Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.

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 Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.

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MessageSujet: Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.   Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais. Icon_minitimeSam 16 Jan - 19:09

Fulla était partie. Laissant derrière elle un petit monstre et un buisson de roses qui avait deux pattes et une robe de prêtre. Aleya avait fais la connaissance du haut prêtre du Délil lors de la Convergence et après un séjour de plusieurs semaines, Fulla avait décidé qu'il était temps pour elle de rejoindre ses soeurs. C'était alors posé la question de l'enfant. La sindarine qui tenait jusque là le rôle d'institutrice avait pris ce qu'elle considérait comme étant la meilleure décision pour la gamine.. en la laissant aux soins du haut prêtre de Délil. Elle promettait de revenir prendre des nouvelles de l'enfant et de compléter son apprentissage, plus tard.

A l'époque, le petit monstre rouge n'avait ni les mots ni les concepts pour exprimer ses sentiments, il était donc resté bien désemparé et démunis lorsque à plusieurs reprises ont lui avait fais comprendre qu'il ne fallait pas suivre sa maîtresse dans la forêt. Finalement, le petit démon comme le haut prêtre s'étaient peu à peu apprivoisés. Petiote, l'enfant sauvage qui n'arrivait pas à articuler plus de quelques mots, était devenue Catleya, une enfant pas moins sauvage mais qui arrivait désormais à constituer des phrases. Elle en savait aussi davantage sur le monde qui l'entourait et surtout sur ces deux pattes qui avaient toujours attirés sa curiosité et sa méfiance.

Fulla avait tenu sa promesse, elle était revenue prendre des nouvelles et voyant que la gamine progressait, elle avait décidé de la laisser à Duscisio. La dernière fois qu'elle était venu, elle avait laissé un message à l'adresse du Haut Prêtre mais, ce dernier étant parti.. personne n'avait pu retenir la fripouille rouge de s'emparer du papier et d'en briser le sceau. Il lui avait fallu quelques minutes pour décrypter tous les mots qu'elle relu plusieurs fois, au pied de son ami greaver.

L'éryllis sindarine y interrogeait le haut prêtre sur plusieurs sujets et enfin, elle lui demandait si il pensait que Catleya était prête à partir du temple. Elle souhaitait que l'enfant rejoigne certaines Eryllis au temple de Fen pour accomplir une petite mission un peu plus au nord-ouest.

Tout cela semblait bien anodin, quand bien même la destination était assez éloignée. Mais ce qui faisait bondir la gamine, qui se mettait à agiter les bras en l'air en courant en rond, non sans glapir d'excitation, c'était les derniers mots de la lettre.

"[...] ainsi elle rejoindrait Smaragd dans sa mission."

Il n'en fallait pas plus pour que le petit monstre ne tienne plus en place. Le Haut Prêtre n'était pas là et il lui avait bien expliqué qu'il mettrait plusieurs semaines avant de rentrer. Il lui avait dis d'être sage.. mais n'avait pas dis qu'elle n'avait pas le droit de quitter le temple. Sans perdre une minute, la gamine se précipitait dans la bibliothèque du temple et sans hésitation se dirigeait vers les livres qui contenaient des cartes. Elle les avait déjà parcouru avec son tuteur plusieurs jours auparavant. Il lui avait expliqué qu'il y avait des choses au-delà de la forêt.. Catleya n'avait pas osé lui dire qu'elle savait déjà ça. Elle n'avait pas envie de parler de Renard et encore moins de ce qui était avant.

Elle recopiait grossièrement la carte pour aller jusqu'au temple de Fen sur son propre livre. C'était un livre à la couverture de cuir rouge sombre que Catleya avait pour ainsi dire découvert et subtiliser dans le bureau du haut prêtre, le tout premier jour de leur rencontre, juste après la Convergence. Elle l'avait montré à Duscisio mais ce dernier n'avait aucune idée d'où il provenait et ne s'en intéressa pas davantage, le laissant de bon coeur à l'enfant. Surtout que l'ouvrage en question était totalement vide, toutes les pages étaient blanches.

Enfin.. Catleya savait, elle, que ce n'était pas tout à fait vrai. Les pages pouvaient parfois se couvrir d'images.. et quelque fois maintenant de mots aussi. Le petit monstre avait décidé de ne pas dire ce que faisait le livre et de ne pas trop s'en préoccuper, elle l'utilisait comme carnet de notes. Et si parfois elle y trouvait des notes qu'elle ne se souvenait pas vraiment avoir écrite.. elle ne s'en formalisait pas. Comme si le livre avait sa propre vie, Catleya avait mis en place quelques règles entre eux. Il lui laissait des pages blanches pour noter et en échange, elle ne regarderait plus jamais les premières pages. Une règle qu'ils respectaient équitablement, en tout cas du point de vue de l'enfant.

C'est donc avec son livre sous le bras et un baluchon sur l'épaule, contenant une miche de pain et de la viande séchée subtilisées au cuisinier, que Calteya prit la route. Elle connaissait par coeur le chemin jusqu'au pont du pénitent, cela ne lui prit que quelques jours. La suite fut plus compliquée mais, l'enfant était seule et si elle avait aujourd'hui une tunique en toile et un livre sous le bras.. elle n'en était pas moins un petit monstre. Elle avait vécu assez longtemps dans la forêt pour savoir quand il fallait se cacher et attendre. Elle évitait les ennuis et avançait avec précaution jusqu'au temple du dieu des animaux.

Elle n'alla pas jusqu'au temple cependant. Même si elle ressemblait un peu plus aujourd'hui à une deux pattes que lorsque Smaragd l'avait sauvé.. son apparence posait toujours problème. La gamine rouge préférait donc fureter autour du temple plutôt que de se risquer à aller devant la bâtisse où se pressaient les croyants et les prêtres.
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MessageSujet: Re: Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.   Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais. Icon_minitimeDim 24 Jan - 23:35

Le temps avait passé vite. Lentement, des fois, mais globalement plutôt vite. Smaragd venait de célébrer la fin de sa première année au sein des Eryllis ; Pasiphaé lui avait offert son biceps à tatouer, Asintmah une superbe pierre à aiguiser et Karagha un pagne brodé à la fois plus robuste et plus joli. Comme la jeune Zélos n’avait pas l’habitude des cadeaux, elle avait été touchée. Hélas, à cette époque, elle fêtait un autre anniversaire, plus triste, que mille présents n’auraient jamais pu éclipser. Smogh lui manquait en ce moment plus que jamais, et les mots encourageants de sa marraine avaient failli empirer les choses.

On lui confia alors une mission avec la conviction que cela lui permettrait de se vider la tête, et pour une fois, l’oiselière partageait l’avis de ses aînées. Sans doute l’avaient-elles enfin cernée. Accompagnée d’une dénommée Eostre, elle devrait se rendre auprès de Talia, la quasi-légendaire ermite avec qui les Eryllis entretenaient des rapports cordiaux mais plutôt rares. Une fois par an, les amazones envoyaient deux émissaires prendre de ses nouvelles et échanger quelques denrées. Les terres sur lesquelles la Gorgoroth s’était installée, ce qu’on appelait « les Marais Brumeux », étaient dangereuses et inhospitalières au possible. En plus de cela, elles bordaient Cimmeria, constituant de ce fait une région que les femmes de la forêt évitaient par crainte de l’imprévisible. Ainsi concédaient-elles volontiers ce domaine à la shaman.

La survie et le bien-être de Talia avaient donc un certain intérêt pour les Eryllis, au-delà de la sympathie qu’elles éprouvaient naturellement pour cette amie de la nature au passé houleux. Bien que riches et fertiles, les Marais Brumeux n’offraient pas tout ce dont la mort-vivante avait besoin pour préparer ses onguents et ses soins, notamment pour ceux qui apaisaient les voies respiratoires. Les gardiennes de Noathis, elles, connaissaient suffisamment les lieux pour savoir qu’on y trouvait d’innombrables espèces endémiques, tant animales que végétales, et que certaines d’entre elles avaient des vertus inégalées. Tout apothicaire digne de ce nom connaissait les eaux saumâtres des mangroves dans lesquelles poussaient ces palétuviers aux fruits purifiants, ces reinettes aux sécrétions antiseptiques et ces algues colorées capables d’anéantir les effets de puissants poisons coagulants. Depuis plus d’un siècle, une coutume avait lié Talia et les Eryllis, si bien que l’ancienne Prêtresse de Cimmeria préparait toujours un coffret et des sacs de raretés quand venait Mésoa. Elle savait que bientôt, elle entendrait son nom résonner dans les bois, et que pour la première fois depuis plusieurs mois, elle reverrait un visage humanoïde.

Eostre était une Sindarine menue aux courts cheveux dorés et aux petits yeux clairs. Son visage était marqué par des creux qui ne ressemblaient ni tout à fait à des rides, ni vraiment à des cicatrices. Elle avait surtout l’air perpétuellement fatiguée, même si sa voix et sa tendance à poser des questions saugrenues laissaient penser le contraire. C’était malgré tout une femme sage et une Eryllis de longue date, et elle avait évidemment pour mission d’enseigner quelques petites choses à Smaragd.

Souvent perdue dans ses pensées et hantée par des souvenirs douloureux, la fauconnière ne remarqua pas que son aînée les menait tout droit vers l’ouest plutôt que de prendre une route directe, plus au nord des montagnes qui marquaient le coin de la Vallée d’Hillem – ou du moins ne le remarqua-t-elle que très tard, et elle ne fit aucune réflexion. En adoptant cette trajectoire, les deux amazones passeraient à proximité du Temple de Fen, aux abords duquel elles pourraient aisément se reposer et remplir leurs gourdes. Smaragd trouva cette explication suffisante et ne posa pas de questions ; elle dut plutôt répondre à celles d’Eostre qui n’avait de cesse de lui demander comment distinguer les différentes espèces de grands ducs les unes des autres. Le cours d’ornithologie se poursuivit jusqu’au moment où la Sindarine et la Zélos posèrent leurs affaires dans une large clairière, à seulement quelques minutes de marche du temple.

« – Veux-tu bien me faire un feu, je te prie, Smaragd ?

– Hein ? T’as froid ? Il soufflait bien une petite bise mais le soleil brillait fort et plus personne ne portait de manteaux.

– Non, je voudrais faire cuire un peu de viande.

– T’as pas pris de viande séchée ?

– Fen soit loué, non, je n’aime pas ça du tout. Je vais nous trouver un lièvre, et puis nous pourrons faire bouillir un peu d’eau, j’ai plusieurs sachets de poudre de Sif. Tu as déjà goûté aux poudres de Sif ? C’est délicieux.

N’ayant aucune envie de discuter, Smaragd haussa les épaules et s’exécuta. Allumer un feu à cet endroit était étrange, voire dangereux, mais elle n’avait pas l’intention d’argumenter. Eostre ne tarda pas à revenir avec une proie dans les mains, et un délicieux fumet marqua bientôt leur position aux narines de tous.

– Alors, ce bouillon ? Divin, non ? Demanda la Sindarine d’une voix particulièrement forte.

– Moui…

– Quoi ?

– J’ai dit oui !

Non loin de là, les buissons s’agitèrent. Un bruissement caractéristique parvint aux oreilles aiguisées, crescendo, trahissant la présence d’une créature pressée et enthousiaste. L’elfe laissa un large sourire satisfait fendre ses traits. Elle soupira.

– Surprise…

Une forme apparut, surgissant des fourrés comme un diable sur un ressort. Smaragd bondit sur ses pieds avec la même vigueur, n’en croyant pas ses yeux.

– Petiote ?! »
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MessageSujet: Re: Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.   Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais. Icon_minitimeJeu 18 Fév - 12:44

Le petit monstre suivait la piste de coquilles de noisettes, vides évidemment, mais qui dénonçaient la présence d'écureuils. Il ne fallait jamais surestimer ses provisions et la gamine ne se priverait certainement pas d'un petit rongeur à la place de la viande séchée. C'est une odeur alléchante qui sauvera cette fois le petit animal roux, perché dans un arbre tout proche. La petite prédatrice ne voulait pas s'approcher des prêtres et pèlerins mais si des voyageurs laissaient trainer quelques restes à porté de chapardage.. Catleya n'était pas une grande cuisinière et pour causse, la cuisine lui était formellement interdite depuis.. le début de son séjour au temple. Elle n'appréciait pas moins la viande cuite, plus facile à digérer et dont la chaleur avait quelque chose de plus réconfortant que la viande crue.

C'est donc avec l'espoir d'un repas facilement gagné que le petit monstre s'avançait à pas de loup. Pas question non plus de se retrouver dans les ennuis pour un os fumant, il lui restait toujours un peu de viande séchée si elle devait revenir bredouille de sa chasse. Une sagesse qui ne dura pas bien longtemps, soufflée par un "Moui".

Redressant la tête comme un lapin aux aguets, ses cornes comme deux grandes oreilles sourdes à l'affût d'une confirmation, la gamine retenait son souffle comme si cela pouvait l'empêcher de correctement entendre. La deuxième réponse qu'eut à fournir la voix familière sonna comme le coup d'envoi d'une course de sprint. Et si il ne figurait pourtant qu'une seule participante, cette dernière avait bien l'intention de gagner au chrono.

Détalant plus vite que son rythme cardiaque, le petit monstre bondit des fourrée pour se jeter, toutes griffes en avant, vers une proie qu'on jugerait -à tort c'est certain- trop grosse pour son appétit. Il ne fallait pas sous-estimer le ventre d'une gamine. Sautant littéralement au cou de la zélos, la gamine s'y suspendit et serra si fort qu'un terran s'y serait étouffé.

- Smaragr !!

Heureusement, son amie verte avait une constitution bien supérieure à celle de n'importe quel terran. La gamine lui laissa cependant l'occasion de respirer un peu, en cessant cet étranglement certes affectueux mais non moins létal. C'est toute fière d'elle-même, qu'elle se rectifia avec application.

- Smaragd !

Ses sourcils se haussèrent au-dessus d'un sourire conquérant, lui donnant un air ridicule qui s’effaça dès lors qu'elle poursuivit plus naturellement, pleine de questions et pressée de montrer à sa première amie tout ce qu'elle avait appris.

- Catleya savoir bien parler maintenant ! Fulla et Papa ont appris comment. Avec plein de mots différents on peut dire plein de trucs différents.

Elle ne s'attacha pas à expliquer qui était Catleya, c'était évident pour elle et surtout, elle ne faisait pas vraiment la différence entre ce nom-ci et celui que lui avait donné la zélos à leur rencontre. L'un était cependant devenu plus courant pour la désigner au fils des mois précédents. Elle ne s'attarda pas davantage sur le "Papa".

- Smaragr va bien ?

Quand bien même elle s'était corrigée juste avant, elle reprenait son erreur sans la notifier cette fois.

- Ça être amies ?

Elle désignait enfin le reste des errylis présentes et passablement ignorées pendant un temps.
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MessageSujet: Re: Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.   Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais. Icon_minitimeDim 28 Mar - 22:03

Submergée par l’émotion d’une étreinte affectueuse et familière, Smaragd sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle faillit tomber à la renverse – les bras si serrés autour de la jeune Lhurgoyf que cette dernière n’aurait pas pu s’échapper si elle l’avait voulu – mais elle parvint à retrouver son équilibre et à asseoir Petiote sur ses genoux. L’enfant s’empressa immédiatement de babiller, et la Zélos ouvrit de grands yeux impressionnés. La dernière fois qu’elle avait vu le petit monstre, il ne savait prononcer que quelques courtes phrases apprises par cœur et fuyait encore les étrangers. Des mots nouveaux firent leur apparition dans le langage de la gamine, y compris un ou deux prénoms (pour l’éleveuse, il était encore difficile de distinguer les noms propres des noms communs inconnus), alors Smaragd secoua la tête pour mimer l’incompréhension, mais vu l’aisance avec laquelle le bout de chou s’exprimait, il y avait fort à parier qu’elle n’aurait aucun mal à expliquer, plus tard, ce qu’elle venait de raconter. L’oiselière l’enlaça de plus belle avant de répondre, un peu chamboulée, aux questions de son amie.

« – Oui oui, ça être amie. C’est Eostre, é-o-strrrre. Copine de Smaragr. Smaragr va bien, rit-elle en pressant sa joue contre celle de la menue créature. Et comment va toi ? »

Sans attendre que l’enfant s’exprime – devinant qu’elle ne tarderait pas –, la fauconnière, assise en tailleur, l’installa un peu mieux dans le creux que formaient ses jambes. Elle tendit le bras pour saisir un morceau de viande bien grillée et souffla dessus avec attention avant de le donner à sa petite sœur. De l’autre côté du feu, la Sindarine souriait timidement, visiblement désireuse de s’effacer et de laisser aux deux amies le loisir de se retrouver. Elle se recroquevilla, les mains autour de sa tasse de bouillon, et posa de petits yeux à la fois attendris et attentifs sur la nouvelle venue.

« – Et c’est qui Papa, c’est le Haut-Prêtre, c’est ça ? Le monsieur tout blanc ? »

C’était ainsi que Smaragd se souvenait de lui, pour ne l’avoir qu’aperçu ce jour étrange où elle avait halluciné la neige et le village et la tempête et le géant sorti des vagues. On lui avait bien expliqué que Petiote était sous sa protection et qu’il prenait grand soin d’elle, mais elle n’avait pas éprouvé le besoin de le rencontrer ; elle voulait simplement revoir la petite chose vermillon. Ses aînées lui ayant promis qu’elles veilleraient à ce que sa copine et elle ne soient jamais longtemps séparées, elle avait pris son mal en patience et simplement considéré que si le religieux se comportait mal avec sa soeurette, elle irait tout bonnement lui arracher les entrailles. D’ailleurs, elle n’était même plus sûre de se souvenir de quoi Delil était le dieu… Ce dont elle était sûre désormais, c’est que le monsieur tout blanc avait effectivement pris soin de Petiote, et qu’elle n’aurait pas besoin de lui arracher les entrailles.
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MessageSujet: Re: Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.   Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais. Icon_minitimeMer 28 Avr - 16:18

Frottant doucement sa joue contre celle de Smaragd, la gamine rouge se tint silencieuse pendant quelques secondes. Un exploit en soit, qui risquerait de ne pas se répéter si souvent. Elle se sentait comme revenir à la maison, comme un chiot fou qui se serait perdu dans la forêt avant que la maman loup ne le retrouve. Elle ne pouvait pas considérer le temple de Délil comme sa maison, malgré tout le mal que se donnait Duscisio pour lui installer un endroit confortable, ce n'était pas pareil, il manquait quelque chose. Le temple était la maison du haut prêtre mais la bâtisse de pierre ne serait sans doute jamais vraiment celle du petit monstre. Elle se sentait mieux ici, en pleine forêt, assise entre les jambes de sa grande amie verte. Elle n'avait même pas peur de ces inconnues assises juste à côté. Smaragd était là, rien ne pouvait lui arriver.

- Bonjourr E-o-sss-ttrrr

Elle ponctua même sa phrase fort bien prononcée d'un geste de la main qui se voulait une salutation mais qui ressemblait davantage à un jeu de marionnette. La gamine renversait la tête en arrière pour regarder la zélos.

- Catleya va bien !

À l'odeur alléchante du fumet de la viande sur lequel soufflait sa grande amie, la gamine se lécha les babines mais attendit sagement qu'on lui donne une part. Elle mordit généreusement dans le morceau, ses dents pointues ne craignaient pas vraiment de tomber sur un os. Elle avait pris l'habitude de la viande cuite et se régalait bruyamment, répondant, la bouche pleine, à la question de Smaragd.

- Woui, 'apa ch'est ou dlan..

Elle avala et poursuivi comme si sa réponse avait été tout à fait claire.

- Mais Catleya doit pas l'appeler Papa quand des grands sont avec lui. Les grands comprendre pas.

Visiblement, elle-même ne comprenait pas trop alors elle haussa les épaules et reprit une bouché de viande, affamée. Elle pensa rapidement à son sac resté à sa tanière de fortune.. et l'oublia aussi vite.

- Opraitr, c'est Papa, le monsieur tout blanc, il est parti, devoir lancer alerrt.

Et elle mima le geste de lancer quelque chose.

- Catleya pas savoir ce qu'est Alerrt mais Papa lancer.

Elle se gratta un peu la tête, embêtée de ne pas savoir mieux expliquer avant de reprendre, en prenant un peu plus son temps.

- Papa devoir pas dormir et aller dans endroit avec beaucoup de maladie.

C'était en tout cas le contenu de leurs dernières conversations. Même si les deux éléments n'étaient en fait pas lier, Catleya ne pouvait pas le deviner. Puis, elle se rappela pourquoi elle était là.

- Catleya venir avec Smaragr et copines, faire mission ensemble ! Smaragr regarde, Catleya forte !

Et pour se vanter, la gamine contracta ses bras bien à la vue de tous et montra ses petits muscles. Si ce n'était sans doute pas très impressionnant, c'était en tout cas un succès pour une gamine qui n'avait que la peau sur le os quand la zélos l'avait trouvé.

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MessageSujet: Re: Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.   Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais. Icon_minitimeVen 18 Juin - 19:25

Le spectacle fit naître un grand feu de joie dans le cœur de Smaragd ; un large sourire gonflait les joues de Petiote alors qu’elle engloutissait la viande juteuse, visiblement enchantée par le goût prononcé du gibier. La Zélos réalisait que voir sa petite sœur mordre avec appétit dans un bon repas était tout ce dont elle avait besoin. Elle ressentit même le besoin de frotter sa paupière humide afin de ne pas pleurer sur la brochette de sa protégée.

L’entendre parler rajouta une couche d’émotion au petit paquet bouleversé qu’était devenue l’éleveuse. Comment la petite avait-elle appris autant de mots aussi vite ? La fauconnière n’en croyait pas ses oreilles. Peut-être que Petiote avait toujours su s’exprimer et qu’elle n’en avait simplement pas ressenti le besoin lorsqu’elles s’étaient rencontrées ? Plusieurs questions traversèrent l’esprit confus de Smaragd mais elle les chassa en secouant la tête, affligée par leur inanité. Tout ce qui comptait, c’était que l’enfant était heureuse et en bonne santé. Ses bavardages n’éclairèrent pas vraiment la lanterne de la Zélos – notamment parce que la gamine pratiquait la version bancale d’une langue que son aînée elle-même ne comprenait pas parfaitement – mais le message essentiel finit par passer ; le Haut-Prêtre était absent et Petiote avait été conviée à rejoindre les deux Eryllis dans leur périple. Petiote ou… Catelya ? Catleya ? Elle semblait utiliser ce mot-là pour faire référence à elle-même. L’oiselière leva des yeux interrogateurs sur Eostre, qui haussa poliment les épaules avant de murmurer :

« – C’est Catleya… Je suppose.

Catleya, donc, découvrit son mince bras et le leva sous le nez de sa grande sœur qui feignit la subjugation.

– Non ?! C’est à toi, ça ? Demanda-t-elle en prenant le biceps pourpre entre ses doigts. Ouh là là, mais tu pourras bientôt me porter sur ton dos, dis-donc ! »

En compagnie de sa minuscule copine, l’après-midi passa aussi vite qu’un éclair. Eostre expliqua qu’elle avait prévu de laisser Petiote se reposer jusqu’au lendemain, et que par conséquent, elles ne lèveraient pas le camp avant l’aube. Les alentours du temple étaient un fantastique terrain de jeu ; courses, cache-cache… Smaragd prit soin d’épuiser l’enfant pour qu’elle dorme aussi longtemps que possible, et elle dut admettre que quand les soleils s’évanouirent, elle n’était pas loin non plus d’en faire autant. Dans la clairière aux abords de la maison de Fen, la nuit était fraîche et sereine, le sommeil délicieux et le réveil facile. Le trio se mit en marche tôt le matin, d’un bon pas, prêt à affronter une journée d'aventures au pied des montagnes et le long de la frontière ; un voyage dangereux mais loin d’être mortel lorsqu’on était guidé par une Eryllis expérimentée.

Et en pleine forme.

Malheureusement, peut-être est-ce là trop demander.

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MessageSujet: Re: Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.   Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais. Icon_minitimeMer 26 Jan - 15:01

Pas peu fière de sa démonstration et encouragée par la réaction de sa grande amie, la gamine se fit un devoir de relever les moindres défis que ses nouvelles compagnes de voyage purent lui présenter. Elle avait bien l'intention de montrer à Smaragd qu'elle était devenu presque aussi forte que la zélos. Presque.

Elle n'avait que peu de camarades de jeu au temple de Délil, quelques prêtres voulaient bien lui donner des livres, se prêter à quelques énigmes, éveiller son appétit intellectuel mais, dès qu'il s'agissait d'exercice physique les hommes pieux passaient leur tour. Elle avait bien quelques compagnons au dehors, lièvres et mulots, passés du statut de proie à celui de copains de jeu malmenés mais, ils ne faisaient pas le poids face à Smaragd et ses compagnes ! Cela faisait bien longtemps que le petit monstre n'avait pas autant joué et n'avait pas dépensé jusqu'à la dernière parcelle d'énergie de son petit corps. Son sommeil fut sans rêve et sans cauchemar, calé contre sa grande amie, le diable rouge redevenait une enfant blanche comme les premiers flocons, le temps d'une nuit sous le regard des lunes.

- Ça quoi être ? Cheval a bras ?

Elles avaient traversé l'Oléra depuis quelques lieues et la végétation s'était peu à peu transformée, toujours aussi dense mais moins luxuriante à mesure que la température chutait et que l'humidité se faisait plus présente. La brume ne nappait pas encore le sol mais elle ne tarderait sans doute pas. La petit lhurgoyf tendait son doigt vers le nord pointant, entre deux arbres, la silhouette d'un équidé au poitrail humanoïde. Le centaure à l'allure décharnée renvoyait son regard rougeoyant à l'insignifiante créature à cornes qui le désignait avec impolitesse. Catleya n'avait jamais vu d'argora et très certainement, l'argora en question n'avait jamais vu quoi que ce soit qui ressemble à une Catleya. Il semblait cependant bien moins curieux.

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MessageSujet: Re: Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.   Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais. Icon_minitimeDim 3 Avr - 18:36

Smaragd
De nombreux bavardages et d’encore plus nombreux jeux animaient le voyage, si bien que le temps passait vite et qu’à chaque fin de souper, les paupières se fermaient aussitôt. Eostre guidait ses camarades avec prudence mais sans jamais les inquiéter. C’était un don qu’elle avait. Aussi turbulentes que ses accompagnatrices pussent être, l’aînée parvenait à les faire progresser dans les bois et aux alentours des marécages sans attirer la moindre attention. Sans doute usait-elle d’une magie discrète pour cela.

Pourtant, en début d’une après-midi grisâtre, Eostre demanda à faire une pause imprévue. Elle paraissait avoir perdu des couleurs, et les ridules sur son front s’étaient creusées. Courageuse et secrète, la Sindarine prétendit n’être qu’un peu fatiguée, et la troupe reprit la route après une petite heure sans trop se faire de souci. Leur avancée se poursuivit sans encombre jusqu’à l’approche du soir. Alors qu’elles jetaient des étoffes sur leurs épaules, elles remarquèrent qu’elles étaient observées. Leur chance indécente semblait avoir tourné.

« – Oh non ! Gemit l’elfe. Elle se précipita pour retirer l’arc qu’elle portait en bandoulière et le poser au sol, puis se débarrassa également de sa dague encore dans son fourreau. Retire tes armes Smaragd, tout de suite. Son ton était dur mais il chevrotait légèrement. Une nervosité bien palpable rendait ses gestes et ses mots maladroits. »

La jeune Zélos n’avait sur elle qu’un couteau qu’elle jeta par terre juste avant de prendre l’enfant dans ses bras. Elle avait longuement observé la créature dont la large silhouette se détachait sur le fond blanc de la brume, mais elle dévisageait maintenant sa consœur. Elle essayait de lire l’avenir sur ses traits ; devaient-elles se préparer à une bataille à mains nues ? À courir comme des dératées ? Ou à de longues négociations ennuyeuses ? Eostre s’avança doucement de quelques pas, la tête basse et les mains en l’air. Des bruissements tout autour leur indiquèrent que les congénères de la bête étaient en train de les encercler.

Une angoisse mordante grandit en Smaragd. Elle avait mal évalué la taille des bestioles qui s’approchaient et réalisait maintenant qu’elles étaient gigantesques, les plus petits la surplombant bien d’au moins dix pouces. Les cornes qu’arboraient certains d’entre eux se dressaient comme des vrilles sur leur tête, leurs yeux caves brillaient d’une lueur sauvage, leurs longues griffes sombres prolongeaient leurs bras faméliques à la manière de lames. La fauconnière serra Catleya très fort contre elle et s’éloigna des effets que les deux Eryllis avaient entassés à leurs pieds. En temps normal, elle n’aurait pas commis une telle folie, mais l’attitude d’Eostre était claire : l’essentiel était d’avoir l’air inoffensif et non pas d’être prêt à se défendre.

La Sindarine s’arrêta à bonne distance de la première créature à s’être montrée. Elle fit plusieurs gestes des mains avant de lever la sacoche qu’elle portait sur le côté et de tourner sur elle-même afin que tous les centaures puissent la voir. Elle entreprit ensuite d’en sortir lentement plusieurs bouquets d’herbes et des sachets de poudre, les tenant bien haut à la vue de tous. Enfin, elle désigna Smaragd et Catleya du doigt, enchaîna les gesticulations des mains, et se figea, l’espoir et la tension se mêlant dans le scintillement de ses yeux pâles. Le temps se suspendit au-dessus de cette scène immobile. Personne ne daigna lever un sourcil pendant un moment… Et puis les monstres équidés s’éloignèrent à pas retenus, ne laissant plus que l’un d’entre eux tendre une lance vers l’est et intimer aux trois femmes de se presser. Smaragd faillit se pencher pour ramasser les armes, mais l’elfe lui fit comprendre avec vivacité qu’elle n’avait pas intérêt à y toucher.

L’oiselière sentit les regards jaunes peser sur ses épaules et contre son dos encore de longues minutes après que le voile nuageux avait englouti les dernières ombres. Elle n’osa émettre aucun son, même si la curiosité commençait à la ronger sérieusement. Ce n’est qu’une fois aux abords d’un petit lac dont s’échappait une odeur nauséabonde qu’Eostre eut la gentillesse de fournir des explications.

« – C’était des argoras. Je ne pensais pas que nous les rencontrerions sur ce chemin mais ils sont moins prévisibles que je ne l’aimerais. Heureusement, ils ne sont pas agressifs tant qu’on accepte de rester désarmé sur leur territoire…

– On reverra jamais nos armes ? Chuchota la Zélos non sans laisser le reproche faire vibrer sa question.

– Sans doute pas. Tu ne tenais pas à cette dague, si ?

– Bof. Et pourquoi tu leur as montré ta sac ? Ils en veulent pas, on dirait.

– Oh, d’ordinaire, même désarmés, ils font en sorte de chasser les intrus. Mais je leur ai fait comprendre que nous étions là pour Talia. C’est elle qui nous a appris à communiquer avec eux. Enfin… À faire passer l’essentiel, disons. Son discours était ponctué de reprises de souffle et de raclement de gorges. Ses traits s’étaient tirés de manière permanente. »

Une bonne journée de marche les séparait encore de leur destination, les bavardages et les jeux s’étaient évanouis. Peu à peu, le trio se muait en une troupe silencieuse et morne, menée par une petite femme tassée et soucieuse qui perdait de plus en plus confiance en sa capacité à guider ses sœurs sans attirer les ennuis.



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MessageSujet: Re: Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.   Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais. Icon_minitimeVen 22 Juil - 13:09

La question de l'enfant resterait sans réponse pour le moment. Du moins sans réponse verbale puisque les chevaux à bras se présentèrent de bien plus près. La tension grimpait au sein du petit groupe de voyageuses et enfermée dans les bras de Smaragd, la gamine se tint sagement silencieuse. Elle avait compris la stratégie de la sindarine, face à un adversaire plus fort que soi, il fallait fuir ou le convaincre qu'on était pas une menace. Courber l'échine et montrer sa nuque en signe de soumission, c'est ce qu'aurait fait Renard s'il n'avait pas pu se faufiler dans les buissons. Le petit monstre ne disait plus un mot mes ses grands yeux vert d'eau observaient les grands monstres avec une curiosité dévorante. Loin de les trouver repoussants, elle leur trouvait un charisme indéniable malgré la menace constante qu'ils faisaient peser sur elles.

Les argoras finirent par les laissé partir, indiquant même une direction à suivre. Ils étaient gentils finalement ! Catleya appris leur nom de la bouche de la sindarine, elle allait l'interroger davantage mais quelque chose la retint. Peut-être était-ce l'ambiance plus lourde dans laquelle elles progressaient ou bien parce que leur guide commençait à s'essouffler. L'enfant sentait sans pouvoir la nommer qu'une menace plus sournoise pesait sur elles, bien plus pernicieuse que celle des argoras, invisible mais omniprésente. Les marais brumeux n'étaient pas un endroit bucolique, ils recelaient de dangers.

Pour la première fois depuis longtemps, le petit monstre rouge sentis ses entrailles se serrer d'angoisse. La sensation était moins intense mais trop similaire à celle ressentis pendant sa traversée des terres mortes pour que Catleya l'ignore. Sa main griffue se levait pour chercher celle de sa grande amie verte, elles échangèrent un regard. La peur n'a pas besoin de mot.

Leur dernière journée de marche fut longue et pesante. Elles avançaient péniblement, moins prudemment qu'elles l'auraient toutes souhaitées alors que leurs pieds menaçaient de disparaitre dans la boue à chaque pas. Catleya était épuisée, pourtant elle était le plus petit gabarie de la troupe, elle s'enfonçait moins profondément mais l'effort mêlé à la sourde angoisse qui la faisait regarder de tous les côtés, mettaient son corps et son mental à rude épreuve.

La nuit était presque totalement tombée lorsque Eostre fit signe de s'arrêter, Catleya craignait de devoir camper ici, elles feraient des proies faciles. Après de trop longues secondes d'observation, la sindarine leur fit signe de la suivre et l'enfant ne vit que tardivement leur destination, si bien confondue dans l'environnement qu'elle l'avait pris pour une butte de terre couverte de mousse et de branchages, la cabane était quasiment invisible. L'enfant était presque soulagée lorsqu'un frisson parcouru son échine, elle attrapait mécaniquement un bout de la tunique de Smaragd. Elle en était sûre, quelque chose les observait.

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MessageSujet: Re: Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais.   Quand deux gamines rendent visite à la sorcière du marais. Icon_minitimeMar 30 Aoû - 19:16

Smaragd
Une toile d’obsidienne s’était étendue au-dessus des trois têtes, si alourdie par les nuages qu’elle paraissait très basse, posée sur les cimes noires et griffues. Les lunes et les étoiles diffusaient une lueur rare et faible, si bien que les Eryllis et leur jeune amie n’eurent d’autre choix que d’avancer à tâtons sur certaines portions de leur trajet. Lorsqu’Eostre fit signe de s’arrêter, Smaragd leva une main vers le ciel ; qu’y avait-il là qui se détachait du reste du paysage ? Délirait-elle ? Encore ? Depuis hier, son aînée avait pris une fâcheuse tendance à marmonner toute seule et à jeter des coups d’œil frénétiques partout autour d’elle sans raison apparente. Elle avait aussi considérablement perdu en épaisseur et en adresse. L’oiselière tentait de cacher son inquiétude à sa sœurette et parfois, le silence auquel elle s’astreignait la mettait sacrément de mauvais poil.

La Sindarine porta ses mains désormais tremblantes à sa bouche, croisant ses doigts sous son nez. Elle se mit à émettre un son aussi haut que diffus, comme un doux sifflement. En temps normal, la jeune Zélos lui aurait immédiatement demandé ce qu’elle pouvait bien fabriquer, mais après leur rencontre avec les fameux… Agaros ? Les machins, elle n’avait presque plus envie de savoir. Elle se contenta de ramener Catleya contre elle et de lui serrer fort l’épaule.

Talia Des craquements se firent entendre, et l’ouïe quasi-canine de Smaragd lui permit de percevoir un râle fébrile. Elle sursauta à ce son lugubre, ne parvenant pas à déterminer d’où il pouvait bien provenir. Alors elle vit un halo orangé disperser l’obscurité de ce qu’elle avait pris pour un monticule buissonneux, et elle laissa échapper un juron. Bientôt, une silhouette plus semblable à un épouvantail qu’à un humanoïde se découpa, éclairée chaotiquement par les astres éteints et le feu fragile d’une simple bougie. La créature émit plusieurs grognements, puis elle se mit à articuler des choses supposément intelligibles… Smaragd était coite. Elle ne parvint qu’à faire migrer ses prunelles vers Eostre qui, mollement appuyée sur son bâton de marche, leva une main pacifiste.

« – Je te salue, Talia, gardienne de ces marais. Un grincement caverneux retentit, comme le chant d’une porte mal huilée.

– Eostre. Vous êtes nombreuses.

L’elfe fut prise d’une quinte de toux et en vint à se recroqueviller douloureusement. Lorsqu’elle se redressa enfin, elle le fit à la manière d’une vieillarde, attisant ainsi la curiosité de la sorcière qui s’approcha clairement plus que ce qu’elle avait initialement l’intention de faire.

– Ce sont mes sœurs Smaragd et Catleya.

Talia ne fit que les toiser rapidement, comme par un éclair de politesse, et ramena immédiatement son regard moribond sur la plus âgée des Eryllis.

– Hrm. C’est sale. Très. Très chaud ! Elle est si malade ! Un gémissement à glacer le sang s’échappa de sa gorge desséchée, et elle s’agita à la manière d’un pantin avant de reprendre. Mes herbes ?! »

Eostre désigna sa sacoche d’un coup de menton mal contrôlé, et finit par l’ouvrir elle-même pour en présenter le contenu à l’ermite – le tout en émettant un chapelet de murmures plaintifs. Dès qu’elle aperçut les brindilles et autres fioles, Talia sembla gagner en vitalité ; ses yeux pétillèrent, et elle s’empressa de pousser l’amazone vers sa hutte en pépiant. Smaragd lui emboita un pas suspicieux en tenant fermement les doigts de la petite Lhurgoyf, terrifiée mais bien décidée à prendre les choses en main. Enfin. Sa mentor était clairement en train de s’écrouler.

En moins de temps qu’il n’eût fallu pour le dire, la Sindarine se retrouva couchée sur un tas de végétation souple, sous une lanterne que l’étrange mégère avait accrochée à une branche. La fauconnière s’agenouilla au chevet de sa consœur, sans doute un peu trop près, et se pencha sur elle afin de préserver son corps de ce que l’autre folle pourrait bien lui faire.

« – Tu sais ce qu’elle a ? Tu vas le guérir ? Elle n’était peut-être plus armée mais son ton ne la laissa pas paraître démunie. »



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