua que cela pouvait être un cadeau pour Othello qui y entra. Naïa resta silencieuse et se contenta d’observer tout en cherchant des réponses à ses questions.




Bientôt, une autre prêtresse vint les recevoirs Naïa ne pouvait s’empêcher de trouver ça étrange. En l’espace de très peu de temps, ils faisaient face à deux prêtres qui semblaient complètement différents de ceux qu’elles pouvaient connaître. L’histoire des anciens Dieux interpella également Naïa et la question demeurait sur ses lèvres. Ce fut Othello qui posa la question.Elle était tremblante, comme effrayée de la possible réponse.


Est-ce qu’elles avaient réellement fait un bond dans le temps ? De combien ? Cela voulait-elle dire que la lignée des Thyssen c’était éteinte ? Avait-elle raté ses adieux avec Claudel ? Elle commençait à sentir son corps trembler. Claudel… Peut-être l’avait-il recherché pendant les derniers instants de sa vie, craignant le pire pour elle alors qu’elle était en vie, juste dans un futur possible où un passé ignoré.

Ses jambes devenaient lourdes et Vhenanra se colla un peu plus contre sa maîtresse comme si la chienne sentait qu’elle pouvait perdre son courage dans les secondes qui allaient suivre…

Au même moment, le syphilde refit son apparition par “miracle” et prononce clairement ce que la jeune femme se refusait de croire. Naïa secoua la tête et regarda la prêtresse.

“Il y a sûrement un malentendu… Nous devons rejoindre Ditham ! Je suis sûre que nous pouvons trouver des explications…”

A moins que… Son cœur commençait à battre de plus en plus vite et des larmes commençaient à monter doucement. A moins qu’ils étaient vraiment tous… Dans un dernier effort, Naïa regarda la prêtresse et lui posa la question:

“J’ai une autre question qui peut vous sembler incongru, mais… Vous pouvez me dire où sommes nous exactement en Eridania ?”

C’était dans l’angoisse, qu’elle attendait les réponses à ses questions.
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MessageSujet: Re: Le coeur a ses raisons que la Raison ignore    Le coeur a ses raisons que la Raison ignore Icon_minitime

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