Le Bal de la Rose - Palais ducal

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• Eryllis: 3
• Ladrinis: 9
• Eclaris: 5
• Prêtresses: 5
• Cavaliers de S.: 5
• Nérozias: 6
• Gélovigiens: 3
• Ascans: 0
• Marins de N.: 4
• Civils: 15

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- Torenheim cherche des "relations" en tout genre.
_ Kreen veut causer à des Prêtres de Kron.
_ Walter cherche de Preux chevaliers.
_ Raël veut des clients.
_ Deirdre a besoin d'employé!

Les Rumeurs

_ Il parait que des personnes hauts-placées seraient gravement malades.
_ Il parait que ça se bécotte "au bal de la Rose".
_ Il parait que des créanciers en sont après un des conseillers de Ridolbar.

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 Le Bal de la Rose - Palais ducal

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:: La Rose d'Eridania ::

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Pandora Vanes
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Pandora Vanes
MessageSujet: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeMar 18 Aoû - 1:01


Vous quittez l'effervescence de la foule pour monter les marches jusqu'aux portes du palais ducal. Nul doute que des milliers de regards vous épient dans votre ascension. Fascinés par vos atours, jaloux peut-être aussi, de la chance unique qui vous est offerte. Vous faites sans aucun doute partie de la haute société et vous allez rencontrer du bien beau monde dans ce magnifique édifice.

Le palais est impressionnant, encore plus de près. Ses tours et ses arches s'élèvent vers le ciel si haut que vous pensez bien que de tout là-haut, vous pourriez voir jusqu'à Hesperia. Vous pénétrez dans la forteresse d'élégance et vous vous sentez déjà surveillez, étudiez, jugez. Il vous faudra des nerfs d'acier dans cette cathédrale de la noblesse éridanienne. Perdre la face ici, ce serait très mauvais pour votre réputation. Heureusement pour vous, vous avez encore votre masque, celui là vous protègera peut-être des regards acérés de vos pairs.

~✿~
Partie HRP

Bienvenue au bal de la rose ! Jeux de pouvoir et trompeuses apparences se jouent ici aussi bien que les plus enrichissantes rencontres que vous puissiez faire en Eridania.  

Il vous faudra prendre en compte les éléments suivants dans vos rps :

- Si les portes sont ouvertes elles sont très bien gardées. Aucune chance de passer devant les Lions sans présenter une invitation.

- Vous ne pouvez pas entrer armé. Si vous tentez de faire entrer une lame, même cachez dans votre botte, un Lion vous arrêtera, et vous demandera cordialement de lui laisser vos armes.

- Si ce n'est pas déjà le cas, on vous demandera de mettre vos masques avant d'entrer.

- Des serviteurs vous conduiront jusqu'à la salle de bal, et ils ne vous laisseront pas tranquille tant que vous ne serez pas dans cette salle. Vous ne serez donc pas autorisé à flâner dans le reste du palais. (Si vous voulez tout de même tenter votre chance d'échapper à vos chaperons, je vous demanderai de me contacter en MP avant d'agir)

- Je vous invite à lire la description détaillée du duché, si vous souhaitez intégrer des éléments architecturaux dans votre rp. La salle de bal se trouve à l'étage, sa façade est vitrée et s'ouvre sur un long balcon qui donne sur les jardins (des jardins à "la française").

- La famille ducale n'est pas encore présente dans la salle de bal.

En vous remerciant encore de votre participation ! N'hésitez pas à me contacter si vous avez la moindre question.



Dernière édition par Pandora Vanes le Mar 25 Aoû - 0:20, édité 1 fois
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Othello Lehoia
:: Infante de Kesha ::
Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeLun 24 Aoû - 23:05

Le va et vient des mains dans ses cheveux battait la même mesure que les aiguilles de l’horloge, qui indiquaient fatidiquement que l’heure approchait. Assise sur un confortable tabouret de bois blanc, devant un cabinet monté d’un miroir ovale qui n’était pas le sien, et qui lui renvoyait l’image d’une femme qu’elle semblait ne pas connaître non plus. Ses doigts étaient serrés autour d’une petite fleur sobrement cousue d’étoffes colorées, caressant les pétales du bout des doigts en comptant nerveusement les secondes. Camouflant un rictus douloureux quand le crin de la brosse frotta contre son oreille marine, manquant d’abîmer la fine membrane qui la constituait, Othello s’épiait distraitement de temps à autres sans vraiment pouvoir soutenir son propre regard. Après tout, ses fidèles et sœurs s’affairaient depuis de longues minutes autour d’elle, appliquant poudres, parfums, perles ; milles artifices sur ce corps pâles et chétif dont elle se sentait dépossédée. Suivre l’avancer de l’opération depuis sa distante réflexion lui procurait une étrange sensation, une aliénation grandissante qui lui donnait l’impression d’être le reflet plutôt que sa source, et de surveiller Othello Lehoia devenir une Dame du monde, un produit de la noblesse.

Un pinceau chargé d’une crème carmin se posa sur ses lèvres, les recouvrant du même écarlate que le sang. Une couleur bien conquérante qui n’était pas vouée à sublimer seulement sa bouche à présent sulfureuse. Une main téméraire tira un peu fortement sur une mèche argentée derrière son crâne, et cette fois-ci, elle releva les yeux vers la femme du miroir, cherchant par-dessus son épaule pour retrouver les yeux de la petite coupable, pour laquelle elle n’avait pourtant pas la moindre animosité. Seulement la culpabilité naissante de les voir se démener ardemment pour ennoblir son apparence, alors qu’elle n’était plus qu’entre leurs mains qu’une poupée de cire, n’ayant pas à bouger un doigt. Finalement, rester immobile et docile était la moindre des choses pour les remercier de temps de sueur. Mais au moins, l’ambiance était à la fête. Si la sirène développait discrètement une profonde nervosité à l’idée de pénétrer dans l’antre des lions, les jeunes femmes étaient auréolées d’allégresse, riant et s’amusant particulièrement dans l’exercice. Buvant une gorgée de vin de temps en temps, elles profitaient de pouvoir relâcher la pression, chacune y allant de son commentaire sur les tenues aperçues pendant l’après-midi, le charisme de tel ou tel noble, la beauté du duché. Hommes, vins et musique, un apéritif délicat avant de côtoyer d’autres étoiles.
Et dans ce tableau, la Haute-Prêtresse se gardait bien de les interrompre, centre silencieux du ballais. Elle avait noué avec ses sœurs des liens indéfectibles. Beaucoup avaient à peu près son âge, certaines même étaient plus âgées : si d’apparence elles maintenaient en public un fort rapport hiérarchique, Othello insistait à ce que celui-ci soit aboli dés qu’elles étaient en huit-clos. Des amies lui étaient plus précieuses que des servantes, un rapport qu’elle s’assurait de maintenir avec toute sa suite la plus proche.

Alors que les préparatifs s’achevaient presque, la yorka osa finalement poser ses yeux sur sa personne dans le miroir. Elle en frémit presque de tant de changements. Sa nature était parfois un fardeau quand elle voulait se faire discrète : à Hellas, personne ne se souciait vraiment d’une hybride blanche, issue de la mer comme d’autres autour d’elle. Le peuple animal était pour beaucoup vulgaire, voleur, une race discriminée et impure. Mais à présent sur le toit du monde, son sang était un autre argument pour ses détracteurs, un autre élément contre elle. Et pour rien au monde, elle ne voulait le cacher, son peuple étant tant une fierté qu’une famille. Et pourtant, dans un bal masqué où le jeu consistait à cacher son identité sous une parure gracile, ses oreilles humides et les écailles opalines qui couvraient sa nuque et ses épaules ne pourraient induire le doute très longtemps. Aussi les prêtresses avaient fait la part belle à ces indices bestiaux, et de la plus belle des façons. Les yeux grands, les lèvres entrouvertes, Othello se découvrit une duchesse.


« Tout va bien, ma Dame ? Vous n’avez pas l’air d’apprécier. »

« Non, pas du tout Athema. C’est très bien. » Fébrile, elle voulu rassurer la zélos du mieux qu’elle le pouvait, cachant le trouble de se voir aussi flamboyante, se rappelant avec affection d’Irina Dranis qui aurait certainement porté la tenue mieux qu’elle. « C’est simplement que… Je n’ai pas l’habitude de porter cette couleur. »

Et pour cause : elle se voyait recouverte d’une immense robe d’un rouge profond, vibrant, le carmin enflammé des pétales de rose. Composé d’un corsage à demi épais, il révélait généreusement ses épaules et son buste, plongeant de part et d’autre de ses bras pour cacher sa poitrine à la façon d’une cape, cousue à la taille et recouverte d’une ceinture de velours épaisse. Les manches, amples et évanescentes, n’était que de tulle simple, révélant au travers du tissu vaporeux ses bras fins et pâles, bien que le tissu soit si généreux qu’ils semblaient plus petits encore à travers les voiles écarlates. Et sur ses jambes, une jupe à n’en plus finir, de plusieurs épaisseurs, qui lui donnait l’impression d’évoluer dans un nuage éthéré. Ses lèvres étaient, une fois n’est pas coutume, teintées du même pourpre, alors que sur ses épaules, ses cuisses et ses genoux tombaient en de lourdes boucles épaisses ses cheveux de cendre et d’argent, simplement retenu derrière son crâne par une broche travaillée, ornée de roses rouges. Ces mêmes roses avaient été glissées çà et là dans sa crinière, contrastant avec la couleur de celle-ci, alors que les habiles prêtresses y avaient aussi accroché perles et médailles. Un collier d'or recouvrait son cou, une pièce d'orfèvre discrète mais élégante, rappelant les couleurs du duché de ses hôtes. Un portrait fort flatteur pour la nouvelle duchesse qui peinait à se reconnaître sous pareils atours.


« Êtes vous certaines que tout ceci soit vraiment nécessaire ? Je suis sûre que moins de rouge ne serait pas pour me nuire. »

A ces mots, les autres prêtresses échangèrent des regards complices, s’amusant du manque d’assurance de la yorka. Celle-ci avait beau diriger son église et maintenant son duché, elle n’en menait pas large quand il fallait briller à la cour. Elle en était persuadée : elle serait plus à l’aise les deux mains plongées dans des entrailles pour recoudre des boyaux que devant un parterre mondain.  Mais elle se raccrocha comme elle le pouvait à la fleurs de tissu : il y avait dans cette fausse aux lions une princesse qui attendait qu’on lui remette ce présent.


« Vous êtes le visage de Kesha, ma Dame. Et c’est la déesse de la féminité, pas de la discrétion. » A ces mots, Athema lui tendit une petite boîte ouvragée, créée dans le bois rare, qu’elle reconnu immédiatement. Elle contenait le masque que lui avait offert la maison des Vanes. Othello l’enserra fermement, prête à revêtir son contenu ; l’horloge sonna sereinement, tandis que les fenêtres ouvertes trahissaient les cris joyeux de la foule.

Dans un bruissement plissé comme les ailes d’un oiseau, la sirène se leva, s’habituant au poids de sa parure et aux entraves dans ses mouvements pour ouvrir la voie vers le couloir. Elle devrait certainement retrouver Walter en premier lieu avant de se diriger de nouveau vers le palais. Ils continueraient ainsi la journée entamée sous les meilleurs hospices, et elle n’ignorait pas qu’une entrée commune serait du plus bel effet pour les relations publiques entre les différents vassaux de la couronne. Après tout, les différents comtés et duchés souffraient d’une forte de vacuité, et il était de commune mesure que les relations entre eux n’étaient pas au beau fixe, si relations il y avait. Peut-être que cela apporterait un peu d’espoir à la cour eridanienne, le signe d’un apaisement et d’un nouveau départ. En remarquant le chemin très sérieux qu’adoptaient ses pensées, Othello psalmodia dans sa barbe. Tout prenait déjà une dimension très politique, et même si elle luttait, elle ne parvenait plus à repousser son sérieux et sa gravité, un duo qui vint lisser ses traits, teintant son visage de lassitude.


« Tenez, c’est pour vous. Vous attendez quelqu’un ? » Nyoli, jeune terrane à la peau de bronze, s’était glissée à ses côté avec la discrétion d’un moineau et la langue d’une pie. Elle lui donna tour à tour son invitation, et une petite cape en hermine.

« Le comte de Béon. » Othello répondit paisiblement, trahissant à l’évocation du chevalier une certaine impatience, un sourire tranquille sur le bout de ses lèvres carmins. Il était vrai qu’elle était curieuse de découvrir le jeune homme en habit de lumière, et comment il choisirait de glorifier son comté. Mais retournant à sa suivante, elle enchaîna rapidement. « Vous devriez sortir ce soir, mesdames. Vos obligations peuvent bien attendre, profitez vous aussi de la fête. »

La jeune femme éclata d’un rire franc, avant de retourner auprès de ses consoeurs. Elles travaillaient dur au Monastère, et elle espérait bien qu’elles pourraient trouver un peu de répit dans les célébrations. Quant à elle… Elle espérait simplement en ressortir en un seul morceau. L’exercice serait certainement acrobatique, et elle voyait presque dans la couleur de sa tenue un funeste présage. Piégée dans l’écarlate, elle patienta dans une fausse paix pour l’arrivée du chevalier ; Le masque qu’elle devait revêtir était au bout de ses mains, à présent, et elle tuait le temps en sillonnant la porcelaine avec ses doigts. C’était vraiment un bel ouvrage… Ce nouveau visage qu’elle porterait vite, très vite.
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Walter Veldar
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Walter Veldar
MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeJeu 27 Aoû - 15:25

Ils rentrèrent paisiblement à leurs appartements après avec les tissus qu'ils avaient chacun acquis. Walter se sentait bien mieux que dans la foule, son mauvais pressentiment s'estompa rapidement aux côtés d'Othello. Il croisait les doigts pour que la fièvre ne vienne pas gâcher la soirée. Cette journée, malgré toutes ses péripéties, avait été magnifique et il se sentait de plus en plus proche de sa cavalière. Si le bal se passait bien, peut-être pourrait-il lui déclarer ce qu'il commençait à ressentir fortement pour elle.

En rentrant, ils purent admirer de loin le spectacle de lumière et d'illusions qui eut lieu devant les grilles du palais. Walter reconnu la mélodie entêtante qui l'avait inquiété. Une telle débauche d'énergie et de créativité était admirable, mais presque indécente du point de vue Walter. Les Vanes n'avaient vraiment pas les mêmes conceptions de la vie que lui. Le luxe et la fortune s'affichait ostensiblement chez eux et aujourd'hui, ils se décidaient à faire cadeau de ce spectacle à leur peuple. Souriant, Walter se dit que cette journée resterait dans les conversations pendant longtemps.

Lorsqu'ils arrivèrent dans les appartements qui leur avaient été courtoisement attribués à leur arrivée, les dames de la suite d'Othello la prirent en charge rapidement avec forces regards étonnés ou suspicieux au vu de leur état. Le chevalier l'avait presque oublié, mais la suie avait sali leurs vêtements et après cette visite de la ville et les trajets à cheval, ils ne devaient pas sentir une odeur digne d'une réception des Grands du Royaume.

Il salua Othello qui partait s'apprêter pour le Bal en souriant un peu bêtement. Puis il se reprit en entendant approcher un de ses hommes. En se retournant, il fut surpris de découvrir Eleyna Verwon, la nièce de son chambellan. Cette dernière avait rejoint Walter sur le chemin de Vanes. Envoyé par Domerick Verwon avec des hommes et de quoi se vêtir pour le bal, elle n'était pas dépourvu de ses propres objectifs personnels. Le regard noir qu'elle jetait en direction de la suite de la duchesse de Nivéria voulait tout dire. Toutefois, Walter ignora le caractère de la jeune femme.

- J'ai préparé votre tenue, mon seigneur, déclara-t-elle d'un ton un peu trop digne.
- Je te remercie, fit Walter.
- Peut-être voulez-vous que je m'occupe de vous habiller, je suis sûre que je serais aussi habile que les prêtresses de Kesha, enchaina-t-elle d'un ton plus provoquant.

Ce fut au comte de Béon de lancer un regard noir. Il la laissa dans la cour et se dirigea vers sa chambre. Il croisa ses hommes, vêtu de leurs plus beaux uniformes et bien apprêtés. Le plus jeune se taillait la barbe. Walter savait qu'il avait prévu d'aller s'amuser en ville. Il savait aussi qu'il courait après Eleyna. Quelle idée Domerick avait-il eu de lui envoyé sa nièce ? Elle était une source d'ennuis vis-à-vis de ses hommes. Déjà à Béon, elle s'amusait avec tous les chevaliers qui posait le regard sur elle... Et elle lui tapait sur les nerfs rapidement.

Il referma la porte derrière lui et souffla un grand coup. Chassant Eleyna Verwon de son esprit, il se versa un grand verre de citronnade bien frais et repensa à Othello et à leur danse du matin, dans le village...
Avachi dans un fauteuil, il finit son verre en se demandant bien comment se déroulerait le bal. La journée avait l'air hors-normes pour tout le monde. Sa tenue l'attendait, bien disposée sur son lit. Le comte l'examina et en fut plutôt satisfait. Ses préférences et goûts personnels avaient vite été compris par les gens à son service. C'était une notion encore étrange pour lui d'avoir des personnes à son service pour s'occuper de ses vêtements, de ses repas et presque tous les aspects de sa vie. Walter ne pensait pas réussir à s'habituer à cette idée un jour...

Il se déshabilla et alla prendre un bain, frais comme prescrit par Othello au Haut-Monastère. C'était devenu dans sa routine obligatoire tous les jours depuis sa rencontre avec la Haute-Prêtresse de Kesha. Il resta le temps nécessaire et ressortit promptement, frissonnant. Il but une gorgée du calmant concocté par les gélovigiens du Haut-Monastère et s'habilla enfin.
Sa tenue avait été coupée en s'inspirant des uniformes des officiers. Bien sûr, elle avait été conçue pour ne pas singer ces uniformes. Aussi quand il l'eut enfilée, il s'y sentait à l'aise. Son pourpoint élégant était bleu clair et une bande jaune descendant du coup jusqu'au bas, suivant les boutons. Aux poignets des couturières avait cousu avec du fil dorée des fioritures qui rappelait un sanglier et un lièvre. Son pantalon était d'un tissu de grande qualité et d'un bleu plus foncé que le pourpoint. Les bottes qu'il enfila était les magnifiques bottes de cuir noir qu'il avait acheté à Hespéria le jour de la Convergence.
Sa cape était d'une autre nuance de bleue, mais doublée du jaune pâle des armoiries de sa maison. Cette dernière était retenue au col de Walter par une broche en argent représentant le même sanglier et lièvre qu'aux poignets. Enfin, il portait une ceinture de cuir, de couleur noir à sa taille. Il n'y accrocha pas le fourreau de son épée, les armes étant interdites dans l'enceinte du Palais pour les invités du Bal.

Il alla s'admirer dans un miroir et se trouva plutôt bien habillé. Il réajusta rapidement ses cheveux. Sans doute ferait-il bonne figure au milieu de tous les autres nobles. Certes, il ne serait sans doute pas le plus clinquant, ni le plus extravagant, mais il s'en fichait. Sa tenue reflétait une élégance certaine bien que discrète et les quelques ornementations des couturières ainsi que la broche était déjà suffisamment ostentatoires pour lui. La coupe un peu militaire de sa tenue lui plaisait tout en étant également discrète.

Walter sortit de sa chambre et ses gardes le raillèrent gentiment sur sa tenue de noble prêt pour le bal. Il leur rendit la politesse et leur souhaita une bonne soirée. Deux d'entre eux resteraient ici, de garde. Ces derniers maugréaient mais ils allaient pouvoir profiter de la cave à vin et d'un petit festin en l'absence des autres.

En allant rejoindre Othello, il aperçut Eleyna. Elle aussi s'était apprêtée pour la grande soirée. Sans doute avait-elle l'intention de profiter pleinement de cette soirée de fête. Force était de constater qu'elle était très belle et savait se mettre en valeur. Mais Walter ne s'intéressait pas vraiment à elle de cette manière. Elle le salua et le félicita sur sa tenue qui le rendait très beau et partit dans ses propres appartements.

Le comte triturait le masque qu'on lui avait envoyé avec l'invitation en allant rejoindre la duchesse. Quand il l'aperçut, il en eut le souffle coupée. Sa robe était magnifique et sublimait déjà la beauté naturelle de la prêtresse. Il se sentit tout d'un coup mal fagoté face à la beauté et à la grâce de sa cavalière.
Toutefois, il afficha un grand sourire en s'approchant d'elle. Il réalisa un salut parfaitement aristocratique avec un sourire d'une ironie flagrante.

- Madame, commença-t-il avant de chercher la suite de ses mots un instant. Vous... Tu es resplendissante.

Elle en imposait surtout. Impossible qu'on ne lui reconnaisse pas l'aura que son titre lui conférait. Il lui présenta son bras et ils partirent en direction du Palais.

Sur le chemin, ils discutèrent en s'interrogeant sur les festivités qui auraient lieu au Palais. Walter sentait bien qu'Othello était plus concentré, plus sérieuse. La soirée au palais serait autrement plus importante et compliquée que ne l'avait été leur excursion au village ou leur visite de la ville. Lui-même sentait la tension monter. C'était une réunion d'un très grand nombre de nobles du royaume. Il n'était pas juste un invité, mais un représentant. L'incarnation du Béon. Le Comte de Béon.

- Tout va bien se passer, assura-t-il en se penchant vers sa cavalière. Ces gens invités du Bal ne te mangeront pas. Au pire, ils seront obligés de te mentir car tu es une duchesse. Certes, ce n'est pas agréable mais souviens-toi, tu es Othello Lehoia et l'on te doit le respect dû à tes titres et à ton rang. Mais tu n'auras pas à faire acte d'autorité. En tant que Haute Prêtresse de Kesha, les dames se battront pour ton amitié et ta bénédiction et les hommes n'oseront pas t'offenser ou te vexer.

Walter parlait pour cacher son stress qui montait. Le duc de Vanes était réputé pour sa sévérité et son autorité. Sans doute le plus puissant seigneur après le Roi, il portait cet état de fait sur ses épaules avec l'orgueil de sa maison. Quand il avait visité Vanes avant son expédition avortée en Noathis, il n'avait pas eu l'honneur de rencontré le duc Charles, ni même sa femme ou son fils aîné. C'est à sa jeune fille, Pandora, qu'avait échut le devoir de recevoir le comte de Béon. Au moins, connaissait-il la récipiendaire de la fête. Il repensa à elle. Il était certain que c'était bien la jeune Pandora qu'il avait aperçut en ville. Walter espérait qu'elle avait pu s'amuser, loin des contraintes familiales.

Ils arrivèrent aux grilles ensemble. La foule s'écarta, aidée par des gardes de Vanes, les Lions comme on les appelait. Le comte et la duchesse présentèrent leurs invitations et ils furent admis. On leur demanda de bien vouloir enfiler leurs masques. Walter s'exécuta en bougonnant. Il était habitué à porter des casques, donc ça ne le gênait pas, mais il aurait bien aimé avoir le visage libre pour la soirée. Et surtout, il ne pouvait plus admirer aussi librement le beau visage d'Othello. Son masque à elle lui allait comme un gant.

Le palais ducal de Vanes était un bijou d'art et d'architecture. Véritablement pensé comme un Palais au contraire de la forteresse de Béon, il y avait des sculptures et des statues magnifiques un peu partout. La pierre blanche utilisé pour construire le fief de la maison de Vanes rendait le tout féerique.
Ils suivirent les instructions des valets qui les dirigèrent vers l'étage et une grande salle où nombre de nobles patientaient déjà, un verre à la main. Ces derniers se tournèrent vers les nouveaux arrivants, tandis que Walter Veldar et Othello Lehoia pénétraient dans la salle du bal, masqués comme eux. Instantanément, il sentit le jugement de ces aristocrates masqués et bien habillés. Il se tint dignement, au bras d'Othello et essaya de ne pas avoir l'air stupide.

- Et bien, voilà une arène bien décorée, plaisanta Walter à l'attention d'Othello.


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Image tiré des artworks de Kingdom Come Deliverance
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Othello Lehoia
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Othello Lehoia
MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeJeu 3 Sep - 9:12

Alors qu’ils avançaient sur les pavés polis, dans le cœur de la foule, Othello écoutait attentivement les mots que son cavalier déposait dans ses oreilles, à l’abri de la cacophonie de la fête. Ils étaient partis quelques minutes plus tôt, et le palais ducal se retrouvait maintenant à portée de vue. La capeline d’hermine sur les épaules, les masques à la main, la sirène avait découvert le jeune homme fort élégant : anoblis d’une grâce militaire, sa tenue se rapprochait plus de l’uniforme que du costume de danse. Une coupe qui n’était pas pour lui nuire, bien au contraire. Les traits francs et cintrés taillaient une silhouette tout en lutte et en finesse, et donnait une impression martiale malgré les couleurs franches et les ornementations plus discrètes. Il mettait néanmoins à l’honneur son blason : un comte qui n’aurait pas à envier l’extravagance des autres seigneurs qui frôleraient la piste de danse. Accrochée à son bras et ses paroles comme un navire au pied d’un phare, elle avançait d’un pas léger, entravé par les jupons vaporeux.

Malgré la pression qui augmentait visiblement pour tous les deux, devenant presque une ombre collante qui marchait avec eux, Walter prenait le temps de la rassurer. Othello était aussi reconnaissante que mortifiée, désolée de véhiculer son manque d’expérience de la cours avec une telle flagrance. Les champs de bataille, les hôpitaux, les temples… Elle maîtrisait bien volontiers ces sujets plus que les rendez-vous mondains. Heureusement, le comte semblait maîtriser la chose bien mieux, et parler de l’exercice avec une expérience palpable et un aplomb surprenant. Bien que les vérités énoncées ne soient pas les plus belles du monde, elle reconnaissait volontiers que c’était un portrait assez fidèle à ce qu’elle avait d’ores et déjà pu constater en présence de Thimothée et de la cours Hesperanne. Une triste réalisation de la peinture royale, pigmentée de faux-semblants, d’une certaine hypocrisie, et de sourires en coin. Othello pinça ses lèvres pourpres ensembles, anticipant l’exercice avec appréhension.


« - A Hellas, ces affaires se seraient terminées dans l’hydromel à grand coups d'épées. » Lui répondit-elle avec son accent nordique. C’était face à de tels évènements que l’opposition culturelle prenait tout son sens, et que les différences entre les nations devenaient palpables. L’aspect rustre et froid des habitants du nord, qui paraissaient de prime abord à l’image de leur terre gelée, avait ses vertus. Tout semblait avoir plus de simplicité, de franchise. Qu’on les vexe, qu’on les offense… Au moins, tout cela était sincère.

Mais Walter avait eu la bienveillance de l’apaiser, et de chercher à atténuer le sérieux qui palpitait sous ses tempes. Une noble démarche pour lui, qui devait également subir son lot d’inquiétude. Othello se détendit alors un peu, tâchant de recouvrer un peu de légèreté malgré des traits tendus, s’efforçant de trouver de l’apaisement dans cette épreuve. Après tout, même si ils se rendaient dans la gueule du loup, ils y avaient à présent leur place. Une situation qu’elle digérait encore difficilement, mais qu’elle apprenait à accepter. Et même si l’exercice s’avérait périlleux, rien ne lui indiquait encore qu’il se passerait mal – ni même qu’elle échouerait dans… Quoi ? Elle n’avait d’autres causes à défendre que celle de remercier la jeune héritière, de la saluer et de se présenter à ses voisins. Des tâches plutôt accessibles, donc. Inclinant le visage vers celui du cavalier, elle opina d’un sourire raffiné, espérant à son tour pouvoir le calmer un peu.


« Tu n’as rien à prouver non plus, Walter. Tu es le noble héritier et représentant de ta maison, et avec ton charisme et ta sympathie, tu finiras par faire sourire jusqu’au duc lui-même. Le Béon a trouvé un comte à sa hauteur. »

Très spontanément, son sourire se mû dans une expression fière, encourageante. Il n’avait rien à envier à personne : les mots qu’il lui avait confié sur ses terres lui revinrent en mémoire, l’éclat du lac, la force de la pierre. Fraîchement arrivée, étrangère, Othello n’aurait pu rêver de meilleur cavalier pour poser son premier pied dans ce cercle du pouvoir. Après tout, elle n’avait aucun doute que la sympathie du jeune homme saurait séduire tous les convives, autant que sa beauté d’esprit.
Ces soutiens mutuels furent brusquement arrêtés à l’entrée par un membre de la maison, qui contrôlait visiblement les invitations des nouveaux arrivants. Les lions et le chevalier parvinrent à écarter la foule avec une flagrante aisance, et on leur ordonna, après qu’ils aient montré pattes blanches, de mettre leurs masques. Une dernière fois, Othello laissa filer un souffle frais du carmin de ses lèvres, avant de venir placer sur son visage l’objet de porcelaine. Walter, à ses côtés, bougonna doucement, lui arrachant un sourire complice. Sa réticence s’estomperait vite, elle en était certaine, même si elle comprenait bien qu’il préférait avoir les yeux libres. Quant à elle, il fallait bien admettre que se retrouver ainsi loin des regards lui procurait une certaine forme de sécurité. Comme si le fait de masquer son visage lui permettait de retourner à une forme d’anonymat… De façade, certes.

Leur entrée dans le monde de verre se fit par un grand escalier qui devait les mener vers les étages. Walter et Othello furent guidés par un employer doucement masqué, qui leur ouvrit la voie comme un porteur de flambeau. Marche après marche, son soulier fin sur la pierre froide, elle sentit le poids sur son estomac s’alourdir, ses veines s’élargirent, son cœur s’accélérer. Arrivée à l’apogée de son appréhension comme de l’édifice, elle profita d’avoir disparu derrière un faciès immobile pour noyer ses craintes dans la pierre blanche et lisse, profitant de l’exercice pour admirer l’architecture du palais. Celui-ci était spectaculairement vaste, et brillant. Ne pouvant s’empêcher de comparer Heldor à la vieille Nivalessa, elle fut prise d’un sentiment de vertige tant la splendeur de l’édifice soulignait la rudesse de son propre habitat. Les arcs s’enchevêtraient comme des amants, perchés spectaculairement sous des voûtes galbées, façonnées dans les roches brillantes qui illuminaient la cité. Une merveille en soi, qui ne devait qu’assoir un peu plus l’aura des Vanes sur leur duché, et sur le royaume tout entier.

Ils arrivèrent finalement sur le champ de bataille, Othello appréciant pleinement l’opacité de son masque. Elle remercia secrètement leur hôte pour lui avoir confectionné pareille forteresse, un bijou d’artisanat et une occulte barrière. Mais même si son visage restait inaccessible aux yeux des convives déjà présents, ses doigts fins se resserrent discrètement autour du bras de Walter, trahissant une certaine tension qu’elle ne parvenait toujours pas à noyer. D’autres nobles étaient déjà là, apprêtés, masqués, tournant leurs regards pointus sur eux, et elle ne su dire si c’était avec le regard curieux des amis ou celui des charognards. Ses lèvres se pincèrent sous la porcelaine, mais elle tâcha de garder une posture noble et droite, désirant faire honneur au mieux à l’homme à ses côtés. Celui-ci lui adressa un commentaire discret qui lui arracha un sourire amusé, quoique légèrement jaune. Ses yeux sombres, seules fenêtres entre la cours et elle, se faisaient abysses.


« - Et nous faisons de bien élégants gladiateurs. » Lui répondit-elle discrètement, ouvrant la voie jusqu’à une place libre dans la pièce immense. Ses yeux balayaient la piste de danse encore déserte à travers les trous de son nouveau visage, et les quelques gentilhommes et nobles dames qui étaient déjà arrivés. Ils faisaient certainement partis des premiers à se présenter au palais ducal. « Espérons que les lions y soient moins féroces, cependant. » Les Vanes avaient un sens aigu de la politique : offrez des jeux, du sang et du bon goût, vous aurez la loyauté de toute une communauté. Et elle devait sincèrement remercier leur générosité, toujours aussi éblouie par leur mise en scène. Seulement, la sirène se sentait plus que jamais étrangère dans cette peinture rutilante. La partie venait de commencer.
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeLun 14 Sep - 15:04

Clyde faisait les cent pas dans la rue. Naïa était en retard comme à son habitude quand il s’agissait de rendez-vous mondains. Il fallait savoir que la Sindarine n’était guère à l’aise auprès des nobles puisqu’elle s'était toujours sentie différente à cause de sa nature et de son histoire. Le jeune homme ne le savait que trop bien. Il connaissait les problèmes de son amie elfe et ce qu’on lui demandait quand même.

Il avait même été grandement surpris que Naïa avait accepté sans discuter l’invitation que son oncle lui avait transmis. Et il se souvenait de cette pression également que le Comte Thyssen avait mit sur les épaules du jeune rouquin:


“Je veux que tu fasses en sorte qu’elle s’amuse. Elle doit se rapprocher des autres parce que je ne serais pas toujours là. Et même si je peux compter sur toi pour la soutenir, il lui faudra quand même des alliés, car je crains que l’avenir ne soit pas aussi certains. Donc arrange-toi pour que tout se passe bien.”


Clyde entendait en boucle les dernières recommandations du Comte Thyssen.

“Que tout se passe bien, grommela Clyde, c’est vraiment facile à dire avec une fille pareille.”

Il avait également un masque et un costume assez classique. Ses cheveux de feu étaient regroupés en une queue-de-cheval et ses mains gantés cachaient ses brûlures aux doigts.

“Clyde ?”

Il n’eut aucun mal à reconnaître la voix de la jeune barde, aussi, il se retourna comme pour rouspéter de son retard, mais il n’eut que le souffle coupé.

“Naïa. Je… Euh… Ta robe te va vraiment à ravir.”
***

Naïa soupira. À travers la fenêtre du carrosse, elle voyait la demeure des Vanes se rapprocher à grand pas. Qui allait-elle retrouver là-bas ? Lui ? Cet homme qu’elle fuyait depuis combien de temps maintenant ? Elle caressait ses cheveux nerveusement alors que Clyde la fixait. L’homme était bien conscient qu’elle était nerveuse.

“Peut-être allons-nous croiser messire Veldar ?”

Naïa demeura silencieuse. Comme si elle n’avait pas entendu son ami parler. Il haussa des épaules :

“J’espère qu’il ne va pas continuer à être taquin avec moi. Je déteste ça, je sais jamais quoi répondre. Je bégaye et du coup, j’ai l’air ridicule.”

La Sindarine vint alors à sourire amusé, il était vrai que la rencontre entre les deux hommes furent particulière. Mais est-ce que Walter allait bien ? Quand ils s’étaient vus, il était tombé malade et Naïa n’avait pas pu lui rendre visite pour prendre de ses nouvelles. Elle avait écrit un bon nombre de lettres, mais toute semblait vide de sens aux yeux de la jeune femme. Qui allait-elle croiser ? Elle ne connaissait pas grand monde dans la noblesse.
Ils arrivèrent au pied du château, ils présentèrent leurs invitations et furent guidés jusqu’à la salle de bal.

Un pied dans le monde de la noblesse et de la politique. Tout ce qui effrayait Naïa qui n’avait ni son épée, ni son luth et encore moins Vhenanra pour la rassurer. Elle ne pouvait que se reposer sur Clyde qui ne semblait pas non plus des plus à l’aise ici. Naïa portait son masque, mais elle restait tout de même facilement reconnaissable à cause de ses oreilles en pointes. Peu de comtesses étaient Sindarines dans un monde de Terran. Elle avait pourtant mis des heures à cacher ses oreilles, mais sans grand succès malgré l’imposante chevelure que la jeune femme possédait. Elle avait donc opté pour un chignon assez classique et deux petites boucles d’oreilles sur son oreille droite. Clyde portait également un masque d’un brun très clair qui allait en harmonie avec ses cheveux et ses magnifiques yeux verts.

Ils faisaient leurs premiers pas dans cet univers. Loin des tavernes, des paysans, de la bière et de la musique que pouvait jouer Naïa. Des regards se tournèrent vers eux. Pourquoi tant de curiosité ? Était-ce dû à la nature Sindarine de Naïa ? Où bien grâce à sa grande beauté ? En la regardant, il se disait que c’était probablement dû à la seconde option. Elle était vraiment magnifique et son sourire ne la rendait que plus charmante encore. Toutefois, il la connaissait bien et était parfaitement conscient qu’elle était nerveuse. Il pensa dans sa tête :


“Naïa, douce Naïa. Ce n’est pas évident de faire face à ses responsabilités, n’est-ce pas ?”

Clyde regardait un peu partout la salle qui se remplissait et n’eut aucun mal à reconnaître au loin Walter malgré le masque qu’il portait. Il était en présence d’une jeune femme. Le jeune homme eut un sourire en coin amusé et n’en parla pas à son amie qui semblait bien trop nerveuse pour faire attention à ce qui l’entourait. Il lui souffla à l’oreille :

“Je vais nous chercher de quoi boire, cela pourrait nous détendre un peu plus. N’ayez crainte ma dame, votre cavalier veille à ce que vous passez une bonne soirée.”

Et sans prévenir, il s’éloigna de la Sindarine. À présent seule, elle préféra se mettre gentiment de côté et admirer l’intérieur du château de la famille Vanes. Elle n’avait jamais rencontré la famille, mais Claudel avait pris soin de la mettre au parfum et espérait qu’elle n’irait pas commettre d’impair. Son cœur se serrait et elle espérait secrètement que Clyde ne mettrait pas trop de temps à revenir.


Pour moi la vie de chaque individu est une pile de bonnes choses, et de mauvaises choses. Les bons moments ne te font pas forcément oublier les moments difficiles mais, dis-toi bien que les mauvaises expériences, ne gâchent pas forcément les bonnes expériences.
Je voyagerai n’importe où pour répondre à votre demande...
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeSam 19 Sep - 21:52

Le bal de la RoseÉvent



Si on lui avait un jour dit qu’il se serait rendu à l’un des plus grands événements mondains du siècle, Alba ne l’aurait sans doute jamais cru.

Et pourtant le voilà pourtant bien à Heldor, capitale du glorieux Duché de Vanes. Il a encore du mal à y croire. Il se sait malin, filou et plein de ressources mais jamais il n’aurait pu réussir pareil coup ! Mais il était pourtant bien là aujourd’hui, à se balader dans les ruelles d’Heldor de la Scintillante, cherchant les opportunités pour se remplir les poches. Hé ! Ce n’est pas parce que c’est un jour de fête qu’on ne peut pas s’en mettre plein les poches !

Sa place à ce bal de renom, il la devait à la délicieuse Manat. Il ne sait toujours pas comment elle s’y était prise mais elle avait réussi à obtenir des invitations à fêter l’anniversaire de celle que l’on nommait la Rose d’Eridania. Cela reste un mystère mais elles avaient servi d'acompte lors d’une transaction des plus fructueuses et s’étaient ainsi retrouvé entre les mains du Corsaire.

Assis sur le bord d’un lit simple beaucoup trop petit pour sa stature, l’esprit d’Alba s’égare et songe à cette étrange fascinante femme rencontrée quelques temps plus tôt. Une rencontre comme il n’en avait pas fait depuis des années.  Voilà bien longtemps que le marchand n’avait pas rencontré client avec un tel amour du négoce.

* Ah, Alba mon ami, tu seras un homme encore plus riche d’ici quelques temps ! *

Un sourire béat étire ses lèvres à cette pensée. Oh oui ! Cette collaboration devrait lui rapporter son petit pesant d’or si tout se passe bien.

- Brigg ! Ca y est ! C’est bientôt l’heure… Tonne la voix du Zélos à l’adresse du jeune homme caché de l’autre côté du paravent.

La tête du blondinet dépasse de la cloison. Il a l’air peu à l’aise. Alba souffle, exaspéré par le manque d’assurance de son apprenti.

- Je ne suis pas certain que… C’est peut-être un peu trop…
- Sors de là, p’tit.

Le Terran se plie à la demande de son patron et sors de sa cachette. Ce dernier émet un sifflement admiratif. P’tit Brigg a plutôt fière allure. Sa tenue lui aura coûté une sacrée somme mais ça en valait totalement la peine. Composée d’un pourpoint long - tombant à mi-cuisse et dont les manches s’évasent au niveau du coude - , d’une chemise aux manches en pointe, d’un pantalon et de bottes hautes, la tenue de Brigg reste simple mais élégante. La teinte principale noire aurait pu paraître austère mais les fils argents et turquoises brodés sur la veste viennent ajouter juste ce qu’il faut de couleurs. Alba attrape le foulard turquoise devant venir compléter le costume et s’approche du jeune homme.

- Tu es parfait ! Si tu ne trouves pas de cavalière pour danser, c’est que ton cas est définitivement un cas désespéré ! Dit le vert tandis qu’il noue le foulard autour du cou de son apprenti. Aller à mon tour maintenant, ton masque est là ! Indique un Alba est déjà entrain de se dévêtir alors qu’il n’a même pas rejoint l’autre côté de paravent.

La pudeur n’est pas une notion réellement connue du Zélos.

Brigg soupire face à ce spectacle et se dirige vers le petit coffret reposant sur son lit. Il n’a aucune idée du masque qu’Alba a fait faire pour lui. “Secret jusqu’au grand jour” lui avait dit le marchand. Il manque de s’étrangler quand la boîte de bois lui révèle son contenu. Précautioneusement, il soulève le masque. Le Tor n’a vraiment pas lésé sur les moyens pour ce bal, c'est le moins que l’on puisse dire !

- La paie risque d’être maigre ce mois-ci… Soupire le Terran.
- Mais vous aurez participez à une superbe fête, mon seigneur !


De l’autre côté du paravent, Alba ricane tandis qu’il entend Brigg soupirer de dépit. Il sait que le gamin n’est guère enchanté de participer à cette mascarade mais Alba n’a pas trouvé meilleur plan pour pénétré le palais d’Heldor. Se faire passer lui-même pour un noble n’est pas possible, au vu de sa condition de Zélos. Il aurait pu évidemment porter son choix sur une autre personne mais quitte à faire profiter quelqu'un de cette soirée, il veut que ça soit son protégé. Et puis, le p’tiot connaît un peu les manières de cour, ce qui n’est pas le cas des autres personnes de son entourage.

Pour ce soir, Brigg sera donc un petit seigneur et lui son suivant. Voilà la couverture du Corsaire

- Alors ? De quoi j’ai l’air ? Demande Alba alors qu’il sort de sa cachette quelques instants plus tard.  

Vêtu avec moins de fioritures que son apprenti, le Zélos arbore lui aussi un pourpoint long aux teintes bleues et brodés de dorures ainsi qu’un pantalon aux teintes beiges. Le tout agrémenté d’une ceinture et de bottes noires. Celle-ci, il avait fallu la faire sur mesure. Difficile de trouver des tenues de soirées pour un Zélos, même à Tyrhénium.

- Cela vous sied plutôt bien, patron.
- Parfait ! On va pouvoir songer à se mettre doucement en route alors !
S’exclame Alba tandis qu’il se dirige vers le coffret détenant son propre masque. Ah ! Et à partir de maintenant, tu me tutoies, d’accord. Je suis Harl Ock, le domestique et toi le noble que je sers, alors essaie conduis-toi comme tel !

Brigg ne répond pas et se contente de hocher la tête tandis qu’il se tord le cou pour essayer de voir le masque d’Alba. Bien que moins voyant que le sien, le masque reste de bon goût. Le jeune homme sait que son patron est doté d’un certain sens de l’esthétisme mais il reste tout de même surpris par ses choix. Dans le bon sens du terme évidemment.

- Aller ! En route mon grand !  


***

Alba avait eu l’occasion d’entrevoir le palais lors de ses emplettes ce matin et n’avait pas, alors, douté un seul instant qu’il s’agissait d’une bâtisse des plus impressionnantes mais ce retrouver face à ce colosse d’albâtre est une toute autre chose. Même lui, du haut de sa stature de géant, se sent tout petit face à ce monument. Jamais il n’a vu pareille architecture. Tout semble avoir été savamment étudié pour respirer la magnificence.

Alors que les deux hommes avancent tranquillement vers l'entrée, le vert observe la foule qui les entoure. Que des invités de marques si on doit en juger leurs tenues et leurs parures. Le petit Zélos des bas-fonds de Mavro Limani se tient debout auprès du gratin de la population Eridanienne. Il y aurait de quoi impressionner mais il est serein. Il aime ce genre de milieu. On ne peut pas en dire autant de Brigg.

- Aller détend-toi, tu es tout palot ! Lui souffle-t-il discrètement en lui serrant l'épaule pour lui insuffler un peu de courage.

C'est finalement à leur tour de se présenter devant les gardes du palais. Leur petit mensonge consistant à dire qu'Alba est là pour veiller aux bons soins de son maître de constitution fragile passe tout seul. Il n'a même pas besoin d'user de magie pour les embobiner. Il faut dire que la face blême de Brigg est à pas mal joué en leur faveur. Enfilant leur masque, les voilà donc qui pénètre le château du Duché de Vanes.

La première initiative du Corsaire, une fois à l’intérieur, fut de guider Brigg vers la boisson. Un peu d’alcool devrait le détendre. Il salue d’un signe de tête respectueux le rouquin qui semble avoir eu la même idée que lui et observe la salle tandis qu’il offre l’un des verres qu’il tient à Brigg.

- Et bien et bien…. C’est qu’il y a de jolies poulettes dans la volière. Souffle-t-il discrètement à l’oreille de Brigg tandis que son regard se pose sur une magnifique jeune femme à la robe claire et au masque doré.

Pour toute réponse, Alba n’obtient qu’un coup de coude dans les côtes. Il fait un effort surhumain pour ne pas se plier en deux sous la douleur et renversé son verre. C’est que le bougre s’est pris au jeu du maître et du serviteur ! Un peu trop à son goût…

- Cesse donc de dires des idioties ! Tout le monde peut nous entendre je te rappelle ! Souffle le blond à l’oreille de son “domestique”.

Si ce dernier s’est effectivement cru discret, la réalité est quelque peu différente. Malheureusement pour lui, Alba possède une voix qui porte loin malgré lui.

Le Zélos reprend contenance et observe le rouquin du coin de l’oeil. L’a-t-il entendu ? Difficile à savoir.  Il préfère ne pas trop y penser et reporte son attention sur la salle de bal qui se remplit peu à peu. Quelque chose semble attirer son regard, au bout d’un bon quart d’heure à faire les piquets. Un trio de damoiselles semble s’intéresser à son petit maître.

- Il semblerait que mon seigneur attire l’attention. Souffle le vert au blond tout en désignant discrètement les jeunes femmes.
- Ah… Vous… Tu dois te tromper.
- Mais non ! Et pourquoi ne pas aller les voir ?
- Quoi ? Je… Non. Le blond fait l’erreur de se retourner sur Alba et de planter ses yeux dans les siens.
- Mais allez-y donc ! Que risquez-vous ? Allez donc discuter avec elles et trouvez une cavalière !
Galvanisé par les paroles et la magie d’Alba, Brigg rend son verre à ce dernier et s’écarte. Alba sourit, satisfait. Maintenant que le petit rabat-joie était parti il allait pouvoir réellement profiter de la soirée.

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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeSam 26 Sep - 15:03


Les flammes déchirent le ciel. Un brasier comme un troisième soleil explose en plein milieu de la voute nocturne. Le lion rugit. Les brebis ploient genoux et échines. Le règne de l'Animal s'incline. Entre les abasourdis, les rêveurs, les éblouis, se glisse une ombre. Féline elle aussi, elle est pourtant faite d'une toute autre étoffe que ces chimères de puissance. N'ont-ils donc rien compris ? De la démesure de l'égo de ces hommes qui se pensent lions. N'ont-ils donc rien appris ? De la calamité qui suivait l'orgueil. De cette guerre qui fut. Ouvrant une blessure béante dans leur belle Istheria. Ils purgent la terre mais ne nettoieront jamais la bêtise qui l'a bafouée. Condamnés à recommencer. Encore et encore. Les mêmes bêtises dont ils se repentent bien sagement.. auprès de leurs dieux.  

L'Ombre dessine ses formes sur le mur mal éclairé d'une rue étroite. Ici l'attendent deux consœurs aux contours flous. Un paquet change de main, quelques murmures se fondent dans la mélodie envoutante qui accapare un peu plus loin, des milliers d'âmes damnées. Pendant qu'ils se complaisent dans un spectacle multicolore, l'Ombre se change. Elle mue. Abandonnant ses fripes couvertes de suie pour des voiles plus délicats mais non moins sombres. L'ombre se drape d'obscurité, la nuit est sa plus belle parure.

Lorsque la nephilim quitte la rue sombre de sa métamorphose, l'éclat des feux d'artifices flamboient sur les écailles d'or qui ornent ses épaules. Sa silhouette parfaite se détache de la foule alors qu'elle monte la longue volée de marches menant au palais. Au bout de son bras orné d'un long bracelet d'or, tenu par une dextre délicate mais ferme, pend un masque félin orné de quelques pierres brutes que les plus fins connaisseurs reconnaitront comme appartenant aux plages des criques argyrienne. Le fin voile brodé de fils d'or qui couvre son souffle masque avec élégance l'agacement qui crispe sa mâchoire.

Un élément imprévu venait perturber ses plans. Un élément qui se tenait désormais à quelques mètres. Vêtu de blanc.

- Vous devez être mon cavalier.

La voix de miel et d'épices est calme, elle coule de ses lèvres pulpeuses comme un serpent sur les dunes d'Argyrei, avec facilité et élégance. La jolie mamba noire semble pourtant bien docile alors qu'elle s'incline légèrement comme le ferait une noble dame avant de se présenter.

- Ayyur-Manat Kel'Imaziḡen, je suis enchantée de faire votre connaissance.

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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeSam 26 Sep - 19:22

Le bal de la Rose


Le 15 du mois Mirios 1306


Cela faisait quatre jours que Abel avait gagné dans la plus grande discrétion le comté de Vanes. Dans quelques heures, le bal de la rose aurait lieu et il comptait bien s'y rendre, invitation officielle en poche. Il avait élu domicile dans une maison bourgeoise en périphérie de la ville. Carrosse, chevaux, laquais, cocher et serviteurs étaient là pour répondre à la moindre de ces demandes. Rester cantonné dans cette maison ne lui plaisait pas, mais il était trop connu de certains nobles pour risquer d'être découvert avant l'événement. Il devait faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Il n'avait pas le choix de toute façon.
                                                             
Qui aurait pu penser que quelques semaines plus tôt une telle opportunité lui serait offerte sur un plateau d'argent ? Comme il s'en doutait nulle invitation ne lui avait été envoyée. Les Vanes étaient réputés pour donner des soirées où seule la noblesse possédant des titres était invitée. Certes le Roi en avait reçu, mais curieusement il avait décliné l'invitation. Abel n'avait pas cherché à aborder le sujet avec Thimothée, il aurait tôt ou tard l'occasion d'en connaître la raison profonde.


******

Mais revenons à cette fameuse invitation qui  était tombée entre les mains du Conseiller Du Roi....
                                                                   
Posséder une maison de jeu s'avère être un privilège et parfois les jeux du hasard et de la malchance de certains joueurs font le bonheur des autres et plus précisément celui d'Abel, ce soir-là.
Assis derrière son bureau, situé à l'étage de la maison de jeu, Abel consultait les comptes de son établissement et notamment les lignes consacrées à ceux qui lui devaient de l'argent. Les sommes avancées, le délai de remboursement, les sommes déjà versées, les soldes, tout était consigné.
En ouvrant l'établissement, il n'aurait jamais pensé que très vite certains habitués lui demanderaient une ou des avances financières afin de pouvoir continuer à jouer sans quitter les lieux. Car un joueur qui perd la main veut bien évidemment se refaire, une manne pour notre Sylphide.
Ainsi donc ce soir-là, un comte s'était fait annoncer afin de rembourser une partie des sommes dues. Seulement voilà, l'homme était arrivé au terme du délai qui lui avait été accordé et il savait pertinemment que Abel n'était pas un homme indulgent en matière d'argent. N'avait-il pas la réputation d'être un homme d'affaires redoutable ?
Le comte se tenait devant le bureau, embarrassé, malgré l'air qu'il voulait se donner. Abel ne s'y trompait pas, il savait que très vite il se décomposerait.


"Monsieur de Comte de Villeford, bien le bonsoir. Je présume que vous êtes ici afin d' honorer votre dette ?"

Le regard gris et froid du Sylphide venait de plonger dans les prunelles du Comte, qui avala sa salive.

"Je... et bien je n'ai pas pu réunir toute la somme dans le temps imparti."  

Il dépose une lourde bourse sur le bureau, face à Abel.

"Il manque deux cent Dias pour couvrir ma dette."

"Voilà qui est fâcheux Monsieur de Comte. Le délai de deux mois que je vous avais accordé était des plus convenable."

"Il l'était, du moins je l'avais pensé. J'ai rencontré quelques difficultés avec mes affaires qui n'ont pas tourné comme je l'espérais. Cependant j'ai une proposition à vous faire, qui je l'espère sera suffisante à vos yeux."

Abel se frotte le menton avant de s'accouder au bureau.

"Une proposition ? Vraiment ? Je vous écoute."

"Vous n'êtes pas s'en savoir que le Bal de la Rose va avoir lieu dans quelques semaines et il s'avère que je suis détenteur d'une invitation. Je suis prêt à vous la céder, afin d'effacer ma dette."

Le sylphide le fixe longuement, silencieux. Un silence qui devient vite pesant au fil des minutes. Abel semble peser le pour et le contre de cette proposition.

"Fort bien, j'accepte votre offre Monsieur le comte et considérez que votre dette est payée."

L'homme semble soulagé et s'empresse de chercher l'invitation dans son veston. Une fois cela fait il la dépose sur le bureau.

"Je vous remercie et soyez certains que ce petit arrangement restera entre nous."

"C'est préférable en effet. Je ferai en sorte que vous soyez ainsi que votre épouse, plus souvent invités à la cour."

Le comte s'incline une main sur le cœur.

"Merci beaucoup."

"Vous pouvez vous retirer à présent. Au plaisir Monsieur le comte de Villeford."

L'individu quitte les lieux. Abel prend l'invitation et s'adosse à son fauteuil, un petit sourire en coin.
               
******
                               
Mais assez parlé du passé, revenons au présent....

Les heures de la journée s'étaient écoulées rapidement et il était plus que tant de se préparer pour le bal. Abel se demanda tout en prenant un bain si sa cavalière avait été informée de sa venue ? De toute façon, il le saurait bien assez tôt.
Une fois le bain pris, le Sylphide s'affaira à se préparer et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'avait pas lésiné sur les dépenses pour être à son avantage.


"Armand !" Appela-t-il d'une voix forte et claire.

Des pas précipités dans le couloir, trois coups à la porte et un serviteur entre.


"Monsieur, vous désirez ?"

"Faites préparer la voiture et les chevaux. Deux valets à l'arrière, un cocher et un laquais. Et trouvez-moi une rose blanche. Que tout soit prêt dans une heure. Je ne veux souffrir d'aucun retard. Me suis-je bien fait comprendre ?"

"Oui Monsieur. Tout de suite."

Un salut et l'homme fila aussi vite qu'il était arrivé. Une fois prêt, et tirer à quatre épingles, Abel s'admira dans le miroir et ajusta sa tenue. Parfait. Il allait quitter la pièce lorsqu'il se souvint avoir oublié quelque chose. Il se dirigea vers une de ces malles de voyage et en sortit un petit écrin qu'il glissa dans la poche de sa veste. Il gagna le rez-de-chaussée de la maison, sortit rapidement, monta dans la voiture qui l'attendait déjà et glissa quelques Dias à Armand, visiblement satisfait.

"Dites au personnel que vous avez tous quartiers libres."  

"Bien Monsieur. Merci."

Le serviteur ferma la porte de la voiture et ordonna au cocher de se mettre en route. S'il y avait bien une chose qu'Abel n'aimait pas, c'était faire attendre une dame. C'était d'une grossièreté sans nom et un manque de respect pour cette dernière.
Traversée la cité ne fut pas une mince affaire, pour ne pas dire un exploit quand on pensait au nombre de personnes qui avaient envahi les rues afin de profiter de l'événement. Quelle idée aussi d'avoir décrété ce jour comme férié ? Enfin chacun était libre de faire comme bon lui semblait.

Voici que la voiture arrivait au palais et s'arrêtait au bas du grand escalier. Un laquais sauta de l'arrière du véhicule et en ouvrit la porte, attendant le bon vouloir de son occupant qui se trouvait dans l'ombre de cette dernière. Avant de sortir de l'habitacle, notre homme se para de son masque et descendit. Il se redressa, ajusta son veston et leva les yeux sur le palais avant de s'avancer dans le grand escalier qu'il gravit tranquillement, de son pas assuré. Une fois arrivé en haut des marches, il s'écarta légèrement afin de laisser l'accès libre aux autres invités et attendit sa cavalière.

Oh ! Bien sûr, du haut de son mettre quatre-vingt-quinze notre Sylphide ne manqua pas de se faire remarquer à poireauter de la sorte, mais il s'en moquait à vrai dire. L'attente ne fut pas longue, du moins pour lui, puisqu'il percevait le temps bien différemment du commun des mortels.
Il observa les diverses arrivées qui se succédaient, appréciant certains habits, d'autres beaucoup moins et alors que son regard se posait au bas des marches, il l'aperçut, toute de noire vêtue, resplendissante. Il devait s'agir de sa cavalière. Jusqu'à ce qu'elle arrive à sa hauteur, il ne la lâcha pas du regard, suivant son cheminement au gré des marches, ayant tout le loisir de l'observer sans toutefois trop d'insistance. La demoiselle le salua comme il se devait dans les règles de l'art et notre homme en fit tout autant.


"Damoiselle Ayyur-Manat Kel'Imaziḡen, tout le plaisir est pour moi. Abel Thorn, pour vous servir."

Un timbre de voix viril, sûr de lui et portant doux en cette occasion. Une légère inclinaison du buste et le Sylphide effectue un baisemain avant de se redresser. Avec délicatesse, il ôte la rose blanche qui ornait jusqu'alors sa boutonnière et esquisse un geste en direction de la demoiselle.

"Permettez-moi de vous offrir cette modeste fleur afin de m'excuser d'avoir chamboulé votre soirée. J'ose espérer que la personne qui devait vous accompagner initialement ne me tiendra pas rigueur de lui avoir ainsi ravi votre compagnie ? "

Il glisse la fleur dans la chevelure de Manat et une fois cela fait lui tend tout naturellement le bras afin de la conduire. Arrivé devant les gardes, il présente son invitation, attend que sa cavalière fasse de même et tous deux gagnent le premier étage. Il ne semble en rien impressionné par ce qui l'entoure, ni par les nombreux gardes, comme si tout cela lui était familier. Il mène sa cavalière jusqu'à la salle de bal, se calant sur les pas de la demoiselle.

"Les pierres sur votre masque sont du plus bel effet. Elles proviennent des plages Argyrienne, n'est-ce pas ?"

Bientôt le couple apparaît à l'entrée de la salle. Et quel couple ! Il ne manque pas de charisme, ni d'élégance. La jeune femme toute de noire vêtue est accompagnée de son chevalier servant, un homme de haute stature habillé avec raffinement dans des couleurs qu'affectionne tout particulièrement le peuple de Vanes.

L'individu porte un magnifique costume qui a du demander des heures de travail. Une redingote blanche brodée de nombreux fils d'argent, une chemise de soie grise ornée au col et aux manches de fines broderies, un gilet assortit à cette dernière d'un délicat revers gris ainsi qu'un pantalon de même ton et des chaussures blanches. Pour parfaire la tenue, un plastron de dentelle argent agrémenté d'un bijou en forme de couronne, une pochette et une canne blanche ornée d'un dragon. Après quelques secondes, il se penche vers sa cavalière et murmure suavement à son oreille.


"Entrons dans la danse très chère."

Un léger sourire se dessine à la commissure de ses lèvres alors qu'il leur fraye un passage dans la fosse aux lions.

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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeDim 27 Sep - 17:28


Son visage affable. Ses manières impeccables. Son nom. Tout de cet homme inspirait méfiance et agacement à la créature qui lui faisait pourtant face en arborant un léger sourire courtois. Le serpent blanc qui se présentait à elle en espérant ne pas trop perturber ses plans, ne pouvait pas se douter qu'il souriait à son épée de Damoclès. Une épée sagement rangée pourtant, immobilisée dans un bien joli fourreau. Nyx détestait les sylphides. Nyx n'aimait pas cet Abel Thorn ou en tout cas, tout ce qu'elle savait de lui. Mais Nyx devrait ravaler sa rage, encore un temps.

Il glisse une rose blanche dans l'ébène de sa chevelure et Manat lui renvoie un petit sourire charmé. Ce n'est pas la première fois qu'elle fait face à un sylphide ou que l'envie de simplement planter une dague dans cette gorge délicate titille le bout de ses doigts. Son corps ne l'avait jamais trahis pour autant. Elle était maîtresse de chaque centimètre de ce bel ouvrage de chair et de sensualité. Comédienne aguerrie, elle répond avec chaleur à son cavalier qui s'inquiète de celui qui aurait du se tenir à sa place.

- Ne vous en faites pas pour cela, monseigneur Thorn. J'espère être une compagnie acceptable à votre côté.

Modeste est la fleur du désert qui caresse avec ce qui ressemble à une certaine appréhension le tressage délicat de cette longue natte qui courre sur son épaule. Elle dépose ses doigts élégants sur le bras que lui présente l'homme et le suit docilement, ramenant sur son visage le masque félin avant de présenter son invitation. L'antre du lion était à son image. Littéralement. Des statues de lions ailés les épiaient où qu'ils aillent. En plus des serviteurs et des gardes qui vérifiaient un peu trop scrupuleusement que les invités aillent bien rejoindre la salle de bal. Rien d'étonnant en réalité, les invités étant masqués, les invitations anonymes, n'importe qui pouvait, avec un peu d'astuce, infiltrer cette belle réception.

La preuve en était, de ce couple en noir et blanc. Serpents d’albâtre et d'onyx. Ils s'étaient invités, par leurs propres moyens. C'était une initiative bien dangereuse que de laisser entrer des inconnus dans sa maison. Nyx pouvait bien leur concéder cela, les Vanes n'avaient visiblement pas peur de grand chose. A tort ou à raison. Ils le sauraient sans doute plus tard.

Alors qu'ils gravissaient la volée de marche les menant à la salle de bal, son cavalier trop avisé la questionne sur la provenance des pierres de son masque. Il devine juste. La jeune femme masquée se tourne vers lui, surprise, sans doute. Ses doigts libres vont naturellement glisser sur les petites pierres blanches et vertes qui décoraient son masque.

- Vous avez l'oeil expert, monseigneur. Ce ne sont sans doute que de vulgaires pierres pour les riches éridaniens mais pour moi, c'est un peu de mon héritage.

Un sourire emplit de fierté se dessine sous le voilage qui couvre encre ses lèvres rosées. Manat est une enfant du pays. Une fille des sables brûlants d'un désert sans merci. Elle portait sur elle tout l'artisanat de sa contrée, sa robe était faite en Mäs’scym, ses bijoux typiques de l'orfèvrerie argyrienne et sur ses mains se dessinaient les délicates arabesques d'un tatouage au henné. Dans sa voix suave, quelques notes exotiques, trahissent -s'il le fallait encore- ses origines, alors qu'elle reprend.

-  Mon coeur est en Argyrei.. et le votre monseigneur ? Appartient-il à une terre ?

L’œillade qu'elle lui lance est subtile, elle se veut innocente et curieuse mais la question n'est pas anodine. Enfin, elle ajoute avec un sourire charmeur :

- À moins qu'une gente dame ne vous l'ait ravi ?

La douce créature acquiesce cependant aux mots de son cavalier, il leur fallait entrer dans la danse. La fosse aux lions ne lui faisait pas peur. Sous son masque noir, la panthère est partout chez elle. Ses prunelles émeraudes presque invisibles dans l'ombre de son masque repèrent rapidement des visages qui même en partie couverts, restaient définitivement identifiables. Les nobles sangs ne goutent sans doute que peu les joies de l'anonymat. Ils aiment être reconnus. Car c'est bien là la marque incontestable de leur pouvoir sur le monde. Certains arborent fièrement les couleurs et les emblèmes de leur duché ou comté, rendant la tâche plus évidente encore. D'autres portent des marques caractéristiques qu'ils auront bien du mal à dissimuler.

Puis, il a ceux qui comme Manat ne font guère couleur locale. Des pièces rapportées, importées même parfois. La danseuse devenue princesse du désert repère rapidement un homme dont elle n'a pas besoin de voir le visage pour l'identifier. Le Zélos était superbe et sa couverture joliment agrémentée d'un jeune maître qui lui servait sur un plateau d'argent, un parfait alibi. L'émeraude ne s'attarda pas davantage sur ce personnage devenu familier et s'arrêta sur une jolie demoiselle toute de blanc vêtue. Une colombe dans la cage des fauves. Ses oreilles pointues trahissaient son appartenance au peuple sindarin. Une pièce rapportée elle aussi, à moins que..

- Avez-vous déjà rencontré la descendance du comte de Ditham ?


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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeDim 27 Sep - 20:16

Le bal de la Rose


Le 15 du mois Mirios 1306


La jeune femme à ses côtés avait beau être fort charmante et réceptive à ses attentions, Abel n'en était pas dupe pour autant. Il savait très bien qu'en s'imposant de la sorte, il avait dû contrarier ses plans. Il se voulait courtois, égal à lui-même en pareille circonstance, mais il n'en restait pas moins sur ses gardes. Vieux réflexes dirons-nous.
Avoir un peu plus de 400 ans laissait des séquelles et certaines n'avaient amené que haine et rancœur. Elle étaient telles, qu'elles pourraient en cet instant le pousser à fondre sur la première personne venue qui ne lui reviendrait pas afin de l'occire sans plus de cérémonie. Cependant ce n'était ni le lieu, ni le moment et notre homme savait se tenir.
Lorsque Manat lui signifia de ne pas s'inquiéter sur son partenaire et vint à s'enquérir de savoir si sa compagnie lui était acceptable, il leva un sourcil.


"Pourquoi ne le serait-elle pas ? Vous portez une toilette des plus exquises qui évincent bon nombre des participantes de ce bal et vous possédez ce petit côté exotique qui n'est pas pour me déplaire. D'ailleurs, il suffit de voir les regards que certains hommes vous lancent pour s'en rendre compte. Il faudrait être un fou ou un eunuque pour rester de glace devant pareille beauté."

Non seulement le Sylphide avait les manières, mais il semblait exceller dans l'art de la flatterie à moins qu'il ne soit sincère, allez donc savoir ? Tout était envisageable après tout.
La surprise qu'elle marque à l'évocation des pierres sur son masque n'échappe pas à Abel, bien qu'il reste en apparence le regard fixé devant lui, rendant quelques saluts qui leur sont faits à mesure de leur cheminement, sa canne claquant volontairement sur le parquet. Parfois sur leur passage quelques interrogations discrètes, à savoir qui ils étaient.  
Manat affirme par la suite que son cœur est en Argyrei et s'enquit de savoir où va celui de son cavalier.
Habile tactique que voici....


"De grâce, oubliez le Monseigneur. Abel suffira amplement. "

Puis il ajoute le plus sérieusement du monde.

"Sachez jeune demoiselle que quelle que soit la richesse et sa valeur, elles ont toutes précieuses à mes yeux car elles proviennent des terres d'Isthéria. Chaque région à ses propres trésors. D'ailleurs vous les représenter fort bien ce soir en arborant cette robe et ces bijoux. A eux seuls, ils vantent tout le talent dont font preuves vos artisans, soyez-en fière."

Une légère pause avant de poursuivre.

"Au cours de ma longue vie, mes pas m'ont mené en bien des endroits et l'Argyrei en fait parti. J'y ai vécu quelques années avant de reprendre la route, c'est pourquoi vos pierres me sont si familières, tout comme votre accent, si léger soit-il.
Les côtes de Pharis sont magnifiques. Je me souviens être resté des heures à attendre que les soleils se couchent sur l'horizon afin de profiter du spectacle. Quant à la cité de Koldom, qui pourrait se douter qu'elle est encore plus grande en dessous. Elle est fascinante et pourtant dangereuse si on n'y prend garde, mais cela vaut pour bien des villes de nos jours."


Un regard en coin à l'évocation d'une gente dame et un léger rictus sur ses lèvres.

"Nul gente dame n'a su ravir mon cœur."

Alors qu'ils avançaient parmi les invités, esquivant parfois un maladroit ou un écrasage de pieds malencontreux voici que Manat lui demande s'il a déjà rencontré la descendance du comte de Ditham. Après réflexion, Abel répond simplement.

"Je ne crois pas avoir eu l'honneur de rentrer cette personne, à moins qu'elle ait échappé à mon souvenir. Souhaitez-vous la saluer ? Auquel cas je vous mènerais jusqu'à elle."

Son regard gris acier coule en direction de sa cavalière.

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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeDim 27 Sep - 21:50


L'homme est pour le moins loquace. Il a la flatterie facile. Certainement une qualité de premier plan pour un Conseiller royal. Sa verbe est fluide et il ne manque pas de talent pour esquiver les questions épineuses. Manat sourit et acquiesce légèrement à ses jolies pirouettes. Si Nyx avait piètre opinion du Juge en tant que leader, elle pouvait lui concéder quelques atouts pour la conversation mondaine. Pourtant, alors qu'il parle de Kodolm, elle glisse un index discret sur ses lèvres voilées. Nul ne semblait les écouter mais ils n'étaient tout de même pas seuls et la profondeur des souterrains de Kodolm devait restée un secrète.

Le petit geste est cependant bien léger et tend plus à la prévention complice qu'à un rappel à l'ordre. Puisque complices ils étaient dès lors qu'ils se trouvaient partenaires. Qu'ils s'apprécient ou non dans une autre vie, n'avait pas lieu d'être à l'instant, ils s'étaient embarqués dans un même navire et l'océan qui danserait bientôt autour d'eux ne serait pas un endroit sûr. D'une manière ou d'une autre, ils seraient liés, pour une soirée au moins.

- Vous ferez, j'en suis certaine, le bonheur d'une noble âme.

Après tout, cette âme pouvait être autre que du sexe opposé.

- Quant aux regards que m'adressent ces messieurs et dames, je crains qu'ils ne soient pas aussi flatteurs que vous le pensez. Je crois savoir que les bonnes gens de Vanes préfèrent les jeunes femmes bien plus vêtues. Nul heldari n'a du voir de nombril féminin depuis des décennies.

La sulfureuse créature se permet un rire léger, discret mais détendu. Elle ne craint pas les regards courroucés ou inquisiteurs. Son corps est un hymne vibrant à sa patrie et qu'elle dérange ces braves mœurs ne semble visiblement pas la perturber. Peut-être même était-ce là l'effet escompté.

- Bien évidemment, ma hardiesse ne saurait vous entraver. Je m'éclipserai de votre côté si on venait à pointer du doigt ma sauvagerie.

La demoiselle sourit à ce dernier mot. Il était certain que quelques nobles lui trouve quelque chose de sauvage, d’inapproprié sans doute aussi. Elle informait donc son partenaire que le cas échéant elle irait voir ailleurs pour ne pas attirer l'attention sur lui. Manat était peut-être sulfureuse, elle n'en restait pas moins professionnelle.

Quant à la descendance de Ditham, l'homme ne la connait pas et ne semble pas plus remarquer la jeune femme sindarine esseulée. L'argyrienne secoue négativement la tête à sa proposition.

- Laissez, je ne suis moi-même pas certaine de ma supposition. Les masques semblent fort bien servir leur rôle.

Et c'était bien à leur avantage.

- Dites moi, cher Abel, qu'est-ce qui a bien pu attirer ici un homme tel que vous ? Le trésor de cette région se trouverait-il quelque part dans ce palais ?

La maligne créature sourit avec une pointe de malice alors qu'elle reprend les expressions du sylphide. Bien entendu on lui avait parlé des joyaux de la cité étincelante mais, Manat était bien curieuse de savoir ce qui avait poussé Abel à venir à ce bal qui pourrait bien lui causer des ennuis avec une des familles les plus influentes d'Eridania.

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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeDim 27 Sep - 23:56

Le bal de la rose


Le 15 du mois Mirios 1306


Un petit geste qui laisse sous-entendre que la demoiselle est sait plus que ce qu'elle ne veut bien le dire. Abel se penche alors vers elle et murmure à son oreille d'un ton doucereux, si bien que le commun des Terrans aurait bien du mal à résister au charme étrange propre à ceux de son peuple. Fascinant et charismatique à la fois. Dérangeant pour certains et terriblement troublant pour d'autres.

"Soyez sans crainte, tout cela remonte à des siècles et je doute que les personnes que j'ai pu connaître alors soient encore de ce monde. Il y a pour ainsi dire prescription. "

Un soupir lorsqu'elle insiste sur le fait qu'il ferait le bonheur d'une noble âme. Était-ce de l'agacement face à ces interrogations ?

"Cela n'est pas dans mes priorités, mais un jour peut-être, sous cette apparence ou une autre."

Ses prunelles glissent alors sur Manat, détaillant les moindres courbes de sa personne et de sa tenue, sans la moindre gène. Il est vrai que la robe de sa partenaire ne faisait pas vraiment couleur locale et qu'elle dévoilait plus que ne le voudrait la bienséance, mais ce n'est pas ce petit détail dont Abel se formaliserait. Les bonnes âmes de Vanes n'étaient pas réputées pour exposer la moindre parcelle de peau, mais de là à se montrer aussi pudibond, il ne fallait pas abuser.

"Libre à vous d'avoir fait le choix de vous vêtir comme vous l'entendiez. Après tout, aucun code vestimentaire n'a été décrété pour cette soirée. Alors ne prêtez aucun crédit à leurs regards ou leurs remarques désobligeantes. Ça joue les offensés en public et en privé ça doit se livrer aux pires débauches qui soient.
Une petite chose cependant. Si jamais on vous importune à cause de votre tenue ou pour toutes autres choses, sachez que je me ferais malin un plaisir de rembarrer ces malotrus, si nobles soient-ils. Je ne le tolérais pas qu'on manque de respect à ma cavalière.  Si votre sauvagerie comme vous dites ne leur sied pas et bien qu'ils passent leur chemin. Qui plus est, si vous n'aviez pas trouvé grâce à mes yeux, vous ne seriez pas à mon bras à l'heure actuelle."


Manat décline la proposition d'Abel, prétextant le fait qu'elle n'est pas sûre de son fait quant à l'identité de la personne en question.

"Fort bien, comme vous voudrez. Nous aurons tout à loisir de converser avec divers invités lors de cette soirée. Inutile de nous précipiter."

Voici que la demoiselle se montre à nouveau très curieuse et cela amuse beaucoup Abel.

"Disons quand premier lieu, je me devais d'être là afin de représenter qui vous savez, même si cela doit causer quelques remous lorsque les masques tomberont. La seconde raison, la curiosité. Je me demandais à quoi pouvait bien ressembler les festivités lors d'événements comme celui-ci, à Vanes. Après tout, tout un chacun sait que les invitations ne sont envoyées qu'à ceux issus de la noblesse. Qu'ils n'apprécient que moyennement les nouveaux nobles ou nouveaux riches. Et enfin parce que j'ai un petit cadeau pour l'héroïne du jour. Mais vous, pour quelle raison êtes-vous là, Manat ?"

Abel avait beau être concentré sur sa cavalière, du moins en apparence, il n'en avait pas moins observé tous ceux qui se trouvaient là......

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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeMer 30 Sep - 13:47

Après avoir rencontré la princesse de Vanes à l'extérieur, Duscisio s'était donc dirigé vers l'herboristerie où il séjournait après qu'elle lui fausse compagnie avec deux autres jeunes femmes, dans la foule où les habitants coiffés de roses la confondrait aisément.
Bien sûr, bon samaritain qu'il était, ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'il ne lui arrive rien jusqu'à son retour au palais. Gardant tout ceci en tête, c'était également à lui de se préparer pour la soirée. Un challenge de taille pour qui la nuit était toujours synonyme de sommeil obligatoire en raison de l'osmose dont il est propriétaire.
Cela faisait des mois, qu'il avait réfléchi à cette possibilité et le résultat d'une solution à ce "problème" d'une soirée s'est révélé porter ses fruits.

Si les pensées pour cette réussite était tournée vers une petite fille de 11 ans qui l'attendait au temple, il ne pouvait s'empêcher d'avoir des pensées pour tout et pour tous en affaire avec les événements actuels. La soirée devrait être une occasion pour lui d'essayer aussi de se détendre, lui qui ne passe sa journée qu'à réfléchir à une nouvelle solution, une nouvelle possibilité et une nouvelle pensée à chaque sujet qui lui était le plus important. Il y a deux mois, il avait pu dire en face de la première concernée ce qu'il ressentait pour elle. Des aveux qui le poussaient à aller de l'avant, non à errer pour se rendre utile au monde. Othello et Catleya étaient les premières personnes dans son coeur, cela ne faisait aucun doute, si la seconde était encore très jeune, elle n'était pas moins équivalente à sa propre fille adoptive. La sirène elle, devait encore trouver le chemin vers la lumière.

Levant la tête, Duscisio cessa de prier pour l'avenir. Le regard toujours déterminé, le rosier blanc le gilet en satin marron sous une chemise de même couleur. Son pantalon dans la même teinte couvrait déjà le bas de son corps, ainsi que les soulier de cuir. Son apparence n'avait rien du haut-prêtre qu'il est, en tout point comparable avec un noble Hesperien donc il pourrait facilement se confondre si certains détails physiques ne le révélaient pas. S'habillant seul, le temps pour se préparer fut rallongé, néanmoins le résultat particulièrement soigné était proche de la perfection.
Saissisant le foulard à jabot dont il dut se débattre une dizaine de minutes pour le mettre correctement, selon le souvenir du tailleur qui lui avait montré comment faire. Ce foulard allais servir à cacher les roses qui se trouveront dessous. Fleurs qu'il ne pourra pas totalement caché au vu que les premières à être visible se trouvait dans sa longue chevelure d'argent, étonnamment ouverte à cette heure de la soirée.
Il ne manque plus que la veste à queue de pie, toujours dans la même teinte que le reste, les décorations dorée cassait ma monotonie de la couleur terre, en plus de l'ouverture et le col bordeaux. Passant une main sous ses cheveux pour les sortir de la veste, retombant le long de son dos, il était fin prêt à une exception.
Il tourna la tête vers la table pour saisir un masque blanc, les roses factices qui se trouvait dessus avait été retiré soigneusement. Une fois sur le nez, les fleurs factices furent remplacées, une ronce sortie sur le côté droit du masque blanc entre les mailles en soie de la décoration, une rose blanche, puis deux puis trois éclosent alors formant l'illusion qu'elles font partie elle-même du masque. Une touche personnelle aussi utile qu'indicatif. Du coin de l'oeil il pouvait les observer et constater si elle se fermait ou non, ce qui lui servait de signal.

Autre signe particulier qui faisait partie de Duscisio c'était bien entendu les roses blanches tout le long de sa chevelure, qui restait également ouverte pour la même raison.
Si la rose restait ouverte et donc s'il restait éveillé, c'était dût à cette fameuse réussite de sa filleule, cette dernière se trouvant dans une grande gourde sur sa hanche. C'est disgracieux certes, mais nécessaire. Sans elle – enfin son contenu – Duscisio pourrait s'endormir soudainement s'il n'en boit pas régulièrement, mais en boire n'est pas sans risque. Déréglez un cycle de sommeil naturel a toujours des conséquences, en particulier pour la pistilose qui profite de la nuit pour aussi se reposer.
Il était maintenant prêt dans son costume, c'est l'heure de se rentre à la soirée.

Pour sûr, que ce soit sur le chemin ou dans l'enceinte du palais, Duscisio avait quelques regards tourné sur lui. Des femmes, mais également des hommes qui le regardaient avec grande curiosité. S'il avait eu le même regard tourné sur lui à sa première venue, il n'en restait pas moins déroutant d'attirer autant le regard. Sans conteste que les nobles avaient un regard plus perçant, au sens propre comme au figuré, qui avait lieu de mettre moins à l'aise, comme si les roses qui l'habillaient était un signe avant coureur d'une superstition quelconque. Arrivé en bas des marches, l'entrée du palais hautement gardé par les lions, l'un d'eux demanda l'invitation que Duscisio présenta immédiatement. La gourde fut également dans la question du garde pour savoir ce que c'était.

Une potion. Je dois en boire régulièrement à cause d'un mal très rare me concernant.

Afin d'assurer que cela n'était pas une gourde de poison, il dut en boire devant le garde. Chose qui l'arrangeait au vu que la soirée commençait enfin et que cela relancerait l'éveil de la rose blanche dans quelques minutes.
Il put donc entrer accompagné d'un serviteur qui le guidera à la salle du bal, regardant droit devant lui.
Une fois dans la salle, il ne savait pas où se mettre. Il porta donc un regard autour de lui. Les masques cachant une partie ou la totalité du visage, il était compliqué de savoir qui se trouvait dessous.
Il ne connaissait personne et ne saurait pas comment répondre dans l'instant. Il devra donc laisser à son talent naturel le soin de trouver le mot juste.


Duscisio's Theme - Pistilose's Theme
Le Bal de la Rose - Palais ducal Dusc

Merci Othello pour le Kit

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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeDim 11 Oct - 18:11

The Rose's Ball - Ducal Palace
Je détestais les mondanités. Je détestais les nobliards et leurs manières extravagantes même si j'en étais une. Faire des fêtes en l'honneur d'une pucelle qui venait à peine d'avoir l'âge adulte ne m'enchantait guère... Daisi était la membre des Raikes qui avait reçu le messager dans la salle du trône venant des Vanes et qui nous avait donné l'invitation au bal mondain donné en l'honneur de l'anniversaire de la benjamine de leur fratrie, Pandora où il fallait venir vêtu de ses plus beaux parements et être masqué, quand je disais que je détestais la sophistication de la noblesse eridanienne... Sa voix avait résonné au sein de notre château familial et il était même arrivé avec un cadeau, un masque doré finement ouvragé avec des motifs rappelant la culture militaire de notre duché. C'était très beau, un travail d'orfèvre. Il savait manipuler le métal en Vanes... Mais il était hors de question que je porte cette chose. C'était un beau cadeau il était vrai mais je refusai tout net de le porter. J'étais même prête à ne pas donner suite à l'invitation mais cette fois, c'était ma cadette Daisi qui m'en empêcha. Bien plus au fait de la politique nobiliaire dans le royaume que moi malgré mon titre de duchesse, elle insista sur le fait que nous devions y aller, surtout moi en tant que Générale des armées. Je devais l'admettre après force explications, qu'elle devait avoir raison... Daisi et Edlyn viendraient avec moi, seul Garan resterait ici pour gouverner et qu'un Raikes reste à Méphrit. Au moins, mes sœurs étaient plus au fait de l'art de s'habiller. Ce furent donc elles qui m'habillèrent et me masquèrent.

**********

Nous avions été très bien reçus en Vanes. Il fallait bien admettre, les Vanes ne lésinaient pas sur l'hospitalité lorsqu'il s'agissait de recevoir du monde de la haute. J'étais déjà venue en Vanes, pour inaugurer le camp de la 12e Légion et superviser la prise des quartiers par les soldats en grande majorité locaux. C'était bien le moins que l'on puisse faire après avoir imposé une réforme impopulaire mais nécessaire de l'armée. L'armée pouvait se targuer de défendre son pays mais au moins les soldats savaient qu'ils défendaient leur terre. Bref, je n'étais pas surprise de la tête qu'avait le duché et pourtant, j'étais toujours intéressée à chaque fois de ce que je voyais autour de moi. Daisi et Edlyn en revanche étaient presque scotchées par l'architecture de la capitale Heldor et le paysage verdoyant du duché. Fallait dire que chez nous, nous avions une verdure... différente, plus forestière, plus brute. Ici, c'était surtout champs et pelouses, herbe et cultures, pas vraiment ce que l'on trouvait en Méphrit. Et que dire alors des bâtiments de la capitale et du palais ducal que l'on pouvait apercevoir de nos appartement prêtés pour l'occasion. Les Vanes avaient le sens et le goût de faire dans le splendide voire le brillant, cela se reflétait dans leur architecture mais aussi leur mode vestimentaire. Nous n'avions pas ça chez nous, nous étions plus sobre. Certes nous faisions aussi dans l'impressionnant mais pas dans le clinquant, nous cherchions d'abord à intimider le moindre agresseur et à montrer le caractère martial de notre culture. Nous n'avions pas de richesse à montrer comme ici. Une chose était sûre, il y avait des couleurs ici et de la clarté, ça c'était quelque chose que j'appréciai, j'aimais bien quand c'était épuré. Mes sœurs en savaient bien quelque chose...

Charles Vanes, je le connaissais. C'est avec lui que j'ai directement traité ou plutôt imposé le camp de la 12e Légion. Je savais bien qu'il n'avait pas bien accueilli l'ordre mais il était vassalisé au roi et devait lui montrer son respect. Il devait en être bien conscient, la main-mise nouvelle sur l'armée était aussi une manière de rappeler le pouvoir royal outre de moderniser l'armée. En dehors de ces considérations, c'est un homme que je respecte car nous gouvernons nos subordonnés de manière assez similaire. Son épouse Ophelia, je ne l'ai que peu vue mais j'en savais suffisamment pour savoir que c'était elle qui œuvrait dans l'ombre auprès de la noblesse pour défendre ses intérêts. Elle m'avait donné un aperçu de ce que j'aurais pu être si je n'avais pas choisi de devenir militaire. Daisi prendrait peut être un jour le même chemin... Ma cadette avait déjà correspondu avec elle, je me demande même si Ophelia ne connaissait pas plus Daisi que moi. Leurs fils Alexandre, était l'héritier direct de leur lignée. Je ne le connaissais pas vraiment jusqu'à ce que j'apprenne que ce dernier fasse partie des réservistes de l'armée en Vanes, sans doute pour permettre que la famille mette un pied dans l'armée. Je ne me suis pas davantage intéressé à son cas car à mes yeux, il n'était qu'un officier réserviste parmi les quelques milliers d'officiers que compte l'armée dans sa globalité. Enfin, la benjamine Pandora, je savais seulement que c'était la petite dernière, qu'elle avait toutes les qualités d'une princesse et qu'elle œuvrait dernièrement pour son peuple et les plus démunis ou malades. En somme, le genre de personne à mes yeux idéaliste qui venait à peine de sortir de son cocon.

Pas que c'était une mauvaise chose mais c'était ce dont je me rappelai de la famille hôte alors que l'on cheminait vers le palais ducal. Ainsi vêtue, je pus voir autour de moi que les gens s'adonnaient à la fête et aux festivités données pour l'anniversaire de la plus jeune des Vanes. Ça s'amusait bien et beaucoup, nous avions mine de rien prise le temps avec mes sœurs de partager un peu de ces fêtes depuis notre arrivée ici. Mais ce soir, nous nous amuserions... différemment. Mes sœurs m'avaient aidé à choisir ma robe, dans les tons qui rappelaient beaucoup les couleurs foncées et bleutées de l'uniforme d'apparat mais un peu plus sophistiquée et sans aucune mention relative à l'armée, un décolleté légèrement ouvert. Mon port de noble et ma grande taille faisaient le reste. Le masque envoyé avec l'invitation, c'était Daisi qui le portait. Elle n'était pas aussi grande que moi et portait une robe différente de la mienne mais irait mieux avec le masque doré. Enfin, Edlyn avait choisi de porter cette robe de sa propre conception, faite elle même et dont elle voulait une occasion pour la porter. La guerrière Cassandra, la noble Daisi et l'artiste Edlyn s'apprêtaient à entrer en scène dans cette arène plus venimeuse encore que la pire des vipères de montagne...

Mes gardes du corps restèrent dehors, ceux du palais ducal s'assurèrent que nous ne représentions aucune menace. Edlyn n'eut même pas l'autorisation d'amener de quoi dessiner ou écrire et de toute façon, cela aurait été mal vu une fois là haut... Notre invitation fut déclinée, au nom de la famille Raikes que nous représentions, les gardes nous firent ensuite rentrer toutes les trois dans le palais en nous demandant bien de mettre nos masques. Nous gravîmes les marches une à une, le cœur un peu plus battant à chaque pas, conscientes que nous arriverions dans un endroit, pour certaines connu, pour d'autre, moi en l'occurrence, plus flou et plus subtil. Des serviteurs du personnel du palais nous conduisirent à la salle de bal situé à un étage et nous les suivîmes sans rechigner. Edlyn avait des yeux partout derrière son masque tandis que Daisi regardait droit devant elle. Je ne pus que l'imiter, regardant les gens alentours comme si je m'apprêtai à inspecter des troupes. Peu après, les portes ouvragées de la salle de bal s'ouvrirent pour nous...

Des regards se braquèrent sur nous, des murmures furent échangés à notre arrivée... avant que la plupart ne reprenne leurs conversations. Bien sûr, faites donc ce que vous savez faire de mieux à savoir parler pour ne rien dire... Je détestai ces messes basses. Qu'avons nous donc... Du monde, il était vrai. Des grandes vitres... Non carrément une façade vitrée s'étendait à nos yeux non loin et l'on pouvait voir une grande porte fenêtrée qui conduisait à... quelque chose que j'assimilerai à un balcon. Sur un signe de tête, mes sœurs et moi nous mîmes en mouvement. Edlyn, fidèle à elle même alla voir directement quels rafraichissements ou amuse-bouches nous pouvions avoir ici. Daisi chercha des yeux la famille ducale sans la trouver et prit une coupe de champagne local sur un plateau qui passait par là. Je ne pris encore rien, me contentant de renvoyer leur regard à ces gens là. Je faisais comme eux : je les jugeai derrière ma protection visière. Je devais peut être rentrer dans leur standards tssss... Hm, tiens là bas ? Une femme dans une tenue... bien exotique. Avec un homme aux cheveux gris... Pourtant pas vieux du tout. Leur discussion avait l'air... plaisante, ça avait l'air de bien se passer... Hm, ah il y avait un homme de forte carrure là bas avec un jeune homme pas très assuré... La scène était assez cocasse et j'esquissai un sourire en coin. Et qu'est ce que l'on a là bas, un homme avec un masque qui avait l'air d'avoir été tiré d'une armure... C'est étonnant il me disait quelque chose, même la coupe un peu militaire de sa tenue était familière... Et à ses côtés une petite silhouette... Je fronçai les sourcils sous le masque, davantage perplexe car j'avais l'impression que ces deux là, je les connaissais particulièrement... Je tournai légèrement la tête pour voir que Daisi me tendait donc aussi une coupe de son champagne vanésien.

Je pris une gorgée du breuvage... Hm, c'était pétillant, c'était fruité, il était frais... Vanes ne se moquait vraiment pas de nous. Le verre toujours en main, je décidai de me séparer de mes sœurs un instant pour aller voir un peu de monde. Il y avait vraiment de tout dans cette salle, même des Sindarins ou des Zélos... Euh... ah tiens le jeune homme blond de tout à l'heure ? Il avait l'air perdu... il lorgnait du côté des femmes... Lorsque je croisai son regard, je le détournai aussitôt. Il n'avait pas l'air très sûr de lui... Et là c'est le couple de tout à l'heure, la petite et le plus grand dans son costume avec une démarche que je trouvais un peu gauche et maladroite pour un noble... Sans doute un nouveau titré comme certains par ici.

15 Mirios, Saison Enkilil, 1306 Ère Obscure
Codage par Libella sur Graphiorum


Le Bal de la Rose - Palais ducal Rmk5
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeMar 13 Oct - 19:43


La musique est douce, elle effleure sans les froisser les tissus précieux et colorés des toilettes raffinées qui s'entremêlaient sans jamais oser se toucher. Au jeu des murmures mondains se liait l'observation acérée des acteurs de ce que certains appelleront une bien belle mascarade. La plupart de ces spectateurs masqués n'avaient guère besoin de cet ustensile pour déguiser leurs traits ou leurs pensées. Pourtant, cette fois, même les plus experts devraient s'y reprendre à deux fois avant de juger leurs interlocuteurs. Derrière la porcelaine, le cuir ou le bois, se cachaient des nobles de renoms et de parfaits inconnus, égaux dans l'anonymat.

La mélodie qui berce les conversations se fait plus discrète jusqu'à ce qu'un mouvement de tête, d'un laquais posté astucieusement, donne le signal. La musique change de ton, les murmures se taisent, les regards se tournent vers le fond de la longue salle de bal. Là, surélevée par quelques marches, quatre fauteuils aux coussins rouge et or sont vides depuis le début des festivités.

- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, le Duc et la Duchesse de Vanes sont heureux de vous accueillir en leur humble domaine pour célébrer le dix-huitième anniversaire de leur très chère enfant, Pandora Vanes.

Sur ces derniers mots du héraut les rideaux séparant l’estrade des pièces adjacentes s'ouvrent pour laisser passer la susnommée. Enveloppée de voiles voluptueux, la fine silhouette de Pandora s'avance. Sa tenue est à l'image de la tradition vestimentaire de Vanes, d'une élégance méticuleuse. Ses cheveux relevés laissent échappés quelques mèches parme qui viennent effleurer le creux de son cou alors qu'elle s'incline légèrement face à ses invités. Le masque qui entoure ses deux prunelles roses ne saurait évidemment cacher son identité alors qu'elle se redresse pour adresser quelques mots à son auditoire.

- Chers invités, vous honorez ce jour de votre présence, soyez assurés de ma reconnaissance. J'ai l'espoir que cette journée et ce bal sauront vous ravir et vous divertir.

Une main pâle arrive à se frayer un chemin jusqu'à l'extérieur de ce qui semblait être une interminable manche pour se saisir d'une coupe de Valédor, le vin pétillant vanésien. Pandora paraissait si fluette sous ces couches de tissus précieux. Si fragile et pourtant, dans son maintient, dans le port royal de son minois de princesse, dans le ton posé et clair de sa voix, il y avait quelque chose de nouveau. Une prestance et un charisme qu'on ne lui connaissait que peu. La discrète enfant de Vanes se faisait femme.

- Célébrons tous ensemble, à l'intérieur et à l'extérieur de ces murs, la vitalité de notre peuple et de notre nation. Elle leva son verre et les invités la suivirent. À notre Roi bien aimé. Au fier peuple d'Eridania. À mon peuple. Puisse ce jour nous unir dans l'allégresse.

Elle leva plus haut sa coupe avant de la porter à ses lèvres. Le geste fut imité par la plupart des membres de l'assemblée, il serait questionnable de ne pas se joindre au mouvement pourtant, il était certain que quelques uns s'interrogeaient sur ce discours. Il n'était pas attendu de la jeune femme qu'elle prenne autant la parole et surprenant qu'elle choisisse de tels mots. Remercier ses invités était de bon ton mais, ne venait-elle pas de placer le peuple au coeur d'un bal réservé à l'élite du pays ? Unir nobles et bas peuple, ce n'était évidemment qu'une image mais, elle ne plairait pas à tout le monde. Pourtant, isolés par leurs masques, les regards ne s'échangent que peu. On craint soudain, de ne pas trouver l'écho souhaité chez celui qui percevrait ce froncement de sourcils.

Quelques applaudissements suivent, discrets, un peu timides, ils s'amplifient rapidement quand apparaissent trois nouveaux personnages. Dans le dos de la jeune Pandora, la silhouette de son frère ainé, Alexandre Vanes, glisse jusqu'à un siège pour s'y assoir, son visage est masqué par un lion doré. Puis s'avance la duchesse, Ophélia Vanes, dans une robe typiquement heldari, de soie ivoire, sur son visage trône un impressionnant bijou d'orfèvrerie. Enfin, et sous les acclamations, apparait le duc Charles Vanes. Sa stature ne saurait être confondue avec aucune autre, quand bien même son masque cacherait davantage son visage, on ne saurait se tromper sur l'identité du duc.

La famille ducale installée dans les fauteuils sur l'estrade, la musique reprend de plus belle et ainsi reprenne aussi les discutions. Une coupe pétillante toujours à la main, le visage délicat de la petite rose ne trahit pas l'exaltation qu'elle éprouve. Nul ne saurait déceler sur son joli teint légèrement maquillé, les rougeurs discrètes de sa satisfaction. Elle avait réussi. Son escapade et son discours. Elle avait fais en quelques heures plus que ce qu'elle s'était autorisée pendant des années. Peut-être aurait-elle du ressentir de l'appréhension, peut-être aurait-elle du craindre le regard sévère que sa mère faisait peser sur ses épaules nues, peut-être.. Pourtant, ne restait sur ses lèvres roses que le vague sourire comblé d'une jeune fille fêtant, en grandes pompes et avec un brin de panache, son dix-huitième anniversaire.

Dans la salle, les invités s'observaient pour ceux qui ne discutaient pas encore. Pandora s'amusait à essayer de déduire quelques identités mais il lui fallait bien avouer qu'elle peinait pour ces silhouettes extravagantes.. Qui avait donc invité cette si belle princesse du désert argyrien ? Ce zélos décontracté dans le coin, était-il vraiment un laquais ? Qui était donc cette dame de rouge vêtue, si élégante dans ses jupons carmins ? Elle ne parvenait pas toujours à voir les masques qui pourraient pourtant révéler des noms ou des appartenances, Pandora se souvenait avec précision de tous les masques qu'elle avait envoyé pour en avoir dessiné les contours. Dans l'assemblée, on se dévisage aussi, on cherche aussi à voir qui serait le premier intrépide à demander une danse à la reine du bal.


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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeJeu 15 Oct - 18:55

Le comte de Béon et la duchesse de Nivéria avancèrent dans la salle de bal la tête haute. Les regards qui les avaient accueillis avec pour la plupart choisi d'autres cibles. Les invités étaient retournés à leurs conversations interrompus. Néanmoins, Walter ne put s'empêcher de remarquer que certains s'attardaient sur eux. En tout cas, sur lui. Sa tenue montraient fièrement les emblèmes héraldique de sa maison. Aussi, il ne fut pas étonné que certains l'identifient rapidement. Mais peut-être se faisait-il des idées.

Othello à son bras, ils allèrent se poster sur un côté de la salle où la foule n'était pas nombreuse. Il y serait plus aisé de converser.

- Je crains que les lions ne soient pas encore présent, fit le chevalier en réponse à la dernière remarque d'Othello. Profitons-en pour nous offrir un rafraichissement... Après cette journée, nous l'avons bien mérité !

Ils passèrent à une table et se firent servir des coupes du vin pétillant que la jeune Pandora Vanes lui avait fait goûté lors de leur rencontre à Heldor. Présentant le breuvage à sa cavalière, il lui expliqua alors que les bulles et l'effet pétillant était un effet d'un processus particulier de fermentation du vin. Cela lui donnait ce pétillement si caractéristique.

- Il faut bien avouer qu'ils sont pas maladroits pour organiser une fête, à Vanes, commenta Walter.

Tandis qu'il conversait avec Othello, d'autres invités firent leur arrivée. Il n'aurait pas dû être surpris de sa présence, mais il fut étonné de découvrir une sindarine dans une robe blanche magnifique. Malgré le masque, il était certain de son identité. Naïa Thyssen... La dernière fois qu'il l'avait vu avait été lors de cette désastreuse expédition en Noathis qu'il avait entreprit. La maladie l'avait pris à ce moment-là et ils avaient été obligés de rebrousser chemin. Ce bal lui donnerait donc l'occasion de la saluer.

Il s'amusa à essayer d'imaginer le visage des invités sans leurs masques et lança quelques suppositions sensés être drôle pour faire rire Othello.
Les invités arrivaient tous en continu désormais. Il remarqua un homme tout à fait élégant qui avait pour cavalière une femme d'Argyrei dans une robe très osée.
Peu après, trois femmes firent leur entrée. Il ne les reconnut pas tout de suite, mais la démarche de l'une d'elle et sa façon d'observer la salle lui rappela quelque chose...

- Et bien, avec tout ce monde, on ne risque pas de s'ennuyer. Mais je suis curieux de savoir ce que fait la famille Vanes... Attendent-ils que nous soyons tous ivres pour se lancer ? demanda Walter avec un sourire ironique en terminant son verre.

Soudain, la musique se fit étonnamment discrète. Instinctivement, toute l'assemblée se tourne vers l'estrade et les quatre fauteuils rouges inoccupés qui s'y trouvent. Avec un minutage parfaitement calculé, un héraut annonça les souhaits de bienvenue du duc et de la duchesse à leurs invités.
Puis, une jeune femme s'avança sur l'estrade. Elle était d'allure assez frêle, mais dégageait une assurance certaine qu'elle n'avait pas la dernière fois que le comte de Béon l'avait vu. Aussi, écouta-t-il le petit discours d'accueil quelque peu intrigué. Elle était bien évidemment vête de rose.

Le discours d'accueil qu'elle prononça commença de manière tout à fait attendue mais la deuxième partie était quelque peu... surprenante. Surtout venant de la fille du duc de Vanes. Une mise en avant du peuple à égalité de l'aristocratie. Voilà qui devait faire grincer des dents parmi les vanésiens présent dans la salle.
Mais, de manière assez intelligente, Pandora leva son verre et but, forçant les autres invités à se concentrer sur les leurs. Walter avait déjà terminé le sien, aussi resta-t-il là, un peu penaud pendant que tout le monde buvait... Les quelques applaudissements discrets qui suivirent les parole de la fille des Vanes furent accompagnés de ceux de Walter.
Mais après ce léger moment de flottement, l'ambiance repartit de plus belle avec l'arrivée du reste de la maison de Vanes. L'aîné Alexandre et héritier du duché, puis sans aucun doute la mère, la duchesse Ophélia et enfin le duc Charles qui se paya le luxe de recevoir quelques acclamations. Charles de Vanes était populaire, sans aucun doute, mais Walter n'oublia pas qu'il jouait à domicile ce soir...

- Les voilà, les lions... Cela dit, il en manque un. Si je me souviens bien, il y a un demi-frère qui n'est pas né du bon côté du lit... dit Walter à l'attention d'Othello.

Il chercha à repérer le demi-frère sans aucun espoir d'y arriver car il ne l'avait jamais vu, mais il retomba sur cette femme à l'allure si droite et martiale. Un éclair passa dans son esprit quand il réalisa qui il regardait. Serait-ce Cassandra Raikes ? Oui, ça ne pouvait être qu'elle !

- Othello, je pense qu'on pourrait aller voir cette dame, là-bas, suggéra Walter.  Je la connais, je suis sûr que cela sera intéressant.Et puis, si nous restons seulement tous les deux, cela va faire bizarre.

Ils avancèrent droit sur la commandante en chef des armées du Roi. Puissant personnage s'il en est, la duchesse de Méphrit avait semblé bien plus intéressante que la plupart des nobles éridaniens. Sans doute l'aura martiale de sa fonction la rendait bien plus sympathique aux yeux d'un ancien combattant itinérant comme Walter Veldar.
Il s'approcha d'elle, Othello à ses côtés et se présenta.

- Madame la duchesse,
commença-t-il en rappelant un trait d'esprit qu'il lui avait lancé lors de leur rencontre. C'est une très agréable surprise de vous voir ici, j'avais peur de devoir endurer tous ces gens avec pour seul allié, ma cavalière.

Il désigna Othello, la laissant se présenter elle-même. Walter craignit soudain qu'elle ne le reconnaisse pas. Mais il se dit que c'était quelque peu improbable. S'il ne se trompait pas sur elle, elle devait garder en mémoire beaucoup de chose et l'arrivée qu'il avait fait dans son camp militaire avait dû lui rester en mémoire. Et puis sa tenue ne laissait aucun mystère sur lui.

Derrière, les musiciens avaient repris des musiques plus entrainantes, sous le regards de la famille ducale. Il semblait qu'une piste de danse se formait. Bientôt certains invités se mettrait à danser. Pour le moment, des valets circulaient pour distribuer à boire et des amuse-gueules.


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Image tiré des artworks de Kingdom Come Deliverance
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeVen 16 Oct - 18:14

Ce n’étaient plus qu’un brouhaha distant tissé de murmures et de ricanements qui parvenait à ses oreilles, à peine assez fort pour couvrir les premières notes d’une musique de chambre guindée et orgueilleuse qui avait pour but d’accueillir à grand renfort de cymbales et de violons les nouveaux arrivants. Comme une curieuse sculpture toute d’écarlate sculptée, la sirène observait la salle de bal depuis ses deux meurtrières. Deux trous de serrure, seuls liens entre la cours et elle, qui lui donnait la toute puissante impression d’être tous et personne, lui faisant pousser des ailes tout en l’effaçant du tableau. Une position bien enviable où elle s'abandonnait volontiers à observer discrètement les autres invités, verrouillant sous son masque un visage de cire aussi lisse que sérieux. Les grandes portes ouvertes de la salle de bal recrachaient irrégulièrement de nouveaux venus, tous de diamants tissés, comme une bouche trop bavarde qui palabre belles paroles sur belles paroles. Et à chaque nouveau masque son nouveau mystère, et un nouveau poids sur son cœur de verre qui battait fébrilement à la vue de ces splendeurs.

Fermement accrochée à son cavalier, Othello avait instinctivement enroulée ses doigts fins autour du coude masculin, trouvant dans la foule encore éparse une plus grande menace qu’au cœur des festivaliers. Menée par le comte de Béon, qui les invita à se servir un verre du précieux breuvage vanesien, elle ne pu s’empêcher de remarquer que son cavalier attirait les regards. Et elle reconnaissait sans peine qu’il avait fier allure, et qu’il irradiait d'une prestance et d’un charisme remarquable, la représentation élégante d’un comté séculaire. Sans doute était elle plus rassurée par sa présence que par celle des gardes qui protégeaient la panache de la cours eridanienne. Tout en lui emboitant le pas, elle ne s’éloigna pas d’un pouce jusqu’à ce qu’ils aient mis leurs mains sur les pétillantes coupes. Tout en écoutant le chevalier, elle pu enfin découvrir le liquide doré : discrètement, elle releva le bout de son masque pour laisser se glisser le verre jusqu’à ses lèvres, sentant les bulles crépitantes dont parlait Walter chatouiller sa langue.


« Ma foi, c’est délicieux. » Avoua-t-elle en reposant son visage à sa place, répondant à sa constatation par une autre éloge. « Ils ne sont pas maladroits pour l’élaboration des breuvages non plus. »

Alors qu’elle observait l’entrée, une créature blonde et masquée d’or fit son entrée, enveloppée par la grâce et la lumière, aux bras d’un gentilhomme respirant une certaine assurance. La sirène retint son souffle dans la cage de sa poitrine, happée par la vision étrangement familière de la silhouette rayonnante, toute de blanc vêtue. Sans réfléchir, la sirène sembla se redresser, plissé ses yeux derrière les fentes de son masque, se concentrer pour mieux voir. Comme si le goudron et la fumée s’invitaient de nouveau dans sa gorge, la vue de la jeune femme semblait la ramener des années dans le futur, et réveilla en elle le cruel besoin de fuir et en même temps de la protéger. Le destin lui jouait il un tour ? Ou était ce là un stratagème de ses yeux qui la méprenaient pour la sindarine de son avenir ? Othello silla, et détourna la tête. Elle devait se méprendre… sûrement.

Heureusement, Walter avait le verbe fin et l’humeur piquant, et finit de ravir ses pensées en quelques suppositions intrépides sur l’identité des invités. Bien abritée, elle ne manquait pas de sourire sous son masque, révélant dès que ce fut possible son allégresse pour attaquer un peu plus son verre. Finalement, elle alla de même avec ses propres pronostiques, bien que ses connaissances des autres maisons de la noblesse ne se fassent cruellement limitées. De temps à autres, elle se tournait de nouveau vers l’entrée, contemplant des étoiles sous ses cils d’argent ceux que la bouche pouvait bien recracher dans cette bouillante marmite : un zelos étonnant aux épaules découpées accompagnant un terran moins brillant mais de plus noble facture, un élégant gentleman tout habillé de lumière avec au bout des doigts une splendide vision, enveloppée de désert et d’or. Ses yeux sombres s’attardèrent plus que de raison sur la danseuse argyreene, charmante et charmeuse, laissant la naïade flotter dans une hypnotique transe jusqu’à ce que son cavalier ne les mène plus loin. Dans leur sillage, une silhouette étonnement familière et fleuri, qu’Othello reconnu sans peine, surprise de le croiser à cet événement- le prêtre avait également été convié à la fête ? Il dégageait une aura d’assurance nouvelle, et avait tout d’un noble eridanien. Une vision étonnante, pour elle qui le croyait au Monastère.

En proférant une dernière tentative pour percer à jour l’identité secrète d’une dame très pompeusement masquée par un visage de plumes colorées, elle finit par atteindre la moitié de sa flûte quand Walter lui fit remarquer l’absence des principaux concernés, la famille ducale en personne.

« - Se laisser désirer est une stratégie longuement usée, mais espérons que nous ayons encore tous nos moyens pour les accueillir. » Répliqua-t-elle, mais elle n’eut pas le temps de prononcer ses derniers mots que la musique s'adoucit brusquement, laissant toute la place et l’attention à leurs généreux hôtes.

Comme des conquérants, le lion et sa meute s’ouvrirent un chemin royale jusqu’au devant de la scène, arrivant jusqu’au devant de la foule avec le charisme des puissants. Othello resta impassible devant la famille ducale, bien à l’abri de son masque interdit. Ils dégageaient une aura certaine… De quoi rappeler à la foule chez qui ils étaient accueillis. Néanmoins, il se détachait de cette attroupement une fluette demoiselle, fine et remarquable, qui attira brusquement son attention. Une perle de rosée bien gracieuse, qu’elle devinait être la reine de la fête. La jeune Pandora Vanes s’avança, illuminée de sa lumière, le port altier, auréolée de charme. La sirène lui prêta une oreille attentive tout au long de son intervention, ne pouvant s’empêcher de ressentir une certaine fierté face à ces paroles sages et justes. L’esprit de sororité était tenace pour les prêtresses de Cimmeria. La gracile fleur lui faisait l’effet d’une jeune recrue nouvellement sacrée, une hirondelle de cristal dans une cage dorée. Elle ne manquerait pas de lui rendre ses hommages dès qu’elle en aurait la possibilité, la fleur en tissu toujours en attente d’être remise entre ces mains. D’ici là, elle se contenta d’applaudir chaudement les premiers mots de l’héritière.

Retrempant une nouvelle fois ses lèvres dans le liquide, elle écouta Walter lui murmurer les secrets inavouables du duc, comprenant en même temps que même les plus convenables maisons avaient leurs secrets inavouables.

« Heureusement pour Niveria que je n’eu pas de prédécesseurs de sang, ou j’aurai peut-être fini avec un cousin ou un frère inconnu. » S’amusa-t-elle de répliquer, commentant avec aigreur de sa situation compliquée, et de ses origines tout aussi obscures.

Mais elle n’eu pas le temps de répliquer de nouveau que Walter attira brusquement leur attention sur une dame non loin, dont tout trahissait l’identité. Othello ne se cachait pas de sourire bêtement sous son masque à la vue de la général, fort bien habillée pour l’occasion. Chassant la surprise de la découvrir pour la première fois dans des atours de Dame, elle se rappela plutôt de la première fois où elle l’avait rencontrée, blessée sur un brancard de fortune. Elle n’essayerai plus de la soigner de ci tôt, d’ailleurs, tant la louve de Mephrit l’avait impressionnée. Avec un engouement engaillardi par l’enthousiasme et l’allégresse de son cavalier, la duchesse le suivie volontiers jusqu’à Cassandra Raikes, l’âme de l’armée, habilement déguisée sous un masque de soie noire.

« Je vois tout à fait de qui il s’agit. » Avoua t elle à Walter « Et ce serait un plaisir de la saluer ».

Ils finirent par arriver à sa hauteur, d’où Othello pu apprécier un peu mieux le charisme et la posture. Elle conservait son port militaire, au bout d'un dos remarquablement droit. Le personnage n’était finalement pas different, même si elle pouvait jurer que Cassandra serait probablement plus à l’aise une épée entre les mains à trancher des têtes sur un champs de bataille plutôt qu’à siroter des coupelles devant un parterre de nantis.
Et elle semblait en élégante compagnie puisque non loin d'elle, deux autres femmes s’affairaient, qu'elle devinait être de sa famille. Le duché de Mephrit était donc particulièrement bien gardé. Walter la salua en premier, prenant sûrement grand plaisir à ne pas révéler son identité. La jeune duchesse réfléchi à son tour à la délicatesse de l’exercice, qui n’avait pourtant rien de compliqué. Étant la seule yorka de la noblesse, et la seule à porter hautement deux oreilles plus proches de nageoires que d’un grotesque labyrinthe de peau, son identité ne devait pas relever du mystère.

« Ma Dame, c’est un plaisir de vous retrouver ici. » Elle exécuta un salut simple et familier qui souleva en grande envolée légère quelques couches de tulle rouge. « Les murs de Nivalessa résonnent encore de votre discours. »

Par cet indice- ou plutôt ce bâton tendu, elle espérait bien avoir fait fondre tous les doutes quand aux visages sous leurs masques. Après sa venue à la cité ducal, Othello avait œuvré à faire de la compagne martiale une réussite en fournissant un accès universel aux soins des soldats et elle gardait de cette collaboration un souvenir très agréable. Cassandra était une femme remarquable au-delà de ses exploits d’arme, et la duchesse de Niveria l’avait depuis en haute estime.

« Comment appréciez vous la soirée ? Cela doit vous changer des camps militaires. Les breuvages y sont plus... Pétillants. » Othello souriait allégrement sous son masque fermée, mais sa joie se lisait dans ses yeux toujours visibles et les oscillation de sa voix. Sincèrement curieuse du devenir de la dame depuis leur dernier échange, elle savoura une nouvelle gorgée de sa flûte, gardant son niveau à l’œil pour ne pas sombrer dans l’ivresse et reproduire dramatiquement son état de l’après midi, se gardant un peu de force pour profiter de quelques pas de danse sur la piste qui s’installait déjà.
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeMer 28 Oct - 10:36

Clyde était au buffet. Que prendre ? Naïa n’étant pas une grande amatrice d’alcool, il savait qu’il ne devrait rien prendre de fort pour elle. Même s’ils étaient là pour se détendre, le rouquin savait pertinemment qu’il y avait une manœuvre politique. La jeune femme représentait son comté. Il fallait donc qu’elle prenne vite l’assurance. Donc… Un alcool léger pour la dérider un petit peu.

- Et bien et bien…. C’est qu’il y a de jolies poulettes dans la volière.


À cette grosse voix, Clyde crut qu’il allait en faire tomber son verre. Qui manquait d’autant de discrétion ? Il tourna la tête et remarqua un Zélos. Il était grand et semblait bien assuré… Plus que son jeune maître. L’homme était blond et était plutôt mignon. Il semblait également mal à l’aise face à tout ce beau monde et cela amusa un peu le rouquin. Cela lui faisait un point commun avec son amie. Peut-être devrait-il en savoir plus sur ce seigneur… Savoir s’il ferait un bon parti pour Naïa.

Ciel ! Ne venait-il pas de réfléchir à l’idée d’une union ? Il avait le sentiment de devenir comme l’oncle de Naïa. Cette pensée le dérangea quelque peu. Jamais il n’était parvenu à imaginer Naïa avec quelqu’un. Même la jeune Sindarine ne semblait pas en exprimer le besoin.
C’était complexe en réalité pour la jeune Sindarine… Elle vivait plus longtemps que la plupart des humains. Le Comte de Béon, Claudel, et même lui finirait pas vieillir et mourir bien avant elle. La jeune femme n’en parlait pas, mais elle avait déjà vu des proches à elle s’éteindre. Peut-être même avait-elle était plus heureuse parmi les autres Sindarins ? Qui prendrait soin d’elle quand il ne sera plus là ? Il chassa cette mauvaise idée et regarda un peu plus le Zélos qui semblait regarder dans la direction de… Naïa ?!

Clyde détourna le regard. Allons, peut-être qu’il avait cru voir ça, mais qu’il n’en était rien ?

***

Le bal se remplissait et la jeune Vanes avait fait son entrée. Naïa l’avait regardé de haut en bas avec beaucoup d’admirations. Elle était bien plus jeune qu’elle et semblait faire preuve d’une grande aisance dans cette société mondaine. Comment faisait-elle ? La jeune Sindarine en était envieuse. Tout ce monde… Elle n’était guère à l’aise. De plus, Clyde l’avait temporairement abandonnée pour chercher une collation… Allons, elle devait se ressaisir. Elle était la descendante des Thyssen et devait s’en montrer digne. Elle regarda autour d’elle. Quelque chose la rassura, elle ne semblait pas être la seule non-terran ici. Au moins, elle ne serait pas une bête de foire. Elle commença doucement à se sentir plus à l’aise et un fin sourire commença à naître sur ses lèvres fines.

Elle commença alors à regarder autour d’elle un peu plus, peut-être finirait-elle par reconnaître quelqu’un avec qui discuter où peut-être même danser ? Elle fit quelques pas dans sa sublime robe blanche et vint non sans mal à voir le Comte de Béon. Voilà quelqu’un qu’elle connaissait. Mais alors qu’elle pensait le rejoindre, elle remarqua quelqu’un à son bras. Une jeune femme qui lui disait étrangement quelque chose. Était-ce possible ? Est-ce que c’était vraiment elle ? Naïa sentit son cœur battre à tout rompre et vint à se souvenir de ce pourquoi elle était revenu un peu plus vers son oncle… Mais… Après mûre réflexion, Naïa était persuadée que tout ceci avait était un rêve. Cela lui remonta d’autres mauvais souvenirs.

Ne pas paniquer. Elle devait rester normale. Aussi, elle se dirigea avec grâce vers son jeune ami qui était encore indécis face à la boisson qu’il devait prendre. Non loin d’eux, il y avait un homme blond accompagné d’un Zélos. Tout deux étaient drôlement bien vêtu. Clyde se retourna et devina non sans mal la détresse de Naïa.


“Et s’il était là ?
-Ne dis pas de bêtise. Ce n'était peut-être même pas un seigneur. Peut-être est-il mort d’ailleurs !
-Je… Je ne pense pas.”

Naïa chercha à se rassurer et inspira profondément avant d’expulser l’air de ses poumons et adressa un sourire rassurant. Ce sourire, si Clyde n’avait pas que le rôle “d’ami” il serait tombé amoureux de ce sourire.

“Tu as sans doute raison. C’est juste qu’il y a des questions qui viennent de surgir et peut-être pourrais-je avoir des réponses.

-Les réponses vont venir. Nous sommes ici pour profiter, ne l’oublions pas.”

Par la suite, il tendit enfin un verre à Naïa avec un sourire amusé.

“Bois un peu, après nous pourrions saluer le Comte de Béon.”

Naïa hocha de la tête et vint à prendre son verre. Son regarda vint ensuite à se poser vers le Zélos qui traînait non loin. Seul. Naïa eu un sourire en coin et lança à Clyde:

“Tu devrais lui parler peut-être ? Entre conseiller de noble, vous avez peut-être des bon tuyaux à vous échanger ?”

Clyde se sentit nerveux. Quoi ? Non ! Mais comment le dire à Naïa ?

“Où alors demande lui s’il ne veut pas me remplacer, grogna-t'il, je suis sûre qu’il serait ravi.”

Naïa éclata de rire, il était discret mais audible parmi les gens autour. Aussi, elle commença à prendre une gorgée de son verre. La soirée commençait et malgré les angoisses qu’elle venait d’avoir, elle avait le sentiment que tout se passerait bien.


Pour moi la vie de chaque individu est une pile de bonnes choses, et de mauvaises choses. Les bons moments ne te font pas forcément oublier les moments difficiles mais, dis-toi bien que les mauvaises expériences, ne gâchent pas forcément les bonnes expériences.
Je voyagerai n’importe où pour répondre à votre demande...
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeSam 31 Oct - 12:25

Le bal de la RoseÉvent


Le voilà donc à présent débarrasser de son adorable petit gêneur.

Le Zélos ricane doucement. Brigg est bien trop crédule pour son propre bien. C’est presque aussi facile de l’écarter que de convaincre un enfant de lui donner sa friandise. Après toutes ces années, il n’a toujours pas compris. S’en est presque affligeant.

* Il va vraiment falloir qu’on travaille là-dessus ! *

Mais plus tard. Alba n’est nullement là pour jouer les professeurs. Non, ce soir, il est là pour se jouer de la hiérarchie sociale, côtoyer ceux qui sont considérés comme l’élite  et souffler le nom de l'Atlantis dans le plus grand nombre de nobles oreilles possibles. Il est certes ici pour s’amuser et profiter au maximum de cette occasion qui ne se présentera sûrement qu’une seule fois dans sa vie mais ça n'exclut pas la possibilité d’essayer de faire quelques profits.

Mais par où commencer ? A qui se mêler ?

Le géant à la peau verte observe. Il n’y a ici que du beau monde. Duc, comtesse, barons. Il ignore à qui il a à faire. Et ce n’est pas uniquement le fait du masque. Brigg lui avait bien partagé ses connaissances générales concernant certaines grandes familles éridaniennes mais cela ne lui servira certainement dans ces conditions. Peut-être n’aurait-il pas dû dégager le petit, au final.

Ce n’est pas si grave, il se débrouillera bien sans lui. Ce ne doit pas être aussi terrible et compliqué que cela de traiter avec la noblesse !

Sur cette pensée, le regard sombre du Corsaire englobe la somptueuse salle de balle. La première chose que captent ses prunelles marrons est le sublime éclat d’un bijou des sables qui ne lui est pas aussi inconnu que cela. La magnifique Manat semble être en bonne compagnie ce soir. Alba ignore qui est l’homme qui l’accompagne mais il trouve qu’il forme une bien belle paire tous les deux. Peut-être ira-t-il la saluer plus tard. Une autre dame parée rouge détourne l’attention du Zélos de sa nouvelle partenaire en affaire. Il fronce les sourcils. Les couleurs arborées par son cavalier lui disent quelque chose. P’tit Brigg ne lui avait-il pas parlé d’une maison noble portant ces couleurs ?

* C’était quoi déjà ? *

Alba hausse les épaules, il ne se souvient plus. Brigg a cité tant et tant de noms que le propriétaire de l’Atlantis a fini par faire une overdose et en oublier la moitié. Connaissant le tempérament de son patron, le blondinet avait fait la leçon sur la noblesse éridanienne et ses coutumes les semaines qui suivirent la transaction avec Manat. Alba n'est pas dupe, il sait que son apprenti a fait tout ça dans le but qu'il ne fasse pas trop d’esclandres. L’homme tatoué s’en était un peu vexé au début. Que pensait-il ce vermisseau ? Qu’il était incapable de se tenir en société ? Alba se débrouillait bien mieux que Brigg ne se débrouillerait jamais ! Mais cela avait été le prix à payer pour trainer le p’tit jusqu’ici.

Et puis, ça lui sera sans doute utile.

Le regard du Zélos se reporte d’ailleurs sur le blond. Il sourit. Bien que galvanisé par les paroles d’Alba, Brigg reste fidèle à lui-même et détourne timidement le regard tandis qu’il croise celui de cette dame à l’allure martiale. Il semble hésiter à l’aborder. Subitement intéressé par la manoeuvre du Terran qu’il a pris sous son aile Alba suit son petit manège sans en perdre une miette. Par les dieux ! Est-ce possible d’être aussi indécis ?! Il soupire. Il vaut peut-être mieux qu’il le récupère avant qu’il ne fasse des bêtises.

Mais à peine le faux laquais a-t-il fait deux pas en direction de son supposé maître qu’une apparition vient briser sa résolution. Une somptueuse fleur sertie d’or avance dans sa direction. Il l’observe discrètement se demandant quel doux visage peut bien cacher ce masque d’or. Ce qui est certain c’est que la jolie dame est aussi terrane que lui. Ses oreilles allongées dépassant d’un chignon savamment travaillé trahissent ses origines sindarines. Cette divine apparition fait aussitôt oublié à Alba ce qu’il comptait faire quelques secondes plus tôt. Faisant mine d’observer l’assemblée tout en sirotant son verre de vin pétillant, il tend l’oreille et essaie de capter la conversation la noble jeune femme et son domestique. De quoi rit-elle ? Difficile de savoir avec tout ce brouhaha. Il lui jette un regard en coin, se demandant ce qu’une sindarine pouvait bien faire ici. Brigg ne lui avait rien mentionné de tel. Peu importe, ce n’est pas cela qui allait empêcher Alba de l’aborder. Il suffisait juste de trouver le bon prétexte.

Prétexte qui lui est servi sur un plateau d’argent tandis que la reine de la fête fait son entrée dans la danse. L’attention d’Alba se dirige vers l’estrade tandis que les lourds rideaux s’écartent pour dévoiler la jeune Vanes. La rose d’Eridania n’a certes pas volé sa réputation. Son discours le laisse perplexe. S’il fait l’hypothèse que la première partie est somme toute classique, la seconde lui paraît plutôt étrange. Alba ne connaît que peu de chose en matière de noblesse mais il est certain que placer le peuple au coeur de l’événement n’est pas chose courante.

Une jeune noble mettant sur un pied d’égalité noble et peuple. Le Zélos avait imaginé bien des choses concernant la jeune Vanes mais sans doute pas cela. Ca remettait les choses en perspective. Et l’idée qu’il avait partagé sur le ton de la boutade avec Brigg plus tôt dans la journée prend des allures de véritable résolution.

* Pas question de partir d’ici avant de lui avoir proposé une danse !*

Mais pour l’instant, la jeune demoiselle est confortablement installée. Elle ne quittera sans doute pas cette estrade avant un moment et c’est une toute autre personne qui a capté l’attention de notre cher Zélos.

- Et bien… Voilà un discours des plus atypiques, vous ne trouvez pas ? Souffle Alba tandis qu’il se tourne vers le couple installé juste à ses côtés, se fichant pas mal de savoir combien de convention sociale il peut briser en apostrophant comme ça une dame de haute naissance.

Il aurait très bien pu s’arrêter là. Mais Alba étant qui il est, il n'est nullement question d’être raisonnable ou mesuré. La retenue, c’est une bonne chose lorsqu’il fait affaire. Mais ce soir, il est là pour s’amuser.

Bien décidé à ne pas être simple spectateur ce soir, Alba reporte son regard vers l’estrade tandis qu’il reprend la parole.

- On dit de la jeune Vanes qu’elle est la rose d’Eridania mais ce n’est certes pas la seule fleur que je vois en ces lieux. Dit-il tandis que son regard se pose sur la jeune femme parée d’or.

Non, Alba n’a vraiment aucun respect pour les conventions. Il s’incline tout de même comme le lui a appris Brigg, ne sachant même pas si cela est circonstance ou non. Il se redresse et sourit.

- Si je puis me permettre, une dame de votre rang ne devrait pas se mêler à tout ce beau monde plutôt que de rester en compagnie des simples domestiques que nous sommes ?

On pourrait croire que le Zélos se tire lui-même une balle dans le pied mais la manoeuvre est tout autre. Cette belle dame ne semble être guère à l’aise depuis qu’elle avait fait son entrée. Il la suppose faite du même bois que son apprenti. Tout ce qu’il cherche à faire c’est de la distraire, jouer de sa timidité pour détourner son attention et la ramener sur lui tandis qu’il lui offre un sujet de discussion. Cela peut fonctionner comme ça peut échouer. Mais comment le savoir sans tenter sa chance. N’y a-t-il pas un vieux dicton qui dit “Qui ne tente rien, n’a rien”, après tout ?

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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeSam 31 Oct - 18:14



L'homme blanc comme les sommets des montagnes cimmériennes se penche à l'oreille de la belle des sables. Il susurre dans ces valons délicats des secrets oubliés. Les mots sont sans conséquence, le ton doucereux se veut charmant. Dans l'intimité d'un murmure, le souffle se perd dans le creux d'une dune, entre le cou et l'épaule, là où pourrait s'égarer la fièvre d'un amant. Le soupire n'est pourtant pas fiévreux et l'amant n'a, dit-il, pas cette priorité en tête. La délicieuse fleur du désert lui adresse pourtant un sourire de connivence.

Il ne cherche guère à cacher son appartenance à la race des sylphides mais, il n'en a aucun besoin. L'homme est sûr de lui quand bien même il se trouve dans la cour des lions, son beau visage reste de marbre sous son masque. Il lui assure son soutient si on venait à lui chercher querelles sur son habit, promettant de renvoyer n'importe quel malotru, qu'il soit bien né ne pesant pas dans la balance. Manat se tourne davantage vers son cavalier, la soie glisse contre ses mollets alors qu'elle fait face à Abel. Ses jolies émeraudes le fixent sans insistance. Silencieuse et attentive, elle le laisse poursuivre.

Il est curieux, plus que prudent. Il parle sans le redouter du temps où il faudra tomber le masque. Il sait qu'il sera peu apprécié mais n'en a pas moins apporté un cadeau pour la jeune Vanes à l'honneur. Puis, finalement, il interroge la présence de la créature qui face à lui, le couve du regard. La belle hisse ses bras jusqu'au cou de l'homme. Les longs bracelets, entrelacs d'or et d'ambre, qui serpentent sur sa peau caramel s'embrasent en captant les rayons des soleils couchant. Ses doigts d'or glissent le long du col de la chemise ivoire de son partenaire. Sans jamais toucher sa peau, la chaleur de ses dextres délicates caresse l'épiderme pâle alors que la danseuse semble remettre en bon ordre le pli du col. Le geste est gracieux, tendre sans doute pour les observateurs extérieurs.

- Qu'importe les raisons initiales de ma venue, peut-être étais-je destinée à faire votre connaissance ici et maintenant.

Sur son sourire, une malice adorable, un charme certain. L’enjôleuse créature finit cependant de lisser le col de cette chemise qui avait peut-être toujours été impeccable avant de s'écarter de son cavalier. Elle glisse son bras sous le sien alors qu'ils s'avancent dans la salle de bal. La famille Vanes fait son entrée. Le charisme de la famille ducale ne faisait pas de doute, ils respiraient la fierté et la richesse. Manat se demandait si les habitants de Taulmaril leurs ressemblaient.. avant de finir en charpies sanglantes. Ils étaient si beaux, drapés de soieries et d'or, de pouvoir et de puissance. Au devant d'eux, la fragile silhouette de la Rose d'Eridania, s'exprimait de sa voix fluette. La jouvencelle était exquise. Douce et tendre enfant que voilà. Pourtant, ce visage de porcelaine de petite fille parfaite, faisait un discours bien populaire pour ce parterre d'huiles.

La poupée rose aurait-elle quelques revendications ? Manat l'observe avec curiosité. Elle comprend mieux les mots qui décrivaient la jeune Vanes dans la bouche de Frelsi. Une gentille demoiselle qui pourrait même être intéressante, chose rare dans la noblesse éridanienne. La nérozia comprend pourquoi la petite souris portait cette jeune femme dans son coeur. Le petit discours finit, Manat applaudit poliment en jetant des regards aux réactions de ceux qui l'entourait. Finalement, personne n'osa trop moufter. Cela faisait sourire la nérozia, parfois, le discours importait moins que la personne qui le prononçait. Le temps était venu de s'avancer pour les prétendants à la première danse de la vie de femme de la belle et fortunée Pandora. Les jeunes hommes se regardaient fébrilement, en chiens de faïence, aucun n'osait faire le premier pas.. Il fallait dire que la stature du Duc de Vanes, dans l'ombre de sa seule fille, n'incitait pas à l'audace.

- Si vous le permettez, je vais vous quitter un instant. Mes responsabilités me rattrapent malgré tout le plaisir que j'ai à me tenir à votre côté.

Le bras d'or et d'ambre quitte la manche blanche du costume d'Abel alors que sa cavalière lui adresse un dernier regard avant de s'éloigner. Le voile noir de sa robe trop légère dessine les courbes de dunes volatiles, caressant les formes graciles de la silhouette qui s'échappe, disparaissant derrière d'autres convives. Manat ne laisse pas les regards indifférents sur son passage mais cela ne saurait l'entraver. Elle s'avance au devant de l'estrade ducale et sans hésitation aucune, passe devant les jouvenceaux hésitants, coupe leur élan frémissant sans la moindre considération. Avec confiance, le buste droit, le pas assuré, elle se présente à la famille ducale.

- Au nom des marcheurs des sables de la lointaine Argyrei, je vous présente mes hommages, mes seigneurs, mes dames.

Elle s'incline avec toute la grâce de ce corps de danseuse et toute la déférence qui semble nécessaire.

- Afin de ne pas trahir votre volonté, je ne saurai donner mon nom et me démasquer mais, j'espère que les modestes présents de ma communauté vous auront satisfaites mesdames. Ils ne sauraient rivalisés avec la délicate orfèvrerie de votre talentueux duché mais, je l'espère, auront attirés votre curiosité.

Se redressant enfin, elle adressa un sourire à la jeune Vanes mais, son regard se portait ailleurs. Manat semblait bien plus intéressée par la réaction de la véritable Dame de Vanes, Ophelia Vanes.

- Le jour de l'anniversaire d'un enfant, notre peuple honore aussi la mère. C'est après tout à elle que ce jour est du. Ces années témoignent de la bonne éducation et des bons soins qu'elle a pu prodiguer à son enfant. C'est la raison pour laquelle le premier présent vous était adressé, madame. J'espère que cette coutume exotique ne vous aura point offensée dans vos propres traditions.

Manat s'inclinait une seconde fois, cette fois, à l'intention de la duchesse. Évidemment, elle n'était pas venu sans intention à cette petite sauterie de nobles. Elle avait envoyé ses cadeaux au palais le matin, Erèbe était son émissaire. Ils étaient trop précieux pour qu'elle se balade avec toute la journée et un brin trop encombrants pour qu'elle les transporte elle-même pour les donner pendant la soirée. Puis, ces précieux présents n'avaient pas tant vocation à servir de cadeaux d'anniversaire que de premières pierres à une route pavée d'or.
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeDim 1 Nov - 11:19

Le bal de la Rose



Le 15 du mois Mirios 1306  


Il fallait bien avouer que la posture d'Abel légèrement penché au-dessus de Manat lui donnait la perspective d'une vue des plus agréables à regarder. Il aurait été des plus facile de se perdre dans cette délicieuse contemplation et de laisser son imagination divaguer. Cette femme était une vraie beauté, de quoi faire tourner bien des têtes. Tout chez elle transpirait la séduction. Sa façon de se mouvoir, son timbre de voix, son regard, sa bouche, il aurait fallu être un fou pour ne pas succomber à ses charmes. Quelque part au fond de lui, l'orgueil d'Abel était flatté d'avoir une telle créature à son bras, car il aurait pu tout aussi bien se retrouver accompagné d'une cavalière beaucoup moins séduisante. À l'occasion, il remercierait Shana pour son choix judicieux ou peut-être pas, finalement.

Voici que subitement la demoiselle lui faisait face dans un froissement de soie de plus délicat et le fixait avec intensité, ses mains venant glisser sur le gilet, remontant doucement le long du torse en une caresse légère jusqu'à atteindre son cou. Une caresse qui ne manquait pas de surprendre notre Sylphide qui venait poser ses prunelles acier sur ravissant minois de sa partenaire. Une chose était sûre, Manat connaissait les caractéristiques des Sylphides sur le bout de doigts. Sous les doigts audacieux, la demoiselle pouvait sentir les muscles de Conseiller frémirent légèrement.

Les doigts délicats ne se posaient à aucun moment sur la peau, mais ce dernier sentait leur chaleur à travers l'étoffe tandis qu'elle venait habilement remettre son col en place, pour peu qu'il eut été de travers, ce dont il doutait fortement. Il laissait faire, se contentant de la contempler avant de répondre au sourire de la demoiselle par un autre lorsqu'elle lui affirmait qu'elle était peut-être destinée à le rencontrer, tout simplement. Puis le plus naturellement du monde, elle s'accrochait à son bras avant qu'ils ne reprennent leur progression en direction du buffet le plus proche.

C'est alors que le héraut s'exprimait et que les rideaux s'ouvraient sur la famille Vanes ou plus exactement sur la plus jeune de leur représentante, Pandora. Le silence envahissait la salle alors que tous les regards se tournaient dans sa direction. La demoiselle eut quelques mots pour ses invités avant de s'exprimer de manière plus générale et son petit discourt avait quoi surprendre.
Ne venait-elle pas de mettre les nobles et le peuple sur un même pied d'égalité, sans distinction aucune ? Voilà qui était fort intéressant. Nul doute que cela allait avoir quelques répercussions dans l'assistance et que très vite certaines langues se déliraient.

À la fin de l'intervention de Pandora, Abel l'applaudit pensant qu'il serait intéressant de faire la connaissance de cette demoiselle au discours si revendicatif. S'ensuivit l'arrivée du restant de la famille Vanes. Le regard d'Abel détaillait chacun d'eux avec attention avant qu'il revienne à sa si charmante cavalière. Il s'apprêtait à lui proposer un verre lorsque cette dernière s'excusait de devoir l'abandonner. De bonne grâce, il laissait Manat s'éloigner, ne se privant pas de la suivre d'un regard appréciateur, remarquant les regards envieux ou dédaigneux que certains lançaient à sa cavalière ou sur lui. Nul doute qu'ils parleraient encore d'eux dans les semaines à venir et cela l'amusait, bien qu'il restait impassible.

Voici donc qu'il se retrouvait seul, l'espace de quelques minutes, observant du coup tout un chacun, le temps que Manat présentait ses hommages à la famille Vanes. On pouvait se rendre compte qu'elle avait l'art et la manière de le faire. Honorer la fille puis sa mère pour l'éducation exemplaire qu'elle avait su donner à son enfant était très habile, il devait l'avouer. Cette créature des sables était pleine de surprises et ce n'était pas pour lui déplaire.

Il percevait quelques bribes de discussion ci et là, mais n'éprouvait à aucun moment le besoin de se joindre à certains petits groupes qui se créaient. Il se contentait de saisir un verre de vin, regardait en direction de l'estrade et captait alors le regard de Pandora. Il levait son verre dans sa direction, la saluait d'un mouvement de tête courtois et portait le délicieux nectar à ses lèvres. La soirée s'annonçait intéressante à bien des points de vues.


Codage par Libella sur Graphiorum


Le Bal de la Rose - Palais ducal Image12


Dernière édition par Abel Thorn le Dim 29 Nov - 18:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeDim 1 Nov - 12:28

Ses cheveux d'argent laissant place à quelques murmures sur la ressemblance avec la famille ducal sur ce point-là, les murmures qui parvenaient à ses oreilles étaient surtout tournées aux multiples roses qui s'y trouvaient le long de ses mèches, entremêler avec des ronces qui cachaient l'identité même du haut prêtre de Delil connu pour avoir de tels artifices. Après tout, ce n'était pas la première fois qu'il venait au palais, ni dans la ville d'Heldor. Son apparence avait dû faire grand bruit après le coup d'éclat qu'il avait suscité à ses manières peu respectueuses qu'il regrette encore.
Heureusement, ce jour-là, ce fut la princesse qui sauva les apparences de sa venue en continuant ce qu'il avait commencé avec un herboriste local et son apprentie.
Les murmures des personnes les plus proches se contentait de commenter ses cheveux, bien que certains parlaient d'un homme passé il y a quelques mois avec les mêmes caractéristiques. Comme il s'agit du seul homme avec des roses blanches dans des cheveux d'argents, rien ne pouvait s'y tromper. Tournant la tête vers certains nobles, ses derniers faisant tout pour ne pas échanger le moindre regard. Néanmoins, Duscisio ne pouvait s'empêcher de ne rien laisser paraître et saluer silencieusement ceux qui l'avaient regardé en penchant le cou très légèrement en avant, le poing sur le flanc où se trouvait la gourde qu'il portera toute la soirée.

Après cet instant, la musique changea et un héraut annonça l'entrée de la famille ducal en personne, à commencer par la reine du bal de ce soir. Si le haut-prêtre fut plus que surpris par la différence de vêtement par rapport à l'après-midi passé, il fut néanmoins quelques peu soulagé, souriant même, à ce qu'il ne choisisse la seconde tenue qu'il sortait du tailleur. Se faisant déjà remarqué par son apparence actuelle, avoir la tenue heldorienne sur les épaules l'auraient beaucoup trop affiché. Elle n'en restera pas moins sa seconde tenue de fonction.
Quant à celle de la petite princesse, tous les yeux étaient bien entendus tournée vers elle alors que son discours d'entrée était prononcé de sa voix fluette pour le début du bal de ses dix-huit ans. Son élégance marquée par le vêtement traditionnel locale, dans la nuance claire de roses, la jeune fille... Non. La jeune femme remercia l'assemblée pour avoir répondu à son invitations. Ses mots étaient choisis afin de mettre sous le même toit, noble et habitants. Néanmoins, certains semblaient voir cela sonné faux. Pour le rosier blanc c'était tout autre. Il savait parfaitement qu'elle accordait autant d'importance aux noble qu'aux gens du peuple pour l'y avoir suivi lors de sa première visite, mais également pour avoir continuer la tâche qui aurait dû être celui du haut-prêtre sur le suivi de la maladie. Elle l'avait faite à sa place et en fit rapport dans sa lettre d'invitation.
Duscisio était donc là pour de raison : son anniversaire et le suivi de la maladie. Pourtant ses pensées étaient tournées vers de nombreux sujets bien plus imposant qu'il n'y parait. Ce soir, il allait gardé ses pensées personnelles et se concentrer sur le bal. Il porta donc à ce que sa responsabilité se tourne vers la politesse de sa présence, bien que minime, mais bel et bien là.

Ne portant pas de coupe à la main, il commença un discret applaudissement qui en engageât d'autres à faire de même. Petit à petit, les applaudissements s'intensifièrent et d'autant plus quand le reste de la famille entra.
Chacun de ses membres avaient la particularité d'avoir les cheveux argents, le faux noble éridanien comprenait alors pourquoi il suscitait ses quelques murmures au début. On aurait pu le prendre pour un cousin éloigné peut-être. Une autre question encore, savoir pourquoi la petite princesse n'avait plus cette couleur de cheveux.
S'il ne connaissait que la duchesse et sa fille. Non surprit de voir une famille déjà bien nombreuse, la présence du duc est la plus imposante.

Les Vanes prirent place sur les fauteuils de l'estrade dominant le bal. D'ici toutes personnes se veillaient surveiller. D'une manière ou d'une autre, il posera le regard sur la chevelure d'argent, fleuris de multiples roses blanches. Ce point-là pourrait très bien lui rappeler le récit de son premier passage. Pour savoir ce qu'il en pensait, il allait devoir poser directement la question ou attendre qu'il en parle de lui-même au principal intéressé.
La musique reprend, la scène est en place et les boissons furent servi. Le choix de l'albinos ? Aucune coupe. Il se contentait d'observer autour de lui les personnes présentes, qui se mêlait de diverses peuplades et tenues qui attire les regards de part et d'autres. Des plus exotiques au plus voyante, la jeune femme en robe rouge par exemple qui semblait reconnaître entre mille. Sans contre façon, elle était accompagnée du conte de Beon. Si ce Walter restait surveillé du coin de l'œil par le haut-prêtre, il restait la plupart du temps sur la jeune femme même si cela se compte que sur quelques secondes.

La princesse Vanes semblait satisfaite. Si sa balade de l'après-midi devait l'avoir libéré du protocole, Duscisio se sentait un peu confus du fait d'avoir privilégier la prudence devant des inconnues, même si elle les connaissait. La méfiance est un trait de caractère du haut-prêtre que l'on ne comble pas facilement. S'amuser est aussi un rare privilège dont il peut disposer. Même pour le lendemain de ce bal où le haut-prêtre lui-même prendra une année de plus et aller sur ses vingt-six années d'existence non vide de récit à raconter à ses proches.
Qu'allait-il faire à présent ? En regardant autour de lui, il ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'il était l'une des rares personnes à être venue seule ou à rester seul. Son apparence étrange éloignait les autres invités à l'approcher ? Quoi qu'il en soit, il en était de même pour la jeune femme habillée de rose. Le fait qu'elle soit la fille du duc ne semblait encourager personne à l'aborder ?
Une jeune femme dans une tenue exotique eut quand même la politesse de lui adresser la parole et ses respects. Comme il était proche, il put entendre et prendre leçon de ses tournures de phrases.

Mes hommages à la famille Vanes.

La tête baissée, pied droit devant, main gauche derrière et légèrement incliné en avant. Le Rosier blanc se présenta à elle la paume de sa main ouverte et semblait présenter une quelconque assurance, même si intérieurement il n'était pas certain lui-même de ce qu'il faisait ni s'il allait être à la hauteur.
Une chose certaine c'est qu'il devait sûrement s'être attiré tous les regards de l'assemblée et de sa famille pour ce geste.

Commençons dignement cet événement qui n'arrive qu'une fois dans sa vie. Avec tout mon respect, puis-je invité la reine du bal au centre de toutes les attentions ?

Si son invitation était maladroite de son point de vue, il avait néanmoins eu le courage d'affronter en premier la pression que pourrait exercer le fait d'être le cavalier de la rose d'heldor.
Levant la tête pour la regarder dans les yeux, la main attendant présentement celle de la jeune femme acceptant la demande. Son masque blanc et sa rose caractéristiques confirmeraient bien de l'identité du jeune homme en face d'elle.
Qui plus ait, il pourrait également engager une conversation allant de la politesse au contenu de sa lettre d'invitation qui restait dans le coin de sa tête.


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Merci Othello pour le Kit

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Pandora Vanes
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeDim 8 Nov - 12:14


Le duc à sa droite, la duchesse à sa gauche, son frère ainé à la droite de son père, Pandora ne saurait que se tenir bien droite sur son siège. Elle sentait peser sur sa nuque, le regard sévère qui dardait derrière le masque flamboyant de la duchesse. Sa mère n'aimerait sans doute pas son petit discours mais, Pandora l'enfant sage, avait sans doute commencé à disparaitre dès lors que ses cheveux avaient choisis le rose. La jeune femme affiche un sourire courtois, ne laisse pas deviner le tourbillon qui agite son cœur. Cela semblera sans doute anecdotique pour beaucoup mais pour la jeune Vanes, des mots peuvent commencer une révolution.

Elle n'osait pas lancer un regard sur sa droite pourtant, elle se demandait si le duc allait la réprimander. C'était un père aimant, lorsqu'elle était encore une enfant. Elle gardait de lui de précieux et chaleureux souvenirs, bien loin de l'image que plus tard, elle découvrirait. Celle d'un homme dur, rigide, autoritaire, un meneur d'hommes à la poigne de fer. Celle d'un stratège militaire sans pitié, d'un dirigeant brillant mais intransigeant. Où était le père qui lui lisait des livres sur les chevaliers de l'ordre d'Oris dans toutes ces histoires ? En grandissant, il s'était éloigné. Elle devenait une femme et son éducation n'était pas à faire par un homme de sa stature. Elle peinait à se souvenir de leur dernière longue conversation.

Les gens changent, dit-on. La jeune Vanes ne dérogeait pas à la règle. Elle avait grandi et ses yeux de petites filles s'étaient ouvert sur un monde où les monstres n'avaient rien à voir avec les ombres chimériques des livres de contes. Les monstres étaient bien réels et, un jour, perdue dans le temps, prise dans le feu d'une guerre qu'elle n'aurait jamais du connaître, ils s'étaient montrés à elle. Sans artifice, sans tromperie, ils s'étaient dévoilés hommes. Cette vérité qui aurait pu épargner, toute sa vie durant, l'enfant de Vanes, l'avait frappée avec toute la vivacité et la férocité d'une arme levée pour tuer. Sans doute, l'enfant était morte ce jour là.

Les prunelles roses de la princesse d'Heldor s'arrêtent sur un homme tout de blanc vêtu. Alors que leurs regards se croisent il lève son verre à son attention. Pandora le gratifie d'un léger mouvement du menton et l'imite poliment. Des cheveux blancs, une haute stature, des vêtements de noble facture mais d'un style plus Hesperan, Pandora avait quelques doutes sur son identité mais, elle fut rapidement convaincue par un détail. L'homme était audacieux, ou imprudent, de se montrer à la cour d'un duc alors qu'il en avait insulté un autre quelques semaines plus tôt. La broche en forme de couronne qu'il arborait si fièrement à son col trahissait son identité, pour ceux qui sauraient assembler les pièces du puzzle. Pandora se prenait volontiers au jeu, bien plus ravie d'avoir percé le secret de ce masque que réellement inquiète de l'audace du conseiller du roi.

Le Roi quant à lui, ne serait pas de la soirée. Le messager était en effet revenu du palais royal avec de bien mauvaises nouvelles. Pandora n'avait évidemment rien laissé paraitre de sa déception et la famille avait envoyé tous ses vœux de rétablissement à leur monarque mais, elle était bien déçue de cette triste tournure. Elle fut vite distraite de ces mornes pensées par l'arrivée d'une femme trop peu vêtue pour être originaire de la noblesse d'Eridania. Si Alexandre Vanes avait déjà toute son attention, elle eut bien vite celle de Pandora aussi, les "marcheurs des sables" d'Argyrei, cela disait quelque chose à la jeune Vanes. Elle avait passé quelques années à Amaryl et les tribus du désert la fascinaient alors, comme des êtres libres et insaisissables peuvent fasciner une petite princesse prisonnière d'un temple de connaissances. Pandora avait beaucoup appréciée son long séjour dans le désert, même si elle n'avait pu vivre que sous la protection du lourd toit de la masure des érudits et explorer le désert qu'en de très brèves et nocturnes occasions. Elle s'était promis de retourner à Amaryl dès qu'elle le pourrait, aider à la reconstruction de la ville, elle espérait en tant qu'Eclari accomplit mais, ce chemin semblait bien difficile à trouver.

Les cadeaux de la tribu du désert étaient arrivés plus tôt et, comme le disait la belle argyréenne, n'étaient pas entièrement destinés à Pandora. C'est Ophelia Vanes qui prit la parole en première.

- C'est là une coutume tout à fait honorable, Dame Kel'Imaziḡen.

La duchesse n'avait que faire de ce petit jeu de dupes et aucun masque ne saurait contraindre son regard acéré. Si la duchesse n'aimait guère que des étrangers s'installent sur des fauteuils destinés aux nobles familles éridaniennes, elle n'avait cependant aucun grief contre les émissaires et les marchands extérieurs. L'économie de Vanes comportait une belle part d'exportations.

- Vos présents étaient charmants et on tout à fait atteins le but escompté.

Rares étaient les occasions où Pandora entendait sa mère s'exprimer avec un tel enthousiasme. La jeune femme à la peau hâlée qui s'inclinait devant les lions avaient visiblement compris comment s'adresser à la maîtresse des lieux. Une rivière de diamants était de ces fleuves que Ophelia Vanes aimait à naviguer.

Un tout autre aspect de cette conversation à destination bien commerciale attirait la curiosité de Pandora. Dans ses souvenirs, les marcheurs étaient une tribu nomade, une des plus vieilles du désert d'Argyrei, ils étaient très attachés à leur mode de vie. Leur itinérance était source de richesses plus spirituelles que matérielles et si Pandora ne doutait pas qu'ils soient de fameux artisans elle peinait à croire que les bijoux qu'apportaient la Dame de sable, aient pu être réalisés entre deux dunes.

La rose demoiselle n'eut pas l'occasion d'exprimer ses questionnements, ses prunelles s'étaient arrêtées sur la silhouette masculine qui approchait précautionneusement de l'estrade. Il n'était pas difficile de percer ce masque ci. Elle reconnaissait le masque qu'elle avait envoyé mais qu'il l'eut porté ou non, elle était certaine qu'elle aurait reconnu le bien maladroit prêtre quel que soit son vêtement. La jeune femme lui adressait un sourire approbateur alors qu'à l'angle de son champ de vision elle percevait le conseiller Ulster faire lui aussi un pas dans sa direction.

- Conseiller, veuillez prendre les dispositions nécessaires auprès de notre invitée. Dame Kel'Imaziḡen, je vous laisse apprécier votre soirée parmi nous.

Rappelée à ses devoirs, Pandora détourne le regard du Haut Prêtre pour acquiescer à l'adresse de celle qui était passé d'inconnue outrageusement vêtue à invitée de Vanes, en un subtile clignement de paupière. Savoir manier l'étiquette pouvait ouvrir bien des portes, une leçon qu'appliquait à son tour le Haut Prêtre de Délil alors qu'il s'inclinait devant les lions.

Alors qu'il faisait sa demande, main tendue, sous le regard bienveillant de la Rose d'Eridania, un autre homme se présenta à son côté. Son masque était finement ouvragé mais nul ne pourrait douter de son identité s'il connaissait un tant soit peu la cour ducale. Le conseiller Ulster et ses longs cheveux roses pour l'occasion, intervenait à peine le Haut Prêtre eut-il fini sa phrase.

- Pardonnez mon audace mais ce serait un honneur d'être votre premier cavalier, mademoiselle, avec l'accord du Duc s'il le permet.

Pandora n'était pas naïve et connaissait parfaitement les rumeurs concernant les intentions du conseiller à son égard, tout comme elle savait la valeur que pouvait avoir sa première danse en tant que femme. Elle appréciait Liam Ulster pour ses qualités de conseiller mais ne connaissait que peu l'homme derrière le titre. Elle avait bien davantage envie de confier ses premiers pas au Haut Prêtre qu'elle n'imaginait guère avoir quelconques intensions romantiques à son attention. Comme si l'homme était corps et âme dévoué à son dieu et que toutes attractions terrestres lui échappaient, de la même manière que le protocole lui était étranger. Protocole qu'il prouvait pourtant avoir, au moins en partie, appris depuis sa dernière visite.

Elle se tournait donc vers le conseiller, un sourire éternel tissé de convenances aux lèvres.

- Messir Uls..

Elle n'eut pas le loisir de poursuivre, un mouvement sur sa droite interrompit sa phrase et le cour de ses pensées. L'attention que pouvait porter l'assemblée aux deux protagonistes réclamant la première danse de Pandora, se reporta entièrement sur ce mouvement. Charles Vanes s'était levé. Passant devant les prétendants et la femme du désert sans leur prêter attention, il s'arrêta au côté de sa fille et sans prononcer un mot, lui tendit sa main. Une grande main, marquée par l'exercice martial, comme tatouée du pommeau de l'épée, striée des années passées à régner sur ce duché. Nul sourire sur son visage sévère mais dans son regard gris acier, une lueur seulement visible de Pandora. Une lumière chaleureuse qu'elle croyait perdue, imaginée par une petite fille.

Dans la large main du duc se pose la fine dextre de sa fille. Éclipsant tous les prétendants, le Duc avait décidé qu'aucun homme présent ne serait digne de cette danse. La première danse d'une vie de femme, ou la dernière danse de l'enfant qu'il avait un temps choyé.

L'orchestre se met en branle alors que père et fille rejoignent le centre de la salle de bal. Sur une mélodie bien solennelle, les premiers pas seront les leurs mais d'autres se joindront bientôt à eux. Dans un assourdissant murmure de tissu, les couples de danseurs se forment et s'entrainent au milieu des notes de violoncelles.


Le Bal de la Rose - Palais ducal L1cq
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeSam 21 Nov - 12:14

The Rose's Ball - Ducal Palace
Pas un commentaire ne fusa, ni la moindre réaction ne se déclencha chez moi à part une attention sévère lorsque les maîtres des lieux, la famille Vanes, se pointa dans la salle de bal afin de saluer l'assemblée nobliarde. La jeune Pandora fut la première à venir, dans cette carrure bien finaude mais normal pour une jeune fille de son âge, élevée dans la bonne tradition de fille de noble. Une voix fluette s'éleva afin de donner dans le bon discours d'idéaliste et, fait notable, en mettant noblesse et bas peuple sur un pied d'égalité. Pas sûr que son discours ne trouve écho au milieu de l'assemblée... En ce qui me concernait, cela ne me fit ni chaud, ni froid. Je fréquentai de la noblesse quotidiennement au sein de mon état-major ou de mes officiers, tout comme j'étais au milieu de la piétaille qui n'avait même pas le statut de bourgeois. Peu d'officiers étaient de naissance basse mais ils existaient et dans l'armée, peu importe sa provenance sociale, on pouvait s'élever. J'avais déjà recalé des enfants de noble à des postes d'officiers parce qu'ils étaient incompétents et peu importe les pressions nobiliaires.

À la fin du discours, j'applaudis discrètement en tapotant mes mains l'une dans l'autre pendant quelques secondes avant de considérer avec davantage de sévérité le reste de la famille Vanes. Je fis un hochement imperceptible de tête envers la duchesse avant d'incliner davantage la tête devant le duc afin de le saluer en silence. Le vieil homme ne devait pas garder de très bons souvenirs de nos dernières rencontres... Je prêtai à peine attention au jeune fils des Vanes, il n'était que peu d'intérêt à mes yeux. Je repris de mon champagne avant de tourner la tête, pour voir Daisi déjà en grande conversation avec un couple de nobliards. Où était Edlyn ? Je mis bien une bonne minute pour la reconnaître au milieu de la foule, elle était en train de griffonner dans son calepin à croquis... Elle était incorrigible mais venir ici serait sûrement une bonne source d'inspiration pour l'artiste qu'elle était. Hm... Tenant mon verre, j'entendis une voix masculine m'appeler. Un couple s'approcha alors que je les toisais de mon attention sévère.

Madame la duchesse... Monsieur le Comte.

Fis-je d'une voix un brin snobinarde, reconnaissant tout d'abord la jeune femme frêle. Je ne connaissais qu'une personne comme elle, la duchesse de Nivéria, Othello Lehoia. L'homme... je mis une poignée de secondes pour le reconnaître avec une démarche assez gauche à mon goût, il n'était pas dans son élément. Et son allure générale me rappelait quelqu'un... C'était le comte de Béon, Walter Veldar. Ce dernier me rappela au bon souvenir de notre dernière rencontre en me qualifiant par mon titre de noblesse. Il avait de la mémoire, j'avais failli l'oublier...

Je ne suis pas ici par gaieté de cœur, mais il faut bien malheureusement accomplir ses devoirs de noblesse. C'est une opportunité intéressante pour vous d'être ici, Comte, si vous voulez espérer survivre à la noblesse éridanienne. En étant à la tête d'un domaine, faudra vous y faire.

Othello fut la suivante à s'exprimer, sa salutation étant une preuve en soi de son identité. En effet, elle me rappelait encore ma visite chez elle alors que la campagne d'épuration de la Grande Désolation allait commencer. Je fis un simple signe de tête à sa salutation avant de lui répondre, non sans boire dans ma coupe.

Je comprends. Un discours qui était nécessaire... Cette soirée me laisse circonspecte. Je n'avais pas vu un tel parterre de nantis depuis le dernier bal d'officiers à Hesperia. Ils sont tous ici à... attendre quelque chose de la part des Vanes et je me rappelle pourquoi je ne tiens pas les nobliards en haute estime. Il y a néanmoins des personnages hauts en couleur...

Mon regard dévia légèrement pour désigner d'un discret signe du menton la jeune femme argyrienne, très peu vêtue en comparaison à d'autres femmes et qui était en train de présenter ses respects à la duchesse de Vanes. Je la regardai encore un instant, captivée par la couleur bronzée de sa peau. J'imaginai que c'était le lot de gens qui habitaient dans une région très chaude et ensoleillée comme un désert... Je croisai son regard un instant avant de le détourner pour revenir à mes interlocuteurs. On dirait qu'ils avaient l'air d'attendre quelconque signe de ma part.

Hm... Et pour vous, cette soirée s'annonce comment ? Il va falloir danser je vous rappelle... Je danse mieux avec mon épée. Mais je ne désespère pas trouver un cavalier... ou une cavalière.

Pour le coup, je ne savais pas ce qu'il en état chez les Vanes, si c'était mal vu chez eux de danser avec une femme en étant soi même une femme. D'ailleurs certains et certaines, duc et fille Vanes en tête se mirent déjà en branle sur la piste de danse. J'y avais pensé un instant mais je leur présenterai mes sœurs plus tard...

15 Mirios, Saison Enkilil, 1306 Ère Obscure
Codage par Libella sur Graphiorum


Le Bal de la Rose - Palais ducal Rmk5
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MessageSujet: Re: Le Bal de la Rose - Palais ducal   Le Bal de la Rose - Palais ducal Icon_minitimeSam 21 Nov - 16:09

Le regard de Cassandra Raikes fut surtout attiré par la cavalière de Walter. Othello l'avait déjà rencontré et sans doute cette entrevue avait plus marquée la Générale que celle qu'elle avait eu avec Walter. Même si cela n'avait duré qu'un instant, il sentit qu'elle avait mis un court instant avant de le remettre.
La duchesse de Méphrit fut très directe, comme dans le souvenir du comte de Béon. Elle expliqua sans fard qu'elle n'appréciait guère se trouver ici et que sa présence était essentiellement dû à ses devoirs. Ce fut aussi l'occasion de dire à Walter qu'il était nécessaire pour lui d'assister à ce genre d'événements. Ainsi allait la vie de la noblesse du royaume...

- Il semblerait, en effet, que vous ayez raison, fit simplement Walter. Je m'accommode bien de la nourriture et de l'alcool, soyez sans crainte.

Et surtout, il appréciait grandement de sentir la main d'Othello sur son bras. Cela lui conférait un peu plus d'assurance et de confiance en lui dans cette situation. Walter se sentait moins encerclée par des vautours avec elle à ses côtés.
D'ailleurs, Cassandra et Othello discutèrent en évoquant leur dernière rencontre au siège du duché de Nivéria. D'après ce que compris Walter, il y avait eut un grand discours de la générale.
Il écouta les deux duchesses parler avec attention. Raikes expliqua combien elle détestait les "nobliards", ce qui fit sourire Walter.

- Étant vous-même une nobliarde, comme vous dites, vous devez avoir de bonnes raisons de ne pas les aimer.

Il accompagna cette petite pique d'un léger sourire et d'un regard entendu. Walter ne cherchait pas entrer en conflit mais plutôt à tourner en dérision la situation. Une chose qu'il faisait assez régulièrement, sans trop se soucier de blesser ou non. Il était conscient qu'il fallait se contrôler en une telle situation, mais... il ne pouvais pas s'en empêcher.

- Et oui, il y a des invités étonnants, mais j'ai déjà croisé bien plus exotiques... Quoique cette argyrienne ne passe pas inaperçue, c'est une évidence...

Il ne jeta qu'un coup d’œil rapide à l'étrangère qui présentait ses hommages à la famille de Vanes. Cassandra relança la conversation en interrogeant Walter et Othello sur la soirée à venir.

- Et bien, oui, la danse me semble être une étape obligatoire. D'ailleurs, nous avons commencé à nous exercer à cela depuis ce matin, dame Lehoia et moi.

Walter lança un regard complice à sa cavalière en repensant à leur folle matinée. Il est des journées si remplies qu'on a parfois l'impression qu'elle s'étale sur plusieurs semaines... La journée passé aux côtés d'Othello était de celles-ci.

- Mais je suis sûr que vous trouverez quelqu'un pour vous accompagner sur la piste de danse. Il y a sans doute ici un brave ou deux pour venir tenter leur chance avec vous...

Il était déjà curieux de voir qui s'approcherait de la duchesse de Méphrit. Figure autoritaire s'il en était, elle impressionnait tout le monde sans trop d'effort. Sans doute devrait-elle prendre l'initiative... Walter ne se faisait pas de soucis pour elle.
Le duc de Vanes et sa fille s’avancèrent pour avoir l'honneur de la première danse. Toute l'assemblée les observa avec déférence danser sur la musique solennelle de l'orchestre. Puis plusieurs autres couples entamèrent leur danse à leurs côtés.
Walter prit doucement la main de sa cavalière, la belle Othello Lehoia, duchesse de Nivéria et Haute-Prêtresse de Kesha. Il ne réalisait pas vraiment la chance qu'il avait d'être ici. Bien sûr, il y avait quelque chose d'un peu indécent à une telle démesure de luxe, mais il laissait cette considération de côté et se concentra sur la danse.

Il salua Cassandra Raikes d'un signe de tête respectueux, au cas où il ne la recroiserait pas ce soir, et s'avança avec Othello vers la piste de danse. Son regard se fixa sur celui de sa cavalière et ils commencèrent à danser. Walter était bien moins à l'aise sur ce type de danse que sur celles de la matinée, mais il se débrouilla du mieux possible, en se calquant sur le rythme des autres couples et en suivant les pas d'Othello. Ils tenaient proche l'un de l'autre et la proximité de son corps fit battre son cœur plus fort. Il avait l'impression qu'elle pouvait presque entendre les battements. Il sentit le rouge lui monter au visage et sut que le masque ne cacherait pas ce rougissement. Aussi sourit-il. Un sourire sincère et plein. Il chercha à dire quelque chose, mais ne trouva rien convenant à l'instant, alors il resta muet et savoura l'instant.


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