[EVENT] For the queen

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Les Rumeurs

_ Il parait que des personnes hauts-placées seraient gravement malades.
_ Il parait que ça se bécotte "au bal de la Rose".
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 [EVENT] For the queen

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MessageSujet: [EVENT] For the queen    [EVENT] For the queen  Icon_minitimeLun 13 Jan - 9:24

« L’absence donne tout son sens et son intensité à la présence »

Le chemin était trempé. T encore, c’était un doux euphémisme. Les sabots de Baya’Ya s’enfonçait de cinq bons pouces dans une forme de gadoue immonde et infâme, rendant caduc tout espoir d’arriver propre. Bien perchée sur le dos du fier phacochère, l’immortelle observait l’ampleur de la catastrophe, abritée dans une cape de cuir, avec sur ses genoux une petite créature pâle. La hyenne était née sur le domaine quelques mois plus tôt, et sa blancheur étonnante et rare avait tapé dans l’œil de la Dame qui l’avait recueillie, lui donnant le doux nom de Sha’Hik. Elle était endormie.
La plaine Cebrennienne avait été balayée par la pluie toute la matinée, et tout en sortait cruellement moite. Une annonce bien humide du retour prochain d’Enkilil. Le sol, ses habits distingués, le crin porcin. Comme si chaque mètre qui les séparait d’Elusia voulait bien leur faire comprendre où ils mettaient les pieds. D’un œil hagard, Mäje s’aventura à scruter le ciel. Gris mais… Peut-être il y avait-il encore un espoir.

A la vitesse de l’éclaire, elle attrapa dans son étui une de ses précieuses cigarettes tout en empoignant son briquet à silex de l’autre, dégaina la flamme et… L’averse fut plus rapide. Tout ses espoirs de fumer furent noyés, en même temps que le papier de la cigarette qui prenait l’eau. Déception. Vide, elle contempla le petit cadavre de tabac.

Fait chier.

Quelques longues heures sans tabac plus tard, les remparts de la cité furent à portée de regard. Mäje les observait avec une certaine apréhension. Après tout, cela devait bien faire une centaine d’années qu’elle n’y avait pas mis les pieds. Et si ce n’était pas pour la souveraine, elle n’y serait probablement jamais retournée.
La souveraine… Ses derniers mots lui revenaient souvent en tête comme une pilule mal digérée. Il fallait dire que le contexte, à ce moment là, n’avait pas été très propice à la discussion. Elle aurait pu difficilement demander plus d’explications cohérentes à la yorka alors que le relais menaçait de sombrer dans la folie. Si elle n’avait pas sur que tout cela était du fait de la convergence, elle aurait bien pu se risquer à croire que la souveraine était encore sous son jouc. Se pinçant le petit menton délicat entre le pouce et l’index plié, la sublime créature prit un air bien songeur. Qu’est-ce qu’avait bien voulu dire Hinaya dans sa missive… Même si elle ressemblait à une invitation tout à fait classique, il y avait quelque chose dans le choix des mots, dans les tournures de phrase qui sonnait faux. Qui sonnait douloureux.

Encore un mystère à ajouter à la liste déjà longue de ceux qui entouraient déjà la reine yorka. D’ordinaire, la sylphide ne se serait pas bousculée pour une requête royale. Après tout, elle avait laissé cela derrière elle il y a bien longtemps, et elle espérait bien que ce n’était pas pour retomber dedans à la première occasion possible. Mais il y avait ce respect, cette admiration, cette intimité qui s’était nouée entre elles et qui faisait qu’elle ne pouvait pas trop s’éloigner d’ell. Par égard diront certains, par curiosité dirait-elle, sûrement plus par vanité que par honnêteté. Mais il était vrai qu’elle n’aurait pas fait des jours de phacochère pour n’importe qui.

Arrivée à l’entrée de la ville, l’immortelle se faufila derrière un groupe de marchands tout en tentant vainement de rassembler ses souvenirs de la ville et son courage par la même occasion. Son beau visage habituellement si rayonnant ne payait pas de mine : les lèvres pincés, les yeux vitreux, les doigts tremblant du manque apparent de nicotine… Mäje, la dame des sables, le joyau noir de Val’Meëza, la perle sombre d’Argyrei… En voilà une bien belle créature. Enfin, une telle aventure ne pouvait commencer ainsi ! Sha’Hik leva les yeux vers elle et elle l’entendit glousser. Une vraie hyenne… Aussi albinos soit-elle. Elle avait raison… Enfin, n’était-elle pas Mäje ? LA Mäje ? Attrapant les deux rennes du porc, elle s’élança la truie la première à travers les rues de la ville – qui était un vrai joyeux de verdure et d’architecture, au passage, une vraie beauté clapotante et délicieuse.
Et les secondes passèrent. Et les minutes…
Jusqu’à ce que la majestueuse créature n’admette qu’elle était complètement paumée. Elle n’aurait jamais dû suivre ses souvenirs… En cent ans, sa vision de la ville était devenue une bouillie floue, le nord et le sud avaient les mêmes rues, et c’était déjà si elle arrivait à les différencier, ce qui n’était pas son fort. Derrière les feuilles des ô très nombreux arbres, toutes les façades se ressemblaient. Et Baya qui n’en faisait qu’à son groin et qui devait frôler l’extase avec toutes ces odeurs animales qui lui saturaient les sens. La voilà bien rendue…

Au bout de plusieurs minutes à peser le pour et le contre, Mäje se décida (un peu à l’encontre de sa fierté) à  aller demander à un groupe d’habitants la suite de son itinéraire. Ou plutôt le début, quitte à être cataloguée comme une vulgaire touriste. Et elle devait bien reconnaître qu’elle le faisait avec la boule au ventre. Après tout, elle ne gardait pas un souvenir très chaleureux de l’accueil yorka, dont l’esprit communautariste tendait parfois vers un certain rejet, rendu étriqué par des années de persécution. Elle se préparait déjà à prendre des pincettes colossales, regrettant de n’avoir pas demandé à Hepha de la suivre. L’idée de modifier son corps synthétique pour ressembler plus à un yorka lui avait également effleuré l’esprit jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive que cela nécessitait le concours de Cimmerium, ce qui était, bien sûr, pire que la mort.

Distraitement, elle descendit de Baya’Ya, laissant la petite hyenne à son semi sommeil. Souhaitant paraître distinguée, elle dégagea sa nuque et réhaussa ses épaules, soucieuse d’avoir l’air, au moins, sûre d’elle. Bon, ils étaient trois. Rien de bien méchant… Si elle parvenait à franchir la barrière de la langue. Dans le doute, elle choisit le terranien, priant pour qu’ils soit compris par au moins l’un d’entre eux.

Bonjour, mes braves. Dit-elle avec respect, et, elle s’en félicita, un certain applomb. Dites-moi, est-ce que vous pourriez m’indiquer où trouver son altesse la reine ?

Stoïque, elle les regardait sans flancher, même si elle devinait facilement que l’évocation souveraine risquerait de les faire réagir. Elle n’avait que ça a tenter, de toute façon…
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MessageSujet: Re: [EVENT] For the queen    [EVENT] For the queen  Icon_minitimeJeu 16 Jan - 19:37

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Ils se regardèrent, un instant. On ressentait une certaine colère dans leur regard. Et, caché derrière cette brume, un mélange de tristesse et d'inquiétude se lisait dans leur visage fatigué.

Les élusiens n'étaient guère connus pour leur bonté envers les autres peuples et bien que certains d'entre eux comprenaient parfaitement le terrian, ils ne le montreraient jamais. Autrement, ils devaient s'impliquer dans les affaires des autres. Très peu pour eux...
Mäje ignorait qu'elle était tombée sur la perle de la xénophobie. En effet, elle avait demandé de l'aide à un groupe d'anciens, respectés et parfois craints. Leur influence était presque autant importante que celle de leur reine. Aussi, certainement dû à leur âge, ils partageaient plus férocement la doctrine de celle-ci.

Ils ignorèrent alors superbement la belle sylphide, ignorant son importance aux yeux de Hinaya.
Mais le destin semblait jouer en faveur du joyau noir de Val'Meëza. Parmi les anciens se cachait la fabuleuse Yepa. Avec sa grandeur et sa prestance monstrueuse, elle paraissait la plus impitoyable d'entre eux. Pourtant, il n'en était rien. Comme le répétait souvent Hinaya, elle était la prêtresse de la lumière du peuple yorka. Elle portait ses traditions fièrement et sa douceur en fera frémir plus d'un. Elle était à la fois l'antipode et le meilleur échantillon de l'élusien lambda.

La jeune yorka releva son menton en fronçant les sourcils. Elle apprenait encore la langue commune et bien qu'elle la comprenait très bien, elle peinait à aligner trois mots sans son horrible accent. Et pour tout dire, elle en avait si honte.
Elle s'adressa alors aux anciens afin qu'il puisse traduire. L'un d'eux esquissa un sourire avant de s'approcher de la perle sombre d'Argyrei.

« Je vous écorcherai vif avant que vous ayez, ne serait-ce que l'idée de vous attaquer à notre reine. » Son regard fumait de rage si bien qu'on aurait pu croire que ceci était personnel. Ce qui était globalement le cas. Il s'écarta. « Mademoiselle Mäje, je présume ? »

Il était difficile de savoir quelle partie de son discours provenait de la belle Yepa.
Son physique laissait penser qu'elle serait parfaitement capable d'appliquer ces menaces. Mais voilà, pour qui la connaissait, elle avait simplement demandé confirmation sur la personne.


De l'autre côté de la cité, enfermée entre quatre murs, l'aigle avait le nez plongé dans de la paperasse. Ses doigts glissaient habilement sur le papier, découvrant horreur et folie. Elle était vêtue d'un corselet de daim qui épousait ses formes et qui était serré à la taille par une ceinture d'ornement. Sa mini-jupe était fendue sur les côtés découvrant ses cuisses dorées.
La pièce, comme le reste de la maison, était foncièrement modeste si bien qu'il était difficile de deviner à qui elle appartenait. Elle respirait le bois et la chaleur. Bien que paradoxalement, il faisait horriblement froid à l'intérieur de l'habitat.

La modestie de la reine dépassait sa logique et quelques fois, son devoir. Un palais attendait sagement qu'on vienne l'habiter, mais voilà, personne n'osait y pénétrer. Les réparations étaient toujours en cours et rare était les habitants qui se sacrifiaient pour s'occuper de cette partie de la cité. Personne ne voulait se confronter à la colère de leur reine. Elle rechignait à occuper ce palais, ne souhaitant pas à un traitement de faveur, bien qu'elle ignorait encore que tout ceci allait au-delà de cela. Elle n'était pas un leader ; elle était une reine. Il ne s'agissait pas là de sentiment, mais simplement de devoir.
Elle se contentait, pour l'instant, de ce modeste habitat jusqu'à ce que son palais soit prêt. Bien qu'elle repoussait toujours l'échéance, il n'empêchait que le palais fût l'un des seuls bâtiments n'ayant que très peu subi le temps. Leurs ancêtres semblaient y être très attachés ce qui expliquait son convenable état.

Ses sourcils s'étaient foncièrement froncés si bien qu'une ride s'était creusée entre eux. Son front luisait alors de sueur et ses poings endoloris étaient tellement serrés entre eux qu'un liquide rouge s'en échappait discrètement.
Soudain, prise de rage, elle se réveilla brusquement de sa position pensive et jeta violemment la table en face d'elle, faisant voler la paperasse et son arme blanche posé dessus. Elle laissa échapper un long cri de profonde rage avant de laisser fondre sa folie. Des objets volaient à travers la pièce. Dont la fameuse table.

Hinaya possédait un contrôle permanent sur ses émotions et ses sentiments. Bien qu'elle se laissait, quelques fois, amadouer par la colère. Alors, la scène était presque effrayante. Les élusiens pouvaient entendre sa rage grâce à la fine cloison, mais personne ne cilla. Ces derniers jours, elle était sujette à de violentes crises de rage qui les attristait chaque jour un peu plus. Le secret autour de ces crises rendait la chose d'autant plus difficile. Ils étaient de simples spectateurs de la folie de leur reine adorée. Et plus la paperasse s'accumulait, arrivait, plus elles étaient violentes.
Ce jour-là, elle avait certainement atteint son paroxysme : la reine avait enfin trouvé ce qu'elle cherchait.

Sa force d'esprit avait toujours dépassé celle de son corps déjà insolemment résistant.
Voilà où était le problème.
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MessageSujet: Re: [EVENT] For the queen    [EVENT] For the queen  Icon_minitimeMar 28 Jan - 7:28

Sans grande surprise, donc… La réponse du groupe fut unanime : d’une grande hostilité. A la fois lassée et désinvolte, Mäje opina finalement pour son flegme habituel. Ils l’ignoraient ? Elle fit de même. Enfin, elle tenta de céder à cette envie irrépressible de tourner de ses jolies talons en emportant avec elle hyène et phacochère, mais la pensée souveraine la retenait. Si elle n’avait pas la certitude qu’Hinaya l’avait mandée pour une bonne raison, elle n’aurait probablement pas hésité. Surtout face à une troupe fermée et muette, visiblement bouillante de rage.
Finalement – en sa faveur ou défaveur, là était la question – une créature somptueuse se dégagea du groupe pour lui faire face. La sylphide qui avait eut tout le temps de croiser les bras et de regarder les alentours la toisa un instant, visiblement agacée par le climat ambiant si chaleureux et amical. Bien que magnifique, son interlocutrice désignée semblait forgée du métal des guerriers, et donnait l’impression de vouloir l’étouffer à chaque seconde. Habituellement, la sombre créature aurait trouvé cela fort charmant. Mais sa jauge d’irritation était bien trop remplie pour ça. Elle s’adressa alors à l’un de ses confrères qui à son tour se retourna vers elle, lui répétant probablement ce que lui avait dicté la dame. Ou presque, qui sait.


Et bien, heureusement pour moi que ne je sois pas venue la tuer. Et que je ne puisse pas mourir non plus.
Mäje poussa un soupire agacé face à ces systématiques élans guerriers. L’instinct de communauté des yorkas n’avait d’égal que lui-même… Passons. Oui, c’est bien moi. Votre reine m’a demandée via ceci. Elle fouilla un instant dans sa besace de cuir pour y récupérer la missive précieusement sauvée des désagrément du voyage.

Quelques instants plus tard, elle était de nouveau en selle, et conduite jusqu’à l’Aigle d’or. Et à sa grande surprise, ils ne prirent pas la destination du palais, dont les reliefs surplombaient la vue depuis sa position. Quel dommage, elle l’aurait bien visité, pour une fois qu’elle pouvait s’offrir le luxe de la découverte dans son cinquième siècle d’existence. Pendant un instant, l’immortelle voulu poser la question, soucieuse qu’on ne se paie pas tout simplement sa figure mais elle se ravisa vite. Après tout, elle avait beau ne pas avoir confiance dans ses guides, ils avaient un peu changé d’attitude devant la lettre manuscrite.

Ils arpentèrent quelques rues, laissant la sylphide pensive et bercée par le rythme des sabots et le silence de son escorte. A vrai dire, elle se sentait comme la condamnée à mort que l’on conduit à l’échafaud plutôt que comme une invitée diplomatique. Ou amie. Ou autre. A vrai dire, elle ne distinguait pas vraiment si elle était de l’un ou de l’autre, ou de quoique ce soit, ni ne comprenait réellement la nature des liens qui l’unissaient à la souveraine animal. Dans ces moments là, la stratégie de l’autruche était la meilleure, et l’empêchait simplement de se poser trop de questions.

Brusquement, un cri terrible ébranla le ciel de la cité, comme le fil de ses pensées. Mâje en sursauta presque ; mais à part elle, personne n’avait l’air surpris, comme si une telle démonstration de douleur était… Banal. Normal, même. Pour appuyer cette hypothèse, la sylphide balaya de son regard l’escorte, et s’arrêta un instant sur la belle exotique. Elle avait une expression… Soucieuse ? Intéressant… Maintenant qu’elle y pensait, ce timbre dans ce cri ne lui était pas étranger… Un frisson parcouru son dos – et elle ne savait même pas que c’était possible. La reine était-elle particulièrement à cran ? Ces mois de séparation n’avaient peut-être pas été pour le meilleur, alors…

Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent devait une jolie demeure, chaleureuse, paisible. Enfin, de l’extérieur. L’apparente beauté naturelle de cette maison la surprit autant que la charmait, même si elle peinait à imaginer Hinaya vivre là. Ou pas. C’était très étrange : ses souvenirs peuplés de rois l’avaient habituée à de somptueux palais… Ou alors c’était son goût un peu trop prononcé pour le luxe qui parlait à travers eux, et son appétit insatiable pour les dias et les grandeurs. Descendant de sa très prestigieuse truie, elle s’aperçut que sa guide avait déjà franchi le seuil de la porte. Sans elle. La politesse des yorkas ! Si elle avait pu fumer par les oreilles pour évacuer sa frustration, elle l’aurait fait. C’était finalement mieux qu’elle n’eut pas accès à ses cigarettes : elle aurait probablement fini sa réserve. Dans une hâte – mesurée – elle souleva Sha’Hik sous le vent pour la déposer au sol, à grand ricanement de l’animal, et s’engouffra à son tour dans la maison, se fichant royalement si les autres les suivaient ou non.

Et c’était pour pénétrer dans un sacré merdier. La maison était tout à fait charmante, certes. Là n’était pas la question. C’était juste que le sol était noyé sous une montagne énorme de paperasses, parchemins et table. Oh, et arme blanche aussi. Et au milieu de ce joyeux foutoir où les papiers volaient encore, Hinaya se tenait, debout, soupirant encore de rage. Mäje la contempla un instant, tiraillée entre le plaisir de la revoir et les possibles significations de la pièce retournée. La femme allait prendre la parole mais Mäje prit les devants. Oh, qu’elle n’allait pas lui laisser ce plaisir.


Le destin nous privera à jamais de retrouvailles dans le calme.
Dit-elle sans abriter son sourire, certaine que la reine pourrait le percevoir au-delà de ses yeux. Il fait terriblement froid, chez vous.

Bien qu’apparemment inchangée, Hinaya n’avait pas l’air d’être à son habitude. Et l’immortelle, bien que toujours dans l’ignorance, commençait à deviner un peu plus les raisons de sa venue…
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MessageSujet: Re: [EVENT] For the queen    [EVENT] For the queen  Icon_minitimeDim 2 Fév - 17:35

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Sa respiration était sifflante tandis qu'elle tentait vainement de contenir la folie qui la ravageait. Sa poitrine se soulevait lourdement et ses yeux étaient entrouverts. Des gouttes de sueur, bien loin de la transpiration, perlaient sur son visage ainsi que son corps.
Mais la reine avait beau s'efforcer de réguler sa respiration et de ravaler sa rage, sa colère, rien n'y faisait. C'était cette faiblesse qui l'avait poussé à sommer chaque élusien de ne pénétrer sous aucun prétexte dans sa demeure.

Aussi lorsqu'elle entendit les bruits de pas de plusieurs personnes, elle stoppa tous gestes, tournant le dos à la porte. Ses yeux étaient totalement ouverts tandis qu'elle essayait de contenir ses pulsions meurtrières. On aurait dit qu'elle était palpable tant elle l'avait laissé s'échapper.
Elle était lasse de toutes ces demandes et se questionnait encore sur la raison de sa présence, ici. Elle sentait son esprit, édifice parmi eux, flancher dangereusement.

Mais ses questions éphémères furent très vite balayées par le parfum significatif d'une unique amie bientôt suivi par une voix au timbre doux, comme la caresse d'un amant. Elle pourrait nier une éternité mais elle savait que cette personne était foncièrement importante, à ses yeux. Il n'y avait guère de raisons précises ni d'explications ; elle avait simplement été liée, attachée à une âme au-delà même de la race, du peuple. Peut-être était-ce justement son étrangeté à la cité qui lui permettait de souffler, toujours était-il que sa présence adoucissait sa colère.
Yepa avait ressenti ce faible changement et elle était peut-être la seule dans cette pièce, car les autres élusiens étaient largement tendus. Ils balayaient tous la salle du regard, choqués par le bazar significatif de sa colère.

La belle était certainement vexée de n'avoir récolté qu'une rage sourde de sa part, aussi, elle prit la parole. On entendait distinctement, et ce, malgré la barrière de la langue, un certain mécontentement dans sa voix qui trahissait son état d'esprit actuel. Son élusien glissait entres ses lèvres et ressemblait agréablement au chant d'un oiseau. Ce qu'elle était, finalement.

« Ma reine. » Ils s'inclinèrent en cœur. « Votre invité est arrivé et nous nous sommes permis de la guider à travers la cité. » Elle jeta un coup d’œil à la perle noire. Hinaya ria sèchement et froidement, récoltant un froncement de sourcils de la part de son bras droit. « Peut-être serait-il judicieux de l'emmener au palais... Pour l'accueillir comme il se doit. »

Aussitôt, Hinaya fit volte face, si bien qu'elle fit voler de la paperasse à cause de ses ailes. Ses yeux s'étaient refermés, mais ils lançaient tout de même des éclairs, décorés par ses sourcils froncés.
Chaque opportunité était bonne pour l'inciter à pénétrer entre ses murs. Mais le moment était très mal choisi pour jouer avec ses nerfs. En temps normal, elle était déjà très ferme sur le sujet. Aussi, elle prit ses paroles comme une provocation.
Son ouïe lui permettait néanmoins d'entendre le battement des cœurs de ces personnes. Et son don était certainement l'unique raison de son calme éphémère face à cette provocation ouverte. Mais Yepa semblait étrangement insensible, ce qui l'amena à se demander si elle n'essayait pas volontairement de l'énerver en mentionnant le palais.

Sa voix tremblait toujours de rage lorsque le timbre de son élusien passa la barrière de ses lèvres dans un son guttural comme le bruit d'un dragon, profond et caverneux.

« Vous n'étiez pas nés lorsqu'elle découvrit ses murs. » Elle se retourna, essayant de cacher son visage déformé par la colère. Elle attrapa un pilier pour s'y appuyer. « Laissez-moi un peu plus de temps. Seulement un peu plus... La campagne se déroule selon nos plans, mais tu ne dois quitter le terrain sous aucun prétexte, Yepa. Je croyais mettre fait très bien comprendre. » Elle agita sa main acérée. « Va-t-en. Tout de suite. »

Yepa était de nature douce et était foncièrement inquiète pour sa reine. Bien que cette dernière s'efforçait de maintenir le mur entre elles, Hinaya l'aimait comme une sœur, ce qui était chose rare pour quelqu'un comme elle. Cet amour était malheureusement réciproque car il menait la commandante à en oublier son devoir, ce qui agaçait lourdement la reine.
Aussi, bien qu'elle rechignât toujours à utiliser son pouvoir, en sentant qu'elle n'était pas prête à l'écouter, elle tourna seulement la tête vers elle. Ses yeux étaient entrouverts, comme si elle la mettait au défi de la forcer à utiliser sa magie. Sa voix était plus forte que jamais.

« C'est un ordre ! »

Certains anciens sursautèrent tandis que d'autres soupirèrent, mais finalement, ils s'éloignèrent tous, non sans avoir oublié de s'incliner. Un instant, Yepa resta à la contempler, profondément choquée par la rare violence de ses mots. Elle avait toujours été habituée à sa douceur envers les élusiens, après tout. Finalement, elle baissa la tête et marmonna des excuses avant de s'éclipser rapidement.

Lorsqu'elle disparut de son périmètre de surveillance, ses griffes s'enfoncèrent dans le bois du pilier tandis que ses épaules s'affaissaient.
Elle reprit dans un terrian maîtrisé mais gardant des traces de colère.

« Veuillez m'excuser pour cet accueil médiocre. Même nous autres ne sommes pas aussi hostiles. Les jours sont simplement durs, ces temps-ci. »


Elle ne tenta pas de lui sourire ou de prétendre qu'elle lui avait manqué ; elle n'avait pas eu le temps d'y penser et le temps l'avait habitué à ne penser à aucune de ses attaches. Bien qu'ironiquement, sa colère s'était apaisée avec l'intervention de ses derniers. Son air distrait laissait entendre que sa douceur ne serait pas éternelle ; elle ressemblait à une machine. On avait l'impression qu'elle ne pensait pas mot, qu'elle ne faisait que constater des faits. Elle était clairement coincée dans les méandres son esprit.

La reine ne semblait pas prête à oublier et à se concentrer sur la paperasse. Aussi, lorsqu'elle balaya la salle du regard, on aurait pu se demander ce qu'elle faisait. Mais elle posa finalement ses yeux clos sur son arme blanche, comprenant son intention. Elle la ramassa et vint la coincer dans son dos en parallèle au sol.

« Marchons un peu, voulez-vous. »

Hinaya se doutait que le voyage avait dû être long et pénible, mais il fallait dire que, pour l'instant, elle n'avait pas l'air de s'en soucier. Elle paraissait distraite, comme si c'était là l'unique façon pour elle de ne pas se laisser ravager par sa colère sourde. Ceci expliquait son côté formel avec elle.
Elle restait presque trop taiseuse en comparaison à son habitude notamment par le manque de pertinence de sa pensée qui ne cessait de médiser et cracher. Elle tentait de faire le tri avant de parler.

« La glaceur de ma demeure m'en rappelle une autre, bien qu'inadaptée à votre chaleur naturelle. »

Mäje était la perle du désert, le joyau d'Argyrei. Ainsi, le froid devait lui être étranger bien que celui de Canopée était doux en comparaison à celui qu'elle connaissait. L'aigle avait ironiquement grandi en Cimmeria aussi, ce n'était pas moins qu'une journée ordinaire pour elle. Elle supportait tellement admirablement le froid qu'elle ne ressentit même pas celui de son habitat. Mais ses ailes restaient fragiles, elle jeta alors une cape en fausse fourrure. Les élusiens rechignaient à user ainsi des créatures vivantes de part leur nature animale. Bien qu'ils tuaient pour se nourrir, ils possédaient des rites spécifiques qui assuraient à la bête une belle vie lors de sa résurrection.

Avant de sortir de sa demeure, elle jeta un coup d’œil derrière son épaule.

« Prenez une fourrure si vous ne supportez pas le froid, nous avons beaucoup à dire. »
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MessageSujet: Re: [EVENT] For the queen    [EVENT] For the queen  Icon_minitimeJeu 6 Fév - 13:05

Debout au coeur du groupe, et curieusement effacée pendant un bref instant, Mäje avait la très curieuse – vraiment très, très curieuse- sensation de se retrouver sur la scène d’un théâtre. Et ce tout en n’en faisant pas partie : un invité, un spectateur imprudent invité au sein des acteurs, à la fois hors de la pièce et à la fois en son coeur. Une place privilégiée d’où observer l’intrigue, et oh par tous les saints, qu’elle était dense. Elle regretterait presque de n’avoir pas une de ces délicieuses fantaisie sucrée faite de maïs soufflé pour observer silencieusement et passivement les jeux de pouvoir d’une peuplade qui lui était presque inconnu. Un plaisir coupable et pas forcément sain, alors que la tension autour d’elle était particulièrement palpable, et que les yorkas s’agenouillaient en coeur. Trop occupée à comprendre les implications et les jeux de regards appuyés, elle se dispensa de cet effort : elle rendrait son respect autrement, et elle n’était pas persuadée qu’Hinaya avait besoin de la sentir au raz du sol pour comprendre qu’elle la saluait.

Quand sa guide gazouilla à la reine blonde, dont les épaules se soulevaient encore de colère, l’immortelle fit un pas en arrière, et prit le partie d’adopter son point de vue extérieur en deçà du cercle que le sujets avaient dessinés de toute part. Après tout, elle était étrangère parmi eux. Certes, privilégiée : elle n’avait pu s’empêcher de remarquer que, bien qu’à peine perceptiblement, sa présence eut l’air d’apaiser un peu le grand aigle d’or. Ce qui était pour la rassurer, quelque part. Car elle devait bien admettre que dans cet état, Hinaya semblait voler bien au-delà de tout contrôle, hors de sa propre atteinte, et que même les mots d’Äjhem ou les siens peineraient à la toucher. Mais l’entreprise n’était peut-être pas si dur que cela, et pour ça, elle aurait besoin d’un peu d’observation.

Une opération qui passait d’abord par son silence. A son grand dam, bien sûr, car elle aurait volontiers fait part à la souveraine de ses doutes en matière de fréquentation. Mais la brune aspira tous les mots qui lui fourmillaient sur la langue et ses questions aussi, dans un râle discret qui lui coûta un grand effort. Silencieux.
La barrière de la langue lui paru alors dantesque : elle ne comprenait pas un traître sifflement que lui minaudait le bel oiseau, mais à la réaction de la souveraine, ce ne devait pas être une conversation plaisante. Reculant d’un autre pas, elle observa minutieusement l’Aigle d’Or tout en empêchant du bout du pied Sha’Hik d’aller jouer avec les parchemins qui tombaient du ciel. Une réaction sanguine et violente… Pourtant, son manque d’attention pour elle et son regard braqué sur sa sujette lui confirmer qu’elle n’était en rien la coupable de cette affaire. Il y avait-il un autre sujet qui la rendait à fleur de peau ? L’autre femme avait l’air encore plus stoïque ; le coup d’ailes ne lui avait rien fait à part une belle jambe, et Mäje commençait à douter de ses intentions – tout en admirant vraiment son sang-froid qui ne partageait aucun des autres yorkas présents. De quoi se demander si elle n’avait pas sciemment jeter le trouble dans l’esprit souverain. Intéressant…

La réaction de sa reine, dans la mesure ou peut-être, dans une certaine échelle, dans la démesure, ne se fit pas attendre. Et même la brune pu deviner qu’elle les congédiait, tous. A cet instant, elle ignora qui était le plus surpris : les yorkas, la capitaine, ou elle-même. Il n’y avait bien que la hyène pour continuer de sourire bêtement comme la béatitude incarnée, pour qui un morceau de papier à l’air très officiel était le meilleur jouet du monde. Et alors qu’elle était plongée dans son rôle d’observatrice silencieuse, il lui fut particulièrement difficile de quitter son poste : Hinya était différente. Très différente. Lentement, ses yeux d’acier accrochés à la souveraine comme un docteur regarde son patient, Mäje se décolla un peu du mur, et fit ce qu’elle constata être venu faire : un diagnostique. Ca ne lui ressemblait guère de se retourner contre ses sujets, la chair de sa chair. Même pour elle – quoiqu’il ne lui apparu pas être réellement en hauteur de sainteté.


Il semblerait que les temps sont durs pour nous tous.
Lâcha-t-elle sans grande conviction, plus absorbée par l’apparent détachement de la yorkas que par cette prétendue amorce de conversation.

Le surmenage ne devait être qu’un trop doux euphémisme pour décrire l’état de la reine d’or : elle semblait complètement épuisée, et à la fois en pleine ébullition. Comme un incendie incontrôlable, le calme qu’elle renvoyait n’était qu’une façade que Mäje transperçait sans peine. Elle faisait face à un volcan : ses longues promenades dans les ruines encore fumantes de Lokram lui avait bien appris à ne pas se fier aux roches apparemment endormie. Elles cachent des torrents de laves sillonnant les entrailles de la terre dans un chaos enflammé – était-ce le même feu qui la consumait ? Hinaya était peut-être devant elle, mais elle avait la très net sensation qu’elle était loin, très loin d’elles, et de toute la cité. Dans un pirouette mentale, l’immortelle revint sur ses pas : elle était peut-être hors d’atteinte, finalement…

Alors qu’elle récupérait sa lame du sol, et elle les somma de poursuivre au pas de course. Allons bon ! Elle faisait des jours de trajet pour poursuivre chemin faisant ? La reine n’aurait pas eu l’air aussi déterminée, Mäje se serait probablement fait un plaisir de lui rappeler qu’elle avait ramenée son magnifique petit séant pour ses beaux yeux clos, et qu’elle méritait au moins une dizaine de minutes de répis avant de se remettre en route. Mais en l’état, c’était comme si la fréquence de sa voix ne parvenait pas à ses oreilles. Ni aucune autre, d’ailleurs. Comme si sa langue qui ne fonctionnait pas était le signe que son cerveau, lui, tournait à plein régime. Ce n’était plus de l’ordre de la petite boulette : il y avait un scrotum entier dans le potage, et avant que tout ce scénario cauchemardesque ne se déroule sous ses yeux, Mäje devait faire quelque chose. Il fallait tuer la catastrophe dans l’oeuf.

Mais la tornade Hinaya semblait déjà bien engagée. En deux pas, elle avait passé une cape et s’apprêtait déjà à ouvrir le bal. S’en était trop ! De la part de la populasse, passe encore. De haut-gradé, c’était déjà bien barbant. Mais d’elle ! Ravalant ses vapeurs, Mäje lui barra la route avec un prompt appui et un air interloqué qui ne lui allait pas.


Oh que oui, nous avons à dire ! Elle avait explosé en une cavalcade brusque, ébouriffant sa tignasse sombre avec la prestance d'un poulet en pleine court. Pardonnez mon attitude cavalière sans cheval, votre altesse, mais vous me devez quelques explications : vous m’avez invité ici, j’ai fait des jours de route, laissé ma propre populace en émoi – et la convergence les a un peu ramolli, les pauvres. Et je n’ai pas fumé depuis au moins huit heures, alors je ne passerai pas par quatre chemins : qu’est-ce qu’il se passe ?

Mäje commençait à croire que la convergence avait fondu le cerveau de tout le continent tant toutes les âmes qu’elle rencontrait semblait anéanti par toutes sortes de trouble. Et si elle craignait sincèrement les excès de rage d’Hinaya, la douleur lui semblait presque douce comparée à un séjour plus ou moins long face à l’ersatz de sa reine. Son entreprise n’était peut-être pas veine : il y avait peut-être encore un espoir de l’atteindre, d’être entendue,  et elle devait tenter le tout pour le tout. Quitte à essuyer le retour de flamme en pleine, somptueuse figure.


Je suis prête à vous aider, votre altesse. Mais pour ça, il va falloir que vous me laissiez essayer.
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MessageSujet: Re: [EVENT] For the queen    [EVENT] For the queen  Icon_minitimeVen 14 Fév - 19:54

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L'air distrait de la reine ne la quitta plus. Il fallut que Mäje se lance corps et âme pour qu'elle ne se réveille de son étrange état. Elle ne put alors cacher sa surprise et bien qu'elle la remettait à sa place, elle était encore foncièrement empreinte de respect envers elle. Aussi, bien que sa colère ne parvînt guère à s'éteindre, elle ne dit mot.

Son cerveau tournait à plein régime et elle peinait encore à savoir si elle était dans le droit de parler ainsi à une reine. Mais voilà, l'aigle n'avait jamais été une reine normale ; son passé en disait long sur l'unicité de sa situation. Son peuple se plaignait encore de sa nonchalance et de son manque de respect du protocole... Comme s'il y en avait un, chez les élusiens.
C'était aussi l'une des raisons qui expliquait son élection ; Elusia n'aurait jamais accepté un autre type de reine ou de roi, et ce, quoi qu'il puisse en dire.

Le secret qu'elle avait caché ces dernières semaines, si ce n'est mois, ne pouvait être divulgué avec l'aisance dont Mäje en parlait. Hinaya redoutait les espions plus que tout et lorsque ses épaules s'affaissèrent, elles trahirent sa résignation.

Aussi, l'aigle referma ses serres sur les mâchoires de la perle noire, la forçant à la regarder dans le blanc des yeux. Lentement, elle ouvrit les deux orbes de jais qui lui servaient de yeux. Ses yeux flamboyaient comme si des flammes s'en élevaient et réchauffaient la pièce. L'environnement semblait s'étirer, fondre.
Puis lorsqu'il disparut totalement, les deux femmes se retrouvèrent dans un fond noir, sans reflet, sans fond, sans fin et sans début. Il n'y avait qu'elles. Dans ce monde, l'aigle pouvait créer et le modeler à sa guise car ce n'était que leur esprit qui avait quitté leur corps. Au fond, une gigantesque porte attendait qu'on l'ouvre pour s'échapper de cette dimension chimérique mais pour y accéder, il fallait braver, affronter l'aigle aux yeux parfaitement ouverts et aux couleurs normales, vivantes. Dans cet espace, la reine pouvait voir et la couleur or de son regard était réapparue. Mäje, quant à elle, avait la surprise d'être contenue dans un corps nouveau.
Le FranceCette dimension était modelé selon l'imaginaire de son possesseur, aussi, n'ayant jamais vu, à proprement parlé, le joyau d'Argyrei, elle devrait se contenter de ce corps étranger. Finalement, tout ceci n'était guère réel.

« Je suis malade. Il ne semble n'y avoir aucun remède. Plusieurs cas ont été déjà constatés dans la cité avant que je ne sois touchée. Tous sont morts. Elle croisa ses bras. Je ne vous étonnerai guère en vous avouant que mes jours me sont comptés. »

Le ton grave de la reine résonnait dans la pièce et dans les cœurs. Son visage ne trahissait aucune peur car la puissance s'exprimait à l'extérieur mais n'était que le reflet de son intérieur. Et c'était dire ! Hinaya n'avait jamais eu l'ombre d'une peur de mourir. Pourtant, elle ne le pouvait, ne pouvait s'y résoudre car ceci impliquerait laisser son peuple seul, chose qu'elle ne pouvait ne serait-ce qu'imaginer.
Son inquiétude était à la hauteur du mystère qui entourait sa maladie.

« Yepa est l'héroïne élusienne, un modèle que l'on ne peut souiller du fardeau que je porte. Personne ne pourra, je le crains, atteindre mon expérience et ainsi, reprendre mon flambeau. En attendant que quelqu'un soit prêt - et je suis sûre que vous saurez quand - je vous demande d'envisager d'assumer le rôle de régente d'Elusia. »

Connaissant les responsabilités du joyau, la reine lui demandait de l'aide car le temps lui était radin. Autrement, elle se serait tue. Elle n'offrirait jamais son trésor aussi facilement. Pour autant, elle n'abandonnait aucune, elle ne s'avouait guère vaincue.  
L'aigle vint effacer les quelques mètres qui la séparaient d'elle afin de poser une main sur ses épaules.

« Je vous le demande en tant qu'ami et non en tant que reine. »

Hinaya détourna son regard du sien et le posa sur un point éloigné. Le fond noir se mouvait et bientôt, un souvenir montra les différentes étapes de la maladie. Le corps du yorka était flou car ce fragment de mémoire n'avait été créé qu'à partir de la puissante magie qui amplifiait l'ouïe, déjà perçante, de l'aigle.

« Je connais mon corps et jamais il n'a flanché. Je suis visiblement à la première étape et étouffer les symptômes n'a jamais été aussi simple. »

Sa magie régénératrice était certes magistrale, elle ne faisait que ralentir ses symptômes. Elle en était pleinement conscience, mais elle peinait encore à avaler cette réalité injuste.
Ses deux orbes d'or se reposèrent sur Mäje, comme si elle sondait son âme. On percevait toute sa détermination et la confiance qu'elle lui offrait.

« Je suis pragmatique, Mäje. Je ne veux guère penser à l'avenir et me concentrais sur un remède. Jusqu'à mon dernier souffle, je combattrai ce vile trouble. Elle releva le menton, un sourire en coin décorant à présent son visage. Elle respirait alors la prestance. Ma vie n'est qu'un clignement de cils pour les vôtres. Je comprendrai que mes préoccupations vous paraissent futiles, mais il s'agit de me faire confiance autant que je vous offre la mienne. »

Dans cette dimension, son calme fut retrouvée, mais elle ne savait guère si son état resterait le même lorsqu'elle retournerait dans le monde réel. Une paix étrange semblait flotter dans l'air.

Hinaya avait la prétention d'avouer connaître la perle d'Argyrei, aussi, elle savait qu'elle lui avait, il y a bien longtemps, offert sa confiance. Sa condition d'or remplit, elle lui livrait amplement l'amour destiné à son peuple, les élusiens.  
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MessageSujet: Re: [EVENT] For the queen    [EVENT] For the queen  Icon_minitimeJeu 16 Avr - 9:15

C’était comme trébucher. Tomber dans le néant. Se jeter dans le vide, et sauter en l’air en même temps. Un mélange de haut et de bas, et finalement plonger dans un monde sombre et sauvage. Quand la reine avait attrapé sa mâchoire, Mäje s’était préparée à réagir, la bouche entrouverte comme une oie qu’on veut gaver. Mais elle sentait bien que la reine avait un poids sur le cœur, et que tous ses gestes et ses actes n’étaient que les symptômes d’un secret pesant. Docile – comme elle ne l’était rarement, il est bon de le mentionner – l’immortelle se laissa faire, et ses yeux gris plongèrent… Oui, littéralement, plongèrent dans les deux orbes sombres et incandescentes…
Pour tomber dans un espace étrange. Pendant un instant, l’être sublime était sur ses gardes, tremblantes, tous ses sens en alerte. Son corps synthétique lui envoyait mille et un signaux, tous contradictoires, alors que ses yeux lui confirmaient qu’elle était debout sur du vide et pourtant bel et bien stable. Dans l’expectative, elle chercha la seule personne sur laquelle elle pouvait encore s’appuyer : Hinaya.

Et quelle surprise de la voir plus étincelante que jamais : ses grandes pupilles dorées à présent grandes ouvertes qui la dévisageait. Mais où étaient-elles, par tous les dieux ?! Si ils existaient, du moins… Eblouie par cette vison pendant quelques secondes, il fallut bien ça pour que Mäje, l’indomptable, reprenne un peu ses esprits. Et qu’elle prenne alors conscience de sa propre personne : de longues mains, des cheveux bouclés, le poids de riches bijoux qui la décorait de toutes part… Non, ce n’était effectivement plus son corps. Après une petite inspection digitale, le naturel reprit le dessus, et elle jugea que cette enveloppe était tout à fait acceptable, et qu’elle serait un bon départ pour un nouveau prototype, si elle venait à se lasser. D’ici là, elle profiterait de cette belle enveloppe pour faire honneur à sa Reine.
Au loin, une porte. Simple, statique. Presque… Irréelle ? Décidément, où avaient-elles atterries ?... S’époussetant les hanches du bout des doigts avant de poser ses mains dessus, reprenant un peu de ses moyens. Mais c’est alors qu’elle reconquérait sa superbe, la reine se décida à avouer, un aveux acéré comme un poignard qui s’enfonça dans son cœur, si bien qu’elle eut l’impression de tomber une seconde fois.


Non… C’est impossible.
Murmura-t-elle presque pour elle, sa voix à peine audible. Elle avait une telle habitude de contrôler tout son monde qu’elle n’appréciait guère les mauvaises nouvelles, surtout quand elles semblaient perdues d’avance et offertes sur un plateau d’argent.

Si au début de son histoire, la question de la mort lui avait paru une vague préoccupation, une question ésotérique qui ne la concernait pas, vivre et travailler au milieu des vivants, les voir s’élever, combattre et tomber, l’avait rendue hautement consciente de ce fait. Ils étaient grands privilégiés, dans ce monde de mort. Eux, les témoins intouchables et immuables de vies en constants déclins. Mais combien d’amis, d’amants, d’ennemis, de connaissances avaient-ils perdus, Äjhem et elle ? Jusqu’à ce qu’elle recouvre son cœur d’une épaisse couche de pierre pour ne plus avoir mal.
Mais face à son désarroi, elle admira le visage paisible et calme de la reine. Elle la découvrait presque sous un nouveau jour. Cela lui rappela étrangement ce jour où, dans une chambre de Val’Meëza, elle l’avait extraite de son songe. Ses traits adoucis et résolus, ces yeux dorés. Elle n’avait pas besoin de couronne, tout en elle était royal. Et si Mäje fut prise de court par sa demande, elle qui avait juré de ne plus s’approcher de quelconque affaire royale, elle abdiqua.


C’est d’accord
. Sa voix était rauque et mal assurée, mais ses mots étaient sincères. Si vous veniez à disparaître, je veillerais sur Elusia et votre peuple jusqu’à ce qu’un successeur soit digne de prendre votre relève.

Il n’était pas sûr, pourtant, que le peuple Elusien soit ravi de cette décision. Mais la main d’Hinaya et ses mots lui allèrent droit au cœur, et effacèrent un temps la promesse qu’elle s’était fait à elle-même. Au loin, des images se succédaient, sauvages et flous. Elles étaient dans un bien étrange endroit, décidément…
Mäje soupira, se pinçant le coin des yeux. C’était incroyable. Et pourtant… La reine lui parla, de nouveau. Son amie. Ses mots étaient encore étranges, mais curieusement, elle était heureuse d’enfin pouvoir mettre un mot sur les sentiments contractictoires qu’elle lui avait inspirée depuis leur aventure en territoire céleste. Et c’était au fond la vérité : la reine savait qu’elle pourrait compter sur elle, et elle en retour. Cela, accompagné de la détermination palpable de la souveraine et de sa force, lui redonna un coup de fouet dont elle avait besoin, et de savoir qu’Hinaya se s’avouait pas non plus vaincue. La créature des sables n’avait jamais plié, et elle n’était décidément pas du genre à se laisser faire sans remontrance. Si il fallait faire plier le destin, alors elle le ferait. Elles le feraient.


Mais cela ne veut pas dire que je vous laisserai sombrer à petit feu. Pour votre peuple et pour moi, le mieux est que vous restiez parmi nous jusqu’à un âge vénérable, et plus encore. Ses belles lèvres pourpres et bombées s’arquèrent en un sourire malicieux. Vous pourrez me le redemander dans cent ans, mais pas avant. D’ici là, je mettrai toute mon immortalité et mes clignements de cils au service de votre guérison.

Se redressant en ondulant des hanches, elle balaya l’espace qui les enfermait.

Je devine que vous êtes à l’origine de cet endroit. Impressionnant, vraiment. Et c’est le parfait espace pour préparer un plan d'action. Depuis quand vous sentez-vous mal ?
Si l’immortelle se trouvait bien des qualités, la médecine n’en faisait pas partie, et elle regrettait amèrement de ne pas s’être plus penchée sur la discipline que ça. Mais l'idée était d'avoir une vue plus large, et de savoir de combien de temps elle pourrait espérer pour agir. Je pourrais bien contacter quelques eclaris, certains me doivent encore des services. Vous n’en avez parlé à personne ?

Mäje se retourna vers Hinaya, brûlant d’un esprit conquérant enflammé. Même si elle n’en menait pas large et qu’au fond, elle ne savait pas où commencer, elle était décidé à tout mettre en œuvre pour la sauver, quitte à retourner le continent entier.
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MessageSujet: Re: [EVENT] For the queen    [EVENT] For the queen  Icon_minitimeVen 26 Juin - 21:37

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« Je ne suis pas née reine, Mäje. »

Un soupir s'échappa de ses lèvres. Il semblait éternel et trahissait de toute sa fatigue.

« Ces murmures que l'on entend ci et là sur mon sujet... Ce ne sont pas que des rumeurs. Et ce, si l'on oublie ces satanés monarques conquérants qui n'attendent qu'un seul faux pas de ma part pour s'emparer du pays. »

La belle vint se laisser tomber sur un canapé qu'elle venait tout juste de créer.

Famille estropiée, mère solitaire, enfant orphelin, allié trahi, associé volé…
Hinaya avait tout coché sur la liste d'infamie et il serait mentir que de dire que sa paranoïa n'était pas justifiée. Mais à présent qu'elle avait un peuple à protéger, elle n'accepterait jamais la mort. Bien qu'elle savait le mériter largement.

La belle balança la tête en arrière, pensive.

La reine d'Elusia avait la sensation d'être épiée.
Elle avait le sentiment qu'elle ne serait pas capable de faire son devoir si elle n'agissait pas comme si le monde entier était son ennemi. Elle ne savait pas comment on réagirait lorsque l'on devinerait qu'Elusia était en train de renaître.

Alors elle prétendait que des monarques lui en voulaient.
Pour sa santé mentale, quelque part.

« Je vous offre mon entière confiance, Mäje. Comme toujours, dit-elle d'une voix claire. Mais comprenez que nous devons être certaines que personne – et j'insiste bien sur ce fait – ne sache pour cette maladie. »


Elle frotta ses yeux, plus lasse de devoir s'occuper de sa maladie que de son état actuel.
Elle lui dévorait trop de temps, trop d'énergies. C'était invivable pour une personne de son rang.

Son regard trahissait toute sa détermination et toute la confiance qu'elle lui offrait.
Elle devait sauver les siens coûte que coûte. Sa vie n'importait peu à côté des leurs. Elle faisait partie de ces gens qui ne vivaient que pour une seule et unique cause. La sienne commençait à être trop lourde pour ses seules épaules.

Pourtant, elle savait qu'elle avait le soutien de Mäje. Elle savait que sa conseillère saurait trouver quelqu'un de confiance.
Elle n'en doutait pas une seule seconde, pour tout dire.

La dame se redressa, reposant ses yeux d'or sur la créature de sable.
Il était clair qu'elle n'avait pas peur de mourir ; il ne s'agissait plus de cela depuis une décennie. Ce courage lui permettait de garder la tête froide en ces sombres jours.

« Mon peuple – Yepa également – ne sait rien. »

Elle balança sa main en l'air, comme dépassée.
Yepa était têtue. Et clairvoyante.
Elle avait ce don, cette empathie. Celle-ci agaçait largement la reine ; elle se sentait épiée. Cette femme débordait bien trop d'amour pour l'aigle.

« Voilà des semaines que je leur cache ce mal. J'ai réussi à contenir la maladie mais elle est trop forte, trop mystérieuse. »


Nouveau soupir,
Nouveau basculement de tête.

C'était dire !
Ses espions ignoraient tout de sa provenance, ou du moins étaient à court d'informations. Ils savaient uniquement comment adoucir le sort des malades.
Mais ceci, n'importe quel médecin ayant étudié la maladie d'un œil distrait l'aurait compris.

« Je ne m'attendais point à être immunisée. Un jour où l'autre, ce mal m'aurait touché. C'était un choix certes sot, inconscient même. Mais j'avais pris la décision d'être au premier rang pour chaque nouveau cas – bien sûr placés en quarantaine. »

Elle leva la main afin de lui montrer sa magie de l'air.
Bien qu'il ne s'agissait que d'une représentation techniquement.
Elle semblait faire danser le vent comme s'il avait une couleur et une forme physique. Si bien qu'elle donnât l'impression que Mäje serait capable de le toucher.
Un peu comme un nuage.

Sa magie avait été utile car elle avait forcé le passage de l'air pour les cas les plus graves en attendant les médecins ou autres rares mages.
Elusia n'était pas connue pour son hospitalité mais également pour le nombre incalculable d'utilisateur de magie. Elle devait alors se contenter des médecins, formés avec de trop anciennes méthodes.

La cité de l'eau était aussi vieille que le monde et semblait être figée dans le temps. La guerre de Taulmaril l'avait détruite, c'était un fait immuable pour qui avait étudié l'histoire d'Istheria.

« Cebrenia survit admirablement. D'autres pays comme Phelgra, ne peuvent que pleurer leurs morts. Sa voix s'effaça un instant. Mäje, ils sont trop nombreux. »

La dame vint craquer son cou.
Cette maladie était arrivée au pire moment inimaginable.
Pourquoi apparaître seulement après qu'ils aient enfin terminé avec cette campagne en Taulmaril, se demanda-t-elle, désespérée.

Elle en voyait finalement le bout...

Pour tout dire, la belle trouvait étrange que le joyau noir n'eut pas eu vent de cette maladie.
Hinaya en savait autant uniquement car elle était reine, mais même, elle pensait qu'on en avait entendu parler.

Elle se demanda alors naturellement si ses confrères avaient décidé de cacher cette maladie aux yeux de tous dans l'espoir d'éviter une guerre civile. Si l'on découvrait qu'aucun remède n'existait, elle savait que les autres peuples ne seraient pas aussi conciliants que le sien.
Elle pensait notamment à Phelgra qui, bien que les Cavaliers de Sharna contrôlassent le pays d'une main de fer, ne pourraient certainement pas contenir une telle rébellion.

Une chose était sûre, cette maladie n'avait pas fini de faire parler d'elle.

« Avez-vous une personne en tête ? »

La belle finit par se relever. Elle croisa sévèrement les bras. Un sillon s'était creusé entre ses deux sourcils, trahissant toute son inquiétude.

Plus vite elle faisait venir ce médecin, plus vite elle pourrait retourner à ses affaires.

« Ce médecin pourra entrer dans le pays s'il le demande. »
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