Une invitée au Manoir

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_ Il parait que des personnes hauts-placées seraient gravement malades.
_ Il parait que ça se bécotte "au bal de la Rose".
_ Il parait que des créanciers en sont après un des conseillers de Ridolbar.

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 Une invitée au Manoir

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MessageSujet: Une invitée au Manoir   Une invitée au Manoir Icon_minitimeMer 15 Avr - 0:55

La jeune femme me retourna un sourire d'une franchise désarmante, le genre de sourire qu'on ne voyait guère dans les parages, lorsque j'accédai à sa demande d'un bain et d'un gîte en y rajoutant un repas chaud. Elle se désola ensuite d'avoir une mine affreuse quand je remarquai qu'elle avait l'air épuisée, à quoi je répondis avec un feint sérieux :

"Disons qu'ainsi vous faites couleur locale, ce qui est assez rare pour une Sindarine."

Arriva ensuite une petite renarde blanche qu'Enkara me présenta sous le nom de Tao. Elle précisa que l'animal ne m'ennuierait pas si j'acceptai qu'il l'accompagne, puis ajouta qu'il pourrait lui servir de garde du corps si un cavalier venait l'importuner durant son bain ou sa nuit. Je haussai un sourcil amusé à cette idée, retirai l'un de mes gantelets et m'accroupis pour laisser la petite créature humer mon odeur. Elle s'y risqua avec une méfiance assez palpable pour m'indiquer que tenter de la grattouiller serait une erreur mais, après quelques instants, sembla tout de même décider que je n'étais pas une menace et se désintéressa de moi. Je me relevai alors et rétorquai à la jeune femme qui me jaugeait avec un petit sourire, quoique son regard plutôt sérieux laissât entendre qu'elle ne plaisantait qu'à moitié :

"Ma foi, il serait discourtois de vous priver de cette si redoutable garde du corps, j'imagine que nous trouverons bien un poulet et une couverture pour elle au Manoir."

Sans trace de plaisanterie cette fois, j'ajoutai après un bref instant :

"Cela dit, vous résiderez dans mes appartements, le Manoir est comble ces derniers jours, et quiconque s'introduirait chez moi pour importuner mon hôte ne vivrait pas assez pour le regretter. Mais n'ayez crainte, ils sont vastes et vous aurez votre propre chambre. Quant à moi, je n'ai pas coutume d'ennuyer les jeunes femmes, ni les moins jeunes d'ailleurs."

Manière de lui indiquer que je ne plaisantai pas avec ça. J'avais des principes plus anciens que la cité dans laquelle nous nous trouvions, des principes que l'on aurait sans mal pu qualifier de chevaleresques même si me confondre avec un pieux paladin aurait été une erreur. Ils semblaient sans doute désuets à beaucoup d'êtres de cet âge, mais cela n'avait aucune importance. Quoi qu'il en soit la Sindarine ne tarderait probablement pas à cerner le genre d'homme que j'étais, en partie au moins, et comprendrait qu'elle n'avait rien à redouter de moi tant que la réciproque était vraie. Tandis que nous nous mettions en route en direction du Manoir, qui n'était guère à plus d'une dizaine de minutes de marche, Enkara reprit :

"J'imagine que vous avez beaucoup de travail, que vos responsabilités sont très prenantes mais est ce que vous accepteriez de prendre du temps pour moi ? J'aimerai que nous parlions tous les deux lorsque vous en aurez le temps."

Je lui jetai un regard vaguement surpris, plus par la politesse inhabituelle qu'elle manifestait - aussi rare que les véritables sourires dans la région - que par la nature de sa question, avant de lui répondre avec un sourire discrètement narquois :

"Vous me demandez de laisser tomber la lecture d'une montagne de rapports assommants au profit d'une agréable discussion avec une charmante Sindarine ?"

Je laissai filer une seconde de silence, puis ris légèrement avant d'ajouter :

"Pour tout vous dire, il m'arrive d'user de prétextes bien moins plaisants que celui-ci pour échapper aux récriminations et aux flagorneries que contiennent presque invariablement ces passionnants documents. Nous discuterons, si vous le souhaitez, je prendrai tout le temps nécessaire."

Évidemment mon rôle ne se limitait de loin pas à cela, mais je n'hésitai jamais à déléguer nombre de tâches et le temps ne me manquait pas, d'autant que je dormais très peu depuis plus de siècles que je n'aimais à m'en souvenir. L'âge, sans doute, mais même la torture n'aurait pu m'arracher cet aveu de vive voix. S'il m'était arrivé de me sentir vieux comme le monde, c'était avant de retrouver Jézabel...

De fil en aiguille nous parvînmes aux portes du sombre Manoir Cavaleri, sévèrement gardées par une demi douzaine de Cavaliers Noirs. N'entrait pas qui voulait en ces lieux mais, à notre approche, les soldats se mirent promptement au garde à vous et me saluèrent assez comiquement par des "Commandant" se mélangeant aux "Impérial" et autres "Grand-Maître". Les vieilles habitudes avaient la vie dure et certains servaient sous mes ordres depuis des décennies, aussi ne savaient-ils trop quel titre me donner aujourd'hui. Je ne m'en offusquai nullement, leur intimai de se mettre au repos après qu'ils aient poliment salué Enkara et discutai brièvement avec leur officier pour savoir si des ennuis s'étaient manifestés. Comme il n'avait rien de notable à me signaler, je fis signe à Enkara de me suivre et nous pénétrâmes dans le saint des saints des Cavaliers de Sharna qui, en réalité, tenait davantage de la forteresse que du manoir. Aucun palefrenier ne s'avança pour s'occuper de ma monture, ce qui était sage ainsi que je l'expliquai à la jeune femme en lui désignant mon puissant destrier couleur de jais que je flattai affectueusement :

"Au fait, je vous présente Altaron, mon plus proche compagnon pourrais-je dire. C'est un cheval de bataille comme il en existe peu, mais son entraînement le rend ombrageux et dangereux pour tout autre que moi si je ne suis pas dans les parages pour le faire tenir tranquille. Autrement dit il va vous falloir patienter encore quelques minutes, le temps que je m'occupe de lui."

Nous ne portions pas le nom de "Cavaliers" pour rien, ainsi que put le découvrir la Sindarine en voyant les vastes écuries du Manoir. Plus d'une centaine de destriers et palefrois s'y trouvaient et le moindre d'entre eux aurait été digne d'un prince ou d'un roi. L'endroit était d'une propreté irréprochable, bien éloignée du bourbier des rues, et les ladres qui officiaient là le faisaient avec une rigueur toute militaire. Je m'occupai de ma monture avec la sobre efficacité que seule confère une longue pratique, m'assurai que mon autre cheval, un grand et magnifique palefroi Isabelle du nom d'Erëyal, ne manquait de rien puis emmenai Enkara jusqu'à mes appartements dont l'entrée était elle-aussi surveillée par deux Cavaliers Noirs. Comme les autres, ils se mirent au garde à vous après s'être écartés du passage ; Thémisto était peut-être chaotique, mais ici on ne badinait visiblement pas avec la discipline.

"Repos soldats. Demandez à Serraya de venir préparer une chambre pour mon hôte, je vous prie. Qu'elle fasse apporter de l'eau pour un bain et nous amène ensuite un repas chaud pour deux personnes et une volaille crue pour le renard. Ah, et des vêtements propres pour mon hôte, également."

Si mes ordres surprenaient les gardes - et je ne doutai pas que ce soit le cas vu que la Sindarine devait être la première personne que j'invitai depuis la moitié d'une éternité - ils n'en montrèrent rien et se bornèrent au "A vos ordres" de rigueur avant de se mettre en quête de la servante demandée.

Bien que la ville soit globalement pauvre, il suffisait de jeter un coup d'oeil dans mes appartements pour comprendre que pauvre, je ne l'étais pas. Sans être ostentatoires, les meubles d'ébène arboraient pour certains de délicates incrustations de nacre ou d'argent ; des tentures de mêmes teintes recouvraient les murs de pierre, d'épais tapis les sols afin d'isoler les lieux du froid souvent mordant sévissant dans ce type de demeure. L'éclairage était assuré par nombre de grandes chandelles disposées sur des bougeoirs de fer noir ouvragés par les meilleurs artisans d'Umbriel, ainsi que par le feu qui crépitait dans le grand âtre de la salle principale, plus vaste à elle seule que bien des demeures. A peine Enkara eut-elle le temps de se faire une idée des lieux qu'une jeune domestique fit son apparition en courant, les bras chargés de draps et de linges. Je la saluai courtoisement et ajoutai en souriant tranquillement à l'intention de la Sindarine :

"Voici Serraya, elle va vous montrer votre chambre et la salle d'eau, si vous avez besoin de quoi que ce soit demandez-le lui. Faites comme chez vous, je vous retrouverai ici pour le repas lorsque vous serez prête."

Assurément Enkara ne serait pas à plaindre, sa chambre et la salle d'eau étaient à l'image du reste des appartements : luxueuses et confortables. Dans les deux cas elle trouverait les clefs sur les portes, libre à elle de se barricader si elle craignait pour sa sécurité. Serraya lui apporterait aussi des essences rares d'Argyrei pour son bain, ainsi que des vêtements qu'elle pourrait porter sans honte dans un bal de la noblesse. Pour ma part j'avais hâte de retirer ma pesante armure et de me décrasser aussi, la journée avait été longue.

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Anonymous Invité
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MessageSujet: Re: Une invitée au Manoir   Une invitée au Manoir Icon_minitimeMer 15 Avr - 13:51

En me déshabillant, je remarque que finalement ce sont mes vêtements qui ont le plus été salis durant le combat. Mis à part mon visage et mes cheveux tout le reste semble épargné. Serraya me sert comme ci j'étais une princesse, sauf que je n'en suis pas une et parfois c'est un peu gênant. Je tente de me débrouiller seule pour certaines tâches, mais j'ai l'impression que si elle ne le fait pas c'est sa tête qui tombera pour non exécution de son labeur. C'est encore plus gênant. Elle disparaît enfin, me laissant seule profiter de mon bain chaud. Sincèrement c'est un bonheur ! Je pourrais penser que je suis dans un rêve, que lorsque je vais ouvrir les yeux je vais me retrouver encore dans une auberge crasseuse du coin, accompagnée d'horrible gens.... du coup, je n'ai pas très envie de me réveiller.

Je repense alors à la situation, à tout cela qui est arrivé si vite. Je ne pensais pas qu'il m'offrirait tout ceci, ils sont connus pour être des Cavaliers sans coeur qui ne recherchent que la bagarre et le pouvoir. Pourquoi se montrer aussi accueillant avec moi alors ? Il va surement me demander quelque chose en retour, j'ai bien compris que dans ce monde nous n'avons rien sans rien et tout ce qui a autour de moi ne sera pas gratuit. Je trouve cet endroit plutôt austère. Ca ressemble d'avantage à une forteresse qu'à un manoir. Déjà tout à l'heure quand je suis passée devant, je n'avais pas forcément l'envie d'y entrer tellement l'ambiance parait si froide et lugubre. La décoration est pourtant riche, faite avec goût mais pourquoi est ce si ..... sombre ? Oh non ! Et si je me retrouvais prisonnière ? Personne ne sait que je suis ici ! Personne ne va me chercher !

Et si je devais m'enfuir ? Je peux toujours sauter par une fenêtre, créer une diversion grâce à la glace et fuir comme une voleuse ensuite.... Tao vient me lécher la main, me tirant ainsi de mes idées complètement absurdes. Je sors alors de mon bain, je ne souhaite pas faire attendre de trop le Maître de ces lieux même s'il insisterait surement pour que je profite encore un peu de ce plaisir. Les bougies pour l'ambiance tamisée, la chaleur du bain pour la détente, les essences rares pour la luxure..... c'est plutôt sympa comme vie de prisonnière finalement.

Enroulée dans un linge, j'en profite pour passer un coup à Tao : son poil n'est pas très propre, les voyages se font sentir pour elle aussi. Je la frotte jusqu'à ce que ses poils soient tout ébouriffés et qu'elle parte en courant se mettre à l'abri. Comparée à Altaron, cette petite boule de poils parait bien commode, mais attention car lorsqu'elle se transforme grâce à son pouvoir alors tout de suite, elle fait beaucoup plus redoutable la petite sauvage.

Je m'avance vers le lit et fais tomber le linge sur le sol pressée d'enfiler mes vêtements et de passer à table. Que vois je ?!!! Mais qu'est ce que cela ? Ou sont mes vêtements ? Je préfère encore remettre mon armures de cuir toute sale ! Affolée, je regarde tout autour de moi mais impossible de trouver mes biens ! Serraya est partie avec ! C'est pas vrai ! Je n'ai donc pas le choix que de porter...ça.... Bon, le tissu est agréable au toucher, il glisse sur ma peau grise avec délicatesse, très bien ouvragé, des détails remarquables... c'est un beau vêtement je le concède mais franchement pas pratique ! On dirait que ma poitrine est quelque peu compressée, je ne suis absolument pas à l'aise pour faire des pirouettes et si je dois sauter par une fenêtre pour m'échapper.... je ne vais pas y arriver. Triste sors que de devoir rester enfermée ici dans ce luxe....

Je sors des appartements, timide, sur la réserve, perdue dans cet immense manoir, sur mes gardes et à l'affut du moindre élément suspect. Je ne fais que revenir sur mes pas pour revenir là où Sirion m'a donné rendez-vous tout en nattant mes cheveux rapidement pour éviter qu'ils ne soient devant mes yeux. Il n'est pas encore là. Ma curiosité est plus forte que moi, voila que déjà je ne peux m'empêcher de regarder les décorations non pas avec les yeux mais bien avec les mains. Le toucher est très parlant figurez vous, bien plus qu'un regard. Il y a de nombreuses portes qui m'appellent, qui ne demandent qu'à être ouvertes, des trésors qui ne demandent qu'à être découverts, des reliques étudiées ! Tellement de chose à trouve ici ! Cet endroit est tellement vieux que.... Je sursaute, me sentant un peu coupable de ma curiosité, lorsque j'entends un bruit provenir de derrière moi. Je ne suis décidément pas très polie, qu'elle idiote ! Je ferais presque honte à mon peuple. Ah oui, je leur fais déjà honte parce que j'ai quitté la ville....

" Désolé, je regardais rum euh enfin je profitais d'être seule pour apprécier le décor... "


Je replace mes habits comme s'ils me gênaient alors qu'en fait, c'est moi même qui me gêne.
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MessageSujet: Re: Une invitée au Manoir   Une invitée au Manoir Icon_minitimeJeu 16 Avr - 23:43

Décrassé et vêtu sobrement d'un pantalon de daim et d'une chemise blanche à manches bouffantes, je revins dans la salle principale de ma demeure et y retrouvait Enkara en train d'éprouver les textures des quelques décorations ornant les lieux. Elle sursauta en m'entendant arriver et, d'un air un peu penaud, déclara qu'elle était désolée et n'avait fait que profiter de sa solitude pour apprécier le décor. Avec un sourire rassurant, je lui répondis :

"Je vous ai dit de faire comme chez vous, non ? Mes noirs secrets ne traînent pas dans les tiroirs des buffets, si cela peut vous rassurer."

Une légère ironie soulignait ces derniers mots, mais je ne me moquai pas d'elle pour autant. J'ignorai ce qu'elle savait de moi au juste, mais ce n'était pas une cavalière et peut-être ne se doutait-elle pas que j'avais été, étais toujours pour le moment, le commandant des Cavaliers Noirs. J'aurais fait un drôle d'espion, si j'avais laissé des documents confidentiels à la portée de la première personne qui franchissait ma porte... Chassant ces considérations et les excuses de la jeune femme d'un petit geste de la main, je la contemplai un instant et ajoutai :

"Ma chère, cette tenue vous va à ravir, s'il m'est permis de le dire. Vous feriez pâlir de jalousie toutes les nobles dames de Thémisto, si elles pouvaient vous voir."

Le compliment était sincère, elle était ravissante et très élégante ainsi parée, mais pour autant il n'y avait nulle trace de concupiscence dans mon ton ou mon regard. Il n'y avait qu'une femme dans ma vie et le monde s'écroulerait bien avant que je ne trahisse sa confiance. Ne souhaitant pas la mettre plus mal à l'aise qu'elle n'était déjà, je l'invitai à prendre place à la grande table qui occupait un bout de la salle et frappai dans mes mains afin d'informer les serviteurs qu'ils pouvaient apporter le repas. Quelques instants plus tard, plusieurs d'entre eux firent leur apparition, porteurs d'une quantité de mets : viandes, poissons, légumes, pain frais, fromages, fruits, il y avait l'embarras du choix. Ce menu était complété par du cidre doux, du vin et, bien évidemment, de l'eau fraîche. Une fois qu'Enkara fut installée, je pris place à mon tour et l'engageai à se servir largement de ce qu'elle aimait. Ce ne fut que lorsque nous eûmes dégusté les premières bouchées que je repris :

"Vous souhaitiez me parler, je crois. Dites-moi donc ce qui amène une Sindarine à Thémisto, et quelle sérieuse discussion elle pourrait vouloir avoir avec le grand méchant Impérial des Cavaliers de Sharna, je suis intrigué."

Une note d'humour était perceptible dans ma voix, quoique je fusse véritablement curieux de savoir quel sujet elle désirait aborder. Il devait avoir une certaine importance, au moins pour elle, pour qu'elle m'ait adressé une requête aussi "protocolaire", mais j'avais échoué à en deviner le thème jusque là.


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Anonymous Invité
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MessageSujet: Re: Une invitée au Manoir   Une invitée au Manoir Icon_minitimeDim 10 Mai - 0:19

Si je suis incapable de me tenir correctement, je vais me faire virer de cet endroit avant même d'avoir tenter quoi que ce soit ! Je suis infernale ! Les mots de Sirion me rassurent, sa voix si posée, si douce efface alors les inquiétudes en moi, comme le vent balaye les nuages dans le ciel. Je lui adresse un sourire lorsqu'il me complimente même si sincèrement, je me sens plus à l'aise dans mon armure. Bien que lui aussi soit élégant, je le préfère aussi dans son armure, c'est comme si elle révélait notre vraie nature, comme ci ce que nous portions là n'étaient que des fausses identités pour mieux paraître.

Je suis assise à sa table, si grande, si remplie de nourriture, si démesurée comparée à nos réels besoins. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que ce n'est pas lui. Peut etre parce qu'on me l'a décrit comme un tueur sans coeur, comme un méchant personnage aigri et qui erre sans véritable but. Le genre d'âme en peine qui cherche à combler le vide en lui par le combat.... Peut etre que les rumeurs disent vraies, ou bien peut être que non. Je ne suis pas là pour découvrir les mystères qui l'entourent et pourtant j'en ai bien envie maintenant que je suis là. La curiosité n'est pas toujours un trait de caractère apprécié et il m'apporte souvent quelques ennuis je dois l'avouer. Pourtant, c'est bien le savoir qui comble les vides en moi, chacun son truc. Lorsqu'il entame la discussion le premier, je me jette alors sur le cidre. Je commence à me sentir un peu tendue.

" On raconte beaucoup de chose sur vous. Vraiment. Mais la seule chose qui m’intéresse c'est votre pouvoir."

J'écarquille les yeux stupéfaite moi-même par la sincérité et la franchise dont je fais preuve brutalement. J'ai toujours dit qu'être direct était plus efficace et que la franchise apporte la confiance. Cependant sur ce coup là, je m'étais dis que je ferai preuve de tact....raté. Je bois une grande gorgée de cidre avant de me reprendre.

" Pardonnez ma franchise, ce n'est pas toujours facile d'aller contre sa nature. Je compte reprendre Ridolbar Sirion. Cette ville abandonnée de tous ne doit pas tomber entre de mauvaises mains. Son emplacement est stratégique, elle a du potentiel commercial, militaire aussi et je voudrais reprendre le contrôle. Je dois chasser la vermine, instaurer un conseil efficace et de confiance et parvenir à en faire une ville prospère. Je suis consciente que le chemin est long, que cela ne sera pas facile et je sais aussi que j'aurai besoin d'alliés de confiance et avec du pouvoir. "

Mes yeux viennent se plonger dans les siens. Je parle bien de lui. Oui, c'est lui l'allié de confiance et avec du pouvoir. Les Cavaliers de Sharna.... tout le monde les connait à travers tous les pays, même dans les villages les plus reculés. Oui, ils inspirent la crainte, mais peu importe ce qu'ils inspirent tant qu'ils m'aident à atteindre mes objectifs. Sirion dira que je suis directe, que je ne manie pas bien les mots, mais j'ai au moins le mérite d'être honnête. Je pense qu'il faut se méfier des diplomate aux mots peu francs et manipulateurs, ils sont souvent sournois et machiavéliques.

" Je ne souhaite pas faire ça pour le pouvoir, je souhaiterai en faire un refuge pour tous ceux qui n'ont pas de chez eux et qui souhaitent participer au développement de la ville. Vous n'êtes pas obligé de répondre maintenant, sauf si vous êtes d'accord. Autrement, je vous laisse réfléchir jusqu'à ce que vous acceptiez."

Bien entendu, en disant cela je tente de détendre un peu l'atmosphère, de me détendre aussi moi même car si jamais l'un d'entre nous doit s’inquiéter ici, c'est bien moi. Il peut surement me faire disparaître en quelques minutes s'il le souhaite, les légendes ne sont jamais totalement inventées et une part de vérité sert toujours de base. Espérons que la douceur de sa voix reflète la douceur de son coeur.... Oui, on a tous le droit de d'espérer des choses complètement absurdes, non ?

" Je sais que vous avez beaucoup de choses à faire ici aussi, surtout depuis le dernier.... incident. Même si cette robe est sublime, je préfère sentir le cuir de mon armure.... je peux retrouver l'homme que vous cherchiez tout à l'heure et vous l'apporter. Il n'y a qu'à le demander. "

C'est peut être trop direct ça aussi, mais la confiance est quelque chose qui ne s’achète pas mais plutôt qui se mérite. Comment puis je faire si ce n'est par des actes de loyauté ?


Dernière édition par Enkara le Lun 25 Mai - 0:13, édité 2 fois
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Anonymous Invité
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MessageSujet: Re: Une invitée au Manoir   Une invitée au Manoir Icon_minitimeDim 10 Mai - 18:33

La jeune femme se tendit de manière perceptible lorsque je lui demandai quel était le sujet de cette discussion qu'elle souhaitait avoir avec moi. Après s'être nerveusement servie de cidre, elle me rétorqua :

"On raconte beaucoup de chose sur vous. Vraiment. Mais la seule chose qui m’intéresse c'est votre pouvoir."

Sous le coup de la surprise, la main qui portait tranquillement mon verre à mes lèvres afin de déguster une gorgée de vin s'immobilisa subitement. J'avais beau avoir près d'un millier d'années, celle-là personne ne me l'avait encore jamais faite... Je n'étais d'ailleurs visiblement pas le seul surpris par cette audace, Enkara elle-même sembla soudainement réaliser ce qu'elle venait de dire et tenta de dissimuler son malaise en avalant une grande gorgée de son breuvage avant de poursuivre. Elle me pria d'excuser sa franchise, arguant qu'il n'était pas toujours facile d'aller contre sa nature, avant de me déclarer tout aussi directement qu'elle comptait reprendre Ridolbar. J'avais beau être rôdé à la dissimulation de mes états d'âme, il me fallut rudement prendre sur moi pour conserver, me recomposer plus exactement, une expression neutre et écouter la suite de son discours sans l'interrompre.

Elle m'expliqua que cette ville oubliée de tous ne devait pas tomber entre de mauvaises mains, que son emplacement commercial et militaire était stratégique et qu'elle comptait en chasser la vermine, instaurer un conseil constitué de personnes de confiance et rendre la cité prospère. Elle ajouta avoir conscience que la tâche serait ardue et avoir besoin d'alliés sûrs possédant du pouvoir, rivant son regard dans le mien à ces mots comme pour bien me faire comprendre que c'était indirectement à moi qu'elle faisait allusion. Là encore je me gardai d'intervenir, le silence étant bien souvent la manière la plus efficace d'obtenir des informations, et me contentai de l'observer avec une expression intriguée tandis qu'elle ajoutait que ce n'était pas le pouvoir qui l'intéressait. Elle souhaitait, me dit-elle encore, faire de la cité un refuge pour tous ceux qui n'avaient pas de chez eux et qui étaient désireux de participer à son développement. Ses paroles suivantes, elles, fendirent le masque d'attention neutre et polie que je m'étais composé comme la hache du bûcheron fend une bûche :

"Vous n'êtes pas obligé de répondre maintenant, sauf si vous êtes d'accord. Autrement, je vous laisse réfléchir jusqu'à ce que vous acceptiez."

Un sourire ouvertement amusé aux lèvres, il me fallut une seconde pour déceler l'humour présent dans le ton de sa voix, mêlé à une tension disant qu'elle n'était pas totalement inconsciente et qu'elle réalisait à quel point sa demande était osée. Elle acheva en affirmant savoir que j'avais beaucoup de choses à faire ici et que, même si la robe que je lui avais fournie était sublime, elle préférait son armure et pouvait sans problème retrouver l'homme que je traquai lors de notre rencontre. Sans la quitter des yeux, j'achevai enfin mon geste et dégustai sans hâte une gorgée de vin avant de reposer mon verre pour lui répondre :

"La franchise est une arme à double tranchant, et la confiance une épée sans poignée, ici plus qu'ailleurs."

Je laissai filer une seconde de silence pour souligner le sérieux de ces mots avant de poursuivre :

"Vous avez été directe avec moi, je vais l'être avec vous : Phelgra est notre terre et ses cités sont placées sous notre autorité. Je vous accorde que le contrôle que nous exerçons actuellement, sur Ridolbar en particulier, est pour le moins incertain. Démégor et ses prédécesseurs ne se souciaient pas vraiment de gouverner, tant que les recrues affluaient et que les taxes étaient versées, mais j'ai un point de vue très différent sur la question. Celui, ou celle, qui dirigera Ridolbar le fera en notre nom et sera avisé de faire preuve d'une loyauté sans faille envers nous. Si cela ne vous semble pas acceptable, vous perdez votre temps en parlant avec moi."

La dureté du ton employé indiquait sans détour l'inflexibilité de ma résolution. Phelgra deviendrait une véritable nation dirigée par les Cavaliers de Sharna, un ordre implacable remplacerait le chaos actuel et quiconque s'aviserait de contester notre autorité serait impitoyablement éradiqué.

"Comprenez bien ceci : j'aurais les moyens de reprendre le contrôle de Ridolbar et d'y écraser toute forme de dissidence. Il me suffirait d'y envoyer dix mille Cavaliers dirigés par le commandant adéquat. Je pourrais nommer gouverneur l'un de mes fidèles partisans et lui laisser assez de soldats pour mettre la cité en coupe réglée."

A nouveau un bref silence pour laisser à mon interlocutrice le temps de digérer cette réalité, puis j'ajoutai calmement :

"Cela étant, je préférerais que les choses se fassent en douceur, dans la mesure du possible, et il n'est pas impératif que ce soit un Cavalier qui endosse le rôle de gouverneur. Vous êtes ambitieuse et dotée d'une rare audace, à en juger par la manière dont vous m'avez entrepris sur le sujet, mais êtes-vous compétente pour diriger correctement une cité comme Ridolbar ? Je n'en ai pas la moindre idée, je ne vous connais pas et me rapporter la tête du criminel que je recherchai quand nous nous sommes rencontrés me prouvera seulement que vous êtes capable d'éliminer quelqu'un, ce que je sais déjà. Et cela, soit dit sans vous offenser, j'ai trente mille gueulards qui en sont parfaitement capables sous mes ordres et dix fois ce nombre de "bons citoyens" qui seraient tout prêts à s'y essayer pour une poignée de dias."

Je souris aimablement à la jeune femme avant d'achever :

"J'ai peut-être une tâche plus utile, et plus en accord avec vos aspirations, à vous confier pour me forger un avis. Mais pour commencer, dites-moi : que savez-vous de Ridolbar, des personnes qui y ont de l'influence ?"

Je me demandai si elle réalisait dans quel genre de panier de crabes elle allait se fourrer si elle tentait de reprendre le contrôle de la cité, avec ou sans mon appui. Débarquer là-bas la bouche en coeur sans avoir la moindre idée des forces en présence et de leurs intérêts serait une erreur fatale que j'allais tâcher de lui éviter, si c'était en mon pouvoir. En guise de retour sur investissement, pouvait-on dire, puisqu'elle venait potentiellement de m'éviter quelques traits d'arbalète. Quant au reste, l'avenir m'apprendrait rapidement si je pouvais me fier à elle et envisager de lui apporter mon soutien. En soi l'idée ne me déplaisait pas, j'avais également besoin d'appuis sûrs aux postes clés de Phelgra et sa jeunesse - certes relative, c'était une Sindarine - pouvait constituer un atout puisqu'elle n'était probablement pas encore corrompue et viciée comme l'étaient la plupart des puissants qui se chamaillaient pour contrôler Ridolbar.
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MessageSujet: Re: Une invitée au Manoir   Une invitée au Manoir Icon_minitimeLun 25 Mai - 0:52

Je me doutais que ses paroles ne me plairaient guère... N'a t il pas assez avec sa cité si prospère et si.... accueillante ? Je refuse que Ridolbar devienne la soeur jumelle de Thémisto ! Je retiens ma mâchoire de se crisper, je dois me détendre et contrôler me émotions si spontanées où bien elles pourraient être mal interprétées et me desservir. C'est sur qu'avec le pouvoir qu'il a aujourd'hui, il peut en faire usage pour n'importe quelle situation, mais quel est son véritable but ? Et comment voit il ce monde ? que veut il en faire ? J'ai surement une vision idyllique mais je pense que seul l'espoir et la volonté peuvent arriver à vaincre certains maux.

" Il serait dommage que nous soyons ennemis. Vraiment. Nous n'aurions aucun intérêt et je pense que nous le regretterions tous les deux quand je vois ce monde de traîtres qui nous entoure. Je ne veux pas de Cavaliers de Sharna dans Ridolbar. Leur réputation les précède et il faudra un long moment avant que vous réussissiez à redorer le blason. Aux yeux des habitants de Ridolbar, ils ne seront que de simples remplaçants des anciens "gouverneurs" tous plus vicieux, vils, avare et j'en passe. Les habitants ont besoin de reprendre confiance avant toutes choses."

C'est encore franc, direct, osé mais je ne peux pas lui mentir. S'il accepte de me faire confiance, alors avec lui je pourrais atteindre mon but et lui n'aurait absolument rien à craindre de moi. S'il souhaite régner sur Ridolbar comme Démégor régnait sur Thémisto, alors je n'aurai pas d'autre choix que d'être son ennemi, mais s'il croit en l'impossible, alors ensemble nous ferons des miracles. Comment m'y prendre ? Je ne sais pas encore exactement comment faire. Je n'ai jamais repris de ville, ce n'est pas une chose qui se fait tous les jours !
 
" On peut signer un pacte. Ou n'importe quoi d'autre, ce n'est pas mon domaine ce genre de chose. Mais je ne veux pas être sous vos ordres comme n'importe quel gouverneur qui obéit bêtement, je veux être.... " j'hésite, je n'ai pas de mot exact " un bras droit par exemple."

Pourquoi c'est celui ci qui sort de ma bouche ? C'est pas un peu trop demander ? Il va croire que je veux être sa rivale et que je vais vouloir voler sa place de Roi de Phelgra. Je dois vite changer de sujet !

" Ridolbar a été gouverné par des malfrats, ils ont valorisé les échanges avec la pègre et aujourd'hui, c'est elle qui règne en maître. Je peux intégrer les Ladrinis Sirion." Inutile de dire que j'en fais déjà partie pour le moment. Leur réseau est étendu, leurs contacts sont intéressants et je pourrais faire ma place tout doucement. J'espère pouvoir entrer dans la pègre de Ridolbar, les infiltrer pour mieux les détruire de l'intérieur. L'idéal serait que j'en prenne le pouvoir mais je rêve déjà bien assez. Je fais appel à vous parce que vous êtes le mieux placé pour devenir mon compagnon !"

Sur ce dernier mot, je souris largement ! En fait, je ne suis pas douée pour manipuler les gens, mon honnêteté me perdra surement un jour, mais j'ose croire que ma loyauté me sauvera. J'ai entendu dire que Sirion été tout de même plus raisonné que son prédécesseur.... en même temps je me demande si c'était une assez bonne raison pour imaginer que je pourrais lui faire confiance ? Avec cette robe, impossible de me battre correctement, je suis enfermée dans son manoir et je vais finir dans un cachot comme prisonnière pour l'éternité !

" Je ne suis pas douée pour négocier pas vrai ? Je vous l'accorde. Sachez en tout cas que je ne souhaite pas vous manquer de respect ou même vous importuner. Je suis juste... maladroite. Cependant, je suis d'accord pour vous aider.... quelle est donc cette fameuse tâche plus utile ? Qu'attendez-vous de moi ? "

C'est pas facile de tenir le regard face à lui, je sens et perçois cette aura monstrueuse qu'il dégage. Je ne sais pas comment expliquer, c'est quelque chose que je ressens à l'intérieur de moi. Je ne me laisse pas déconcentrer pour autant ni même " écraser " mais c'est tout de même troublant d'autant plus que j'ai l'impression qu'il est à la fois raisonnable, serviable, posé, et agressif, incontrôlable et imprévisible. Que de paradoxe. A se demander si je vais finalement en sortir vivante de ce manoir....
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MessageSujet: Re: Une invitée au Manoir   Une invitée au Manoir Icon_minitimeMar 26 Mai - 9:30

Toujours aussi audacieuse, Enkara me rétorqua qu'il serait dommage que nous soyons ennemis au vu du monde de traîtres dans lequel nous vivions et ajouta qu'elle ne voulait pas de Cavaliers à Ridolbar. Elle invoqua pour cela notre réputation sulfureuse, argua qu'il me faudrait du temps pour redorer notre blason et que les habitants de la cité ne verraient en nous que des remplaçants tout aussi véreux que les précédents. Je m'assombris à ces mots mais la laissai néanmoins poursuivre. Elle suggéra que nous pourrions signer une espèce de pacte, bien qu'elle reconnut son ignorance en la matière, puis précisa qu'elle ne voulait pas obéir bêtement à mes ordres comme n'importe quel autre gouverneur mais devenir en quelque sorte mon bras droit. Un discret sourire apparut sur mes lèvres à ces paroles, alors que j'imaginais la scène qui se serait déroulée si elle avait fait cette même déclaration à Démégor... Par chance pour elle je n'avais pas grand chose en commun avec mon prédécesseur, mais la jeune femme n'avait vraiment peur de rien...

Sous mon regard oscillant entre amusement et froideur implacable, elle poursuivit son discours en affirmant que Ridolbar avait été dirigée par des malfrats, qu'ils s'étaient appuyés sur les pègres pour asseoir leur pouvoir avec pour conséquence que ces dernières y régnaient désormais en maîtres. Elle m'affirma qu'elle pouvait rejoindre les Ladrinis, profiter de leur réseau et influence pour se faire tranquillement sa place en vue de détruire les pègres de l'intérieur ou d'en prendre la tête. Elle ajouta, avec un grand sourire, qu'elle avait fait appel à moi parce que j'étais le mieux placé pour devenir... son compagnon ?! Réalisait-elle ce que ces mots pouvaient avoir d'ambigu ? Peut-être fut-ce la raison qui la poussa à remarquer qu'elle n'était pas douée pour négocier, qu'elle n'avait nullement voulu me manquer de respect ou m'importuner mais était simplement maladroite. Quoi qu'il en fut, elle acheva en se déclarant prête à m'aider et en m'interrogeant sur la tâche que j'envisageai de lui confier. Je la fixai sans détour et sans prononcer un mot durant quelques secondes, puis je lui rétorquai avec un discret sourire flottant aux lèvres :

"Eh bien gente damoiselle, voilà une proposition que je considérerais avec le plus grand intérêt, si je n'avais pas déjà une épouse."

Je lui resservis un bol de cidre et me versai un peu de vin avant de reprendre, calmement mais avec une froide résolution :

"Mais, je vous l'ai dit et je le répète : Ridolbar est placée sous notre autorité. Je peux accepter qu'un civil en devienne le gouverneur, mais en aucune manière qu'il ou elle remette en cause de quelque façon que ce soit notre souveraineté sur le territoire de Phelgra. Il y a toujours eu, il y a et il y aura des Cavaliers de Sharna à Ridolbar, comment pourrait-il en être autrement alors nous avons largement contribué à son édification, en sommes à l'origine d'une certaine façon ?"

Je fis tourner lentement le vin dans mon verre, humai ses fragrances délicates en me remémorant brièvement ces temps anciens et en bus une petite gorgée avant de reprendre plus chaleureusement :

"Mais j'entends vos intentions et comprends vos réticences à notre propos. Votre vision des choses est assez juste, les pègres ont plus ou moins fait main basse sur Ridolbar, la réputation de notre caste est pour le moins discutable et il faudra du temps pour qu'elle change."

A l'heure actuelle les Cavaliers étaient considérés comme une armée sanguinaire et chaotique contrôlant peu ou prou Thémisto et s'appropriant de force les richesses du reste du pays. Personne ne considérait vraiment Phelgra comme une nation, non sans raison puisqu'en l'état ce n'était qu'un vaste territoire où chaque cité était régie, pillée devrais-je plutôt dire, par celui ou ceux qui en avaient le pouvoir. Ainsi, l'Impérial n’apparaissait pas comme le dirigeant d'un pays, mais comme le chef d'une puissante armée de fous sanguinaires qui terrorisait les populations et s'emparait de ce qu'elle voulait au détriment de toute notion de justice. Vous vouliez le poste de votre supérieur, sa fortune, son cheval ? Rien de plus simple, il suffisait de le trucider et tout vous appartenait. Quoi d'étonnant ? Nous n'avions pas de lois, pas de tribunaux, aucune institution capable de faire régner l'ordre. Le résultat de tout cela, c'était un climat général de peur, de suspicion et de violence, une large partie de la population plongée dans la misère et terrifiée à la seule mention des Cavaliers, des rebellions à n'en plus finir... Mais ce temps était échu.

"La reprise en main de Ridolbar marquera un tournant important pour l'avenir de Phelgra et des Cavaliers, une opportunité de poser de nouvelles bases et de montrer un autre visage que celui de la misère et de la brutalité aveugle. Vous pouvez être l'agent de ce changement, l'orienter en bonne partie, mais les Cavaliers seront dans tous les cas des acteurs clés du futur de cette cité. A ce propos, soit dit en passant, si vous ambitionnez de devenir mon bras droit ce sont les Cavaliers qu'il faut rejoindre, pas les Ladrinis..."

Bien que prononcés sur un ton humoristique ces derniers mots n'en étaient pas moins sérieux, les ambitions de la jeune femme s'en trouveraient notablement facilitées comme elle devait s'en douter. L'idée qu'une Ladrini dirige Ridolbar avec le soutien de la pègre locale n'avait rien pour m'enchanter, même si j'admettais que les pègres avaient leur utilité en ceci qu'elle géraient à leur manière toute particulière la faune qui échappait à l'autorité officielle. Mais de là à en laisser une gouverner une cité en connaissance de cause, il y avait un pas que je n'étais pas prêt à franchir. Néanmoins pour l'heure nous en étions loin et je revins au présent :

"Pour en revenir à cette tâche que j'imaginais vous confier : l'un des précédents gouverneurs de Ridolbar, nommé Kodran, avait constitué une milice professionnelle pour asseoir son pouvoir et maintenir l'ordre en ville. A sa mort une certaine Rashell Samarcande, possédant des liens étroits avec les pègres de Phelgra, a repris les rênes de la ville et le contrôle de cette milice, très brièvement car elle n'a pas tardé à disparaître. Depuis cette disparition nul n'a réussi à s'imposer à la tête de la cité ou même simplement à s'assurer les services de cette milice, probablement parce qu'entretenir une telle troupe n'est pas à la portée de toutes les bourses, fussent-elles bien garnies. Or cette milice constitue un véritable problème dès le moment où elle est livrée à elle-même, puisque nul ne verse plus leur solde et que ses membres doivent donc subvenir à leurs besoins par d'autres biais, souvent peu recommandables comme vous pouvez l'imaginer. Selon mes informations elle vend actuellement ses services aux plus offrants, de manière ponctuelle : pègres, guildes, notables fortunés, elle n'est pas regardante sur la tâche à accomplir du moment que cela paie bien.

Voici donc ce que je vous propose : allez à Ridolbar et faites en sorte que cette milice prête serment d'allégeance aux Cavaliers. Il en va de leur intérêt, d'une part parce que je ne puis laisser une troupe armée conséquente régenter la cité à sa guise et que leur indépendance, si elle se prolongeait, me contraindrait à prendre des mesures déplaisantes. D'autre part parce que cela signifie qu'ils seront payés correctement et régulièrement, chose que bien peu de mercenaires ou autres soldats renâclent à accepter. Bien encadrée elle pourra remplir son rôle initial, à savoir assurer l'ordre en ville, et vous-même aurez un atout de poids pour conquérir la gouvernance si je place cette troupe sous vos ordres. Accessoirement, par rapport aux réticences que vous manifestiez à l'encontre de notre caste, cela pourrait éviter une intervention militaire des Cavaliers et limiter leur présence en ville. Je précise à cet égard que je n'entends pas en faire des Cavaliers à proprement parler mais laisser à cette force la structure et le rôle de milice pour lequel elle a été conçue, au service du gouverneur."


Je souris finement à la jeune femme et achevai :

"En somme, cela favoriserait vos ambitions tout en faisant avancer mes projets pour Phelgra. Pour Ridolbar ce serait un pas de géant vers l'ordre et la prospérité. Qu'en pensez-vous ?"

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MessageSujet: Re: Une invitée au Manoir   Une invitée au Manoir Icon_minitimeJeu 4 Juin - 12:08

Je n'arrive pas à déterminer si c'est une tension mauvaise ou si c'est plutôt une tension dû à la curiosité mais je sens que c'est tendu ! C'est évident qu'il me juge, me teste et même si au fond de moi quelque chose me tient en garde je sens aussi que c'est l'occasion rêvée ! Je ne dois pas être ni gourmande, ni pressée !

"Eh bien gente damoiselle, voilà une proposition que je considérerais avec le plus grand intérêt, si je n'avais pas déjà une épouse."

Hein quoi ? Qu'est ce que j'ai dit encore ? Ah mais non mais non mais non !!!! Je suis si idiote !!!! Si c'est par rapport à la compagne je parlais plutôt d'un compagnon de guerre, de pacte, de..... pas de ça !!! Oui bon, ne soyons pas naïfs, il est séduisant, puissant, surement intelligent mais ce n'est ni le moment, ni l'endroit pour ça. Ridolbar est bien trop importante. En plus, je ne suis pas étonnée qu'une femme ait déjà mit le grappin dessus et ce surement depuis des années.

Je me détends quand il me sert un nouveau verre de cidre mais me retend immédiatement lorsque son discours se fait sentir ferme et très résolu. Face à une tête de mule qui est persuadé que le pouvoir ne peut être réservé qu'à une seule personne et en l’occurrence lui... je ne vais pas avoir d'autres choix que de lui prouver qu'il peut me faire confiance. Mon but n'est véritablement pas de prendre le dessus sur son armée ou de le remplacer, bien au contraire, car comme nous le savons, nous savons ce que nous perdons, mais jamais ce que nous gagnions.... Et les surprises du genre, je n'aime pas.

Je continus mon écoute, je reste concentrée et bois ses paroles sans en perdre une miette, lorsqu'enfin il m'explique le but de son idée. Je passe l'idée de devenir un Cavalier de Sharna, c'est bien entendu pas à l'ordre du jour. En ce qui concerne son idée de reprendre la main sur la milice, c'est une excellente idée, en espérant que leur loyauté envers leur ancien chef se soit évaporée. Cette histoire va être Mon Histoire car finalement si j'y parviens, JE vais sauver Ridolbar ! C'est moi qui vais affronter la milice et qui vais aller faire le plus dur ! J'espère que Sirion ne voudra pas me voler cette ville pour la transformer en Thémisto. Mais je n'ai pas le choix...

" Entendu. Je me débrouille pour reprendre le contrôle de la milice, je la convainc de collaborer avec les Cavaliers de Sharna en leur promettant un salaire décent et régulier et en échange ils remettent l'ordre dans la ville. Comment être sûre que vous donnerez bien ce salaire ? Et de quelle manière ? Si vous mentez, la milice reprendra ses mauvaise habitudes c'est certain et je ne peux pas garantir quoi que ce soit ensuite. "

Si Sirion ne paye pas, la milice se retournera contre moi et j'aurai perdu ma crédibilité. Dans tous les cas je trouverai une solution pour retomber sur mes pieds mais si tout pouvait se dérouler comme prévu, cela serait sincèrement plus avantageux pour l'un comme pour l'autre.
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MessageSujet: Re: Une invitée au Manoir   Une invitée au Manoir Icon_minitimeSam 13 Juin - 13:47

Enkara se troubla notablement à ma taquinerie mais ne releva pas, préoccupée qu'elle était par son projet et ne sachant pas trop sur quel pied danser avec moi pour ce qu'il me semblait en percevoir. Si elle se détendit lorsque je la resservis, elle se crispa à nouveau alors que je réaffirmai la souveraineté des Cavaliers sur cette cité qu'elle convoitait. Je me demandai ce qu'elle avait espéré, au juste. Prendre la tête de la cité pour en faire une cité-état indépendante à l'image de Tyrhénium ? Mais si telle était sa pensée, elle devait bien réaliser que j'étais la dernière personne à qui demander de l'appui, non ? Il fallait être d'une candeur alarmante pour supposer que les Cavaliers allaient tolérer bien gentiment l'émancipation d'une cité qu'ils considéraient comme leur depuis sa fondation... Restait que cela montrait de manière flagrante à quel point l'influence et la réputation de notre caste avaient fondu au cours des dernières décennies, aucun être sain d'esprit n'aurait seulement osé sous-entendre pareille chose en présence du maître des Cavaliers avant que Démégor ne nous conduise à la défaite et ne perde tout contrôle sur Phelgra. Pour la millième fois, je me demandai comment nous en étions arrivés là...

Je gardai néanmoins mes pensées pour moi et poursuivis avec une proposition susceptible de conjuguer nos intérêts que la jeune femme écouta avec la plus grande attention. Si l'idée parut lui convenir, elle me demanda comment être sûre que j'allais bel et bien payer les miliciens et de quelle manière, puis ajouta que si je mentais la milice reprendrait ses exactions et qu'elle-même ne pourrait plus répondre de rien. Je la fixai quelques instants en silence, puis lui rétorquai avec un zeste d'ironie :

"Eh bien, je vois que la confiance règne."

Un léger rire m'échappa, puis je repris en haussant les épaules :

"Quel intérêt aurais-je à ne pas tenir parole ? La situation reviendrait au même que maintenant et tout ce que j'aurais gagné dans l'histoire c'est une ennemie supplémentaire. Croyez-le ou non, mais je suis un homme simple, dans le fond : si vous êtes loyale envers moi je le serai envers vous et vous aurez en moi un allié inébranlable. Mais trahissez ma confiance, ne serait-ce qu'une fois, ne serait-ce qu'un peu, et vous découvrirez à vos dépens que j'ai la mémoire longue et le pardon difficile."

Je lui souris aimablement pour indiquer que mes paroles n'étaient en rien une menace à son encontre, mais une simple énonciation de faits. Puis, chassant ces considérations d'un petit geste de la main, je poursuivis :

"Faites votre part du marché et j'honorerai la mienne. Tout milicien qui se rangera à nos côtés recevra une solde mensuelle de cinq cents dias, les officiers en toucheront six cents et leur commandant sept cents, versés le dernier jour de chaque mois comme c'est le cas pour les Cavaliers. Je vous fournirai une lettre qui vous permettra de prouver la véracité de cet engagement lorsque vous négocierez avec eux, cela devrait vous simplifier un peu les choses. Cela étant vous n'avez pas un temps infini à disposition. Vous avez dû remarquer l'armée qui se rassemble aux abords de la ville, je suppose ? Dans un mois, elle marchera sur Ridolbar et je serai à sa tête. Si vous réussissez, la milice prêtera serment d'allégeance aux Cavaliers, je la placerai officiellement sous votre autorité et nous discuterons vous et moi de la suite des événements. Dans le cas contraire, l'armée se chargera de ramener l'ordre et le calme dans cette cité. Il va sans dire que j'espère vivement que nous n'en arriverons pas à cette extrémité, mais certains impératifs m'interdisent d'accorder plus de temps à cette tentative."

Je laissai filer un bref silence pour souligner le côté inexorable de cette décision et achevai :

"Un conseil encore : méfiez-vous comme de la peste des puissants de Ridolbar, je ne parle pas seulement des chefs des pègres, mais aussi des nobles ou des riches marchands. Ils ont pris de mauvaises habitudes et sont nerveux comme des puces à l'idée de ce que je pourrais décider concernant cette cité, d'autant plus que je ne suis pas exactement réputé pour être quelqu'un de malléable. Ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour contrecarrer mes plans, et donc les vôtres s'ils apprennent que je vous soutiens : manipulation par les mots ou la magie, chantage, menaces voire tentatives d'élimination, ils ne reculeront devant rien. Vous êtes visiblement très capable de vous défendre contre une agression physique mais je peux, si vous le souhaitez, vous fournir une "garde du corps" spécialisée dans la protection mentale, histoire que nul ne puisse s'immiscer dans votre esprit et vous contraindre de cette manière. A vous de voir si vous pensez cela utile, ou non."
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MessageSujet: Re: Une invitée au Manoir   Une invitée au Manoir Icon_minitimeJeu 16 Juil - 22:19

J'ai été idiote de croire que j'allais avoir tout ce que je souhaite du premier coup... mais en réalité, et sincèrement, je pense que je n'ai pas trop à me plaindre. J'ai toujours la tête vissée sur mes épaules. Sirion n'est pas bête, il sait ce qu'il veut et ma détermination va lui permettre de remettre la main sur la cité abandonnée sans faire trop d'effort. Mais moi, j'aurai son soutien, sa confiance et par la même occasion, je pourrais surement diriger la cité comme je l'entends à partir du moment ou je ne cause aucun tord ni à son image, ni aux Cavaliers. Seul le temps me dira si lui comme moi, prenons la meilleure des décisions.

En parlant des magies altérants les esprits et en me proposant une protection, je me rends compte qu'il compte vraiment sur moi. Il met toutes les chances de mon côté alors qu'à première vue, je ne suis pas la plus taillée pour cette mission. Je lui souris à mon tour, ce marché entre nous, malgré nos divergences d'idées et nos visions pas totalement en accord, se passe plutôt bien. Je trouve qu'on se ressemble... on dirait que la loyauté, comme la confiance, sont des éléments très importants pour lui. Je me demande s'il a des gens sur qui il peut compter de manière aveugle.... comme je l'ai dit, s'il ne me trahit pas, je lui serai autant loyale en retour. Mais une seule trahison.....

Enfin, nous n'y sommes pas et j'espère ne pas y arriver, j'ai le sentiment (peut être l'euphorie) que lui et moi pouvons accomplir de très grandes choses. Le destin nous le dira.

" J'accepte votre garde du corps. La magie de ce type est en effet ma plus grande faiblesse et il est bien entendu hors de question qu'on me manipule. Cette personne pourra surement m'aider autrement également. Si elle peut manipuler les esprits et les apaiser, ca pourrait calmer quelques ardeurs. Enfin, je verrai sur le tas, certaines choses ne se prévoient pas vraiment. J'ai là une responsabilité des plus capitale. J'ai hâte de commencer ce défi. Je vous recontacterai une fois la mission terminée. Personne ne saura que je travaille avec vous Sirion."

Je laisse un silence, bois une gorgée.

" Bon, on peut pleinement profiter du reste de la soirée maintenant ? Parlons de vous, vous qui êtes si mystérieux. Quel âge avez vous ? "

Allé, quitte à poser une question totalement banale, autant commencer par celle ci. Est ce trop indiscret ? Toutes ces règles me perturbent, parfois je ne sais plus ce qui est autorisé par les conventions ou non. Le Maitre des Cavaliers ne me semble pas si fermé à la discussion donc bon. Du moment que son épouse ne débarque pas pour me couper la gorge ! D'ailleurs, elle est ou sa femme ? Ca c'est indiscret comme question hein ? Evitons de la poser tout de suite. Et en fait, qui est vraiment Sirion ? D'ou est ce qu'il vient ? Pourquoi autant de mystère autour de lui ?

HRP:
 
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