Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours]

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Sur Istheria, RPG heroic-fantasy issus d'un univers original où de multiples aventures vous attendent.

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 Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours]

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MessageSujet: Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours]   Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] Icon_minitimeSam 25 Déc - 18:54


PRESENTATION
MORWYN



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Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] 609793MorwynKielIsthria

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    NOM: Jadis Memorius Livariel
    PRÉNOM: Morwyn
    SURNOM: Démone-Lame

    SEXE: Masculin
    ÂGE: Très ancien. Certains faits se référents à son existence dateraient d’avant les premières guerres d’Istheria…
    PEUPLE: Gorgoroth, ancien Sindarin

    CASTE: Chevalier d'Oris
    MÉTIER: Second Chevalier d’Oris, général de la légion de l'Hydre.

    ARMES PRINCIPALES:

    Ramaliel : Le cimeterre des Livariel, l’arme compta parmi les reliques les plus précieuses de Cebrenia, et ce pour de bonnes raisons. Non seulement réputée pour sa beauté et son équilibre au fil de la perfection, elle aurait jadis appartenu à Morwyn, l’aîné des « Princes Guerriers » de la cité détruite. Elle disparue en même temps que son porteur, à l’époque des Grandes Guerres qui ravagèrent le monde d’Istheria, et la légende la voudrait perdu à tout jamais. Certains la soupçonneraient d’être encore enfouis quelque part, sous les ruines de Taulmaril…

    …mais il arrive parfois que les légendes soient erronées.

    Wyverne : Morwyn le fit forger avec les restes de la lame brisée de Soltaryl, peut après son arrivé au sein des Chevaliers d'Oris. D’un noir extrême, la garde du cimeterre est ornée d’une Wyverne stylisée à la mode d'Eridania, Sur le pommeau, on peut y voir une micro-frèsque représentative d’un duel entre deux guerriers du même blason. Une rune en dialecte antique a été gravée sur la lame aux couleurs de l’obsidienne. Lue par un étudie, la traduction exacte donnerait « Mélancolie », mais orientez-là de manière à vous retrouver face à la pointe et vous obtiendrez « Volonté ».

    AUTRES POSSESSIONS:
    - Son cou est orné d’un pendentif accouplant onyx et métaux précieux qu’il dissimule sous ses vêtements. Les armoiries de l’ancienne famille Livariel de Taulmaril, la cité perdue, y sont gravées dessus. (Il s’agit d’un catalyseur).
    - Quatre pierres de lune ornent son armure, elles n'ont rien à voir avec de quelconques breloques d'apparat puisqu'il s'agit en réalité de catalyseurs. Ces dernières ayant un lien primordial avec l'Armure du crépuscule, l'un des pouvoir de Morwyn.
    - Une statuette d'onyx en forme de panthère.
    - L’armure de l'Hydre, deuxième des cinq reliques d’Oris.
    - Une dague dissimulée dans l'une de ses bottes.

    DON: Résistance physique développée

    POUVOIRS:

    Héritage de Soulen : Un héritage bien plus familliale que divin puisqu'il prendrait ses sources dans le sang des Livariel. En effet, tous les héritiers de cette famille avaient une affinité étroite avec l'eau et étaient capable, disait-t-on, de contrôler les océans. Morwyn se sert de ce pouvoir à différentes échelles, autant dans la créations d'objets, armes et créatures sans âmes, issues de son imagination, que dans une maîtrise partiel de la météo. Cela ne concernant que la pluie qu'il peut faire tomber à loisir.

    Armure du crépuscule : Le pouvoir le plus secret de Morwyn. Ce dernier serait une évolution de son pouvoir de base, datant de l'époque où il appartenait encore à la race des Sindarin. Morwyn pouvait drainer l'énergie du soleil pour s'en faire une armure immatérielle. Après sa renaissance en tant que Gorgoroth ce pouvoir changea et devint lunaire. Morwyn doit désormais puiser dans les ressources de l'astre nocturne pour créer cette seconde peau sensée le protéger des attaques physiques comme magiques durant une période limité en temps. L'aura de la lune se reflète sur l'amure de Morwyn qui devient noire sous l'influence de cette dernière...étrange paradoxe pour un chevalier d'Oris, n'est-ce pas ? Cependant, le pouvoir en question a une faiblesse, son inutilité total sous la lumière cru du plein jour (par absence de lune). Morwyn y a trouvé une bravade à travers les capacités de quatre petites pierres dont il fit sertir son armure, ces dernières ne sont pas de "réels" catalyseurs puisqu'elles ne servent qu'à contenir les rayons de lune qui viendront s'y réfléchir en pleine nuit. Morwyn pourra donc puiser dans cette source limitée pour invoquer l'amure, toute fois les effets en seront atténués. L'armure du crépuscule n'atteignant son paroxysme qu'aux douze coups de minuit. Chose étrange, l'utilisation continue de cette acuité a modifiée de manière irrévocable la couleur or de sa cuirasse par une profonde teinte d'un noir lustré, donnant lieu à de nombreuses controverses auprès des autres Chevaliers d'Oris.

    Fureur d’Asmodée : Ce dont lui est apparu après sa rencontre avec Asmodée. En goûtant au sang de ce dernier (CF histoire), Morwyn en a assimilé une partie de son aura, et par la même occasion, une capacité très spéciale. Cette dernière ne se déclenche qu'après une très forte émotions et puise sa force dans la colère. Morwyn ne peut donc que subir ce pouvoir mais lorsque cela arrive, ses réflexes, sa force et sa célérité augmente considérablement, annihilant tout sentiment de peur au profit d'une rage presque animale. Lorsqu'il passe en mode berserk, Morwyn devient quasiment invincible au corps à corps, néanmoins ce pouvoir reste assez restreint car relativement éprouvant, à noter qu'il est également limité dans le temps. Comment une telle chose a pu arriver, il ne se l’explique pas, le secret ayant disparu en même temps que l'antique Lhurhoyf...

    SPÉCIALITÉS:
    - Maître d'armes
    - Excellence spécifique en arme [Toute arme de paume à lame longue : épée, cimeterre, sabre, glaive, etc...]

    PHYSIQUE:

    Morwyn est un sauvageon à l’aspect magnétique. De grande taille, il possède un doux visage taillé en lame de couteaux, un nez délicat, légèrement busqué et des oreilles naturellement effilés…son apparence sort toute fois de l’ordinaire. Le bel adonis aurait parut parfaitement normal n’eussent été l’extrême noirceur de sa peau, presque ébène, et le fait que ses yeux, dont les profondeurs abyssale témoignant d’un curieux mélange d'améthyste et de cobalt, semblent légèrement iridescents. Ses cheveux coupés court à hauteur de nuque adoptent une étrange couleur de lune et cascades sur son visage avec une finesse un tantinet désinvolte…en passant la main dans ses mèches effilées, on peut également y ressentir une vigueur et une souplesse inhabituelle...

    L’apparence du Gorgoroth pourrait très bien s’accomoder à la grâce puissante, et dangereuse dont se parent parfois les légendes prompts aux Elfes Noirs et aux créatures du crépuscule…

    D’une opulence changeante mais toujours ténébreuses, Morwyn a vue défiler de nombreuses gardes robes au cours des siècles de son existence…du style tantôt sobre, tantôt mondain, jusqu’au purement guerrier. Actuellement son habillage se constitue de vêtements principalement sombres ou marrons mais dotés d’une élégance assez passe partout. Sa tenue, lorsqu'il ne porte pas d'apparats de guerre, n’est pas emprunte d’une complexité trop forte mais vise toute fois à mettre en valeur son physique élancé.

    L'armure quand à elle, est d’une noirceur huilée et semble avoir été moulée sur les formes de Morwyn. Belle mais ténébreuse, elle arbore de fines reliures d'argents entre les rivets du plastron, des épaulières et des cuissards taillés de manière à imiter à la perfection les reliefs athlétiques d'un corps masculin. Jadis dorées, ses formes sont désormais d'une noirceur crépusculaire et brillent comme de l'encre liquide placées sous une source de lumière. Son plastron, sertie de quatre gemmes de lune, arbore un Hydre à huit têtes aux courbes stylisées. Le heaume, les bracelets de force, et les jambières sont ornementés d'une paire d'ailes en or blanc dont les rebords aiguisés sont d'un tranchant exacerbé, ce qui souligne subtilement une utilité peut être "autre" que le simple aspect décoratif. Une longue cape bleu nuit complète l'armure. Fixée à même l'acier de son épaulière droite, elle lui descend jusqu'aux solerets et peut être portée de manière à masquer toute la partie supérieur de la cuirasse grâce à un système de fermoir monter sur une chaînette d'argent. Cette dernière est resserable autour d'une broche en forme de flocon, taillée dans de l'obsidienne. À noter que l'armure est extrêmement légère et possède une vaste panade de mouvements possibles grâce à ses nombreuse fixations articulées.

    Ses origines restes encore un mystère à ce jour mais les légendes voudraient qu'elle ait été forgé des mains d'un dieu. Une thèse qui, aux yeux de Morwyn, reste assez controversée et discutable au vu de son ironisme.

    PERSONNALITÉ:

    Complexe… ? Non pas forcément, je dirais même assez simpliste. Courtois, gentleman, sexy, et sensuel...même dans la menace. Morwyn est l’incarnation proprement dite d'un éphèbe sombre. D’agréable compagnie, il apprécie le verbe et la finesse, et aime les servir à qui veut les écouter. Excentrique… ? Oh oui, beaucoup, même parfois dans ses idéologies, se rapprochant d’ailleurs beaucoup plus de l’hérésie que de la sainteté prônée par l'ordre d'Oris. Doté d’un grand libre-arbitre, il possède un dons rare dans l'art de lire le coeur d'autrui. Loyale envers ses idéologies, le bel adonis demeure malgré sa nature promptement ambiguë (Gorgoroth obliges) un chevalier servant, et peut offrir sa protection à qui de droit, certes cela fait un peu cliché mais…ce genre de caractère reste relativement controversé. Malgré tout, et ce pour accentuer le côté sombre de mon personnage je dirais que le rôle d’exécuteur et de toute la sinistre besogne qui suit, lui est également attitré, l'aspect sombre de sa personnalité l’ayant parfois poussé à commettre de nombreux pêchers impardonnables qui lui valurent des relations plutôt tendues avec certains de ses confrères. À noter également un humour plutôt noir, assez versé dans le pince-sans-rire, accouplé à un cynisme prononcé. Caprice…fantaisie ? Nul ne pourrait l’expliquer, le regard de Morwyn n’étant qu’un vaste gouffre aux profondeurs insondables…

    …on dit que quiconque tenterait de s’y perdre pourrait entre-apercevoir certaines bribes de son passé. Mais il est une chose qui demeure indéniable : cet archange du crépuscule cache en lui de bien tristes secrets.

    HISTOIRE:

    Citation :
    Cette histoire est arrivée il y a bien longtemps dans une ère lointaine…très lointaine. Elle est aujourd’hui terminée, et rien ne pourra la changer...
    C’est une histoire d’amour et de perte, de fraternité et de trahison, de courage et de sacrifice, et qui voit la mort et la naissance des rêves…c’est l’histoire de la ligne floue qui sépare ce qu’il y a de pire et de meilleur en nous.

    C’est l’histoire de la fin d’une époque.

    Et comme toutes les histoires, celle-ci recèle quelque chose d’étrange…

    …elle s’est déroulée si loin et il y a si longtemps qu’il n’existe pas de mots pour en définir le lieu ou la date. Et pourtant, en même temps, elle se passe ici, et maintenant…

    …sous vos yeux, alors que vous lisez ces mots.

    Et c’est ainsi que s’achèvent des décennies d’histoire…ce n’est pas seulement la fin d’une époque : les ténèbres s’abattent sur le cœur d’Istheria…

    C’est le crépuscule des héros…

    Partie I : L’époque des héros

    Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] 532615Taulmaril_City_01

    Le soleil battait son plein au cœur de la cité blanche…irradiant de ses doux rayon de lumière le grès immaculé des hautes murailles qui la surplombaient. À l’intérieur, le monde était en effervescence…l’univers tout entier semblait fourmiller au centre des avenus bondées de couleurs criardes, d’étrangers magnifiques et de sculptures d’or aux reflets ionisés. Des toitures d’argent étincelaient sur les paliers suspendus de la haute ville et jetaient des reflets fugaces sur les vastes paravents de soie qui avait été installés à travers la place du plus grand marcher de Cebrenia. Là, se mêlaient l’acre raffiné des parfumeries au fumet soyeux du poulets en train de rôtir à la broche au abord des terrasses. Sur leurs étales, les artisans brandissaient leurs produits aux senteurs les plus diverses : fruits, épices, poisson, lait fermenté…jusqu’aux effluves écoeurantes dégagées par les peaux encore fraîches que les tanneurs laissaient sécher au soleil. Plus loin, sur les allées célèstes menant de la cité basse aux étages adjacents du quartier des Temples, s’étendaient les arias mélodieux des prêtres de Delil qui chantaient leurs rhapsodies à qui voulait bien les écouter…lorsque le vent allait bon train comme aujourd’hui, il n’était pas rare d’en percevoir les stridulations jusqu’aux jardins luxuriants qui courraient le long de la sente nacré du palais des Conseillers.

    Super-structure gargantuesque aux reliefs d’or et de mythril…la perle du royaume de Cebrenia…symbole d’une puissance antique, que la fortune et les richesses avaient transporté jusqu’au panthéon des merveilles d’Istheria…

    …Taulmaril scintillait comme un énorme diamant blanc.

    Quelque part, sur un balcon d’albâtre aux reliefs pigmentés d’un bleu « Lapis Lazuli », un Sindarin au visage rayonnant observa un instant toutes les merveilles de sa fabuleuse cité avant de reporter ses yeux de prusse sur le nouveau né qui dormais paisiblement au fond du linge soyeux qu’il tenait dans le creux de ses bras. Alvalien Memorius Livariel, le premier des dix Conseillers de Taulmaril était transporté de joie. Ce bonhomme qu’il serrait contre son cœur était le premier né d’une famille qu’il destinait à la gloire et à la prospérité…


    « Ne reste pas trop sous le couvert du vent…il va finir par attraper froid. »

    Lui murmura une voix qu’il chérissait de tout son cœur.
    Un sourire emplie de tendresse peint sur la teinte rosées de ses lèvres pleines, le Sindarin se tourna vers la fleure au charme de nuit qui s’avançait vers lui avec une grâce féline. Ce petit bout de femme qui dû se mettre sur la pointe des pieds pour embrasser le visage Seraphin de son mari et qui, par le pouvoir d’une seule caresse, pu délier l’étreinte à la fois douce et puissante qu’il exerçait sur son fils.


    « N’ai crainte je peux déjà sentir la force qui sévit dans le cœur de ce petit prince. Cependant…la personne pour qui je me fait le plus de soucies en cet instant n’est autre que toi ô lumière de mes abîmes. »

    Dit-t-il sur un ton à la fois taquin et attentionné.

    « …ne devrais-tu pas être en train de te reposer ? »

    « Qu’est-ce donc que ce mot ? »

    Elle s’était campé devant lui avec une fougue qui embrasa son coeur. Ses mains d’opaline posées sauvagement sur ses hanches graciles tandis qu’elle le lorgnait avec des yeux de sauvageonne.

    « Parmi les gens de mon peuple, les femmes ont autant de droits que les hommes…(rire espiègle)…fut un temps où mon fouet aurait claqué avec régal sur ton délicieux postérieure pour de telles paroles. »

    Le vent fit ruisseler la tenue de lin transparente qu’elle portait, révélant sans pudeur aucune les formes savoureusement féminines de son corps d’Aphrodite.
    Alvalien plissa les yeux…


    « J’oubliais que les femmes d’Argyrei étaient aussi versatiles…
    …et aussi délicieuses.
    Hmm remarque, je ne compte plus les fois où ton père a essayé de me tuer lorsque je lui ai demandé ta main. »


    « …c’était avant ta nomination au Conseil. »

    Lui souffla-t-elle tout en se collant doucement à lui.

    « Exacte... »

    Sa main glissa dans les longs cheveux d'or de sa femme.

    « …c’est pourquoi je me suis toujours demandé ce qui importait le plus à son regard…le bonheur de sa fille ? …où l’affaire que représentait son mariage avec l’un des dirigeants de Taulmaril ? …va savoir. »

    Un sujet qui fâche.
    Arshela, soupira et tenta distraitement de changer de sujet.


    « Comptes-tu rester ce soir… ? »

    « Je crains que non. » Murmura le bel homme à la chevelure de feu. « Il me faut présenter notre fils aux Conseillers de la cité. Toute fois je n’ai point l’intention d’entamer cette procédure avant d’avoir mis un nom sur son visage. Et… »

    Il leva innocemment les bras au ciel…

    « …je n’ai guère d’idées en ce qui me concerne. »

    Arshela le fixa sans mots…comprenant l’allusion d’Alvalien derrière cette élégante manière de lui présenter les choses. C’était donc à elle qu’il laissait le choix de nommer l’enfant.

    Sans une once de regret… ?

    La belle fixa un instant le minois endormi du fruit de leur amour.
    Elle comprit pourquoi…
    Derrière son visage rond, certains traits laissaient à deviner une élégance futur qui n’avait rien à voir avec la corpulence carré des Memorius Livariel, la ligné de son époux. Son crâne était pigmenté de petits points pâle, ce qui déterminait une chevelure sans doute aussi pâme et abondante que la sienne dans un avenir proche.
    Elle sourit à ce petit bout d’homme, les yeux emplies d’amour.


    « Morwyn… »

    Elle le serra doucement.

    « …oui, Morwyn sera parfait. »


Dernière édition par Morwyn le Dim 2 Jan - 12:52, édité 14 fois
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Anonymous Invité
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MessageSujet: Re: Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours]   Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] Icon_minitimeSam 25 Déc - 19:11

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    La naissance de Morwyn fut perçut comme un signe du destin, annonçant bien fait et promesse divine…comme tout enfant né dans les hautes sphères, on organisa cinq jours de jeux et de festivité au cours du dernier solstice d’été. Un détail qui plus aux yeux de certains…mais que d’autres reléguèrent aisément au nom de l’arrogance et du narcissisme…une réputation d’acier qu’Alvalien s’était dernièrement forgé et qu’Azrayen son frère aîné commençait à exécrer et à jalouser : secret que l’homme gardait enfermé dans les abîme de son cœur, préférant user de ses sourire mielleux à la vue de sa Némésis plutôt que de faire naître l’incipit de ce qui ressemblerait fort bien à une sédition. Les raisons ? Une rivalité de pouvoir qui s’était soldé par l’accession d’Alvalien au rang de premier Conseiller cinq ans plus tôt. Azrayen avait été affilé à la seconde place…

    Deux ans plus tard, les Taulmarian célébraient la naissance de Soltaryl, dernier né de la ligné Livariel.

    Les deux frères grandirent loin des intrigues du palais, et furent soumis à une éducation stricte et autoritaire. On leur enseigna l’écriture, les langues et la philosophie. Très tôt, ils furent soumis aux préceptes d’Arshela qui les destinait à un avenir politique, décision qui ne plut peut être pas à Morwyn et Soltaryl dont la rivalité croissante en était presque devenu légendaire. Peut être eusse été la raison qui les poussèrent à choisir une carrière militaire lorsqu’ils furent en âge de choisir leur propre tracé.

    Les premiers mois se passèrent sans encombre bien que de nombreux traits de distinction purent laisser aux instructeurs de Taulmaril un avant goût de ce que deviendraient ces deux agneaux au caractère de loup dans l’avenir. Morwyn paraissait calme et réfléchit. Peut enclin aux décisions hâtives, il prenait toujours le temps de peser le pour et le contre avant d’agir et était plus à même de garder la tête froide…ce qui ne l’empêchait pas de faire preuve de dons extraordinaires malgré son très jeune âge. Pour Soltaryl c’était une autre paire de manche…lui aussi se démarquait par des prédispositions naturelles dans l’art de la guerre mais transparaissait un caractère farouche, colérique…parfois arrogant, et prompte à se jeter tête la première au cœur d’une rixe. Deux personnalités bien distinctes mais qui, accouplées sur un champs de bataille, pouvaient donner un duo imparable.

    Les années filèrent aussi vite qu’une traîné de poudre, et les deux frères furent envoyé au quatre coin d’Isthéria pour régler de nombreux conflits…épauler un pays alliers en pleine conquête ou au contraire…mettre un terme aux agissement de faction rebelles. Ils combattirent en Eridania, menèrent des Raids jusqu’en Cimmeria et s’aventurèrent dans les sombres marécages de Noathis. Leur réputation grimpa très vite en flèche au plus grand dam de Morwyn qui préférait à son frère les vertus d’une vie tranquille, et gagna bientôt les contrées familières de leur Taulmaril natale. On les affubla du sobriquet de « Princes Guerriers »…étrange paradoxe qui dans la gorge de certains, pouvait laisser un goût amer. Chaque retour se soldait par des réjouissances et l’accueille chaleureuse d’un père emplie de fierté. Soltaryl semblait s’en satisfaire…mais Morwyn préférait de loin les heures passées en compagnie de sa mère, bien à l’écart des hautes sphères et des gestes de sympathie pour la plus part hypocrite, témoignés par le cercle de son père.

    L’époque fut sans doute l’une des plus heureuse de la vie de Morwyn…
    …elle n’était cependant pas faite pour durer.

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    Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] 968206Asmodee

    La pluie ruisselait sur son doux visage au teint de pêche…plaquant ses longs cheveux blonds sur ses joues de nacre, enlarmant ses yeux plus bleus qu'un océan. Son bras gauche était inerte, et pendait mollement le long de sa hanche maculée de sang…le gauche serrait convulsivement la poignée de Ramaliel, le cimeterre protecteur de Cebrenia…
    …personne n’avait vu la chose arriver durant le convois.
    Elle s’était d’abord attaqué à l’avant garde, plongeant comme un serpent argenté au milieu d’une mêlé de bras et de jambes tranchés pour disparaître comme par enchantement sous les corps ensanglantés. La confusion avait duré un certain temps…et ce ne fut que lorsque que le calme refit timidement son apparition que le cauchemar arriva…
    L’énorme palanquin en or massif qui abritait la couche de la reine bascula violemment sur le côté…il y eut un hurlement…et ce que les soldats avaient d’abord pris pour un animale sauvage s’extirpa lentement des débris chatoyants. La première chose qui frappa les regards fut sa beauté.
    Il était d’une magnificence à couper le souffle. Son visage d’ange était encore plus fin qu’une lame de mithril pure et aussi lisse que celui d’une statut de marbre. Il avait des lèvres pâles qui donnaient envie d’être croquées et une longue crinière d’argent qui ondulait délicatement sur ses épaules d’athlète. Sa carrure était aussi souple et élancée que celle de Morwyn mais trahissait d’une puissance aussi antique qu’écrasante.
    Son regard, semblable à l’embrasement de mille soleils, était celui d’un prédateur…

    Il portait dans ses bras le corps recroquevillé de la reine Arshela.
    On lui avait arraché le cœur…
    …et au vu du sang qui maculait en abondance le menton poli de la créature, il n’était pas difficile de savoir ce qu’elle en avait fait.

    Ce fut sans doute ce qui avait mis le feu aux poudres.
    Le reste de la garnison s’était ruée sur lui…mais toute tentative d’attaque sembla perdue d’avance lorsqu’il se mit à décimer ses opposant à main nu. Le combat fut d’une violence extrême et ne dura que quelques minutes. Ne resta bientôt plus que Morwyn, certes amoché mais assez conscient pour tenir farouchement tête à ce qu’il venait d’identifier comme un Lhurgoyf…
    …un très ancien Lhurgoyf à en juger par la rapidité de ses actions, et la puissance qui en résultait.

    Le « Prince Guerrier » baignait dans son propre sang.

    L’autre le regarda un instant avec un sourire étrange au coin des lèvres…et passa une nouvelle fois à l’attaque.
    Avec la même rapidité troublante que tout à l’heure, il se rua sur Morwyn qui n’eut d’autre choix que d’accompagner le mouvement de son adversaire avec toute la vivacité que ses conditions de Sindarin lui permettaient. Bondissant, il esquiva la manchette en une culbute arrière et eut tout juste le temps de se redresser pour éviter un balayage vicieux. Son cimeterre vibra dans l’air tout en dessinant une série d’arabesques rapides destinées à distraire « l’Ange démon », juste assez de temps pour permettre au jeune prince de lui envoyer son talon en pleine face.
    Ce fut comme s’il venait de frapper un mur de pierre. Le Lhurgoyf ne s’était toujours pas dépâti de son sourire mi-amusé, mi-provoquant.

    D’un geste ample il se saisit du doux visage de Morwyn à l’expression encore hébétée et le souleva de terre sans efforts apparents.


    « C’est la première fois qu’un Sindarin me défit avec tant d’impunité. »

    Lui murmura-t-il doucement, son minois à quelque centimètres du sien.
    …sa voix était un pure poison.


    « …tu es soit fou soit inconscient mon tendre agneaux. »

    Il lui sourit d’un air charmeur avant de déposer ses lèvres ensanglanté sur sa joue de nacre.
    Et sans mot dire, lui écrasa violemment la tête contre le sol humide et boueux.

    Morwyn ne poussa pas un gémissement.
    L’autre n’en n’avait cure…lentement, il porta sa main maculé du sang de l’impudent à ses lèvres et sembla s’en délecter.


    « Ta saveur est exquise.. . »

    Il se rapprocha de Morwyn qui roula sur lui-même pour lui faire face. Il avait perdu Ramaliel dans sa chute et son bras porteur était tordu dans un angle inquiétant.

    Morwyn : « … »

    « …n’ai crainte, Asmodée saura te faire danser. »

    Il ne souriait plus et le fixait avec gravité en s’approchant…
    …Morwyn profita de cet instant pour attaquer avec la seule arme qui lui restait…ses dents.
    Bondissant en avant, il s’accrocha cruellement à la gorge d’Asmodée qui poussa un hurlement frémissant. Resserrant sa prise, le jeune Sindarin croqua profondément et lui déchira la carotide. Surprise et paniquée, la créature au visage d’ange se saisit la jugulaire pour épancher le flot de sang et s’éloigna du sentier en titubant…

    …son hurlement se transforma en un gargouillement inaudible…

    …mais Morwyn avait déjà sombré dans l’inconscience.


    --------------------

    Lorsqu’il se réveilla, Morwyn était allongé dans une chambre au mobilier exotique…il se sentait pâteux et une douleur lancinante lui brûlait le crâne. Toutes ses blessures avaient été bandées, et au vue des restes d’herbes qui trônaient sur sa table de chevet aux moulures artistiques, on l’avait sûrement drogué pour prolonger son inconscience. Une porte s’ouvrit lentement au fond de la pièce, et son père apparut dans l’embrasure. Une barbe de plusieurs jours mangeait son visage encore séduisant malgré son âge avancé, et une profonde peine luisait dans ses yeux aussi sombres que ceux de son fils.

    Apparemment, Morwyn avait été trouvé non loin des Côtes de Pharis par une patrouille de Lokram la cité natale d’Arshela…cette même cité qui les avait accueillit durant les deux jours précédent le massacre, au cours d’une visite diplomatique. On avait fait quérir l’aide des plus grands médecins de la ville, tandis qu’un messager avait été envoyé en hâte à Taulmaril. Morwyn avait été plongé dans un sommeil sans rêves trois semaines durant avant d’être rapatrié par Alvalien.

    Son père semblait le plus affecté par la mort de sa femme et plongea dans une profonde apathie…ne sortant qu’occasionnellement du palais tout en laissant provisoirement les rennes du Conseil à Azrayen…chose que l’homme accepta avec un empressement non dissimulé. Soltaryl quant à lui marqua une distance presque hostile avec Morwyn, le considérant ouvertement comme responsable de la mort de leur mère…chose que l’aîné des deux frères, toujours en proie à la douleur, ne pu trouver la force de démentir.

    Deux mois se succédèrent avant qu’Alvalien ne décide enfin de sortir de sa léthargie, et la vie reprit peut à peut son cours…ou presque.
    Il semblerait qu’Azrayen ai organisé de nouvelles alliances et rompu avec d’anciennes, favorisant les contactes à l’intérieure de Cebrenia plutôt qu’avec les autres continents. En apprenant cela, Alvalien entra dans une colère noire et les deux frères se disputèrent allègrement…le cadet tenta de faire voter une motion pour chasser Azrayen du Conseil mais il se produisit un retournement insoupçonné…la moitié des votes abdiquèrent en faveur de l’aîné. Et Alvalien fut forcé d’accepter son erreur.
    S’en suivit une longue période d’incertitudes politique…

    …de son côté, Morwyn commença à être en proie à d’étranges rêves mettant en scène le meurtrier de sa mère. Il l’ignorait encore, mais quelque chose, durant leur première rencontre l’avait lié à Asmodée…

    …trois ans s’écoulèrent…et ce fut finalement le maire d’Elusia qui trouva matière à calmer les litiges en invitant leurs alliers de Taulmaril à participer à une série de jeux pour célébrer l’anniversaire de son fils Valarion, presque aussi célèbres que les « Princes Guerriers » de la Cité Blanche pour ses hauts fait d’armes. Par un heureux hasard, la date concordait avec les vingt-cinq printemps de Morwyn, et Alvalien accepta promptement, espérant que son fils aîné participe aux jeux, ne serait-ce que pour affronter Valarion…

    --------------------

    Spoiler:
     

    Des fanions avaient été suspendus aux ruelles bondées et flottaient avec panache au-dessus d’un char aux motifs d’or et d’argent. Ce dernier était conduit par un héraut Taulmarian au visage solennelle. Derrière lui, deux Sindarin à l’expression faussement détendue se contentaient de saluer la foule avec des gestes de convenance tandis qu’un sourire diplomate éveillait leurs lèvres pâles. Ils se ressemblaient mais paraissaient à la fois radicalement différent. Le char du père et du fils traversa les rues bondées avec une grâce divine…

    Cela faisait plus de trois heure qu’Anthiphon, le fils cadet du maire d’Elusia attendait sur la grande place pour accueillir les athlètes de Taulmaril et, il l’espérait, le Conseiller Alvalien et son fils aîné dont la renommé, à l’égale de sa beauté légendaire, avait été vanté à travers tout le continent de Cebrenia. Un sourire espiègle se mua sur son visage poupon. Il espérait que la seconde rumeur était plus vraie que la première…
    …peut être qu’avec un peu de chance, Morwyn aurait, tout comme lui, un goût bien plus prononcé à l’égard de la gente masculine…
    …grâce aux Dieux, le char de Taulmaril arriva.
    Il y avait désormais du mouvement sur la Place des Flots, et la procession fut précédée par un second char conduit par Azrayen et Soltaryl. Anthiphon reporta son attention sur celui de tête. Il voulait voir Morwyn…
    …plusieurs hommes descendirent sur la place. Le premier portait un bouc noir et une armure propice à la garnison de Taulmaril, il fut suivit par un Sindarin d’âge mûr aux vêtements sophistiqué et à la mine réjouie . Le troisième…
    …était un dieu !

    Anthiphon ne pu détacher son regard du jeune guerrier à la tunique blanche rebrodé d’or. Son corps était doré par le soleil, ses muscles élégants et bien dessinés. Son visage était le plus beau qu’il lui avait jamais été permis de voir. Ses yeux d’un bleu saphir, ses pommettes hautes, ses lèvres pleines au-dessus d’un menton volontaire…tout en lui était extraordinaire.
    Anthiphon en oublia son impatience, et sa bouche s’assécha.

    D’autres hommes, des officiers, rejoignirent la place en même temps que le maire d’Elusia, et Anthiphon se força à détourner les yeux du splendide Sindarin. L’accueille fut chaleureuse et les deux hommes se prirent dans les bras comme de vieux amis…les présentations continuèrent ainsi jusqu’à ce qu’Anthiphon se trouve devant le bel adonis, pareil à un dieu, Morwyn.


    « J’ai entendu des récits merveilleux de ta bravoure. C’est un grand honneur pour nous que tu sois venu dans notre cité. »

    Un sourire éblouissant se dessina sur les lèvres de Morwyn, et Anthiphon réprima une vague de désire. Son regard était aussi doux qu’un voile de soie…et pourtant…il y avait quelque chose dans ces yeux-là. Quelque chose de sombre et lointain qui semblait cacher une grande tristesse.

    Morwyn : « Moi aussi, j’ai entendu dire des merveilles sur Elusia. »

    Dit le Sindarin en s’inclinant avec politesse devant le sourire émerveillé d’Anthiphon.
    …les syllabes accentuées de ses paroles, les vibrements chauds et mélodieux de sa voix de basse. Tout le rendait désirable.


    « Comptes-tu participer aux jeux ? »

    Morwyn : « Non je le crains fort. Ma place sera dans les tribunes avec mon frère. »

    « C’est fort dommage, Valarion rêvait de se mesurer à toi au cours des épreuves de lutte. »

    Morwyn : « Est-t-il si fort que cela ? »

    Demanda le Taulmarian, plus par désire d’entretenir la conversation que par aspiration personnelle.

    « Je ne suis pas certain de pouvoir l’affirmer. » Répondit honnêtement Anthiphon. « Valarion n’est pas un homme. Il est comme toi, un jeune dieu. De simples humains ne peuvent pas émettre de jugement sur ces questions ».

    Morwyn rit franchement.

    Morwyn : « Mon propre jugement me souffle que tu en dit bien trop. Je t’aime bien Anthiphon, viens dîner avec nous un de ces soirs. »

    Puis il s’éloigna.
    Le maire fit monter Alvalien dans son char, tandis que les autres officiers et les dignitaires montaient à pied la pente qui menait au palais de la Cité de l’Eau.

    Anthiphon resta où il était, perdu dans son émerveillement…
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MessageSujet: Re: Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours]   Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] Icon_minitimeSam 25 Déc - 19:25

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    Les jeux se déroulèrent dans une ambiance presque électrique.
    En l’espace d’une semaine, Elusia s’était transformée en un théâtre d’animations vivantes lorsqu’une foule venue des quatre coins de Cebrenia s’amassa autours des murailles en une prolongation de dôme voilée de soie et de campements de fortune, faute de tavernes à exploiter. Les épreuves de tir à l’arc et de course à pieds débutèrent peut après la grande cérémonie d’ouverture…bientôt suivit par les courses de char, le lancé de disque, et…ce que tout le monde attendait, les combats de lutte…domaine privilégié de Valarion. Un homme qui ne cessa de harceler Morwyn durant les banquets donnés par son père…détails que le jeune Livariel ignora avec une courtoisie joviale, préférant d'avantage reporter son attention sur Azrayen dont la conduite semblait cacher quelque chose…

    …cela, il l’avait remarqué depuis le début des festivité…

    …son oncle semblait passer plus de temps avec le maire d’Elusia qu’avec son propre frère. Alvalien était volontairement tenu à l’écart. Il avait bien tenté d’en glisser un mot à son père, mais depuis la mort de sa femme, l’homme avait finit par se refermer sur lui-même, tant et si bien que le dialogue en était devenu presque impossible…

    …les dernières épreuves ne tardèrent pas à arriver. Des épreuves que tous attendaient avec impatience car elles répondaient au domaine privilégier de Valarion, le champion d’Elusia.

    --------------------

    À mesure que la journée avançait, la chaleur devenait de plus en plus torride…la final du tournois de tir à l’arc fut gagnée par un jeune Sindarin de Canopée. Vers la fin de l’après-midi, on enleva les cordes qui retenaient la foule, et des milliers de spectateurs envahirent le stade, avides de voir le dernier combat, où le puissant Valarion gagnerait la couronne de laurier du champion.
    Le bel athlète traversa le terrain découvert. Il portait un court pagne de cuire souple, et il était torse nu, ses cheveux sombres comme la nuit attachés derrière sa nuque. S’arrêtant devant la loge sur laquelle étaient montés Alvalien et ses deux fils, il scanda.


    « Je viens juste d’apprendre que mon adversaire avait été blessé. Il a trébuché en venant au stade et s’est cassé deux doigts. Il ne pourra pas combattre aujourd’hui. »

    Un rugissement de déception monta de la foule et Morwyn eut un imperceptible plissement d’yeux. Il était persuadé que l’histoire était fausse…il senti le danger arriver.

    « Néanmoins… » Reprit Valarion à l’adresse d’Alvalien. « …il me semble que les spectateurs rassemblés ici méritent de voir une compétition. Pourquoi ne pas autoriser une joute amicale ? On me dit que votre fils, Morwyn, est un excellent combattant. Je me considérerais honoré de me mesurer à lui, et je suis sûr que le peuple d’Elusia serait ravi ! »

    Une ovation éclata, et la foule scanda.

    « Morwyn ! Morwyn ! »

    L’œil d’Alvalien s’alluma, et pour la première fois, Morwyn fixa son père avec un regard encore plus froid que les glaces de Cimmeria…cet homme ne pouvait pas concevoir que son fils puisse être vaincu. Pour Alvalien, Morwyn était, avec son frère, l’incarnation pure de Taulmaril et ne pouvait donc être vaincu…avait-t-il la mémoire si courte pour oublier ce qui s’était produit trois ans plus tôt, lorsqu’Arshela avait perdu la vie ? Le premier des dix conseillers de Taulmaril leva la main pour réclamer le silence et se tourna vers son fils.

    « Feras-tu honneur à Taulmaril en acceptant ce défi ? »

    Morwyn se leva, l’expression fermée.

    Morwyn : « Comme toujours, j’obéirais aux ordres de mon père. »

    Sa voix d’ordinaire si agréable à l’écoute était encore plus dure que de la pierre…
    …il descendit de l’estrade, enleva sa ceinture ornée de pierres précieuses et sa tunique. Un soldat lui apporta un pagne de cuir, qu’il enroula autour de sa taille.
    Soltaryl le rejoignit.


    « Tu es conscient que ce ne sera pas une joute amicale… ? »

    C’était la première fois qu’il lui adressait la parole depuis le début des jeux.
    Morwyn soupira.


    Morwyn : « Bien entendu, je sais qu’il s’agira de sang et d’humiliation. »

    --------------------

    Plus de vingt mille personnes étaient présentes pour le combat, même si seulement un dixième d’entre elles pouvait affirmer avoir réellement vu le déroulement de la lutte. Les gens situés plus loin que les quelque premiers rang apercevaient parfois les deux hommes, sans plus, et ceux qui étaient à l’arrière devaient se contenter des hurlements de la foule. Pourtant, des dizaines d’années plus tard, des hommes de tout Cebrenia raconteraient que leurs pères ou leurs grands-pères avaient assisté de près aux évènements. Des bardes chanteraient ce combat, affirmant que Delil et les dieux d’Istheria était venu à Elusia ce jour-là, déguisés en mortels, et qu’ils avaient parié la propriété des étoiles sur l’issue du combat…

    …mais Soltaryl ne vit aucun dieu de là où il était.
    Il vit deux hommes fiers, dans toute la vigueur de leur jeunesse et de leur force, s’affronter sous un soleil de plomb…et son frère était l’un d’eux. Valarion attaqua le premier…il feinta du gauche, avant d’écraser son poing droit sur le visage de Morwyn. Le champion Taulmarien répondit par un uppercut qui s’enfonça dans le ventre de son adversaire, puis par un crochet du gauche qui effleura la tempe de Valarion. Ils se séparèrent et recommencèrent à se tourner autour…la fois suivante ce fut Morwyn qui passa à l’attaque. L’Elusien tituba sous un direct du gauche, puis passa sous la garde de son adversaire et lui infligea une série de coup qui le forcèrent à reculer…ils étaient rapides comme l’éclair, chacun s’écrasant sur le visage de Morwyn qui du bloquer avec ses avant-bras, puis contre-attaque par un crochet du gauche qui frappa violemment Valarion à la joue.

    Valarion était plus grand et plus massif que Morwyn dont le physique était typiquement Sindarin, et il touchait plus rapidement son adversaire. Soltaryl regardait avec une attention tendu au moment ou les deux combattants se tournèrent autour une fois de plus. Il commençait à s’inquiéter réellement pour son frère.

    La journée passa lentement, et le soleil s’enfonça paresseusement dans la mer.
    Morwyn ralentissait et touchait Valarion de moins en moins souvent alors que l’Erusien semblait gagner des forces à mesure qu’il combattait. Le Sindarin mordit la poussière deux fois de plus…à ce moment, Soltaryl pensa que la fin était inéluctable. À chaque coup, les forces de son frères le quittaient un peu plus. Seuls le courage et l’orgueil le maintenaient debout.
    Valarion, sentant la victoire proche, fonça sur son opposant et lui flanqua un violent coup de poing au visage, l’envoyant bouler au sol.
    Morwyn atterrit sans grâce, resta un moment inerte et se remit péniblement debout, le dos voûté à essuyer le sang sur son visage..

    C’est alors que Valarion commis une terrible erreur.


    « Viens par là, chien de Taulmarian. J’ai encore pas mal de souffrance à t’infliger ! »

    Il y eut un bruit de verre renversé dans la tribune et tous les regards se tournèrent vers la loge d’Alvalien.
    Soltaryl son fils cadet avait tenté de sauter par-dessus la balustrade. Il affichait une mine empourprée et il fallut trois gardes pour le maîtriser.

    Valarion ne s’aperçut pas tout de suite du changement d’attitude sur le visage tuméfié de Morwyn…le jeune Sindarin releva la tête, et ses yeux pâles s’étrécirent. Puis étrangement, il sourit. L’autre gaillard fonça sur lui.
    Morwyn s’avança, bloqua son directe du droit et flanqua un uppercut dans le ventre de Valarion. Les poumons de l’Erusien se vidèrent de tout leur air. Puis un crochet du gauche s’abattit sur son front, déchirant l’une de ses arcades sourcilières. Valarion tenta de reculer, mais Morwyn lui assena une série de trempes qui lui éclatèrent les lèvres contre les dents. L’homme essaya désespérément de passer sous la garde du Taulmarian tout en se protégeant le visage de ses avant-bras, mais un uppercut passa sous ses coudes levés, et sa tête fut repoussée violemment en arrière. Il tituba, recula, mais il ne pu échapper à la suite…Morwyn le suivit, frappant encore et encore son visage tuméfié et ensanglanté. Du sang coulait dans ses yeux, et Valarion ne vit pas venir le coup qui termina le combat. Morwyn recula d’un pas, puis, de toutes ses forces, il frappa son opposant d’un direct explosif qui lui fit faire un tour complet sur lui-même avant qu’il ne s’affale, inconscient, dans la poussière.

    Des exclamations montèrent de la foule, mais Morwyn ne les entendit pas.
    Froidement, il se tourna et revint vers l’estrade où il souleva la couronne de laurier. Puis il s’avança sur Valarion et la laissa tomber sur sa poitrine. Les vivats éclatèrent, et il désigna du doigt le héros déchu…quand il parla, sa voix était aussi tranchante qu’une lame.


    Morwyn : « Honneur au puissant Valarion. Honneur au champion des jeux. »

    Du haut de l’estrade, le maire d’Elusia le foudroyait du regard…
    …Azrayen quant à lui, eut un sourire mauvais. Il paraissait étrangement calme, froid et calculateur…


    --------------------

    Taulmarian et Elusien quittèrent le stade séparément et les jeux finirent par se clôturer sans cérémonies aucune. La coutume souhaitant le dépars des invités de marques en dernier lieux, la famille Memorius Livariel dû rester jusqu’à ce que les rues de la Cité des Flots ne soient complètement vides de ses visiteurs.
    Une étrange tension avait commencé à naître dans les rues d’Elusia, et Azrayen s’absenta de plus en plus couramment de l’aile Ouest du palais réservée aux Conseillers de la Cité Blanche. Ce qui n’était pas sans inquiéter l’aîné des « Princes de Taulmaril »…
    …deux jours plus tard, lorsque l’heure du dépars sonna, Morwyn et Soltaryl reçurent une curieuse invitation à un banquet de la part du fils du maire. Sur le dos de la lettre, finement ouvragée, y était inscrit une phrase d’excuse suivit d’une kyrielle de consternations apparemment éprouvées par Valarion, l’organisateur attitré dudit banquet. En toute logique la missive laissait suggérer une tentative fortement appuyée pour calmer les tensions et effacer par une rencontre amicale l’affront qui venait d’être fait aux deux cités, cependant…Morwyn vit bien plus loin que cela. Il y avait dans cette lettre une froide menace au goût amère. Soltaryl ne l’entendit pas de cette oreille…et ce fut finalement sous les supplications de ce dernier que Morwyn du se forcer à accepter. Comment le pourrait-t-il d’ailleurs… ? Soltaryl était ce qu’il avait de plus précieux en ce bas monde…rares étaient les fois où il avait pu se soustraire aux besoins de ce dernier. Surtout lorsque cela les concernait tous les deux…

    Après une dernière mise en garde, Morwyn finit par acquiescer, et les deux hommes se retrouvèrent bientôt seul, à marcher dans la nuit froide qui englobait les rues marines d’Elusia…

    …ce qui du arriver arriva. Ce fut tout d’abord un bruis imperceptible dans le dos des deux garçons suivit d’un nouveau raclement de bottes, bientôt précédé du crissement d’une lame que l’on tirait de son fourreau. Et le combat éclata au détour d’une ruelle isolée. La rixe fut de courtes durée car le nombre d’assaillant dépassait toutes hypothèses. Soltaryl s’effondra, son épée fendu par un coup de hache qui lui déchira la gorge, sous le regard impuissant de son frère toujours aux prises avec ses opposants…difficilement, il parvint à s’approcher de l’endroit où Sol’ gisait, inerte, mais fut stoppé par la morsure d’une lame qui s’enfonçait cruellement dans son dos. Il repoussa son assaillant d’une violente bourrade mais trois autre point de douleurs prirent naissance au creux de ses reins. Il s’écroula à son tour…
    …la dernière chose qu’il vit lorsqu’un glaive plongea dans les abîmes de son cœur, fut le visage d’Azrayen, à moitié plongé dans l’ombre sous son capuchon d’armorweave…

    Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] 872390Eschyle__s_Dead

    La nouvelle bouleversa Cebrenia tout entière…les gardiens de la Cité Blanche… ? Disparus… ? Comment était-ce possible… ? On refusa tout d’abord d’accepter la nouvelle, prétextant une sombre farce de la part d’Alvalien ou une simple rumeur sans fondement, qui n’avait été dicté que pour justifier l’absence des princes. Mais lorsque deux corps furent retrouvés dans les égouts d’Elusia, le ver de la stupeur prit lentement forme dans le cœur des habitants de Taulmaril. Et la nouvelle tomba avec une insatiable cruauté. Il s’agissait bel et bien de Morwyn et Soltaryl.

    Les obsèques eurent lieux dans la Cité Blanche et ils fut dit que les gens vinrent de tout Cebrenia pour assister à la marche funèbre jusqu’aux tombeaux sacrées à l’extérieur de la ville. Une semaine entière de deuil fut organisé et une brume étrange s’installa autour de Taulmaril durant cette sombre période…
    …la légende dit qu’Alavalien, ne pouvant supporter la perte de ses fils bien aimés, se laissa mourir de chagrin.

    Le poste de Premier Conseiller revint à Azrayen, son frère aîné…
    …c’est alors que Taulmaril entra dans ce qui marquera le début d’une longue période d’agitation politique…à cette époque, nul n’avait encore idée des conséquences d’un tel changement. Mais il était une chose qui demeurait indéniable…

    …Azrayen avait bel et bien semé les graines de ce qui entraînerait un jour la chute du joyaux de Cebrenia.


Dernière édition par Morwyn le Dim 26 Déc - 15:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours]   Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] Icon_minitimeDim 26 Déc - 22:12

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Partie II : Revenu d’Outre-tombe



    Le Sindarin n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il se trouvait, si ce n'est que le ciel était gris et triste, et qu'il n'y avait ni arbres, ni fleurs, ni herbe. Tout autour de lui, les flancs de colline étaient recouverts de poussière sombre, et de grand rochers couleur de fumée saillaient de terre. Il sentit une douleur et baissa les yeux vers sa poitrine. Une flamme chatoyait sur sa peau, consumant la chaire qui se mit à noircir autour d'elle. Il essaya de l'éteindre avec sa main, mais la flamme continua de brûler,
    Quelque chose bougea sur sa droite. Il se retourna, cimeterre au clair, et vit un énorme serpent glisser dans sa direction. Il était incolore et laissait dans la poussière une traînée de bave blanchâtre sur son passage. Le Sindarin recula devant cette créature. Tout à coup, elle se dressa, et la tête se précipita vers lui. L'espace d'un instant le choc le laissa pantelant. La tête du serpent était humaine...mais ses crocs étaient aussi long que des lames de poignards.
    L'autre plissa les yeux devant l'apparition et ses prunelles saphir devinrent aussi froides que de la glace...
    ...il entra en action, tranchant dans un mouvement inhumain le cou écailleux du serpent qui chuta lourdement sur le sol. La créature disparut aussitôt. Mais de plus en plus de bêtes sortirent de derrières les rochers, et le Sindarin sentit ses cheveux se hérisser en les entendant gémir. Il se prépara, le cimeterre à la main, et regarda les monstres s'approcher de lui. Certains glissaient sur leur ventre râpeux, d'autres rampaient, s'aidant de leurs griffes pour avancer. Mais les plus nombreux se déplaçaient à quatre pattes, et le regardaient méchamment de leurs yeux jaunes et brillants. Une chose à écaille se rua sur lui et bondit. Il avança au contact et lui transperça la poitrine d'un estoc vicieux.

    Elle aussi disparut aussitôt.

    Il recula le long de la pente en direction du sommet. À présent il y avait prêt d'une centaine de ces créatures, et pourtant d'autres encore arrivaient. Toutes avaient une apparence démoniaque, mais elles arboraient pourtant des caractéristiques humaines...
    ...certaines dans leurs yeux, d'autres dans leurs traits ou leurs membres.
    La flamme brûlait toujours sur la poitrine du Sindarin, mais il ne se sentait pas faible pour autant. En revanche la douleur était intense. Le sol poussiéreux sous ses pieds était d'un gris cadavérique et tourbillonnait comme de la cendre autour de ses chevilles nues. Il ne se rappelait pas comment il était arrivé jusqu'ici...la seul chose dont il se souvenait était l'éclat argenté du glaive qui l'avait aveuglé, et le visage tordu de l'homme qui le maniait avant qu'il ne retrouve là...perdu sur le flanc de cette montagne sombre, sous un ciel gris sans étoile ni lune, et qu'il était en danger.
    Les bêtes se rapprochèrent mais il ne se déroba pas...il laissa le souvenir du visage de son meurtrier l'envahir. Un Sindarin, tout comme lui, dont les veines étaient gorgées d'un sang identique au sien.

    Et il se rappela de tout, la trahison, la peur, la douleur, la mort...
    ...et la perte de son frère cadet.

    La fureur déforma les traits de son beau visage et il puisa dans son désespoir pour y trouver de la force.
    Le guerrier s'engagea en tourbillonnant dans la mêlé, et de sa lame étincelante il se mit à décimer les créatures qui le chargeaient. Pratiquant des entailles diagonales dans leur carapaces écailleuses, mettant en pièces leurs appendices difformes. Le ballet dura et dura encore jusqu'à ce qu'il finisse par perdre lui-même toute notion du temps. Il laissait la haine couler en lui comme du métal en fusion...inondant ses veines dans un torrent de flammes liquide. Tout autour de lui, le sol était gorgé du fluide visqueux que répendaient ses assaillant à chaque fois que le cimeterre faisait mouche...un sang noir et charbonneux. Les bêtes se rapprochèrent. Il recula. Son corps était déchiré à plusieurs endroit et la douleur ne cessaient de s'accentuer. Il savait que bientôt, elles seraient assez prêt pour se jeter sur lui et qu'il n'avait aucune chance de les tuer toutes. La peur l'enveloppa comme une brume invisible, froide et implacable.

    Il continua de se battre, reculant toujours vers le sommet jusqu'à ce que son dos ne heurte un mur de verre noir et brillant, tranchant comme une dague. Il ne pouvait plus reculer. Il ressentit la joie des créature au milieu de leur brume de haine...elles se rassemblèrent pour former un demi-cercle autour de lui.
    Puis elles se ruèrent à l'attaque.
    Au même moment, une lumière vive éclata sur la scène, et, alors que le Sindarin tranchait et taillait de tout parts, il sentit une présence à ses côtés, le protégeant. Du coin de l'oeil il vit une épée de lumière fendre les ténèbres. Une fois encore, les bêtes reculèrent. Une raie de clarté les poursuivit à toute vitesse, et l'épée alla se ficher dans la terre grise, traçant une longue ligne incurvé dans la poussière. Un feu ardent jaillit le long de cette ligne, jusque dans les airs, formant un demi-cercle de flammes dorées à travers lesquelles les bêtes ne pouvaient pas passer.

    le Sindarin à la chevelure solaire resta là, les yeux écarquillés sur l'épée plantée à quelque pas de lui, il ressenti quelque chose de chaud se poser sur son coeur et une voix douce retenti dans son esprit.


    "Enserre le pommeau de l'arme, Fais le vite, ou toi et moi resterons à jamais prisonniers de cet endroit."

    La barrière vacilla avant de se fissurer lorsque la masse grouillante s'aglutina dessus.
    Le guerrier plongea, la main tendu vers l'épée qu'il effleura du bout des doigts.

    Et la réalité disparu dans un halo de lumière blanche.


--------------------

    Ses yeux s'ouvrirent sur les ténèbres d'un autre monde...un monde froid et moite qui agressait ses sens et engourdissait ses membres. Morwyn fut prit de tremblement et resta là, à tenter de retrouver son souffle dans l'espace clos et confiné à l'intérieur duquel il était enfermé. Du moins le cru-t-il lorsqu'il réalisa avec stupéfaction qu'aucune bouffé ne s'échappait de sa gorge à chaque expiration. Il tenta à nouveau d'avaler de l'air mais rien n'y fit...il ne parvenait tout simplement pas à respirer. Malgré tout, il se sentait incroyablement bien, comme si, malgré l'engourdissement, son corps était emplie d'une vigueur nouvelle. Quelque chose de fort et doux à la fois, qu'il n'avait jamais éprouvé auparavant. Il entendit un bruit au-dessus de sa tête et sentit qu'on raclait contre la pierre qui l'enfermait. Le plafond, situé à quelque mètres de son visage oscillat par intermitence mais ne bougea pas. Morwyn posa ses mains contre le grès dure et lisse, et poussa de toute ses force, Le lourd couvercle de roc glissa sur le côté avant de se fracasser au sol dans un tintement assourdissant. Ses paupières se plissèrent lorsqu'il discerna une forme penchée au-dessus de lui et il se redressa. L'homme recula. Il avait de long cheveux auburn et son armure étincelait comme de l'or sous la lumière tamisée des torches. Son visage harmonieux se fendit d'un sourire qui fit pétiller ses yeux de biche, aussi sombre que des perles d'obsidienne.

    "Hmm...tu te réveilles enfin. Je dois dire qu'il n'a pas été aisé de te trouver, Morwyn Memorius Livariel."

    Sans quitter l'homme du regard, Morwyn bascula sur le côté, tentant de rechercher la garde de Ramaliel au coin de sa hanche. Il ne la trouva pas, et sa main effleura la chair nu de ses reins. Sa peau était anormalement froide, et il constata qu'il n'était vêtu que d'un ample tissu blanc, le genre d'apparat que l'on ne réservait qu'aux morts dans le folklor de Taulmaril. Il baissa les yeux et fut prit de stupeur. Ses bras et ses hanches avaient la teinte du crépuscule.

    "Doucement..."

    Dit l'autre en se rapprochant et en le prenant par les épaules.

    "Le choc est encore rude pour toi mais il passera. Beaucoup de chose ont changer à présent."

    Morwyn : "Que m'est-il arrivé...et qui êtes vous ?"

    Demanda Morwyn d'une voix étonnement calme malgré la confusion de son esprit. Son regard ne s'était pas détaché de ses mains couleur ébènes.

    "Toi et ton frère avez été assassiné", répondit l'autre, "c'est ton oncle, Azrayen, qui a formenté le coup d'état. À présent, c'est lui qui règne sur Taulmaril..."

    La colère monta dans le coeur du ténébreux lorsqu'il se remémora la scène dans les ruelles d'Élusia...
    ...et fut bientôt succédé par la tristesse lorsqu'il revit la hache fendre la gorge de Soltaryl.


    Morwyn : "..."

    "Quand à savoir qui je suis, sache seulement que je me nomme Dardalion et que toi et moi sommes lié dès maintenant."

    Morwyn : "C'est votre voix que j'ai entendu dans les ténèbres, tout à l'heure."

    Déclara le bel adonis sur le même ton calme et monocorde que tout à l'heure.

    "J'ai ce don oui. Une chance que je sois arrivé à temps, sans quoi tu serais resté bloqué dans l'entre-monde. Le "Val des Perdu" comme je me plais à l'appeller, un endroit pour les damnés. Tes ennemis étaient autrefois des êtres de chaire et de sang comme toi et moi. À présent, ils errent là-bas, maudits et désespérés..."

    Morwyn : "Pourquoi m'ont-t-ils attaqué ?"

    "C'est toi qui les as attirés. Tu n'es ni vivant ni mort, et ton esprit les as brûlé en leur rappelant ce qu'ils avaient perdu. Ils devaient te détruire pour mettre un terme à leur souffrances. Tu aurais finit pas devenir l'un d'eux si tu étais resté..."

    Un sombre sourire se mua sur les lèvres de Morwyn.

    Morwyn : "Si c'est une plaisanterie, elle n'a rien de drôle..."

    Pour toute réponse l'homme désigna la petite fontaine mortuaire entre sa tombe et celle de Soltaryl.

    "Regarde à l'intérieur."

    Sans un mot, il s'avança vers l'eau stagnante...
    ...et un frisson lui parcourut l'échine lorsqu'il avisa son reflet sur la surface crystaline.
    Ce n'était pas Morwyn Livariel qu'il contemplait, mais un parfait inconnu. Son visage, sa chaire et son corps d'athlète étaient d'un noir d'ébène et luisaient comme du lustre sous la clarté des torches. Ses yeux d'ordinaire si bleu s'était mué en améthyste et sa longue chevelure de blé avait prit une décoloration anormalement pâle, presque cireuse. Le contraste était choquant tant il ne ressemblait plus à ce qu'il avait été par le passé.


    "Tu es magnifique." Murmura Dardalion.

    Morwyn ne répondit pas, ses épaules tressautèrent et il se mit à rire. Un rire sombre et froid, emplie d'une sonorité à vous glacer l'échine. L'homme se servit de ses dons d'empathie pour voir à travers le coeur de son compagnon. Il fut frappé par un voile de douleur brut et de tristesse.

    Morwyn : "...et c'est ainsi que l'ange devint monstre." Déclara le Gorgoroth avec un cynisme emplie d'ironie.

    Dardalion soupira.

    "Non...tu n'es pas un monstre, sans quoi je ne serais jamais venu à ta rencontre.

    Morwyn : "Expliquez-vous."

    "L'histoire que j'ai à te raconter va sans doute te paraître invraisemblable, néanmoins j'aimerais que tu m'écoute jusqu'au bout." Il marqua une courte pause, attendant que son interlocuteur se calme et que toute son attention soit reporté sur lui. "Je n'ai rien d'un mystique, mais je possède certains dons que tu as déjà pu découvrir par toi-même. À commencer par la capacité à projeter ma conscience dans l'entre-monde. Durant ma jeunesse j'ai également vu qu'il m'était possible d'interpréter certaines lignes de l'avenir, et ce que j'y ai vu m'a révulser. Une guerre se prépare Morwyn, une guerre inévitable et qui prendra son incipit à travers les actes de ton oncle, Azrayen. Cette guerre va plonger Istheria dans la souffrance et Taulmaril en pâtira. Je n'ai pas réussit à me projeter aussi loin dans le futur et j'ignore ce qu'il nous réserve mais je sais une chose, c'est que toi, moi, et une poignée d'autres avons été choisit pour y jouer...un certain rôle. Il existe sur ce monde cinq reliques, des armures d'or forgé dans un ancien temps. Ces armures ont été perdues des décennies avant notre ère mais le hasard, ou le destin va savoir, m'a permis de les mettre à jour. Elle n'ont aucun pouvoir particulier si ce n'est celui d'apporter l'espoir et la paix la où le monde en a besoin."

    Un nouveau sourire éclaira les lèvres sombres de Morwyn.

    Morwyn : "...et laissez-moi deviner. Votre souhait serait de me voir enfourcher un cheval blanc pour me faire parader, fringuant et rutilant à vos côté afin de répandre espoir et paix en Istheria, c'est bien cela....?"

    "Pas nécessairement blanc, mais...oui, c'est un peu ça mon sombre ami. Et tu va le faire. Tu sais pourquoi, parce que j'ai vu ton avenir, et parce qu'il ne te reste désormais plus aucun choix apparent si ce n'est celui de me suivre, car ton passé et mort en même temps que ton existence en tant que prince et Sindarin."

    Morwyn : "Foutaise..." déclara l'adonis, "...mais je vais tout de même vous suivre. Non pas pour les raisons que vous chérissez tant, mais parce que je veux voir Azrayen gémir et saigner à mes pieds en demandant pardon pour le mal qu'il nous à fait, à moi et à mon frère bien-aimé."

    "C'est une conception de la chose..."

    Dit Dardalion sur un temps égale.

    Mais il savait très bien que c'était faux. Le coeur de Morwyn avait peut être été envahit par des ténèbres nouvelles mais il ne mentait pas. Derrière le voile d'ombre brillait quelque chose de si doux, de tellement chaud. Une clarté enfouie, mêlé à l'obscurité de la vengeance morbide qui reignait en équilibre à travers l'âme du beau Gorgoroth.
    Bien qu'il y est toujours "quelque chose" tapis sous la surface, il le savait, cette clarté allait s'épanouir avec le temps. Restait à savoir si Morwyn réussirait à brider la créature à sang froid qu'Azrayen avait instauré en lui.
    À moins que cette créature ne fusse déjà là par le passé, car en fouillant l'esprit du ténébreux il y avait vu une horreur tapis depuis quelque temps déjà. Cette horreur remontait à six ans en arrière, à l'époque où le "Prince de Taulmaril" avait perdu sa mère entre les griffes du Lhurgoyf Asmodée. Il avait vu la scène à travers les lignes du temps et percé à jour une poignée de secrets à son encontre. Le premier étant que Morwyn, sans le savoir, s'était emparé d'une partie de son essence à travers le baisé sanglant qu'il lui avait infligé...
    ...quand au second...Dardalion l'avait découvert par hasard lorsque Miriel, sa défunte épouse était tombée sur les restes d'Asmodée et avait trouvé deux petit corps emmitouflé dans une serviette de lin. Deux jumeaux, une fille et un garçon. Elle avait voyagé avec eux jusqu'à Phelgra et les avait abandonné quelque part dans la cité d'Umbriel, là où ils pourraient grandir au milieu de la race et du monde qui étaient le leur. En creusant dans l'avenir, il avait comprit que ces jumeaux étaient les enfants d'Asmodée, et deux noms s'étaient imposés à lui lorsqu'il avait effleuré leur destiné...

    ...Jézabel et Ékzékiel.
    Mais ça...

    ...c'était une autre histoire.


Dernière édition par Morwyn le Lun 27 Déc - 18:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours]   Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] Icon_minitimeLun 27 Déc - 18:22

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Partie III : La naissance de Démone-Lame

Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] 373821DmoneLameBorn

    Deux jours plus tard, un prêtre Taulmarian gravissait à la hâte les marches du palais en clamant que le mausolée avait été pillé. Le corps de Morwyn avait disparu, et l'épée brisée de Soltaryl demeurait introuvable. Azrayen envoya des héraults à travers tout le royaume qui promirent luxe et richesse pour qui ramènerait l'épée où la dépouille à Taulmaril. La nouvelle provoqua l'effervescence et en quelque mois, Cebrenia vit quantité de mercenaires fourmiller à travers ses contrées dans l'espoirs de pouvoir mettre la main sur ces précieuses reliques...

    Au même moment Dardalion, un jeune noble de la cité de Tyrhénium obtenait l'autorisation du roi concernant la création d'un groupe indépendant en charge de la protection du royaume. Constamment affaibli, ce dernier, était en proie à de nombreux raids en provenance de Phelgra qui avait réussit à étendre son influence jusqu'aux gorges de Paramis, marquant la périphérie des contrées d'Éridania avec le pays sombre. Cinq légions furent crées avec à leur tête un général vêtu d'une armure d'or. Forcé de disparaître pendant un temps, Morwyn revêtit l'armure de l'Hydre et prit le nom de Démone-Lame sous les traits du général de la deuxième légion. Un chevalier aux origines inconnus dont le visage était toujours dissimulé par un heaume à ailes d'argents qui ne laissait transparaître qu'une paire de prunelles scintillantes d'un mauve imperméable. Au dépars peut aimé, et sujet à de nombreux ragots sur ses ascendances, Démone-Lame changea subtilement d'images à la suite des ses campagnes mené contre Phelgra. Il fut le premier à se dresser face au cavaliers de Sharna qui finirent par être repoussés derrières les frontières après plus de trente années de querelles intestines.

    Les chevaliers d'Oris étaient nés.

    Cette victoire marqua le début de leur renommé...
    ...et le prologue d'une longue spiral qui les conduirait jusqu'à une guerre certaine.

    Une décennie plus tard, Azrayen, qui avait depuis longtemps eut vent de ce nouvel Ordre convia deux de leur meilleurs chevaliers à un grand tournois organisé à Taulmaril. À la clef : la promesse d'une alliance sûre, et des fonds destinés à l'extension de leur guilde. Sentant une menace à travers cette invitation, Morwyn alla trouver Dardalion et le mit en garde face à cette offre aussi alléchante soit-t-elle. À la suite d'un long débat, le ténébreux finit par se porter volontaire pour participer à la compétition sous les traits de Démone-Lame, assurant son frère d'arme que la vengeance serait mise de côté au profit d'une enquête minutieuse.

    Chose que Dardalion accepta à contre-coeur.


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    Spoiler:
     

    Des fanions rouge et or tourbillonnaient au-dessus de l'acropole qui englobait l'arène. Alors qu'un soleil de plomb inondait les toits de Taulmaril, la foule était en effervescence. La journée avait été longue et riche en émotions. Depuis le début du tournois, les joute s'étaient succédées et au fur et à mesure que les participants mordaient la poussière, l'attention s'était subrepticement portée sur les deux chevaliers qui avaient mené la danse : Aldarion du Griffon et Démone-Lame de l'Hydre, les envoyés d'Eridania. Aldarion avait été éliminé juste avant la final, et à présent il ne restait plus que Démone-Lame dans l'arène, face à Karnak, un guerrier tribal originaire de Lokram. Karnak était un géant à l'allure imposante, doté d'une corpulence herculéenne, il avait des épaules que l'on devinait lourdement musclé sous ses plaques d'armures et un cou de taureau où l'on voyait palpiter les veines et saillir les muscles. Son crâne chauve était pointu comme si sa peau avait été tendue sous un heaume en barbute. Il brandissait une hache gigantesque qui soulevait d'épais nuages de sable à chaque fois qu'elle s'abattait sur le sol, à quelque centimètres de sa cible.
    Démone-Lame, quant à lui, adoptait un tout autre style. Sa carrure à la fois puissante et aérienne était marquée par l'élégance, Il était intégralement recouvert d'une armure d'or qui le faisait ressembler à un héros antique avec sa longue cape bleu nuit qui volait sauvagement derrière son dos. Son visage était invisible derrière le heaume ailé qui lui servait de seconde peau et il se battait avec une grâce stylistique terrifiante. Plongeant, bondissant, esquivant et parant avec le glaive qu'il avait pioché dans l'armurerie de la cité. À l'instar de Karnak il était venu sans armes. Une vétille bien étrange qui avait suscité de nombreuses interrogations. Aux yeux des Taulmarian il était passé pour un original...

    ...la vérité était cependant bien différente.

    Morwyn avait volontairement laissé Wyverne, son cimeterre, à Tyrhénium.
    Il y avait deux raisons à cela. la première étant que l'arme avait été forgé à partir des restes de la lame brisé de Soltaryl, et la seconde...était qu'il soupçonnait Azrayen de se souvenir du style de combat, un peu particulier, qu'avait l'habitude d'adopter son défunt neveu.
    Il n'avait pas lésiné sur les précautions.

    Karnak joua sur sa force physique et le repoussa d'un mouvement latérale. Le ténébreux dévia le coup par une succession de frappes sur la hache tendu avant de trancher sur le côté, l'autre voulu bloquer mais ne comprit que trop tard la feinte de son adversaire lorsque celui-ci inversa son élan et lui envoya sa jambe tendu en pleine face. Il y eut un craquement écoeurant lorsque son coup percuta le nez du Berserker qui se mit à saigner, mais Démone-Lame n'y prit pas attention et poussa son avantage en avant lorsqu'il fit siffler son glaive sous le visage de son opposant. Chose incroyable Karnak para toutes ses attaques et, hache au clair, plongea en avant pour tenter tout bonnement de décapiter Morwyn...
    ...qui sourit sous son heaume lorsque la lame passa à un cheveux de sa gorge.
    Il s'était légèrement déporté sur la gauche et avait profité de son mouvement pour l'attaquer dans un tourbillon circulaire, Karnak fut effleuré au niveau du torse mais ne trahit aucun mouvement de surprise. Au contraire...avec une rapidité inhumaine il glissa sous l'arme du chevalier et réduisit son champs de vision par de larges arabesques scintillantes qui fouettèrent l'air à un pouce de son minois, si proche que Morwyn pu sentir un souffle passer entre la visière de son heaume et lui chatouiller le visage. Il ne recula pas et une gerbe d'étincelles jaillit dans l'air lorsque son glaive percuta de plein fouet la hache tendue.

    Le ballet dura de longues minutes sans qu'aucun des deux adversaires ne puisse prendre le dessus sur l'autre, en apparence ils paraissaient du même niveau. En apparence seulement. Certes le détail était infime, mais un observateur attentif aurait pu noter une cadence irrégulière, un tantinet trop lente dans les mouvements du géant, comme si chaques gestes commençaient à lui en coûter. Démone-Lame quant à lui se battait d'une façon désinvolte à la manière d'une mise en scène pré-éditée dont il en était le maestro, anticipant tout mouvement de son adversaire sans paraître franchement inquiet. Vu de l'extérieur, le combat ressemblait plutôt à un jeu inoffensif qu'à une lutte réelle, une pantomime amusante, rien de plus...
    ...à la différence que chaque coups, chaque feintes, chaque bottes jusqu'au plus petit détail...
    ...pouvaient entraîner la mort comme ça. En un simple battement de cils.

    Morwyn accula Karnak dans un coin...l'autre tenta à nouveau de feinter et de se servir de sa force physique mais le chevalier ne mordit pas à l'hameçon. Au contraire, il poussa sur son avantage en augmentant simplement sa vitesse. Ses mains disparurent du champs de vision de son adversaire qui peina à trouver une bravade. Il ne pû que reculer, encore et encore, jusqu'à ce que son dos ne heurte la surface dure des parois de l'arène

    C'est le moment que choisit Démone-Lame pour mettre fin au duel.

    Son poing jaillit et percuta la clavicule de Karnak qui se brisa. Surpris par la violence du coup, le géant lâcha sa hache que le chevalier attrapa au vol de sa main libre. Elle était incroyablement lourde, et Morwyn du jeter le glaive pour la saisir à deux mains. De toutes ses forces, il assena un coup verticale vers le visage de son adversaire qui ferma les yeux.

    Et l'arène fut plongée dans le silence...
    ...lentement, Karnak entrouvrit les paupières. La hache était immobile, et brillait sous le soleil à quelques centimètres de son front. Graduellement, il sentit un grondement sourd monter jusqu'à ses tympans et lui exploser dans les oreilles...
    ...il comprit qu'une ovation avait éclaté dans les gradins.


    « Démone-Lame ! Démone-Lame ! »

    Morwyn fit glisser la hache au côté du géant vaincu et se détourna, les yeux rivé vers la loge d'Azrayen au-dessus de lui. Celui-ci le regardait avec un grand sourire, et l'archange sombre senti une boule de glace rouler dans sa gorge et lui enfiévrer la poitrine. Aussitôt, plusieurs cor se mirent à sonner, couvrant le bruit de la foule en délire et les portes de l'arènes s'ouvrirent sur une colonne de soldat qui le rejoignirent. L'officier leva les bras en direction de la foule pour intimer le silence et s'adressa au Gorgoroth sur un ton râpeux.

    "Un bien beau combat, chevalier. Comme convenu, tu as gagner les faveurs de Taulmaril. Acceptes-tu de t'entretenir en privé avec notre Premier Conseiller ?"

    "Je suis au service d'Azrayen", répondit Morwyn d'une voix douce et calme.

    Deux heures plus tard, le stade aux dimensions colossales était quasiment désert si ce n'était les badeaux embauchés par la cité pour nettoyer l'arène et ramasser les ordures laissées par la plèbes qui s'accumulaient sur les gradins. Du haut du balcon, Morwyn regardait le spectacle avec des yeux pâles et mélancoliques. Le casque d'or qui masquait son visage ne laissait transparaître aucune de ses émotions.

    "Magnifique n'est-ce pas ?", dit une voix dans son dos.

    Morwyn : "..."

    "Sa construction à nécessité plus de dix ans. J'ai fait mandé les meilleurs architecte d'Isthéria pour édifier cette petite merveille."

    *Une merveille de mort.* Songea Morwyn.

    Azrayen n'avait donc pas chaumé durant le demi-siècle qui avait succédé à sa prise de pouvoir. Enfin, c'était une question de point de vue...
    La cité était presque identique à celle de ses souvenirs avec ses jardins fleuris et ses avenus d'argent aux structures toutes plus magnifiques les unes que les autres. à l'exception de la présence accrus des soldats, et d'un détail qui n'avait jamais existé à l'époque où il pouvait encore arpenter les rues à visage découvert. La présence de baraquement agglutinés les uns contre les autres devant les murailles de la cité haute. Il pullulaient à l'extérieur et la population qui y reignait semblait constitué de tous les rebus, mendiants, voleurs et autres indésirables dont Taulmaril ne voulait pas. Il avait vu la souffrance dans leur regard et un rictus de mépris s'était mué sur le beau visage de Démone-Lame. "Oh, comme tu sais si bien choyer ton peuple Azrayen. Des traines-savates et des tire-laine engueunillés. bientôt, la plèbe finira par t'aimer..."Devant lui, Aldarion s'était dévissé sur sa scelle et l'avait regardé, surpris avant de secouer la tête. Il n'avait pas comprit l'allusion de Morwyn et avait un peu plus creusé l'écart entre leur deux monture. Un geste qui n'avait pas surpris le prince déchu, Tant qu'il agirait en tant que Démone-Lame, il peinerait à se faire des relations parmi les chevaliers d'Oris. Dans l'immédiat il ne pouvait pas hôter son heaume et briser le voile d'intrigue qui pesait sur le visage de Morwyn. Pas encore...

    Il plongea ses yeux lavandes dans le regard acéré d'Azrayen.


    Morwyn : "...sans aucun doute sir Azrayen, mais bien que le sujet ne manque pas d'intéret à mes yeux, je suppose que vous ne m'avez pas sollicité pour me parler seulement d'architecture, je me trompe."

    Dit-t-il sur un ton placide.

    "Vous êtes direct et j'apprécie cette qualité...peu de gens le son dans mon entourage, mais je suppose que cela va de paire avec mon statut de Conseiller", rire ironique, "...mais, comme vous l'avez si bien souligné, c'est pour une tout autre raison que votre présence a été demandée. Voyez-vous, il se trouve que vous n'êtes pas les seuls à guerroyer avec Phelgra. Il y a peu, plusieurs espions ont été arrêté entre nos murs, nous les avons soumis à la question et il semblerait que tous aient évoqué une certaine guilde dont les membres se ferait appeller Cavalier de Sharna. Guilde que vous connaissez très bien, si je ne m'abuse..."

    Morwyn : "Je crois savoir où vous voulez en venir."

    "J'aimerais requérir vos services pour les tenir à l'écart de Cebrenia. Et je dois dire que, malgré la renommée de vos exploits, j'éprouvais encore un certain scepticisme quand à votre efficacité véritable, mais ce que j'ai vu dans l'arène a balayé mes doutes aussi sûrement qu'un château de carte. En d'autre terme, je suis prêt à payer ce qu'il faudra en échange de votre office."

    Morwyn : "Votre proposition est engageante, je dois l'avouer, mais il y a une chose que vous semblez omettre dans votre élan de bonne volonté, c'est que nous ne somme pas des mercenaires. Et puis...il y a un certain détail que j'aimerais connaître. Savez-vous pourquoi les cavaliers de Sharna ont envoyé des espions à Taulmaril."

    "Pas le moins du monde."


    Morwyn l'observa un instant, et Azrayen sentit son regard améthyste le traverser de part en part. Une impression de malaise grandi en lui. Il y avait quelque chose d'étrangement familier dans ces yeux-là. Et, il ne su pourquoi, mais il eut la sensation d'avoir déjà rencontré ce Démone-Lame par le passé.

    Morwyn : "Je vois..."

    Fit l'adonis sur un ton parfaitement calme.
    À présent il en était certain...Azrayen mentait. Les cavalier de Sharna était des êtres de sang et de chaos, qui pillaient et asservissait tout sur leur passage. Ils ne s'embarrassaient pas d'espion où de méthodes promptes à ces réseaux "Cosa Nostra" qui sévissaient en milieu urbain. Pour atteindre leurs objectifs, ils se contentaient de venir et d'écraser.

    Un plan germa dans son esprit.


    Morwyn : "J'accepte votre offre sous deux conditions. La première : les chevalier d'Oris ne se mêleront pas aux troupes de Cebrenia ni autre garnison sous la bannière de Taulmaril sauf pour leur porter assistance en cas de besoin. La seconde, nous avons carte blanche pour arpenter librement votre royaume sans aucune restriction."

    "Hmm...j'ai un peu de mal à cerner vos concepts mais soit, je vous accorde vos conditions."

    Morwyn : "Je vous en remercie. À présent si vous n'y voyez pas d'inconvénient je vais me retirer et faire part de notre accord au Prime-Chevalier."

    "Mais je vous en prie ç'aura été un plaisir. Enfin...avant que vous ne partiez j'aimerais savoir une chose. Vous et moi...
    ...nous serions nous déjà rencontré par le passé ?"


    Les yeux mauves se braquèrent une nouvelle fois sur Azrayen qui tressaillit. Pour une raison inexpliquable, ces prunelles l'incombaient. C'était étrange, par le passé il n'avait jamais vraiment eut de mal à soutenir un regard étranger, bon ou hostile. Mais là...
    C'était troublant.


    Morwyn : "C'est possible, Conseiller Azrayen. Pour moi-aussi, ç'aura été un plaisir."

    Sur ce, il s'en alla.

    De longues minutes s'écoulèrent et une étagère mural pivota sur elle-même pour laisser passer une silhouette sombre. Le nouveau venu avait de longs cheveux foncés. Son apparence sortait de l'ordinaire avec sa cape à haut col et ses bottines noires, étroitement serrées, qui lui montaient à mi-mollet. Elles lui raidissaient les jambes comme les pattes d'un oiseaux et lui conférait de la sorte une démarche malhabile. À Lokram, la cité dont il était propriétaire, on l'avait surnommé "le Corbeau". Si l'on ajoutait à cela son long nez crochu, quiconque le voyait comprenait immédiatement la raison de ce sobriquet, et ce même des décennies plus tôt, avant que l'homme, plus connu sous le nom d'Arklem Greeth, ne revêtisse la cape à haut col pour la première fois. N'importe quel sorcier mineur percevait facilement la puissance magique émanant de ce vêtement. Ses muscles n'étaient pas noueux ni ses mains calleuses et contrairement à beaucoup de thaumaturge de son ampleur, il n'ornementait pas ses cheveux d'autres babiole et décoration ésothérique d'apparat.
    Et malgré tout, c'était le genre d'homme à monopoliser l'attention. Quand il parlait, chacun se penchait vers lui pour entendre le moindre de ses mots, et quand il lui arrivait de s'agiter, les gens sursautaient et lorgnaient nerveusement autour d'eux...

    ...sauf bien sûr le Zélos qui se tenait à ses côtés, légèrement en retrait. Ses bras épais étaient croisés sur sa poitrine en tonneau, et les lignes fluides des cordes de ses muscles étaient interrompues pas les tresses noires, ornée de perles, qui pendaient de son long bouc. Ses armes, une paire de morgensterns enchantées, étaient placées en diagonale dans son dos, à l'envers, si bien que leurs têtes à pointes dansaient au bout de leurs chaînes d'acier. Personne ne voulait se frotter à lui.
    "L'ami" d'Arklem Greeth, une montagne de muscles récemment importée de l'Est, avait provoqué une série de bagarres dans la cité qui avaient laissé ceux qui l'avaient affronté mort où regrettant de ne pas l'être.

    Azrayen ne cilla pas lorsque le sorcier s'assit en face de lui.
    Il saisit la petite cruche sombre posé devant le Sindarin et se servit un verre de vin.


    "Comme je l'avais prédit...", persifla-t-il. Sa voix était un pure poison. "...que dans son arrogance, Karnak finirait par se faire écraser."

    "C'était pourtant votre champion." Rétorqua le Prime-Conseiller, un demi sourire au coin des lèvres.

    "Un fou arrogant qui ne songeait qu'à la destruction. Son intellect n'avait d'égale que l'humiliation qu'il aura subi aujourd'hui. J'estime beaucoup ce Démone-Lame."

    "Qu'avez-cous ressenti lorsque vous avez envahit son esprit."


    Greeth eut un rictus.

    "Rien malheureusement. Son casque est pourvu d'un voile de protection, une belle astuce..", rire venimeux, "...c'est pourquoi j'ai du quelque peu forcer le pas en employant certain moyen outre-mesure. Et...à votre place je me méfierais, Conseiller Azrayen, oh oui...je me méfierais." Murmura-t-il comme pour lui-même en tripotant une petite figurine d'onyx en forme de panthère qu'il avait sorti de sous les plis de son manteau.

    Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] 748898Asherastatuette

    Sa dernière aquisition...

    "Qu'est-ce ?", demanda Azrayen.

    "Rien qui ne vous regarde." Ses prunelles scintillèrent. "...vous ne voulez donc rien savoir au sujet de ce Démone-Lame."

    Le noble Sindarin fit un signe de tête vers le Zelos.

    "Il est sourd.", expliqua Arklem Greeth.

    "J'entend rien du tout.", confirma l'apostrophé, et Azrayen soupira.

    "Allez-y."

    "La toile que vous avez tissé apportera bientôt la guerre en Istheria. Comme vous l'avez prédit, elle partira du conflit naissant entre cavaliers de Sharna et chevaliers d'Oris pour s'étendre à travers les royaumes. Seulement...je crains que vos provocations n'en payent le prix fort, car vous vous attirerez les foudre de Phelgra.


    Azrayen eut une mou de dérision.

    "De vulgaires barbares. Brutaux et étroits d'esprit."

    "Ils le seront moins avec la guilde de Sharna à leur service, croyez-moi."

    "Et Démone-Lame ?"

    "Ah Démone-Lame...oui...Démone-Lame hmm."
    Il semblait fasciné, ce qui agaça Azrayen.

    "Ne tournez pas autour du pot."

    Greeth sourit.

    "...il causera votre perte."

    Et il éclata d'un rire de dément qui raisonna longuement dans les couloirs du palais.


Dernière édition par Morwyn le Jeu 30 Déc - 16:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours]   Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] Icon_minitimeMer 29 Déc - 17:47

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    Un an plus tard, des tensions naquirent entre Cebrenia et Phelgra dont la jalousie ne cessait de croitre à l'égard de Taulmaril, la cité d'Or. Une faille qu'Azrayen exploita à la suite d'une ultime provocation qui visaient tout particulièrement l'Ordre de Sharna. Nul n'en connu la cause véritable mais ce fut elle qui mis le feu aux poudres et provoqua le début de la guerre. Phelgra et Cimmeria pactisèrent dans l'ombre et envahirent les contrées ouest du royaume de Cebrenia tandis qu'un blocus était érigé aux frontière d'Eridania afin de stopper l'armée de Tyrhénium qui requérit l'aide des Chevalier d'Oris. Une délégation menée par Dardalion fut envoyé à la frontière tandis qu'Aldarion et Démone-Lame menèrent leur légions à travers Argyrei pour contourner la Cebrenia et atteindre Taulmaril par le sud. Le trajet fut périlleux et les deux généraux durent se séparer pour affronter les troupes de Sharna qui avaient réussit à annexer Amaryl. C'est là que Morwyn rencontra pour la première fois Sirion.

    Celui qui deviendrait sa némésis dans l'avenir de cette guerre noire.

    Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] 617014SirionsucceedsGabriel

    Les deux preux s'affrontèrent dans une bataille sans merci, lorsque Morwyn tenta de traverser Amaryl par la force. La cité était le dernier rempart qui se dressait entre Taulmaril et ses légions. La bataille fut acharné, et on ne pû dire qu'il n'y est eut de réel vainqueur bien que les deux camps affirmèrent le contraire. Les hommes de Démone-Lame purent se frayer un chemin à travers les tir de baliste, les percée et le flot de lames de leurs assayant. Mais à quel prix ? Le gros des troupes avait été réduis de plus du tier de ses effectifs et le second de Morwyn avait été tué au cours d'une embuscade.
    Après plus d'un mois de campagne, il finirent par atteindre Taulmaril, fatiguées et lourdement éprouvées.
    Les retrouvailles entre Azrayen et Démone-Lame furent extrêmement froide et les deux hommes parlèrent peu.

    Deux ans plus tard, la cité était assiégée...

    Morwyn lança plusieurs bataillons à l'extérieur pour protéger la cité lorsque les troupes de Phelgra encerclèrent Taulmaril. Et les combats débutèrent...
    Très vite Démone-Lame gagna en popularité parmis les hommes de Cebrenia, ce qu'Azrayen vit d'un très mauvais oeil. Secrètement, le Sindarin commença à comploter contre le chevalier d'Or et envoya des émissaires de l'autre côté de la cité pour établir certains accords avec l'ennemi...
    ...qui accepta malgré les craintes d'Azrayen.

    Il ne se doutait pas que sous l'ombre d'un heaume solaire, une paire de prunelles pourpres guettaient le moindre de ses faits et gestes.


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    Son armure noircie à l'aide d'un mélange de poussière et d'huile, Démone-Lame traversait en silence la barricade improvisé que les troupes de Démégor avaient érigés entre Taulmaril et leur campement gigantesque. Une cinquantaine d'homme se tenaient derrière lui, tous arboraient le symbole de l'Hydre sur leur armures que la poussière et la suie rendaient méconnaissables.
    Priant pour que les nuages qui masquaient la lune ne s'écartent pas, le ténébreux les mena en file indienne le long des contreforts. Il tenait Wyverne dans une main, et un bouclier noirci dans l'autres. Une fois de l'autre côté, Morwyn s'accroupit au milieu du petit groupe et désigna deux sentinelles qui somnolaient prêt d'un petit feu. Aussitôt, trois acolytes se détachèrent du groupe, dague à la main, et se rapprochèrent d'elles. Les sentinelles moururent sans un bruits. Démone-Lame et ses soldats se rapprochèrent du petit feu et délogèrent des flambeaux qui avaient été fixées à la hâte sur leur boucliers. Lentement le Gorgoroth enjamba les corps et alluma sa torche. Puis, il courut vers la tente la plus proche. Les autres l'imitèrent, passant d'une tente à l'autre jusqu'à ce que les flammes montent à plus de dix mètres dans le ciel nocturne...

    ...et ce fut le chaos.

    Des hommes sortirent de leurs abris de toiles en hurlant...pour tomber sous le coups des épées Taulmarianes.
    Morwyn bondit en avant, et se fraya un chemin rouge sang au milieu des troupes en pleine panique. Il avait les yeux rivés sur la tente devant lui, le symbole des cavaliers de Sharna était visible dans l'éclat des flammes gigantesques. Juste derrière, une dizaine d'hommes le suivaient, torches à la main.
    Il arracha le rabat de la tente, passa la tête à l'intérieur....
    ...et poussa un juron.


    Morwyn : "Démégor n'est pas là, on se replis vers la cité."

    Il mit le feu à la soie et donna l'ordre à ses hommes de se regrouper. Il n'y eut aucun effort pour les arrêter tant la confusion régnait au milieu du camp. Les soldats courraient dans tous les sens, certains tout nus, d'autres allant chercher de l'eau dans leurs casques afin de former une chaîne vivante pour éteindre le brasier porté par les vents. Un petit groupe de vétérans, l'épée à la main, se planta devant Morwyn alors qu'il courait pour escalader les murailles de la cité. Wyverne jaillit et le premier fut abattu. Instantanément, le bel immortel pivota sur lui-même pour esquiver une feinte qui effleura son heaume et embrocha le deuxième. Il fit volte-face...
    ...et plissa les yeux. Une lueur de colère mêlé à un éclat de surprise muée dans ses yeux pâles.
    Les portes étaient grandes ouvertes et une troupes de lanciers Taulmarian avaient rejoint les hommes de Démégor pour se battre à leur côté. Le combat dura fut bref et en dernier recourt, Morwyn lança un ordre avant de plonger dans les douves. Une vingtaine de rescapés le suivirent lorsqu'il s'inserra dans une faille creusée à même la roche, et le groupe s'enfonça sous les fortification de la ville. Il marchèrent longtemps et finirent par atteindre les égouts de Taulmaril...sombres et malodorants.

    De l'eau et des immondices suintantes de son armure d'or, Morwyn s'adossa contre un muret et se laissa lentement glisser sur le sol, ses coudes posées sur les genoux. Il resta un moment silencieux, à analyser les évènements de la nuit.
    Azeayen l'avait trahit il n'y avait plus de doutes...


    *Une seconde fois...* songea-t-il, un sourire glacé figé sur ses douce lèvres obscures.

    Il ne pouvait y avoir que deux explications à cela, soit Azrayen avait su quel visage se cachait derrière le heaume mordoré, soit de nouveaux projets avaient été mis en place concernant l'avenir de Taulmaril. Et ces derniers n'avaient visiblement plus rien à voir avec les chevalier d'Oris.
    Quelqu'un s'approcha de lui et une paire de prunelles améthyste se braquèrent dans sa direction.
    C'était un jeune soldat aux cheveux blond et au visage carré.
    Morwyn le connaissait bien...
    ...tout comme les cinq milles autres, affectés à sa légion.


    Morwyn : "Qui a-t-il Sieben ?", murmura sa voix de basse, chaude et magnétique.

    L'homme lui tendit un parchemin en peau de chèvre, Morwyn reconnu le sceau de Taulmaril sur le cachet brisé qui l'entourait.


    "Tout à l'heure, j'ai trouvé ceci sur le corps d'un homme que j'ai abattu. Je pense que vous devriez y jeter un oeil..."

    Sans mots dire, le Gorgoroth se saisit de la missive. Le parchemin était détrempé, et il eut du mal à le déplier sans l'esquinter. Ses yeux restèrent imperméables lorsqu'il parcourut les lignes tracées avec élégance sur le parchemin. Lorsqu'il eut finit, Morwyn replia la lettre qu'il plaça entre les plis de son armure et se leva.

    Morwyn : "Sieben..."

    "Générale ?"

    Morwyn : "...tu viens de sauver Taulmaril des griffes d'un fou."

    Le lendemain, on retrouva le corps sans vie de Démone-Lame le long des berges de la rivière. Une clameur monta dans le camp ennemi, et on rapporta la dépouille en armure d'or aux pieds d'Azrayen. Le corps avait la gorge tranchée et les yeux crevés. Plus tard dans la matinée, les Taulmarian furent réunis devant le palais et une centaine de cavaliers arborant les couleurs de Sharna avaient été autorisé à se rendre sur la place. Des émeutes éclatèrent dans la foule, et plusieurs soldats accusèrent Azrayen de trahison envers son peuple. Ils furent simplement exécutés.

    ...jusque là personne n'avait remarqué la disparition du groupe de sentinelles sensés surveiller les douves dans le camp noir.

    D'autres troubles éclatèrent lorsqu'Azrayen voulut faire son discours mais cette fois, personne ne pu les enrayer. Un groupe de soldat tout entier investirent la grande place et encerclèrent le Sindarin. Parmis eux, un cavalier se détacha pour avancer vers le Prime-Conseiller. Ses cheveux couleur de lune étaient taillés à la mode de Tyrhénium. court à l'arrière et effilé sur le devant. Il était incroyablement beau et avait le visage d'un ange. Sa peau couleur d'obsidienne luisait comme du lustre sous le soleil et ses yeux pourpres semblaient encore plus froid que les glaces de Cimmeria.

    Des yeux qui le fixaient avec intensité.

    Azrayen plongea dans le regard de l'inconnu...et la stupeur se lut sur son visage.
    Cet homme, il le connaissait très bien. Il avait peut être changé physiquement, mais il savait...
    ...il savait que c'était "lui".


    "Non...c'est impossible...c'est IMPOSSIBLE !", bafouilla-t-il alors que la panique s'emparait de lui. "Tu es mort ! Je t'ai vu mourir !"

    L'inconnu jeta sa cape sombre en arrière et s'arrêta devant l'armure d'or posée sur l'estrade.

    Morwyn : "Vous savez qui je suis", gronda-t-il d'une voix riche vibrante et convaincante. "Je suis Morwyn Memorius Livariel."

    Le nom raisonna dans la cité, et les hommes se figèrent comme envoûtés. Même Azrayen sentit les poiles de sa peau se hérisser.

    Morwyn : "Je suis Morwyn !", rugit une nouvelle fois le bel Incube. "Savez-vous pourquoi je suis ici ? Je suis ici parce que l'homme qui régit Taulmaril s'est gausé de vous et a voulu céder le royaume à l'ennemi par appat du gain et du pouvoir."

    Sa main d'ébène balança le parchemin au pieds des officiers qui se tenaient, immobiles, aux côtés d'Azrayen.
    Il y eut un long silence lorsqu'on s'empara de la missive, et des murmure sourds firent leur apparition tandis que le rouleau circulait à travers les rangs.


    Morwyn : "Vous avez tous été embarqué dans cette traîtrise par ce...misérable derrière moi." Il agita sa main avec mépris en direction d'Azrayen. "Regardez-le ! Immobile comme un lapin apeuré. Est-ce cet homme que vous vouliez mettre à la tête de Taulmaril ? Cela ne sera pas facile pour lui, vous savez. Il va falloir qu'il gravisse les marches d'albâtre. Comment va-t-il s'y prendre avec les lèvres collées au cul de Démégor ?"

    Un rire nerveux s'éleva des rangs.

    Morwyn : "Oui, ce serait amusant...", convint Démone-Lame. "...si la situation n'était pas aussi tragique. Regardez-le ! Comment des guerriers peuvent-t-il suivre une telle créature ? Mon père l'a élevé à de hautes fonctions. Il lui faisait confiance, et il a trahit son propre frère, l'homme qui lui avait prodigué son amour. Et non content d'avoir causé la mort de mon père et de mon frère, il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour plonger la Cebrenia dans le chaos et la destruction. Nos cités sont en flammes. Notre peuple réduit à la famine et à la pauvreté. et pour quelle raison ? Pour que ce rongeur tremblotant passe pour un chef. Pour qu'il puisse ramper à quatre pattes aux pieds d'un de ces porc de Sharna."

    Morwyn scruta les rangs.

    Morwyn : "Où sont les hommes de Démégor ?", une clameur monta de l'arrière des troupes. "Ah oui...dans notre dos, comme toujours."

    Les cavaliers en armure sombre se mirent à protester, mais leurs cris furent couverts par les rires des Taulmarian. Morwyn leva les mains pour demander le silence.

    Morwyn : "Non. Laissez-les parler. Ce n'est pas charitable de se moquer des autres parce qu'il n'ont pas votre talent, votre sens de l'honneur, votre respect de l'histoire.", une ovation s'éleva dans la foule, et l'adonis attendit qu'elle retombe. "Ah, mes amis...que sommes-nous en train de faire à cette cité que nous aimons tant ? Comment avons-nous pu laisser les hordes de Phelgra violer nos soeurs et nos filles ?",un silence angoissant retomba dans les rangs. Je vais vous le dire. Ce sont des hommes comme Azrayen qui leur ont ouvert les portes. "Venez", leur a-t-il proposé, "et faites ce que vous voulez. Je serais votre chien. Mais je vous en supplie, par pitié, laissez-moi avoir les miettes qui tombent par terre. Laissez-moi lécher les restes dans vos assiettes !", Morwyn dégaina Wyverne et la leva aussi haut qu'il pu. "Et bien je ne suis pas d'accord ! Cria-t-il d'une voix de tempête. "Je suis Morwyn, le Prince guerrier, et je me battrais jusqu'à la mort pour sauver mon peuple !"

    "Et nous serons à vos côtés !", lança une voix dans la foule, et Morwyn vit que c'était Sieben.

    Les soldat qu'Azrayen avait envoyé pour combattre les hommes de Démone-Lame commencèrent à s'agiter, et le Gorgoroth reprit la parole.

    Morwyn : "Chaque homme ici présent, à l'exception des cavaliers de Sharna, est pardonné d'avoir suivit Azrayen. Plus encore, je vous offre l'occasion de servir Taulmaril afin de purger vos crimes et de sauver la Cebrenia."

    À l'arrière, les soldats en armure de nuit qui avaient flairé le danger, se dégageait des rangs pour former un carré de résistance un peu plus loin.

    Morwyn : "Regardez-les se défiler !", clama Morwyn. "L'heure est venu de regagner votre honneur. Apportez-moi les têtes de nos ennemis."

    Sieben se fraya un passage dans le cohue.

    "Avec moi !", cria-t-il. "Mort aux cavaliers de Sharna !"

    Le cri fut repris, et près de dix-milles hommes se jetèrent sur la petite centaine de troupes au blason noir.
    Morwyn descendit de sa monture et marcha vers Azrayen.


    Morwyn : "Et bien, mon oncle...", dit-t-il d'une voix douce mais teintée d'acide. "...est-ce que mon discours vous à plu ?"

    "Tu as toujours été beau parleur...", répondit l'homme déchu avec un rire amer. "...et maintenant que vas-tu-faire ? T'emparer de Taulmaril et régner en tyran sur cette cité comme je l'ai fait ?"

    Morwyn : "Non...", dit le ténébreux sur un ton cette fois dénué de sarcasme. "...je vais me battre pour elle et fair tout ce qui est en mon pouvoir pour lui redonner sa justesse d'entant. Un nouveau Conseiller sera élu et lorsque la guerre s'achèvera...je repartirais à Tyrhénium au prêt de Dardalion."

    "Je n'en crois pas un mot."

    Morwyn : "Ce que vous pensez m'importe peu...", il tourna le dos à Azrayen et porta son regard sur le carnage qui sévissait en contrebas. "...en fin de compte nous ne sommes pas si différent de nos ennemis. Nous faisons couler le sang et nous détruisons. Seul les idéaux changent..."

    Il avait parlé d'une voix sombre et triste.
    Azrayen leva un regard pitoyable sur la silhouette de son neveu. Il ne ressemblait en rien au guerrier ultime, aux titans chevaleresque et à ses héros mystique narrés par les conteurs d'Isthéria. Son physique longiligne était athlétique mais n'avait pas la carrure des lutteurs d'Argyrei, dont la plupart, Zelos de naissance, pouvait écraser le crâne d'un homme d'une seul main. Sa taille moyenne, son visage d'Appolon et son physique proprement iréel le faisait d'avantage ressembler à un jeune barde issu d'une légende passée qu'à un soldat. Et pourtant, malgré tout cela, il émanait de lui une formidable impression de puissance. Quelque chose d'inexpliquablement fort, un magnétisme froid et séduisait qui vous murmurait au coin de l'oreille : "Provoque-moi...cherche-moi...et je briserais tes rêves."


    "Que vas-tu faire de moi ?"

    Morwyn : "Tu connais le sort réservé aux traîtres."

    "Je suis noble de naissance.", dit Azrayen, de la sueur perlant sur son visage. "Tu ne peux pas me mutiler."

    Morwyn : "Dis-le aux hommes que tu as trahit."

    L'homme déchu tomba à genoux.

    "Tue-moi proprement, je t'en supplie..."

    Morwyn sorti une dague de sa botte et la jeta au sol. Azrayen déglutit difficilement en soulevant le poignard et jeta un regard sombre, chargé de haine, à son bourreau.

    Morwyn : "Tu peux choisir ta manière de partir."

    Le traître s'humecta les lèvres et posa la pointe de la dague sur sa poitrine.

    "Sois maudit, Morwyn !", cria-t-il.

    Puis, agrippant le manche des deux mains, il enfonça la lame d'un seul geste. Azrayen grogna et tomba à la renverse. Il eut un soubresaut et ses intestins se relâchèrent.

    Morwyn : "Emmenez cette...chose.", ordonna Morwyn à des soldats qui se trouvaient là. "Trouvez un trou et jetez-le dedans."

    Et il se détourna, laissant le cadavre d'Azrayen derrière lui.
    Il avait accompli sa vendetta, et malgré tout, des pensées contradictoires lui embrouillaient l'esprit. Ce geste il l'avait également fait pour Taulmaril, au nom de la "justice", chose dont la cité avait beaucoup manqué ces derniers temps. Mais qu'était la justice sinon un dérivé blanchit des instinct de l'homme ? Oeil pour oeil, dent pour dent. Le concept restait le même, et la douleur ne s'estompait pas. Au fond de lui il ressentait toujours de la peine pour Soltaryl, Alvalien, et Arshela, sa famille disparu.

    Cette nuit là, les Taulmarian fêteraient leur victoire sur la traîtrise d'Azrayen et la défaite temporaire infligée aux cavaliers de Sharna.
    Mais Morwyn ne parviendrait pas à trouver le sommeil...


Dernière édition par Morwyn le Lun 3 Jan - 18:52, édité 1 fois
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Partie IV : La chute de Taulmaril

Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours] 217051TaulmarilDeath
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Morwyn, où les chroniques de Démone-Lame [en cours]
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