Bons Baisers d'Amaryl [mission]

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• Nérozias: 6
• Gélovigiens: 3
• Ascans: 0
• Marins de N.: 4
• Civils: 15

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- Torenheim cherche des "relations" en tout genre.
_ Kreen veut causer à des Prêtres de Kron.
_ Walter cherche de Preux chevaliers.
_ Raël veut des clients.
_ Deirdre a besoin d'employé!

Les Rumeurs

_ Il parait que des personnes hauts-placées seraient gravement malades.
_ Il parait que ça se bécotte "au bal de la Rose".
_ Il parait que des créanciers en sont après un des conseillers de Ridolbar.

Code par MV/Shoki - Never Utopia



 
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 Bons Baisers d'Amaryl [mission]

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MessageSujet: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeJeu 24 Oct - 9:57








Ordre de mission et Préparatifs.



En ce début de matinée pluvieuse, sous les mélèzes, dont les cimes élancées paraissaient vouloir percer, telles des lances, le flanc pansu des nuages gris, Allaatkasik se tenait assise à même le sol, ses bras enserrant ses genoux, adossée à l'un de leurs vénérables troncs. La pluie tombante semblait pouvoir être indéfiniment absorbée par l'épais tapis d'aiguilles, grises et siennes, amoindrissant les reliefs du terrain. Elle restait là, immobile, sous la pluie, le tête pointant vers les nuages, les yeux fermés. Les gouttes des pluies ruisselaient doucement, s’amassant pour former de petites rivières de larmes lui coulant jusqu'au menton. Cette sensation de sentir l'eau s'épancher sur son visage d’albâtre lui procurait une sensation de douce tristesse et de mélancolie. Ainsi, elle se sentait plus humaine, elle qui jamais ne pourrait pleurer. Sa chemise longue de coton blanc toute détrempée lui collait à la peau exacerbant la maigreur de son corps. Ses longs cheveux, aussi noirs que la suie, tombaient sur ses frêles épaules, dégouttant eux aussi, encadraient, tel un masque de théâtre son visage livide, dont les grands yeux étaient ceins par de larges et d'inquiétants cernes magenta tandis que ses lèvres violacées se fendaient d'une imperceptible moue triste. Toute son attention était retenue par le bruit des gouttes d'eau tombant sur les aiguilles. Et bien que ce paysage soit baigné par la lumière pale d'un soleil absent, les milliers de perles qui avaient chu, redonnaient aux couleurs ternies, un éclat sombre et plein de profondeur. Dans ce décor fantasmagorique, Allaatkasik faisait figure d'étrange et inquiétante apparition. On eut dit un lugubre petit spectre égaré dans une sphère qui n'était point la sienne, contemplant la beauté aveuglante de ce monde-ci.

L'homme qui avançait vers elle dans le sous-bois, maugréant contre cette satanée pluie, ne fut pas surpris de voir cette singulière apparition. Il ne la connaissait que trop bien. Combien de fois l'avait-il retrouvée dans un état de léthargie profonde, perdue dans des lieux isolés et reculés ? Pourtant il pensait, ou du moins espérait, que son humeur se stabiliserait avec l’acquisition de cette petite masure perdue au fond des bois. C'était peut-être le cas après tout et peut être qu'il n'avait aucune raison de s’alarmer. Il avait partagé avec elle des situations bien plus pénibles et de toute façon, il ne pourrait rien faire face à sa complexion tout aussi mélancolique que triste. Il s'y était résigné. Et une fois arrivé à ses cotés, d'un ton qui se voulait badin:




-"On profite de la pluie ?!"





Lentement, la chétive créature tourna lentement la tête vers lui et ouvrit ses deux grands yeux noirs qu'elle posa avec insistance sur lui. Elle avait l'air si sérieuse. Soutenant son regard, elle ne répondit pas. Alors, sans plus attendre une réponse qui ne viendrait pas, il continua:




-"Bon, j'ai des choses importantes à te dire, et ce immédiatement. Par contre, je n'ai rien contre la pluie, mais si cela ne te dérange pas, j'aimerais bien causer au sec."





Sans un mot, Allaatkasik se leva et le suivit en direction de sa petite masure recouverte d'un toit végétal. Une fois entré dans la seule et unique pièce, Sifdérik constata qu'il y faisait très sombre et qu'aucun feu ne brûlait dans l'âtre. Sans se l'expliquer, sur le coup, il se trouva transit alors que la température était relativement clémente. Se dirigeant vers la cheminée, il y mis du bois et enflamma de l'étoupe afin de faire une bonne flambée, tout autant pour se réchauffer que pour chasser l'obscurité qui dominait en ces lieux. Pendant ce temps, Allaatkasik se déshabilla et accrocha sa chemise à un clou dans le mur pour la faire sécher, puis elle alla s’emmitoufler dans les fourrures à même le sol qui lui servaient de lit. Une fois assise confortablement, elle posa ses yeux pleins d'incrédulité sur Sifdérik. Lui, cherchait un endroit plus adapté à la conversation mais ne vit qu'un coffre et une armoire. Ni chaise, ni table. Alors, tout comme elle, il s'assit au près du feu, restant silencieusement à observer les flammes onduler dans l'âtre. Puis, après un moment, il reprit la parole, emprunt de sérieux et de gravité:




-"Notre caste, si je puis dire, fait appel à ses membres pour résoudre une affaire assez délicate et qui pourrait bien t'apporter l'expérience nécessaire pour de futur missions. Cette demande n'émane pas du bureau du 'Silence' mais de par sa nature correspond assez bien à tes compétences. Je pense qu'il serait bienvenu de ta part de t'y engager. Cela montrerait ton implication auprès de la caste et aussi auprès du bureau en tant qu'agent de terrain. Finalement, tu gagnerais sur deux tableaux et c'est à prendre en considération. Par contre, je vais être honnête avec toi, c'est une mission qui sera très difficile pour toi et où tes chances de succès seront minces. Premièrement, tu es inexpérimenté. Deuxièmement, la route qui te conduiras vers ton but est particulièrement longue et périlleuse car tu devras traverser du nord au sud l'ensemble des territoires connus. Et pour finir, tu devras infiltrer un milieu très dangereux et de haut vol."





Une fois ces quelques phrases dites, seul le crépitement du feu se faisait entendre dans l'atmosphère feutré de la pièce. Une douce tiédeur les enveloppait tous deux. Détournant son regard vers Allaatkasik, il remarqua qu'elle n'avait pas bougée la tête et qu'elle continuait de poser son regard sur lui, tout comme une enfant qui attendrait patiemment qu'on lui lise la fin de l'histoire. Lui souriant, il prit un ton taquin:




-"Je savais que tu serais assez téméraire, jeune fille, pour accepter de relever ce défi !"





Puis retrouvant tout son sérieux, il continua:




-"Dim le sage pense qu'un éclari revend des informations sensibles sur les défenses stratégiques de la ville d'Amaryl à un individu travaillant pour Ridolbar. Amaryl se situe dans la contrée d'Argyrei tout au sud du continent, jouxtant la contrée de Phelgra. Il veut que cet informateur soit démasqué et si possible connaître l'acheteur des informations. Voilà en résumé la situation. Donc, en premier lieu, nous allons établir l'itinéraire le plus sûre pour que tu puisses rejoindre ta destination sans encombre."





Cela dit, il se leva et alla chercher dans son sac un tube de cuir. Il en sortit une carte détaillée du continent et la posa au sol, devant Allaatkasik.




-"Soit tu utilises les voies maritimes, le trajets sera plus long mais plus rapide tout en étant plus sûr à moins que le navire ne soit abordé par des pirates, soit par voies terrestres en prenant soin d'éviter Phelgra... De toute façon la route la plus accessible pour rejoindre Amaryl est presque en ligne droite... Grosso modo, Oakbrics vers Galaf, puis Aggersborg, tu passes les cols et tu rejoins le compté de Dalma, puis tout droit jusqu'aux colonnes d'Ebrus en territoire Argyrein et en suivant, Amaryl ta destination. A cheval, en passant par les terres, tu devras compter une quarantaine de jours si le temps t'es favorable. Mais à cette période de l'année, traverser les cols ne sera pas une partie de plaisir, donc mieux vaut compter sur une cinquantaine de jours... Qu'en penses-tu ?"




Al'évocation de devoir prendre la mer, Allaatkasik fut prise d'une subite torpeur. Dans ses grands yeux noirs, toujours fixés sur Sifdérik, passa une braise aussi rougeoyante que celle exposée au soufflet de la forge. Un bref instant, elle quitta ce monde pour une autre bien plus sombre, bien plus terrifiant. Et une immense tourment, emprunte de désolation et de souffrance se peint sur son visage. Ses petites lèvres violettes se mirent à trembler formant un alarmant rictus. Sifdérik sut de suite quelles étaient alors les funestes images qui lui hantaient l'esprit. Celles où il l'avait retrouvée morte sur les berges enneigées du Lac Gelé, en cette triste et glaciale matinée du mois de Firion. Consterné de ne pas y avoir pensé plus tôt et à demi désemparé, il posa sa large main doucement sur la joue d'Allaatkasik et du pouce la caressa tendrement. Il se détesta de l'avoir ainsi replongée dans d'ineffables tourments. Il la prit contre lui, serra son petit corps pendant un long moment. Quand il sentit les muscles de son corps se détendre, il desserra son étreinte et la regarda droit dans les yeux, plein de remords. Elle aussi, le regardait, son regard plein d'excuses de n'avoir su se maîtriser, encore une fois... et de l'avoir peiné. Quelques minutes silencieuses passèrent, quand il reprit d'un ton assuré, comme pour lui faire oublier ou plutôt à lui même, cet incident.




-"Adjugé pour la route terrestre ! Je te conseillerais de passer par les petites routes et d'éviter les grandes villes. Premièrement cela te permettra de te soustraire aux potentielles attaques de bandits de grands chemins et aussi de croiser la route d'espions qui pourraient eux aussi se rendre à Amaryl. De toute façon il te faudra prendre une couverture pour tout le trajet et probablement en changer dès de ton arrivée, pense y bien... Par contre, je n'ai reçu aucune information en ce qui concerne la possibilité qu'un de nos agents soit sur place lors de ton séjour à Amaryl... Il y de forte chance que tu doives opérer donc seule, mais rien de l'infirme ou le confirme."





Elle détourna ses grands yeux pleins de tristesse et fixa silencieusement le feu. Après un moment, de sa voix grave et feutrée:




-"Ce ne sera pas facile d'approcher ce genre d'individu. Une inconnue fraîchement arrivée cherchant à ce procurer ce type d'information éveillera de suite les soupçons... Sans parler de mon apparence... Il me faudrait deux choses. La première et que Dim puisse m'accorder le concours d'une ou deux personnes fiables qui me serviront de couverture si j'obtiens une entrevue avec des personnes fréquentant le cercle de notre espion. Pour parlementer, cela sera bien plus crédible. Ensuite, il va me falloir quelque chose qui est suffisamment de valeur pour intéresser notre individu, un appât profitable tant sur le plan stratégique, si possible, que financier. Quelque chose qu'il puisse difficilement refuser. Je pense que me cette manœuvre d'approche devrait fonctionner... Pourtant, c'est risqué d'élaborer une telle tactique sans en connaître ses véritables motivations... Ce qui pourrait nous conduire à l'échec. Finalement, la question la plus importante reste le pourquoi vend-il ces documents ? Par simple vénalité ? Par désir de vengeance ? Quel est son véritable mobile..."





-"Je crois que tu devras le découvrir sur place..."





Allaatkasik poussa un long et maussade soupir. Puis elle reprit du même ton avec une pointe d'abattement:




-"Pourquoi un individu de Ridolbar chercherait-il à se procurer de telles informations ? La première chose est que ces renseignements serviront directement au gouvernement de Phelgra qui projette à plus ou moins long terme d'attaquer avec des forces armées Amaryl. Si Phelgra avait simplement voulu renverser le gouvernement d'Argyrei, soit il aurait envoyé des espions pour servir d'agitateur et mettre en œuvre une politique de déstabilisation pour monter le peuple contre son gouvernement, soit il aurait infiltré puis noyauté le pouvoir afin d'en prendre le contrôle. Ce qui dans les deux cas aurait été plus finement joué que de déclarer une guerre... S'il s'agit bien d'une prise de pouvoir, cela se fera donc par la force et donc la nécessité de connaître les défenses de la ville. Dans ce cas de figure, il est tout aussi envisageable que Phelgra n'ait pas envie de se retrouver prise en étau avec une contre offensive venant de Cimméria, ce qui l'obligerait à se battre sur deux fronts. Hors, encaissait entre deux chaînes de montagnes, une large voie s'ouvre directement entre nos deux frontières... Il est donc tout aussi envisageable dans cette hypothèse, que l'acheteur soit tout aussi intéresse par des informations concernant nos garnisons et nos places fortes tout le long de leur frontière. Je pense qu'il est probable de ce type de renseignements pourrait me permettre d'approcher le vendeur et d'ensuite pister l'acheteur. Mais cette tactique ne repose, hélas, que sur des suppositions... Il faut que je réfléchisse à un plan de secours... Tu crois que le bureau pourrait me fournir de faux renseignements suffisamment élaborés pour me servir d’appâts ?"





-"Effectivement, ton point de vue se défend. Et en ce qui concerne les documents, le bureau te les fournira sans problème."





Sans plus lui laisser le temps de continuer:




-"Il me faudrait une somme d'argent pour potentiellement passer pour une acheteuse moi aussi au cas où ce plan ne fonctionne pas. Cela pourrait être aussi un moyen d'approche, mais il me faudra suffisamment d'argent pour être à même d’acquérir les potentiels documents qu'il serait à même de me vendre..."





-"Oui, ça aussi. Mais si tu perds l'argent où que tu ne puisses pas le récupérer... ça risque de te tomber dessus. Donc, soit vigilante quand même. Une fois que j'aurais exposé tes stratégies au bureau je disposerai de ce que tu m'as demandé. Tes plans tiennent la route, cela ne devrait donc pas poser de problème et d'ici trois jours je reviendrais te voir avec tout cela. Mets à profit ces quelques jours pour te préparer et étudie bien cette carte. Bon, je dois y aller... Y a pas mal de préparatifs qui m'attendent. Fais attention à toi, je reviens bientôt."




snowflakes


Allaatkasik mit à profit ces quelques jours pour vérifier tout son équipement, passer en revue tout ce dont elle pourrait avoir besoin, brosser sa monture Avanneq, vérifier la sellerie. Pour la première fois qu'elle quitterait les terres du nord et devrait traverser Cimméria, puis Eridania et ensuite une bonne moitié d'Argyrei, ce serait un voyage long et éprouvant. Il ne fallait pas laisser de place au hasard. Mais elle n'éprouvait pas spécialement d’appréhension à l'idée de devoir réaliser un tel périple, même si cela pouvait s'avérer périlleux. Une seule idée, obstinément, lui taraudait l'esprit. Qu'elles pouvaient bien être les motivations de cet homme ? De la réponse répandait la réussite ou non de sa mission. Et c'est bien la seule chose qui la préoccupait.




Pour voyager le plus tranquillement possible, elle porterait l'uniforme convenant à sa guilde, une longue toge noire à capuche, ainsi que son sceau en argent. Elle pourra aisément dissimuler sa chevelure soit sous sa capuche, soit sous son chapeau de feutre à larges bords. Ainsi, il lui sera assez facile de se faire passer pour un jeune clerc de notaire. Les tire laines et autres bandits de grands chemins ne s'attaquent que rarement à des clercs, car généralement ces derniers sont bien souvent dépourvus de toutes richesses. De plus, ce genre de profession n'attire pas vraiment l'attention lors d'un voyage, il est assez habituel d'en voir par monts et par vaux porter des documents d'une ville à une autre. Ce qui lui sera tout à fait profitable pour franchir les portes d'Amaryl tout en restant insignifiante. Ce n'était pas du tout la tenue qu'elle préférait, mais ses fourrures cimmériennes attireraient bien trop l'attention sur elle et cela la chagrina profondément. Par contre, si d'aventure le travail requérait plus de discrétion, elle avait une veste et un pantalon faits de coton léger teint d'un noir profond. Idéal pour les sorties nocturnes. Pliant soigneusement ses habits, elle les mit dans l'une des sacoches de sa selle.




Puis elle vérifia l’étanchéité du papier huilé à l'intérieur de ses sarbacanes et les rangea dans leur house de toile. Ce fut au tour de ses outils de crochetage, vérifiant que son jeu était au complet, elle le dissimulerait dans sa botte. Ensuite, elle prit tout le nécessaire pour pouvoir réaliser des faux papiers, encre, plumes, cire à sceau de différentes couleurs, plusieurs feuilles de papier de qualités différentes qu'elle roula, une lamelle de cuivre, son briquet à amadou et son petit canif. Ne manquait plus que ses indispensables boites et pinceaux à maquillage et elle fourra le tout dans sa besace. Cela fait, Allaatkasik se dit qu'elle était parait pour le grand voyage lorsqu’elle se ravisa. Elle sortit de son coffre quelques partitions de musique qu'elle glissa dans son étui à sarbacanes. Cette fois, elle était satisfaite. C'est alors que retentirent trois coups à sa porte, ce ne pouvait être que Sifdérik lui ramenant les derniers objets dont elle aurait besoin et elle se figea au centre de la pièce, fixant la porte. Sans p)lus attendre de réponse, l'homme entra dans la pièce, l'air satisfait mais voilé par une imperceptible tristesse. D'une voix pleine d'assurance et de précipitation:




-"Parfait ! Parfait! J'ai obtenu par l'intermédiaire du bureau deux petites choses qui devraient te faciliter la tâche. Dans ce rouleau de cuir se trouvent des plans ainsi que certaines informations concernant les placements de nos garnisons et leurs effectifs tout du long de la frontière avec Phelgra. Juste ce qu'il faut pour que cela paraisse vrai et au cas où, préparer des embuscades le cas échéant. Cela devrait te permettre de prendre contact avec notre homme. Ensuite, j'ai une petite bourse contenant plusieurs rubis d'une grande valeur au cas où tu ais besoin de marchander. Par contre ces pierres ne sont à utiliser qu'en cas de dernier recours ! Et surtout, si tu dois t'en séparer, tu devras de suite en avertir une personne se trouvant sur place. C'est un de nos agents en poste sur place, il s'occupera de gérer leur récupération."




Ceci dit, il lui tendit un bout de papier sur lequel y était inscrit un nom suivit d'un lieu. Attentivement Allaatkasik le lis puis je jeta dans le feu de l'âtre de sa cheminée. Lui remettant le rouleau de cuir ainsi que la bourse, Sifdérik reprit:




-"Ah ! J'allais oublier, j'ai aussi un plis celé que tu remettras à la garde d'Amaryl dès ton arrivée. Grace à lui, Dim sera que la personne qu'il attend se trouve dans les murs de la ville et il pourra ainsi te convoquer afin de s'entretenir avec toi en privé. Ne l'égard surtout pas ! Par ailleurs, n'oublie pas non plus les papiers prouvant ton identité, cela pourrait s’avérait utile lors de ton voyage. Au fait tu as choisi quelle couverture ?"





Et d'une voix grave, détachée et monocorde, Allaatkasik lui répondit:




-"Sikuliaq Angutisuk..."





Sifdérik affichait un sourire de satisfaction mêlé de contentement, sa jeune élève semblait fin prête pour affronter les périples de sa première mission.




snowflakes



Dernière édition par Allaatkasik le Lun 22 Fév - 21:19, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeLun 4 Nov - 1:47




Un bien désagréable voyage.



Le lendemain matin, à peine les premiers rayons du soleil perçant la fine couche de nuages blancs hauts perchés dans le ciel, qu'Allaatkasik hissée sur le dos de sa jument, prit la route de l'est vers Upiq afin d'y prendre le bac. La traversée serait courte. Mais son appréhension étaient immense, même si en quelques heures elle aurait atteint la ville de Gaeaf. Sur l'embarcation, cachée parmi les baleaux de marchandises et les tonneaux remplis de poissons en saumure, elle adressa de ferventes prière à Kesha tout le long du trajet. Ce n'est qu'une fois le pied posée sur le pavé du quai de débarquement qu'elle reprit enfin son souffle. Suivant les quais, elle quitta le port sans rentrer plus dans la ville et fit route droit vers le sud, ce qui la conduirait à traverser l'immensité du Désert de Glace. Et bien que de multiples périls pouvaient l'y attendre, elle retrouva sa tristesse légère et une grande sérénité. Elle aimait tant se balader dans les vastes étendues désertiques, couvertes de neige, luisantes de glaces tranchantes, de congères sournoises où seul se fait entendre le hurlement du vent couvrant celui des loups affamés. Mais une pensée la contraria véritablement, c'est qu'elle n'aurait pas le loisir d'aller explorer les fameuses grottes de Fellel dont lui avait parlé si longuement Sifdérik.




Mais une fois arrivée en lisière du Désert de Glace, le temps se couvrit subitement et un vent d'est se mit à souffler. La neige en cette saison n'était pas encore très épaisse, la glace restait encore fragile, rendant le sol incertain et dangereux. Bientôt les tempêtes allait durcir le paysage. Alors, Allaatkasik préféra se tenir à coté de sa monture pour cheminer à travers les vastes pleines. Parfois, dans le sol, courrait de larges crevasse s'enfonçant dans la glace profonde ce qui l'obligea à de nombreux détours. Mais dans les contrées du nord, la prudence est synonyme de survie. C'est au quatrième jours que les vents se déchaînères, la neige tombant sans discontinuer, alourdissant chacun de ses pas. Le voyage bien que pénible ne lui déplut pas et sa monture, accoutumée aux grands froids, brava elle aussi ces étendues hostiles. Et il ne lui fallut pas moins d'une semaine pour voir enfin à l'horizon se profiler les hautes chaînes de montagnes où se nichait la cité d'Aggersborg et les cols menaçants.




Venant de l'est, le blizzard se trouvait stoppé sur les flancs escarpés des pics, protégeant ainsi les cols. Cette accalmie permit à Allaatkasik de finalement les traverser assez rapidement et à peine trois jours s'étaient écoulés, qu'elle apercevait à l'horizon les vastes plaines du conté de Dalma. Si la neige c'était mise à tomber drue dans le nord, plus au sud, elle s'était transformée en pluie. Cette fois-ci, le voyage devint une épreuve insupportable. La boue maculait le blanc de ses fanons et ses habits n'étaient pas non plus épargnés durant les escales soit pour se reposer ou dormir. Elle qui détestait être malpropre avait de redoutables sautes d'humeurs. Elle pouvait passer d'un abattement sans nom à une hargne et une colère tout aussi dévastatrice. En fait, la pensée qui l'accaparait jours et nuit était de savoir si elle aurait l’occasion de pouvoir se laver ainsi que ses vêtements avant de franchir les portes de la cité d'Amaryl. Cela tourna carrément à l’obsession.




/* Comment peut-on être civilisée si l'on est crasseux ?! Maudite soit cette fange du Sud ! */





Chaque nuit, Allaatkasik cherchait un endroit à proximité d'un point d'eau pour laver ses habits, sa monture et puis dormir. Il lui aurait été bien plus facile de faire ses arrêts dans des auberges, mais voulant demeurer prudente, elle préférait trouver des endroits isolés et reculés de toute civilisation. Ce n'était pas le moment de prendre le risque d'être suivie. Certes, c'était sa première mission et elle n'avait jamais quitté le territoire Cimmérien. Mais c'est justement pour cela qu'elle pourrait être repérable par ses manières ou son langage. Ou tout autre chose dont elle ignorait l'existence, ce qui était encore bien plus ennuyeux. Donc, elle dut supporter encore quelques jours la boue, maugréant contre le sort, avant que la pluie ne cesse enfin à la frontière du duché de Méphrit. La elle s'engagea dans les vastes plaines jouxtant les hautes montagnes du duché et celle bien plus à l'ouest, frontière naturelle du territoire de Phelgra. Le temps plus clément favorisa sa route et en une petite semaine elle put apercevoir enfin la haute chaîne de montagnes d'Argyrei. Le pays des Eclaris était enfin en vue !




Elle prit soin de longer prudemment le grand et mystérieux plateau désertique et les fameuses colonnes d'Ebreus. S'aventurer dans pareil domaine était la mort assurée pour une petite cimmérienne inexpérimenté ainsi que pour sa jument. Déjà, cette dernière donnait des signes d'épuisements tant la chaleur y régnant était inaccoutumée pour un tel animal. Heureusement, en cette saison, elles échapperaient aux températures caniculaires et parois elles bénéfissaient d'une couverture nuageuse salutaire. Il semblait que le paysage ne soit fait que de roches et rien d'autre. Comme si aucune végétation n'y avait jamais existé. Bien qu'ayant miraculeusement échappées à toutes attaque de bêtes sauvages, c'est exténuées, couvertes de poussière qu'elles arrivèrent devant les portes de la grande cité d'Amaryl. Bien que d'une nature robuste, Avanneq était au bord de l'épuisement, déshydratée et affamée. Allaatkasik n’eut plus qu'une seule idée en tête, rentrer dans la ville et trouver de toute urgence une auberge afin de la soigner et de la nourrir.



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Dernière édition par Allaatkasik le Jeu 30 Jan - 18:14, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeJeu 7 Nov - 2:34




La cité d' Amaryl.



Tenant sa monture par les rennes, Allaatkasik pénétra dans l'imposante et jadis glorieuse cité. Mais ce qu'elle découvrait dépassait de bien loin ce qu'elle avait pu s'imaginer quand Sifdérik lui contait l'histoire des hauts lieux d'Isthéria. Loin d'être aussi morte comme le colportait certains ragots, c'était une ville bien vivante, parée de couleurs chamarrées où grouillaient de nombreux habitants. Elle remonta l'artère principale qui devait, si ces souvenirs étaient bons, mener à une grande esplanade qui portait le nom de Place des Sages. A partir de là, elle devait trouver facilement une auberge. De chaque cotés de cette large avenue, s'élevaient de vastes et grandes bâtisses pourvues de plusieurs étages, maisons d'habitations ou bien ayant des fonctions inconnue d'Allaatkasik. Mais elle pensait que les bâtisses arborant des fanions bigarrés, biffés de symboles, devaient probablement être réservés à des administrations ou autre, peut-être même des ambassades. Bien qu'ayant envie de découvrir ces merveilles, de prendre le temps d'admirer chaque détail architectural, si raffinés et parfois même très baroque, elle pressa le pas pour déboucher sur la fameuse esplanade. Là, elle stoppa tout net, ouvrant la bouche en large 'O' tant elle fut stupéfaite par la vue qui lui était donnée. Au centre de cette vaste place qui avec le temps n'avait rien perdue de sa superbe, trônait un arbre immense et magnifique, le légendaire Rouge-Feuille. Muette d'admiration, elle balaya du regard l'immensité de la place. Mais il ne lui fallait pas trop s’appesantir et elle repéra assez vite une large rue s'enfonçant plus avant dans le cœur de la ville. A quatre cents mètres plus loin sur sa droite, bifurquant sur la place, cette rue commerçante semblait pouvoir combler ses attentes. Effectivement, une fois arrivée à la bifurcation, elle trouva non loin de là une auberge digne de ce nom, s'élevant sur deux étages dont le toit vermillon rutilait sous le soleil de midi. A n'en pas douter, ce devait être des tuiles émaillées. Occupant l'angle sur deux rues, cette bâtisse de forme carré avait une cour intérieur, un peu comme un grand atrium. D'ailleurs, le passage intérieur reposé sur d'élégantes colonnes torsadées. Par contre elle trouva que le nom de l'établissement était d'une singulière ironie.




/* Heu... C'est quand même étrange de porter le nom de clepsydre dans une région aussi aride, le sablier aurait été bien plus approprié... Le propriétaire doit avoir ce que l'on appel de l'humour sûrement... */





Elle passa le grand porche dont les deux battants étaient en un bois massif décoré de clous en bronze en forme de pointe de diamant. L'intérieur de la cours, partiellement couvert, offrait un peu de fraîcheur. En son centre, un vénérable amandier au tronc noueux à l'écorce grise. Non loin de là se tenait un jeune garçon qui courut en sa direction dès qu'il l’aperçut. Mais arrivé à quelques mètres à peine d'Allaatkasik, il s'arrêta pour dévisager la cavalière et son cheval. Le jeune garçon se serait bien esclaffé en voyant ce duo aussi mal assorti, mais se ravisa de suite. Elle avait eu l'habitude de ce genre de quolibet pendant son voyage. Il est vrai que son shire paraissait démesuré par rapport à elle. Mais elle ne fit aucune remarque. Le garçon voyant l'état du cheval prit les rennes sans demander son reste et l'installa dans l'écurie. Pendant ce temps, Allaatkasik poussait la porte de l'auberge et rentra. La salle principale était vaste, lumineuse et bondée d'une foule aussi hétéroclite que bruyante. Elle se dirigea vers le long comptoir en jouant des coudes, monta comme elle put sur un haut tabouret et leva la main pour faire signe à un homme de forte corpulence, au visage rougis, dont le crane luisant était cerné d'une couronne de cheveux grisonnant. Il s'affairait comme un beau diable à remplir choppes et verres de toutes sortes de breuvages. Dans cette cohue, trois femmes, elles aussi de fort gabarits, apportaient victuailles et boissons. L'homme derrière le comptoir, riait fort, balançait ses bras pour accompagner ses paroles et Allaatkasik eu bien du mal à ce qu'il lui accorde son attention. Mais au bout de ce qui fut pour elle une longue attente, l'homme se dirigea vers elle affichant un air circonspect. De sa voix puissante:




-"Jeune homme ! Vous désirez ?"





-"Heu... ce serait pour une chambre, s'il voulait monsieur..."





Bien entendu l'aubergiste n'en compris pas le moindre mot tant la voix d'Allaatkasik était faiblarde et il dut se mettre à quelques centimètres d'elle pour qu'elle puisse se faire entendre.




-"C'est dix dias la nuit, payable d'avance."





/* Hou là... c'est pas donné... */





-"Heu, voici pour cinq nuits..."





L'aubergiste prit les pièces et lui remit en échange une clef.




-"Troisième chambre dans le couloir à votre gauche au premier étage. Vous faut-il autre chose ?"





-"Non, merci bien.





Sans plus attendre, elle se dirigea vers l'escalier desservant l'étage, à la droite du comptoir. Rapidement elle trouva la porte de sa chambre et l'ouvrit. Elle était assez grande, munie d'une armoire et d'une table de chevet. Le mobilier était de belle facture. Un grand lit frais et propre semblait l'attendre et en face d'elle, une fenêtre à deux battants donnant sur la rue. Éreinte, moulue par cet éprouvant voyage, Allaatkasik s’allongea toute habillée sur le lit, ses yeux fixant le plafond. Dans sa tête, elle commença à énumérer les choses qu'elle avait à faire.




/* Bon, faut que j'aille voir si Avanneq va mieux, faut que je trouve la marée-chaussée afin de lui remettre le pli, il faut aussi... */





Le lit était si confortable, elle si épuisée, qu'Allaatkasik n'eut même pas le temps d'achever sa liste et qu'elle s'y endormie comme un loir.



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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeJeu 28 Nov - 10:08






C'est dans sa chambre baignée de lumières incendiaires qu'Allaatkasik rouvrit les yeux. Le soleil, bas, était caché derrière les bâtisses de la ville, inondant de ses feus crépusculaire le ciel. Elle se releva rapidement surprise qu'il puisse être déjà si tard, mais n'en oublia pas pour autant d'être prudente. Même s'il était urgent de remettre le fameux plis à la marée-chaussée, il lui fallait se préparer convenablement sinon, s'en serait vite finie de sa couverture. Et c'est avec soin qu'elle se remaquilla convenablement pour passer inaperçue parmi les vivants, cacha adroitement ses cheveux sous son chapeau, chaussa ses lunettes, remis un peu d'ordre dans sa tenue tout en constatant amèrement qu'ils étaient couverts de poussière et maculés de boue. Le voyage avait été rude. Bien que ce dernier point la contraria, elle passa outre, demain elle s'occuperait de les nettoyer. Mais pour l'heure, elle prit sa besace et descendit rapidement rejoindre la grande salle commune de l'auberge. A son grand étonnement, il n'y avait que peu de client. Derrière son comptoir, l'aubergiste prenait tout son temps pour nettoyer des bocks en grès épais. Une plantureuse serveuse s'affairait au chaudron suspendu par sa crémaillère dans l'âtre de l'imposante cheminée. Elle devait sûrement préparer un ragoût conte tenu de l’agréable fumé qui en émanait. Ne connaissant pas trop les coutumes de la région, elle ne s'en étonna qu'à moitié puis se dirigea vers la porte et sortie dans la rue. Bien sûr, elle pensa à Avanneq qui devait être à l'écurie et se promis d'aller la voir au retour. Pour l'heure, elle devait trouver un poste de garde.




Alors qu'elle arpentait les rues, elle remarqua que des marchands ambulants, au lieu de ranger leurs étals étaient plutôt en train de déballer leurs marchandises. Peut-être y avait-il un marché de nuit, mais Allaatkasik ne s'en formalisa pas outre mesure, obnubilée par ses recherches. Lorsqu’en relevant la tête vers les toiture, elle remarqua qu'un fanion aux armes d'Amaryl flottait mollement dans le vent au dessus de la toiture d'une bâtisse qui devait se trouvait à quelque pâtés de maison de sa position. Prenant la direction du bâtiment, elle parvint rapidement devant le lieu tant convoité, il s'agissait bien d'un poste de garde. De forme carré, il s'élevait sur deux étages, un toit assez plat commun dans cette cité et dont une grande porte à deux battant faite d'un bois peint en rouge profond et sombre était pourvue de deux lanciers. Une petite porte se découpait dans la grande et était ouverte. Allaatkasik, se dirigea d'un pas sûr vers les deux hommes et de sa voix grave et sourde:




-"Bien le bonsoir messieurs, je viens apporter un plis pour le souverain de ces lieux"





Les deux hommes, tout d'abords surpris, échangèrent un regard amusé et esquissèrent un sourire. Le visage d'Allaatkasik s'assombrit et devint sévère. Promptement, elle leva sa main sur laquelle elle portait ostensiblement le sceau de sa profession. Face à ce geste, les deux hommes haussèrent les épaules et lui demandèrent d'entrée. L'un d'eux avec une voix autant amusée qu'intriguée:




-"Allez demander le capitaine Maxence au sergent de garde. Il s'occupera de vous."





Une fois entré, elle découvrit une pièce carrée d'une quarantaine de mètres carré, un plafond haut en croisée d'ogive, le tout fait en maçonnerie. Les murs étaient nus, seules quelques armes d'apparat venaient les décorer. Un comptoir, lui aussi de forme carré était placé au centre de la pièce derrière lequel un homme en uniforme s'affairait avec de nombreux papiers. Il bougonnait alors qu'Allaatkasik s'approchait de lui. Les cheveux coupés raz étaient gris, de long favoris grisonnant eux aussi tombaient sur son large menton carré, ses yeux petits et enfoncés dans leurs orbites étaient rivés sur cet amoncellement de pages. Son uniforme impeccable, était couvert de décorations qui étaient totalement inconnue à Allaatkasik. Faisant mine de rien, timidement, elle se racla doucement la gorge et le sergent leva son regard inquisiteur sur elle.




-"Bonsoir monsieur, il me serait agréable de pourvoir rencontrer le capitaine Maxence. Ce serait pour lui remettre un plis."





L'homme assez âgé souleva singulièrement son sourcil gauche, interloqué et suspicieux. Avec une voix de fausset presque amusante pour un homme de ce gabarit




-"Jeune homme, je pense que vous ne devriez pas abuser de notre hydromel si tôt le matin... Quant au capitaine, je vais voir ce que je peux faire."





Sur ces paroles, il souleva le battant du comptoir et se dirigea vers une petite porte situé à l'autre bout de la pièce. Tout le long des trois autres murs, un banc en cèdre rouge courrait et Allaatkasik s'y assise en attendant. A peine quelques minutes s'étaient écoulées, que le sergent rentra de nouveau dans la pièce accompagné d'un homme grand, svelte et dans la force de l'age. Contrairement au sergent, il avait un visage avenant et il se dirigea à grand pas vers elle. Avec une voix grave et chaleureuse:




-"Jeune homme, je suis le capitaine de ce poste, que puis-je pour vous ?"





Voyant leurs uniformes impeccable, elle aurait bien rougit de honte si elle en avait était capable. Et avec de la gêne dans la voix:




-"Ce serait pour qu'un courrier soit remis à votre souverain, le vénérable Dim."





-"Veuillez me suivre, s'il vous plaît."





Le sergent suivit du capitaine passèrent tous deux derrière le comptoir. Et ce dernier reprit




-"Bien, et de qui émane ce courrier ?"





Allaatkasik, posément:




-"Je suis Sikulliaq Angutisuk, clerc de notaire de mon état et mon maître m'a demandé de faire parvenir ce plis au vénérable Dim."





Elle fouilla rapidement dans sa besace et en sortit en plis cacheté de cire bleu dans laquelle y était incrustée le motif d'une plume qu'elle remit au capitaine.




-"Bien. Et en attendez-vous un retour ?"





-"Oui. Heu... je réside actuellement à l'auberge de la clepsydre."





Le capitaine nota tout cela soigneusement et lui tendit deux exemplaires qu'elle signa puis y apposa le sceau de sa confrérie. Cela fait, elle put prendre congé.




/* Fichtre ! Ce que j'ai pu dormir... Déjà le matin... Bon ben je vais en profiter pour explorer plus avant la ville... Ils ont du me prendre pour une demeurée au poste... GRRR ! */





Elle rebroussa chemin et commença par repérer les rues et ruelles aux abords immédiats de l'auberge, au cas elle devrait échapper à des poursuivants ou bien sortir en toute discrétion. Et en descendant le rue principale elle rejoint la Place des sages et prit le temps d'en faire tout le tour. Elle était, aux yeux d'Allaatkasik, vraiment immense, jamais elle n'en avais d'aussi vaste et elle prit soin de mémoriser les principaux accès, dont l'un menait à la Masure des Érudits. Elle s'engagea dans l'avenue et remarqua que tout du long des piliers soutenaient dans les airs des câbles, parfois même ceci coupaient à la perpendiculaire l'avenue. Fortement intriguée, elle se demanda à quoi bien pouvait servir une telle construction et poursuivit. Il lui fallut un certain temps avant de tomber nez à nez sur l'imposante bâtisse, fait de plusieurs corps de bâtiments s'enchevêtrant les uns dans les autres formant un vaste ensemble. L’édifice s'élevait assez haut, sur plusieurs étages. A ce qu'elle en savait, c'était là que devait résider le vénérable Dim. Là encore, elle en fit le tour et quelque peu affamée par cette longue promenade, profita de ce que proposaient comme nourriture, les marchand ambulants. Elle choisit un plat du crue qu'elle dévora tout net puis repris ses investigations.




Se dirigeant vers le nord-ouest, elle croisait de moins en moins de gens, les façades des maisons étaient plus décrépies et parfois les fenêtres étaient obstruées à grand renfort de planche de bois. Les pavée de la rue étaient plus ou moins recouverts de sable très fin provenant du désert au delà de la muraille. Les quelques pylônes qu'elle avait déjà vu étaient dépourvus de câbles, ces derniers gisant sur le sol tels de gigantesques serpents. Et plus elle s'enfonçait dans ce quartier, plus la désolation y régnait. Par contre, en observant le sol elle remarqua deux choses. La première était que des pas, différents et multiples se dirigeaient tous dans une même direction qui aboutissait devant une ancienne et vaste demeure qui malgré les intempéries avait su garder de sa superbe. Les pas s'arrêtaient devant une massive porte de bois à double battant peinte d'un bleu roy passé. La seconde était ces étranges grilles qui parsemaient les rues en leur centre. De forme carré, elles ne devait pas être plus large d'un mètre, faites d'épais barreaux et fermées par une serrure. Un air frais s'en dégagé, parfois nauséabond ce qui conduit Allaatkasik à penser que ce ne pouvait être une réserve souterraine d'eau. Vu cette odeur, l'eau aurait vite fait d’empoissonner ceux qui la boiraient. Aux aguets, elle arpenta soigneusement ce quartier sans croiser âme qui vive puis repris le chemin du centre pour regagner son auberge. Là, le tenancier lui remit un plis scélé qu'elle prit puis monta dans sa chambre. Une fois décacheté, elle put y lire cette simple phrase:




-"Rendez-vous Place des Sages quand Talum sera à son zénith."





Ni signature, ni expéditeur, sûrement le retour de son billet, du moins fallait-il l'espérer. Sans plus attendre, elle le brûla.




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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeVen 29 Nov - 16:27





A  l'heure dite, Allaatkasik se trouvait sur les lieux, légèrement en retrait protégée par l'ombre portée des grandes maisons ceignant la place déserte lorsqu’elle vit à quelques mètres d'elle un homme de haute sature, assez maigre, enveloppé dans une cape noire. Tout comme elle, il portait un chapeau à large bord dissimulant son visage. S'approchant d'elle, il murmura ces quelques mots:




-"De quelle couleur est la cire ?"





Ce à quoi, avec sa voix basse elle répondit instinctivement:




-"Bleue..."





Sans mot dire, il lui fit un signe discret de la tête l'invitant à le suivre, ce qu'elle fit tout en gardant le silence. Remontant une large rue conduisant sûrement vers les centre de la ville, il bifurquèrent dans une rue plus petite, toute plongée dans l'obscurité. L'homme jeta un regard alentour puis s'accroupit devant une de ces fameuses grilles. Sortant une clé, il la déverrouilla et plongea dans l'obscurité et elle le suivit sans plus poser de question. Une vielle échelle de bois dont certains barreaux menaçaient de céder la conduisit sur une petite plateforme pas plus large d'un mètre et qui servait de trottoir en quelque sorte. De l'autre coté, une voie identique et au centre, plus en contre bas, un petit cours d'eau nauséabond coulant paresseusement sur un lit de boue toute aussi malodorante. L'homme referma la grille derrière eux, alluma une lanterne et avança à grandes enjambées le long de ce passage ne se préoccupant nullement d'Allaatkasik qui devait trottiner afin de ne pas le perdre de vue.




/*Heu... il a de grandes jambes le bougre ! Pourrait quand même penser à ce que nous ne fassions pas la même taille... Butor ! */





Le tunnel dans lequel ils progressaient était vouté, assez bas et l'homme devait faire attention à ne pas trop se rapprocher du mur afin de ne pas se cogner la tête. Comme Allaatkasik était bien plus petite, elle n'éprouvait aucune difficulté et en le voyant elle ne pu s'empêcher de penser:




/* Bien fait ! Na ! */





La maçonnerie, toute de briques faite, semblait s'étendre sous l'ensemble de la ville. De nombreuses intersections venaient couper leur route et donnaient à ce labyrinthe un aspect tentaculaire, immense et inquiétant. Cela faisait déjà un bon moment qu'ils cheminaient et l'homme n'avait toujours pas décroché un seul mot. Sans pour autant s'alarmer, elle comprit que si elle devait sortir par ses propres moyens de ce dédale, cela risquerait fort de lui prendre plusieurs jours. Sans compter les pièges qu'il pouvait receler. Il lui tardait, soit que l'inconnu s'adresse enfin à elle, soit qu'ils arrivent à leur destination. Alors qu'elle se demandait combien de temps encore ils allaient déambuler dans ces tunnels, l'homme tourna brusquement et prit un escalier montant tout droit, très étroit. Elle pensa qu'ils se dirigeaient vers le surface, mais ce ne fut point le cas. Certes, ils avaient quitté ce lieu empuanti, mais pour un autre fait d'escaliers montant et descendant, aux virages à angles droits, formant lui aussi un nouveau labyrinthe. Et la marche se trouva bien plus éprouvante cette fois-ci. Allaatkasik éprouvait un agacement grandissant vis à vis de celui qui lui servait de guide tandis qu'ils grimpaient le long d'un interminable escalier en colimaçon lorsque ce dernier arrêta brutalement sa marche. De par sa position, elle ne pouvait en voir la raison. Et cette fois, une colère sourde qu'elle essayait de contenir, la prise. Derrière ses verres de lunettes, un feu incandescent se mit à luire et contre toute attente, elle entendit qu'il frappait sur ce qui devait être une lourde porte de bois. Deux coups, puis trois. Et un faisceau lumineux se fit visible alors que la porte s'ouvrait. L'homme pénétra dans la lumière et elle le suivit sans plus attendre.




snowflakes


Entretient avec Dim.




Peu à peu, les yeux d'Allaatkasik s'accoutumèrent à la pleine et aveuglante lumière. Elle venait de déboucher dans une grande salle qui devait au bas mots bien occuper dans les quatre vingts mètres carrés. Haute de plafond, ce dernier culminait à quatre mètres cinquante au dessus du plancher. Dans le mur sud, d'étroites et hautes fenêtres y avaient été percées, de magnifiques et chamarrés vitraux réfléchissaient la lumière d'un grand lustre pendu aux poutres du plafond. Ce dernier, pourvus de nombreuses chandelle était coiffé par d'étrange doigts articulés faits de cuivre, tenant de petits miroirs. Ceux-ci propageaient dans toute la pièce, tout en accroissant la lueur des bougies. Ingénieux procédé ! Quant au plafond en lui même, une pure merveille architecturale, de larges poutres de cèdres rouges sur lesquelles avaient été sculptées des ornements et de floraux s'enchevêtrant en de savantes arabesques. Dans des temps plus anciens, elles devaient être revêtues de vives couleurs qui maintenant s'estompaient sous la suie des bougies. Les murs étaient tous recouvert du plancher au plafond par de vaste bibliothèques en citronnier, la clarté du bois contrastant avec celui plus sombre des motifs géométriques du plancher. Les étagères croulaient sous le poids d'ouvrages volumineux, aux couvertures de cuir de multiples teintes. A intervalle régulier, les étagères étaient enserrées par de majestueuses colonnes recouverts d'un stuc si poli et luisant qu'on les eut dites faite d'un marbre rare et précieux. La pièce baignait dans des senteurs délicates et sophistiquées d'épicées, de bois de santal, de térébenthine et de vanille. Proche des vitraux, pendait à une chaîne accrochée au plafond un lourd encensoir tout d'argent ciselé, répandant avec générosité ces exhalaisons. Tout le long de la bibliothèque courait un rail sur lequel une échelle permettait d'atteindre les ouvrages les plus hauts placés. Devant un tel spectacle, de sa voix grave, doucement et pleine d'admiration devant ces lieux:




-"Wooo..."





Une table digne des dimensions de la pièce, encombrées de parchemins, de plumes, d'encriers et d'objets étranges se tenait au centre de la pièce. Derrière, plusieurs fauteuils tout de cuir faits et qui semblaient tout aussi confortables qu'accueillants avaient été disposé de manière à former une cercle. Dans l'un deux était assis un homme d'apparence âgée, les cheveux aussi blancs que sa longue barbe. Il portait une petite paire de lunette sarclées d'or et releva le nez, un sourire affable sur le visage. Allaatkasik esquissa une petite révérence maladroite tant elle était impressionnée par ce décor féerique. Elle enleva d'un geste lent son chapeau à large bords, défit les épingles à cheveux qui retenaient ses deux longues nattes et les laissa retomber élégamment sur ses épaules. Puis de cette même voix, avec beaucoup de retenue et de déférence:




-"Votre excellence, Allaatkasik pour vous servir..."





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeSam 18 Jan - 3:45

Le sage lève une main, instinctivement, comme si il cherchait à ralentir l'élan solennel que prenait cette rencontre. Son geste était  néanmoins mitigé, qu'il n'ait pas eu le tonus de lever son poignet au dessus de sa ligne de vue, ou qu'il ait eu peur de paraitre trop impérieux, il semblait plus que jamais osciller entre la mesure et la paresse.

-Oh je vous en prie, votre déférence est inutile, appelez moi seulement Dim. C'est plutôt à moi de vous témoigner mon respect et de m'excuser de vous faire déplacer ainsi pour quelques sottes inquiétudes d'un vieil Intendant. A plusieurs reprises je me suis demandé si ma requête n'était pas qu'un simple coup de tête.

Il retira ses binocles et tamponna le surplus d'encre qu'il venait de tracer sur le long parchemin qu'il surplombait jusqu'alors. Malgré la lassitude de ses mouvements, il parvint à se relever de son fauteuil d'étude avec une fluidité relativement satisfaisante pour quelqu'un de son âge, presque plus dressé qu'il n'était vouté, même malgré l'aura écrasante du lieu.
Sa silhouette était bien sûr fragilisée par les années, mais une fois debout sur ses deux jambes on sentait dans sa stature les vestiges encore chaud d'une prestance qui n'avait absolument rien à envier avec celle de la vertigineuse bibliothèque.

Son ton se faisait lui-même moins laconique.

-Mais point de regret en ce jour, car je mesure l'honneur que j'ai de pouvoir vous rencontrer et de vous voir répondre à ma demande. Rempli de modestie mais vide de honte, je dois avouer que je ne suis pas très intime avec la procédure à observer dans votre profession, ainsi je vais oser introduire les instructions à ma façon.

Il termina de s'extraire complètement de son poste de travail en s'éloignant de la table, mains dans le dos, pour commencer à effectuer quelques pas badins dans la salle somptueuse. Malgré cette nonchalance initiale, il n'ignora jamais complètement son visiteur, se tournant régulièrement vers elle pendant qu'il cherchait ses mots.

A aucun moment il n'avait eu l'air se questionner sur l'apparence d'Allaatkasik, ses compétences ou ses requêtes ; pas plus qu'il ne parut curieux de sonder son état d'esprit ou ce qu'elle connaissait déjà de la mission.
Il semblait juste paré à déballer ce qu'il avait à l'esprit. Une fois encore, il était difficile de savoir à quoi s'en tenir, surement qu'il s'était renseigné auprès de ses supérieurs avant de la rencontrer, mais cela aurait pu tout aussi bien n'être que l'impulsion d'un homme qui avait ruminé sa situation depuis de si nombreux jours, qu'il n'était plus question de garder sa doléance enfermée dans le nœud de ses méninges. Ses soucis devaient sortir.

-J'ai besoin de vous, au sujet d'un érudit Sindarin du nom de Hardof. Pendant deux siècles, il est resté un ermite, solitaire et fier de l'être, vivant dans les collines au nord ouest. De nos jours, à de nombreux égare c'est un Eclari accompli, dans la mesure où il nous a rejoint depuis plus de dix-sept ans, mais à l'échelle de sa propre vie ce n'est qu'un simple épisode, une interlude à sa solitude.

Je vous parle de ça pour que vous compreniez bien la fragilité de sa connexion avec notre caste.

Il se trouve que cet être est resté injoignable pendant plusieurs jours, en complète opposition d'un devoir pourtant crucial qui lui incombait. J'aurais été simplement inquiet pour sa santé, mais quand il a manqué de nous faire son rapport, un subordonné m'a fait part de lourds soupçons qui pesaient déjà sur lui.

... comprenez bien, je ne cherche aucunement à restreindre qui que ce soit, ni à contraindre la volonté de quiconque, mais de nombreux éléments nous portent à craindre pour la sécurité de la cité, et toutes les vies qui en dépendent.
Avant de disparaitre, il avait demandé l'accès à de nombreux documents étrangers à ses projets d'études habituels. Non seulement il aurait pu en dupliquer la plupart, mais plus encore : l'un d'eux à disparut de nos archives quelques jours après.
Les recherches préliminaires n'ont rien soulevé d'évident, mais la logique intuitive désigne un groupe de Ridolbar comme commanditaire de ses actions. Ils ont déjà cherché à cambrioler la caravane de l'un de nos copistes par le passé.

Nous avons bien sûr tenté tout ce qui était en notre pouvoir, nous avons pu juguler la plupart des risques de fuite ou d'échange entre notre cité et la frontière de Phelgra, mais il reste introuvable malheureusement. Surement car il connait beaucoup trop nos procédures et nos propres agents pour se laisser voir.

Je dois donc vous charger de compléter l'enquête. Quelqu'un qu'il ne connait pas, et dont il ne pourra pas se méfier. J'insiste sur le fait qu'il ne s'agit que de collecter des informations, non pas de prendre des mesures. Vous avez le droit de vous protéger contre tout être hostile, sans restriction, qu'il soit de Phelgra ou d'ici, mais j'ignore dans quelle mesure notre camarade a vraiment pu rester libre de ses décisions ou non. Qu'il ait été contraint ou malavisé, son crime ne mérite pas de sanction extrême, nous désirons le retrouver et sceller cette faille de sécurité.
Pour se faire nous aurons grand besoin de son témoignage et de sa confession complète.

Il connait très bien les collines du plateau désertique, mais je gage que ses acheteurs potentiels voudrons authentifier les plans en les comparant de visu avec la topographie d'Amaryl. L'échange final aura donc forcément lieu au sein de la cité, qu'il y soit ou non actuellement.



Dim cessa de parler, comme si quelques choses lui manquait soudainement. Une tristesse non dissimulée tira ses traits.

-Malgré les années, j'ignore complètement quel genre de motivation a pu diriger ses actes. J'ai peur de l'accuser à tord, et encore plus de le mettre en danger en le désignant ainsi pour cible, avec tant de véhémence. Mais je dois penser avant tout au peuple d'Amaryl, cette citée n'a que trop souffert. Je ne laisserai pas l'inaction la mettre d'avantage en danger.
J'espère que vous arriverez à serpenter entre les vides laissés autour de cette affaire, mieux que je n'ai pu le faire moi-même.
Je peux bien sûr répondre à toutes les questions que vous avez dans l'immédiat, mais pour la suite des évènements : demandez à mon assistante. Elle en sait autant que moi sur l'affaire, et saura me transmettre le moindre de vos rapports.
Elle pourra vous rester bien plus disponible que je ne le suis, tout au long de votre enquête dans la région.


Il désigna une jeune terrane souriante, aux lunettes rondes et cheveux noirs, venue se présenter en silence à l'entrée de la salle pendant la très longue tirade de ses instructions.

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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeJeu 30 Jan - 18:19




Mérinne.



Allaatkasik écouta Dim avec grande attention avec une mine des plus sérieuse. Cet homme qui occupait une position sociale élevée tout en étant pourvu d'un grand savoir, avait su rester simple et affable. Ce qui n'avait pas été sans la surprendre, mais agréablement. Ce vieil homme lui était sympathique et lorsqu’il eut fini son exposition des faits, elle fit une courbette polie à son attention. Puis, de sa petite voix douce et grave lui adressa ces quelques mots:




-"Bien Maître Dim. Je me charge de retrouver votre homme et de démêler les nœuds de cette affaire. Forte de vos indications, la mission sera menée à bien. Je vous en donne ma parole. Et merci à vous de mettre à disposition quelque renfort. Je suis sûre que cette aide me sera précieuse."





Cela dit, elle se retourna pour saluer la personne que lui désignait Dim mais elle en resta sans voix et ne put bredouiller qu'un vague et incompréhensible bonjours. Allaatkasik ne pouvait s'empêcher de dévisager la personne qui se trouvait là, devant elle. Certes, Dim n'était pas dénué de tout sens de l'humour ou bien était-il un incorrigible tête-en l'air ? Elle qui s'attendait à être accompagné par un homme particulièrement costaud à la mine patibulaire, un spadassin qui en impose et dont l’œil mauvais oblige le respect, voila que se présentait une bien agréable jeune femme à l'air aimable, accueillante et courtoise. Exactement à l'opposé de ce qu'elle s'était imaginé. La scrutant de pied en cape, ses yeux exorbités, cachés derrière ses lunettes, par tant de surprise, elle essaya vainement de se ressaisir. Après tout, elle ne devait pas juger une personne sur sa simple apparence, mais pour cette mission l'apparence allée compter pour beaucoup. Négocier avec des gens de la pègre nécessitait un minimum d'aplomb et de prestance. Deux jeunes filles à l'air appliquées, portant de surcroît des lunettes qu'on eut dit tout droit sortie de l’atmosphère studieuse d'une bibliothèque, seraient bien loin d'imposer un minimum de respect aux éventuels truands avec lesquels elles devraient négocier. Quant au coté discrétion et passe-partout de ce duo, c'en était fait. Elles allaient être de suite repérées... Et rien qu'en imaginant le tableau, Allaatkasik en eut le frisson. Mais bon, Dim était une personne intelligente et sûrement qu'il ne l'avait pas affublée d'une compagne juste pour la décoration. Elle devait cacher des savoir ou des compétences qui leur seraient utiles. Du moins, l'espérait-elle de toute son âme. Elle se ressaisit donc et reprit, essayant vainement par sa désinvolture de masquer sa précédente déconvenue. Avec un ton doux, badin mais respectueux, elle s'adressa à le jeune femme tout en s'inclinant légèrement:




-"Bien le bonjours mademoiselle. Je me nomme Allaatkasik et je suis heureuse de travailler avec vous. Veuillez me pardonner pour ma précédente indélicatesse... Je dois avouer que je m'attendais à une figure patibulaire et non aimable..."





La jeune fille inclina légèrement sa tête sur le coté et lui adressa un nouveau sourire. Et d'une voix douce et cristalline elle s'adressa à Allaatkasik avec un ton chargé de bonne humeur:




-"Ne vous inquiétez pas jeune fille. Cela m'arrive de temps en temps. Moi c'est Mérinne et je suis tout aussi heureuse que vous de travailler à vos cotés."





Pendant ce temps Dim s'était approché du panneau de bois qui servait de porte dissimulée et avait frappé quelques coups discrètement. Le panneau s'ouvrit et dans le chambranle plongé dans l'obscurité se découpait la silhouette de l'homme qui avait accompagné Allaatkasik jusqu’à cette salle. Toutes deux suivirent en silence le mystérieux homme qui les ramena, toujours sans un mot, Place des Sages. Ce dernier disparut avant même qu'elles aient eu le temps de s'en apercevoir. Seules sur la place, elles pouvaient voir que Talum avait poursuivit sa course dans le firmament et que seule une faible lueur orangée irisait le haut des fortifications du mur d'enceinte. D'ici quelques heures, à peine, se serait au soleil de prendre sa place dans le ciel. Sans plus tarder, Allaatkasik emmena Mérinne dans le dédale des rues jusqu’à l'auberge de la Clepsydre. A cette heure encore, les rues étaient désertes et nulle chandelle de brillaient aux fenêtres. Devant l'auberge, Allaatkasik bifurqua dans la petite ruelle "Des Collets" où donnait sa fenêtre de chambre et la désigna du doigt à l'attention de sa compagne. Toutes deux grimpèrent silencieusement le long de la dalle et une fois sur place, Allaatkasik en profita pour allumer une chandelle une fois les volets et les rideaux tirés. Puis, elle vérifia que sa porte de chambre soit toujours verrouillée et jeta un œil de droite à gauche dans la pièce. Apparemment, personne ne s'y était introduit depuis son départ et tendant l'oreille, un unique ronflement sourd se faisait entendre de la chambre d'à coté. Unique témoignage que des vivants occupaient les lieux. Rassurée, avec une voix encore plus sourde qu'à son habitude, elle prononça quelques mots à l'attention de Mérinne.




-"Pour cette nuit, enfin de ce qu'il en reste, nous allons dormir et demain nous converserons d'un plan pour accomplir notre mission. Et puis faudra non plus oublier de prévenir l'aubergiste de votre venue... Il sera aisé de vous faire passer pour une de mes parentes. Mais pour l'heure, profitons de quelque repos."





Allaatkasik de déshabilla et posa soigneusement ses vêtements dans l'armoire et proposa à Mérinne d'en faire de même. Puis, sans plus y réfléchir, toutes deux se blottirent sous les moelleuses couvertures. D'un coups, un frisson froid comme peut l'être le vent Cimmérien, parcouru le frêle corps d'Allaatkasik alors qu'une sombre pensée envahit son esprit. Et si d'aventure le corps de Mérinne venait à être en contact avec le sien... Elle savait qu'elle avait un sommeil agité, tant qu'elle avait abandonnée l'idée de dormir dans un lit et préférait s’étendre à même le sol. Pourtant, jamais elle ne se rappelait les cauchemars qui venaient la hanter de la sorte. Quoi qu'il en soit, si leurs corps se touchaient, Mérinne apprendrait sa véritable nature. Comment réagirait-elle ? Serait-elle dégoûtée de cet impie contact ? Voudrait-elle encore être sa partenaire ? Cette appréhension se mua en angoisse. De toute façon, Mérinne s’apercevrait de ce qu'elle est et pas plus tard qu'à leur réveille. Le maquillage qu'elle avait prit soin de conserver ne tiendrait jamais jusque là balayant ainsi le moindre espoir de dissimuler son état. Catastrophée, apeurée, elle se mit en chien de fusil dans le lit cherchant ainsi le rassurante chaleur de son propre corps. Mais cela était vain, nulle chaleur de s'en dégageait. Ce réflexe purement humain de lui serait d'aucune utilité. D'ailleurs, pourquoi donc s'attacher à ce qui lui restait d'humanité ? Et bien qu'elle fut portée au supplice par ses tergiversations, la fatigue eut raison d'elle. Et un mortel sommeil l'ensevelit sous d'autres turpitudes.




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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeMer 12 Fév - 6:52






Encore à demi endormi, Allaatkasik entendit le plic-ploc caractéristique de l'eau tombant dans un récipient. Mérinne était occupée à ses ablutions matinales ce qui lui fit penser de suite que Mérinne allait découvrir son véritable visage. Fatigué par cette sombre pensée, elle se réfugia sous les couvertures comme pour y rester à jamais. Les peurs de la veille revinrent l’assaillir alors que la voix cristalline de sa compagne se faisait doucement entendre.




-"Le soleil se lève déjà, un beau ciel bleu vous attend. Cela va être une belle journée. Allez ! C'est l'heure de se lever petite demoiselle ! En plus je meure de faim."




Pour toute réponse, Allaatkasik poussa un grognement sourd.




/* J'hallucine ! C'est son estomac qui l'a réveillé ou quoi ! La barbe ! */




Timidement elle sortie sa tête de dessous les couverture et peina à ouvrir les yeux. La chambre était baignée d'une éclatante lumière orangée et en contre-jours, elle vit la silhouette de Mérinne se découper sur la fenêtre. Elle était en train de se coiffer. Cette dernière se tourna vers elle, mais au lieu d'afficher de la surprise ou bien du dégoût sur son minois, elle lui souriait tout simplement. Cette réaction, certes inattendue, eut pour effet de délester d'un poids terrible l'esprit d'Allaatkasik. Mérinne connaissait maintenant sa nature mais ne s'en était point formalisée, les choses seraient désormais plus simples entre elles. Il lui était inutile d'être toujours sur la défensive et de se cacher sous de faux-semblant. Finalement, cette journée commençait plutôt bien et dans un élan de légèreté elle se leva à son tour, fit une toilette rapide puis se remaquilla. Cela fait elle s'habilla et chaussa ses lunettes puis de sa voix douce non sans un ton quelque peu moqueur, s'adressa à la jeune femme:




-"Mérinne, nous pouvons aller petit-déjeuner... Je ne voudrais pas que tu tournes de l'oeil..."




C'est les yeux grands et ronds qu'Allaatkasik observait, médusée, Mérinne engloutir ce qu'elle appelait un petit déjeuner. Avec ce qu'elle venait d'avaler, Allaatkasik aurait pu faire trois repas. Certes, elle avait un appétit de moineau, mais là, Mérinne lui semblait tout de même excessive.




/* Comment fait-elle pour être aussi menue avec tout ce qu'elle avale ? Si je faisais comme elle, je ressemblerais vite fait à un morse... */




Après avoir tout englouti, Mérinne afficha un sourire de satisfaction béa, puis reprenant un air plus sérieux s'adressa à Allaatkasik:




-"Tu veux que l'on commence par quoi et par où ?"




La question fut posée si directement que cela surprit Allaatkasik. Elle jeta un rapide coup d’œil de gauche à droite et constata qu'elles étaient les deux seules à occuper une table de la salle commune. Quand à l'aubergiste, il s'affairait soit à ranger des fûts derrière son comptoir, soit à remplir de victuailles ce qui devait être le garde-manger, les bras chargés de cageots regorgeant de légumes, de pains de toutes sortes et de viandes. Bref, il ne leur portait aucune attention et elles pouvaient discuter en toute discrétion. Allaatkasik prit à son tour un air des plus sérieux et lui répondit doucement:




-"Il est clair que celui qui achète des informations de cette nature ne doit pas être un escroc à la petite semaine... Sûrement une personne haut-placée dans la hiérarchie d'une autre nation qui obtient ces documents par le biais d'un espion en place à Amaryl... Quand au traître, il lui faut un accès à ces informations et nous devrions commencer par établir la liste des personnes pouvant se procurer de tels documents. Par contre, comment cette personne a-t-elle bien pu rentrer en contact avec un espion ? On ne trouve pas un acheteur potentiel simplement en discutant dans une auberge... Il est donc probable que ce soit l'espion qui ait prit contact avec notre traître et qu'il lui a proposé une somme d'argent conséquente en échange d'un tel service... Il serait opportun de dresser aussi une liste des personnes qui aurait des convictions politiques radicalement opposées à celle du gouvernement actuel, c'est un premier mobile, ou bien quelqu'un qui à été lésé... Une promotion ou bien une augmentation salaire attendue... La vengeance est un bon mobile, mais généralement il s'agit simplement d'une histoire de dias. Il nous faut établir ces listes et voir par recoupement si un ou plusieurs noms apparaissent... Après, en fonction des suspects, nous devrions établir où et comment se fait la transaction... S'il s'agit d'un aristocrate ou bien d'un simple ingénieur, les lieux à surveiller ne seront pas les mêmes..."




La jeune femme acquiesça d'un signe de la tête. Et chuchotant avec sa voix cristalline:




-"Pour établir le listes des employés susceptibles d'avoir connaissance de ce type de renseignement, nous devrions rencontrer l'ingénieur en chef des fortifications et des systèmes de défenses de la ville, il aura accès à toutes ces informations. A cette heure nous devrions le trouver dans le quartier résidentiel où il y possède une villa. Peut-être sera t-il à même de nous dire si l'on a refusé une promotion à un des employés. Ensuite, nous pourrions consulter les archives centrale de notre milice pour voir quelles pourraient être les personnes ayant des griefs envers notre gouvernement. Si nous partons maintenant, nous arriverons à temps chez l'ingénieur."




Cela dit, elle se leva et partie en direction du quartier résidentiel suivit d'Allaatkasik.





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeJeu 13 Fév - 17:41





Bermigard, l'ingénieur général.





Bien qu'elle ne soit pas de très grande taille, cela n'empêchait pas Mérinne d'avancer à grand pas, obligeant Allaatkasik à trottiner pour rester à ces cotés. Ce n'était pas sans lui rappeler le mystérieux homme qu'elle avait du suivre dans les étroits passages secrets menant aux appartement de Dim. Décidément, les gens de cette cité semblaient toujours être pressés... Le soleil, se levant de derrière les hautes fortifications d'Amaryl, illuminait les toitures aux formes toutes aussi variées qu'étranges. De curieux pilonnes affublés de câbles traçaient des lignes découpant le ciel selon une bizarre géométrie. Mais Allaatkasik ne pouvait profiter pleinement de tous les attraits architecturaux que proposait la ville à son regard curieux, elle ne devait surtout pas perdre de vue sa compagne sous peine de se perdre dans ces dédales de rues et ruelles. Quelque peu essoufflée, elle fut ravie de voir Mérinne s'arrêter pour lui désigner du doigt une vaste villa au toit presque plat recouvert de tuiles émaillées aux couleurs de l'arc en ciel. Une enfilade de colonnade ceignait l'ensemble de la bâtisse composée de trois carrés se coupant les uns les autres pour former une forme presque triangulaire. La villa avait été bâtie de plein-pied sur une petite butte. Sur cette dernière, des jardins en espalier y avaient été aménagés, regorgeant d'une grande variété de végétaux savamment disposés. Un escalier de pierres sèches serpentait dans ce dédale végétale et finissait sa course devant une imposante porte en bois toute peinte de rouge cramoisi. Deux anneaux faits de bronze, de grandes tailles ornaient chacun des montants. Sur le coté du mur, une petite chaîne finie par une poignée en cuivre pendait. Mérinne s'en saisie et tira dessus. Mais rien ne se fit entendre contre toute attente. Allaatkasik se demanda si cette sonnette était encore en état de fonctionner lorsque l'un des battants s'entre-ouvrit et qu'une silhouette féminine apparut dans l'entre bâillement. Mérinne se présenta et le femme, vêtue d'une ample toge blanche leur demanda d'entrer. Toutes deux pénétrèrent dans un vaste hall dont les murs, enduits de stuc, imitaient le marbre à la perfection. Dépourvu de plafond, l'on pouvait admirer le travail remarquable de la charpente qui devait bien être centenaire. Au sol, de vastes dalles octogonales de grès jaune paille ne laissaient voir aucune jointure ou ciment, leur ajustement était tout aussi remarquable que l'ensemble de la construction. A peine eut-elle le temps d'observer les détails délicats du hall qu'un homme y fit irruption en se présentant hâtivement.




-"Bien le bonjours mes demoiselles, excusez-moi mais je crains de ne pouvoir vous recevoir maintenant, je dois me rendre à mon travail."




Mérinne s'approcha de lui et calmement lui fit remarquer qu'elles aussi étaient là pour une affaire importante qui ne pouvait souffrir aucune attente. L'homme, grand et maigre qui avait jusque là conservé un air distant, presque hautain, se ravisa lorsqu'il sembla reconnaître Mérinne. Se ravisant, il les enjoignit à le suivre dans son bureau et une fois tous trois installés, la porte bien fermée derrière eux, c'est avec gravité et aussi avec une pointe de curiosité qu'il s'adressa au deux jeunes filles.




-"Mes demoiselles, que puis-je bien faire pour vous ?"




Mérinne s'adressa à lui d'un ton poli mais avec fermeté:




-"Monsieur Bermigard, nous menons une enquête pour le gouvernement qui touche à la sécurité de notre cité et nous aimerions savoir quels sont les membres susceptibles d'avoir accès aux informations concernant nos défenses."




L'homme sembla quelque surpris par la tournure que prenait cet entretient mais répondit tout aussi franchement que directement.




-"En ce qui concerne ce type d’information, seuls des membres habilités peuvent y avoir accès. A commencer par notre département de recherche composé de cinq ingénieurs que je supervise en tant qu'ingénieur général. En tout, nous sommes donc six. Il y a trois ingénieurs, Limus, Ectifar, Lautrand et Flemminger, un ingénieur en second qui est Armand qui ce trouve d'être aussi mon bras droit et moi-même. Notre bureau est bien entendu sous surveillance de la garde mais aucun de ces hommes n'a accès aux informations sensibles. Après, certaines personnes du gouvernement peuvent avoir accès à nos dossiers mais une liste de consultation atteste quel dossier a pu être consulté et par qui. Cette liste est elle-même placée sous étroite surveillance, rien ne peut être consulté sans laisser de trace et aucun document ne peut être sorti du bâtiment. Vous pourrez consulter cette liste au poste de garde situé devant nos locaux."




Une fois cela dit, Mérinne porta son regard sur Allaatkasik comme pour l'inviter à poursuivre. Ce que fit cette dernière de sa voix grave et douce:




-"Bonjours... Moi c'est Sikuliaq et je viens en aide à Mérinne sur cette affaire... J'aurais juste voulu savoir si au sein de votre équipe il y a des tensions, un conflit d'intérêt ou bien même des querelles... Si quelqu'un serait prêt à tout pour obtenir un poste plus important ou quelque chose d'autre..."




Bermigard ne sembla qu'à moitié surpris par cette question et joua avec sa barbichette du bout de ses doigts, l'air songeur.




-"Des querelles dites-vous... A bien y réfléchir, il est vrai que j'ai refusé le poste d'ingénieur en second à Flemminger et que je l'ai attribué à Armand. Mais Flemminger a accusé le coup sans véritablement s'en plaindre non plus... Il a peut-être été vexé sur le coup, mais de l'eau à passé sous les ponts depuis et il n'y a jamais fait allusion. D'ailleurs cela fait déjà un bout de temps que cette nomination a eu lieu, c'était l'année dernière si je me rappel bien. Par contre, j'aimerais bien savoir sur ce quoi peut bien porter votre enquête... La sécurité intérieur ne se déplace pas pour rien..."




Ignorant sa question, Mérinne se leva et le remercia poliment pour son amabilité, Allaatkasik en fit de même et toutes deux sortir de la villa. Une fois de retour dans les rue d'Amaryl qui commençaient à s'animer en cette matinée, Mérinne demanda à Allaatkasik ce qu'elle pensait de Bermigard ce à quoi cette dernière lui répondit qu'en l’absence de toute preuve contraire, tous étaient suspects. Puis tournant la tête vers sa compagne, l'air préoccupée, elle lui dit:




-"J'avoue que j'aimerais bien voir cette fameuse liste..."




D'un ton des plus désinvolte, presque dans un rire:




-"Et bien, allons-y dès maintenant !"




Et elles s'engagèrent, du même pas pressé, dans le dédale de ruelles qui les mèneraient à la Masure des Érudits.




Puis d'un ton plein de repentance et d'envie:




-"Par contre, je prendrais bien un petit quelque chose à manger sur le chemin... Non ?"




Complètement blasée, Allaatkasik n'émit qu'un inaudible:




-"Si... Si.. Par contre, inutile de courrir..."




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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeMar 28 Avr - 13:55






Mérinne avait ralentie sa cadence et pour cause, la rue dans laquelle toutes deux se trouvaient était envahie par de nombreux marchands ambulants proposant toutes sortes de victuailles à consommer de suite. La jeune fille allait d'un étal à l'autre, cherchant à n'en pas douter un met précis. Au moins, Allaatkasik pu souffler un peu, la regardant zigzaguer de long en large à la recherche de sa future proie. Son choix ne manqua pas de surprendre Allaatkasik. A peine deux heures s'étaient écoulées depuis leur petit-déjeuner qu'elle s'apprêtait à engouffrer un grand cornet de viande hachée, toute ruisselante de graisse sur des morceaux de pomme de terre cuites pannées. Tenant le cornet tout fumant d'une main, elle prit l'autre et avec ses doigts commença avec une rapidité et une précision peu commune à engloutir la viande encore brûlante. Sur son visage, une nouvelle fois, elle montrait une satisfaction béate en poussant de long et langoureux "Humm...".




/* C'est sûr... Mérinne n'est pas humaine... Elle est possédée par l'esprit du grand Carnéa ! Fichtre ! */




Mérinne s'arrêta un bref instant et posa un regard espiègle sur Allaatkasik. Avec sa voix cristalline, elle chuchota comme si elle commettait un pêcher:




-"Allaat, tu veux pas goûter ?! Je t'assure, c'est ab-so-lu-ment divin ! "




Allaatkasik détourna son regard et fixa les pavés de la rues. Puis, d'une sourde et grave où l'on pouvait sentir un élan nostalgique:




-"Merci... Mais, la viande, je préfère la consommer crue..."




Iterloquée par cette réponse, Mérinne porta sa main devant sa bouche, prise d'un dégoût soudain. Sur le coup, la jeune femme blêmit. Un petit gloussement se fit entendre et la gêne l'envahie. Était-ce à cause du bruit de son estomac réclamant la nourriture ou bien parce qu'elle venait de se rendre compte de son indélicatesse face à Allaatkasik, toujours est-il qu'elle recommença à dévorer mais l’enthousiasme en moins. Voyant que cela lui gâchait son plaisir, elle posa un regard doux et triste sur la jeune fille et lui murmura:




-"Ne va pas culpabiliser pour si peu... Nous avons chacune nos coutumes... J'ignore les tiennes, tu ignores les miennes... Tout ça c'est normal... De toute façon nous aurons le temps de mieux nous connaître..."




Apaisée par ces quelques mots, le visage de Mérinne retrouva toute sa candeur et avec sa tête, fit un signe d’acquiescement. Puis elles reprirent leur route en direction de la masure des érudits.




Une nouvelle fois face à cet impressionnant et baroque assemblage de bâtiment, Mérinne prit le direction d'une petite construction légèrement en retrait du corps principal de l'édifice. La construction était pour le moins étrange car elle avait la forme d'un dodécaèdre dont les face étaient recouverte de schiste noir lui conférant un aspect brillant. D'environs huit mètres de haut, il ne semblait pourvu d'aucune ouverture, les faces étant dépourvues de toutes aspérité. Et aucun homme non plus pour la garder. On eut dit le résultat d'une facétie d'Eclaris posée là, sans aucune raison ni fonction particulière. Mérinne s'approcha d'une des face tout en prenant de dessous ses longs vêtements une amulette pendue à son coup. Elle la plaqua à même le schiste et soudain une lueur apparut tout autour de l'amulette. Reculant d'un pas, un pan de paroi rectangulaire&ire coulissa et un passage s'offrit alors à elles. Il était impossible de voir à l'intérieur du dodécaèdre, nulle lumière n'apparut et seuls les ténèbres y étaient visibles. Mérinne se détourna vers Allaatkasik et lui demanda de la suivre sans plus attendre. S’exécutant, la porte coulissante se rabattit derrière elles et elles se retrouvèrent plongée dans le noir le plus total. Allaatkasik savait qu'elle pouvait faire confiance à Mérinne mais fut quand même prise d'un doute. Et si cette dernière faisait partie d'un possible complot ? Heureusement, des lueurs apparurent aux dessus de leurs têtes et illuminèrent l'intérieur de l'étrange édifice.




La douce lumière orangée était émise par cinq gros cristaux brut qui ressemblaient à de la calcite. Ils flottaient, tous cinq, sans attache apparente à trois mètres du sol, révélant que l'intérieur de la pièce était de même facture que son extérieur, même forme, même matériaux. Par contre au centre de la pièce, deux statues faites de métal représentaient des colosses en armure d'un autre âge. Accroupies, elle serraient dans leurs gantelets de fer une colonne chacune. En haut de chaque colonne trônait une sorte de mécanisme à poulie relié par des chaîne d'aciers et de nombreux engrenages. De chaque coté des colonnes, une grande chaîne aux maillons impressionnants retenait un lourd cylindre de métal proche du plafond. Allaatkasik en déduit qu'il devait s'agir d'un mécanisme de traction, mais sans savoir ce qui pouvait bien être tracté... Deux ouvertures cylindriques creusées dans le sol confirmèrent ses convictions. Par contre, ces ouvertures permettant aux cylindres de s'enfoncer dans le sol étaient de forme absolument parfaite et lisse. Aucune trace de maçonnerie n'apparaissait, aucun joint, comme si la paroi avait été moulée dans du métal. Et aussi étrange que cela paraissait, la paroi semblait humide, presque poisseux alors que l'air ambiant était aussi sec que celui des déserts d'Argyrei. Entre les deux statues, une sorte de disque fait du même métal que les poids était posée à même le sol, d'une quinzaine de centimètres d'épaisseur. Allaatkasik suivit Mérinne qui se dirigeait vers le disque et y prit place, l'enjoignant de faire de même. Toutes deux sur le disque, Mérinne actionna un levier relié à la colonne et lui demanda de faire de même. Cela fait, les deux statues de métal, qui vue de près ressemblaient à s'y méprendre à deux automates, se levèrent dans un crissement tout aussi sonore que désagréable. Leurs gantelets agrippèrent les énormes chaînes et le disque se mit en mouvement. C'est alors que, dans ce grondement métalique, Mérinne dut crier pour se faire entendre d'Allaatkasik:




-"Tiens-toi à moi! Et surtout ne touche pas les parois. Tu te ferais dévorer !"





Allaatkasik fut si surprise de voir le disque, sur lequel elles se tenaient, s'enfoncer lentement dans le sol que dans un réflexe elle serra de ses bras la taille de Mérinne. Et bien qu'elle ne put l'entendre à proprement parler, elle sentie le hoquettement caractéristique d'une personne s'esclaffant. Mais elle était suffisamment terrorisée par derniers les propos de Mérinne qu'elle ne décrocha pas ses yeux de la paroi lisse et poisseuse. Peu à peu, alors qu'elles descendaient dans les entrailles de la terres, le bruit s'atténua peu à peu et Allaatkasik se demanda si Mérinne ne s'était pas moquée d'elle...




/* Heu... non mais c'est quoi cette histoire de se faire bouffer par la paroi ?! Elle a lâchement profité de ma surprise... Et moi, je me suis faite avoir comme une novice... GRRR ! */




Elle desserra son emprise et fit mine de bouder alors que Mérinne posait sur elle un regard amusé. Elle se demanda à quelle profondeur elles pouvaient bien être et jusqu'où elles descendraient. Mais elle était bien trop vexée pour lui demander quoi que ce soit. Et la descente lui parut interminable. C'est au bout d'un long moment qu'enfin le disque se stoppa tout net, si bien qu'elle tomba et se retrouva à plat ventre, son égo horriblement meurtri. En ce relevant le plus dignement possible, ce qu'elle vit autour d'elle était encore plus surprenant que tout ce qu'elle avait pu voir jusqu'à présent. Décidément, elle n'était pas au bout de ses surprises avec ces Eclaris...





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeDim 17 Mai - 3:48





Drabnar, l'archiviste.




La nacelle s'était posée enfin posée, donnant sur un vaste couloir de maçonnerie. La voûte en berceau devait bien culminer à une quinzaine de mètre, elle aussi pourvue de grands candélabres portant les mêmes cristaux luminescents. Et bien que la nacelle se soit profondément enfoncée dans les entrailles de la terres, l'air bien que frais, était sec, tout en portant des effluves d'huile et de parchemin bouilli. Toutes deux avancèrent, leurs pas résonnants dans le silence sépulcral. A une cinquantaines de mètres, le couloir débouchait dans une salle immense, coiffé d'un dôme semi translucide qui lui donnait l'apparence d'un verre laiteux. De cet étrange matériaux, une lueur douce et diffuse en émanait. Mais en s'approchant, Allaatkasik remarqua qu'il ne s'agissait point d'une salle à proprement parler, mais d'une vertigineuse colonne de vide sombrant dans les noirceurs de l’abîme. Accoudée à la balustrade circulaire qui ceignait ce vide impressionnant, elle remarqua qu'un escalier cyclopéen descendait tout le long de ce puits et desservait à intervalle régulier de nombreux étages accessible via des tunnels. Allaatkasik resta quelques instants bouche bée. Jamais il ne lui avait été donnée de voir une telle réalisation humaine. Mérinne esquissa un sourire, quelque peu fier de l'effet produit sur la jeune Cimmérienne. Puis toutes deux s'engagèrent dans la décente de ce majestueux escalier et ce n'est qu'après plusieurs centaines de marches en contre-bas que Mérinne s'arrêta devant un couloir. De la même architecture que ceux qu'elles avaient rencontrées, Mérinne passa la première. De gauche et de droite, la maçonnerie était percé par des portes au dimensions diverses, aux styles variés tout autant qu’hétéroclites. Il y avait de petites portes à simple battant, d'autres, bien plus grandes, s’élançant vers la voûte, toutes sculptées de motifs anthropomorphiques ou bien végétaux, parfois d'une complexité géométrique hors du commun. C'est devant une petite porte de bois peinte en rouge, d'un unique battant et pourvue d'un marteau de bronze patiné qu'elles s'arrêtèrent. Mérinne fit résonner le marteau sur son heurtoir ce qui sembla déclencher un énorme et indécent vacarme. Après que l'écho se soit dissipé, une voix grave et rauque se fit entendre:




-"Vous pouvez entrer !"





A la suite de Mérinne Allaatkasik entra dans une pièce aux dimensions modestes, d'environs quatre mètres en largeur et de trois jusqu'à un comptoir qui coupait intégralement la pièce. Assez basse de plafond, la luminosité des cristaux semblait plus intense, ce qui fit dans un premier temps plisser les yeux à Allaatkasik. Ces derniers accoutumés, elle put voir que deux hommes de garde, tout en livré, se tenaient de chaque coté de la porte, portant tous deux de courtes mais impressionnantes hallebardes qui luisaient comme des topazes. Le grand comptoir était d'un rouge cramoisi, sombre et intense. Non pas qu'il fut comme la porte peinte, mais le bois de cèdre rouge lustré, naturel sous cette lumière, était du plus bel effet. Derrière le comptoir se tenait sûrement un petit homme assis sur un haut tabouret. Du moins, c'est ce que son anatomie laissait supposer. Râblais, le visage bien rond et assez rouge affublé d'un nez en patate, il portait de magnifiques vêtements faits de velours pourpre et de bleu céruléen. Sur sa couronne de cheveux il y avait posée négligemment un chapeau plat et mou, des même velours et bordé de franges larges. Une large plume orangée était enfichée dans le surplis. A ses doigts, courts et râblais, on pouvait y voir trois bagues en argent surmontées de grenats, de topaze et de citrine. Levant son visage bougon vers les deux jeunes filles, il reprit sur le même ton avec une certaine ironie:




-"Vous vous êtes perdues ?"





Les deux hommes de gardes restèrent stoïques. Mérinne le fusilla du regard. Allaatkasik, se fit toute petite. Et c'est d'un ton tranchant que Mérinne s'adressa au vieil homme.




-"Nous sommes en service commandé pour Dim. Alors, monsieur le scribe va se montrer plus courtois."





Et avec une ironie non feinte:




-"Sans vouloir déranger le maître des pattes de mouches, nous voudrions consulter le registre de consultation des projets de défense de la cité !"






A son tour, il la regarda furibond et marmonna d'inintelligibles mots tout en descendant de sa chaise haute. Les deux jeunes filles ne purent s’empêcher de sourire en ne voyant que le haut de sa coiffe s'agiter à l'arrière du comptoir telle une marionnette désarticulée. Trop occupée à observer cet étrange petit homme, Allaatkasik n'avait pas vue que l'arrière de la pièce était tout en longueur et qu'il se perdait dans l'obscurité. Effectivement, dépourvu d'éclairage, de très longues étagères regorgeais d'ouvrages et de parchemin. Des escarbots permettait à l'archiviste d'atteindre les dernières étagères du haut bien que le plafond sois assez bas. Et munie d'une lanterne, il alla chercher un volumineux ouvrages. Le posant lestement sur le comptoir et d'un ton toujours aussi bougon:




-"Voilà ! Satisfaites ?"





C'était un livre incroyablement épais dont la tranche portait la date de l'année en cours. Allaatkasik, tout en s’approchant du comptoir, constata amèrement qu'elle devait se mettre sur la pointe des pieds pour que son nez arrive à la hauteur du comptoir. Voyant cela, Drabnar poussa un petit rire sournois et lança désinvoltement:




-"C'est MA chaise haute, exclusivement réservé à l'archiviste."





Allaatkasik se sentie gênée mais elle aurait rougit de honte par la suite si elle l'avait pu. Mérinne, sans la prévenir de quoi que ce soit, la pris par la taille et l'assise directement sur le comptoir. Allaatkasik redoutant de croiser le regard de Drabnar se mit de suite à éplucher le registre, silencieusement. Elle aurait voulue disparaître mais elle s'absorba rapidement dans la lecture. Remontant la chronologie du mois de Famael, elle demandait à Mérinne qui pouvait bien se cacher sous tel ou tel patronyme mais rien de probant ne lui apparut. Il lui fallut remonter au mois de Gléno pour remarquer une petite coloration autour d'un des patronymes. De plus il était étrange qu'il figure dans ce registre vu qu'il s'agissait de l'un des ingénieurs travaillant pour Bermigard. Ce nom était celui de Flemminger, son second. D'ailleurs, il était à ce poste depuis si mois, à la date de sa signature. Pourquoi un ingénieur aurait-il voulu consulter un dossier sur lequel il travaillait ? C'est alors qu'une idée saugrenue traversa l'esprit d'Allaatkasik. Et s'il avait servit de prête-nom afin de cacher l’identité d'une autre personne qui aurait préalablement signée le registre et qui aurait voulue effacer ses traces par la suite ?

       


Certes, cela lui semblait assez tiré par les cheveux... mais personne n'est à l’abri de commettre une erreur. Par contre, comment changer le registre sans que personne ne s'en rende compte ? A moins que Drabnar soit dans la combine lui aussi. Mais il ne fallait pas non plus oublier les deux hommes de garde. Ce qui portait le nombre de malfaiteurs à cinq minimum. Ce qui faisait bien trop de monde dans la confidence pour une telle opération et qui plus est, avait au moins était mise en place il y a six mois de cela... C'était bien trop risqué. Allaatkasik y verrait plus clair en essayant de reconstituer le mot qui avait été effacé, s'il s'agissait effectivement bien d'un nom...





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Dernière édition par Allaatkasik le Mar 19 Mai - 14:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeDim 17 Mai - 5:52





Définitivement à plat ventre sur le comptoir, tordant la page pour essayer d'y lire l'inscription effacée, Allaatkasik en avait oubliée la présence des deux gardes ainsi que celle de Drabnar qui fulminait en silence devant le peu de respect qu'elle montrait vis à vis de son précieux ouvrage. Situation, qui loin de l’embarrasser, faisait largement sourire Mérinne. Plus elle enroulait ou déroulait la page, plus le visage de l’archiviste rougissait. Mais à la lumière de ces cristaux, rien n'apparaissait en dessous du nom d'Armand. Seule l’auréole se faisait plus ou moins intense, sans qu'aucun tracé précis ne se dessine. Alors, elle se rappela une technique de base que lui avait apprit Sifdérik. Pour faire réapparaître l'encre d'un palimpseste ou même une encre sympathique, seuls deux ingrédients lui serait utiles. Et en plus, d'une grande facilité à ce procurer. Ainsi, si une inscription était antérieure, elle serait à même, peut-être, de la déchiffrer. Sans prêter plus d'attention à l’assemblée, elle se tourna vers Mérinne et lui demanda d'une voix sourde tout autant que désinvolte:




-"S'il te plait, pourrais-tu demander un peu de jus de citron et quelques cristaux d'hyposulfite de soude avec une timbale et un pinceau fin ? Avec ce mélange, ça devrait fonctionner... Enfin, j'espère."





Aimablement, Mérinne lui répondit:




-"Ho, je vais bien te trouver tout ça ! C'est pas ce genre de chose qui manque par ici. Je reviens de suite."





Tout en lui adressant un sourire, Mérinne sortie de la pièce. D'un seul coup, Allaatkasik se sentie très mal à l'aise quand elle se rendit compte de sa posture nonchalante sur le comptoir tandis que les gardes ainsi que l'archiviste l'observait. Certes, les hommes de garde restaient de glace, l'air de rien, mais c'était tout le contraire de Drabnar qui lui posait un regard intense plein de rage sur elle. Allaatkasik se demanda sur l'instant si le petit homme n'allait pas se transformer en bête féroce et fondre sur elle, toutes griffes dehors. Essayant de chasser ces craintes, elle fit mine de se replonger dans la lecture de l'ouvrage. Les secondes lui semblaient être des heures, les minutes, des siècles et Allaatkasik ne pouvait s'empêcher de penser au retour de Mérinne. Ce qui rapidement l'obséda. Elle ne savait plus comment se mettre sur le comptoir, elle n'osa même pas se relever pour s’asseoir, pétrifiée, elle resta donc immobile, attendant que le retour de sa compagne sonne le glas à son supplice. C'était la première fois qu'elle se trouvait dans une situation aussi gênante. Lors-qu’enfin la porte se rouvrit pour laisser entrer sa sauveuse. Enfin soulagée, elle vit que Mérinne avait apportée tous les ingrédients requis. C'est avec précaution quelle pressa le citron dans le gobelet et y rajouta quelques cristaux translucide qu'elle fit se dissoudre lentement. Cela fait elle touilla avec le bout de son pinceau le liquide pour s'assurer que les cristaux se soient bien solubilisés. Puis, elle mouilla le bout des poils du pinceau et le passa très délicatement sur la bordure jaunâtre entourant les caractères tracés à l'encre. Tamponnant délicatement, elle attendit quelques minutes avant que le liquide ne fasse apparaître les caractères effaces. Entre coupés par l'encre, le tracé qui était apparut était loin d'être lisible. Il lui faudrait procéder par élimination, lettre par lettre, avant d'obtenir un résulta probant. Et l'aide de Mérinne lui fut nécessaire pour arriver à bout de chacun des caractères. A force de devinettes et de déduction, un mon sembla correspondre. Bien entendu, Allaatkasik ne le connaissait pas, quand à Mérinne, au premier abord, elle non plus. Ce fut Drabnar qui le premier y vu un nom qu'il avait croisé jadis. Tout fier de lui et optant pour un ton condescendant:




-"Pour sûr, vous étiez trop jeune. C'est le nom d'un de nos ancien diplomate... Si je me rappel bien, il était en poste dans le duché de Méphrit. Mais il y a bien trente ans de cela."





D'un seul coup, ses yeux s'agrandir, plein d’effroi. Et avec un tremblement d'angoisse dans la voix:




-"Mais je ne me rappelle point l'avoir vu passer aux archives ! Bien que cela remonte à six mois comme vous le dites, je n'en ai aucun souvenir ! Êtes-vous vraiment sûr de votre fait ? Que Diable !"





Sa terreur passée, seule demeurait l'inquiétude et la suspicion dans sa voix:




-"C'est étrange, car je me rappel très bien qu'Armand soit venu signer le registre... Je suis comme mes livres, j'ai grande mémoire !"





Sautant à terre, Allaatkasik avec sa voix grave et terne:




-"Merci bien Drabnar pour votre aide."





Et se tournant vers Mérinne:




-"Je crois qu'il serait opportun de rendre une petite visite au laboratoire de Bermigard et d'y interroger les ingénieurs."





Une fois dans le couloir, Allaatkasik prit une voix douce et presque inaudible, comme à son habitude, alors qu'elles se dirigeaient vers le laboratoire.




-"Quelque soit le tour de passe-passe pour effacer son nom, nous savons qu'un ancien ambassadeur à consulté des dossiers sensibles et qui l'a voulu se dissimuler sous l'identité d'Armand. Soit ce dernier lui a servit volontairement de prête-nom, peut-être même sans véritablement savoir les intentions de l'ambassadeur Liantéce, contre une somme d'argent peut-être, soit ils sont de mèches et Armand pourrait lui fournir les documents au fur et à mesure qu'il les revend à une nation rivale. Ce qui me parait bien plus plausible. Une source, un intermédiaire et un acheteur étranger... Un trio classique. D'un autre coté, Armand ayant eu une promotion... Après, si les sommes d’argents qui sont en jeux sont à l'échelle des informations, il peut être parfois difficile de rester incorruptible... Mais il nous faut tout d'abords établir, s'il existe, le lien entre Armand et Liantéce... Je pense qu'un brin de causette avec le personnel va un peu secouer tout ça... Peut-être que les choses vont se précipiter un peu et nous pourrons y voir plus clair..."





Cela dit, Mérinne acquiesça en silence. Après une centaines de mètres, au fond du couloir, se trouvait une grande double porte en bois de noyer, ceint de ferrures impressionnantes, tant par leurs tailles que par la délicatesse de leurs découpent. Une petite porte était découpée dans l'un des battant et semblait bien minuscule face à la majesté des immenses battants. Étrangement, la porte n'était pas gardée. Mais alors qu'Allaatkasik s’apprêtait à en tourner le loquet de laiton rutilant, Mérinne l'interrompit. Elle sortit un petit pendentif et le plaqua à une vingtaine de centimètre du loquet. Une forme apparut juste en dessous et se creusa pour y laisser s'incruster le pendentif. Un claquement se fit entendre, sec et sans écho. Reprenant son médaillon et d’un ton toujours aimable:




-"C'est bon, maintenant tu peux franchir le porte."







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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeMar 19 Mai - 16:55


Le laboratoire.




La porte passée, en voyant l'immensité de la salle occupé par une grande machine en son centre, Allaatkasik en eut le souffle coupé. La machine en question, elle la reconnaissait, il s'agissait d'un catapulte. Mais celle-ci était très différentes de celles dont elle avait pu en voir les schémas. Il y avait tout un tas de roues crantées entraînant des courroies qui elles-même activaient d'autres engrenages. Et si le mécanisme de base en était simple, là c'était difficile de le comprendre. Mais en plus que compliquer d'une manière peu commune les choses, elle se demanda comment les ingénieurs allaient s'y prendre pour sortir une telle machine de cette salle. Car bien que la porte à doubles battants soit imposante, jamais ils ne pourraient la faire passer par l'ouverture. Sans compter les escaliers menant à la surface. Si l'engin était une énigme en soit, la sortir du bâtiment en était une autre. Remarquant qu'Allaatkasik regardait bouche bée la catapulte, Mérinne esquissa un léger sourire de fierté. Là encore, l’éclairage était fournis par ces cristaux orangés, maintenu dans de larges coupes plates en cuivre et suspendues au mur. Une odeur d’huile se mélangeait à celle du métal et du cuir. Devant la machine était disposée une grande table encombrée de plans, certains enroulés d'autre mis à plat et parsemé de-ci de-là, des plumes et des encriers. Sans oublier de grandes règles ainsi que des équerres qui venaient compléter le tableau. Autour de la table, deux hommes semblaient discuter, calmement et à voix basse. D'ailleurs, pour une salle de cette dimension, il était fort surprenant de n'entendre que des bruits feutrés. Il y régnait la sérénité et la quiétude d'un temple. Cette atmosphère plut de suite à Allaatkasik. Deux autres hommes s'affairaient sur un escabot pour mettre en place une lourde pièce de métal guidé par un troisième qui leur donnait des consignes. Mérinne s'adressa en chuchotant à Allaatkasik pour lui désigner les hommes présents dans le laboratoire.




-"Les deux qui se tiennent devant la table sont, Armand à ta droite, mais tu le connais déjà et Lautrand sur ta gauche. En bas de l'escabot, c'est Bermigard et en haut, toujours à ta droite Flemminger et l'autre Limus. Le seul qui ne soit pas ici c'est Ectifar. Suis-moi, je vais te les présenter."





Les deux jeunes filles se dirigèrent donc en premier lieu vers les deux hommes discutant devant la table et Allaatkasik se demandait comment jeter un doute parmi le groupe de chercheur, assez subtilement pour éviter que le coupable ne se défile, mais suffisamment pour le pousser à la faute. Tous étaient suspects à ses yeux. Ayant croisé plus tôt ce matin Bermigard et l'ayant informé de la situation, il lui restait deux protagonistes à provoquer et normalement la suspicion devrait ébranler l'ensemble des chercheurs. Une fois les présentations faites avec Armand et Lautrand, Allaatkasik demanda à Armand de se retirer un peu à l'écart afin de discuter avec lui, loin des oreilles indiscrètes de son collègue et avec douceur:




-"C'est une bien belle machine que vous avez là ! L'ingénieur général doit être fier de vous, ce qui vous a valu une belle promotion d'ailleurs. Somme toute amplement mérité."





Armand la remercia pompeusement et joua la fausse modestie. A l'écouter, elle pensa de suite que sa devait être sacré lèche-botte mais n'en fit rien paraître et après l'avoir laissé palabrer, désinvoltement elle lâcha:




-"Ce serait fort dommage qu'une telle réalisation tombe entre les mains d'une autre nation. D'un autre coté, certains pourraient être jaloux de votre promotion... Et en profiter pour ce faire quelques petits à cotés..."





Et sans lui laisser le temps d'objecter la moindre parole ou de poser une quelconque question, elle se dirigea promptement vers les trois autres hommes. Derrière elle, Armand lui jetait un regard noir et fulminait silencieusement. Elle ne l'avait pas désigné comme suspect et semblait en désigner un autre, mais il était maintenant au fait qu'une enquête était ouverte. Peut-être cela le pousserait-il à essayer de détruire des preuves ou bien à vouloir rencontrer certaines personnes, si du moins c'était lui le coupable. Il faudrait donc le surveiller de près. Tout comme Bermigard et ainsi celui qui semblait tout désigné pour être le traître, Flemminger.




Arrivée près des trois hommes et là encore les présentations faites, Allaatkasik demanda à Flemminger de descendre de son perchoir pour pourvoir lui poser quelques questions. Il ne lui échappa pas que Bermigard semblait contrarié par cette visite inopportune à leur laboratoire et resta très distant. Tout comme il l'avait été plus tôt dans la matinée à son domicile. Une fois à l'écart des deux autres, Allaatkasik prit un ton directe:




-"Monsieur Flemminger, où étiez-vous le dix du mois de Gléno ?"





Flemminger fut véritablement surpris par cette question et balbutia:




-"Heu, j'en sais rien. Je devais probablement être au laboratoire ou bien chez moi. Pourquoi ?"





-"Essayez de vous souvenir. Car j'ai vue votre signature apposée sur le registre des consultations à cette date."





Décontenancé et abasourdit, il rétorqua avec une colère à peine dissimulée:




-"Non mais vous rigolez, j'espère ! Je suis ingénieur, pourquoi irais-je consulter des anciens dossiers ? Ici, nous ne travaillons que sur des projets de pointes qui ne sont pas encore mis aux archives !"





Ces propos sonnaient justes et lui donnaient relativement raison, comme l'avait pensé en premier lieu Allaatkasik. D'un autre coté, il était tout à fait à même de revendre des informations plus anciennes... Limus qui avait entendu la conversation se risqua:


-"Le dix, monsieur, vous étiez avec nous. Vous ne vous rappelez pas ? C'était le jour où un incendie s'était déclaré ! Je m'en rappel bien, cela ne faisait pas encore une semaine que je venais d'intégrer votre laboratoire. Et c'est vous-même avec monsieur l'ingénieur général qui l'avait maîtrisé."





Il était donc maintenant peu probable que la signature fusse de Flemminger, quelqu'un avait fait un faux, mais sûrement pas lui. Quelqu'un voulait que les soupçons se portent sur lui, mais à qui cela aurait-il bien pu profiter ? Une fuite d'inforamtions sensibles doublé d'une vengence, voilà de quoi épaissir le mystère. Bien entendu, Allaatkasik aurait pu lui demander de faire une signature afin de faire une comparaison avec celle du registre, mais elle savait que cela n'aurait servit à rien. Le faussaire avait du prendre soin de faire une imitation difficilement détectable. Et à demander à Flemminger une signature, il aurait pu la changer afin de s'innocenter et elle aurait du faire des comparaisons avec de plus anciennes signatures. Mais juste avec ces quelques questions et allusions, quelque chose allée se produire et il lui faudrait être là au bon moment. Elle remercia poliment Flemminger ainsi que les quatre autres hommes et elle s’empressa de sortir du bâtiment. Ce fut au tour de Mérinne d'allonger le pas.





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeDim 14 Juin - 17:02





Une fois à l’extérieur de l'étrange bâtiment, Mérinne s'interrogeait sur la façon dont avait procédé Allaatkasik et elle lui demanda donc quelques éclaircissements sur le déroulement de l'enquête. Bien qu'elle se soit déplacé de si loin, elle douta que la jeune fille fut à la hauteur de ce genre de mission. Surtout qu'il en allait de la sécurité d'Amaryl et peut-être même de la nation entière. Alors, d'un ton qui demande justification:




-"Excuse-moi mais il y certaines choses que je ne comprends. Tu n'as posé aucune question concernant l'incendie et de ce qui l'avait provoqué pas plus que tu ne t'es inquiété de savoir si Armand était présent au moment de l'incendie. Des réponses à ces questions nous auraient été bien utile. Et même si nous n'avions rien obtenu, au moins le ou les coupables auraient peut-être manifesté quelques réactions significatives. Non ? Parce que maintenant, toutes nos pistes s'arrêtent là... Et si nos filatures ne donnent rien, nous seront dans un cul de sac. As-tu un plan pour la suite ?"





Allaatkasik sentie bien que Mérinne s'inquiètait sur la tournure que prenait les évènements. Il est vrai qu'au laboratoire, elle avait improvisé mais pour mieux s'adapter et mettre en place une stratégie. Alors, doucement et sans aucune acrimonie, elle lui expliqua le pourquoi des choses.




-"En fait, si je n'ai pas posée certaines questions, c'est pour laisser le coupable dans le doute, enfin s'il fait bien parti de l'équipe des ingénieurs. Il ne sait pas ce que nous savons ou pas et il y de forte probabilité pour que ce dernier cherche justement à savoir où nous en sommes dans notre enquête. Si je les avais questionné au sujet de l'incendie, premièrement je n'aurais obtenue aucune réponse et ensuite, il aurait su que nous n'avions rien sur le sujet. Conforté sur la question, il n'avait plus qu'à observer de loin notre enquête sans avoir à se précipiter et potentiellement commettre un erreur. De ce fait, nos filature auraient été à coup sûr inefficaces. Là, nous auront peut-être plus de chance. Mais, l'enquête est loin d'être finie et je vais, encore une fois, avoir besoin de tes lumières. Mais, voudrais-tu en discuter autour d'un repas dans un endroit tranquille ?"





Mérinne ouvrit de grands yeux pleins de satisfaction et Allaatkasik douta que ce fut à cause de ses réponses. Revenues vers le centre de la ville, Mérinne la conduisit dans un petit établissement, discret au charme cosy. Elles s'attablèrent à une table au fond de la salle, assez isolée du reste de la clientèle, pour pouvoir parler en toute discrétion. Comme à son habitude, Mérinne commanda de quoi nourrir plusieurs personnes tandis qu'Allaatkasik se contenta d'un bol de bouillon. Et pendant que Mérinne dévorait, Allaatkasik lui fit part de ses plans.




-"Pour l'instant, nous n'avons aucune preuve formelle que la fuite vienne d'un des ingénieurs, c'est probable et c'est une piste comme une autre. Mais il y a peut être un moyen de savoir si nous sommes sur la bonne voie. Bien souvent, le mobile du crime dans ce genre d'affaire demeure l'argent. Alors, suivons l'argent et il nous mènera au coupable. Du moins je l'espère. Actuellement nous avons sept suspects potentiels, les six ingénieurs mais aussi Drabnar l'archiviste, nous ne pouvons raisonnablement l'écarter de la liste. Donc, nous allons éplucher les comptes de ses sept personnes afin d'y découvrir des mouvements d'argents sujets à caution. Là au moins nous aurons des indices et nous pourrons resserrer notre étau."





Mérinne faillit s'étouffer en entendant cela et avalant aussi vite qu'elle le put sa nourriture, stupéfaite, dans un râle plein de consternation:




-"Comment ? Tu comptes éplucher les opérations financières de sept personnes ? Mais te rends-tu compte de l'urgence de la situation ? Nous en aurons pour plusieurs mois de pénible et fastidieux recherches ?! Et sans compter que nous ne savons même pas si nous trouverons quelque chose ! C'est vraiment ça ton plan ?!"





Toujours aussi calmement, Allaatkasik reprit d'un ton docte:




-"Mais non, mais non, tu n'as pas à t'inquiéter... Nous allons juste remonter deux semaines avant et après un incident significatif. S'il ne s'agit pas d'un accident mais un acte délibéré, il aura de forte chance que nous trouvions quelque chose. Car je doute que nous ne trouvions plus. S'il y des paiements pour de telles informations, celui qui les fait passer doit bien dissimuler ses rétributions. Par contre, le dix du mois de Glénot nous montre bien que le ou les coupables ont agit dans l'urgence et ils auront peut-être laissé des traces. Après l'incident, je me doute qu'ils se soient organisés et qu'il n'y est plus de trace..."





Rassurée par ces propos, Mérinne replongea le nez dans son assiette tout en lui demandant:




-"Et donc, tu as besoin de moi pour savoir chez quels banquiers les ingénieurs déposent leurs payes ? Tout comme Drabnar. A Amaryl, nous avons trois banquiers que l'on peut dire régulier, après il en existe aussi des moins recommandables, deux à ma connaissance. Donc cinq banquiers en tout et pour tout. Mais pour les deux derniers, obtenir des informations sera difficile... Bien que nous les gardions à l’œil, ce qu'ils savent, ils ne seront par pour autant coopérants. Soit il faudra les soudoyer, soit les menacer, ou bien les deux à la fois..."





-"Bien, dès que tu auras fini, nous nous mettrons en route et nous commencerons par ceux qui opèrent dans la légalité... Les deux autres, nous les garderons pour le dessert..."





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeDim 14 Juin - 19:25




Les trois banquiers.




Une fois Mérinne rassasiée, les deux jeunes filles s'engagèrent dans les rues animées d'Amaryl. Sur le chemin, Mérinne lui donna quelques explications.




-"Tous ceux qui travaillent pour notre gouvernement placent leur argents chez ces trois banquiers qui sont Mortebois, le plus proche de nous, ensuite Calixte et en dernier Bronticar. Nous allons devoir arpenter toute la ville car les trois habitent dans différents quartiers de la ville. Mais je doute que l'un des ingénieurs y ait placé des dessous de table..."





Allaatkasik restait silencieuse. A écouter Mérinne, elle se mit aussi à douter qu'elle puisse découvrir quoi que ce soit. Et dans ce cas, elle se demandait qu'elle piste elle pourrait bien explorer par la suite. Mais comme la visite chez les différents banquiers allait prendre un certain temps, peut-être cela prendrait-il même plusieurs jours, il lui fallait prévoir dès à présent la filature d'Armand et de Bermigard et elle en fit part à Mérinne. Cette dernière lui indiqua qu'un poste de garde ne se trouvait pas trop loin d'elles et qu'il serait opportun de s'y diriger de suite afin qu'elle puisse régler cette affaire. Arrivée au poste, elle donna ses instructions afin que les deux hommes soient mis sous surveillance puis elles reprirent leur route en direction de l'établissement de Mortebois qui se trouvait rue des 'Lucioles'. Mérinne frappa à la petite porte de bois, peinte de jolis motifs végétaux aux couleurs vivent mais distinguées et elles entrèrent. La pièce était petite, les murs de gauche et de droite dépourvus de tout mobilier, alors que le mur du fond leur faisant face était garnis d'un meuble montant jusqu'au plafond et munis de nombreux tiroirs. Devant le meuble, une table où bien rangée une pile de parchemins, un encrier et plusieurs plumes, toutes alignée. Derrière la table, un homme petit et assez âgée était assis dans un confortable fauteuil de cuir rouge aux accoudoir en bois de noyé sculptés de deux têtes de lions. Face à lui, une banquette du même cuir. Tout comme le mobilier, le banquier était vêtu d'une tunique de velours vert émeraude et azur, élégante mais sans ostentation. Il leva la tête vers les deux nouvelles arrivantes et leur sourit affablement. D'une voix haut perché et effacée, il leur demanda le but de leur visite. Ce fut Mérinne qui prit la parole:




-"Vous avez du entendre parler de moi, je me nomme Mérinne et je mène une enquête. Je ne peux rien vous en dire et vous demanderez, à vous aussi la plus grande discrétion. C'est une enquête d'état. Nous aimerions consulter vos registres concernant des employés du laboratoire de recherche."





Le vieil homme se cala au fond de son fauteuil et examina attentivement Mérinne. Sûr qu'il connaissait son nom, mais comme tout banquier, il mettait un point d'honneur à conserver le secret professionnel. Mais dans un cas pareil, il ne pouvait décemment refuser son aide. Il s'agissait d'une affaire de toute première importance. Alors de sa voix aigrelette avec une retenue gênée:




-"Heu... Ce n'est pas dans mes habitudes, mais je vais tout faire pour vous aider. Pourriez-vous me citer les noms des personnes afin de savoir si elles sont bien clientes chez moi ?"





Mérinne lui donna les sept noms et le vieil homme se radossa dans son fauteuil afin de prendre un petit carnet de cuir noir situé dans le tiroir de son bureau. Il y prit aussi une petite paire de lunette à monture d'argent qu'il cala sur son nez puis se mit à tourner les pages rapidement. Cela fait, il posa le carnet devant lui et posa son regard, quelque peu inquiet, sur Mérinne.




-"Je préfère vérifier, ma mémoire n'est plus ce qu'elle était. Mais j'ai effectivement plusieurs de ces personnes comme clients, un Armand, un Ectifar et un Lautrand. Et en quoi puis-je vous aider ?"





Mérinne continua, car elle savait que le banquier aurait fait des difficultés si la demande venait d'Allaatkasik.




-"Il faudrait que nous puissions consulter ces trois comptes sur la période des trois premières semaines du mois de Glénot et peut-être un peu avant."





-"Bien bien."





Et il se leva avec quelques difficultés de son fauteuil pour se diriger vers le grand meuble à tiroir. Il prit un escabeau afin d'atteindre les tiroirs les plus hauts placée et en sortit un épais volume qu'il déposa sur la table. Sur la tranche, on pouvait lire la lettre 'A'. Allaatkasik se retint de toute précipitation, il valait mieux ne pas froisser la sensibilité de Mortebois, mais elle était terriblement excitée à l'idée de ce qu'elle pourrait trouver sur les comptes d'Armand. Pendant ce temps, Mortebois avait ajouté sur la pile deux autres volumes dont les lettres correspondaient aux autres ingénieurs. Voyant le banquier rétissant à faire partager le contenu de ses livres de compte, Mérienne lui fit remarquer qu'Allaatkasik avait été mise sur l'enquête par Dim en personne. Alors, il distribua à chacune un livre de compte et il en garda un pour lui. Tous trois se mirent donc à la recherche d'une somme versée durant la dite période. Mérinne s'occupait des comptes d'Ectifar, Mortebois de ceux de Lautrand et Allaatkasik de ceux d'Armand. Après plusieurs dizaines de minutes, la déception ce peint sur son visage. Rien dans les comptes d'Armand ne suggérait qu'une somme suspecte y était versée. Seule sa paye mensuelle y figurait. De même pour Mortebois, il n'y trouva rien non plus. Quant à Mérinne, elle trouva une somme de cinq cents dias versée le onze du mois de Glénot, soit le lendemain de l'incendie. Et rien ne justifiait la présence d'une telle somme. Ce qui innocentait dans une certaine mesure Armand mais un nouveau coupable semblait se désigner, Ectifar. Du moins tant qu'il n'expliquerait pas la provenance de cette somme. Décidément, rien n'était simple dans cette affaire. Allaatkasik copia juste la ligne de dépôt sur le compte. Il leur faudrait interroger Ectifar par la suite. Toute deux remercièrent Mortebois et prirent la direction de l'établissement de Calixte.




Chez le banquier Calixte, elles y trouvèrent les comptes Drabnar, de Limus et Bermigard. Par contre, pas la moindre trace d'irrégularité bancaire. Puis elles firent de même chez le banquier Bronticar et épluchèrent les comptes de Flemminger. Là, il était difficile se savoir s'il s'agissait d'irrégularité ou pas, mais de nombreux dépôts et relevés y étaient enregistrés. Mais sur toute la période des trois semaines et pas seulement. En consultant le mois dernier, c'était la même chose. Interloquée, Allaatkasik demanda à Bronticar quelques explications sur le sujet. Comment se faisait-il qu'il y ait autant de mouvement d'argent ? Certes, il ne s'agissait généralement que de petites sommes, mais parfois, il en avait de bien plus importante. C'est à contre cœur que Bronticar leur avoua que Flemminger avait un sérieux penchant pour les jeux et que les sommes correspondaient à ses gains ou ses pertes. Au premier abords, cela se tenait mais cela pouvait aussi cacher un blanchiment d'argent. C'était la situation idéale pour dissimuler des paiements plus que douteux. Bien entendu, Allaatkasik irait interroger Flemminger mais il lui an fallait plus, au moins le nom du bookmaker de Flemminger pour l'interroger lui aussi. Par contre, la tâche serait bien plus difficile, voir impossible, mais elle devait essayer. Contre toute attente, les deux pistes concernant l'argent les avaient conduite sur deux personnes des plus inattendues. Il leur faudrait creuser plus avant avant d'avoir la moindre preuve.





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeLun 15 Juin - 17:47




L'assassina d'Ectifar.




En ressortant de chez le banquier Calixte, Allaatkasik proposa à Mérinne d'aller voir Ectifar à son domicile. Comme elles n'avaient pu le rencontrer dans le laboratoire, il y avait de forte chance qu'il soit chez lui en cette fin d'après-midi. Son domicile se trouvait plus en périphérie dans un petit quartier tranquille bien qu'il soit modeste. L'endroit été agréable, des rangées d'arbres encadraient la rue principale apportant un peu de fraîcheur. Les habitations formaient de petit immeubles disparate de quelques étages. Sur les façades l'on pouvait y voir différents styles architecturaux donnant à l'ensemble un aspect baroque mais point désagréable. Mérinne s'arrêta devant une porte de bois peinte de rouge cramoisi avec une belle poignée de laiton sculptée d'une tête de triton. Une fois à l’intérieur un grand escalier tout de bois desservait les différents étages de la bâtisse. Ne sachant où se situait les appartements d'Ectifar, Mérinne frappa à la première porte située au rez de chaussé. Et quelque instants plus tard, un grand homme au visage rubicond lui ouvrit. Peu aimable au premier abords, elle lui demanda froidement à quel étage elle pourrait trouver Ectifar et dans un presque grognement il lui répondit qu'elles le trouveraient au deuxième. S'empressant de refermer sa porte derrière lui, les deux jeunes filles gravirent les marches jusqu'à la porte sur le palier du deuxième étage. A coté du montant de la porte, il y avait une petite poignée de cuivre suspendue à une chaînette. Machinalement, Mérinne tira dessus. Mais après quelques poignées, quand elle vit que personne ne se manifestait, elle frappa directement à même la porte. A sa grande surprise, celle-ci s'ouvrit. De suite, Allaatkasik vit que la porte avait été forcée, des traces nettes apparaissaient sur le montant en bois. Toutes deux se regardèrent, ce n'était pas bon signe et il était possible que celui qui venait de la forcer soit encore sur les lieu. Elles tendirent l'oreille mais aucun son suspect de se fit entendre. Mérinne passa quand même la première suivit de près par Allaatkasik. Le petit vestibule passé, elles débouchèrent dans un salon. Un rapide coup d’œil à la cuisine, rien non plus. Par contre, quand elle ouvrirent la porte de ce qui s'averrait être la chambre, elles furent stupéfaite par le tableau qui s'offrait à leurs yeux. Sur le lit, un cadavre. Elles s'approchèrent et Mérinne lui confirma qu'il s'agissait bien d'Ectifar. Ce dernier avait eu la gorge tranchée et le sang s'était imbibé dans les couvertures et le matelas. A en juger par la flaque de sang, il n'avait du s'écouler que quelques heures depuis son assassina. Que ce soit dans la chambre ou bien dans les autres pièces, rien ne semblait avoir été dérangé ni même fouillé. Celui qui était rentré par effraction n'était venu que pour l’occire apparemment. Allaatkasik se dirigea vers la fenêtre de la chambre et elle constata qu'elle était bien fermée de même pour celle du salon.




/* Pourtant il a bien du entendre que quelqu'un essayait de forcer sa porte... D'ailleurs ce qui est étrange pour un assassin, c'est bien d'avoir recours à ce genre de méthode, à moins qu'il ne veuille prévenir de son arrivé sa future victime... Et pourquoi Ectifar ne s'est-il pas enfui par une des fenêtre en entendant que l'on forçait sa porte ? Ça ne tient pas debout ! Au lieu de crocheter discrètement la serrure... Tout cloche dans cette affaire... */





Alors qu'elle regardait dubitativement la rue en contre bas par la fenêtre du salon, Mérinne revint vers elle la mine grave. Elle tenait à la main une petit flacon en verre de couleur brune et opaque qu'elle lui tendit. Allaatkasik le passa sous son nez et tout comme Mérinne conclut qu'il avait contenu du rhum. Donc, peut-être qu'Ectifar était saoul lorsque le meurtrier forçait la porte et qu'il n'a rien entendu. Mais pour l'assassin, c'était un pari plus que risqué, à moins qu'il ne connaisse ses habitudes, mais tout de même, le crochetage aurait été de rigueur. Sans oublier qu'en agissant ainsi, il avait du se faire entendre par des voisins. Était-ce délibéré ? Histoire de se créer un alibi ? Ou alors, ce meurtre avait été commit dans l'urgence, tout comme la signature dans le registre et qui plus est, par quelqu'un qui ne connaissait pas le métier... Décidément, cette histoire était complètement abracadabrante...




Allaatkasik retourna au près du cadavre pour en inspecter la blessure qu'il avait au coup. Et quelque chose de surprenant sauta aux yeux d'Allaatkasik, l'arme qui avait causée cette blessure, sûrement un couteau, avait été utilisé de face et non par derrière comme l'aurait fait n'importe quel professionnel. Pourtant, l'entaille était bien nette et démontrait donc qu'il n'y avait pas eu de trace de lutte. Allaatkasik reconsidéra la taille de flacon et même si Ectifar tenait peu l'alcool, il y avait peu de chance que celui-ci soit suffisamment saoul pour ne pas sentir le couteau sur sa gorge et tenter, même désespérément, d'échapper à son bourreau. D'un autre coté, peut-être avait-il fait la tournée des tavernes avant de finir ce flacon et de sombrer dans l'inconscience. Possible, mais peu probable.




Quoi qu'il en soit, elles fouillèrent tout l'appartement, tiroirs, placards, étagères, le dessous des meubles et tout les papiers qu'il possédait. Elles se mirent même en quête de chercher une quelconque cache possible. Après deux heures de recherche méticuleuse, elles étaient toutes deux bredouilles, rien, aucun indice, même pas l'arme du crime. Et surtout, aucun élément indiquant la provenance de la somme d'argent. Par contre, une chose était sûre, Ectifar devait être mêlé de près ou de loin à toute cette affaire, peu de chance que son crime soit une simple coïncidence. Mais cela impliquait autre chose d'autant plus grave, celui ou ceux qui revendaient les documents étaient au courant de leur enquête et avait été assez rapide pour empêcher son témoignage alors qu'elles n'avaient commencé que le matin même. Il y avait for à parié qu'elles avaient été suivie durant la journée rendant la situation assez dangereuse. Une fois l'appartement complètement fouillé, Allaatkasik demanda à Mérinne de l'emmener chez Flemminger au plus vite. Si lui aussi était impliqué, il pourrait se faire éliminer. C'était maintenant une course contre la montre et elles décidèrent qu'elles signaleraient l'incident à la garde qu'après avoir eu une discutions avec Flemminger. Le seul objet que conserva Mérinne, fut la petite bouteille de verre opaque.





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeDim 2 Aoû - 13:43






Sur le chemin menant à la demeure de Flemmiger, Mérinne émie une hypothèse et bien qu'elle révèle quelques imperfections et soulevait en même temps de nombreuses zones d'ombres, semblait somme toute possible.




-"Peut-être que l'assassin avait voulue maquiller son meurtre mais qu'il fut déranger. S'il l'on s'en tenait aux marques laissées pour faire croire à une intrusion dans le logis d'Ectifar et mener les enquêteurs sur la piste d'un vol qui aurait mal tourné, il est probable que le craquement qu'auront fait les les gonds lors de leur forçage aura alerté un voisin ou bien même le gardien. Il serait peut-être judicieux de demander à la milice d'effectuer une enquête de proximité. Après tout, il est probable que quelqu'un ait pu entendre ou voir quelque chose. De toute façon, cette scène de crime a été bâclée et elle n'est sans doute pas le résultat d'un professionnel..."





Allaatkasik leva le regard vers elle et approuva d'un signe de la tête. Devant ce qui lui semblait être une situation d'urgence, elle avait préféré partir de suite pour retrouver Flemminger. Et l'aide de la maréchaussée serait plus que la bienvenue dans cette enquête. Cette enquête demandait d'avoir des yeux partout et d'agir très rapidement, à elles seules deux, elles n'y arriveraient sûrement pas. Déjà, l'après-midi touchait à sa fin et il y avait tant à faire, alors d'un ton plein de contrariée retenue mais calme:




-"Mérinne, indique moi la route menant au logement de Flemminger. Je pense que nous ferions mieux de nous séparer et de chercher des preuves chacune de notre coté. Vois ce que tu peux obtenir de cette flasque de rhum et retrouve-moi d'ici deux heures à l'auberge où nous étions ce midi."





Mérinne acquiesça. A elle aussi, cela semblait être une bonne idée. Et puis c'est toujours une bonne idée que de se retrouver dans une auberge où la nourriture servie est particulièrement délicate et copieuse. Elle expliqua donc à Allaatkasik la route à suivre et lui donna, pour plus de précaution le nom de l'auberge où elles se retrouveraient.



Interrogatoire de Flemminger.




Ceci fait, elles se séparèrent et partirent chacune de leur coté. A peine un quart d'heure s'était écoulé qu'Allaatkasik arriva devant un immeuble de quatre étages, relativement coquet. La façade recouverte d'un enduit à la chaux impeccablement lisse, aux encorbellements ouvragée et aux corniches saillantes, se jouaient des couleurs de feu du soleil couchant. Montant les quelques marches du seuil du bâtiment, elle ouvrit une haute porte en bois de cèdre aux ferrures délicates et complexes. Mérinne lui avait indiqué que Flemminger résidait au dernier appartement et elle s'engagea dans l'escalier à colimaçon. Quelques bruits étouffés de conversations lui parvenaient au travers des murs. L'immeuble baignait dans une quiétude apaisante et Allaatkasik n'osa pas utiliser le marteau en bronze ornant la porte de l'appartement. Elle préféra frapper, par trois fois et doucement la porte de son poing, lorsqu'elle entendit une voix qu'elle identifia de suite, celle de Flemminger.




-"Y-a quelqu'un ?"





Sachant que sa voix ne porterait pas au travers de la porte, elle se résigna à utiliser le marteau quand la porte s'ouvrit à la volée. Devant elle se tenait Flemminger qui avait l'ai bien peu satisfait de la voir sur le seuil de sa porte mais, à contre-coeur, la fit tout de même entrer. Allaatkasik entra donc tout en le remerciant timidement. Il la fit entrer dans un salon de belles dimensions, décoré par de nombreux tapis au sol, de quelques poufs en cuirs quelque peu usés et de meubles de styles orientaux. Une table basse en acajou avait été disposée au centre de la pièce. Flemminger l'invita à prendre place sur l'un des poufs tout en sortant de la pièce. Et d'une voix renfrognée:




-"Avant que vous ne veniez me déranger, j'allais me faire du thé. En voulez-vous ?"





Timidement, elle répondit par un oui. Quelques minutes plus tard, Flemminger revint avec un plateau sur lequel se dressait une théière en argent ainsi que deux petits verres multicolores. Sans un mot il servit le thé, en posa un devant Allaatkasik et s'assit en face d'elle et la fixa de son regard sombre. Comme il gardait le silence, c'est elle qui prit la parole, d'un ton assuré et neutre.




-"Comme vous connaissez déjà l'objet de l'enquête que je mène, vous vous doutez sans doute le pourquoi de ma venue. Mais un fait nouveau, survenu plus tôt dans l'après midi me laisse penser que toutes les personnes ayant été témoin ou bien ayant participer à cette fuite d'information se retrouvent maintenant en danger. Il semblerait qu'un nettoyage soit en cours. Donc, si vous pouviez me dire ce que vous savez au sujet de cette histoire et quelque soit votre degrés d'implication, cela pourrait vous sauver la vie. Il n'est plus simplement question de savoir qui à fait quoi, mais de protéger toutes les personnes qui sont mêlée de près ou de loin à cette affaire. Alors que nous allions interroger l'un de vos collègue, à notre arrivée ce dernier venait de trouver la mort quelques heures au par avent. Et à la lumière des dernières informations que nous avons, il se pourrait bien que vous aussi soyez dans le collimateur."





Flemminger qui affichait une acrimonie certaine envers Allaatkasik depuis le début de cette visite, semblait maintenant déconcerté. Que l'un des membres de son équipe vienne d'être assassiné le troubla véritablement. Et c'est avec beaucoup de curiosité qu'il demanda à Allaatkasik le pourquoi de cette mise à mort.




-"Nous pensons qu'Ectifar devait être mêlé d'une manière ou d'une autre à notre enquête. Le lendemain de l'incendie de votre laboratoire, une somme de cinq cents dias a été versée sur le compte d'Ectifar et nous voulions lui demander sa provenance, ce que nous n'avons pu pas faire. Savez-vous quelque chose au sujet de cette somme d'argent ?"





-"A dire vrai, non. Mais c'est une bien jolie somme... Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'Ectifar était loin d'être une lumière et qu'il passait le plus clair de son temps dans des tavernes plus ou moins fréquentables où l'on peut se saouler pour pas trop cher. Il était d'une nature réservée avec ses collègues et n'entretenait avec eux que des rapports strictement professionnels. Ses fréquentations, connues de tous, était bien éloignées des cercles que nous autres fréquentons. Certes, c'était un bon assistant mais jamais il n'aurait pu prétendre à une promotion ou bien à un poste plus élevé. En tout cas, je ne me rappel pas qu'il eut été invité à une quelconque occasion par moi-même ou bien ses collègues. Il restait à l’écart et de toute façon personne n'aurait jamais pensé à l'inviter. On ne peut pas dire qu'il se soit intégré dans notre équipe..."





-"Vous serait-il possible de m'indiquer les endroits qu'il fréquentait habituellement ou bien des personnes qui lui étaient proches ?"





-"La seule chose que je sache, c'est qu'il traînait souvent à la taverne du Sabre Rouge. C'est un établissement de mauvaise réputation à l'est de la ville. Mais pour ce qui est de ses relations, je n'en sais rien. Il était toujours discret à ce sujet. Et pour ce que j'en sais du Sabre Rouge, c'est qu'il y a déclenché plusieurs esclandres qui ne sont pas passées inaperçues. Pourtant, je ne le vois pas lié d'une manière ou d'une autre à une affaire d'espionnage. Il n'en avait ni l'intelligence ni la carrure... Mais je peux me tromper."





-"Bien, je vais maintenant devoir vous poser quelques questions au sujet de vos comptes..."





Il ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase que d'un ton froid et tranchant il répliqua à la volée:




-"Et oui j'aime jouer ! Et vous pensez que pour des paris j'aurais pu trahir ma patrie ? Alors que les choses soient bien claires ! Je ne joue que pour le plaisir et oui, jais aussi quelques dettes de jeux que je m'engage à rembourser au début du mois, si dette il y a. Mon bookmaker est des plus réglo, il déclare ses revenus et n'a jamais envoyé des hommes de mains casser des rotules à de mauvais payeurs. Il ne prend les paris que de gens solvables, pas de trucs louches ou illégaux avec lui, c'est comme tout un chacun un honnête citoyen. D'ailleurs, vous devriez aller le voir et comparer nos livres de comptes respectifs."





Il se leva derechef et ouvrit un tiroir d'où il en sorti un petit carnet à la couverture de cuir verte et le tendit à Allaatkasik.




-"Voici mon carnet de compte, comparer le ! Mon bookmaker s'appelle Gontran et officie à l'auberge du Pétulant Pétunia. Quant à mes dettes ? Moins d'une centaine de dias... Franchement, me croyez-vous capable de tout perdre pour juste ce petit plaisir ?"





A bien y réfléchir, il devait dire la vérité. Le jeu n'était pour lui qu'un simple plaisir, pas une redoutable addiction comme pouvait en témoigner son appartement. Du peu qu'elle avait pu voir, Allaatkasik en déduit qu'il n'avait pas eu recours à la vente du moindre objet de valeur. Certes, il vivait en adéquation avec ses revenus mais ne semblait pas avoir du se défaire de certains objets ayant une certaine valeur marchande. De plus, il tenait un carnet précis des sommes engagées pour éviter toute déconvenue. Il lui apparu qu'il disait la vérité et elle refusa donc de prendre le carnet. Si l'affaire prenait une autre tournure, elle aviserait. Pour l'instant, elle faisait fausse route à ne point en douter et elle changea de direction. D'un ton plus affable elle reprit:




-"Effectivement, pour l'instant je vous crois. Mais alors comment ce fait-il que l'on trouve votre signature sur le registre de consultation des plans de défenses ? Pour moi, cela n'a aucun sens... Essayerait-on de vous piéger ? Et si oui, pour quelles raisons ?"





-"Vous avez trouvée ma signature sur le registre de consultation ? Je peux vous promettre que récemment je n'ai rien consulté dans les archives. Bien entendu cela peut m'arriver de relire certaines notes sur d'anciens projets mais pas récemment. Et comme vous le dite, si je devais revendre des secrets, je n'aurais pas besoin de consulter les archives. Mais comme il est de notoriété public, et je ne m'en cache pas, que j'aime jouer et que de plus j'ai effectivement des différents avec l'ingénieur en second, je pourrais faire un coupable tout désigné. Pourtant, il n'en est rien..."





-"C'est aussi ce que je pense. Personne de votre département n'a vraiment besoin de consulter les projets les plus récents..."





Elle ne pouvait révéler que la signature en dessous de la sienne était celle d'un diplomate. Mais peut-être que cela n'était qu'un jeu de dupe et que même le diplomate soit victime d'une machination élaborée. Des preuves avaient été semées ça et là à l'attention des enquêteurs pour les perdre sur de fausses pistes. Mais que croire alors ?




-"Pourriez-vous me fournir deux documents où sont apposées votre signature ? L'un ancien et l'autre récent ?"





-"Bien sûr."





Flemminger se leva et alla chercher dans son bureau deux reçus où se trouvaient sa signature. L'un de la semaine dernière et un autre datant de trois mois. En lui tendant, il ajouta:




-"J'espère qu'ils vous seront utiles. Car même si je peux paraître suspect à vos yeux, je suis tout aussi impatient que vous de découvrir la taupe qui opère dans nos services."





-"Je vous remercie. Vous devriez, pour un temps résider dans la masure des érudits, la sécurité y est accrue et votre vie ne serait bien moins exposée qu'en ces lieux..."





-"Merci du conseil, jeune fille."





Puis Allaatkasik salua l'ingénieur et prit congés et pris la route en direction de l'auberge afin de rejoindre Mérinne et de faire le point de la situation.





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeDim 2 Aoû - 15:45





Premier point d'enquête.




Sur le chemin la menant à l'auberge du Cygne Col, Allaatkasik ne pouvait s'empêcher de se sentir manipuler par des forces extérieurs. Les indices tout comme les coupables lui étaient servis presque sur un plateau. Et les indices, au lieu de mettre en lumière cette affaire ne faisait que la plonger plus avant dans le trouble et la confusion. Lorsqu'elle entra dans l'auberge au charmes discrets, elle remarqua Mérinne attablée devant une assiette qu'elle semblait bouder. L'après midi n'avait pas no plus être facile pour elle. Discrètement, elle s'assit en face d'elle, posa un regarde doux sur elle et attendit en silence. Quelques instants passèrent avant que cette dernière ne prit la parole.




-"J'ai amenée la flasque à notre laboratoire et ils y ont découvert, qu'en plus du rhum qu'elle contenait, une essence de plante particulière avait été ajoutée et qui a pour vertu de faire retrouver le sommeil à celui qui la consomme. Mais à haute dose, cette décoction plonge la personne dans un repos éternel. En fait, Ectifar s'est fait empoisonner ce qui à provoquer son décès. Ensuite, quelqu'un est venu pour l'égorger. Cela n'a aucun sens... Comme si l'on avait voulu cacher la véritable cause de sa mort. De plus, sur le culot de la bouteille, il y a un sceau très reconnaissable des souffleries de verre du compté de Méprit. Qu'est-ce que tout cela signifie t-il ?"





Avec douceur, Allaatkasik lui répondit:




-"Je suis bien d'accord avec toi. J'ai l'impression que l'on nous donne des indices, des suspects avec leurs mobiles, comme si quelqu'un nous traçait la direction de notre enquête. J'ai plus l'impression d'avoir à faire à une sombre machination... Essayons quand même de faire le point dans tout ça. Comme tu le disais, dans l'affaire nous voyons là un travail qui semble relever de l'amateurisme, pourtant je pressens que derrière les ficelles sont tirées par des personnes méticuleuses, experte dans l'exfiltration de documents secrets. Et ils laissent derrière eux de petits cailloux blancs afin que nous arrivions à la conclusion qu'ils ont prévus... Nous allons les déjouer. Cette après midi,  en interrogeant Flemminger, j'ai l'intime conviction que ce dernier n'est pas impliqué dans ce qui nous occupe, du moins jusqu'à la preuve du contraire. Certes, il faisait un bon coupable avec son ressentie pour Armand et son penchant pour le jeu. Mais pourquoi risquer de périr dans un incendie qu'il aurait lui-même provoqué ? C'est pour cela que nous devons reprendre la piste du paiement d'Ectifar. Par contre, Flemminger m'a fournis plusieurs documents où il y a apposé sa signature. Nous devrions revenir au laboratoire afin de les comparer avec le registre. Il m'a aussi donné le nom de son bookmaker, un certain Gontran que nous devrions trouver sans trop de mal à l'auberge du Pétulant Pétunia. Je ne pense pas la piste interressante, mais au cas où... Mais qui pourrait avoir intérêt à utiliser sa signature pour en masquer une autre si ce n'est pour nous désigner un premier puis un second suspect ? Et il nous reste à déterminer qui est impliqué ou pas dans cette histoire. Quant à l'indice concernant Meprit, il nous désigne l'ancien ambassadeur... Mais pour en revenir à l'incendie, comment se fait-il que l'archiviste ait quitté les lieux, laissant la salle sans aucune surveillance ? Lui aussi, nous devrions aller le revoir...






Dépitée et maussade, Mérinne lui répondit:




-"Tu penses qu'une organisation œuvre en secret en utilisant des hommes de pailles à leurs insu en plus de complices ?"





-"C'est une possibilité. C'est peut-être plus facile pour eux, de faire le ménage après... Je sais pas...  Quoi qu'il en soit, nous avons plusieurs pistes, fausses ou vrai... Et nous devrons toutes les suivre... Au risque de nous perdre tout comme le précieux temps dont nous ne disposons plus..."





-"J'ai demandé à la milice de surveiller toutes les allées et venues du groupe d'ingénieurs afin d'éviter tout autre meurtre et des rondes sont effectuées à proximité de leurs domiciles. J'ai aussi demandé à la garde des portes de la ville de ne pas laisser passer Liantéce ainsi que toutes personne travaillant au laboratoire. Pour en revenir à Flemminger, j'ai appris certaines choses qui vont dans ton sens. Dans le laboratoire, il y des rumeurs concernant un possible départ d'Armand. Pas dans l'immédiat, mais d'ici deux à trois ans, pour rejoindre un poste dans une ambassade. Personne n'a pu me dire pour laquelle ni pourquoi il voulait quitter son poste. Je suis donc passée au bureau du recrutement et les rumeurs m'ont été confirmées. Et là où ça devient intéressant, c'est qu'il se trouve d'être parrainé par Liantèce... Il est donc peu probable que Flemminger n'est pas eu vent de cette rumeur et que de par sa position, il aurait accédé au poste d'ingénieur en second. Un mobile de moins. Par contre si Armand ou Liantéce sont compromis, il faudra trouver ailleurs la piste de l'argent. Raison de plus pour revenir interroger le banquier Mortebois."





-"Excellente idée Mérinne. Par contre, nous avons un fait. A peine sommes nous sorties du laboratoire pour aller interroger Ectifar que celui-ci se faisait tuer. Donc, nous sommes surveillées à n'en point douter et c'est une bonne chose. nous allons épier ces derniers et partir à la pêche. Il nous faut des hommes en civils qui nous prennent en filature et peut-être mettront-ils la main sur l'un de nos suiveur que nous pourrons faire parler par la suite. Par contre, demain, je voudrais revoir le corps d'Ectifar, peut-être que quelque chose nous a échappé... Et dans la foullée, mener une enquête dans sa taverne favorite, le Sabre Rouge. Il est toujours possible qu'un client ait vu quelque chose. Ensuite, repasser interroger Mortebois au sujet des comptes d'Ectifar et d'Armand et Calixte pour les comptes de Drabnar, mais il nous faut l'appuie du conseil, plus de secret professionnel, sinon nous n'apprendrons rien de plus que la fois précédente. Il nous faut découvrir pourquoi on nous montre sur une piste vers Meprit et dont vers Liantéce et voir ce que peut nous révéler cette fichue bouteille. Dans tout ça, j'ai l'intime conviction qu'Ectifar n'était qu'un homme de paille dont il a été facile d'abuser et j'aimerais bien mettre la main sur la personne qui l'a contacté..."





Sans grande conviction, Mérinne lui répondit d'un ton monocorde:




-"J'ai bien l'impression que nous risquons tout de même de tourner en rond. Nous n'avons aucune idée de qui fait quoi ou bien de qui tire les ficelles. En fait, nous n'avons rien de concret pas plus que de piste sérieuse."





D'un ton ferme et docte:




-"Ma chère, tu te trompes ! Nous avons un cadavre, à nous de le faire parler. Ensuite, une foule d'indices trompeurs et à trop vouloir se masquer, ils finiront par commettre une erreur. Ce qu'ils ont déjà fait par ailleurs. Déjà nous avons pu déterminer un schéma global de la situation. Nous avons une organisation qui utilise des sources au sein de la cité, des hommes de pailles pour des missions ponctuelles et des espions pour chapeauter le tout mais qui n'agissent pas. C'est sur ces dernier que nous allons faire levier et pour cela, j'ai un plan. Nous allons, nous même, vendre des informations. Bien entendu, tu pourrais me dire que notre couverture est grillée, ben, justement ! Mais je t'expliquerais cela plus tard."





Elle regarda Mérinne droit dans les yeux et le plus calmement du monde, lui avoua:




-"Bon, moi faut que je mange ! j'ai une fichue dalle ! Parce qu'après on revient sur la scène du crime avant qu'elle ne soit nettoyée et après on fait causer Ectifar... Mange, ça va refroidir..."






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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeMar 4 Aoû - 14:06





Considérations morbides.




Mérinne ne montrait aucune contrariété à devoir continuer l'enquête après cette longue et difficile journée et c'est d'un pas alerte qu'elle mena Allaatkasik sur les lieux du meurtre. Des lumières étaient visibles au travers des fenêtres de l'immeuble. La rue quant à elle, était déserte, éclairée seulement par Maara suivit de sa fidèle compagne, Ignia. Elles franchirent la porte d'entrée et montèrent à l'étage où se situait les appartements d'Ectifar. Arrivées sur le seuil, un long ruban rouge barrait le passage. C'est ainsi que la milice signifiait l'interdiction de pénétrer dans un lieu. Allaatkasik sortie de sa besace papier, plume et encre et s'agenouilla en examinant les montants de porte qui avaient été forcés et prit en note ses observations tout en les faisant partager à Mérinne dans un grave murmure.





-"Les traces laissaient autour du verrou de la serrure sont nettes et franches, le bois a été mordu par un outil laissant deux encoches régulières, comme des pattes. Sûrement un pied de biche. Et l’absence de rouille sur les trace nous indique que l'outil était soit neuf, soit devait servir régulièrement. Par contre, le nombre de marque est bien plus important qu'il ne le devrait. Les premières encoches tout autour du verrou s'averraient suffisantes pour ouvrir la porte. Le malfaiteur en à rajouté d'autres par la suite. C'est bien maladroit de sa part..."





Dubitative, Mérinne lui demanda pourquoi.




-"Les premières marques qui ont servit à ouvrir la porte sont bien profondes, par contre celles faites par la suite corresponde à l'épaisseur de l'outil vu qu'il n'a pas eu besoin de forcer."





Et sans plus un mot, elle se mit à mâchouiller un bout de papier puis le colla sur le montant, juste en dessous d'un marque. Prenant un autre bout de papier, elle l'y apposa comme pour faire un entonnoir. Enlevant le ruban rouge, elle ferma avec délicatesse la porte puis regarda le plus sérieusement du monde son bricolage. Fouillant de nouveau dans sa besace, elle en sortie triomphalement un morceau de cire à sceau et son briquet d'amadou. Puis elle s'approcha du morceau de papier saillant et fit lentement fondre de la cire qui coula le long et s'engouffra entre la porte et le montant. Après quelques minutes d'attente dans l'ambiance feutré de l'immeuble, elle ouvrit avec mille précautions la porte et se saisit la cire encastrée dans le montant. Et avec autant de soin elle l'en décolla et le mit sous le nez de Mérinne. Sans plus de joie dans la voix, Allaatkasik lui expliqua:




-"Bon, nous avons le moulage de l'emprunte du pied de biche. Comme ils sont forgés à la main, tous laissent des empruntes avec de minimes différences. Cette emprunte nous permettra de savoir, si on le trouve, qu'il s'agisse bien du même. Alors oui, c'est un outils relativement usuel et nous n'avons que bien peu de chance de le retrouver... Par contre, si nous en trouvons un qui soit dans un lieux incongru ou bien en possession d'une personne qui ne devrait pas en avoir l'utilité, cela nous permettra au moins de savoir si nous avons à faire à celui qui a servit pour le forfait. Au moins, cela nous évitera de suivre une mauvaise piste. C'est peut-être pas grand chose et que tout cela ne nous servira pas, mais le moindre indice peut contenir d'insoupçonnées révélations. Et au point ou nous en sommes..."





Ce constat fait, Allaatkasik enroba son précieux moulage et le déposa dans sa besace. Puis elles passèrent, toutes deux, en dessous du ruban et entrèrent pour se diriger immédiatement vers la chambre où avait été découvert le corps de l'infortuné ingénieur. Apparemment, rien n'avait été déplacé depuis le matin de la découverte de son corps. Et tout comme pour la porte, Allaatkasik continua à examiner la chambre à l’affût de la moindre trace.




-"Regarde, les seules traces de sang sont situées sur la literie et la grandeur de la tache sur l'oreiller fait à peine une vingtaine de centimètre de large. Hors, s'il avait été égorgé sur place, il y aurait des taches bien plus importantes et aussi des giclures un peu partout. Mais rien de tel sur les murs ou ailleurs sur le lit. Ce qui confirme bien l'hypothèse qu'il était mort quand on l'a égorgé. Par contre, une fois mort, le corps n'aurait pas du tant saigner. Ce sang à été versé par la suite pour nous tromper et je suppose qu'il s'agit du sang d'un petit animal. A en juger par la taille de la tache, je dirais bien un lapin ou une poule..."





Allaatkasik se mit à quatre pattes au sol, la tête touchant presque le parquet de la chambre. Ainsi, elle arpenta toute la surface de la pièce mais ne trouva rien de plus lorsqu'elle se précipita sous le lit. Et ce n'est après que quelques minutes qu'elle se releva tenant du bout de ses doigts, une petite plume. Plus pour elle-même que pour sa compagne:




-"J'aurais du y penser plus tôt... C'est un parquet, alors à l'ouverture de la porte le courant d'air l'aura déplacée..."





Interloquée, Mérinne lui demanda une nouvelle fois ce qu'il pouvait y avoir d'incongru de trouver une plume dans une chambre alors que toute la literie en était faite. Ce à quoi, Allaatkasik répondit, telle une évidence:




-"Oui, mais ce n'est pas n'importe quelle plume. Ceci est une plume de coq. Hors, dans la literie, personne n'utilise des plumes de coq ou bien de poule, ni aucune plume de toute façon. On utilise, exclusivement, du duvet d'oie ou bien du canard. En matière de duvet, fait moi confiance, je m'y connais. De plus, cette plume à quelques qualités intéressantes. Il s'agit d'une espèce de coq apprécié lors de combats clandestins... Il y a fort à parier que l'une de ces infortunées créatures fusse vidée de son sang puis répandu sur notre scène de crime... On peut donc en déduire que notre homme fréquente certains cercles où ne nous manquerons pas d'y faire une visite."





Elle jeta un dernier coup d’œil à l'appartement puis déclara:




-"Comme je te l'avais dis au paravent, à trop vouloir nous laisser d'indices, dans cette surenchère, ils finissent par nous en donner de véritables. Bon, c'est pas tout ça, mais il nous reste encore une visite à la morgue..."





Revenant dans le centre de la ville, les rues s'animèrent peu à peu et le brouhaha des auberges résonnait dans la tiédeur de la nuit. La morgue se situé plus à l'ouest, en dessous du poste de garde central, dans une vaste cave voûtée. Une fois les formalités administratives effectuées, Mérinne et Allaatkasik purent voir le cadavre, accompagné d'un présupposé à la morgue. L'homme était âgée, mais de grande stature et se tenait bien droit. Ses cheveux gris étaient coupés à la brosse comme s'il fut un ancien militaire ce qui fut confirmé par sa démarche franche. Son rôle se limitait à répertorié et archiver les cadavres. Le plus souvent, leur identification se faisait sur leur lieu de découverte ou bien parce qu'un proche venait réclamer un disparu. Sur des cas litigieux ou bien de meurtre, c'est un médecin de l'armée qui venait constater, quand il le pouvait, la cause du décès et c'est le préposé qui consignait cela dans un dossier. La pièce était assez froide et permettait de garder les corps quelques jours. Si personne ne venait les réclamer, ils étaient alors brûlés sans plus de formalité. De grandes étagères permettaient de recevoir un grande nombre de corps, mais ce soir, elles se trouvaient presque vide. Le préposé qui répondait au nom de Jamar les mena devant l'étagère où se trouvait le corps d'Ectifar et d'une voix spontanée:




-"Je vais vous chercher le dossier."





Allaatkasik leva le linceul afin d'examiner le corps et plus particulièrement la plaie qui lui fendait la gorge. Mais même son murmure parut clair dans le silence de ces lieux, sûrement du à l'architecture particulière de cette cave. Alors que Jamar revenait un dossier peu épais à la main, Allaatkasik demanda doucement:




-"Il me faudrait une loupe s'il vous plaît..."





Quelque peu contrarié, Jamar s'exécuta et alla chercher une loupe dans un tiroir de son bureau et la tendit à Allaatkasik. Sans plus de forme elle demanda ce qu'avait écrit le médecin au sujet du décès et il lui énuméra les conclusions. A peine eut-il fini qu'Allaatkasik trancha:




-"Ses conclusions son erronées. Mais c'est tout à fait compréhensible, il lui manquait de nombreux éléments dont nous disposons depuis peu. La mort, comme nous le savons maintenant est du à un empoisonnement. Par contre, la gorge n'a pas été tranché avec un couteau à lame droite. Un poignard, ustensile qui aurait été le meilleur choix pour toute personne exerçant l'assassina, n'est pas l'arme qui a servie. L'entame de la plaie ainsi que les bords de la blessures sont légèrement relevé vers l’extérieur, bien plus que ne l'aurait fait une lame droite incisant les chairs. Je pense qu'il s'agit d'une lame recourbée vers l’intérieur qui a gravée un sillon comme l'aurait fait un socle de charrue. Ce genre de lame est très apprécié par les coupe-goussets et autres tire-laines. Notre faux assassin doit exercer la profession de voleur, ce qui correspond aussi aux marques laissées par son pied de biche, précises et efficaces si l'on prend la penne d'occulter les marques supplémentaires et inutiles. Devant le manque de pratique, évident, à dissimuler correctement de fausses preuves, je pencherais un voleur sans talent, vivant dans la rue et hors du cercle des Ladrinis. Il nous est donc peut-être possible de le retrouver car nous savons qui nous cherchons..."





Puis Allaatkasik se saisit du bras du cadavre et le laissa retomber lourdement sur l'étagère. Ce qu'elle fit par deux fois et doctement:




-"Nous pensions que sa mort devait remonter à la veille au soir ou au matin même. Mais ce n'est pas le cas à en constater par la rigidité de ses membres. Si sa mort avait été provoquée au moment où ne le pensions, ses membres devraient être bien plus raide, ce qui n'est manifestement pas le cas. Son décès à du avoir lieu une journée et demi de cela, peut-être même deux jours. Donc, avant que nous menions l'enquête... Le nettoyage des preuves et autres indices avait été prévu depuis un certain temps déjà..."





Mérinne, toujours peu convaincue par ces déductions:




-"Pourtant aucun de ses collègues ne nous à signalé son absence au laboratoire la veille..."





-"De ce que nous en savons, c'était un solitaire effacé, une personne assez insignifiante aux yeux des autres ingénieurs pour qu'ils oublie de nous mentionner ce détail. C'est le genre d'individu transparent qui ne laisse que peu de souvenir de lui-même."





Elle se redressa, remercia Jamar et se tourna vers l'escalier menant au rez de chaussé.




-"Bien, je crois que c'est le bon moment pour aller faire un tour au Sabre Rouge."






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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeDim 16 Aoû - 15:49





La taverne du Sabre Rouge.




Mérinne emmenait Allaatkasik vers les quartiers désertés et presque en ruine à l'ouest de la ville, loin de l'ambiance festive et bruyante du centre de la ville. Derrière elles, le vacarme des virées nocturnes s'estompait des larges avenues dont elles s'éloignées. Elles cheminèrent dans un dédales de rues et de ruelles étroites et silencieuses. Les lunes, hautes dans un ciel de cobalt profond, étaient claires et hautes, seules lumières donnant à voir un spectacle désolé. Au fur et à mesure qu'elles se dirigeait vers l'ouest les passants se faisaient rares et allaient le pas pressant, ne s'attardant pas. Dans ce silence de poussière chaude, Mérinne lui chuchota :




-"Tous les indices, enfin ceux qui nous ont été donnés jusqu'à présent, désignent un de nos ancien ambassadeur à Méprit. Mais, aux vues de son statut, il sera bien difficile de l'interroger et encore plus d'en savoir sur ses transaction financières. Je crains que nous ne soyons dans une impasse de ce coté-ci. S'il s'agit d'un coup monté, qui peut alors bien être le véritable vendeur ?"




-"En fait, ce que je pense c'est qu'après avoir mis un place un système d'exfiltration de documents, ils se débarrassent de tous les intermédiaires devenus inutiles et des véritables preuves. D'ailleurs, à des fins pratiques, au lieu du 'ils', je les nommerais "l’Organisation". Une ou deux personnes doivent être sur place et mènent l'opération. C'est eux que nous devons trouver et qui nous mèneront à l'Organisation. Grosso modo, maintenant que le réseau est opérationnel, il sera difficile de les débusquer, peu d’intermédiaires, peu de traces... Bien entendu, nous n'avons toujours pas interrogé Liantéce, à savoir s'il est de premier ordre ou pas. Même s'il sera difficile d'en apprendre beaucoup de lui, il vaudrait mieux le rencontrer dans les plus brefs délais... Surtout avec cet indice le désignant... Une chose probable est que cette Organisation, au delà de renseignements qu'elle achète, en profite pour déstabiliser les relations diplomatiques entre le duché de Méprit et Argyrei... L'Organisation est soit indépendante, soit travail pour un autre gouvernement et c'est cela que nous nous devons découvrir... Il est vrai que si un diplomate Eclaris se retrouvait compromis dans une affaire de malversation cela pourrait bien faire un sacré raffut..."




Ces quelques considérations dites, pénétrant dans une petite rue baignant dans l'ombre dont le pavé tout recouvert de sable laissait voir de nombreuses empruntes au sol. Ici et là traînaient de nombreux débris de bois et de métal. Sûrement de vieux tonneaux ayant succombé sous les intempéries. Et toujours en chuchotant, Mérinne lui indiqua qu'elles venaient enfin d'atteindre leur destination.Entre deux petits immeubles aux façades délabrés, les fenêtres closes par de vielles planches de bois disjointes, une bâtisse moins haute, mais à l'apparence tout aussi abandonné se tenait là. Deux fenêtres au carreaux brisés encadrait une porte de bois peinte toute de noir. Mal dégauchie, la porte semblait vouloir fuir de ses gongs et sur la peinture noire toute écaillé avait était peint grossièrement, avec un rouge vermillon, lui aussi usé, un sabre recourbé. Nul bruit, nul lumière était perceptible de l’extérieur et cette bâtisse semblait tout aussi abandonnée que le reste de la triste rue. Toutes deux s'approchèrent de l’inquiétante porte noir et rouge. Pas de marteau, pas de chaîne, rien pour signaler leur présence. Alors, sans plus attendre, Mérinne frappa vigoureusement de son point directement sur le bois. Quelques instants plus tard, un imposte qu'elles n'avaient pas remarqué, s'ouvrit à la volée. Le petit rectangle leur permis de voir en parti, un visage. Un œil, plaqué contre la porte, les fixait. Et sans plus en voir, elles surent que ce regard était tout sauf amical. Une grosse voix rocailleuse leur demanda sans ménagement ce qu'elles fichaient ici. Alors, doucement, gravement mais avec toute l'emphase qu'elle put:




-"Nous sommes ici pour le spectacle et bien entendu, parier. Vos combats sont sans égal à ce qu'on nous à dit."




Grimant les manières d'une jeune bourgeoise en mal de sensations fortes, Allaatkasik sortit négligemment un grenat de sa besace et le tendit négligemment à Mérinne qui compris de suite sa manœuvre. Effectuant un hochement de tête, elle le prit sans un mot et le tendit devant l’œil malveillant. Le visage disparut et une grosse main sale s'en empara. Un bref instant après, elles entendirent plusieurs loquets se déverrouiller et un horrible grincement de porte retentit dans le silence nocturne. Dans le chambranle de la porte, un homme grand, chauve, massif à l'aspect patibulaire les pria de rentrer par un grognement peu aimable. De cette même voix disgracieuse:




-"Allez au fond de salle et descendez l'escalier."




Sans un mot de plus, une fois les deux jeunes entrées, il referma la porte derrière elle et alla se rasseoir sur sa chaise à coté de laquelle se tenait une bouteille à moitié vide. La pièce était petite, plongée dans une quasi obscurité. Le peu de lumière visible venait d'une ouverture plus loin dans le sol qui permettait à peine d'y voir. Elle semblait complètement vide, sans meuble. Il était difficile de voir que les murs laissaient paraître leurs linteaux par endroit, l'enduit réduit en poussière sur le sol. Sans plus s'attarder dans cet endroit sinistre, Mérinne et Allaatkasik se dirigèrent vers l'ouverture d'où irradiait une luminosité peu engageante. Il s'agissait d'un escalier en colimaçon, étroit, tout en pierre et dont on avait des disposé de petites bougies à même les marches. Même ces petites lumières ne rendaient pas moins sinistre la scène. Descendant quelques marches, elle purent percevoir des sons étouffés et indéfinissables. S’enfonçant prudemment dans les profondeurs souterraines, elles débouchèrent dans une petite salle voûté où débouchaient trois couloirs. Deux étaient entièrement plongés dans l'obscurité, le troisième était éclairé par des torches éparses le long du mur. Elle s'y engagèrent prudemment. Au fur et à mesure qu'elles avançaient, les sons se firent plus présents, plus précis. Et quand elles arrivèrent enfin devant une porte massive qui finissait le tunnel, elles purent entendre un vacarme abrutissant. Devant la porte se tenait un homme tout aussi peu engageant mais qui sans un mot, leur ouvrit la porte pour leur laisser le passage.




Arrivées dans la salle, toutes deux se stoppèrent pour reprendre leurs esprits tant le bruit environnant était fort, l'atmosphère saturée d'acres fumée, le tout baignant dans une demi obscurité. La salle, en elle même, était vaste, de forme circulaire et basse de plafond. Sur toute la périphérie s'égrenaient de petites alcôves munies de rideaux aux couleurs indéfinissables et sombres. Les rideaux de certaines étaient tirés, d'autres non. Elles étaient pourvue d'une petite table équipée d'un bougeoir et flanquée de deux banquettes. Elles procuraient à certains personnes toute l'intimité requise pour s'y livrer à des pratiques peu louables. Le reste de la salle était occupée par de très nombreuses tables sur lesquelles s'accumulaient victuailles, pichets, verres et chopes. Au centre se tenait une sorte de comptoir circulaire où officiaient deux hommes. Étrangement, aucune choppe ni assiette n'y circulaient si ce n'étaient des jetons, des bouts de papiers et des dias. Cela ressemblait au centre névralgique des paris et autres jeux. La pièce était pleine de monde et le comptoir central, perpétuellement assaillit. De nombreuses serveuses faisaient des allées et venues en jouant des coudes afin de se frayer un chemin entre les tables. On pouvait y voir des personnes de tous rangs et de toutes conditions s'agiter, boire et beugler. L'atmosphère était assourdissante. A l'opposé de la pièce, un passage semblait donner sur une autre pièce d'où l'on pouvait entendre des gens crier, s’exclamer dans la joie ou la déception. Et dans ce vacarme perçait des piaillements aigus et plaintif. A n'en pas douter, il devait s'agir d'une arène où combattait des coqs ou autres volatiles. Avant d'aller plus loin et d'un commun accord, toutes deux décidèrent d'aller s'installer dans une alcôve vide afin d'avoir une vue d'ensemble des personnes et de les observer un moment avant d'entreprendre quoi que ce soit. Elles s'installèrent donc chacune l'une en face de l'autre sur les banquettes et regardèrent alentour lorsqu'une serveuse d'age mur vint prendre leur commande. Pour se fondre dans la masse, elles commandèrent donc chacune une choppe de bière et à leur grande surprise, la serveuse revint les servir bien plus rapidement qu'elles ne l'auraient cru et leur déposa les choppes. Mérinne régla et laissa un pourboire. La serveuse lui fit un sourire et repartie se noyer dans la cohue.





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeMer 23 Sep - 16:23





Allaatkasik ne toucha pas à sa choppe de bière tandis Mérinne la dégustait lentement et pendant une heure elles observèrent la clientèle mais sans remarquer le moindre suspect ou le moindre protagoniste touchant de près ou de loin à cette affaire. Pourtant elles pensaient avoir fait suffisamment de bruit en menant leur enquête que cela aurait du pousser au moins l'un de ces criminels amateurs à commettre un impair et à revenir dans cette auberge qui semblait être un point central et sûrement un lieu de ralliement où s'échangeaient des ordres ou des informations. Peut-être était-ce même le lieu où se vendaient les secrets d'états, bien que cette spéculation paraisse bien hasardeuse aux yeux d'Allaatkasik. Quoi qu'il en soit, elles avaient fait choux blanc et de longues et pénibles heures de planques s'annonçaient. Cette salle était le lieu de passage obligé pour tous les parieurs ainsi que le seul endroit où il était possible de discuter. Donc, elles devaient garder leur poste d'observation et s'armer de patiente. Ce n'est qu'à la troisième heure d'affligeante et déplaisante attente qu'enfin un suspect de l'enquête se manifesta. Et pas l'un des moindres, Liantéce en personne venait de faire son entrée dans la salle. Toutes deux aux aguets, elles furent bien surprise de le voir se diriger vers leur alcôve. Et avec une certaine angoisse, elles se demandèrent s'il les avait repérées. Bon, aucune des deux ne l'avait jamais rencontré face à face, mais comme elles se savaient espionnées, il était tout à fait possible qu'il fut informé de leurs présences. Mais, cela ne collait pas. S'il avait eut connaissance de leurs agissement, il ne serait sûrement pas venu ici. A moins qu'il n'est élaboré une stratégie totalement déconcertante. Quoi qu'il en soit, toutes deux plongèrent leurs nez dans leurs choppes et attendirent. C'est avec soulagement qu'elle constatèrent qu'il ne venait pas à leur rencontre mais qu'il se dirigeait vers une alcôve inoccupée. Depuis qu'il avait pénétré dans la bruyante salle voûtée, Liantéce avait continuellement jeté des regards inquiets de droite et de gauche comme s'il cherchait fébrilement une personne ou bien qu'il veuille la fuir. Mais il était clair que leur stratégie fonctionnait et elles avaient hâte de voir qui viendrait se joindre à lui. Placée comme elle l'était, Allaatkasik ne voyait Liantéce que de dos et encore que de trois quart et de leurs places il leur serait impossible d'entendre la moindre conversation. Allaatkasik, tout comme Mérinne, ne jetait que de furtifs coup d’œil de temps en temps, prudemment. Ce n'était pas le moment de se faire repérer et de faire fuir l'acolyte de Liantéce. Ce dernier ce fit attendre un long moment, mais un homme assez grand et sec, vêtu d'une grande cape noire à capuche qui ne lassait paraître qu'en parti son visage, se dirigea vers le diplomate. Mérinne put tout de même apercevoir qu'une balafre ancienne courrait sur son visage du dessous de son œil gauche jusqu'à sa narine. Et avec le peu qu'elle out percevoir, elle en déduit sommairement que l'homme devait avoir la quarantaine passée. Une fois assis, Allaatkasik n'en vit guère plus, l'homme gardant sa capuche. Mérinne aurait bien voulue lui tomber dessus et l'arrêter mais dans un tel endroit, il risquait fort de se volatiliser et le retrouver par la suite serait presque impossible. Il leur faillait donc attendre. Se confronter à Liantéce ne serait pas du tout difficile, donc elles optèrent pour prendre en filature le mystérieux homme. L'entretient entre les deux hommes ne dura que quelques minutes et l'homme à la cape semblait contrarié, à moins que ce soit son attitude habituel. Il se leva pour rapidement se diriger vers la sortie et Allaatkasik tout comme Mérinne, lui emboita discrètement le pas. Jetant un coup d’œil vers l’alcôve où se trouvaient des deux hommes, Allaatkasik remarqua que Liantéce y était toujours attablé.


Montant prudemment les marches, elles saluèrent d'un signe de tête le gardien à la mine patibulaire et sortirent de l'établissement quand elles aperçurent au bout de la ruelle, l'homme qui obliquait sur la droite, s'enfonçant dans le dédale de ce quartier tombant en ruine. Elles durent accélérer sérieusement le pas pour ne pas le perdre de vue et quand elles débouchèrent sur la rue, l'homme avait ralenti son pas. Il apparut clairement à Allaatkasik que cet homme était tout sauf un amateur, plutôt un professionnel entraîné, à n'en pas douter, un Ladrinis. La partie s'annonçait difficile. Si Mérinne l'accompagnait, elles se ferait rapidement remarquer et il prendrait la fuite, d'un autre coté, Allaatkasik ne connaissait pas la ville et il pourrait la mener droit dans une embuscade. Tout bien réfléchie, Allaatkasik le filerait seule. Avec ses capacités de Ladrinis, elle aurait plus de chance de mener à bien sa mission et prendrait le risque de tomber dans un piège. Elle convenue donc avec Mérinne qu'elles se retrouveraient à l'auberge, au plus tard au petit matin. Et si elle n'était pas revenue à l'heure dite, que Mérinne continue les investigation sans plus se préoccuper d'elle et Allaatkasik disparut à son tour dans les méandres du vieux quartier.




Ce fut une partie de cache-cache très serrée. Le bougre était particulièrement expérimenté et plusieurs fois il faillit perdre Allaatkasik. C'était une véritable anguille. Depuis plus d'un quart d'heure il la baladait dans cet enchevêtrement de bâtisses vides et vétustes et elle finit par se demander s'il ne l'avait pas repérée et qu'il jouait avec elle. Mais contre toute attente, il prit la direction du centre de la ville où les rues y étaient encore animées. Allaatkasik s'attendait à ce qu'il se rende dans un repère éloigné des regards indiscrets et voilà qu'il s'exposait à la vue de tous. Mais elle fut encore plus surprise lorsqu’il sortit une clef et qu'il déverrouilla la porte d'une échoppe, celle d'un négociant de vin. Après tout, ce n'était peut-être qu'une planque ou bien un lieu de chute lui permettant de brouiller les pistes et de continuer plus tard son chemin vers son véritable repère. Alors Allaatkasik repéra une petite ruelle encombrée de tonneaux qui ferait un point d'observation parfait. S’asseyant à même le sol et mettant ses bars autour des jambes, elle attendit. Une heure passa, puis deux puis trois... Et personne ne sortit de la boutique. Ce n'est que lorsque le ciel devint d'un bleu profond et lumineux, précédent les premiers rayons du soleil qu'elle regagna fourbu, son auberge.




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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeLun 12 Oct - 14:36




En fin de matinée, alors qu'Allaatkasik émergeait d'un profond sommeil, elle ne vit point Mérinne dans la chambre et se douta de l'endroit où elle pouvait bien se trouver. Alors, sans se presser, elle se prépara avant de descendre dans la salle commune de l'auberge où, sans surprise, elle vit son acolyte attablée devant une assiette à demi finie de ragoût. Allaatkasik la rejoint à sa table et fut accueillie par un bonjours serein et enthousiaste. Allaatkasik se contenta d'un verre de lait froid et commença à exposer son plan. Le type louche qu'elles avaient aperçu avec Liantèce était probablement l'articulation centrale de toute cette histoire et de lui, il devrait être possible de remonter à la source, c'est à dire le commanditaire. Déjà elles en connaissaient quelques pions et avaient des soupçons sur d'autres. La première chose à faire serait dans un premier temps aller fouiller chez ce soi disant marchand de vin et au passage, connaître l'identité sous laquelle il réside à Ameryl et aussi depuis combien de temps il s'y est installé. Après, il leur faudrait passer au interrogatoires de certains des suspects. Bien que n'ayant que des preuves circonstancielles, il se pourrait que l'un d'eux se mette à parler sous la pression. Par contre, l'instigateur avait sûrement élaboré un plan particulièrement machiavélique et il était quasiment certain que les différents protagonistes n'avait aucune connaissance des uns ou des autres, ni de leur place dans ce plan. Les informations devaient être compartimentées en cas de fuite, le seul lien dans tout ça demeurait le mystérieux homme. Mérinne voulu tout de même en savoir plus sur les futurs suspects que pensait interroger Allaatkasik. Cette dernière misait particulièrement sur Drabnar l'archiviste qui devait avoir trafiqué le registre, peut-être serait plus enclin à dévoiler son rôle sous la pression. Après, même si Armand était le suspect qu'on leur avait jeté en pâture, peut-être parlerait-il pour sauver sa peau, même s'il n'a joué qu'un rôle très secondaire et le dernier sur la liste était Lientéce. Lui aussi mis en avant dans cet enquête, mais c'était aussi le seul dont elles connaissaient le lien avec l'homme autour de qui tout tournait. Sans véritables preuves, les interrogatoires seraient extrêmement difficiles à mener et elles risquaient se subir une sévère déconvenue. Quant à élucider le meurtre d'Ectifar, sans aveux directs, son meurtrier ne serait probablement jamais inquité, pas plus que celui qui simula son assassina. Mais plus l'heure tournait, plus les indices disparaissaient tout comme les potentiels témoins...




Comme elles devraient attendre que l'homme sorte de son échoppe, elles demandèrent à la garnison d'y poster un garde en civil, le plus discret qui soit pour surveiller ses allées et venue. Elles le retrouveraient à la nuit tombée. Dans le même temps elles s'enquirent de savoir si l'un des suspects listé avait essayé de quitter l'enceinte de la ville, mais aucun d'eux n'avait tenté quoi que ce soit. Alors, elles se dirigèrent plus avant dans le cœur de la ville afin de rejoindre le bâtiment du registre du commerce. Là elles demandèrent l'identité du marchand qui tenait une boutique en négoce de vin dans la rue des trois tonneaux. Il s'agissait d'un certain Maraki Evenlore qui avait acquit cette échoppe en 1296 et dont tous les papiers étaient en règles. Par contre, aucune information concernant s'il avait été citoyen d'une autre nation ne figurait dans le registre. Mais ce qui était des plus inquiétant, s'il s'agissait bien du même Marik que celui du registre, était qu'il soit en place depuis dix ans au sein même de la capitale. Un doute envahie soudainement Allaatkasik. S'il était en place depuis tout ce temps et qu'il avait préparé un plan minutieux sur le long terme, peut-être que l’endroit même qu'il avait choisit n'était sans doute pas non plus anodin et elle demanda à Mérine de la conduire au cadastre. Peut-être apprendraient-elles quelque chose sur les lieux, trouveraient-elles un détail les menant à une autre piste ? Bref, toute information était la bienvenue. Mais une fois sur place, le charmant jeune homme qui les avait accueillies et qui avait fait les recherches sur les plans de construction du bâtiment, revint les mains chargées de documents et de plans. Il posa le tout en vrac sur une des tables proche du comptoir, la mine dépité et d'une voix haute perchée:




-"J'ai rapidement jeté un coup d’œil sur les plans de constructions. Mais comme pour de nombreuses constructions et même pour des quartiers entiers les plans restent partiels, voir même ne sont plus à jours. Il y a eu tant de travaux, d'améliorations et d'aménagements au cours des dizaines de décennies sans que tout soit enregistré méticuleusement dans nos archives, que les indications fournies par les plans peuvent s'avérer soi fausses, soi incomplètes. Sans compter que certains documents d'archives sont manquants. Donc, je ne serais trop vous conseiller de prendre ces informations qu'à titre indicatif. Là où les plans sont les plus incertains sont ceux qui traitent des sous-sols de la capitale. Bon, pour les bâtiments de surface, ça devrait aller."





Après ce bref conseil, il les laissa seules consulter les divers documents. Bien qu'elle en fut avertie, Allaatkasik fut bien surprise de voir à quel point ce quartier avait pu être modifier, voir complètement chamboulé et aux dire de Mérine, il en était de même pour presque toute la ville. De nombreux ingénieurs avaient procédé au fil du temps à de très nombreux aménagements et parfois sans prendre le temps de mettre au propre un plan détaillé et de le déposer au cadastre. Parfois, certains d'entre eux n'était même pas daté, d'autres c'étaient égarés, mais pour ce qui était des bâtiments visibles, ils étaient justes et précis. Par contre, la ville avaient été dotée d'un étrange et ingénieux système souterrain de collecte des eaux pluviales tombant dans de grands réservoirs parsemés sous la ville ainsi qu'un autre destiné aux eaux usées. Mais en faisant chevaucher les divers plans, des sections entières semblaient avoir disparues, d'autres remaniées et encore d'autres qui faute de maintenance s'étaient effondrées. Quoi qu'il en soit, deux entrées dans la rue jouxtant l’échoppe permettaient de rejoindre ce réseau de souterrains mais aucune indication ne permettait de savoir si dans le bâtiment il pouvait y avoir une telle entrée. Quand à savoir où pouvaient bien déboucher ces tunnels, cela demeurait un mystère, impossible donc de surveiller complètement toutes les allées et venues de ce Maraki. Maintenant, il ne leur restait plus qu'à attendre la nuit tombée et que le garde en poste leur confirme que Maraki eut quitté le bâtiment pour agir.




Au cours de l'après-midi, attablées dans une petit auberge discrète et non loin de la boutique de négoce en vin, alors qu'elle se gavait d'une délicieuse tarte au pomme, Mérinne lui expliqua un peu l'histoire de la ville, de sa splendeur passée et aussi de sa chute, de l'arrogance d'un peuple mais aussi de son ingéniosité et de la période trouble qu'elle avait traversée. Ainsi Allaatkasik put saisir le pourquoi d'une architecture aussi pittoresque et baroque où parfois l'on voyait la carcasse de bois et de métal d'une étrange créature succomber aux intempéries, prendre à des filins d'acier, tel de sinistres monuments sortis de l'imagination délirante d'un scientifique. Mais toutes ces folles inventions étaient loin de peupler ce cimeterre et bon nombres fonctionnaient encore. Toutes deux attendaient avec impatience maintenant qu'un garde vint les avertir du départ de Maraki, mais elles durent attendre jusqu'au milieu de la nuit avant que le garde tant attendu ne vienne. Attendant que le garde sorte de l'établissement, elles en firent de même et se dirigèrent vers l'échoppe. Sur le chemin, Allaatkasik fit part à Mérinne de certaines de ses inquiétudes:




-"Même si Armand n'est qu'un leurre, pourquoi Lientéce l'appuierait-il pour un poste dans une ambassade de Méprit ? Je suis curieuse de savoir le rôle qu'il peut tenir dans toute cette histoire... Demain nous y verrons plus clair après les interrogatoires..."





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeSam 16 Jan - 19:15




Maraki, le négociateur en vin.




Le garde bifurqua bien avant la rue des Trois Tonneaux, dans les rues, le silence, pas âme qui vivent. A cette heure, les tavernes et tripots faisaient salle comble, Allaatkasik et Mérinne arrivèrent devant la boutique de négoce en vin sans avoir croisée personnes. Elles se mirent à couvert dans une petite rue obscure en face de l’échoppe de Maraki. Aucune lumière n'était visible dans cette partie de l’immeuble. Allaatkasik murmura à Mérinne rapidement quelques recommandations d'usage et se dirigea à pas de loup vers la portes de l'arrière boutique destinée aux livraisons. Utilisant avec doigté sa Langue Serpent, elle eut bien vite raison de la serrure, ouvrant la porte pour s'engouffrer dans l'obscurité de la bâtisse. Après être rentrée, elle s'immobilisa et écouta. Aucun son ne lui parvenait et elle en déduit que le magasin devait être désert. Alors, elle alluma une petite lanterne pour voir qu'elle se trouvait dans une pièce assez grande où étaient empilés des tonneaux sur des madriers. Le plafond était assez haut et les poutres du faîtages étaient visibles. Sur sa droite il y avait un robuste escalier de bois menant à l'étage. Sûrement les appartements de Maraki. Un autre porte non loin devait donner accès à l’échoppe à proprement parler. Mais un détail chiffonna cependant Allaatkasik, l'escalier même s'il montrait des signes d'une usure certaine, n'avait pas l'aspect patiné qu'il aurait du avoir. Cette grande pièce devait à en juger par son aspect servir de lieu de réception des marchandises. Bien qu'il fut tout à fait concevable que les tonneaux y résident, les bouteilles de vins plus précieuses tout comme les certains alcool devait être entreposés dans un autre endroit, moins accessible. Et donc l'aspect de l'escalier ne correspondait pas à l'usage que l'on aurait du en faire. A moins que Maraki n'entrepose le tout dans sa boutique. Ce qui dans ces conditions signifiait qu'il devait avoir peu de volume de marchandises ce qui contredisait l'aspect extérieur, assez luxueux, de sa boutique. Allaatkasik s'approcha des tonneaux et frappa dessus doucement de son poing. Ils semblaient être tous pleins. Mais ils étaient empilés sur trois étages et il lui était impossible de les atteindre, quant à grimper dessus, s'était prendre de bien grands risques. Alors elle passa entre les rangés impeccables et finie par trouver une petite échelle. Elle put vérifier ce qu'elle avait envisagée. Les tonneaux du bas étaient pleins mais les deux autres rangées présentaient des tonneaux vides. Ceux du bas n'étaient donc là que pour donner le change en cas de contrôle ou bien servaient de fond de commerce pour sa couverture. Pourtant depuis le temps que Maraki était dans la capitale, comment faisait-il pour donner le change ? A moins que depuis quelque mois il envisageait de quitter Amaryl sentant le vent venir ou bien qu'il fut informé qu'une enquête était en cours. Mais ce dernier point ne collait pas. Ce n'est pas en quelques jours que les choses s'étaient faites, tout cela avait nécessité des mois de préparation, ce qui signifiait pour Allaatkasik qu'il était urgent de boucler l'enquête et en premier lieu de trouver des preuves concrètes. Car tout ce qu'elle avait en main n'était que circonstanciel. Elle remarqua cependant une chose, la majorité des tonneaux étaient importés du duché de Méphrit. Étrange coïncidence...




Prenant sa lanterne, elle s'engagea dans l'escalier lorsqu'elle remarqua un éclat métallique en contre-bas sous l’escalier. Le redescendant, elle vit deux anneaux de fer sur les battants d'une trappe et à en juger par leur apparence, ils devaient être fréquemment manipulés. Avec prudence, Allaatkasik s'en saisie et ouvrit la trappe. Elle ne vit qu'un trou noir devant elle duquel remonté des odeurs de champignons et de moisissures portées par un courant d'air frais. A n'en pas douter il devait s'agir de l'un de nombreux souterrain parcourant la ville. Peut-être même allait-il au delà. Une porte de sortie inopiné pour prendre le fuite... Mais Allaatkasik n’avait pas le temps de appesantir là-dessus, elle devait absolument trouver quelque chose qui pouvait relier tous ces protagonistes. Alors laissant derrière elle le passage, elle se concentration sur la priorité de sa mission et gravit rapidement les marches de l'escalier et ouvrit la porte. Un nouvel escalier se présenta devant elle mais en colimaçon cette fois-ci. Il devait desservir les deux étages supérieurs. Sans plus hésiter, elle le prit et s'arrêta au premier étage qui devait être celui des appartements de Maraki. Elle s'engagea dans le couloir et arriva devant une petite porte toute recouverte de cuir rouge. La porte était fermée. Encore une fois, avec l’aide de sa Langue Serpent elle en vint rapidement à bout et entra. Il s'agissait d'un petit vestibule dans lequel deux bergères se faisaient vis-à-vis et une nouvelle fois une porte de bois peint qui elle n'était pas verrouillé. Tournant le loquet de laiton elle déboucha sur une vaste pièce, sûrement une pièce de réception pour les invités. D'une quarantaine de mètres carré, elle était pourvue de plusieurs fauteuil et sofas. Sur les mur, de grands miroirs bordés de moulures alambiquées, toutes dorées, où se reflétait la lumière de sa lanterne. Voyant son reflet, elle le détesta. Comme si ces miroirs avaient le pouvoir de lui renvoyer sa véritable image, celle d'une non-vivante. Elle ne s'attarda pas dans cette pièce. De toute façon, rien de ce qui pouvait l'interresser ne s'y trouvait. Alors, rapidement elle se dirigea vers le mur opposé. Deux portes se tenaient de chacun de ses cotés et sans hésité, elle prit la porte de gauche qui la mena sur un court couloir. Une porte à gauche, l'autre à droite et devant elle, une étroite mais haute fenêtre donnant sur la rue des trois tonneaux. S'approchant sans sa lanterne, elle vit que la rue était toujours déserte et que dans l'obscurité de la ruelle d'en face, Mérinne devait l'attendre. Revenant sur ses pas elle ouvrit la porte de droite et entra.




A n'en pas douter, il s'agissait de la chambre de Maraki. Un grand lit à baldaquin y trônait, des draps de fine soie pourpre à liserer d'argent, des oreillés de plume d'oie aux couleurs d'azur et de lourde tentures cramoisies hourdant le tout. Une large fenêtre à double battant donnât sur la rue principale dont les rideaux de velours sombres étaient heureusement tirés empêchait toute lumière de filtrer. Une petite commode se situait en face du lit et contre le mur de gauche, s'élevait une magnifique armoire pourvue elle aussi de miroirs. Doucement elle en ouvrit les portes et y découvrit toute sortes de tenues, des riches et somptueuses tout comme des sobres aux couleurs sombres aux tissus jurant avec les autres. A n'en pas douter, Maraki devait jouer les caméléons. Elle en fouilla rapidement les poches mais ne trouva rien, alors elle délaissa la chambre pour l'autre pièce du couloir. C'était une petite pièce aveugle. Surprenant pour son emplacement dans la demeure tout autant que pour son usage. Il s'agissait d'un bureau qui donnait sur la rue où se trouvait l'entrée du magasin de livraison. Un fenêtre y aurait bien utile. A peine d'une superficie d'une dizaine de mètres carré, il n'y avait qu’un sobre bureau et une chaise. Par contre, le mur faisant dos au bureau était complètement dissimulé sous un imposant meuble de chêne aux teintes extrêmement foncées pourvu de tiroirs du sol au plafond. Assez profond, chacun des tiroir contenait de nombreux parchemins. Et tous ne révélait qu'une seule et unique chose, les transactions de Maraki avec des fournisseurs en vins et autres liqueurs. Une comptabilité précise et détaillée mais qui pourtant ne correspondait pas à ce qu'avait pu voir Allaatkasik. Aucun de ces tiroir n'était verrouillé et elle savait qu'elle perdait son temps à y rechercher des indices. C'est alors, qu'avec précaution elle chercha un tiroir secret ou bien tout autre endroit dissimulé dans le bureau où elle aurait pu trouver quelque chose. Mais là non plus, rien de concluant. Agacée, elle sortie de la pièce et retourna dans la salle de réception afin d'explorer l'autre porte.




Allaatkasik déboucha sur un couloir identique au précédent. Mais au lieu des murs lambrissés, ceux-ci étaient habillés de tentures du sol au plafond et une unique porte s’offrait à sa droite. Au fond du couloir, la même haute et étroite fenêtre. Ouvrant la porte, elle découvrit une cuisine avec sa large cheminée et des meubles garnis de poêles et de casseroles en cuivre et en fonte. Au fond de la pièce, un étroit escalier en colimaçon qui descendait sûrement sur une porte de service. Ne s'attardant pas plus, elle retourna dans le couloir et se demanda comment cela ce faisait-il qu'un couloir donnant sur les communs se trouvait d'être décoré avec tant de soin. Quelque chose ne collait pas et l’instinct d'Allaatkasik lui disait que ses tentures n'étaient pas là seulement pour décorer un tel endroit. Posant sa lanterne au sol, elle écarta une à une les tentures, y cherchant une porte dérobée ou bien toute autre cachette. Lentement et méthodiquement elle sonda chacune des planches du lambris. Tâtant du bout des doigts, frappant doucement dessus, elle était attentive au moindre changement ou bruit suspect. Mais il lui fallut plus d'une heure avant de trouver une des planche qui présentait une légère anomalie. Une pièce de bois toute carré qui semblait être un simple raccord mais qui pouvait pivoter. Une fois le mécanisme enclenché, une des lattes d'une cinquantaine de centimètre de long pouvait alors se dégager des autres et révéler une espace d'une dizaine de centimètre de large, obscur et peu engageant. Pas vraiment rassurée, elle le fouilla de sa petite main blanche et en ressortit un carnet à la couverture de cuir, brune et usée. Tout au fond d'elle-même, elle espérait ne pas être tombée sur un simple carnet de recettes...




Par chance, le carnet en question faisait référence à des personnes, des comptes et d'autres choses qui pouvaient enfin avancer l'enquête. Ne voulant rester exposer à la fenêtre du couloir elle revint le lire dans le bureau aveugle et elle y découvrit bien plus à ce qu'elle pouvait s'y attendre. Parcourant rapidement les pages, Allaatkasik commença à comprendre le rôle de certains protagonistes et entrevoir l’ampleur de l'organisation qui compromettait la sécurité d'Amaryl. Maraki en était l'axe central. Alors, prenant son nécessaire d'écriture, elle en recopia soigneusement les informations les plus pertinentes. A en croire sa lecture, le rôle central que joué Maraki n'était pas clairement définissable, dans le sens ou il était difficile de savoir quel était son véritable employeur. Quoi qu'il en soit, elle apprit que Liantèce recevait de l'argent chez un banquier de Méphrit tout comme Drabnar et que cet argent transitait via le banquier Calixte. Il était aussi notifié qu'un certain Saerce qui se trouvait être à la solde de Liantéce devait être éliminé le plus rapidement possible. Apparemment, il s'agissait d'un espion à la solde de Liantèce et comme l’Organisation faisait le ménage, il était hors de question qu'un tel homme puisse encore exister. Bon, il y avait suffisamment d'élément pour inculper ceux qui revendaient les informations mais pas leurs commanditaires. Alors qu'elle essuyait sa plume, Allaatkasik entendit le signal. Un caillou frappant le carreau de la fenêtre. Elle devait au plus vite s'enfuir. Alors, elle replaça le carnet dans sa cachette mais cela lui prit beaucoup de temps, trop pour reprendre le chemin du magasin. Mais comme elle avait vue un escalier en colimaçon descendant au rez de chaussé dans la cuisine, sans réfléchir plus avant, elle y alla. Déjà, elle pouvait entendre le verrou de la porte d'entrée s'ouvrir. Rapidement et le plus silencieusement possible elle dévala l'escalier et arriva face à une petite porte de service. Sans plus y réfléchir, se servant de sa Langue Serpent elle l'ouvrit et déboula dans la rue adjacente. Refermant derrière elle, elle rejoint au plus vite Mérinne qui l'attendait dans la ruelle d'en face. C'était moins une !




Allaatkasik remercia sincèrement Mérinne de l'avoir tirée de ce mauvais pas. Elle n'avait aucune chance devant un type aussi aguerri, Mérinne venait de lui sauver la vie. Mais toutes deux restèrent silencieuses jusqu'à l'auberge. Allaatkasik avait du mal à tenir sa langue devant ce qu'elle venait de découvrir mais pourtant il le fallait. Une fois dans leur chambre elle lui expliqua tout. Allaatkasik allait demander de l'aide à l'ambassade de Cimméria basée au duché de Méphrit.




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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeLun 18 Jan - 14:39






Bien que Mérinne montre des signes évidents de fatigue, Allaatkasik était bien trop excitée par sa découverte pour envisager de s'assoupir, ne serait-ce qu'un instant. Reprenant ses notes prises à la hâte, elle put avoir enfin la preuve du rôle de certains des protagonistes dans cette sombre machination. Maraki en était le pivot. C'était lui qui était le lien entre le ou les commanditaires et les hommes de pailles. En relisant attentivement toutes ces informations, elle comprit qu'Ectifar avait été manipulé par l'ambassadeur Liantèce tout comme Armand et Drabnar. Par contre, il était évident que ce dernier, loin d'être vraiment manipulé, avait agit en tout état de cause et était un traître à part entière, tout comme le banquier Calixte. Flemminger, lui, n'était qu'un leurre et une future victime de plus, son rôle n'étant que de brouiller les pistes. Par contre, il était évident que toute une partie de ce complot agissait depuis le duché de Méphrit. Et Allaatkasik avait un nom, celui d'un banquier résident dans la capitale du dit duché. Mais elle savait qu'il s'agissait d'une course de rapidité et qu'elle n'aurait absolument pas le temps d'aller enquêter sur place. Il lui fallait le soutien du Bureau, sans lui, elle ne pourrait accomplir sa mission. Bien entendu, comme elle agissait à titre non officiel pour le Bureau, elle risquait certainement un refus, voir pire, un blâme. Mais l'heure n'était point aux états d'âmes et elle décida que dans la matinée elle enverrait un courrier à l'ambassade Cimmérienne de Méphrit. Là bas, il y avait un agent de liaison qui pourrait enquêter sur le banquier Arsine et les flux financiers entre les deux états. Elle en profitera par la même occasion de demander s'ils ont des renseignements sur ce Maraki, peut-être était-il déjà connu des services de renseignements, sait-on jamais...




Alors que Mérinne, n'y tenant plus, s'effondra sur le lit, Allaatkasik mis au propre ses notes et prépara les interrogatoire du lendemain. Certes, elle n'avait que peu de preuves mais avec ces nouvelles informations, un coup de bluff pouvait être tenté. Les deux personnes qu'elle convoquerait seraient seulement Drabnar et Liantéce. Inutile de secouer trop fort le prunier au risque d'alerter et de faire fuir ceux qui résidaient dans la capitale et qui lui étaient peut-être encore inconnus.



L'interrogatoire de Drabnar.




Tandis qu'Allaatkasik pénétrait dans la petite salle d'interrogatoire du poste central de la milice, elle vit Drabnar qui était assis, poser sur elle des yeux furibonds. D'habitude, d'une nature renfrognée et peu facile, le nain peinait à maîtriser sa colère. Il avait été convoqué sans qu'aucun motif ne lui soit signifié et cela le mettait à proprement parler hors de lui. Bien qu'il n'ait pas un poste de la plus haute importance dans le laboratoire, il se sentit indigné et encore plus en voyant cette gamine qui allait l'interroger. Il allait tout de go remettre cette petite prétentieuse à sa place. Du moins, à ce qu'il pensait... Allaatkasik s'assie devant lui, le regardant droit dans les yeux. Mais sans aucune défiance ni arrogance. Elle ne faisait que l'observer, attentive à chacune de ses réactions. Et d'une voix posée, énonçant chaque mot lentement, comme pour leur donner tout le poids de leur importance:




-"Monsieur Drabnar, si je vous ai convoqué aujourd'hui et en cet endroit, vous devez très certainement en connaître la raison. Vous n'êtes pas sans savoir que j'enquête, moi et ma collègue sur de potentielles fuites de renseignements au sein même du laboratoire dans lequel vous exerçait la profession d'archiviste. Et pour cela soit bien clair dans le compte rendu, vous veillez à que chacun des documents archivés ou bien consultés par la suite soit dûment notifiés avec le nom de la personne le consultant. Hors, sur votre registre, il apparaît qu'un nom ait été remplacé par un autre. Je pense que vous vous rappelez de ma dernière visite à ce sujet... Le nom de l'ingénieur Flemminger a été réécrit sur celui de l'ancien diplomate, monsieur Liantèce. Hors, vous nous avez précédemment dit que jamais vous ne laissiez ce registre hors de votre vue. Pour être précise, le remplacement de nom à eu lieu le jour même de l'incendie. J'ajouterais que deux gardes sont en permanence dans votre bureau pour eux aussi veiller à toute malversation. Hors, le jour dit, un incendie éclata dans le laboratoire et par un concours de circonstance, ces deux gardes ont momentanément quitté leurs postes, vous laissant donc seul pendant plusieurs minutes. Ce moment même où a eu lieu le méfait. Donc, je voudrais simplement savoir pourquoi avez-vous tenté d'effacer la signature de l'ancien ambassadeur pour y mettre celui d'un ingénieur ?"





Drabnar affichait un sourire de suffisance et lui jeta à la figure ses arguments qui allaient démolir cette petite idiote:




-"Et bien oui, il arrive très exceptionnellement que je puisse commettre une erreur. J'ai tout simplement oublié de demander à la personne qui m'a emprunté ces document de signer mon registre. Alors je l'ai fait à sa place. Mais après coup, je me suis rendu compte que je m’étais trompé de personne, j'ai donc rectifié. Ça ne va pas plus loin que ça !"





Sans se laisser démonter et d'un ton égal, Allaatkasik reprit:




-"Je peux le comprendre. Mais alors, pourquoi vouloir imiter les signatures ?"





Là, le sourire de Drabnar se fit forcé.




-"Et bien tout simplement pour éviter de me faire sanctionner. De toute façon, j'ai rectifier mon erreur, alors je ne vois pas où est le problème."





Allaatkasik sut à ce moment que Drabnar ne lâcherait rien. Il était sûr de lui. C'était pour elle, le moment de jouer son va-tout.




-"Ça aussi, je veux bien l'envisager. Mais nous avons précédemment interrogé monsieur Liantéce qui fut fort loquasse à votre encontre. En fait, il nous à tout avoué, sans oublier le banquier Calixte qui s'occupe de votre comptabilité. Vous saviez que votre argent est placé dans le duché de Méphrit ? En fait, avec toutes ses preuves, je vais pouvoir vous faire inculper pour haute trahison. Maintenant, c'est à vous de voir. Peut-être que si vous nous parlez, le tribunal serait plus enclin à la clémence..."





Tout sourire s'effaça du visage de Drabnar. Il se sentit pris au piège. Si Liantéce avait tout balancé, il était fichu. D'un autre coté, il savait en son fort intérieur qu'il n'avait commit d'acte de trahison. Ce ne pouvait donc être que ce fourbe d'ambassadeur qui avait pu se jouer de lui. Alors, changeant du tout au tout, il décida de sauver sa peau et de lui dire toute l'affaire.




-"Écoutez. Je ne sais rien en ce qui concerne une quelconque trahison. Par contre, je veux bien reconnaître que Liantéce me versait depuis plusieurs mois déjà une somme d'argent pour que je falsifie le registre. Effectivement, je suis coupable de cela. Mais il n'a jamais été question de trahison, bien au contraire ! Voilà comme il me présenta l'affaire. Il est venu me voir pour me demander d'avoir accès à certains documents car des proches de Dim soupçonnaient qu'un des ingénieurs modifiait les plans afin de saboter certaines des inventions qui devaient protéger notre capitale. Alors, bien sûr, j'ai acquiescé. Mais le lendemain, il est revenu me voir et m'a demandé d'effacer sa signature pour que je la remplace. J'avoue ne pas avoir été très enthousiaste et je lui ai même refusé sa demande. Après tout, je ne pouvais pas le faire du fait de la présence des gardes. Mais il m'a répondu que j'en aurai l'occasion prochainement et m'a offert une rondelette somme d'argent. Cela devait rester absolument secret jusqu'au jour où le mal intentionné ingénieur serait pris la main dans le sac. Que voulez-vous que je réponde à cela ? Après tout, il s'agissait de protéger notre cité et j'ai donc accepté. D'ailleurs, je n'ai pas eu à attendre longtemps avant qu'un accident se produise dans le laboratoire et que j'ai le champ libre pour rectifier la signature. Je ne vois pas en quoi cela pouvais nuire à qui que ce soit et puis ça arrondissait les fins de mois... A franchement parler, je pensais sincèrement collaborer pour le bien de notre nation."





Le visage de Drabnar était devenu sérieux avec une pointe d'anxiété. A n'en point douté, il avait été sincère et lui avait avoué la vérité, du moins ce qu'il pensait être la vérité. Certes il avait commis une faute grave mais sans véritable intention de nuire. C'était finalement sa vénalité qui avait servie de levier à Liantéce. Préoccupé par le silence qui c'était installé dans la salle d'interrogatoire, Drabnar, inquiété, demanda avec appréhension:




-"Que va t-il m'arriver maintenant ?"





Sans se départir de son calme, Allaatkasik lui répondit:




-"Pour l'instant, vous allez reprendre votre poste mais sous surveillance cette fois-ci. Et vous allez faire comme si rien ne s'était passé. Votre collaboration sera bien sûr signifiée dans notre rapport. Par contre, pour la suite, je ne peux absolument rien vous dire de plus car cela ne relève pas de mes attributions. Mais si vous nous aidez, cela penchera en votre faveur."





Silence.




J'aurais une dernière question cependant... Connaissez vous un certain Maraki Evenlore ?





Evenlore ? Je peux pas vraiment dire que je le connais personnellement, mais je suis quelques fois allé faire dans sa boutique quelques emplettes. Surtout pour me procurer quelques liqueurs bien agréables, importées du duché de Méphrit. C'est bien là tout ce que je sais de ce personnage.





Bien. Je vous remercie pour votre coopération et à moins que ma collègue n'ait d'autres questions à vous poser, pour ma part l'interrogatoire est fini. Vous pouvez disposer.





Allaatkasik se retourna vers Mérinne qui lui fit un signe de tête pour lui signifier qu'elle n'avait rien à ajouter et Drabnar put repartir au laboratoire.





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MessageSujet: Re: Bons Baisers d'Amaryl [mission]   Bons Baisers d'Amaryl [mission] Icon_minitimeLun 18 Jan - 19:31






Finalement, l'interrogatoire de Drabnar c'était bien mieux déroulé qu'elle l'avait prévu. Il n'avait pas été si difficile de lui faire avouer son implication et c'était là le principal problème. Allaatkasik était restée sur sa faim. Certes, elle avait pu découvrir le rôle que jouait Drabnar mais ce dernier n'avait aucune connaissance de ce qui se tramait en arrière plan et pour qui il travaillait réellement. Elle sut qu'elle jouait avec un adversaire tout aussi redoutable qu'efficace. L'Organisation avait compartimentée soigneusement toutes les informations entre chacun des pions et comme on le dit, la main gauche agissait sans savoir ce que faisait la main droite. Il serai donc extrêmement difficile de remonter au commanditaire car aucun des pions quelle avait pu découvrir au cours de son enquête ne seraient en mesure de lui donner le moindre lien directe qui pourrait la mener à l'Organisation. Pourtant il devait bien y avoir dans la cité d'Amaryl une personne étant en rapport à la fois avec les sources et les conspirateurs. Le seul qui semblait être en mesure de jouer ce rôle était Maraki, mais l'interroger maintenant serait prématuré. Il leur fallait d'avantage de preuve avant d'agir, sinon c'était toute cette enquête qui tomberait à l'eau et Allaatkasik se demanda, si finalement, elle était à la hauteur de la tâche.




De plus, elle appréhendait de devoir interroger un ancien diplomate dans les prochaines minutes. Ce genre de personne était si rompus au mensonge et à la dérobade rhétorique qu'elle risquait de ne rien en tirer de concluant, peut-être même pire, de se voir totalement ridiculiser ou démolie. D'un coup, toute son assurance et tout son sang froid lui firent défaut. Troublée, elle jeta un rapide et inquiet coup d’œil à Mérinne qui lui répondit par un large et indolent sourire. Désarmée par cette désinvolture, elle n'en fut que d'avantage anxieuse et tous les muscles de son visage se tendirent. Si l'attente se prolongeait encore un peu plus, elle allait se mettre à grincer des dents. Mais enfin la porte s'ouvrit et Liantéce entra dans la salle. Alors qu'elle s'attendait à voir un homme plein d'assurance, d'aplomb et de prestance, l'ambassadeur affichait une mine embarrassée et soucieuse. Il jetait de furtifs coup d’œil derrière lui comme s'il craignait qu'une quelconque menace s'abatte dans son dos. Il présentait toutes les caractéristiques d'un homme traqué. Cela signifiait-il qu'il en savait suffisamment sur l'Organisation pour en craindre des représailles ? Quoi qu'il en soit, face à cette attitude potentiellement prometteuse, Allaatkasik reprit un peu de son assurance. Et d'une voix douce et grave, elle l'invita courtoisement à s’asseoir.



L'interrogatoire de liantéce.




-"Monsieur l'ambassadeur, je vais être directe. Vous êtes soupçonné de jouer un rôle important dans une affaire d'espionnage qui touche à la sécurité de la cité d'Amaryl. Nous avons découvert deux de vos complice, Drabnar l'archiviste qui falsifiait le registre pour vous permettre de sortir des documents confidentiels et Maraki, travaillant dans le négoce de vin, à qui vous remettez les dits documents. Nous avons aussi suivit la piste des transactions auxquelles vous prenait part, couvertes par le banquier Arsine résidant dans le duché de Méphrit. Alors dans votre intérêt, je vous conseillerez donc de tout nous avouer."





Liantéce, face à cette énumération de faits, parut complètement accablé. Baissant les yeux sur la table, il remua silencieusement les lèvres comme s'il était sur le point de se mettre à parler mais il n'en fut rien et resta silencieux, les yeux toujours rivés à la table. Allaatkasik attendit. Mais aucun mot ne sorti de la bouche de l'ambassadeur. Quelque peu contrariée par ce mutisme, elle reprit d'un ton froid et tranchant:




-"Écoutez moi bien. Nous avons suffisamment de preuves pour vous faire inculper de haute trahison. Si vous ne coopérez pas, le discrédit de ses accusations entachera toute votre famille et sur plusieurs générations. Alors, si vous voulez éviter à votre famille de partager le fardeau d'un tel déshonneur, vous allez tout me dire et maintenant."





U
Le visage déconfit de l'ambassadeur se mua en une grimace pleine de terreur. Allaatkasik avait-elle vue juste en présupposant qu'il connaissait au moins un des membres de l'Organisation ? Levant son regard sur Allaatkasik, presque au bord des larmes, il bredouilla:


-"Je suis vraiment désolée, mais je ne peux rien vous dire... Si seulement..."





Cette fois, la tournure que prenait l'interrogatoire était tout autant singulière qu'insolite. Qu'il eut peur de parler et d'en subir des représailles pouvait tout à fait se comprendre. Mais quelque soit le tribunal qui le jugerait, il serait au moins protégé des agissements de l'Organisation. A moins que l'affaire soit de bien plus grande envergure et que de hauts dignitaires soient eux aussi comprmis... De toute façon, il fallait absolument qu'il dise ce qu'il sache, sinon tout serait perdu. Alors, Allaatkasik prit son habituel ton de voix grave tout en essayant d'être la plus apaisante possible:




-"J'ai bien l'impression que vous craignez pour votre vie mais je peux vous assurer que nous serons en mesure de vous protéger ainsi que votre famille. Mais pour cela vous devez nous aider à arrêter ces criminels."





Il jeta sur Allaatkasik un regard larmoyant et éructa:




-"Vous ne comprenez décidément rien à cette affaire ! Je n'ai jamais agis de mon plein grès et si je parle, ils tueront mon seul et unique fils sans aucune hésitation... Alors, vous réalisez maintenant ?"





-"Mais comme je vous l'ai dis, nous seront en mesure de protéger toute votre famille..."





Liantèce la coupa net et reprit d'un ton plein de rage:




-"Bon sang de bon soir ! Ils retiennent mon fils en otage ! Pourtant, ce n'ait pas faute d'avoir tout fait pour le retrouver... J'ai employé plusieurs personnes, des détectives, des espions mais à chaque fois que l'un d'eux s'approchait du but, mystérieusement il disparaissait dans la nature. Jusqu'au moment où l'on m'a fait savoir que si je continuais mes investigations, il serait sauvagement torturé. D'ailleurs, avec le message il y avait une preuve pour appuyer leurs dires, le petit doigt de mon fils y était joint. Ils ont osé le mutiler. Alors, oui, j'ai obéis à leurs ordres. Mais que pouvais-je faire d'autre ? Tant que mon fils ne me sera pas rendu, je suis poings et mains liés. Cela m'est tout aussi insupportable que de devoir trahir ma nation que j'ai servis avec abnégation, dévouement et honneur pendant plus de trente ans. Je sais plus quoi faire."




Il eut un long et pesant silence. L'affaire prenait une toute autre tournure. Prise d'otage et chantage, ces hommes étaient diablement efficaces. Cette fois, Allaatkasik marchait sur des œufs et avec beaucoup de doigté:




-"Nous allons tout faire pour retrouver le plus discrètement votre fils et vous sortir vous et lui de ce mauvais pas. Première chose. Ensuite, nous n'allons pas ébruiter cette affaire et ils ne seront en aucun cas que vous avez été compromis. Nous vous laisserons donc opérer mais sous surveillance et cela pourra même jouer en notre faveur. Tant que votre fils ne sera pas libéré, vous continuez à leur transmettre des renseignements qui seront élaborés par nos soins. En fait, votre couverture est idéale pour que nous puissions les mettre hors d'état de nuire. Par contre, en retour, j'attends de vous une entière coopération. Et pour commencer, nous dire ce que vous savez sur un certain Maraki Evenlore. Nous pensons que c'est un espion qui fait la liaison entre les personnes participantes aux exfiltrations de documents et cette organisation qui les récupèrent par la suite. Dites-moi quelque chose sur lui."





Liantéce leva deux grands yeux interrogateur. Feignait-il ou bien ne savait-il rien de ce Maraki ? Et d'un ton plus posé, résigné serait plus juste:




-"Je suis vraiment désolé, mais je ne connais pas ce Maraki Evenlore. Je peux vous en faire la promesse."





-"Pourtant, vous avez été vu avec lui à plusieurs reprise à l'auberge 'Du Sabre Rouge'..."





Mais Liantéce nia les faits. Bien qu'il semblait être porté par un élan d'honnêteté, le voici qui niait l'évidence. Alors, Allaatkasik lui fit une description du personne avec pour remarquable signe particulier, une balafre qui lui traversait le visage. A peine avait-elle eu finie de peindre le portrait de l'homme que ma stupéfaction se peignit sur le visage de Liantéce qui s'exclama:




-"Pour sûr que je connais cet homme ! C'est un espion que j'ai engagé il y a plusieurs mois de cela pour retrouver mon fils, mais je ne le connais que sous le nom de Saerce. C'est aussi lui qui m'aide sur certaines des choses que je dois faire pour le compte des ravisseurs... Ne me dite pas qu'en fait il travaille pour eux !"





-"Je crains qu'hélas cet homme répondant au nom de Saerce soit aussi le Maraki que nous soupçonnons... Mais peut-être n'est-ce là que deux de ses nombreux autres pseudonymes... Sa véritable identité nous est encore inconnue. Quoi qu'il en soit, vous ne devez changer en rien vos rapports avec lui, quel que soit son rôle dans l'enlèvement de votre fils. Il en va de sa vie. Je sais que tout cela est assez dur à encaisser mais il faudra vous montrer fort si vous voulez laisser une chance de survie à votre fils."





Liantéce apparut encore fois complètement abattu, comprenant que celui qu'il avait engagé c'était en fait joué de lui.




-"Par contre, je voudrais éclaircir d'autres points, à commencer par l'incendie du laboratoire..."





-"C'est de ma faute, j'avoue... Au départ, il s’agissait d'une simple erreur de ma part et pour la rectifier, ses salopards m'ont demandé de provoquer un incendie. Mais ce n'était pas prévu, c'est juste quand ils ont eu connaissance de mes agissements. En fait, j'avais sous un faux prétexte, que vous connaissez, demandé à Drabnar de me laisser emporter pour consultations des documents et sans faire attention, j'ai signé sous mon propre nom. Hors, ceux que vous dénommez l'Organisation voulait un bouc émissaire qu'ils avaient désigné, l'ingénieur Flemminger... Sauf qu'il était impossible de modifier le registre sans avoir à soudoyer deux autres gardes. Et il était peu probable que cela puisse se faire. Donc, en déclenchant un incendie, les deux gardes quitteraient leurs postes pendant assez de temps pour que Drabnar puisse modifier la signature. Et je n'ai pas eu d'autre choix que de me servir d'un autre ingénieur Ectifar pour qu'il le déclenche. L'affaire aurait due s'arrêter là, une fois le registre modifié. Mais l'Organisation au courant de votre enquête m'a expressément conseillée de faire disparaître Ectifar. Et je me suis donc tourné vers Saerce ou Maraki, peu importe, qui m'a livrée une solution clé en main. C'est vrai que j'aurais du me douter de quelque chose à cet instant. C'était comme s'il avait lui-même tout prévu. Mais sur le moment, j'étais dans un grand trouble, vous comprenez... Ce ne sont la pas des choses habituelles pour un ambassadeur... Alors, j'ai remis la boisson empoissonnée à Ectifar connaissant sa faiblesse et demandé à un tire-laine de faire paraître cela pour un crime crapuleux... Ma seule idée étant que l'Organisation me fiche la paix... Tout cela dans le seul but de compromettre suffisamment Flemminger et de vous donner un coupable tout désigné. Par contre, j'ai effectivement prévenu Armand, non pas pour lui aussi le compromettre mais pour l'éloigner du futur désastre. En fait, je faisais tout pour qu'il puisse rejoindre un poste dans une ambassade et ce, bien avant que ces brigands me tombent dessus. C'était pour laisser le champ libre à Flemminger pour qu'il puisse accéder au poste qu'il lui revenait, celui de second ingénieur. Armand était un bien piètre ingénieur mais il avait du soutient... J'avais toujours pensé que Flemminger serait bien meilleur que lui dans un poste aussi essentiel que la défense de notre cité... J'avoue être coupable de tout cela... Si seulement je n'avais pas apposé cette maudite signature !"





-"Et au sujet de l'argent que vous percevez, vous nous voudrions savoir chez quel banquier les transactions sont-elles perçues. Cela pourrait nous indiquer d'où opèrent les ravisseurs de votre fils..."





-"Celui qui gère mes comptes est le banquier Saluze. Mais si vous veniez à l'interroger lui aussi, l'Organisation serait que vous me surveillez et je n'aurais plus aucune chance de sauver mon fils..."





Allaatkasik savait qu'il disait vrai, elle devrait encore une fois jouer les filles de l'air.




-"Bien sûr, nous ferons ce qu'il faut, soyez en certain. Et où se situe son cabinet ?"





-"Au vingt et un de la rue 'Des Macles'..."





-"Bien, ces informations nous serons très précieuses. Nous n'allons pas vous garder plus longtemps et vous allez retourner à vos affaires habituelles. Et cette fois-ci, soyez rassuré, vous ne transmettrez plus d'informations pouvant compromettre la sécurité de votre capitale. Quoi qu'il en soit, ne faite rien paraître. Nous nous occupons de tout. Et encore merci pour vos éclaircissements."







snowflakes


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